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Full text of "Revue horticole : journal d'horticulture practique"

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Digitized  by  the  Internet  Archive 
in  2016 


https://archive.org/details/revuehorticolejo1897unse 


REVUE 

HORTICOLE 


69’  ANNÉE. 


1897 


ORLÉANS,  IMPRIMERIE  DE  PAUL  PIGELET,  RUE  SAINT-ÉTIENNE,  8. 


REVUE 

HORTIC 


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JOURNAL  D’HORTICULTURE  PRATIQUE 

FONDÉ  en  1829  par  les  auteurs  du  « BON  JARDINIER  » 


RÉDACTKUR  EN  CHEF  : Ed.  ANDRÉ 

Architecte-paysagiste 

Professeur  à l’Ècole  nationale  d’horticulture  de  Versailles 
Membre  de  la  Société  nationale  d’agriculture  de  France 
Membre  honoraire  de  la  Société  nationale  d’horticulture  de  France 
de  la  Société  royale  d’agriculture  et  de  botanique  de  Gand 
de  la  Société  royale  d’horticulture  de  Londres,  etc. 


Directeur-Gérant  : L.  Bourguignon 

PRINCIPAUX  COLLABORATEURS  : MIVl. 

G.  Alluard,  Rerié-Ed.  André,  Ch.  Baltet,  Georges  Bellair,  Ernest  Bergman, 

D.  Bois,  Em.  Bruno,  Gte  de  Gastillon,  Gatros-Gérand,  Chabanne, 
Ghargueraud,  a.  Constant,  Anatole  Cordonnier,  H.  Gorrevon,  G.  Groux, 

H.  Dauthenay,  Delaville,  J.  Dybowski,  J.  Foussat,  Franghet, 

Georges  Girault,  Gh.  Grosdemange,  Hauguel,  Gustave  Heuzé,  Gte  O.  de  Kerghove, 
Lambin,  Langlassé,  Legros,  Em.  Lemoine,  Fernand  Lequet  fils,  Le  Saout, 

A.  Lesne,  Pierre  Lesne,  Louis  Mangin,  Gh.  Maron,  Marc  Micheli,  W.  Mœrder, 
Fr.  Morel,  S.  Mottet,  J.  Nanot,  Gh,  Naudin,  G.  Poisson,  Ch.  Bégnier, 
Maximilien  Ringelmann,  R.  Roland-Gosselin,  Jules  Rudolph, 

F.  Sahut,  J.  Sallier  fils,  Dr  Sauvaigo,  Numa  Schneider,  Henri  Theulier, 

F.  Thomayer,  Dr  Trabut,  Treyve-Marie,  Truffaut,  Eugène  Vallerand,  B.  Verlot, 
Henry-L,  de  Vilmorin,  Maurice-L.  de  Vilmorin,  Dr  Weber. 


69»  ANNÉE.  — 1897 


PARIS 

LIBRAIRIE  AGRICOLE  DE  LA  MAISON  RUSTIQUE 

26,  RUE  JACOB,  26, 


1897 


REVUE 

HORTICOLE 

CHRONIQUE  HORTICOLE 


Société  nationale  d’horticulture  de  France:  Composition  du  bureau  pour  l’année  1897.  — Graines 
offertes  par  le  Muséum.  — Une  nouvelle  Malvacée  hybride.  — Deux  Poires  nouvelles.  — Les  chèques 
et  les  fleurs.  — UErythrina  Conslantiana.  — Floraison  des  Agave  Consideranti  et  Erylhea 
palmata.  — Ouvrages  reçus.  — Nécrologie:  M.  Hétneray- Gauguin,  M.  Anthony  Walerer, 
jl^tne  Purtado-Heine,  le  Docteur  Trimen,  M.  Robert  Warner. 


Société  nationale  d’horticulture  de 
France.  — Composition  du  bureau  pour 
Vannée  1897.  — Dans  sa  séance  du  "24  dé- 
cembre dernier,  la  Société  nationale  d’hor- 
ticulture de  France  a,  comme  elle  le  fait 
chaque  année,  procédé  au  renouvellement 
de  son  Bureau  b 

Cette  année,  aucun  des  membres,  qui  par 
les  statuts  que  nous  rappelons  en  note  ci- 
dessous  sont  toujours  rééligibles,  ne  venait 
à expiration  de  son  mandat.  La  Société 
n’avait  par  conséquent  qu’à  remplacer  : 


2 


V ice-Prés  idents . 


\ Truffaut  (A.). 
\ Jâmin  iFr.). 


2 Secrétaires. 


l Martinet. 
( Grenthe. 


4 Conseillers. 


Commission 
contrôle  . . 


Besnard. 

\ Nanot. 

■]  Vilmorin  (M.  L.  d.). 
[ Hébrard  (A.). 
i Barre. 

[ Général  Brisac. 

' Chauveau. 

'I  Vidal. 

\ Delessard. 


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^ D’après  l’article  13  des  Statuts,  le  Président  et 
le  premier  Vice-Président,  le  Secrétaire  général 
et  le  Secrétaire  général  adjoint,  le  Trésorier  et  le 
Trésorier  adjoint,  le  Bibliothécaire  et  le  Biblio- 
thécaire adjoint,  sont  élus  pour  quatre  années,  re- 
nouvelés alternativement  tous  les  deux  ans  et  tou- 
jours rééligibles. 

Les  quatre  Vice-Présidents  et  les  quatre  Secré- 
taires, nommés  pour  deux  années,  sont  renouvelés 
par  moitié  chaque  année  et  non  rééligibles  avant 
une  année  d’intervalle. 

Les  seize  Conseillers  sont  élus  pour  quatre  ans, 
renouvelés  par  quart  chaque  année  et  non  rééli- 
gibles avant  une  année  d’intervalle. 

Afin  de  ne  pas  modifier  les  relations  dans  les 
durées  des  attributions  desdifférents  membres  du 
Conseil,  telles  que  les  établis.sent  nos  Statuts, 
l’élection  de  tout  Membre  actuel  du  Conseil  qui 
sera  promu  à de  nouvelles  fonctions  ne  sera  va- 


D’après  cette  élection,  le  Bureau  et  le 
Conseil  de  la  Société  se  trouvent  ainsi  com- 
posés : 


Président  : M.  Viger. 


Premier  Vice-Président  : M.  Henri  Lé- 

vêque  de  Vilmorin. 

Vice- Présidents  : MM.  Désiré  Vitry,  Lé- 
VÉQUE,  Honoré  Defresne,  J.  Nanot. 

Secrétaire  général  : M.  Abel  Chatenay. 

Secrétaire  général  adjoint  : M.  Émile 

Chou VET. 

Secrétaires  : MM.  Joanni  Sallier,  Gappe 
fils,  Ernest  Bergman,  Vacherot. 

Trésoy'ier  : M.  Huard. 

Trésorier  adjoint  : M.  Paul  Lebœuf. 

Bibliothécaire  : M.  D.  Bois. 

Bibliothécaire  adjoint  : M.  H.ariot. 


Conseillers  d’ Administration  : 


MM. 

Paillet  (père). 
Poiret-Delan. 
Hébrard  (Laurent). 
Thiébaut  (aîné). 
Mussat. 

ViLLARD  (Th.). 
Leroy  (Isidore). 
COULOMBIER. 


MM. 

Verdier  (Eugène). 
Opoix. 

Duvillard. 

Doin. 

Truffaut. 

Martinet. 

Grenthe. 

Quénat. 


Commission  de  Contrôle  : 


MM. 

Hennecart. 

Méon. 

Panhard. 


MM. 

Robert. 

Süvestre  de  Sacy. 


labié  que  pour  le  temps  restant  à courir  au  fonc- 
tionnaire qu’il  remplacera. 

D’après  l’article  17  des  Statuts,  l’assemblée  gé- 
nérale nomme  annuellement,  dans  la  dernière 
séance  de  l’année,  une  Commission  de  contrôle 
composée  de  cinq  membres  pris  hors  du  Conseil 
d’Administration  et  qui  ne  peuvent  participer  à ses 
délibérations. 

Les  membres  de  la  Commission  de  contrôle  ne 
sont  rééligibles  qu’après  une  année  d’intervalle. 


6 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Graines  et  plantes  offertes  par  le  Mu- 
séum. — Le  Muséum  d'histoire  naturelle 
vient  de  publier  le  catalogue  des  graines  et 
plantes  vivantes  offertes  pendant  l’hiver 
1896-1897,  aux  établissements  publics  d’ins- 
truction. Le  catalogue  comprend,  pour  les 
graines,  deux  divisions  : les  graines  pour 
jardins  botaniques,  et  les  graines  de  plantes 
pouvant  servir  à l’ornement  ; — pour  les 
plantes  vivaces,  quatre  divisions  : les  es- 
pèces vivantes  pouvant  servir  à l’ornement, 
les  bulbes  et  rhizomes  d’espèces  pouvant 
servir  à l’ornement,  les  arbres  et  arbustes 
pouvant  servir  aux  plantations  des  jardins 
et  des  parcs,  enfin,  les  plantes  utiles  à di- 
vers titres. 

Les  demandes  devront  parvenir  avant  le 
ISjanvier  1897  et  être  adressées  à M.  le  Direc- 
teur du  Muséum,  57,  rue  Cuvier,  à Paris. 

Les  graines  sont  envoyées  franco  par  la 
poste.  Les  plantes  vivantes  sont  envoyées 
aux  frais  du  destinataire,  par  chemin  de  fer, 
à la  gare  la  plus  proche  qui  devra  être  in- 
diquée par  la  demande. 

Une  nouvelle  Malvacée  hybride.  — 

Notre  compatriote,  M.  Micheli,  nous  écrit  : 

ff  Permettez-moi  d’attirer  votre  attention  sur 
une  Malvacée  hybride  qui  a crû  cette  année 
spontanément  dans  mon  jardin  et  qui,  lors  de 
son  apparition,  a fortement  piqué  ma  curiosité. 
D’après  ses  caractères,  cette  plante  est  proba- 
blement le  résultat  d’un  croisement  entre  La- 
vatera  maritima  et  L.  trimestris,  la  première 
ayant  fourni  le  pollen.  Elle  forme  un  buisson 
de  plus  de  l“i  50  qui  a emprunté  au  L.  mari- 
tima son  feuillage  glauque  et  pubescent,  ses 
fleurs  larges  et  très-ouvertes.  Du  L.  trimestris 
elle  a les  bractéoles  en  involucre,  le  calice  et  la 
couleur  rose  des  pétales.  Les  premières  fleurs 
se  sont  épanouies  en  juillet  et  les  gelées  de  dé- 
cembre ont  seules  pu  arrêter  les  dernières.  Je 
n’ai  pas  obtenu  de  graines  fertiles,  quoique  les 
ovaires  parussent  bien  conformés,  mais  nous 
possédons  quelques  boutures  enracinées  et,  si  le 
pied-mère  résiste  aux  froids  de  l’hiver,  peut- 
être  vaudra-t-il  la  peine  d’introduire  la  nou- 
velle venue  dans  les  collections  de  plein  air. 
Nous  pourrons  alors  en  donner  aux  lecteurs  de 
la  une  description  complète  accompagnée 

d’une  planche  coloriée. 

Nous  avons  vu  la  plante  vivante,  l’année 
dernière,  dans  le  jardin  du  Grest,  chez 
M.  Micheli.  Non  seulement  elle  nousta  pré- 
senté une  véritable  valeur  scientifique,  mais 
elle  offre  un  attrait  ornemental  digne  d’être 
signalé  à l’attention  des  amateurs  d’horticul- 
ture, et  nous  attendrons  avec  grand  intérêt 
les  futures  communications  de  notre  collabo- 
rateur à son  sujet. 


Deux  Poires  nouvelles.  — Nous  si- 
gnalons deux  Poires  nouvelles  mises  au 
commerce  par  M.  Arsène  Sannier,  pépinié- 
riste à Rouen  : 

Président  Héron  {Beurré  d’Amanlis  X 
Louise  Bonne  Sannier).  Bois  moyen  de  couleur 
rousse  à lenticelles  presque  nulles  ; yeux  petits, 
rapprochés  ; feuilles  larges,  arrondies,  au  limbe 
un  peu  horizontal,  au  bord  dentelé. 

Fruit  moyen,  de  forme  rappelant  celle  de 
VUy'baniste,  chair  extra-fine,  très-juteuse  et 
parfumée. 

Directeur  Varenne  {Doxjenné  d^hiverX  Ber- 
gamote Espéren).  Bois  moyen  de  couleur 
brune  à lenticelles  rondes  et  clairsemées. 
Yeux  moyens,  ovoïdes,  pointus  et  rappro- 
chés; mérithalles  courts.  Feuilles  assez  gran- 
des, vert  luisant,  à bord  dentelé;  pétioles 
longs,  souvent  rouges  à leur  base;  nervures 
prononcées.  Fruit  gros  ou  très-gros,  forme  et 
couleur  genre  Doyenné  d'hiver  ; pédoncule 
court;  chair  très-fine,  juteuse  et  de  parfum 
léger. 

Les  chèques  et  les  fleurs.  — L’expédi- 
tion des  fleurs  du  Midi  a fait  des  progrès 
depuis  les  bouquets  de  Nice,  d’Alphonse 
Karr. 

Sans  parler  des  abonnements  de  saison, 
voici  qu’un  industriel  niçois  vient  d’ima- 
giner les  « chèques  de  fleurs  ».  Moyennant 
l’achat  d’un  carnet  de  10,  20  ou  40  chèques, 
de  2 fr.  50  à 5 fr.  l’un,  que  l’on  détache 
successivement,  on  peut  faire  envoyer  à 
une  adresse  indiquée,  et  sans  écrire  de 
lettre  spéciale,  des  colis  de  fleurs  de  saison 
aux  personnes  que  l’on  désigne. 

A cela,  nous  n’avons  rien  à redire,  et  on 
a raison  de  simplifier  les  relations  commer- 
ciales; mais  pourquoi  donc  ajouter  ceci  : 

« Le  carnet  de  chèques  peut  être  lui- 
même  offert  en  cadeau.  » 

Quelle  singulière  idée  a eue  cet  industriel, 
qui  a songé  à transformer  un  envoi  de 
fleurs  en  un  cadeau  d’argent!  Pauvres 
petites  Violettes  de  Parme,  qu’avez-vous 
donc  fait  pour  mériter  un  tel  outrage  ? Au 
lieu  de  vous  envoyer,  toutes  fraîches  et 
toutes  pures,  à la  fiancée  qui  vous  attend, 
fraîche  et  pure  comme  vous,  on  lui  enver- 
rait un  chèque  pour  vous  acheter  ! Nous 
espérons  bien  qu’on  ne  fera  cette  injure 
ni  aux  jeunes  filles,  ni  aux  fleurs  ! 

L’Erythrina  Constantiana.  — Nous 
avons  reçu  de  M.  Micheli  la  lettre  sui- 
vante : 

Je  viens  de  recevoir  du  jardin  botanique  de 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


7 


Lisbonne  deux  fleurs  d’un  Erythrina  qui  se  rap- 
porte tout  à fait  à VE.  Constantiana  décrit 
dans  le  numéro  de  la  Revue  du  16  novembre 
1876.  Cette  plante  fleurit  habituellement  en 
mars-avril  et  a donné  cette  année  une  seconde 
floraison  probablement  à la  suite  d’une  forte 
sécheresse  de  huit  mois  qui  a suspendu  la  vé- 
gétation. 

Je  n’ai  pas  de  renseignements  sur  l’origine 
de  cet  arbre,  mais  je  le  considère  comme  un 
second  représentant  de  notre  espèce. 

D’autre  part,  j’ai  appris  qu’il  existe  dans  les 
collections  de  M.  Barbey-Boissier,  à Genève, 
de  jeunes  pieds  d’une  Erylhfine  semée  sous  le 
nom  d'E.  caffra,  mais  ils  n’ont  pas  encore 
fleuri.  M.  IVIichelt. 

Des  renseignements  ainsi  groupés  per- 
mettront probablement  d’éclaircir  prochai- 
nement la  question  d’origine  de  cette  su- 
perbe espèce  dont  la  première  floraison  en 
France,  à la  villa  Niobé,  à Cannes,  a fourni 
les  éléments  de  la  planche  coloriée  que  nous 
avons  publiée,  et  de  l’article  de  M.  Micheli 
sur  la  plante  qui  porte  le  nom  de  M.  A. 
Constant. 

Floraison  des  Agave  Consideranti  et 
Erythea  palmata.  — Notre  confrère, 
M.  Chabaud,  nous  apprend  que  ces  deux 
belles  plantes  viennent  de  fleurir  sur  le 
littoral  méditerranéen,  près  de  Toulon. 
Nous  publierons  très  prochainement  ses 
descriptions  accompagnées  de  dessins. 

OUVRAGES  REÇUS 

Le  Chrysanthème  à la  grande  fleur,  par 
A.  Cordonnier.  — 1 vol.,  chez  l’auteur,  à Bail- 
leul  (Nord).  Prix  : 2 fr.  50. 

La  deuxième  édition  de  ce  bon  livre  vient  de 
paraître.  Parmi  les  additions  importantes  que 
nous  avons  constatées,  signalons  : 

La  culture  du  Chrysanthème  en  pleine  terre  ; 

Un  calendrier  très  complet  des  travaux  de 
chaque  mois  pour  le  Ghysanthème  ; 

Nous  citerons  avec  éloges  des  photogravures 
représentant  l’état  des  plantes  à divers  mo- 
ments de  leur  végétation,  depuis  la  bouture 
jusqu’à  la  floraison. 

Les  Clématites,  par  le  docteur  Le  Bêle.  — 
M.  le  docteur  Le  Bêle,  bien  connu  par  sa  pas- 
sion pour  les  Broméliacées  et  par  les  succès 
qu’il  a obtenus  dans  leur  culture,  a repris  ses 
études  botanico-horticoles  sur  les  Clématites, 
dont  il  avait  réuni,  dans  son  jardin  du  Mans, 
une  collection  hors  ligne. 

La  brochure  qu’il  vient  de  publier  est  le 
travail  le  plus  complet  qui  ait  été  écrit  sur 
cette  matière,  au  double  point  de  vue  descriptif 
et  cultural.  C’est  le  produit  de  trente  années 
au  moins  d’observations.  Nous  ■ ne  saurions 


trop  en  recommander  la  lecture  à tous  ceux 
qu’intéresse  la  classification  ou  la  culture 
de  ces  charmantes  plantes. 

Nécrologie  : M.  Hémeray- Gauguin. 
— Un  des  praticiens  les  plus  distingués  et 
les  plus  respectables  de  l’horticulture  orléa- 
naise,  M.  Hémeray-Gauguin,  vient  de 
mourir,  à l’âge  de  quatre-vingt-un  ans,  à 
Saint-Marceau  (Orléans).  Il  laisse  le  sou- 
venir d’un  habile  cultivateur,  et  d’un 
excellent  homme. 

M.  Anthony  Waterer.  — Le  nom  de 
M.  Anthony  Waterer  était  bien  connu,  non 
seulement  en  Angleterre,  où  il  vient  de 
mourir  à l’âge  de  soixante-quinze  ans,  mais 
encore  sur  le  continent  européen,  où  sa  ré- 
putation comme  grand  cultivateur  de 
terre  de  bruyère  était  grande.  Ses  pépi- 
nières de  Knap-Hill  présentaient,  au  mo- 
ment de  la  floraison  des  Rhododendrons, 
un  admirable  aspect. 

Madame  Furtado-Heine.  — Tout  le 
monde  a loué  l’inépuisable  charité  de  cette 
femme  de  bien,  qui  vient  de  mourir,  et  les 
généreuses  fondations  qu’elle  a faites  en  fa- 
veur des  pauvres,  des  enfants,  des  officiers 
retraités,  etc.  Nous  devons  un  hommage 
particulier  à sa  mémoire,  à cause  de  son 
grand  amour  de  l’horticulture,  des  services 
qu’elle  a rendus  au  commerce  horticole,  du 
sentiment  élevé  qu’elle  avait  de  l’art  des  jar- 
dins. Appelé  par  elle,  il  y a quelques  an- 
nées à diriger  les  nouveaux  embellissements 
de  sa  propriété  de  R.ocquencourt,  nous  con- 
servons précieusement  le  souvenir  de  son 
bienveillant  accueil. 

Le  docteur  Trimen.  — Le  directeur  du 
célèbre  jardin  botanique  de  Peradenya,  à 
Geylan,  D'’  Trimen,  est  mort  à l’âge  de 
cinquante-trois  ans.  C’est  une  grande  perte 
pour  la  botanique  et  l’horticulture  des  pays 
chauds.  Il  aura  pour  successeur  M.  J.-C. 
Willis. 

M.  Robert  Warner  — Un  des  plus  re- 
marquables orchidophiles  anglais,  mort  le 
17  décembre  à Widfort  Lodge,  Ghelmsford 
(Angleterre),  à l’âge  de  quatre-vingt-deux 
ans.  Il  était  universellement  connu  par  la 
publication  de  son  Orchid  Album  et  son 
Select  Orchidaceous  Plants.  Nous  nous 
souvenons  toujours  de  ses  magnifiques 
Gattleyas,  et  du  succès  que  nous  lui  avons 
vu  remporter  à la  grande  Exposition  inter- 
nationale de  Saint-Pétersbourg,  en  18G9, 
avec  les  Orchidées  qu’il  avait  apportées. 

Ed.  Anuré. 


8 


LES  CHOYSIA  TERNÂTA  ET  LE  PHYLLOSTICTA  VIOLÆ. 


LES  CHOYSIA  TERNATA  ET  LE  PHYLLOSTICTA  VIOLÆ 


Le  fait  de  l’envahissement  du  charmant 
Choysia  ternata  par  le  Phyllosticta 
Violæ  a-t-il  été  déjà  signalé  en  France  ? 
C’est  ce  que  j’ignore  absolument. 

Toujours  est-il  que,  chez  moi,  en  Pro- 
vence, depuis  trois  ou  quatre  ans,  le  voisi- 
nage rapproché  de  bordures  de  Violettes  a 
eu,  pour  mes  infortunés  Choysia,  le  triste 
privilège  de  les  couvrir  de  cette  vilaine 
Cryptogame. 

Le  doute  est  absolument  impossible,  car, 
outre  que  seuls  ont  été  envahis  les  Choysia, 
en  contact  trop  intimes  avec  des  Violettes, 
prises  de  cette  maladie,  l’étude  et  l’analyse 
des  taches  et  de  leur  cause  démontrent  bo- 
taniquement et  scientifiquement  l’identité 
des  deux  Champignons. 

Heureusement  qu’encore  une  fois  les  trai- 
tements au  cuivre  se  montrent  souverains 


dans  ces  conjonctures,  et  qu’il  est  aisé, 
grâce  à leurs  précieux  concours,  de  débar- 
rasser les  Choysia,  aussi  bien  que  les  Vio- 
lettes, de  ce  parasite.  Mieux  encore  on  doit 
les  en  préserver,  en  distribuant  préventi- 
vement, sur  toutes  les  parties  aériennes  des 
plantes  (et  ce,  dès  le  premier  printemps), 
de  copieuses  pulvérisations  cupriques,  en 
y revenant  de  loin  en  loin,  pendant  l’été,  et 
surtout  si  l’on  remarquait  la  moindre  tache 
caractéristique. 

Je  suis  heureux  du  reste  d’ajouter  que, 
depuis  le  printemps  dernier,  la  situation 
s’est  considérablement  améliorée,  et  qu’un 
ou  deux  traitements  seulement  ont  suffi  à 
mettre  Choysia  et  Violettes  à l’abri  de  nou- 
velles atteintes  cryptogamiques. 

C‘°  DE  Bouchaud. 


CULTURE  DU  CHRYSANTHÈME  A LA  GRANDE  FLEUR 


Nous  avons  reçu  de  M.  Chabanne,  du 
jardin  botanique  de  la  Tête-d’Or,  à Lyon, 
la  photographie  de  plusieurs  Chrysanthèmes 
cultivés  suivant  la  méthode  que  M.  Choulet 
a imaginée  et  a lui-même  décrite  in  extenso 
dans  nos  colonnes  il  y a deux  ans  L L’une 
de  ces  photographies,  représentant  un  re- 
marquable exemplaire  de  la  variété  Mis- 
tress  Harman  Payne,  a fait  l’objet  du  des- 
sin ci-contre,  donnant  exactement  le  port  et 
le  détail  de  cette  belle  plante. 

On  sait  que  la  méthode  de  M.  Choulet, 
qui  donne  de  si  éclatants  résultats,  n’offre 
en  apparence  rien  de  très-particulier,  mais 
repose  sur  une  série  de  soins  successifs 
dont  aucun  ne  doit  être  négligé. 

La  plante  figurée  ci-contre  provient  d’une 
bouture,  longue  de  12  centimètres,  faite  le 
8 avril  1896  sous  châssis  froid,  et  a toujours 
été  traitée  à froid. 

Cette  bouture,  étant  reprise,  a été  rem- 
potée dans  un  godet  de  7 centimètres,  à 
demi  enterré  dans  une  plate-bande  de  terre 
meuble,  au  soleil. 

Le  mai,  premier  pincement  à 8 centi- 

1 Revue  horticole,  189  i,  pp.  34  et  499. 


mètres  de  hauteur.  En  juin,  pincement  des 
tiges  à 20  centimètres  de  longueur. 

Le  10  juin,  deuxième  rempotage  en  pots 
de  11  centimètres.  Depuis  cette  date,  arro- 
sage tous  les  quinze  jours  avec  une  solution 
de  sulfate  de  fer  à la  dose  de  1 gramme  par 
litre  d’eau. 

Ebourgeonnement  de  tous  les  bourgeons 
axillaires. 

Fin  juillet,  nouveau  rempotage  en  pots 
de  17  centimètres. 

A la  fin  d’août,  apparition  du  bouton 
central,  seul  conservé  en  supprimant  tous 
les  autres.  Commencement  des  arrosages  à 
l’engrais  de  fumier  de  mouton,  mélangé  de 
matières  fécales  délayées  dans  l’eau  à la  dose 
de  8 à 10  0/0,  graduellement  portée  jusqu’à 
25  0/0. 

Suppression  de  tous  drageons. 

Tuteurage  des  tiges  arrivées  à 40  centi- 
mètres de  hauteur. 

A l’occasion,  pulvérisation  de  jus  de  tabac 
contre  les  pucerons  ; répandage  de  fleur 
de  soufre  le  matin  à la  rosée  contre  la  grise  ; 
cordons  de  chaux  vive  autour  des  cultures 
contre  les  limaçons  et  chenilles. 

Il  est  bon  de  ne  rempoter  que  pa.r  un 


CULTURE  DU  CHRYSANTHÈME  A LA  GRANDE  FLEUR. 


temps  un  peu  humide  et  pas  trop  chaud 
et  de  mouiller  la  motte  deux  heures  avant 
le  rempotage. 

Un  compost  formé  de  deux  tiers  de  ter- 
reau de  couche  un  peu  consistant  et  d’un 


9 

tiers  de  bonne  terre  franche  de  jardin  est 
excellent. 

On  doit  bassiner  simplement  les  plantes 
qui  resteraient  flétries  même  après  l’arro- 
sage, et  veiller  à ce  que  les  pots  soient  bien 


Specimen  de  belle  culture,  par  M.  Chabanne. 


drainés,  l’humidité  stagnante  causant  la 
chlorose. 

Avec  ces  simples  notions,  que  nous  ren- 
dons à dessein  aussi  brèves  que  possible 
pour  montrer  aux  amateurs  qu’elles  ne 
constituent  qu’une  pratique  assez  simple. 


mais  demandant  des  soins  constants,  sur- 
tout dans  les  mois  d’été,  le  succès  est  as- 
suré, mais  toute  négligence  entraîne  forcé- 
ment des  déceptions  que  le  jardinier  ne  de- 
vra imputer  qu’à  lui-même. 

Ed.  André. 


10 


TRAPA  VERBANENSIS. 


TRAPA  VERBANENSIS 


Vers  Textrémité  sud  du  Lac  Majeur, 
entre  Sesto  Galende  et  Laveno,  en  face  de 
cette  jolie  petite  ville  d’Arona  au-dessus  de 
laquelle  se  dresse  la  gigantesque  statue  de 
saint  Charles  Borromée,  se  trouve,  sur  la 
rive  gauche,  la  baie  d’Angera.  Dans  les 
eaux  peu  profondes  qui  avoisinent  la  rive, 
le  botaniste  trouve,  avec  une  agréable  sur- 
prise, une  plante  qui  lui  rappelle  la  Châ- 


taigne d’eau  ou  Mâcre  de  nos  étangs  (Trapa 
natans,  L.),  mais  avec  des  proportions 
beaucoup  plus  grandes.  Vers  la  fin  d’octobre, 
sous  les  larges  feuilles  flottantes,  deltoïdes, 
les  pêcheurs  du  pays,  qui  nomment  la  plante 
Lagana,  vont  cueillir  ses  fruits  mûrs,  dont 
l’amande  se  mange  crue  ou  cuite,  et  rappelle 
le  goût  de  la  Châtaigne. 

C’est  une  espèce  distinguée  par  M.  de 


Notaris  sous  le  nom  de  Trapa  verha- 
nensis  \ tiré  du  nom  latin  du  lac,  l’antique 
lac  Verhanus,  aujourd’hui  encore  Ver- 
hano  en  italien 

Cependant  M.  Jaggi,  de  Zurich,  et  M.  Gi- 
belli,  de  Bologne,  ne  voient  dans  cette 
plante  qu’une  variété  à deux  cornes  du 
Trapa  natans,  les  deux  autres  appendices 
ordinaires  ou  cornes  médianes  ayant  avorté. 
Il  faudrait  donc  écrire  correctement  : Trapa 
natans^  L.,  var.  uerbnnensis,  Jaggi. 

Nous  avons  trouvé  cette  intéressante 

^ Trapa  verbanensis,  de  Notaris,  Catal.  Sem. 
Ort.  Bot.  Borna,  28  (1875)  ; et  in  Nuov.  Giorn. 
Bot.  Ital.,  VIII,  p.  42  (1876) 

- Il  vaudrait  mieux  conserver  le  nom  de  Verbano 
que  celui  de  Lac  Majeur  (Lago  Maggiore),  car  le 
Lac  de  Garde  est  plus  grand  d’un  tiers  environ. 


plante  (fig.  2)  dans  la  collection  de  plantes 
aquatiques  deM.  Latour-Marliac,  à Temple- 
sur-Lot,  oû  elle  couvre  l’eau  des  bassins  de 
son  beau  feuillage  charnu,  en  rosettes  régu- 
lières, d’un  vert  foncé  teinté  de  rouge 
sombre  en  dessous.  C’est  un  ornement  des 
pièces  d’eau  qui  n’est  pas  à dédaigner  et 
qui  est  encore  à peine  connu,  bien  qu’il 
soit  très-supérieur  à la  Mâcre  ordinaire. 
En  voici  la  description  ; 

Plante  glabre,  à tige  grêle,  montant  du  fond 
jusqu’à  la  surface  des  eaux.  Deux  espèces  de 
feuilles,  les  unes  immergées,  pinnatifides,  à 
divisions  filiformes  ; les  autres,  flottantes 
(fig.  2),  disposées  en  grosses  rosettes  régulières, 
celles  du  sommet  horizontalement  couchées  sur 
l’eau  ; pétiole  ventru  au  milieu,  cauerneux, 
rouge  foncé,  pourvu,  de  chaque  côté  de  la 


TRAPA  VERBANENSIS. 


base,  d’une  écaille  membranacée  subulée; 
limbe  deltoïde-semicirculaire,  grossièrement 
et  inégalement  denté  et  à sinus  arrondis  sur 
toute  la  partie  supérieure.  Fleurs  à calice  bifide, 
à corolle  blanche  différant  peu  du  T.  natans. 
Fruits  en  achaîne  trigone  (fig.  comprimé, 
bicorne,  garni  sur  chaque  face  de  tubercules 
obtus  bisériés,  divergents  depuis  la  base,  à 
cornes  courtes,  semi-coniques,  mucronées  au 


11 

sommet,  ou  conoïdales  obtuses,  à peine  spi- 
nescentes. 

Selon  MM.  Paillieux  et  Bois  ^ ces  fruits, 
désignés  par  des  habitants  du  LacMajeur  sous 
le  nom  de  Castagna  del  Lago  ou  Castagna 
d'acqua,  sont  consommés  le  plus  souvent 
cuits  et  exigent  un  assez  long  temps  de 


Fig.  3.  — Trapa  verbanensis 
Feuille  vue  en  dessous  et  jeune  fruit,  de  grandeur  naturelle. 


cuisson  ; on  les  rencontre  rarement  sur  les 
marchés. 

A Arona,  à Varese,  etc.,  avec  ces  fruits 
on  confectionne  des  chapelets. 

Bien  que  croissant  sous  une  latitude  à 
peu  près  égale  à celle  d'Angoulême,  cette 
plante  emprunte  au  climat  particulier  du 
Lac  Majeur,  où  la  température  est  si  douce, 
un  tempérament  qui  peut  différer  de  celui 
de  notre  Châtaigne  d’eau.  Dans  tout  le  Midi 
de  la  France,  elle  résistera  à merveille  et  se 


propagera  facilement  dans  les  étangs,  pièces 
d’eau,  aquariums,  où  il  suffira  d’en  jeter 
quelques  racines  dans  la  vase  du  fond  pour 
la  voir  prospérer.  Nous  l’avons  plantée  en 
Touraine,  sans  en  relever  les  pieds  pendant 
l’hiver,  et  nous  saurons  bientôt  si  elle  doit 
être  considérée  comme  rustique  sous  le  cli- 
mat de  la  France  moyenne. 

Ed.  André. 


1 Le  Potager  d’un  curieux,  2°  éd.,  1892,"  p.  322. 


CATTLEYA  X MASSILIENSIS. 


1^2 


CATTLEYA  x 

Les  Orchidées  hybrides  nouvelles  sem- 
blent pour  ainsi  dire  faire  chaque  jour  de 
nouvelles  apparitions.  Ce  n’est  pas  là  ce  qui 
doit  décourager  le  semeur,  bien  au  con- 
traire, car  les  résultats  qu’il  en  peut  at- 
tendre sont  quelquefois  dépassés  par  la 
valeur  des  plantes  qu’il  obtient.  C’est  ce  qui 
vient  de  se  produire  dans  les  serres  de 
M.  Louis  Fournier,  de  Marseille,  avec  un 
semis  de  Cattleija  issu  d’un  croisement 
entre  un  Cattleya  (supposé  Cattleya  Tria- 
næ)  et  un  Cattleya  Dowiana  aurea.  Rien 
que  la  croissance  et  la  vigueur  de  cette 
plante  la  font  admirer  et  la  placent  au  pre- 
mier rang  des  Cattleyas  hybrides. 

En  voici  une  description  sommaire,  que 
complète  notre  planche  coloriée  : 

Pseudo-bulbes  atteignant  de  15  à 18  centi- 
mètres de  longueur,  renflés  dans  leur  partie 
supérieure  et  larges  de  4 centimètres  et  demi, 
surmontés  d’une  seule  feuille  qui  atteint  28  à 
30  centimètres  de  long  sur  9 centimètres  de  large, 
d’un  beau  vert  foncé  tirant  sur  un  rouge  vineux 
qui  s’accentue  sur  les  bords  de  la  feuille  et 
sous  la  nervure  médiane  ; spathe  longue  de 
14  centimètres,  large  de  5 centimètres,  du  som- 
met de  laquelle  émergent  deux  larges  fleurs 

MULTIPLICATION  EN  GRAND  DU  SI 

Sous  la  signature  de  M.  Ch. -T.  Druery, 
le  Gardeners' Chronicle  a publié  récem- 
ment un  article  très-détaillé  sur  un  mode 
de  propagation  des  variétés  de  Scolopendres 
à feuilles  crispées  et  autres  qui  restent  sté- 
riles ou  ne  se  reproduisent  pas  franchement 
de  spores.  Ce  procédé  étant  peu  connu,  des 
plus  intéressants  au  point  de  vue  physiolo- 
gique et  susceptible  de  rendre  des  services 
à ceux  qui  cultivent  ces  jolies  Fougères 
pour  l’ornementation  des  serres  froides  ou 
pour  la  vente  sur  les  marchés  aux  fleurs, 
nous  extrayons  de  l’article  les  points  les 
plus  importants. 

((  Si  nous  prenons  un  vieux  pied  de 
Scolopendre,  que  nous  en  secouions  toute 
la  terre  et  enlevions  les  racines,  nous  trou- 
verons un  rhizome  ayant  probablement 
5 à 8 centimètres  de  long,  3 centimètres  et 
demi  de  diamètre.  Supprimant  les  racines 
avec  un  couteau  ou  des  ciseaux,  nous  ver- 
rons alors  que  cette  tige  souterraine  est 
formée  d’un  mince  rameau  central,  auquel 


MASSILIENSIS 

(c’est  du  moins  la  quantité  que  nous  a donnée 
cette  première  floraison). 

Fleurs  larges  de  18  centimètres;  pétales  de 
9 centimètres  de  long  sur  2 centimètres  et 
demi  de  large,  d’une  délicate  couleur  mauve 
uniforme,  de  même  longueur  et  de  même  cou- 
leur que  les  sépales,  qui  sont  larges  de  5 cen- 
timètres et  traversés  par  des  nervures  d’un 
coloris  un  peu  plus  foncé.  Labelle  en  enton- 
noir, largement  frangé  et  ouvert  sur  ses  bords, 
jaune Jigné  de  stries  brunes  à la  gorge,  coloris 
qui  se  retrouve  au  dehors,  principalement 
sous  le  labelle  ; tablier  du  labelle  d’un  pourpre 
violacé  intense,  ligné  de  stries  purpurines  qui, 
ainsi  que  la  gorge,  rappellent  bien  la  parenté 
du  Cattleya  aurea;  bords  frangés  du  labelle 
un  peu  plus  clairs. 

Le  labelle  brillant  de  cette  plante  fait 
encore  ressortir  davantage  l’apparence  de 
fraîcheur  qui  est  produite  par  les  sépales  et 
les  pétales;  ajoutons  en  plus  que  son  odeur, 
absolument  délicieuse,  est  assez  forte,  et 
nous  en  aurons  dit  assez,  je  crois,  pour 
cette  sommaire  description. 

Le  Cattleya  X Massiliensis  (dédié  à la 
ville  de  Marseille)  provient  de  mes  semis  et 
est  âgé  de  6 ans. 

Ch.  Maron. 

[)LÜPENDRIUM  VULGARE  CRISPUM 

sont  attachés,  très-rapprochés  les  uns  des 
autres,  un  très-grand  nombre  d’appendices 
vert  noirâtre,  un  peu  en  forme  de  saucisse 
et  ayant  environ  18  millimètres  de  long. 
En  examinant  de  près  ces  organes  parti- 
culiers, nous  verrons  qu’ils  constituent  la 
base  persistante  des  anciennes  frondes  dis- 
parues. A la  partie  basale,  on  remarquera 
deux  ou  trois  racines  qui  contribuent  à 
l’alimentation  de  la  souche.  La  section 
transversale  montrera  aussi  que  ces  or- 
ganes ont  conservé  leur  vitalité  pendant 
plusieurs  années  après  la  disparition  de  la 
fronde,  dont  ils  formaient  primitivement 
une  partie.  Les  racines  aussi  ont  conservé 
leur  vitalité  et  la  plante  n’est  pas  seulement 
alimentée  par  celles  qui  se  développent 
chaque  année  à la  base  des  nouvelles 
frondes.  Toutefois,  le  multiplicateur  con- 
servera un  certain  doute  à l’égard  de  l’uti- 
lité de  ces  organes,  car  il  est  impossible 
d’y  observer  la  moindre  trace  de  bourgeons 
ou  de  bulbilles. 


<cv> 


Caillcija  X ma.ssilœ/is'i-^ 


l’art  de  présenter  les  plantes  nouvelles. 


13 


« En  détachant  ces  sortes  de  petites  sau- 
cisses l’une  après  l’autre,  nous  en  aurons 
bientôt  un  petit  tas.  Le  sommet  du  rhizome 
dénudé,  c’est-à-dire  la  couronne  de  la 
Fougère,  pourra  être  replanté  dans  un  petit 
pot  et  y formera  rapidement  une  nouvelle 
Scolopendre,  de  sorte  qu’on  aura  simplement 
remplacé  une  vieille  plante  par  une  jeune. 

« Nous  prenons  maintenant  chacune  de 
ces  hases,  pourvues  de  quelques  racines,  et 
nous  les  coupons  transversalement  en  deux 
ou  même,  pour  les  plus  fortes,  en  trois  mor- 
ceaux ayant  environ  6 à 8 millimètres  de 
long.  C’est  ainsi  que  chaque  rhizome 
nous  donne  au  moins  100  multiplications. 

« Pour  la  plantation  de  ces  fragments, 
nous  employons  des  terrines  d’environ 
20  centimètres  de  diamètre,  bien  drainées 
et  remplies  d’un  compost  très-perméable, 
que  nous  recouvrons  d’une  mince  couche 
de  sable  blanc.  Il  faut  prendre  garde  qu’au- 
cun ver  de  terre  ou  autre  insecte  n’existe 
dans  la  terre.  On  y plante  ensuite  les  pro- 
pagules  à environ  2 centimètres  en  tous 
sens,  sans  tenir  compte  de  l’extrémité  à 
placer  supérieurement  et  de  façon  à ce 
qu’elle  affleure  la  surface  de  la  terre.  Les 
terrines  sont  ensuite  placées  sous  un  châssis 
froid,  recouvertes  de  cloches,  et  bien  abri- 
tées du  soleil. 

« Au  bout  de  cinq  à six  semaines,  pen- 
dant le  printemps  et  l’été,  chaque  fragment 
montrera  sur  certains  points  de  l’épiderme 
et  sur  le  bord  de  la  section  plusieurs  petits 
points  blancs,  qui,  au  bout  d’une  huitaine, 
développeront  chacun  une  fronde  minus- 
cule. Au  bout  de  peu  de  temps,  des  petites 
touffes  de  frondes  indiqueront  que  les 
plantes  sont  enracinées.  On  pourra  alors 
détacher  chaque  plantule  et  l’empoter  sé- 
parément dans  un  godet.  Si  l’on  est  à 

L’ART  DE  PRÉSENTER  ] 

Si  les  plantes  nouvelles  que  nos  horticul- 
teurs mettent  au  commerce  n’ont  pas  tou- 
jours du  succès  par  elles-  mêmes,  il  est 
souvent  possible  de  leur  en  procurer  par 
la  manière  de  les  présenter. 

Le  moyen,  qui  de  tout  temps  a été 
employé  pour  lancer  une  nouveauté,  c’est 
la  description  élogieuse  où  s’épanouissent 
les  sentiments  paternels  du  propriétaire 
pour  ce  qu’il  a créé  ou  élevé. 

Je  n’ai  entendu  qu’une  fois  un  obtenteur 
dire  que  sa  plante  — un  Cactus,  auquel 
il  devait  donner  le  nom  de  sa  femme  — 


court  de  vieilles  plantes  et  qu’on  désire 
multiplier  les  Scolopendres  en  très-grand 
nombre,  on  pourra  conserveries  propagules 
encore  pleines  de  vie  et  les  replanter  dans 
une  autre  terrine;  elles  donneront  bientôt 
de  nouvelles  plantules,  car  les  bourgeons 
sont  si  nombreux  qu’ils  ne  peuvent  se  dé- 
velopper tous  à la  fois, 

« On  pourrait  diviser  les  propagules  lon- 
gitudinalement, mais  elles  perdent  alors 
un  peu  trop  de  leur  vitalité.  Il  n’est  pas  non 
plus  inutile  de  les  laver  avant  leur  planta- 
tion et  même  de  stériliser  la  terre  au  préa- 
lable avec  de  l’eau  bouillante,  afin  d’éviter 
que  les  Gonferves  et  les  Marchantia  n’en- 
vahissent la  surface,  ce  qui  affecte  le  déve- 
loppement des  jeunes  plantes. 

« Nous  n’avons  traité  jusqu’ici  de  cette 
manière  que  le  Scolopendrium  vulgare 
crispum,  mais  toute  autre  variété  vigou- 
reuse peut  être  propagée  de  la  même  ma- 
nière, à une  exception  près,  celle  d’une 
forme  cornue,  très-curieuse,  qui  ne  produit 
que  des  frondes  normales.  Il  est  probable 
que  cette  aptitude  particulière  de  multipli- 
cation n’est  pas  spéciale  aux  Scolopendres, 
mais  nous  ne  sommes  pas  parvenus  à l’é- 
blir  pour  les  autres  Fougères  indigènes  ; il 
est  à souhaiter  qu’on  l’essaie  pour  les  Fou- 
gères exotiques.  » 

L’auteur  affirme  que  ce  procédé  est  facile  et 
d’un  résultat  très-sûr,  et  que  ceux  qui  vou- 
dront l’employer  et  suivre  exactement  les  in- 
dications qui  précédent  parviendront  certai- 
nement au  succès.  Nous  souhaitons  vive- 
ment qu’il  en  soit  ainsi  et  que  ce  nouveau 
mode  de  propagation  puisse  contribuer  à 
faire  employer  plus  généralement  qu’on  ne 
le  fait  la  Scolopendre  à feuilles  crispées,  une 
de  nos  plus  jolies  Fougères. 

S.  Mottet. 

ÎS  PLANTES  NOUVELLES 

était  une  laideur  ; mais  au  lieu  de  le  dire 
avec  humilité,  il  s’en  vantait. 

((  Oh  ! c’est  très  laid,  j’en  conviens,  disait- 
il,  mais  c’est  ce  qui  en  fait  la  beauté  ! Figu- 
rez-vous bien  qu’il  n’y  a pas  encore,  dans 
le  commerce,  un  Cactus  dont  la  laideur  se 
rapproche  de  celle-là  ! Regardez-moi  ça  de 
profd  ! J) 

Et  comme  on  lui  disait  que  « c’était 
horrible  »,  il  ajoutait  avec  satisfaction  : 

« C’est  monstrueux  !...  Et  la  fleur?... 
Vous  verrez  la  tleur,  demain,  quand  elle 
s’ouvrira...  une  heureuse  combinaison  de 


14 


LES  DIOSCORÉES  ORNEMENTALES  DE  SERRE  ET  LEUR  CULTURE. 


l’entonnoir  et  de  l’Artichaut...  Mon  voisin, 
M.  Courtenot,  va  en  maigrir  de  dépit.  » 

Sans  doute,  un  pareil  langage  vous  sur- 
prend ; eh  bien,  cessez  d’être  étonné  : ceci 
se  disait  au  Vaudeville,  sur  la  scène  où 
l’on  jouait  Nos  intimes^  de  M.  Sardou.  Je 
n’ai  pas  besoin  de  vous  démontrer  que,  sur 
ce  ton  ingénu,  l’auteur  persiflait  doucement 
les  jardiniers. 

Ce  n’est  ni  comme  cela,  sans  doute,  ni  en 
la  vantant  d’une  façon  outrée,  qu’on  peut 
rendre  une  planie  populaire  ; presque  tou- 
jours elle  le  devient  toute  seule,  soit  peu  à 
peu,  soit  d’emblée,  à la  suite  d’un  essai, 
d’un  emploi  mettant  d’un  seul  coup  en  évi- 
dence tout  son  mérite  et  la  valeur  commer- 
ciale qui  en  découle. 

C’est  qu’en  effet,  ce  n’est  pas  suffisant 
d’offrir,  même  en  les  enveloppant  d’éloges, 
une  fleur,  un  arbre  ou  un  fruit  au  public  ; 
il  faut  encore  leur  trouver  un  emploi,  et  là, 
comme  dans  les  fonctions  officielles,  les 
emplois  vacants  sont  rares. 

Qu’est-ce  que  me  fait,  par  exemple,  une 
poire  nouvelle  mûrissant  en  octobre-no- 
vembre ; il  y en  a cent  de  même  saison,  et 
sur  ce  nombre,  une  dizaine  au  moins  ont 
des  qualités  qui  ne  sauraient  être  dépas- 
sées. Trouvez-moi  une  très-bonne  variété 
qui  mûrisse  avant  le  Beurré  Giffard,  puis 
une  autre  excellente  qui  se  conserve 
après  la  Bergamote  Espéren,  et  je  vous 
promets  que  les  amateurs  vous  les  deman- 
deront, quand  même  vous  les  vendriez  un 
prix  excessif. 

Toute  plante,  variété  ou  espèce,  qui  ne 
répond  pas  à un  emploi,  à un  besoin  nou- 
veaux, ne  peut  donc  avoir  qu’un  succès 
éphémère,  fût-elle  annoncée  au  son  de  cent 
bouches  publiant  sa  renommée. 

Voici,  par  exemple,  le  Myrsiphyllum 
asparagoides,  vulgairement  Medeola.  De- 
puis très-longtemps  cette  Liliacée  existe  en 
Europe,  mais  qui  la  connaissait  ? Per- 
sonne. Il  a fallu,  vers  1892,  son  emploi  en 
guirlandes  décoratives,  auquel  elle  se  prête 
sans  y être  préparée,  pour  la  jeter  tout  à 
coup  dans  la  circulation  du  commerce  hor- 
ticole. Sans  doute,  vous  penserez  que  1892 
est  une  date  tardive  et  que,  bien  avant 

LES  DIOSCORÉES  ORNEMENTALE 

Le  genre  Dioscoreof,  de  la  famille  végétale 
des  Dioscorées,  n’a  pour  représentant  assez 
connu  dans  les  jardins  que  l’Igname  de 
Chine  (Dioscorea  Batatas),  légume  de  lan- 


cette époque,  puisqu’on  usait  de  guirlandes 
pour  décorer,  soit  les  tU'bles  des  repas,  soit 
les  glaces  ou  les  fenêtres  des  salons,  on 
aurait  pu  employer  le  Medeola. 

C’est  bien  mon  avis.  Aussi  veu.x-je  rendre 
justice  à un  horticulteur  qui,  dans  une  cir- 
constance analogue  et  à propos  d’une  autre 
plante  toute  récente,  a montré  à la  fois  une 
heureuse  initiative  et  un  goût  parfait  de  no- 
vateur. Il  s’agissait  précisément  de  trouver 
à cette  espèce,  assez  modeste  en  somme, 
l’emploi  qui  la  mît  en  valeur. 

L’horticulteur  en  question  est  M.  J.  Sallier, 
la  plante  s’appelle  Physalis  Francheti, 

Si  vous  connaissez  le  Physalis  Alke- 
kengi  ou  Alkekenge,  ou  Coqueret,  ou  Ce- 
rise en  cage,  vous  pouvez  vous  faire  une 
idée  du  Physalis  Francheti. 

Ce  qu’il  y a de  particulièrement  intéres- 
sant dans  ces  herbes  est  la  fleur,  dont  le 
calice  accrescent  et  gamosépale  prend,  après 
la  chute  de  la  corollej  l’aspect  d’un  petit 
ballon  et  se  colore  d’un  rouge  minium  écla- 
tant ; j’oubliais  de  dire  qu’il  renferme  un 
fruit  comestible,  une  baie  aigrelette  et 
rouge. 

Le  Physalis  Frayicheti  est  une  variété 
dont  le  calice  en  ballon  peut  atteindre  60  à 
70  millimètres  de  diamètre,  tandis  que  son 
fruit  acquiert  le  volume  d’une  Cerise.  Il  est 
rustique  autant  que  le  Coqueret  commun 
et  s’accommode  bien  des  terrains  secs  ; 
ses  fruits  sont  appréciés,  surtout  quand  on 
les  glace  au  sucre. 

A l’exposition  des  Chrysanthèmes  du 
Palais  de  l’Industrie,  M.  Sallier  avait  donc 
piqué  des  calices  de  Physalis  Francheti 
dans  des  guirlandes  de  Medeola.  Le  public 
s’est  beaucoup  intéressé  à cette  décoration, 
où  les  globes  rouges  des  Physalis  appa- 
raissaient comme  de  minuscules  lanternes 
vénitiennes,  flambant  dans  les  feuillages 
avec  un  air  gai  de  fête  carillonnée. 

Et  j’ai  entendu  cette  réflexion  — je  vous 
la  donne  telle  quelle  — au  milieu  du  groupe 
qui  se  pressait,  intrigué,  autour  des  plantes 
de  l’horticulteur  parisien  : 

« Pas  bête  du  tout  cet  emploi  du  Phy- 
salis, et  voilà  une  plante  qui  fera  son  che- 
min. y>  Georges  Bellair. 

DE  SERRE  ET  LEUR  CULTURE 

taisie,  jadis  vanté  comme  succédané  de  la 
Pomme  de  terre,  et  qui,  maintenant,  n’a 
droit  de  cité  que  dans  les  jardins  de  quel- 
ques rares  amateurs  ; il  est  cependant  vrai 


LES  DIOSCORÉES  ORNEMENTALES  DE  SERRE  ET  LEUR  CULTURE. 


15 


que  si,  comme  légume,  l’Igname  de  Chine 
n’a  pas  donné  tout  ce  qu’en  promettaient 
ses  preneurs,  elle  n’en  reste  pas  moins 
une  plante  grimpante  pouvant  rendre  des 
services  dans  les  jardins  d’ornement,  pour 
s’enrouler  autour  des  tiges  des  arbres,  pour 
garnir  des  parties  dénudées,  partout  où  il 
faut  des  plantes  grimpantes  à végétation 
rapide  et  de  culture  facile. 

Mais  si  ce  genre  n’a  pas  de  représentants 
brillants  pour  orner  nos  parterres  à l’air 
libre,  il  possède,  par  contre,  des  bijoux  re- 
marquables pour  décorer  nos  serres 
chaudes  ; ce  sont  des  végétaux  admirables 
comme  richesse  de  coloris,  élégance  de 
feuillage,  et  auxquels  il  ne  manque,  pour  être 
mieux  appréciés,  que  d’être  plus  connus. 

Il  est  même  regrettable  de  voir  que  tant 
de  belles  plantes  sont  perdues  dans  les  col- 
lections botaniques  ou  d’amateurs  avares 
de  leurs  richesses,  et  ceux  qui  connaissent 
le  Cissus  discolor,  de  Java,  au  magnifique 
feuillage,  pourront  se  rendre  compte,  en 
imagination,  de  la  beauté  des  Dioscorées 
que  l’on  peut  cultiver  dans  les  serres. 

Une  description  quelconque  ne  peut  don- 
ner qu’une  idée  vague  de  la  beauté  ou  des 
charmes  d’une  chose,  car  on  manque  géné- 
ralement des  expressions  vraies  pour  dé- 
peindre tel  ou  tel  effet  heureux  de  couleur 
ou  d’harmonie,  d’ensemble  ou  de  détail  ; 
et  lorsque  nous  aurons  dit  que  ces  Dios- 
corées exotiques  ont  des  tiges  volubiles  qui 
s’enroulent  gracieusement  autour  des  sup- 
ports qu’on  veut  bien  leur  donner  ; que  ces 
tiges  sont  garnies  de  feuilles  cordiformes 
ou  ovales-lancéolées,  variant  de  forme  et  de 
grandeur  suivant  les  espèces,  colorées  à la 
page  supérieure  de  tons  métalliques  ou  ve- 
loutés, parsemés  de  macules  irrégulières, 
différentes  de  couleur  et  d’intensité,  et  sou- 
vent d'une  belle  teinte  pourpre  violet  à la- 
page  inférieure  du  limbe,  nous  n’aurons  pu 
rendre  l’effet  chatoyant  de  ces  tons  veloutés, 
de  ces  macules  qui  semblent  formées  de 
paillettes  d’or  ou  d’argent,  connues  chez  les 
Anæctochilus,  brillant  sur  un  fond  sombre 
de  velours  vert-noir  ! 

La  culture  de  ces  Dioscorées  est  facile 
lorsqu’elle  est  bien  comprise  ; elle  permet  à 
l’amateur  disposant  d’une  serre  chaude  et 
tempérée,  voire  même  d’une  serre  froide 
convertie  en  serre  chaude  pendant  l’été,  de 
jouir  de  ces  belles  plantes  et  d’en  orner, 
soit  la  charpente  de  sa  serre,  en  les  faisant 
grimper  sur  de  minces  tuteurs  ou  des  fils 
de  fer  établis  à une  certaine  distance  et  pa- 
rallèlement au  vitrage,  soit  d’en  former  des 


boules  ou  carcasses  sur  lesquelles  les  tiges 
s’enrouleront  à plaisir  pour  donner,  en  sai- 
son, l’aspect  d’un  dôme  feuillu,  aux  riches 
couleurs. 

Voici  comment  il  convient  de  procéder, 
pour  obtenir,  dans  tout  leur  développement 
et  leur  beauté  de  feuillage,  les  Dioscorea 
Anæctochilus,  argijræa,  chrysophylla,  me- 
lanoleuca,  discolor,  illustrata.  * 

On  sait  que  ces  plantes  ont  un  rhizome 
ou  tubercule,  c’est-à-dire  une  tige  souter- 
raine renflée  plus  ou  moins  ; ce  rhizome 
se  dirige  ou  verticalement  dans  le  sol  et  sa 
partie  inférieure  affecte  la  forme  d’une  mas- 
sue à collet  mince  ; il  prend  une  forme 
presque  sphérique.  Ce  caractère  de  végé- 
tation appartient  surtout  aux  D.  argyræa, 
discolor  et  illustrata  et  facilite  beaucoup  la 
propagation  de  ces  espèces,  alors  que  les 
D.  Anæctochilus,  chrysophylla  et  melano- 
leuca  doués  d’un  rhizome  analogue  à celui 
de  l’Igname  de  Chine,  ne  possèdent  natu- 
rellement qu’un  ou  deux  bourgeons  qui  se 
développent  à la  partie  supérieure  du 
rhizome. 

Nous  supposons  l’amateur  possesseur  de 
rhizomes  de  l’un  de  ces  Dioscorées  ; en 
mars,  ceux-ci  doivent  être  empotés  en  ré- 
cipients plutôt  moyens,  en  terre  de  bruyère 
neuve  additionnée  d’un  peu  de  terre  franche 
(environ  un  dixième)  et  placés  verticalement 
ou  obliquement  pour  les  espèces  à long 
rhizome,  de  telle  façon  que  la  partie  supé- 
rieure, c’est-à-dire  le  collet,  se  trouve  être 
au  niveau  du  sol  ou  simplement  recouverte 
par  celui-ci.  Un  bassinage  est  donné  en- 
suite, puis  les  pots  sont  transportés  dans  la 
serre  à multiplication  avec  -|-  22  à 25°  centi- 
grades sous  châssis  et  soumis  à la  chaleur  de 
fond.  Il  faut  prendre  soin  d’éviter  une  trop 
grande  humidité  du  sol,  en  ménageant  les 
bassinages,  jusqu’à  ce  que  la  végétation 
commence  à se  manifester  par  l’apparition 
d’une  ou  rarement  plusieurs  tiges  ; celles-ci 
sont  très-fragiles  et  demandent  un  soutien 
provisoire  dès  qu’elles  atteignent  15  à 20 
centimètres  de  longueur. 

On  sort  ensuite  les  plantes  de  sous  les 
châssis  pour  les  laisser  à l’air  libre  de  la 
serre  ou  bien  on  les  transporte  en  serre 
chaude  de  18°  à 20°,  mais  toujours  le  plus 
près  du  vitrage  possible  et  à la  grande  lu- 
mière. 

^ Presque  toutes  ces  variétés  appartiennent  au 
groupe  D.  multicolor  décrit  par  M.  Ed.  André  dans 
V Illustration  horticole,\^l\,  p.52,  et  ont  été  décou- 
vertes par  M.  Baraquin,  en  1868,  sur  les  bords 
du  Rio  Négro  (Brésil  septentrional.) 


16 


LES  DIOSCORÉES  ORNEMENTALES  DE  SERRE  ET  LEUR  CULTURE. 


Au  lieu  d’empoter  tout  de  suite  les  rhizo- 
mes, on  peutencore,  au  préalable,  les  mettre 
en  végétation,  à nu,  sur  les  escarbilles  hu- 
mides des  châssis  delà  serre  à multiplication, 
en  les  recouvrant  d’une  couche  de  sphagnum 
maintenu  constamment  frais  ; l’empotage 
se  fait  dès  que  les  racines  et  les  tiges  se 
développent. 

D’après  la  vigueur  de  la  végétation  ou  la 
force  du  rhizome  des  plantes,  on  rempote 
celles-ci  dès  que  le  besoin  s’en  fait  sentir 
dans  un  compost  formé  de  4/5  terre  de 
bruyère  neuve  ou  du  terreau  de  feuilles  et 
1/5  terre  franche  de  jardin,  le  tout  bien  mé- 
langé et  reposant  sur  un  bon  drainage  ; cer- 
taines variétés,  comme  les  D.  argyvæa,  dis- 
color  et  illustrata  peuvent  être  mises  en 
grandes  terrines,  par  6 à 8 plantes,  ou  être 
plantées  en  pleine  terre,  en  serre  chaude, 
ou  en  serre  froide  convertie  en  serre  chaude 
l’été. 

Après  le  rempotage,  il  est  bon  d’établir 
la  charpente  sur  laquelle  viendront  s’enrou- 
ler les  tiges  des  Dioscorées  ; cette  charpente 
peut  affecter  une  forme  sphérique  ou  ovale 
et  être  formée  soit  de  tuteurs  fins  et  flexi- 
bles, soit  de  fils  de  fer  arrangés  dans  ce 
but.  S’il  s’agit  de  garnir  une  colonnette, 
de  former  un  rideau  de  verdure,  on  dispose 
des  ficelles  ou  des  tils  de  fer  dirigés  dans  le 
sens  de  f effet  que  l’on  désire  obtenir.  Il 
convient  d’ajouter  ici  que  ces  plantes  réus- 
sissent parfaitement  si  elles  sont  cultivées 
en  serre  froide,  tenue  chaude  en  été,  de  18 
à 20  degrés,  et  par  ce  moyen  peuvent  être 
employées,  en  maintes  occasions,  pour  l’or- 
nementation des  abris  vitrés  si  souvent 
vides  pendant  la  belle  saison  ! 

Les  autres  soins  de  culture  consistent  à 
modérer  les  arrosements  à la  suite  du  rem- 
potage, jusqu’à  ce  que  des  racines  nouvelles 
aient  pris  possession  de  la  motte  de  terre  ; 
pendant  la  pleine  végétation,  le  sol  doit 
être  tenu  frais  constamment,  sans,  pour 
cela,  être  humide.  Quelques  arrosements 
à l’engrais  humain,  très-léger  d’ailleurs 
(1  litre  pour  20  litres  d’eau),  exercent  une 
influence  plutôt  favorable  sur  la  végétation, 
surtout  chez  les  espèces  vigoureuses. 

Un  point  capital  pour  garder  aux  feuilles 
de  ces  plantes  leur  beauté  première,  c’est 
d’éviter  que  celles-ci  ne  soient  salies  par 
l’eau,  surtout  si  elle  renferme  du  calcaire; 
dans  tous  les  cas  il  vaut  mieux  s’abstenir 
de  bassinages  et  faire  vivre  ces  végétaux 
dans  une  humidité  ambiante,  comme  celle 
que  l’on  octroie  aux  Caladium,  Anthu- 
rium, Orchidées  de  serre  chaude,  etc.  Il  va 


de  soi  qu’au  fur  et  à mesure  des  besoins  on 
attache  avec  un  léger  lien  de  raphia  les  tiges 
des  Dioscorées  à leur  charpente,  en  prenant 
soin  de  les  diriger  le  plus  élégamment  pos- 
sible et  de  façon  à ne  pas  laisser  de  vides 
dans  la  charpente  ou  le  rideau  à décorer. 

Dès  le  commencement  de  septembre,  il 
faut  diminuer  progressivement  les  arrose- 
ments, puis  les  cesser  entièrement  pour  pré- 
parer les  rhizomes  au  repos  hivernal.  Vers 
la  fin  de  ce  mois  ou  les  premiers  jours  d’oc- 
tobre, alors  que  les  feuilles  seront  jaunes 
et  les  tiges  un  peu  flétries,  on  coupe  ces 
dernières  à environ  10  centimètres  du  sol, 
puis  on  transporte  les  plantes  en  serre  tem- 
pérée, de  10®  à 12°,  où  on  les  place  soit  le 
long  des  tuyaux  de  chauffage,  soit  préféra- 
blement sous  les  grandes  plantes  ; elles 
sont  tenues  là,  dans  leur  terre  sèche,  jus- 
qu’en mars,  époque  où  on  les  dépote  et 
les  remet  en  végétation.  Il  est  cependant 
bon  de  veiller  aux  espèces  délicates  ou  aux 
jeunes  rhizomes,  en  s’inquiétant  si  ceux-ci 
ne  se  rident  pas,  et,  dans  ce  cas,  de  tenir  le 
sol  légèrement  frais. 

La  multiplication  des  Dioscorées  orne- 
mentales de  serre  peut  s’opérer  par  le  bou- 
turage des  tiges  et  le  sectionnement  ou  di- 
vision des  rhizomes.  Le  bouturage  des  tiges 
s’effectue  au  moment  où  celles-ci  ne  sont 
ni  trop  tendres,  ni  trop  ligneuses,  et  se  pra- 
tique comme  suit  ; on  coupe  le  rameau  par 
tronçons  pourvus  au  moins  de  deux  yeux, 
sous  une  feuille  ; ces  boutures  sont  piquées 
en  petits  godets,  en  terre  très-sableuse  et 
enterrées  de  deux  à trois  centimètres  ; elles 
sont  placées  ensuite  sous  châssis,  à la  cha- 
leur de  fond,  dans  la  serre  à multiplication  ; 
la  reprise  est  assez  facile.  On  rempote  les 
boutures  dès  qu’elles  en  ont  besoin,  et  nous 
conseillons  de  tenir  en  végétation  les  jeunes 
sujets  pendant  tout  l’hiver  qui  suit  leur  re- 
prise pour  que  le  rhizome  en  formation  ne 
souffre  pas  du  repos  hivernal  prolongé.  Le 
sectionnement  des  rhizomes,  qui  est  un 
vrai  bouturage,  se  pratique  au  printemps 
lors  de  la  mise  en  végétation  des  plantes  ; 
il  consiste  à couper  par  fragments,  longs  de 
2 à 5 centimètres,  la  partie  supérieure  du 
rhizome,  et  à planter  ceux-ci  en  petits  go- 
dets, en  terre  sableuse,  ou  à les  mettre  à nu 
sur  les  escarbilles,  en  les  recouvrant  de 
sphagnum.  Il  est  toujours  nécessaire 
d’éviter  une  trop  grande  humidité  qui  ferait 
pourrir  les  parties  tronçonnées. 

Enfin,  certaines  variétés  comme  les  D. 
argyræa,  discolor  et  illustrata  donnent 
souvent  naissance  à de  petits  tubercules  qui 


LA  MOUCHE  DES  ORCHIDÉES. 


17 


se  développent  derrière  le  rhizome-mère, 
et  ce  moyen  de  propagation  facilite  la  re- 
production de  ces  plantes;  ces  petits  tuber- 
cules sont  empotés  à part  lors  de  la  mise  en 
végétation  des  autres.  Parfois  aussi  u)i  rhi- 
zome, pour  une  cause  quelconque,  se 
déforme  ou  perd  son  collet,  en  donnant 
naissance  ensuite  à une  ou  plusieurs  rami- 
fications émettant  chacune  une  tige  ; on 
peut  très-bien  sectionner  celle-ci  au  prin- 
temps en  opérant  l’ablation  avec'soin  et  en 
recouvrant  la  plaie  de  poussière  de  charbon 
de  bois. 

Ajoutons,  pour  terminer  ce  qu’il  y a 
de  relatif  à la  reproduction,  que  nous 
n’avons  jamais  vu  ces  Dioscorées  à feuilles 
ornementales  porter  des  bulbilles  à l’ais- 
selle de  leurs  feuilles,  comme  cela  a lieu 
annuellement  chez  le  Dioscorea  Batatas  et 
d’autres  espèces  à organes  foliacés  verts. 

LA  MOUCHE  I 

Ce  diptère,  nommé  Isosoma  Orcliidea- 
rum,  Meig. , a été  l’objet  d’une  communica- 
tion des  plus  intéressantes  par  M.  Decaux,  à la 
Société  d’horticulture  de  France.  Cette  mi- 
nuscule mouche  paraît  avoir  été  importée 
en  France  avec  le  Cattleya  Mossiæ.  On 
constate  la  présence  de  l’insecte  dans  les 
jeunes  pousses  d’Orchidées,  qui  devien- 
nent alors  bulbiformes  inférieurement  ; 
dans  la  tige  aussi,  lorsqu’en  la  pressant, 
elle  cède  sous  la  pression  des  doigts. 
Mais  les  mœurs  deV Isosoma  Orchidearum 
sont  encore  incomplètement  connues,  et 
M.  Decaux  fait  appel  à l’obligeance  des 
horticulteurs  et  des  orchidophiles  pour 
mener  à bien  les  études  qu’il  a entreprises 
sur  ce  sujet. 

Les  observations  qu’il  a faites  jusqu’à 
présent  n’en  sont  pas  moins  fort  apprécia- 
bles, et  il  est  permis  de  croire  qu’avant 
peu  les  questions  encore  sans  solution  se- 
ront résolues  : nombre  de  générations  par 
an,  degré  d’activité  de  propagation  en 
hiver,  nombre  d’œufs  pondus  par  les  fe- 
melles, proportion  des  mâles  et  des  fe- 
melles dans  les  éclosions,  temps  que  dure 
la  ponte,  etc. 

Pour  l’instant,  il  est  important  de  sa- 
voir : 

1°  Que  la  mouche,  à l’aide  de  sa  ta- 
rière, introduit  souvent  deux  œufs  dans  un 
trou  pratiqué  dans  l’épiderme  de  la  tige  des 
Orchidées,  et  qu’elle  recommence  son  opé- 
ration sur  la  même  tige,  à peu  près  de  cen- 


Donc,  la  culture  de  ces  Dioscorées  se 
résume  en  ceci  : fournir  une  somme  de 
chaleur  variant  entre  25  à 20”  le  jour  et 
18  à la  nuit,  au  minimum,  pendant  leur 
période  de  végétation  ; donner  une  humi- 
dité favorable,  atmosphérique  et  terrestre  ; 
faire  subir  un  repos  complet,  depuis  octobre 
jusqu’en  mars,  aux  rhizomes  de  ces  végé- 
taux. Nous  recommandons  spécialement  aux 
amateurs  la  culture  de  ces  plantes  pour  dé- 
corer leurs  serres  froides  pendant  l’été, 
comme  on  le  fait  annuellement  avec  les 
Caladium  du  Brésil,  les  Bégonia  Rex,  les 
Eranthemum,  les  Gesnériacées  diverses  ; 
dans  ce  milieu  aux  formes  végétales  si  di- 
verses, ces  Dioscorées  exotiques  font  valoir 
avantageusement  l’élégance  de  leur  port 
grimpant  et  la  beauté  de  leur  feuillage. 

Jules  Rudolph. 


ÎS  ORCHIDÉES 

timètre  en  centimètre  d’intervalle.  La  ponte 
se  continue  jusqu’à  épuisement,  sur  d’au- 
tres tiges,  et  cela  dans  le  moment  le  plus 
chaud  de  la  journée  ; 

2”  Que  les  œufs  éclosent  de  six  à huit 
jours  après  la  ponte,  que  la  larve  est  déve- 
loppée au  bout  de  vingt-sept  à trente  jours, 
et  que  la  nymphe  retourne  à l’insecte  parfait 
dans  un  laps  de  temps  durant  de  quinze  à 
vingt  jours.  Soit,  en  tout,  de  quarante-cinq 
à soixante  jours  pour  la  succession  com- 
plète des  métamorphoses. 

Ces  observations  ont  été  faites  sur  des 
insectes  en  captivité,  en  été. 

Il  faudrait  savoir,  dit  M.  Decaux,  si  les 
choses  se  passent  de  la  même  façon  en  li- 
berté, et  à même  la  serre. 

A la  suite  d’une  série  d’expériences  dans 
le  détail  desquelles  il  serait  trop  long  d’en- 
trer ici,  mais  qui  lui  ont  prouvé  tout  d’a- 
bord qu’on  pouvait  percer  et  même  inciser 
les  tiges  des  Orchidées  avec  une  aiguille  fine 
sans  nuire  à leur  végétation,  puis  ensuite 
que  cette  opération  tuait  déjà  nombre  de 
larves,  le  patient  entomologiste  est  arrivé  à 
la  conclusion  suivante,  que  nous  emprun- 
tons au  Bulletin  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France  : 

« On  réussirait  plus  sûrement  en  injectant 
50  grammes  de  sulfure  de  carbone  dans  la 
tige  malade,  en  prenant  soin  de  boucher,  le 
plus  promptement  possible,  le  trou  fait  par  la 
seringue  de  Pravaz,  avec  un  peu  d’argile  ou  un 
mastic  quelconque,  pour  empêcher  les  vapeurs 


18 


LES  COURGES  D’ORXEMENT. 


de  s’échapper  à l’extérieur.  Les  vapeurs 
toxiques  dégagées  par  le  sulfure  de  carbone 
pénétreront  au  travers  des  cloisons  de  la  tige 
contaminée  et  feront  périr  les  larves  dans  leurs 
diverses  galeries.  Je  n’ai  pu  tenter  cette  expé- 
rience, faute  de  tiges  contaminées  en  nombre 
suffisant  ; les  orchidopbiles  agiront  sagement 
en  essayant  ce  procédé.  Je  leur  serais  obligé  de 
bien  noter  ce  qui  arrivera  pour  la  santé  de  la 
tige  expérimentée  et  de  me  le  faire  connaître. 
On  sait  que  le  sulfure  de  carbone  attaque 
fortement  la  chlorophylle  des  plantes,  mais  à 
cette  dose  minime  en  est-il  ainsi  ? 

Les  Diptères,  en  général,  sont  attirés  par  les 
matières  sucrées;  VTsosoma  Orchidearum  n’est 
pas  insensible  à cette  friandise.  On  peut  en  dé- 
truire un  bon  nombre  au  moment  des  éclo- 
sions; il  faut  se  rappeler  qu’une  femelle  détruite 


avant  la  ponte,  c’est  une  quantité  de  larves 
supprimées  du  même  coup.  En  suspendant, 
dans  les  serres  infestées,  des  planches  recou- 
vertes d’une  couche  liquide  de  mélasse  ou  de 
miel  commun,  on  y trouvera  des  Isosoma 
Orchidearum  englués.  » 

M.  Decaux  s’attaque  aussi  à deux  Coléop- 
tères qui  ravagent  parfois  les  Orchidées  : 
le  Xylohorus  perforans  et  le  Diaxenes 
Dendrohii.  celui-ci  nocturne. 

Des  études  aussi  profitables  à l’horticul- 
ture ne  sauraient  jamais  être  assez  encou- 
ragées. Souhaitons  que  les  intéressés  le 
comprennent  et  apportent  au  chercheur 
tout  le  contingent  d’observations  qu’ils  peu- 
vent faire  de  leur  côté.  H.  Dauthenay. 


LES  COURGES  D’ORNEMENT 


Très-connues  aussi  sous  les  noms  vo- 
cables de  Gourdes  ou  Calebasses,  ces  lianes 
ressemblent  beaucoup,  par  leur  mode  de 
végétation  et  par  l’aspect  de  leurs  fruits, 
aux  Courges  proprement  dites  {Cucurhüa), 
mais  elles  s’en  éloignent  suffisamment  par 
les  caractères  botaniques  que  présentent  les 
feuilles,  les  fleurs,  les  fruits  et  même  les 
graines,  pour  qu’on  ait  créé  pour  elles  le 
genre  Lagenaria,  Ser.,  adopté  du  reste  par 
tous  les  auteurs. 

On  n’en  connaît  qu’une  espèce,  le  L.  vul- 
garis,  Ser.,  douée  du  même  polymorphisme 
commun  à la  plupart  des  Cucurbitacées  et 
qui  a donné  naissance  à toutes  les  variétés 
et  formes  connues  ; nous  décrirons  plus 
loin  quelques-unes  des  plus  caractéris- 
tiques et  des  plus  généralement  culti- 
vées. 

C’est  une  plante  annuelle  pubescente,  fai- 
blement odorante,  à tiges  grimpant  à l’aide 
de  vrilles  rameuses  qui  atteignent  3 mè- 
tres et  plus  ; elles  portent  des  feuilles 
alternes,  pétiolées,  à limbe  ovale-cordiforme, 
entier  et  pourvu  de  deux  glandes  à la  base. 
Les  fleurs  sont  monoïques,  à corolle  blanche, 
assez  grande,  étoilée,  longuement  pédoncu- 
lées  ; elles  sont  axillaires  et  généralement 
solitaires  dans  les  deux  sexes  ; les  femelles, 
dont  l’ovaire  est  surmonté  de  trois  gros  stig- 
mates, donnent  naissance  à un  fruit  charnu 
vert  pâle,  ou  faiblement  panaché  de  blanc 
et  d’abord  plein,  parfois  pubescent,  puis 
devenant  dur,  ligneux  et  creux  à la  matu- 
rité. 

La  grosseur  et  la  forme  de  ce  fruit  sont 
excessivement  variables  et  constituent  les 
différences  sur  lesquelles  sont  fondées  les 


variétés  qu’on  pourrait  multiplier  pour  ains 
dire  à volonté,  n’était  la  grande  difficulté  de 
les  conserver  franches,  et,  même  dans  les 
plus  généralement  cultivées,  on  observe  tou- 
jours de  nombreuses  déformations.  Leur 
grosseur  va  depuis  celle  du  poing,  dans  la 
Courge  miniature,  jusqu’à  celle  d’un  petit 
baril,  dans  la  Courge  pèlerine  très-grosse 
ou  la  Courge  siphon  et,  chez  la  Courge 
massue  très-longue,  la  longueur  peut  dé- 
passer 1™  50  avec  la  grosseur  du  bras.  Le 
volume  de  ces  fruits  dépend,  en  outre,  non 
seulement  de  la  variété,  mais  aussi  de  la 
vigueur  de  la  plante,  et  plus  encore  du 
nombre  de  fruits  qu’on  laisse  sur  chaque  pied  ; 
toutes  choses  égales  d’ailleurs,  les  variétés  à 
petits  fruits  en  portent  un  bien  plus  grand 
nombre  que  celles  à gros  fruits  et,  pour 
obtenir  ces  derniers  à tout  leur  développe- 
ment, il  faut  n’en  laisser  qu’un  ou  deux 
sur  chaque  plante.  Cette  règle  s’applique,  on 
le  sait,  à toutes  les  Cucurbitacées  et  du  reste 
à beaucoup  d’autres  productions  végétales. 
((  La  part  de  deux,  — dit  un  proverbe,  — 
convient  mieux  à un  qu’à  trois.  » 

Les  Gourdes,  nullement  comestibles, 
sont  dépourvues  des  jolis  coloris  qu’on 
observe  chez  les  Courges  proprement  dites, 
et  en  particulier  chez  les  Coloquintes,  dont 
la  Revue  horticole  a publié  une  magnifique 
planche  coloriée  en  1894  ; l’aquarelle  n’eùt 
donc  pas  beaucoup  mieux  montré  leurs 
formes  que  les  figures  noires  ci-contre, 
d’ailleurs  parfaitement  exactes. 

Elle  ne  sont  pas  non  plus  susceptibles  des 
multiples  emplois  qu’on  peut  faire  des  Colo- 
quintes pour  l’ornement  des  appartements, 
car,  à la  maturité,  l’épiderme  se  ternit  e 


LES  COURGES  D 'ORNEMENT. 


19 


se  couvre  plus  ou  moins  de  taches  rousses  ; 
seule,  la  forme  reste  ce  qu’elle  était  à l’état 
frais,  originale  ou  imposante  par  son  vo- 
lume. 

Mais,  par  contre,  ces  fruits  présentent,  à 
cause  de  leur  dureté,  une  certaine  utilité 
comme  récipients  à liquides  ou  autres  ma- 
tières, la  poudre  ou  les  graines  notamment. 
Chez  nous,  on  emploie  la  Courge  pèlerine 
moyenne  et  la  Courge  plate  de  Corse  pour 
faire  des  bouteilles  à boisson  ; la  Courge 
pèlerine  très-grosse  fait  d’excellentes  vessies 
natatoires  et,  dans  les  pays  chauds,  les  indi- 
gènes en  font  des  sébiles  pour  contenir 
leurs  aliments.  Lorsque  le  fruit  s’est  déve- 
loppé dans  un  pays  chaud  et  qu’il  a bien 
mûri,  l’écorce  atteint  presque  la  dureté  du 
bois  ; elle  se  laisse  alors  polir  et  prend  bien 
le  vernis  ou  la  teinture,  et  l’on  peut  même 
agrémenter  son  aspect  en  y gravant  au 
besoin  des  arabesques  ou  autres  figures, 
comme  le  font  les  indigènes. 

Avant  d’utiliser  une  de  ces  Courges 
comme  récipient  à liquide,  il  faut  en  enlever 
les  graines  et  la  pulpe  sèche,  ce  à quoi  l’on 
parvient  assez  facilement  en  pratiquant  un 
petit  trou  au  sommet,  qui  servira  de  vidange, 
et  en  s’aidant  d’un  fil  de  fer  crochu.  Il  faut 
ensuite  faire  subir  une  petite  préparation  à 
l’intérieur  ou  autrement  dit  « l’affranchir  ». 
Pour  cela,  on  fait  bouillir  la  Gourde  dans 
une  lessive  de  cendre  ou  de  potasse  faible, 
puis  on  la  rince  vigoureusement  et  l’on  y 
met  un  peu  d’eau-de-vie  qu’on  y laisse  sé- 
journer, pour  que  les  parois  s’en  im- 
prègnent. Dans  les  campagnes,  dans  le  Midi 
surtout,  où  du  reste  on  peut  seulement 
obtenir  des  fruits  bien  lignifiés,  on  opère 
plus  simplement  ; on  se  contente  de  plon- 
ger les  Gourdes  dans  une  cuve  de  ven- 
dange et  on  les  y laisse  jusqu’au  pressurage  ; 
le  fruit  prend  alors  un  bon  goût  de  vin  et 
aussi  une  agréable  couleur  brune  à l’exté- 
rieur. 

Parmi  les  variétés  les  plus  curieuses,  les 
mieux  fixées  et  les  plus  généralement  cul- 
tivées, nous  mentionnerons  : 

Courge  ou  Gourde  pèlerine  (fig.  4).  — 
Encore  nommée  Courge  bouteille,  Gourde 
de  pèlerin,  Cougourde,  Calebasse,  cette 
variété  est  une  des  plus  connues  et  des  plus 
généralement  cultivées  comme  récipient  à 
liquide,  parce  que  son  fruit  est  solide,  se 
tient  bien  debout  et  se  pend  très-facilement 
et  solidement  à une  bretelle  pour  le  trans- 
porter en  bandoulière. 

Comme  on  le  voit  dans  la  figure  ci-contre, 
le  fruit  est  divisé  en  deux  parties  sub-glo- 


buleuses,  et  d’inégales  grosseurs,  par  un 
étranglement  très-accentué.  Son  volume,  et 
par  suite  sa  contenance,  va  depuis  1 ou 
2 décilitres  jusqu’à  8 et  10  litres.  On  en  a 
ainsi  formé  trois  sous-variétés,  qu’on  dé- 
signe, d’après  leur  grosseur,  sous  les  noms 
de  : j^etite  ou  miniature,  contenant  1 à 
5 décilitres;  ordinaire  ou  mogemie,  conte- 


Fig.  4.  — Courge  pèlerine  très-grosse. 


nant  1 à 3 litres  ; très-grosse  ou  Calebasse, 
dont  la  contenance  va  de  4 à 10  litres. 

Courge  plate  de  Corse  (fig.  5).  — 
Chez  cette  variété,  le  fruit  est  rond  et  forte- 
ment déprimé,  aplati,  comme  le  montre  la 
figure  ci-contre.  Comme  la  précédente, 
cette  Gourde  s’emploie  beaucoup  comme 
récipient  à liquide,  parce  qu’elle  mûrit 


plus  facilement  que  les  suivantes  sous 
notre  climat.  Sa  contenance  varie  aussi 
depuis  à peine  1 décilitre  jusqu’à  1 litre  12, 
et  on  en  a formé  deux  sous-variétés,  l’une  à 
petits  fruits,  qui  servent  à faire  des  boîtes 
à bonbons,  des  tabatières,  etc.,  l’autre  à 
gros  fruits. 

Courge  poire  a poudre  (fig.  6).  — Va- 
riété à fruits  relativement  petits  ou  moyens. 


20 


LES  COURGES  d’ORNEMENT. 


allongés,  renflés  vers  la  base,  puis  se  rétré- 
cissant graduellement  en  pointe  jusqu’au 
sommet,  parfois  un  peu  arqués,  et  attei- 
gnant 15  à 25  centimètres  de  long.  Ces 
fruits  s’emploient  dans  les  campagnes 
comme  poire  à poudre  et  autres  usages, 
parce  qu’ils  rentrent  facilement  dans  les 
poches. 


Courge  siphon  (fig.  7).  — Chez  cette 
variété,  les  fruits  sont  très-gros,  fortement 
renflés  en  poire  dans  le  bas  ; le  col  très- 
long,  cylindrique,  de  la  grosseur  de  l’avant- 
bras,  et  atteignant  jusqu’à  1 mètre  de  long, 
se  recourbe  en  forme  de  siphon,  d’où  le 
nom  de  la  variété,  ou  bien  il  reste  droit  si 
le  fruit  est  pendant,  mais  il  est  alors  né- 
cessaire de  le  soutenir  à l’aide  d’un  sup- 
port approprié. 


Courge  massue  (fig.  8).  — Nommée 
aussi  Courge  trompette  et  Courge  d'Her- 
cule,  le  fruit  de  cette  variété  est  très-gros, 
fortement  allongé,  souvent  pourvu  à la  base 
d’un  renflement  allongé,  tandis  que  le  col 
reste  droit,  ou  bien  il  se  courbe  en  forme 
de  trompette.  Il  en  existe  une  sous-variété 
très-longue  (fig.  9),  dans  laquelle  le  fruit 
reste  à peu  près  cylindrique  sur  toute  sa 
longueur,  et  peut  atteindre  jusqu’à  l""  50  ; 
il  est  alors  tantôt  courbé,  tantôt  droit,  sur- 


tout quand  il  pend  et  qu’on  a pris  soin 
d’éviter  qu’il  ne  se  déforme. 

On  connaît  encore  plusieurs  variétés  ou 
formes  de  Courges  bouteilles,  cultivées  sur- 
tout dans  les  pays  très-chauds,  notamment 
celle  dite  boulet  de  canon,  de  forme  à peu 
près  sphérique,  et  que  les  indigènes  coupent 
en  deux  pour  faire  des  jattes,  mais  ces  va- 


Fig.  8.  — Courge  massue. 


riétés,  de  même  que  les  précédentes  à 
très-gros  fruits,  sont  excessivement  va- 
riables et  demandent  une  forte  somme  de 
chaleur  pour  atteindre  leur  complète  ligni- 
fication ; elles  sont  du  reste  plus  curieuses 
qu’utiles,  et,  à ce  dernier  point  de  vue,  les 
Courges  pèlerine  et  plate  de  Corse  sont 


Fig.  9.  — Courge  massue  très-longue. 


les  plus  recommandables. 

Au  point  de  vue  ornemental,  les  Gourdes 
sont  assez  élégantes  par  leur  beau  feuillage, 
leurs  fleurs  et  même  leurs  fruits,  et  con- 
viennent à l’ornement  des  treillages,  des 
murs,  des  berceaux  et  du  tronc  des  vieux 
arbres.  Toutefois,  la  première  des  condi- 
tions, sous  notre  climat  surtout,  c’est  de 
les  planter  dans  un  endroit  très-chaud  et 
bien  ensoleillé. 

Leur  culture  proprement  dite  est  celle  de 


DISTRIBUTION  DES  RÉGOxMPENSES  A LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTIGULTURE.  21 


la  plupart  des  autres  Cucurhitacées  fri- 
leuses, c’est-à-dire  qu’il  faut  d’abord  les 
semer  en  mars-avril,  sur  couche,  et  de  pré- 
férence séparément  dans  des  godets,  afin 
de  pouvoir  ensuite  les  transplanter  à la  fin 
de  mai  sans  que  les  jeunes  plantes  en 
souffrent.  Pour  leur  mise  en  pleine  terre, 
il  est  bon  de  préparer  une  petite  couche 
sourde,  c’est-à-dire  de  faire  une  sorte  de 
fosse,  de  30  centimètres  environ  de  profon- 
deur, qu’on  remplit  de  fumier,  puis  qu’on 
recharge  de  bonne  terre  végétale  addition- 
née au  besoin  de  terreau  de  couches.  Dans 

LA  DISTRIBUTION 

A LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D 

La  Séance  de  la  Société  nationale  d’horticul- 
ture du  18  décembre  dernier  avait  principale- 
ment pour  but  la  distribution  de  récompenses 
aux  nombreux  lauréats  de  ses  expositions  et 
des  divers  concours  qu’elle  avait  organisés 
dans  le  courant  de  l’année  1896. 

Cette  séance  a été  ouverte  par  le  nouveau 
président,  M.  Viger,  qui  a su  charmer  l’auditoire 
par  un  discours  dont  nous  donnons  ci- 
après  la  partie  la  plus  importante.  Après 
quelques  paroles  de  regrets  au  sujet  de 
l’absence  de  M.  le  Ministre  de  l’agriculture, 
M.  Viger,  s’adressant  directement  aux  lauréats 
des  expositions  horticoles,  s’est  exprimé  ainsi  : 

((  M.  le  Secrétaire  général,  avec  sa  compé- 
tence habituelle,  va  vous  lire  son  rapport  sur 
nos  expositions  de  Roses  et  de  Chrysanthèmes  ; 
je  m’en  voudrais  de  déflorer  son  sujet  ; je 
veux  seulement,  avant  de  lui  donner  la  parole, 
vous  dire  avec  quelle  fierté  j’ai  enregistré  vos 
çuccès. 

« Rose  et  Chrysanthème,  fleur  d’été  et  fleur 
d’automne,  ont  apporté  l’une  et  l’autre  leur 
contingent  d’éloges  aux  horticulteurs  habiles 
qui  les  avaient  exposés.  Certes,  Messieurs,  le 
public  élégant  qui  se  pressait  pour  admirer  ces 
massifs  aux  riantes  couleurs  rendait  justice  à 
vos  efforts.  Mais  combien  nos  gracieuses  pari- 
siennes qui,  comme  autant  de  fleurs  animées, 
circulaient  autour  de  vos  plantes,  auraient 
témoigné  plus  d’intérêt  encore  à nos  expo- 
sants, si  elles  avaient  pu  mesurer  la  somme  de 
travail,  d’ingéniosité  emmagasinée  dans  chaque 
nouvelle  espèce  par  des  générations  d’hoi  ticul- 
teurs. 

« Quels  trésors  de  science,  d’art,  de  patience, 
n’a-t-il  pas  fallu  mettre  au  jour  pour  arriver  à 
faire  de  la  rose  canine,  parure  de  nos  buissons, 
les  éclatants  hybrides  dont  la  forme  et  les 
nuances  ravissent  les  yeux. 

« Quelles  applications  persévérantes  de  toutes 
nos  méthodes  de  culture  n’a-t-il  pas  fallu  ten- 
ter pour  faire,  de  l’humble  plante  apportée  du 
Japon  par  Pierre  Blancard,  ce  triomphant  Chry- 


le  Midi,  on  y sème  même  directement  les 
graines,  comme  on  le  fait  pour  les  Melons. 
On  peut  du  reste  laisser  les  tiges  traîner  à 
terre,  mais  les  fruits  y mûrissent  moins 
bien  que  suspendus  après  des  treillages  ou 
des  perches.  Ajoutons,  pour  terminer,  qu’il 
est  facile  de  modifier  la  forme  de  ces  fruits, 
en  les  plaçant,  alors  qu’ils  sont  en  voie  de 
développement,  dans  une  forme  ou  moule 
approprié,  et  aussi  d’y  graver  des  initiales 
ou  autres  figures  ou  inscriptions. 

S.  Mottet. 


DES  RÉCOMPENSES 

'HORTICULTURE  DE  FRANCE 

santhème  qui  offrait  ses  fleurs  si  variées 
d’aspect  et  de  nuances  aux  yeux  ravis  des  visi- 
teurs ? 

« Toutes  ces  plantes:  Chrysanthèmes, 

CEillets,  Cyclamens,  ces  fruits,  ces  légumes, 
ces  arbustes  font  vivre  des  milliers  de  travail- 
leurs honnêtes  et  robustes,  amis  du  progrès, 
qui  mettent  à profit  toutes  les  nouvelles  décou- 
vertes de  la  science  pour  accroître  et  perfec- 
tionner leurs  moyens  de  production.  » 

Après  ce  discours,  fréquemment  applaudi,  la 
proclamation  des  récompenses  a été  faite  par 
le  secrétaire  général,  M.  Abel  Chatenay. 

Nous  avons  déjà  donné  les  listes  des  récom- 
penses accordées  dans  les  expositions  ; nous  n’y 
reviendrons  pas. 

Nous  n’avons  pas  non  plus  à rapporter  ici 
les  prix  décernés  aux  horticulteurs,  jardiniers 
ou  amateurs,  dont  les  cultures,  visitées  dans  le 
courant  de  l’année  par  une  •mmmission  spé- 
ciale, ont  été  l’objet  de  rapports  favorables. 

Nous  nous  bornerons  aux  récompenses  dé- 
cernées aux  cultivateurs  de  variétés  nouvelles 
ou  méritantes,  aux  auteurs  d’ouvrages  recom- 
mandables, et  aux  industriels  dont  les  appareils 
ou  les  produits  nouveaux  peuvent  rendre  ser- 
vice à l’agriculture. 

Médaille  d'argent  : M.  Henri  Gorrevon,  direc- 
teur du  Jardin  alpin  d’acclimatation  à Genève, 
pour  son  ouvrage  : Le  Jardin  de  VHerhoriste, 

Médaille  d'argent  : M.  Lecœur,  cultivateur  à 
Limours,  pour  l’obtention  d’un  Haricot  nouveau, 
dans  le  genre  du  Haricot  vert  Chevrier.  M.  Lecœur 
cultive  comparativement  35  sortes  de  Haricots 
pour  en  obtenir  une  qui  soit  le  mieux  adaptée  à sa 
région. 

Médaille  d’or  : M.  Gravereau,  à Neauphle  le 
Château,  pour  ses  cultures  de  Reine-Marguerite  et 
de  Zinnias.  Nous  avons  eu  plusieurs  fois  l’occasion 
d’entretenir  les  lecteurs  de  la  Revue  des  mérites 
de  plusieurs  des  variétés  sélectionnées  par  M.  Gra- 
vereau. 

Grande  médaille  de  vermeil  : M.  Gentilhomme, 
à Vincennes,  pour  sa  culture  spéciale  de  plantes 
appartenant  à la  famille  des  Ericacées.  A côté  des 


22 


LES  RÉCOMPENSES  A L’eXPOSITION  NATIONALE  SUISSE. 


Bruyères,  M.  Gentilhomme  cultive  12  espèces 
à'Epacris. 

Grande  médaille  d'argent  : M.  Arnoult,  jardi- 
nier chez  veuve  Truelle,  à Savigny-sur-Orge, 
pour  obtention  de  Bégonias  florifères  nouveaux, 
remarquables  surtout  par  leur  grande  floribondité, 
et  par  leur  grande  robusticité  en  plein  air,  en  été. 

Médaille  d'or  : M.  Lemaire,  26,  rue  Friant,  à 
Paris,  pour  son  procédé  de  culture  en  pot  de  Chry- 
santhèmes. 

Grande  médaille  d'argent  : M.  Rudolph,  74, 
rue  Amelot,  à Paris,  pour  l’invention  d’un  tuyau 
d’arrosage  métallique,  flexible. 


Médaille  d'argent  : M.  Dantin,  237,  rue  de  la 
Guillotière,  à Lyon,  pour  un  nouveau  mastic  à 
greffer,  qui,  en  séchant,  en  été,  sur  les  plaies,  ne 
se  fendille  pas. 

Cette  fête  horticole,  qui  avait  attiré  un  grand 
nombre  de  sociétaires  et  beaucoup  de  parents 
ou  amis  des  lauréats,  s’est  terminée  par  l’exé- 
cution de  morceaux  de  musique  très-applaudis, 
et  laissera  les  meilleurs  souvenirs  à tous  les 
assistants. 

H.  Dauthenay. 


LES  RÉCOMPENSES  A L’EXPOSITION  NATIONALE  SUISSE 


Nous  avons  entretenu  nos  lecteurs,  en  4896, 
des  divers  concours  horticoles  qui  se  sont  suc- 
cédé à Genève  pendant  la  durée  de  l’Exposi- 
tion nationale  Suisse,  et  raconté  les  succès  légi- 
times que  les  exposants  ont  obtenus. 

Les  opérations  du  groupe  40  (Horticulture) 
ont  été  closes  le  17  décembre,  dans  la  séance 
solennelle  de  la  distribution  des  récompenses, 
dont  la  liste  officielle  vient  de  paraître.  Nous 
croyons  utile  de  citer  ici  les  prix  d’honneur  et 
les  prix  de  première  classe,  consistant  en 
grandes  médailles  d’or  et  en  primes  en  argent 
atteignant  jusqu’à  1,200  francs  (prix  Estalla). 

PREMIÈRE  SECTION 

Culture  maraîchère.  — Prix  d’honneur  : 
Association  des  maraîchers  de  Genève,  pour  col- 
lections de  légumes  présentés  dans  les  cinq  con- 
cours ; — M.  Blanc-Girardet,  à Boston  (canton  de 
Lausanne)  ; — M.  Ami-Dufour,  à Gologny  (Ge- 
nève) ; — M.  A.  Gauchoix  (Genève)  ; — M.  B.  Gar- 
tier,  au  Grand-Saconnex  ((Genève)  ; — M.  G.  Mar- 
got, à Morillon  (Genève)  ; — M.  Garme,  à Plainpa- 
lais  (Genève). 

Prix  de  première  classe  : Société  d’horticulture 
de  la  Gôte  (Vaud)  ; — Gercle  horticole  de  Goligny 
(Genève). 

DEUXIÈME  SECTION 

Arbres  fruitiers.  — Prix  d’honneur  : 
M.  Ranft,  de  Bâle. 

Prix  de  première  classe  : École  cantonale  d’hor- 
ticulture de  Genève  (M.  Vaucher;  directeur)  ; — 
MM.  Ghoquens  et  fils,  à Carouge  (Genève). 

Arbres  et  arbustes  d’ornement.  — Prix 
d'honneur  : M.  O.  Frœbel,  de  Zurich,  arbres  à 
feuilles  caduques  ; — M.  G.  Boccard,  de  Genève, 
collection  générale;  — M. Thibaud-Lyand,  à Ghêne 
(Genève),  arbustes  grimpants. 

Prix  de  première  classe  : M.  O.  Frœbel,  arbres 
à rameaux  pendants  et  à feuilles  colorées;  — 
M.  Thibaud-Lyand,  arbres  et  arbustes  à feuilles 
colorées,  persistantes,  Houx,  Gonifères. 

Fruits.  — Prix  d'honneur  : MM.  Ghoquens 
et  fils. 

Prix  de  première  classe  : M.  Vaucher,  direc- 
teur de  l’École  d’horticulture  de  Genève. 

Rosiers.  — Prix  d’honneur  : M.  Vachoux- 
Marchand,  à Genève,  collection;  — M.  G.  Boc- 
card, Roses  coupées. 

Prix  de  première  classe  : M.  G.  Boccard,  semis; 


— M“®  Vachoux-Duval,  à Garouge,  Rosiers  en 
pot;  — M.  Schopfer,  à Lausanne,  fleurs  coupées. 

TROISIÈME  SECTION 

Plantes  nouvelles.  — Prix  d’honneur  : 
M.  O.  Frœbel,  Anthuriums. 

Plantes  de  serre  chaude  et  tempérée. 

— Prix  d'honneur  : M.  O.  Frœbel  ; — M.  F.  Pit- 
tet,  de  Lausanne;  — M.  E.  Lance,  de  Genève;  — 
M.  Vaucher,  de  Genève  ; — M.  Schopfer  ; — tous 
pour  collections. 

Prix  de  première  classe  : M.  G.  Bartholoiii,  à 
Versoix  (Genève),  collection;  — M.  Bovay,  à Fron- 
tenex  (Genève),  Bégonias;  — M.  E.  Lance,  Ma- 
rantas  ; — M.  Vaucher,  (Orchidées  ; — M.  Vouga, 
à Saint-Aubin  (Neuchâtel),  Orchidées;  — M.  Vuil- 
lemin,  à Goppet  (Vaud),  Palmiers  ; — M.  John 
Wolf,  à Saconnex  (Genève),  Fougères. 

Plantes  de  serre  froide.  — Prix  d’hon- 
neur : M.  Vachoux-Marchand  ; — M.  Suter,  aux 
Eaux-Vives  (Genève),  collection. 

Prix  de  première  classe  ; Gercle  horticole  de 
Gologny,  plantes  fleuries;  — M E.  Muller,  de 
Bâle,  Gyclamens  ; — M.  Vachoux-Marchand, 
plantes  de  marché. 

Plantes  bulbeuses.  — Prix  d'honneur  : 
M.  F.  Pittet,  collections;  — M.  G.  Boccard, 
Gannas . 

Plantes  vivaces  rustiques.  — Prix  d’hon- 
neur : M.  Gorrevon,  de  Genève,  collections. 

QUATRIÈME  SECTION 

Art  horticole.  — Prix  de  première  classe  : 
M.  J.  Allemand,  à Genève,  plans  de  parcs  et  jardins. 

Nous  avons  dit  avec  quelle  activité,  quel 
dévouement,  quelle  générosité,  le  président 
du  groupe  40,  M.  Marc  Micheli,  notre  éminent 
collaborateur,  avait  dirigé  cette  grande  entre- 
prise, couronnée  d’un  succès  incontesté.  Les 
exposants  viennent  de  lui  témoigner  leur  re- 
connaissance par  un  souvenir  touchant  : à l’oc- 
casion de  la  distribution  des  récompenses,  ils 
lui  ont  remis  solennellement  un  plat  d’argent 
ciselé,  dont  le  motif  central  de  décoration  est 
emprunté  au  beau  Lilium  sulphureum  qu’il 
avait  exposé,  et  aux  Iris,  Calochortus,  etc.,  qui 
sont  ses  plantes  de  prédilection. 

Nous  applaudissons  de  grand  cœur  à cette 
manifestation  qui  honore  les  donateurs  et  le 
bénéficiaire  et  qui  témoigne  de  leurs  sentiments 
réciproques  d’estime  et  d’affection. 

Ed.  André. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE  DE  FRANGE.  — CORRESPONDANCE. 


23 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  10  DÉCEMBRE  1896 


Floriculture. 

Le  principal  attrait  qui  devait  s’attacher  à la 
séance  résidait  dans  la  distribution  des  récom- 
penses, Aussi,  ne  faut-il  pas  s’étonner  que  les 
présentations  aient  été  si  peu  nombreuses. 

Au  Comité  de  floriculture,  M.  Vallerand 
avait  apporté  une  magnifique  série  de  Nægelia 
hybrides,  gains  de  1895  et  devant  être  mis  au 
commerce  l’année  prochaine.  Ces  nouveautés 
sont  dénommées  : 

Délices  d*automne,  couleur  chair  à gorge 
saumonée. 

Gerbe  lumineuse^  rouge  vermillon  intense. 

Madame  J.  Page^  rose  carmin  pointillé  de 
lanc. 

Pygmalion,  pourpre  éclairé  de  feu  ; feuille 
notablement  teintée  de  rouge  brun. 

Souvenir  de  Jules  Vallerand,  pourpre  poin- 
tillé de  blanc,  avec  macules  blanches  à la 
gorge  de  la  corolle. 

Un  autre  semis,  non  encore  dénommé,  est 
cramoisi  clair  à gorge  rouge  vineux. 

Ces  plantes  portent  des  panicules  dressées, 
remarquablement  ramifiées  et  couvertes  d’un 
grand  nombre  de  fleurs  étincelantes.  Ce  sont 
là  des  plantes  qui,  en  serre  chaude,  y rem- 
plissent le  même  rôle  que  les  Pentstemon  en 
plein  air. 

Il  est  à remarquer  aussi  que  ces  nouveautés, 
plus  floribondes  que  celles  que  l’on  connaissait 
jusqu’ici,  sont  en  fleurs  à une  époque  où  l’on 
n’est  pas  habitué  à les  voir,  et  où,  en  serres 
sont  rares  les  plantes  fleuries. 

M.  Vallerand  avait  aussi  apporté  des  Aphe- 
landra  Rœzlii,  charmante  Acanthacée  de  serre 
chaude,  à la  crête  jaune  et  rouge,  plus  rouge 
que  celle  de  VA.  aurantiaca,  dont  elle  est  voi- 
sine, et  dont  les  épis  terminaux  se  ramifient 
moins. 


Orchidées. 

Nous  avons  eu,  plusieurs  fois  déjà,  l’occasion 
de  signaler  les  importations  de  Vanda  Boxalli 
et  de  Phalænopsis  amahilis,  de  M.  Régnier  ; 
il  nous  les  a montrés,  cette  fois  encore,  dans 
toute  leur  splendeur. 

M.  Octave  Doin  présentait  une  belle  potée 
de  Cymbidium  Hookerianum  grandiflorum, 
dont  la  fleur  est  remarquable  par  ses  beaux 
sépales  consistants,  vieil  or  strié  de  bronze,  et 
son  labelle  au  limbe  fimbrié,  mouvementé,  et 
piqueté  de  brun.  Puis  un  Odontoglossum  ma- 
drense,  plante  qui  fleurit  très-rarement  ; ne 
doit-elle  pas  être  comprise  dans  les  Miltonia  ? 

MM.  Duval  et  fils  présentaient  un  Cypripe- 
dium  Charlesworthi,  espèce  déjà  admirée  au 
dernier  concours  ; une  potée  formée  de  trois 
exemplaires  de  C.  Arthurianum,  au  sépale 
dorsal  vert  et  piqueté  d’une  multiplicité  de 
taches  brunes,  les  latéraux  longs,  étroits  et 
fimbriés  ; puis  trois  Odontoglossum  hybrides, 
l’un  dénommé  O.  Ruckerianum,  les  deux 
autres  dérivant  de  l’O  crispum. 

Arboriculture  fruitière. 

M.  Pierre  Passy,  de  Ghambourcy,  avait  en- 
voyé un  panier  de  Poires  Passe-Crassane  et 
Doyenné  d’hiver.  11  y avait  un  bouquet  de  trois 
fruits  dans  la  première,  et  de  deux  fruits  dans 
la  seconde  ; chose  d’autant  plus  remarquable 
que  ces  fruits  étaient  de  fort  bonne  grosseur  et 
sans  apparence  de  rides. 

Terminons  par  l’envoi  fait  par  M.  Enfer,  à 
Pontchartrain,  de  belles  grappes  de  Raisins 
Muscat  d’Alexandrie,  blanc,  et  Lady  Downe’s- 
seedling,  noir  ; ce  dernier  préférable  au  Rlack 
Alicante,  affirme-t-il. 

H.  Dauthenay. 


CORRESPONDANCE 


Erratum.  — iV»  8i93  et  iV“  4002.  — 
Nous  pensons  bien  que  vous  avez  lu  tous 
deux  la  Correspondance  tout  entière  du  der- 
nier numéro  de  la  Revue,  et  vous  avez  à coup 
sûr  remarqué  que  les  réponses  qui  vous  con- 
cernaient ont  été  interverties,  celle  qui  s’appli- 
quait au  n®  3193  ayant  été  inscrite  sous  le 
n»  4002,  et  vice-versa. 

M.  J.  B.  S.  (Paris).  — Notre  correspon- 
dant, M.  Buysman,  à Middelburg  (Hollande) 
vous  répondra  directement  si  vous  lui  trans- 
mettez vos  offres.  De  son  côté,  il  nous  charge 


de  vous  offrir  des  spécimens  de  plantes  sèches, 
très-complets,  avec  analyses,  des  espèces  sui- 
vantes : Theobroma  Cacao,  Anacardium  occi- 
dentale , Cordia  Geraschanthus,  Spondias 
dulcis,  Erythroxylon  Coca. 

Il  nous  annonce  également  que,  le  6 dé- 
cembre, VUlex  europæus,  grâce  à la  douce 
température,  développait  sa  quatrième  florai- 
son de  l’année. 

M.  le  Cte  cle  B.  {Rhône).  — Dans  la  Pro- 
vence littorale,  les  Acacia  dealbata  et  cultri- 
formis  sont  les  espèces  principalement  calci- 


24 


CORRESPONDANCE. 


fuges.  Nous  n’avons  pas  entendu  dire  que  des 
horticulteurs  les  aient  greffées  sur  des  sujets 
calcioles, 

U Acacia  macradenia  est  une  espèce  décrite 
par  Bentham^  et  appartenant  à l’Australie. 
C’est  un  bel  arbrisseau,  encore  peu  connu, 
remarquable  par  ses  très-longues  feuilles  en- 
tières, linéaires-aiguës,  courbées,  et  ses  grappes 
courtes,  en  zigzag,  portant  des  glomérules 
jaunes  et  petits.  Il  doit  être  aussi  rustique  que 
l’A.  retinodes.  Nous  pensons  donc  que  vous 
pouvez  le  cultiver  là  où  VA.  dealhata  ré- 
siste. 

No  3304  [Gers).  — Le  manuel  le  plus  pra- 
tique et  le  plus  complet  que  vous  puissiez  con- 
sulter est  intitulé  « La  Truffe  »,  par  M.  Ghatin. 
Vous  le  trouverez  à la  Librairie  agricole.  Cet 
ouvrage  vous  renseignera  exactement  sur  ce 
que  l’on  doit  entendre  par  « chênes  truffiers  ». 
— Si  vous  n’avez  pas  déjà  la  brochure  de 
M.  Mouillefert  sur  le  même  sujet,  vous  ferez 
bien  de  vous  la  procurer  aussi;  elle  coûte  1 fr. 
à la  même  librairie. 

No  4121  {Constantine).  — La  question  que 
vous  soulevez  présente  un  intérêt  général  pour 
nos  lecteurs,  et  nous  donnerons  prochaine- 
ment satisfaction  à votre  demande  en  publiant 
un  article  sur  cet  intéressant  sujet. 

M.  B.  (Maine-et-Loire).  — Nous  avons  trans- 
mis la  requête  à M.  le  Ministre  de  l’agriculture 
et  nous  ferons  connaître  la  réponse,  dès  qu’elle 
nous  parviendra. 

yo  3030  (Ais/ie).  — Nous  voyons  bien  que 
les  fleurs  de  Chrysanthème  dont  vous  nous 
demandez  le  nom  n’ont  pas  été  cultivées  pour 
la  grosse  fleur.  Elles  nous  paraissent  appaite- 

* In  Mitch.  Trop.  Austr.,  360;  Paxt.,  Flow, 
Gard.^  I,  p.  57. 


nir  à la  variété  Madame  Exymard  Duveniaiji 
sans  que  nous  puissions  l’affirmer,  étant  donné 
l’état  de  dégénérescence  dans  lequel  sont  les 
fleurs  que  vous  nous  avez  envoyées.  (11.  D.). 

No  3302  (Gers).  — Nous  ne  connaissons  que 
deux  maisons  qui  cultivent  encore  les  Epacris  : 
M.  Gentilhomme,  10,  rue  Fontenay,  à Vin- 
cennes,  et  M.  Deshayes,  rue  Defrance,  à Yin- 
cennes  (Seine).  (H.  D.). 

V.  L.  Hérault.  — Pour  détruire  la  coche- 
nille (Coccus  adonidum),  dans  les  serres  on  n’a 
pas  trouvé  jusqu’à  présent  deprocédé  plus  sûr  et 
plus  efficace  que  celui  qui  consiste  à nettoyer  les 
plantes  patiemment,  les  unes  après  les  autres. 
On  se  sert  d’un  bout  de  bois,  à peu  près  gros 
et  long  comme  un  porte-plume,  et  muni  d’un 
petit  tampon  formé  d’un  petit  chiffon  enroulé 
à une  extrémité.  On  trempe  ce  tampon  dans  de 
l’eau  nicotinisée  au  vingtième,  saturée  de  savon 
noir  au  dixième  et  on  frotte.  Mais  vous  pour- 
riez essayer  les  pulvérisations  au  naphtol  p, 
suivantla  méthode  que  M.  L.  Mangin  a indiquée 
dans  la  Revue  horticole  (1896,  n»  6,  p.  126), 
et  que  nous  résumons  ici  ; Faire  bouillir  de 
l’eau  dans  une  bassine  en  tôle  et  y faire  dis- 
soudre du  savon  noir  à raison  de  60  grammes 
par  litre  ; quand  la  dissolution  est  achevée,  on 
ajoute  petit  à petit,  par  litre  d’eau,  20  grammes 
de  naphtol  P brut.  On  obtient  ainsi  un  liquide 
brun  que  l’on  peut  conserver  en  bouteille  ; on 
n’a  plus  alors  qu’à  l’étendre  de  dix  fois  son 
volume  d’eau,  quand  on  veut  l’employer  en 
pulvérisations  en  serre.  Le  naphtol  p brut  se 
trouve  à assez  bas  prix  chez  les  marchands  de 
produits  chimiques. 

Assez  souvent  la  présence  de  la  Cochenille 
dans  une  serre  est  un  indice  d’un  défaut  de 
ventilation,  ou  d’une  insuffisance  d’humidité 
ambiante.  Une  fois  les  Coccus  bien  détruits, 
il  y a lieu  d’améliorer  l’habitat  des  plantes  à 
l’un  où  à l’autre  de  ces  points  de  vue  et  sou- 
vent aux  deux.  — (H.  D.) 


AVIS  AUX  ABONNÉS.  — Ceux  de  nos  abonnés  qui  auraient  égaré  un  ou  plusieurs 
numéros  de  1896,  et  qui  désireraient  compléter  leur  collection,  sont  priés  de  nous  adresser,  le 
plus  tôt  possible,  la  liste  des  numéros  qui  manquent,  en  ayant  soin  de  joindre  à leur 
demande  0 fr.  90  pour  chaque  numéro. 

Il  nous  arrive  quelquefois  de  recevoir,  sans  pouvoir  y satisfaire,  des  demandes  de  numéros 
anciens,  aujourd’hui  complètement  épuisés.  Il  serait  préférable  de  faire,  à la  fin  de  chaque 
année,  le  collationnement  des  numéros  et  de  compléter  chaque  année  sa  collection. 

Il  nous  reste  un  très-petit  nombre  d’exemplaires  des  années  précédentes  : chaque  année, 
brochée  en  un  volume  avec  table  des  matières,  coûte  20  fr. 


OrlédUs.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  i L.  BourguiijaoD. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


25 


CHRONIQUE  HORTICOLE 


Mérite  agricole,  — Une  détaxe  sur  le  transport  des  produits  destinés  aux  Expositions.  — Deux 
Asters  nouveaux.  — Les  fleurs  teintes.  — Chrysanthèmes  duveteux  pour  toutes  cultures.  — Salvia 
Ch.  Le  Couleulx.  — Senecio  multiflorus.  — Vénénosité  du  Primula  obconica.  — Emploi  des  fruits 
de  la  Bardane.  — Les  Peupliers  paratonnerres.  — Nouvelle  maladie  parasitaire  du  Haricot.  — 
Exposition  internationale  de  Hambourg  en  1897.  — Nécrologie  : M.  Charles  Van  Geert. 


Mérite  agricole.  — A l’occasion  du 
1er  janvier,  par  décret  rendu  sur  la  propo- 
sition du  Ministre  de  l’Agriculture  et  par 
arrêté  du  Ministre  de  l’Agriculture,  en  date 
du  10  janvier  1897,  la  décoration  du  Mérite 
agricole  a été  conférée  aux  personnes  ci- 
après  désignées  : 

1®  Grade  d'officier. 

MM. 

Lefort  (Édouard-Louis),  secrétaire  général  de 
la  Société  d’horticulture  de  Meaux  (Seine- 
et-Marne)  : plusieurs  récompenses  et  membre 
du  jury  dans  divers  concours  et  expositions. 
Chevalier  du  4 mai  1889. 

Martichon  (Léopold-Pierre),  horticulteur  à 
Cannes  (Alpes-Maritimes).  Chevalier  du 
13  avril  1894.  Titres  exceptionnels:  intro- 
duction sur  le  littoral  méditerranéen  d’une 
quantité  de  plantes  de  la  flore  australienne. 
Nombreux  premiers  prix  dans  les  concours 
et  expositions  ; plus  de  40  ans  de  pratique 
horticole. 

Vigneau  (Alfred),  jardinier-horticulteur  à 
Montmorency  (Seine-et-Oise)  : secrétaire  gé- 
néral du  cercle  pratique  d’arboriculture  et 
de  viticulture  de  Seine-et-Oise.  Nombreuses 
récompenses.  Chevalier  du  20  février  1884. 

2»  Grade  de  chevalier. 

MM. 

Abonnen  (Siméon),  maraîcher  à Hyères  (Var): 
plusieurs  récompenses  et  membre  du  jury 
dans  diverses  expositions  régionales  et  dé- 
partementales agricoles.  Lauréat  de  la  So- 
ciété des  agriculteurs  de  France  ; 33  ans  de 
pratique  agricole. 

Baloge  (Paul),  instituteur  primaire  à Prin- 
Deyrançon  (Deux-Sèvres)  : services  impor- 
tants rendus  à l’enseignement  agricole  et 
horticole.  Nombreuses  récompenses  ; 18  ans 
de  services. 

Belval  (Victrice-Louis),  jardinier  à Armentières 

16  Janvier  1897. 


(Nord  ) : président  de  la  Société  d’horticul- 
ture d’Armentières.  Conférences  horticoles. 
Plus  de  60  récompenses  et  membre  du  jury 
dans  divers  concours  et  expositions  d’horti- 
culture ; 24  ans  de  pratique  horticole. 

Brochard  (Émile),  ingénieur-constructeur  à 
Paris:  inventions  d’instruments  horticoles. 
Plusieurs  fois  lauréat  et  membre  du  jury  au 
concours  général  agricole  et  dans  diverses 
expositions. 

Calame  (Georges),  horticulteur  à Besançon 
(Doubs)  : ancien  vice-président  de  la  Société 
d’horticulture  du  Doubs.  Nombreuses  récom- 
penses. Plusieurs  prix  d’honneur;  32  ans  de 
pratique  horticole. 

Camus  (Jules-Frédéric'),  vice-président  de  la  So- 
ciété d’horticulture  de  Beauvais  (Oise)  : vul- 
garisation des  meilleures  variétés  d’arbres 
fruitiers.  Plusieurs  récompenses  et  membre 
du  jury  dans  diverses  expositions  horticoles  ; 
plus  de  30  ans  de  pratique  horticole. 

Carrier  (Emile),  horticulteur-fleuriste  à Mont- 
pellier (Hérault)  ; nombreuses  récompenses 
dans  divers  concours  horticoles;  17  ans  de 
pratique  horticole. 

Coindre  (Jacques),  horticulteur  à Villefranche 
(Rhône)  : nombreuses  récompenses,  dont 
plusieurs  médailles  d’or,  dans  diverses  expo- 
sitions d’horticulture  ; 41  ans  de  pratique 
horticole. 

Colin  (Edouard),  propriétaire  à Mantes  (Seine- 
et-Oise)  : vice-président  de  la  Société  agri- 
cole et  horticole  de  Mantes.  Nombreux  ar- 
ticles sur  l’horticulture.  Membre  du  jury 
dans  diverses  expositions;  plus  de  60  ans  de 
pratique  agricole. 

Debay  (Jean-Baptiste),  horticulteur  à Reims 
(Marne')  : nombreuses  récompenses  dans  di- 
verses expositions  horticoles;  plus  de  40  ans 
de' pratique. 

Devin,  chef  de  culture  au  jardin  botanique 
(parc  Borelly')  de  Marseille  (Bouches-du- 
RhôneL 

Faure  (Jean)  dit  Mathurin,  horticulteur  à Li- 
moges (Haute-Vienne)  : nombreuses  récom- 
penses dans  différents  concours  et  exposi- 

2 


26 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


lions  d’horticulture;  40  ans  de  pratique 
horticole. 

Germain  (Alphonse-Désiré),  chef-jardinier  à la 
préfecture  de  l’Oise  : création  d’importantes 
collections  de  fleurs  et  de  plantes  rares.  Ré- 
compenses dans  les  expositions  horticoles  ; 
20  ans  de  pratique  horticole. 

Gérôme  (Joseph),  chef  des  serres  au  Muséum 
d’histoire  naturelle  à Paris  ; nombreux  ar- 
ticles dans  divers  revues  et  journaux  sur  les 
questions  horticoles.  Plusieurs  récompenses. 

Gicquelais  (Jean-Joseph),  horticulteur  à Dinan 
(Gôtes-du-Nord)  : nombreuses  récompenses 
dans  divers  concours  et  expositions  ; 40  ans 
de  pratique  agricole. 

Guichard  (Louis),  horticulteur,  chef  de  culture 
(maison  Perdoux),  à Bergerac  (Dordogne)  : 
services  importants  rendus  à la  viticulture  de 
la  région  par  l’enseignement  des  meilleures 
méthodes  de  greffage  ; 20  ans  de  pratique 
viticole. 

Guillot  (Claude),  horticulteur  à Clermont-Fer- 
rand (Puy-de-Dôme)  : nombreuses  récom- 
penses ; 40  ans  de  pratique  horticole. 

Hébrard  (Laurent),  ancien  horticulteur  à Paris  : 
secrétaire  de  la  société  des  jardiniers-horti- 
culteurs de  la  Seine.  Membre  de  la  Société 
nationale  d’horticulture  de  France.  Lauréat 
de  cette  société.  Nombreuses  récompenses 
et  membre  du  jury  dans  diverses  exposi- 
tions horticoles  ; 35  ans  de  pratique  horti- 
cole. 

Renry  (Jean),  jardinier  en  chef  des  places  et 
promenades  de  la  ville  de  Lunéville  (Meur- 
the-et-Moselle) : plusieurs  récompenses  et 
membre  du  jury  dans  divers  comices  et  expo- 
sitions d’horticulture  ; 33  ans  de  pratique 
horticole. 

Legendre  (Jules- Auguste),  pépiniériste  horti- 
culteur à Neufchâteau  (Vosges):  membre  du 
comice  agricole  de  Neufchâteau.  Nombreuses 
récompenses.  Lauréat  (médaille  d’or)  de  la 
société  d’horticulture  des  Vosges  ; 25  ans  de 
pratique  horticole. 

Lemasson  (Pierre),  dit  Henri,  architecte  dépar- 
temental à Limoges  (Haute-Vienne)  ; vice-pré- 
sident de  la  société  d’horticulture  de  Limoges. 
Nombreuses  récompenses  dans  diverses 
expositions  horticoles. 

Leroux  (Ferdinand),  marchand  grainier  à 
Paris  : membre  de  la  Société  nationale  d’hor- 
ticulture. A contribué  à l’amélioration  des 
graines  maraîchères  et  potagères;  25  ans  de 
pratique  horticole. 

Mainguet  (Louis-Marie),  chef  de  culture  à la 
Gascherie,  commune  de  la  Ghapelle-sur- 
Erdre  (Loire-Inférieure)  : membre  de  la  So- 
ciété nantaise  d’horticulture.  Articles  appré- 
ciés sur  l’arboriculture,  la  floriculture  et  la 
culture  maraîchère.  Nombreuses  récom- 


penses dans  différents  concours  agricoles  ; 
20  ans  de  pratique  agricole. 

Panhard  (Louis-François-René),  horticulteur- 
arboriculteur  à Grignon,  commune  de  Thiais 
(Seine)  : membre  de  la  Société  d’horticul- 
ture de  Gorbeil.  Nombreuses  récompenses 
dans  divers  concours  et  expositions  horti- 
coles. 

Perraud  (Joseph),  horticulteur  à Lyon  (Rhône)  : 
trésorier  de  l’Association  horticole  lyonnaise. 
Nombreuses  médailles  d’or,  d’argent  et  de 
vermeil  dans  différentes  expositions  d’horti- 
culture ; 26  ans  de  pratique  horticole. 

Ragot  (Edme-Étienne),  propriétaire  à Goulom- 
miers  (Seine-et-Marne)  : secrétaire -trésorier 
du  Syndicat  agricole  et  de  la  Société  d’hor- 
ticulture de  Goulommiers.  Membre  du  jury 
de  diverses  expositions;  20  ans  de  pratique 
agricole. 

Remy  (Louis),  horticulteur,  greffier  près  le 
Gonseil  de  guerre  de  Grenoble  (Isère)  : hor- 
ticulteur distingué.  Nombreuses  récompenses. 
Lauréat  de  la  Société  nationale  d’horticulture 
de  France;  26  ans  de  services  et  30  ans  de 
'pratique  horticole. 

Robert  (Cyrille),  horticulteur  à Neuilly-sur- 
Seine  (Seine)  : vice-président  de  la  Société 
d’horticulture  de  Neuilly.  Plusieurs  fois 
lauréat  de  la  Société  nationale  d’horticul- 
ture de  France  ; 43  ans  de  pratique  hor- 
ticole. 

Thouvenin  (Louis-Gélestin),  premier  jardinier 
des  parcs,  jardins  et  orangeries  du  palais  de 
Versailles  (Seine-et-Oise)  ; 33  ans  de  ser- 
vices. 

Tosque  (Jean),  horticulteur-paysagiste  à Real- 
mont  (Tarn)  : importantes  créations  de  parcs 
et  jardins  ; 40  ans  de  pratique  horticole. 

Trouin  (Edouard-Marcel),  expert  agricole  à 
Marseille  (Bouches-du-Rhône)  : membre  de 
la  Société  d’agriculture  et  d’horticulture. 
Nombreuses  expertises  ; 30  ans  de  services. 

Tuleu  (Jules-Adolphe),  agriculteur  à Montma- 
gny  (Seine-et-Oise)  : membre  de  la  Société 
d’horticulture  de  Montmorency.  Lauréat  et 
membre  du  jury  dans  diverses  expositions 
d’agriculture  et  d’horticulture  ; 23  ans  de 
pratique  agricole. 

Victorien  (Auguste-Léopold),  jardinier  chef  à 
Taverny  (Seine-et-Oise)  : vice-pi  ésident  de 
la  Société  d’agriculture  et  d’horticulture  de 
l’arrondissement  de  Pontoise.  Nombreuses 
récompenses'et  membre  du  jury  dans  divers 
concours  et  expositions  d’horticulture  ; 
27  ans  de  pratique  horticole. 

Wattiaux  (Gharles),  propriétaire-horticulteur  à 
Bucy-le-Long  (Aisne)  : vice-président  de  la 
Société  d’horticulture  de  Soissons.  A pro- 
pagé dans  la  région  l’emploi  des  meilleures 
méthodes  de  jardinage  ; 30  ans  de  pratique 
horticole. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


27 


Une  détaxe  sur  le  transport  des  pro- 
duits destinés  aux  Expositions.  — Nous 
appelons  l’attention  de  nos  lecteurs  sur  les 
dispositions  nouvelles  que  les  Compagnies 
de  chemins  de  fer  viennent  d’introduire 
dans  leurs  tarifs  de  grande  et  de  petite 
vitesse  concernant  les  produits  et  objets 
divers  admis  aux  expositions  d’horticulture 
et  de  l’industrie. 

Pour  les  plantes  autres  que  celles  qui 
sont  vivaces^  et  pour  les  fleurs  coupées, 
envoyées  aux  Expositions  et  qui,  en  raison 
de  leur  nature  périssable,  ne  sont  pas 
renvoyées  à leur  départ,  il  sera  remboursé 
à l’expédition,  sur  la  production  du  récé- 
pissé et  d’un  certificat  du  président  de 
l’Exposition  constatant  que  les  plantes  n'ont 
pas  été  vendues,  ni  expédiées,  50  p.  100 
de  la  taxe  appliquée  au  départ.  Cette  remise 
n’est  pas  applicable  aux  frais  accessoires. 
Le  délai  pendant  lequel  la  détaxe  pourra 
être  réclamée  est  limité  à deux  mois. 

Cette  détaxe  sera  bien  accueillie  des 
horticulteurs  envoyant  aux  expositions  des 
fleurs  coupées  ou  des  plantes  risquant  d’être 
sacrifiées. 

Deux  Asters  nouveaux.  — Deux  nou- 
velles espèces  d’Asters,  intéressantes  pour 
l’horticulture,  se  trouvent  parmi  les  com- 
posées importées  récemment  de  Chine 
et  dé  terminées  par  M.  A.  Franchett.  Il 
s’agit  de  V Aster  Yilmorini  et  de  VA.  Dela- 
vayi. 

Du  premier,  des  graines  furent  envoyées 
par  le  R.  P.  Soulié  à M.  Maurice  de  Vilmo- 
rin, chez  qui  il  a fleuri.  La  plante,  qui 
paraît  aimer  les  couverts,  est  très-remar- 
quable par  ses  grands  capitules,  dont  le 
diamètre  atteint  jusqu’à  7 et  8 centimètres, 
et  dont  la  couleur  est  d’un  beau  violet  pur- 
purin, dans  le  genre  de  VA.  grandi florus. 

L’Aster  Delavayi  est  une  espèce  voisine 
de  la  précédente.  Mais  elle  s’en  distingue 
par  une  particularité  qui  semblera  vraiment 
remarquable  au  point  de  vue  horticole  : 
c’est  que  le  disque  en  est  d’un  brun- violet 
stable,  au  lieu  d’être  jaune  passant  plus  ou 
moins  au  brun,  comme  cela  se  produit  dans 
certaines  autres  espèces.  Cet  Aster  est  ori- 
ginaire des  prairies  élevées  du  Yunnan,  où 
il  a été  récolté  par  le  R.  P.  Delavay,  à une 
altitude  de  3,300  mètres. 

La  bisérialité  des  ligules,  très-étroites,  de 
ces  deux  espèces  établit,  entre  les  Aster  et 

1 Journal  de  Botanique,  1896,  no  22  ; Compo- 
sitæ  novæ,  par  M,  Franchet. 


les  Erigeron,  une  transition  qui  a déjà  été 
signalée,  à propos  de  VA.  diplostephioides 
notamment. 

Deux  autres  espèces  nouvelles  détermi- 
nées aussi  par  M.  Franchet  dans  le  même 
travail,  les  A.  Bietii  et  A.  yunnanensis, 
seraient  aussi,  d’après  M.  Franchet,  de 
bonnes  acquisitions  pour  la  culture,  à cause 
de  la  grandeur  de  leurs  fleurs. 

Les  fleurs  teintes.  — La  mode  varie  sans 
cesse.  Des  Lilas  teints  en  diverses  nuances 
artificielles  on  est  passé,  cette  année,  aux 
Narcisses.  Le  Narcisse  à bouquets,  du  midi 
de  la  France  [Narcissus  Tazetta,  L.),  se  vend 
depuis  le  commencement  de  l’hiver,  en  fleurs 
teintées  d’un  rose  vif  et  charmant.  La 
nuance  est  très-franche;  le  prix  ne  diffère 
pas  beaucoup  des  Narcisses  à fleurs  blan- 
ches. Rien  ne  sent  l’artificiel  dans  cette 
teinture  bien  réussie. 

On  sait  que  cette  coloration  artificielle 
s’obtient  en  trempant  les  hampes  florales 
dans  un  liquide  coloré,  dont  l’ascension 
dans  les  organes  de  la  fleur  se  fait  par  capil- 
larité. 

En  octobre  dernier,  on  vendait  à Londres 
les  capitules  mauves  d’une  Composée,  pro- 
bablement d’Achillea  Ptarmica,  également 
teints  et  servant  d’ornement  des  bouton- 
nières pour  les  élégants  gentlemen. 

Chrysanthèmes  duveteux  pour  toutes 
cultures.  — Dans  le  Garden  du  26  décem- 
bre 1896,  M.  C.  Harman-Payne,  en  termi- 
nant une  note  sur  les  Chrysanthèmes  duve- 
teux, a dressé  la  liste  suivante  des  variétés 
de  ce  groupe,  auxquelles  on  peut  appliquer 
la  culture  en  plantes  ramifiées  et  florifères, 
aussi  bien  que  la  culture  à la  grosse  fleur  : 

Madame  Sckareck,  rouge  pâle  nuancé  de 
jaune  au  centre. 

Mademoiselle  Henriette  Berloz,  rouge 
soyeux. 

Ahhé  Pierre  Arthur,  bronze  brillant. 

Beauté  Lyonnaise,  cramoisi  sombre  à cœur 
jaune  d’or. 

Duvet  blanc,  blanc  pur. 

Souvenir  de  Nicolas  Belisse,  ocre  brillant 
nuancé  de  bronze  doré,  à revers  or. 

Gloire  Lyonnaise,  rose. 

Madame  J.  Chauré,  carmin  foncé  à revers 
or. 

Piquemal  de  Rozeville,  cramoisi  sombre 
pointé  or,  revers  bronze. 

Belle  des  Gordes , rose  pâle  teinté  de 
jaune. 

Fleur  Lyonnaise,  rose  carminé  à revers 
or. 


28 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Mistress  Leslie  A.  Ward,  cannelle  ou  cha- 
mois à revers  jaune  d’or  vif. 

Proviseur  Poirier,  carmin  foncé  pointé  or, 
à revers  vieil  or. 

Souvenir  de  Molines,  bronze  doré  rayé  de 
rouge^carmin. 

Madame  Ferlât,  blanc  nuancé  de  rose. 
Amarante,  amarante  à revers  argentés. 

Hairy  White,  blanc  nuancé  de  jaune  pâle. 
Madame  X.  Rey-Jouvin,  rose  foncé. 

Acajou,  cramoisi  marron  à revers  bronze 
doré. 

Raphaël  Collin,  bronze  doré  à revers  jaune 
brillant. 

Rachais,  bronze  rougeâtre  à revers  jaune 
d’or  très-vif. 

Maurice  Boizard,  jaune  d’or  pur. 

Léocadie  Gentil,  jaune  clair  brillant. 

Frère  Jovinus,  vieux  bronze  doré. 

Dragon,  cramoisi  et  or,  sorte  à'Edwin  Mo- 
lyneux  duveteux. 

Parmi  ces  variétés,  assez  nombreuses 
comme  on  le  voit,  deux  ont  été  inscrites 
dans  les  plus  belles  duveteuses  par  la  sec- 
tion des  Chrysanthèmes  de  la  Société  natio- 
nale d’Horticulture  de  France  ; ce  sont  : 
Dragon  et  Gloire  Lyonnaise',  celle-ci  a 
été  très-remarquée  à l’Exposition  de  Bourges. 
La  variété  Léocadie  Gentil  a été  primée 
par  le  Congrès  de  Bourges.  Enfin,  Madame 
J.  Chauré,  Belle  des  Gordes,  Madame  X. 
Rey-Jouvin  et  Frère  Jovinus  ont  été  par- 
ticulièrement admirées  à Paris. 

Salvia  Ch.  Le  Couteulx.  — On  sait  que 
le  Salvia  splendens  et  sa  variété  Ingé- 
nieur Clavenad  ont  donné,  à de  nom- 
breuses reprises  et  par  semis,  plusieurs 
formes  dont  deux  ou  trois  seulement  ont 
été  fixées.  Mais,  parmi  elles,  il  ne  s’y  trou- 
vait pas  encore  de  variété  aux  bractées 
agglomérées  et  dont  le  port  soit  en  même 
temps  franchement  compact.  M.  Le  Cou- 
teulx, horticulteur  à Igny  (Seine-et-Oise)  a 
enfin  résolu  ce  problème,  auquel  il  s’était 
attaché  depuis  1893.  A cette  époque,  un 
pied  présentant  les  caractères  cherchés  fut 
marqué  dans  un  semis  de  Salvia  Ingénieur 
Clavenad  ; les  graines  récoltées  sur  ce  pied 
furent  semées  en  1894.  L’épuration  continua 
depuis  lors  chaque  année,  et  nous  avons  pu 
voir  dernièrement  chez  l’obtenteur  un  lot 
de  75  pieds  formant  un  ensemble  bien  ré- 
gulier et  caractérisé.  C’est  sur  ce  lot  que 
.seront  récoltées  les  graines  qui  reproduiront 
une  fois  de  plus,  en  1897,  le  Salvia  Ch.  Le 
Couteulx,  indépendamment  dés  boutures 
qui  en  seront  faites. 

Ajoutons  que  l’épi  se  dénude  moins  à la 


défloraison  que  celui  à! Ingénieur  Clavenad 
et  qu’il  est  beaucoup  plus  précoce  que  ce 
dernier. 

Senecio  multiflorus.  — Le  Gardeners' 
Ùhronicle  a récemment  consacré  un  long 
article  accompagné  de  plusieurs  figures 
à l’étude  de  cette  plante  intéressante  en 
elle-même  d’abord,  puis  par  les  croisements 
auxquels  elle  peut  donner  lieu  et  ensuite  en 
ce  qu’elle  pourrait  bien  être  un  des  types 
primitifs  des  Cinéraires  hybrides  de  nos 
jardins.  La  plante  est  connue  depuis  long- 
temps et  a été  déjà  décrite  sous  les  noms  de 
Doronicum  Wehhii,Sc\ui\t.  Bip.;  {D.  Bour- 
gæi,  Schult.  Bip.  {Bot.  Mag.,  tab.  4994)  ; 
Senecio  Wehhii,  Christ). 

C’est  une  grande  et  forte  plante  vivace, 
dont  la  tige,  courte  et  épaisse  à la  première 
année,  s’allonge  et  atteint  jusqu’à  2 mètres 
à la  deuxième,  portant,  inférieurement  sur- 
tout, des  feuilles  à long  pétiole  élargi  à la 
base  et  à limbe  présentant  quelques  lo- 
bules latéraux,  tandis  que  le  terminal  est 
ample,  profondément  cordiforme,  aigu  et 
à bords  sinués-denticulés  ; la  face  supé- 
rieure est  glabre,  mais  l’inférieure  est  cou- 
verte d’un  duvet  grisâtre  et  aranéeux.  L’in- 
florescence est  un  grand  corymbe  terminal 
ramifié,  arrondi  supérieurement,  formé  de 
capitules  pédicellés,  à fleurons  ligulés, 
rayonnants,  nombreux,  lilas  vif,  avec  le 
disque  plus  foncé. 

Telle  qu’elle  vient  d’être  importée  des 
Canaries,  en  raison  de  sa  haute  stature, 
la  plante  pourrait  avantageusement  concou- 
rir à l’ornementation  hivernale  des  serres 
froides  et  des  grands  jardins  d’hiver,  mais 
il  sera  fort  intéressant  de  l’améliorer,  de  la 
suivre  et  de  voir  jusqu’à  quel  point  elle  se 
rapprochera  de  nos  Cinéraires  hybrides. 

Vénénosité  du  Primula  obconica.  — 

Nous  avons  parlé  à plusieurs  reprises  ^ des 
observations  faites  de  divers  côtés  au  sujet 
de  la  vénénosité  du  Primula  obconica  ; 
nous  avons  reçu  d’autres  renseignements 
sur  le  même  sujet,  parmi  lesquels  nous  ci- 
terons les  observations  très-précices  de 
M.  Tissot  et  de  M.  Léon  Mail.  M.  A.  Tissot, 
de  Voreppe  (Isère),  nous  écrit  : 

« Tout  l’hiver  dernier,  j’ai  eu  sur  mes  fenê- 
tres, à Nice,  une  quarantaine  de  ])ieds  de  Pri- 
mevères, dont  j’enlevais  de  temps  en  temps  les 
feuilles  et  les  fleurs  fanées.  Chaque  fois,  j’ai 

1 1896,  part.  I,  p.  460,  fig.  67,  69. 

~ Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  316,  319  et  366. 


CIIllüNIQUE  HORTICOLE. 


20 


ressenli,  quelques  heures  après  celte  opération, 
surtout  aux  mains,  des  démangeaisons  assez 
fortes,  mais  qui  n’avaient  rien  de  douloureux, 
et  cessaient  d’elles-mêmes  deux  ou  trois  jours 
après.  » 

Les  observations  de  M.  Léon  Mail,  horti- 
culteur à Fécamp,  sont  d’une  précision  qui 
ne  laisse  rien  à désirer  : nous  publions  sa 
lettre  in  extenso  : 

Les  articles  que  la  Revue  horticole  a pu- 
bliés sur  la  vénénosité  des  Primula  ohconica 
nous  ont  enfin  donné  le  mot  d’une  éniyme 
que  jusqu’à  présent  nous  n’avions  pu  déchif- 
frer. 

Depuis  longtemps  déjà  ma  femme  éprouvait 
des  démangeaisons  intoléraliles  aux  mains  et  à 
la  figure,  et  nous  ne  pouvions  savoir  à quelle 
cause  les  attribuer. 

La  lecture  de  l’article  de  M.  S.  Mottet  nous  a 
donné  l’éveil  et  fait  penser  que  ce  pouvait  bien 
être  le  Primula  ohconica,  « ce  pelé,  ce  galeux 
d’où  venait  tout  le  mal  »,  car  ma  femme  a 
journellement  cette  plante  dans  les  mains 
pour  la  vente  au  détail  du  magasin. 

Chose  à remarquer,  c’est  toujours  la  main 
droite,  avec  laquelle  elle  épluche  les  Heurs  ou 
les  feuilles,  qui  est  la  plus  atteinte. 

Voulant  savoir  à quoi  nous  en  tenir  à ce 
sujet,  nous  avons  pris  une  feuille  bien  saine 
que  nous  avons  appliquée,  à plusieurs  reprises, 
sur  une  partie  de  l’avant-bras  qui  était  in- 
demne, et  au  bout  de  cinq  minutes,  ma  femme 
ressentit  des  démangeaisons  insuppor  tables  qui 
donnèrent  lieu  comme  toujours  à une  inflam- 
mation assez  semblable  à celle  (jue  produit  la 
piqûre  de  l’Ortie. 

Nous  pensons  maintenant  être  fondés  à 
croire  que  le  Primula  ohconica  est  bel  et 
bien  vénéneux,  d’une  façon  bénigne  il  est  vrai, 
mais  cependant  assez  fâcheuse  pour  nécessiter 
d’y  faire  attention  lorsqu’on  manipule  cette 
plante.  Léon  Mail, 

Horticulteur  à Fécamp. 

La  question  nous  semble  aujourd’hui  ré- 
solue : il  ne  faut  toucher  aux  Primula  ob- 
conica  qu’avec  les  précautions  qu’on  ap- 
porterait à la  manipulation  des  Orties,  sous 
peine  d’éprouver  des  démangeaisons,  sinon 
dangereuses,  du  moins  insupportables. 

Emploi  des  fruits  de  la  Bardane.  — 

Cette  plante  {Arctium  Lappa,  Linn.),  qui 
pousse  communément  dans  les  lieux  in- 
cultes, produit,  comme  beaucoup  de  per- 
sonnes l’ont  sans  doute  remarqué,  des 
fruits  globuleux,  gros  comme  une  bille, 
tout  hérissés  d’épines  crochues  au  sommet 
et  qui  s’accrochent  très-facilement  aux 
vêtements  et  au  poil  des  animaux  qui  les 
frôlent. 


On  a signalé  un  nouvel  emploi  de  ces  fruits 
qui  nous  parait  judicieux  et  qui  peut  par- 
faitement être  mis  en  pratique  chez  nous. 
On  fabrique,  paraît-il,  depuis  très-peu  de 
temps  en  Angleterre,  des  Heurs  de  Pavot 
en  papier  chiffonné,  à la  base  desquelles 
on  fixe  un  fruit  de  Bardane,  afin  qu’elles 
s’accrochent  aux  vêtements  des  personnes 
sur  lesquelles  on  les  lance. 

Il  y a là  une  idée  ingénieuse  que  nos  com- 
merçants pourraient  mettre  à prolit  et  déve- 
lopper de  ditlérentes  manières  ; ces  fleurs 
accrochantes  auraient  certainement  du 
succès  dans  les  bals  de  société,  les  cotillons 
et  surtout  les  batailles  de  Heurs.  Peut  être 
même  nos  fleuristes  trouveraient-ils  moyen 
de  fixer  des  fleurs  fraîches  sur  ces  fruits  de 
Bardane,  et  permettraient  à celles-ci  d’orner 
ceux  qui  ont  gaiement  servi  de  cible,  au 
lieu  d’être  misérablement  foulées  à terre. 

Bappelons  à ceux  que  ces  indications 
pourraient  intéresser,  que  l’on  peut  facile- 
ment se  procurer  en  août-septembre  des 
fruits  de  Bardane  dans  nos  campagnes,  la 
plante  étant  commune  et  très-forle  et  en 
produisant  une  grande  quantité. 

Les  Peupliers  paratonnerres.  — La 

Revue  de  V Horticulture  belge  et  étran- 
gère s’est  occupée  de  diverses  statistiques  qui 
avaient  pour  Init  de  savoir  quelles  sont  les  es- 
sences le  plus  fréquemment  attaquées  par  la 
foudre.  On  devine  que  les  espèces  les  plus 
verticales  et  les  plus  élancées  doivent  être  le 
plus  souvent  touchées.  Ainsi,  dans  le  gou- 
vernement de  Moscou,  sur  597  arbres  frap- 
pés, 302  sont  des  Peupliers  fastigiés.  Cepen- 
dant, près  de  Gand,  parmi  des  Chênes  et 
des  Sapins  pourtant  plus  élevés,  le  fluide 
aurait  accordé  sa  préférence  à un  Peuplier 
du  Canada. 

Cette  observation  nous  remet  en  mémoire 
ce  fait  : Le  tonnerre,  tombant  sur  l’un  des 
Peupliers  qui  formaient  rideau  sur  un  côté 
d’une  ferme,  attiré  ensuite  par  l’eau  d’une 
mare  placée  au  delà  de  la  ferme,  dut 
passer  par  des  batiments  auxquels  il  mit  le 
feu. 

On  sait  que  l’eau  est  un  des  meilleurs 
conducteurs  de  l’électricité.  La  meilleure 
disposition  consisterait  donc,  si  l’on  a de 
grands  arbres  à planter  près  des  construc- 
tions, à s’arranger,  quand  il  existe  une 
mare,  une  source,  ou  un  abreuvoir  à proxi- 
mité, de  façon  que  les  arbres  se  trouvent, 
par  l’eau,  séparés  des  constructions.  Ainsi 
placés,  les  Peupliers,  entre  autres,  feraient 
otfice  de  véritables  paratonnerres. 


30 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Nouvelle  maladie  parasitaire  du  Hari- 
cot.— Il  s’agit  de  l’Anthracnose  ; \eColleto- 
trichum  Lindemuthianum,  qui  nous  vient 
d’Amérique,  a été  ol3servé  en  1875  en  Alle- 
magne et  signalé  en  1896  en  Belgique,  dans 
les  environs  de  Düffel  où  des  champs  entiers 
ont  été  dévastés.  M.  E.  Marchai,  dans  son 
rapport  sur  les  travaux  de  laboratoire  de 
l’Institut  de  Gemhloux,  a indiqué  les  phases 
du  développement  de  la  maladie. 

La  propagation  du  Champignon  a lieu 
d’une  année  à l’autre  par  les  graines  conta- 
minées. Après  la  germination,  le  mycélium 
se  développe  dans  les  plantules,  dont  un 
certain  nombre  peuvent  alors  périr.  Lors- 
qu’elles résistent,  elles  se  développent, 
mais  chétivement.  Il  apparaît  alors  sur  les 
tiges  et  sur  les  feuilles,  puis,  consécutive- 
ment, sur  les  gousses,  des  taches  d’abord 
peu  colorées,  mais  devenant  brunâtres, 
puis  s’entourant  bientôt  d’un  cercle  plus 
foncé.  L’infection  des  gousses  se  transmet 
enlin  aux  graines,  sans  que  cela  les  em- 
pèclie  d’arriver  à maturité.  Des  pieds  atta- 
qués plus  tardivement  peuvent  avoir  con- 
servé leur  feuillage  indemne,  mais  pré- 
senter cependant  leurs  fruits  malades. 

Aussi,  M.  Marchai  recommande-t-il  de 
plonger  les  semences  pendant  une  heure 
dans  l’eau  céleste  (eau  saturée  de  carbo- 
nate de  cuivre  ammoniacal).  Sur  les  plantes, 
le  traitement  indiqué  est  l’emploi  de  la 
bouillie  bordelaise. 

A cet  égard,  nous  croyons  bon  de  signa- 
ler la  préparation  suivante  : 

Dissouch  e 2 kilos  de  sulfate  de  cuivre  dans 
uii  récipient  spacieux  et  évasé,  avec  un  volume 
d’eau  bouillante  en  rapport  avec  la  quantité 
de  matière  solide  à dissoudre.  Après  refroidis- 
sement, y verser  avec  précaution  3 kilos  de 
cristaux  de  soude  du  commerce  (carbonate 
de  soude).  Après  le  fort  dégagement  d’acide 
carbonique  qui  s’opère  alors,  ajouter  un 
demi-litre  d’ammoniaque  liquide  à 24"  Baumé. 
Compléter  le  volume  à 100  litres  d’eau. 

Cette  préparation  donne  d’excellents 
résultats  contre  les  maladies  de  la  Pomme 
de  terre  et  de  la  Tomate,  et  contre  le 
Mildiou.  Elle  a,  sur  la  bouillie  bordelaise, 
l’avantage  de  ne  pas  tacher  les  plantes,  et 
de  rendre  plus  efficace  l’action  de  l’oxhy- 
drate  et  de  l’ammoniure  de  cuivre. 

Peut-être  cette  môme  composition  pour- 
rait-elle servir  aussi  au  traitement  des  se- 
mences, à l’instar  de  l’eau  céleste,  dont  elle 
diffère  peu,  du  reste.  Il  y aurait  lieu,  sans 
doute,  d’augmenter  le  volume  d’eau  d’une 
quantité  qui  reste  à déterminer. 


Exposition  internationale  à Hambourg 
en  1897.  — La  ville  de  Hambourg  verra 
s’ouvrir  le  l®**  mai  1897  son  Exposition 
internationale  d’Horticulture,  dont  les  portes 
fermeront  le  30  septembre  suivant. 

Sur  la  demande  du  Consul  général  de 
France  à LIambourg,  la  Société  nationale 
d’Horticulture  de  France  a constitué  dans 
son  sein  un  Comité  qui  servira  d’intermé- 
diaire entre  le  Comité  organisateur  de  l’Ex- 
position et  les  horticulteurs  et  amateurs 
français  qui  voudront  exposer. 

L’Exposition  se  divisera  en  ; 

1°  Exposition  permanente  de  plein  air, 
pour  laquelle  la  date  extrême  des  admissions, 
fixée  au  janvier  1897,  est  déjà  dépassée  ; 

2®  Exposition  de  printemps^  pour  laquelle 
les  demandes  d’admission  seront  reçues  jus- 
qu’au ici-  mars  1897.  Elle  aura  lieu  du  1er  au 
7 mai  1897  ; 

3o  Expositions  spéciales  de  plantes,  fleurs 
coupées  et  légumes,  du  30  mai  au  3 juin  1897; 
de  plantes,  fleurs  coupées  et  arbustes  en  tiges 
coupées  du  2 au  3 juillet  1897  ; de  plantes, 
fleurs  coupées  et  fruits,  du  30  juillet  au  3 août 
1897.  Pour  ces  expositions  spéciales,  le  terme 
de  rigueur  de  la  réception  des  demandes  est 
fixé  à 15  jours  avant  leur  ouverture  ; 

4°  Exposition  générale  d’automne^  du  27 
août  au  5 septembre  1897,  pour  laquelle  les 
demandes  d’admission  doivent  parvenir  avant 
le  3 août  1897  ; 

5o  Exposition  générale  de  fruits,  du  17  au 
30  septembre  1897,  pour  laquelle  les  admis- 
sions auront  lieu  jusqu’au  1er  septembre  1897. 

Toutes  les  demandes  d’admission  de  pro- 
grammes et  renseignements  divers,  peuvent 
être  adressées  au  Comité,  84,  rue  de  Gre- 
nelle, Paris,  qui  y répondra  dans  le  plus 
bref  délai  possible. 

Les  démarches  nécessaires  seront  faites 
auprès  des  Compagnies  de  chemins  de  fer 
pour  obtenir  des  réductions  de  tarifs,  et 
l’on  peut  annoncer,  dès  à présent,  que 
MM.  Worms  et  Ci®,  armateurs  au  Havre  et  à 
Bordeaux,  se  chargent  de  transporter  de  ces 
deux  ports  les  plantes  ou  objets  destinés 
à être  exposés,  et  du  retour  de  ces  objets. 

Nécrologie  : M.  Charles  Y an  Geert.  — 
Un  des  horticulteurs  les  plus  justement 
estimés  de  la  Belgique  et  dont  les  relations 
internationales  étaient  considérables  , M. 
Charles  Van  Geert,  horticulteur  à Anvers, 
vient  de  mourir  à l’âge  de  80  ans.  Sa  mé- 
moire, comme  devoir  professionnel  et 
comme  vertus  privées  et  publiques,  reste 
honorée  de  tous  ses  confrères  et  amis. 

Éd.  André. 


HETEROCENTRON  ROSEUM. 


31 


HETEROCEINTRON  ROSEUM 


Il  existe  un  certain  nombre  de  plantes 
d’introduction  déjà  ancienne  qu’on  ne  trouve 
pour  ainsi  dire  plus  dans  les  cultures  ac- 
tuelles. Tel  est  par  exemple  V Heterocentron 
roseum  (ou  Heeria  rosea)  delà  famille  des 
Mélastomacées,  introduit  du  Mexique  en 
Europe  dès  le  commencement  de  ce  siècle. 
En  voici  la  description  : 

Plante  sutîrutescente.  Hauteur  30  centimètres 
et  plus.  Fleurs  roses,  de  près  de  deux  centi- 
mètres et  demi  de  diamètre,  en  panicule  termi- 
nale, rameuse,  étalée,  composée  de  nombreuses 
ramifications  formant  chacune  un  corymbe 
multiflore  ; pétales  quatre,  étalés,  rhomboïdes- 
orbiculaires,  légèrement  concaves  et  courte- 
ment  onguiculés.  Feuilles  opposées,  légèrement 
scabres  en  dessus,  elliptiques,  obtuses,  entières, 
penniveinées,  rétrécies  à la  base  en  pétiole 
assez  long.  Automne  et  commencement  de 
l’hiver. 

La  culture  de  V Heterocentron  n’offre  pas 
de  difficulté,  quoique  cependant  nous  ayons 
été  plusieurs  saisons  avant  de  la  réussir.  Il 
y avait  sans  doute  un  détail  important  qui 
nous  avait  échappé. 

En  février-mars,  on  taille  les  vieux  pieds 
à environ  5 centimètres  de  hauteur,  puis  on 
les  met  sur  une  couche  tiède.  Au  bout  de 
très-peu  de  temps,  des  pousses  nouvelles 
et  vigoureuses  commencent  à sortir;  dès 
qu’elles  ont  de  5 à 6 centimètres  de  long, 
on  en  fait  des  boutures  qu’on  insère  dans 
des  godets  de  6 centimètres  remplis  de  terre 
de  bruyère,  puis  on  les  met  sur  couche 
tiède.  La  reprise  se  fait  vite  et  facilement  ; 
dès  que  les  jeunes  boutures  sont  bien  enra- 
cinées, on  les  rempote  en  godets  de  10  cen- 
timètres, toujours  en  terre  de  bruyère  et  sur 
couche  tiède.  On  donne  de  l’air  autant  que 
possible  et  on  ne  les  ombre  jamais. 

Vers  le  15  mai,  dernier  rempotage,  en 
pots  del6  à 17  centimètres,  en  mettant  deux 
plantes  par  pot.  Comme  compost,  on  fera 
un  mélange  de  moitié  terreau  de  feuilles  et 
moitié  terre  de  bruyère.  Pour  obtenir  de 
belles  potées,  on  peut  en  mettre  plusieurs 
pieds,  trois,  cinq  ou  même  plus  dans  des 
terrines.  On  aura  ainsi  de  vraies  touffes. 

Ces  plantes  sont  encore  une  fois  remises 
sur  couche  tiède,  mais  alors  dehors  et  en 
plein  soleil.  La  réussite  tient  surtout  au 


plein  air  et  au  soleil;  quand  on  les  cultive 
en  serre  et  ombrées,  on  n’obtient  pas  une 
floraison  parfaite. 

Bès  que  les  racines  atteindront  les  parois 
des  pots,  il  faudra  donner  de  copieux  arro- 
sages, mais  il  faut  bien  se  rappeler  que 
l’humidité  stagnante  leur  est  absolument 
contraire  et  les  fait  mourir.  Pour  éviter  cet 
inconvénient,  on  fait  sous  chaque  pot  un 
trou  de  15  centimètres  de  profondeur  avec 
un  plantoir,  ou  encore  mieux  on  place  un 
godet  vide  sur  lequel  on  met  le  pot  à' Hete- 
rocentron. C’est  un  moyen  facile  d’assurer 
l’écoulement  d’eau  d’arrosage,  d’autant  plus 
que  godet  et  pot  sont  tous  les  deux  enterrés. 
Deux  ou  trois  arrosages  avec  un  peu  de  suie 
ajoutée  à l’eau  suffisent  à leur  donner  une 
bonne  végétation. 

Vers  la  mi-septembre,  plus  tard  même, 
on  les  rentre  en  serre  froide  bien  aérée  ; il 
ne  faut  pas  les  rentrer  trop  tôt  en  saison  de 
façon  à ce  que  les  rameaux  prêts  à s’épanouir 
acquièrent  cette  belle  couleur  rose  foncé 
qui  est  si  recherchée.  On  peut  du  reste  faire 
la  rentrée  en  plusieurs  fournées  espacées  de 
façon  à ce  que  la  floraison  de  toutes  les 
plantes  n’ait  pas  lieu  au  même  moment. 

Vers  novembre,  quand  les  fleurs  com- 
mencent à se  faner,  on  cesse  graduellement 
les  arrosages  pour  arriver  à les  supprimer 
totalement.  Les  soins  à leur  donner  ensuite 
sont  presque  nuis  ; il  faut  les  mettre  en  serre 
tempérée,  même  sous  un  gradin,  les  laisser 
reposer,  c’est-à-dire  les  tenir  à l’état  sec, 
les  visiter  de  temps  en  temps  pour  être  sûr 
que  la  pourriture  ne  s’y  met  pas  ; on  ne 
devra  les  rabattre  qu’au  moment  de  la  mise 
en  végétation. 

H Heterocentron  roseum  est  une  plante 
qui  mérite  d’être  cultivée  bien  plus  qu’elle 
ne  l’est,  car  on  ne  la  voit  que  très-rarement. 
Rien  n’est  plus  gracieux  et  léger  quand  elle 
est  bien  fleurie,  et  sa  vue  donne  aux  serres 
où  on  la  met  un  cachet  tout  particulier  par 
la  couleur  non  seulement  de  ses  fleurs  d’un 
beau  rose  foncé,  mais  aussi  par  son  feuillage 
légèrement  coloré.  Ses  grands  rameaux 
coupés  sont  très  précieux  dans  la  confec- 
tion des  bouquets  ou  garnitures  d’appar- 
tements. 

Ernest  Bergman. 


LE  PARC  ET  LES  SERRES  DE  M.  L.  FOURNIER,  A MARSEILLE. 


LE  PARC  ET  LES  SERRES  DE  M.  L.  FOURNIER,  A MARSEILLE 


La  ville  de  Marseille  est  entourée  d’une 
ceinture  de  collines  de  l’aspect  le  plus  pitto- 
resque et  le  plus  riant,  grâce  aux  eaux  de 
la  Durance  canalisée  qui  fertilise  des  cam- 
pagnes autrefois  desséchées  et  portant  de 
maigres  cultures. 

Lorsque  le  travail  de  l’homme  s’ajoute  à 
celui  de  la  nature  dans  les  endroits  où  la 


végétation  spontanée  a déjà  meublé  ces 
((  montagnettes  » calcaires  et  blanches  de 
Pins  d’Alep,  de  Chênes  yeuses  et  d’un 
sous-bois  d’arbustes  à feuilles  persistantes, 
les  effets  produits  peuvent  revêtir  un  intérêt 
paysager  de  premier  ordre.  Ces  taillis  sau- 
vages, ce  n’est  plus  la  flore  frutescente  et 
sylvaine  de  nos  régions  du  Centre  et  du 


P’ig.  10.  — Parc  de  la  Rosière,  à Marseille.  (Vue  transversale  du  lac,  cascade  et  moulin.) 


Nord  qui  les  constitue,  c’est  une  population 
végétale  particulière  : Arbousiers,  Lauriers- 
Tins,  Filarias,  Lentisques,  Chênes  au  Ker- 
mès, Cistes,  Genêts  d’Espagne,  Myrtes, 
Calycotomes,  Pourpiers  de  mer.  Cytises  ve- 
lus, Coronilles,  dont  le  premier  mérite  est 
de  conserver  une  verdure  perpétuelle. 

C’est  dans  un  site  de  ce  genre  que 
M.  Louis  Fournier,  l’amateur  passionné 
d’horticulture,  l’orchidophile  à qui  la  Revue 
horticole  a dù  plusieurs  fois  d’intéressantes 
communications,  a ilessiné  ses  jardins  et 
érigé  ses  serres.  Le  parc  est  séparé  par  la 


route  publique  en  deux  parties.  Celle  du 
bas,  nommée  « La  Cavalière  »,  où  se 
trouvent  l’habitation  du  propriétaire  et  les 
serres,  occupe  une  superficie  de  5 hectares 
et  a reçu  des  plantations  successives  qui  en 
rendent  la  visite  des  plus  instructives.  A la 
végétation  de  fond,  habituelle  aux  jardins 
des  environs  de  Marseille,  de  précieuses 
collections  de  Conifères,  de  Camellias,  de 
Palmiers  sont  venues  s’ajouter.  Je  citerai, 
parmi  les  résineux,  des  Ahies  Aleoquiana, 
cephalonica,  amabUis,  grandis,  Morinda, 
orioitaiis,  poiila,  Pinsapo,  )ii(niidiea  de 


33 


LE  PARC  ET  LES  SERRES  DE  M 

taille  peu  commune,  dont  plusieurs  attei- 
gnent de  10  à 18  mètres  de  hauteur;  des 
Thuya  gigantea  (Lohbii)  gigantesques; 
des  Libocedrus  decurrens,  Cujpressus  lusi- 
taiiica,  Cedrus  atlantica  glauca,  C.  Deo- 
dara,  Taxodium  distichum  et  T.  semper- 
virons,  tous  énormes  ; Wellingtonia  gigan- 
tea et  sa  vdiVièié  inverta,  etc. 

Les  Palmiers,  à eux  seuls,  y constituent 
une  véritable  curiosité.  On  n’y  trouve  guère 
pour  résister  aux  hivers,  que  le  Chamæ- 
rops  {Trachycarpus)  excelsa,  mais  rien 


. L.  FOURNIER,  A MARSEILLE. 

n’est  plus  remarqual)le  que  de  constater  la 
demi-rusticité  des  espèces  qui  résistent  un 
peu  plus  loin,  sur  la  Côte  d’azur,  et  qui  s’en 
tirent  à merveille  avec  un  peu  d’abri  hiver- 
nal et  quelques  feuilles  brûlées  qui  se  re- 
font assez  vite  : Phœnix  canariensis,  Co- 
cos australis,  Jubæa  spectabilis,  Thrinax 
CJmco,  Erythea  palmata,  Chamærops 
humilis,  etc. 

La  partie  supérieure  de  la  propriété,  ou 
pour  parler  plus  juste  le  second  parc,  prend 
le  nom  de  « La  Rosière  » et  mesure  11  hec- 


Fig.  11.  — Parc  de  la  Rosière,  à Marseille.  (Vue  longitudinale  du  lac  et  de  la  tour.) 


tares.  Ce  parc  a un  caractère  plus  sauvage, 
plus  forestier,  le  dessin  en  est  simple  et  le 
bois  naturel  a été  conservé  avec  soin  dans  de 
nombreux  endroits  où  croissent  les  arbustes 
spontanés  dont  je  donnais  plus  haut  la  liste 
sommaire.  Gela  n’empêche  pas  que  de  su- 
perbes exemplaires  d’arbres  exotiques  s’y 
rencontrent  et  constituent  de  très-belles 
scènes  de  jardins.  D’énormes  Tulipiers  se 
couvrent  de  fleurs  et  de  fruits  ; les  Tilleuls 
argentés  y deviennent  énormes.  Les  Ca- 
talpas, Paulownias,  Platanes,  Chênes  verts, 
Pinus  excelsa  de  l’Himalaya,  Juniperus 


drupacea,  Torreya  myristica,  atteignent 
des  dimensions  peu  communes,  tandis  que 
des  Pins  d’Alep  géants  forment  un  arrière- 
plan  vert  cendré,  léger,  vaporeux,  qui  prête 
au  paysage  un  attrait  particulier. 

Une  des  plus  belles  choses  de  ce  parc 
est  le  massif  de  grands  Magnoliers  {Ma- 
gnolia grandifïora),  presque  aussi  larges 
que  hauts,  qui  sont  au  nombre  de  25  et  at- 
teignent 15  mètres  de  hauteur,  se  couvrant 
de  milliers  de  grandes  fleurs  blanches  pen- 
dant toute  la  belle  saison. 

On  a dit  que  les  scènes  paysagères  artifi- 


:u 


CULTURE  DES  LAGHENALIA. 


cielles  étaient  rarement  réussies  dans  le 
Midi,  au  moins  celles  d’où  l’élément  subtro- 
pical est  proscrit.  Rien  n’est  moins  exact,  et 
le  parc  de  la  Rosière  en  fournit  la  preuve. 
Il  suffira  à nos  lecteurs  de  jeter  les  yeux  sur 
les  deux  gravures  ci-jointes,  fidèles  repro- 
ductions de  photograhies  prises  sur  place. 

La  première  représente  une  vue  trans- 
versale du  lac  avec  un  fond  de  verdure  cons- 
titué par  des  résineux  sur  lesquels  se  déta- 
chent des  ornements  bien  choisis  et  très- 
pittoresques  : moulins,  cascades,  oiseaux 
d’eau,  rochers  et  plantes  aquatiques 
(fig.  10). 

La  deuxième  vue  est  prise  dans  le  sens 
de  la  longueur  de  la  même  pièce  d’eau,  et 
l’aspect  en  est  tout  différent,  avec  ses  arbres 
aux  épais  feuillages,  ses  percées  habilement 
ménagées,  et  la  tour-minaret  d’ou  la  vue 
est  si  belle  sur  la  région  d’alentour  (fig.  11). 

Or,  le  point  capital  à faire  ressortir  dans 
ces  deux  vues,  est  qu’elles  donnent  l’illusion 
de  grandes  scènes  naturelles,  tandis  qu’en 
réalité  elles  représentent  une  pièce  d’eau 
d’environ  un  hectare  de  superficie,  entiè- 
rement bétonnée,  et  alimentée  par  les 
conduites  du  canal  de  la  Durance.  On 
voit  qu’avec  un  peu  d’art,  il  est  possible  de 
faire  illusion  dans  la  création  des  jardins. 

Il  me  resterait  à parler  d’un  département 
spécial  de  cette  belle  résidence,  celui  des 
serres.  Mais  il  faudrait,  ou  bien  écourter 
une  description  qui  vaut  la  peine  d’une 

CULTURE  DE! 

Les  Lachenalia  sont  les  Jacinthes  du 
Gap  et  des  régions  tempérées  du  sud  de 
l’Afrique.  Trop  frileux  pour  résister  sans 
ahris  aux  froids  du  nord  et  du  centre  de  la 
France,  ils  se  montrent  plus  résistants  dans 
la  région  de  l’Oranger  où  un  certain  nom- 
bre d’espèces  se  sont  presque  naturalisées. 

Ce  sont  des  plantes  bulbeuses  apparte- 
nant à la  famille  des  Liliacées,  donnant 
sur  des  épis  lâches  ou  des  grappes  pédi- 
cellées  des  fleurs  dont  les  teintes  sont  extrê- 
mement variables.  Les  unes  sont  d’un  blanc 
pur,  d’autres  sont  orangées,  pourprées, 
roses,  jaunes,  etc.  ; ces  couleurs  se  trouvent 
réunies  dans  d’autres  espèces.  Une  des 
plus  belles  espèces,  le  L.  tricolor,  a des 
fleurs  jaunes,  vertes  et  orangées. 

Il  ne  faut  pas  attendre  à l’automne  pour 
mettre  les  Lachenalia  en  végétation  ; c’est 
pendant  le  courant  du  mois  d’août  qu’on 
doit  les  empoter  dans  un  mélange  de  terre 
franche,  sable  et  terreau  de  feuilles  bien 


étude  spéciale  à traiter  ultérieurement,  ou 
bien  allonger  cette  note  qui  a surtout 
pour  objet  de  donner  une  idée  rapide  de 
l’ensemble  de  la  propriété.  Qu’il  suffise  de 
savoir  que  ces  serres  sont  au  nombre  de 
douze,  qu’elles  couvrent  une  superficie  de 
1600  mètres,  et  que  seules  les  serres  à Or- 
chidées occupent  une  surface  de  750  mètres 
carrés.  Trois  de  ces  serres,  de  7 mètres  de 
large,  divisées  en  parties  chaudes  et  en 
parties  tempérées,  renferment  la  collection 
extrêmement  nombreuse  et  choisie,  tandis 
qu’une  quatrième,  plus  basse,  contient  les 
Phalænopsis  et  les  nombreux  semis  de 
M.  Maron,  jardinier  chef  chargé  des  Orchi- 
dées, dont  le  nombre  dépasse  aujourd’hui 
six  mille  plantes. 

Le  jardin  d’hiver  couvre  à lui  seul  340 
mètres  carrés  ; il  est  planté  de  raretés  nom- 
breuses, en  très-forts  exemplaires. 

Toutes  les  plantes  de  serre,  à tleur  ou  à 
feuillage  d’ornement,  les  Fougères  mêmes 
auxquelles  il  faut  ici  éviter  le  soleil  par  des 
vitrages  verts,  les  Régonias,  les  Cyclamens 
sont  recherchés  par  M.  Fournier,  dont 
l’éclectisme  horticole,  tout  en  donnant  le 
pas  aux  Orchidées,  ne  proscrit  aucun  genre 
de  beaux  végétaux.  C’est  vraiment  dans  cette 
manière  large  qu’il  faut  comprendre  l’a- 
mour des  plantes  et  nous  souhaitons  que 
de  nombreux  prosélytes  suivent  cet  exemple 
au  grand  profit  de  l’horticulture  et  de  l’art 
des  jardins.  Ed.  André. 

LACHENALIA 

consommé.  Les  pots  doivent  être  bien  drai- 
nés, car  les  bulbes  craignent  l’humidité 
encore  plus  que  le  froid.  Les  pots  seront 
tenus  légèrement  humides  jusqu’à  l’appari- 
tion des  pousses;  les  arrosages  seront  ensuite 
augmentés.  A l’automne,  sous  le  climat  de 
Paris,  il  faudra  rentrer  les  Lachenalia  en 
serre  froide  ou  sous  châssis  froid.  On 
pourra,  si  on  le  préfère,  les  planter  en 
pleine  terre  contre  un  mur  au  midi,  mais  il 
faudra  toujours  les  abriter  contre  le  froid  et 
l’humidité  excessifs. 

Qu’ils  soient  cultivés  en  pleine  terre  ou 
en  pots,  tenus  sous  châssis  ou  en  serre,  il 
faudra  les  aérer  toutes  les  fois  que  le  temps 
le  permettra.  Au  moment  où  apparaissent 
les  épis  de  fleurs,  on  pourra  leur  donner  un 
peu  d’engrais  de  bouse  de  vache  très-dilué. 
La  floraison  a généralement  lieu  au  prin- 
temps ; toutefois  d’autres  espèces,  en  géné- 
ral, fleurissent  à diverses  époques  de  l’année. 

Les  Lachenalia  comptent  parmi  les  plus 


PHYSALIS  FRANCHETI. 


35 


jolies  petites  plantes  hiilbeuses  pour  l’orne- 
ment des  serres  froides.  Certaines  espèces 
sont  fort  rares,  mais  une  des  meilleures,  le 
L.  tricolor,  est  très-répandu,  et  ajuste  titre 
le  plus  cultivé.  Les  L.  aurea  (variété  du 
L.  tricolor),  L.  pendilla  et  sa  vRYiéié  aure- 
liana,  L,  Nelsoni,  sont  aussi  fort  beaux, 
surtout  les  deux  derniers,  et  dignes  d’être 
cultivés  en  grand,  dès  qu’ils  deviendront 
plus  abondants  qu’ils  ne  le  sont  encore. 

Le  forçage  des  Lachenalia  n’est  guère 
recommandable,  car  il  faut  qu’il  soit  très- 
modéré  ; on  ne  peut  du  reste  songer  à le 
pratiquer  que  lorsqu’on  possède  un  grand 
nombre  de  potées  et  dans  le  but  d’avancer 
la  floraison  de  quelques-unes.  On  obtient 
en  outre  des  plantes  bien  plus  trapues  et 
des  fleurs  plus  vivement  colorées  en  les  lais- 
sant naturellement  fleurir  dans  un  endroit 
froid  qu’en  les  exposant  à l’influence  dessé- 
chante d’une  chaleur  artificielle. 

Lorsque  la  floraison  commence,  on  trans- 
porte les  plantes  dans  l’endroit  qu’elles 
doivent  orner  ; on  les  y dispose  de  préfé- 


rence par  touffes  composées  de  plusieurs 
pots  ; on  obtient  ainsi  un  bien  plus  liel 
effet  que  lorsqu’on  les  isole.  Chaque  bulbe 
de  force  suffisante  produit  de  un  à quatre 
épis  de  fleurs,  et  celles-ci  se  conservent  en  ex- 
cellente condition  pendant  près  de  deux  mois, 
si  elles  sont  placées  dans  une  serre  froide. 

Dès  la  fin  de  la  floraison  on  doit  diminuer 
les  arrosements;  lorsque  les  feuilles  sont 
sèches,  les  bulbes  sont  déplantés,  laissés  sur 
le  sol  pendant  quelques  jours  pour  leur  per- 
mettre de  se  ressuyer  et  de  mûrir  complète- 
ment. Puis  on  les  tiendra  dans  du  sable  fin  et 
sec,  pendant  la  période  de  repos  jusqu’au  mo- 
ment convenable  pour  la  mise  en  végétation. 

Les  Lachenalia  se  multiplient  de  graines 
ou  de  bubilles  ; les  bubilles  de  certaines  es- 
pèces se  développent  assez  rapidement  pour 
fleurir  la  première  année. 

Si  l’on  observe  soigneusement  les  points 
les  plus  essentiels  de  leur  culture  que  nous 
venons  de  signaler,  il  sera  facile  d’obtenir 
d’excellents  résultats. 

Henri  Theulier  fils. 


PHYSALIS  FRANCHETI 


La  Revue  horticole  a déjà  signalé  à ses 
lecteurs  la  plante  qui  fait  le  sujet  de  cette 
note,  et  son  type 
botanique,  le  Phy- 
salis  Alkekengi, 
qui  est  spontané  en 
France,  et  bien 
connu  dans  cer- 
taines régions,  où 
il  devient  parfois, 
dans  les  Vignes 
surtout,  une  herbe 
envahissante. 

On  désigne  notre 
Physalis  indigène 
sous  divers  noms 
vulgaires  et  sou- 
vent sous  ceux  de 
Coqueret,  Alké- 
kenge , Cerise  en 
chemise.  Amour 
en  cage,  etc.  Ces 
dernières  désigna- 
tions font  allusion 
au  fruit,  une  petite 
baie  rouge  et  co- 
mestible, complè- 
tement enfermée  et 
cachée  dans  le  calice  qui  s’est  considéra- 
blement accru  et  qui  acquiert  à la  ma- 


turité l’aspect  d’un  petit  ballon  d’un  rouge 
orangé  vif.  Ces  fruits  et  leur  enveloppe  ne 
se  colorent  qu’à  la 
fin  de  la  végétation, 
en  septembre,  et  se 
conservent  long- 
temps intacts  sur 
la  plante,  après  la 
chute  des  feuilles 
et  mieux  encore 
en  appartements, 
où  l’on  utilise 
fréquemment  les 
branches  chargées 
de  leurs  fruits  pour 
orner  les  vases  et 
autres  potiches 
d’ornement. 

Les  baies  du 
Physalis  Alke- 
kengi  ont  un  goût 
acidulé,  agréable, 
que  certaines  per- 
sonnes apprécient; 
on  les  mange  au 
naturel,  ou  bien  on 
les  prépare  de  di- 
verses manières, 

notamment  au  sucre. 

L’Alkékenge  des  Vignes  et  autres  ter- 


Fig.  12.  — Physalis  Francheti. 


36 


LE  FRUIT  DE  l’eNCEPHALARTOS  VILLOSUS. 


rains  secs  et  maigres  est  une  plante  vivace, 
traçante,  extrêmement  résistante,  haute  de 
30  à 40  centimètres,  dont  les  fleurs  sont 
petites,  jaunâtres  et  insignifiantes;  seuls 
les  fruits  sont  remarquables  par  leur  con- 
formation singulière  et  très-voyants  par 
leur  vive  couleur. 

Si  nous  avons  pris  la  peine  d’énumérer 
les  points  les  plus  intéressants  du  Physa- 
lis  Alkehcnyi,  c’est  que  le  Ph.  Francheti 
possède  les  mêmes  caractères  et  particula- 
rités. C’en  est  simplement  une  forme  beau- 
coup plus  grande  dans  toutes  ses  parties,  et 
qui,  de  ce  fait,  présente  un  véritable  intérêt 
horticole. 

Primitivement  décrit  comme  forme  japo- 
naise à grand  développement  du  Physalis 
Alli-ekengi,  la  plante  fut  ensuite  élevée  au 
rang  d’espèce  et  dédiée  par  le  docteur  Mas- 
ters à M.  Franchet  1.  D’abord  introduite  en 
Angleterre  il  y a deux  ans,  cette  Alkékenge 
s’est  rapidement  répandue  chez  nous,  car 
elle  est  très-méritante  au  point  de  vue  déco- 
ratif (fig.  12).  Ses  tiges  simples,  peu  nom- 
breuses et  fortes,  atteignent  jusqu’à  60  cen- 
timètres de  haut  et  portent  de  grandes 
feuilles  (celles  de  la  base  surtout)  ovales, 
crépues,  réfléchies  et  longuement  pétiolées. 
A l’aisselle  de  presque  toutes  les  caulinaires 
se  montrent  des  fleurs  qui  donnent  bientôt 
naissance  à des  fruits  pendants,  qui,  d’abord 
verts,  se  renflent  rapidement,  deviennent 
très-gros,  atteignant  plus  de  20  centimètres 
de  circonférence  ; le  calice  épais,  veiné  et 
bien  plus  coriace  que  dans  le  type,  se  colore 
d’abord  en  jaunâtre,  puis  en  beau  rouge 
orangé  vif  à l’approche  de  la  maturité  qui 
arrive  en  août-septembre.  C’est  à partir  de 
ce  moment  que  la  plante  revêt  un  cachet 
original  et  des  plus  décoratifs. 


Les  fruits  peuvent  alors  être  détachés  des 
branches  et  utilisés  de  diverses  manières 
pour  les  garnitures,  ou  bien  on  emploie  les 
branches  chargées  de  tous  leurs  fruits,  après 
en  avoir  supprimé  les  feuilles  pour  mieux 
laisser  voir  ceux-ci  et  éviter  qu’en  se  fanant 
les  feuilles  les  déparent.  La  conservation 
de  ces  fruits  est  fort  longue,  car  au  bout  de 
plusieurs  mois  ils  paraissent  aussi  frais  que 
lorsqu’on  vient  de  les  cueillir. 

Dans  le  jardin,  le  Physalis  Francheti 
peut  former  de  charmantes  corbeilles,  ainsi 
que  nous  avons  eu  l’occasion  de  l’observer  l’an 
dernier  au  Jardin  d’Acclimatation,  ou  bien 
des  touffes  éparses  dans  les  plates-bandes  ; 
il  a au  centre  sa  place  toute  marquée  dans 
les  rocailles  et  les  lieux  agrestes  en  général  ; 
enfin  on  peut  l’élever  en  pots  pour  orner, 
pendant  l’hiver,  les  grandes  serres,  les  véran- 
das et  les  appartements. 

Sa  culture  est  on  ne  peut  plus  facile,  car  il 
s’accommode  de  tous  terrains,  pourvu  qu’ils 
soient  chauds  et  bien  exposés  au  soleil,  afin 
que  les  fruits  s’y  colorent  complètement. 
Le  traitement  général  de  la  plante  est  exac- 
tement celui  de  la  Tomate,  c’est-à-dire, 
qu’on  sème  les  graines  en  février-mars,  sur 
couche  ; on  repique  les  plants  une  ou  deux 
fois  en  pépinière  et  sur  couche  ou  au  moins 
sous  châssis  froid  et  en  godet  si  l’on  veut,  puis 
onles  meten  place  à la  fin  de  mai,  à environ 
50  centimètres  de  distance.  On  paille  enfin 
le  sol,  comme  pour  toutes  les  autres  planta- 
tions et  on  arrose  selon  le  besoin,  copieuse- 
ment même  quand  il  fait  chaud  et  que  la  vé- 
gétation est  active.  C’est  ainsi  qu’on  obtient 
des  plantes  déjà  décoratives  pour  leur  belle 
venue  et  leur  grand  feuillage,  puis  plus 
tard  par  leurs  nombreux  et  gros  fruits 
rouges.  S.  Mottet. 


LE  FRUIT  DE  L’ENCEPHALARTOS  VILLOSUS 


La  Gycadée  dont  nous  figurons  aujour- 
d’hui le  fruit  est  une  des  plus  belles  espèces 
de  cette  famille.  Elle  a été  importée  de 
Natal  (Afrique  centrale),  par  M.  Ambroise 
Verschaffelt,  horticulteur  à Gand,  et  décrite 
en  1867  par  Ch.  Lemaire,  mon  prédécesseur 
comme  rédacteur  en  chef  de  V Illustration 
horticole  L Les  cônes  mâles  et  les  cônes  fe- 


^ Gard.  Chron.  189i,  part.  II,  fig.  57  ; The  Gar- 
derie 1895,  part.  I,  tab.  1059. 

- Encephalartos  villosus.,  Lem.  in  Illust.  hort. 
1867,  misc.,p.  79,  et  1868,  t.  557;  Reg,,  Cyeac?.  Rcv.^ 
f*.  17;  Gartenfl-e  1877, p.  'i\^\YAc\i\ev  iriMonatsch. 
Gartcnh..  1880,  1,  1 : Gard  Chron.  N.  S.,  vol,  I, 
p.  513;  III,  400  ; VI,  708;  VU,  21;  XII 1,  181. 


melles,  inconnus  au  moment  de  la  première 
description  de  l’espèce,  se  produisirent  suc- 
cessivement dans  les  cultures  européennes, 
et  permirent  d’établir  des  déterminations 
qui  trouvèrent  leur  expression  la  plus  par- 
faite dans  l’étude  publiée  dans  le  Botanical 
Magazine  par  M.  Thiselton  Dyer  ’L  Les 
matériaux  recueillis  par  ce  savant  Cycado- 
graphe  provenaient  de  M.  T. -S.  Gladstone, 
à Crawley  ; de  M.  Russel,  à Falkirk  ; de 
M.  W.  Bull,  à Londres;  des  serres  de 
Kew  et  des  jardins  de  M.  José  do  Canto,  à 

^ Bot.  Marj.e  t.  6651. 


oiS/oret  o._l 


VjciNir  Horticole 


tùuep/ia lartos  Ucllosus . 


SUR  LE  RIGHARDIA  ALBO-MACULATA. 


Saint-Michel  (Açores).  On  peut  y ajouter  le 
hel  exemplaire  que  nous  avons  fait  peindre 
chez  M.  L.  Fournier,  à Marseille,  et  quel- 
ques autres  collections  où  la  plante  adulte 
fleurit  et  fructifie  quelquefois. 

Nous  ne  saurions  mieux  faire  que  de 
traduire  ici  l’excellente  description  de 
M.  Dyer  : 

Tronc  court,  étroitement  recouvert  par  la 
base  persistante  des  feuilles  tomenteuses  ; 
feuilles  dressées,  puis  étalées,  vertes,  à pétiole 
et  rachis  cylindracés,  d’abord  pubescents-cen- 
drés,  portant  de  chaque  côté  de  60  à 90 
segments  linéaires-lancéolés,  parfois  subfalqués, 
à base  rétrécie,  à sommet  piquant,  pourvus  de 
chaque  côté,  surtout  vers  le  sommet,  de  dents 
plus  ou  moins  distancées,  subérigées  et  poin- 
tues, les  inférieures  graduellement  réduites  à 
des  épines  digitées  passant  à des  aiguillons 
spiniformes  ; fruits  (cônes  ou  strobiles)  de  l’un 
et  l’autre  sexe  pédonculés,  couverts  d’écailles 
obliquement  défléchies  ; strobile  mâle  étroite- 
ment cylindrique,  à écailles  oblongues  ou  del- 
toïdes à peine  stipitées,  dont  le  sommet  est 
triangulaire  subpelté  et  le  bord  inférieur  cré- 
nelé-denticulé  ; strobile  femelle  ovoïde-cylin- 
drique,  à écailles  plus  grandes,  stipitées,  dont  le 
s )mmet  est  pelté  subquadrangulaire  et  le  bord 
intérieur  érodé-denté  vers  le  milieu. 

Nous  ajouterons,  à cette  description,  que 
la  couleur  de  ces  strobiles  femelles  devient 


37 

d’un  beau  jaune  abricot  à la  maturité  et  que 
les  graines  ovoïdes  qui  s’échappent  d’entre 
les  écailles  sont  d’une  si  belle  couleur  écar- 
late que  leur  etïét  est  ornemental  au  premier 
chef. 

L’espèce  la  plus  voisine  de  celle-ci  est 
V Encephalartos  Hildehrandtii  de  Zanzibar, 
qui  se  distingue  par  les  écailles  des  cônes 
femelles  se  terminant  par  une  pointe  qua- 
drangulaire  conique. 

A ceux  de  nos  lecteurs  qui  demanderaient 
l’explication  de  ce  nom  un  peu  rébarbatif 
à' Encephalartos,  nous  répondrions  qu’il  se 
compose  de  trois  mots  grecs  qui  signifient 
« pain  dans  la  tète  » (sv  v.zjjyl-n,  dans  la 
tête  ; et  upzo;,  pain)  par  allusion  à la  partie 
féculente  du  fruit  (écailles  et  racines)  au 
moment  de  ’ la  maturité,  ayant  un  peu 
l’aspect  de  l’intérieur  d’un  fruit  de  « l’arbre 
à pain  » (Artocarpus  incisa). 

On  cuWiveVE.  villosiis  en  serre  tempérée, 
comme  la  plupart  des  autres  Gycadées  du 
Cap.  Sur  la  côte  de  Provence,  où  on  l’a  es- 
sayé en  plein  air,  il  s’est  montré  un  peu  dé- 
licat. On  l’obtiendra  dans  toute  sa  beauté 
en  le  plantant  à même  le  sol  d’un  jardin 
d’hiver  ordinaire,  avec  les  Fougères  en 
arbre  des  parties  tempérées  des  Andes,  de 
l’AusIrabe,  de  la  Nouvelle-Zélande. 

Ed.  André. 


SUR  LK  RIGHARDIA  ALBO-MACULATA 


J’ai  lu,  dans  la  Revue  horticole,  sur  le 
Richardia  albo-maculata,  un  article^  qui 
m’a  d’autant  plus  intéressé  que  j’aime  parti- 
culièrement, et  déjà  depuis  plusieurs  années, 
cette  méritante  Aroïdée. 

Pour  expliquer  le  long  temps  écoulé  entre 
la  publication  de  l’étude  de  M.  Jules  Rudolpb 
et  l’envoi  de  cette  note,  il  me  faut  dire  que 
mes  occupations  agricoles  et  viticoles  me 
laissent  peu  de  loisirs.  Je  demanderai  la 
permission  de  renchérir  sur  les  qualités 
attribuées  avec  raison  aux  Richardia  albo- 
maculata,  car,  non  seulement  je  les  leur 
reconnais  toutes,  mais  je  leur  en  trouve 
d’autres  encore,  auxquelles  je  regrette  de  ne 
pas  voir  accorder  l’importance  qu’elles  me 
semblent  justifier  cependant. 

C’est  qu’à  mon  sens  leur  floraison,  loin 
de  se  présenter  chez  eux  comme  un  accident 
sans  valeur  ou  négligeable  au  moins,  en 
constitue  une  des  attractions  les  plus  sail- 
lantes. 

^ Revue  horticole.,  1896,  page  374. 


Rien  en  effet  n’est  plus  élégant  que  des 
corbeilles  ou  de  larges  l)ordures  de  ce  Ri- 
chardia, toutes  constellées  de  charmants 
cornets,  d’un  blanc  crème  tranchant 
agréablement  sur  le  vert  sombre  de  ses 
feuilles  hastées  et  si  originalement  mou- 
chetées de  ponctuations  et  de  stries  blanc 
pur,  car,  quand  il  est  bien  cultivé,  il  est 
prodigue  de  ses  spathes  évasées  et  carac- 
téristiques. 

Il  donne  d’abord  une  généreuse  floraison 
en  juin-juillet,  et  il  refleurit  en  outre  sou- 
vent, mais  moins  abondamment  alors,  en 
automne. 

Pourquoi  cette  Aroïdée  n’est-elle  pas  plus 
fréquemment  utilisée  dans  les  jardins  privés 
et  les  jardins  publics  ? Sa  culture  est  cepen- 
dant si  facile  qu’elle  ne  saurait  être  un 
obstacle  à une  plus  grande  vulgarisation. 
Dans  les  environs  de  Lyon,  jamais  les 
tubercules  de  cette  plante  n’ont  les  honneurs 
d’un  châssis.  L’expérience,  assez  vieille 
déjà,  que  j’ai  des  Richardia  albo-macu- 
lata, m’a  amené  à préférer  même  à tout 


38 


TAILLE  DES  ARBUSTES  ET  ARBRISSEAUX  FLEURISSANT  EN  PLEIN  AIR. 


autre  procédé  leur  mise  en  végétation  en 
plein  air. 

Au  commencement  d’avril,  ou  même  fin 
mars,  je  les  fais  enterrer  directement  à leur 
place  définitive,  près  à près,  c’est-à-dire  à 
0"™  20  ou  0"™  30  (car  ils  gagnent  à être  un 
peu  serrés),  en  bonne  terre  bien  amendée  et 
plutôt  forte  que  légère. 

Eventualité  de  gelées  blanches  ou  de 
petites  gelées  à glace,  tout  cela  me  laisse 
sans  appréhensions  aucunes,  car  les  tuber- 
cules de  Ricliardia  albo-maculata  les  sup- 
portent stoïquement. 

Il  m’est  même  arrivé,  à diverses  reprises, 
d’en  voir  repousser  au  printemps,  qu’on 
avait  oubliés  en  terre  avant  l’hiver. 

Et  ceux  que  je  fais  planter  en  pots  ne 
sont  pas  davantage  rentrés  sous  châssis, 
ayant  remarqué  que  parfois  la  chaleur  ou 
l’humidité  concentrées  d’une  bâche  ou 
d’une  couche  simplement  tiède  ou  tempé- 
rée faisaient  périr  quelques  tubercules  ou 
en  atrophiaient  les  bourgeons  centraux,  ce 
qui  ne  m’est  jamais  arrivé  pour  les  planta- 
tions au  grand  air.  Par  cette  dernière  cul- 
ture enfin,  la  végétation  des  plantes  est  plus 

TAILLE  DES  ARBUSTES  ET  ARBRIS 

S’il  est  un  sujet  digne  d’attention,  c’est  à 
coup  sûr,  en  ce  moment  de  l’année,  celui 
relatif  à la  taille  des  arbustes  et  arbris- 
seaux fleurissant  en  jplein  air.  Aussi 
avons-nous  pensé  qu’il  ne  serait  peut-être 
pas  sans  intérêt,  pour  les  lecteurs  de  la 
Revue  horticole,  d’envisager  cette  question 
au  point  de  vue  pratique. 

Dans  les  jardins  paysagers,  combien  d’er- 
reurs sont  commises  sous  ce  rapport,  le  sé- 
cateur coupant  impitoyablement  toutes  les 
espèces  décoratives,  sans  distinction  et  avec 
une  régularité  d’ensemble  parfaite  ! Trop 
souvent,  en  effet,  dans  les  massifs  d’arbris- 
seaux, avant  le  labour  d’hiver,  et  sous  pré- 
texte de  faire  la  toilette  de  ceux-ci,  le  jardi- 
nier n’hésite  pas  à rabattre  uniformément 
les  différentes  espèces  qui  les  composent, 
sans  autrement  s’inquiéter  de  la  floraison 
future,  sans  se  rendre  compte  si  elle  sera 
compromise  par  suite  de  l’ablation  des 
pousses  de  l’année  précédente. 

Or  c’est  précisément  pour  obvier  à cet 
inconvénient  regrettable  que  nous  donne- 
rons ici.,  sur  ce  sujet,  des  données  aussi 
précises  que  possible. 

Pour  bien  comprendre  cette  opération,  il 
importe  d’abord  de  savoir  distinguer  entre 


trapue  et  plus  vigoureuse  que  celle  qui  a 
débuté  par  la  culture  sous  verre. 

Ainsi  traités  et  placés  en  plein  soleil, 
sans  aucun  abri,  les  Ricliardia,  tout  en 
conservant  intact,  jusqu’à  l’automne  avancé, 
leur  remarquable  feuillage,  donnent  à pro- 
fusion leurs  jolies  fleurs  qui  ne  sont  pas 
leur  moindre  ornement,  à la  condition  tou- 
tefois de  recevoir  de  très- fréquents  arro- 
sages, dès  que  surtout  ils  sont  bien  éta- 
blis. 

Ils  se  comportent  très-bien  aussi  à mi- 
ombre,  bien  que  leur  floraison  soit  alors 
moins  brillante. 

La  multiplication  de  cette  Aroïdée  étant 
aussi  rapide  que  facile,  par  la  division  de 
ses  tubercules,  il  n’est  guère  nécessaire,  dès 
qu’on  en  a quelques  plantes,  de  recourir  à 
la  voie  du  semis  (qui  n’offre  d’ailleurs  au- 
cune difficulté). 

On  fera  bien  alors,  dans  l’intérêt  d’une 
meilleure  végétation  des  plantes  et  de  leur 
bonne  tenue,  de  supprimer  les  spathes  dès 
qu’elles  retournent  au  vert,  indice  de  la  fm 
de  leur  floraison. 

et®  DE  Bouciiaud. 

EAUX  FLEURISSANT  EN  PLEIN  AIR 

elles  les  principales  espèces  admises  dans 
la  plantation  et  d’en  connaître  surtout 
l’époque  normale  de  floraison.  C’est,  en 
effet,  sur  cette  dernière  observation  que  re- 
pose la  taille  de  ces  arbrisseaux  qu’à  ce 
point  de  vue  nous  diviserons  en  trois  caté- 
gories principales  : 

I.  Arbustes  et  arbrisseaux  à poraison 
hivernale. 

II.  A rbustes  et  arbrisseaux  à f oraison 
printanière . 

III.  Arbustes  et  arbrisseaux  à floraison 
estivale. 

Parmi  les  espèces  de  la  première  catégo- 
rie, nous  comprendrons  toutes  celles  qui 
fleurissent  en  plein  hiver  jusqu’au  15  avril 
sous  le  climat  de  Paris,  c’est-à-dire  : Caly- 
canthus  præcox  ; Jasminum  nudiflorum  ; 
Lonicera  Standishii  et  fragrantissima  ; 
Forsythia  suspensa,  Fortunei  et  viridis- 
sima  ; Ribes  sanguineum,  albidum,  au- 
reum  ; Gordonianum  et  malvaceum  ; 
Prunus  tomentosa  et  triloba  flore  pleno  ; 
Rhodotypos  kerrioides  ; Kerria  japonica 
flore  pleno  ; Cytisus  hirsutus  ; Chæno- 
melcs  japonica  var.  ; Berberis  Darwini  et 
stenophylla;  Amygdalus  incana  ; A, 
nana'  rosea,  rubra  et  alba,  etc.,  etc. 


LES  POMMES  TARDIVES. 


39 


Sous  aucun  prétexte  les  espèces  que  nous 
venons  de  passer  en  revue  et  similaires  ne 
seront  taillées  avant  la  floraison.  Ce  n"est 
qu’immédiatement  après  celle-ci  qu’il  con- 
viendra de  supprimer  sur  chaque  touffe 
d’arbuste  ou  d’arbrisseau  une  partie  des 
ramifications  les  plus  grêles,  en  donnant  à 
l’ensemble  du  sujet,  soit  la  forme  arrondie, 
s’il  s’agit  d’une  plantation  suffisamment 
écartée,  soit  la  forme  plane,  si  cette  der- 
nière est  au  contraire  compacte  et  serrée. 

Quant  aux  pousses  les  plus  vigoureuses, 
notamment  sur  les  Lonicera,  Forsythia, 
Rihes,  Prunus  et  Amygdalus,  elles  seront 
rabattues  à deux  ou  trois  bons  yeux,  de  ma- 
nière à obtenir  pendant  le  cours  de  la  végé- 
tation d’autres  pousses  très-vigoureuses  qui 
seront  autant  de  jets  floraux  pour  l’année 
suivante.  En  un  mot,  les  fleurs  de  ces 
arbrisseaux  se  montrant  constamment  sur 
le  bois  d’un  an,  on  devra  s’évertuer  à rem- 
placer celui-ci  dans  les  meilleures  con- 
ditions possibles. 

Pour  les  représentants  de  la  seconde  caté- 
gorie comprenant  toute  la  splendide  série 
des  : Syringa,  Ligustrina,  Philadelphus, 
Deutzia,  Diervilla,  Spiræa  ariæfolia  et 
corymbosa,  Cotoneaster  reflexa  et  af- 
foiis,  Ruhus  deliciosus,  Cytisus  sessili- 
folius  et  Lahurnum,  Coronilla  Emerus, 
Amorpha  fruticosa,  Colutea,  Staphylea, 
Lonicera  tatarica  et  variétés,  Viburnum 
Opulus  et  sterilis,  etc.,  etc.,  c’est-à-dire 
pour  toute  la  nombreuse  série  fleurissant 
du  15  avril  au  15  juillet,  la  taille  peut  être 
pratiquée  en  hiver,  avant  la  végétation  ; 
excepté  toutefois  pour  les  Lilas  et  Ligus- 
trines  que  l'on  doit  tailler  seulement 
après  la  floraison. 

On  conçoit,  en  effet,  que  par  suite  de 
l’époque  assez  avancée  en  saison  d’épa- 
nouissement des  fleurs,  chez  la  plupart  de 
ces  espèces,  la  taille  faite  aussitôt  après  la 
floraison  ne  permettrait  pas,  comme  chez 
celles  du  premier  groupe,  une  végétation 
suffisante  et  par  suite  une  élaboration  flo- 
rale complète  pour  l’année  suivante. 

LES  POMME 

Certains  amateurs  — peut-être  serait-il 
plus  juste  de  dire  gourmets  — ne  veulent 
pas  voir  de  Pommes  sur  leur  table  avant  les 
mois  de  décembre  ou  janvier.  Il  y a plu- 
sieurs raisons  à cela  ; la  meilleure,  c’est 
que  les  très-bonnes  Pommes  sont  tardives. 
Ajoutons  que  la  longévité  de  conservation. 


En  conséquence,  nous  pensons  que  la  vé- 
ritable taille  rationnelle  à appliquer  à ces 
arbrisseaux,  fleurissant  dans  le  coui'ant  du 
printemps,  serait  une  taille  bisannuelle, 
consistant  en  ceci  : la  première  année, 
laisser  en  entier  sur  chaque  touffe  les 
rameaux  les  plus  vigoureux,  notamment 
sur  les  Philadelphus,  Deutzia,  Spiræa, 
Lonicera,  etc.  ; et  rabattre  sévèrement  les 
plus  faibles  de  façon  à provoquer  sur 
ceux-ci  la  sortie  de  bourgeons  vigoureux  ; 
la  seconde  année,  réserver  ces  derniers  et 
tailler  comme  il  vient  d'être  dit  les  ra- 
meaux qui  ont  fleuri  Vannée  précédente. 
En  opérant  ainsi  tous  les  ans,  on  arrive  à 
obtenir  sur  ces  arbrisseaux,  non  seulement 
un  port  agréable  et  léger,  mais  aussi  une 
floraison  d’autant  plus  remarquable,  qu’une 
taille  tardive,  faite  pendant  la  végétation, 
n’amène  pas  chez  eux  une  perturbation  de 
sève  toujours  plus  ou  moins  évidente. 

Quant  aux  arbrisseaux  de  la  troisième  et 
dernière  catégorie,  ceux  qui  fleurissent 
pendant  tout  le  cours  de  l’été  jusqu’aux 
gelées,  parmi  lesquels  nous  citerons  : 
Hibiscus  syriacus  et  variétés  ; Vitex  agnus 
castus,  incisa  et  arborea  ; Spiræa  Lind- 
leyana,  Douglasii,  Billardii,  Regeliana, 
confusa,  et  similaires  ; Ceanothus  ameri- 
canus  et  variétés  ; Cary  opter  is  Mastacan- 
thus  ; Ruddleia  curviflora,  variabilis  et 
Lindleyana,  etc.,  etc.,  il  importe  de  les 
tailler  en  hiver,  à l’époque  présente  et  suf- 
fisamment courts,  en  donnant  aux  touffes 
une  forme  généralement  régulière,  arrondie 
ou  pyramidale.  Il  n’y  a aucun  danger  d’opé- 
rer ainsi  sur  ces  espèces,  puisque  les  fleurs 
apparaîtront  à l’extrémité  des  pousses  de 
l’année  et  seront  d’autant  plus  amples  et 
plus  belles  qu’on  obtiendra  des  bourgeons 
vigoureux. 

Tel  est  le  traitement  qui  nous  semble  le 
plus  rationnel  pour  ces  intéressants  arbris- 
seaux et  qui,  dans  tous  les  cas,  nous  a tou- 
jours donné  d’excellents  résultats. 

Ch.  Grosdemange. 


TARDIVES 

chez  certaines  variétés,  est  portée  à des  li- 
mites telles  que  jamais  aucun  fruit  n’a  pu 
l’égaler. 

Ainsi,  au  mois  de  juin,  alors  que  le  frui- 
tier est  vide  de  Poires,  il  peut  contenir 
encore  des  Pommes  appartenant  aux  va- 
riétés De  Jaune,  Patte  de  loup.  Reinette 


40 


LES  POMMES  TARDIVES. 


Lagrange,  Court-pendu  rouge,  etc.  On  a 
vu  même  certains  de  ces  fruits  se  conserver 
intacts  d’une  récolte  à l’autre,  un  peu  ridés, 
sans  doute,  mais  bons  encore. 

Passons  donc  rapidement  en  revue  les 
meilleures  Pommes  tardives  : 

Belle  de  Boskoop.  — C’est  un  fruit  moyen 
ou  assez  gros,  mûrissant  de  décembre  à fé- 
vrier, dont  l’arbre  s’accommode  du  plein 
vent,  au  verger,  et  des  formes  en  cordons  ou 
en  vases,  au  jardin  fruitier. 

Belle  fleur  jaune  est  une  Pomme  grosse  ou 
moyenne,  de  môme  époque  (décembre-février). 
L’arbre  se  cultive  également  au  verger  et  au 
jardin  fruitier,  comme  le  précédent. 

Boston  Russet.  — Se  plante  exclusivement 
au  verger,  à cause  de  la  robustesse  de  son 
arbre  et  de  sa  haute  fertilité.  La  maturité  de 
ce  fruit  va  de  février  à avril. 

Calville  blanche.  — La  plus  exquise  des 
Pommes,  la  plus  belle  aussi,  dans  sa  robejaune, 
à peine  teintée  de  rouge  sur  les  parties  que  le 
soleil  a baignées.  L’arbre  est  malheureusement 
délicat  ; il  devient  chancreux  en  plein  vent,  et, 
môme  dans  les  jardins,  cultivé  en  cordon,  il 
donne  des  fruits  qui  se  tachent,  si  l’on  ne  prend 
la  précaution  de  les  abiiter  pendant  une 
certaine  période  de  leur  développement  dans 
des  sacs  de  papier.  La  Vomme  Ccdvillc  blanche 
mûrit  de  décembre  à mars  et  fait  toujours  prime 
sur  le  marché. 

Calville  Maussion.  — Cette  variété  rappelle 
la  précédente  par  sa  forme  côtelée  et  son  goût, 
mais  elle  est  moins  grosse.  L’arbre  est  d'ail- 
leurs plus  robuste  : il  supporte  le  plein  vent, 
en  haute  tige. 

Court-pendu.  — H y a deux  Court-pendu  : 
le  gris  et  le  rouge,  d’égale  qualité  et  moyens 
tous  les  deux.  Quelques  pomologues  ne  les 
classent  pas  parmi  les  meilleures,  je  les  range 
cependant  dans  ce  groupe  ; ces  Pommes  sont, 
en  effet,  très-bonnes  et  tout  à fait  exquises 
cuites  ; elles  ont  deux  autres  qualités  impor- 
tantes au  point  de  vue  commercial  : la  florai- 
son tardive  de  l’arbre  qui  échappe  ainsi  à l’ac- 
tion des  gelées  blanches,  et  la  compacité  de  la 
chair  des  fruits  qui  leur  permet  de  résister  aux 
transports,  aux  manipulations,  aux  chocs 
môme  sans  se  gâter.  Il  n’est  pas  rare  de  voir 
le  Court-pendu  rouge  se  conserver  jusqu’en 
juin,  bien  qu’il  mûrisse  plus  généralement, 
ainsi  que  l’autre,  de  décembre  à mars. 

De  Jaune.  — La  meilleure  Pomme  pour 
verger,  la  plus  avantageuse  aussi,  parce 
qu’elle  est  très-bonne,  très-abondante  et  de 
fort  longue  conservation.  Il  est  fréquent,  en 
effet,  d’avoir  encore  au  mois  de  juin  des 
Pommes  De  Jaune  bien  conservées  et  bien  fraî- 


ches. Il  en  mûrit  cependant  depuis  janvier; 
cela  fait  six  mois  pendant  lesquels  la  maturité 
s’échelonne. 

Reinette  Lagrange.  — La  Reinette  La- 
grange est  encore  une  Pomme  dont  la  matu- 
rité s’échelonne  longuement  (février  à mai).  Ce 
fruit  est  moyen,  à saveur  de  Reinette. 
L’arbre,  très-fertile,  se  cultive  au  verger. 

Pearmain  d’Adam.  — Dans  son  acception 
anglaise,  le  mot  Pearmain  signifie  Pomme- 
Poire,  mais  le  fruit  des  Pearmain  n’a  généra- 
lement rien  de  piriforme,  et  il  semble  que  ce 
nom  de  Pomme-Poire  a été  donné  pour  ex- 
primer plutôt  une  analogie  de  goût. 

Le  Pearmain  d*Adam  est  une  Pomme 
moyenne  ou  assez  grosse,  à chair  ferme,  fine 
cependant,  sucrée,  vineuse,  relevée  d’un 
agréable  parfum;  elle  mûrit  de  janvier  à mars. 
L’arbre  se  cultive  aussi  bien  au  verger  qu’au 
jardin  fruitier  ; il  est  très-fertile. 

Pépin  gris  de  Parker.  — Fruit  moyen,  mû- 
rissant de  février  à avril.  On  remédie  à la  fer- 
tilité modérée  de  l’arbre  par  une  culture  en 
cordon  sur  Paradis. 

Pigeon  blanc.  — Encore  un  excellent  fruit, 
moyen,  mûrissant  de  décembre  à mars  ; on 
cultive  l’arbre  comme  le  précédent  et  pour  la 
môme  raison. 

Reinette  d’Anthézieux.  — Gros  fruit  mû- 
rissant de  décembre  à mars.  L’arbre  est  fer- 
tile, mais  il  ne  conviendra  de  le  cultiver  aii 
verger  que  dans  une  situation  abritée  des 
grands  vents,  à cause  du  volume  du  fruit. 

Reinette  de  Saintonge.  — Pomme  moyenne, 
mûrissant  de  janvier  à avril.  L’arbre,  très- 
fertile,  mais  peu  vigoureux,  redoute  les  sols 
trop  frais  ; il  s’accommode,  d’ailleurs,  des 
petites  formes  et  de  la  culture  en  haute  tige. 

Reinette  du  Canada.  — Sous  le  rapport  de 
la  qualité  et  du  volume  des  fruits,  souvent 
très-gros,  la  Reinette  du  Canada  vient  au 
premier  rang.  L’arbre  est  vigoureux,  fertile  et 
propre  à toutes  formes  régulières,  ainsi  qu’à 
la  culture  au  verger.  On  évite  cependant  de  le 
planter  dans  cette  dernière  condition,  à cause 
de  son  fruit  qui  tombe  facilement.  Cette 
Pomme  mûrit  de  janvier  à mars. 

Reinette  grise  du  Canada.  — Si  l’on  ne 
tient  pas  absolument  aux  très-grosses  Pommes, 
on  devra  préférer  la  Reinette  grise  du  Canada 
au  Canada  ordinaire  ; en  effet,  mieux  atta- 
chée, elle  rend  possible  la  culture  au  ver- 
ger, et  sa  maturité,  plus  longuement  éche- 
lonnée, permet  une  consommation  durant 
cinq  mois  : de  décembre  à avril. 

Par  contre,  tenez-vous  en  garde  contre  la 
Reinette  franche,  dont  l’arbre  est  sujet  aux 
chancres  ; son  fruit  est  pourtant  très-bon, 
moyen  ; il  mûrit  de  décembre  à avril. 


LES  POMMES  TARDIVES. 


41 


Reinette  grise.  — Il  ne  faut  pas  confondre 
cette  variété  avec  la  Beinelte  grise  du  Canada 
qui  est  plus  grosse.  La  Reinette  grise, 
moyenne,  très-bonne  aussi,  mûrit  de  janvier  à 
avril.  Elle  est  considérée  comme  la  meilleure 
pour  la  préparation  des  gelées.  L’arbre  pros- 
père en  verger  et  s’accommode  des  formes 
régulières. 

L’amateur  pourra  arrêter  là  ou  pour- 
suivre cette  liste.  Nous  avons  énuméré  les 
meilleures  Pommes  parmi  les  bonnes  ; il 
reste  donc  encore  du  choix. 

Que  si,  maintenant,  on  nous  demande  de 
désigner  un  Pommier,  un  seul,  pour  un 
amateur  qui  ne  peut  planter  que  celui-là 
dans  un  verger,  nous  désignerons  la 
Pomme  De  Jaune,  à cause  de  sa  maturité 
qui  se  succède,  pour  ainsi  dire  sans  inter- 
ruption, durant  cinq  ou  six  mois. 

Voici,  d’autre  part,  une  liste  de  Pom- 
miers tardifs  pour  verger  : 

, Pommiers  tardifs  pour  verger  : 

üe  Jaune. 

Iv  inette  grise. 

Reinette  grise  du  Canada. 

Calville  Maussion. 

Boston  Russet. 

Reinette  de  Saintonge. 

Court-pendu  gris. 

Court-pendu  rouge. 

Relie  de  Boskoop. 

Belle  fleur  jaune. 

Reinette  Lagrange. 

Pearmain  d’Adam. 

Les  Pommiers  à haute  tige  ou  de  verger 
sont  grefïés  sur  franc.  Il  est  avantageux, 
quand  on  ne  peut  en  planter  qu’un  nombre 
restreint,  de  choisir  les  variétés  dont  la 
maturité  est  longuement  échelonnée,  comme 
De  Jaune,  Court-pendu  rouge.  Reinette 
Lagrange  et  quelques  autres  variétés  un 
peu  moins  bonnes  qui  ne  figurent  pas  dans 
cette  liste  {Beauté  de  Kent,  Blenheim 
Pippin,  Patte  de  Loup,  etc.). 

Les  variétés  suivantes,  et  principalement 
celles  qui  sont  marquées  d’un  astérisque, 
conviennent  pour  la  culture  au  jardin, 
sous  les  formes  en  cordons,  en  palmettes  à 
trois  ou  quatre  branches  et  en  vases. 

Pommiers  tardifs  pour  jardin  fruitier  : 

Belle  de  Boskoop. 

Belle  fleur  Jaune. 

* Calville  blanche. 

Pearmain  d’Adam. 


Reinette  d’Anthézieux. 

Reinette  de  Saintonge. 

Reinette  du  Canada. 

Reinette  grise  du  Canada. 

* Pépin  gris  de  Parker. 

* Pigeon  hlane. 

Jamais  le  Pommier  cultivé  sous  l’une  des 
formes  que  nous  avons  dites  n’est  greffé  sur 
franc  ; il  prendrait  trop  d’extension  et  sa 
mise  à fruit  serait  par  trop  retardée  ; on 
le  choisit  greffé  sur  « Doucin  » ou  sur 
« Paradis  »,  deux  Pommiers  dont  l’un,  le 
Doucin,  de  vigueur  moyenne,  haie  la  mise 
à fruit  et  dont  l’autre,  le  Paradis,  de  vi- 
gueur très -modérée,  la  hâte  plus  encore. 
Ces  deux  sujets  porte-greffes  passent,  avec 
raison,  pour  procurer  de  la  fertilité  aux 
variétés  qui  n’en  ont  pas  assez  et  une  fruc- 
tification plus  soutenue,  moins  sujette  aux 
alternats,  meilleure  aussi  au  point  de  vue 
des  qualités  sapides. 

Il  faut  préférer  le  Pommier  sur  Paradis 
pour  les  tout  petits  jardins  et  les  sols  pro- 
fonds. Dans  les  terrains  médiocres,  les  sols 
secs,  le  Pommier  sur  Doucin  donne  de 
meilleurs  résultats. 

Voici  quelques  données  sur  les  écarte- 
ments moyens  qui  doivent  subsister  entre 
les  sujetsselon  leur  nature  et  la  forme  qu’on 
en  veut  obtenir  : 


Écartements  moyens  à observer  dans  les 
plantations  de  Pommiers. 


Entre  hautes-tiges,  en  avenues.  . . . 

7m 

» 

— en  verger  .... 

10 

» 

Entre  gobelets,  sur  Doucin 

3 

)) 

— sur  Paradis 

O 

» 

Entre  fuseaux,  sur  Doucin 

2 

» 

— sur  Paradis 

1 

50 

Entre  cordons  horizont.,  sur  Doucin. 

4 

» 

— sur  Paradis . 

3 

» 

Entre  palmettes,  sur  Doucin  .... 

3 

50 

— sur  Paradis  .... 

1 

50 

L’espalier  qu’on  accorde  parfois  à la  va- 
riété Calville  b?a?ic/mpermetd’obtenir,  sans 
avoir  recours  à la  mise  en  sac,  des  fruits  très- 
sains,  volumineux  et  surtout  bien  colorés. 
La  meilleure  exposition  est  celle  de  l’est. 
On  peut  utiliser  aussi  celle  de  l’ouest,  du 
nord  même  ; celle  du  midi,  trop  chaude, 
serait  plutôt  mauvaise  et  l’on  voit  des  jar- 
diniers, qui  l’ont  choisie,  forcés  de  com- 
battre les  fortes  insolations  de  l’été  par 
l’emploi  des  toiles  à ombrer. 

Georges  Dell  ai  a. 


42 


CYCLAMENS  DE  PERSE  A GRANDES  FLEURS  DOUBLES. 


CYCLAMENS  DE  PERSE  A GRANDES  FLEURS  DOUBLES 


L’an  dernier,  à pareille  époque,  nous 
parlions  ici  de  la  DupUcature  des  Cycla- 
mens de  Perse,  ^ et  faisions  remarquer  que 
cette  duplicature  se  présentait  sous  deux 
formes  distinctes  ; l’une,  sous  le  nom  de  C. 
à fleurs  mons- 
trueuses, pro- 
duit des  fleurs  à 
dix  pétales  à 
peu  près  sem- 
hlables  et  re- 
dressés; l’autre, 
un  gain  de 
M.  Maxime  Jo- 
bert,  a des  fleurs 

franchement 
doubles,  désigné 
sous  le  nom  de 
C.  (I  grandes 
peurs  doubles, 
car  les  étamines 
sont  transfor- 
mées en  pétales 
nombreux,  plus 
courts  que  les 
externes,  ondu- 
lés, crépus  et 
pendants  au- 
dessous  de  13! 
gorge  de  la  co- 
rolle, ce  qui 
donne  à la  fleur 
un  aspect  entiè- 
rement distinct. 

La  figure  ci- 
contre  (fig.  13), 
représente,  en 
grandeur  natu- 
relle, ces  deux 
magnifiques  ra- 
ces, que  nous 
ne  saurions  trop 
recommander  aux  amateurs  de  ces  plantes 
aujourd’hui  très  largement-cultivées  pour 
l’ornementation  hivernale  des  serres  et  des 
appartements. 

L’article  précité  et  la  figure  13  nous 
dispensent  d’entrer  dans  d’autres  détails  sur 
l’origine  de  ces  deux  races  et  la  curieuse 
conform.ation  de  leurs  fleurs,  mais  nous  te- 


nons à insister  sur  la  grandeur  exception- 
nelle de  ces  fleurs,  la  beauté  et  la  richesse 
de  leurs  coloris  variés,  dans  lesquels  on 
remarque  le  blanc  pur,  le  blanc  chiné  de  rouge 
sur  tout  le  limbe  ou  simplement  maculé  de 

rouge  à la  gorge, 
ainsi  que  diver- 
ses nuances  de 
rose  et  de  rouge 
de  tons  très 
chauds  et  bril- 
lants. La  con- 
sistance des  pé- 
tales s’est  aussi 
accrue  en  raison 
directe  de  leur 
grandeur  et  les 
fleurs  sont  ainsi 
plus  étoffées  et 
plus  durables. 

La  culture  de 
ces  Cyclamens 
ne  diffère  pas  de 
celle  des  autres 
races  ; cette  cul- 
ture ayant  été 
également  dé- 
crite ici  l’an  der- 
nier-, nous  n’y 
reviendrons  pas. 
Toutefois  nous 
croyons  devoir 
faire  remarquer 
que,  pour  que 
ces  plantes,  hau- 
tement perfec- 
tionnées, attei- 
gnent toute  la 
beauté  dont  elles 
sont  suscepti- 
bles, il  est  né- 
cessaire que  leur 
culture  soit  poussée  à son  maximum  d’in- 
tensité et,  pour  cela,  la  main  d’un  praticien 
expérimenté  n’est  pas  inutile. 

Les  graines  de  ces  magnifiques  Cycla- 
mens sont  mises  cette  année  au  commerce 
par  la  maison  Vilmorin-Andrieux  et  C'®. 

S.  Mottet. 


Fig.  13.  — Cyclamen  de  Perse  à grandes  Heurs  doubles. 


^ Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  8. 


Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  86. 


DERNIERS  ÉCHOS  DE  LA  SAISON  DES  CHRYSANTHÈMES. 


43 


DERNIERS  ÉCHOS  DE  LA  SAISON  DES  CHRYSANTHÈMES 


Le  brillant  tournoi  des  « Fleurs  d’Or  » a 
marqué  d’un  vif  éclat  le  déclin  de  l’année 
1896.  Une  des  manifestations  les  plus 
importantes  a été  certainement  la  création, 
pour  ainsi  dire  simultanée,  de  groupements 
considérables  de  chrysanthémistes  fervents, 
qui,  s’ils  sont  divisés  sur  des  questions 
d’ordre  secondaire,  sont  du  moins  réunis 
dans  la  commune  pensée  de  rendre  plus  lu- 
mineuse encore  la  marche  du  joyau  de  l’au- 
tomne vers  la  perfection  — à laquelle  on  a 
dit  qu’il  fallait  toujours  tendre^  sans  y pré- 
tendre. 

A peine  sortis  de  la  piste,  nous  voici 
déjà  au  seuil  de  l’arène  qui  verra  les  luttes 
de  1897.  En  effet,  parmi  les  diverses  ques- 
tions soulevées  au  Congrès  de  Bourges,  il 
en  est  une  qui  n’a  pas  reçu  — et  ne  pou- 
vait recevoir  — de  solution  absolue:  c’est 
celle  de  l’époque  du  bouturage. 

Donc,  selon  la  diversité  des  climats,  selon 
les  points  de  vue  différents  auxquels  le  pro- 
ducteur se  place,  selon,  aussi,  les  exigences 
particulières  à telle  ou  telle  variété,  l’époque 
du  bouturage  est  virtuellement  ouverte. 

Vouloir,  après  tout  ce  qui  a été  vu, 
dit,  écrit,  discuté,  dégager  une  synthèse 
de  toutes  les  questions  serait,  pour  l’ins- 
tant, inutile  et  trop  long.  Mais  il  en  est 
plusieurs  sur  lesquelles,  au  contraire,  il 
paraîtra  opportun  d’insister. 

Relativement  à la  meilleure  époque  pour 
bouturer,  les  résultats  positifs  de  la  culture 
Choulet  en  faveur  du  bouturage  tardif  sont, 
de  l’aveu  de  tous,  indéniables  Cepen- 
dant, M.  Charles  Albert  a pu  démontrer 
qu’en  Angleterre,  étant  donnée  la  clientèle, 
qui  achète  cher,  particulièrement  les  types 
japonais,  il  était  compréhensible  de  sou- 
mettre le  Chrysanthème  à une  plus  longue 
culture.  Il  est  des  variétés  qui  ne  sauraient 
se  passer  d’une  existence  de  12  mois,  telles 
que  : Amüo,  Drexel,  Mrs  C.  W.  Wlieler, 
M.  Eymar,  Jean  du  Lut^  Louis  Voraz, 
Lilian’s  Bird^  Good  Graeious,  Philippe 
Rivoire,  Yellow  Dr agoii,  R.  Cannell,  GoL 
den  Gâte.  Les  Américains,  au  contraire, 
pour  lesquels,'  surtout,  le  ((  temps  est  de 
l’argent  »,  ont  peu  à peu  rejeté  les  variétés 
japonaises  pour  rechercher  celles  qui  peu- 
vent le  plus  brillamment  fleurir  après  six 
mois  de  culture. 

1 Voir  Revue  horticole.,  1897,  page  8. 


Il  va  donc  de  soi  que  le  cultivateur  ou 
l’amateur,  qui  veut  faire  de  l’éclectisme, 
doit  s’attacher  avant  tout,  par  son  expé- 
rience propre,  à bien  connaître  le  caractère 
et  le  tempérament  particuliers  à chaque 
variété. 

Voilà  qui  nous  conduit  tout  naturellement 
à examiner  la  question  des  classifications. 
On  s’est  trouvé  en  présence  de  deux  sys- 
tèmes différents  : celui  qui  consiste  à 
grouper  les  variétés  en  ne  considérant  que 
leurs  caractères  de  structure,  et  celui  qui 
les  range  dans  des  listes  correspondant  aux 
divers  modes  d’emploi  de  la  plante.  C’est 
cette  dernière  manière  de  voir,  évidemment 
féconde  en  commodités  pratiques,  qui  a pré- 
valu à la  Section  des  Chrysanthèmes  de  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France. 
On  a pu  s’en  rendre  compte  par  les  listes 
que  la  Revue  horticole  a publiées 

La  « National  Chrysanthemum  Society  » 
a adopté  une  classification  en  quelque  sorte 
intermédiaire,  en  ce  sens  que  les  Chrysan- 
thèmes y sont  tout  d’abord  divisés  en  non 
précoces  et  précoces.  Mais,  pour  le  reste,  les 
distinctions  reposent  sur  des  différences  de 
structure,  d’ailleurs  très-tangibles  Le 
Congrès  de  Bourges  l’a  prise,  du  reste,  en 
considération,  avec  quelques  réserves  de 
détail  seulement.  Il  est  incontestable  que 
son  adoption  faciliterait  les  relations  horti- 
coles entre  la  France  et  l’Angleterre.  La 
voici  avec  quelques  exemples  en  regard  : 

Premier  Groupe  : Non  précoces. 

Sect.  I.  — Incurvés.  Ex.  : Robert  Cannell, 
Jeanne  d’Arc,  Ami  Hoste,  Globe  d'Or,  L’Amé- 
thyste. 

Sect.  IL  — Japonais.  Amiral  Av ellan., 

CalvaVs  Auslralian  Gold,  Commandant  Elus - 
set,  Edwin  Molyneux,  Etoile  de  Lyon,  Flo- 
rence Davis,  Madame  Carnot,  Chénon  de 
Léché,  Reine  d’Angleterre. 

Sect.  III.  — Japonais  incurvés.  Ex.:  Good 
Gracions,  Henry  Jacotot  fils,  Panckouke,  Wil- 
liam Tricker. 

Sect.  IV.  — Duveteux.  Ex.  : Chrysanthé- 
miste  Délaux,  Enfant  des  Deux  - Mondes, 
Hairy  Wonder,  Louis  Bœhmer. 

Sect.  V.  — Réflexes.  Ex.  : Elsie,  Dorothée 
Gybson,  Georges  Putney,  Docteur  Sharpe. 

Sect.  VI.  — A FLEURS  d’Anémones.  Ex.  : 
Madame  Robert  Oiven,  Descartes. 

- Voir  Revue  horticole,  1896,  pages  507  et  549. 

3 N.  C.  S.  Official  Catalogue,  Jubilee  Edition,  ; 
Londres,  1896. 


44 


DERNIERS  ÉCHOS  DE  LA  SAISON  DES  CHRYSANTHÈMES. 


Sect.  VIL  — Japonais-Anémones.  Ex.  : Sa- 
bine, Surprise,  Jeanne  Marty,  Monsieur 
Dupanloup. 

Sect.  VIII.  — Pompons.  Ex.  ; M aid  of  I\ent, 
Perle  des  Beautés,  Osiris. 

Sect.  IX.  — Pompons-Anémones.  Ex.  ; Cal- 
liope,  Virefly,  Queen  of  Anémones. 

Sect.  X.  — A Fleurs  simples. 

Subd.  A.  — Grandes  fleurs.  Ex.  : Marquis 
d’Aigues-Vives,  Lily  Owen,  Yellow  Jane. 

Subd.  B.  — Petites  fleurs.  Ex.  : Mary  An- 
derson, Mistress  Langtry,  Terra  Cotta. 

Deuxième  Groupe  : Précoces  (Sect.  XI). 

Subd.  A.  — Japonais.  Ex.  ; Gustave  Gru- 
nerwald,  Madame  Castex-Desgranges,  Ma- 
dame Liger-Ligneau. 

Subd.  B.  — Pompons.  Ex.  : Canayù,  Little 
Bob,  Early  Blusch. 

Autres  choses  sont  le  classement  ration- 
nel des  noms  par  ordre  alphabétique,  et  la 
méthode  à suivre  pour  éviter  des  homony- 
mies ou  même  des  quasi -homonymies 
fâcheuses.  Toutes  les  espèces  horticoles 
dont  les  variétés  sont  en  nombre  considé- 
rable, Dahlias,  Pmses,  Pélargoniums,  etc., 
sont  affligées  de  cette  pléthore.  Et  si  notre 
collaborateur,  M.  Mottet,  a pu  relever 
17  variétés  de  Roses  portant  le  nom  de 
Verdier,  M.  O.  de  Meidenaere  a trouvé 
Il  Chrysanthèmes  qui  portent  le  nom  de 
Chandon  de  Briailles,  9 David,  6 Clarke, 
7 Spaulding,  etc...  Comme  dans  les  Roses, 
il  y a,  })our  chacun  de  ces  noms,  des  défilés 
de  familles  entières  : Monsieur,  Madame, 
Mademoiselle,  et  puis  les  prénoms,  les 
qualités,  sans  compter  les  « Souvenir  » de 
ceci  ou  de  cela  et  d’un  tel  ou  d’une  telle. 
En  Amérique,  le  cas  s’aggi’ave  d’alrrévia- 
tions  ; H.  F.,  P\,  T.  II,,  M.  B.  etc.,  Spaul- 
ding.  Il  arrive  alors,  dit  toujours  l’auteur 
de  cette  judicieuse  critique,  que  l’ordre 
alphabétique  absolu,  c’est-à-dire  aveugle, 
renvoie  souvent  aux  quatre  coins  des  cata- 
logues la  recherche  du  mot  principal  qui 
caractérise  une  dénomination.  Mais  laissons 
la  parole  à M.  de  Meulenaere,  qui  a publié 
dans  le  Nord  horticole  les  observations  sui- 
vantes : 

« Tous  ceux  qui  ont  de  grandes  collections 
savent  combien  il  faut  lutter  pour  conserver 
intactes,  sur  les  étiquettes,  les  dénominations 
des  variétés. 

« Le  jardinier,  souvent  à demi  lettré,  oublie 
très-facilement  une  lettre.  Qui  sait  môme  si, 
dans  sa  haute  sagesse,  il  ne  se  dira  pas  que  son 
maître  est  bien  fou  de  conserver  tout  ce  ballast 
inutile,  et  s’il  ne  réduira  pas  toutes  les  variétés 


à une  seule  qu’il  décorera  du  nom  de  Spaid- 
ding  par  exemple  ; heureux  encore  s’il  veut 
bien  ne  pas  esti  opier  ce  nom  ! Que  faire  alors, 
le  jour  où,  passant  la  revue  de  notre  collection 
pour  vérifier  l’identité  des  variétés  (chose  qu’un 
amateur  doit  faire  tous  les  ans),  nous  trouvons 
sous  le  nom  de  Mistress  Spauldmg  une  \3Lviété 
jaune  que  nous  nous  attendions  à trouver 
rose?  Il  y a évidemment  erreur  de  nom,  mais 
comment  la  rectifier  ? Pour  savoir  qu’il  existe 
effectivement  une  variété  Spaulding  jaune,  il 
faudrait  connaître  le  catalogue  par  cœur  ou  le 
parcourir  nom  par  nom.  Que  de  fois  ne  se 
dira-t-on  pas  qu’on  a été  trompé  par  celui  (]ui 
a livré  les  boutures,  et  ne  jettera-t-on  pas  au 
rebut  une  variété  à laquelle,  mieux  informé,  on 
aurait  pu  restituer  son  vrai  nom?  Le  remède 
est  bien  simple  : si  tous  les  cultivateurs  s’enten- 
daient, l’inconvénient  serait  réduit  à de  fort 
étroites  proportions.  11  suffirait  d’adopter  dans 
toutes  les  listes  ou  catalogues  une  classification 
uniforme  dont  les  règles  seraient  bien  faciles  à 
fixer,  car  elles  sont  connues  de  tous  les  biblio- 
graphes et  universellement  suivies  en  matière 
de  classement  de  livres.  Pour  toute  variété 
dédiée  à une  personne,  on  ne  tiendrait  compte 
que  du  nom  de  famille,  en  négligeant  ou  plutôt 
en  mettant  entre  parenthèses  les  appellations 
de  : Monsieur,  Madame,  Mademoiselle,  les  pré- 
noms, les  particules,  les  titres  de  noblesse  et 
autres.  Exemples:  Cassagneau  (Mad.  Mathilde), 
Childs  (Georges  W.),  Clarke  (M.  Irving),  Ber- 
nard (Claude),  Gervais  (Amiral),  Girard 
(Mad.  veuve).  Gordon  (Miss  Catherine  Ri- 
chards), Chandon  (Souvenir  de  Mad.  Paul), 
Ilambledon  (Viscountess),  etc.,  etc.  » 

Le  Comité  général  de  la  Société  française 
des  Chrysanthémistes,  tout  en  adoptant 
cette  méthode,  n’a  pas  cru  devoir  la  pousser 
jusqu’à  l’absolu.  Il  a décidé  que  toutes  les 
fois  qu’un  substantif  commencerait  une 
dénomination , il  commanderait  l’ordre 
alphabétique,  et  que,  dans  les  noms  étran- 
gers, il  en  serait  de  même  pour  le  premier 
mot,  qu’il  soit  adjectif  ou  substantif.  Ainsi, 
on  continuera  à classer  Merveille  de  Lyon 
à M...,  Golden  Wedding  à G...,  etc. 

Il  est  peu  probable  que  ces  réformes, 
excellentes  en  elles -mêmes,  remédient 
jamais  aux  inconséquences  des  jardiniers 
qui  négligeront  leur  étiquetage,  mais  elles 
faciliteront  certainement  les  recherches. 
Enfin,  l’archiviste  de  la  Société  pourra 
inviter  avec  plus  de  facilité  et  d’autorité  les 
obtenteurs  de  nouveautés  à ne  pas  les  bap- 
tiser de  désignations  identiques  ou  ressem- 
blant par  trop  à celles  déjà  portées  par 
d’autres  plantes.  Si  l’on  s’y  plie  de  toutes 
parts,  ce  sera  certes  là  un  bien  grand 
piogrès.  H.  Dauthenay. 


DEUX  NOUVEAUTÉS  MÉRITANTES. 


45 


DEUX  NOUVEAUTÉS  MÉRITANTES 

ERYSIMUM  MURALE  — BEGONIA  SEMPERFLORENS  NAIN  COMPACT  BIJOU 


Erysimum  murale.  — Tel  est  le  nom 
de  cette  charmante  petite  Crucifère  à fleurs 
jaunes  (fig.  14  et  15)  que  met  cette  année 
au  commerce  la  maison  Vilmorin,  sous  le 
nom  Erysimum  nain  compact  jaune 
d'or. 

C Botaniquement  VE.  murale,  Desf.,  ^ est 
une  plante  française,  mais  très-rare,  et 
observée  sur  divers  points  de  la  France, 
notamment  aux  environs  de  Paris,  et  si 
voisine  de  VE.  cheirantoides,  qu’on  la  con- 
fond souvent  avec  lui.  Voici  du  reste  ses 
propres  caractères  : 

Plante  annuelle  ou  bisannuelle,  d’abord 


Fig.  14.  — Erysimum  nain  compact  jaune  d’or. 
Port  de  la  plante. 


leuses,  et  forment  un  angle  ouvert  avec  leurs 
pédicelles.  C’est  ce  dernier  caractère  ainsi  que 
les  graines  beaucoup  plus  grosses  et  ailées  au 
sommet  qui  distinguent  surtout  VE.  murale  de 
VE.  cheirantoides. 

Au  point  de  vue  horticole,  V Erysimum 
nain  compact  jaune  d'or  constitue  une 
excellente  addition  aux  trop  peu  nombreuses 
plantes  à floraison  printanière,  telles  que 
les  Silènes  et  Myosotis.  Il  forme  des  touffes 
compactes  et  d’un  vert  intense,  hautes  d’à 
peine  20  centimètres,  qui  se  couvrent,  dès  le 
mois  d'avril,  d’une  multitude  de  bouquets 
de  fleurettes  d’un  beau  jaune  d’or,  à odeur 
douce  et  agréable,  rappelant,  mais  en  petit, 
celles  de  la  Giroflée  jaune;  et,  comme  chez 

’ Syn.  E.  lanceolatum,  DG.  ; E.  suffniticosum, 
Spreng. 


naine,  à rameaux  courts,  puis  s’allongeant,  de- 
venant anguleuse  et  atteignant  40  à 50  centi- 
mètres à la  fin  de  la  floraison.  Feuilles  oblon- 
gues-lancéolées,  entières  ou  à peu  près  et  cou- 
vertes de  petits  poils  en  navette.  Fleurs  petites 
mais  très-nombreuses,  disposées  en  épis  ter- 
minaux, à pédicelles  de  10  à 15  millimètres  de 
long  et  à quatre  pétales  d’un  beau  jaune,  ayant 
à peine  1 centimètre  de  long  avec  un  onglet 
plus  court  que  le  limbe.  Ces  épis,  d’abord 
très-courts,  s’allongent  au  fur  et  à mesure  que 
la  floraison  avance,  atteignent  jusqu’à  20  centi- 
mètres de  long  et  sont  réunis  en  faisceaux  au 
sommet  des  tiges.  Les  siliques,  très-nom- 
breuses, sont  alors  dressées  parallèlement  à 
l’axe,  longues  de  30  à 35  millimètres,  angu- 


Fig.  15.  — Erysimum  nain  compact  jaune  d’or. 

Fleur  détachée. 

cette  dernière,  ces  bouquets,  d’abord  courts 
et  presque  globuleux,  s’allongent  en  conti- 
nuant à fleurir  et  deviennent  des  épis  char- 
gés en  bas  de  siliques  dressées  ; à cet  état, 
la  plante  a perdu  toute  sa  valeur  décora- 
tive. 

La  petite  taille  et  la  compacité  de  cet  Ery- 
simum en  font  une  excellente  plante  pour 
faire  des  bordures,  des  touffes  éparses  dans 
les  plates-bandes  ou  des  dessins  dans  les 
corbeilles,  en  l’associant  aux  Pâquerettes, 
Silènes'  Pensées  et  autres.  Toutefois,  sa 
durée  n’est  pas  très-longue,  car  lorsque  les 
chaleurs  arrivent  la  plante  monte  vite  à 
graine  et  perd  son  élégance,  mais  ceci  ne 
constitue  pas  un  inconvénient  pour  sa  cul- 
ture, puisque  toutes  les  plantes  qu’on  em- 
ploie en  garnitures  printanières  doivent  ra- 


46 


DEUX  NOUVEAUTÉS  MÉRITANTES. 


pidement  disparaître  pour  faire  place  aux 
plus  somptueuses  décorations  estivales. 

Cette  charmante  plante  nous  est  venue 
des  beaux  jardins  du  littoral  de  la  Médi- 
terranée, où  elle  est  cultivée  sous  le  nom 
horticole  à" Erysimum  elegans.  M.  de  Vil- 
morin l’ayant  remarquée  en  bordures  d’un 
ravissant  effet,  la  mit  en  culture  dans  son 
établissement  d’Antibes  pour  l’observer  et 
la  propager. 

La  culture  de  V Erysimum  murale  est 
on  ne  peut  plus  facile,  car  c’est  une  plante 
très-rustique.  On  peut  le  semer  de  très- 
bonne  heure  au  printemps,  en  pépinière  ou 
en  place,  et  la  floraison  a lieu  alors  en 
avril-mai,  mais  les  plantes  restent  grêles  et 
n’acquièrent  pas  ce  port  ramifié  et  touffu 
qu’elles  prennent  quand  elles  passent  l’hi- 
ver, ce  qui  constitue  surtout  leur  valeur 
décorative.  C’est  donc  comme  plante  bisan- 
nuelle qu’il  convient  de  traiter  cet  Eryfii- 


Fig.  16.  — Bégonia  semperflorens 
nain  compact  Bijou. 

Port  de  la  plante. 


nuis,  on  dépasserait  certainement  de  beau- 
coup la  douzaine  et  pourtant  on  en  crée 
fréquemment  de  nouvelles.  Tous  ces  perfec- 
tionnements résultent  de  l’amélioration  in- 
cessante de  la  plante  et  montrent  combien 
son  utilité  est  grande  et  sa  culture  générale. 

Peu  de  plantes  sont,  en  effet,  plus  pré- 
cieuses que  le  Bégonia  semperflorens  et 
aucun  de  ses  congénères  ne  se  propage  plus 
facilement  et  plus  rapidement  que  lui.  On 
le  traite  comme  planté  annuelle  et  sa  cul- 
ture se  réduit,  on  le  sait,  à celle  des  Lobe- 
lia  Erinus,  Pyrèthres  et  autres  plantes  avec 
lesquels  il  s’associe  très-bien  dans  l’orne- 
mentation estivale  des  corbeilles  et  des  pla- 
tesbandes. 

Ces  nombreuses  variétés  diffèrent  entre 
elles  par  leur  taille,  la  couleur  de  leurs 
fleurs  et  celle  du  feuillage.  Le  Bégonia 
Vernon  est  certainement  la  variété  la  plus 
généralement  cultivée  aujourd’hui  à cause 


mum  et  de  la  même  manière  que  les  Myo- 
sotis, Silènes,  Pensées,  etc.  A cet  effet,  on 
sème  les  graines  en  pépinière  en  juillet- 
août,  on  repique  les  plants  en  pépinière,  à 
quelques  centimètres  les  uns  des  autres, 
puis  on  les  transplante  en  place,  à environ 
20  centimètres,  de  préférence  à l’automne, 
en  octobre-novembre  ou  de  bonne  heure  au 
printemps  en  février-mars  et  la  floraison 
s’effectue  alors  en  avril- mai  avec  celle  des 
plantes  précitées.  A la  fin  de  ce  dernier 
mois,  les  plantes  s’allongent,  les  fleurs  de- 
viennent petites,  de  nombreuses  siliques  se 
montrent;  la  plante  est  usée;  il  n’y  a plus 
qu’à  en  récolter  les  graines  et  la  remplacer 
par  des  plantes  estivales  dont  le  moment  de 
plantation  est  venu. 

Bégonia  semperflorens  nain  compact 
Bijou.  — S’il  fallait  énumérer  toutes  les 
variétés  horticoles  issues  du  B.  scmperflo- 


Fig.  17.  — Bégonia  semperflorens 
nain  compact  Bijou. 

Fleur  détachée. 


de  la  teinte  pourpre  cuivré  intense  que 
prend  son  feuillage  au  soleil  el  de  ses  fleurs 
rouge  très-vif  ; on  l’emploie  avec  succès  pour 
former  des  contrastes  dans  les  corbeilles. 
Toutefois  sa  taille  un  peu  élevée  (30  cent.) 
empêche  souvent  de  l’employer  où  il  serait 
le  plus  utile,  notamment  en  bordures  et  en 
mosaïculture. 

La  nouvelle  variété,  le  Bégonia  nain 
compact  Bijou  (fig  16),  comble  parfaite- 
ment cette  lacune,  car  c’est  une  plante  ex- 
cessivement naine,  touffue  et  compacte,  qui 
conserve  pendant  tout  l’été  cette  forme  en 
boule  et  se  couvre  d’une  multitude  de  fleurs 
rouge  vif.  Son  feuillage  acquiert,  surtout  au 
soleil,  la  belle  teinte  rouge  cuivré  du  type 
qui  le  fait  tant  rechercher. 

Ajoutons  à ces  qualités  un  autre  mérite, 
non  moindre  au  point  de  vue  cultural  : ce- 
lui de  grainer  facilement  et  de  se  reproduire 
franchement  de  semis,  avantages  que 


LES  ALSTRŒ MÈRES. 


47 


n’avait  pas  une  autre  variété  naine  présen- 
tée l’an  dernier  à la  Société  nationale  d’hor- 
ticulture et  qui  a cependant  reçu  une  prime 
de  première  classe  pour  sa  taille  très-naine 
et  son  vif  coloris  pourpre. 

Il  est  certain  que  le  Bégonia  semper/lo- 


rens  nain  Bijou  se  répandra  rapidement 
dans  les  cultures,  car  c’est  une  plante  réelle- 
ment, méritante  et  qui  répond  à un  besoin 
signalé  depuis  longtemps  par  ceux  qui 
s’occupent  de  décoration  florale. 

M.  Girard. 


LES  ALSTRŒMÈRES 


Nous  voulons  croire  que  les  amateurs  se 
rappellent  encore  ces  charmantes  Amaryl- 
lidées,  si  communes  autrefois  dans  les 
jardins  ; mais  malgré, toutes  nos  recherches 
dans  les  environs  de  Paris,  il  ne  nous  a pas 
encore  été  donné  d’en  rencontrer  une  seule 
espèce.  Par  contre,  en  Belgique  et  en  Hol- 
lande, on  les  voit  presque  partout,  de  même 
qu’en  Algérie  dans  les  jardins  des  riches 
étrangers  de  Mustapha  supérieur,  où,  au 
printemps,  elles  forment  de  superbes  mas- 
sifs. Toutes  ces  fleurs,  en  gros  bouquets,  sont 
si  belles  qu’il  nous  vient  1^  regret  de  ne 
pas  les  voir  davantage  orner  les  jardins, 
même  dans  le  Nord.  En  Algérie,  la  flo- 
raison des  Alslrœmères  se  produit  au  prin- 
temps ; dans  le  Nord  et  particulièrement 
sous  le  climat  de  Paris,  de  juillet  à fin 
août  et  parfois  jusqu’en  septembre.  Dans 
les  jardins  du  midi,  ces  plantes  fleurissent 
en  avril. 

La  plantation  s’en  fait  dans  un  terrain 
très-léger,  largement  et  abondamment  fumé 
avec  des  engrais  consommés,  le  fumier  de 
vache  doit  être  préféré.  Dans  le  Nord,  il 
faut  un  lieu  découvert  et  ensoleillé  ; dans 
le  Midi  et  en  Algérie,  au  contraire,  une 
exposition  mi-ombragée  est  meilleure.  La 
plantation  se  fait  dans  les  deux  cas  à des 
profondeurs  variables.  Ainsi,  dans  le  Nord, 
l’expérience  a démontré  qu’en  plantant  les 
griffes  d’Alstrœmères  à 35  ou  40  centi- 
mètres, elles  étaient  parfaitement  rustiques, 
en  ayant  soin  pendant  l’hiver  de  les  recou- 
vrir encore  d’un  bon  paillis  ou  d’une 
couche  de  feuilles  mortes  ; sans  cette  pré- 
caution on  s’expose  à les  perdre.  Dans  le 
Midi  et  en  Algérie,  on  les  plante  à quinze 
centimètres  de  profondeur.  Quant  à l’espa- 
cement à observer,  on  peut,  suivant  les  cas, 
les  planter  isolément  ou  en  massifs  ; dans 
cette  dernière  situation,  l’espacement  varie 
de  25  à 30  centimètres. 

Les  racines  des  Alstrœm  ères  peuvent 
être  laissées  en  place  pendant  trois  à quatre 
ans,  sans  être  relevées  ; puis,  on  les  arrache, 
on  les  sépare  et  on  les  replante  immédiate- 
ment, à moins  qu’on  ne  les  destine  à la 


vente  ; leur  floraison  n’en  est  que  plus  abon- 
dante et  plus  belle.  Si  l’on  arrache  les  racines 
chaque  année  en  vue  de  la  vente,  on  doit 
les  conserver  dans  du  sable  sec,  sans  quoi 
elles  se  flétrissent  rapidement  et  prennent 
un  vilain  aspect. 

La  multiplication  de  ces  plantes  se  fait 
très-facilement  de  graines  et  de  séparation 
des  touffes  ; dans  ce  dernier  cas,  on  relève 
les  griffes  dès  que  les  tiges  sont  flétries. 
Cette  opération  demande  quelque  soin,  car 
les  racines  sont  très-cassantes  et  si  on  les 
meurtrit,  on  risque  de  les  perdre. 

Si  l’on  emploie  le  semis,  c’est  principale- 
ment en  vue  d'obtenir  de  nouvelles  variétés. 
Dans  ce  cas,  voici  comment  on  procède  : 
Après  avoir  drainé  convenablement  une  ou 
plusieurs  terrines,  selon  la  quantité  de 
graines  à semer,  on  remplit  de  terreau 
composé  de  mi-partie  terre  de  bruyère  ta- 
misée et  autant  de  terreau  de  feuilles  un 
peu  gros  ; on  tasse  légèrement,  on  répand 
régulièrement  les  graines  sur  la  surface  de 
la  terre  et  on  les  recouvre  ensuite  d’un 
demi-centimètre  de  terre  de  bruyère  ta- 
misée. Les  graines  mettent  parfois  un  an 
à lever  ; il  faut  donc  leur  continuer  les  soins 
jusqu’à  ce  qu’elles  germent.  Quand  les 
plantes  ont  4 à5  centimètres  de  hauteur,  on 
les  repique,  soit  dans  des  pots,  soit  en 
planches.  Lorsque  les  tiges  sont  flétries,  on 
les  relève,  on  les  met  dans  des  pots  garnis 
de  sable  fin  et  on  les  conserve  à l’abri  de  la 
gelée,  jusqu’en  mars-avril,  époque  de  la 
plantation  des  griffes  adultes  ou  de  semis. 
Les  plants  de  semis  fleurissent  la  deuxième 
année.  En  Algérie  et  dans  le  Midi,  il  suffit 
de  semer  en  pleine  terre  dans  une  planche 
bien  exposée  ; on  repique  en  place  dès  que 
les  petits  plants  ont  8 à 10  centimètres  de 
hauteur  et  ils  fleurissent  la  même  année, 
si  l’on  n’a  pas  négligé  les  binages  et  sur- 
tout les  arrosages. 

Les  Alstrœmères  s’accommodent  égale- 
ment très-bien  de  la  culture  en  pots,  dans 
une  terre  légère  composée  de  terreau  de 
feuilles,  de  terre  franche  et  de  fumier  de 
cheval  ou  de  vache  bien  consommé. 


48 


CORRESPONDANCE. 


Quelques  arrosements  à l’engrais  liquide 
(purin),  en  pleine  terre  ou  en  pots,  leur 
sont  très-favorables. 

Voici  les  noms  des  principales  espèces 
d’Alstrœmères,  avec  une  description  suc- 
cincte, qui  permettra  aux  amateurs  de 
reconnaître  s’ils  ont  bien  les  vraies  es- 
pèces : 

A.  aurantiaca.  — Tiges  hautes  de  80  à 
90  centimètres,  terminées  par  plusieurs  fleurs 
longues  de  5 centimètres,  d’un  beau  jaune 
orangé,  à deux  divisions  diversement  rayées  ou 
striées  de  pourpre. 

A.  aurea.  — Hauteur,  60  à 70  centimètres. 
Fleurs  jaunes,  pointillées  de  vert  et  marquées 
de  lignes  rouges  satranées  à bords  verts. 

A Curtiniana.  — Hauteur,  60  centimètres. 
Fleurs  à pétales  grêles,  rouges  au  sommet. 

A.  densiflora.  — Plante  rampante  ou  grim- 
pante, haute  de  2 à 3 mètres  ; fleurs  d’un  beau 
rouge  orangé. 

A.  Diazi.  — B’ieurs  nombreuses  en  ombelle 
d’un  beau  rose,  très-grandes. 

A.  hœmantha.  — Hauteur,  1 mètre.  Fleurs 
en  ombelle  rameuse,  grandes  à quatre  divi- 
sions, d’un  rouge  cocciné  brillant,  marquées 
de  lignes  pourpres,  les  deux  autres  lavées  de 
rouge  au  sommet. 

A.  Hookeriana.  — Hauteur,  80  centimètres. 
Fleurs  en  ombelle  d’un  beau  rose,  avec  le 
bout  des  pétales  vert. 

A Ligtu.  — Hauteur,  40  centimètres.  Fleurs 
en  ombelle  de  trois  à quatre,  à trois  divisions 
en  partie  blanches  et  rouges,  les  trois  autres 
toutes  rouges,  à odeur  suave. 

A.  Nielli.  — Hauteur,  40  centimètres. 
Fleurs  en  ombelle,  d'un  rose  carné,  à pétales 
supérieurs  postulés  de  jaune. 

A.  pallida.  — Fleurs  en  ombelle  à quatre 


No  3962  (Tarn).  — Le  Traité  général  des 
Conifères  de  Carrière  a eu  deux  éditions, 
toutes  deux  épuisées.  C’est  un  ouvrage  qu’on 
ne  peut  plus  trouver  que  d’occasion  et  encore 
rarement. 

Les  Conifères  à planter  dans  les  terrains 
siliceux,  graveleux,  à sous-sol  argileux,  com- 
pact, du  département  du  Tarn,  sont  principa- 
lement les:  Cedrus  Libani,  atlantica  et  Deo- 
dora,  Pinus  halepensis,  P.  insignis,  P.  Lari- 
cio,  P.  nigra.,  Cupressus  sempervirens,  Lam- 
bertiana,  Abies  Pinsapo,  A.  cephalonica,  A. 
Nordmanniana  (mais  aucune  espèce  de  la 
section  à cônes  pendants  dont  le  type  est 
l’Epicea).  Mais  il  est  nécessaire  que  le  sol  soit 
bien  défoncé.  Si  vous  pouviez  visiter,  dans 
votre  département,  les  parcs  de  Montespieu  et 
de  Montpinier,  dessinés  et  plantés  par  M.  Ed. 
André,  vous  y trouveriez  toutes  ces  essences 


divisions  e.xtérieures,  d’un  rose  pâle,  les  deux 
extérieures  jaunes  veinées  de  rouge.  Cette  es- 
pèce a produit  un  grand  nombre  de  variétés. 

A.  peregrina.  — Hauteur,  35  à 45  centi- 
mètres. Fleurs  blanches  rayées  et  lavées  de 
rose  foncé,  les  intérieures  marquées  d’une 
toile  jaune  à la  base  et  pointillées  de  pourpre. 
Variété  alba  à fleurs  d’un  blanc  pur. 

A psittacina.  — Hauteur,  70  centimètres. 
Ombelle  multiflore  à fleurs  pédonculées,  lon- 
gues de  55  millimètres,  d’un  beau  rouge  tigrées 
de  pourpre.  Espèce  des  plus  vigoureuses. 

A.  pulchra.  — Hauteur,  50  centimètres, 
semblable  à la  précédente,  mais  à fleurs  blan- 
ches avec  le  sommet  des  pétales  rouge  et  vert. 

A.  revoluta.  — Hauteur,  50  centimètres. 
Fleurs  en  bouquets,  très-volumineuses,  d’un 
beau  rouge  orangé. 

A.  spathulata . — Fleurs  en  ombelle,  très- 
grandes,  d'un  beau  jaune  nankin,  tachetées  de 
brun.  Hauteur,  80  centimètres. 

A.  tenuifolia.  — Hauteur,  60  centimètres. 
Fleurs  en  ombelle  d’un  beau  rose  violacé. 

A.  venusta.  — Presque  semblable  à 
1’^.  Ligtu,  mais  à fleurs  plus  grandes  et  plus 
belles. 

A.  versicolor.  Hauteur,  60  centimètres  à 
1 mètre.  Fleurs  longues  de  4 centimètres  d’un 
rose  pâle,  rayées  de  jaune  et  flagellées  de  rose 
purpuré.  De  nombreuses  variétés  de  cette 
belle  espèce  existent  dans  les  collections  ; on  y 
trouve  depuis  le  blanc  rosé  jusqu’au  jaune 
orangé  et  safrané,  le  violet  etc.  ; il  en  existe 
une  variété  â feuilles  panachées. 

Quand  on  aura  planté  une  seule  fois  des 
Alstrœmères,  il  est  certain  que  l’on  renou- 
vellera ensuite  chaque  année  sa  plantation, 
certain  d’en  avoir  une  entière  satisfaction. 

Raphaël  de  Noter. 


résineuses  employées  avec  d’autres  espèces 
également. 

M.  le  comte  de  B...  {Finistère).  — Nous  sa- 
vions que  le  Chamœrops  (Trachycarpus) 
excelsa  fleurissait  et  fructifiait  abondamment 
dans  les  jardins  en  Bretagne;  et  le  fait  que 
vous  avez  noté,  d’une  véritable  pépinière  de 
petits  Palmiers  de  cette  espèce,  croissant  natu- 
rellement sous  les  gros,  n’est  pas  pour  nous 
surprendre.  Mais  la  fructification  de  VAcacia 
{Mimosa)  dealbata  sur  les  bords  de  l’Odet  est 
moins  connue,  et  nous  vous  remercions  de 
nous  l’avoir  signalée,  ainsi  que  sa  résistance 
anx  hivers  de  1879-80, 1893  et  1894. 

N"  3280  {Gard).  — L’arbuste  grimpant  dont 
vous  désirez  savoir  le  nom,  est  le  Clematis 
calycina,  espèce  â feuilles  persistantes  et  à flo- 
raison hivernale,  propre  surtout  aux  régions  de 
l’Ouest  et  du  Midi. 


(Jriéia-s.  - lmp.  't.  Jacob,  Paul  Pigeiet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  t L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


49 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Les  concours  régionaux  agricoles  en  1897.  — Syndicat  central  des  horticulteurs  de  France.  — Les 
tarifs  des  chemins  de  fer  et  le  transport  des  plantes  du  Midi.  — Association  pomologique  de  l’Ouest. 

— Excursions  horticoles.  — Le  Mimosa  dealhata  et  le  Phœnicc  canariensis  en  Bretagne.  — La 
station  agricole  expérimentale  de  l’État  de  New-York.  — L’herbier  et  la  bibliothèque  de  M.  J.  Lloyd. 

— Une  Glycine  âgée  d’un  demi-siècle.  — Les  dates  du  « Temple  Show  » et  de  l’Exposition  de 
Paris  en  1897.  — Le  Choisya  ternata  en  pots.  — Ouvrages  reçus.  — L’origine  hybride  du  Lilas 
Varin.  — Expositions  annoncées.  — Nécrologie  : M.  Bernard  Verlot.  — Erratum. 


Les  concours  régionaux  agricoles  en 

1897.  — Par  arrêtés  en  date  du  30  dé- 
cembre 1896,  le  président  du  Conseil,  mi- 
nistre de  l’agriculture,  a décidé  que  les 
concours  régionaux  agricoles  se  tiendront, 
en  1897,  dans  les  villes  et  aux  éf)oques  sui- 
vantes : 

Valence,  du  8 au  16  mai. 

Bourges,  du  15  au  23  mai. 

Bordeaux,  du  22  au  30  mai. 

Bennes,  du  29  mai  au  6 juin. 

Vesoul,  du  26  juin  au  4 juillet. 

Pour  être  admis  à exposer  dans  ces 
divers  concours,  on  doit  en  faire  la  déclara- 
tion au  ministère  de  l’agriculture.  Cette 
déclaration  devra  être  parvenue  au  minis- 
tère, à Paris,  aux  dates  désignées  ci-après  : 

Valence,  le  25  mars  ; Bourges,  le  5 avril  ; 
Bordeaux,  le  10  avril  ; Bennes,  le  15  avril  ; 
Vesoul,  le  15  mai. 

On  peut  se  procurer  les  programmes  de 
ces  divers  concours  eC  les  formules  de  dé- 
claration au  ministère  de  l’agriculture  et 
dans  toutes  les  préfectures  et  sous-préfec- 
tures. 

Syndicat  central  des  horticulteurs 
de  France.  — Le  Syndicat  des  horticul- 
teurs de  France  vient,  dans  son  assemblée 
générale,  de  renouveler  son  bureau. 

M.  Viger,  ancien  ministre  de  l’agricul- 
ture, président  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France,  a été  nommé 
président  d’honneur. 

Le  bureau  est  ainsi  constitué  : 

Président  : M.  E.  Delavier. 

Vice~Présidents  : MM.  Debrie,  Gentilhomme 
et  Rousseau. 

Secrétaire  général  : M.  H.  Theulier  fils. 

Secrétaire  général  adjoint  : M.  BrauU. 

Secrétaire  : M.  Lapierre. 

Trésorier  : M.  Lange. 

Trésorier  adjoint  : M.  Debac. 

Archiviste  : M.  V.  Delavier. 

Des  vœux  relatifs  à l’application  de  la 
convention  de  Berne,  à la  suppression  des 
mesures  vexatoires  entravant  l’entrée  des 

1er  FÉVRIER  1897. 


plantes  en  Algérie,  et  à l’agrandissement  des 
Halles  centrales  ont  été  adoptés  à l’una- 
nimité. 

Les  tarifs  des  chemins  de  fer  et  le 
transport  des  plantes  du  Midi.  — A 

l’occasion  du  récent  voyage  de  M.  Méline 
sur  la  côte  méditerranéenne,  M.  Demôle, 
président  de  la  Société  d’horticulture  et 
d’acclimatation  de  Cannes,  a présenté  au 
président  du  Conseil  une  requête  pressante 
des  horticulteurs  de  la  région.  Voici  ce  que 
dit,  à cette  occasion,  le  journal  Le  Littoral 
de  Cannes  : 

Jusqu’en  1890,  les  horticulteurs  cannois 
étaient  autorisés  à expédier  les  plantes  et  les 
arbustes  par  le  chemin  de  fer  avec  application 
du  tarif  n«  1 pour  un  tiers  du  poids  du  colis 
et  du  tarif  n®  6 pour  les  deux  autres  tiers.  Cette 
faculté  accordée  aux  horticulteurs  leur  per- 
mettait de  lutter  avec  avantage  contre  la  con- 
currence des  producteurs  belges  et  hollandais; 
or,  depuis  1890,  elle  leur  a été  supprimée.  Une 
pétition  recouverte  de  600  signatures  a été 
adressée  à M.  le  directeur  de  la  Compagnie  P.- 

L. -M.  par  l’intermédiaire  de  M.  Rouvier,  dé- 
puté, qui  a chaudement  plaidé  la  cause  des 
horticulteurs,  mais  jusqu’à  ce  jour  aucun 
adoucissement  ne  s’est  produit. 

M.  Demôle  a démontré  combien  cette  situa- 
tion était  préjudiciable  à notre  arboriculture, 
une  des  branches  de  notre  industrie  jadis  si 
prospère,  et  a demandé  à M.  le  ministre  son 
efficace  intervention  en  faveur  des  horticul- 
teurs cannois. 

La  question  est  vitale  pour  le  commerce 
des  plantes,  non  seulement  à Cannes,  mais 
sur  toute  la  côte,  de  Marseille  à Menton. 
Aussi  avons-nous  appris  avec  plaisir  que 

M.  Méline  a écouté  avec  le  plus  vif  intérêt 
l’exposé  fait  par  M.  Demôle  et  lui  a promis 
d’étudier  prochainement  cette  importante 
question.  Espérons  que  la  promesse  sera 
suivie  d’effet. 

Association  pomologique  de  l’Ouest. 

— L’Association  pomologique  de  H’Ouest 
tiendra  son  14®  concours  et  son  15®  con- 


50 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


grès  annuels  dans  la  ville  de  Nantes  au 
mois  d’octobre  1897. 

Comme  les  années  précédentes,  de  nom- 
breuses récompenses  seront  attribuées  aux 
collections  de  fruits  de  pressoir  présentées 
par  les  agriculteurs  (propriétaires  ou  fer- 
miers), par  les  sociétés,  syndicats  ou  comices, 
et  par  les  instituteurs,  aux  cidres,  aux  poirés, 
aux  eaux-de-vie  et  aux  Pommiers  élevés  en 
pépinière. 

Un  concours  spécial  de  pressoirs  sera  or- 
ganisé dans  les  mêmes  conditions  que  le 
concours  spécial  de  broyeurs,  qui  a eu  lieu 
à Rouen,  au  mois  d’octobre  dernier.  A ce 
concours  sera  annexée  une  exposition  de 
tous  les  instruments  pouvant  servir  à la 
culture  du  Pommier,  à l’industrie  du  cidre 
et  à celle  de  ses  dérivés. 

Excursions  horticoles.  — Avec  le  con- 
cours de  membres  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France,  M.  Paul  Chap- 
pellier  a pris  l’initiative  d’organiser  des 
excursions  horticoles,  dont  le  but  est  de 
visiter  les  parties  de  la  France  et  de  l’étran- 
ger les  plus  intéressantes  au  point  de  vue 
de  riiorliculture,  et  de  développer  le  goût 
des  bonnes  et  belles  cultures. 

Dans  la  première  de  ces  excursions,  d’une 
durée  d’environ  quinze  jours,  on  visitera  le 
littoral  méditerranéen,  de  Menton  à Mar- 
seille, ainsi  que  Turin  et  Gènes. 

L’itinéraire  du  voyage  est  ainsi  fixé  : 

27  février.  Départ  de  Paris  à 2 h.  15. 

28  — Séjour  à Turin. 

1er  mars.  Séjour  à Gênes. 

2 — Nice  (fêtes  du  carnaval). 

3 et  4.  Excursions  à Menton,  Monaco, 

Cap-Martin,  Beaulieu. 

5 et  6.  Visite  à Nice  et  environs. 

7 8 et  9.  Excursion  à Antibes  et  Golfe- 
Juan. 

10  et  11.  Hyères  et  environs. 

12.  Toulon. 

13  et  14.  Marseille. 

15.  Retour  à Paris. 

Quoique  les  visites  horticoles  soient  le 
but  principal  de  l’excursion,  il  sera  fait  une 
part  importante  au  côté  touriste  et  pitto- 
resque. 

D’ailleurs,  les  excursionnistes  qui,  sur  le 
parcours  de  Turin  à Marseille,  tiendraient 
à des  visites  spéciales  ne  figurant  pas  au 
programme,  auraient  la  faculté  de  le  faire 
en  quittant  momentanément  le  groupe;  le 
guide  leur  donnerait  à ce  sujet  les  rensei- 
gnements nécessaires. 

Un  membre  de  chacune  des  Sociétés 


d’horticulture  de  toutes  les  villes  à visiter, 
de  Menton  à Marseille,  a bien  voulu  s’offrir 
pour  servir  de  cicerone  horticole  dans 
chaque  localité. 

L’agence  Desroches,  21,  faubourg  Mont- 
martre, se  charge  de  tous  les  détails  maté- 
riels du  voyage  : guides,  chemins  de  fer, 
voitures,  hôtels,  nourriture,  service,  pour- 
boires, etc.,  moyennant  le  prix  à forfait  de 

430  fr.  en  classe, 

380  fr.  en  2®  classe. 

Moyennant  un  supplément  de  25  fr.,  les 
voyageurs  pourraient  conserver  leur  com- 
plète indépendance  de  Paris  à Turin  et  de 
Marseille  à Paris,  avec  billets  de  60  jours  et 
arrêts  facul^tifs. 

Les  voyageurs  de  classe  auront  a 
l’aller,  de  Paris  à Turin,  et  au  retour,  de 
Marseille  à Paris,  le  droit  de  prendre,  sans 
augmentation  de  prix,  un  train  de  jour,  qui 
leur  sera  indiqué,  au  lieu  de  celui  de  nuit, 
prévu  au  programme,  à condition  de  payer 
l’hôtel  et  le  repas  d’excédent. 

S’adresser,  pour  ce  qui  concerne  la  partie 
horticole,  à M.  Paul  Ghappellier,  membre 
de  la  Société  nationale  d’horticulture  de 
France,  46,  faubourg  Poissonnière,  à Paris. 

Et,  pour  les  détails  matériels  du  voyage, 
à l’agence  Desroches,  Société  générale  fran- 
çaise de  voyages  et  d’excursions,  faubourg 
Montmartre,  21. 

Le  Mimosa  dealbata  et  le  Phœnix  cana- 
riensis  en  Bretagne.  — Nos  observa- 
tions sur  la  résistance  aux  hivers  et  la  flo- 
raison en  plein  air  de  V Acacia  {Mimosa) 
dealbata,  en  Bretagne,  nous  ont  valu  de 
M.  Cherueau-Jacob,  horticulteur  à Quim- 
per, l’intéressante  lettre  que  voici  : 

J’ai  lu  avec  étonnement  la  correspondance 
de  M.  le  comte  de  B.  dans  le  dernier  numéro 
de  \b.  Revue  horticole,  car  je  croyais  que  tous 
les  Mimosa  dealbata  étaient  disparus  avec 
l’hiver  1893-94.  Je  savais  bien  que  les  Mimosa 
de  M.  de  Garné,  dont  il  est  question,  après 
avoir  été  décapités  au  printemps  de  1890, 
avaient  repoussé,  mais,  aussi,  les  hivers  sui- 
vants les  avaient  absolument  détruits. 

Néanmoins,  je  croirais  facilement  le  con- 
traire, car  je  connaissais  au  château  de  la  Fo- 
rêt, en  Loc-Tudy,  un  magnifique  Phœnix  ca- 
nariensis  de  plus  de  cinq  mètres  de  hauteur, 
qui  avait  gelé  en  1890.  Au  printemps,  on  lui 
supprima  toutes  les  feuilles.  Malgré  cela,  l’é- 
norme tronc  émit  des  Heurs  et  fournit  même 
une  assez  grande  quantité  de  feuilles,  mais 
très-coui  tes.  Ayant,  depuis  cette  époque,  souf- 
fert deux  années  de  suite  des  froids  excessifs 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


51 


pour  notre  contrée,  il  est  resté  languissant  et 
n’a  plus  repris  l’aspect  grandiose  qu’il  avait  en 
1890.  Il  arrivait  alors  à la  hauteur  du  premier 
étage  du  château  et  possédait  plus  de  quarante 
énormes  feuilles.  Avec  les  hivers  doux  de 
l’année  dernière  et  de  cette  année,  peut-être 
se  remettra-t-il. 

Il  faut  ajouter,  à ce  qui  précède,  que  la 
principale  cause  pour  laquelle  les  Palmiers 
les  plus  rustiques,  comme  le  Phœnixcana- 
riensis,  ne  résistent  pas  au  climat  de  la 
Bretagne,  ne  gît  pas  dans  le  froid  des  hi- 
vers, mais  bien  dans  l’insuffisance  des  cha- 
leurs estivales.  Nos  nombreuses  expériences 
faites  à ce  sujet  dans  les  îles  de  la  Manche 
nous  l’ont  péremptoirement  démontré. 
Seul,  le  Chamærops  excelsa,  ou  Palmier 
chanvre  fait  exception  à cette  règle. 

La  station  agricole  expérimentale  de 
l’Etat  de  New-York.  — Cet  établissement 
ne  rend  pas  seulement  des  services  à l’agri- 
ture.  L’industrie  horticole  bénéficie  de  ses 
études.  La  station  est  située  à Geneva 
(Etat  de  New-York).  L’année  dernière,  on 
y a expérimenté  sur  170  variétés  de  Fraises. 

Les  nouveautés  les  plus  recommandables 
de  1896  ont  été  : Bissel,  Earliest,  Enor- 
mous^  Tuhhs  et  William  Belt. 

Celles  qui  ont  fructifié  pendant  deux 
saisons  (1895-1896)  et  sont  dignes  du  plus 
grand  intérêt  sont  : Bostonian,  Marshall, 
Marston  et  Tennessee. 

Les  études  sont  suivies  avec  le  plus  grand 
soin  et  avec  une  haute  compétence  par 
M.  Wendell  Paddock. 

L’Herbier  et  la  bibliothèque  de 

M.  J.  Lloyd.  — L’auteur  érudit  et  vé- 
néré de  la  Elore  de  V Ouest  de  la  France, 
M.  James  Lloyd,  mort  le  10  mai  1896,  a 
légué  son  herbier  et  sa  bibliothèque  à la 
ville  d’Angers.  Il  laisse  une  rente  de 
2,000  fr.  destinée  à assurer  l’entretien  de 
ces  collections,  et  8,000  fr.  pour  le  traite- 
ment d’un  conservateur  qui  sera  choisi  par 
le  maire  d’Angers  dans  une  liste  de  trois 
candidats  présentés  par  la  Société  botani- 
que de  France. 

C’est  au  président  de  cette  Société, 
84,  rue  de  Grenelle,  à Paris,  que  les  de- 
mandes des  candidats  doivent  être  adressées 
avant  le  15  mai  prochain. 

Une  Glycine  âgée  d’un  demi-siécle.  — 

Ce  magnifique  représentant  du  règne  vé- 
gétal tapisse  une  des  façades  de  l’Hôtel  de 
la  Rose,  à Rouen.  A 1 mètre  du  sol,  sa  tige 


mesure  environ  22  centimètres  de  diamètre, 
et  une  branche  principale,  20  centimètres. 
Cette  Glycine  serait  âgée,  dit  La  Nature, 
de  cinquante-cinq  à soixante  ans.  Mais  il 
n’est  pas  certain  que  ce  soit  là  le  plus  vieil 
exemplaire  de  cette  plante.  Il  nous  sou- 
vient d’en  avoir  admiré  une,  dans  le  village 
de  Leuville,  près  de  Montlhéry,  il  y a une 
quinzaine  d’années.  Sa  maîtresse  branche 
traversait  la  principale  rue  du  village  d’une 
maison  à l’autre,  formant  ainsi  au-dessus 
de  la  rue  un  arc  de  verdure  et  de  jolies 
fleurs.  Nous  ne  pûmes  alors  nous  rensei- 
gner exactement  sur  son  âge  et  ignorons 
si  elle  existe  encore  aujourd’hui.  Il  con- 
viendrait de  citer  encore  le  gros  exemplaire 
qui  tapissait  jadis  la  vieille  maison  de  l’éta- 
blissement du  Grand- Jardin,  à Angers, 
chez  M.  Louis  Leroy. 

Les  dates  du  « Temple  Show  » et  de 
l’Exposition  de  Paris  en  1897.  — La 

Société  royale  d’horticulture  de  Londres 
donnera,  en  4897,  son  exposition  dite  du 
« Temple  Show  » les  26,  27  et  28  mai,  tan- 
dis que  l’exposition  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France  aura  lieu  du  2 au 
7 juin.  Par  suite,  les  amateurs  d’horticul- 
ture qui  tiennent  à admirer  ces  deux  élé- 
gantes floralies  ne  se  trouveront  plus  en 
face  d’une  coïncidence  de  dates  qui  se  pro- 
duit assez  souvent. 

Il  est  vrai  que  l’époque  choisie  à Paris 
nuira  peut-être  à l’exhibition  de  plantes  à 
floraison  hâtive,  telles  que  les  Azalées  et  les 
Rhododendrons,  mais  beaucoup  d’autres 
végétaux  à floraison  estivale  s’y  produiront 
mieux.  D’autre  part,  les  jardiniers  auront 
la  chance  de  les  examiner  plus  à l’aise, 
leurs  plantations  de  printemps  étant  géné- 
ralement terminées  à cette  époque. 

Le  Choisya  ternata  en  pots.  — Sous 
ce  titre,  nous  relevons,  dans  le  Garden  du 
26  décembre  dernier,  une  idée  pratique.  Le 
Choisya  ternata,  renommé  comme  un 
excellent  arbuste  à placer  dans  les  parties 
abritées  d’un  jardin,  n’est  presque  jamais 
rencontré  en  pots.  Il  pourrait  pourtant 
rendre  des  services  réels  en  serre  froide  ou 
en  orangerie.  De  forts  exemplaires,  plantés 
en  grands  pots  ou  en  caisses,  de  manière  à 
laisser  à leurs  racines  toute  la  place  voulue, 
jouiraient  à un  moment  donné,  grâce  à leur 
feuillage  lustré  et  à leurs  fleurs  blanc  pur 
et  parfumées,  d’une  faveur  égale  à celle 
qu’on  accorde  aux  Pittosporum,  Mespilus, 
Skimmia,  Lauriers-Tins,  etc. 


52 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


OUVRAGES  REÇUS. 

Traité  d’horticulture  pratique,  par  Georges 
Bellair  : Culture  maraîchère,  arboriculture 
fruitière,  floriculture,  arboriculture  d’orne- 
ment, multiplication  des  végétaux,  maladies  et 
animaux  nuisibles.  — Ouvrage  couronné  par 
la  Société  nationale  d’horticulture  de  France 
(prix  Joubert  de  l’Hyberderie).  — Deuxième 
édition  corrigée  et  très-augmentée.  — 1 vol. 
in-12,  cartonné,  de1,282  pages  avec  598 figures 
dans  le  texte.  Prix:  8 fr.,  à la  Librairie  agri- 
cole de  la  Maison  rustique^  26,  rue  Jacob,  à 
Paris. 

Les  Rosiers,  par  MM.  Cochet-Cochet,  rosié- 
riste  à Goubert,  et  Mottet,  membre  de  la  So- 
ciété nationale  d’horticulture  de  France  : His- 
torique, description  des  principales  espèces, 
classification,  multiplication  (bouturage,  mar- 
cottage, greffage),  culture  en  plein  air,  en 
pots,  forçage,  choix  de  variétés  groupées 
d’après  leur  origine,  fécondation  et  hybridation 
artificielles,  maladies  et  insectes.  — 1 vol. 
in-18,  cartonné  toile,  de  la  Bibliothèque  d'hor- 
ticulture et  de  jardinage,  de  270  pages  et 
50  figures  dans  le  texte.  Prix:  2 fr.  50,  à la 
Librairie  agricole  de  la  Maison  rustique,  26, 
rue  Jacob,  à Paris. 

Calcéolaires,  Cinéraires,  Coléus,  Hélio- 
tropes, Primevères  de  Chine,  etc.,  descrip- 
tion et  culture,  par  Jules  Rudolph,  lauréat  de 
la  Société  nationale  d’horticulture.  — 1 vol. 
in-12,  cartonné  toile,  de  \si  Bibliothèque  d’hor- 
ticulture et  de  jardinage,  de  162  pages^avec 
38  figures  dans  le  texte.  Prix:  2 fr.,  à la  Li- 
brairie agricole  de  la  Maison  rustique,  26, 
rue  Jacob,  à Paris. 

Culture  des  Fougères  exotiques,  par 

Adolphe  Buyssens,  ancien  professeur  à l’École 
cantonale  d’horticulture  de  Genève.  — 1 vol. 
in-12,  cartonné  toile,  de  la  Bibliothèque  d’hor- 
ticulture et  de  jardinage,  de  188  pages  avec 
figures  dans  le  texte.  Prix  : 2 fr.,  à la  Librairie 
agricole  de  la  Maison  rustique,  26,  rue  Jacob, 
à Paris. 

Les  Raisins  précoces  pour  le  vin  et  la 
table,  parV.  Pulliat.  — 1 vol.  in-4<>  de  130  pages 
avec  26  planches.  Prix  : 7 fr. 

L’ouvrage  Les  Raisins  précoces  peut  être 
considéré,  au  milieu  des  œuvres  nombreuses 
dont  M.  V.  Pulliat  a doté  la  viticulture, 
comme  un  de  ses  travaux  les  plus  utiles. 
Après  une  étude  sur  la  classification  des 
variétés  de  Vigne;  la  question  de  la  plantation 
et  de  la  taille  à appliquer  aux  Raisins  de 
table  est  traitée  avec  tous  les  développements 
nécessaires. 

Les  résidus  industriels  employés  comme 
engrais,  par  Larbalétrier.  Petit  in-8;  prix  2 f.  50 
à la  librairie  Masson  et  120,  boulevard 
Saint-Germain,  à Paris. 

Jv’auteur  a réuni,  dans  ce  volume,  un  grand 


nombre  de  documents,  de  chiffres,  d’analyses 
et  de  recherches  personnelles  qui  intéressent 
au  plus  haut  point  les  industriels  et  les  agri- 
culteurs. Le  cultivateur  ne  doit  rien  laisser 
perdre  ; tout  résidu  azoté  ou  phosphaté  doit 
être  utilisé  dans  la  fertilisation,  mais  le  mode 
d’emploi  n’est  pas  toujours  le  même,  et  l’au- 
teur n’a  pas  manqué  de  donner  à ce  sujet  les 
indications  nécessaires. 

L’origine  hybride  du  Lilas  Varin.  — 
En  1891,  M.  Franchet,  notre  collaborateur, 
analysait  ainsi,  dans  la  Revue  horticole  ^, 
les  données  connues  sur  l’origine  probable 
du  Lilas  Varin  {Syringa  vulgaris,  L.,  var. 
duhia  (Syringa  duhia,  Pers.;  Syringa 
chinensis,  WHlld.)  : 

« Quelques  auteurs,  Spach  en  particulier, 
ont  paru  disposés  à admettre  que  le  Lilas  Va- 
rin était  un  hybride  du  Lilas  commun  et  du 
Lilas  de  Perse;  c’est  très-possible,  et  de  Gan- 
dolle  dit  que  Varin,  de  Rouen,  Fobtenteur  de 
cette  forme,  affirmait  qu’elle  s’était  trouvée 
dans  un  semis  de  Lilas  de  Perse.  Quoi  qu’il  en 
soit,  une  forme  toute  pareille  était  cultivée 
dans  les  jardins  de  Pékin  dès  le  commence- 
ment du  siècle  ; Wildenow  avait  sans  doute 
assez  vaguement  eu  connaissance  du  fait, 
puisqu’il  signale  son  Syringa  chinensis,  non 
sans  hésitation,  comme  venant  de  la  Chine, 
tout  en  lui  attribuant  en  même  temps  une  ori- 
gine hybride.  Depuis  cette  époque,  Bunge  a vu 
la  plante  cultivée  à Pékin,  sans  toutefois  la 
distinguer  du  S.  oblata,  Lindl.  Comme  on  ne 
peut  guère  supposer  que  le  Lilas  Varin  ait  été 
importé  en  Chine  dès  la  fin  du  siècle  dernier, 
il  faut  bien  croire  que  c’est  là  une  forme  qui 
s’est  manifestée,  indépendamment,  dans  les 
deux  pays,  aux  limites  extrêmes  de  l’ancien 
monde.  » 

Aujourd’hui,  l’hypothèse  émise  par  Spach 
est  changée  en  certitude.  En  effet,  nous 
lisons  dans  une  note  publiée  parM.  Foussat 
dans  le  Bulletin  de  la  Société  centrale 
d'horticulture  de  Nancy  : 

« R y a quelques  années,  MM.  Lemoine 
eurent  l’idée  de  féconder  le  Lilas  de  Perse  à 
feuilles  laciniées  avec  une  des  formes  à fleurs 
doubles  du  Lilas  commun.  Ce  croisement, 
couronné  de  succès,  détermina  une  production 
de  graines  d’où  sortirent  des  Lilas  Varin  se 
distinguant  seulement  de  celui  que  nous  con- 
naissons par  des  fleurs  semi-doubles;  mais  ils 
conservèrent  les  caractères  particuliers  du  type 
de  cette  pseudo-espèce,  caractères  résidant 
surtout  dans  une  étroitesse  accentuée  des 
feuilles,  brièvement  rétrécies  en  coin  à leur 
base. 

1 Revue  horticole,  1891,  page  330. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Cannes,  du  i 8 au  22  mars.  — Une  exposi- 
tion des  produits  de  Thorticulture  florale,  ma- 
raîchère et  vinicole,  aura  lieu  à Cannes  du  18 
au  22  mars.  Le  programme  comprend  neuf 
sections  : 1»  plantes  de  serre  «chaude;  2° plan- 
tes de  serre  froide  et  de  plein  air  ; 3°  plantes 
et  arbustes  fleuris;  4“  fleurs  coupées;  5»  fleurs 
ouvrées;  6»  légumes,  fruits  et  primeurs; 
7o  vins  et  eaux-devie;  8«  instruments  horti- 
coles, décoration  des  jardins  ; 9»  concours  des 
bouquets. 

Tous  les  horticulteurs,  agriculteurs  et  ama- 
teurs, sans  distinction  de  résidence,  sont  invi- 
tés à y prendre  part,  sauf  pour  les  vins  et  eaux- 
de-vie  dont  le  concours  est  spécial  aux  Alpes- 
Maritimes. 

Les  demandes  d’admission  seront  adressées 
à M.  le  président  de  la  Société,  au  Secrétariat, 
25,  boulevard  Carnot,  à Cannes,  avant  le 
1er  mars. 

Lyon,  du  26  au  30  mai.  - L’Association  hor- 
ticole lyonnaise,  avec  le  concours  du  gouver- 
ment  de  la  République,  du  Conseil  général  du 
Rhône  et  du  Conseil  municipal  de  Lyon,  orga- 
nisera, cette  année,  une  Exposition  d’horticul- 
ture et  des  objets  d’art  ou  d’industrie  s’y  rat- 
tachant. Cette  exposition  aura  lieu  du  26  au 
30  mai  1897,  sur  le  cours  du  Midi,  à Per- 
rache. 

Sont  invités  à y prendre  part  les  horticul- 
teurs, les  amateurs  ou  leur  jardiniers,  et  les 
industriels  de  tous  pays. 

Le  programme  comprend  170  concours  et 
des  prix  très  nombreux  consistant  en  objets 
d’art,  médailles  d’or,  etc. 

Le  règlement  et  le  programme  de  cette  ex- 
position seront  adressés  à toutes  les  personnes 
qui  en  feront  la  demande  au  secrétaire  de 
l’Association,  66,  cours  Lafayette  prolongé, 
Lyon-Ailleurbanne. 

Nîmes,  du  il  au  22  juin.  — La  Société 
d’horticulture  du  Gard  tiendra,  à Nîmes,  du 
11  au  22  juin,  une  exposition  générale  d’horti- 
culture comprenant  les  fleurs,  les  fruits,  les 
légumes  de  la  saison,  les  plantes,  arbres  ou 
arbustes  d’ornement,  et  s’étendant  à l’apicul- 
ture, l’enseignement  horticole  et  apicole,  la 
sylviculture  et  les  arts  et  industries  se  ratta- 
chant spécialement  à l’horticulture. 

Le  programme  comprend  106  concours  : 
culture  potagère  et  culture  maraîchère,  9 con- 
cours ; arboriculture,  18  ; plantes  de  serre, 
32  ; plantes  vivaces  et  annuelles,  15;  fleurs 
coupées,  7;  bouquets  et  garnitures,  2;  indus- 

1 La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Jacob, 
Paris. 


53 

trie  horticole,  14;  enseignement  horticole,  2; 
apiculture,  5;  sylviculture,  3 concours. 

Les  personnes  qui  voudront  prendre  part  à 
cette  exposition  devront  adresser  leur  demande 
au  secrétariat  général  de  la  Société,  rue  d’Al- 
benas,  10,  à Nîmes,  avant  le  30  mai  1897, 
terme  de  rigueur. 

Nécrologie  : M.  Bernard  Verlot.  — 
Notre  confrère  et  ami,  M.  Bernard  Verlot, 
vient  de  mourir  dans  sa  61«  année,  à 
Verrières-le-Buisson  (Seine-et-Oise),  où  il 
occupait  les  fonctions  de  chef  des  cultures 
expérimentales  de  la  maison  Vilmorin- 
Andrieux  et 

Ancien  jardinier-chef  de  l’Ecole  de  bota- 
tanique  au  Muséum,  où  il  a rendu,  pen- 
dant de  longues  années,  de  signalés  services 
à la  science  des  plantes  ; professeur  à l’Ecole 
nationale  d’horticulture  de  Versailles,  M. 
Verlot  est  trop  connu  pour  que  nous  ayons 
besoin  de  faire  ici  son  éloge.  La  Revue 
horticole  garde  la  trace  de  ses  excellents 
travaux  dont  nos  lecteurs  ont  souvent  pro- 
fité. B connaissait  très-bien  la  Flore  fran- 
çaise et  surtout  les  plantes  alpines,  sur 
lesquelles  il  avait  publié  un  bon  livre.  Son 
Guide  du  botaniste  herborisant  est  resté 
un  vade-mecum  populaire. 

Sa  santé,  chancelante  depuis  quelque 
temps,  l’avait  contraint  de  se  démettre  de 
ses  fonctions  de  secrétaire  général  adjoint 
de  la  Société  nationale  d’horticulture,  et  il 
est  mort  le  24  janvier,  au  milieu  de  sa 
famille,  laissant  le  souvenir  d’un  homme 
droit,  modeste,  d’une  grande  aménité  de 
caractère  et  d’une  érudition  botanico-horti- 
cole  dont  on  trouve  peu  d’exemples  parmi 
nos  contemporains. 

Erratum.  — Dans  notre  dernier  nu- 
méro (16  janvier  1897,  p.  33,  2®  colonne, 
ligne  8),  au  lieu  dJErythea  palmata,  il 
faut  lire  Erythea  armata.  C’est  le  nom 
exact  du  beau  Palmier  californien  à feuil- 
lage rigide,  palmé,  blanchâtre,  plus  connu 
sous  le  nom  de  Brahea  Rœzlii. 

Nous  profitons  de  cette  occasion  pour 
dire  que  la  floraison  que  nous  avions  cru 
s’appliquer  à cette  plante  est  réellement 
celle  d’une  autre  espèce,  également  origi- 
naire de  Californie,  VE.  edulis,  S.  Watson. 
Nous  en  publierons  prochainement  un  des- 
sin et  une  description  due  à la  plume  de 
M.  Chabaud,  ancien  botaniste  de  la  marine, 
qui  l’a  relevée  sur  le  vif,  dans  le  jardin  de 
M.  Dellor,  à la  Biocarde,  près  Hyères,  où 
elle  a eu  lieu  en  plein  air. 

Ed.  André. 


54 


PENNISETUM  RUPPELLII. 


PENNISETUM  RUPPELLII 


Une  des  plus  jolies  Graminées  qui  or- 
nent nos  jardins  est,  sans  contredit,  lePen- 
nisetum  longistylum,  Hochst.,  originaire 
d’Abyssinie  et  qui  produit  des  épis  fournis. 


soyeux,  d’une  grande  élégance.  Une  va- 
riété à épillets  violets  se  rencontre  quel- 
quefois dans  les  cultures. 

On  traite  cette  espèce  comme  plante  an- 


Fig.  18.  — Pennisetum  Ruppellii. 


Port  de  la  plante. 


nuelle,  bien  qu’on  la  dise  vivace  en  serre  ou 
dans  les  pays  chauds. 

Voici  qu’une  nouvelle  venue,  tout  aussi 
gracieuse,  mais  très -différente,  indigène 
des  mêmes  contrées,  est  apparue  il  y a peu 
de  temps,  introduite  par  MM.  Dammann  et 
C^®,horticulteurs  à San  Giovanni  a Teduc- 
cio,  près  de  Naples.  Elle  a paru  sous  le 
nom  de  Pennisetum  Ruppellianum.  Sa 
qualification  exacte  est  Pe7inisetum  Rup- 
pellii(fig.  18). 

La  plante  forme  rapidement  une  touffe 


forte  et  abondante  en  chaumes  dressés,  hauts 
de  80  centimètres  à plus  de  1*"50,  puis, 
feuillus  depuis  la  base  et  glaucescents.  Les 
gaines  sont  glabres  et  ciliées  sur  les  bords. 
Les  feuilles,  très-étroites,  ont  les  bords  con- 
volutés  ; elles  sont  très-longues  et  attei- 
gnent 60  centimètres  et  plus  ; elles  sont 

1 Pennisetum  Ruppellii,  Steudel,  Synopsis 
plantarum  graminearum,  pars,  I,  p.  92.  — P.  ma- 
crostachyurn,  Fresen,  Hochst.  in  2t.  Abyss.., 
no  72;  Rich.,  Cent.  Fl.  Abyss.,  II,  386  {nec 
Trin). 


55 


QUELQUES  LÉGUMES  IGNORÉS  OU  DÉLAISSÉS. 


glabres,  un  peu  scabres,  glaucescentes.  I trop  touffue.  Elle 
L’inflorescence  est  disposée  en  épi  violacé,  I pied  des  arbres  ; 
thyrsoïde,  lâche,  al- 
longé (fig.  d9),  au 
sommet  de  chaumes 
dressés,  elle  varie  en 
longueur  de  10  à 
25  centimètres;  les 
épillets  sont  portés 
par  des  pédicelles 
velus  ; les  involu- 
celles  sont  plumeux 
à la  base  ; les  soies 
inégales  dépassent 
de  deux  à cinq  fois 
les  épillets  qui  sont 
triflores  entre  les 
involucelies,  les  in- 
férieurs sont  mâles 
et  biflores,  le  supé- 
rieur bisexué  ; les 
styles  sont  très-lon- 
guement saillants. 

Nous  employons 
cette  jolie  plante  au 
même  usage  que  le 
P.  longistylum, 
qu’elle  dépasse  de 
beaucoup  en  déve- 
loppement. On  peut 
même  les  associer, 
en  plantant  la  pre- 
mière en  bordure, 
l’autre  dans  le  cen- 
tre d’une  corbeille 
de  plantes  à grand 
feuillage,  avec  les- 
quelles contraste- 
ront les  feuilles  fines 
et  les  épis  légers  et 
soyeux  des  Penni- 
setum. 

L’emploi  en  bor- 
dure ne  doit  pas  être 

conseillé  ; nous  en  parlons  après  en  avoir 
fait  l’expérience,  la  plante  est  trop  forte  et 


Fig.  19. 

Pennisetum  Ruppellü- 

Épi  détaché. 


florifères. 


garnit  bien  les  ronds  au 
ses  épis  se  dégagent  faci- 
lement du  feuil- 
lage jonciforme  et 
sont  d’un  effet  char- 
mant. On  s’en  ser- 
vira aussi  pour  les 
garnitures  d’appar- 
tement, les  bou- 
quets temporaires 
et  perpétuels,  car 
les  inflorescences 
sèches  gardent  leur 
coideur  et  leur  lé- 
gèreté. 

La  culture  du 
Pennisetum  Rup- 
pellii  est  extrême- 
ment facile.  Semis 
sur  couche  à la  fin 
de  mars;  repiquage 
soit  en  godets  pour 
transplanter  avec 
plus  de  certitude  de 
réussite,  par  tous 
les  temps,  ou  plan- 
tation en  place  au 
commencement  de 
mai.  Pendant  toute 
la  belle  saison  se 
succèdent  les  épis 
violets  et  soyeux, 
bien  accompagnés 
de  leur  feuillage  fin 
et  abondant.  Nul 
soin  d’entretien  que 
quelques  arrosages. 
En  plantant  dans  un 
sol  sablonneux  et 
pas  trop  fumé,  et 
en  arrosant  peu, 
on  obtiendra  des 
plantes  plus  courtes 
et  plus  rapidement 

Ed.  André. 


QUELQUES  LÉGUMES  IGNORÉS  OU  DÉLAISSÉS 


Rien  ne  semble  plus  naturel  que  de 
cherchera  augmenter  le  nombre  des  plantes 
que  nous  pouvons  utiliser  comme  légumes, 
soit  pour  leur  valeur  alimentaire,  soit  à 
cause  de  leurs  qualités  digestives,  soit  même 
simplement  pour  leur  goût  agréable.  Et  je 
ne  sais  plus  qui  a dit  avec  beaucoup  de 
raison,  — je  ne  pense  pas  que  ce  fût  sim- 


plement un  gourmand,  — que  fobtention 
d’une  plante  alimentaire  nouvelle  valait 
mieux  pour  le  monde  que  la  plus  glorieuse 
des  conquêtes  violentes. 

M.  Paillieux  a,  dans  ces  vingt  dernières 
années,  beaucoup  fait  pour  introduire  chez 
nous,  soit  des  colonies,  soit  du  Japon,  de  la 
Chine  ou  d’ailleurs,  de  nouvelles  plantes 


56 


QUELQUES  LÉGUMES  IGNORÉS  OU  DÉLAISSÉS. 


comestibles.  D’autre  part,  avant  lui,  Lecoq 
prétendait  que  beaucoup  de  nos  espèces 
sauvages  pouvaient  être  heureusement  amé- 
liorées, de  façon  à pouvoir  prendre  place 
parmi  nos  légumes  usuels.  Les  recherches 
de  l’un  ou  de  l’autre  ont  eu  pour  résultat 
de  nous  faire  connaître  ou  mieux  appi’écier 
des  plantes  intéressantes  dont  quelques- 
unes  sont  entrées  dans  la  pratique  horti- 
cole. 

Mais,  en  regard  de  celles-ci,  combien 
d’espèces  restent  encore  inutilisées,  au  point 
que  nous  semblons  même  les  ignorer,  et 
combien  ont  été  peu  à peu  délaissées  par 
nous  ! Il  suffit,  pour  s’en  rendre  compte,  de 
parcourir  soit  les  ouvrages  horticoles  qui 
traitent  de  plantes  potagères  d’une  façon 
assez  complète,  soit  même  les  catalogues 
des  vieilles  maisons  de  graines. 

Les  succédanés  de  l’Épinard  : Arroche, 
Baselle,  Tétragone,  etc.,  paraissent  être  ceux 
des  légumes  en  question  qu’on  a le  plus  fa- 
cilement acceptés  ou  gardés.  La  Tétragone 
doit  cela  au  mérite  qu’elle  a de  donner,  sans 
monter,  ses  feuilles  en  pleine  saison  chaude. 

Quant  à la  Baselle,  bien  qu’il  en  existe 
plusieurs  sortes  méritantes  et  qu’elle  pousse, 
en  été,  avec  d’autant  plus  de  vigueur  qu’il 
fait  plus  chaud,  le  nombre  de  ses  amateurs 
en  est  depuis  longtemps  très-restreint  et  il 
ne  paraît  pas  que  sa  culture  ait  beaucoup 
de  chances  de  s’étendre  davantage. 

L’Arroclie  annuelle,  blonde,  verte  ou 
rouge,  qui  est  également  un  très-bon  Épi- 
nard d’été,  est  surtout  cultivée  comme  plante 
à potages.  — On  connaît  beaucoup  moins 
l’Arroche  Bon-Henri  ou  Ansérine  Bon- 
Henri  {Chenopodium  Bonus- Henricus), 
plante  vivace  dont  les  feuilles  peuvent 
de  même  être  utilisées  comme  celles 
de  l’Épinard.  Quand  les  plants  ont  plusieurs 
années  et  sont  en  pleine  force,  on  butte  les 
bourgeons  qui  naissent  au  printemps  et  qui 
sont  alors  gros  comme  le  petit  doigt,  on  les 
détache  sous  terre,  à leur  base,  et  on  les 
consomme  comme  les  Asperges.  On  peut 
couper  depuis  avril  jusqu’à  fin  juin. 

On  a également  cultivé  autrefois  pour  ses 
tiges,  ou  mieux  pour  ses  pétioles,  le  Mace- 
ron  (Smyrnium  Olusatrum),  qu’on  but- 
tait comme  le  Céleri.  Ce  dernier  qui  appar- 
tient, comme  le  Maceron,  à la  famille  des 
Ombellifères,  a des  côtes  beaucoup  plus 
longues,  plus  larges  et  plus  charnues,  avec 
un  arôme  analogue,  et  il  n’est  pas  surpre- 
nant dès  lors  qu’il  ait  complètement  sup- 
planté l’autre  dans  les  jardins. 

Le  Persil  grand  de  Naples  ou  Persil  à 


feuilles  de  Céleri  (Apium  Latifolium)  et 
l’Ache  de  montagne  ou  Persil  de  Macédoine 
(Levisticum  officinale)  ont  été  de  même, 
avec  leurs  longues  côtes,  buttés  et  blanchis 
pour  le  même  usage.  C’est  tout  au  plus  si  on 
se  sert  encore  de  leur  feuillage  comme  condi- 
ment dans  la  salade,  où  d’ailleurs  il  sera 
mieux  accepté  que  les  feuilles  molles  et  gri- 
sâtres du  Cerfeuil  musqué  avec  leur  saveur 
anisée  et  quelque  peu  sucrée. 

Qui  a vu  les  jets  robustes  du  Houblon 
(Humidus  Lupulus)  au  printemps  ne 
s’étonnera  pas  que,  dans  certains  pays 
du  Nord,  en  Belgique  notamment,  on 
ait  songé  à les  utiliser  à la  façon  des 
jeunes  pousses  d’ Asperge.  On  ne  garde 
alors  par  pied  que  les  deux  ou  trois  bour- 
geons les  plus  gros.  Il  ne  faut  pas  se 
dissimuler  toutefois  que  la  culture  de  l’As- 
perge s’étend  de  plus  en  plus  (ce  qui  se 
comprend  fort  bien,  du  reste)  et  a même 
pris  dans  ces  dernières  années  un  dévelop- 
pement extraordinaire,  tandis  qu’il  est  de 
moins  en  moins  question  du  Houblon 
comme  légume.  Affaire  de  mérite  assuré- 
ment. 

Parmi  les  plantes  dont  on  utilise  les  ra- 
cines à la  façon  des  Salsifis,  on  cite  encore 
l’Énothère  bisannuelle  (Œnothera  hiennis), 
le  « Jambon  des  jardiniers  » ou  « Jam- 
bon de  Belleville  » dont  les  pivots  renflés, 
à chair  blanche  et  ferme,  sont  presque 
toujours  passablement  racineux.  Sa  culture 
se  maintient  encore  un  peu  en  quelques 
endroits,  mais  elle  se  restreint  de  plus  en 
plus  et  finira  probablement  par  disparaître. 

Tout  le  monde  connaît  la  Pimprenelle 
{Poterium  Sanguisorha),  dont  les  feuilles 
sont  fréquemment  employées  comme  four- 
niture de  salade.  Mais  qui  sait  actuel- 
lement que  les  racines  de  cette  même  Pim- 
prenelle sont  appréciées  comme  légume 
dans  certaines  parties  de  l’Asie?  C’est 
dans  la  Maison  rustique  du  XIX^  siècle 
que  nous  trouvons  ce  renseignement;  on 
ne  fait  pas  grand  éloge  du  plat,  qui  serait 
assez  médiocre,  mais  en  revanche  fort  sa- 
lubre. 

Si  l’Aulnée  {Inula  Helenium)  n’avait 
pour  elle  que  ses  racines  charnues,  elle  au- 
rait depuis  longtemps  disparu  des  jardins, 
où  elle  est  loin  de  pouvoir  rivaliser  avec  le 
Salsifis  et  la  Scorsonère;  heureusement  ses 
larges  et  beaux  capitules,  d’un  jaune  vif, 
l’ont  fait  garder  comme  espèce  ornemen- 
tale. 

Ce  n’est  pas  d’aujourd’hui  qu’on  a re- 
commandé, pour  ses  racines,  la  variété  cul- 


57 


QUELQUES  LÉGUMES  IGNORÉS  OU  DÉLAISSÉS, 


tivée,  au  Japon  surtout^  de  la  Bardane 
commune  (Arctium  Lappa)  qui  est  une 
plante  vivace  des  plus  rustiques.  Ces  ra- 
cines, longues  et  assez  épaisses,  peuvent 
être  récoltées  au  bout  de  deux  ou  trois 
mois  de  végétation,  ce  qui  dénote  en 
ce  genre  de  plantes  une  précocité  tout  à 
fait  remarquable.  On  en  a introduit, 
dans  ces  dernières  années,  une  variété 
géante  beaucoup  plus  intéressante  que  le 
type;  il  ne  paraît  pas  qu’elle  ait  été  acceptée 
plus  facilement.  Ces  racines  sont  cepen- 
dant, disent  Les  Plantes  potagères,  « fa- 
ciles à rendre  grosses  et  tendres  par  une 
culture  bien  entendue  et  déjà,  dans  l’état 
où  nous  possédons  la  plante,  une  planche 
de  Bardane  peut  fournir  en  produit  un 
poids  équivalent  à celui  d’une  planche  de 
Salsifis,  dans  un  temps  deux  ou  trois  fois 
plus  court.  » 

Je  ne  crois  pas  qu’on  ait  jamais  admis  la 
Gesse  tubéreuse  (Lathyriis  tuherosus) 
dans  les  jardins.  Ses  racines  traçantes 
en  font  une  espèce  rapidement  envahis- 
sante. Elle  est  cependant  répandue  un 
peu  partout,  et  les  enfants  surtout 
recherchent  les  tubercules  qui  se  déve- 
loppent sur  ses  racines  à la  façon  de 
ceux  de  la  Pomme  de  terre.  Ces  tubercules 
à peau  grise,  de  la  grosseur  d’une  petite 
châtaigne  et  qu’on  va  chercher  dans  les 
champs  après  la  moisson,  renferment  une 
chair  blanche,  tendre,  d’un  goût  agréable 
même  étant  mangés  crus  ; on  les  fait  cuire 
parfois  dans  l’eau  ou  sous  la  cendre.  Com- 
parée à la  Pomme  de  terre,  la  Gesse  tubé- 
reuse semblera  évidemment  une  plante 
sans  intérêt.  Il  est  toutefois  surprenant 
qu’on  n’ait  jamais  songé  à voir  si  on  ne 
pourrait  en  obtenir  par  le  semis,  en  terrain 
cultivé,  de  meilleurs  produits,  — étant 
donné  surtout  qu’elle  est  connue  depuis 
longtemps  à peu  près  partout,  comme  le 
prouvent  les  nombreux  noms  sous  lesquels 
on  la  désigne  : Anette,  Anotte,  Châtaigne 
de  terre,  Chourles,  Favouetle,  Gland  de 
terre,  Macusson,  Macion,  Macion,  Moin- 
son,  Mitrouillat,  Souris  de  terre,  etc. 

Dire  d’une  plante  comestible  qu’elle  est 
très-rustique  et  de  culture  facile,  c’est, 
semble-l-il,  indiquer  qu’elle  doit  être  extrê- 
mement répandue,  même  si  ce  n’est  pas  un 
produit  de  première  qualité.  Ce  n’est  pas  le 
cas  cependant  du  Bunias  d’Orient  {Bunias 
orientalis),  qui  a les  mérites  dont  nous 
venons  de  parler  : il  vient  au  prin- 
temps, de  très-bonne  heure,  quand  la 
verdure  est  encore  rare,  il  résiste  aussi 


bien  à la  sécheresse  qu’au  froid,  ses 
jeunes  feuilles  aussi  bien  que  ses  pousses 
nouvelles  se  mangent  cuites  ou  en  salade, 
et  c’est,  avec  tout  cela,  une  plante  incul- 
tivée. 

On  employait  beaucoup  autrefois  les  jo- 
lies fleurs  bleues  de  la  Bourrache  (Bor- 
rago  officinalis),  et  les  corolles  brunes 
et  odorantes  de  la  Capucine  {Tropœolum 
non  seulement  pour  orner,  mais  en 
même  temps  pour  assaisonner  heureuse- 
ment la  salade.  La  mode  change  et  l’usage 
de  ces  fleurs,  si  fréquent  autrefois  que 
la  Maison  rustique  du  X/X°  siècle  les 
rangeait  cc  au  nombre  des  meilleures  four- 
nitures » en  est  aujourd’hui  extrêmement 
rare. 

Et  dans  les  salades  elles-mêmes,  aujour- 
d’hui que,  grâce  au  forçage  et  au  perfec- 
tionnement des  divers  modes  de  culture,  on 
peut  en  avoir  des  meilleui’es  sortes  toute 
l’année,  on  fait  beaucoup  moins  attention  à 
celles  qu’on  peut  récolter  à l’état  sauvage  : 
la  Laitue  vivace  [Lactuea  perennis),  le 
Plantain  corne  de  cerf  {Plantago  Coro- 
nopus),  la  Cardamine  ou  Cresson  des  prés, 
(Cardamine  pratensis),  la  Picridie  (Picris 
hieracioides),  l’Hyoséride  ou  Biquette 
{Hgoseris  radiata),  etc. 

La  Valériane  d’Alger  (Centranthus  ma- 
crosiphon),  de  la  même  famille  que  la 
Mâche,  est  très-voisine  de  celle-ci  et  aussi 
facilement  utilisable,  mais  elle  n’offre 
aucun  avantage  sur  elle,  ce  qui  explique 
son  abandon. 

Par  contre,  les  Choux  de  Chine,  le  Pack- 
choi  et  le  Pe-tsai  {Brassica  chinensis), 
devraient  avoir  un  coin  dans  le  potager. 

On  peut  citer  aussi  parmi  les  plantes  que 
de  rares  amateurs  songent  à s’offrir  (et 
vraiment  leur  rareté  s’explique)  : la  Capu- 
cine tubéreuse  (Tropœolum  tuherosum), 
dont  il  faut  faire  cuire,  puis  ensuite  geler 
les  tubercules  pour  pouvoir  les  manger, 
et  qui  constituent  alors  une  « friandise  » 
aussi  parfumée  que  désagréable,  et  les 
diverses  variétés  (VOxalis  ou  Ocas  dont  les 
feuilles  acidulées  se  mangent  comme  celles 
de  l’Oseille  et  dont  il  faut  faire  mûrir  et 
fermenter  les  racines  au  soleil  pour 
pouvoir  les  consommer. 

Et  enfin,  en  dehors  de  ces  végétaux  qui 
sont  ou  trop  peu  connus,  ou  délaissés  à 
tort  ou  à raison,  ou  même  complètement 
oubliés,  il  y a encore  des  espèces  que  les 
anciens  auteurs  rangent  parmi  les  plantes 
légumières  ou  condimentaires,  mais  dont 
on  ne  sait  plus  guère  à quel  usage  elles 


58 


LES  PAQUERETTES. 


pouvaient  servir  : tels  sont  le  Marrube 
blanc  {Marrubium  vulgare),  l’Épinard- 
Fraise  {Blitum  virgatum)  ni  Fraise 
ni  Épinard,  l’Aurone  {Artemisia  Ahro~ 
tanum),  le  Souci  {Calendula  vulgaris),  la 
Véronique  d’eau  ( Veronica  Beccahunga), 
etc.  Ajoutons-y,  pour  faire  bonne  mesure, 
le  Concombre  des  prophètes  {Cucumis 
prophetamcm)  où  le  peu  de  chair  qu’il  y 
a à manger  n’est  pas  mangeable  à cause 


de  son  amertume  ; le  Concombre  des 
Antilles  [Cucumis  Anguria),  qui  ne  vaut 
pas  notre  Concombre;  le  Concombre - 
Serpent  (Cucumis  flexuosus),  qui  est  un 
Melon,  mais  qui  ne  peut  servir  que  de  Cor- 
nichon; le  Martynia  cornaret  [Martgnia 
prohoscidea)  dont  on  confit  au  vinaigre 
les  fruits  étranges,  ne  sachant  qu’en  faire 
autrement.  Pour  aujourd’hui,  fermons-là 
cette  liste.  G.  Alluard. 


LES  PÂQUERETTES 


L’importance  horticole  et  la  faveur  dont 
jouissent  les  Pâquerettes,  ces  charmantes 
messagères  du  printemps,  est  trop  connue 
pour  qu’il  soit  nécessaire  d’en  faire  ici 
l’éloge.  Leur  culture  est  des  plus  anciennes 
car  la  plante  type,  la  Pâquerette  des  prés 
(Bellisperennis,  Linn.),  étant  très-commune 
et  déjà  admirée  dans  sa  gentille  simplicité, 
eut  bientôt  franchi  la  porte  des  premiers 
jardins. 

Elle  y a pris  de  l’ampleur  et  ses  capitules 
y ont  doublé,  comme  ils  doublent  chez  les 
Composées,  c’est-à-dire  que  les  fleurons 
jaunes  et  tubuleux  du  centre  se  sont  rapide- 
ment transformés  en  languettes  semblables  à 
celles  de  la  circonférence.  En  outre,  une 
prolifération  singulière  s’est  présentée  et  a 
été  fixée,  moins  peut-être  pour  sa  beauté 
que  pour  sa  curiosité.  Cette  prolifération 
consiste  dans  le  développement,  autour  et 
sous  le  capitule  principal,  d’un  certain 
nombre  (5  à 20)  d’autres  petits  capitules 
plus  ou  moins  longuement  pédicellés,  qui 
lui  ont  valu  les  noms  familiers  de  Mère 
de  famille  ou  Mère  Gigogne^  ou  La 
poule  et  ses  poulets  (fig.  20).  Ces 
petits  capitules  s’épanouissent  successive- 
ment et  prolongent  ainsi  la  florai- 
son. 

Les  coloris  de  ces  Pâquerettes  prolifères 
sont  ceux  des  doubles  ordinaires  ; ils  vont  du 
blanc  pur  au  rouge  vif.  Trois  couleurs  sur- 
tout sont  fixées  et  se  reproduisent  assez  fran- 
chement parle  semis  ; ce  sont  : le  blanc  pur, 
le  rose  et  le  rouge  vif.  Il  existe  aussi  des  pâ- 
querettes panachées  et  l’on  a même  fixé  une 
variété  blanche  à cœur  rouge,  dans  laquelle 
les  languettes  sont  blanches  sur  la  face  in- 
terne, rouges  sur  le  côté  externe  et,  par  suite 
de  la  disposition  de  ces  deux  couleurs,  on 
ne  voit  que  la  rouge  tant  que  les  languettes 


restent  incurvées  vers  le  centre,  ce  qui  rend 
le  bouton  puis  le  cœur  rouges,  et  la  fleur 
ne  devient  blanche  qu’à  son  complet  épa- 
nouissement. 

Il  existe  aussi  une  charmante  variété  à 
feuilles  panachées^  dont  les  feuilles,  assez 
amples,  sont  également  marbrées  et  réticu- 
lées de  jaune  d’or  sur  fond  vert.  Les  fleurs 
sont  doubles  et  rouges.  Le  principal  intérêt 
de  la  plante  réside  dans  la  panachure 
voyante  de  son  feuillage,  mais  elle  est  déli- 
cate et  ne  se  propage  que  par  la  division  des 
pieds  ; c’est  pour  cela  qu’elle  est  assez  rare 
dans  les  jardins.  Il  faut  la  cultiver  en  pots 
et  l’hiverner  sous  châssis,  à moins  qu’on  ne 
la  plante  en  terre  légère  et  au  pied  d’un 
mur;  pendant  l’été  ; elle  peut  servir  à orner 
les  rocailles  ou  former  de  jolies  bordures 
dans  les  endroits  à demi  ombragés. 

On  a aussi  créé  et  fixé  une  magnifique 
race  dite  tuyautée  (fig.  21),  dans  laquelle 
tous  les  fleurons  sont  en  effet  enroulés  en 
petits  tuyaux  longs,  étroits  et  très-nom- 
breux, qui  donnent  au  capitule  une  forme 
hémisphérique  et  un  cachet  à la  fois  parti- 
culier et  très-élégant.  Cette  jolie  race  per- 
fectionnée, dont  l’obtention  n’est  pas  encore 
très-ancienne,  présente  déjà  les  coloris  pré- 
cités, notamment  un  rouge  carmin  foncé 
très-beau  et  qui  se  reproduit  assez  franche- 
ment par  le  semis. 

Enfin  l’ancienne  race  double  ordinaire 
se  trouve  aujourd’hui  presque  entièrement 
remplacée,  surtout  chez  les  spécialistes  et 
par  suite  sur  les  marchés  aux  fleurs,  par 
une  nouvelle  race  nommée  à grandes  fleurs 
(fig.  22),  dont  les  capitules  sont  en  effet 
beaucoup  plus  amples,  mesurant  jusqu’à 
4 centimètres  de  diamètre  et  bien  doubles.* 

Les  coloris  blancs  et  roses  sont  aujour- 
d’hui fixés  et  se  reproduisent  par  le  semis  ; 


LES  PAQUERETTES. 


59 


les  autres  s’observent  dans  les  plantes‘  en 
mélange. 

Cette  nouvelle  race  est  en  quelque  sorte 
une  forme  géante  de  l’ancienne  Pâquerette 
double,  carnon  seulement  les  fleurs  sont  plus 
grandes  et  plus  longuement  pédonculées, 


F’ig.  20.  — Pâquerette  Mère  de  famille. 

mais  toutes  les  autres  parties,  notamment  le 
feuillage,  sont  plus  fortes  et  plus  amples. 
On  comprend  facilement  que  ceux  qui  font 
de  la  plante  pour  vendre  lui  accordent  la 
préférence,  mais  les  amateurs  ont  tout 
autant  d’intérêt  à l’adopter. 


Fig.  21.  — Pâquerette  double  à fleur  tuyautée. 


Culture.  — Il  est  peu  nécessaire  de 
nous  appesantir  sur  le  traitement  des  Pâque- 
rettes, tant  il  est  facile  de  les  multiplier  et 
de  les  cultiver.  Le  semis  et  la  division  des 
pieds  sont  les  moyens  de  multiplication 
applicables  à ces  plantes.  La  division  s’em- 
ploie pour  propager  les  variétés  qui  ne  se 


reproduisent  pas  de  graines  et  celles  qui 
sont  rares  ou  délicates.  L’opération  se  fait 
de  préférence  tout  de  suite  après  la  florai- 
son et,  l’on  peut  diviser  les  fortes  touffes 
en  autant  de  fragments  qu’il  y a de  rosettes 
dans  chacune  d’elles.  Ces  éclats  sont  repi- 
qués de  suite  en  planches  de  terre  meuble 
et  fertile  et  à environ  15  centimètres  en 
tous  sens. 

Le  semis  s’emploie  de  préférence  à la 
division  pour  propager  en  quantité  toutes 
les  races  et  variétés  qui  donnent  des  graines 
et  qui  se  reproduisent  assez  franchement 
par  ce  procédé.  On  sème  les  graines  en 
juillet-août,  en  pépinière,  on  repique  les 


Fig.  22.—  Pâquerette  double  à yrande  fleur. 


plants  une  fois  en  pépinière,  puis  on  les 
met  en  place  et  en  moite,  à l’automne  si  on 
le  peut,  ou  alors  de  bonne  heure  au  prin- 
temps. Pendant  les  grands  froids,  il  n’est 
pas  inutile  de  couvrir  les  piaules  avec  un 
peu  de  litière  sèche  et,  pour  avoir  des 
plantes  bien  feuillues  et  fleuries  de  bonne 
heure,  les  jardiniers  couvrent  leurs  plantes 
de  châssis  reposant  sur  des  pots  renversés. 

Ce  traitement  est,  comme  on  le  voit, 
exactement  celui  qu’on  applique  aux  Pen- 
sées, Silènes  et  Myosotis  à floraison  printa- 
nière et  avec  lesquels  les  Pâquerettes  s’asso- 
cient du  reste  parfaitement.  On  en  fait  des 
charmantes  bordures  de  plates-bandes  ou 
de  corbeilles  ainsi  que  des  touffes  le  long 


60 


BILLBERGIA  CANTEBÆ. 


des  allées  des  jardins  potagers  ; on  les  met 
aussi  facilement  en  pots  à l’approche  de  la 
floraison  pour  l’ornement  des  fenêtres  et 
des  balcons  et  l’on  en  vend  beaucoup  au 
printemps  sur  les  marchés  aux  fleurs,  toutes 


fleuries  et  en  petites  bourriches  d’une  dou- 
zaine de  pieds  environ,  que  les  amateurs 
emploient  pour  orner  tout  de  suite  leur 
jardinet. 

S.  Mottet. 


BILLBERGIA  GANTERÆ 


Le  genre  Billbergia,  de  la  famille  des 
Broméliacées,  est  représenté  au  Brésil  par 
de  nombreuses  formes,  plus  abondantes  sous 
l’Equateur  et  dans  la  zone  intertropicale 
qu’en  s’approchant  des  régions  plus  aus- 
trales. Cependant  le  Paraguay  en  nourrit 
plusieurs  belles  espèces,  et  la  province  de 
Rio  Grande  do  Sul,  qui  n’est  séparée  de 
l’Uruguay  que  par  le  Pvio  Cuareim,  n’en  est 
pas  dépourvue. 

C’est  de  ces  parages  et  de  ceux  du  Rio 
Cuaro,  que  nous  avons  visités  en  1890,  en 
compagnie  de  MM.  Arechavaleta  et  Cantera, 
de  Montevideo,  que  AÛent  l’espèce  aujour- 
d’hui publiée  par  la  Revve  horticole.  La 
première  floraison  a eu  lieu  dans  une  de 
mes  serres  de  Lacroix  (Indre-et-Loire),  en 
octobre  1895. 

L’espèce  est  nouvelle  et  je  la  dédie  avec 
grand  plaisir  à l’un  de  mes  compagnons  de 
voyage,  M.  Cornelio  Cantera,  dont  le  zèle 
pour  la  botanique  et  l’horticulture  ne  cesse 
de  s’exercer  par  l’introduction  en  Europe 
des  produits  végétaux  de  son  pays. 

Le  Bülbergia  Canteræ  ^ est  une  plante  à 
feuilles  dressées,  peu  nombreuses,  serrées,  im- 
briquées en  fourreau  étroit  et  cylindrique,  lon- 
gues de  0™50  à 0™60,  larges  de  0“08  à OmlO, 

’ Billbergia  Canteræ.,  Ed.  André,  nov.  sp., 
foliis  perpaucis,  assurgentibus,  in  tubum  arcte 
imbricatis,  0^50  - 0“60  longis,  0“08  - 0"^10  latis, 
supra  viridibus,  subtus  lepidotis,  obtusis,  apice 
brevi  torto  dejecto,  aculeis  marginalibus  re- 
motis  brevibus  ; scapo  nutante,  0*“30  longo  foliis 
(spica  inclus»)  breviore  ; foliis  bractealibus  vivide 
roseis,  ovato-lanceolatis;  acutis,  remolis,  margine. 
incurvis,  leviter  striafis,  0“‘10  longis,  0“*030  - 
0"'040  latis;  spica  10-15  tlora,  rachide  cum  ova- 
rio  calyceque  albo  lanato  ; floribus  sessilibus, 
ovario  turbinato,  calloso,  sepalis  appressis  obtusis 
costatis,  0*“012  longis  coronato,  petalis  pallide 
stramineis,  0‘"012  longis,  0*“005  latis  loriformibus 
extrorsum  involutis  ; staminibus  erectis,  in  tubum 
subconnatis,  filamentis  pallide  cæruleis,  antheris 
liliformibus,  polline  flavo,  stylo  cærulescente, 
stigrnatibus  spiraliter  tortis. 

Brasilia  australis. 

Arnicissirno  Cornelio  Cantera  dicavi. 

E.  A. 


vertes  en  dessus,  lépidotes  en  dessous,  obtuses 
avec  une  pointe  courte  et  tordue,  déjetée,  et  des 
aiguillons  marginaux  distants  et  courts. 

La  hampe  est  pendante,  longue  de  0»lS0, 
plus  courte  que  les  feuilles  y compris  l’inflo- 
rescence. Les  feuilles  bractéales,  d’un  rose  de 
Chine  vif,  sont  ovales-lancéolées,  aiguës,  fine- 
ment striées,  à bords  concaves,  longues  de 
0^10,  larges  de  O'nQSO  à 0^^1048,  séparées  de 
l’épi  qui  se  compose  de  10  à 15  fleurs.  Le 
rachis  est  blanc  feutré  comme  l’ovaire  et  le 
calice.  Les  fleurs  sont  sessiles  ; l’ovaire  tur- 
biné, renflé,  calleux  au  sommet,  porte  les 
trois  sépales  apprimés,  obtus,  côtelés,  longs 
de  0'«012;  les  pétales  sont  d’un  vert-jaune 
jaune  pâle_,  longs  de  0ni055,  larges  de  0m005, 
roulés  en  dehors,  loriformes,  un  peu  aigus. 
Les  étamines,  connées  en  fourreau,  sont  dres- 
sées, un  peu  plus  courtes  que  les  pétales,  à 
filets  d’un  blanc  bleuâtre  devenant  indigo  au 
connectif,  à anthères  filiformes,  longues  de 
0»i015,  à pollen  jaune  pâle.  Le  style,  d’un 
bleu  pâle,  porte  les  3 stigmates  tordus  en 
spirale. 

Cette  belle  plante  appartient  à la  section 
Helicodea  du  genre  Billbergia.  Elle  n’est 
pas  encore  au  commerce  et  je  suis  seul  ac- 
tuellement, — tout  me  porte  à le  croire,  — 
à la  posséder  en  Europe.  Quelques  rejetons 
me  permettront  d’en  faire  des  échanges  à 
l’occasion  avec  les  broméliophiles  qui  dési- 
reraient la  posséder. 

Sa  culture  sera  la  même  que  celle  de 
toutes  les  espèces  à feuilles  dures,  comme 
lesÆehmea  et  Billbergia  des  régions  aus- 
tro-américaines, c’est-à-dire  une  simple 
serre  froide,  des  arrosages  fréquents  pen- 
dant les  végétations,  puis  une  sécheresse 
prolongée  comme  celle  qui  règne  souvent 
dans  les  régions  où  croissent  ces  plantes, 
ce  qui  les  porte  à la  floraison. 

On  pourra  probablement  l’essayer  avec 
succès  en  plein  air,  dans  les  fissures  des 
roches  du  calcaire  jurassique  de  la  « Côte 
d’azur,  » de  Nice  à Menton,  au  besoin  avec 
un  léger  abri  hivernal  contre  les  froids  ac- 
cidentels. Ed.  André. 


Beinie  HotUcoU 


Billberqia  ■ Ca u terœ  ■ 


l’éborgnage  appliqué  aux  rameaux  de  prolongement  du  poirier. 


61 


L’ÉBORGNAGE 


APPLIQUÉ  AUX  RAMEAUX  DE  PROLONGEMENT  DU  POIRIER 


A l’heure  actuelle,  il  convient  de  songer 
à la  taille  des  rameaux  de  prolongement  de 
chacune  des  branches  de  charpente.  Cette 
taille  du  Poirier,  qui  doit  de  préférence  se 
pratiquer  à la  serpette  et  seulement  après 
celle  des  petites  branches  fruitières,  se  fait 
à une  longueur  variable,  suivant  la  position 
même  de  ces  branches  de  charpente,  qui 
peut  être  horizontale,  oblique  ou  ver- 
ticale. 


En  supposant  qu’il  s’agisse  de  tailler  un 
prolongement  de  Poirier  d’une  longueur 
d’un  mètre,  dirigé  horizontalement,  il  con- 
viendra de  le  rabattre  d’un  quart  environ, 
soit  de  25  centimètres  et  sur  un  œil  en 
dessous.  Ce  même  prolongement  dirigé  : 
l'’  obliquement,  le  sera  d’un  tiers,  soit  de 
33  centimètres  et  aussi  de  préférence  sur 
un  œil  en  dessous  ; 2°  verticalement,  de  la 
moitié  de  sa  longueur,  soit  de  50  centi- 


mètres, sur  un  œil  faisant  face  à la  der- 
nière coupe.  Ces  mesures  répondent  aux 
exigences  de  la  nature,  et  cette  ablation  du 
prolongement,  faite  dans  les  conditions  que 
nous  venons  d’indiquer,  reste  proportion- 
nelle au  développement  même  du  rameau, 
et  a pour  objet  : de  maintenir  la  sève  sur 
un  nombre  plus  restreint  d’yeux  ; de  forcer 
ceux  de  la  base  du  prolongement,  souvent 
mal  conformés  et  aplatis,  à se  développer 
soit  en  dards,  soit  en  brindilles  plus  ou 
moins  vigoureuses. 

Mais  s’il  est  vrai  qu’à  la  suite  de  cette 
taille,  on  arrive  à forcer  les  yeux  de  base 
du  prolongement  à ne  pas  s’annuler,  il  est 
vrai  aussi  que  par  la  force  ascensionnelle 


de  la  sève,  notamment  sur  les  rameaux 
verticaux  et  plus  spécialement  sur  le  pro  - 
longement du  Poirier  en  fuseau,  les  trois  ou 
quatre  yeux  qui  avoisinent  directement 
l’œil  de  taille  se  développent  avec  une  vi- 
gueur presque  toujours  trop  considérable, 
que  le  pincement  même  n’arrive  pas  à af- 
faiblir. suffisamment  et  à empêcher  d’avoir 
un  fort  empâtement. 

Or,  c’est  précisément  pour  obvier  à cet 
inconvénient  que  nous  consignerons  ici  un 
procédé  qui  nous  a constamment  donné 
d’excellents  résultats  et  que  nous  indique- 
rons chaque  année  dans  nos  cours  d’arbo- 
riculture fruitière  à l’Association  philo- 
technique  de  Paris  et  aux  Sociétés  d’hor- 


62 


PÉLORIE  DU  SCIADOCALYX  DIGITALIFLORA. 


ticuUure  de  Melun  et  de  Provins  où  il  a été 
mis  en  pratique  et  apprécié. 

Ce  traitement  particulier  consiste  en  ceci  : 

Soit  un  rameau  de  prolongement  ver- 
tical A (fig.  23),  la  taille  se  fera  en  a,  et  si 
les  choses  restent  en  cet  état,  on  obtiendra, 
l’année  suivante,  après  la  végétation,  le  ré- 
sultat indiqué  en  B,  c’est-à-dire  un  nou- 
veau prolongement  et  quatre  rameaux  plus 
ou  moins  vigoureux  qu’il  conviendra  de 
tailler  en  a.  On  remarquera  qu’ici  les  deux 
rameaux  qui  avoisinent  le  terminal  doivent 
être  taillés  jusque  sur  l’empâtement  dans 
le  but  de  les  affaiblir  et  d’en  obtenir 
d’autres  productions  moins  vigoureuses, 
aptes  à la  fructification.  C’est,  en  somme, 
une  année  de  retard,  ou  autrement 
dit  ce  qui  se  passe  généralement  sur  les 
prolongements  de  cet  arbre  fruitier. 

Mais  si,  lors  de  la  taille  de  ce  même  pro- 
longement A,  on  avait  pris  soin  d’ëborgiier 
avec  précaution  et  à la  serpette  les  yeux  1 , 
2 et  3,  sans  toucher,  bien  entendu,  aux 
sous-yeux  qui  les  accompagnent,  on  aurait 
obtenu  un  résultat  tout  autre  et  différent, 
celui  indiqué  en  G ; c’est-à-dire  : de  jeunes 


dards  ou  de  faibles  brindilles  nés  des  sous- 
yeux,  au  lieu  de  rameaux  à bois  plus  ou 
moins  forts. 

A la  suite  de  cet  éborgnage^  les  yeux 
médians  du  rameau  de  prolongement  et 
ceux  de  base  auront  toujours  une  tendance 
naturelle  à se  mieux  développer;  et  lors  de 
la  taille  en  sec  il  suffira  de  raccourcir  à 
3 bons  yeux  chacun  des  rameaux  qui  ont 
été  pincés  à quatre  ou  cinq  feuilles.  (Voir 
fig.  23),  branche  G taillée  en  a. 

En  un  mot,  cette  opération  de  V éborgnage 
appliqué  aux  rameaux  de  prolongement 
du  Poirier  nous  paraît  absolument  re- 
commandable. Elle  a surtout  son  utilité  et 
son  efficacité  sur  les  flèches  du  fuseau, 
sur  les  rameaux  de  prolongement  des 
branches  latérales  des  pyramides,  des  pal- 
mettes  et  candélabres  en  espalier  ou  en 
contre-espalier.  Elle  permettra  toujours 
d’obtenir  une  plus  prompte  fructification, 
surtout  sur  les  sujets  vigoureux,  qu’en 
traitant  par  le  pincement  les  bourgeons 
nés  des  yeux  normaux  dans  le  voisinage 
du  terminal,  c’est-à-dire  de  l’œil  de  taille. 

Gh.  Grosdemange. 


PÉLOHIE  DU  SCIADOCALYX  DIGITALIFLORA 


Les  cas  tératologiques  ne  sont  pas  très- 
rares  dans  les  fleurs  de  Gesnériacées.  Je 
n’ai  pas  à en  parler  ici  au  point  de  vue 
morphologique,  à en  rappeler  l’histoire  et 


la  bibliographie,  mais  à considérer  un  cas 
de  pélorie  d’une  plante  originaire  de  la  Go- 
lombie  (Nouvelle-Grenade),  que  j’ai  décrite 
autrefois  sous  le  nom  de  Sciadocalgx  di- 


A 


Fig.  24.  — Fleur  péloriée  de  Sciadocalyx  digitaliflora,  de  grandeur  naturelle. 
A.  — Face  antérieure  de  la  fleur.  — B.  Face  postérieure. 


gitaliflora  ^ et  à chercher  quelles  peuvent 
en  être  les  applications  horticoles. 

1 Sciadocalyx  digitaliflora,  Ed.  Andr.,in  Lind. 
lllust.  horlic.,  187Ô,  p.  95. 


Dans  le  courant  de  l’année  dernière,  un 
pied  de  cette  plante,  que  je  cultive  à La- 
croix, se  mit  à produire,  non  pas  une  fleur 
monstrueuse,  mais  une  série  de  fleurs 


CULTURE  DE  LA  POMME  DE  TERRE  SOUS  CHASSIS. 


63 


montrant  toutes  des  déformations  ana- 
logues. D’abord  la  corolle,  au  lieu  d’être 
tubuleuse-oblique,  comme  dans  la  plupart 
des  Gesnériacées,  et  d’avoir  ses  lobes  verts, 
d’une  nuance  si  curieuse,  étalés  suivant  un 
plan  incliné  sur  l’axe  en  long  de  la 
fleur,  était  régulière  et  à segments  rabattus 
horizontalement  (fig.  24  A).  Puis,  à l’exté- 
rieur du  tube,  et  parallèlement  à lui,  trois 
autres  rudiments  de  fleurs  se  montraient 
réduits  à un  demi-tube  à bords  convolutés, 
dépourvus  de  lobes  au  sommet  (fig.  24  B), 
mais  ayant  le  même  tissu,  la  même  cou- 
leur rose-lilacé  et  la  même  surface  hispide. 
Le  nombre  des  sépales  se  ressentait  aussi 
de  cette  déformation  : au  lieu  de  5 il  était 
de  6 ou  7,  mais  toujours  avec  les  lobes  ra- 
battus en  parasol,  caractère  sur  lequel  le 
genre  Sciadocalyx  a été  fondé  par  Regel. 

La  conclusion  que  je  voudrais  tirer  de 
cette  transformation  ou  dédoublement  de  la 
corolle  de  cette  plante,  c’est  une  tendance  à 


la  duplicature  dont  les  horticulteurs  fe- 
raient bien  de  s’emparer.  Quand  on  pense 
à ce  que  sont  devenus  les  Gloxinias  entre 
les  mains  d’habiles  semeurs  comme  Van 
Houtte,  Vallerand,  etc.,  après  l’infusion 
d’une  sève  nouvelle  apportée  par  le  pollen 
d’autres  genres  et  d’autres  espèces,  il  est 
permis  d’espérer  que  les  graines  sorties  de 
ces  fleurs  tendant  à la  duplicature  donne- 
ront des  produits  curieux  à travailler  et  à 
perfectionner. 

J’insiste  sur  ce  point  parce  qu’il  s’agit 
d’une  fort  belle  plante,  qui  n’est  pas  assez 
répandue,  et  dont  l’aspect  est  aussi  extraor- 
dinaire que  décoratif,  avec  ses  grosses  co- 
rolles tubuleuses,  dont  le  tube  est  rose  et 
les  lobes  d’un  vert  sablé  de  points  pourpres. 

Nous  avons  des  Cyclamens  à fleurs  dou- 
bles ; les  Gesnériacées  à fleurs  doubles, 
dont  il  y a encore  peu  d’exemples,  sont 
encore  à développer  et  à répandre. 

Ed.  André. 


CULTURE  DE  LA  POMME  DE  TERRE  SOUS  CHÂSSIS 


Bien  que  la  culture  forcée  de  la  Pomme 
de  terre  tende  de  plus  en  plus  à être  dé- 
laissée, par  suite  de  la  facilité  et  de  la  rapi- 
dité des  moyens  de  communication  qui  ap- 
provisionnent largement  les  marchés  des 
villes  des  produits  du  Midi,  nous  pensons 
cependant  que  ceux-ci  ne  peuvent  être  com- 
parés comme  fraîcheur  et  qualité  aux  pro- 
duits similaires  qu’on  peut  récolter  soi- 
même  dans  son  jardin,  quelques  heures 
avant  la  consommation  directe. 

Cette  culture,  faite  d’ailleurs  seulement 
au  commencement  de  février,  n’est  pas 
aussi  dispendieuse  et  aussi  aléatoire  que 
celle  faite  en  haute  primeur  dès  la  première 
quinzaine  de  décembre  ; dans  tous  les  cas, 
elle  donnera  toujours  de  meilleurs  résul- 
tats, surtout  au  point  de  vue  du  rende- 
ment. 

B est  certain  que  dans  les  propriétés 
éloignées  des  villes  elle  pourra  rendre  de 
signalés  services  au  jardinier  qui  aura  à sa 
disposition  du  fumier  de  cheval,  ou  à son 
défaut,  des  feuilles  saines  conservées  en 
tas,  quelques  coffres,  des  châssis  et  des 
paillassons,  c’est-à-dire  les  éléments  et  le 
matériel  des  cultures  de  primeurs  ou  sim- 
plement hâtées. 

En  prévision  de  cette  culture,  il  importera 
donc  de  réserver  de  bons  tubercules  pour  la 
semence.  On  recherchera  surtout  ceux  de  la 
variété  Marjolin,  connue  encore  sous  le 


nom  de  Kidncif,  qui  est  la  plus  avantageuse 
pour  planter  à l’époque  présente. 

Cette  variété  offre  la  particularité  de  ne 
présenter,  en  général,  qu’un  très-petit 
nombre  d’yeux,  toujours  placés  au  sommet 
et  à ras  du  tubercule,  que  l’on  appelle  aussi 
couronne,  et  non  dans  des  cavités,  comme 
dans  la  plupart  des  autres  variétés. 

Voici  à ce  sujet  comment  feu  M.  A.  Hardy, 
notre  maître  vénéré,  recommandait  de 
choisir  et  de  préparer  les  tubercules  de  la 
Pomme  de  terre  Marjolin  destinés  à la 
semence  : 

« Ces  tubercules  se  choisissent  au  mo- 
ment même  de  la  récolte,  c’est-à-dire  à la 
fin  de  juin,  en  prenant  le  soin  de  détourner 
les  mieux  faits  qu’on  laisse  sur  le  sol  pen- 
dant quelques  jours,  et  en  attendant,  pour 
les  rentrer,  qu’ils  aient  pris  une  teinte  ver- 
dâtre. Cette  semence,  bien  sèche  et  bien 
nette,  se  place  ensuite  debout,  dans  des 
caisses  à claire-voie  et  à l’abri  des  gelées, 
dans  un  local  aéré,  à température  peu  élevée 
et  à peu  près  constante. 

« Gn  doit  avoir  un  soin  tout  particulier 
de  conserveries  germes  intacts,  et  lorsqu’ar- 
rive  l’époque  de  la  plantation,  certains  cul- 
tivateurs recommandent  de  hâter  le  déve- 
loppement des  yeux  en  mettant  les  tubercules 
dans  une  pièce  à température  plus  douce. 
Ce  procédé  offre  l’avantage  de  donner  des 
pousses  assurées  et  vigoureuses.  Il  peut  ar- 


QUELQUES  PLANTES  UTILES  EXOTIQUES,  AU  POINT  DE  VUE  ORNEMENTAL. 


river  en  effet  que  des  tubercules  dont  on  n’a 
pas  ainsi  hâté  la  germination  ne  se  dévelop- 
pent pas. 

« D’autres  cultivateurs  recommandent 
même,  dans  le  but  d’obtenir  une  fane  vi- 
goureuse, de  ne  laisser  à la  semence  qu’un 
seul  germe  à la  couronne,  ce  qui  nécessite 
alors  de  recourir  absolument  à la  prépara- 
tion précédente.  » 

Les  tubercules  étant  choisis  et  préparés 
comme  il  vient  d’être  dit,  on  procède  à leur 
plantation  sur  une  couche  de  40  centi- 
mètres d’épaisseur,  à laquelle  on  peut  avan- 
tageusement mélanger  des  feuilles  ou  du  fu- 
mier, et  pouvant,  dans  tous  les  cas,  fournir 
25  degrés  de  chaleur  de  fond  au  maximum. 
On  l’entoure  d’un  réchaud,  puis  on  charge 
de  20  centimètres  de  terreau  ou  mieux  de 
bonne  terre  maraîchère.  Le  terreau  hâte  de 
quelques  jours  la  récolte,  mais  produit  des 
Pommes  de  terre  plus  petites  et  en  moins 
grande  quantité  que  la  terre. 

On  a aussi  conseillé  de  coucher  les  tiges 
afin  d’avoir  une  récolte  plus  abondante. 
L’expérience  comparative  faite  dans  ce  sens 
a démontré  que  les  fanes  courbées  donnaient 
en  effet  des  tubercules  plus  nombreux,  mais 
sensiblement  plus  petits  que  sur  les  pieds 
dont  les  tiges  avaient  été  laissées  dans  la  po- 
sition verticale. 

La  plantation  se  pratique  à raison  de 
quatre  rangées  par  coffre,  distantes  de  30  cen- 
timètres l’une  de  l’autre,  en  laissant,  entre 
le  haut  du  coffre  et  le  premier  rang, 
un  intervalle  de  20  centimètres.  Les  tuber- 
cules se  plantent  en  quinconce,  à 25  centi- 
mètres sur  la  ligne,  en  les  recouvrant  d’en- 
viron 4 à 5 centimètres  de  terre.  Ces  dis- 


tances permettent  de  placer,  dans  chaque 
coffre  de  2 châssis,  28  pieds  de  Pomme  de 
terre,  pour  des  châssis  de  1 mètre  de  lar- 
geur et  de  1™33  de  longueur. 

Pendant  la  végétation,  il  importe  d’éviter 
l’étiolement  et  la  pourriture,  et  de  donner 
conséquemment  de  l’air  aussi  souvent  que 
possible  et  des  arrosages  très-modérés. 
Pour  entretenir  une  température  constante 
dans  l’intérieur  de  la  couche,  on  remanie 
les  réchauds  toutes  les  fois  que  cela  est  né- 
cessaire, et  l’on  couvre  les  châssis  avec  des 
paillassons  pendant  la  nuit. 

Bien  que  certains  cultivateurs  prétendent 
qu’il  n’est  pas  utile  de  butter  la  Pomme 
de  terre  Marjolm  cultivée  sous  châssis, 
M.  Hardy  pense,  au  contraire,  que  cette  opé- 
ration est  indispensable,  parce  que,  dans 
cette  variété,  les  tubercules  tendent  toujours 
à remonter  et  même  à sortir  du  sol,  ce  qui 
les  fait  verdir  et  perdre  de  leur  qualité. 

La  récolte  doit  se  pratiquer  en  détachant 
avec  précaution,  à la  main,  les  tubercules 
jugés  les  plus  gros,  après  quoi  la  terre  est 
remise  en  place  et  les  racines  recouvertes 
avec  soin.  Par  ce  procédé,  elle  est  successive 
et  peut  durer  ainsi  quinze  jours,  trois  se- 
maines, un  mois  au  plus. 

Cette  culture,  commencée  dans  les  pre- 
miers jours  de  février,  permet  de  récolter 
soixante  jours  environ  après  la  plantation, 
soit  à la  fin  de  mars  ou  au  commencement 
d’avril  ; et,  généralement,  les  jardiniers  in- 
telligents s’efforcent  d’obtenir  ce  résultat 
pour  le  jour  de  Pâques,  qui  tombe  fréquem- 
ment aux  époques  indiquées  ci-dessus. 

Ch.  Grosdemange. 


QUELQUES  PLANTES  UTILES  EXOTIQUES 

AU  POINT  DE  VUE  ORNEMENTAL 


Il  y aurait  à faire,  dans  le  monde  des 
plantes,  plusieurs  grandes  divisions,  qui 
nous  feraient  classer  les  végétaux  généra- 
lement cultivés  en  : 1®  plantes  à la  mode  ; 
2°  plantes  résistant  aux  fluctuations  de  la 
mode  ; 3^^  plantes  curieuses  ou  originales 
à un  titre  quelconque  ; 4°  plantes  ou- 
bliées. 

Nous  abordons  déjà  un  sujet  bien  étendu 
en  voulant  traiter,  même  sommairement, 
de  la  troisième  division  des  végétaux  en  cul- 
ture, c’est-à-dire  les  plantes  curieuses  ou 
originales  à un  titre  quelconque.  Cette  qua-  ! 
lité  de  ces  plantes  peut  être  envisagée  à ' 


deux  points  de  vue  différents  : 1®  comme 
suite  d’une  conformation  particulière  ou 
anormale  de  certains  organes;  2®  par  le 
sentiment  qu’éveille  en  notre  esprit  la  vue 
d’un  végétal  doué  de  propriétés  bienfai- 
santes ou  malfaisantes  pour  l’homme.  Et 
quel  est  celui  qui,  à la  vue  d’une  plante 
dont  il  a déjà  apprécié  les  services  ou  ap- 
pris l’usage  et  l’histoire,  quel  est  celui,  dis- 
je,  qui  ne  s’intéressera  pas  à elle,  qu’elle 
soit  belle  ou  non  ? 

Certes,  notre  flore  indigène  médicale 
I n’est  pas  riche  en  espèces  d’ornement  ; 
mais  il  n’en  est  pas  de  même  de  la  flore 


65 


QUELQUES  PLANTES  UTILES  EXOTIQUES,  AU  POINT  DE  VUE  ORNEMENTAL. 


exotique  qui  pourrait  fournir  un  beau  et 
nombreux  contingent  à l’ornementation 
des  serres.  Et  la  culture  de  ces  plantes  ne 
serait  que  plus  méritante  sous  nos  abris 
vitrés,  car  si  l’on  visite  même  le  plus  riche 
d’entre  eux,  n’est-on  pas  fatigué  un  peu  de 
voir  cette  splendide  végétation  tropicale 
être  presque  toujours  la  même  dans  ses  for- 
mes, c’est-à-dire  offrir  à nos  yeux,  avec 
l’aspect  lourd  des  Musa,  les  éventails  des 
Latania,  Pritchardia,  Thrinax,  Cha- 
mærops,  les  longues  pennes  des  Phœnix, 
Areca,  Kentia,  les  frondes  sévères  et  som- 
bres des  Gycadées  et  les  fines  dentelles  des 
Fougères;  les  Aroïdées  épaisses  tranchent 
parfois  dans  l’ensemble,  avec  des  Dracæna 
ou  des  Croton,  mais  malgré  cela,  l’aspect 
des  serres  est  trop  uniforme  souvent  et  fa- 
tigue l’esprit,  comme  si  l’on  avait  à la  vue 
un  décor  toujours  semblable. 

Aussi,  conseillons-nous  aux  amateurs  de 
joindre,  à leurs  végétaux  classiques  d’orne- 
ment quelques-unes  des  plus  belles  parmi 
les  plantes  officinales  ou  industrielles,  dont 
ils  seront  ainsi  intéressés  à soigner  la 
culture  et  à en  faire  montre  à leurs  connais- 
sances. La  liste  en  serait  longue  si  l’on  vou- 
lait seulement  tout  citer;  il  y aurait  un  vo- 
lume à écrire  là-dessus,  et  nous  nous 
sommes  borné  à un  choix  des  plus  méri- 
tants parmi  celles  qu’il  nous  a été  donné 
de  cultiver. 

La  Salsepareille  de  la  Jamaïque  {Smilax 
Sarsaparilla,  L.),  de  la  famille  des  Smila- 
cées,  est  un  arbuste  sarmenteux  et  grim- 
pant, aux  tiges  quadrangulaires  armées  d’ai- 
guillons recourbés,  aux  feuilles  alternes, 
ovales-cordi formes,  un  peu  acuminées,  gla- 
bres, coriaces,  offrant  à leur  base  deux 
vrilles  ; les  fleurs  dioïques  sont  insigni- 
fiantes et  sont  remplacées  par  un  fruit  (baie) 
sphérique,  violacé.  Nous  ne  l’avons  jamais 
vu  fleurir.  Sa  valeur  ornementale  réside 
dans  la  persistance  de  son  feuillage,  dans 
sa  vigueur  végétative,  si  on  lui  donne  une 
bonne  nourriture  ; culture  en  serre  chaude 
ou  tempérée  ; sol  substantiel  — demi-terre 
de  bruyère,  un  quart  terreau  de  feuilles, 
un  quart  terre  franche.  — Multiplication 
facile  de  boutures  de  tiges  pourvues  de 
deux  à trois  yeux.  La  Salsepareille  de  la 
Vera-Cruz  {Smilax  medica,  Schlecht.)  est 
une très-belleespèce décorative,  remarquable 
par  des  tiges  très-vigoureuses,  pourvues  de 
forts  aiguillons,  à feuilles  amples,  coriaces, 
d’un  vert  foncé  marbré  de  taches  blanches 
irrégulières.  Même  culture. 

Le  Gingembre  officinal  (Zmgïber  offici- 


nale, Rose.),  {Amomum  Zingiher,  I^.),  de 
la  famille  des  Zingibéracées,  originaire  des 
Indes  Orientales  et  cultivé  en  Amérique, 
est  une  plante  rhizomateuse,  à végétation 
annuelle,  émettant  des  tiges  hautes  de  60  à 
80  centimètres,  à feuillage  d’un  beau  vert; 
l’ensemble  de  la  plante  rappelle  en  petit 
V Hedgehium  Gavdnerianum  ou  certains 
Glohba.  Culture  en  serre  tempérée.  Mise  en 
végétation  des  rhizomes  au  printemps,  en 
terrines  peu  profondes,  en  touffe,  compost 
substantiel.  Repos  complet  d’octobre  en 
mars.  Rempotage  annuel. 

Le  Cannellier  [Cinnamomum  zeyla- 
nicum,  Nees)  [Laurus  Cinnamomum, 
L.),  est  un  arbre  de  la  famille  des  Lauri- 
nées;  originaire  de  Ceylan,  on  le  cultive  à 
l’Ile-de-France,  aux  Antilles,  à Cayenne,  etc. 
Tronc  atteignant  jusqu’à  10  mètres  ; feuilles 
opposées  irrégulièrement,  elliptiques  ou 
ovales-lancéolées,  lisses  et  vertes  en  dessus, 
cendrées  en  dessous,  coriaces,  à trois  nervu- 
res(rarementcinq)  longitudinales  bien  mar- 
quées. Fleurs  unisexuées,  insignifiantes, 
fruit  (baie)  violet.  Plante  remarquable  par 
la  beauté  et  la  persistance  de  son  beau 
feuillage  lisse  et  vert  foncé,  par  la  vigueur  de 
sa  végétation.  Les  jeunes  feuilles,  avant  leur 
complet  développement,  sont  d’un  rouge 
vif.  Culture  en  bonne  serre  tempérée  ; sol 
très-substantiel.  Rempotage  annuel  ou  cul- 
ture en  pleine  terre,  en  serre,  où  la  plante 
acquiert  vite  un  développement  extraordi- 
naire. On  ne  peut  lui  reprocher  qu’une  vé- 
gétation trop  divariquée.  Supporte  assez 
bien  la  taille. 

Le  Santalin  blanc  (Sanfa^ttm  L.), 

qui  appartient  à la  f aille  des  Santalacées, 
se  rencontre  depuis  fl  ide  jusqu’aux  îles  du 
Pacifique.  Cet  arbre  fo  irnit  le  bois  célèbre 
de  Santal.  Rameaux  ét  des,  feuilles  oppo- 
sées, ovales-elliptiques,  vertes  en  dessus, 
glauques  en  dessous.  Intéressant  par  son 
feuillage  abondant,  persistant  ; sol  substan- 
tiel ; serre  tempérée.  Multiplication  difficile 
par  le  bouturage. 

Le  Poivrier  aromatique  {Piper  ni- 
grum,  L.)  {Piper  aromaticum,  Poir.),  de 
la  famille  des  Pipéracées,  est  un  arbuste 
grimpant,  originaire  des  Indes,  qui  pour- 
rait - rendre  de  grands  services  comme 
plante  grimpante,  dans  les  serres,  pour  en- 
tourer les  colonnettes,  etc.  ; il  est  surtout 
ornemental  par  ses  feuilles  très-durables, 
cordiformes,  d’un  vert  noir,  très-abon- 
dantes. Il  fleurit  abondamment,  mais  nous 
ne  l’avons  jamais  vu  porter  des  graines. 
Culture  en  serre  chaude  ou  tempérée,  sol 


66  QUELQUES  PLANTES  UTILES  EXOTIQUES,  AU  POINT  DE  VUE  ORNEMENTAL. 


substantiel.  Éviter  de  mouiller  les  feuilles 
avec  de  l’eau  renfermant  du  calcaire,  car 
elles  se  tachent  facilement.  Nous  citerons 
encore,  à part  cette  espèce  qui  donne  le 
Poivre  noir  du  commerce,  le  Poivrier 
Cubèbe  ou  P.  à queue  (Cuheha  officinalis, 
Miquel)  (Piper  Cuheha,  L.)  moins  décoratif 
que  le  premier,  le  Poivrier  long  (Chavica 
officinarum,  Miq.)  (Piper  longum,  L.) 
qui  n’est  pas  grimpant,  mais  fournit  un 
feuillage  ample,  abondant,  d’un  beau  vert 
clair;  c’est  le  Poivre  long  du  commerce. 
Multiplication  très-facile  de  boutures  de 
tiges  en  toute  saison.  Tous  ces  arbustes 
sont  aromatiques. 

Le  Tamarinier  indien  (Tamarindus  in- 
dica,  L.),  appartient  à la  famille  des  Légu- 
mineuses. Il  est  originaire  de  TÉgypte,  de 
l’Asie  occidentale  et  des  Indes.  C’est  un 
arbre  à tige  élevée,  à écorce  brune,  à ra- 
meaux plutôt  horizontaux  et  divariqués. 
Feuilles  alternes,  pinnées  sans  impaire, 
composées  de  10  à 18  paires  de  folioles  oppo- 
sées, petites,  elliptiques,  glabres.  Fleurs 
assez  grandes,  d’un  jaune-verdâtre  veiné 
de  rouge.  Ne  fleurit  pas  souvent  dans  les 
cultures.  Le  feuillage  du  Tamarinier  est 
d’un  vert  très-gai,  très-agréable  à l’œil,  sa 
légèreté  fait  une  diversion  heureuse  parmi 
les  autres  feuillages.  Culture  en  serre 
chaude  ou  bonne  serre  tempérée.  Sol  subs- 
tantiel ; rempotage  exigeant  des  précau- 
tions pour  ne  pas  trop  froisser  les  racines. 
Multiplication  par  graines. 

Le  Vanillier  officinal  (Vanilla  aroma- 
tica,  Swartz)  est  trop  connu  pour  que 
nous  ayons  besoin  d’en  faire  une  descrip- 
tion quelconque.  C’est  une  Orchidée  grim- 
pante, croissant  dans  les  contrées  chaudes 
du  Mexique,  de  la  Colombie  et  de  la 
Guyane;  dans  nos  serres  elle  s’accroche  à 
tout  support  qu’on  veut  lui  donner,  avec  sa 
tige  cylindrique,  noueuse,  verte,  pourvue 
de  feuilles  ovales-lancéolées,  charnues  et 
luisantes.  Elle  émet  de  longues  racines  ad- 
ventives  aériennes.  Le  Vanilla  planifolia, 
Andr.,  fructifie  parfaitement  dans  nos 
serres  si  l’on  en  féconde  les  fleurs,  et  feu  le 
docteur  Morren,  de  Liège,  croyait  y trouver 
la  source  d’une  exploitation  commerciale. 
Le  Vanillier  n’a  même  pas  besoin  d’être 
planté  pour  vivre;  dans  les  serres  chaudes 
humides,  celles  à Orchidées,  on  le  fait 
courir  sur  des  fils  de  fer,  près  du  vitrage, 
en  compagnie  du  Vanda  teres,  et  il  se  con- 
tente parfaitement  de  l’humidité  ambiante 
du  lieu.  Multiplication  facile  de  boutures  de 
tiges. 


Le  Caféier  d’Arabie  (Caffea  arabica, 
L.)  est  un  arbrisseau  de  la  famille  des 
Rubiacées,  originaire,  dit-on,  de  la  Haute- 
Égypte,  d’où  il  a été  transporté  en  Arabie 
vers  la  fin  du  XV®  siècle.  Le  Caféier  est 
remarquable  par  son  feuillage  toujours 
vert,  formé  de  feuilles  ovales  allongées,  un 
peu  sinueuses  sur  les  bords,  glabres,  d’un 
vert  foncé  et  luisant,  à nervures  pronon- 
cées. Les  fleurs  apparaissent  en  petites  pani- 
cules  à l’aisselle  des  feuilles  supérieures; 
elles  sont  d’un  blanc  légèrement  rosé,  à 
odeur  suave.  Le  Caffea  liberica  est  entiè- 
rement distinct  de  cette  espèce  par  ses 
grandes  feuilles.  Le  Caféier  peut  atteindre 
de  grandes  dimensions  dans  nos  serres, 
surtout  si  on  le  plante  en  pleine  terre  riche 
et  substantielle  ; il  y fleurit  et  fructifie.  Le 
seul  reproche  que  l’on  ait  à lui  faire  est  son 
port  souvent  divariqué  et  la  dénudation  fo- 
liaire des  rameaux.  Il  demande  la  serre 
tempérée,  à atmosphère  plutôt  humide,  car 
il  prend  facilement  la  grise  et  surtout  la 
cochenille.  Rempotage  annuel  en  compost 
substantiel.  En  résumé,  c’est  une  plante 
résistante  et  ornementale  par  son  feuillage 
persistant.  Multiplication  par  graines. 

Le  Cacaoyer  ordinaire  (Theohroma 
Cacao,  L.)  appartient  à la  famille  des 
Ryttnériacées.  Il  est  originaire  du  Mexique 
et  de  plusieurs  autres  parties  de  l’Amé- 
rique méridionale  ; on  le  cultive  aujour- 
d’hui à la  Martinique,  dans  la  Colombie,  la 
Guyane,  aux  Philippines,  etc.  C’est  un  arbre 
atteignant  jusqu’à  10  mètres  de  hauteur,  à 
branches  allongées  et  grêles,  à grandes 
feuilles  obovales  ou  elliptiques,  acuminées, 
glabres  et  lisses.  Les  inflorescences  sont 
placées  par  petits  faisceaux  de  5 à 7 fleurs 
insignifiantes,  naissant  sur  le  tronc,  les 
grosses  branches  un  peu  au-dessus  de  l’ais- 
selle des  feuilles.  Fruit  gros,  ressemblant 
un  peu  à un  Concombre,  jaune  ou  rouge. 
Le  Cacaoyer  peut  mûrir  quelquefois  ses 
fruits  dans  nos  serres.  C’est  une  plante 
très-digne  de  culture  avec  son  beau  feuil- 
lage ample  et  abondant,  très-durable,  et  les 
jeunes  feuilles,  avant  leur  complet  déve- 
loppement, revêtent  la  même  teinte  rouge 
vif  que  celle  qui  caractérise  le  Canellier. 
Culture  en  serre  chaude  humide,  en  pleine 
terre  si  possible;  sol  substantiel.  Supporte 
la  taille,  au  printemps,  lors  du  rempotage. 
Multiplication  de  graines  ou  de  boutures 
qui  reprennent  assez  difficilement  au  prin- 
temps. 

Parmi  les  plantes  qui  fournissent 
V Arrow-root,  il  faut  citer  le  Tacca  pinna- 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’HORTICULTURE  DE  FRANCE. 


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tifida,  Lin.  fils,  Taccacée  des  Indes  orien- 
tales et  de  Madagascar,  où  on  l’appelle 
vulgairement  Tavoulou,  et  qui  fournit 
V Arrow-root  de  Taïti.  C’est  une  plante 
élégante,  dont  la  souche  émet  des  feuilles 
longuement  pétiolées  et  dont  l’aspect  géné- 
ral rappelle  quelque  peu  un  Amorpho- 
phallus,  mais  à ensemble  moins  raide.  Il 
fleurit  et  fructifie  dans  nos  serres  ; l’inflo- 
rescence, moins  belle  que  celle  de  VAtac- 
cia  constata,  n’est  pourtant  pas  sans  origi- 
nalité. Lorsqu’on  en  aura  des  graines,  il 
faudra  semer  celles-ci  sur  un  compost  de 
terre  fibreuse  et  de  sphagnum^  sans  les  re- 
couvrir, en  serre  chaude,  comme  s’il  s’agis- 
sait d' Anthurium  ; la  levée  est  rapide,  les 
jeunes  plants  sont  repiqués  en  petits  godets 
sitôt  qu’ils  émettent  leur  seconde  feuille. 
Empotages  en  pots  graduellement  plus 
grands.  Culture  en  serre  chaude,  en  terrain 
substantiel.  Arrosements  modérés  l’hiver. 

La  Canne  à sucre  {Saccliarum  offici- 
narum,  L.)  est  une  Graminée  qu’on  croit 
originaire  de  l’Inde  et  de  la  Chine.  Ses 
chaumes  (tiges)  peuvent  atteindre  jusqu’à 
4 mètres  de  hauteur  ; ils  sont  cylindriques, 
à entre-nœuds  rapprochés  et  un  peu  ren- 
flés, à feuilles  planes,  rubanées,  aiguës, 
striées  longitudinalement,  un  peu  rudes. 
Dans  nos  serres,  c’est  une  plante  élégante, 
à laquelle  il  faut  le  plein  sol  et  de  l’espace 
pour  offrir  un  coup  d’œil  décoratif;  sa 


place  est  tout  indiquée  sur  les  pelouses  des 
jardins  d’hiver  où  elle  peut  arriver  à pren- 
dre un  beau  développement.  Culture  en 
serre  tempérée,  en  sol  substantiel,  arrose- 
ments abondants,  surtout  en  été,  où  on 
peut  tenir  le  sol  très-humide.  Multipli- 
cation par  division  des  touffes  ou  par  le 
bouturage  des  chaumes  tronçonnés.  On 
cultive  une  variété  rouge  appelée  Saccha- 
rum  officinarum,  var.  violaceum. 

Le  Roucouyer  {Bixa  Orellana,  L.),  est 
un  arbuste  de  la  famille  des  Bixacées, 
originaire  des  forêts  de  l’Amérique  méri- 
dionale. Ses  feuilles  sont  alternes,  en  cœur 
à la  base,  acuminées,  glabres,  d’un  beau 
vert.  Le  feuillage  abondant  de  cet  arbuste 
n’est  pas  sans  mérite  ornemental  ; il  végète 
avec  vigueur,  supporte  la  taille.  Culture  en 
serre  tempérée.  Sol  substantiel.  Multiplica- 
tion facile  de  bouture. 

Nous  n’avons  pas  compris  dans  cette 
énumération  les  genres  de  la  famille  des 
Palmiers  dont  quelques  uns  sont  si  utiles 
à plusieurs  points  de  vue  ; de  même  nous 
avons  omis  différents  végétaux  desquels 
l’industrie  tire  un  grand  profit. 

Tout  citer  en  une  fois  nous  eût  entraîné 
trop  loin  ; nous  avons  voulu  seulement 
attirer,  ou  du  moins  chercher  à éveiller 
l’atleniion  des  possesseurs  de  serres  et, 
peut-être,  leur  curiosité. 

Jules  Rudolpii. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  24  DÉCEMBRE  1896 


Il  ne  fallait  pas  s’attendre  à trouver  cette 
séance  fertile  en  présentations  de  plantes,  car 
il  s’agissait  surtout  de  présentations  de  candi- 
dats. 

Malgré  les  élections,  de  rares  Orchidophiles 
avaient  bravé  l’inattention  générale  : M.  Cour- 
montagne,  68  rue  Raymond,  à Passy,  avec  un 


Cypripedium  Lceanum  et  un  Cattleya  Perci- 
avliana  ; M.  Martin,jar  dinier  chez  M.  Ferrier 
d’Auteuil,  avec  un  beau  Lælia  præstans  ; et 
M.  Régnier,  avec  un  Saccolabium  non  déter- 
miné, un  peu  plus  jaune  que  le  S.  minia- 
tum,  dont  il  paraît,  du  reste,  très-voisin. 

H.  Dauthenay. 


SEANCE  DU  14  JANVIER  1897 


Orchidées. 

Présentations  intéressantes.  Celle  de  M.  Oc- 
tave Doin,  comprenant  les  plantes  suivantes  : 

Dendrobium  Leechianum  {D.  aureum  X D. 
nobile),  en  forte  plante  excessivement  flori- 
bonde,  aux  fleurs  lilacées,  d’un  magnifique 
effet. 

D.  Veitchianum  ou  mieux  D.  macrophyl- 
lum,  aux  fleurs  jaune-verdâtre,  agréablement 
pointillées  de  purpurin. 


Miltonia  vexillaria  Cobhiana,  aux  fleurs 
étalées  sur  lesquelles  un  rose  tendre  s’é- 
panche. 

Puis  un  Odontoglossum  Insleayi  splen- 
dens^  un  Cattleya  amethystoglossa,  un  Sacco- 
lobium  bellinum  et  un  Dendrobium  Wardia- 
num  album.  La  réunion  de  ces  plantes  rares 
et  d’une  vigueur  remarquable  témoigne  assu- 
rément de  la  richesse  et  de  la  bonne  tenue  de 
la  collection  de  M.  Doin. 

MM.  Cappe  et  fils,  du  Vésinet,  montraient 


68 


QUELQUES  PLANTES  ARCTIQUES. 


une  intéi’essante  série  de  Cypripedium  hy- 
brides, parfaitement  caractérisés  : 

C.  Alberti  [C.  Spicerianum  X C.  insigne 
Wallacei),  très-jolie  plante  aux  feuilles  lon- 
gues, très-floribonde  : un  seul  pied,  en  un  pot 
de  12  centimètres,  porte  douze  fleurs.  Les  sé- 
pales latéraux  sont  allongés,  fimbriés,  mar- 
ginés  de  blanc,  et  recouverts  de  pointillés  net- 
tement disposés  en  lignes,  ce  qui  les  diffé- 
rencie de  ceux  du  groupe  des  C.  Leeanum. 

C.  Madame  Emile  Cappe  {C.  Spiceria- 
num X C.  Dauthieri).  Les  hybrides  prove- 
nant de  ce  croisement  sont  généralement  un 
peu  malingres  : celui-ci  se  distingue  par  une 
bonne  vigueur. 

C.  Lanceanum  X Argus.  Hampes  florales 
très-longues.  Les  sépales  sont  pointillés  par 
de  grosses  verrues  brun  noir. 

C.  marmorophyllum  [C.  Hookeri  X bar- 
batum).  Les  sépales  latéraux. 

MM.  Cappe  avaient  aussi  un  C.  vesmetense, 
importalion,  et  un  Cattleya  Trianæ.,  remar- 
quable par  l’ampleur  des  divisions  de  son  pé- 
rianthe. 

M.  Auguste  Ghantin,  rue  de  l’Amiral-Mou- 
chez,  n’avait  apporté  qu’un  spécimen,  mais 
quel  spécimen  ! Une  rareté  de  vigueur,  de 
taille  et  de  floribondité  : une  touffe  deZygope- 
talum  Mackayi,  large  d’au  moins  70  centi- 
mètres, à la  végétation  luxuriante,  et  portant 
neuf  inflorescences  en  plein  épanouissement. 

Mentionnons  aussi  une  importation  non  dé- 
terminée, de  M.  Régnier,  et  qui  pourrait  être 
un  Vanda,  un  Rhenanthera  ou  encore  un 
Sarcochiliis. 

Arboriculture  fruitière 

M.  Pierre  Passy,  arboriculteur  au  Désert- 
de-Refz,  près  de  Saint-Germain-en-Laye,  con- 


tinue à présenter  des  fruits  d’une  impeccable 
beauté  et  d’une  rare  conservation  : ce  sont 
aujourd’hui  14  Poires  Doyenné  d’hicer  et 
Passe-Crassane. 

A ce  propos,  nous  devons  réparer  une 
omission  que  nous  avons  commise  dans  le 
compte  rendu  de  la  dernière  exposition  de  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France,  en 
oubliant  l’apport  très-remarquable  de  M.  Pierre 
Passy.  Ses  deux  corbeilles  de  Poires  Doyenné 
d'hiver,  dont  la  plupart  pesaient  750  gram- 
mes, et  surtout  de  Poires  Doyenné  du  Comice, 
les  seules  de  toute  V exposition,  ont  obtenu 
les  suffrages  de  tous  les  visiteurs  et  suffiraient 
à motiver  aussi  la  première  médaille  d’or  du 
concours  de  fruits  qui  a été  attribuée  à 
M.  Passy. 

M.  Bourgeois,  de  Ghambourcy,  marche  de 
pair  avec  8 merveilleuses  Pommes  Reinette 
blanche  du  Canada. 

M.  Vidal  montre,  de  la  part  deM.  J. -B.  Faure, 
de  Limoges,  la  Pomme  de  Lestre.  Gette  va- 
riété, spéciale  au  centre  de  la  France,  est 
d’une  étonnante  conservation  et  peut  voyager 
facilement,  sans  crainte  de  détérioration. 

Culture  potagère 

M.  Guillaume  Gompoint,  rue  du  Landy,  à 
Saint-Ouen,  expose  trois  énormes  bottes  d’ As- 
perge verte,  venue  en  serre,  où  elle  a été 
plantée  le  24  décembre  1896,  en  griffes  de 
deux  à trois  ans.  M.  Gompoint  pratique  cette 
culture  en  grand  et  obtient,  comme  on  le  voit, 
des  résultats  dignes  d’appeler  l’attention. 

Enfin,  de  beaux  échantillons  de  Grambé 
forcé,  fin  légume  que  l’on  ne  cultive  pas  assez 
en  maisons  bourgeoises,  nous  sont  montrés 
par  M.  Ducerf,  jardinier  au  château  de  Franc- 
port,  près  Gompiègne.  . H.  Dauthenay. 


QUELQUES  PLANTES  ARCTIQUES 


On  sait  que  les  contrées  boréales  et  arcti- 
ques possèdent  une  flore  d’aspect  très-origi- 
ginal  et  rappelant,  par  ses  formes  et  sa 
composition,  celles  des  zones  glacées  des 
Alpes.  Il  existe  même  un  certain  nombre 
d’espèces  communes  aux  deux  contrées. 
C’est  ainsi  qu’au  Labrador,  par  exemple,  on 
compte  59  espèces  qui  sont  représentées 
dans  le  tapis  végétal  des  Alpes.  Des 
294  plantes  phanérogames  qui  hantent  la 
région  alpine  glaciale,  il  en  est  54  qui  sont 
circumpolaires,  c’est-à-dire  répandues  vers 
le  pôle,  dans  les  principales  régions  arctiques, 
en  Amérique  autant  qu’en  Asie  et  en  Eu- 
rope ; 36  n’habitent  que  certains  territoires 
de  cette  zone  et  sont  confinées  au  Spitzberg, 
par  exemple,  au  Groenland  ou  ailleurs. 

La  Laponie  et  l’Islande  ont  un  plus  ou 


moins  grand  nombre  de  nos  plantes  et  les 
voyageurs  parcourant  les  coteaux  et  les 
plaines  de  ces  contrées  y citent  des  tapis 
di  Azalea  procumhens  ; des  pierriers  garnis 
de  Saxifraga  oppositifolia,  de  Silene  acau- 
lis,  qui  n’est  plus  acaule  du  tout  et  dont  les 
fleurs  sont,  au  contraire,  longuement  pédon- 
culées  sous  la  lumière  diffuse  du  soleil  arc- 
tique ; des  gazons  tout  émaillés  des  fleurs 
du  Dryas  octopetala,  du  Trolle  d’Europe 
[Trolluis  europæus),  de  la  petite  Vio- 
lette jaune  {Viola  biflora),  etc.  En  lisant 
les  listes  de  plantes  boréales,  on  croirait 
presque  à une  herborisation  des  Sociétés 
botaniques  suisses  ou  françaises,  revenant 
d’une  excursion  alpine,  tant  il  y a d’ana- 
logie entre  les  deux  végétations. 

Pourtant  il  est  des  espèces,  dans  les  difîé- 


QUELQUES  PLANTES  ARCTIQUES. 


69 


rentes  régions  arctiques  et  boréales,  qui 
appartiennent  en  propre  à ces  contrées  et 
qu’on  ne  retrouve  ni  dans  les  Alpes,  ni  dans 
les  Pyrénées,  ni  dans  aucune  autre  contrée 
plus  au  sud.  Nous  recevons  du  docteur  de 
Lagerheim,  deTromsoë,  actuellement  profes- 
seur de  botanique  à Stockholm,  une  collec- 
tion annuelle  de  graines  qu’il  récolte  dans 
les  régions  glacées  du  Nord-Est,  et  que 
nous  semons  soit  au  jardin  alpin  d’acclima- 
tation à Genève,  soit  à celui  de  la  « Lin- 
næa  » dans  les  Alpes  du  Valais,  et  nous 
sommes  parvenus  à en  élever  la  plus  grande 
partie.  Il  y a aussi  à Kilila,  dans  la  Laponie 
russe  (oasis  de  verdure  perdue  dans  ces 
lieux  stériles),  un  botaniste  suédois  qui  a éta- 
bli un  jardin  alpin,  avec  lequel  nous  échan- 
geons des  graines  depuis  douze  ans  et  qui 
cultive  merveilleusement  les  plantes  des 
Alpes  dont  il  nous  renvoie  des  graines  en 
abondance.  Croirait-on,  par  exemple,  que 
V Androsace  helvetica,  les  Dianthus  neglec- 
tus,  glacialis  et  alpmus,  le  Gentiana 
pujictata  se  sont  vulgarisés  là-bas  à tel 
point  queM.  Silene, lebotaniste  en  question, 
est  obligé  de  lutter  contre  leur  envahis- 
sement ? Ce  Suédois  a beaucoup  étudié  la 
flore  des  contrées  qu’il  parcourt  et  nous 
avons  reçu  de  lui  ce  curieux  Priwula 
^/imarchic«,  Jacq.,  qui  est  un  diminutif  du 
P.  sibirica^  mais  qu’on  a mille  peines  à 
garder  sous  notre  climat  trop  sec. 

Quelques-unes  de  ces  plantes  du  Nord 
sont  remarquables  par  leur  grâce  et  leur 
abondante  floraison  ; c’est  des  plus  caracté- 
ristiques d’entre  elles  seulement  que  nous 
nous  entretiendrons  ici  : 

Le  Diapensia  lapponica,  L.,  est  certai- 
nement la  plus  jolie  de  toutes  ces  plantes. 
C’est  une  petite  touffe  serrée  et  compacte, 
assez  semblable  à un  hémisphère  ou  à 
une  pelote  de  verdure  foncée  et  rougeâtre 
formée  d’une  infinité  de  petites  rosettes  de 
feuilles  épaisses,  coriaces,  glabres,  imbri- 
quées, étroites,  obtuses  et  entières.  L’aspect 
de  la  touffe  rappelle  celui  de  certaines  An- 
drosacées  du  groupe  Aretia  ou  encore  les 
jeunes  touffes  d'Azalea  procumhens,  quand 
elles  croissent  dans  un  sol  pierreux  et  sté- 
rile et  qu’elles  n’ont  pas  de  rameaux  allongés. 
Les  fleurs  sont  d’un  blanc  pur,  relative- 
ment grandes;  elles  sont  nombreuses  et 
presque  sessiles  et  elles  recouvrent  presque 
entièrement  la  touffe  à l’époque  de  leur  flo- 
raison (en  mars-avril  chez  nous).  La  corolle 
est  monopétale,  à cinq  divisions  arrondies 
et  largement  ouverte.  De  Candolle  l’a  sortie 
des  Polémoniacées  pour  en  faire  le  type 


d’une  famille  à part,  celle  des  Diapensia- 
cées,  dont  le  genre  Diapensia  ne  contient, 
d’ailleurs,  que  deux  espèces.  Elle  croît 
dans  les  lieux  rocailleux  et  secs  et  les  voya- 
geurs ne  tarissent  pas  en  éloges  sur  sa 
beauté.  Le  colonel  anglais  Feilden^  a été 
enthousiasmé  chaque  fois  qu’il  a ren- 
contré ces  petites  bosselures  de  fleurs 
blanches  animant  les  corniches  les  plus  sté- 
riles du  Nord.  Lisez  les  rapports  de  War- 
ming  sur  la  végétation  du  Groenland  et 
sur  celle  des  autres  contrées  arctiques,  et 
vous  verrez  combien  est  aimable  cette  fleur 
blanche  des  régions  perdues  dans  les  glaces. 
On  la  trouve  non  loin  de  Tromsoë,  dans  les 
landes  de  Bruyères  et  c’est  elle  qui  égaie  et 
anime  le  sommet  désolé  du  Cap  Nord. 

Sa  seule  congénère  est  le  D.  cunei folia,  Sa- 
lisb.  ou  D.  Banks,  connu  aussi 

sous  le  nom  de  Pyxidanthera  barbulnta, 
Michx.,  qui  croît  dans  les  régions  septen- 
trionales et  boréales  du  continent  améri- 
cain et  qu’on  cultive  depuis  quelques 
années  sur  les  rocailles.  Ses  rameaux  sont 
rampants  et  son  aspect  rappelle  beaucoup 
celui  de  VAzalea  procumbens  ; ses  feuilles 
sont  aiguës,  linéaires,  velues  à leur  base  et 
sa  fleur  est  blanc  pur. 

Ces  deux  plantes  peuvent  se  cultiver  chez 
nous  et  y réussir,  mais  leur  culture  exige 
de  grands  soins.  Il  leur  faut  un  sol  léger, 
sablonneux,  mélangé  de  cailloux  granitiques 
(elles  ont  horreur  de  la  chaux)  et  il  leur 
faut,  dans  une  rocaille  granitique,  une 
niche  sèche  et  une  place  bien  ensoleillée, 
quoiqu’elles  réclament  une  atmosphère 
humide,  le  soleil  trop  ardent  de  nos  climats 
brûlant  leur  feuillage.  Le  mieux,  comme  sol, 
est  d’avoir  un  compost  de  terre  de  bruyère 
et  de  sable  granitique.  Nous  avons  admira- 
blement réussi  l’espèce  européenne  dans  du 
sphagnum  et  nous  en  avions,  en  mars  et 
avril  derniers,  de  très-belles  touffes  entière- 
ment recouvertes  de  fleurs.  Quant  à l’espèce 
américaine,  il  est  plus  difficile  de  la  con- 
server ; nous  n’avons  jamais  pu  l’avoir  en 
fleurs.  Sans  doute  cela  tient  à la  trop  forte 
proportion  de  chaux  contenue  dans  l’eau 
d’arrosage  de  Genève  (8  7o).  En  Angleterre 
et  dans  l’Ouest  de  la  France,  on  doit  pouvoir 
la  cultiver. 

Les  graines  de  Diapensia  sont  très- 
longues  à germer;  nous  en  avons  eu  qui 
ont  mis  18  mois  avant  de  lever. 

Une  des  plus  gracieuses  Campanules  étale 

‘ On  trouve  ses  rapports  dans  les  Transactions 
of  the  Norfolk  andNorwich  Naluralist’s  Soeiehj^ 


70 


QUELQUES  PLANTES  ARCTIQUES. 


ses  gaies  fleurettes  bleu-lilas  aux  rayons  du 
soleil  arctique;  c’estle  Campanulauniflora, 
L.,  qu’il  nefaut.pas  confondre  avec  la  variété 
uniflore  du  C.  ro  lundi  folia.  C’est  un  petit 
végétal  aux  feuilles  glabres,  presqu’entières, 
les  inférieures  obovées  et  pétiolées,  les  supé- 
rieures linéaires,  à la  tige  grêle,  courte  et 
uniflore,  à la  corolle  allongée  et  à la  fleur 
penchée  vers  le  sol.  Elle  fleurit  chez  nous 
en  mai-juin  et  réclame  une  niche  ensoleillée 
dans  la  rocaille  avec  un  sol  léger,  sableux  et 
drainé.  En  hiver,  il  lui  faut  le  sec,  car  son 
rhizome  pourrit  très-facilement.  On  l’élève 
aisément  de  semis. 

Le  genre  Epilohium  est  très-répandu 
dans  les  régions  glacées  du  globe;  aussi 
n’est-il  pas  surprenant  d’en  trouver  de 
nombreux  représentants  dans  le  Nord. 
Le  plus  beau  est  VE.  latifolium,  L., 
que  les  Anglais  cultivent  comme  plante 
vivace  dans  leurs  bordures,  mais  qui,  chez 
nous,  est  facilement  attaqué  par  un  insecte 
ennemi  des  Epilobes.  C’est  une  délicieuse 
petite  plante  au  feuillage  vert  foncé  à reflets 
bleuâtres  et  métalliques,  formant  une  toufîe 
naine  et  étalée,  aux  fleurs  grandes,  d’un 
beau  rose  carmin,  s’épanouissant  de  juillet 
en  septembre  et  Tune  des  plus  jolies  d’entre 
les  plantes  de  rochers.  Il  lui  faut  le  nord,  une 
bonne  niche  profonde,  un  sol  riche  et  po- 
reux. On  la  multiplie  d’éclats  et  de  semis. 

Dans  les  régions  boréales  de  l’Amérique, 
cet  Epilobe  anime  les  pierriers  et  les  lieux 
stériles  et  les  voyageurs  assurent  qu’il  y 
remplace,  comme  coloration  du  paysage,  le 
Rhododendron  des  Alpes. 

Notre  Dryade  alpine  abonde  dans  les  ré- 
gions circumpolaires.  Mais  dans  le  Labrador, 
le  Groenland  et  la  Sibérie  boréale,  on  la  ren- 
contre sous  une  forme  très-distincte,  le  Dryas 
integ  ri  folia,  Vabl  (ou  D.  tenella,  Pursh). 
Ici,  la  feuille  est  étroite  et  non  dentelée,  de 
forme  aiguë  et  colorée  à sa  base.  La  fleur 
est  plus  petite  que  chez  l’espèce  alpine, 
et  son  port  plus  ramassé.  C’est  une  jolie 
espèce  de  rocailles  qui  fleurit,  chez  nous, 
en  mai-juin  et  qui  aime  le  demi-soleil  et  un 
sol  spongieux. 

Dans  le  Nord,  les  Ronces  n’affectent  point, 
comme  chez  nous,  des  formes  rébarbatives 
et  n’offrent  pas  de  grands  sarments  épi- 
neux. Ce  sont  de  tout  petits  arbrisseaux 
nains  et  rampants,  à la  souche  stolonifère 
et  à la  tige  grêle,  à peine  haute  de  5 à 
6 centimètres.  La  plus  jolie  est  le  Ruhus 
arcticus,  L.,  à la  fleur  carmin  vif,  au  centre 
blanc  et  au  feuillage  rougissant  à l’automne. 
Son  fruit  est  une  Framboise  au  parfum  et 


au  goût  exquis,  dont  les  Norvégiens  et  les 
Finlandais  font  de  délicieuses  confitures  et 
sirops.  Les  Lapons  recueillent  ces  fruits 
avec  le  plus  grand  soin  et  en  font  une  limo- 
nade rafraîchissante.  Les  peuples  septen- 
trionaux, dont  c’est  la  Framboise,  les  con- 
servent longtemps  sous  la  neige.  Le  Ruhus 
Chamæmorus,  L.,  a une  grande  fleur 
blanche  et  son  fruit  est  également  comes- 
tible. Il  abonde,  ainsi  que  son  congénère, 
dans  toutes  les  régions  septentrionales  de 
l’Europe  et  de  l’Amérique.  Ces  deux  ronces 
aiment  un  sol  poreux  et  frais  et  le  mi- 
soleil. 

Le  Pavot  d’Islande  {Papaver  nudi- 
caule,  L.)  est  assez  connu  pour  qu’il  ne 
soit  pas  nécessaire  de  le  décrire  ici.  C’est 
la  forme  arctique  du  Pavot  alpin  et  l’hor- 
ticulture, qui  s’en  est  emparée  depuis 
longtemps,  en  a obtenu  un  certain  nombre 
de  formes  et  variétés. 

La  Saxifrage  du  Nord  {Saxifraga  nivalis, 
L.)est  une  curieuse  plante  à feuilles  épaisses, 
coriaces,  rougeâtres  en  dessous,  formantune 
grande  rosette  du  centre  de  laquelle  s’élève 
une  hampe  de  fleurs  blanches,  haute  de  5 
à 10  centimètres.  Elle  s’élève  avec  facilité 
de  semis,  et  réussit  au  frais  et  à l’ombre  ou 
à demi  - ombre.  La  plus  jolie  des  Saxi- 
frages arctiques  est  <S.  flagellaris,Wi\\d., 
aux  petites  rosettes  de  feuilles  ciliées,  aux 
fleurs  jaune  vif.  Elle  aime  le  rocher  et  le 
soleil. 

Il  existe,  dans  toutes  les  zones  boréales, 
toute  une  flore  sous-arborescente  apparte- 
nant aux  Ericacées  ou  aux  Vacciniées.  Ces 
plantes  sont  à ces  régions  désolées  ce  que  la 
Rose  des  Alpes  {Rhododendron  ferrugi- 
neum)  est  à nos  hautes  montagnes  ; c’est  la 
teinte  chaude  dans  la  palette  du  grand 
artiste  qui  a fait  ce  tableau.  Les  feuilles  de 
Vaccinium  rougissent  à l’automne  et  don- 
nent au  paysage  ces  teintes  dorées  et 
orangées  que  nous  aimons  à admirer,  en 
octobre,  dans  les  bois  montagneux.  Les 
fleurs  du  Rhododendron  lapponieum, 
Wahlenb.,  celles  des  Bruyères,  des  Phyllo- 
doce,  des  Andromèdes  et  des  Ledum  sont 
aussi  variées  dans  leurs  teintes  qu’élégantes 
dans  leurs  formes.  L’une  de  ces  plantes  est 
plus  particulièrement  remarquable  en  ce 
qu’elle  forme  des  touffes  de  verdure  som- 
bre, en  petites  colonnettes  dressées  et  tétra- 
gones  composées  d’une  infinité  de  feuilles 
minuscules  et  imbriquées  et  qui  portent 
une  guirlande  de  petites  clochettes  du  blanc 
le  plus  pur,  est  V Andromeda  tetragona, 
L.  {Cassiope  tetragona,  Don).  On  la  cultive 


CORRESPONDANCE. 


71 


dans  la  tourbe  ou  la  terre  de  bruyère 
fibreuse,  au  nord. 

Le  Rhododendron  lapponicwm  est  un 
charmant  petit  arbrisseau,  à peine  haut  de 
20  centimètres,  aux  feuilles  petites,  ellip- 
tiques, obtuses  et  d’un  vert  grisâtre,  aux 
fleurs  d’un  beau  rose  carmin.  On  le  ren- 
contre en  colonies  nombreuses  dans  la  La- 
ponie d’Europe,  le  Groenland  et  les  mon- 
tagnes de  l’Amérique  septentrionale.  Il  lui 
faut  la  terre  de  bruyère  et  une  position  mi- 
ombragée. 

Les  Gentianes  sont  moins  répandues 
dans  le  Nord  que  dans  les  Alpes,  et  les 
seules  espèces  caractérisques  sont  des 
plantes  annuelles.  Le  Gentiana  verna  y 
abonde  et  y affecte  plusieurs  formes.  Quant 


iV°  177S  {Seine).  — Lé  bois  est  assurément 
préférable  au  fer  pour  la  construction  d’une 
tonnelle,  fût-elle  d’une  longueur  de  50  mètres 
comme  celle  que  vous  désirez  établir,  sans 
parler  de  l’aspect  de  la  construction  au  point 
de  vue  pittoresque  qui  nous  fait  préférer  le 
bois.  Vous  avez  raison  de  supposer  que  le  fer 
peut  avoir  des  inconvénients  pour  les  plantes 
en  cas  de  grand  froid.  Il  en  aurait  aussi  dans 
les  grandes  chaleurs.  Le  fer  s’échauffe  et  se 
refroidit  plus  vite  et  beaucoup  plus  que  le  bois. 
Quant  au  palissage,  il  s’opère  toujours  au- 
dessus  du  support,  de  manière  que  le  cep  soit 
entièrement  soumis  aux  influences  atmosphé- 
riques nécessaires  à sa  végétation.  (H.  D.) 

5881  {Belgique}.  — Vous  nous  écrivez  : 
« J’ai  fait  établir  des  couches  avec  trois  tuyaux 
de  thermosiphon  passant  à 10  du  sol.  Au- 
dessus  de  ces  tuyaux,  j’ai  fait  placer  un  gril- 
lage en  fil  de  fer,  soutenu  par  des  fers  à T, 
scellés  dans  la  maçonnerie.  Sur  ce  grillage, 
j’ai  fait  poser  une  couche  de  scories  pour  en 
boucher  les  interstices  ; et  ces  scories  sont  re- 
couvertes d’une  épaisseur  de  terreau  de  0“  20 
environ.  » Et  vous  nous  demandez  si,  au  point 
de  vue  de  la  multiplication,  vous  obtiendrez 
d’aussi  bons  résultats  qu’avec  des  couches  de 
fumier.  Evidemment  oui,  et  ly.ême  de  meil- 
leurs, étant  donné  qu’on  peut,  avec  le  thermo- 
siphon, régler  à son  gré  la  production  et  la 
durée  de  la  chaleur.  L’essentiel  est,  dans  ce 
système  comme  dans  tout  autre,  que  les  bou- 
tures soient  repiquées  le  plus  près  possible  du 
verre. 

Quant  au  degré  de  chaleur  de  fond  néces- 
saire à la  multiplication  des  plantes  que  vous 
nous  indiquez,  telles  que  Géraniums,  Lohélias, 
Bégonias,  etc.,  il  varie  selon  les  sortes  de 
plantes,  selon  leur  état,  et  bien  entendu  selon 
la  température  extérieure.  D’une  manière  géné- 


aux  Primevères,  il  en  est  plusieurs  de  très- 
gracieuses;  telles  sont  les  Primula  stricta, 
îioYnem . , sihirica , finmarchica,  Jacq.  Ces 
deux  dernières  ont  des  fleurs  d’un  blanc  li- 
lacé  ou  bleuâtre  et  la  première  est  d’un 
rose  carmin. 

Les  plantes  arctiques  ont  leur  place  'dans 
les  rochers  et  les  jardins  alpins.  Il  y a chez 
elles  un  air  de  fraîcheur  et  de  délicatesse 
qui  les  rend  précieuses  aux  amateurs  de 
jolies  choses.  Et  sur  ces  enfants  du  Nord 
qui  répandent  autour  d’eux  une  poésie  spé- 
ciale semblent  planer  les  génies  mystiques 
des  légendes  des  pays  glacés.  On  les  aime 
encore  pour  toutes  ces  raisons. 

H.  CORREVON. 


raie,  on  peut  fixer  les  maxima  et  minima  de 
chaleur  de  fond,  de  la  manière  suivante  : 

10  Pélargoniums  zonés  (Géraniums),  Hélio- 
tropes, Fuchsias,  Verveines,  Agératums,  An- 
thémis, etc.,  minimum  8<>,  maximum 
-f  12°. 

2o  Bégonias  florifères  (B.  semperflorens, 
Eernon,  versaliensis,  Schmidtii,  ascottiensis, 
Laura,  etc.),  semis  et  repiquages  de  Centaurée 
blanche,  Lobélias,  Pyrèthre  doré,  etc.,  mini- 
mum -j-  10°,  maximum  -f-  15°. 

3°  Achyranthes , Coleus,  Alternanthera, 
etc.,  minimum  -f-  15®,  maximum  -j-  18o. 

11  est  bien  entendu  que  cela  s’entend  pour  la 
reprise  seulement,  car  il  faut  ensuite  aérer 
progressivement  pour  habituer  les  plantes  à 
une  température  normale  extérieure  d’envi- 
ron -E  lOo.  — (H.  D.) 

No  4002  {Vienne).  — Il  ne  faut  tailler  les 
Lauriers,  Buis,  Fusains  et  autres  arbres  à 
feuilles  persistantes,  ni  en  plein  été,  ni  en 
plein  hiver.  Dans  le  premier  cas,  les  extré- 
mités des  rameaux  et  les  feuilles  rognées  se 
desséchent;  dans  le  second  cas,  les  brusques 
dégels  par  coups  de  soleil  peuvent  aussi  les 
brûler.  Les  meilleures  saisons  sont  donc  l’au- 
tomne et  le  printemps,  et  les  meilleurs  temps, 
les  temps  couverts  ou  pluvieux.  Au  printemps, 
on  fait  suivre  les  coupes  de  copieux  ariose- 
ments.  Mais  si  l’on  s’aperçoit  que,  malgré  ces 
précautions,  les  feuilles  en  partie  coupées  jau- 
nissent, par  suite  d’une  action  solaire  subsé- 
quente à la  taille,  il  faut  mouiller  abondam- 
ment le  feuillage  le  soir  dès  que  le  soleil  ne 
donne  plus  dessus,  soit  par  des  seringages, 
soit  par  des  arrosements  à la  lance.  — (H.  D.) 

P.  B.  {Somme).  — Le  Bégonia  versaliensis 
se  multiplie  plutôt  par  boutures  que  par  se- 
mis, mais  vous  en  trouverez  des  graines  chez 


72 


CORRESPONDANCE. 


M.  Urbain,  42,  rue  de  Sèvres,  à Clamart 
(Seine)  ; chez  M.  Vacherot,  53,  rue  de  Paris,  à 
Boissy-Saint-Léger  (Seine-et-Oise),  et  chez 
MM.  Le  Goutteux,  à Igny  (Seine-et-Oise),  hor- 
ticulteurs qui  récoltent,  en  vue  d’en  obtenir 
des  races  nouvelles,  des  Bégonias  florifères. 

- (H.  D.) 

No  3029  {Aisne).  — Les  soins  à donner 
aux  Cycas  dépendent  de  leur  espèce.  Les  deux 
espèces  les  plus  répandues  sont  le  C.  revoluta 
et  le  C.  circinalis.  Le  premier  se  distingue  du 
second  par  ses  feuilles  plus  étroites  et  roulées 
en  dehors  en  crosse  à leur  extrémité  ; ses 
folioles  sont  courtes,  étroites  et  piquantes, 
mais  son  pétiole  commun,  anguleux  est  à 
peine  épineux  à la  base.  Il  est  de  serre  froide  ; 
cependant  il  réclame  de  la  chaleur  de  fond  au 
moment  du  départ  de  la  végétation.  Le  C.  cir- 
cinalis est  de  serre  chaude.  Il  lui  faut  de  l’air 
saturé  d’humidité.  Quelle  que  soit  l’espèce  du 
Cycas  que  vous  possédez,  si  l’extrémité  des 
folioles  blanchit,  c’est  un  indice  du  manque 
d’humidité  de  l’atmosphère  dans  laquelle  il  est 
placé,  ou  de  l’action  trop  directe  des  rayons 
solaires,  et  peut-être  bien  des  deux. 

La  culture  du  Cyclamen  de  Perse  a été 
donnée  l’année  dernière  dans  la  Revue  hor- 
ticole (n®  du  16  février,  page  86).  Vous  n’avez 
qu’à  vous  reporter  à cet  article  très-complet 
de  M.  Girard,  il  vous  suffira  parfaitement. 
Nous  ne  connaissons  pas  d’ouvrage  spécial  sur 
les  Cyclamens.  — (H.  D.). 

V.  P.  { Buenos- Air( S).  — Un  supplément 
du  catalogue  descriptif  des  fruits  adoptés  par 
le  Congrès  pomologique  de  France  a été  pu- 
blié il  y a cinq  ou  six  ans.  On  peut  se  le  pro- 
curer en  le  demandant  à MM.  Gusin  et  Gui- 
chard, 8,  rue  Octavio  IMay,  à Lyon  (Rhône). 

— Le  prix  du  catalogue  descriptif  est  de  6 fr., 
celui  du  supplément  est  de  3 fr.  50. 

Ch.  C.  {Seine- et- Oise).  — Les  racines  de 
voti  e Pêcher  sont  couvertes  de  filaments  blancs 
consititués  par  un  mycélium  feutré  en  cordons, 
qui  constituent  ce  que  Pon  appelle  des  Fibril- 
laria,  et  qui  appartiennent  vraisemblablement 
à un  polypore.  Cette  forme  se  rencontre  fré- 
quemment sur  les  racines  des  arbres  mortes 
ou  malades  ; on  ne  la  voit  pas  sur  les  racines 
bien  vivantes.  Elle  n’est  donc  pas  la  cause  de 
la  mort  de  votre  Pêcher.  — (L.  M.) 


Catalogues  reçus 

J.-B.  Allemand,  successeur  de  R.  Sautel, 
avenue  de  la  Gare,  à Salon  (Bouches-du-Rhône).  — 
Chrysanthèmes  hybrides  à grandes  fleurs,  nouveau- 
tés pour  1897. 

Baltet  frères,  Charles  Baltet>  directeur 
des  pépinières  de  Croncels  à Troyes  (Aube).  — 
Arbres  fruitiers,  forestiers  et  d’ornement  ; arbres 
toujours  verts,  arbustes  grimpants  et  rampants, 


Rosiers;  plantes  vivaces,  fleuries  et  d’appartement; 
Fraisiers,  Asperges,  graines  et  ognons  à fleurs. 

Boucher  (Georges),  164,  avenue  d’Italie, 
Paris.  — Arbres  fruitiers  formés  et  non  formés; 
arbres  et  arbustes  d’ornement,  conifères.  Rosiers, 
Clématites  et  autres  plantes  grimpantes  ; Rhodo- 
dendrons, Pivoines,  Asters  et  autres  plantes 
vivaces. 

Bredemeier  et  Drege,  à Pallanza  (Italie).  — 
Graines  potagères,  de  fleurs  et  de  Palmiers; 
graines  et  jeunes  plantes  de  Musa  Ensete. 

E.  Galvat,  propriétaire-semeur  à Grenoble 
(Isère).  — Chrysanthèmes  ; nouveautés  pour  1897, 
nouveautés  de  1896,  nouveautés  méritantes  de- 
puis 1892. 

Chantrier  (Alfred),  jardinier-chef  casa  Cara- 
doc,  à Bayonne  (Basses-Pyrénées).  — Chrysan- 
thèmes japonais  à grandes  fleurs,  nouveautés 
pour  1897. 

Chatenay  (Abel),  1,  rue  Saint-Aubin,  à Vitry- 
sur-Seine  (Seine).  — Catalogue  des  Lilas  spéciale- 
ment cultivés  dans  l’établissement  ; variétés  nou- 
velles ; Lilas  et  plantes  diverses  préparées  pour  le 
forçage. 

Ghouvet,  16,  rue  Etienne-Marcel,  Paris.  — 
Graines  potagères,  fourragères,  d’arbres,  déplantés 
de  serre  et  d’orangerie  et  de  fleurs;  ognons  à fleurs; 
Rosiers,  arbres  fruitiers.  Saintpaulia  ionantha- 
rubra. 

Délaux  (Simon),  à Saint-Martin-du-Touch,  près 
Toulouse  (Haute-Garonne)  — Chrysanthèmes, 
nouveautés  pour  1897  ; Chrysanthèmes  à grandes 
fleurs  et  nains  précoces  ; Abutilons  nouveaux,  Pélar- 
goniums  zonés,  Héliotropes,  Dahlias,  Verveines. 

De  Reydellet,  à Valence  (Drôme).  — Chry- 
santhèmes, nouveautés  pour  1897  ot  choix  de  va- 
riétés ; Dahlias  et  Cannas. 

Haage  et  Schmidt,  à Erfurt  (Allemagne).  — 
Graines  potagères,  de  plantes  économiques  et  offi- 
cinales ; graines  potagères,  fourragères  de  plantes 
économiques  et  officinales;  graines  d’arbres  et  de 
fleurs.  Nouveautés  de  graines  de  fleurs  et  de 
légumes  pour  1897. 

Héraud  (Jean),  villa  Brimborion,  Pont  d’Avi- 
gnon (Gard).  — Chrysanthèmes,  nouveautés  pour 
1897  et  de  1896. 

Nonin  (Auguste),  20,  avenue  de  Paris,  à Châ- 
tillon-sous-Bagneux  (Seine).  — Chrysanthèmes  à 
grandes  fleurs,  nouveautés  pour  1897,  et  choix  des 
meilleures  variétés  classées  par  coloris.  Chrysan- 
thèmes duveteux,  chevelus  et  à floraison  précoce. 
Cyclamens,  Pélargoniums  zonés.  Dahlias,  Cannas, 
Fuchsias,  (Eillets,  Ancolies  hybrides. 

Rivoire  père  et  fils,  16,  rue  d’Algérie,  à 
Lyon.  — Nouveautés  potagères  et  de  fleurs 
pour  1897.  Graines  potagères,  fourragères  et  de 
fleurs.  Fraisiers,  Pommes  de  terre.  Bégonias  tubé- 
reux.  Ognons  à fleurs.  Cannas,  Dahlias,  Clématites, 
Rosiers,  Arbres  fruitiers.  Plantes  diverses. 

Vilmorin-Andrieux  et  Gie,  4,  quai  de  la 
Mégisserie,  Paris.  — Graines  potagères,  fourra- 
gères et  de  fleurs  ; graines  de  céréales,  de  plantes 
économiques  et  officinales  ; graminées  pour  prés 
et  gazons;  graines  d’arbres  et  de  vignes  ; plants  de 
Fraisiers  et  de  Pommes  de  terre.  Dahlias,  Cannas, 
Chrysanthèmes,  Ognons  à fleurs. 

Supplément  spécial  aux  nouveautés  potagères  et 
de  fleurs  ; céréales  nouvelles  ; Cannas  et  Chrysan- 
thèmes nouveaux. 


Oriéan.-^.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur- Gérant  t L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


73 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

L’Œuvre  pomologique  de  la  Société  d’horticulture  de  la  Seine-Inférieure.  — L’enseignement  horticole 
à Kew.  — La  nouvelle  serre  de  Sefton  Park,  — Récapitulation  des  Rosiers  nouveaux  de  1896.  — 
École  d’horticulture  de  Genève.  — Contribution  à l’histoire  du  Chrysanthème.  — Culture  hivernale 
de  Y Adiantum  Capillus-Veneris.  — Insectes  nuisibles  et  utiles  au  Chrysanthème.  — Reine-Marguerite 
aurea.  — Cyclamen  de  Perse  à fleurs  cristées.  — Le  club  du  Poireau.  — Ouvrages  reçus.  — Expositions 
annoncées.  — Section  scientifique  de  l’Exposition  générale  d’horticulture  de  Hambourg  en  1897.  — 
Nécrologie  : M.  Jordan. 


‘ L’Œuvre  pomologique  de  la  Société 
d’horticulture  delà  Seine-Inférieure.  — 

A l’Exposition  nationale  et  coloniale  de 
Rouen,  la  Société  d’horticulture  de  la 
Seine-Inférieure  a obtenu  un  grand  prix. 
A ce  propos,  son  Président  a publié,  sous  le 
titre  ci-dessus,  un  exposé  général  de  l’en- 
semble des  travaux  de  la  Société  depuis 
1836  jusqu’à  ce  jour. 

Les  plus  considérables,  parmi  ces  travaux, 
sont  assurément  la  création  d’un  verger- 
école  en  1887  ; l’identification  exacte  d’un 
grand  nombre  de  variétés  de  Pommiers  à 
cidre,  et  la  diffusion  des  meilleures  variétés 
dans  les  diverses  régions  de  la  France  de- 
puis 1887. 

Le  verger-école  renferme  aujourd’hui  une 
collection  de  fruits  de  pressoir  dont  les  va- 
riétés les  meilleures,  authentiques  et  bien 
distinctes,  sont  énumérées  dans  la  brochure. 
On  en  compte  122  pour  le  Pommier  et  13 
pour  le  Poirier. 

De  1887  à 1890,  plus  de  10,000  greffes 
ont  été  distribuées  à 778  personnes  ou  asso- 
ciations, à charge,  par  elles,  de  faire  con- 
naître leurs  observations  et  les  résultats  ob- 
tenus. Au  dernier  Congrès,  138  réponses 
étaient  parvenues  d’un  grand  nombre  de 
départements. 

Cette  grande  enquête  se  continuera  par 
les  renseignements  que  l’on  aura  sur  les 
greffes  distribuées  de  1891  à 1896.  Elle  ne 
pourra  que  contribuer  puissamment  à 
l’extension,  dans  les  campagnes,  de  l’un  des 
meilleurs  éléments  de  notre  prospérité 
nationale. 

L’enseignement  horticole  à Kew.  — 

En  ce  moment  où  il  se  fonde  en  France,  en 
Belgique  et  en  Hollande,  plusieurs  écoles 
d’horticulture,  il  peut  être  intéressant  de 
jeter  un  coup  d’œil  sur  la  manière  dont 
est  compris,  aux  jardins  royaux  de  Kew, 
l’enseignement  horticole. 

Tout  d’abord,  parmi  les  conditions  d’ad- 
mission imposées  aux  candidats,  on  exige 
qu’ils  aient  au  moins  cinq  ans  de  pratique 
dans  un  établissement  horticole.  En  hiver, 
la  Kew  Gardener’s  mutual  Improvement 

16  Février  1897. 


Society  convoque  les  élèves  une  fois  par 
semaine  en  assemblée.  Chaque  séance  a 
pour  but  l’étude  en  commun,  sous  la  prési- 
dence du  jardinier  en  chef,  M.  Watson,  de 
sujets  horticoles.  Certains  élèves  sont  préa- 
lablement désignés  à cet  effet,  pour  déposer 
des  rapports,  qui  sont  lus  publiquement 
par  les  auteurs  puis  critiqués  par  les  audi- 
teurs. 

Il  y a là  un  excellent  moyen  de  forcer 
l’attention  des  esprits  un  peu  paresseux,  et, 
en  tout  cas,  de  donner  à tous  les  élèves 
des  habitudes  de  réflexion  et  d’observation. 

La  nouvelle  serre  de  Sefton  Park.  — 

La  ville  deLiverpool  vient  d’être  dotée  d’une 
magnifique  serre  à Palmiers  par  la  muni- 
ficence de  M.  Yates  Thompson. 

Cette  construction  placée  dans  Sefton 
Park,  a coûté  plus  de  deux  cent  cinquante 
mille  francs.  Il  est  question  de  l’éclairer  à 
la  lumière  électrique.  L’ornementation  de 
ce  jardin  d’hiver  est  due  à MM.  Veitch  et  fils. 

Récapitulation  des  Rosiers  nouveaux 
de  1896.  — Il  pourra  être  utile  de  signaler 
à nos  lecteurs,  avant  les  plantations  prin- 
tanières, les  nouveautés  de  roses  dont  notre 
confrère,  le  Journal  des  Roses,  a donné  la 
nomenclature  avec  le  nom  de  leurs  obten- 
teurs. 

V Par  MM.  Lévêque  et  fils,  à Ivry-sur- 
Seine  : 

Grande- duchesse  Olga  (thé).  — Fleur  blanc 
crème,  grande,  bien  faite. 

Impératrice  Alexandra  Feodorovna  (thé). 
— Jaune  cuivré  clair,  ombré  de  carminé,  centre 
pêche. 

Baron  Raoul  Chandon  (hybr.  rem.).  — 
Vermillon  nuancé  de  brun. 

Comte  de  Montehello  (hybr.  rem.).  — Issu 
du  Victor  Verdier  ; rouge  cerise  brillant. 

Comtesse  de  Greffulhe  (hybr.  rem.).  — 
Rouge  brun  nuancé  vermillon. 

Comtesse  Renée  de  Béarn  (hybr.  rem.).  — 
Carmin  pourpre  nuancé  feu. 

2»  Par  M.  Ghauvry,  à Bordeaux  : 

Raoul  Chauvry  (thé). — Issu  du  Madame  Lom- 
bard; jaune  cuir  nuancé  cuivre  et  chamois. 


4 


74 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Madame  Désir-Vincent  (thé).  — Issu  du 
Madame  Levet\  jaune  de  chrome  foncé,  à 
centre  saumoné  et  à revers  rosé.  Obtention  de 
M.  Paul  Marqueton. 

Louis  Puyravaud  (Noisette).  — Issu  du 
Rêve  d'or;  fleur  grande,  jaune  canari  passant 
au  blanc  jaunâtre.  Obtention  de  M.  J.  Puyra- 
vaud. 

Marquis  de  hagarde  (thé).  — Issu  de  Marie 
Vaii  Houtte;  rouge  violacé  au  printemps,  rose 
foncé  à l’automne;  revers  sanguinolents  ; très- 
Üorifère. 

3°  Par  M.  Corbœuf-Marsault,  à Orléans  : 

Monseigneur  Touchet  (thé).  — Issu  du 
Niphetos  X Madame  Chédane-Guinoisseau. 
Boutons  du  Niphetos  ; fleur  blanc  crème. 

4°  Par  M**'®  veuve  Schwartz,  7,  route  de 
Vienne,  à Lyon  : 

Duc  de  Caylus  (thé).  — Issu  de  Luciole  X 
Beauté  Inconstante.  Grands  pétales  souvent 
roulés  en  cornets;  carmin  foncé  lavé  jaune  et 
crème. 

Madame  de  Moidrey  (thé).  — Rose  carmin 
à centre  foncé  et  vif. 

Mademoiselle  Anna  Charron  (thé).  — Issu 
de  Kaiserin  Augusta  Victoria  X Luciole. 
Longs  pédoncules,  souvent  solitaires.  Pétales 
repliés  en  pointes.  Crème  teinté  et  liseré  car- 
min, à centre  rose  tendre.  Bonne  variété  pour 
la  fleur  coupée. 

Mademoiselle  Germaine  Molinier  (thé).  — 
Abricot  lavé  rose  de  Chine,  et  s’éclairant  de 
blanc  crème  à la  périphérie. 

Mademoiselle  Marie-Thérèse  Molinier  (thé). 
— Issu  de  Madame  Chédanne-Guinoisseau  X 
Madame  Laurette  Messimy.  Fleur  de  Pêcher 
sur  fond  jaune,  passant  au  rose  satiné  nuancé 
crème. 

5“  Par  MM.  Williann  Paul  et  fils  : 

Enchantress  (thé).  — Fleur  globuleuse,  blanc 
crème  avec  centre  un  peu  fauve. 

QueenMah  {Û\é).  — Abricot  ombré  d’oVange, 
revers  rose  violacé. 

6°  Par  M.  Pernet-Ducher,  à Montplaisir- 
Lyon  : 

Madame  Gadeau-Ramey  (hybr.  de  thé).  — 
Pédoncule  fet  uie,  fleur  grande,  rose  carné  à 
onglet  nusMipaé  de  jaune.  Bonne  variété  pour 
culture  sou»  xrerre. 

FerdinaKi  Jamin  (hybr.  de  thé).  — Rose 
carminé  nuancé  de  saumon,  dans  le  genre  du 
Madame  Ahel  Chatenay,  mais  à fleur  plus 
'grande. 

Ferdinand  Batel  (hyb.  de  thé).  — Coloris 
ehan^eant,  variant  du  carné  tendre  au  nankin 
orangé.  Variété  propre  à la  culture  sous  verre. 

7“  Par  MM.  Nabonnand  frères,  au  Golfe 
Juan  (Alpes-Maritimes)  : 

Amélie  Pollonnais  (thé).  — Rose  tendre 


glacé,  centre  rose  de  Chine  brillant;  beau  bou- 
ton. Plante  vigoureuse. 

Fanny  Stolwerck  (thé).  — Jaune  saumoné 
nuancé  de  rose  pêche  et  à reflets  cuivre  ; beau 
bouton  carmin  cuivré.  Plante  très-vigoureuse 
et  sarmenteuse. 

Madame  Grenville  Gore  Langton  (thé).  — 
Feu  cuivré  à centre  laque  carminée,  bouton 
carmin  cuivré.  Plante  vigoureuse,  sarmenteuse 
et  florifère. 

Valentine  Altermann  (thé).  — Blanc  pur. 
Sarmenteuse  et  très-vigoureuse. 

Marie  Wolkoff  (Bengale  issu  du  Bengale 
Nabonnand).  — Cramoisi  velouté  reflété  de 
rubis.  Bouton  allongé.  Plante  floribonde. 

Wasiii  Chludoff  {noiseüe).  — Rose  cuivré 
brillant.  Bouton  allongé,  carmin  doré.  Plante 
sarmenteuse,  à aiguillons  forts. 

8®  Par  M.  F.  Dubreuil,  146,  route  de 
Grenoble,  à Lymn  : 

Général  Billot  (thé).  — Coloris  nettement 
tricolore  : amarante  violacé  extérieurement, 
reflet  améthyste,  centre  cramoisi  pourpre. 
Pétales  extérieurs  très-grands;  ceux  du  centre 
petits.  La  disposition  de  la  fleur  lui  donne 
l’aspect  de  deux  roses  différentes  emboîtées 
l’une  dans  l’autre. 

Perle  des  Rouges  {R.  polyantha  nain).  — 
Fleurs  en  corymbe  se  succédant  jusqu’aux 
gelées,  cramoisi  velouté  à reflets  cerise  vif. 

École  d’horticulture  de  Genève.  — 

L’École  cantonale  d’horticulture  de  Genève 
recommencera  le  1®*'  mai  une  nouvelle  an- 
née scolaire.  Les  parents  qui  désirent  que 
leurs  enfants  profitent  de  cette  utile  institu- 
tion devront  les  faire  inscrire  d’ici  au 
30  avril  à la  direction  de  l’École  de  Châte- 
laine (Genève).  Pour  se  faire  inscrire,  il  faut 
être  âgé  de  quinze  ans  et  demi  au  moins  et 
justifier  d’une  bonne  instruction  primaire. 
Le  Directeur  fournira  sur  demande  les  con- 
ditions d’admission,  le  programme  et  tous 
les  renseignements  complémentaires.  ^ 

Contribution  à l’histoire  du  Chrysan- 
thème. — L’année  dernière,  notre  collabo- 
rateur, M.  G.  Bellair,  dans  un  article  inti- 
tulé « Restitution  au  Japon  » rappelait 
qu’au  xvnF  siècle,  Thunberg  constata  qu’au 
Japon,  la  culture  du  Chrysanthème  était 
déjà  fort  en  honneur.  Il  paraît,  d’après  ce 
que  rapporte  notre  confrère,  la  Revue  de 
V horticulture  belge  et  étrangère.,  qu’au 
XVII®  siècle,  l’image  d’un  Chrysanthème 
figure  sur  le  sabre  d’un  Mikado  qui  régnait 
vers  l’an  1186. 

Le  Japon  européanisé  d’aujounriiui  nous 

< Revue  horticole,  1896,  n»  12. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


75 


dévoilera  peut-être  d'ici  peu  l’histoire  com- 
plète de  la  fleur  qui  fait,  depuis  de  longs 
siècles,  la  gloire  de  son  horticulture. 

Culture  hivernale  de  l’Adiantum 
Capillus-Veneris.  — Cette  plante,  commu- 
nément appelée  « Cheveux  de  Vénus»,  est 
l’une  des  Fougères  les  plus  charmantes  et 
les  plus  rustiques  que  l’on  puisse  introduire 
l’hiver  dans  les  appartements.  Le  malheur 
est,  qu’en  cette  saison,  elle  est  la  plupart  du 
temps  privée  de  son  activité  végétative. 

Voici,  d’après  la  Bevue  de  V horticulture 
belge  et  étrangère^  un  excellent  procédé 
pour  obtenir,  en  plein  hiver,  des  Adian- 
tum garnis  de  nombreuses  frondes  d’un 
vert  gai  : 

« Il  faut,  quand  on  s’aperçoit  de  l’état  de 
torpeur  de  la  plante,  couper  rez-terre  toutes 
les  frondes,  laisser  reposer  les  sujets  en 
serre  tempérée-froide  une  quinzaine  de 
jours,  puis  les  placer  en  pleine  lumière  et 
en  serre  chaude.  Si  l’on  n’a  pas  jde  serres  à 
sa  disposition,  on  peut  néanmoins  obtenir 
d’assez  bons  résultats  en  plaçant  les  plantes, 
après  qu’elles  ©nt  été  rabattues,  dans  une 
place  chaude,  une  cuisine,  par  exemple,  et 
près  de  la  fenêtre,  en  pleine  lumière.  » 

C’est  là  un  moyen,  à la  portée  de  tout  le 
monde,  d’obtenir  chez  soi  une  jolie 
plante  d’appartement. 

Insectes  nuisibles  et  utiles  au  Chry- 
santhème. — he  ISord  horticole  a.  signadé 
en  1896,  dans  son  numéro  spécial  au  Chry- 
santhème, plusieurs  insectes  nuisibles  à 
celte  plante.  L’un  d’eux,  entre  autres,  est 
bien  connu  des  amateurs  du  Nord  sous  le 
nom  de  « Mouche  verte  ».  C’est  un  Hémip- 
tère,  le  Lygæus  campestris^  mesurant  de 
6 à 7 millimètres  de  longueur,  oblong,  d’un 
jaune  verdâtre,  pubescent.  L’écusson  est  un 
peu  plus  clair,  tandis  que  la  partie  posté- 
rieure du  corselet  est  plus  foncée.  Cette  sorte 
de  punaise  possède  un  long  rostre  avec  lequel 
elle  pique  profondément  l’épiderme  du  vé- 
gétal pour  en  sucer  la  sève.  C’est  là  pour  les 
plantes  une  cause  d’affaiblissement  et  de  dé- 
formation ; le  mal  est  encore  plus  grand  si 
l’insecte  pique  le  bouton,  car  alors  la  fleur 
est  compromise.  Pour  s’en  débarrasser,  il 
faut  secouer  les  tiges  de  Chrysanthèmes  au  - 
dessus  d’un  plateau  enduit  d’un  corps 
gluant  quelconque. 

Mais  il  faut  se  garder  de  détruire  les 
larves  d’un  diptère  du  genre  Syrphus.  Ces 
larves  ont  l’apparence  d’asticots,  et  sont  de 
couleur  blanc  verdâtre.  Elles  font  leur 


nourriture  des  pucerons  qui  attaquent  le 
Chrysanthème.  Le  Syrphe  est  une  mouche 
d’assez  grande  taille,  ayant  un  peu  l’aspect 
d’une  guêpe  ou  d’une  abeille  ; il  est  recon- 
naissable cependant  aux  bandes  ou  taches 
qui  ornent  son  corselet. 

Reine-Marguerite  aurea.  — Sous  ce 
nom,  la  Maison  Vilmorin  annonce  cette 
année  une  nouvelle  Reine-Marguerite  fran- 
chement jaune,  que  nous  avons  déjà  eu 
l’occasion  d’observer  l’an  dernier.  On  sait 
que  le  jaune  était  déjà  annoncé  précédem- 
ment dans  les  deux  races  demi-naine  mul- 
tiflore  et  imbriquée^  mais  ce  jaune  était  si 
pâle  qu’il  fallait  que  les  plantes  fussent 
groupées  et  placées  à côté  de  fleurs  blanc 
pur  pour  qu’on  le  distinguât  nettement. 

Il  n’en  est  pas  de  même  dans  la  nouvelle 
venue,  car  ses  fleurs  sont  franchement 
jaunes.  Elle  rentre  par  sa  forme  dans  la 
race  des  R.-M.  à fleurs  d' Anémone,  et  ce 
sont  les  fleurons  tubuleux  du  centre  qui 
sont  le  plus  vivement  colorés  en  jaune  ; 
ils  forment  un  disque  bombé  assez  élégant  ; 
ceux  de  la  circonférence  sont  plats  et  d’un 
jaune  plus  pâle.  La  plante  est  de  taille 
moyenne,  se  tientbien  et  est  assez  florifère. 

Elle  n’égale  pas,  c’est  certain,  la  perfec- 
tion de  forme  ni  la  grandeur  des  fleurs  de 
certaines  de  nos  plus  belles  races,  mais 
c’est  la  première  Reine-Marguerite  fran- 
chement jaune  et  à ce  titre  elle  est  digne 
d’attirer  l’attention  des  amateurs  et  aussi 
des  horticulteurs,  tant  pour  l’amélioration 
de  teinte  dont  elle  est  encore  susceptible 
que  pour  la  communication  de  cette  dernière 
aux  autres  races  par  voie  d’bybridation. 

Cyclamen  de  Perse  à fleurs  cristées. 

— Le  Gardeners'  Chronicle  a récemment 
décrit  et  figuré  un  curieux  Cyclamen  de 
Perse  présenté  à la  Société  d’horticulture 
de  Londres  par  MM.  HughLow  et  C^,  et  dont 
les  fleurs  présentent  sur  la  partie  externe 
et  dressée  des  pétales  des  crêtes  en  forme 
d’éventail,  résultant  de  l’excroissance  du 
limbe  et  rappelant  celles  que  M.  S.  Mottet 
a décrites  et  figurées  l’an  dernier,  dans  la 
Revue  horticole,  sur  des  Bégonia  erecta. 
Ces  expansions  ajoutent  aux  fleurs  un 
cachet  d’originalité  qui  les  fera  certainement 
rechercher  des  amateurs.  Il  est  très-pro- 
bable que  les  obtenteurs  feront  leur  possible 
pour  fixer  et  propager  cette  curiosité  végé- 
tale et  qu’elle  constituera  par  la  suite  une 
race  faisant  pendant  aux  Bégonia  erecta 
çristata. 


76 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Le  club  du  Poireau.  — La  chose  se 
passe  en  Angleterre,  à Peebles.  Le  Leek- 
Cluh  y organise  annuellement  une  exposi- 
tion de  Poireaux  monstres  et  pesant  le  plus 
possible.  En  1896,  le  record  (c’est  ici  le 
cas  d’utiliser  ce  mot  anglais)  a été  détenu 
par  un  spécimen  qui  pesait  1 kil.  700.  On 
ne  dit  pas  quel  engrais  a contribué  au  suc- 
cès de  celte  culture. 

OUVRAGES  REÇUS 

Les  Roses,  petit  traité  pratique  pour  la  cul- 
ture des  Rosiers,  spécialement  écrit  à l’usage 
des  amateurs,  par  Gemen  et  Bourg,  cultiva- 
teurs de  Rosiers  à Luxembourg.  Broch.  in-18 
de  C2  pages;  prix  franco  : 1 fr.  20,  chez  les 
auteurs,  à Luxembourg  (Grand-Duché). 

Les  levures,  par  Kayser  : Caractères  mor- 
phologiques et  physiologiques.  Application  des 
levures  sélectionnées.  Petit  in-8  ; prix  ; 2 fr.  50, 
à la  librairie  Masson  et  G>e,  boulevard  Saint- 
Germain,  à Paris. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Versailles,  du  22  au  25  mai.  — La  Société 
d’horticulture  de  Seine-et-Oise,  tiendra,  en 
1897,  une  grande  exposition  qui  aura  lieu  du 
22  au  25  mai.  Tous  les  horticulteurs,  amateurs 
et  jardiniers  d’amateurs  demeurant  en  France 
sont  invités  à y prendre  part. 

L’exposition  comprendra  121  concours. 

Plantes  d’introduction,  5 concours;  plantes 
de  semis,  4;  belle  culture,  4;  serre  chaude,  25; 
serre  tempérée,  32;  pleine  terre  de  bruyère,  7; 
pleine  terre,  26  ; arbres  fruitiers,  1 ; légumes, 2 ; 
fruits,  11  ; objets  d’art  et  d’industrie  horticoles 
4 concours. 

Adresser  les  demandes,  pour  exposer,  au 
secrétaire  général  de  la  Société,  rue  Gam- 
betta, 5,  à Versailles,  le  10  mai  au  plus  tard  et 
faire  connaître  l’emplacement  qui  leur  sera 
nécessaire. 

Marseille,  du  3 au  8 juin.  — La  Société 
d’horticulture  et  de  botanique  de  Marseille  fera 
une  exposition  de  printemps  qui  s’ouvrira  le 
jeudi  3 juin  et  sera  close  le  8.  Tous  les  ama- 
teurs d’horticulture  ou  leurs  jardiniers  fran- 
çais et  les  industriels  dont  les  produits  se  rat- 
tachent à l’horticulture  sont  invités  à y prendre 
part. 

L’exposition  comprendra  neuf  sections  et 
64  concours  ; l»  plantes  de  serre  chaude, 
12  concours;  2»  plantes  de  serre  tempérée, 
froide  et  de  la  région  de  l’Oranger,  10; 

* La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Jacob, 

Paris. 


3°  plantes  vivaces  et  annuelles,  7 ; 4®  plantes 
et  arbustes  de  plein  air,  4 ; 5»  fleurs  coupées,  4 ; 
6°  arboriculture  fruitière,  7;  7»  culture  ma- 
raîchère, 5 ; 8»  industrie  horticole,  8 ; concours 
divers,  4 concours. 

Adresser  les  demandes  au  Secrétariat  géné- 
ral de  la  Société  avant  le  30  avril. 

Section  scientifique  de  l’Exposition 
générale  d’horticulture  de  Hambourg,  en 
1897.  — Cette  section  comprendra  tout  ce 
qui  concerne  les  maladies  des  Riantes 
cultivées,  les  remèdes  à employer,  etc.  ; — 
les  plantes  et  les  animaux  nuisibles  à la 
floriculture,  à la  culture  maraîchère,  à la 
pomologie,  à la  sylviculture;  leur  destruc- 
tion ; — les  plantes  et  les  animaux  utiles 
à la  culture  des  plantes  : a)  les  principaux 
insectes  qui  interviennent  dans  la  féconda- 
tion des  Heurs;  b)  les  champignons  utiles; 
c)  les  ennemis  des  animaux  et  des  plantes 
nuisibles  ; — les  modifications  de  confor- 
mation  des  plantes  par  le  forçage,  etc  ; — la 
comparaison  des  engrais  des  plantes',  — 
les  types  sauvages  de  nos  plantes  de  cul- 
ture ; — les  principales  plantes  utiles  exo- 
tiques en  exemplaires  conservés  ; — les 
collections  morphologiques  et  biologiques', 
— les  résultats  d’observations  scientifiques 
sur  la  pollinisation  ; — les  moyens  scien- 
tifiques pour  V enseignement  horticole, 
l’architecture  paysagère,  la  pomologie, 
l’étude  des  animaux  et  des  plantes  nuisi- 
bles, delà  pollinisation  par  les  insectes,  etc.; 
les  tableaux,  modelés,  préparations  mi- 
croscopiques sur  verre,  etc.  ; — Vexposé 
graphique  de  la  valeur  nutritive  des  fruits 
et  des  légumes. 

L’ouverture  de  la  section  scientifique 
aura  lieu  le  28  mai  4897.  Les  inscriptions 
doivent  être  prises  avant  le  l®* **  mars 

PROCHAIN. 

Nécrologie  : M.  Jordan.  — Nous  appre- 
nons la  mort  de  M.  Jordan,  décédé  à Lyon 
dans  un  âge  avancé.  M.  Jordan  était  un 
botaniste  célèbre,  surtout  par  le  système  de 
division  extrême  des  espèces,  qui  a été  la 
passion  de  sa  vie,  et  lui  a valu  des  inimitiés 
très-vives  en  même  temps  que  d’ardentes 
sympathies.  Boreau,  l’auteur  de  la  Flore 
du  centre  de  la  France,  avait  été  un  de 
ses  disciples  fervents. 

Les  cultures  expérimentales  de  M.  Jordan 
étaient  dirigées  par  notre  confrère  M.  Vi- 
viand-Morel. 

Ed.  André. 


FLORAISON  EN  PLEIN  AIR  DE  L ERYTIIEA  EDULIS. 


77 


FLORAISON  EN  PLEIN  AIR  DE  L’ERYTHEA  EDULIS 


La  Revue  horticole  a annoncé  récem- 
ment, sur  l’indication  que  je  lui  avais  don- 
née, la  floraison  de  VErythea  edulis 
(fig.  25),  superbe  Palmier  californien,  qui 
a montré  son  inflorescence  en  plein  air. 


— probablement  pour  la  première  fois  en 
Europe,  — chez  M.  Hippolyte  Dellor,  ama- 
teur très-distingué,  dans  son  jardin  de  la 
Biocarde,  à Hyères  (Var). 

Nous  avons  suivi  le  développement  de 


Première  floraison,  en  180G,  chez  M.  Dellor,  à la  Biocarde  (Hyères). 


cette  remarquable  floraison  et  nous  pou- 
vons en  donner,  d’après  le  vif,  la  descrip- 
tion suivante  : 

Erythea  edulis  L — Palmier  californien  de 
, l’île  de  Guadalupé.  Stipe  de  70  centimètres  de 
diamètre  à la  base,  recouvert  d’un  toinentu'n 
jaune  grisâtre.  Feuilles  flabelliformes,  longues 
de  2m 50;  gaine  de  30  centimètres  de  long 
terminée  en  fibrilles,  lesquelles  se  transfor- 
ment insensiblement  à l’état  de  petites  épines 
^ Erythea  edulis Watson,  Bot.  Calif.,\\.,  '2P2. 


sur  les  bords  d’un  fort  pétiole,  long  de  1™  80, 
convexe  en  dessous,  un  peu  concave  en  des- 
sus, terminé  par  un  rachis  très-court  à bord 
scarieux:  Le  diamètre  du  limbe,  qui  est  orbi- 
culaire,  est  de  lm50,  et  les  segments,  divisés 
jusqu’au  milieu,  sont  généralement  pourvus 
entre  les  deux  lobes  d’un  appendice  filiforme. 

La  floraison  de  ce  Palmier  a commencé  en 
juillet  1896,  et  les  fruits,  bien  noués  au  com- 
mencement de  décembre,  étaient  alors  un 
peu  plus  gros  qu’un  Pois  chiche.  Si  l’hiver 


M- 


78  EFFET  ORNEMENTAL  DES  FRUITS  DU  FUSAIN  DU  JAPON  ET  DU  GRATÆGUS  LALANDEI. 


continue  à n’ètre  pas  trop  rigoureux,  je 
pense  qu’ils  mûriront,  et  nous  pourrons 
juger  alors  si  ces  fruits,  que  l’on  dit  de  la 
grosseur  d’une  Prune,  ont  réellement  la 
chair  douce  et  comestible,  comme  l’indique 
la  qualification  de  l’espèce. 

Ce  Palmier,  âgé  d’environ  douze  ans,  est 
superbe  de  vigueur  ; son  feuillage,  d’un 
vert  intense,  a 5 mètres  de  diamètre  sur 
3'"  50  de  hauteur.  C’est  une  espèce  qui  croît 
très- vite. 


Deux  autres  inflorescences  se  sont  mon- 
trées après  la  première  dont  je  viens  de  par- 
ler, mais  elles  n’ont  pas  atteint  un  dévelop- 
pement aussi  complet. 

Nous  espérons  être  en  mesure,  au  prin- 
temps, de  renseigner  les  lecteurs  de  la 
Revue  horticole  sur  la  maturation  des 
fruits  de  cette  remarquable  espèce. 

B.  Chabaud, 

ancien  botaniste  de  la  marine, 
à Toulon. 


EFFET  ORNEMENTAL  DES  FRUITS  DU  FUSAIN  DU  JAPON 

ET  DU  CRATÆUUS  LALANDEI 


Le  10  janvier  dernier,  en  nous  rendant  à 
Bois- Colombes  (Seine),  nous  fûmes  très- 
surpris  en  observant  la  façade  d’une  villa  de 
la  rue  des  Cbambards  tapissée,  jusqu’à  la 
hauteur  du  premier  étage,  avec  l’élégant 
Fusain  du  Japon  ; celui-ci  était  absolument 
couvert  de  ces  curieux  petits  bonnets  de 
prêtre,  d’oû  sortent,  à la  maturité,  une  ou 
deux  graines  munies  d’un  arille  rouge 
cocciné,  qui  se  détachent  extrêmement 
bien  sur  le  beau  vert  sombre  et  luisant  du 
feuillage  persistant  de  l’arbuste. 

Jusqu’alors  nous  n’avions  pas  coutume 
de  considérer  le  Fusain  du  Japon,  sous  le 
climat  de  Paris,  comme  plante  sinon  grim- 
pante, du  moins  pouvant  le  devenir  à l’aide 
du  palissage,  car  toujours  nous  avions  vu 
cette  espèce  employée  comme  buissonnante 
et  admise  soit  dans  les  massifs  d’arbustes, 
associée  à d’autres  espèces  à feuilles  ca- 
duques, soit  pour  former  de  très-remar- 
quables baies  décoratives. 

Cette  double  anomalie,  vigueur  et  fructi- 
fication de  l’arbuste  en  cette  localité,  ne 
peut  être  attribuée  évidemment  qu’à  la  na- 
ture particulière  du  sol  ainsi  qu’à  la  dou- 
ceur relative  et  à l’humidité  de  nos  derniers 
hivers. 

Le  sol  de  Bois-Colombes  est  en  effet 
sablonneux  au  plus  haut  point,  par  consé- 
quent très-léger,  poreux,  et  il  convient 
parfaitement,  pourvu  qu’il  reçoive  un  peu 
de  fraîcheur  durant  l’été,  au  développement 
des  nombreuses  radicelles  qui  constituent 
le  système  radiculaire  du  Fusain  du  Japon. 

Quant  à la  fructification  de  cette  espèce, 
elle  ne  représente  d’ailleurs  pas  là  un  fait 
isolé  et  unique,  car  depuis  sept  ans  nous 
l’avons  observée  dans  les  pépinières  du 
Muséum,  deux  ou  trois  fois  sur  de  forts 
spécimens  hauts  de  3 mètres,  c’est-à-dire 
chaque  fois  que  les  hivers  ont  été  doux  et 


humides  et  rappelant  vraisemblablement  le 
climat  du  Japon  d’oû  nous  est  venu  ce  pré- 
cieux arbuste. 

Ce  qu’il  y a de  particulier  ici,  c’est  que 
cette  fructification  se  produit  toujours  au 
cœur  de  l’hiver  et  explique  la  rareté  du  fait 
sous  le  climat  parisien,  à l’inverse  des  Fu- 
sains d’Europe,  à feuilles  caduques,  qui 
fructifient  régulièrement  chaque  année  à 
l’arrière-saison,  c’est-à-dire  en  septembre- 
octobre. 

Nous  ajouterons  que  le  Fusain  du  Japon, 
employé  comme  nous  venons  de  l’indiquer, 
ne  formait  pas  une  baie  en  avant  de  la  mu- 
raille, mais  au  contraire  un  tapis  peu  épais, 
obtenu  à l’aide  du  pincement  sur  les  bour- 
geons latéraux,  et  en  laissant  filer  les  ra- 
meaux de  l’extrémité  supérieure  que  l’on  a 
eu  soin  de  palisser  sur  des  fils  de  fer  tendus 
horizontalement. 

De  ce  qui  précède  on  peut  dire  que  dès 
qu’une  plante  se  trouve  dans  les  conditions 
de  sol  et  d’atmosphère  qui  lui  sont  spéciales, 
elle  se  plie  volontiers  aux  caprices  du  jardi- 
nier ou  du  propriétaire. 

A l’appui  de  ce  dire,  nous  citerons  encore 
le  Buisson  ardent  de  Lalande  (Cratægus 
Pyracantha  Lalandei)  que  nous  avons  vu 
tapisser  dans  un  jardin,  à Provins  (Seine- 
et-Marne),  un  mur  à l’exposition  du  nord 
et  produire  le  plus  bel  effet  qu’on  puisse 
imaginer  au  moment  de  la  fructification.  Il 
en  est  de  même  pour  les  Rosiers  Paul  Ney- 
ron  et  Souvenir  de  la  Malmaison,  deux  va- 
riétés admirables,  généralement  considérées 
comme  buissonnantes,  non  sarmenteuses, 
que  nous  avons  pourtant  vu  utiliser  comme 
telles,  le  long  d’un  mur  à l’est,  et  donner 
des  roses  d’un  développement  et  d’une 
beauté  incomparables. 

Ch.  Grosdemange. 


CAREX  VILMORINI. 


79 


CAREX  VILMORINI 


Autant  les  Carex  sont  nombreux  en  es- 
pèces (800)  et  abondants  sur  la  surface  du 
globe,  autant  ils  sont  rares  et  peu  cultivés 
dans  les  jardins.  Gela  se  comprend  facile- 
ment, la  plupart  sont  des  herbes  sans 
élégance,  sou- 
vent dures,  co- 
riaces au  point 
que  les  animaux 
les  refusent  et 
qu’elles  ne  cons- 
tituent même 
qu’une  litière 
médiocre. 

Le  C.  japo- 
nica  variegata, 
qui  est  presque 
rustique  par  ex- 
ception, est  fré- 
quemment cul- 
tivé en  pots  et 
parfois  même  en 
assez  grande 
quantité  pour 
les  garnitures 
d’appartements. 

Les  C.  paludo- 
sa,  C.  pendula, 

C.  pseudo-Cy~ 
perus,  C.  syl~ 
vatica  (tous 
français),  et  le 
beau  C.  Grayi 
(de  l’Amérique 
du  Nord)  se  ren- 
contrent dans 
certains  jardins 
d’amateurs.  En- 
fin, les  C.  scapo- 
sa,  de  la  Chine 
et  C.  haecans, 
de  l’Himalaya, 
sont  introduits 
dans  les  serres  ; 
ce  dernier  est,  paraît -il,  une  plante  majes- 
tueuse, dont  les  utricules  varient  du  rouge 
corail  au  pourpre. 

Il  y a quelques  années,  nous  avons  décrit 
ici  (voir  Revue  horticole,  1892,  p.  383), 
sous  le  nom  de  C.  gracüis,  une  espèce  in- 
nommée en  culture,  qui  constitue  une 
plante  de  serre  froide  à feuillage  léger,  et 
utile  pour  l’ornementation  des  serres  et  des 
appartements.  Aujourd’hui  nous  venons  en 


signaler  une  nouvelle  espèce  intéressante 
au  même  titre,  également  nouvelle  et  en- 
tièrement distincte  de  ses  congénères  intro- 
duites. La  description  suivante  et  la  figure 
■qui  l’accompagne  permettront  de  se  faire 

une  idée  assez 
exacte  des  carac- 
tères et  du  port 
de  la  plante. 

Carex  Vilmo- 
RiNi^,  sp.  nov. 
(fig.  26).  - 

Plante  vivace, 
touffue,  cespi- 
teuse,  non  tra- 
çante, dont  cha- 
que rejet  stérile 
est  entouré  à la 
base  de  gaines 
brunes  et  se 
compose  de  cinq 
à huit  feuilles 
longues  de  40  à 
50  centimètres, 
d’aspect  jonci- 
forme  et  d’un 
vert  un  peu 
gris  ; ces  feuilles 
sont  excessive- 
ment étroites, 
filiformes,  à cote 
médiane  forte  et 
blanchâtre,  sur- 
tout vers  la  base, 
arrondies  sur  le 
dos,  concaves 
sur  h face  supé- 
rieure, et  sub- 
triangulaires su- 
périeurement, 
un  peu  contour- 
nées vers  le 
haut,  à bords 
garnis  de  den- 
ticules  ou  spinules  excessivement  ténus, 
et  à extrémité  un  peu  desséchée  sur  les 
vieux  pieds.  Tiges  florifères  excessivement 
longues,  - jonciformes,  vert  très-pâle  et 
sans  nœud  depuis  la  base  jusqu’à  80  centi- 
mètres de  hauteur,  où  se  montre  un  pre- 
mier épi  femelle  solitaire  et  courtement 

1 Carex  liicida,  Boott,  in  Journ.  Linn.  Soc., 
1884,  vol.  XX,  p.  377. 


Fig.  26.  — Carex  Vilmorini. 


GAREX  VILMORINI. 


80 

pédicellé,  accompagné  d’une  feuille  brac- 
téale  courtement  engainante,  avec  la  partie 
libre  filiforme,  de  40  centimètres  de  long 
et  en  partie  desséchée  supérieurement  ; 30  à 
40  centimètres  plus  haut,  la  tige  présente 
un  deuxième  épi  femelle  en  tout  semblable 
au  précédent,  et  20  à 25  centimètres  plus 
haut  encore,  elle  se  termine  par  un  fais- 
ceau de  trois  à quatre  épis  femelles  très- 
courtement  pédicellés,  avec  une  feuille  brac- 
téale  beaucoup  plus  longue  qu’eux,  mais 
n’ayantguèrequelO  àl5  centimètres;  enfin, 
au  milieu  des  épis  femelles  se  trouve  un 
tout  petit  épi  mâle,  formé  de  bractées  bru- 
nâtres et  longuement  cuspidées.  Les  tiges 
llorifères  atteignent  ainsi  50  de  long  et 
traînent  à terre  ou  retombent  gracieusement 
si  la  plante  est  placée  suffisamment  haut. 
Les  épis  femelles  inférieurs  ont  2 centi- 
mètres environ  de  long,  mais  les  supérieurs 
sont  un  peu  plus  courts,  composés  chacun 
d’une  quarantaine  d’utricules  très-petits, 
ovoïdes,  biconvexes  (ainsi  que  les  moules) 
verts,  lisses  ou  pubescents,  allongés  supé- 
rieurement, ouverts  et  pourvus  au  sommet 
de  deux  petits  muerons  entre  lesquels 
émergent  trois  styles;  chacun  de  ces  utri- 
cules  est  accompagné  d’une  bractée  bru- 
nâtre, à limbe  ovale,  très-finement  pubes- 
cent,  un  peu  plus  court  que  lui,  mais  muni 
d’un  fin  mucron  blanchâtre,  dépassant 
un  peu  le  sommet  defutricule.  La  floraison 
est  estivale  et  les  graines  mûrissent  et  abon- 
dent en  culture  en  septembre -octobre. 
Habite  la  Nouvelle-Zélande,  d’où  il  a été 
reçu  vers  1893. 

Voici  ce  que  nous  savons  sur  l’histoire  de 
ce  nouveau  Carex  : Il  y a trois  ou  quatre  ans, 
la  maison  Vilmorin  recevait,  sous  le  nom  de 
C.  Raouli,  un  paquet  de  graines  venant  de 
la  Nouvelle-Zélande.  Le  dédain  des  Carex 
est  tel  qu’on  ne  savait  qu’en  faire.  M.  Pa- 
cotto,  horticulteur  à Vincennes,  qui  se 
trouvait  là,  en  prit  une  poignée  et  les  sema. 
Il  en  obtint  plusieurs  centaines  de  petites 
plantes  à feuillage  très-fin,  léger  et  formant 
la  gerbe,  dont  il  trouva,  dès  l’hiver  suivant, 
un  écoulement  très-facile  sur  le  marché  de 
la  Madeleine,  au  prix  rémunérateur  de 
1 fr.  pièce.  L’été  suivant,  les  plantes  qu’il 
avait  conservées  fleurirent  et  lui  donnè- 
rent d’abondantes  graines,  à l’aide  des- 
quelles il  obtint  un  nouveau  stock. 

Un  pied  en  fruit  nous  fut  présenté  en 
septembre  dernier,  pour  vérifier  son  nom. 
Ce  qui  nous  surprit  le  plus,  ce  fut  la  lon- 
gueur extrême  des  tiges  fructifères,  qui  dé- 
passent souvent  1 mètre  et  traînent  à terre 


ou  pendent  longuement  au-dessous  du  poi. 
Ces  tiges  gâtent  l’effet  décoratif  de  la  plante, 
mais,  comme  elles  se  détachent  très-facile- 
ment à la  moindre  traction,  il  n’y  a qu’à 
les  enlever  quand  on  veut  utiliser  la  plante 
pour  les  garnitures. 

La  détermination  des  Carex  est  par- 
ticulièrement laborieuse,  par  suite  du 
nombre  excessif  d’espèces,  de  leur  poly- 
morphisme et  de  l’ambiguïté  des  caractères 
distinctifs.  Nous  avons  longtemps  et  vaine- 
ment cherché  et  fait  chercher  le  nom  cor- 
rect de  celui  que  nous  décrivons  aujour- 
d’hui. Ce  n’est  pas  sans  hésitation  que  nous 
nous  sommes  décidé  à en  faire  une  espèce 
nouvelle,  sachant  parfiutement  combien  il 
est  grave  de  s’exposer  à multiplier  la  syno- 
nymie. Néanmoins,  nous  y sommes  en- 
gagé par  une  lettre  du  D*'  Morris,  de  l’Her- 
bier de  Kew,  qui  nous  a informé  que  « la 
plante  n’était  probablement  pas  décrite  ». 
Cette  circonstance  nous  fournit  ainsi  l’a- 
gréable occasion  de  donner  à MM.  de 
Vilmorin,  en  leur  dédiant  la  plante,  un 
modeste  témoignage  de  la  haute  considé- 
ration dont  ils  jouissent  dans  le  monde 
horticole  et  agricole. 

fin  tant  qu’usages  horticoles,  le  Carex 
Vilmorini  est  uniquement  destiné  aux  gar- 
nitures de  serres  et  surtout  d’appartements. 
Son  feuillage  très-long,  dressé  et  des  plus 
fins,  s’associe  facilement  avec  les  fleurs  et 
leur  donne  de  la  légèreté.  C’est  surtout  en 
jeunes  plantes,  en  godets  de  5 à 6 centimè- 
tres, qu’il  est  le  plus  facile  à faire  entrer 
dans  les  surtouts  de  table  ou  à placer 
sur  les  grands  pots,  pour  en  cacher  la  terre. 
Les  grosses  touffes  de  deux  ans  garnissent 
aussi  très-bien  les  cache-pots  et  autres 
potiches  d’ameublement.  La  teinte  un  peu 
grise  du  feuillage  ne  se  distingue  pas  en 
appartement,  et  la  plante  est  en  outre 
extrêmement  résistante. 

La  multiplication  et  la  culture  du  C.  Vil- 
morini sont  des  plus  simples.  Le  semis 
s’effectue  de  préférence  dès  la  maturité  des 
graines  qui  arrive  en  octobre.  On  sème  à 
froid,  en  terrines  ou  à plein  châssis  si  la 
quantité  de  graines  est  importante.  La  levée 
s’effectue  en  partie  un  à deux  mois  après 
le  semis  et  le  reste  au  printemps.  Quand  les 
plants  ont  quelques  feuilles,  on  les  repique 
de  suite  en  godets,  ou  bien  en  mai  en 
plein  air,  dans  une  planche  à demi  om- 
bragée, meuble  et  bien  fumée,  à 15  ou  20  cen- 
timètres de  distance  en  tous  sens.  Pendant 
l’été,  les  soins  se  réduisent  à tenir  le  terrain 
propre  et  à arroser  selon  le  besoin,  même 


LES  AGAVES  ET  LES  CACTÉES  DU  MEXIQUE. 


81 


I' 

assez  copieusement.  Vers  la  fin  de  sep- 
■-  tembre,  on  empote  les  plantes  séparément 
dans  des  pots  de  6 à 8 centimètres,  on 
les  mouille  copieusement,  puis  on  les  tient 
étouffées  et  au  chaud  pendant  quelques  jours, 
pour  faciliter  leur  reprise  et  ne  pas  perdre 
de  feuilles.  Enfin,  on  les  place  en  serre 
froide  ou  sous  châssis,  pour  les  utiliser  en- 
suite au  fur  et  à mesure  des  besoins.  Ces 


LES  AGAVES  ET  LES 

I 

M.  le  Weber  s’est  acquis,  on  le  sait, 
une  haute  compétence  dans  l’étude  des 
Cactées  et  autres  plantes  « grasses  » . Dans 
le  courant  de  l’année  1896,  il  a entre- 
tenu 1 la  Société  d’Acclimatation  de  France 
des  multiples  ressources,  comme  aussi 
des  observations  intéressantes,  que  peuvent 
procurer  aux  voyageurs  qui  explorent 
le  Mexique  les  Agaves  et  les  Cactées  de 
cette  contrée. 

M.  le  D*'  Weber  fait  remarquer,  à cette 
occasion,  qu’on  attribue  souvent  à tort  des 
mérites  identiques  à des  'espèces  d’Agaves 
qui  sont  utilisées  de  façons  bien  différentes. 
C’est  ainsi  qu’aux  environs  de  Mexico,  la 
boisson  fermentée  nommée  « pulqué  » n’est 
guère  produite  que  par  V Agave  Salmiana 
(A.  atvovirens)^  et  dont  les  A.  Jacohiana, 
mitræformis^  latissima,  etc.,  ne  sont  que 
des  variétés.  L’A.  americana,  déjà  moins 
charnu,  semble  peu  donner  de  pulqué.  Les 
espèces  qui  produisent  le  « mezcal  » (autre 
boisson)  sont  de  taille  encore  moins  haute 
et  de  consistance  moins  charnue  que  les 
. précédentes.  Parmi  elles,  on  cite  surtout 
les  A.  potatoruniy  A.  Scolymus,  A.  Vers- 
chaffelti,  comme  particulièrement  employés 
à Tehuacan. 

IL’A.  rigida  (A.  Sisalana)  est,  avec  ses 
espèces  affines,  le  type  des  Agaves  textiles. 
Les  A.  mexicana  et  lurida  sont  utilisés 
iji  comme  tels  aux  environs  de  la  Vera-Cruz, 
tandis  que,  dans  le  nord-est,  on  exploite  les 
A.  heteracantha^  lophantha,  univittata 
- petites  espèces  qui  fournissent  le  « crin  de 
‘ ^ Tampico  »,  ainsi  qu’une  sorte  de  savon  ap- 
ç;  pelé  ((  amole  » et  dont  on  ignore  encore  le 
[V , degré  de  saponihe. 

Les  Cactées  sont  représentées  au  Mexique 

; ^ Bulletin  de  la  Soc.  Nat.  d'Acclim.  de  France., 

. juin  1896. 

AA 


plantes  ne  produisent  des  graines  que 
l’année  suivante  ; il  est  donc  utile  d’en 
conserver  un  certain  nombre,  qu’on  re- 
mettra en  pleine  terre  au  printemps,  pour 
en  obtenir  des  semences. 

Tel  est  le  système  de  culture  que  M.  Pa- 
cotto  a appliqué  à cette  plante,  pour  en 
obtenir  un  grand  nombre.  On  peut  donc 
se  la  procurer  chez  lui.  S.  Mottet. 


CACTÉES  DU  MEXIQUE 


par  les  genres  Cereus,  Echinocactus,  Mam- 
millaria.,  Opuntia  QïPereskia.  Les  Cereus 
triangularis,  nycticalus  et  serpentinus, 
espèces  grimpantes  à grandes  fleurs  blan- 
ches nocturnes,  donnent  des  fruits  magni- 
fiques appelés  «Pitahayas  ».  D’autres  fruits, 
portant  un  grand  nombre  de  noms  locaux, 
proviennent  des  C.  Dyckii,  geometrizans, 
cinerascens  et  enneacanthus  ; ceux  de  ces 
deux  dernières  espèces  ont  la  saveur  de  la 
Fraise  ou  de  la  Framboise.  Mais  le  fruit  le 
plus  répandu  sur  les  marchés  de  l’intérieur 
est  le  ((  Pitaya  de  Mayo  »,  que  donnent  les 
C.  pruinosus,  C.  deficie7is,  gros  comme 
un  œuf  et  de  chair  rouge  à saveur  très- 
agréable.  A côté  de  ces  espèces  connues,  il 
en  est  encore  un  certain  nombre  d’autres 
mal  déterminées,  et  qui  produisent  aussi 
des  fruits  dont  on  ne  connaît  par  conséquent 
qu’imparfaitement  l’origine. 

Quant  aux  nombreuses  sortes  de  fruits 
cVOptmtia,  la  concordance  de  leurs  dénomi- 
nations indigènes  avec  les  noms  botaniques 
est  encore  loin  d’être  établie. 

Certains  Echmocactus,  connus  sous  le 
nom  de  « Visnagas  »,  ainsi  que  plusieurs 
Pereskia,  ont  aussi  des  fruits  appartenant 
à des  espèces  imparfaitement  connues,  et 
cantonnées  çà  et  là  dans  diverses  ré- 
gions. 

Aussi  M.  le  D^  Weber  recommande-t-il 
aux  explorateurs,  lorsqu’ils  recueilleront  de 
ces  fruits  au  Mexique,  de  faire  leur  possible 
pour  récolter,  en  même  temps,  de  jeunes 
exemplaires  vivants  des  espèces  qui  les 
portent,  ou  tout  au  moins  des  graines,  qui, 
dans  nos  cultures,  germent  assez  facilement. 
Enfin,  pour  facililer  les  déterminations  bo- 
taniques, il  est  bon  aussi  d’y  joindre  des 
échantillons  des  faisceaux  d’épines,  surtout 
pour  ce  qui  concerne  les  Echinocactus. 

H.  Dauthenay. 


82 


DÉCORATION  HIVERNALE  DES  JARDINS. 


DÉCORATION  HIVERNALE  DES  JARDINS 


Rien  n’est  triste  comme  les  massifs  pendant 
l’hiver  lorsque  les  gelées  ont  fait  disparaître 
les  dernières  fleurs  et  que  les  arbustes  sont 
dépouillés  de  leur  feuillage;  aussi  est-on 
agréablement  surpris  en  faisant  une  visite 
au  jardin,  en  cette  saison,  de  rencontrer 
par-ci,  par-là,  des  plantes  ayant  encore  (ou 
déjà)  un  caractère  ornemental. 

Cependant  il  existe  toute  une  série  de 
plantes  arbustives  de  plein  air  très-méri- 
tantes sous  ce  rapport  ; d’abord  celles  à 
feuillage  persistant,  aussi  luxuriantes  que 
dans  la  belle  saison  ; d’autres  revêtant  déjà 
leur  parure  des  beaux  jours  et  épanouis- 
sant, malgré  l’hiver  et  la  neige,  leurs  char- 
mantes fleurs,  qui,  si  elles  n’ont  pas  la  ri- 
chesse de  coloris  et  l’éclat  de  leurs  sœurs 
plus  tardives,  n’en  ont  pas  moins  l’attrait 
de  la  rareté  et  charment  l’odorat  avec  leurs 
délicieux  parfums  ; d’autres  encore  jetant 
par-dessus  les  massifs  leurs  branches  char- 
gées de  baies  aux  couleurs  variées,  vives  ou 
sombres. 

Nous  énumérons  ci-dessous  une  série 
de  végétaux  intéressants  à ces  divers  points 
de  vue,  que  les  amateurs  habitant  la  cam- 
pagne l’hiver  ou  ayant  un  jardin  dans 
Paris  auraient  tout  intérêt  à faire  figurer 
dans  leurs  massifs. 

Andromeda  japonica.  — Charmant  arbuste 
à feuillage  persistant  à cultiver  en  terre  de 
bruyère.  Dès  février,  nombreuses  fleurs  blanches 
disposées  en  longues  panicules  pendantes,  fleu- 
rissant même  sous  la  neige. 

Aucuba  japonica  variés.  — Feuillage  per- 
sistant, baies  d’un  beau  rouge  brillant,  de  la 
grosseur  d’une  petite  cerise.  Cet  arbuste  étant 
monoïque,  il  est  nécessaire  de  planter  dans  les 
groupes  ou  massifs  quelques  sujets  mâles  des- 
tinés à opérer  la  fécondation  des  fleurs. 

Berberis  Thunbergii.  — Se  couvre  en  avril 
de  charmantes  fleurs  jaune  paille  à sépales 
rouges  qui  donnent  naissance  à une  multitude 
de  petites  baies  rouges  restant  sur  l’arbuste- 
jusqu’au  printemps  suivant  et  formant  pendant 
tout  l’hiver  un  véritable  buisson  de  corail. 

Cratægus  Pyracantha,  var.  Lalandei.  — Au 
printemps,  floraison  abondante,  fleurs  blanches 
odorantes  ; les  baies  rouge-orangé  qui  en  ré- 
sultent persistent  sur  la  plante  jusqu’à  la  fin 
de  l’hiver  et  justifient  bien  son  nom  populaire 
de  « Buisson  ardent  ». 

Cratægus  variés.  — 11  en  existe  de  nom- 
breuses espèces;  les  plus  belles  sont  : C.  Car- 
rierei,  macrocarpa,  fissa,  Boscii,  Crus 
Gain,  etc.  Baies  rouges  ou  jaunes,  rondes  ou 


pyriformes,  restant  sur  l’arbre  une  grande 
partie  de  l’hiver.  Les  C.  Carrierei  et  C.  ma- 
crocarpa sont  encore  en  ce  moment  couverts 
de  fruits  d’un  beau  rouge  orangé.  Ces  baies 
sont  très-odorantes. 

Cotoneaster  variés.  — Petits  arbustes  ram- 
pants à placer  dans  les  rocailles  ; la  majeure 
partie  des  espèces  sont  à feuillage  persistant  ; 
tous  portent  des  petites  baies  d’un  rouge  plus  ou 
moins  vif  ne  disparaissant  qu’au  printemps.  Le 
plus  beau  est  le  C.  horizontalis.  Le  C.  frigida 
est  de  forme  arborescente  ; élevé  à tige,  il  est 
très-joli. 

Chamæcerasus  fragrantissima  [Lonicera 
fragrantissima) . — De  forme  arbustive, 
toujours  vert,  donne  dès  février  de  nombreuses 
fleurs  blanches  très-odorantes.  Un  des  plus  i 
beaux  arbustes  à floraison  printanière. 

Chimonanthus  fragrans  {Calycanthus  præ- 
cox).  — Donne  en  décembre-janvier  de  nom-  ' 
breuses  fleurs  blanc  jaunâtre,  pourpre  à l’in- 
térieur, répandant  une  délicieuse  odeur  de  ' 
jacinthe.  ; 

Daphné  Laureola.  — Fleurs  vert-jaunâtre 
en  petites  grappes  pendantes,  paraissant  dès  | 
janvier  ; feuillage  persistant.  Le  R.  collina  nea-  | 
politana  donne  des  fleurs  rosées,  très-odo-  j 
rantes,  presque  tout  l’hiver.  i 

Forsythia  Fortune!  et  F.  viridissima.  — 
Donnent  dès  février  une  multitude  de  fleurs  > 

d’un  beau  jaune  vif.  Le  F.  suspùnsa  peut  être  i 

utilisé  pour  garnir  les  troncs  d’arbres  ou  les  j j 
murailles.  '•  ! 

Hippophae  rhamnoides.  — Très-ornemental  ' 
avec  ses  nombreuses  baies  rouge  orangé,  de  i 
forme  ovale,  restant  sur  l’arbre  tout  l’hiver.  , ; 

Ilex  Aquifolium  (Houx)  et  ses  variétés.  Feuil-  ( ' 
lage  panaché  de  différentes  nuances  dans  lequel 
brillent  de  jolies  baies  d’un  beau  rouge  vif. 

Jasminum  nudiflorum.  — Charmant  arbuste 
sarmenteux , donnant  tout  l’hiver  de  nom-  ‘ ' 
breuses  fleurs  jaune  d’or. 

Ligustrum  sinense.  — Se  couvre  littéra-  , 
lement  de  petites  baies  d’un  beau  noir  pruiné  qui  I 
restent  sur  l’arbuste  jusqu’au  printemps;  feuil-  ' 
lage  persistant.  j 

Lycium  barbarum.  — Arbuste  grimpant,  i 
nombreuses  baies  ovales,  rouge  vif;  garnit  V 
avantageusement  les  troncs  d’arbres,  murailles, 
treillages,  etc.  Les  baies  sont  très-persistantes.  / 
Mahonia  Aquifolium  et  variétés.  — Dès  fé-  ■ 
vrier,  brillantes  fleurs  jaunes,  suivies  de  baies  ■ ’ 
d’un  noir  de  jais,  restant  sur  les  plantes  (I 
une  partie  de  l’hiver;  le  plus  beau  est  le  ’i 
M.  fascicularis,  à port  érigé,  joli  feuillage  j 
vert  glauque  finement  découpé,  très-rustique.  l 
Rhodora  canadensis.  — En  février  et  avant  i 
les  feuilles,  jolies  et  nombreuses  fleurs  rose  j 
pourpré  à odeur  de  rose.  Cultiver  en  terre  de  ^ 
bruyère.  I 


â 


LES  KLEINIA  ET 

Skimmia  japonica  et  variétés.  — Feuillage 
persistant,  donne  dès  février  des  fleurs  char- 
mantes, blancjaunâtre,  très-odorantes,  qui  ont 
le  double  avantage  de  donner  naissance  à de 
belles  petites  baies  rouge  vif,  restant  sur  l’ar- 
buste jusqu’au  printemps  suivant. 

Ruscus  racemosus  et  R.  aculeatus.  — Ce 

dernier  se  vend  en  ce  moment  sur  les  marchés 
aux  fleurs  sous  le  nom  très-connu  de  « Fragon  »; 
les  baies  d’un  beau  rouge  sont  très-persistantes. 
Ces  deux  arbustes  sont  précieux  pour  les  plan- 
tations sous  bois. 

Symphoricarpos  albus.  — Etale  ses  nom- 
breuses grappes  de  baies  blanc  pur,  de  la 
grosseur  d’une  cerise,  jusqu’en  mars.  Le  S.  race- 

LES  KLEINIA  ET 

Les  plantes  appelées  vulgairement  grasses, 
autres  que  les  Cactées,  ne  méritent  pas, 
en  général,  Fabandon  dans  lequel  on  les 
voit  aujourd’hui,  alors  que  leur  facile  cul- 
ture et  leur  originalité  devraient  au  moins 
leur  assigner  une  place  chez  les  amateurs 
et  même  chez  toute  personne  aimant  les 
plantes. 

Les  plantes  grasses  appartiennent  aux  fa- 
milles les  plus  diverses  du  règne  végétal, 
et,  en  mettant  à part  les  Crassulacées,  les 
Portulacées,  les  Asphodélées,  les  Mésem- 
bryanthémées,  dont  la  majeure  partie  ren- 
ferme des  végétaux  de  ce  genre,  il  reste  en- 
core à citer  les  Agave  dans  les  Amaryllidées, 
les  Sanseviera  dans  les  Liliacées,  les  Cero- 
pegia  et  les  Stapelia  dans  les  Asclépiadées, 
les  Euphorhia  dans  les  Euphorbiacées,  les 
Kleinia  dans  la  famille  des  Composées,  etc. 

Le  genre  Kleinia,  dédié  à J. -H.  Klein, 
botaniste  allemand  du  XVII®  siècle,  appar- 
tient à la  famille  des  Composées,  groupe  des 
Synanthérées  ; il  comprend  des  sous-arbris- 
seaux  charnus,  quelquefois  subacaules,  à 
feuilles  alternes  ou  décussées,  souvent 
glauques,  à capitules  multiflores,  jaunâtres 
ou  blanchâtres,  homogames  ou  hétérogames 
(c’est-à-dire  sans  ces  fleurons  ligulés  ou 
colorés  qui  ornent  généralement  les  Com- 
posées), à écailles  de  l’involucre  unisériées,  à 
réceptacle  rarement  nu. 

Certaines  espèces  de  ce  genre  méritent  ce- 
pendant une  place  dans  les  collections  de 
plantes  grasses  et  sont  dignes  de  la  culture. 
Nous  citerons  : 

Kleinia  repens,  Haw.  [Cacalia  repens,  L.) 
Tiges  couchées-ascendantes , feuilles  prui- 
neuses,  oblongues-aiguës,  déprimées,  subcon- 
caves en  dessus. 

K.  ficoides,  Haw.  Plus  grande  que  la  précé- 


LEIIR  CULTURE.  83 

mosus  fait  diversion  avec  ses  petites  baies  rouge 
vineux. 

Bien  d’autres  sortes  pourraient  encore 
être  citées,  mais  nous  nous  bornons  aux 
plus  intéressantes.  En  ayant  soin  d’inter- 
caler dans  les  massifs  les  arbustes  que  nous 
venons  de  détailler,  parmi  ceux  à floraison 
estivale,  on  se  ménage  une  réserve  de  jouis- 
sance très-appréciable,  car  cela  ne  manque 
pas  de  charme  de  pouvoir  rapporter  d’une 
promenade  au  jardin,  en  janvier  ou  février, 
des  fleurs  de  plein  air  pour  la  garniture  des 
vases  et  jardinières  d’appartement. 

Max.  Marchais. 

LEUR  CULTURE 

dente,  à tiges  dressées,  ramifiées.  Feuilles  très- 
glabres,  pruineuses,  comprimées-acuminées. 

K.  pugioniformis,  DC.  Beaucoup  plus  vi- 
goureuse que  les  deux  précédentes,  à tiges  ro- 
bustes, dressées,  à feuilles  pruineuses-bleuâtres 
décussées,  semi-cylindriqnes,  très-acuminées, 
piquantes  au  sommet. 

K.  Haworthii,  DC.  {K.  cana  ; Cacalia 
canescens  ou  C.  tomentosa).  Très-remar- 
quable espèce  à tiges  presque  grêles,  dressées, 
ramifiées,  nombreuses,  à feuilles  très-nom- 
breuses, rapprochées  sur  la  tige,  ovoïdes,  cy- 
lindracées,  atténuées  à la  base,  aiguës  au  som- 
met et  rendues  entièrement  blanches  par  un 
duvet  tellement  bien  entrelacé  qu’il  simule  le 
feutre. 

Les  Kleinia  doivent  se  cultiver  en  serre 
froide  pendant  toute  l’année,  en  compagnie 
d’autres  plantes  grasses  ou  de  Cactées  ; 
leur  traitement  est  facile  et  ne  diffère  guère 
de  celui  appliqué  à la  majeure  partie  des 
végétaux  de  ce  groupe.  Il  peut  se  résumer 
ainsi  : culture  en  pots  bien  drainés,  dans  un 
compost  formé  d’un  tiers  terre  franche  de 
jardin,  un  tiers  terre  de  bruyère  ou  terreau  de 
feuilles,  un  tiers  terreau  de  couche  bien  con- 
sommé, le  tout  mélangé  et  préparé  quelque 
temps  à l’avance.  Serre  à Cactées  ou  serre 
froide  toute  l’année.  Arrosements  assez 
nombreux  pendant  la  période  végétative 
(avril-octobre),  rares  et  parcimonieux  pen- 
dant l’hiver.  Au  printemps,  on  peut  même 
donner  quelques  arrosements  à l’engrais.  Il 
faut  éviter  de  mouiller  le  feuillage  de  ces 
plantes,  ni  même  de  le  toucher,  pour  ne 
pas  ôter  la  pruine  bleuâtre  qui  fait  toute 
la  beauté  des  Kleinia  repens,  ficoides  et 
pugioniformis. 

Leur  multiplication  s’opère  facilement 
par  le  moyen  du  bouturage  qui  doit  se  pra- 
tiquer au  printemps  et  qui  s’effectue  au 


84 


ALLÂMANDA  NOBILIS. 


moyen  de  tiges  coupées  de  3 à 5 centimètres 
de  longueur,  sous  un  nœud,  et  piquées  en 
godets,  en  terre  de  bruyère  sableuse  ; ces 
boutures  sont  placées  en  serre  froide,  dans 
un  endroit  éclairé,  et  bassinées  très-rare- 
ment, avant  le  commencement  de  la  vé- 
gétation. La  nourriture  doit  plutôt  être 
riche  qu’abondante,  ce  qui  indique  qu’il  ne 
faut  pas  cultiver  ces  plantes  en  récipients 
très-volumineux. 


Avec  leur  joli  feuillage  bleuâtre  ou  ar- 
genté, les  Kleinia  ont  droit  de  cité  chez 
toutes  les  personnes  aimant  les  plantes 
grasses,  et  rien  n’est  plus  intéressant  que 
leur  aspect  parmi  tous  ces  végétaux  aux  for- 
mes bizarres  où  la  nature  semble  s’être 
donné  comme  tâche  de  créer  les  plantes  les 
plus  fantaisistes. 

Jules  Rudolph. 


ALLAMANDA  NOBILIS 


Le  genre  Allamanda,  de  la  famille  des 
Apocynées,  fut  dédié  au  docteur  Allamand, 
de  Leyde,  qui  en  donna  les  premières  graines 
à Linné.  Il  contenait  déjà  de  fort  belles 
plantes,  toutes  originaires  de  l’Amérique 
méridionale  et  centrale,  lorsque  M.  T.  Moore 
décrivit  l’admirable  espèce  que  nous  figu- 
rons aujourd’hui  L 

La  plus  ancienne  et  la  plus  répandue, 
d’une  culture  relativement  facile,  est  VAl- 
lamanda  neriifolia,  Hook.  Puis  viennent  : 
VA.  Schottii,  Pohl,  qui  a pour  synonymes 
A.  brasiliensis,  Schott  et  A.  cathartica, 

L.  (le  vrai),  répandu  aussi  sous  les  noms 
d’A.  Aubletii,  Pohl,  grandiflora^  Lamk., 
latifolia,  Presl,  Linnei,  Pohl  et  Schotti, 
Hook.  ; VA.  Hendersoni,  Bull  ; les  A.  Chel- 
soni,  magnifica  et  WilUamsii,  variétés 
ou  hybrides  horticoles  obtenus  en  Angle- 
terre. Toutes  ont  des  fleurs  jaunes,  à l’excep- 
tion de  l’A.  violacea,  Gardn.,  qui  offre 
une  couleur  rose  violacé,  plante  rare,  intro- 
duite du  Brésil  en  1859,  perdue  dans  les 
collections  et  réimportée  en  1889.  C’est  à 
peu  près  tout  ce  que  l’on  cultive  du  genre 
Allamaiida,  botaniquement  composé  au- 
jourd’hui de  16  espèces  natives  du  Brésil 
et  des  Guyanes. 

VAllamanda  nobilis  est  originaire  des 
bords  du  Rio  Branco,  un  affluent  du  Rio 
Negro,  grand  tributaire  de  l’Amazone. 
Cette  région,  qui  confine  au  Brésil  et  au 
Vénézuéla,  fut  explorée  autrefois  par  le  col- 
lecteur Wallis  au  grand  profit  de  l’horticul- 
ture européenne,  et  c’est  probablement  de 
lui  que  vinrent  les  graines  qui  permirent  à 

M.  William  Bull,  horticulteur  à Chelsea 
(Londres),  de  mettre  la  plante  au  com- 
merce en  1868 

^ Allamanda  nobilis.,  T.  Moore,  in  Gard. 
Chron.,  1^68,  p.  180  et  p.  918;  Bot.  Mag.,  t.  5764. 

- Ce  qui  me  confirme  dans  cette  opinion,  c’est 
un  article  publié  en  1870  par  Wallis  dansle  Wochen- 


Comme  presque  toutes  les  espèces  du 
genre,  — à l’exception  de  l’A.  neriifolia  qui 
peut  se  cultiver  en  buisson  ou  sur  tige,  — 
l’A.  nobilis  est  une  plante  sarmento-grim- 
pante,  à rameaux  très-vigoureux,  verts  par- 
fois teintés  de  rouge,  pubérulents  comme  les 
feuilles,  un  peu  noueux  aux  articulations. 
Ses  belles  feuilles  sont  opposées  ou  verti- 
cillées  par  trois  ou  quatre,  presque  sessiles, 
oblongues-lancéolées,  acuminées,  d’un  beau 
vert  brillant  et  clair  à la  surface  supérieure, 
beaucoup  plus  pâle  en  dessous,  avec  des 
glandes  petites  et  orbiculaires.  Les  fleurs, 
brièvement  pédicellées,  se  produisent  au 
nombre  de  quatre  à huit  sur  des  grap- 
pes courtes  et  axillaires.  Le  calice  se  com- 
pose de  sépales  verts  assez  inégaux,  longs 
de  20  à 25  millimètres,  lancéolés-aigus. 
La  corolle,  très-grande,  puisque  son  dia- 
mètre atteint  jusqu’à  10  ou  12  centimètres, 
est  d’un  beau  jaune  d’or  clair;  sur  le  tube 
brusquement  étroit  à la  base,  long,  s’élar- 
gissant ensuite,  et  finement  strié  de  rou- 
geâtre intérieurement,  s’étale  le  limbe  obli- 
quement campanulé,  à larges  segments  équi- 
lants,  orbiculaires  ou  ovales,  teintés  de  rou- 
geâtre sur  le  bouton. 

Cette  plante  superbe  est  de  haute  serre 
chaude  humide.  Elle  n’atteint  toute  sa 
beauté  que  dans  une  serre  à Phalænopsis. 
Nous  l’avons  vue  bien  souvent  dans  toute  sa 
luxuriante  beauté  en  Angleterre,  et  en 
France  particulièrement  dans  les  collections 
de  M.  le  comte  de  Germiny,  à Gouville,  et 

schrift  du  D*‘  Koch,  et  où  se  trouvait  ce  passage  que 
j’ai  traduit  en  1871  (Illust.  hortic.,  18^,  p.  82)  : 
« Il  me  reste  à indiquer,  parmi  les  plus  belles  lianes 
que  j’aie  rencontrées,  un  superbe  Allamanda  que 
j’ai  vu  en  cet  endroit  pour  la  première  fois.  Il  por- 
tait des  fleurs  larges  de  13  centimètres  et  à odeur 
suave,  et  me  paraît  se  rapprocher  beaucoup  de 
VA.  nobilis.  Il  s’éloigne  des  autres  espèces  par  ce 
point  caractéristique  que  ses  fruits  sont  lisses, 
tandis  que  les  A llamanda  les  ont  presque  tous 
hérissés.  » 


Hcinu'  Horticole 


M Descamps-Sabouret  djel 


Chrorroolztht  J.L  Gof/arC.  BrujceiL&s 


ALlanutneUi  nobilis . 


MALADIE  NOIRE  DES  CLÉMATITES. 


85 


chez  M.  Fournier,  à Marseille,  où  la  figure 
ci-contre  a été  peinte. 

Le  traitement  qui  lui  convient  est  ce- 
lui-ci : 

Serre  chaude  humide  ; température  mi- 
nima  pendant  l’hiver,  15  degrés  centigrades  ; 
l’été,  20  à 25  degrés.  Plantation  des  plantes 
adultes  dans  de  grands  pots,  ou  des  bou- 
tures dans  des  godets,  avec  rempotages 
dans  des  pots  de  plus  en  plus  grands  au  fur 
et  à mesure  du  développement  des  sujets. 
Compost  de  deux  tiers  de  terre  fibreuse  ou 
de  gazons  décomposés  et  d’un  tiers  de  terre 
de  bruyère  mélangée  de  morceaux  de  char- 
bon de  bois.  Les  arrosages  doivent  être 
très-abondants,  quotidiens,  pendant  la 
grande  activité  de  la  végétation.  La  plante 
se  plaît  mieux  alors  près  du  verre  que  dans 

MALADIE  NOIRE 

Sous  ce  nom,  nous  désirons  ^ittirer  l’at- 
tention des  lecteurs,  et  en  particulier  des 
cryptogamistes,  sur  une  maladie  mal  con- 
nue, mais  qui  malheureusement  sévit  de- 
puis plusieurs  années  déjà  et  presque 
partout  sur  les  Clématites  à grandes  fleurs, 
avec  une  intensité  telle  que  c’est  par  cen- 
taines, et  parfois  plus,  que  les  spécialistes 
comptent  chaque  année  les  plantes  qui  en 
meurent  dans  leurs  cultures.  Les  jardins 
des  amateurs  n’en  sont  pas  plus  à l’abri 
que  les  pépinières.  Il  est  intéressant  de 
remarquer  que  les  Clématites  à grandes 
fleurs  des  groupes  : lanuginosa,  patens, 
Jackmani  et  florida,  sont  seules  affectées  ; 
les  espèces  et  variétés  à petites  fleurs  des 
groupes  : Viticella,  paniculata,  anémoni- 
flores  et  autres  en  sont  heureusement 
exemptes. 

« Noire  »,  la  maladie  l’est  autant  par  l’ob- 
scurité complète  dans  laquelle  se  trouve  sa 
connaissance  scientifique,  que  par  la  teinte 
de  la  partie  affectée.  Soit  que  les  cryptoga- 
mistes n’aient  pas  entrepris  jusqu’ici  son 
étude,  soit  plutôt  que  leurs  recherches  aient 
été  infructueuses,  on  ne  sait  absolument 
rien  sur  la  nature  de  ce  redoutable  parasite, 
mais  ce  que  les  horticulteurs  et  amateurs 
savent  bien,  c’est  que  leurs  plantes,  les 
jeunes  surtout,  périssent  avec  une  rapidité 
désolante. 

En  effet,  la  Clématite  la  plus  remplie  de 
promesses,  au  printemps,  par  sa  belle  végé- 
tation, se  fane  brusquement,  du  jour  au 
lendemain,  et  toute  sa  partie  aérienne  ne 
tarde  pas  à se  dessécher.  Elle  est  perdue  ! 
Parfois,  cependant,  la  plante  repousse  du 


toute  autre  partie  de  la  serre,  si  ses  tiges 
sont  attachées  aux  colonnes  qui  soutiennent 
la  charpente,  ou  aux  pannes  du  toit,  avec 
ses  rameaux  floraux  palissés  sur  des  fds  de 
fer  à 25  centimètres  du  vitrage. 

Pendant  l’hiver,  ralentissement  graduel 
et  cessation  des  arrosages  jusqu’à  janvier, 
où  l’on  taille  court  le  jeune  bois,  à un  œil, 
pour  obtenir  de  nouvelles  pousses  vigou- 
reuses qui  se  chargeront  de  fleurs  dans  la 
pleine  lumière  des  beaux  jours. 

Ainsi  traité,  VAllamanda  nohilis  de- 
vient facilement  ce  que  les  Anglais  appellent 
une  c(  glorieuse  plante  »,  facile  à vivre, 
presque  inattaquable  aux  insectes,  et  qui 
récompense  largement  l’amateur  qui  se 
donne  la  peine  de  la  bien  cultiver. 

Ed.  André. 

DES  CLÉMATITES 

pied,  lorsque  le  collet  de  la  greffe  a été  épar- 
gné, et  qu’il  y existe  quelques  yeux. 

En  examinant  la  Clématite  ainsi  brus- 
quement tuée,  on  ne  remarque  absolument 
rien  d’anormal  dans  toute  sa  partie  aérienne. 
Tout  le  mal  se  trouve  à la  base  de  la  tige,  au 
niveau  et  un  peu  au-dessous  du  sol,  où 
l’écorce  est  noircie  sur  quelques  centi- 
mètres de  hauteur  et  entre  en  voie  de  dé- 
composition. Pas  la  moindre  trace  de  fila- 
ments de  mycélium^  du  moins  à l’examen  à 
la  loupe  ; peut-être  le  microscope  révèlerait- 
il  quelque  chose? 

Voilà  donc  un  beau  champ  d’études 
ouvert  à la  sagacité  des  cryptogamistes  ; 
celui  qui  trouvera  l’ennemi,  et  surtout  un 
moyen  de  le  détruire,  rendra  un  grand 
service  à l’horticulture,  la  reconnaissance 
et  les  remerciements  ne  lui  seront  certai- 
nement pas  ménagés. 

On  a déjà  essayé  sans  succès  bien  des 
remèdes,  notamment  la  bouillie  bordelaise, 
pourtant  si  efficace  contre  beaucoup  de 
cryptogames.  M.  Van  den  Heede  a cepen- 
dant fait  savoir  qu’il  préservait  ses  plantes 
à l’aide  de  la  fleur  de  soufre,  qu’il  répand 
simplement  au-dessus  des  racines,  au  mo- 
ment de  la  plantation  ou  dans  une  cuvette 
qu’il  creuse  avant  l’hiver  au  pied  des  Clé- 
matites déjà  plantées  et  qu’il  recouvre 
ensuite  de  terre. 

La  question  en  est  là.  Nous  souhaitons 
vivement  qu’on  lui  fasse  faire  quelques  pas 
déplus.  La  Revue  /lortico^c  publiera  certai- 
nement avec  empressement  les  communica- 
tions que  ses  lecteurs  voudront  bien  lui  faire 
parvenir  à cet  égard.  S.  Mottet. 


86 


BASSIN  DIVISEUR  DE  VIDANGES. 


BASSIN  DIVISEUR  DE  VIDANGES 


Chacun  sait  combien  est  précieuse,  en 
vue  de  la  fertilisation  des  terres,  l’introduc- 
tion, dans  l’eau  destinée  aux  arrosements, 
de  certains  détritus  riches  en  azote,  tels  que 
purin,  matières  fécales,  poudrettes,  etc. 
D’autres  fois,  pour  les  arbres  fruitiers,  par 
exemple,  il  s’agit  d’y  incorporer  des  eaux 


de  buanderie,  des  résidus  de  la  lixiviation 
des  cendres,  du  sulfate  de  fer  plus  ou 
moins  impur,  etc.  Pour  désigner  en  bloc 
toutes  ces  adductions  plus  ou  moins  liqué- 
fiées ou  solides,  appelons-les  simplement 
« vidanges  ». 

La  manipulation  de  ces  vidanges  pré- 


Fig.  27.  — Vue  du  bassin  diviseur  de  vidanges. 


A Compartiment  l’ecevant  directement  l’eau  du  robinet  M. 

H Compartiment  dans  lequel  l’eau  s’introduit  immédiatement  par  l’ouverture  X et  dans  lequel  on  jettera  les 
vidanges,  le  robinet  M étant  ouvert. 

C Compartiment  dans  lequel  le  liquide  de  A et  de  B se  dévex’se,  lorsqu’on  A et  B il  a atteint  le  niveau  HI. 

DE  Niveau  de  l’eau  cachant  l’ouverture  X. 

FG  Niveau  de  l’eau  arrivée  à la  base  de  l’ouverture  Y. 

HI  Niveau  de  l’eau  arrivée  au  point  H’,  se  maintenant  jusqu’à  ce  que  le  compartiment  G soit  rempli  jusqu’en  HT. 
.TK  Niveau  extrême  obligeant  le  flotteur  L à prendre  l’horizontale. 

L Flotteur  interceptant  automatiquement  l’arrivée  d’eau  au  moment  où  il  prend  sa  position  horizontale. 

M Robinet  se  fermant  automatiquement  par  l’action  du  piston  du  flotteur  L. 

VZ  Cloisons  intérieures  du  bassin. 

XY  Ouvertures  pratiquées  dans  ces  cloisons. 


sente  bien  des  inconvénients.  Supposons  i nagent  quantité  d’impuretés.  On  ne  peut 
un  bassin  rempli  d’eau  sur  laquelle  sur-  | guère  puiser  dans  ce  bassin  à plein  arro- 


BASSIN  DIVISEUR  DE  VIDANGES, 


87 


soir  sans  se  souiller  les  mains.  Dès  que 
Ton  approche  du  fond,  c’est  encore  pis.  Et 
puis,  l’eau,  chargée  d’éléments  insuffisam- 
ment dissous,  houche  à tout  instant  les 
trous  de  la  pomme  d’arrosoir.  Enfin,  cette 
opération  dégage  souvent  des  odeurs  sui 
generis  dont  on  se  passerait  volontiers. 

M.  Ghantin  (Auguste),  horticulteur  bien 
connu,  a trouvé  un  ingénieux  moyen  de 
remédier  à tout  cela.  Pour  construire  son 
bassin  « diviseur  de  vidanges  »,  il  s’est 
basé  sur  le  principe  de  l’équilibre  dans  les 
vases  communicants. 

D’après  ce  principe,  les  conditions  d’équi- 
libre sont  complètement  indépendantes  de 
la  forme  des  vases.  En  d’autres  termes,  si 
l’on  fait  communiquer  entre  eux  des 
vases  de  contenances  différentes,  l’eau 
n’en  prend  pas  moins  partout  le  même 
niveau. 


X,  ouverture  faisant  communiquer  les  deux  compartiments 
A et  B. 

Le  bassin  de  M.  Ghantin  (fig.  27)  se  divise 
en  trois  compartiments  que,  pour  faciliter  la 
démonstration,  nous  montrons  sur  la 
même  coupe  dans  la  fig.  28. 

Le  premier  compartiment  A reçoit  l’eau 
du  robinet  M.  Au  fur  et  à mesure  que  l’eau 
coule,  un  même  niveau  s’établit  à la  fois 
dans  ce  compartiment  et  le  suivant  B,  puis- 
qu’une large  ouverture,  X,  les  fait  commu- 
niquer. Lorsque  le  niveau  arrive  en  D E, 
l’ouverture  se  trouve  déjà  cachée  aux  re- 
gards, et  le  même  niveau  continue  à monter 
également  dans  les  bassins  A et  B. 

Lorsqu’on  jette  les  vidanges  dans  B,  elles 
se  mélangent  immédiatement  à l’eau,  non 
seulement  de  B,  mais  aussi  de  A.  Seule- 
ment, comme  le  robinet  coule  toujours,  il 
se  produit  un  remous  qui  dilue  continuel- 
lement les  matières  déversées  dans  B.  Ges 
matières  n’ont  donc  aucun  repos  ; toujours 


en  mouvement,  elles  se  divisent  bientôt  en 
deux  parts  : l’une,  légère  et  formant  « crème  », 
surnage  sur  l’eau  de  B.  L’autre,  lourde, 
forme  vase  au  fond.  G’est  sur  cette  remarque 
que  repose  toute  l’économie  du  système.  Ge 
que  l’inventeur  a voulu  obtenir,  c’est  un 
liquide  suffisamment  débarrassé  de  son 
écume,  d’une  part,  et  de  sa  boue,  d’autre 
part.  Entre  ces  deux  zones,  le  liquide 
cherché  existe.  Nous  allons  voir  comment 
on  s’y  prend  pour  le  séparer. 

Si  la  cloison  V n’existait  pas,  l’eau  coule- 
rait trop  directement  sur  les  vidanges  ; la 
crème,  constamment  troublée  par  le  jet  du 
robinet,  ne  se  concentrerait  pas  à la  sur- 
face de  l’eau  comme  elle  le  fait  dans  le  com- 
partiment B. 

Il  s’agit  maintenant  de  décanter  et  d’em- 
magasiner le  liquide  de  la  région  moyenne 
du  bassin  B. 

Au-dessus  du  niveau  F G,  l’eau,  en 
continuant  à monter,  prend  naturelle- 


I llji  g-,.— i 


Fig.  80,  — Face  de  la  cloison  Z vue  du  côté  B. 

Y’,  partie  inférieure  de  l’ouverture  Y. 

ment  le  même  niveau  dans  l’ouverture 
Y (fig.  28).  Mais  on  remarquera  que  cette 
ouverture  a la  forme  d’une  boîte  aux  lettres 
à son  orifice,  et  que  cet  orifice  est  relative- 
ment étroit  (fig.  28  et  30).  Aussi,  la  crème 
n’y  passe-t-elle  pas.  Elle  ne  peut  non  plus 
l’obstruer,  puisqu’elle  monte  toujours. 

Mais  au-dessous  de  cette  crème,  le  li- 
quide saturé  passe,  lui,  et,  arrivé  au 
niveau  H I,  il  se  déverse  par  la  partie  supé- 
rieure de  l’ouverture,  au  point  H’,  dans  le 
compartiment  G.  On  peut  alors  l’y  puiser 
et  s’en  servir  commodément  puisqu’il  est 
relativement  propre. 

Tant  que  le  compartiment  G n’est  pas 
rempli  jusqu’à  la  hauteur  de  l’orifice 
H’  de  l’ouverture  Y,  le  niveau  constant 
reste  toujours  en  H I,  dans  les  compar- 


88 


ACACIAS  CALCICOLES  ET  ACACIAS  CALCIFUGES. 


timents  A et  B.  Mais,  dès  que  le  liquide 
de  G affleure  au  point  H’,  le  niveau  sera 
le  même  dans  les  trois  parties  du  bassin, 
suivant  H I H’  V. 

Mais  le  robinet  coule  toujours  et  le 
niveau  continue  à monter  également  par- 
tout. Cependant,  beau,  arrivée  en  J K,  fait 
pression  sur  la  bulle  du  flotteur  ; celui-ci 
prend  la  direction  horizontale  et  son  piston 
ferme  automatiquement  le  robinet.  Le  bas- 
sin est  plein. 

Dans  cette  situation,  la  moindre  quantité 
de  liquide  enlevée  au  compartiment  G fait 
immédiatement  baisser  partout  le  niveau, 
et  le  robinet  se  remet  à fonctionner  jus- 
qu’à ce  que  le  niveau  revienne  partout  à 
J K. 

Mais  il  peut  arriver  que  l’on  ait  à puiser 
dans  les  compartiments  A et  B,  pour  les 
curer,  par  exemple.  Aussitôt  que  le  niveau 
constant  des  trois  parties  du  bassin  s’abais- 
sera au-dessous  de  la  ligne  H I H’  I’,  on 
pourra  vider  complètement  A B,  tandis  que 
le  niveau  du  liquide  emmagasiné  dans  G res- 
tera au  niveau  du  point  H’. 

Le  bassin  de  M.  Chantin  mesure  50 


de  longueur  et  autant  de  largeur.  Sa  pro- 
fondeur est  de  l"™  20.  Mais,  pour  indiquer 
des  proportions  exactes  dans  les  dimensions 
relatives  des  autres  parties,  ramenons  le 
cube  à l’unité. 

Supposons  un  récipient  de  1 mètre  cube 
et,  par  conséquent,  d’une  contenance  de 
1,000  litres.  Le  compartiment  A mesurera 
200  litres.  B,  250  litres,  et  G 550  litres. 

L’ouverture  X (fig.  29)  mesurera  0""  10 
de  hauteur  sur  0"^  15  de  largeur.  L’ouver- 
ture Y (fig.  30)  aura  une  largeur  constante 
de  0"i  08  entre  ses  deux  orifices,  dont  la 
hauteur,  entre  les  parois,  ne  devra  pas 
dépasser  0>"  015.  Mais  l’épaisseur  du  canal 
pratiqué  dans  la  cloison,  et  reliant  les  deux 
orifices,  peut  varier  entre  O*”  015  et  O"'  020. 

Quant  aux  flotteurs,  s’ils  coûtent  un  peu 
cher,  on  peut  prendre  le  loisir  d’en  cher- 
cher d’occasion. 

Bref,  il  ne  saurait  échapper  à personne 
quel  avantage  précieux  l’on  possédera  en 
se  servant  d’un  liquide  relativement  propre, 
chargé  seulement  des  principes  fertilisants 
qu’on  a voulu  y ajouter. 

H.  Dauthenay. 


ACACIAS  CALCICOLES  ET  ACACIAS  CALCIFUGES 


J’ai  lu  dans  la  « correspondance  » de  la 
Revue  du  1"  janvier  dernier,  que  « les  Aea- 
« eia  dealhata  et  cultriformis  sont  les  es- 
« pèces  principalement  calcifiiges  du  litto- 
((  ral  de  Provence  ». 

Permettez-moi  de  vous  signaler  qu’aux 
environs  de  Nice,  en  terrain  essentiellement 
calcaire,  V Acacia  cultriformis  croît  à mer- 
veille, fleurit  en  abondance,  semblant  s’ac- 
commoder très-bien  de  la  nourriture  que 
lui  offre  notre  sol  L 

Souvent,  le  terrain,  plus  ou  moins  argi- 
leux, est  trop  fort  pour  les  Acacia  cultri- 
formis ou  autres,  et  sans  quelques  précau- 
tions ils  périraient  infailliblement. 

B faut  drainer  assez  profondément  avec 
de  grosses  pierres  ou  fragments  de  rochers, 
et  la  terre  de  plantation  sur  environ  1 mètre 
cube  doit  être  mélangée  de  sable.  Mais, 
ici,  pierres  et  sable  sont  calcaires.  Il  fau- 
drait passer  le  Var  pour  en  trouver  d’autre. 

Quant  à V Acacia  dealhata^  son  horreur 
de  la  chaux  le  rendait  incultivable  jusqu’à 

^ Le  calcaire  jurassique  des  environs  de  Nice 
convient  encore  à l’A.  Cultriformis,  mais  sur 
d’autres  calcaires  il  jaunit  et  dépérit. 

{Rédaction). 


ces  dernières  années  dans  nos  terrains  cal- 
caires. 

Ge  roi  des  Acacias  ne  réussissait  qu’entre 
Gannes  et  Saint-Raphaël  où  il  atteignait  de 
belles  dimensions,  épanouissant  à l’aise  ses 
glomérules  odorants,  lorsqu’il  était  nourri 
d’une  terre  granitique,  gneissique  ou  mica- 
schisteuse  de  son  goût. 

Voilà  le  passé.  Gannes  et  Saint-Raphaël 
jouissant  du  monopole  de  la  vente  très-ré- 
munératrice des  fleurs  Acacia  dealhata, 
Nice  n’en  dormait  pas,  de  jalousie.  Les 
branches  cueillies,  avant  épanouissement 
des  glomérules,  sont  mises  dans  l’eau  en 
bouquets,  et,  en  serre  bien  chauffée,  arrivent 
vite  en  état  d’être  expédiées  dans  le  Nord 
pour  Noël  et  le  jour  de  l’An,  sous  le  nom 
de  Mimosa. 

La  Revue  du  l®*"  novembre  dernier  a parlé 
du  reste  de  ce  commerce  dans  un  article 
de  M.  Mottet. 

Un  horticulteur  de  Nice  a eu,  vers  1892, 
l’idée  de  greffer  VAcacia  dealhata  sur 
Acacia  retinoides  (appelé  communément 
ftorihunda  dans  la  région),  espèce  très-rus- 
tique,  s’accommodant  de  tous  les  terrains  et 
ne  craignant  que  l’humidité  stagnante. 


CULTURE  DES  CHRYSANTHÈMES  A TIGE  A LA  GRANDE  FLEUR. 


89 


Voici  comment  on  procède  aujourd'hui 
partout,  après  quelques  tâtonnements  : 

On  sème  des  deux  espèces,  et,  au  prin- 
temps suivant,  on  greffe,  par  approche,  les 
semis  d’un  an,  repiqués  en  godets.  Ce  n’est 
qu’une  fois  la  végétation  bien  active  que  l’on 
opère  progressivement  les  sections.  Faite 
avec  soin,  le  succès  de  l’opération  est  assuré 
et  la  croissance  en  pleine  terre  très-rapide. 


Un  jeune  arbre,  gros  comme  un  tuyau  de 
plume  d’oie,  atteint  facilement  6 mètres  en 
deux  ans,  et  la  récolte  de  branches  fleuries 
représente  plus  d’une  charge  d’homme. 

Ce  magnifique  arbre  est  rustique  à Brest. 
Chacun  sait  que  V Acacia  dealhata  supporte 
très-bien  la  taille. 

Robert  Roland-Gosselin. 


CULTURE  DES  CHRYSAINTHÈMES  A TIGE  A LA  GRANDE  FLEUR 


Le  Chrysanthème  se  prête  si  facilement  à 
toutes  les  fantaisies  de  l’amateur,  que  l’on 
trouve  encore  des  procédés  de  culture  peu 
connus,  susceptibles  d’intéresser  le  lecteur, 
malgré  tout  ce 
qui  a été  écrit 
sur  cette  admi- 
rable plante 
d’automne  de- 
puis quelques 
années. 

Il  en  est  qui 
ne  veulent  voir 
le  Chrysanthè- 
me que  sous 
une  seule  for- 
me ; les  uns, 
et  ce  sont  les 
plus  nom- 
breux, ne  le 
comprennent 
qu’en  plantes 
basses,  tra- 
pues, portant 
de  4 à 8 fleurs 
moyennes  ou 
assez  grandes  ; 
d’autres,  ne 
cultivant  que  la 
grande  fleur, 
se  préoccupent 
peu  du  port  de 
la  plante,  s’at- 
tachant sur- 
tout à obtenir 
de  longues  ti- 
ges, les  seules 
gracieuses  en 
gerbes,  munies 
d’une  belle 
fleur  bien  por- 
tée par  un  pédoncule  solide;  les  vrais  ama- 
teurs, qui  cultivent  le  Chrysanthème  pour 
en  jouir  longuement,  lui  consacrent  une 
véranda,  où  ils  le  disposent  avec  art,  s’at- 


tachant à obtenir  des  plantes  de  toutes 
hauteurs,  afin  de  les  étager  et  en  former  de 
superbes  groupes  décoratifs,  plusieurs  fois 
renouvelés,  et  en  floraison  du  1'^'’  octobre 

au  15  décem- 
bre; enfin,  les 
passionnés,’qui 
ont  voué  un 
culte  au  Chry- 
santhème, 
cherchent  avec 
ardeur  à en 
perfectionner 
la  culture,  l’é- 
tudient de  tou- 
tes manières, 
et  sont  heureux 
de  l’admirer 
sous  toutes  les 
formes  où  leur 
plante  de  pré- 
dilection se 
présente  avec 
ses  avanta- 
ges. 

Il  est  juste 
de  constater 
que  le  nombre 
de  ces  passion- 
nés du  Chry- 
santhème aug- 
mente sensi- 
blement. Cette 
fleur,  si  capti- 
vante, exerce 
un  attrait  irré- 
sistible sur 
tous  ceux  qui 
s’en  occupent 
et  qui  réussis- 
sent à en  ob- 
tenir de  beaux  produits. 

Il  est  vrai  que  le  succès  grise,  et  si 
les  bons  cultivateurs  étaient  rares  il  y 
a quatre  ou  cinq  ans,  on  peut  dire  au- 


Fig.  31 . — Spécimen  de  culture  du  Chrysanthème  à tige 
à la  grande  fleur. 

(D’après  une  photographie). 


90  CULTURE  DES  CHRYSANTHÈMES 

jourd’hui  que  l’on  en  rencontre  partout. 

J’ai  essayé,  pour  la  première  fois,  dans 
le  cours  de  l’année  1896,  d’obtenir  des 
plantes  de  Chrysanthèmes  à tiges  (Stan- 
dards des  Anglais)  avec  de  grandes  fleurs, 
et,  par  opposition,  le  Chrysanthème  minia- 
ture, c’est-à-dire  une  plante  aux  dimensions 
aussi  réduites  que  possible,  portant  une  belle 
fleur.  J’ai  pu  présenter  des  exemplaires  de 
ces  deux  cultures  à la  dernière  Exposition 
de  Paris,  au  Palais  de  l’Industrie,  où  ils 
ont  obtenu  un  succès  remarquable. 

La  meilleure  plante  de  Chrysanthème  ^ à 
tige,  présentée  à Paris,  était  obtenue 
avec  la  variété  Étoile  de  Lyon.  Elle 
avait  1"^75  de  hauteur,  et  portait  50  bran- 
ches terminées  chacune  par  une  fleur, 
dont  quelques-unes  seulement,  épanouies, 
mesuraient  de  22  à 25  centimètres  de 
largeur. 

La  gravure  ci-jointe  (flg.  31)  représente 
une  autre  plante  de  la  même  variété,  en 
pleine  floraison,  d’après  une  photographie 
faite  le  25  novembre  1896. 

Ces  plantes  ont  atteint  des  dimensions 
que  je  n’avais  pas  encore  obtenues  ; elles 
démontrent  aisément  qu’avec  une  bonne 
culture  et  un  engrais  convenable,  on  peut 
faire  acquérir  au  Chrysanthème,  avec  des 
plantes  d’un  an,  un  développement  consi- 
dérable. 

Que  devient,  en  présence  de  ces  résultats, 
le  préjugé  si  enraciné,  que,  pour  obtenir  de 
très-grandes  fleurs,  on  ne  peut  laisser 
qu’une  lige  et  une  fleur  par  pot? 

La  plante  ligurée  ci-dessus  d’après  une 
photographie  avait  une  couronne  fleurie 
de  près  de  4 mètres  de  circonférence,  soit 
1“‘20  de  diamètre,  et  portait  30  fleurs, 
dont  la  plupart  atteignaient  J8  à 25  cen- 
li mètres  de  diamètre. 

La  hauteur  de  la  plante  était  de  1"’  60, 
et  elle  avait  été  obtenue  dans  un  pot  de 
33  centimètres  de  diamètre  intérieur. 

J’avais  cultivé  40  plantes  avec  le  même 
procédé,  et  presque  toutes  ont  atteint  ces 
dimensions  colossales. 

Je  vais  essayer  de  décrire  succinctement, 
et  cependant  avec  tous  les  détails  possibles, 
le  mode  de  culture  employé. 

Le  bouturage  a eu  lieu  en  décembre,  et 
les  plantes  ont  été  conservées  sous  verre 
jusqu’au  10  mai,  à une  température  plutôt 
froide,  ne  dépassant  10  degrés  que  par 

1 Cette  plante  a obtenu  une  médaille  de  ver- 
meil grand  module,  comme  plus  bel  exemplaire 
de  l’Exposition;  elle  a été  offerte  à M.  Félix  Faure, 
président  de  la  République. 


A TIGE  A LA  GRANDE  FLEUR. 

l’action  du  soleil.  Les  boutures  faites, 
comme  il  est  indiqué  dans  le  livre  : Le 
Chrysanthème  à la  grande  fleur  dans 
des  godets  de  5 centimètres,  avaient  at- 
teint, le  10  mai,  une  hauteur  de  60  centi- 
mètres en  moyenne,  et  se  trouvaient  alors 
dans  un  pot  de  15  centimètres,  après  avoir 
passé  par  un  rempotage  intermédiaire  de 
10  centimètres. 

Dans  le  courant  de  mai,  presque  toutes 
les  plantes  ont  présenté  leur  premier  bouton 
couronne;  celles  qui  n’avaient  pas  à ce  mo- 
ment atteint  une  hauteur  de  60  à 80  centi- 
mètres ont  été  ébourgeonnées,  et  l’on  a 
continué  le  prolongement  de  la  tige,  en  se 
servant  du  prolongement  le  plus  vigoureux. 

Fin  mai,  on  a opéré  le  premier  pince- 
ment, et  les  3 ou  4 bourgeons  supérieurs 
conservés  ont  été  eux-mêmes,  à leur  tour, 
pincés  sur  3 bonnes  feuilles  quand  ils 
ont  présenté  6 feuilles  bien  constituées. 

Un  troisième  et  un  quatrième  pincements 
eurent  lieu  ensuite,  en  juin  et  juillet  ; 
chaque  branche  a été  soigneusement 
ébourgeonnée  afin  de  ne  laisser  à l’extré- 
mité qu’une  seule  fleur. 

Un  premier  tuteur  léger  avait  été  donné 
à la  plante  lorsqu’elle  avait  une  hauteur 
de  25  centimètres,  et  le  bourgeon  fut  soi- 
gneusement accolé,  afin  de  conserver  à la 
tige  une  bonne  direction. 

Lorsque  les  premiers  pincements  opérés 
eurent  donné  naissance  à des  rameaux  de 
35  à 40  centimètres  de  longueur,  trois  tu- 
teurs portant  à la  hauteur  de  la  future 
couronne  un  cercle  en  fil  de  fer  furent 
fichés  dans  chaque  pot,  et  les  branches  de 
l’extérieur  furent  écartées  et  maintenues  au 
moyen  de  ce  cercle. 

Le  dernier  rempotage  eut  lieu  le  22  juil- 
let, en  pots  de  33  centimètres. 

A partir  de  mai,  les  plantes  ont  été  pla- 
cées en  plein  air,  dans  une  situation  bien 
éclairée,  en  plein  soleil,  les  pots  mi-enterrés 
dans  le  sol,  avec  un  vide  sous  la  base  du 
pot,  afin  d’assurer  l’écoulement  du  trop- 
plein  des  arrosages,  condition  indispensable 
pour  obtenir  une  parfaite  végétation. 

La  terre  employée,  à partir  du  deuxième 
rempotage,  était  composée  de  terre  de 
gazon,  additionnée  pendant  l’hiver  de 
2 1/2  p.  100  d’engrais  Papillon.  Grâce  à 
la  réserve  de  nourriture  donnée  au  sol  par 
cet  engrais  puissant,  on  a pu  éviter  com- 
plètement l’emploi  de  l’engrais  liquide,  et 

- Deuxième  édition,  en  vente  chez  l’auteur. 
Envoi  franco  contre  2 fr.  80  à M.  Anatole  Cordon- 
nier, à Bailleul  (Nord). 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE  DE  FRANCE. 


pas  une  seule  de  ces  plantes  n’a  été  arrosée 
pendant  toute  la  végétation  qu’avec  de 
l’eau  pure. 

Il  est  juste  d’ajouter  que  le  dernier  rem- 
potage avait  été  fait  en  laissant  un  vide  de 
5 centimètres  à la  partie  supérieure  du  pot  ; 
qu’à  la  mi-août^  alors  que  la  plante  avait 
garni  de  ses  racines  toute  la  motte  du  der- 
nier rempotage,  on  a effectué  un  premier 
surfaçage  (top  dressing  des  Anglais)  avec 
une  mixture  préparée  en  mars,  comme  il  est 
indiqué  ci-dessus  ; et  un  second  surfaçage 
fut  appliqué  le  15  septembre. 

On  avait  composé  ce  terrain  de  surfa- 
çage comme  suit  : 

47  kilos  terre  de  gazon. 

47  kilos  terreau  de  couche  encore  gras  mais 
bien  décomposé. 

6 kilos  d’engrais  Papillon. 

100  kilos. 

Un  mois  après  l’application,  ces  surfa- 
çages sont  littéralement  garnis  de  petites 
radicelles,  démontrant  l’affinité  de  la  plante 
pour  cet  engrais  spécial. 

Partout  où  on  le  put,  le  bouton  couronne 
fut  réservé,  et  l’on  ne  se  servit  du  bouton 
terminal  que  lorsque  le  bouton  couronne 
ne  put  être  conservé. 

La  floraison,  en  général,  fut  tardive,  et 


91 

l’on  n’obtint  des  plantes  épanouies  que 
du  10  au  30  novembre. 

Je  dois  dire  que  le  résultat  a dépassé 
mes  espérances,  et  que  je  fus  amplement 
récompensé  des  soins  un  peu  minutieux 
qu’ont  exigés  ces  plantes  à tige. 

Ce  que  l’on  trouve  de  plus  extraordinaire 
en  voyant  ces  plantes,  c’est  la  dispropor- 
tion, non  encore  obtenue,  entre  le  volume 
de  la  couronne  fleurie,  qui  atteignait,  sui- 
vant les  plantes,  de  1 mètre  de  diamètre  à 
l”!  60,  et  la  motte  de  terre  qui  était  conte- 
nue dans  un  pot  de  33  centimètres,  et  cela 
sans  aucune  addition  d’engrais  liquide, 
grâce  à la  puissance  de  l’engrais  Papillon 
mélangé  à la  terre. 

Le  défaut  (car  il  y en  avait  un,  capital 
à mon  avis)  que  présentaient  ces  plantes  à 
tige,  était  leur  hauteur,  ne  permettant  pas 
de  voir  les  fleurs  de  face,  et  obligeant,  pour 
les  rendre  agréables  à la  vue,  de  les  incli- 
ner vers  le  spectateur. 

Ce  défaut  serait  facilement  évité  en  ne 
laissant  à la  tige  qu’une  hauteur  de  40  à 
50  centimètres  ; la  couronne  fleurie  ne  dé- 
passerait pas  en  ce  cas  une  hauteur  del“  30, 
et  la  plante  serait  alors  une  merveille  déco- 
rative, permettant  de  la  présenter  isolée, 
comme  une  superbe  Azalée  dans  un  angle 
de  vestibule,  véranda  ou  appartement. 

Anatole  Cordonnier. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  UU  28  JANVIER  1897 


Floriculture. 

La  présentation,  unique  ce  jour-là  au  Co- 
mité de  floriculture,  faite  par  M.  Maxime  Jo- 
bert,  de  Ghâtenay,  commandait  l’attention  de 
tous  les  praticiens,  non  seulement  au  point  de 
vue  de  la  valeur  ornementale  des  plantes  pré- 
sentées, mais  aussi  au  point  de  vue  cultural. 
Il  s’agissait  d’un  forçage,  commencé  fin-no- 
vembre, de  VHoteia  astüboides.  Le  même 
forçage  avait  été  appliqué  à quelques  pieds 
d'H.  japonica  et  d’jj  japonica  compacta^  ap- 
portés aussi  comme  « témoins  ».  L’avantage  a 
été  tout  entier  en  faveur  de  VH.  astüboides, 
dont  le  feuillage,  ample  et  vigoureux,  la  flo- 
raison dense  et  abondante,  et  l’air  de  santé 
générale  méritaient  tous  les  éloges.  M.  Jo- 
bert  avait  ajouté  aussi  quelques  H.  japonica 
forcés  en  saison  ordinaire,  à titre  de  compa- 
raison. 

Mais  pourquoi  avons-nous  entendu  des  no- 
tabilités horticoles  persister  à les  traiter  de 
Spiræa,  alors  qu’il  s’agit  de  Saxifragées,  et 
non  pas  de  Rosacées  ? Serait-ce  sous  le  falla- 


cieux prétexte  que  ce  sont  les  « Reines-des- 
Prés  » du  commerce? 

Orchidées. 

Apport  intéressant  de  M.  Page,  jardinier  de 
M.  Robert  Lebaudy.  Au  premier  plan,  de 
beaux  Cypripedium  hybrides  : C.  Spiceria- 
num  Louryi.  de  belle  tenue  et  aux  tiges 
biflores  ; C.  Nilssoni  excellens  (C.  Maulei  X 
C.  Boxallï),  belle  plante  aux  divisions  florales 
beaucoup  plus  larges  et  mieux  dressées  que 
celles  du  C.  Nilssoni,  de  même  origine.  Le 
labelle  en  est  aussi  beaucoup  plus  coloré.  Re- 
marquable aussi,  un  Lælia  anceps  Dawsoni, 
dont  le  labelle,  pourpre  extérieurement  et 
jaune  rayé  de  brun  intérieurement,  contraste 
agréablement  avec  les  sépales  blancs  du  reste 
de  la  fleur.  Puis  enfin,  un  Cattleya  Perciva- 
liana  Leeana  superba  (ouf  !)  de  très-belle 
couleur  lilas,  au  labelle  cramoisi,  et  qui  est 
ordinairement  très-floribond  lorsqu’il  éclot  en 
bonne  époque. 

Parmi  différentes  autres  Orchidées  de 


92  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES. 


M.  Page,  on  remarquait  encore  une  espèce 
d’intérêt  plutôt  botanique  qu’horticole  : le 
Pleurothallis  steUigera,  épi  de  petites  fleurs 
d’un  vert  jaunâtre  particulier. 

M.  Thibaut,  jardinier  chez  M.  Libreck,  à 
Passy,  avait  apporté  un  Brassavola  glauca  au 
labelle  très-large,  étalé,  blanc,  et  un  Saccolo- 
bium  illustre  giganteum,  à l’inflorescence 
bien  garnie. 

Arboriculture  fruitière. 

M.  Théveny,  peintre,  rue  de  la  Mairie,  à 
Antony  (Seine),  présentait  une  collection  de 
fruits  moulés  et  peints  avec  une  fidélité  remar- 
quable. 11  y a longtemps  qu’il  nous  avait  été 
donné  d’examiner  un  travail  aussi  scrupuleux 
et  aussi  vrai.  Peut-être  bien,  dans  M.  Théveny, 
retrouverons-nous  l’habile  artiste  que  nous 
avons  perdu  en  perdant  M.  Buchetet. 


Les  Pommes  Grand- Alexandre  et  Belle- 
fille  sont  particulièrement  réussies  : n’importe 
qui  s’y  méprendrait  et,  du  reste...  c’est  arrivé. 
Viennent  ensuite  les  Poires  Doyenné  de  la  Pen- 
tecôte et  Belle  Angevine,  puis  enfin  les  Pom- 
mes de  Calville  blanche,  peut-être  un  peu 
pâlottes,  ce  qui  n’empêche  qu’elles  soient  ab- 
solument reconnaissables  et  très-pures  de 
formes. 

M.  Eve,  de  Bagnolet,  et  M.  Epaulard,  de 
Fontenay-sous-Bois,  présentaient  chacun  un 
beau  lot  de  Poires  Doyenné  d'hiver,  des  vraies, 
celles-là. 

Enfin,  d’Italie,  nous  sont  venues  des  Poires 
de  couleur  feuille  morte,  dans  lesquelles  on  a cru 
reconnaître  la  Poire  d’Abbeville,  variété  à 
cuire,  et  dont  la  « solidité  » ne  le  cédait  guère 
à celles  de  M.  Théveny. 

H.  Dauthenay. 


REVUE  DES  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES 

FIGURÉES  OU  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  HORTICOLES  ÉTRANGÈRES 

PENDANT  LE  SECOND  SEMESTRE  DE  l’ ANNÉE  1896 


EXPLICATION  DES  ADRÉVI ATIONS. 

]{.  K.  {Bulletin  de  New). 

B.  M.  (Botanical  Magasine). 

G.  C.  {The  Gardeners’  Chronlcle). 

Gartenfl.  [Gartenflora) . 

Gard,  and  For.  {Garden  and  Forest). 
lllustr.  liort.  [Illustration  horticole'). 

Lind.  [Llnderda) . 

Rev.  hort.  belg.  [Revue  de  l’horticulture 
belge). 

The  Gard.  {The  Garden). 

Acalypha  Sanderi.  N.  E.  Brown  (n.  sp.) 
(Euphorhiacées)  G.  C.,  1896.  p.  392.  — Superbe 
espèce  d' Acalypha  qui  forme  des  buissons  vi- 
goureux atteignant  3 à 5 mètres  de  hauteur. 
Bel  épi  de  fleurs  femelles,  a.xillaires,  denses, 
semblable  à une  petite  queue  d’écureuil,  d’un 
beau  rose  garance  très-brillant.  Espèce  très- 
florifère  ; ses  fleurs  durent  longtemps  ; elle 
sera  une  des  nouveautés  remarquables  de  la 
saison.  Elle  a été  découverte  en  Océanie,  dans 
l’archipel  Bismarck. 

Acanthephippium  Mantinianum,  L.  Lind. 

et  Cogn.  (Orchidées),  Lind.  tab.  536.  — Nou- 
velle espèce  dédiée  à M.  Mantin,  amateur  au 
château  de  Bel-Air,  à Olivet.  Introduite  au 
printemps  dernier  par  l’Horticulture  interna- 
tionale, elle  est  d’une  beauté  supérieure  à 
toutes  les  autres  espèces  connues.  Elle  est 
originaire  des  îles  Philippines. 

— eburneum,  Krzl.  (Orchidées),  G C.,  1896, 
p.  260.  — Jolie  petite  espèce  très-voisine  de 
VA.  Curtlsil  ; elle  en  diffère  par  l’éperon 
presque  aussi  long  que  l’ovaire  ; le  périanthe 
blanc  d’ivoire  au  lieu  d’être  rose.  Les  bulbes 
sub-tétragones,  de  G à 8 centimètres  de  long 
sont  pourpre  foncé.  Grappe  biflore. 
Acantholimon  venustum,  Boiss.  (Plombagi- 
nées),  B.  M.  tab.  7500.  — Asie  Mineure, 
liges  florales  dressées  de  9 à 12  centimètres 


de  hauteur.  Elle  fut  introduite  probablement 
en  Europe  par  Bourgcau,  botaniste  voyageur 
français.  Comme  elle  est  originaire  des  mon- 
tagnes, on  la  cultive  à Kew  dans  les  rochers  où 
elle  forme  de  grosses  touffes  ornées  en  été  de 
jolies  fleurs  roses. 

Actinidia  polygama,  Planch.  (Ternstrœmia- 
cées),  B.  M.,  tab.  7497.  — Japon.  Gracieuse 
plante  grimpante  ligneuse,  à larges  feuilles 
dentées  finement  dont  le  pétiole  est  rose.  Les 
fleurs  sont  d’un  blanc  verdâtre,  sub-gloDu- 
leuses,  en  cymes  axillaires.  En  quelques  parties 
de  l’Angleterre,  cette  espèce  fleurit  sous  la 
simple  protection  d’une  véranda  ; elle  fera  un 
bel  ornement  pour  les  piliers  des  serres  tem- 
pérées. 

Adiantum  (Hewardiæ)  malaliense,  n.  sp. 

Jenm.  (Fougères),  G.  C.,  1896,  p.  182.  — Nou- 
velle espèce  intéressante,  découverte  en 
Guyane  sur  les  bords  de  la  grande  cascade  du 
fleuve  Demerara. 

Adonis  amurensis,  Regel  et  Radde  (Renoncu- 
lacées),  B.  M.  tab.  7490.  — Mandchourie  et 
Japon.  Espèce  robuste,  vivace,  considérée 
d’abord  comme  une  variété  del’A.  apennlna. 
Elle  partage  avec  le  groupe  Consillgo  des 
Adonis  le  caractère  spécial  que  le  pétiole  est 
en  réalité  un  axe  portant  deux  ou  trois  feuilles. 
Au  Japon,  la  culture  a produit  beaucoup  de 
variétés  de  VA.  amurensis.  Un  livre  japonais 
figure  des  fleurs  rouges,  jaunes,  pourpres,  etc., 
de  cette  epèce  nouvelle.  Les  pétales  sont  au 
nombre  de  28  à 50,  et  les  fleurs  mesurent 
6 centimètres  en  diamètre. 

Aerides  Fieldingi,  Hort.  var.  album  L.  Lind. 
(Orchidées),  Lind.  tab.  538,  — Variété 
blanche.  Les  formes  albinos  étaient  inconnues 
jusqu’ici  dans  le  genre  Aerides. 

Agave  (Euagave)  laxifolia,  Baker  (Ama- 
ryllidées),  B.  M.,  tab.  7477.  — Mexique 
Agave  cultivé  depuis  longtemps  à Kew,  a 


PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES.  93 


fleuri  dans  l’été  de  1895.  Il  fut  reçu  comme 
variété  de  VA . meæicana,  mais  il  en  diffère 
beaucoup  par  sçs  feuilles  disposées  en  ro- 
sette lâche,  au  nombre  de  ‘20  à 30.  Elles  sont  co- 
riaces, longues  de  45  à 60  centimètres.  Inflores- 
cence en  panicules  sur  une  tige  courte.  Fleurs 
en  corymbes,  exhalant  une  odeur  de  souris. 
Périanthe  infundibuliforme  de  couleur  ver- 
dâtre. La  place  de  VA.  laæifoUa  est  dans  le 
voisinage  de  l’A.  excelsa. 

Akebia  lobata,  Dene  (Berbéridées),  B.  M., 
tab.  7485.  — Chine  et  Japon.  Arbuste  grim- 
pant qui  diffère  de  VA.  qulnata,  bien  connu, 
par  ses  branches  ligneuses,  ses  feuilles  trifo- 
liolées  et  ses  fleurs  plus  petites.  Fleurs  mâles 
très -nombreuses,  fort  petites,  en  longues 
grappes  grêles,  pourpre  pâle.  Fleurs  femelles 
en  petit  nombre,  plus  grandes  que  les  mâles. 

Alocasia  reversa,  N.  E.  Brown  (Aroïdées),  B. 
Af.,tab.  7498.  — Iles  Philippines.  L’A.  reversa 
est  très-voisin  de  TA . lequel  diffère 

surtout  par  sa  taille  plus  grande,  ses  feuilles 
sinueuses  et  diversement  colorées.  Cette  es- 
pèce nouvelle  est  à tige  courte  ou  acaule.  Les 
feuilles  ont  de  15  à 25  centimètres  de  long, 
défléchies,  cuspidées.  La  spathe  de  G à 7 cen- 
timètres de  long  est  blanche,  étroitement 
bordée  de  pourpre. 

— Sanderîana,  var.  gandavensis,  Illustr. 
hort.  p.  267  (Aroïdées),  pl.  color. 

Ansellia  confusa.  N.  E.  Br.  (Orchidées),  G.  C., 
1896,  p.  620.  — C’est  la  plus  brillante  espèce 
du  genre  Ansellia.  Inflorescence  rameuse, 
multiflore,  à fleurs  mesurant  près  de  6 cen- 
timètres de  diamètre.  Sépales  et  pétales  d’un 
blanc  crème  rayé  de  pourpre.  Le  labelle  tri- 
lobé est  également  orné  de  raies  pourpre.  Les 
deux  cavités  de  la  base  du  labelle  sont 
bien  caractérisées  et  sont  d’un  jaune  bril- 
lant. La  colonne  est  d’un  blanc  roux  avec 
pourpre. 

Anthurium  Madame  Du  Trieu  de  Ter- 
donck  (Aroïdées),  Illustr.  hort.,  p.  185,  pl. 
color. 

Amaryllis  Madame  T.  Feyerick  (Amaryl- 
lidées),  Rev.  hort.  belg.,  1896,  p.  115,  pl. 
color. 

Aspidistra  typica,  Baill.  (Liliacées),  B.  M., 
tab.  7484.  — Tonkin.  Curieuse  espèce  qui 
diffère  de  ses  congénères  en  ce  que  la  fleur 
est  trimère.  Les  feuilles,  longues  de  36  à 
55  centimètres,  longuement  pétiolées,  ellip- 
tiques lancéolées,  sont  munies  de  7 nervures. 
Fleurs  nombreuses  sur  un  long  pédoncule 
radical,  flexueux,  de  couleur  pourpre  avec 
taches  sombres  ; elles  sont  globuleuses,  co- 
riaces, à six  divisions  verdâtres  tachetées  de 
rouge  en  dehors  et  d’un  pourpre  foncé  en 
dedans.  Le  jardin  de  Kew  a obtenu  cette 
plante  du  Muséum  de  Paris,  en  1895. 

Aspidium  cristatum  X marginale,  Daven- 
port  (Fougères),  Gard,  and  For.,  1896,  p.  414, 
fig.  noire  58.  — Hybride  entre  l’A.  cristatum 
et  l’A.  marginale. 

— simulatum  (Fougères),  Gard,  and  For.^ 
1896,  p.  484  ; fig.  noire  69.  — Nouvelle  espèce 
des  Etats-Unis,  qui  ressemble  à V Aspidium 
FlUx  fæmina  de  nos  pays. 

Aster  infirmas,  Michaux  (Composées),  Gard. 

^ and  For.  1896,  p.  464  ; fig.  noire  65.  — Etats- 
Unis.  Espèce  distincte,  aux  tiges  grêles,  déjà 


décrite  par  Gronovius  en  1739  et  même 
Plukenet  en  1720.  Les  capitules  sont  rayés  de 
blanc  et  disposés  en  corymbes  lâches. 

Bauhinia  Galpini,  N.  E.  Br.  (Légumineuses), 
B.  M.,  tab.  7491  — Transvaal.  Arbrisseau 
demi-grimpant  de  l«i  50  à 3 mètres  de  hauteur, 
découvert  en  1880  par  M.  Nelson.  Les  feuilles 
sont  largement  orbiculaires  avec  7 fortes  ner- 
vures. Grappes  courtes  de  8 à 10  fleurs  qui 
produisent  un  bel  effet  par  leur  brillant  écar- 
late. Pétales  de  3 à 4 centimètres  de  long,  à 
limbe  orbiculaire. 

Bégonia  Martiana,  var.  gracilis  (Bégonia- 
cées),  The  Gard,  1896,  p.  474  ; pl.  color.  1096. 

Berberis  Nevinii,  Nevin  (Berbéridées),  Gard, 
and  For.,  1896,  p.  415;  fig.  noire  51.  — Cali- 
fornie. Très-belle  espèce  fort  distincte  appar- 
tenant à la  section  Mahonia  . C’est  un  char- 
mant petit  arbuste  aux  feuilles  composées 
qui  serait  très-désirable  pour  les  jardins  des 
pays  tempérés. 

Bertonerila  Mademoiselle  Lucienne, 

Linden,  L.  Lind.,  Illustr.  hort.,  p.  316,  pl. 
color.  X 

— Madame  Treyeran,  Illust.  hort.,  p.  250, 
pl.  color. 

Gampanula  Zoysii,  Wulf  (Campanulacées), 
G.  G.,  1896,  p.  182,  fig.  noire  32.  Illust.  hort., 
p.  270.  — Alpes  autrichiennes.  Charmante 
petite  plante  alpine  que  l’on  dit  difficile  à cul- 
tiver. Les  fleurs  sont  grandes,  d’un  beau  bleu 
et  en  forme  de  flacon  avec  un  étranglement  à 
la  gorge  de  la  corolle,  qui  est,  en  outre,  à 
5 lobes  triangulaires,  connivents.  Fleurs 
d’abord  pendantes,  puis  dressées. 

Carrierea  calycina,  Franch.  (Bixacées),  II- 
lustr.  hort.,  p.  366.  — Le  Carrierea  caly- 
cina,  découvert  en  Chine  par  le  R.  P.  Farges, 
a été  décrit  dans  la  Revue  horticole  du  no- 
vembre 1896.  M.  Franchet  a dédié  cette  nou- 
veauté à la  mémoire  de  M.  Carrière. 

Gattleya  Harrisoniana,  Bateman,var.  comte 
Visart  (Orchidées),  G.  G.,  1896,  p.  520.  — 
Belle  variété  à fleur  presque  entièrement 
blanche. 

G.  X Mathoniæ,  L.  Lind.  (Orchidées),  Lind., 
tab.  539.  — C’est  peut-être  un  hybride  naturel 
du  G.  Luddemaniana  croisé  avec  le  G.  Mos- 
siæ. 

G.  Mossiæ,  Hook.  varietates  (Orchidées), 
Lind.,  tab.  544. 

G.  X Super-Forbesi  (Forbesi  X superba), 
G.  G.,  1896,  p.  90.  — Hybride  horticole. 

G.  Trianæ,  Rchb.  f.,  var.  Imperator,  L. 
Lind.  (Orchidées),  Lind.,  tab.  528. 

G.  Trianæ,  varietates  (Orchidées).  Lind., 
tab.  530-531.  — Variétés  : festioa,  regalis, 
dulcis,  ampUssima,  superba,  ardens,  splen- 
dens,  majestica. 

Gelmisia  Munroi,  Hook  f.  (Composées),  B.  M., 
tab.  7496.  — Dans  la  Nouvelle-Zélande,  le 
genre  Gelmisia  représente  les  Aster  des 
autres  parties  du  monde.  Cette  plante  a été 
découverte  dans  les  montagnes  par  le  D>‘ 
Munro  ; elle  est  entièrement  recouverte  d’un 
duvet  blanc  de  neige,  tomenteux.  Capitules 
de  3 à 6 centimètres  de  large,  à rayons  blancs, 
à disque  jaune  d’or. 

Chonemorpha  macrophylla,  G.  Don  (Apo- 
cynées),  B.  M.,  tab.  7492.  — Indes  et  Iles  de 


94  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES. 


la  Malaisie.  Magnifique  plante  grimpante  des 
forêts  des  Indes  tropicales.  Elle  s’élève  jus- 
qu’au sommet  des  arbres  les  plus  élevés,  dans 
les  forêts  du  Sikkim,  à une  altitude  de  2,000 
mètres.  Une  incision  au  tronc  donne  un  latex 
coagulable  considéré  comme  une  bonne  sorte 
de  caoutchouc.  Feuilles  grandes,  orbiculaires. 
Fleurs  blanches,  odorantes,  en  cymes,  à calice 
court,  rougeâtre.  Limbe  de  la  corolle  de  9 cen- 
timètres de  large,  à lobes  triangulaires  ou 
trapézoïdaux. 

Cirrhopetalum  graveolens,  Lindley  (Orchi- 
dées;, G.  C.,  1896,  p.  210.  — Nouvelle-(3ruinée. 
Espèce  remarquable  introduite  il  y a quelques 
années.  Grappe  assez  courte  portant  environ 
30  fleurs  jaunes  d’une  senteur  désagréable 
qui  empêchera  sa  conservation  dans  les  cul- 
tures. 

Clerodendron  squamatum,  Vahl.,  Bev. 
hort.  belge,  1896,  p.  253,  pl.  color.  — Chine. 
Joli  arbuste  florifère  de  serre  chaude  ou  tem- 
pérée, peu  répandu  dans  les  cultures.  Il  peut 
acquérir  trois  mètres  de  hauteur.  C’est  une 
brillante  espèce,  remarquable  par  ses  pani- 
cules  du  plus  beau  rouge  écarlate. 

Olivia  Prince  Albert,  Ch.  Vermeire.  lUustr. 
hort.,  p.  217,  pl.  color. 

Cœlogyne  lurida,  L.  Lind.  et  Cogn.  (Orchi- 
déesb  Lind.,  tab.  532.  — Charmante  espèce  in- 
troduite récemment.  Elle  appartient  à la  sec- 
tion Eucœlogyne  de  Bentham,  et,  au  point  de 
vue  horticole,  au  groupe  des  espèces  à fleurs 
en  grappe  dressée,  caractère  assez  rare  dans 
le  genre.  Fleurs  d’un  coloris  jaune  gracieux 
et  moins  sombre  que  celui  de  beaucoup  de 
ses  congénères. 

Coriaria  japonica,  A.  Gray.  (Coriariées).  B. 
M.,  tab.  7509.  — Japon.  Arbuste  peu  élevé,  à 
tige  tétragone.  Fleurs  monoïques  fleurissant 
sur  les  branches  de  l’année  précédente  ; elles 
sont  très-petites,  mais  d’un  joli  rose  ou  rouge 
corail,  disposées  en  grappes  opposées  aux 
feuilles.  Au  Japon,  le  fruit  est  réputé  véné- 
neux. 

Crassula  aloides,  N.-E.  Brown  (Crassula- 
cées),  B.  K.,  1896,  p.  161.  — Transvaal.  Re- 
marquable espèce  cultivée  à Kew,  de  graines 
envoyées  par  M.  Galpin;  l’aspect  général  de 
celte  plante  est  celui  d’un  Aloès.  Les  fleurs 
sont  petites,  très-nombreuses,  jaune  pâle. 
Elle  s’élève  jusqu’à  une  altitude  de  1,400  mè- 
tres. 

Cycnoches  Haagii,  Sodrig.  (Orchidées),  B. 
M.,  tab.  7502.  — Brésil.  Le  C.  Haagii  est  re- 
marquable par  ses  pétales  et  ses  sépales 
vert  pâle;  il  a la  tige  épaisse,  d’environ 
18  centimètres  de  hauteur,  un  peu  compri- 
mée. Grappe  de  5 à 7 fleurs,  dont  la  largeur 
est  de  6 à 7 centimètres.  Labelle  blanc  teinté 
de  rose  pâle  et  parsemé  de  points  rouge 
foncé. 

Cymbidium  Tracyanum,  Hort.  (Orchidées), 
Lind.,  tab.  514.  — Splendide  espèce  encore 
rare  dans  les  cultures.  Elle  fut  introduite,  il 
y a quelques  années,  par  M.  H. -A.  Tracy,  de 
Tvvickenham  (Angleterre),  et  vendue,  en  1890, 
pour  la  somme  de  1,968  fr.  Plante  robuste,  à 
feuilles  linéaires,  de  60  à 80  centimètres  de 
longueur.  Scape  de  1 mètre  et  plus,  formant 
une  grappe  de  16  à 20  fleurs  qui  atteignent 
H centirpètres  dè  diaipètré,  Sépales  jaune 


pâle  verdâtre.  Pétales  de  même  couleur  avec 
sept  bandes  cramoisies.  Labelle  d’un  jaune 
crème  avec  bandes  et  macules  cramoisies. 
Cette  plante  hors  ligne  est  voisine  du 
C.  grandiflorum  et  probablement  originaire 
du  Burmah. 

Gypripedium  x Argo-Stonei  (Orchidées), 
G.  C.,  1896,  p.  554.  — Nouvel  hybride  hor- 
ticole 

— ebracteatum,  Rolfe  (Orchidées),  B.  K., 
1896,  p.  204.  — Hupeh.  Remarquable  espèce 
sans  bractées,  différente  du  C.  micranthum 
par  ses  fleurs  beaucoup  plus  grandes,  et  des 
C.  margaritaceum  et  C.  Fargesii  par  le 
labelle  sacciforme. 

— Exul, Rolfe  (Orchidées), R.  M.,  tab.  7510. — 
Siam.  Le  C.  Exul  ressemble  étroitement  au 
G.  insigne,  mais  il  est  plus  beau  et  plus 
grand  et  diffère  encore  dans  la  forme  du  sta- 
minode  et  du  stigmate.  Cette  espèce  est 
acaule  ; les  feuilles  peu  nombreuses  ; le  scape 
mesure  un  pied  de  haut  ou  davantage  et 
porte  une  seule  fleur  ; il  est  aussi  recouvert 
d’une  pubescence  pourpre  foncé.  Le  sépale 
dorsal  est  blanc  avec  un  disque  jaune  pâle 
taché  de  rouge  pourpre.  Les  pétales  sont 
jeunes  avec  3 nervures  pourpres  et  quelques 
taches  à la  base.  Labelle  jaune  clair. 

C.  X Lebaudyanum,  Hort.  (Orchidées), 
Lind.,  tab.  529.  — Hybride  artificiel  issu  de 
deux  espèces  des  plus  distinctes  parmi  les 
Gypripedium:  le  C.  philippinense  et  le 

C.  H aynaldianum. 

C.  X Leeanum,  Veitch.,  varietates  (Or- 
chidées), Lind.,  tab.  115-116.  — Nombreuses 
variétés  qui  ont  fleuri  dans  les  serres  de 
{'Horticulture  internationale. 

G.  X Morganiæ,  Hort.,  var.  Burfordiense, 
Hort.  (Orchidées),  Lind.,  tab.  541. 

Cyrtanthus  Huttoni,  Baker  (Amaryllidées), 

B.  M.,  tab.  7488.  The  Gard.,  1896,  p.  62,  pl. 
color.  1076.  — Cap.  Bulbe  globuleux  émet- 
tant 4 feuilles  ensiformes  arquées.  Pédoncule 
de  60  centimètres  de  long,  portant  une  om- 
belle de  6 à 10  fleurs  infundibuliformes, 
rouges  dehors  et  jaunes  à l’intérieur.  Il  est 
plus  robuste  que  le  C.  angusiifolius,  mais 
ses  fleurs  sont  loin  d’être  aussi  larges  que 
celles  du  C.  obliquas. 

Gyrtochilum  micranthum,  Krzl.  n.  sp. 
(Orchidées),  G.  C.,  1896,  p.  63.  — Brésil.  Es- 
pèce qui  ressemble  beaucoup  au  vieux 

C.  maculatum.  Couleur  des  fleurs  peu  plai- 
sante. 

Delphinium  Zalil,  Aitch.  et  Hemsl.  (Renon - 
enlacées).  G.  G.,  1896,  p.  238,  fig.  47.  The 
Gard.,  1896,  p.  434,  pl.  color.  1094.  — Asie 
centrale.  Herbe  vivace  assez  voisine  du  D. 
ochroleucuin,  à fleurs  jaunes  en  épis  longs, 
peu  denses.  Elle  est  abondante  dans  le  Kho- 
roud  à une  altitude  de  1,000  mètres  ; on  ex- 
porte les  fleurs  en  Perse  pour  la  teinture  des 
soies.  Comme  plante  économique,  c’est  une 
découverte  d’une  réelle  valeur.  Elle  a fleuri 
pour  la  première  fois  à Kew  en  1888.  M.  Max. 
Leichtlin  dit  qu’elle  est  tout  à fait  rustique  à 
Baden-Baden. 

Dendrobium  atroviolaceum,  Rolfe  (Orchi- 
dées), Lind.,  tab.  513.  — Espèce  introduite 
en  1890,  par  MM.  Veitch  ét  fils,  de  la  partie 
orientale  de  la  Nouvelle-Guinée^  où  elle  croît 


CORRESPONDANCE. 


95 


dans  les  endroits  les  plus  chauds  et  les  plus 
humides.  Elle  n’a  pas  les  brillantes  couleurs 
de  certaines  de  ses  congénères,  mais  elle  est 
remarquable  par  son  port  élégant  et  la  colo- 
ration spéciale  du  labelle  qui  est  d’un  pourpre 
violacé.  Grappe  solitaire,  terminale,  composée 
de  5 à 8 fleurs  assez  grandes.  Sépales  d’un 
jaune  blanchâtre  ornés  de  gros  points  d’un 
pourpre  violacé,  abondants  dans  la  partie 
inférieure. 

Dendrobium  formosum,  Rob.,  var.  gi- 
ganteum.  Van  Houtte  (Orchidées),  Llnd.^ 
tab.  586.  — Variété  décrite  et  figurée  pour  la 
première  fois  par  Van  Houtte,  en  1865. 

— (Onychium)  hainanense,  Rolfe  (Orchi- 
dées), B.  K.,  1896,  p.  193.  — Haïnan.  Espèce 
alliée  au  D.  aciculare,  mais  les  pétales  et  le 
labelle  sont  plus  étroits,  les  feuilles  plus 
fortes  et  plus  courbées.  Les  fleurs  sont  blan- 
ches avec  une  tache  jaune  sur  le  disque  du 
labelle. 

— Jennyanum,  Krzl.  n.  sp.  (Orchidées), 
G.  C.,  1896,  p.  329.  — Nouveau  Dendrobium 
d’origine  orientale,  dont  les  tiges  s’élèvent 
à 1"’60.  Il  ressemble  au  C.  undulatum,  mais 
diffère  par  les  sépales  plus  larges,  non  tor- 
dus, simplement  réfléchis.  Les  pétales  sont 
plus  longs  ; le  labelle  étalé,  à lobes  latéraux 
très-larges,  le  médian  court  et  large,  un  peu 
acuminé.  La  couleur  des  fleurs  est  jaunâtre  â 
l’intérieur,  brune  en  dedans.  Labelle  orné  de 
veines  brun-chocolat.  Callus  blanchâtre. 

— Leonis,  Reicht.  f.  (Orchidées),  B.  M., 
tab.  7493.  — Péninsule  Malaise.  Curieuse  Or- 
chidée récoltée  pour  la  première  fois  il  y a 
soixante  ans;  elle  appartient  à la  section  Apo- 
rum.  Ses  feuilles  sont  petites,  obtuses,  com- 
primées et  distiques.  Les  fleurs,  solitaires  à 
l’extrémité  des  branches,  sont  petites,  d’un 


N°  3099  (Alpes-Maritimes).  — Il  n’existe 
que  des  travaux  épars  sur  les  Palmiers,  en  de- 
hors des  grands  ouvrages  anciens  de  Martius 
et  de  VIndex  Palmarum  de  H.  Wendland,  pu- 
blié à Hanovre  en  1854.  Le  livre  de  B.  See- 
mann  {Popular  history  of  Palms),  édité  à 
Londres  en  1856,  est  un  bon  ouvrage  pour 
cette  époque.  Les  travaux  de  M.  Drude 
sont  dispersés  dans  plusieurs  publications  al- 
lemandes. Ce  que  vous  trouverez  de  meilleur 
et  de  plus  pratique  pour  vous,  est  le  beau  vo- 
lume du  comte  O.  deKerchove,  Les  Palmiers, 
que  vous  pourrez  vous  procurer  à la 
librairie  agricole,  26,  rue  Jacob. 

Le  livre  de  M.  Traherne  Moggridge,  Contri- 
butions to  the  Flora  of  Mentone,  qui  a une 
véritable  valeur  scientifique  pour  la  botanique 
indigène  de  cette  région,  ne  contient  rien  qui 
concerne  les  plantes  exotiques  ni  le  jardinage 
d’agrément. 

iV®  3565  (Morbihan).  — Sous  vos  grands 
Chênes  à haute  tige,  vous  pouvez  planter  les 
arbustes  suivants  : Ribes  alpinum,  Androsæ- 
num  officinale,  Lonicera  Xylosteon,  Rhamnus 
Franyula,  R,  catharticus,  Liguslrum  Halicum, 


jaune  terne,  rayé  de  pourpre  noir  à la  base  des 
sépales  latéraux  et  du  labelle.  Son  nom  spéci- 
fique lui  a été  donné  à cause  de  la  vague  res- 
semblance de  la  fleur  avec  la  gueule  d’un  lion. 

Dendromecon  rigidum,  Benth.  (Papavéra- 
cées),  The  Gard.,  1896,  p.  292,  pl.  color.  1087. 
— Jolie  petite  espèce  qui  paraît  être  la  seule 
connue  du  genre.  Elle  est  originaire  de  la 
Californie  et  doit  appartenir  à la  famille  des 
Papavéracées.  On  l’appelle  vulgairement 
Pavot  en  arbre.  C’est  un  arbrisseau  d’un 
mètre  au  plus  de  hauteur,  à port  tantôt  raide, 
tantôt  touffu,  à feuilles  d’un  ,gris  glauque.  Il 
sera  surtout  très-ornemental  par  ses  abon- 
dantes fleurs  jaune  clair. 

Dipladenia  Sanderi,  Hemsl.  n.  sp.  (Apocy- 
nées),  G.  C.,  1896,  p.  652.  — Brésil.  Nouvelle 
espèce  ornementale  intermédiaire  entre  le 
D.  illustres,  var.  glabra  et  le  D.  eximia. 
Les  fleurs  sont  â peu  près  semblables  dans 
les  trois  espèces,  mais  le  D.  Sanderi  ne  pos- 
sède pas  le  cercle  de  couleur  sombre  à la 
gorge  de  la  corolle,  caractéristique  dans  le 
D.  illustris.  Les  rameaux  sont  grêles,  à 
feuilles  oblongues  presque  coriaces.  Les 
fleurs  sont  roses. 

Dîsa  pulchra,  Sonder  (Orchidées),  G.  C., 
1896.  p.  778.  — État  libre  d’Orange.  Plante 
remarquable,  à fort  tubercule.  Quelques  épis 
de  fleurs  mesurent  60  centimètres  de  longueur 
et  portent  plus  de  20  fleurs  dont  l’épanouis- 
sement se  fait  en  même  temps.  Les  feuilles  et 
l’inflorescence  ressemblent  singulièrement  à 
celles  de  quelques  espèces  de  Glaïeuls.  Les 
sépales  offrent  une  teinte  lilas  ainsi  que  le  la- 
belle, avec  lignes  et  points  pourpres.  Il  est 
souhaitable  que  cette  belle  espèce  connue 
seulement  par  des  spécimens  desséchés  entre 
dans  les  cultures.  D.  Bois  et  G.  Gibault. 


Ruscus  racemosus,  R.  aculeatus,  Buxus  sem- 
pervirens  et  variétés,  Viburnum  Lantana,  Vi- 
burnum  Opulus. 

Quant  aux  plantes  annuelles  ou  bisan- 
nuelles à planter  sous  cet  ombrage,  le  mieux 
serait  de  choisir  les  espèces  venant  naturel- 
lement dans  les  bois  de  votre  voisinage.  Vous 
pourriez,  si  vous  ne  les  possédez  pas,  y ajou- 
ter des  Digitales  {Digitalis  purpurea),  le  Pavot 
jaune  [Meconopsis  camhî  ica),  le  Millepertuis  à 
grandes  fleurs  {Hyperycum  calycinum) , plu- 
sieurs Balsamines  [Impatiens  Noli-tangere  et 
I.  glanduligera),  etc. 

Nous  vous  renseignerons  prochainement  sur 
la  petite  larve  qui  mine  les  feuilles  de  vos  An- 
thémis. Le  moyen  qui  nous  réussit  le  mieux 
pour  nous  en  débarrasser,  c’est  de  faire  chauffer 
fortement  des  briques  et  de  répandre  dessus  de 
la  nicotine  qui  se  vaporise  et  tue  ces  insectes 
lorsque  la  vapeur  se  répand  sous  les  châssis 
hermétiquement  fermés. 

M.  L.  S.  [Var).  — C’est  bien,  en  effet,  le 
Bignonia  fraxinifolia  de  8prengel,  que  nous 
avons  nous-même  retrouvé  à Maiquetia,  près 
de  La  Guayra  (Venezuala),  non  loin  de  l’en- 


96 


CORRESPONDANCE. 


droit  où  l’arbuste  a été  signalé  pour  la  première 
fois.  Ilsetrouved’ailleurs  dans  d’autres  contrées 
intertropicales.  On  l’a  introduit  dans  la  ré- 
gion niçoise,  où  il  re.ste  peu  répandu  dans  les 
jardins  ; les  hivers  froids  le  font  disparaître. 

A".  lYo  iOOl.  — Vous  voudriez  trouver  dans 
la  région  parisienne  un  établissement  d’horti- 
culture où  vous  pourriez  vous  perfectionner 
dans  votre  métier,  et  vous  nous  demandez  de 
vous  y aider.  Nous  ne  pouvons  pas  nous  char- 
ger de  vous  trouver  une  place,  mais  voici  com- 
ment, à notre  avis,  vous  devriez  procéder. 

Vous  devez  bien  connaître  vous-même  les 
établissements  où  vous  seriez  désireux  d’en- 
trer. Ecrivez  à ces  établissements  en  donnant 
tous  les  renseignements  qui  peuvent  les  inté- 
resser : votre  âge,  l’état  actuel  de  vos  con- 
naissances en  horticulture,  les  parties  dont 
vous  voudriez  vous  occuper  plus  spécialement, 
le  temps  que  vous  comptez  rester  à Paris,  et 
enfin  les  conditions  que  vous  accepteriez.  Nous 
n’avons  pas  besoin  d’ajouter  que  si  vous  êtes 
bien  décidé  à venir  à Paris,  c’est  sur  place  que 
vous  auriez  plus  de  chance  de  réussite.  — 
Nous  regrettons  de  ne  pouvoir  vous  être  utile 
autrement  que  par  ces  conseils  généraux. 


CATALOGUES  REÇUS 

J.  A.  Becker,  rue  Vauban,  à Mulhouse  (Al- 
sace). — Liste  spéciale  de  Chrysanthèmes  nou- 
veaux pour  1897.  Principales  nouveautés  de  Chry- 
santhèmes de  Calvat,  de  Chantrier  et  divers. 
Meilleures  nouveautés  de  1896,  1895  et  1894.  Nou- 
veautés anglaises  et  américaines. 

Bruant,  à Poitiers  (Vienne).  — Plantes  nou- 
velles ; Pélargoniums  zonés,  Cannas,  Dahlias, 
Chrysanthèmes,  Lantanas,  Pétunias  et  Verveines. 

W.  Atlee  Burpee  et  G'o,  à Philadelphie 
(.États-Unis).  — Graines  potagères,  fourragères  et 
de  heurs.  Ognons  à fleurs.  — Nouveautés  pota- 
gères et  de  fleurs  pour  1897. 

Cayeux  et  Leclerc  (ancienne  maison  E.  For- 
geot  et  Gie),  8,  quai  de  ki  Mégisserie,  Paris.  — 
Graines  potagères,  fourragères  et  de  fleurs  ; graines 
de  céréales,  de  plantes  industrielles  et  officinales  ; 
graines  d’arbres,  de  plantes  d’orangerie  et  de 
serres.  Plantes  vivaces  et  plantes  pour  massifs. 
Asters,  Cannas,  Chrysanthèmes,  Dahlias,  Glaieuls, 
Phlox,  Rosiers,  Tritomas,  Violettes,  Ognons  à 
fleurs.  — Nouveautés  de  plantes  potagères  et  de 
fleurs.  Fraisiers  nouveaux. 

L.  Clause  (anciennes  maisons  Tollard  et 
Lecaron),  20,  quai  de  la  Mégisserie,  Paris.  — 
Graines  potagères,  fourragères  et  de  fleurs.  Graines 
d’arbres,  de  plantes  de  serre  et  d’orangerie.  Ognons 
à fleurs. 

A.  Cordonnier,  à Bailleul  (Nord).  — Chry- 
santhèmes : Nouveautés  inédites,  françaises  et 
étrangères  pour  1897.  Choix  des  meilleures  nou- 
veautés de  1896  et  moins  récentes.  Collections  de 
Chrysanthèmes  pour  spécimens,  standards,  florai- 
sons de  pleine  terre  hâtive  et  tardive,  etc. 

Denaiffe  et  fils,  à Carignan  (Ardennes).  — 
Graines  potagères  et  fourragères  de  grande  cul- 
ture. Graines  de  fleurs,  de  plantes  officinales  et 
d’arbres.  Arbres  fruitiers  et  d’ornement.  Ognons 


à fleurs.  — Plants  de  Fraisiers.  Nouveautés  pota-  ^ 
gères,  céréales,  fourragères  et  de  fleurs  pour  1897.  j 

H.  Gautier,  à Vitry-sur-Seine  (Seine).  — < 

Arbres  fruitiers,  forestiers  et  d’ornement.  Vignes 
et  Fraisiers.  ( 

F.  Gerbeaux,  1,  rue  du  Ruisseau,  à Nancy  i 
(Meurthe-et-Moselle).  — Pélargoniums  zonés  nou- 
veaux pour  1897  ; Bégonias  tubéreux,  Cannas  et  i 
Glaïeuls  nouveaux  ; plantes  diverses,  nouvelles  ou 
rares.  ! 

V.  Lemoine  et  fils,  à Nancy  (Meurthe-et- 
Moselle).  — Fascicule  concernant  les  Abutilons, 
Pentstémons  et  Pétunias  nouveaux  ; Verveines 
nouvelles;  Diplacus  tomentosus,  Gazania  nivea 
lætifLora  et  Heuchera  brizoides. 

Léonard-Lille,  9,  quai  des  Célestins,  à Lyon 
(Rhône).  — Graines  potagères,  fourragères  et  de 
fleurs,  plantes  vivaces  et  bulbeuses  diverses  (Bé- 
gonias, Cannas,  Chrysanthèmes,  Clématites,  Dah- 
lias, Fuchsias,  Glaïeuls,  Œillets,  Rosiers,  Violettes).  ] 

— Supplément  spécial  aux  nouveautés  potagères  > 
et  de  fleurs. 

Marchand,  rue  du  Calvaire,  Poitiers  (Vienne). 

— Plantes  de  serre  et  d’appartement.  Rosiers,  : 
Conifères,  arbres  fruitiers  et  arbustes. 

Molin  (Charles),  8,  place  Bellecour,  à Lyon  i 
(Rhône).  — Graines  potagères,  fourragères  et  de  ] 
fleurs.  Graines  d’arbres.  Ognons  à fleurs.  Cannas,  ; 
Dahlias,  Fuchsias,  Pélargoniums  zonés  (Géra-  ) 

niums),  Lantanas,  Œillets,  Phlox  et  plantes  di- 
verses aquatiques,  vivaces  et  grimpantes.  Arbres 
fruitiers.  — Nouveauté.s  potagères  et  de  fleurs.  j 
Plantes  nouvelles  et  fruits  nouveaux.  j 

F.  G.  Pomrencke,  à Altona-Hambourg  (Aile-  j 

magne).  — Graines  potagères,  fourragères  et  de 
fleurs.  Graines  d’arbres,  d’arbustes  et  de  plantes  de 
serre.  Ognons  à fleurs.  Rosiers. 

Rolland  (Jacques^  à Nimes  (Gard).  — Graines 
potagères,  fourragères  et  de  fleurs  ; graines  de 
céréales,  de  plantes  économiques  et  industrielles  ; 
graines  d’arbres.  Immortelles  et  couronnes  d’im- 
mortelles . — Nouveautés  de  fleurs  (Reines-Margue- 
rites, Ricins,  etc.). 

G.  Sahut , avenue  du  Port- Juvénal,  à 

Montpellier  (Hérault).  — Arbres  fruitiers,  plantes  ’ 
potagères.  Fraisiers  ; graines  potagères  et  fourra-  < 
gères.  Graines  d’arbres  et  jeunes  plants  pour  reboi- 
sements. Mûriers,  arbres  et  arbustes  forestiers  et 
d’ornement.  Plantes  grimpantes,  de  bordures,  vi-  \ 
vaces,  bulbeuses,  de  serres  et  d’orangerie  ; plantes  , 
pour  mosaïculture  ; plantes  de  collection  (Bégonias,  i 
Cannas,  etc.)  — Nouveautés  pour  1897.  j 

E.  Seguenot,  à Bourg-Argental  (Loire).  — 
Collection  complète  de  Conifères.  Arbres  fruitiers, 
arbres  et  arbustes  d’ornement,  arbres  forestiers. 
Rosiers,  plantes  vivaces  et  plantes  à forcer  pour 
fleuristes  (Deutzias,  Hortensias,  Hoteias,  etc.).  ' 

Sündermann,  à Lindau  (Bavière).  — Plantes 
alpines,  parmi  lesquelles  de  remarquables  nou- 
veautés pour  1897,  entre  autres  le  Townsendia 
Wilcoxiana,  Wood. 

Thiébaut-Legendre,  8,  avenue  Victoria, 
Paris.  — Graines  potagères,  fourragères  et  de  ' 
fleurs.  Ognons  à fleurs.  Bégonias,  Caladiums, 
Cannas,  Dahlias,  Chrysanthèmes  et  plantes  vivaces  ; 
diverses.  — Nouveautés  potagères  et  de  fleurs. 
Plantes  nouvelles  diverses.  ] 

H.  Wrède,  à Lunebourg  (Hanovre).  — Spécia- 

lités de  Pensées  à grandes  fleurs  (nombreuses  va- 
riétés de  choix).  Violettes  et  Phlox  viraces.  j 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  t L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


97 


CHRONIQUE  HORTICOLE 


Concours  régionaux  agricoles.  — École  d’horticulture  de  Villepreux.  — Les  Américains  et  les  droits 
à l’importation  sur  les  produits  des  pépinières.  — Cyclamens  à Ilsurs  cristées  rouge  et  bicolore.  — 
Une  enquête  sur  les  ravages  causés  par  le  moineau  franc.  — Le  Stachys  tuberifera.  — L’amé- 
lioration du  Safran  cultivé.  — Empoisonnement  des  animaux  par  les  Genêts.  — Expositions  annon- 
cées. — - Florilegium  harlemense.  — Le  Jardin  botanique  de  Saint-Louis. 


Concours  régionaux  agricoles.  — Les 

concours  régionaux  agricoles  auront  lieu  : 

Cette  année:  dans  les  départements  d’Ille- 
et-Vilaine,  Haute -Saône,  Cher,  Gironde, 
Drôme  ; 

En  1898,  dans  l’Orne,  les  Ardennes, 
la  Haute-Vienne,  les  Hautes-Pyrénées, 
le  Rhône  ; 

En  1899,  dans  la  Vienne,  la  Somme, 
la  Côte-d’Or,  l’Aude,  les  Bouches-du- 
Rhône  ; 

En  1900,  dans  la  Loire-Inférieure,  les 
Vosges,  l’Indre,  Tarn-et-Garonne  et  les 
Alpes-Maritimes. 

La  rotation  des  départements  appelés  à 
être  le  siège  d’un  concours  à dater  de  1900 
n’est  pas  encore  fixée. 

Il  n’est  pas  certain  que  les  concours  aient 
lieu  en  1900,  à cause  de  l’exposition  uni- 
verselle. Ils  seraient  alors  reculés  d’un  an. 

Ecole  d’horticulture  de  Villepreux.  — 

Le  samedi  13  février,  ont  eu  lieu  les  exa- 
mens de  sortie  des  élèves  de  V Ecole  d'horti- 
culture Le  Nôtre,  à Villepreux,  devant  un 
jui’y  composé  de  : 

MM.  Caron,  conseiller  général  de  la  Seine, 
président. 

Ghargueraud,  professeur  d’arboricul- 
ture de  la  ville  de  Paris  ; 

Chevalier,  secrétaire  général  de  la  So- 
ciété d’horticulture  de  Seine-et-Oise. 

Gravereau,  horticulteur  à Neauphle-le- 
Ghâteau  (Seine-et-Oise). 

Guillochon,  chef  de  culture  à l’établis- 
sement Duval  de  Versailles. 

Oudot,  jardinier-chef  de  M.  Victorien 
Sardou,  à Marly-le-Roi. 

Pinet,  chef  de  bureau  à la  division  des 
Enfants-Assistés,  représentait  l’admi- 
nistration de  l’Assistance  publique. 

M.  Levêque,  horticulteur,  conseiller  géné- 
ral absent,  s’est  fait  excuser. 

Les  élèves  présentés  par  le  directeur, 
M.  Guillaume,  ont  été  reconnus  aptes  à 
recevoir  le  certificat  de  l’enseignement  pro- 
fessionnel ; ils  ont  été  classés  dans  l’ordre 
suivant  : 


1.  Nicolas. 

2.  Duclos. 

3.  Fiacre. 

4.  Garlier. 

5.  Royer. 
G.  Henrion 


7.  Ehrmann. 

8.  Gotard. 

9.  Renard. 

10.  P’orey. 

11.  Limontant 


Le  prix  Laisné  n’existe  plus,  par  suite  du 
décès  de  ce  bienfaiteur  ; mais  néanmoins,  à 
titre  d’encouragement,  l’Administration 
accorde  une  récompense  aux  trois  premiers. 

La  Commission  a été  unanime  pour  re- 
connaître que  de  grands  progrès  avaient  été 
accomplis  depuis  deux  ans  au  point  de  vue 
de  l’instruction  théorique. 

La  dernière  délégation  de  la  Société  na- 
tionale d’horticulture  avait  reproché  à 
l’Ecole  d’être  trop  exclusivement  pratique, 
mais  une  question  budgétaire  avait  empê- 
ché la  nomination  de  professeurs  spéciaux. 

Les  examens  ont  été  fixés  pour  l’ave- 
nir à cette  époque  de  l’année,  en  raison  du 
grand  nombre  de  jeunes  gens  qui  sont  de  - 
mandés  au  printemps. 


Les  Américains  et  les  droits  à l’im- 
portation sur  les  produits  des  pépiniè- 
res. — Le  23  décembre  dernier,  vingt 
horticulteurs  réunis  à Rochester  (États- 
Unis),  ont  décidé  de  demander  au  Congrès 
américain,  à Washington,  de  frapper  d’un 
droit  de  deux  dollars  (10  francs)  à l’impor- 
tation : 


lo  Chaque  mille  de  jeunes  plants  de  Poirier, 
Pommier,  Cognassier  et  Prunier  de  Saint- 
Julien  de  provenance  étrangère  ; 

2«  De  5 francs  chaque  mille  de  Prunier 
myrobolan,  Cerisier  commun  et  Mahaleb  ; 

3°  De  15  francs  chaque  cent  de  Rosiers 
greffés  ; 

4'  De  30  pour  cent  [ad  valorem)  tous  les 
arbres  et  arbustes. 


La  prétention  de  ces  vingt  horticulteurs, 
sur  le  nombre  de  deux  cents  que  renfer- 
ment les  États-Unis,  paraît  excessive.  Elle 
aurait  un  effet  désastreux  sur  l’horticulture 
marchande  européenne,  sans  permettre  aux 
consommateurs  américains  de  pouvoir  s’ali- 
menter à bon  compte  de  végétaux  que  leur 
pays  ne  peut  produire. 


1er  Mars  1897. 


5 


98 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Aussi  une  note,  dont  l’initiative  a été 
prise  par  la  Société  d’horticulture  de  Maine- 
et-Loire,  et  qui  a été  appuyée  par  un  vote 
de  la  Société  nationale  d’horticulture  de 
France,  vient  d’être  remise  à M.  le  Minis- 
tre de  l’agriculture,  président  du  Conseil,  à 
l’effet  d’obtenir  qu’une  énergique  protesta- 
tion soit  transmise  par  son  intermédiaire 
au  Gouvernement  des  États-Unis  contre 
l’application  de  toute  mesure  de  ce  genre. 

Cyclamens  à fleurs  cristées  rouge  et 
bicolore.  — Dans  sa  chronique  du  16  fé- 
vrier dernier,  la  Revue  horticole  a parlé 
d’un  Cyclamen  blanc  pur  à fleurs  cristées, 
obtenu  par  MM.  iHugh  Low  et  C‘%  et 
présenté  par  eux  à la  Société  royale  d’horti- 
culture de  Londres. 

On  lira  d’autre  part,  dans  le  présent  nu- 
méro É que  cette  nouveauté  intéressante 
a été  aussi  présentée  par  la  même  maison,  à 
la  Société  nationale  d’horticulture  de  France. 

A ce  sujet,  M.  Etienne  Narbouton,  jardi- 
nier à Maisons-Laffitte  (Seine-et-Oise),  nous 
écrit  qu’il  a obtenu,  il  y a trois  ans,  un 
semblable  Cyclamen,  mais  de  coloris 
rouge,  et  dont  les  caractères  se’lsont  [repro- 
duits par  la  voie  du  semis.  En  ce  moment, 
M.  Narbouton  en  possédait,  de  plus,  une 
nouvelle  variété  bicolore,  ou  plutôt  à œil 
carmin.  L’hypertrophie  pétaloïde  qui  carac- 
térise cette  nouvelle  race  serait  donc  fixée 
beaucoup  plus  tôt  qu’on  aurait  pu  le  suppo- 
ser, et  l’on  entrerait  déjà  dans  la  voie  des 
simples  variétés  de  coloris. 

Une  enquête  sur  les  ravages  causés 
par  le  moineau  franc.  — Une  enquête  a 
été  ordonnée  par  l’administration  préfec- 
torale de  la  Seine,  à l’effet  de  connaître  les 
déprédations  causées  par  le  moineau  franc 
dans  les  cultures  de  la  banlieue  de  Paris 
et  l’opinion  sur  l’opportunité  qu’il  y aurait 
à modifier  les  lois  existantes  et  à autoriser 
désormais  la  destruction  des  moineaux. 

M.  Paul  Vincey  vient  de  publier  les  ré- 
sultats de  cette  enquête  dans  une  brochure 
où  nous  recueillons  à ce  sujet  des  rensei- 
gnements intéressants. 

46  communes  se  sont  déclarées  favorables 
à la  destruction  des  pierrots,  17  se  sont 
montrées  indifférentes,  et  5 seulement  con- 
tinuent à réclamer  la  protection  des  moi- 
neaux ; ce  sont  les  communes  de  Saint- 
Mandé,  Malakoff,  Asnières,  le  Pré-Saint- 
Gervais  et  le  Bourget. 

^ Société  nationale  d" horticulture,  p.  117. 


Quant  aux  moyens  de  destruction,  la 
grande  majorité  des  communes  qui  ne 
veulent  plus  de  moineaux  proposent  d’en 
laisser  le  choix,  en  toute  saison,  aux  culti- 
vateurs, et  au  moment  de  la  chasse,  à tous 
les  porteurs  de  permis. 

Peut-être  des  personnes  au  jugement 
éclairé  s’étonneront-elles,  à priori,  d’une 
semblable  quasi -unanimité  défavorable  à un 
oiseau  classé  comme  insectivore.  Les  corps 
savants  ont  jusqu’à  présent,  du  reste,  émis 
des  avis  opposés  à sa  destruction. 

Mais  ce  qui  peut  être  désirable  pour  l’en- 
semble du  territoire  national,  c’est-à-dire  la 
protection  absolue  des  insectivores,  peut  ne 
plus  l’être  pour  les  environs  immédiats  de 
Paris.  En  effet,  le  pierrot  a trouvé  ici  un 
genre  de  vie  qui  le  dispense  de  faire  la  chasse 
aux  insectes.  « Il  fait  son  ordinaire  de  la 
graine  prohibée  et  du  fruit  défendu  », 
comme  dit  M.  Vincey,  et  la  population  pari- 
sienne l’a  puissamment  aidé,  en  le  gâtant,  à 
devenir  sybarite.  Il  se  multiplie  dans  des 
proportions  extraordinaires,  s’abrite  l’hiver 
très-facilement  dans  la  grande  ville,  et  ses 
cohortes  au  printemps  vont  mettre  en 
coupe  réglée  les  champs  et  les  vergers 
suburbains. 

C’est  ainsi  qu’à  Noisy-le-Sec,  et  dans 
beaucoup  d’autres  communes,  l’estimation 
des  ravages  est  d’environ  15  pour  cent  de 
la  récolte  de  blé.  Elle  est,  à Bry-sur-Marne, 
de  25  0[o  ; à Bagneux,  de  33  0[o  ; à Ghevilly 
et  à Epinay,  de  50  0[q.  En  cultures  diverses, 
on  constate  les  pertes  suivantes  en  année 
normale;  à Bonneuil,  environ  5,000  francs  ; 
à Châtenay,  10,000  francs  ; à Courbevoie, 

20.000  francs  ! 

En  résumé,  la  totalité  des  déprédations, 
dit  M.  Vincey,  dépasse  certainement 

200.000  francs  ; et  il  ajoute  : « A côté  de  ce 
chiffre,  combien  sont  légers  dans  la  ba- 
lance les  services  que  cet  oiseau  peut  rendre 
en  qualité  d’insectivore  ! » 

Le  Stachjs  tuberifera.  — M.  Paul 
Chappelier  poursuit,  aux  cultures  de  la 
Commanderie  (Loiret),  ses  tentatives  d’amé- 
lioration de  ce  nouveau  légume,  appelé 
d’abord  Stachys  affinis,  et  que  M.  Paillieux 
baptisa  du  nom  de  Crosne  du  Japon  ; mais 
cette  plante  ne  fleurit  presque  jamais  dans 
notre  pays,  et  donne  encore  moins  des 
graines.  Les  quelques  fécondations  qui  en 
ont  été  essayées,  soit  avec  des  variétés  du 
Stachys  palustris,  soit  avec  des  espèces 
américaines  du  même  genre,  n’ont  donné 
jusqu’ici  aucun  résultat. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


99 


L’amélioration  du  Safran  cultivé.  — 

On  sait  que  le  Safran  du  commerce  est 
constitué  par  les  stigmates  de  la  fleur  du 
Crocus  sativus.  M.  P.  Chappelier  est  par- 
venu, après  de  longs  tâtonnements  et  à 
force  d’hybridations  artificielles,  à obtenir 
des  fleurs  de  Safran,  qui,  au  lieu  de  présen- 
ter trois  stigmates  comme  dans  le  type,  en 
portent  huit.  Mais  ce  caractère  n’est  pas 
fixé.  M.  Chappelier  estime  qu’il  faudra 
bien,  pour  arriver  à une  fixation  complète, 
deux  ou  trois  périodes  de  semis  successifs. 
Si  l’on  songe  qu’un  semis  de  Crocus  ne 
donne  sa  première  floraison  qu’après  sept 
ou  huit  ans,  on  verra  qu’il  ne  faut  pas 
compter  sur  une  amélioration  sensible  de 
cette  plante  industrielle  avant  une  période 
de  quinze  à vingt  ans.  Les  essais  de  M.  Paul 
Chappelier  sont  commencés  depuis  1843, 
c’est-à-dire  depuis  plus  de  cinquante  ans . 
Voilà  qui  donne  une  idée  de  la  ténacité  et 
de  la  méthode  qui  sont  nécessaires  dans 
les  recherches  relatives  à la  sélection  de 
certains  végétaux. 

Empoisonnement  des  animaux  par  les 
Genêts.  — Toutes  les  parties  du  Genêt,  ra- 
cines, tige,  feuilles,  fleurs,  sont  plus  ou 
moins  vénéneuses  pour  les  animaux,  à cause 
des  deux  alcaloïdes  qu’elles  contiennent  : la 
scoparine  et  la  spartéine.  Cette  dernière 
substance,  surtout,  est  très- dangereuse. 

Dans  tous  les  cas,  le  Genêt  est  non  seu- 
lement purgatif,  mais  très-vomitif. 

Le  cheval  et  l’âne,  percevant,  plus  facile- 
ment que  les  ruminants,  l’odeur  nauséa- 
bonde et  la  saveur  amère  de  la  plante,  sont 
moins  qu’eux  sujets  à s’y  laisser  prendre. 
Cependant,  dès  qu’un  cheval,  un  âne  ou  un 
mulet  a mangé  du  Genêt  en  quantité  plus 
ou  moins  considérable,  il  faut,  sans  tarder, 
lui  administrer  du  café  en  grande  quantité  : 
sept  ou  huit  litres,  si  c’est  possible,  d’une 
infusion  légère  et  chaude.  L’effet  de  cette 
médication  n’est  pas  toujours  certain. 

Le  mieux  est  donc  de  surveiller  les  bêtes, 
de  manière  à ne  jamais  les  laisser  brouter 
du  Genêt,  qu’il  s’agisse  du  Genista  scopa- 
ria,  du  G.  juncea^  du  G.  tinctoria,  ou 
de  toute  autre  espèce. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Paris,  2 au  7 juin.  — Exposition  de  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France. 

‘ La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Jacob, 
Paris. 


— L’Exposition  annuelle  de  la  Société  natio- 
nale d’horticulture  de  France  ouvrira  le  2 juin 
1897  et  sera  close  le  7 du  meme  mois. 

Le  programme  comprend  cette  année  302 
concours  ainsi  répartis  : 

lo  Plantes  de  serre.  — Plantes  nouvelles, 

4 concours;  belle  culture,  5;  culture  spéciale,  1; 
plantes  en  collection,  111  ; concours  entre  ama- 
teurs, 2; 

2o  Plantes  de  'pleine  terre.  — Plantes  nou- 
velles, 8 concours;  belle  culture,  5;  culture  spé- 
ciale, 5;  plantes  en  collections,  75;  concours  entre 
amateurs,  2;  fleurs  coupées,  9;  bouquets  et  gar- 
nitures d’appartement,  12  ; 

3»  Arboriculture  et  fruits.  — 9 concours; 

40  Culture  maraîchère.  — 22  concours  ; 

50  Instruction  horticole.  — 5 concours  ; 

6°  Architecture  des  jardins.  — 5 concours; 

7»  Industries  horticoles.  — 20  concours  en 
4 sections. 

Les  récompenses  consisteront  en  prix  d’hon- 
neur (objets  d’art  et  médailles  d’honneur),  mé- 
dailles d’or,  grandes  médailles  de  vermeil, 
médailles  de  vermeil,  grandes  médailles  d’ar- 
gent, médailles  d’argent,  médailles  de  bronze, 
mentions  honorables  et  certificats  de  mérite. 

Les  demandes  pour  prendre  part  à cette 
exposition  doivent  être  adressées,  avant  le 
17  mai  1897,  terme  de  rigueur,  à M.  le  Pré- 
sident de  la  Société,  rue  de  Grenelle,  84,  à 
Paris. 

Marseille,  du  3 au  8 juin.  — La  Société 
d’horticulture  et  de  botanique  de  Marseille  or- 
ganise, à l’occasion  du  cinquantenaire  de  sa 
fondation,  une  grande  Exposition  générale 
d’horticulture,  qui  se  tiendra,  du  3 au  8 juin, 
place  de  la  Bourse,  à Marseille.  Les  amateurs 
ou  leurs  jardiniers,  les  marchands  français  et 
les  industriels  dont  les  produits  se  rapportent  à 
l’horticulture  sont  invités  à y prendre  part. 

Le  programme  comprend  61  concours  répar- 
tis de  la  manière  suivante  : plantes  de  serre 
chaude,  12  concours;  — plantes  de  serre  tem- 
pérée, froide  et  de  la  région  de  l’Oranger,  10; 

— plantes  vivaces  et  annuelles,  7 ; — plantes 
et  arbustes  de  plein  air,  4;  — fleurs  coupées,  4; 

— arboriculture  fruitière,  7 ; — culture  ma- 
raîchère, 5;  — industrie  horticole,  8 ; — 

Concours  divers,  4. 

Adresser  les  demandes,  avant  le  30  avril 
prochain,  terme  de  rigueur,  au  Secrétaire  gé- 
néral de  la  Société,  52,  rue  Thubaneau,  à 
Marseille. 

Rennes,  du  3 au  7 juin.  — A l’occasion  du 
Concours  régional  agricole,  la  Société  cen- 
trale d’horticulture  d’Ille-et-Vilaine  organisera, 
du  3 au  7 juin,  une  Exposition  générale  des 
produits  de  l’horticulture  et  des  arts  et  indus- 
tries qui  s’y  rattachent. 

Pour  renseignements,  s’adresser  à M.  le  Se- 
crétaire général  de  la  Société,  1,  contour  de 
La  Motte,  à Beuvron. 


100 


AGAVE  CONSIDERANTI. 


Vincennes,  du  23  au  30  août.  — La  Société 
régionale  d’horticulture  de  Vincennes  organise, 
à Vincennes,  du  23  au  30  août  prochain,  une 
grande  Exposition  des  produits  de  l’horticul- 
ture et  des  industries  qui  s’y  rattachent. 

Des  prix  d’honneur,  des  objets  d’art  et  de 
nombreuses  récompenses  seront  mises  à la  dis- 
position du  jury  pour  récompenser  les  produits 
méritants. 

Le  programme  de  cette  Exposition]  sera  pu- 
blié et  adressé  ultérieurement.  — Pour  les 
renseignements  et  adhésions,  s’adresser  à 
M.  Chapuis,  secrétaire  général,  101,  rue  de 
Fontenay,  à Vincennes  (Seine). 

Florilegium  harlemense.  — La  der- 
nière livraison  du  Florilegium  harlemense 
est  consacrée  à des  plantes  bulbeuses  qui 
sont  toutes  des  variétés  excellentes  pour 
la  culture  forcée.  Les  planches  coloriées 
nous  montrent  successivement  la  Jacinthe 
Grand-maître,  datant  de  1873  ; les  Tulipes 


alba  maxima,  Raphaël  et  Vuurbak  ; les 
Na7xissus  glo7'iosus,  Gra^id  mo7iarque,  et 
Tazetta  Grajid  Soleil  d’or,  variété  déjà 
mentionnée  au  XVIIIe  siècle. 

Le  Jardin  botanique  de  Saint-Louis. 

— M.  W.  Trelease  a publié  le  septième 
rapport  annuel  sur  les  travaux  scientifiques 
du  Jardin  botanique  de  Saint-Louis  (Mis- 
souri). Ce  rapport  forme  un  volume  de 
209  pages,  illustré  d’un  grand  nombre  de 
planches  bien  exécutées.  Une  monographie 
des  Juglandées  des  États-Unis,  par 
W.  Trelease  ; une  étude  sur  les  Agave  de  la 
même  contrée,  par  A.  Isabel  Munford, 
ainsi  qu’un  travail  sur  les  Wolfia  ligulés, 
par  Ch.  Henry  Thomson,  constituent  l’at- 
trait de  cette  très -intéressante  publication 
scientifique. 

Ed.  André. 


AGiVE  CONSIDERAINTI 


Cette  belle  plante,  décrite  par  M.  Car-  i sous  le  nom  à’ Agave  Coiisidera^iti,  en 
rière  dans  la  Revue  horticole,  en  1875  ^ | hommage  à celui  qui  l’avait  le  premier 


Fig.  32  bis.  — Agave  Consideranli  (au  cinquième  de  grandeur  naturelle)  ; à droite,  épine  crochue  des 

feuilles,  grandeur  naturelle. 


rapportée  du  Mexique,  et  qu’on  a vu 
paraître  en  Angleterre  sous  le  nom  usurpé 

* Agave  Cohsideranti,  Carrière,  Rev.  hort.,  1875, 
p.  427.  Agave  Victoriœ  Reginæ,  in  Gardeners' 
Chronicle,  1875,  II,  p.  484;  1880,  II,  p.  788;  1882, 
II,  P . 841,  et  18  juin  1887. 


d’ Agave  Victoiàæ  Reginæ,  vient  de  fleurir 
pour  la  première  fois  en  plein  air,  en 
Èurope,  dans  le  jardin  de  M.  Dellor,  à la 
Biocarde,  Hyères  (Var)  dans  le  courant  de 
l’année  1896.  Elle  avait  déjà  montré  sa 
hampe  florale  au  Jardin  botanique  de  Cam- 
bridge (Angleterre)* 


AGAVE  CONSIDERANTI 


101 


A partir  du  moment  où  la  hampe  a com- 
mencé à se  montrer,  elle  a pris  un  déve- 
loppement très-rapide,  comme  chez  la  plu- 
part des  Agaves,  présentant  un  assez  curieux 
spectacle  avec  son  long  épi 
souple  de  fleurs  serrées  en 
forme  de  cylindre.  Une  pho- 
tographie, dont  la  Revue 
donne  aujourd’hui  la  repro- 
duction (fig.  32),  en  fut  prise 
avant  la  fin  de  la  floraison. 
Malheureusement  un  fort 
coup  de  vent  en  brisa  le 
sommet,  mais  on  avait  pu, 
auparavant,  se  rendre  un 
compte  exact  de  l’effet  de  cette 
rare  inflorescence. 

Description.  — Plante  acaule, 
composée  d’environ  200  feuilles 
très-rapprochées  et  conniventes, 
formant  un  cône  compact  et 
régulier,  ayant  60  centimètres 
de  largeur  sur  40  centimètres 
de  hauteur.  Du  centre  de  ces 
feuilles  surgit  une  hampe  haute 
de  50,  épaisse  à la  base  de 
5 centimètres  et  pourvue,  sur 
une  longueur  de  1™50,  de  nom- 
breuses bractées  subulées,  li- 
néaires, ayant  à leurs  aisselles 
deux  à trois  petits  boutons, 
vestiges  de  fleurs  avortées.  La 
partie  supérieure  de  la  hampe 
est  couverte  de  fleurs  formant 
un  épi  très-dense. 

Dans  l’axe  de  chaque  bractée 
se  trouvent  trois  fleurs  courte- 
ment  pédicellées;  ces  fleurs  ont 
un  ovaire  de  12  millimètres  de 
long  et  un  tube  en  forme  d’en- 
tonnoir, de  même  longueur  ; les 
lobes  du  périgone  sont 
oblongs-  linéaires,  longs 
de  15  millimètres;  les 
filetsdes étamines,  deux 
fois  plus  longs  que  ces 
lobes,  dépassent  un  peu 
le  style  qui  porte  trois 
stigmates  arrondis  ; le 
tube  est  rempli  de  nec- 
tar jusqu’au  bord. 

Une  partie  de  ces 
fleurs  a été  fécondée 
avec  du  pollen  d’une 
autre  Agave  spiciforme. 
l’A.  heteracantha  au- 
gustifolia,  et  en  ce  moment  les  fruits  sont 
parfaitement  constitués. 

Je  ne  connais  pas  l’âge  de  cette  Agave  qui 
a été  donnée  en  1883  par  un  amateur  pas- 
sionné de  belles  plantes,  M.  Baudrand, 


créateur  de  l’établissement  horticole  de 
MM.  Paul  Brunei  et  C‘®,  au  Golfe  Juan. 

Craignant  de  livrer  à la  pleine  terre  et  en 
plein  air  cette  plante  rare  dans  mon  jardin 
des  Œillets  de  Provence  à 
Toulon,  où  la  température 
est  beaucoup  plus  froide 
qu’à  Hyères,  je  la  confiai  à 
M.  Dellor,  et  c’est  là  qu’elle 
vient  de  développer  sa  hampe. 

L’Agave  Consideranti 
rentre  dans  la  section  des 
espèces  à inflorescence  sim- 
ple, spiciforme,  comme  les 
Agave  filifera,  A.  schi- 
digera,  etc.,  mais  il  les 
dépasse  en  beauté  et  en 
étrangeté,  avec  des  feuilles 
rendues  anguleuses  par  la 
pression  qu’elles  subissent, 
et  les  bandes  marginales 
blanches,  si  curieuses,  qui 
les  ornent. 

En  même  temps  que  la 
figure  représentant  l’exem- 
plaire qui  vient  de  fleurir  à 
Hyères,  nous  reproduisons 
la  figure  qui  donne  à une  plus 
grande  échelle  (fig.  32  his) 
le  port  de  cette  plante  re- 
marquable, si  curieuse  par 
l’épine  crochue  qui  termine 
ses  feuilles,  et  que  l’on  voit 
en  grandeur  naturelle  à la 
droite  de  la  fig.  32  his. 

L’Agave  Consideranti  est 
toujours  resté  une  grande 
rareté  dans  les  collections, 
depuis  qu’il  fut  intro- 
duit pour  la  première 
fois  à Paris,  dans  les 
serres  du  Muséum. 

Désormais,  si  ces 
floraisons,  qui  s’ob- 
tiendront facilement 
en  plein  air,  dans 
des  situations  bien 
insolées,  à l’abri  de 
la  pourriture  hiver- 
nale, qui  est  seule  à 
craindre,  sont  suivies 
par  suite  de  fructifica- 
d’espérer  que  l’espèce 
se  répandra  davantage,  à la  grande  satis- 
faction des  amateurs. 


Fig.  32.  — Agave  Consideranti. 

Port  de  la  plante  en  fleur. 

de  fécondations  et 
tion,  il  y a lieu 


B.  Chaiuud. 


102 


LE  PÊCHER  TIGE  FRANC  DE  PIED. 


LE  PÊCHER  TIGE  FRANC  DE  PIED 


Souvent  il  nous  a été  demandé  des  ren- 
seignements sur  la  manière  de  conduire  le 
Pêcher  tige  franc  de  pied  dans  les  jar- 
dins. 

Nous  voulons  parler  ici  du  Pêcher  obtenu 
de  noyau,  par  semis  et  non  greffé.  On  sait, 
en  effet,  qu’il  existe  un  certain  nombre  de 


races  de  Pêchers  qui  ont  la  propriété  de  se 
propager  fidèlement  de  noyaux.  Tel  est  le 
cas,  par  exemple,  de  la  Pèche  d’Oignies, 
en  Belgique,  de  la  Pêche  de  Tullins,  dans 
le  Dauphiné,  du  Percer^  dans  la  Gironde, 
et  de  la  Pêche  de  Beurre,  en  Franche- 
Comté. 


Fig.  33.  — Formation  du  Pêcher  tiye  franc  de  pied. 


Certaines  de  nos  bonnes  variétés  de 
Pêches,  la  série  des  Mignonnes,  notam- 
ment, pourraient  également  se  propager 
assez  exactement  par  le  semis,  sans  pré- 
senter cependant,  dans  leur  descendance, 
une  fixité  aussi  grande  que  les  races  locales 
que  nous  venons  de  citer. 

Quoi  qu’il  en  soit,  en  prévision  de  l’ob- 
tention de  Pêchers  de  cette  nature,  il  est 
de  la  plus  haute  importance  de  choisir  les 
noyaux  provenant  des  fruits  les  plus  beaux, 


les  plus  typiques  et  surtout  les  premiers 
arrivés  à complète  maturité.  ’Ces  noyaux 
perdant  assez  rapidement  leurs  facultés 
germinatives,  il  est  extrêmement  impor- 
tant aussi  de  les  semer  très-peu  de  temps 
après  la  récolte,  ou  tout  au  moins  de  les 
mettre  en  stratification,  c’est-à-dire  dans 
des  vases  remplis  de  sable  de  rivière  main- 
tenu très-légèrement  humide,  et  que  l’on 
hiverne  soit  dans  une  cave,  soit  dans  un 
cellier,  soit  dans  tout  autre  local  à tem- 


LE  PÊCHER  TIGE  FRANC  DE  PIED. 


103 


pérature  constante,  peu  élevée,  et  à l’abri 
des  rongeurs. 

Semés  à l’automne  ou  au  printemps,  en 
avril,  après  avoir  été  stratifiés,  les  noyaux 
lèvent  habituellement  l’année  même  du 
semis  et  donnent  des  plants  d’autant  plus 
vigoureux  qu’ils  se  trouvent  dans  un 
terrain  mieux  approprié  à leur  exigence, 
c’est-à-dire  argilo-calcaire  un  peu  fort. 

Le  semis  peut  se  faire  soit  en  place,  soit 
en  pépinière.  Le  premier  procédé,  générale- 
ment préféré  en  la  circonstance,  permet 
d’obtenir  dans  les  jardins  des  sujets  à 
végétation  puissante  au  début,  ce  qui 
s’explique  par  la  non  déplantation  des 
jeunes  Pêchers.  Le  semis  fait  en  pépinière 
a,  par  contre,  l’avantage  d’occuper  peu  de 
place,  puisqu’il  suffit  de  le  pratiquer  en 
rayons,  à 50  centimètres  en  tout  sens,  dans 
une  planche  de  terrain  aménagée  à cet 
effet.  Il  est  plus  facile  aussi,  par  ce  dernier 
moyen,  de  soigner  les  jeunes  semis  et  d’en 
obtenir  au  bout  d’une  année  de  végétation 
des  sujets  sains  et  robustes,  présentant  un 
système  radiculaire  aussi  ramifié  que  pos- 
sible et  pourvu  d’un  chevelu  abondant,  frais 
et  actif,  que  l’on  peut  alors  transplanter 
avec  toutes  chances  de  succès. 

Disons  cependant  que  les  résultats  pré- 
cédents ne  seront  obtenus,  dans  la  pépinière, 
qu’autant  que  les  noyaux  auront  été  au 
préalable  stratifiés,  et  qu’on  aura  attendu 
que  la  germination  ait  commencé  avant 
de  pratiquer  le  semis.  Celui-ci  s’exécute 
alors  par  un  temps  sombre  de  préférence, 
en  ayant  soin  de  couper  sur  chaque  noyau 
de  Pêche  ainsi  germé  la  pointe  de  la  radi- 
cule. Cette  opération,  qui  est  trop  souvent 
négligée,  a pour  effet  de  forcer  le  pivot  à 
se  ramifier. 

Que  l’on  ait  semé  directement  en  place 
ou  en  pépinière,  les  jeunes  Pêchers,  au 
bout  de  la  première  année,  se  montrent 
comme  nous  l’indiquons  en  A (fig.  33), 
c’est-à-dire  sous  forme  de  scions  plus  ou 
moins  vigoureux  et  munis  d’un  certain 
nombre  de  rameaux  anticipés.  Sur  chacun 
de  ces  sujets,  au  printemps  qui  suit  la 
première  année  de  végétation,  c’est-à-dire 
en  mars,  la  taille  s’effectuera  en  a,  d’où  il 
résultera  à l’automne  de  la  seconde  année 
une  végétation  analogue  à ce  qu’indique  en 
B la  (fig.  33). 

Ce  qu’il  y a de  particulier  ici  et  ce  que 
nous  avons  tâché  de  rendre  aussi  saillant 
que  possible,  c’est  l’apparition  sur  le 
Pêcher  de  semis  de  pousses  très-vigou- 
réuses,  véritables  gourmands,  qui  se  déve- 


loppent souvent  dès  la  seconde  année  au 
pied  de  chaque  sujet,  et  avec  une  telle 
vigueur  que  si  l’on  n’y  prend  garde,  à la 
troisième  ou  à la  quatrième  année,  la  jeune 
tige  finit  par  péricliter  et  mourir. 

Il  semblerait,  en  effet,  que  ces  gour- 
mands aient  pour  mission  de  remplacer  la 
tige,  ce  fait  se  montrant  d’ailleurs,  non 
seulement  sur  les  Pêchers  de  semis,  mais 
encore  sur  les  Pêchers  greffés  bas  que  l’on 
désire  élever  sur  tiges. 

C’est  surtout  à ce  propos  qu’il  nous  a été 
demandé,  notamment  par  l’honorable 
M.  Blavet,  président  de  la  Société  d’horti- 
culture d’Etampes  (Seine-et-Oise),  lorsque, 
en  1895,  nous  fîmes  plusieurs  conférences 
d’arboriculture  pratique  au  Jardin  Guet- 
tard,  à savoir,  si  le  traitement  rationnel 
du  Pêcher  de  semis  ne  consisterait  pas  à 
tirer  profit  de  cette  particularité  dans  les 
cultures  de  plein  vent,  c’est-à-dire  à le  ra- 
jeunir constamment  du  pied  ? 

Au  point  de  vue  du  bon  aspect  et  surtout 
de  la  longévité  de  l’arbre,  nous  ne  pensons 
pas  qu’il  y ait  intérêt  à opérer  ainsi  sur  le 
Pêcher.  Nous  consefllerons  plutôt,  au  prin- 
temps qui  suivra  la  seconde  année  de  végé- 
tation, de  le  tailler  comme  il  est  indiqué  en 
B (fig.  33).  On  obtiendra  l’année  suivante 
le  résultat  que  montre  la  même  figure  en  C, 
c’est-à-dire  une  tige  parfaitement  constituée 
et  sur  laquelle  on  pourra  même  récolter  des 
fruits  pendant  son  éducation. 

Toutefois,  lorsque  pour  une  cause  ou 
pour  l’autre  le  Pêcher  tige  franc  de  pied 
se  trouvera  dominé  par  un  ou  plusieurs  de 
ces  gourmands  de  base,  il  ne  faudra  point 
hésiter  à choisir  le  mieux  placé,  le  plus 
vertical  pour  remplacer  la  jeune  tige, 
c’est-à-dire  à rabattre  le  jeune  Pêcher  im- 
médiatement au-dessus  de  cette  pousse 
vigoureuse. 

Nous  ajouterons  qu’il  ne  faut  jamais  se 
hâter  de  juger  les  premiers  gains  de  tout 
Pêcher  provenant  de  semis,  et  que  ceux-ci 
sont  susceptibles  de  s’améliorer  au  fur  et  à 
mesure  que  l’arbre  vieillit. 

Nous  voudrions  enfin  voir  le  Pêcher  tige 
franc  de  pied  admis  non  seulement  dans 
le  jardin  fruitier,  où  par  son  développement 
restreint,  il  tient  peu  de  place,  mais  aussi 
dans  le  jardin  d’agrément,  isolément  sur 
les  pelouses  où  il  produira  toujours  un 
superbe  effet  décoratif  au  moment  de  la 
floraison  et  aussi  à l’arrière-saison  par 
l’abondance  et  le  coloris  si  remarquable  de 
ses  fruits. 

Ch.  Grosdemange. 


104 


ÉTABLISSEMENT  DE  TREILLES  A LA  THOMERY,  SYSTÈME  OGER. 


ÉTABLISSEMENT  DES  TREILLES  A LA  THOMERY,  SYSTÈME  OGER 


Dans  tous  les  jardins  fruitiers  ou  pota- 
gers, quelle  qu’en  soit  l’étendue,  la  vigne  en 
treilles  est  l’arbuste  qui  convient  le  mieux 
pour  garnir  la  plus  grande  partie  des  murs. 
C’est  à juste  titre  qu’on  lui  donne  l’expo- 
sition la  plus  chaude  et  la  mieux  enso- 
leillée. 

Placée  dans  ces  conditions  et  suffisam- 
ment soignée,  elle  donne  des  fruits  plus 
gros,  plus  succulents,  qui  se  dorent  davan- 
tage-et  sont  de  meilleure  conservation. 

Des  différents  systèmes  de  treilles  que  j’ai 
étudiés  depuis  des  années,  la  forme  en  cor- 
don horizontal  bilatéral  dite  à la  Thomery 
semble  convenir  plus  particulièrement  au 
mode  de  végétation  de  la  vigne. 

Malheureusement,  cette  forme  présente 
une  difficulté  dans  l’obtention  des  sar- 
ments pour  la  formation  du  T,  au  point  où 
doit  s’elfectuer  la  bifurcation  sur  le  fil  de 
fer. 

J’ai  cherché  à simplifier  et  à améliorer 
plusieurs  procédés,  dont  quelques-uns  ont 
été  décrits  par  des  arboriculteurs  distin- 
gués. 

L’ancienne  méthode  consistait  à prendre 
le  sarment  lorsqu’il  avait  dépassé  le  point  de 
bifurcation  des  branches  du  T,  à l’incliner 
sur  le  fil  de  fer  qui  lui  est  destiné,  soit  à 
gauche,  soit  à droite,  de  façon  qu’il  y ait 
un  œil  sur  la  courbure,  de  1 à 4 centi- 
mètres au-dessous  du  fil  de  fer,  et  un 
autre  sur  lequel  on  taille,  qui  se  trouve  au- 
dessous  de  l’extrémité  de  la  courbure;  ces 
deux  yeux,  en  se  développant,  formaient 
le  T.  C’est  la  courbure  en  sec  ou  d’hiver 
avec  œil  normal. 

Le  système  que  je  préconise  diffère  du 
précédent  en  ce  qu’il  est  formé  à l’état  de 
bourgeons  pendant  l’été,  ce  qui  avance  sa 
formation  d’un  an.  Il  utilise  ainsi  toute  la 
sève  en  formant  la  treille  au  fur  et  à me- 
sure que  son  développement  le  permet.  Il 
ne  comporte  presque  pas  de  mutilations,  et 
l’on  obtient  les  coursonnes  beaucoup  plus 
rapidement  qu’avec  l’ancienne  méthode. 

Mais  avant  d’en  exposer  l’application,  il 
convient  de  dire  quelques  mots  sur  la  plan  - 
tation,  sans  entrer  toutefois  dans  trop  de 
détails. 

Préparation  du  mur. 

Préalablement  à la  plantation,  il  est  in- 


dispensable d’établir,  sur  le  mur  les  lignes 
de  fd  de  fer  qui  serviront  au  palissage. 
Il  faut  compter  que  le  premier  étage  hori- 
zontal doit  être  établi  à 30  centimètres  au- 
dessus  du  sol.  D’autre  part,  il  faut  toujours 
réserver,  au-dessous  de  la  crête  du  mur, 
une  distance  d’au  moins  25  centimètres 
pour  le  palissage  des  coursonnes  de  l’étage 
supérieur.  L’espace  compris  entre  ces  deux 
mesures  extrêmes  est  partagé  en  autant  de 
tranches  égales  qu’on  pourra  le  diviser  par 
un  nombre  de  centimètres  variant  entre 
45  et  55.  Je  m’en  tiens  autant  que  possible 
à 50  centimètres  environ.  Par  exemple, 
pour  un  mur  haut  de  3 mètres,  après  dé- 
falcation de  30  + 25,  il  reste  2"^  45  à par- 
tager. Cet  intervalle  étant  exactement  divi- 
sible par  49,  les  cordons  seront  espacés  de 
49  centimètres. 

On  pourrait  objecter  que  la  distance  or- 
dinaire que  je  donne  entre  chaque  cordon 
n’est  pas  absolue.  On  peut  modifier  cette 
distance  selon  la  qualité  du  sol  ; par 
exemple,  dans  un  sol  médiocre,  les  dis- 
tances entre  chaque  cordon  superposé  se- 
ront de  45  centimètres  et,  dans  un  bon 
sol,  de  55  centimètres.  Mais  je  trouve  qu’il 
serait  vicieux  de  trop  s’éloigner  de  ces 
chiffres  quand  on  songe  que,  plus  il  y a de 
feuilles  élaboratrices  au-dessus  de  deux 
belles  grappes  de  Raisin  que  porte  unecour- 
sonne,  mieux  ces  grappes  seront  nourries 
et  plus  elles  seront  sucrées  et  de  bonne  con- 
servation. Donc  si,  dans  certains  cas,  l’on 
perd  un  cordon  sur  cinq  qu’on  aurait  pu 
établir  le  long  d’un  mur,  il  y aura  compen- 
sation, comme  végétation  et  qualité  du 
fruit. 

On  double  ensuite  le  nombre  des  lignes 
de  fil  de  fer  en  partageant  en  deux  les  dis- 
tances qui  les  séparent.  En  effet,  pour  un 
cordon  de  vigne,  il  faut  compter  deux  lignes 
de  fil  de  fer.  A chaque  étage,  l’inférieure  A 
(fig.  34),  sert  à palisser  horizontalement  les 
bras  du  T formés  par  le  cordon.  La  supé- 
rieure (B)  sert  à attacher  les  coursonnes 
dans  le  sens  vertical  (11,1’!’). 

Plantation. 

La  Vigne  doit  être  greffée  sur  plants 
américains  ou  hybrides  : Aramon-Rupes- 
tris  n”  2,  Gazin,  Gamay- Couderc,  Morvèdre- 


ÉTABLISSEMENT  DE  TREILLES  A 

Rupestris  1202,  etc.  K Les  plantes  greffées 
d’un  an,  aux  greffes  bien  soudées,  sont  les 
meilleures. 

L’époque  de  plantation  la  plus  propice  est 


LA  THOMERY,  SYSTÈME  OGER.  105 

le  mois  de  février  ; celle  d’automne  est  dé- 
fectueuse, quel  que  soit  le  terrain  dans  le- 
quel on  opère. 

La  plantation  se  fait  par  un  temps  doux 


Fig.  34.  — Treille  à la  Thomery  en  voie  d’établissement  (au  cours  de  la  troisième  année 
après  celle  de  la  plantation). 


A Lignes  de  fil  de  fer  destinées  au 
palissage  horizontal  des  bras  des 
cordons. 

B Lignes  de  fil  de  fer  destinées  au 
palissage  vertical  des  coursonnes 
(Ex.  I,  T). 

G G’  Geps  formés  en  cordons  dès  la 
première  année  après  celle  de  )a 
plantation,  distants  de  3 mètres 
l’un  de  l’autre,  et  présentant  des 
coursonnes  1 1,  I’  T,  et  des  bour- 
geons de  prolongement  V,  V’  et 
Y,  Y’,  à la  taille  en  sec  qui  suit 
immédiatement  l’année  de  forma- 
tion du  T. 

D Gep  formé  en  cordon  à 0“  49  au- 
dessus  des  ceps  G et  G’. 
a,  a'  bras  nouvellement  formés  qui 
ont  été  palissés  en  vert,  et  qui 
seront  ultérieurement  allongés 
chacunjusqu’à  1"*  50  de  leur  point 
de  départ. 

E Gep  récemment  planté,  taillé  à 3 
yeux. 

e section  du  cep  au-dessus  du  troi- 
sième œil. 


F Gep  destiné  à être  formé  en  cordon 
à 49  au-dessus  du  cep  D. 
d point  où  seront  palissés  verticale- 
ment les  bourgeons  qui  résulte- 
ront du  développement  des  yeux  l 
et  n. 

k point  où  devra  avoir  lieu  la  bifur- 
cation des  bras  du  T. 
l œil  situé  à 0“  20  au-dessous  du 
point  k,  et  devenant  terminal 
après  la  taille  en  m. 
m section  au  mésophyte  supérieur 
de  Tœil  l. 

n œil  sous-jacent  à l’œil  terminal, 
et  qu’on  laisse  aussi  se  dévelop- 
per. 

G Gep  qui  sera  formé  en  cordon  à 
0”“  49  au-dessus  du  cep  F. 
d ligature  maintenant  palissés  ver- 
ticalement les  bourgeons  f et  g 
(identiques  à ceux  qui  se  déve- 
loppent aux  yeux  let  n du  F.) 
f bourgeon  choisi  pour  la  cour- 
bure. 

g bourgeon  sous-jacent  pincé  d’abord 
en  h,  puis  rabattu  en  z. 


h section  du  pincement  du  bour- 
geon g. 

k point  où  devra  avoir  lieu  la  bifui’- 
cation  des  bras  du  T. 

Z section  de  l’ablation  du  bourgeon  g, 

H Gep  qui  sera  formé  en  cordon  à 0”  49 
au-dessus  du  cep  G. 

P extrémité  du  sarment,  dépassant 
de  0“  35  le  fil  de  fer  qui  servira 
au  palissage  des  bras  du  T. 

r sarment  sous-jacent,  qui  .sera  ul- 
térieurement rabattu  en  x. 

s pincement  à un  œil  au-dessous  de 
l’œil  choisi  t. 

t œil  choisi  pour  la  formation  des 
bras  du  T. 

U faux-bourgeon  à supprimer,  ayant 
atteint  0™  20  de  longueur. 

X section  de  l’ablation  du  sarment  r. 

1 1,  I’  r Goursonnes  établies  l’année 
qui  suit  celle  de  la  formation  en 
cordon  des  ceps  G et  G’. 

V V’  Bourgeons  de  prolongement  du 

bras  du  cep  G. 

Y Y’  Bourgeons  de  prolongement  du 

bras  du  cep  G’. 


1 Les  plants  hybrides  franco-américains  Ara-  i supporte  bien  les  sols  crayeux.  Pour  les  terrain  s 
mon  X Rupestris  no  1 et  Gamay-Couderc  sont  où  le  calcaire  domine,  on  peut  choisir  aussi  divers 

excellents  pour  les  terres  argileuses  et  argilo-cal-  hybrides  de  V.  rupestris,  tels  que  001,  60S,  CC4 

caires.  Le  1202  Couderc  [Morvèdre  X Rupestris,  | Couderc  et  1305  (Pinot  X Rupestris).  \^Red.). 


106  ÉTABLISSEMENT  DE  TREILLES  A 

et  couvert  et  non  par  un  temps  humide  ; on 
aura  soin  d’exposer  les  racines  le  moins 
possible  à l’air.  Les  plants  ont  dû  être  levés 
de  la  pépinière  avec  leurs  racines  ; on 
aura  bien  soin  de  ne  rien  supprimer  en 
plantant,  et  on  fera  en  sorte  que  le  point  de 
soudure  de  la  greffe  soit  à 3 centimètres  au 
plus  au-dessus  du  niveau  du  sol. 

L’espacement  à adopter  entre  les  pieds  de 
vigne  est  subordonné  aux  règles  suivantes  : 

1“  Je  donne  à chaque  treille  une  enver- 
gure de  trois  mètres  au  lieu  de  lui  en  laisser 
parcourir  quatre,  comme  on  le  fait  trop 
souvent.  Si  j’ai  adopté  cette  longueur,  c’est 
que  le  mur  est  plus  vite  garni  et  que  le 
maximum  de  production  arrive  plus  tôt. 
Les  frais  de  plantation  rapprochée  se 
trouvent  ainsi  largement  compensés. 

2®  Les  pieds  qui  seront  destinés  à former 
le  cordon  à 30  centimètres  au-dessus  du  sol 
sont  tout  d’abord  espacés  de  3 en  3 mètres, 
(tig.  34,  ceps  G,  G’)  ; chacun  de  leurs  bras 
ne  devra  atteindre  par  conséquent  plus  de 
1"*50,  comme  ceux  des  autres  treilles,  d’ail- 
leurs (fig.  34,  cep  D : a a’). 

3«  Le  nombre  des  pieds  intercalés  entre 
ceux-là  est  subordonné  à celui  des  autres 
étages,  ou,  en  d’autres  termes,  à la  hauteur 
du  mur.  Autant  il  y aura  d’étages,  autant 
on  intercalera  de  pieds  également  distancés 
les  uns  des  autres  (fig.  34  : D,  E,  F,  G,  H). 

4»  Une  plantation  présentant  entre  les 
pieds  un  espacement  inférieur  à 50  centi- 
mètres serait  trop  rapprochée,  et  par  consé- 
quent défectueuse.  Get  espacement  corres- 
pond, comme  le  démontre  la  fig.  34,  à 
î’utilisation  « serrée  » d’un  mur  de  3 mètres 
de  hauteur.  Dans  les  cas  où  la  hauteur  du 
mur  est  plus  considérable,  on  ne  peut 
qu’accorder  plus  d’envergure  aux  treilles, 
et,  par  conséquent,  les  écarter  davantage 
dans  les  deux  sens,  à moins  qu’on  ne  pré- 
fère ne  pas  considérer  l’excédent  de  hauteur 
du  mur. 

La  première  année  (celle  de  la  plantation), 
on  taillera  la  jeune  plante  au-dessus  du  troi- 
sième œil,  (fig.  34,  cep,  E,  e)  puis  on  lais- 
sera se  développer  librement  et  verticale- 
ment les  yeux  conservés,  sans  rien  suppri- 
mer pendant  la  végétation. 

(La  fig.  34  montre  une  treille  à la  Tho- 
mery  en  voie  d’établissement  la  troisième 
année  qui  suit  celle  de  la  plantation.  Mais, 
à titre  d’exemple,  j’y  ai  fait  figurer,  en  E, 
un  cep,  récemment  planté  et  taillé,  en  rem- 
placement de  celui  qui,  la  première  année, 
et  à cette  même  place,  est  supposé  n’avoir 
pas  réussi). 


LA  THOMERY,  SYSTÈME  OGER. 

Ge  n’est  que  lors  de  la  taille  en  sec  qui 
suivra,  et  immédiatement  avant  la  forma- 
tion du  cordon,  que  les  bourgeons  inutiles 
à cette  formation  seront  supprimés. 

Le  cordon  situé  à 30  centimètres  au-dessus 
du  sol  sera  formé  la  première  année  qui 
suit  celle  delà  plantation  (fig. 34,  G,  G’). 

Le  pied  de  Vigne  qui  se  présentera  le 
premier,  l’année  suivante  en  bonne  posture 
pour  être  formé  en  T,  le  sera  sans  qu’il  soit 
besoin  de  se  préoccuper  de  son  numéro 
d’ordre  dans  le  rang.  Il  sera  formé 
à 0»’’  30  -|-  0"^  49,  dans  l'exemple  fourni  par 
la  fig.  34.  Pour  plus  desymétrie,  ce  sera  au- 
tant que  possible  le  cep  D,  également  éloi- 
gné de  G et  de  G’.  Gependant,  on  peut  dire 
qu’après  la  formation  du  cep  le  plus  bas,  il 
y aura  à considérer  les  pieds  de  Vigne 
comme  devant  lutter  de  vitesse  pour  être 
formés  le  plus  rapidement  possible,  quelque 
soit  Vétage  qu'ils  atteindraient.  Générale- 
ment, pour  un  mur  où  l’on  peut  superposer 
six  cordons,  la  formation  totale  des  treilles 
doit  se  terminer  pendant  le  cours  de  la  cin- 
quième année. 

Formation  préparatoire. 

Voici  comment  j’opère  pour  obtenir  des 
yeux  à une  distance  de  1 à 4 centimètres 
au-dessous  du  point  k (fig.  34,  cep  F)  du 
fil  de  fer  où  je  veux  établir  la  bifurcation. 
Je  taille  le  sarment  qui  a été^-dressé  et 
palissé  l’été  précédent  à un  œil  l situé  à 
environ  20  centimètres  au-dessous  de  ce 
même  point.  Je  taille  toujours,  pour  assu- 
rer la  vitalité  complète  de  cet  œil,  à mi- 
distance  m entre  lui  et  l’œil  situé  au-dessus, 
c’est-à-dire  en  plein  milieu  du  bois  qui 
existe  entre  les  deux  yeux  (d’où  Texpres- 
sion  <(  tailler  au  mésophyte^  »).  L’œil  l sur 
lequel  j’ai  taillé  devient  ainsi  œil  termi- 
nal. Je  le  laisse  se  développer,  ainsi  que 
celui  qui  lui  est  immédiatement  inférieur  n. 
Lorsqu’ils  ont  atteint  tous  deux  une  lon- 
gueur de  15  centimètres,  je  les  palisse  bien 
verticalement  en  d (Geps  F et  G).  L’un  ou 
l’autre  présenteront  toujours  un  œil  près 
du  point  k choisi  pour  former  la  bifurca- 
tion des  deux  branches  du  T,  si  ce  n’est 

1 « L’espace  compris  entre  deux  yeux,  sur  un 
rameau  ou  sur  une  branche,  se  nomme  entre- 
nœud  ou  mérithalle  )'  (Hardy,  Traité  de  la  taille 
des  arbres  fruitiers).  Sans  doute,  l’expression 
mésophyte  correspond  théoriquement  à une  con- 
ception anatomique  et  physiologique  des  bour- 
geons plus  récente.  Mais  vraiment,  il  serait  si 
simple  et  si  clair  de  continuer  à dire  entre- 
nœud ! (Réd.) 


Tïevue  Horticole' 


' (^^cmrMSeu^ÿos-Bru^IZes 

//i,sectes  nu ôs U) les  aiur  Pommiers 

/à  /l.  yUilAoriome.  - S.  Coupe -houj^c/eons . ^ 6.  G risette.—  7.  HhtfnchUe  BaccJuis  . 

H Cl  //.  IItfj>onoineute. Ci.  Cétoine  ^visc. — Iti.  Pifra/c-. 


LES  INSECTES  NUISIBLES  AUX  POMMIERS. 


107 


à ce  point  même.  On  réservera  alors  le 
seul  bourgeon,  /,  sur  lequel  se  trouve  l’œil 
choisi  ; l’autre,  g,  sera  momentanément 
gardé  pour  le  cas  où  le  premier  n’arriverait 
pas,  par  suite  d’accident  ou  de  faiblesse,  à 
remplir  son  rôle.  Mais  il  sera  sévèrement 
pincé  en  /i,  jusqu’à  ce  que  la  formation 
du  T,  par  le  bourgeon  /,  soit  bien  assurée. 
Alors  seulement  on  le  supprimera  radica- 
lement en  Z. 


Quant  aux  differents  traitements  que 
j’applique  au  bourgeon  réservé,  ils  consti- 
tueront divers  procédés  de  formation  du  T, 
que  j’ai  étudiés  expérimentalement  à l’Ecole 
pratique  de  viticulture  de  Beaune  (Côte- 
d’Or),  et  qui  feront  l’objet  d’un  prochain 
article. 

Auguste  Oger, 

Chef  de  pratique  horticole 
à l’Ecole  pratique  d’agriculture  de  Gennetines, 
par  Saint-Ennemond  (Allier). 


LES  INSECTES  NUISIBLES  AUX  POMMIERS 


Le  Bulletin  du  Ministère  de  Vagricul- 
ture,  a publié  une  étude  fort  intéres- 
sante de  M.  le  D*’  P.  Brocchi,  professeur 
de  zoologie  à l’Institut  national  agrono- 
mique, sur  les  insectes  nuisibles  aux 
Pommiers;  on  n’en  compte  pas  moins  de 
74  sur  lesquels  12  seulement  peuvent  être 
considérés  comme  des  ennemis  sérieux. 

Nous  avons  fait  reproduire  la  planche 
coloriée  qui  accompagne,  dans  le  Bulletin 
du  Ministère  de  l’agy'iculture,  le  mémoire 
de  M.  Brocchi,  et  nous  extrayons  de  ce 
mémoire  la  description  des  insectes  figurés 
sur  cette  planche  et  l’indication  des  moyens 
de  les  détruire.  (Réd.J 

COLÉOPTÈRES 

Famille  des  Cucurlionides  ou  Charançons. 

Le  Bhynchites  Bacchus  (voir  la  planche 
coloriée,  fig . 7).  — Le  Rhynchites  Bacchus 
est  un  petit  insecte  ayant  environ  4 à 6 mil- 
limètres de  longueur.  La  tête,  comme  celle 
de  tous  les  charançons,  se  termine  par  une 
sorte  de  bec,  un  rostre  allongé,  portant  des 
antennes  droites  terminées  en  massue 
allongée.  Ce  rhynchites  est  d’un  rouge  cui- 
vreux avec  des  reftets  vert  doré.  Le  corps 
est  couvert  de  poils  ; le  rostre  et  les  an- 
tennes sont  noirs. 

On  le  trouve  adulte  sur  les  Pommiers 
dès  les  premiers  jours  du  printemps.  Les 
insectes  que  l’on  observe  à cette  époque  ont 
passé  l’hiver  cachés  sous  l’écorce.  L’accouple- 
ment n’a  lieu  qu’en  juin;  c’est  alors  que  la  fe- 
melle perce  à l’aide  de  son  rostre  les  petites 
Pommes.  Elle  y pratique  une  ouverture  de 
3 millimètres  environ  de  profondeur,  puis 
y dépose  un  œuP  blanchâtre.  Cette  opéra- 
tion achevée,  elle  ferme  l’ouverture  avec 
une  matière  glutineuse  qu’elle  sécrète. 

Huit  jours  après  la  ponte,  l’œuf  donne 
une  petite  larve  sans  pattes,  d’un  blanc 
rosé  et  ayant  la  tête  noire  et  dure.  Cette 


petite  larve  ronge  alors  le  fruit,  qui  finit 
par  tomber.  Un  mois  après  sa  naissance  et 
le  fruit  étant  à terre,  la  larve  sort,  s’enfonce 
dans  le  sol,  où  elle  restera  cachée  jusqu’à 
l’année  suivante;  puis,  à l’époque  où  les 
Pommiers  fleurissent,  elle  sortira  de  terre 
à l’état  d’insecte  parfait. 

Moyens  de  destymction.  — On  recom- 
mande habituellement  de  recueillir  les 
petits  fruits  attaqués  reconnaissables  à leur 
petite  cicatrice  gommeuse,  et  de  les  brûler. 
Malheureusement  ce  moyen,  peut-être  pra- 
ticable dans  les  jardins,  n’est  pas  applicable 
en  grande  culture.  Ici  on  ne  peut  conseiller 
que  des  moyens  généraux  s’appliquant  à 
peu  près  à tous  les  insectes.  Comme  nous 
avons  vu  qu’une  certaine  quantité  de  ces 
rhynchites  passent  l’hiver  à l’état  parfait 
cachés  sous  la  mousse,  sous  les  écorces 
exfoliées,  il  sera  d’une  bonne  pratique  de 
tenir  les  arbres  le  plus  propres  possible,  de 
les  badigeonner  au  lait  de  chaux,  etc. 

Le  Bhynchites  conigus  (fig.  5.).  Noms 
vulgaires  : Coupe-hourgeon,  Lisette.  — 
Cette  espèce  est  plus  petite  que  la  précé- 
dente; elle  n’a  guère,  en  effet,  que  3 à 
4 millimètres  de  longueur. 

Le  coupe-bourgeon  est  d’un  bleu  foncé. 
Comme  dans  l’espèce  déjà  étudiée,  on  voit 
quelques  adultes  passer  l’hiver  sous  les 
écorces,  mais  le  plus  grand  nombre  de  ces 
insectes  éclôt  au  printemps  seulement.  Il 
vole  avec  facilité.  Après  l’accouplement,  la 
femelle  commence  à piquer  avec  son  rostre 
ou  bec  les  petits  bourgeons  à fruit.  Dans  les 
petites  ouvertures  ainsi  pratiquées  sont 
déposés  les  œufs.  Puis  elle  descend  sur  le 
rameau  et  à l’aide  de  ses  mandibules  coupe 
le  bourgeon  circulairement  aux  trois  quarts, 
par  une  incision  très-nette.  L’incision  est 
pratiquée  entre  le  point  où  l’œuf  a été  dé- 
posé et  la  tige;  de  cette  manière  la  sève 
n’arrive  plus  au  bourgeon  qu’en  faible 
quantité,  les  feuilles  se  décomposent,  four- 


108 


LES  INSECTES  NUISIBLES  AUX  POMMIERS. 


nissant  à la  larve  qui  sort  de  l’œuf  une 
nourriture  convenable. 

Les  bourgeons  ainsi  attaqués  se  flé- 
trissent naturellement  ; ils  noircissent  et 
semblent  suspendus  aux  branches.  Ils 
finissent  par  tom.ber  sur  le  sol  ; la  larve  les 
abandonne,  s’enfonce  en  terre  et  apparaît 
au  printemps  suivant  à l’état  d’insecte  par- 
fait. 

Moyens  de  destruction.  — Si  cette  es- 
pèce se  multipliait  dans  des  proportions  in- 
quiétantes, il  faudrait  faire  recueillir  et 
détruire  les  bourgeons  attaqués,  facilement 
reconnaissables. 

L’Anthonomus  pomorum  (fig.  1 à 4). 
Noms  vulgaires  : Anthonome,  Charançon 
des  Pommes.  — Ce  charançon  a 5 à 6 mil- 
limètres de  longueur.  Son  corps  est  presque 
ovalaire  convexe.  Le  rostre  est  mince,  peu 
arqué.  Les  antennes  sont  coudées.  Les 
pattes,  assez  longues,  ont  les  cuisses  nette- 
ment renflées. 

La  coloration  est  d’un  brun  noirâtre, 
mais  le  corps  est  couvert  d’un  duvet  court 
et  gris.  Les  ailes  supérieures  ou  élytres 
portent  en  arrière  une  sorte  de  tache 
blanche  cerclée  de  noir.  Enfin  un  point 
blanc  se  remarque  en  haut  des  élytres,  à 
l’endroit  où  ces  deux  ailes  se  touchent,  sur 
la  ligne  médiane. 

L’anthonome  passe  l’hiver  à l’état  d’in- 
secte parfait.  Il  vit  alors  caché  sous  les 
écorces,  dans  les  crevasses  de  l’arbre,  ou 
encore  dans  les  mousses. 

Dès  les  premiers  jours  du  printemps, 
l’anthonome  commence  sa  vie  active.  On  le 
trouve  courant  sur  les  branches.  Quand  les 
boutons  floraux  ont  fait  leur  apparition,  la 
femelle,  après  s’être  accouplée,  procède  à 
la  ponte.  Pour  cela,  elle  pratique  dans  un 
bouton  et  à l’aide  de  son  rostre  une  petite 
ouverture.  Quand  l’ouverture  a été  prati- 
quée, l’insecte  y dépose  un  œuf  d’un  blanc 
opaque;  puis  il  agit  de  même  sur  un  autre 
bouton,  et  ainsi  de  suite  jusqu’au  moment 
où  il  s’est  complètement  débarrassé  de  ses 
œufs. 

Quelques  jours  après  la  ponte,  l’éclosion 
des  œufs  se  produit,  et  on  en  voit  sortir  des 
larves  blanches  à têtes  noires,  apodes  et 
légèrement  courbées.  Ces  larves  se  mettent 
alors  à ronger  l’intérieur  des  fleurs,  et 
celles-ci  prennent  une  teinte  rousse,  ferru- 
gineuse, tout  à fait  caractéristique  (fig.  2). 

Les  larves  achèvent  leur  croissance  à 
l’intérieur  de  ces  fleurs  ; elles  se  trans- 
forment d’abord  en  nymphes,  puis,  dans 
la  première  quinzaine  de  juin,  elles  de- 


viennent insectes  parfaits.  Cette  nouvelle 
génération  séjourne  sur  les  arbres,  ron- 
geant quelques  feuilles,  puis,  à l’automne, 
elle  disparaît  sous  ses  abris  d’hiver.  L’ac- 
couplement n’aura  lieu  qu’au  réveil  prin- 
tanier. 

Moyens  de  destruction.  — Les  ravages 
commis  par  l’anthonome  ont  été  trop  sé- 
rieux pour  que  les  agriculteurs  n’aient  pas 
songé  à combattre  ce  fléau. 

J’indiquerai  ici  quelques-uns  des  moyens 
conseillés  : 

Fumigations  de  soufre  dans  les 
Pommiers  au  commencement  du  jprin- 
temps.  — M.  J.  Poupinel,  agriculteur  de 
Seine-et-Oise,  dit  avoir  obtenu,  par  ce 
moyen,  d’excellents  résultats. 

Ces  fumigations  peuvent  se  faire  avec 
un  brûleur  quelconque,  même  avec  un 
seau  de  fer-blanc  hors  d’usage  qu’on  pro- 
mène entre  les  branches.  Il  suffit  de 
1 kilogr.  de  soufre  en  canon  par  gros  arbre 
et  il  faudrait  un  quart  d’heure  environ 
pour  pratiquer  la  fumigation  d’un  très-gros 
Pommier. 

Ce  procédé  a été  signalé  à la  Société 
entomologique  par  M.  Leveillé,  en  jan- 
vier 1891. 

2°  Cueillette  des  fleurs  roussies.  Il  y a 
longtemps  que  ce  procédé  a été  imaginé, 
et  c’est  celui  qui  vient  naturellement  à l’es- 
prit. Enlever  et  détruire  les  fleurs  attaquées, 
c’est,  en  effet,  anéantir  une  énorme  quan- 
tité de  larves. 

Quand  les  ravages  de  l’anthonome  étaient 
de  peu  d’importance,  on  pouvait  hésiter  à 
employer  ce  moyen  qui  entraîne  à certaines 
dépenses.  Mais  actuellement  on  ne  sau- 
rait hésiter  à conseiller  ce  procédé,  le  plus 
efficace  sans  aucun  doute,  et  qui,  d’ail- 
leurs, n’est  pas  aussi  dispendieux  qu’on 
pourrait  le  croire.  Grâce  à leur  coloration 
spéciale,  les  fleurs  attaquées  sont  facilement 
reconnaissables  et  leur  recherche  peut  être 
confiée  même  à des  enfants  L 

1 M.  Hérissant,  directeur  de  l’école  pratique 
d’agriculture  des  Trois-Croix,  a proposé  un 
mode  de  cueillette  des  fleurs  roussies  dont  la  pra- 
tique de  ces  dernières  années  nous  a montré  l’effi- 
cacité. 

On  secoue  les  arbres  au-dessus  d’une  bâche 
fendue  jusqu’au  centre,  et  percée  en  ce  point  d’un 
trou  destiné  à donner  passige  au  tronc  de  l’arbre. 
Le  matin  par  un  temps  calme  et  couvert,  on  dis- 
pose cette  bâche  au-dessous  du  Pommier.  Un 
homme,  monté  dans  l'arbre,  secoue  les  branches 
et  un  ou  deux  aides  impriment  de  brusques  se- 
cousses aux  branches  périphériques  avec  des 
gaules  munies  de  crochets  à l’extrémité.  On  balaie 
ensuite  la  bâche  en  rassemblant  les  insectes  et  les 


LES  INSECTES  NUISIBLES  AUX  POMMIERS. 


109 


3°  Comme  nous  avons  vu  que  les  antho- 
nomes  passent  l’hiver  à l’état  parfait  sous 
les  écorces,  dans  les  crevasses,  sous  la 
mousse  des  Pommiers,  il  est  évident  que 
l’on  obtiendra  de  bons  résultats  en  net- 
toyant le  tronc  des  arbres  ainsi  que  les 
grosses  branches  et  en  badigeonnant  en- 
suite ces  parties  soit  au  lait  de  chaux,  soit, 
ce  qui  me  paraît  préférable,  avec  le  liquide 
proposé  par  M.  Balbiani  pour  le  badigeon- 
nage des  ceps  de  vigne. 

Je  rappellerai  que  ce  liquide  a la  compo- 
sition suivante  : 

Huile  lourde 20  parties. 

Naphtaline  brute 35  — 

Chaux  vive 100  — 

Eau 400  — 

Cette  substance  agira  comme  insecticide 
et  pourra  aussi  retenir  au  passage  quelques 
insectes  nuisibles. 

En  résumé,  je  pense  que  les  deux  moyens 
les  plus  efficaces  pour  la  destruction  del’an- 
thonome  sont  ; 4°  la  cueillette  et  la  des- 
truction des  fleurs  roussies  ; le  main- 
tien du  tronc  et  des  grosses  branches 
de  Varbre  dans  un  état  de  propreté  con- 
venable. 

Mais  il  semble  nécessaire  d’ajouter  à ces 
conseils  quelques  observations. 

La  destruction  des  fleurs  roussies  ne  peut 
donner  de  bons  résultats  que  si  elle  est  em- 
ployée par  tous  les  propriétaires  de  la 
même  région.  Si  on  suppose,  en  effet,  un 
cultivateur  procédant  à cette  opération  tan- 
dis que  ses  voisins  ne  prennent  aucune  pré- 
caution, l’année  suivante,  les  anthonomes 
de  ces  derniers  viendront  s’attaquer  aux 
Pommiers  qui  ont  été  traités.  Or,  il  ne  faut 
pas  oublier  que  la  nouvelle  loi  sur  la  des- 
truction des  insectes  (1888)  permet  à l’au- 
torité d’obliger  tous  les  propriétaires  d’une 
même  région  à pratiquer  l’opération  re- 
connue nécessaire.  C’est  cette  loi  qui  a 
permis  de  rendre  le  hannetonnage  efficace  ; 
elle  rendra  le  même  service  pour  la  destruc- 
tion de  l’anthonome. 

débris  tombés  dans  un  sac  pour  les  brûler  ensuite. 
Deux  draps  de  lit  étendus  côte  à côte  au-dessous 
de  l’arbre  remplissent  le  même  office  que  la 
bâche. 

Tous  les  insectes  ne  tombent  pas  du  premier 
coup  ; aussi  est-il  nécessaire  de  renouveler  l’opé- 
ration deux  ou  trois  fois  à vingt-quatre  heures  d’in- 
tervalle. 

Ainsi,  dans  les  expériences  de  M.  Hérissant,  un 
Pommier  sous  lequel  on  avait  trouvé  167  antho- 
nomes à la  suite  d’un  premier  secouage,  en  a en- 
core donné  50  le  lendemain  et  une  dizaine  le  sur- 
lendemain. (Note  de  la  Rédaction.) 


Ennemis  naturels.  — La  larve  de  l’an- 
thonome,  comme  celle  de  tous  les  insectes 
nuisibles,  est  attaquée  par  des  parasites  qui 
en  détruisent  un  certain  nombre.  On  sait 
que  ces  parasites,  venant  déposer  leurs  œufs 
dans  le  corps  des  larves,  ces  dernières 
succombent  sous  les  coups  de  leurs  hôtes 
forcés. 

Les  entomologistes  ont,  depuis  longtemps, 
signalé  deux  hyménoptères  ou  mouches  à 
quatre  ailes,  comme  s’attaquant  aux  larves 
de  l’anthonome.  Ce  sont  les  Pimpa  grami- 
nella  et  Bracon  variator.  Plus  récemment, 
M.  Decaux  a indiqué  une  nouvelle  espèce, 
la  Pimpla  pomorum.  On  a donc  été  amené 
à conseiller  de  ne  pas  détruire  immédiate- 
ment les  fleurs  roussies,  mais  de  les  con- 
server jusqu’au  moment  où  les  parasites, 
devenus  insectes  parfaits,  peuvent  prendre 
leur  vol. 

M.  Decaux  conserve  les  fleurs  dans  une 
grande  boîte  munie  d’une  toile  métal- 
lique. Quand  il  constate  que  les  hyménop- 
tères parasites  sont  arrivés  à l’état  parfait, 
il  les  laisse  s’envoler  en  soulevant  le 
couvercle.  Les  anthonomes,  plus  lents, 
restent  dans  la  boîte,  où  on  peut  les  dé- 
truire. 

Théoriquement,  ce  procédé  est  excellent, 
mais,  dans  la  pratique,  il  me  semble  d’une 
exécution  difficile.  On  obtiendra  des  culti- 
vateurs l’enlèvement  et  la  destruction  de 
fleurs  roussies,  mais  s’ils  doivent  ensuite 
prendre  soin  de  ces  fleurs,  pratiquer  un 
véritable  élevage,  beaucoup  reculeront  de- 
vant cette  complication  ; s’ils  s’y  soumettent 
cependant,  il  sera  à craindre  de  voir  l’opé- 
ration mal  faite  et  beaucoup  d’anthonomes 
recouvrer  leur  liberté  en  même  temps  que 
les  parasites. 

Je  suis  loin  de  contester  l’influence  heu- 
reuse des  parasites  de  nos  insectes  nuisi- 
bles, mais  il  ne  faut  pas  cependant  exagérer 
l’importance  de  leur  action. 

Dans  l’harmonie  naturelle  de  la  nature, 
ils  agissent  de  manière  à empêcher  cer- 
tains insectes  de  prendre  un  développe- 
ment exagéré,  mais  ne  les  détruisent 
jamais. 

La  chenille  du  papillon  du  Chou  est 
attaquée  par  des  parasites  bien  nombreux, 
et  cependant  elle  continue  ses  ravages.  Il 
faut  accepter,  favoriser  ces  auxiliaires  de 
Vagriculture,  mais  il  ne  faut  pas  compter 
sur  eux  pour  la  destruction  de  l’ennemi. 

liOrsque  l’on  détruira  toutes  les  fleurs 
attaquées  par  les  larves  de  l’anthonome,  on 
détruira  certainement  aussi  un  certain 


110 


LES  INSECTES  NUISIBLES  AUX  POMMIERS. 


nombre  de  parasites  ; mais  le  nombre  des 
insectes  nuisibles  qui  disparaîtront  ainsi 
est  trop  considérable  pour  que  Ton  puisse 
hésiter  et,  encore  une  fois,  la  conservation 
des  fleurs  recueillies  me  semble  d’une  pra- 
tique difficile  et  peu  applicable. 

Un  syndicat  pour  la  destruction  de  Tan- 
thonome  vient  de  se  constituer  en  Bretagne. 
Que  cet  exemple  soit  suivi,  que  l’on  ap- 
plique partout  les  procédés  que  nous  ve- 
nons d’indiquer  et  l’on  arrivera  certai- 
nement à la  destruction  presque  complète 
de  cet  ennemi  de  nos  Pommiers. 

Le  Peritelus  griseus  (fig.  6).  Nom 
vulgaire  : Grisette.  — Ce  charançon,  qui 
a environ  6 millimètres  de  longueur,  a le 
corps  sub-ovalaire,  les  antennes  allon- 
gées et  coudées  ; le  corselet  est  court, 
tronqué  aux  extrémités,  pointillé.  Les 
élytres  ont  de  grosses  côtes.  Cet  insecte 
est  d’un  gris-jaunâtre  avec  des  taches 
noires  sur  les  ailes  supérieures.  Il  ronge 
les  bourgeons  et  s’est  montré  bien  des  fois 
très  - nuisible  . Depuis  longtemps  Géhin 
l’avait  signalé  comme  dangereux  pour  les 
Pommiers  cultivés  en  Lorraine  ; depuis,  il 
a été  observé  sur  divers  points  de  notre 
territoire. 

Moyens  de  destruction.  — Ce  charan- 
çon a sa  période  d’activité  pendant  la  nuit . 
Le  jour,  il  s’enfonce  en  terre,  se  cache  sous 
les  herbes,  sous  les  mottes  de  terre  ; quel- 
ques-uns cependant  restent  cachés  dans  les 
bourgeons. 

C’est  donc  pendant  la  nuit,  à l’aide  d’une 
lanterne,  qu’on  peut  le  chercher  et  le  dé- 
truire. 

Si  l’insecte  arrivait  à causer  des  dégâts 
trop  considérables,  il  faudrait  se  souve- 
nir que  la  larve  vit  en  terre,  et  traiter  les 
terrains  au  sulfure  de  carbone.  Mais  cet 
insecte  ne  s’est  pas  montré  jusqu’ici  assez 
nuisible  aux  Pommiers  pour  que  l’on 
puisse  conseiller  un  traitement  aussi  coû- 
teux. 

On  trouve  sur  les  Pommiers  quelques 
autres  charançons,  mais  dont  les  dégâts  ne 
sont  pas  bien  considérables.  Tel  est  par 
exemple  le  charançon  argenté  {Phyllobius 
argentatus).  Cette  petite  espèce,  allongée, 
étroite  et  d’un  vert  argenté,  ronge  les 
feuilles.  M.  Petit  m’a  adressé  du  Morbihan 
un  Orchestes  qui  s’allonge  également  aux 
feuilles. 

Scarabées 

La  Cetonia  stigtica  (fig.  1*2).  — Noms 
vulgaires  : Cétoine  grise,  Drap  mortuaire. 


— La  Cétoine  grise  est  d’un  noir  cuivreux, 
mais  les  élytres  sont  couverts  de  macules 
blanches. 

Ce  scarabée  ronge  les  fleurs  des  arbres 
fruitiers.  Il  a causé  parfois  de  sérieux 
dommages.  En  1888,  M.  Baltet,  de  Troyes, 
a signalé  les  dégâts  commis  pas  cet  in- 
secte ; M.  Fallou  l’a  observé  fréquemment 
dans  les  environs  de  Paris,  à Champigny, 
par  exemple. 

Les  larves  vivent  dans  les  vieux  bois  en 
décomposition  et  les  amas  de  feuilles  dé- 
composées. 

Moyens  de  destruction.  — On  recom- 
mande de  secouer  les  arbres  dès  les  pre- 
mières heures  du  jour  ; les  insectes  en- 
gourdis se  laissent  tomber  et  on  peut  en 
détruire  ainsi  une  certaine  quantité.  On 
pourrait  également  placer  dans  les  ver- 
gers attaqués  des  morceaux  de  vieux  bois 
en  décomposition.  On  y rechercherait  les 
larves  pendant  l’hiver  et  on  les  détruirait 
facilement. 

LÉPIDOPTÈRES  OU  PAPILLONS 

L’Hyponomeute  du  Pommier  {Hypono- 
meuta  malinella)  (fig.  8-11).  — Ce  papil- 
lon, dont  la  chenille  s’est  montrée  bien 
souvent  un  des  pires  ennemis  du  Pommier, 
appartient  à la  famille  des  Ténéides  ou 
teignes. 

L’hyponomeute  a 10  à 12  millimètres  de 
longueur.  Les  ailes  supérieures  sont  com- 
plètement blanches  et  portent  trois  rangées 
de  points  noirs.  Ces  ailes  sont  bordées  d’une 
frange  blanche.  Les  ailes  inférieures  sont 
grisâtres  (gris  de  plomb)  et  présentent  une 
frange  blanche.  La  tête  et  les  antennes  sont 
blanches,  ainsi  que  le  thorax,  mais  celui-ci 
est  orné  de  six  points  noirs.  Enfin,  l’abdo- 
men et  les  pattes  sont  blancs. 

On  voit  ces  papillons  envahir  les  Pom- 
miers vers  le  mois  de  juillet.  Les  femelles 
déposent  sur  l’écorce  des  œufs  très-petits. 
Ces  œufs  vont  rester  sans  éclore  pendant 
tout  le  reste  de  l’été,  l’automne  et  l’hiver. 
Ce  n’est  que  vers  la  fin  de  mai  et  même  le 
commencement  de  juin  de  l’année  suivante 
que  se  produira  l’éclosion. 

Au  moment  de  sa  naissance,  la  chenille 
est  d’un  blanc  jaunâtre  marquée  de  points 
noirs;  la  tête  est  brune.  Plus  tard,  cette 
larve  est  gris  clair  avec  deux  séries  de 
taches  noires  (deux  sur  chaque  anneau). 
Vers  la  fin  de  juin,  elle  a atteint  sa  taille 
maxima,  c’est-à-dire  11  millimètres. 

Dès  leur  naissance,  ces  chenilles  com- 
mencent à filer  des  toiles  et  à dévorer  le 


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LES  INSECTES  NUISIBLES  AUX  POMMIERS. 


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parenchyme  des  feuilles,  qui  prennent  une 
teinte  rousse.  Peu  à peu  toutes  les  feuilles 
sont  rongées  et  l’arbre  est  entouré  de 
grandes  nappes  de  toiles.  Les  chenilles 
peuvent  alors  abandonner  l’arbre  dévasté 
et  se  porter  sur  un  Pommier  voisin.  On  voit 
ces  insectes  se  réunir  et  tisser  une  sorte  de 
chemin  soyeux  descendant  le  long  du  tronc. 
Si  les  chenilles  sont  en  grand  nombre, 
toute  la  tige  de  l’arbre  peut  être  enveloppée 
d’un  sac  soyeux. , Le  tissu  de  ce  sac  peut 
même  acquérir  une  certaine  solidité. 

Pour  se  transformer  en  chrysalides,  les 
chenilles  restent  groupées,  mais  chacune 
d’elles  se  file  un  cocon  de  soie  blanche. 

Ces  cocons  rapprochés  forment  parfois 
des  paquets  aussi  gros  que  la  tête  et  ren- 
fermant parfois  des  milliers  de  chrysalides. 

Au  mois  de  juillet,  la  chrysalide  donne 
l’insecte  parfait,  et  le  cycle  recommence. 

La  Normandie  a été  souvent  dévastée  par 
l’hyponomeute.  M.  M.  Girard  a rappelé 
qu’en  1838,  les  Pommiers  des  campagnes 
normandes  furent  entièrement  envahis . 

« Les  cultivateurs  avaient  le  spectacle 
désolant  de  branches  dépouillées  et  cou- 
vertes de  milliers  de  chenilles  qui,  n’ayant 
plus  rien  à dévorer,  pendaient  çà  et  là  en 
grappes  énormes  de  plus  de  60  centimètres, 
grosses  à proportion,  contenues  dans  une 
coque  de  soie  blanche,  tandis  que  le  tronc 
de  l’arbre  était  enveloppé  d’un  blanc  et 
soyeux  linceul,  ne  laissant  plus  apercevoir 
l’écorce.  Non  seulement  la  récolte  fut  dé- 
truite pour  plusieurs  années  dans  divers 
cantons,  mais  une  grande  quantité  d’arbres 
en  plein  rapport  moururent  par  le  fait  de 
l’hyponomeute  (1).  » 

Moyejis  de  destruction.  — Il  faut  enlever 
avec  soin  les  paquets  de  chrysalides  et  les 
brûler.  On  doit  agir  ainsi  même  lorsque  le 
nombre  de  ces  chrysalides  n’est  pas  très- 
considérable.  On  évitera  ainsi  les  grandes 
invasions. 

M.  Goureau  signale  de  nombreux  in- 
sectes parasites  des  chenilles  de  l’hypono- 
meute. 

Je  me  suis  déjà  expliqué  sur  l’impor- 
tance du  rôle  que  me  semblent  jouer 
ces  auxiliaires  de  l’agriculteur. 

La  Pyrale  des  Pommes  (Carpocapsa^ 
pomonana)  (fig.  13).  — La  pyrale  des 
Pommes  est  un  papillon  ayant  une  lon- 
gueur de  6 à 10  millimètres.  La  tête  et  les 
antennes  sont  grises.  Il  en  est  de  même  du 

1 M.  Girard,  Traité  élémentaire  d'entomoloqie, 
p.  738. 


thorax  et  de  l’abdomen.  Les  ailes  supé- 
rieures sont  également  grises,  mais  traver- 
sées par  des  lignes  cendrées,  et  présentant 
une  grande  tache  noire  à leur  extrémité. 
Dans  cette  tache  noire  on  distingue  d’autres 
petites  marques  d’un  rouge  doré.  Les 
ailes  inférieures  sont  noirâtres. 

C’est  pendant  l’été,  à partir  du  mois  de 
juin,  que  l’on  peut  voir  voler  ce  papillon. 
Après  l’accouplement,  la  femelle  vient  se 
poser  sur  une  Pomme  et  y dépose  un  œuf  ; 
elle  passe  ensuite  à un  autre  fruit,  ne  pon- 
dant qu’un  œuf  sur  chaque  fruit.  De  cet 
œuf  sort  une  petite  chenille  qui  s’introduit 
dans  le  fruit  et  commence  à ronger  en  creu- 
sant des  galeries. 

Cette  chenille,  improprement  appelée  ver 
de  la  Pomme,  a 12  millimètres  de  lon- 
gueur ; elle  est  cylindrique,  rougeâtre,  et 
porte  de  nombreux  points  noirs  ; de  chacun 
de  ces  points  ou  tubercules  on  voit  sortir 
un  poil.  Elle  a seize  pattes. 

La  galerie  de  la  chenille  a toujours  une 
branche  aboutissant  à la  surface  du  fruit, 
qui  permet  à l’air  d’arriver  jusqu’à  l’insecte. 

La  pomme  ainsi  attaquée  prend  une 
apparence  trompeuse  de  maturité  et  finit 
par  tomber  sur  le  sol.  La  chenille  sort  alors 
du  fruit,  s’enfonce  dans  la  terre  ou  très- 
souvent  se  réfugie  sous  un  morceau  d’écorce. 
Dans  ces  abris  elle  se  transforme  en  chrysa- 
lide pour  devenir  insecte  parfait  l’année 
suivante. 

Moyens  de  destruction.  — On  recom- 
mande habituellement  de  ramasser  les 
Pommes  tombées  et  de  les  détruire.  Pour 
être  efficace,  ce  procédé  devrait  être  em- 
ployé d’une  manière  spéciale  et  imprati- 
cable. 

Il  faudrait,  en  effet,  ramasser  les  Pommes 
au  fur  et  à mesure  qu’elles  se  détachent  de 
l’arbre  ; sinon,  les  chenilles  abandonnent 
promptement  cet  abri,  et  les  Pommes  ne 
renferment  plus  d’ennemis.  Il  est  égale- 
ment impossible,  au  moins  dans  les  vergers, 
de  cueillir  les  Pommes  attaquées  et  de  les 
détruire. 

On  réussirait  à détruire  une  quantité  de 
ces  chenilles  en  déposant  au  pied  des 
arbres  attaqués  de  petits  morceaux  d’écorce, 
des  lambeaux  d’étoffe.  Une  certaine 
quantité  de  chenilles  viendraient  certaine- 
ment se  transformer  en  chrysalides  sous 
ces  sortes  de  pièges,  et  il  serait  alors  facile 
de  les  rechercher  et  de  les  détruire. 

D’’  P.  Brocghi, 

Professeur  de  zoologie 
à l’Institut  national  agronomique. 


112 


GIROFLÉE  d’été  EXCELSIOR.  — UTILISATION  DES  GADOUES  DE  PARIS. 


GIROFLÉE  D’ÉTÉ  EXCELSIOR 


Les  Giroflées,  et  en  particulier  les  Qua- 
rantaines, sont  aujourd’hui  si  nombreuses 
qu’il  peut  paraître  superflu  d’en  créer  de  nou- 
velles. C’est  pourtant  ce  que  fait  cette  an- 
née la  maison  Vil- 
morin en  mettant  au 
commerce  la  belle 
variété  figurée  ci- 
contre  (fig.  35)  et 
il  n’y  a qu’à  l’en 
féliciter,  car  la  plante 
est  parfaitement  di- 
gne de  cette  distinc- 
tion. 

Gomme  on  le  voit, 
la  Giroflée  Excelsior 
se  distingue  surtout 
de  ses  congénères 
par  ses  grandes  feuil- 
les rassemblées  en 
rosette  compacte  au- 
dessus  du  sol,  du 
centre  de  laquelle 
s’élève  une  tige  droite 
et  forte,  longue  de 
plus  de  20  centimè- 
tres, unique  ou  ac- 
compagnée seule- 
ment de  quelques 
rameaux  à la  base  et  entièrement  garnie  de 
fleurs  très-grandes,  bien  doubles  et  d’un 
beau  blanc  pur. 

Or,  la  longueur  et  la  force  du  rameau 
central  sont  les  caractères  qu’on  apprécie 


le  plus,  après  la  duplicature,  chez  les  Giro- 
flées Quarantaines,  surtout  lorsqu’on  a en 
vue  leur  utilisation  pour  la  confection  des 
bouquets.  Ce  caractère,  poussé  au  maximum 
chez  la  nouvelle  ve- 
nue, la  blancheur  de 
ses  grandes  et  belles 
fleurs,  son  beau 

feuillage  et  enfin  sa 
grande  précocité  en 
font  une  plante  d’un 
mérite  exception- 
nel, qui  justifie  am- 
plement le  nom 

dJExcelsior  qui  lui 
a été  donné,  c’est-à- 
dire  supérieure  aux 
autres. 

La  culture  des  Gi- 
roflées Quarantaines 
est  trop  connue  pour 
qu’il  soit  nécessaire 
de  la  décrire  ici  ; 
rappelons  simple- 
ment que  le  semis 
s’en  fait  au  prin- 
temps, en  pépinière, 
de  préférence  sur 
une  petite  couche. 
Ceux  qui  ont  besoin  de  fleurs  à couper  et 
en  particulier  de  fleurs  blanches,  feront 
bien  de  songer  à la  Giroflée  d’été  Excel- 
sior. 

S.  Mottet. 


UTILISATION  DES  GADOUES  DE  PARIS 


M.  Paul  Vincey,  professeur  départemental 
d’agriculture  de  la  Seine,  inspecteur  des 
Domaines  ruraux  de  la  Préfecture  de  la 
Seine,  publie  une  série  de  brochures  dont 
la  lecture,  fort  intéressante  d’ailleurs,  met 
au  point,  dans  l’esprit  du  lecteur,  les  di- 
verses questions  relatives  à l’assainissement 
de  Paris  dans  ses  rapports  avec  l’utilisation 
des  produits  de  cet  assainissement.  G’est 
ainsi  que,  pour  ce  qui  concerne  l’emploi 
des  eaux-vannes,  M.  Vincey  a péremptoi- 
rement démontré  que  leur  maximum 
d’épuration  devait  être  obtenu  par  les  irri- 
gations en  territoire  forestier  ou  en  prairies 
permanentes,  de  préférence  à celles  qu’on 


a essayées  pour  les  cultures  de  légumes, 
lesquelles  n’en  peuvent  épurer  qu’une  pro- 
portion très -limitée.  Ldi  Revue  hortieole  sl 
eu  l’occasion,  en  1896,  d’analyser  briève- 
ment cette  démonstration. 

Depuis,  M.  Vincey  dans  un  opuscule  in- 
titulé : ((  La  digestion  de  Paris  » a su 
établir  une  sorte  de  comptabilité-matières 
des  entrées  — approvisionnement  — et  des 
sorties  — assainissement  — des  produits 
agricoles  que  Paris  consomme,  et  qu’il 
rend  à la  culture  sous  forme  d’engrais  ou  de 
produits  susceptibles  d’être  transformés  en 
engrais.  Il  est  résulté  de  ce  travail  statis- 
tique cette  constatation  que  le  déversement, 


LA  COCHENILLE  DES  FUSAINS  DU  JAPON. 


113 


dans  les  cultures  suburbaines,  des  excreta 
parisiens,  leur  rend  une  notable  proportion 
d’azote,  d’acide  phosphorique  et  de  potasse. 

Aujourd’hui,  dans  une  étude  intitulée  ; 
L’eau  d’égout  et  la  fertilité  agricole,  l’ins- 
pecteur agronome  du  département  de  la 
Seine  constate  que  les  cultures  de  Genne- 
villiers,  par  exemple,  n’utilisent  qu’un  peu 
moins  du  dixième  de  la  valeur  des  principes 
fertilisants  qui  y sont  amenés.  Le  reste  est 
perdu  faute  de  végétaux  d’une  puissance 
assimilatrice  suffisante. 

Enfin,  le  même  auteur  vient  de  publier 
une  brochure  qui,  à cause  de  tous  les  ren- 
seignements qu’elle  contient  sur  l’enlève- 
ment des  gadoues  et  sur  leur  transport 
par  chemin  de  fer,  serait  consultée  avec 
fruit  par  tous  les  maraîchers  et  cultivateurs 
de  légumes  du  bassin  parisien.  Dans  cette 
brochure,  qui  a pour  titre  : Les  Gadoues 
de  Paris  et  V Agriculture  de  la  Seine, 
M,  Vincey  s’élève  contre  le  projet  d’inciné- 
ration des  gadoues,  projet  dont  on  semble 

U COCHENILLE  DES 

L’un  des  principaux  ornements  des  jar- 
dins de  Bordeaux,  le  Fusain  du  Japon,  est 
en  voie  de  disparaître  sous  les  étreintes 
d’un  minuscule  insecte  qu’on  nomme  co- 
chenille. C’est  le  Mytilapis  Evonymi  de 
Gomstock. 

Cette  cochenille  n’est  pas  celle  qui  attaque 
la  Vigne,  chez  nous,  depuis  quelques  années. 
Elles  se  différencient,  d’ailleurs,  l’une  l’au- 
tre, par  des  apparences  diverses. 

On  peut  voir,  à cette  heure,  les  rameaux 
du  Fusain  et  les  feuilles,  principalement  le 
dessous,  parsemés  de  petites  coques  d’un 
gris-noir,  très-adhérentes,  d’environ  deux 
millimètres  de  long  sur  un  de  large.  Avec 
une  loupe  ordinaire,  leur  forme  se  dessine 
nettement  comme  une  valve  de  moule. 

La  coque,  qui  semble  imperméable,  sert 
d’abri  au  corps  de  la  femelle,  où  s’élaborent 
les  œufs  et  d’où  sortiront  en  grand  nombre 
les  insectes  ce  printemps. 

On  voit  aussi  au  revers  des  feuilles  et  sur 
les  tiges  d’innombrables  petites  taches  blan- 
ches, s’enlevant  au  toucher  et  qui  ne  sont 
autre  chose  que  l’enveloppe  du  mâle,  aban- 
donnée par  lui  l’été  dernier. 

Les  entomologistes  les  plus  autorisés 
s’accordent  à donner  à la  cochenille  qui 
nous  occupe  l’Amérique  pour  pays  d’ori- 
gine. Encore  un  don  du  Nouveau-Monde  ! 

Quiconque  a des  Fusains,  à Bordeaux,  a 


avoir  entretenu  le  Conseil  général  de  la 
Seine.  Par  suite  de  l’emploi  général  des 
poudrettes  et  d’irrigations  locales  par  les 
eaux  d’égout,  les  sols  de  la  banlieue  pari- 
sienne sont  saturés  d’acide  phosphorique 
et  de  potasse  au  point  de  rendre  inutile  ou 
superflue  une  adjonction  d’engrais  chi- 
miques phosphatés  ou  potassifères.  B n’en 
est  pas  de  même  de  l’azote  et  de  l’humus 
qui  sont  les  éléments  les  plus  importants  de 
fertilisation  contenus  dans  les  gadoues,  et 
qu’il  est  toujours  nécessaire  de  renouveler 
pour  assurer  le  «.  coup  de  fouet  »,  indispen- 
sable à la  production  maraîchère. 

En  résumé,  il  devient  inutile  d’augmen- 
ter, par  des  apports  dispendieux  d’eaux 
d’égout,  la  dose  d’acide  phosphorique  et  de 
potasse  contenue  dans  les  terrains  parisiens. 
Par  contre,  l’incinération  des  gadoues,  mé- 
thode destructive  d’azote  et  d’humus,  pri- 
verait infailliblement  ces  mêmes  terrains 
des  éléments  de  fertilité  dont  ils  ont  le  plus 
besoin.  H.  Dauthenay. 

FUSAINS  DU  JAPON 

pu  voir  leurs  feuilles  se  tacher  de  jaune, 
par  places  : résultat  des  piqûres  de  l’insecte, 
et  l’on  ne  compte  plus  les  Fusains  morts 
totalement  ou  dépourvus  de  feuilles. 

La  propagation  du  mal  est  aidée  par  le 
vent,  qui  transporte  en  masse  la  jeune  progé- 
niture. 

A l’inverse  de  Valéry-Mayet,  le  savant 
entomologiste,  qui  a remarqué  que,  dans 
le  Midi,  ce  sont  les  Fusains  panachés 
qui  ont  principalement  souffert  de  la 
cochenille,  j’ai  constaté,  chez  nous,  que 
c’est  surtout  le  Fusain  à feuillage  vert 
sombre  qui  est  atteint  ; il  est  vrai  que 
c’est  celui  qui  s’y  trouve  en  plus  grand 
nombre. 

De  nombreux  moyens  ont  été  employés 
par  les  propriétaires,  qui  ne  voyaient  pas 
sans  regret  péricliter  sous  leurs  yeux  les 
Fusains  de  leurs  jardins  ; mais  aucun  ré- 
sultat favorable  n’a  été  signalé.  Et  la  coche- 
nille gagne  chaque  année  beaucoup  de 
terrain  ! 

Voici  le  procédé  que  i’ai  employé  au  mois 
d’avril  1896  : 

Dans  un  demi-litre  d’eau  bouillante  faire 
fondre  trois  cents  grammes  de  savon  noir. 
Verser  lentement  sur  le  savon  fondu,  et  en 
agitant  constamment,  deux  litres  de  pétrole. 
Continuant  d’agiter  le  mélange,  verser  len- 
tement dix  litres  d’eau  froide. 


114 


LES^FUNKIA. 


A l’aide  d’un  pinceau,  badigeonner  les 
branches  du  Fusain,  petites  et  grosses. 

J’ai  ensuite  projeté  ce  mélange  sur  les 
Fusains  à l’aide  d’un  pulvérisateur  pour 
Vignes.  Et  comme  l’appareil  fonctionnait 
par  pression,  l’opérateur  n’ayant  pas  à 
faire  fonctionner  de  pompe,  tenait,  d’une 
main,  la  lance,  pendant  que  de  l’autre  il 


écartait  le  feuillage  afin  d’y  bien  pénétrer. 

Je  ne  saurais  encore  affirmer  que  la  co- 
chenille a été  vaincue,  bien  que  je  penche 
vers  l’affirmative,  mais,  cet  été,  des  consta- 
tations positives  pourront  être  faites,  et, 
s’il  y a résultat  certain,  j’en  donnerai  com- 
munication. 

Henri  Keiirig. 


LES  FUNKIA 


Ce  sont  de  belles  plantes  herbacées,  vi- 
vaces et  rustiques,  assez  répandues  dans 
les  jardins,  tant  sous  leur  propre  nom  que 
sous  celui  d’Hémérocalles  auxquels  les  uns 
les  réunissent,  tandis  que  les  autres  les  en 
séparent,  avec  raison,  du  reste,  car,  quoi- 
que voisins,  les  Funkia  sont,  botanique- 
ment et  horticolement,  bien  distincts  des 
Hemerocallis.  Tous  deux  appartiennent  à 
la  grande  famille  des  Liliacées. 

Certains  auteurs  ont  classé  les  Funkia 
dans  la  tribu  des  Agapanthées  et  les  He- 
merocallis dans  celle  des  Anthéricées. 
Bentham  et  Hooker  ont  réuni  les  deux 
trihus  sous  le  nom  d’Hémérocallées. 

Le  nom  de  Funkia,  Sprengel,  est,  du  reste, 
incorrect  au  point  de  vue  de  la  priorité, 
car  il  n’a  paru  qu’en  1807.  Celui  de  Hosta, 
Tratt.,  qu’ont  employé  certains  auteurs,  de- 
vrait aussi  le  pas  au  genre  Saussurea, 
Salisb.,  créé  en  1807,  tandis  que  le  pre- 
mier a été  publié  en  1812,  de  même  que 
les  genres  Niobe,  Salisb.  et  Baryoclis, 
Salisb.,  qui  sont  synonymes.  Comme  on 
le  voit,  la  nomenclature  de  ce  beau  genre 
est  assez  multiple  et  confuse. 

Bien  qu’au  point  de  vue  botanique  on 
doive  employer  les  noms  corrects,  c’est-à- 
dire  les  plus  anciens,  on  comprend  facile- 
ment qu’on  ne  peut,  au  moins  au  point  de 
vue  horticole,  songer  à remplacer  un  nom 
devenu  populaire  par  un  autre  nom  entiè- 
rement nouveau  et  surtout  celui  d’un 
genre.  La  nomenclature  des  végétaux  est 
déjà  suffisamment  embrouillée  et  difficile  à 
retenir  pour  ne  pas  la  bouleverser  davan- 
tage, sans  autre  bénéfice  que  d’accorder  la 
priorité  à l’auteur  à qui  elle  appartient. 
Nous  conservons  donc  horticolement  le 
nom  de  Funkia. 

Les  Funkia  se  distinguent  nettement 
des  Hemerocallis  par  leur  port,  leur  aspect 
général  et  leur  taille,  par  leurs  racines 
grêles,  fibreuses,  fasciculées , par  leurs 
feuilles  pétiolées,  à limbe  plan  et  élargi,  par 
leurs  hampes  simples  et  droites,  enfin  par 


leurs  fleurs  assez  longuement  tubuleuses 
et  à limbe  en  entonnoir. 

Les  Hemerocallis,  au  contraire,  sont 
des  plantes  plus  fortes  et  plus  hautes; 
à racines  cylindriques,  épaisses  et  char- 
nues; leurs  feuilles  sont  longues,  étroites, 
rubanées  et  pliées  en  gouttière  ; les  ham- 
pes sont  rameuses-corymbiformes  supé- 
rieurement, les  fleurs  très  - courtement  tubu- 
leuses et  campanulées. 

On  connaît  huit  ou  neuf  espèces  de 
Funkia,  toutes  originaires  de  la  Chine  et 
du  Japon  ; une  demi-douzaine  sont  intro- 
duites dans  les  jardins  et  y comptent  plu- 
sieurs formes  ou  variétés  horticoles.  Leur 
nomenclature  spécifique  est  aussi  assez 
confuse,  par  suite  des  divers  noms  qui  leur 
ont  été  donnés  et  de  leur  classement  tantôt 
dans  un  genre,  tantôt  dans  l’autre. 

Voici  les  descriptions  et  synonymes  des 
espèces  et  variétés  les  plus  répandues  dans 
les  jardins  : 

F.  ovata,  Spreng.  {F.  cærulea,  Sweet  ; 
Hemerocallis  cærulea,  Andr.  ) ; Hémérocalle 
bleue  (fig.  36).  — Plante  à feuilles  touffues, 
ovales,  épaisses,  luisantes  et  longuement  pétio- 
lées. Fleurs  disposées  en  épi  dressé  et  unilatéral, 
sur  une  hampe  de  40  à 50  centimètres  de 
haut,  à périanthe  de  4 à 5 centimètres  de  long, 
bleu  violacé,  brusquement  dilaté  au-dessus  du 
tube  et  à divisions  légèrement  étalées.  Fleurit 
en  mai.  On  cultive  une  belle  variété  à feuilles 
largement  marginées  de  blanc,  plus  étroites 
que  dans  le  type,  un  peu  cucullées  et  ondulées 
sur  les  bords. 

Cette  espèce  est  très-répandue  et  estimée 
pour  ses  belles  fleurs  bleues. 

F.  Sieboldiana,  Hook.  (F.  cordata  ou  F. 
cucultata,  Hort.)  ; Hémérocalle  à feuilles  en 
cœur.  — Feuilles  largement  ovales,  cordifor- 
mes,  ondulées  et  longuement  pétiolées. 
Fleurs  assez  grandes,  bleuâtres  ou  blanc 
teinté  de  lilas,  longues  de  5 à 7 centimètres  et 
disposées  par  dix  à quinze  en  grappe  unilaté- 
rale, à hampe  ne  dépassant  pas  les  feuilles. 
Fleurit  en  juillet-août.  On  en  possède  aussi 
une  variété  à feuilles  panachées  de  blanc,  au 
centre  et  sur  les  bords. 


LES  FUNKIA. 


115 


F.  subcordata,  Spreng.  (F.  alba,  Andr.  ; 
H.  japonica,  Thunb.  ; H.  plantagwea,  Lamk.)  ; 
Hémérocalle  du  Japon,  H.  à feuilles  en 
cœur  (fig.  37).  — Belle  plante,  la  plus 
remarquable  du  genre,  à feuilles  nombreuses, 
ovales-cordiformes,  très-fortement  nervées  et 
luisantes.  Fleurs  très-grandes,  longuement 
tubuleuses,  blanc  pur,  à odeur  suave  rap- 
pelant celle  de  l’Oranger,  unilatérales  et 


réunies  jusqu’à  huit  ou  dix  au  sommet  d’une 
hampe  de  30  à 40  centimètres  de  haut,  dépas- 
sant les  feuilles  ; périanthe  à tube  arqué,  de 
10  centimètres  de  long,  avec  le  limbe  ouvert 
et  découpé  en  six  segments  étalés.  Fleurit  de 
juillet  en  septembre.  C’est  l’espèce  la  plus  ré- 
pandue et  la  plus  généralement  cultivée,  à 
cause  de  sa  beauté  exceptionnelle. 

F.  lancifolîa,  Spreng.  {Hemerocallis  lancifo- 


lia,  Thunb.)  Hémérocalle  à feuilles  lancéo- 
lées (fig.  38).  — Belle  plante  à feuilles  abon- 
dantes, lancéolées,  de  10  à 12  centimètres  de 
long  et  4 à 5 centimètres  de  large,  graduelle- 
ment rétrécies  aux  deux  extrémités  et  à pé- 
tioles de  15  à 20  centimètres  de  long,  étalés. 
Fleurs  blanches  ou  teintées  de  lilas,  courtes  et 
disposées  par  six  à dix  en  grappe  surune  hampe 
nue,  de  20  centimètres  de  haut,  dépassant 


beaucoup  le  feuillage  ; corolle  de  3 à 4 centi- 
mètres de  long,  à tube  étroit  et  brusquement 
dilaté.  Fleurit  en  août.  Il  en  existe  unevariétéà 
feuilles  marginées  de  blanc,  et  le  F.  undulata, 
Otto  et  Dietr.  en  est  une  forme  à feuilles  irré- 
gulièrement ondulées,  crispées  et  fortement 
maculées  ou  rubanées  de  blanc. 

Le  F.  grandiflora,  Sieb.  et  Zucc.,  est  une 
belle  espèce  à grandes  et  longues  fleurs  blanc 
pur,  que  l’on  ne  rencontre  guère  que  dans  les 
collections  d’amateurs.  Enfin,  le  F.  Fortunei, 
Baker,  est  considéré  par  certains  auteurs 
comme  une  variété  japonaise  du  F.  Sieboldiana  ; 
on  en  cultive  une  variété  maculata,  dont  les 
feuilles  sont  maculées  et  ombrées  de  vert 
bleuâtre  foncé  sur  fond  clair,  ce  qui  produit 
un  assez  élégant  effet  décoratif. 

Culture  — Les  Funkia  sont  des 
plantes  rustiques,  faciles  à cultiver  et  ex- 
trêmement décoratives,  tant  par  leur  grand 
feuillage  que  parleurs  belles  fleurs,  On  les 


Fig.  38.  — Funkia  lancifolia. 


emploie  à de  nombreux  usages  et  partout 
ils  produisent  le  meilleur  effet.  Comme  ils 
aiment  l’ombre  et  la  fraîcheur,  on  choisit 
pour  eux  les  endroits  qui  présentent  ces 
conditions,  notamment  les  bords  de  massifs 
d’arbres  ou  d’arbustes,  le  voisinage  des  ha- 
bitations, etc.  On  en  forme  alors  de  magni- 
fiques corbeilles,  des  touffes  isolées  sur  les 
pelouses  et  les  plates-bandes,  ainsi  que  de 
larges  bordures  ; enfin  on  peut  avantageu- 
sement les  planter  dans  les  rocailles.  On  les 
cultive  facilement  aussi  dans  des  grands 
pots  ou  caisses  pour  orner  les  balcons,  les 
gradins,  les  vérandas  et  même  les  jardins 
d’hiver.  Avec  le  temps,  ils  forment  alors  des 
touffes  volumineuses  et  remarquablement 
belles  pendant  leur  floraison. 

Les  Funkia  aiment  les  terres  profondes, 
fraîches  et  très-fertiles  ; celles  de  nature 
légère  et  perméable,  ainsi  que  la  terre  de 
bruyère,  leur  conviennent  parfaitement. 


116 


LES  HÉLIOTROPES  NAINS. 


Pour  leur  culture  en  pot,  un  mélange  de 
terre  franche,  de  terreau  de  couches  et  de 
terre  de  bruyère,  en  quantités  à peu  près 
égales,  constitue  un  excellent  compost. 

Leur  multiplication  ne  s’effectue  que  par 
la  division  des  pieds,  opération  que  l’on 
fait  de  préférence  au  printemps,  en  février- 
mars.  On  ne  doit  diviser  que  les  touffes  les 
plus  fortes  et  tous  les  trois  ou  quatre  ans 
au  plus  ; car  c’est  lorsque  les  plantes  sont 
volumineuses  qu’elles  font  le  plus  d’effet. 
Afin  que  les  jeunes  plantes  acquièrent  rapi- 
dement une  certaine  force,  il  convient  de 
laisser  plusieurs  bourgeons  à chaque  éclat. 


Les  escargots  et  les  limaces  sont  excessi- 
vement friands  des  et  constituent 

leurs  plus  redoutables  ennemis,  car,  lorsque 
ces  mollusques  abondent,  ils  rongent  les 
feuilles  au  point  de  détruire  tout  leur  effet 
décoratif.  Des  nombreux  moyens  de  destruc- 
tion proposés,  tels  que  la  chaux,  la  bande 
de  fer  rouillé,  la  cendre  sèche,  etc.,  la 
chasse  en  temps  de  pluie  ou  à la  lanterne 
est  celle  qui  donne  encore  les  résultats  les 
plus  certains  ; quoique  longue  et  ennuyeuse, 
on  est  souvent  obligé  d’y  avoir  recours,  si 
on  ne  veut  pas  voir  ses  plantes  rongées  jus- 
qu’aux côtes.  S.  Mottet. 


LES  HÉLIOTROPES  NAINS 


Pendant  bien  longtemps,  on  n’a  demandé 
à l’Héliotrope  que  l’odeur  suave  de  ses 
Heurs  et  des  corymbes  semblables  à ceux 
qu’avait  trouvés  Joseph  de  Jussieu  lorsqu’il 
le  rencontra  dans  les  Andes  du  Pérou  ; 
puis,  avec  le  temps,  et  par  suite  de  semis 
successifs,  sont  apparues  des  variations  plus 
ou  moins  distinctes,  que  l’on  a érigées  en 
variétés,  jusqu’au  jour  où  les  horticulteurs 
français  ont  semblé  avoir  pris  pour  but  et 
idéal  d’agrandir  la  coupe  des  parfums  en 
amplifiant  les  for- 
mes florales  et  de 
nanifier  la  végé- 
tation de  cette 
plante. 

Comme  résultat, 
par  une  sélection 
aussi  continue  que 
sérieuse,  l’horticul- 
ture a été  dotée  de 
plantes  remarqua- 
bles, autant  par 
une  végétation  par- 
ticulière, courte  et 
ramifiée,  que  par 
des  inflorescences 
très-larges,  forte- 
ment pédonculées  et  dressées  au-dessus 
du  feuillage,  constituant,  par  l’ensemble  de 
leurs  caractères  et  une  floraison  continuelle, 
une  race  entièrement  distincte,  appelée 
race  Bruant,  du  nom  de  son  obten- 
teur. 

Le  coloris,  chez  ces  variétés,  a subi  lui- 
même  de  profondes  modifications,  et  offre 
maintenant  toute  la  gamme  du  bleu  jus- 
qu’au violet  foncé  pourpré,  en  passant  par 
le  blanc. 


Le  type  de  la  race  est  la  variété  appelée 
Madame  Bruant  (fig.  39),  que  montre 
fidèlement  la  gravure  ci-jointe,  et  dont  les 
mérites  sont  aujourd’hui  bien  reconnus  de 
tous  ceux  qui  cultivent  cette  plante.  En 
voici  une  brève  description  : 

Taille  moyenne  (30  à 40  centimètres),  vigou- 
reuse, ramifiée  naturellement,  très-florifère  et 
bien  odorante,  remarquable  par  sa  précocité, 
qui  devance  d’au  moins  trois  semaines  celle 
des  autres  variétés.  Corymbes  (20  à 30  centi- 
mètres de  diamè- 
tre) , amples  et 
nombreux,  d’un  beau 
bleu  violet  à centre 
blanc. 

Cette  plante  a 
été  le  point  de 
départ  de  toute  une 
série  de  variations 
intéressantes,  con- 
servant les  qua- 
lités primordiales  : 
la  tloribondité, 
l’ampleur  des  co- 
rymbes, la  gran- 
deur des  fleurs, 
etc.,  dotant  les  jar- 
dins de  végétaux  dans  lesquels  il  serait  bien 
difficile  de  retrouver  V Heliotropium  peru- 
vianum,  dont  les  graines  furent  envoyées 
pour  la  première  fois  à Paris,  au  Jardin 
du  Roi,  en  1740. 

Voici,  classées  autant  que  le  permet  la 
définition  relativement  exacte  que  l’on  peut 
appliquer  aux  couleurs  et  surtout  aux 
nuances,  chez  ces  fleurs,  les  variétés  nou- 
velles d’Héliotropes  de  cette  race  mises  au 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANGE. 


117 


commerce  par  M.  Bruant,  horticulteur  à 
Poitiers  : 


Blanc 

et 

blanc  lilacé.  < 

/ Bouquet  blanc. 

1 Comtesse  de  Ségur. 
I Jeanne  d’Arc. 
j Irène, 
f Le  Nil. 

\ Voie  lactée. 

Violet  clair  j 
et  < 

lilas.  1 

[ Madame  Fillay. 

Emile  Gauthier. 
[ Ovide. 

( 

Violet  mauve.  < 

1 

' Berlioz. 

L Le  Cid. 

' Madame  Gustave  Henry. 
r Madame  Laulanié. 

\ Le  Poitevin. 

Violet  intense  ' 
ou  foncé.  ‘ 

f Le  Czar. 

) Madeleine  Viaud. 
j Madame  Barnsby. 
[ Wagner. 

Violet  foncé  i 
rougeâtre 
ou  ' 

pourpré.  ' 

r Dalila. 

( Madame  Emma  Brouillet. 
i Madame  Georges  Labrie. 

[ Madame  Bené  André. 

1 

Violet  rosé.  < 
1 

! Gladiateur. 

Madame  Daurel. 

) Madame  Victor  Claverie. 
I Mélopée. 

Mistral. 

V Picciola. 

Rosé. 

j Madame  Valdenaire. 

Bleu.  < 

' Athos. 

1 Bouquet  parfumé. 

Madame  Arthur  Gué. 
' Madame  Bruant. 

^ Bêve  bleu. 

Dans  les  multiples  emplois  qui  con- 
viennent à l’Héliotrope,  les  variétés  sus- 
nommées sont  recommandables  et  toutes 
dignes  de  culture,  mais  suivant  qu’il 
s’agisse  de  la  plantation  en  pleine  terre, 
pour  la  décoration  estivale  des  jardins,  ou 
de  la  culture  en  pot,  pour  le  marché,  il  y a 

lieu  de  choisir  certaines  d’entre  elles,  mieux 


aptes  que  d’autres  à remplir  le  rôle  désigné'^. 

Les  variétés  demi-naines  sont  préférables 
pour  les  massifs  et  les  grandes  corbeilles  ; 
celles  naines  pour  bordures  ou  en  mélange 
avec  d’autres  végétaux. 

i Bouquet  hlanc. 

Bouquet  parfumé. 

Madame  Barnsby. 

Picciola. 

Madame  Bené  André. 

Madame  Bruant. 

Madame  Arthur  Gué. 
Madame  Daurel. 

Madeleine  Viaud. 

Madame  Fillay. 

Le  Czar. 

Le  Poitevin. 

Parmi  celles  recommandables  pour  la 
culture  en  pots,  nous  citerons  : Madame 
Bruant.^  Beauté  Poitevine,  Madame  J. 
Duhouché,  Madame  Alfred  Carrière,  Bou- 
quet hlanc.  Madame  Barnsby,  Madame 
Arthur  Gué,  Madame  Gustave  Henry, 
Madame  Laulanié,  Madame  Bené  André. 

Il  est  bon  de  faire  remarquer  que  toutes 
ces  plantes,  aussi  bien  celles  cultivées  à 
plein  sol  qu’en  récipients,  se  ramifient  sans 
aucun  pincement  et  fleurissent  tout  l’été  en 
plein  air  et  l’hiver  en  serre  ; une  seule  pré- 
caution à prendre  est  de  supprimer  les 
corymbes  dès  qu’ils  ont  passé  fleur,  car 
autrement  la  plante  s’épuise  en  graines. 
Disons  aussi  en  passant  que  la  variété  Ma- 
dame Bruant  a la  faculté  de  se  reproduire 
presque  identiquement  par  le  semis  des 
graines,  que  l’on  trouve  d’ailleurs  dans  le 
commerce  depuis  un  an  ou  deux. 

Les  soins  culturaux  ne  diffèrent  pas, 
pour  ces  plantes,  de  ceux  nécessaires  aux 
autres  Héliotropes.  L’obtention  des  variétés 
a fait  de  ce  genre  un  élément  décoratif, 
alors  qu’il  y a quelques  années  à peine, 
l’Héliotrope  n’était  encore  que  « l’Herbe 
d’amour  » et  <.(  la  Fleur  des  Dames  ». 

Jules  Rüdolpii. 


Variétés 

naines. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  11  FÉVRIER  1897 


Floriculture. 

Une  bien  jolie  collection  AHelléhores  de 
M.  Dugourd,  de  Fontainebleau,  attirait  tous  les 
regards.  Une  variété  nouvelle,  très-perfection - 
née,  blanc  pur,  primait  toutes  les  autres  ; elle 
a pour  nom  : Madame  Fourcade.  Parmi  les 
autres,  nous  notons  : Deuil  du  Président 
Léon  Say,  pourpre  noir  velouté  ; Madame  Du- 


barle,  blanc  ponctué  de  pourpre  rosé,  et  Pré- 
sident Viger,  blanc  rosé  ponctué  de  pourpre 
noir. 

M.  Cadot,  jardinier  au  château  de  Montgo- 

1 Pour  plus  de  détails,  consulter  notre  ouvrage  ; 
Calcéolaires,  Cinéraires,  Coleus,  Héliotropes, 
Primevères  de  Chine,  etc.,  qui  vient  de  paraître  à 
la  Librairie  agricole,  26,  rue  Jacob,  Paris.  — 
Prix  : 2 fr. 


118 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE  DE  FRANCE. 


bert  (près  Villers-Gotterets),  est  parvenu,  par 
des  semis  successifs,  à obtenir  des  fleurs  de 
Saintpaulia  ionantha  plus  grandes  que  le 
type.  Parmi  les  quelques  potées  qu’il  nous  pré- 
sentait, il  en  est  une  surtout  remarquable,  et 
qu’il  réservera  sans  doute  seule  pour  la  repro- 
duction. 

On  se  rappelle  que  l’année  dernière, 
MM.  V'eitch  et  fils,  de  Londres,  envoyèrent  un 
petit  bouquet  de  fleurs  de  Primula  acaulis 
absolument  bleues  ; ces  Messieurs  furent  priés 
de  représenter  leurs  plantes  en  pots.  Sont-ce 
celles-là  que  nous  avons  eu  sous  les  yeux  et 
que  M.  J.  Sallier  présentait  ? Toujours  est-il 
que  c’est  là  un  excellent  gain  pour  l’horticul- 
ture. 

C’était  d’ailleurs  le  jour  aux  nouveautés;  té- 
moin la  violette  Princesse  de  Semonte,  pana- 
chée et  striée  de  blanc,  apportée  par  M.  Millet, 
de  Bourg-la-Rcine,  qui  nous  la  représentera 
en  plantes  plus  fortes  et  en  un  plus  fort  lot  ; 
puis  les  plantes  de  M.  Truffant  : un  Olivia 
{Imantophyllum)  miniata  au  coloris  vermillon 
extraordinairement  vif,  mais  à l’ombelle  peut- 
être  pas  tout  à fait  assez  ample  (on  ne  peut 
tout  avoir  à la  fois),  et  dénommé  splendens 
major.  Et  un  Hippeastrum  (Amaryllis) 
Louis  Pasteur,  minium  ligné  de  stries  longi- 
tudinales blanches,  avec  une  belle  bande 
blanche  sur  la  nervure  médiane  de  chacune 
des  divisions  du  périanthe. 

Enfin,  l’attention  générale  se  portait  sur 
deux  pots  d’un  curieux  Cyclamen,  présenté 
sous  le  nom  de  Bush  Hill  j^^oneer,  par 
MM.  Ilugh  Low  et  Gie,  à Londres.  Ce  Cycla- 
men a été  déjà  décrit  dans  le  Gardeners' Chro- 
nicle,  et  la  Revue  horticole  en  parle  dans  son 
numéro  du  IG  février  dernier.  Les  fleurs  en 
sont  grandes,  blanc  pur.  La  partie  dressée  des 
divisions  florales  est  recouverte  d’une  expan- 
sion pétaloïde  qui  simule  de  véritables  pail- 
lettes d’amiante.  C’est  là  une  monstruosité 
assez  analogue  à celle  qu’obtint  M.  Vallerand 
sur  des  Bégonias  tubéreux  (B.  erecta  cristata). 
11  ne  reste  plus  qu’à  savoir  si  elle  pourra  être 
fixée. 

Orchidées. 

M.  Page,  jardinier  de  M.  Robert  Lebaudy,  à 
Bougival,  continue  ses  apports  de  Cypripèdes 
hybrides.  Cette  fois,  c’étaient  des  Cypripe- 
dium  Chantini  X villosum-,  villosum  X Latha- 
mianum  et  Harrissi  X villosum  ; il  y a peu 
de  différences  entre  ces  deux-ci  ; sur  les  feuilles 
du  premier,  la  piqueture  brune  du  C.  Chan- 
tini n’existe  pas.  Mais  le  Cypripedium  Zampa 
(C.  Leeanum  X C.  hirsutissimum)  présenté 
par  M.  Belin,  d’Argenteuil,  réunissait  tous  les 
suffrages.  Son  pavillon  est  très-consistant, 
large,  blanc  pur  avec  une  teinte  verdâtre  à la 
base.  Une  ponctuation  l’embellit  ; pourpre  sur 
la  base  verdâtre,  elle  s’éteint  en  rose  sur  le 
blanc  pur.  Le  moindre  des  compliments  qu’on 


puisse  faire  de  cette  plante,  c’est  qu’elle  est 
une  très-belle  amélioration  du  C.  hirsutissi- 
mum. 

On  louait  généralement  aussi  le  Cypripe- 
dium Jupiter  (C.  Boxalli  X C.  hirsutissi- 
mum), de  M.  Duval,  au  pavillon  palissandre 
entièrement  bordé  de  marron  noir,  et  une 
autre  nouveauté  présentée  par  M.  üpoix,  jar- 
dinier en  chef  du  Luxembourg,  et  qu’il  appelle 
C.  Margaritæ  ; son  obtenteur  le  croit  hybride 
des  C.  Spicerianum  et  villosum,  dont  il  par- 
tage, du  reste,  les  meilleurs  caractères. 
M.  Opoix  avait  aussi  un  C.  Harrisianum 
X Haynaldianum  et  un  fort  beau  Cattleya 
Trianæ  alba. 

En  fait  de  Cattleya,  on  revoyait  leC.  Trianæ 
semontensis,  présenté  par  M.  Gappe,  ainsi 
qu’un  beau  C.  Trianæ  delicata  ; puis,  deM.  Du- 
val, un  très-rare  C.  Luddemaniana  superba. 
Intéressantes  aussi,  les  plantes  de  M.  Ragot  : 
Un  Cypripedium  Barteti  (ou  Ashburnia- 
num?),  très-coloré,  et  tenant  beaucoup  plus 
du  C.  barbatum  que  du  C.  insigne  ; puis  un 
Odontoglossum  Wilckeanum  villenoyense,  dé- 
rivant de  l’O.  luteo-purpureum.  La  détermina- 
tion de  cette  variété,  dont  il  a été  parlé  déjà 
dans  le  Gardeners'  Chronicle,  en  1894,  est 
l’objet  d’une  controverse.  On  se  demandait  si 
ce  n’était  pas  un  O.  excellens.  Le  Comité 
penche  pour  un  O.  pallens.  La  plupart  de  nos 
belles  Orchidées  proviennent  des  contrées  qui 
furent  autrefois  espagnoles.  Est-ce  pour  cela 
que  la  liste  de  leurs  prénoms  grandit? 

Terminons  par  l’apport  de  M.  Drieger,  jar- 
dinier au  château  du  Monastère,  à Ville- 
d’Avray.  Il  s’agit  d’un  Odontoglossum  (Mil- 
tonia)  lUarsceiüiczü  dont  la  fleur  tient  de  l’O. 
Roëzli,  et  le  feuillage  de  l’O.  vexillarium,  puis 
d’un  Cypripedium  nitens  superbum  au  labelle 
très-évasé,  au  pavillon  large  et  ponctué  de 
grosses  taches  pourpres. 

Et  n’oublions  pas  le  bel  exemplaire  de  Den- 
drobium crassinode  apporté  par  M.  Opoix. 
Tous  les  sépales,  blanc  pur,  sont  marqués  à 
leur  pointe  d’une  belle  macule  violet  évêque. 
Le  labelle  possède  un  limbe  très-large,  très- 
évasé,  portant  une  jolie  macule  jaune  d’or.  Le 
contraste  entre  ces  deux  nuances  est  heureux. 

Arboriculture  d’ornement. 

M.  Maxime  Cornu,  professeur  de  culture  au 
Muséum  d’histoire  naturelle,  présentait  des 
rameaux  fleuris  de  VAmygdalus  Davidiana 
à fleurs  roses.  Cette  variété,  comme  l’espèce 
type,  du  reste,  est  très-rustique  et  fleurit  de 
très-bonne  heure.  lien  existerait,  croit-on,  une 
variété  double. 

Un  fort  apport  de  MM.  Groux  et  fils  élait 
des  plus  intéressants.  En  première  ligne,  un 
Cralægus  Azarolus  lucida  qui,  après  avoir 
passé  l’hiver  en  pleine  terre,  a conservé  intacte 
sa  généreuse  et  vigoureuse  fructification.  Un 
C.  Carrierei,  qui  était  là  aussi,  a les  fruits  de 


119 


LES  CHRYSANTHÈMES  MINIATURES. 


couleur  plus  orangée,  mais  ils  garnissent 
moins  les  rameaux.  Le  Ligustrum  Ibota,  d’ail- 
leurs connu,  mais  qui  donne,  quand  on  le 
sème,  le  L.  sinense,  espèce  dont  les  formes 
sont,  comme  on  le  voit,  très-nombreuses. 
1j' Aucuha  japonica  salicifolia  et  le  Mahonia 
Aquifolium  Tealeucaense  (?)  admirés  à cause 
de  leur  feuillage  gracieux,  fourni  et  léger.  Le 
Baccharis  patagonica,  différant  sensiblement 
du  B.  halimifolia,  et  duquel  on  ne  peut  encore 
affirmer  s’il  pourra  passer  tous  nos  hivers.  Puis 
enfin,  pour  mémoire,  le  Mahonia  japonica 
Beali  et  le  Jasminum  nudiflorum. 

Arboriculture  fruitière 

Toujours  et  à juste  titre,  le  Raisin  noir 
Lady  Down  e’s  seedling  dont  nous  avons 
plusieurs  fois  signalé  les  mérites.  Il  provenait 
cette  fois  des  serres  de  M.  Enfer,  jardinier  à 
Pontcbartrain. 


Puis  six  Poires  Beurré  Bretonneau^  très- 
pures  de  forme,  bien  colorées,  bien  conservées 
et  fort  appétissantes,  présentées  par  M.  Orive, 
amateur  à Villeneuve-le-Roi. 

Culture  potagère 

Malgré  la  persistance  du  soleil  à ne  plus  se 
montrer,  M.  Louvet,  jardinier  chez  M.  Prévôt, 
à Domont  (Seine-et-Oise),  a réussi  à forcer  des 
Fraisiers  Marguerite  au  point  de  nous  en  mon- 
trer une  douzaine  de  potées  garnies  de  fruits 
gros  et  colorés.  A ce  propos,  insistons  sur  ceci  : 
C’est  à tort  qu’on  dit  et  qu’on  écrit  « Margue- 
rite Lebreton  »,  au  lieu  de  <ic  Marguerite  (Le- 
breton)  ».  Cette  Fraise  n’a  qu’un  nom,  à elle 
attribué  d’ailleurs  par  M.  Lebreton.  Il  ne  vien- 
drait cependant  à personne  l’idée  de  dire 
Fraise  Le  Czar  Lefort  ou  Jucunda  Salter  ? 

H.  Dauthenay. 


LES  CHRYSANTHÈMES  MINIATIRES 


Les  Chrysanthèmes  miniatures  (fig.  40) 
que  j’ai  exposés  à Paris  l’automne  dernier 
à l’Exposition  de  la  Société  nationale  d’hor- 
ticulture de  France,  étaient  cultivés  dans 
des  godets  de  5 et  7 centimètres  au  maxi- 


Fig.  40.  — Chrysanthème  miniature. 

mum,  portant  une  fleur  unique  de  12  à 
15  centimètres  de  diamètre.  Ils  ont  été  ob- 
tenus comme  suit  : 

On  a prélevé  vers  le  15  août,  sur  des 
plantes  cultivées  en  pots  ou  en  pleine  terre, 


des  boutures  portant  à leur  extrémité  un 
bouton  couronne  réservé  cinq  ou  six  jours 
auparavant.  Ces  boutures  ont  été  introduites 
dans  des  godets  de  3 centimètres,  remplis 
de  terre  préparée  à l’engrais  Papillon  pen- 
dant l’hiver  et  largement  additionnée  de 
sable  blanc,  un  tiers  environ.  Ces  godets 
furent  enterrés  dans  une  vieille  couche  et 
tenus  à l’étouffée  pendant  trois  semaines 
sous  un  verre  blanchi;  au  bout  de  ce 
temps  les  petites  mottes  étaient  garnies 
de  racines.  On  les  rempota  alors  dans  des 
godets  de  5 ou  7 centimètres,  et  les  plantes 
furent  conservées  dans  une  serre  froide  où 
elles  fleurirent  normalement. 

Ces  petites  plantes,  disséminées  dans  des 
jardinières  minuscules  d’appai*lement  et 
mélangées  avec  des  Fougères,  firent  de 
charmants  et  durables  motifs  de  décora- 
tion, ne  demandant  d’autres  soins  que 
quelques  arrosages  à l’eau  pure. 

Puissent  ces  quelques  détails  de  culture 
permettre  aux  amateurs  d’ajouter  de  nou- 
veaux motifs  de  décoration  à ceux  déjà  si 
nombreux  que  l’on  peut  tirer  de  cette  plante 
précieuse  entre  toutes,  le  Chrysanthème. 

Anatole  Cordonnier. 


120 


CORRESPONDANCE. 


CORRESPONDANCE 


G.  G.  [Sedan).  — Malgré  qu’il  ait  été  semé 
il  y a dix  ans,  il  n’est  pas  étonnant  que  votre 
pépin  d’Oranger  ne  vous  ait  encore  rapporté 
ni  des  fruits,  ni  même  seulement  des  fleurs. 
Chez  tous  les  végétaux,  le  semis  a pour  effet 
d’ébranler  les  races  et  même  les  espèces. 
C’est  par  ce  moyen  qu’on  obtient  des  nouveau- 
tés, mais  aussi  que  se  produisent  les  sauva- 
geons, surtout  lorsqu’il  s’agit  de  plantes  ligneu- 
ses. Comme  vous  le  supposiez  vous-même, 
il  faut  donc  que  vous  greffiez  votre  Oranger 
sauvage  {Citrus  Auriantaca)  avec  des  ra- 
meaux pris  sur  des  Orangers  cultivés.  Le  sys- 
tème de  greffe  à appliquer  est  la  greffe  en  écus- 
son, dans  le  courant  de  l’été.  — (H.  D.) 

3628  {Orne).  — La  panachure  des 
feuilles  du  Laurier-palme  se  produit  quelque- 
fois, mais  nous  ne  croyons  pas  qu’elle  ait  été 
fixée  jusqu’à  présent.  Nous  connaissons  deux 
exemples  de  Laurier-palme  à panachure,  l’un 
à l’hot^pice  de  Fleury-Meudon,  l’autre  chez 
M.  Georges  Boucher,  pépiniériste,  164,  avenue 
d’Italie,  à Paris,  qui  s’occupe  précisément  en 
ce  moment  de  fixer  cette  forme  par  la  greffe, 
pour  en  obtenir,  si  possible,  une  nouvelle 
race.  — (IL  D.  ) 


CAT,>LOOUES  REÇUS. 

Cochet,  à Suisnes,  par  Grisy-Suisnes  (Seine- 
et-Marne.)  — Spécialité  de  Rosiers  de  toutes 
formes  et  de  tous  genres.  Arbres  fruitiers,  arbres 
et  arbustes  d’ornement,  Conifères.  Plantes  de  serre 
chaude  et  tempérée.  Plantes  pour  massifs. 

F.  Crousse,  47  et  49,  rue  du  Faubourg-Stanis- 
las, à Nancy  (Meurthe-et-Moselle).  — Spécialité 
de  Bégonias  tubéreux,  de  Pivoines  herbacées,  et 
de  Cannas  à très-grandes  fleurs.  (Nouveautés 
pour  1897  et  variétés  d’élite). 

H.  Gautier,  successeur  de  Abel  Ghâtenay, 
à Vitry-sui -Seine  (Seine).  — Arbres  fruitiers,  fo- 
restiers et  d’ornement.  Conifères,  Rosiers,  plantes 
grimpantes,  de  terre  de  bruyère,  et  vivaces  diver- 
ses. .Jeunes  plants  d’arbres  forestiers  et  de  coni- 
fèies  pour  reboisements. 

Henderson,  35  et  37,  Cortland  Street,  New- 
York.  — Graines  potagères  et  de  fleurs.  Plantes 


de  serre.  Plantes  vivaces  et  plantes  fleuries- 
Plantes  arbustives  d’ornement.  — Nouveautés  de 
graines  et  de  plantes  potagères  et  florales  pour 
1897. 

Ingegnoli  frères,  54,  Corso  Loreto,  à Milan 
(Italie).  — Graines  potagères,  fourragères  et  de 
fleurs.  Graines  d’arbres  et  de  plantes  de  serre. 
Arbres  fruitiers,  arbres  et  arbustes  d’ornement. 
Ognons  à fleurs.  Fraisiers,  Rosiers,  etc.  Nou- 
veautés de  graines  potagères,  fourragères  et  de 
fleurs,  d’arbres  fruitiers  et  d’ornement  pour  1897. 

Krelage  et  fils,  à Haarlem  (Hollande).  — 
Plantes  vivaces,  Glaïeuls,  Hellébores,  Pivoines, 
Dahlias,  Bégonias,  Gesnériacées,  plantes  bul- 
beuses. Plantes  nouvelles  et  graines  de  fleurs 
pour  1897. 

J.  Morel  et  fils,  à Lyon-Vaise.  — Arbres 
fruitiers,  arbres  et  arbustes  d’ornement.  Plantes 
grimpantes.  Conifères,  Rosiers,  Pivoines,  Magno- 
lias, plantes  vivaces  diverses.  Espèces  nouvelles, 
rares,  ou  peu  connues. 

W.  Pfitzer,  à Stuttgart  (Bavière).  — Grai- 
nes potagères,  fourragères  et  de  fleurs  ; grai- 
nes de  plantes  de  serre  et  d’arbres.  Ognons  à 
fleurs.  Fraisiers,  Rosiers,  plantes  de  serre.  Fou- 
gères, Conifères,  etc.  — Nouveautés  pour  1897, 
potagères  et  de  fleurs.  Cannas  et  Rosiers  nou- 
veaux. 

Paul  Roquet,  successeur  de  Delaville,  2, 
quai  de  la  Mégisserie,  Paris.  — Graines  potagères, 
fourragères  et  de  fleurs.  Graines  d’arbres,  de 
plantes  officinales  et  économiques.  Nouveautés 
potagères  et  de  fleurs  pour  1897.  Ognons  à 
fleurs.  Cannas,  Dahlias.  Plantes  vivaces  diverses, 
plantes  grimpantes  et  aquatiques.  Rosiers,  Vio- 
lettes et  Chrysanthèmes. 

Rovelli  frères,  à Pallanza,  Lac  Majeur  (Ita- 
lie). — Plantes  de  serre  chaude  et  tempérée,  en 
pots.  Spécialité  de  Palmiers,  Cycas  et  Pandanées. 
Orchidées,  Fougères.  Plantes  de  serre  froide. 
Rosiers,  plantes  grimpantes  (Clématites,  etc.). 
Arbres  et  arbustes  d’ornement.  Diospyros  Koki, 
Bambous.  Arbres  fruitiers.  Fraisiers.  Plantes,  ar- 
bres et  arbustes  nouveaux  pour  1897. 

Van  Velsen  frères,  à Houtvaart  près 
Haarlem  (Hollande).  — Prix-courant  de  Tubé- 
reuses, Bégonias,  Gloxinias,  Dahlias,  Lilium,  Can- 
nas, Glaïeuls,  Pivoines,  Amaryllis,  Ognons  à fleurs 
et  plantes  diverses. 

Vilmorin-Andrieux  et  G‘o,  4,  quai  de  la 
Mégisserie,  Paris.  — Catalogues  spéciaux  de  Chry- 
santhèmes d’automne,  et  de  Dahlias  et  Cannas 
florifères. 


Uriéiiiü.  - Irup.  (i.  JaccD,  V’au;  fUielet,  suc«esseuv. 


Le  Directeur- Gérant  i L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


121 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Congrès  d’horticulture  en  1897.  — Concours  public  de  üoriculture  à la  Société  nationale  d’horticulture 
de  France.  — Les  Roses  Baron  et  Baronne  de  Rothschild.  — Nouvelle  affection  morbide  des 
Lilas.  — Ilellehorus  niger  American  Pearl.  — Formes  diverses  du  Cephalotaxus  pedunculata.  — 
Exposition  internationale  de  Bruxelles  en  1897.  — Une  révision  du  genre  Vanilla.  — Expositions 
annoncées.  — La  concurrence  des  fruits  américains. 


Congrès  d’horticulture  en  1897.  — 

A Uoccasion  de  l’Exposition  générale  d’hor- 
ticulture qui  aura  lieu  à Paris  en  juin  pro- 
chain, la  Société  nationale  d’horticulture 
organise  son  treizième  Congrès  annuel  qui 
se  tiendra  à l’Hôtel  de  la  Société,  rue  de 
Grenelle.  Voici  le  programme  des  questions 
qui  y seront  traitées  : 

1.  — Arboriculture  fruitière.  — Du  choix 
des  espèces  et  des  meilleures  variétés  frui- 
tières à planter  sur  les  routes.  Premiers  essais 
faits  en  Fi-ance  et  résultats  obtenus. 

2.  — Floriculture.  — Culture  des  fleurs 
par  les  enfants  et  par  les  ouvriers. 

3.  — Physiologie  végétale.  — De  l’in- 
fluence de  la  sélection  : 1“  Dans  le  bouturage; 
2»  Dans  le  greffage. 

4et5.  — Section  des  Orchidées  — Des  résul- 
tats obtenus  par  l’hybridation  dans  les  Orchi- 
dées ; — Delà  dégénérescence  de  certaines  es- 
pèces d’Orchidées. 

6 à 8.  — Section  des  Roses.  — Étude  com- 
parative des  différents  sujets  propres  au  gref- 
fage des  Rosiers  ; De  la  classification  des  Ro- 
siers au  point  de  vue  botanique  ; Classement 
des  meilleures  variétés  de  Rosiers  dans  les  sec- 
tions : Hybrides  remontants,  Thés,  Noisettes, 
Bourbons,  Hybrides  de  Thés,  Rugosa,  Pro- 
vins, etc. 

9 et  10.  — Entomologie.  — Étude  des  mœurs 
du  ver  des  Pommes  ( Carpocapsa),  et  des  moyens 
de  le  détruire;  Étude  des  maladies  parasitaires 
qui  attaquent  les  Composées  horticoles  et  des 
moyens  de  les  combattre. 

Les  personnes  qui  ne  peuvent  assister 
aux  séances,  et  désireraient  cependant  que 
leur  travail  fût  communiqué  au  Congrès, 
devront  l'adresser,  franc  de  port,  au  Prési- 
dent de  la  Société,  rue  de  Grenelle,  84. 

Concours  public  de  floriculture  à la 
Société  nationale  d’horticulture  de 
France.  — En  1896,  M.  Dauthenay,  notre 
collaborateur,  rendant  compte  du  concours 
de  Dahlias  et  de  Bégonias,  en  faisait  pres- 
sentir, pour  l’avenir,  la  publicité  L 

Ce  sera,  en  1897,  un  fait  accompli,  non 
seulement  pour  ce  concours  quasi-automnal, 
mais  pour  d’autres. 

* Revue  horticole,  i896,  p.  461. 

16  Mars  1897. 


Pin  effet,  sur  la  proposition  de  son  comité 
de  floriculture,  la  Société  nationale  d’horti- 
culture de  France,  dans  sa  séance  du 
25  février  1896,  a admis  la  publicité  d’un 
grand  concours  de  plantes  fleuries,  telles 
que  Phlox,  Pentstémons,  Lis,  etc. 

Ce  concours,  qui  pourra  donc  être  visité 
par  le  public,  durera  deux  jours;  il  s’ou- 
vrira à la  deuxième  séance  du  mois  de 
juillet  1897,  le  22,  par  conséquent. 

Un  règlement  ultérieur  en  fixera,  sans 
doute,  les  conditions  de  détail. 

• 

Les  Roses  « Baron  » et  « Baronne  de 
Rothschild  ».  — Nos  lecteurs  ont  certai- 
nement lu  avec  intérêt  les  observations  qu’a 
publiées  notre  collaborateur  M.  S.  Mottet, 
sur  la  nomenclature  des  Roses  L Sur  ce 
même  sujet,  nous  trouvons  dans  le  Journal 
des  Roses  (1897,  n®  11),  d’intéressantes 
remarques  qui  concernent  particulièrement 
les  Roses  c<  Baron  » et  « Baronne  de  Roths- 
child ».  Voici  comment  le  Journal  des 
Roses  établit  la  nomenclature  des  nom- 
breuses Pvoses  dédiées  à la  famille  des 
Rothschild  : 

Baronne  de  Rothschild  {GuiWot  fils,  1862).  — 
Hybride  remontant.  Couleur  rouge  foncé  car- 
miné passant  à l’amarante.  N’est  plus  cultivée. 

Baron  Adolphe  de  Rothschild  (Lacharme, 
1862).  — Hybride  remontant.  Boutons  s’ou- 
vrant lentement.  Fleur  rouge  pourpre  nuancé 
de  violet.  Bonne  variété  pour  la  confection  des 
bouquets  et  pour  le  forçage  en  février.  Très- 
peu  répandue. 

Souvenir  du  baron  de  Rothschild  (Pernet 
et  Grozy,  1868).  — Bourbon  rouge  cramoisi. 
Très-peu  cultivée. 

Baron  Nathaniel  de  Rothschild  (Lévêque 
et  fils,  1882).  — Hybride  remontant.  Fleur  très- 
bien  faite,  rouge  cramoisi  vif  uniforme. 

Baronne  Nathaniel  de  Rothschild  (Pernet 
père,  1885).  — Feuillage  serré,  fortement 
denté  et  abondant.  Fleur  bombée,  rose  vif  à 
reflets  argentés.  Bonne  variété  de  collection 
issue  de  la  Baronne  Adolphe  de  Rothschild. 

Baron  James  de  Rothschild.  — Variété 
qui  a existé  vers  1855  mais  dont  on  ne 
trouve  plus  de  traces. 

Enfin  la  Rose  si  répandue,  à juste  titre,  à 


6 


122 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


cause  de  ses  mérites  de  premier  ordre,  que 
l’on  désigne  communément  à tort  sous  le 
nom  incomplet  de  Baronne  de  Rothsehild, 
ce  qui  peut  causer  de  graves  confusions  et 
dont  le  nom  véritable  est  : 

Baronne  Adolphe  de  Rothschild  (Pernet 
père,  1868).  — Hybride  remontant.  Fleur  très- 
grande,  presque  pleine,  bien  faite,  de  couleur 
rose  carné,  portée  par  des  pédoncules  solides 
et  rigides.  Rameaux  érigés.  Plante  rustique  et 
vigoureuse,  ayant  obtenu  la  place  d’honneur 
dans  différents  plébiscites. 

Nouvelle  affection  morbide  des  Lilas.  — 

On  nous  signale  une  affection  morbide  des 
Lilas  qui  ne  nous  paraît  pas  avoir  été 
mentionnée  jusqu’ici.  C’est  sur  les  Lilas 
cultivés  en  pots  pour  le  forçage  ; Charles  X 
et  Blanc  virginal  qu’on  l’a  observée  cette 
année.  Le  mal  réside  dans  les  boutons  à fleurs, 
qui,  quoique  normalement  formés  et  d’as- 
pect sain  jusqu’au  moment  de  la  rentrée 
des  plantes  en  serre,  ne  tardent  pas  à noir- 
cir et  à se  dessécher  sous  l’influence  de  la 
chaleur,  au  lieu  de  développer  rapidement 
leur  thyrse  de  fleurs.  Un  nombre  variable 
de  branches  florales  se  trouvent  ainsi  dé- 
truites sur  la  plupart  des  pieds. 

On  conçoit  facilement  les  conséquences 
de  cet  avortement  pour  le  « forceur  » ; si  les 
plantes  sont  destinées  à être  vendues  en 
pots,  elles  ne  sont  plus  livrables  ; si  l’on  a 
l’intention  d’en  cueillir  les  fleurs  la  pro- 
duction s’en  trouve  notablement  diminuée. 

La  cause  du  mal  n’est  pas  connue  pour  le 
moment.  On  ne  croit  guère  à la  présence 
d’un  Cryptogame  parasite,  mais  plutôt  à 
l’aoûtement  défectueux  des  rameaux,  par 
suite  de  la  sécheresse  à la  fin  de  leur 
époque  de  développement  ou  aux  gelées  par 
les  temps  humides.  S’il  en  était  ainsi,  le 
remède  s’indiquerait  de  lui-même.  Nous 
souhaitons  que  cet  inconvénient  ne  se  pré- 
sente pas  de  nouveau  l’an  prochain,  mais 
s’il  en  était  ainsi,  nous  enregistrerions  vo- 
lontiers lescommunications  qui  nous  seraient 
faites  à ce  sujet. 

Helleborus  niger  « American  Pearl  ». 

— On  signale  cette  nouvelle  variété  de 
(c  Rose  de  Noël  » comme  née  dans  l’Etat  de 
Colorado.  Aussi  rustique  que  le  type,  elle  se- 
rait supérieure  à 1’//.  niger  spectahilis 
sous  le  rapport  de  la  floribondité  et  de  la 
grandeur  des  fleurs. 

La  R.ose  de  Noël  est  une  de  ces  bonnes 
vieilles  plantes  rustiques  que  l’on  peut 
mettre  en  pots  à l’automne  et  rentrer  chez 


soi,  pourjouir  de  sa  floraison  en  appartement, 
comme  encore  le  Nardosmia  fragrans, 
appelé  communément  Tussilage  odorant  ou 
Héliotrope  d’hiver  à cause  du  parfum  pro- 
noncé d’Héliotrope  qu’exhalent  ses  fleurs. 
Ces  plantes  sont  aujourd’hui  bien  délaissées, 
sans  doute  parce  qu’on  les  a sous  la  main. 

Pourtant,  grâce  à des  soins  que  dicte 
à la  bonne  fée  du  logis  une  prescience  qui, 
pour  n’être  pas  toujours  rationnelle,  n’en 
est  pas  moins  exquise,  il  arrive  que  ces 
plantes  se  portent  mieux  dans  une  jar- 
dinière, derrière  la  fenêtre  de  l’apparte- 
ment, que  dans  leur  habitat  naturel. 

C’est  surtout  le  cas  pour  les  Hellébores. 
Telle  plante,  qui  restait  au  dehors  rabougrie 
et  donnant  péniblement  deux  ou  trois  fleurs 
de  grandeur  ordinaire,  verra,  derrière  la  fe- 
nêtre, ses  feuilles  et  ses  bourgeons  prendre 
une  ampleur  inusitée,  ses  hampes  s’élancer 
plus  nombreuses  et  se  garnir  de  larges  et 
belles  fleurs,  qui  se  nuanceront  de  teintes 
allant  du  blanc  au  rose  et  au  brun  purpu- 
rin. Pour  peu  que  l’on  destine  à cet  usage, 
au  lieu  des  espèces  types,  de  ces  variétés 
déjà  améliorées  par  la  culture,  comme  nous 
en  montre  aux  expositions  M.  Dugourd, 
de  Fontainebleau,  on  pourra  obtenir  de 
véritables  perles,  qui  pour  n’être  pas 
« American  »,  n’en  seront  pas  moins  celles 
de  la  maison. 

Formes  diverses  du  Cephalotaxus 
pedunculata.  — Les  Cephalotaxus,  qui 
ont  partout  fleuri  en  1896  (nous  en  avons 
vu  beaucoup  qui  ont  fructifié  même  en 
Touraine),  ont  fourni  à M.  A.-D.  Webster 
l’occasion  de  comparer  entre  elles  diverses 
formes  du  fruit  du  Cephalotaxus  pedun- 
culata. Cet  examen  démontre  péremp- 
toirement qu’à  l’égard  de  ces  diverses  for- 
mes, l’espèce  a produit  de  nombreuses 
variations.  L’une  d’elles,  le  C.  peduncu- 
lata sphæralis,  Masters,  est  très-distincte 
et  remarquable.  La  forme  des  baies  est 
sphérique  et  constante.  Elle  porte  donc 
à juste  titre  la  dénomination  qui  lui  a 
été  appliquée.  M.  Webster  a rencontré, 
dans  le  nord  de  l’Irlande,  des  spécimens 
identiques  sous  tous  les  rapports  à ceux 
que  l’on  cite  à Weston  Park,  ce  qui  dé- 
montre également  que  cette  variété  est 
répartie  assez  largement. 

Entre  les  fruits  sphériques  du  C.  pedun- 
culata sphæralis  et  ceux  de  l’espèce  type 
qui,  normalement,  sont  de  forme  ovoïde,  il 
existe  encore  un  certain  nombre  de  formes 
intermédiaires.  L’une  d’elles  très-curieuse. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


123 


consiste  en  petites  haies  qui,  d’un  jaune 
clair  à la  maturité,  ressemblent,  à première 
vue,  aux  Raisins  de  la  Californie  qui  inon- 
dent quelquefois  les  marchés  anglais. 

Le  Cephalolaxus  Fortunei  a également 
fructifié  abondamment  en  189(3  dans  beau- 
coup d’endroits  où  on  ne  le  voyait  guère 
porter  fruit.  Nous  en  avons  eu  à Lacroix 
des  exemplaires  ayant  mûri  leurs  baies 
vertes  et  brun-rouge. 

Exposition  internationale  de  Bruxelles 
en  1897.  — A l’occasion  de  l’Exposi- 
tion internationale  de  Bruxelles,  des  Con- 
cours internationaux  d’horticulture  auront 
lieu  successivement  en  1897,  à Tervueren, 
dans  les  locaux  de  l’Exposition.  Les  empla- 
cements seront  concédés  gratuitement  aux 
exposants. 

Exposition  d’inauguration,  du  9 au  12  mai  : 
114  concours.  (Palmiers,  Kentias,  plantes  de 
serres  fleuries  ou  non  fleuries  ; Cycadées,  Pan- 
danées,  Aroïdées,  Orchidées  ; plantes  diverses.) 

2o  Exposition  de  Roses  cueillies,  du  12  au 
14  juin,  23  concours  ; 

3»  Exposition  générale  du  21  au  25  juillet, 
214  concours.  (Plantes  nouvelles,  culture,  col- 
lections générales,  Orchidées,  Palmiers,  Fou- 
gères, Conifères,  Aroïdées,  Marantacées , 
Liliacées,  Broméliacées,  plantes  diverses,  in- 
dustries horticoles)  ; 

4«  Exposition  de  Chrysanthèmes,  du  G au 
8 novembre,  50  concours. 

Des  Concours  de  culture  maraîchère  auront 
lieu  du  15  au  17  mai,  du  11  au  13  juin,  du 
2 au  4 août  et  du  25  au  28  septembre. 

Enfin,  les  Concours  de  Pomologie  seront 
tenus  du  15  au  17  mai,  du  11  au  13  juin  et  du 
25  au  28  septembre. 

Les  demandes  pour  exposer  doivent  par- 
venir aux  dates  ci-après,  et  être  adressées 
à M.  le  Commissaire  général  du  Gouverne- 
ment, 17,  rue  de  la  Presse,  à Bruxelles. 

Exposition  d’inauguration,  avant  le  15  avril  ; 

— de  Ptoses,  avant  le  5 juin  ; 

— générale,  avant  le  15  juin  ; 

— de  Chrysanthèmes,  avant  le 

15  octobre  ; 

Pour  les  expositions  partielles  du  15  mai, 
avant  le  15  avril  ; 

Pour  les  expositions  partielles  du  11  juin, 
avant  le  10  mai  ; 

Pour  l’exposition  du  2 août,  avant  le  R'' juil- 
let ; 

Pour  les  expositions  générales  du  25  sep- 
tembre, avant  le  15  août. 

Une  révision  du  genre  Vanilla.  — Le 

32®  volume  des  annales  de  la  Linnæan 
Society  contient  une  révision  du  genae 


Vanilla.  Cinquante  espèces  distinctes  sont 
décrites  dans  ce  travail.  Au  point  de  vue  des 
usages  économiques  et,  entre  autres,  de  la 
parfumerie,  c’est  l’espèce  de  l’Amérique 
centrale  et  des  Antilles,  V.  planifolia,  qui 
occupe  la  première  place.  Les  V.  Pompona, 
du  Mexique,  et  V.  Gardneri^  du  Brésil,  ne 
viennent  qu’en  second  lieu.  B en  est  aussi 
quelques  autres  qui  ne  sont  qu’accidentel- 
lement  utilisées. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Elbeuf,  du  S au  5 Juillet.  — La  Société  ré- 
gionale d’horticulture  de  la  ville  d’Elbeuf  orga- 
nise une  Exposition  générale  des  produits  de 
l’horticulture,  qui  aura  lieu  dans  cette  ville, 
du  3 au  5 juillet  prochain. 

Tous  les  horticulteurs,  amateurs  et  jardi- 
diers  sont  invités  à y prendre  part.  Les  expo- 
sants seront  divisés  en  deux  classes  : amateurs 
et  jardiniers  marchands. 

Les  demandes  de  places  doivent  être  adres- 
sées au  Président  de  la  Société,  rué  Saint- 
Jean,  63,  à Elbeuf,  jusqu’au  45  juin. 

Troyes,  du  5 au  12  Juin.  — La  Société  hor- 
ticole, vigneronne  et  forestière  de  l’Aube 
ouvrira  sa  22®  Exposition  annuelle  le  5 juin. 
L’exposition  durera  huit  jours. 

Les  exposants  seront  répartis  en  cinq  grandes 
divisions  : horticulture,  viticulture  et  boissons 
fermentées,  sylviculture,  enseignement  horti- 
cole dans  l’Aube,  arts  et  industries  auxi- 
liaires. 

Les  personnes  qui  désirent  exposer  en  feront 
la  déclaration,  avant  le  25  mai,  à M.  Huguier, 
Commissaii  e général  de  l’Exposition,  18,  boule- 
vard Victor- Hugo,  à Troyes.  Elles  indiqueront 
la  nature  de  leurs  produits,  f espace  à occuper, 
et  le  mode  d’installation  à l’abri  ou  en  plein 
air. 

La  concurrence  des  fruits  américains. 

— La  Revue  scientifique  nous  apprend 
que  les  États-Unis  ont,  en  1896,  expédié 
deux  millions  de  barils  de  Pommes  aux 
marchés  étrangers,  tandis  qu’en  1895, 
l’exportation  n’avait  pas  atteint  le  chiffre 
de  500,000.  La  plus  grande  partie  de  ces 
envois  a été  dirigée  sur  Liverpool. 

Nous  avons  déjà,  à plusieurs  reprises, 
signalé  les  importations  étrangères,  il  y a 
là  une  concurrence  dont  l’horticulture  fran- 
çaise doit  se  préoccuper,  à juste  titre. 

Ed.  André. 

I La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Jacob, 
Paris. 


124 


FORMATION  DU  T DANS  LES  TREILLES  A LA  THOMERY,  SYSTÈME  OGER. 


FORMATION  DU  T 

DANS  LES  TREILLES  A LA  THOMERY,  SYSTÈME  OGER 


Nous  avons  indiqué,  dans  un  précédent 
article  \ pour  l’établissement  des  treilles  à 
la  Thomery  d’après  notre  système,  la  pré- 
paration du  mur,  la  plantation  des  ceps  et 
leur  formation  préparatoire.  Il  nous  reste 
à parler  de  nos  procédés  spéciaux  pour  la 
formation  du  T. 

En  outre  du  grand  avantage  qu’ils  pré- 
sentent d’avancer  d’un  an  la  formation, 
comme  je  l’ai  dit  plus  haut,  ils  donnent  une 
forme  correcte  qui  concourt  fortement  à 


Fig.  41. 

Formation  du  T. 


Légende  de  la  figure  4i. 

A Œil  le  mieux  placé  et  choisi  pour  la  formation  du  T. 

A’  Faux-bourgeon  développé  à l’aisselle  de  l’œil  A. 

B Œil  terminal  sur  la  courbure. 

R’  Faux-bourgeon  développé  à l’aisselle  de  l’œil  B. 

C Onglet  muni  d’une  feuille  terminale  dont  l’œil  axillaire 
a été  éborgné. 

D Ligature  opérée  sur  l’onglet  G et  maintenant  le  sar- 
ment courbé.  — a,  l)  Bourgeons  inférieurs  pinrés 
d’abord  à deux  feuilles,  puis  à une  seule. 

conservée.  L’extrémité  ainsi  traitée  n’est 
donc  plus  qu’un  onglet  G sur  lequel  je  fais 
la  ligature  D qui  maintient  la  courbure. 

Cet  onglet,  que  je  laisse  à tous  mes 
systèmes  formés  à l’état  vert,  m’est  propre, 
car  je  ne  crois  pas  que  des  arboriculteurs 
l’aient  décrit  avant  moi.  Cet  onglet  accom- 
pagné de  sa  feuille  est  de  la  plus  grande 
utilité.  1°  Il  facilite  largement  le  palis- 
sage pour  avoir  une  arcure  irréprochable. 

^ Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  104. 


équilibrer  la  sève  dans  les  deux  bras  du 
T.  Enfin,  les  vaisseaux  ligneux  et  corticaux 
sont  mis  à leur  place,  intacts,  sans  aucune 
rupture,  ce  qui  est  le  contraire  quand  on 
les  courbe  à l’état  sec. 

Premier  procédé  (fig.  41  et  42). 

Ayant  choisi  la  bifurcation  qui  portait 
l’œil  le  mieux  placé  A (fig.  41),  je  la  courbe 
après  avoir  attendu  qu’elle  ait  atteint  une 
longueur  d’environ  35  centimètres.  Je  la 
pince  à deux  yeux  au-dessus  de  l’œil  choisi. 
L’œil  où  je  pince  est  éborgné,  mais  la  feuille 
qui  se  trouvait  à l’aisselle  de  cet  œil  est 


Fig.  42. 

lier  procédé). 


Légende  de  la  figure  42. 

A B Faux -bourgeons  A’  B’  de  la  figure  41  atteignar.t 
80  centimètres  de  longueur  et  palissés  borizonta- 
lement  en  d. 

S Cicatrice  de  la  section  de  l’onglet  G (fig.  41). 
b Boux’geon  inférieur  pincé  à une  feuille. 
d,  d Direction  horizontale  du  palissage. 


2^  Il  n’a  pas  les  inconvénients  de  se  dessé- 
cher et  d’atîaiblir  l’œil  de  l’extrémité,  qui 
a besoin  d’avoir  toute  son  action  vitale.  En 
pinçant,  comme  on  le  fait  d’habitude,  seu- 
lement à 5 centimètres  au-dessus  de  l’œil  de 
l’extrémité,  cette  dessiccation  se  fait  sentir 
bien  derrière  et  au-dessous  de  cet  œil.  Prati- 
ciens, rendez-vous-en  bien  compte  pour  la 
vigne  ! Par  ce  premier  procédé,  on  peut 
opérer  sur  près  de  la  moitié  des  jeunes 
treilles,  lorsque  les  faux  bourgeons  A’  et  B’ 
sont  assez  gros  à leur  naissance  et  ont  une 


125 


FORMATION  DU  T DANS  LES  TREILLES  A LA  THOMERY,  SYSTÈME  OGER. 


bonne  vigueur.  Lorsqu’ils  ont  atteint  envi- 
ron 15  centimètres,  on  les  palisse  sur  le  fil 
de  fer  en  d (fig.  42).  Les  bourgeons  infé- 
rieurs b et  a (fig.  41)  sont  pincés  à deux 
feuilles,  puis  on  les  repincera  de  nouveau 
à une  feuille. 

Lorsque  le  bourgeon  B (fig.  42)  aura 
80  centimètres  de  long,  on  supprimera 
fonglet  en  S,  le  recouvrement  de  la  section 
se  fera  avant  la  fin  de  la  saison. 


Cette  formation  est  simple  et  pratique. 
Elle  a l’avantage  d’être  constituée  de  très- 
bonne  heure.  Les  bourgeons  ont  le  temps 
de  s’aoûter  et  de  se  présenter,  à la  taille  de 
fhiver  suivant,  comme  deux  bras,  chacun 
de  ces  bras  muni  de  coursonnes,  comme 
on  le  voit  en  I et  I’  sur  la  figure  42&is,  déjà 
donnée  dans  le  précédent  article,  et  que 
nous  croyons  utile  de  reproduire  ici,  pour 
l’intelligence  du  texte. 


Fig.  42  bis.  — Treille  à la  Thomery  en  voie  d’établissement  (au  cours  de  la  troisième  année 

après  celle  de  la  plantation. 


Chacun  de  ces  deux  bras  est  également 
muni  de  ses  deux  bourgeons  de  prolon- 
gement, comme  on  le  voit  en  V,  V’  et  Y, 
Y’  de  la  même  figure  42  his. 

Deuxième  procédé  (fig.  43  et  44). 

On  pratiquera  ce  deuxième  procédé  pour 
suppléer  au  premier,  au  cas  où  les  faux- 
bourgeons  qui  devaient  former  les  deux  bras 
seraient  restés  trop  grêles,  et  qu’on  aurait. 


pour  cette  raison,  laissés  palissés  par  fat- 
tache  N (fig.  43),  sur  le  liteau  L. 

Dans  ce  cas,  on  choisit  celui  des  deux 
qui  paraît  le  mieux  placé  et  l’on  s’en  sert 
pour  recommencer  la  courbure  en  D 
(fig.  43).  Comme  je  l’ai  dit  on  traitant  de  la 
formation  préparatoire,  l’autre  bourgeon 
est  momentanément  conservé,  puis  sup- 
primé. Dans  le  deuxième  procédé,  cette 
suppression  a lieu  dès  que  le  faux-bour- 
geon M’ s’est  développé  à la  base  de  l’œil  A. 

Sur  la  courbure  s’est  en  même  temps-^ 


m 


FORMATION  DU  T DANS  LES  TREILLES  A LA  THOMERY,  SYSTÈME  OGER. 


développé  un  autre  faux  - bourgeon  M. 

Quand  ces  deux  faux-bourgeons  ont  at- 
teint une  longueur  d’environ  20  centimètres 


on  les  supprime  entièrement,  en  S et  S,  et 
ce  sont  les  yeux  normaux  A et  B se 
trouvant  à leur  base  qui  seront  choisis 


A B Yeux  normaux  destinés  à la  formation  du  T. 

G Onglet. 

D Ligature  maintenant  la  courbure. 

L Liteau. 

M M’  Faux-bourgeons  des  yeux  normaux  A et  B,  et  qu’on  supprime  en 
s et  s. 

N Ligatui’e  ayant  maintenu  deux  sarments  sur  le  liteau  L,  et  n’y  mainte- 
nant plus  que  le  sarment  courbé, 
s s Sections  des  faux-bourgeons  M,  M'. 


Fig.  44.  — Formation  du  T.  (Deuxième  procédé). 

A B Développement  en  bourgeons  des  yeux  normaux  A B de  la  flg.  43. 
G Onglet  devant  être  supprimé  en  S. 

S Section  de  l’onglet  G. 

s s Gicatrices  des  sections  des  faux-bourgeons  M et  M’  de  la  fig.  43. 


pour  faire  les  bras,  et  qui,  par  conséquent, 
seront  palissés  horizontalement  au  fur  et  à 
mesure  de  leur  développement  (fig.  44). 

On  supprimera  l’onglet  G en  S dès  que 
le  bourgeon  B sera  suffisamment  ligneux, 
tout  au  moins  inférieurement. 

Troisième  procédé  (fig.  45  et  46). 

J’ai  pratiqué  ce  procédé  avec  succès  sur 
du  Baisin  Frankenthal  à l’École  pratique  de 
viticulture  de  Beaune.  Il  est  le  plus  correct 


à la  condition  d’être  appliqué  à des  sujets  vi- 
goureux. On  pincera  le  bourgeon  primiti- 
vement réservé,  lorsqu’il  aura  atteint  une 
hauteur  de  35  à 40  centimètres  au-dessus 
du  fil  de  fer  (flg.  42  his,  cep  H,  p.).  Ce  pince- 
ment sera  opéré  à l’œil  s,  situé  immédia- 
tement au-dessus  de  celui  f,  placé  le  plus 
près  du  fil  de  fer,  et,  par  conséquent,  choisi 
comme  point  de  départ  de  la  formation  des 
bras.  On  ne  courbe  pas  l’onglet  C (fig.  45) 
qui  résulte  de  ce  pincement. 

A l’œil  choisi,  il  se  développera  un  faux- 


FORMATION  DU  T DANS  LES  TREILLES  A LA  TIIOMERY,  SYSTÈME  OGER. 


ljourg’eon(fig.  42  bis,  cep  H,  li)  qu’on  laissera 
pousser  de  20  centimètres,  puis  que  l’on 
supprimera. 

A la  suite  de  ces  deux  opérations,  l’œil  T 
se  développera  en  un  bourgeon  E (fig.  45). 
On  laisse  ce  bourgeon  pousser  d’environ 
35  centimètres,  puis  on  le  supprime  à son 
tour,  mais  incomplètement,  en  le  coupant 
au  premier  mésophyte  de  sa  base,  en  S.  En 
même  temps,  on  opère  le  rabattage  de  l’on- 
glet G en  S’. 

Cette  double  suppression  a pour  résultat 
de  faire  développer,  entre  la  cicatrice  G de 
la  section  de  l’onglet  (fig.  46)  et  l’un  des 
côtés  du  moignon  M,  un  bourgeon  BB.  En 
même  temps,  l’œil  situé  de  l’autre  côté,  à 


127 

la  base  du  moignon  M,  se  développe  en  un 
bourgeon  AA. 

Ges  deux  bourgeons  sont  exactement 
opposés.  Il  ne  restera  plus  qu’à  les  palisser 
dès  qu’ils  auront  atteint  une  longueur  d’en- 
viron 15  centimètres.  Ils  auront  grande- 
ment le  temps  de  s’aoûter  et  porteront  avec 
les  bourgeons  de  prolongement  chacun 
deux  coursonnes  l’année  suivante.  La 
coupe  de  l’onglet  G se  recouvrira  et  le  moi- 
gnon ou  onglet  M sera  supprimé  à la  taille 
en  sec.  Si,  par  hasard,  le  bourgeon  E 
(fig.  45)  était  trouvé  trop  peu  vigoureux, 
on  ne  le  taillerait  qu’à  la  taille  en  sec. 
Le  résultat  serait  le  même,  mais  retardé 
d’un  an.  Ce  procédé,  qui  donne  aux 


Fig.  45. 


Fig.  46. 


Formation  du  T.  (Troisième  procédé). 


Légende  de  la  figure  45. 

G Onglet  (non  courbé). 

E Bourgeon  normal,  résultant  du  développement  de 
l’œil  t (fig.  42  Ms,  cep  H). 

S Section  du  bourgeon  E au  premier  mésophyte  de  sa 
base. 

S’  Section  de  l’onglet  G. 


Légende  de  la  figure  40. 

A A Bourgeon  développé  à la  suite  de  l’ablation  du  bour- 
geon E de  la  fig.  45  au  premier  mésophyte  de  sa 
base,  devenu  moignon  M. 

B B Bourgeon  développé  entre  le  moignon  M et  la  cica- 
trice G de  la  section  de  l’onglet  G de  la  fig.  45. 

G Cicatrice  de  la  section  de  l’onglet  G (fig.  45) . 

M Moignon  ou  onglet  restant  du  mésophyte  de  la  base  du 
bourgeon  E (fig.  45). 


treilles  une  formation  modèle,  surtout 
lorsqu’il  est  appliqué  à des  ceps  vigoureux, 
devrait  être  connu  de  tous  les  praticiens. 
Il  donne,  du  reste,  la  clé  de  plusieurs  autres 
formes  de  treilles. 

Quatrième  procédé  (fig.  47  et  48). 

Pour  employer  ce  quatrième  procédé,  il 
suffit  d’avoir  taillé  le  sarment  au  printemps 
sur  un  œil  à 0"»20  au-dessous  du  fil  de  fer. 
Comme  dans  les  autres  procédés,  on 
laisse  se  développer  les  deux  bourgeons  du 
haut  du  sarment.  Lorsqu’ils  sont  devenus 
passablement  ligneux,  on  choisit  celui  sur 
lequel  on  trouvera  l’œil  se  présentant  le 
mieux  à 2 centimètres  du  point  de  forma- 
tion du  T (peu  importe  qu’il  soit  sur  le  de- 
vant ou  sur  le  derrière  du  sarment).  L’autre 
branche  du  sarment  (fig.  42  bis,  cep  H r)  sera 


supprimée  en  x.  On  attache  ensuite  (en  D, 
fig.  47)  la  branche  conservée  au  liteau, 
au-dessous  de  l’œil  choisi  B et  on  la  laisse 
pousser  jusqu’à  ce  qu’elle  ait  dépassé  le  fil 
de  fer,  d’une  hauteur  d’environ  40  centi- 
mètres. 

A ce  moment  seulement,  on  la  rabat 
en  E,  sur  l’œil  situé  immédiatement  au- 
dessus  de  l’œil  B,  en  annulant  l’œil  et  en 
conservant  la  feuille,  comme  il  a été  dit 
pour  les  autres  systèmes. 

A l’œil  B,  il  se  développe  un  faux-bour- 
geon A,  que  je  conserve  et  que  je  palisse 
en  d.  Mais  peu  de  temps  après  je  le  pince 
en  F.  Ce  pincement  force  l’œil  G axillaire 
de  la  première  feuille  du  faux-bourgeon  A 
à se  développer  à son  tour.  Or,  le  dévelop- 
pement de  cet  œil  G se  produit  en  même 
temps  que  celui  de  l’œil  B primitivement 
choisi. 


128  EXPÉRIENCES  CULTURALES  SUR  QUELQUES  LÉGUMES  NOUVEAUX  DE  1896. 


Les  deux  bourgeons  B et  G (fig.  48)  qui  en 
résulteront  seront  palissés  horizontalement 
en  d aussitôt  qu’on  le  pourra.  Plus  tard  on 


supprimera  les  onglets  E et  F en  S et  S’, 
et  on  laissera  développer  les  bras  libre- 
ment en  les  palissant  obliquement  jusqu’à 


Fig.  47. 

Formation  du  T.  (Quatrième  procédé). 


Fig.  48. 


Légende  de  la  figure  47. 

A Faux-bourgeon  qui  se  développe  à l’aisselle  de  l’œil 
normal  B. 

B Œil  choisi  pour  la  formation  du  T. 

C Œil  axillaire  de  la  première  feuille  du  faux-bour- 
geon A,  et  qui  se  développe  en  même  temps  que 
l’œil  choisi  B. 

D Ligature  maintenant  en  bonne  position  l’œil  choisi  B, 
d palissage  horizontal  du  faux-bourgeon  A. 

E Onglet  (dressé)  résultant  du  pincement  du  sarment. 

F Pincement  du  faux-bourgeon  A,  qu’on  opère  peu  de 
temps  après  le  palissage  en  d. 


Légende  de  la  figure  48. 

A Portion  qui  reste  du  faux-bourgeon  A pincé  en  F 
(fig-  47), 

B Bourgeon  résultant  du  développement  de  l’œil  choisi  B 
(fig.  47). 

C Bourgeon  axillaire  de  la  première  feuille  du  faux-bour- 
geon A (fig.  47). 

d d Direction  horizontale  du  palissage. 

E Onglet  résultant  du  pincement  du  sarment, 

F Onglet  résultant  du  pincement  du  faux-bourgeon. 

S S’  Sections  des  onglets  E et  F. 


ce  qu’ils  soient  devenus  assez  consistants 
pour  être  soumis  au  palissage  horizontal, 
sur  le  fil  de  fer. 

Ces  quatre  procédés  peuvent  être  appli- 
qués, non  seulement  aux  vignes  palissées 


à la  Thomery,  mais  aussi  aux  plantations 
de  Vigne  à vin,  dans  les  vignobles  où  le 
dressage  sur  cordons  tend  à se  vulgariser. 

Auguste  Oger, 

Chef  de  pratique  horticole 
à l’Ecole  d’agriculture  de  Gennetines. 


EXPÉRIENCES  CULTURALES 


SUR  QUELQUES  LÉGUMES  NOUVEAUX  DE  1896 


Comme  les  années  précédentes,  nous  avons 
reçu,  au  printemps  de  1896,  une  série  de 
graines  de  nouveaux  légumes  de  MM.  Vil- 
morin, destinés  à être  cultivés  et  étudiés  au 
Jardin-Ecole  de  la  Société  d’horticulture  de 
Soissons. 

Ces  différents  légumes  ont  été  cultivés  dans 
les  mêmes  conditions  que  s’il  s’agissait  de 
légumes  ordinaires,  c’est-à-dire  en  adoptant 
les  procédés  de  semis,  de  'plantations,  de 
binages  et  di  arrosements  qu’emploient  nos 
cultivateurs-maraîchers. 

Les  appréciations  qui  vont  suivre  ont  été 
faites  sur  des  produits  obtenus  dans  une  terre 
saine,  légère  et  siliceuse,  c’est-à-dire  favo- 


rable à la  culture  de  beaucoup  de  légumes, 
principalement  dans  les  années  brumeuses 
comme  celle  de  4896. 

Nous  n’avons  certainement  pas  la  prétention 
de  juger  sans  appel,  et  tel  légume  que  nous 
avons  apprécié  sévèrement  peut  avoir  donné  de 
meilleurs  résultats  ou  de  moins  mauvais  ail- 
leurs. 

Céleri  plein  doré  à côte  rose.  — Variété 
courte,  trapue  et  vigoureuse  ; à côtes  larges, 
pleines,  tendres  et  cassantes  ; drageonne  un 
peu,  mais  rachète  ce  petit  défaut  par  sa  rus- 
ticité et  son  excellente  qualité. 

Sa  culture  est  la  même  que  celle  des  autres 
variétés,  c’est-à-dire  que  le  semis  peut  se 


EXPÉRIENCES  CULTURALES  SUR  QUELQUES  LÉGUMES  NOUVEAUX  DE  1896. 

faire  en  mai  et  les  plants  directement  plantés 
à demeure  vers  la  mi-juillet,  en  lignes  espa- 
cées de  Qm  30  à 37  en  tout  sens.  Pendant  la 
végétation,  biner  et  arroser  selon  les  besoins. 


Chicorée  Scarole  d’hiver  du  Var.  — Cette 
variété  diffère  des  autres  Scaroles  par  son 
extrême  vigueur,  sa  robusticité  et  sa  grande 
productivité.  Les  feuilles,  peu  nombreuses, 
sont  très-amples,  très-longues,  profondément 
découpées  sur  les  bords.  La  pomme  se  forme 
difficilement,  le  cœur  n’est  pas  plein  et  il  faut 
lier  les  feuilles  pour  faire  blanchir  celles  qui 
sont  à l’intérieur.  Cette  variété  conviendra 
surtout  pour  l’automne,  car  elle  résiste  diffici- 
lement au  froid  de  notre  climat,  et  pour  les 
terrains  relativement  pauvres,  sur  lesquels  sa 
grande  vigueur  et  sa  robusticité  lui  permet- 
tront de  venir  sans  trop  de  soins. 

Chou  rouge  de  Pologne.  — Jolie  race  de 
Chou  rouge,  à pomme  moyenne  ou  grosse, 
aplatie,  très-ferme  et  très-dure,  fortement  co- 
lorée de  rouge  violacé  et  à pied  court.  Les 
feuilles  extérieures  sont  amples,  ondulées  sur 
i les  bords,  d’un  vert  violacé  avec  les  nervures 

I rouges  foncées  et  le  tout  est  recouvert  d’une 

I pruine  qui  leur  donne  une  teinte  légèrement 
bleuâtre. 

Ce  nouveau  Chou  est  très-vigoureux,  très- 
hâtif,  particulièrement  productif  et  rustique. 
C’est  assurément  une  race  très-recommandable 
pour  la  grande  culture  et  pour  les  établisse- 
ments où  les  Choux  rouges  sont  employés 
crus,  en  salades,  coupés  en  tranches  minces 
et  assaisonnés  au  vinaigre.  Préparé  sous  cette 
forme,  le  Chou  rouge  de  Pologne  conserve  sa 
belle  couleur  rouge  vif,  et  de  plus  il  est  excel- 
lent. 

Épinard  d’été  vert  foncé.  — Bonne  variété, 
rustique  et  vigoureuse,  â feuilles  arrondies, 
nombreuses,  amples,  assez  larges,  très-produc- 
tive et  qui  peut  se  semer  pendant  une  grande 
partie  de  l’année.  L’une  de  ses  principales  qua- 
lités est  de  monter  à graine  plus  lentement 
que  les  autres  ; mais  il  reste  à savoir  si,  semé 
â l’automne,  cet  Epinard  donnera  un  produit 
i aussi  considérable  que  l’Épinard  lent  à mon- 
^ ter  que  nous  améliorons  depuis  une  trentaine 
d’années. 

Haricot  quatre-à-quatre.  — Ce  nouveau 
i venu  est  de  moyenne  vigueur,  sa  tige  atteint 
une  hauteur  de  2™  20  environ  ; les  cosses  sont 
très-nombreuses,  presque  toujours  par  paires 
I — rarement  quatre  à quatre  — droites  ou  très- 
légèrement  courbées  ; elles  contiennent  de 
quatre  à six  grains  de  couleur  blanche,  courts, 
ronds  ou  très-légèrement  ovoïdes. 

Le  Haricot  quatre-à-quatre  est  une  très- 
bonne  variété  à adopter  dans  notre  contrée  ; 

' elle  est  rustique,  extrêmement  productive, 
assez  précoce,  puis,  elle  a le  double  mérite  de 
produire  des  gousses  qui  sont  exquises,  con- 
1 sommées  en  aiguilles,  et  des  grains  verts  ou 
secs  de  première  qualité. 


129 

Haricot  nain  mange-tout  Roi  des  Beurres. 

— Très-bonne  variété  de  Haricot  nain  mange- 
tout, rustique,  très-productive  et  pouvant  con- 
venir aussi  bien  à la  culture  potagère  qu’à  la 
culture  des  Haricots  de  plein  champ.  Les  tiges, 
assez  grosses,  dépassent  rarement  0‘"  40  de 
hauteur;  les  gousses,  qui  viennent  souvent 
par  paires,  sont  d’abord  vertes,  puis  prennent 
en  grossissant  une  couleur  jaune  pâle  transpa- 
rente ; elles  sont  remarquablement  tendres, 
charnues  et  de  forme  légèrement  courbée  ; 
elles  contiennent  de  quatre  à six  grains  de 
couleur  vert  pâle  au  début,  blancs  à la  ma- 
turité; de  forme  allongée,  à peau  d’une  finesse 
extrême;  bons  à consommer  en  sec. 

Cette  nouvelle  race  de  Haricot  Beurre  est  à 
recommander  par  sa  précocité,  sa  rusticité,  sa 
grande  production  et  son  excellente  qualité. 

Pois  gros  bleu  nain.  — Tige  courte  ne 
dépassant  pas  0™  40  de  hauteur  ; gousses 
souvent  par  paires  et  leur  longueur  ne  dé- 
passe guère  üra  05,  droites  et  cylindriques  à la 
maturité  ; elles  contiennent  de  trois  à six 
grains  presque  carrés  par  compression,  gros  et 
de  couleur  vert  foncé.  Quelquefois  la  tige  se 
ramifie,  et  il  n’est  pas  rare  de  compter  sur  un 
pied  portant  trois  ou  quatre  ramifications,  plu- 
sieurs étages  formant  plus  tard  un  total  de 
vingt  à vingt-deux  gousses. 

Le  Pois  gros  bleu  nain  est  une  variété  hâtive, 
rustique,  très-fertile  et  chez  laquelle  les  grains 
sont  de  première  qualité,  s’ils  sont  consommés 
à la  moitié  ou  aux  deux  tiers  de  leur  grosseur. 

Pois  Clamart  nain  hâtif.  — Variété  demi- 
naine  atteignant  de  0™  60  à 0"^  75  de  hau- 
teur ; les  cosses  ont  de  0"^  05  à 0«i07  de  lon- 
gueur, presque  droites,  assez  régulières  et 
contenant  de  quatre  à sept  grains  de  couleur 
vert  foncé,  le  tout  supporté  par  une  tige  grosse 
et  résistante,  ce  qui  lui  permet  de  se  passer  de 
rames.  Elle  est  de  demi-saison,  plus  tardive 
de  huit  jours  que  la  précédente,  rustique,  très- 
vigoureuse  et  particulièrement  fertile.  Ses 
grains  sont  de  première  qualité. 

Pois  nain  mange-tout  Debarbieux.  — Forte 
race  de  Pois  demi-nain  dont  la  tige  vigoureuse 
atteint  facilement  de  0*^»  80  à un  mètre  de  hau- 
teur; les  cosses  sont  grandes,  blanchâtres, 
épaisses  et  charnues,  complètement  sans  par- 
chemin, souvent  contournées,  atteigant  deOmQS 
à Ora  10  de  longueur  et  contenant  de  trois  à 
six  grains.  Ceux-ci  sont  assez  gros,  légèrement 
méplats  ou  arrondis  et  presque  blancs. 

Consommés  à la  moitié  de  leur  grosseur,  ils 
sont  excellents. 

Radis  à forcer  rouge  vif  sans  feuilles.  — 

Très-jolie  race  de  Radis,  à racine  ovale  et 
même  un  peu  déprimée,  de  couleur  rouge 
vif,  à chair  ferme,  pleine,  blanche,  quelquefois 
légèrement  rosée,  à feuillage  rare,  court,  forte- 
ment gaufré  et  trapu  et  à peu  près  aussi  hâtif 
que  les  variétés  employées  de  piœférence  pour 
la  culture  de  primeurs. 


130 


LES  CYCLAMENS  A FLEURS  CRISTÉES.  — LA  MANDRAGORE  DE  SYRIE. 


Ce  Radis  a l’avantage  de  ne  pas  devenir  creux 
trop  promptement. 

Malgré  les  qualités  énumérées  plus  haut, 
nous  ne  pouvons  le  recommander  pour  la  vente 
sur  les  mai'chés,  où  il  ne  pourrait  soutenir  la 
concurrence  avec  nos  belles  et  bonnes  races 
anciennes. 

Tomate  Champion  écarlate.  — Cette  variété 
est  sortie  de  la  Tomate  Champion  avec  cette 
différence  que  les  fruits  sont  d’un  beau  rouge 
vif,  tandis  que,  sur  l’ancienne,  ils  sont  d’un 
rouge  vineux  et  presque  violacés  à l’époque  de 
leur  maturité.  Les  fruits  sont  à pourtour  assez 
régulièrement  arrondi  ou  très-faiblement  si- 
nué,  de  08  à 0™  12  centimètres  de  diamètre 
sur  05  à 0*"  06  d’épaisseur.  Ils  sont  réunis 
en  grappe  de  cinq  à sept  et  d’une  maturité 
moyenne. 

LES  CYCLAMENS  A 

La  Revue  horticole,  dans  sa  chronique 
des  16  février  et  R*"  mars  dernier,  ainsi 
que  dans  le  compte  rendu  des  séances  de  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France 
a mentionné  l’apparition  d’un  Cyclamen 
blanc  à fleurs  cristées,  présenté  par  MM. 
Hugh  Lonv  et  de  Londres,  et  d’un 
autre,  rouge  et  bicolore,  chez  M.  Narhou- 
ton,  jardinier  de  M.  Binder,  à Maisons- 
Laffitte. 

Nous  avons  été,  sur  l’offre  de  M.  Narbou- 
ton,  e.xaminer  ses  Cyclamens,  et  nous  avons 
tenu  à en  établir  exactement  la  généalogie. 

Le  pied-mère  sur  lequel  parurent  les 
premières  fleurs  cristées  existe  encore.  Il 
a quatre  ans,  comme  on  peut  d’ailleurs  s’en 
rendre  compte  à la  vue  de  sa  large 
souche  tuberculeuse.  Les  fleurs  en  sont 
petites,  aux  divisions  étroites,  au  coloris 
rouge  pourpre  sombre.  Les  graines  qui 


La  chair  est  pleine  et  de  très-bonne  qua 
lité. 

Dans  notre  contrée,  cette  intéressante  va- 
riété, ainsi  que  presque  toutes  les  autres  d’ail- 
leurs, ne  viendra  bien  que  si  elle  est  plantée 
au  pied  d’un  mur  ou  d’un  abri,  à bonne  expo- 
sition. Puis,  si  l’on  veut  avoir  de  beaux  fruits, 
des  arrosements  copieux  à l’aide  d’engrais  di- 
lués seront  distribués  au  pied  pendant  l’été  et 
même  à l’automne.  Enfin  on  restreindra  les 
bouquets  surabondants,  ne  laissant  sur  chaque 
pied  que  quatre  ou  cinq  fruits  au  plus  sur  cha- 
cun d’eux.  I 

En  somme,  la  Tomate  Champion  écarlate  est  I 
une  excellente  variété  qu’il  conviendra  d’ajou-  I 
ter  à celles  que  nous  cultivons  déjà  dans  nos  | 
jardins  potagers. 

E.  Lambin.  ^ 

FLEURS  CRISTÉES 

i 

furent  récoltées  sur  ce  pied  donnèrent  des 
plantes  dont  un  certain  nombre  reprodui-  ■ 
sirent  ce  qu’on  peut  appeler  la  « cristation  ».  i 
Nous  avons  eu  sous  les  yeux  ces  spécimens. 
Leur  coloris  est  blanc  ponctué  de  rose,  avec  t 
un  anneau  carmin  très-prononcé  sur  les  j 
bords  de  la  gorge.  Les  paillettes  pétaloïdes  ' 
qui  forment  crête  sont,  dans  ces  pieds  ’ 
comme  dans  le  pied-mère,  aussi  longues  - 
et  aussi  bien  caractérisées  que  dans  les  J 
fleurs  du  Cyclamen  de  MM.  Hugh  Low  ] 
et  Ci®,  mais  sont  bien  moins  nombreuses  et  • 
occupent,  par  conséquent,  une  surface  ' 
beaucoup  moins  grande.  ^ 

Les  semis  successifs  qui  en  ont  été 
faits  ont  exactement  transmis  les  caractères  ’ 
tels  que  nous  les  décrivons  ici.  Il  va  sans 
dire  que  leur  obtenteur  continuera  à cher-  , 
cher  le  moyen  de  les  amplifier.  ^ 

H.  Dauthenay. 


LA  MANDRAGORE  DE  SYRIE 


Chacun  connaît,  au  moins  de  nom,  la 
Mandragore  (Mandragora  officmarum, 
Lin.),  cette  plante  à laquelle  la  légende  a con- 
sacré une  réputation  assurément  surfaite. 

Commune  sur  les  rivages  méridionaux 
de  la  Méditerranée,  en  Sicile,  en  Ca- 
labre et  en  Espagne,  la  Mandragore  est  une 
plante  à feuilles  très-larges,  partant  du 
collet  de  la  racine  et  restant  étalées  à la 
surface  du  sol.  Ses  fleurs,  au  nombre  de 

^ Voir  Revue  ùor^icoZe,  1897,  p.  118. 


\ 

5 par  têtes,  sessiles,  sont  munies  d’un  calice  i' 
accrescent.  Ses  fruits  sont  des  baies  jaunes, 
de  la  grosseur  d’une  petite  pomme.  Mais  la  ^ 
partie  la  plus  intéressante  de  cette  plante  j 
est  la  racine.  Cette  racine  rappelle  un  peu 
celle  de  la  Belladone  ; elle  est  normalement  \ 
longue  et  fusiforme  et  possède  une  couleur 
brune,  une  odeur  nauséeuse  et  une  saveur  < 
âcre.  ) , 

La  forme  de  la  racine  de  Mandragore  J; 
subit  fréquemment  une  modification  qui  » 
consiste  dans  sa  bifurcation  en  deux  1 


LA  MANDRAGORE  DE  SYRIE. 


branches  de  grosseur  sensiblement  égale. 
Cette  transformation  avait  autrefois  attiré 
au  plus  haut  point  l’attention  populaire  et 
avait  valu  à la  Mandragore  les  noms  à'An- 
thropomorphon  et  de  Semi-homo. 

Bien  plus,  à l’époque  relativement  peu 
éloignée  où  l’opinion  voulait  trouver  dans 
la  forme  extérieure  des  plantes  un  signe 
certain  de  leurs  vertus  curatives,  faisant  un 
rapprochement  entre  la  forme  bifurquée  de 
la  racine  de  Mandragore  et  celle  de  la  partie 
inférieure  du  corps  humain,  on  la  considé- 
rait comme  un  puissant  aphrodisiaque,  et 


131 

à ce  titre,  elle  a joui  d’une  vogue  tout  à 
fait  inconsidérée. 

Utilisée  également  comme  anesthésique 
du  temps  d’Albert  le  Grand,  la  Mandragore 
est  aujourd’hui  à peu  près  tombée  dans 
l’oubli,  en  iant  que  médicament. 

Elle  est  cependant  un  objet  de  curiosité, 
et,  de  temps  en  temps,  on  en  rencontre  des 
racines  bifurquées,  dont  la  forme  rappelle 
souvent  celle  du  corps  humain. 

Les  deux  exemplaires  dont  la  figure  ac- 
compagne cette  note  (fig.  49  et  50)  rentrent 
dans  ce  cas.  Ils  proviennent  de  Syrie  et 


Fig.  49  et  50..  — Racines  de  Mandragore  (Mandragora  officinarum) 
grossièrement  sculptées. 

(1/2  grandeur  naturelle). 


ont  été  adressés  à M.  Ad.  Chatin  qui  les  a i 
présentés  à la  Société  botanique  de  France  | 
dans  une  de  ses  dernières  séances.  Depuis 
ils  ont  pris  place  dans  la  collection  de  bo- 
tanique générale  de  l’Ecole  supérieure  de 
Pharmacie. 

Les  habitants  qui  ont  récolté  ces  échan- 
tillons si  curieusement  contournés,  aidant 
un  peu  la  nature  par  le  grattage  et  une 
sculpture  grossière  au  moyen  du  couteau, 
les  ont  transformés  en  deux  groupes  étran- 
ges : à voir  l’un  (fig.  49)  ne  dirait-on  pas 
un  homme  à la  barbe  opulente,  soutenant 
sur  sa  poitrine  un  enfant  dont  la  tête  repose 


sur  son  épaule;  et  l’autre  (fig.  50)  ne  donne- 
t-il  pas  l’impression  d’un  être  humain  fan- 
tastique pressant  étroitement  un  enfant  sur 
sa  poitrine. 

Bien  que  le  couteau  ait  joué  un  certain 
rôle  dans  la  disposition  de  la  racine,  en 
accusant,  par  exemple,  les  doigts  des  mains 
et  certains  traits  des  physionomies,  ces 
deux  échantillons  n’en  restent  pas  moins 
très-curieux  et  donnent  une  idée  bien  nette 
des  dispositions  étrangement  contournées 
de  la  racine  de  Mandragore,  qui  ont  valu  à la 
plante  son  éphémère  célébrité. 

L.  Lutz. 


132 


JACARANDA  MIMOSÆFOLIA. 


JACARANDA  MIMOSÆFOLIA 


Au  mois  de  janvier  1876,  je  cheminais 
dans  les  plaines  à demi-boisées  du  rio 
Guatiquia,  un  des  principaux  affluents  du 
rio  Negro  et  par  conséquent  du  Méta,  qui 
lui-même  est  un  très-gros  tributaire  de  l’Oré- 
noque.  Ces  savanes  immenses  ou  Llanos 
font  partie  de  la  région  dite  « Territorio  de 
San  Martin  »,  au  pied  du  versant  oriental 
des  grandes  Andes  de  Colombie.  La  sai- 
son sèche  touchait  à sa  fin.  La  tempé- 
rature, à cette  époque  de  l’année,  était 
exquise  (24®  centigrades)  sous  la  lati- 
tude de  4®  22’  de  latitude  N.  et  à une 
altitude  de  400  mètres  seulement  au- 
dessus  du  niveau  de  la  mer.  La  végétation 
des  bosquets  qui  bordent  les  dépressions 
naturelles  nommées  canos  était  d’une 
grande  richesse.  Les  Palmiers  Moricbés 
{Maurilia  (lexuosa)  dressaient  leurs  vastes 
éventails,  tandis  que  les  Astrocaryum 
laissaient  pendre  leurs  fruits  jaunes 
comme  des  Abricots,  que  les  épines  du 
tronc  protégeaient  contre  les  incursions  des 
singes.  Les  Bactris,  les  Martinezia,  les 
Geonoma  formaient  le  menu  peuple  de 
cette  famille  des  Palmiers,  si  noble  et  si 
élégante.  Les  Bertholletia,  les  Cedrela,  les 
Cecropia  constituaient  d’épais  ombrages, 
et  le  sous-bois,  composé  de  nombreuses 
Myrtacées,  — surtout  des  Eugenia,  — 
abritait  lui-même  une  nombreuse  popula- 
tion de  Fougères,  d’Orcbidées,  de  Bromé- 
liacées et  d’Aroïdées.  Le  tapis  était  cons- 
tellé de  gracieuses  fleurs  de  Gesnéria- 
cées  sur  un  fond  de  Sélaginelles  aux  frondes 
d’émeraude. 

Brusquement,  j’arrêtai  mon  cheval  de- 
vant un  arbre  dont  la  floraison  dépassait 
en  éclat  tous  ceux  de  son  voisinage.  Je  re- 
connus immédiatement  le  Jacaranda  w,i- 
mosæ folia  \ Bignoniacée  admirable  intro- 
duite depuis  longtemps  dans  les  cultures 
européennes,  mais  qui  fleurit  si  rarement 
dans  les  serres,  qu’elle  est  inconnue 
par  sa  floraison  de  la  plupart  des  horticul- 
teurs. L’arbre  que  j’avais  sous  les  yeux  pou- 

^ Jacaranda  mimosæfolia  (ou  mûnosifolia), 
Don,  in  Bot.  Reg.,  t.  631  ; Prodr.,  IX,  p.  229.  — 
J.  ovalifolia,  R.  Brown,  in  Bot.  Mag.,  t.  3327. 
Malgré  l’opinion  qui  identifie  ces  deux  noms  en 
une  seule  espèce  et  la  loi  de  priorité  qui  devrait 
donner  la  préférence  au  dernier  comme  plus  an- 
cien, nous  conservons  le  nom  de  J.  mimosæfolia, 
si  bien  approprié  au  feuillage,  sous  lequel  la 
plante  a été  introduite,  le  groupe  auquel  elle  appar- 
tient étant  encore  mal  déterminé.  (E.  A.) 


vait  avoir  une  quinzaine  de  mètres  ; ses  ra- 
meaux dressés,  robustes,  étaient  tous 
terminés  par  de  grandes  panicules  de 
fleurs  d’un  violet  bleu  des  plus  brillants, 
d’une  forme  obliquement  tubuleuse,  qui  les 
faisait  ressembler  à certaines  Gesnériacées. 

Ces  corolles  étaient  si  abondantes  que  le 
sol  en  était  jonché  autour  du  tronc  de  l’arbre. 

Le  feuillage  de  ce  beau  végétal  est  digne 
des  riches  inflorescences  dont  je  viens  de 
parler;  sur  les  plantes  jeunes  et  vigou- 
reuses surtout,  il  est  un  ornement  de  pre- 
mier ordre.  Il  se  compose  de  grandes 
feuilles  bipennées,  atteignantjusqu’à50  cen- 
timètres de  longueur,  et  formées  d’articles 
opposés,  eux-mêmes  imparipennés,  à fo- 
lioles opposées,  ovales-lancéolées,  mucro- 
nées.  L’inflorescence  est  une  belle  panicule 
dressée,  à groupes  de  fleurs  nues,  dis- 
tantes, finement  pédicellées,  dont  le  calice 
est  menu,  à petites  dents  peu  saillantes  et 
obtuses,  et  la  corolle  est  bilabiée,  grande, 
oblique,  à tube  étroit  et  courbé,  ventrue 
au  milieu,  dilatée  au  sommet  en  cinq 
grands  lobes  obtus,  émarginés,  dont  deux 
presque  réunis  forment  la  lèvre  supérieure, 
tandis  que  l’inférieure  est  à trois  lobes  sub- 
égaux et  obtus. 

Si  le  Jacaranda  mimosæfolia  fleurit  ra- 
rement dans  les  serres,  où  il  lui  faudrait 
un  espace  que  son  développement  arbores- 
cent indique,  il  n’en  est  pas  de  même  dans 
la  Provence  côtière  de  la  Méditerranée. 
Là,  depuis  Cannes  jusqu’à  Gênes,  dans  des 
situations  bien  abritées,  en  plein  soleil,  on 
rencontre  çà  et  là  des  exemplaires  qui  se 
couvrent,  chaque  année,  de  leur  splendide 
floraison.  Malheureusement,  c’est  pendant 
l’été  qu’a  lieu  leur  épanouissement,  lorsque 
les  étrangers  se  sont  envolés  vers  les  régions 
moins  chaudes,  et  c’est  pour  cela  que  si  peu 
de  personnes  ont  pu  en  contempler  les 
fleurs. 

Si  l’on  veut  cultiver  l’espèce  en  serre 
chaude,  elle  y croît  facilement  en  terre 
franche  mélangée  de  terre  de  bruyère,  et  sa 
multiplication  par  boutures  n’offre  aucune 
difficulté.  Pour  en  obtenir  la  floraison  avec 
le  traitement  sous  verre,  il  faut  que  l’ar- 
buste ait  un  certain  âge  et  qu’il  soit  soumis 
à une  période  de  repos  absolu,  où  il  perde 
ses  feuilles,  comme  cela  se  voit  dans  les 
régions  brésiliennes  et  jusqu’au  pied  des 
Cordillères  où  il  croît  à l’état  de  nature. 

Ed.  André. 


Hortiroh' 


Ja(Xiraiida  nuniosœjblia 


l’agrile  du  poirier. 


133 


L’AGRILE  DU  POIRIER 


L’Agrile  du  Poirier  (Agrilus  smuatus 
fait  partie  de  l’ordre  des  Coléoptères  et  de 
la  tribu  des  Buprestes.  L’insecte  parfait  a 
9 millimètres  de  longueur  sur  3 millimètres 
de  largeur  près  de  la  tête  ; le  dessus  du  corps 
est  couleur  garance  luisant,  le  dessous  vert 
émeraude  foncé,  brillant. 

La  larve,  longue  de  11  millimètres,  est 
presque  cylindrique,  renflée  vers  la  tête,  la 
partie  postérieure  s’amincit  graduellement 
vers  son  extrémité  ; elle  est  apode,  d’une 
couleur  d’os  ; la  tête  est  petite,  noire,  ren- 
trée dans  le  corps. 

L’insecte  parfait  de  VAg^Hhis  fait  son 
apparition  vers  la  tîn  de  mai  et  commen- 
cement de  juin  ; il  se  tient  généralement 
sur  la  face  supérieure  des  jeunes  feuilles  à 
moitié  développées. 

Il  possède  l’instinct  de  la  conservation  au 
plus  haut  degré  ; le  moindre  mouvement, 
une  ombre  même  le  fait  sauver  ; il  feint 
alors  de  se  laisser  tomber  à terre  ; dans  sa 
chute  simulée  il  ouvre  ses  ailes  et  va  se 
poser  sur  un  arbre  voisin. 

L’accouplement  de  VAgrilus  se  fait  en 
juin  ; peu  de  temps  après,  la  femelle  fait  sa 
ponte  ; elle  choisit  une  branche  déjà  grosse 
ou  le  tronc  de  l’arbre  lui -même,  si  l’écorce 
est  encore  vive  ; elle  perce  l’épiderme,  dé- 
pose un  œuf,  et  ainsi  de  suite.  Tous  ses 
œufs  sont  déposés  un  à un,  à d’assez 
grandes  distances;  on  en  rencontre  rarement 
deux  sur  la  même  branche. 

Aussitôt  la  larve  éclose,  elle  commence 
ses  ravages  dans  l’écorce,  sous  l’épiderme, 
en  traçant  des  galeries  tortueuses  en 
zigzags  plus  ou  moins  rapprochés  les  uns 
des  autres  et  allant  généralement  de  haut 
en  bas.  Plus  elle  avance,  plus  elle  creuse 

* C’est  à M.  le  docteur  Putonet  M.  Xambeu  que 
l’on  doit  surtout  la  connaissance  des  mœurs  et  des 
premiers  états  de  cette  espèce.  Elle  a été  observée 
dans  le  Poirier,  le  Pommier  et  le  Sorbier.  Elle  ne 
s’attaquerait  qu’aux  arbres  de  plein  vent,  non  aux 
arbres  en  espalier  ou  en  pyramide.  Ni  le  docteur 
Puton,  ni  M.  Xambeu  n’ont  observé  cette  partie 
en  spirale  de  la  galerie  de  la  larve  dont  il  est 
parlé  dans  cet  article  ; d’après  eux,  la  longueur 
des  galeries  serait  seulement  de  10  à 25  centi- 
mètres. M.  le  docteur  Puton  se  proposait,  pour 
éviter  les  dégâts  de  cet  insecte,  d’entourer  le 
tronc  des  jeunes  Poiriers  d’une  torsade  de  paille 
formant  un  manchon  complet  autour  du  tronc  et 
de  couvrir  ce  manchon  d’une  couche  de  gou- 
dron. (Réd.) 


ses  galeries  profondément  dans  l’écorce, 
jusqu’à,  ce  qu’elle  atteigne  l’aubier  ; là  elle 
fait  invariablement  une  galerie  en  spirale 
autour  de  la  branche  (sans  doute  pour  ar- 
rêter la  sève  descendante),  puis  elle  conti- 
nue ensuite  ses  zigzags  moitié  dans  le  liber, 
moitié  dans  l’aubier.  Arrivée  à l’âge 
adulte,  vers  la  fin  d’août  ou  septembre, 
quatorze  mois  environ  après  son  éclosion, 
elle  perce  un  trou  de  2 ou  3 millimètres 
de  profondeur  dans  l’aubier,  s’y  creuse  une 
petite  cavité  de  bas  en  haut,  perce  un  se- 
cond trou  qu’elle  remplit  de  vermoulures  à 
quelques  millimètres  au-dessus  de  sa  tête, 
et  revient  se  placer  dans  sa  cavité,  où  elle 
attend  sa  métamorphose  qui  a lieu  au  prin- 
temps suivant. 

En  mai,  l’insecte  parfait  chasse  la  ver- 
moulure qui  le  recouvre,  perce  l’écorce 
morte,  presque  pulvérulente,  à l’endroit  de 
sa  sortie  et  prend  son  vol  ; il  laisse  une  ou- 
verture qui  ressemble  un  peu  à la  bouche 
d’un  four. 

La  larve  est  extrêmement  préjudiciable 
au  Poirier  ; c’est,  selon  nous,  l’un  de  ses 
plus  grands  ennemis. 

Ses  galeries  atteignent,  par  leurs  zigzags, 
de  80  centimètres  à 1 mètre  de  longueur  ; 
elles  sont  toutes  remplies  de  vermoulures  ; 
le  cambium  ne  les  recouvre  que  très-rare- 
ment ; aussi  toutes  les  parties  atteintes  pé- 
rissent, sauf  toutefois  quelques  arbres 
très-vigoureux  qui  résistent,  grâce  à leur 
abondance  de  cambium,  mais  c’est  une 
exception. 

Il  est  donc  très-important  de  le  combattre 
énergiquement.  Comme  nous  l’avons  dit, 
l’insecte,  très-méfiant,  est  difficile  à 
prendre  ; c’est  donc  la  larve,  selon  nous, 
qu’il  faut  détruire.  On  y parvient  facilement 
en  suivant  les  galeries  qui  sont  bien  appa- 
rentes, à cause  du  fendillement  et  de  la 
teinte  noire  qu’elles  produisent  à l’écorce 
qui  les  recouvre.  La  larve  se  trouve  tou- 
jours à l’extrémité  des  galeries,  sa  présence 
est  indiquée  par  une  large  plaque  d’écorce 
noire,  morte.  A l’aide  d’une  serpette  ou 
d’un  greffoir,  on  enlève  cette  écorce  et  l’on 
aperçoit  les  deux  trous  remplis  de  vermou- 
lure qu’elle  a faits  dans  l’aubier  ; la  pointe 
de  la  serpette  suffit  pour  la  tuer  dans  son 
refuge. 

Il  est  bon,  pour  sauver  les  branches 


134 


PLANTATION  DES  ARBUSTES  GRIMPANTS  AU  PIED  DES  GROS  ARBRES. 


atteintes,  d’enlever  toutes  les  vermoulures 
à la  serpette,  la  place  se  cicatrise  assez  faci- 
lement ; il  est  d’ailleurs  facile  de  faire  ce 
travail  au  moment  de  la  taille. 

Pour  combattre  la  larve  en  été,  on  re- 


connaît sa  présence  à la  chute  prématurée 
des  feuilles  de  la  branche  ravagée. 

Gitton, 

Professeur  municipal  d’arboriculture 
à Orléans. 


PLANTATION  DES  ARBUSTES  GRIMPANTS  AU  PIED  DES  GROS  ARBRES 


Dans  la  plantation  des  parcs  et  des  jar- 
dins, il  est  souvent  désirable  de  garnir  le 
tronc  dénudé  des  gros  et  vieux  arbres  au 
moyen  d’arbustes  grimpants.  Les  exemples 
que  la  nature  nous  offre  en  ce  sens  sont 
souvent  d’un  grand  effet  pittoresque  ou 
charmant.  Qui  n’a  eu  l’occasion  d’admirer, 
dans  nos  bois,  l’opulent  manteau  de  feuil- 
lage, de  fleurs  blanches  et  de  fruits  à ai- 
grettes soyeuses  et  argentées  de  la  Clé- 
matite (Clematis  Vitalha),  les  festons 
gracieux  de  la  Bryone  [Brijonia  dioica), 
ou  du  Tamier  [Ta- 
mus  communis) 
entremêlés  de  grai- 
nes rouges  à l’au- 
tomne ; les  blancs 
Liserons  (Calys- 
tegia  sepiiim),  les 
Vignes  sauvages 
(Vitis  vinifera)^  le 
Lierre  môme  {He- 
dera  Hélix)  formant 
une  riche  parure 
hivernale  de  verdure 
sombre?  Notre  flore 
est  peu  riche  en 
lianes,  et  cependant 
leur  aspect  est  sou- 
vent d’une  grande 
beauté. 

Mais  c’est  bien 
autre  chose  dans  les 
régions  chaudes  du 
globe.  Les  végétaux 
grimpants,  dans  la 
forêt  vierge,  revêtent  une  variété,  un  pitto- 
resque de  formes  et  une  richesse  de  cou- 
leurs que  celui  qui  ne  les  a pas  contemplés 
ne  peut  se  figurer  et  que  celui  qui  en  a 
joui  une  fois  ne  saurait  plus  jamais  oublier. 
Heureusement,  nos  serres  en  sont  rem- 
plies, et  s’il  nous  est  interdit  de  voir  ces 
belles  plantes  dans  toute  l’exubérance  de  leur 
végétation,  au  moins  réjouissent-elles  nos 
yeux  par  leur  feuillage  et  leurs  fleurs. 

Dans  l’Amérique  du  Nord,  dans  l’Asie 
centrale  et  autres  contrées  de  l’hémisphère 
boréal  analogues  au  climat  de  l’Europe 


moyenne,  on  trouve  encore  un  bon  nombre 
d’arbustes  grimpants  qui,  pour  être  un  peu 
moins  brillants,  n’en  offrent  pas  moins  au 
paysagiste  de  précieuses  ressources  déco- 
ratives. La  plupart  sont  introduits  dans 
nos  jardins,  et  la  liste  en  est  longue.  Qu’il 
nous  suffise  de  citer  les  espèces  connues  de 
tout  le  monde  : Rosiers  grimpants.  Gly- 
cines, Chèvrefeuilles,  Clématites,  Akébia, 
Jasmins,  Vignes  japonaises  et  américaines, 
Técomas,  Vignes  vierges.  Passiflores,  Pé- 
ri ploca,  Aristoloches,  etc. 

Pour  produire  tout 
leur  effet  pittores- 
que, plusieurs  de 
ces  plantes  auraient 
besoin,  au  lieu  d’être 
palissér?s  sur  des 
murs  ou  des  ton- 
nelles, de  croître  en 
liberté  sur  de  grands 
arbres,  montant  à 
l’assaut  du  tronc, 
courant  sur  les  bran- 
ches et  s’épanouis- 
sant jusqu’à  la  cime. 
Que  de  fois  j’ai 
admiré,  dans  les 
forêts  des  États- 
Unis,  par  exemple 
sur  les  bords  de 
l’Ohio  et  du  Poto- 
mac,  les  grandes 
Vignes  sauvages 
{Vitis  Lahrusca, 
œstivalis,  cordifo- 
lia,  vulpina),  les  mêmes  dont  les  variétés 
servent,  en  France,  de  porte-greffes  aux 
Vignes  européennes  dans  la  lutte  contre  le 
phylloxéra.  Elles  s’élancent,  avec  une  vi- 
gueur incomparable,  jusqu’au  sommet  des 
grands  Chênes,  des  Tulipiers,  des  Érables, 
des  Liquidambars,  des  Magnolias  acuminés, 
des  Frênes,  etc.,  pour  retomber  ensuite  en 
larges  draperies  de  feuillage  paré,  à l’au- 
tomne, des  plus  rutilantes  couleurs  de 
pourpre  et  d’or. 

Or,  pour  reproduire  dans  le  pays  ces 
aspects  de  la  nature  spontanée,  on  se  heurte 


Fig.  51.  — Tonneau  enterré  au  pied  d’un  grand 
arbre  pour  recevoir  un  arbuste  grimpant. 


CULTURE  DU  CAMPANULA  ABIETINA. 


135 


souvent  à une  difficulté  qui  paraît  insur- 
montable. On  plante  bien  des  arbustes  sar- 
menteux-grimpants  au  pied  des  gros  arbres, 

mais ils  n’y  poussent  pas  ou  y poussent 

mal.  La  terre  a été  usée  par  l’arbre  lui- 
même.  Si  on  la  renouvelle,  ce  sont  les  ra- 
cines du  premier  occupant  qui  s’en  nour- 
rissent, et  il  ne  reste  rien  pour  le  nouveau 
venu,  l’arbuste  grimpant,  qui  meurt  ou  qui 
languit.  Que  faire?  On  a conseillé  de  plan- 
ter des  espèces  très  - vigoureuses,  qui 
puissent  résister  et  triompher  dans  cette 
âpre  lutte  pour  l’existence,  mais  elles  sont 
rares,  peu  variées  et  l’on  ne  réussit  que 
rarement.  Si  l’on  plante  à une  certaine  dis- 
tance du  tronc,  les  conditions  sont  encore 
plus  mauvaises,  car  ce  sont  les  racines  éloi- 
gnées qui  sont  les  plus  actives. 

J’ai  imaginé  un  moyen  qui  m’a  réussi  et 
que  je  signale  à l’attention  de  nos  con- 
frères. Il  est  d’une  extrême  simplicité.  En 
voici  la  description: 

On  creuse,  aussi  près  que  possible  du 
tronc  du  gros  arbre,  entre  les  plus  fortes 
racines  et  sans  les  endommager,  un  trou 
cylindrique  du  diamètre  d’un  tonneau  ordi- 
naire et  de  1 mètre  à de  profondeur. 

Puis  on  cherche  une  vieille  futaille  à vin  ou 
à cidre  ou  même  un  tonneau  à ciment,  et 
on  l’enfonce  dans  le  sol,  de  manière  à ce 
que  son  orifice  ouvert  soit  à 20  centimètres 
au-dessous  de  la  surface  du  terrain.  Le  fond 
du  fût  reste  intact.  On  y place  quelques 
plâtras  pour  drainage  sur  une  épaisseur  de 


10  centimètres,  puis  on  remplit  tout  le  ton- 
neau de  bonne  terre  franche  mélangée  de 
terre  de  gazon,  sans  autre  engrais.  On  re- 
couvre le  tout  du  sol  naturel,  et  l’on  plante 
l’arbuste  au-dessus  du  centre  du  tonneau, 
dans  lequel  plongeront  ses  racines.  Si  les 
grosses  racines  de  l’arbre  sont  trop  serrées 
près  du  tronc  et  qu’il  ait  fallu  planter  le 
tonneau  à 1 mètre,  1™  50  ou  même  2 mètres, 
on  laisse  traîner  les  tiges  de  l’arbuste  sur  le 
sol  gazonné,  avant  de  les  redresser  et  de  les 
attacher  sur  la  tige  du  gros  arbre. 

On  conçoit  que  les  racines  du  nouveau 
venu  se  développeront  à l’aise  dans  la  bonne 
terre  du  tonneau  et  y puiseront  la  force  né- 
cessaire pour  que  les  tiges  s’élancent  à la 
conquête  du  tronc  et  des  branchages  qui 
leur  serviront  de  support. 

Pendant  ce  temps,  les  racines  du  gros 
arbre,  tournant  autour  du  tonneau,  cherche- 
ront à y pénétrer  et  à profiter  de  la  terre 
neuve  et  fertile  qu’il  contient.  Elles  se  glis- 
seront plus  ou  moins  entre  les  fissures  du 
fond  et  des  douves  ; mais  quand  elles  seront 
dans  la  place,  l’arbuste  grimpant  aura  pris 
le  dessus,  sera  de  force  à lutter  avec  elles 
et  ses  racines  à lui  se  seront  également  éten- 
dues au  loin  et  chercheront  la  nourriture 
avec  toutes  leurs  facultés  de  plante  adulte. 

Un  simple  croquis  au  trait  servira  d’ail- 
leurs à présenter  aux  yeux  de  mes  lecteurs 
la  disposition  employée  et  qu’il  est  si  facile 
de  reproduire  sans  grande  dépense  ni  grand 
travail.  Ed.  André. 


CULTURE  DU  CAMPANULA  ABIETINA* 


Cette  charmante  Campanule,  originaire 
des  hautes  montagnes  de  la  Transylvanie, 
est,  parmi  les  plantes  de  rocailles,  une  des 
plus  jolies.  Les  plantes  destinées  à être  cul- 
üvées  dans  d’étroites  limites  ne  doivent  pas 
être  envahissantes,  tout  en  produisant  des 
fleurs  en  abondance,  de  façon  à faire  leur 
maximum  d’effet  dans  l’espace  qui  leur  est 
réservé  ; telles  sont  les  qualités  généra- 
lement demandées  aux  plantes  de  bordures. 
Sous  ce  rapport,  le  Campanula  ahietina 
est  une  perle.  Les  fleurs  sont  d’un  violet 
pourpre  lavé  de  cramoisi , cette  couleur  est  ab- 
solument spéciale  à cette  espèce.  Les  tiges  à 
fleurs  atteignent  25  à 30  centimètres  et  se 
succèdent  pendant  les  mois  d’été.  Elles 

Campanula  ahietina^  Grisebach  et  Schenk, 
in  Wiegm.  Archiv.,  XV,  1,  333. 


peuvent  servir  pour  la  confection  des  bou- 
quets ; elles  se  conservent  longtemps  dans 
l’eau  et  en  bon  état. 

En  raison  de  sa  taille  peu  élevée,  de  la  ré- 
gularité de  ses  rameaux,  et  surtout  de  sa 
floraison  abondante,  qui  se  prolonge  de 
juin  à septembre,  cette  espèce  est  une  des 
meilleures  plantes  vivaces  que  l’on  puisse 
employer  pour  former  d’élégantes  bordures 
et  pour  orner  les  rocailles  ; elle  se  prête 
également  bien  à la  culture  en  pois  et  peut 
aussi  servir  à l’ornement  des  plates-bandes 
et  des  corbeilles.  Elle  vient  très-bien  en 
plein  soleil,  et,  plantée  dans  les  parties  om- 
bragées et  abritées,  elle  y donne  de  bons 
résultats.  Il  faut  à cette  plante  un  sol  bien 
drainé,  car  elle  craint  l’humidité.  On  se 
trouvera  donc  bien  de  mettre  un  sous-sol 
de  débris  de  terre  de  bruyère  dans  les  cor- 


136  CULTURE  DE  28  HECTARES  DE  PLANTS 

beilles  ou  les  plates-bandes  où  elle  sera 
plantée.  Pendant  l’hiver,  il  est  bon  de  la 
garantir  avec  des  feuilles  sèches. 

La  multiplication  du  Campanula  ahie- 
tina  est  des  plus  faciles,  elle  se  fait  par  éclats 
et  par  semis  ; ses  graines,  qui  sont  très- 
fines,  doivent  être  semées,  en  pots  ou  en  pépi- 
nière, d’avril  en  juin,  sur  un  sol  bien 
plombé  et  ne  pas  être  recouvertes  ; les 


d’asperges,  et  leur  forçage  en  serre. 

plants  sont  repiqués  à demeure  dès  qu’ils 
ont  pris  un  développement  suffisant,  ou 
seulement  à la  fin  de  l’été  ou  au  printemps. 
Le  semis  fait  en  avril  donne  quelquefois 
une  floraison  passable  dès  l’automne  de  la 
même  année.  Avant  de  faire  le  repiquage, 
il  est  bon  de  recouvrir  le  sol  d’un  demi- 
centimètre  de  sable. 

Henri  Theulier  fils. 


CULTURE  DE  28  HECTARES  DE  PLANTS  D’ASPERGES 

ET  LEUR  FORÇAGE  EN  SERRE 


L’Asperge  chauffée,  blanche  ou  verte,  est 
l’objet,  aux  Halles,  d’importantes  transac- 
tions. Un  certain  nombre  de  maraîchers 
produisent  l’Asperge  blanche  au  moyen 
d’une  plantation  spéciale,  en  terre  et  à de- 
meure. Tous  les  ans,  à l’entrée  de  l’hiver, 
on  recouvre  cette  plantation  de  coffres  et 
de  châssis,  et  l’on  confectionne  dans  les 
sentiers  de  forts  réchauds  fréquemment 
renouvelés  par  des  apports  de  fumier 
neuf. 

D’autres  maraîchers  montent  des  couches 
temporaires,  sur  lesquelles  ils  plantent  les 
griffes  d’Asperges.  Ainsi  traitées,  ces  griffes 
produisent  l’Asperge  verte.  Les  maraîchers 
en  font  deux  ou  trois  saisons,  quelquefois 
quatre. 

Aux  Halles,  chez  les  marchands  de  pri- 
meurs, l’Asperge  verte  la  plus  renommée 
est  la  « Compoint  ».  Cette  qualité  d’ Asperge 
est  produite  par  d’autres  moyens  que  les 
moyens  habituels  ; elle  provient  d’une 
culture  en  grand,  où  l’on  retrouve,  aux 
portes  mêmes  de  Paris,  comme  une  fraction 
de  « truck  farming  » américain.  En  effet, 
dans  certaines  parties  des  Etats-Unis, 
autour  de  Chicago  notamment,  les  « fermes 
à légumes  » prospèrent.  Elles  sont  le 
résultat,  ou  de  vastes  associations,  ou  de 
gigantesques  efforts  individuels  L 

La  ferme  de  M.  Compoint,  à Saint-Ouen, 
est  presque  une  ferme  à légumes.  Sur  les 
115  hectares  de  culture  qu’elle  comporte, 
28  hectares  sont  employés  à l’éducation  des 
plants  d’ Asperge  en  vue  du  forçage,  et  15 
à la  culture  de  l’Ognon  et  du  Salsifis.  Le 
reste  est  partagé  en  : 15  hectares  de  Blé, 

^ A cet  égard,  on  peut  lire  avec  intérêt  l’ouvrage 
de  M.  Maurice  de  Vilmorin  ; L’Horticulture  fran- 
çaise à Chicago  et  l'Horticulture  aux  États-Unis. 
Un  rapport  a été  fait  sur  cet  ouvrage  par  M.  Ed. 
André,  à la  Société  nationale  d’Agriculture  de 
France,  en  1896.  (Réd.). 


35  de  Luzerne  et  de  Trèfle,  vendus  aux 
marchands  d’herbes  et  nourrisseurs,  10 
de  Betteraves  fourragères,  et  12  de 
Vigne,  qui  produit  un  petit  vin  frais, 
émoustillant  et  d’un  goût  agréable.  Enfin 
une  serre,  qui  ne  mesure  pas  moins  de 
1.490  mètres  de  superficie,  et  qui  renferme 
exactement  1.200  mètres  d’Asperges  chau- 
fées  au  thermosiphon,  complète  l’organisa- 
tion. 

Voici  comment  est  pratiqué  l’élevage  des 
plants  d’Asperge. 

La  graine  est  semée  au  printemps  de 
chaque  année  sur  une  surface  de  près  d’un 
hectare  et  demi.  L’hiver  suivant,  on  pré  - 
pare une  étendue  de  12  hectares  en  la 
fumant  avec  des  gadoues  de  Paris,  à raison 
de  240,000  kilos  à l’hectare.  Le  terrain  est 
défoncé  à la  charrue  Brabant  double,  à 
35  centimètres  de  profondeur,  puis  hersé, 
et  enfin  mis  en  complet  état  par  l’action  de 
divers  instruments  aratoires,  tels  que  : 
émotteuse,  scarificateur  et  rouleau. 

Au  mois  de  février  suivant,  les  plants  de 
semis  sont  levés,  triés,  puis  replantés  sur 
la  surface  de  12  hectares  qui  a été  ainsi  pré- 
parée. La  plantation  a lieu  de  la  manière 
suivante  : 

Un  rayonneur  à cheval  trace  trois  sillons 
à 50  centimètres  d’intervalle  les  uns  des 
autres.  Les  socs  de  ce  rayonneur  sont  d’une 
forme  particulière,  déterminée  par  la  na- 
ture des  difficultés  à vaincre,  inhérentes  à 
la  nature  du  sol  et  à celle  du  travail. 

Dès  que  le  rayonneur  a fait  plusieurs 
tours,  les  travailleurs  se  déploient,  chacun 
d’eux  se  plaçant  devant  un  rayon.  Une  pro- 
vision de  griffes  d’Asperges  dans  son  tablier, 
chaque  ouvrier  est  muni  d’un  petit  crochet 
à deux  dents.  Le  manche  de  cet  outil  me- 
sure 50  centimètres  de  longueur,  correspon- 
dant à la  distance  à observer  sur  le  rang 
entre  les  plants.  L’ouvrier  pose  son  crochet 


CULTURE  DE  28  HECTARES  DE  PLANS  d’aSPERGES  ET  LEUR  FORÇAGE  EN  SERRE.  137 


sur  le  côté  du  sillon  et  place  son  plant  à la 
distance  voulue  ; si  le  sillon  présente  des 
irrégularités,  il  les  fait  disparaître  à l’aide 
des  dents  du  crochet. 

Contrairement  à l’habitude,  M.  Gompoint 
n’a  pas  voulu  que  ses  planteurs  travaillent 
sur  deux  sillons  à la  fois,  car  il  a remarqué 
qu’alors  ils  ont  trop  souvent  une  tendance 
à les  rapprocher  l’un  de  l’autre.  Or,  dans 
une  culture  faite  en  partie  avec  des  instru- 
ments aratoires  à cheval,  il  importe  que 
les  rayons  soient  également  espacés. 

Le  rayonneur  repasse  après  la  plantation 
entre  les  sillons,  qui  se  trouvent  ainsi  re- 
couverts. Selon  la  nature  du  sol  ou  son  état, 
on  passe  ensuite  la  herse  légère,  le  rouleau  ou 
l’émotteuse.  On  n’a  plus  alors  qu’à  attendre 
la  pousse,  qui  a lieu  vers  la  fin  d’avril. 

Les  soins  d’été  consistent  en  binages  à la 
main,  de  quatre  en  quatre  semaines,  avec 
des  binages  à la  bineuse  à cheval  intercalés. 
C’est  un  total  de  sept  à huit  façons  pour  le 
premier  été. 

L’hiver  suivant,  on  répand,  en  couverture, 
des  gadoues  de  Paris  à raison  de  80,000  kilos 
à l’hectare.  Quand  les  terres  sont  déjà  suffi- 
samment ameublies,  on  peut  remplacer 
ces  80,000  kilos  de  gadoues  par  300  kilos  de 
superphosphate  de  chaux  (titrant  16  p.  100 
d’acide  phosphorique  soluble),  et  150  kilos 
de  chlorure  de  potassium.  Puis,  au  moyen 
de  la  bineuse  à cheval,  on  dégage  la  tête 
des  griffes,  pour  que  les  turions  se  « corsent  » 
en  s’élargissant  au  grand  air. 

Au  printemps  de  la  deuxième  année,  on 
donne  un  hersage,  après  avoir  répandu, 
aux  endroits  qui  déjà  avaient  pu  recevoir 
l’engrais  chimique  cité  plus  haut,  du  nitrate 
de  soude  à raison  de  150  kilos  à l’hectare. 
Quelque  temps  après,  les  lignes  de  plants 
sont  rechaussées  à l’aide  de  la  bineuse  à 
cheval,  montée  de  trois  Lutteurs.  Les  bi- 
nages d’été  sont  ensuite  réduits  de  moitié, 
et  n’ont  plus  lieu  qu’à  la  main.  En  effet,  la 
hauteur  des  tiges  d’ Asperges,  qui  peuvent 
atteindre  jusqu’à  1*"50  dès  cette  deuxième 
année,  rendrait  impraticable  l’emploi  des 
outils  à cheval. 

En  octobre,  on  coupe  les  tiges  d’As- 
perges,  qui  sont  utilisées  par  le  fermier 
comme  litière,  lui  économisant  ainsi  plus 
de  60,000  kilos  de  paille  ! 

En  novembre,  on  dégage  la  tête  des  tu- 
rions, toujours  avec  la  bineuse  à cheval,  et 
l’on  entre  alors  dans  la  saison  du  forçage. 
Au  fur  et  à mesure  des  besoins,  les  griffes 
sont  déchaussées  par  l’action  d’une  Brabant 
double,  attelée  de  trois  ou  de  quatre  che- 


vaux, qui  retourne  une  bande  de  50  centi- 
mètres de  large  sur  30  de  profondeur.  Cette 
charrue  est  spéciale  à ce  travail,  les  socs 
et  les  versoirs  en  sont  d’un  tiers  plus  larges 
que  ceux  des  Brabants  doubles  ordinaires. 
Les  griffes  sont  recueillies  par  derrière  et 
rentrées  en  serre.  Annuellement,  leur 
nombre  est  d’environ  cinq  cent  quarante 
mille,  qui  viennent  successivement  s’en- 
gouffrer dans  cette  serre  de  1,490  mètres 
dont  nous  avons  parlé,  et  d’où  elles  ressor- 
tent, après  quinze  jours  de  plantation  au 
plus,  sous  forme  d’appétissantes  bottes. 

B faut  dire  qu’elles  y sont  plantées  à 
« touche-touche  »,  dans  des  planches 
larges  de  1™  50  et  longues  de  25  mètres,  au 
nombre  de  trente-deux.  Ces  planches  sont 
simplement  en  terre  de  jardih,  mais  avant 
de  prendre  cette  terre,  on  en  a préalable- 
ment enlevé  la  couche  supérieure  à la 
pelle,  afin  d’éviter  l’introduction  des  herbes 
dans  la  serre.  C’est  sous  le  dallage  de  ces 
planches  de  terre  que  circulent,  à 30  centi- 
mètres de  profondeur,  les  tuyaux  du  ther- 
mosiphon. 

La  serre,  elle-même,  n’est  pas  moins  bien 
agencée.  Elle  est  composée  de  seize  travées, 
disposées  sur  deux  rangées  de  huit  cha- 
cune. Ces  deux  rangées  aboutissent  à un 
grand  couloir  central,  sous  lequel  est  ins- 
tallée la  chaufferie.  Chaque  travée  mesure 
25  mètres  de  long  sur  3™  40  de  large  et 
2 mètres  de  hauteur  prise  du  faîtage  au 
dallage  du  sentier.  Ce  dallage  se  trouve  à 
40  centimètres  en  contre-bas  de  celui  du 
couloir  central.  Le  bordage  du  sentier  est 
exactement  d’une  hauteur  correspondante  à 
cette  différence  de  niveau,  et  il  est  recou- 
vert d’un  feuillard  qui  forme  rail.  Les  rails 
de  chaque  travée  vont  tous  se  relier  à une 
voie  établie  sur  le  plancher  du  couloir  cen- 
tral, au  moyen  de  plaques  tournantes,  et 
des  wagonnets  circulent  ainsi  dans  toute 
l’étendue  de  la  serre,  transportant  les 
terres,  les  plants  et  les  produits  récoltés. 

Faut -il  dire  que  la  serre  est  éclairée  au 
gaz,  et  qu’un  jour  ou  l’autre  elle  le  sera  à 
l’électricité,  fabriquée  sur  place  ? 

Bref,  la  production  y est  mathématique  : 
les  grosses  Asperges  poussent,  par  jour,  de 
2 centimètres  ; les  moyennes,  de  4,  et  les 
fines,  de  6.  En  quinze  jours,  la  plupart  ont 
atteint  40  à 45  centimètres  de  longueur,  et, 
vertes  aux  deux  tiers,  sont  cueillies, 
triées,  mises  en  bottes,  et  vendues  aux 
Halles. 

Tout  cela  ne  va  pas  sans  une  adminis- 
tration savamment  organisée,  sans  un  per- 


138 


LES  HÉMÉROCALLES. 


sonnel  nombreux  et  expert,  sans  un  maté- 
riel spécial  et  compliqué. 

Et  — ajoutons-le  — cela  n’a  pas  été  ob- 
tenu sans  de  longues  années  d’observations, 
d’expériences,  ni  d’efforts  persévérants. 

Gomme  conclusion  pratique,  on  voit  qu’il 


est  possible,  dans  toute  exploitation  munie 
de  serres  de  hauteur  ordinaire,  de  se  faire 
soi-même,  bien  que  par  des  procédés  plus 
restreints,  de  l’Asperge  verte,  depuis  no- 
vembre jusqu’en  mai. 

J. -Fr.  Favard. 


LES  HÉMÉROCALLES 


Dans  un  précédent  article  nous  avons 
étudié  les  Funkia  genre  voisin  qu’on 
réunit  parfois  au  genre  Hemerocallis , 
quoique  bien  distinct,  et  nous  avons  indiqué 
les  caractères  qui  les  différencient.  Nous 
n’aurons  donc  pas  à y revenir  aujourd’hui 
et  nous  consacrerons  cette  note  aux  Heme- 
rocallis proprement  dits. 

Ce  sont  aussi  de  belles  plantes  herbacées, 
vivaces  et  rustiques,  peu  nombreuses  en 
espèces  (cinq  ou  six),  mais  très-largement 
dispersées  dans  la  zone  tempérée,  car  elles 
s’étendent  depuis  l’Europe  centrale  jusqu’en 
Asie  et  au  Japon,  et  deux  espèces  croissent 
spontanément  en  France. 

Souvent  classées  hort.icolement  parmi 
les  plantes  bulbeuses,  les  Hémérocalles  ne  le 
sont  point  au  sens  propre  du  mot,  car  leur 
souche  est  simplement  pourvue  de  racines 
longues,  assez  grosses  et  charnues,  portant 
des  radicelles  fdiformes.  Les  feuilles  sont 
toutes  radicales,  subengaînantes  à la  base, 
à limbe  allongé,  étroit,  plié  en  gouttière. 
Les  hampes,  qui  naissent  entre  les  feuilles, 
sont  nues,  dressées,  dépassant  beaucoup  ces 
dernières  et  courtement  ramifiées  au  som- 
met; elles  portent  un  petit  nombre  de 
grandes  Heurs  jaunes  ou  orangées,  odo- 
rantes ou  inodores,  courtement  tubuleuses 
et  à divisions  campanulées  ; les  étamines 
sont  déjetées  de  côté.  Leur  floraison  est  esti- 
vale, abondante  et  assez  prolongée.  Presque 
toutes  les  espèces  connues  sont  introduites 
dans  les  jardins  et  plusieurs  y comptent 
même  des  variétés. 

H.  flava,  Linn.  — Hémérogâlle  jaune;  Lis 
Asphodèle  — Belle  espèce  indigène,  commune 
dans  les  jardins  et  cultivée  depuis  fort  long- 
temps. Ses  feuilles  sont  étroites,  canaliculées, 
dressées  et  touffues.  Les  hampes,  hautes  de  60  à 
80  centimètres,  portent  un  bouquet  de  fleurs 
courtement  pédonculées,  jaune  clair,  dressées, 
en  forme  d’entonnoir,  longues  de  6 à 7 centi- 
mètres et  exhalant  un  parfum  d’Oranger  très- 
suave  ; les  segments  sont  plans,  suhégaux,  un 

1 Voir  Revue  horticole,  1897,  page  114. 


peu  aigus,  avec  des  nervures  non  ramifiées. 
Fleurit  en  mai-juin.  Habite  l’Europe,  notam- 
ment quelques  points  du  midi  de  la  France,  et 
s’étend  jusqu’en  Sibérie  et  au  Japon.  On  en 
connaît  une  variété  cruenta,  Hort.,  à Heurs 
jaune  orangé. 

H.  fulva,  Linn.  — Hémérogâlle  fauve 
(fig.  52).  — Plante  bien  plus  forte  que  la  précé- 
dente, dépassant  1 mètre,  à grandes  feuilles 
larges,  très-longues  et  arquées  supérieurement. 
Les  hampes  sont  fortes,  garnies  de  quelques 
bractées  et  portant  des  fleurs  pédonculées,  bien 
plus  grandes  que  dans  l’espèce  précédente, 
plus  évasées  (10  centimètres  de  diamètre), 
d’un  jaune  orangé  fauve,  complètement  ino- 
dores, avec  les  trois  divisions  internes  chagri- 
nées. Fleurit  en  juin-juillet  et  pendant  assez 
longtemps,  bien  que  ses  fleurs  soient  de  courte 
durée.  Cette  espèce  est  également  indigène, 
mais  plus  commune  que  la  précédente  dans  le 
Midi  et  en  particulier  dans  le  sud-ouest.  Elle 
est  cultivée  depuis  fort  longtemps  et  commune 
même  dans  les  anciens  jardins,  où  elle  croît 
presque  sans  soins. 

Elle  a produit  une  belle  variété  à grosses 
fleurs  doubles  (fig.  52.),  d’un  jaune  orangé  à 
la  base,  passant  au  rouge  sanguin  vers  le  mi- 
lieu du  limbe  et  qui  durent  plus  longtemps 
que  celles  du  type  ; on  en  cultive  aussi  une 
forme  à feuilles  panachées  ou  plus  exactement 
rubanées  de  blanc  jaunâtre  {H.  Kwanso, 
Hort.)  et  Maximowicz  a décrit  une  variété 
longiiuha  {H.  angustifolia,  Baker),  dont  le 
tube  du  périanthe  égale  la  moitié  de  la  lon- 
gueur des  segments. 

UH.  disticha,  Don,  originaire  du  Népaul, 
ne  s’en  distingue  guère,  quoique  admis  comme 
espèces  par  divers  auteurs,  que  par  ses  fleurs 
plus  petites  (5  à 7 centimètres),  d’un  jaune 
fauve  au  dedans  et  clair  en  dehors  ; on  en 
connaît  aussi  une  forme  à fleurs  doubles. 

H.  Bmaorüeri,  Morr en.  {H.  S iebo ldi,  Hort.) 
— Belle  plante,  quoique  un  peu  délicate,  dont 
les  feuilles  sont  longues  de  40  à 50  centimètres. 
Les  hampes,  très-ramifiées,  portent  une  à trois 
grandes  fleurs  jaune  orangé  en  dedans,  bru- 
nâtres en  dehors  et  accompagnées  d’une  brac- 
tée carénée  et  vert  brûnâtre.  La  floraison  a 
lieu  en  mai-juin  et  parfois  de  nouveau  â l’au- 
tomne. 


LES  HÉMÉROCALLES. 


139 


H.  minor,  Mill.  — Petite  plante  haute  d’en- 
viron 40  centimètres,  à feuilles  étroites,  caré- 
nées et  aiguës.  Les  hampes  sont  grêles,  com- 
primées, simples  et  portent  deux  à trois  fleurs 
presque  petites,  jaunes,  teintées  de  vert  à l’exté- 
rieur, faiblement  odorantes,  avec  les  trois  seg- 
ments internes  ondulés.  Fleurit  en  juin. 
Habite  la  Sibérie  et  s’étend  jusqu’au  Japon. 
Espèce  assez  rare  dans  les  cultures,  bien  que 
son  introduction  remonte  à la  fin  du  siècle  der- 
nier. 

L'H.  graminea,  Andr.,  quoique  élevé  au 
rang  d’espèce  par  les  auteurs,  s’en  distingue 
surtout  par  ses  feuilles  très-étroitement  linéai- 
res, graminiformes,  comme  son  nom  l’indique 
du  reste. 

H.  Middendorfii,  Trautv.  et  Mey.  Héméro- 
CALLE  DE  Sibérie  (fig.  53).  — Belle  et  recom- 
mandable espèce  à feuilles  vert  pâle,  étroites, 
canaliculées,  touffues  et  arquées  en  dehors.  Les 
hampes,  grêles  et  complètement  nues,  attei- 


Fig.  52.  — Hemerocallis  fulva,  var.  flore  pleno. 


gnent  60  à 80  centimètres  et  portent  au  som- 
met un  bouquet  de  cinq  à dix  fleurs  sessiles  et 
entourées  d’une  bractée  engainante,  très-carac- 
téristique ; elles  sont  jaune  d’or  foncé  et  à 
tube  très-court.  La  floraison  a lieu  dès  la  fin 
de  mai  et  recommence  en  septembre,  ce  qui 
rend  la  plante  très-recommandable.  Habite  la 
Sibérie  orientale  jusqu’au  Japon. 

Culture,  emplois  et  mutipligation.  — 
Les  Hémérocalles  sont  absolument  rustiques 
et  nullement  délicates  ; elles  prospèrent 
presque  en  tous  terrains  et  à diverses  exposi- 
tions. Cependant,  les  sols  de  nature  consis- 
tante, profonds  et  frais,  sont  ceux  qui  leur 
conviennent  le  mieux.  Bien  que  l’eau  et  le 
soleil  leur  soient  favorables,  elles  prospèrent 
néanmoins  à mi-ombre,  avantage  qui  per- 
met de  les  placer  sans  crainte  dans  bien 
des  endroits  où  d’autres  plantes  ne  pour- 


raient vivre;  sous  ce  rapport,  VIL  fulva  est 
excessivement  vigoureux  et  le  plus  ro- 
buste. 

Ces  plantes  ont  de  nombreux  emplois  ; 
on  peut  en  effet  les  associer  aux  séries  de 
plantes  vivaces,  les  disperser  dans  les  plates- 
bandes,  les  placer  devant  les  massifs  d’ar- 
bustes, en  former  des  corbeilles,  des  groupes 
ou  des  sujets  isolés  sur  les  pelouses  et  même 
les  élever  en  caisses  pour  orner  alors  les 
balcons  et  les  terrasses.  Leurs  hampes  fleu- 
ries entrent  en  outre  très- avantageusement 
dans  la  confection  des  bouquets  ou  des 
gerbes  servant  à orner  les  grands  vases 
d’appartements,  etc. 

La  multiplication  peut  s’effectuer  par  le 
semis,  mais  on  a le  pins  souvent  recours  à 
la  division  des  pieds,  ce  procédé  étant  plus 


Fig.  53.  — Hemerocallis  Middendorfii. 


simple  et  plus  rapide.  Les  graines  se  sèment 
dès  leur  maturité  ou  au  printemps,  en  pé- 
pinière ; on  repique  les  plants  en  pépinière 
quand  ils  sont  suffisamment  forts,  puis  on 
les  met  en  place  l’année  suivante. 

La  division  des  pieds  se  fait  à l’automne 
de  préférence  ou  au  printemps.  On  ne  doit 
diviser  que  les  touffes  très-fortes,  celles  qui 
ont  au  moins  quatre  ou  cinq  ans  d’âge,  car 
c’est  lorsqu’elles  ont  acquis  un  certain  dé- 
veloppement qu’elles  font  le  plus  d’effet. 
Dans  ce  but,  il  convient  de  faire  des  divi- 
sions d’une  certaine  force,  afin  de  pouvoir 
les  mettre  en  place  de  suite  ; quand,  au 
contraire,  on  veut  obtenir  un  grand  nombre 
de  plantes  et  que  les  éclats  sont  alors  petits, 
il  est  préférable  de  les  cultiver  en  pépinière 
pendant  un  an. 

S.  Mottet. 


140 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE  DE  FRANCE. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  25  FÉVRIER  1897 


Concours  d’Orchidées. 

Concours  considérable  et  rempli  de  jolies 
choses.  Le  pourtour  de  la  grande  salle  en  était 
tout  encadré,  et  chacun  des  lots  présentés  se 
faisait  remarquer  par  une  particularité  diffé- 
rente des  autres. 

L’apport  le  plus  intéressant  était  celui  de 
M.  Jacob,  jardinier  au  domaine  d’Armainvil- 
liers,  à cause  des  jolis  hybrides  dont  il  était 
composé  : 1<>  Le  Cattleya  Leroyana,  hybride 
du  Cattleya  Gigas  et  du  Lælia  purpurata.  Il 
existe  un  hybride  inverse,  le  C.  calyxoglossa, 
mais  le  premier  lui  est  bien  supérieur  ; 2»  Trois 
beaux  exemplaires  de  Cymbidium  armainvil- 
lierense,  hybride  de  C.  eburneum  et  de  C.  Lo- 
wii^  plantes  superbes,  à végétation  vigoureuse, 
à hampes  floribondes,  à fleurs  fournies,  con- 
sistantes, d’un  nankin  crémeux  ; 3"  Un  Odon- 
toglossum  Leroyanum  superbum,  hybride  de 
rO.  grande- Alexandræ  et  de  l’O.  luteo-pur- 
pureum.  En  attribuant  la  médaille  d’or  à ce 
concours,  le  jury  a eu  l’assentiment  général.  Il 
consacrait  ainsi  les  éloges  reçus  par  M.  Jacob, 
et  qui  vont  aussi  au  chef  des  cultures  d’Ar- 
mainvilliers,  M.  Leroy. 

Le  lot  de  M.  Peeters,  de  Bruxelles,  venait 
ensuite  comme  importance.  Il  se  distinguait 
par  beaucoup  de  plantes  rares  et  à grand  effet, 
entre  autres  : un  Miltoiiia  Bleuana  aurea, 
portant  une  belle  macule  d’un  jaune  ocre  sur 
sa  partie  inférieure,  tandis  que  les  sépales 
de  la  périphérie  sont  maculés  de  rose  ; un 
Dendrobium  fimbriatum  oculatum^  jaune 
abricot  à œil  noir,  nuance  de  grand  effet  ; un 
Pleurothallis  Rœzlii,  dont  le  port  rappelle 
celui  du  « Sceau-de-Salomon  »,  à fleurs 
pendantes,  en  cloches,  d’un  brun  vernissé  ; 
un  Epiphronilis  Veitchii,  vermillon  vif,  à 
labelle  simulant  une  fleur  de  Cuphea.  Puis 
un  Cœlogyne  cristata  alba,  un  Ly caste 
Skinneri  alba,  un  Cymbidium  eburneo-Lowii 
inversum,  et  enfin  la  plante  la  plus  chère, 
parait-il,  de  tout  le  concours,  le  Cypripe- 
dium  insigne  Sanderæ,  jaune  citron  mar- 
giné  de  blanc,  et  un  peu  frangé  au  sommet 
du  pavillon,  et  dont  l’ensemble  est  d’une  rare 
consistance  : on  le  dirait  en  cire.  Il  aurait  été 
coté  quelques  milliers  de  francs  ! 

Le  lot  de  MM.  Duval  et  fils,  rempli  d’ailleurs 
de  choses  belles  et  curieuses,  était  remar- 
quable par  une  série  à' Odontoglossum  cris- 
pum,  de  la  race  de  Pacho.  Parmi  les  diverses 
formes  de  Pacho  observées,  il  en  est  un,  de 
teinte  lilacée,  tout  à fait  hors  de  pair.  Noté 
aussi  un  Lælia  flava,  jaune  très-vif. 

M.  Drieger,  jardinier  chez  M«ie  Halphen,  à 
Ville-d’Avray  (Seine-et-Oise),  avait  un  apport 


intéressant,  surtout  par  ses  Phalænojysis  Schil- 
leriana,  Lælia  cinnabarina,  Cattleya  Trianæ 
divers,  parmi  lesquels  une  variété  quadricolor 
très-remarquable,  de  même  qu’une  forme  de 
Lælia  Skinneri,  aux  fleurs  grandes,  consis- 
tantes, blanc  rosé,  à cœur  rosé,  avec  du  rose 
vif  par  places,  formant  ainsi  une  belle  grada- 
tion de  tons. 

Le  concours  deM.  Page,  jardinier  chez  M.  Ro- 
bert Lebaudy,  donnait  la  note  des  fortes 
plantes  aux  coloris  étincelants.  Remarqué 
entre  autres  : le  Cattleya  Leopoldi,  très- 
haut,  à ombelle  d’un  beau  rose  ; le  Maxillaria 
Sanderiana,  d’un  vineux  sombre  ; le  Phajus 
grandifolius,  portant  de  beaux  et  longs  sé- 
pales chamois  ; un  Oncidium  Krameri,  dont 
la  fleur  ressemble  à un  papillon  ; sans  compter 
une  série  de  beaux  Cattleya  Trianæ  de  di- 
verses nuances. 

On  voyait  des  spécimens  non  moins  curieux 
dans  la  collection  de  M.  Octave  Doin  : le  So- 
phronitis  grandiflora,  grosse  touffe,  aux  fleurs 
d’un  vermillon  intense,  dont  les  sépal-es  sont 
étalés  comme  les  ailes-  d’un  papillon  au  repos, 
et  dont  le  labelle  rappelle  un  peu  la  corolle 
d’un  Cuphea;  le  Cypripedium  niveum  maxi- 
mum, plante  basse,  mais  à hampe  relative- 
ment élevée  et  à grosse  fleur  ; puis  le  Lycaste 
Skinneri  alba,  les  Cattleya  Trianæ  semon- 
tensis  et  Schrœderæ. 

M.  Truffaut  n’avait  apporté,  à part  un  Den- 
drobium primulinum,  qu’une  collection  de 
Cattleya  Trianæ,  mais  combien  remarquable 
par  la  culture  et  par  la  diversité  des  formes  et 
des  nuances  ! 

Noté  enfin,  dans  le  lot  de  M.  Bert,  de  Bois- 
Colombes,  aussi  parmi  des  Cattleya,  le  C.  Gi- 
gas et  le  C.  Trianæ  alba;  puis  un  Cœlogyne 
alba,  d’une  grande  floribondité,  et  des  Odon- 
toglossum  Coradinei  et  crispum. 

Horticulture. 

MM.  Duval  et  fils  présentaient  deux  spéci- 
mens du  Vriesia  Bros,  hybride  obtenu  par  eux 
des  V.  (Encholirion)  corallina  rosea  et  Mor- 
reno-Barilleii.  Cette  plante  marque  un  très- 
grand  progrès  sur  les  précédentes,  non  seule- 
ment comme  forme,  mais  aussi  et  surtout 
comme  vigueur  et  comme  tenue. 

Les  mêmes  présentaient  un  Anthurium  La 
France,  hybride  de  VA.  Président  Carnot, 
rose  chamois , et  de  VA.  Scherzerianum 
album.  Cette  nouveauté  a la  spathe  très-con- 
sistante et  régulièrement  piquetée  de  rose  cha- 
moisé  et  de  blanc.  Puis  sept  autres  Anthurium 
de  race  distincte  à cause  de  l’ampleur  particu- 
lière de  leur  feuillage  et  de  leurs  spathes 


SUR  LA  REPRODUCTION  DES  PLANTES  PANACHÉES  PAR  LE  SEMIS. 


remarquablement  élargies.  Enfin,  une  très- 
belle  touffe  à' Aiijparagus  Sprengeri,  qui  est 
en  train  de  se  panacher  de  blanc. 

Bon  succès  aussi  pour  M.  Millet,  de  Bourg- 
la-Reine,  avec  ses  Violettes  La  France,  grosse 
fleur  aux  pétales  larges  et  arrondis  ; Amiral 
Avellan,  violet  pourpre,  déjà  vue  ; California, 
longuement  pédonculée,  et  Dybowski,  encore 
peu  fleurie. 

Enfin,  M.  J.  Sallier  présentait  des  Primula 
obconica  rosea,  aujourd’hui  bien  caractérisées; 
des  P.  denticulata,  petite  ombelle  de  fleurs 
roses,  hauteur  en  fleurs  : 15  centimètres  au 


141 

plus,  et  des  P.  acuulis  cœrulæa,  très-jolie  nou- 
veauté. 

Culture  potagère. 

Présentation  intéressante  du  Haricot  jaune 
hâtif  de  Chalandray,  par  M.  Lefièvre,  jardi- 
nier-chef chez  Mmo  Lefebvre,  au  château  de 
Gonches,  par  Lagny  (Seine-et -Marne).  Les 
qualités  de  ce  Haricot,  qui  donne  « de  l’ai- 
guille »,  en  culture  forcée,  avec  une  rapidité 
extraordinaire,  surtout  quand  il  est  entre 
bonnes  mains,  ne  sont  plus  à discuter. 

H.  Dauthenay. 


SUR  LA  REPRODUCTION  DES  PLANTES  PANACHÉES  PAR  LE  SEMIS 


La  panachure  des  feuilles,  chez  les  végé- 
taux, est  attribuée  à un  état  morbide,  dû  à 
un  manque  de  chlorophylle  affectant  cer- 
taines parties  du  limbe,  sous  forme  soit  de 
taches  ou  macules  généralement  irrégu- 
lières, soit  de  bandes  plus  ou  moins  larges, 
presque  toujours  longitudinales  et  margi- 
nales, rarement  transversales. 

Les  plantes  panachées,  partiellement 
chlorotiques  par  l’absence  de  matière  chlo- 
rophyllienne dans  une  portion  de  leurs  tis- 
sus, sont  donc  des  végétaux  malades,  et 
cela  paraît  si  vrai  que  la  presque  totalité 
des  végétaux  ainsi  affectés  sont  beaucoup 
moins  vigoureux  que  les  types  dont  ils  sont 
sortis.  La  panachure  a toujours  une  nais- 
sance accidentelle  et  elle  se  produit  le  plus 
souvent  par  dimorphisme  sur  un  rameau 
quelconque  d’un  végétal,  comme  d’autres 
fois  elle  apparaît  dans  le  semis  des  graines 
d’une  plante. 

La  reproduction  d’une  panachure  est 
chose  très-facile  quand  il  est  possible  de 
multiplier  le  végétal  atteint  par  le  grefl'age, 
le  bouturage  ou  le  marcottage  ; mais  il  n’en 
est  pas  de  même  lorsque  l’on  a affaire  à des 
plantes  annuelles  ou  bisannuelles,  qui  ne 
peuvent  se  perpétuer,  en  général,  que  par 
leurs  semences.  Dans  ce  cas,  il  est  d’une 
importance  capitale  de  savoir  jusqu’à  quel 
degré  cette  reproduction  d’albinisme  peut 
avoir  lieu  dans  les  descendants  d’un  individu 
panaché,  et  comme  suite,  quelle  confiance 
l’on  peut  accorder  aux  semis  de  ce  genre. 

Si,  en  principe,  la  panachure  est  une  ma- 
ladie il  demeure  étonnant  qu’elle  ait  la 

1 Si  la  chlorose  (panachure)  est  un  affaiblisse- 
ment, la  duplicature  semble  une  pléthore  ou  un 
excès  de  vigueur.  Cependant  nous  voyons  que  la 
Ravenelle  à feuilles  panachées  {Cheiranthus  Cheiri 
foUis  variegatis),  a les  fleurs  doubles,  comme  l’a 
démontré  Ed.  Morren.  — E.  A. 


faculté  de  se  reproduire  dans  la  progéniture 
d’une  plante  qui  en  est  frappée  et  devenir 
ainsi  héréditaire  ; il  est  cependant  vrai  que 
d’autres  anomalies  végétales,  telles  que  le 
nanisme,  la  prolifération,  la  duplicature, 
la  pélorie,  la  coloration  calycinale,  etc., 
pour  être  des  monstruosités,  n’en  ont 
pas  moins  le  pouvoir  de  se  perpétuer  par  le 
semis  d’une  façon  souvent  presque  complète. 

La  règle  générale  qui  admet  que  les 
plantes  panachées  ne  peuvent  se  reproduire 
par  le  semis  de  leurs  graines  se  trouve  con- 
firmée par  des  exceptions  remarquables. 
En  effet,  alors  que  la  plupart  des  végétaux 
ligneux  ou  même  vivaces  de  plein  air  ou  de 
terre  n’ont  pas  cette  faculté  de  se  perpé- 
tuer, même  en  partie,  par  le  semis  dans 
leurs  formes  panachées,  soit  qu’ils  retour- 
nent au  type  normal,  soit  qu’ils  deviennent 
tout  à fait  chlorotiques  et  par  suite  incapa- 
bles de  vie,  certaines  plantes,  qui  se  repro- 
duisent par  la  génération,  donnent  une 
forte  proportion,  parfois  même  la  totalité 
d’individus  plus  ou  moins  panachés,  dans 
un  semis  de  leurs  graines. 

Et  comme  l’étude  d’un  pareil  sujet  a be- 
soin d’être  appuyée  par  l’expérience  et  non 
rester  basée  sur  des  théories  quelconques, 
nous  avons  essayé  la  majeure  partie  des 
végétaux  à feuillage  panaché  d’une  façon  ou 
d’une  autre  et  ne  se  multipliant  généra- 
lement que  par  leurs  semences.  A cet  effet, 
les  graines  des  plantes  suivantes  ont  été 
achetées  dans  le  commerce,  semées  à leur 
époque  normale  et  selon  leur  nature  ; vingt 
pieds  ont  été  choisis  au  hasard,  repiqués  et 
traités  suivant  le  mode  de  culture  propre  à 
chaque  espèce. 

Voici  les  résultats  obtenus  : 

Ancolie  des  jardins  à feuille  panachée. 
13  pieds  sont  bien  panachés,  le  reste  est  vert  ; 


142  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES. 


les  plantes  dont  la  panachure  est  bien  accen- 
tuée sont  très-délicates. 

Belle  de  nuit  à feuille  panachée.  15  pieds 
sur  20  sont  bien  panachés,  le  reste  est  à feuil- 
lage vert  et  beaucoup  plus  vigoureux. 

Houblon  du  Japon  à feuille  panachée. 
17  pieds  sur  20  sont  panachés  plus  ou  moins 
fortement. 

Lavatère  en  arbre  à feuille  panachée.  Tous 
les  20  pieds  sont  panachés  mais  avec  plus  ou 
moins  d’intensité  ; les  mieux  panachés  sont 
beaucoup  moins  vigoureux  que  les  autres. 

Lunaire  annuelle  à feuille  panachée.  Tous 
les  20  pieds  sont  également  panachés.  Repro- 
duction parfaite  d’une  jolie  panachure. 

Maïs  du  Japon  panaché.  Tous  les  pieds  sont 
parfaitement  et  régulièrement  panachés.  C’est 
une  preuve  de  la  patience  des  horticulteurs  ja- 
ponais dans  cette  recherche  de  panachure  chez 
les  plantes. 

Soleil  annuel  à feuille  panachée.  13  pieds 
sur  20  sont  irrégulièrement  panachés,  les  au- 
tres sont  du  double  plus  vigoureux  et  tout  à 
fait  verts. 

Chou  cabus  panaché.  10  pieds  sont  bien  pa- 
nachés, dont  quelques-uns  ont  même  du  mal 
à vivre  faute  de  chlorophylle  ; 5 autres  le  sont 
moins,  et  le  reste  est  retourné  au  type  à feuille 
verte. 

Céleri  plein  blanc  d’Amérique  {White 
plume).  Tous  les  pieds  sont  panachés  dans 
leurs  feuilles  du  centre.  L’albinisme  atteint 
même  les  pétioles. 

Il  est  intéressant  de  remarquer  que  chez 
les  plantes  précitées,  généralement  perpé- 
tuées par  le  semis  de  leurs  graines,  la 
reproduction  de  la  panachure  a lieu  sur  un 


chiffre  assez  élevé  ; certaines  mêmes  se  re- 
produisent presque  intégralement. 

Un  fait  frappant  ressort  d’expériences 
faites  avec  des  graines  de  plantes  vivaces  ou 
sous-ligneuses,  dans  leurs  formes  pana- 
chées : la  reproduction  de  la  panachure  est 
parfois  presque  nulle  chez  ces  végétaux. 
Ainsi  VAralia  SieholdipâTidiché  retourne  au 
type  à feuille  verte  ; il  en  est  de  même  de 
VEulalia  zehrina',  dans  des  semis  de 
Phormium  on  trouve  parfois  des  sujets  en- 
tièrement frappés  d’albinisme  et,  par  consé- 
quent, incapables  de  vie  ; ce  fait  arrive  aussi 
chez  des  Géranium  zonés  ; le  Panicum  pli- 
catum  foliis  variegatis  se  comporte  de 
même;  le  Phytolacca  decandra  à feuille 
panachée  ^ redevient  vert  lorsqu’il  est  semé, 
et  il  en  est  ainsi  de  beaucoup  d’autres  vé- 
gétaux auxquels  on  est  obligé  d’appliquer, 
pour  leur  propagation,  tous  les  procédés  de 
la  multiplication  artificielle. 

On  peut  conclure  de  ceci  que  la  faculté 
de  reproduction  des  plantes  panachées  dans 
leur  état  est  surtout  limité  à celles  qui  n’ont 
ou  dont  on  n’emploie  généralement  que  les 
graines  comme  moyen  de  multiplication  ; 
cette  faculté  disparaît  presque  entièrement 
chez  les  autres  végétaux,  prouvant  que  les 
plantes  panachées  ne  peuvent  se  reproduire 
par  leurs  graines  ; les  exemples  cités  plus 
haut  sont  des  exceptions  remarquables  ve- 
nant confirmer  la  règle  générale. 

Jules  Rudolph. 


REVUE  DES  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES 

FIGURÉES  OU  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  HORTICOLES  ÉTRANGÈRES 


PENDANT  LE  SECOND  SEMESTRE  DE  L’aNNÉE  1896  ^ 


Epidendrum  glumibracteum,  Rchb.  f. 
(Orchidées),  G.  C.,  1896,  p.  210.  — Espèce  dé- 
crite vaguement  en  1863  par  Reichenbach; 
elle  est  originaire  de  Costa-Rica  et  ressemble 
beaucoup  à VE.  ciliare.  Elle  est  d’ailleurs 
peu  importante  au  point  de  vue  horticole. 

— xipheroides,  Krzl.  (Orchidées),  G.  C., 
1896,  p.  63.  — Nouvelle  espèce  peu  différente 
de  l’E.  Xipheres.  Feuilles  coriaces.  Sépales 
lancéolés  ; pétales  linéaires  de  couleur  vert 
foncé  avec  lignes  pourpre.  Labelle  doré  avec 
callus  épais,  blanchâtre.  Origine  probable 
brésilienne. 

Episcia  chontalensis  Hook.  (Gesnériacées), 
Rev.  hort.  belg.,  1896,  p.  241,  pl.  color.  — 
Amérique  centrale  (Nicaragua).  Ancienne 
plante  presque  inconnne  aujourd’hui.  Elle  mé- 
rite une  place  à côté  des  Bertolonia  et  des 
Sonerlla  par  le  coloris  délicat  de  ses  feuilles. 

‘ Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  92. 


C’est  une  plante  herbacée  à feuilles  succu-  ' 
lentes,  opposées,  oblongues-ovales.  La  sur- 
face  supérieure  du  limbe  est  réticulée,  d’une 
couleur  vert  émeraude  au  centre  et  pourpre  i 
foncé  sur  les  bords.  Fleurs  solitaires  ou  gé-  ' 
minées,  d’une  teinte  lilas  pâle.  j 

— densa,  C.H.  Wright.  (Gesnériacées),  B.  M.,  ] 

tab.  7841.  — Demerara.  Cette  plante  appar- 
tient à la  section  Centrosolenia,  La  tige  est  : 
courte,  d’un  pourpre  foncé.  Les  feuilles  sont  ’ 
peu  nombreuses,  ovales-oblongues,  de  18  à 1 
30  centimètres  de  long,  à face  supérieure  d’un 
vert  luisant,  pendant  que  la  face  inférieure  < 
est  rouge  sang,  avec  une  très-forte  nervure 
médiane  ; fleurs  groupées  en  grappes  axillaires, 
à corolle  légèrement  courbée,  hirsute,  de  jj 
couleur  jaune  paille.  i 

2 Nous  voyons  cependant  le  Phytolacca  decandra  W 
luteola,  Ed.  And.,  introduit  du  Caucase  par  Æ 
M.  Treyve-Marie,  se  reproduire  franchement  par  B 
le  semis.  — E.  A,  9 


Plantes  nouvelles  ou  peu  connues  décrites  dans  les  publications  étrangères. 


Eranthemum  reticulatum,  Hort.  (Acantha- 
cées),  B.  M. , tab.  7480.  — Mélanésie.  BeJle 
plante  ornementale  connue  depuis  longtemps 
en  Angleterre  ; elle  ne  possède  encore  que  des 
noms  horticoles.  Arbrisseau  à feuilles  persis- 
tantes, opposées,  ovales-lancéolées,  les  plus 
anciennes  d’un  vert  luisant  avec  nervures  cou- 
leur de  soufre,  les  plus  jeunes  superbement 
réticulées  de  jaune  d’or.  Panicule  de  fleurs  à 
corolle  hypocratériforme,  à limbe  étalé  d’un 
blanc  pur  tacheté  de  rouge  sang  à la  gorge  du 
tube.  A Kew,  la  plante  atteint  une  hauteur 
de  1-30. 

Erythea  armata,  Wats.  (Palmiers),  G.  G., 
1896,  p.  424,  fig.  noire  74.  — Californie.  Ce 
Palmier  au  remarquable  feuillage  blanchâtre 
ou  d’un  bleu  glauque  est  devenu  depuis  peu 
assez  commun  dans  les  jardins  de  la  Califor- 
nie et  de  l’Europe  méridionale.  Il  est  plus 
connu  sous  le  nom  de  Brahea  RœzlU  et 
B.  glauca.  Dans  son  pays,  il  végète  parmi 
les  rochers.  A l’état  cultivé,  il  prospère  mieux 
dans  des  conditions  plus  favorables.  Sa  tige 
légèrement  épineuse  peut  s’élever  à 13  mètres. 

Escallonia  macrantha,  Hook.  et  Arnott. 
(Saxifragées),  Rev.  hort.  belg.,  1896,  p.  217, 
pl.  color.  — Chili.  Plante  ancienne  à jolies 
fleurs  roses,  aujourd’hui  disparue  des  serres. 
Floraison  abondante;  les  fleurs  se  montrent 
pendant  deux  mois,  à partir  de  mai.  C’est  la 
meilleure  espèce  pour  tapisser  les  murs  des 
serres.  On  cultive  aussi  cette  plante  en  pyra- 
mides, en  boules,  en  petits  arbres. 

Evonymus  obovatus,  Nutt.  (Célastrinées), 
Gard,  and  For.,  1896,  p.  384  ; fig.  noire  51.  — 
Arbuste  d’une  certaine  valeur  horticole  et  qui 
est  trop  négligé.  Il  est  originaire  du  Canada 
et  des  Etats-Unis  ; c’est  peut-être  une  forme 
de  VEvonymus  americanus. 

Exogonium  Purga  Lindl.  (Convolvulacées), 
The  Gard.  1896,  p.  82,  pl.  color.  1077.  — 
Mexique.  Il  est  peu  de  plantes  industrielles  ou 
économiques  qui  possèdent  une  valeur  en 
horticulture.  Le  Jalap,  qui  donne  avec  d’autres 
espèces  un  produit  purgatif  connu,  est  une 
exception.  C’est  une  plante  volubile  dont  les 
fleurs  sont  de  la  grandeur  de  celles  de  notre 
Liseron  des  {Convolvulus  sepiuin))  elles 
ont  une  agréable  teinte  violet-pourpre. 

Fritillaria  nobilis,  Salisb.  (Liliacées),  B.  M., 
tab.  7500.  — Arménie.  Jolie  petite  Friiillaire 
introduite  en  1890  par  M.  Max  Leichtlin,  et 
remarquable  par  son  port  nain,  ses  larges 
fleurs  de  couleur  vineuse,  parsemées  au 
dehors  de  petites  taches  plus  foncées.  Peut- 
être  n’est-elie  qu’une  variété  du  F.  latifo. 
lia  ou  du  F.  Kotschi/ana. 

Gladiolus  Lemoine!  Paul  Margueritte 
Lem.  (Iridées),  Illustr.  hort.,  p.  345,  pl.  color. 

Gongora  Sanderiana,  Krzl.,  n.  sp.  (Orchi- 
dées), G.  C.,  1896,  p.  456.  — Pérou.  Espèce 
pouvant  être  prise,  à première  vue,  pour  le 
G.  portentosa.  Pseudo-bulbes  de  10  à 12  cen- 
timètres de  hauteur.  Grappe  pauciflore  ; 
chaque  fleur  munie  d’un  très-long  pédoncule. 
Le  labelle  est  surtout  caractéristique,  étant 
plus  haut,  vu  sur  le  côté,  dans  cette  nouvelle 
espèce.  Les  fleurs  sont  de  couleur  jaunâtre  ou 
brune  avec  nombreuses  taches  roses  sur  les 
pétales  jaunes  blanchâtres  et  sur  la  colonne. 
Les  fleurs  foncées  ont  le  parfum  particulier 
des  Stanhopea. 


143 

Gonioscypha  eucomoides,  Baker  (Liliacées)’ 
G.  C.,  1896,  p.  748,  fig.  noire  129. — Himalaya. 
Genre  intéressant,  proche  des  Tupistra  et  des 
Aspidistra.  La  hampe  porte  un  épi  de  fleurs 
d’un  vert  foncé,  avec  des  bractées  de  couleur 
jaunâtre. 

Grammatophyllum  Rumphianum,  Miquèl 
(Orchidées),  B.  M.,  tab.  7507.  — Iles  Moluques, 
Bornéo.  Orchidée  de  très-grande  taille,  proche 
alliée  du  G.  Fenslianum.  Pseudo-bulbes 
forts,  de  18  à 24  centimètres  de  long.  La 
grappe  avec  le  pédoncule  mesure  1 mètre  ou 
Im  30.  Le  périanthe,  de  G centimètres  de 
large,  a les  pétales  semblables,  ondulés,  d’un 
vert  jaunâtre  avec  de  très-larges  taches  irré- 
gulières rouge-brun.  Labelle  trilobé  beaucoup 
plus  petit  que  les  sépales  ; disque  jaune  avec 
cinq  nervures  pourpre. 

Griffinia  Blumenavia,  C.  Koch  et  Bouché 
(Amaryllidées),  The  Gard.,  1896,  p.  208,  pl. 
color.  1083.  — Brésil.  Plante  introduite  en 
1876  par  M.  Blumenau.  Hampe  d’environ 
•30  centimètres  de  long  portant  8 fleurs.  Le 
périanthe  est  lilas  pâle,  quelquefois  blanc,  de 
6 centimètres  de  long. 

Habenaria  Elwesii  (Orchidées),  B.  M., 
tab.  7478.  — Nilgherries  (Inde).  Plante  inté- 
ressante au  point  de  vue  botanique  comme 
étant  la  première  espèce  cultivée  du  groupe 
A te.  Au  point  de  vue  horticole,  elle  est  dépour- 
vue d’intérêt. 

Hæmaria  Dawsoniana,  Reich,  f.  (Orchidées), 
B.  M.,  tab.  7486.  — Burma.  Plante  s’élevant 
à 30  centimètres  de  hauteur.  Tige  de  la  gros- 
seur d’une  plume  d’oie  portant  des  feuilles 
ovales,  acuminées,  d’un  vert  sombre  en  des- 
sous ; elles  s’élargissent  à la  base  en  un  fort 
pétiole  rose.  Fleurs  en  épis  pluriflores, 
blanches,  avec  la  colonne  et  l’anthère  de  cou- 
leur jaune.  L'HcemarLa  discolor  est  allié  si 
étroitement  avec  VH.  Dawsoniana  que  Hei- 
chenbach  considérait  ce  dernier  comme  une 
variété  de  la  première  espèce. 

Hardenbergia  monophylla,  Benth.  (Légu- 
mineuses), Rev.  hort.  belg.,  1896,  p.  169,  pl. 
color.  — Australie.  Gracieuse  plante, 
introduite  en  1790  par  Sir  J.  Banks,  mais  qui 
est  disparue  des  collections  par  suite  des  ca- 
prices de  la  mode.  Ses  fleurs  sont  abondantes, 
en  grappes  dressées,  d’un  charmant  violet 
bleuâtre  tiqueté  de  petites  taches  jaune  d’or. 
Joli  feuillage  persistant.  Elle  exige  la  serre 
froide  ou  l’orangerie  pendant  l’hiver.  Culti- 
ver en  pot,  car  elle  n’aime  pas  être  renfer- 
mée La  tjge  volubile  a besoin  d’un  support 
quelconque. 

Haworthia  xiphiophylla  (Liliacées),  B.  M., 
tab.  7505.  Cap.  Jolie  petite  espèce  à'Hawor- 
thia  qui  appartient  à la  section  Arachnoidea. 
Les  feuilles  sont  au  nombre  de  40  à 50,  en  ro- 
sette dense,  elles  sont  bordées  d’aiguillons. 
Les  fleurs  sont  en  grappes  lâches,  petites,  de 
couleur  blanche, 

Hippeastrum  Muesserianum,  L.  Lind. 

(Amaryllidées),  Illustr.  hort.,  p.  376,  pl.  co- 
lor. — Brésil.  Bel  Ilippeastrmn  dédié  à 
M.  Muesser.  La  couleur  générale  de  ses 
fleurs,  le  saumon  teinté  de  rose,  est  assez 
rare  chez  les  représentants  de  ce  beau 
genre. 


144 


CORRESPONDANCE. 


Iris  albopurpurea  (Iriclées),  B.  M.,  tab.  7511. 
— Japon.  Ce  bel  Iris  nouveau,  très-voisin  de 
17.  heæagona  du  sud  des  Etats-Unis,  a été 
importé  dans  un  lot  d7.  Iseoigata.  Avant  la 
floraison,  il  ressemble  à ce  dernier.  Les  seg- 
ments extérieurs  du  périanthe  sont  défléchis, 
de  9 centimètres  de  long  sur  4 ou  5 de  large  , ils 
sont  blancs,  tachés  de  pourpre.  Les  segments 
extérieurs  sont  plus  courts,  lancéolés  et  d’un 
blanc  pur.  Cette  plante  a fleuri  à Kew,  cette 
année,  du  milieu  à la  fin  de  juin. 

Lælla  harpophylla,  Rchb.  f.  (Orchidées), 
Llnd.,  tab.  533.  — Région  méridionale  du  Bré- 
sil. La  première  floraison  de  cette  plante  re- 
monte à 1867  ; décrite  seulement  en  1873,  elle 
n’est  pas  encore  très-répandue.  Fleurs  assez 
petites,  remarquables  par  leur  coloris  rare  ; 
comme  celles  du  L.  cinnabarina,  elles  sont 
d’un  beau  vermillon  orangé.  En  fleurs  vers  le 
mois  d'avril,  elles  rendent  de  grands  services 
dans  la  décoration  et  la  confection  des  bou- 
quets. Port  très-distinct  ; la  plante  forme  de 
petites  touffes  de  pseudo-bulbes  grêles  de  25  à 
30  centimètres  de  hauteur  portant  chacun  une 
feuille  ligulée,  étroite.  Serre  tempérée  froide. 

— pumila  alba,  var  (Orchidées),  G.  G., 
1896,  p.  424.  — Belle  variété  blanches. 

Lælio-Cattleya  x velutino  elegans  (Orchi- 
dées), G.  G.,  1896,  p.  360.  — Hybride  horti- 
cole produit  par  M.  Ch.  Maron. 

— X Schilleriana  (Orchidéesi,  G.  G.,  1896, 
p.  392.  — Magnilique  hybride  naturel  du 
Lœlia  purpurata  et  du  Cattlei/a  intermedia. 

L.  X "Wargnyana,  L.  Lind.  (Orchidées).  Lind., 
tab.  535. 


M.  L.  S.  (Var).  — Nous  vous  remercions  de 
l’envoi  de  vos  graines  des  Açores.  Elles  seront 
semées,  et  si  elles  germent  et  révèlent  une 
plante  ayant  un  intérêt  ornemental  pour  le 
Midi  de  la  France,  nous  en  reparlerons. 

M.  G.  {Loire -Inférieure).  — Nous  faisons 
étudier  la  maladie  dont  vous  nous  parlez  et 
avons  fait,  sur  la  déformation  singulière  des 
feuilles  de  Gamellia,  une  enquête  dont  nous 
vous  dirons  les  résultats  s’ils  sont  favo- 
rables. 

No  3.286  (Gard).  — Les  formes  du  Clema- 
tis  calycina  (que  d’ailleurs  VIndex  Kewensis 
identifie  spécifiquement  avec  le  G.  cirrhosa) 
sont  si  nombreuses,  qu’une  grande  confusion 
existe  actuellement  entre  elles.  Nous  cherche- 
rons à éclaircir  la  question  et  à vous  rensei- 
gner botaniquement  avec  précision,  mais  notre 
détermination  du  type  était  exacte;  seule  la  va- 
riété est  à déterminer.  Le  principal  fait  acquis 
est  que  nous  n’avons  probablement  pas  affaire  à 
une  plante  du  Cap,  comme  vous  l’aviez  pensé. 
Veuillez  nous  envoyer,  en  temps  utile,  les 
échantillons  des  végétaux  dont  vous  nous  parlez, 
ainsi  que  les  fleurs  de  votre  hybride  de  Pçcher 
et  d’Amandier. 


Lathyrus  undulatus,  Boiss.  (Légumineuses), 
B.  M.,  tab.  7499.  — Dardanelles.  Espèce 
autrefois  confondue  avec  les  L.  rotundi- 
folius  et  L.  latifolius  qui  sont  très-voi- 
sins. La  tige  est  vivace,  grimpante,  ailée.  Les 
fleurs  sont  d’un 'rose  pourpre  passant  au  bleu 
violet. 

Lourya  camp'anulata.  Baill.  (Hærnodora- 
cées),  B.  M.,  tab.  7482.  Reo.  hort.,  1889, 
p.  128,  fig.  32.  — Cochinchine.  Très-curieuse 
plante;  elle  a le  port  des  CurcuUgo  et  des 
Péliosanthes,  mais  en  diffère  par  les  étamines 
et  le  fruit  bacciforme.  Feuilles  de  30  à 60  cen- 
timètres de  long  sur  9 à 12  de  large,  oblon- 
gues-lancéolées,  droites  ou  retombantes. 
Grappes  courtes,  multiflores,  presque  corym- 
biformes,  à périanthe  largement  campanulé, 
jaune  pâle,  avec  un  disque  d’un  pourpre  noir 
au  centre.  Baie  ovoïde  d’un  bleu  sombre. 

Lowia  grandiflora,  Scortechini  (Musacées), 
G.  G.,  1896,  p.  652,  fig.  noire  lll.  — Celte 
plante  de  serre  curieuse  et  ornementale  est 
acaule;  les  fleurs  naissent  de  la  base  du  pé- 
tiole. La  feuille  est  largement  oblongue-lan- 
céolée,  acuminée.  Tube  de  la  fleur  de  7 centi- 
mètres de  long.  Les  trois  sépales  inférieurs 
réfléchis  sont  vert  olive  ; les  trois  pétales  su- 
périeurs sont  courts,  pourprés,  filiformes  à la 
base,  fimbriés  au  sommet.  Le  pétale  inférieur 
semblable  à un  labelle,  large,  étalé,  d’un  blanc 
pur  avec  une  large  côte  pourpre,  de  6 à 7 cen- 
timètres de  long.  Style  pourpre  divisé  en 
trois  stigmates  frangés. 

D.  Bois  et  G.  Gib.xult. 


No  4.029  (Cher).  — L’insecte  qui  attaque 
vos  Anthémis  est  un  Diptère  que  nous  faisons 
étudier  en  ce  moment.  C’est  encore  la  nico- 
tine qui  en  vient  le  mieux  à bout. 

La  maladie  des  Reines-Marguerites  est 
causée  le  plus  souvent  par  excès  d’humidité,  en 
facilitant  le  développement  des  Champignons 
cryptogamiques.  Ayez  soin  de  tenir  vos  plantes 
un  peu  au  sec,  et  à l’apparition  de  la  maladie, 
saupoudrez-les  avec  de  la  fleur  de  soufre. 
11  faudra  brûler  les  plantes  atteintes  fortement 
ou  incurables. 

N°  3.687  (Rhône).  — Les  Kakis  viennent 
dans  la  région  lyonnaise,  mais  ils  souffrent 
dans  les  hivers  très-rigoureux.  Le  mieux  est  de 
les  cultiver  en  espalier  le  long  d’un  mur,  où 
ils  fructifieront  facilement.  Vous  pourrez  vous 
procurer  les  meilleures  variétés  en  vous  adres- 
sant à M.  Sahut,  pépiniériste  à Montpellier 
(Hérault).  La  Revue  a publié  à plusieurs  re- 
prises des  travaux  sur  ces  intéressants  arbres 
japonais.  Consultez  votre  collection,  ou  si 
vous  n’avez  pas  ces  numéros,  vous  pourriez 
les  demander  à la  Librairie  agricole. 

N°  3.030.  — Votre  Orchidée  est  un  Gon- 
gora,  mais  l’échantillon  est  trop  incomplet  pour 
que  nous  puissions  en  déterminer  l’espèce. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  t L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


145 


CHRONIQUE  HORTICOLE 


L’Horticulture  à l’Exposition  universelle  de  1900.  — Pétition  contre  l’établissement  des  fils  aériens  des 
tramways  électriques  dans  la  banlieue  de  Paris.  — La  Société  pomologique  de  France. — Société 
nationale  des  Rosiéribtes  français.  — Traitement  hivernal  de  la  Vigne  contre  les  parasites.  — 
Adenoslijles  albifrons.  — Le  Tulipier  pour  boîtes  à cigares.  — Le  sulfatage  des  semences.  — La 
transplantation  du  Lierre.  — Micliauxia  Tchihalcheffii.  — Les  Géraniums,  par  M.  H.  Dauthenay.  — 
Exposition  d’horticulture  à Berlin.  — Expositions  annoncées.  — Nécrologie  : M.  J.- A.  Hébrard  ; 
M.  le  docteur  Hoog.  ^ 


L’Horticulture  à l’Exposition  univer- 
selle de  1900.  — Une  grande  serre,  le 
« Palais  des  fleurs  »,  sera  consacrée  à l’hor- 
ticulture dans  l’enceinte  de  l’Exposition  uni- 
verselle de  1900.  C’est  la  seule  chose  qui, 
jusqu’à  présenf,  présente  un  caractère  de 
certitude,  car  les  séances  de  la  commission 
nommée  par  la  Société  nationale  d’horticul- 
ture de  France  et  dont  nous  faisons  partie, 
n’ont  encore  abouti  qu’à  des  pourparlers  et  à 
une  visite  au  commissaire  général,  M.  Pi- 
card, qui  a donné  les  meilleures  espérances 
aux  délégués. 

C’est  sur  une  partie  de  l’emplacement  du 
Cours-la -Reine  que  l’horticulture  sera  ins- 
tallée. Elle  sera  aussi  amenée  à orner  les 
abords  des  divers  palais  de  l’Exposition, 
comme  on  l’a  fait  en  1889. 

Ce  que  l’horticulture  demande,  c’est  son 
groupement  dans  un  ensemble  imposant, 
non  seulement  au  point  de  vue  décoratif,  mais 
au  point  de  vue  de  la  facilité  de  comparer 
et  déjuger  les  efforts  faits  parles  exposants 
dans  toutes  les  spécialités  horticoles. 

Il  y a lieu  d’espérer  que  les  prochaines 
séances  aboutiront  à des  conclusions  et 
amèneront  des  décisions  favorables  que  nous 
ferons  connaître  à nos  lecteurs. 

Pétition  contre  l’établissement  des 
fils  aériens  des  tramways  électriques 
dans  la  banlieue  de  Paris.  — Au  mo- 
ment où  il  est  question  de  la  création  d’un 
grand  nombre  de  tramways  à traction  élec- 
trique destinés  à relier  les  localités  de  la 
région  parisienne  avec  la  ville  de  Paris,  et 
étant  donné  qu’il  y a tendance  à adopter 
un  système  par  fils  aériens,  un  groupe  nom- 
breux d’horticulteurs,  architectes-paysa- 
gistes et  dessinateurs  de  parcs  et  jardins, 
vivement  émus  par  cette  perspective,  ont 
adressé  au  Préfet  de  la  Seine  la  pétition 
suivante  : 

La  transplantation  des  grands  arbres  au  cha- 
riot, telle  que  la  pratique  la  Ville  de  Paris 
pour  ses  besoins  perso^nnels,  a pris  aussi  une 

1er  Avril  1897 


grande  extension  dans  les  propriétés  privées, 
et,  par  conséquent,  les  pépiniéristes,  archi- 
tectes-paysagistes et  entrepreneurs  de  jardins 
de  la  région  parisienne  ont  à transporter  jour- 
nellement sur  les  routes  de  la  banlieue  de  ces 
grands  arbres  d’une  hauteur  de  10  à 15  mètres, 
et  quelquefois  plus,  placés  debout  sur  chariots 
ad  hoc. 

Dans  certaines  grandes  pépinières  des  envi- 
rons de  Paris,  l’élevage  de  ces  arbres  constitue 
une  spécialité  et  demande  une  culture  de 
longue  haleine,  puisqu’il  faut  à ces  plantes  de 
20  à 40  années  d’âge  pour  acquérir  la  force 
suffisante. 

Si  l’on  fait  sillonner  les  routes,  ayant  accès 
à la  capitale,  de  fils  aériens  placés  à 6 ou 
7 mètres  de  hauteur,  il  arrivera  que  ce  sera  la 
ruine  complète  de  cette  partie  si  intéressante 
de  la  pépinière  et  que  cela  occasionnera  une 
perte  énorme  à certaines  maisons  qui  font  une 
spécialité  de  cette  culture,  car  il  y en  a qui 
possèdent  pour  80  à 100  mille  francs  d’arbres 
de  ce  genre.  Ces  arbres,  s’ils  ne  pouvaient  plus 
circuler  sur  les  routes,  ne  seraient  plus  bons 
qu’à  abattre  pour  faire  du  bois  de  chauffage. 

Les  soussignés  estiment  qu’on  ne  peut  im- 
punément supprimer  une  branche  de  com- 
merce ayant  celte  importance. 

Ils  appellent  aussi  l’attention  de  M.  le  Préfet 
de  la  Seine  sur  cet  autre  inconvénient  : 

La  Ville  de  Paris,  qui  prépare  son  Exposi- 
tion universelle  de  1900,  va  être  obligée  de 
tirer  des  pépinières  de  la  banlieue  une  quan- 
tité de  ces  grands  arbres  à transporter  debout 
sur  chariot,  car  elle  ne  les  aura  pas,  à beau- 
coup près,  en  nombre  suffisant  dans  ses  pépi- 
nières. 

A la  fin  de  FExposition,  le  meme  cas  se  re- 
présentera pour  reconstituer  les  promenades 
de  Paris. 

Les  pépiniéristes,  eux-mêmes,  ne  pourraient 
amener  à FExposition,  comme  ils  Font  fait  en 
1889,  les  grands  arbres  rares  qu’ils  préparent 
déjà  à cet  effet  et  qui  doivent  contribuer  à 
rehausser  le  prestige  de  l’horticulture  fran- 
çaise. 

Il  en  résulte  que,  pour  la  Ville  de  Paris 
comme  pour  les  particuliers,  les  routes  doivent 
rester  libres  et  non  obstruées  par  des  fils 
aériens. 

Venant  à l’appui  de  cet  exposé,  et  comme 


7 


146 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


preuve  du  dommage  qui  serait  causé  à la  Ville 
de  Paris  pour  son  Exposition,  il  n’y  a qu’à 
citer  l’exemple  de  la  Ville  de  Rouen,  qui  est 
dotée  d’un  système  de  fils  aériens.  L’an  der- 
nier, ayant  à organiser  un  jardin  autour  de 
son  Exposition  nationale  et  coloniale,  et  ne 
pouvant  faire  circuler  les  arbres  au  chariot,  la 
Ville  s’est  vue  dans  la  nécessité  de  recourir 
aux  gros  arbres  transplantés  à racines  nues  ; 
une  partie  n’a  pas  repris  et  le  reste  a fait 
piteuse  mine  pendant  toute  la  durée  de  l’Ex- 
position. 

Les  soussignés  viennent  donc  protester,  près 
de  M.  le  Préfet  de  la  Seine,  contre  l’adoption 
de  tout  système  de  traction  par  fils  aériens. 

Ils  insistent  d’autant  plus  fortement  dans 
leur  protestation  que  le  système  de  traction 
par  accumulateurs  fonctionne  admirablement 
sur  plusieurs  réseaux  de  Paris  et  de  la  ban- 
lieue, et  qu’il  n’offre  pas  les  graves  inconvé- 
nients énoncés  plus  haut,  sans  compter  celui 
d’être  désagréable  à l’œil. 

Fait  à Paris,  le  19  mars  1897. 

Nous  avons  signé  très-volontiers  la  pré- 
sente pétition  et  nous  faisons  des  vœux 
pour  qu’elle  soit  favorablement  accueillie. 

Car  il  ne  s’agit  pas  seulement  d’intérêts 
particuliers  respectables  ; il  y a vraiment 
ici  une  question  d’art,  et  nous  ne  saurions 
sans  protester  voir  nos  belles  routes  et  peut- 
être  un  jour  nos  magnifiques  avenues  désho- 
norées par  ces  espèces  de  toiles  d’araignées 
que  constitue  le  réseau  de  tous  les  fils  aériens. 

La  Société  pomologique  de  France.  — 

M.  Gusin,  dans  la  Pomologie  française, 
fait  de  la  Société  pomologique  de  France 
un  historique  qu’il  nous  paraît  intéressant 
de  résumer.  On  peut  résumer  ainsi  les  prin- 
cipaux traits  relatifs  à son  origine  et  à sa 
création  : 

« Il  y a un  demi-siècle,  dit  M.  Cusin,  les 
arboriculteurs  français  commençaient  à 
s’insurger  contre  la  multiplicité  des  noms 
donnés  aux  fruits,  contre  l’infériorité  d’un 
grand  nombre  de  variétés  mises  dans  le 
commerce  et  même  contre  les  erreurs  ou 
supercheries  qui  amenaient  sur  le  marché 
des  enfants  plusieurs  fois  baptisés.  » 

Nous  nous  permettrons  d’ajouter  que  ces 
errements  sont  encore  trop  fréquents  au- 
jourd’hui, 

A cette  époque,  M.  Fortuné  Willermoz 
fit  une  campagne  contre  cet  état  de  choses, 
dans  les  Annales  de  la  Société  dhorticul- 
ture  du  Rhône.  En  1839,  la  Société  d’hor- 
ticulture de  la  Seine-Inférieure  avait  déjà 
mis  un  peu  d’ordre  dans  la  nomenclature 
des  fruits  normands  par  la  publication  de 


onze  cahiers  sur  la  Pomologie  normande. 

La  concentration  s’opéra  entre  les  deux 
Sociétés  en  1856  à l’occasion  d’une  exposi- 
tion d’horticulture  tenue  à Lyon.  L’initiative 
en  revient  à Edouard  Réveil,  qui  était  alors 
présidelit  de  la  Société  du  Rhône,  ancien 
maire  de  Lyon  et  vice-président  du  Corps 
législatif. 

Le  premier  congrès  eut  donc  lieu  à Lyon 
cette  année-là.  Il  nomma  M.  Charles  Baltet 
président,  et  M.  Willermoz  secrétaire  gé- 
néral. 

En  1857,  un  semblable  congrès  décida 
que  la  session  de  1858  aurait  lieu  à Paris. 
C’est  à Paris  qu’il  prit  le  nom  de  Congrès 
pomologique  de  France.  Ce  congrès  entre- 
prit la  publication  d’un  grand  ouvrage  inti- 
tulé La  Pomologie  de  la  France,  mais 
cette  publication  ne  put  être  continuée  ; elle 
s’arrêta  au  8«  volume.  En  1866,  le  prési- 
sident,  M.  Réveil,  et  le  trésorier,  M.  Rever- 
chon,  durent  se  cotiser  pour  combler  le  dé- 
ficit causé  par  cette  entreprise.  M.  Cusin 
avait  été  nommé  secrétaire  général  en  1865 

Ce  n’est  qu’en  1872  que  l’initiative  se 
réveilla.  M.  Alphonse  Mas,  président  de  la 
Société  d’horticulture  de  l’Ain,  fut  appelé  à 
la  présidence  du  congrès,  qui  prit  alors  le 
nom  de  Société  pomologique  de  France. 
Entre  les  sessions,  la  Société  demeura  ad- 
ministrée par  la  commission  lyonnaise  qui 
prit  le  nom  de  Commission  permanente 
des  études,  qu’elle  porte  encore  aujour- 
d’hui. 

En  1876,  M.  Réveil  reprit  en  mains  l’ad- 
ministration de  la  Société,  après  le  décès  de 
M.  Mas.  M.  de  Mortillet  devint  secrétaire 
général. 

M.  Réveil  mourut  en  1886.  En  1887, 
M.  L.  de  La  Bastie,  qui  était  vice-président 
de  la  Société  depuis  1878,  accepta  la  prési- 
dence. C’est  sous  sa  direction  que  le  Bulletin 
de  la  Société  devint  le  journal  La  Pomo- 
logie française. 

La  Société  publia  dès  lors  le  Catalogue 
descriptif  de  tous  les  fruits  adoptés  jus- 
qu’en 1887.  Ce  catalogue  a été  complété  par 
un  Supplément  publié  en  1896. 

Société  nationale  des  Rosiéristes  fran- 
çais. — Nous  avons  reçu  le  premier 
Annuaire  de  la  Société  française  des 
Rosiéristes,  et  nous  sommes  heureux  de 
constater  les  progrès  qu’a  faits  cette  Société 
depuis  un  an  à peine  qu’elle  existe.  Elle 
compte  des  membres  non  seulement  dans 
toute  la  France,  mais  encore  à l’Etranger, 
et  malgré  la  modique  cotisation  de  5 francs 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


147 


qu’elle  leur  demande,  elle  publie  tous  les 
deux  mois  un  bulletin  consacré  aux  Pioses. 

Des  exemplaires  de  cet  Annuaire  seront 
envoyés  à toutes  les  personnes  qui  en  feront 
la  demande  au  secrétaire  général,  M.  Oc- 
tave Meyran,  59,  Grande-Rue  de  la  Croix- 
Rousse,  à Lyon. 

Traitement  hivernal  de  la  Vigne  con- 
tre les  parasites.  — Aux  deux  derniers 
Congrès  qui  se  sont  tenus  à Rordeaux  con- 
tre le  black-rot,  M.  G.  Croquevieille  avait 
exposé  une  méthode  préventive  consistant 
en  un  traitement  hivernal  devant  détruire 
les  germes  cryptogamiques  sur  le  bois  de  la 
Vigne. 

M.  Croquevieille  a adressé  une  communi- 
cation identique  à la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France. 

lo  Badigeonner  les  souches  avec  une  solu- 
tion de  sulfate  de  fer  à 10  p.  100  ; 

2®  Répandre  du  sulfate  de  fer  pulvérisé  à la 
surface  du  sol,  à raison  de  500  kilogrammes 
au  moins,  et  de  1,000  kilogrammes  au  plus  par 
hectare,  suivant  le  degré  de  perméabilité  du 
terrain  ; 

3“  Dans  le  cas  où  les  vignobles  voisins  n’au- 
raient pas  été  soumis  à un  traitement  préventif 
(ce  qui  sera  le  cas  encore  pendant  quelques 
années)  faire,  au  moment  de  la  veraison,  pour 
détruire  les  invasions  des  germes  extérieurs, 
soit  une  pulvérisation  au  sulfate  de  fer  à 10  °/o 
soit  un  poudrage  au  plâtre  cuit  (sulfate  de 
chaux). 

Ce  traitement  a pour  principaux  avantages  : 

1°  D’atteindre  et  de  détruire,  en  une  seule 
fois,  toutes  les  spores  cryptogamiques  qui 
sont  l’origine  delà  plupart  des  maladies  de 
la  Vigne  ; 

2®  D’économiser  la  dépense  de  la  main- 
d’œuvre  qui  résulte  des  traitements  multiples, 
et  une  partie  de  celle  consacrée  à l’achat  des 
matières  premières,  le  sulfate  de  fer  coûtant 
environ  dix  fois  moins  cher  que  le  sulfate  de 
cuivre  généralement  employé  ; 

3’  De  ne  pas  produire  de  brûlures  sur  les 
feuilles  adultes  ; 

4°  Enfin,  de  provoquer  dans  certains  ter- 
rains une  assimilation  plus  complète  et  plus 
rapide  par  les  racines  des  éléments  nutritifs 
contenus  dans  le  sol. 

Le  badigeonnage  doit  être  opéré  sitôt 
après  la  taille  et  avant  le  débourrage. 

De  nombreux  essais  de  cette  méthode 
sont  entrepris  en  grand  par  une  commission 
nommée  par  M.  le  Ministre  de  l’agriculture 
et  par  de  nombreux  viticulteurs.  Déjà,  les 
résultats  obtenus  en  1896  dans  l’Armagnac, 
par  M.  Dubuc,  et  dans  la  Gironde,  par  M.  de 
Sokolnicky,  font  présager  un  succès  complet. 


Adenostyles  albifrons.  — M.  Correvon, 
dans  sa  Flore  coloriée  de  poche,  a consacré 
un  paragraphe  à la  description  de  VAdenos- 
tyles  albifrons,  plante  originaire  des  bois 
montueux  de  la  Suisse,  assez  intéressante 
et  ayant  quelque  peu  l’aspect  d’un  robuste 
Cinéraire.  R a été  très -difficile,  sinon  im- 
possible, de  cultiver  cette  plante  en  France 
jusqu’à  présent.  Pourtant,  on  la  rencontre 
parfois  en*  pots,  et  même  dans  quelques 
jardins,  en  Suisse.  Ce  serait  rendre  service 
à l'horticulture  que  de  faire  connaître  le 
meilleur  procédé  de  sa  culture. 

Le  Tulipier  pour  boîtes  à cigares.  — 

La  fabrication  des  boîtes  à cigares  est  deve- 
nue tellement  considérable  aux  Etats-Unis 
que  l’emploi,  autrefois  unique,  du  Cèdre 
d’Espagne  n’a  pu  satisfaire  à la  demande. 
Après  avoir  essayé  sans  succès  différents 
bois  : Orme,  Noyer,  Châtaignier,  Baobab 
et  Cotonnier,  les  fabricants  ont  adopté  celui 
du  Tulipier  de  Virginie  { Liriodendron 
tulipifera).  Pour  cet  usage,  ce  bel  arbre 
est  aujourd’hui  considéré  comme  le  meil- 
leur bois  de  l’Amérique  du  Nord. 

Le  sulfatage  des  semences.  — Dans  la 
chronique  de  son  numéro  du  16  janvier 
dernier,  la  Revue  horticole  signalait  l’appa- 
rition d’une  nouvelle  et  grave  maladie  pa- 
rasitaire sur  le  Haricot.  M.  Marchai,  de 
l’Institut  de  Gembloux,  recommandait,  pour 
principal  remède,  le  sulfatage  des  se- 
mences, et  nous-mêmes  en  signalions  un 
procédé. 

M.  Schribaux,  directeur  de  la  station 
d’essais  de  semences  à l’Institut  agro- 
nomique, recommande  le  procédé  de  Kühn: 

Les  semences  étant  placées  dans  un  cuvier, 
on  y verse  une  solution  de  sulfate  de  cuivre 
à 1/2  o/o  (soit  1/2  kilo  pour  100  litres  d’eau) 
en  quantité  suffisante  pour  que  le  liquide  re- 
couvre les  semences  sur  une  hauteur  de  20  cen- 
timètres environ  ; on  remue  la  masse  énergi- 
quement, de  manière  que  les  grains  cariés, 
plus  légers  que  l’eau,  remontent  à la  surface, 
et  puissent  être  éliminés.  Les  semences  sont 
ensuite  abandonnées  dans  la  solution  pendant 
12  heures.  Ce  temps  écoulé,  on  soutire  la  so- 
lution cuprique  et  l’on  renverse  le  grain  égoutté 
sur  une  aire  bien  battue.  Pendant  qu’un  ou- 
vrier brasse  vigoureusement  la  masse,  un  aide 
la  saupoudre  de  chaux  éteinte  pulvérisée, 
jusqu’à  ce  que  les  grains  soient  bien  pralinés. 
On  étale  les  semences  et  on  les  emploie  aussi- 
tôt qu’elles  sont  ressuyées.  Le  volume  des  se- 
mences ainsi  traitées  se  trouve  presque  doublé.' 
Il  faudra  bien  tenir  compte  de  ce  gonflement 


448 


CHRONIQUE  HORTICOLE, 


dans  le  calcul  des  doses  à répandre  par  hec- 
tare. 

Ce  procédé,  assure  M.  Schribaux,  satis- 
fait à la  double  condition  d’anéantir  les 
spores  sans  nuire  à la  faculté  germinative 
des  semences. 

Le  Haricot,  dont  le  grain  est  gros,  se  prête 
aisément  à l’application  de  ce  moyen.  Mais 
sans  doute  pourrait-on  l’étendre  à la  géné- 
ralité des  semences.  Il  y aurait  d’intéres- 
santes expériences  à faire. 

La  transplantation  du  Lierre.  — On 

•ait  que  les  boutures  de  Lierre  mettent 
beaucoup  de  temps  pour  garnir  les  espaces 
que  l’on  désire  tapisser.  Il  faut  attendre 
parfois  jusqu’à  trois  ou  quatre  ans. 

Un  de  nos  abonnés  nous  écrit  qu’il  vou- 
drait bien  tapisser  rapidement  un  petit 
pignon  en  y transportant  un  fort  pied  de 
lierre  qu’il  possède. 

L’opération  n’est  pas  des  plus  faciles,  et 
réussit  rarement. 

Cependant  nous  avons  trouvé,  dans  les 
Annales  de  la  Société  horticole  de  VAube, 
un  procédé  recommandé  par  M.  Georges 
Weiss,  jardinier  à Troyes,  et  si  minutieu- 
sement décrit  qu’on  n’a  qu’à  suivre  de 
point  en  point  les  indications  précises  qu’il 
a données,  et  que  nous  reproduisons  ici  : 

<1  Après  avoir  choisi  un  vieux  pied  de 
Lierre,  on  préparera  une  petite  caisse  dont 
le  volume  variera  suivant  la  force  et  la  hau- 
teur du  pied  choisi. 

« Pour  un  Lierre  de  2 mètres  de  haut,  on 
fabriquera  une  caisse  en  bois  de  30  centi- 
mètres de  hauteur  sur  25  centimètres  de 
largeur. 

« Dans  le  fond  de  la  caisse,  et  juste  au 
centre,  faire  une  entaille  du  diamètre  de  la 
tige  du  Lierre. 

« Trois  des  côtés  seront  fixés  au  fond, 
tandis  que  le  quatrième  sera  à coulisse,  de 
manière  à pouvoir  être  enlevé,  quand  on 
désirera  se  rendre  compte  du  développe- 
ment des  racines. 

« Ces  apprêts  terminés,  passons  mainte- 
nant à la  préparation  du  pied  de  Lierre  à 
transplanter. 

« Tout  d’abord  on  éloignera,  avec  un  ins- 
trument quelconque,  le  Lierre  du  mur  ou 
de  l’arbre  auquel  il  est  accroché,  juste  assez 
pour  pouvoir  glisser  la  caisse  entre  la 
plante  et  ledit  mur  ou  arbre. 

« Ensuite,  sur  la  tige,  à l’endroit  où  l’on 
veut  faire  pousser  les  nouvelles  radicelles, 
on  enlèvera,  jusqu’à  l’aubier,  un  anneau 
d’écorce  de  2 à 4 millimètres  de  largeur. 


ou  avec  une  serpette  bien  tranchante  on 
fendra  cette  tige  et  on  y introduira  une  pe- 
tite pierre  ou  encore  on  la  serrera  prompte- 
ment à cet  endroit  avec  un  fil  de  fer. 

« Après  cette  opération,  on  glissera  la 
caisse  en  mettant  la  tige  dans  l’entaille  pra- 
tiquée au  fond. 

« Puis,  on  la  fermera  à l’aide  du  côté  à 
coulisse  ; dans  le  fond,  on  mettra  quelques 
débris  de  pots,  et  enfin  on  remplira  avec  de 
la  bonne  terre  [franche  mélangée  d’un  peu 
de  terreau.  On  aura  soin  d’arroser  de 
temps  en  temps. 

« Au  bout  de  deux  mois,  et  au  fur  et  à me- 
sure que  l’on  apercevra  les  nouvelles  racines 
(au  moyen  du  côté  à coulisse),  on  détachera 
graduellement  le  Lierre  de  son  support,  qui, 
en  même  temps,  lui  fournit  de  la  nourriture. 

« C’est  pourquoi  il  ne  faudrait  pas  l’arra- 
cher en  une  seule  fois,  car  ce  serait  lui 
supprimer  toute  sa  nourriture  d’un  seul 
coup  et,  par  conséquent,  empêcher  le  suc- 
cès de  l’opération. 

((  Quand  on  jugera  le  Lierre  suffisamment 
enraciné  pour  lui  assurer  complètement  sa 
réussite,  on  l’enlèvera  définitivement  de  son 
ancien  habitat,  en  coupant  la  tige  sous  la 
caisse  et  en  achevant  de  le  détacher  d’après 
son  soutien. 

« Les  dimensions  de  la  caisse  varieront 
suivant  la  taille  du  Lierre  ; on  les  augmen- 
tera de  8 centimètres  par  mètre.  » 

Michauxia  Tchihatcheffii,  Fisch.  et 
Heldr.  — Le  Gardeners'  Clironicle  a ré- 
cemment publié  une  belle  figure  de  cette 
rare  Campanulacée  originaire  de  l’Asie  Mi- 
neure et  qu’on  ne  connaissait  que  par  les 
échantillons  d’herbier  et  par  la  description 
botanique  que  ses  auteurs  en  avaient  donnée 
dès  1855  dans  les  Annales  des  sciences 
naturelles.  Des  graines  viennent  d’être  in- 
troduites et  mises  au  commerce  par  la  Mai- 
son Schmidt,  d’Erfurt  ; la  plante  se  répan- 
dra bientôt  dans  les  cultures. 

C’est  une  grande  plante  bisannuelle  de 
2 mètres  de  haut,  dont  les  feuilles  basi- 
laires sont  largement  oblongues,  entières, 
longues  d’environ  30  centimètres  ; l’inflo- 
rescence est  une  longue  panicule  spici- 
forme,  chargée  de  fleurs  blanches,  fascicu- 
lées  par  deux-quatre,  et  à corolle  découpée 
jusqu’au  milieu  en  segments  oblongs  éta- 
lés. La  haute  altitude  (1,500  mètres),  à la- 
quelle croît  la  plante,  parmi  les  rochers, 
permet  d’espérer  qu’elle  sera  rustique  chez 
nous  et  pourra  avantageusement  trouver 
place  dans  les  grandes  rocailles. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


149 


Les  Géraniums,  par  M.  H.  Dauthenay. 
— 1 vol.  in-18  de  292  pages  avec  22  fig. 
Prix  : 2 fr.  50,  à la  Librairie  agricole 
de  la  maison  rustique,  26,  rue  Jacob,  à 
Paris. 

Une  simple  note,  sous  la  rubrique  « Ou- 
vrages reçus  »,  ne  saurait  suffire  pour  pré- 
senter à nos  lecteurs  le  bon  petit  livre  tout 
récemment  publié  par  notre  zélé  collabora- 
teur M.  Dauthenay.  Le  Géranium  {Pélar- 
gonium zonale  et  espèces  voisines)  joue  un 
rôle  tellement  prépondérant  dans  l’orne- 
mentation des  jardins  qu’un  choix  éclairé, 
d’après  une  critique  sévère,  peut  et  doit 
rendre  les  plus  grands  services  aux  horti- 
culteurs, jardiniers  de  maisons  bourgeoises 
et  propriétaires.  L’histoire,  la  sélection,  la 
culture  et  la  multiplication,  l’emploi  orne- 
mental des  Géraniums,  traités  avec  cette 
autorité,  révèlent  un  esprit  d’observation 
et  une  méthode  * auxquels  nous  sommes 
heureux  de  donner  les  plus  sincères  éloges. 

Exposition  d’horticulture  à Berlin.  — 

Le  secrétaire  général  de  l’Exposition  qui 
aura  lieu  à Berlin,  du  28  avril  au  9 mai 
1897,  M.  le  professeur  Wittmack,  nous  prie 
d’annoncer  que  cette  Exposition  sera  plus 
importante  que  celle  de  1890.  Elle  aura 
lieu  dans  le  parc  de  Treptow,  et  occupera 
plus  d’un  hectare  de  superficie.  Il  paraît 
que  les  horticulteurs  français  auraient 
intérêt  à y exposer  des  Broméliacées  et 
surtout  des  Orchidées  pour  lesquelles  le 
premier  prix  est  de  1.250  francs.  Les  de- 
mandes devront  être  adressées  au  secréta- 
riat général,  42,  Invalidenstrasse,  à Berlin. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Bourges,  du  i 5 du  mai.  — A l’occasion 
du  Concours  régional  agricole,  la  ville  de 
Bourges  organise  une  Exposition  d’horticul- 
ture, de  viticulture,  de  pisciculture,  qui  ouvrira 
le  15  mai  et  sera  close  le  23.  Cette  Exposition 
est  régionale  et  comprend  les  départements 
suivants  : Cher,  Allier,  Nièvre,  Yonne,  Loiret, 
Loir-et-Cher,  Indre-et-Loire,  Seine-et-Marne, 
Seine-et-Oise,  Eure-et-Loir,  Vienne,  Deux-Sè- 
vres, Haute-Vienne,  Rhône,  Loire  et  Maine-et- 
Loire. 

Les  produits  seront  sectionnés  en  quatre 
groupes  : horticulture,  floriculture,  viticul- 
j ;ture  et  vinification,  apiculture.  Adresser  les 
v;Ldemandes  d’admission  à la  mairie  de  Bourges. 

^ La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Jacob, 
Paris. 


Dieppe,  du  3 au  6 juillet.  — La  Société 
d’horticulture  de  l’arrondissement  de  Dieppe 
organise  une  Exposition  générale  de  l’horticul- 
ture. Cette  Exposition  se  tiendra  dans  la  cour 
de  l’Hôtel  de  Ville  de  Dieppe,  du  samedi  3 au 
mardi  6 juillet  1897  inclusivement.  Tous  les 
horticulteurs,  amateurs, jardiniers,  instituteurs, 
sont  invités  à y prendre  part.  Adresser  toute 
demande  de  renseignements  à M.  Lafosse,  pré- 
sident de  la  Société,  37,  rue  Jehan-Ribault, 
Dieppe. 

Bordeaux,  du  20  au  30  mai.  — La  ville  de 
Bordeaux,  avec  le  concours  de  la  Société  d’hor- 
ticulture de  la  Gironde  et  de  la  Société  horti- 
cole de  la  Gironde,  organise,  à l’occasion  du 
Concours  agricole,  une  Exposition  nationale 
d’horticulture  qui  aura  lieu  du  20  au  30  mai. 

Le  programme  comprend  20  sections. 

Les  demandes  pour  exposer  devront  par- 
venir à la  mairie  de  Bordeaux  (division  de  la 
police  administrative.  Ire  section),  avant  le 
1er  noai  1897. 

Nécrologie  : M.  J.- A.  Hébrard.  — Nous 
avons  le  regret  d’annoncer  à nos  lecteurs  la 
mort  de  M.  Jean-Alexandre  Hébrard,  dé- 
cédé le  8 mars  1897,  dans  sa  56®  année. 
M.  A.  Hébrard,  ancien  maraîcher,  cheva- 
lier du  Mérite  agricole,  était  trésorier  de  la 
Société  de  secours  mutuels  des  Jardiniers- 
Horticulteurs  du  département  de  la  Seine, 
et  secrétaire  du  Comité  de  culture  potagère 
de  la  Société  nationale  d’horticulture  de 
France  où  sa  disparition  prématurée  ne 
laisse  que  des  regrets. 

— M.  le  docteur  R.  Hogg.  — C’est  avec 
un  réel  chagrin  que  nous  avons  appris  la 
mort  du  docteur  Hogg,  de  Londres,  le  fon- 
dateur et  le  directeur  du  Journal  of  Horti- 
culture, le  pomologue  érudit  à qui  l’on 
doit  cet  excellent  livre  : The  Fruit  Manual, 
l’auteur  de  tant  d’articles  clairs,  sagaces, 
pratiques,  enfin  l’ami  fidèle  que  nous 
avions  en  lui  depuis  plus  de  trente  années. 
Une  affluence  considérable  l’a  conduit,  le 
18  mars,  à sa  dernière  demeure.  L’horticul- 
ture anglaise  tout  entière  reste  profondé- 
ment affligée  de  la  perte  de  ce  savant 
modeste,  de  cet  homme  de  bien,  et  ce  sera 
un  éternel  regret  de  ne  plus  voir  sa  bonne 
et  large  figure  qui  respirait  la  loyauté  et  la 
bonté.  Nous  adressons  à sa  famille  un  sou- 
venir attendri  et  prenons  une  vive  part  à la 
douleur  de  tous  ceux  dont  il  était  si  juste- 
ment chéri,  mais  son  souvenir  persistera, 
car,  on  l’a  dit  avec  raison  : « vivre  dans  le 
cœur  des  autres  ce  n’est  pas  mourir.  » 

Ed.  André. 


150 


NOTES  SUR  LES  PHALÆNOPSIS. 


NOTES  SUR  LES  PHALÆNOPSIS 


Il  existe  en  France,  ou  plutôt  dans  tout 
le  commerce  horticole,  une  confusion  re- 
grettable dans  la  dénomination  des  Phalæ- 
nopsis  à fleurs  blanches.  C’est  ainsi  que 
celui  que  nous  trouvons  communément 
dans  le  commerce  sous  le  nom  de  Ph.  gran- 
diflora  se  trouve  être  le  véritable  Ph.  ama- 
bilis  de  Blume,  tandis  que  le  Ph.  amabïlis 
est  bien  le  Ph.  Aphrodite  de  Reichen- 
bach  fils. 

Voici,  d’aprèsl’excellent  ouvrage  de  Veitch 
[Manual  of  orchidaceous  Plants),  à quoi 
peut  être  at- 
tribuée cette 
confusion  : 

Le  Phalæ- 
nopsis  ama- 
bilis  fut  dé- 
couvert par 
Ru  mpbius 
qui  en  donna 
une  descrip- 
tion en  1750 
sous  l(î  nom 
d’yl  ngræcmn 
album  ma- 
jiis.li  fut  en- 
suite publié 
en  1753  par 
Linné,  sous 
le  nom  d’E- 
pidcndrum 
amabile.  En 
1798,  il  fut 
introduit  des 
Moluques  à 
Calcutta  où  le 
docteur  Rox- 
burgh  le  classa  dans  le  genre  Cymbidium. 

En  1807,  le  docteur  Horsfield  le  remarqua 
sur  la  côte  sud  de  Java,  et  enfin  quelques 
années  plus  tard,  le  docteur  Blume  le  dé- 
couvrit de  nouveau  et  fonda  sur  lui  le  genre 
Phalænopsis  (d’après  les  mots  grecs  o/«V/tva 
Phalène  et  oyjjt;  apparence)  ; cette  dénomi- 
nation fut  publiée  en  1825. 

La  première  introduction  du  Phalæ- 
nopsis  amabüis,  de  Blume,  dans  les  cultures 
anglaises,  date  de  1846  ; il  fleurit  l’année 
suivante  et  fut  décrit  par  le  docteur  Bindley, 
sous  le  nom  de  Ph.  grandiflora,  appella- 
tion qui  ne  doit  pas  subsister  puis- 
qu’elle n’est  due  qu’à  une  erreur  de  sa  part. 

Le  Phalænopsis  Aphrodite,  nommé  pa 


Reicbenbach  fils  en  1862,  avait  été  envoyé 
de  Manille  en  1837,  et  il  fleurit  dans  les 
collections  anglaises  à l’automne  de  cette 
même  année  ; il  fut  figuré  et  décrit  par  le 
docteur  Bindley  dans  le  Botanical  Register 
sous  le  nom  de  Ph.  amabüis,  d’après  la 
croyance  erronée  qu’il  avait  affaire  à la 
même  espèce  que  celle  avec  laquelle  Blume 
avait  fondé  le  genre  treize  ans  auparavant, 
mais  qui  n’était  plus  à ce  moment  dans  les 
cultures. 

Par  suite  de  cette  erreur,  la  substitution 

du  grandi- 
flora au  vé- 
ritable ama- 
bilis  a été 
conservée 
jusqu’à  nos 
jours,  bien 
que  Reichen- 
bach  l’eût  no- 
tée et  corri- 
gée dès  l’an- 
née 1862. 

Depuis  cette 
époque,  cette 
erreur  fut  si- 
gnalée à di- 
verses repri- 
ses, notam- 
ment par 
Reicbenbach 
dans  le 
Gardeners' 
Chronicle 
(année  1875, 
p.  302)  ; par 
Van  Houtte 
dans  la  Flore  des  Serres  (T.  1636),  par 
Nicbolson  dans  son  Dietionary  of  Garde- 
ning  (III,  p.  92),  et  enfin  par  Rolfe  dans 
le  Gardeners'  Chronicle  (1889,  p.  88). 

Le  Ph.  Aphrodite  (fig.  54)  a toujours  une 
teinte  plus  ou  moins  bronzée  sur  les  feuilles 
et  surtout  sur  l’envers  des  feuilles  ; celles-ci 
varient  de  forme,  les  unes  sont  très-allon- 
gées et  assez  étroites  (certaines  plantes 
nous  donnent  des  feuilles  de  42  centimètres 
de  long  sur  8 à 9 de  large  ; d’autres,  au  con- 
traire, affectent  une  forme  arrondie  et 
mesurent  jusqu’à  13  et  14  centimètres  de 
large  sur  30  centimètres  de  longueur.)  Les 
fleurs  sont  également  très-variables,  sinon 
dans  la  forme,  au  moins  dans  la  ponctua- 


Fig.  54.  — Phalænopsis  Aphrodite. 


NOTES  SUR  LES  PHALÆNOPSIS. 


151 


lion  du  labelle  ; certaines  formes  son 
presque  blanc  pur  avec  de  légères  ponctua- 
tions d’un  violet  purpurin  au  labelle;  chez 
d’autres  ces  ponctuations  prennent  une 
teinte  plus  foncée  ; chez  plusieurs  enfin  les 
côtés  et  le  mileu  du  lalielle  sont  d’un  jaune 
plus  ou  moins  foncé. 

La  variété  qui  nous  a été  donnée  sous  le 
nom  de  gloriosa  a une  tache  lie  de  vin  de 
forme  triangulaire  qui  s’étend  sur  la  forme 
du  labelle  jusque  vers  le  milieu. 

Nous  avons  eu,  cette  année,  des  tiges  flo- 
rales avec  5 ramifications  portant  42  fleurs 
et  des  plantes  rares  avec  deux  tiges  florales 
portant  ensemble  48  fleurs. 

Chez  le 
Phalænopsis 

amahilis 
(fig.  55)  (Pb. 
grandiflora , 

Lindl.)  au 
contraire,  les 
feuilles  sont 
toujours  d’un 
vert  pâle  et 
les  fleurs  va- 
rient beau- 
coup moins 
que  dans  l’es- 
pèce précé- 
dente ; elles 
sont  d’un 
blanc  plus 
laiteux  (on 
pourrait  dire 
plus  pur)  et 
le  labelle  est 
plus  ou  moins 
marqué  de 
jaune  brillant 
à la  gorge  et 
sur  le  gynos- 
tème,  avec  très-peu  de  pointillé  rougeâtre. 
Nous  avons  eu  des  feuilles  de  35  centi- 
mètres de  long  sur  10  centimètres  de  large. 

Quant  aux  Phalænopsis  Schilleriana, 
les  sujets  varient  plus  dans  la  coloration  du 
'.f!''  feuillage  que  dans  celle  des  fleurs.  Certains 
feuillages  sont  marbrés  de  larges  macules 
brunes  sur  fond  très-pâle;  d’autres  semblent, 
au  contraire,  avoir  un  fond  vert  foncé  et 
; des  zébrures  vert  pâle  ; d’autres  sont  d’un 
gris  verdâtre  uniforme  avec  des  macules  à 
peine  visibles,  et  enfin  certaines  formes  sont 
d’un  gris  argenté  sablé  presque  uniformé- 
ment de  petits  points  vert  foncé.  Nous  avons 
eu  des  plantes  avec  des  feuilles  de  45  centi- 
mètres de  long  sur  9 centimètres  de  large. 


Une  de  nos  plus  fortes  plantes  porte  7 feuilles 
et  nous  a donné  une  tige  florale  avec  10  ra- 
mifications et  85  fleurs  ; une  autre  plante  en 
boutons  portait  2 tiges  florales  qui  donnèrent 
ensemble  112  fleurs. 

Le  jour  de  Noël,  la  serre  aux  Phalænop- 
sis de  M.  L.  Fournier,  à la  Cavalière,  dans 
laquelle  j’ai  pris  ces  notes,  présentait  un 
coup  d’œil  féérique  ; plus  de  2,000  fleurs 
étaient  épanouies  au  même  moment;  j’ai 
compté  exactement  1,250  P/i.  Schilleriana, 
645  Ph.  Aphrodite,  60  Ph.  amahilis,  1 Ph. 
leucorrhoda  avec  41  fleurs,  1 Ph.  Sande- 
riana  avec  15  fleurs,  et  enfin  une  grande 
quantité  de  Ph.  rosea,  Ph.  Lüddeman- 

niana  et  au- 
tres espèces 
de  variétés. 

Les  soins 
à donner  aux 
Phalænopsis 
diffèrent  peu 
de  ceux  ap- 
pliqués aux 
autres  Orchi- 
dées de  serre 
chaude,  et  je 
résumerai 
leur  culture 
en  peu  de 
mots. 

A partir 
du  15  janvier 
ou  dans  les 
commence- 
ments de  fé- 
vrier, époque 
où  les  Pha- 
lænopsis au- 
ront donné 
leur  maxi- 
mum de  flo- 
raison et  seront  débarrassés  autant  que 
possible  de  leurs  fleurs,  nous  les  tien- 
drons légèrement  secs  avec  un  petit  abais- 
sement de  température,  soit  17  à 18  degrés 
pour  la  nuit,  sans  élévation  notable  pen- 
dant la  journée  si  l’on  a recours  à la  cha- 
leur artificielle,  mais  qui  pourra  sans 
inconvénient  s’élever  beaucoup  plus  si  elle 
est  provoquée  par  les  rayons  du  soleil.  On 
devra  ombrer  légèrement  pendant  les 
heures  les  plus  chaudes  de  la  journée. 

Vers  la  fin  de  février  ou  les  premiers  jours 
de  mars,  selon  que  le  repos  aura  commencé 
un  peu  plus  tôt  ou  un  peu  plus  tard  (un 
bon  mois  suffit  amplement),  on  commen- 
cera à ((  surfacer  » ou  à rempoter  les  plantes 


152 


REMÈDE  CONTRE  LA .TOILE. 


qui  en  auront  besoin  et  on  élèvera  la  tem- 
pérature à 20  degrés  la  nuit  avec  quelques 
degrés  en  plus  pendant  la  journée.  L’om- 
brage devra  également  être  un  peu  plus 
grand,  c’est-à-dire  commencer  plus  tôt  et 
finir  plus  tard,  mais  il  ne  faudra  pas 
perdre  de  vue  que  la  grande  lumière  est 
aussi  bonne  aux  Phalænopsis  qu’à  la 
grande  majorité  des  Orchidées  ; à cette 
époque,  un  bassinage  entre  les  plantes  et 
dans  toute  la  serre  devra  être  fait  au  moins 
trois  fois  par  jour,  afin  d’obtenir  une 
grande  humidité  atmosphérique,  qui, 
dans  aucun  cas,  ne  doit  être  concentrée, 
c’est-à-dire  qu’un  aérage  abondant  est  né- 
cessaire et  cela  à toutes  les  époques  de 
l’année. 

A partir  de  ce  moment,  les  racines 
se  développent  rapidement  et  les  jeunes 
pousses  ne  tardent  pas  à apparaître;  on 
devra  alors  veiller  soigneusement  à ce 
qu’aucune  goutte  d’eau  ne  séjourne  à l’in- 
térieur de  ces  nouvelles  pousses.  J’ai  adopté. 


pour  prévenir  cet  inconvénient,  une  façon 
de  cultiver  ces  plantes  qui  me  donne  d’ex- 
cellents résultats  : je  plante  mes  plus  gros 
Phalænopsis  dans  des  tubes  cylindriques 
et,  au  lieu  de  les  placer  verticalement,  je 
suspends  ces  tubes  horizontalement;  de 
cette  façon  les  feuilles  pendent  d’une  façon 
toute  naturelle,  ainsi  qu’elles  le  font  dans 
leur  pays  d’origine,  et  la  pourriture  dans 
le  cœur  des  plantes  n’est  plus  à craindre. 

Pendant  tout  l’été  la  végétation  sera  vi- 
goureuse et  l’on  maintiendra  une  grande 
humidité  atmosphérique,  le  plus  de  lumière 
possible  et  une  aération  judicieusement 
appliquée.  Lorsqu’au  milieu  de  décembre 
les  fleurs  seront  épanouies,  on  abaissera  la 
température  de  quelques  degrés  et  l’on  don- 
nera un  peu  moins  d’humidité,  toujours 
avec  une  bonne  aération,  afin  de  jouir  le 
plus  longtemps  possible  de  ces  splendides 
fleurs  sans  les  voir  détériorées  par  quelques 
points  noirs. 

Ch.  Maron. 


REMÈDE  CONTRE  LA  TOILE 


A la  séance  du  11  mars  1897,  M.  Opoix, 
jardinier  en  chef  du  Sénat,  a entretenu  la 
Société  nationale  d’horticulture  d’un  pro- 
cédé, employé  au  jardin  du  Luxembourg, 
pour  vaincre  la  « toile  ». 

A l’appui  de  sa  communication,  M.  Opoix 
montrait,  intactes  dans  toute  leur  verdeur 
et  sans  aucune  trace  de  fonte,  des  terrines 
de  semis  de  Bégonia  semperflorens  vieilles 
de  deux  mois. 

Le  procédé  consiste  à faire  bouillir  la 
terre  de  bruyère  destinée  à garnir  les  ter- 
rines. 

On  choisit  de  la  terre  de  bruyère  gros- 
sièrement concassée  en  la  tirant  de  dedans 
les  mottes,  entre  fibres  et  sable.  On  sait  en 
effet  que  la  consistance  des  mottes  n’est  or- 
dinairement pas  uniforme.  C’est  en  quelque 
sorte  la  partie  intermédiaire,  ni  trop  fi- 
breuse, ni  trop  sableuse,  qu’il  faut  choisir. 

Ce  choix  préalable  de  la  terre  a son  im- 
portance, en  ce  sens  que  tout  ce  que  l’on 
peut  retrancher  de  débris  de  racines,  de  fi- 
bres de  nature  végétale  ou  de  parcelles  de 
feuilles  non  décomposées  sont  autant  de 
moins  d’abris  susceptibles  de  renfermer  des 
ferments  morbides. 

Cette  terre  ainsi  triée  est  placée  dans  une 
chaudière  quelconque,  dans  un  volume 
d’eau  suffisant  pour  recouvrir  la  terre. 

Après  délayage,  on  amène  le  liquide  à 


ébullition  et  on  laisse  bouillir  durant  une 
demi-heure,  en  remuant  de  temps  à autre. 

Après  refroidissement,  on  passe,  de  ma- 
nière à rejeter  la  plus  forte  quantité  d’eau. 
La  terre  est  ensuite  serrée  fortement  dans 
les  mains  de  manière  à ce  que  le  reste  de 
l’eau  en  soit  bien  exprimé. 

On  la  met  ensuite  dans  un  récipient  bien 
propre,  que  l’on  place  dans  un  grenier  ou 
une  chambre  bien  aérée.  On  peut  même 
lui  laisser  subir  les  atteintes  de  la  gelée 
pendant  trois  ou  quatre  jours.  Enfin,  cette 
terre  est  rentrée  en  serre,  dans  un  endroit 
chaud  et  sec,  voire  même  sur  les  tuyaux  du 
chauffage.  Cette  succession  de  traitement 
en  assure  à la  fois  la  désagrégation,  la  des- 
sication et  la  réoxygénation. 

Les  semis  sont  opérés  de  la  manière  sui- 
vante. On  place  d’abord  les  tessons,  puis 
la  terre,  en  commençant  par  les  petites 
mottes,  et  en  terminant,  à la  surface,  par 
la  terre  la  plus  fine.  Cette  surface  doit  être 
légèrement  bombée.  On  sème  enfin  avec  les 
précautions  d’usage.  Jusqu’à  la  levée,  on 
n’arrose  que  par  pulvérisations  à la  se- 
ringue. Après  la  levée,  la  mouillure  n’a  lieu 
que  par  imbibition,  en  plongeant  les  ter- 
rines dans  l’eau,  par  le  fond,  jusqu’au  tiers 
environ  de  leur  hauteur. 

On  évitera  complètement  la  toile  et  sans 
doute  d’autres  maladies,  en  pratiquant  les 


CROCHET  RÉGULATEUR  POUR  LA  CHARPENTE  DES  ARBRES  FRUITIERS. 


153 


diverses  opérations  indiquées  ci-dessus. 
L’ébullition  préalable  de  la  terre  doit  évi- 
demment détruire  les  ferments  morbides 
qui  peuvent  s’y  abriter.  M.  Opoix  a expéri- 
menté avec  un  plein  succès  la  méthode  qu’il 


recommande,  même  dans  un  milieu  que  la 
présence  de  Sélaginelles  contaminées  par  la 
toile  rendait  particulièrement  rebelle  à 
l’extinction  de  cette  maladie. 

H.  Dauthenay. 


CROCHET  REGULATEUR 

POUR  LA  CHARPENTE  DES  ARBRES  FRUITIERS 


\ 


Nous  venons  de  voir,  à l’École  fruitière 
du  Jardin  des  Plantes  du  Mans,  placé  sous 
l’habile  direction  de  M.  le  colonel  Follie,  un 
nouveau  système  d’attaches  mé- 
talliques qui  rend  les  plus  grands 
services  dans  la  taille  des  arbres 
à fruits. 

Au  lieu  des  attaches  en  osier 
et  des  bâtons  d’écartement  en 
bois,  employés 
d’ordinaire  pour 
le  dressement 
des  branches 
charpentières 
au  moment  de 
la  taille  en  sec, 

MM.  Fontaine 
père  et  fds,  de 
Fourchambaull 
( Nièvre  ) , ont 
imaginé  le  petit 
appareil  dont 
nous  donnons 
ci -contre  le  des- 
sin et  qu’ils  ap- 
pellent « Crochet 
régulateur  des 
arbres  » (fig.5f>). 

L’invention  con- 
siste en  deux 
bouts  de  feuil- 
lard  d’acier,  en 
partie  canali- 
culé,  larges  de 
12  millimètres, 
et  pouvant  être 

reliés  par  deux  fils  de  fer  galva- 
nisés, dont  l’un  est  tordu  en 
boucle  à son  extrémité.  Les  deux 
petites  lames  de  tôle,  peintes  en 
noir  vernissé  pour  éviter  l’oxy- 
dation, sont  recourbées  pour  que  l’une 
saisisse  une  branche  comme  point  d’appui 
et  que  l’autre  s’accroche  à la  branche  à 
rapprocher,  suivant  l’inclinaison  ou  le  re- 
dressement qu’on  veut  lui  donner. 

Ce  crochet  supprime  l’emploi  de  l’osier, 
matière  qui  pourrit  vite,  qui  retient  les 


Fig.  56.  — Cro- 
chet régulateur 
pour  la  char- 
pente des  ar- 
bres à fruits. 


insectes  et  qui  s’inscruste  dans  la  branche 
en  végétation. 

Le  temps  employé  d’ordinaire  pour  la  régu- 
larisation de  la 
charpente  des 
arbres  est  dimi- 
nué ainsi  de  plus 
des  trois  quarts. 

Après  la  pose, 
on  n’a  plus  à re- 
douter les  coups 
de  vent,  ni  le 
bris  des  bran- 
ches sous  le 
poids  des  fruits, 
et  l’ensemble  de 
l’arbre  est  har- 
monieux et  régu- 
lier sans  qu’on 
ait  la  vue  heur- 
tée par  les  at- 
taches, car  les 
fils  de  fer  sont 
très-peu  visibles 
(lig-,  57). 

Lorsque  la 
branche  a pris 
son  pli,  on  en- 
lève le  crochet 
et  on  l’applique 
à une  autre  par- 
tie de  l’arbre 
ou  on  le  met  au 
magasin. 

Pour  faciliter 
l’application  de 
ces  crochets  aux 
diverses  gros- 
seurs des  bran- 
ches, les  inven- 
teurs les  livrent 
par  assortiment  composé  de  10  p.  100  de 
grands  crochets,  40  p.  100  de  moyens  et 
50  p.  100  de  petits.  Le  prix  est  de  5 fr.  le 
cent  de  crochets  ou  5 centimes  la  pièce  et  il 
suffît  d’adresser  les  demandes  à MM.  Fon- 
taine et  fils,  16,  rue  du  Quatre-Septembre,  à 
Fourchambault  (Nièvre).  £d.  André. 


Fig.  57-  — Arbre  à branches  régula- 
risées par  le  crochet  régulateur. 


154 


PREMIÈRES  FLEURS  DANS’  LE  JARDIN  ALPIN. 

PREMIÈRES  FLEURS  DANS  LE  JARDIN  ALPIN 


8 février  1897. 

Après  un  hiver  qui  n’en  fut  pas  un,  car 
c’est  à peine  si  nous  avons  vu  le  thermo- 
mètre descendre  au-dessous  de  8 degrés 
centigrades,  le  mois  de  février  s’annonça 
sous  des  auspices  défavorables,  s’il  est  vrai 
que  le  vieux  dicton  patois  ne  trompe  jamais 
qui  dit  : 

Se  Févra  ne  févrotte, 

Mâ  vin  que  tô  débiolte. 

Un  soleil  de  mai  a fait  fondre  la  neige 
partout  et  fleurir  les  premières  fleurettes 
vernales  qu’on  aime  à planter  dans  la  plate- 
bande  préférée,  au  pied  du  mur  ensoleillé, 
tout  près  de  sa  chambre  de  travail.  Qui  n’a 
pas  son  petit  coin  choisi,  bien  calfeutré 
contre  les  vents  du  nord,  où  s’élabore,  aux 
premiers  jours  de  printemps,  toute  une  flo- 
raison exquise  et  parfumée  ? 

Le  Jardin  alpin  offre,  lui  aussi,  dans  les 
anfractuosités  des  roches  bien  exposées  et 
abritées  contre  les  vents  du  nord,  de  ces  tré- 
sors d’autant  plus  appréciés  qu’ils  appa- 
raissent de  bonne  heure  au  printemps. 

Voici  d’abord  un  petit  Ellébore  jaune, 
à fleur  or  pâle,  ressemblant  assez  à une 
Renoncule  ordinaire  et  porté,  comme  en 
une  coupe  de  verdure,  par  un  involucre  rap- 
proché de  la  fleur  et  formant  comme  une 
collerette,  une  fraise  à la  Henri  IV  : c’est 
VEranthis  hyemalis,  Salisb.  (Hellehoriis 
liyemalis,  L.),  petite  plante  indigène  dans 
quelques  vignobles  et  vergers  de  France, 
d’Allemagne,  de  Suisse  et  qui  fleurit  aux 
premiers  jours  de  soleil.  C’est  l’avant-cou- 
reur du  printemps  et  sa  floraison  semble 
prophétiser  les  beaux  jours.  Cette  année- ci, 
il  a fleuri  à Genève  le  1®^  février,  tan- 
dis qu’à  ses  côtés  ont  apparu  les  premiers 
boutons  de  la  Nivéole  {Leucoium  ver- 
num,  L.)  et  du  Perce-Neige  {Galanthus 
nivalis,  L.).  Ce  sont  là  les  premières  fleurs 
de  nos  rocailles  et  ce  sont  aussi  celles  de  la 
plate-bande  ensoleillée  ; mais  déjà,  sur  les 
pentes  du  jardin  alpin,  s’est  épanoui  le  déli- 
cieux Cyclamen  coum,  Mill.  (C.  vernum^ 
Swet),  que  je  voudrais  voir  répandu  dans 
tous  les  jardins.  Originaire  des  régions 
montagneuses,  subalpines  et  alpines  de 
l’Asie  Mineure  où  il  va  jusqu’à  une  altitude 
supramarine  de  2,300  mètres,  ce  Cycla- 


men est  l’un  des  plus  gracieux  et  des  plus 
recommandables.  Son  tubercule  estarrondi- 
aplati  et  les  feuilles  partent  de  son  centre 
même  ; elles  sont  orbiculaires-réniformes, 
rouge  brun  vif  en  dessous,  maculées  et 
marbrées  en  dessus,  plus  petites  que  celles 
des  autres  Cyclamens  cultivés,  apparais- 
sant souvent  à l’arrière-automne  et  tou- 
jours avant  les  fleurs  ; celles-ci  sont  de  gran- 
deur moyenne,  plutôt  petites  mais  riche- 
ment colorées  et  d’un  carmin  tellement  vif 
qu’on  les  aperçoit  de  fort  loin  dans  leur  nid 
de  feuilles.  Elles  sont  légèrement  odorantes 
et  très-nombreuses  sur  les  tubercules 
adultes.  Ces  fleurs,  de  fin  janvier  en  mars, 
émaillent  la  rocaille  et  résistent  aux  plus 
forts  vents  du  nord  comme  à de  gros  froids. 
Il  faut  à la  plante  un  sol  léger,  riche  en 
humus,  un  lieu  mi-ombragé  et  bien  drainé 
afin  d’éviter  la  pourriture.  On  en  cultive 
une  variété  à fleurs  blanc  pur  et  une  autre 
à feuilles  plus  particulièrement  maculées 
d’une  zone  (Cyclamen  coum  zonale,  Hort.) 
Beaucoup  d’amateurs  cultivent  ce  joli  Cy- 
clamen comme  plante  de  serre  ; c’est  un  tort, 
car  il  est  bien  montagnard  et  même  alpin. 

Le  Cyclamen  ïbericum,  Stev  (C.  cauca- 
sicum,  Wild.),  du  Caucase  et  des  mon- 
tagnes de  la  Perse  septentrionale,  diffère  du 
coum  par  ses  formes  plus  grandes,  ses 
feuilles  plus  amples,  marquées  d’une  zone 
blanche  en  dessus,  ses  fleurs  d’un  rouge 
vif  (non  carmin)  et  sa  floraison  un  peu  plus 
tardive. 

La  petite  Drave  jaune  des  rochers  cal- 
caires {Draha  aizoides,  L.)  entr’ouvre,  elle 
aussi,  ses  innombrables  corolles  d’or  dès  les 
premiers  jours  de  février.  C’est  une  jolie 
plante  saxatile,  aimant  les  fissures  des 
murs  ou  les  fentes  des  rocailles  en  plein 
soleil.  Ses  gentilles  petites  feuilles  dispo- 
sées en  rosettes  sont  fortement  ciliées  sur 
les  bords  et  de  la  touffe  de  verdure  rase 
et  cespiteuse  s’élèvent,  nombreuses,  les  gra- 
cieuses hampes  florales  portant  un  bouquet 
de  corolles  d’un  jaune  vif,  avec  étamines 
saillantes  et  répandant  un  parfum  qui 
attire  les  premières  abeilles  à la  recherche 
de  nectar.  Tout  sol  léger  et  calcaire  con- 
vient à cette  fille  des  hauteurs  qui  s’acco- 
mode  très-bien  des  conditions  d’existence 
que  lui  offrent  les  jardins  alpins  de  nos 


PLANTES  STÉRILISÉES. 


155 


plaines.  Elle  se  reproduit  même  spontané- 
ment par  le  semis. 

Il  est  une  autre  petite  Crucifère  vernale 
très-peu  connue  qui  fleurit  en  même  temps  ; 
c’est  Vlheris  stylosa,  Ten.,  originaire  des 
éboulis  pierreux  des  Abbruzes  et  de  l’Etna. 
C’est  une  espèce  absolument  naine,  aux 
feuilles  arrondies,  charnues,  toujours 
vertes,  aux  petites  fleurs  lilas  foncé,  ramas- 
sées en  ombelles  larges  et  acauleset  s’élevant 
à peine  à 3 ou  4 centimètres.  Elle  aime  le 
cailloux  et  le  plein  soleil  et  se  sème  abon- 
damment d’elle-même. 

V A7idrosace  Lagge^H,  Huet,  commence, 
lui  aussi,  à entr’ouvrir  ses  gracieuses  co- 
rolles d’un  rose  vif  d’abord,  passant  au  rose 
tendre  après  l’anthèse  à mesure  que  s’al- 
longe la  tige,  nulle  d’abord . La  plante  se  couvre 
de  ces  innombrables  fleurettes,  qui,  dans 
quelques  jours,  seront  si  nombreuses  qu’elles 
cacheront  le  feuillage  étroitement  linéaire 
et  ressemblant  presque  à de  la  mousse.  La 

PLANTES  i 

Que  de  soins  sommes- nous  obligés  de 
donner  aux  plantes  pour  les  acclimater,  pour 
un  temps  plus  ou  moins  court,  dans  nos 
appartements  ! Combien  en  est-il  qui,  répu- 
tées cependant  plantes  d’appartements,  n’y 
entrent  que  pour  s’y  voir  vouées  à une  fin 
prochaine  ? 

Hélas!  que  j’en  ai  vu  mourir...  de  plantes  vertes! 

Lataniers  dont  on  néglige  de  laver  les 
feuilles  ; Dattiers  dont  on  n’a  pas  la  patience 
de  chercher  les  acai'us  dans  les  aisselles  ; As- 
pidistras  qu’on  a la  rage  d’empoter  dans  des 
pots  dix  fois  trop  grands  ; Dracénas  qu’on 
laisse  exposés  à la  bouche  du  calorifère  ; 
Fougères  qu’on  dispose  en  plein  soleil;  Bro- 
méliacées dont  les  gaines  s’emplissent  de 
poussière  ; Agaves  et  Cactées  qu’on  enivre 
d’eau  claire,  et  tant  d’autres  enfin  ! 

L’appartement,  pour  les  plantes,  est  le  cou- 
vent de  la  Trappe  avec  le  refrain  de  tous 
les  jours  : « Il  faut  mourir  ! » 

Que  d’articles  pourtant  n’a-t-on  pas  écrits, 
que  de  livres  n’a-t-on  publiés,  sur  l’art  de 
leur  donner  des  soins.  Tout  récemment  en- 
core, cet  art  venait  d’être  traité  avec 
une  compétence  spéciale  sous  ce  nom  sug- 
gestif de  domicultm'e.  Cela  devenait  presque 
une  branche  de  l’horticulture  (Flori  — , 
Arbori  — , Légumi  — , Domi  — culture). 

Qu’est-ce  que  la  Domiculture  ? C’est  pa- 


floraison  de  cette  jolie  espèce  pyrénéenne 
dure  parfois  six  .semaines.  Elle  aime  le  gra- 
nit et  le  plein  soleil  et  craint  l’humidité. 

Sur  les  pentes  septentrionales  des  ro- 
cailles,  et  dès  la  disparition  de  la  neige,  on 
voit  les  touffes  serrées  et  étalées  du  Saxi- 
fraga  opposüifolia,  L.,  qui  recherche 
l’ombre  et  la  fraîcheur,  bourgeonner  et 
s’animer  rapidement.  En  deux  jours,  la 
plaque  de  verdure  sombre  change  de  teinte 
et  émet  d’innombrables  boutons  d’un  rose 
carmin  très-vif  qui,  bientôt,  donnent  nais- 
sance à tout  autant  de  belles  fleurs  d’un 
beau  rose,  sessiles  sur  la  touffe,  serrées, 
pressées  les  unes  contre  les  autres  et 
formant  comme  un  tapis  au  riche  coloris. 
Sa  culture  est  facile,  car  les  Anglais  l’uti- 
lisent pour  la  confection  des  bordures  dans 
leurs  jardins  ; mais  il  craint  le  soleil, 
comme  aussi  la  trop  grande  humidité. 

H.  CORREVON. 


raît-il,  grâce  à une  espèce  de  solécisme, 
la  culture  des  plantes  en  appartements, 
[domus,  maison  : culture  en  chambre). 

Mais  le  progrès  marche  à grands  pas.  Un 
ingénieux  industriel  a trouvé  le  moyen  de 
doter  les  plantes  d’appartement  d’une  longé- 
vité inouïe.  Du  coup,  il  a simplifié  extraor- 
dinairement la  Domiculture.  On  pourrait 
même  craindre  qu’il  ne  l’ait  « enfoncée  ». 

Voici  quel  était  le  problème  : se  procurer 
la  plante  qui  plaît,  la  rentrer  chez  soi,  et 
trouver  le  moyen  de  l’y  garder  toujoui's 
avec  le  même  feuillage,  sans  qu’il  soit  dé- 
sormais besoin  de  l’arroser,  de  la  rempoter, 
de  lui  éviter  l’action  asphyxiante  du  poêle 
mobile  à faible  tirage,  etc.,  toutes  sortes  de 
calamités  qu’il  s’agissait  de  vaincre  d’un 
seul  coup.  Frou,  frou,  frou...  un  petit  coup 
de  plumeau,  c’est  tout,  et  c’est  bien  à la 
portée  de  toutes  les  chambrières. 

Peut-être  va-t-on  penser  que  l’inventeur 
a fait  intervenir  faction  — par  inoculation 
par  exemple  — de  certaine  liqueur  qui  se- 
rait dans  le  règne  végétal  ce  qu’était  la  li- 
queur Brown-Sequard  dans  le  règne  ani- 
mal ? Point  du  tout,  car,  dans  le  procédé 
trouvé,  les  plantes  ne  poussent  plus.  Et  ce- 
pendant, au  dire  de  l’inventeur,  elles  sont 
7'endues  plus  belles.  Cela  ne  fait-il  pas 
rêver  ? 

En  cela,  l’inventeur  a été  plus  galant 
que  Jéhovah,  qui  arrêta  net  la  femme  de 


156 


CASSIA  OGCIDENTALIS. 


Loth  en  la  changeant  en  statue  de  sel. 

— Mais  enfin,  quel  est  ce  moyen  ? — Ce 
moyen,  c’est  la  « stérilisation  des  plantes  ». 
Voilà  bien,  du  moins,  ce  que  porte  le  pros- 
pectus. 

J’avoue  avoir  cherché  aussitôt  la  mention 
complémentaire  obligée  « système  Pasteur  » , 
mais,  par  respect  sans  doute  pour  l’homme 
de  génie  que  la  France  a perdu,  l’inventeur 
s’en  est  abstenu. 

Laissez-moi  d’abord  vous  communiquer 
la  substance  même  du  prospectus,  in 
extenso  : 

Ces  plantes  : Palmiers,  Phénix,  Lataniers, 
Dattiers,  Ghamérops,  Arécas,  Ghamœdoréas, 
Gycas,  Dracénas,  etc.,  entièrement  naturelles, 
mais  stérilisées,  n’ont  plus  besoin  d’aucun  soin 
de  culture,  ni  d’eau,  ni  d’air. 

■ Le  froid  ou  la  chaleur,  la  sécheresse  ou  l’hu- 
midité, la  lumière  ou  l’obscurité  ne  peuvent 
plus  en  rien  leur  être  utiles,  ni  leur  être  nui- 
sibles. 

On  peut  les  resserrer  ou  les  replier  dans  une 
caisse,  dans  une  armoire  et  les  laisser  à la 
cave  comme  au  grenier,  pendant  un  temps  pro- 
longé. 

On  les  retrouve  toujours  jeunes,  fraîches  ou 
vertes,  souples  et  vigoureuses,  comme  des 
plantes  en  pleine  sève. 

Il  fallut  s’enquérir,  et  une  « gente  ven- 
deuse » voulut  bien  m’apprendre  que  le  pro- 
cédé consiste  à tremper  des  feuilles  naturelles 
dans  une  préparation  à base  de  glycérine. 
Ces  feuilles  sont  ensuite  remontées  sur  une 
tige  artificielle,  avec  accompagnement  obligé 


des  bases  de  pétioles  devenues  squammeuses, 
des  filaments  roux,  bractées,  écailles,  etc., 
selon  les  cas.  Il  faut  ajouter,  pour  être  juste, 
que  le  faciès  botanique  est  respecté. 

Lorsque  je  me  suis  présenté  dans  la  bou- 
tique, une  de  ces  pseudo-plantes  venait  de 
subir  ((  la  trempe  ».  Elle  en  était  encore 
toute  luisante.  J’en  fis  la  remarque.  « Oh  ! 
monsieur  — me  répliqua  la  vendeuse  — 
elle  sort  du  bain  ; il  lui  faut  le  temps  de  se 
ressuyer.  Mais  voyez-donc  comme  elle  est 
souple  et  moelleuse  ! » 

Ainsi  « momifiées  »,  les  plantes  ne 
craignent  plus  rien,  en  effet,  des  injures  du 
temps  ; mais  si  elles  sont  dignes  de  figurer 
dans  les  vitrines  d’un  musée  industriel, 
elles  n’ont  plus  les  grâces  de  la  nature,  ni  le 
charme  infini  de  la  vie. 

Car  les  plantes  vivent,  et  doivent  vivre  ! 
Et  le  bonheur  qu’on  ressent  à les  élever  ne 
consiste  pas  seulement  dans  une  admiration 
passive  de  leurs  vertes  et  luxuriantes  fron- 
daisons. Il  consiste  aussi  à pénétrer  le  se- 
cret de  leur  existence,  à les  voir  croître  de 
leur  mieux  dans  un  milieu  que  l’on  s’efforce 
de  modifier  pour  elles.  Il  réside  surtout  dans 
la  jouissance  de  les  voir  progressivement 
vous  rendre  au  centuple,  par  l’émission  suc- 
cessive de  leurs  beautés  latentes,  les  soins 
qu’on  leur  a donnés. 

C’est  pour  cela  que  le  commerce  des 
plantes  « stérilisées  »,  s’il  a le  droit,  comme 
tout  autre,  à sa  place  au  soleil,  n’est  pas  près 
de  « stériliser  » celui  des  plantes  vivantes. 

H.  Dauthenay. 


CASSIA  OGCIDENTALIS 


Encore  une  plante  linnéenne  qui  a presque 
disparu  des  cultures,  malgré  ses  qualités  or- 
nementales. Lorsqu’un  genre  contient  des 
espèces  d’une  grande  valeur  décorative, 
comme  le  genre  Cassia,  représenté  dans 
nos  jardins  par  les  C.  florihunda,  corym- 
hosa,  lævigata  et  autres  belles  plantes  de 
serre  froide,  les  espèces  de  second  rang 
sont  sacrifiées  et  c’est  souvent  à tort, 
car  elles  peuvent  être  employées  à des 
usages  différents.  Dans  les  Cassia,  par 
exemple,  l’espèce  rustique  de  l’Amérique 
du  Nord,  C.  marylandica,  L.,  est  em- 
ployée dans  les  jardins  de  plein  air  et  ne 
peut  être  remplacée  par  aucune  autre  ; elle 
n’est  pas  très-brillante,  mais  son  feuillage 
est  gracieusement  penné  et  ses  fleurs  sont 
jolies  : elle  tient  bien  sa  place. 


Le  C.  occidentalis  ^ est  de  cette  nature’ 
Il  appartient  à la  famille  des  Césalpiniées  et 
il  est  originaire  des  Antilles  et  de  toutes 
les  régions  intertropicales  des  Deux- Amé- 
riques où  je  l’ai  vu  souvent,  sous  l’influence 
de  la  chaleur,  se  couvrir  de  fleurs  qui  se 
renouvelaient  pendant  de  longs  mois.  On  le 
considère  comme  annuel,  mais  la  plante  est 
vivace  si  on  la  rentre  en  serre.  C’est  ainsi 
que  je  la  traite  à Lacroix,  où  je  la  rentre 
en  serre  froide  l’hiver,  pour  la  remettre  en 
plein  air  au  printemps  et  la  voir  fleurir 
jusqu’aux  gelées. 

Les  tiges  rameuses  de  cette  espèce,  li- 
gneuses à la  base,  herbacées  au  sommet,  sont 

1 Cassia  occidentalis,  L.,  Sp.  pl.,311;  DG.  Prodr., 
II,  497. 


Hciuir  HoTticole 


L Dsscam^ss-SacciireC  del 


C}i7'C'nc:zdi.  JL  Jçf2rc  Bv 


Cassia  occuicrd cdi^ 


INFLUENCE  DU  PORTE-GREFFE  SUR  LE  GREFFON. 


fortes,  hautes  de  40  à 60  centimètres,  parfois 
davantage  quand  le  sol  est  très-fertile,  vert 
teinté  de  rouge.  Elles  sont  très-finement 
pubérulentes,  une  variété  même  est  glabre. 
Les  feuilles,  à pétiole  tuméfié,  glanduleux 
à la  base,  sont  composées  de  quatre  à six 
paires  de  folioles  opposées,  sessiles,  ovales- 
lancéolées  aiguës,  pubescentes  aux  bords. 
Les  inflorescences,  terminales  ou  en  bou- 
quets axillaires  au  sommet  des  tiges,  sont 
courtement  pédonculées,  composées  d’ar- 
ticles portant  de  2 à 4 fleurs  d’un  beau 
jaune  à 10  étamines  inégales.  Le  fruit  est 
un  légume  dressé,  linéaire  ou  comprimé, 
légèrement  recourbé,  large  de  7 à 10  centi- 
mètres, à-  sutures  épaissies. 

Deux  formes  de  cette  espèce,  l’une  entiè- 


157 

rement  glabre,  C,  o.  glahra,  à folioles 
subelliptiques  glabres,  l’autre,  C.  o.  aris- 
tata,  folioles  ovales-lancéolées,  pourvues 
d’une  longue  pointe  et  qui  se  rapprochent 
beaucoup  de  celle  dont  nous  donnons  aujour- 
d’hui le  portrait,  sont  distinguées  par  les 
botanistes. 

La  culture  du  C.  occidentalis  est  facile, 
soit  qu’on  le  propage  par  semis,  sous 
châssis  et  qu’on  le  traite  comme  plante 
annuelle  dans  un  sol  riche  et  en  plein 
soleil,  soit  que  l’on  mette  à la  pleine  terre, 
en  mai,  les  sujets  hivernés  en  serre. 

Les  tiges  des  pieds  fleuris,  étant  coupées, 
exhalent  une  odeur  vireuse  assez  peu 
agréable;  elles  se  tiennent  fraîches  dans 
l’eau.  Ed.  André. 


INFLUENCE  DU  PORTE-GREFFE  SUR  LE  GREFFON  ' 


Depuis  longtemps  déjà  on  avait  observé 
que  les  arbres  fruitiers  et  notamment  les 
nombreuses  variétés  de  Poiriers  à fruits  de 
table  que  nous  cultivons,  étaient  toujours 
influencées  dans  leurs  caractères  suivant  la 
nature  des  porte-greffes  sur  lesquels  elles 
étaient  greffées. 

On  avait  remarqué,  en  effet,  que  si  les 
particularités  essentielles  de  ces  variétés 
n’étaient  point  changées,  leur  vigueur  et 
leur  hâtiveté  à fructifier,  ainsi  que  le  vo- 
lume, la  couleur  et  la  saveur  de  leurs  fruits 
étaient  cependant  notablement  modifiés  se- 
lon qu’elles  étaient  greffées  sur  le  Poirier 
franc  ou  sur  le  Cognassier. 

Mais  jusqu’à  ce  jour,  quoique  ces  obser- 
vations se  rapportassent  à l’une  des  plus 
importantes  questions  de  physiologie  végé- 
tale, aucune  n’avait  été  l’objet  d’un  contrôle 
scientifique  afin  de  leur  donner  toute  la 
précision  et  la  vigueur  indispensables. 

C’est  ce  travail  que  nous  avons  entrepris 
et  que  nous  résumons  dans  cette  courte 
note. 

Comme  il  fallait  naturellement  procéder 
dans  des  conditions  absolument  semblables, 
nous  avons  soumis  à l’analyse,  pendant 
trois  années  consécutives,  des  fruits  mûrs 
de  la  variété  de  Poirier  connue  sous  le  nom 
de  Triomphe  de  Jodoigne,  que  nous  récol- 
tions sur  deux  arbres,  dont  l’un  est  greffé 
sur  franc  et  l’autre  sur  Cognassier. 

Les  résultats  de  ces  analyses  que  nous 
avons  réunis  sous  forme  de  « moyennes  » 

* Mémoire  présenté  à l’Académie  des  Sciences 
au  nom  des  auteurs,  par  M.  Ghatin,  dans  la  séance 
du  pr  mars  1897. 


sont  consignés  dans  les  colonnes  du  tableau 
ci-dessous. 

Il  n’est  toutefois  pas  inutile  d’ajouter  de 
suite  que  ces  deux  Poiriers  sont  du  même 
âge  (15  ans),  que  leur  végétation  a toujours 
été  normale,  qu’ils  sont  dirigés  sous  la 
même  forme  et  qu’ils  sont  plantés  côte  à 
côte  dans  le  même  jardin  ; par  conséquent, 
qu’ils  plongent  leurs  racines  dans  le  même 
sol. 

Ni  la  composition  du  sol,  ni  l’âge  des 
arbres,  ni  l’exposition,  qui  ont  souvent 
tant  d’influence  sur  le  volume  et  la  saveur 
des  fruits,  ne  peuvent  donc  être  invoqués 
contradictoirement  dans  la  circonstance. 


ÉLÉMENTS  DOSÉS 
et 

NATURE 

DU  PORTE-GREFFES 

E-  , S- 

^3  .£ 

Ed  0)  *cô 

particularités 

Poirier  franc 

Cognassier 

o - bo 

^ ® Ô 

Couleur  du  fruit. . . 

Verte 

Jaune  doré 
teinté 
de  rose 
du  côté 
du  soleil 

» 

Poids  moyen 

(établi  sur  10  fruits). 

mh 

406g'- 

126  gi- 

Densité  des  fruits. 

0,993 

0,9987 

0,0057 

Densité  du  jus 

à 15« 

1,046 

1,051 

0,005 

Acidité 

(par  litre  de  jus 
exprimée  en  acide 
sulfurique). 

(S03  HO). 

lgi-070 

lg«-196 

Og'- 126 

Gendres 

(par  litre  de  jus). 

2g-- 166 

2g^  466 

Og-^300 

Sucre  réducteur... 
(par  litre  de  jus). 

90g-- 066 

95g'- 466 

5g>^400 

Sucre  total 

(par  litre  de  jus). 

93g«-400 

102g'’ 333 

8g-^933 

De  la  lecture  de  ce  tableau  qui  résume  les 


158 


LE  GENRE  GALANTHUS. 


résultats  des  analyses  exécutées  pendant  les 
années  1894,  1895  et  1896,  il  est  facile  de 
déduire  : 

1°  Que  le  poids  moyen  des  fruits  récoltés 
sur  le  Triomphe  de  Jodoigne  greffé  sur  le 
Cognassier  est  bien  supérieur  à celui  des 
fruits  provenant  de  la  même  variété  greffée 
sur  le  Poirier  franc  ; 

2®  Que  la  densité  de  ces  mêmes  fruits  est 
plus  élevée  dans  le  premier  cas  que  dans  le 
second  ; 

3®  Que  la  proportion  d'aeide  libre  (ex- 
primé en  acide  sulfurique,  SO"HO)  est  plus 
grande  dans  le  jus  extrait  des  fruits  récol- 
tés sur  la  variété  dont  il  s’agit  greffée  sur 
Cognassier  que  dans  le  jus  des  fruits  récol- 
tés sur  cette  même  variété  greffée  sur  franc. 

4®  Enfin,  et  c’est  là  le  fait  le  plus  impor- 
tant qu’il  convenait  plus  particulièrement 
de  mettre  en  relief,  c’est  que  la  quantité  de 
suere  total  contenue  dans  le  jus  des  fruits 
récoltés  sur  le  Triomphe  de  Jodoigne, 
greffé  sur  le  Cognassier,  est  notablement 
plus  élevée  que  dans  le  jus  des  fruits  cueillis 
sur  cette  même  variété  quand  celle-ci  est 
soudée  au  franc. 

On  observe,  en  effet,  une  différence  de 
près  de  9 grammes  de  sucre  total  par  litre 
de  jus  en  faveur  de  la  greffe  sur  Cognas- 
sier. 

Soit,  en  somme,  pour  des  arbres  produi- 
sant annuellement  chacun  300  fruits  envi- 
ron, de  280  grammes  ou  de  406  grammes, 
suivant  le  porte-greffe  : une  quantité  de 
sucre  total  qui  atteint  seulement  7 kilos 
avec  le  Triomphe  de  Jodoigne  soudé  au 
franc,  tandis  qu’elle  dépasse  11  kilos  avec 
cette  même  variété  greffée  sur  Cognassier. 

LE  GENRE 

Le  genre  Galanthus  de  Linné  appartient 
à la  famille  des  Amaryllidées  et,  dans  le 
Généra  d’Hooker  et  Bentham,  à la  tribu 
des  Amaryllées.  Il  se  place  dans  le  voisinage 
du  genre  Narcissus  dont  il  se  distingue 
entre  autres  par  l’absence  de  couronne  à 
l’intérieur  des  pétales  et  du  genre  Leucoium 
qui  a toutes  les  lanières  du  périgone  égales, 
tandis  que  chez  le  Galanthus  les  trois  in- 
térieures sont  beaucoup  plus  petites.  D’après 
la  monographie  des  Amaryllidées  de  Baker 
et  d’après  le  Flora  orientalis  de  Boissier, 
les  espèces  de  Galanthus  seraient  au  nombre 
de  six,  réparties  en  deux  groupes,  l’un  à 
anthères  mutiques  et  l’autre  à anthères  acu- 
minées. 

Le  type  du  premier  groupe  est  le  G.  lati- 


La  fonction  chlorophyllienne  est  donc 
manifestement  moins  active  dans  le  pre- 
mier cas  que  dans  le  second. 

Sans  insister  sur  la  coloration  qui  est 
toujours  beaucoup  plus  exaltée  chez  les 
fruits  récoltés  sur  le  Triomphe  de  Jodoigne 
greffé  sur  le  Cognassier,  ni  sur  la  propor- 
tion variable  de  cendres  contenues  dans  le 
jus  de  cette  variété  de  Poires  selon  le  porle- 
greffe,  quoique  ces  différentes  particularités 
ne  soient  pas  sans  importance,  nous  nous 
permettrons  cependant  d’ajouter  que  les 
recherches  que  nous  avions  entreprises  sur 
le  même  sujet,  en  1887,  sur  la  variété  de 
Poirier  connue  sous  le  nom  de  Doyenné 
d’hiver,  nous  avaient  déjà  donné  des  résul- 
tats absolument  semblables  à ceux  que 
nous  venons  de  faire  connaître. 

Nous  les  reproduisons  dans  le  tableau  ci- 
dessous  : 


'Nature 

Nature 

Sucre  total 

de 

du  sujet 

Poids  moyen. 

par 

la  variété. 

porte-greffe. 

litre  de  jus. 

Doyenné  1 

i Cognassier. 

435  s*' 

115,90 

d’hiver.  | 

' Franc. 

320  8-^ 

90s‘-40 

De  l’ensemble  de  ces  expériences,  il  ré- 
sulte que  le  porte-greffe  exerce  une  influence 
considérable  sur  le  greffon,  puisqu’il  jouit 
de  la  propriété  d’exalter  ou  d’affaiblir  la 
plupart  des  phénomènes  physiologiques 
dont  celui-ci  est  le  siège. 

G.  Bivière,  g.  Bailhaghe, 

Professeur  départemental,  Préparateur-chef 

Directeur  à la  station  agronomique 

de  la  station  agronomique  de  Seine-et-Oise. 
de  Seine-et-Oise. 

GALANTHUS 

folius,  Ruprecht,  originaire  du  Caucase, 
reconnaissable  à ses  feuilles  larges,  d’un 
vert  brillant  et  à ses  scapes  peu  élevés.  A 
ses  côtés  viennent  se  placer  les  variétés  ou 
formes  horticoles  répandues  sous  les  noms 
de  G.  hyzanthinus  et  de  G.  Ikariæ,  qui 
s’en  distinguent  par  les  dimensions  de  leurs 
fleurs,  la  forme  de  leurs  feuilles,  etc.,  mais 
ne  s’en  séparent  par  aucun  caractère  bota- 
nique important.  La  floraison  de  ces  plantes 
est  un  peu  plus  tardive  que  celle  des  sui- 
vantes et  elles  semblent  aussi  un  peu  plus 
délicates. 

Dans  le  second  groupe  (anthères  acumi- 
nées)  nous  rencontrons  d’abord  le  G.  nivalis 
de  Linné  qui  croît  dans  une  grande  partie 
de  l’Europe.  Il  est  de  petite  taille,  dépassant 


LA  CLAYTONE  DE  CUBA. 


159 


rarement  12  à 15  centimètres.  Ses  feuilles 
sont  étroites,  glauques,  ses  fleurs  petites, 
avec  les  lanières  externes  du  périgone 
étroites  et  séparées  les  unes  des  autres.  Au- 
tour de  cette  espèce  viennent  se  placer  le 
G.  caucasiens,  Baker  ( Gard.  C/iron.,  1887, 
I,  p.  312),  un  peu  plus  robuste  dans  toutes 
ses  parties,  le  G.  Fosteri  [Gard.  Chron., 
1892,  p.  31 3) très-voisin  du  type,  le  C. 
corcyrensis,  de  File  de  Corfou,  petite  plante 
à floraison  précoce,  s’épanouissant  quel- 
quefois dès  la  fin  de  décembre. 

Le  G.  Elvcsii,  Hooker,  originaire  des 
montagnes  de  l’Asie  Mineure,  est  une  espèce 
plus  grande  et  plus  robuste  dans  toutes  ses 
parties  que  le  G.  nivalis.  Les  feuilles,  très- 
glauques,  sont  plus  larges  et  canaliculées. 
La  hampe  florale  atteint  et  dépasse  20  cen- 
timètres. Les  fleurs  sont  plus  larges,  plus 
globuleuses,  les  lanières  externes  du  péri- 
gone arrivant  presque  à se  toucher.  A cette 
espèce  bien  plus  décorative  que  la  précé- 
dente nous  pouvons  rattacher  le  G.  rohustus 
de  Damman,  à Naples,  qui  s’en  distingue 
difficilement,  et  le  G.  Elvesii,  var.  ungui- 
culata  figuré  en  1895  dans  le  Gardeners' 
Chronicle,  p.  361,  f.  47.  Cette  dernière 
variété  a été  rapportée  des  environs  d’Aïdin 
en  Asie  Mineure,  en  1893,  parM.  Wiltall  ; 
elle  est  remarquable  par  sa  vigueur  et  ses 


grandes  dimensions.  La  hampe  florale  at- 
teint 25  centimètres  et  la  fleur  4 à 5 centi- 
mètres de  longueur.  C’est  certainement  la 
plus  belle  de  toutes  ces  formes  et  celle  dont 
la  culture  est  le  plus  à recommander. 
(M.  Krelage,  à Haarlem).  Le  G.  græcus, 
Orphanidès,  décrit  comme  voisin  du  G.  El- 
vesii est  plus  petit  et  doit  se  rapprocher  du 
G.  nivalis. 

Le  G.  plicatus,  Bieb.,  se  distingue  par 
ses  feuilles  repliées,  mais  nous  n’avons  pas 
eu  l’occasion  d’observer  sa  culture. 

Enfin,  le  G.  Olgæ,  Orphanidès  (distribué 
souvent  à faux  sous  le  nom  de  G.  Olgæ  Re- 
ginæ),  est  une  petite  espèce  locale  du  Taygète 
moins  décorative  que  les  précédentes,  mais 
remarquable  par  sa  floraison  automnale  qui 
commence  déjà  en  octobre,  au  moment  où 
les  plantes  bulbeuses  sont  rares. 

Au  point  de  vue  horticole,  toutes  ces  es- 
pèces de  Galanthus  méritent  d’attirer  l’at- 
tention. Nous  avons  signalé  au  passage  les 
plus  remarquables.  Dans  notre  climat  elles 
se  prêtent  également  à la  culture  en  châssis 
froid  dans  lequel  leur  floraison  commence 
avec  le  mois  de  février  et  à la  culture  en 
plein  air  sur  des  pelouses  bien  saines  et 
bien  égouttées  qu’elles  décorent  de  leurs 
clochettes  blanches  dans  le  courant  de  mars. 

M.  Micheli. 


LA  CLAYTONE  DE  CUBA 


De  la  vingtaine  d’espèces  composant  ce 
genre  la  plus  ré- 
pandue dans  les  jar- 
dins , quoique  elle 
y soit , en  réalité, 
peu  cultivée,  est 
celle  qui  fait  f objet 
de  cette  note.  L’in- 
térêt économique 
qu’elle  présente  n’a 
qu’une  importance 
secondaire;  mais  elle 
est  intéressante  à 
d’autres  points  de 
vue,  notamment  par 
involucre 
qui  entoure 
ses  petites  inflores- 
cences et  lui  donnent 
un  aspect  tout  parti- 
culier. Quoique  ori- 
ginaire de  l’Amérique 


le  grand 
foliacé 


Fig.  58.  — Claytone  de  Cuba. 


du  Nord-Ouest,  du 


1 Le  G.  Fosteri  est  indiqué  dans  le  G.  Chron,' 
comme  très-voisin  du  G.  latifolius.  Je  crois  qu’il 
est  plus  juste  de  le  rapprocher  du 'G.  nivalis. 


Mexique  et  de  Cuba,  cette  petite  plante 
s’est  naturalisée  de- 
puis longtemps  sur 
plusieurs  points  de 
l’Europe,  notam- 
ment en  France,  aux 
environs  de  Bennes, 
d’où  nous  l’avons 
reçue,  et  en  Angle- 
terre où  nous  l’avons 
observée  il  y a plus 
de  dix  ans,  croissant 
assez  abondamment 
dans  les  plates- 
bandes  du  jardin  de 
la  Société  d’horticul- 
ture à Chiswick, 
près  Londres. 

La  Claytone  de 
Cuba,  ouC.  perfoliée- 
[Cl  aytonia  perfo 
liata,  Don),  qu'on  nomme  encore  Pourpier 
d’hiver  (fig.  58),  appartient  à la  famille 
des  Portulacées.  C’est  une  plante  annuelle, 
haute  de  8 à 12  centimètres,  à petites 


160 


LES  JARDINS  DU  PRINTEMPS. 


feuilles  toutes  radicales,  en  rosette,  longue- 
ment pétiolées  et  à limbe  ovale,  aigu,  un 
peu  épais,  très-glabre  et  sans  nervure. 
Vers  le  milieu  de  l’été,  de  nombreuses 
petites  tiges  florales  se  développent  entre 
les  feuilles  et  portent  au  sommet  une 
petite  panicule  de  fleurettes  pédicellées, 
blanches,  excessivement  petites,  ayant  un 
calice  à deux  sépales  entiers  et  une  co- 
rolle à cinq  pétales.  La  tige  florifère,  plus 
longue  que  les  feuilles,  est  entièrement 
nue  à la  base,  mais  elle  porte  au-dessous 
de  l’inflorescence  une  collerette  formée  de 
deux  grandes  bractées  vertes,  entièrement 
soudées  entre  elles  et  formant  un  cornet 
très-évasé,  d’environ  2 centimètres  de  dia- 
mètre. La  figure  58  montre  si  nettement 
le  port,  l’aspect  de  la  plante,  qu’elle 
permet  de  la  reconnaître  à première 
vue. 

La  valeur  économique  de  la  Glaytone  de 
Cuba  réside  dans  ses  feuilles  et  ses  inflo- 
rescences jeunes,  qu’on  peut  manger  en 
salade  ou  cuites  comme  les  Épinards,  mais 
sa  production  est  si  peu  abondante  que  ce 
n’est  guère  qu’un  légume  de  fantaisie  et, 
par  suite,  fort  peu  employé. 

Sa  culture  est  néanmoins  très-facile,  car  la 
Glaytone  pousse  à peu  près  partout  ; il  suffit 
d’en  semer  les  graines  à la  volée,  mais  très- 
clair,  de  mars  en  juin,  pour  voir  la  plante 

LES  JARDINS 

Sur  les  côtes  occidentales  de  la  France  et 
en  Angleterre  le  printemps  se  réveille  de 
bonne  heure,  les  fleurs  des  contrées  sep- 
tentrionales et  alpines  s’ouvrent  beaucoup 
plus  tôt  que  dans  leurs  pays  d’origine.  Voilà 
pourquoi  c’est  une  pratique  erronée  que 
de  laisser  de  côté  de  nombreuses  espèces 
à floraison  printanière.  On  ne  manque  pas 
d’espèces  convenables  ; nous  trouvons  à pré- 
sent partout  des  établissements  horticoles  et 
des  jardins  où  l’on  cultive  en  grand  de 
bonnes  plantes  ; mais  savoir  en  tirer  parti, 
voilà  la  grande  question  trop  souvent  né- 
gligée. Le  jardin  peut  être  à la  fois  riche  en 
plantes  et  pauvre  en  beauté. 

Si  l’on  veut  faire  bon  usage  de  l’abondante 
flore  printanière,  il  faut  éviter  trop  de 
cultures  annuelles,  mais  il  ne  faut  cepen- 
dant pas  les  abandonner  de  prime-abord, 
car  la  réussite  dans  la  culture  et  la  floraison 
de  beaucoup  d’espèces  dépend  des  qualités 
du  sol  et  de  l’expérience  acquise  dans  la 
culture.  Mais,  vu  les  nombreuses  espèces 


atteindre  tout  son  développement  et  fleurir 
au  bout  de  quelques  mois.  Les  graines  sont 
noires,  petites  et  très-abondantes  ; il  s’en 
répand  généralement  une  assez  grande 
quantité  à terre,  et  il  n’est  pas  rare  de  voir 
alors  la  plante  repousser,  parfois  pendant 
quelques  années,  dans  l’endroit  où  on  l’a 
cultivée.  Gette  plante  pourrait,  selon  nous, 
trouver  place  dans  les  rocailles,  comme  cu- 
riosité végétale  ; il  suffirait  d’y  répandre 
quelques  pincées  de  graines  au  hasard  ; 
on  aurait  beaucoup  de  chance  de  l’y 
voir  se  développer  et  peut-être  se  natura- 
liser. 

Quelques  autres  espèces  de  Glaytones  ont 
encore  été  introduites  dans  les  jardins,  no- 
tamment le  C.  sihirica,  L.,  à fleurs  roses, 
qui  est  vivace,  à racine  tubéreuse,  fusiforme, 
et  introduit  de  la  Sibérie  en  1768  ; et  le 
C.  virgmica,  L.,  à fleurs  blanches,  qui 
a également  une  racine  tubéreuse  et  habite 
la  Virginie,  comme  son  nom  l’indique  du 
reste. 

Ges  plantes,  encore  rares  aujourd’hui  dans 
les  collections,  sont  rustiques  et  se  culti- 
vent de  préférence  dans  les  rocailles,  dans 
la  terre  de  bruyère  tourbeuse  et  humide,  et 
la  multiplication  des  deux  dernières  peut 
s’effectuer  par  séparation  des  rejets. 

S.  Mottet. 


)U  PRINTEMPS 

pour  lesquelles  ces  considérations  sont  su- 
perflues, les  jardins  printaniers  vraiment 
précieux  ne  pourront  exister  que  là  où 
nous  ferons  le  meilleur  usage  possible  des 
nombreuses  plantes  qui  ne  demandent  pas 
d’entretien  ni  de  soins  annuels,  depuis  les 
Trolles  {Tvollius)  jusqu’à  l’Aubépine.  Le 
jardinage  du  printemps  consiste  le  plus  sou- 
vent dans  la  garniture  de  plates-bandes  de 
Myosotis,  Pensées,  Pâquerettes,  Silènes  et 
Jacinthes,  mais  cette  façon  de  cultiver  des 
fleurs  pour  le  printemps  est  certes  la  plus 
coûteuse  et  la  moins  artistique;  on  com- 
mença par  là  quand  on  ne  connaissait  que 
quelques  espèces  convenables  à floraison 
printanière,  mais  aujourd’hui  que  nous  en 
possédons  un  grand  nombre,  il  s’agit  de 
s’engager  sur  de  meilleures  voies. 

Il  faudrait  rompre  avec  cette  habitude  de 
laisser  les  plates-bandes  de  Rosiers  et  d’ar- 
bustes de  choix  nues  et  dépourvues  de  toute 
autre  décoration  florale.  Dans  maints  cas, 
elles  pourraient  recevoir  un  choix  de 


LES  JARDINS  DU  PRINTEMPS. 


161 


, fleurs  printanières  telles  que  Pensées,  Vio- 
lettes, Narcisses,  Scilles  et  beaucoup 
• d’autres  plantes  naines,  groupées  entre 
' les  Rosiers.  Les  Primevères  doubles  se 
plaisent  dans  ces  conditions  et  y fleu- 
rissent abondamment,  car  le  léger  ombrage 
que  ces  plantes  y reçoivent  l’été  leur  est  sa- 
lutaire. Là  où  les  plates-bandes  de  Rhodo- 
dendrons sont  plantées  largement  (et  ces 
précieux  arbustes  ne  devraient  jamais  être 
serrés  les  uns  contre  les  autres),  on  peut 
faire  un  jardin  printanier  d’un  autre  genre. 
Les  plantes  de  terre  de  bruyère  s’y  plairont 
à merveille,  bien  mieux  qu’en  bordures 
isolées  et  nues.  Les  Faux-Lis  blancs  des 
bois  américains  (Trillium),  les  Sanguina- 
ria,  les  diverses  espèces  de  Dent-de-Chien 
{Erythronium  Dens  canis)  et  bien  d’au- 
tres espèces  bulbeuses  et  rhizomateuses 
à floraison  hâtive  aiment  ces  légers  abris 
et  ombrages,  ainsi  que  la  terre  de  bruyère 
de  ces  plates-bandes  d’arbustes. 

Maintenant  nous  arrivons  à ces  espèces 
favorites  dont  on  voit  si  volontiers  des  bor- 
dures, même  des  plates-bandes  entières; 
telles  sont  les  Primevères  des  jardins,  dans 
leurs  divers  coloris  et  formes,  les  Prime- 
vères à grandes  fleurs  et  les  Auricules’qui, 
dans  leurs  nombreuses  variations,  offrent 
bien  des  façons  de  jouir  d’elles,  plus  facile- 
ment que  d’espèces  replantées  tous  les  ans. 

‘ Avec  ces  plantes,  on  peut  suivre  les  goûts 
actuels  et  avec  les  Myosotis,  Silènes,  Pâque- 
rettes, Pensées,  Violettes,  Jacinthes,  Ané- 
mones et  Tulipes,  on  peut  obtenir  des  effets 
éclatants  ; mais  en  dehors  de  ces  groupes 
à la  mode,  sous  les  fenêtres,  on  peut  obtenir 
partout  de  bons  résultats  dans  la  décoration 
printanière,  et  l’éternel  problème  du  dessin 
pour  les  groupes  et  parterres  ne  sera  plus 
une  question  inquiétante  comme  par  le 
passé. 

Plantes  alpines  et  de  rocailles 

Il  y a tant  de  plantes  vivaces  qui  fleuris- 
sent au  printemps  (tant  d’espèces  alpines 
fleurissant  aussitôt  la  neige  fondue)  qu’il 
serait  impossible  de  les  citer  toutes  dans  un 
^ simple  essai  sur  les  plus  importantes  et  leur 
emploi  dans  les  jardins.  Nous  devons  ici 
laisser  de  côté  toute  liste  détaillée  d’espèces 
telles  que  : Adonis,  Cyclamen,  Draha, 
Erodium,  et  les  plus  petites,  Tldaspi,  Di- 
centra,  Eumaria,  Arahis,  Ramondia, 
Silènes  et  beaucoup  d’autres  espèces  alpines 
et  de  rocailles,  lesquelles,  quoiqu’indivi- 
duellemeht  jolies  et  intéressantes,  font 
moins  d’effet  dans  l’ensemble  du  tableau. 


Aubriétias  et  Giroflées  jaunes 

Gomme  plantes  naines  pour  le  jardin 
printanier,  la  première  place  revient  à 
certaines  espèces  des  montagnes  du  nord, 
qui  chez  nous  fleurissent  avant  les  arbustes 
et  arbres  hâtifs,  et  parmi  les  premières 
plantes  fleuries  qui  viennent  nous  réjouir 
au  printemps  ; telles  sont  les  Giroflées 
jaunes  ; V Alyssum  jaune,  très- décoratif  et 
facile  à cultiver;  V Arahis  vivace  très-connu 
et  plus  cultivé  encore  au  Nord  de  la  France 
qu’en  Angleterre  (et  qui  se  prête  très-bien 
à la  formation  de  corbeilles)  et  le  joli  Au- 
hrietia  violet,  une  précieuse  espèce  des 
montagnes  de  la  Grèce  et  des  pays  d’alen- 
tour, qui  a produit  un  certain  nombre  de 
variétés  surpassant  en  beauté  l’espèce  sau- 
vage. Rien  n’est  plus  précieux  pour  les  jar- 
dins que  cette  plante  dans  presque  toutes 
ses  formes  ; à cause  de  son  port,  sa  longue 
floraison  hâtive.  Elle  est  vivace  et  rustique, 
ce  qui  fait  qu’on  peut  l’utiliser  pour  les  di- 
vers arrangements  en  plates-bandes,  par- 
terres et  rocailles,  etc.  ; elle  devrait  se 
trouver  absolument  partout  où  l’on  s’occupe 
un  tant  soit  peu  de  jardinage  pour  le  prin- 
temps. Les  Thlaspi  vivaces  toujours  verts 
produisent  aussi  beaucoup  d’effet  en  plates- 
bandes,  bordures,  et  dans  les  parties  les  plus 
accidentées  des  jardins-rocailles. 

Voilà  autant  de  plantes  qui  ont  été  utili- 
sées sur  une  grande  échelle  pour  les  jar- 
dins printaniers,  mais  au  lieu  de  les  planter 
toujours  en  lignes,  on  en  obtiendrait  un  bien 
meilleur  effet  en  groupes,  même  dispersées 
irrégulièrement  ou  encore  en  tapis  et  cous- 
sins autour  de  plantes  élevées  et  de  touffes 
où  elles  auront  des  aspects  moins  bril- 
lants, il  est  vrai,  mais  plus  doux  et  plus 
agréables. 

La  Giroflée  Ravenelle,  se  plaisant  sur  les 
vieux  murs,  ruines  et  rochers,  est  toujours 
la  bienvenue  dans  les  jardins,  là  au  moins 
où  le  terrain  n’est  pas  trop  froid  et  où  les 
hivers  ne  sont  pas  trop  rigoureux,  mais 
dans  certains  pays  elle  reste  toujours  une 
plante  un  peu  délicate.  Cependant  c’est  une 
des  plantes  les  plus  dignes  de  culture  et  de 
soin  et  l’on  pourra  aussi  en  avoir  facilement 
quelques  plantes  au  pied  des  murs  exposés 
au  midi,  surtout  si  le  sol  n’est  pas  trop  hu- 
mide. Les  diverses  variétés  doubles  sont,  il  est 
vrai,  assez  délicates,  et  il  faudra  les  réserver 
plus  spécialement  pour  les  endroits  où  on 
les  réussit  généralement  bien.  Mais  on  ne 
regrettera  ses  peines  et  le  terrain  qu’on  y a 
consacré  que  quand  un  hiver  exceptionnel- 


162 


LES  JARDINS  DU  PRINTEMPS. 


lement  rigoureux  viendra  les  détruire  en 
grand  nombre. 

Les  Anémones  forment  un  groupe  des 
plus  belles  fleurs  du  Nord  et  de  l’Est; 
certaines  d’entre  elles  se  plaisent  assez  bien 
chez  nous  (telles  que  les  Anémones  bleues 
d’Italie  et  de  Grèce),  tandis  que  d’autres, 
telles  que  les  brillantes  Anémones  Pavot, 
affectionnent  spécialement  des  sols  légers 
et  chauds  et  même  certaines  contrées 
chaudes  ; aussi  exigent-elles  quelques 
soins  dans  certains  de  nos  sols  où  elles 
comptent  parmi  les  plantes  qui  demandent 
de  la  culture,  même  quelqu’abri  dans  les 
sols  froids  pour  les  hivers  rigoureux.  On 
pourrait  en  dire  autant  de  la  brillante 
Renoncule  d’Asie  et  de  ses  formes  si  va- 
riées : Perses,  Turques,  Françaises,  ou, 
quels  que  soient  leurs  noms,  toutes  les  va- 
riations de  l’espèce  Nord-Africaine.  Autant 
de  raisons  de  plus  pour  qu’on  cultive  ces 
plantes  abondamment  dans  les  terrains  cal- 
caires et  autres  sols  chauds  où  on  les 
réussit  bien,  comme  sur  les  côtes  occiden- 
tales. Le  meilleur  mode  de  culture,  pro- 
duisant aussi  le  plus  d’effet,  est  celui  en 
plates-bandes  de  1"™  30,  soit  au  potager,  soit 
au  jardin  (pépinière)  des  réserves. 

L’Anémone  des  bois  {Anémone  nemo- 
rosa)  se  trouve  si  répandue  dans  les  bois 
qu’on  voit  peu  le  besoin  de  la  cultiver  ; 
quelques-unes  de  ses  variétés  ont  cepen- 
dant de  l’importance,  telle  la  très-jolie 
Robinsoniana,  une  fleur  d’un  joli  bleu 
tendre  produisant  un  charmant  effet  dans 
les  jardins  printaniers  et  s’adaptant 
presque  à tout  genre  de  culture. 

L’Anémone  hépatique  (A.  U'iloha)  est 
une  jolie  petite  plante,  quand  le  sol  est 
libre,  quoique  un  peu  tardive  dans  cer- 
tains sols  ; là  où  elle  prospère,  il  faudrait 
user  largement  de  toutes  ses  variétés 
pour  bordures  et  plates-bandes  d’ar- 
bustes américains,  ainsi  que  dans  les 
jardins-rocailles.  UAnemone  sylvestris  est 
très-gracieuse  tant  en  boutons  qu’en  fleurs, 
mais  elle  est  un  peu  capricieuse  et  ne 
fleurit  pas  régulièrement  dans  tous  les 
sols,  différant  en  cela  des  Anémones  des 
bois,  qui  sont  aussi  constantes  que  les 
Renoncules.  U A.  acaulis  est  jolie  dans  les 
dunes  calcaires  et  dans  les  champs  de 
Normandie  et  certaines  parties  de  l’Angle- 
terre, au  printemps,  mais  jamais  aussi  jolie 
dans  les  jardins.  Elle  pourrait  se  natu- 
raliser dans  certains  champs,  bçis  ou 
rivages. 

Les  Ancolies  sont  très-belles  durant 


les  premiers  mois  de  l’année  et  quand 
même  nous  ne  posséderions  que  l’espèce 
commune  {Aquilegia  vulgaris)  et  ses  varié- 
tés, elles  seraient  déjà  bien  précieuses; 
mais  il  y en  a beaucoup  d’autres  qui  pros- 
pèrent dans  les  terrains  ouverts,  et  parmi 
lesquelles  il  en  est  de  très-gracieuses 
comme  forme  et  charmantes  comme  co- 
loris. 

Le  Populage  {Caltha  palustris),  si  beau 
dans  les  prairies  humides  et  au  bord  des 
rivières,  devrait  être  introduit  dans  les 
jardins,  partout  où  il  y a de  l’eau,  car  c’est 
une  plante  de  beaucoup  d’effet  si  elle  est 
bien  cultivée,  et  il  en  existe  plusieurs  va- 
riétés, doubles  et  simples. 

Les  Clématites,  surtout  les  variétés  à 
grandes  fleurs,  sont  principalement  pour 
l’été,  mais  quelques-unes  {Clematis  mon- 
tona,  Cl.  alpina,  Cl.  cirrhosa)  sont  très- 
belles  au  printemps  ; il  faudrait  en  faire 
grand  usage  pour  la  garniture  des  façades 
de  maisons,  bancs  couverts,  arbres  et 
arbustes.  Les  Doronics  {Do7'onicum)  pros- 
pèrent partout  et  sont  vigoureux  et  beaux 
dans  les  massifs  d’arbustes  et  en  terrains 
raboteux.  L’Elleborine  d’hiver  ou  Eran- 
this  hyemalis  (la  plus  hâtive  des  fleurs  du 
printemps),  se  plaît  dans  bien  des  sols, 
mais  dans  quelques-uns  elle  diminue  et 
dépérit,  et  il  ne  faudrait  pas  la  cultiver 
dans  les  jardins,  mais  dans  les  massifs, 
taillis  ou  bois  où  le  sol  lui  convient. 

Roses  de  Noël 

Parmi  les  gains  de  ces  dernières  années, 
le  plus  distinct  pour  le  jardin  printanier 
est  certainement  celui  de  l’Ellébore  d’O- 
rient,  dans  ses  nombreuses  variétés  si 
belles  et  dont  un  grand  nombre  furent 
obtenues  dans  les  cultures.  Ce  sont  de 
fortes  et  superbes  plantes,  à grandes  fleurs, 
délicatement  teintées.  Par  l’abri  que  leur 
procurent  généralement  les  jardins  et  par 
le  bon  terrain,  elles  croissent  vigoureuse- 
ment, ont  un  port  superbe,  un  riche 
feuillage,  de  belles  fleurs,  excellentes 
comme  fleurs  à couper.  Ce  sont  des  plantes 
à grand  effet,  robustes  et  distinctes  pour 
commencer  l’année  fleurie,  car  souvent  elles 
fleurissent  abondamment  à la  fin  de 
février  et  elles  ont  le  grand  mérite  de  ne 
pas  exiger  de  culture  annuelle,  les  touffes 
conservant  leur  vigueur  au  même  endroit 
pendant  plusieurs  années. 

Parmi  les  plus  beaux  des  petits  arbustes 
des  montagnes  qui  furent  jamais  introduits 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’HORTIGULTURE  DE  FRANGE. 


163 


chez  nous,  compte  VErica  hrrhacea,  qui 
])rille  pendant  plusieurs  semaines  au  prin- 
temps. C’est  une  des  plantes  qui  ne  nous 
manquentjamais  et  qui  demandent  seulement 
d’être  cultivées  en  grand  pour  produire  de 
l’efTet,  groupées  en  plein  soleil. 

La  Dent-de-Chien  d’Europe  {Erythro- 
nium  Dons  canis)  fait  très-bien  dans 
l’herbe  tendre,  surtout  là  où  elle  pousse 
bien  et  fleurit  beaucoup,  et  la  Fritillaire 
est  une  habitante  de  l’herbe  très-estimée  : 
elle  se  plaît  le  mieux  dans  les  prairies 
fraîches.  Les  variétés  plus  rares  vont 


bien  dans  une  bonne  terre  de  jardin  ; 
celles  à clochettes  jaune  pâle  sont  très- 
belles.  Toute  plante  analogue,  qui  peut  si 
bien  aller  dans  les  endroits  herbeux,  di- 
minue d’autant  nos  soins  au  jardin  du 
printemps  et  permet  de  réserver  les  plates- 
bandes  si  précieuses  du  jardin  fleuriste 
aux  plantes  qui  exigent  quelques  soins  et 
toujours  du  terrain  riche. 

W.  Robinson. 

(Traduit  de  l’anglais  par  J.  Buyssens). 
suivre). 


\ 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  11  MARS  1897 


Floriculture. 

Décidément,  voici  le  Primula  ohconica  mar- 
chant sur  les  traces  de  son  aînée,  la  Prime- 
vère de  Chine.  Nous  avions  vu  la  variété  rosea, 
obtenuepar  M.  Sallier  ; nous  l’avions  rencontrée 
aussi  à Maisons-Laffitte,  chez  M.  Narbouton. 
L’année  dernière,  MM.  Vilmorin-Andrieux 
et  C'e  nous  avaient  montré  des  exemplaires  à 
fleur  déjà  passablement  grande.  Aujourd’hui, 
ils  en  présentent  à grande  fleur  frangée  et  à 
grande  fleur  hlanc  pur.  Les  caractères  sont 
nettement  marqués.  Les  plantes  sont  plus 
« ramassées  » et  moins  hautes  que  le  type, 
tandis  que  des  Primula  denticulata,  à côté, 
sont  d’une  végétation  quasi-géante.  La  même 
maison  exhibe  aussi  sa  magnifique  collection 
de  Cinéraires  hybrides  à grande  fleur,  dont  la 
culture  est  toujours  si  remarquable,  et  dont 
l’éloge  n’est  plus  à faire. 

La  présentation  des  Anthurium  de  M.  de  la 
Devansaye,  l’amateur  connu,  d’Angers,  est  un 
événement.  On  sait  que  M.  de  la  Devansaye 
acheta  la  fameuse  collection  Morel,  et  qu’il 
l’exposa  en  1889. 

On  remarqua,  entre  autres,  les  variétés mim- 
bile,  La  Ville  d’Angers.,  Album  maximum, 
Madame  de  la  Devansaye,  etc.  Ces  plantes 
ont  été  travaillées  depuis  et  fécondées,  soit 
entre  elles,  soit  avec  d’autres,  et  l’on  nous 
montre  aujourd’hui,  comme  résultats,  des  spé- 
cimens d’une  vigueur  et  d’une  ampleur  extraor- 
dinaires : 

Anthurium  Le  Géant  {A.  mirabilexA.  War- 
dii),  inédit.  La  plus  grande  fleur  connue  : 
12  centimètres  sur  18.  Rouge  minium  ve- 
louté et  légèrement  gouaché  de  blanc. 

A.  La  Ville  d’Angers  x A.  andegavense, 
remarquable  par  ses  panachures  horizontales 
blanches  sur  un  fond  pourpre  à reflets  lie  de 
vin. 

A.  La  Ville  d’Angers  X A.  atrosangui- 


neum,  à spathe  ample  et  consistante,  rouge 
foncé  ponctué  de  blanc. 

A.  Aurore(A.  album  maximum  X Madame 
de  la  Devansaye),  inédit.  Spathe  blanc  pur, 
très-consistante,  dans  le  genre  de  Sang  gau- 
lois, de  Duval. 

Un  autre  Anthurium  hybride  est  le  produit 
de  la  fécondation  d’un  semis  d’Eugénie  Ber- 
trand par  VA.  atrosanguineum.  Spadice 
ocracé,  spathe  d’un  atrosanguin  étonnant 
d’intensité.  La  propriété  du  semis  d’Eugénie 
Bertrand  futachetée  par  l’hybridateur. 

M,  de  la  Devansaye  présentait  aussi  un  beau 
Vriesea  furcata  (V . Coburgii  X Warmingii). 
Ces  divers  apports  ont  mérité  justement  la 
prime  de  l^c  dasse  avec  félicitations  qui  leur  a 
été  décernée,  sans  compter  le  certificat  de  mé- 
rite de  Re  classe  pour  V Anthurium  Le  Géant. 

Cette  fois,  M.  Trutfaut  a voulu  démontrer 
qu’il  était  possible  de  réunir,  à la  nuance  ver- 
millon intense  de  ses  Clivia,  une  grosseur 
d’ombelles  et  une  ampleur  de  corolles  remar- 
quables, et  il  y a réussi.  Le  secret  consisterait, 
paraît-il,  à traiter,  en  été,  ces  plantes  avec  beau- 
coup d’engrais. 

M.  Maxime  Jobert  possède  aussi  le  secret 
d’obtenir  de  beaux  Hortensias,  plantes  bien 
faites,  remarquablement  trapues  et  uniformé- 
ment floribondes.  M.  Jobert  rentre  ses  plantes 
à une  chaleur  de  -j-  25®  pour  obtenir  de  nou- 
velles pousses  vigoureuses.  Il  descend  ensuite 
progressivement  la  température  jusque  dans  le 
voisinage  de  zéro,  puis  la  remonte  insensible- 
ment jusqu’à  la  floraison. 

M.  Moser  présentait  deux  Polygonatum  mul- 
tiflorurn,  l’un  régulièrement  et  nettement  strié 
de  blanc,  l’autre  entièrement  blanc.  Nous  pré- 
férons le  premier  au  second.  Cette  variété 
striatum  ou  variegatum  pourra  rendre  des 
services. 

Pour  mémoire  : Primevères  de  Chine  et 
linéaires  en  fleurs  coupées  de  M.  Clausse. 


164  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES. 


Orchidées 

M.  Mantin,  l’amateur  bien  connu  d’Olivet, 
présentait  un  fort  beau  Lycaste  Mantini^  d’un 
blanc  laiteux,  bien  consistant,  avec  macule 
jaune  à la  gorge  du  labelle.  Cet  hybride  nou- 
veau (L.  Deppei  X L.  Skinneri  Reginæ), 
semé  en  octobre  1890,  a fleuri  le  4 fé- 
vrier 1897  pour  la  première  fois. 

MM.  Duval  et  fils  présentaient  le  Cattleya 
Trianæ  Mariæ,  déjà  vu  en  1896,  mais  qui 
n’avait  pas  été  suffisamment  éprouvé.  Il  a 
acquis  définitivement  une  réelle  valeur.  D’au- 
tres plantes  sont  intéressantes  dans  leur  lot  : 
un  Lycaste  Skinneri  alba  trouvé  dans  une  im- 
portation de  L.  Skinneri^  en  i895,  un  Den- 
drobium Wardianum  Lowii,  remarquable- 
ment coloré,  un  CypripediumBothschildianum, 
et  surtout  un  Odontoglossum  crispum  de  pure 
race  « Pacho  ». 

Pour  les  profanes,  M.  Duval  a entretenu 
l’assemblée  de  ce  qui  caractérise  cette  race 
spéciale  d’O.  crispum  Alexandræ.  C’en  est  la 
par'faite  disposition  symétrique  des  diverses 
pièces  du  périanthe,  qui  doivent  toutes  sous- 


crire également  et  à égale  distance,  dans 
une  circonférence.  Leur  substance  doit,  en 
outre,  être  parfaitement  étoffée.  Et  ce  ne  fut 
qu’à  Pacho  (Colombie)  — prononcez  « Pa- 
tcho  »,  — qu’on  en  trouva  de  telles. 

Nombreuse  et  variée  collection  de  M.  Oc- 
tave Doin.  Noté  particulièrement  un  Phajus 
tuberculosus  au  pavillon  étalé  horizontale- 
ment, et  au  labelle  couvert  de  ponctuations 
comme  un  Mimulus  ; un  Cypripedium 
Elliottianum,  remarquablement  strié  de  ban- 
des longitudinales  brunes  ; puis  : Cattleya 
Schræderæ  albescens,  Dendrobium  primu- 
linum  grandiflorum,  Odontoglossum  he- 
braicum,  O.  Rossi  erubescens,  etc. 

L’apport  de  M.  Drieger,  jardinier  du  châ- 
teau du  Monastère,  se  distingue  surtout  par 
un  remarquable  Oncidium  Sarcodes,  un 
Lælia  acuminata  et  un  Oncidium  leuco- 
chilum,  assez  rares,  et  un  beau  Dendrobium 
superbum  giganteum. 

Rien  à l’arboriculture  ni  à la  culture  pota- 
gère. Pas  de  séance  le  25  mars,  pour  cause  de 
Mi-Carême. 

H.  Dauthenay. 


REVUE  DES  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES 

FIGURÉES  OU  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  HORTICOLES  ÉTRANGÈRES 

PENDANT  LE  SECOND  SEMESTRE  DE  l’aNNÉE  1896  ^ 


Nymphæa  stellata,  var.  eastoniensis(Nym- 

phéacées),  Gard,  and  For.,  1896,  p.  474,  fig. 
noire,  68. 

Odontoglossum  crispum.  Ldi.,  var.  Aswor- 
thianum,  O’  Brien  (Orchidées),  Lind., 
tab.  522. 

— crispum,  Lindl.  var.  augustum,  L.  Lind. 
(Orchidées),  Lind.,  tab.  524.  G.  C.,  23  mai 
1896,  p.  655.  — Variété  qui  a fleuri  pour  la 
première  fois  chez  MM.  Dallemagne  et  C^o, 
à Rambouillet,  d’une  des  importations  de 
M.  Linden.  En  mai  dernier,  elle  fut  ache- 
tée par  M.  Jules  Hye,  de  Gand,  pour  la 
somme  de  7,875  francs,  prix  le  plus  élevé  qui 
ait  été  payé  pour  un  Odontoglossum . 

— crispum,  Ldi.  var.  Galos,  L.  Lind.  (Orchi- 
dées), Lind.,  tab.  518.  — Variété  nouvelle  à 
fleur  d’environ  10  centimètres  de  diamètre. 

— crispum.  Ldi.  var.  citratum,  L.  Lind. 
(Orchidées),  Lind.,  tab.  521. 

— crispum,  Ldi.  var.  meleagris,  L.  Lind. 
(Orchidées),  Lind,  tab.  520. 

— luteo-purpureum  Ashworthianum  (Or- 
chidées), G.  G.,  1896,  p.  63.  — Splendide  va- 
riété à fleurs  de  très-grandes  dimensions. 

— maculatum,  La^  Llave  (Orchidées),  Lind., 
tab.  543.  — Mexique.  Espèce  décrite  et  figu- 
rée d’abord  en  1825.  Réintroduite  définitive- 
ment par  M.  J.  Linden,  vers  1869,  elle  est 
proche  voisine  de  l’O.  cordatum,  mais  ses 
fleurs  sont  moins  grandes,  les  pétales  plus 
courts  et  plus  larges,  le  labelle  plus  étalé  et 
plus  court. 

^ Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  9:^  et  142. 


— Rossi,  Lindl.  var.  Pauwelsiæ,  L.  Lind. 
(Orchidées).  Lind.,  tab.  534. 

O.  X rubiginosum,  L.  Lind.  (Orchidées), 
Lind.,  tab.  117.  — Probablement  un  hybride 
naturel  entre  les  O.  crispum  et  O.  sceptrum. 

O.  X spectabile,  L.  Lind.  (Orchidées),  tab.  523. 
— hybride  naturel  ayant  une  grande  affinité 
avec  l’O.  excellens. 

O.  X Troyanofskianum,L.  Lind.  (Orchidées), 
Lind.,  tab.  540. 

O.  X Wilckeanum,  Rchb.  f.  var.  rufum,  L. 
Lind.  (Orchidées),  Lind.,  tab.  519.  — Provient 
d’un  croisement  naturel  entre  l’O.  crispum  et 
l’O.  luteo-purpureum. 

Oncidium  luridum.  Lindl.  (Orchidées),  Lind., 
tab.  542.  — Antilles.  Plante  très-décorative, 
connue  déjà  du  temps  de  Linné  et  réintro- 
duite en  1823.  Ses  fleurs  sont  grandes  et  d’un 
coloris  agréable.  Il  est  surprenant  de  ne  pas 
la  voir  figurer  dans  toutes  les  collections. 

Onosma  albo-roseum,  Fisch.  et  Mey.  (Borra- 
ginées),  The  Gard.,  1895,  p.  250,  pl.  color., 
1085.  — Jolie  plante  alpine  de  rocaille  peu 
répandue  encore  dans  le  commerce.  Fleurs 
blanches  ou  d’un  blanc  bleuâtre. 

Parrotia  Jacquemontiana , Decne.  (Ha- 
mamélidées).  B.  M.,  tab.  7501.  — Arbuste 
des  hautes  montagnes  de  l’Himalaya,  qui  se 
rapproche  davantage  du  Fothergilla  alnifolia 
que  du  Parrotia  perslca.  Il  atteint  5 à 6 mè- 
tres de  hauteur.  Ses  feuilles  prennent  à l’au- 
tomne une  brillante  couleur  jaune  orangé  ou 
écarlate.  Fleurs  blanches  avec  nombreuses 
étamines  jaune  d’or. 

Passif lora  galbana,  Mast.  n.  sp.  (Passiflo* 


PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES.  165 


rées),  G.  G.,  1896,  p.  555;  fig.  noire,  97.  — 
Nouvelle  espèce  introduite  par  M.  R.  Greighton 
dans  un  lot  de  Cattleya  labiata,  probable- 
ment du  nord  du  Brésil.  Cette  Passiflore  a les 
rameaux  grêles.  Les  fleurs  sont  d’un  jaune 
clair,  ou  jaune  primevère,  et  ne  s’ouvrent 
qu’au  crépuscule  pour  se  fermer  au  jour.  On 
doit  penser  qu’un  insecte  ailé  crépusculaire 
est  chargé  du  soin  d’assurer  la  fécondation, 
car  les  Passiflores  ne  peuvent  être  fécondées 
par  leur  propre  pollen.  Cette  espèce  est  alliée 
au  P.  MierslL 

Pentstemon  azureus.  Benth.  (Scrophulari- 
nées).  B.  M.,  tab.  7504.  — Californie.  Plante 
vivace,  ligneuse  à la  base,  à rameaux  d’un 
rouge  brun.  Les  fleurs  sont  en  grappes,  â 
corolle  de  3 à 4 centimètres  de  long,  de  cou- 
leur bleu  violet,  avec  la  base  du  tube  rose 
pourpre.  Elle  s’élève  jusqu’à  2,650  pieds  au- 
dessus  du  niveau  de  la  mer,  mais  alors  sous 
une  forme  naine. 

Phajus  mishmensis,  Reichb.  f.  (Orchidées). 
B.  M.,  tab.  7479.  — Himalaya  oriental.  Plante 
découverte  dans  les  monts  Mishmi,  dans  le 
Haut-Assam,  par  Griffith,  en  1836,  et  réintro- 
duite récemment.  La  tige  s’élève  de  60  centi- 
mètres à 1 mètre,  portant  un  ou  plusieurs 
scapes  qui  sont  axillaires  à l’aisselle  des 
feuilles  inférieures.  Grappe  de  8 à 10  fleurs 
de  près  de  6 centimètres  de  large,  de  couleur 
rose  pâle  ou  rose  plus  foncé.  Labelleplus  pâle 
et  rayé;  il  est  trilobé,  à lobes  latéraux  larges 
et' orbiculaires.  Éperon  grêle,  recourbé,  jau- 
nâtre. Colonne  mince,  les  côtés  dilatés  au- 
dessus  du  milieu. 

Philodendron  Mamei,  Ed.  André.  (Aroïdées). 
Illustr.  hort.,  p.  277,  pl.  color. — Originaire 
de  l’Équateur.  Cette  belle  plante  est  connue 
depuis  1883.  La  spathe  est  d’un  brun  marron 
foncé,  très-luisant  dans  sa  partie  inférieure; 
la  partie  ouverte  est  d’un  blanc  extrêmement 
mat,  le  spadice  conique  est  blanc  de  lait. 

Pilocarpus  Jaborandi,  Holmes  (Rutacées), 
B.  M.,  tab.  7483.  — Pernambuco.  Arbrisseau 
ou  petit  arbre  à rameaux  hispides.  Grappes 
axillaires,  grêles,  d’un  pied  de  long,  à rachis 
d’un  vert  rougeâtre,  portant  de  nombreuses 
petites  fleurs  rose  foncé.  Le  nom  de  Jabo- 
randi a été  appliqué  indistinctement  à de 
nombreuses  plantes  de  diverses  familles.  On 
avait  longtemps  confondu  cette  plante  avec  le 
P.  pennatl folium. 

Prunus  subhirtella,  Miquel  (Rosacées),  B. 
M.,  tab.  7508.  — Japon.  Arbuste  qui  se  rap- 
proche à certains  égards  du  P.  japonlca.  Les 
fleurs  paraissant  avant  les  feuilles  sont  blan- 
ches, disposées  en  fascicules  et  petites. 

Pueraria  Thunbergiana,  Benth.  (Légumi- 
neuses), Gartenfl.,  1896,  p.  401,  fig.  colo- 
riée 1429.  Revue  horticole.  — Liane  à tige 
ligneuse  grimpant  très-haut  et  s’enroulant  de 
gauche  à droite.  Feuilles  à trois  folioles,  à 
limbe  vert  foncé  à la  partie  supérieure,  plus 
clair  à la  partie  inférieure.  Étendard  pourpré 
avec  tache  à la  base,  passant  ensuite  au  bleu. 
Originaire  du  Japon,  où  elle  sert  à divers 
usages.  MM.  Paillieux  et  Bois  ont  donné 
l’histoire  de  celte  plante  dans  Le  Potager 
d'un  curieux. 

Hestîo  verticillatus,  Spreng.  (Resliacées), 
Gard,  and  For.,  1896,  p.  434,  fig.  noire  57. 


— Sud  de  l’Afrique.  Plante  d’un  aspect 
étrange  et  fort  ornementale,  décrite  il  y a 
déjà  trente  ans  par  le  docteur  Masters.  On  lâ 
nommait  alors  dans  les  jardins  WlUdenowla 
teres.  Ses  chaumes  retombent  gracieusement 
et  sont  garnis  d’une  multitude  de  ramuscules 
en  forme  de  filaments  qui  rappellent  les  crins 
de  la  queue  d’un  cheval.  La  plante  est  vi- 
vace; il  lui  faut  beaucoup  d’eau. 

Rhamnus  crenatus,  Sieb.  et  Zucc.  (Rham- 
nées),  Gard,  and  For.,  1896,  p.  424,  fig. 
noire  56.  — Japon  et  nord  de  la  Chine.  Ar- 
buste de  2 à 3 mètres  de  hauteur,  non  épi- 
neux. Il  est  assez  décoratif  à l’automne  par 
ses  baies  noires  très-abondantes  ; ses  fleurs 
sont  insignifiantes. 

Rhododendron  serpyllifolium,  Miq.  (Eri- 
cacées),  B.  M.,  tab.  7503.  — Japon.  Ce  petit 
arbuste  est  bien  l’espèce  la  plus  insignifiante 
du  genre,  avec  le  R.  nivale,  espèce  alpine 
des  montagnes  du  Sikkim.  Ses  fleurs,  d’un 
rose  assez  vif,  sont  très-petites.  Spécifique- 
ment il  est  allié  au  R.  Indlcum. 

— Smirnowi,  Traut.  (Éricacées).  B.  M., 
tab.  7495.  — Cette  nouvelle  espèce,  originaire 
des  montagnes  du  sud  du  Caucase,  présente 
des  affinités  dans  le  feuillage  avec  le  D.  luna- 
tum de  l’Himalaya,  mais  la  corolle  est  infun- 
dibuliforme  et  la  face  inférieure  des  feuilles 
laineuse.  Fleurs  à large  corolle  de  9 centi- 
mètres en  diamètre,  de  couleur  rose,  avec  les 
bords  plutôt  rouges. 

Salvia  yunanensis,  Wright  (Labiées),  B.  K., 
1896,  p.  164.  — Chine.  Cette  espèce,  aux 
grandes  fleurs  d’un  bleu  cobalt,  habite  les 
montagnes  du  Yunnan  à une  hauteur  de  6,000 
à 6,500  pieds.  Par  ses  feuilles,  elle  ressemble 
au  S.  scaplformls. 

Sansevieria  Roxburghiana,  Schult.  f.  (Hæ- 
modoracées),  B.  M.,  tab.  7486.  — Indes- 
Orientales.  Feuilles  linéaires-ensiformes  de 
60  à 90  centimètres  de  long;  elles  sont  raides, 
étroitement  bordées  de  rouge,  à face  supé- 
rieure concave,  et  contiennent  des  fibres  tex- 
tiles comme  les  Aloès  et  les  Agaves.  Grappe 
de  0"*30  de  long,  portant  des  fascicules  de 
3 à 6 fleurs,  à périanthe  d’un  blanc-verdâtre. 

Sarcochilus  haînanensis,  Benth.  et  Hook.  f. 
(Orchidées),  B.  M.,  tab.  7489;  B.  K.,  p.  199. 
— Ile  de  Hainan  (Sud  de  la  Chine).  Cette 
plante  appartient  à la  section  Cuculla  carac- 
térisée par  le  rachis  comprimé  des  grappes, 
avec  des  bractées  pectinées.  La  tige,  de  la 
grosseur  d’une  plume  d’oie,  atteint  18  centi- 
mètres de  hauteur.  Fleurs  pendantes,  jaune 
d’or,  de  4 à 5 centimètres  de  long. 

Saxifraga  muscoides  Rhei  (Saxifragées), 
The  Gard-,  1896,  p.  250,  pl.  color.  1085.  — 
Charmante  plante  alpine  des  jardins  de  ro- 
cailles. 

Scutellaria  amæna,  Wright  (Labiées).  B.  K., 
1896,  p.  164.  — Chine.  Plante  herbacée  à 
grandes  fleurs  bleues  qui  ressemblent  à celles 
du  -S.  macrantha,  mais  elle  diffère  de  cette 
dernière  espèce  par  ses  feuilles  oblongues  et 
non  linéaires-Iancéolées. 

Solanum  cernuum,  Velloz.  (Solanées),  B.M., 
tab.  7491.  — .Sud  du  Brésil.  Arbuste  dont 
le  caractère  le  plus  saillant  est  d’être  recou- 
vert sur  les  branches,  les  rameaux,  le  ca- 
lice, etc.,  de  longs  poils  bruns  et  flexueux.  I 


166 


SALSIFIS  ET 

s’élève  à 6 ou  8 pieds  avec  des  branches 
courtes  et  robustes.  Les  feuilles  ont  60  centi- 
mètres de  long  ; elles  sont  blanches  en  des- 
sous, un  peu  tomenteuses.  Fleurs  blanches. 
Stenomesson  (Coburgia)  incarnatum, 
Baker  (Amaryliidées),  The  Gard.,  1896,  p.  62, 
pl.  color.  1076.  — Andes  du  Pérou,  Bolivie  et 
Ecuador.  Plante  bulbeuse  de  serre  que  l’on 
trouve  seulement  à Kew  et  dans  les  jardins 
botaniques.  Cependant,  comme  les  fleurs  pa- 
raissent à une  époque  où  les  plantes  de  serre 
sont  très-recherchées,  elle  mériterait  la  cul- 
ture. 

Stephanandra  Tanakæ,  Franch.  et  Savat. 
(Rosacées),  Gartenfl.,  1896.  p.  506,  fig. 
color.  1431.  — Japon,  au  pied  ^des  montagnes 
Fusiyama.  Les  feuilles  seulement  de  cette 
Spiréacée  nouvelle  sont  ornementales  ; d’abord 
grises,  elles  deviennent,  en  vieillissant,  d’un 
beau  rouge  bronzé.  En  raison  de  sa  crois- 
sance dans  les  régions  élevées,  cette  plante 
supportera  les  froids  de  nos  climats. 

Tigridia  Pavonia,  var.  flava  (Iridées),  The 
Gard.,  1896,  p.  22,  pl.  color.  1074. 
Trichomanes  (Hemiphlebium)  Fraseri, 
Jenm.  ; n.  sp.  (Fougères).  G.  C.,  1896,  p.  266. 
— Antilles.  Cette  Fougère  est  assez  voisine 
des  T.paroulum  et  T.  proliferum  parmi  les 
espèces  orientales,  et  des  T.  quercifoUum  et 
T.  reptans  parmi  celles  des  Antilles. 

SALSIFIS  ET 

Voici  deux  plantes  potagères  de  la  fa- 
mille des  Composées-Chicoracées,  dont  le 
produit  alimentaire  est  la  racine  charnue, 
succulente  quand  elle  est  cuite,  et  qu’il  va 
falloir  songer  actuellement  à semer  et  cul- 
tiver dans  le  jardin  potager. 

Il  n’est  peut-être  pas  sans  intérêt  de  faire 
ressortir  ici  les  caractères  distinctifs  de  ces 
deux  plantes,  car  si  elles  appartiennent  à 
la  même  famille,  elles  sont  rattachées  par 
les  botanistes  à deux  genres  différents. 

La  première,  le  Salsifis,  Tragopogon 
porrifolium,  L.,  originaire  du  Midi  de  l’Eu- 
rope, est  bisannuelle,  à tiges  fistuleuses, 
glabres,  atteignant  1 mètre  de  hauteur  et 
portant  des  feuilles  lancéolées,  linéaires, 
entières,  7i07i  dentées,  vert  glauque.  Les 
fleurs,  d’un  coloris  violet,  sont  réunies  en 
capitules  terminaux  solitaires.  Les  fruits 
sont  longs,  ovales,  très-striés,  rudes  au 
toucher,  hi'wxs  ou  quelquefois  xioWâb'es  et 
couronnés  d’une  aigrette  plumeuse  courte- 
mexit  stipitée.  Les  racines  longues,  fusi- 
formes sont  d’un  blanc  jaunâtre. 

La  seconde.  Scorsonère,  Scorzojiera 
hispanica,  L.,  est  également  bisanuelle 
et  originaire  de  l’Europe  méridionale, 
mais  à tiges  plus  hautes,  atteignant  1 m.  30 
à 1 m.  50,  cylindriques,  légèrement 
cannelées,  un  peu  cotonneuses  et  bran- 


SCORSONÊRE. 

— rorainiense,  Jenm  , n.  sp.  (Fougères) 
G.  C.,  1896,  p.  716.  — Nouvelle  espèce  de  la 
Guyane,  dont  les  frondes  mesurent  12  à 
15  centimètres  de  long. 

Trichopilia  crispa,  var.  marginata,  Warner 
(Orchidées),  Lind.,  tab.  527.  — Variété  dé- 
crite et  figurée  en  1862,  par  Robert  Warner. 
Valeriana  sitchensis,  Bong.  (Valérianées), 
Gard.  and.  For.,  1896,  p.  516,  fig.  noire  74. 
— Une  des  plus  belles  plantes  sauvages  des 
hautes  montagnes  du  nord-est  des  États-Unis; 
elle  mériterait  la  culture. 

Vanda  hainanensis,  Rolfe  (Orchidées),  B.  K., 
1896,  p.  199.  — Haïnan.  Cette  Orchidée 
appartient  à la  section  Anota.  Les  fleurs  sont 
blanches  et  pourpres,  odorantes. 

— Kimballiana,  H. -G.  Rchb.  f.  (Orchidées), 
Gartenfl.,  1896,  p.  337.  fig.  color.  1428.  — 
Nouvelle  espèce  voisine  du  V.  Amesiana,  à 
fleurs  aussi  grandes,  mais  tout  à fait  diffé- 
rentes. Grappe  multiflore  de  30  à 35  centi- 
mètres de  long.  Sépales  et  pétales  d’un  blanc 
pur.  Labelle  pourpre  rosé.  Éperon  conique, 
acuminé.  Originaire  du  Burma, 

Vitis  Doaniana.  (Ampélidées),  Gard,  and 
For.,  1896,  p.  454,  fig.  noire  59.  — Vigne 
sauvage  du  Texas,  qui  surpasse  en  vigueur  et 
en  rusticité  toutes  les  autres  espèces. 

D.  Bois  et  G.  Gibault. 

SCORSONÈRE 

chues  au  sommet  ; à feuilles  planes,  on 
dulées,  quelquefois  dentées  et  plus  épais- 
ses que  chez  la  précédente.  Les  fleurs,  d’un 
coloris  jaune,  sont  de  même  réunies  en 
capitules  terminaux.  Les  fruits  sont  can- 
nelés, hlanchâh'es  et  surmontés  d’une  ai- 
grette plumeuse  non  stipitée.  Les  racines, 
à peu  près  de  même  longueur  et  de  même 
grosseur  que  celles  du  Salsifis,  sont  noires 
et,  à âge  égal,  cependant  moins  grosses  au 
collet. 

Des  caractères  saillants  qui  précèdent,  il 
appert  qu’on  peut  aisément  reconnaître 
l’une  de  l’autre,  à toutes  les  époques  de  la 
végétation,  les  deux  plantes  potagères  que 
nous  examinons  aujourd’hui. 

La  Scorsonère  croît  moins  vite  que  le 
Salsifis,  mais  par  contre  elle  présente  la 
curieuse  particularité  de  rester  comestible 
quoique  ayant  fleuri,  c’est-à-dire  qu’après 
la  floraison  ses  racines  ne  se  vident  pas,  ne 
deviennent  pas  filandreuses,  comme  on  l’ob- 
serve chez  la  plupart  des  légumes  du  même 
groupe,  la  Carotte  par  exemple  et  le  Salsifis 
lui-même,  de  sorte  que  cette  plante  est 
généralement  préférée  à cetfe  dernière  dans 
les  cultures. 

Quoique  originaires  du  climat  méridional 
de  l’Europe,  ces  deux  plantes  réussissent 
parfaitement  dans  la  région  parisienne  où 


CORRESPONDANCE. 


elles  réclament  un  sol  meuble  et  profond, 
c’est-à-dire  sablonneux,  un  peu  frais.  Dans 
les  terrains  trop  compactes,  leurs  racines 
sont  susceptibles  de  se  ramifier  et  de 
devenir  coriaces  et  filandreuses.  Leur 
multiplication  ne  s’effectue  que  par  le 
semis. 

Celui-ci  se  pratique  à la  fin  de  mars, 
courant  d’avril  et  première  quinzaine  de 
mai  au  plus  tard,  soit  à la  volée,  soit  de 
préférence  en  rayons  dist:mts  de  20  centi- 
mètres les  uns  des  autres,  et  à raison  de 
100  grammes  de  graines  de  Scorsonère  par 
are  et  de  120  grammes  de  graines  de  Sal- 
sifis pour  la  même  surface.  On  opère  dans 
un  sol  suffisamment  ressuyé  en  observant  de 
n’enterrer  les  semences  que  de  2 à 3 centi- 
mètres au  plus.  Si  la  température  ambiante 
l’exige,  on  donne  dans  le  courant  d’avril  de 
légers  bassinages  aux  planches  de  semis,  et 
en  mai  de  petites  mouillures  pour  faciliter 
la  levée  régulière  des  graines.  Dès  que  les 
jeunes  plantes  ont  3 ou  4 feuilles,  c’est-à- 
dire  3 semaines  ou  1 mois  après  le  semis,  il 
I est  bon  de  les  éclaircir  et  de  les  maintenir 
i à 10  ou  12  centimètres  les  uns  des  autres, 

ipuis  d’arroser  aussitôt  après  cette  opéra- 
tion. 

Les  soins  d’entretien  sont  peu  nombreux 
et  consistent,  surtout  dans  les  sols  secs,  à 
donner  plusieurs  mouillures  de  fond  durant 
la  végétation. 

Il  n’est  pas  rare  de  voir  monter  la  Scor- 
sonère à fleur  dès  le  mois  de  juillet  qui 
suit  le  semis.  Lorsque  ce  fait  se  produit, 
il  faut,  à ce  moment,  couper  les  tiges  au  rez 


167 

du  sol,  ce  qui  favorise  le  grossissement  des 
racines. 

Cultivées  et  traitées  ainsi,  les  racines  de 
ces  plantes  peuvent  se  récolter  depuis  le 
courant  d’octobre  jusqu’au  printemps,  en 
faisant  remarquer  toutefois  que  la  Scorso- 
nère est  plus  robuste  que  le  Salsifis,  et  que 
celui-ci  est  susceptible  de  geler  pendant 
l’hiver  sous  le  climat  parisien.  Il  importe 
donc,  pour  faciliter  la  récolte  et  aussi  pour 
éviter  cet  inconvénient  du  Salsifis,  soit  de 
couvrir  simplement  le  sol  d’une  couche  de 
feuilles,  soit  mieux  encore  d’arracher  au 
préalable  les  racines  et  de  les  mettre  soi- 
gneusement en  jauge  en  les  recouvrant 
comme  il  vient  d’être  dit. 

Disons  encore  que  lorsqu’on  désire  ne  ré- 
colter la  Scorsonère  qu’à  la  seconde  année 
de  semis,  celui-ci  se  pratique  en  août-sep- 
tembre, en  ayant  soin  à cette  époque  d’ar- 
roser fréquemment  le  sol  pour  faciliter  la 
germination  des  graines.  Par  ce  procédé  on 
obtient  des  racines  plus  grosses,  mais  sensi- 
blement de  moins  bonne  qualité  que  par  la 
culture  précédente. 

Pour  l’une  et  l’autre  de  ces  deux  plantes, 
le  rendement  à l’are  est  à peu  près  le  même 
et  s’évalue  à 100  bottes  de  40  à 50  racines, 
pesant  en  moyenne  1 kil.  500  à 2 kilo- 
grammes, soit  de  450  à 200  kilogrammes. 

Ajoutons  enfin  que  les  jeunes  pousses  de 
la  Scorsonère,  étiolées  au  printemps,  à 
l’instar  de  celles  du  Pissenlit  ou  de  la  Chi- 
corée sauvage,  ont  une  saveur  très-fine  et 
peuvent  être  consommées  en  salade. 

Ch.  Grosdemange. 


CORRESPONDANCE 


L 


H.  G.  {Loire-Inférieure).  — L’examen  des 
feuilles  de  Camellia  ne  nous  a fait  découvrir 
dans  les  parties  ravagées  aucune  trace  de 
Champignons  parasites,  et  depuis  que  nous 
avons  reçu  les  échantillons,  nous  n’avons  pas 
constaté  de  modifications  dans  les  échancrures 
produites.  Nous  ne  pouvons  donc  pas  vous 
renseigner  exactement,  d’après  les  échantillons 
reçus,  sur  la  cause  de  ces  altérations,  et  nous 
pensons  que  les  larves  d’insectes  n’y  sont  pas 
étrangères. 

Les  branches  de  Fusain  ne  nous  ont  pas  da- 
vantage montré  de  parasites  végétaux. 

Le  Palmier  examiné  est  envahi  par  un  para- 
site végétal,  un  Gleosporium  qui  forme  ses 
fructifications  sur  toute  l’étendue  de  la  partie 
malade  sous  l’aspect  de  points  noirs,  d’un  tiers 
ou  d’un  quart  de  millimètre  de  diamètre.  Il 
vous  sera  facile  de  vous  débarrasser  de  ce  pa- 
rasite au  moyen  des  sels  de  cuivre,  car  les 


spores  du  Gleosporium  ne  germent  pas  dans 
une  solution  très-étendue  de  ces  sels. 

Dans  ce  but,  vous  devrez  passer  en  revue 
tous  vos  plants  de  Kentia  et  vous  couperez 
toutes  les  parties  atteintes,  puis  avant  de  ren- 
trer les  plants  dans  des  bâches,  vous  badi- 
geonnerez les  parois  et  les  vitres  de  ces 
bâches  avec  la  bouillie  bordelaise  ou  bour- 
guignonne. Chacun  des  plants  sera  pulvérisé 
avec  la  bouillie  bordelaise  et  mis  en  place. 

Par  ce  moyen,  vous  pourrez  vous  débar- 
rasser facilement  et  rapidement  du  parasite. 

Il  sera  bon  de  grouper  les  plants  dans  les 
bâches  en  plusieurs  catégories  ; 1»  les  plants 
entièrement  sains;  2»  les  plants  à peine  atta- 
qués ; 3o  les  plants  bien  malades,  de  manière 
à pouvoir  surveiller  de  très-près  la  marche  de 
la  maladie. 

Quant  aux  fragments  de  feuilles  malades, 
vous  aurez  soin  de  les  brûler  immédiatement 


468 


CORRESPONDANCE. 


(je  VOUS  demanderai  seulement  de  m’en  faire 
adresser  quelques  échantillons  au  bureau  de 
la  Revue). 

Cette  opération  une  fois  faite,  vous  n’aurez 
plus  qu’à  surveiller  les  Palmiers  et  à renou- 
veler les  pulvérisations  sur  les  plantes  si  vous 
constatez  que  la  maladie  reprend  de  l’extension. 

La  fleur  de  soufre  est  absolument  inefficace 
pour  le  traitement  de  cette  maladie.  — 'Jj.  M.) 

No  4i2i  {Constantine).  — Nous  ne  con- 
naissons pas  d’autre  mode  d’emballage  pour 
l’importation  des  Asperges,  que  celui  qui  con- 
siste à les  placer  dans  des  cageaux  à claire- 
voie.  Ces  cageaux,  faits  de  bois  blanc,  sont 
plus  hauts  que  larges,  la  largeur  ne  devant  pas 
excéder  la  longueur  des  bottes.  Chaque  cageau 
peut  contenir  deux  ou  trois  étages  de  bottes, 
bien  défendues  de  tous  côtés  par  un  « rem- 
plissage » approprié.  Les  frisures  de  bois  sont 
beaucoup  moins  susceptibles  de  s’échauffer 
que  le  foin,  la  mousse  ou  les  feuilles  sèches. 

Dans  une  contrée  chaude  comme  est  celle 
où  vous  êtes  installé,  il  y aurait  peut-être  lieu, 
au  lieu  de  botteler  les  Asperges,  de  les  dis- 
poser par  lits  dans  le  cageau  posé  à plat,  et  de 
remplacer  les  frisures  de  bois  par  du  papier  en 
tortillons.  Une  première  couche  d’Asperges 
est  d’abord  placée.  Un  tortillon  de  papier  en 
protège  les  pointes  contre  le  heurt  des  parois. 
Le  second  lit  est  ensuite  placé,  mais  les 
pointes  en  sens  inverse,  et  protégées  de  la 
même  façon,  et  ainsi  de  suite. 

Si  vous  désiriez  connaître  la  disposition  des 
cageaux  dont  nous  parlons,  vous  pourriez  de- 
mander un  échantillon  à M.  Beaumont,  embal- 
leur, 22,  rueEtienne-Marcel,  à Paris.  — (H.  D.) 

Ch.  H.  {Smyrne).  — Nous  pensons  que, 
pour  mieux  s’assurer  de  trouver  la  véritable 
orange  de  Tanger  ou  Tangérine,  que  M.  Hub- 
bard  a justement  vantée  il  faut  s’adresser 
à un  horticulteur  du  sud  de  l’Espagne.  Si  vous 
n’en  connaissez  pas,  vous  pourriez  vous  mettre 
en  rapport  avec  M.  du  Clozel,  consul  de 
France  à Malaga,  ville  qui  est  en  rapports 
constants  avec  Tanger.  Nous  nous  informerons 
du  mode  de  conservation  des  Oranges  dont  vous 
nous  parlez  et  nous  vous  transmettrons  la 
réponse. 

C.  (Vienne).  — Nous  vous  conseillons 
de  planter  les  Catalpas  et  les  Paulownias 
isolément,  et  non  alternés  en  avenue,  ces 
arbres  ne  contrastant  pas  assez. 

L’Exposition  quinquennale  de  Gand  aura 
lieu  au  printemps  de  l’année  prochaine. 

Mme  J)  (Paris).  — La  maladie  noire  qui 
attaque  vos  Citronniers  est  la  Fumagine  (Fu- 
mago  salicina),  la  même  qui  ravage  les  plan- 
tations d’Orangers,  de  Citronniers  et  d’Oliviers 
dans  le  midi.  On  a conseillé  des  laits  de  chaux 
ou  d’hyposulfite  de  chaux,  des  fumigations  au 

^ Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  74. 


coaltar,  le  pétrole,  etc.,  mais  le  traitement  qui 
donne  les  meilleurs  résultats  consiste  à recéper 
les  arbres  malades,  à changer  le  soi  et  à leur 
donner  une  bonne  nourriture,  des  arrosages 
modérés  et  le  grand  air. 

C.  V.  (Somme).  — La  Vigne  à feuilles 
tricolores  de  M.  Caplat  peut  réussir  et  servir 
d’arbuste  grimpant  et  décoratif  sous  notre 
climat,  mais  elle  n’y  mûrira  pas  ses  fruits.  Elle 
sera  mise  prochainement  au  commerce. 

G.  et  P.  (Allier).  — Les  plus  beaux 
Phalænopsis  Schilleriana  que  nous  connais- 
sions se  trouvent  chez  M.  A.  Régnier,  horticul- 
teur, avenue  Marigny,  à Fontenay-sous-Bois 
(Seine).  Nous  en  avons  vu  des  exemplaires 
portant  jusqu’à  70  fleurs  roses  admirables, 
épanouies  à la  fois.  C’est  la  plus  belle  Orchidée 
des  Philippines  ; sa  culture  et  sa  floraison,  en 
serre  chaude  humide,  n’offrent  aucune  diffi- 
culté sérieuse. 

A.  B.  (Seine-Inférieure).  — Vous  pourrez 
vous  procurer  des  Wellheimia  capensisen  vous 
adressant  à M.  Van  Tubergen,  horticulteur  à 
Haarlem  (Hollande). 

C.  (Hérault).  — Le  Salvia  Rœmeriana, 
Scheele,  est  une  belle  plante  découverte  au 
Mexique  (à  Neubraunfels)  par  Rœmer.  Ses 
fleurs  sont  cramoisies.  Sa  taille  atteint 
60  centimètres  de  haut  et  plus.  Vous  pouvez  la 
traiter  comme  le  Salvia  splendens,  au  soleil. 

X.  T.  (Seine).  — Nous  vous  recomman- 
dons, pour  reproduire  vos  fruits,  M.  Théveny 
18,  rue  de  la  Mairie,  à Antony  (Seine). 

N"  A, 121  (Constantine) . — Le  moulage  et  la 
coloration  de  vos  Dattes  pourront  être  faits 
avec  succès  par  le  même  M.  Théveny. 

V.  T.  (Hollande).  — La  réponse  à votre 
demande  se  trouve  consignée  dans  l’article  de 
ce  jour  sur  les  Galanthus,  rédigé  parM.Micheli. 

No  2385  (Oise).  — La  question  que  vous 
nous  posez  relativement  au  traitement  des 
fumiers  par  les  acides  n’est  pas  résolue. 
D’après  des  expériences  récentes,  communi- 
quées par  M.  Dehérain  à la  Société  nationale 
d’agriculture  de  France,  ce  serait  une  chose  ab- 
solument funeste.  Déjà  M.  Dehérain  avait  in- 
sisté sur  les  modifications  profondes  qu’on 
fait  subir  au  fumier,  en  le  mélangeant  à des 
engrais  acides,  tels  que  le  superphosphate 
acide  de  chaux.  En  agissant  ainsi,  on  a un  en- 
grais quelconque  mais  qui  n’est  plus  du  vrai 
fumier. 

Ainsi  donc,  si  l’on  emploie  des  engrais  chi- 
miques, et  principalement  du  superphosphate 
acide,  il  ne  faut  pas  les  mélanger  au  fumier. 

M.  Dehérain  recommande  aussi  pour  éviter, 
autant  que  possible,  les  pertes  d’ammoniaque, 
de  maintenir  dans  les  fumiers  75  p.  ,(X)  d’eau, 
et  d’assurer  l’écoulement  du  purin  vers  une 
fosse  abritée  de  l’air. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  t L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


169 


ï CHRONIQUE  HORTICOLE 

y Mérite  agricole.  — Concours  général  agricole.  — La  prochaine  exposition  d’automne  de  la  Société 
^ nationale  d’hoi'ticulture.  — L’Exposition  quinquennale  de  Gand  en  1898.  — Le  temps  d’avril.  — La 
fécondation  des  fleurs  du  Poirier,  — Propriétés  alimentaires  du  Phœnix  melanocaripa.  — Supério- 
rité ornementale  d’une  Vigne  japonaise.  — Réduction  du  genre  Hepatica  à deux  espèces.  — Les 
Séneçons  d’ornement  à Castlewellan.  — Expositions  annoncées.  — Nécrologie  : M.  Ch.  Eliot, 
M.  Channeux. 


Mérite  agricole.  — Par  arrêté  du  pré- 
V:  sident  du  Conseil,  ministre  de  l’agricul- 

ture,  ont  été  nommés  au  grade  de  che- 
valier  dans  Tordre  du  Mérite  agricole  : 

MM. 

Vidal-Beaume  (Jean-Baptiste-Louis),  ingénieur- 
constructeur,  fabricant  de  matériel  agricole 
à Boulogne-sur  Seine  (Seine)  : Membre  de 
la  Chambre  syndicale  des  constructeurs  de 
machines  agricoles  et  horticoles.  Nombreu- 
!|  ses  récompenses  dans  les  expositions  et 

I . concours. 

ii  V Chartier  (Baptiste-Henri),  à Boulogne-sur- 
Seine  (Seine)  : Fondateur  et  président  de  la 
Il  Société  colombophile.  Membre  de  la  Société 

I d’horticulture  de  Boulogne-sur-Seine.  Dirige 

Ideux  importantes  exploitations  comprenant 
ensemble  500  hectares. 

Concours  général  agricole.  — A Theure 
où  nous  écrivons,  le  Concours  général  agri- 
-,  cole  de  1897  est  dans  tout  son  éclat. 

;ÿ-  Les  travaux  de  l’Exposition  universelle, 

déjà  commencés,  avaient  nécessité  son 
congé  du  Palais  de  l’Industrie.  On  peut 
dire  que  l’installation  de  cette  fête  agricole 
au  Champ  de  Mars,  dans  la  Galerie  des 
Machines  et  dans  la  Galerie  de  trente  mè- 
tres, lui  a donné  un  caractère  de  grandeur 
inusité  jusqu’ici.  Le  rassemblement  de 
toute  la  machinerie  agricole  au  milieu  de 
la  galerie,  avec  des  animaux  sur  les  côtés,  a 
produit  à la  vue,  prise  du  premier  étage, 
l’effet  d’un  gigantesque  champ  de  foire, 
animé  par  le  concert  discordant  des  rumi- 
nants et  des  gallinacés. 

C’est  à Textrémité  opposée  à l’entrée  de 
la  Galerie  des  Machines  qu’est  placée  la 
partie  horticole.  En  cet  endroit  du  pourtour 
du  premier  étage,  des  pelouses  de  tracé 
varié  ont  été  habilement  disposées.  Elles 
sont  émaillées  de  corbeilles  exactement 
comme  dans  un  jardin.  Un  escalier  monu- 
mental permet,  de  là,  aux  visiteurs,  d’admi- 
rer, au  fur  et  à mesure  qu’ils  descendent, 
un  charmant  jardin  régulier  peuplé  d’ar- 
bustes et  d’ Azalées. 

Enfin  les  arbres  verts  et  les  arbres  for- 


més ne  sont  plus  relégués,  comme  cela 
avait  lieu  d’habitude,  dans  des  recoins  qui 
étaient  et  devaient  rester  sombres. 

Cette  ingénieuse  disposition  fait  admira- 
blement ressortir  l’arrangement  des  lots 
exposés.  Les  Azalées,  les  Hortensias,  les 
Lilas  forcés,  les  Clématites  et  les  Ciné- 
raires en  sont  les  plus  beaux  joyaux. 
L’époque  du  concours,  reculée  en  avril,  a 
d’ailleurs  permis  à plusieurs  exposants  de 
montrer  de  jolies  plantes  annuelles  et  des 
Pélargoniums  zonés.  Par  contre,  cette 
même  raison  a fort  contrarié  les  produc- 
teurs de  fruits,  qui  ont  eu  nécessairement 
beaucoup  de  difficultés  pour  conserver 
jusqu’à  cette  époque  de  Tannée  les  produits 
qu’ils  voulaient  exposer.  Tant  il  est  vrai 
qu’on  ne  peut  contenter  tout  le  monde. 

La  partie  potagère,  de  son  côté,  a beau- 
coup gagné  en  intérêt. 

La  Revue  horticole,  d’ailleurs,  ne  man- 
quera pas,  dans  son  prochain  numéro,  de 
donner  un  compte  rendu  de  la  partie  horti- 
cole, comme  elle  Ta  fait  Tan  passé. 

La  prochaine  exposition  d’automne  de 
la  Société  nationale  d’horticulture.  — 

La  Société  nationale  d’horticulture  a dé- 
cidé que  son  exposition  automnale  en  1897 
aurait  lieu  du  lO  au  15  novembre.  Cette 
exposition  se  tiendra  au  jardin  des  Tuile- 
ries, sous  une  grande  tente. 

Cette  disposition  est  sans  doute  destinée 
à permettre  d’obtenir  de  très  beaux  effets 
d’ensemble.  Mais  espérons  qu’il  n’y  fera 
pas  trop  froid  pour  les  visiteurs  qui  ne 
sauraient  manquer  d’être  nombreux,  si  Ton 
en  juge  par  la  vogue  toujours  croissante  des 
Chrysanthèmes , ces  admirables  fleurs 
d’hiver. 

Ce  sont,  en  effet,  les  Chrysanthèmes  qui 
en  seront  incontestablement  le  principal 
attrait.  Leur  culture  a été  portée,  comme 
on  le  sait,  à un  haut  degré  de  perfec- 
tion. D’importantes  Sociétés  de  chrysan- 
thémistes  se  sont  fondées,  qui  rivalisent 
entre  elles  pour  le  progrès  et  la  diffu- 

8 


16  Avril  1897 


170 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


sion  de  cette  culture.  La  Société  des 
Chrysanthémistes  américains  et  surtout  la 
« Royal  Ghrysanthemum  Society  »,  de 
Londres,  sont  l’incarnation  de  la  concur- 
rence étrangère  à cet  égard.  En  France,  un 
grand  groupement,  dont  le  siège  est  à Lyon, 
la  Société  des  Chrysanthémistes  français, 
tend  à réunir  sous  sa  vigoureuse  impulsion 
les  efforts  nationaux.  Il  y a aussi  la  Société 
des  Chrysanthémistes  du  Nord. 

Puis,  suivant  l’exemple  donné  par  la 
province,  les  Chrysanthémistes  de  la  So- 
ciété nationale  dliorticulture  ont  fondé, 
au  sein  de  la  Société  nationale,  la  Section 
des  Chrysanthèmes,  qui  vient  d’avoir  à 
examiner  dans  quelles  conditions  devait 
avoir  lieu  la  prochaine  exposition  de 
Chrysanthèmes. 

Tous  ceux  qui  s’intéressent  aux  ques- 
tions d’ordre  et  de  classification  ont  pu 
apprécier  les  avantages  des  groupements  de 
Chrysanthèmes  adoptés  par  la  Société  de 
Londres  : japonais  reflexes,  japonais  in- 
curves, anémonif ormes,  alvéolés  et  pom- 
pons. 

Aussi  avions-nous  regretté  de  voir  tout 
d’abord  la  section  des  chrysanthémistes  ne 
pas  tenir  compte  de  ces  groupements  dans 
l’établissement  des  concours  de  la  pro- 
chaine Exposition  ; nous  sommes  heureux 
d’apprendre  qu’elle  n’a  pas  persisté  dans 
cette  voie. 

Des  concours  spéciaux  seront  établis  pour 
chacun  des  groupements  ci-dessus  désignés, 
et  de  plus  il  est  créé  un  concours  particu- 
lier pour  récompenser  le  meilleur  mode 
d’emballage  des  Chrysanthèmes  en  fleurs 
coupées. 

L’Exposition  quinquennale  de  Gand  en 
1898.  — C’est  au  mois  d’avril  1898  que  la 
Société  royale  de  Gand  ouvrira  sa  14«  expo- 
sition quinquennale  et  internationale.  Les 
amateurs,  les  horticulteurs  et  les  sociétés 
d’horticulture  du  monde  entier  sont  admis 
à y concourir.  Cette  fois,  une  importance 
plus  grande  que  par  le  passé  sera  accordée 
aux  cultures  de  plantes -spécimens.  Des 
prix  spéciaux  très-importants  seront  réser- 
vés aux  exposants  qui  auront  le  plus  con- 
tribué à ramener  le  goût  de  plantes  autre- 
fois recherchées  et  qu’on  a délaissées  à tort. 
Le  jury,  international,  sera  composé  des 
personnalités  les  plus  considérables  de 
l’horticulture.  Le  programme  provisoire, 
que  nous  avons  sous  les  yeux,  comprend 
vingt-huit  sections  : Plantes  nouvelles, 
Orchidées  fleuries , Plantes  de  serre 


chaude,  Fougères,  Aroïdées,  Cycadées  et 
Pandanées,  Arbustes  de  pleine  terre  en 
floraison  forcée.  Azalées,  Rhododen- 
drons, etc.,  etc.  Chacune  de  ces  sections 
comprend  un  grand  nombre  de  concours. 
Un  programme  détaillé,  qui  paraîtra  avant 
le  1®*’  mai  1897,  indiquera  la  répartition 
des  récompenses  qui  doivent  être  attribuées 
à ces  différents  concours.  De  même,  un 
règlement  ultérieur  fixera  les  conditions  de 
réception,  d’installation  et  d’enlèvement  des 
plantes. 

Les  exposants  devront  adresser  avant  le 
20  mars  de  l’année  prochaine,  à M.  le 
Secrétaire  de  la  Société  royale  d’agri- 
culture et  de  botanique,  à Gand,  une 
demande  écrite  d’admission  accompa- 
gnée : 

1®  De  la  liste  nominative  et  complète 
des  genres  de  plantes  et  des  objets  quHls 
désirent  présenter. 

2®  Des  numéros  des  concours  auxquels 
ils  désirent  participer. 

Ces  formalités  sont  obligatoires. 

Tout  permet  de  prévoir  que  la  prochaine 
Exposition  internationale  de  Gand  dépas- 
sera en  éclat  et  en  magnificence  celles  qui 
y ont  été  tenues  depuis  un  demi-siècle,  et 
qui  sont  le  rendez-vous  du  monde  horticole 
tout  entier. 

Le  temps  d’avril.  — Un  violent  orage 
a éclaté  sur  Paris  le  31  mars.  Le  XIV®  ar- 
rondissement a été  particulièrement  éprouvé; 
un  charretier  a été  tué  boulevard  Raspail 
et  un  apprenti  mécanicien  paralysé  du  côté 
droit,  rue  Denfert-Rochereau.  Cet  orage  a 
été  immédiatement  suivi  d’une  chute  de 
grêlons  gros  comme  des  noisettes,  heureu- 
sement mêlés  à l’eau  des  averses.  Le  2 avril 
enfin,  il  a neigé.  Les  arboriculteurs  ne 
peuvent  être  que  désagréablement  impres- 
sionnés par  de  tels  accidents  atmosphé- 
riques, et  il  est  heureux  que  nous  conti- 
nuions à avoir  un  temps  pluvieux  ou  tout 
au  moins  couvert.  En  effet,  si  l’orage  du 
31  mars  avait,  comme  on  dit,  « purgé  » le 
temps,  nous  eussions  pu  avoir  des  gelées 
funestes. 

D’ailleurs,  si  l’on  en  croit  les  dictons 
campagnards,  la  moins  dangereuse  des 
éventualités  serait  de  voir  se  continuer  le 
temps  mi-couvert,  mi-pluvieux  et  quelque 
peu  froid  : 

Avril  froid,  pain  et  vin  donne 

En  avril  nuée. 

En  mai  rosée. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


171 


Tonnerre  en  avril, 

Blé  au  grenier,  vin  au  baril. 


Il  n’est  si  gentil  mois  d’avril 
Qui  n’ait  son  manteau  de  grésil. 

Mais  il  serait  dangereux,  paraît-il,  que 
cette  situation  se  prolongeât  au  delà  du 
25  avril,  car  : 

Quand  il  pleut  à la  Saint-Marc 
Il  ne  faut  ni  foudre  ni  sac. 

Rien  n’est  donc  perdu,  si  l’on  en  croit  les 
vieilles  observations  de  nos  ancêtres. 

La  fécondation  des  fleurs  du  Poirier. 

— Le  journal  américain  American  Agri- 
culturist  nous  donne  des  détails  sur  la 
publication,  faite  par  la  section  de  patho- 
logie végétale  du  ministère  de  l’agriculture 
aux  É^tats-Unis,  d’un  travail  sur  la  pollini- 
sation des  fleurs  du  Poirier.  Diverses  expé- 
riences ont  été  instituées  dans  diverses 
localités  de  l’État  de  New-York,  à l’effet  de 
se  rendre  compte  des  conditions  les  plus 
i favorables  dans  lesquelles  la  fécondation  de 
I cet  arbre  fruitier  devait  avoir  lieu.  Il  résulte, 

I des  observations  faites,  que  beaucoup  de 
I variétés  de  Poires  ont  besoin,  pour  produire 
leurs  fruits,  de  la  fécondation  croisée,  ce 
dont  on  se  doutait  bien  un  peu.  Mais  la 
I plus  efficace  des  fécondations  croisées  serait 
celle  qui  proviendrait  du  pollen  de  variétés 
I différentes.  Les  fruits  qui  proviennent  de 
pollinisation  directe  ne  contiendraient  d’or- 
dinaire que  des  pépins  avortés,  tandis  que 
les  autres  seraient  pourvus  de  pépins  par- 
faits. 

Il  y a là  des  considérations  qui  ont  un 
intérêt  pratique,  et  qui  méritent,  par  con- 

Iséquent,  d’être  vérifiées.  La  conséquence 
plus  directe,  indiquée  d’ailleurs  par  les 
expérimentateurs,  est  qu’il  faudrait  mé- 
langer le  plus  possible  les  variétés  dans  les 
plantations. 

D’autre  part,  il  est  quelques  variétés  qui 
sont  bien  fertiles  par  fécondation  directe.  Il 

I serait  intéressant  de  savoir  lesquelles. 

Enfin,  l’on  nous  dit  que  le  mauvais 
temps  pendant  la  floraison  tenant  les 
abeilles  et  autres  insectes  éloignés  des 
arbres,  est  un  obstacle  à la  fécondation. 
Évidemment.  Il  y a longtemps  que  les  Nor- 
I mands  n’aiment  pas  le  « temps  fumeux  » 
\ qui  empêche  les  Pommes  de  nouer. 

j 

I Propriétés  alimentaires  du  Phœnix 
I melanocarpa.  — M.iVimé  Girard  a commu- 


niqué à la  Société  nationale  d’acclimatation 
de  France  un  rapport  sur  la  composition  des 
fruits  du  Phœnix  melanocarpa.  Le  tra- 
vail de  M.  Aimé  Girard  fait  ressortir  com- 
bien serait  désirable  la  propagation  sur  le 
littoral  de  la  Provence  de  ce  Dattier  au 
fruit  des  plus  succulents.  Le  poids  de  la 
matière  sucrée  représente  les  deux  cin- 
quièmes de  celui  de  la  pulpe.  Cette  ma- 
tière est  du  lévulose.  On  constate  l’absence 
du  tanin  et  des  acides.  La  saveur  est 
beaucoup  plus  douce  que  celle  des  Dattes  à 
saccharose.  La  pulpe  fond  littéralement 
dans  la  bouche,  et  son  essence,  très-fine,  lui 
communique  un  parfum  des  plus  délicats. 

Les  conclusions  du  savant  chimiste  vien- 
nent à l’appui  de  tout  le  bien  que  nous 
avons  dit  à plusieurs  reprises,  du  Phœnix 
melanocarpa^. 

Supériorité  ornementale  d’une  Vigne 
japonaise.  — Il  s’agit  du  Vitis  Coignetiæ, 
originaire  de  l’île  de  Hokkaido  (Japon),  et 
auquel  le  Gardcn  a consacré  un  intéressant 
article.  L’illustration  qui  l’accompagne  est 
la  reproduction  photographique  d’un  ma- 
gnifique exemplaire  qu’on  admire  en 
Irlande,  à Gastlewellan,  résidence  du  comte 
d’Annesley. 

Cette  espèce  est  remarquable  par  la  lar- 
geur exceptionnelle  de  ses  feuilles,  comme 
par  la  coloration  rouge  qu’elles  revêtent  à 
l’arrière-saison.  Leur  seul  défaut  est  d’être 
caduques,  mais  dès  le  mois  d’avril,  la  pré- 
foliaison  elle-même  présente  un  tomeyitum 
d’un  gris  rosé.  Puis,  au  fur  et  à mesure 
que  le  feuillage  se  développe  et  prend  de 
l’ampleur,  la  coloration  rouge  s’accentue 
sur  le  revers  des  feuilles,  pour  devenir  d’un 
rouge  sang  jusqu’en  novembre. 

D’autres  beaux  spécimens  ont  pu  être 
observés  autre  part,  notamment  à Narrow- 
water,  près  Newry,  chez  le  major  Hall  ; 
mais,  chose  étrange,  l’influence  d’un  climat 
pluvieux  et  d’un  sol  humide  accentue  da- 
vantage, à Gastlewellan,  sa  coloration. 

Cette  espèce  est  tout  indiquée  comme 
plante  grimpante  pour  garnir  les  bosquets, 
tonnelles,  pergolas,  pour  monter  en  s’en- 
roulant autour  des  perches,  mâts,  etc.,  et 
doit  produire  un  effet  ravissant,  entrelacée 
dans  les  Sapins  ou  autres  Conifères,  sur  le 
vert  sombre  desquels  sa  nuance  doit  vigou- 
reusement se  détacher. 

L’espèce  qui  se  rapprocherait  le  plus  du 

• Voir  Revue  horticole,  1892,  p,  562  ; 1893, 
p.  156  ; 1894,  p.  493. 


172 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


VMis  Coignetiæ  serait  le  V.  rugosa  que  cul- 
tive M.  Naudin,  directeur  du  Jardin  d’accli- 
matation d’Antibes.  Mais  le  mérite  orne- 
mental du  y.  Coignetiæ  est  supérieur  à 
celui  de  cette  espèce.  La  variété  nommée 
Précoce  Caplat  est  une  forme  du  V,  Coi- 
gnetiæ. 

Il  serait  intéressant  de  lui  comparer  le 
V.  californica,  renommé  pour  l’ampleur 
de  son  feuillage  et  la  luxuriance  de  sa  végé- 
tation. 

Réduction  du  genre  Hepatica  à deux 
espèces.  — Dans  le  Wiei-ier  Illustrirte 
Garten  Zeitung,  le  docteur  G. -R.  Beck  a 
publié  une  notice  monographique  des  Hepa- 
tica (section  du  genre  Anémone)  qui  s’y 
trouvent  réduits  à deux  espèces  ; 

H.  nobilis,  Schreb.,  1768,  plus  généra- 
lement connue  sous  le  nom  de  H.  triloha, 
Gilibert,  1782; 

2*^  H.  transsilvanica,  Fuss.  dont  1’//. 
angulosa,  DC.,  n’est  qu’un  synonyme. 

Les  H.  hispanica,  Barloivii,  superha, 
vulgavis,  calycina,  steleantha,  rhætica, 
aciitüoba  et  obtiisa,  entre  autres,  ne  sont 
que  des  formes  de  la  première  de  ces  deux 
espèces,  formes  ne  dépendant  que  de  dif- 
férences aussi  fugaces  que  minimes  dans 
la  conformation  des  feuilles  ou  des  fleurs. 

Enfin,  VH.  media  est  un  hybride  de  VH. 
nobilis  et  de  VH.  transsilvanica. 

Les  Séneçons  d’ornement  à Castlewel- 
lan.  — Parmi  les  plantes  à feuillage  qui 
font  l’ornement  du  parc  de  Gastle^vellan 
(Irlande),  résidence  du  comte  d’Annesley, 
plusieurs  Senecio  attirent  particulièrement 
l’attention  : 

Le  Senecio  Forsteî’i,  Philippi,  originaire 
du  Chili,  est  une  espèce  élégante  et  toujours 
verte,  avec  des  feuilles  de  belles  prestance, 
finement  et  profondément  dentées  en  scie. 
Le  S.  compactas  produit  des  contrastes 
agréables  par  la  teinte  de  ses  feuilles  gris- 
verdàtre  et  bordées  de  blanc.  Il  en  est  de 
même  avec  le  feuillage  grisâtre  du  S. 
Greyi. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Le  Raincy,  du  iO  au  i4  juillet.  — La  So- 
ciété régionale  d’horticulture  du  Raincy  orga- 
nise une  exposition  des  produits  de  l’horticul 

1 La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Jacob, 
Paris. 


ture  et  des  objets  d’industriçs  horticoles,  quj 
aura  lieu  au  parc  de  Monfermeil-Franceville, 
du  10  au  14  juillet. 

Le  programme  comprend  71  concours, .ainsi 
répartis  : culture  maraîchère,  10  concours  ; — 
plantes  nouvelles  et  semis,  2 ; — belle  cul- 
ture, 2 ; serre  chaude  et  tempérée,  23  ; — 
pleine  terre,  15  ; — fleurs  coupées  et  garni- 
tures d’appartement,  5 ; — arboriculture  et 
fruits,  5 ; — instruction  horticole,  4 ; — indus- 
tries horticoles,  5. 

Adresser  les  demandes,  avant  le  l®»'  juillet, 
à M.  V,  Delaitre,  secrétaire  général,  boule- 
vard de  la  gare,  à Chelles  (Seine-et-Marne). 

Blois,  du  5 au  8 Juin.  — La  Société  d’hor- 
ticulture du  Loir-et-Cher  organise  une  exposi- 
tion générale  d’horticulture  et  des  industries 
qui  s’y  rattachent,  qui  aura  lieu  du  5 au  8 juin, 
place  de  la  République,  à Blois. 

Le  programme  comprend  32  concours,  ainsi 
répartis  : semis  et  bonne  culture,  2 concours; 

— plantes  de  serre  et  de  plein  air,  10  ; — 
fleurs  coupées,  3 ; — pépinières,  2 ; — fruits,  3 ; 

— légumes,  3 ; — semences,  1 ; — arts  et 
industries,  7 ; — ornementation  de  l’expo- 
sition, 1. 

Adresser  les  demandes,  avant  le  23  mai.  à 
M.  le  Président  de  la  Société  d’horticulture  à 
Blois. 

Nécrologie  : M.  Ch.  Eliot.  — L’art  des 
jardins  vient  de  faire  une  grande  perte  dans 
la  personne  de  M.  Charles  Eliot,  mort  à 
Brokline  (Etats-Unis),  dans  sa  trente-hui- 
tième année,  le  25  mars  dernier.  Il  avait 
été  l’élève  et  était  devenu  l’associé  de 
M.  Olmsted,  le  célèbre  architecte-paysagiste 
américain.  Indépendamment  des  nombreux 
travaux  où  il  s’était  révélé  artiste  consommé, 
et  des  nombreux  articles  de  journaux  et 
rapports  où  il  savait  si  bien  défendre  la 
cause  de  l’art,  il  avait  été  l’un  des  princi- 
paux promoteurs  des  lois  de  conservation 
des  plus  beaux  paysages  naturels  de  l’Etat 
de  Massachusetts  et  s’était  attaché  avec  pas- 
sion à les  embellir.  Ces  titres  sont  plus  que 
suffisants  pour  assurer  la  durée  de  sa  mé- 
moire, mais  il  nous  reste  à ajouter  que  les 
qualités  privées  de  l’homme  s’ajoutaient 
chez  lui  à la  grande  valeur  de  l’artiste. 

M.  Charmeux.  — On  annonce  la  mort 
de  M.  Charmeux,  viticulteur,  capitaine  de 
cavalerie  en  retraite,  décédé  à Thomery 
(Seine-et-Marne),  à l’âge  de  quatre-vingt- 
deux  ans.  Il  était  fils  de  François  Charmeux, 
qui  planta  le  premier  cep  de  Chasselas  doré, 
à Thomery,  en  1730. 

Éd.  André. 


PERVENCHE  DE  MADAGASCAR. 


173 


PERVENCHE  DE  MADAGASCAR 


Sous  ce  nom  on  cultive,  plus  fréquem- 
inenl  dans  le  Midi  que  dans  le  Nord,  à cause 
de  la  somme  de  chaleur  qu’elle  exige,  la 
belle  plante  très-nettement  figurée  ci-contre 
(fig.  59)  et  que  connaissent  sans  doute 
beaucoup  de  nos  lecteurs. 

C’est  la  Pervenche  de  Madagascar  ^ ( Vinca 
rosea,  L.),  qui  s’éloigne  beaucoup  des  Per- 
venches de  nos  bois  (Vinca  major,  Linn., 
et  V.  minor,  Linn.)  par  son  port,  par  son 
aspect  général  et  non  moins  par  sa  culture. 
C’est  autant  peut-être  sur  ces  particularités 
que  sur  les  légères  différences  botaniques 
qu’elle  présente  avec  les  vrais,  que  les 

botanistes  avaient  fondé  les  genres  Catha- 
ranthus,  Don.,  et  Lochnera,  Rchb.,  qui 


Fig.  59.  — Pervenche  de  Madagascar. 
{Vinca  rosea). 


n’ont  pas  été  conservés.  Ces  différences  ré- 
sident dans  les  étamines,  qui  sont  sessiles 
et  insérées  dans  la  partie  supérieure  du 
tube  de  la  corolle,  alors  qu’elles  sont  pour- 
vues de  filets  comprimés  et  insérés  au  mJ- 
lieu  du  tube  chez  les  Vinca  vrais. 

La  Pervenche  de  Madagascar  est  une 
plante  cosmopolite,  car  elle  habite  tous  les 
tropiques  et  y croît  on  ne  peut  plus  facile- 
ment, la  chaleur  étant  son  élément  le  plus 
important.  Elle  y constitue  un  sous-arbris- 
seau ligneux  à la  base,  et  vivace  par  consé- 
I quent,  tandis  que  dans  les  cultures  euro- 
péennes on  la  traite  généralement  comme 

^ Nous  engageons  nos  lecteurs  à ne  pas  prendre 
à la  lettre  cette  appellation  si  connue  de  Pervenche 
de  Madagascar.  En  réalité,  cette  espèce  est  essen- 
tiellement ubiquiste,  et  se  rencontre  spontanée 
dans  plusieurs  régions  chaudes  de  la  terre.  E.  A. 


plante  annuelle.  Son  inlroduclion  dans  les 
jardins  date  de  1756,  c’est  dire  qu’elle  n’est 
pas  précisément  nouvelle,  mais,  malgré  sa 
culture  séculaire,  elle  est  restée  remarqua- 
blement fixe:  on  n’en  possède  guère  que 
trois  coloris  : le  type  à fleurs  rose  foncé 
avec  la  gorge  purpurine  ; une  variété  à 
fleurs  blanches  avec  la  gorge  pourpre,  et 
une  autre  entièrement  blanche. 

La  plante  est  trop  connue  pour  que  nous 
nous  attardions  à la  décrire  et,  du  reste,  les 
figures  ci-contre  nous  en  dispensent  parfai- 
tement. Nous  parlerons  plutôt  de  sa  culture 
et  de  ses  divers  usages  horticoles. 

La  Pervenche  de  Madagascar  se  multiplie 
généralement  par  semis,  mais  ses  graines 
ne  mûrissent  guère  dans  le  Nord  que  sous 
verre,  alors  que  dans  le  Midi  on  en  récolte 
facilement  en  plein  air.  Ces  graines  doivent 


Fig.  CO.  — Pervenche  de  Madagascar. 
Fleurs  détachées,  1/2  grandeur  naturelle. 


être  semées  de  bonne  heure,  dès  février  si 
possible,  et  sous  châssis  et  sur  couche 
chaude,  car  il  leur  faut  une  assez  forte  cha- 
leur de  fond  pour  germer.  Lorsque  les 
plants  ont  quelques  feuilles,  on  les  repique 
séparément  ou  par  deux-trois  dans  des  go- 
dets, et  l’on  replace  ceux-ci  tout  de  suite 
sous  châssis  et  sur  couche,  en  enterrant  les 
pots  dans  le  terreau  qui  couvre  celle-ci. 

Si  l’on  a l’intention  d’utiliser  les  plantes 
pour  l’ornementation  estivale  des  jardins, 
on  les  laisse  dans  les  godets  jusqu’au  mo- 
ment de  leur  plantation  en  pleine  terre, 
laquelle  ne  peul  avoir  lieu,  sous  notre  cli- 
mat, avant  la  fin  de  mai,  et  encore  faut-il 
choisir  pour  elle  un  endroit  chaud  et  bien 
ensoleillé.' 

Si  les  plantes  sont  destinées  à être  élevées 
en  pots,  pour  la  décoration  des  serres,  des 
vérandas,  des  balcons,  etc.,  ou  pour  la 
vente  sur  les  marchés  aux  fleurs,  on  leur 
donne  un  deuxième  rempotage  dans  des 
pots  de  P2  à '15  centimètres  de  diamètre 


1 


LES  RODGEHSIA. 


174 

dès  que  les  racines  commencent  à tapisser 
la  motte  des  godets.  La  terre  employée 
pour  les  rempotages  doit  être  très-fertile, 
formée  par  exemple  de  moitié  terreau  de 
couches  bien  consommé  et  moitié  de  terre 
de  bruyère,  en  y ajoutant  au  besoin  un  peu 
de  sable  pour  augmenter  sa  porosité,  car  les 
arrosages  doivent  être  copieux  pendant  la 
saison  chaude,  où  la  végétation  est  très- 
active. 

Il  y a avantage  à pincer  les  plantes  au- 
dessus  de  la  huitième  feuille,  pour  les  faire 
ramifier;  on  peut  même  pincer  de  nou- 
veau les  branches  latérales  quand  elles  ont 
le  même  nombre  de  feuilles.  Ces  pincements 
retardent  un  peu  la  floraison,  mais  ils 
rendent  la  plante  ramifiée,  trapue  et  d’as- 
pect plus  étoffé.  Pour  atteindre  plus  rapide- 
ment le  même  résultat,  les  fleuristes  qui 
font  des  Pervenches  pour  la  vente  sur  les 
marchés  aux  fleurs  placent  généralement 
trois  plantes  par  pot,  et  souvent  les  trois 
coloris  dans  chacun,  pour  augmenter  l’effet 
décoratif. 

Les  Pervenches  élevées  en  pots  doivent 
être  tenues  constamment  sous  châssis,  sur 
chaleur  de  fond  et  très-près  du  verre,  pour 
éviter  l’étiolement  ; il  leur  faut,  en  outre, 
beaucoup  de  lumière  ; on  ne  doit  même  les 
ombrager  que  lorsque  le  soleil  est  très- 
ardent,  surtout  si  l’on  a soin  de  bien  les 
aérer  quand  il  fait  chaud.  Dans  ces  condi- 
tions, la  floraison  commence  en  juillet  et  se 
continue  abondante  et  soutenue  jusqu’en 
octobre  et  pendant  presque  tout  l’hiver  si 
l’on  a soin  de  rentrer  les  plantes  en  serre 
chaude  à cette  époque.  On  peut  même  les  y 
conserver  plusieurs  années  en  leur  donnant 
chaque  année  au  printemps  un  bon  rempo- 


tage et  des  pots  proportionnés  à leur  force, 
mais  il  faut  alors  laisser  les  plantes  se  repo- 
ser pendant  l’hiver,  en  réduisant  pour  cela 
les  arrosements  au  strict  nécessaire. 

Le  bouturage  peut  être  employé  comme 
procédé  de  multiplication,  quand  on  a eu 
soin  d’hiverner  en  serre  un  certain  nombre 
de  pieds-mères,  qui  fourniront  au  prin- 
temps un  grand  nombre  de  boutures  si  on 
les  pousse  à la  végétation.  Celles-ci  se  font 
avec  les  extrémités  herbacées  des  rameaux 
et  s’enracinent  facilement  sous  cloche  et  en 
serre  à multiplication.  Toutefois,  le  semis 
étant  beaucoup  plus  simple,  on  n’a  qu’ex- 
ceptionnellement  recours  au  bouturage. 

La  Pervenche  de  Madagascar  est  une 
plante  très-élégante  et  des  plus  décoratives, 
car  elle  joint  à une  tenue  parfaite,  sans 
aucun  soutien,  un  bel  et  abondant  feuillage 
et  de  grandes  et  nombreuses  fleurs  bien 
voyantes.  Dans  les  jardins  du  Midi,  elle 
croît  en  plein  air  pendant  l’été,  comme  les 
Pétunias  chez  nous,  et  y forme  de  ravis- 
santes corbeilles,  des  touffes  dans  les  plates- 
bandes,  ou  des  lignes  en  bordure  des  mas- 
sifs d’arbustes  ; elle  y résiste  admirable- 
ment aux  ardeurs  du  plein  soleil.  Chez 
nous,  on  ne  peut  guère  la  mettre  en  pleine 
terre  que  lorsqu’elle  va  commencer  à fleu- 
rir, en  choisissant,  comme  nous  l’avons  dit, 
les  endroits  chauds  et  abrités.  Aussi,  la 
cultive-t-on  le  plus  généralement  en  pots, 
et  son  usage  se  restreint  alors  à la  décora- 
tion des  serres,  des  gradins,  des  balcons  et 
des  fenêtres.  Malgré  cela,  la  Pervenche  de 
Madagascar  est  encore  commune  dans  nos 
cultures  et  suffisamment  recommandable 
pour  que  nous  ayons  cru  pouvoir  lui  consa- 
crer cette  note.  S.  Mottet. 


LES  RODGERSIA 


Parmi  les  plantes  cultivées  dans  son  jar- 
din, M.  Marc  Micbeli  cite,  dans  son  livre 
« Le  Jardin  du  Crest  »,  le  Rodgersia  po- 
dophylla,  Asa  Gray,  Saxifragacée  du  Japon 
encore  peu  répandue  dans  les  jardins,  bien 
que  sa  découverte  remonte  à plus  de  qua- 
rante ans.  C’est  cependant  une  plante  déco- 
rative, surtout  au  milieu  des  rocailles  et  sur 
les  pelouses  ; ses  grandes  feuilles,  qui  rap- 
pellent assez  bien  celles  du  Marronnier 
d’Inde  et  ses  grandes  panicules,  formées  de 
nombreuses  fleurs  blanchâtres,  sont  d’un 
joli  effet. 

Il  n’y  a pas  lieu  de  rédiger  ici  une  des- 
cription détaillée  du  Rodgersia podophylla, 


dont  le  Rotanical  Magazine  a donné  une 
bonne  figure,  tab.  6,691.  Si  j’en  parle,  c’est  . 
surtout  pour  avoir  l’occasion  de  signaler 
l’existence  de  trois  autres  espèces  du  même 
genre  qui  méritent  d’attirer  l’attention  des 
amateurs  de  belles  plantes.  Ces  trois  espèces,  .. 
dont  l’une  est  même  complètement  inédite,  ' 
sont  : R.  pinnata  {Astilhe pinnata^YrdUi-  * 
chet.  (Plant.  David,  part.  2,  pl.  Moupin 
(1888),  p.  176);  R.  æsculifolia,  Batalin  g 
(Act.  hort.  Petrop.,  xiii  (1893),  p.  96)  ; 

R.  Henrici,  espèce  à fleurs  pourpres  qui  ‘ 
n’a  pas  encore  été  décrite. 

Avant  d’établir  les  diagnoses  compara-  ■; 
tives  de  ces  quatre  Rodgersia,  je  dirai 


j 


LES  RODGERSIA. 


175 


quelques  mots  des  Astilbe,  dont  les  Rod- 
gersia  ne  sont  très-probablement  qu’une 
section,  d’après  Bâillon,  et  dont  la  dénomi- 
nation générique  n’est  pas  universellement 
admise  par  les  horticulteurs. 

Le  <^enre  As tilbe,  Hamilton,  a été  proposé 
en  1825,  par  Don,  pour  une  espèce  des  mon- 
tagnes de  l’Inde  dont  le  port  était  si  bien 
celui  du  Spiræa  Aruncus  que  plusieurs  bo- 
tanistes de  grande  valeur,  et  parmi  ceux- 
j ci  MM.  Hooker  et  Thompson,  n’avaient  pas 
I cru  pouvoir  séparer  les  deux  plantes,  dont 
l’analyse  ne  fournissait  que  des  caractères 
différentiels  peu  appréciables. 

Plus  tard,  en  1834,  Ch.  Morren  et  De- 
caisne  ayant  cultivé  une  plante  du  Japon, 
très-voisine  des  Astilbe,  mais  dont  les  fleurs 
étaient  pourvues  de  pétales,  crurent  pou- 
voir, sur  cette  seule  particularité,  élever 
l’espèce  du  Japon  au  rang  du  genre,  sous 
le  nom  de  Hoteia  japonica.  Ce  genre  ne 
fut  pas  du  reste  admis  par  la  majorité  des 
botanistes  habitués  à n’accorder  qu’une 
faible  valeur  à l’existence  ou  à l’absence  de 
pétales  dans  la  famille  des  Saxifragacées  ; 
mais  les  horticulteurs  retinrent  le  genre 
Hoteia  pour  des  motifs  de  commodité  par- 
ticulière, parfaitement  justifiables  d’ailleurs. 
Dans  l’usage,  il  ne  saurait  y avoir  d’am- 
j biguïté  sur  l’application  des  deux  appel la- 
I tiens  génériques,  quand  on  voudra  bien  se 
\ souvenir  que  le  nom  d’Aslübe  convient 

I seulement  aux  espèces  dépourvues  de  pé- 
tales, comme  c’est  le  cas  de  1’^.  rividaris, 
et  qu’il  faut  réserver  celui  de  Hoteia  aux 
espèces  pourvues  de  pétales,  blancs,  roses 
ou  violacés,  telles  que  A.  japonica,  A.  chi- 
nensis,  A.  rubra,  etc. 

I Le  genre  Rodgersia  n’a  pas  plus  de  va- 
leur scientifique  que  les  Hoteia  ; mais  dans 
la  pratique  de  l’horticulture  il  peut  être 
commode  de  le  conserver.  Tant  d’autres 
genres  sont  dans  ce  cas  ! Il  ne  faut  point 
I oublier  d’ailleurs  que  les  coupes  génériques, 

; si  bien  établies  qu’elles  puissent  paraître, 
pèchent  toujours  par  quelque  point  quand 
on  y regarde  de  près.  En  réalité,  ce  ne  sont 
que  des  moyens  mnémotechniques  très-heu- 
I reusement  trouvés  pour  suppléer  à la  fai- 
blesse  de  notre  entendement,  de  véritables 
I compartiments  en  caoutchouc  qu’il  faut  dis- 
tendre ou  contracter  selon  les  besoins  inces- 
j - sants  créés  par  les  découvertes  nouvelles. 

I Quand  on  sera  bien  convaincu  que  le  genre 
1 n’est  qu’une  conception  de  l’esprit  essen- 
[ tiellement  mobile  dans  ses  limites,  on  usera 
beaucoup  moins  d’encre  et  de  papier  à ar- 
gumenter sur  la  préexcellence  de  telle  ou 


telle  coupe  générique  et  sur  la  valeur  réelle 
ou  supposée  de  tel  genre,  admis  par  M.  X..., 
et  repoussé  avec  vigueur  par  M.  Z...,  avec 
longues  dissertations  à l’appui. 

Le  genre  Piodgersia  a été  très-faiblement 
distingué  des  Astilbe  par  A.  Gray  ; la 
disposition  digitée-peltée  des  folioles  est 
peut-être  le  plus  saillant  des  caractères  qu’on 
puisse  invoquer  pour  la  plante  type  du 
Japon  ; dans  tous  les  cas,  c’est  celui  qui  ap- 
pelle tout  d’abord  l’attention.  Mais  comme 
il  arrive  que,  dans  une  autre  espèce  origi- 
naire de  la  Chine,  les  folioles  sont  réelle- 
ment pennées,  on  se  trouve  réduit,  pour  ca- 
ractériser le  genre,  à s’appuyer  seulement 
sur  l’absence  complète  des  bractéoles  qui  se 
voient  à la  base  et  le  long  du  pédicelle  des 
Astilbe  ; à cette  faible  différence  on  peut  en 
ajouter  une  autre  tirée  de  la  forme  des  pé- 
tales, plus  étalés,  plus  larges  et  dépourvus 
d’onglet  chez  les  Rodgersia. 

Je  terminerai  cette  note  par  l’exposé  des 
caractères  différentiels  des  quatre  Rodger- 
sia connus  : 

R.  podophijlla,  Asa  Gray  [Dot.  Jap., 
p.  389).  — Plante  à peu  près  glabre,  sauf 
les  rameaux  de  l’inflorescence  qui  sont  fine- 
ment velus  ; feuilles  basilaires  et  inférieures 
formées  de  5 à 7 folioles  digitées-peltées,  les 
supérieures  ternées,  toutes  obovales-cunéi- 
formes,  doublement  dentées  tout  autour, 
élargies  au  sommet,  assez  profondément 
trilobées  avec  les  lobes  acuminés  ; fleurs  en 
large  panicule  dont  les  rameaux  sont  étalés; 
calice  formé  de  5 à 6 sépales  blanchâtres  ou 
blanc  jaunâtre,  deux  fois  plus  courts  que 
les  étamines  au  nombre  de  10  à 12. 

Habite  le  Nord  du  Japon,  surtout  dans 
l’île  d’Yézo,  où  la  plante  a été  découverte 
par  G,  Wright,  vers  1854. 

Espèce  caractérisée  par  ses  folioles  élar- 
gies au  sommet  et  distinctement  trilobées. 
G’est  la  seule  espèce  qui  soit  encore  intro- 
duite. 

R.  æsculifolia,  Batalin  [Act.  liort. 
Pétrop.,  XII,  96).  — Diffère  du  R.  podo- 
phylla  par  ses  feuilles  souvent  plus  grandes, 
dont  les  folioles  sont  couvertes  en  dessous, 
surtout  sur  les  nervures,  d’une  pubescence 
rigide  formée  de  petits  poils  blancs,  subu- 
lés;  en  dessus,  les  poils  sont  plus  rares  et 
mous  ; les  folioles  élargies  vers  le  sommet 
sont  obtuses  ou  arrondies,  jamais  trilobées 
comme  dans  l’espèce  précédente.  Fleurs 
blanc  jaunâtre. 

Habite  la  Chine  occidentale.  Découvert 
en  1869,  par  le  B.  P.  David,  dans  la  princi- 
pauté de  Moupine  ; retrouvé  depuis  dans  le 


176 


EXEMPLES  DE  GARNITURES  ESTIVALES  POUR  PLATES-RANDES. 


Hupeh,  par  le  Docteur  Henry,  et  dans  le 
Se-tchuen,  par  le  R.  P.  Farges. 

Plus  ample  que  l’espèce  précédente, 
pourra  facilement  être  introduit  dans  les 
cultures  en  raison  de  son  abondance  dans 
la  Chine  occidentale  où  il  remonte  au  moins 
jusqu’au  38»  latitude  nord. 

R.  Henrici,  sp.  nov.  — Ressemble 
beaucoup  au  R.  æsculifolia,  mais  ses  fo- 
lioles se  terminent  en  pointe  assez  longue  ; 
ses  Heurs  sont  d’un  pourpre  foncé,  à divi- 
sions ovales  arrondies,  un  peu  plus  grandes 
que  dans  les  autres  espèces  et  disposées  en 
grande  panicule  pyramidale  ; les  étamines 
sont  un  peu  saillantes. 

Habite  le  Sud-Ouest  de  la  province 
de  Yunnan,  où  cette  belle  espèce  a été  dé- 
couverte par  le  prince  Henri  d’Orléans,  le 
11  juillet  1895.  Ses  fleurs  rouge  pourpre 
ne  permettent  de  la  confondre  avec  aucune 
des  espèces  connues  jusqu’ici. 

R.  pinnata  {Astilbe  pinnata,  Franch., 
Plantæ  Davidianæ). — Les  folioles  ressem- 
blent à celles  du  R.  lesculi folia,  c’est-à-dire 
qu’elles  ne  se  terminent  point  au  sommet 
en  trois  lobes  saillants,  mais  leur  disposi- 

EXEMPLES  DE  GARNITURES  E5 

Les  exemples  qui  suivent  ont  été  relevés 
en  1896  dans  les  jardins  du  château  de 
Versailles.  A tous  les  points  de  vue,  mais 
surtout  à celui  du  contraste  entre  les  couleurs, 
ces  exemples  nous  ont  paru  fort  bien  com- 
posés et  dignes  d’être  signalés  aux  lecteurs 
de  la  Revue  horticole,  qui  pourront  y 
trouver  des  modèles  à suivre  pour  les  gar- 
nitures florales  de  1897. 

Rr  exemple. 

fAgne  centrale  (touffes  alternant  avec  les 
Rosiers  à haute  tige)  : — Dahlias  rose  vi- 
neux, flanqués  chacun  de  deux  Dahlias  demi- 
nains  orangé  vif. 

i®*'  rang  : — Agératum  mexicanum. 

9°  rang  : — Bégonia  tubéreux  erecta 
vermillon. 

3®  rang  : — Bégonia  semperflorens 
blanc. 

Bordure  : — Bégonia  versaliensis. 

2c  exemple. 

Ligne  centrale  : — Cannas  divers  à feuil- 
lage brun,  alternant  avec  les  Rosiers-tige,  et 
flanqués  chacun  à' Ageratuin  mexicanum. 


tion  sur  le  pétiole  est  toute  particulière. 
Les  trois  inférieures  sont  généralement 
très-rapprochées,  comme  ternées  ; la  paire 
ou  les  deux  paires  intermédiaires  sont  for- 
mées de  folioles  opposées,  comme  on  le  voit 
dans  les  feuilles  pennées;  enfin  les  trois  fo- 
lioles supérieures  sont  contiguës,  la  termi- 
nale seule  distinctement  pétiolulée.  La 
panicule  est  plus  étroite  et  plus  courte 
que  dans  les  autres  espèces,  avec  les  fleurs 
d’un  blanc  un  peu  rosé  (selon  Delavay)  ou 
blanches. 

Habite  la  Chine  occidentale,  dans  les 
montagnes  du  Sud-Ouest  de  la  province 
de  Yunnan,  surtout  dans  les  lieux  om- 
bragés. La  racine  du  R.  pinnata  est  très- 
grosse,  comme  d’ailleurs  celle  de  tous  les 
Rodgersia  et  constitue  un  excellent  vulné- 
raire très-employé  dans  le  Y unnan  (Delavay) . 

C’est  l’espèce  la  plus  intéressante  du 
genre,  à cause  de  ses  feuilles  à folioles  en 
partie  pennées  ; comme  elle  est  bien  connue 
à Tali,  à cause  de  ses  propriétés  vulnéraires, 
il  ne  sera  sans  doute  pas  difficile  de  s’en  pro- 
curer des  graines. 

A.  Franchet. 

IVALES  POUR  PLATES-BANDES 

rang  : — Anthémis  La  Parisienne 
entremêlés  de  Pentstémons  hybrides. 

9®  rang  : — Pélargonium  zoné  Victor 
Millot  ou  analogue,  alternant  avec  Calceo- 
laria  rugosa. 

3®  rang  : — Pélargonium  zoné  Secré- 
taire Cuzin  ou  analogue. 

Bordure  : — Agératum  très-nain  bleu 
M.  Lefrançois. 

3®  exemple. 

Ligne  centrale  : — Salvia  splendens 
Ingénieur  Clavenad,  sur  deux  rangs. 

'1^'"  rang  : — Anthémis  La  Parisienne 
et  Pentstémons. 

9®  rang  : — Pétunia  à fleurs  simples  vio- 
let foncé. 

Bordure  : — Pélargonium  zoné  Golden 
Harry  Hiower. 

4®  exemple. 

Ligne  centrale  : — Perilla  nankinensis. 

9®  et  3®  rangs  : — mélange  de  Pé- 
largoniums  zonés  Duchesse  des  Cars  et 
p}ii\)aut,  Calceolaria  rugosa,  Lanta- 
nas  divers,  avec  touffes  distancées  de  plan- 


EXEMPLES  DE  GARNITURES  ESTIVALES  POUR  PLATES-BANDES. 


177 


tes  plus  hautes  : Gaura  Lindheimeri,  Ni- 
cotiana  affinis  et  Glaïeuls  divers. 

Bordure  : — Pélarg-onium  zone  Philé- 
mon. 

5e  exemple. 

Ligne  centrale  : Cannas  florifères  à feuil- 
lage vert  et  à fleurs  jaunes. 

P'^'rang'.  — Anthémis  alternant  avec 
Coleus  divers,  jaunes,  orangés,  bronzés  et 
rouge-hrun. 

7^ang  : — Salvia  splendens  Ingénieur 
Clavenad  alternant  avec  Pélargonium  zoné 
Secrétaire  Cusin. 

3°  rang  : — Œillet  d’Inde  double  nain 
jaune  citron  piqué  éélresine  Lindeni  de 
mètre  en  mètre. 


Fig.  61.  — Plate-bande  circulaire 
(square  de  la  place  d’Italie), 

^ 1 Pélargonium  zoné  Duchesse  des  Cars  (blanc) . 

2.  Agérate  du  Mexique  nain  bleu. 

3.  Pélargonium  zoné  M.  Troupeau  (rouge) . 

4.  Festons  d’Œillets  d’Inde  double  nain  jaune  d’or. 

Bordure  : — Cinéraire  maritime  candi- 
dissima. 

Citons  encore  dans  le  même  parc  les 
deux  arrangements  suivants  : 

I 

Ligne  centrale  : — Anthémis. 

C outre -h  or  dur  e \ — Coleus  fond  rouge. 

Bordure  : — Agérate  nain. 

II 

Ligne  centrale  : — Zinnia  élégant  double 
rose  vineux. 

Contre-bordure  : — Œillet  d’Inde  nain 
simple,  La  Légion  dlionneur. 

Bordure  ; Pélargonium  zoné  3/*“®  Sal- 
eron. 


Les  grandes  plates-bandes  qui  limitent 
le  parterre  de  broderies  étaient  composées 
comme  suit  : 

Ligne  centrale  : Cannas  divers  alter- 

nant avec  les  Pvosiers-tige  et  les  Buis  taillés 
à hautes  formes. 

1®'’  rang  : — Zinnia  élégant  double  car- 
min. 

rang  : — Œillet  d’Inde  nain  simple 
La  légion  dlionneur. 

Bordure  : — Pélargonium  zoné  37*^®  Sal- 
leron. 

France  et  Russie. 

C’est  sous  ce  nom  qu’une  idée  originale  a 
présidé  à l’ornementation,  en  1896,  du 


Fig.  62.  — Plate-bande  circulaire 
(jardins  de  l’asile  Sainte-Anne). 

1.  Agérate  du  Mexique  nain  blanc. 

2.  Agérate  du  Mexique  nain  bleu. 

3.  Pélargonium  zoné  La  Destinée  (rouge). 

4.  Œillet  d’Inde  double  nain  jaune  d’or. 

square  de  la  place  d’Italie,  devant  la  mai- 
rie du  XIIP  arrondissement.  Il  s’agit 
d’une  plantation  tricolore  traversée  par  un 
feston  d’Œillet  d’Inde  double  nain  jaune 
d’or. 

Le  dessin  intérieur  du  square  consiste 
simplement  en  une  plate-bande  circulaire 
qui  entoure  un  bassin.  Le  bassin  est  en 
contre-bas  et  le  sol  de  la  plate-bande  pré- 
sente une  forte  pente;  c’est,  en  quelque 
sorte,  un  cirque. 

Le  feston  d’Œillets  d’Inde,  large  seulement 
de  deux  rangs  de  plantes,  coupe  la  plate- 
bande  en  compartiments,  comme  on  peut 
le  voir  parla  fig.  61.  Successivement  le  bleu, 
le  rouge  et  le  blanc  occupent  chacun  deux 
compartiments  aux  sommets  opposés,  mais 


178 


LE  LAC  DE  MELZÉAR  (dEUX-SÈVRES). 


côte  à côte  et  simplement  séparés  par  le  fes- 
ton. 

Or,  par  ra'ppport  à chaque  masse  de 
bleu,  de  blanc  ou  de  rouge,  le  feston  jaune 
nous  a paru  un  peu  maigre.  Mais  comme 
ridée  était  bonne,  nous  l’avons  adoptée, 
en  la  modifiant  suivant  le  dessin  de  la 
fig.  62. 

Ici,  le  feston  est  remplacé  par  une  succes- 
sion de  panneaux  inscrits  dans  des  arcs  de 
cercle.  Ces  panneaux  sont  ovales  — acumi- 
nés,  ce  qui  donne  plus  d’ampleur  à la  par- 
ticipation delà  couleur  jaune,  tout  en  ména- 
geant de  délicats  points  d’attacbe  aux  inter- 
sections. 

En  outre,  tout  le  rouge,  représenté  par  le 


Pélargonium  zoné  La  Destinée,  est  placé 
du  même  côté.  L’autre  côté  est  garni  avec 
les  Agérates  nains,  bleu  et  blanc,  alternés. 
De  cette  manière,  la  plantation  gagnait  en 
régularité,  les  proportions  entre  les  couleurs 
étaient  mieux  observées,  et  l’effet  des  con- 
trastes en  était  augmenté. 

L’année  dernière,  la  Revue  horticole  a 
publié  quelques  compositions  de  corbeilles 
et  de  plates-bandes  vues  au  jardin  du 
Luxembourg  et  au  parc  Monceau  b En  y 
ajoutant  les  quelques  exemples  que  nous 
donnons  ci-dessus,  on  aura  un  ensemble  qui 
pourra  servir  de  guide  pour  la  composition 
des  garnitures  florales  des  plates-bandes. 

H.  Dautiienay. 


LE  LAC  DE  MELZÉAR  (DEUX-SÈVRES) 


Dans  le  département  des  Deux-Sèvres, 
tout  près  de  la  vieille  petite  ville  de  Melle, 
pittoresquement  située  sur  les  flancs  d’une 
de  ces  étroites  vallées  d’érosion  où  les  étages 
balbonien  et  bajociendu  calcaire  jurassique 
se  confondent,  se  trouve  la  terre  de  Melzéar. 
Le  sol,  fissuré  de  toutes  parts  en  plaquettes 
de  roches  lamellaires  d’un  rouge  ferrugi- 
neux, est  mélangé  d’une  argile  qui  forme 
d’excellentes  terres  arables  sur  les  plateaux, 
nourrit  des  bois  superbes  sur  les  pentes  et 
constitue  de  riches  prairies  dans  les  dé- 
pressions arrosées  par  de  minces  cours 
d'eau. 

Le  château  de  Melzéar,  — ancienne  rési- 
dence féodale  fortifiée  — (Mellis  Arx),  ré- 
cemment reconstruit,  est  planté  sur  le 
l)ord  d’une  de  ses  vallées,  dans  une  situa- 
tion élevée  et  charmante.  Un  parc  de 
soixante  hectares,  dont  le  dessin  et  l’exé- 
cution m’ont  été  confiés  par  le  propriétaire, 
M.  M<=®  Aymé  de  la  Chevrelière,  l’accom- 
pagne et  montre  aux  visiteurs,  parmi  des 
futaies  aux  arbres  séculaires,  des  sous-bois 
de  Buis  sauvages  et  antiques  qui  lui  prêtent 
un  aspect  singulier  de  paysage  d’hiver. 

Quand  les  jardins  potagers  et  fruitiers, 
les  parterres  à la  française,  les  grandes 
percées  des  bois,  les  abords  du  château,  des 
communs  et  les  bâtiments  d’exploitation 
agricole  furent  terminés,  il  fallut  songer  à 
compléter  les  scènes  paysagères  de  la  pro- 
priété par  la  création  d’une  grande  pièce 
d’eau. 

Rien,  dans  l’art  des  jardins,  n’exerce  une 
attraction  aussi  grande  que  les  eaux,  lors- 
qu’elles sont  naturellement  belles  ou  traitées 
avec  goût.  L’eau,  c’est  la  vie,  c’est  l’âme  du 


paysage  ; elle  l’anime  et  l’éclaire  plus  qu’au- 
cun autre  ornement. 

Partant  de  ce  principe  que  les  eaux  dor- 
mantes, lacs  ou  étangs,  doivent  présenter 
des  contours  plus  ou  moins  accentués  sui- 
vant que  les  reliefs  du  terrain,  sont  plus  ou 
moins  accidentés,  on  doit  étudier  d’abord 
le  nivellement  du  terrain  ; les  conditions  de 
« vraisemblance  » doivent  être  la  loi  dans 
tous  les  travaux  artificiels  des  parcs  et  jar- 
dins, et  l’art  véritable  consiste  à laisser 
croire  au  spectateur  que  la  nature  seule  a 
fait  les  frais  de  la  scène  qui  se  développe 
sous  ses  yeux. 

A Melzéar,  l’emplacement  était  celui  que 
montre  la  figure  63,  tracée  d’après  une  pho- 
tographie prise  avant  le  commencement  des 
travaux.  La  vue  part  de  la  terrasse  du  châ- 
teau, du  côté  de  l’angle  gauche  du  dessin. 
Sur  le  devant,  un  ruisseau  bordé  de  cépées 
d’Aulnes  reportait  primitivement  le  cours 
d’eau  au-dessus  du  thahueg  véritable  de  la 
vallée  (représenté  par  un  sillon  noir  au  mi- 
lieu de  la  prairie)  ; une  flaque  d’eau,  s’éta- 
lant à droite,  indiquait  assez  nettement, 
l’effet  lumineux  à obtenir  du  lac  futur,  et  les 
reflets  à ménager  dans  les  masses  profondes 
de  bois  qui  s’étageaient  de  l’autre  côté  du 
vallon  jusqu’aux  lignes  de  l’horizon  de  col- 
lines formant  le  fond  du  tableau. 

Le  premier  travail  consista  à chercher 
les  courbes  de  niveau,  et  à y conformer  le 
tracé  naturel  des  eaux  en  renvoyant  le 
cours  du  ruisseau  d’amenée  au  milieu  de  la 
prairie.  Puis  on  se  rendit  compte  du  lieu 
où  serait  placée  la  digue,  et  ce  point  fut 

1 Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  465  et  509. 


Le  lac  de  melzéar  (deux-sévres).  179 


choisi  au-dessüs  d’un  chemin  d’exploitation 
à dissimuler. 

Il  fallut  alors  fixer  le  profil  en  long  du 
lac,  depuis  le  premier  barrage  du  ruisseau 
rectifié,  en  amont  du  pont  D (voir  le  plan), 
jusqu’à  la  vanne  de  décharge  F.  L’étude 
révéla  que  le  point  neutre  où  le  déblai 
devait  finir  et  où  le  sol  naturel  devait  être 
conservé  jusqu’au  pied  intérieur  de  la 
digue  serait  placé  aux  environs  du  point  M, 
où  un  gros  Aulne  pourrait  être  conservé 
dans  une  île  destinée  à abriter  les  couvées 
de  canards. 

Cette  opération  préparatoire  terminée,  le 
tracé  des  bords,  prenant  pour  base  les 
courbes  de  niveau,  les  rectifia  en  plusieurs 
endroits  où  les  saillies  naturelles  du  sol 
pouvaient  être  accentuées  avec  avantage. 
C’est  ainsi  que  le  promontoire  C fut  rendu 
plus  saillant,  exhaussé  et  couronné  d’un 
kiosque  sur  un  soubassement  de  roches  ; la 
grande  île  fut  reliée  à la  principale  allée  des 
bois  parun  pont  rustique,  et  agrémentée  par 
l’abri  des  bateaux  B et  la  cabane  d’oiseaux 
d’eaux  W placée  à son  extrémité.  De  forts 
remblais  de  glaise  pilonnée  par  petites 
couches  constituèrent  la  digue  de  retenue 
des  eaux  entre  la  bifurcation  X et  le  som- 
met de  la  carrière  pittoresquement  trans- 
formée et  dominée  par  le  pavillon  H. 

La  superficie  du  nouveau  lac  de  Melzéar 
. est  de  3 hectares,  sans  compter  la  rivière 
élargie  dans  la  partie  amont  de  la  prairie 
qui  n’est  pas  contenue  dans  la  section  du 
plan  que  nous  publions  aujourd’hui. 
Comme  ces  trente  mille  mètres  de  prairies 
transformés  en  eau  constituaient  une  di- 
minution  notable  de  fourrages,  on  en  a re- 
trouvé une  quantité  équivalente  sur  les 
pentes  des  bois  défrichés  en  aval  et  irrigués 
^ au  moyen  des  eaux  du  lac  relevées.  Aucune 
diminution  de  revenu  n’a  donc  été  le  résul- 
tat de  cette  opération. 

Notre  vue  coloriée  indique  la  transfor- 
mation réalisée.  C’est  une  perspective 
plongeante,  prise  de  la  terrasse  du  château, 
avec  une  amplitude  d’angle  un  peu  plus 
grande  que  celle  donnée  par  la  vue  photo- 
graphique. 

Ce  que  cette  vue  à vol  d’oiseau  ne  saurait 
représenter,  c’est  la  variété  des  scènes  qui 
se  déroulent  autour  du  lac  de  Melzéar  en 
parcourant  ses  rives  bordées  d’allées  ou  de 
sentiers. 

En  descendant  du  château  par  les  allées 
du  bois  ou  du  bord  de  l’eau  (bas  du  plan, 
côté  gauche),  on  suit  les  pentes  rapides 
que  couvrent  épaissement  des  bois  çà  et  là 


éclaircis  pour  former  des  dessous  gazonnés. 
Sous  le  couvert  des  grands  Chênes  sécu- 
laires, la  vue  s’encadre,  de  distance  en  dis- 
tance, pour  former  des  échappées  lumi- 
neuses sur  les  prés,  d’abord  vers  la  cascade 
qui  précède  l’expansion  du  lac  avant  le 
pont  D,  puis  pour  chercher  le  fond  du  ta- 
bleau occupé  par  la  métairie  A.  De  ce 
même  pont,  la  vue  s’étend  sur  une  nappe 
d’eau  de  350  mètres  de  longueur  jusqu’à  la 
vanne  F. 

Du  promontoire  C,  des  vues  reflexes 
s’enfoncent  sous  le  couvert  des  bois  de  la 
rive  droite,  ou  s’étendent,  en  amont  et  en 
aval,  sur  tout  le  développement  de  la 
scène,  dont  l’île,  avec  son  abri  de  bateaux, 
le  pavillon  de  pêche  B,  la  cabane 
d’oiseaux  d’eau  W et  l’îlot  M constituent 
les  ornements  principaux. 

En  suivant  l’allée  de  bordure  des  eaux, 
sur  la  rive  gauche,  on  découvre,  après  le 
promontoire  C,  à la  fois  les  perspectives 
du  fond  du  lac  et  les  clairières  a a des 
bois  auxquels  s’adosse  le  banc  de  repos  Y, 
centre  d’une  scène  tout  à fait  différente 
des  précédentes. 

La  digue  est  plantée  d’essences  amies  des 
lieux  aquatiques,  mais  les  arbustes  qui  les 
composent  ont  été  choisis  parmi  les  es- 
pèces à racines  menues,  non  susceptibles 
de  provoquer  des  fuites  dans  les  remblais. 

Après  la  pêcherie  V se  développe  une 
série  de  prairies  riantes  et  fertiles,  irriguées 
par  le  trop-plein  du  lac.  Des  précautions  ont 
été  prises  pour  que,  dans  les  années  d’inon- 
dations comme  1896  et  1897,  des  exutoires 
suffisants  préviennent  tous  dégâts  dans  la 
digue,  qui  a été  calculée  avec  soin  pour 
résister  aux  pressions  probables. 

Une  des  principales  attractions  du  site 
occupé  par  le  lac  de  Melzéar  se  révèle  dans 
l’ancienne  carrière  indiquée  en  bas  du 
plan  à droite  et  que  dominent  les  rochers 
surmmités  du  kiosque  H.  Après  avoir 
extrait  des  rochers  et  du  sable  de  cette 
carrière,  en  grandes  quantités,  on  en  a dé- 
chiré les  bords,  les  rochers  ont  été  réservés 
et  augmentés,  les  abords  défrichés  ou  re- 
plantés en  Conifères  et  arbustes  saxicoles, 
avec  le  cadre  des  bois  naturels  pour  accom- 
pagnement. L’effet  en  est  devenu  d’autant 
plus  pittoresque  que  les  bords  étaient 
naturellement  abrupts  et  variés,  et  que  la 
différence  entre  le  niveau  des  eaux  venant 
du  lac  sous  le  pont  E et  le  sommet  des 
berges  accores  dépasse  10  à 15  mètres  en 
plusieurs  endroits. 

Sans  perdre  de  vue  le  style  agreste  qu’il 


180 


LE  LAC  DE  MELZÉAR  (dEUX-SÈVRES) 


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181 


LE  LAC  DE  MELZÉAR  (dEUX-SÈVRES). 


convenait  de  conserver  à cette  suite  de 
scènes  sylvaines  et  aquatiques,  la  variété 
des  constructions  qui  en  ornent  les  di- 
verses parties  a été  assez  grande.  Six  ponts 
ont  été  jetés  sur  les  points  traversés  par  les 
eaux  ; tous  sont  d’un  dessin  différent, 
les  uns  en  bois  rustique  de  ton  naturel, 
les  autres  en  bois  de  charpente  peint  en 
blanc,  un  seul  avec  garde-corps  en  fer. 
L’abri  des  bateaux  contient  un  pavillon  de 
pêche  précédé  d’un  hall  pouvant  contenir 
trois  embarcations.  Les  cabanes  d’oiseaux 
d’eau  sont  en  bois  rustique  et  chaume,  de 
même  que  les  kiosques  ; la  métairie  con- 
serve l’aspect  rural  avec  couverture  de 
plantes  grimpantes  sur  des  treillages  et  des 
porches  ; les  sièges  de  repos  sont  formés 
simplement  de  troncs  d’arbres  refendus, 
avec  la  partie  convexe  emmortaisée  sur 
deux  pieds  fixés  dans  le  sol. 

Donner  un  détail  complet  de  la  planta- 
tion des  abords  du  lac  serait  abuser  de  la 
patience  du  lecteur.  Il  me  suffira  de  dire 
que  ma  première  préoccupation  a été  de 
conserver  à l’ensemble  un  caractère  d’har- 
monie avec  le  paysage  environnant.  Pour 
obtenir  ce  résultat,  j’ai  planté  les  parties 
touchant  immédiatement  les  bois  en  es- 
sences semblables  ou  analogues  à la  végé- 
tation ligneuse  spontanée.  Les  groupes 
détachés,  les  arbres  et  arbustes  isolés  ou 
meublant  les  rochers  et  leurs  abords, 
retombant  au-dessus  des  eaux  ou  s’éta- 
lant sur  les  pentes,  ont  pu  être  choisis  en 
partie  dans  les  espèces  indigènes  et  en 
partie  dans  les  espèces  exotiques,  mais  tout 
développement  trop  grand  du  feuillage  et 
toute  forme  heurtée,  toute  couleur  trop 
contrastante  en  ont  été  rigoureusement 
exclus.  Avant  tout  il  fallait  conserver  aux 
scènes  à créer  ou  à compléter  le  caractère 
général  du  lieu. 

Une  énumération  sommaire  des  végé- 
taux qui  ont  été  employés  dans  les  princi- 
paux massifs  en  dira  plus  aux  amateurs  de 
parcs  et  jardins  que  de  longues  disserta- 
tions sur  ce  sujet  si  complexe  et  si  intéres- 
sant. Pour  éviter  des  erreurs  de  nomencla- 
ture je  n’emploierai  pas  les  noms  vulgaires, 
qui  varient  dans  les  divers  pays  et  même 
dans  les  diverses  régions  d’un  même  pays. 
Les  noms  botaniques  seuls  sont  à l’abri  des 
malentendus,  la  question  de  synonymie 
restant  réservée  : 

Il  convient  d’abord  de  signaler  les  princi- 
pales espèces  indigènes,  arborescentes  ou 
arbustives,  qui  constituent  les  bois  dans  les- 
quels le  parc  de  Melzéar  a été  dessiné.  C’est  la 


région  centre-ouest  de  la  France,  entre  le 
Poitou  et  les  Gharentes,  sur  ces  calcaires  ju- 
rassiques qui  s’échauffent  fortement  l’été,  et 
da‘ns  un  climat  dont  le  critérium  est  donné 
par  le  Chêne  vert  spontané  (Quercus  Ilex)  qui 
s’y  trouve  près  de  son  extrême  limite  septen- 
trionale, et  par  ce  fait  que  les  moyennes  de 
température  annuelles  oscillent  entre  celles  du 
Bor’delais  et  celles  de  la  Touraine. 

Les  arbres  qui  forment  la  population  spon- 
tanée de  ces  bois  sont;  le  Chêne  rouvre  {Quer- 
cus Robur)^  le  Hêtre  (Fagus  sylvatica),  le 
Frêne  (Fraxinus  excelsior),\e  Peuplier  Tremble 
(Populus  Tremula),  l’Orme  {Ulmus  campes- 
tris)^  V Minier  (CratægusTorminalis) , le  Charme 
{Carpinus  Betulus),  le  Merisier  {Cerasus  Avi- 
um),  le  Bouleau  {Betula  alba),  le  Poirier  et  le 
Pommier  sauvages  {Pirus  et  Malus  communis), 
fErable  champêtre  et  le  Sycomore  (Acer  cam- 
pestre  et  A.  Pseudo-Platanus).  Le  Châtaignier 
(Castanea  vesca)  ne  vient  pas  sur  les  calcaires. 

L’Aulne  (Alnus  glutinosa)  et  le  Saule  {Snlix 
alba)  croissent  dans  les  prairies. 

Parmi  les  arbustes  et  arbrisseaux,  on  re- 
marque surtout,  constituant  les  sous-bois  : 
Noisetier  (Corylus  Avellana)^  Viorne  Obier 
et  Viorne  Mansienne  (Viburnum  Opulus  et 
V.  Lantana),  Cornouiller  sanguin  (Cornus 
sanguinea).  Aubépine  (Cratægus  Oxyacan- 
tha),  Epine  noire  (Prunus  spinosa),  Néflier 
(Mespilus  germanica),  Rosiers  (Rosa)  variés, 
Buis  en  arbre  (Buxus  sempervirens)  qui  cons- 
titue d’épais  fourrés.  Fusain  d’Europe  (Evo- 
nymus  europæus^  Troëne  des  bois  (Ligustrum 
vulgare , Chèvrefeuille  ( Lonicera  Pericly- 
menum).  Clématite  (Clematis  Vitalba),  Ner- 
pruns (Rhamnus  Frangula  et  B.  catharticus) , 
Sureau  (Sambucus  nigra.  C’est’  tout  le  fond 
de  la  flore  ligneuse. 

Partant  de  ce  principe  que,  si  cette  flore  est 
pauvre,  elle  imprime  cependant  au  paysage, 
par  le  mélange  varié  des  espèces,  un  carac- 
tère harmonieux  qu’il  importe  de  conserver, 
j’ai  planté  les  abords  de  ces  bois,  soit  avec  les 
mêmes  plantes,  soit  avec  des  formes  exotiques 
qui  leur  ressemblaient. 

Je  citerai,  auprès  des  bois  marqués  N,  les 
massifs  S et  V,  comme  ayant  reçu  les  espèces 
suivantes,  ajoutées  aux  essences  locales  : 
Populus  nivea,  Salix  Capræa,  Cytisus  La- 
burnum,  Ribes  alpinum,  etc. 

Le  massif  T a été  planté  de  Salix  rosma- 
rinifolia,  Coriaria  myrtifolia  et  autres  ar- 
bustes à racines  peu  développées,  par  crainte 
de  provoquer  des  fuites  dans  la  digue. 

L’îlot  M a été  en  entier  couvert  de  Salix 
rosynarinifolia. 

Sur  les  bords  du  lac,  dans  les  parties 
fraîches  et  remblayées  des  massifs  R,  les 
Alnus  incana,  Populus  canadensis,  Populus 
nivea^  et  pour  sous-bois  des  Fontanesia  phil- 
lyreoides,  Bibes  alpinum,  Ligustrum  ita- 
licum  se  sont  ajoutés  à la  végétation  déjà 
existante. 


lac  de  Mehéar.  ( Deux  Sèvr-e.^ 


183 


LE  LAC  DE  MELZÉAR  (dEUX-SÈVRES)  . 


Pour  encadrer  la  scène  forestière  dont  la 
métairie  A occupe  le  fond,  des  Conifères  d es- 
pèces vulgaires  {Pinus  sylvestris  et  Picea 
excelsa)  ont  ajouté  une  note  toujours  verte 
aux  ramures  des  bois  N que  l’hiver  dépouille 
de  leurs  feuilles  caduques. 

Les  pentes  et  abords  de  la  grotte  K ont  été 
couverts  de  ClevYicitis  Viticellct,  de  Lierre 
(Hedeva  Hélix),  de  Vignes-Vierges  (Ampé- 
lopsis quinquefolia) . de  Lyciets  {Lycium 
europæum)  et  de  Redoutes  (Coriaria  myv- 
tifolia),  avec  un  sous  bois  d’Acanthes  [Acan- 
thus  mollis). 

La  grande  île,  partie  un  peu  plus  civilisée 
du  paysage,  a reçu  des  soins  particuliers.  On 
y a planté  quelques  Chênes  américains 
{Quercus  rubra  et  Q.  palustris),  des  Saules 
pleureurs  {Salix  hahylonica  et  P.  Hélix  pen- 
dula),  les  Aulnes  à feuilles  en  cœur  et  laciniées 
(Alnus  cordifolia)  et  A.  imperialis)  et  plu- 
sieurs espèces  de  Peupliers  (Populus  nivea, 
halsamea,  nigra  fastigiata).  Parmi  les  ar- 
bustes : Salix  rosmarinifolia,  Spiræa  Lind- 
leyana,  S.  opuUfolia,  Rhodotypo^  Kerrioides, 
Cornus  alba,  Hippophae  rhamnoides,  Ribes 
Gordonianum,  Rubus  odoratus. 

Autour  de  la  carrière,  entre  le  pont  E et  le 
pavillon  H : Padus  virginiana,  Retula  dale- 
carlica,  Corylus  Avellana  laciniata,  Salix 
Capræa,  S.  pentandra,  Alnus  incana, 
Retula  papyrifera,  et  parmi  les  Conifères 
Larix  europæa,  Abies  pectinata  et  Pinus 
sylvestris.  Les  arbustes  du  même  massif  sont, 
sur  les  roches  ; Pinus  uncinata,  Juniperus 
Sabina,  Liqustrum  Regelianum,  Rubus 
odoratus,  R.  cratœgifolius,  Forsythia  sus- 
pensa,  Fontanesia  phillyreoides,  Cornus 
alba,  Hypericum  Moserianum  et  H.  calyci- 
num,  Cotoneaster  horizontalis  et  C buxifolia, 
sans  parler  de  toute  une  collection  variée 
d’arbustes  grimpants  et  de  plantes  de  mon- 
tagnes. 

Sur  ces  fonds  très-simples  sont  venus  s’ap- 
pliquer les  dernières  touches  du  tableau,  les 
groupes  et  les  isolés,  en  petit  nombre,  en 
espèces  plus  choisies  sans  être  heurtées,  appor- 
tant l’ornement  discret  qui  ne  nuit  pas  à l’har- 
monie générale.  En  voici  la  liste  correspondant 
aux  numéros  du  plan  : 

1.  Salix  babylonica. 

2.  Cedrus  Deodara. 

3.  Pinus  nigra. 

4.  Cornus  alba  elegantissima. 

5.  Liquidambar  styraciflua. 

6.  Ceanothus  variés. 

7.  Robinia  monophylla. 

8.  Pavia  macrostachya. 

9.  Acer  macrophyllum. 

10.  Populus  tremuloides. 

11.  Robinia  neo-mexicana. 

12.  Abies  Douglasii. 

13.  Populus  Bolleana. 


14.  Tamarix  tetrandra. 

15.  Fraxinus  americana  et  Ulmus  fulva. 

16.  Quercus  macrocarpa. 

17.  Negundo  fraxinifolium. 

18.  Populus  nivea. 

19.  Pinus  nigra. 

20.  Acer  eriocarpum. 

21.  Taxodium  distichum. 

22.  Arbustes  variés  pour  rochers  ; Cotoneas- 

ter, Hypericum,  Chænomeles,  Coriaria, 
Forsythia,  Rubus,  Rosa,  Juniperus. 

23.  Liriodendron  tulipifera. 

24.  Populus  fastigiata  et  Cornus  variés. 

25.  Juniperus  excelsa. 

26.  Populus  angulata. 

27.  Pirus  salici folia. 

28.  Alnus  et  Populus  en  groupes  compacts. 

29.  Salix  dasyclados. 

30.  Populus  Simonii. 

31.  Quercus  palustris. 

32.  Populus  canadensis. 

33.  Juglans  nigra. 

34.  Cornus  alba. 

35.  Tamarix  japonica. 

36.  Pterocarya  caucasica. 

i Abies  Nordmanniana. 

Larix  europæa. 

Pinus  sylvestris. 

38.  Salix  pentandra. 

— rosrnarinifolia. 

39,  Populus  græca. 

40.  Quercus  palustris. 

Salix  alba. 

41.  Quercus  coccinea. 

42.  Padus  serotina. 

Sur  les  roches  éparses,  de  nombreuses 
plantes  vivaces,  parmi  lesquelles  quelques 
espèces  alpines  aux  brillantes  couleurs,  ont  été 
mélangées  aux  arbustes  sarmenteux,  aux 
Rosiers,  Ronces,  Clématites,  Lierres,  Cissus, 
Jasmins  nudiflores.  Millepertuis,  etc.  A l’ombre, 
des  Fougères  ; au  soleil,  des  Campanules  à 
travers  les  tiges  retombantes  des  Desmodium. 
Ici  le  caprice  a pu  s’exercer  et  la  variété  a été 
la  loi  du  pittoresque,  parce  que  les  dimensions 
des  plantes  étaient  modestes,  fournissant  des 
motifs  de  décorations  agréables  pour  les  vi- 
siteurs placés  auprès  d’elles. 

Ainsi  traité,  le  lac  de  Melzéar  n’a  plus  à 
attendre  que  les  années  nécessaires  au 
complément  du  tableau,  à l’effet  total,  à la 
juste  proportion  des  formes  et  à la  fusion 
cherchée  des  tons  ; mais,  tel  qu’il  est,  il 
sert  déjà  à démontrer  la  similitude  frap- 
pante qui  existe  entre  la  formation  artificielle 
des  scènes  de  nature  vivante  avec  les  lois 
de  la  composition  invoquées  parles  peintres 
de  paysages.  Ed.  André. 


184 


TAILLE  DU  ROSIER. 


TAILLE  DU  ROSIER 


La  taille  du  Rosier,  de  même  que  celle 
des  arbrisseaux  fleurissant  en  plein  air  \ 
est  une  opération  qui  mérite  toute  l’atten- 
tion du  jardinier  ou  de  l’amateur.  Elle  est 
intimement  liée  à la  connaissance  des  nom- 
breuses variétés  cultivées,  à leur  vigueur 
plus  ou  moins  grande  et  surtout  à leur  des- 
tination définitive. 

On  a dit  et  l’on  répète  encore  que  la  taille 
appliquée  au  Rosier  n’est  nullement  né- 
cessaire et  que  dans  tous  les  cas,  elle 
empêche  l’apparition  d’un  très-grand  nom- 
bre de  fleurs  sur  le  même  sujet.  Cela  est 
possible,  mais  nous  croyons  pourvoir  affir- 
mer en  retour  que  cette  opération  est 
indispensable  pour  ce  précieux  arbuste  et 
qu’elle  permet  d’obtenir  non  seulement  des 
Roses  d’une  beauté  remarquable,  mais 
encore  de  prolonger  l’existence  du  Rosier. 

A l’appui  de  cette  assertion,  si  nous 
comparons  deux  Rosiers  d’une  variété  de 
premier  ordre,  un  Hybride  de  Thé,  La 
France,  par  exemple,  l’un  abandonné  à 
lui-même,  non  soumis  à la  taille  et  l’autre, 
au  contraire,  soumis  à une  taille  annuelle, 
régulière  et  méthodique,  on  observera  les 
faits  suivants  : Le  sujet  non  taillé  ne  tar- 
dera pas  à produire  une  quantité  de 
jeunes  pousses  grêles,  qui  se  termineront 
par  autant  de  boutons  qui  ne  s'épanoui- 
ront pas  ou  s' épanouiront  mal  et  ne 
donneront  jamais  Vidée  de  la  beauté,  de 
Vimbrication  parfaite,  de  Vidéal  enfin 
d'une  Rose  La  France;  et  de  plus  ce  sujet 
se  dénudera,  se  couvrira  de  brindilles 
sèches  et  ne  tardera  pas  à mourir.  Inver- 
sement, le  Rosier  taillé  ne  donnera,  il  est 
vrai,  ehaque  année,  qu'un  nombre  limité 
de  pousses,  mais  de  pousses  vigoureuses, 
fortes  et  rigides,  qui  produiront  ehacune 
une  Rose  de  première  beauté,  et  ne  tar- 
deront pas  à se  ramifier  pour  donner  une 
seconde  série  de  fleurs,  peut-être  moins 
volumineuses,  mais  qui  ne  le  céderont  en 
rien  aux  premières  en  tant  que  grâce,  épa- 
nouissement et  éclat.  Ce  que  nous  faisons 
ressortir  ici  pour  la  variété  La  France  est 
applicable  à la  plupart  des  Roses  cultivées 
et  démontre  d’une  façon  péremptoire  que  la 
taille  a vraiment  sa  raison  d’être  pour  le 
Rosier. 

Voyons  maintenant  quelle  est  la  ma- 

1 Revue  horticole,  1897,  no  2,  p.  38. 


nière  pratique  d’opérer.  Pour  les  varié- 
tés franchement  buissonnanfes,  celles  d’une 
bonne  tenue,  les  plus  nombreuses  et  les 
plus  justement  recherchées,  c’est-à-dire  les 
Thés,  Rengales,  Ile-Bourbon  et  Hybrides 
remontants,  comprenant  les  Hybrides  de 
Thés,  les  Hybrides  de  Noisette,  etc.,  la 
taille  doit  porter  sur  les  pousses  les  plus 
vigoureuses  que  l’on  rabat  à 3 ou  4 bons 
yeux,  en  cherchant  à donner  à l’ensemble 
du  Rosier  taillé  la  forme  évasée,  qu’il  s’a- 
gisse d’ailleurs  d’un  sujet  nain  ou  d’une  tige. 
On  ne  conserve  donc  qu’un  nombre  raison- 
nable de  ces  rameaux  vigoureux,  propor- 
tionné à la  force  et  à la  vigueur  de  l’arbuste, 
les  brindilles  de  l’intérieur  étant  enlevées 
avec  soin.  Pendant  la  végétation,  les  ra- 
meaux ainsi  taillés  à 4 yeux  donnent  géné- 
ralement naissance  à autant  de  pousses. 
L’année  suivante,  pour  éviter  la  confusion, 
on  n’en  conservera  qu’une  ou  deux,  les  plus 
basses  ou  de  préférence  celles  de  l’exté- 
rieur, que  l’on  taillera  chacune  de  nouveau  à 
4 yeux.  Il  peut  arriver  que  certaines  pousses 
l’emportent  sur  d’autres,  et  que  celles-ci 
restent  dépérissantes.  Dans  ce  cas,  à la 
taille,  il  ne  faut  point  hésit^^r  à supprimer 
totalement  ces  dernières  et  à ne  conserver 
que  du  bois  jeune  et  bien  venant. 

Les  Rosiers  buissonnants,  franchement 
remontants,  se  soumettent  bien  à ce  mode 
de  taille,  surtout  les  francs  de  pied.  Quant 
aux  Rosiers  greffés  bas,  il  faut  avoir  soin, 
lors  de  cette  opération,  d’enlever  les  drageons 
du  sujet,  soit  de  l’Eglantier,  soit  du  Mulii- 
flore  de  la  Grifleraie,  que  le  jardinier  ou 
l’amateur  arrive  toujours  à distinguer  très- 
facilement  de  la  variété  greffée,  et  qui,  sans 
cette  précaution,  ne  manqueraient  pas  de  se 
développer  au  détriment  de  celle-ci.  Pour 
les  variétés  vigoureuses,  surtout  dans  les 
Hybrides  remontants,  celles  capables  de 
donner  des  pousses  droites  et  rigides,  telles 
par  exemple  : Paul  JSeyron,  Edouard 
Morren,  Général  Jacqueminot  et  variétés 
analogues,  on  peut,  dans  le  but  d’utiliser 
cette  grande  vigueur,  conserver  sur  chaque 
pied  une  de  ces  longues  pousses  et  l’é- 
bouqueter  seulement  à 80  centimètres  ou 
1 mètre  au-dessus  du  sol.  On  obtient  ainsi 
une  sorte  de  Rosier  tige  sortant  de  la  touffe 
basse,  c’est-à-dire  tel  qu’on  peut  l'observer, 
chaque  année,  dans  la  nombreuse  et  inté- 
ressante collection  du  Jardin  des  Plantes. 


CULTURE  FORCÉE  DES  HORTENSIAS. 


185 


Ces  tiges  donnent  de  très-jolies  Roses;  elles 
peuvent  vivre  plusieurs  années,  bien  que 
cependant  sur  certaines  variétés  elles  s’é- 
puisent assez  vite.  Dans  ce  cas  on  les 
renouvelle  si  la  vigueur  des  sujets  le  per- 
met, sinon  on  maintient  le  Rosier  en 
gobelet,  comme  il  vient  d’ètre  indiqué. 

Les  Piosiers  buissonnants  non  remon- 
tants, tels  que  les  Provins  et  la  plupart  des 
Gentfeuilles,  demandent  une  taille  plus 
longue  que  les  précédents.  Ils  ont,  en  effet, 
pour  particularités  de  drageonner  abon- 
damment ; aussi,  lors  de  la  taille,  convient-il, 
dans  le  but  d’obtenir  chez  ces  Rosiers  une 
abondante  et  remarquable  floraison,  de 
supprimer  seulement,  chaque  année,  l’extré- 
mité des  drageons  et  d’enlever  toutes  les 
ramifications  mortes  ou  languissantes. 

La  même  observation  peut  s’appliquer  à 
une  série  de  Rosiers  très  en  honneur  de  nos 
jours,  aux  Rosiers  rugueux  (Basa  rugosa) 
du  Japon. Ceux-ci,  extrêmement  vigoureux 
de  leur  nature,  très-rustiques,  à pousses 
fortes  divariquées,  non  élancées,  demandent 
à être  taillés  longs  au  début,  c’est-à-dire 
à 7 ou  8 bons  yeux  et  à 4 ou  5 les  années 
suivantes,  en  observant  toujours  d’obtenir 
la  forme  évidée  comme  ci-dessus. 

Les  Rosiers  dits  sarmenteux,  comme  les 
Thés  : M*"®  Bérard,  Reine  Marie-Hen- 
riette, ou  les  Noisettes  William  Allen 
Richardson,  Rêve-d’Or  et  Aimée  Vihert, 
doivent  être  utilisés  comme  grimpants  et 


jamais  admis  dans  une  plantation  de 
Piosiers  buissonnants.  Chez  ces  variétés,  la 
taille  consiste  à . conserver,  chaque  année, 
ces  pousses  sarmenteuses,  à les  ébouqueter 
très-modérément  et  à supprimer  celles  de 
l’année  précédente  qui  se  sont  ramifiées  et 
ont  fleuri.  En  un  mot,  le  plus  souvent  ici, 
les  premières  deviennent  les  remplacements 
des  secondes. 

Quant  à l’époque  à laquelle  il  convient 
de  pratiquer  ces  diverses  suppressions  sur 
le  Rosier,  elle  varie  nécessairement  avec 
les  différents  climats  de  notre  pays,  et  aussi 
avec  l’état  de  la  végétation,  qui,  selon  les 
années,  peut  être  plus  ou  moins  précoce. 
En  général,  sous  le  climat  parisien,  qui 
nous  servira  de  guide  en  la  circonstance, 
c’est  dans  le  courant  de  mars  qu’il  faut 
tailler  les  Rosiers,  soit  au  commencement, 
soit  au  milieu,  soit  à la  fin,  selon  que  la 
végétation  est  plus  ou  moins  avancée.  Une 
taille  trop  tardive,  faite  lorsque  les  jeunes 
bourgeons  du  Rosier  ont  déjà  plusieurs 
centimètres  de  longueur,  est  non  seulement 
un  épuisement  pour  l’arbuste,  mais  elle 
rend  aussi  peu  faciles  la  fumure  et  l’ameu- 
blissement du  sol,  qu’on  doit  toujours 
pratiquer  au  trident  aussitôt  après  cette 
opération,  en  ce  sens  que,  malgré  toutes 
les  précautions  possibles  du  jardinier,  l’ins- 
trument peut  faire  tomber  un  bon  nombre 
de  jeunes  bourgeons  sur  les  rameaux  ainsi 
taillés.  Ch.  Grosdemange. 


CULTURE  FORCÉE  DES  HORTENSIAS 


Vers  la  fin  d’avril,  on  doit  préparer  une 
couche  pouvant  donner  de  15  à 20  degrés  de 
chaleur,  la  recouvrir  de  10  centimètres  de 
terre  de  bruyère  sableuse,  bien  appuyer  la 
terre,  repiquer  de  bonnes  boutures  bien 
saines  et  vigoureuses  que,  à cette  époque,  l’on 
peut  se  procurer  facilement  sur  de  vieilles 
touffes  en  pleine  terre.  Il  faudra  prendre 
de  préférence  les  pousses  de  la  base  des 
rameaux.  Une  fois  repiquées,  on  doit  bien 
mouiller  les  boutures,  fermer  hermétique- 
ment les  châssis,  ombrer  et  éviter  de  donner 
de  l’air  jusqu’à  complète  reprise,  sinon 
pour  visiter,  s’il  y a pourriture,  ou  pour 
des  bassinages  à donner. 

Au  bout  de  quinze  à vingt  jours,  les  bou- 
tures seront  suffisamment  reprises  pour  que 
f on  commence  à donner  un  peu  d’air  et  de 
lumière  que  l’on  augmentera  graduellement 
suivant  la  température. 

Quand  on  jugera  les  boutures  bien  re- 


prises et  raffermies,  on  préparera  une 
couche  sourde  pour  recevoir  ces  bou- 
tures que  l’on  rempotera  dans  des  go- 
dets de  7 à 8 centimètres.  On  aura  soin, 
en  enterrant  les  pots,  de  les  enterrer  par- 
dessus bord.  On  ombre  alors  et  on  tient  les 
châssis  fermés  pendant  trois  ou  quatre 
jours  pour  faciliter  la  reprise;  ensuite  on 
donne  de  l’air  pour  habituer  les  plantes  à 
fair  libre.  La  reprise  nécessite  environ 
douze  à quinze  jours,  puis  on  peut  dépan- 
neauter  et  ne  remettre  les  châssis  qu’en  cas 
d’humidité  et  de  froid. 

A l’arrivée  de  la  saison  d’hiver,  il  faut 
préserver  les  plantes  du  froid  et  surtout  de 
l’humidité;  aussi  il  sera  bon  de  donner  de 
l’air  toutes  les  fois  que  la  température  le 
permettra,  car  les  plantes  resteront  en  place 
jusqu’à  la  fin  d’avril. 

A cette  époque,  on  établira  une  couche 
comme  il  est  dit  plus  haut  pour  recevoir  les 


186 


UN  EUCALYPTUS  ROUGE. 


boutures  pour  Tannée  suivante.  On  prend 
les  extrémités  des  plants  cultivés  que 
Ton  coupera  sans  les  pincer;  elles  ser- 
viront à former  la  nouvelle  génération.  Ces 
jeunes  plants  ainsi  rabattus  repoussent  avec 
vigueur,  et  au  bout  d’un  mois  ils  seront 
bons  à mettre  en  pots  de  15  à 18  centi- 
mètres. On  place  généralement  deux  à trois 
plants  par  pots,  suivant  la  force.  Les  plants 
rempotés  devront  être  placés  pendant  quel- 
ques jours  à Tombre  pour  faciliter  la  re- 
prise, ensuite  on  pourra  les  mettre  en  plein 
soleil  dans  Tendroit  le  plus  aéré  du  jardin. 
Il  ne  faut  pas  enterrer  alors  les  pots,  chose 
capitale,  car  Thumidité  comme  la  séche- 
resse est  funeste  aux  Hortensias  en  pots; 
aussi  il  faut  avoir  soin  d’arroser  plusieurs 
fois  par  jour  dans  le  courant  des  grandes 
chaleurs. 

Vers  la  fin  de  septembre,  alors  que  la  vé- 
gétation sera  terminée  et  que  Thumidité  est 
à craindre,  il  sera  temps  de  songer  à abriter 
les  plants  sous  châssis  ou  en  orangerie, 
en  veillant  à les  bien  nettoyer  sans  les 
mouiller. 

L’époque  de  la  mise  en  végétation  des 
Hortensias  pour  le  forçage  peut  se  faire 
vers  les  premiers  jours  de  décembre  (du 
au  10,  pas  avant)  pour  avoir  des  fleurs 
au  15  mars,  époque  à laquelle  ces  plantes 
sont  très-recherchées  sur  les  marchés  aux 
fleurs  et  par  les  fleuristes. 

Il  suffit  de  les  placer  dans  une  serre  bien 
ensoleillée  et  de  maintenir  une  température 
de  18  à '20  degrés  centigrades.  On  les  pré- 
serve des  coups  de  soleil  et  Ton  donne 


quelques  bassinages  par  les  temps  chauds. 
On  aère  autant  que  possible. 

Quand  on  voit  que  les  plantes  acquièrent 
du  volume,  on  les  espace,  mais  en  les  met- 
tant toujours  près  delà  lumière. 

Vers  le  15  mars,  les  ombelles  sont  déjà 
bien  formées;  ce  sera  le  moment  de  donner 
de  plus  en  plus  d’air,  quitte  à chauffer  da- 
vantage, car  plus  on  peut  donner  d’air,  plus 
les  ombelles  sont  colorées  et  plus  aussi  les 
plantes  sont  raffermies  pour  être  livrables. 

Les  Hortensias  étant  dans  la  période  ac- 
tive de  leur  végétation  exigent  beaucoup 
d’eau  ; c’est  pourquoi  il  faut  avoir  soin  de 
ne  pas  les  laisser  faner,  ou  bien  on  risque- 
rait d’avoir  une  mauvai.se  floraison. 

Avec  des  plantes  ainsi  traitées,  il  n’est 
pas  rare  d’avoir  des  sujets  donnant  de  18  à 
20  ombelles  de  fleurs.  J’en  ai  eu  portant  de 
20  à 30  ombelles. 

C’est  la  variété  ordinaire  qui  est  la  plus 
usitée  pour  le  forçage,  ainsi  que  la  variété  à 
fleurs  blanches  renommée  Thomas  Hogg. 

On  avait  fait  grand  bruit  de  la  variété 
stellata  fimhriata,  mais  elle  n’a  pas  ré- 
pondu aux  espérances  qu’elle  avait  fait 
naître. 

Quant  on  veut  avoir  des  Hortensias  en 
petits  godets  portant  une  belle  ombelle  de 
fleurs,  il  suffit  de  détacher  une  pousse  du 
bas  des  plantes  au  forçage,  de  la  traiter 
comme  bouture  sans  la  pincer  et  Tannée 
suivante  de  la  forcer.  Souvent,  dans  un 
godet  de  10  centimètres,  on  a une  ombelle 
énorme,  et  ces  plantes  sont  d’un  bon  place- 
ment chez  les  fleuristes.  J.  Decroix. 


UN  EUCALYPTUS  ROUGE 


L’horticulture  possède  aujourd’hui  un 
certain  nombre  d’arbres  et  d’arbrisseaux  à 
feuillage  autrement  coloré  qu’en  vert,  les 
uns  d’une  manière  constante,  c’est-à-dire 
en  toutes  saisons,  les  autres  temporairement 
à l’entrée  del’hiver;  mais  ces  derniers,  si  je 
ne  me  trompe,  ont  tous  le  feuillage  caduc, 
et,  après  avoir  brillé  quelques  jours  dans 
leur  parure  automnale,  ils  se  dépouillent 
et  rentrent  dans  le  rang  des  arbres  ordi- 
naires. 

Depuis  quelques  années,  j’observe  à la 
villa  Thuret  quelques  Eucalyptus  qui 
changent  aussi  de  couleur  aux  premières 
froidures  de  l’automne;  il  en  est  un,  entre 
autres,  dont  il  me  paraît  bon  de  dire  un 
mot  parce  que  sa  métamorphose  est  un  peu 
plus  prononcée  que  chez  les  autres.  Très- 


vert  en  été,  il  passe  au  rouge  sombre,  un 
peu  violet,  aux  premiers  abaissements  de 
la  température,  et  comme  ses  feuilles  sont 
persistantes,  il  garde  cette  livrée  jusqu’à  la 
poussée  des  feuilles  nouvelles,  c’est-à-dire 
au  milieu  du  printemps,  formant  pendant  'j 
tout  l’hiver  un  contraste  marqué  avec  les 
autres  arbres  fidèles  à la  coloration  verte.  | 
C’est  à ce  titre  que  je  le  signale  aux  archi-  I 
tectes-paysagistes  et  aux  horticulteurs  de  . 
notre  région  méditerranéenne.  j 

Je  n’ai  malheureusement  pas  de  nom  dé-  , 
finitif  à lui  donner,  parce  que  je  ne  Tai  pas 
encore  vu  fleurir,  ce  qui  serait  nécessaire  'À 
pour  en  fixer  la  nomenclature..  En  atten-  y 
dant  le  moment  propice,  je  l’appellerai  tout  j, 
simplement  Eucalyptus  rubescens.  Il  n’a  jj 
nullement  souffert  des  quatre  ou  cinq  nuits  i 


LES  JARDINS  DU  PRINTEMPS. 


187 


de  gelée  assez  forte  (de  4 à 6°)  que  nous 
avons  eues  en  janvier  dernier,  et  qui  ont 
un  peu  maltraité  d’autres  Eucalyptus^  no- 
tamment VE.  Globulus,  qui  passe  pour 
assez  rustique. 

A propos  de  la  rusticité  des  Euccdyptus, 
je  profite  de  l’occasion  pour  recommander 
aux  amateurs  de  ces  arbres  VE.  Gunnii,  un 


des  plus  beaux  du  genre  par  sa  haute  taille, 
son  épaisse  frondaison  et  sa  belle  pres- 
tance, et  non  moins  remarquable  par  sa 
résistance  au  froid.  Pas  une  de  ses  feuilles 
n’a  été  atteinte  au  moindre  degré  par  les 
gelées  dont  je  viens  de  parler,  et  sa  verdure 
est  aussi  vive  qu’avant  l’hiver. 

Ch.  Naudin. 


LES  JARDINS  DU  PRINTEMPS  ‘ 


Perce-neige,  Crocus  et  Jacinthes. 

La  Jacinthe,  plantée  souvent  dans  les 
jardins  publics,  par  masses  si  compactes, 
produit  bien  meilleur  effet  en  la  distribuant 
plus  naturellement,  mais  elle  est  loin 
d’avoir,  pour  le  plein  air,  toute  l’impor- 
tance de  bien  des  fleurs  de  culture  plus  fa- 
cile et  d’un  meilleur  effet  ; néanmoins,  cer- 
taines espèces  naturelles  plus  élancées, 
telles  que  H.  amethystinus,  sont  très- 
belles  et  dignes  d’une  place. 

La  Perce-neige  a une  grande  valeur,  sur- 
tout ces  dernières  années,  depuis  qu’on  en 
possède  de  nouvelles  variétés,  dont  quel- 
ques-unes ont  été  importées  de  l’Asie 
Mineure  et  d’autres  obtenues  par  la  cul- 
ture. Dans  certains  sols,  elle  se  naturalise 
facilement,  tandis  que  dans  d’autres  elle 
dépérit  ; et  on  pourrait  en  dire  autant  de  la 
Nivéole  {Leucoium  vernum),  une  très- 
belle  plante.  Les  grandes  sont  plus  faciles 
pour  certains  sols,  et  gracieuses  dans  cer- 
taines positions  ; elle  se  naturalise  facile- 
ment aussi  dans  les  terrains  des  bords  de 
rivières. 

Le  Crocus.,  brillant  entre  toutes  les  fleurs 
du  printemps,  ne  se  plaît  pas  dans  tous 
les  sols  au  point  de  s’y  établir  définitive- 
ment, mais  dans  certaines  terres  il  se  sent 
entièrement  chez  lui,  particulièrement  dans 
les  terrains  calcaires  et  il  préfère  souvent 
une  place  sous  les  arbres,  et  dans  bien  des 
jardins  il  est  précieux  pour  bordures  ou 
tout  autre  usage. 

La  Scille  bleue,  tant  la  sauvage  de  nos 
bois  [Scilla  hifolia)  que  celle  de  Sibérie, 
d’un  bleu  vif,  nous  est  une  grande  res- 
source ; certaines  espèces  jouent  un  rôle 
important  dans  le  jardin,  et  quelques-unes, 
telles  que  la  Sc.  d’Espagne,  Scilla  campa- 
nulata,  peut  se  fixer  dans  de  bons  ter- 
rains. Des  alliées  de  ces  charmantes  fleu- 
rettes si  précoces  sont  venues  ces  dernières 

^ Voir  Revue  horticole,  1897,  p,  160. 


années  vers  nos  jardins,  le  précieux  Chio- 
nodoxa  de  l’Asie  Mineure,  ayant  à peu 
près  les  mêmes  port  et  aspect  que  les  plus 
jolies  Scilles,  mais  dont  quelques-unes  le 
dépassent  même  par  leur  charmante  cou- 
leur ; ces  plantes  comptent  parmi  celles  qui 
peuvent  se  planter  en  masse  à la  surface 
des  plates-bandes  garnies  de  plantes  à de- 
meure, telles  que  Pmsiers,  — là  où  les 
plates-bandes  de  Rosiers  ne  sont  pas  cou- 
vertes d’engrais,  comme  tous  les  cultiva- 
teurs de  Rosiers  le  recommandent  à 
tort. 

Iris,  Jacinthes,  Narcisses  et  Tulipes. 

Les  Iris  hâtifs  comptent  parmi  les  plus 
belles  fleurs  du  printemps,  dans  les  ter- 
rains chauds  tout  au  moins  ; mais,  en  gé- 
néral, dans  les  jardins,  les  plus  beaux  Iris 
viennent  à la  fin  du  printemps  avec  les  va- 
riétés allemandes,  si  volontaires  et  rusti- 
ques dans  tout  notre  pays.  Les  serres  d’Or- 
chidées  ne  donnent  même  pas  une  si  riche 
parure  que  ceux-ci  en  fleurs,  et  ils  occupent 
même  souvent  de  petits  jardins  à eux  seuls, 
car  ils  se  prêtent  à de  nombreux  usages, 
tant  en  bordures  qu’en  groupes.  A peu 
près  en  même  temps  viennent  les  précieux 
Iris  d’Espagne,  dans  leurs  nombreux  co- 
loris, belles  comme  des  Orchidées,  et  fa- 
ciles à cultiver,  ainsi  que  l’Iris  anglais. 

Les  Jacinthes  sont  de  jolies  plantes  pré- 
coces du  sud  de  l’Europe,  riches  en  couleurs. 
Elles  croissent  rapidement,  et  certaines  es- 
pèces vont  très-bien  dans  l’herbe  ; mais  les 
plus  rares  excellent  pour  bordures  chaudes 
et  en  groupes  dans  les  jardins-rocailles. 

Les  Narcisses  peuvent  être  cultivés  de 
toutes  manières  ; les  variétés  les  plus  rares 
en  bordures  et  plates-bandes  préparées,  et 
les  nombreuses  autres,  plus  répandues, 
dans  quasi  tous  les  sols  frais,  dans  l’herbe. 
Chez  nous,  où  il  y a tant  de  terrains  frais 
et  riches  qui  permettent  aux  Narcisses  de 
se  fixer  ou  d’être  cultivés  admirablement 


188 


LES  JARDINS  DU  PRINTEMPS. 


de  bien  des  façons  : ce  sont  peut-être  les 
plus  précieuses  de  toutes  les  fleurs  printa- 
nières. 

La  Tulipe  est,  de  toutes  ses  contempo- 
raines, la  plus  somptueuse  en  couleurs  et,  à 
cause  de  son  grand  effet,  digne  plus  que 
toute  autre  d’une  culture  spéciale  ; en  effet, 
les  variétés  horticoles  et  les  nombreuses 
Tulipes  des  jardins  doivent  être  bien  culti- 
vées pour  qu’elles  atteignent  toute  leur 
ampleur  et  beauté,  et  la  transplantation  de 
temps  à autre  est  de  la  plus  haute  impor- 
tance pour  les  Tulipes  si  l’on  tient  à des 
bulbes  sains  et  vigoureux  ; mais  la  Tulipe 
des  bois  et  certaines  espèces  naturelles 
peuvent  se  naturaliser  dans  nos  jardins,  et 
l’on  trouve  parmi  ces  dernières,  sinon 
d’aussi  grandes,  toutefois  d’aussi  jolies  que 
les  espèces  cultivées. 

La  Tulipe  mérite  une  bien  meilleure 
place  parmi  les  fleurs  printanières*  qu’elle 
n’a  occupée  jusqu’à  ce  jour,  car,  en  dehors 
des  deux  groupes  principaux  de  Tulipes 
hâtives  et  tardives,  cultivées  jusqu’ici  dans 
les  jardins  de  l’Europe,  un  certain  nombre 
d’espèces  sauvages  superbes  s’introduisent 
actuellement  de  l’Asie  centrale  et  d’autr  s 
contrées  ; beaucoup  d’entre  elles  sent  des 
Heurs  précoces  de  toute  beauté  et  de  ri- 
ches couleurs,  et  elles  peuvent  se  plaire 
dans  notre  climat;  nos  cultures  de  Tulipes 
laisseront  bientôt  toutes  nos  richesses  de 
serres  chaudes  en  arrière. 

Pivoines  et  Pavots. 

Les  Pivoines  sont  d’un  grand  effet  sous 
bien  des  rapports.  Là  où  l’on  peut  dispo- 
ser d’un  grand  nombre  de  simples  ou  au- 
tres, on  pourra  en  obtenir  de  bons  résultats 
en  les  groupant  dans  de  nouvelles  planta- 
tions, parmi  les  arbustes  et  arbrisseaux  ; 
quant  aux  variétés  doubles  d’élite,  elles  mé- 
ritent mieux  que  toute  autre  plante  d’occu- 
per à elles  seules  un  jardinet  ou  une  plate- 
bande. 

Les  grands  Pavots  écarlates  sont  éclatants 
au  printemps,  et  trouveront  une  bonne 
place  entre  les  arbres,  ainsi  que  dans  les 
jardins  sauvages  ; et  on  peut  en  dire  au- 
tant du  Pavot  jaune,  une  très-belle  plante 
tant  au  printemps  qu’en  été  et  qui  souvent 
se  sème  elle-même  un  peut  partout.  Les 
diverses  formes  des  Pavots  à opium  et  des 
Pavots  des  champs,  obtenues  dans  les  cul- 
tures, tant  simples  que  doubles,  sont  très- 
belles  là  où  l’on  accorde  une  place  aux  fleurs 
annuelles. 


Les  Primevères  sont  d’aimables  hôtes 
pour  le  jardin,  spécialement  les  variétés 
horticoles  de  la  Primevère  commune,  et 
des  Primevères  des  jardins  et  des  prés. 

Peu  de  plantes  produisent  meilleur  effet 
et  méritent  mieux  une  culture  soignée 
pour  la  formation  de  groupes,  plates-bandes 
ou  bordures. 

Renoncules  et  Trolles. 

Certaines  espèces  de  Renoncules  rusti- 
ques, les  variétés  herbacées  doubles  en- 
tre autres,  offrent  de  bons  coloris  et  elles  font 
bien  dans  de  vastes  groupements.  Et  un 
peu  dans  les  mêmes  effets,  quoique  plus 
élevées  et  plus  vigoureuses,  nous  avons  les 
Trolles,  qui  se  plaisent  particulièrement 
dans  les  terrains  humides,  les  gazons  au 
bord  de  l’eau,  et  qui  aussi  se  rangent  parmi 
les  plantes  herbacées  les  plus  faciles  à cul- 
tiver. 

Saxifrages  et  Gentianes. 

Les  Saxifrages  des  Indes,  à larges  feuilles, 
sont  de  culture  facile  dans  bien  des  sols  et 
ce  sont  de  riches  fleurs  pour  le  printemps, 
à former  de  grands  groupes,  surtout  cer- 
taines des  variétés  améliorées.  Quoi- 
qu’on ne  puisse  guère  jouir  des  petits  Saxi- 
frages des  montagnes  dans  les  sols  rocheux 
ou  dans  de  grandes  rocailles  artificielles 
bien  comprises,  nous  ne  pouvons  nous  pas- 
ser de  mentionner  ici  toute  la  beauté  qu’elles 
étalent,  tant  celles  à fleurs  blanches  que 
les  jaunes  et  les  cramoisies  vues  en  masses. 

Il  en  est  de  même  des  Gentianes  ; peu 
d’endroits  nous  offrent  des  dispositions 
permettant  d’obtenir  tout  l’effet  que  ces 
belles  fleurs  produisent  dans  les  montagnes. 
La  vieille  Gentianelle  {Gentiana  acaulis) 
fait  cependant  exception  ici,  et  l’on  sait  com 
bien  elle  est  appréciée  depuis  longtemps 
dans  les  vieux  jardins  écossais  et  anglais, 
où  l’on  en  fait  de  superbes  bordures  ; elle 
est  facile  à cultiver  dans  un  sol  frais  et  c’est 
peut-être  la  fleur  bleue  la  plus  décorative 
qu’il  nous  soit  donné  d’admirer  dans  nos  la- 
titudes au  printemps. 

Les  Phlox  élevés  sont  des  plantes  esti- 
vales, mais  il  est  un  groupe  de  Phlox  nains 
alpins  américains,  qui  comptent  parmi  les 
fleurs  les  plus  rustiques  et  les  plus  estimées 
du  printemps  ; ils  se  plaisent  sur  des  talus 
secs  et  dans  les  parties  les  plus  sèches  des 
((  jardins-rocailles  »,  et  forment  dans  les 
parterres  des  bordures  mousseuses  qui  se 
chargent  de  bonne  heure  au  printemps 
d’une  écume  de  fleurs. 


LES  JARDINS  DU  PRINTEMPS. 


189 


Il  Pensées. 

! La  famille  des  Viola  est  des  plus  pré- 
i cieuses,  non  seulement  pour  les  diverses 

Violettes  odorantes  qui  seront  toujours  esti- 
mées dans  les  jardins,  mais  aussi  pour  les 
nombreuses  variétés  de  Pensées,  qui  fleu- 
rissent si  abondamment  et  si  richement  au 
printemps.  Peut-être  les  meilleures  de 

I toutes,  pour  usage  artistique,  sont  les 

Pensées  toulTues,  qui  sont  admirables  dans 
j leurs  coloris  simples  — blanches,  bleu  pâle, 

I ou  lavande  et  mainte  autre  teinte  délicate, 

i,  Demi-vivaces  de  nature,  elles  peuvent  être 

|:  améliorées  et  conservées  par  variétés  dis- 

! tinctes  et  nous  offrent  ainsi  des  nuances 

; distinctes  et  délicates  pour  des  groupe- 
ments aussi  étendus  que  nous  le  dési- 

' rons,  contrairement  aux  éternels  mé- 

« langes  des  Pensées  d’autrefois.  Quoique  les 
fleurs  de  ces  dernières,  vues  isolément, 
i;  soient  souvent  magnifiques,  l’effet  des 

' Pensées  touffues  avec  leurs  couleurs  pures 

5 et  délicates  a plus  de  valeur  ; et  ces  va- 

; riétés,  si  précieuses  pour  groupes  et  des- 

■ sins  méritent  aussi  d’occuper  quelques 

I petites  plates-bandes  en  pépinière. 

]' 

; Lupins. 

4! 

i Le  Lupin  commun  vivace  est  une  riche 
i plante  cultivée  en  groupes  ; il  se  natu- 
' ralise  parfois  et  pourrait  donc  être  associé 
- -aux  Pavots  et  Ancolies  dispersés  irrégu- 
; lièrement  dans  les  jardins  naturels  où  ils 
produiraient  bon  effet. 

Myosotis 

Les  Myosotis  comptent  toujours  parmi 
les  meilleures  venues  des  fleurs  du  prin- 
temps. Avant  l’apparition  du  Myosotis 
commun,  le  plus  beau  de  tous  « le  M.  des 
marais  »,  nous  voyons  déjà  les  « Ne 
m'oubliez  pas  * des  bois  (M.  sylvatica), 
le  M.  dissitiflora  et  le  31.  alpestris,  tous 
précieux  dans  les  cultures  printanières. 
Proche  parent  du  Myosotis  tant  aimé,  nous 
avons  rOmphalode  commun  ou  Myosotis 
rampant,  bonne  plante  de  bordure,  et  de 
plus  de  valeur  encore  pour  sa  nature  vigou- 
reuse, même  planté  à mi-ombre  et  en 
presque  n’importe  quel  terrain.  Si  l’on  se 
1 décide  difficilement  à lui  accorder  une 

, bonne  place,  c’est  encore  une  des  ^meilleures 

■ des  plantes  qui  se  développent  et  se  conser- 
vent  sans  nul  soin. 


Fleurs  annuelles 

Dans  les  fleurs  annuelles  qui  fleurissent 
au  printemps,  là  où  le  sol  leur  est  favorable, 
on  obtient  souvent  d’excellents  résultats 
avec  les  Gesses  odorantes  semées  en  au- 
tomne. Partout  où  cela  se  pratique  et  où 
elles  passent  bien  l’hiver,  elles  fournissent 
des  haies  de  Heurs  et  bien  venues  de  bonne 
heure  au  printemps.  Tel,  aussi,  le  Bluet, 
aimable  Heur  du  printemps,  et  qui  nous 
présente  peut-être  le  plus  beau  bleu  de 
toutes  les  Heurs  annuelles.  Mais  pour 
Tavoir  de  bonne  heure  et  bien  venu,  il  fau- 
drait toujours  le  semer  en  automne,  et  pour 
l’effet,  il  faudrait  les  grouper  par  grandes 
masses,  parfois  associés  aux  arbustes,  ou 
sur  des  terrains  récemment  mis  en  culture 
et  que  l’on  désire  couvrir.  Certaines  espèces 
annuelles  de  Californie  sont  superbes  et 
vigoureuses  si  on  les  sème  en  automne, 
bien  entendu,  pourvu  qu’elles  échappent 
aux  rigueurs  de  l’hiver.  Nous  avons  eu  de 
cette  façon  de  très-beaux  Godétias  blancs  ; 
dans  un  sol  calcaire,  sablonneux  et  chaud, 
les  plantes  destinées  à Heurir  au  printemps 
sont  très-vigoureuses  et  odoriférantes, 
mais  ce  serait  perdre  son  temps  que  de 
tenter  cette  culture  dans  des  sols  froids. 

Arbres  et  Arbustes  à floraison 
printanière 

Le  jardin  printanier  serait  incomplet 
s’il  y manquait  les  nombreux  arbres  et 
arbustes  qui,  par  leur  Horaison  hâtive, 
nous  procurent  ses  meilleurs  effets.  Parmi 
les  plus  beaux  se  rangent  les  Marronniers, 
particulièrement lesespèces rouges,  toujours 
décoratifs,  mais  spécialement  quand  ils 
sont  vieux.  Le  Néflier  blanc  est  un  arbre 
demi-nain,  rustique,  fleurissant  régulière- 
ment et  faisant  bon  effet  au  jardin  d’agré- 
ment ou  aux  franges  des  bosquets.  L’Aman- 
dier, plus  peut-être  que  tout  autre  arbuste 
ou  arbrisseau,  chez  nous  et  en  France, 
brille  aux  premiers  jours  du  printemps,  et, 
comme  la  majorité  des  arbustes  du  Midi,  se 
plaît  le  mieux  dans  les  terres  des  allées 
chaudes,  se  développant  plus  lentement,  au 
contraire,  dans  les  terres  froides  et  lourdes. 
Pour  en  obtenir  quelqu’effet  dans  le 
paysage,  il  faudrait  les  réunir  par  groupes. 
Les  Pêchers  à fleurs  doubles  sont  ravissants 
en  France,  mais  il  en  est  rarement  ainsi 
chez  nous,  ce  qui  dépend,  peut-être,  du 
sujet  employé.  De  tous  les  arbustes  rus- 


M 


190 


LES  JARDINS  DU  PRINTEMPS. 


tiques  qui  furent  jamais  introduits  dans 
notre  pays,  on  finira,  peut-être,  par  trouver 
les  Azalées  les  plus  précieuses  pour  produire 
de  l’effet.  Elles  sont  pour  la  plupart  origi- 
naires d’Amérique  et  de  Chine,  et  de 
nombreuses  variétés,  qui  furent  produites 
dans  nos  cultures,  sont  de  la  plus  haute 
valeur.  Dans  beaucoup  d’endroits  on  man- 
que encore  toute  la  richesse  des  différents 
groupes  d’Azalées  rustiques,  particulière- 
ment des  récentes  variétés  obtenues  ces 
dernières  années.  Puis  l’Arbre-de-Judée, 
magnifique  en  groupes,  est  aussi  trop  né- 
gligé chez  nous,  mais  il  faudrait  toujours  le 
planter  par  groupes  et  non  pas  en  maigre- 
isolé.  Les  divers  Cerisiers  à fleurs  doubles 
vont  admirablement  bien  chez  nous,  et 
sont  d’une  floraison  riche  autant  que  déli- 
cate ; les  variétés  japonaises  vont  aussi 
bien  que  les  anciennes  variétés  françaises 
et  anglaises,  mais  les  arbres  sont  sujets  à 
dépérir  de  la  greffe.  Le  Chionanthe  d’Amé- 
rique {Chionanthus  virg inica)  es\ ]oY\ , mà\s 
certains  arbres  fleuris  d’Amérique  n’aoûtent 
généralement  pas  assez  leur  bois  en  Angle- 
terre, pour  nous  donner  cette  riche  florai- 
son qu’on  voit  dans  leur  pays  d’origine.  Les 
Aubépines  sont  pour  des  hôtes  natu- 
rels des  collines  et  endroits  rocheux  et  de- 
vraient nous  apprendre  à faire  usage  des 
nombreuses  autres  espèces  empruntées  aux 
montagnes  de  l’Europe  et  de  l’Amérique, 
et  qui  varient  et  prolongent  l’époque  de 
floraison  des  arbustes  printaniers  ; et 
meme  notre  Aubépine  sauvage  nous  a 
donné  de  nombreuses  variétés  rouges,  roses, 
doubles  et  à bois  pleureur.  Le  vieux  Cytise 
Eaux-Ébénier  était  depuis  de  longues  années 
un  objet  de  réjouissances  par  sa  pluie  d’or, 
et  dans  ces  derniers  temps,  on  en  obtint 
bien  plus  d’effet  encore  avec  les  variétés 
améliorées  du  Laburnum  alpin,  avec  ses 
longues  chaînes  de  fleurs  d’or.  En  vieillis- 
sant, ils  formeront  le  meilleur  groupe 
d’arbres  fleuris,  c’est  pourquoi  il  est  infi- 
niment recommandable  de  grouper  en- 
semble les  diverses  variétés  de  Laburnum 
qui,  après  développement,  feront  très-bien 
dans  le  paysage  par  leurs  différentes 
formes. 

Genêts  et  Ajoncs. 

Il  n’est  point  de  plantes  plus  riches  et  à 
meilleur  effet  par  grandes  masses  que  le 
Genêt  commun  et  tous  ses  parents  assez 
rustiques,  même  le  petit  Ajonc  d’Espagne, 
si  beau  comme  coloris.  Le  Genêt  devrait 


être  plus  employé  pour  garnir  des  talus  et 
endroits  sableux  ou  graveleux,  où  il  réussit 
et  donne  de  l’effet  mieux  que  toute  autre 
plante,  et  nous  serions  ainsi  à l’abri  de 
toute  inquiétude  de  devoir  l’introduire  dans 
nos  jardins.  On  peut  en  dire  autant  de 
l'Ajonc,  une  si  belle  plante  en  Angleterre 
et  aux  côtes  de  la  France,  et  les  Ajoncs  à 
fleurs  doubles  méritent  d’être  réunis  par 
groupes  pittoresques  dans  les  jardins.  Dans 
les  sites  de  campagne,  dominant  des  vues, 
il  est  d’une  grande  valeur  au  premier  plan, 
et  se  reproduisant  si  facilement  par 
graines,  on  peut  en  obtenir  de  magnifiques 
effets,  quoiqu’il  faille  de  temps  en  temps 
l’abattre  jusque  près  du  sol  par  des  hivers 
rigoureux. 

Rhododendrons  et  Magnolias. 

Les  premiers  forment  la  gloire  du  prin- 
temps dans  nos  jardins  d’agrément,  mais 
ils  occupent  souvent  un  rang  si  élevé  dans 
la  considération  et  l’estime  populaires, 
qu’ils  mènent  très-souvent  à négliger 
d’autres  choses  de  valeur.  Il  serait  certai- 
nement difficile  d’évaluer  trop  haut  leurs 
charmes,  mais  cependant  il  faudrait  dis- 
cerner et  rejeter  les  variétés  trop  hâtives  et 
trop  délicates.  Bien  des  variétés  sorties  du 
Rhododendron  ponticum  et  des  R.  des 
Indes,  quoique  réussissant  dans  les  dis- 
tricts doux  du  Sud  de  l’Angleterre  et  de 
l’Ouest  de  la  France,  et  de  ci  de  là  au  voisi- 
nage de  la  mer,  ne  sont  généralement  pas 
rustiques  dans  l’intérieur  du  pays.  Quel- 
ques-uns de  ces  hybrides  délicats  fleuris- 
sent en  effet  de  bonne  heure,  mais  à quoi 
bon  ? L’essentiel,  si  nous  accordons  une 
place  à un  arbuste  rustique,  est  que  nous 
en  obtenions  une  floraison  parfaite,  et  pour 
cela  il  faudrait  choisir  les  variétés  rusti- 
ques à larges  feuilles,  qui,  pour  la  plupart, 
sortent  du  très-rustique  R.  catawhiense  de 
l’Amérique  du  Nord  ; sachons  aussi  grou- 
per avec  goût  les  plus  beaux  coloris  et 
n’usons  jamais  de  plantes  greffées. 

Depuis  de  longues  années,  le  Magnolia 
Yidan,  là  où  il  est  bien  cultivé,  est  un  des 
plus  beaux  arbres  des  jardins  au  sud  de 
l’Angleterre,  et  rien  ne  produit  plus  d’effet 
que  1’  « Arbre- à-Lis  » dans  les  jardins 
tels  que  Syon  et  d’autres  dans  la  vallée  de 
la  Tamise.  En  ces  dernières  années  nous 
avons  vu  cette  famille  d’arbres  à fleurs  la 
plus  remarquable  s’augmenter  notablement. 
Certaines  de  ces  nouveautés,  telles  que 
M.  stellata,  ont  déjà  témoigné  d’une 


LA  MALADIE  NOIRE  DES  CLÉMATITES. 


191 


y 

grande  valeur  ; toutes  méritent  d’être  es- 
sayées, et  pour  les  espèces  dont  nous 
I sommes  déjà  sûrs,  la  condition  essentielle 
[ est  de  les  grouper.  Même  pour  le  Magnolia 
commun  (M.  Yulan),  Veüei  de  quatre  ou 
I ' cinq  pieds  associés  est  bien  différent  de 
! celui  d’un  exemplaire  isolé. 

Arbustes  divers. 

Les  Forsythia,  arbustes  de  Chine  rusti- 
ques, à fleurs  jaune  pale,  d’un  effet  délicieux 
comme  groupement  pittoresque,  forment 
un  des  principaux  charmes  du  jardin  prin- 
tanier, par  leurs  longues  baguettes  retom- 
bantes toutes  garnies  de  fleurs;  ils  font 
aussi  beaucoup  d’effet  en  espaliers  ou 
groupés  librement  sur  des  digues  ou  mon- 
ticules. Une  autre  plante  d’une  grande 
beauté,  VHalesia,  est  trop  peu  employée. 
Contrairement  à d’autres  arbres  améri- 
cains, il  aoûte  très-bien  son  bois,  et  fleurit 
souvent  abondamment.  Le  Laurier  alpin 
d’Amérique  (Kalmia)  est  une  des  meil- 
leures plantes  jamais  introduites  dans 
notre  pays,  et  comme  fleur  printanière  tar- 
I dive  une  des  plus  précieuses,  se  plaisant 
I tant  à mi-ombre  que  dans  une  situation 
I découverte. 

; . Le  Pyrus  japonica  (Chænomeles),  ma- 
; gnifique  vieil  arbuste,  souvent  planté  au 

I pied  des  murs  dans  les  jardins  des  villas, 

' s’emploie  avec  succès  dans  bien  des  sols 

j , 

LA.  MALADIE  NOIR 

Depuis  l’article  que  nous  avons  récem- 
ment publié  dans  la  Revue  horticole 
(16  février  1897),  sur  cette  redoutable  ma- 
ladie, M.  Maurice  de  Vilmorin  nous  a 
signalé  un  article  paru  dans  le  Garden  and 
[jî  Forest,  en  1890,  où  nous  avons  trouvé  des 
!!!  indications  très-intéressantes  sur  la  nature 

II  du  terrible  parasite  qui  fait  la  désolation 
des  cultivateurs  et  amateurs  de  Clématites. 

Cet  article,  dû  aux  recherches  du  pro- 
! fesseur  américain  Comstock,  est  trop 
étendu  pour  que  nous  puissions  le  publier 
ici  en  entier  ; mais  nous  en  avons  extrait 
les  indications  suivantes  : 

Sur  les  plantes  malades,  le  professeur 
t;  Arthur  avait  déjà  observé  un  Champignon 
• (dont  l’espèce  n’est  pas  indiquée),  mais  il 
ne  fait  qu’accompagner  la  véritable  ma- 
ladie, car  celle-ci  est  très-différente  ; elle 
a pour  cause  un  Nématode  du  genre 
I Heterodera,  très-voisin  de  celui  qu’on  a 


pour  former  des  groupes  ou  des  baies.  Les 
Berheris  toujours  verts,  dans  les  diverses 
espèces,  sont  de  très-beaux  arbustes  pré- 
coces, à fleur  d’un  jaune  d’or,  et  faisant 
très-bien  en  groupements  d’un  nombre 
notable  de  touffes.  Les  Deutzias  et  les  Se- 
ringas, variés  et  superbes,  forment  deux 
familles  très-importantes,  propres  à former 
des  masses  blanches.  Il  ne  faudrait  jamais 
les  ensevelir  entre  les  arbustes  communs, 
mais  les  grouper  par  bonnes  quantités  de 
chaque  espèce.  Les  Groseilliers  à fleurs 
(Rihes),  des  montagnes  Nord-Ouest  de 
l’Amérique,  avec  toutes  les  variétés,  est  un 
charmant  arbuste  précoce,  qui  fait  très- 
bien  dans  le  paysage  s’il  est  disposé  avec 
goût.  Mais  le  plus  important  et  le  meilleur 
venu  peut-être  de  tous  les  arbres  et  arbustes 
à floraison  printanière  est  le  Lilas,  généra- 
lement répandu  sous  quelques-unes  de  ses 
formes  seulement  en  Angleterre,  alors 
qu’en  France  on  en  possède  de  nombreuses 
variétés.  Beaux  toujours  et  partout,  les 
Lilas  font  le  mieux  cependant  groupés  en- 
semble ; ils  jouissent  ainsi  en  plein  de  l’in- 
fluence du  soleil  pour  aoûter  leur  bois  ; le 
danger  d’une  plantation  trop  serrée  peut 
s’éviter  en  intercalant  des  plantes  vivaces 
entre  les  Lilas,  lesquels  ne  devraient  jamais 
être  serrés. 

W.  PvOBINSON. 

(Traduit  de  l’anglais  par  J.  Buyssens) 

(La  fin  au  prochain  numéro.) 

! DES  CLÉMATITES 

observé  en  Allemagne,  surtout  sur  les 
Betteraves  à sucre. 

Les  racines  portent  de  petites  excrois- 
sances noueuses  ou  galles,  que  la  plupart 
des  praticiens  ont  sans  doute  observées  et 
dans  lesquelles  sont  logées  les  femelles  de 
l’insecte.  En  coupant  une  de  ces  galles,  on 
voit,  à l’aide  d’une  simple  loupe,  noyés 
dans  le  tissu  de  l’excroissance,  des  corpus- 
cules pyriformes,  de  même  teinte  que  le 
tissu  végétal,  mais  néanmoins  bien  appa- 
rents, car  leur  surface  est  polie  et  luisante. 
En  examinant  plus  soigneusement  ces  cor- 
puscules, on  remarque  qu’ils  abritent 
chacun,  un  ver  très-fortement  renflé  par 
les  œufs  qu’il  renferme. 

Les  deux  sexes  de  cet  anguillule,  ana- 
logue à celui  qu’on  voit  flotter  à la  surface 
du  vinaigre  en  fermentation,  sont  très- 
petits  quand  ils  sont  jeunes  ; il  faut  un  fort 
grossissement  pour  pouvoir  les  observer. 


192 


EXPOSITION  HORTICOLE  DE  CANNES. 


Mâles  et  femelles  sont  alors  filiformes  ; 
ils  se  meuvent  rapidement  et  s’étendent 
bientôt  d’une  plante  à l’autre.  Les  mâles 
subissent  certaines  transformations  remar- 
quables, mais  ils  restent  toujours  filiformes. 
Les  femelles,  au  contraire,  se  fixent  sur  un 
point  des  racines  à leur  convenance  et, 
après  leur  fécondation,  grossissent,  se 
distendent  énormément  sous  la  pression 
interne  de  leurs  œufs,  et  deviennent  alors 
les  corpuscules  pyriformes  précités.  Ce 
Nématode  ne  diffère  guère  de  celui  de  la 
Betterave  que  par  la  forme  des  femelles 
ovipares  et  par  les  excroissances  qu’elles 
causent,  alors  qu’on  n’observe  pas  ces  der- 
nières sur  les  Betteraves. 

La  multiplication  de  ce  parasite  est  si 
rapide  que  le  sol  en  est  bientôt  infesté.  Sa 
dispersion  dans  tout  un  jardin  et  au  delà 
a lieu  en  peu  de  temps,  car  il  n’est  malheu- 
reusement pas  spécial  aux  Clématites. 
On  connaît  déjà  au  moins  75  espèces  de 
plantes  de  différentes  familles  sur  lesquelles 
il  vit  ; de  ce  nombre  sont  les  Rosiers,  les 
Pêchers,  la  Vigne,  les  Bégonias  sur  lesquels 
il  est  très-fréquent,  ainsi  que  les  Choux, 
Navets,  Laitues,  Betteraves,  Panais,  Au- 
bergines, Melons  et  autres  légumes. 

La  nature  excessivement  polyphage  de 
cet  insecte  microscopique  rend  sa  destruc- 


tion particulièrement  difficile,  sinon 
presque  impossible  ; sa  faculté  d’adaptation 
est  si  grande  qu’on  ne  peut  songer  à 
l’affamer,  puisqu’on  ne  connaît  pas  encore 
de  plante  sur  laquelle  il  ne  puisse  vivre. 

Le  professeur  allemand  Keuen  a con- 
seillé l’emploi  de  plantes-pièges  pour  la 
destruction  du  Nématode  de  la  Betterave  en 
Allemagne.  Ces  plantes-pièges  sont  des 
Navets,  que  l’on  sème  entre  les  plantes  à 
protéger  et  qu’on  arrache  lorsque  leurs 
racines  sont  bien  envahies  ; on  répète  ces 
semis  plusieurs  fois  pendant  le  cours  d’une 
même  saison.  Mais  ce  procédé  de  des- 
truction est  évidemment  coûteux,  très- 
absorbant,  d’une  efficacité  relative  et  par 
cela  même  pas  pratique. 

Dans  l’état  des  connaissanees  actuelles, 
les  soins  des  praticiens  doivent  surtout 
porter  sur  le  choix  de  la  terre  à rempotages, 
sur  celui  des  carrés  destinés  à la  mise  en 
plein  air  des  Clématites  et  sur  la  propreté 
des  cultures. 

Ajoutons-y  l’usage  du  soufre,  dont  nous 
avons  parlé  dans  notre  précédent  article,  ef 
réitérons  auprès  des  cryptogamistes  et  pra- 
ticiens l’importance  et  l’utilité  de  nou- 
velles recherches  scientifiques  et  pratiques. 

S.  Mottet. 


EXPOSITION  HORTICOLE  DE  CANNES 


Une  exposition  horticole  s’est  ouverte  à Cannes 
le  18  mars,  qui,  passablement  différente  de  ses 
devancières,  n’est  cependant  ni  moins  jolie  à 
voir,  ni  moins  instructive.  Elle  fait  apprécier  et 
pour  ainsi  dire  toucher  du  doigt  la  fertilité  de 
ressources  de  ce  littoral  provençal,  terre  pro- 
mise de  l’horticulture. 

En  1897,  un  hiver  remarquablement  plu- 
vieux et  à température  douce  dans  l’ensemble 
a été  marqué  vers  la  fin  de  janvier  par  un  coup 
de  froid  subit  et  passager  dont  faction  a suffi 
pour  endommager  notablement  un  grand 
nombre  des  végétaux  cultivés  en  pleine  terre. 
S’il  en  est  peu  qui  aient  succombé  aux  atteintes 
de  la  gelée,  beaucoup  sont  atteints  dans  une 
partie  de  leur  feuillage  ou  de  leurs  jeunes 
pousses  et  plus  ou  moins  défigurés  momenta- 
nément. 

C’est  là  probablement  le  principal  motif  de 
l’absence  presque  totale  de  produits  de  la 
pleine  terre  à fExposition  de  mars  1897. 

Ni  les  établissements  Martichon,  Nabonnand 
ou  Brunnel,  ni  les  cultures  de  l’Aube  n’ont 
apporté  de  ces  collections  de  Palmiers,  Cycas, 
Bambous  et  autres  plantes  vertes  qui  consti- 


tuent, plus  même  que  les  fleurs  coupées,  la 
grande  production  horticole  industrielle  des 
environs  de  Cannes.  Cependant,  les  deux  pre- 
miers ont  obligeamment  prêté  des  touffes  de 
Bambous  et  de  belles  plantes  vertes  pour 
garniture,  et  l’aspect  des  galeries  de  fExpo- 
sition ainsi  que  la  vaste  cour  intérieure  sont 
grandement  embellies  par  cet  apport  désin- 
téressé. 

Chacun  sait  que  Cannes  et  les  localités  envi- 
ronnantes possèdent  de  nombreuses  résidences 
d’hiver  appartenant  aux  plus  grandes  familles 
de  France  et  d’Europe. 

Beaucoup  de  ces  propriétés  sont  pourvues 
de  serres  fort  bien  garnies  de  plantes  et  de 
fleurs  de  toute  sorte.  De  ces  serres  sont  sortis 
les  apports  les  plus  importants  à fExposition 
d’horticulture  de  Cannes.  Elle  a été,  dans  une 
large  mesure,  une  exposition  d’amateurs. 

Je  ne  puis  constater  ce  fait  sans  un  certain 
retour  mélancolique  sur  nos  Expositions  de 
Paris  où  il  est  si  difficile  d’obtenir  de  loin  en 
loin  quelques  présentations  venant  des  splen- 
dides cultures  d’amateurs  si  nombreuses  pour- 
tant aux  alentours  de  la  capitale. 


EXPOSITION  HORTICOLE  DE  CANNES. 


193 


Le  plus  beau  lot  et  le  plus  nombreux  en 
même  temps  que  le  plus  varié  de  ceux  qui  ont 
figuré  à l’Exposition  de  Cannes  est  celui  qu’ont 
fourni  les  serres  du  château  Thorenc,  à Cannes 
même,  appartenant  à lord  Rendel.  M.  Denis 
Troncy,  chef  de  culture,  a présenté  un  massif 
considérable  de  plantes  de  serre  chaude  : Cala- 
diums,  Dracénas,  Crotons,  Gloxinias,  Arums 
hybrides  de  semis,  Gesnériacées  diverses. 

Plusieurs  des  Crotons  portent  les  noms  de 
notabilités  cannoises  ou  niçoises,  ce  qui  fait 
présumer  que  ce  sont  des  graines  obtenues 
dans  le  pays  même.  Les  formes  sont  très-va- 
riées ainsi  que  les  coloris,  et  quelques-unes  des 
plantes  sont  de  forte  taille. 

Un  autre  groupe  du  même  exposant  se  com- 
pose de  plantes  demi-rustiques,  mais  avancées 
cependant  pour  être  en  fleurs  à la  mi-mars  : 
Azalées  de  l’Inde  et  de  pleine  terre,  Pivoines 
en  arbre.  Clématites,  Cinéraires  bleu  et  rouge 
foncé,  Cyclamens  de  Perse  variés,  belle  plante 
conduite  en  boule  du  rare  Lotus  pelioryn- 
chus,  etc.  Enfin  un  groupe  de  Phlox  divari- 
cata  bien  uniforme  attire  l’attention  par  sa 
teinte  bleu  lilacé  et  recouvre  le  sol  comme  un 
tapis.  A part  que  la  teinte  est  un  peu  plus  gri- 
sâtre, on  dirait  qu’on  a piqué  en  terre,  près  à 
près,  des  inflorescences  de  Plumbago  ca- 
pensis. 

Très-beau  et  très-varié  aussi  l’apport  de 
lu.  Roland,  jardinier  de  Elder,  au  château 
Saint-Michel.  Il  se  compose  de  Palmiers  fort 
élégants,  Arecas,  Kentias,  Cocos  WeddelUana, 
avec  de  jolis  Dracénas  et  une  bordure  bien 
fleurie  d'Iberis  gibraltarica. 

A citer  encore  les  jolies  Azalées  de  l’Inde,  de 
couleurs  claires  et  les  Freesia  de  M.  Autran, 
jardinier  de  M.  Chapron,  à la  villa  Madrid. 

M.  Demôle,  le  dévoué  président  de  la  Société 
horticole  de  Cannes,  présente  un  groupe  de 
superbes  Azalées  de  l’Inde,  parfaitement  fleu- 
ries, entourées  d’une  bordure  de  Schizope- 
talum  Walkeri  dont  les  corolles  finement  la- 
ciniées  sont  fort  admirées  ainsi  que  les  Cycla- 
mens de  M.  Tournaire. 

Enfin  il  serait  injuste  d’oublier  quelques  forts 
spécimens  de  plantes  de  serre,  entre  autres  un 
superbe  Medinilla  et  un  beau  Licuala  grandis 
prêtés  par  M.  Fournier,  le  grand  amateur  de 
Marseille. 

MM.  Yilmorin-Andrieux  ont  présenté  hors 
concours  des  lots  de  Cinéraires  hybrides  va- 
riées, de  Cinéraires  bleues,  rouges,  striées  et 
doubles,  de  Primula  obconica  de  semis,  Pri- 
muta  denticulata,  avec  de  fort  belles  Jacinthes 
de  Hollande  et  quelques  Cyclamens  de  Perse  à 
grandes  fleurs  d’une  force  exceptionnelle,  pro- 
venant de  leurs  cultures  d’Empel  au  cap  d’An- 
tibes. 

Un  des  attraits  de  l’Exposition  était  la  classe 
des  Œillets.  Trois  exposants  y rivalisaient  entre 
eux  et  leurs  trois  lots,  placés  côte  à côte,  loin 
de  se  nuire,  formaient  un  ensemble  qui  rete- 
nait longtemps  l’attention  des  visiteurs. 


M.  Millot,  d’Antibes,  exposait  les  meilleures 
races  nommées  et  adoptées  dans  le  pays  pour 
la  production  d’hiver  des  fleurs  coupées;  à 
côté  de  lui,  MM.  Elisée  Perrin  et  Gimello,  de 
Nice,  présentent  surtout  des  gains  nouveaux 
non  encore  nommés  qui  promettent  d’intéres- 
santes nouveautés  pour  le  commerce  horticole. 
Les  coloris  sont  en  général  très-frais  et  très- 
vifs,  la  grosseur  des  fleurs  telle  que  la  plupart 
présentent  à un  haut  degré  l’inconvénient  d’être 
crevards.  Ils  ne  portent  jusqu’à  présent  que 
des  numéros  d’ordre.  M.  Perrin  expose  aussi 
des  Renoncules  asiatiques,  doubles  et  semi- 
doubles  d’une  grande  vigueur. 

M.  Lamarque,  jardinier  de  M.  Albert  Bricka, 
à Juan-les-Pins,  expose  une  fort  belle  collec- 
tion de  Rosiers  hybrides  remontants  forcés,  en 
plantes  basses,  bien  fleuries,  bien  nomm.ées  et 
d’une  santé  parfaite.  Les  riches  teintes  de  ces 
Roses,  qu’on  est  peu  accoutumé  à voir  dans  le 
Midi,  sont  fort  admirées. 

Mais  le  vrai  clou  de  l’Exposition,  c’est  le  lot 
de  plantes  vivantes  et  de  fleurs  coupées  pré- 
senté par  M“e  Solignac.  Il  est  impossible  de 
voir  et  difficile  d’imaginer  rien  de  plus  parfait. 
Les  plantes  ; Azalées,  Orchidées,  Clivias , 
Lilas,  Boules-de-Neige,  sont  de  forme  régu- 
lière, de  floraison  parfaite,  compactes  et  bien 
garnies,  ne  sentant  pas  l’effort  et  paraissant 
arrivées  d’elles-mêmes  à leur  perfection  pour 
le  jour  de  l’Exposition. 

Ce  qui  dépasse  tout  et  arrache  des  cris  d’ad- 
miration aux  visiteurs,  ce  sont  les  bouquets  de 
Roses  d’une  seule  variété,  soit  remplissant  des 
bourriches  entières  et  des  paniers,  soit  dispo- 
sées sans  autre  accompagnement  que  des 
pousses  bronzées  de  Rosier  Safrano  dans  des 
vases  légers.  On  ne  sait  vraiment  qu’admirer 
davantage,  de  l’art  raffiné  et  jouant  la  simpli- 
cité complète  avec  lequel  ces  fleurs  sont  pré- 
sentées ou  de  la  beauté,  la  grosseur  et  l’absolue 
perfection  individuelle  de  chacune  des  Roses 
exposées.  Chacune  d’elles  présentée  seule  au 
jury  aurait  mérité  une  récompense.  Il  y avait 
là  et  par  douzaines  des  France,  des  Paul 
Neyron,  des  Maréchal  Niel  comme  nous  n’en 
voyons  pas  à Paris,  et  de  plus  des  Gloire 
Lyonnaise,  des  Marie  Poussin,  des  Gilbert 
Nabonnand  et  des  Christine  de  Xoue,  variétés 
peu  connues  dans  le  Nord,  qui  sur  le  littoral 
acquièrent  une  merveilleuse  délicatesse  de 
coloris. 

Des  rameaux  abondamment  fleuris  d'Eu- 
phorbia  jacquiniæflora  et  des  fleurs  de  Ngm- 
phæa  de  diverses  couleurs  complètent  ce 
groupe  remarquable  qui  a été  rarement  égalé, 
jamais  dépassé  dans  les  concours  horticoles  où 
il  m’a  été  donné  d’assister.  Il  est  présenté 
« hors  concours  »,  mais,  malgré  cette  précau- 
tion, il  a probablement  écarté  tous  les  apports 
rivaux,  car,  à part  un  petit  lot  de  la  maison 
Paschke,  on  ne  trouve  dans  l’Exposition  au- 
cune autre  collection  de  fleurs  montées.  Par 


194 


l’origine  des  glaïeuls  cultivés. 


contre,  une  innovation  assez  originale  ^ a fixé, 
dans  l’après-midi  du  jour  de  l’ouverture,  l’at- 
tention du  public,  c’est  un  concours  de  confec- 
tion de  bouquets  où,  sous  les  yeux  d’un  jury 
de  dames,  plusieurs  concurrentes  et  quelques 
concurrents  ont  dû,  dans  l’espace  de  quelques 
minutes,  monter  en  gerbes  des  fleurs  sembla- 
bles pour  tous  qui  avaient  au  même  moment 
été  mises  à leur  disposition.  Gomme  on  pou- 


vait s’y  attendre,  les  doigts  féminins  ont  su  3 
conquérir  les  prix.  « 

Un  jury  des  plus  compétents  - et  un  public  (j 
de  choix  où  abondaient  les  Altesses  royales  et  |!| 
impériales  ont  rendu  pleine  justice  aux  efforts  b 
et  aux  succès  des  exposants.  De  plus  en  plus,  . ' 
l’Exposition  florale  de  Cannes  tend  à prendre  j 
une  place  considérable  dans  les  fêtes  horti- 
coles de  l’année.  Henry -L.  de  Vilmorin.  ; 


L’ORIGINE  DES  GLAÏEULS  CULTIVÉS 


On  doit  à une  intéressante  communica- 
tion de  M.  E.-H.  Krelage,  de  Haarlern,  au 
journal  américain  Garden  and  Forest, 


d’apporter  une  notable  clarté  sur  l’origine 
des  Glaïeuls  cultivés.  On  peut  condenser  cette 
étude  dans  le  tableau  généalogique  suivant  : 


V Gladiohis 

^ 

1 I I 

psittacinus  X oppositiflorus  X cardinalis  X tristis 

I I 1 

purpureo-auratus  X gandavensis  X Saundersi  ramosus  Colvülei 

I I 

Saundersi  X Lemoinei  turicensis  [ChUdsii) 

nancfianus 


Le  Gladiolus  gandavensis  fut  annoncé 
pour  la  première  fois  sur  le  catalogue  de 
M.  Louis  Van  Houtte,  en  4841.  Une  note 
qui  parut  à la  même  époque  dans  la  Flore 
des  serres  et  des  jardins  de  V Europe,  le 
mentionnait  comme  un  hybride  du  G.  car- 
dinalis et  du  G.  psittacinus.  Mais  plus 
tard,  M.  Herbert  émit  un  doute  à cet 
égard,  des  fécondations  nombreuses  faites 
dans  ce  sens  étant  restées  sans  résultat. 
M.  Herbert  ayant  d’autre  part  croisé  le 
G.  psittacinus  avec  le  G.  oppositiflorus, 
en  obtint  une  plante  exactement  semblable 
à celle  figurée  dans  la  Flore  des  serres  et 
des  jardins,  comme  G.  gandavensis.  Des 
observations  identiques  furent  faites  par 
d’autres  personnes.  Le  G.  gandavensis  a 
été  par  la  suite  amélioré  principalement  par 
M.  Souchet,  de  Fontainebleau,  qui  en  mit 
un  grand  nombre  de  variétés  au  commerce, 
puis  par  ses  successeurs,  MM.  Souillard  et 
Brunelet. 

Le  Gladiolus  Lemoinei  est  le  produit  du 
croisement  entre  le  précédent  et  le  G.  pur- 

1 Cette  idée  a déjà  été  réalisée  l'armée  dernière 
à l’Exposition  de  Cannes,  où  j’avais  l’honneur  de 
présider  le  jury,  et  nous  avons  raconté  dans  la 
Bevue  horticole,  1896,  p.  169,  comment  quatre 
jeunes  filles  et  un  jeune  homme  avaient  pris  part 
à ce  concours.  — (Ed.  A.) 

2 Le  jury  de  cette  année  a été  présidé  par 
M.  F.  Sahut,  de  Montpellier. 


pureo-auratus,  plante  robusle  et  vigou- 
reuse importée  du  Cap  il  y a environ  vingt- 
cinq  ans.  M.  Lemoine,  son  obtenteur,  le 
montra  à l’exposition  universelle  de  1878. 
Les  nuances  et  la  forme  de  ses  variétés  se 
perfectionnent  d’année  en  année. 

Le  Gladiolus  turicensis  fut  obtenu  par 
M.  Frœbel,  de  Zurich,  en  fécondant  des 
variétés  du  G.  gandavensis  par  le  G.  Saun- 
dersii,  espèce  importée  du  Gap  il  y a une 
vingtaine  d’années.  M.  Max  Leichtlin  a, 
depuis,  proposé  un  G.  (.hildsii,  qui  n’est 
que  similaire  du  précédent,  et  seulement 
connu,  du  reste,  que  pour  avoir  été  trans- 
mis de  France  à une  maison  américaine 
qui  le  revendit  ensuite  à M.  Childs,  d’où 
son  nom. 

Le  Gladiolus  nanceianus  fut  présenté 
pour  la  première  fois  au  public  horticole  à 
l’exposition  universelle  de  1889  par  M.  Le- 
moine. De  même  que  le  G.  Lemoinei  lais- 
sait loin  derrière  lui  le  G.  gandavensis,  on 
peut  dire  que  le  G.  nanceianus  marque  un 
très-grand  progrès  sur  le  G.  turicensis. 
Quelques-unes  de  ses  variétés  ne  sont  pas 
aussi  vigoureuses  qu’on  pourrait  le  désirer, 
mais  cependant,  parmi  les  plus  récentes,  il 
en  est  qui  joignent  une  bonne  robusticité  à 
un  perfectionnement  dans  la  forme  des 
fleurs,  une  tenue  des  épis  et  une  richesse 
de  coloris  hors  de  pair. 

H.  Dauthenay. 


LES  MONSTRUOSITÉS  PARMI  LES  CAGTÉS. 


195 


[ 

1 

t 


LES  MONSTRUOSITÉS  PARMI  LES  CACTÉES 


La  grande  famille  des  Cactées,  aux  re- 
présentants de  formes  si  variées,  renferme 
une  section  bien  distincte  de  plantes  appar- 
tenant à tous  les  genres,  remarquables  par 
leurs  tiges  affectant  des  formes  monstrueuses 
dignes  de  captiver  l’attention  des  amateurs 
de  curiosités  végétales.  Ces  monstruosités, 
désignées  suivant  leurs  traits  caractéris- 
tiques par  leurs  déterminatifs  : monslrosus 
et  cristatus,  du  latin  crista,  crête,  par  al- 
lusion à la  forme  de  crête  de  coq  des  tiges 
principales  ou  secondaires,  sont  très-cu- 
rieuses. 

Les  formes  dites  : cristata^  plus  fré- 
I quentes  que  celles  dites  : mo7istrosus,  se 

I rencontrent  le  plus  souvent  dans  le  genre 
il  Mamillaria^  telles  sont  les  M.  bicolor  cris- 

II  tata,  multiceps^  flavovirens,  longimamma^ 
nivea^  Odieriana,  pretiosa,  rhodantha, 
Wildiana  ; peu  nombreuses  dans  le  genre 
Echinocactus  : E.  acutissimus,  Scopa  ; 
parmi  les  Echinocerus  et  Echinopsis,  on 
trouve  E.  pectinatus  et  E.  Eijriesii,  mul- 
tiplex Zuccarinii  ; parmi  les  Cercus  : C. 

I macrogonus^  flagelliformis  ; parmi  les 
I Pilocereus,  le  P.  Dautwilli  cristata,  nou- 
vellement annoncé,  enfin  parmi  les  Opun- 
jl  tia  : O.  clavarioides,  cglindrica  et  micro- 

||hasis. 

Les  formes  cristata  sont  variables  ; 
tantôt  les  tiges  sont  doubles,  triples,  for- 
j mées  de  crêtes  aplaties,  soudées  les  unes 
j aux  autres,  tantôt  disposées  en  serpentins 
ondulés  ou  parfois  entremêlées  de  parties 
globulaires  ou  cylindriques;  l’ensemble  des 
I ramifications  forme  chez  certaines  espèces 
des  masses  enchevêtrées  et  compactes  pou- 
,,  vant  atteindre  avec  l’âge  d’énormes  dimen- 
sions. 

Un  autre  genre  de  monstruosité  fré- 
;|  quente  chez  les  Mamillaria  est  caractérisée 
! par  une  bicéphalie  prenant  naissance  au 
I sommet  d’une  tige  simple  ; les  deux  têtes 
1 s’accroissent  simultanément  et  ont  une 
; forme  absolument  symétrique, 
t L’origine  des  formes  monstrueuses  est 
peu  connue;  on  s’accorde  à les  considérer 
I comme  accidentelles,  se  produisant  aussi 
I bien  dans  la  nature  que  dans  les  cultures. 

! Un  fait  curieux,  maintes  fois  constaté,  c’est 


que  les  formes  cristata  ne  se  présentent 
jamais  parmi  les  plantes  de  Cactées  élevées 
de  semis  de  graines  récoltées  sur  les  plantes 
de  formes  normales  et,  comme  d’autre  part 
on  ne  récolte  pas  de  graines  sur  les  formes 
cristata,  on  est  obligé  d’avoir  recours  pour 
leur  multiplication  soit  au  bouturage  des 
ramifications,  soit  à leur  greffage  pour  les 
espèces  chétives. 

La  plus  belle  et  la  plus  intéressante 
forme  cristata  entre  toutes  est,  sans  con- 
tredit, le  Cercus  flagelliformis  var.  cns- 
tata,  connu  depuis  quelques  années  seule- 
ment. Celte  plante,  greffée  sur  un  tronc 
droit  de  Cercus  Spachianus ou  peruviaiius, 
d’une  hauteur  de  12  à 15  décimètres, 
forme  une  large  tête  composée  de  crêtes 
contournées,  ondulées,  rétrécies  par  places  ; 
leur  ensemble  imite  assez  bien  la  forme 
d’un  bois  de  cerf.  Il  arrive  très-souvent  que 
certaines  parties  des  tiges  reprennent  la 
forme  primitive  du  type  et  qui,  bouturées, 
ne  reproduisent  plus  la  monstruosité. 

Notons  en  passant  que  l’on  peut  provo- 
quer artificiellement  la  formation  de  diffor- 
mités plus  ou  moins  fantastiques  sur  les 
tiges  de  la  plupart  des  Cactées,  en  prati- 
quant des  incisions  ou  des  ablations  succes- 
sives des  extrémités  tigellaires,  mais  ces 
manipulations  sont  rarement  mises  en  pra- 
tique. Il  arrive  aussi  quelquefois  que  cer- 
taines plantes  importées  de  leur  patrie  pré- 
sentent des  difformités  dans  la  conformation 
de  leurs  tiges  ; la  cause  de  ces  faits  doit  être 
attribuée  à un  accident  naturel,  tel  qu’une 
compression  de  la  tige  entre  des  fragments 
de  rochers,  ou  une  rupture  partielle  de 
celle-ci,  d’où  déviation  de  la  sève  et  diffor- 
mité variable,  mais  sans  attrait. 

Les  formes  dites  monstrueuses  ne  se 
rencontrent  que  dans  le  genre  Cercus, 
parmi  lesquels  le  Cereus  peruvianus  mons- 
trosus,  bien  connu  etassez  répandu,  est  une 
plante  atteignant  de  grandes  dimensions;  le 
Cereus  peruvianus  monslrosus  minor 
est  une  forme  plus  réduite,  plus  ramifiée  et 
même  plus  vigoureuse,  remarquable  par  la 
teinte  bleue  intense  de  son  épiderme,  chez 
les  sujets  adultes  et  bien  cultivés.  Les  Cc- 
reus  formosus  eiBeisegeli  monslrosus  sont 


196 


CORRESPONDANCE. 


de  dimension  moyenne,  également  très- 
appréciés  : le  premier  est  remarquable  par 
la  couleur  vert  foncé  de  son  épiderme  ; le 
second  par  la  teinte  glauque  de  ses  nou- 
velles pousses.  Tous  ces  Cereus  monstrosus 
sont  des  végétaux  d’autant  plus  précieux 
qu’ils  joignent  à leur  structure  majestueuse 
et  des  plus  décoratives  la  facilité  de  les  mul- 
plier  en  grand  par  le  bouturage  de  leurs 
ramifications  qui  ne  tardent  pas  à produire 
de  belles  plantes  en  peu  de  temps.  Comme 
ces  espèces  croissent  vigoureusement  sur 
leurs  propres  racines,  on  ne  les  greffe  géné- 


ralement que  dans  le  but  de  leur  donner  la 
forme  d’arbustes  à hautes  tiges  ; dans  ce 
cas,  on  choisit  les  sujets  d’un  fort  diamètre, 
aussi  droits  que  possible  et  d’une  hau- 
teur variable  suivant  le  but  que  l’on  cherche 
à atteindre. 

Il  va  sans  dire  que  pour  toutes  les  espèces 
ou  variétés  de  forme  monstrosus  ou  cris- 
tata,  on  devra  tenir  compte  des  exigences 
des  greffons  pour  la  température  hivernale  à 
observer;  quant  aux  soins  de  culture,  ceux- 
ci  sont  les  mêmes  que  pour  toutes  les  formes 
ordinaires.  W.  Mœrder. 


CORRESPONDANCE 


il/me  JT . (Bordeaux).  — La  meilleure  manière 
de  cultiver  le  Ruscus  racemosus  ou  Laurier 
d’Alexandrie  est  de  le  placer  à mi-ombre, 
sous  (le  grands  arbres  dont  la  cime  n’inter- 
cepte cependant  pas  une  action  solaire,  si 
momentanée  qu’elle  soit.  La  terre  doit  être 
siliceuse,  profonde,  fraîche,  avec  un  peu  de 
matières  humiques  (feuilles  décomposées,  terre 
de  bruyère).  Quant  au  mode  de  multiplication 
de  cette  plante,  on  peut  procéder  indifférem- 
ment par  la  division  des  touffes  ou  par  le 
semis.  Mais  dans  l’un  comme  dans  l’autre  cas, 
il  faut  tenir  compte  que  la  végétation  de  ce 
Ruscus,  comme  celle  de  tous  les  autres,  est 
toujours  très-lente. 

Le  Ruscus  racemosus  est  aussi  désigné,  en 
nomenclature,  sous  les  noms  de  Danaë  race- 
mosa,  Mœnch.,  et  Danaë  Laurus,  Méd. 

D’autre  part,  on  applique  aussi  quelquefois 
le  nom  de  Laurier  d’Alexandrie  au  Ruscus 
Jlypoglossum.  Cette  espèce  ne  présente  pas  de 
ramifications  et  est  moins  ornementale  que  la 
première.  Sa  culture  est  identique.  Elle  gèle 
dans  les  grands  hivers.  — (H.  D.). 

No  3280  (Gard).  — Aux  livres  que  vous 
possédez  déjà,  vous  pourriez  ajouter  le  Manuel 
des  Plantes,  de  Jacques  et  Hérincq  ; le  Hand- 
huch  der  Laubholzkunde,  de  Dippel,  pour  les 
arbres  et  arbustes  de  plein  air,  et  les  ouvrages 
monographiques  (ils  sont  nombreux)  relatifs  à 
certaines  familles  ou  à des  genres  spéciaux  de 
plantes. 

Nous  avons  commencé  l’étude  des  plantes 
dont  vous  nous  avez  envoyé  des  échantillons 
secs,  et  nous  vous  répondrons  dès  que  les  dé- 
terminations en  seront  faites. 


CATALOGUES  REÇUS 

André  Charmet,  successeur  de  Hoste,  10,  rue 
des  Dahlias,  à Montplaisir-Lyon.  — Fuchsias,  Pé- 
largoniums  zonés,  Pentstémons,  Héliotropes,  Can- 
nas, Dahlias,  etc. 

Bruant,  à Poitiers.  — Nouveautés  d’obtentions 
ou  d’introductions  récentes,  Asparagus  Spren— 
geri,  Heuchera  sanguinea,  Lobelia  Rivoirie,  etc. 
Dahlias,  Cannas,  Fuchsias,  Pétunias,  Pélargo- 
niums  zonés.  Bégonias,  Héliotropes.  Plantes  vi- 
vaces diverses.  Nombreux  assortiments  de  plantes 
pour  massifs.  Chrysanthèmes.  Fraisiers. 

Fr.  Gerbeaux,  1,  rue  du  Ruisseau,  à Nancy.  — 
Plantes  de  serre  froide  et  tempérée.  Plantes  pour 
bordures.  Bégonias,  Cannas,  Fuchsias,  Pélargo- 
niums  zonés. 

V.  Lemoine  et  fils,  ru®  du  Montet,  à Nancy.  — 
Plantes  nouvelles  de  serre  froide  et  de  pleine 
terre.  (Dodecatheon,  Lemoinei,  Ligustrum,  Wal- 
keri,  etc.)  Plantes  de  serre  chaude,  tempérée  et 
froide.  Plantes  vivaces  de  pleine  terre.  Arbustes , 
Clématites,  Fuchsias,  Lilas,  Weigelas,  Cannas,  Pé- 
largoniums  zonés  et  à grande  fleur.  Glaïeuls,  Bé- 
gonias, etc, 

Lévêque  et  fils,  69,  rue  du  Liégeat,  à Ivry 
(Seine).  — Rosiers  nouveaux  pour  1896-1897. 
Glaïeuls,  Pivoines,  Bégonias.  Plantes  pour  massifs. 

A.  Nonin,  20,  Avenue  de  Paris,  Châtillon-sous- 
Bagneux  (Seine).  Pélargoniums  zonés.  Œillets  re- 
montants, Dahlias  « Cactus  »,  Cannas  florifères, 
Fuchsias,  Ancolies  et  plantes  diverses. 

Ch.  Molin,  8,  place  Bellecour,  à Lyon.  — Liste 
spéciale  de  Chrysanthèmes  nouveaux  pour  1897. 

Jean  Héraiid,  villa  Brimborion,  au  Pont  d’Avi- 
gnon (Gard).  — Liste  spéciale  de  Chrysanthèmes 
nouveaux  pour  1897. 


OriéüQs.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  t L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


197 


CHRONIQUE  HORTICOLE 


Mérite  agricole.  — Académie  des  sciences.  — L’horticulture  à l’Exposition  de  Bruxelles.  — Les  colis 
postaux  de  10  kilog.  — Société  des  clirysanthémistes  français,  — Viola  odorata  sulfurea.  — 
Un  Canna  à feuilles  panachées.  — Un  nouveau  genre  de  greffage.  — Le  Camellia  theifera  usité 
comme  Thé  en  Perse.  — Disparition  d’un  Poirier  âgé  de  six  cents  ans.  — La  Société  française 
d’horticulture  de  Londres.  — Expositions  annoncées.  — Florilegium  Harlemense.  — Une  plante  qui 
rend  chauve. 


Mérite  agricole.  — Le  Journal  officiel 
vient  de  publier  les  promotions  et  nomi- 
nations faites  dans  l’ordre  national  du  mé- 
rite agricole^  à l’occasion  du  Concours  gé- 
néral agricole  de  Paris  et  de  diverses 
solennités  agricoles,  par  décrets  en  date 
des  14  février,  4 et  19  avril  1897,  rendus 
sur  la  proposition  du  président  du  Conseil, 
ministre  de  Tagriculture,  et  par  arretés  en 
date  des  27  mars,  4,  8 et  19  avril  1897. 
Nous  y relevons  les  suivantes  qui  intéres- 
sent l’horticulture. 

1°  Grade  d'officier. 

MM. 

Comte  (Benoît),  horticulteur  à Lyon  (Rhône)  : 
vice-président  de  l’Arsociationhorlicolelyon- 
naise.  Nombreuses  et  hautes  récompenses; 
40  ans  de  pratique  hortiole.  Chevalier  du 
5 juin  1885. 

Cordonnier  (Anatole-Louis),  horticulteur  à 
Bailleul  (Nord)  : lauréat  de  prix  d’honneur 
au  Concours  général  agricole.  Chevalier  du 
30  novembre  1890. 

Delattre  (Narcisse),  pépiniériste  et  cultivateur 
à Lompret  (Nord)  : nombreuses  et  hautes 
récompenses  dans  les  concours  et  exposi- 
tions ; 40  ans  de  pratique  agricole.  Chevalier 
du  16  juillet  1892. 

Guillot-Pelletier  (François-Célestin),  construc- 
teur de  matériel  horticole  à Orléans  (Loiret). 
Nombreux  diplômes  d’honneur  et  objets 
d’art.  Exposant  des  concours  généraux  agri- 
coles ; 38  ans  de  pratique.  Chevalier  du 
16  juillet  1889. 

Plésant  (Émile),  cultivateur-viticulteur  à Mau- 
vannes,  près  les  Salins-d’Hyères  (Var):  vice- 
président  de  la  Société  d’horticulture  et  d’a- 
griculture d’Hyères.  Expériences  utiles  à la 
viticulture.  Reconstitution  de  vignobles.  Di- 
verses récompenses.  Chevalier  du  22  juil- 
let 1891. 

2«  Grade  de  chevalier. 

Compoint  (Guillaume),  cultivateur  spécialiste 
d’ Asperges  à Saint-Ouen  (Seine)  : a créé  et 
dirige  avec  succès  une  des  plus  importantes 
exploitations  de  ce  genre.  Lauréat  d’une  mé- 
daille d’or  au  Concours  général  agricole. 
Pautet  (François-Frédéric),  horticulteur,  ad- 
joint au  maire  de  Toulon-sur-Arroux  (Saône- 
et-Loire)  ; membre  des  jurys  d’horticulture. 
Nombreuses  récompenses  ; plus  de  50  ans  de 
pratique  horticole. 

Mai  1897 


La  liste  entière  publiée  au  Journal  offi- 
ciel comprenait  9 croix  d’officier  et  34  de 
chevalier.  Gomme  on  le  voit  par  les  déco- 
rations ci-dessus,  si  la  part  faite  à l’horti- 
culture ou  aux  industries  qui  s’y  ratta- 
chent a été  bien  petite  pour  les  croix  de 
chevalier  (2  sur  34),  elle  a été  en  revanche 
particulièrement  remarquable  pour  les 
croix  d’officier,  puisque  5 sur  9 lui  ont  été 
attribuées. 

Académie  des  sciences.  — M.  G.  Bon- 
nier, professeur  à la  Sorbonne  et  directeur 
du  laboratoire  de  physiologie  végétale  de 
Fontainebleau,  vient  d’être  élu  à une  grande 
majorité  membre  de  la  section  de  botanique 
de  l’Académie  des  sciences  en  remplacement 
de  M.  Trécul,  décédé. 

La  section  avait  présenté  en  première 
ligne  M.  Bonnier,  et  en  seconde  ligne,  par 
ordre  alphabétique,  MM.  Bureau,  Maxime 
Cornu,  Prillieux,  B.  Renault  et  Zeiller. 

L’Horticulture  à l’Exposition  de 
Bruxelles.  — La  section  de  l’horticulture 
(comité  29),  de  l’Exposition  internationale 
de  Bruxelles,  s’est  réunie  le  d5  avril,  sous 
la  présidence  de  M.  H.  de  Vilmorin,  à l’effet 
de  préparer  la  participation  des  exposants 
français  aux  prochains  concours  temporaires 
d’horticulture. 

Le  tableau  suivant  indique  les  dates  des 
divers  concours,  ainsi  que  les  délais  d’ins- 
cription pour  chacun  d’eux. 


Delais 

Dates 

Xatiire 

d’inscription. 

des  concours. 

des  concours. 

15  Avril 

9-12  Mai 

Plantes  d’ornement. 

15  Avril 

15-17  Mai 

Culture  maraîchère  et 

pomologique. 

10  Mai 

11-13  Juin 

Culture  maraîchère  et 

pomologique. 

30  Mai 

12-14  Juillet 

Roses. 

15  Juin 

21-25  Juillet 

Plantes  d’ornement. 

R»’  Juillet 

2-4  Août 

Culture  maraîchère. 

15  Août 

27-28  Sept. 

Culture  maraîchère  et 
pomologique, 

15  Octobre 

6-8  Nûv. 

Chrysanthèmes, 

9 


198 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Les  exposants  des  concours  temporaires 
sont  invités  à envoyer  directement  leur  de- 
mande d’exposer,  dûment  accompagnée  du 
montant  des  droits  d’inscription  prévus  par 
le  règlement,  à la  Commission  belge  d’orga- 
nisation de  chaque  concours. 

Ils  devront,  en  outre,  pour  se  mettre 
en  mesure  avec  les  douanes  française 
et  belge,  envoyer  à M.  Abel  Chatenay,  à 
Vitry-sur-Seine  (Seine),  secrétaire  général 
du  Comité  29  [Concours  temporaires) y 
un  double  de  leur  déclaration  pour  qu’il 
puisse  mettre  à leur  disposition  les  for- 
mules de  douane  et  les  étiquettes  qui  de- 
vront être  apposées  sur  les  colis  ou  ballots 
et  dont  ils  devront  indiquer  le  nombre. 

Les  colis  postaux  de  10  kilog.  — 

MM.  Henri  Boucher,  ministre  du  com- 
merce, et  Georges  Cochery,  ministre  des 
finances,  ont  déposé  à la  Chambre  des 
députés  un  projet  de  loi  concernant  le 
service  des  colis  postaux  qui  ne  peut  man- 
quer d’intéresser  les  horticulteurs. 

La  création,  en  1881,  du  colis  postal  du 
poids  maximum  de  3 kilogr.  au  prix  de 

0 fr.  60,  en  gare,  et  de  0 fr.  85  à domicile, 
ayant  pour  but  de  favoriser  l’échange  des 
menus  objets  a eu  un  plein  succès,  qui 
s’est  traduit  par  le  développement  inat- 
tendu de  la  messagerie  postale. 

Dès  1892,  l’Administration  établissait, 
de  concert  avec  les  Compagnies  de  chemins 
de  fer  et  avec  l’approbation  du  Parlement, 
un  deuxième  type  de  colis  postal  de  3 à 
5 kilogr.,  au  prix  de  0 fr.  80  en  gare  et  de 

1 fr.  05  à domicile. 

Mais,  quatre  ans  à peine  après  la  réorga- 
nisation de  1892,  un  besoin  d’expansion  de 
ce  service  se  révèle  de  toutes  parts.  Aussi, 
le  Gouvernement  a-t-il  pris  l’initiative  de  la 
création  des  colis  postaux  de  10  kilogr.,  en 
les  restreignant  d’abord  à l'intérieur  de  la 
France. 

La  convention  conclue  par  le  Gouver- 
nement avec  les  Compagnies  de  chemins 
de  fer  et  dont  l’approbation  est  demandée 
aux  Chambres  a pour  base  l’article  pre- 
mier du  projet  de  loi  : 

. Article  premier.  — Les  Compagnies  de  che- 
mins de  fer  s’engagent  à etfectuer,  à l’intérieur 
de  la  France  continentale,  le  transport  des 
colis  postaux  de  5 à 10  kilog.  ne  dépassant  pas 
la  dimension  de  1“  50  dans  un  sens  quel- 
conque, au  prix  de  1 fr.  25  en  gare  et  de 
1 fr.  50  à domicile.  Ces  taxes  comprennent 
le  droit  de  timbre  de  0 fr.  10  revenant  au 
Trésor. 


Les  articles  2,  3 et  4 sont  relatifs  à l’en- 
voi contre  remboursement  et  à l’indemnité 
en  cas  de  perte. 

Le  projet  présenté  par  le  Gouvernement 
répond  aux  vœux  formulés  par  les  Cham- 
bres de  commerce  et  les  Conseils  généraux. 
Il  améliore  la  situation  des  horticulteurs 
qui  pourront,  dans  une  plus  large  mesure 
que  par  le  passé,  se  mettre  directement  en 
rapport  avec  les  consommateurs  de  leurs 
produits. 

Ajoutons  que  dans  l’une  des  séances  de 
la  dernière  session  de  la  Société  des  agri- 
culteurs de  Françe,  M.  H.-L.  de  Vilmorin 
a fait  adopter  une  proposition  tendant  à 
obtenir  que  le  nouveau  colis  postal  de 
10  kilog.  n’ait  pas  de  limitation  de  dimen- 
sions, et  que  le  retour  gratuit  des  embal- 
lages vides  soit  accordé  aux  expéditeurs 
moyennant  la  taxe  nette  de  10  centimes. 

Société  des  Chrysanthémistes  fran- 
çais. — Des  élections  ont  eu  lieu  à 
l’Assemblée  générale  de  la  Société  des  Chry- 
santhémistes français  pour  le  renouvel- 
lement partiel  du  Bureau. 

Ont  été  élus  : 

Vice-Présidents  : MM.  Bruant,  Couillard, 
Treyerand. 

Membres  du  Comité  général  : MM.  Chauré, 
Ghys,  Héraud,  Jacob,  Martinet. 

Membres  du  Comité  administratif  : MM.  Ca- 
chât, Crozy,  docteur  Dor,  Pitiot,  Charmet. 

Membres  du  Comité  floral  : MM.  Albert  Ch., 
Maitrepierre,  Chabanne. 

Le  prochain  Congrès  est  fixé  au  samedi 
6 novembre  à Orléans,  en  même  temps 
que  l’Exposition  spéciale  des  Chrysan- 
thèmes organisée  par  la  Société  du  Loiret. 

Viola  odorata  sulfurea.  — Nous  avons 
eu  l’occasion  devoir  en  fleurs  cette  inté- 
ressante nouveauté  au  printemps  dernier. 
Elle  nous  avait  été  adressée  par  MM.  Bar- 
bier, horticulteurs  Orléanais,  à qui  nous 
en  avons  donné  donné  le  nom  : Viola  odo- 
rata sulfurea,  qui  nous  a été  communiqué 
par  M.  Rouy.  Le  jaune  est  d’une  teinte  peu 
commune  et  pour  ainsi  dire  inattendue 
chez  la  Violette  odorante.  La  variété  en 
question  a des  fleurs  d’un  jaune,  non 
soufré  ; elles  tirent,  au  contraire,  mais  très- 
faiblement  sur  l’orangé,  et  quoique  bien 
ouvertes,  leurs  dimensions  n’excèdent  pas 
celles  des  Violettes  des  bois  ; leur  parfum 
est  faible.  La  plante  est  naine,  à pédoncules 
relativement  courts  et  présente  une  grande 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


199 


différence  d’ampleur  quand  on  la  voit  à côté 
des  variétés  modernes,  telles  que  Prin- 
cesse de  Galles,  Luxonne,  etc.;  elle  inté- 
ressera néanmoins  beaucoup  d’amateurs 
de  la  plus  charmante  des  messagères  du 
printemps  et  figurera  bientôt  dans  leurs 
collections. 

Rappelons  que  cette  plante  n’a  pas  été 
donnée  comme  un  gain  horticole,  mais 
comme  ayant  été  trouvée  par  hasard  dans 
les  bois,  aux  environs  d’Orléans. 

D’autre  part,  nous  savons  qu’on  est  arrivé 
à des  résultats  très-analogues  dans  les  cul- 
tures. Nous  pouvons  donc  espérer  que 
bientôt  les  Violettes  jaunes,  autres  que  les 
Pensées  et  l’espèce  alpine  Viola  hifolia 
se  répandront  dans  les  jardins;  elles  ne 
tarderont  pas,  sans  doute,  à y être  amé- 
liorées et  à y acquérir  l’ampleur  de  leurs 
congénères  à fleurs  bleues. 

Un  Canna  à feuilles  panachées.  — 

Il  s’agit  du  Canna  John  White,  obtenu  par 
M.  John  White,  à Elisabeth  (New  Jersey). 
D’après  MM.  Lefellier  et  fils,  à Caen,  qui  en 
sont  les  uniques  importateurs  en  France, 

I cette  nouvelle  variété  possède  un  feuillage 
j rouge  brun  au  pétiole,  vert  sur  le  limbe,  cevert 
s’éteignant  en  stries  sur  une  panacbure 
jaune  plus  intense  aux  extrémités.  La  fleur 
^ est  rouge  vif,  de  grandeur  moyenne. 

I Enfin,  la  plante  est  vigoureuse. 

, Il  est  possible  que  cette  variété  soit  le 
point  de  départ  d’une  nouvelle  race,  étant 
donné  le  caractère  décidé  de  panacbure 
' présenté  par  son  feuillage. 

Un  nouveau  genre  de  greffage.  — 

I On  doit  à M.  Robert  Smith,  professeur 
d’horticulture,  un  nouveau  procédé  de 
greffage  déjà  expérimenté  dans  le  Shrops- 
hire  et  divers  autres  Comités  d’Angleterre. 
Les  résultats,  d’après  une  communica- 
tion adressée  par  M.  R.  Smith  au 
Gardeners’Chronicle,  auraient  été  des 
■plus  satisfaisants.  Cette  méthode  diffère  de 
celle  en  demi-fente,  dite  aussi  « à la  Pon- 
toise » en  ce  qu’une  lanière  d’écorce  est 
laissée  au  greffon  du  côté  opposé  au  pro- 
longement qu’on  insère  dans  la  fente.  Du 
. côté  de  cette  lanière,  une  autre  fente, 

I mince,  est  pratiquée,  et  l’on  y insère  le 
prolongement  de  la  lanière,  qui  passe  ainsi 
par-dessus  la  tête  du  sujet.  L’avantage  qui 
I résulterait  de  cette  manière  d’opérer  con- 
sisterait dans  la  production,  du  côté  opposé 
^ celui  où  la  greffe  a eu  lieip,  d’une  exostose 


séveuse  qui  empêche  la  tête  du  sujet  de 
s’excorier  au  point  de  laisser  la  moelle  à nu, 
comme  cela  arrive  trop  fréquemment. 
Cette  greffe  offre,  en  outre,  une  grande  ré- 
sistance au  vent.  On  ne  saurait  trop  en- 
gager les  praticiens  à l’expérimenter. 

Le  Gamellîa  theifera  usité  comme 
Thé  en  Perse.  — Il  se  consomme  annuel- 
lement en  Perse  une  moyenne  d’un 
million  de  kilogrammes  de  Thé  noir  (Thé 
de  Calcutta).  En  outre,  une  sorte  de  Thé 
blanc  est  particulièrement  usitée  dans  la 
province  d’Yezd. 

Le  Bulletin  of  miscellaneous  informa- 
tion àes  Jardins  royaux  de  Kew,  quia  publié 
ces  renseignements,  a fait  connaître  les 
particularités  suivantes  : 

Ce  Thé  paraît  être  semblable  à celui  qui 
fut  décrit  par  le  Bulletin  sous  le  nom  de 
1 P’u-èrh  tea  d en  1889  (pp.  118  et  139).  A 
l’examen  de  l’échantillon  reçu  de  M.  John 
Preece,  consul  d’Angleterre  à Ispahan,  il 
n’y  a pas  de  doute  qu’il  ne  s’agisse  du  Ca- 
mellia  theifera,  Griff.,  connu  en  Angle- 
terre sous  les  noms  de  « Assam  tea  » ou 
Howery  Pekoe  Gongou  ».  Sa  culture,  primi- 
tivement cantonnée  dans  l’Assam  et  dans 
la  Birmanie,  s’est,  depuis  quelques  années, 
considérablement  étendue  dans  cette  der- 
nière contrée,  ainsi  qu’au  Tonkin. 

L’infusion  de  ce  Thé  est  d’un  jaune  pâle, 
et  sa  saveur  est  celle  du  bon  Thé  de  Chine. 
Sa  qualité  est  inférieure  au  « Lao  tea  » 
et  au  <ç  Leppett  tea  » . Il  est,  du  reste,  peu 
apprécié  sur  le  marché  de  Londres,  mais 
cela  tient  surtout  à son  prix  trop  peu  rému- 
nérateur. En  effet,  il  ne  vaudrait  pas  beau- 
coup plus  de  1 fr.  25  la  livre,  tandis  qu’il 
peut  être  vendu,  sur  certains  marchés  orien- 
taux, jusqu’à  3 fr.  75  et  même  6 fr.  25. 

Disparition  d’un  Poirier  âgé  de  six 
cents  ans. — M.  Chabaud,  ancien  jardinier- 
chef  de  la  marine,  à Toulon,  possédait,  dans 
sa  propriété,  un  Poirier  âgé  de  près  de  six 
cents  ans.  Ce  doyen  des  Poiriers  était  connu 
dans  la  région  sous  le  nom  de  « Poirier  de 
la  reine  Jeanne  » ; il  mesurait  3‘"60  de  cir- 
conférence. 

Ce  spécimen  six  fois  séculaire  a été  déra- 
ciné par  lin  ouragan  l’hiver  dernier. 

La  Société  française  d’horticulture  de 
Londres.  — Nous  avons  reçu  le  Bulletin  de 
la  Société  française  d’horticulture  de  Londres 
pour  l’année  1896.  Le  rapport  général  qu’i| 


200 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


contient  témoigne  des  efforts  accomplis  en 
quelques  années  par  cette  Société,  aujour- 
d’hui solidement  établie.  Son  but  consiste 
à entretenir  et  à développer  le  goût  de  l’hor- 
ticulture entre  les  jardiniers  français  rési- 
dant en  Angleterre,  au  moyen  de  réunions 
mensuelles.  Ses  membres  y trouvent  aussi 
aide  et  assistance  dans  les  moments  diffi- 
ciles. C’est  grâce  au  dévouement  sans  bornes 
et  à l’active  et  intelligente  direction  de  son 
président,  M.  G.  Schneider,  que  la  Société 
a enfin  acquis  le  droit  de  cité  dans  le  monde 
horticole.  M.  G.  Schneider,  l’un  des  chefs 
de  culture  de  la  maison  Veitch,  est  d’ailleurs 
son  principal  fondateur. 

Aux  secours  mutuels  et  aux  aides  confra- 
ternelles s’ajoutent  des  communications 
pratiques  sur  l’horticulture,  qui  décèlent 
un  grand  esprit  d’observation  de  la  part  des 
jeunes  gens  qui  composent  la  Société.  C’est 
ainsi  qu’on  peut  citer,  dans  l’intéressant 
Bulletin  qu’elle  vient  de  publier  : Les  Cy- 
pripediums  hybrides  de  Veitchy  par  J. 
Jaques  ; les  Asparagus^  par  E.  Tack  ; les 
Chrysanthèmes  à V établissement  Rock- 
fordy  par  L.  Lemoine  ; les  Dracénas  à 
feuillage  coloréy  par  J.  Gachelin,  les 
Episcia,  par  L.  Pynaert,  etc. 


EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Tours,  du  5 au  14  juin.  — Une  Exposition 
de  produits  horticoles,  organisée  par  la  So- 
ciété tourangelle  d’horticulture  aura  lieu  à 
Tours  du  7 au  14  juin. 

Seront  admis  à cette  Exposition  : les  plantes 
en  pots  ou  fleurs  coupées,  les  fruits  et  les  lé- 
gumes de  saison,  forcés  ou  conservés,  les 
plans  de  parcs  et  jardins  et  les  publica- 
tions horticoles,  les  objets  d’art  et  d’industrie 
se  rapportant  à l’horticulture.  Soixante-six 
Concours  seront  ouverts. 

Envoyer  les  demandes  pour  exposer  avant 
le  15  mai  courant,  au  secrétaire  généi'al  de  la 
Société,  M.  Pinguet-Guindon,  à Tours. 

Clermont,  du  12  au  14  juin.  — La  Société 
d’horticulture  de  Clermont  (Oise)  organisei'a, 
à Neuilly-en-Thelle,  du  12  au  14  juin  1897,  une 
exposition  qui  coïncidera  avec  la  fête  patro- 
nale. 

Les  exposants  seront  divisés  en  cinq  catégo- 
ries qui  concourront  séparément,  savoir  : 

lo  Les  amateurs  cultivant  par  eux-rnêmes  ; 

* La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 

adressé  au  Rédacteur  en  chef,  20,  rue  Jacob, 

rȉri8. 


2o  Les  jardiniers  de  maison  bourgeoise  et  entre- 
preneurs ; 

3°  Les  horticulteurs  marchands,  maraîchers, 
pépiniéristes  et  grainetiers  ; 

4°  Les  instituteurs,  soit  pour  les  produits  de 
leur  jardin,  soit  pour  travaux  horticoles  scolaires  ; 

5«  Les  industriels  fabricant  des  objets  se  ratta- 
chant à l'horticulture. 

Les  récompenses  consisteront  en  : un  grand 
prix  d’honneur,  objet  d’art,  à l’exposant,  à 
quelque  catégorie  qu’il  appartienne,  qui  aura 
le  plus  contribué  à l’ornement  de  l’exposition, 
par  le  nombre  et  la  beauté  de  ses  produits  ; un 
prix  d’honneur,  objet  d’art,  à chaque  catégorie, 
puis  des  médailles  d’or,  vermeil,  argent,  etc. 

Douai,  du  11  au  13  juillet.  — La  Société 
d’horticulture  de  Douai  organise  une  Exposi- 
tion internationale  des  produits  de  l’horticul- 
ture, qui  aura  lieu  du  11  au  13  juillet  pro- 
chain. 

Cette  exposition  coïncidera  avec  les  fêtes  de 
Gagant  qui  attirent  toujours  à Douai  un  très- 
grand  nombre  de  visiteurs. 

Pour  les  programmes  des  concours,  s’adresser 
au  Président  de  la  Société  d’horticulture  de 
Douai. 

Florilegium  Harlemense.  — Nous 
avons  reçu  la  dernière  livraison  du  Flo- 
rilegium Harlemense  (tab.  7,  8 et  9).  Celte 
fraction  du  remarquable  album  publié  par 
MM.  Krelage  et  fils  contient,  entre  autres 
planches  intéressantes,  le  Hyachithus 
maximus  rose  carné,  les  Tulipes  Chryso- 
lora,  Kanarievogel  et  Wouwermariy  et  le 
Fritillaria  imperialis  maxima. 

Une  plante  qui  rend  chauve.  — Au 

Congrès  de  l’Association  britannique  pour 
l’avancement  des  sciences,  en  septembre 
dernier,  M.  le  docteur  Morris,  directeur 
adjoint  des  jardins  royaux  de  Kew,  a signalé 
les  effets  pernicieux  de  l’usage  dans  l’Amé- 
rique tropicale,  comme  plante  fourragère,  du 
Tamarinier  sauvage  {Leucæna  glauca).  Si 
l’action  de  cette  plante  n’a  pas  été  constatée 
sur  le  bœuf,  la  chèvre  et  le  mouton,  elle 
est  indéniable  sur  le  cheval,  l’âne  et  le 
mulet,  auxquels  elle  fait  tomber,  non  seu- 
lement la  crinière,  mais  encore  la  queue. 
Le  porc,  lui-même,  y perd  jusqu’à  la  der- 
nière de  ses  soies. 

On  ne  dit  pas  qu’aucun  homme  ait  con- 
senti à en  consommer  quelque  peu,  à titre 
d’essai.  S’il  s’agissait  d’une  plante  qui  fût 
un  remède  contre  U calvitie,  ce  serait  tout 
différent  | 


Éd.  André. 


UN  CHRYSANTHÈME  DES  JARDINS  IMPÉRIAUX  DU  JAPON. 


201 


UN  CHRYSANTHÈME  UES  JARDINS  IMPÉRIAUX  DU  JAPON 


Qui  nous  dira  les  secrets  tentants,  les 
habiles  tours  de  mains  de  la  culture  des 
Chrysanthèmes  au  Japon  ? 

Voici  ce  portrait  qui  m’arrive  de  Tokio 
(fjg-.  65)  ; c’est  une  plante  magnifique,  un 
monticule  fleuri  de  2 mètres  de  haut  sur 
4 m^ètres  de  large,  émaillé  de  800  capitules. 

Si  elle  n’est  pas  un  enseignement  com- 
plet, cette  plante  nous  révèle  toujours  quelque 


chose  : c’est  le  talent  de  M.  Foukouba  qui 
l’a  obtenue  de  semis,  et  l’habileté  de 
M.  Stchikawa  qui  l’a  soignée  sous  sa 
direction,  pincée  et  surveillée  jusqu’à  l’épa- 
nouissement complet  de  ses  800  fleurs,  jus- 
qu’au développement  achevé  de  ses  magni- 
fiques proportions. 

M.  Foukouba  est  le  directeur  des  Jardins 
impériaux  du  Japon.  J’ai  eu  la  chance  de 


faire  sa  connaissance  pendant  l’été  de  1896, 
à Versailles,  où  il  séjournait  momentané- 
: ment  ; il  parle  assez  correctement  notre 

langue  et,  à propos  des  Chrysanthèmes  dont 
je  t’entretenais  longuement,  il  me  promit 
de  m’envoyer  quelques  documents  photo- 
graphiques. 

A vrai  dire,  je  n’en  ai  reçu  qu’un  seul, 

I mais,  comme  certain  tableau  de  maître, 
i celui-là  vaut  à lui  seul  toute  une  collection. 

Notez  que  chacune  de  ces  800  fleurs  — 
I dont  beaucoup  ont  plus  de  0”'20  de  dia- 
I mètre  — est  terminale  d’une  branche  ; que 
, ces  800  branches  sont  toutes  dirigées,  écar- 


tées les  unes  des  autres  à des  distances  cal- 
culées, puis  palissées  sur  une  armature 
légère  en  vue  de  ce  port  pyramidal  qui  est 
irréprochable. 

Je  voudrais  pouvoir  donner  par  le  menu 
les  détails  de  la  culture  qui  produit  de  pa- 
reilles merveilles  ; malheureusement,  je  ne 
les  possède  point.  L’un  d’eux,  pourtant, 
m’a  été  donné  par  M.  Foukouba  ; il  a trait 
aux  engrais  usités  dans  la  culture  des  Chry- 
santhèmes. 

Outre  la  matière  fécale,  les  chrysanthé- 
mistes  japonais  emploient  surtout  les  tour- 
teaux et  la  râpure  de  corne.  Il  n’y  a là. 


‘202  LE  PARC  DE  MELZÉAR.  — PLANTATIONS 

comme  on  le  voit,  rien  en  dehors  de  l’or- 
dinaire ; mais  ces  tourteaux  concassés,  cette 
râpure  de  corne  subissent  d’abord  une  pré- 
paration à laquelle  les  jardiniers  de  Tokio 
attachent  une  grande  importance  : ils  sont 
mis  dans  des  sacs  de  sparterie  qu’on  enterre 
pendant  une  période  de  six  ou  huit  mois. 
C’est  après  ce  temps  que  l’engrais  est  propre 
à l’usage.  Alors,  en  devenant  plus  prompte- 
ment assimilable,  il  a perdu  certaines  pro- 


GOMPLÉMENTAIRES  DU  LAC  ET  DE  SES  ABORDS.  I 

priétés  nuisibles  qui  permettent  de  s’en  | 
servir  à plus  haute  dose,  et  on  peut  en  * 
attendre  un  maximum  d’action.  î 

Il  sera  facile  aux  lecteurs  de  la  Revue  * 
d’utiliser  ce  mode  de  fertilisation  et  de  dé-  \ 
terminer,  par  des  essais  comparatifs,  la 
proportion  d’engrais  à employer  dans  les 
mélanges  avec  la  terre. 

Georges  Bellair. 


LE  PARC  DE  MELZÉAR  (DELX-SÈVRES) 

PLANTATIONS  COMPLÉMENTAIRES  DU  LAC  ET  DE  SES  ABORDS  ^ 


Les  anciens  bois  du  parc  de  Melzéar 
ayant  été  modifiés  dans  leurs  lignes  de 
bordure  de  chaque  côté  de  la  vallée,  soit  par 
des  dentelures  pratiquées  avec  soin,  soit  par 
des  éclaircies  variées  et  même  des  additions 
de  massifs  rigoureusement  composés  d’es- 
sences indigènes,  l’homogénéité  du  fond  a 
été  conservée  au  paysage. 

J’ai  dit  que  les  parties  nouvellement 
plantées  de  toutes  pièces,  tout  en  se  compo- 
sant des  mêmes  formes  et  des  mêmes  cou- 
leurs de  végétation,  avaient  vu  s’augmenter 
le  nombre  des  espèces  employées  et  que 
l’élément  exotique  avait  pu  y être  ajouté 
sans  détruire  l’harmonie  générale.  On  a pu 
voir,  par  exemple,  l’Aulne  à feuille  en 
cœur  (Ahiiis  cordifolia)  à côté  de  l’Aulne 
commun  {A.  glutinosa),  mais  à aucun  prix 
nous  n’aurions  admis  des  Paulownias  ou  des 
Catalpas  {Pauloivnia  imperialis  et  Catalpa 
hignonioides)  dont  les  feuilles,  grandes  et 
molles,  eussent  détonné  dans  l’ensemble  et 
doivent  être  réservées  pour  le  voisinage  im- 
médiat des  habitations.  Telle  est  la  note  à 
ne  pas  perdre  de  vue  dans  ces  sortes  de 
plantations. 

Pour  les  arbres  isolés,  une  plus  grande 
liberté  a été  laissée  au  planteur.  Dispersés 
en  petit  nombre,  ils  ont  pu  contraster  sans 
danger  avec  la  végétation  voisine  et  ponc- 
tuer çà  et  là  le  paysage  de  touches  rares  et 
vigoureuses  pour  animer  le  tableau. 

Il  me  reste  à compléter,  dans  ce  dernier 
ordre  d’idées,  la  plantation  des  arbustes  de 
moyenne  ou  faible  taille,  soit  distribués  en 
petits  groupes  homogènes,  soit  en  exem- 

* Voir  Revue  horticole^  1897,  p.  178-183.  Dans 
cet  article,  un  numéro  inexactement  placé,  p.  178, 
deuxième  colonne,  ligne  33,  a fait  attribuer  par  er- 
reur la  vue  photographique  à la  figure  63,  tandis 
qu’elle  est  placée  à la  figure  64.  — E.  A. 


plaires  isolés,  principalement  sur  le  bord  i 
des  eaux  ou  dans  leur  voisinage  immédiat 
et  sur  les  rochers.  ^ 

Pour  avoir  la  claire  intelligence  de  cette 
distribution,  je  prie  le  lecteur  de  se  reporter  ' 
au  plan  déjà  publié 

I.  Bord  des  Eaux.  — En  suivant  le 
courant  du  ruisseau  à gauche  du  plan,  on 
arrive  au  barrage  qui  permet  de  tenir  le  | 
bief  supérieur  toujours  plein  et  d’obtenir  i 
du  pont  D tout  son  effet  de  hauteur  au- 
dessus  du  plan  d’eau  inférieur.  j 

Tout  contre  les  rochers  sont  plantés  de 
grosses  touffes  des  espèces  suivantes  : Cor- 
nus  alha,  Fontanesia  pliillyreoides,  Ta-  ji 
marix  tetrandra,  Buddleia  Lindlegana,  p 
Lonicera  Morrowii,  Spiræa  Lindlegana ^ |‘ 
Forsythia  suspensa,  Cotoneas  1er  horizon-  J| 
talis,  C.  microphylla,  Hypericum  patu-  ; 
lum,  Juniperus  Sahina. 

Au  pied  des  mêmes  roches,  des  touffes 
d'Acanthus  mollis^  de  Campanula  Tra- 
chelium,  de  Valérianes  {Centranthus  ru-  j 
ber)  et  un  gazon  de  Millepertuis  à grandes  J 
fleurs  {Hypericum  calycinum)  descendent  î 
jusqu’au  bord  de  l’eau  et  se  mêlent  aux  || 
Graminées  naturelles.  l! 

Au  point  de  rencontre  de  l’eau  et  du  | 
gazon,  dans  de  la  terre  tourbeuse  constam-  |: 
ment  arrosée  par  capillarité,  des  touffes 
d’iris  variés  {Iris  lævigata,  I.  cuprea,  ! 
I.  pseudo-Acorus)  produisent  des  fleurs  i 
depuis  le  printemps  jusqu’à  l’été  et  ornent  ! 
puissamment  les  bords  de  la  première  pe-  I 
tite  pièce  d’eau,  qu’on  aurait  craint  de, 
laisser  envahir  par  de  trop  grandes  plantes 
semi -aquatiques  comme  les  Eupatoires  et 
les  Salicaires. 


2 Revue  horticole,  1897,  p.  180. 


LE  PARC  DE  MELZÉAR.  — 

Le  grand  pont  D repose  sur  des  culées 
accompagnées  de  roches  qui  ont  reçu  des 
ornements  végétaux  variés,  surtout  en  ar- 
bustes sarmenteux  et  grimpants.  Quelques 
Pins  Mugho  {Pinus  uncinata)  se  mélan- 
gent aux  Sabines  (Juniperus  Sabina).  Des 
touffes  de  Forsythia  suspensa  se  couvrent 
de  fleurs  d’or  en  avril  ; le  Framboisier  du 
Canada  (Ruhus  odoratus)  avoisine  les  Ro- 
siers sarmenteux  {Posa  multiflora,  var. 
Turneri),  et  des  Lyciets  de  Chine  {Lycium 
chineuse)  retombent  en  chevelures  ver- 
doyantes. Dans  les  fissures  des  roches  à 
l’ombre,  plusieurs  Fougères  (Athyrium  et 
Polystichum)  développent  leurs  frondes  de 
dentelle  verte  d’une  grande  fraîcheur  de 
ton. 

Suivant  la  rive  gauche,  en  avançant  vers 
le  promontoire  C,  au  n'^  14,  un  groupe  de 
Tamarix  d’Afrique  (Tamarix  tetrandra) 
projette  capricieusement  ses  longs  rameaux 
tortueux,  couverts  en  avril  d’épis  roses  et 
en  élé  de  feuilles  légères,  au-dessus  des 
eaux  où  leurs  reflets  sont  charmants.  Nulle 
taille  ne  leur  est  imposée,  excepté  quand 
leurs  branches  menacent  de  se  rompre. 
A leurs  pieds,  accompagnant  la  base  de 
deux  roches  allongées  au-dessus  du  lac  et 
formant  un  cap  saillant,  de  grandes  Mas- 
settes {Typha  latifolia)  des  Salicaires  (Ly- 
thrum  Salicaria)  et  des  Lysimaques  (Ly- 
simachia  vulgaris)  ont  le  pied  dans  l’eau 
et  mêlent  agréablement  leurs  feuillages  très- 
différents  et  leurs  inflorescences  brunes, 
rouges  et  jaunes. 

Tout  le  golfe  qui  suit  reste  nu.  Seule 
la  surface  des  eaux  est  occupée  par  des 
plantes  flottantes  dont  je  parlerai  tout  à 
l’heure. 

Mais  le  mamelon  C,  dont  un  kiosque 
rustique  forme  le  centre,  a été  l’objet  d’une 
plus  grande  recherche  dans  la  plantation. 
Des  rochers  aux  vigoureux  reflets  dans 
l’eau  en  entourent  la  base.  Aux  espèces  qui 
sont  indiquées  dans  la  liste  des  isolés 
(n®  22)  se  sont  ajoutées  les  suivantes,  dis- 
posées dans  un  pêle-mêle  calculé  de  ma- 
nière à former  des  mélanges  de  feuillages  et 
de  fleurs  présentant  une  attraction  nou- 
velle à chaque  saison  de  l’année  : Cra- 
tægus  Cavrierei  (arbrisseau)  et  C.  Pyra- 
cantha  Lalandei,  tous  deux  à fruits 
orangés,  pour  l’automne;  Indigofeva  Dosua 
major,  au  soleil  ; Ruhus  cratægifolius, 
aux  longs  rameaux  couvrant  les  roches  de 
leurs  feuilles  découpées  ; Ceanothus  azu- 
reus  grandiflorus,  se  parant  tout  l’été, 
jusqu’aux  gelées,  de  leurs  thyrses  d’azur, 


203 

de  cobalt,  d’améthyste  et  de  neige  ; Cornus 
alha  elegantissima  (une  touffe  seulement, 
à feuilles  agréablement  panachées)  ; Choi- 
sya  ternata,  couvert  de  fleurs  comme  un 
Oranger  ; Caryopteris  Mastachanthus, 
aux  glomérules  bleus  en  septembre  ; Loni- 
cera  Alberti,  aux  fleurettes  roses  odorantes  ; 
Kerria  japonica  à fleurs  simples,  aux 
fleurs  d’or  printanières.  Les  grosses  cépées 
du  Rubus  odoratus  peuvent  y étendre  en 
liberté  leurs  racines  traçantes  et  leurs  tiges 
se  couvrir  de  fleurs  roses  passant  au  violet  ; 
les  Redoules  {Coriaria  myrtifolia)  glis- 
sent partout  entre  les  roches  leur  verdure 
luisante. 

Au  pied  du  monticule,  la  rive  se  frange 
d'iris  aux  fleurs  jaunes,  des  longues  épées 
vertes  de  VAcorus  Calamus,  des  larges 
feuilles  de  VAlisma  Plantago,  des  flèches 
de  Sagittaria,  des  larges  limbes  du  Ru- 
mex  Hydrolapathum,  des  Eupatoires 
[Eupatorium  cannabinumj , des  Valé'^ 
rianes  ( Valeyàana  officinalis),  de  la  Sali- 
caire  {Lythrum  Salicaria),  des  Pétasites 
(Petasites  vulgaris  et  P.  albus),  du  grand 
Roseau  de  Provence  (Arundo  Donax),  etc. 

En  avançant  vers  la  fin  du  lac,  toujours 
sur  la  rive  gauche,  le  rivage  reste  nu  pour 
ne  pas  obstruer  la  vue,  mais  un  peu  avant 
la  digue  on  a accentué  le  caractère  de  cer- 
taines espèces  qui  avancent  leurs  rameaux 
au-dessus  des  eaux.  Ce  sont  des  Pterocarya 
caucasica  en  cépées,  qui  deviennent  des 
arbres  ; des  Salix  Salamoni,  Populus  Si- 
monis.  Cornus  sericea,  C.  alba,  Cytisus 
alpinus,  Yiburnum  Opulus,  Padus  sero- 
tina,  Tamarix  japonica. 

La  digue  est  franchie  ; les  groupes  du 
voisinage  sont  plantés  en  essences  fores- 
tières dont  le  caractère  indigène  doit  être 
respecté,  car  à cette  distance  le  paysage  na- 
turel a repris  tous  ses  droits. 

IL  Rochers  de  la  carrière.  — Dès 

que  nous  avons  dépassé  le  pont  E pour  pé- 
nétrer dans  la  boucle  du  lac  qui  occupe 
remplacement  de  l’ancienne  carrière,  la 
garniture  végétale  des  rochers  comporte  un 
autre  genre  de  décoration.  Les  Conifères 
peuvent  y créer  un  paysage  d’hiver.  Sur  le 
fond  des  Pins,  Sapins  et  Mélèzes  {Pinus 
sylvestris,  Abies  excelsa  et  Larix  europæa) 
on  a pu  broder  une  ornementation  compo- 
sée de  Pins  nains  {Pinus  uncinata).  Gené- 
vriers rampants  [Juniperus  Sabina)  et 
autres  [J.  sinensis,  virginiana,  drupacea), 
Cephalotaxus  Fortunei,  Thuyopsis  bo- 
realis,  Taxus  baccata.  Thuya  gigantea 


PLANTATIONS  COMPLEMENTAIRES  DU  LAC  ET  DE  SES  ABORDS. 


— PLANTATIONS  COMPLÉMENTAIRES  DU  LAC  ET  DE  SES  ABORDS. 


204  LE  PARC  DE  MELZÉAR. 

(LohhiiJ,  Epicéa  couché  (Picea  procum- 
hois),  etc. 

A cette  série  de  Conifères  s’ajoutent  des 
arbustes  à feuilles  persistantes  : Philhjrea, 
Mahonia,  Berheris  stenophylla  et  Dar- 
lumi,  Rhamnus  Alaternus;  les  Cotoneaster 
huxifolia  et  C.  liorizontalis  sur  les  roches  ; 
des  Bruyères  (Erica)  variées  dans  des  poches 
de  terre  de  bruyère  ; \es  Cistus  ladaniferus, 
Coronilla  glauca^  Elæagnus  reflexa, 
Hypericum  calycinum,  Genista  multi- 
flora,  G.  Andveana,  Cytisus  capitatuSy 
Garrya  elliptica,  Ligustrum  Rcgelianum. 

Les  arbustes  grimpants  y sont  nombreux  : 
Vinca  major  ei  sa  forme  variegata,  Lierres 
(ELedcra  Hclix  et  vav.).  Clématites  variées, 
Ampélopsis^  Vitis  et  Cissiis  divers,  Chè- 
vrefeuilles iLonicera  longijlora^  sinensis, 
Caprifolium,  Halleana,  sempcrflorens] ^ 
Menispermum  canadense,  Roussingaidtia 
haselloides , Rhynchospermum  jasmi- 
noides. 

Les  parties  ombragées  de  ces  rochers  et 
les  sous-bois  ont  reçu  des  plantes  vivaces  : 
Primiday  Ruscus  raccmosus,  Convallaria, 
Aquilcgia,  Hellehorus,  Fougères,  Orohus, 
Corydalis,  Viola  variés,  Centaurca  mon- 
tana,  Scilla,  Spirxa  Aruncus,  etc.,  tandis 
(pie  sur  les  rochers  fortement  insolés,  dans 
toutes  les  parties  découvertes  et  chaudes 
s’épanouit  toute  une  famille  de  Campa- 
mUa,  Scdum,  Sempervivum,  Plumbago 
Larpcntæ,  Myosotis.Silene^  Antirrhinum, 
Alyssum,  Aralis,  Iberis,  Dianthus,  Li- 
num,  Helianthus,  Géranium,  Echinops, 
Aubrietia  et  Aster. 

III.  Plantes  aquatiques.  —La sur- 
face même  du  lac  a du  être  vivifiée  par  des 
plantes  aquatiques.  Pour  ne  pas  amoindrir 
l’elfet  de  la  nappe  d’eau  principale,  et  pour 
obéir  à une  loi  naturelle  qui  veut  que  les 
plantes  émergées  croissent  dans  les  golfes 
ou  anses,  parmi  les  eaux  mortes,  on  a dis- 
posé ainsi  les  plantations  principales  : 

A.  Nageantes.  — En  plein  soleil,  à 
une  distance  de  2 mètres  environ  des  bords, 
les  plus  beaux  types  et  variétés  des  Nymphéa- 
cées  rustiques  sous  le  climat  des  Deux- 
Sèvres  : Nymphæa  alba,  odorata,  odo- 
rata  rubra,  Marliacea,  albida,  sulfurea, 
Laydekeri  et  autres  variétés  nouvelles  de 
M.  Latour-Marliac,  dans  les  eaux  dont  la 
profondeur  varie  entre  50  centimètres  au 
bord  et  80  centimètres  au  milieu  près  des 
rives;  \esAponogeton  distachyum  aux  fleurs 
blanches  et  suaves  ; puis  les  Polygonum 


ampdiibium  aux  épis  roses,  Trèfle  d’eau 
(Menyanthes  trifoliata)  aux  pétales  bar- 
bus et  rosés,  Ranunculus  aquatilis  aux 
chevelures  flottantes,  aux  corolles  de  neige , 
Villarsia  nymplioides  aux  fleurs  dorées 
à trois  pétales;  Jussiæa  grandijlora, 
à fleurs  jaunes , enfin  le  bel  Eiehor- 
nia  azurea  floribunda,  aux  épis  bleus  à 
centre  jaune. 

B.  Émergées.  — Le  pied  dans  15  à 
30  centimètres  d’eau,  près  des  rives,  on  a 
planté  : Acorus  Calamus,  Butomus  um- 
bellatus,  Caltha  palustris,  h'is  Monnieri, 
Typha  angustifolia  et  T.  minima,  Pon- 
tederia  cordata,  Sagiltaria  sinensis,  Sau- 
rurus  cernuus,  Sparganium  ramosum, 
Thalia  dealbata. 

C.  Amphibies.  — Aux  espèces  déjà  ci- 
tées çà  et  là  sur  le  bord  des  eaux,  se  sont 
ajoutées  : Spirxa  Ulmaria  et  ses  variétés  à 
fleurs  doubles  et  à feuilles  panachées, 
S.  vemista,  S.  palmata,  Ranuneulus 
Lingua,  Osmunda  regalis  (Fougère),  Sla- 
chys  pahistris,  Hibiscus  roscus,  H.  gran- 
diflorus,  H.  Moseheutos,  Epilobium  hir- 
suium. 

Telles  sont  les  principales  plantations 
appelées  à compléter  l’ensemble  des  scènes 
qui  constituent  la  nouvelle  création  du 
lac  de  Melzéar.  J’insiste  sur  ce  fait  que 
les  détails  qui  viennent  d’être  donnés 
n’ont  point  dénaturé  le  caractère  du 
lieu  et  que  les  notes  discordantes  en  ont  été 
soigneusement  exclues.  A une  exception 
près,  on  n’y  trouve  point  de  feuilles  pana- 
chées. Pour  rien  au  monde  on  n’y  aurait 
introduit  le  Négundo  panaché  {Negundo 
fraxinifolium  variegatum)  et  le  Prunier 
de  Pissard  [Prunus  cerasifera  foliis  pur- 
pureis),  ni  aucune  plante  analogue  à tons 
violents  et  inharmoniques,  qui  auraient 
détonné  dans  cette  symphonie  de  nuances 
moyennes  et  de  tons  atténués. 

Puissent  ces  considérations,  appuyées 
par  un  exemple  que  je  ne  donne  pas  comme 
un  modèle,  mais  où  la  question  d’art  paysa- 
ger a été  l’objectif  constant  à atteindre, 
trouver  de  l’écho  parmi  les  propriétaires 
ruraux  désireux  d’embellir  leur  résidence 
avec  des  moyens  simples,  et — je  l’espère,  — 
parmi  les  dessinateurs  de  jardins  dont  la  ten- 
dance à chercher  des  effets  violents  et 
artificiels  ne  saurait  être  encouragée,  parce 
qu’elle  ne  repose  pas  sur  l’observation 
raisonnée  de  la  nature! 


Ed.  André. 


LE  RAJEUNISSEMENT  DU  PÊCHER. 


205 


LE  RAJEUNISSEMENT  DU  PÊCHER 


La  question  du  rajeunissement  du  Pê- 
cher est  très-importante  en  arboriculture. 
Nous  allons  faire  connaître  un  procédé 
usité  depuis  longtemps  dans  les  jardins  de 
Montreuil,  Fontenay-sous-Bois,  Rosny,  Ro- 
mainville et  Ragnolet  où  naquit  la  réputation 
de  Girardot,  célèbre  praticien  du  règne  de 
Louis  XIV. 

L’obtention  du  Pêcher  franc  de  pied, 


c’est-à-dire  reproduit  de  semis  par  les 
noyaux  que  Ton  replante,  est  le  seul  moyen 
d’avoir  de  nouvelles  variétés.  Greffé  sur 
Prunier  ou  sur  Amandier,  malgré  les  con- 
naissances pratiques  que  l’on  peut  avoir 
acquises  pour  le  diriger  et  le  soigner,  il  ne 
vit  pas  longtemps  sous  le  climat  de  Paris.  La 
plupart  du  temps  il  est  promptement  épuisé, 
soit  par  les  récoltes  abondantes  qu’il  a pro- 


Fig.  66.  — Pêcher,  greffé  sur  Amandier,  après  rajeunissement. 


duites,  soit  par  des  chancres  occasionnés 
par  la  gomme.  On  ne  peut  ni  prévoir,  ni 
éviter  ce  dernier  et  grave  inconvénient. 

Le  collet  des  sujets,  Amandiers  ou  Pru- 
niers, porte,  au-dessous  du  point  de  sou- 
dure de  la  greffe,  des  yeux  latents  ou  ad- 
ventifs  qui  se  développent  et  produisent 
de  nouveaux  sujets  pouvant  être  regreffés 
dans  l’année  en  écusson  de  juillet  en  sep- 
tembre. Au  printemps  suivant,  ces  nouvelles 
greffes  poussent  vigoureusement  et  pro- 
duisent de  nouvelles  branches  charpentières 
sur  lesquelles  on  peut  commencer  à récolter 
du  fruit  l’année  suivante,  si  l’on  a eu  le  soin, 


pendant  la  végétation,  d’opérer  en  temps 
convenable  la  suppression  des  bourgeons 
inutiles,  le  pincement  et  le  palissage  en  vert. 

Quand  ces  arbres  sont  morts,  si  l’on  doit 
les  remplacer,  il  faut  : 1“  arracher  non 
seulement  les  souches  mais  aussi  toutes  les 
racines  qui,  en  pourrissant  dans  le  sol,  sont 
un  asile  pour  le  « meunier  » , Champignon  qui 
détruirait  les  nouvelles  plantations  ; 2®  en- 
le\er  aussi  toute  la  terre  épuisée  par  les  ra- 
cines et  la  remplacer  par  d’autre  que  l’on 
doit  prendre  de  préférence  à la  surface  du 
sol,  au  milieu  de  carrés  où  il  n’y  a pas  eu 
d’autres  plantations  de  Pêchers^ 


206 


LES  JARDINS  DU  PRINTEMPS. 


II  est  encore  une  question  très-impor- 
tante en  arboriculture  : c’est  la  transplanta- 
tion du  Pêcher  greffé  sur  Amandier.  Les 
racines  de  cet  arbre  sont  de  nature  à s’en- 
foncer verticalement  dans  le  sol.  Au  mo- 
ment de  la  mise  en  place,  après  avoir  en- 
levé à la  serpette  les  parties  mutilées  par 
l’arrachage,  on  plie  les  racines  avec  pré- 
caution afin  de  les  diriger  aussi  horizon- 
talement que  possible.  Par  ce  procédé,  elles 
se  développent  dans  la  couche  de  terre 
superficielle  où  elles  sont  ainsi  posées.  Pour 
peu  que  le  sol  soit  favorable  à la  végé- 
tation, les  Pêchers  peuvent  de  cette  façon 
vivre  fort  longtemps,  comme  dans  l’exemple 
qui  a été  choisi  pour  la  figure  66. 

Ce  dessin  représente  un  Pêcher  greffé 
sur  Amandier  qui  fut  planté  en  1848,  dans 
un  sol  où  la  couche  de  terre  végétale  n’est 
épaisse  que  de  40  centimètres.  La  première 
greffe  de  Pêcher,  dont  le  point  de  soudure 
était  en  A,  a disparu  depuis  bien  longtemps. 
D’autres  greffes,  disparues  aussi,  furent 
placées  consécutivement  sur  des  rejetons  de 


l’Amandier,  dont  on  voit  encore  les  « chi" 
cols  » en  B G D.  Des  greffés  plus  récentes 
sont  actuellement  en  pleine  végétation 
(E,  F,  G,  H).  G’est'par  milliers  que  l’on 
pourrait  compter  les  pieds  d’arbres  à peu 
près  semblables  qui  existent  dans  les 
grandes  cultures  montreuillaises,  et  qui, 
chaque  année,  produisent  d’abondantes  ré- 
coltes et  des  fruits  de  premier  choix. 

Dans  cette  même  région,  c’est  nanti  de 
renseignements  sérieux  que  je  puis  évaluer 
à 80,000  le  nombre  de  jeunes  Pêchers  re- 
plantés chaque  année.  Il  en  meurt  beau- 
coup faute  d’observer  les  précautions  in- 
diquées plus  haut,  faute  surtout  de  placer 
les  racines  comme  l’indique  la  figure. 
On  ne  maintient  pas  non  plus,  la  plupart 
du  temps,  la  terre  assez  fraîche,  avec  du 
paillis.  Et  les  vides  seraient  encore  plus 
nombreux  si  l’on  ne  rajeunissait  pas  les  Pê- 
chers par  le  surgreffage  tel  qu’il  vient 
d’être  indiqué. 

Garrelet, 

Professeur  d’arboricullure. 


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P 

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LES  JARDINS  DU  PRINTEMPS  ‘ 


Beauté  du  verger. 

Ne  perdons  pas  de  vue  les  arbres  des 
vergers,  car  rien  de  ce  qui  est  fait  de  main 
(l’homme  n’est  plus  beau  qu’un  verger  au 
printemps.  Si  nous  voyons  déjà  de  si  ravis- 
sants effets  dans  de  pauvres  vergers  plantés 
d’une  seule  espèce  d’arbres,  telle  que  le 
Pommier,  que  ne  pourrait-on  espérer  d’un 
verger  dans  lequel  toute  la  beauté  de  tous 
nos  arbres  fruitiers  rustiques  serait  mise 
en  valeur  ? Si  nous  considérons  le  nombre 
des  espèces  distinctes  dans  nos  arbres  frui- 
tiers, et  les  nombreuses  variétés  de  cha- 
cune d’elles,  nous  pouvons  nous  faire 
quelque  idée  des  tableaux  qu’on  pourrait 
obtenir  dans  un  verger,  à commencer  par 
le  Prunellier  des  haies  de  clôture. 

Les  divers  Pruniers  sont  magnifiques 
comme  floraison,  surtout  là  où  on  les  cul- 
tive par  grandes  quantités. 

Le  Pommier  varie  beaucoup  comme  flo- 
raison, comme  on  peut  s’en  rendre  compte 
dans  les  vergers  du  comté  de  Kent  et  de 
la  Normandie,  où  les  fleurs  de  quelques 
variétés  sont  d’une  beauté  extraordinaire. 

Le  Poirier,  moins  riche  en  couleur,  le 
Néflier,  si  beau  par  ses  fleurs  et  son  feuil- 

^ Voir  Bevue  horticole^  1897,  p.  160  et  187. 


lage,  et  le  Gognassier,  si  joli  par  sa  ffo-  â 
raison  contemporaine  des  Tulipes  tardives  j 
ne  doivent  point  être  négligés.  9 

Le  Gerisier  est  souvent  un  magnifique  | 
arbre,  tant  les  variétés  cultivées  que  le  | 
type  sauvage,  et  les  vergers  de  Geri-  1 
siers,  dans  certaines  parties  du  Kent,  J 
sont  de  vrais  tableaux  au  moment  de  la  | 
floraison.  On  ne  saurait  faire  meilleure  be-  I 
sogne  que  de  se  choisir  une  pièce  de  bonne  | 
terre  pour  y créer  un  verger  ; et  vu  le  | 
nombre  d’arbres  dignes  d’une  place,  tant  I 
pour  leur  beauté  que  pour  leurs  fruits,  j 
plusieurs  arpents  ne  sont  pas  de  trop,  même  9 
pour  les  maisons  de  campagne  où  il  faut  ■ 
économiser  le  terrain. 

Floraison  du  Pommier  sauvage.  B 

En  dehors  des  nombreux  arbres  de  h' 
verger  cultivés  pour  leurs  fruits,  nous  9 
possédons  dans  leurs  alliés  des  variétés  char-  9 
mantes  par  leur  floraison,  quoiqu’elles  9| 
soient  souvent  pauvres  en  fruits.  Notre  pays  |B| 
n’a  jamais  été  privé  de  ce  genre  de  beauté,  fli 
car  le  Pommier  sauvage  est  aussi  beau  en  fl 
fleurs  que  bien  des  Pommiers  cultivés,  et  fl 
ses  descendants  sont  dans  tous  les  pays  de  fl 
l’Europe,  depuis  la  Russie  jusqu’en  Es-  fl 
pagne.  Dans  nos  jardins,  il  y a bien  des  fl 


LES  JARDINS  DU  PRINTEMPS. 


207 


années,  on  trouvait  le  vieux  Poirier  double 
de  la  Chine,  arbre  magnifique  qui  devint 
vite  populaire,  et  le  Pommier  sauvage 
d’Amérique  (P.  corenaria] , qui  resta 
moins  répandu.  Mais  dans  ces  dernières 
années  le  Japon  nous  a enrichis  d’autres 
magnifiques  Pommiers  sauvages,  tels  que 
le  Malus  florihunda,  arbre  ravissant  du- 
rant plusieurs  semaines  au  printemps  ; il  a 
produit  une  variété  à fleurs  rouges.  Ces  ar- 
bres sont  aussi  rustiques  que  notre  Pommier 
indigène  et  varient  beaucoup  en  couleurs 
et  même  parfois  en  formes.  Il  est  difficile 
de  décrire  leur  valeur  décorative,  là  où 
ils  sont  bien  cultivés  et  surtout  bien  em- 
ployés à leur  place.  Pour  qu’ils  pro- 
duisent de  l’effet,  il  faudra  les  réunir  par 
groupes.  Outre  ces  espèces  plus  ou  moins 
sauvages,  il  en  est  un  certain  nombre 
d’hybrides  sortis  des  espèces  sibériennes 
et  des  Pommes  sauvages  en  Amérique  et 
chez  nous,  qui,  tout  en  étant  d’une  riche 
floraison,  sont  aussi  remarquables  par  la 
beauté  de  leur  fructification,  ce  qui  fait 
qu’on  pourrait  former  de  magnifiques  bos- 
quets d’arbres  fleuris,  uniquement  des  di- 
vers Pommiers  sauvages.  Par  ces  nom- 
breux joyaux  et  les  Chèvrefeuilles  si 
variés,  nous  passons  gaiement  au  temps 
des  Roses  et  des  Lis,  fleurs  déjà  estivales, 
quoique  certains  Rosiers  fleurissent  sou- 
vent d’assez  bonne  heure  au  pied  des 
murs  bien  exposés. 

Fleurs  printanières,  leur  exposition. 

Il  est  intéressant  d’envisager  les  différences 
de  floraison  des  diverses  fleurs  printa- 
nières dans  leurs  diverses  situations.  Les 
Narcisses  préfèrent  la  mi-ombre  au  plein 
soleil.  Les  Scilles  et  d’autres  plantes  bul- 
beuses ont  la  même  prédilection  pour  les 
endroits  demi-ombragés.  Telle  est  aussi  la 
Couronne  impériale  {Fritillaria  impe~ 
rialis),  qui,  tout  comme  les  Scilles,  pâlit 
affreusement  au  plein  soleil.  Il  n’est  pas 
rare  de  voir  la  Jacinthe  des  bois  défleurie 
aux  versants  sud  d’une  colline,  alors  qu’elle 
est  encore  en  pleine  floraison  et  en  parfaite 
fraîcheur  au  versant  nord.  Les  arbustes  à 
fleurs,  plantes  rampantes  et  plantes  palissées 
aux  murs,  et  toutes  les  plantes  précoces  sont 
influencées  de  la  même  façon.  On  peut  de 
bien  des  façons  tirer  bon  parti  de  ces  faits, 
surtout  pour  les  espèces  dont  on  fait  le  plus 
grand  usage.  Si  les  diverses  situations 
favorisent  généralement  certaines  plantes 
rustiques,  il  en  sera  ainsi  à plus  forte  rai- 


son des  fleurs  printanières,  surtout  quand 
on  est  exposé  aux  vents  froids  subits,  à la 
neige  et  au  grésil,  tous  agents  capables  de 
détruire  des  fleurs  hâtives.  Si  nous  avons 
la  chance  d’avoir  les  mêmes  fleurs  du  côté 
nord  d’une  colline  ou  d’un  mur,  nous  pou- 
vons toujours  espérer  une  bonne  florai- 
son et  une  différence  de  deux  semaines 
dans  l’épanouissement  des  mêmes  espèces 
dans  le  même  jardin. 

Terminons  en  publiant  une  liste  des 
fleurs  rustiques  les  plus  intéressantes  du 
printemps  et  du  commencement  de  mai  et 
une  liste  d’arbres  et  d’arbustes  rustiques  et 
à floraison  printanière,  tous  recomman- 
dables. 

Liste  des  principales  fleurs  rustiques 


du  printemps  et 

du  commencement  de 

Adonis. 

Iheris. 

Alyssum. 

Iris. 

Androsace. 

Leucoiuyn. 

Anemone. 

Lychnis. 

Aquilegia. 

Muscari. 

A^'ahis. 

Myosotis. 

Arenaria. 

Nar^cissus. 

Armeria. 

Nemophila. 

Asphodelus. 

Omphalodes. 

Aubrietia. 

Ornithogalum. 

Bellis. 

Orobus. 

Caltha. 

Pæonia. 

Centaurea. 

Papaver. 

Clematis. 

Phlox. 

Crocus. 

Polemonium. 

Convallaria. 

Potentilla. 

Cyclamen. 

Primula. 

Dentayna. 

Pulmonaria. 

Dianthus. 

Ranunculus. 

Dicentra. 

Sanguinaria. 

Dodecatheon. 

Saponaria. 

Doronicum. 

Saxifraga. 

Epimedium. 

Scilla. 

Eranthis. 

Sedum. 

Erinus. 

Silene. 

Erodium. 

Trillium. 

Erythronium. 

Triteleia. 

Fritillaria. 

Trollius. 

Galanthus. 

Tulipa. 

Gypsophila. 

Uvula)‘ia. 

Helleborus. 

Veronica. 

Hepatica. 

Vinca. 

Hesperns. 

Viola. 

Hyacinthus. 

Arbres  et  arbustes  rustiques 
à floraison  printanière  : 


Æsculus. 

Amelanchier. 

Amygdalus. 

Azalea. 

Berberis, 


Cerasus . 
Ce  rets. 
Cratægus. 
Cijdonia. 
Cytisus, 


208 


CATTLEYA  X MANTINI. 


Baphne. 

Mespilus. 

Erica. 

Prunus, 

Forsythia. 

Pyrus. 

Genista. 

Rhododendron. 

Halesia. 

Ribes. 

Kerria. 

Spartium. 

Lonicera. 

Spiræa, 

Magnolia. 

Styrax. 

Mahonia. 

Syringa, 

Malus. 

Tamarix. 

Ulex.  Weigela. 

Vibiirnum.  Wistaria. 

Que  tous  ceux  qui  aiment  les  fleurs  hâ- 
tives jettent  un  regard  sur  cette  liste,  ils  y 
trouveront,  non  toutes  les  plantes  printan- 
nières,  mais  un  choix  de  charmantes  es- 
pèces dont  l’histoire  est  aussi  celle  du 
j printemps.  W.  Robinson. 

I (Traduit  de  l’anglais  par  J.  Buyssens) 


CATTLEYA  x MANTINI 


Le  bel  hybride  obtenu  par  M.  Georges 
Mantin  entre  les  Cattleya  Skinneri,  Ba- 
tern.,  et  Cattleya  Bowiana,  Batem.,  et 
qui  a été  nommé  par  l’auteur  lui-même, 
a bien  fait  son  chemin  depuis  la  pre- 
mière men- 
tion qui  en 
fut  faite 
dans  la  Re- 
vue horti- 
cole L La 
plante  a 
constam- 
ment eu  du 
succès  dans 
les  Exposi- 
tions où  elle 
a été  pré- 
sentée.Nous 
avons  eu  la 
bonne  for- 
tune de  la 
faire  pein- 
dre et  nous 
pouvons  en 
donner  à 
nos  lecteurs 
un  portrait 
fidèle. 

Rappelons 
en  quelques 
mots  son 
histoire.  En 
1889,  à l’Ex- 
position 
universelle 
de  Paris,  la 
fécondation 

artificielle  fut  pratiquée  entre  les  deux 
plantes  précitées.  Un  an  après,  les  graines 
récoltées  furent  semées  et  levèrent  rapide- 
ment. La  première  floraison  apparut  en  oc- 

♦ Rp.vue  horticole,  1891,  p.  558  ; 1895,  p.  129. 


Fig.  C7.  — Cattleya  X Mantini. 
Port  de  la  plante. 


tohre  1894,  dans  les  serres  de  M.  G.  Manlin, 
au  Bel-Air,  près  d’Orléans. 

En  voici  la  description  : 

Plante  vigoureuse,  d’un  beau  port  (fig.  07). 
Tiges  pluriflores.  Pseudo-bulbes  du  C.  Skin- 

neri,  portant 
deux  feuilles 
rappelant 
celles  du 
C.  Boviana. 
Fleurs  un 
peu  pen- 
chées, nais- 
sant par  deux 
ou  trois  sur 
la  hampe. 
Spathe  sim- 
ple (non  dou- 
ble comme 
dans  le  C. 
Skinneri). 
Sépales  et 
pétales  du 
C.  Skinneri, 
mais  plus 
étoffés  et 
crispés.  La- 
belle  trian- 
gulaire, fran- 
chement bi- 
lobé,  rouge 
vif  foncé  ve- 
louté, enri- 
chi par  des 
lignes  jaune 
d’or  comme 
dans  le  C. 

Bowiana. 
Ovaire  char- 
nu, opaque 
(et  non  trans- 
parent) et  lé- 


gèrement coloré  en  rouge. 

La  plante,  présentée  le  25  octobre  1894  à 
la  Société  nationale  d’horticulture  de  France, 
y a reçu  une  prime  de  l'’®  classe.  Depuis 
lors,  elle  a reçu  des  certificats  de  mérite  et 


Revue  Horticole  . 


li&scamps-Saioiirec,  del^ 


Chj'orruàTjùitu  ■ J Goffaro,  BraJC/îU£S 


CattLeifci  X Mantini  . 


LES  BALCONS  FLEURIS. 


209 


des  médailles  d’or  et  d’argent  à Paris,  à 
Londres,  à Bruxelles,  à Florence.  Ce  juge- 
ment a été  corroboré  depuis  par  de  nom- 
breux amateurs.  Les  fleurs  sont  plus 
grandes  que  celles  du  C.  Skinneri  ^ sans 
atteindre  la  taille  de  celles  du  C.  Dowiana, 
mais  elles  ont  un  coloris  beaucoup  plus 
beau  que  dans  la  première  de  ces  deux  es- 
pèces, et  la  forme  rhomboïdale  du  labelle 
leur  imprime  un  cachet  tout  particulier.  De 
plus,  la  pluriflorité  des  hampes  constitue 
une  valeur  décorative  de  premier  ordre  qui 
ne  peut  que  s’accentuer. 

En  somme,  parmi  la  série  très-nom- 
breuse des  hybrides  de  Cattleya,  nous  n’en 
connaissons  pas  de  plus  joli  ni  d’une  forme 
plus  originale  et  plus  caractéristique  que  le 
C.  Mantini.  S’il  était  permis  de  faire  à ses 
fleurs  un  léger  reproche,  ce  serait  d’être 
un  peu  penchées  et  pas  complètement  éta- 
lées, mais,  telles  qu’elles  sont,  elles  consti- 
tuent une  attraction  de  premier  ordre  pour 
les  serres  à Orchidées,  et  nous  pouvons 
ajouter  que  la  culture  de  cette  plante  ne 
sera  pas  plus  difficile  que  celle  des  autres 
Gattleyas. 

Comme  complément  aux  documents  qui 
précèdent,  nous  avons  reçu  de  M.  G.  Man- 
tin  la  note  suivante  : 


Le  Cattleya  X Mantini  est  issu  d’un  croise- 
ment qui  a été  répété  par  d’autres  semeurs  et 
notamment  par  MM.  Veitch,  de  Londres  ; les 
produits  de  ces  semis  ont  fleuri  après  la  variété 
que  j’ai  obtenue  et  que  j’avais  qualifiée,  pour  la 
distinguer  des  autres,  du  sous-nom  de  bellae- 
rensis.  Les  Anglais  lui  conservant,  ainsi  qu’aux 
obtentions  subséquentes,  le  nom  de  C.  x Man- 
tini, ont  nommé  nohilior  les  plantes  venant  de 
mon  semis.  C’est  dire,  du  moins  je  le  pense, 
en  quelle  estime  ils  tiennent  mon  obtention, 
qui,  du  reste,  se  distingue  des  semis  ultérieurs 
de  meme  origine  par  la  vigueur  des  plantes  et 
par  la  coloration  des  fleurs,  plus  grandes  et 
plus  foncées. 

Ainsi  donc,  à quelques  variations  près, 
des  croisements  identiques  ont  produit  les 
mêmes  résultats  en  France  et  en  Angleterre 
et  le  mérite  de  la  priorité  est  très-justement 
revendiqué  par  M.  Mantin. 

Nous  savons,  d’ailleurs,  que  cet  orchido- 
phile  distingué  continue  ses  hybridations  et 
qu’il  vient  tout  récemment  d’obtenir,  de  la 
fécondation  du  Lycaste  Skinneri  par  le 
L.  Deppei,  un  nouvel  hybride,  à la  fois 
très-curieux  et  beau,  <à  fleurs  rose  cuivré, 
qui  portera  également  le  nom  de  l’ob- 
tenteur. 

Ed.  André. 


LES  BALCONS  FLEURIS 


Un  engouement  est  né  chez  deux  peuples, 
nos  voisins,  pour  la  décoration  des  balcons 
et  des  fenêtres  au  moyen  de  plantes  et  de 
fleurs.  En  Suisse  et  en  Belgique  il  est  main- 
tenant de  mode,  dans  les  grands  centres, 
où  cela  d’ailleurs  a surtout  sa  raison  d’être, 
de  garnir  le  mieux  possible  de  végétaux 
choisis  les  ouvertures  réservées  dans  nos 
habitations  pour  y laisser  pénétrer  le  soleil 
et  la  lumière.  ' 

Ceux  qui  n’ont  que  des  fenêtres  les  en- 
tourent d’un  cadre  de  verdure  se  détachant 
' gaiement  sur  un  coin  du  ciel;  les  plus 
riches,  qui  jouissent  d’un  balcon,  y créent 
un  petit  jardin  suspendu  ; tous  trouvent  une 
satisfaction  douce  et  intime  à la  culture  des 
plantes,  dont  la  verdure  repose  les  yeux, 
dont  les  fleurs  embaument  l’air,  et  qui 
suffisent  à répandre  un  peu  de  gaîté  autour 
d’elles. 

C’est  un  goût  heureux  que  celui  des 

< Selon  plusieurs  auteurs,  le  Cattleya  Bowrin- 
giana,  Veitch,  et  le  C.  Skinneri  sont  une  seule 
et  même  plante.  Pour  d’autres  {Index  Kewensis, 
p.  4GI),  ce  sont  deux  espèces  ditîérentes. 


fleurs,  et  certes,  il  est  plus  que  jamais 
utile  à cette  époque  où  nous  vivons  de  la 
vie  surmenée  des  villes.  Dans  nos  rues 
sombres  et  grises,  dans  ces  coins  de  mai- 
sons tristes  et  humides,  les  plantes  et  leurs 
fleurs  sont  le  rayon  joyeux  qui  remplace  le 
soleil,  et  quel  est  celui  de  nous,  si  pauvre 
soit-il,  qui  ne  peut  se  payer  le  luxe  d’une 
jeune  plante  ou  d’un  paquet  de  graines  ? 
L'ouvrier  n’a-t-il  pas  le  Géranium  et  le 
Fuchsia  qui  lui  prodiguent  leurs  corolles 
éclatantes  ou  gracieuses;  le  Réséda  et  l’Hé- 
liotrope qui  embaument  son  logis;  la  Capu- 
cine, le  Volubilis  et  le  Pois  de  senteur  qui 
lui  donnent  leur  ombre  et  leurs  parfums? 
Sous  les  toits  et  au  fond  des  cours,  on  peut 
faire  pousser  des  plantes  : au  soleil,  le  Gé- 
ranium, la  Giroflée,  l’Héliotrope;  à l’ombre, 
le  Fuchsia,  la  Pervenche,  la  Fougère,  la 
Violette. 

Mais,  heureux  sont  ceux  qui  possèdent 
un  balcon  et  aiment  les  plantes,  car  sur 
ces  quelques  décimètres  de  surface  ils  peu- 
vent se  procurer  tout  un  monde  de  modestes 
plaisirs. 


210 


LES  BALCONS  FLEURIS. 


Dans  les  grandes  villes,  où  les  balcons 
sont  si  nombreux  qu’ils  semblent  comme 
des  ceintures  entourant  les  étages,  combien 
peu  de  personnes  en  profitent  autrement 
que  pour  épousseter  leurs  tapis,  ou  regarder 
dans  la  rue. 

Il  y a cependant  un  jardin  en  miniature 
à créer  sur  un  balcon,  avec  un  rideau  de 
verdure,  soit  pour  s’abriter  du  soleil  ou  du 
vent,  soit  pour  se  garantir  des  regards  in- 
discrets des  vis-à-vis.  A chaque  extrémité, 
le  Lilas,  le  Laurier-rose,  les  Troènes  japo- 
nais peuvent  arrêter  la  vue  et  former  un 
écran  de  verdure  ; dans  les  caisses  où  ils 
sont  plantés,  on  mettra  la  Pervenche,  le 
Tradescantia,  le  Réséda,  le  Pétunia. 

Le  devant  du  balcon  peut  n’être  qu’une 
barrière  fleurie  avec  des  Capucines,  des 
Volubilis,  des  Gobées,  des  Pois  de  senteur, 
du  Houblon  du  Japon,  avec  le  Chèvrefeuille, 
la  Vigne  vierge,  ou  le  Lierre  si  l’on  aime 
les  végétaux  plus  lents  à pousser  mais  plus 
durables. 

A-t-on  envie  d’un  store  permanent?  — 
Il  est  facile  de  diriger  des  plantes  grim- 
pantes vers  des  ficelles  qu’on  leur  aura  ten- 
dues et  autour  desquelles  elles  s’enroule- 
ront à plaisir. 

Nous-même  avons  imaginé  un  écran 
mobile  d’une  construction  facile  : On  fait 
établir  une  caisse  aussi  longue  que  la  lar- 
geur de  la  fenêtre,  pourvue  de  roulettes 
permettant  de  la  déplacer  avec  facilité.  On 
sème  au  milieu  de  la  caisse,  et  parallèle- 
ment à sa  longueur,  un  rang  ou  deux  de 
plantes  grimpantes  en  mélange  et  à végéta- 
tion rapide  : Capucine,  Houblon,  Gobée, 
Volubilis,  Haricot  d’Espagne,  etc.  Un  treil- 
lage est  ensuite  établi  avec  de  minces  tiges 
de  Bambou,  de  façon  à ce  qu’il  ait  l’"20  à 
I 50  de  hauteur  ; il  affecte  la  forme  cin- 
trée. Les  bords  de  la  caisse  peuvent  être 
semés  en  Réséda,  Giroflées,  Julienne  de 
Mahon,  ou  être  plantés  en  Pétunia,  Trades- 
cantia qui  retombent  avec  grâce.  Tant  que 
le  treillage  n’est  pas  suffisamment  garni  et 
feuillu,  on  laisse  la  caisse  dans  un  coin  du 
balcon,  en  ayant  soin  que  les  plantes  ne 
prennent  pas  de  face,  ce  qui  s’obtient  en 
retournant  la  caisse  de  temps  à autre.  Lors- 
que l’écran  de  verdure  est  formé,  on  roule 
la  caisse  devant  la  fenêtre. 

Les  Palmiers,  les  Dracénas,  les  Yuccas, 
les  Bambous,  V Aspidistra,  le  Phormium, 
peuvent  donner,  en  été,  l’illusion  d’une 
végétation  tropicale.  Les  plus  belle»  fleurs 
croissent  sur  les  fenêtres  et  les  balcons,  où 
elles  ont  l’air,  la  lumière  et  souvent  le  soleil. 


Depuis  l’ouvrier  jusqu’au  rentier,  depuis 
l’enfant  jusqu’au  vieillard,  tout  le  monde 
peut  jouir,  selon  ses  moyens,  des  plaisirs  de 
la  culture  des  fleurs  elles  sont  de  toutes 
les  bourses  et  de  tous  les  âges  ; aux  pauvres 
elles  procurent  une  consolation  ; elles  dis- 
traient l’oisiveté  des  riches!  Chez  l’enfant 
elles  éveillent  de  bons  sentiments,  elles 
bercent  les  rêves  des  jeunes  filles  et  parlent 
d’espérance  à la  vieillesse  ! 

Voilà  pourquoi  il  est  heureux  de  voir  le 
goût  des  fleurs  se  répandre  partout  et  deve- 
nir presque  un  réel  besoin  des  mœurs  ac- 
tuelles. 

Cette  culture  populaire  n’est  pas  seule- 
ment remarquable  en  ce  qu’elle  propage 
l’amour  des  plantes  chez  les  hommes,  elle 
est  surtout  intéressante  parce  qu’elle  est 
comme  le  germe  d’un  nouvel  état  d’esprit 
auquel  tendent  les  aspirations  de  tous,  et 
c’est  à ce  point  de  vue  qu’il  faut  l’envisager. 
Son  influence  n’est  pas  seulement  maté- 
rielle ; elle  est  aussi  essentiellement  mora- 
lisatrice. L’homme  ne  vit  pas  seulement  de 
pain,  il  doit  se  nourrir  aussi  l’esprit  et  le 
cœur  de  tout  ce  qui  est  bon  et  beau. 

L’ouvrier  qui  rentre  chez  lui  après  sa 
journée  faite  n’a-t-il  pas  besoin  de  trouver 
dans  le  sourire  de  sa  femme  et  de  ses  en- 
fants la  récompense  de  son  labeur,  et  ne 
goùtera-t-il  pas  un  meilleur  repos,  s’il  peut 
le  prendre  à côté  des  fleurs  qu’il  cultive  et 
qu’il  aime  dans  l’espace  étroit  où  le  con- 
damnent à vivre  les  exigences  de  son  mé- 
tier ou  les  nécessités  pécuniaires?  N’est-ce 
pas  un  délassement  pour  lui  de  voir  si  une 
plante  a soif, ‘si  un  bourgeon  s’est  épanoui, 
si  une  corolle  s’est  en tr’ou verte? 

Ceci  nous  remet  en  mémoire  ce  que 
disait  du  jardin,  à l’Exposition  d’horticul- 
ture de  Boulogne-sur-Seine,  M.  H.  Gros- 
jean,  inspecteur  général  de  l’enseignement 
agricole.  Nous  ne  résistons  pas  au  plaisir 
de  le  citer  textuellement  : 

Le  jardin,  disait-il,  ne  peut  être  conçu  sans 
l’existence  de  la  culture  florale,  quelque  res- 
treinte qu’elle  soit  : à côté  du  nécessaire,  re- 
présenté par  les  légumes  et  les  fruits,  il  faut 
l’agréable,  et  cet  agréable  revêt  souvent  un 
caractère  marqué  d’utilité.  A vrai  dire,  le  par- 
terre est  le  complément  indispensable  du 
potager  ; c’est  lui  qui  récrée  la  vue,  qui 
devient  la  source  de  douces  et  sereines  satis- 
factions qui  souvent  rend  cordiales  les  rela- 
tions entre  voisins.  Le  jardin,  ainsi  compris, 
développe,  chez  celui  qui  le  cultive,  les  idées 
d’ordre,  d’amour  du  foyer,  de  contentement 
du  chez  soi  ; il  fortifie  le  corps,  tout  en  déve- 
loppant dans  l’esprit  ce  seps  artistique,  latent 


RADIS  MONSTRUEUX. 


chez  le  commençant,  et  qui  devient  si  accentué 
chez  le  jardinier  de  profession. 

Là  ne  se  borne  pas  le  rôle  du  jardin  ; son 
influence  est  non  seulement  matérielle  et  mo- 
rale, mais  elle  est  aussi  moralisatrice  : le  jardin 
est  l’antipode  du  cabaret.  Celui  qui,  le  diman- 
che, ou  la  semaine,  à ses  heures  de  loisir, 
cultive  quelques  légumes,  quelques  fleurs,  ne 
connaît  pas  ou  connaît  peu  le  chemin  du  ca- 
baret. La  plante  qu’il  fait  croître  a pour  lui 
bien  d’autres  attraits  que  la  liqueur  verte  ; les 
corolles  richement  colorées  ont  bien  plus  de 
charmes  que  les  liqueurs  empoisonnées  aux 
brillantes  étiquettes. 

Le  jardinet  accomplit  ainsi  doucement,  sans 


211 

réclame  bruyante,  sa  mission  sociale  ; c’est  le 
salut  mis  à la  portée  de  beaucoup. 

« L’attrait  de  la  vie  domestique,  a dit 
Jean-Jacques  Rousseau,  est  le  meilleur 
contre-poison  des  mauvaises  mœurs  ».  Les 
fleurs  et  les  plantes  sont  l’iin  des  attraits 
de  l’existence;  qu’elles  s’épanouissent  sur  la 
mansarde  ou  sur  le  balcon,  ne  sont-elles 
pas  pour  les  habitants  des  villes  comme  une 
parcelle  de  la  Nature  qu’ils  ignorent  et 
comme  l’illusion  fleurie  d’un  jardin  qu’ils 
n’ont  pas? 

Jules  Rudolph. 


RADIS  MONSTRUEUX 


Les  monstruosités  végétales  intéressent 
plus  la  botanique  morphologique  que  l’hor- 
ticulture proprement  dite,  surtout  lors- 
qu’elles ne  présentent  pas  un  caractère  utile 
ou  ornemental.  Néanmoins,  c’est  dans  les 
jardins  qu’on  en  observe  le  plus  grand 
nombre,  soit  parce  que  les  plantes  sont 
examinées  plus  attentivement,  soit  et  plus 
encore  parce  que  la  culture  et  la  sélection 
ébranlent  à un  tel  point  la  fixité  spécifique, 
que  l’atavisme  perd  momentanément  ses 
droits  et  que  l’équilibre  végétatif  se  trouve 
rompu. 

C’est  donc  au  jardinier  qu’il  appartient 
de  signaler  celles  qu’il  observe,  en  les 
entourant  des  indications  qu’il  peut  re- 
cueillir, ce  que  nous  nous  empressons  de 
faire  ici.  Si  la  monstruosité  dont  nous  nous 
occupons  ne  présente  aucun  intérêt  horti- 
cole, elle  n’en  est  pas  moins  digne  d’être 
mentionnée  parce  qu’elle  se  présente  d’une 
façon  constante,  en  nombre  assez  grand 
mêmœ,  dans  une  variété  de  Radis  et  qu’elle 
fait  faire  un  pas  de  plus  à la  connaissance 
des  caprices  de  Dame  Nature. 

Comme  le  montre  notre  figure  (fig.  68), 
la  monstruosité  réside  dans  la  soudure  des 
deux  cotylédons  par  leurs  bords  latéraux, 
de  façon  à former  une  cupule  en  forme 
d’entonnoir,  de  2 centimètres  J /2  de  haut 
et  autant  de  diamètre  à l’orifice,  avec  les 
bords  très-unis,  rappelant  ainsi  exactement 
la  forme  de  certaines  Pezizes,  sauf  la  teinte 
qui  est  normalement  verte.  A l’intérieur,  on 
I observe  tantôt  deux  feuilles  rudimentaires, 

I libres  ou  plus  ou  moins  soudées,  et  tantôt 
absolument  rien  que  le  fond  du  cône 
; obstrué.  Dans  ce  cas,  la  tigelle  faisant 
I poussée  dans  le  tube  du  cône,  pour  se  dé- 

I gager,  rompt  celui-ci  et  se  montre  au 

dehors.  Quant  à la  racine,  elle  est  plus  ou 


moins  renflée,  de  forme  à peu  près  normale 
et  de  teinte  rouge. 

Le  Gardeners'  Chronicle  a déjà  cité  et 
figuré  cette  monstruosité,  d’après  des 
échantillons  envoyés  de  France,  disant 
qu’elle  n’était  pas  signalée  dans  l’ouvrage 


Fig.  68.  — Radis  monstrueux. 

sur  les-  semis  de  Sir  John  Lubbock.  C’est 
là  une  raison  de  plus  pour  nous  engager 
à la  faire  connaître  et  contribuer  à son  his- 
toire en  consignant  ici  ce  que  nous  avons 
appris  à son  égard. 

Il  y a quelques  années  déjà  que  la  maison 
Vilmorin  a observé  des  Radis  à cotylédons 
soudés,  dans  le  Radis  à forcer  roug*  vif 


212 


LES  ADENOSTYLES. 


sans  feuilles  qu’elle  a mis  au  commerce 
l’an  dernier  sous  ce  nom  et  M.  Sirodot 
a remarqué  qu’ils  s’y  trouvaient  dans  la 
proportion  de  vingt  pour  cent,  dont  dix 
à cotylédons  complètement  soudés,  comme 
celui  figuré  ci-contre,  et  dix  autres  à coty- 
lédons partiellement  et  plus  ou  moins 
soudés. 

Du  reste,  le  catalogue  de  la  maison  Vil- 
morin dit,  dans  son  supplément  de  1896,  à 
l’égard  de  ce  nouveau  Radis  : « Il  se  dis- 
tingue à la  levée  par  le  développement  énorme 
de  ses  cotylédons,  qui  sont  si  gros  et  si 
charnus  qu’il  est  à première  vue  presque 
impossible  de  les  prendre  pour  ceux  d’un 
Radis.  En  outre,  quand  il  est  presque  bon 
à consommer,  aux  cotylédons  viennent 
s’ajouter  une  ou  deux  feuilles  vert  foncé, 

LES  ADE 

Relies,  grandes  plantes  vivaces  qui  sont 
à nos  régions  alpines  ce  que  le  Cinéraire 
{Senecio  cvuentus)  doit  être  aux  vallons 
ombragés  et  frais  de  l’île  de  Ténériffe  ; ils  y 
constituent  un  élément  vital  et  décoratif  de 
premier  ordre  sur  toutes  les  pentes  humides. 

Les  Alpes  possèdent  les  trois  seules  es- 
pèces connues  et  la  variété  hybride  publiée 
par  de  Candolle.  Toutes  hantent  les  lieux 
frais  et  les  sols  légers,  spongieux  ou  caillou- 
teux de  la  région  alpine  et  sous-alpine  ; 
seul,  VAdenostyles  leucophylla  recherche 
le  soleil. 

Ce  sont  de  grandes  Composées  vivaces, 
herbacées,  aux  feuilles  orbiculaires  plus  ou 
moins  réniformes,  plus  ou  moins  amples  et 
portées  généralement  sur  de  longs  pétioles. 
L’A.  alhifroiis y Reich.,  dont  M.  Ed.  André 
signalait  récemment  la  difficulté  de  culture 
dans  la  Revue,  ^ est  la  plus  grande  espèce 
du  genre.  Ses  feuilles  arrondies,  inéga- 
lement dentelées,  blanchâtres  en  des- 
sous, atteignent  parfois  des  dimensions  con- 
sidérables. Nous  en  avons  mesuré,  sur  les 
pentes  du  jardin  botanique  de  la  Linnæa, 
à Eourg-Saint-Pierre,  où  la  plante  croît  h 
l’état  sauvage,  qui  mesuraient  60  centi- 
mètres de  diamètre.  Les  fleurs  sont  petites, 
purpurines,  en  très-petits  capitules  réunis 
par  masses  en  larges  panicules  au  sommet 
d’une  hampe  simple,  haute  de  1 mètre  à 
1"^  20. 

La  culture  de  cette  belle  plante,  dont  les 
formes  ornementales  sont  appréciées  dans 
les  jardins  alpins  naturels,  est  malheureu- 

’ Revue  horticole,  i807,  p.  147, 


courtes,  entières,  rugueuses  et  plissées,  d’un 
aspect  singulier,  qui  rappelle  plutôt  les  pre- 
mières pousses  d’une  Pomme  de  terre  à 
feuille  d' Ortie  que  des  feuilles  de  Radis.  î> 
De  là  aux  cotylédons  soudés  il  n’y  a qu’un 
pas  à faire  et  cela  se  comprend  facilement, 
car  la  réduction  du  feuillage  est  telle  que  la 
sève,  n’ayant  presque  plus  d’issue  foliaire, 
passe  dans  les  cotylédons  et  leur  fait  acqué- 
rir un  développement  tout  à fait  anormal. 
La  soudure  des  cotylédons  s’observe  parfois, 
dit  le  Gardeners’  Chronicle,  chez  certains 
Delphinium  et  Ombellifères,  mais  nous  ne 
l’avions  pas  encore  observée  d’une  façon 
aussi  parfaite.  Nous  souhaitons  que  ces  in- 
dications puissent  intéresser  nos  lecteurs  et 
être  de  quelque  utilité  aux  physiologistes. 

S.  Mottet. 


sement  difficile.  Il  lui  faut  un  sol  bien 
drainé,  riche  en  humus,  léger,  spongieux, 
un  sous-sol  rocailleux,  non  calcaire  et  le 
plein  nord.  On  la  multiplie  très-aisément 
de  semis,  mais  les  jeunes  plantules  pour- 
rissent facilement. 

L’A.  alpina.  Bluff  et  Fing.,  a une  tige 
moins  élevée  (à  peine  50  centimètres),  des 
feuilles  légèrement  triangulaires  et  entière- 
ment glabres  et  des  fleurs  violacées.  Cette 
espèce  est  aux  Alpes  calcaires  ce  que  l’autre 
est  au  granit  ; elle  s’accommode  donc  fort 
bien  des  sols  contenant  de  la  chaux. 

Quant  à l’A.  leucophylla.  Reich.,  au 
feuillage  et  aux  tiges  blanc  d’argent,  aux 
fleurs  d’un  purpurin  rosé,  en  fortes  pani- 
cules serrées  répandant  un  doux  parfum  de 
vanille,  c’est  l’une  des  plus  jolies  plantes 
des  Alpes  granitiques.  Elle  ne  croît  guère 
qu’entre  les  cailloux  des  pierriers  et 
souvent  en  plein  soleil,  mais  à des  alti- 
tudes où,  même  dans  cette  situation,  elle  est 
pleine  d’humidité.  Elle  aime  les  fentes  d’un 
vieux  mur  de  soutènement  ou  la  niche  pro- 
fonde d’une  rocaille  au  mi-soleil  et  un  sol 
caillouteux. 

L’A.  hybrida,  DG,  se  rencontre  entre 
les  parents,  dans  les  régions  hantées  par  les 
A.  albiflora  et  leucophylla. 

Chose  curieuse  à noter,  tous  les  Adenos- 
tyles  croissent,  à l’état  actuel,  sur  des  ter- 
rains en  pente  et  dans  le  voisinage  ou  au 
pied  des  rochers.  Cela  nous  est  une  preuve 
qu’ils  aiment  un  sol  frais,  mais  craignent 
l’humidilé  stagnante  et  que  leurs  parties 
aériennes  ont  besoin  d’un  air  constamment 
humide»  H.  Gorrevon, 


LE  PLASMODIOPIIORA  BRASSICÆ  OU  HERNIE  DU  CHOU. 


213 


LE  PLASMODIOPHÜRA  BRASSICÆ  OU  HERNIE  DU  CHOU 


C’est  un  Champig’non  dont  le  Plasmo- 
dium se  développe  dans  l’intérieur  des 
cellules  de  plantes  vivantes  et  y produit  de 
profondes  altérations. 

Ce  parasite,  qui  attaque  les  plantes 
de  la  famille  des  Crucifères,  cause  des 
dommages  considérables  à la  culture  du 
Chou. 


La  hernie  du  Chou,  qui  est  une  maladie 
fort  dangereuse,  est  répandue  dans  toute 
l’Europe. 

Cette  maladie  est  caractérisée  par  la  pro- 
duction, sur  les  racines  du  Chou,  d’ex- 
croissances et  de  nodosités  dans  son  pre- 
mier état  de  développement  ; plus  tard  les 
racines  sont  toutes  atteintes,  il  ne  reste  que 


Fig.  69.  — Plasmodiophom  Brassicæ  développé 
sur  une  racine  de  Chou-Fleur. 


Fig.  70.  — Plasmodiophora  Brassicæ  développé 
sur  la  racine  d’un  Chou  bacalan. 


quelques  radicelles  très-grêles  et  longues, 
partant  du  pivot  ou  de  l’extrémité  des 
grosses  racines  charnues.  Bientôt  arrive  le 
dernier  développement  du  cryptogame  ; 
les  racines  du  Chou  sont  toutes  charnues 
et  grosses  comme  les  doigts  (fig.  67  et  70), 
puis  elles  entrent  successivement  en  pour- 
riture. 

Le  Chou,  étant  privé  de  ses  racines  dé- 
truites par  ce  Champignon,  se  penche  sur 
le  sol,  devient  glauque,  blanchâtre  et  se 
dessèche. 

Si  la  maladie  se  déclare  à la  dernière 


saison  (septembre),  on  peut  espérer  encore 
quelques  petites  pommes  de  Chou. 

J’ai  remarqué  que  toutes  les  variétés  de 
Choux  que  je  cultive  sont  également  at- 
teintes ; le  gros  Cahus  et  les  Choux-Fleurs 
en  particulier,  puis  les  variétés  de  Choux 
hâtifs  et  de  Bruxelles, 

J’ai  fait  des  semis  de  ces  Choux  dans  un 
endroit  contaminé,  sans  le  savoir;  il  m’a 
été  impossible  de  me  servir  des  plants. 

Les  Radis  et  les  Navets  sont  également 
atteints  ; les  racines  sont  renflées  de  part  et 
d’autre  ; à la  fm  de  l’automne,  le  Radis 


214 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE  DE  FRANCE. 


rond  rose  est  assez  curieux.  On  dirait  deux 
ou  trois  Radis  enfilés  dans  un  filet  de  ra- 
cine que  l’on  croirait  très-naturel. 

Je  n’ai  jamais  remarqué  de  Plasmodio- 
phora  sur  les  racines  du  Chou-Navet. 

Pour  empêcher  les  ravages  de  ce  para- 
site, il  convient  de  faire  brûler  tous  les 
troncs  de  Choux  atteints  ainsi  que  les 
plants.  Le  sol  infecté  par  cette  maladie  sera 
soumis  à la  loi  de  l’alternance,  c’est-à-dire 
qu’on  ne  devra  plus  y cultiver  de  Cruci- 
fères pendant  l’espace  de  deux  ou  trois 
ans  ; on  y cultivera  des  plantes  d’autres 
familles. 

Des  expériences  faites,  il  y a deux  ans, 


dans  le  département  de  l’Ailier  par 
M.  Seltensperger  établissent  que  l’on  peut 
purger  le  sol  et  y détruire  les  germinations 
de  Plasmodiophora  autour  des  jeunes 
pieds  de  Choux  à l’aide  de  la  chaux  vive. 
Voici  comment  on  opère  : après  ou  pendant 
le  repiquage,  on  dépose  au  pied  de  chaque 
plant  une  sorte  de  petite  cuvette  profonde 
de  6 à 10  centimètres  pratiquée  à cet  effet, 
on  met  une  forte  poignée  de  chaux  vive 
que  l’on  recouvre  de  terre  jusqu’au  niveau 
du  sol. 

Auguste  Oger, 

Chef  de  pratique  horticole 
à l’École  pratique  d’agriculture  do  l’Ailier. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  8 AVRIL  1897 


Floriculture. 

Trois  présentations  intéressantes  : 

1»  Erijsimum  helveticinn,  par  MM.  Cayeux 
et  Leclerc,  Cette  Crucifère  sous-frutescente  est 
rustique  et  se  cultive  aisément  comme  plante 
bisannuelle.  L’inflorescence  se  rapproche  beau- 
coup de  celle  de  la  Giroflée  Ravenelle  des  mu- 
railles, mais  les  fleurs  sont  à la  fois  plus  petites, 
plus  nombreuses  et  d’un  jaune  très-pur.  Cette 
plante  pourra  certainement  rendre  des  services 
pour  la  floraison  printanière  dans  les  jardins  ; 

2o  Amaryllis  vittata  de  semis,  par  M.  Le- 
maire. Plante  de  bonne  venue,  aux  fleurs  mo- 
numentales par  rapport  à l’appareil  végétatif. 
Remarqué  les  coloris  : rouge  sang,  rouge  ver- 
millon, blanc  carné,  blanc  strié  de  rouge  ; 

3°  Réséda  à grande  fleur  amélioré,  par 
M.  Gillard,  horticulteur  à Boulogne-sur-Seine. 
Ce  Réséda  est  le  résultat  d’une  sélection  opé- 
rée dans  le  Réséda  pyramidal.  Mais,  à l’inverse 
de  cette  dernière  variété,  ses  fleurs,  qui  lui 
empruntent  cependant  son  ampleur  et  sa  viva- 
cité de  coloration,  arrivent  à s’épanouir  toutes 
à la  même  hauteur,  formant  ainsi  une  sorte  de 
((  bouquet  fait  ».  L’inflorescence  est  peut-être, 
dans  son  ensemble,  un  peu  plus  courte,  mais 
elle  est  plus  élargie.  On  peut  prédire,  sans 
crainte  de  se  tromper,  que  cette  plante  sera  de 
bonne  vente  sur  les  marchés. 

Orchidées. 

M.  Bleu,  le  semeur  si  connu,  présentait 
plusieurs  hybrides.  D’abord,  un  LæUo-Cattleya 
parisiensis,  qu’il  indique  lui-même  comme 
synonyme  du  Lælio-Cattleya  eximia,  obtenu 
par  MM.  Veitch  et  fils.  Cette  plante  a déjà 
été  primée  en  Angleterre  ; elle  a été  présen- 
tée aussi  par  M.  Linden  sous  le  nom  de  Lælio- 
Cattleya  Vassorei.  Son  labelle,  profondément 
coloré  en  violet  intense  velouté,  et  ses  très- 


amples  sépales  latéraux,  très-consistants,  en 
font  une  plante  de  premier  ordre. 

Ensuite,  un  Cattleya  Gigas  imperialis  en 
fleur,  ce  qui  est  inusité  à cette  époque-ci,  La 
bizarrerie  de  ce  spécimen  est  augmentée  par 
cette  particularité,  que  l’inflorescence  sort,  ici, 
directement  de  la  souche.  Enfin,  trois  variétés 
distinctes  du  Cattleya  Parthenia,  aurea,  spe- 
ciosissima  et  gratissima.  Cette  dernière  porte 
quatre  fleurs. 

Les  autres  présentations  consistaient  en  : 

1»  Dendrobium  Lindleyanum,  qui  fleurit 
rarement  à cette  époque,  avec  une  abondance 
telle  que  celle  qui  a pu  être  constatée,  Cat- 
tleya Schrôderæ,  Cypripedium  villosum  au- 
reum  et  une  série  d'Odontoglossum  Rossi,  par 
MM.  Duval  et  fils  ; 

2o  Cypripedium  villosum  aureum,  plante 
d’un  extraordinaire  développement  et  portant 
douze  fleurs , et  Angræcum  species , par 
M.  Opoix.  Cet  A7igræcum  n’a  pu  être  exacte- 
ment déterminé;  il  a le  feuillage  de  VA.  ci- 
tratum-,  d’aucuns  rapprochent  sa  fleur  de 
celle  de  VA.  miniatum,  et  d’autres,  de  l’A.  Spi- 
cerianum.  Nous  voilà  bien  avancés  ; 

S**  Deux  espèces  botaniques,  par  M.  Le- 
vanchy,  jardinier  de  fEcole  de  médecine. 
L’une  d’elles  semble  devoir  promettre  d’en- 
trer bientôt  dans  l’aréopage  des  espèces  horti- 
coles. Elle  ne  demande  qu’à  être  « lancée  ». 
C’est  le  Notylia  alhida,  introduit  du  Brésil 
par  M.  Glaziou.  Son  inflorescence,  en  épi  de 
fleurs  blanches,  petites  et  nombreuses,  retombe 
gracieusement  comme  celle  d’une  Amarante 
Queue-de-Renard  ; elle  dégage  un  suave  par- 
fum d’ Ananas.  L’autre  espèce  est  du  domaine 
de  la  curiosité  : sur  une  tige  foliacée  qui  res- 
semble au  phyllode  d’un  Cactus,  sont  insérées, 
sans  pédoncule,  de  minuscules  et  incolores 
petites  fleurs  dont  le  labelle,  lorsqu’on  renverse 
la  tige,  se  meut  à la  façon  d’une  mâchoire. 
C’est  un  Megaclinium  d’espèce  indéterminée. 


LES  PLANTES  POUR  CORBEILLES  ET  PLATES-BANDES. 


215 


Arboriculture  fruitière. 

M.  Gongy,  chef  du  potager  de  Ferrières-en- 
Brie,  nous  a montré  de  jolis  exemplaires  de 
Cerisiers  forcés  avec,  à l’appui,  une  collection 
de  Cerises,  de  Guignes  et  de  Bigarreaux  obte- 
nus par  le  forçage. 

Un  gros  pot  représente  un  fort  bel  échan- 
tillon de  la  variété  Frogmore  Early,  forcé  en 
première  saison,  et  couvert  de  bouquets  de 
fruits.  Ses  variétés  présentées  en  fruits  cueillis 
sont  ; Guignes  de  la  Maurie,  Beauté  de  rOhio, 
Précoce  de  Mai,  noire  hâtive  et  Courte-Queue 
d'Oullins  ; Bigarreaux  Early  Rivers,  noir  de 
Buttner,  Frogmore  Early,  Governor  Wood, 
Ramon  Olivia  et  Reverchon  ; Cerise  Knight 
Early. 

Il  est  à remarquer  que  cette  présentation 
comprend  une  variété  de  Bigarreau  noir  de 
Buttner,  alors  que  l’on  ne  connaissait  dans  le 
commerce  que  le  jaune  de  Buttner  qui,  avec 
le  Donnissen  et  la  Guigne  Princesse,  forment 
le  faible  stock  des  fruits  blancs  actuellement 
répandus. 

Arboriculture  d’ornement. 

M.  G.  Boucher  présentait  une  nouvelle  ac- 
quisition pour  le  groupe  des  arbustes  à forcer. 

LES  PLANTES  POUR  CORE 

Chaque  année,  quand  le  printemps  re- 
naît, revient  avec  lui  une  des  plus  grandes 
préoccupations  des  jardiniers  et  de  tout 
ceux  qui  possèdent  des  jardins;  préoccupa- 
tion causée  par  la  garniture  estivale  des 
corbeilles  et  des  plates-bandes. 

De  même  qu’on  ne  pourrait  habiter  un 
appartement  sans  meubles,  on  ne  pourrait 
se  plaire  dans  un  jardin  sans  fleurs.  On 
peut  heureusement  dire  qu’il  n’en  est  pas 
qui  en  soit  totalement  dépourvu  : \e  marais 
du  maraîcher  parisien,  où  chaque  pouce  de 
terre  est  occupé  par  des  cultures  rémunéra- 
trices ; le  modeste  jardinet  du  citadin  et  le 
jardin  de  campagne,  comme  le  parc  du 
millionnaire  ; chacun  d’eux  contient  des 
fleurs,  en  plus  ou  moins  grand  nombre, 
plus  ou  moins  rares,  plus  ou  moins  belles, 
il  est  vrai,  mais  ce  sont  néanmoins  des 
fleurs  qui  satisfont,  non  pas  un  désir,  mais 
bien  un  réel  besoin,  de  nos  jours  surtout. 

Si  nous  ajoutons  à cela  le  besoin,  naturel 
aussi,  d’en  posséder  sans  cesse  de  nou- 
velles, Y à-propos  de  notre  article  deviendra 
bien  vite  évident  et  cela  d’autant  plus  que 
la  saison  de  garnitures  et  plantations  de 
toutes  sortes  est  arrivée. 

Nous  n’avons  pas  l’intention  de  faire  ici 
une  étude  générale  de  toutes  les  considéra- 


II  s’agit  d’un  Deutzia  dont  l’inflorescence  est 
corymbiforme,  et  auquel  on  ne  sait  s’il  faut 
attribuer  la  dénomination  de  1).  corymbosa  ou 
de  D.  2^cirviflora.  A cet  égard,  M.  Maurice  de 
Vilmorin  qui,  dans  une  intéressante  communi- 
cation, a relaté  les  diverses  circonstances  de 
l’importation  de  cette  plante,  n’a  pu  que  cons- 
tater les  divergences  d’appréciation  entre  Y Ar- 
boretum et  Y Index  de  Kew.  Dans  tous  les  cas, 
la  plante  qu’on  nous  a montrée  serait  distincte 
de  celle  qui  a été  répandue  par  MM.  Lemoine 
sous  le  nom  de  D.  parviflora. 

Culture  potagère. 

Aucune  présentation  au  Comité  de  culture 
potagère.  Nos  excellents  collègues  sont  sans 
doute  trop  occupés  à vendre  leurs  primeurs. 
Il  serait  pourtant  intéressant,  à cette  époque- 
ci,  d’étudier  les  meilleurs  types  de  Laitue 
noire  et  de  Romaine  plate. 

Une  rectification  en  terminant.  Dans  notre 
compte  rendu  de  la  précédente  séance,  en  par- 
lant des  présentations  de  M.  de  la  Devansaye, 
nous  avons  rappelé  « la  fameuse  collection 
Morel  ».  C’est  de  la  collection  Morren  qu’il 
s’agissait,  pour  les  Broméliacées  seulement. 

H.  Dauthenay. 

ILLES  ET  PLATES-BANDES 

tions  qui  entrent  en  ligne  de  compte  pour 
le  choix  et  l’emploi  des  fleurs  destinées  à 
l’ornementation  du  jardin,  et  encore  bien 
moins  d’en  donner  une  liste  complète  ; nous 
n’y  parviendrions  pas.  Selon  leur  nature  et 
les  circonstances  culturales,  presque  toutes 
les  plantes  d’ornement  introduites  dans  les 
jardins  peuventètre  utilisées  ; elles  n’y  per- 
sistent du  reste  que  par  suite  de  l’effet 
décoratif  qu’elles  y produisent  ou  de  l’intérêt 
individuel  qu’elles  présentent. 

Néanmoins,  restreignant  nos  remarques 
à l’ornementation  des  corbeilles  et  des  pla- 
tes-bandes spécialement  consacrées  à la  cul- 
ture des  fleurs,  les  lecteurs  ne  nous  sauront 
sans  doute  pas  mauvais  gré  de  leur  mettre 
sous  les  yeux  une  liste  des  plantes  les  plus 
recommandables  et  les  plus  généralement 
employées  pour  cet  usage,  liste  qui  consti- 
tuera pour  eux  une  sorte  de  mémorandum 
dans  lequel  ils  trouveront  sans  doute  quel- 
ques idées  pour  le  choix  des  plantes  qu’ils 
jugeront  à propos  d’employer. 

Ce  sujet  n’est  du  reste  pas  nouveau  dans 
la  Revue  horticole,  chaque  printemps  ra- 
menant la  question  sur  le  tapis.  Elle  a 
donné  à ses  lecteurs,  dans  les  années  précé- 
dentes, de  nombreuses  compositions  de  cor- 
beilles, des  jardins  et  squares  de  Paris  sur- 


216 


LES  PLANTES  POUR  CORREILLES  ET  PLATES-BANDES. 


tout,  dont  beaucoup  étaient  accompagnées 
de  figures  explicatives;  aussi  nous  contente- 
rons-nous, cette  année,  de  prier  nos  lecteurs 
de  s’y  reporter. 

Les  plantes  à corbeilles  sont  excessive- 
ment nombreuses  et  non  moins  variées, 
quant  à leur  mode  d’emploi  et  surtout  à 
leurs  exigences  culturales.  A ce  dernier 
point  de  vue,  on  peut  les  réunir  en  quatre 
groupes  qui  sont  : 

1»  Les  plantes  annuelles. 

2°  Les  plantes  vivaces. 

3°  Les  plantes  bulbeuses. 

4®  Les  plantes  de  serre. 

Leur  multiplication,  leur  éducation  et 
leur  emploi  sont  par  suite  très-différents. 
On  peut  dire  d’une  façon  générale  : 

Les  filantes  annuelles  se  propagent 
par  le  semis,  qu’on  fait  au  printemps, 
en  pépinière  ou  en  pleine  terre,  selon  leur 
nature,  la  saison  ou  la  région.  Elles  fleu- 
rissent au  bout  de  quelques  mois  et  sont 
ainsi  utilisables  l’année  même  du  semis. 
Certaines  plantes  vivaces  sont  traitées 
comme  plantes  annuelles  parce  qu’elles  fleu- 
rissent dès  la  première  année  et  sont,  ou 
diflicilcs  à conserver  pendant  riiiver,  ou  peu 
décoratives  par  la  suite. 

Les  plantes  vivaces  ne  fleurissent  en 
général  qu’à  la  seconde  année  et  l’on  est 
ainsi  obligé  de  les  semer  une  année  pour  les 
voir  fleurir  l’année  suivante.  Le  semis  se 
fait  alors  à la  fin  du  printemps  et  leur  mise 
en  place  a lieu  dès  l’automne  ou  au  prin- 
temps suivant.  La  nécessité  de  renouveler 
chaque  année  les  plantes  des  corbeilles  fait 
qu’on  ne  les  emploie  guère  dans  leur  garni- 
ture, à moins  qu’on  ne  prenne  le  parti 
de  les  détruire  après  leur  première  florai- 
son. Les  plates-bandes  longeant  les  grandes 
allées  constituent  la  meilleure  place.  Les 
plantes  vivaces  ont,  sur  les  précédentes, 
l’avantage  de  leur  durée  souvent  fort  longue, 
et  beaucoup  fournissent  une  ample  mois- 
son de  fleurs  à couper  ; on  les  néglige 
beaucoup  trop  de  nos  jours. 

Les  plantes  bulbeuses  deviennent,  par 
suite  de  leur  aptitude  à supporter,  pendant 
leur  période  de  repos,  le  séjour  plus  ou 
moins  prolongé  hors  terre,  utilisables  à la 
façon  des  plantes  annuelles,  c’est-à-dire 
qu’on  plante  leurs  bulbes  là  où  on  le  désire 
au  début  de  leur  végétation  et  qu’on  les  en 
retire  lorsqu’elle  est  terminée.  Beaucoup 
ne  pourraient,  du  reste,  supporter  la  ri- 
gueur de  nos  hivers,  et  l’on  est  ainsi  obligé 
de  rentrer  les  bulbes  à l’approche  des  gelées, 
pour  les  replanter  au  printemps  ; leur  flo- 


raison s’effectue  alors  dans  le  cours  de 
l’année,  tandis  que  celles  dont  on  plante  les 
bulbes  à l’automne  et  dont  plusieurs  sont 
rustiques,  fleurissent  au  printemps  suivant. 

Les  plantes  de  serre  présentent  de  bien 
plus  grandes  difficultés  culturales  et  d’em- 
ploi que  les  précédentes  ; ce  n’est  que  pen- 
dant les  quelques  beaux  mois  de  l’année 
qu’elles  peuvent  figurer  dans  les  parterres, 
mais,  par  contre,  elles  y brillent  d’un  éclat 
tout  particulier,  et  ce  sont  elles  qu’on  choisit 
de  préférence  pour  effectuer  de  riches  gar- 
nitures. Leur  multiplication  étant  généra- 
lement lente,  difficile  ou  au  moins 
laborieuse,  on  est  obligé  de  prévoir  leur 
emploi  environ  un  an  à l’avance  et  d’opérer 
leur  multiplication  en  temps  opportun, 
afin  de  posséder  la  quantité  nécessaire  de 
sujets  quand  le  moment  de  leur  emploi  est 
venu.  La  plupart  se  propagent  par  le  bou- 
turage, fait  à chaud  ou  à froid,  selon 
l’époque  et  l’espèce. 

Voici  donc  les  premiers  points  à envi- 
sager pour  eflectuer  le  choix  des  fleurs 
qu’on  emploiera  pour  orner  un  jardin.  Si 
l’on  ne  possède  ni  serre  ni  châssis,  il  faut 
naturellement  abandonner  les  plantes  de 
serre,  à moins  qu’on  ne  se  résigne  à les  ache- 
ter chez  un  jardinier  au  moment  de  la 
plantation,  ce  qui  alors  revient  souvent 
trop  cher. 

Chaque  année,  au  moment  même  de  la  gar- 
ni ture  des  corbeilles,  nous  voyons  de  nom- 
breux amateurs  venir  nous  demander  des 
conseils  sur  les  plantes  qu’ils  peuvent  em- 
ployer. Ajoutons  à cela  que  beaucoup  dé- 
sirent des  fleurs  rares,  faisant  beaucoup 
d’effet,  faciles  à cultiver,  durant  longtemps 
et  ((  ne  coûtant  pas  cher  ».  La  question 
est,  vous  en  conviendrez,  fort  embarras- 
sante, sinon  impossible  à résoudre,  car  il 
ne  reste  que  les  plantes  annuelles  et  les 
plantes  bulbeuses  pour  les  satisfaire,  et  les 
unes  et  les  autres  ne  remplissent  pas  par- 
faitement les  conditions  exigées. 

Si  donc  vous  voulez  des  corbeilles  et  des 
plates-bandes  bien  garnies  de  jolies  fleurs 
et  cela  sans  frais  excessifs,  songez-y  à 
l’avance,  déterminez  exactement  celles  que 
vous  emploierez,  en  tenant  compte  du  ma- 
tériel cultural  dont  vous  disposez,  propagez- 
les  en  temps  opportun,  soignez-les,  et,  le 
moment  venu,  vous  n’aurez  plus  qu’à  les 
mettre  en  place. 

Voici  quelques  choix  restreints  des 
plantes  les  plus  belles  et  les  plus  utiles  pour 
l’ornementation  générale  des  corbeilles  et 
des  plates-bandes  : 


LES  PLANTES  POUR  CORBEILLES  ET  PLATES-BANDES. 


217 


Plantes  annuelles  ou  traitées  comme  telles. 


Agératums  divers. 
Balsamine  Gamellia. 

Bluet  des  jardins. 

Capucine  naine. 
Chrysanthème  des  jardins. 

— à carène. 

Clarkias  divers. 

Collinsia  bicolor. 

Coréopsis  élégant. 
Eschscholzia  de  Californie. 
Gaillarde  peinte. 

Giroflée  quarantaine. 
Godétias  divers. 
Immortelle  à bractées. 


Ancolies  diverses. 

Anémone  du  Japon. 

Asters  divers. 

Campanules  diverses. 
Chrysanthèmes  d’automne. 

— des  lacs. 

— tardif. 

Dielytra  spectabilis. 
Doronicum  divers. 

Funkias  divers. 

Giroflée  jaune. 

Gypsophile  paniculé. 
Hellébore  Rose  de  Noël. 
Hémérocalles  diverses. 
Hibiscus  palustris  et  autres. 


Julienne  de  Mahon. 

Lavatère  à grandes  fleurs. 

Lin  rouge. 

Binaires  diverses. 

Lupins  divers. 

Myosotis  divers. 

Némophiles  diverses. 

Nigelles  diverses. 

Œillet  de  Chine. 

Œillets  d’Inde  divers. 

Pavots  divers. 

— Coquelicots. 

Pensées  diverses. 

Pétunias  hybrides. 

Plantes  vivaces. 

Hypericum  calycinum. 
Julienne  des  jardins. 

Lin  vivace. 

Lupin  polyphylle. 

Monardes  diverses. 

Œillet  des  fleuristes. 

— Flou. 

— Mignardise. 

Panicum  virgatum. 

Pavots  vivaces. 

Pentstemons  divers. 

Phlox  vivaces  hybrides. 

Pied  d’alouette  élevé  et  autres. 
Pivoines  herbacées. 


Phlox  deDrummond. 

Pieds  d’Alouette  divers. 
Pourpier  à grandes  fleurs. 
Reines-Marguerites  diverses. 
Scabieuse  à grandes  fleurs. 
Salvia  splendens. 

Seneçon  élégant. 

Soleils  annuels. 

Silène  à bouquets. 

Soucis  doubles. 

Tabac  à fleurs  pourpres. 
Tagetes  signala  pumila. 
Thlaspis  divers. 

Zinnias  doubles,  etc.,  etc. 


Polémoine  bleue. 

Pyrèthre  rose. 

Rudbeckias  divers. 

Saxifrages  divers. 

Scabieuse  du  Caucase. 

Sedum  divers. 

Sidalcea  candida. 

Soleils  vivaces  divers. 

Stachys  lanata. 

Thalictrum  aquilegifoUum. 
Tritomas  divers. 

Valériane  des  jardins. 

Verges  d’or  diverses. 

Véronique  à épis  bleus,  etc.,  etc. 


Plantes  bulbeuses 


A floraison  printanière. 


Allium  Moly. 

Anémone  des  fleuristes. 
Cyclamen  de  Naples. 
Chionodora  Luciliæ. 

Crocus  divers. 

Fritillaire  Couronne  impériale. 
Glaieuls  de  Colville,  etc. 

Iris  d’Allemagne. 

— bulbeux  divers. 


Jacinthes  de  Hollande. 
Muguet  de  mai. 

Narcisses  divers. 
Ornithogales  diverses. 
Perce-neige  divers. 
Renoncules  des  fleuristes. 
Scilles  diverses. 

Tulipes  diverses. 

Triteleia  uniflora. 


A flor.  estivale  ou  automnale. 

Cannas  à feuillage  et  florifères. 
Bégonias  tubér.  hybrides  divers. 
Dahlias  doubles  et  simples. 
Glaïeuls  de  Gand  et  autres. 

Lis  divers. 

Montbretia  crocosmiæftora. 
Schisostylis  coccinea. 

Tigridias  divers. 

Tubéreuse  double,  etc.,  etc. 


Plantes  de  serre 


Ce  groupe,  créé  ici  pour  la  commodité 
des  travaux  pratiques,  se  compose  de  piaules 
les  plus  diverses  quant  à leur  nature  et  leur 
traitement  ; les  unes  étant,  en  effet,  des 
plantes  herbacées,  tandis  que  les  autres 
sont  des  arbustes  ou  même  des  plantes 
grasses  et  exigeant  tantôt  la  serre  chaude 
ou  tempérée,  tantôt  une  simple  serre  froide 
ou  même  des  châssis.  Il  y aurait  lieu  de  les 
grouper  d’après  ces  caractères  et  aptitudes, 
mais  nous  nous  contentoronsi  pour  plus  dê 


simplicité,  de  les  réunir  en  une  seule  liste 
alphabétique  : 

Achyranthes  divers. 

Alternanthera  divers. 

Aralia  papyrifera. 

Bégonias  divers. 

Caladium  esculentum. 

Coleus  (un  petit  nombre  de  variétés). 
Gazania  splendens, 

Fuchsias  divers, 

Qnaphalium  lanatum. 


218 


LES  PLANTES  d’ORNEMENT  AU  CONCOURS  GÉNÉRAL  AGRICOLE  EN  1897. 


Helichrysum  rupestre. 

Cassia  floribunda. 

Chrysanthème  frutescent  (jeunes  sujets). 

Calceolaria  rugosa. 

Erythrina  Crista-galli. 

Eucalyptus  globulus,  et  autres,  en  jeunes 
sujets. 

Héliotropes  divers. 

Lantana  divers. 

Musa  Ensete. 

Pélargoniums  zones,  beaucoup  de  variétés. 
— à feuilles  de  Lierre. 

Plumbago  capensis. 

Solanum  divers. 

Phormium  tenax  et  autres,  etc.,  etc. 

LES  PLANTES 

AU  CONCOURS  GÉNÉR 

Dans  son  précédent  numéro,  la  Revue  hor- 
ticole a dit  quelques  mots  de  l’impression  de 
grandeur  qu’avait  pu  causer  un  coup  d’œil 
d’ensemble  jeté  sur  le  Concours  agricole  de 
1897.  L’époque  à laquelle  cette  grande  fête 
avait  été  organisée  ne  pouvait  qu’être  favorable 
à la  floriculture. 

Après  avoir  traversé  l’immense  galerie  des 
machines,  à laquelle  la  présence  d’une  multi- 
tude d’instruments  donnait  un  regain  d’actua- 
lité, on  tombait  en  arrêt  devant  le  coquet 
octogone  de  verdure  garni  par  l’établissement 
Trulfaut. 

Au  milieu  d’une  pelouse  de  style  l'égulier 
s’élève  un  massif  formé  de  plantes  de  serre, 
où  se  distinguent  surtout  d’élégants  Cocos 
flexuosa,  des  Lilium  Harrisii,  un  Den- 
drobium thyrsiflorum,  des  Cytises,  des  Rho- 
dodendrons, des  Azalées,  etc.  Ce  groupe  est 
surmonté  d’un  magnifique  Latania  borbonica, 
et  flanqué  de  deux  pyramides  d’ Aspa7^agus 
Sprengeri.  La  plate-bande  octogonale  qui 
entoure  la  pelouse  est  toute  scintillante  de 
brillantes  Azalées,  parmi  lesquelles  nous  no- 
tons la  variété  Roi  de  Hollande,  pour  sa  belle 
couleur  d’un  ponceau  sanguin. 

Sur  le  devant  de  cette  plate-bande,  ont  été 
disposées  plusieurs  belles  touffes  dHydrangea 
Otaksa  monstruosa,  qu’on  peut  appeler,  en 
effet,  des  « Hortensias  monstres  ». 

Au  sommet  de  l’escalier  qui  part  de  là,  le 
spectacle  recommence,  ravissant.  Les  lots  des 
exposants  forment  d’élégantes  corbeilles,  dis- 
tancées sur  les  pelouses  d’un  jardin  anglais.  Les 
Orchidées  sont  représentées  par  l’exposition  de 
M.  Dallé.  Son  lot  comporte  surtout  des  plantes 
de  fonds  : Lælia  purpuratu,  Odontoglossum 
Pescatorei,  Lycaste  Skinneri,  Cattleya  ame- 
thystoglossa,  Cymbidium  Lowianum,  Seleni- 
pedium  Dalleanum,  Dendrobium  thyrsiflo- 
rum,  Miltonia  vexillana,  Phalænopsis  Schil- 
leriana,  Angr^cum  sesquipedal^,  etc, 


Pour  compléter  cette  étude  sommaire  des 
plantes  propres  aux  garnitures  florales  tem- 
poraires, il  nous  resterait  encore  à parler 
ici  d’un  autre  groupe  de  végétaux  non  moins 
utiles  à ce  point  de  vue,  c’est-à-dire  des 
plantes  propres  à isoler  et  même  des 
plantes  grimpantes  ; mais  leur  utilisation 
n’entrant  point  dans  la  garniture  des  cor- 
beilles et  plates-bandes  proprement  dites, 
nous  en  ferons  prochainement  l’objet 
d’études  spéciales  ; leur  nombre,  comme  du 
reste  leur  nature  et  leur  mode  d’emploi 
étant  très-divers  et  particuliers. 

S.  Mottet. 


D’ORNEMENT 

i\L  AGRIGOLE  EN  -1897 

M.  G.  Boucher  a une  corbeille  de  Cléma- 
tites, avec  quelques  beaux  spécimens  de  Lilas 
au  centre,  et  une  bordure  de  jeunes  Lilas 
forcés.  Parmi  les  Clématites,  une  variété, 
malheureusement  affublée  d’un  affreux  barba- 
risme^ : orleanensis,  sort  tout  à fait  de  l’ordi- 
naire. Le  diamètre  de  ses  fleurs  est,  ici,  d’en- 
viron 18  centimètres.  Il  serait  de  25  sur  une 
plante  cultivée  en  pleine  terre.  Parmi  les  Lilas, 
nous  notons  les  variétés  Michel  Buchner,  très- 
floribonde,  et  Madame  Lemoine,  double,  à 
très-grande  fleur  et  à thyrse  volumineux,  blanc 
pur.  Ce  massif  est  émaillé  de  quelques  pieds 
dExochorda  grandiflora  et  dE.  Alberti, 
charmants  arbustes  à fleurs  blanches,  que 
l’on  devrait  rencontrer  plus  souvent.  Ces  deux 
espèces  ont  été  décrites  dans  la  Revue  hor- 
ticole 2. 

Si  l’on  songe  que  nous  ne  sommes  qu’en 
avril,  la  corbeille  de  Cannas  de  MM.  Billard  et 
Barré  mérite  une  mention  spéciale.  Ce  genre 
de  plantes,  à floraison  essentiellement  estivale, 
est  représenté  par  une  cinquantaine  de  va- 
riétés, parmi  lesquelles  nous  remarquons  : 
Ami  Jules  Chrétien,  grande  fleur  couleur 
abricot  ; Réveil,  couleur  nankin  ; Constella- 
tion, jaune  entièrement  et  régulièrement  ponc- 
tué de  rouge  ; enfin,  par-dessus  tout,  Souvenir 
de  Madame  Crozy,  dont  la  coloration  et  les 

1 L’appellation  correcte  eût  été  ici  Clematis  au- 
reliana,  et  non  C.  orleanensis.  Lorsqu’un  obten- 
teur baptise  une  nouveauté,  qu’il  lui  donne  un 
nom  français  ou  un  nom  latin,  c’est  son  affaire  ; 
mais  s’il  se  décide  pour  le  nom  latin,  que  ce  ne 
soit  pas  du  latin  de  cuisine.  Seulement  le  C.  au- 
reliana  existe  déjà  ; on  en  connaît  même  une 
variété  superba,  de  sorte  que  si  le  barbarisme  en 
question  n’eùt  pas  été  fait,  on  aurait  eu  deîix 
homonymes.  Il  eût  été  si  simple  de  dire,  par 
exemple,  Triomphe  ou  Gloire  d'Orléans  ! (H.  D.) 

- V.  Revue  horticole,  1891,  p.  409  ; et  1896, 
p.  409, 


LES  PLANTES  D’ORNEMENT  AU  CONCOURS  GÉNÉRAL  AGRICOLE  EN  1897. 


219 


dimensions  florales  sont  tellement  hors  de 
pair,  qu’elles  se  rapprochent  de  la  variété  Ita- 
lia,  placée  à côté.  D’élégants  Streptocarpus 
hybrides  entourent  ce  massif. 

MM.  Lévêque  et  fils  ont  deux  corbeilles  ; 
l’une  est  formée  d’une  collection  de  Rosiers 
nains  greffés,  où  l’on  retrouve  avec  plaisir  des 
variétés  de  fonds  telles  que  : Captain  Christy, 
Paul  Neyron,  La  France,  La  Reine,  Jean 
Liahaud,  etc.  L’autre  corbeille  est  divisée  en 
trois  tranches  : des  Lilas  forcés,  Charles  X et 
Marie  Leguay  ; dès  Pivoines  en  arbre  et  un 
bel  ensemble  de  Rosa  midtiflora  Crimson 
Rambler,  variété  qui  pourra  utilement  servir 
de  tapis  sous  des  Rosiers  tiges,  en  grands 
massifs. 

MM.  Vilmorin-Andrieux  ont  exposé  une 
grande  corbeille  de  Cinéraires  hybrides  de 
toute  beauté.  Les  coloris  s’y  multiplient  et  s’y 
affinent  de  plus  en  plus.  Nous  ne  croyons  pas 
non  plus  leur  avoir  vu  jusqu’à  présent  des 
fleurs  aussi  grandes.  Une  autre  corbeille  de  la 
même  maison  réunit,  côte  à côte,  des  plantes 
vivaces  et  annuelles  à floraison  printanière, 
d’autres  à floraison  estivale,  et  même  des 
plantes  molles  à floraison  tardive.  C’est  ainsi 
que  se  coudoient  VAubrietia  grandiflora,  la 
Capucine  naine  Tom-Pouce  et  le  Salvia  splen- 
dens  Ingénieur  Clavenad.  Le  tout  est  entouré 
d’une  bordure  de  Primula  cortusoides  amæna, 
de  coloi'is  passablement  variés.  Enfin,  le  même 
établissement  expose  sa  collection  d’Ognons  à 
fleurs  en  un  massif  étagé.  Nous  y notons  prin- 
cipalement : le  Cyclamen  de  Perse  Albert  Vic- 
tor, rouge  sombre  velouté,  floribond  ; les  Tu- 
lipes simples  Thomas  Moore,  rouge  mandarine, 
et  Standaart,  blanc  crème  strié  de  carmin  ; 
puis  la  Tulipe  semi-double  à très-large  fleur 
Imperator  rubrorum,  d’un  vermillon  tirant 
au  minium. 

Dans  une  corbeille  de  Rhododendrons  et 
d’ Azalées  de  M.  Moser,  nous  signalerons  sur- 
tout VAzalea  amæna.  Ce  charmant  buisson 
est  couvert  d’une  multitude  de  petites  fleurs 
carmin  d’un  gracieux  effet. 

Dans  un  autre  massif,  de  MM.  Croux  et  fils, 
il  faut  noter  des  Pivoines  d’importation  directe 
du  Japon.  Il  s’y  trouve  des  nuances  qu’on 
n’avait  pas  encore  pu  obtenir  jusqu’à  présent. 
Le  n°  193,  entre  autres,  a la  fleur  en  globe, 
rouge  sur  fond  blanc,  le  rouge  formant 
^ macule  à l’onglet  et  s’étendant  en  stries  sur 
le  limbe,  comme  dans  une  gigantesque  Tulipe 
flamande.  Ce  groupe  est  surmonté  d’un 
Hydrangea  paniculata  en  pleine  floraison, 
' chose  rare  en  cette  saison. 

C’est  dans  l’exposition  de  M.  Defresne  que 
3“  l’on  rencontre  la  plus  considérable  collection 
d’Hortensias.  Les  variétés  de  l’espèce  Hydran- 
gea Hortensia,  DC.,  sont  étiquetées  Hy- 
drangea hortensis.  Cette  dénomination  est  due 
à Smith.  Il  faudrait,  paraît-il,  la  préférer  à la 
première,  bien  qu’elle  n’en  soit  que  le  calem- 
|30ur.  Pref,  il  y en  ici  bleus  foncés  et  de 


bleus  clairs,  de  roses,  de  blancs  et  de  ver- 
dâtres, et  vraiment,  nous  préférons  beaucoup 
ce  mélange  de  nuances  variées  à ces  lots  entiè- 
rement bleus  et  qui  ne  sont  que  le  triomphe  de 
l’ardoise  pilée.  Nous  remarquons  aussi  l’Hor- 
tensia  à bois  rouge,  qui  se  force  bien  plus  faci- 
lement que  les  autres  variétés,  mais  dont  les 
fleurs  tiennent  moins  longtemps.  Ici,  il  est  dé- 
coré de  la  dénomination  : Hydrangea  hor- 
tensis ramis  pictis. 

M.  Delahaye,  18,  quai  de  la  Mégisserie, 
exposait  une  remarquable  collection  d’Ognons 
à fleurs.  Pour  les  Jacinthes,  le  nombre  des 
variétés  était  limité  aux  meilleures,  et  chaque 
coloris  était  représenté  par  un  lot  de  dix  à 
vingt  exemplaires.  Voilà  qui  guide  plus  sûre- 
ment le  choix  des  amateurs.  En  effet,  d’un 
seul  échantillon,  on  ne  peut  pas  toujours  dis- 
cerner ce  que  seront  les  autres.  Nous  avons 
noté  de  préférence  (Jacinthes  simples)  : LaNeige-, 
blanc  pur;  Gloire  des  Pays-Bas,  saumon; 
Czar  Peter,  bleu  porcelaine;  Grand  Maître, 
bleu  violacé  ; Grandiflora,  lilas;  Sir  Henry 
Rarkley,  bleu  de  roi  presque  noir;  Léonidas, 
violet;  Moreno,  rose  incarnat;  Robert  Steiger, 
carmin;  Mon  bijou,  solférino;  Général  Pé- 
lissier, rouge  sang;  Ida,  jaune.  Citons  aussi 
une  belle  série  de  variétés  du  Na?æissus  pseudo- 
Narcissus  et  autres  de  la  section  des  Ajàx. 

Les  plantes  vivaces  de  printemps  étaient  re- 
présentées principalement  par  deux  corbeilles, 
l’une  de  M.  Dingeon,  rue  Tronchet,  l’autre  de 
M.  Dugourd,  de  Fontainebleau.  Dans  la  pre- 
mière, avec  les  Caltha  palustris  à fleurs 
doubles,  le  joli  Phlox  divaricata,  le  Saxifraga 
Huetii,  le  Doronicum  caucasicum,  et  l’Ané- 
mone à fleur  de  Chrysanthème,  on  remarquait 
aussi  un  petit  lot  de  Pensée  cuivrée,  et  un  autre 
de  Pélargonium  zoné  Lucie  Faure  : ombelle 
pauciflore,  fleurs  larges,  rondes,  bien  faites, 
coloris  de  La  Fraîcheur  ou  de  Mistress  Strutt  ; 
feuillage  vert  foncé,  très-zoné.  La  corbeille  de 
M.  Dugourd  était  remarquable  par  sa  large 
bordure  de  Sedum  japonicum  aureum,  par 
ses  Primevères,  ses  Hellébores  et  ses  Trollius 
europæus.  N’oublions  pas  non  plus  les  Muguets 
de  M.  Fortin. 

Le  fond  de  cette  exposition,  si  habilement 
disposée,  était  formé  par  les  grands  massifs 
d’arbustes  d’ornement.  Lilas,  Rhododendrons 
et  Azalées  plaqués  contre  la  cloison  de  la  gale- 
rie, de  MM.  Croux  et  fils,  Moser  et  H.  De- 
fresne. Celui  de  MM.  Croux  comprenait  une 
notable  quantité  d’arbustes  soumis  au  forçage 
ou  tout  au  moins  à une  culture  avancée  : Exo- 
chorda  grandiflora,  Xanthoceras  sorbifolia, 
Amelanchier  canadensis  et  Prunus  sinensis 
alba  ; ce  dernier  se  force  mieux,  paraît-il,  que 
le  P.  triloba.  Dans  le  massif  de  M.  Moser,  on 
remarquait  un  beau  Lauro-cerasus  caucasica 
en  pleine  floraison,  de  beaux  Aucuba  Mose- 
riana  et  un  autre,  aux  feuilles  d’un  jaune 
franc  et  étroitement  marginées  de  vert  foncé  ; 
Aucuba  laticulata  nova  fæmina, 


220 


CORRESPONDANCE. 


Dans  ce  même  lot,  nous  trouvons,  sous  le 
nom  de  Plerostyrax  hispidum,  un  Enkianthus 
japonicus,  Hook.  Cette  plante  appartient  à la 
famille  des  Styracées. 

Enfin,  du  côté  des  légumes  et  des  fruits, 
la  floriculture  était  bornée  par  le  lot  de 
Palmiers  et  de  Gycadées  envoyé  par  M.  Ri- 
vière, directeur  des  jardins  du  Hamma,  à Al- 


ger : Phœnix,  Lafania,  Corypha,  Rhapis, 
Chamærops  et  Cycas  ; ces  derniers  parfaite- 
ment vigoureux. 

En  somme,  la  note  caractéristique  de  la  par- 
ticipation des  fleurs  à cette  exposition  a été 
l’abondance  relative  et  très-intéressante,  d’ail- 
leurs, des  végétaux  soumis  à la  culture  forcée. 

H.  Dâuthenay. 


CORRESPONDANCE 


No  5,i74  (Calvados).  — Votre  rameau  de 
Conifère  appartient  au  Pinus  Fremo^itiana, 
Endl.,  espèce  originaire  de  la  Sierra-Nevada 
de  Californie,  d’où  elle  fut  introduite  en  Eu- 
rope en  1847.  Elle  est  remarquable  par  ses 
feuilles  soudées  en  une  seule,  ce  qui  lui  a fait 
donner  aussi  le  nom  de  P.  monophylla.  On  en 
reçoit  assez  souvent  des  graines  pour  qu’il  soit 
inutile  de  le  greffer,  mais  la  greffe  réussirait 
bien  sur  le  Pin  Pignon  (P.  pinea)  qui  appar- 
tient comme  le  P.  Fremontiana  à la  section 
des  Pins  à deux  feuilles. 

No  3,087  {Alpes-Maritimes) . — Vos  grottes 
seront  très-favorables  à la  culture  de  certaines 
plantes,  surtout  si  vous  les  éclairez  par  le 
haut,  comme  l’avait  fait  M.  le  comte  d’Épré- 
mesnil  au  Golfe  Juan  et  comme  l’a  fait  depuis, 
dans  cette  localité,  M.  Cliabrier,  à la  villa 
Bijou-sur-Mer.  Les  Fougères  viennent  à mer- 
veille dans  ces  conditions. 

Pour  former  votre  collection  de  Palmiers,  les 
horticulteurs  de  la  région  méditerranéenne 
vous  fourniront  d’abord  tout  ce  qu’ils  possèdent 
et  vous  pourrez  ensuite  trouver  des  raretés 
dans  les  collections  de  serre  provenant  des 
régions  tempérées-froides.  Lisez  d’abord  le 
livre  de  M.  Sauvaigo  sur  ce  sujet.  Nous  ne  de- 
mandons pas  mieux  que  de  vous  aider  à former 
la  collection  que  vous  cherchez. 

IjC  Caraguata  cardinalis,  introduit  de  Co- 
lombie par  M.  Ed.  André,  est  une  plante  de 
serre  chaude  qui  ne  résisterait  pas  en  plein 
air  ù Nice.  Ce  que  les  habitants  de  La  Plata 
appellent  Caraguatas  ne  sont  que  des  espèces 
diverses  de  Karatas,  Broméliacées  à longues 
feuilles  épineuses  qui  sont  à peu  près  rustiques 
sur  notre  littoral. 

Nous  allons  dresser  une  liste  des  Bromélia- 
cées et  Orchidées  que  vous  pouvez  essayer  en 
plein  air  avec  succès  et  nous  vous  l’adresserons 
prochainement. 

F.  P.  — \ os  Araucaria  excelsa  ne  repous- 
seront pas  du  pied  si  vous  les  recépez.  Mais 
vous  pouvez  employer  le  moyen  usité  par  les 
horticulteurs  : il  consiste  à couper  la  tête  des 
plantes,  qui  donnent  alors  une  couronne  de 
jeunes  pousses  droites  à rameaux  verticillés, 
que  l’on  bouture  ensuite  en  serre  froide,  sous 
cloche,  en  terre  de  bruyère, 


N®  i682  {Fure\  — Voici  contre  le  puceron 
lanigère  un  nouveau  remède,  recommandé  par 
M.  Bougon  du  Castel,  et  que  vous  pourriez 
essayer. 


Colle  de  poisson 20  grammes. 

Sous-carbonate  de  soude  . 100  — 

Acide  phénique  pur.  ...  20  — 

Eau  tiède 1 — 


Badigeonner  avec  cette  composition  le  bois 
des  arbres  avec  un  linge  pour  les  parties  qu’il 
est  facile  d’atteindre,  et  avec  un  pinceau  pour 
les  anfractuosités,  les  angles  d’insertion  des 
branches  et  les  plaies. 


CATALOGUES  REÇUS 

Jean  Beurrier,  807,  avenue  des  Ponts,  Mon- 
plaisir,  Lyon.  — Œillets  remontants  lyonnais; 
Pélargoniums  à grandes  fleurs.  Cannas,  Bégonias 
bulbeux,  Phlox,  etc.  Plantes  pour  massifs. 

E.  Cappe  et  fils,  au  Vésinet  (Seine-et-Oise). 
Bégonias  inédits  pour  1897.  Plantes  de  serre 
chaude  et  tempérée.  Orchidées,  Crotons,  Cannas, 
Dahlias,  Chrysanthèmes  à grande  fleur. 

Charles  Simon,  42,  rue  des  Épinettes,  à Saint- 
üuen  (Seine).  — Cactées.  Euphorbiacées.  Alve, 
Agave  et  plantes  grasses  diverses.  Nouveautés  an- 
glaises de  Phyllocactus.  Plantes  grasses  nouvelles 
'diverses. 

Letellier  et  fils,  à Caen  (Calvados).  — Groseil- 
liers à maquereau  sans  épine;  Fraisier  Louis 
Gauthier. 

Lévêque  et  fils,  69,  rue  du  Liégat,  à Ivry-sur- 
Seine.  — Catalogue  spécial  de  Rosiers.  Choix  de 
Rosiers  groupés  par  coloris.  Engrais  pour  Rosiers. 

F.  Morel  et  fils,  33,  rue  du  Souvenir,  à Lyon- 
Vaise.  — Arbres  fruitiers  et  d’ornement.  Arbustes 
et  plantes  grimpantes.  Conifères,  Rosiers,  Pivoines, 
Magnolias,  Plantes  vivaces. 

Rozain-Boucharlat,  à Cuire-lès-Lyon.  — Pélar- 
goniums nouveaux.  Pélargoniums  à grande  fleur, 
zonés,  et  à feuille  de  Lieire.  Fuchsias,  Dahlias, 
Lantanas,  Héliotropes.  Hibiscus,  Abutilons,  Pents- 
temons.  Chrysanthèmes  nouveaux  pour  1897. 

E.  Schmitt,  à Lyon.  — Liste  spéciale  de  plantes 
pour  garnitures  de  massifs. 

Treyve-Marie,  à Moulins  (Allier).  — Plantes 
pour  massifs,  classées  par  série  4e  prix  au  cent; 
plaintes  diverses, 


Orléans.  lmp.  G.  Jattb)  Paul  Ptgelet,  successeur. 


Le  Direùteur-Oirant  i L.  Dâurguiffno& 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


221 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Le  Mérite  agricole.  — Les  Halles  centrales  de  Paris  : règlement  d’administration  publique.  — Société 
française  de  viticulture  et  d’ampélographie.  — Nomination  de  jardiniers-chefs  à Fontainebleau  et  à 
Trianon.  — Le  successeur  de  M.  Verlot  aux  cultures  expérimentales  de  Verrières.  — Nomination  au 
jardin  botanique  de  Saint-Pétersbourg.  — La  médaille  de  Robert  Hogg  pour  fruits.  — A quelle 
époque  est  la  lune  rousse  ? — Les  fruits  véreux.  — Canna  Burbanck.  — Ouvrages  reçus.  — 
Expositions  annoncées.  — Clemalis  « Orleaneyxsis  ».  — A propos  du  Florilegium  Harlemense. 


Mérite  agricole.  — Parmi  les  nomina- 
tions au  grade  de  chevalier  du  Mérite  agri- 
cole faites  à l’occasion  du  dernier  voyage  du 
Président  de  la  République,  nous  relevons 
les  suivantes  qui  intéressent  l’horticulture  : 

MM. 

Benon  (François),  chef  ouvrier  jardinier  de 
l’hôpital  maritime  de  Rochefort  (Charente- 
Inférieure)  ; 25  ans  de  services. 

Guichard  (Henri),  horticulteur  à Nantes  (Loire- 
Inférieure)  : président  de  la  Société  des 
horticulteurs  de  Nantes.  Nombreuses  ré- 
compenses, dont  un  grand  diplôme  d’hon- 
neur ; plus  de  20  ans  de  pratique  horticole. 
Guichard  (François-Pierre,  horticulteur  à Save- 
nay  (Loire-Inférieure)  : nombreuses  récom- 
penses, dont  5 diplômes  d’honneur;  26  ans 
de  pratique  horticole. 

Pommier  (Hippolyte),  pépiniériste  à Niort 
(Deux-Sèvres)  : membre  du  jury  dans  divers 
concours.  Nombreuses  et  hautes  récom- 
penses; plus  de  20  ans  de  pratique  horticole. 

Les  Halles  centrales  de  Paris.  — 

Règlement  d'administration.  — On  sait 
qu’une  loi  nouvelle  réglementant  la  vente 
des  produits  aux  Halles  centrales  de  Paris  a 
I été  promulguée  il  y a près  d’un  an  ; nous 
i en  avons  donné  alors  l’économie  générale  L 
Le  Journal  offîeiel  vient  de  publier  le 
j règlement  d’administration  publique  relatif 
à l’exécution  de  cette  loi.  Il  comprend 
63  articles  divisés  en  9 titres  traitant  : 

lo  Des  pavillons  affectés  aux  ventes  en  gros 
• et  demi-gros  ; 

, 2“  De  l’admission  des  mandataires  ; 

I .'  3®  De  leur  cautionnement  ; 

2*>  De  la  répartition  et  de  l’attribution  des 
emplacements  ; 

5»  Des  devoirs  des  mandataires,  de  la  rému- 
'I  nération  et  des  frais  tarifés  : 

I 6»  Du  contrôle  administratif  ; 

7o  Des  agents  de  la  préfecture  de  la  Seine  et 
! de  la  préfecture  de  police  ; 
j 8°  Du  carreau  forain  ; 

90  Des  dispositions  générales. 

* Voir  Revue  horticole ^ 1896,  p.  400. 

16  Mai  1897 


La  loi  du  11  juin  1896  et  le  règlement 
d’administration  publique  du  23  avril  1897 
paraissent  devoir  donner  toute  sécurité  aux 
producteurs  qui  expédient  leurs  denrées  aux 
Halles.  Les  mandataires  sont  responsables 
des  marchandises  qui  leur  sont  envoyées 
et  sont  tenus,  saut  convention  contraire, 
d’adresser  aux  expéditeurs  le  montant  de  la 
vente  le  jour  même  ou  le  lendemain  au  plus 
tard.  Le  préfet  de  police  fait  afficher  chaque 
jour,  après  la  clôture  des  ventes,  le  cours 
atteint  par  chacune  des  espèces  de  denrées, 
en  tenant  compte  de  leur  provenance. 

Les  ventes  en  gros  et  en  demi-gros  ne 
peuvent  être  opérées  que  dans  les  pavillons 
spécialement  affectés  à ces  ventes. 

Le  carreau  forain  est  réservé  aux  cultiva- 
teurs qui  y amènent  leurs  produits  et  aux 
approvisionneurs  des  Halles  vendant  des 
denrées  dont  ils  sont  propriétaires  ou  qu’ils 
ont  achetées  en  dehors  du  périmètre  des 
Halles  ; mais  la  vente  au  regrat  est  inter- 
dite, c’est-à-dire  qu’il  est  défendu  de  re- 
veiiilre,  marché  tenant,  des  marchandises 
qui  auraient  été  achetées  dans  le  périmètre 
des  Halles. 

Société  française  de  viticulture  et 
d’ampélographie.  — La  Société  française 
de  viticulture  et  d’ampélographie  a tenu  en 
avril  son  assemblée  générale,  dans  l’hôtel 
de  la  Société  d’encouragement  pour  l’in- 
dustrie nationale,  sous  la  présidence  de 
M.  de  Verninac,  sénateur,  son  président. 
MM.  Sahut,  Maxime  Cornu  et  Georges 
Gouanon,  secrétaire  général,  avaient  pris 
place  au  bureau. 

Un  grand  nombre  de  viticulteurs  assis- 
taientàcetteréunion, notamment  MM.  Mouil- 
lefert,  Couderc,  Rattanchon,  Maldant,  Vi- 
mont,  Prosper  Gervais,  Nanot,  Franc, 
Salomon,  etc. 

M.  le  président  a ouvert  la  séance  par  un 
discours  rappelant  le  but  de  la  Société,  qui 
est  de  s’occuper  des  intérêts  professionnels 
de  la  viticulture  nationale  et  d’étudier  les 
cépages. 

10 


222 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


M.  Gouanon  a présenté  ensuite,  dans  son 
rapport,  la  situation  de  la  Société.  Sortie 
du  congrès  de  Bordeaux,  en  1895,  avec 
92  membres,  elle  en  compte  actuellement 
près  de  600.  — En  1896,  elle  a organisé 
les  congrès  et  concours  de  Chalon-sur- 
Saône,  qui  ont  eu  le  plus  grand  succès  ; elle 
a participé  aux  expositions  de  Raisins  de 
Montpellier,  de  Bazas  et  de  Blois. 

Après  cette  communication,  l’assemblée 
a décidé  de  tenir  son  congrès  annuel  fin 
septembre  prochain  à Toulouse. 

Parmi  les  résolutions  adoptées,  signalons 
le  vœu  que  les  cépages  de  toute  provenance 
puissent  être  présentés  librement  à l’Expo- 
sition universelle  de  1900. 

La  séance  s’est  terminée  par  l’élection  du 
bureau.  L’ancien  bureau  a été  réélu  avec 
l’adjonction  d’un  quatrième  vice-président. 

Le  bureau,  pour  l’année  1897-1898  est 
ainsi  composé  : 

Président,  M.  de  Verninac; 

Vice-présidents  : MM.  Maxime  Cornu, 

Etienne  Salomon,  Prosper  Gervais,  Daniel 
Bethmont  ; 

Secrétaire  général  : M.  Georges  Gouanon  ; 

Secrétaire  général  adjoint  : M.  Charles  De- 
loncle; 

Secrétaires:  MM. Marsais, Rousseaux,  Barba; 

Trésorier  : M.  de  Martel. 

Nominations  de  jardiniers-chefs  à 
Fontainebleau  et  à Trianon.  — Au  palais 
de  Fontainebleau,  le  nouveau  jardinier  en 
chef  est  M.  Edouard  Gauthier,  qui  était 
jardinier-chef  à Trianon.  Là,  il  est  remplacé 
par  M.  Louis  Thouvenin,  qui  était  premier 
jardinier  à l’orangerie  de  Versailles,  sous 
la  direction  de  M.  Georges  Bellair,  notre 
collaborateur. 

Le  successeur  de  M.  Verlot  aux  cul- 
tures expérimentales  de  Verrières.  — 

Nous  sommes  heureux  d’annoncer  à nos 
lecteurs  que  le  successeur  de  M.  B.  Verlot 
à la  direction  des  cultures  expérimentales 
de  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  G‘%  à Ver- 
rières-le-Buisson,  est  M.  S.  Mottet,  auteur 
de  nombreux  ouvrages  horticoles  et  l’un  de 
nos  actifs  collaborateurs.  Nous  sommes 
persuadé  que,  dans  ce  poste,  M.  Mottet 
trouvera  un  nouveau  et  vaste  champ  à ses 
investigations  et  à ses  études,  dont  les 
lecteurs  de  la  Revue  hoy'ticole  seront 
toujours  heureux  de  profiter. 

Nomination  au  Jardin  botanique  de 
Saint  - Pétersbourq . — M . Fischer 


de  Waldheim,  qui  fut  délégué  du  gouver- 
nement russe  à l’Exposition  internationale 
d’horticulture  de  1895,  à Paris,  a été  nommé 
directeur  du  Jardin  botanique  de  Saint- 
Pétersbourg.  M.  de  Waldheim,  qui  remplace 
M.  Bataline,  décédé,  était  directeur  du 
Jardin  botanique  de  Varsovie. 

La  médaille  de  Robert  Hogg  pour  fruits. 

— A l’instar  de  la  médaille  commémora- 
tive de  Veitch,  qui  a pour  but  de  récom- 
penser les  services  éminents  rendus  à l’hor- 
ticulture, et  qui  a été  attribuée  cette  année 
à notre  éminent  collaborateur,  M.  Charles 
Naudin,  le  Gardeners*  Chronicle  a pro- 
posé d’instituer  une  « Robert  Hogg  fruit 
medal  »,  qui  serait  décernée  chaque  année 
au  plus  beau  lot  de  fruits  exposé.  On  ne 
saurait  trop  approuver  cette  excellente  ma- 
nière de  perpétuer  la  mémoire  d’hommes 
qui  ont  incontestablement  honoré  l’horti- 
culture par  leurs  travaux. 

A quelle  époque  est  la  « lune  rousse  » ? 

— Le  nombre  est  très-grand  de  personnes 
qui,  au  printemps,  demandent  à tous  les 
jardiniers  qu’elles  rencontrent  « quand 
tombe  exactement  la  lune  rousse  » ? 

Naturellement,  plus  les  jardiniers  sont 
éclairés,  moins  bien  ils  répondent,  car  on 
commence,  en  horticulture,  à reléguer  la 
lune  dite  rousse  au  vieil  arsenal  des  erreurs 
et  préjugés. 

Certains  cultivateurs  soutiennent  que  la 
lune  « rousse  » est  celle  qui  suit  la  lune  où 
est  Pâques.  D’autres,  au  contraire,  pré- 
tendent que  c’est  précisément  la  lune  de 
Pâques.  La  plupart  des  dictionnaires  disent 
que  la  lune  rousse  est  celle  qui  commence 
en  avril.  C’est  ainsi,  en  effet,  que  la  ques- 
tion doit  être  résolue.  Ainsi  donc,  lorsque 
la  lune  de  Pâques  est  placée  assez  tôt  pour 
que  le  commencement  de  celle  qui  la  suit 
se  trouve  en  avril,  c’est  bien  cette  dernière 
qui  est  la  lune  « rousse  ».  Mais  si  la  lune 
de  Pâques  commence  elle-même  en  avril, 
comme  cela  a eu  lieu  cette  année,  c’est  à 
elle,  dans  ce  cas,  que  revient  cette  qualifi- 
cation injurieuse.  Elle  ne  s’en  porte  pas 
plus  mal,  d’ailleurs. 

Cette  année,  la  lune  « rousse  » a com- 
mencé le  2 avril,  à 4 h.  33  du  matin,  et  a 
fini  le  30  avril,  à 8 h.  56  du  soir. 

Les  fruits  véreux.  — M.  Charles  Mohr, 
chimiste  à Liège  (Belgique),  indique  dans 
le  Journal  de  la  Société  agricole  de  Bra- 
bant un  moyen  simple  d’empêcher  les 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


223 


fruits  à pépins,  Pommes  et  Poires,  de  de- 
venir véreux  : 

L’insecte  ailé  de  la  Carpocapsa  pomonana 
dépose  un  œuf  dans  la  rosette  du  fruit  peu  de 
temps  après  la  floraison,  quand  le  fruit  est  à 
peine  noué.  Cet  œuf  ne  tarde  pas  à éclore,  et 
la  petite  chenille  qui  en  sort  perce  un  trou  pour 
pénétrer  jusqu’au  cœur  du  fruit,  qui  n’en  conti- 
nue pas  moins  à grossir.  Or,  tout  fruit  piqué  est 
facilement  reconnaissable  déjà  un  mois  après 
la  floraison.  Tant  que  le  ver  séjourne  encore 
dans  le  creux  où  l’œuf  a été  déposé,  il  est  facile 
de  le  détruire  par  l’aspersion  avec  un  bon  in- 
secticide. Je  me  sers  pour  les  petites  formes  du 
jardin,  pyramides,  espalier,  etc.,  d’un  vapori- 
sateur et  d’un  liquide  insecticide  fait  par  moi, 
dilué  avec  dix  fois  autant  d’eau. 

Gomme  il  ne  faut  qu’une  goutte  de  ce  liquide 
injecté  dans  le  creux  pour  tuer  le  ver,  ce 
procédé  n’est  pas  dispendieux.  Il  suffira  de 
passer  la  revue  des  arbres  de  temps  en  temps 
aux  mois  d’avril  et  mai,  et  de  traiter  de  la 
sorte  les  fruits  suspects. 

La  condition  essentielle  de  réussite  repose 
dans  l’emploi  de  l’insecticide  fait  en  temps  pro- 
pice. Si  on  tarde  à agir,  le  ver  cheminera  vers 
l’intérieur  et,  dans  ce  cas,  toute  peine  devien- 
dra inutile. 

En  ce  qui  concerne  le  traitement  des  arbres 
de  haute  tige  du  verger,  le  travail  deviendra 
forcément  un  peu  plus  coûteux,  car  il  faut  se 
servir  d’un  pulvérisateur  portatif  à dos,  et  puis 
il  faut  aussi  un  peu  plus  de  liquide  que  pour 
les  petites  formes. 

Néanmoins  l’opération  sera  encore  rémuné- 
ratrice. Il  est  inutile  d’asperger  tout  l’arbre  ; 
il  suffira  d’atteindre  les  branches  inférieures. 
Les  fruits  attachés  à ces  branches  sont  seuls 
envahis  par  les  vers,  tandis  que  les  branches 
supérieures  n’ont  généralement  pas  de  fruits 
piqués. 

Pour  cette  opération,  je  me  sers,  comme  in- 
secticide, d’une  solution  de  sulfure  de  calcium 
glycériné,  dilué  avec  dix  fois  autant  d’eau. 
C’est  cette  préparation  chimique  seule  qui 
n’occasionne  pas  de  brûlures  aux  feuilles,  tout 
en  tuant  le  ver. 

Les  pulvérisateurs  en  cuivre,  dont  on  se  sert 
pour  l’emploi  de  la  bouillie  bordelaise,  ne 
peuvent  être  utilisés  pour  cette  solution  de 
sulfure,  car  le  cuivre  s’allie  au  soufre  et  déna- 
ture l’insecticide.  Je  me  sers  d’un  récipient  en 
tôle  émaillée  à l’intérieur,  propre  pour  toutes 
sortes  de  liquides.  Une  petite  chenille  apparte- 
nant aux  tortricides,  qui  enroule  les  feuilles  et 
attaque  les  bourgeons,  est  détruite  par  ce 
même  traitement,  puisqu’elle  vient  à la  même 
époque. 

La  solution  de  sulfure  de  calcium  gly- 
cériné proposée  comme  insecticide  par 
M.  Charles  Mohr  est  préparée  par  la  maison 
Georg  Zimmer,  à Mannheim  (Allemagne) . 


Canna  Burbank.  — La  Revue  horticole 
a annoncé  en  1895  ^ l’apparition  des  pre- 
miers Cannas  dérivés  du  C.  flaccida.  En 
1896,  nous  avons  traité  de  ces  nouveau- 
tés avec  les  détails  que  comportait  leur  in- 
contestable valeur,  et,  en  particulier,  du 
C.  Italia,  obtenu  par  MM.  Damman  et  C‘®, 
de  San  Giovanni  à Teduccio,  près  de  Na- 
ples Aujourd’hui,  la  Môller'’s  Gartner 
Zeitung  signale  l’introduction  en  Alle- 
magne d’un  nouveau  Canna  de  cette  caté- 
gorie, le  Canna  Burhank,  fort  prisé  en 
Amérique.  Cette  nouveauté,  mise  au  com- 
merce par  M.  J.-C.  Vaughan,  de  Chicago, 
provient  d’un  croisement  entre  la  variété 
Madame  Crozy  et  le  C.  flaccida.,  indigène 
du  sud  de  la  Caroline  et  de  la  Floride.  Les 
fleurs  en  mesureraient  environ  16  centi- 
mètres de  diamètre,  et  l’on  en  compterait 
parfois  jusqu’à  dix  ouvertes  sur  le  même 
épi.  Leur  couleur  est  jaune  canari  mou- 
cheté de  rouge  vers  l’onglet.  Le  feuillage 
est  vert  clair,  et  la  croissance  plus  rapide 
que  celle  de  Madame  Crozy. 

Le  défaut  que  présente  cet  hybride  améri- 
cain, analogue  aux  CannasJ/ta?êa  eiAustria, 
est  le  même  qu’on  a peut-être  trop  promp- 
tement reproché  à ces  derniers.  Les  fleurs 
se  faneraient  trop  rapidement.  Mais  c’est  là 
un  inconvénient  susceptible  de  disparaître 
à la  longue,  par  une  sélection  bien  conduite 
et  des  croisements  bien  entendus.  Y a-t-il 
d’ailleurs  beaucoup  d’hybrides  qui  soient 
entrés  de  plain  pied  dans  la  catégorie  des 
plantes  d’ornement  sans  trahir,  pendant 
quelque  temps,  des  imperfections  ataviques? 

Quoi  qu’il  en  soit,  le  fait  de  l’apparition 
simultanée,  en  Amérique  et  en  Italie,  d’hy- 
brides analogues,  dans  le  genre  Canna, 
mérite  d’être  signalée.  C’est  là  une  conco- 
mitance comme  il  s’en  produit  quelquefois 
dans  différents  autres  genres. 

OUVRAGES  REÇUS 

Dictionnaire  historique  et  artistique  de 
la  Rose,  par  Albert  Belmont.  — Un  volume 
de  208  pages,  prix  : 2 fr.  — Chez  E.  Drosne, 
24,  rue  Bancel,  à Melun.  — Dans  sa  courte 
mais  bonne  préface,  l’auteur  dit  modestement 
n’avoir  pas  prétendu  faire  une  œuvre  littéraire. 
Cependant,  il  a consigné  dans  cet  intéressant 
travail,  et  avec  une  patience  digne  d’éloges, 
toutes  des  particularités  historiques,  les  tradi- 
tions, contes,  légendes,  qu’il  a pu  recueillir 
concernant  la  Rose,  ses  origines,  ses  pro- 
priétés, son  rôle  dans  la  vie  publique  et  privée, 

* Voir  Revue  horticole,  1895,  p.  510. 

- Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  84. 


224 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


qui  se  rattache  à l’art  du  jardinage  et  de  l’hor-  5 
ticulture,  produits  et  instruments.  S, 

Cette  Exposition  aura  lieu  les  22,  23,  24,  î 
25,  26  et  27  mai  ; elle  est  spéciale  aux  dépar- 
tements  de  Maine-et-Loire,  Sarthe,  Mayenne,  ( 
Ille-et-Vilaine,  Loire-Inférieure,  Vendée,  Deux- 
Sèvres,  Vienne  et  Indre-et-Loire.  5 

Epernay,  du  26  au  30  juin.  — Une  Expo-  * 
sition  de  plantes  grimpantes  et  rampantes  f 
(arbres  et  arbustes  de  pleine  terre,  plantes  de  C 
serre,  plantes  vivaces  et  annuelles),  les  i 
Fuchsias,  les  Géraniums  et  les  légumes  (tous  ^ 
légumes  compris),  sera  tenue  à Épernay  du  } 
26  au  30  juin  1897. 

Le  programme  comprend  sept  divisions  : 

Arbres  et  arbustes  de  pleine  terre.  Plantes  T' 
de  serre.  Plantes  annuelles.  Plantes  vivaces,  r 
Plantes  tleuries.  Légumes.  Treillages. 

Adresser  les  demandes  pour  exposer,  avant 
le  1er  juin,  à M.  le  secrétaire  général  de  la  So-  v 
ciété  d’horticulture  et  de  viticulture  d’Épernay. 

Clematis  « Orleanensis  » . — Dans  ; 
son  compte  rendu  sur  la  participation  de  ^ 
l’horticulture  au  Concours  général  agri-  ^ 
cole,  notre  collaborateur,  M.  Dauthenay,  a v 
critiqué  à juste  titre  la  manie  de  latiniser 
tant  bien  que  mal  les  dénominations  de  ’ 
variétés.  C’était  à l’occasion  d’une  Cléma-  ^ 
tite,  très-belle  d’ailleurs,  exposée  par  M.  G. 
Boucher,  et  dénommée  Orleanensis. 

M.  G.  Boucher  nous  écrit  qu’il  a trouvé 
cette  plante,  déjà  nommée,  chez  un  pépi-  ' ; 
niériste  d’Angers.  Ce  pépiniériste  se  l’était  „ 
procurée  lui-même  à Orléans,  toujours  sous 
le  même  vocable.  La  variété  en  question  est  . 
une  amélioration  évidente  et  bien  fixée  du 
Clematis  aureliana  superha,  ou  de  la  Clé- 
matite Eugène  Delattre. 

M.  G.  Boucher  nous  fait  remarquer  qu’il  tl' 
n’est  pour  rien  dans  la  dénomination  criti- 
quée.  Il  ajoute  qu’il  est  lui-même  l’adver- 
saire déclaré  des  latinisations  inutiles,  et,  à : 
plus  forte  raison,  des  barbarismes.  Mais, 
dans  l’espèce,  il  lui  était  impossible  de 
débaptiser  la  plante,  sans  s’arroger  un  droit 
qu’il  n’avait  pas. 


les  cérémonies  du  culte,  la  décoration.  Pour 
ne  citer  qu’un  exemple  typique,  on  peut  lire, 
au  mot  PROVERBES,  une  kyrielle  des  dictons  et 
proverbes  qui  concernent  la  Rose.  Il  n’y  en  a 
pas  moins  de  quarante- cinq,  et  nous  avons 
même  quelque  idée  que  tout  n’y  est  pas, 
puisque  la  jolie  expression  : Viv7'e  ce  que 
vivent  les  Roses  ! n’y  figure  pas.  C’est  vrai- 
ment un  livre  de  littérature  horticole  que 
l’auteur  nous  a donné. 

La  culture  des  Chrysanthèmes  'à  grande 
fleur  et  à taille  basse,  par  MM.  J.  Ghabanne 
et  A.  Choulet,  2«  édition,  chez  MM.  Rivoire 
père  et  fils,  16,  rue  d’Algérie,  à Lyon. 

Cet  ouvrage  est  très-apprécié  des  amateurs 
de  Chrysanthèmes.  Son  grand  mérite  est 
d’avoir  mis  au  point  les  plus  récents  perfec- 
tionnements apportés  dans  la  culture  de  cette 
belle  spécialité. 

Les  erreurs  et  les  préjugés  dans  l’an- 
cienne horticulture,  par  G.  Gibault.  — 
Extrait  du  Journal  de  la  Société  d'horticul- 
ture de  France,  brochure  in-80  de  24  pages. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Dijon,  du  il  au  2i  novembre.  — La  So- 
ciété d’horticulture  et  de  viticulture  de  la 
Côte-d’Or  ouvrira,  du  17  au  21  novembre,  une 
Exposition  générale  de  Chrysanthèmes,  Cycla- 
mens et  Œillets.  Les  exposants  seront  divisés 
en  deux  classes  concourant  séparément  : hor- 
ticulteurs et  amateurs  et  jardiniers  d’ama- 
teurs. 

Les  personnes  qui  voudront  prendre  part  à 
cette  Exposition  devront  en  adresser  la  de- 
mande, avant  le  5 novembre  1897,  à M.  A.  Pin- 
geon,  secrétaire  de  la  Société  d’horticulture  et 
viticulture,  cour  des  Pompes,  Hôtel  de 
Ville. 

Melun,  du  3 au  7 septembre.  — La  So- 
ciété horticole  et  botanique  de  l’arrondis- 
sement de  Melun  tiendra,  à Melun,  du  3 au 
7 septembre  1897  inclusivement,  une  Exposi- 
tion générale  d’horticulture,  comprenant  : lé- 
gumes, fruits,  arbres  et  arbustes  fruitiers  et 
d’ornement,  fleurs,  plantes  diverses,  ensei- 
gnement horticole,  sylviculture,  apiculture, 
arts  et  industries  se  rattachant  à l’horticul- 
ture. 

Adresser  les  demandes  pour  exposer,  avant 
le  15  août,  délai  de  rigueur,  à M.  Deiss,  se- 
crétaire général,  19,  pré  Chamblain,  à Melun. 

Saumur,  du  22  au  27  mai.  — Le  Comice 
agricole  de  l’arrondissement  de  Saumur  a dé- 
cidé l’organisation  dans  cette  ville  d’une  Expo- 
sition régionale  d’horticulture  et  de  tout  ce 

* La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  ^6,  rue  Jacob, 

Pari». 


A propos  du  Florilegium  Harlemense. 

— MM.  Krelage  et  fils  que,  dans  notre  der- 
nière chronique,  nous  avions  indiqués 
comme  éditeurs  du  Florilegium  Harlemense 
nous  prient  de  rectifier  cette  erreur.  Cet 
ouvrage  est  édité  par  la  librairie  Héritiers 
Loosjes,  à Haarlem,  sous  les  auspices  de  la 
Société  royale  de  bulbiculture  qui  examine 
et  approuve  chaque  planche  avant  la  publi- 
cation. 


Ed.  André. 


TRAITEMENT  DES  BRANCHES  FRUITIÈRES  DU  POIRIER. 


22S 


TRAITEMENT  DES  BRANCHES  FRUITIÈRES  DU  POIRIER 


L’étude  qu’on  va  lire  est  une  leçon  de 
M.  Hardy  telle  que  je  la  pris,  il  y a environ 
dix-huit  ans,  à son  cours  de  l’École  nationale 
d’horticulture.  Je  la  publie  pour  deux  raisons: 
d’abord  parce  que  je  la  crois  inédite  (elle  dif- 
fère du  moins  de  celle  publiée  dans  le  livre  du 


maître  ^),  ensuite  à titre  d’hommage  au  sou- 
venir de  M.  Hardy,  parce  que  cette  étude  me 
semble  mettre  tout  particulièrement  en  relief 
le  jugement  et  l’esprit  d’observation  du  pro- 
fesseur. 

Georges  Bellair. 


UNE  LEÇON  DE  M.  A.-F.  HARDY 


Dès  la  seconde  année  de  la  taille  d’un 
Poirier,  vous  devez  vous  occuper  de  l’obten- 
tion et  de  la  formation  de  ses  branches 
fruitières  ou  coursonnes. 


Emplacement  des  branches  fruitières. 

Avec  les  arbres  à forme  libre  et  sur  les 
contre-espaliers,  les  coursonnes  se  prennent 
partout,  sur  toute  l’étendue  et  toutes  les 
faces  des  branches  de  charpente.  Cepen- 
dant, avec  les  contre-espaliers,  cela  peut 
présenter  un  léger  inconvénient  à cause 
des  « dessous  »'  qui  s’affaiblissent  promp- 
tement au  profit  des  « dessus  ». 

Dans  les  formes  en  espalier,  les  meil- 
leures coursonnes  s’établissent  de  chaque 
côté  des  branches  charpentières,  que  celles- 
ci  soient  horizontales  ou  verticales.  Jamais 
on  ne  les  choisit  derrière  et  rarement  on 
les  prend  devant,  ces  deux  positions  étant 
défavorables,  la  première  surtout,  qui 
pèche  par  défaut  d’éclairage. 

A part  ces  exceptions,  les  coursonnes 
sont  bien  où  elles  naissent,  et  il  est  impos- 
J sible  de  les  distancer  régulièrement  ; tou- 
- tefois,  elles  ne  doivent  jamais  être  rappro- 
' chées  à plus  de  8 ou  10  centimètres,  car  il 
importe  qu’elles  ne  se  couvrent  pas  par 
leurs  feuilles,  l’air  et  la  lumière  étant  in- 
dispensables pour  une  prompte  mise  à fruit. 

Certains  arboriculteurs,  et  particulière- 
ment M.  Courtois,  de  Chartres,  avaient 
pensé  régulariser  la  distance  des  cour- 
sonnes en  s’appuyant  sur  la  disposition  des 
feuilles  d’après  le  cycle  2/5  ; ils  prenaient 
deux  coursonnes  par  an,  avec  les  yeux 
avoisinant  l’œil  de  taille.  Ce  procédé, 
quant  à la  régularité,  donne  de  médiocres 
résultats;  de  plus,  lorsqu’une  coursonne 
disparaît,  cela  a l’inconvénient  de  créer  un 
> vide  considérable. 


Comment  naissent  les  branches  fruitières. 


Si  vous  observez,  depuis  le  printemps 
jusqu’à  la  chute  des  feuilles,  un  prolonge- 


ment débranché  charpentière  taillé  préala- 
blement à une  longueur  déterminée,  voici 
ce  que  vous  remarquerez  : l’œil  de  la  taille 
se  développe  pour  prolonger  une  fois  de 
plus  la  charpente  ; les  2,  3 ou  4 yeux  ve- 
nant après  donnent  des  rameaux  à bois  et, 
au-dessous  d’eux,  de  plus  en  plus  bas,  les 
autres  yeux  poussent  en  jets  de  moins  en 
moins  vigoureux. 

C’est-à-dire  qu’après  la  végétation,  le 
prolongement  en  question  présente,  de 
haut  en  bas  et  dans  l’ordre  suivant,  d’abord 
des  pousses  à bois  proprement  dites,  puis 
des  brindilles,  des  dards,  et  enfin  des  yeux 
restés  sans  changement  appréciable.  Cha- 
cune de  ces  productions  deviendra  une 
branche  fruitière  ; voici  comment  : 

Taille  de  première  année. 

L’année  de  leur  formation,  les  pousses  à 
bois,  futures  branches  fruitières,  se  déve- 
loppent plus  ou  moins  vigoureusement  ; 
or,  pour  les  affaiblir  et  protéger  à la  fois  le 
prolongement  nouveau  sorti  de  l’œil  de 
taille  et  les  organes  (dards,  brindilles) 
poussant  au-dessous  d’elles,  vous  devrez 
les  pincer  à une  longueur  déterminée  par 
leur  vigueur,  c’est-à-dire  au-dessus  de  3, 
4 ou  5 feuilles  (p,  fig.  71).  Chaque  feuille 
devant  porter  à son  aisselle  un  œil  bien 
constitué,  les  folioles  de  la  base,  dont  fais- 
selle est  vide,  ne  sont  nécessairement  pas 
comptées. 

Plus  une  pousse  est  vigoureuse,  plus  elle 
a besoin  d’être  affaiblie,  c’est-à-dire  pincée 
court  ; si  sa  vigueur  est  extrême,  vous 
pincez  sur  la  troisième  feuille  ; si  elle  est 
modérée,,  sur  la  quatrième,  et  si  elle  est 
très-faible,  sur  la  cinquième.  Si,  enfin,  à la 
forme  effilée  d’une  pousse  vous  recon- 
naissez qu’elle  va  se  transformer  en  brin- 

’ Traité  de  la  taille  des  arbres  fruitiers,  par 
A.-F.  Hardy.  éd.  Librairie  agricole  de  la 
Maison  rustique,  20,  rue  Jacob.  Prix  ; 5 Cr.  50. 


226 


TRAITEMENT  DES  BRANCHES  FRUITIÈRES  DU  POIRIER. 


dille,  laissez-la  libre  et  entière,  votre 
action  est  inutile. 

Époque  du  pincement.  — C’est  quand 
elles  sont  déjà  un  peu  consistantes  à la 
base  et  encore  assez  herbacées  au  sommet 
pour  être  amputées  avec  l’ongle  qu’on 
pince  les  pousses.  La  pratique  seule  peut 
indiquer  d’une  manière  précise  le  moment 
favorable. 

Vous  remarquerez  qu’un  pincement  trop 
hâtif  provoque  parfois  un  retrait  de  sève 
dans  la  partie  pincée  qui  se  flétrit,  tandis 
qu’un  pincement  trop  tardif  amène  le  déve- 
loppement en  bourgeons  anticipés  de 


presque  tous  les  yeux  du  rameau  pincé,  ce 
qui  est  un  recul  d’un  an  dans  la  fructifi- 
cation. 

Il  faudra  donc  observer  les  arbres,  de 
manière  à pincer  en  temps  utile  et  succes- 
sivement, depuis  la  fin  d’avril  jusqu’en  mai 
et  juin. 

Si  l’œil  de  pincement  reste  inerte, 
laissez  les  choses  en  leur  état.  Mais  le  plus 
souvent  cet  œil  se  développe,  alors  le  bour- 
geon anticipé  qu’il  procure  se  pince  à une 
ou  deux  feuilles  (p,  fig.  71).  Si  l’œil  de  ce 
second  pincement  se  développe  à son  tour 
avec  assez  de  force,  pratiquez  un  autre  pin- 


Fig.  71.  — Taille  d’une  branche 
fruitière  d’un  an  ayant  subi 
deux  pincements  l’année  précé- 
dente et  déjà  pourvue  de  jeunes 
dards. 


Fig.  72.  — Brindille  d’un  an 
à fruit. 


Fig.  73.  — Taille  d’une  branche 
fruitière  d’un  an  ne  portant  que 
des  yeux. 


cernent  à deux  feuilles,  comme  lejprécédent. 
En  général,  le  besoin  de  cette  troisième 
intervention  ne  se  fait  pas  sentir. 

Sous  l’influence  de  ces  amputations  re- 
nouvelées, les  yeux  de  la  base  deviennent 
des  dards  qui  se  transforment  progressi- 
vement en  boutons.  La  transformation  peut 
avoir  lieu  la  même  année  sur  les  arbres 
âgés  ; elle  s’opère  généralement  la  deuxième, 
troisième  ou  quatrième  année  sur  les  arbres 
jeunes. 

Dans  la  portion  inférieure  du  prolonge- 
ment de  la  branche  de  charpente,  il  naît 
aussi  des  dards  et  des  brindilles;  ces  or- 
ganes ne  reçoivent  aucun  traitement  jus- 


qu’à l’année  suivante,  dont  nous  allons 
parler. 

Taille  de  seconde  année. 

Lors  de  la  taille  d’hiver,  les  jeunes  dards 
de  1 à 2 centimètres,  nés  directement  sur 
la  charpente,  sont  laissés  intacts,  mais  s’ils 
ont  entre  eux  des  vides  trop  grands  prove- 
nant du  non  développement  des  yeux  inter- 
médiaires, vous  pratiquerez  l’entaille  au- 
dessus  d’un  ou  de  plusieurs  de  ces  yeux 
pour  les  faire  développer  en  branches  frui- 
tières normales. 

Quant  aux  brindilles,  laissez-les  éga-j 


TRAITEMENT  DES  BRANCHES  FRUITIÈRES  DU  POIRIER. 


227 


lement  entières  si  elles  ne  dépassent  pas 
12  à 15  centimètres  ; alors  leurs  yeux  laté- 
raux procurent  assez  régulièrement  des 
dards  et,  souvent,  l’œil  terminal  est  un  bou- 
ton à fruit  (fig. 7^). D’autre  part,  si  la  brin- 
dille mesure  de  18  à 25  centimètres  de 
long,  il  ne  faut  pas  encore  la  tailler,  sur- 
tout la  tailler  court,  mais  la  casser  seule- 
ment sur  le  troisième 
ou  quatrième  œil,  ou 
l’arquer  en  éborgnant 
son  œil  terminal. 

Voici  maintenant  les 
branches  fruitières  nor- 
males ; ce  sont  celles 
qu’on  a pincées  pendant 
le  cours  de  l’année  pré- 
cédente, elles  portent 
généralement  à leur 
base  des  dards  nais- 
sants qu’il  faut  empê- 
cher de  pousser  à bois; 
pour  cela,  vous  rap- 
prochez simplement  la 
partie  pincée  sur  un  ou 
deux  yeux  (T,  fig.  71), 
selon  la  vigueur  de  la 
coursonne.  Une  taille 
plus  courte  provoque- 
rait presque  certaine- 
ment le  développement 
i|  t'  des  dards  en  pousses  à 
bois. 

Si  telle  ou  telle  de 
1 ces  branches  était  d’une 
J •:  vigueur  exagérée,  il  ne 
. faudrait  pas  hésiter  à 
I la  rabattre  sur  son  em- 
pâtement pour  provo- 
!|  quer  le  développement 
d’un  des  yeux  stipu- 
laires  en  une  branche 
moins  forte,  plus  apte 
à fructifier. 

Mais  tout  en  ayant 

I une  vigueur  moyenne, 
une  branche  fruitière 
peut  se  présenter  dé- 
pourvue de  dard  et  ne  portant  que  des  yeux  ; 
dans  ce  cas,  vous  taillez  au-dessus  de  trois 
ou  quatre  de  ces  organes  bien  apparents, 
bien  distincts  (T,  fig.  73).  Alors,  l’œil  de 
taille  pousse  en  rameau  à bois,  et  les  autres 
ont  des  chances  pour  s’allonger  lentement 
en  petits  dards.  Du  reste,  lorsque  le  rameau 
sorti  de  l’œiî  de  baille  a atteint  15  à 20  cen- 
timètres, vous  le  pincez  à trois  ou  quatre 
.feuilles;  il  est  le  régulateur  de  la  pousse 


des  yeux  inférieurs  : si  ces  yeux  restent 
inertes,  il  faut  revenir  sur  le  premier  pin- 
cement, au-dessus  de  deux  ou  trois  feuilles, 
cette  fois,  pas  moins,  pour  ne  point 
jeter  la  sève  trop  fort  à la  base  de  la 
branche. 

Si  plusieurs  des  yeux  de  la  branche  frui- 
tière donnent  des  rameaux,  comme  il  n’en 


faut  qu’un  seul  par  coursonne,  on  est 
souvent  amené  à conserver  le  plus  infé- 
rieur, à l’exclusion  des  autres  qu’on  sup- 
prime par  une  taille  en  vert.  Cette  mé- 
thode est  défectueuse  ; il  est  préférable 
de  pincer  les  rameaux  inférieurs  à une 
feuille  ou  de  les  sectionner  sur  les  rides 
basilaires  et  de  conserver  le  rameau  le 
plus  élevé  comme  régulateur  de  la  bran- 
che (a,  fig.  74). 


Fig.  74.  — Branche  fruitière  négligée. 

La  pousse  supérieure  aurait  clù  être  abattue  en  a,  et  la  pousse  du  sommet  pincée  en  b. 


228 


TRAITEMENT  DES  BRANCHES  PRUITIÊRES  DU  POIRIER. 


Taille  de  troisième  année. 

Pendant  l’été  de  l’année  précédente  (2®  an- 
née), des  brindilles  et  des  dards  de  char- 
pente ont  pu  former  des  boutons  à fruit, 
mais  ceci  est  l’exception.  Le  plus  souvent, 
ce  n’est  que  la  troisième  année  que  ce  ré- 
sultat s’acquiert,  sur  les  jeunes  arbres  du 
moins  ; aussi,  la  taille  d’biver  étant  faite 
comme  celle  de  la  seconde  année,  faut-il 
suivre  très-attentivement  les  pincements,  à 
cause  des  dards  qui  pourraient  s’annuler  si 
on  ne  pinçait  pas  et,  ce  qui  est  pis,  pousser 
à bois  si  on  pinçait  trop. 

Ce  dernier  inconvénient  s’évite  déjà  en 


Fig.  75.  — Taille  d’une  branche  fruitière  de  trois 
ans  qui  a été  mise  à fruit  l’année  précédente 
par  un  pincement  long  de  son  rameau  terminal. 

partie  : 1®  par  une  taille  longue  du  prolon- 
gement de  la  charpente  qui  peut  ainsi, 
grâce  à une  absorption  considérable,  tem- 
pérer l’action  de  la  sève  sur  les  organes 
fructifères  en  préparation  ; 2®  par  un  pin- 
cement pratiqué  long  et  assez  tôt,  surtout 
dans  le  voisinage  des  dards,  pour  que  la 
sève  soit  élaborée  par  le  bourgeon  pincé 
(P,  fig-  75). 

Taille  de  quatrième  année. 

La  quatrième  année,  l’arbre  est  généra- 
lement à fruit,  c’est-à-dire  qu’il  porte  des 
boutons  fruitiers  ; mais,  outre  ces  organes. 


vous  rencontrerez  naturellement  des  dards, 
des  brindilles  et  des  rameaux  à traiter  en 
vue  des  fructifications  futures.  A la  fin  de 
cette  quatrième  année,  vous  verrez  même 
apparaître  un  organe  nouveau  qui  est  la 
conséquence  de  la  fructification  accomplie  : 
c'est  la  bourse  (fig.  76).  Sur  la  bourse,  les 
yeux  se  mettent  facilement  à fruit  la  se- 
conde année  ; c’est  une  production  précieuse 
dont  on  doit  tailler  seulement  l’extrémité 
qui  a été  meurtrie  par  la  séparation  du 
fruit. 

Si  la  branche  porte  un  seul  bouton  à 
fruit,  taillez  toujours  à deux  yeux  à bois 
au-dessus,  quitte  à pincer  court  pendant 
la  végétation. 

Yous  devrez  également,  et  dans  tous  les 
cas,  tailler  sur  deux  yeux  à bois  au-dessus 
d’un  dard,  de  manière  que  la  branche  frui- 
tière ait  son  sommet  végétatif  assez  distant 
du  dard  pour  en  éviter  la  pousse  à bois, 
assez  rapproché  cependant  pour  le  nourrir 
et  en  accélérer  la  métamorphose  en  bouton. 


Mais  il  faudra  ne  conserver  qu’une  seule 
pousse  à bois,  et,  vers  fin  mai,  la  pincer 
sur  quatre  ou  cinq  feuilles  de  manière  à 
concentrer  l’action  de  la  sève  élaborée  sur 
ce  même  dard,  car,  sans  ébourgeonnement 
et  sans  pincement,  il  peut  dépérir  et  s’an- 
nuler. 

Vous  pouvez  tailler  sur  le  bouton  à fruit, 
directement  quand  il  en  existe  deux  ou 
trois  par  branche  (T,  fig.  75).  Il  n’y  a dans 
ce  cas  aucune  altération  à craindre  puisque 
toujours,  dans  les  boutons,  il  se  développe 
des  yeux  à bois;  vous  obtenez  ainsi  les 
branches  courtes  qui  donnent  de  très-beaux 
fruits.  Cependant,  dans  quelques  variétés, 
le  Beurré  magnifique,  par  exemple,  on 
obtient  aussi  de  belles  Poires  au  bout  des 
brindilles;  ceci  n’empêche  pas  qu’il  soit 
avantageux  d’avoir  des  coursonnes  courtes, 
et  de  les  renouveler,  car  les  branches  frui- 
tières jeunes,  elles  aussi,  donnent  toujours 
des  fruits  supérieurs  en  volume  à ceux  ve- 
nus sur  des  branches  fruitières  décrépites 
par  la  succession  des  tailles,  et  ridées  par 
l’accumulation  des  cicatrices  des  feuilles. 


229 


CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES  SUR  LES  AROÏDÉES  EXOTIQUES. 


I Alternance  des  récoltes. 

; , L’arbre  étant  à fruit,  il  reste  à empêcher 
I l’alternance  des  récoltes.  Vous  éviterez  cette 
I alternance  en  modérant  chaque  production 
annuelle  et,  surtout,  en  préparant  avec  soin 
I la  fructification  des  bourses.  Vous  savez  que 
I ces  organes  essentiellement  fertiles  portent 
. en  eux  toute  une  succession  de  germes 
I fructifères. 

I Si,  par  exemple,  les  yeux  de  bourse  se 
! ‘ développent  en  rameaux  et  non  en  dards,  il 
1 faut  pincer  ces  rameaux  à deux  feuilles. 


Ne  laissez  pas  les  branches  fruitières 
s’épuiser  par  une  fructification  trop  abon- 
dante; pratiquez  l’éclaircie  des  boutons  et 
des  fruits.  Avec  cette  précaution  et  au 
moyen  des  bourses  qui,  du  reste,  sont  d’âges 
différents  et  rapportent  tour  à tour,  vous 
pouvez  obtenir  des  récoltes  régulières.  J’ex- 
cepte les  cas  où  ces  récoltes  se  trouvent 
annulées  par  des  accidents  de  saison,  contre 
lesquels  nous  ne  sommes  pas  toujours  suffi- 
samment armés. 

Georges  Bëllair. 

(D’après  M.  A. -F.  Hardy.) 


CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES  SUR  LES  AROÏDÉES  EXOTIQUES 


Les  Aroïdées,  en  général,  présentent  un 
I cachet  distinctif  qui  les  fait  reconnaître, 
entre  tous  les  végétaux,  comme  plantes  de 
la  même  famille  naturelle. 

■ Que  l’on  examine  le  vulgaire  Gouet  de 
nos  bois,  les  Richardia  du  Gap  et  les  An- 
thurium ou  Alocasia  tropicaux,  on  trouve, 

I entre  chacun  de  ces  genres  différents,  une 
' affinité  trop  visible  pour  qu’elle  passe  ina- 
] perçue,  même  aux  yeux  du  vulgaire.  C’est 
I peut-être  une  des  familles  les  plus  natu- 
I relies  du  règne  végétal,  aussi  bien  sous  le 
rapport  des  caractères  botaniques  que  sous 
] celui  des  principes  culturaux. 

Les  Aroïdées  peuvent  être  considérées  à 
deux  points  de  vue  différents  : 

Comme  plantes  florales; 

2”  Comme  plantes  à feuillage  ornemen- 
tal. 

Le  genre  Anthurium  fournit  à lui  seul, 
dans  les  serres,  les  belles  fleurs  d’Aroïdées. 

. Aussi  singulières  par  les  diverses  formes 
qu’elles  affectent  que  remarquables  par  la 
richesse  des  couleurs  dont  elles  sont  parées, 
[.  les  fleurs  A Anthurium  sont  de  dignes  ri- 
vales  des  plus  belles  Orchidées;  il  n’est  plus 
[ fait  maintenant  de  jolis  bouquets  sans  elles  ; 
f j elles  donnent,  partout  où  on  les  place,  un 
4 air  d’exotisme  et  d’originalité  que  les  plus 
L curieuses  « Filles  de  l’air  » ne  peuvent  leur 
disputer  avec  avantage. 

Là,  comme  chez  presque  toutes  les 
: plantes,  c’est  à de  savants  horticulteurs 

^ spécialistes  et  à d’heureuses  introductions, 

^ même  relativement  récentes,  que  nous  de- 
? J vons  de  pouvoir  admirer  ces  magnifiques 
végétaux.  L’hybridation  a joué  un  rôle  pré- 
pondérant  dans  l’obtention  des  Anthurium^ 

I rôle  surtout  remarquable  en  ce  qu’il  nous  a 
I procuré  des  coloris  et  des  formes  nouvelles  ; 
nous  sommes  loin,  aujourd’hui,  de  VA. 


Scherzerianum,  type  trouvé  par  Scherzer 
au  Guatemala  et  du  premier  A.  Andrea- 
num,  rapporté  de  Colombie  par  M.  Ed. 
André,  en  les  comparant  aux  hybrides  ou 
variétés  de  ces  plantes  obtenus  tant  en 
France  qu’à  l’étranger. 

A notre  époque,  où  l’on  semble  ne  vou- 
loir admettre  comme  belles  que  les  fleurs 
qui  ne  sont  pas  conformées  comme  les 
autres,  c’est-à-dire  les  Orchidées,  les  Chry- 
santhèmes japonais  et  duveteux,  les  Reines- 
Marguerites  à ligules  irrégulières  et  frisées, 
on  ne  peut  guère  demander  aux  Anthu- 
rium plus  que  le  cachet  original  et  particu- 
lier que  nous  offrent  leurs  fleurs.  Tantôt  la 
spathe  forme  une  courbe  élégante  et  gra- 
cieuse, tout  en  semblant  vouloir  encore  en- 
tourer le  spadice  qui  est  lui-même  droit  et 
raide  chez  certaines  espèces  ; tantôt,  dans 
d’autres,  il  se  replie  vers  la  spathe  en 
formant  une  courbe,  ou  encore  se  contourne 
en  spirale.  La  spathe  elle-même  varie  de 
forme  et  de  position  ; quelquefois  elle  est 
horizontale  et  forme  un  angle  droit  avec  le 
spadice  ; dans  d’autres  cas,  au  contraire, 
elle  est  réfléchie  et  s’incline  même  sur  le 
pédoncule,  donnant  alors  une  vague  idée 
d’une  voile  de  vaisseau  gonflée  par  le  vent. 
Parfois  aussi,  unie  comme  un  miroir,  elle 
montre  une  surface  luisante  et  vernissée, 
alors  que  chez  d’autres  plantes  on  la  voit  se 
crisper,  se  buller,  les  nervures  devenir  sail- 
lantes, et  il  vient  à l’idée  que  la  sève  est  trop 
abondante  pour  circuler  dans  les  parties 
qu’elle  doit  nourrir. 

Les  fleurs  des  Anthurium  revêtent  les 
coloris  les  plus  brillants.  Depuis  le  blanc  le. 
plus  pur  jusqu’au  rouge  le  plus  foncé,  on, 
possède  toutes  les  nuances  intermédiaires  du 
carné,  du  rose,  du  carmin,  de  l’écarlate,  du' 
pourpre,  du  rouge  sang  le  plus  intense,, 


230 


CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES  SUR  LES  AROÏDÉES  EXOTIQUES. 


ainsi  que  des  variétés  dont  la  spathe  est  ta- 
chetée ou  mouchetée  d’une  couleur  diffé- 
rente, formant  un  agréable  contraste.  La 
beauté  des  fleurs  à' Anthurium  est  égalée 
par  leur  durée,  car  il  est  peu  de  fleurs  se 
conservant  aussi  longtemps  ; nous  avons 
remarqué  des  spathes  d’ff.  carneum  et 
ferrierense  durer  plus  de  trois  mois  en  bon 
état  de  fraîcheur. 

Si  l’on  passe  maintenant  en  revue  les 
plantes  à feuillage  ornemental  de  la  famille 
des  Aroïdées,  on  est  frappé  tout  d’abord  de 
la  diversité  des  formes  qu’elles  affectent, 
des  brillantes  couleurs  dont  elles  sont  pa- 
rées, et,  partant  de  là,  des  ressources  nom- 
breuses qu’elles  offrent  aussi  bien  pour  la 
garniture  des  serres  froides  et  des  apparte- 
ments pendant  l’été  que  pour  celle  des 
serres  chaudes  et  des  serres  tempérées.  Les 
Alocasia  sont  des  végétaux  incomparables 
pour  la  beauté  du  feuillage,  l’étrangeté  ou 
l’ampleur  des  formes  et  la  singularité  du 
coloris;  quelquefois  le  limbe  est  énorme, 
comme  chez  VA.  Thibautiana^  et  sa  surface 
plane,  en  forme  de  cœur,  d’un  beau  vert 
foncé  luisant,  est  sillonnée  par  des  bor- 
dures blanc  métallique  encadrant  les  ner- 
vures ; ajoutons  à cela  que  la  feuille  se 
tient  presque  verticalement,  évoquant 
l’idée  d’un  bouclier  fantaisiste.  Chez  VA. 
metallica,  la  teinte  métallique  est  plus  ac- 
centuée encore  et  fait  penser  à une  feuille 
exécutée  en  vieux  bronze,  alors  que  VA. 
macrorrhiza  contraste  par  un  feuillage 
abondant  et  d’un  vert  gai,  presque  toujours 
panaché  du  tiers  de  sa  surface  de  blanc  pur; 
l’ff.  Sanderiana  présente  des  feuilles  dont 
les  bords  sont  profondément  sinués  et  bor- 
dés, ainsi  que  les  nervures,  du  blanc  qui 
orne  VA.  Thibautiana;  on  croirait  vrai- 
ment voir  une  plante  artificielle  créée  de 
toutes  pièces  par  un  habile  fleuriste. 

Les  Anthurium  cultivés  pour  leur  feuil- 
lage peuvent  rivaliser  quelquefois  avec  les 
plus  beaux  des  Alocasia:  VA.  crystalli- 
num,  aux  feuilles  amples,  presque  rondes, 
d’un  vert  foncé  velouté  ; l’yi.  Veitchii,  aux 
longues  feuilles  verticales  aux  nervures 
saillantes;  VA.  regale,  etc.,  n’ont  pas 
d’égaux.  Si  l’on  regarde  les  Caladium  du 
Brésil,  on  est  étonné  de  la  disproportion 
qui  existe  entre  la  contexture  des  Aroïdées 
précitées  et  de  celles-ci  ; autant  le  limbe 
des  Alocasia  et  des  Anthurium  semble 
épais,  coriace,  autant  celui  des  Caladium 
paraît  léger,  fragile. 

La  nature  s’est  plue  à épuiser  toutes  les 
ressources  de  la  panachure,  de  la  bariolure 


et  de  la  moucheture,  pour  décorer  ces 
limbes  étonnants.  Le  blanc,  le  rose,  le 
rouge,  le  jaunâtre  et  toutes  leurs  nuances 
sont  représentés  sur  ces  feuilles  quelque- 
fois unies,  ou  tourmentées  et  cloquées, 
parfois  même  diaphanes,  toujours  belles. 
Les  Caladium  sont  indispensables  pour  la 
décoration  des  serres  vides  pendant  l’été  ; 
la  facilité  de  leur  culture  et  leur  beauté 
spéciale  en  ont  vite  fait  les  favoris  de  la 
mode.  Chaque  amateur  en  cultive  tant  soit 
peu  et  ils  ont  encore  l’avantage  d’exiger 
peu  de  place  en  hiver. 

D’autres  genres  sont  encore  cultivés  pour 
la  beauté  de  leur  feuillage,  et,  sans  pou- 
voir rivaliser  avec  ceux  précités,  n’en  ap- 
portent pas  moins  leur  part  de  décoration 
dans  la  serre  chaude.  Les  Curmeria,  les 
Aglaonema,  les  Dieffenbachia,  les  Schis- 
matoglottis  sont  autant  de  genres  diffé- 
rents et  de  plantes  diverses  qui  ne  de- 
vraient manquer  dans  aucun  abri  chaud. 
Les  Curmeria  peuvent  très-bien  tenir 
compagnie  aux  Bertolonia  et  aux  Sone~ 
rila  ; les  Dieffenbachia  et  les  Homalo- 
aux  Anthurium  et  aux  Alocasia; 
ce  voisinage  ne  fera  pas  honte  à ces  der- 
niers. 

Là  ne  s’arrête  pas  encore  l’énumération 
des  plus  belles  Aroïdées  cultivées,  car  il 
reste  un  groupe  de  plantes  caulescentes, 
sarmenteuses  et  grimpantes,  qui  ont  une 
présence  obligée  dans  chaque  serre.  Quel- 
ques Anthurium  peuvent  s’élever  à une 
certaine  hauteur  et  le  groupe  des  Philoden- 
dron et  des  Pothos  est  remarquable  par  la 
diversité  de  ses  formes  bizarres.  Le  Philo- 
dendron pertusum  des  horticulteurs  (Tor- 
nelia  fragrans)  est  une  plante  géante,  aux 
tiges  grosses,  charnues,  grimpantes,  aux 
grandes  feuilles  cordiformes,  toutes  décou- 
pées sur  les  bords,  et  dont  le  milieu  est 
perforé  de  trous  irréguliers  qui  paraissent 
avoir  été  faits  par  un  emporte-pièce  ; cette 
tige  peut  atteindre  une  grande  hauteur  et, 
de  place  en  place,  descendent  de  longues 
racines  adventives  qui  viennent  puiser  de 
l’humidité  dans  le  sol.  Une  plante  plus  cu- 
rieuse encore  est  le  Pothos  celatocaulis  : 
que  l’on  s’imagine  des  feuilles  d’un  beau 
vert  sombre,  plus  grandes  que  la  main  et 
s’imbriquant  l’une  sur  l’autre  contre  l’ap- 
pui où  grimpe  la  tige  qui  est  entièrement 
cachée  par  elles  ; d’autres  Pothos,  d’une 
grande  vigueur,  forment  des  festons  de 
verdure. 

Le  genre  Dieffenbachia  dote  nos  serres 
de  plantes  caulescentes,  aux  tiges  droites 


VIOLETTE  CORNUE  ET  VIOLETTE  DE  MUNBY. 


231 


et  charnues,  aux  feuilles  le  plus  souvent 
grandes,  amples,  de  tous  les  tons  du  vert 
sur  lequel  s’étendent  des  macules  blanches 
ou  jaunâtres,  irrégulières  et  jolies  ; parfois 
le  pétiole  est  lui-même  coloré,  mais  sous 
ces  dehors  superbes  se  cache  un  poison  vio- 
lent. Enfin,  le  Pistia  Stratiotes  est  une 
jolie  petite  plante  aquatique,  formant  une 
élégante  rosace  de  feuilles  d’un  vert  clair  ; 
ces  feuilles  paraissent  épaisses,  mais  sont, 

VIOLETTE  CORNUE  ET 

Parmi  les  nombreuses  Violettes  connues 
et  cultivées  dans  les  jardins,  les  deux  es- 
pèces qui  font  l’objet  de  cet  article  sont  in- 
téressantes au  double  point  de  vue  de  leurs 
caractères  et  surtout  de  leur  mérite  comme 
plante  d’ornement. 

Elles  constituent,  en  eftet,  une  sorte  de 
trait  d’union  entre  les  Pensées  et  les  Vio- 
lettes proprement  dites.  Des  premières,  elles 
ont  le  feuillage  ; des  dernières,  les  fleurs  et 
une  durée  de  floraison  qui  s’étend  depuis 
le  printemps  jusqu’en  automne.  Quoique 
leurs  fleurs  soient  abondantes  en  été,  en  au- 
tomne et  surtout  au  printemps,  il  est  bien 


Fig.  77,  — Viola  cornuta. 


I rare,  même  pendant  les  grandes  chaleurs, 

Ide  voir  des  pieds  qui  en  soient  dépourvus  ; 

, il  ne  leur  manque  que  le  parfum.  Mais 
elles  rachètent  amplement  ce  défaut  par 
une  floraison  très  abondante  au  printemps, 
chez  la  Violette  deMunby  surtout;  lorsqu’on 
en  a vu  quelques  touffes  au  moment  de  leur 
L pleine  floraison,  c’est-à-dire  en  avril- mai, 

j on  est  peu  susceptible  de  les  oublier  et  il 

^ faudrait  absolument  détester  les  plantes 

li  pour  ne  pas  éprouver  le  désir  de  les  possé- 

J der  dans  son  jardin,  ce  qui  est  heureuse- 

) ment  facile,  ces  plantes  produisant  des 

r graines  en  abondance. 


en  réalité,  remplies  d’air,  qui  sert  à main- 
tenir la  plante  sur  l’eau  où  elle  flotte  li- 
brement. 

Dans  les  serres  chaudes,  où  notre  science 
et  notre  art  amassent  des  richesses  et 
créent  des  merveilles,  avec  leur  faciès  exo- 
tique et  particulier,  les  Aroïdées  resteront 
toujours  parmi  les  plus  beaux  végétaux 
qu’il  soit  donné  à l’homme  de  contempler. 

Jules  Rudolpii. 

VIOLETTE  DE  MUNBY 

On  pourrait  croire  que  ces  deux  Violettes 
sont  naturellement  cultivées  partout  ; le  con- 
traire est  cependant  la  vérité,  car  c’est  à 
peine  si  on  les  rencontre  dans  les  jardins  des 
amateurs  passionnés.  Cela  tient  sans  doute 
à ce  que,  pour  en  avoir  toujours  de  belles 
touffes,  il  faut  en  faire  des  semis  tous  les 
ans  ou  autrement  dit  les  traiter  comme 
bisannuelles  et  par  conséquent  les  renou- 


Fig.  78.  — Viola  Munbyana. 


veler  après  leur  première  floraison. 

Les  deux  figures  ci-contre  pourraient  à la 
rigueur  nous  dispenser  de  parler  de  leurs 
caractères  distinctifs  ; cependant  la  descrip- 
tion complétant  l’image,  voici  quelques 
indications  sur  chacune  d’elles  : 

Violette  cornue  {Viola  cornuta,  Linn.) 
(fig.  77).  — Plante  vivace,  originaire  des 
Pyrénées,  à rameaux  assez  longs,  étalés,  garnis 
de  feuilles  courtenient  pétiolées,  oblongues- 
lancéolées,  dentées  et  accompagnées  de  deux 
grandes  stipules  foliacées  et  profondément 
incisées. 

Fleurs  d’un  bleu-lilas  clair,  munies  de  très- 


232 


VIGNE  ÉPINEUSE  MADAME  VICTOR  CAPLAT. 


longs  pédoncules  anguleux,  à pétales  inégaux, 
un  peu  étroits  et  dont  l’inférieur  se  prolonge 
en  arrière  en  un  long  éperon  étroit,  cylin- 
drique et  un  peu  relevé  au  sommet.  Cette 
jolie  Violette  a été  introduite  dans  les  jardins 
il  y a plus  d’un  siècle.  Elle  y a produit 
quelques  variétés,  notamment  une  à fleur 
blanc  pur  et  une  autre  nommée  La  Lorraine, 
à fleur  bleu  mêlé  de  blanc,  mais  cette  dernière 
est  peu  connue. 

Violette  de  {Viola  Munhyana,  Boiss. 

et  Reut.)  (fig.  78).  — Primitivement  con- 
fondue avec  les  V.  cornuta  et  V.  calcarata, 
cette  espèce  se  rapproche  évidemment  de 
la  précédente  par  ses  caractères  botaniques, 
mais  elle  en  diffère  néanmoins  par  ses 
fleurs  plus  amples,  plus  arrondies,  comme 
le  montre  la  figure  ci-contre,  et  aussi  beau- 
coup plus  nombreuses,  surtout  au  printemps. 
Introduite  d’Algérie  il  y a une  quinzaine  d’an- 
nées, la  Violette  de  Munby  forme,  dans  de 
bonnes  conditions  culturales,  des  touffes  volu- 
mineuses, touffues  et  compactes,  car  ses  tiges 
sont  excessivement  ramifiées  et  garnies  d’un 
feuillage  abondant,  analogue  à celui  de  l’espèce 
précédente.  Ses  fleurs  sont  aussi  munies  de 
pédoncules  très-longs,  dressés  et  les  portant 
bien  au-dessus  du  feuillage  ; elles  sont  d’un 
beau  violet  franc  et  foncé,  à pétales  amples, 
les  deux  supérieurs  surtout  arrondis,  se  repi- 
quant par  leurs  bords  et  l’inférieur  longuement 
éperonné.  Ces  fleurs  ont  un  peu  l’aspect  de  cer- 
taines variétés  modernes  de  Violettes  odo- 
rantes, telles  Amiral  Avellan,  La  France,  eic., 
et  peuvent  comme  elles  servir  à la  confection 
des  bouquets,  moins  le  parfum  qui  leur  fait 
défaut.  Nous  pensons  même  que  cette  espèce, 
bien  cultivée,  pourrait  devenir  très-avantageuse 
pour  les  fleuristes  qui  font  de  la  fleur  coupée. 
Sa  floraison  principale  correspond  exactement 
avec  celle  du  Viola  cucullata,  que  l’on  cultive 
assez  en  grand  dans  la  région  de  Sceaux,  mal- 
gré son  manque  total  de  parfum,  pour  succé- 
der à la  Violette  odorante,  et  les  fleurs  de  la 


Violette  de  Munby  sont  bien  plus  grandes  et 
plus  richement  colorées  que  celles  de  la  pre- 
mière. On  en  trouve  facilement  des  graines 
dans  le  commerce.  La  Violette  de  Munby  pos- 
sède une  variété  à fleur  jaune  clair  presque 
uni,  mais  elle  est  rare  dans  les  cultures. 

Au  point  de  vue  décoratif,  les  deux  Vio- 
lettes dont  nous  venons  de  parler,  sont  sus- 
ceptibles de  nombreux  emplois.  On  peut  en 
effet  en  former  de  ravissantes  bordures  le 
long  des  grandes  allées,  des  touffes  éparses 
dans  les  plates-bandes  et  sur  les  rocailles  et 
même  en  garnir  complètement  ou  partielle- 
ment les  corbeilles,  comme  on  le  fait  avec 
les  Pensées.  Pour  ce  dernier  usage,  la  Vio- 
lette de  Munby  nous  paraît  préférable  à la 
Violette  cornue,  à cause  de  son  port  très- 
touffu  et  surtout  de  la  masse  de  fleurs 
qu’elle  produit  en  avril-mai.  Dans  ce  cas, 
les  plantes  sont  élevées  et  tenues  en  pépi- 
nière jusqu’à  l’automne,  époque  à laquelle 
on  les  plante  alors  en  place.  Enfin,  les  fleurs 
des  deux  espèces  sont  éminemment  propres 
à la  confection  des  petits  bouquets,  surtout  si 
l’on  peut  y mêler  quelques  Violettes  odo- 
rantes. 

Leur  traitement  général  est  celui  des 
Pensées,  avec  cette  différence,  toutefois,  que 
leur  développement  étant  plus  lent  il  faut  les 
semer  plus  tôt,  dès  le  mois  de  mai,  en 
pleine  terre  et  en  pépinière,  puis  repiquer 
les  plants  en  pépinière,  plusieurs  fois  si  on 
le  peut  et  les  mettre  enfin  en  place  à l’au- 
tomne. C’est  ainsi  qu’on  obtient  les  touffes 
si  volumineuses  et  floribondes  dont  nous 
avons  parlé.  Qnand  on  sème  plus  tard,  en 
été  ou  en  automne,  les  plantes  restent 
-grêles  et  fleurissent  plus  tardivement. 

S.  Mottet. 


VIGNE  ÉPINEUSE  MADAME  VICTOR  CAPLAT 


Lorsque  M.  Carrière  publia,  le  1®’’  février 
1885,  dans  la  Revue  horticole,  p.  55-56, 
un  article  accompagné  de  gravures  de  la 
Vigne  chinoise  qu’il  nommait  Spinovitis 
Davidi,  il  parlait  d’une  autre  espèce  que 
celle  qui  avait  été  désignée  déjà  sous  ce 
nom  par  M.  Romanet  du  Caillaud  dans  une 
communication  faite  cinq  ans  auparavant  à 
l’Académie  des  sciences  L S’il  faut  en  croire 
M.  J.-C.  Planchon  % le  Spinovitis  de  Car- 
rière serait  le  Vitis  Romaneti,  Rom. 

^ Comptes  rendus,  1881,  p.  1056. 

2 Monogr.  Ampelid.,  suites  au  Prodr.,  p.  365. 


I du  Cail.,  et  le  Spinovitis  Davidi  de 
I M.  Romanet  du  Caillaud  se  rapporterait  à 
l’espèce  décrite  en  1831  par  Bunge  sous  le 
nom  de  Vitis  ficifolia 

Les  deux  plantes  sont  maintenant  répan- 
dues dans  quelques  collections  d’amateurs 
qui  feraient  bien  de  lire  attentivement  les 
descriptions  de  Planchon  pour  les  distin- 
guer nettement  et  éviter  les  confusions. 

C’est  à l’une  de  ces  deux  espèces,  proba- 
blement le  Vitis  Romaneti,  si  l’on  admet 
la  détermination  de  Planchon,  qui  n’avait 

3 Enum.pl.  Chin.  bor.,  p.  12, 


Bcunr  Horticole 


\ ique  panachée  Mcuïame  CapLat 


^examps-Saèoureà  del 


Chronoolzth,  J L Gc-ffaTC.  Bruxelles 


I 


233 


LES  ARBRES  ET  LES  ARBRISSEAUX  DANS  LES  JARDINS. 


iir 

If: 

" cependant  pas  vu  les  fruits,  qu’appartient 
ii^'  la  très-jolie  forme  à feuilles  panachées  que 
; nous  figurons  aujourd’hui. 

Voici  d’abord  la  description  du  type 
vert  : 

Plante  très-vigoureuse  et  à très-longs  ra- 
meaux hérissés,  comme  les  pétioles,  d’aiguil- 
lons glanduleux,  piquants,  purpurescents. 
Vrilles  interrompues.  Feuilles  très-amples, 

, orbiculaires-cordiformes,  à trois  lobes  angu- 
leux peu  accusés,  grossièrement  dentées-cré- 
nelées,  épaisses,  les  adultes  glabres  en  dessus 
ou  pourvues  de  poils  rares  et  courts,  et  cou- 
vertes en  dessous,  surtout  aux  nervures,  de 
, poils  simples,  non  aranéeux  ni  floconneux. 
Fruits  en  grappes;  baies  noires  comestibles  et 
vinifères  ; graines  globuleuses-ovoïdes  briè- 
vement rostrées,  à chalaze  dorsale  orbicu- 
laire. 

C’est  dans  la  forêt,  près  du  village  de 
Ho-Chen-Miao,  province  de  Ghen-Si,  à une 
I altitude  de  1,300  à 1,400  mètres,  et  environ 
I par  33°  20’  de  latitude  N.  et  105°  de  longi- 
tude E.,  sur  un  sol  granitique  où  la  neige 
I n’était  pas  encore  fondue  le  8 mars,  que  le 
célèbre  explorateur-naturaliste,  l’ahbé  Ar- 


mand David,  trouva  cette  belle  et  curieuse 
espèce.  Les  beaux  pétioles  rouges  de  ses 
grandes  feuilles  les  rendent  très- ornemen- 
tales, et  leurs  pétioles  spinescents  leur 
prêtent  un  cachet  d’originalité  indiscu- 
table. 

La  variété  Madame  Victor  Caplat^  que 
représente  la  planche  coloriée  ci-contre,  est 
très-remarquable  par  sa  coloration,  les 
autres  caractères  de  végétation  restant  ceux 
du  type.  On  peut  voir  combien  ces  nuances 
varient  du  blanc  pur  au  rose  tendre  et 
carné,  au  rose  vif,  au  saumon,  au  rouge 
même,  se  mêlant  de  façon  élégante  sur  le 
vert  et  comprenant  les  jeunes  rameaux 
qui  gardent  leur  spinescence  caractéris- 
tique. Jusqu’à  présent,  le  soleil  normand 
n’a  pas  brûlé  ces  jeunes  pousses  et  ces 
jolies  feuilles  ; il  pourrait  bien  en  être  dif- 
féremment dans  les  pays  plus  chauds,  plus 
secs  et  plus  ensoleillés. 

Il  s’agit  maintenant  de  multiplier  ce  joli 
lusus  naturæ.  M.  Gaplat,  croyons-nous, 
l’a  déjà  tenté  avec  succès,  et  nous  verrons 
prochainement  la  plante  dans  les  jardins. 

Ed.  André. 


LES  ARBRES  ET  LES  ARBRISSEAUX  DANS  LES  JARDINS 


Les  arbres  et  les  arbrisseaux  jouent,  on 
peut  le  dire,  un  rôle  prépondérant  dans  l’en- 
semble de  l’ornementation  des  parcs  et  des 
jardins  ; aussi  ne  saurait-on  apporter  trop 
d’attention  dans  le  choix  de  ces  végétaux, 
et  trop  de  soins  et  de  recherches  pour  leur 
bonne  répartition  générale,  leurs  groupe- 
ments ou  dispositions,  en  vue  d’en  obtenir 
le  plus  et  le  mieux  toute  la  décoration  pos- 
sible. 

L’ornementation  qui  est  obtenue  dans  les 
jardins  à l’aide  des  arbres  et  arbrisseaux, 
soit  en  isolés,  soit  dans  la  composition  des 
massifs  généralement  employés,  est,  en 
effet,  bien  différente,  plus  ou  moins  agréable 
et  durable,  pour  des  causes  diverses  et  nom- 
breuses, dont  les  principales  sont  les  sui- 
vantes : 

D’abord  en  raison  du  choix  plus  ou  moins 
judicieusement  fait  des  essences  selon  les 
convenances  locales,  la  nature  et  l’état  du 
sol,  du  climat,  etc.,  la  variété  suffisante  ou 
non  des  essences,  les  dispositions  et  les 
^ groupements  différents,  la  mise  en  valeur 
plus  ou  moins  favorable  de  ces  végétaux. 

Il  est  certain  qu’un  choix  bien  fait  des 
■?,  espèces  et  variétés  convenables  en  raison 
des  convenances  locales,  et  une  diversité 


suffisante  des  essences  bien  réparties  sont 
les  conditions  primordiales  essentielles  pour 
une  belle  décoration  arbustive  des  jardins. 

Mais  il  est  bien  évident  aussi  que  des  dis- 
positions diverses,  des  rapprochements  ou 
groupements  différents  de  mêmes  végétaux 
peuvent  modifier,  augmenter  ou  changer 
considérablement  l’ornementation  produite 
par  des  arbres  ou  arbrisseaux  déterminés. 

Il  convient  donc  toujours  de  rechercher, 
en  dehors  d’une  diversité  suffisante  d’es- 
sences, dans  l’emploi  des  végétaux  divers, 
dans  leurs  répartitions,  leurs  groupements 
ou  rapprochements,  des  effets  variés  don- 
nant des  impressions  diverses,  nouvelles  ou 
différentes. 

La  diversité  et  la  variété  des  impressions 
agréables  sont  une  des  conditions  essentielles 
de  la  décoration  des  jardins. 

C’est  donc  sur  la  variation  dans  la  com- 
position des  massifs,  les  groupements  et  les 
rapprochements  des  végétaux  ligneux  et  des 
arbrisseaux  particulièrement  que  nous  dési- 
rons ici  appeler  l’attention. 

Dans  le  choix  assez  varié  qu’il  convient 
toujours  de  faire  des  arbres  et  arbrisseaux,- 
en  raison  des  considérations  générales  de 
sol  et  de  convenances  locales,  nous  avons 


234 


LES  ARBRES  ET  LES  ARBRISSEAUX  DANS  LES  JARDINS. 


déjà  conseillé  d’introduire  le  plus  possible 
dans  les  jardins  des  espèces  et  variétés  fleu- 
rissant à des  époques  très-distinctes  de  l’an- 
née, de  façon  à avoir  pendant  la  plus  longue 
période  de  temps  possible,  presque  pendant 
toute  l’année,  quelques  arbustes  en  fleurs. 

On  peut  obtenir  ce  résultat  en  plantant 
quelques  sujets  des  espèces  suivantes  dans 
les  emplacements  convenables,  parmi  les 
autres  végétaux. 

Pour  janvier,  février,  mars,  on  choisira  : 

Chimonanthus  fragrans,  à fleurs  blanc  jau- 
nâtre, très-odorantes  ; 

Jasminum  nudiflorum,  à fleurs  jaunes; 

Daphné  Mezereum,  à fleurs  blanches  et  la 
variété  à fleurs  violettes,  très-odorantes  ; 

Prunus  Mume  Alphandi^  à fleurs  roses  ; 

Persica  Davidiana,  à fleurs  blanches  et  à 
fleurs  roses; 

Rhododendron  dahuricum,  à fleurs  vio- 
lettes, et  sa  variété  à grandes  fleurs. 

Pour  mars  et  avril  : 

Amijgdalus  nana,  Amandier  nain,  à fleurs 
blanches  ou  à fleurs  roses  ; 

Prunus  triloba,  à fleurs  roses  doubles  ; 

f'orsgthia  Fortunei,  à fleurs  jaunes  ; 

Spiræa  Thunbergi  et  <S.  prunifolia,  à fleurs 
blanches  ; 

Ribes  sanguineum^  Gordonianum,  malva- 
ceum,  albidum,  à fleurs  rouge  vif,  rouge, 
rouge-jaunâtre  et  blanches. 

En  mai-juin  : 

Cerasus  Sieboldi,  C.  arâon,  à fleurs  roses  ou 
blanches  doubles; 

Vibiirnum  Opulus  sterilis^  la  Boule  de  Neige; 

Cytisus  Laburnum,  à fleurs  jaunes  ; 

Lilas  variés  ; 

Tamarix  tetrandra,  à fleurs  roses  ; 

Spiræa  Van-Houttei,  à fleurs  blanches  ; 

Deutzia,  Diervilla,  PhüadelphuSy  à fleurs 
blanches,  roses  et  rouges. 

En  juillet,  août,  septembre  : 

Pavia  macrostachya,  à fleur  blanche  rosée  ; 

Amorpha  fruticosa,  à fleurs  pourpres  fon- 
cées ; 

Tamarix  indica,  à fleurs  roses  ; 

Abelia  rupestris,  à fleurs  roses,  odorantes  ; 

Les  Ceanothus  bleus,  blancs  et  roses  ; 

Indigojera  Dosua,  à fleurs  roses-rouges  ; 

Buddleia  Lindleyana  et  variabilis,  à fleurs 
violettes  ; 

Clerodendron  Bungei  et  C.  iricholomum ^ 
à fleurs  rouges  et  roses  ; 

Les  Hibiscus  variés,  blanc,  rose,  lilas,  bleu  ; 

Vitex  Agnus  castuSf  à fleurs  violettes  ou 
blanches  ; 

Carijopteris  Mastachanthus^i  fleurs  bleues. 
Ce  ne  sont  là  que  des  indications^  car 


beaucoup  d’autres  espèces  pourraient  être 
choisies. 

Nous  avons  aussi  rappelé  l’avantage  orne- 
mental qui  résulte  de  la  présence  dans  les 
jardins  de  groupes  d’arbres  et  d’arbrisseaux 
de  genres  et  espèces  différents,  à floraison 
simultanée,  aux  principales  époques  de  l’an- 
née. Ces  groupements  sont  faciles  à com- 
biner et  produisent  le  plus  heureux  effet. 

Aujourd’hui,  nous  voulons  recommander 
un  mode  de  rapprochement  qui  présente  un 
attrait  spécial,  qui  donne  une  impression 
particulière  différente  de  celles  produites 
par  les  autres  rapprochements  habituels  de 
végétaux.  Nous  voulons  parler  de  groupe- 
ments, plus  ou  moins  importants,  formés 
de  variétés  d’arbrisseaux  appartenant  au 
même  genre. 

Ces  groupements  d’espèces  voisines,  ou 
de  variétés  d’un  même  genre,  sont  possibles 
pour  un  assez  grand  nombre  d’arbres  et 
d’arbrisseaux  bien  connus  dont  les  espèces 
et  les  variétés  méritantes  sont  assez  nom- 
breuses. 

Un  groupe  d’arbrisseaux  composé  de  va- 
riétés d’une  même  espèce,  ou  d’espèces  voi- 
sines, donne  une  impression  toute  particu- 
lière, tout  autre,  bien  différente  de  celle 
produite  par  ces  mêmes  variétés  vues  sépa- 
rément, isolément  ou  disséminées,  réparties 
parmi  d’autres  espèces  végétales. 

La  vue  d’ensemble  et  de  détail  de  ces 
réunions  de  variétés  plus  ou  moins  dis- 
tinctes donne  certainement  une  impression 
particulière  agréable,  résultant  d’un  en- 
semble harmonieux  naturel,  qui  constitue 
assurément  une  augmentation  de  l’agrément 
et  de  l’intérêt  que  peuvent  présenter  ces  ar- 
brisseaux dans  les  jardins. 

Parmi  les  genres  d’arbrisseaux  qui  peu- 
vent se  prêter  à ce  mode  de  groupement, 
nous  citerons  en  première  ligne  le  genre 
Syringa  ou  Lilas.  On  peut,  en  effet,  fa- 
cilement trouver  et  réunir  trente  à qua- 
rante belles  variétés  de  Lilas  de  la  série  des 
Syringa  vulgaris^  à fleurs  simples  ou  à 
fleurs  doubles,  aux  coloris  et  nuances  si 
variés. 

Nous  recommandons  tout  particulière- 
ment d’abord  parmi  les  variétés  de  Lilas  à 
fleurs  simples  : 

Alba  virginalis,  fleurs  blanches,  élégantes. 

Alba  grandiflora,  fleurs  blanches,  grandes. 

Aline  Mocqueris,  fleurs  rouges,  énormes. 

Ambroise  Verschaffelt^  fleurs  rouge  clair, 

Berthe  Dammann^  fleurs  blanches, 

Charles  X,  fleurs  lilas  vif. 

De  CroncelSf  fleurs  lilas  clair. 


FRUITS,  ARBRES  FRUITIERS  ET  LÉGUMES  AU  CONCOURS  GÉNÉRAL  AGRICOLE  DE  PARIS.  235 


Docteur  Lindlcy,  fleurs  lilas  foncé. 

Docteur  Regel,  fleurs  roses  venant  blanches. 
Géant  des  Batailles,  fleurs  rouge  pourpre. 
Gloire  de  Lorraine,  fleurs  lilas  violet. 
Gloire  de  Moulins,  fleurs  lilas. 

Insignis  rubra,  fleurs  lilas,  rouge. 

James  Roth,  fleurs  lilas  foncé. 

Madame  Briot,  fleurs  lilas  rouge. 

Madame  Moser,  fleurs  blanches. 

Marie  Legraye,  fleurs  blanc  pur. 

Rouge  de  Trianon,  fleurs  rouge  vif. 
Souvenir  de  Louis  Spcith,  fleurs  pourpre 
écarlate. 

Parmi  les  Lilas  à fleurs  doubles  : 

Alphonse  Lavallée,  fleurs  lilas  bleu  foncé. 
Comte  Horace  de  Choiseul,  fleurs  lilas  violet. 
Condorcet,  fleurs  ardoisé,  reflet  blanc. 

Jean  Bart,  fleurs  rose  carmin. 

Emile  J^emoine,  fleurs  lilas  clair. 

Léon  Simon,  fleurs  lilas  violacé  bleuâtre. 
Jules  Finger,  fleurs  lilas  rose  satiné. 
Madame  Lemoine,  fleurs  blanches. 

Michel  Buchner,  fleurs  lilas  rose. 

Maxime  Cornu,  fleurs  lilas  rose  violacé. 


Tournefort,  fleurs  lilas  bleuâtre. 

Sénateur  Volland,  fleurs  lilas  rouge. 

Virginité,  fleurs  rose  tendre. 

Ajoutons-y  quelques  variétés  de  Lilas  de 
Perse,  Varin  et  Saugé  ; enfin  les  Syringa 
Emodi,  Josikæa,  puhescens,  etc.,  augmen- 
teront encore  Tintérêt  de  ce  mode  de  grou- 
pement et  contribueront  grandement  à 
l’ornementation  générale,  par  leur  aspect 
particulier. 

Les  genres  ; Spiræa,  Ceanothus,  Hibis- 
cus, Weigela  et  d’autres  peuvent  aussi 
fournir  facilement  de  très-beaux  groupes 
formés  exclusivement  de  leurs  variétés 
assez  nombreuses. 

Ce  mode  de  groupement  des  variétés 
d’une  même  espèce  d’arbuste,  que  nous  re- 
commandons pour  produire  un  effet  spécial 
agréable,  différant  des  effets  obtenus  par 
les  groupements  habituels,  ajoutera,  nous 
en  sommes  assuré,  un  attrait  particulier  de 
plus  à l’ornementation  arbustive  dans  les 
jardins.  A.  Chargueraud. 


LES  FRUITS,  LES  ARBRES  FRUITIERS  ET  LES  LÉGUMES 

AU  CONCOURS  GÉNÉRAL  AGRICOLE  DE  PARIS 


Les  arbres  formés  ne  sont  plus,  comme  au- 
trefois au  Palais  de  l’Industrie,  relégués  dans 
les  « pieds  humides  j>,  et  l’on  peut  examiner 
au  grand  jour  les  spécimens  de  MM.  Boucher, 
Rothberg  et  Bruneau.  L’exposition  de  M.  Bru- 
neau  est  particulièrement  intéressante,  car  elle 
renseigne  parfaitement  le  public  sur  les  meil- 
leures formes  â donner  aux  arbres  selon  leurs 
positions  respectives  et  selon  la  meilleure  uti- 
lisation du  terrain.  Pyramides,  fuseaux,  gobe- 
lets, palmettes,  cordons,  etc.,  toutes  ces 
formes,  bien  conduites,  sont  exactement  repré- 
sentées. 

Nombreux  sont  les  lots  de  fruits.  Ceux  qui 
nous  ont  paru  hors  de  pair  sont  les  suivants  : 

1“  Les  Cerisiers  forcés  de  M.  Meslé,  jardi- 
nier chez  Mme  Mandrot,  au  château  de  Mi- 
gnaux,  près  Poissy.  Les  arbustes,  exposés  en 
pots,  sont  d’une  vigueur  et  d’une  fécondité  in- 
comparables. On  ne  voit  pas  tous  les  jours  des 
bouquets  portant  chacun  de  quinze  à trente 
fruits,  sur  des  Cerisiers  forcés.  Un  spécimen 
porte  85  fruits,  un  autre  88,  un  troisième  118. 
Les  variétés  soumises  à cette  culture  sont  les 
Cerises  anglaise  et  anglaise  hâtive.  Cette  expo- 
sition, qui  comprenait  aussi  les  Fraises  Docteur 
Morère  en  culture  forcée,  a valu  â son  auteur 
les  félicitations  de  M.  le  Ministre  de  l’agricul- 
ture. 

Les  Poires  et  Pommes  de  M.  Chevallier, 
professeur  d’arboriculture  à Montreuil.  Cette 
collection  est  nombreuse  et  bien  étiquetée. 
Remarqué  entre  autres  : les  Poires  Doyenné 


dliiver,  Catillac,  Belle  angevine  et  Berga- 
mote de  Parthenay  ; les  Pommes  — sans 
compter  Reinettes  et  Calvilles  — Doux  d'ar- 
gent., de  Canterbury,  Quétier,  Belle- du-bois, 
Dunlow’s  seedling  et  Linnæous  Pippin.  Ces 
six  variétés  font  toutes  l’effet  d’être  en  beurre 
frais  ; 

3°  Les  Raisins,  Fraises  et  Pêches,  de 
M.  Anatole  Cordonnier.  On  admire  surtout  les 
caisses  de  Raisin  Black  Alicante,  en  culture 
retardée,  et  les  grappes  de  Forster's  seedling,  à 
grain  blanc,  et  de  Frankenihal,  en  culture 
forcée  du  15  novembre.  Puis,  les  Fraises 
Louis  Vilmorin  et  Marguerite,  ainsi  que  les 
Pêches  Amsden,  en  culture  forcée  du  1®*’  dé- 
cembre. Une  médaille  d’or  a été  décernée  aux 
Raisins  de  culture  retardée,  présentés  dans  un 
tel  état  de  perfection  qu’il  fallait  un  œil  exercé 
pour  les  distinguer  des  Raisins  forcés,  exposés, 
ceux-là,  avec  sarments  garnis  de  feuilles. 

Deux  autres  expositions  intéressantes  en 
fruits  forcés  étaient  celles  de  M.  Parent,  à 
Rueil,  dont  le  lot  était  composé  de  Vignes 
blanche  et  rouge  d'Argenieuil,  de  Cerises  an- 
glaise hâtive  et  May  Duke,  de  Pêche 
Amsden  et  de  Framboise  Hornet  ; puis  celle 
de  M.  Crémont,  à Sarcelles,  de  Fraises  et  de 
Cerises  diverses. 

Les  Pommes  et  Poires  de  garde  cons- 
tituaient les  lots  de  MM.  Rothberg,  à Genne- 
villiers  ; Gémond,  à Epinay  ; Paul  Dupont,  à 
Montreuil;  Bureau,  à Rosny;  Pathonot,  à 
Corbigny  (Nièvre)  ; Butin,  à Louchy  (Allier), 


236 


CYPRIPEDIUM  AMANDINÆ. 


et  Berme,  à Coudes  (Puy-de-Dôme).  Nous 
avons  noté  les  particularités  suivantes  : Dans 
le  lot  de  M.  Rothberg,  belles  Pommes  Calville 
Lesans  et  Quêtier.  Dans  celui  de  M.  Gémand, 
belles  Poires  Beurré  Bretonneau,  Doyenné 
d'hiver,  Catillac  et  Belle  angevine  ; belles 
Pommes  Reinettes  et  Calvilles.  Dans  celui  de 
M.  Pathonot,  belles  Poires  Doyenné  d'hiver. 
Dans  celui  de  M.  Butin,  belles  Pommes  Viger 
douce,  Belle-Ville,  Canada  et  Calville  blanc. 
Dans  celui  de  M.  Bureau,  belles  Pommes  Cal- 
ville blanche  et  Calville  rouge  ; belles  Poires 
Duchesse  d'hiver.  Dans  celui  de  M.  Dupont, 
belles  Poires  Bergamote  Esperen  et  Doyenné 
de  Bordeaux  ; belles  Pommes  Reinettes,  Cal- 
ville et  Api.  Les  Pommes  de  M.  Berme  sont 
pai'ticulières  aux  cultures  d’Auvergne,  en  prés- 
vergers  ; il  y a de  très-belles  Reinettes  du 
Canada  et  Canada  gris,  ainsi  qu’une  variété 
locale.  Rouge  d'hiver,  haute  de  forme,  à peau 
rouge  et  striée  de  rouge  foncé. 

Enfin,  les  fruits  à cidre  sont  représentés  par 
le  lot  de  M.  Ragaine,  à Tanville  (Orne),  qui 
expose  une  belle  collection  de  Pommes  Bédan, 
Bérat,  Cuisse-Madame,  Coquerelle,  Nor- 
gère,  etc. 

M.  A.  Theveny,  peintre  de  fruits,  racines 
et  légumes,  18,  rue  de  la  Mairie,  à Antony, 
est  décidément  l’émule  de  Buchetet.  Ses 
Poires,  ses  Pommes,  ses  Pêches,  sont  d’une 
ressemblance  absolue,  et  tellement  frappante 
de  vérité,  que  la  plupart  des  visiteurs  s’y 
laissaient  prendre.  La  vitrine  de  cet  exposant 
a été  très-admirée. 

Culture  potagère. 

La  si  complète  et  impeccable  collection  de 
légumes  de  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  Qie 
constitue  presque  un  musée.  On  peut  y étu- 
dier, en  effet,  toutes  les  sortes  potagères  qu’il 
a été  possible  de  réunir  en  cette  saison.  A côté 
des  racines  de  parfaite  conservation,  telles  que 
Betteraves,  Carottes,  Choux-Navets,  Radis  d’hi- 
ver, etc.,  on  trouve  des  légumes  forcés,  toute 
une  série  de  Haricots  déjà  en  cosses,  par 
exemple  : Beurre  nain  doré,  Chevrier,  {'Iné- 
puisable, nain  vert  de  Vaudreuil,  Bagnolet 
vert,  nain  paisrien,  etc.  Les  salades  printa- 
nières sont  aussi  très-intéressantes,  et  l’on 
peut  aisément  comparer  entre  elles  les  Lai- 
tues gottes  à graine  noire  et  à graine  blanche, 
crêpe,  Georges,  blonde  d'été  et  de  Versailles, 
Tom-Pouce,  etc.,  et  les  Romaines  verte, 
grise,  blonde  et  jolate  maraîchère.  Dans  les 
racines,  il  nous  semble  que  le  collet  de  la 


rouge  demi-longue  nantaise  est  en  train  de 
s’élargir.  Est-ce  une  illusion  ? 

Très-belle  et  ingénieusement  installée  est 
l’exposition  d’Asperges  forcées  de  M.  Guil- 
laume Gompoint,  de  Saint-Ouen.  C’est  une 
véritable  leçon  de  choses.  On  voit  d’abord,  à 
nu,  des  griffes  d’un  an,  puis  de  deux  ans, 
avec  leurs  bourgeons  commençant  à pointer. 
On  voit  ensuite,  dans  des  caisses  ad  hoc,  la 
végétation  du  plant  de  semis,  puis  celle  du 
plant  d’un  an,  puis  celle  du  plant  de  deux  ans. 
On  voit  enfin  ce  même  plant,  garnissant  à 
« touche-touche  » une  plus  grande  caisse 
dont  une  paroi  est  de  verre,  de  manière  que 
le  visiteur  puisse  constater  le  mode  de  plan- 
tation ; les  pointes  vertes  s’élancent,  vigou- 
reuses, et  cela  représente  exactement  ce  qui 
se  passe  dans  les  serres  à forcer  de  M.  Com- 
point.  Plus  loin,  une  série  de  petits  bottillons 
d’Asperges  qui  ont  été  triées  par  grosseur, 
vient  aboutir  à la  confection  des  bottes,  dans 
des  botteleurs  spéciaux,  inventés  par  l’expo- 
sant. Enfin,  à l’autre  extrémité,  on  a laissé  les 
Asperges  monter  ; elles  n’ont  que  quarante 
jours  de  plantation,  et  mesurent  déjà  3 centi- 
mètres et  demi  de  tour  à leur  base  ! 

M.  Alexandre  Picard,  à Villeneuve-le-Roi, 
expose  une  collection  de  légumes  assez  variée. 
Nous  y notons  de  francs  Ognons  des  Vertus 
et  rouge  pâle  de  Niort,  et,  parmi  les  racines, 
la  Carotte  de  Chantenay. 

M.  Dingeon,  rue  Tronchet,  a de  beaux  Gar- 
dons, de  beaux  Choux  Fraise- de-veau  et  de 
beaux  Haricots  forcés  hâtif  de  Chalandray  et 
Triomphe  des  châssis.  A signaler  aussi,  une 
belle  petite  provision  de  tubercules  d'Oxalis 
crenata. 

Les  Haricots  de  M.  Jacques  Butin,  à Lou- 
chy,  près  Saint-Pourçain  (Allier),  sont  des 
touffes  séchées  et  conservées  avec  leurs  cosses. 
Nous  notons  quatre  variétés  bien  caractérisées  : 
Beurre  du  Mont-d'Or,  Chevrier,  zébré  gris  et 
Bagnolet.  Viennent  ensuite  d’interminables 
séries  de  Pommes  de  terre,  deux  vraies 
collections,  l’une  de  Hyacinthe  Rigault,  l’autre 
de  M.  Rochas,  à Gonnartin  (Saône-et-Loire). 
Celle-ci  ne  compte  pas  moins  de  300  variétés  ; il 
y en  a de  tous  les  pays  du  monde. 

Terminons  sur  les  senteurs  odoriférantes  des 
plantes  officinales  exposées  par  M.  Gagnet, 
cultivateur  spécialiste,  à Aubervilliers.  Un 
étiquetage  très-exact  et  très-complet  ajoute  un 
attrait  à leur  examen. 

Et  souhaitons  la  Galerie  des  Machines  aux 
expositions  horticoles  futures  : point  ne  serait 
besoin  d’y  dresser  des  tentes. 

H.  Dauthenay. 


CYPRIPEDIUM  AMYNDINÆ 


Ce  Cypripède  [hybride  nouveau  provient 
de  la  fécondation  du  C.  Spicerianum  par 
]e  C.  politum.  Il  a été  obtenu  par  MM,  Com- 


bat et  Biessy,  horticulteurs  à Monplaisir- 
Lyon.  Nous  résumons  ci-dessous  la  des- 
cription qu’en  a donnée  dans  le  Jommal  de 


LES  CAMPANULES. 


la  Société  d'horticulture  pratique  du 
Rhône  M.  R.  Gérard,  professeur  à la  Fa- 
culté des  sciences  et  Directeur  du  Jardin 
botanique  de  Lyon  : 

Plante  vigoureuse,  présentant  après  cinq  ans 
de  semis  quatre  tiges  bien  constituées  parmi 
lesquelles  une  fleurie  mesurant  18  centimètres 
et  une  cinquième  qui  commence  à se  dévelop- 
per. Feuilles  distiques,  lancéolées,  au  nombre 
de  6 dans  la  tige  fleurie,  consistantes,  vert 
brillant  en  dessus,  vert  blanchâtre  en  dessous, 
sauf  vers  le  point  d’attache  où  elles  sont  ma- 
culées lie-de-vin,  mesurant  13  centimètres  de 
long  sur  33  centimètres  de  large. 

Fleur  terminale,  isolée,  sur  un  pédoncule 
lie-de-vin  de  8 centimètres  de  hauteur,  avec, 
au  tiers  supérieur,  une  bractée  appliquée  vert 
pâle  sur  les  deux  faces  et  tachetée  de  lie-de- 
vin.  La  fleur,  plus  grande  que  celle  des  pa- 
rents, a 9 centimètres  de  diamètre. 

Sépale  inferieur  vert  blanchâtre,  trans- 
lucide, cordiforme,  de  4 centimètres  de  long 
sur  3 centimètres  de  large.  Sépale  supérieur 
rappelant  celui  du  C.  Spicerianum,  mais 
moins  contourné,  large  de  5 centimètres,  pres- 
que arrondi,  sauf  un  plissement  dans  sa  partie 
supérieure  et  médiane.  Sa  base,  jusqu’au  tiers 
inférieur,  est  vert  jaunâtre  relevé  de  points 
rougeâtres  et  de  lignes  plus  foncées  qui 
s’étendent  un  peu  sur  la  partie  supérieure  du 
limbe,  blanche,  sauf  sur  les  bords  de  la  ner- 


237 

vure  médiane,  rosés  sur  le  blanc,  bruns  sur  le 
vert. 

Sépales  latéraux  (pétales)  ondulés  sur  leurs 
bords,  légèrement  recourbés  en  avant,  lie- 
de-vin  sur  leur  moitié  supérieure,  qui  est  bor- 
dée et  striée  de  vert.  Moitié  inférieure  verte 
et  striée  de  rouge,  avec  poils  fortement  colorés. 

Labelle  mesurant  0‘“  05  X 03.  Sabot  lie- 
de-vin  supérieurement,  vert  inférieurement. 
L’étamine  stérile  présente  un  point  médian 
vert  jaunâtre,  et  est  rose  latéralement.  Base 
de  la  colonne  et  du  labelle  couverte  de  poils 
rouges. 

M.  Gérard  ajoute  que  la  plante  possède  le 
feuillage  du  C.  Spicerianum.  Quant  à la 
fleur,  elle  est  bien  de  forme  intermédiaire 
entre  celles  de  ses  deux  parents.  Les  sépales 
latéraux  (pétales)  ne  portent  plus  les  émer- 
gences qui,  dans  le  C.  politum,  dénoncent 
son  origine  hybride  (probablement  C.  har- 
hatumXC.  venustum). 

Ce  que  fait  surtout  et  avec  raison  res- 
sortir M.  Gérard,  c’est  le  caractère  particu- 
liérement ornemental  du  sépale  supérieur, 
beaucoup  plus  large  et  beaucoup  plus  bril- 
lant chez  ce  nouvel  hybride  que  chez  ses 
deux  parents.  Gela  suffirait  évidemment  à 
le  placer  au-dessus  d’eux. 

J.  Fr.  Favard. 


LES  CAMPANULES 


Les  Campanules  brillent  par  leur  élé- 
gance, par  la  diversité  de  leurs  formes  et 
par  le  nombre  de  leurs  espèces  ; on  en 
connaît  près  de  250,  abondantes  sur- 
tout dans  la  région  méditerranéenne.  Notre 
pays  est  très-riche  en  Campanules,  car 
plus  de  30  espèces  y croissent  spontané- 
ment et  plusieurs  assez  abondamment. 
Nombreuses  aussi  sont  les  espèces  qui  ont 
franchi  la  porte  de  nos  jardins,  car  presque 
toutes  sont  décoratives  ou  au  moins  inté- 
ressantes à un  point  de  vue  quelconque. 

Enumérons  les  plus  belles  et  les  plus 
généralement  cultivées,  puis  celles  qui  inté- 
ressent surtout  les  amateurs. 

Le  nombre  des  Campanules  que  culti- 
vent les  fleuristes  pour  la  vente  et  qu’on 
emploie  aujourd’hui  d’une  façon  générale 
pour  l’ornementation  proprement  dite  des 
jardins  est  très-restreint,  car  on  n’en  compte 
guère  qu’une  demi-douzaine  et  encore  peut- 
on  en  exclure,  au  point  de  vue  botanique, 
les  C.  grandiflora  et.  C.  Spéculum,  qui 
constituent  les  genres  Platy codon  et  Spe- 


cularia,  généralement  admis.  En  tête  delà 
liste,  nous  plaçons  le  : 

Campanula  Medium,  Linn.  Campanule 
à grosses  fleurs,  encore  nommée  Violette 
marine.  Carillon,  etc.  — C’est  une  magni- 
fique plante  bisannuelle,  spontanée  dans  le 
Midi  de  la  France,  et  qui  forme  des  touffes 
pyramidales,  hautes  de  50  à 60  centimètres, 
se  couvrant  en  mai-juin  de  grandes  et  belles 
fleurs  en  forme  de  cloche,  violet  bleuâtre  chez 
le  type  et  de  couleurs  très  variées  chez  ses 
variétés  horticoles  ; on  en  a obtenu  et  fixé  une 
race  à fleurs  doubles  et,  dans  la  variété  calij- 
canthemo,  (fig.  79),  également  fixée,  le  calice 
est  transformé  en  une  grande  collerette  péta- 
loïde,  entourant  la  corolle  et  de  même 
teinte  qu’elle.  Cette  modification  augmente 
beaucoup  l’effet  décoratif  des  fleurs  et  rend 
la  race  tout  particulièrement  méritante.  Les 
coloris  que  présentent  ces  Campanules  sont 
le  blanc,  le  rose,  le  lilas  et  le  violet  rou- 
geâtre et  le  blanc  strié  de  violet. 

La  Campanule  à grosses  fleurs  est  émi- 
nemment décorative  pendant  la  durée  de  sa 


238 


LES  CAMPANULES. 


floraison,  aussi  l’emploie-t-on  à divers 
usages,  mais  c’est  surtout  en  toufTes 
éparses  dans  les  parterres  et  dans  les  grandes 
plates-bandes  longeant  les  allées  qu’elle 
produit  le  plus  bel  efTet.  On  peut  aussi  l’é- 
lever en  pots  pour  l’ornement  des  terrasses 
et  des  balcons  ; les  lleuristes  la  vendent  du 
reste  sur  les  marchés  aux  fleurs  pour  cet 
usage.  Sa  multiplication  s’efTectue  uni- 
quement par  semis  faits  en  pépinière,  au 
printemps  de  l’année  précédente  celle  de  sa 
floraison. 

C.  glomerata,  Linn.  Campanule  à 
fleurs  en  tète.  — Également  indigène, 
mais  vivace,  cette  espèce  est  assez  net- 
tement caractérisée  par  ses  tiges  sim- 
ples, effilées,  hautes  d’environ  50  centi- 


Fig.  79.  — Campanula  Medium 
var.  calycanthema. 


mètres,  et  qui  se  terminent  par  deux  ou 
trois  bouquets  très-compacts  de  fleurs  d’un 
beau  bleu  violet  luisant  et  entourés  chacun 
de  deux  feuilles  sessiles,  formant  une  sorte 
d’involucre.  Sa  floraison  a lieu  en  mai- 
juin.  On  en  connaît  une  variété  à fleurs 
doubles,  composées  de  plusieurs  corolles 
emboîtées,  mais  elle  est  peu  répandue, 
tandis  que  la  variété  speciosa,  DG.  (fig.  80), 
remplace  presque  totalement  le  type  sauvage 
dans  les  jardins,  ses  fleurs  étant  plus 
grandes  et  formant  des  capitules  attei- 
gnant jusqu’à  8 centimètres  de  diamètre. 

Cette  Campanule  a également  sa  place 
toute  indiquée  dans  les  plates-bandes, 
qu’elle  orne  admirablement,  mais,  en  outre, 
ses  longues  tiges  et  la  disposition  de  ses 
fleurs  la  rendent  éminemment  propre  à la 


confection  des  bouquets  ; les  fleuristes  la 
cultivent  du  reste  pour  cet  unique  usage 
et  elle  se  vend  beaucoup  en  bottes  sur  les 
marchés  aux  fleurs.  Comme  elle  ne  donne 
pas  de  graines,  sa  multiplication  a uni- 
quement lieu  par  la  division  des  touffes. 

C.  pyramidalis,  Linn.  (fig.  8i).  — 
Originaire  d’Italie  et  sub-spontanée  en 


Fig.  80.  — Campanula  glomerata 
var.  speciosa. 


France,  cette  belle  espèce  est  remarquable 
par  sa  robusticité  et  par  la  hauteur  excep- 
tionnelle, pour  une  Campanule,  qu’attei- 
gnent ses  tiges  florifères.  Avec  l’àge,  elle 
forme  une  grosse  souche  charnue,  garnie  de 
feuilles  pétiolées,  ovales-cordiformes,  assez 
touffues  et  d’entre  lesquelles  sortent  plusieurs 
grosses  tiges,  qui  se  tiennent  bien  droites 


Fig.  81.  — Campanula  pyramidalis. 


d’elles-mêmes  et  atteignent  jusqu’à  2 mètres 
de  haut  ; elles  émettent  de  petites  ramifica- 
tions dressées,  leur  donnant  un  aspect  fusi- 
forme et  qui  se  couvrent  de  juillet  en  sep- 
tembre d’une  multitude  de  petites  fleurs 
bleues,  ou  blanches  chez  sa  variété. 

Cette  Campanule,  qu’on  cultive  beaucoup, 
jusque  dans  les  campagnes,  parfois  dans  de 


LES  CAMPANULES. 


239 


vieilles  marmiies,  aime  les  endroits  chauds 
et  secs  et  demande  fort  peu  de  soins  ; on  la 
voit  assez  fréquemment  croître  d’elle-même 
sur  les  vieux  murs  et  dans  les  lieux  arides, 
où  elle  produit  un  effet  pittoresque,  qui  in- 
dique tout  le  païti  qu’on  peut  en  tirer  pour 
décorer  les  ruines  et  les  rocailles.  Au  jar- 


Fig.  82.  — Campanula  lalifolia  macrantha. 

din,  on  l’utilise  avantageusement  dans  les 
endroits  chauds  et  secs,  en  touffes  isolées 
sur  les  pelouses  ou  dans  les  plates-bandes. 
Les  fleuristes  la  cultivent  beaucoup  pour  la 
vente  sur  les  marchés  aux  fleurs,  mais  ses 


Fig.  83.  — Campanula  Trachelium. 

tiges  florales  étant  trop  longues  pour  la  faci- 
lité des  manipulations,  ils  les  disposent  en 
éventail  et  courbent,  à mesure  de  leur  dé- 
veloppement, leur  extrémité  en  arc  de  cercle  ; 
les  ramilles  latérales  se  redressent  alors  et 
produisent  un  elïet  on  né  peut  plus  gracieux  ; 
on  peut  du  reste  donner  à ces  tiges  toutes 
les  formes  désirables. 


Cullivée  en  pots,  cette  Campanule  est  une 
des  meilleures  plantes  pour  l’ornement  des 
terrasses,  des  fenêtres  et  autres  endroits 
analogues.  Elle  présente,  en  outre,  la  remar- 
quable aptitude  de  s’accommoder  facilement 
de  l’ombre  et  de  pouvoir  continuer  à épa- 
nouir ses  fleurs  dans  les  appartements  très- 
modérément  éclairés.  Ces  diverses  qualités 
en  font  une  plante  excessivement  populaire. 
Sa  multiplication  s’effectue  facilement  par 
semis  et  par  séparation,  au  printemps,  des 
rejetons  des  vieilles  souches. 

Campanula  carpatica,  Jacq.  Campa- 
nule des  monts  Garpathes.  — Originaire 
de  la  Hongrie,  cette  espèce  est  vivace, 
rustique  et  la  plus  cultivée  parmi  les  Cam- 
panules naines  et  cespiteuses.  Elle  forme 
des  touffes  ramassées,  dont  les  tiges  flori- 
fères, grêles  et  dressées,  atteignent  20  à 


Fig.  84.  — Campanula  turbinata. 


25  centimètres  de  hauteur  et  se  couvrent, 
de  juin  en  août,  de  nombreuses  fleurs  de 
2 centimètres  environ  de  diamètre  et  d’un 
beau  bleu  franc.  Il  en  existe  une  variété  à 
fleurs  blanches. 

Cette  jolie  Campanule  s’emploie  fréquem- 
ment pour  l’ornement  estival  des  jardins. 
On  en  forme  de  charmantes  bordures  ou 
des  touffes  éparses  dans  les  plates-bandes 
et  on  la  fait  beaucoup  entrer  aujourd’hui 
dans  la  composition  des  corbeilles  multico- 
lores,_  où  le  bleu  de  ses  fleurs  s’associe 
très-heureusement  avec  le  blanc  ou  le 
jaune  des  autres  plantes  ; on  peut  la  voir 
chaque  année  dans  les  riches  garnitures 
qu’effectue  la  ville  de  Paris  dans  ses  squares 
et  jardins  publics.  Quoique  susceptible  de 
trouver  des  emplois  tout  aussi  judicieux,  la 
variété  blanche  est  moins  généralement  em- 


240 


LES  CAMPANULES. 


ployée.  Cette  Campanule  se  propage  par 
éclats  et  de  préférence  par  le  semis. 

Ces  quatre  espèces  ont  seules  une  réelle 
importance  horticole,  mais  le  nombre  des 
autres  Campanules  existant  encore  comme 
plantes  de  collections  dans  les  jardins  d’ama- 
teurs est  si  grand  que  nous  ne  ferons  que 
de  jeter  un  coup  d’œil  rapide  sur  les  plus 
remarquables,  afin  d’attirer  l’attention  sur 
elles  et  de  contribuer  à les  faire  sortir  de 
l’oubli  fâcheux  dans  lequel  elles  sont  au- 
jourd’hui tombées. 

Les  voici  par  ordre  d’affinités  : 

C.  nobilis,  Lindl.  — Espèce  chinoise, 
vivace,  haute  de  40  à 50  centimètres,  à 
grandes  fleurs  rouge  violacé,  tachées  de 
pourpre  à l’intérieur,  longues  de  7 à 8 cen- 
timètres, pendantes  et  disposées  en  grappes 
lâches.  Il  existe  une  variété  à fleurs  blanches. 

C.  sibirica,  Linn.  — Plante  bisan- 
nuelle, se  ramifiant  en  pyramide,  attei- 
gnant 40  centimètres  environ  et  se 
couvrant  de  grappes  de  petites  fleurs  un 
peu  tubuleuses,  d’un  blanc  lilacé  chez  le 
type.  Par  la  culture,  on  en  a obtenu  des 
coloris  lilas,  rose  et  violet.  Cette  belle 
espèce  est  fréquente  dans  les  jardins,  où  on 
la  cultive  et  l’emploie  comme  la  Campanule 
à grosses  fleurs. 

C.  latifolia,  Linn.  — Indigène  et 
haute  d’environ  75  centimètres,  cette  espèce 
produit  de  longues  grappes  de  fleurs  d’un 
bleu  très-intense.  On  en  connaît  aussi  une 
variété  à fleurs  blanches.  Sa  forme  ma- 
cvantha,  Fisch.  (fig.  82),  est  remarquable 
par  son  ampleur  et  surtout  par  la  grandeur 
de  ses  fleurs,  qui  atteignent  jusqu’à  6 centi- 
mètres de  long.  Avec  l’âge,  elle  émet  de  nom- 
breuses tiges  florales  et  forme  alors  des 
touffes  de  toute  beauté.  On  ne  saurait  trop 
recommander  la  culture  de  cette  belle 
plante  ; sa  multiplication  s’opère  par  semis 
et  par  division. 

G.  Trachelium,  Linn.  (fig.  83).  — Es- 
pèce assez  commune  dans  nos  bois  et 
familièrement  désignée  sous  les  noms  de 
Gantelée  ou  Gant  de  Notre-Dame.  Ses 
fleurs  sont  grandes,  bleues,  disposées  en 
grappes  lâches,  sur  des  tiges  de  60  à 
80  centimètres  de  haut.  Il  en  existe  des 
variétés  à fleurs  blanches  simples,  bleues 
et  blanches  doubles. 

Le  C.  urticæfolia,  Willd.,  également 
indigène,  se  rapproche  beaucoup  de  la 
Gantelée  et  n’en  diffère  que  par  de  légers 
caractères.  Il  en  existe  aussi  des  variétés 
à fleurs  blanches  et  à fleurs  doubles. 

G.  turbinât  a,  Schott.  (fig.  84).  — 


Plante  vivace  habitant  l’Europe  centrale, 
si  voisine  du  C.  carpatica  que  certains 
auteurs  l’ont  réduite  à l’état  de  variété, 
mais  elle  est  plus  naine,  plus  feuillue  à la 
base,  à rameaux  grêles,  portant  des  fleurs 
plus  grandes,  plus  évasées,  en  forme  de 
toupie  et  d’un  beau  bleu  violet.  Elle  convient 
aux  mêmes  usages,  mais  moins  parfaitement 
qu’elle. 

G.  rotundifolia,  Linn.  — Cette  petite 
espèce  vivace,  si  commune  dans  les  pe- 
louses, a produit  en  cultures  une  intéres- 
sante variété  à fleurs  doubles,  qui  peut 
avantageusement  trouver  place  dans  les 
rocailles. 

G.  cæspitosa,  Scop.  — Charmante  petite 
plante  alpine,  gazonnante,  traçante,  haute 
de  15  centimètres  au  plus,  produisant  des 
grappes  de  petites  fleurs  bleu  pâle.  Il  en 
existe  une  variété  à fleurs  blanches.  Sa 
culture  est  facile  et  elle  produit  le  meilleur 
effet  dans  les  rocailles. 

G.  fragilis,  Cyrill.  — Originaire  delà 
Sicile,  cette  Campanule  est  un  peu  délicate 
sous  notre  climat.  Ses  tiges,  longues  de  15 
à 20  centimètres,  sont  étalées,  diffuses,  re- 
tombantes même  et  ses  fleurs  sont  assez 
grandes  et  d’un  bleu  clair.  On  l’emploie  par- 
fois avec  succès  pour  orner  les  suspensions. 

G.  persicifolia , Linn.  — Indigène, 
même  dans  la  région  parisienne,  à Fontai- 
nebleau notamment,  cette  Campanule  est 
très-élégante  et  cultivée  depuis  fort  long- 
temps dans  les  jardins.  Ses  tiges  simples^ 
droites,  raides  et  garnies  de  longues  feuilles, 
se  terminent  par  une  grappe  de  jolies  fleurs 
bleu  pâle,  larges  de  3 centimètres  ou  plus 
et  s’épanouissant  én  juillet-août. 

Elle  a produit  les  variétés  à fleurs  blanches 
simples,  doubles  blanches  et  bleues  et  une 
coronata,  dans  laquelle  le  calice  est, 
comme  chez  les  Campanules  à grosses  fleurs 
calycanthèmes,  transformé  en  coronule  ou 
collerette  pétaloïde. 

Nous  pourrions  allonger  encore  beaucoup 
cette  liste,  en  y faisant  entrer  une  foule 
d’autres  espèces  presque  aussi  remar- 
quables. Contentons-nous  de  citer  les 
C.  grandis^  Fisch.  et  Mey.;  G.  garganica, 
Ten.  ; C.  thyrsoidea,  Lapeyr.;  C.  celtidi- 
folia,  Boiss.  ; C.  macrostyla,  «Boiss.  et 
Heldr.  ; C.  muraliSy  C.  Vidalii,  C.  H.Wats.; 
C.  ahietma,  Griseb.  et  Schenk;  C.spicata, 
Linn.;  C.  h ononiensis,  Lirm.  ; C.  rhomhoi- 
dalis,  Linn.  ; C.  harhata,  Linn.  ; C.  lamii- 
folia,  Bieb.  ; G.  lactiflora,  Bieb.,  etc.,  la 
plupart  des  Campanules  ayant  droit  de  cité 
dans  les  jardins.  . S.  Mottet. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  RE  FRANCE, 


241 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  25  AVRIL  1897 


Floriculture 

Il  faut  ranger,  dans  les  présentations  les 
plus  intéressantes  : 

De  M.  Urbain,  horlicultureur  à Glamart, 
un  Bégonia  tubéreux,  demi-nain,  dénommé 
Souvenir  de  Russie.  Les  fleurs  sont  très- 
pleines,  très-nombreuses,  bien  dressées,  et  de 
couleur  jaune  crémeux.  Plante  d’avenir  pour 
massifs  ; 

2*^  De  M.  Hector  Lorct,  chef  jardinier 
chez  la  comtesse  A.  de  Pourtalès,  à 

Bandeville,  près  Dourdan  (Seine-et-Oise), 
deux  Anthurium  Scherzerianum  de  semis  ; 
l’un,  âgé  de  quatre  ans,  possède  une  très- 
large  spathe,  consistante  au  point  qu’on  la 
dirait  en  cuir;  elle  est  d’un  blanc  mat  poin- 
tillé de  rouge.  L’autre  plante  a trois  ans, 
aussi  est-elle  moins  ample,  son  coloris  est  in- 
verse, rouge  pointillé  de  blanc; 

3»  De  M.  Sardanac,  jardinier  de  M.  O.  Doin, 
un  superbe  spécimen  de  Medinilla  magnifica^ 
dont  la  tige  florale,  pendante,  montre  huit 
bractées  d’une  grande  ampleur,  d’un  vieux 
rose  tout  particulier  ; 

De  M.  Bernardan,  27,  rue  Escudier,  à 
Boulogne-sur-Seine,  un  lot  de  Réséda  pyrami- 
dal à grande  fleur.  Les  épis  floraux  méritent 
bien  l’épithète  de  « pyramidaux  »,  et  les  fleurs 
en  sont  très-nombreuses.  La  feuille  est  légère- 
ment cloquée  ; 

5»  De  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  G'e,  un  lot 
de  Ginéraires  hybrides  naines,  dans  lesquelles 
on  remarque  surtout  la  variété  à grande 
fleur  blanche  (mais  à disque  noir).  Get  apport 
vaut  à ses  présentateurs  une  prime  de  pre- 
mière classe  avec  félicitations  ; 

6“  Des  mêmes,  une  collection  de  plantes 
alpines  en  voie  de  devenir  horticoles.  Ge  sont 
à peu  près  les  mêmes  qui  furent  présentées 
l’année  dernière  à pareille  époque.  Gependant, 
il  faut  en  retenir  en  outre  : le  Meconopsis  in- 
tegrifolia,  espèce  voisine  des  Pavots,  à feuilles 
entières  ; elle  est,  nous  dit  M.  Mottet,  parfai- 
tement rustique  en  pleine  terre  ; un  Megasea 
(Saxifraga)  peltata,  un  Saxifraga  atropur- 
purea,  des  Uvulayûa,  des  Myosotis,  des  Pole- 
m onium,  etc  ; 

7»  Des  mêmes,  un  lot  de  Primula  ohconica 
à grande  fleur  rose  vif,  qui  décroche  aussi,  à 
juste  titre,  une  prime  de  première  classe.  Voilà 
cette  espèce  bien  en  voie  de  devenir  l’égale  des 
Primevères  de  Ghine  ; 

8o  De  MM.  Cayeux  et  Leclerc,  plusieurs  Tu- 
lipes intéressantes  : Holopherne,  blanc  jau- 
nâtre liseré  et  légèrement  marginé  de  rose  ; 


Gesneriana,  simple  rouge  à grande  fleur  ; 
Cardinal  Billiet,  jaune  avec  quelques  taches 
rouges.  Puis  des  Anémones  dont  une,  La 
Fiancée,  blanc  pur,  est  digne  d’attirer  l’atten- 
tion. Enfin,  dans  le  même  apport,  se  trouvent 
de  magnifiques  et  sombres  Iris  suziana  et  le 
Ranunculus  aconitifolius  ; 

00  De  M.  Huré,  une  énorme  potée  de  Bégo- 
nia Rex  dénommé  VAlhissin.  Ses  feuilles,  au 
nombre  de  70  à 80,  sont  d’un  gris  de  fer  à re- 
flets métalliques,  et  présentent  à peine  des 
traces  de  panachure  brunes. 

Mentionnons,  pour  mémoire,  les  Anthurium 
Scherzerianum  de  M.  Huré,  un  Salvia  Alfred 
Ragueneau,  demi-nain,  compact,  à épis  hauts 
et  nombreux  de  bractées  rouges  ; nous  n’en 
connaissons  pas  le  présentateur;  puis  une  col- 
lection variée  éélris  pumila,  de  M,  Georges 
Boucher. 


Orchidées 

Ge  n’étaient  pas  des  présentations,  mais  un 
concours,  où  les  appréciations  des  jurés  ne 
se  traduisent  que  par  leurs  décisions.  Nous 
avons  surtout  remarqué,  dans  le  lot  de 
M.  Peeters,  l’amateur  bien  connu,  de  Bruxelles, 
un  bien  beau  Masdevallia  Veitchii  gran- 
diflora,  un  Miltonïa  Vexillaria  gigantea, 
dont  le  diamètre  est  énorme,  un  Zygopeta- 
lum  X Perrenoudi  hybride  du  Z.  interme- 
dium et  du  Z.  Gauthieri,  et  enfin  des  Odonto- 
glossum  crispum  de  formes  parfaites. 

M.  Bleu  concourait,  comme  toujours,  avec 
quelques  spécimens  irréprochables  : Cattleya 
Mossiæ,  C.  Schrœderæ  et  C.  Mendeli  Blunti. 

Nous  avons  particulièrement  noté,  dans  le 
lot  de  M.  Drieger,  jardinier-chef  au  château  du 
Monastère,  près  Ville-d’Avray,  un  Cattleya 
lohata,  plante  qui  fleurit  rarement,  un  Odonto- 
glossum  cirrhosum,  aux  longs  sépales  effilés, 
un  Oncidium  Sarcodes  bien  maculé  inférieu- 
rement et  enfin  un  Odonioglossum  Hallii,  dont 
la  hampe  mesurait  lm30. 

M.  Bert,  de  Bois-Golombes,  exposait,  entre 
autres,  trois  exemplaires  de  Cattleya  Laivren- 
ceana,  parmi  lesquels  se  trouvait  une  variété 
très-foncée,  atroruhens  ; un  Cattleya  Schille- 
riana  Am  alla  ; un  C.  Skinneri -,  quelques 
Odontoglossum  crispum  Alexandræ  en  bonne 
forme,  « de  Pacho  » et  un  Dendrobium  Bryme- 
rianum. 

MM.  Duval  et  fils  concouraient  avec  une  cor- 
beille de  rutilants  Cypripedium  Lawrencea* 
num^  d’un  diamètre  inusité* 


242 


l’exposition  d’horticulture  de  FLORENCE. 


Arboriculture  fruitière. 

On  nous  montre  deux  pots  de  Framboisiers 
forcés,  appartenant  à la  variété  Falsiaff.  Ces 
Framboisiers,  soumis  au  forçage  le  10  jan- 
vier 1897,  n’ont  donc  mis  qu’un  peu  plus  de 
3 mois  pour  donner  leurs  beaux  fruits  rouges. 
Ils  sont  présentés  par  M.  Gongy,  chef  des  cul- 
tures alimentaires  du  domaine  de  Ferrières-en- 
Brie. 


Arboriculture  d’ornement 

Un  bouquet  de  Lilas  est  présenté  par 
M.  Georges  Boucher.  Ce  Lilas  est  la  variété  Sou- 
venir  de  Spath,  dont  le  coloris,  d’un  rouge  à la 
fois  vineux  et  éclatant,  rivalise  avec  celui  d'Aline 
Mocqueris. 

De  culture  potagère,  toujours  point. 

H.  Dauthenay. 


L’EXPOSITION  D’HORTICULTURE  DE  FLORENCE 


Pesta  dei  Fiori,  la  Fête  des  fleurs,  c’est  de  ce 
nom  poétique  que  la  Société  royale  d’horti- 
culture de  Toscane  a baptisé  le  concours  auquel 
elle  nous  a conviés.  Elle  pouvait  difficilement 
faire  une  proposition  plus  engageante  : les 
charmes  de  Florence  joints  à l’intérêt  d’une 
exposition  dans  ce  jardin  qu’est  la  vallée  de 
l’Arno!  Aussi  les  jurés  étrangers  étaient  prêts 
à répondre  à l’appel  le  Dr  mai  au  matin. 

L’exposition  d’horticulture  marquait  la  fin,  et 
en  même  temps  le  couronnement  de  l’exposi- 
tion des  beaux-arts,  ouverte  pendant  tout  l’hiver. 
Elle  était  divisée  en  deux  parties,  malheureu- 
sement un  peu  distantes  l’uhe  de  l’autre,  l’une 
dans  l’intérieur  de  la  ville,  près  de  la  place 
Victor-Emmanuel,  et  l’autre  dans  les  beaux 
jardins  que  possède  la  Société  d’horticulture  en 
dehors  de  l’ancienne  enceinte.  La  première 
section,  de  beaucoup  la  plus  importante,  était 
répartie  en  dix-huit  locaux  distincts  (salles, 
tentes,  galeries,  cours).  Cette  dissémination  est 
évidemment  un  inconvénient  : le  coup  d’œil  d’en- 
semble manque,  et  la  coordination  de  tout  ce 
qui  est  exposé  devint  un  vrai  travail.  Mais  cet 
inconvénient  est  en  partie  racheté  par  le  grou- 
pement, dans  un  même  local,  des  plantes  d’un 
exposant,  et  par  la  faculté  qui  lui  est  ainsi  donnée 
de  disposer  son  apport  suivant  son  goût  per- 
sonnel. Telle  salle,  garnie  des  Anthuriums,  des 
Aroïdées  de  l’École  d’horticulture,  telle  autre 
que  décorent  en  groupes  pittoresques  les  plantes 
de  serre  du  marquis  Torrigiani  en  sont  la  preuve. 

L’exposition  de  Florence  présente  deux  ca- 
ractères qui  la  distinguent  de  beaucoup  d’autres 
et  qui  méritent  d’être  mis  en  lumière.  C’est, 
d’une  part,  l’importance  des  apports  d’amateurs, 
qui  balancent  presque  ceux  des  horticulteurs 
professionnels  ; et,  d’autre  part,  la  beauté,  la 
grandeur  de  beaucoup  de  plantes  exposées. 
Nous  avons  noté,  par  exemple,  des  massifs 
avec  des  Anthuriums  de  plus  de  deux  mètres, 
un  Medinilla  avec  15  inflorescences  épanouies, 
un  Vanda  de  2 mètres  de  hauteur,  des  Crotons 
géants,  etc. 

On  entend  souvent  exprimer  le  regret  du 
petit  nombre  d’amateurs  qui  prennent  part  aux 
joutes  horticoles;  jamais,  dans  aucune  exposi- 
tion, nous  n’en  avons  vu  apporter  des  lots 
aussi  nombreux  et  aussi  importants.  Nous  cite- 
rons le  marquis  Ridolfi,  président  de  la  Société 


d’horticulture  de  Toscane,  qui  a pris  part  à 
14  concours  différents,  avec  des  Orchidées,  des 
Anthuriums,  des  Azalées,  des  Rosiers,  etc.  ; 
le  marquis  Torrigiani  (13  concours),  avec  des 
plantes  de  serre,  des  Crotons,  des  plantes  à 
feuillage,  des  Pélargoniums,  etc.  ; la  comtesse 
Bastoggi  (20  concours),  avec  des  plantes  de  serre 
à feuillage,  des  Orchidées,  des  Fougères,  des 
Anthuriums,  des  Dracénas,  des  Crotons,  des 
plantes  de  plein  air,  etc.  Une  mention  aussi  au 
lot  de  100  plantes  indigènes  présenté  par  le 
jardinier  de  la  marquise  Paulucci,  membre 
elle-même  du  jury  ; ces  végétaux,  bien  cul- 
tivés, bien  groupés,  montraient  toutes  les  res- 
sources décoratives  de  la  flore  locale.  Parmi 
les  exposants  collectifs  et  au  moins  en  partie 
hors  concours,  nous  avons  admiré  les  plantes 
de  serre,  les  Palmiers,  les  Cycadées,  les  Fou- 
gères du  jardin  botanique  de  Florence,  les 
fruits,  les  Œillets,  les  Pélargoniums,  etc.,  des 
jardins  royaux  Boboli,  Petraia  et  Castello,  etc.; 
les  lots  aussi  nombreux  qu’importants  répartis 
en  12  concours  de  l’École  de  pomologie  et 
d’horticulture  de  Florence. 

Les  horticulteurs  ne  sont  pas  restés  en  ar- 
rière et  chacun  s’arrêtait  devant  les  groupes  de 
M.  R.  Mercatelli,  à Florence,  inscrit  dans 
28  concours,  qui  a exposé  des  plantes  de  serre, 
des  Palmiers,  des  Crotons,  des  Orchidées,  des 
Conifères,  des  arbustes  de  plein  air,  etc.; 
M.  Gelli,  de  Florence,  a une  belle  collection 
de  plantes  gjdmpantes,  de  Lierres,  etc.  ; M.  Me- 
negazzoli,  à Vérone,  des  Cinéraires,  des  Pélar- 
goniums, des  Araucarias,  etc.;  M.  Linari,  à 
Florence,  des  Orchidées,  des  Anthuriums,  des 
Dracénas,  des  Crotons,  etc.  ; M.  Bartolini,  de 
Pistoie,  des  Cactées  et  des  plantes  grasses,  et 
enfin  M.  Whnter,  de  Bordighera,  un  lot  très- 
important  de  Palmiers  et  arbustes  d’orangerie. 

L’exposition,  nationale  dans  certaines  par- 
ties, était  internationale  dans  d’autres  ; quelques 
étrangers  avaient  répondu  à l’appel  et  nous 
avons  remarcjué  une  belle  collection  d’Œillets 
et  fleurs  coupées  de  M.  Perrin,  à Nice  ; des 
Anthuriums  Scherzerianum  blancs  et  des 
Azalea  pontica  à fleurs  doubles  de  M.  de  Smet, 
à Gand;  des  plans  de  jardins  de  MM.  Baviot,  à 
Lausanne. 

Sans  entrer  dans  plus  de  détails  et  sans  en- 
treprendre l’énumération  des  nombreuses  ré- 


EMPLOI  DES  BAMBOUS  EN  MALAISIE. 


243 


compenses  décernées,  qui  ne  seraient  qu’un 
long  palmarès,  nous  en  avons  assez  dit  pour 
montrer  combien  l’exposition  de  Florence  par- 
ticipe au  caractère  aimable  et  accueillant  de  la 
ville  qui  l’abrite.  Si  elle  ne  se  distingue  pas  par 


la  présence  de  nouveautés  inédites,  au  succès 
bruyant,  elle  attire  et  retient  le  visiteur  par  la 
beauté  des  apports  et  par  le  goût  exquis  qui  a 
présidé  à son  organisation. 

Marc  Micheli. 


EMPLOI  DES  BAMBOUS  EN  MALAISIE 


Des  nombreuses  espèces  de  cette  impor- 
tante Graminée,  disséminées  sur  l’Asie  mé- 
ridionale, l’Afrique  équatoriale  et  l’Amé- 
rique centrale,  les  plus  grandes  habitent 
l’Inde  et  la  Malaisie  où  elles  forment  de  vé- 
ritables forêts  impénétrables  connues  sous  le 
nom  de  jungle.  Quelques-unes  ont  été  propa- 
gées dans  les  pays  intertropicaux,  où  elles 
n’étaient  pas  indigènes,  à cause  des  services 
multipliés  qu’elles  rendent  aux  habitants  de 
ces  contrées. 

La  longueur,  la  rondeur  et  la  légèreté  du 
Bambou,  la  facilité  avec  laquelle  on  peut  le 
fendre  avec  régularité,  le  poli  naturel  de  sa 
partie  extérieure,  le  vide  intérieur,  sa 
grande  abondance  et  la  rapidité  de  sa  crois- 
sance sont  des  qualités  qui  le  rendent  utile  à 
de  multiples  usages  remplaçant  d’autres 
matériaux  plus  lourds  qui  demanderaient 
une  préparation  plus  pénible. 

Quelle  somme  de  travail  est  en  effet  épar- 
gnée à l’homme  sauvage  qui,  n’ayant  pour 
tout  outil  qu’une  hache  ou  un  couteau,  serait 
obligé  d’abattre  et  de  débiter  ces  arbres  gi- 
gantesques qui  peuplentles  forêts  dans  les- 
quelles il  vit,  si  la  nature  ne  lui  eût  fait  don 
d’un  végétal  si  admirable  et  si  étonnant 
qu’il  approprie  à tous  ses  besoins  sans  beau- 
coup d’efforts. 

Veut-il  construire  une  habitation  ! Six 
ou  huit  Bambous  de  la  plus  grosse  espèce 
lui  servent  de  pilotis  sur  lesquels  repose 
le  plancher  à claire-voie  composé  de  ba- 
guettes de  la  même  essence  assemblées  à 
l’aide  de  rotin  ou  autre  liane.  Fendant  la 
tige  en  plusieurs  endroits  et  l’aplatissant,  il 
obtient  d’excellentes  planches  avec  lesquelles 
il  compose  les  parois  de  sa  case  et  si,  à proxi- 
mité, il  ne  rencontre  ni  feuilles  de  Palmier 
ni  hautes  herbes,  c’est  encore  avec  le  Bam- 
bou qu’il  formera  la  toiture  en  juxtaposant 
les  tiges  fendues  en  deux  de  manière  que  la 
pluie  ne  puisse  pénétrer  à l’intérieur. 

Que  peut-on  trouver  de  plus  admirable 
dans  ces  contrées  lointaines  où  la  civilisation 
n’est  pas  encore  entrée,  qu’une  de  ces  habi- 
tations, capable  d’abriter  plusieurs  grandes 
familles,  entièrement  construite  avec  des 
tiges  de  cette  gigantesqueGraminée  assem- 


blées avec  des  lianes  et  où  l’on  ne  saurait 
tiouver  le  moindre  morceau  de  fer,  même 
sous  la  forme  d’un  clou. 

S’il  veut  traverser  un  torrent  au  cours  ra- 
pide, l’indigène  abattra  quelques  chaumes 
qu’il  fixera  au  tronc  des  arbres  croissant 
sur  les  rives  et  formera  un  pont  léger  et  so- 
lide. 

Si  l’eau  potable  est  loin  de  sa  demeure,  il 
l’amène  à proximité  à l’aide  de  Bambous 
ouverts  reposant  sur  des  fourchettes  de  bois 
La  gaine  de  son  couteau  et  la  plupart  de  ses 
ustensiles,  va  ses  à conserver  les  fruits,  verres, 
cruches,  etc.,  ne  sont  autres  que  des  Bam- 
bous. 

Débitant  ce  végétal  en  petites  baguettes, 
le  naturel  compose  ses  nasses  et  autres  engins 
de  pêche,  des  cages  pour  enfermer  ses  vo- 
lailles ; il  forme  également  des  pièges  pour 
prendre  le  sanglier  ou  autres  animaux. 

Lorsque  les  Dayaks  de  Bornéo  veulent  grim- 
per sur  un  arbre,  soit  pour  chercher  des 
fruits,  soit  pour  récolter  lemiel,  si  le  tronc  est 
trop  gros  pour  en  permettre  l’ascension,  ils 
enfoncent  dans  le  corps  de  l’arbre  des  chevil- 
les de  Bambou  bien  effilées,  obtenant  ainsi 
une  échelle  qui  permet  d’atteindre  les  plus 
hautes  branches. 

Les  principales  espèces  de  Bambous  que 
les  indigènes  de  la  Malaisie  emploient  le  plus 
souvent  sont  les  suivantes  : 

Le Dendrocalamus giganteus,  Munro,qui 
croît  particulièrement  près  des  cours  d’eau  et 
atteint  une  hauteur  de  20  à 25  mètres  ; j’ai  vu 
des  spécimens  mesurant  18  centimètres  de 
diamètre  ; on  l’emploie  principalement  à la 
corxStruction  des  cases,  ponts,  aqueducs,  etc. 

Les  tiges  du  Dendrocalamus  flagellifer, 
Munro,  aux  nœuds  distants  de  75  centimètres 
à 80  centimètres,  se  fendent  facilement  et 
sont  choisies  de  préférence  pour  former  les 
cloisons  et  parois  des  habitations. 

Le  Dendrocalamus  strictus,  Nees,  n’est  pas 
aussi  volumineux  que  le  premier,  mais  il  est 
plus  fort  ; son  écorce  est  lisse  et  ses  bran- 
ches sont  épineuses  ; son  bois  est  presque 
incorruptible  ; aussi  s’en  sert-on  pour  con- 
fectionner des  récipients  de  toutes  sortes. 

Le  Dendrocalamus  sericeus,  Munro,  au 


244 


CORRESPONDANCE. 


bois  moins  consistant  que  celui  des  espèces 
déjà  nommées,  sert  à maintenir  l’équilibre 
des  embarcations  légères. 

Avec  les  tiges  minces  du  Dendrocalamus 
membranaceus,  Munro,  on  fabrique  des 
verres  et  autres  ustensiles. 

En  formant  des  flèches  ou  des  lances  avec 
le  bois  du  Bambusa  longispathus,  Kurz, 
et  mettant  la  pointe  au  feu,  on  obtient 


une  arme  vénéneuse  dont  les  blessures  sont 
presque  toutes  mortelles.  Les  fines  tiges  du 
Beesha  Rheedii,  Kunth,  sont  employées 
comme  tuyaux  de  pipes. 

Les  jeunes  pousses  de  Bambou  fournissent 
un  excellent  légume  que  j’ai  eu  l’occasion 
d’apprécier  pendant  mon  séjourà  Singapore 
où  les  Chinois  en  font  une  culture  spéciale. 

Eug.  Langlassé. 


CORRESPONDANCE 


No  3H6  {Sèine-et-Marne) . — Les  échantil- 
lons de  jeunes  fruits  de  Poiriers  que  vous  nous 
avez  adi  essés  sont  effectivement  attaqués  par 
la  tavelure  {Fusidadium  pyrinum)  et  par  une 
larve  qui  n’est  autre  que  celle  du  Rhynddtes 
Bacdius,  petit  Coléoptère  à reflets  métalliques 
que  les  jardiniers  appellent  mouche  de  la 
Saint-Marc,  et  qui  est  cousin  germain  de  l’An- 
thonome  des  Pommiers. 

Contre  la  tavelure,  le  seul  remède  qui  se 
soit  montré  jusqu’à  présent  assez  efficace  con- 
siste en  pulvérisations  au  sulfate  de  fer,  à rai- 
son de  i gr.  1/2  à 2 gr.  par  litre  d’eau  pour  de 
jeunes  fruits.  On  peut  aller  jusqu’à  5 grammes 
pour  les  fruits  parvenus  à leur  grosseur  nor- 
male. Un  autre  remède,  parfois  employé  avec 
succès,  consiste  à faire  bouillir  pendant  un  quart 
d’heure,  1 kilog  de  fleur  de  soufre  et  800  gr.  de 
chaux  vive  dans  10  à 12  litres  d’eau.  Ajouter 
20  litres  d’eau  au  moment  de  s’en  servir, 
et  pulvériser  avec  le  liquide  ainsi  obtenu. 
M.  Prillieux  a proposé  l’emploi  du  sulfate 
de  cuivre,  en  pulvérisations,  à raison  de  2 ki- 
log. 500  alliés  à 2 kilog.  de  chaux,  par  100  litres 
d’eau. 

Contre  la  piqûre  du  Rhynchites  Bacchus, 

on  recommande  aujourd’hui  le  remède  suivant, 
toujours  en  pulvérisations  : 

Eau 25  litres. 

Sulfure  de  potassium  . . 100  gr. 

Glycérine  brute  du  com- 
merce  250  gr. 

Nous  expérimentons  en  ce  moment  cette  solu- 
tion. Il  est  un  autre  moyen  de  combattre  les  ra- 
vages de  cet  insecte;  ce  moyen,  s’il  ne  donne 
pas  d’effets  immédiats,  en  donne  toutefois 
pour  l’avenir  ; c’est  de  recueillir  soigneu- 
sement tous  les  fruits  piqués  et  de  les 
écraser  avec  les  larves  qu’ils  contiennent.  Mais 
il  faudrait  que  tout  le  monde  fît  de  même. 

Enfin,  à l’égard  des  deux  fléaux  que  vous 
nous  signalez,  et  qui  sont  d’ailleurs  très-répan- 
dus cette  année,  la  méthode  préventive  est 
encore  la  meilleure.  Les  praticiens  ont  re- 
marqué que  la  tavelure  est  d’autant  plus  fré- 


quente sur  les  jeunes  fruits  que  le  sol  est  plus 
appauvri.  D’autre  part,  les  mousses  du  sol 
servent  d’asile,  en  hiver,  au  Rhynchite.Dans  les 
deux  cas,  l’incorporation  hivernale  du  sulfate 
de  fer  au  sol  est  tout  indiquée  (de  30  à 60  gr. 
par  mètre  carré). 

Un  dernier  mot.  Si  vous  voulez  vous  conser- 
ver quelques  beaux  fruits,  enfermez  quelques 
bouquets,  sitôt  la  fécondation  opérée,  dans  des 
sacs  à raisins  cylindriques,  hermétiquement 
fermés.  Nous  venons  de  réussir,  par  ce  moyen, 
à gêner  considérablement  la  dissémination  des 
spores  de  la  tavelure  et  l’intrusion  du  Rhyn- 
chite.  — (H.  D.) 


CATALOGUES  REÇUS. 

V.  Boutin,  à Saintes  (Charente-Inférieure).  — 
Catalogue  général.  Nouveautés.  Plantes  pour  mas- 
sifs : Cannas,  Dahlias,  Fuchsias,  Pélargoniums 
zonés  (Géraniums),  à grandes  fleurs,  et  à feuilles 
de  Lierre.  Plantes  de  serres,  Chrysanthèmes,  etc. 

B.  Comte,  47,  rue  de  Bourgogne,  à Lyon- 
Vaise  (Rhône).  — Plantes  rares  et  nouveautés. 
Plantes  de  serre  chaude,  de  serre  tempérée,  de 
serre  froide  et  d’orangerie.  Cannas,  Dahlias, 
Fuchsias,  Pélargoniums,  Chrysanthèmes,  Phlox, 
Plantes  aquatiques. 

Machet  aîné  et  Josem,  à Chàlons-sur-Marne 
(Marne).  — Catalogue  général.  Plantes  d’obten- 
tion ou  d’introduction  récente  : Fuchsias,  Pélargo- 
niums zonés  ; plantes  à fleurs  et  à feuillage  ; 
Conifères. 

L.  Paillet,  à Châtenay,  près  Paris  (Seine).  — 
Culture  générale  de  tous  les  végétaux  rustiques  de 
plein  air.  Spécialité  de  Dahlias  « Cactus  ».  Hy- 
drangea  paniculata  grandiflora. 

Ed.  Pynaert-Van  Geert,  à Gand  (Belgique).  — 
Spécialité  de  plantes  nouvelles,  rares  ou  peu  ré- 
pandues {Azaleodevdron,  Disa,  Lourya,  Cyrtos- 
tachys.,  Cyathea  Mastersii,  Carex  Vilmorini,  etc., 
collections  de  Cypripedium  hybrides,  de  Phyllo- 
caclus  de  Veitch,  de  Fougères  rares,  etc.). 

P.  Simon,  99,  route  de  Montrouge,  à Malakolf 
(Seine).  — Plantes  pour  garnitures  de  corbeilles, 
massifs  et  plates-bandes,  en  arrachis  et  en  pots  : 
Agérates,  Anthémis,  Bégonias,  Fuchsias,  Hélio- 
tropes, Pélargoniums  zonés  (Géraniums),  Ver- 
veines, Zinnias,  etc. 


Orléans.  ^ lmp.  G.  Jaeobi  Paul  Pigelet,  successeuj. 


Le  Direêteur- Gérant  / L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


245 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Ordre  du  Mérite  agricole.  — Exposition  de  la  Société  nationale  d’horticulture.  — Les  gelées  tardives.  — 
La  taille  des  Vignes  gelées  et  celle  des  Vignes  grêlées.  — Les  bouquets  à la  main  à l’Exposition  des 
Tuileries.  — Congrès  horticole  de  18Ü7. — Hemerocallis  flavo-Middenclorffli.  — Les  fruits  confits  du 
Citrus  triplera. — Sur  l’introduction  du  Canna  Burbayik.  — Exposition  internationale  d’horticulture 
de  Gand.  — Union  incomplète  de  la  grelfe  et  du  sujet.  — Ouvrages  reçus.  — Expositions  annoncées. 
— Exposition  internationale  de  Bruxelles. 


Ordre  du  Mérite  agricole.  — Parmi 
les  décorations  du  Mérite  agricole  décernées 
à l’occasion  du  concours  régional  de  Valence, 
nous  relevons  la  suivante  qui  intéresse 
l’horticulture  : 

Grade  d’officier. 

M.  Reboul  (Charles-Joseph),  horticulteur-pé- 
piniériste à Montélimar  i^Drôme)  : lauréat 
de  nombreux  concours  et  expositions.  30 
ans  de  pratique  horticole.  Chevalier  du 
7 avril  J 888. 

Exposition  de  la  Société  nationale 
d’horticulture.  — L’Exposition  générale 
annuelle  d’horticulture,  à laquelle  chaque 
année  le  public  parisien  fait  un  accueil  si  em- 
pressé, ouvrira  ses  portes  le  mercredi  2 juin. 

L’Exposition  se  tiendra,  comme  les  an- 
nées précédentes,  dans  le  Jardin  des  Tuile- 
ries, allée  des  Orangers,  et  terrasse  du  Jeu 
de  Paume,  près  la  rue  de  Rivoli. 

Les  visiteurs  pourront  jouir  gratuitement 
d’un  charmant  Concert  qui  sera  donné 
tous  les  jours,  de  3 à 5 heures,  dans  le  Jar- 
din de  l’Exposition. 

Clôture  de  l’Exposition  le  lundi  7 juin,  à 
6 heures  du  soir. 

Les  gelées  tardives.  — Il  a gelé,  à peu 
près  partout  en  France,  dans  les  nuits  du 
11  au  12  mai  et  du  12  au  13  mai.  La  gelée 
a été  d’autant  plus  fatale  à la  culture  qu’en 
raison  de  la  bénignité  de  l’hiver  1896-1897, 
la  végétation  était  généralement  fort  avan- 
cée. D’où  qu’elles  soient  venues,  les  nouvelles 
que  nous  avons  reçues  sont  navrantes.  Si 
l’Est  a été  relativement  peu  éprouvé,  le 
Centre  l’a  été  beaucoup.  C’est  surtout  dans 
le  département  du  Cher  que  la  dévastation 
a atteint  son  maximum  d’intensité.  Non 
seulement  les  Vignes  y sont  complètement 
gelées,  mais  aussi  les  Pommes  de  terre,  les 
Haricots,  les  Fraisiers.  Les  Pêchers  n’ont 
plus  de  feuilles.  Les  Noyers  et  les  Chênes 
ont  été  touchés.  Les  jeunes  fruits  des  arbres 
fruitiers  sont  noircis  et  tombent.  Nombre 
de  pousses  d’arbres,  d’arbustes  d’ornement 
ont  été  grillées.  On  avait  commencé  à gar- 

le''  Juin  1897 


nir  quelques  corbeilles  : ce  qui  avait  été 
sorti  est  perdu.  Cette  situation  lamentable 
a fait  tache  d’huile  sur  une  région  que, 
quant  à présent,  on  peut  délimiter  entre  la 
Champagne  et  les  Charentes  dans  son  plus 
grand  diamètre,  et,  dans  son  plus  petit, 
entre  Seine-et-Oise  et  l’Ailier.  C’est  dire  que 
la  Bourgogne,  la  Touraine,  le  Maçonnais, 
l’Auvergne  ont  considérablement  souffert. 

Aux  confins  de  cette  triste  scène,  on 
signale  des  dégâts  localisés  ou  survenus  par 
des  causes  analogues.  C’est  ainsi  qu’à 
Angers,  la  gelée  a ravagé  les  cultures  du 
sud  de  la  Loire  tandis  que  le  nord  est  resté 
à peu  près  indemne.  Dans  la  région  pari- 
sienne, le  plateau  de  Villejuif,  Montlhéry  et 
Limours  ont  particulièrement  souffert. 
Dans  la  Gironde,  ce  sont  les  plaines  basses 
qui  ont  été  atteintes.  Il  a neigé  en  Franche- 
Comté,  et  un  vent  aride  et  froid  a désolé  la 
Provence. 

Ce  n’est  pas  la  première  fois  que  la  pé- 
riode comprise  entre  le  ii  et  le  13  mai 
nous  réserve  d’aussi  tristes  surprises.  Elle 
correspond  à celle  que  nos  pères  appelaient 
les  ((  saints  de  glace  » Mamert,  Pancrace  et 
Gervais — « qui  sans  froid  ne  vont  jamais  ». 
Il  en  est  de  cela  comme  des  giboulées  de 
mars  accompagnées  du  25  au  29  du  vent 
(c  Voccarious  » ou  de  « Galerne  » ; comme 
aussi,  entre  le  23  et  le  25  avril,  puis  entre 
le  3 et  le  6 mai,  soufflent  presque  toujours 
les  vents  secs  et  froids  dits  « Cavaliers  ». 
Le  malheur  est  que,  cette  année,  toutes  ces 
circonstances  quasi-normales  aient  vu  leurs 
effets  s’aggraver  par  suite  d’une  très -grande 
humidité  de  l’hiver.  En  même  temps  qu’elle 
favorisait  un  départ  prématuré  de  la  végé- 
tation, cette  humidité  préparait  un  champ 
d’action  trop  facile  à la  gelée  tardive. 

Mais  rien  ne  servira  de  se  lamenter. 
Puisqu’il  ne  reste  plus,  du  moins  pour  la 
Vigne,  qu’à  préparer  le  bois  de  l’année 
prochaine  par  une  bonne  taille  en  vert,  il 
faut  le  faire.  On  peut  encore  recommencer 
les  Haricots  et  les  Pommes  de  terre  les  plus 
hâtives.  Quant  aux  corbeilles  de  fleurs,  on 
peut  aisément  se  consoler  de  leur  perte  en 
les  recommençant. 


11 


246 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


La  taille  des  Vignes  gelées  et  celle  des 
Vignes  grêlées.  — La  Revue  de  viticul- 
ture nous  donne,  an  sujet  de  la  taille  des 
vig'nes  gelées  et  des  vignes  grêlées,  les  con- 
seils suivants,  qui,  malheureusement,  ne 
sont  que  trop  de  circonstance  : 

Pour  les  Vignes  gelées  : 

((  La  taille  en  vert  des  rameaux  gelés,  aussi 
bien  que  des  rameaux  altérés  par  la  grêle,  est 
une  opération  excellente  et  à laquelle  il  faut 
toujours  avoir  recours  lorsque  l’accident  se 
produit  de  bonne  heure  et  avant  la  floraison  ; 
on  obtient  ainsi  sûrement  de  beaux  bois  pour 
la  taille  suivante  et  souvent  une  nouvelle  flo- 
raison, d’oû  peut  même  résulter  une  récolte 
partielle.  Il  faut  supprimer,  avec  le  sécateur, 
toute  la  partie  altérée  du  rameau  herbacé,  et 
si  l’altération  atteint  presque  tout  le  rameau, 
faire  la  taille  cà  deux  yeux  francs  sur  le  rameau 
herbacé,  et  plutôt  sur  l’empâtement.  Les  Vignes 
ainsi  taillées  en  vert,  en  pleine  végétation 
active,  donnent,  comme  nous  le  disions  dans 
notre  dernier  numéro,  beaucoup  de  rejets  ou 
pousses  sur  le  vieux  bois  : or,  il  est  nécessaire 
de  procéder  avec  soin,  et  à plusieurs  reprises, 
à un  ébourgeonnement  (épamprage)  de  ces 
rameaux  adventifs  pour  concentrer  la  végé- 
tation sur  les  rameaux  qui  partiront,  soit  de 
l’empâtement  du  bourgeon  herbacé,  soit  du 
bourrillon  et  de  la  couronne  du  courson  de  la 
taille  d’hiver,  d 

2^  Pour  les  Vignes  grêlées  : 

((  Quand  le  mal  est  peu  considérable,  il  n’y 
a pas  à se  préoccuper  des  quelques  plaies  que 
les  rameaux  ou  les  grappes  peuvent  porter  : la 
végétation  se  continue  néanmoins  dans  de 
bonnes  conditions.  Mais,  quand  ces  lésions 
sont  plus  nombreuses,  quand  les  rameaux  et 
les  feuilles  sont  plus  ou  moins  brisés  et  dé- 
chirés, il  en  est  tout  autrement  ; et  le  seul 
moyen  de  se  ménager  une  récolte,  et,  pour 
l’année  suivante,  de  beaux  bois  de  taille,  c’est 
de  procéder  à une  taille  en  vert  générale.  Tous 
les  rameaux  sérieusement  atteints,  qui  ne 
peuvent  se  développer  normalement  par  la 
suite,  sont  coupés  près  de  leur  insertion,  à 
un  ceil.  Ceux,  et  il  y en  a toujours,  qui  n’ont 
que  l’extrémité  de  très-altérée,  sont  taillés  au- 
dessus  des  formâmes  saines.  On  ne  conserve 
que  ce  qui  peut  se  développer  normalement 
pendant  la  végétation,  c’est-à-dire  fes  pampres 
ou  portions  de  pampre  qui  n’ont  pas  été  trop 
endommagées.  » 

Notre  confrère  ajoute  avec  raison  que 
cette  taille  ne  peut  être  éxécutée  que  jusque 
vers  la  fin  de  juin  ; dès  qu’on  arrive  en 
juillet,  il  faut  s’en  abstenir  ; le  remède  alors 
serait  pire  que  le  mal,  puisque  l’hiver  vien- 
drait surprendre  la  Vigne  en  pleine  végé- 
tation. 


Les  bouquets  à la  main  à l’Exposition 
des  Tuileries.  — Un  des  plus  charmants 
attraits  de  l’Exposition  qui  va  s’ouvrir  de- 
main au  Jardin  des  Tuileries,  sera  assuré- 
ment le  concours  de  bouquets  à la  main. 

Ce  concours  a lieu  le  mercredi  2 juin,  à 
9 heures  du  matin  pour  les  fleuristes  pro- 
fessionnelles, et  à 40  heures  du  matin  pour 
les  amateurs  (dames  et  jeunes  filles). 

Les  bouquets  seront  confectionnés  sous 
les  yeux  d’un  Jury  composé  de  dames  pa- 
tronnesses.  Le  temps  affecté  à la  confection 
des  bouquets  sera  de  20  minutes.  Ceux 
auxquels  des  récompenses  auront  été  attri- 
buées resteront  exposés  pendant  la  durée  de 
l’Exposition,  à charge  pour  les  personnes  ré- 
compensées de  les  entretenir  par  des  renou- 
vellements en  fleurs  fraîches. 

On  peut  assurément  prédire  un  succès 
mérité  à ce  concours  dont  les  organisateurs 
de  l’Exposition  de  Cannes  eurent  les  pre- 
miers l’idée  en  1896.. 


Congrès  horticole  de  1897.  — La  com- 
mission d’organisation  du  Congrès,  après 
examen  approfondi  des  différents  mémoires 
préliminaires  qui  lui  ont  été  remis,  a dé- 
cerné les  récompenses  suivantes  ; 


d’argent 
ex  æquo 

4«  Question. 


4‘e  Question.  — Du  choix  des  espèces  et 
des  meilleures  variétés  fruitières  à planter  sur 
les  routes.  Premiers  essais  faits  en  France  et 
résultats  obtenus. 

Petite  médaille  d’argent,  M.  Philbert,  con- 
ducteur municipal  des  travaux  de  Paris. 

2e  Question.  — Culture  des  fleurs  par  les 
enfants  et  par  les  ouvriers. 

Grande  médaille  d’argent,  M.  Charles  de 
Bosschere,  publiciste  horticole  à Anvers. 

, . , - ( M.  Deliège,  instituteur  à 

f ^ Betheny  (Marne). 

J M.  Maumené,  publiciste 
[ horticole. 

— Des  résultats  obtenus  par 
l’hybridation  dans  les  Orchidées. 

Le  mémoire  de  M.  Guillochon,  chef  de  cul- 
ture chez  MM.  Duval,  à Versailles,  est  admis  à 
l’impression. 

5e  Question.  — De  la  dégénérescence  de 
certaines  espèces  d’Orchidées. 

Médaille  d’or,  à MM.  Georges  Trulfaul  et 
Alexandre  Hébert,  à Versailles. 

6‘e  Question.  — Étude  comparative  des  dif- 
férents sujets  propres  au  greffage  des  Rosiers. 

Médaille  d’or,  M.  GharlesBaltet,  à Troyes. 

8e  Question.  — Classement  des  meilleures 
variétés  de  Rosiers  dans  les  sections  : Hybrides 
remontants,  Thés,  Noisettes,  Bout-bons,  Hy- 
brides de  Thés,  Rugosa,  Provins,  etc. 

Le  mémoire  de  M.  P.  Large,  horticulteur  à 
Albigny  (Rhône),  est  adnus  à l’impression. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Qe  Question.  — Étude  des  mœurs  du  ver 
des  Pommes  {Carpocapsa),  et  des  moyens  de 
le  détruire. 

Grande  médaille  d’argent,  M.  F.  Ducaux,  de 
Neuilly-sur-Seine. 

iO^  Question.  — Étude  des  maladies  para- 
sitaires qui  attaquent  les  composées  horticoles 
et  des  moyens  de  les  combattre. 

Médaille  de  vermeil,  M.  Charles  Julien,  de 
Grignon. 

Cette  année,  le  nombre  des  mémoires  pré- 
sentés a été  en  grande  augmentation  sur 
celui  des  années  précédentes  ; la  valeur  en 
était  aussi  supérieure.  Sur  dix  questions 
qui  figuraient  au  programme,  huit  ont  été 
traitées  et  quelques-unes  même  d’une  façon 
remarquable.  Sur  la  deuxième  question, 
par  exemple,  la  commission  a dû  étudier 
sept  mémoires. 

En  somme,  grand  succès  pour  le  13®  Con- 
grès de  la  Société  nationale  d’horticulture 
de  France. 

Heraerocallis  flavo-Middendorffii.  ■— 

M.  le  docteur  Christ,  de  Bâle,  a obtenu  une 
jolie  plante  hybride  entre  deux  plantes  vi- 
vaces bien  connues  et  toutes  deux  intéres- 
santes, les  Hemerocallis  flava^  L.,  et 
H.  Midde^idorffiiy  Trautv.  et  Mey.  Elle  est 
née  dans  son  jardin  à Liestal,  près  de  Bâle. 
Les  feuilles,  couleur  de  la  corolle,  bractées 
et  hampes  sont  analogues  à celles  de  VH. 
Middendorffii,  tandis  que  Finfiorescence 
et  la  longueur  du  tube  se  rapprochent  de 
VH.  flava. 

Voici  d’ailleurs  la  description  de  V Heme- 
rocallis flavo-Middendorffii,  Christ  : 

Plante  en  touffe  lâche;  hampes  peu  nom- 
breuses, de  30  à 35  centimètres  de  long  ; 
feuilles  larges,  carénées,  pliées  et  repliées  vers 
les  bords;  inflorescence  en  cyme  dichotome,  à 
rameaux  allongés  ; bractées  ovales  ; tube  de  la 
corolle  linéaire,  trois  fois  plus  court  que  les 
sépales  ; pédoncule  égalant  à peu  près  la  lon- 
gueur du  tube  ; corolle  jaune  citron,  à sépales 
externes  couleur  brique  sur  le  côté  extérieur. 

Espérons  que  les  jardins  posséderont 
bientôt  cette  intéressante  nouveauté. 

Les  fruits  confits  du  Citrus  triptera. 

— M.  Doumet-Adanson,  grand  amateur 
de  dendrologie,  propriétaire  du  superbe 
parc  de  Baleine  (Allier),  vient  de  présenter 
à la  Société  nationale  d’agriculture  des 
fruits  confits  qui  ont  été  récoltés  sur  le  Ci- 
tronnier rustique  {Citrus  triptera)  dont  la 
Revue  a publié  depuis  longtemps  la  des- 
cription et  le  portrait  colorié  en  rameaux. 


fleurs,  fruits  verts  et  fruits  mûrs.  Ces 
fruits  ne  sont  pas  comestibles  à l’état  frais. . 
Mais  M.  Doumet  a démontré  que  les  jeunes, 
encore  verts,  pouvaient  être  consommés  en 
guise  de  « chinois  ».  Nous  les  avons 
goûtés;  ils  sont  bons,  ayant  un  goût 
d’orange  mélangé  d’une  saveur  de  genièvre 
très-accentuée  et  qui  trouvera  certainement 
des  amateurs. 

Sur  l’introduction  du  Canna  Bur- 
bank.  — Nous  recevons,  sur  cette  ques- 
tion intéressante,  une  lettre  de  M.  Victor 
Lagarrigue,  horticulteur  à Murviel  (Hé- 
rault), que  nous  nous  empressons  d’insérer  , 
non  pas  seulement  parce  qu’elle  montre 
que  la  plante  existait  en  France  en  même 
temps  qu’en  Allemagne,  mais  parce  qu’elle 
exprime  une  opinion  éclairée  sur  la  valeur, 
décorative  du  Canna  Burhank  : 

« D’après  ce  que  je  viens  de  lire  dans  la 
chronique  du  dernier  numéro  de  la  Revue' 
horticole,  nous  écrit  M.  Lagarrigue,  il  sem- 
blerait, d’après  la  « Môller’s  Gartner  Zeitung  » 
que  les  premiers  introducteurs  du  Canna 
Burhank  seraient  des  Allemands.  Or,  je  pos- 
sède depuis  près  d’un  an  un  certain  nombre 
de  Cannas  américains  à grandes  fleurs  parmf 
lesquels  se  trouvent  les  variétés  : 

Burhank,  Stella-Kanst,  Yellow  Crozy^* 
Florence  Vaughan. 

Le  Canna  Burhank  est  plus  florifère  que  le 
C.  Austria  de  Damman  : c’est  un  Austria 
amélioré.  » 

Exposition  internationale  d’horticul- 
ture de  Gand.  — La  Société  royale  d’a- 
griculture et  de  botanique  de  Gand  tiendra 
sa  14®  Exposition  internationale  à Gand," 
du  16  au  24  avril  1898. 

Il  sera  formé  28  groupes  et  71G  concours. 

1.  Plantes  nouvelles,  24  concours  ; 

2.  Orchidées,  G2  concours  ; 

3.  Plantes  de  serre  chaude,  52  concours  ; 

4.  Aroïdées,  29  concours  ; 

5.  Palmiers,  45  concours  ; 

G.  Cycadées  et  Pandancées,  15  concours  ; 

7.  Fougères,  30  concours  ; 

8.  Plantes  de  serre  fleuries  et  non  fleuries 

(Miscellanées),  15  concours  ; 

9.  Concours  spéciaux  de  culture  et  de  flo-. 

raison,  19  concours  ; , 

10.  Plantes  fleuries  de  serre,  73  concours  ; 

11.  Arbustes  de  pleine  terre  en  floraison  forcée, 

37  concours  ; 

12.  Plantes  vivaces  fleuries,  20  concours  ; 

13.  Plantes  molles  et  herbacées  fleuries, 

40  concours. 

14.  Plantes  bulbeuses  et  tubéreuses  de  serre, 

28  concours  ; ^ 


248  CHRONIQUE 

15.  Plantes  bulbeuses  et  tubéreuses  de  pleine 

terre,  22  concours  ; 

16.  Azalea  indica  fleuris,  20  concours  ; 

17.  Camellias  fleuris,  4 concours  ; 

18.  Azalea  de  pleine  terre,  14  concours  ; 

19.  Rhododendrons  rustiques,  9 concours  ; 

20.  — de  serre,  7 concours  ; 

21.  Plantes  ornementales  de  serre  froide, 

34  concours  ; 

22.  Plantes  ornementales  de  pleine  terre, 

20  concours  ; 

23.  Agave,  Alœ,  Yucca,  etc.,  15  concours; 

24.  Conifères,  14  concours  ; 

25.  Fruits,  2 concours. 

26.  Préparations  pouvant  servir  à l’enseigne- 

ment de  la  botanique,  21  concours  ; 

27.  Bouquets  et  autres  ornements  fleuris, 

15  concours  ; 

28.  Art  et  industrie  horticole,  16  concours. 

Les  amateurs,  les  horticulteurs,  les  éta- 
blissements publics  de  botanique  et  d’horti- 
culture sont  invités  à prendre  part  à cette 
Exposition.  Les  exposants  devront  adresser 
leur  demande  d’inscription  le  19  mars  1898, 
au  plus  tard,  à M.  Fierens,  secrétaire  de  la 
Société,  avec  la  liste  nominative  et  complète 
des  plantes  et  des  objets  qu’ils  présenteront 
à l’Exposition;  les  numéros  des  concours 
auxquels  ils  entendent  prendre  part. 

Pour  les  serres,  bâches  et  abris  vitrés,  les 
demandes  d’inscription  doivent  être  formées 
et  présentées  avant  le  l®*’  février.  Les  serres 
avec  appareils  de  chauffage  devront  être 
complètement  installées  avant  le  ^5  mars. 

Union  incomplète  de  la  greffe  et  du 
sujet.  — Pour  montrer  une  fois  de  plus 
combien  la  soudure  entre  le  sujet  et  la 
greffe  est  parfois  incomplète,  nous  avons  à 
citer  le  fait  suivant  : 

Dans  la  propriété  de  M.  Louis  Fournier, 
à la  Cavalière,  près  de  Marseille,  un  Hêtre 
pourpre,  âgé  de  plus  de  40  ans,  vient  d’être 
cassé  par  le  vent  à 30  centimètres  du  sol.  A 
la  grande  surprise  de  tout  le  monde,  il  fut 
constaté  que,  bien  que  la  trace  des  deux  par- 
ties fût  de  même  grosseur,  soit  40  centi- 
mètres de  diamètre,  la  seule  portion  qui 
fournissait  la  sève  nécessaire  à la  portion 
de  ce  grand  arbre,  au  centre  du  tronc,  n’ex- 
cédait pas  5 centimètres  de  long  sur  4 centi- 
mètre et  demi  de  large  dans  sa  plus  grande 
largeur.  Les  écorces  étaient  juxtaposées, 
mais  non  soudées.  L’arbre  avait  20  mètres 
environ  de  hauteur. 

On  voit  souvent  de  vieux  arbres  vivre  par 
un  lambeau  d’écorce  ; il  est  beaucoup  plus 
rare  d’en  trouver  qui  s’alimentent  seule- 
ment par  le  milieu  du  bois. 


HORTICOLE. 

OUVRAGES  REÇUS 

Les  insectes  nuisibles,  par  A.  Acloque.  — 
4 vol.  in-32,  avec  67  gravures  dans  le  texte. 
Broché,  60  centimes,  Félix  Alcan,  éditeur. 

Dans  ce  petit  livre,  M.  A.  Acloque  a résumé 
l’histoire  des  insectes  les  plus  nuisibles  et  a 
indiqué  les  moyens  de  destruction  appropriés. 
On  peut  en  recommander  la  lecture  aux  agri- 
culteurs. Ils  y trouveront,  sous  une  forme 
claire,  nombre  de  renseignements  sur  les  pe- 
tits ennemis  de  leurs  récoltes. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Beaune,  i2  et  iS  juin.  — L’Association 
horticole  de  l’arrondissement  de  Beaune  orga- 
nise une  exposition  de  Roses  en  fleurs  coupées, 
qui  aura  lieu  les  42  et  43  juin,  salle  du  pavil- 
lon du  jardin  anglais. 

Il  sera  formé  un  concours. 

Adresser  les  demandes  pour  exposer,  avant 
le  5 juin,  à M.  Adolphe  Loiseau,  secrétaire 
général  de  l’Association  à Beaune. 

Genève,  du  il  au  22  juin.  — Le  Cercle 
horticole  de  Genève  organise  une  exposition 
florale  qui  comprendra  tous  les  genres  de 
plantes  vertes,  plantes  fleuries  et  fleurs  cou- 
pées. Cette  exposition,  réservée  aux  membres 
du  Cercle,  aura  lieu  du  47  au  22  juin. 

Melun,  du  3 au  1 septembre.  — La  Société 
horticole  et  botanique  de  l’arrondissement  de 
Melun  tiendra,  à Melun,  du  3 au  7 septembre 
4897  inclusivement,  une  exposition  générale 
d’horticulture,  comprenant  ; légumes,  fruits, 
arbres  et  arbustes  fruitiers  et  d’ornement, 
fleurs,  plantes  diverses,  enseignement  horticole, 
sylviculture,  apiculture,  arts  et  industries  se 
rattachant  à l’horticulture. 

Adresser  les  demandes  pour  exposer,  avant 
le  45  août,  à M.  Deiss,  secrétaire  général, 
49,  pré  Chamblain,  à Melun. 

Exposition  internationale  de  Bruxel- 
les. — La  première  exposition  d’horticul- 
ture vient  d’avoir  lieu  à Tervueren  (12  ki- 
lomètres de  l’Exposition  de  Bruxelles). 
Elle  comprenait  des  plantes  de  serre,  des 
Palmiers  et  des  Orchidées. 

Une  médaille  d’or  d’une  valeur  de  400  fr. 
a été  décernée  à M.  Paillet,  de  Ghâtenay 
(Seine),  pour  sa  collection  de  450  variétés 
de  Pivoines  en  fleurs  coupées  qui  a fait 
l’admiration  de  tous  les  horticulteurs 
belges. 

Ed.  André. 

* La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Jacob, 
Paris. 


LES  CONSTRUCTIONS  PITTORESQUES  DU  LAC  DE  MELZÉAR. 


‘249 


LES  CONSTRUCTIONS  PITTORESQUES  DU  LAC  DE  MELZÉAR 


L’ornementation  végétale  d’une  grande 
expansion  d’eau  et  de  ses  abords,  comme 
le  lac  de  Melzéar,  dont  nous  avons  entre- 
tenu précédemment  nos  lecteurs,  ne  suffi- 
rait pas  à agrémenter  comme  il  convient 
une  scène  dont  l’attrait  s’augmente  beau- 
coup par  la  variété.  Un  jardin  ou  un  parc 
doit  être  un  objet  d’art,  et  non  une  copie 
servile  de  la  nature.  Toute  la  difticulté  ré- 
side dans  la  manière  dont  l’artiste  comprend 
l’iiarmonie  de  l’ensemble,  l’appropriation 
au  caractère  du  lieu,  la  subordination  de 


l’ornement  à la  masse,  la  combinaison  de 
l’utilité  et  de  l’agrément. 

Si  le  paysage  naturel  a été  réellement 
embelli,  non  dénaturé,  il  faut  que  les  habi- 
tants de  la  propriété  viennent  avec  plaisir 
visiter  ce  coin  du  parc,  s’y  complaire  et  s’y 
attarder. 

Aussi  le  choix,  la  forme,  la  couleur  des 
constructions  pittoresques  qui  conviennent 
à de  pareilles  scènes  de  nature  ornée  doi- 
vent-ils être  l’objet  des  soins  particuliers  de 
rarcbilecte-paysagiste. 


Fig.  85,  — Lac  de  Melzéar.  Pont  rustique  de  File. 


Avec  un  cadre  comme  celui  de  Melzéar, 
il  fallait  d’abord  proscrire  tout  caractère 
architectural  dans  les  constructions  qui  de- 
vaient accompagner  le  lac.  Le  paysage  y est 
essentiellement  riant  et  agreste  ; de  beaux 
bois  encadrent  les  deux  côtés  de  la  petite 
vallée,  dont  les  prairies  sont  fraîches, 
riches  et  charmantes  : les  pentes  latérales 
sont  modérément  accidentées  ; les  lignes  des 
lointains  sont  calmes.  Tout  contribue  à 
donner  au  pays  un  aspect  tranquille  et  re- 
posé. 

Or,  on  se  demande  quels  effets  produi- 
raient, dans  un  tel  cadre,  des  ornements 
disparates  comme  un  pont  en  pierre  de 
taille,  un  temple  de  marbre  sur  une  émi- 
nence médiocre,  un  abri  en  maçonnerie 


pour  les  bateaux,  ou  des  pavillons  luxueux 
en  fer  forgé. 

Les  constructions  en  bois  rustique  ou  en 
bois  de  charpente  bien  taillé  et  chanfreiné 
aux  angles  suffiront,  au  contraire,  à donner 
aux  accessoires  d’utilité  et  d’agrément  les 
formes  indiquées  par  la  situation  et  le 
souci  de  l’harmonie  générale. 

Examinons  quelques-unes  de  ces  cons- 
tructions : 

1'’  Ppnt  rustique  de  Tîle.  — Pour 
francliir  le  bras  du  lac  qui  sépare  l’île  de 
la  terre  ferme,  le  p mt  (fig.  85)  en  bois 
rustique  écorcé  et  verni  au  goudr’on  de  ba- 
teaux (glu  marine)  repose  sur  des  souiras- 
sements  de  roches  à demi  recouvertes  par 
une  végétation  sarmenteuse  et  par  des 


250 


LES  CONSTRUCTIONS  PITTORESQUES  DU  LAC  DE  MELZÉAR. 


plantes  vivaces  variées.  Le  dessin  de  ce 
pont  a été  fait  d’après  un  croquis  que  j’ai 
rapporté  des  Andes  de  Colombie,  où  des 


Indiens  l’avaient  construit  en  Bambous  lé- 
gers, trouvant  d’instinct,  et  du  premier 
coup,  les  formes  les  plus  rationnelles  de  la 


construction.  Lorsque  de  pareils  ponts  ont 
une  grande  portée,  on  se  trouve  bien,  pour 
parer  à toute  cause  d’accident,  si  les  bois 


venaient  à se  pourrir,  de  doubler  intérieu- 
rement les  poutres  du  tablier  par  deux 
longrines  en  fer  qui  leur  sont  parallèles. 


Fig.  87.  — Lac  de  Melzéar.  Embarcadère  à l’air  libre. 


restent  invisibles  et  servent  à appuyer  le 
platelage,  sans  rien  craindre  de  la  détério- 
ration causée  par  les  années. 

2.  Abri  des  bateaux  et  embarcadère 


couvert.  — C’est  encore  dans  1 île  qu  a 
pris  place  l’abri  des  bateaux  que  représente 
la  figure  86.  Il  est  construit  en  bois  de 
charpente  fondé  sur  un  soubassement  en 


251 


LES^  CONSTRUCTIONS  PITTORESQUES  DU  LAC  DE  MELZÉAR. 


maçonnerie.  Cette  substructure  peut  être 
remplacée  par  des  pieux  moisés  et  recou- 
verts d’un  plancher  solide  et  goudronné  en 


dessous.  Des  arcs-boutants  posés  sur  des 
semelles  horizontales  consolident  l’édicule 
et  lui  donnent  de  l’élégance.  La  toiture 


Fig.  88.  — Lac  de  Melzéar.  Cabane  pour  oiseaux  d’eau. 


peut  être  construite  de  diverses  manières  ; 
l’une  des  plus  légères  et  des  plus  durables 
se  fait  avec  des  demi-rondins  de  bois  minces 
et  doublés  en  dessous  d’une  feuille  de  zinc 
qui  assure  l’étanchéité  du  comble.  Les  quais 
d’embarquement  sont  en  bois  que  l’on  peut 


garnir  en  avant  de  tresses  en  fibres  de  coco 
pour  empêcher  les  frottements  et  les  éra- 
flures au  bordage  des  embarcations.  Deux 
moufles,  installés  sous  la  toiture,  dans 
l’axe  du  faîtage,  permettent  de  hisser  en 
l’air  un  second  bateau,  en  plus  de  celui  qui 


Fig.  89.  — Lac  de  Melzéar.  Kiosque  rustique  du  promontoire. 


est  à flot,  et  même  de  les  protéger  tous 
deux  l’hiver  par  cette  suspension  à cou- 
vert. 

Cette  petite  construction,  dont  les  dimen- 


sions peuvent  varier  suivant  la  grandeur 
des  embarcations  à abriter,  est  parfois 
complétée  par  une  partie  pleine,  construite 
en  pans  de  bois  et  briques,  placée  à l’ar- 


252 


LES  DAHLIAS-CA.GTUS  ET  LES  DAHLIAS  DÉCORATIFS, 


rière  et  servant  de  salle  fermée,  destinée 
aux  instruments  de  pêche,  aux  accessoires 
de  navigation  et  au  besoin  formant  une 
pièce  réservée  aux  baigneurs. 

3.  Embarcadère  à l’air  libre.  — Toute 
navigation  de  plaisance  suppose  des  embar- 
cadères. L’extrémité  de  Tîle  est  tout  indi- 
quée ici  pour  en  placer  un  à découvert,  si 
l’on  ne  veut  pas  embarquer  sous  l’abri 
même  des  bateaux,  ou  si  l’on  tient  à mettre 
à l’eau  les  deux  embarcations  à la  fois.  Ces 
petites  estacades  font  bon  effet  quand  elles 
sont  construites  en  bois  de  charpente  et 
peintes  soit  en  blanc,  soit  en  ton  de  bois 
clair,  se  détachant  agréablement  sur  la  ver- 
dure, comme  l’indique  la  figure  87.  Nulle 
difficulté  ne  surgit  si  le  niveau  de  l’eau 
reste  constant,  mais  si  ce  niveau  change, 
on  peut  disposer  à l’avant  de  la  construc- 
tion un  plancher  incliné,  mobile  et  flot- 
tant, ou  fixe  et  retenu  par  des  chaînes  que 
l’on  peut  faire  fléchir  à volonté. 

4.  Cabane  pour  oiseaux  d’eau.  — Les 
cabanes  et  abris  divers  pour  les  oiseaux 
aquatiques,  qui  donnent  tant  de  vie  aux 
pièces  d’eau  peuvent  être  variées  de  for- 
mes à condition  de  rester  discrètes  dans 
leur  coloration.  Soit  qu’on  les  construise  en 
bois  avec  toiture  en  rondins  et  lambrequins 
comme  la  figure  88,  soit  qu’on  préfère  le 
bois  rustique  avec  remplissage  en  torchis 
rosé  et  couverture  en  chaume,  — ce  qui  est 
encore  mieux  dans  le  ton,  — il  faut  toujours 
ajouter  une  planche  à tasseaux  pour  per- 
mettre aux  volatiles  de  descendre  à l’eau  et 
laisser  une  porte  à l’arrière  de  la  cabane 
pour  permettre  de  la  visiter.  On  recom- 
mande d’orienter,  de  préférence,  l’ouverture 
principale  du  côté  du  levant. 

5.  Kiosque  rustique  du  promontoire. — 
Les  kiosques  produisent  de  bons  effets 
pittoresques  si  leur  place  est  bien  choisie. 
Celui  de  Melzéar  (fig.  89),  dont  on  peut  voir 

LES  DAHLIAS-CACTUS  ET 

Dans  ses  efforts  persévérants,  l’horticul- 
ture, visant  de  plus  en  plus  à obtenir  des 
choses  nouvelles,  voit  ses  espérances  plus 
que  réalisées  et  se  surpasse  en  quelque 
sorte  par  l’étrangeté  des  résultats  obtenus. 

A quelle  surprise  ne  nous  a-t-on  déjà 
pas  conduits  dans  cette  bataille  aux  nou- 
veautés de  Chrysanthèmes  qui  passionnent 
aujourd’hui  tant  d’amateurs  autrefois  si  in- 
différents ? 

Nous  sommes  actuellement  lancés  dans 
la  même  voie  pour  les  Dahlias. 


l’emplacement  sur  un  promontoire  dans  la 
vue  à vol  d’oiseau  que  nous  avons  publiée, 
émerge  d’un  soubassement  de  roches  plus 
élevé  que  l’exiguïté  de  notre  dessin  ne  nous 
a permis  de  le  faire,  et  s’élève  entre  les  ar- 
bustes et  les  plantes  du  rocher  qui  des- 
cendent jusqu’au  bord  du  lac.  Construit  en 
bois  rustique  écorcé  et  verni,  couvert  en 
roseau,  ce  kiosque  a été  laissé  ouvert  pour 
que  la  vue  rayonne  librement  autour  de  lui, 
mais  il  peut  être  fermé  et  vitré  si  l’on  désire 
le  transformer  soit  en  un  abri  pour  l’au- 
tomne, soit  en  un  pavillon  destiné  à la  lec- 
ture, soit  encore  à recevoir  de  menus  engins 
de  pêche. 

Une  scène  aussi  étendue  que  celle  que 
nous  avons  décrite  comporte  d’autres  cons- 
tructions pittoresques  que  je  me  contenterai 
d’énumérer.  Ce  sont  : des  bancs  couverts, 
ornés  de  plantes  grimpantes  ; des  bancs 
simples,  formés  d’un  tronc  d’arbre  refendu 
et  dont  la  partie  convexe  repose  sur  deux 
pieux  fichés  en  terre  ; des  .sièges  variés, 
adossés  au  bois,  orientés  sur  les  axes  des 
vues  ; des  escaliers  rustiques  en  bois  ou  en 
ciment,  pour  descendre  au  bord  de  l’eau  ; 
des  retraites  en  forme  de  grotte  ouverte  et 
des  bancs  de  repos  en  forme  de  roches 
naturelles  du  côté  de  l’ancienne  car- 
rière transformée  au  fond  du  lac  sur  la  rive 
droite  ; d’autres  ponts  de  service,  des  gués 
en  roches  ou  en  sable,  des  pieux  d’amarrage 
pour  les  bateaux,  etc.,  etc. 

Il  suffit  d’indiquer  somamirement  ces 
ornements  variés,  sur  lesquels  la  fantaisie 
individuelle  pourra  s’exercer  librement, 
pour  montrer  à nos  lecteurs  que  les  acces- 
soires pittoresques  autres  que  les  végétaux 
peuvent  jouer  leur  rôle  dans  la  décoration 
des  parcs  et  notamment  des  scènes  aqua- 
tiques, et  que  l’art  de  l’architecte  ne  doit 
rien  négliger  pour  orner  les  paysages  créés 
ou  transformés  par  ses  soins.  Ed.  André. 

LES  DAHLIAS  DÉCORATIFS 

L’ancienne  race  de  Dahlias  que  caracté- 
rise la  régularité  de  sa  forme  symétrique- 
ment tuyautée,  recherchée  encore  par  un 
assez  grand  nombre  d’amateurs,  ne  trouvait 
plus  chez  d’autres  les  mêmes  bonnes  dispo- 
sitions et  finissait  même  par  être  supprimée 
de  leurs  jardins.  Des  hybridations  eurent 
lieu  où  intervinrent  le  Dahlia  variabilis  ei 
le  Dahlia  coccinea,  et  des  formes  nouvelles 
apparurent. 

On  connaît  depuis  un  certain  nombre 
d’années  la  race  des  Dahlias- Cactus  qui 


LES  DAHLIAS-CACTUS  ET  LES  DAHLIAS  DÉCORATIFS. 


253 


doit  son  nom  à la  forme  originale  des  pé- 
tales de  ses  fleurs.  Le  D.  Juarezii,  appelé 
aussi  V Etoile  du  Diable,  ouvrait  la  marche, 
et  depuis,  chaque  année,  de  nouvelles  va- 
riétés venaient  augmenter  une  collection  de- 
venue aujourd’hui  des  plus  intéressantes. 

Il  semblerait  que,  jaloux  des  succès  de 
son  rival  le  Chrysanthème,  le  Dahlia  ait 
voulu  se  parer  des  mêmes  ornements,  et  lui 
aussi  s’est  mis  à prendre  des  allures  éche- 
velées, contournées  et  crochues.  Nous  avons 
déjà  nommé  le  D.  Juarezii  auquel  il  faut 
ajouter,  luttant  d’originalité  de  formes  et  de 
couleurs  diverses  : 

Mistress  A.  Peart,  blanc  crème  à pétales 
roulés  en  dessous. 

Baron  Schrader,  cerise  à reflet  violet  et  co- 
quettement échevelé. 

Robert  Cannell,  pétales  roulés  en  dehors, 
rose  lavé  violet. 

Auguste  Nonin,  écarlate  clair  à grande  fleur 
élégante  et  curieusement  échevelée. 

Apollo,  écarlate  nuancé  rose  et  chamois. 

Monsieur  L.  Grenthe,  carmin  nuancé  de 
l'ouge  pourpre  à revers  violacé,  à pétales  con- 
tournés. 

Bertha  Mawlay,  grande  fleur  écarlate  coc- 
ciné,  nuancé  violet,  éclairé  de  jaune  à la  base. 

Mistress  Charles  Turner,  jaune  brillant  à 
fleur  grande  et  à pétales  roulés. 

Gloriosa,  rouge  cocciné,  revers  rayé  lilas. 

Sainte  Catherine,  fond  jaune  nuancé  nankin 
et  saumon  à pétales  échevelés. 

Purple  Gem,  violet  franc,  très-petite  fleur 
pompon,  floraison  abondante. 

Countess  of  Radnor,  nankin  nuancé  abricot 
à pétales  échevelés. 

Professeur  Baldwin,  écarlate  nuancé  de  car- 
min. 

Delicata,  de  nuance  blanc  chair,  à centre 
jaune  soufre,  pétales  échevelés. 

Mistress  Thornton,  très-grande  fleur  rose 
foncé  nuancé  magenta. 

Échevelé,  à fond  jaune  teinté  acajou,  revers 
des  pétales  violacé. 

Beauté  d'Arundel,  grande  fleur  fond  rouge 
velouté  violacé  sur  le  bord  des  pétales. 

Nous  ne  mentionnons  ici,  bien  entendu, 
qu’une  petite  partie  des  variétés  apparte- 
nant à cette  curieuse  race.  Le  lecteur  en 
trouvera  une  liste  plus  complète  sur  le  cata- 
logue spécial  de  Dahlias  qu’a  publié  la 
maison  Vilmorin. 

Une  autre  forme  de  Dahlias,  tout  aussi 
intéressante,  a été  obtenue  ces  dernières 
années.  Celle-ci  ne  présente  plus  ou 
presque  plus  ce  caractère  spécial  qui  dis- 
tingue les  Dahlias  à fleur  de  Cactus  ; au 
lieu  d’avoir  les  pétales  allongés  en  lanières 
plus  ou  moins  échevelées  ou  enroulées,  ces 


pétales  sont  écartés  et  presque  étalés  à la 
façon  des  Zinnias.  Ils  ont  pour  la  plupart 
absolument  perdu  cette  forme  tuyautée  de 
l’ancienne  race. 

En  disant  que  presque  tous  ont  perdu 
cette  forme  tuyautée,  nous  admettons  qu’il 
y a des  exceptions,  et  nous  en  voyons  une 
dans  la  variété  bien  curieuse  en  même 
temps  que  bien  jolie,  le  Grand-duc  Alexis, 
dont  les  pétales  d’une  blancheur  de  neige 
sont  enroulés  en  dedans,  formant  autant 
d’alvéoles  ovoïdes  percées  au  sommet. 

Plusieurs  variétés  affectent  cette  forme, 
mais,  de  toutes,  c’est  elle  la  plus  belle  et  la 
plus  volumineuse. 

Cette  nouvelle  race  de  Dahlias  est  appelée 
Dahlias  décoratifs,  pour  ne  pas  être  con- 
fondue avec  les  Dahlias  à fleurs  de  Cactus 
ni  avec  les  Dahlias  à grandes  fleurs  ordi- 
naires, dont  ils  sont  ainsi  une  forme  inter- 
médiaire. 

Nous  donnons  ici  quelques  noms  choi- 
sis parmi  les  plus  belles  variétés: 

Perle  de  la  Tête-d'Or,  fleur  blanc  pur, 
imbriquée  de  pétales  échancrés,  à floraison 
soutenue  abondante  et  de  tenue  parfaite. 

Charmante  fiancée,  fond  blanc  crème 
bordé  et  rayé  lilas  foncé. 

Esmeralda,  fond  blanc  nuancé  et  pointé 
rose  lilacé,  à pétales  curieusement  échancrés. 

Madame  Burel,  fond  blanc  rosé,  strié 
carmin . 

Beauté  de  Bentwood,  très-grande  fleur 
rose  violacé  légèrement  panachée  de  blanc 
rosé. 

Malvina,  forte  fleur  rose  satiné. 

Duc  de  Kôstritz,  très-grande  fleur  rose 
tendre  lavé  et  pointé  argent. 

Rosacactus,  grande  fleur  rose  nuancé  lilas. 

Jacques  Welker,  sugerhe  fleur  magenta  clair, 
passant  au  lilas;  une  des  variétés  les  plus  flo- 
rifères. 

Beauté  Lyonnaise,  fond  blanc  lavé  et  bordé 
groseille,  pointé  blanc  à l’extrémité  des  pé- 
tales; forme  parfaite,  les  fleurs  sortant  bien  du 
feuillage. 

Colosse,  la  plus  grosse  fleur  de  Dahlia  con- 
nue, de  couleur  écarlate,  nuancé  carmin. 

Impératrice  des  Indes,  couleur  cramoisi 
foncé  ombré  marron  et  à très-grande  fleur. 

Minos,  très-forte  fleur  marron  noir  ve- 
louté. 

Hauptmann  Powel,  très-joli  coloris  à fond 
saumon  cuivré  pointé  or,  belle  et  grande  fleur. 

Nous  ne  parlons  pas  ici  des  Dahlias  à 
fleur  simple  qui  forment  une  si  élégante 
section  de  plus  en  plus  à la  mode.  Nous 
avons  limité  cette  petite  étude  aux  Dahlias 
à fleur  de  Cactus  et  aux  Dahlias  dits  déco- 
ratifs. G.  Legros. 


254 


CAMPANULE  MIROIR  DE  VÉNUS. 


CAMPANULE  MIROIR  DE  VÉNUS 


La  plante  à laquelle  nous  consacrons  cette 
note  est  la  plus  connue  et  la  plus  répandue 
du  petit  genre  Specularia,  Heister,  aujour- 
d’hui généralement  admis,  et  qui  constitue 
un  démembrement  du  grand  genre  Cam- 
panida, 

Botaniquement,  ce  genre  se  distingue 
des  Campanula  par  ses  fleurs  petites  mais 
très-nombreuses,  axillaires  ou  paniculées 
supérieurement,  sessiles  ou  à peu  près,  à 
corolle  très-ouverte,  étalée  en  roue  et  à cinq 
lobes  anguleux,  par  ses  cinq  étamines  à 
filets  libres  et  aplatis  et  surtout  par  la  cap- 
sule qui  est  linéaire-oblongue,  prismatique 
et  à trois  loges  s’ouvrant  en  autant  de  valves. 

Les  Specularia  diffèrent  en  outre  des 


Fig.  90.  — Campanula  {Prismalocarpus) 
Spéculum  à fleurs  doubles. 


Campanula  par  leur  durée  annuelle,  leur 
port  rameux,  touffu,  étalé  et,  du  reste,  par 
leur  aspect  général.  On  en  connaît  sept  ou 
huit  espèces,  très-largement  dispersées  dans 
l’hémisphère  boréal  et  dont  quatre  croissent 
spontanément  en  France. 

Le  S.  Spéculum.,  A.  DC.,  ou  Campa- 
nule Miroir  de  Vénus  est  le  plus  commun, 
car  abonde  dans  la  plupart  des  terres 
labourées  et  en  particulier  dans  les  mois- 
sons. C’est  aussi  le  seul  cultivé  d’une 
façon  générale  et  sa  culture  est  même  assez 
ancienne.  Il  acquiert,  du  reste,  de  bien  plus 
fortes  proportions  dans  les  jardins  et  y 
forme  des  touffes  qui  atteignent  30  centi- 
mètres de  diamètre  sans  dépasser  une  ving- 
taine de  centimètres  de  hauteur.  Ces  touffes 
gazonnantes  se  couvrent  à partir  de  juin  et 
jusqu’en  août  de  centaines  de  fleurettes  qui 
se  ferment  la  nuit  et  dont  la  corolle  pré- 


sente alors  cinq  angles  saillants.  Chez  le 
type,  ces  fleurs  sont  d’un  beau  bleu- 
violet,  mais  on  en  a obtenu  par  la  culture 
des  coloris  variant  entre  le  blanc  et  le 
lilas  pâle,  une  race  à fleurs  doubles, 
(fig.  90),  et  une  à tiges  étalées  (fig.  91). 

La  Campanule  Miroir  de  Vénus  est  une 
de  ces  bonnes  plantes  vigoureuses,  rus- 
tiques, très-floribondes  et  si  faciles  à culti- 
ver qu’on  ne  saurait  trop  en  recommander 
l’emploi.  Elle  forme  en  effet  de  charmantes 
bordures  et  garnit  aussi  fort  bien  les  cor- 
beilles ; on  peut  même  l’associer  à d’autres 
plantes  basses  et  en  obtenir  d’heureux  con- 
irastes  de  couleurs.  C’est,  en  outre,  une 
des  plantes  annuelles  qui  supportent  le  plus 
facilement  la  chaleur  et  la  sécheresse. 

Pour  en  obtenir  des  touffes  fortes  et  fleu- 
rissant de  bonne  heure,  il  convient  de  semer 
cette  Campanule  à l’automne,  en  pépinière, 
de  repiquer  les  plants  également  en  pépi- 
nière et  de  les  mettre  en  place  en  mars,  en 


Spéculum,  var.  procumbens. 

motte  et  à environ  30  centimètres  de  dis- 
tance. On  la  sème  aussi  au  printemps,  en 
place  ou  pépinière,  mais  on  repique  alors 
les  plants  à 15  centimètres  seulement,  parce 
qu’ils  prennent  un  bien  moins  grand  déve- 
loppement. Enfin,  on  peut  encore  la  semer 
en  place  jusqu’à  la  fin  de  juin  et  en  obtenir 
une  floraison  autommale  susceptible  de 
rendre  des  services.  Semée  ou  repiquée  en 
pots,  elle  forme  de  jolies  touffes  qu’on  peut 
avantageusement  utiliser  pour  orner  les  fe- 
nêtres ou  les  balcons  ensoleillés.  Les  -S.  pen- 
tagonia,  A.  DC.  ; S.  hybrida,  A.  DC.  et  S. 
falcata,  A.  DC.,  tous  trois  français,  et  le  <S. 
perfoliata,  A.  DC.,  de  l’Amérique  du  Nord, 
ontaussi  été  introduits  dansles  jardins,  mais 
ils  y sont  à peu  près  réduits  à l’état  de  plantes 
de  collections,  qu’on  ne  rencontre  guère  que 
dans  les  jardins  botaniques  ou  chez  quelques 
rares  amateurs.  S.  Mottet. 


A PROPOS  d’un  nouveau  MODE  DE  GREFFAGE.  — CATTLEYA  FERNAND  DENIS.  255 


A PROPOS  D’UN  NOUVEAU  MODE  DE  GREFFAGE 


Dans  sa  chronique  du  l®'*  mai  dernier^  la 
Revue  horticole  signale  un  nouveau  mode  de 
greffage,  recommandé  par  Robert  Smith, 
professeur  d’horticulture  en  Angleterre, 
((  déjà  expérimenté  dans  le  Shropshire  et 
divers  autres  comtés  d’Angleterre  ». 

Permettez-moi  de  faire  observer  que, 
dans  sa  Monographie  des  greffes,  parue 
vers  1820,  le  célèbre  André  Thouin, 
membre  de  l’Institut  de  France,  profes- 
seur de  culture  au  Muséum  d’histoire  natu- 
relle de  Paris,  a décrit  ce  procédé  de  la 
façon  suivante  (page  51),  avec  figure  : 

IV.  Synonymie.  — A new  method  of  graf- 
ting.  Transactions  of  the  horticuUural 
Society  of  London  (t.  I,  p.  240). 

Opération  : Couper  obliquement  la  tête  du 
sujet,  inciser  l’écorce. 

Choisir  un  jeune  sauvageon  d’un  diamètre  au 
moins  moitié  plus  petit  que  celui  du  sujet  ; le 
fendre  inférieurement  en  deux  parties  égales 
dont  l’une  sera  amincie  en  bec  d’oiseau  pour 
être  introduite  dans  l’écorce  incisée  du  sujet  et 
dont  l’autre  s’appliquera  sur  la  coupe  oblique 
de  ce  même  sujet. 

Usages  : Elle  est  employée  dans  le  Here- 
fordshire  pour  les  Pommiers  et  les  Poiriers. 

Elle  s’effectue  rapidement  et  sans  difficulté. 

Dénomination  : Du  nom  de  son  inventeur  : 
Richard-Antony  Salisbury,  Esq.,  membre  de  la 
Société  horticulturale  de  Londres  et  auteur  de 
plusieurs  mémoires  relatifs  au  jardinage,  qui 
se  trouvent  dans  cet  ouvrage. 

Nous-même,  à la  suite  d’une  visite  aux 
pépinières  de  Toulouse,  avons  parlé  d’un 
système  semblable  ou  à peu  près  dans  la 
troisième  édition  de  VArt  de  greffer 
(1882,  p.  104),  appliqué  au  greffage  en 
couronne  dite  perfectionnée  : 

« A Toulouse,  les  pépiniéristes  se  contentent 
de  soulever  l’écorce  qui  reste  sur  le  dos  du 
biseau  pour  rabattre  ensuite  cette  lanière  sur 
l’écorce  du  sujet.  Un  Anglais,  Salisbury,  avait 
jadis  prôné  une  modification  analogue  pour  le 
greffage  du  Poirier  et  du  Pommier,  dans  le 


Herefordshire.  Un  Français,  Leclerc,  greffait  en 
couronne,  à cheval,  deux  parties  à diamètre 
égal,  les  pointes  du  greffon  embrassant  le 
sujet,  sous  son  écorce. 

Ces  petits  changements,  dus  au  raisonne- 
ment et  à la  pratique,  modifiables  à l’infini, 
ont  pour  but  d’augmenter  le  nombre  des 
points  de  contact  afin  de  hâter  la  soudure  de 
la  greffe.  Etant  donnés  les  avantages  de  la 
greffe  en  couronne  ordinaire,  on  n’a  guère 
recours  à ces  modifications  que  chez  les 
espèces  difficiles  à la  reprise  ». 

Après  essai  de  cette  greffe  à lanière, 
nous  dûmes  l’abandonner  ; cette  petite 
bande  d’écorce  séchait  et  gênait  la  cica- 
trisation de  la  coupe  du  sujet. 

Pareil  fait  ne  s’est-il  pas  présenté  à 
l’écussonnage  ? André  Thouin  cite  le  pro- 
cédé dédié  à « la  mémoire  de  Sintard, 
jardinier  en  chef  du  Jardin  des  Plantes  de 
Paris,  au  commencement  du  siècle  der- 
nier » et  qu’il  employait  à la  multiplication 
des  Rosiers  d’Alexandrie...  Il  s’agit  de 
placer  sur  l’écusson  une  petite  lame 
d’écorce  percée  à l’endroit  de  l’œil-écusson. 
L’auteur  déclare  l’opération  difficile  et  mi- 
nutieuse. En  effet,  on  n’en  parle  plus. 

Mais  voici  une  méthode  tout  opposée 
qui  vient  d’être  pratiquée  avec  succès  sur  la 
Vigne,  dans  le  Lot.  M.  Massabie,  cultiva- 
teur à Duravel,  gratte  l’écorce  de  l’écusson 
avec  l’ongle  ou  avec  le  greffoir,  au  moment 
de  le  lever,  de  façon  à mettre  à nu  le  liber 
de  sa  face  externe,  et  l’insère  aussitôt  sur  le 
sujet  par  une  incision  en  T ou  une  bouton- 
nière, de  telle  sorte  que  le  bourgeon-écusson 
baigne  en  plein  cambium  par  tous  ses 
pores.  L’opération,  à œil  poussant,  a 
complètement  réussi  sur  des  milliers  de 
plants  de  Vigne  ainsi  greffés. 

Si  l’on  ne  trouve  plus  de  greffes  nou- 
velles, on  découvre  toujours  quelques  per- 
fectionnements et  quelques  applications 
ignorées  jusqu’alors. 

Charles  Raltet. 


CATTLEYA  FERNAND  DENIS 


De  tout  temps,  les  Cattleya  Aclandiæ  et 
Schilleriana  ont  dû  tenter  les  hybridateurs 
d’Orchidées  par  leur  magnifique  coloris  et 
par  leur  port  nain  et  trapu  ; ils  sont  un 
peu  aux  Cattleya  ce  qu’est  aux  Cypripe- 
dium  le  C.  hellatulum. 


Le  nouveau  gain  que  je  viens  d’obtenir  et 
que  je  suis  heureux  de  dédier  à M.  Denis, 
ingénieur-directeur  de  l’usine  de  l’Oseraie, 
près  Avignon,  et  grand  amateur  d’horticul- 
ture, est  une  preuve  que  tout  ce  qui  sortira 
d’un  tel  parentage  sera  absolument  supé- 


FLEURS  LT  FRUITS  DE  l’iIOWEA  (kENTIa)  RELMOREANA. 


256 

rieur.  Cette  plante  est  issue  du  C.  Aclandiæ 
fécondé  par  le  C.  Gvjas. 

En  voici  la  description  : 

Fleurs  deO*»  17  de  large  ; sépales  droits,  longs 
de  Oni  08,  larges  de  0>^25,  légèrement  roulés 
sur  les  bords,  d’un  coloris  chair-pourpré 
difficile  à décrire  (rose  mélangé  avec  le  brun 
brillant  du  C.  Aclandiæ  et  parsemé  de  points 
violet  intense)  ; pétales  longs  de  0™08  sur  0«i05 
de  large,  ondulés  et  à peu  près  de  même  colo- 
ris que  les  sépales,  parsemés  également  et 
principalement  sur  les  bords  d’une  quantité 
de  petits  points  d’un  violet  intense  qui  forment 
presque  une  ligne  continue.  Labelle  énorme, 
bien  étalé,  d’une  forme  absolument  nouvelle,  à 
gorge  largement  ouverte  et  laissant  voir  en 
entier  le  gynostème  qui  est  d’un  coloris  violet 
foncé  et  qui  tranche  agréablement  sur  le  rose 
clair  du  fond  du  labelle;  il  est  large  de  0n^05 
sur  une  longueur  de  0™  07.  Le  tablier  lui- 
même,  depuis  la  gorge,  mesure  0'»  05  de  large; 
il  a conservé  le  coloris  du  C.  Gigas  sur  lequel 
on  peut  distinguer  les  lignes  empruntées  au 
tablier  du  labelle  du  C.  Aclandiæ  ; les  deux 
macules  jaune  crème  du  C.  Gigas  sont  égale- 
ment conservées  au  milieu  du  labelle  juste  à la 
naissance  des  deux  segments  supérieurs  qui 
s’ouvrent  largement,  ainsi  que  je  l’ai  dit  plus 


haut,  et  qui  sont  d’un  rose  clair  traversé  par 
dos  nervures  plus  foncées. 

L’ensemble  de  la  fleur  est  très-régulier  et 
d’une  tenue  parfaite  ; elle  dégage  de  plus 
une  odeur  délicieuse. 

Le  port  de  la  plante  est  celui  d’un 
C\  Aclandiæ  ; les  bulbes  portent  indistinc- 
tement une  ou  deux  feuilles  comme  tous  les 
hybrides  dont  l’un  des  parents  est  mono- 
phylle  et  l’autre  diphylle.  Celui  qui  vient 
de  fleurir  mesure  0"‘  12  de  hauteur  avec 
deux  feuilles  de  0“'ll  à 0»‘12  de  long  sur 
0‘"  055  de  large,  d’un  beau  vert  foncé  marbré 
de  brun  rougeâtre  principalement  aux  extré- 
mités et  sur  la  nervure  médiane. 

La  plante  qui  vient  de  me  fleurir  pour  la 
première  fois  est  encore  jeune,  puisque 
le  semis  en  a été  fait  le  1®*’  août  1893,  mais 
elle  est  déjà  très- vigoureuse  et  ses  bulbes, 
qui  deviendront  probablement  plus  forts, 
donneront  également  plusieurs  fleurs  sur 
chaque  tige. 

La  grande  distance  qui  me  sépare  de  Paris 
m’a  empêché  de  présenter  cette  nouveauté  au 
concours  d’Orchidées  du  22  avril,  mais  ce 
n’est  que  partie  remise.  Ch.  Maron. 


FLEURS  ET  FRUITS  UE  L’HOWEA  (KENTIA)  RELMOREANA 


En  relatant  le  curieux  phénomène  de 
dichogamie  protérandre  que  présentent  les 
fleurs  du  Kentia  Belmoreana  (plus  cor- 
rectement nommé  Howea  Belmoreana)  et 
qui  a été  simultanément  observé  au  Jardin 
botanique  de  Lisbonne  et  chez  M.  L.  Four- 
nier, à Marseille,  nous  disions  qu’il  man- 
quait encore  des  fruits  mûrs  pour  com- 
pléter notre  étude  L 

Ces  fruits,  nous  les  possédons  aujour- 
d’hui. Nous  les  devons  à M.  Cayeux,  suc- 
cesseur de  M.  J.  Daveau  à la  direction  du 
Jardin  liotanique  de  Lisbonne,  oû  ils  se  sont 
développés  jusqu’à  maturité. 

Pour  donner  à nos  lecteurs  une  idée  com- 
plète de  la  floraison  et  de  la  fructification 
de  ce  beau  Palmier,  nous  l’avons  fait 
peindre  en  fleur  chez  M.  L.  Fournier,  à 
Marseille.  Jji  plante  est  si  répandue  dans 
les  serres  et  les  appartements,  sous  sa 
forme  juvénile,  qu’il  peut  être  intéressant 
de  connaître  son  aspect  à l’état  adulte, 
fleurie  et  fructifiée. 

^ Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  76, 


Le  spadice,  qui  sort  dans  un  anneau  à la 
base  des  feuilles,  est  simple,  long  de  50  à 
60  centimètres  et  d’abord  enveloppé  d’une 
gaine  subcyJindrique  d’abord  verte,  puis 
brune,  qui  se  déchire  pour  laisser  les  fleurs 
s’épanouir  à l’air  (fig.  92).  Le  long  du  ra- 
chis, les  fleurs  sessiles  sont  disposées  en 
spirales  et  insérées  sur  des  coussinets  sail- 
lants (fig.  93).  Les  fleurs  mâles,  d’un 
jaune  roux,  sont  accolées  deux  à deux  et 
s’épanouissent  simultanément.  Leurs  trois 
pétales  crustacés,  insérés  sur  le  calice 
court  (fig.  94),  renferment  de  nombreuses 
étamines  jaune  pâle,  après  la  déhiscence 
desquelles  les  fleurs  tombent.  C’est  après 
cette  chute  que  l’on  aperçoit,  dans  le  fond 
de  la  cavité  oû  étaient  insérées  les  deux 
fleurs  mâles,  une  petite  protubérance  qui 
est  la  fleur  femelle  destinée  à s’épanouir 
l’année  suivante  et  à être  fécondée  par 
d’autres  fleurs  mâles  nées  ultérieurement 
sur  un  autre  spadice. 

A ces  fleurs  femelles  fécondées  succèdent 
des  fruits  qui  mettent  de  longs  mois  à se 
développer  et  qui  présentent  la  forme  des 


HoTticoïe 


5:aînps  Sabourei.  dé. 


^hri;TQ  /li;h  L,.vji'ffart  Bruxéi 


Holuca  Behnoieaua 


FLEURS  ET  FRUITS  DE  l’hOWEA  (kENTIA)  HELMOREANA.  ‘i57 


figures  95  et  96.  Ces  frai  ( s,  d’un  vert  foncé, 
longs  de  32  millimètres,  larges  de  16,  sont 
oliviformes-allongés  au  sommet  en  un  muc- 
ron  cicatriculaire,  à trois  côtes  saillantes,  à 
la  base  enveloppée  des  Irois  pétales  crustacés 
triangulaires  et  roussâtres  et  des  sépales 
orbiculaires  persistants.  La  coupe  (fig.  96) 


raplié  partant  de  la  base,  se  relevant  vers  le 
sommet  et  retombant  en  courbe  du  côté 
opposé.  L’albumen  est  blanc,  corné,  très- 
dur. 

Sans  être  d’un  effet  véritablement  déco- 
ratif, les  inflorescences  que  montre  notre 
planche  coloriée  sont  assez  gracieuses  et 
paraissent  vouloir  se  montrer  chaque  année 
sur  le  gros  exemplaire  à tige  annelée  qui 
orne  le  grand  jardin  d’hiver  de  M.  Four- 


Fig. 94.  — Kentia  Belmoreana. 
Fleurs  mâles  de  grandeur  naturelle. 


nier.  Les  magnifiques  frondes  vertes  de  cet 
exemplaire,  qui  atteint  aujourd’hui  une 
dizaine  de  mètres,  en  font  un  végétal  d’or- 
nement d’ordre  supérieur  et  donnent  l’idée 
de  ce  que  doit  être  ce  beau  Palmier  dans 
son  pays  natal. 

D’abord  Kentia  Belmoreana,  Wendland 
etDrude,  la  plante  est  devenue  un  i/o leea 
d’après  M.  Beccari,  et  le  Grisehachia  Bel- 
moreana  de  Wendland  et  Drude.  Nous 


Partie  d’inflorescence  de  gran-  Spadice  long  de  GO  cen- 
deur  naturelle,  montrant  les  timètres  et  couvert  de 
fleurs  mâles  en  glomérules,  ses  fleurs  ouvertes, 
deux  à deux,  et  en  bas  une 
fleur  femelle  rudimentaire. 

montre  que  l’albumen  remplit  largement 
la  cavité  intérieure  et  que  la  coque,  peu 
épaisse  et  ligneuse  comme  celle  d’une  noi- 
sette, recouverte  d’un  péricarpe  très- 
peu  épais,  renferme  une  amande  ovoïde 
ou  elliptique.  Cette  amande  est  couverte 
d’une  peau  gris  jaunâtre  clair  et  sillonnée 
du  faisceau  des  nervures  rayonnantes  du 


nous  rangeons  à l’opinion  des  auteurs  du 
Généra  jüantarum,  MM.  Bentham  et 
Hooker,  qui  font  rentrer  cette  espèce  dans 
le  genre  Howea.  Ce  Palmier  est  originaire 
des  îles  de  Lord  Howe,  petites  îles  de 
rOcéân  Pacifique,  situées  à l’est  de  l’Aus- 
tralie, sous  un  climat  tempéré,  ce  qui  en  fait 
un  des  plus  rustiques  et  des  plus  beaux 
arbres  de  nos  serres  froides. 

Ed.  André. 


Fig.  93. 

Howea  Belmoreana. 


Fig.  92. 

Howea  Belmoreana. 


Fig.  95  et  96.  — Kentia  Belmoreana 

Fruit  entier.  Fruit  coupé  longitudinalement. 

Grandeur  naturelle. 


258 


MULTIPLICATION  DES  PLANTES  AQUATIQUES  ORNEMENTALES  DE  PLEIN  AIR. 


MULTIPLICATION  DES  PLANTES  AQUATIQUES  ORNEMENTALES 

DE  PLEIN  AIR 


La  flore  aquatique  de  nos  jardins  est 
presque  exclusivement  composée  de  végé- 
taux indigènes,  très-répandus,  en  général, 
dans  toute  la  France.  Seules,  quelques 
rares  espèces  exotiques  peuvent  supporter 
les  rigueurs  du  climat  de  Paris,  pour  être 
adjointes  à la  liste  des  plantes  aquatiques 
ornementales  de  plein  air. 

La  végétation  de  toutes  ces  plantes  est 
presque  identique,  et  les  moyens  que  la  na- 
ture met  en  œuvre  pour  assurer  la  perpé- 
tuation de  l’espèce  ne  diffèrent  guère  entre 
eux  et  se  réduisent  aux  procédés  suivants  : 
Le  semis  des  graines  ; 

2®  Le  sectionnement  des  rhizomes  ou 
bourgeons  et  la  division  des  touffes. 

Et  encore  la  propagation  par  les  graines 
ne  doit-elle  être  envisagée  que  comme  un 
moyen  secondaire  de  multiplication,  si  l’on 
songe  que  presque  tous  les  végétaux  aqua- 
tiques et  amphibies  possèdent  un  système 
d’extension  continue,  au  moyen  de  rhizomes 
traçants,  de  tiges  stolonifères  à enracine- 
ment simple  et  facile. 

Nous  allons  donc  étudier  et  décrire  ce  que 
chacun  de  ces  modes  de  multiplication 
offre  d’avantages  et  d’inconvénients,  com- 
ment il  se  pratique,  et  quel  est,  en  somme, 
le  résultat  final  de  son  application. 

R Semis. 

Le  semis  des  graines  a l’avantage  in- 
contestable de  pouvoir  aider,  soit  incons- 
ciemment (variation  naturelle),  soit  d’après 
la  volonté  humaine  (fécondation  artifi- 
cielle croisée),  à la  création  des  nouveaux 
types,  dans  le  but  d’obtenir  des  varia- 
tions remarquables  à un  titre  quelcon- 
que; mais,  au  point  de  vue  cultural,  c’est 
un  moyen  beaucoup  plus  long  et  plus 
ennuyeux  que  la  division  -des  touffes  pour 
l’obtention  de  plantes  ornementales  devant 
servir  à la  décoration  des  lieux  aquatiques. 
Disons  ici  que  la  voie  de  la  fécondation  ar- 
tificielle a seulement  été  ouverte  jusqu’à  ce 
jour,  pour  le  genre  Nymphæa,  et  les  résul- 
tats obtenus  par  M.  Latour-Marliac,  aussi 


beaux  qu’intéressants,  devraient  encoura- 
ger des  spécialistes  à aborder  d’autres 
genres  indigènes  dans  les  opérations  de  la 
sélection  et  de  l’hybridation  raisonnées  ; 
nul  doute  que  le  succès  couronnât  leurs 
efforts,  et  l’on  arriverait  ainsi  à posséder  une 
flore  aquatique  choisie,  sinon  abondante. 

Au  point  de  vue  pratique,  la  multiplica- 
tion des  végétaux  aquatiques  par  le  semis 
est  un  procédé  assez  lent  et  demandant  des 
soins  particuliers  qui,  sans  être  difficiles, 
font  néanmoins  reculer  l’amateur  qui  n’a 
en  vue  que  la  rapide  propagation  des  es- 
pèces dont  il  a besoin  et  qui  préfère  alors  se 
les  procurer  par  divisions  ou  éclats  de 
touffes  ou  par  portions  de  rhizomes. 

Le  semis  peut  être  fait  : 

En  place,  pour  certains  végétaux 
flottants  (peu  employé)  ; 

2®  En  terrine,  pour  toutes  les  espèces 
flottantes,  émergées  et  amphibies  ; 

3®  En  pleine  terre,  sous  châssis  froid,  pour 
certaines  plantes  émergées  et  amphibies. 

Nous  ne  parlerons  que  pour  mémoire  du 
semis  fait  directement  en  place,  qui  ne  se 
pratique  guère,  et  qui  consiste  à jeter  dans 
une  pièce  d’eau  quelconque,  à fond  vaseux 
et  à même  le  sol,  à un  endroit  choisi,  une 
poignée  de  graines  de  Nymphæa  alba 
(Nénuphar  blanc)  ou  de  Nuphar  luteum 
(Nénuphar  jaune),  en  les  abandonnant  à 
tous  les  caprices  du  hasard.  Si  l’on  veut 
employer  ce  moyen,  nous  conseillons  soit 
d’envelopper  les  graines  dans  un  sac  de 
toile  métallique,  soit  de  les  entourer  d’ar- 
gile sous  forme  de  boulette,  afin  de  les 
soustraire  à la  voracité  des  poissons  qui  en 
sont  très-friands.  Le  semis  en  place  des 
plantes  émergées  et  amphibies  se  réduirait 
à épandre  les  semences  sur  une  berge,  une 
petite  plage,  à l’abri  des  courants  et  où  le 
niveau  de  l’eau  ne  dépasserait  pas  en 
moyenne  2 à 5 centimètres  au-dessus  du 
sol  ; on  recouvrirait  légèrement  les  graines 
avec  du  sable  ; il  n’y  aurait  d’ailleurs  qu’à 
prendre  pour  exemple  de  cette  façon  de  se- 
mer les  levées  naturelles,  que  l’on  peut  ob- 
server assez  souvent,  des  Alisma,  Caltha, 


MULTIPLICATION  DES  PLANTES  AQUATIQUES  ORNEMENTALES  DE  PLEIN  AIR.  259 


Cyperus,  Juncus,  Myosotis^  et  autres, 
dont  les  jeunes  plantes  pullulent  parfois  au- 
tour du  pied-mère. 

Semer  en  terrine,  c’est  cherchera  donner 
aux  graines  les  éléments  indispensables  à, 
leur  nature,  c’est-à-dire  tenir  dans  un  sol 
immergé  plus  ou  moins  celles  des  espèces 
flottantes,  donner  à celles  qui  sont  émergées 
une  humidité  constante  et  entretenir,  pour 
les  amphibies,  un  sol  au  moins  toujours 
frais. 

Voici  la  manière  d’opérer: 

On  prend  une  terrine /îcrçde,  c’est-à-dire 
un  récipient  plus  large  que  haut,  d’un  dia- 
mètre variant  suivant  l’importancedu  semis 
ou  la  grosseur  des  graines  ; on  établit  au 
fond  de  cette  terrine  un  drainage  composé 
de  tessons  propres  et  de  morceaux  de  char- 
bon de  bois,  disposé  de  telle  façon  que  les 
gros  tessons  occupent  le  fond  de  la  terrine, 
alors  que  les  petits  remplissent  les  inters- 
tices à la  partie  supérieure  ; la  hauteur  de 
la  couche  de  tessons  doit  varier  suivant  la 
nature  des  plantes  à semer  et  peut  se  régler 
comme  suit  : 

1/3  de  la  hauteur  du  pot  employé  pour 
les  végétaux  flottants. 

2/5  de  la  hauteur  du  pot  employé  pour 
les  végétaux  émergés  et  amphibies. 

Une  fois  le  drainage  établi  aussi  régulière- 
ment que  possible,  on  dispose  sur  le  tout, 
soit  une  couche  de  sphagnum,  soit  de  la 
terre  de  bruyère  fibreuse,  en  mottes  gros- 
sièrement concassées,  de  façon  que  la  terre 
du  semis  ne  puisse  être  entraînée  par  l’eau 
à travers  le  drainage. 

Au-dessus  de  cette  couche  préservatrice 
on  étend  la  quantité  de  terre  nécessaire  au 
semis  ; ce  sol  devra  être  de  préférence  de 
la  terre  argileuse  ou  argilo-sahlonneuse,  à 
laquelle  on  aura  mêlé  environ  1/5  de  ter- 
reau de  feuilles  bien  décomposées.  La  hau- 
teur de  la  couche  doit  être  de  1/3  de  la 
hauteur  du  récipient  pour  les  végétaux 
flottants,  2[5  pour  ceux  émergés  et  amphi- 
bies. On  bassine,  puis,  lorsque  la  terre  est 
I tassée  par  l’arrosage,  on  effectue  le  semis 

r qui  doit  être  plutôt  clair  que  dru,  en  enter- 

j,  rant  les  graines  volumineuses  de  près  de 
1 centimètre  et  en  ne  recouvrant  pas  celles 
V qui  sont  fines.  On  étend  ensuite  sur  toute 
- > la  surface  du  sol  de  la  terrine  environ  1[2 

Ly  centimètre  de  sable  et  préférablement  celui 

r de  rivière.  Ceci  fait,  on  transporte  la  ter- 
rine  semée  dans  une  autre  plus  grande,  non 
j - percée,  en  la  posant  sur  un  pot  renversé 
1 ■ destiné  à la  maintenir  presque  au.  même 

tT  ; niveau  que  l’autre.  (Fig.  97). 


Il  est  maintenant  bon  de  connaître  la  hau- 
teur d’eau  que  l’on  doit  donner  au  semis, 
eu  égard  au  tempérament  de  l’espèce.  Nous 
conseillons  ce  qui  suit  : remplir  la  grande 
terrine  d’eau  jusqu’à  ce  que,  par  capillarité, 
le  niveau  du  liquide  atteigne  environ  1 ou 
2 centimètres  au-dessus  du  sol  de  la  terrine 
ensemencée,  pour  les  végétaux  flottants; 
pour  ceux  émergés,  régler  un  niveau  per- 
manent qui  atteigne  la  surface  du  sol  de  la 
terrine  semée.  La  même  règle  peut  servir 
pour  les  végétaux  amphibies,  c’est-à-dire 
que  le  bas  de  la  terrine  soit  seulement 
baigné  par  le  liquide.  Les  soins  généraux 
consistent  à entretenir  l’eau  propre  en  la 
renouvelant  de  temps  à autre,  ce  qui  est 
très-facile  et  s’obtient  en  enlevant  la  ter- 
rine semée  pendant  que  l’on  vide  et  remplit 
l’autre.  On  peut  encore,  si  le  diamètre  de 
la  grande  terrine  le  permet,  mettre  dans 
l’eau  quelques  petits  poissons  qui,  on  le 


Fig.  97.  — Terrines  disposées  pour  un  semis  de 
plantes  aquatiques. 

A.  Terrine  percée  destinée  au  semis. 

B.  — non  percée  devant  contenir  un  niveau  d’eau 

variable. 

sait,  ont  pour  avantage  de  maintenir  l’eau 
en  bon  état  de  propreté. 

La  levée  des  graines  est  quelquefois  ca- 
pricieuse ou  assez  lente^  et  le  laps  de  temps 
que  celles-ci  mettent  à germer  varie  sui- 
vant les  espèces  ; dans  tous  les  cas,  la  sur- 
face de  la  terre  du  semis  devra  être  tenue 
très-nette,  surtout  pour  les  végétaux  émer- 
gés et  amphibies  que  l’eau  ne  recouvre  pas; 
il  faudra  veiller  à empêcher  les  mousses 
d’envahir  le  sol,  ce  que  l’on  obtient  en 
partie  en  étendant  sur  la  terrine  une  légère 
couche  de  charbon  de  bois  pilé  ou  de  cendres 
fines: 

Il  reste  encore  à examiner  quelle  est  l’é- 
poque la  plus  favorable  pour  exécuter  le 
semis  et  dans  quel  endroit  les  terrines  doi- 
vent être  placées.  Les  plantes  bottantes  de- 
mandent à être  semées  dès  la  maturité  des 


260  MULTIPLICATION  DES  PLANTES  AQUATIQUES  ORNEMENTALES  DE  PLEIN  AIR. 


graines,  ce  qui  a lieu,  suivant  les  genres, 
de  juillet  à octobre;  dans  cette  catégorie 
entrent  Aponogeton,  Calla,  Hgdrocleis, 
Nuphar,  Ranunculus,  Trapa,  Villar- 
siciy  etc.  Si,  pour  une  raison  quelconque, 
on  ne  peut  semer  qu’au  printemps  suivant, 
il  est  de  toute  nécessité  de  stratifier  les  se- 
mences dans  un  récipient  non  percé,  en 
terre  argileuse  ou  sablonneuse  mélangée 
à du  cbarbon  de  bois  pilé,  le  tout  en- 
tretenu humide,  sans  alternative  de  séche- 
resse et  placé,  à l’abri  de  la  gelée,  dans  un 
lieu  frais  et  mi-obscur.  Les  terrines  doi- 
vent être  mises  dans  un  endroit  abrité  : une 
serre  froide,  un  cotfre  recouvert  de  châssis, 
établi  au  nord  de  préférence.  Enfin,  quel- 
ques genres,  surtout  ceux  exotiques,  peu- 
vent avoir  leur  terrine  mise  sur  couche 
chaude  au  printemps,  ou  en  serre  chaude, 
pour  activer  la  levée  des  graines.  Nous  ci- 
terons dans  ceiordve  d’idées\es  H outtuy  nia, 
Pontederia,  Sagittaria  exotiques,  Sau- 
rurus,  ViUarsia,  etc.  Dans  tous  les  cas,  il 
convient  d’hiverner  les  terrines  de  semis  de 
plantes  aquatiques,  soit  en  orangerie,  soit 
en  serre  froide  ou  en  tout  autre  lieu  où  la 
gelée  ne  pénètre  pas  et  où  l’obscurité  ne  soit 
pas  complète. 

Lorsque  la  germination  des  semis  de  vé- 
gétaux flottants  se  manifeste  et  que  leurs 
premières  feuilles  se  développent,  il  est  bon 
d’augmenter  légèrement  la  couche  d’eau  et 
surtout  de  la  maintenir  dans  une  grande 
propreté.  Le  repiquage  des  jeunes  plants  ne 
doit  se  faire  que  lorsque  ceux-ci  ont  deux 
ou  trois  feuilles,  en  godets,  isolément,  pour 
les  végétaux  flottants  ; en  petites  terrines, 
par  plusieurs,  suivant  leur  vigueur  natu- 
relle, pour  les  plantes  émergées  et  amphi- 
bies ; on  les  replace  ensuite  dans  les  condi- 
tions où  se  trouvait  la  terrine  du  semis, 
jusqu’à  ce  que  leur  développement  permette 
de  les  mettre  en  place,  en  grands  récipients 
ou  à même  le  sol. 

Certains  végétaux  émergés,  et  surtout  les 
amphibies,  réussissent  aussi  bien  en  étant 
semés  en  pleine  terre,  dans  un  endroit 
frais,  qu’en  terrine  et  sol  inondé.  Ce  mode 
de  semis  se  pratique  dès  la  maturité  des 
graines,  ou  plus  généralement  au  printemps, 
et  voici  comment  l’on  opère  : 

Dans  un  endroit  frais,  de  préférence  au 
nord,  dans  un  compost  composé  de  moitié 
terre  de  bruyère,  un  quart  de  terreau,  un 
quart  de  terre  franche,  on  sème,  en  terrines 
que  l’on  recouvre  de  cloches  ou  dans  la 
pleine  terre  d’un  coffre  pourvu  de  châssis,  [ 


les  graines  que  l’on  enterre  suivant 
leur  volume,  en  ayant  soin  d’étendre  sur 
le  sol  une  couche  de  sable,  de  charbon 
pilé  ou  de  cendres  pour  empêcher  l’enva- 
hissement de  la  terre  par  les  mou.sses.  Le 
sol  doit  être  maintenu  frais  au  moyen  de 
bassinages  fréquents,  et,  lorsque  la  levée  a 
lieu,  on  aère  progressivement,  puis  on  re- 
pique les  jeunes  plants  sous  châssis,  dans 
un  sol  semblable  à celui  du  semis,  à l’ombre 
ou  à mi-ombre,  en  les  espaçant  de  5 à 
10  centimètres  en  tous  sens,  jusqu’à  ce 
qu’ils  soient  assez  vigoureux  pour  être  mis 
en  place. 

Réussissent  bien  à être  semés  ainsi  les  : 
Caltha,  Carex,  Cardamine,  Cyperus  in- 
digènes, Epilohium,  Eriophorum,  Juncus, 
Lysimachia,  Lythrum,  Myosotis,  Phrag- 
mites,  Rumex,  Sium,  Typha,  etc. 

Le  Cyperus  Papyrus  doit  être  semé  en 
serre  chaude  ou  sur  couche,  dès  février, 
repiqué  en  godet,  rempoté  à temps  et  mis 
en  place  en  mai,  comme  plante  amphi- 
bie. 

2®  Division  des  plantes. 

La  multiplication  par  le  sectionnement  des 
rhizomes  ou  des  bourgeons  latéraux  n’est 
possible  que  chez  les  espèces  pourvues  de  ce 
moyen  naturel  d’extension  ; nous  citerons 
comme  exemple  les  Acorus,  Houttuynia, 
Hydrocleis,  Iris,  Menyanthes,  Nelum- 
bium,  Nymphæa,  Nuphar,  Phragmites, 
Saururus,  Typha,  etc. 

On  sait  que  le  rhizome  est  une  tige  sou- 
terraine garnie  d’écailles  ou  de  cicatrices 
remplaçant  les  feuilles,  et  à l’aisselle  des- 
quelles peuvent  se  développer  des  bour- 
geons latéraux  ; ces  rhizomes  ont  la  faculté 
d’émettre  sur  leur  longueur,  et  principa- 
lement aux  nœuds  ou  cicatrices,  des  ra- 
cines adventives  parfois  abondantes  et  qui, 
à un  moment  donné,  peuvent  servir  à la 
nourriture  du  tronçon  séparé  d’avec  sa 
mère. 

Le  sectionnement  des  rhizomes  a lieu  gé- 
néralement au  printemps,  à l’entrée  de  la 
végétation  des  plantes  ; il  consiste  sim- 
plement à couper  par  tronçons,  variant  en 
longueur,  des  rhizomes  dont  chaque  por- 
tion doit  posséder  au  moins  trois  ou  quatre 
yeux  latéraux  ou  préférablement  l’œil  ter- 
minal. Ces  portions  de  rhizomes,  généra- 
lement pourvues  de  racines  plus  ou  moins 
développées,  sont  plantées  soit  en  pots,  ter- 
rines, bacs,  et  mises  à l’abri,  en  serre  ou 
sous  châssis,  pour  favoriser  la  reprise. 


EXPOSITION  d’horticulture  DE  VERSAILLES. 


261 


Pour  les  Nymphæa  vigoureux  et  rus- 
tiques, il  suffit  même  d’attacher  un  tronçon 
de  rhizome  à une  pierre  et  de  le  jeter  dans 
la  vase,  à l’endroit  où  l’on  désire  voir  se 
développer  ces  plantes  ; bien  souvent  le  pro- 
cédé réussit,  mais  pour  plus  de  précaution 
on  peut  planter  la  partie  rhizomateuse  dans 
un  vieux  panier  et  immerger  le  tout. 

Par  contre,  certaines  espèces  délicates  ou 
difficiles  à multiplier  demandent  des  soins 
spéciaux  pour  opérer  le  sectionnement  des 
bourgeons  ou  des  rhizomes  ; nous  citerons 
dans  ce  cas  le  Nymphæa  Caspary  (N. 
sphœrocarpa)  dont  la  souche,  très-grosse, 
donne  rarement  des  bourgeons  latéraux  (il 
est  vrai  que,  par  compensation,  il  graine 
abondamment),  le  N.  tuberosa  dont  la 
souche  forme  une  masse  charnue  volumi- 
neuse, garnie  de  bourgeons  nombreux  qu’il 
faut  amputer  du  pied-mère  et  soigner  en 
terrines,  en  serre,  jusqu’à  la  reprise  ; enfin, 
dans  la  magnifique  série  des  Nymphæa 
hybrides  de  M.  Latour-Marliac,  il  existe  des 
variétés  donnant  peu  ou  pas  de  bourgeons 
latéraux. 

La  division  ou  éclatage  est  le  moyen  le 
plus  rapide  et  le  plus  facile  pour  propager 
la  majeure  partie  des  végétaux  aquatiques. 
Elle  consiste  à séparer  d’une  plante  une 
portion  de  sa  touffe,  vigoureuse  autant  que 
possible,  c’est-à-dire  prise  à sa  partie  exté- 
rieure. Cette  opération  se  pratique  généra- 


lement au  début  de  la  végétation,  en  avril- 
mai,  au  moyen  d’une  bêche,  et  les  éclats  sont 
plantés  aussitôt  à plein  sol  ou  en  terrines, 
à l’air  libre  ou  sous  châssis  pour  les  espèces 
délicates  ou  peu  vigoureuses,  dans  un  com- 
post formé  de  trois  quarts  terre  franche  ar- 
gileuse ou  argilo-sableuse,  un  quart  sable, 
additionné  d’un  peu  de  terreau  de  feuilles 
décomposées,  et  placées,  suivant  leur  habitat, 
sous  l’eau,  le  pied  immergé  ou  seulement 
humide.  C’est  de  cette  façon  que  se  propa- 
gent les  plantes  des  genres  suivants  : 
AUsma\  Butomus,  Caltha,  Iloultuynia, 
Iris,  Menyanthes,  Sagittaria,  Saururus, 
Sium,  Typha,  Pontederia,  Equisetum, 
Scirpus,  Osmuiida,  Rumex,  Phrag- 
mites,  Arundo,  Epilobium,  Lysimachia, 
Lythrum,  Juncus,  Senecio  aquatiques,  etc. 

Il  nous  reste  encore  à mentionner  l’en- 
racinement facile  des  tiges  flottantes,  cou- 
pées et  piquées  dans  un  terrain  inondé  ou 
au  moins  humide,  des  genres  : Menyan- 
thes, Myosotis,  Calla,  Jussieua,  Ranun- 
culus,  Villarsia,  ainsi  que  la  production 
par  tubercules,  séparés  de  la  plante-mère, 
chez  les  Aponogeton  et  Richardia.  Ces  opé- 
rations se  pratiquent  au  printemps,  lors  de 
la  végétation  de  ces  plantes. 

Tels  sont,  en  pratique,  les  moyens  em- 
ployés pour  la  reproduction  des  plantes 
aquatiques  ornementales  de  plein  air. 

Jules  Rudolph. 


EXPOSITION  D’HORTICULTURE  DE  VERSAILLES 


D’habitude,  l’Exposition  d’horticulture  de 
Versailles  avait  heu  après  celle  de  Paris.  Cette 
année,  la  Société  nationale  d’horticulture  de 
France,  désireuse  de  ménager  aux  amateurs 
d’horticulture  la  possibilité  de  visiter  l’expo- 
sition de  Temple  Show,  qui  ouvre  le  20  mai, 
à Londres,  a tenu  à reculer  au  2 juin  l’ouver- 
ture de  l’Exposition  de  Paris.  Aussi,  sous 
peine  d’arriver  à une  époque  trop  tardive  pour 
la  bonne  présentation  des  plantes,  la  Société 
d’horticulture  de  Seine-et-Oise  a dû  organiser, 
cette  année,  son  Exposition  avant  celle  de 
Paris.  Il  en  est  résulté  que  les  horticulteurs, 
soignant  leurs  meilleurs  spécimens  pour  les 
amener  à point  à Paris,  ont  moins  « donné  » 
que  d’habitude  à Versailles.  Cependant,  cela 
s’est  heureusement  peu  aperçu,  grâce  au  con- 
cours d’établissements  tenus  à toujours  bien 
faire,  tels  que  ceux  de  MM.  Truffant,  Duval, 
Moser  et  Vilmorin,  giâce  aussi  à l’excellente 
participation  qui  ne  sera  jamais  assez  grande, 
d’ailleurs,  des  amateurs  et  des  jardiniers  de 
maison  bourgeoise. 


L’Exposition  est  installée  sous  une  tente  en 
forme  de  rotonde.  La  lumière  diffuse,  tendre 
et  délicatement  voilée,  (jue  laisse  filtrer  la 
toile,  y fait  ressortir  joliment  l’éclat  des  fleui-s, 
aux  massifs  nombreux  et  même  quelque  peu  _ 
trop  côte  à côte.  C’est  une  véritable  corbeille 
de  fleurs  que  cefte  installation  coupée  par 
des  sentiers  circulaires. 

Nous  avons  tout  d’abord  admiré  le  colossal 
massif  de  plantes  annuelles  de  MM.  Vilmorin- 
Andrieux  et  C»e,  celui  des  Orchidées  de  M.  Ro- 
bert Lebaudy,  et  celui,  culminant  au  centre 
de  la  rotonde,  de  M.  Albert  Truffaut.  Mais 
rapport  de  la  maison  Vilmorin  consiste  encore 
en  corbeilles  spéciales,  tout  entières,  les  unes 
de  Calcéolaires,  les  autres  de  Cinéraires  dou- 
bles, d’autres  encore  d’Ancolies,  de  Pétunias, 
de  Ciroflées  grosse  es})èce,  et  surtout  très- 
remarquées  de  Chrysanthèmes  à carène  et  de 
Pavots.  11  y a,  dans  ceux-ci,  un  Pavot 
Tulipe,  étonnant  d’éclat,  il  est  « carrément 
rouge  »,  a dit  une  dame. 

Le  massif  de  M.  Robert  Lebaudy  a été  habi- 


262 


EXPOSITION  d’horticulture  DE  VERSAILLES. 


lement  disposé  par  i\l.  Page,  son  jardinier  en 
chef.  Une  masse  d’Orchidées,  dont  les  Catlleya 
Mossiæ,  Mendeli  et  Warneri  forment  le  fond, 
est  entremêlée  de  Crotons  et  de  Caladium; 
cet  arrangement  produit  très-bon  effet.  Un 
Anguloa  Cloivesii,  aux  fleurs  globuleuses 
comme  de  grosses  Renoncules,  et  un  Onci- 
dium  Painlio  major,  aux  « antennes  » gigan- 
tesques, intéressent  beaucoup  les  visiteurs. 
Le  même  exposant  a aussi  de  très-belles  cor- 
beilles de  Nægélias,  de  Streptocarpus,  de 
Gloxinias  et  de  Galadiums. 

La  pyramide  de  grandes  plantes  vertes  de 
M.  Trutfaut  semble  soutenir  le  faîte  de  la 
tente.  Elle  est  entourée  de  végétaux  intéres- 
sants, tels  que  : Dieffenbachia  Fournieri, 
grande  Aroïdée  aux  larges  feuilles  maculées 
de  blanc  ; Anthurium  Scherzerianum  Roths- 
childianum,  blanc  à macules  pourpres  et  re- 
vers rouge;  Caladium  Aurore  boréale,  lavé 
et  veiné  de  rouge  carmin,  Croton  Andreanum, 
vigoureuse  plante  vert  vif  nervé  de  jaune; 
Bougainvillea  glabra  Sanderiana,  Caladium 
minus  (?)  erubescens,  etc. 

Les  expositions  les  plus  importantes  en- 
suite sont  celles  de  MM.  Duval,  Halphen, 
Moser,  Pigier  et  Derudder.  Chez  M.  Duval,  on 
peut  étudier  des  plantes  raies  ou  nouvelles  ; 
Le  Dracæna  Sanderiana,  au  port  d’Alstroë- 
mère,  aux  feuilles  marginées  de  blanc;  il  fut 
exposé  pour  la  première  fois  à Gand  en  1893. 

A noter  VÆchmea  fasciata,  Bak.,  qui  fut 
dénommé  à tort  par  Lemaire,  dans  la  Flore  des 
serres  et  des  jardins,  Billbergia  rhodocyanea-, 
le  Caraguat a Plumier i,  Mez,  {Tillandsia  mar- 
tinicensis,  Bak.),  plante  anciennement  connue 
mais  peu  ou  point  répandue  en  horticulture  ; 
le  Vriesea  Pœlmani,  nouveauté  de  1896  ; le 
Caraguata  Peacocki  foliis  rubris,  extrê- 
mement joli  mais  extrêmement  rare;  puis  une 
série  d' Anthurium  Scherzerianum  sélectionnés 
par  l’exposant  : A.  S.  Rex  rubrum,  spathe  de 
16  centimètres  de  long,  pourpre  ; puis  les  va- 
riétés Rudolf,  Seidel,  roseum  perfectum, 
Etendard,  etc. 

Les  Orchidées  de  Mme  Halphen  témoignent 
de  la  belle  culture  que  leur  applique  son  jar- 
dinier en  chef,  M.  Drieger  ; il  y a en  outre  des 
plantes  de  collection.  Notons  d’abord  un 
Catlleya  Mossiæ  hors  de  pair  par  son  labelle 
très-ample  et  magnifiquement  coloré  ; c’est  le 
« clou  » des  C.  Mossiæ  présents.  Puis  un 
Miltonia  spèctabilis  très-fleuri , un  Odoyito- 
glossum  crispum  à très-grandes  divisions  on- 
dulées ; un  O.  Pescatorei  dont  les  labelles  pos- 
sèdent une  macule  carmin  sortant  tout  à fait 
de  l’ordinaire  ; enfin,  deux  espèces  d’habitude 
rebelles  à la  floraison  : Oncidium  Sphacela- 
tum  et  Odontoglossum  ramosissimum. 

Avec  sa  belle  collection  d’Azalées  et  de 
Rhododendrons,  M.  Moser  expose  deux  Clé- 
matites nouvelles,  encore  plus  jolies  que  René 
Moser  et  Marcel  Moser,  si  prisées  l’an  der- 
nier : Nelly  Moser,  de  l8  centimètres  de  dia- 


mètre, fond  rose  tendre  avec  une  macule  rose 
carmin  le  long  de  la  nervure  médiane,  et 
M.  Magne,  de  fond  plus  lilacé.  Puisque  nous 
sommes  sur  les  Clématites,  citons,  avec  la 
belle  collection  de  M.  Bellanger  (successeur 
de  Ghristen),  la  nouveauté  Papa  Christen,  du 
même  ton  que  Nelly  Moser,  mais  à macule 
plus  brune. 

M.  Pigier  nous  montre  de  beaux  massifs  de 
plantes  à feuillage  ornemental  et  de  plantes 
pour  garnitures.  Mais  le  plus  beau  de  ses  ap- 
ports est  sans  contredit  son  lot  de  Cattleya 
Mossiæ;  sur  cinquante,  il  n’y  en  a pas  deux 
qui  se  ressemblent  sous  le  rapport  de  la  colo- 
ration du  labelle. 

L’exposition  de  M.  Derudders  est  complexe. 
A côté  de  Dracénas  superbes:  D.  congesta  dis- 
color,  Rruanti,  Cantrelli,  amabilis,  on  re- 
marque une  corbeille  de  Scolopendrium  un- 
dulatum,  puis  des  Rhododendrons,  des 
Phormiums,  des  Araucarias.  Dans  ces  der- 
niers, V Araucaria  excelsa  glauca,  très-carac- 
térisé,  est  tout  à fait  digne  de  remarque.  Le 
même  exposant  nous  montre  aussi  une  longue 
série  de  Fusains  japonais  à feuillage  panaché. 

Les  plantes  pour  garnitures  estivales  de 
plein  air  sont  principalement  représentées  par- 
les lots  de  MM.  Bidoux,  Le  Couteulx  et  Blet. 
Citons  tout  d’abord  une  Anthémis  nouvelle  de 
M.  Pidoux.  Elle  a la  fleur  de  la  variété  Com- 
tesse de  Chambord,  avec  le  feuillage  un  peu 
plus  fin  que  celui  de  La  Parisienne,  rappe- 
lant plutôt  celui  de  l’ancienne  Val-de-GrCice. 
Elle  est  très-floribonde  et  paraît  devoir  fleurir 
toute  l’année.  Ce  sera  là  une  précieuse  acqui- 
sition. Le  même  exposant  a aussi  de  très- 
jolis  Pélargoniums  zonés.  Hortensias,  Anthé- 
mis, etc. 

M.  Le  Couteulx  s’est  distingué  cette  année 
par  ses  diverses  plantes  d’introduction,  nou- 
velles ou  peu  connues  : Salvia  splendens 
Charles  Le  Couteulx,  nain  compact,  à brac- 
tées agglomérées,  dont  la  Revue  horticole  a 
déjà  parlé  *;  Chrysanthemummacrophyllum, 
magnifique  plante  pour  isoler,  décrite  aussi 
dans  la  Revue  horticole  en  l896^;  Coleus 
M.  Vazon,  à feuille  curieusement  et  inégale- 
ment laciniée,  Genista  Andreana,  Campa- 
nula  glomerata  major,  etc.  Enfin,  deux  nou- 
veaux Pélargoniums  zonés  de  semis  : Grande- 
duchesse  Olga,  à fleur  nuancée  de  saumon, 
dérivé  de  la  race  belge  Lilliput  et  Queen  Vic- 
toria, nain,  à feuillage  quadricolore,  qu’il  ne 
faudra  pas  confondre  avec  Mac-Mahon,  à 
fleur  saumon  déjà  dénommé  Queen  Vic- 
toria. 

Les  Bégonias  tubéreux  de  M.  Plet,  bien  que 
de  dimensions  colossales,  conservent  cepen- 
dant la  fleur  bien  ronde  et  bien  plate.  H en  est 
un  dont  le  diamètre  mesure  jusqu’à  20  centi- 
mètres. Ce  lot  est  aussi  très-varié  de  coloris 

1 Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  28. 

- Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  565. 


APPROVISIONNEMENT  DE  LÉGUMES. 


263 


Dans  les  plantes  de  même  catégorie,  notons 
aussi  les  Pétunias  doubles  de  M.  Benoît,  les 
Pélargoniums  doubles  de  M.  Desmonts,  les 
Primevères  du  Japon  de  M.  Hardre,  les  Pyrè- 
thres  de  M.  Admirai  et  les  Renoncules  de 
M.  Mondain. 

Parmi  les  spécialités  de  serre,  il  faut  citer  les 
Fougères  de  M.  Le  Couteulx,  et  surtout  son 
Platy cérium  grande;  VAralia  Kerchoveana 
de  M.  Pidoux,  aux  feuilles  sinuées-dentées 
commecelles  du  Chêne;  les  Azalées  de  M.  Stein- 
bacli  ; la  belle  et  nombreuse  collection  de 
Crotons  de  M.  Robert,  jardinier-chef  de  M.  le 
duc  de  la  Rochefoucauld  et  les  Cypripedium 
de  M.  Wilm. 

11  faut  nous  arrêter  un  instant  sur  deux  in- 
troductions exposées  par  M.  Wilm  et  rappor- 


tées d’Ürizaba  (Mexique),  par  le  capitaine  Lc- 
maistre.  De  l’une,  Orchidée  non  dénommée, 
nous  ne  j'ouvons  que  la  supposer  Maxülaria 
ou  Lælia.  Mais  l’autre,  étiquetée  PUcairnia 
j)ungem,  est  le  P.  heterophylla,  très-répandu 
dans  l’Amérique  intertropicale. 

Si  nous  terminions  sur  la  bonne  bouche  ? 
Avec  M.  Parent,  à Rueil,  qui  expose  des  Pê- 
ches, des  Prunes  et  des  Cerises  forcées,  c’est 
l’Ecole  nationale  d’hoiMiculture  de  Versailles 
qui  nous  l’otlVii'a,  avec  ses  beaux  pots  de  Ce- 
rise anglaise  hâtive  forcée,  ses  Pêches  Amsden 
et  Précoce  de  Hâle,  ses  Raisins  Pour  datés  et 
Forster‘’.s  seediing^  et  surtout  ses  Melons  et 
ses  Fraises  aux  senteurs  odoriféi’antes  et  apé- 
l'itives. 

II.  Dauthenay. 


APPROVISIONNEMENT  DE  LÉGUMES 


Prenez,  s’il  vous  plaît,  ce  titre  dans  sa 
plus  large  acception,  car  il  s’agit  d’apporter, 
sur  la  table  des  repas,  autre  chose  que  le 
monotone  ordinaire  des  réfectoires  de  col- 
lèges, où  les  Pommes  de  terre  et  les  Haricots 
alternent  av;ec  la  désespérante  régularité  que 
vous  savez. 

Nous  voulons,  en  quatre  mots,  approvi- 
sionner la  cuisine  de  quatorze  légumes  j)ar 
semaine,  deux  par  jour. 

Est-il  possible  de  réaliser  ce  chiffre  sans 
répéter  un  légume  plus  d’une  fois  par  hui- 
taine ? Oui,  facilement,  pendant  la  période 
qui  va  de  décembre  à mars. 

Au  printemps  et  en  été,  la  chose  devient 
moins  commode  ; mais,  alors,  il  n’y  a pas 
d’inconvénient  à renouveler  un  peu  plus 
fréquemment  certains  plats,  tels  que  l’As- 
perge, les  Pois,  les  Haricots  verts,  etc.,  qui 
ne  sont  de  saison  que  pendant  un  temps 
relativement  court. 

La  question  ainsi  comprise,  on  peut 
dresser  de  la  façon  suivante  le  tableau  d’ap- 
provisionnement pour  l’année. 


Par  semaine. 

10.  Navets 1 fois. 

li  . Pommes  de  terre — 

12.  Salsifis  ou  Scorsonère — 

13.  Topinambour — 

14.  Witloof  (Endive) — 


Tous  les 
jours 
à volonté. 


Hors-d’œuvre.  — Radis. 

Salades.  — Pissenlit,  Barbe  de 
capucin.  Cresson  ou  Laitue, 
Betterave. 

Dessert.  — Fraises  en  juin. 
Condiments  variés. 


II 

PÉRIODE  d’avril  A .JUIN 

Par  semaine. 


1.  Asperges 2 fois. 

2.  Carottes 1 — 

3.  Choux 1 — 

4.  Chou-fleur  de  printemps.  ...  1 — 

5.  Epinards 1 — 

6.  Fèves  (à  partir  de  juin)  ....  1 — 

7.  Haricots  secs 1 — 

8.  Poireau  L 1 — 

9.  Pois  (à  partir  de  juin) 2 — 

10.  Pommes  de  terre 2 — 

11 . Scorsonère 1 — 


Tableau  d’approvisionnement  de  légumes 
pour  chaque  semaine. 

I 

PÉRIODE  DE  NOVEMBRE  A MARS 

Par  semaine. 

1.  Cardon 1 fois. 

2.  Carottes — 

3.  Céleris  rave  ou  en  branche  . . — 

4.  Cerfeuil  bulbeux — 

5.  Crosnes — 

6.  Choux — 

7.  Chou  de  Bruxelles — 

8.  Epinards — 

9.  Haricots  secs — 


Hors-d’œuvre.  — Radis  noir. 

Tous  les  l Salades.  — Mâche,  Cresson,  Barbe 
jours  1 de  capucin, 
à volonté.  I Potage.  — Potiron. 

' Condiments  variés. 

III 

PÉRIODE  DE  JUILLET  A OCTOBRE 

Par  semaine. 

1.  Artichaux 1 fois. 

2.  Carottes 1 — 

3.  Chicorées  ou  Laitues  cuites  . . 1 — 

1 Consommés  parfois  à la  façon  des  Asperges,  en 
mars  et  avril. 


264 


LE  MOINEAU. 


Par  semaine. 


4.  Choux 1 fois. 

5.  Chou-fleur i — 

().  Haricots  verts 2 — 

7.  Haricots  en  grains  frais  . ...  1 — 

8.  Haricots  mange-tout 1 — 

9.  Petits  pois 2 — 

10.  Pommes  de  terre  nouvelles.  . . 2 — 


11.  Tétragone(remplaçant l’Epinard)  1 — 


Tous  les 
jours 
à volonté. 


I Hors-d’œuvre.  — Melon , Con- 
combre. 

\ Salades.  — Laitue,  Romaine,  Chi- 
) Corée  frisée  ou  Scarole. 

(Dessert.  — Fraises  des  quatre 
saisons,  Rhubai'be  pour  com- 
pote. 

Condiments  variés. 


Mais,  direz-vous,  tout  cela  c’est  beaucoup 
de  légumes,  et,  en  admettant  qu’on  ait  le 
temps  de  les  cultiver,  la  surface  de  notre 
potager  peut  n’y  pas  suffire. 

Qu’à  cela  ne  tienne  ; vous  pouvez  aug- 
menter la  surface  de  votre  jardin  d’un  bon 
tiers  sans  bourse  délier,  par  l’adoption  des 
cultures  dérobées  qui  sont  la  base  des  exploi- 
tations maraîchères. 

Les  cultures  dérobées  sont  celles  faites 
pendant  l’année,  en  sus  d’une  récolte  nor- 
male, et  qui  auraient  nécessité,  autrement, 
une  portion  de  sol  consacré  à elles  exclusi- 
vement. 

La  Carotte  d’automne  et  d’hiver,  par 
exemple,  qu’on  a semée  fin  juillet  sur  ter- 
rain venant  de  produire  des  Pommes  de 
terre  précoces,  est  une  culture  dérobée. 

Le  Céleri  rave  semé  en  pépinière,  en  mai, 
repiqué  en  pépinière,  planté  fin  juillet,  par 
dessus  une  récolte  de  Pois,  est  une  culture 
dérobée. 

En  voici  encore  quelques-unes  : 

Les  Poireaux  de  troisième  saison,  semés 
en  pépinière,  en  mai-juin,  repiqués  en 


juillet-août,  à la  place  de  Pommes  de  terre 
précoces  ; 

Les  Radis,  semés  tous  les  vingt  jours,  en 
petite  quantité,  parmi  les  autres  légumes  à 
développement  plus  lent  : (Carotte,  Salades, 
Scorsonère,  Céleri,)  où  ils  se  récoltent  au 
bout  d’un  mois,  avant  d’avoir  pu  nuire  aux 
légumes  associés  ou  d’être  gênés  par  eux; 

L’Ognon  de  printemps  semé  en  septem- 
bre, repiqué  en  octobre,  à la  place  de  Pommes 
de  terre  ; 

La  Laitue  d’hiver  semée  en  août,  plantée 
en  septembre-octobre,  sur  ados  ou  côtière, 
par  dessus  une  récolte  d’Ognons,  de  Pois  ou 
de  Carottes  d’été  ; 

Les  Laitues  et  romaines  d’été  et  d’au- 
tomne, contre-plantées  entre  elles-mêmes 
et  entre  les  Choux,  les  Artichauts,  ou  sur 
terrain  récolté  en  Pommes  de  terre  précoces  ; 

Les  Chicorées  et  Scaroles,  semées  en  mai- 
juin  en  pépinière,  plantées  en  juillet  et 
août  sur  sol  récolté  en  Pois  ; 

L’Epinard  d’automne  et  d’hiver  semé  fin 
août  commencement  de  septembre,  sur  ré- 
colte de  Pommes  de  terre  demi-précoces  ; 

La  Mâche  cultivée  de  la  même  façon,  etc. 

Si,  à ces  procédés,  vous  joignez  quelques 
tours  de  main  tels  que  le  semis  du  Cerfeuil 
bulbeux  en  graine  stratifiée  ; le  semis  très 
dru  des  Pois  en  janviei*,  sous  châssis,  avec 
repiquage  sur  côtière  ou  sur  planche  en 
mars;  le  semis,  dans  les  mêmes  conditions, 
mais  au  mois  d’avril,  des  Haricots  nains, 
avec  repiquage  dans  la  seconde  quinzaine 
de  mai,  vous  obtiendrez  encore  une  sensible 
économie  de  terrain  et,  par  surcroît,  une 
économie  de, temps. 

Cette  économie  de  temps  a son  impor- 
tance, surtout  avec  les  Pois  et  les  Haricots 
verts,  désirés  d’autant  plus  qu’ils  sont  nou- 
veaux pour  l’année.  Georges  Bell  air. 


LE  M0INE4U 


Il  y a bien  longtemps  déjà  qu’on  a re- 
connu dans  tous  les  pays  que  le  Moineau 
était  un  oiseau  nuisible  au  dernier  point  et 
qu’il  fallait  absolument  le  détruire.  Chacun 
sait  cela  ; ceux  qui  possèdent  des  jardins,  et 
plus  particulièrement  les  fermiers  lui  payent 
chaque  année  un  plus  ou  moins  lourd 
tribut. 

Mais  ce  qu’il  y a de  plus  singulier,  c’est 
qu’on  ne  le  détruise  pas.  Tout  au  plus  se 
contente-t-on  de  mettre  quelques  filets  par 
ci,  par  là,  ou  des  épouvantails  dont  il  se 
joue,  et  de  formuler  contre  lui  des  plaintes 


plus  ou  moins  amères.  Les  moyens  de 
destruction  ne  manquent  pourtant  pas, 
et  sa  chasse  a au  moins  l’avantage  sur  celle 
des  autres  animaux  nuisibles,  de  fournir 
quelques  jolies  brochettes  de  petits  pieds, 
en  été  surtout,  alors  qu’ils  sont  gras  et 
dodus. 

Le  Moineau  est  très-vorace,  il  s’attaque  à 
tout.  : légumes,  fruits,  graines,  etc.,  il  se 
propage  avec  une  très-grande  rapidité  et 
souille  les  murs  de  nos  habitations  de  ses 
déjections,  en  choisissant  les  cavités  dès 
toitures  pour  y établir  son  nid.  Très-hardi, 


LE  MOINEAU. 


265 


r i)  vit  autour  de  nous,  nous  amusant  peut- 
être  de  ses  sautillements,  mais  nous  les  fai- 
! sant  encore  payer  en  prélevant  tout  ce  qu’il 
peut  sur  la  ration  des  volailles  de  la  basse- 
cour.  Sa  nature  querelleuse,  aidée  de  la  puis- 
sance de  son  bec,  éloigne  de  notre  voisinage 
: et  surtout  des  jardins  une  foule  d’autres 

>.  oiseaux  bien  meilleurs  chanteurs  et  surtout 
infiniment  plus  utiles  pour  la  destruction 
! des  insectes  nuisibles. 

P Ses  défenseurs  ont  prétendu  qu’il  dévo- 
J rait  une  grande  quantité  d’insectes,  sur- 
I tout  au  temps  des  couvées  ; il  faut  cepen- 
' dant  en  rabattre  des  qualités  qu’on  lui  attri- 
I bue;  tout  au  plus  donne-t-il  quelques  larves 
et  œufs  d’insectes,  des  hannetons,  à ses  petits 
pendant  les  premiers  jours  qui  suivent  leur 
éclosion.  On  a maintes  fois  et  à différentes 
époques  examiné  le  contenu  de  l’estomac  des 
1 , Moineaux,  et  la  quantité  d’insectes  ne  consti- 
tuait qu’une  très  faible  partie  de  la  totalité, 
î Du  reste,  la  nature  de  son  bec  court  et  fort 
, indique  clairement  qu’il  est  granivore  et, 

1 de  fait,  c’est  de  toutes  sortes  de  graines  et 
surtout  de  celles  des  céréales,  notamment 
. du  blé,  qu’il  fait  sa  principale  nourriture. 

I Dans  les  régions  où  il  abonde,  ses  dégâts 
sont  considérables  et  s’augmentent  encore 
de  ce  qu’il  fait  tomber  en  pure  perte,  en  dé- 
tachant  les  grains  de  leurs  épis.  Dans  les 
' ' jardins,  chacun  sait  combien  il  se  montre 
I'..  friand  des  Cerises,  du  Raisin  et  même  des 
À Groseilles.  Les  Pois  sont  sa  proie  quand  il 
j ..  peut  en  déterrer  les  graines,  et  lorsqu’ils 
germent,  il  en  coupe  les  bourgeons.  Les 
ÿ jeunes  semis  de  fleurs  et  légumes,  tels  que 
les  Radis,  les  Navets,  Choux,  etc.,  subissent 
parfois  le  même  sort,  et  lorsqu’on  laisse  ces 
1 plantes  monter  à graines,  il  faut  toujours 
^ compter  avec  lui,  car  il  sait  se  faire  la 

(grasse  part.  Nous  pourrions  encore  citer 
, bien  d’autres  méfaits  du  Moineau  et  chacun 
- pourrait  lui  reprocher  quelques  dégâts 
' particuliers. 

^ Pourquoi  gardons-nous  ce  pillard  invé- 
''  téré  ? 

: Elle  n’est  pas  nouvelle  la  question  du 

Moineau.  Doué  d’une  grande  faculté  d’adap- 
'î  tation,  il  s’est  naturalisé  sur  plusieurs  points 
V du  globe  et  de  partout  la  même  opinion  dé- 
favorable  surgit  des  nombreux  écrits  qui  lui 
i?-  ont  été  consacrés. 

B L’Australie  et  surtout  l’Amérique  du 
Nord  en  sont  infestées  et  regrettent  amère- 
ment son  introduction. 

Un  procès  retentissant  contre  le  Moineau 
S eut  lieu  il  y a quelques  années  en  Amérique 
«et  a donné  lieu  dans  beaucoup  d’États  à une 


guerre  d’extermination  qui  persista  pen- 
dant plusieurs  années  et  fit  naturellement 
beaucoup  de  bien  à l’agriculture.  Une 
longue  et  fort  intéressante  étude  de  ce  pro- 
cès a été  publiée  par  M.  Rrézol  dans  la  Revue 
des  Sciences  naturelles  appliquées  {Bulle- 
tin de  la  Société natio7iale  d'acclimatation) 
année  1890-91.  Les  personnes  que  ce  sujet 
intéresse  consulteront  avec  intérêt  ce 
consciencieux  travail,  de  même  aussi  qu’un 
ouvrage  publié  à Londres,  en  1885,  par 
plusieurs  auteurs,  sous  le  titre  : The  House 
Sparrow  and  the  English  Sparrow  in 
America.  Après  la  lecture  de  ces  travaux, 
les  plus  sceptiques  deviendront,  nous  n’en 
doutons  pas,  d’ardents  destructeurs  du 
Moineau. 

C’est  du  reste  à souhaiter,  car  chez  nous 
on  n’a  fait  jusqu’ici  que  peu  de  choses  pour 
sa  destruction.  Mais  cet  état  d’indifférence 
ne  saurait  persister  longtemps  encore,  car 
le  Conseil  général  du  département  de  la 
Seine  s’est  justement  ému  des  nombreuses 
plaintes  des  cultivateurs  des  environs  de 
Paris,  et  a ordonné  une  enquête  sur  les 
dégradations  que  cause  le  Moineau,  afin  de 
savoir  s’il  y a lieu  d’autoriser  sa  destruction. 
La  Revue  horticole  a déjà  fait  connaître 
les  résultats  de  l’enquête  à laquelle  s’est 
livré  M. Paul  Vincey. Quarante-six  communes 
se  sont  déclarées  favorables  à la  destruction 
de  ce  ravageur,  et  l’auteur  évalue  à plus  de 
200,000  francs  la  totalité  de  ses  dégradations 
dans  le  département  de  la  Seine  seulement. 
Quel  est  le  chiffre  de  ses  dommages  pour 
la  France  entière?  L’assimilation  du  Moi- 
neau aux  autres  oiseaux  nuisibles  ne  nous 
semble  plus  pouvoir  faire  l’objet  d’aucune 
controverse,  et  nous  souhaitons  de  voir 
bientôt  sa  destruction  autorisée  pendant 
toute  l’année. 

Les  moyens  ne  manquent  pas  pour  cela. 
Pour  les  amateurs  de  chasse,  le  tir  au  fusil 
fournira,  en  dehors  du  coût  des  munitions, 
un  sport  aussi  agréable  qu’utile,  surtout 
quand  on  tire  dans  un  vol.  Mais  c’est  sur- 
tout en  dénichant  les  nids  qu’on  en  fait  pé- 
rir le  plus  grand  nombre  et  qu’on  se  débar- 
rasse d’hôtes  aussi  incommodes. 

Il  y a encore  les  bâtons  englués,  le  fdet,  les 
pièges  de  toutes  sortes,  à trébuchet  ou  à 
ressort,  et  surtout  le  panier  dit  à Moineau, 
sorte  de  nasse  en  osier,  dans  laquelle  on 
place  un  jeune  qui  y attire  les  autres  par 
ses  cris.  Et  c’est  un  plaisir  que  de  les  voir 
bêtement  se  presser,  se  disputer  leur  tour 
d’entrée  dans  le  panier,  où  ils  s’entassent, 
se  foulent  sans  pouvoir  en  sortir.  Nous  en 


266 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE  DE  FRANCE. 


avons  vu  en  campagne  plusieurs  douzaines 
dans  cette  sorte  de  piège  économique,  mais 
il  ne  faut  pas  en  user  longtemps,  car  les 
vieux,  les  plus  rusés,  enseignent  bien  vite 
le  danger  aux  autres. 

Enfin,  et  pour  terminer,  mentionnons 
un  procédé  aussi  ingénieux  et  agréable 
qu’utile,  qui  a été  récemment  indiqué  par 
M.  Lesne  : il  consiste  tout  simplement  à gri- 
ser les  Moineaux.  Pour  cela,  on  fait  tremper 
du  blé  cuit  dans  de  l’alcool,  puis  on  le  leur 
donne  en  pâture.  L’effet  toxique  ne  tarde 
pas  à se  produire  et  l’on  voit  ainsi  les  pil- 
lards tituber,  dans  l’incapacité  de  prendre 
leur  essor.  On  peut  alors  s’offrir  le  plaisir 
de  les  prendre  à la  main,  pour  les  faire 
ensuite  passer  à la  casserole. 

Mais  comme  il  en  revient  sans  cesse  de 
nouveaux,  il  faut  naturellement  mettre  les 
plantes  ou  les  fruits  les  plus  précieux  à 
l’abri  de  leurs  ravages.  Et  c’est  alors  qu’on 
a recours  aux  cages  ou  aux  filets,  d’une 
efficacité  certaine,  il  est  vrai,  mais  trop 


coûteux  pour  qu’on  puisse  les  employer 
d’une  façon  générale.  Quant  aux  épouvan- 
tails de  toutes  sortes  : pantins,  moulinets, 
fils  de  laine  et  autres  engins,  ils  s’en  jouent 
avec  la  plus  grande  désinvolture  au  bout 
de  quelques  jours,  sauf  un  cependant,  que 
nous  avons  vu  employer  avec  succès  dans 
les  cultures  de  la  Maison  Vilmorin.  Il  se 
compose  de  morceaux  de  verre  cassés,  sus- 
pendus le  long  d’une  corde  ou  d’un  fil  de 
fer,  assez  près  pour  qu’ils  se  heurtent  sous 
la  poussée  du  vent.  Leur  miroitement  au 
soleil  et  surtout  le  son  vibrant  que  rend 
leur  choc  est  tout  à fait  particulier  et  éloigne 
sans  cesse  les  Moineaux  les  plus  hardis.  La 
meilleure  manière  de  suspendre  les  mor- 
ceaux de  verre  est  de  pratiquer,  à l’aide 
d’un  diamant  ou  même  d’une  pince,  une 
petite  entaille  de  chaque  côté  de  la  partie 
la  plus  étroite,  pour  donner  prise  à l’attache, 
qu’on  fait  avec  du  fil  de  fer  mince  et  souple, 
en  serrant  le  plus  possible  pour  qu’ils  ne 
puissent  tomber.  S.  Mottet. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  13  MAI  1897 


Floriculture. 

La  maison  Vilmorin-Andrieux  et  C>e  conti- 
nue la  présentation  de  ses  plantes  alpines, 
qu’elle  fait  tous  ses  efforts  pour  rendre  horti- 
coles. Presque  toutes  celles  qu’on  nous  montre 
proviennent  de  semis.  S’il  en  est  qui  soient 
encore  difficiles  à cultiver,  a dit  M.  Mottet  à la 
compagnie,  (c  il  suffit  de  les  aimer  et  de  les 
observer  avec  sollicitude  pour  leur  arracher  le 
secret  de  leur  culture.  » Noté  entre  autres  ; 
VAsfer  alpinus,  V Androsace  lactea,  le  Saxi- 
fraga  umbrosa  vera,  le  Ranunculus  Thora, 
le  Trollius  caucasicus,  le  Gypsophila  ceras- 
toides,  le  Jasione  humilis,  etc. 

Les  Ancolies  hybrides  des  mêmes  présenta- 
teurs sont  très-admirées,  ainsi  que  les  Pensées 
à grandes  macules  de  M.  Falaise  et  le  Bégonia 
lucida  variété  Anne  Basset , obtenu  par 
M.  Page. 

Orchidées. 

Un  fort  lot  de  M.  Dallé,  en  belle  culture, 
attire  tout  d’abord  l’attention  : les  Miltonia 
vexillaria , Cypripedium  caudatum,  Cattleya 
Mossiæ  imperialis,  Lælia  purpurata  et  sa  va- 
riété rosea,  Odontoglossum  Andersoni,  O. 
HailÜ  xanthoglossum^  Vanda  Veitchii  et  Co- 
chlioda  Nœzliana  grandiflora,  y sont  remar- 
quables d’ampleur. 

Dans  l’apport  important  de  M.  O.  Doin,  on 


admire  surtout  un  O.  Pescatorei  qui  porte 
97  fleurs  ! puis  un  O.  polyxanthum  très  beau, 
tacheté  de  marron  foncé  sur  fond  jaune,  un 
Trichopilia  suavis  alba^  jolie  petite  plante 
aux  divisions  frangées,  blanches  ; un  Epiden- 
drum  Stamfordianum^  un  Saccolobium  cur- 
vifolium,  etc.  Mais  la  plante  la  plus  rare  y est 
sans  contredit  le  Cattleya  Mossiæ  amæa  gran- 
diflora,  superbe  variété  à labelle  très  grand, 
allongé,  très-coloré. 

M.  Bert,  de  Bois-Colombes,  présente  un 
Cattleya  Mossiæ  remarquable  par  la  blancheur 
de  sa  marge,  un  Cypripedium  bellatidum, 
toujours  curieux,  et  un  Odontoglossum,  hy- 
bride naturel  du  groupe  des  O.  Ruckerianum. 

M.  Thibaut,  jardinier  de  M.  Libreck,  pré- 
sente un  Saccolabium  ampullaceum,  un  iVa- 
nodes  Mantini,  un  Oncidium  Janeirense 
et  un  beau  Cattleya  Mossiæ. 

Mais  les  nouveautés,  comme  les  raretés,  nous 
paraissent  résider  surtout  dans  les  plantes  sui- 
vantes : 

Un  Lælio-Cattleya  Margaritæ  (L.  grandis 
X C.  Mossiæ  variabilis)  ; cette  fécondation, 
obtenue  par  M.  Mantin,  n’a  pas  encore  été  si- 
gnalée ; elle  présente  quelques  affinités  végéta- 
tives avec  le  Lælia  grandis  tenebrosa,  mais 
possède  la  couleur  et  l’ampleur  florales  du 
C.  Mossiæ,. 

2’  Les  Cattleya  de  M.  Piret  : C.  Mossiæ 
grandiflora,  C.  Mossiæ  alba  Wagneri  et 
C.  Mossiæ  alba  variabilis  ; 

3“  Un  fort  beau  Cattleya  Mossiæ,  de 


I |M  ■W.-.^WIW  ^ I-  WP|»>.‘|^LJJP<  I 


CORRESPONDANCE. 


267 


M.  Gauthier,  jardinier  de  M.  le  D»‘  Fournier  ; 
la  coloration  violet  évêque  du  labelle  est  nette- 
ment arrêtée,  comme  par  une  ligne  droite,  à 
la  naissance  de  la  gorge  ; 

4“  Sept  Cattlei/a  Mendeli,  de  MM.  Duval  et 
fils,  spécimens  d’élite  triés  dans  une  grande 
quantité  de  plantes  de  cette  espèce.  Il  s’y 
trouve  des  labelles  d’un  pourpre  éclalant. 
Puis  aussi,  des  mômes,  un  Pachystoma 
Thompsonianwn. 

Enfin,  M.  Lavanchy,  jardinieiNchef  de  l’École 
de  médecine,  avait  apporté  des  Anæclochilus 
dont  le  feuillage  est  si  ornemental;  A discolor 
et  A.  Rivieri,  selon  les  uns  ; ou  plutôt  A.  Daiv- 
soniiy  selon  les  autres. 

Arboriculture  d’ornement 


M.  Lemoine,  à Nancy.  C’est  donc  une  ques- 
tion de  controverse  horticole  aujourd’hui  élu- 
cidée. • 

Au  môme  Comité,  la  maison  Simon  (Louis) 
frères,  de  Plantières-lez-Metz,  avait  envoyé  le 
Spartocytisiis  albus,  sorte  de  Genêt  blanc  ; 
le  Cytisus  purpuveus  et  le  C.  elongatus  major, 
un  Nuitallia  cerasiformis  à tleurs  herma- 
phrodites, des  Ribes,  des  Erables,  etc. 

M.  G.  Boucher  présentait  la  Rose  panachée 
de  Bordeaux,  nouveauté  issue  de  la  variété 
de  Madame  Georges  Desse,  et  M.  Desfossé - 
Thuillier,  d’Oiléans,  une  magnifique  Pivoine 
en  arbre.  Comtesse  de  Tuder,  à fleur  très- 
pleine,  d’un  ton  chair  très-chaud,  ainsi  que  des 
rameaux  fleuris  de  Vihurnum  plicatum 
tomentosum. 


C’est  ici  peut-être  que  réside  la  plus  grande 
somme  d’intérêt  de  toute  la  séance,  avec  la 
communication  de  M.  Henry,  chef  des  cultures 
au  Muséum  d’histoire  naturelle.  M.  Henry 
présentait  plusieurs  espèces  de  Lilas  et  leurs 
croisements  : 

lo  Syrmga  Emodirosea  ou  Lilas  deBretsch- 
neider,  epèce  caractérisée  par  l’ampleur  de 
son  feuillage  et  de  ses  inflorescences  qui  sont 
toujours  terminales,  solitaires,  et  qui  s’épa- 
nouissent à l’extrémité  des  jeunes  pousses  de 
Tannée,  lorsqu’elles  portent  déjà  une  dizaine 
de  feuilles  ; 

2°  Syringa  Josikæa  ou  Lilas  de  Hongrie, 
remarquable  par  sa  coloration  d’un  violet  très- 
foncé  ; 

3»  Syringa  persica  laciniata,  forme  à fleurs 
blanches,  tardives  ; 

4®  S.  Emodi  rosea  X S.  Josikæa,  pré- 
cieuse acquisition  horticole,  car  elle  possède  à 
la  fois  l’ampleur  végétative  du  premier  et  la 
belle  coloration  du  second  ; 

5»  L’hybride  inverse  : S.  Josikæa  X S. 
Emodi  rosea,  de  coloris  notablement  moins 
vif  que  le  précédent. 

M.  Henry  a fait  remarquer  en  même  temps 
que  le  croisement  du  <S.  vulgaris  avec  le 
S.  persica  laciniata  avait  donné,  au  Muséum, 
le  S.  dubia.  La  Revue  horticole  ‘ a déjà  si- 
gnalé que  le  même  fait  s’était  produit  chez 


Arboriculture  fruitière. 

M.  Congy,  chef  des  cultures  potagères  du 
domaine  de  Ferrières,  était  seul  présentateur, 
avec  deux  beaux  Pêchers  cultivés  en  pots,  et 
portant  de  beaux  fruits  de  la  Précoce  de  Haie. 

Culture  potagère. 

Enfin!  plusieurs  présentations  intéressantes 
cette  fois.  D’abord,  de  MM.  Vilmorin-Andrieux 
et  Cic,  vingt-quatre  variétés  de  Radis  et  un 
panier  portant  six  pots  de  la  Fraise  Saint- 
Joseph,  nettement  remontante.  Il  faut  savoir 
gré  à la  maison  Vilmorin  d’avoir  distingué  et 
reproduit  cette  utile  nouveauté  de  1894,  qui 
fut  alors  présentée  par  Tabbé  Thivollet. 

Puis  un  Pois  très-hâtif,  à grain  vert,  parais- 
sant voisin  du  Pois  Express,  mais  remarqua- 
blement plus  hâtif  que  ce  dernier.  Le  présen- 
tateur, M.  Gravereau,  nous  le  montrera  de 
nouveau  Tannée  prochaine,  avec  des  variétés 
hâtives  en  comparaison,  semées  en  même 
temps  et  soumises  à la  même  culture. 

Enfin,  de  M.  Goulas,  maraîcher  à Croissy, 
deux  Melons  de  la  variété  dite  de  28  jours 
Ils  ont  été  récollés  sur  des  pieds  semés  sur 
couches  dans  la  deuxième  quinzaine  de  dé- 
cembre. Voilà  des  « 28  jours  » augmentés 
d’un  sérieux  « rabiot  ».  H.  Dauthenay. 


CORRESPONDANCE 


r N°  3822  (Seine-et-Oise).  — Les  racines  du 
I Kentia  sont  bien  saines,  et  les  amas  que  vous 
r avez  observés  sont  constitués  par  une  croûte 
épaisse  de  gypse  déposée  sous  la  forme  d’un 
['  manchon  autour  des  radicelles  dans  la  région 
L absorbante.  Ce  dépôt  est  dû  à ce  que  Teau  d’ar- 
b rosage  est  très  gypseuse  et  que  les  racines  ab- 
I sorbant  une  plus  grande  proportion  d’eau  pui  e 
L que  de  gypse,  ce  dernier  se  dépose  autour 
p.  des  racines. 

Ë Vos  Palmiers  sont  cependant  malades,  et  la 


k 


’ Voir  Bévue  horticole,  1897,  p.  52. 


\À 


maladie  qui  siège  dans  les  feuilles  paraît  être 
due  à un  champignon  parasite  appartenant  au 
genre  Phoma.  Nous  ne  pouvons  pas  spécifier 
davantage  en  raison  de  l’état  d’imperfection  des 
fructifications.  Pour  détruire  ce  parasite  vous 
devrez  faire  des  pulvérisations  à la  bouillie  bor- 
delaise ou  à la  bouillie  bourguignonne.  — Les 
pulvérisations  devront  avoir  lieu  sur  les  plantes 
sainescommesurlesplantes  malades.  — (L.-M.) 

N"  3Ï11  {Maine-et-Loire).  — La  Rose  dont 
vous  nous  avez  adressé  un  échantillon  est 
Vldéale,  très-jolie  variété  sarmenteuse  de  la 


268 


CORRESPONDANCE. 


série  des  coloris  jaunes  nuancés.  Le  caractère 
que  vous  nous  signalez,  de  fleurir  en  abon- 
dance et  par  « paquets  » est  précisément  celui 
qui  lui  est  propre,  surtout  lorsqu’elle  est, 
comme  la  vôtre,  exposée  au  midi.  — ( H.  D.) 

No  5,515  (Roumanie).  — Pour  détruire 
les  courtilières,  commencez  par  entourer  vos 
carrés  ou  vos  plates-bandes  avec  des  planches 
posées  sur  champ  et  enfoncées  de  7 à 8 cen- 
timètres dans  la  terre.  Ne  joignez  pas  les  bouts 
des  planches,  mais  intercalez,  entre  ces  bouts, 
des  pots  à fleurs  vides,  d’au  moins  14  centi- 
mètres de  diamètre.  Enterrez  ces  pots  à 7 ou 
8 centimètres  plus  bas  que  le  niveau  du  sol. 
La  nuit,  les  courtilières  en  forant  leurs  gale- 
ries, viendront  se  heurter  contre  les  planches  ; 
elles  les  suivront  et  viendront  tomber  au  fond 
des  pots  d’où  elles  ne  pourront  pas  remonter. 

Puis,  si  les  ravages  continuent,  il  faudra 
après  chaque  récolte  ou  après  chaque  arra- 
chage de  fleurs,  ratisser  le  terrain,  enlever 
tout  le  dessus  à la  pelle,  et  bien  lisser  la  sur- 
face du  sol  ainsi  baissée  de  quelques  centi- 
mètres, avec  le  dos  du  riUeau.  Les  courtilières 
alors  s’enfonceront  dans  leurs  galeries  en  les 
creusant  davantage  ; elles  trahiront  ainsi  leur 
présence  par  de  petites  buttes  de  terre,  que 
vous  pourrez  compter  à une  près.  Alors,  il 
faudra  dégager  l’entrée  de  toutes  les  galeries 
avec  le  doigt,  et  verser  dans  ces  galeries,  avec 
un  arrosoir  à long  goulot,  de  l’huile  lourde  ou 
de  l’huile  de  gaz,  que  l’on  peut  trouver  à bon 
marché.  Les  courtilières  remonteront  instan- 
tanément à l’air  en  mourant.  S’il  en  est  qui 
courent  encore  un  peu,  il  sera  facile  de  les 
écraser. 

Enfin,  en  septembre-octobre,  époque  à la- 
quelle la  ponte  a eu  lieu,  les  galeries  peuvent 
contenir  non  seulement  des  insectes  parfaits  et 
des  larves,  mais  aussi  d’incroyables  quantités 
d’œufs,  surtout  dans  les  terreaux  de  couches. 
Il  faut  alors  renouveler  en  grand  l’opération 
précitée.  Lorsqu’on  relève  les  terreaux  pour 
les  mettre  en  tas,  il  faut  préalablement,  à la 
mise  en  tas,  les  étaler  au  grand  air  et  les 
exposer  ainsi  étalés  aux  effets  de  la  gelée.  Ni 
insectes,  ni  larves,  ni  œufs  ne  survivent  aux 
grands  froids.  — (H.  D.). 

No  5451  {Italie).  — Les  étiquettes  chro- 
molithographiées  qui  sont  collées  sur  les  pa- 
quets de  semences  sont  aujourd’hui,  en  effet, 
beaucoup  plus  répandues  qu’elles  ne  l’étaient 
il  y a quelques  années.  La  maison  Vilmorin- 
Andrieux  et  Gi^  a fabriqué  elle-même  les 
siennes.  Les  autres  maisons,  nombreuses  au- 
jourd’hui, qui  se  servent  d’étiquettes  similaires, 
s’adressent,  pour  se  les  procurer,  à des  fabri- 
cants spéciaux  dont  voici  les  noms  et  les 
adresses,  tout  au  moins  pour  Paris  : Marin, 


rue  Sylvanie,  à Saint-Maur-des-Fossés,  et  De- 
vrès,  12,  rue  Lagrange,  à Paris.  Nous  ne  con- 
naissons pas  les  fabricants  de  la  région  lyon- 
naise ni  ceux  de  la  Belgique.  A Paris,  les 
principales  maisons  de  commerce  de  graines 
qui,  à l’exemple  de  la  maison  Vilmorin,  em- 
ploient les  sachets  coloriés  sont  : MM.  Cayeux  et 
Leclerc  (successeurs  de  Forgeot  et  G'c),  Thié- 
bautaîné,  Thiébaut-Legendre,  Chouvet,  Glausse 
(successeur  de  Lecaron  et  de  Paul  Tollard), 
Delahaye,  Dingeon,  Roquet  (successeur  de 
Delaville),  Dupanloup  et  G*®,  Larocque,  etc. 

No  3087  {Alpes-Maritimes).  — Vous  ne 
pouvez  guère  mieux  trouver,  pour  garnir  vos 
murs,  que  le  Bignonia  Unguis,  qui  s’accroche 
de  lui-même  avec  les  vrilles  de  ses  feuilles. 
Vos  talus  seront  garnis  avec  les  deux  grandes 
Ficoïdes  {Mesembrianthemum  edule  et  M. 
acinaciforme) . Ge  sont  deux  plantes  très  ré- 
pandues dans  le  Midi,  dont  une  à fleur  blanc- 
jaunâtre  ou  rosé,  et  l’autre  à corolles  d’un  vio- 
let pourpre  admirable  ; elles  ne  s’épanouissent 
qu’au  soleil,  et  ont  une  végétation  luxuriante 
que  n’arrête  aucune  sécheresse. 

iV"  3108,  L.  M.  {Ardennes).  — Votre  plante 
est  le  Vanda  teres  et  non  une  autre  espèce. 
Seulement  il  se  présente  des  variétés  plus  ou 
moins  belles  et  la  vôtre  peut  être  classée  dans 
les  meilleures  par  la  grandeur  des  fleurs  et  la 
coloration  du  labelle.  G’est  la  variété  nommée 
aurorea,  caractérisée  par  des  sépales  blancs, 
des  pétales  blancs  teintés  de  rose,  la  gorge 
couleur  ocre  avec  lobes  rosés  ayant  deux  rangs 
de  marques  pourprées  et  la  colonne  rosée. 

M.  L.  B.  (Corrèze).  — Nous  avons  reçu  le 
Gitron  contenant  des  graines  germées  que  vous 
nous  avez  adressé.  Ge  cas  se  présente  de  temps 
en  temps  sur  des  fruits  pendants  sur  l’arbre, 
lorsque  les  graines  sont  très-mûres  et  que  la 
température  extérieure  est  élevée.  Mais  le  fait 
que  vous  signalez  est  curieux  pour  une  région 
froide  comme  la  vôtre.  Sous  les  tropiques, 
nombre  d’espèces  présentent  cette  particula- 
rité. L’un  des  plus  singuliers  végétaux,  sous  ce 
rapport,  est  le  Manglier  ou  Palétuvier  {Rhizo- 
phore  Mangle)  dont  les  fruits  germent  régu- 
lièrement sur  l’arbre,  laissant  pendre  de  lon- 
gues radicules  du  plus  bizarre  effet. 

ili'iie  M.  G.  (Puy-de-Dôme).  — Le  Rhus 
integrifolia  est  un  arbuste  originaire  de  Gali- 
fornie,  où  il  a été  découvert  à San-Diego  par 
Bolander.  Il  en  existe  une  variété  qui  diffère 
du  type  à feuilles  entières  par  des  feuilles  den- 
tées en  scie.  La  plante  est  décrite  par  Engler 
{in  DC.  Mon-  phaner.  IV,  387).  Elle  est  rare 
dans  les  collections  européennes  à l’état  vivant. 
Rustique  sur  la  côte  méditerranéenne,  elle  de- 
mande la  serre  froide  sous  votre  climat. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  t L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


269 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Mérite  agricole.  — Exposition  de  la  Société  nationale  d’horticulture  de  France.  — Sur  la  pollinisation 
des  Cannas  italiens.  — Affection  morbide  des  Lilas.  — Notice  à l’usage  des  émigrants  en  Tunisie.  — 
Cyclamen  Papilio.  — Araucaria  imbricata.  — Ouvrages  reçus  : Les  maladies  des  plantes  causées 
par  les  parasites  végétaux,  par  M.  Prillieux  ; Album  fur  Teppichgàrtnerei,  par  M.  Gôtze.  — 
Expositions  annoncées.  — Nécrologie:  MM.  Doumet-Adanson  et  Aristakes  Azarian  Effendi.  — 
Erratum. 


Mérite  agricole.  — A l’occasion  de 
l’exposition  annuelle  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France  et  de  la  visite  du 
Président  de  la  République  à cette  exposi- 
tion, la  décoration  du  Mérite  agricole  a été 
conférée,  par  décret  rendu  sur  la  proposi- 
tion du  président  du  Conseil,  ministre  de 
l’agriculture,  et  par  arrêté  en  date  du  2 juin 
courant,  aux  personnes  ci-après  désignées  : 

Grade  d'officier. 

M.  Lévéque,  horticulteur  à Ivry-sur-Seine,  con- 
seiller général  de  la  Seine  ; lauréat  de  nom- 
breux concours  et  expositions.  Officier  de  la 
Légion  d’honneur. 


Grade  de  chevalier, 

MM. 

Lambert  (Eugène),  jardinier-chef  à l’hospice 
de  Bicêtre  (Seine)  : bonne  tenue  d’une  im- 
portante exploitation  potagère.  Plusieurs 
récompenses  dans  les  expositions  d’horticul- 
ture ; 20  ans  de  pratique  horticole. 

Guion  (Pierre-Auguste),  constructeur  d’appa- 
reils de  chauffage  de  serres,  à Paris  : inven- 
tion de  divers  appareils  de  chauffage. 
Membre  du  jury  et  lauréat  de  nombreuses 
expositions;  25  ans  de  pratique. 

Exposition  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France.  — C’est  aux 
Tuileries,  comme  l’année  dernière,  que  s’est 
tenue  l’Exposition  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France,  du  2 au  7 juin  ; 
et  le  succès  de  cette  fête  horticole,  si  appré- 
ciée du  public  parisien,  a été  complet. 

C’est  tout  ce  que  nous  avons  à constater 
ici,  lais.sant  à nos  collaborateurs,  MM.  Dau- 
thenay  et  Ringelmann,  le  soin  de  rendre 
compte  de  ses  diverses  parties. 

Voici  la  liste  des  hautes  récompenses  at- 
tribuées par  le  jury  spécial  : 

Grand  prix  d’honneur. 

Objet  d'art  offert  par  M.  le  Président  de  la 
République  : MM.  Croux  et  fds,  pour  Arbustes 
à feuillage  persistant. 

Prix  d’honneur. 

Objet  d'art  offert  par  le  Ministre  de  Vlns- 
16  Juin  1897 


truction  publique  et  des  Beaux-Arts  : M.  Fat- 
zer,  pour  Fruits  forcés. 

Médaille  d" or  du  Ministre  de  V Agriculture  ; 
MM.  Lévéque  et  fils,  pour  Rosiers. 

Médaille  d’or  du  Ministre  de  V Agriculture  : 
M.  Bert  (Elienne),  pour  Orchidées. 

Prix  du  département  de  la  Seine  : MM.  Yil- 
morin-Andrieux  et  C'*-',  pour  Légumes. 

Prix  de  la  ville  de  Paris  : Société  de  se- 
cours mutuels  des  Jardiniers  de  la  Seine,  pour 
Légumes. 

Médailles  d’honneur. 

Prix  des  Dames  patronnesses  : M.  G.  De- 
brie  (maison  Lachaurne),  pour  Bouquets  et 
Garnitures. 

Prix  de  MM.  de  Vilmorin  : M.  Jjebaudy 
(Robert),  pour  Plantes  de  serre  (amateur). 

Prix  de  M.  Lecoq-Dumesnil  : MM.  Vilmo- 
rin-Andrieux  et  Gie^  pour  dispositions  de  mas- 
sifs de  Plantes  annuelles. 

Prix  du  maréchal  Vaillant  : MM.  Bergerol, 
SchA'arfz  et  Meurer,  pour  Serres  et  Grilles. 

Prix  du  docteur  Andry  : M.  Simon  (Charles), 
pour  Phyllocactus. 

Prix  Joubert  de  l'Hiberderie  : MM.  Billard 
et  Barré,  pour  Cannas. 

L’objet  d’art  offert  par  le  Comité  de  l’art  des 
Jardins  a été  attribué  à M.  Philippon  (Louis), 
pour  Constructions  rustiques. 

Le  Jury  adresse  ses  plus  vives  télicitations  à 
M.  Opoix, jardinier  en  chef  du  Luxembourg, 
pour  son  magnifique  lot  de  Plantes  de  serre 
variées. 

Nos  lecteurs  trouveront  plus  loin  la  liste 
des  récompenses  décernées  à V Horticulture, 
et  dans  le  prochain  numéro  celle  des  récom- 
penses décernées  aux  Arts  et  Industries 
horticoles. 

Sur  la  pollinisation  des  Cannas 
((  italiens  »,  — En  publiant  [Rev.  hort., 
1895,  p.  516)  nos  premières  notes  sur  les 
Canna  Italia  et  Austria,  dits  Cannas 
« italiens  »,  qui  ont  tant  fait  parler  d’eux 
et  qui  ont  résisté  victorieusement  à toutes 
les  critiques,  nous  avions  insisté  surl’oppor- 
tunité  de  croiser  ces  variétés  entre  elles 
et  avec  celles  dites  « race  Crozy  »,  pour 
en  obtenir  des  fleurs  plus  consistantes. 


12 


270 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


M.  Ferdinand  Cayeux  nous  écrit  la  lettre 
suivante,  qui  prouve  qu’il  partage  notre 
manière  de  voir  et  qui  ajoute  une  observa- 
tion personnelle  très- intéressante  : 

Monsieur  le  Rédacteur  en  chef, 

Comme  tous  ceux  qui  suivent  astentivement 
les  progrès  incessants  des  obtenteurs  dans  l’un 
des  plus  beaux  genres  si  travaillés,  pendant 
ces  dernières  années,  j’ai  lu  avec  beaucoup 
d’intérêt  la  note  que  vous  avez  consacrée,  dans 
le  dernier  numéro  de  la  Revue  horticole,  au 
Canna  américain  nouveau  Burhank. 

Il  est  un  fait  évident,  c’est  que  les  variétés 
de  Cannas  mises  au  commerce  et  annoncées 
comme  provenant  de  croisements  des  Cannas 
florifères  « race  Crozy  » et  du  Canna  flac- 
cida  ont  donné  des  plantes  remarquables  tant 
par  leur  vigoureuse  et  belle  végétation  que 
par  la  grandeur  de  leurs  fleurs. 

Au  point  de  vue  de  leur  valeur  ornementale, 
comme  plantes  à grouper  ou  à isoler  en  plein 
air,  on  leur  reproche  avec  raison,  à mon  avis, 
de  n’épanouir  que  quelques  fleurs  à la  fois, 
lesquelles  durent  très-peu,  probablement  par 
suite  de  leur  contexture  fragile. 

Ces  critiques  sont  justes,  si  l’on  considère 
les  plantes  végétant  en  plein  air  sous  le  climat 
de  Paris,  sous  celui  de  l’Ouest,  du  Centre  ou 
même  du  Sud-Est  de  la  France,  mais  en  Pro- 
vence, par  exemple,  les  reproches  ci-dessus 
s’atténuent  déjà,  et  sous  une  latitude  rappelant 
leur  lieu  originaire,  il  est  incontestable  que  ce 
sont  de  jolies  plantes.  C’est  donc,  je  crois,  une 
question  de  milieu. 

Peut-être,  comme  vous  le  dites  fort  juste- 
ment, par  sélection  arriverait-on  à posséder, 
pour  cette  catégorie  de  Canna,  des  variétés  à 
fleurs  plus  résistantes  et  à floraison  plus  abon- 
dante. 

Quant  à essayer  d’obtenir  ces  résultats  par 
hybridation  (et  il  est  bien  entendu  que  j’ai  seu- 
lement ici  en  vue  les  deux  variétés  Itàlia  et 
Austria),  je  doute  qu’on  y parvienne  par  la 
raison  que  les  deux  plantes  sont  infertiles, 
leur  pollen  n’est  pas  déhiscent,  et  si  on  apporte 
sur  les  stigmates  du  pollen  d’une  autre  espèce 
ou  variété,  les  ovaires  grossissent  quelquefois, 
mais  jamais  on  n’obtient  de  graines  fertiles. 

Ces  observations,  que  j’ai  pu  faire  l’an  der- 
nier dans  nos  cultures,  m’ont  été  confirmées 
par  bon  nombre  de  collègues,  placés  sous  di- 
vers climats,  notamment  par  mon  frère, 
M.  Henri  Cayeux,  à Lisbonne,  et  la  présente 
n’a  d’autre  but  que  de  porter  ces  constatations 
à la  connaissance  des  nombreux  lecteurs  de  la 
Revue. 

J’apprendrais  avec  plaisir  que  l’un  d’eux  a 
été  plus  heureux  que  nous. 

Ferd.  Cayeux. 

Il  nous  reste  un  mot  à ajouter  à l’obser- 
vation de  M.  F.  Cayeux  sur  la  stérilité  du 
pollen  dans  les  anthères  de  ces  Cannas, 


c’est  qu’il  faudrait  savoir  maintenant  si  ce  ‘ 
phénomène  se  produit  dans  d’autres  ré-  ^ 
gions  et  surtout  à Naples,  où  ces  belles 
plantes  ont  pris  naissance  et  ont  fourni 
toute  une  série  de  même  allure.  Nous 
entretiendrons  nos  lecteurs  de  l’enquête 
que  nous  faisons  sur  ce  sujet. 

Affection  morbide  des  Lilas.  — A 

propos  de  la  nouvelle  maladie  des  Lilas, 
mentionnée  dans  la  chronique  de  la  Revue 
horticole  du  16  mars  dernier,  un  grand 
pépiniériste  de  la  région  parisienne  nous 
a appris  que  le  mal  a pour  cause  un  Cham- 
pignon, qui  forme  des  taches  souvent  cicu- 
laires  sur  les  branches,  au-dessus  du  ni- 
veau du  sol.  Celles  qui  sont  ainsi  atteintes 
ne  fleurissent  pas,  ce  qui  explique  pourquoi 
les  Lilas  malades  ont  certaines  branches 
qui  fleurissent  normalement,  alors  que  les 
boutons  des  autres  se  dessèchent  et  tom- 
bent au  lieu  de  se  gonfler  et  fleurir. 

Les  Lilas  greffés  et  élevés  en  pots  ne 
sont  pas  seuls  atteints,  car  on  a observé  la 
maladie  sur  les  Lilas  de  Marly  élevés  en 
pleine  terre  pour  le  forçage  et  c’est  surtout 
sur  les  pieds  qui  ont  été  enjaugés  et  qui 
sont  restés  en  plein  air  pendant  une  partie 
de  l’hiver  que  le  mal  est  le  plus  intense. 

Cela  se  comprend  facilement,  les  Champi- 
gnons parasites  se  développant  surtout 
sous  l’influence  de  l’humidité  et  d’une 
température  douce.  Les  Lilas  arrachés  et  . 
mis  au  sec  sous  des  hangars,  comme  le 
font  les  véritables  forceurs,  n’ont  presque 
pas  souffert,  tandis  que  les  Lilas  greffés 
nains  et  élevés  en  pots,  qu’on  laisse  habi- 
tuellement en  plein  air  jusqu’à  leur  rentrée 
en  serre,  ont,  au  contraire,  été  fortement 
atteints. 

Le  remède  s’indique  donc  de  lui-même  ; 
il  faut  rentrer  de  bonne  heure  sous  abri 
tous  les  Lilas  destinés  au  forçage  et  ne  pas 
craindre  de  les  tenir  secs,  car  on  voit  que 
cette  dessication  partielle,  que  les  forceurs  ■; 
poussent  jusqu’à  un  degré  invraisemblable, 
rend  la  floraison  plus  hâtive,  plus  certaine 
et  plus  belle. 

Quant  à la  connaissance  scientifique  du 
parasite,  on  ne  sait  encore  rien  ; c’est  donc 
un  nouveau  champ  d’études  ouvert  à la 
sagacité  des  cryptogamistes. 

A 

Notice  à l’usage  des  émigrants  en  ^ 
Tunisie.  — Le  directeur  de  l'agriculture 
et  du  commerce  en  Tunisie,  M.  Dybowski, 
vient  de  publier  une  notice  destinée  à ren-  7 
seigner,  aussi  exactement  que  possible,  les  ^ 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


271 


cultivateurs  français  désireux  d’émigrer  en 
Tunisie.  La  brochure  est  envoyée  gratuite- 
ment à tous  ceux  qui  la  demandent  à la 
' Direction  de  l’agriculture  et  du  commerce, 
22,  rue  d’Angleterre,  à Tunis,  ou  à l’Union 
coloniale,  56,  rue  de  Provence,  Paris.  C’est 
une  notice  très-intéressante  et  qu’on  con- 
' sultera  avec  profit,  tous  les  renseignements 
; désirables  s’y  trouvent.  Ajoutons  qu’il  est 
regrettable  que,  depuis  longtemps,  on  n’ait 
pas  fait,  pour  l’Algérie,  ce  qu’on  a fait  pour 
la  Tunisie  presque  au  début  du  protectorat. 
M.  Dybowski  a été  bien  inspiré  en  publiant 
ces  renseignements  et  en  les  mettant  à la 
disposition  de  tous. 

Cyclamen  « Papilio  ».  — Cette  nou- 
velle forme  de  Cyclamen  a été  obtenue  par 
M.  de  Langhe-Vervaene.  Elle  est  issue  du 
Cyclamen  persicum  var.  giganteum,  par 
suite  d’un  « sport  » ou  accident  tératolo- 
gique fixé.  L’obtenteur  est  parvenu  à ce 
--  résultat  après  une  sélection  suivie  depuis 
douze  ans.  Les  divisions  pétaloïdes  de  la 
fleur  sont  élargies  et  étalées  en  éventail. 
Elles  sont  légèrement  contournées  à leur 
partie  supérieure,  dont  les  bords  sont 

(franchement  frangés,  à l’instar  de  la  Pri- 
mevère de  Chine  à fleur  frangée.  Si, 
/ lorsque  les  graines  de  cette  nouvelle  forme 
I seront  répandues  dans  le  commerce,  elles 
I reproduisent  en  proportions  convenables 
j les  caractères  indiqués  ; si,  d’autre  part,  on 
a la  chance  qu’il  en  soit  ainsi  pour  cet 
i autre  accident  fixé,  le  Cyclamen  à fleurs 
! ^ ((  cristées  »,  l’horticulture  sera  dotée  dé- 
I ’ fînitivement  de  deux  races  de  Cyclamens 
I / qui  ne  manqueront  pas  d’attrait. 

Araucaria  imbricata.  — Le  Gardeners’ 
: Chronicle  a récemment  publié  une  belle 

^ figure  représentant  un  grand  exemplaire  de 
cette  remarquable  Conifère,  malheureuse- 
{V  ment  arraché  par  un  ouragan  le  3 mars 
dernier  en  Angleterre.  L’arbre  avait  été 
5 planté  en  d 832,  il  mesurait  20  mètres  de 
l ’ ^ hauteur  et  son  tronc  avait  1 mètre  de  dia- 
. "t;  mètre  à la  base. 

Les  Araucaria  imbricata  de  proportions 
comparables  à celles  indiquées  ci-dessus  ne 
sont  pas  très-rares  en  Angleterre  ; on  en 
connaît  même  de  taille  respectable  sur  le 
littoral  nord  de  l’Océan,  notamment  en  Bre- 
tagne. Mais,  au  delà  de  ces  régions,  où  l’air 
est  constamment  et  fortement  chargé  d’hu- 
midité, on  n’en  voit  plus,  à moins  qu’ils  ne 
soient  tout  récemment  importés  et  alors  de 
% proportions  m.oindres  et  ne  donnant  pas 


du  tout  l’idée  du  caractère  imposant  que  cet 
arbre  revêt  avec  l’âge.  L’air  de  notre  climat, 
surtout  pendant  l’été,  est  absolument  trop 
sec  pour  lui  ; c’est  là  la  cause  de  l’insuccès 
de  sa  culture  dans  la  plus  grande  partie  de 
la  France,  et  même  plus  au  nord  que  la  ré- 
gion parisienne. 

La  preuve  en  est  faite  depuis  longtemps, 
car  des  amateurs  désireux  de  posséder  cet 
arbre  magnifique  dans  leurs  parcs  ont  par- 
fois fait  des  sacrifices  considérables  pour  en 
importer  de  beaux  exemplaires,  mais  ils 
ont  tous  péri  plus  ou  moins  rapidement. 

C’est  que  de  toutes  intempéries  contre 
lesquelles  le  jardinier  doit  lutter,  l’humi- 
dité atmosphérique  est  celle  vis  à- vis  de 
laquelle  il  est  complètement  désarmé,  quand 
il  s’agit  du  plein  air. 

Nous  n’avons  donc  qu’à  faire  notre  deuil 
de  y Araucaria  imbricata  ; bien  d’autres 
plantes  sont,  du  reste,  incultivables  chez 
nous,  soit  par  suite  du  manque  d’humidité 
dans  l’air  pendant  l’été,  ou  de  son  excès 
pendant  l’hiver. 

OUVRAGES  REÇUS 

Maladies  des  plantes  agricoles  et  des 
arbres  fruitiers  et  forestiers  causées  par  des 
parasites  végétaux,  par  Ed.  Prillieux,  profes- 
seur à ITnstitut  agronomique.  — 2 vol.  in-8 
brochés.  Prix  12  fr.  à la  librairie  Firmin- 
Didot. 

L’étude  des  maladies  cryptogamiques  des 
plantes  cultivées  a pris  une  grande  extension 
depuis  une  vingtaine  d’années.  En  nous  faisant 
connaître  exactement  le  mode  de  vie  et  les 
conditions  de  développement  de  chaque  para- 
site, elle  est  la  base  de  toutes  les  recherches 
relatives  aux  procédés  de  préservation  et  aux 
modes  de  traitement.  L’ouvrage  de  M.  Pril- 
lieux permettra  à ceux  qu’intéressent  ces  re- 
cherches d’aborder  avec  fruit  l’étude  des 
parasites  cryptogames,  causes  de  si  nombreuses 
maladies  chez  nos  plantes  cultivées. 

On  se  figure  volontiers  ces  études  comme 
exigeant  des  aptitudes  tout  à fait  particulières. 
Il  n’en  est  rien.  11  suffit  d’être  observateur,  de 
savoir  manier  un  microscope  et  de  posséder 
des  notions  exactes  sur  l’organisation  des 
plantes  pour  s’initier,  à Taide  d’un  guide  tel 
que  fouvrage  dont  nous  parlons,  aux  phéno- 
mènes souvent  compliqués  de  la  vie  des  Cham- 
pignons parasites. 

M.  Prillieux  donne  au  débutant  d’excellents 
conseils  pour  la  préparation  et  l’examen  des 
coupes.  La  partie  descriptive  de  l’ouvrage, 
consacrée  presque  entièrement  aux  Champi- 
gnons parasites,  est  illustrée  de  figures  nom-* 
breuses,  claires  et  instructives.  L’auteur  a 
fait  d’ailleurs  la  part  qui  convenait  aux  mala- 
dies bactériennes  et  à celles  causées  par  le» 


272 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


parasites  phanérogames.  Dans  la  plupart  des 
cas,  il  indique  les  moyens  de  combattre  le 
mal. 

Album  für  Teppichgàrtnerei  und  Grup- 
penpflanzung.  — M.  Karl  Gotze  vient  de  pu- 
blier, chez  M.  Ludwig  Muller,  à Erfurt,  un 
recueil  petit  in-folio  contenant  une  série  de 
nombreux  dessins  relatifs  à ce  que  l’on  appelle 
en  France  la  « Mosaïculture  » et  qu’en  Alle- 
magne on  a beaucoup  développé  récemment 
sous  le  nom  de  Jardinage  Tapis  [Teppichgart- 
nerei).  On  y trouve  300  plans  et  366  gravures 
clairement  dessinés,  numérotés,  avec  les  listes 
de  plantes  correspondantes.  Pour  faciliter  son 
emploi  dans  divers  pays,  un  vocabulaire  donne 
les  noms  jardiniques  usités  en  Allemagne, 
France,  Angleterre,  Italie  et  Hollande. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Avranches,  du  9 au  il  juillet.  — La  So- 
ciété d’horticulture  d’Avranches  organise  une 
exposition  qui  aura  lieu  à Avranches,  dans 
le  jardin  de  la  Société,  du  9 au  11  juillet  pro- 
chain. 

Le  programme  comprend  31  concours  : lé- 
gumes, fruits,  floriculture  de  pleine  terre  et 
deserres,  industries  horticoles. 

Adresser  les  demandes  concernant  l’exposi- 
tion à M.  le  président  de  la  Société  d’horticul- 
ture à Avranches. 

Meaux,  du  26  au  21  septembre.  — La  So- 
ciété d’horticulture  de  l’arrondissement  de 
Meaux  organise  une  exposition  horticole  qui 
aura  lieu  à Meaux,  place  Lafayette,  du  25  au 
27  septembre. 

H n’est  pas  établi  de  programme  de  concours. 
Les  apports  sont  classés  dans  douze  sections  et 
chaque  apport  concourra  pour  sa  valeur  artis- 
tique. 

Adresser  les  demandes  pour  exposer,  au 
plus  tard  le  17  septembre,  au  président  de  la 
Société  d’horticulture  à Meaux. 

Vincennes,  du  22  au  30  août.  — La  Société 
d'horticulture  de  Vincennes  organise  une 
grande  exposition  générale  des  produits  de 
l’horticulture  qui  se  tiendra  à Vincennes  du  22 
au  30  août. 

Le  programme  comprend  huit  sections  sans 
indication  de  concours. 

Les  demandes  d’admission  devront  être  adres- 
sées avant  le  16  août  à M.  Ghapuis,  101,  rue  de 
Fontenay,  à Vincennes  (Seine). 

Nécrologie  : M.  Doumet-Adanson.  — 
Un  des  amateurs  les  plus  distingués  de 
l’horticulture  française,  M.  Doumet-Adan- 
son, président  de  la  Société  d’horticulture 

* La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Jacob, 
Paris. 


de  l’Ailier,  vient  de  mourir  presque  subite- 
ment, à l’àge  de  61  ans,  au  retour  d’un 
voyage  qu’il  avait  fait  en  Corse  en  compa- 
gnie de  MM.  Maurice  et  Philippe  de  Vilmo- 
rin. Propriétaire  du  beau  parc  de  Haleine, 
dans  l’Ailier,  héritier  de  ce  beau  nom 
d’Adanson  qui  a marqué  dans  la  botanique 
et  l’agriculture  de  notre  pays,  cet  homme 
de  bien,  ce  savant  distingué  avait  rendu  de 
signalés  services  à la  science  des  plantes  et 
à la  sylviculture.  Sa  mort  est  une  perte 
très-sérieuse,  et  sa  mémoire  mérite  que 
nous  revenions,  plus  tard,  sur  la  descrip- 
tion de  ses  principaux  travaux.  Notre  der- 
nier numéro  contenait  la  mention  d’une 
récente  communication  de  lui  à la  Société 
nationale  d’agriculture,  sur  l’utilisalion  des 
jeunes  fruits  du  Citrus  triplera. 

Aristakes  Azarian  Ejfendi.  — C’est  un 
amateur  enthousiaste  de  l’horticulture  qui 
est  mort  le  18  mai,  en  Turquie,  à un  âge 
avancé.  Ses  collections  de  Buyukdéré,  sur 
le  Bosphore,  étaient  dirigées  avec  une 
grande  compétence  par  le  jardinier-chef, 
notre  correspondant  M.  Dekkers,  et  étaient 
très-riches  en  Palmiers,  Orchidées,  etc. 
Mais  c’est  surtout  dans  la  culture  et  la  fruc- 
tification des  végétaux  fruitiers  des  tro- 
piques qu’il  avait  obtenu  les  plus  beaux 
résultats.  Nous  pouvons  citer  notamment, 
comme  ayant  fructifié  chez  lui,  les  Anona 
squamosa  et  A.  Chcrimolia,  A.  Che- 
rimolia  Joxensis,  A.  muricata,  Averrhoa 
Carambola  et  A.  Bilimbii,  Carissa  gran- 
dijlora,  Carica  Papaya  et  C.  cundina- 
marcensis^-  Cookea  punctata,  Chryso- 
phyllum  lanceæfolium,  Jambosa  vulga- 
ris,  J.  aquea  et  J.  malaccensis,  Pliyllo- 
calyx  eduliSf  différentes  sortes  de  Psidium^ 
Peroea  gratissima,  Nephelium  longanum, 
différentes  sortes  de  Musa  et  de  Citrus  de- 
cumana,  les  Stauntonia  latifolia  et  hexa- 
phylla,  Spondias  tuberosa,  Vanilla  pla- 
nifolia,  Eriobotrya  japonica,  Kakis  du 
Japon,  etc.,  etc. 

Espérons  que  cet  exemple  sera  suivi  par 
ses  successeurs. 

Erratum.  — Une  faute  d’impression  a 
été  commise  dans  l’article  de  notre  collabo- 
rateur, M.  Marc  Micheli,  sur  l’Exposition 
horticole  de  Florence,  page  242,  au  bas  de 
la  colonne  de  droite.  Au  lieu  de  : « MM.  Ba- 
viot,  à Lausanne  »,  il  faut  lire  : « MM.  Bar- 
riot,  père  et  fils,  architectes-paysagistes  à 
Lyon  et  à Lausanne  ». 

Ed.  André. 


PANICUM  TONSUM. 


273 


PANICUM  TONSUM 


J’ai  reçu  cette  jolie  Graminée  (fig.  98)  de 
MM.  Dammaim  et  G'®,  horticulteurs  à San 
Giovanni  a Teduccio,  près  Naples.  Bien 
qu’elle  soit  vivace,  elle  a été  cultivée  comme 
annuelle  et  s’est  montrée  fort  élégante 
lorsque  se  sont  développées  ses  panicules  de 
fleurs  à glu- 
mes  rouge  fon- 
cé violacé,  fine- 
ment soyeuses. 

La  plante, 
originaire  de 
l’Afrique  aus- 
trale, a été  dé- 
crite parNees  ^ 
comme  un  Tri- 
cholæna,  mais 
elle  n’est  qu’u- 
ne des  très- 
nombreuses 
espèces  du 
genre  Pani- 
ciim,  un  des 
plus  fournis  de 
tout  le  règne 
végétal. 

Description  : 

Plante  vivace  à 
racines  fibreu- 
ses d’où  s’élan- 
cent des  chau- 
mes velus,  grê- 
les, hauts  de 
60  centimètres 
à i mètre,  ra- 
meux  à la  base 
et  infraclés  vers 
les  premières 
articulations  tu- 
méfiées, d’où 
partent  des  gai- 
nes hérissées  ou 
barbues.  Feuil- 
les longues,  linéaires,  acuminées,  raides,  sca- 
bres,  glaucescentes.  Inflorescence  en  panicule 
lâche,  composée  de  fleurs  éparses  sur  des 
ramilles  flexueuses  et  pubescentes  ; épillets 
laineux  longs  de  quelques  millimètres  seule- 
ment; glume  inférieure  très-petite,  la  supérieure 
et  la  valvule  inférieure  du  glomérule  mâle 
portant  des  soies  au-dessous  du  sommet  bifide, 
les  parcelles  laineuses  du  milieu  plus  longues, 
j mais  dépassant  à peine  le  sommet  de  la  soie  ; 


1 Nees,  Fl.  afr.  anstr.,  T,  16.  — Steudel, 
plant.  Gramin.,  92. 


S\jn 


fleurs  hermaphrodites  d’un  tiers  plus  courtes 
que  les  mâles,  lisses  et  glabres. 

J’ai  essayé  cette  plante  de  diverses  ma- 
nières pour  l’ornementation  du  jardin.  En- 
tourant une  corbeille  de  Cannas,  son  feuil- 
lage était  trop  grêle,  et  ses  tiges  devenaient 

trop  longues  et 
décombantes 
sous  l’influen- 
ce des  arrosa- 
ges abondants. 
Avec  des  Pen- 
niselum  lon- 
gistylum  le 
contraste  des 
panicules  vio- 
lacées et  des 
épis  blancs 
soyeux  était 
frappant,  mais 
les  tiges  se  te- 
naient mal  et 
se  confon- 
daient dans  un 
désordre  inélé- 
gant. Au  total, 
ce  qui  m’a  sem- 
blé son  meil- 
leur emploi  a 
été  de  mêler 
ses  chaumes 
glaucescents  et 
ses  inflores- 
cences légères, 
plumeuses  et 
foncées  parmi 
des  plantes  à 
fleurs,  comme 
des  Glaïeuls, 
des  Crocos- 
mia,  des  Gaii- 
ra,  des  Cassia 

floribiinda,  etc.,  en  ayant  soin  de  planter  le 
Panicum  tonsiim  un  peu  loin  de  la  bordure, 
pour  que  ses  tiges  scient  soutenues  par  les 
plantes  voisines.  En  modérant  beaucoup  les 
arrosements,  la  plante  poussera  moins,  aura 
un  meilleur  port  et  un  aspect  plus  régulier. 
Je  conseille  delà  planter  dans  les  sols  un  peu 
maigres  et  sablonneux,  et  même  dans  les 
rocailles  peu  ou  pas  arrosées.  Ses  inflores- 
cences délicates  font  ainsi  très-bon  effet  dans 
les  bouquets  et  gerbes  décoratives  des  appar- 
tements. Ed.  André. 


98.  — Panicum  tonsum. 
Panicule  de  fleurs. 


274 


lOCHROMA  TUBULOSUM. 


lOCHROMA  TUBULOSUM 


Le  nombre  des  plantes  introduites  dans 
nos  serres  est  si  grand  que  beaucoup  d’en- 
tre elles  ne  survivent  pas  au  bien  qu’en 
disent  les  auteurs  qui  les  mentionnent  les 
premiers.  Elles  disparaissent  plus  ou  moins 
rapidement  de  la  scène  horticole,  ne  lais- 
sant derrière  elles  que  des  souvenirs  ense- 
velis dans  les  recueils  et  parfois  quelques 
rares  exemplaires  qui  s’en  vont  dormir  dans 
les  jardins  botaniques  ou  échouent  chez  des 
amateurs  qui  les  conservent  grâce  à leur 
peu  d’exigences,  le  plus  souvent  même 
sans  connaître  leur  nom. 

Ce  cas  est  exactement  celui  d’une  plante 
qui  nous  a été  récemment  communiquée 
pour  la  déterminer  et  à laquelle  nous  con- 
sacrons cette  note,  pour  la  faire  revivre  dans 
l’esprit  des  amateurs  et  lui  donner  un 
regain  de  popularité,  ce  dont  elle  est  bien 
digne. 

'Ulochroma  tuhulosum  est  un  arbuste 
introduit  de  la  Colombie  (Nouvelle-Grenade) 
en  1843,  que  Lindley  décrivit  et  figura  le 
premier,  en  1845,  dans  \e  Botanical  Régis- 
tei\  sous  le  nom  Hahroliamnus  cyaneus. 
Mais  Bentham  en  changea  bientôt  le  nom 
générique  et  créa  pour  lui  le  genre  lo- 
chroma. 

Depuis,  une  quinzaine  d’autres  espèces 
ont  été  ajoutées  à ce  genre  et  notamment 
les  /.  fiichsioidcs,  Miers,  à fleurs  écarlate 
orangé  (introduit  des  Andes  en  1873)  ; 
I.  grandiflora,BeïïÜi.y  à fleurs  d’un  beau 
rouge  pourpre  (introduit  du  Pérou  avant 
1868)  et  I.  lanceolata,  Miers.,  à fleurs  d’un 
beau  bleu  purpurin  (introduit  du  Chili 
en  1847).  Ces  espèces,  décrites  et  figurées 
lors  de  leur  introduction,  sont,  comme  la 
précédente,  sinon  disparues,  du  moins  rares 
dans  les  cultures  et  n’y  figurent  plus  guère 
que  comme  plantes  de  collections. 

U lochroma  tuhulosum  ^ est  un  arbuste 
atteignant  2 à 3 mètres  dans  son  pays  natal,  à ra- 
meaux garnis  au  sommet  de  feuilles  caduques, 
alternes,  pétiolées,  ovales-oblongues,  finement 


1 lochroma  tiibidos2Wi,  Benth. , Flore  des  serres, 
vol.  1,  p.  r>6,  tab.  2"2;  Habrohamnus  cyaneus, 
Liiidl.  ; Bot.  licy.,  18t5,  tab.  20. 


pubescentes,  vert  gai,  de  10  à 12  centimètres  de 
long  et  environ  G de  large.  De  juillet  en  sep- 
tembre, se  montrent  au  sommet  des  rameaux 
des  inflorescences  en  cyme  composées  d’une 
douzaine  de  fleurs  à pédicelles  de  4 à 5 centi- 
mètres de  long,  avec  un  calice  court,  renflé 
en  grelot  et  à cinq  dents  ; la  corolle,  d’un 
beau  bleu  violet  foncé  et  luisant,  a un  tube  de 
cinq  centimètres  environ  de  long,  un  peu  bossu 
au  milieu,  resserré  à la  gorge  et  se  terminant 
en  un  petit  limbe  de  3 centimètres  de  dia- 
mètre, à cinq  lobes  triangulaires  ; le  tube 
cache  cinq  étamines  à filets  insérés  vers  sa 
base  et  affleurant  la  gorge,  de  même  que  le 
style  qui  est  simple  et  à stigmate  capité.  Le  - 
fruit  devient  une  baie  à pulpe  mince,  incluse 
dans  le  calice  persistant. 


La  culture  de  ce  charmant  arbuste,  de 
même  que  celle  de  ses  congénères  introduits, 
est  des  plus  faciles.  L’hiver,  il  lui  faut  la 
serre  tempérée,  mais,  l’été,  il  prospère  en 
plein  air,  en  pots  ou  même  en  pleine  terre, 
ce  qui  permet  de  l’utiliser  pour  l’ornemen- 
tation des  jardins,  à la  manière  des  Fuchsia, 
dont  son  mode  de  traitement  se  rapproche 
du  reste.  Cultivé  en  pots,  il  lui  faut  un  mé- 
lange de  terre  franche,  de  terre  de  bruyère 
et  de  terreau  en  parties  à peu  près  égales,  . 
un  endroit  chaud  et  un  peu  ombragé,  ainsi 
que  de  copieux  arrosements  pendant  sa  pé- 
riode de  végétation.  Les  pieds  mis  en  pleine 
terre  à la  fin  de  mai  doivent  être  relevés  et 
empotés  à la  fin  de  septembre,  pour  les 
hiverner  avec  ceux  en  pots,  dans  une  serre  - 
pas  trop  froide  et,  pendant  cette  période 
de  repos,  les  arrosages  doivent  être  pres- 
que nuis.  Au  printemps,  en  mars  par 
exemple,  on  raccourcit  un  peu  les  pousses 
de  l’année  précédente,  on  empote  les  plan- 
tes  dans  de  la  terre  neuve  et  on  les  met  . 
en  végétation  en  serre  tempérée  ou  sur  : 
couche. 

Quant  à sa  multiplication,  on  l’effectue  ‘ 
facilement  au  printemps,  par  bouturage  -, 
des  jeunes  pousses  herbacées  qui  se  sont 
développées  en  serre,  et  que  l’on  fait  ainsi  ' 
sous  cloches  et  à chaud.  Ces  boutures  s’enra-  î 
cinent  facilement  et,  bien  traitées,  elles  four- 
nissent,  dans  l’année  même,  des  plantes  déjà  ^ 
très-décoratives.  •> 


S.  Mottet. 


l’exposition  de  la  société  nationale  d’horticulture  de  FRANCE. 


275 


L’EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE 

DE  FRANCE 


fi, 

t 


Les  Tuileries  ont  vu  cette  année,  comme 
les  années  précédentes  depuis  1894,  la 
grande  Floralie  printanière  se  tenir  dans 
l’espace  compris  entre  la  porte  de  la  rue 
de  Gastiglione  et  la  place  de  la  Concorde, 
embrassant  ainsi  toute  la  terrasse  des 
Feuillants  et  la  petite  Provence. 

La  Société  nationale  d’horticulture  de 
France  avait,  cette  fois,  fixé  l’époque  de 
cette  Exposition  du  2 au  7 juin,  la  retardant 
ainsi  de  dix  à douze  jours  sur  les  dates 
ordinairement  choisies.  Disons  tout  de 
suite  que  les  craintes  que  l’on  avait  pu 
concevoir  à cause  de  cette  décision,  à 
l’égard  de  la  floraison  des  Azalées,  des 
Rhododendrons  et  des  autres  genres  d’ordre 
plus  secondaire,  ne  se  sont  pas  réalisées. 
Est-ce  un  effet  de  l’abaissement  prolongé 
de  la  température  du  dernier  mois  de  mai, 
ou  bien  les  exposants  intéressés  ont-ils 
réussi,  par  les  précautions  prises,  à retarder 
à point  les  éclosions  précoces  ? Il  y a de 
l’un  et  de  Fautre.  Aussi  la  réunion  des 
végétaux  a-t-elle  été  semblable  à celles 
qu’on  avait  coutume  d’admirer. 


7-  Dirons-nous  trop  semblable,  meme?  Oui, 
au  point  de  vue  de  la  répétition  de  la  plu- 
'y  part  des  grosses  collections,  admiraliles 
d’ailleurs,  mais  toujours  presque  identiques. 
II  faut  bien  convenir  que  l’introduction  des 
y ■ nouveautés  devient  tellement  faible,  compa- 
Û rativement  à ce  qui  se  passe  en  Angleterre 
et  en  Belgique,  que  la  composition  de  ces 
collections  ne  peut  guère  en  être  modifiée. 


y Pour  ce  qui  concerne  les  plantes  de  serre, 
à part  de  très-jolis  semis  de  Crotons  vus 
• dans  le  lot  de  M.  Dallé  ; à part  surtout  les 

- hybrides  de  grande  valeur  qui  ont  été 
obtenus,  dans  les  Orchidées,  entre  LæJia 

V et  Cattleya,  par  des  semeurs  tels  que 
' • M.  Mantin,  M.  Maron,  M.  Bleu,  etc.,  le 
bagage  reste  mince,  et  c’est  plutôt  dans  la 
: , floriculture  de  plein  air,  dans  ce  qu’on 
•;  a coutume  d’appeler  dédaigneusement 
les  ((  herbes  à lapins  » qu’il  faut  aller  cher- 
cher le  plus  grand  nombre  d’obtentions 
. qui  ont  le  plus  de  chances  d’être  adoptées. 

- A ce  point  de  vue,  c’est  même  peut-être 


là  qu’est  la  caractéristique  de  l’Exposi- 
tion de  1897.  Et  les  plantes  les  plus  sou- 
vent notées  par  les  visiteurs  sont  à coup 
sûr  les  magnifiques  Clématites  de  M.  Moser, 
les  Boses  panachées  de  M.  Boucher,  les 
Cannas  de  MM.  Billard  et  Barré,  Charon, 
Boutard,  les  Bégonias  de  MM.  Urbain, 
Vacherot,  Buisson,  etc. 

Il  faut  bien  reconnaître,  d’ailleurs,  que 
l’Exposition  tombant  tous  les  ans  à peu 
près  à la  même  époque,  ce  sont  évidem- 
ment les  mêmes  genres  de  plantes  qu’il  faut 
s’attendre  à y rencontrer. 

Peut  - être  pourrait  - on  différencier  les 
expositions  par  le  moyen  suivant  : éta- 
blir un  roulement  entre  des  dates  telles 
que  celles-ci  ; du  10  au  15  mai  — du  20 
au  25  mai  — du  2 au  7 juin  — du  10 
au  15  juin.  Cela  irait  de  la  fin  des 
Tulipes  jusqu’au  commencement  des  Dah- 
lias. 

Sur  l’ensemble  de  l’exposition,  on  se- 
rait au  moins  assuré  d’avoir  quelques 
variantes  ; tels  spécialistes  lésés  une  année 
seraient  avantagés  l’autre,  et  une  exacte 
régularité  dans  le  roulement  assurerait  aux 
uns  et  aux  autres  une  participation  égale. 
Au  point  de  vue  des  procédés,  quel  mobile 
plus  puissant  inciterait  les  praticiens  à 
nous  montrer  leurs  efïbrts,  soit  en  culture 
forcée,  soit  en  culture  retardée?  Déjà,  sous 
ce  rapport,  nous  avons  constaté,  cette  fois- 
ci,  quelques  résultats  dignes  de  remarque. 
Non  seulement  les  Rhododendrons  de 
M.  Croux  et  de  M.  Moser  étaient  impec- 
cables, mais  leurs  Kalmias  étaient  empreints 
d’une  grande  fraîcheur,  et  les  Azalées  de 
l’Inde  de  M.  Moser  ne  se  sont  fanées  qu’en 
même  temps  que  les  Boses,  les  deux  der- 
niers jours.  Nous  avons  vu  aussi  des 
Ilydrangea  Otaksa,  forcés  en  serre  par 
M.  Boucher,  et  cependant  pourvus  de  la 
plénitude  de  leur  coloris.  Il  y a même  eu 
un  essai  de  présentation  de  Dahlias,  de 
MM.  Billard  et  Barré.  Tout  cela  témoigne 
d’eflbrts  produits  pour  arriver  à la  date 
exigée,  soit  en  ralentissant,  soit  en  activant 
la  végétation. 

Si  nous  avons  émis  l’appréciation  que  les 


276 


l’exposition  de  la.  société  nationale  d’horticulture  de  FRANCE. 


expositions  se  suivent...  et  se  ressemblent, 
ce  n’est  pas  au  point  de  vue  de  leur  tracé, 
ni  des  dispositions  adoptées.  En  effet,  il  y 
a eu,  à cet  égard,  cette  année,  de  notables 
modifications.  D’abord,  le  tracé  est  devenu 
plus  symétrique.  C’est  avec  raison,  car 
rien  ne  favorise  mieux  la  circulation  des 
visiteurs  autour  des  lots,  que  ces  corbeilles 
rectangulaires,  disposées  sans  pelouses,  sur 
quatre  grandes  allées,  échelonnées  simple- 
ment les  unes  au  bout  des  autres.  Nous  vou- 
drions même  voir  les  diflérentes  sortes  de 


cultures  encore  plus  scindées,  et  les  divers 
lots  des  mêmes  genres  de  plantes  encore  plus 
côte  à côte. 

Plus  il  en  sera  ainsi,  plus  les  compa- 
raisons seront  commodes  et  par  consé- 
quent fructueuses. 

Un  lot  de  plantes  de  serre  chaude  qui  se- 
rait au  milieu  de  Pélargoniums  ou  de 
plantes  annuelles  me  paraîtrait  « un  dragon 
dans  les  lanciers  ».  D’ailleurs,  il  me  semble 
que  les  expositions  sont  faites  pour  l’instruc- 
tion des  visiteurs,  et  non  pas  pour  leur 


Fig.  Ü9.  — Vue  deb  tnassüb  de  plantes  de  serre 
à l'E.vposilion  de  la  Société  nationale  d’horticulture  de  France. 


offrir  le  spectacle  d’un  jardin  soi-disant 
paysager,  d’un  goût  quelquefois  contes- 
table, et  la  plupart  du  temps  étriqué. 

Est-ce  à dire  qu’il  ne  faille  jamais  tirer 
parti  de  certaines  situations?  Loin  de  là. 
Sous  ce  rapport,  l’apposition  du  massif  des 
forts  exemplaires  de  Rhododendrons  de 
M.  Moserle  long  du  mur  de  soutènement  de 
la  terrasse  est  une  chose  heureusement 
trouvée.  De  cette  plate-forme  d’où  la  vue 
embrassait  toute  l’étendue  de  la  grande 
tente,  on  se  fût  volontiers  cru  au  sommet 
d’un  roc  féérique,  aux  aspérités  tapissées 


de  fleurs.  Non  moins  heureuse  est  la  . 
disposition  du  massif  des  plantes  de  serre 
de  M.  Truffant,  autour  de  l’Hercule  de 
Bosio.  C’est  la  vue  de  cette  partie  de  l’Expo- 
sition que  nous  donnons  dans  la  figure  99,  I 
vue  prise  sur  la  gauche  de  la  terrasse  et  ! 
dirigée  obliquement  vers  la  droite,  le  mas-  J 
sif  des  plantes  de  serre  de  M"'®  Chantin 
la  bordant  de  ce  côté. 

Sur  la  gauche,  celui  qui  était  formé  des  | 
Orchidées  entremêlées  de  plantes  de  serre  | 
(Galadiums,  Grotons,  Anthuriums)  de  r 
M.  Robert  Lebaudy,  des  Bégonias  de  |' 


f' 

'-Jh 


L'EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’iIORTICULTURE  DE  FRANCE  277 


M.  Cappe  et  des  Broméliacées  de  M.  Bavai, 
était  absolument  charmant.  Il  est  repré- 
senté ici  par  la  figure  100. 

A notre  avis,  il  ne  manquait  plus  au 
tableau  de  cette  partie  de  l’Exposition  que 
les  rocailles  groupant  les  Orchidées  le  long 
de  l’escalier  de  la  terrasse,  à l’abri  des 
frondaisons  de  hautes  plantes  de  serre, 
comme  en  1896,  à la  condition  qu’elles  ne 
fussent  pas  écrasées  sur  les  bords  par  le 
public.  Pourtant,  aucune  contradiction 


n’existe  entre  un  tracé  général  symétrique 
de  l’ensemble  de  l’Exposition,  voire  même 
entre  le  groupement  des  genres  par  spé- 
cialités, et  l’arrangementpittoresque  de  cette 
partie  de  la  scène  : il  n’y  a qu’à  en  mé- 
nager habilement  les  transitions. 

Il  nous  reste  une  critique  à faire.  Le 
massif  de  plantes  annuelles,  placé  à quelque 
distance  de  l’entrée  et  lui  faisant  face,  était 
d’un  mètre  cinquante  trop  élevé  à son 
sommet.  Cela  coupait  en  deux  la  première 
impression  des  visiteurs. 


V 


5»*'' 


I: 


r 


'As- 


Fig.  100.  — Massif  d’Orchidées  et  de  plantes  de  serre 
à l’Exposition  de  la  Société  nationale  d’horticulture  de  France. 


Quant  à envelopper  l’exhibition  de  nos 
trésors  horticoles  d’un  décor  autrement 
qu’horticole  lui-même,  ou  à les  entourer 
d’attractions  pompeuses,  comme  le  pro- 
posent quelques-uns  de  nos  grands  confrères 
politiques,  c’est  là  une  question  bien  com- 
plexe. Ceux  qui  ont  été  visiter  l’Exposition 
de  Hambourg  sont  restés  frappés  de  la 
somptuosité  déployée  par  ses  organisateurs. 
Beux  millions  et  demi  y ont  été  dépensés. 
Le  bâtiment  où  avait  lieu  l’Exposition  était 
une  nef  de  style  vieil  allemand.  Autour 
étaient  éparpillés  des  pavillons  d’un  style 
prétentieux,  lourd  et  monotone.  Trois  ou 


quatre  musiques  y jouaient  tous  les  jours. 
C’est  un  peu  ce  qui  se  passe  à certains  de 
nos  concours  régionaux  agricoles,  à côté 
desquels  les  municipalités  organisent  des 
festivals,  des  fêtes  de  toutes  sortes.  A 
certains  moments,  les  fêtes  sont  pleines, 
mais  les  concours  sont  vides. 

B’ailleurs,  est  il  bien  sûr  que  pour  des 
yeux,  pour  des  sens  français,  la  magnifi- 
cence de  nos  fleurs  ait  besoin  d’un  décor 
quelconque? 

H.  Bautiienay. 


278  CLASSlFlCATfON  DES  RE[NES-MA RGÜERITES  SUIVANT  LEURS  APTITUDES  d’eMPLOI. 


CLASSIFICATION  DES  REINES-MARGUERITE 

SUIVANT  LEURS  APTITUDES  D’EMPLOI 


Nous  comprenons  les  hésitations  qu’é- 
prouvent les  jardiniers  et  les  amateurs  en 
feuilletant  un  catalogue  de  marchand-grai- 
nier,  à l’article  Reine-Marguerite  ; ces  hési- 
tations, toutes  naturelles  chez  des  personnes 
non  spécialistes  en  la  matière,  proviennent 
de  la  grande  multiplicité  des  races  de  cette 
fleur  et  partant  de  l’impossihilité  où  l’on  se 
trouve  de  choisir  à son  désir  et  selon  ses  be- 
soins, soit  une  plante  pour  bouquets,  ou 
pour  la  culture  en  pots,  ou  encore  pour 
bordures. 

Aussi  avons-nous  cru  bien  faire  en  es- 
quissant un  genre  de  classification  compre- 
nant trois  sections  répondant  aux  trois  buts 
cherchés  généralement  dans  l’emploi  de 
cette  Composée  : la  décoration  des  bordures, 
la  culture  en  pots,  la  confection  des  bouquets. 
Il  faut  dire  que  nous  i)’avons  adopté  que  les 
races  les  plus  recommandables  et  les  plus 
aptes  à remplir  leurs  rôles  respectifs  ; aux 
intéressés  à choisir  dans  les  listes  qui 
suivent. 

1»  Plantes  pour  bordures. 

Gomme  destinées  à cet  usage,  nous  avons 
employé  des  races  naines,  pour  la  plu- 
part, se  tenant  bien,  florifères,  toutes  qua- 
lités exigibles  d’une  vraie  plante  de  bor- 
dure. 

R.-M.  très-naine.  Hauteur  15  à 20  centi- 
mètres. — Fleurs  nombreuses,  petites,  dont 
l’ensemble  forme  une  boule.  Bonne  tenue.  La 
sous-race  appelée  R.-M.  très-naine  pompon 
est  à port  plus  compact,  à fleurs  plus  petites, 
en  forme  de  pompon,  nombreuses  et  de  bonne 
tenue. 

(^’est  la  plus  naine  des  races  de  Reines- 
Marguerites,  utilisable  surtout  pour  bordure 
basse  et  exiguë,  avec  d’autres  plantes  très- 
naines. 

B.-M.  globe  naine.  Hauteur  20  à 25  centi- 
mètres. — Fleurs  nombreuses  et  grandes,  bien 
pleines,  portées  par  des  rameaux  légèrement 
arqués  ; l’ensemble  des  capitules  forme  cepen- 
dant un  corymbe  assez  régulier.  Bonne  tenue. 

R.  - M.  Chrysanthème  naine.  Hauteur 
25  centimètres.  — Fleurs  nombreuses,  grandes, 
à pétales  récurvés  ; floraison  franchement  co- 
rymbiforme.  Très-bonne  tenue.  La  R.-M. 
Triomphé  des  Marchés  se  rapproche  de  cette 
^'ace. 

R.-M.  demi-naine  multiflore.  Hauteur  25 
à 30  centimètres.  — Fleurs  très-nombreuses, 
grandes,  formant  un  beau  corymbe.  Plante  se 


tenant  très-bien.  La  grandeur  des  fleurs  varie 
avec  les  différents  coloris  et  la  sous-race  appelée 
B.-M.  demi-naine  multiflore  couronnée 
(à  centre  blanc)  se  compose  de  plantes  un  peu 
plus  élevées. 

R.-M.  pyramidale  naine.  Hauteur  30 
à 35  centimètres.  — Fleurs  moyennes,  nom- 
breuses ; port  franchement  pyramidal.  Bonne 
tenue. 

R.  - M.  Pivoine  demi-naine.  Hauteur  30 
à 35  centimètres.  — Fleurs  moyennes  ou 
grandes,  globuleuses,  à pétales  incurvés,  s’épa- 
nouissant en  corymbe.  Bonne  tenue 

R.-M.  Comète.  Hauteur  30  à 35  centimètres. 
— Fleurs  moyennes,  nombreuses,  très-jolies 
et  élégantes  pour  la  disposition  irrégulière  et 
échevelée  des  pétales,  simulant  un  Chrysan- 
thème japonais  ; floraison  presque  en  corymbe. 
Bonne  tenue.  Extra. 

R.-M.  pyr.  Arlequin  demi-naine.  Hauteur 
35  à 40  centimètres.  — Fleurs  petites  et  nom- 
breuses, à pétales  diversement  colorés  donnant 
aux  fleurs  un  aspect  original  ; port  pyramidal. 
Très-bonne  tenue. 

R.-M.  Lilliput.  Hauteur  35  à 40  centi- 
mètres. — Fleurs  petites,  très-nombreuses, 
disposées  en  pyramide.  Très-bonne  tenue. 

2«  Plantes  pour  la  culture  en  pots. 

Les  plantes  destinées  à être  vendues  en 
pots  sur  les  marchés  doivent  nécessairement 
posséder  une  tenue  n’exigeant  pas  de  tuteu- 
rage, être  florifères,  à fleurs  belles  ou  nom- 
breuses et  former  dans  leur  ensemble  une 
touffe  produisant  un  effet  décoratif. 

La  majeure  partie  des  races  recommandées 
comme  plantes  de  bordure  peut  servir  au 
présent  usage. 

R.-M.  globe  naine. 

— Chrysanthème  naine. 

— demi-naine  multiflore. 

— pyramidale  naine. 

— Pivoine  demi-7taine  et  Triomphe  des 

Marchés. 

— Comète. 

— pyramidale  Arlequin  demi-naine. 

— Lilliput. 

— pyramidale  à bouquet.  Hauteur 
40  à 50  centimètres.  — Fleurs  petites,  très- 
nombreuses,  formant  une  pyramide  parfaite. 
Très-bonne  tenue. 

3»  Plantes  pour  bouquets. 

H est  certain  qu’cà  la  rigueur  toute  fleur 
peut  servir  à la  confection  d’un  bouquet. 


qu’elle  possède  un  pédoncule  ou  non  ; dans 
ce  dernier  cas  on  la  monte  artificiellement, 
mais  il  n’en  est  pas  moins  vrai  que  tout  le 
monde  préfère  avoir  dans  son  jardin  des 
fleurs  à longues  tiges,  excellentes  surtout 
pour  les  gerbes  et  les  bouquets  naturels, 
composés  à mesure  de  la  cueillette  des 
fleurs.  Dans  cet  ordre  d’idées,  nous  recom- 
mandons les  races  suivantes  de  Reines-Mar- 
guerites, qui  sont  certainement  les  meil- 
leures pour  l’usage  des  bouquets.  Elles 
peuvent  servir,  en  outre,  à la  garniture  des 
grandes  plates-bandes,  des  corbeilles,  des 
larges  bordures  de  massifs  ; la  hauteur  indi- 
quée à chaque  race  permet  de  choisir  et  de 
combiner  un  ordre  de  plantation  réglé 
d’après  la  taille  respective  des  différentes 
sortes. 


celles  de  la  race  imbriquée  jwmpon,  à centre 
blanc  cerclé  d’une  autre  couleur. 

Il-M.  Arlequin.  Hauteuj' 50 centimètres. — 
Fleurs  moyennes,  curieuses  par  la  disposition 
de  la  coloration  des  pétales,  justifiant  bien  son 
nom. 

Ll.-M.  Comète  géante.  Hauteur  60  centi- 
mètres. — Fleurs  très-grandes,  très-élégantes, 
par  la  disposition  irrégulière  des  pétales,  simu- 
lant un  Ghrysantème  japonais  dans  toute  son 
originalité.  C’est  la  seule  race,  chez  les  Reines- 
Marguerite,  où  la  régularité  désespérante 
des  fleurons  n‘existe  plus.  Extra  pour  bou- 
quets. 

R.-M.  japonaise.  Hauteur  40  à 50  centi- 
mètres. — Fleurs  très-larges,  plates,  formées 
de  pétales  roulés  en  aiguilles  comme  dans  le 
Chrysanthème  variété  Gloire  rayonnante.  Ori- 
ginal et  nouveau  chez  les  Reines-Marguerites. 
Recommandable. 


R.'M.  pyramidale  à aiguilles.  Hauteur 
50  à 60  centimètres.  — Fleurs  très-élégantes, 
formées  de  longs  tubes  en  forme  d’aiguille  et 
rayonnants.  Extra  pour  bouquets. 

R.-M.  Pivoine.  Hauteur  50  à GO  centimètres. 
— Fleurs  grandes,  globuleuses,  à pétales  incur- 
vés simulant  un  Chrysanthème  chinois.  Extra 
pour  bouquets. 

R.-M.  perfection.  Hauteur  50  à GO  centi- 
mètres. — Fleurs  très-grandes,  très-étoflées,  à 
pétales  presque  érigés,  d’une  régularité  par- 
faite de  forme. 

R.-M.  imbriquée.  Hauteur  50  à GO  centi- 
mètres. — Fleurs  très-grandes,  un  peu  plates, 
formées  par  des  pétales  imbriqués  régulière- 
ment. 

R.-M.  imbriquée  pompon.  Hauteur  60  cen- 
timètres. — Fleurs  moyennes,  demi-sphériques, 
très-régulières  comme  imbrication.  Recom- 
mandable pour  petits  bouquets. 

R.-M.  Chrysanthème.  Hauteur  50  à 60  cen- 
timètres. — Fleurs  très-grandes,  très-étoffées, 
mais  paraissant  légères  par  la  disposition  par- 
ticulière des  pétales.  Extra  pour  bouquets. 

R.-M.  couronnée.  Hauteur  50  à 60  centi- 
mètres. — Fleurs  de  la  grandeur  de  celles  de  la 
race  perfection^  à centre  blanc  couronné  d’une 
autre  couleur. 

R.-  M.  couronnée  pompon.  Hauteur  50 
à 60  centimètres.  — Fleurs  de  la  grandeur  de 


Pour  la  confection  des  petits  bouquets  à 
la  main,  les  races  précédemment  mention- 
nées sont  presque  toutes  employables. 

Nous  citerons  encore  pour  mémoire  les 
Reines-Marguerites  hâtives,  telles  que  la 
printanière^  la  parisierine,  la  reine  des 
Halles,  utilisables  pour  bouquets,  mais  ces 
races  sont,  comme  beauté,  aux  Reines-Mar- 
guerite à floraison  normale,  ce  que  les 
Chrysanthèmes  hâtifs  sont  à ceux  d’au- 
tomne; tout  leur  mérite  réside  dans  la 
qualité  de  hâtivité,  recommandable  aux 
personnes  désirant  jouir  le  plus  tôt  possible 
de  la  vue  de  ces  fleurs. 

Ces  trois  listes  sont  suffisamment  longues 
pour  que  l’amateur  le  plus  difficile  y puisse 
faire  un  choix  approprié  à ses  goûts  et  à ses 
besoins,  et  l’horticulteur  y trier  la  race 
la  plus  apte  à son  genre  commercial  ; nous 
les  avons  établies  consciencieusement  et  en 
connaissance  de  cause,  estimant  que,  peut- 
être,  ce  petit  travail  sommaire  ne  sera  pas 
tout  à fait  inutile  aux  personnes  nombreuses 
qui  aiment  et  cultivent  cette  jolie  fleur  chi- 
noise, sœur  d’été  et  rivale  du  beau  Chrysan- 
thème. 

Jules  Rudolph. 


LA.  TAILLE  EN  AILERON 


11  n’est  bruit  en  ce  moment  en  Cham- 
[pagne  que  de  l’apparition  d’un  nouveau  sys- 
tème de  taille  de  la  Vigne,  préconisé  par 
M.  Léon  Devivaise,  viticulteur  bien  connu. 
Dans  ce  système,  l’aileron  ou  bourgeon  an- 
ticipé est  employé  de  préférence  à la  branche 
■ ordinaire,  que  l’on  rogne  le  plus  tôt  possible. 
Ce  bourgeon  est,  dit  M.  Devivaise,  plus 


souple,  plus  flexible  et  plus  tenace  que 
cette  dernière. 

((  Par  des  arcures  ou  des  inflexions  plus  ou 
moins  allongées  ou  accentuées  suivant  les  be- 
soins de  la  taille  ou  du  palissage,  j’en  fais  ce 
que  je  veux.  Il  produit,  je  l’ai  montré,  tout 
aussi  bien  verticalement,  horizontalement  et  la 
tête  en  bas.  Je  puis  aussi  bien  appliquer  ce 


280 


EREMURUS  ELWESII. 


procédé  à la  basse  vigne,  greffée  ou  non 
greffée,  qu’à  la  vigne  moyenne  ou  en  cordons, 
et  à la  vigne  en  chaintres  ou  à la  haute  vigne. 
On  taille  plus  ou  moins  long,  on  fait  des  ar- 
cures  plus  ou  moins  prononcées  que  l’on  sup- 
prime l’année  suivante,  et  voilà  tout.  Le  prin- 
cipe reste  le  môme. 

Vu  la  très-grande  vigueur  de  l’aileron,  on 
peut,  sans  plus  de  fatigue  pour  la  vigne  et  sans 
plus  d’engrais,  récolter  en  moyenne  deux  ou 
trois  fois  plus,  et  plus  régulièrement,  même 
dans  les  années  infertiles,  que  par  la  méthode 
ordinaire,  qui  ne  favorise  pas  assez  le  dévelop- 
pement des  yeux  de  la  base. 


Malgré  la  grande  charge  de  raisms  sur  les 
bois  d’ailerons,  les  ceps  taillés  d’après  ma  mé- 


thode sont  plus  vigoureux  que  mes  autres  ceps 
taillés  d’après  la  méthode  ordinaire...  Ils  ont 
donné  de  très-beaux  bois  de  remplacement 
pour  la  taille  prochaine  ; je  n’ai  que  l’embar- 
ras du  choix.  » 

Ajoutons  que  le  Comice  de  Reims  avait 
envoyé  une  commission  visiter  les  vignobles 
de  M.  Devivaise.  Cette  commission  a dé- 
claré, à Vunanimité,  que  les  résultats  ob- 
servés ont  été  absolument  probants. 

Il  sera  intéressant  de  suivre  une  telle  en- 
treprise, et  de  savoir  si  elle  méritera,  à 
posteriori,  l’épithète  de  « révolution  horti- 
cole ))  qui  lui  a été  décernée  par  le  Bulle- 
tin de  la  Société  d’horticulture  des 
Vosges.  J. -Fr.  Favart. 


EREMURUS  ELWESII 


La  Revue  horticole  a signalé  à diffé- 
rentes reprises  le  genre  Eremurus  et  son 
rôle  possible  dans  la  décoration  des  jardins. 
J’ai  moi-même,  en  1894,  en  énumérant  les 
espèces  les  plus  intéressantes,  indiqué  leur 
subdivision  en  deux  groupes,  l’un  caracté- 
risé par  le  fruit  qui,  après  la  floraison,  est 
porté  sur  un  pédicelle  étalé,  tandis  que 
chez  l’autre  le  pédicelle  se  relève  et  le  fruit 
vient  s’appliquer  contre  la  hampe.  Le  pre- 
mier groupe  renferme  des  espèces  à grandes 
fleurs,  telles  que  VE.  rohustus,  VE.  hima- 
laicus,  VE,  Bungei,  VE.  Olgæ  ; c’est  celui  qui 
nous  occupe  ici.  Au  second  groupe  se  rat- 
tachent des  espèces  en  général  moins  bril- 
lantes, telles  que  VE.  altaicus,  VE.  Kauf- 
mannianus,  VE.  speclahiUs,  VE.  iurkes- 
tanicus  L 

Rappelons  encore  que  les  Eremurus  sont 
des  plantes  très-robustes  qui  ne  redoutent 
aucun  froid  de  l’hiver  et  ne  craignent 
qu’une  humidité  exagérée  pendant  leur  pé- 
riode de  repos  en  juillet,  août  et  septembre. 
J’ai  vu  dernièrement,  dans  les  jardins  de 
Kew,  VE.  rohustus  employé  conjointement 

Dans  ses  travaux  sur  le  genre  Eremurus,  Re- 
gel indique  une  subdivision  en  deux  sections  (éle- 
vées même  au  rang  de  genres  par  Karelin  et  Kiri- 
low;  : Ammolirion et  Henningiadisimgaées  surtout 
par  la  disposition  et  le  nombre  des  nervures  dans 
les  lanières  du  périgone  (folioles  externes  3 à 5 
nervées  dans  la  première,  1 nervée  dans  la  se- 
conde). Boissier,  dans  Flora  Orienlalis,  établit 
quatre  sections  fondées  sur  des  caractères  du  pé- 
rigone et  des  étamines.  Sans  me  prononcer  sur  la 
valeur  de  ces  caractères  qui  demanderaient  à être 
discutés  dans  une  monographie,  je  crois  que  la 
subdivision  que  j’indique  répartit  les  espèces  (au 
moins  celles  qui  sont  cultivées)  d’une  manière  suf- 
fisamment naturelle  et  plus  pratique. 


avec  le  Lilium  giganteum  pour  décorer 
des  groupes  de  Bambous.  L’effet  de  ces  im- 
menses hampes  florales  au  milieu  du  feuil- 
lage léger  des  Bambous  est  des  plus  heu- 
reux. Cet  arrangement  n’est  toutefois 
possible  que  dans  une  terre  légère  et  ab- 
solument perméable,  l’humidité  nécessaire 
aux  Bambous  n’étant  guère  favorable  à la 
végétation  des  Eremurus. 

Il  y a quelques  années,  M.  Leitchtlin, 
l’infatigable  importateur  de  plantes  rus- 
tiques nouvelles,  reçut  de  Saint-Pétersbourg, 
au  milieu  d’un  lot  dVE.  rohustus,  une 
plante  qui  le  frappa  par  son  aspect  différent 
du  type.  Il  l’éleva,  la  multiplia  et  la  distri- 
bua sous  le,  nom  VE.  rohustus  var.  Elwesii, 
la  dédiant  au  distingué  auteur  de  la  mono- 
graphie des  Lis.  Aysnt  étudié  de  près  cette 
plante  dans  mes  collections,  j’ai  pu  me 
convaincre  qu’elle  diffère  absolument  de 
VE.  rohustus.  Elle  se  rapproche  beaucoup 
plus  de  VE.  himalaicus  dont  elle  est  toute- 
fois suffisamment  distincte,  et  ainsi  que  je 
l’ai  indiqué  autre  part  [Le  Jardin  du  Crest, 
p.  175),  je  crois  qu’elle  peut  être  décrite 
comme  une  espèce  nouvelle. 

V E . Elle esiP  forme  une  touffe  qui  atteint 
fréquemment  80  centimètres  de  diamètre. 

~ Eremurus  Elwesii,  caule  usque  ad  3 met. 
alto,  foliis  læle  viridihus,  ad  apicem  tomentellis, 
ovato-lanceolatis,  obtusis,  complanatis,  margine 
haud  scabris,  usque  ad  1 met.  longis  et  W cent, 
latis,  racemo  maximo  fere  metrali,  pedicellis  pa- 
tulis,  bracteas  scarioso-membranaceas,  triangu- 
lari-lanceolatas,  basi  dilatatas,  lanato-ciliatas 
superantibus,  perigonii  rosei  foliolis  patulis, 
omnibus  uninerviis,  exterioribus  latioribus,  cap- 
sulis  a scapo  patentibus,  lævibus,  seminibus 
triquetris,  anguste  alatis. 


MÊsm 


Horticoh' 


Kremiiriis  Bfii>esii 


/ Planle  entière  au  -xè de  (jrandeur  naturelle. ^2  Sonunel  de  l ui/ loreseenee.-d  Fleur  de  qrandeur  naturelle 
^a.fede  linflore.veenee  a uee  fruits. Coupe  (ransoersale  de  ta  /èiulù’ .C.  Coupe  transoersalc  de  la  fèiulle  de  l’E  lufmatadiu 
/.  Coupe  transoervale  d'une  fèuèlle  de  CE  r olustu.i  _d.  FUiu  de  CE.  hpmatcùcus . 


LES  PLANTES  NOUVELLES  A L’eXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE.  281 


Les  feuilles,  d’un  vert  franc,  sont  planes, 
peu  charnues,  arrondies  à l’extrémité;  elles 
atteignent  20  à 25  centimètres  de  largeur 
et  près  d’un  mètre  de  longueur  au  moment 
de  la  floraison.  Elles  ont  4 à 5 millimètres 
d’épaisseur  et  sont  parcourues  par  environ 
80  nervures  parallèles  ; légèrement  pubes- 
centes  dans  leur  jeunesse,  elles  ne  le  sont 
plus  à l’état  adulte  que  vers  le  sommet. 

Au  milieu  d’un  grand  nombre  de  feuilles 
dont  les  extérieures  sont  les  plus  grandes, 
s’élève  la  hampe  florale  qui  atteint  jusqu’à 
3 mètres  de  hauteur  et  qui  porte  des  fleurs 
à peu  près  dans  son  tiers  supérieur.  Les 
fleurs,  portées  sur  des  pédicelles  étalés  après 
la  floraison,  rappellent  beaucoup  celles  de 
VE.  rohustus.  Comme  chez  celui-ci,  les  pé- 
tales sont  inégaux,  les  extérieurs  plus  larges 
et  plus  obtus,  les  intérieurs  plus  étroits  et 
plus  aigus;  ils  sont  d’une  couleur  rose  plus 
accentuée  que  chez  VE.  rohustus.  Les  an- 
thères sont  allongées  et,  comme  chez  plu- 
sieurs Eremurus,  les  fleurs  sont  protéran- 
driques,  c’est-à-dire  que  le  style  réfléchi  au 
moment  de  la  floraison  ne  se  redresse  pour 
recevoir  le  pollen  que  lorsque  les  anthères 
sont  déjà  desséchées.  La  capsule,  lisse 
comme  celle  de  VE.  atteint  environ 

2 cenlimètres  de  diamètre.  Un  peu  charnue 
au  moment  de  la  floraison,  elle  est  à peu 


près  sèche  au  moment  de  la  maturation  de 
la  graine  qui  est  assez  grosse,  triquètre  et 
irrégulièrement  ailée. 

Gomme  tous  les  Eremurus,  VE.  Elivesii 
a de  la  tendance  à se  multiplier  de  lui- 
même  et  un  rhizome  planté  dans  un  terrain 
favorable  ne  tarde  pas  à se  diviser  en  trois 
ou  quatre.  En  outre,  les  graines  germent 
facilement,  mais  le  développement  de  la 
plante  est  lent. 

Cette  nouvelle  espèce  est  intermédiaire 
entre  VE.  rohustus  et  VE.  himalaicus, 
mais  n’a  à aucun  degré  le  caractère  d’un 
hybride  entre  les  deux.  Elle  se  distingue 
très-nettement  de  VE.  rohustus  par  la 
feuille  qui,  chez  celui-ci,  est  plus  courte, 
presque  triangulaire,  d’un  vert  très-glauque 
et  déjà  en  partie  fanée  au  moment  de  la 
floraison. Elle  se  rapproche  davantage  de  VE. 
himalaicus  dont  le  séparent  ses  feuilles 
moins  charnues,  ses  hampes  plus  élevées, 
ses  fleurs  plus  grandes,  plus  colorées,  etc. 
Plus  tardif  que  ce  dernier,  VE.  Ehoesii 
fleurit  avant  VE.  rohustus. 

Il  m’a  semblé  que  cette  belle  plante,  rare 
encore  dans  les  collections,  méritait  d’être 
figurée  dans  la  Revue,  bien  qu’il  soit  diffi- 
cile de  donner,  au  moyen  d’une  planche,  une 
idée  exacte  des  végétaux  de  cette  nature. 

Marc  Micheli. 


LES  PLANTES  NOUVELLES 

A L’EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 


I.  — Plantes  nouvelles  de  serre. 

En  première  ligne,  il  convient  de  signaler 
les  Orchidées  hybrides  de  notre  collaborateur 
M.  Maron,  le  premier  en  tête  des  lauréats  du 
concours  des  plantes  de  semis  non  encore  au 
commerce  : 

Lælio-Cattteya  hybride  de  Lælia  purpurata 
et  de  Cattleya  Mossiæ  ; labelle  entièrement 
rose  violacé  veiné  de  violet  évêque  ; pétales 
longs,  étroits,  lilacés  ; — Lælio- Cattleya, 

L.  purpurata  Schrœderæ  X C.  Mossiæ  aurea, 
labelle  très-évasé,  aux  veines  régulièrement  dis- 
posées en  éventail,  violet  carminé  velouté  sur 
fond  un  peu  mauve  ; fond  du  tube  jaune  à re- 
flets cuivrés  ; pétales  blancs  lavés  de  chair  un 
peu  rosé.  Plante  à fleurs  magnifiques  ; — autre 
Lælio- Cattleya  de  même  origine  : labelle  très- 
large  au  limbe  étalé,  entièrement  violet  évêque 
avec  un  liseré  blanc  nettement  dessiné  sur  le 
pourtour.  Cette  disposition  est  de  la  plus 
grande  rareté,  et  extrêmement  belle. 

Plus  nombreuses  et  non  moins  intéressantes 
sont  les  Orchidées  hybrides  de  semis  de 

M.  Mantin,  l’amateur  distingué  du  château 


d’Olivet:  Cypripedium  Viyerianum  {C.  har- 
batum  purpurciim  x superciliare  cjrandiflo- 
rum)  ; labelle  chocolat,  pétales  de  même 
nuance  éclairés  de  blanc,  pavillon  nuancé  de 
vert  au  centre,  très-blanc  sur  la  marge,  avec 
lignes  brunes  sur  le  vert,  roses  sur  le  blanc  ; — 
Cypripedium  Heloisiæ  {C . gemmiferum  X 
Boxalli  nigrescens)  ; pavillon  très-grand, 
ample,  consistant,  ondulé,  vert  à sa  naissance 
et  se  dégradant  jusqu’au  blanc  pur  à son  som- 
met, très-nettement  ligné  de  veines  brunes  qui 
s’éteignent  en  marbrures  roses  sur  le  blanc  ; 
labelle  de  couleur  vieux  bronze  rosé  ; pétales 
d’un  vert  brun  métallique.  Grand  feuillage  vert 
clair  maculé  de  points  marrons.  Obtention  de 
haut  mérite;  — Cypripedium  BAmhertianum 
(C.  ciliare  X Hookeræ  luteum)  ; feuillage  ma- 
culé, d’où  monte  une  hampe  florale  haute  d’en- 
viron 40  centimètres  ; pavillon  vert  marginé  de 
blanc,  ligné  de  brun;  labelle  fort  et  long,  brun; 
pétales  palissandre  pointillé  plus  foncé  sur 
fond  plus  clair;  — Cypripedium  Russellianum 
(C.  Swanianum  xSpicerianum  magnificum)  ; 
gros  labelle  vert  oseille  ; pétales  de  même 
nuance  mais  garnis  d’un  fin  pointillé  brun  ; pa- 


282  LES  PLANTES  NOUVELLES  A L’eXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’iIORTICUI.TUPE. 


Villon  vei-t  à l’onglet,  blanc  pur  au  limbe  ; 
lignes  brunes  sur  le  vert,  vertes  sur  le  blanc  ; 
— Cypripeclium  almiim  X Svmnianum;  la- 
belle  marron-noir,  pavillon  vert  dégradé  en 
blanc,  pétales  pourpres.  Le  labelle  est  profon- 
dément échancré  à son  origine,  couverte  d’un 
pointillé  très-apparent.  Le  pavillon  est  étroit, 
petit,  dressé,  ligné  de  palissandre  ; — Cypripe- 
cliiim  Margaritæ  ( C.  Crossianum  X harhatum 
Warnerianum)  ; pavillon  allongé  à fond  palis- 
sandre clair,  dégradé  en  blanc  et  ligné  noir  ; 
sabot  petit,  allongé,  très-écliancré  à son  ori- 
gine, et  pourvu  de  revers  jaune  maïs.  Forme 
curieuse;  — Lælio-CattleyaoHvatensis  (L.  an- 
ceps  morada  X C.  Bowringiana),  semis 
de  1892  ; pièces  de  la  fleur  étroites  ; structure 
du  Lælia,  coloris  du  Cattleya,  d’une  belle 
nuance  d’un  carmin  chaud. 

M.  Régnier  exposait  un  Cypripedium  de 
semis,  dénommé  Madame  Régnier  et  issu  du 
croisement  du  C.  callosum  par  le  C.  Godefroy a- 
num,  sabot  étroit,  hautement  colleté,  taché 
uniformément  de  brun  sur  le  dessous  ; pavil- 
lon large  et  court,  à fond  vert  ligné  régulière- 
ment de  palissandre  ; pétales  étroits,  très-obtus 
à leur  extrémité,  entièrement  mouchetés  d’un 
gros  pointillé  brun-noir.  Feuilles  courtes, 
vert  sombre  maculé  de  taches  d’un  vert  blan- 
châtre. 

Les  amateurs  savent  que  M.  Piret  s’attache 
à travailler  plus  particulièrement  les  Cattleya 
Mossiæ  alha.  Nous  revoyons  ici  la  sous-variété 
Reineckiana,  au  périanthe  à pièces  très- 
amples,  d’un  blanc  délicatement  lavé  d’ar- 
doisé. 

Les  semis  de  M.  Bleu  consistent  en  : Cypyn- 
pedium  macrocarpum,  hybride  de  deuxième 
degré,  de  nuance  claire,  à large  pavillon  ondulé 
à fond  verdâtre,  ligné  brun  clair,  marginé  de 
blanc  ; — Cypripedium  nohile,  hybride  de 
deuxième  degré,  à pavillon  très-élargi,  fond 
vert,  marge  blanche,  ligné  brun  sur  le  blanc, 
vert  foncé  sur  le  vert  ; sabot  de  couleur  choco- 
lat ; de  gros  points  noirs  saillants  mouchètent 
les  pétales  verts  ; — Lælio-Cattleya  fastuosa 
(L.  purpurata  X C.  Mossiæ),  au  labelle  com- 
plètement violet,  dessus  comme  dessous  et  à 
partir  de  son  origine  ; — Lælio-Cattleya  Mi- 
randa, hybride  de  même  croisement  que  le 
précédent,  au  labelle  très-évasé,  violet  seule- 
ment sur  le  limbe  ; — Puis  deux  formes  de 
Lælia  grandis  tenehrosa,  l’une  dont  les  pétales 
et  le  sépale  dorsal  sont  de  couleur  chaudron, 
l’autre  dans  laquelle  ces  mêmes  pièces  sont  de 
couleur  cuir  de  Russie.  Dans  celle-ci,  le  labelle 
est  entièrement  violet. 

Avec  ses  semis  d'Orchidées,  M.  Bleu  en  ex- 
pose aussi  de  Bertolonia  et  de  Caladium.  Les 
Bertolonia  ne  sont  pas  dénommés  ; il  y en  a 
deux  formes  de  fond  rouge  nervé  plus  ou 
moins  de  carmin,  et  une  d’un  vert  métallique 
nervé  et  ponctué  de  blanc  verdâtre.  Les  semis 
de  Caladium,  la  plupart  non  dénommés,  sont 
en  général  de  fond  couleur  fraise  écrasée. 


Mentionnons  en  même  temps  les  Anthurium 
de  semis  de  M.  Dutremblay  du  May,  non  dé- 
nommés non  plus,  et  sur  lesquels  il  y aura  â 
revenir. 

M.  Dallé  avait  une  série  de  Grotons  de  semis 
vraiment  remarquables  par  Fintensité  de  leurs 
nuances  et  par  leur  belle  culture.  Nous  avons 
relevé  particulièrement  les  formes  inédites 
suivantes  ; Duchesse  d’Uzès,  feuilles  lan- 
céolées, longues  de  20  centimètres,  rigides  ; 
les  plus  âgées  rouge  sombre  â reflets  ver- 
dâtres, â nervures  et  saillies  feu  sombre  ; les 
plus  jeunes  de  contour  vert  clair,  la  partie  mé- 
diane irrégulièrement  brisée  de  macules  chau- 
dron ; — Mme  Filleul  (semis  n«  10)  : bois  et 
pétioles  rouges  ; feuilles  âgées,  les  unes  brun- 
marron  reflété  de  verdâtre  et  nervé  ponceau  ; 
les  autres  plus  vertes,  à nervures  et  macules 
médianes  carmin  gouaché;  jeunes  feuilles 
jaune  d’or  franc  sur  fond  vert  liseré  de  rouge; 
— Semis  n«  3 : d’un  éclat  extraordinaire.  Les 
feuilles  ovales  acuminées  présentent  des  ner- 
vures secondaires  qui,  parties  de  la  nervure 
médiane  à angle  droit,  se  bifurquent  presque 
régulièrement  à mi-chemin  de  leur  longueur. 
Sans  distinction  d’étages,  le  fond  du  coloris  du 
parenchyme  est  tantôt  vert  cru,  tantôt  vert 
sombre,  tantôt  vert  d’eau.  Sur  le  premier  de 
ces  verts,  les  nervures  courent  en  rouge-sang 
sur  taches  chaudron.  Sur  le  second,  elles  pas- 
sent â l’acajou,  sur  taches  nankin  ; sur  le  troi- 
sième, les  macules  sont  d’un  jaune  d’or  franc, 
et  les  nervures  éteintes  ; — Blanche  Dallé  ; 
feuilles  très-longues , en  languettes  retom- 
bantes, vert  sombre  maculé  de  jaune  ca- 

I nari  ; — Maurice  Dallé  : teinte  générale  feu  ; 

1 les  feuilles  âgées  vert  sombre  maculé  pon- 
ceau ; les  intermédiaires  vert  oseille  maculé 
feu;  les  jeunes  vert  tendre  nervé  jaune.  — 
Louis  Dallé  : feuilles  d’abord  élargies  en  forme 
de  spatule,  puis  brusquement  rétrécies  aux 
deux  tiers  de  leur  longueur  par  une  languette 
acurninée  ; teinte  générale  de  la  plante  inférieu- 
rement d’un  vert  noirâtre  nervé  framboise,  le 
haut  vert  nervé  rose  sur  taches  saumon, 
les  feuilles  de  l’extrémité  sont  vert  tendre  nervé 
jaune  ; — Semis  n^  6 ; feuilles  ovales-oblongues 
brusquement  acuminées,  de  teinte  générale 
fraise  gouachée,  à mi-hauteur,  les  extré- 
mités vertes  ; — M.  Tisserand,  feuilles  ovales 
lancéolées,  celles  du  bas  acajou,  presque 
toute  la  masse  d’un  feu  fulgurant,  les  supé- 
rieures brique  saumoné,  celles  de  l’extré- 
mité entièrement  vertes  ; — M'^^e  Hochon, 
larges  feuilles  ovales-oblongues  jaune  canari 
brillant,  peu  de  vert,  seulement  dans  le  bas  de 
la  plante.  — Citons  enfin,  pour  compléter 
cette  magnifique  série  : Comtesse  de  Dortan, 
semis  n°  ii,  semis  n^  9 et  divers  autres. 

En  outre  de  diverses  plantes  d’introduction 
récente,  MM.  Ghantrier  frères  exposaient 
aussi  deux  Grotons  nouveaux  de  leur  obtention  : 
Madame  Berthe  Fournier,  feuilles  spatulées- 
obtuses,  d’une  nuance  générale  feu  qu’on  peut 


LES  PLANTES  NOUVELLES  A l’eXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONAT.E  d’ HORTICULTURE.  ^8^ 


comparer  à celle  de  la  flamme  qui  s’échappe 
d’un  creuset  de  fonderie  lorsqu’on  brise  l’ori- 
fice. — Puis  un  autre  semis  non  dénommé, 
aux  feuilles  d’un  contour  bizarre,  de  largeur 
partout  inégale,  vert  sombre  dans  le  bas  de  la 
plante,  jaune  d’or  dans  le  haut.  Une  large  ma- 
cule cuivrée  est  traversée  par  les  nervures 
médianes,  éteintes  à l’extrémité. 

Les  Bégonias  à feuillage  de  semis  étaient 
représentés  principalement  par  le  Bégonia 
Rex  Danemarck,  exposé  par  M.  Sallier.  Ro- 
buste, de  croissance  rapide,  développant  de 
larges  feuilles  arrondies,  bien  étalées,  d’un 
rouge  carmin  brillant,  satinées,  à reflets  cha- 
toyants, métalliques,  étincelants,  rehaussés  en- 
core par  une  marge  argentée.  La  puissance  et 
le  contraste  de  ces  deux  couleurs  sont  extraor- 
dinaires. Plante  de  marché  robuste,  de  déco- 
ration remarquable  et  d’avenir  certain.  --  Un 
Bégonia  Amiral  Mouchez,  obtenu  par  M.  Au- 
guste Ghantin  : joli  feuillage  vert  mousse  très- 
consistant  et  bien  velouté  ; à la  naissance  des 
nervures  est  une  tache  marron  foncé  qui 
s’étend  en  un  liseré  nettement  défini  sur  les 
bords  de  la  feuille.  Le  dessus  du  limbe  est 
marqué  de  points  blancs  presque  régulière- 
ment espacés.  — Une  série  d’hybrides  de 
B.  Bex  décora,  dénommés  Louise  Closon, 
Grande-Duchesse  Olga,  Madame  Femelle, 
Mrs  John  Laing,  Secrétaire  D.  Bois,  Ami 
Chantrier,  Madame  A.  Ghantin,  Secrétaire 
Ami  Vacherot,  tous  semis  de  1896. 

Gomme  Fougères  nouvelles  de  serre,  nous 
n’avons  à enregistrer  que  le  Doryopteris  Du- 
vali,  issu  du  croisement  du  D.  nobilis  par  le 
D.  palmata.  Cette  obtention  de  M.  Duval  est 
remarquable  par  un  fort  beau  port  qu’elle 
emprunte  au  D.  nobilis,  joint  à la  division 
palmée  de  ses  frondes  ; celles-ci  sont  d’une 
belle  consistance,  l’aspect  de  la  plante  révèle 
une  bonne  solidité. 


II.  — Plantes  nouvelles  de  plein  air. 

Parmi  les  nouveautés  ligneuses  de  plein  air, 
signalons  tout  d’abord  les  magnifiques  Cléma- 
tites de  M.  Moser,  Nelly  Moser  et  Monsieur  G. 
Magne,  dont  nous  avons  déjà  donné  la  descrip- 
tion dans  notre  compte  rendu  de  l’Exposition 
de  Versailles 

Parmi  les  Rhododendrons  de  semis  de 
M.  Groux,  il  convient  d’en  citer  quelques-uns. 
L’un  d’eux,  d’un  rouge  sombre  éclairé  de  car- 
min et  maculé  de  jaune  brun,  tient  à peu 
près  le  milieu,  comme  teinte,  entre  Mrs 
Holford  et  Joseph  Witworth.  Un  autre,  violet 
à macule  jaune  pointillé  de  vert,  est  de  ton 
plus  froid  que  Thomas  Sebright.  Un  troi- 
sième, d’un  carmin  très-brillant,  est  de  nuance 
intermédiaire  entre  Countess  of  Clamarty  et 
Sir  Henry  Midmay.  Enfin  un  autre  est  remar- 


quable par  sa  nuance  légèrement  lavée  et  mar- 
ginée  de  mauve  tendre. 

Dans  ceux  de  M.  Moser  nous  notons  surtout 
Madame  Thomas,  de  fond  blanc  rosé,  très- 
tendre,  se  liserant  de  rose-incarnat  avec  ma- 
cule très-apparente,  bronze  pointillé. 

M.  Boyer,  à Gambais,  exposait  aussi  des 
nouveaux  Rhododendrons.  Son  semis  n°  400, 
d’un  rose  carmin  très-tendre  et  très-chaud, 
mérite  d’ôtfe  apprécié. 

M.  Boucher  exposait  deux  Roses  nouvelles. 
Panachée  de  Bordeaux  et  Cocpcette  Borde- 
laise, toutes  deux  de  Duprat.  Leur  couleur 
générale,  rose  vif,  est  nettement  traversée  par 
des  stries  ou  par  des  macules  longitudinales 
blanches,  comme  on  en  rencontre  dans  les 
Gamellias.  Signalons  aussi,  de  M.  Niklaus,  une 
Rose  Thé  Jeanne  Forgeot,  jaune  maïs,  et  un 
hybride  de  Thé,  Souvenir  de  Madame  Ca- 
musat,  rose  tendre. 

Dans  les  plantes  pour  garnitures  de  mas- 
sifs, tout  le  monde  a proclamé  l’incontestable 
succès  obtenu  avec  leurs  Gannas  par  MM.  Bil- 
lard et  Barré.  Gomme  nouveauté,  ces  expo- 
sants présentaient  un  semis  demi-nain,  à fleur 
jaune  citron  uni,  nuance  qui  n’avait  pas  en- 
core été  obtenue,  très-florifère.  En  outre  des 
nouveautés  citées  déjà  à l’occasion  du  con- 
cours agricole  nous  notons  : Réveil,  feuil- 
lage vert,  fleur  chair  d’abricot  ; Comte  de 
Sachs,  feuillage  vert,  rouge  sang  intense; 
Madame  Massé,  feuillage  vert  cru,  fleurs  de 
grandeur  moyenne,  mais  nombreuses  sur 
l’épi  ; couleur  jaune  d’or  lavé  d’une  large 
tache  rouge  rabattue. 

MM.  Letellier  etfils,  à Gaen,  nous  montraient 
le  Canna  John  White,  nouveauté  américaine 
dont  ils  sont  les  importateurs.  Comme  on  a pu 
le  voir,  les  descriptions  qui  en  ont  été  données 
sont  exactes 

Les  nouveautés  de  Gannas  florifères  de 
M.  Gharron,  jardinier  à Viry  (Oise),  ont 
aussi  fait  sensation  : Van  den  Èeede,  abricot  ; 
Louis  Voraz,  abricot  rougeâtre  uni;  Secrétaire 
Chabanne,  orangé  rougeâtre;  Comte  de  Turin, 
jaune  orangé  marginé  de  jaune  ; Madame 
I^éon  Leclerc,  orangé  marginé  rouge  ; {'Abon- 
dance, orangé  moucheté  de  rouge;  Georges 
Lachaud,  vermillon  nuancé  et  lavé  de  plus  vif; 
Député  Ravarin,  rouge  sang  intense  ; Parthé- 
nope,  très-grande  fleur  rouge  ponceau  bordé 
de  marron;  tous  ces  semis  sont  à feuillage 
vert;  le  dernier  est  d’origine  italienne.  Dans 
ceux  à feuillage  rouge-brun,  nous  notons  : 
Stattgartner,  très-grande  fleur  de  la  nuance  du 
Van  den  Heede  ; Damoclès,  couleur  fraise  ; 
Mrs  Fr.  Estein,  de  la  nuance  du  Louis  Voraz; 
ceux-là  sont  d’origine  allemande.  Enfin,  du 
même  exposant,  on  remarque  beaucoup  une 
curieuse  obtention.  Madame  Férard;  la 
plante  est  toute  basse  et  n’a  pas  dit  son  der- 


Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  262. 


- Revue  horticole,  1897,  p.  218. 

^ Revue  horticole,  1897,  p.  199. 


284  LE  MONUMENT  DE  PIERRE  JOIGNEAUX.  MÉDAILLE  D’HONNEUR  DU  SALON  DE  1897. 


nier  mot;  les  fleurs  sont  d’une  chair  un  peu 
nankin  et  extrêmement  tendre;  feuillage  vert. 

M.  Boutard,  jardinier  de  M.  le  marquis  de 
Nadhailhac,  a obtenu  aussi  un  Canna  nain, 
très-florifère,  ayant  quelque  ressemblance 
avec  le  Madame  Massé  deM.  Billard,  feuillage 
vert  cru,  étroit,  pointu  ; fleurs  jaune  d’or 
franc. 

Si  des  Cannas  nous  passons  aux  Bégonias 
de  plein  air,  nous  féliciterons  tout  d’abord 
M.  Urbain,  pour  son  excellente  nouveauté  le 
Bégonia  tubéreux  Lucie  Faure.  Cette  obtention 
est  extrêmement  Horibonde  et  multiflore  ; les 
fleurs  en  sont  très-pleines  ; on  peut  y compter 
jusqu’à  quinze  imbricatures  successives  ; le  co- 
loris en  est  jaune  soufre  passant  au  saumon 
en  plein  épanouissement.  Du  même  obtenteur, 
on  notait  : les  B.  Souvenir  de  Russie,  double 
jaune  éclatant,  et  Surpasse  Davisü,  d’un  rouge 
intense. 

M.  Buisson  est  l’obtenteur  d’une  excellente 
acquisition  pour  bordures  : un  Bégonia  issu 
du  B.  versaliensis,  dénommé  Julie  Buisson, 
à feuilles  arrondies,  vert  intense,  à grappes 
multiflores,  et  formant  tapis. 

Dans  la  collection  de  Bégonias  tubéreux  dou- 
bles de  M.  Yacherot,  se  trouvait  un  excellent 
gain  de  l’exposant.  Ce  semis,  qui  paraît  appar- 
tenir à la  race  des  B.  erecta,  porte  douze 
fleurs  sur  une  seule  hampe  florale  très-rami- 
fiée.  La  fleur  possède  une  collerette  assez  mar- 
quée, la  duplicature  y est  contournée  et  cache 
quelques  organes  reproducteurs  ; coloris  rouge 
ponceau. 

Les  autres  nouveautés  de  la  floriculture  de 
plein  air  peuvent  être  ainsi  groupées  : 

lo  Les  Dahlias  simples;  semis  inédits  de 


MM.  Billard  et  Barré  : Zénith,  H.  Vacher ot, 
H.  Dauthenay,  L'Eblouissant,  Président  Me- 
rillon,  Auguste  Chantin,  etc. 

2*^  Les  Œillets  obtenus  par  M.  Régnier  : 
Madame  Hinque,  Docteur  Ritt,  M.  Finet, 
Comte  René  de  Mortema^J,  Madame  Fournier, 
Comte  d'Harcourt,  Madame  A.  Régnier, 
Comtesse  de  Gannay,  etc. 

3«  Plantes  nouvelles  exposées  par  M.  Sal- 
lier  : 

Phlox  decussata  variegata  Comtesse  de  Jar- 
nac,  obtenu  par  M.  Lacour,  jardinier-chef  de 
M.  le  comte  de  Jarnac.  — Fuchsias  à rameaux 
pleureurs  : Monsieur  Aubin,  Charlotte  Sallier, 
Monsieur  Keteleer.  — Coleus  Monsieur  Vazou 
et  Salvia  splendens  Ch.  Le  Couteulx,  déjà  vus 
à l’Exposition  de  Versailles  ^ dans  l’apport  de 
M.  Le  Couteulx. 

4»  Les  Pélargoniums  zonés  nouveaux  : 
Triomphe  des  Parterres,  très-nain  et  très- 
florifère  à bordures  obtenu  par  M.  Fa- 
roult,  exposé  par  M.  Nonin;  Grande-Du- 
chesse Olga,  rose  tendre;  Mélina  Ix  Couteulx, 
couleur  chair,  et  Corinne  Le  Couteulx,  blanc 
pur  ; tous  trois  doubles,  issus  de  croisements 
de  divers  doubles  français  avec  la  race  belge 
des  Lilliput,  et  obtenus  par  M.  Le  Couteulx  ; 
Marcel  Requedat,  à feuilles  palmées,  exposé 
par  M.  Sallier. 

5»  Enfin,  un  Salvia  nain.  Monsieur  Alfred 
Ragueneau,  issu  du  Salvia  splendens  Ingé- 
nieur Clavenad,  de  M.  Nonin;  une  série  de 
Capucines,  une  de  Pavots,  une  autre  de  Reines- 
Marguerites,  des  Schizanthus  de  MM.  Vil- 
morin, et  une  sélection  de  Calcéolaires  hy- 
brides de  ligneuses  et  d’herbacées  deM.  Tabar. 

H.  Dauthenay. 


LE  MONUMENT  DE  PIERRE  JOIGNEAUX 

MÉDAILLE  D'HONNEUR  DU  SALON  DE  -1897 


Le  nom  de  Pierre  Joigneaux  est  resté  si 
populaire  parmi  tous  ceux  qui  s’intéressent 
aux  choses  de  l’horticulture  que  nos  lec- 
teurs nous  sauront  gré  de  leur  donner  ici 
la  reproduction,  d’après  une  photographie, 
du  beau  monument  en  marbre  blanc  qui 
sera  prochainement  érigé  à Beaune,  à la 
mémoire  de  l’éminent  agronome. 

C’est  une  œuvre  artistique,  aussi  remar- 
quable par  sa  belle  conception  que  par  son 
exécution  irréprochable,  et  par  le  bonheur 
d’expression  avec  lequel  le  sculpteur  a su 
rendre  les  traits  du  vénéré  fondateur  de 
l’École  nationale  d’horticulture  de  Ver- 
sailles. Rien  de  plus  vrai  que  cette  figure 
expressive  ; rien  de  plus  gracieux  que  cette 
femme,  la  Côte-d’Or,  présentant  une  palme 
à l’homme  de  talent  et  de  cœur,  qui  l’honore 
grandement  ; rien  de  plus  charmant  que  ce 


génie,  un  enfant  assis  sur  le  socle  et  écrivant 
sur  une  tablette  le  nom  de  Pierre  Joigneaux  ! 
Derrière,  une  charrue,  une  gerbe,  de  la  ! 
Vigne,  les  attributs  de  l’agriculture  rap- 
pellent  les  écrits  du  maître.  ; 

Aussi,  le  jury  du  Salon  des  Champs-  i 
Élysées  a attribué  à l’artiste,  M.  Mathurin  j 
Moreau,  sa  plus  haute  récompense,  la  mé- 
daille  d’honneur  de  la  sculpture.  Nous  en  'i 
avons  éprouvé  une  vive  joie  ; le  Comité  s’es-  | 
time  heureux  d’avoir  confié  à ce  grand 
statuaire,  qui  est,  lui  aussi,  un  enfant  de  la  | 
Bourgogne,  l’exécution  du  monument,  et  la 
ville  de  Beaune  pourra  être  fière  de  possé-  . 
der  une  pareille  œuvre  d’art. 

Et  Pierre  Joigneaux  méritait  bien  un  pa- 
reil  souvenir.  On  sait  que  toute  son  exis-  ^ 


MONUMENT  DE  PIERRE  JOIGNEAUX  DESTINÉ  A LA  VILLE  DE  BEAUNE 
Médaille  d’hovncur  du  Salon  de  iS^j. 


J 


UN  COUP  d’œil  sur  l’exposition  d’horticulture  de  LYON. 


lence  n’a  été  que  dévouement,  sacrifice  à 
ses  convictions  et  travail  acharné.  Tout  le 
monde  connaît  ses  ouvrages  sur  l’agricul- 
ture et  sur  l’horticulture,  écrits  dans  ce 
style  si  simple  et  si  clair  qui  était  la  carac- 
téristique de  son  talent  ; et  on  n’a  pas  ou- 
blié ses  articles  de  journaux,  tous  marqués 
au  coin  d’une  science  et  d’une  expérience 
hors  ligne. 

Déjà  le  gouvernement  avait  voulu  qu’un 
buste  de  Pierre  Joigneaux  fût  placé  dans  la 


287 

cour  d’honneur  de  l’Ecole  nationale  d’horti- 
culture de  Versailles,  à la  fondation  de  la- 
quelle il  avait  tant  contribué. 

Bientôt  la  ville  de  Beaune  consacrera  son 
souvenir  en  plaçant,  dans  un  jardin  public, 
au  milieu  de  la  verdure  et  des  fleurs,  le 
remarquable  monument  que  nous  repro- 
duisons ici.  On  peut  dire  du  sculpteur 
Mathurin  Moreau,  qu’il  a fait  une  œuvre 
tout  à la  fois  digne  de  son  grand  talent  et 
digne  de  Pierre  Joigneaux.  A.  Lesne. 


UN  COUP  D’ŒIL  SUR  L’EXPOSITION  D’HORTICULTURE  DE  LYON 


S’il  faut  en  croire  la  voix  publique,  ce  se- 
rait vraiment  la  perle  de  nos  Expositions  que 
celle  dont  on  lira  ci-dessous  le  bref  compte 
rendu.  Un  des  Pères  de  l’Église....  horticole 
lyonnaise,  M.  Liabaud,  déclare  qu’il  n’en  a ja- 
mais vu  de  plus  intéressante  et  surtout  déplus 
harmonieusement  disposée. 

Quoi  qu’en  puisse  souffrir  ma  modestie  d’au- 
teur, je  devais  cette  citation  de  l’opinion  de 
notre  redoutable  critique  sur  la  splendide  flo- 
ralie  que  l’Association  horticole  lyonnaise 
m’avait  chargé  d’installer. 

A l’inauguration,  les  autorités  civiles,  maire 
et  préfet,  ont  brillé  par  leur  absence,  mais 
Son  Eminence  l’archevêque  et  le  général- 
gouverneur  de  Lyon  se  sont  montrés  fort  cu- 
rieux des  choses  horticoles  ; ils  ont  presque 
épuisé,  par  leurs  questions  judicieuses  et  pré- 
cises, le  savoir  encyclopédique  de  notre  secré- 
taire général,  M.  Viviand-Morel. 

Les  spécialités  qui  sont  l’honneur  de  nos 
cultures  lyonnaises,  les  Cannas,  les  Roses,  les 
Œillets,  etc.,  étaient,  naturellement,  les  mieux 
représentées. 

Les  Cannas  surtout  : d’abord  par  une  pre- 
mière collection  de  fortes  plantes  fleuries  ame- 
nées à la  perfection  dans  les  cultures  de 
M.  Crozy,  qui,  dédaigneux  de  pompeux  apprêts 
pour  présenter  ses  enfants,  se  contente  de  la 
gloire  inestimable  d’être  leur  père.  C’est  un 
titre  en  effet  qui  peut  le  dispenser  d’en  ambi- 
tionner d’autres. 

Plus  de  1,000  Rosiers  en  pots,  parfaitement 
fleuris,  nuancent  de  tons  d’une  incomparable 
fraîcheur  corbeilles  et  plates-bandes  ; l’air  en 
est  embaumé. 

Innombrables  amis  de  la  reine  des  fleurs, 
était-il  possible  de  mieux  solliciter  vos  re- 
gards et  mériter  vos  suffrages  ? C’est  à 
MM.  Gamond,  Dubreuil,  Drevet-Dervieux, 
Jacquier  fils,  etc.,  que  revient  l’honneur  — 
avec  le  profit  — de  cette  manifestation  rho- 
dophile,  la  plus  complète  et  la  mieux  réussie 
que  nous  ayons  encore  vue  ici. 

Les  Œillets  lyonnais,  pour  n’être  pas  cul- 
tivés par  des  mains  qui  gagnaient  des  ba- 
tailles, n’en  sont  pas  moins  fort  en  progrès  sur 


leurs  devanciers  du  grand  siècle.  Voyez  un  peu 
ce  que  sont  devenus,  entre  les  mains  tout  à fait 
pacifiques  de  M.  Léonard  Lille,  ces  Mignar- 
dises profusément  remontantes,  aux  tendres 
nuances,  et  dont  Alégatière  avait  rêvé  et  com- 
mencé la  transformation! 

Notre  floriculture  triomphe  encore  avec  le 
lot  de  plantes  fleuries  de  MM.  Benet-Lamaud 
et  Musset,  une  des  merveilles  de  l’Exposition 
par  la  culture  et  l’arrangement  avec  les  Pétu- 
nias doubles  et  simples  de  M.  L.  Lille,  les 
Mimulus  Diadème  de  M.  Rivoire,  les  Pélar- 
gonium à grandes  fleurs  de  MM.  Charton, 
Bret  et  Brevet,  les  P.  zonale  et  les  P.  laieripes 
de  MM.  Brevet  et  Fraisse,  les  Œillets  variés 
de  MM.  Molin,  Brevet,  Crozy,  etc. 

Au  bout  du  parterre  si  brillamment  décoré 
par  la  réunion  de  tous  ces  lots  fleuris  se  trouve 
le  jardin  alpin. 

Il  est,  près  de  Grenoble,  entre  ciel  et  terre, 
de  grandes  terrasses  gazonnées  que  suppor- 
tent dans  les  airs  des  piédestaux  de  quelques 
milliers  de  mètres  de  hauteur.  Les  ayant  plus 
près  de  lui,  le  Bon  Dieu  les  orna  de  fleurs 
plus  choisies  et  je  ne  m’étonnerais  pas  qu’il  y 
descendît  jardiner  de  temps  à autre  — au 
printemps. 

Chaque  fois  que  j’y  monte,  moi,  j’y  recon- 
nais sa  main.  Qui  donc  aurait  semé  en  si  larges 
tapis  cette  Gentiane  acaule  à fleurs  si  grandes 
et  si  bleues  que  Villars  a distinguée  sous  le  nom 
de  G.  anguslifolia,  et  qu’on  ne  retrouve  nulle 
part  ailleurs,  et  ces  gazons  d’Androsaces  qui 
habillent  les  roches  nues  du  sommet,  et  ces 
groupes  de  Pulsatilles  blanches,  de  Trolles 
d’or,  d’Orchis  purpurins,  et  tout  le  reste? 

C’est  une  de  ces  prairies  que  j’ai  essayé  de 
descendre  dans  la  plaine  encore  cette  année,  à 
la  joie  du  public  qui  semble  y prendre  un 
plaisir  extrême  et  toujours  nouveau.  Tout  le 
monde  veut  voir  les  « Edehveis  ):.  et  les  Rhodo- 
dendrons. 

N’est-ce  pas  une  chose  bien  attendrissante, 
et  qui  témoigne  de  la  délicatesse  infinie  de 
de  l’arne  du  peuple,  que  cet  attachement  pour 
d’humbles  fleurettes  de  montagnes,  que  rend 
encore  plus  humbles  le  voisinage  des  brillantes 


288 


LES  EUCALYPTUS. 


parures  de  nos  serres  et  de  nos  jardins?  Mon 
voisin,  M.  Pitrat,  m’a  aidé  à le  peupler  de  jo- 
lies plantes  vivaces  et  alpestres 

Il  y a beaucoup  de  gens  à qui  il  faut  faire 
des  discours  pour  leur  persuader  que  les  Clé- 
matites à grandes  fleurs  ne  sont  pas  des 
plantes  de  serre.  A les  voir  si  belles,  on  se  re- 
fuse à les  croire  rustiques,  et  je  tiens  le  pari 
que  la  moitié  des  visiteurs  qui  ont  admiré  les 
superbes  variétés  exposées  par  M.  Jacquier  fils 
continuent  à les  vouer  à la  serre  et  à les  appe- 
ler « Passiflores  ».  — Quelles  merveilleuses 
lianes  ! et  si  elles  ne  sont  fleurs  de  la  Passion, 
combien  dignes  d’en  faire  naître,  des  passions 
et  des  plus  durables  ! En  ce  moment,  ce  sont 
les  C.  florida,  les  païens,  les  lanuginosa  qui 
ouvrent  tout  grands  leurs  calices  étoilés,  bleus, 
blancs,  lilas,  violets.  Dans  quelques  jours  com- 
menceront à s’épanouir,  en  guirlandes  indéfi- 
nies, les  C.  Viticellaet  leurs  vigoureux  hybrides 
remontants,  aux  coloris  plus  chauds,  gagnant 
du  côté  du  rouge  jusqu’au  pourpre  carminé  et 
au  rose  violacé  avec  les  variétés  François  Mo- 
rel, Madame  Fur tado- Heine,  Viticella  ker- 
mesina,  V.  grandiflora  ruhra.  Madame  Ed. 
Andi'é,  Colette  Deville,  etc.  On  commence  à 
en  voir  quelques  pieds  isolés  dans  le  lot  de 
M.  Jacquier  fils,  et  un  peu  plus  dans  celui  de 
M.  Fr.  Morel. 

Les  plantes  de  serres  sont  brillamment  re- 
présentées. C’est  de  tradition  ici,  avec  des 
exposants  comme  MM.  Comte,  Perraud,  Dre- 


vet,  Bret-Jourdan,  Fraisse,  etc.  Comme  lots  à 
sensation,  il  y a surtout  la  collection  de  plantes 
de  serre  chaude  de  M.  Comte,  et  celle  de 
M.  Perraud  ; la  collection  de  Caladiums  de 
M.  Comte  également,  et  le  plus  bel  arrange- 
ment de  plantes  de  serre  de  M.  Perraud;  puis 
une  nombreuse  collection  de  plantes  grasses  de 
M.  Gindre. 

Les  fleurs  coupées  garnissent  une  galerie  de 
plus  de  cent  mètres  de  long.  Les  Roses  de 
MM.  Pernet-Ducher,  Bernaix,  Duplat-Jacquet, 
tiennent  la  place  d’honneur,  et,  parmi  elles, 
plusieurs  semis  récompensés  par  des  médailles 
d’or.  — Rosiéristes  à l’affût  de  la  nouveauté, 
ne  perdez  pas  Lyon  de  vue  cette  année. 

A part  les  collections  générales  de  fleurs 
coupées,  plantes  vivaces  et  annuelles,  quelques 
spécialités  sont  particulièrement  remarquables  : 
Pivoines  herbacées  de  MM.  Joanon  et  Jacquier 
fils.  Iris  et  plantes  bulbeuses  de  M,  Rivoire, 
arbres  et  arbustes  à fleur  et  à feuillage  de 
M.  Jacquier  fils,  etc. 

Dans  les  arts  et  industries  appliquées  à 
l’horticulture,  il  faut  signaler  un  nouveau 
système  d’installation  permettant  de  placer 
la  chaudière  du  thermosiphon  au-dessus  des 
tuyaux  de  chauffage  sans  que  la  circulation 
d’eau  chaude  soit  aucunement  troublée  — 
intéressante  et  ingénieuse  combinaison  pou- 
vant rendre  des  services  en  diverses  circons- 
tances. 

Fr.  Morel. 


LES  EUCALYPTUS 


Parmi  les  genres  de  végétaux  si  spéciaux 
à la  Nouvelle-Hollande,  aucun  n’est  peut- 
être  plus  nettement  caractérisé,  plus  mul- 
tiple en  espèces  et  d’une  importance  écono- 
mique plus  grande  que  les  Eucalyptus.  On 
en  connaît  aujourd’hui  environ  cent  cin- 
quante espèces,  habitant  toutes  l’Australie, 
où  elles  constituent  l’essence  forestière 
la  plus  commune  et  la  plus  importante. 

Ce  sont  en  effet  des  arbres,  parfois  très- 
élevés  ou  rarement  des  arbrisseaux  à feuilles 
persistantes,  alternes  ou  opposées,  souvent 
biformes,  c’est-à-dire  revêtant  chez  les 
jeunes  sujets  une  forme  et  une  disposition 
particulières  et  parfois  très-différentes  de 
celles  qu’elles  prendront  sur  le  même  indi- 
vidu à l’état  adulte.  Cette  différence  est  très- 
accentuée  chez  VE.  Glohulus  et  facile  à ob- 
server sur  cette  espèce,  car  c’est  la  plus 
répandue  dans  les  cultures.  Quelques  es- 
pèces, cependant,  ont  des  feuilles  uniformes, 
notamment  VE.  amygdalina. 

Les  fleurs  sont  disposées  en  petit  nombre 
en  cymes  ou  ombelles  axillaires  ou  termi- 
nales ; elles  sont  composées  d’un  calice 


épais,  campanulé  ou  turbiné,  soudé  avec 
l’ovaire  et  dont  l’ouverture  est  fermée  dans 
le  bouton  par  un  opercule  en  forme  de  coiffe, 
convexe  et  mucroné,  qui  se  détache  circu- 
lairement  au  moment  de  l’épanouissement, 
comme  le  couvercle  d’une  boîte  à savonnette, 
et  qui,  morphologiquement,  représente  la 
corolle  dont  toutes  les  pièces  sont  soudées 
ensemble. 

Les  étamines  sont  très-nombreuses,  mul- 
tisériées,  à longs  filets  infléchis  dans  le  bou- 
ton, mais  se  redressant  et  s’étalant  en 
houpe  jaunâtre  et  luisante  au  moment  de  la 
floraison.  Le  fruit,  inclus  dans  le  calice,  est 
une  capsule  à trois  à six  loges  renfermant  des 
graines  nombreuses  et  fort  petites,  fait  re- 
marquable étant  donnée  la  grandeur  de  ces 
arbres. 

L’aire  de  variation  des  caractères  spéci- 
fiques est  relativement  peu  étendue  et  rend 
la  connaissance  des  espèces  assez  difficile, 
d’autant  plus  que  le  feuillage  est  poly- 
morphe, mais  les  fleurs  et  les  fruits  four- 
nissent des  caractères  constants,  sur  les- 
quels on  base  les  déterminations. 


LES  EUCALYPTUS. 


289 


L’hybridité  est  très-rare  chez  les  Euca- 
lyptus et  même  contestée  par  certaines 
personnes  ; le  docteur  Trabut  en  a cepen- 
dant obtenu  et  décrit  un,  le  premier  peut- 
être,  sous  le  nom  d’E".  Rameliana. 

Au  point  de  vue  économique,  l’impor- 
tance des  Eucalyptus  est  grande,  car  leur 
bois  de  fût  a un  grain  fin  et  serré,  une 
grande  résistance  à l’humidité  et  une  très- 
longue  durée.  On  l’emploie,  en  Australie, 
à une  foule  d’usages,  notamment  dans  l’in- 
dustrie du  bâtiment,  la  construction  des 
navires,  l’ébénisterie,  etc.  ; on  en  a même 
introduit  en  Europe  pour  le  pavage  des 
rues.  Ces  qualités  varient  naturellement 
d’une  espèce  à l’autre. 

Presque  tous  les  Eucalyptus  renferment 
une  gomme-résine  balsamique  à odeur  forte 
qui  leur  a valu  le  nom  de  Gommiers  sous 
lequel  les  colons  australiens  les  désignent 
familièrement  en  le  faisant  suivre  d’un 
qualificatif  approprié.  Cette  résine  est  douée 
de  propriétés  antiseptiques  et  même  thé- 
rapeutiques aujourd’hui  bien  connues  et 
qui  font  employer  assez  fréquemment  les 
feuilles  de  VE.  Globulus  en  infusions 
contre  les  rhumes;  son  alcaloïde,  l’eucalyp- 
tine,  est  aussi  entré  dans  la  pharmacopée 
moderne.  Chez  VE.  citriodora^  cette  résine 
dégage  une  agréable  odeur  de  citron,  d’où 
le  nom  spécifique. 

La  vigueur  de  végétation  de  certains 
Eucalyptus  est  telle  que  la  quantité  d’eau 
qu’ils  absorbent  et  transpirent  par  leurs 
feuilles  après  l’avoir  élaborée  est  énorme, 
et  rend,  en  outre  des  propriétés  précitées, 
ces  arbres  précieux  pour  assainir  les  terres 
basses  et  marécageuses.  A ce  point  de  vue, 
VE.  Globulus  est  le  plus  précieux  et  le  plus 
employé. 

Certains  Eucalyptus  comptent  parmi 
. les  géants  du  règne  végétal,  notamment 
VE.  amyçjdalina.,  qui,  malgré  son  feuil- 
lage fin  et  ses  fruits  tout  petits,  est  peut- 
être  le  plus  grand  de  tous  les  arbres.  Il 
existe  à Kew  une  photographie  de  la  base 
d’un  E.  amygdalina,  connu  à Victoria 
' sous  le  nom  anglais  de  « Big-Ben  »,  qui 
! mesurait  28  mètres  de  circonférence  à la 
base  et  atteignait  130  mètres  de  hauteur  ; 

: on  en  cite  même  un  autre  qui  atteint 

I.  155  mètres,  dépassant  ainsi  de  beaucoup 
les  fameux  Séquoia  gigantea  de  Californie. 

A la  nomenclature  et  la  connaissance 
scientifique  de  ces  beaux  arbres  s’atta- 
chent les  noms  de  deux  botanistes  émi- 
nents de  notre  siècle  ; le  baron  F.  von 
Mueller,  botaniste  du  gouvernement  en  I 


Australie,  récemment  décédé,  et  M.  Ch. 
Naudin,  directeur  de  la  villa  Thuret,  à 
Antibes.  Placés  presque  aux  antipodes,  le 
premier  a pu  étudier  les  Eucalyptus  chez 
eux  et  surplace,  tandis  que  le  dernier  a 
minutieusement  suivi  leur  introduction  et 
leur  développement  en  p]urope.  C’est  à eux 
surtout  que  l’on  doit  leur  connaissance  ac- 
tuelle. Le  baron  F.  von  Mueller  a publié  un 
grand  ouvrage  iconographique  intitulé  : 
Eucalyptograqyhia,  et  M.  Ch.  Naudin  a 
écrit,  en  outre  des  nombreux  articles  in- 
sérés dans  la  Revue  horticole  et  dans  le 
Bulletin  de  la  Société  botanique  de 
France.^  deux  brochures  intitulées  : Des- 
cription et  emploi  des  Eucalyptus  intro- 
duits en  Europe  (1883-1891),  qui  contien- 
nent d’excellentes  descriptions  et  des  notes 
sur  les  aptitudes  et  emplois  des  espèces 
introduites. 

Grâce  à l’abondance  de  leurs  graines,  à 
la  facilité  de  germination  et  d’éducation,  un 
très-grand  nombre,  la  plupart  des  espèces 
ont  été  introduites  en  Europe.  Mais,  comme 
ces  arbres  ne  peuvent  vivre  en  plein  air 
sous  notre  climat  du  Nord,  quelques  espèces 
seulement  y sont  cultivées  dans  les  orange- 
ries et  jardins  d’hiver  ; tandis  que  dans  le 
midi  de  la  France,  l’Algérie,  l’Italie,  l’Es- 
pagne, etc.,  ils  croissent  à merveille  et 
abondent  aujourd’hui.  Cependant,  le  long 
des  côtes  de  l’Océan  réchauffées  par  leGulf- 
Stream,  en  Bretagne  et  jusqu’en  Angle- 
terre, notamment  dans  le  Devonshire  et 
même  en  Ecosse,  certaines  espèces  résistent 
longtemps  en  plein  air  et  atteignent  des 
dimensions  respectables. 

L’arbre  le  plus  remarquable,  sous  ce  rap- 
port, est  celui  du  Comte  de  Devon,  à Pow- 
derham  Castle,  près  d’Exeter,  un  E.  cocci- 
fera,  qui  atteignait,  en  1880,  plus  de  18 
mètres,  avec  2 mètres  de  circonférence  à la 
base  ; cet  exemplaire  a supporté  des  froids 
de  14  à 16  degrés  ; c’est  donc  le  plus  rus- 
tique que  l’on  connaisse.  Mais,  de  même  que 
les  E.  amygdalma,  E.  Gunnii,  E.  urni- 
gera^  que  l’on  recommande  comme  résis- 
tant aux  froids,  il  est  illusoire  d’espérer  les 
voir  résister  indéfiniment  dans  le  centre  et 
tout  le  nord  de  la  France  ; les  hivers  de 
1879-80'et  1890  ne  l’ont  que  trop  prouvé. 

Sous  le  climat  parisien,  on  ne  cultive  que 
quelques  espèces,  en  pots,  pour  l’ornemen- 
tation estivale  des  jardins,  pour  la  décora- 
tion temporaire  des  appartements  et  pour 
garnir,  pendant  la  mauvaise  saison,  les 
serres  froides  et  les  jardins  d’hiver.  Ce 
sont  surtout  les  E.  Globulus,  E.  robusta^ 


290  LISTE  DES  RÉCOMPENSES  DE  L’eXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE 


E.  colossca  et  VE.  citriodora,  ce  dernier  à 
cause  de  la  bonne  odeur  que  répand  son 
feuillage. 

C’est  sur  le  versant  méditerranéen,  cette 
région  favorisée,  .qu’on  a si  justement 
nommée  la  Côte  d’azur,  qui  s’étend  depuis 
le  Var  jusqu’aux  Alpes-Maritimes  et  en 
Italie,  que  tous  les  Eucalyptus  vivent  et 
prospèrent  parfaitement  en  pleine  terre  ; ils 
y abondent  aujourd’hui  et  y forment  de 
jjeaux  arbres  d’ornement  qui,  joints  aux 
Acacia^  à certaines  Protéacées  et  autres, 
impriment  au  paysage  ce  cachet  pittoresque, 
exotique  en  quelque  sorte,  qu’admirent 
tant  les  nombreux  étrangers  qui  viennent 
y passer  l’hiver. 

L’introduction  en  Europe  des  Eucalyp- 
tus, notamment  dans  le  Midi,  est  toute  mo- 
derne, car  elle  s’est  effectuée  successivement 
depuis  1860.  Le  premier,  en  date,  comme 
sous  tous  les  autres  rapports,  est  toujours 


VE.  GlohidusK  II  fallut,  pour  faire  recon- 
naître la  valeur  et  l’utilité  qu’il  a amplement 
justifiées  depuis,  le  zèle  et  l’ardeur  infati- 
gable de  quelques  personnes  entièrement 
dévouées  à sa  cause,  en  tête  desquelles  il 
faut  placer  feu  Ramel,  qui  fut  pour  lui  un 
véritable  apôtre.  Cette  cause  est  aujourd’hui 
amplement  gagnée,  car  une  cinquantaine 
d’espèces  sont  aujourd’hui  communes  dans 
le  Midi,  une  bonne  vingtaine  y existent  à 
l’état  de  plantes  de  collection,  et  plusieurs 
y sont  encore  à l’étude,  attendant  qu’ils  se 
caractérisent  et  fleurissent  pour  qu’on 
puisse  les  rapprocher  des  espèces  déjà 
connues  ou  en  former  des  nouvelles. 

Dans  un  prochain  article  nous  décrirons 
quelques  espèces  les  plus  belles  et  les  plus 
intéressantes  et  indiquerons  leur  multi- 
plication, leur  culture  et  leurs  emplois. 

S.  Mottet. 


LISTE  DES  RÉCOMPENSES 

DÉCERNÉES  A L’EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE 

DE  FRANCE 


HORTICULTURE 


Bellanger  (A.),  horticulteur,  6,  rue  Saint- 
Jules,  à Versailles.  — Méd.  or  (Clématites). 

Beranek  (Charles),  horticulteur,  36,  rue  de 
Babylone,  à Paris.  — Méd.  arg.  (Orchidées). 

Bert(É.),  hort.,68,  rue  Victor-Hugo,  à Colombes 
(Seine)  — Prix  d’honneur,  méd.  or  (Orchidées). 

Berlin  (Jules),  horticulteur,  54,  rue  de  l’Église, 
à Paris.  — Méd.  verm.  (Orchidées)  ; méd.  arg. 
fEpiphyllum  Gartneri). 

Billiard  et  Barré,  horticulteurs,  20,  rue  de  Châ- 
ter.ay,  à Fontenay-aux-Roses  (Seine).  — Méd.  d’hon- 
neur ; méd.  or;  méd.  verm,  (Cannas);  méd.  arg. 
(Dahlias  simples). 

Bleu  (Alfred),  48,  avenue  d’Italie,  à Paris.  — 2 gr. 
méd.  verm.  (pl.  nouv.  de  semis.  Orchidées  et  Cala- 
diums  ; Sonérilas  et  Bertolonias)  ; 2 gr.  méd.  arg. 
(Orchidées  et  Caladiums);  méd.  arg.  (Bertolonias). 

Boucher  (Georges),  horticulteur,  164,  avenue 
d’Italie,  à Paris.  — Méd.  or  (Clématites)  ; méd. 
verm.  (arbustes  fruitiers  en  pots)  ; 5 gr.  méd.  arg. 
(Rosiers  haute  et  basse  tige.  Rosiers  grimpants, 
Hydrangea  Hortensia  ; méd.  arg.  (Rosiers  basse 
tige);  remerciements  (pl.  d’introd.  nouv.  Hedy- 
sarum  multijugum). 

Bouchet  (M“o  J.),  amateur-fleuriste,  11,  rue 
Darcetj  à Paris.  — Méd.  arg  ; méd.  br.  (bouquets). 

Boudard,  9,  rue  des  Bruyères,  Les  Lilas  (Seine). 
Remerciements  (pl.  nouv.  de  semis.  Pélargonium). 

Boutart,  jardinier  au  Château  de  Rougemont  — 
Méd.  arg.  (pl.  nouv.  de  semis.  Cannas). 

Boutreux,  hort.,  89,  rue  de  Paris,  à Montreuil- 
s-Bois  (Seine).  — Méd.  or;  gr,  méd.  verm. 
(Pélargoniums) 


Boyer  (F.)  et  fils,  horticulteurs,  à Gambais-lès 
Houdan  (Seine-et-Oise).  — Méd,  br,  (pl.  nouv.  de 
semis,  Rhododendrons). 

Brimeau  (Désiré),  horticulteur,  à Bourg-la-Reine 
(Seine).  — Méd.  or  (arbres  fruitiers)  ; gr.  méd. 
verm.  (arbres  fruitiers  cultivés  en  pots). 

Buisson  (Jean),  horticulteur,  75,  rue  Larnbrecht, 
à Courbevoie  (Seine).  — Méd.  arg.  (pl.  nouv.  de 
semis.  Bégonia). 

Burlot  (M.),  1 bis,  rue  de  Strasbourg,  Saint- 
Denis  (Seine).  — Méd.  arg.  (Fraises). 

Cadot,  jardinier  au  chât.  de  Montgobert  (Aisne). 
— 2 méd.  arg.  {Saintpaulia  ionanlha,  Œillets). 

Gappe  (E.)  et  fils,  horticulteurs,  au  Vésinet 
(Seine-et-Oise).  — Méd.  or  (Orchidées);  méd. 
verm.  (Crotons)  ; méd.  arg.  (Bégonia  rhizomaUtux); 
méd.  br.  (Bégonia  décora). 

Carnet  (L.),  pépiniériste.  Le  Mesnil-Amelot.  — 
2gr.  méd.  arg.  (Conifères)  ; méd.  arg.  {Calceolaria 
rugosa). 

Cayeux  et  Le  Clerc,  horticulteurs-marchands- 
grainiers,  8,  quai  de  la  Mégisserie,  à Paris.  — 
2 gr.  méd.  verm.  (Mimulus,  plantes  annuelles)  ; 
méd.  verm.  (Choux)  ; gr.  méd.  arg.  (Pyrèthre  du 
Caucase)  ; méd.  arg.  (Calceolaria  rugosa). 

Chantin  (Veuve  et  enfants  Antoine),  horticul- 
teurs, 32,  avenue  de  Châtillon,  à Paris.  — Méd. 
or  (plantes  de  serre)  ; 2 méd.  verm.  (Orchidées, 
Fougère  arbor.);  gr.  méd.  arg.  (belle  cuit.  Zamia). 

Chantin  (Auguste),  horticulteur,  83,  rue  de 
l’Arniral-Mouchez,  à Paris.  — Méd.  or  (pl.  nouv. 

1 Voir  l’article  de  M.  Ed.  André  publié  dans  la 
Revue  horticole,  1863,  p.  47- 


LISTE  DES  RÉCOMPENSES  DE  L’eXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE.  291 


de  semis,  Bégonia)  ; méd.  verm.  (Rosiers  haute 
tige)  ; méd.  br.  (pl.  nouv.  de  semis,  Bégonia). 

Chantrier  frères,  horticulteurs-pépiniéristes,  à 
Mortefontaine,  par  Plailly  (Oise).  — Méd.  or 
(plantes  de  serre)  ; 2 méd.  verm.  (pl.  d’introd. 
nouvelle,  Alocasia;  pl.  nouv.  Crolon)  ; gr.  méd. 
arg.  (pl.  d’introd.  nouv.,  Alocasia  et  Maranla). 

Charron  (V.),  horticulteur,  132  et  136,  boulevard 
de  l’Hôpital,  à Paris.  — Méd.  or  (Dracænas). 

Charron  (Charles),  jardinier,  à Viry  (Seine-et- 
Oise).  — Méd.  verm.  (pl.  nouv.  de  semis,  Cannas). 

Chevalier  (Edmond),  horticulteur,  cultivateur 
d’Asperges,  12,  rue  de  Traverse,  à ArgenteuU 
(Seine-et-Oise  ) — Gr.  méd.  verm.  (Asperges). 

Clarion  (Ernest),  horticulteur,  à Ollioules(Var). 

— Méd.  arg.  (fleurs  coupées). 

Costantin  et  Matruchot,  professeurs,  45,  rue 
d’Ulm,  à Paris.  — Méd.  arg.  (Champignons). 

Croux  et  fils,  pépiniéristes,  au  Val-d’Aulnay, 
par  Châtenay  (Seine).  — Grand  prix  d’honneur 
et  objet  d’art  (arbustes  à feuillage  persistant)  ; 
5 méd.  d’or  (Rhododendrons,  plantes  à feuillage 
ornemental,  plantes  fleuries,  arbustes  à feuillage 
persistant,  Pivoines)  ; gr.  méd.  verm.  (plantes 
fleuries;  méd.  verra,  (arbres  fruitiers)  ; méd.  arg. 
(Kalmias), 

Dallé  (Louis),  horticulteur,  29,  rue  Pierre-Char- 
ron, à Paris.  — Gr.  méd.  verm.  (plantes  de  serre). 

Debrie  (G.)  (Maison  Lachaume),  fleuriste,  10> 
rue  Royale,  à Paris.  — Méd.  d’honneur  ; 3 méd.  or 
(bouquets,  garnitures  et  fleurs). 

Defresne  (Honoré)  fils,  pépiniériste,  à Vitry 
(Seine).  — Méd.  or  (Conifères);  gr.  méd.  verm. 
{Iris  germanica);  remerciements  (Conifères). 

Delimoges  (H.),  hort.,  66,  rue  Barbés,  à Ivry- 
sur-Seine  (Seine).  — Gr.  méd.  arg.  (Iris);  méd. 
arg.  (Roses). 

Derudder,  horticulteur,  14,  rue  Saint-Charles,  à 
’Versailles  (Seine-et-Oise).  — Gr.  méd.  verm. 
(arbustes  à feuillage  persistant). 

Dessert  (A.),  horticulteur,  à Chenonceaux 
(Indre-et-Loire).  — Méd.  verm.  (Pivoines). 

Dingeon  (C.),  marchand-grainier,  19,  rue  Tron- 
chet,  à Paris.  — Méd.  or  (plantes  vivaces). 

Dugourd  (Jean-Pierre),  horticulteur,  16,  rue 
Auguste-Barbier,  à Fontainebleau  (Seine-et-Marne). 

— 3 méd.  arg.  (plantes  vivaces.  Orchidées  de  pleine 
terre,  fleurs  coupées,  Sediim). 

Dupanloup  et  C^e,  marchands-grainiers,19,  qua‘ 
de  la  Mégisserie,  à Paris.  — 3 méd.  arg.  (Cannas’ 
Rhodanthe). 


Du  Seuil,  horticulteur,  à Vitry-sur-Seine  (Seine). 
— Méd.  arg.  (Pensées). 

Dutremblay  du  May,  amateur,  27,  rue  Lam- 
bretch , à Courbevoie  (Seine).  — Méd.  arg.  (pl.  nouv. 
de  semis.  Anthurium)  ; méd.  br.  (plantes  de  serre). 

Duval  et  fils,  horticulteurs,  8,  rue  de  l’Ermitage, 
à Versailles  (Seine-et-Oise)  — Gr.  méd.  verm, 
(Broméliacées)  ; 2 méd.  verm.  ^Orchidées,  A nthu- 
rium Scherzerianum)  ; gr,  méd,  arg.  (pl.  nouv. 
Fougères);  méd.  arg.  (Asparagus  Sprengeri). 


Falaise  aîné,  horticulteur,  129,  rue  du  Vieux- 
Pont-de-Sèvres,  à Billancourt  (Seine).  — Gr.  méd. 
verm.  (Pensées). 

Fatzer,  à Quessy  (Aisne),  — Prix  d’honneur, 
objet  d’art  et  méd.  or  (fruits  forcés). 


Férard  (Louis),  marchand-grainier,  15,  rue  de 
’Arçade,  à Paris.  — Méd.  or  (plantes  annuelles). 


Friche  ainé,  amateur,  4,  rue  Dumont,  à Vitry 
(Seine).  — Méd,  or.  (Bouquets  et  garnitures). 

Garden  (J.),  horti.,  4,  av,  des  Bellevues,  à Bois- 
Colombes  (Seine). — Gr.  méd.  verm.  (Orchidées). 

Gillard  (Auguste),  hortic.,  4, rue  Maître-Jacques, 
à Boulogne  (Seine).  — Méd.  verm.  (belle  cuit. 
Anthémis)  ; méd.  arg. (Chrysanthèmes Étoile-d’Or). 

Girardin  (Eugène),  cultivateur -horticulteur, 
28,  rue  de  l’Hôtel-Dieu,  à Argenteuil  (Seine-et- 
Oise).  — Gr.  méd.  arg.  (Asperges). 

Hervé  (Lucien),  jardinier  chez  M>»û  Henri 
Cartier,  12,  route  de  Flandre,  à Pantin  (Seine). 
— Gr.  méd.  verm.  (plantes  de  serre). 

Hochard  et  C^e,  horticulteurs,  à Pierrefitte 
(Seine).  — Méd.  arg.  (Œillets). 

Hoïbian,  marchand-grainier,  16,  quai  de  la 
Mégisserie,  à Paris.  — Gr.  méd.  arg.  (Iris). 

Jarles  (Louis),  horticulteur-primeuriste,  198,  rue 
de  Paris,  à Taverny  (Seine-et-Oise).  — 2 méd. 
arg.  (Melons  cantaloups  et  Fraises). 

Jupeau  (L.),  hortic,,  135,  route  de  Fontainebleau, 
à Kremlin-Bicêtre  (Seine  . — Méd.  or  et  gr,  méd. 
verra,,  2 méd.  verm.  (Rosiers  haute  et  basse  tige). 

Lacôte  (Jean-Alexandre),  ingénieur,  3,  place 
Jussieu,  à Paris.  — Méd,  br.  (Urtica  nivea). 

Lacroix-Lhérault,  hortic.,  72,  rue  de  Pontoise, 
Argenteuil  (Seine-et-Oise).  — Méd.  arg.  (Asperges). 

Lambert  (Eugène),  jardinier-chef,  Hospice  de 
Bicètre  (Seine).  — Gr.  méd.  verm,  (légumes  et 
salades  forcés). 

Lebaudy  (Robert),  amateur,  à Bougival  (Seine- 
et-Oise).  — Méd.  d’honneur  et  méd.  or  (plantes 
de  serre)  ; méd.  verm.  (Gloxinias)  ; méd.  arg. 
(Streptocarpus). 

Lecointre  (A.),  pépiniériste,  à Louveciennes 
(Seine-et-Oise).  — ■ Gr,  méd.  arg.  (Pivoines). 

Le  Couteulx  (Camille-Charles),  horticulteur- 
grainier,  à Tgny  (Seine-et-Oise).  — Méd.  arg.  (Fou- 
gères herbacées);  méd.  br.  ipl.  nouv.  de  semis. 
Pélargonium  zonale). 

Lelièvre  (Eugène),  sculpteur,  83,  boulevard 
Richard-Lenoir,  à Paris.  — Méd.  arg.  (groupe- 
ment de  fleurs  en  vases  décoratifs). 

Lemaire  (L.),  horticulteur,  26,  rue  Friant, 
Paris.  — Gr.  méd.  verm.  (Chrysanthèmes). 

Letellier  et  fils,  pépiniéristes,  à Caen  (Calva- 
dos). — Méd.  arg.  (Conifères);  méd.  br.  (pl.  nouv. 
de  semis,  Cannas  à feuilles  panachées). 

Levavasseur  et  fils,  pépiniéristes,  à Orléans 
(Loiret).  — Méd.  arg.  (Rosiers  nouveaux). 

Lévêqiie  et  fils,  horticulteurs,  à Ivry  (Seine).  — 
Prix  d’honneur  (Rosiers);  4 méd.  or,  3 gr.méd, 
verm.  2gr.  méd.  arg.  (Rosiers  haute  et  basse  tige. 
Rosier  polyantha). 

Malot-Boulley,  horticulteur,  71,  rue  Victor-Gui- 
chard, à Sens  (Yonne).  — Gr.  méd.  arg,  (Roses). 

Marcoz,  9,  avenue  Victoria,  à Paris.  — Méd. 
arg.  (Fougères). 

Maron.(Ch.),  à la  Cavalière-St-Barnabé,  à Mar- 
seille (Bouches-du-Rhône).  — Méd.  or  (pl.  nouv. 
de  semis.  Orchidées). 

Millet  fils,  horticulteur,  à Bourg -la -Reine 
(Seine).  — Méd.  or  (Fraisiers  en  pots)  ; 2 gr. 
méd.  verm.  (Fraises)  ; 2 méd.  verm.  (Pivoines  et 
Fraises)  ; méd.  arg.  (Iris)  ; remerciements  (ar- 
bustes fruitiers  en  pots). 

Monnier  père,  horticulteur,  60,  ‘ ■ 

Malakoff,  à Paris.  — Remerciements  (Fusains). 


292  LISTE  DES  RÉCOMPENSES  DE  l’eXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE. 


Morimoto  artiste  japonaise,  57,  rue  de 

Chazelles,  à Paris.  — xMéd.  or.  (Ornementation  ja- 
ponaise). 

Moser,  horticulteur,  1,  me  Saint  Symphorien, 
à Versailles  (Seine-et-Oise).  — Méd.  or  (Rhodo- 
dendrons) ; 4 gr.  méd.  verm.  (Rhododendrons  et 
pl.  nouv.  de  semis,  Clématites)  ; 2 méd.  verm. 
(Azalées,  Fougères)  ; 2 méd.  arg.  (Rhododendrons 
et  Azalées). 

Niklaus  (Théophile),  horticulteur,  23,  avenue 
Rouget-de-l’Isle,  à Vitry-sur-Seine  (Seine).  — Méd. 
verm.  (Rosiers  nains  forcés). 

Nonin  (Auguste),  horticulteur,  20,  avenue  de 
Paris,  à Châtillon-sous-Bagneux  (Seine).  — Gr- 
méd.  verm.  (Pélargoniums)  ; méd.  verm.  (Œillets)  ; 
gr.  méd.  arg.  {^Bégonia  gigantea)  ; 2 méd.  arg- 
(Pélargonium  et  pl.  nouv.  de  semis  Salvia). 

Opoix  (Octave),  jardinier  en  chef  au  jardin  du 
Luxembourg,  Oi-,  boulevard  Saint-Michel,  à Paris. 

— Diplôme  d’honneur  (plantes  de  serre)  ; félicita- 
tions pour  son  lot  de  plantes  de  serre  variées. 

Paillet  (L.)  fils,  horticulteur,  vallée  de  Cbàtenay, 
près  Paris  (Seine).  — 3 gr.  méd.  verm.  (Conifères 
et  Pivoines)  ; méd.  verm.  (arbustes  à feuillage 
décoratif)  ; gr.  méd.  arg.  {ügdrangea  panicnlata)) 
4 méd.  arg.  (Conifères,  Pivoines,  arbustes  à feuil- 
lage décoratif). 

Parent  (J. -G.),  horticulteur,  2,  rue  du  Vieux- 
Chemin-de-Paris,  àRueil  (Seine-et-Oise).  — Méd. 
verm.  (fruits  forcés)  ; gr.  méd.  arg.  (Verveines). 

Piret  (Alcide),  horticulteur,  9,  boulevard  de 
Sannois,  à Argenteuil  (Seine-et-Oise).  — Membre 
du  jury  ; félicitations  {Cattleija  Mossiæ  blanc). 

Plet  (Gabriel),  hortic.,  au  Plessis-Piquet  (Seine). 

— Gr.  méd.  verm.  (Bégonias  tubéreux  de  semis\ 

Poirier  (A.)  et  fils,  horticulteurs,  12,  rue  de  la 

Bonne-.Vvenlure,  à Versailles  (Seine-et-Oise).  — 
Méd.  or  (Pélargoniums)  ; 2 méd.  verm.  (Pélargo- 
niums zonale  et  inquinoms). 

Queneau-Poirier,  hortic.,  à St-Cyr-Tours (Indre- 
et-Loire).  — Gr.  méd.  arg.  (Bruyère). 

Régnier  (A.\  hortic.,  à Fontenay-s. -Bois.  — 
Gr.  méd.  verm.  (Œillets)  ; méd.  verm.  (pl.  nouv. 
de  semis,  Cypripedium);  méd.  arg.  (Orchidées). 

Rothberg  (Adolphe),  horticulteur,  à Gennevil- 
liers  (Seine).  — Méd.  or,  gr.  méd.  verm.  (Rosiers 
grimpants)  ; 2 méd.  verm.  (Rosiers  et  Rosiers 
basse  tige);  gr.  méd.  arg.  ; 2 méd.  arg.  (Rosiers 
haute  tige). 

Sallier  (Joanni),  horticulteur,  9,  rue  Delaize- 
ment,  à Ncuilly  (Seine).  — Gr.  méd.  arg.  (pl.  nouv. 


de  semis.  Bégonia)  ; 3 méd.  arg.  {Fuchsia  pen- 
dula,  Boronia  et  plantes  nouvelles  de  semis); 
méd.  br.  (plante  d’introd.  nouv.  Campanule). 

Simon  (Charles),  horticulteur,  rue  des  Fon- 
taines, à Saint-Ouen  (Seine).  — Méd.  d’honneur 
et  méd.  or  {P hgllocaclus)  ; 2 méd.  arg.  (belle  cul- 
ture, Cactées  fleuries). 

Société  de  secours  mutuels  des  Jardiniers- 
Maraîchers  de  la  Seine.  Président  : M.  Piver 
(Pierre-Marie),  42  6is,  rond-poind  Victor-Hugo,  à 
Issy-les-Moulineaux  (Seine).  — Prix  d’honneur 
(légumes)  ; méd.  or  (légumes  et  salades  forcés). 

Tabar  fils,  horticulteur,  38,  rue  Grétry,  à Mont- 
morency (Seine-et-Oise\  — Méd.  verm.  (Calcéo- 
laires);  méd.  arg.  (pl.  nouv.,  Carex);  méd.  br.  (pl. 
nouv.  de  semis,  Calcéolaires). 

Thiébaut-Legendre,  horticulteur,  8,  avenue 
Victoria,  à Paris.  — Gr.  méd.  verm.  (plantes  bul- 
beuses) ; méd.  verm.,  méd.  arg.  (plantes  vivaces). 

Torcy-Vannier,  grainier-horliculleur,  12,  rue 
de  la  Juiverie,  à Melun  (Seine-et-Marne).  — Méd. 
or  (Caladium);  gr.  méd.  arg.  (Iris). 

Truffant  (A.),  horticulteur, 40,  rue  des  Chantiers 
à Versailles  — Méd.  or  (plantes  de  serre). 

Urbain  (Louis),  horticulteur,  42,  rue  de  Sèvres, 
à Clamart  (Seine).  — Gr.  méd,  verm.  et  méd.  verra . 
(pl.  nouv.  de  semis.  Bégonia). 

Vacherot  (Henri),  horticulteur,  53,  rue  de  Paris, 
à Boissy-Saint-Léger  (Seine-et-Oise).  — 2 gr.  méd. 
verm.  (Bégonias  tubéreux). 

Vallerand  frères,  horticulteurs, 28,  avenue  Fai- 
dherbe,  à Bois-Colombes  (Seine).  — Méd.  or 
(Gloxinias)  ; gr.  méd.  arg.  (Bégonias  tubéreux  de 
semis)  ; méd.  arg.  {Bégonia  cristata). 

Vigneron,  horticulteur,  à Olivet  (Loiret).  — 
Méd.  verm.  (Roses)  ; méd.  arg.  (Iris). 

Vilmorin-Andrieux  et  Ci®,  marchands-gt  ainiers, 
4,  quai,  de  la  Mégisserie,  à Paris.  — Prix 
d’honneur  (légumes)  ; méd.  d’honneur  (pl.  an- 
nuelles); 3 méd.  or  (légumes  forcés:  salades,  Cal- 
céolaires, Pommes  de  terre)  ; 4 gr.  rriéd.  verm. 
(pl.  vivaces  et  annuelles,  Reines-Marguerites,  Capu- 
cines) ; 4 méd.  verm.  (Salades,  Pois  et  Haricots 
forcés.  Pavots)  ; 2 gr.  méd.  arg.  [Calceoiaria 
rugosa  et  pl.nouv.  de  semis.  Pavots)  ; 7 méd.  arg. 
(Mîwm^ms,  Muffier,  Chrysanthème  à carène.  Can- 
nas et  pl.  nouv.  de  semis,  Schizanthus)  ; méd.  br. 
(pl.  nouv.  de  semis,  Coleus). 

Vouette  (A.),  horticulteur,  2,  rue  Ernest-Renan 
à Issy  (Seine).  — Méd.  or  (plantes  de  serre). 


CONCOURS  SPÉCIAL  DE  BOUQUETS 


EXPOS.4NTS  PROFESSIONNELS 

Bouquets  à la  main  faits  sur  place  : Méd, 
d'or.  M.  Griess.  — Gr.  méd.  de  verm.  M.  Bérard  et 
MmeHardouin.  — Méd.  br.  M^o  Horel  et  C‘0.  — 
Ment.  hon.  M“>e  Chénier,  M^o  Freling  (Berlhe), 
M"û  Laille  (Maria). 

Gerbes  : Méd.  d'or.  M®®  Chénier.  — Gr.  méd. 
verm.  MH®  Griess. — Méd.  verm.  M.  Bérard.  —Méd. 
br.  Mn>®  Freling  (Berthe),  M»!®  Hardouin.  — Ment, 
hon.  M.  Crégut,  MHe  Laille  (Maria),  M.  Mézart. 

EXPOS.'^NTS  AMATEURS 

Bouquets  à la  main  faits  sur  place  : Méd' 


rf’arq.MHode  Vilmorin.  — Méd.  br.  M^o  de  Bertrand. 
— Ment.  hon.  MHo  Carré  (Isabelle),  MHod’Aguiard 
(Marie-Thérèse). 

Gerbes  : Félicitations  unanimes  du  Jury. 
Mfn®de  Bourgoing.  — Méd..  verm.  M®>®  André 
Déroulède.  — Med.  d’arg.  MHo  Tissot,  MHo  de 
Bertrand,  M"®®  Villard  (A.),  M^®  Dolfus  (E.), 
Mme  Kinen  (Anita).  — Méd.  br.  MHo  Villard  (Thé- 
rèse), MHo  Eustis  (Lydia),  MHc  d’Aguiard  (Marie- 
Thérèse),  M®®  Hochon,  M^o  Pouzadoux  — Ment, 
hon.  MHo  Lefèvre,  MHo  Rodrigues,  MH®  Molinos 
(Geneviève),  MHo  Molinos  (Marie),  M^e  Molinos 
(Marguerite),  MHo  Carré  (Isabelle),  MHo  Villemer 
(A.),  MH®  Villard  (Abeille). 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur- Gérant  i L.  Bourguignon. 


CIIRONIQCÆ  HORTICOLE. 


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CHRONIQUE  HORTICOLE 

Le  cyclone  du  18  juin  1897  à Paris.  — Expositions  et  Concours  en  1898  et  1899  à la  Galerie  des 
Machines.  — École  d’arboriculture  de  la  ville  de  Paris.  — Rusticité  de  VArmicaria  hnbricata.  — 
Exposition  d’horticulture  de  Marseille.  — Concours  de  Pomologie  à l’Exposition  ée  Bruxelles.  — 
Hommage  à Pierre  Duchartre.  — Expositions  annoncées.  ~ Nécrologie  : MM.  Bourderioux,  Ilosle, 
Louis  Faucon.  — Erratum. 


Le  cyclone  du  18  juin  1897,  à Paris. — 

Un  cyclone,  d’une  violence  extrême  pour 
notre  climat,  et  bien  plus  terrible  que  ceux 
de  l’année  dernière,  s’est  abattu,  le  18  juin 
dernier,  sur  une  partie  de  la  banlieue  pari- 
sienne. La  trombe  dévastatrice  s’est  formée 
à 4 h.  1/2,  dans  la  plaine  de  la  Garenne- 
Colombes.  Comme  une  gigantesque  toupie, 
elle  a secoué,  en  « ronflant  »,  les  gens,  les 
arbres,  les  maisons,  les  usines  dé  six  terri- 
toires. 

Il  y a eu  six  morts  et  de  nombreux 
blessés  ; on  signale  même  deux  cas  de  folie. 
Des  maisons  sont  éventrées,  des  murs  dé- 
molis, des  toitures  scalpées  ; le  sol  est  jon- 
ché d’arbres,  de  madriers,  de  réverbères, 
de  cheminées,  de  débris  de  toutes  sortes. 

Le  cyclone  a traversé  d’abord  La  Ga- 
renne par  le  boulevard  de  la  République,  le 
Rond-Point  du  Centre  et  la  rue  Voltaire.  Il 
est  venu  d’un  bond  s’abattre  sur  Rois-Co- 
lombes, dévastant  la  rue  de  la  Côle-Saint- 
Thibaut,  la  rue  des  Rourguignons , et 
s’attaquant  avec  furie  au  promontoire  qui 
sépare  les  lignes  d’Argenteuil  et  de  Saint- 
Germain,  et  où  sont  les  ateliers  de  la 
Compagnie  de  l’Ouest.  Un  train  de  voya- 
geurs est  passé  là  quelques  secondes  avant 
la  trombe  ; il  eût  été  sans  doute  fortement 
secoué  si  elle  l’avait  heurté. 

Continuant  sa  course,  le  cyclone  s’est  jeté 
sur  le  nord-est  d’Asnières,  où  il  n’a  rien 
laissé  debout.  Les  arbres  de  l’avenue  Pereire 
sont  déracinés,  les  palissades  du  chemin  de 
fer  sont  emportées.  On  peut  suivre  la 
marche  du  fléau  rue  de  la  Promenade,  rue 
du  Bac,  place  de  la  Comète,  route  d’Argen- 
teuil, rue  Saint-Denis,  route  des  Grésillons, 
où  la  trouée  mesure  40  mètres  environ  de 
largeur,  et  place  Voltaire,  où  une  fête 
foraine  a été  balayée.  Puis,  prenant  à l’est, 
il  est  venu  s’abattre  sur  le  vieux  Saint- 
Ouen.  Là,  sur  la  Seine,  un  bateau-lavoir  a 
été  coupé  en  deux.  Plus  loin,  le  désastre  est 
aussi  grand  qu’à  Asnières  et  à Bois-Co- 
lombes : rues  de  Paris,  du  Rempart,  de 
l’Écu-de-France,  du  Petit-Hôtel,  du  Landy, 

1er  Juillet  1897 


de  Seine,  et  boulevard  de  la  Révolte.  Rue 
du  Laridy,  chez  l’un  de  nos  abonnés, 
M.  Guillaume  Compoint,  un  cheval  est  tué 
sur  le  coup,  dans  son  écurie,  par  la  chute 
de  la  toiture  d’une  grange.  Le  désastre  a 
atteint  Saint-Denis.  En  passant  sur  la 
plaine,  il  a entièrement  saccagé  l’exploita- 
tion maraîchère  de  M.  Dumur.  Enfin,  la 
trombe  paraît  s’être  lassée  à la  Courneuve  : 
elle  s’y  est  affalée  en  hachant  toutes  les  cul- 
tures. 

Toutes  celles,  d’ailleurs,  qui  existaient 
sur  son  passage,  entre  les  villages  où  il  n’a 
été  que  trop  facile,  hélas  ! de  le  relever, 
sont  considérablement  endommagées.  Les 
Asperges  sont  arrachées,  les  Blés  hachés, 
les  arbres  fruitiers  déracinés.  Dans  cette 
région  désolée,  comme  dans  celles  où  a sévi 
la  gelée  des  11  et  12  mai  derniers,  voilà 
une  fois  de  plus  la  patience  et  les  ressources 
des  cultivateurs  soumises  à une  rude 
épreuve. 

Ce  n’est  pas  la  première  catastrophe  de 
ce  genre  qui  se  produit  sous  le  climat  sé- 
quanien.  En  1893,  une  trombe  désola  Mai- 
sons-Laffite.  On  a encore  présent  à la  mé- 
moire le  cyclone  qui  dévasta  le  faubourg 
Saint-Thibaut,  à Dreux,  en  1889.  Une  partie 
de  la  forêt  de  Gompiègne,  près  de  Pierre- 
fonds,  fut  dévastée  en  1876. 

Ce  qui  devient  inquiétant,  c’est  la  fré- 
quence de  tels  phénomènes,  que  les  météo- 
rologistes ne  réussissent  guère  à expliquer. 

Expositions  et  Concours  en  1898  et  1899 
à la  Galerie  des  Machines.  — Une  com- 
mission nommée  en  vue  d’étudier  l’instal- 
lation, pour  1898  et  1899,  des  salons  de 
peinture  et  des  concours  hippique  et  agri- 
cole avait  approuvé  un  projet  qui  consistait 
à édifier,  pour  les  abriter,  un  vaste  hall  sur 
l’emplacement  des  Tuileries,  là  où  un  élé- 
gant jardin  français  relie  si  heureusement 
le  Carrousel  au  jardin  des  Tuileries. 

Le  Conseil  des  ministres,  dans  sa  séance 
du  6 juin  dernier,  a décidé,  contrairement  à 
l’avis  exprimé  par  cette  Commission,  que 


13 


294 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


J\IM. 

1.  Ghallmagne  (G.). 

2.  Laurent  (Esp.). 

3.  Poupion  (Jules) . 

4.  Kerpezdron  (Émi- 

le de). 

5.  Beaufour  (Pierre). 

6.  Blier  (Gélestin). 

7.  Hubert  (Louis). 

8.  Dufour(Fernand). 

9.  Launay  (Lucien). 

10.  Lévêque  (Jean). 

11.  Patrie  (Joseph). 


MM. 

12.  Lemoine  (Jules). 

13.  Gautier  (Georges) 

14.  Gerbet  (Gharles). 

15.  Hondemarck  (ɻ9- 

16.  Belot  (Joseph). 

17.  Prégermain  (J.). 

18.  Veyre  (Louis). 

19.  Marguet  (Léonce). 

20.  Boucherat(Léon). 

21.  Lacourt  (Valéry). 

22.  Jolly  (Alphonse). 

23.  Vanderchruyssen 


MxM. 

24.  Goste  (Léon). 

25.  Personne  (Léo.). 

26.  Jandot  (Glaude). 

27.  Delacoud  (Pierre). 

28.  Bourdier  (Edm.) . 

29.  Stock  (Johnn). 


MM. 

30.  Gartaud  (Jules). 

31.  Lormeau  (Aug.). 

32.  Bœuf  (François). 

33.  Gautherot  (Aug.). 

34.  Daumary (Victor). 

35.  Bereau  (Louis). 


pendant  les  années  dont  il  s’agit,  la  Gale- 
rie des  Machines  serait  affectée  à ces  diffé- 
rentes expositions.  Gela  vaudra  assurément 
mieux  que  d’anéantir  la  charmante  scène 
encadrée  par  les  palais  qui  font  encore  par- 
tie de  la  richesse  architecturale  delà  grande 
Gité^  et  dont  la  vue  eût  été  ainsi  grande- 
ment masquée. 

Notre  collahorateur,  M.  H.  Dauthenay, 
émettait  récemment  le  vœu  que  les  futures 
expositions  d’horticulture  fussent  installées 
dans  la  Galerie  des  Machines. 

C’est  un  désir  dont  la  réalisation  ne  sera 
guère  compatible  avec  la  décision  qui  vient 
d’être  prise,  à moins  de  faire  de  l’Exposition 
d’horticulture  ce  qu’elle  était  autrefois,  une 
annexe  de  l’Exposition  des  Beaux-Arts,  et 
certainement  personne,  dans  le  monde  hor- 
ticole, ne  peut  y songer. 

École  d’arboriculture  de  la  ville  de 
Paris.  — Conformément  au  règlement  de 
l’École  municipale  et  départementale  d’ar- 
boriculture, les  examens  de  fin  d’année  des 
élèves  qui  ont  suivi  le  cours  de  M.  Char- 
gueraud,  professeur  pendant  la  période  de 
icS96-l897,  ont  eu  lieu  les  22  et  23  juin. 

Le  jury,  nommé  par  M.  le  Préfet  de  la 
Seine,  était  composé  de  ; 

MM. 

Pierre  Baudin,  conseiller  municipal.  — Prési- 
dent. 

Gornu,  professeur  au  iMuséum.  — Vice-prési- 
dent. 

Lévêque,  conseiller  général. 

Ilétier,  ingénieur  en  chef  du  département. 
Boreux,  ingénieur  en  chef  chargé  du  service 
des  promenades. 

Rivet,  professeur  de  sylviculture  à l’Institut 
national  agronomique. 

M.-L.  de  Vilmorin,  horticulteur. 

Jamin,  liorticulteur. 

Gatellier,  conducteur  municipal  du  service  des 
promenades. 

Voici,  par  ordre  de  classement  les  élèves 
qui  ont  obtenu  le  certificat  d’aptitude  : 


Rusticité  de  l’Araucaria  imbricata.  — 

Ce  que  nous  avons  dit,  dans  notre  dernier 
numéro,  des  conditions  climatériques  né- 
cessaires à la  prospérité  de  l’Araucaria 
du  Chili,  nous  a valu  deux  lettres  très- 
intéressantes  dont  nous  publions  les  ex- 
traits suivants  avant  de  conclure  : 

U Araucaria  imbricata  peut  être  cultivé 
avec  succès  en  pays  sec,  à condition  qu’il  ne 
soit  pas  isolé.  Il  faut  le  placer  dans  un  gazon 
entouré  de  Conifères  isolés,  le  dominant,  et  qui 
lui  servent  d’écran  contre  le  soleil  d’un  côté, 
contre  le  mistral  et  les  bises  de  l’autre.  On  en 
voit  des  exemplaires  très-réguliers  et  de  plu- 
sieurs mètres  de  hauteur  aux  environs  de 
Genève,  localité  sécharde  par  excellence. 

Cette  lettre  nous  est  adressée  par  un  de 
nos  correspondants,  habitant  les  bords  du 
lac  de  Genève  (canton  de  Vaud). 

La  seconde  lettre  est  due  à notre  collabo- 
rateur et  ami,  M.  Fr.  Morel,  de  Lyon. 

Elle  soutient  une  thèse  différente  : 

A l’appui  de  votre  note  sur  les  conditions 
atmosphériques  réclamées  par  V Araucaria  im- 
hricata,  je  puis  vous  fournir  cette  [indication  : 
c’est  qu’à  Lyon  et  aux  environs  il  est  pour 
ainsi  dire  incultivable,  tandis  que  dans  les 
montagnes  du  Haut-Beaujolais,  au-dessus  de  la 
région  des  vignes  et  dans  celle  des  prairies  et 
des  bois,  il  prospère  à merveille,  jusqu’à  ce 
qu’un  hiver  trop  rigoureux  le  mutile  ou  le 
tue.  Mais  à ce  dernier  point  de  vue,  vous  serez 
peut-être  étonné  d’apprendre  qu’il  a supporté 
sans  abri,  en  janvier  1893,  25"  centigrades 
sous  zéro  par  le  vent  du  Nord.  Je  souligne 
cette  dernière  condition  parce  qu’un  froid  pa- 
reil amené  par  le  vent  du  Midi,  bien  plus 
chargé  de  vapeurs,  est  incomparablement  plus 
funeste  à la  plupart  des  végétaux. 

Mais,  pour  en  revenir  aux  causes  qui  le 
favorisent  dans  le  Haut-Beaujolais,  il  faut  les 
chercher  dans  les  indications  du  pluviomètre. 
Tandis  que  Lyon  appartient  à une  zone  udo-  ^ 
métrique  caractérisée  par  une  moyenne  an- 
nuelle de  730  millimètres  environ,  Monsol, 
centre  de  la  région  beaujolaise  la  plus  boisée, 
reçoit  1042  millimètres  1/2  et  parfois  jusqu’à  f 
1600  en  certaines  années.  Il  serait  donc  inté- 
ressant de  comparer  l’humidité  atmosphérique  ;; 
de  cette  région  avec  celle  des  autres  régions  où 
réussit  V Araucaria.  F.  Morel.  n 

Nous  pouvons,  de  notre  côté  ajouter  ceci  : 1 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


295 


Les  Araucaria  imbricata  de  M.  Boc- 
card,  exposés  à Genève  l’année  dernière, 
étaient  fort  beaux.  Celui  de  Prégny,  près 
de  Genève,  chez  M™®  la  baronne  Adolphe 
de  Rothschild,  est  un  superbe  exemplaire, 
très-garni  de  branches,  qui  prospère  parfai- 
tement en  plein  air. 

Bien  plus,  ceux  de  M.  L.  Fournier,  à la 
Cavalière,  près  de  Marseille,  et  ceux  de 
M.  Sahut,  à Latles,  près  de  Montpellier, 
atteignent  5 à 6 mètres  de  hauteur  ou 
même  plus  et  produisent  des  cônes.  Nous 
en  connaissons  encore  d’autres  dans  le  Midi. 

Mais  quelle  comparaison  pourrait-on 
faire  de  ces  arbres,  grêles  pour  la  plupart, 
à branches  trop  distantes,  séchant  bien 
souvent  par  la  base,  avec  les  admirables 
exemplaires  qui  prospèrent  dans  les  climats 
humides  et  tempérés  comme  ceux  qu’adou- 
cissent les  effluves  salutaires  du  Gulf- 
Stream!  Dans  la  presqu’île  normande, 
depuis  le  Cotentin  jusqu’à  Cherbourg, 
dans  les  îles  de  la  Manche,  chez  M.  de  Ker- 
sauzon  en  Bretagne  et  dans  cent  autres 
endroits  de  ces  contrées  ; à Dropmore  et 
ailleurs  en  Angleterre,  il  faut  admirer 
V Araucaria  imbricata  et  son  épaisse  ra- 
mure, avec  ses  longues  branches  traînant 
jusqu’à  terre. 

C’est  vraiment  là  qu’il  faut  le  voir,  pros- 
pérant comme  aux  Andes  chiliennes,  en 
concluant  que  le  climat  humide  lui  est  né- 
cessaire et  que  la  sécheresse  ne  lui  va  géné- 
ralement pas. 

Exposition  d’horticulture  de  Marseille. 

— Le  3 juin  a eu  lieu,  à Marseille,  l’ouver- 
ture de  l’Exposition  d’horticulture,  qui  a 
été  très-brillante,  sous  la  présidence  de 
M.  Heckel,  président  de  la  Société  d’horti- 
culture et  de  botanique  de  Marseille,  une 
des  illustrations  de  la  botanique  contempo- 
raine. La  disposition  donnée  à cette  Exposi- 
tion a été  des  plus  heureuses.  Nous  sommes 
heureux  d’apprendre  que  le  prix  d’honneur 
de  l’Exposition  a été  obtenu  par  M.  Maron, 
notre  distingué  collaborateur,  pour  ses  Or- 
chidées. MM.  Feuillet,  F.  Nicoles,  Thabot 
frères,  J. -B.  Ricard,  se  sont  partagé  les 
autres  prix  principaux.  On  a beaucoup  ad- 
miré les  140  espèces  et  variétés  de  plantes  in- 
digènes de  M.  V.  Davin  ; les  Hibiscus  à 
fleurs  doubles  de  M.  Coste  ; les  plantes  orne- 
mentales de  M.  Monteil  ; les  fruits  de 
M.  Gauvin  ; les  Courges-Patates  de  M.  Hec- 
kel  ; les  Œillets  et  Melons  de  primeur  de 
l’École  d’Antibes,  les  Orchidées  et  les  plantes 
'de  serre  chaude  de  M.  Fournier. 


Rarement  on  a vu  à Marseille  une  si 
nombreuse  collection  de  plantes,  disposées 
avec  autant  de  goût. 

Concours  de  Pomologie  à l’Exposition 
de  Bruxelles.  — A l’Exposition  interna- 
tionale de  Bruxelles,  le  premier  prix  unique 
du  concours  de  Pomologie  a été  décerné  à 
notre  compatriote,  M.  Honoré  Defresne, 
pour  fruits  frais  de  la  récolte  de  1896. 

Nous  sommes  heureux  d’en  pouvoir  féli- 
citer ici  le  distingué  pépiniériste  dont  le 
nom  est  si  justement  connu. 

Hommage  à Pierre  Duchartre.  — Le 

23  mai  dernier,  la  petite  commune  de  Por- 
tiragnes,  près  de  Béziers,  était  en  fête.  Il 
s’agissait  de  commémorer  la  naissance  de  l’il- 
lustre botaniste,  Pierre  Duchartre,  membre 
de  l’Institut,  qui  y vint  au  monde,  en  1811. 

Une  plaque  en  marl)re  noir  avec  l’ins- 
cription suivante  : Pierre  Duchartre,  bota- 
niste, 181  i-l891,  a été  placée  sur  la  mai- 
son où  il  est  né. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Saint-Germain-en-Laye,  du  il  au  15  sep- 
tembre. — La  Société  d’horticulture  de  Saint- 
Germain-en-Laye  organise  une  Exposition,  qui 
aura  lieu  sur  le  parterre  du  Château,  du  11  au 
15  septembre  prochain. 

Le  programme  comprend  100  Concours, 
ainsi  répartis  : introductions  et  semis,  5 con- 
cours; — belle  culture,  3;  — serre  chaude,  18; 
— serre  tempérée,  18  ; — pleine  terre,  28;  — 
fruits,  8 ; — légumes,  7 ; — ornementation  flo- 
rale, 3 ; — arts  et  industries,  10. 

S’adresser,  pour  renseignements  et  de- 
mandes d’exposer,  à M.  Thinard,  151,  rue  de 
Pologne,  à Saint-Germain-en-Laye. 

Besançon,  du  il  au  14  septembre.  — La 
Société  d’horticulture  du  Doubs  ouvrira,  du 
11  au  14  septembre,  une  Exposition  générale 
des  produits  de  l’horticulture,  de  la  viticulture, 
de  l’apiculture  et  des  objets  d’art  ou  d’indus- 
trie utilisés  pour  le  jardinage,  ou  servant  à la 
décoration  des  parcs  et  des  jardins. 

Le  programme  comprend  33  Concours  ; 
culture  maraîchère,  4 concours  ; — floricul- 
ture,  9 ; — arboriculture,  5 ; — viticulture, 
10;  — cidres  et  poirés,  2;  — apiculture,  2;  — 
matériel -horticole,  1. 

Adresser  les  demandes,  avant  le  30  août 
prochain,  à A.  Laureaux,  président  de  la  So- 
ciété, 5,  rue  de  Lorraine,  à Besançon. 

1 La  Rerue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Ja,cob, 
Paris. 


296 


LE  JUBILÉ  DE  LA  REINE  VICTORIA. 


Nécrologie  : M.  Bourderioux.  — Nous 
avons  appris  avec  un  vif  regret  la  mort 
de  M.  Bourderioux,  chef  des  cultures  géné- 
rales de  la  maison  Vilmorin,  à Verrières-le- 
Buisson,  décédé  le  28  mai  1897.  Né  le 
3 mars  1834,  M.  Bourderioux  appartenait  à 
cet  établissement  depuis  l’année  1859.  Long- 
temps attaché  au  laboratoire  de  M.  Henry 
de  Vilmorin,  il  devint  le  chef  des  cultures 
de  Verrières  et  resta  17  ans  à ce  poste, 
qu’il  honora  par  d’excellents  et  loyaux 
services.  Son  souvenir  restera  au  cœur  de 
tous  ceux  qui  l’ont  connu. 

M.  Hoste.  — Récemment  décédé, 
M.  Hoste  fut  un  des  horticulteurs  lyonnais 
les  plus  connus  pour  leurs  obtentions  de 
plantes  nouvelles  en  floriculture  de  plein 
air.  Aussi  ses  confrères  lui  dédiaient-ils 
souvent  certaines  de  leurs  nouveautés.  C’est 
ainsi  que  bon  nombre  de  Rosiers,  de 
Chrysanthèmes,  de  Dahlias,  de  Pélargo- 
niums,  etc.,  portent  son  nom.  M.  Hoste  vi- 
vait retiré  depuis  deux  ans  à Talmay  (Côte- 
d’Or). 


M.  Louis  Faucon.  — L’horticulture 
perd,  en  M.  L.  Faucon,  un  collectionneur 
émérite.  Ses  collections  de  Chrysanthèmes 
étaient  remarquables.  C’est  à lui  que  l’on 
doit  l’idée  de  la  submersion  des  vignes  pour 
lutter  contre  le  Phylloxéra,  remède  efficace 
mais  qui  malheureusement  ne  pouvait 
s’appliquer  que  dans  un  petit  nombre  de 
cas. 

. Erratum.  — Dans  notre  dernier  nu- 
méro, page  287,  première  colonne,  article 
de  M.  F.  Morel,  une  ligne  oubliée  a déna- 
turé le  sens  d’une  phrase,  qui  doit  être  ré- 
tablie ainsi  : 

« Les  Cannas  surtout,  (étaient  repré- 
« sentés)  : d’abord  par  une  collection  de 
((  fortes  plantes  fleuries  amenées  à la  perfec- 
« tion  dans  les  cultures  de  M.  Molin,  en- 
« suite  par  une  seconde  collection  de 
((  M.  Crozy,...  etc...) 

Ed.  André. 


LE  JUBILÉ  DE  LA  REINE  VICTORIA 


Les  fêtes  commémoratives  de  la  soixan- 
tième année  du  règne  de  la  reine  Victoria 
d’Angleterre  ont  commencé  le  22  juin,  et 
se  sont  accomplies  avec  un  éclat  extraordi- 
naire partout  où  bat  le  cœur  d’un  Anglais. 
Cette  explosion  universelle  de  « loyalisme  » 
est  un  trait  caractéristique  de  l’unanimité 
d’un  grand  peuple  dans  l’affection  pour  son 
souverain.  Nos  lecteurs  ont  eu  connaissance 
de  ces  réjouissances  sans  égales.  Nous  ne 
voulons  en  retenir  ici  que  ce  qui  concerne 
l’horticulture  dans  ses  rapports  avec  le 
jubilé  de  la  reine.  Nous  trouvons  les  élé- 
ments de  cette  notice  dans  le  soin  qui  a été 
pris  par  la  presse  horticole  anglaise  de  réu- 
nir tout  ce  qui  pouvait  rappeler  le  nom  de 
« Sa  Gracieuse  Majesté  ».  Notre  excellent 
confrère  The  Gardeners'  Chronicle^  entre 
autres,  a consacré  tout  un  numéro  à cet 
intéressant  sujet. 

D’abord  les  résidences  royales  : Windsor, 
où  tant  d’événements  historiques  se  sont 
déroulés,  où  l’importance  du  palais  et  la 
beauté  de  la  position  trouvent  peu  d’égales, 
où  le  parc,  les  terrasses,  les  parterres  sont 
si  bien  tenus  ; Frogmore,  remarquable  par 
ses  serres  à forcer  les  fruits,  sa  grande 
serre  à Palmiers,  son  jardin  d’hiver;  Kew- 
Palace,  palais  de  brique,  aujourd’hui  inoc- 
cupé, et  où  la  reine  Charlotte  mourut,  en 


1805  ; Kensington-Palace,  où  la  reine  Vic- 
toria naquit,  le  24  mai  1819,  et  où  elle 
passa  son  enfance,  jardins  aux  belles  ave- 
nues de  verdure,  dont  l’une  s’appelle  la 
« Promenade-des-Fleurs  » [Floicer-Walk), 
où  John  Leech  représenta  un  enfant  disant 
à qui  lui  montrait  un  tout  jeune  Kœlreu- 
teria  paniculata  : « Pourquoi  une  si  petite 
plante  a-t-elle  un  nom  si  long  ? » 

Dans  Londres  même,  entourés  de  hautes 
murailles,  se  trouvent  les  beaux  jardins  de 
Buckingham-Palace,  que  peu  de  visiteurs 
ont  vus,  excepté  ceux  qui  assistent  aux  gar- 
den  parties  de  Sa  Majesté  et  qui  contien- 
nent de  belles  scènes  paysagères  calmes 
et  reposantes  au  milieu  du  bruit,  des 
brouillards  et  de  la  fumée  de  la  grande 
cité. 

Combien  le  lieu  de  prédilection  de  la  reine 
dans  l’ouest  de  l’Angleterre,  Osborne,  près 
de  Cowes,  est  plus  riant  et  plus  agréable  ! 
L'étiquette  sévère  de  Windsor  et  de  Buckin- 
gham-Palace n’y  est  plus  nécessaire,  et  la 
ferme  modèle,  le  palais  en  villa  italienne,  v 
les  pentes  descendant  vers  la  rivière  So- 
lent,  les  jardins  où  le  Myrte,  le  Camellia  ; 
etle  Palmier  de  Chine  {Chamærops  excelsa)  ^ 
croissent  vigoureusement  et  défient  les  hi- 
vers, les  terrasses  et  les  parterres,  jusqu’au 
Sciadopytis  verticillata  planté  par  la  reine, 


LE  JULILÉ  DE  LA 

sont  autant  d’attractions  de  cette  charmante 
localité. 

Enfin  Baimoral,  en  Écosse,  est  un  autre 
lieu  de  retraite  où  la  reine  Victoria  se  plaît 
infiniment,  au  milieu  d’une  nature  plus 
grandiose  et  plus  sauvage. 

Ce  long  règne  de  soixante  années,  pen- 
dant lequel  le  nombre  de  18  millions  de  su- 
jets de  la  reine  devait  doubler,  a été  fertile 
en  progrès  horticoles.  Si  les  Anglais  recon- 
naissent aujourd’hui  qu’il  serait  désirable 
de  renforcer  l’éducation  de  leurs  jeunes  jar- 
diniers par  un  enseignement  technique  qui 
leur  a fait  jusqu’à  présent  défaut,  ils  n’en 
sont  pas  moins  passés  maîtres  dans  bien 
des  cultures  spéciales,  comme  la  culture 
des  Orchidées,  du  Raisin  sous  verre,  des 
plantes  de  serre  froide,  etc. 

Depuis  1837,  année  où  Victoria  monta 
sur  le  trône,  jusqu’à  nos  jours,  les  bota- 
nistes et  les  horticulteurs  dont  l’Angleterre 
peut  s’enorgueillir  forment  une  véritable 
légion.  C’est  cette  année  même  que  Bindley 
nomma  Victoria  regina  la  gigantesque 
Nymphéacée  brésilienne.  Puis  de  nom- 
breuses plantes  portèrent  le  nom  de  la  sou- 
veraine : Charles  Noble  obtint  le  Rhododen- 
dron The  Queen;  Th.  Moore  publia  l’Agarc 
Victoriæ  reginæ  (qui  n’était  autre,  cepen- 
dant, que  l’A.  Consideranti  déjà  nommé 
en  France)  ; Rennett  mit  au  jour  la  Rose 
lier  Majesty,  sans  parler  de  nombreux 
Œillets,  Pélargoniums,  Crotons,  Bégonias, 
Dracénas,  etc.,  qui  rappelèrent  le  nom  de 
la  reine  Victoria. 

Dès  le  commencement  du  règne,  Loudon, 
Bindley,  William  Hooker  étaient  déjà  cé- 
lèbres. Herbert  était  le  type  de  l’horticulteur 
érudit.  Puis  vinrent  sir  Joseph  Hooker  et  le 
grand  Darwin.  Au  nombre  des  plus  célèbres 
explorateurs,  on  a compté  Douglas,  Fortune 
et  tant  d’autres.  Parmi  les  horticulteurs- 
marchands,  les  noms  de  Veitch,  de  Paul,  de 
Standish,  de  Turner,  de  Waterer,  de  Jack- 
man, etc.,  sont  restés  populaires. 

Dans  la  presse  horticole,  il  faudrait  citer 
de  nombreux  noms,  comme  ceux  de  Mas- 
ters, de  Robert  Hogg,  de  Moore,  de  W.  Ro- 
binson, de  Shirley  Hibbert,  etc., 

On  sait  quel  énorme  développement  ont 
pris  les  colonies  anglaises,  qui  excitent  l’en- 
vie du  monde  entier  et  ont  conduit  1’  Union 
Jack»,  c’est-à-dire  le  pavillon  delà  Grande- 
Bretagne,  sur  toutes  les  mers.  Ba  botanique 
et  l’horticulture  y ont  toujours  été  l’objet  des 
plus  grandes  sollicitudes.  Sous  la  haute  ins- 
piration du  magnifique  établissement  de 
Kew,  les  cultures  tropicales  ont  pris  un 


REINE  VICTÜKIA.  21)7 

grand  essor  dans  les  possessions  lointaines 
de  l’Angleterre 

Nombreux  sont  les  arbres  plantés  par  la 
reine  pour  commémorer  une  date  de  son 
existence.  A Windsor,  un  Cèdre  du  Biban 
planté  en  1840  et  un  Cèdre  Déodara  portent 
son  nom  ; à Osborne  on  montre  un  Abies 
Hnsapo,  de  1849  ; un  Cupressus  Lamher- 
tiana,  de  1862;  un  Thuya  Lohhii,  de  1857; 
un  Abies  grandis,  de  1866;  un  Abies 
Nordmanniana,  àQ  \ un  Thuyopsis 
dolabrata,  de  1873,  un  Abies  lasiocarpa, 
de  1883.  A Ghatsworth,  la  jeune  princesse 
Victoria  planta  à sa  première  visite,  en  1832, 
un  Chêne  qui  est  superbe  aujourd’hui  ; 
à Taymouth,  en  1842,  la  reine  plante  un 
Pinus  sylvestris  et  un  Chêne  ; à Drum- 
mond-Gastle,  la  même  année,  un  Hêtre 
pourpre  ; à Blair  Athole,  en  1844,  deux 
Chênes  ; en  1847,  à Ardverikie  (Écosse), 
un  Pin  sylvestre  ; à Haddo  House,  en  1857, 
un  Wellingtonia  ; à Balmoral,  de  1862 
à 1890,  12  arbres  divers  ; à Dunkela, 
en  1865,  un  Cedrus  atlantica  ; à Floars, 
Gastle,  enl867,  un  Wellingtonia\  àinverary 
Castle,  en  1875,  un  Abies  pectinata  et  un 
Cedrus  Libani  ; à Broxmouth  Park, 
en  1878,  un  Cedrus  Deodora. 

Bes  bouquets,  les  décorations  florales  de 
tout  genre  ont  été  prodigués  avec  une  pro- 
fusion extraordinaire  à l’occasion  du  Jubilé 
de  diamant  « Diamond  Jubilee  day  ». 
Parmi  les  recommandations  les  plus  gra- 
cieuses qui  aient  été  faites  et  qui  ont  été 
suivies  en  grande  partie,  il  faut  compter 
celle  du  doyen  de  Rochester,  le  D*’  Hole,  qui 
avait  suggéré  l’idée  que  chacun  portât  à sa 
boutonnière  une  Rose  en  ce  jour  mémo- 
rable, et  que  plus  tard  le  22  juin  restât 
connu  familièrement  comme  le  « Jour 
royal  des  Roses  » {Royal  Rose  day). 

B’empressement  des  horticulteurs  actuels 
à ajouter  de  nouvelles  plantes  à celles  qui 
portent  déjà  le  nom  de  la  reine  s’est  donné 
libre  carrière.  Ce  n’est  pas  assez  que  nous 
ayons  déjà  la  Rhubarbe  ((  Victoria  » et  le 
Concombre  « Empress  of  India  »,  le  jour  du 
Jubilé  donne  lieu  à une  invasion  de  légumes 
commémoratifs.  Il  est  difficile  de  garder  la 
mesure  en  toutes  choses. 

Mais  cet  enthousiasme  est  touchant  même 
dans  sa  forme  naïve;  il  montre  que  l’affection 
et  la  reconnaissance  régnent  dans  les  cœurs 
des  Anglais  pour  la  souveraine  sous  le 
règne  de  laquelle  leur  pays  est  arrivé  à un 
haut  degré  de  gloire  et  de  prospérité. 

Ed.  André. 


298 


L ART  DE  KAIRE  LES  BOUQUETS. 


L’ART  DE  FAIRE  LES  BOLQIJETS 


li  y a maintenant  deux  sortes  de  bouque- 
tières : celles  qui  le  deviennent  par  appren- 
tissage et  celles  qui  le  deviennent  par 
passe-temps.  Nous  connaissions  les  pre- 
mières ; les  secondes  viennent  de  se  révéler 
à l’Exposition  d’horticulture  de  Paris  où 
l’on  a organisé,  comme  l’an  passé,  un  con- 
cours de  bouquets  à leur  intention. 

Le  concours  a même  eu,  cette  fois,  une 
forme  tout  à fait  piquante  ; il  comportait 
une  sorte  d’examen  pratique  de  20  minutes 
pendant  lesquelles  les  concurrentes  ont  dû, 
sous  les  yeux  d’un  jury  de  dames,  faire 
leurs  bouquets  à la  main. 

Je  souhaitais  humblement  aux  personnes 
qui  devaient  prendre  part  à celte  lutte  toute 
d’émulation  et  de  talent  de  ne  pas  se  laisser 
intimider  par  leurs  juges,  et  je  désirais  vi- 
vement que  les  délicates  attaches  de  leurs 
poignets  ne  fussent  pas  trop  fatiguées  à serrer 
les  hampes  des  fleurs  qu’elles  avaient  à as- 
sembler. Ces  vœux  ont  été  exaucés. 

La  commission  qui  a eu  l’heureuse  idée 
de  ce  concours  avait  ses  raisons  pour  l’or- 
ganiser comme  elle  l’avait  décidé. 

Il  n’en  est  pas  moins  vrai  que  le  bouquet 
fait  à la  main  est  difficilement  autre  chose 
qu’un  médiocre  bouquet.  Pourquoi  cela  ? 
Parce  qu’il  est  lié. 

Il  eût  été  préférable,  plus  commode,  moins 
fatigant,  de  donner  aux  candidates,  pour  y 
édifier  leurs  bouquets,  des  vases  ad  hoc  ; 
un  cornet,  une  potiche,  ou  le  svelte  porte- 
bouquet  au  galbe  infundibuliforme,  élégant 
et  hardi,  qui  rappelle  les  verres  de  Bohême 
du  XVIP  siècle. 

J’ajoute  que  cette  disposition  permettrait 
d’apprécier  une  chose  importante  : les  pro- 
portions du  bouquet  par  rapport  au  vase- 
support.  Gela  a bien  son  intérêt. 

On  fabrique  aujourd’hui  des  porte-bou- 
quets de  même  aspect  que  les  verres  de 
Bohême,  mais  les  lèvres  en  sont  légèrement 
recourbées  à la  façon  des  bords  d’une  co- 
rolle de  Liseron,  et  la  base,  terminée  en 
pointe,  s’emboîte  dans  un  pied  métallique 
non  fragile. 

Dans  un  de  ces  vases,  mettez  une  poignée 
d’épis  de  Glaïeuls  variés  et  de  hauteurs 
inégales,  vous  aurez  un  bouquet,  un  vrai. 
Quelques  feuilles,  deux  ou  trois  épis  non 
encore  fleuris,  mais  dont  les  premiers  bou- 
tons s’enlr’ouvrent,  achèvent  de  le  bien  ca- 
ractériser; ces  épis  finissent  d’indiquer  dans 


toutes  ses  parties  la  plante  qui  vous  a 
fourni  les  éléments  du  bouquet;  ils  vous 
montrent  tous  les  états  de  la  floraison  des 
Glaïeuls. 

Gequeje  dis  pour  les  Glaïeuls,  il  faudrait 
le  répéter  pour  les  Roses,  les  Ghrysantbèmes, 
les  Pivoines,  etc. 

Dans  les  petits  vases,  deux  ou  trois  Heurs 
suffisent  généralement,  posées  sans  re- 
cherche, pour  procurer  d’un  seul  coup  un 
de  ces  effets  d’opposition  ou  d’harmonie  que 
nous  aimons  tant. 

Une  branche  de  Balisier,  une  Rose  thé, 
un  brin  de  Graminée  (Phalaride  roseau) 
réunis,  procurent  un  de  ces  effets-là,  et  l’on 
peut  les  obtenir  de  cent  autres  façons. 

L’essentiel  est  de  grouper  les  fleurs,  au- 
tant que  possible,  telles  qu’elles  se  pré- 
sentent sur  la  plante  où  on  les  a cueillies. 
Si  un  fruit  pend  à l’une  des  branches,  ne 
l’enlevez  pas  : c’est  un  caractère. 

D’ailleurs,  c’est  précisément  quand  on  les 
observe  au  jardin,  dans  la  liberté  de  leur 
croissance,  que  les  plantes  peuvent  nous 
suggérer  des  idées  sur  la  forme  idéale  des 
bouquets.  Ici,  rien  ne  les  entrave,  rien  ne 
les  lie  : leurs  branches  rayonnent,  elles  s’é- 
cartent, se  dressent  à l’aise,  sans  qu’aucun 
pli  vienne  froisser  une  feuille  ou  meurtrir  un 
pétale;  l’air  les  inonde,  la  lumière  les  baigne, 
mettant,  par  son  jeu,  tanlôt  une  ombre 
douce,  tantôt  une  tache  éclatante  sur  le  lui- 
sant des  feuilles.  Des  fleurs  sont  épanouies  ; 
d’autres,  encore  fermées,  demeurent  cachées 
dans  le  bouton  dont  la  peau  tendue  va  s’ou- 
vrir. Toutes  s’élèvent  au-dessus  delà  plante, 
se  dégagent  de  la  masse  feuillée,  se  dissé- 
minent au  gré  del’éparpillementdes pousses. 

G’est  cela  qu’on  voit  dans  les  jardins  ; le 
sentir  est  affaire  d’attention  ; s’en  inspirer, 
affaire  de  pratique. 

Donc,  peu  importe  la  forme  pyramidale 
ou  irrégulière  de  l’ensemble  : l’essentiel  est 
que  les  branches  du  bouquet  rayonnent,  se 
dégagent  les  unes  des  autres  et  nous 
montrent  tout  ce  qu’il  y a d’harmonieux, 
d’ondoyant,  dans  les  contours  des  feuilles 
et  des  fleurs. 

Les  Japonais,  « qui  sont  les  premiers  dé- 
corateurs du  monde  »,  n’admettent  pas 
qu’un  bouquet  soit  lié  ; ils  ne  conçoivent 
point,  non  plus,  qu’il  ait  une  symétrie. 

Ainsi,  pour  eux,  placer  une  lleur  entre 
deux  branches  de  feuillage  ou  une  branche 


CERATOPTERIS  TIIALICTROIDES. 


299 


de  feuillage  entre  deux  Heurs,  c’est  com- 
mettre une  lourde  faute  d’esthétique. 

Les  Japonais  veulent  que  les  bouquets 
soient  simples  et  naturels;  aussi  ne  suis-je 
pas  surpris  qu’ils  aient  créé  des  lois  de  l’art 
iloral  et  des  écoles  pour  les  enseigner. 

£n  France  nous  n’avons  encore  rien  de 
pareil  ; mais  voyez  la  curieuse  coïncidence  : 
tandis  que  la  Société  d’horticulture  crée  ce 


concours  de  bouquets,  qui  est  peut-être  bien 
un  commencement  d’école,  un  grand  jour- 
nal mondain  enregistre  le  fait  très-suggestif 
de  ce  couple  japonais,  installé  à Paris,  et 
dont  la  femme,  « une  petite  personne  mi- 
gnonne comme  une  poupée  »,  a pour  métier 
d’aller  en  ville  apprendre  aux  belles  dames 
l’art  si  délicat  de  grouper  des  fleurs  dans  un 
vase.  Georges  Bellair. 


CERATOPTERIS  THALICTROIDES 


Le  genre  Ceratopteris  (du  grec  keras, 
corne,  et  Pteris,  Fougère),  a été  fondé 
par  Ad.  Brongniart  pour  une  Fougère 
annuelle  et  aquatique,  originaire  des 
eaux  stagnantes  de  l’Asie  et  de  l’Amérique 
tropicales. 

Ce  genre  monotypique  est  constitué  par 
l’espèce  suivante  : Ceratopteris  thalie- 
troides , Brongnt  (Acrostichum  thalie- 
troides,  L.  ; Pteris  thalictroides,  Siv.  ; 
Ellabocarpus  oleraeeus,  KaulL;  Barkeria 
pteroides). 


Description  : Plante  annuelle,  aquatique, 
émergée  et  amphibie,  atteignant  40  à 50  cen- 
timètres de  hauteur  dans  les  cultures  ; 
pétioles  renflés,  en  touffe,  portant  des  frondes 
d’aspect  charnu  : les  inférieures  sinuées  ou  à 
peine  pinnatifides,  les  secondes  bipinnatifides, 
et  les  troisièmes  tripinnatifîdes,  à divisions 
très-étroites.  Les  frondes  de  cette  Fougère 
sont  d’un  vert  très-gai  ; les  supérieures  sont 
seules  fertiles  et  produisent  à leur  page  in- 
férieure une  quantité  de  sporanges  assez  gros 
renfermant  un  grand  nombre  d’organes  re- 
producteurs ou  spores,  sous  forme  d’une 
poussière  jaune  d’or.  Les  frondes  stériles  sont 
gemmifères,  c’est-à-dire  qu’elles  produisent  na- 
turellement sur  leur  surface  des  bourgeons 
qui,  étant  isolés,  constituent  des  individus  dis- 
tincts. Ces  bourgeons  apparaissent  plus  nom- 
breux lorsqu’une  fronde  est  mise  en  contact 
avec  l’eau  ou  toute  autre  surface  humide. 

Culture.  — Le  Ceratopteris  exige  une 
température  minima  de  18  à IG»  G.,  pour 
végéter  ; c’est  donc  une  plante  de  serre 
chaude,  qui  peut  aussi  se  cultiver  en  serre 
froide  ou  en  orangerie  pendant  l’été,  mais 
pas  en  plein  air  avec  succès.  Aquatique  de 
sa  nature,  il  faut  donc  la  cultiver  en  pots 
plongés  dans  l’eau  au  moins  jusqu’à  moitié 
de  leur  hauteur,  préférablement  jusqu’aux 
deux  tiers,  dans  les  bassins  des  serres,  les 
aquariums,  ou  simplement  dans  des 
terrines  non  percées.  Cette  plante  aime 
beaucoup  la  lumière  et  s’étiole  d’autant 


plus  qu’elle  est  plus  éloignée  du  vitrage  et 
tenue  dans  un  milieu  plus  chaud.  C’est  en 
serre  froide,  pendant  l’été,  qu’elle  nous  a 
le  mieux  réussi. 

On  l’obtient  de  la  façon  suivante  : On 
sème  — le  plus  clair  possible  — en  février- 
mars,  en  serre  chaude,  sur  des  terrines  ou 
des  pots  remplis  de  terre  de  bruyère 
fibreuse,  reposant  sur  un  bon  drainage,  et 
que  l’on  place  ensuite  dans  une  terrine 
plus  grande  ou  bassin,  de  façon  à ce  que  le 
récipient  soit  à moitié  baigné  par  le  liquide. 
La  levée  est  rapide.  Lorsque  les  2 ou  3 pre- 
mières feuilles  apparaissent,  on  repique  le 
plant  en  godet  de  5 à 6 centimètres,  iso- 
lément, en  terre  de  bruyère  grossière.  Ces 
godets  sont  replacés  dans  l’eau  et  espacés  à 
mesure  que  les  plantes  se  développent. 

Peu  de  temps  après  on  rempote  en  pots 
ou  en  terrines  de  10  à 15  centimètres  de 
diamètre,  en  terre  de  bruyère  à laquelle  on 
aura  ajouté  un  quart  de  terre  franche  et  un 
peu  de  fumier  de  vache  bien  consommé. 
Les  plantes  sont  alors  espacées  suivant  leur 
force,  et  placées  dans  un  endroit  de  la  serre 
qui  leur  soit  favorable,  car  il  faut  dire  ici 
que  le  grand  défaut  de  ces  plantes  réside 
dans  l’extrême  fragilité  de  leurs  frondes 
que  le  moindre  choc,  parfois  même  leur 
propre  poids,  brise,  sans  qu’elles  puissent 
se  relever.  C’est  donc  un  point  capital  de 
les  placer  hors  de  toute  atteinte  et  de  les 
manipuler  le  moins  souvent  possible. 

La  multiplication  par  les  bourgeons  que 
produisent  les  frondes  est  très-facile  et 
consiste  à séparer  ces  bourgeons  lorsqu’ils 
sont  assez  développés  et  pourvus  de  quelques 
racines  dont  on  aura  favorisé  la  venue  en 
courbant  les  feuilles  sur  la  terre  humide 
d’un  pot.  Mais  le  semis  est  si  facile  et  les 
semences  si  nombreuses  qu’il  vaut  mieux 
préférer  ce  moyen  de  propagation.  La  ré- 
colte des  spores  a lieu  lorsque  les  frondes 
supérieures  jaunissent  et  laissent  échapper 


300  GARNITURES  d’aPPARTEMENT  ET  BUUQUE’ 

Jeur  poussière  : on  coupe  quelques  frondes 
qu’on  met  sécher  et  que  l’on  conserve  en 
lieu  bien  sec. 

Le  semis  peut  être  fait  toute  l’année, 
permettant  ainsi  d’avoir  des  plantes  tou- 
jours jeunes  et  vigoureuses. 

Le  Ceratopteris  peut  servir  à décorer 
tous  les  lieux  aquatiques  des  serres  : 
bassins,  aquariums  ; tenu  en  terrine,  il  est 


TS  A l’exposition  UE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE. 

susceptible  d’y  prendre  un  beau  dévelop- 
pement. Ce  n’est  pas  une  très-belle  Fou- 
gère, mais  elle  est  intéressante  parce  qu’elle 
est  annuelle  et  aquatique^  et  ses  droits 
à la  culture  se  font  valoir  dans  une  végé- 
tation vigoureuse  et  rapide,  une  grande 
facilité  de  reproduction,  et  dans  un  feuil- 
lage d’un  vert  gai  qui  n’est  pas  sans  mé- 
rite ornemental.  Jules  Rudolpii. 


LES  GARNITURES  D’APPARTEMENT  ET  LES  BOUQUETS 

A L’EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 


G^est  dans  la  matinée  du  mercredi  2 juin 
qu’ont  eu  lieu  les  concours  de  bouquets 
organisés,  dans  son  Exposition,  par  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France. 

Parmi  ces  concours,  il  en  est  un  qui 
concerne  les  bouquets  confectionnés  devant 
le  jury.  La  première  idée  d’un  aussi  intéres- 
sant et  agréable  tournoi  fut  émise  en  1895 
par  les  organisateurs  de  l’Exposition  de 
Cannes,  à propos  de  bouquets  et  de  gerbes 
qui  y avaient  été  très-remiarqués.  L’idée  fut 
mise  à exécution  l’année  suivante,  et  l’Ex- 
position de  Cannes  vit,  en  1896,  le  premier 
concours  de  bouquets.  Il  y en  eut  un  aussi 
à celle  de  Paris,  mais  exclusivement  con- 
sacré aux  bouquets  confectionnés  à l’avance. 
La  tentative  a été  renouvelée  cette  année  à 
Cannes  et  à Paris,  mais  dans  des  conditions 
bien  différentes  ! 

A Cannes,  le  concours  est  public  ; aussi 
ne  laisse-t-il  pas  que  d’être  un  des  attraits 
les  plus  exquis  et  les  plus  recherchés  de 
l’Exposition.  Les  concurrents,  rangés  devant 
une  table  surélevée,  sont  isolés  l’un  de 
l’autre  par  un  paravent  ; ils  ne  se  voient 
donc  pas  et  personne  ne  peut  les  aider.  Ils 
reçoivent  chacun  un  panier  de  fleurs,  en 
quantités  égales  et  également  variées. 

A Paris,  le  concours  n’a  pas  été  public. 
Peut-être  étonnerons-nous  nos  lecteurs  en 
ajoutant  que  c’est  à peine  si  la  presse  horti- 
cole a pu  y assister.  Puis,  la  Société  ne 
fournissant  pas  les  fleurs,  il  arrive  que  les 
approvisionnements  des  concurrentes  sont 
dissemblables  : il  en  est  qui  arrivent  avec 
des  fleurs  montées  ; d’autres,  point.  Ainsi, 
les  difficultés  ne  sont  pas  égales  pour  toutes. 
Enfin,  comme  il  n’existait,  pour  ce  concours, 
aucun  aménagement  semblable  à celui  de 
Cannes,  les  jurées  — dames  patronnesses  — 
et  les  concurrentes  ont  dû,  au  travers  de 
flaques  d’eau  bourbeuse  laisées  çà  et  là  par 
l’orage,  déambuler  jusqu’à  la  buvette,  où. 


sous  une  tente  décorée  des  affiches-réclames 
du  Moulin-Rouge  et  du  Jardin  de  Paris,  et 
sur  des  guéridons  d’une  propreté  probléma- 
tique, elles  ont  du  confectionner  tout  à fait 
« à la  bonne  franquette  » leurs  bouquets  en 
20  minutes  ! 

Le  concours  était  divisé  en  deux  parties  : 
l’une  pour  les  fleuristes  professionnelles, 
l’autre  pour  les  dames  et  les  demoiselles 
amateurs. 

C’est  M**®  de  Vilmorin  qui  obtient  le  pre- 
mier prix  avec  un  admirable  bouquet  de 
Roses.  Viennent  ensuite  Marie-Louise 
de  Rertrand,  avec  des  Roses  entremêlées 
de  Gypsophile,  et  M**®  Marie  - Thérèse 
d’Aguiard,  avec  une  gerbe  légère  et  gracieuse 
d’Œillets  clairsemés  dans  du  Gypsophile. 

Du  côté  des  professionnelles,  M’*®  Alber- 
tine  Griess  parvient,  enl5  minutes,  à confec- 
tionner un  superbe  et  gracieux  bouquet  de 
Roses,  de  Lilas  blanc  et  d’Orchidées. 
Avec  de  pareilles  fleurs,  M‘"®  Hardouin 
exécute  aussi  un  bouquet  rond  en  16  mi- 
nutes. M'^®  Chénier  confectionne  rapide- 
ment un  bouquet  blanc  de  Tubéreuses, 
de  Roses  blanches,  d’ Odontoglossum , le 
tout  entouré  de  feuilles  d’ Adiantum  res- 
sortant sur  une  collerette  de  papier-dentelle. 
Il  faudrait  citer  aussi  les  bouquets  de 
Mn>e  Fréling,  de  M^^®  Laïlle,  et  de  M'’^®  Horel. 

A côté  de  ce  concours,  il  en  était  un  autre, 
de  bouquets  confectionnés  à l’avance  et 
dans  lesquels  se  trouvaient  de  véritables 
merveilles. 

Au  premier  rang  de  celles-ci  M'"®  la  ba- 
ronne de  Rourgoing  enlève  les  félicitations 
du  jury  avec  une  superbe  gerbe,  dans  la- 
quelle se  côtoient  sans  s’entrechoquer  la 
rouge  flamme  de  quelques  Lilium  elegans, 
le  bleu  intense  des  Delqdiinium^  et  la 
fraîche  blancheur  des  Kalmia  (fig.  102). 

Mais  M®^®  de  Rourgoing,  présidente  du 
jury,  est  hors  concours. 


GARNITURES  d’a PPARTEMENT  ET  ROUOIJETS 

Le  premier  prix  est  décerné  à la  gerl)c  ex- 
posée par  Déroiilède  : des  Glaïeuls  s’y 
balancent  avec  des  Lis  des  Lermndes,  dans 
un  flot  transparent  de  Folle-Avoine  et  d’din- 


A i/kX  POSITION  DE  LA  SOClÉI'É  NATIONALE, 

thrÎROi^  si/Ivcfilris.  Les  gerlies  ainsi  que  la 
garniture  d’une  potirhe  en  llorlensias  et 
Jris,  de  M"“=  Villaivl,  élaient  frès-remar- 
quées.  M'*'’  Lydia  Fiislis  s’est  signalée  par 


Fig.  lO^.  — Gerbe  fleurie  Je  la  baronne  de  Bourgoing. 
(Félicitations  unanimes  du  jury) 


un  bouquet  de  fleurs  des  champs  : Coqueli- 
cots, Iris  des  marais,  Marguerites  des  prés, 
sortant  d’un  flot  de  Spiræa  Anmcus.  Citons 
encore  la  gerbe  de  Pivoines  et  d’iris  de 
M"*!  Villemer  ; les  gerbes  de  Pivoines,  Œil- 


lets, Glaïeuls  et  Roses  de  Molinos  ; 

celle  d’Œillets  entremêlés  de  Larjurus  ova- 
tus,  d’Aira  pulchella  et  d' Adiantum  de 
Anita  Kinen  ; celle,  toule  en  lilas  blanc, 
de  M.  Friche,  etc. 


302  GARNITURES  d’APPARTEMENT  ET  BOUQUETS  A l’eXPOSITION  DE  LA  SOC.IÉTÉ  NATIONALE. 


Du  côté  des  professionnelles,  la  première  I 
médaille  d’or  de  ce  concours  échoit,  avec  les  | 
félicitations  du  jury,  à Chénier,  lleu- 
riste,  7,  rue  de  Provence.  Et  c’est  à très 
juste  titre,  car  sa  gerbe  légère  est  la  plus 
remarquable  de  toutes,  par  le  montage  de 
ses  Pensées,  aussi  délicat  et  aussi  dissimulé 
que  possible,  et  s’échappant  d’un  nuage 
Ôl  Asparagus  Sprengeri  qu’émaillent  des 


Caitleya  Mossiæ.W'^^  Alhertine  Griess,  10, 
rue  Auber,  se  signale  par  un  véritable  feu 
d’artifice  de  Delpbiniums  et  d’iris  jaunes 
sortant  d’un  flot  de  Spirées.  Notons  aussi 
une  gerbe  exposée  par  Bouchet  et 

composée  de  Roses  diverses,  de  Cypripe- 
diums  et  de  Lilas  blancs,  avec  une  gra- 
cieuse courbure  en  Odontoglossum  cris- 
pum. 


Fig.  103.  — Garniture  d’appartement  exposée  par  M.  G.  Debrie  (maison  Lachaume). 
(Médaille  d’honneur  des  dames  patronnesses). 


Quant  aux  garnitures  florales  d’apparte- 
ment, la  palme  doit  être  accordée,  sans  ré- 
serves, à M.  Debrie-Lachaume  pour  les  jo- 
lies créations  dont  nous  donnons  ici  le 
dessin.  Dans  l’une  (fig.  103),  d’un  jonc  par- 
tagé en  deux  ramifications  de  hauteur  diffé- 
rente, pendent,  à gauche,  deux  grappes 
diAerides  odoratum.  La  plus  haute  rami- 
fication se  termine  par  une  tige  florale  de 
Cymbidium  Lowii  sortant  d’un  flot  de 


Cattlega  Mossiæ,  que  surmonte  une  fine  ^ 
crête  d’ Odontoglossum  cirrhosum.  Un 
élégant  Cocos  Weddelliana  émergeant  du  C 
centre  de  la  jardinière  accompagne  le  jonc 
depuis  son  départ.  Une  grappe  d’ Odonto- 
glossum crispum  en  dissimule  la  bifurca- 
tion, et  d’un  groupe  de  Lælia  purparata 
placé  à quelque  distance  en  dessous,  s’é-  N 
cbappe,  à gauche,  une  tige  de  Sobralia  y 
macrantha.  Le  fond  de  la  jartlinière 


GARNITUIILS  d’aPPAUTEMENT  ET  BOUQUETS  A i/eXPOSITION  DE  LA  SOUIÉFÉ  NATIONALE.  1)03 


cache  la  naissance  du  jonc  et  du  Cocos  par 
un  flot  à' Asparagus  Sprengeri,  d’où  s’é- 
lancent des  Cgpripedium^  des  Catllega, 
des  Oncidium  Cavendishianum,  des 
Odontoglossum  Ilarrganum;  on  y voit 
même,  au  milieu,  une  fleur  de  Masdevallia . 


L’autre  composition  (fl^^ 
g-rande,  est  étagée  sur  un  jonc  courbé  en 
arcade  et  dont  les  deux  extrémités  plongent 
dans  une  jardinière.  Un  Kentia  accom- 
pagne le  montant  de  gauche.  A moitié  de 
sa  hauteur  se  voient,  à droite,  une  lielle 


Fig.  104.  — Garniture  d’appaiTement^exposée  par  M.  G.  Debrie  (maison  Lachaume). 
(Médaille  d’honneur  des  dames  patronnasses). 


t : grappe  de  Saccolohium  Blumei,  à gauche, 

t I deux  fleurs  de  Cattleya  Mendeli,  un  peu 
\ plus  haut,  une  tige,  avec  ses  feuilles  de 
' Sohralia  macrantha.  Divers  groupes 
I I qV Odontoglossum  crispum  ornent  la  cour- 
! hure  jusque  vers  le  bas  du  montant  de 
i droite  dans  un  nuage  d’Asparagiis  plu- 


mosus,  d’où  émergent,  à droite,  un  Onci- 
dium Papilio,  à gauche  et  en  dessous,  un 
Anthurium  ornatum.  La  jardinière  elle- 
même,  luxueusement  garnie,  laisse  s’é- 
chapper d’uii  flot  cV Adiantum,  de  Pteris 
et  d' Asparagus  Sprengeri,  des  Cattleya 
Mossiæ,  des  Lælia,  Oncidium,  Epiden- 


304 


EUGENIA  GUABIJU. 


drum,  eic.  Du  côté  droit  s’étaiicenf  de  gra- 
cieux Selenipedium  caudatum. 

La  Revue  horticole  a donné,  dans  son 
dernier  numéro,  la  liste  des  récompenses 
qui  ont  été  distribuées  dans  ces  concours. 

Mais  c’est  un  concours  imprévu  qui,  dans 
cette  section  de  l’Exposition,  a semblé  acca- 
parer l’intérêt,  jusqu’à  soulever  d’acerbes  et 
piquantes  polémiques.  Une  Japonaise, 
Mme  Morimoto,  « artiste  pour  l’arrangement 
et  la  disposition  des  plantes  et  des  fleurs 
naturelles  »,  dit  sa  carte,  — a garni  à sa 
façon  avec  une  quantité  incroyablement  ré- 
duite de  fleurs  ou  de  branches  fleuries  un 
certain  nombre  de  vases  et  d’objets  de  di- 
verses formes,  en  bronze  ou  en  laque. 

Le  procédé  est  d’un  sens  artistique  évi- 
dent. Il  consiste  à tenir  compte  du  maintien 
ordinaire  des  branches  fleuries  sur  le  végé- 
tal qui  les  porte.  Qui  n’a  rencontré  au  bord 
des  chemins,  sur  la  lisière  des  bois,  des 
branches  de  Genêt  commun  brusquement 
écartées  de  leurs  touffes,  et  comme  cher- 
chant à se  replier  sur  elles-mêmes  ? Les 
rameaux  osseux  et  à direction  indécise 
de  la  Pivoine  en  arhre  n’ont-ils  pas  l’aspect 
de  hras  cataleptiques  ? Et  ne  voit-on  jamais 
de  grosses  Pivoines  de  Chine  faire  courber 
sous  leur  poids  la  faible  tige  herbacée  qui 
les  porte  ? Les  hampes  du  Glaïeul  ne  pren- 


nent-elles pas  une  attitude  quelque  peu 
penchée  ? 

Or,  en  disposant  quelques  Genêts,  quel- 
ques Pivoines,  quelques  Glaïeuls,  dans  les 
objets  qu’elle  est  chargée  de  garnir,  ou 
simplement  sur  ceux  qu’elle  doit  orner, 
Mme  Morimoto  fait  adroitement  ressortir  leur 
attitude  naturelle,  tout  en  la  respectant 
religieusement.  L’art  de  l’arrangement  des 
plantes  est  fort  en  honneur  au  Japon,  et  cet 
art  ne  peut  qu’éclairer  d’un  reflet  particulier 
la  science  de  nos  fleuristes  b 

A part  cela,  Mme  Morimoto  avait  sus- 
pendu au  plafond  de  son  éventaire  une 
grise  calebasse  qui  ressemblait  énormément 
à un  crâne,  et  dans  laquelle  elle  avait  placé 
une  poignée  d’Œillets.  Nos  adroits  et  élé- 
gants fleuristes  sont  libres  de  ne  pas  pous- 
ser le  japonisme  jusque-là. 

H.  Dauthenay. 

1 M.  H.  Dauthenay  a terminé  son  compte-rendu 
du  Concours  de  bouquets  par  quelques  considéra- 
tions générales  auxquelles  nous  n’avons  rien  voulu 
retrancher,  bien  qu’elles  semblent,  sous  certains  rap- 
ports, faire  double  emploi  avec  l’excellent  article 
queM.  G.  Bellair  nous  avait  envoyé  sur  « l’Art  de 
faire  les  bouquets  » et  que  nos  lecteurs  ont  lu  plus 
haut.  On  verra  que  nos  deux  collaborateurs  pensent 
de  même  sur  ce  sujet  tout  d’actualité. 

(Note  de  la  Rédaction). 


EUGENIA  GUABIJU 


On  trouve  peu  de  bons  fruits  dans  la 
zone  subtropicale  Si  les  régions  chaudes 
du  glohe 
nourrissent 
des  végé- 
taux à pro- 
duits exquis 
comme  l’A- 
nanas, le 
Mangous- 
tan, le  Du- 
rio,  la  Man- 
gue, etc., 
produits 
dontl’ahsor- 
ption  n’est 
pas  toujours 
sans  danger 
dans  les 
contrées  où 
règne  la  fiè- 
vre, — on  ne  peut  en  dire  autant  des  pays 
tempérés  où  nos  fruits  d’Europe  régnent 
partout  en  maîtres.  Tous  les  climats  analo- 


gues à celui  de  la  Plata  ne  sauraient  mettre 
en  ligne,  comme  venant  de  leur  flore  indi- 
gène, un 
ensemble 
comme  la 
Poire,  la 
Pêche,  l’A- 
hricot,  la 
Prune,  l’O- 
range, la 
Cerise  et  le 
Raisin. 

Cela  ne 
fait  aucun 
doute.  Mais 
on  y trouve 
cependant 
de  bonnes 
choses. 
L’homme  a 
des  goûts 
très-variés,  il  faut  les  satisfaire.  Une  Gro- 
seille peut  paraître  agréable,  même  à côté 
d’un  Brugnon  savoureux,  et  les  Fraises  les 


Fig.  105.  — Eugenia  Guahiju. 
Ramule  fleurie,  de  grandeur  naturelle. 


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I He/^ur  Horticole  . 


Eu  qcri  la  Ciia  hifi  ï . 

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DEUX  DONNES  GREFFES  POUR  LES  l'ETITS  SUJETS. 


305 


plus  parfumées  n’empechent  pas  un  Alsa- 
cien (le  se  délecter  d’une  tarte  aux  Brim- 
belles  (Vaccinium  Myrtillus). 

Dans  cet  ordre  d’idées  une  place  hono- 
rable peut  être  réservée  à ce  que  j’appel- 
lerai les  fructus  minores  de  la  zone  sub- 
tropicale et  intertropicale  qui  sont  suscep- 
tibles d’être  cultivés  avec  succès  sur  notre 
littoral  méditerranéen.  C’est  ainsi  que  nous 
possédons  déjà  le  Goyavier  de  Gattley 
(Psidium  Cattleyanum)^  le  Cerisier  de 
Cayenne  ou  Pitanga  (Kiuienia  Michelii)  \ 
le  Phyllocalyx  comestible  (Ph.  edulix)  du 
Brésil,  le  Bananier  de  Chine  {Musa  Caven- 
dishii)y  le  Noisetier  d’Australie  {Macada- 
mia  terni  folia)  les  Dattiers  à fruits  noirs 
{Phoenix  melanoeavpa),  etc. 

Un  certain  nombre  de  Myrtacées,  appar- 
tenant surtout  au  genre  Eugenia,  produi- 
sent des  baies  succulentes,  mais  à l’excep- 
tion de  VE.  Ugni,  du  Chili  (plus  correcte- 
ment nommé  Myrtus  Ugnï)  et  de  VE. 
Miehelii,  ces  fruits  sont  petits  et  peu  sa- 
voureux. 

Il  n’en  est  pas  de  même  de  la  plante  que 
nous  figurons  aujourd’hui  et  qui  constitue 
un  véritable  arbuste  ou  arbrisseau  fruitier. 
Je  l’ai  vu  dans  l’Uruguayen  1890,  et  j’ai 
réussi  à l’introduire  en  Europe  grâce  aux 
soins  de  mon  ami  M.  Gantera,  qui  m’en  a 
envoyé  des  exemplaires  vivants  dans  une 
caisse  à la  Ward  dont  le  modèle  m’avait  été 
donné  obligeamment  par  M.  Milne  Edwards, 
directeur  du  Muséum.  Le  pied  que  j’ai 
planté  dans  mon  jardin  de  la  villa  Colom- 
bia, au  golfe  Juan,  s’est  couvert  de  fleurs 
et  de  fruits  l’année  dernière  et  a fourni  de 
bons  éléments  pour  une  planche  coloriée  et 
pour  la  description  suivante  : 

Arbuste  ou  arbrisseau  glabre,  buissonneux, 
à rameaux  érigés,  acutangles  ; bois  fin,  lisse, 
gris-clair  et  brun-rouge.  Feuilles  opposées, 
coriaces,  étalées,  dressées,  ovales-aiguës,  à 
mucronnoir,  brièvement  pétiolées,  très-entières, 
vert  forcé  luisant  en  dessus,  plus  pâles  en  des- 
sous, longues  de  6 à 7 centimètres,  larges  de 
30  à 35  millimètres,  à surface  un  peu  ondulée. 


à nervures  peu  apparentes,  accompagnées  à la 
base  (le  deux  fines  stipules  linéaires,  pubes- 
centes.  En  mai-juin,  fleurs  à odeur  suave,  soli- 
taires, axillaires  ou  extra-axillaires  et  alors 
accompagnées  d’une  bractée  menue,  linéaire  ou 
lancéolée-aiguë  ; pédoncule  pubérulent,  grêle, 
long  de  15  à 20  millimètres  ; calice  à tube  court 
en  mamelon  globuleux/pubérulent,  glaucescent, 
à 4 segments  cucullés,  dont  2 obtus  et  2 aigus, 
vert  bordé  de  brun  rouge  ; 4 pétales  cucullés 
cochléiformes,  blanc-verdâtre,  très-caduques, 
de  6 millimètres  de  diamètre  ; étamines  très- 
nombreuses  et  caduques,  à filet  blanc  filiforme 
plié  dans  le  bouton  i)uis  se  redressant  et  por- 
tant une  anthère  punctiforme,  jaune;  style 
long  de  5 à 6 millimètres,  blanc,  dressé  au 
centre  d’un  large  disque  blanc,  charnu,  aplati 
avec  5 dépressions  latérales  et  surmontant 
l’ovaire  globuleux.  A la  mi-septembre,  fruit 
bacciforme,  devenant  d’un  beau  noir-bleu  prui- 
neux  à la  maturité,  atteignant  la  grosseur  d’une 
cerise  (60  millimètres  de  circonférence),  sphé- 
rique, à sommet  protubérant  formé  par  les 
lobes  accrescents  obtus  et  cucullés,  violet-noir, 
du  calice  persistant  ; pistil  persistant,  dressé, 
au  sommet  de  la  dépression  apicale  ; peau 
épaisse  ; chair  pulpeuse  et  transparente , 
blanc-jaunâtre,  douce  et  sucrée,  agréable,  avec 
un  arrière-goût  de  térébenthine  comme  beau- 
coup de  fruits  des  tropiques  ; noyau  osseux, 
ovoïde,  lisse,  gris-clair. 

Ce  joli  petit  arbre  fruitier,  représenté  en 
Europe  par  le  seul  exemplaire  dont  je  viens 
de  donner  la  description,  est  mis  dès  à pré- 
sent en  multiplication. 

J’ai  cherché  en  vain  une  description  qui 
lui  convienne  parmi  les  700  espèces  eVEu- 
genia  actuellement  décrites,  et  dans  l’im- 
possibilité de  l’identifier  avec  un  nom  connu, 
je  l’ai  gratifié  du  nom  « Guabiju  »,  que 
les  indigènes  guaranis  lui  donnent  sur  les 
rives  de  l’Uruguay  ou  de  ses  affluents.  Ce 
sera  donc,  sauf  plus  ample  informé,  VEu- 
genia  Guahiju,  que  je  tâcherai  de  répandre 
bientôt  dans  les  jardins  de  la  Côte  d’Azur, 
apportant  à la  fois  un  fruit  de  plus  et  un 
végétal  d’ornement  parfaitement  rustique, 
qui  s’ajoutera  à la  flore  cultivée  du  bassin 
méditerranéen.  Ed.  André. 


DEUX  BONNES  GREFFES  POUR  LES  PETITS  SUJETS 


Nous  voudrions  aujourd’hui  appeler  tout 
particulièrement  l’attention  des  lecteurs  de 
la  Revue  horticole  sur  deux  modes  de  gref- 
fage qui  nous  paraissent  trop  peu  répandus 

Voir  Revue  horticole,  1889,  p.  582. 

2 Voir  Revue  horticole,  1891,  p.  819. 


et  qui,  dans  tous  les  cas,  méritent  d’être 
plus  appréciés  de  quiconque  s’occupe  d’ar- 
boriculture ; ce  sont,  d’une  part,  la  greffe  en 
couronne  perfectionnée,  et  d’autre  part  la 
greffe  anglaise,  dite  au  galop,  qui  sont 
surtout  précieuses  pour  les  petits  sujets. 

Disons  tout  de  suite  qu’on  ne  peut  abor- 


306 


DEUX  BONNES  GREFFES  POUR  LES  PETITS  SUJETS. 


(1er  cette  intéressante  et  toujours  curieuse 
opération  du  greffage,  sans  rappeler  le  tra- 
vail scientifique  et  pratique  de  M.  Gh.  Bal- 
tet.  Son  ouvrage,  VArt  de  greffer,  est  en 
effet  un  guide  sûr  et  éclairé  en  la  matière. 

Nous  avons  été  à même  de  mettre  ces 
deux  greffes  en  pratique  en  diverses  cir- 
constances, et  chaque  fois  elles  nous  ont 
donné  de  si  bons  résultats  que  nous  n’hési- 
tons pas  à les  recommander,  car  elles  sont 
peu  compliquées,  faciles  à exécuter  et  d’une 
reprise  certaine. 


I.  — Greffe  en  couronne  perfectionnée. 


Cette  greffe  nous  a été  indiquée,  pour  la 
première  fois,  en  1880,  par  un  de  nos 
maîtres  en  arboriculture,  par  feu  le  pro- 
fesseur Du  Breuil.  Elle  consiste  à rabattre 
le  sujet  à 20  centimètres  environ  au-dessus 
du  sol  suivant  un  plan  oblique  bien  accusé 
fig.  106,  puis,  avec  la  lame  du  greffoir,  à inci- 
ser et  soulever  légèrement  et  longitudinale- 
ment l’écorce,  tà  droite  et  à gauche,  vers  le 
sommet  de  la  coupe  oblique,  indiquant 


Fig.  1(Xi.  — Greffe  en  couronne  perfectionnée. 


ainsi  le  logement  du  greffon.  La  difficulté 
de  cette  greffe  réside  surtout  dans  la  prépa- 
ration de  celui-ci,  qui  demande  une  petite 
liabileté  de  main.  Le  greffon  B doit  pré- 
senter, en  effet,  un  cran  oblique  d que 
l’on  obtient  facilement  au  moyen  d’un  trait 
de  greffoir  suffisamment  profond  et  donné 
à l’opposé  d’un  œil  et  de  bas  en  haut.  Ün 
second  trait  de  greffoir  donné  dans  le  même 
sens  produit  l’évidement.  B ne  reste  plus 
qu’à  préparer  la  base  du  greffon  selon  la 
forme  d’un  bec  de  flûte  aminci  en  dirigeant 
le  greffoir  de  haut  en  bas,  comme  on  le  fait 


pour  la  greffe  en  couronne  ordinaire.  On 
obtient  ainsi  le  greffon  B auquel  on  ne  doit 
laisser  que  deux  bons  yeux.  Ainsi  préparé, 
ce  greffon  s’inocule  sous  l’écorce,  au  sommet 
du  sujet  oû  le  cran  d vient  chevaucher  en 
e,  sur  la  coupe  oblique  de  celui-là.  On  liga- 
ture et  on  englue  copieusement  toutes  les 
parties  tronquées  ou  incisées  du  sujet  et  du 
greffon. 

Cette  très-bonne  greffe  pourrait  être  mo- 
difiée de  la  manière  suivante  ; au  lieu  de 
soulever  l’écorce  du  sujet  des  deux  côtés  et 
d’enchâsser  le  greffon  au  centre,  on  pourrait 
ne  pratiquer  cette  opération  que  d’un  seul 
côté  en  entamant  très-légèrement  la  parlie 
du  greffon  correspondante  qui  viendrait  se 
juxtaposer  contre  l’écorce  non  soulevée  du 
sujet.  Toutefois,  à notre  avis,  ce  procédé  ne 
vaut  pas  celui  que  nous  venons  (l’indiquer, 
car  il  peut  arriver  que  la  base  du  greffon  se 
trouve  plus  épaisse  que  l’écorce  du  sujet,  et 
que  de  ce  fait  il  n’y  ait  point  coïncidence 
parfaite. 

II.  — - Greffe  anglaise  au  galop. 

Pour  cette  greffe,  le  sujet  A (fig.  107)  se 


a B c 

Fig.  107.  — Greffe  anglaise  au  galop. 


tronque  obliquement  de  même  que  chez 
la  précédente.  On  l’entame  sur  le  côté,  à la 
partie  supérieure  opposée  à la  coupe  oblique, 
suivant  une  longueur  de  3 à 4 centimètres, 
en  ayant  soin  d’enlever  une  portion  suffi- 
sante de  ligneux  de  façon  à mettre  bien  en 
évidence  les  parties  constituantes  de 
l’écorce  ; puis,  environ  vers  le  tiers  supé- 
rieur de  cette  plaie  longitudinale,  en  c, 
avec  la  lame  du  greffoir  dirigée  de  haut  en 
bas,  on  pratique  une  incision  oblique  pro- 
fon(le  seulement  d’un  demi  centimètre.  Le 
greffon  B se  prépare  comme  celui  de  la 


EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’iIORTIGULTURE  DE  FRANCE. 


307 


£»Teffe  GQ  couronne  ordinaire,  c’est-à-dire 
en  bec  de  flûte  aminci,  opposé  et  à partir 
de  la  hauteur  d’un  œil,  mais  avec  cette  dif- 
férence que  vers  le  tiers  inférieur  de  cette 
coupe,  en  /,  on  pratique  avec  la  lame  du 
greffoir  dirigée  de  bas  en  haut  une  incision 
en  sens  inverse  et  de  même  profondeur  que 
chez  le  sujet.  On  assemble  ensuite  ces  deux 
incisions,  véritables  agrafes,  en  prenant  le 
soin  de  faire  coïncider  l’écorce  du  greffon 
avec  celle  du  sujet,  au  moins  d’un  côté,  de 
façon  à obtenir  ce  que  nous  indiquons 
en  C.  Dans  cette  greffe  appliquée  aux 
petits  sujets,  nous  pensons  que  la  coupe 
oblique  de  ceux-ci  est  préférable  à une 
coupe  horizontale,  et  que  de  plus,  pour  per- 
mettre une  cicatrisation  rapide  de  cette 
coupe,  il  est  bon  que  le  greffon,  une  fois 
ajusté,  présente  une  légère  partie  entamée 
en  d,  d’où  se  produira  un  bourrelet  de 
tissu  cellulaire  qui  gagnera  de  proche  en 
proche  et  recouvrira  bientôt  la  plaie  du 
sujet  produite  par  son  ablation.  Ici,  de 
même  que  pour  la  greffe  en  couronne  per- 
fectionnée, il  faut  ligaturer  et  engluer. 

Cette  greflh  diffère  essentiellement  de  la 
greffe  anglaise  appliquée  à la  Vigne,  en  ce 
sens  que,  le  greffon  préparé  cependant  de  la 
même  manière,  mais  avec  biseau  plus 
allongé,  est  ajusté  sur  le  côté  et  non  sur  le 
plan  oblique  du  sujet. 


La  serpette  ou  le  greffoir  Kunde,  de 
Dresde,  sont  très-commodes  pour  l’exé- 
cution rapide  de  ces  deux  greffes  et  parti- 
culièrement pour  la  seconde.  L’époque  à 
laquelle  il  convient  d’opérer  est  le  cou- 
rant d’avril,  les  greffons  ayant  été,  bien 
entendu,  récoltés  en  février  ou  plus  tôt  et 
mis  soigneusement  en  stratification. 

Ces  deux  greffes  nous  paraissent  parti- 
culièrement recommandables  pour  le  gref- 
fage, soit  sur  place,  soit  sur  table,  des 
petits  sujets  de  Poirier  franc,  de  Pommier 
doucin  et  de  Pommier  paradis,  de  Pruniers 
de  toutenature, domestica,  spinofia, 
Myroholana,  etc.  C’est  d’ailleurs  à l’aide 
de  la  greffe  anglaise  au  galop  sur  table  que 
nous  avons  réussi  avec  plein  succès  le  gref- 
fage des  Pêchers  de  Chine  sur  Prunier  L 
Nous  ajouterons  encore  qu’en  arboriculture 
ornementale  ces  deux  greffes  donneront 
toujours  d’excellents  résultats  pour  le 
F rêne  en  employant  les  sommités  de  gref- 
fons ; pour  l’Orme,  le  Robinia,  le  Catalpa, 
l’Aubépine,  le  Chionanthe,  etc.,  etc.,  c’est- 
à-dire  toutes  les  fois  qu’on  voudra  avoir 
recours  aux  petits  sujets  sur  lesquels  les 
autres  modes  de  greffage  par  rameaux 
détachés  ne  pourraient  être  avantageuse- 
ment employés. 

Ch.  Grosdemange. 


EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

PLANTES  DE  SERRE,  ORCHIDÉES 

PLANTES  DE  PLEIN  AIR,  ARRORIGULTURE  D’ORNEMENT,  CULTURE  POTAGÈRE 


I.  — Les  plantes  de  serre 

Gomme  tous  les  ans,  les  plantes  de  serre 
étaient  avantageusement  représentées  par  les 
massifs  de  MM.  Truffant,  Duval,  Robert  Le- 
baudy,  Opoix,  jardinier  en  chef  du  Sénat, 
Mnio  veuve  Ghantin  et  ses  enfants,  MM.  Chan- 
trier  frères,  MM.  Gappe  et  fils,  Auguste  Glian- 
tin.  Dallé,  etc.  Félicitons  cette  fois  de  nou- 
veaux venus  d’être  entrés  dans  la  lice  : 
MM.  Derudder,  de  Versailles  ; V.  Gharon,  de 
Paris  ; et  Vouette,  d’Issy,  avec  des  lots  impor- 
tants de  plantes  de  serre  variées.  Au  moins 
pouvons-nous  espérer  quelque  émulation  pour 
l’avenir  dans  cette  partie  de  nos  Expositions. 

De  même  les  collections  que  l’on  a pris  l’ha- 
bitude d’admirer  sont  là  : Gloxinias  de  M.  Val- 
lerand,  Anthuriums  et  Broméliacées  de  M,  Du- 
val, Bégonias  à feuillage  de  MM.  Gappe  et  fils 
et  xAuguste  Ghantin,  Phyllocactus  de  M.  Si- 
mon, etc.  Mais,  cette  fois,  la  traditionnelle  col- 
lection de  Galadiums,  au  lieu  d’être  de 
M.  Bleu,  est  de  M.  Torcy-Vannier. 


Dans  l’exposition  de  M.  Truffant,  nous  avons 
retrouvé  avec  plaisir  le  Licucda  grandis,  VHe- 
liconia  illustris  ruhricaulis  et  le  Davallia  fid- 
jiensis  plumosa  de  l’année  dernière;  noté  un 
Anthurium  Veitchii  d’un  développement 
extraordinaire:  les  feuilles  ont  jusqu’à  1 20 

de  limbe  ; noté  aussi  un  beau  Nepenthes  Mor- 
ganiæ,  un  délicat  Lygodium  elegans,  un  Ara- 
lia  elegantissima,  un  Encholirion  Vriesea  par- 
pureum  glaucum,  une  grosse  touffe  d’AZpmm 
vittata,  et  un  très-beau  spécimen  d' Adiantum 
Farleyense. 

Dans  le  lot  de  M.  Duval,  il  n’est  pas  inu- 
tile de  noter  de  nouveau  les  plantes  rares 
vues  à Versailles  * : Vriesea  Poelmanni,  Ca- 
raguata  Peacockii  foliis  rubris,  Æchmea 
fasciata,  auxquelles  il  faut  ajouter  les  Nidu- 
larium  Innocenti,  N.  striatum,  Vriesea  Baril- 
letii,  V.  splendens  major,  V.  Elmireana, 
Caraguata  Zahni,  etc.  Il  faut  y joindre  de 

^ Voir  Revue  horticole,  1894,  p.  8. 

- Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  262. 


EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE  DE  FRANCE. 


30(S 

magnifiques  spécimens  à* Asparagus  Sprengeri 
et  la  collection  à' Anthurium  si  admirée  l’année 
dernière  à Paris  et  à Versailles  récemment. 

Il  est  intéressant  d’étudier,  dans  le  superbe 
apport  de  M.  Opoix,  les  variétés  de  Crotons 
dues  aux  différences  de  forme  et  de  structure 
des  feuilles,  d’une  part,  et  le  classement  des 
races  de  Cypripedium,  d’autre  part.  Ainsi, 
dans  les  Crotons,  on  a les  variétés  ; undu- 
latum,  aux  feuilles  ondulées  ; volutum,  cour- 
bées comme  une  corne  de  bouc;  spirale, 
dont  le  limbe  est  contourné  autour  de  la 
nervure  médiane  — c’est  une  rareté  de  la 
phyllotaxie  ; — cornutum,  dans  laquelle 

une  division  irrégulière  s’échappe  du  limbe, 
tantôt  plus  courte,  tantôt  plus  longue  que 
lui.  Quant  aux  Cypripedium,  ce  sont  des 
types  choisis  de  chaque  section  : harhatum, 
ciliare,  Dayanum,  Lawrenceanum,  VeitchU, 
Swanianum,  etc.,  puis  des  hybrides  de  la 
plupart  de  ces  espèces-types. 

L’éloge  des  spécimens  monumentaux  de  l’é- 
tablisssement  de  veuve  Ghantin  n’est  plus 
à faire.  On  ne  peut  se  lasser  d’admirer  cer- 
taines Cycadées,  telles  que  le  Katakidozamia 
Mac-Leayi,  ni  le  curieux  Araucaria  Bidwilli, 
le  Dieffenhachia  imperialis,  le  Cocoloba  pu- 
hescens,  le  Martinezia  Caryotæfolia,  le  Ce- 
roxylon  niveum , Palmier  penné  dont  le. 
revers  des  feuilles  est  recouvert  d’une  pruine 
blanche.  Remarqué  aussi  : VÆchmea  Chan- 
tini,  nouveauté  de  189(3  et  la  jolie  Ru - 
tacée,  Boronia  elatior,  exposée  aussi  par 
M.  Sallier. 

Un  très-beau  Sphœrogyne  cinnamommea, 
haut  de  plus  de  deux  mètres,  surplombe  le 
massif  de  MM.  Ghantrier  frères,  dans  lequel, 
mêlée  aux  Alocasia,  aux  Nepenthes,  aux  An- 
thurium et  aux  Crotons,  on  peut  remarquer 
une  belle  série  de  Dracæna  rouges  : striata, 
Comte  de  Germiny,  Directeur  Alphand, 
Laingii,  Chelsonii,  Manouk-Bey,  etc.  La  pré- 
sence d’un  grand  nombre  de  variétés  de  ce 
genre,  cette  année,  est  d’ailleurs  remarquable  : 
c’est  ainsi  que  M,  V.  Gharon  en  expose  une 
collection  de  60  à 70  variétés,  en  fort  belle 
culture,  et  qu’on  en  retrouve  de  non  moins 
belles,  mais  en  plus  petit  nombre,  dans  les 
lots  de  M.  Derudder  et  de  M.  Vouette. 

La  sélection  que  continue,  avec  tant  de  per- 
sévérance, M.  Vallerand  dans  les  Gloxinias, 
semble  devoir  y produire  deux  races  assez  dis- 
tinctes : l’une,  caractérisée  par  un  pointillé  sur 
toute  l’étendue  du  limbe  de  la  corolle  ; l’autre, 
dans  laquelle  ce  limbe  est  complètement 
entouré  par  un  liseré  blanc  ou  très-clair  et 
nettement  dessiné.  G’est  ainsi  que,  dans  la  pre- 
mière race,  on  peut  noter  Eugénie  Martion  ou 
Czarine  comme  type  à fond  violet,  Nicolas  II 
ou  Germain  Vuillermoz,  à fond  rouge.  Dans 
la  seconde  race,  on  pourra  retenir,  pour  les 
fonds  violets.  Patrie  et  le  n"  i36,  et,  pour  les 
fonds  rouges,  iSO  et  873. 

’ Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  250. 


II.  — Les  Orchidées. 

G’est  ici  le  cas  de  dire  que  les  comparaisons 
ont  du  être  peu  faciles  à faire,  car  une  notable 
distance  séparait  le  massif  dans  lequel  se  trou- 
vaient les  Orchidées  de  M.  Duval  et  de  M.  Page 
de  la  petite  chambre  où  les  lots  de  MM.  Bert, 
Garden,  Dallé  et  quelques  autres  se  regardaient 
positivement  « dans  le  blanc  des  yeux  ». 

On  ne  saurait  dénier  toutes  les  marques 
d’une  belle  culture  et  d’une  grande  richesse  au 
lot  de  M.  Garden  où  se  trouvent  de  beaux  Cat- 
tleyaMossiæ,  Odontoglossum  erispum  Alexan- 
dræ,  Cattleya  labiata  Warneri,  G.  Mendeli, 
Lælia  purpurea  atropurpurea,  etc.,  ainsi 
qu’au  lot  de  M.  Bert,  où  l’on  remarque  un 
Cattleya  Mossiæ  imperialis,  dont  le  diamètre 
est  bien  de  20  centimètres  en  longueur  et 
de  12  centimètres  en  largeur.  Il  y a aussi  un 
gigantesque  Oncidium  Papilio,  un  Cattleya 
Mossiæ  Beineckiana,  un  Cattleya  Mossiæ 
aurea,  un  Cattleya  nobilior,  des  Cypripedium 
bellatulum,  Anguloa  Clowesii  et  Buckeri, 
Cattleya  Schilleriana , Lælia  purpurata, 
L.  grandis,  des  Odontoglossum,  des  Masde- 
valia,  etc.,  etc. 

Tout  à ses  Grotons,  M.  Dallé  n’a  usé  que 
modérément  des  Orchidées;  on  remarque  cepen- 
dant dans  son  lot  un  Aerides  Fieldingii,  un 
Cattleya  Acklandiæ,  des  Odontoglossum,  Cat- 
tleya, et  un  bel  exemplaire  AOncidium  Mar- 
shallianum. 

Nous  notons  aussi,  de  M.  Régnier,  un  Aerides 
Godefroyanum  et  un  beau  Cattleya  Mendeli. 

Le  fond  du  lot  des  Orchidées  de  MM.  Duval  et 
füs  comporte  principalement,  en  beaux  exem- 
plaires : un  Anguloa  Clowesii,  un  Lælia  gran- 
dis tenebrosa,  un  joli  Selenipedium  cauda- 
tum,  un  grand  Cypripedium  Lawrenceanum, 
un  Cattleya  labiata  Warneri,  un  Cypripe- 
dium  superbiens,  etc.  Mais  nous  mentionnons 
spécialement  VEpidendrum  Friderici  Gui- 
lielmi,  pour  son  port,  son  inflorescence,  et 
même  sa  couleur  ; tout  cela  nous  rappelle  — 
d’ün  peu  loin,  s’entend — l’Epilobe  ou  la  Sali- 
caire. 

III.  — Les  plantes  de  plein  air. 

Dans  les  collections  de  Rhododendrons,  les 
plus  beaux  sont  toujours  : Michel  Waterer, 
puis  Hélène  Waterer  et  Mistress  Walter,  tous 
deux  à grandes  macules  blanches.  Dans  les 
Azalées  pontiques  de  M.  Moser,  se  remarquent 
surtout  ; l’^l.  Van  Houttei  flore  pleno,  le 
Sang  de  Gendbrugge  et  Vénus. 

Signalons  aussi,  de  M.  Moser,  une  très-in- 
téressante collection  de  Fougères  de  plein  air, 
où  les  amateurs  qui  ont  des  sous-bois  frais  et 
mouvementés  à garnir  ont  pu  noter  une  am- 
ple provision  de  choses  intéressantes  : Stru- 
thiopteris  germanica,  Polystichum  angulare 
setosum,  Athyrium  filix  fæmina  multifida  et 
Fieldæ,  Cystopteris  regia,  Onoclea  sensibilis. 


EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’iIORTICULTURE  DE  EUANCE. 


Osmunda  cinnamomea,  Lastrea  intermedia, 
Scolopendriumundulatum,  etc. 

M.  Boucher  perfectionne  d’année  en  année 
la  présentation  de  ses  Clématites.  C’est  ainsi 
que  l’étiquette  de  chaque  variété  porte  l’indi- 
cation du  type  auquel  elle  appartient.  Par 
exemple,  les  variétés  : Star  of  India,  Elisa 
Schenk,  et  la  belle  variété  grenat,  très-llori- 
bonde,  Madame  Ed.  André,  représentent 
avantageusement  le  type  Jackmani  ; Fairij 
Queen,  Lawsoniana  et  Ville  de  Paris,  le  type 
lanuginosa-,  Juliette  Dodu,  Madame  Moser 
et  Modesta,  le  type  Viticella,  etc. 

De  l’avis  unanime,  les  collections  de  Roses 
de  M.  Lévôque  ont  été  l’une  des  plus  grandes 
attractions  de  l’Exposition.  On  n’attendra  pas 
de  nous  de  trier  un  choix  ici,  dans  plus  de 
2,000  Rosiers.  Pourtant,  voici  trois  variétés  aux 
nuances  peu  communes  : Marie  Guillot,  Rose 
thé,  blanc  à reflet  vert  d’eau  ; Souvenir  de 
Rend  Lévêque,  de  couleur  grenat  noirâtre  et 
velouté,  bien  pleine,  et  Luciole,  aux  pétales 
curieusement  chiffonnés,  jaune  passant  au 
rouge  feu,  puis  au  carmin  au  centre. 

Une  Rose  sœur  de  celle-là  est  bien  carac- 
térisée dans  le  lot  de  M.  Rothberg  ; c’est 
VIdéale,  aux  pétales  repliés  longitudinalement 
sur  leurs  bords,  de  nuance  jaune  feu  passant 
au  feu  carminé. 

Ajoutons-y  celle-ci,  de  ton  très-chaud,  sau- 
mon passant  au  cuivré  : Comtesse  Riza  du 
Parc,  notée  dans  le  lot  de  M.  Jupeau.  Puis, 
chez  M.  Boucher,  Commandant  Beaurepaire, 
rose  clair  strié  de  brun  foncé,  et  Belle  Sie- 
brecht,  rose  très-satiné,  et  chez  M.  Auguste 
Ghantin,  Victor  Lemoine,  d’un  rouge  sang 
noirâtre,  et  nous  avons  un  choix  de  nuances 
peu  communes. 

Les  Rosiers  sarmenteux  de  M.  Rothberg, 
palissés  sur  armatures  en  fil  de  fer,  sont  fort 
bien  présentés.  La  collection  de  M.  Ghantin  est 
remarquable  par  sa  belle  végétation. 

On  s’est  accordé  à dire  que  les  Gannas  de 
MM.  Billard  et  Barré  avaient  été  le  « clou  » 
des  plantes  de  massifs,  sous  le  triple  rapport 
de  la  belle  végétation,  de  l’abondante  floribon- 
dité,  et  du  choix  des  variétés.  Nous  y retrou- 
vons celles  déjà  vues  au  Goncours  agricole 
puis  A.mi  Jules  Chrétien,  Czar  Alexandre  III, 
Incendie,  Yvette  Guilbert,  nouveautés  de  189ü, 
sans  compter  les  meilleures  des  variétés  de 
fonds.  On  note  aussi,  dans  le  lot  de  MM.  Du- 
panloup  et  G‘^,  de  belles  variétés,  telles  que  : 
Sénateur  Laubry,  à feuillage  vert  bleuâtre  à 
fleur  abricot  et  Obélisque,  à feuillage  noir  et  à 
fleur  orange  cuivré. 

Dans  les  plantes  annuelles  de  la  Maison 
Vilmorin,  celles  qui  frappent  le  plus  la  vue 
sont  les  Gapucines  naines  et  les  Pavots.  Les 
Pavots  d’Orient,  Pavots- tulipes  et  Goquelicots 
japonais  sont  très-remarqués.  Puis  le  Schi- 
zanthus  Grahami  rose  vif  et  certains  Mu- 

' Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  218. 


o09 

(tiers  tels  que  les  kermesina  splendens  et 
Constantin  Tretiakoff.  MM.  Gayeux  et  Le- 
clerc ont  une  bonne  collection  de  Pyrethrum 
roseum,  des  plantes  annuelles  bien  cultivées,  et 
la  rustique  Galcéolaire  Triomphe  de  Versailles, 
hybride  de  C.  rugosa. 

Aux  Bégonias  nouveaux  de  M.  Urbain, 
ajoutons,  en  plantes  de  fonds,  les  variétés  : 
Cocpuette  de  Clamart  obtenue  en  1890  ^ et 
Lafayette.  Dans  la  grande  collection  de 
M.  Vallerand,  on  remarque  surtout  ses  varié- 
tés cristées  dont  la  Revue  horticole  a déjà 
parlé  M.  Gappe  expose  aussi  son  charmant 
petit  Triomphe  des  Belvédères,  nouveauté 
de  1896  h Avec  une  belle  collection  de  Bégo- 
nias tubéreux  doubles,  M.  Vacherot  nous 
montre  toute  une  corbeille  de  sa  nouveauté 
de  1896,  Abondance  de  Roissy  très-bonne 
pour  massifs. 

Notons  enfin  : 1»  dans  les  Pélargoniums  de 
M.  Boutreux,  trois  variétés  à grandes  macules 
blanches  : Empress  of  India,  Ronsard  et  Gé- 
néral Lassalle;  2^  dans  les  Pélargoniums 
zonés  de  M.  Poirier  : Madame  Bruant,  Fleur 
Poitevine,  Belle  Alliance,  nouveautés  à fleurs 
panachées  de  1896  ; Le  Rhône,  Madame  Hoste, 
Renommée  lyonnaise,  de  la  sélection  à centre 
blanc  de  Jules  Ghrétien  ; 3^  dans  ceux  de 
M.  Nonin  : Boizard,  peut-être  le  meilleur 
double  à fleur  vermillon  vif;  Alfred  Maury, 
le  plus  orangé  de  tous  ; Turenne,  de  nuance 
entre  Poirier  et  Eurêka  ; 4®  la  Calcéolaire 
Simon  Durand,  le  Bégonia  gigantea,  le  Jus- 
ticia  velutina  compacta  et  les  belles  Ancolies 
hybrides,  de  M.  Nonin  ; 5°  les  Anthémis  Com- 
tesse de  Chambord  et  Etoile  d’Or  de  M.  Gil- 
lard. 

M.  Thiébaut-Legendre  avait  présenté  une 
belle  collection  de  plantes  vivaces  : Agros- 
temma  coronaria,  Hieracium  aurantiacum, 
Gypsophila  repens,  Lilium  Thunbergianum, 
Aster  alpinus,  Campanula  persicifolia 
Backhousei,  etc.  Mais  l’apport  de  cet  exposant 
est  surtout  remarquable  par  ses  Delphinium 
doubles  et  sa  collection  de  trente-huit  variétés 
de  Doclecatheon  Meadia.  Les  plantes  vivaces 
de  M.  Férard  étaient  tout  aussi  intéressantes. 
On  y remarquait  surtout  le  Delphinium  Bar- 
lowii,  l’Œillet  de  poète  rouge  éclatant,  VInula 
glandidosa,  le  Campanula  p)orsicifolia  et  de 
beaux  Amaryllis  vittafa  variés. 

Le  lot  de  M.  Dugoud  contenait,  comme 
d’habitude,  une  collection  très-intéressante 
d’Orchidées  indigènes,  ainsi  qu’un  Sedum  à 
feuillage  jaune  d’or. 

Nous  ne  dirons  rien  d’un  lot  de  plantes 
vivaces,  rempli  d’erreurs  et  de  fautes  de  nomen- 
clature tellement  « criardes  » qu’un  grand 
nombre  de  visiteurs  ont  pu  les  constater. 

- Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  462. 

3 Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  61,  461. 

'•  Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  439. 

’ Voir  Revue  horticole,  1895,  p.l31,  1896,  p-  462 


310 


EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉrÉ  NATIONALE  d’hORTIGULTURE  DE  FRANGE. 


IV.  — L’arboriculture  d’ornement. 

Les  arbres  et  arbustes  d’ornement  étaient 
représentés  par  les  lots  de  M.  Honoré  De- 
fresne,  Groux  et  lils,  Paillet,  auxquels  on  est 
heureux  d’ajouter  ceux  de  M.  Carnet,  du  Mes- 
nil-Amelot, de  M.  Derudder,  de  Versailles,  et 
un  petit  lot  de  Juniperus^  de  M.  Letellier, 
de  Caen.  M.  Defresne  avait  surtout  une  fort 
belle  collection  de  cinquante  Conifères  de  choix, 
parmi  lesquels  on  remarquait  surtout  de  vi- 
goureux Abies commutata  glauca,  A.  concolor 
violacea,  A.  pungens,  A.  numidica,  ainsi 
qu’un  spécimen  de  Piniis  parvifolia, 

Avec  cette  collection,  on  doit  noter  celle  de 
cinquante  arbustes  à feuillage  persistant,  expo- 
sée par  M.  Groux,  et  dans  laquelle  on  retrouve 
avec  plaisir  des  arbustes  trop  peu  répandus 
et  pourtant  robustes  et  rustiques,  tels  que 
VOsmanthiis  ilicifolius,  le  Phillyrea  oleifolia, 
le  Sciadopitys  verticillata,  etc. 

Nous  avons  retrouvé,  avec  M.  Paillet,  l’inté- 
ressante série  d’Acer  Negundo  et  d'Acer  japo- 
nicum  de  l’année  dernière,  et  noté  en  particu- 
lier un  bel  exemplaire  d’A.  pseudo-platanus 
Lcopoldi.  Très-remarquable  aussi  était  la  col- 
lection de  douze  Conifères  à feuillage  panaché 
exposée  par  M.  Carnet  ; il  s’y  trouvait  un  fort 
beau  Cupressus  Lawsoniana  argentea. 

V.  — L’arboriculture  fruitière 

Deux  grands  apports  d’arbres  fruitiers  for- 
més, bien  placés  pour  être  vus  de  tout  le  monde. 

L’un  d’eux,  appartenant  à M.  Groux,  remar- 
({uable  par  de  belles  et  impeccables  pal- 
mettes  de  diverses  formes  : Verrier  à 5 bran- 
ches, Gossonet,  etc.,  et  par  des  lignes  de  Pom- 
miers en  M entre-croisés,  de  formes  basses. 

L’autre  lot,  exposé  par  M.  A.  Nomblot, 
contenait,  entre  autre  choses  intéressantes,  des 
palmettes  à hautes  tiges  pour  grands  murs, 
ainsi  que  des  modèles  de  pyramides  à ailes, 
sur  lesquels  nous  reviendrons. 

Nous  avons  noté  aussi,  dans  cette  exposition, 
de  remarquables  exemples  d’arbres  fruitiers 
cultivés  en  pots,  à formes  basses  : Cerise  an- 
glaise hâtive,  pied  portant  plus  de  120  fruits  ; 
Cerise  Ramon  Oliva,  Guigne  noire  à gros 
fruit,  Pomme  Ménagère,  qu’il  ne  faut  pas 
confondre  avec  la  Belle  Joséphine  ; puis  des 
Groseillersà  hautes  tiges  : Groseille  à grappes 
blanche  de  Hollande,  greffée  sur  Ribes  au- 
reum  ; Groseilles  à maquereau  diverses  gref- 
fées sur  Ribes  Gordonianum  R.  uva-crispa 
ou  R.  sanguineum. 

Dans  les  fruits  forcés  et  fruits  conservés,  l’ex- 
position des  Forceries  de  l’Aisne,  dont  le  direc- 
teur est  M.  Fatzer,  était  tout  à fait  hors  de  pair. 
De  belles  Pêches  Précoce  de  Haie,  Grosse  mi- 
gnonne hâtive,  etc.,  de  belles  grappes  de  Rai- 
sin Frankenthal,  Muscat  d’Alexandrie,  etc., 
étaient  montrées  tout  emballées  dans  les  pa- 


niers spéciaux  que  l’établissement  emploie 
pour  ses  expéditions  à la  Halle  de  Paris. 

M.  Parent,  de  Rueil,  avait  aussi  une  vitrine 
fort  bien  garnie  en  nombreuses  variétés  de 
Pêches  : Précoce  de  Haie,  Grosse  mignonne 
hâtive,  Brugnons  Galopin,  Lord  Napier,  Féli- 
gny,  etc. 

VI.  — Culture  potagère. 

Il  convient  tout  d’abord  d’en  examiner  les 
nouveautés,  et,  sous  ce  rapport,  ce  sont  les 
Fraises  de  M.  Millet  qui  occupent  le  premier 
rang,  avec  un  semis  de  Fraisiers  des  Quatre- 
Saisons  dénommé  Belle  de  Paris  et  plusieurs 
introductions  anglaises  et  allemandes.  La 
Fraise  Belle  de  Paris  se  distingue  principa- 
lement par  son  feuillage  fortement  gaufré  et 
frisé  et  son  fruit  gros  et  long;  elle  paraît  être 
remontante  et  productive,  et  a l’avantage 
d’émettre  peu  de  coulants,  ce  qui  en  fait  une 
bonne  variété  pour  bordures.  Dans  les  intro- 
ductions, nous  notons  les  variétés  à gros  fruit  : 
Royal  Sovereign,  White  Knight,  Kœnig 
Albert,  Austria  eijielgoland.  Ces  deux  der- 
nières sont  très-florifères  ; elles  ont  c(  de 
l’étoile  »,  selon  l’expression  des  praticiens, 
c’est-à-dire  que  leur  calice  est  solide,  ce  qui 
est  tout  à la  fois  signe  de  générosité  et  de 
robusticité. 

Le  Chou  cœur- de-bœuf  frisé,  présenté  par 
MM.  Cayeux  et  Leclerc,  est  une  nouveauté  in- 
téressante. Remarquablement  frisé  et  régulier, 
il  est  volumineux  pour  un  Chou  de  première 
saison.  Une  notice  qui  y est  jointe  nous  ap- 
prend que,  comme  précocité,  il  vient  immédia- 
tement après  le  Chou  d’York.  Si  les  plants  de 
ce  Chou  se  comportent  l’hiver  aussi  bien  que 
ceux  des  Choux  cœi^r-de-6œw/ ordinaires  — et 
c’est  ce  qu’il  faut  savoir  — ce  sera  là  une 
très-bonne  acquisition  pour  la  culture  maraî- 
chère. 

Comme  collections  légumières,  nous  avons 
retrouvé  celles  qu’on  a l’habitude  de  contem- 
pler, de  la  Maison  Vilmorin-Andrieux  et  Cîe, 
de  la  Société  de  secours  mutuels  des  jardi- 
niers-maraîchers de  la  Seine,  et  des  cultures 
potagères  de  Bicêtre.  Dans  la  première,  les 
pieds  de  Tomates  portant  leurs  fruits  déjà 
gros  sont  dignes  d’être  notés,  ainsi  que  le 
Haricot  beurre  nain  de  Digoin,  très-productif 
et  à fort  bon  aspect.  Dans  la  seconde,  la  série 
des  Choux  cœur-de-bœuf  gros,  moyen  de  la 
Halle,  hâtif  d’Étampes,  etc.,  est  digne  de  re- 
marque. Que  dirons-nous  de  l’Exposition  de 
Bicêtre,  sinon  qu’elle  augmente  d’importance 
et  d’intérêt  d’année  en  année,  et  que  c’est  à juste 
titre  que  les  louables  efforts  de  M.  Lambert, 
jardinier-chef  de  cet  établissement,  ont  été  ré- 
compensés par  la  croix  du  Mérite  agricole.  11 
faut  louer  particulièrement  M.  Lambert  d’avoir 
exposé,  dans  sa  nombreuse  collection,  une 
série  de  Pommes  de  terre  hâtives  avec  leurs 
fanes  tout  entières,  fraîchement  récoltées  : 


VERONICA.  SYRIACA. 


311 


Belle  de  Fontenay,  Heine  de  Mai,  Anglaise, 
Négresse,  Marjolin,  Têtard,  Joseph  Ri- 
gault,  etc. 

tant  que  collections,  il  resterait  à exami- 
ner celle  de  M.  Millet,  contenant  134  variétés 
de  Fraises,  mais  la  place  nous  manquerait  ici. 
Nous  voudrions  dire  que  cette  année,  l’expo- 
sition d’Asperges  de  M.  Chevalier,  d’Argen- 
teuil,  était  particulièrement  soignée,  et  faire 
ressortir  l’excellence  du  lot  de  Melons  Canta- 
loups et  de  Fraises  exposé  par  M.  Jarles,  de 
Taverny.  Ces  Fraises  — Général  Chanzy  et 
Docteur  Morère  — placées  une  à une  dans 
une  vitiine  garnie  de  feuilles  de  Vigne,  de- 
vaient être  les  premières  « du  bouquet  ». 
Enfin,  si  nous  ajoutons,  aux  apports  précé- 
dents, le  blanc  de  Champignon  stérilisé  et  mis 
en  cartouches,  de  MM.  Costantin  et  Matruchot, 


et  les  lots  d’Asperges  de  M.  Girardin  et  de 
M.  Lhérault,  nous  aurons  donné  la  mesure  de 
l’importance,  d’ailleurs  moyenne,  de  cette 
partie  de  l’Exposition. 

Nous  ne  voulons  pas  terminer  ce  compte 
rendu  sans  signaler  les  modèles  de  fruits  de 
M.  Théveny,  artiste  peintre,  et  de  qui  nous 
avons  déjà  dit  qu’il  continuerait  la  tradition  de 
feu  Buchetet.  Les  fruits  sont  imités  à s’y  mé- 
prendre, et  le  souci  de  rester  vrai  d’après  des 
documents  authentiques  y est  très-grand. 
C’est  ainsi  que  nous  avons  retrouvé,  dans  sa 
vitrine,  la  Poire  Jeanne  Hardy,  dont  il  parut 
une  planche  coloriée  en  1890  dans  la  Revue 
horticole.  C’est  le  meme  fruit  qui  servit  de 
modèle  alors  à M.  Godard,  qui  fut  remis  par 
celui-ci  à M.  Théveny  pour  être  reproduit 
moulé  et  peint.  H.  Dauthenay. 


VERONICA  SYRIACA 


Parmi  les  nombreuses  plantes  dont  les 
premiers  beaux  jours  font  éclore  les  fleurs, 
se  place  la  Véronique  de  Syrie  (fig.  108), 
charmante  espèce  naine  et  annuelle  à laquelle 
nous  devons  rendre  justice  pour  son  élé- 
gance et  ses  mérites  trop  oubliés. 

C’est,  à notre  connaissance,  la  plus  char- 
mante des  Véroniques  annuelles,  pourtant 
si  nombreuses,  chez  nous  notamment,  où 
elles  ne  constituent  que  de  mauvaises 
herbes.  Elle  se  rapproche,  comme  carac- 
tère et  surtout  par  ses  fleurs,  de  notre 
Veronica  agrestis,  mais  elles  sont  bien 
plus  grandes,  plus  abondantes  et  d’un  plus 
beau  bleu.  La  plante  étant  peu  connue 
malgré  sa  longue  existence  dans  nos 
jardins,  en  voici  une  description  som- 
maire : 

Veronica  syriaca,  Rœm.  et  Schult.  — 
Plante  annuelle,  haute  de  10  à 15  centimètres, 
très-rameuse  et  étalée,  à feuilles  opposées  ; 
les  inférieures  pétiolées,  les  supérieures  ses- 
siles,  ovales,  oblongues  ou  un  peu  lancéolées 
et  toutes  plus  ou  moins  profondément  dentées. 
Fleurs  très-nombreuses,  assez  longuement  pé- 
dicellées  et  disposées  en  grappes  lâches,  ter- 
minales ; corolle  ayant  près  de  15  millimètres 
de  diamètre,  à divisions  très-inégales  ; la  supé- 
rieure et  les  latérales  sont  amples  et  d’un  beau 
bleu  clair,  tandis  que  l’inférieure  est  petite, 
blanche,  et  le  centre  ou  gorge  de  la  fleur 
jaunâtre  ; les  deux  étamines  sont  saillantes  et 
à anthères  purpurines.  Il  en  existe  une  va- 
riété â fleurs  entièrement  blanches.  Fleurit 
depuis  avril  jusqu’en  juin.  Introduit  de  la 
Syrie  en  1857. 

La  Véronique  de  Syrie  est  la  bienvenue 
dans  les  jardins  qui  manquent  de  plantes 
au  printemps,  car  elle  est  susceptible  de 


nombreux  emplois  décoratifs.  On  peut  en 
former  de  ravissantes  bordures  ou  en  gar- 
nir avantageusement  les  petites  corbeilles 
avoisinant  les  habitations,  ou  en  obtenir  des 
potées  très-élégantes  si  l’on  place  une  demi- 
douzaine  de  sujets  par  pot  d’environ 
12  centimètres  de  diamètre. 

Son  traitement  est,  en  général,  celui  des 
autres  plantes  à floraison  printanière,  sauf 
qu’elle  a un  peu  moins  de  rusticité,  c’est-à- 
dire  qu’il  faut  la  semer  de  préférence 


Fig.  1Ü8.  — Veronica  syriaca, 
au  quart  de  grandeur  naturelle. 

en  septembre,  en  pépinière  ; on  repique 
les  plants  dans  un  endroit  chaud  et  abrité, 
ou  mieux  sous  châssis  quand  on  le  peut, 
puis  on  met  les  plants  en  place  en  mars, 
à environ  20  centimètres  de  distance. 

On  peut  encore  semer  cette  Véronique 
au  printemps,  en  mars,  mais  alors  en  place. 
Toutefois,  les  plantes  deviennent  bien 
moins  fortes  et  la  floraison  plus  tardive  et 
moins  abondante;  aussi  recommandons- 
nous  de  préférence  le  semis  d’automne. 

S.  Mottet. 


312  ARTS  ET  INDUSTRIES  HORTICOLES  A L’eXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE. 


LES  ARTS  ET  INDUSTRIES  HORTICOLES 

A L’EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANGE 


La  section  des  arts  et  industries  horticoles, 
annexée  à la  dernière  Exposition  de  la  So- 
ciété nationale  d’horticulture  de  France,  com- 
prenait 184  exposants  inscrits  au  catalogue 
officiel  : 25  exposants  de  serres  ; 5 de  serres 
et  d’appareils  de  chauffage  ; 11  d’appareils  de 
chauffage  ; 7 de  pulvérisateurs,  fumiga- 

teurs, etc.  ; 4 de  machines  et  instruments  de 
jardinage  ; 13  de  pompes;  7 d’appareils  d’ar- 
rosage, tuyaux,  etc.,  et  112  objets  divers  tels 
que  : claies,  quincaillerie,  kiosques,  vases, 
statues,  etc. 

Nous  n’aurons  que  peu  de  choses  à indi- 
quer ou  à détailler  dans  ce  compte  rendu,  à 
moins  de  faire  double  emploi  avec  nos  rap- 
ports des  années  antérieures. 

Serres  et  constructions  diverses.  — Signa- 
lons, parmi  le  bel  ensemble  exposé,  les  serres 
de  MM.  Ferry,  Brochard,  Ozanne  ; la  serre 
en  fer  de  MM.  Bergerot,  Schwartz  et  Meurer  ; 
les  châssis  et  coffres,  ainsi  que  les  serres 
d’amateur  1er  et  bois  de  M.  Eug.  Gochu  ; les 
serres,  grilles  et  châssis  de  M.  G Solfier;  une 
serre  d’amateur  en  fer,  par  M.  Guillot-Pel- 
letier;  les  serres  en  bois  de  M.  Boutard  et 
celle  à vitrage  mobile  de  la  Société  des 
ateliers  de  Neuilly  ; la  serre  à double 
vitrage  de  jM.  Moutier  ; les  serres  de  culture  de 
MM.  Leduc,  Mathian,  Bellard  ; la  serre  trans- 
formable de  M.  Beaufils  ; le  faitage  articulé 
exposé  par  M.  Michaux  ; les  nouveaux  mo- 
dèles de  châssis  présentés  par  MM.  Perrier 
fils,  lligault,  Garpentier  ; les  constructions 
rustiques,  kiosques,  claies  et  treillages  de 
M.  Ernest  Dorléans  ; les  serres  et  châssis  de 
M.  Girardot  ; les  grilles,  grillages,  ponts  et 
kiosques  de  MM.  Tautffieb  et  Ghaussard  ; les 
châssis  et  coffres  de  MM.  Rouard  et  Vanden- 
driessche  ; enfin  la  serre  en  verre  exposée  par 
la  Société  des  verreries  de  Dorignies. 

Appareils  de  chauffage.  — MM.  Bail, 
Pozzy  et  G>e  exposent  des  vaporigènes  ima- 
ginés par  M.  Gh.  Bourdon,  professeur  à l’Ecole 
centrale.  Ges  appareils,  destinés  au  chaufiage 
des  appartements  à l’aide  de  la  vapeur  sans 
pression,  peuvent  trouver  des  applications  en 
horticulture,  d’autant  plus  que  leur  fonction- 
nement est  automatique.  Dans  le  type  ver- 
tical, un  poêle  à combustion  continue  chauffe 
une  chaudière  annulaire  qui  est  en  communi- 
cation avec  un  récipient  latéral  où  s’effectue 
le  retour  d’eau  ; la  pression  de  la  vapeur, 
limitée  à 1/20  d’atmosphère,  c’est-à-dire  à 
50  grammes  par  centimètre  carré,  est  main- 
tenue constante  par  un  régulateur  automa- 
tique qui  agit  sur  le  tirage  de  la  cheminée  et 
pai’  suite  sur  l’activité  du  foyer;  ces  petits  appa- 
reils produisent  25  kilogs  de  vapeur  par  heure. 

M.  Durand-Vaillant  présente  une  chaudière 


verticale  portative  en  fonte  ; l’appareil  est  à 
feu  continu  comme  les  poêles  à combustion 
lente  et  porte  à l’intérieur  la  chaudière  à eau 
chaude;  l’appareil,  de  1 mètre  de  hauteur  et  de 
30  centimètres  de  diamètre,  peut  chauffer  25  mè- 
tres de  tuyaux  de  10  centimètres  de  diamètre. 

Signalons  encore  : le  poêle  portatif  à ai- 
lettes, à combustion  continue,  de  M.  Mathieu; 
le  chauffage  à foyer  tubulaire  amovible  de 
M.  Perrier;  celui  de  M.  Blanquier,  destiné  aux 
petites  serres,  et  les  expositions  de  MM.  Le- 
bœuf,  Guion  et  Damien,  Grodet,  Martre  et 
fils;  les  vannes  pour  chauffage  exposées  par 
M.  J.  Moine  et  par  MM.  Zehren  frères. 

Pompes.  — Mentionnons  les  expositions 
de  MM.  Vidal-Beaume,  Debray,  Anceaux,  Bro- 
quet,  Buzelin,  Hirt,  David,  Durey-Sohy,  dont 
les  machines  sont  déjà  connues  des  lecteurs 
de  la  Revue  horticole. 

M.  Eylé  expose  un  bélier  hydraulique  dans 
lequel  l’axe  de  la  soupape  d’écoulement  est 
horizontal  et  situé  dans  le  prolongement  de  la 
conduite  d’arrivée  d’eau. 

Instruments  divers.  — MM.  Besnard  père 
et  fils  présentent  leurs  nouveaux  modèles  de 
pulvérisateurs  et  notamment  la  machine  à 
traction  dans  laquelle  la  pression  est  fournie 
par  l’acide  carbonique  liquide.  D’autres  pulvé- 
risateurs sont  exposés  par  M.  A.  Beaume  fils, 
M.  Muratori,  etc. 

La  nouvelle  tondeuse  de  gazon,  présentée 
par  M.  Vidal,  est  pourvue  de  roues  motrices 
de  grand  diamètre  (30  centimètres  environ)  qui 
commandent  l’axe  des  couteaux  par  une  trans- 
mission enfermée  dans  une  boîte  en  fonte. 

M.  Jamin-Lemée  expose  un  tombereau  lé- 
ger, monté  sur  roues  de  22  centimètres  de 
largeur,  destiné  au  service  des  parcs  ; les 
jantes  des  roues  sont  formées  de  deux  pièces 
de  bois  parallèles  réunies  par  des  boulons,  et 
la  grande  largeur  des  fers  permet  le  passage  du 
véhicule  sur  les  pelouses  sans  risquer  de  les 
détériorer. 

Mentionnons,  en  terminant,  les  intéressantes 
expositions  de  quincaillerie  horticole  de 
M.  Thiolon,  des  établissements  Allez  frèrss, 
de  M.  Tissot,  de  M.  Méténier  ; la  coutellerie 
horticole  de  M.  Aubry,  les  porte-fruits  de 
M.  Barbon  ; l’exposition  de  M.  Fontaine,  où 
nous  avons  remarqué  d’ingénieux  appareils 
horticoles  de  son  invention,  parmi  lesquels  les 
crochets  régulateurs  de  la  charpente  des  arbres 
dont  la  Revue  a parlé  récemment  ; les  caisses  et 
bacs  de  M.  Figus  ; et  enfin  le  mastic  à greffer 
depuis  si  longtemps  connu  de  M.  Lhomme- 
Lefort,  pour  montrer  que  nous  avons  parcouru 
toutes  les  sections  comprises  sous  la  rubrique 
« Arts  et  industries  horticoles.  » 

Max.  Ringelmann. 


LISTE  DES  RÉCOMPENSES  DE  l’eXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE.  313 


LISTE  DES  RÉCOMPENSES 

DÉCERNÉES  A L’EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE 

DE  FRANCE 

ARTS  ET  INDUSTRIES  HORTICOLES 


Exposants  hors  concours,  membres  du  jury. 

Anfroy  (H.)  Ris,  à Andilly,  près  Montmorency 
(Seine-et-Oise).  — Claies  à ombrer,  abris  d’espa- 
liers, paillassons,  paniers  à Orchidées. 

Aubry,  coutelier,  131,  rue  Vieille-du-Temple, 
à Paris.  — Coutellerie  horticole, 

Brochard  (Emile),  fils,  40,  boulevard  Richard- 
Lenoir,  à Paris.  — Serres  de  culture  et  d’amateurs 
en  fer,  abris  mobiles  vitrés,  châssis  et  coffres  nou- 
veaux, appareils  d’arrosage, 

Dorléans  (Ernest),  architecte,  13,  rue  du  Tandy, 
à Clichy  (Seine).  — Constructions  rustiques,  kios- 
ques, claies,  stores,  paillassons  et  treillages. 

Bon  (Ernest),  13,  rue  des  Boulangers,  à Paris.  — 
Instruments  de  précision. 

Ferry  (P.),  65-07,  rue  de  Pontoise,  à l’Isle-Adam 
(Seine-et-Oise).  — Serres  de  culture  et  d’amateurs, 
châssis  de  couche. 

Guion,  de  la  maison  Paul  Lebœuf,  Guion  et 
Damien,  14,  rue  des  Meuniers  à Paris,  — Chauf- 
fage de  serre. 

Lebœuf  (Henri',  7,  rue  Vésale,  à Paris.  — Claies 
à ombrer  et  paillassons. 

Martre  et  fils,  constructeurs,  15,  rue  du  Jura, 
à Paris.  — Chauffage,  vaporisateurs,  vases,  appa- 
reils d’arrosage. 

Méténier,  quincaillier,  15,  rueTronchet,  àParis. 
— QuincaiPerie  horticole. 

Ozanne  (G.)  et  fils,  constructeurs,  11,  rue  Marq- 
froy,  à Paris.  — Serres,  châssis  et  kiosques. 

Wiriot  (E.),  poteries,  29,  boulevard  Saint-Jacques 
à Paris.  — Poteries  usuelles. 

Hot's  concours.  Déjà  lauréat  d’un  grand  prix 
d.  honneur. 

Cochu  (Eug.),  constructeur,  19,  rue  Pinel,  à 
Saint-Denis  (Seine).  — Châssis  et  coffres,  serres 
d’amateurs,  fer  et  bois. 


Abondance  et  G*^,  claies  et  paillassons,  265,  rue 
de  Paris,  à Taverny  (Seine-et-Oise).  — 2 méd. 
arg.  (claies,  paillassons,  châssis  en  bois);  méd. 
br.  (treillages  en  bois). 

Alexandre  (H.),  fabricant  de  paillassons,  à Vil- 
liers-sur-Marne  (Seine-et-Oise).  — Mention  hono- 
rable (claies  et  paillassons). 

Anceaux  (G.),  constructeur,  10,  boulevard  de  la 
Contrescarpe,  à Paris.  — Gr.  méd.  verm.  (pom- 
pes). 

Bail-Pozzi  et  G'°,  ingénieurs-constructeurs, 
143,  quai  Valmy,  à Paris.  — Méd.  verm.  (chauf- 
fage de  serres). 

Baladiez,  30,  rue  Monsieur-le-Prince,  à Paris.  — 
Gr.  méd.  arg.  (dessins  horticoles). 

Barbon  fils,  52,  rue  Montmartre,  à Paris.  — 
Méd.  br.  (porte-fruits). 

Bay  (G.),  coutelier,  16,  cour  des  Petites-Ecu- 
ries, à Paris.  — Méd,  arg.  (échenilloirs). 

Beaucantin,  à Rouen.  — Méd.  arg.  (plans  de 
jardins). 


Beaufils  (G.),  constructeur,  23,  rue  du  Port,  au 
Mans  (Sarthe),  — Gr.  méd.  verm.  (serre  trans- 
foimable). 

Beaume  (A.)  fils,  ingénieur-constructeur,  53, 
rue  de  Châteaudun,  à Paris.  — Gr.  méd.  verm. 
(vases  et  jardinières)  ; 2 méd.  verm.  (pulvérisa- 
teurs, jardinières  et  tondeuses). 

Bellard  (A.),  constructeur,  89,  boulevard  Dide- 
rot, à Paris  — Gr,  méd.  arg.  (serres  de  culture 
en  fer);  méd.  br.  (châssis). 

Bergerot,  Schwartz,  Meurer,  ingénieurs-cons- 
tructeurs, 76,  boulevard  de  la  Villette,  à Paris. 

— Méd  d’hon.  (serres  et  grilles)  ; méd.  or.  (grilles 
en  fer  forgé). 

Besnard  père,  fils  et  gendres,  fabricants,  28, 
rue  Geoffroy-Lasnier,  à Paris.  — Gr.  méd.  verm. 
(pulvérisateurs);  méd.  arg.  (alambics). 

Billot,  représentant,  10,  rue  Primatice,  à 
Paris,  — Rappel  de  méd.  arg.  (poteries  usuelles). 

Blanquier  (L.),  constructeur,  20,  rue  de  l’Évan- 
gile, à Paris.  — Méd.  or  (chauffage  de  serres). 

Bourceret  (A.),  67,  rue  du  Théâtre,  à Paris.  — 
Méd,  br.  (échelles). 

Boutard  (A.),  constructeur,  280,  rue  de  Paris,  à 
Montreuil  (Seine).  — Méd.  verm.  (serres  en  bois). 

Broquet,  constructeur,  121,  rue  Oberkampf,  à 
Paris.  — Méd.  verm.  (pompes). 

Bruno  (E.),  dessinateur, 50,  r.  deVilliers,Neuilly- 
Levallois  (Seine).  — • Méd,  br.  (plans  de  jardins). 

Bué  fils,  constructeur,  7,  rue  du  Plessis,  à 
Fontenay-aux-Roses  (Seine).  — Méd.  arg.  (échel- 
les et  brouettes). 

Buzelin  (F. -J,),  constructeur,  81,  rue  de  Paris, 
aux  Lilas  (Seine).  — Méd.  verm.  (pompes). 

Garpentier  (E.),  constructeur,  16,  rue  Tur- 
bigo,  à Paris.  — Méd.  verm.  (châssis  et  versant 
circulaire)  ; méd.  arg.  (serres  en  fer). 

Garré  fils  aîné  et  G‘o,  ingénieurs-constructeurs, 
127,  quai  d’Orsay,  à Paris.  — Méd.  arg.  (appa- 
reils d’arrosage). 

Ghapal,  ingénieur,  directeur  des  clôtures  fer  et 
bois,  à Voutenay  (Yonne).  — Rappel  de  gr.  méd. 
verm.  (clôtures  fer  et  bois)  ; méd.  arg.  (bacs). 

Ghaumeton  (E.),  rocailleur,  5 bis,  boulevard 
'Victor-Hugo,  Parc  de  Neuilly  (Seine).  — Gr.  méd. 
argent  (rochers,  ouvrages  en  ciment). 

Ghazal  (H.-M.),  instituteur,  à Estivaux  (Corrèze). 

— Méd.  br.  (dessins  horticoles). 

Ghéron  et  fils,  poteries,  à Liancourt  (Oise).  — 
Méd.  arg.  (poteries). 

Ghertier  (veuve),  ornements,  9,  rue  Paul-Louis- 
Courier,  *à  Paris.  — Méd.  verm.  (vases  anciens, 
vasques  en  marbre). 

Clinard  (T.),  constructeur,  43,  45,  rue  de  la 
Légion-d’Honneur,  à Saint-Denis  (Seine).  — Méd. 
br.  (chauffage  de  serres). 

Couppez  et  Leonet,  constructeurs,  118,  rue 
d’Angoulême,  à Paris.  — Méd.  br.  (pompes). 

Danrée  (L.)  fils,  entrepreneur  de  menui- 
serie, 189,  rue  de  'Villeneuve,  à Alfortville  (Seine) 


314  LISTE  DES  RÉCOMPENSES  DE  L’EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’hORTICULTURE. 


— Gr.  méd.  arg.  (chalets  démontables);  méd.  arg, 
(serres  de  culture). 

Debray  fils,  pompes,  38,  rue  de  la  Folie-Méri- 
court,  à Paris  — Méd.  br,  (pompes). 

Dedieii  (M.)  et  Hallay,  constructeurs,  7,  ruelle 
Gandon,  à Paris.  — Méd.  br.  (chauffage  de 
serres). 

Deliége  (E.),  instituteur,  à Betheny,  par  Reims 
(Marne).  — Méd.  br.  (dessins  horticoles). 

Denis  (A.),  peintre-verrier,  72,  quai  de  l’Hôtel- 
de-Ville,  à Paris.  — Méd.  arg.  (petites  serres 
d’appartement). 

Doloir,  (P.),  6,  rue  Castellane,  à Paris.  — Ment, 
bon.  (cache-pots). 

Donlton  et  C‘®,  fabricants,  03,  boulevard  Bes- 
sières,  à Clichy  (Seine).  — Méd.  or  (vases,  céra- 
mique vernissée). 

Dreux.  — Méd.  arg.  (serres)  ; méd.  br.  (châs- 
sis). 

Dubois  (Th.),  constructions  rustiques,  9,  avenue 
Berthet,  à Sannois  (Seine-et-Oise).  — Rappel  de 
méd.  or  (kiosques). 

Dubos  (Paul)  et  0'°,  bétons  agglomérés,  6,  rue 
Coignet,  à Saint-Denis  (Seine).  — Rappel  de  méd. 
or  (statues,  vases  et  balustres). 

Dubrulle  (A  ),  rocailleur,  5,  place  d’Italie,  à 
Paris.  — Méd.  arg.  (ouvrages  en  ciment). 

Dufour  et  Cio,  48,  faubourg  Saint-Denis,  à 
Paris.  — Méd.  arg.  (vaporisateurs). 

Duquenne  (J.),  aquarelliste,  2,  allée  de  Long- 
champs,  le  Ferreux  (Seine)  , — Méd.  verm. 
(aquarelles). 

Durand-Vaillant,  constructeur,  120,  boulevard 
de  Charonne,  à Paris.  — Gr.  méd.  verm.  (chauf- 
fage de  serres). 

Durey-Sohy  (G.),  ingénieur-constructeur,  17  et 
19,  rue  Lebrun,  à Paris.  — Méd.  or  (pompes). 

Établissements  Allez  frères,  1,  rue  Saint- 
Martin,  à Paris. — Rappel  de  gr.  méd.  arg.  (en- 
semble de  leur  exposition). 

Eylé,  constructeur,  6,  impasse  de  l’Orillon,  à 
Paris.  — Méd.  arg.  (pompes). 

Figus  (Paul),  121,  rue  de  Charonne,  à Paris.  — 
Méd.  arg.  (caisses  et  bacs). 

Floucaud,  ingénieur,  65,  rue  de  Bagnolet,  à 
Paris.  — 2 méd.  arg.  (seringues  et  pulvérisa- 
teurs) ; méd.  br.  (arrosoirs). 

Fontaine  père  et  fils,  à Fourchambault  (Nièvre). 

— Méd.  arg.  (colliers  et  tuteurs). 

Girardot  (J.),  constructeur,  36,  rue  Picpus,  à 
Paris.  — Méd.  arg.  (serres  en  fer)  ; méd.  br. 
(châssis). 

Grelle  (A.-C.),  industriel,  63,  boulevard  de  Bel- 
leville,  à Paris.  — Gr.  méd.  arg.  (tente-abri). 

Grodet(E.),  constructeur,  3,  rue  de  Dunkerque, 
à Paris.  — Gr.  méd.  arg.  (chauffage  de  serres). 

Guillot-Pelletier  (F.),  constructeur,  62,  rue 
d’Hauteville,  à Paris,  — Gr.  méd.  arg.  (serres 
d’amateur  en  fer). 

Henry  (P.),  poteries,  à Marigny  (Saône-et- 
Loire).  — Méd.  arg.  (poteries;. 

Hirt  (A  ),  mécanicien,  56,  boulevard  Magenta, 
à Paris.  — Méd.  arg.  (pompes). 

Hirt  (X.),  aîné,  constructeur-mécanicien,  11,  rue 
du  Faubourg-Saint-Martin,  à Paris.  — Gr.  méd. 
arg.  (pompes). 

Jamin-Lemée.  — Méd.  br.  (tombereaux). 


Jarry-Clément,  architecte-paysagiste,  avenue 
Baudin,  à Limoges  (Haute-Vienne).  — Gr.  méd. 
arg.  (plans  de  jardins). 

Jollivet,  à Saint-Prix  (Seine-et-Oise).  — Méd. 
arg.  (porte-fruits). 

Labaume  (Ch.)  et  Gérôme  (A.),  bamboutiers- 
décorateurs,  11,  rue  Hélène,  à Paris.  — Gr.  méd. 
arg.  (treillage  jonc  et  bambou). 

Lavaud,  44,  rue  Véron,  à Paris.  — Méd.  verm. 
(ensemble  de  son  exposition);  méd.  arg.  (meubles 
de  jardin). 

Laverrière  et  fils,  115,  rue  de  Paris,  à Ivry 
(Seine).  — Méd.  br.  (robinets  et  siphons). 

Lavialle  (J. -B.),  instituteur  à Condat  (Corrèze). 

— Méd.  br.  (dessins  horticoles). 

Lavoivre  (E.),  porcelaines,  71,  rue  du  Bac,  à 
Paris.  — Méd.  arg.  (vases). 

Lebrun  (René),  fabricant  de  bacs,  59,  avenue  de 
Neuilly,  à Neuilly  (Seine).  — Méd.  arg.  (bacs). 

Leduc  (L.),  constructeur,àAndilly,  près  Montmo- 
rency (Seine-et-Oise).  — Gr.  méd.  verm.  (serres  de 
culture). 

Lefèvre  (Ed.),  fabricant,  22,  rue  de  Meudon,  à 
Issy-les-Moulineaux  (Seine).  — Méd.  arg.  (éti- 
quettes). 

Legendre  (E.),  poteries,  12,  rue  Monte-Christo, 
à Paris.  — Gr.  méd.  arg.  (poteries  rustiques). 

Lelarge  (J.),  constructeur  à Boissy-Saint-Léger 
(Seine-et-Oise).  — Gr.  méd.  arg.  (caisses  démon- 
tables). 

Le  Melle,  constructeur,  42,  rue  Lafayette,  à 
Paris.  — Gr.  méd.  verm. (tondeuses  françaises). 

Lerch  (FélixL  fabricant,  61,  boulevard  Richard- 
Lenoir,  à Paris.  — Rappel  de  gr.  méd.  arg. 
(échelles). 

Liem  (G.),  constructeur,  72,  rue  de  Bondy,  à 
Paris.  — Méd.  br.  (pompes). 

Maillard,  constructeur,  place  de  l’Eglise  à 
Choisy-le-Roi  (Seine).  — 2 méd.  arg.  (serres  d’ama- 
teurs et  chaulfage  de  serres). 

Mansion  (Félix),  fabricant  de  bacs,  19,  rue  de 
Versailles,  àBougival  (Seine-et-Oise).  — Rappel  de 
gr.  méd.  verm.  (paniers  à Orchidées). 

Marchai,  fabricant,  37,  rue  du  Plateau,  à Vin- 
cennes  (Seine).  — Méd.  arg.  (claies  et  paillas- 
sons). 

Marin  (Ch.),  dessinateur,  7,  rue  Sylvanie,  Parc- 
St-Maur  (Seine).  — Méd.  arg.  (photographies  de 
plantes). 

Marin  (Mii°J.),  dessinateur,  7,  rue  Sylvanie, 
Parc-St-Maur  (Seine).  — Méd.  arg.  (dessins 
horticoles). 

Martin,  constructeur,  16,  rue  de  Jessaint,  à Pa- 
ris. — Méd.  arg.  (ratissoirs). 

Mathian  (G.),  constructeur,  25,  rue  Daniesme, 
à Paris.  — Méd.  verm;  méd.  arg.  (serres  de  cul- 
ture). 

Mathieu,  16,  rue  de  la  Tour-des-Dames,  à Paris. 

— Méd.  arg.  (cache-pots  rustiques). 

Maurel  et  fils,  industriels,  140,  rue  de  Rivoli 
à Paris.  — Méd.  br.  (tuyaux  de  caoutchouc). 

Maurice  (A.),  fabricant,  à Cbâteau-du-Loir 
(Sarthe).  — Rappel  de  méd.  d’arg.  (bacs). 

Méry,  fabricant  de  bacs  à Noailles  (Oise).  — 
Rappel  de  gr.  méd.  verm.  (bacs). 

Michaux  (Albert),  constructeur,  81,  avenue  de 
Courbevoie,  à Asnières  (Seine).  — Méd-  or  (faîtage 
de  serre  articulée). 


315 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTICULTURE  DE  FRANCE. 


® Michelin  (A.),  ingénieur-constructeur,  115,  rue 
S;  de  Bagnolet,  à Paris.  — 2 méd.  arg.  (serres  de  cul- 
ture  et  d’amateur). 

Moine  (J.),  fabricant,  24,  rue  Émile-Lepeu,  à 
V Paris. — Méd.  arg.  (vannes  pour  chauffage). 

'y..  Monlezun,  coutelier,  à Alençon  (Orne).  — Méd. 
arg.  (coutellerie  horticole). 

Monservier,  fabricant,  à Bordeaux  (Gironde).  — 
4,  Méd.  arg.  (pulvérisateurs). 

|j^  M»«®  Motte  (veuve  A.),  fabricant,  23,  rue  Vicq- 

d’Azir,  à Paris.  — Méd.  arg.  (raccords  de  pompes). 

Moutier  (Eug.),  ingénieur-constructeur,  11  et  13, 
rue  des  Coches,  à Saint-Germain-en-Laye  (Seine- 
'>£■  et-Oise). — Méd.  verm.  (serre  à double  vitrage); 

| y méd.  arg.  (serre  de  culture  en  fer). 

1(;  Muratori  (F.',  constructeur,  26,  rue  Folie-Méii- 
I V,  court,  à Paris.  — Méd.  arg.  (pulvérisateurs). 

L Paris  (Ch.)  et  Ci®,  industriels,  au  Bourget  (Seine- 
et-Oise).  — Gr.  méd.  arg.  (socles  et  vases  fonte 
r'  émaillée). 

f',  Pasteyer  (Ch,),  38,  quai  des  Célestins,  à Paris. 
^ — Rappel  de  méd.  arg.  (étiquettes). 

Pelletier  (J.),  12  et  14,  rue  Hudri,  à Courbe- 
voie  (Seine).  — Méd.  arg.  (coffres  et  châssis);  méd. 
;t  br.  (claies  et  paillassons) . 

I ' Perrier  fils,  ingénieur-constructeur,  164,  rue 
Michel-Bizot,  à Paris.  — 2 méd.  or  (serres  avec 
p,  châssis  nouveaux;  chauffage  à foyer  tubulaire). 

E;.  Peschard  (Auguste),  8 et  10,  quai  de  la  Mégis- 
serie, à Paris.  — Méd.  arg.  (ensemble  de  son 
exposition). 

\ Pescheux  (Auguste),  44,  rue  de  Lévis,  à Paris. 

I — Méd.  arg.  (porte-pots). 

' Philippon  (Louis),  entrepreneur  de  kiosques  et 

, treillages,  à Robinson,  près  Sceaux  (Seine).  — 
Méd.  or  et  objet  d’art  (constructions  rustiques,  pa- 
! rasol). 

Plançon,  constructions  rustiques,  29,  rue  de 
l’Aigle,  à la  Garenne-Colombes  (Seine).  — Rappel 
c de  méd.  or.  (kiosques  et  ponts);  gr.  méd.  verm. 

(couvertures  démontables)  ; méd.  br.  (claies  et 

, paillassons) . 

Ponchon  (J.),  paillassons  et  stores,  63,  avenue 
Niel,  à Paris.  — Méd.  br.  (abris  de  chasse  et 
y kiosques). 

!?'  Pradines  (Léon),  coutelier-fabricant,  27,  rue  de 
^ Courcelles,  à Levallois-Perret  (Seine).  — Gr.  méd. 
y verm . (inciseur  à vigne). 

Proot  (F.),  entrepreneur -paysagiste,  1,  rua 
J:  Volta,  à Canteleu-Lille  (Nord).  — Méd.  br.  (plans 
de  Jardins). 

ÿ Qiiéroy  et  Allouard,  constructeurs,  72,  rue  du 
Chemin-Vert,  à Paris.  •—  Méd.  arg.  (tuyaux  mé- 
talliques). 

■7.  Ricada  (A.),  fils  aîné,  constructeur,  26-28,  rue 
'y  du  Vieux-Versailles,  à Versailles  (Seine-et-Oise) . 
y-  — Méd.  arg.  (chauffage  de  serres);  méd.  br.  (va- 
■i"  porisateurs). 


Rigault  (A.),  constructeur,  22,  boulevard  de  la 
Mairie,  à Croissy  (Seine-et-Oise).  — Gr.  méd. 
verm.  (serres  et  châssis  nouveaux) 

Rouard  (L  ).  et  Vandendriessche,  construc- 
teurs, 5,  cour  Ragot,  à Saint-Denis  (Seine).  — Méd. 
verm.  (châssis  et  cotfre)  ; méd.  arg.  (serres  en  bois 
fixe). 

Royer  (L.),  constructeur,  38,  rue  Glaude-Velle- 
faux,  à Paris.  — Méd.  br.  (tente-abri). 

Rudolph  (Ch.),  66,  rue  du  Théâtre,  à Paris.  — 
Méd  argent  (tuyaux  flexibles). 

Sabot  (P.),  menuisier,  4,  rue  Marbeau,  à Paris. 

— Gr.  méd.  br.  (échelles  et  caisses). 

Sertel  (F.),  industriel,  57,  rue  Bayen,  à Paris. 

— Méd.  br.  (constructions  rustiques  en  bois). 

Siry  fJ.),  paillassons  et  claies,  4,  rue  du  Châ- 
teau, à la  Garenne-Colombes  (Seine).  — Gr.  méd. 
arg.  (kiosque,  volière,  champignons). 

Société  anonyme  des  anciens  Ateliers  de 
Neuilly,  32,  rue  Greffulhe,  à Levallois-Perret 
(Seine).  — Méd.  verra,  (châssis  en  bois,  vitrage 
mobile)  ; 2 méd.  arg.  (serre  en  bois  double  vi- 
trage, grille). 

Société  anonyme  des  Verreries  de  Dorignies 
(Nord),  146,  rue  Lafayelte,  à Paris. — Gr.  méd.  arg. 
(serre  en  verre). 

Société  du  Val  d’Osne,  58,  boulevard  Voltaire, 
à Paris.  — Gr.  méd.  verm.  (statues  et  vases  en 
fonte). 

Sohier  (G.),  constructeur,  121,  rue  Lafayette,  à 
Paris.  — Gr.  méd.  verm.  (grille  monumentale)  ; 
méd.  arg.  (serre  d’amateur  en  fer). 

Stremsdoerfer,  ingénieur,  110,  rue  de  Bagno- 
let, à Paris.  — Méd.  arg.  (chauffage  de  serres). 

Théveny  (Achille),  artiste  peintre,  18,  rue  de  la 
Mairie,  à Antony  (Seine).  — Gr.  méd.  verm. 
(fruits  et  légumes  imités). 

Taufflieb  (A.)  et  Chaussard  (V.),  constructeurs, 
à Issoudun  (Indre).  Dépôt  : 12,  quai  de  la  Mégis- 
serie, à Paris.  — Méd.  arg.  (tondeuses  et  jardi- 
nières) . 

Thiollon  (V.),  constructeur,  10,  quai  du  Louvre, 
à Paris.  — Méd.  arg.  (quincaillerie  horticole). 

Tinot,  méd.  arg.  (châssis). 

Tissot  (J.-C.)  et  G‘o,  fabricants,  31,  rue  des 
Bourdonnais,  à Paris.  — Méd.  arg.  (ensemble  de 
leur  exposition). 

Vélard,  menuisier,  71  et  73,  rue  des  Pyrénées, 
à Paris.  — Méd.  arg.  (châssis  et  coffres  en 
bois). 

Vidal- Beaiime , ingénieur- constructeur,  66, 
avenue  de  la  Reine,  à Boulogne  (Seine).  — Gr. 
méd.  verm.  (pompes). 

Zehren  frères,  constructeurs,  144,  boulevard  de 
la  Villette,  à Paris  — Gr.  méd.  verm.  (vannes 
pour  chauffage). 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  10  JUIN  mi 


If' 

f.  Floriculture. 

; Au  lendemain  de  l’Exposition  de  la  Société 
nationale  d’horticulture  de  France,  il  était  à 
v,.prévoir  que  sa  séance  serait  peu  fertile  en  pré- 


sentations. La  maison  Vilmorin  - Andrieux 
et  C*e  montrait  cependant  une  belle  collection 
de  plantes  alpines  dont  beaucoup  déjà  culti- 
vables, telles  que:  Dracocephalurn Rmyschiana , 
Campanula  barhata,  Saxifraga  Cotylédon, 


CORRESPONDANCE. 


316 

Astrantia  major , Mentha  Requienii,  Campa- 
nuïa  garganica,  etc. 

Le  même  établissement  montrait  aussi  un 
Pyrethrum  Parthenium  bien  développé,  au 
feuillage  vert  sombre,  et  aux  capitules  jaunes, 
ronds  et  pleins  comme  des  boutons  de  guêtres. 
Puis  de  très-jolis  et  nouveaux  coloris  de  Salpi- 
glossis  hybrides,  et,  enfin,  un  Bégonia  issu 
de  graines  introduites  de  la  province  du  Se 
Tchuen  en  Chine.  Il  s’agit  du  B.  laciniata, 
Roxb.,  var.  nepalensis,  dont  la  première  in- 
troduction, nous  dit  M.  Maurice  de  Vilmoiln, 
remonte  à peine  à 1858.  La  souche  en  est  ram- 
pante et  rhizomateuse,  propre  à la  division 
par  fragmentation.  Son  feuillage  est  élancé  et 
découpé  dans  le  genre  de  celui  d’un  Ahutilon. 

Orchidées. 

Il  y a,  cette  fois-ci,  un  maître  « clou  » aux 
Orchidées.  C’est  un  Cattleya  Mossiæ  Wagneri 
au  maintien  tellement  majestueux,  aux  formes 
tellement  impeccables,  à la  texture  tellement 
consistante,  qu’on  le  croirait  un  modèle  en 
cire.  Les  franges  du  labelle  sont  d’un  contour 
rigoureusement  régulier  ; les  sépales  latéraux 
sont  symétriquement  opposés  l’un  à l’autre  et 
sur  le  même  plan  ; le  sépale  dorsal  est  érigé, 
roide  comme  un  couteau  à papier.  Cette  mer- 
veilleuse variété,  présentée  par  M.  Belin,  d’Ar- 
genteuil,  a été,  séance  tenante,  dénommée 
Belini. 

Du  même  présentateur,  il  y avait  aussi  un 
Cattleya  Mossiæ  aureagigantea^  un  Cypripe- 
dium  Curtisii,  un  Læ.lia  grandis  tenebrosa, 
puis  trois  formes  de  Cattleya  Mossiæ,  très- 
frangées.  Puis,  de  M.  Gautier,  un  très-coloré 
Lælia  grandis  tenehrosa,  et  de  M.  Bleu,  un 
Lælio-Caitleya  nouveau  {Lælia  purpurata 
X Cattleya  Mossiæ  Bœzlii),  au  labelle  solfé- 
rino  ligné  de  jaune  au  fond,  et  aux  divisions 
lilacées. 


Arboriculture  fruitière 

M.  Espaullard,  de  Noisy-le-Sec,  présentait 
de  beaux  Bigarreaux  qui  paraissent  avoir  la  va- 
leur de  bonnes  Guignes  et  que  l’on  a supposé 
être  des  Bigarreaux  Beverchon. 

M.  Nomblot,  de  Bourg-la-Reine,  avait  ap- 
porté, à titre  de  leçon  de  choses,  toute  une 
collection  de  Guignes  et  de  Bigarreaux.  Il  y en 
a de  très-hâtifs,  comme  la  Guigne  A'Annonay, 
de  très-succulents  mais  peu  productifs  et  de 
végétation  capricieuse,  tels  que  les  Bigarreaux 
Jahoulay  et  Précoce  de  Bivers,  puis  de  bonnes 
variétés  productives  de  fonds,  telles  que 
les  Guignes  Belle  d’Orléans,  Beauté  de 
VOhio,  etc. 

Enfin,  M.  Savait,  de  Bagnolet,  nous  montrait 
des  Groseilles  rouges,  ressemblant  assez  à la 
variété  Grosse  de  Belleville,  et  provenant  de 
semis  d’un  Groseillier  épineux. 

Culture  potagère. 

M.  Édouard  Lefort  continuait  la  présenta- 
tion, déjà  commencée  en  1806,  d’un  Fraisier 
remontant  qu’il  dit  être  sorti  de  la  variété 
Saint-Joseph,  et  auquel  il  donne  le  nom  de 
Jeanne  d’Arc.  Le  pied  apporté  cette  fois-ci 
aurait  porté  jusqu’à  350  coulants  dont  quel- 
ques-uns auraient  atteint  l«i50.  M.  Lefort 
nous  démontrera  plus  tard  que  cette  nouvelle 
Fraise  est  la  plus  remontante  de  toutes. 

Ajoutons,  pour  terminer  : 

lo  De  M.  Gongy,  chef  des  cultures  potagères 
du  domaine  de  Ferrières,  de  beaux  Choux- 
Fleurs  de  Chambourcy  amélioré  et  demi-dur 
de  Paris,  ainsi  que  des  fruits  du  Concombre 
anglais  « AU  the  year  round  »,  c’est-à-dire  des 
Quatre-Saisons. 

De  M.  Gauthier,  de  Vitry,  de  monumen- 
taux Artichaux  de  la  variété  vert  de  Laon. 

H.  Dautiienay. 


CORRESPONDANCE 


]tfmc  M.  C.  C.  {Boumanie).  — On  ne  peut, 
en  effet,  parler  des  arbustes  du  premier 
printemps,  sans  mentionner  le  Cognassier  dn 
Japon  et  ses  variétés.  On  le  connaît  sous  le 
nom  de  Cydonia  japonica  et  aussi,  comme 
genre  spécial,  sous  celui  de  Chænomeles. 

Quant  aux  Chèvrefeuilles  très-printaniers,  il 
n’y  a à citer  que  les  Lonicera  fragrantissima 
et  Standishii,  à fleurs  blanches  sentant  la  fleur 
d’oranger.  Toute  la  série  des  Chèvrefeuilles 
autres  que  ces  deux  espèces  sont  de  la  fin  du 
printemps  ou  du  commencement  de  l’été.  Vous 
avez  raison  de  rappeler  le  souvenir  de  ces 
fleurs  des  premiers  beaux  jours.  Ces  char- 
mants arbustes  sont,  en  effet,  des  plus  pré- 


cieux pour  la  décoration  des  jardins...  mais 
on  ne  peut  tout  citer. 

JV“  3668  (Haut-Bhin).  — Il  n’existe  pas 
d’altérations  cryptogamiques  sur  vos  Fuchsia 
et  vos  Hortensia,  mais  nous  y avons  trouvé  des 
acariens,  du  genre  Tetrarhynchus,  assez  abon- 
dants dans  toutes  les  parties  malades.  C’est  sans 
doute  à ces  animaux  qu’il  faut  attribuer  l’avor- 
tement des  rameaux  et  des  fleurs.  Vous  pourrez 
vous  en  débarrasser  au  moyen  d’une  émulsion 
de  pétrole  dans  l’eau  de  savon  (5  % de  savon 
blanc,  \6%  de  pétrole)  ; vous  pourrez  essayer 
de  remplacer  aussi  le  pétrole  par  l’alcool  arny- 
lique.  — (L.  M.) 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pipelet,  successeur. 


Le  Directeur- Gérant  t L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


317 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Mérite  agricole.  — Orages  et  inondations,  — Société  française  Je  viticulture  et  d’ampélographie.  — 
Chambre  syndicale  des  constructeurs  d’instruments  agricoles  et  horticoles.  — Excursion  en  Belgique 
des  élèves  de  l’Ecole  d’horticulture  de  Versailles. — Excursion  de  la  Société  botanique  de  France.  — 
École  pratique  d’agriculture  et  d’horticulture  d’Antibes.  — Distribution  des  prix  à l’Associatioti 
philotechnique.  — La  pollinisation  des  Cannas  italiens.  — Encore  X Araucaria  imbricala.  — Ouvrages 
reçus.  — Expositions  annoncées.  — Clematis  Viticella  flore  pleno.  — Le  potager  du  Roi  et  l’Ecole 
nalionale  d’horticulture  de  Versailles 


Mérite  agricole.  — Parmi  les  promo- 
tions ou  nominations  dans  l’ordre  national 
du  Mérite  agricole,  faites  à l’occasion  des 
concours  régionaux  ou  de  solennités  di- 
verses, nous  relevons  les  suivantes  qui  in- 
téressent l’horticulture  : 

Grade  d’officier  : 

M.  Folletais  (Pierre-Mathurin),  en  religion 
frère  Henri,  chef  de  culture  à l’institution 
Saint-Vincent  à Rennes  (Ille  et-Vilaine)  : vice- 
président  de  la  Société  d’horticulture  d’Ille- 
et-Vilaine.  Membre  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France.  Publications  agri- 
coles. Importants  services  rendus  à l’ensei- 
gnement horticole.  Chevalier  du  18  mai  1887. 

Grade  de  chevalier  : 

M.  Duval  (Glotaire-Emilien-Nicolas-Géleste) , 
horticulteur  à Fontainebleau  (Seine-et- 
Marne)  : secrétaire  de  la  Société  d’horti- 
culture de  Melun-Fontainebleau.  Vice-secré- 
taire de  la  Société  botanique  de  France. 
Membre  du  jury  dans  les  expositions.  Pu- 
blications ; 25  ans  de  pratique  horticole. 

Orages  et  inondations.  — La  seconde 
quinzaine  de  juin  et  la  première  semaine 
de  juillet  ont  été  marquées  par  de  violents 
orages  chargés  de  grêle,  qui  ont  sévi  dans 
presque  toutes  les  régions  ; partout  où  ils  se 
sont  abattus,  les  récoltes  ont  été  complè- 
tement saccagées.  Dans  la  région  du  Sud- 
Ouest  et  particulièrement  dans  la  Haute- 
Garonne  et  le  Gers,  des  trombes  d’eau  ont 
causé  des  inondations  épouvantables  : un 
grand  nombre  de  maisons  ont  été  démolies, 
le  bétail  a été  noyé  et  beaucoup  d’habitants 
ont  péri. 

Il  n’entre  pas  dans  le  cadre  de  ce  journal 
de  rendre  compte  de  tous  les  désastres  qui 
viennent  de  frapper  les  diverses  régions  de 
la  France.  Nous  nous  bornons  à constater 
que  l’année  1897  sera  caractérisée  par  une 
suite  de  perturbations  atmosphériques  sans 
précédent  : pluies  extraordinairement  abon- 
dantes suivies  d’inondations  au  printemps  ; 
gelées  désastreuses  au  mois  de  mai  ; orages 

16  Juillet  1897 


multipliés  et  inondations  durant  l’été  ; cy- 
clones, grêles  avec  gréions  d’une  grosseur 
vraiment  prodigieuse,  tous  les  fléaux  ont 
été  réunis. 

Société  française  de  viticulture  et 
d’ampélographie.  — La  Société  française 
de  viticulture  et  d’ampélographie  tiendra 
cette  année,  à Toulouse,  au  mois  de  sep- 
tembre prochain,  son  congrès  et  son  con- 
cours annuels  d’ampélographie. 

Cette  Société  organise  en  outre,  pour  le 
commencement  de  l’année  1898,  un  grand 
congrès  viticole  qui  aura  lieu  à Paris  pen- 
dant la  durée  du  concours  général  agricole 
et  où  seront  discutées  plusieurs  questions 
intéressant  au  plus  haut  point  notre  viti- 
culture nationale,  entre  autres  la  question 
des  gelées  dans  les  vignes. 

Le  programme  des  travaux  de  ce  con- 
grès sera  du  reste  prochainement  publié. 

Le  siège  de  cette  Société  a été  transféré 
définitivement,  84,  rue  de  Grenelle. 

Chambre  syndicale  des  constructeurs 
de  machines  et  d’instruments  d’agricul- 
ture et  d’horticulture  de  France.  — 

M.  Méline,  président  du  Conseil,  ministre 
de  l’agriculture,  a reçu,  le  23  juin,  le  nou- 
veau bureau  de  la  Chambre  syndicale  des 
constructeurs  de  machines  et  d’instruments 
d’agriculture  et  d’horticulture  de  France, 
qui  lui  a été  présenté  par  M.  Gautreau, 
président  sortant. 

Ce  nouveau  bureau  se  compose  comme 
suit  pour  l’année  1897  : 

Président  ...  M.  Egrot. 

Vice-Présidents  MM.  Paupier  et  Senet. 

Secrétaire.  . . M.  Bariat. 

Trésorier  . . . M.  Lefebvre -Albaret. 

Le  bureau  a entretenu  M.  le  ministre  de 
l’agriculture  de  plusieurs  questions  intéres- 
sant la  Chambre,  relatives  au  concours 
agricole  et  au  transport  des  machines  et 
intruments,  questions  pour  la  solution  des- 
quelles M.  Méline  a bien  voulu  promettre 
son  appui. 


14 


318 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


L’Ecole  nationale  française  d’horti- 
culture en  Belgique.  — M.  Nanot,  direc* 
teur,  a eu  l’heureuse  idée  de  conduire  en 
Belgique,  le  19  juin  dernier,  les  trente- 
sept  élèves  de  troisième  année  de  l’Ecole 
nationale  d’horticulture  de  Versailles,  pour 
un  examen  horticole  qui  a duré  cinq  jours. 
Rien  n’est  plus  apte  à former  l’esprit 
des  jeunes  gens  que  de  pareilles  leçons 
de  choses.  C’est  un  complément  parfait 
de  l’enseignement  scolaire.  La  compa- 
raison entre  les  méthodes  enseignées  et  la 
pratique  de  ce  que  'font  les  cultivateurs 
étrangers  est  le  plus  fécond  des  raisonne- 
ments. 

Grâce  à une  bonne  direction,  à une  sage 
économie,  cette  visite  a parfaitement 
réussi  et  n’a  coûté  à chaque  élève  qu’une 
somme  minime. 

Successivement  les  élèves  ont  visité 
Bruxelles  et  ses  cultures  d’Orchidées  ; le 
Jardin  botanique  dirigé  par  M.  Lubbers  et 
l’Exposition  universelle;  Hoeylaert  et  les 
grapperies  Sohie  et  autres  ; Gand,  avec  les 
établissements  de  Smet,  Dallière,  Pynaert, 
de  Cock,  société  Van  Houtte  père,  et  le 
splendide  Jardin  d’biver  dont  notre  ami 
le  comte  O.  de  Kerchove  leur  a fait  les 
honneurs  avec  sa  bonne  grâce  habituelle. 
A l’Ecole  d’horticulture  de  l’État,  à Gand, 
si  bien  dirigée  par  notre  excellent  confrère 
Rodigas,  les  jeunes  élèves  des  deux  nations 
ont  cordialement  fraternisé.  Avec  un  en- 
train, une  cordialité,  un  sens  pratique  sans 
pareil,  notre  vieil  ami  Edouard  Pynaert  a 
guidé  les  visiteurs  et  leur  a facilité  toutes 
les  excursions,  les  logements,  etc.  Bruges, 
avec  le  bel  établissement  que  M.  Sander  y 
a fondé  ; Ostende  et  ses  bains  de  mer,  et 
enfin  Lille  avec  ses  beaux  jardins  publics 
que  leur  a montrés  leur  habile  directeur, 
M.  Saint-Léger,  ont  formé  le  complément 
de  ce  voyage  qui  laissera  dans  ces  jeunes 
intelligences  de  féconds  enseignements  et 
de  charmants  souvenirs. 

Excursion  de  la  Société  botanique 
de  France.  — L’excursion  annuelle  des 
membres  de  la  Société  aura  lieu  cette 
année  à Barcelonnette  (Basses- Alpes)  et  dans 
les  environs.  C’est  une  région  très-riche  à 
explorer  et  les  excursionnistes  reviendront 
sûrement  les  mains  pleines  de  richesses 
végétales  alpines.  Nous  leur  souhaitons 
beau  temps  et  plein  succès.  Les  demandes 
de  renseignements  doivent  être  adressées  au 
secrétariat  général  de  la  Société,  84,  rue 
de  Grenelle,  à Paris. 


Ecole  pratique  d’agriculture  et  d’hor- 
ticulture d’Antibes.  — Les  examens 
d’admission  à cette  école  auront  lieu  à la 
préfecture  de  Nice  le  5 octobre  prochain. 

Par  sa  situation  privilégiée  entre  Nice  et 
Cannes,  et  surtout  par  la  valeur  de  son 
enseignement  théorique  et  pratique,  cet 
établissement  a acquis,  en  quelques  années, 
une  importance  exceptionnelle  ; il  compte 
actuellement  37  élèves  répartis  en  2 pro- 
motions. 

L’établissement  horticole  qui  lui  a été 
adjoint  est  un  des  plus  beaux  du  littoral  ; et 
ses  produits,  fleurs  et  primeurs,  ont  reçu 
dans  les  expositions  de  Cannes,  Hyères  et 
Marseille,  les  récompenses  les  plus  élevées. 

Pour  recevoir  le  programme  et  les  condi- 
tions d’admission,  s’adresser  à M.  Farrenc, 
directeur  de  l’Ecole,  à Antibes. 

Distribution  des  prix  à l’Association 
philotechnique.  — Le  dimanche  27  juin 
dernier,  lors  de  la  distribution  des  prix  de 
l’Association  pbilotechnique,  au  Trocadéro, 
nous  avons  vu  avec  plaisir  le  succès  remporté 
par  plusieurs  ouvriers  jardiniers. 

C’est  ainsi  que  MM.  Barbarin  (Claude) 
et  Pâquet  (Lucien),  tous  deux  jardiniers  au 
Muséum;  M.  Lelièvre  (Gustave),  jardinier, 
rue  d’Assas,  et  M.  Doucet  (Charles),  jar- 
dinier à Asnières,  ont  obtenu  chacun, 
outre  le  certificat  d’études  relatif  aux 
Sciences  agricoles^  des  livrets  de  Caisse 
d’épargne. 

Ajoutons  que  l’Association  philotech- 
nique, grande  œuvre  d’éducation  populaire, 
fait  tout  son  possible  pour  vulgariser  chaque 
hiver,  à Paris,  les  notions  d’horticulture,  à 
sa  section  du  lycée  Charlemagne. 

La  pollinisation  des  Cannas  « italiens  » . 

— M.  Max  Leitchlin,  de  Baden-Baden, 
l’amateur  très-distingué  à qui  l’horticulture 
est  redevable  d’un  grand  nombre  de  plantes 
d’introduction  directe,  nous  a écrit,  au  sujet 
de  la  pollinisation  des  Cannas  italiens,  une 
lettre  dans  laquelle  il  émet  l’opinion  que  la 
nature  met  spontanément  une  limite  aux 
hybridations  à l’infini  : 

Cette  limite,  — dit  M.  Leitchlin,  — ne  peut 
être  franchie  par  l’homme  sous  quelque  climat 
ou  dans  quelques  circonstances  que  ce  soit;  les 
sujets  sont  et  resteront  infertiles.  Cette  inferti- 
lité pourra  avoir  lieu  après  le  premier  ou  le 
dixième  croisement,  mais  les  lois  de  la  nature 
sont  inaltérables. 

Notre  correspondant,  en  parlant  ainsi, 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


s’appuie,  — dit-il,  — sur  une  expérience 
de  cinquante  années. 

Gomme  lui,  nous  pensons  qu’il  y a un 
terme  à l’hybridation  artificielle.  Quel  est  ce 
terme,  nous  ne  le  connaissons  pas.  Il  faut 
essayer  encore,  essayer  toujours.  Ce  qui  ne 
réussit  pas  avec  un  type  réussit  avec  un 
autre.  La  liste  serait  longue  des  résultats 
inattendus  qui  ont  été  obtenus  de  croise- 
ment entre  espèces  et  même  entre  genres 
très-dissemblables  en  apparence.  La  question 
des  affinités  reste  éternellement  posée.  Dans 
les  Cannas,  si  la  race  dite  « Crozy  » se  montre 
parfaitement  fertile,  c’est  que  les  éléments 
qui  ont  servi  à la  constituer  cadraient  bien 
ensemble.  C’est  l’expérience  seule,  et,  jus- 
qu’à présent,  plutôt  le  tâtonnement  que  le 
raisonnement,  qui  a conduit  les  hybridateurs 
à des  résultats  si  remarquables,  surtout  dans 
la  floricullure  d’ornement. 

Gela  ne  veut  pas  dire  que  nous  soyons 
en  contradiction  avec  M.  Max  Leichtlin,  à 
l’expérience  et  au  savoir  de  qui  nous  sommes 
les  premiers  à rendre  hommage.  Nous  vou- 
lons simplement  dire  que  les  faits  seuls  ont 
de  la  valeur  en  horticulture,  et  qu’il  faut 
toujours  se  méfier  des  généralisations. 

Voici,  d’autre  part,  ce  qu’en  pensent 
MM.  Dammann,  de  Naples,  les  obtenteurs 
des  Cannas  « italiens  » : 

<(  Nous  avons  lu  avec  intérêt  dans  le  n°  du 
16  juin  de  la  Revue  horticole  ce  que  vous  dites 
sur  la  pollinisation  des  Cannas  italiens  ainsi 
que  la  lettre  de  M.  Ferdinand  Bayeux  sur  le 
même  sujet.  Nous  avions  naturellement  déjà 
constaté  nous-mêmes  dès  l’introduction  de  nos 
Cannas  que  cette  nouvelle  race  ne  produit  pas 
de  graines,  mais  depuis  l’année  dernière  nous 
avons  essayé  de  féconder  ces  Cannas  avec  des 
espèces  anciennes.  Il  est  encore  trop  tôt  pour 
en  avoir  le  résultat,  mais  nous  ne  manquerons 
pas  de  vous  en  parler  en  son  temps.  » 

La  lettre  de  MM.  Dammann  vient  à l’ap- 
pui de  l’opinion  que  nous  avons  exprimée. 

Encore  l’Araucaria  imbricata.  — 

Aux  opinions  exprimées  dans  nos  deux 
derniers  numéros,  sur  le  climat  qui  con- 
vient le  mieux  à cet  arbre,  nous  devons 
ajouter  celle  de  M.  Gatros-Gérand,  horti- 
culteur à Bordeaux,  qui  nous  écrit  : 

« La  réussite  de  ces  arbres  dans  nos  con- 
trés est  assez  irrégulière  ; dans  le  jeune 
âge,  ils  sont  jolis,  vigoureux,  et  plus  tard  ils 
disparaissent  peu  à peu,  malgré  les  soins  les 
mieux  entendus.  On  peut  voir  dans  nos  jar- 
dins trois  magnifiques  sujets,  reste  d’un  semis 
que  nous  avons  fait  il  y a une  quarantaine 


319 

d’années;  nous  n’en  connaissons  pas  d’autres 
dans  le  département.  Depuis  quelque  temps  ils 
portent  des  cônes  énormes  et  des  graines  fer- 
tiles. )) 

D’une  autre  source,  nous  apprenons 
que  plus  au  Sud,  dans  les  environs  de 
Pau,  ou  voit  de  fort  beaux  Araucaria 
imbricata  qui  ne  doivent  leur  bel  aspect 
qu’à  ce  climat  réputé  par  son  humidité  cons- 
tante et  la  régularité  de  sa  température. 

Ouvrages  reçus 

Dictionnaire  d’horticulture,  par  M.  D.  Bois, 
assistant  de  la  chaire  de  culture  au  Muséum 
d’histoire  naturelle,  secrétaire-rédacteur  de  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  Ih’ance.  — 
A la  librairie  Klincksieck,  Paris. 

La  publication  de  cette  œuvre  patiente  et 
judicieuse  de  notre  collaborateur,  M.  D.  Bois, 
se  continue  régulièrement.  La  21e  livraison 
qui  vient  de  paraître  comprend  la  lettre  H., 
depuis  le  mot  Haquetia  jusqu’au  mot  Holcus. 

Les  vilaines  bêtes,  par  Armand  Leyritz, 
1 vol.  petit  in-8'’  de  228  pages,  avec  nom- 
breuses figures,  à la  librairie  Juveu  et  Cie, 
10,  rue  Saint-Joseph,  à Paris.  Prix  : 3 fr.  50, 

Dans  un  volume  fort  bien  illustré  et  orné 
d’une  Jolie  couverture  en  couleurs,  avec  pré- 
face de  Max  de  Nansouty,  M.  Armand  Leyritz, 
le  distingué  préparateur  des  sciences  physiques 
et  naturelles  de  l’Ecole  J. -B.  Say,  à Paris, 
nous  présente  « Les  vilaines  bêtes  ». 

Tout  ce  qui  pique,  tout  ce  qui  se  traîne, 
tout  ce  qui  grouille,  est  passé  en  revue  dans 
ce  livre  attrayant  et  fort  documenté,  écrit 
dans  un  style  simple,  intéressant  et  instructif. 

Traité  d’arboriculture  fruitière,  par  Pierre 
Passy,  maître  de  conférences  à l’Ecole  na- 
tionale de  Grignon.  — Chez  J. -B.  Baillière  et 
fils,  à Paris. 

L’auteur  a partagé  son  livre  en  trois  parties  : 

I.  — La  Greffe^  la  Pëqnnière,  le  Jardin 
fruitier,  la  Taille  des  arbres  : 2 francs. 

II.  — Le  Poirier  et  le  Pommier  ; 2 francs. 

III.  — Pêcher,  Abricotier,  Prunier,  Ce- 
risier, Vigne,  Groseillier,  Figuier,  Noise- 
tier, etc  : 2 francs. 

Dans  la  'première  partie,  qui  vient  de  pa- 
raître, l’auteur  étudie  les  greffes,  les  condi- 
tions nécessaires  à leur  réussite,  la  manière  de 
les  exécuter,  puis  V Arboriculture  générale  : 
création  économique  d’un  jardin  fruitier, 
meilleures  dispositions  à adopter,  plantation 
des  arbres,  etc.  Les  principes  généraux  de  la 
taille  sont  ensuite  étudiés  en  détail;  enfin  il 
examine  les  principales  formes  auxquelles  on 
peut  soumettre  les  arbres  fruitiers  et  la  ma- 
nière de  les  obtenir.  Après  ces  généralités  il 
aborde  l’étude  des  espèces  fruitières.  Chaque 


320 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


espèce  est  étudiée  soigneusement,  la  taille  spé- 
ciale qui  lui  convient  exposée  en  détail,  les 
principales  variétés  passées  en  revue,  enfin  les 
ennemis  de  chaque  arbre  (insectes,  cham- 
pignons) sont  décrits  et  les  moyens  pratiques 
de  destruction  indiqués. 

La  2®  et  la  3'  partie  n’ont  pas  encore  paru. 

L’ouvrage  complet,  couronné  par  la  Société 
nationale  d’horticulture,  sera  illustré  de 
300  figures. 

Les  Insectes  nuisibles,  Ravages,  Moyens 
de  destruction,  par  A.  Acloque.  (1  vol.  in-32 
de  la  Bibliothèque  utile,  avec  67  gravures  dans 
le  texte,  broché  60  cent.,  cartonné  à l’anglaise 
1 fr,  — Félix  Alcan,  éditeur.) 

Pour  vaincre  l’ennemi,  il  faut  connaître  ses 
mœurs,  ses  ruses,  ses  retraites,  ses  instincts, 
ses  préférénces.  C’est  une  description  que 
donne  M.  Acloque  sous  une  forme  claire  et  in- 
téressante, en  même  temps  qu’il  indique  les 
moyens  suggérés  par  l’expérience  pour  dé- 
truire les  insectes  qui  ravagent  les  champs, 
les  forêts,  les  jardins  ou  les  parasites  qui  s’at- 
taquent à l’homme  et  aux  animaux.  De  nom- 
breuses gravures  dans  le  texte  nous  donnent 
les  portraits  de  ces  insectes  et  contribuent  à 
faire  de  ce  petit  livre  un  ouvrage  utile. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Paris,  du  iO  au  14  novembre.  — La  So- 
ciété nationale  d’horticulture  de  France  ou- 
vrira, dans  le  Jardin  des  Tuileries,  à Paris,  le 
10  novembre  prochain,  une  Exposition  de 
Chrysanthèmes,  fruits,  arbres  fruitiers,  plantes 
fleuries  et  légumes  de  saison.  Cette  Exposition 
durera  jusqu’au  14  novembre.  Le  programme 
comprend  31  concours  de  Chrysanthèmes  en 
pots,  18  concours  de  Chrysanthèmes  en  fleurs 
coupées,  2 concours  emballage  et  appareils  de 
présentation  ; 14  concours  de  fruits  ; 11  con- 
cours de  plantes  fleuries  en  pots  ; 8 concours 
de  bouquets  et  garnitures  d’appartement  ; 
6 concours  de  légumes. 

Tous  les  horticulteurs  et  amateurs  français 
sont  invités  à prendre  part  à cette  Exposition. 
Adresser  les  demandes,  avant  le  31  octobre,  à 
M.  le  Président  de  la  Société,  84,  rue  de  Gre- 
nelle, Paris. 

Angûulême,  du  5 au  iO  novembre.  — La 
Société  d’horticulture  et  de  viticulture  de  la 
Charente  a décidé  d’organiser  une  Exposition 
départementale,  spéciale  aux  Chrysanthèmes, 
qui  aura  lieu  dans  cette  ville  du  5 au  10  no- 
vembre prochain.  Elle  comprendra  10  concours 
entre  horticulteurs  et  12  entre  amateurs, 
1 concours  entre  tous  les  exposants  et  2 con- 
cours d’honneur.  Les  demandes  d’admission 

* La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  rue  Jacob, 
Paris. 


doivent  parvenir  avant  le  25  octobre  à M.  Ba- 
chelier, président  de  la  Société  à Angoulême. 

Le  Havre,  du  iS  au  15  septembre.  — Une 
Exposition  de  Chrysanthèmes,  de  fleurs  de  sai- 
son, pomologique,  de  culture  maraîchère  et 
d’arboriculture,  aura  lieu  au  Havre  du  13  au 
15  septembre.  Le  programme  comprend 
Chrysanthèmes,  20  concours  ; fruits  de  table, 
6 concours  ; pommes  à cidre,  1 concours  ; 
fruits  montés,  1 concours;  concours  spécial 
de  fruits,  1 concours  ; arboriculture,  3 con- 
cours ; culture  maraîchère,  1 concours. 

Adresser  les  demandes  pour  exposer,  avant 
le  1er  décembre,  à M.  H.  Candon,  président 
de  la  Société,  38,  rue  d’Ignanval,  à Sainte- 
Adresse  (Seine-Inférieure). 

Clematis  Viticella  flore  pleno.  — 

Notre  collaborateur  M.  F.  Morel  nous  écrit 
de  Lyon  qu’il  possède  actuellement  une 
variété  nouvelle  à fleurs  doubles  de  Cle- 
matis Viticella  qui  est  une  plante  extraor- 
dinaire, d’une  floribondité  sans  pareille  et 
d’une  rusticité  absolue.  Elle  offre  cette 
particularité  que,  dans  les  semis  de  M. 
Morel,  il  se  produit,  depuis  plusieurs  an- 
nées, des  répétitions  presque  absolues  de 
cette  variété,  dont  nous  publierons  prochai- 
nement la  description. 

Le  Potager  du  Roi  et  l’Ecole  nationale 
d’horticulture  de  Versailles.  — Sous  ce 
titre,  le  dernier  fascicule  du  Bulletin  de 
VAssociation  des  anciens  élèves  de 
VEcole  nationale  d'horticulture  contient 
une  étude  très-documentée,  d’une  centaine 
de  pages,  due  à la  collaboration  du  direc- 
teur de  l’Ecole,  M.  Nanot,  et  de  M.  Charles 
Deloncle. 

Prenant  comme  point  de  départ  le  tra- 
vail que  nous  avons  publié  sur  l’Ecole  en 
1890  *,  les  auteurs  se  sont  surtout  préoc- 
cupés d’écrire  l’histoire  du  « Potager  de 
Versailles  »,  devenu  établissement  de  l’Etat. 
Ils  l’ont  fait  avec  un  rare  discernement,  un 
vrai  talent  dans  le  groupement  des  docu- 
ments qu’ils  ont  trouvés,  et  dont  l’existence 
ne  pouvait  être  soupçonnée  que  par  les 
chercheurs  les  plus  consciencieux.  La  lec- 
ture de  cette  brochure  est  très-attachante  ; 
elle  s’éclaire  encore  de  plans,  gravures  et 
portraits  très-intéressants  et  pour  la  plupart 
inédits. 

Ed.  André. 

* VEcole  nationale  d'horticulture  de  Versailles, 
par  Ed.  André,  brochure  grand  in-8<>  de  60  pages, 
avec  un  plan  colorié  et  12  figures  noires.  Paris, 
librairie  agricole,  26,  rue  Jacob.  — Prix  : 2 fr. 


LES  CULTURES  DE  QUINQUINAS  DE  L'ÉCÜLE  SUl'ÉRIEURE  DE  PHARMACIE  DE  PARIS.  3'21 


LES  CULTUBES  DE  ÜUINÜUINAS 

DE  L’ÉCOLE  SUPÉRIEURE  DE  PHARMACIE  DE  PARIS 


Parmi  les  plantes  médicinales  exotiques, 
les  Quinquinas  tiennent  une  place  considé- 
rable ; peu  de  médicaments,  en  effet,  sont 
plus  usités  que  leurs  écorces  et  que  le  sul- 
fate de  quinine  qui  en 
est  retiré. 

Les  Quinquinas  sont 
tous  originaires  de 
l’Amérique  du  Sud  ; 
leur  distribution  géo- 
graphique est  nette- 
ment délimitée  ainsi 
que  l’altitude  de  leur 
zone  de  croissance.  Ils 
se  rencontrent  dans  les 
Andes,  entre  10°  de 
latitude  N.  et  19’  de 
latitude  S.,  et  leur  zone 
de  croissance  est  com- 
prise entre  1,600  et 
2,400  mètres  environ. 

Autrefois  toutes  les 
écorces  de  Quinquina 
commerciales  étaient 
fournies  par  des  es- 
pèces sauvages.  Depuis 
lors,  étant  donné  le 
procédé  d’exploitation 
primitif  qui  consistait 
dans  l’abattage  de  l’ar- 
bre, le  nombre  de  ces 
végétaux  a considéra- 
blement diminué;  aussi 
a-t-on  songé  à cultiver 
les  Quinquinas,  et  cette 
branche  lucrative  de 
l’exploitation  agricole  a 
pris,  notamment  à Java 
et  aux  Indes,  une  ex- 
tension considérable. 

Les  écorces  de  Quin- 
quina officinales  étaient 
autrefois  rapportées  à trois  types  : 

Quinquina  gris,  attribué  au  Cinchona 
officinalis,  L.  ; 

Quinquina  jaune,  attribué  au  C.  Cali- 
saya^  Wedd.  ; 

Quinquina  rouge,  attribué  au  C.  succi- 
rubra,  Pavon. 

Depuis  l’extension  apportée  à leur  cul- 
ture, le  nombre  des  espèces  fournissant  les 
écorces  est  devenu  très-considérable,  et  l’on 


peut  évaluer  à vingt-cinq  environ  le  nondire 
des  espèces  ou  variétés  donnant  des  pro- 
duits commerciaux  courants. 

Les  Cinchona  sont  des  plantes  assez  exi- 
geantes au  point  de  vue 
des  conditions  de  cul- 
ture. La  constance  as- 
sez grande  de  la  tempé- 
rature de  leurs  régions 
d’origine  et  surtout  du 
sol  de  ces  régions  en 
rend  l’acclimatation  dé- 
licate. En  outre,  ces 
plantes  sont  extrême- 
ment sensibles  aux 
agents  extérieurs,  et  les 
parasites  habituels  des 
serres  : pucerons,  moi- 
sissures, etc.,  leur 
causent  un  préjudice 
beaucoup  plus  grand 
qu’ils  ne  peuvent  faire 
à toutes  les  autres 
plantes. 

Pour  ces  causes  mul- 
tiples, les  Quinquinas 
sont  très-rares  dans 
nos  serres,  et  c’est  à 
grand’peine  que  les  jar- 
dins botaniques  peu- 
vent, à force  de  soins, 
en  posséder  quelques 
rares  échantillons. 

Aussi  doit-on  enre- 
gistrer, comme  un  vé- 
ritable succès,  les  résul- 
tats obtenus  à l’École 
de  pharmacie  dans  la 
culture  des  Quinquinas. 
Il  n’en  existe,  en  efîet, 
pas  moins  de  45  pieds 
dans  les  serres  de  cet 
établissement,  sans  compter  les  boutures 
et  les  plantes  en  état  de  germination. 

Ces  plantes  proviennent  toutes  de  graines 
qui  ont  été  envoyées  de  Java  par  M.  Treub, 
directeur  du  jardin  botanique  de  Bui- 
tenzorg.  Mises  en  germination  dès  leur 
arrivée,  elles  ont  donné,  grâce  aux  soins 
habiles  et  incessants  du  jardinier  en  chef, 
M.  Demilly,  la  magnifique  collection  pos- 
sédée aujourd’hui  par  l’École  de  pharmacie. 


Fig.  109.  — Quinquina  cultivé  en  pot 
{Cinchona  cordi folia). 

Poit  d’une  jeune  plante 


322 


LA.  SOCIÉTÉ  LES  AMIS  DES  ARDUES. 


Pour  arriver  à ce  résultat,  les  germina- 
tions ont  été  faites  dans  des  terrines,  en 
bâche  chaude  ; au  fur  et  à mesure  de  leur 
germination,  les  jeunes  plantes  étaient  re- 
piquées en  godets  maintenus  dans  cette 
hache.  Plusieurs  rempotages  furent  effec- 
tués, suivant  le  besoin.  Lorsque  les  plantes 
ont  atteint  une  hauteur  de  50  à 60  centi- 
mètres, elles  sont  transportées  dans  une 
serre  à température  plus  modérée,  mais  les 
pots  sont  enterrés  de  façon  que  leur  fond 
soit  peu  éloigné  des  tuyaux  du  calorifère. 
De  cette  façon  se  trouve  réalisée  la  cons- 
tance de  température  du  sol  qui  est  pour  le 
Cinchona  de  si  haute  importance. 

Les  parasites,  ain-si  que  je  l’ai  dit  plus 
haut,  sont  des  ennemis  terribles  pour  les 
Quinquinas,  et,  si  l’on  n’y  prend  garde,  ils 
peuvent,  en  peu  de  jours,  anéantir  la  plus 
belle  collection.  Aussi  faut-il,  par  des  exa- 
mens fréquents  et  minutieux,  rechercher 
les  plus  petites  traces  de  Champignons  ou 
de  pucerons,  et  les  détruire  soigneusement. 
L’eau  de  savon  faible  et  le  jus  de  tabac 
sont  utilisés  avec  avantage  pour  cette  des- 
truction. 

Les  Quinquinas  de  l’École  de  pharmacie 
appartiennent  aux  espèces  : C.  Hasskar- 
liana,  Miq.  ; C.  Ledgeriana,  Moens; 
C.  offici)ialis,  L.,  et  à une  de  ses  variétés 


cultivées,  C.  javanica  ; C.  caloplcra, 
Miq.  ; C.  cordifolia,  Mutis  ; C.  ScliiiJd,'mft, 
variété  cultivée  du  C.  Calisaya,  Wedd.  ; 
C.  pitagensis,  Wed.;  C.  succiruhra,  Pavon, 

Le  plus  bel  exemplaire  de  la  collection  est 
un  C.  cordifolia  (fig.  109)  qui  atteint  actuel- 
lement 50  de  hauteur  et  dont  la  vigueur 
de  végétation  est  tout  à fait  remarquable. 
Cette  espèce  est,  du  reste,  beaucoup  plus 
rustique  que  les  autres,  et  peut-être  par- 
viendrait-on,  avec  quelques  soins,  à la 
cultiver  dans  un  certain  nombre  de  serres. 
Outre  l’intérêt  scientifique  qu’il  présente, 
ce  Cinchona  ferait  très  bonne  figure  comme 
plante  ornementale,  et  ses  vastes  feuilles, 
vert  sombre  et  très-nombreuses,  en  per- 
mettraient un  bon  emploi  décoratif. 

Les  autres  espèces  se  plieraient  beau- 
coup moins  à ces  exigences  ; leurs  tiges 
sont  généralement  assez  grêles  et  leurs 
feuilles  lancéolées  et  peu  nombreuses;  mais 
il  leur  reste  l’intérêt  qui  s’attache  à des 
échantillons  scientifiques  de  haute  valeur 
et  qui  est  loin  d’être  diminué  par  la  difti- 
culté  de  leur  culture. 

Aussi  serait' il  à souhaiter  que  d’autres 
établissements  pussent  également  cul- 
tiver des  Cinchona  et  augmenter  ainsi  le 
nombre  de  ces  plantes,  malheureusement 
trop  rares  dans  nos  serres.  L.  Lutz. 


LA  SOCIÉTÉ  DES  AMIS  DES  ARBRES 


On  connait  les  sympathies  générales  dont 
jouissent  aux  États-Unis  les  Sociétés  de 
((  l’Arbor  day  ».  Les  plantations  annuelles 
d’un  arbre  par  les  corporations,  groupes 
scolaires,  l’entretien  religieux  des  arbres 
plantés  sont  des  traits  bien  connus  des 
usages  américains.  Sous  une  apparence 
d’une  trompeuse  puérilité  se  cache  une 
pensée  ou  une  réunion  de  pensées  d’une 
sérieuse  portée  pratique  rehaussée  de  con- 
sidérations morales. 

Le  rôle  bienfaisant  de  l’arbre  en  un 
pays  de  climats  extrêmes,  de  plaines  im- 
menses parfois,  n’est  pas  le  seul  motif  de 
l’encouragement  universel  donné  aux  So- 
ciétés de  « l’Arbor  day  ».  L’intérêt  dirigé 
vers  les  choses  de  la  nature,  le  lien  créé 
entre  les  sociétaires  par  un  objet  matériel 
et  palpable,  les  congés  donnés  aux  Écoles 
pour  un  motif  excluant  tout  prétexte  de 
dissentiment  d’aucune  sorte  expliquent 
encore  le  succès  et  l’immense  dévelop- 
pement de  ces  Associations. 

Il  y a une  dizaine  d’années,  un  grou- 


pement de  personnes  d’un  esprit  assez 
réAéchi  pour  juger  du  rôle  bienfaisant 
des  arbres  surtout  en  montagne,  se  créa 
dans  les  Alpes-Maritimes  sous  l’impul- 
sion d’un  homme  de  science  qui  fut 
aussi  un  homme  de  bien,  non  pas  un 
doctrinaire,  mais  un  initiateur  ardent. 
Le  docteur  Jeannel,  ancien  médecin  prin- 
cipal de  la  marine,  donna  cette  heu- 
reuse impulsion  et  groupa  autour  de  lui, 
en  dehors  même  du  département  des  Alpes- 
Maritimes,  des  personnalités  éminentes. 
Arrivé  à un  âge  très-avancé,  M.  le  docteur 
Jeannel  sentant  que  la  Société  des  amis  des 
arbres  devait,  pour  acquérir  tout  son  déve- 
loppement, transporter  son  siège  principal 
à Paris,  demanda  à M.  Demontzey,  ancien 
administrateur  des  forêts,  de  le  suppléer 
dans  la  présidence  générale  et  de  créer  à 
Paris  un  bureau  central  servant  de  lien  à 
des  sections  principales. 

Cette  organisation  logique  devait  porter 
ses.  fruits.  Des  sections  régionales  s’orga- 
nisèrent, demandant  à leurs  adhérents  une 


LA  SOCIÉTÉ  DES  AMIS  DES  ARBRES. 


323 


faible  cotisation,  variable  d’ailleurs  suivant 
les  convenances  de  ces  sections  et  sur  le 
montant  desquelles  un  prélèvement  géné- 
ralement très-modeste  est  fait  au  profit  du 
bureau  parisien  auquel  incombent  les  frais 
généraux. 

Cette  organisation,  beaucoup  de  lecteurs 
delà  Revue  f auront  reconnue  ; c’est  celle  du 
Club  alpin  français  et  de  plusieurs  puis- 
santes unions  et  sociétés. 

Après  une  présidence  trop  courte,  M.  De- 
montzey,  l’auteur  de  savants  travaux  sur  le 
reboisement  des  montagnes  et  l’extinction 
des  torrents,  travaux  acclamés  et  cités 
comme  modèle  lors  de  la  réunion  à Vienne 
en  1890  d’un  imposant  Congrès  interna- 
tional agricole  et  forestier,  M.  Demontzey, 
dis-je,  retenu  de  plus  en  plus  en  Provence 
loin  du  centre  de  la  Société,  en  confiait  la 
direction  à la  méthodique  et  active  impul- 
sien  de  M.  Calvet,  sénateur  des  Charentes, 
ancien  inspecteur  des  forêts. 

La  Société  a pour  raison  d’étre  et  pour 
objet  le  rôle  d’auxiliaire  volontaire  de  l’ad- 
ministration forestière  en  vue  du  reboi- 
sement des  friches,  coteaux,  montagnes, 
qu’il  peut  être  utile  de  soustraire  par  l’ins- 
tallation du  manteau  forestier  à des  condi- 
tions climatériques  ou  hydrologiques,  en 
appelant  l’attention  des  intéressés  et  celle 
des  pouvoirs  publics  sur  la  préservation  des 
sources,  desVuisseaux,  la  consolidation  des 
versanls  de  montagnes  ou  coteaux  là  où 
leur  dégradation  est  grosse  de  conséquences 
fâcheuses. 

Ce  rôle  n’est  pas  sans  importance  si  l’on 
considère  l’étendue  du  domaine  forestier 
des  particuliers,  supérieur  au  domaine  pu- 
blic, et  le  nombre  si  considérable  de  kilo- 
mètres carrés  qui  seraient  vivifiés  par  la 
mise  en  état  forestier. 

La  Société  se  propose  aussi  de  grouper 
les  renseignements  relatifs  au  régime  des 
eaux,  de  façon  à fournir  aux  intéressés  les 
renseignements  les  plus  sûrs  et  à favoriser 
de  tout  son  pouvoir  les  syndicats  de  planta- 
tion en  pays  de  montagne  ou  d’exploitation 
des  forces  hydrauliques  créées  et  régularisées 
par  des  travaux  collectifs.  Avec  le  progrès 
journalier  de  la  science  du  transport  élec- 
trique de  la  force,  ces  entreprises  peuvent 
prendre  une  importance  considérable. 

L’importance  de  ce  rôle  primordial,  sa 
concordance  manifeste  avec  celui  de  l’admi- 
nistration forestière  ont  valu  à la  Société 
des  amis  des  arbres  l’appui  déclaré  de 
celle-ci  et  de  nombreuses  recrues  parmi 
ses  chefs  les  plus- autorisés. 


S’adressant  à l’initiative  privée,  la  So- 
ciété pouvait  prendre  un  autre  rôle  que  le 
service  forestier  ne  peut  prudemment  as- 
sumer en  notre  pays.  Il  s’agit  des  essais  à 
faire,  en  des  circonstances  diverses,  pour 
utiliser  les  aptitudes  des  arbres  forestiers 
exotiques.  A coup  sur,  la  Société  des  amis 
des  arbres  considère  comme  toujours  vraies 
les  sages  réflexions  de  M.  Mathieu  dans  sa 
dernière  préface  du  livre  classique  et  ré- 
puté : La  Flore  forestière  L Oui,  l’on 
peut  toujours  dire  que  la  France  avec  sa 
diversité  de  climats,  de  sols  et  d’essences 
forestières  a,  dans  la  variété,  le  nombre  et 
la  valeur  de  ses  arbres  indigènes,  de  quoi 
suffire  à tous  ses  besoins.  Cela  est  vrai, 
mais  l’exemple  de  futilisation  du  Peuplier 
de  Virginie,  du  Noyer,  du  Robinier,  prouve 
que  pourtant  des  essais  d’introduction 
peuvent  être  utilement  tentés  en  dehors  du 
massif  forestier  ; et  pour  ce  qui  concerne 
celui-ci,  des  ordonnances  impériales  ne 
prescrivaient-elles  pas  dès  1880,  en  Alle- 
magne, des  essais  en  massif  pur  à instituer 
en  diveres  forêts  avec  plusieurs  arbres 
exotiques  et  en  particulier  avec  le  Sapin  de 
Douglas  (Ahies  Douglasiï). 

Les  premiers  résultats  de  constatation 
décennale  n’encouragent-ils  pas  des  espé- 
rances sur  le  résultat  favorable  de  ces  es- 
sais ? Il  semble  qu’il  y ait  là  un  terrain  où 
une  administration  domaniale  prudente 
comme  la  nôtre,  et  d’ailleurs  liée  par  la  na- 
ture de  ses  obligations  budgétaires,  ne  sera 
point  tentée  de  s’exposer  à des  essais  coû- 
teux, mais  où  des  particuliers  peuvent  se 
risquer  avec  discernement  et  dans  des  con- 
ditions judicieuses  de  superficie,  écono- 
mie, etc.  La  centralisation  des  résultats 
obtenus,  bons  et  mauvais,  peut  constituer 
un  enseignement  intéressant. 

Mais  jusqu’ici  nous  n’avons  pas  parlé  du 
rôle  éducateur  par  excellence,  du  côté  plus 
vivant  et  actuel  de  l’action  de  la  Société  des 
amis  des  arbres. 

Donner  le  goût,  famour  de  l’arbre,  fût- 
ce  de  l’arbre  isolé,  fùt-ce  l’amour  non  en- 
tièrement désintéressé  de  l’arbre  fruitier, 
répandre  la  connaissance  de  ses  conditions 
vitales,  de  son  utilité,  de  son  charme, 
parmi  la  classe  rurale  et  surtout  parmi  les 
élèves  des  écoles  rurales,  pépinière  des  fu- 
turs cultivateurs^  exciter  leur  intérêt,  leur 
émulation  par  des  récompenses  à décerner 
chaque  année  dans  toutes  les  sections,  aux 

1.  Troisième  édition.  Une  quatrième  édition 
mise  à jour  par  M.  Fliche  a paru  cette  année. 


324  LES  ARTS  HORTICOLES  A l’eXPOSITION 

enfants  et  aux  instituteurs,  par  les  soins 
d’un  jury  composé  essentiellement  de  mem- 
bres des  sections  régionales,  c’est  non  la 
dernière,  mais  la  plus  vivante  partie  du 
rôle  de  la  Société  des  amis  des  arbres. 
Cette  action  est  propre  entre  toutes  à créer 
et  cimenter  des  liens  de  solidarité  désirable 
entre  la  population  des  campagnes  et  sur- 
tout la  population  scolaire,  les  maîtres  qui 
lui  donneront  quelques  instructions  pra- 
tiques sur  la  conduite  des  arbres,  sujet 
intéressant  entre  tous,  entre  les  candidats 
aux  récompenses  et  les  adhérents  membres 
.’égionaux  de  la  Société;  enfin,  entre  ceux- 
ci  et  la  direction  centrale  qui,  pour  son  ac- 


DE  la  société  nationale  d’iiorticulture . 

tion  éducatrice,  a reçu  ces  jours- ci  encore 
les  assurances  les  plus  favorables  d’appui 
et  de  concours  de  la  part  des  ministres  de 
l’Agriculture  et  de  l’Instruction  publique, 
comme  elle  a reçu  les  plus  sérieux  encou- 
ragements des  organes  les  plus  autorisés  de 
la  Presse  quotidienne  ou  périodique,  qui 
savent  faire  une  juste  place  aux  questions 
économiques  et  de  portée  sociale. 

Maiirice-L.  de  Vilmorin. 

P.-S.  — Le  siège  de  la  Société  est  à Paris, 
25,  quai  Saint-Michel.  Secrétaire  général, 
M.  Pérard,  ingénieur  des  arts  et  manufac- 
tures. 


LES  ARTS  HORTICOLES 

A L’EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 


Chaque  année,  les  lecteurs  de  la  Revue 
horticole  trouvent,  sous  le  titre  : « les  Arts 
et  les  Industries  horticoles  à l’Exposition 
d’horticulture»,  un  compte  rendu  fort  in- 
téressant dû  à la  plume  autorisée  d’un  de 
nos  plus  érudits  collaborateurs. 

Mais  s’il  nous  décrit  très-clairement  et 
complètement  les  pompes,  les  pulvérisa- 
teurs, les  instruments  de  toutes  sortes  qui 
se  recommandent  à l’attention  des  prati- 
ciens, et  se  rangent  sous  la  bannière  de 
V Industrie,  l’auteur  reste  malheureusement 
muet  sur  la  première  partie  de  son  titre  : 
les  Arts  horticoles. 

Est-ce  à dire  que  ces  Arts  n’existent  que 
dans  l’imagination  d’un  des  rédacteurs  du 
catalogue  ou  qu’ils  soient  si  pauvrement 
représentés  à l’Exposition  qu’ils  ne  méritent 
pas  quelques  lignes  de  bienveillant  intérêt  ? 

Non  certes,  ils  ont  leur  importance  et  si 
les  exposants  s’y  comptent  en  moins  grand 
nombre  que  chez  leurs  voisins,  ils  n’en 
doivent  pas  moins  attirer  l’attention  du  pu- 
blic. 

Il  faut  bien  dire,  il  est  vrai,  que  l’Exposi- 
tion des  Arts  horticoles  pourrait  réunir  une 
collection  plus  riche  des  constructions  lé- 
gères qui  forment  une  des  attractions  prin- 
cipales des  parcs  paysagers.  Il  y aurait  en 
effet  un  intéressant  groupement  à faire  de 
ces  ornements  précieux  pour  lesquels  les 
architectes  - paysagistes,  comme  les  pro- 
priétaires, devraient  être  toujours  en  quête 
de  dessins  originaux,  gracieux,  appropriés 
au  site  et  au  style  de  l’œuvre  qu’ils  ornent. 

A noire  avis,  une  exhibition  complète  de 
Kiosques,  Pavillons  de  repos.  Tourelles, 
Pigeonniers,  Embarcadères,  Abris  de  ba- 


teaux, Cabanes  d’oiseaux  d’eau,  Volières, 
Faisanderies,  Pergolas,  Ponts,  etc.,  cons- 
tituerait une  attraction  de  premier  ordre  si 
elle  était  présentée  en  bonne  place. 

Elle  servirait  à épurer  le  goût  des  cons- 
tructeurs, à susciter  leur  émulation,  à 
provoquer,  chez  les  amateurs,  le  désir  d’en 
voir  les  spécimens  mis  en  valeur  à la  place 
qu’ils  doivent  occuper  dans  les  paysages. 

Les  constructions  d’ornement,  les  « Fa- 
briques »,  comme  on  disait  au  siècle  der-  i 
nier,  sont  en  effet,  au  point  de  vue  décora-  < 
tif,  d’une  utilité  incontestable,  aussi  bien 
dans  les  petits  jardins  de  ville  que  dans 
les  grands  parcs  paysagers  et  forestiers.  Ce 
ne  sont  pas  des  joujoux  de  fantaisie,  comme 
le  croient  certains  amateurs  de  naturalisme  . 
aigu,  ils  doivent  jouer  leur  rôle,  discret  ' 
mais  juste,  dans  la  réalisation  des  scènes 
conçues  par  le  paysagiste. 

Un  délicat  critique  d’art,  populaire  aux  ' 
États-Unis,  Mme  Van  Rensselaer,  a A 
écrit  que  l’architecte-paysagiste  « lui  sem-  ' 
blait  un  peintre  dont  la  toile  et  les  pinceaux 
étaient  la  nature  ».  Examinez  les  œuvres  ■■ 
de  nos  grands  paysagistes,  Troyon,  Rous-  ^ 
seau,  Daubigny,  Corot  ; votre  regard  ne  J 
sera-t-il  pas  attiré  d’abord  par  une  tache  lu- 
mineuse  dont  l’artiste  aura  fait  le  point 
d’intérêt  de  la  scène  naturelle  qu'il  poétisait  : ÿ 
ce  sera  un  être  humain,  un  animal,  une 
cabane,  un  pont,  que  sais-je,  et  c’est  cette 
tache  qui  donnera  la  vie  à toute  l’œuvre.  ^ 

Ainsi  en  est-il  des  tableaux  que  l’archi- 
tecte-paysagiste  peint  avec  les  arbres,  les 
eaux,  les  prairies  ; la  tache  lumineuse  ÿ 
lui  sera  fournie,  dans  le  lointain,  ou  au  pre-  ^ 
mier  plan,  par  un  kiosque  rustique,  un  'Ç:: 


LES  ARTS  HORTICOLES  A L’eXPOSITION  DE  LV  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’HORTICULTIJRE.  325 


ponceau  de  couleur  claire,  une  tourelle 
dont  les  pans  scintilleront  au  soleil  comme 
les  facettes  d’un  prisme.  Quelques  exemples 
des  effets  qu’on  peut  tirer  des  constructions 
d’ornement  ont  été  donnés  dans  une  série 
d’articles  publiés  récemment  dans  ce  jour- 
nal par  son  rédacteur  en  chef:  ils  pourraient 
être  multipliés  à l’infini. 


Pour  rentrer  dans  notre  rôle  de  descrip- 
teur, nous  allons  passer  en  revue  un  certain 
nombre  de  constructions  que  nous  avons 
particulièrement  remarquées  à l’Exposition 
d’horticulture  et  dont  nous  donnons  ci- 
contre  la  reproduction. 

Celle  qui  attirait  surtout  les  regards,  au 
coin  de  la  Terrasse  des  Feuillants,  et  que  re- 


présente la  figure  110,  était  exposée  par 
M.  Philippon.  C’est  un  champignon  rus- 
tique à couverture  de  chaume,  d’une  jolie 
ordonnance  et  de  proportions  élégantes, 
placé  au  centre  d’une  plate-forme  octogo- 
nale, de  4 mètres  de  diamètre,  limitée  par 
une  balustrade  en  bois  rustique.  Par  l’un 
des  côtés  de  l’octogone,  on  accède  à la  plate 
forme  ou  moyen  d’un  escalier  également 
Voir  Bevue  horticole,  1897,  p.  249. 


en  bois.  Une  des  caractéristiques  de  ce 
champignon  est  une  élégante  galerie, 
placée  -immédiatement  au-dessous  de  la 
sablière,  et  composée  de  8 petits  arcs 
en  bois  courbé  ; à chaque  retombée  de 
l’arc,  un  poinçon  supporte  un  panier  d’où 
s’échappe  un  bouquet  de  Géraniums- 
Lierres.  Nous  approuvons  également  l’idée 
qu’a  eue  le  constructeur  d’accompagner 
son  champignon  d’une  balustrade,  au  des- 


3'26  LES  ARTS  HORTICOLES  A L’EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’hORTICULTURE . 


sin  ferme  et  vigoureux  : cela  enlève  à l’édi- 
fice principal  ce  que  sa  forme  a d’un  peu 
désobligeant  et  d’isolé  dans  l’espace. 

Cette  petite  construction  trouverait  sa 
place  par  exemple  sur  un  promontoire 
avancé  au-dessus  d’un  lac,  couronnant  un 
groupe  de  rochers  plongeant  dans  l’eau  et 
se  détachant  sur  un  fond  sombre  et  compact 


d’arbres  résineux  à grande  végétation. 

Non  loin  de  là,  M.  Dubois  exposait  un 
grand  kiosque  point-de-vue  d’une  forme  ori- 
ginale. Un  escalier  à double  volée  (fig.UH), 
soutenu  par  des  pieux  de  gros  diamètre, 
mène  à une  plate-forme  avec  balustrade  et  à 
un  kiosque  demi-octogonal  reposant  sur  de 
forts  poteaux  et  sur  des  consoles  qui  donnent 


Fig.  111.  — Kiosque  avec  escalier  et  abri  pour  bateaux  de  M.  Dubois  à l’Exposition  horticole  de  Paris. 


beaucoup  de  légèreté  à l’ensemble.  L’idée 
de  faire  jouer  à l’escalier  un  nMe  important 
dans  la  création  d’un  kiosque  point-de-vue 
nous  paraît  intéressante,  quoiqu’au  point 
de  vue  paysager  nous  eussions  préféré  voir 
l’escalier  reporté  en  arrière,  permettant  au 
spectateur  d’arriver  par  le  fond  et  de  s’ac- 
couder à une  balustrade  continue  pour  jouir 
des  paysages  sans  être  distrait  par  un  pre- 
mier plan  sans  intérêt.  Mais  la  vraie  desti- 


nation que  nous  donnerions  à une  construc- 
tion de  ce  genre  serait  celle  d’un  abri  de 
bateaux.  L’escalier  double  reposerait  sur  le 
sol  ferme  et  ferait  accéder  d’un  embarcadère 
rustique  à ce  kiosque  de  repos  supérieur  ; 
entre  les  deux  escaliers  on  ménagerait  un 
étroit  canal  couvert  qui  servirait  à abriter 
les  embarcations.  Le  tout  devrait  être  accom- 
pagné, en  arrière  et  sur  les  cotés,  de  ver- 
dures sombres  et  de  plantes  grimpantes. 


LES  ARTS  HORTICOLES  A L’eXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’iIORTICULTURE.  327 


D’autres  constructeurs,  MM.  Plançon, 
Siry,  Danrée,  Ponchon  avaient  exposé  un 
certain  nombre  de  kiosques,  ponts,  cham- 
pignons dont  nous  connaissions  déjà  les 
formes  générales  et  les  détails  d’exécution. 

Nous  devons  tout  au  moins  signaler  chez 
M.  Plançon  un  système  pratique  de  cou- 
verture lui  permettant  de  démonter  ses 
constructions  en  panneaux  faciles  à em- 
porter et  à remonter  sans  le  concours 
toujours  coûteux  d’un  spécialiste. 


La  petite  volière,  exposée  par  M.  Siry 
et  représentée  par  la  figure  112,  nous 
paraît  mériter  une  attention  particulière, 
surtout  à titre  d’indication.  Nous  trouvons 
en  effet  qu’il  y aurait  avantage,  en  certains 
cas,  à remplacer  le  fer  et  le  grillage  par 
le  bois  rustique  et  la  couverture  en 
chaume  pour  varier  l’aspect  des  volières  et 
des  faisanderies  qui  sont  fréquemment  ap- 
pelées à jouer  un  rôle  dans  l’ornementation 
des  parcs.  C’est  là  une  tentative  que  nous 


Fig.  112.  — Volière  de  M.  Siry 


à l'Exposition  horticole  de  Paris. 


n’avions  pas  encore  vue  réalisée  et  nous  en 
félicitons  son  auteur  : il  y a encore  de  jolies 
trouvailles  à faire  en  suivant  cette  voie. 

Qu’on  nous  permette  de  terminer  en  in- 
diquant un  desideratum  auquel  nombre  de 
lecteurs  auront  sans  doute  pensé  comme  nous. 

Pourquoi  les  exposants  de  constructions 
pittoresques  se  bornent-ils  à nous  mon- 
trer les  emplois  divers  du  seul  bois  rustique  ? 
N’auraient'ils  pas  de  charmants  modèles  à 
nous  proposer  en  se  servant  des  bois  équarris, 
dont  le  travail  relève  plus  spécialement  de  la 


charpente  et  de  la  menuiserie  et  dont  nous 
trouvons  en  Normandie  des  exemples  pleins 
de  grâce  et  d’imprévu  : clôtures  en  bois  ou 
en  fer,  balustrades  de  ponts,  pergolas,  etc., 
pouvant  donner  à des  artistes  d’excellentes 
occasions  d’exercer  leur  verve  et  leur  imagi- 
nation. Nous  souhailons  vivement  d’en 
trouver  des  échantillons  à la  prochaine  Ex- 
position des  Arts  horticoles  organisée  par  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France. 

René-Ed.  André, 

Ingénieur  des  arts  et  manufactures. 


328 


VARIÉTÉS  NOUVELLES  DE  NYMPH/EA  STELLATA-ZANZIBARENSIS. 


VARIÉTÉS  NOUVELLES  DE  NYMPLIÆA  STELLATA  ZANZIBARENSIS 


En  décrivant,  en  1895  et  18961,  Jes  nou- 
veautés de  Nymphæa  hybrides  qui  ont  été 
obtenues  par  M.  Latour-Marliac,  à Temple- 
sur-Lot,  dans  ces  dernières  années,  j’ai  dit 
que  ses  efforts  actuels  tendaient  à dévelop- 
per davantage  l’admirable  série  des  demi- 
rustiques.  C’est  une  race  particulière,  obte- 
nue des  N.  zanziharensû  et  stellata.  Le 
parti  que  l’habile  semeur  a su  tii’er  de  ces 
délicieuses  plantes  est  surprenant.  Grâce 
aux  eaux  vives  qui  sourdent  des  collines 
placées  au-dessus  de  son  jardin,  et  qui 
laissent  échapper  des  sources  constantes,  à 
la  température  uniforme  de  10®,  été  comme 
hiver,  ces  Nymphéacées  africaines  résistent 
parfaitement  aux  hivers.  Elles  ajoutent  la 
note  bleue,  violette,  mauve,  lilas,  toute  la 
série  cyanique,  à la  nombreuse  tribu  des 
rustiques,  où  les  tons  rouge  cramoisi,  car- 
min, rose  chair,  rose  de  Chine,  saumon, 
groseille,  jaune  paille,  blanc  pur,  blanc 
carné,  blanc  et  jaune,  constituent  aujour- 
d’hui la  plus  riche  palette  de  nuances  déli- 
cates. 

De  plus,  l’odeur  des  N.  zanziharensis  est 
d’une  grande  suavité,  et  c’est  un  attrait  de 
plus  pour  ces  admirables  plantes. 

Les  deux  variétés  nouvelles  que  repré- 
sente aujourd’hui  notre  planche  coloriée 
sont  : 

1»  Nymphæa  zanziharensis  azurea.  C’est  la 
plus  grande  des  deux  fleurs.  Elle  atteint  jus- 
qu’à 18  centimètres  de  diamètre.  Son  feuillage 
robuste,  vert  lustré,  un  peu  maculé  de  violet 
foncé,  orbiculaire  et  grossièrement  denté,  sert 
de  fond  aux  belles  fleurs,  érigées  au-dessus  de 
l’eau,  dont  les  nombreux  pétales  bleu  violet 
forment  une  large  couronne  au-dessus  des  sé- 
pales cucullés,  verts  en  dehors  et  violets  en 
dedans.  La  couronne  staminale,  à filets  jaunes 
et  à anthères  violettes,  augmente  encore 
l’attrait  de  cette  superbe  fleur  au  doux  parfum. 

2®  N.  stellata  cærulea.  C’est  la  plus  petite 
des  deux  fleurs.  Elle  est  plus  réduite  aussi 
comme  feuillage.  Ses  grands  et  courts  sépales 
sont  verts,  épais,  et  ses  pétales,  ovales-aigus, 
bleu  de  ciel,  ne  dépassent  guère  5 centimètres, 
ce  qui  porte  le  diamètre  de  la  fleur,  dans  son 
ensemble,  à 12  centimètres  environ.  La  cou- 

’ Voir  Revue  horticole,  1895,  p.  258,  et  189G, 
p.  852. 


ronne  staminale,  en  grosse  houppe  centrale 
assez  dense,  est  composée  de  filets  jaunes  sur- 
montés d’anthères  azurées.  L’odeur  est  égale- 
ment exquise. 

Une  particularité  étrange  du  N.  stellata 
est  de  produire  des  bourgeons  adventifs  sur 
la  face  supérieure  des  feuilles,  à la  nais- 
sance du  pétiole.  C’est  surtout  au  moyen 
de  ces  bourgeons  que  s’opère  la  multiplica- 
tion de  cette  espèce,  dont  les  graines  sont 
stériles. 

Jusqu’à  présent,  les  Nymphéas  de  cette 
section  zanziharensis-stellata  sont  restés 
demi-rustiques,  et  leur  culture  en  plein  air 
n’est  possible  que  dans  les  conditions  où  se 
trouve  M.  Latour-Marliac,  avec  des  sources 
constantes  qui  déversent  dans  les  bacs  une 
eau  dont  la  température  ne  s’abaisse  jamais 
au-dessous  de  10®  centigrades,  ou  bien  dans 
un  aquarium,  dont  l’eau  doit  être  chauffée 
artificiellement  lorsqu’elle  arrive  à une  tem- 
pérature moindre  que  celle-ci.  C’est  dire 
que  les  eaux  d’évacuation  de  nombreuses 
usines,  sortant  constamment  chaudes  ou 
tièdes,  peuvent  permettre  ce  genre  de  cul- 
ture à un  grand  nombre  de  manufacturiers, 
qui  peuvent  se  donner  ainsi  un  plaisir  de 
haut  goût. 

En  dehors  de  ces  conditions  de  tempéra- 
ture, les  soins  de  culture  sont  à peu  près 
nuis,  car  les  rhizomes  peuvent  rester  tout 
l’hiver  dans  des  bassins  cimentés  ou  dans 
des  bacs,  et  aux  beaux  jours  le  soleil 
mettra  rapidement  les  plantes  en  végéta- 
tion. 

Réussira-t-on  à hybrider  ces  magnifiques 
habitantes  des  eaux  avec  la  première  série 
rustique  sortie  de  Nymphæa  alba  et  odo- 
rata,  qui  furent  fécondés  avec  les  N.  ruhra 
et  autres  espèces  à fleurs  rouges,  série  qui  a 
déjà  donné  de  si  belles  choses  et  qui  en 
fournira  encore  ? C’est  ce  que  l’avenir  nous 
apprendra,  mais  jusqu’à  présent  les  fécon- 
dations artificielles  n’ont  rien  produit.  Si  le 
bleu  intervenait  dans  les  coloris  des  Nym- 
phéas rustiques,  nos  pièces  d’eau  revêti- 
raient une  parure  incomparable,  que  nous 
ne  devons  pas  désespérer  de  contempler  un 
jour. 

Ed.  André. 


I (U-U'(('s'  nounci/cs  c/^'  Xif/Np/ufccr  sic/Iala  •.<-/// v//v//ivmv'.s’ 


829 


INFLUENCE  DIT  SUJET  SUR  LE  GREFFON.  — IIAELITZIA  TAMNOIDES. 

INFLUENCE  DU  SUJET  SUR  LE  GREFFON 


La  Revue  du  1®*’  avril  dernier  a publié 
un  article  intéressant  de  MM.  G.  Rivière  et 
G.  Railhache  intitulé  : « Influence  du 
porte-greffe  sur  le  greffon  » . 

Il  s’agit  du  Poirier  Triomphe  de  Jo- 
doifpie,  qui,  greffé  sur  Cognassier,  a donné 
des  fruits  plus  beaux  et  plus  savoureux 
que  la  même  variété  greffée  sur  franc  ou 
sauvageon  de  Poirier. 

Il  faut  dire  que  le  sujet  dit  franc  plonge 
ses  racines  dans  le  sous-sol,  plus  froid  et 
plus  humide  que  la  couche  arable  où  se 
complaît  le  Cognassier,  couche  de  terre 
plus  souvent  réchauffée  par  le  soleil,  la  lu- 
mière, le  vent,  la  culture,  etc.  La  Poire 
Trimnphe  de  Jodoigne,  comme  Conseiller 
de  la  Cour  et  autres,  a la  chair  d’autant 
plus  fine,  juteuse  et  sucrée  qu’elle  ac- 
quiert une  bonne  grosseur  et  un  épiderme 
clair  ou  coloré.  Il  conviendrait  de  répéter 
la  même  expérience  sur  des  variétés  telles 
que  : Seigneur  (Esperen),  Doyenné  du 
Comice,  Beurré  Millet,  toujours  exquises 
en  suc,  quelle  que  soit  la  grosseur  du  fruit, 
ou  sa  couleur,  et  qu’  il  soit  venu  au  soleil  ou 
à l’ombre. 

iVinsi  que  nous  l’avons  souvent  expli- 
qué, le  bourrelet  de  la  greffe  est  plus  ac- 
centué lorsqu’il  unit  deux  genres  différents, 
par  exemple  le  Poirier  avec  le  Cognassier. 
Or,  la  présence  de  ce  bourrelet  provoque 
une  certaine  perturbation  dans  le  mouve- 

HABLITZIA 

Le  genre  IJahlitzia  a été  dédié  à Von 
Hablitz,  botaniste  et  voyageur  allemand,  par 
Bieberstein,'  pour  une  Chénopodiacée  ori- 
ginaire  du  Caucase  et  introduite  en  1828. . 

Ce  genre  est  monotypique  et  constitué 
par  l’espèce  suivante  : Ilahlitzia  tamnoides 
Bieb. 

Description.  — Vivace,  grimpante -volubile. 
Racine  renflée,  napifornie;  tiges  pouvant  s’éle- 
ver jusqu’à  4 à 5 mètres  de  hauteur,  portant 
des  feuilles  alternes,  longuement  pétiolées, 
triangulaires-cordiformes,  acuminées,  entières, 
glabres  et  minces,  nervées.  En  juillet-octobre, 
fleurs  petites,  vertes,  pédicellées  et  réunies  en 
cymes  rameuses,  sessiles  ou  terminales. 

U Hahlitzia  tamnoides  n’est  guère  cul- 
tivé et  ne  se  rencontre  que  dans  quel- 
ques collections  botaniques  ; il  pourrait 
cependant  rendre  quelques  services  dans 
les  jardins  comme  plante  grimpante  rus- 


ment  de  la  sève.  Cet  arrêt  est  cause  que  les 
organes  aériens,  ayant  moins  de  sève  à éla- 
borer, fourniront,  sous  l’action  de  l’atmos- 
phère, une  plus  grande  somme  de  car- 
bone aux  tissus  ligneux  ; ils  solidifieront 
le  cambium  et  prépareront  les  bourgeons 
à la  fructification.  C’est  ainsi  que  nous 
avons  expliqué  l’incision  annulaire;  on  sait 
que  l’annellation  raisonnée  d’une  branche 
fruitière  entrave  la  coulure  de  la  fleur,  ac- 
croît la  beauté  du  fruit  et  en  hâte  la  pé- 
riode de  maturation. 

D’ailleurs,  la  dégustation  et  les  labora- 
toires d’analyse  ont  constaté  une  plus 
grande  richesse  de  sucre  et  d’alcool  chez 
les  vins  de  sujets  greffés. 

A coté  de  l’influence  du  sujet  sur  le 
greffon,  la  thèse  contraire  est  soutenue, 
aujourd’hui  encore,  dans  le  dernier  bulletin 
de  la  Société  d’horticulture  pratique  du 
Rhône,  à propos  de  plants  débiles  entés  par 
un  cépage  à végétation  luxuriante.  Il  s’agit 
ici,  non  plus  de  deux  genres,  mais  de  deux 
espèces  d’un  même  genre  ( En  fait 

de  juxtaposition  de  deux  variétés  d’une 
même  espèce,  nous  citerons  l’Abutilon  à 
feuilles  panachées  qui  rend  chlorotique  le 
sujet  à feuilles  vertes  sur  lequel  on  le  greffe. 

Le  praticien  aurait  à signaler  de  nom- 
breux faits  de  ce  genre,  non  encore  expli- 
qués. 

Charles  Baltet, 

TAMNOIDES 

tique  et  facile  à cultiver.  C’est  une  herbe 
volubile,  atteignant  de  grandes  dimen- 
sions, aux  feuilles  cordées,  d’un  vert  clair 
ainsi  que  les  fleurs,  et  se  plaisant  dans 
tous  les  terrains  et  à toute  exposition,  avec 
une  préférence  marquée  pour  les  sols  frais 
et  humeux  et  les  endroits  mi-ombragés. 
On  multiplie  facilement  cette  plante  par  la 
division  des  touffes,  au  printemps,  et  par  le 
semis  des  graines  fait  directement  en 
place,  en  terrain  préparé,  au  printemps, 
mars-avril.  V Hahlitzia  pourrait  convenir 
à garnir  les  troncs  d’arbres  dénudés,  les 
murailles,  les  ruines,  où  il  formerait  des 
guirlandes  de  verdure  claire  et  gaie  ; il  est 
aussi  ornemental  que  l’Igname  de  Chine  et 
le  Tamne  commun  et  il  végète  sans  soins 
et  sans  culture,  grimpant  autour  des 
appuis  qu’on  veut  bien  lui  donner. 

Jules  Rudolpii. 


330  LES  VARIÉTÉS  DE  CHRYSANTHÈMES  JUGÉES  AU  SUFFRAGE  A DEUX  DEGRÉS. 


LES  VARIÉTÉS  DE  CHRYSANTHÈMES 

JUGÉES  AU  SUFFRAGE  A DEUX  DEGRÉS 


Depuis  quelques  années,  quand  il  s’agit 
de  déterminer  un  choix  de  variétés  d’une 
espèce  horticole  quelconque,  il  est  de  mode 
de  faire  un  plébiscite.  Le  suffrage  direct 
serait  certainement  excellent,  s’il  y avait 
plus  de  votants  ; mais  il  y en  a,  en  général, 
si  peu,  que  les  indications  qu’on  se  procure 
ainsi  manquent  évidemment  d’autorité. 

Désireux  de  déterminer  un  beau  choix  de 
Chrysanthèmes,  nous  avons  eu  l’idée  d’or- 
ganiser, tout  seul,  sans  appel  aux  urnes,  un 
véritable  suffrage  à deux  degrés.  Nous  avions 
en  effet  à notre  disposition  les  votes  des  di- 
verses Sociétés  créées  depuis  quelques  an- 
nées, pour  l’étude  des  Chrysanthèmes.  Ne 
suffisait-il  pas  de  comparer  tous  ces  votes 
pour  en  déduire,  comme  d’un  suffrage  à 
deux  degrés,  les  qualités  les  plus  générale- 
ment reconnues  aux  diverses  variétés  de 
Chrysanthèmes? 

En  1896,  Wllevue  horticole  a publié  les 
listes  des  meilleures  variétés  de  Chrysan- 
thèmes, à divers  points  de  vue,  que  dressa 
la  Section  des  Chrysanthémistes  de  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France. 
Ces  listes  existaient  déjà  au  moment  du 
Congrès  organisé  à Bourges  en  novem- 
bre 1896  parla  Société  française  des  Chry- 
santhémistes. 

A l’issue  du  Congrès  de  Bourges,  deux 
listes  provisoires  des  meilleurs  Chrysan- 


thèmes furent  publiées  par  les  organisa- 
teurs ; l’une  pour  la  culture  à grande  fleur, 
l’autre  pour  la  culture  en  pots. 

Depuis,  le  Comité  floral  de  ladite  Société 
eut  à décerner  plusieurs  certificats  de  mérite. 

B en  fut  de  même  au  sein  de  la  Société 
des  Chrysanthémistes  du  Nord. 

Enfin,  la  dernière  étude  d’ensemble  sur  un 
choix  des  meilleures  variétés,  qui  me  soit 
passée  sous  les  yeux,  a paru  dans  \e  Journal 
de  la  Société  royale  d'horticulture  de 
Londres,  en  mars  1897,  sous  la  signature  de 
M.  W.-H.  Lees. 

J’ai  tenu  compte  de  tous  les  avis  conte- 
nus dans  les  différents  travaux  précités,  et 
j’y  ai  ajouté  aussi  des  appréciations  faites 
sous  forme  positive  par  M.  Harman  Payne 
pour  les  duveteuses  aptes  à toutes  cultures, 
et  par  le  journal  The  Garden  pour  les  nou- 
veautés. 

Mais  à ces  différentes  sources,  je  n’ai  pris 
que  les  variétés  mentionnées  au  moins  deux 
fois. 

Par  exemple,  je  n’ai  retenu  des  listes  de 
la  section  des  Chrysanthémistes  de  Paris 
que  les  variétés  mentionnées  au  moins  une 
fois  autre  part.  J’ai  agi  de  même  pour  les 
autres  listes. 

La  raison  et  les  auteurs  des  choix  sont 
représentés  par  la  lettre  qui  figure  en  tête 
des  indications  suivantes  ; 


Groupements  divers  d’après  lesquels  ont  été  réparties  les  meilleures  variétés  de  Chrysanthèmes 
par  les  Sociétés  spéciales,  les  Congrès,  etc. 

a)  Les  meilleures  variétés  pour  la  culture  à très-grande  fleur.  \ 
h)  — — pour  grandes  fleurs  en  touffes  basses  . . I 

c)  — — pour  spécimens  (sfcmdards) [ D’après  la  section  de  la 

<l)  Les  plus  tardives ) Société  nationale  d’horti- 

c)  Les  meilleures  variétés  pour  culture  à tète \ culture  de  France. 

f)  — — duveteuses j 

y)  — — précoces I 


h) 

i) 


pour  culture  à grande  fleur  . 
pour  culture  en  pots  . . . 


} D’après  le  Congrès  de 
S Bourges. 


j)  Les  24  meilleures  Japonaises 

h)  Les  12  plus  précoces  pour  bordures  . . . . 

l)  Les  18  plus  tardives  décoratives  ...... 

m)  Les  24  meilleures  incurves 


] D’après  le  journal  de  la 
V « Royal  Ilorticultural  So- 
^ ciety  ». 


n)  Les  duveteuses  aptes  à toute  culture 

o)  Nouveautés  recommandées  .... 


D’après  M.  G.  Harman  Payne. 
D’après  le  Garden. 


p)  Certificats  de  mérite 

q)  Certificats  de  mérite 


D’après  la  Société  des 
Chrysanthémistes  du  Nord. 

D’après  la  Société  française 
des  Chrysanthémistes. 


LES  VARIÉTÉS  DE  CHRYSANTHÈMES  JUGÉES  AU  SUFFRAGE  A DEUX  DEGRÉS.  331 


Cela  posé,  considérons,  par  exemple,  la 
variété  Viviand-Morel  : elle  se  trouve  — 
c’était  prévu  — parmi  celles  ayant  été  choi- 
sies le  plus  souvent.  Pour  indiquer  à quels 
titres  et  par  qui,  nous  ferons  suivre  son  nom 
des  lettres  qui,  dans  le  tableau  précédent, 
indiquent  précisément  par  qui  elle  a été 
choisie,  et  pour  quelle  raison. 

Ainsi  la  variété  Yiviand- Morel  sui- 
vie des  a.  h.  c.  i.  j.  ce  qui,  en  se  reportant 
au  tableau  précédent,  signifie  que  cette  va- 
riété est  recommandée  : 

a.  Par  la  section  des  Chrysanthémistes 
de  Paris  pour  la  culture  à très-grande  fleur. 

h.  Par  la  même  section  pour  la  culture  en 
toufïes  basses  ; 

c.  Par  la  même  section  comme  plante 
spécimen  ; 

i.  Par  le  Congrès  de  Bourges  pour  la  cul- 
ture en  pots  ; 

j.  Par  M.  Lees  (Journal  de  la  Royal  hor- 
ticultural  Society),  parmi  les  24  meilleures 
Japonaises. 

Ces  explications  données,  voici  les  résul- 
tats de  mon  petit  scrutin  qui  est,  comme 
on  le  voit,  à la  fois  quantitatif  et  quali- 
tatif : 

W.  Lincoln  (Japon),  arrive  en  tête  avec 
7 lettres  : a.  b.  c.  d.  e.  h.  i. 

Il  est  suivi  de  près  par  les  deux  variétés 
suivantes  : 

Colonel  W.  B.  Smith  (Spaulding),  avec 
G lettres  : a.  b.  c.  j.  k.  p. 

Reine  d'Angleterre  (Calvat),  de  même  avec 
6 lettres  : a.  b.  c.  e.  h.  k. 

Viennent  ensuite  différents  groupes  de 
variétés  avec  cinq  lettres,  avec  quatre,  trois, 
ou  deux  lettres  ; 

Variétés  avec  cinq  mentions. 

Colosse  Grenoblois  (Calvat)  : a.  b.  c.  h.  i. 

Etoile  de  Lyon  (Boucharlat)  : a.  c.  d.  e.  i. 

Florence  Ravis  (Davis)  : a.  b.  c.  e.  h. 

Louise  (Calvat)  : a.  b.  h.  i.j. 

Madame  Calvat  (Calvat)  : a.  d.  g.  h.  i. 

Viviand-Morel  (Lacroix)  : a.  b.  c.  i.  j. 

W.  Tricker  ( Amérique)  : a.  b.  c.  e.  j. 

Variétés  avec  quatre  mentions. 

Chénon  de  Léché  (Calvat)  : a.  b.  h.  j. 

Commandant  Blusset  (Calvat)  : a.  b.  g.  i. 

Edwin  Molyneux  (Cannell)  : a.  b.  d.j. 

Enfant  des  Deux-Mondes  (Crozy)  : b.  f.  g.  i. 

Harrg  Wonder  (Jones)  : a.  f.  i.  n. 

Lady  Canning  (Amérique)  ; d.  h.  i.  l. 

Louis  Bœhmer  (Japon)  : b.  e.  f.  i. 

Phœbus  (Lacroix)  : a.  b.  i.  j. 

Souvenir  de  Petite  Amie  (Calvat)  : h.  i.  j.  p. 


Variétés  avec  trois  mentions. 

Beauté  Lyonnaise  (Crozy)  : f.  i.  n. 
Catros-Gérand  (Hostei  : a.  b.Ji. 

Charles  Davis  (^Davis)  : a.  i.j. 
Chrysanthémiste  Délaux  (Dél.):  b.  f.  i. 
Gloire  Lyonnaise  (Crozy):  f.  i.  n. 
Gloriosum  (Waterer)  : a.  e.  i. 

IL- J.  Jones  (Calvat)  : a.  h.  p. 

Le  Moucherotte  (Calvat)  : a.  d.  i. 

Lilian  Bird  (Japon)  : a.  d.  h. 

Madame  Carnot  (Calvat)  : a.  b.  j. 

Thérèse  Rey  (Calvat)  : a.  h.  j. 

W.  Falconer  (Spaulding):  f.  h.  i. 

W.  Seward  (Seward)  : a.  b.  i. 

Variétés  avec  deux  mentions. 

M.  J.  Allemand  (Calvat)  : a.  i. 

Calvafs  Australian  Gold  (Calvat)  :j.  o. 
Deuil  de  Jules  Ferry  (Calvat)  : a.  h. 

Duchess  of  York  (Carrutbers)  : a.  h. 

E.  Forgeot  (Forgeot):  b.  i. 

Globe  d'or  (Bruant)  : a.  yn. 

Good  Gracious  (Japon)  ; a.  h. 

Henri  Jacotot  fils  (Calvat)  : a.  i. 

Jules  Chrétien  (Calvat):  b.  h. 

Lucile  Mathieu  de  Prome  (de  Reyd.)  \ b.  p. 
Madame  A.  Bynin  (Calvat)  : p.  q. 

Madame  Ch.  Molin  (Calvat)  : i.  j. 

Madame  Fleuy'-de-Lix  (Chabanne)  : a.  p. 
Madame  Lucien  Chaw'é  (de  Reyd.)  ; b.  i. 
Madame  Marie  Massé  (Délaux)  : g.  k. 
Madame  Ph.  Rivoire  (Ri voire)  : a.  h. 
Madame  A.  Roux  (Calvat)  : a.  i. 

Maine  Recoura  (Calvat)  : d.  h. 

Miss  Ethel  Addisson  (Jones)  : a.  i. 

Mishxss  H.  Robinson  (Amér.)  : a.  h. 
Nyanza  (Smith)  : i.  o. 

Occana  (Amérique)  : j.  o. 

M.  Panckouke  (Calvat)  : a.  j. 

Présideiît  Nonin  (Calvat)  : p.  q. 

Président  Smith  (Hill)  : a.  h. 

Saturne  (Lacroix)  : a.  h. 

J.  Schynmpton  (?)  : i.  p. 

Source  d'or  (Délaux):  e.  L 
Thomas  Wilkins  (Davis):  b.j. 

Les  lettres  qui  se  répètent  le  plus  fré- 
quemment sont  : a 37  fois  ; i 30  fois  ; 
h 25  fois  ; h 22  fois. 

Les  lettres  a et  h concernent  les  choix 
faits  pour  la  culture  à grandes  fleurs,  d’une 
part  par  la  section  des  Chrysanthémistes,  et 
d’autre  part  par  le  Congrès  de  Bourges. 

Les  lettres  beti  concernent  les  choix  faits 
par  les  mêmes  groupements,  pour  la  culture 
en  touffes  basses  en  pots. 

Ces  deux  sortes  de  cidtuy'e  sont  donc 
aujourd'hui  les  plus  en  vogue,  et  les 
deux  groupements  précités  sont  la  plupart 
du  temps  d’accord  pour  désigner  les  variétés 
qui  s’y  prêtent  le  mieux. 


332 


CONGRÈS  HORTICOLE  DE  PARIS. 


Vient  ensuite  la  lettre  j qui  se  reproduit 
16  fois.  D’où  cette  conclusion  : Les  formes 
japonaises  sont  aujourd’hui  les  2^lus  re- 
cherchées. 

La  lettre  d se  reproduit  8 fois  ; et  les 
variétés  les  plus  recommandées  pour  llo- 
raison  tardive  sont  : Etoile  de  Lyon, 
Madame  Calvat,  Edwin  Molyneux,  Lady 
Canning,  Le  Moucherotte^  Lilian  Bird, 
Marie  Recoura,  W.  Lincoln. 


C’est  le  même  nombre  pour  les  spécimens, 
les  duveteuses,  les  formes  en  tête.  11  n’y  a 
qu’à  se  reporter  aux  variétés  qui,  respective- 
ment, possèdent  les  lettres  c.  e.  f.  pour  les 
connaître. 

Et  ainsi  de  suite....,  en  attendant  que  les 
assises  du  prochain  automne  viennent  con- 
firmer ou  infirmer  les  conclusions  que  nous 
venons  d’exposer. 

H.  Dauthenay. 


CONGRÈS  HORTICOLE  DE  PARIS 


Le  Congrès  horticole  de  Paris  qu’organise 
chaque  année  la  Société  nationale  d’horticul- 
ture de  France  s’est  tenu  le  jeudi  3 juin,  à 
2 heures,  au  siège  de  la  Société. 

M.  Viger,  le  président  de  la  Société,  en  a 
fait  l’ouverture  et  a prononcé  une  allocution 
fort  goûtée,  dans  laquelle,  après  avoir  souhaité 
la  bienvenue  aux  congressistes,  plus  nombreux 
encore  que  les  années  précédentes,  il  a tout 
spécialement  félicité  la  Commission  d’organisa- 
tion du  succès  de  son  treizième  Congrès,  dont 
les  mémoires  préliminaires,  distribués  aux 
congressistes  quelques  jours  avant  la  séance, 
montrent  l’intérêt  toujours  croissant  que  prend 
le  monde  horticole  à cette  réunion  annuelle. 

Après  avoir  donné  lecture  des  noms  des  lau- 
réats que  nous  avons  déjà  publiés  dans  notre 
numéro  du  juin,  M.  Viger  appelle  l’attention 
sur  deux  questions  qui  lui  paraissent  extrême- 
ment importantes  : la  première,  qui  traite 
« Du  choix  des  espèces  et  des  meilleures  va- 
riétés fruitières  à planter  sur  les  routes  ; pre- 
mier's  essais  faits  en  France  et  résultats  obte- 
nus ».  Il  r'egr-ette  de  tr'ouver  chez  nous  un 
esprit  de  r'outine  auquel  nous  nous  heurtons, 
tandis  qu’à  l’étranger  cette  plantation  d’arbres 
fruitier's  sur  les  routes  a déjà  réussi  depuis  de 
nornbr’euses  années  et  donné  des  résultats 
surpr’enants,  auxquels  on  ne  s’attendait  même 
pas,  non  seulement  au  point  de  vue  esthétique, 
mais  aussi  au  point  de  vue  du  rapport,  ce  qui 
doit  toujours  pr’éoccuper  l’administrateur  vrai- 
ment digne  de  ce  nom.  En  dehors  du  mémoire 
primé,  la  Commission  en  avait  reçu  un  autre 
excessivement  important  de  M.  Baltet,  mais 
que,  vu  son  étendue,  le  règlement  ne  lui  per- 
mettait pas  d’insérer. 

La  deuxième  question,  « Culture  des  fleurs 
par  les  enfants  et  par  les  ouvriers»,  présente, 
dit  le  président,  une  importance  considérable 
au  point  de  vue  social  ; elle  a donné  naissance 
à sept  mémoires,  dont  trois  ont  été  primés. 
Ces  derniers  tout  à fait  remarquables,  dus  à 
MM.  Ch.  de  Bosschere,  Maumené  et  Deliège. 

Lorsqu’on  parle  d’améliorer  la  situation 
sociale  de  l’ouvrier  et  de  combattre  l’alcoo- 
lisme, ce  n’est  pas  par  des  moyens  artificiels 
qu’on  y réussira,  c’est  surtout  en  tâchant  d’in- 
téresser l’esprit  de  l’homme  à des  choses  plus 


sérieuses  que  le  cabaret.  Or,  répandre  dans  le 
peuple  l’amour  de  la  culture  des  fleurs,  c’est 
répandre  un  germe  de  moralisation.  M.  le  pré- 
sident croit  avec  raison  que  l’enseignement  de 
l’horticulture  dans  les  écoles  primaires  donne- 
rait des  résultats  autrement  utiles  que  l’ensei- 
gnement de  l’agriculture,  car  l’instituteur  ne 
peut  avoir  à sa  disposition  qu’un  champ  très- 
peu  étendu,  c’est-à-dire  un  jardin,  et  bien  mal- 
gré lui  il  habitue  ses  enfants  à considérer 
l’agriculture  comme  un  jardinage;  si,  au  con- 
traire, il  tait  passer  ses  élèves  de  la  culture 
des  légumes  et  des  fleurs  à la  culture  des 
plantes  en  grand,  comme  le  blé  et  la  vigne,  il 
les  habitue  à passer  du  simple  au  composé,  et 
il  leur  donne  des  leçons  qui  ne  sont  pas  per- 
dues. Sur  cent  enfants  auxquels  vous  donne- 
rez l’enseignement  agricole,  soixante-dix  ou 
quatre-vingts  iront  à l’atelier  ou  à l’usine,  cela 
ne  leur  sera  donc  d’aucun  profit  ; si,  au  con- 
traire, on  leur  a donné  l’enseignement  horti- 
cole, cela  pourra  être  utile  à tous,  car  si  mo- 
deste que  soit  l’ouvrier,  il  trouvera,  surtout  à 
la  campagne,  un  petit  jardin  où  il  pourra 
appliquer  les  connaissances  qu’il  aura  acquises 
à l’école  primaire  ; dans  les  grandes  villes 
même,  il  trouvera  toujours  une  fenêtre,  un 
balcon,  une  cour,  quelquefois  un  petit  coin, 
un  jardin  même,  où  il  pourra  cultiver  quelques 
plantes.  Il  y a donc  là  une  question  à laquelle 
doivent  s’intéresser,  non  seulement  toutes  les 
Sociétés  d’horticulture,  mais  aussi  les  Sociétés 
philanthropiques. 

M.  le  Président  regrette  que  les  travaux 
parlementaires  ne  lui  permettent  pas  de  rester 
plus  longtemps  au  Congrès,  et  il  cède  la  prési- 
dence au  premier  vice-président  de  la  Société, 
M.  Henry  de  Vilmorin. 

Sur  les  dix  questions  au  programme,  huit 
avaient  été  traitées  dans  les  mémoires  prélimi- 
naires, et,  au  Congrès  même,  deux  questions 
seulement  ont  surtout  donné  lieu  à une  discus- 
sion assez  longue;  c’est  d’abord  la  troisième 
question  ainsi  conçue  : « De  la  dégénérescence 
de  certaines  Orchidées»,  sur  laquelle  MM.  Truf- 
faut  et  Hébert  ont  publié  un  mémoire  prélimi- 
naire qui  peut  se  résumer  en  ceci  : que  ces 
messieurs  considèrent  comme  un  fait  acquis 
qu’un  très-grand  nombre  d’Orchidées  dégé- 


MATRICAIRES  ET  PYRÈTHRES. 


333 


nèrent  dans  les  cultures  plus  ou  moins  vite 
selon  les  espèces  et  le  genre  de  culture  qui 
leur  est  donné,  mais  cette  dégénérescence  est 
un  fait  reconnu,  et,  après  un  temps  plus  ou 
moins  long,  l’Orchidée  dégénère  fatalement. 
Ladite  dégénérescence  ne  pouvant  être  causée 
que  par  une  alimentation  différente  de  celle 
que  les  Orchidées  ont  à l’état  naturel,  ces  mes- 
sieurs se  sont  livrés  sur  les  Cattleya  à un 
nombre  considérable  d’expériences  et  d’ana- 
lyses et  citent  des  chiffres  à l’appui  de  leurs 
affirmations.  La  Revue  publie  plus  loin  le 
texte  de  cette  intéressante  communication. 

M.  Grignan  est  venu  réfuter  l’assertion  de 
MM.  Truffant  et  Hébert  en  se  basant  sur  l’opi- 
nion d’un  certain  nombre  d’amateurs  et  culti- 
vateurs d’Orchidées  qui  lui  ont  affirmé  que, 
d’après  leur  expérience,  les  Orchidées  ne  dégé- 
néraient pas.  M.  Truffant  père  a répondu  en 
disant  avec  raison  que,  si  les  Orchidées  ne  dégé- 
néraient pas,  comment  se  faisait-il  que  malgré 
les  milliers  et  milliers  d’Orchidées  importées 
chaque  année,  on  en  trouvait  si  peu  dans  les 
cultures  et  surtout  si  peu  d’un  certain  âge. 


Après  une  discussion  animée  entre  divers 
orateurs,  le  Congrès  décide  de  demander 
à la  Société  nationale  d’horticulture  de  France 
d’établir  un  questionnaire  qui  sera  envoyé  à 
toutes  les  personnes  s’occupant  d’Orchidées  et 
de  leur  culture.  Avec  une  aussi  vaste  consul- 
tation, on  ne  peut  en  retirer  que  des  rensei- 
gnements utiles. 

Quant  à la  huitième  question  sur  « la  classi- 
fication des  Rosiers  »,  elle  a donné  lieu  à un 
échange  d’observations  intéressantes  entre 
M.  Sirodot,  doyen  de  la  Faculté  des  sciences 
de  Rennes,  et  M.  Vigneron,  horticulteur-rosié- 
riste  à Orléans,  l’un  voyant  les  choses  au  point 
de  vue  horticole  et  marchand.  Il  a été  demandé 
que  cette  question,  qui  est  loin  d’être  résolue, 
reste  au  programme  pour  l’an  prochain. 

Après  le  dépôt  de  différentes  questions  qui 
seront  soumises  à l’adoption  du  Conseil  de  la 
Société  pour  le  programme  de  l’an  prochain, 
programme  qui  sera  publié  dans  le  courant  de 
juillet,  la  séance  a été  levée  vers  cinq  heures 
et  demie. 

Ernest  Bergman. 


M4TRICMRES  ET  PYRÈTHRES 


Si,  botaniquement,  les  deux  genres 
Malricaria,  Linn.  et  Pyrethrum,  Gærtn., 
sont  parfaitement  distincts  et  admis  par 
tous  les  auteurs,  en  horticulture,  nous  dési- 
gnons sous  ces  noms  francisés  des  plantes 
du  seul  genre  Pyrethrum  et  même  d’une 
seule  espèce,  le  Pyrethrum  Parthenium, 
Smith. 

C’est  un  exemple  du  peu  de  précision  des 
noms  français  et  familiers  et  aussi  de  la 
sélection  dirigée  longtemps  et  d’une  façon 
continue  en  deux  sens  opposés,  car  les  Ma- 
tricaires  Mendianes  ne  ressemblent  aucune- 
ment par  leur  port  et  leur  aspect  aux  Py- 
rèthres  dorés  de  nos  jardins. 

Un  cas  analogue  se  trouve  dans  le  Cynara 
Cardunculus,  qui,  par  la  culture  et  surtout 
la  sélection,  nous  a fourni  l’Artichaut  et  le 
Cardon,  entièrement  distincts  par  leur  par- 
tie culinaire. 

Les  Matricaires  Mendianes  sont  des 
plantes  élevées,  ramifiées,  touffues  et  décora- 
tives par  leurs  fleurs  blanches,  générale- 
ment doubles,  tandis  que  les  Pyrèthres  do- 
rés sont  des  plantes  nanifiées,  presque  sans 
tige  et  fleurissant  peu  mais  formant  des 
touffes  compactes  de  feuilles  d’un  vert  très- 
pâle,  presque  jaune  et  qui  contraste  agréa- 
blement avec  le  vert  foncé  des  autres  plantes 
d’ornement. 


Ces  deux  sortes  de  plantes,  très -décora- 
tives et  de  culture  facile,  sont  aujourd’hui 
très-répandues  dans  les  jardins,  mais  il 
y existe  aussi  une  véritable  Matricaire,  le 
Matricaria  inodora,  sous  sa  forme  double 
qu’on  désigne  sous  le  nom  de  Matricaire 
double  blanc  de  neige,  et  qui  est  également 
une  excellente  plante  d’ornement,  pas  au- 
tant cultivée  qu’elle  le  mérite. 

Ces  remarques  d’ordre  scientifique  ter- 
minées, nous  envisagerons  maintenant  ces 
plantes  au  point  de  vue  horticole. 

La  Matricaria  blanc  de  neige  (Matri- 
caria inodora  flore  pleno)  (fig.  113)  est  une 
plante  annuelle,  très-vigoureuse  et  rustique, 
rameuse,  touffue,  haute  de  40  à 50  centi- 
mètres, à rameaux  étalés,  garnis  de  feuilles 
vert  foncé,  découpées  en  segments  filiformes. 
Les  fleurs,  très-nombreuses  et  se  succédant 
pendant  presque  tout  l’été,  sont  larges  de 
4 à 5 centimètres,  parfaitement  doubles  et 
formées  de  nombreuses  languettes  d’un 
beau  blanc  pur  ; l’ensemble  du  capitule 
rappelle  aussi  certaines  petites  Reines-Mar- 
guerites. 

La  plante  convient  parfaitement  à Forne- 
ment  des  grandes  plates-bandes  ou  des  cor- 
beilles qu’on  ne  peut  beaucoup  arroser  et 
ses  longues  tiges  fleuries  peuvent  avanta- 


334 


MATRICAIRES  ET  PYRÈniRES. 


geusement  entrer  dans  les  gerbes  et  gros 
bouquets  de  fleurs. 

On  sème  les  graines  de  cette  jolie  Matri- 
caire  à l’automne,  en  pépinière;  on  repique 
les  plants  en  place  au  printemps,  à 
40  ou  50  centimètres  environ  de  distance. 
On  peut  aussi  semer  au  printemps,  en  pépi- 
nière, comme  la  plupart  des  autres  plantes 
annuelles,  ou  même  en  place,  mais  alors 
très-clair,  car  chaque  pied  prend  un  grand 
développement. 

La  Matricaire  .Mendiane  (Pyrethnim 
Parlhenium,  Smith.)  est  une  plante  cul- 
tivée depuis  fort  longtemps  dans  les  jardins, 
où  elle  se  ressème  souvent  d’elle-même  et 


Fig.  113.  — Malricarla  inodora  flore  pletw. 


familièrement  nommée,  mais  à tort.  Camo- 
mille. Ses  fleurs  sont  souvent  employées 
commes  telles  dans  les  campagnes,  pour 
faire  des  infusions  stomachiques.  Toutes 
ses  parties,  mais  surtout  les  feuilles,  exha- 
lent une  odeur  forte,  aromatique. 

Les  jardiniers  soigneux  ne  cultivent  que 
ses  variétés  à fleurs  grandes  bien  doubles, 
mais  dans  les  jardins  ruraux  et  sur- 
tout lorsqu’elle  y croît  sub -spontané 
ment,  ses  fleurs  sont  petites  et  simples  ou 
semi-doubles,  laissant  voir  un  petit  cœur 
jaune. 

La  plante  est  vivace,  très-rustique  et 
forme  avec  l’âge  des  touffes  volumineuses, 
hautes  de  60  à 80  centimètres,  dont  le  feuil- 
lage d’un  vert  clair  est  très -élégant  et  les 


tiges  fortes  et  droites  se  terminent  par  une 
panicule  de  fleurs  blanches,  qu’on  peut 
avantageusement  faire  entrer  dans  les 
gerbes  et  bouquets  de  fleurs.  Sa  floraison 
se  prolonge  depuis  juin  jusqu’en  octobre. 

Ses  variétés  horticoles,  au  nombre  de 
cinq  ou  six,  sont  toutes  à fleurs  doubles, 
toujours  blanches  et  préférables  au  point 
de  vue  décoratif  ; ce  sont  : 

M.  double  blanche,  à capitules  parfaitement 
doubles  formés  de  fleurons  tous  ligulés,  plans 
et  imbriqués,  simulant  de  petits  pompons, 

M.  eximia,  dont  les  capitules  sont  formés 
de  deux  ou  trois  rangs  de  fleurons  ligulés  et 
étalés  en  forme  de  collerette,  tandis  que  ceux 
du  centre  sont  tubuleux,  mais  agrandis,  nom- 
breux, formant  un  disque  bombé  et  devenu 


blanc  comme  les  fleurons  de  la  circonférence. 
La  plante  est  dressée,  ramifiée  et  forme  d’élé- 
gantes touffes. 

M.  eximia  grandiflora,  forme  de  la  précé- 
dente à fleurs  plus  grandes  ; la  plante  est  aussi 
moins  dressée,  très-vigoureuse  et  excessive- 
ment florifère. 

M.  eximia  pyramidalis,  remarquable  par 
son  port  dressé,  raide,  dont  les  nombreuses 
ramifications  forment  un  élégant  buisson  pyra- 
midal. 

M.  eximia  crispa  (fig.  114),  forme  curieuse  et 
élégante  par  ses  feuilles  dont  les  bords  sont  for- 
tement ondulés,  crispés  et  rappelant  celles  du 
Persil  frisé  ; les  fleurs,  toujours  blanches  et 
doubles,  sont  étagées  les  unes  au-dessus  des 
autres  vers  le  sommet  de  la  tige  et  par  suite 
moins  convenables  pour  les  bouquets,  mais  la 
plante  est  très-décorative  par  son  beau  feuil- 


MATRICAIRES  ET  PYRÈTÜRES.  3‘J5 


lage  et  forme  de  charmantes  touffes  isolées 
dans  les  plates-bandes. 

Toutes  ces  plantes  sont  des  plus  faciles 
à cultiver,  s’accommodant  de  tous  les  sols, 
même  ceux  de  qualité  médiocre,  et  résis- 
tent parfaitement  à la  sécheresse.  On  les 
sème  en  pépinière,  à l’automne  ou  au  prin- 
temps, et  on  repique  les  plants  en  place 
lorsqu’ils  sont  suffisamment  forts.  Semées 
de  bonne  heure,  les  plantes  fleurissent 
dès  la  première  année  et  forment  des 
touffes  très-décoratives.  Quoique  un  peu 
plus  délicates  que  le  type,  ces  variétés  per- 
sistent pendant  l’hiver  si  le  sol  est  sain  et 
deviennent  plus  volumineuses  dans  les 
années  suivantes,  mais  dans  les  jardins  ri- 
chement garnis  de  fleurs  on  les  détruit 
après  la  première  floraison,  afin  de  varier 
chaque  année  les  décorations  florales. 

Le  Pyrèthre  doré  (Pyrethriim  Parthe- 
nium  aureuniy  Hort.)  (fig.  115),  quoique 
de  même  descendance,  comme  nous  l’avons 
expliqué  au  début  de  cet  article,  n’a  plus 
horticolement  aucune  ressemblance  avec  les 
plantes  précédentes.  Il  forme  des  petites 
touffes  très-compactes  et  hautes  de  10  à 
15  centimètres,  d’un  feuillage  découpé  et 
d’un  beau  vert  jaune  doré.  C’est  unique- 
ment cette  teinte  agréable  et  très-distincte 
qui  le  fait  tant  employer  de  nos  jours  pour 
former  des  bordures;  tous  les  jardiniers  le 
connaissent  et  le  cultivent  en  quantité  par- 
fois très-grande  pour  cet  usage;  il  est  donc 
inutile  d’insister  plus  longuement  sur  ce 
point.  Gomme  pour  toutes  les  plantes  beau- 
coup cultivées,  on  s’est  appliqué  sans  cesse 
à les  modifier  et  les  adapter  le  plus  parfai- 
tement possible  à l’usage  auquel  elles  sont 
destinées;  on  en  a ainsi  obtenu  et  fixé 
quelques  variétés  bien  distinctes  dont  voici 
les  principales  : 

P.  aureum  discoideum,  qui  se  distingue 
très-nettement  du  type  par  ses  capitules  dé- 
pourvus de  fleurons  blancs  ; seul,  le  disque 
jaune  persiste  et  sa  teinte  se  confond  ainsi 
avec  celle  du  feuillage  et  ne  le  dépare  pas. 

P.  aureum  selagenoides,  ainsi  nommée 
parce  que  les  lobes  de  ses  feuilles  sont  très- 
finement  découpés,  ce  qui  donne  à la  plante  un 
aspect  frisé,  très-élégant. 

P.  aureum  muscoides  ou  plus  familièrement 
mousse^  variété  très-réduite  dont  les  feuilles 
sont  étroites  et  encore  recroquevillées  sur 
elles-mêmes,  ce  qui  donne  à la  plante  un  port 
très-touffu  et  un  aspect  moussu.  Le  peu  de 
développement  que  prend  cette  petite  variété  et 
sa  teinte  excessivement  jaune  la  font  recher- 
cher et  employer  pour  la  mosaïculture,  malgré 


soR  peu  de  vigueur^  sa  délicatesse  «n  peu  plus 
grande  que  celle  des  autres  variétés. 

On  connaît  encore  quelques  variétés  de 
Pyrètbres  dorés,  plus  ou  moins  distinctes 
des  précédentes,  notamment  une  nommée 
Bijou  d'Or. 

Nous  pourrions  parfaitement  nous  dis- 
penser de  parler  de  la  culture  de  ces 
plantes,  tant  elles  sont  maintenant  em- 
ployées pour  les  garnitures  estivales  des 
jardins. 

Ajoutons  cependant,  pour  ceux  qui  ne 
sont  pas  très  au  courant  du  jardinage, 
qu’on  peut  les  semer  dès  l’automne,  en  pé- 
pinière, si  l’on  désire  obtenir  des  plantes 
fortes  de  bonne  heure  et  qu’on  puisse  hiver- 
ner les  plants  sous  châssis;  mais  plus  géné- 
ralement on  sème  en  février-mars,  en  serre 
ou  de  préférence  sur  couche,  on  repique  les 


Fig.  Ii5.  — Pijrelhrum  Pj.)  thcniam  aureum. 


plants  une  fois  en  pépinière  si  le  semis  est 
fait  de  très-bonne  heure.  On  les  met  ensuite 
en  godets  et  on  les  tient  sous  châssis  jus- 
qu’au moment  de  la  plantation  des  cor- 
beilles, en  les  poussant  plus  ou  moins  à la 
végétation,  de  façon  à obtenir  à la  fin  de 
mai  des  petites  touffes  faisant  de  l’effet  peu 
de  temps  après  leur  mise  en  pleine  terre. 

Là,  ne  se  termine  pas  l’énumération  des 
espèces  de  Pyrètbres  horticoles,  car  plu- 
sieurs autres  y sont  cultivées,  même  d’une 
façon  non  moins  générale  que  les  précé- 
dentes, notamment  le  Pyrèthre  rose  {Pyre- 
thrum  roseum)  et  le  Pyrèthre  gazonnant 
(Pyrethrum  Tchihatchewii)  et  y consti- 
tuent des  plantes  non  moins  ornementales, 
mais  entièrement  distinctes  et  dont  nous 
parlerons  ultérieurement. 


Mottet. 


336 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D'HORTIGULTURE  DE  FRANCE. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  24  JUIN  1897 


Floriculture. 

On  se  pressait  autour  de  deux  beaux  apports 
de  M.  Lemaire,  qui,  décidément,  cultive  bien  : 
Un  fort  lot  d’iris  Kæmpferi,  d’une  forme  et 
d’une  largeur  rares,  et  d’une  tenue  irrépro- 
chable, en  11  variétés  nommées.  Puis  un  autre 
gros  lot  du  Chrysanthème  Madame  Liger- 
Ligneai(^  première  variété  précoce  à fleur 
jaune  pur,  dont  la  Revue  a récemment  parlé  L 
Il  y avait  aussi  la  variété  Gustave  Grünertvaid, 
qui  sera  bientôt  le  Chrysanthème  « des  quatre 
saisons  »,  puis  une  bonne  collection  de  Godetia. 

MM.  Duval  et  fils  présentaient  un  Vriesea 
nouveau  très-intéressant  par  suite  de  la  rami- 
fication de  son  inflorescence.  En  etlet,  à part 
quelques  espèces  peu  horticoles  de  ce  genre, 
telles  que  le  F.  macropetala,  les  Vriesea  com- 
merciaux ont  leurs  grappes  florales  roides  et 
guindées,  un  peu  comme  des  couteaux  à papier. 
Or,  le  nouveau  Vriesea  de  M.  Duval,  F.  Espe- 
ranza  (F.  Kitteliana  X F.  Saundersii), 
présente  deux  ramifications  latérales.  L’in- 
llorescence  tout  entière  a des  bractées  serrées, 
d’un  rouge  très-vif. 

MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'e  avaient  un 
ensemble  d’apports  variés  : Giroflées  quaran- 
taines et  quarantaines  Kiris,  Pieds  d’ Alouettes 
des  jardins  et  des  Blés  doubles.  Œillets  de 
Chine  et  de  Heddewig,  Pois  de  senteur  Cupi- 
don,  etc.  Il  faut  signaler  une  nouveauté  inté- 
ressante : le  Pois  de  senteur  Cupidon  rose,  ce 
qui  détruira  heureusement  la  monotonie  de 
cette’  nouveauté.  Puis  un  excellent  Œillet  de 
Chine  trop  négligé,  la  variété  diadematus,  à 
Heur  nettement  marquée  d’une  panachure,  dont 
l’aspect  l’a  fait  nommer  ainsi. 

Terminons  par  un  bon  Œillet  semi-double 
issu  du  Dianthus  barbatus,  un  autre  dénommé 
I).  floribundus  (?)  double,  et  un  Sedum  pro- 
lifcrum  (?)  luteum,  de  M.  Dugourd,  de  Fon- 
tainebleau. Puis,  par  le  Pétunia  Mistress  San- 
der,  présenté  par  M.  Sander,  de  Saint-Albans. 
Cette  nouveauté,  très-double  et  très-crispée, 
devra  être  essayée  en  plein  air  avant  d’être 
jugée  à fond. 

Orchidées. 

La  salle  de  la  Société  nationale  était  trans- 
formée en  une  véritable  exposition,  car  il 
s’agissait,  cette  fois,  d’un  grand  concours  d’Or- 
chidées.  Dans  le  lot  de  M.  Maiitin,  nous  re- 
trouvons le  Lælio-Cattleya  olivatensis,  les 
Cypripedium  Vigerianum  et  Helosiæ,  déjà 
vus  à l’Exposition  des  Tuileries  puis  le  Sele- 

’ Voir  Revue  horticole,  189G,  p.  515. 

~ Voir  Revue  horticole,  1897,  p, 


nipedium  Duvali,  qui  y figurait  aussi,  et  don 
nous  n’avons  pas  parlé  par  oubli.  Cet  hybride 
{S.  longifolium  X S.  Lindleyanum)  est  con- 
fondu à tort,  d’après  M.  Mantin,  avec  le  Cypri- 
pedium Klotzschianum.  Dans  ce  même  lot, 
nous  notons  aussi  : Cattleya  Russelliana  {G. 
labiata  Waimeri  X G.  Schilleriana  Reynel- 
liana),  à la  fleur  d’un  rouge  lie-de-vin;  Lælio- 
Cattleya  delicata  [L.  pumila  X G.  Eldorado 
virginalis),  dont  le  labelle,  pourpre  velouté 
au  sommet,  est  de  forme  mixte  entre  ses  deux 
parents  ; Lælio-Cattleya  bellaerensis  {L.  au- 
tiimnalis  atrorubens  X G.  Bowringiana  flo- 
ribunda  colorata)  ; Stanhopea  bellaerensis, 
Catlleyà  Rousseavii,  etc. 

M.  Opoix  avait  apporté  un  choix  de  Cypri- 
pedium obtenus  dans  les  serres  du  Luxem- 
bourg, remarquables  par  la  tenue  érigée  de 
leur  hampe  et  de  leur  sépale  dorsal,  ainsi  que 
par  la  netteté  de  leurs  stries  et  de  leurs 
pointillés.  Nous  avons  surtout  noté,  dans  ce 
genre  : G.  M.  Paul  Descombes  (G.  Dauthieri 
X Lawrenceanum) , G.  superciliare  X Daya- 
num,  G.  nitens  X barbatum  superbum,  G. 
Veitchii  x Lawrenceanum,  etc.  Noté  aussi, 
du  même  présentateur,  un  bel  Epidendrum 
inversum. 

M.  Peeters,  de  Bruxelles,  présentait  une 
plante  de  premier  ordre,  très-admirée  : le  Mil- 
tonia  vexillaria  virginalis.  M.  Poirier,  jardi- 
nier de  M.  Cardoso,  présentait  un  très-beau 
Cattleya  Mossiæ  Madame  Cardoso,  au  revers 
saumoné,  ainsi  qu’un  Cattleya  Mossiæ  aurea 
bien  caractérisé,  et,  entre  autres  plantes  de 
collection,  un  beau  Thunia  Bensoniæ. 

Dans  la  collection,  nombreuse  et  variée,  de 
M.  Bert,  nous  avons  remarqué  surtout  : Epi- 
dendrum vitellinum,  Saccolabium  relusum, 
Cochlioda  Nœtzliana,  Cattleya  Mendeli,  au 
labelle  très-régulièrement  frangé,  Lælia  gran- 
dis tenebrosa,  très-coloré,  etc.  Dans  celle  de 
M.  Garden,  de  beaux  Odontoglossum  luleo- 
purpureum,  Schillerianum  et  hastilabium, 
un  Cattleya  labiata  Warneri  de  premier  ordre, 
des  Cypripedium  Druryi,  gandavense,  Cook- 
soni,  etc.  Dans  celle  de  M.  Belin,  de  beaux 
spécimens  de  Cattleya  labiata  : Reineckeana, 
Wagneri  et  variabilis. 

Enfin,  M.  Duval,  hors  concours,  exposait  un 
superbe  exemplaire  de  Dendrobium  moscha- 
tum  cupreum,  et  diverses  autres  plantes  : 
Lælia  grandis  tenebrosa,  Cattleya  Gigas,  etc. 

Arboriculture  d’ornement. 

Deux  apports  importants  : 1°  de  jM.  Croux, 
25  rameaux  d’arbres  et  d’arbustes  d’ornement 
eu  pleine  Heur,  d’espèces  et  de  variétés  trop 


ÉTUDE  CHIMIQUE  SUR  LA 

peu  répandues  : Elæagnus  longipès  ou  Ghalef 
comestible,  arbuste  de  port  élégant,  aux  ra- 
meaux divergents  et  légèrement  penchés,  au 
feuillage  blanchâtre  sur  le  revers,  aux  grappes 
de  fruits  rouges,  allongés,  d’une  agréable  sa- 
veur acidulée  : Spiræa  Bumalda  ruberrima, 
S.  Bumalda  Anthony  Waterer^,  et  un  semis 
inédit,  d’inflorescence  aplatie  en  ombelle 
comme  les  précédentes,  et  d’un  rouge  beau- 
coup plus  vif  que  la  variété  Anthony  Wa~ 
terer  et  tout  ce  qui  existe  jusqu’à  pr  ésent  ; 
Cytisus  èlongatus,  Hedysarum  multijugum, 
Hydrangea  stellata  rubra,  Genista  tincto- 
ria  flore  pleno,  etc.,  puis  une  collection  de 
variétés  de  Ceanothus  azureus  ; Gladiateur^ 
Gloire  de  Versailles,  Marie  Simon,  Le 
Géant,  Président  Réveil,  Triomphe  d'An- 
gers, etc. 

2o  De  M.  G.  Boucher  ; les  mêmes  Spiræa 
Bumalda  ruberrima  et  Anthony  Waterer, 
Hedysarum  multijugum  et  Genista  tinctoria 
flore  pleno  ; puis  le  Cytisus  shipkaensis,  à 
fleurs  blanches,  et  le  Deutzia  corymbosa, 
dont  la  Revue  horticole  a déjà  parlé^. 

Arboriculture  fruitière. 

M.  Fatzer,  directeur  des  forceries  de  l’Aisne, 
présentait  des  Brugnons  Lord  Napier,  obtenus 
par  un  forçage  commencé  le  1er  février;  le  ré- 
sultat obtenu  ainsi  serait  donc  supérieur  à 


CULTURE  DES  CATTLEYAS.  337 

celui  que  l’on  tire  de  la  variété  Précoce  de 
Conçois. 

M G.  Boucher  montrait  de  belles  Pêches 
Waterloo  provenant  d’arbres  arrachés  puis 
mis  sous  abri  vitré  en  avril.  C’est  donc  là, 
pour  un  laps  de  temps  de  trois  mois,  un  ré- 
sultat satisfaisant. 

Notons  aussi  la  Groseille  à maquereau 
Précoce  savant,  présentée  par  M.  Savart,  d’un 
rouge  incomparablement  plus  vif  que  celui 
des  anciennes  variétés  autrefois  cultivées  à 
Belle-ville. 

Culture  potagère 

Une  poignée  de  Chicorées  frisées  et  Scaroles 
en  deux  lots  ; celui  de  la  maison  Vilmorin 
pour  démontrer  que  ces  salades  peuvent  par- 
faitement toutes  se  cultiver  de  printemps,  et 
celui  de  M.  Lambert,  qui  s’augmente  de  toute 
une  série  de  Choux  hâtifs  de  printemps  : 
Chou  nantais  hâtif.  Chou  Milan  très-hâtif  de 
Paris,  Chou  Milan  de  la  Saint-Jean,  etc. 

M.  Gauthier  présentait  sa  nouvelle  Fraise 
Louis  Gauthier,  déjà  présentée,  il  est  vrai,  non 
par  lui-même,  mais  par  les  horticulteurs  mar- 
chands qui  l’annoncent. 

Cette  variété  a le  défaut  d’être  peu  colorée 
pour  la  vente  au  marché,  mais  elle  est  très- 
prolifique,  grosse  et  succulente,  et,  partant, 
excellente  pour  maisons  bourgeoises. 

H.  Dauthenay. 


ÉTUDE  CHIMIQUE  SUR  LA  CULTURE  DES  CATTLEYAS  = 


« La  plupart  des  horticulteurs  recon- 
naissent que  les  Orchidées  exotiques,  qui 
sont  exploitées  pour  leurs  fleurs,  sont  plus 
ou  moins  rebelles  à l’acclimatement  et  que, 
après  une  courte  période  de  vigueur  exu- 
bérante, ces  plantes,  à part  quelques  rares 
exemplaires,  fleurissent  de  plus  en  plus 
difficilement  et,  après  quelques  années, 
finissent  par  périr.  Les  cultivateurs  de  ce 
genre  de  végétaux,  d’une  valeur  élevée,  au- 
raient cependant  grand  intérêt  à pouvoir 
les  conserver  et  les  multiplier  dans  de 
bonnes  conditions  pour  éviter  des  importa- 
tions coûteuses. 

« Nous  avons  pensé  que  l’analyse  chi- 
mique, qui  nous  avait  déjà  fourni  de 

1 Le  Spiræa  Bumalda  Anthony  Waterer, 
obtenu  par  M.  A.  Waterer,  fut  décrit  pour  la  pré- 
mière  fois  dans  le  Journal  The  Garden  en  1894, 
et  mentionné  la  même  année  par  le  Journal  de 
la  Société  nationale  d'horticulture  de  France. 
Rappelons  en  même  temps  que  le  Spiræa  Bu- 
malda n'est  lui-même  qu’une  forme  du  S.  japo- 
nica.  — (H.-D.) 

2 Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  215, 


bonnes  indications  dans  le  cas  des  Cycla- 
men pourrait  aussi  nous  renseigner  sur 
les  causes  de  l’affaiblissement  des  Orchidées 
et  sur  les  moyens  d’y  remédier. 

« C’est  dans  cet  ordre  d’idées  que  nous 
avons  étudié  spécialement  les  Cattleya  la- 
biata  autumnalis.  Ces  végétaux,  monoco- 
tylédonés,  de  la  famille  des  Orchidées, 
groupe  des  Épidendrées,  sont  originaires 
de  l’Amérique  du  Sud  ; ce  sont  des  plantes 
épiphytes,  vivaces,  à rhizomes  dont  les 
yeux  produisent  chaque  année  des  tiges 
monophylles  se  transformant  en  pseudo- 
bulbes de  réserve,  n’ayant  chacun  qu’une 
seule  floraison  de  six  fleurs  au  maximum. 
Ces  Orchidées  se  reproduisent  naturelle- 
ment .par  graines  et  artificiellement  par 
sectionnement;  elles  fleurissent  tous  les 
ans,  en  octobre  ou  novembre.  On  les  cultive 
en  serre,  dans  un  mélange  de  racines  de 

3 Communication  de  MM.  Alex.  Hébert  et  G. 
Truffaut  à l’Académie  des  sciences. 

* Étude  physiologique  des  Cyclamen  (Comptes 
rendus,  t.  GXXII,  p.  1212). 


338 


ÉTUDE  CHIMIQUE  SUR  LA.  CULTURE  DES  C.ATTLEYAS. 


Fougèrés  {Polypodium  vulgare)  et  de 
mousse  (Sphagnum),  très -peu  nutritif  et 
qui  joue  le  rôle  de  soutien. 

« L’affaiblissement  de  ces  plantes  se 
produit  au  bout  de  six  ou  sept  ans;  on  peut 
souvent  s’en  rendre  compte  par  les  pseudo- 
bulbes qui  prennent  naissance  chaque  année 
et  qui  diminuent  de  taille  et  de  grosseur  ; 
cette  sorte  de  dégénérescence  ne  peut  guère 
avoir  de  causes  physiques,  car  on  repro- 
duit dans  les  serres  toutes  les  conditions  de 
culture  auxquelles  sont  soumis  ces  végétaux 
à l’état  naturel;  il  ne  restait  probable  que 
le  fait  d’une  alimentation  défectueuse  qui 
amènerait  une  modification  dans  la  compo- 
sition chimique  et  qui  aurait  pour  effet 
d’affaiblir  les  plantes  et  de  les  empêcher  de 
fleurir.  Pour  vérifier  cette  hypothèse,  il 
convenait  d’examiner,  au  point  de  vue  chi- 
mique, les  Cattleya  au  début  et  à la  fin  de 
leur  période  sensible;  on  devrait  avoir 
vraisemblablement  en  même  temps  l’indi- 
cation de  la  nature  des  engrais  à ajouter 
pour  maintenir  ces  plantes  dans  un  état  de 
culture  satisfaisant,  sinon  prospère. 

« Des  Cattleya,  importés  en  1891,  ont 
été  analysés  à cette  époque,  puis  au  mois 
de  février  dernier,  quand  ces  végétaux 
étaient  parvenus  à un  état  tel  que  leur 
exploitation  ultérieure  semblait  peu  profi- 
table. 

« Le  tableau  suivant  donne  les  résultats 
de  ces  deux  séries  d’analyses  ; pour  la  faci- 
lité de  l’interprétation,  nous  y rapportons 


les  proportions  des  éléments  à 1 

kilog.  de 

matière  végétale  normale 

1891 

1897 

Différences 

gr- 

gr. 

gr. 

908,79  939,03 

-f  30,24 

Matière  sèche  . . 

91,21 

60,97 

-30,24 

Cendres.  . . 

4,150 

3,254 

- 0,896 

Matière  organique 

87,06 

57,72 

—29,34 

Azote 

1,10 

0,511 

— 0,589 

Silice 

0,124 

0,253 

F 0,129 

Chlore  ..... 

Traces 

0,109 

-h  0,109 

Acide  sulfurique. 

Traces 

0,180 

+ 0,180 

Acide  phosplioriq. 
Oxyde  de  fer  et  alu- 

J25 

00 

O 

0,065 

— 0,015 

mine  

0,008 

0,109 

+ 0,101 

Chaux 

1,580 

0,879 

— 0,701 

Magnésie  .... 

0,290 

0,149 

- 0,141 

Potasse 

1,040 

0,372 

- 0,668 

Soude 

Oxyde  de  manga- 

Traces 

0,035 

0,03o 

nèse  

Traces 

» 

» 

(£  Ces  chiffres  montrent 

que  les 

Cattleya 

dégénérés  contiennent  moins  de  matière 
sèche,  de  substances  organiques  et  azotées 
et  de  cendres;  parmi  celles-ci,  la  dimi- 
nution porte  sur  la  potasse,  la  chaux,  la 
magnésie  et  l’acide  phosphorique,  c’est-à- 
dire  sur  les  principaux  éléments  fertili- 
sants. 

« Les  Cattleya  étant  cultivés  dans  un  sol 
à peu  près  inerte,  leur  affaiblissement  doit 
être  attribué  à l’exportation  des  fleurs  pour 
lesquelles  ils  sont  cultivés.  Pour  le  vérifier, 
nous  avons  procédé  à l’analyse  de  ces  fleurs 
et  nous  avons  déterminé,  d’après  leur  quan- 
tité (350  gr.)  correspondant  à la  floraison 
de  1 kilog.  de  Cattleya  entiers,  de  1891  à 
1897,  les  pertes  en  éléments  fertilisants 
que  ces  végétaux  subissent  de  ce  fait. 
Elles  sont  exprimées  par  le  tableau  ci- 
dessous  : 


Eau 

Matière  sèche 

Cendres 

Matière  organique.  . . 

Azote 

Silice 

Chlore 

Acide  sulfurique.  . . . 
Acide  phosphorique  . . 
Oxyde  de  fer  et  alumine 
Chaux  ........ 

Magnésie 

Potasse 

Soude  

Oxyde  de  manganèse  . 


gr. 

321,30 

28,70 

3,384 

25,316 

0,364 

0,1106 

0,2593 

0,0619 

0,1386 

0,0336 

0,5810 

0,2800 

1,1025 

traces. 

» 


« On  peut  constater  que  la  matière  orga- 
nique des  fleurs  renferme  une  quantité 
assez  importante  d’azote  et  que  les  cendres 
sont  particulièrement  riches  en  potasse,  en 
chaux,  en  magnésie  et  en  acide  phospho- 
rique; l’appauvrissement  des  Cattleya,  re- 
lativement à ces  éléments,  s’explique  donc 
d’une  façon  évidente,  ces  résultats  indi- 
quant bien  que  la  dégénérescence  de  ces 
végétaux  doit  être  attribuée  à la  production 
et  à l’exportation  des  fleurs. 

« Au  point  de  vue  pratique  horticole,  on 
doit  conclure  de  cette  étude  que  les  Cattleya 
devront  recevoir,  si  l’on  veut  entraver  leur 
affaiblissement,  un  mélange  d’engrais  ap- 
propriés renfermant  principalement  de 
l’azote,  de  l’acide  phosphorique,  de  la  po- 
tasse, de  la  chaux  et  de  la  magnésie.  Des 
expériences  sont  déjà  commencées  depuis 
quelque  temps  dans  ce  sens  et  semblent 
bien  confirmer  nos  conclusions.  » 

. A.  Hébert  et  G.  Truffaut, 


CORRESPONDANCE. 


339 


CORRESPONDANCE 


A"®  34G8  [Maine-et-Loire).  — Le  meilleur 
moyen  de  faire  fleurir  vos  Strelitzia  reginæ 
est  de  les  rapprocher  de  la  lumière.  Il  est  à 
supposer  que  vous  les  tenez  dans  une  partie  un 
peu  ombragée  de  la  serre.  Nous  avons  vu  ce 
simple  moyen  réussir  le  plus  souvent  pour  faire 
fleurir  les  plantes  rebelles.  Celles  que  l’on 
plante  à Cannes  en  plein  air,  sous  le  grand 
soleil,  fleurissent  abondamment  et  leurs 
feuilles  de  même  que  les  hampes  sont  plus 
courtes  qu’à  l’ombre. 

H.  M.  (Vienne).  — Nous  n’avons  pas  vu, 
parmi  les  racines  et  le  sphagnum  que  vous 
nous  avez  adressé,  rien  qui  pût  nous  rensei- 
gner sur  la  maladie  de  vos  Dendrobium.  Il 
faudrait  nous  adresser  les  feuilles  et  la  tige 
des  plantes  malades,  — Quoi  qu’il  en  soit, 
vous  ferez  sagement  de  recueillir  avec  soin  tous 
les  débris  des  plantes  avec  les  racines  et  le 
sphagnum  et  vous  les  brûlerez  ; quant  aux  pots, 
vous  les  tremperez  dans  une  solution  de  sul- 
fate de  cuivre  à 1 et  vous  les  laverez  ensuite 
à l’eau.  — (L.  M.). 

Au  cas  oû  vous  nous  adresseriez  des  feuilles 
et  des  tiges  des  plantes  malades,  nous  vous 
prions  de  ne  pas  faire  cet  envoi  sans  nous 
en  aviser  par  une  lettre  oû  vous  nous  rappelle- 
riez de  quoi  il  s’agit.  — (Note  de  la  rédaction). 

M.  de  B.  {Seine-et  Marne).  — Les 
feuilles  de  Poirier  sont  envahies  par  un  aca- 
rien,  le  Phytoptus  pyri,  qui  se  loge  dans  le 
parenchyme  de  la  feuille,  y pond  des  œufs  et 
détermine  la  production  de  taches  brunes 
dans  le  parenchyme  vert.  Le  seul  remède 
consiste  à enlever  toutes  les  feuilles  at- 
teintes et  à les  brûler,  puis  on  pulvérisera 
sur  les  parties  saines  une  émulsion  de  pétrole 
à iO  % dans  l’eau  de  savon  à 4 ou  b %. 

2°  Les  feuilles  de  Cerisier  sont  envahies  par 
la  fumagine,  poussière  noire  formée  par  les 
Champignons  qui  vivent,  à la  surface  de  la 
feuille,  dans  les  matières  sucrées  exsudées  de  la 
feuille  ou  déposées  par  des  insectes.  Vous 
pourrez  vous  en  débarrasser  par  des  pulvéri- 
sations au  moyen  d’un  liquide  obtenu  en 
faisant  dissoudre  dans  1 litre  d’eau  bouillante 
45  grammes  de  savon  blanc  et  15  grammes  de 
naphtol  jS,  et  en  étendant  de  9 litres  d’eau. 

3‘^  Les  feuilles  de  Pommier  sont  couvertes 
de  taches  brunes  formées  par  des  Champignons 
dont  nous  n’avons  pas  vu  les  spores  et  qui 
paraissent  voisines  des  Taphrina.  Vous  pourrez 
empêcher  la  maladie  de  se  propager  sur  les 
feuilles  saines  en  pulvérisant  vos  arbres  avec 
la  bouillie  bordelaise,  la  bouillie  bourgui- 
gnonne ou  une  solution  de  sulfate  de  cuivre  à 

8 %.  ~ (L.  M.)  I 


S.  J.  [Belfort).  — Vous  nous  deman- 
dez s’il  n’est  pas  trop  tard  pour  planter  des 
Rosiers.  Dès  que  le  mois  d’avril  est  passé, 
pour  réussir  une  plantation  de  Rosiers,  qu’ils 
soient  francs  de  pied  ou  greffés,  il  est  néces- 
saire de  se  les  procurer  en  pots,  rempotés 
dans  ces  pots  depuis  novembre  ou  commence- 
ment de  février,  et  il  faut  les  planter  tels  quels 
avec  leurs  pots.  Il  faut,  de  plus,  pendant  tout 
l’été,  les  ((  tenir  à l’eau  »,  c’est-à-dire  les  arro- 
ser copieusement,  de  façon  qu’ils  soient  tou- 
jours humides.  Quand  l’automne  est  arrivé,  on 
déchausse  chaque  pot  en  enlevant  de  la  terre 
autour,  et  on  le  casse,  puis  on  en  enlève  les 
morceaux  de  manière  que  les  racines  du  Ro- 
sier soient  dérangées  le  moins  possible. 

On  peut  faire  ces  sortes  de  plantations  ainsi 
pendant  tout  l’été,  mais  en  observant  les  re- 
commandations suivantes  : 1^*  Exiger  du  pépi- 
niériste qu’il  ne  livre  que  des  Rosiers  dont  les 
grosses  racines  n’aient  pas  a piqué  »,  c’est-à- 
dire  ne  soient  pas  sorties  par  les  trous  des 
pots  pour  aller  chercher  leur  nourriture  dans 
le  sol  oû  ces  pots  avaient  été  enterrés  ; 2®  La 
mise  en  place  doit  s’opérer  par  un  temps  cou- 
vert ou  pluvieux  ; 3®  Un  bon  paillis  doit  re- 
couvrir le  sol. 

Nous  devons  ajouter  que  ces  sortes  de  plan- 
tations en  plein  été  sont  toujours  risquées,  et  à 
moins  de  nécessité  absolue,  le  parti  le  plus 
sage  est  d’attendre  l’époque  normale  des  plan- 
tations, c’est-à-dire  octobre,  ou  mieux  no- 
vembie,  surtout  lorsqu’il  n’y  a plus  que  trois 
ou  quatre  mois  pour  y arriver. 

Vous  nous  demandez  à qui  vous  devez  vous 
adresser  pour  avoir  une  jolie  collection,  ro- 
buste et  variée,  de  Rosiers  francs  de  pied.  Nous 
n’hésitons  pas  à donner  des  adresses  toutes 
les  fois  qu’il  s’agit  de  spécialités  qu’on  ne 
trouve  que  chez  tels  ou  tels  horticulteurs,  mais 
dans  le  cas  présent,  vous  aurez  satisfaction 
chez  tous  les  bons  pépiniéristes,  qui  sont  au 
courant  de  ces  sortes  de  fournitures.  Vous  en 
indiquer  un,  ce  serait  le  favoriser  au  détri- 
ment de  confrères  qui  le  valent  : vous  n’avez 
qu’à  demander  leurs  catalogues  à ceux  dont 
vous  trouvez  les  noms  aux  annonces  de  la 
Revue.  — (H.  D.) 

S6V2  (Belfort).  — Les  plantes  que  vous 
nous  avez  envoyées  appartiennent  à une  Or- 
chidée très-commune,  VOrchis  maculata,  L., 
qui  présente,  en  effet,  des  fleurs  lilas,  rosées 
et  blanches,  et  varie  beaucoup  en  couleur 
dans  ses  stations  naturelles. 

M.  D.  {Alp>es-Maritimes) . — Comme  il  a 
été  dit  dans  l’article,  VEugenia  Guabiju  est  en 
multiplication.  On  ne  pourra  obtenir  ce 


340 


CORRESPONDANCE. 


nouvel  arbre  fruitier  des  tropiques  que  l’année 
prochaine,  probablement  en  échange  d’autres 
plantes. 

JVo  3025  [Aisne).  — L’arbuste  dont  vous 
avez  vu  faire  des  haies  en  Angleterre  est  le 
Prunier  myrobolan  [Prunus  cerasifera)  Ehrh. 
On  peut  l’employer  avec  le  même  succès  en 
France,  mais  de  préférence  dans  les  terrains 
siliceux. 

L.  (Paris).  — Non,  il  n’existe  pas  à Paris 
de  dépôt  des  produits  insecticides  fabriqués  par 
M.  Cari  Zimmer,  à Mannheim  (Allemagne), 
d’après  les  formules  de  M.  Ch.  Mohr.  Si  vous 
voulez  vous  procurer  la  cuprocalcite,  la 
benzoline  ou  la  sulfurine,  vous  devez 
vous  adresser  directement  au  fabricant 
dont  nous  vous  donnons  ci-dessus  l’adresse, 
et  qui  vous  enverra  ses  prix  et  condi- 
tions de  vente.  — (H.  D.). 

iV«  4800  [Seine).  — La  période  pendant 
laquelle  il  est  utile  de  tenir  les  Pommes  Cal- 
ville dans  des  sacs  de  papier  est  celle  com- 
prise entre  l’époque  où  les  fruits  sont  gros 
comme  des  noix  (commencement  de  juillet),  et 
celle  qui  précède  la  récolte  de  quinze  jours  ou 
trois  semaines  (fin  septembre). 

Les  sacs  de  18  ou  20  centimètres  de  long 
sur  10  à 12  centimètres  de  large,  sont  faits  en 
papier  ordinaire,  ou  papier  d’un  journal  solide. 
On  les  fixe  à l’aide  d’un  fil  de  plomb.  — (G.  B.). 

A.  L.  — Vous  nous  demandez  quels  soins 
il  faut  donner  aux  Pélargoniums  et  aux  Gar- 
dénias pour  bien  réussir.  Pour  répondre  com- 
plètement à cette  question,  il  nous  faudrait 
énumérer  ici  tous  les  détails  de  la  culture  de 
ces  deux  sortes  de  plantes,  depuis  l’époque  de 
leur  bouturage  jusqu’à  celle  de  leur  conserva- 
tion à l’état  de  repos.  Et  cela  peut  faire  la  ma- 
tière d’un  volume.  Aussi,  s’il  s’agit  de  Pélar- 
goniums zonés  et  à feuille  de  Lierre,  nous  ne 
saurions  mieux  faire  que  vous  conseiller 
d’acheter  l’ouvrage  : Les  Géraniums  (Pélar- 
gonium zonale  et  inquinans),  par  H.  Dauthe- 
nay,  en  vente  à la  Librairie  agricole,  26,  rue 
Jacob,  au  prix  de  2 fr.  50.  Ce  traité  pourra 
vous  servir,  d’ailleurs,  pour  les  autres  Pélar- 
goniums, car  la  culture  en  est  la  même.  Pour 
les  Pélargoniums  à grandes  fleurs  et  à ma- 
cules, il  est  important  de  les  tenir,  en  hiver,  le 
plus  près  possible  du  verre,  dans  une  serre 
très-éclairée  ; de  ne  les  arroser  que  très-modé- 
rément en  hiver,  de  leur  donner  le  plus  d’air 
et  de  lumière  possible  au  printemps,  et  de 
bien  fouler  la  terre  des  rempotages.  On  les 
arrose  copieusement  et  on  les  ombre  pendant 
leur  floraison.  Lorsqu’elle  est  terminée,  on 


rabat  les  plantes  et  on  les  place  en  plein  air, 
en  plein  soleil,  jusqu’à  l’automne,  époque  à 
laquelle  on  pourra  les  remettre  en  végétation. 

Les  Gardénias  sont  faciles  à cultiver  si  l’on  a 
soin  de  leur  donner  un  traitement  bien  en  rap- 
port avec  leurs  périodes  de  végétation  et  de 
repos.  Ainsi,  lorsqu’on  introduit,  dans  une 
serre,  des  boutures  faites  et  repiquées  dans 
une  bâche  à multiplication  dont  la  chaleur  de 
fond  fut  de  20  à 24  degrés,  il  est  indispensable 
de  continuer  à leur  donner  le  plus  de  chaleur 
et  le  plus  d’humidité  possible,  si  on  veut  les 
voir  pousser  vigoureusement  et  fleurir  dans  la 
même  année.  Lorsque  la  période  de  floraison 
est  terminée,  les  plantes  entrent  en  repos. 
C’est  alors  seulement  qu’on  abaisse  graduel- 
lement la  température  de  la  serre  et  qu’on 
donne  de  l’air  de  plus  en  plus.  Lorsque  les 
Gardénias  ont  été  cultivés  en  pots,  le  mieux 
est  de  les  transporter  dans  une  serre  moins 
chaude.  Il  n’y  a aucun  avantage,  d’ailleurs,  à 
conserver  de  vieilles  plantes,  qui  fleurissent 
beaucoup  moins,  et  moins  facilement,  que  les 
boutures  de  l’année. 

iVo  H91  (Oise).  — Voici  un  remède  contre 
le  blanc  du  rosier  que  conseille  M.  Laugier 
dans  la  Revue  Mycologique  : 

l»  Dissoudre  50  grammes  de  polysulfure  de 
potassium  des  pharmacies  dans  1 litre  d’eau  ; 

2o  Etendre,  un  peu  avant  l’emploi,  20  centi- 
mètres cubes  de  cette  solution  dans  1 litre 
d’eau  ; 

3o  Appliquer  cette  nouvelle  solution  en  pul- 
vérisation, sur  les  feuilles  du  Rosier. 

iV»  4608  [Seine- et-Oise).  — L’ouvrage  de 
M.  Prillieux  : Les  maladies  des  plantes  agri- 
coles, des  arbres  fruitiers  et  forestiers  donne 
non  seulement  la  description  des  maladies, 
mais  aussi  les  moyens  connus  de  les  combattre. 
Vous  pouvez  vous  le  procurer  à la  librairie 
agricole,  26,  rue  Jacob.  L’ouvrage  comprend 
2 vol.  et  coûte  12  francs. 

jVo  5545  [Suisse).  — La  Revue  a précisé- 
ment donné  dans  son  dernier  numéro,  à la 
liste  des  récompenses  décernées  aux  arts  et 
industries  horticoles  l’adresse  que  vous  deman- 
dez. M.  Théveny,  dont  les  fruits  moulés  sont 
d’une  remarquable  exécution  demeure  rue  de  la 
Mairie,  18,  à Antony  (Seine). 

No  564i  [Espagne).  — Le  Catalogue  des 
fruits  adoptés  par  le  Congrès  pomologique 
coûte  6 fr.,  et  le  supplément  au  catalogue 
coûte  3 fr.  50.  Vous  pouvez  les  demander  à la 
Librairie  agricole,  26,  rue  Jacob,  en  lui  en- 
voyant les  prix  indiqués.  — Pour  VEugenia 
Guabiju,  voyez  la  réponse  à M.  D.  ci-dessus. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  : L.  Bourguignon. 


CHRONIQU.E  HORTICOLE. 


341 


CHRONIQUE  HORTICOLE 


Mérite  agricole.  — Les  expositions  et  la  presse  horticole.  — La  distribution  des  prix  à l’École 
d’horticulture  de  Villepreux.  — École  d’arboriculture  de  Saint-Mandé.  — Plantes  offertes  par  le 
Muséum.  — L’amélioration  du  Safran  cultivé.  — Fraise  remontante  Orégon.  — Les  huiles  d’olives  de 
Tunisie.  — Bulbophylliirn  Ericssoni.  — Mipiocarpa  longipes. — Bouton-couronne  et  bouton  terminal 
— Les  haies  de  Citronniers  dans  le  Queensland  — Nouveau  procédé  de  préparation  de  la  Vanille.  — 
Les  Fraises  à l'Exposition  d’horticulture  de  Bruxelles,.  — Nécrologie  : M.  Marc  Luizet. 


Mérite  agricole-  — A l’occasion  de 
l’inauguration  de  la  statue  de  Perronnet 
qui  a eu  lieu  à Neuilly-sur-Seine,  et  par 
arreté  en  date  du  4 juillet  1897,  la  décora- 
tion du  Mérite  agricole  a été  conférée  à : 

M.  Branchard  (Jules-Gustave-Alexandre),  jar- 
dinier-chef à Neuilly-sur-Seine  : fonda- 

teur et  président  de  l’Association  nationale 
de  prévoyance  et  de  secours  des  jardiniers 
de  France  ; 38  ans  de  pratique  horticole. 

Les  Expositions  et  la  Presse  horticole. 

— Les  lecteurs  de  la  Revue  horticole 
trouveront  plus  loin,  dans  le  compte  rendu 
de  la  distribution  des  récompenses  à la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France, 
le  discours  qu’a  prononcé  son  président, 
M.  Viger.  Ce  discours  sera  certes  lu  avec 
le  plus  grand  plaisir  par  toutes  les  personnes 
qui  n’ont  pu  l’entendre  et  qui  s’intéressent 
aux  progrès  de  l’horticulture. 

C’est  avec  une  satisfaction  bien  naturelle 
que  nous  avons  entendu  M.  Viger  parler, 
comme  il  l’a  fait,  du  rôle  de  la  Presse,  et 
de  la  Presse  horticole  en  particulier.  Nous 
sommes  surs  que  les  organisateurs  des  pro- 
chaines expositions  s’inspireront  des  idées 
qu’a  émises  à cet  égard  l’affable  et  dévoué 
président  de  la  Société  nationale  d’horticul- 
ture de  France  pour  permettre  à la  Presse 
horticole  de  remplir  entièrement  ce  rôle, 
dont  M.  Viger  a bien  voulu  reconnaître 
l’importance. 

Si  les  journaux,  et  surtout  les  journaux 
spéciaux,  tiennent  à honneur  de  rendre 
compte  de  toutes  les  parties  de  nos  exposi- 
tions, à en  faire  ressortir  les  beautés  et  à 
rendre  justice  aux  mérites  des  exposants,  il 
faut  tout  au  moins  que  les  organisateurs 
facilitent  leur  tâche  à tous  les  collabora- 
teurs de  ces  journaux,  y compris  les  dessi- 
nateurs et  les  photographes,  en  leur  lais- 
sant le  libre  accès  dans  toutes  les  parties  de 
l’exposition,  à des  heures  où  le  public 
n’est  pas  admis,  et  en  leur  permettant  de 
recueillir  tous  les  matériaux  nécessaires  à 
l’accomplissement  de  leur  devoir  profes- 
sionnel. 


La  distribution  des  prix  à l’Ecole 
d’horticulture  de  Villepreux.  — Le 

18  juillet  a eu  lieu  la  distribution  des  prix 
aux  élèves  de  l’École  professionnelle  d’hor- 
ticulture Le  Nôtre,  à Villepreux,  sous  la 
présidence  de  M.  le  D'’  Navarre,  conseiller 
général  de  la  Seine,  assisté  de  M.  Guil- 
laume, directeur  de  l’École  et  de  plusieurs 
représentants  de  la  préfecture  de  la  Seine 
et  de  l’Assistance  publique.  Pmpondant  aux 
souhaits  de  bienvenue  que  le  directeur  de 
l’École  lui  a adressés  au  nom  des  élèves, 
M.  le  D'’  Navarre  a fait  ressortir  les  bien- 
faits de  l’enseignement  horticole  pratique, 
sous  lequel  la  théorie  reste  stérile.  M.  Na- 
varre a ajouté  : 

Ce  n’est  pas  sans  raison  que  nous  avons 
placé  l’école  sous  le  patronage  de  Le  Nôtre, 
l’illustre  jardinier.  Gomme  lui,  vous  devez 
tendre  à devenir  des  artistes  dans  cette  pro- 
fession qui  est  un  art  et  dans  laquelle  se  joint 
à la  botanique  et  à la  chimie  horticole  l’en- 
tente de  l'harmonie  de  la  ligne  et  de  la  cou- 
leur. 

Le  président  a terminé  en  félicitant 
M.  Guillaume  de  l’activité  et  du  dévouement 
qu’il  n’a  cessé  d’apporter  à l’organisation 
de  l’École  qui,  aujourd’hui,  commence  à 
donner  les  résultats  qu’on  en  attendait. 

Ecole  d’arboriculture  de  Saint-Mandé. 

— - L’école  municipale  et  départementale 
d’arboriculture  d’alignement  et  d’ornement, 
située  avenue  Daumesnil,  1 his,  à Saint- 
Mandé,  a pour  but  de  donner  gratuitement 
l’instruction  théorique  et  pratique  néces- 
saire aux  jeunes  gens  qui  désirent  devenir 
jardiniers  des  plantations  urbaines  ou  dé- 
partementales, des  parcs  et  jardins  publics 
ou  particuliers.  Un  concours  pour  l’admis- 
sion d^  six  places  d’apprentis-élèves  aura 
lieu  dans  cet  établissement  le  30  septembre, 
à huit  heures  du  matin. 

Les  candidats  devront  être  français  et 
habiter  Paris  ou  le  département  de  la  Seine  ; 
ils  devront  être  âgés  de  14  ans  accomplis  à 
la  date  du  30  septembre  1897,  présenter  les 
conditions  d’aptitude  physique  aux  travaux 


1er  Août  1897 


15 


342 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


horticoles  constatées  par  une  visite  médi- 
cale, et  avoir  obtenu  le  certificat  d’études 
primaires. 

L’examen  comprend  : 

1»  Une  dictée  permettant  d’apprécier  les 
candidats  au  point  de  vue  de  l’écriture  et  de 
l’orthographe; 

2“  Une  composition  d’arithmétique  sur  les 
quatre  premières  règles  et  le  système  mé- 
trique ; 

3»  Une  manipulation  de  travaux  d’horticul- 
ture. 

Le  régime  de  l’école  est  l’externat;  les 
élèves-apprentis  reçoivent  gratuitement  le 
déjeuner  et  le  goûter.  La  durée  des  cours 
est  de  trois  ans.  L’enseignement  théorique 
et  pratique  comprend  les  matières  et  tra- 
vaux ci -après  : 

li'c  ANNÉE.  — Leçons  théoriques  : éléments 
de  botanique  et  de  physiologie  végétale,  prin- 
cipes élémentaires  de  culture;  géométrie  élé- 
mentaire; écriture;  orthographe. 

Leçons  pratiques  : premiers  travaux  de  cul- 
ture; labour;  règlement  du  sol;  semis;  repi- 
quages; reconnaissance  de  végétaux. 

2c  ANNÉE.  — Leçons  théoriques  : étude  des 
lois  naturelles  de  la  végétation  ; théories  des 
cultures  spéciales;  terres,  engrais;  dessins  de 
jardins;  nivellement;  arithmétique;  géomé- 
trie. 

Leçons  pratiques:  tloriculture ; décoration 
des  jardins;  culture  potagère;  pépinières, 
multiplications  diverses  ; garnitures  d’apparte- 
ments. 

3®  ANNÉE.  — Leçons  théoriques  : lois  géné- 
rales de  l’ornementation  des  jardins;  choix  des 
végétaux,  disposition,  groupement;  architec- 
ture des  parcs  et  jardins;  rédaction. 

Leçons  pratiques  : arboriculture  d’ornement 
et  d’alignement;  arboriculture  fruitière  ; bou- 
quets et  ornementation  ; serres;  levés  de  plans, 
devis. 

Un  certificat  d’études  horticoles  est  déli- 
vré à ceux  des  élèves  qui  subissent  avec 
succès  les  examens  de  sortie  de  l’école  d’ar- 
boriculture. 

Les  candidats  devront  se  faire  inscrire 
au  secrétariat  de  l’école,  74,  route  de  Saint- 
Mandé,  à Saint-Maurice  (Seine),  de  dix 
heures  à cinq  heures  et  produire  leur  acte 
de  naissance. 

Plantes  offertes  par  le  Muséum.  — 

Le  Muséum  d’histoire  naturelle  vient  de 
publier  la  liste  des  plantes  vivantes  (plantes 
de  serre  et  d’orangerie,  plantes  de  plein  air, 
plantes  non  dénommées)  offertes  en  échange 
aux  jardins  botaniques,  pour  l’été  de  1897. 

Les  demandes  devront  parvenir  avant 


le  5 août,  terme  de  rigueur  ; après  celte 
date,  il  ne  pourra  plus  y être  fait  droit. 

Les  expéditions  seront  faites  par  les  voies 
les  plus  rapides  en  port  dû. 

L’amélioration  du  Safran  cultivé.  — 

Sous  ce  titre,  la  Revue  horticole  a déjà  eu 
l’occasion  d’enregistrer  les  remarquables 
progrès  accomplis  par  M.  Ghappelier  dans 
l’obtention  de  pieds  du  Crocus  sativus 
X C.  græcus,  riches  en  stigmates  L On  sait 
que  la  multiplication  de  cet  organe  est  la 
source  de  la  production  du  Safran.  Or,  une 
note  de  M.  Lutz  à la  Société  botanique  de 
France^  nous  apprend  que,  dans  un  spé- 
cimen présenté  par  M.  Ghappelier,  « la  pis- 
tillodie  est  poussée  au  plus  extrême  degré. 
Outre  les  stigmates  normaux,  on  peut  voir 
la  plupart  des  étamines  surmontées  d’un 
stigmate  ; les  diverses  pièces  du  périanthe 
ont  subi  une  transformation  de  même 
nature  et  elles  ont  pris  l’aspect  de  stigmates 
normaux.  Enfin,  ce  qui  est  le  plus  curieux, 
les  écailles  qui  entourent  l’inflorescence, 
ainsi  que  plusieurs  feuilles,  sont  devenues 
stigmatifères.  » 

La  stigmatisation  des  écailles  et  surtout 
celle  des  feuilles  est  un  phénomène  térato- 
logique surprenant  et  du  plus  haut  intérêt. 
En  outre  de  l’espoir  qu’il  est  permis  de 
fonder,  pour  l’amélioration  de  la  culture  du 
Safran,  sur  la  reproduction  fort  possible  de 
cette  monstruosité,  il  est  hors  de  doute  que 
son  examen  ouvre  aux  botanistes  un  champ 
d’études  des  plus  rares  et  tout  à fait  inat- 
tendu. En  effet  si,  d’une  part,  la  transfor- 
mation des  verticilles  terminaux  du  pé- 
rianthe en  verticilles  plus  externes  est  assez 
fréquente,  les  exemples  du  contraire  sont 
très-rares.  Encore  n’ont-ils  jamais,  jusqu’à 
présent,  intéressé  les  parties  foliacées  du 
végétal . 

Fraise  remontante  Orégon.  — Gomme 
son  nom  l’indique,  la  Fraise  dont  il  est 
question  ici  est  d’origine  américaine.  Nous 
avons  eu  l’occasion  d’en  voir  quelques  pieds 
chez  M.  L.  Paillet,  horticulteur  à Ghatenay, 
et  cette  variété  paraît  supérieure  à toutes 
les  variétés  remontantes  proposées  jusqu’à 
présent. 

La  Fraise  Louis  Gauthier,  dont  le  goût  et 
la  saveur  sont  d’ailleurs  excellents,  manque 
décoloration.  LaFvaise Samt- Joseph donne^ 
en  remontant,  des  fruits  trop  petits.  Une 

' Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  99. 

2 Bulletin  de  la  Soc,  bot.  de  Franco,  mai  1897. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


forme  ou  im  semis  de  celle-ci  — qui  dérive 
elle -meme  de  rancienne  vuhicunda  — si  ce 
n’est  elle  — et  que  M.  Ed.  Lefort dénomme 
Jeanne  d' Arc,  n’en  diffère  guère  que 
par  une  végétation  un  peu  plus  rigou- 
reuse. 

La  Fraise  Orégon,  si  elle  se  maintient, 
est  d’une  grande  fertilité,  remarquable  par 
la  constance  du  volume  de  ses  fruits  ainsi 
que  par  leur  qualité.  Il  est  vraisemblalile 
que  si  l’on  avait  soin  de  supprimer  la  pre- 
mière floraison  — inutile  au  moment  où 
donnent  toutes  les  autres  Fraises  — on 
obtiendrait  encore  de  meilleurs  résultats. 

Les  huiles  d’olive  de  Tunisie.  — Le 

directeur  de  l’agriculture  et  du  commerce 
de  la  régence  de  Tunis,  M.  J.  Dybowski, 
nous  adresse  au  sujet  des  huiles  d’olive  de 
Tunisie  une  note  que  nous  croyons  devoir 
reproduire,  bien  qu’elle  n’ait  pas  un  carac- 
tère spécialement  horticole  : 

Le  bruit  a couru  récemment  que  des  mé- 
langes d’huile  de  coton  et  d’huile  d’olive 
étaient  pratiqués  en  Tunisie. 

Ces  fraudes  étant  de  nature  à causer  un 
grave  préjudice  au  commerce  d’exportation  en 
jetant  le  discrédit  sur  l’huile  tunisienne,  le 
gouvernement  du  protectorat  a prescrit  aux 
contrôleurs  civils  de  prélever  deux  échantil- 
lons sur  chacune  des  expéditions  d’huile  pour 
laquelle  un  certificat  d’origine  est  demandé. 
On  sait  que  ces  certificats  sont  exigés  par  la 
loi  du  19  juillet  1890  pour  tout  envoi  d’huile. 
L’un  de  ces  échantillons  est  analysé  par  le  la- 
boratoire de  chimie  de  la  direction  de  l’agri- 
culture et  du  commerce  à Tunis  et  l’autre  par 
le  laboratoire  d’essais  techniques  du  ministère 
de  l’agriculture  à Marseille.  Le  certificat  d’o- 
rigine serait  refusé  à toute  huile  dont  la  pureté 
ne  serait  pas  absolue. 

Cent  quarante-sept  échantillons  ont  été  pré- 
levés jusqu’ici  sur  un  nombre  égal  d’expédi- 
tions, aucun  n’a  été  reconnu  falsifié. 

Les  résultats  concordants  de  ces  analyses 
contradictoires  sont  la  meilleure  réponse  à 
faire  aux  détracteurs  de  l’industide  oléicole  de 
la  régence. 

Bulbophyllum  Ericssoni.  — Le  Gar- 
deners’  Chronicle  a figuré,  sous  ce  nom, 
une  espèce  nouvelle  des  plus  curieuses 
et  à la  fois  la  plus  remarquable  et  la  plus 
belle  du  genre.  Elle  a été  recueillie, 
en  1893,  dans  la  Nouvelle-Guinée,  par 
M.  Ericsson,  collecteur  de  MM.  Sander 
et  G*'-',  et  fut  à cette  époque  décrite  dans  ce 
même  journal,  d’après  des  spécimens  des- 
séchés. La  plante  vient  de  fleurir  en  An- 
gleterre, chez  le  baron  de  Rothschild,  et  la 


343 

I belle  figure  à laquelle  nous  faisons  allusion 
a été  faite  d’après  cet  exemplaire. 

La  hampe  porte  à son  sommet  de  neuf  à 
douze  grandes  fleurs  rappelant  celles  de 
certains  Masdevallias  ; les  sépales  sont,  en 
effet,  longs  de  10  cenü mètres,  lancéolés  et 
rétrécis  en  queue  tordue  ; les  pétales  sont 
semblables,  mais  plus  courts  ; tous  sont  à 
fond  blanc  jaunâtre  et  fortement  tachetés 
de  brun  ; le  labelle,  liien  plus  court  que 
les  autres  divisions,  est  rouge  avec  le  disque 
de  consistance  spongieuse,  très-particu- 
lière. Les  feuilles  sont  amples,  vert  brillant, 
insérées  au  sommet  de  pseudo-bulbes 
allongés  et  grêles.  Il  est  à souhaiter  que 
cette  curieuse  plante  se  répande  rapide- 
ment dans  les  cultures,  car  elle  fera  cer- 
tainement les  délices  des  Orchidophiles. 

Myriocarpa  longipes,  — Le  Gardeners’ 
Chronicle  a publié  une  belle  figure  noire 
(la  première  sans  doute)  de  cette  rare 
et  peu  connue  Urticacée.  C’est  un  ar- 
buste mexicain,  introduit  dans  les  cultures 
en  1887,  de  serre  chaude  et  ornemental 
par  l’ampleur  et  la  beauté  de  son  feuil- 
lage. Chez  la  plante  figurée  — une  bou- 
ture d’un  an  — la  tige  est  ample,  haute  de 
plus  de  2 mètres  et  porte  supérieurement 
une  douzaine  de  pétioles  longs  de  15  à 20  cen- 
timètres et  à limbe  elliptique,  arrondi  à la 
base  et  au  sommet,  de  40  à 50  centimètres 
de  long  et  25  à 30  centimètres  de  large 
dans  son  plus  grand  diamètre,  poilu  et  d’un 
vert  clair  à reflets  argentés. 

Les  fleurs  sont  dioïques,  petites,  blan- 
châtres et  insignifiantes  au  point  de  vue  dé- 
coratif, mais  cependant  curieuses  par  leur 
disposition  en  longues  et  nombreuses 
grappes  filiformes  prenant  naissance 
entre  les  feuilles  et  pendant  jusqu’à  la  base 
du  pot. 

Le  Myriocarpa  longipes  est  tout  particu- 
lièrement recommandable  pour  l’ornemen- 
tation des  grandes  serres  chaudes,  car  il  est 
facile  d’en  obtenir  rapidement  des  exem- 
plaires majestueux  et  sa  multiplication 
s’effectue  facilement  par  boutures. 

Bouton-couronne  et  bouton  terminal. 

— M.  Auguste  Nonin  est  assurément  un 
chrysanthémiste  autorisé.  Voici,  d’après  lui, 
comment  se  distinguent  le  bouton-couronne 
et  le  bouton  terminal. 

Le  bouton  terminal  est  le  dernier  que 
puisse  produire  une  tige  de  Chrysanthème. 
Son  apparition  est  précédée  parcelle,  succes- 
sive, de  plusieurs  boutons-couronne.  Le 


344 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


bouton  terminal  occupe  le  centre  d’une  in- 
florescence terminale,  et  lorsqu’on  le  ré- 
serve seul,  à l’exclusion  des  boutons  à fleurs 
latéraux,  qui  font  partie  du  même  corymbe, 
et  que  l’on  supprime,  on  pratique  Vébou- 
tonnage. 

Les  boutons  à fleurs  qui  apparaissent  en 
été,  pendant  le  cours  de  la  végétation,  et  au 
fur  et  à mesure  que  la  plante  émet  ses  ra- 
mifications, sont  les  boutons-couronne.  Ils 
sont  toujours  accompagnés  de  bourgeons  à 
bois,  destinés  à prolonger  la  charpente. 
Lorsque  l’on  veut  conserver  le  bouton -cou- 
ronne, on  arrête  la  ramification  en  prati- 
quant V ébourgeonnage^  c’est-à-dire  en  sup- 
primant les  bourgeons  qui  sont  autour  du 
bouton-couronne.  On  fait  ainsi  de  ce  bouton 
un  bouton  « terminal  »,  mais  ce  n’est  pas 
le  vrai,  comme  on  le  voit. 

Les  boutons  qui  paraissent  avant  le 
mois  d’août  sont  presque  toujours  avortés. 

Quant  à la  question  de  savoir  lequel  des 
deux  doit  être  choisi,  du  bouton-couronne 
ou  du  bouton  terminal,  pour  obtenir  de  la 
grosse  fleur,  c’est  selon  les  variétés  et  aussi 
selon  l’époque  du  bouturage.  Le  prochain 
Congrès  de  la  Société  française  des  Ghrysan- 
thémistes  nous  éclairera  bientôt  sur  ce 
point. 

Les  haies  de  Citronniers  dàns  le 
Queensland.  — Dans  le  Queensland  (Aus- 
tralie), le  mouvement  actuel  de  morcellement 
des  grandes  propriétés  nécessite  la  création 
d’un  nombre  considérable  de  clôtures. 
Aussi  déboise-t-on  un  peu  partout  sans 
souci  aucun  de  l’avenir  des  forêts.  Cet  état 
de  choses  a déterminé  le  « Département  de 
l’Agriculture  » du  Queensland  à recom- 
mander aux  colons  la  constitution  de  haies 
vives  au  moyen  du  Citronnier  (Citrus  me- 
dicOy  var.  Limonium),  auquel  le  climat  de 
cette  contrée  est  favorable.  Sans  rien  dé- 
ranger des  clôtures  actuelles,  il  suffirait  de 
pratiquer,  à leurs  pieds,  des  semis  en 
ligne  de  pépins  de  Citronnier,  à 45  centi- 
mètres environ  les  uns  des  autres.  Il 
paraît,  par  des  exemples  de  haies  existantes 
et  qui  ont  été  constituées  de  cette  façon, 
qu’au  bout  de  quatre  ou  cinq  ans  aucun 
homme  ni  animal  ne  saurait  les  franchir,  et 
qu’à  la  septième  année,  il  faudrait,  pour  les 
traverser,  la  force  d’une  « locomotive  ». 
Nous  devons  ajouter  que  nous  ne  garantis- 
sons pas  l’exactitude  de  la  chose. 

Malgré  une  période  d’insuccès  pendant 
laquelle  des  Citrus  medica  acida  péri- 
rent e:i  masse,  dans  des  sols  défavo- 


rables, la  méthode  recommandée  par  le 
gouvernement  queenslandais  tendrait  de 
nouveau  à s’établir. 

Cette  indication  peut  être  utile  pour  la 
formation  des  haies  dans  quelques  parties 
de  nos  côtes  méditerranéennes. 

Nouveau  procédé  de  préparation  de  la 
Vanille.  — Plusieurs  revues  scientifiques 
et  commerciales  d’Outre-Manche  se  sont  ré- 
cemment occupées  d’une  communication 
lue  à une  séance  du  Syndicat  des  Agricul- 
teurs de  l’Ile  de  la  Réunion.  Il  s’agit  d’un 
nouveau  procédé  pour  le  traitement  de  la 
gousse  de  la  Vanille.  Ce  procédé  consiste  à 
sécher  la  Vanille  dans  des  bocaux  herméti- 
quement clos  dans  lesquels  on  introduit  du 
chlorite  de  calcium  dans  la  proportion  de 
1 kilog.  par  chaque  kilog.  de  Vanille.  La 
même  substance  peut  facilement  servir  à 
plusieurs  séchages  successifs,  à la  condi- 
tion qu’au  sortir  des  bocaux,  on  la  fasse 
chaufier  dans  un  récipient  de  fer  ou  de 
cuivre.  Par  ce  procédé,  2 kil.  980  de  Vanille 
fraîche  suffiraient  à donner  1 kilog  de 
vanille  préparée,  proportion  beaucoup 
moindre  que  le  moyen  habituel,  qui  consis- 
tait tout  simplement  à laisser  la  Vanille 
exposée  à l’air  pendant  plusieurs  se- 
maines. 

Les  Fraises  à l’Exposition  d’horticul- 
ture de  Bruxelles.  — Nous  avons  appris 
avec  plaisir  que  M.  Millet,  horticulteur  à 
Bourg-la-Reine  (Seine),  a remporté  une 
grande  médaille  d’or  avec  félicitations  du 
jury,  pour  son  exposition  de  Fraises  au 
dernier  concours  temporaire  de  fruits  à 
l’exposition  de  Bruxelles. 

M.  Millet  y avait  présenté  plus  de  cent  va- 
riétés de  fruits  extra,  en  caisses  plates 
couvrant,  dans  leur  ensemble,  une  super- 
ficie de  vingt  mètres  carrés. 

Nécrologie  : M.  Marc  Luizet.  — Nous 
avons  appris,  avec  le  plus  vif  regret,  la 
mort  de  M.  Marc-Antoine  Luizet,  d’Ecully 
(Rhône),  décédé  le  7 juillet  à l’âge  de 
soixante-dix-sept  ans.  Arboriculteur-pépi- 
niériste, dessinateur  de  parcs  et  jardins, 
M.  Luizet  avait  parcouru  sa  carrière  avec 
une  grande  distinction  ; il  était  très  jus- 
tement considéré  comme  un  des  représen- 
tants les  plus  distingués  de  l’horticulture 
lyonnaise,  et  il  laissera  les  souvenirs  d’un 
homme  de  grand  mérite  et  de  grande 
loyauté. 

Ed.  Anuré. 


TILLANDSIA  ÜIIANDIS. 


L545 


TILLANDSIA.  GRANDIS* 


Fig.  116.  — Tillandsia  grandis. 


Celte  belle  Broméliacée,  mise  au  com- 
merce par  la  maison  Jacob-Makoy,  de  Liège, 
sous  le  nom  Tillandsia  macropetala,  fut 
découverte  au  Mexique  par 
Scliiede  et  Deppe,  à la  Ha- 
cienda de  la  Laguna  ; elle  est 
très-rare  dans  les  cultures. 

L’exemplaire  que  nous  fi- 
gurons (fig.  116)  et  décrivons 
aujourd’hui  a fleuri  au  prin- 
temps dernier  dans  la  riche 
collection  de  Broméliacées  du 
docteur  Le  Bêle,  au  Mans. 

Je  crois  que  M.  Duval,  horti- 
culteur à Versailles,  possède 
également  le  T.  grandis. 

Description  : Plante  acaule, 
vigoureuse,  forte,  portant  une 
rosette  de  nombreuses  feuilles 
lépidotes  ponctuées  surtout  en 
dessous,  vertes  et  brunes,  mo- 
dérément fermes,  longues  de 
40  à 50  centimètres,  larges 
de  7 à 8,  subarrondies  au 


comprimés,  plus  longs  que  les  bractées  supé- 
rieures et  portant  des  fleurs  distiques,  sub- 
^ dressées,  à bractées  florifères  glabres,  obtuses, 
non  carénées,  beaucoup  plus 
courtes  que  le  calice,  à sé- 
pales libres  et  arrondis  ; pétales 
longs  de  7 centimètres,  sub- 
dressés , d’un  blanc  vires- 
cent,  un  peu  plus  courts 
que  les  étamines;  style  très- 
saillant. 

La  vigueur  et  la  belle  tenue 
du  feuillage  et  de  l’inflores- 
cence de  cette  plante  sont  ses 
meilleures  qualités  ornemen- 
tales. D’autres  espèces  ont  des 
panicules  ou  des  épis  bril- 
lamment colorés  de  rouge, 
de  jaune  ou  d’orangé,  des 
fleurs  violettes,  blanches, 
jaunes  ou  lilas;  certaines 
bractées  - mères  sont  parées 
de  plus  riches  couleurs. 
Mais  il  y a place  pour  d’autres 


Plante  fleurie  au  10®  de  grandeur  naturelle. 


sommet,  avec  une  pointe  large  et  réfléchie. 
Hampe  robuste,  dressée,  à gaines  non  em- 
brassantes, haute  de  30  et  plus  avec  l’in- 
florescence paniculée,  à articles  ou  épis 

1 Tillandsia  grandis,  SchlechtenJahl,  in  Lin- 
næa,  XVII,  425  ; Baker,  Brom.,  p.  227  ; Mez, 
Brom.,  700.  — T.  macropetala,  Wawra,  in  Œs- 
terr.  III.  Garlenz.,  1887.  — T.  Deppeana,  Baker, 
{non  Steud.),  Syn.  Till.,  p.  62. 


plantes  également  décoratives  par  la  beauté 
simple  de  leur  port.  C’est  ainsi  que  le 
superbe  Tillandsia  secunda,  H. B. K.,  que 
j’ai  trouvé  fréquemment  en  Colombie  et 
dans  l’Écuador  dans  les  régions  chaudes 
et  sèches  et  dont  j’ai  introduit  des  graines 
qui  ont  bien  germé,  mais  dont  les  pro- 
duits ont  péri,  est  peu  brillant  par  ses 
couleurs,  tandis  qu’aucune  espèce  ne  le  sur- 


346 


SUR  UNE  MALADIE  DES  ORCHIDÉES. 


passe  par  la  fière  allure  et  la  régularité  de 
son  feuillage,  la  disposition  symétrique  de 
ses  inflorescences,  l’ensemble  de  sa  tenue 
noble  et  majestueuse.  Un  de  mes  vifs  desi- 
derata serait  de  revoir  celte  plante  en 
Europe,  vivante  et  bien  cultivée  ; elle  ral- 
lierait tous  les  suffrages. 

Le  Tillandsia  grandis  offre  un  aspect 


un  peu  analogue.  C’est  une  plante  de  beau 
port.  Entre  les  mains  des  hybridateurs,  ces, 
qualités  peuvent  s’unir  aux  coloris  d’autres 
espèces  plus  riches  de  ton,  et  ses  grandes 
fleurs  sont,  en  la  circonstance,  un  carac- 
tère qui  peut  jouer  un  rôle  heureux  dans 
les  produits  futurs  de  la  fécondation  artifi- 
cielle. Ed.  André. 


SUR  UNE  MALADIE  DES  ORCHIDÉES 


J’ai  eu  l’occasion  d’observer,  il  y a 
quelques  mois,  un  certain  nombre  d’Or- 
chidées  appartenant  aux  genres  Lxlia  et 
Cattleya,  décimées  par  une  maladie  qui  a 
fait  périr  un  grand  nombre  d’espèces  ou  de 
variétés  de  ces  genres  dans  les  serres  d’un 
amateur  distingué  dont  les  cultures  avaient 
été  jusqu’à  ces  derniers  temps  dans  un  ex- 
cellent état. 

J’ai  pu  constater  que  le  dépérissement 
et  la  mort  des  Lælia  et  des  Cattleya  étaient 
en  grande  partie  dus  à la  présence  d’un 
Champignon  parasite,  le  Glæosporium 
macropus,  Sacc.,  déjà  signalé  par  l’émi- 
nent mycologue  M.  Saccardo,  sur  les  feuilles 
de  Hoya  carnosa,  de  Citrus  Aurantium 
dans  les  jardins  de  Pavie,  et  sur  les  hampes 
d’Aloès  dans  le  jardin  Hanbury,  à la  Mor- 
tola. 


Aspect  des  plantes  malades. 

Les  parties  atteintes  sont  presque  exclu- 
sivement les  tiges  ; elles  manifestent  les 
premiers  prodromes  de  la  maladie  par  une 
décoloration  des  tissus  ; la  couleur  verte 
devient  peu  à peu  vert-jaunâtre,  puis  jaune 
et  enfin  jaune  pâle  ; en  même  temps  les 
tissus  perdent  leur  dureté,  deviennent 
mous  et  cèdent  sous  le  doigt;  si  l’on  déchire 
à ce  moment  l’épiderme  très-épais  qui  les 
protège,  la  blessure  laisse  exsuder  sous  la 
pression  un  liquide  incolore.  A cet  état,  les 
feuilles  portées  par  les  plantes  malades  jau- 
nissent et  tombent,  mais  on  n’observe  encore 
aucune  trace  de  fructification. 

On  ne  distingue,  au  milieu  des  tissus  en- 
vahis, que  le  mycélium  du  parasite,  cons- 
titué par  des  tubes  assez  fins,  cloisonnés, 
qui  cheminent  dans  les  espaces  intercellu- 


laires et  qui,  détruisant  peu  à peu  le  ci- 
ment qui  unit  les  diverses  cellules  des 
tissus,  provoque  la  dissociation  de  ces  der- 
niers et  amène  progressivement  la  mollesse 
des  tiges  dont  nous  avons  parlé. 


Formation 
des  fructifications. 

Quand  la  maladie  est 
arrivée  à ce  degré,  les 
parties  malades  peu- 
vent être  retranchées, 
ou  bien,  après  la 
chute  des  feuilles,  on 
laisse  tout  ou  partie 
des  liges  envahies;  à 
partir  de  ce  moment 
l’évolution  du  parasite 
se  produit  rapide  - 
ment,  de  larges  taches 
noires  apparaissent  et 
bientôt  on  voit  se 


Fig.  — 117.  — Aspect  des  tiges  malades,  avec 
les  fructifications  du  Glæosporium. 


former  çà  et  là  sur  l’épiderme  de  petites 
proéminences  (fig.  117)  qui  noircissent  et 
crèvent  bientôt  en  laissant  sortir  un  bou- 
quet de  filaments  ; ce  sont  les  fructifications 
du  Glæosporium  macropus.  Si  l’on  fait  une 
section  transversale  de  la  tige  dans  les  par- 


SUR  UNE  MALADIE  DES  ORCHIDÉES. 


347 


Fig.  118.  — Coupe  transversale  de  la  tige  attaquée  par 
le  Glæosporium  ; /,  filaments  mycéliens  provoquant 
le  décollement  de  la  cuticule  c ; ép,  épiderme. 


lies  noircies  (fig.  118),  on  aperçoit  les  fila- 
ments mycéliens,  qui  sont  noirs,  intercalés 
entre  les  cellules  du  parenchyme  ; dans  les 
parties  profondes,  ils  occupent  surtout  les 
espaces  intercel- 
lulaires situés  J 

à l’angle  des 
cellules,  puis 
dans  les  assises 
superficielles 
(épiderme  et  as- 
sise sous-ja- 
cente) ; ils  se 
multiplient  en 
grand  nombre 
et  déterminent 
la  séparation 
complète  des 
cellules  en  s’in- 
sinuant entre 
elles  ; ils  déter- 
minent aussi  le 
décollement  des 
couches  cuticu- 
laires  épaisses 
de  l’épiderme. 

C’est  à ce- 
moment  qu’en 
certains  points 
(fig.  119)  les 
filaments  du 
Champignon  se 
multiplient  et 
forment  un  tis- 
su compact  co- 
loré en  noir  qui 
peut  se  faire 
place  entre  les 
cellules  épider- 
miques et  la  cu- 
ticule , soulève 
celle-ci  en  for- 
me d’ampoule 
et  détermine 
l’apparition  des 
proéminences 
qui  couvrent  les 
parties  malades; 
peu  à peu,  à 
mesure  que  le 
tissu  formé  par 
le  Champignon 
augmente,  l’am- 
poule grossit,  et  finalement  la  cuticule  se 
déchire  et  se  replie  en  dehors  tout  autour 
de  la  déchirure  en  laissant  apparaître  un 
bouquet  de  filaments  (fig.  120). 

Il  suffit  alors  de  dissocier,  sous  le  mi- 


ep 


croscope,  avec  des  aiguilles,  le  bouquet  de 
filaments  pour  apercevoir  ceux-ci  (fig.  121, 
I et  II)  dressés  à la  surface  de  l’épiderme, 
avec.de  nombreuses  ramifications  étroite- 
ment appliquées 
les  unes  contre 
les  autres  et  ter- 
minées chacune 
par  une  spore 
allongée,  sou- 
vent un  peu  ar- 
quée. L’échelle 
placée  à coté  de 
la  figure  121 
montre  les  di- 
mensions très- 
faibles  des  spo- 
res : on  voit 

qu’elles  ont  2 à 
3 millièmes  de 
millimètre  de 
largeur  et  12  à 
15  millième  de 
millimètre  de 


Fig.  119.  — Début  de  la 
entre  la  cuticule  c et 
êp,  épiderme. 


formation  d’une  ampoule  a 
les  cellules  épidermiques  ; 


Fig.  1*20.  — Fructifications  développées  du  Glæospoi'iumb  ; 
c,  cuticule. 


Germination 
' des  spores. 

Les  spores  du 
Glæosporium 
germent  facile- 
ment dans  l’eau 
pure  (a,  figure 
122),  mais  la 
germination  est 
très-lente  à 10*^, 
car  elle  ne  com- 
mence guère 
qu’au  bout  de 
vingt-quatre 
heures  ; à la 
température  de 
20®  ordinaire- 
ment réalisée 
dans  les  serres, 
elle  a lieu  au 
bout  de  six  à 
huit  heures.  On 
voit  alors  une 
cloison  se  for- 
mer au  milieu 
de  la  spore, 
puis  à l’une  des  extrémités  libres,  soit 
très-souvent  aux  deux  extrémités,  un  léger 
rendement  se  produit  et  se  transforme 
bientôt  en  un  tube  dont  le  diamètre  est  la 
moitié  ou  le  tiers  de  la  spore  ; ce  tube  s’al- 


348 


SUR  UNE  MALADIE  DES  ORCHIDÉES. 


longe  peu  à peu  comme  on  le  voit  en  c 
(fig.  ^22),  et  se  ramifie;  c’est  par  ces  fila- 
ments que  le  parasite  s’introduit  dans  les 
tissus. 

Si  la  germination  des  spores  a lieu  aisé- 
ment dans  l’eau  pure,  elle  ne  se  produit 
pas  quand  on  ajoute  à celle-ci  des  subs- 
tances antiseptiques  diverses.  J’ai  essayé 
notamment  le  sulfate  de  cuivre  et  le  napbtol  (3 
en  poudre. 

Dans  une  solution  de  sulfate  de  cuivre, 
les  spores  ne  germent  pas  tant  que  la 
dilution  n’atteint  pas  1/lÜOOO,  c’est-à-dire 
tant  que  la  solution  renferme  plus  de 
1 gramme  de  sulfate  de  cuivre  par  10  li- 


Fig.  Fil.  — Fragment  des  filaments  ou  basides  6 
poilant  les  spores  5.  — I.  développes  d^ns  l’air 
sec  ; H.  développés  dans  l’air  humide.  On  voit  à 
droite  de  la  figure  I les  divisions  indiquant  j0 
grossissement  en  millièmes  de  millimètres  (y.). 

1res  d’eau  ; mais  si  la  solution  est  étendue 
au  1/10000,  la  germination  a lieu  lente- 
ment en  donnant  lieu  à des  tubes  souvent 
courts,  irrégulièrement  renflés  ou  contour- 
nés (b,  fig.  122)  et  sur  lesquels  se  développent 
bientôt  des  spores  secondaires. 

Le  napbtol  /3  en  poudre  paraît  plus  actif, 
quoique  peu  soluble  (un  litre  dissout  à 
peine  1 gramme  de  cette  substance)  car  la 
solution  de  napbtol  /3  empêche  absolument 
les  spores  de  germer. 

Inoculation  de  la  maladie 

La  plupart  des  parasites  s’introduisent 
dans  les  plantes,  soit  par  les  orifices  des  sto- 
mates, soit  en  pci  forant  l’épiderme  au  moyen 


des  filaments  germinatifs  issus  de  la  spore 
(Rouilles,  Péronosporées). 

Dans  le  cas  qui  nous  occupe,  ces  deux 
modes  de  pénétration  sont  rendus  impos- 
sibles, d’une  part  à cause  de  l’épaisseur  consi- 
dérable de  la  couebe  cuticulaire  protégeant 
l’épiderme  de  la  tige  de  Lælia  et  des  Cat- 
tleya,  d’autre  part  à cause  de  l’absence  des 
stomates  sur  ces  mêmes  tiges.  Les  stomates 
existent,  il  est  vrai,  sur  les  feuilles,  mais  je 
n’ai  ohsevYé\e  Glæosporium  qu’une  fois  sur 
les  feuilles. 

Aussi  n’ai -je  pas  réussi  à contaminer  des 
tiges  saines  en  déposant  les  spores  du 
Glæosporium  dans  une  goutte  d’eau  sur  la 
surface  intacte  des  tiges. 

Je  n’ai  obtenu  de  résultats  très-nets  qu’en 
déchirant  l’épiderme  et  en  mouillant  la  bles- 


Fig.  122. — a,  s et  c,  Spores  gerreantdans  l’eau  ; — 
b.  Spores  germant  dans  le  sulfate  de  cuivre  au 
1/10000. 

sure  ainsi  faite  avec  de  l’eau  renfermant  en 
suspension  les  spores  du  parasite. 

La  transmission  de  la  maladie  a donc 
lieu  sur  les  tiges  par  des  blessures,  soit 
par  celles  que  l’on  fait  en  dédoublant  les 
pieds,  soit  par  celles  qui  résultent  de  l’arra- 
chement des  pédoncules  fructifères  après  la 
floraison. 

Il  est  important  de  remarquer  que  l’ino- 
culation ne  réussit  pas  toujours  même  par 
les  blessures  ; si  les  échantillons  employés 
sont  languissants,  affaiblis  par  le  séjour 
dans  une  serre  mal  aérée,  ou  par  une  nutri- 
tion insuffisante,  les  résultats  de  l’inocula- 
tion sont  constants  et  la  maladie  fait  de  ra- 
pides progrès. 

Si  au  contraire  les  plantes  inoculées  sont 
vigoureuses,  elles  résistent  à l’infection  et  la 
blessure  se  cicatrise  avant  que  le  parasite 


LA  SOI-DISANT  CULTURE  RETARDÉE. 


349 


ait  eu  le  temps  de  s’introduire  dans  les  tis- 
sus. 

Moyens  de  remédier  à l’envahissement 
du  parasite. 

On  a vu  plus  haut  que  chacune  des  petites 
pustules  qui  se  développent  sur  les  tiges 
mortes  renferment  un  grand  nombre  de 
spores  que  les  arrosages  ou  les  bassinages 
dispersent  sur  les  parties  saines. 

1°  Un  des  premiers  soins  à prendre  con- 
siste donc  à enlever  toutes  les  parties  ou 
les  plantes  malades  avec  le  sphagnum,  et  à 
les  brûler  au  lieu  de  les  jeter  au  fumier, 
comme  on  le  fait  trop  souvent  ; 

D’autre  part,  l’action  des  sels  de  cuivre 
et  du  naphtol  |3  permet  d’employer  les  solu- 
tions de  ces  substances  en  pulvérisations 
sur  les  parties  saines  pour  empêcher  les 
spores  de  germer.  Les  sels  de  cuivre  pour- 
ront être  employés  à l’état  de  bouillie  bor- 
delaise ou  de  bouillie  bourguignonne  ; mais 


si  l’on  craint  de  salir  les  plantes  on  emploiera 
simplement  une  solution  de  sulfate  de 
cuivre  à 2 % ; le  naphtol  |3  en  poudre  pourra 
être  employé  en  pulvérisations  à 2 % ; 

3o  Mais  on  ne  doit  pas  se  dissimuler  que 
les  meilleurs  moyens  de  lutter  contre  les 
parasites  qui  déciment  une  espèce  ou  un 
genre  déterminé  consistent,  d’une  part,  à 
varier  les  cultures  ou  à mélanger  les 
espèces  ; c’est  ainsi  qu’on  évitera,  dans  le 
cas  d’infection,  de  rassembler  dans  la  même 
serre  un  grand  nombre  d’espèces  sem- 
blables. 

D’autre  part,  c’est  une  règle  presque  tou- 
jours vérifiée  qu’un  organisme  bien  nourri 
résiste  mieux  aux  attaques  des  parasites 
que  celui  qui  est  en  état  de  misère  physio  - 
logique.  On  devra  donc  s’attacher  surtout  à 
rendre  vigoureux  les  plants  de  Lælia  et  de 
en  les  soumettant  à une  aération 
renouvelée  et  à un  régime  nutritif  conve- 
nable. L.  Mangin. 


LA  SOI-DISANT  CULTURE  RETARDÉE 


Qu’est-ce,  en  culture  de  fruits  sous  verre, 
que  la  culture  retardée  ? Beaucoup  de  cul- 
tivateurs et  d’amateurs  se  sont  en  effet  bien 
des  fois  demandé  comment  il  fallait  s’y 
prendre  pour  retarder  la  Vigne,  par  exemple. 
Voulant  serrer  cette  question  de  près,  je  re- 
cherchai les  ouvrages  ou  brochures  qui  la 
traitaient,  et  ne  trouvai  que  quelques  ren- 
seignements, d’ailleurs  intéressants.  C’est 
ainsi  que  j’appris  que  : « La  culture  re- 
tardée n’est  pratiquée  que  depuis  une  quin- 
zaine d’années  en  Angleterre,  et  depuis  1888 
en  Belgique  ».  — « La  culture  retardée 
consiste,  après  avoir  réuni  dans  une  même 
serre  des  variétés  très-tardives,  à retarder 
autant  que  faire  se  peut  le  départ  de  la 
végétation,  en  aérant  beaucoup  et  en  ar- 
rosant peu.  Au  départ  de  la  végétation, 
on  cultive  comme  dans  la  cidture  hâtée, 
en  aérant  cependant  davantage.  Au  mois 
de  septembre,  il  faut  commencer  à sou- 
tenir la  végétation  par  la  chaleur  artificielle 
et  maintenir  une  température  suffisante 
jusqu’à  la  maturité  complète  qui  arrive  en 
novembre,  décembre  ou  janvier,  suivant  le 
traitement  donné.  A partir  de  ce  moment, 
aérer  quand  on  le  peut,  et  se  contenter 
d’une  chaleur  très-tempérée,  variant  entre 
3 et  8 degrés.  Les  derniers  soins  consistent  à 
protéger  la  récolte  des  rayons  du  soleil  par 
un  badigeonnage  sur  les  carreaux  de  la 
serre;  on  peut  ainsi  conserver  le  Baisin 


sur  la  Vigne  jusqu’au  mois  de  mars.  » 

Ces  détails  de  culture  ne  m’étonnaient 
pas  beaucoup.  Bs  sont  connus.  Et  je  pen- 
sais, en  moi-même,  que,  pour  la  chose,  les 
mots  ((  culture  retardée  » étaient  des  mots 
bien  gros.  Car  enfin,  il  ne  s’agissait  là  que 
de  variétés  très -tardives,  assurément  de 
quatrième  saison.  Je  voyais  aussi  une  con- 
tradiction dans  ce  départ  de  végétation 
que  Von  retarde,  mais  cependant  que  l’on 
traite  comme  dans  la  culture  hâtée,  c’est- 
à-dire  en  chauffant,  bien  qu’on  aère  davan- 
tage. Je  trouvais  aussi  qu’une  culture  que 
Von  soutient  en  sèptembre  jmr  la  chaleur 
artificielle  et  une  température  suffisante, 
est  une  culture  forcée,  moins  forcée  que  les 
autres,  et  qu’à  cette  culture,  le  mot  <ï  re- 
tardé » n’est  peut-être  pas  approprié. 

Bref,  j’en  étais  resté  là  de  mes  réflexions, 
quand,  à la  dernière  exposition  des  Tuile- 
leries,  je  pus  lire,  au-dessus  de  la  vitrine  des 
Forceries  de  l’Aisne,  une  pancarte  où  il 
était  écrit  : « Baisins  à tous  les  degrés  de 
développement,  depuis  avant  la  floraison 
jusqu’à  maturité  complète.  Les  grappes  en 
boutons,  en  fleurs,  et  venant  d’être  cise- 
lées, proviennent  de  Vignes  cultivées  pour 
produire  en  quatrième  saison  ; c’est  ce 
qu’on  appelle  improprement  « culture  re- 
tardée » ; ce  sont  les  Baisins  récoltés  en 
quatrième  saison  et  conservés  au  fruitier 
ou  sur  latreille,  qui  fournissent  à la  con- 


350 


NOTE  DU  JARDIN  DE  CREST  : PLANTES  RARES  OU  NOUVELLES. 


sommation  pendant  Vliiver,  en  attendant 
l’arrivée  des  premiers  Raisins  hâtifs  de 
première  saison. 

Rencontrant  depuis  M.  Fatzer,  directeur 
des  Forceries  de  l’Aisne,  je  lui  ai  demandé 
quelques  explications  complémentaires, 
qu’il  m’a  données,  d’ailleurs,  de  la  meil- 
leure grâce  du  monde.  En  voici  la  subs- 
tance : On  aurait  pu  appeler  cette  culture, 
culture  des  Raisins  ta7'difs,  puisque  les 
Raisins  récoltés  en  quatrième  saison  sont 
presque  tous  des  variétés  demandant  une 
très-longue  période  de  végétation  ; tels  sont 
les  G'ros  Colmaii,  Alicante,  Lady  Dow- 
nc’s  Seedling,  Muscat  d’ Alexandine,  etc., 
que  l’on  ne  force  pas  habituellement,  mais 
qui,  se  consei'vant  U'ës-hien  en  liivei^,  se 
cultivent  en  quantités  considérables  pour 
la  vente  à partir  d’octobre  jusqu’en  avril. 
On  peut,  aussitôt  maturité,  couper  les 
grappes  et  les  mettre  au  fruitier  pour  les 
conserver  comme  le  Chasselas  à la  Tho- 
mery,  ou  bien  les  laisser  sur  la  treille 
en  ayant  soin  de  badigeonner  la  serre 
et  d’y  maintenir  une  température  le  plus 
près  possible  de  3 degrés  centigrades.  Il  n’y 
a donc  pas  de  différence  entre  le  Raisin  con- 
servé sur  la  treille  ou  celui  conservé  au 

NOTE  DU  JARDIN  DE  CREST  ; I 

A.  Espèces  introduites  récemment 

Knipiiofia.  — Ce  genre  s’est  enriclii  de 
quelques  types  nouveaux  et  intéressants  qui 
méritent  d’être  signalés.  M.  Leichtlin  a intro- 
duit, il  y a 2 ou  3 ans,  le  K.  Tysoni  (Baker, 
Journ.  of  Bot.,  1889,  p.  43). 

C’est  une  plante  robuste,  rustique  à Genève, 
à feuilles  rigides  à peine  infléchies  à l’extré- 
mité, longues  de  Rî20,  glauques,  triquètres, 
scabres  sur  les  angles.  La  hampe  florale, 
haute  d’environ  I mètre,  se  termine  par  une 
grappe  de  25  centimètres.  Les  fleurs,  rougeâ- 
tres dans  le  bouton,  sont,  au  moment  de  la  flo- 
raison, d’un  jaune  soufre  à nervures  vertes. 
Les  étamines  sont  longuement  exsertes. 

Sans  être  un  des  plus  brillants  parmi  ses 
congénères,  le  K.  Tysoni,  par  sa  vigueur,  le 
grand  nombre  de  ses  hampes  florales  et  sa  flo- 
raison précoce  (juin-juillet),  mérite  de  tenir 
sa  place  dans  les  collections.  M.  Leichtlin  a 
encore  distribué  l’automne  dernier  un  autre 
Kniphofia  sans  nom  spécifique  qui  se  rap- 
proche du  précédent  mais  s’en  distingue  par 
sa  taille  plus  basse,  ses  feuilles  plus  cour- 
tes, etc. 

Le  K,  iVeïsoni  (Masters,  Gay^d.  Chron.,  1892) 
appartient  à un  autre  groupe  d’espèces. 

C’est  une  plante  basse,  ne  dépassant  pas  40 


fruitier,  les  deux  ayant  mûri  à la  même 
époque. 

Les  Raisins  cités  plus  haut  demandent 
une  longue  période  de  végétation  ; aussi, 
pour  les  avoir  à maturité  avant  l’hiver,  il 
est  mdispensahle  de  les  chauffe^'  au  prm- 
temps,  c’est-à-dire  de  hâter  leur  mise  en 
végétation  ; on  chauffe  presque  partout  le 
Colman  à partir  de  fin  mars,  et  les  autres 
dans  la  première  quinzaine  d’avril.  Si  l’on 
n’agissait  pas  ainsi,  on  risquerait  d’avoir, 
en  octobre-novembre,  des  Raisins  pas  assez 
avancés  pour  être  amenés  ci  matuiùté. 
Il  y aurait  alors  des  défectuosités  dans  leur 
goût  comme  dans  leur  aspect  ; les  Raisins 
noirs  ne  seraient  pas  assez  colorés  et  les 
blancs  resteraient  verts  ; tous  manque- 
raient de  saveur.  Rref,  il  ne  saurait  être 
question  ciue  d'en  hâter  plus  ou  moins 
doucement  la  végétation,  mais  non  pas  de 
la  « retarder  » jamais. 

En  résumé,  pour  ce  qui  concerne,  du 
moins,  les  Raisins  cultivés  sous  verre, 
l’expression  de  « culture  retardée  » ne 
nous  paraît  pas  donner  une  idée  exacte  des 
faits. 

H.  Dautiienay. 


.ANTES  RARES  OU  NOUVELLES 

à 50  centimètres,  à feuilles  linéaires.  Les  fleurs 
écarlates  sont  longues  de  5 à 6 centimètres. 
Les  étamines  sont  plus  courtes  que  le  tube. 

Cette  espèce  fort  jolie  est  gazonnante  et, 
contrairement  à la  plupart  de  ses  congénères, 
demande  une  exposition  quelque  peu  fraîche 
et  ombragée. 

Je  signalerai  enfin  la  floraison  en  plein  air 
du  K.  ^ertliæ,  grande  espèce  à tige  comme  le 
K.  caulesceyis  dont  la  Revue  a parlé  plusieurs 
fois.  Elle  est  encore  plus  grande  que  cette  der- 
nière, a des  feuilles  larges  de  20  centimètres 
et  une  forte  hampe  chargée  de  fleurs  qui  passent 
du  jaune  au  rose.  Cette  espèce,  plus  délicate 
que  bien  d’autres,  vient  de  passer  deux  hivers 
en  plein  air  recouverte  d’une  caisse  garnie  de 
feuilles  sèches. 

Gilia  âgghegata.  — Cette  plante,  qui  m’a 
été  envoyée  cette  année  par  M.  Sundermann, 
de  Lindau,  n’est  point  une  nouveauté  bota- 
nique puisque  sa  description  se  trouve  déjà 
dans  le  Systema  Vegetahilium  de  Sprengel, 
mais,  à ma  connaissance,  elle  n’a  pas  encore 
été  cultivée  ; je  n’en  ai  du  moins  trouvé  la 
trace  dans  aucune  publication  horticole.  Elle 
mérite  cependant  d’être  signalée  aux  amateurs. 
C’est  une  plante  érigée,  de  40  à 50  centimètres 
de  hauteur;  les  feuilles  laciniées,  à lanières 
étroites,  sont  fortement  pubescentes  en  dessus. 


UN  CURIEUX  ET  BEL  EFFET  DÉCORATIF. 


351 


Les  tiges,  bien  ramifiées,  portent  des  grappes 
lâches  de  fleurs  qui  se  succèdent  longtemps. 
Les  premières  se  sont  épanouies  dans  un  châs- 
sis froid  le  7 avril  et  la  floraison  a continué 
sans  interruption,  La  fleur,  longue  de  2 à3  mil- 
limètres, d’un  beau  rouge  minium  ponctué  de 
blanc  à la  gorge,  rappelle  en  quelque  mesure 
celle  de  VIpomopsis  elegans  (généralement 
rattaché  aujourd’hui  au  genre  Gilia).  La  bonne 
tenue,  la  couleur  brillante  et  la  floraison  de 
cette  espèce  en  font  une  plante  très-recomman- 
dable pour  les  parterres. 

Le  Pentstemon  Bridgesii,  Asa  Gray  (Cali- 
fornie, Sundermann),  est  une  jolie  plante  de  40 
à 50  centimètres  de  hauteur,  à feuilles  glau- 
ques allongées  rappelant  celles  du  P.  azureus. 
La  tige  érigée  porte  une  longue  grappe  compo- 
sée. Les  fleurs  se  succèdent  pendant  quel- 
ques semaines  sur  les  rameaux  de  la 
grappe.  Le  calice  est  pubescent  glanduleux.  La 
corolle,  longue  de  1 à 2 centimètres,  d’un 
rouge  vif,  présente  à peu  près  la  forme  de  celle 
du  P.  barbatus  {Chelone  barbata).  La  lèvre 
supérieure  est  droite  et  bifide,  l’inférieure  a 
3 lobes  étalés-réfléchis.  Les  anthères  à loges 
confluentes  s’ouvrent  par  une  fente  unique  pro- 
longée sur  la  moitié  de  leur  longueur,  carac- 
tère qui  fait  rentrer  cette  espèce  dans  le  sous- 
genre  Saccanthera  de  Hooker  et  Bentham.  En 
somme,  c’est  une  espèce  de  mérite  dont  la 
rusticité  est  encore  à étudier. 

B.  — Hybrides  d’origine  horticole 

Iris  Alcmene.  — On  a essayé,  à différentes 
reprises,  de  faire  entrer,  au  moyen  de  l’hybri- 
dation, dans  la  culture  courante,  quelques-uns 
des  superbes  Iris  du  groupe  Oncocyclus,  si 
difficiles  à maintenir  dans  de  bonnes  condi- 
tions, Déjà  en  1895,  M.  le  professeur  Foster, 
de  Cambridge,  a décrit  dans  le  Gardeners’ 
Chronicle  un  hybride  remarquable  obtenu  par 
le  croisement  de  VIris  paradoxa  avec  1’/.  Ko- 
rolkowi.  MM.  Dammann,  de  Naples,  ont  offert 
cette  année  VIris  Alcmene,  issu  de  1'/.  para- 
doxa et  de  1’/.  Swerlii.  Le  premier  est  une 


petite  espèce  délicate  et  difficile  à cultiver 
(Bot.  Mag.,  t.  7081),  mais  fort  jolie  et  inté- 
ressante. Les  lanières  intérieures  du  périgone, 
larges  et  bien  élevées,  sont  d’un  lilas  clair, 
brillant,  tandis  que  les  extérieures  sont  plus 
étroites,  un  peu  épaisses,  d’un  pourpre  ve- 
louté, de  riche  nuance  et  couvertes  de  poils 
bruns.  L’/.  Swertii  est  un  Pogoniris  du 
groupe  pallida,  à fleurs  blanches  veinées  de 
pourpre  et  de  lilas.  Le  croisement  de  ces  deux 
espèces  a produit  une  plante  beaucoup  plus 
vigoureuse  que  1’/.  paradoxa,  à feuilles  larges, 
à spathe  foliacée  et  biflore.  La  heur  a le  tube 
allongé,  les  lanières  extérieures  du  périgone 
planes,  plus  larges  que  chez  1’/.  paradoxa, 
veloutées,  d’un  pourpre  foncé  avec  stries  plus 
claires  et  poils  bruns.  Les  lanières  intérieures, 
érigées,  sont  d’un  beau  violet  clair,  striées  à 
la  base.  Les  lames  stigmatiques  sont  jaunâtres 
et  violettes  au  sommet. 

La  végétation  de  cette  plante  se  prolonge 
beaucoup  plus  longtemps  que  celle  des  Onco- 
cyclus et,  le  15  juillet,  les  feuilles  étaient 
encore  bien  vertes. 

Gazania  fivea  grandiflora  (Lemoine,  Cat., 
1897).  Cette  nouveauté,  produit  du  croisement 
de  G.  splendens,  plante  bien  connue  dans  les 
jardins,  avec  G.  nivea,  espèce  de  l’Afrique  aus- 
trale, à petites  fleurs  blanches,  mérite  d’être 
signalée.  Ses  grandes  fleurs,  de  la  taille  de 
G.  splendens,  sont  d’un  blanc  pur  avec  la  base 
des  ligules  jaune.  Robuste  et  très-florifère, 
elle  constitue  une  plante  de  bordure  remar- 
quables. 

Lavatera  hybride  (L.  Grestiana,  Gard, 
Chron.,  1897,  I.  p.  9).  J’ai  déjà  signalé  aux 
lecteurs  de  la  Revue  (1897,  p.  6)  une  Mal- 
vacée  hybride  qui  s’est  développée  spontané- 
ment dans  mon  jardin  et  qui  provient,  selon 
toute  apparence,  du  croisement  de  L.  trimes- 
tris  avec  L.  maritima.  Les  jeunes  plantes  éle- 
vées de  bouture  sont  maintenant  en  pleine 
floraison.  Hautes  de  50,  d'un  bon  port, 
elles  portent  depuis  déjà  trois  semaines  leurs 
grandes  fleurs  roses  qui  vont  continuer  jus- 
qu’aux gelées  d’automne.  Marc  Migiieli. 


UN  CURIEUX  ET  BEL  EFFET  DÉCORATIF 


On  ne  saurait  trop  chercher  à augmenter 
l’attrait  que  peuvent  présenter  les  jardins 
par  la  diversité  des  effets  obtenus  de  l’utili- 
sation  particulière,  variable,  que  l’on  peut 
faire  de  végétaux  d’ailleurs  bien  connus 
par  leur  aspect,  leur  caractère,  leur  mode 
de  végétation. 

Nous  recommandons  l’emploi  de  végé- 
taux dont  on  doit  bien  connaître  les  carac- 
tères, parce  que  cela  permet  de  combiner 
plus  sûrement  un  effet  décoratif  voulu. 

Gomme  exemple  de  ce  fait,  nous  recom- 


mandons le  rapprochement  des  végétaux 
suivants:  soit  un  Erable  à feuilles 

panachées,  de  trois  à quatre  mètres  de  hau- 
teur, assez  élégamment  formé,  se  trouvant 
détaché  sur  une  pelouse  à une  distance  de 
15  à 20  mètres  d’une  allée,  et  accompagné 
de  deux  ou  trois  sous-arbrisseaux  formant 
touffes  basses  à quelques  mètres  de  dis- 
tance. 

A un  mètre  environ  du  pied  du  Negundo, 
sur  un  côté  choisi,  nous  avons  planté  deux 
Clématites  à grandes  fleurs,  l’une  apparte- 


VAN  DA  KIMBALLIANA. 


352 

nant  à la  variété  Jackmani  superba  dont 
on  connaît  les  belles  fleurs  violet  foncé 
nuancé  pourpre  ; l’autre  à une  variété  ana- 
logue à celle  appelée  Madame  Édouard 
André,  à fleurs  rouges  très-jolies  b 

Ces  deux  Clématites,  déjà  fortes,  poussant 
vigoureusement,  sont  dirigées  vers  la  tige 
puis  sur  les  branches  du  Negundo  sur  les- 
quelles elles  se  fixent  librement.  Il  suffit 
d’aider  un  peu,  au  début  de  la  végétation,  à 
la  direction  des  jeunes  pousses  pour  que 
leurs  rameaux  se  répartissent  assez  réguliè- 
rement, sans  toutefois  chercher  la  symétrie. 

Au  moment  de  la  floraison  des  Cléma- 
tites, toutes  les  personnes  qui  connaissent 
la  beauté  individuelle  de  ces  plantes  peuvent 
aisément  se  faire  une  idée  de  l’effet  produit 


par  ces  fleurs  bleues  et  rouges  dans  le 
feuillage  blanc  et  léger  du  Negundo  pa- 
naché. 

L’utilisation  de  plantes  sarmenteuses  ou 
grimpantes  au  pied  d’un  Erable  Negundo 
est  relativement  facile,  car  cet  arbuste  ne 
donne  pas  un  couvert  épais,  et  les  quelques 
soins  et  arrosages  utiles  aux  Clématites  sont 
aussi  favorables  au  Negundo. 

Dans  le  cas  où  des  Clématites  ne  pour- 
raient être  utilisées,  ou  pour  varier  ce 
genre  d’effet  décoratif  dont  il  ne  faut  pas 
abuser  toutefois,  on  peut  utiliser  certains 
Rosiers  sarmenteux  vigoureux  ; les  va- 
riétés : Madame  Sancy  de  Parahère  et  Mul- 
tiflore  de  la  Grifferaie,  par  exemple. 

A.  Chargueraud. 


VANDA  KIMBALLIANA 


Cet  admirable  genre  d’Orchidées  asia- 
tiques est  d’un  polymorphisme  extraordi- 
naire. Les  espèces  qu’il  renferme  sont 
extrêmement  dissemblables,  et  rien  ne  dif- 
fère plus  d’aspect,  par  exemple,  que  l’es- 
pèce géante  qui  constitue  le  Valida  Bate- 
mani  et  la  jolie  petite  plante  que  nous 
figurons  aujourd’hui. 

Depuis  1820  où  apparut,  dans  les  cul- 
tures, la  première  fleur  du  V.  Roxburghii, 
jusqu’à  ces  dernières  années,  le  nombre 
des  beaux  Vandas  s’est  considérablement 
accru.  Les  uns,  comme  les  Vanda  suavis, 
tricolor,  gigantea,  Batemani,  allient  à 
une  taille  élevée  la  beauté  des  fleurs,  et  par- 
fois un  parfum  suave  et  pénétrant;  les 
autres,  comme  le  magnifique  V.  cærulea 
aux  fleurs  bleues,  et  le  V.  Sanderiana, 
portent  de  larges  périanthes;  le  V.  teres 
est  aussi  remarquable  par  l’étrangeté  que 
par  la  grâce  de  ses  inflorescences  roses  sur 
un  feuillage  cylindrique.  Le  V.  Amesiana 
porte  des  fleurs  blanches  teintées  de  rose  ; 
elles  sont  jaunes,  tachées  de  brun  rouge 
dans  le  V.  Batemani;  azurées  dans  le  V, 
cærulescens  ; jaunes  curieusement  zébrées 
de  brun  dans  le  V.  Carthecartii  ; blanches 
dans  le  V.  Denisoniana  ; jaunes  et  canelle 
dans  le  V.  gigantea;  Idanches  et  magenta 
dans  le  V.  Hookeriana  ; mélangées  de 
jaune,  de  blanc,  de  rose  dans  le  V.  insi- 
gnis  et  ses  variétés  ; blanches  et  lilas  dans 
le  V.  Kimballiana ; jaune  verdâtre  ponc- 
tué de  rouge,  avec  labelle  blanc  dans  le 
y.  Parishii. 

* Bevue  horticole,  1893,  p,  180,  pl.  color. 


Le  y.  Roxburghii  présente  des  pétales 
blancs  dehors,  jaunâtres  et  brun  dedans 
avec  un  labelle  violet  pourpre  ; le  V.  San- 
deriana  est  superbe  avec  ses  grandes  fleurs 
roses  parsemées  de  rouge,  de  jaune  et  de 
cramoisi.  Le  Y.  suavis  joint  la  suavité  de 
l’odeur  aux  fleurs  blanches  marquées  de 
rouge  avec  le  labelle  rose;  enfin  le  V.  tri- 
color  a de  nombreuses  formes  où  le  jaune 
forme  le  fond  sur  lequel  le  rouge  et  le  jaune 
se  mêlent  de  diverses  et  charmantes  ma- 
nières. 

Lorsque  parut  la  ravissante  espèce  qui 
fut  mise  au  commerce  sous  le  nom  de 
Vanda  Kimballiana,  dont  notre  planche 
est  un  portrait  fidèle  d’après  l’exemplaire 
qui  m’a  fleuri  en  serre  chaude  à Lacroix, 
les  introducteurs,  MM.  Low,  horticulteurs 
à Glapton  (Angleterre),  firent  de  cette  nou- 
veauté un  grand  éloge,  qui  fut  immédia- 
tement justifié.  La  plante  fleurit  chez  eux 
pour  la  première  fois  à l’automne  de  1889 
et  fut  décrite  aussitôt  dans  le  Gardeners 
Chronicle 

Description  : Sorte  d’intermédiaire  entre 
les  y.  teres  et  V.  Amesiana,  le  V.  Kim- 
balliana diffère  profondément  de  toutes  les 
autres  espèces  du  genre.  Ses  feuilles  sont 
étroites,  d’aspect  cylindrique,  longues  de  20  à 
30  centimètres,  subulées,  étroitement  canali- 
culées  en  dessus,  disposées  distiquement  le 
long  de  la  tige,  serrées  en  gaine  à la  base  et 
assez  rapprochées.  La  grappe,  étalée,  porte  de 
5 à 10  fleurs  qui  mesurent  5 à 7 centimètres 
de  diamètre;  les  sépales  et  les  pétales  sont 
blanc  pur,  brillant,  concolores,  les  trois 

Gardeners  Chronicle,  1889,  VI,  p.  335. 


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SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’IIORTICULTURE  DE  FRANCE. 


353 


premiers  étant  elliptiques  (dont  les  deux  laté- 
raux décurves,  plus  grands  que  les  pétales 
ovales  onguiculés  et  dressés)  ; le  labelle 
rhomboïdal  est  rétréci  à la  base,  obtus,  émar- 
giné,  un  peu  gaufré  au  bord,  d’un  beau 
violet  clair  et  pourpré  veiné  de  lignes  plus 
foncées,  avec  deux  petits  lobes  latéraux  et 
basilaires  jaunes  ponctués  de  brun;  réperon 
est  rose,  long  de  2 centimètres  environ,  étroi- 
tement conique. 

Pas  plus  que  pour  le  V.  Amesùma,  in- 
troduit deux  ans  plus  tôt,  en  1887,  MM.Low 
n’ont  fait  connaître  la  patrie  exacte  de  cette 
plante.  On  a dit  seulement  qu’elle  était  ori- 
ginaire de  l’Inde. 

La  culture  des  Vandas  n’offre  pas  de 
réelles  difficultés  pour  l’orchidophile.  On 


sait  que  la  période  de  repos  et  même  de 
sécheresse  est  indispensable  à certaines 
espèces  comme  le  V.  ter  es.  Les  pots 
remplis  de  sphagnum  et  de  charbon  con- 
viennent aux  grandes  espèces,  tandis  que 
les  petites  se  plaisent  mieux  en  paniers  ou 
cylindres  de  liège.  Beaucoup  de  lumière 
leur  est  indispensable.  On  arrose  forte- 
ment de  mars  à octobre,  époque  de  la 
grande  végétation,  et  l’on  donne  de  l’air 
fréquemment.  On  diminue  ensuite  les 
arrosements  et  l’on  rempote  en  mars,  au 
début  de  la  reprise  de  la  végétation,  en 
ayant  soin  de  mettre  le  nouveau  compost 
sans  blesser  les  racines.  La  serre  chaude 
humide  ordinaire  est  la  température  de- 
mandée. Ed.  André. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  8 JUILLET  1897 


Floriculture. 

Bien  que  cette  séance  fût  une  assemblée 
générale  consacrée  à la  distribution  des  récom- 
penses, elle  n’en  était  pas  moins  assez  fertile 
en  présentations.  Une  série  de  Pétunias,  pré- 
sentés en  fleurs  coupées  par  la  maison  Vilmo- 
rin attirait  surtout  les  regards.  On  y voyait, 
entre  autres,  la  variété  superbissima^  qui  pos- 
sède des  fleurs  dont  le  diamètre  témoigne  des 
progrès  accomplis  par  la  culture  dans  ce  genre. 
Du  même  exposant,  on  notait  aussi  le  Pois  de 
senteur  nain  Cupiclon  rose , envoyé  par  le 
semeur  américain  Burpee,  et  un  Bégonia  erecta 
campanulata . 

Un  important  envoi  de  Roses,  par  M.  Piron, 
à Suisnes,  se  partageait  avec  le  précédent  l’in- 
térêt de  la  journée.  On  y remarquait  surtout 
beaucoup  de  variétés  de  fond  fort  bien  carac- 
térisées : Paul  Neyron,  Madame  Scipion- 
Cochet,  Catherine  Mermet,  John  Oppert, 
Madame Bérard,  Capitaine  CIwisty,  W.  Allen 
Richardson,  Souvenir  de  la  Malmaison,  Ma- 
man Cochet,  La  France,  Madame  Isaac 
Pereire,  etc. 

Un  autre  apport  intéressant  était  celui  de 
MM.  Dupanloup  et  Ci®;  il  consistait  en  une 
collection  de  Glaïeuls  aux  tons  particulièrement 
fauves  et  en  cinq  Glaïeuls  à fleurs  doubles; 
bien  qu’on  ait  un  peu  reproché  à ceux-ci  leur 
aspect  « encapuchonné  »,  nous  émettrons  l’opi- 
nion que  leur  obtention  constitue  non  seule- 
ment un  fait  intéressant,  mais  qu’il  peut  être 
le  point  de  départ  d’une  nouvelle  race.  Il  en 
est  de  même  pour  les  Mufliers  à fleurs  doubles 
présentés  par  M.  Le  Gouteulx.  Ce  présentateur 
avait  aussi  une  Matricaire  Boule  d'or,  un  Bégo- 
nia nouveau  (B.  versaliensis  ruhra  X B.  sem- 
per/lorens  Vernon),  et  un  Phlox  vivace  à 


feuillage  panaché  de  jaune  dénommé  Président 
Savoye  et  qui,  malgré  ses  mérites,  a été  furieu- 
sement discuté.  Nous  nous  expliquons  mal 
qu’en  guise  d’encouragement  on  soit  quelque- 
fois si  dur  aux  apports  des  petits  horticul- 
teurs. 

Notons,  pour  mémoire,  le  Coleus  nain  Louis 
Montfort  et  le  semis  de  Gloxinia  de  M.  Huré, 
ainsi  que  VAtaccia  cristata  de  M.  Sadarnac, 
VOpuntia  Rafinesquiana  de  M.  Logel,  et  le 
Zinnia  hybride  du  Mexique  de  MM.  Cayeux  et 
Le  Clerc. 

Orchidées. 

M.  Mantin  continue  à exciter  l’intérêt  par  son 
abondante  production  d’Orchidées  hybrides  ; 
Cattleya  Russeliana  {C.  labiata  Warneri  X 
C.  Schilleriana  Regnellii),  Cattleya  olivetensis 
{C.  Loddigesii  superba  X C.  maæima  peru- 
viensis),  Ejyi-Lælia  X bellaerensis  (L.  au- 
tumnalis  X Epidendrum  ciliare),  Cypripe- 
dium  aurelianum  {C.  callosum  X C.javanico- 
superbum),  et  Stanhopea  bellaerensis  (S. 
insignis  X S.  oculata).  Nous  reviendrons  sur 
les  plus  importantes  de  ces  obtentions. 

M.  Dallé  présentait  un  bel  exemplaire  du 
Stauropsis  lissochiloides,  Vandée  découverte 
par  Gaudichaud  en  1820  dans  une  île  de  l’ar- 
chipel des  Moluques,  puis  retrouvée  par  Blume 
dans.l’île  de  Bali,  près  de  Java,  en  1846.  Sa 
première  floraison  date  de  cette  époque,  à 
laquelle  elle  fut  introduite  chez  M.  Bateman, 
qui  la  dénomma  8.  Batemani.  Mais  l’espèce 
avait  été  précédemment  décrite,  en  1826,  sous 
le  nom  cité  plus  haut.  L’exemplaire  présenté 
par  M.  Dallé  fleurit  pour  la  première  fois, 
depuis  huit  ans  qu’il  le  possédait.  Ce  présen- 
tateur avait  apporté  aussi  un  Cattleya  Mossiæ 


354 


LE  PIN  LARICIO  EN  CORSE. 


eæimia,  un  C.  Mossiæ  Schüleriana,  un  Aerides 
quinquevulnerum^  un  Cypripedium  Curüsii 
superbum  et  un  Vanda  cærulæa. 

Citons  encore  : 

1®  De  M.  Opoix,  le  Cypripedium  M.  Scellier 
de  Gisors  {C.  Lawrenceanum  X C.  Bauthieri), 
et  le  Thunia  Marshalli  {T.  Bensoniæ  X T. 
alba)  ; 

2°  De  M.  Poirier,  jardinier  chez  M.  Gardoso: 
un  beau  Cattleya  Gigas  Sanderæ  et  un  Catt- 
Jeya  Scheffieldiana  ; 

3°  De  M.  Bert  : un  très-intéressant  Cochlioda 
Nœtzliana  atrorubens,  un  Cattleya  Gigas  et 
un  Cattleya  guttata  Leopoldi  ; 

4°  De  M.  Piret  : un  Cattleya  Mendeli  de 
forme  et  de  couleur  parfaites , dénommé 
unique  ; 

5»  De  M.  Thibaut,  jardinier  chez  M.  Libreck  : 
un  Dendrobium  filiforme  et  un  Promenea 
stapelioides. 


Arboriculture  fruitière. 

Une  seule  présentation,  mais  combien  allé- 
chante ! Une  grande  caisse  apportée  par 
M.  Fatzer,  directeur  des  Forceries  de  l’Aisne, 
et  contenant  des  Pêches  forcées  Lord  Napier, 
aussi  grosses  que  des  Pommes  Belle  de  Pon~ 
toise,  savoureuses,  juteuses  et  parfumées  à la 
dégustation  ; puis  de  magnifiques  grappes  de 
Raisins  Frankenthal  et  Chasselas  de  Fontai- 
nebleau. 

Culture  potagère. 

De  M.  Lefièvre,  jardinier  au  château  de 
Gonches,  près  Lagny,  des  hybrides  de  Melons, 
d’un  intérêt  relatif,  ainsi  que  du  Haricot  nain 
parisien,  aux  gousses  très-longues  et  consti- 
tuant un  excellent  « filet  » pas  assez  connu. 
Puis,  de  MM.  Vilmorin-Andrieux,  de  jeunes 
bourgeons  issus  des  premiers  stolons  de  la 
Fraise  Saint- Joseph,  et  en  fleur. 

H.  Dauthenây. 


LE  PIN  LARICIO  EN  CORSE 


Nous  avons  déjà  donné,  il  y a plusieurs 
années  \ quelques  renseignements  géné- 
raux sur  les  stations  principales  du  Pinus 
Laricio  autour  des  rivages  septentrionaux 
de  la  Méditerranée,  puis  abordé  un  thème 
spécial,  l’étude  des  Pins  de  Calabre  et  la 
croissance  en  France  de  cette  variété. 

On  sait  combien  cette  croissance  est  de 
longue  durée  et  quel  développement  pren- 
nent les  Laricios  dans  leur  pays  d’ori- 
gine. 

Une  visite  aux  forêts  de  Corse  était  bien 
tentante,  des  récits  anciens  nous  faisaient 
connaître  des  détails  alléchants;  la  réponse 
d’un  garde  général  en  Corse  aux  directeurs 
de  l’Exposition  de  1867  : « Impossible  de 
vous  adresser,  comme  vous  me  le  deman- 
dez, des  rondelles  du  tronc  de  nos  plus 
gros  Laricios,  nos  plus  longues  scies  sont 
plus  courtes  que  le  diamètre  de  nos  très- 
gros  arbres  ! » Puis  c’étaient  les  impres- 
sions plus  récentes  de  voyageurs  en  Corse  ; 
ceux-ci  toutefois,  après  leurs  descriptions 
enthousiastes,  ne  manquaient  guère  d’ajou- 
ter : « Hâtez-vous  si  vous  voulez  encore 
voir  de  très-vieux  arbres  et  des  forêts  à 
l’état  de  nature  ! » Une  excursion  en  Corse 
fut  donc  organisée  pour  le  printemps 
de  1897.  Une  bande  de  bons  amis  devaient 
composer  la  caravane.  Mais  ni  les  grandes 
affaires  commerciales,  ni  la  direction  de 
publications  comme  la  Revue  horticole  et 
le  Garden  ne  permettent  des  loisirs  bien 

^ Revue  horticole,  1889,  p.  27*2. 


assurés  ; M.  Édouard  André  me  quittait,  à 
mi-chemin,  en  Provence,  pour  regagner 
Paris,  non  sans  regrets  peut-être  ; mon 
frère  et  M.  W.  Robinson  me  prévenaient  de 
n’avoir  pas  à compter  sur  eux.  Les  excur- 
sionnistes, réduits’au  nombre  de  quatre,  se 
rendaient  à Ajaccio  sous  la  conduite  d’un 
Corse  d’adoption,  sinon  de  naissance, 
M.  Doumet-Adanson,  que  la  mort  devait 
frapper  si  soudainement  peu  de  jours 
après  notre  retour  en  France,  et  dont 
le  souvenir  se  trouve  fortuitement  fixé 
dans  la  gravure  ci -contre,  car  c’est 
notre  ami  regretté  qu’on  voit  assis  au 
pied  de  l’arbre  dont  j’ai  pris  la  photo- 
graphie. 

Cette  fin  si  imprévue  grave  encore  plus 
profondément  dans  le  cœur  de  ses  compa- 
gnons les  mille  souvenirs  récents  de  l’affa- 
bilité et  de  la  cordiale  simplicité  de  cet 
homme  de  bien  qui,  héritier  d’un  nom  il- 
lustre, l’a  honoré  par  son  savoir  et  par  son 
caractère. 

Nous  reçûmes  à Ajaccio,  avec  le  plus  ai- 
mable accueil  de  la  part  du  Conservateur 
des  forêts,  des  indications  précieuses  sur 
l’état  actuel  des  forêts  de  Pin  Laricio. 

En  dehors  de  renseignements  sur  l’ex- 
ploitation et  l’emploi  du  Laricio,  M.  Ma- 
baret  voulut  bien  nous  fixer  l’itinéraire  qui 
nous  permettrait  de  voir  les  plus  beaux 
exemplaires  accessibles  de  Laricio  pendant 
le  temps,  malheureusement  limité,  de  notre 
excursion. 

Les  renseignements  que  nous  avons 


LE  PIN  LARICIO  EN  CORSE. 


355 


reçus  sont  précieux  pour  les  touristes  et 
pour  les  amis  des  arbres'^.  Nous  les  résu- 
mons donc  ici. 

Les  forêts  de  Corse  sont  en  majorité  très- 


accessibles  aujourd’hui,  le  service  des  ponts 
et  chaussées  ayant  créé  en  Corse  des 
routes  merveilleuses,  mais  ces  forêts  ont 
généralement  payé  la  confection  des  routes 


Fig.  123.  — Tronc  d’un  vieux  Pin  Laricio  dans  la  forêt  de  Valdoniello  (Corse). 


qui  les  desservent  par  l’abandon  au  conces- 
sionnaire de  l’exploitation  du  matériel  par- 
venu à toute  maturité  ou  même  caduc  ; ou, 
s’il  n’y  a pas  eu  exploitation  directe  par  le 

1 Revue  horticole,  1897,  page  322  (La  Société 
des  amis  des  arbres). 


concessionnaire,  le  prix  réalisé  a fourni  les 
fonds  d’établissement  des  routes,  ce  qui 
revient  à peu  près  au  même  résultat. 
Dans  l’un  et  l’autre  cas,  les  arbres  très- 
vieux  et  très-gros  ont  été  abattus,  soit  à 
cause  de  leur  grande  valeur,  soit  parce  qu’ils 


356 


LE  PIN  LARICIO  EN  CORSE. 


risquaient  de  perdre  assez  rapidement  ce 
qui  leur  restait  de  valeur.  C’est  là  de  la 
bonne  administration,  et  si  le  pittoresque  y 
perd,  la  viabilité  y gagne.  Le  principe  est 
juste,  mais  peut-être  gagnerait-il  à ad- 
mettre quelques  tempéraments. 

D’autres  forêts  sont  situées  dans  des  val- 
lées écartées  qui  n’ont  pu  encore  recevoir 
des  voies  d’accès  perfectionnées.  On  les 
aborde  par  des  chemins  muletiers  ou  des 
sentiers  de  montagne.  Les  arbres  les  plus 
gros,  même  caducs,  y restent  sur  pied, 
leur  extraction  ne  pouvant  se  faire  écono- 
miquement. Des  arbres  isolés,  situés  dans 
des  parties  très-rocheuses  et  peu  acces- 
sibles à l’écart  des  forêts  aménagées, 
peuvent  rester  inexploités  pour  les  mêmes 
causes. 

Ces  explications  traçaient  une  limite 
précise  à notre  excursion  de  cette  année  ; 
le  corps  explorateur,  comprenant  une  per- 
sonne déjà  avancée  en  âge  et  de  santé  déli- 
cate, ne  pouvait  aborder  les  chemins  mu- 
letiers ni  les  marches  en  montagne  ; les 
plus  belles  forêts  à visiter  par  nous  étaient 
donc  Aitone,  Valdoniello,  Vezzana,  Mar- 
mano,  Bonifato,  les  quatre  premières  si- 
tuées dans  l’arrondissement  de  Corte  et  la 
dernière  dans  celui  de  Calvi,  et  toutes  tra- 
versées par  de  bonnes  routes.  C’est  la  forêt 
de  Valdoniello  avec  celle  de  Marmano  qui 
peuvent  présenter  facilement  au  touriste 
les  plus  beaux  arbres  dans  un  cadre  des 
plus  pittoresques.  Lavallée  d’Asco,  presque 
seule,  pourrait  montrer  encore  aujourd’hui 
de  vieux  arbres  inexploités.  Nous  avons  dû 
renoncer  à cette  partie  de  l’exploitation,  mais 
elle  reste  un  de  nos  objectifs  pour  l’avenir. 
Peut-être  pourrons-nous  parler  un  jour  aux 
lecteurs  de  la  Revue  horticole  de  quelque 
vénérable  géant  végétal  préservé  de  la  des- 
truction par  la  solitude  tutélaire,  mais  dès 
maintenant  nous  formulons  le  vœu  que,  si 
la  vallée  venait  à être  ouverte  par  une 
bonne  route  permettant  l’exploitation,  le 
service  forestier  fît  réserver  une  demi- 
douzaine  des  arbres  les  plus  gros  et  les 
plus  pittoresques.  Souvent  ces  arbres  ont 
perdu  beaucoup  de  leur  valeur  marchande  ; 
n’est-ce  pas  une  raison  de  les  conserver 
comme  une  attraction  pour  les  amis  des 
beautés  naturelles? 

Les  plus  beaux  spécimens  de  Pinus  Lari- 
cio  que  nous  ayons  rencontrés  ne  dépassent 
pas  6 mètres  de  circonférence.  Celui  que 
représentent  les  deux  figures  123  et  124 
croît  dans  la  forêt  de  Valdoniello,  à l’altitude 
d’environ  1,100  mètres,  à mi-chemin  entre 


la  maison  forestière  de  Popaya  et  le  col 
conduisant  à Aïtone;  on  peut  l’apercevoir 
sur  la  droite,  à 100  mètres  environ  de  la 
route  et  un  peu  en  contrebas.  Il  se  divise 
en  deux  têtes,  dont  l’une  est  morte  et 
sèche;  toutes  deux  ont  pris  la  forme  ho- 
rizontale caractéristique  des  très-vieux  ar- 
bres ; la  hauteur  est  de  33  mètres  environ  ; 
à 1 mètre  du  sol,  la  circonférence  mesure 
6 mètres,  on  pourrait  même  compter  un 
peu  plus,  car  une  brûlure  entame  sensi- 
blement la  base.  Il  est  connu  dans  le  voisi- 
nage sous  le  nom  d’El  Rey  ; ce  nom  est  un 
héritage  imparfaitement  justifié  par  des 
dimensions  qui  sont  belles,  sans  être  vrai- 
ment majestueuses. 

Il  y a sept  ou  huit  ans  encore,  existaient 
au  bas  de  la  forêt  de  Valdoniello,  près  de 
la  fontaine  de  Carolina,  à peu  de  distance 
du  ruisseau  venant  d’Albertache  et  à moins 
d’un  kilomètre  de  la  maison  forestière  de 
Popaya,  deux  vieux  arbres,  El  Rey  et  la 
Régina  ; tous  deux  avaient  9 mètres 
de  tour.  En  existe-t-il  encore  de  sem- 
blables ? 

C’est  assez  fréquemment  que  nous  avons 
vu  des  arbres  de  4*"  50  à 5 mètres  de  tour. 
Quelques-uns  atteignent  plus  de  40  mètres, 
mais  la  hauteur  moyenne  des  beaux  vieux 
arbres  est  de  35  mètres.  C’est  dans  la  forêt 
de  Marmano,  au  voisinage  du  col  de  Verde, 
que  se  trouvent  les  arbres  à la  fois  les  plus 
hauts  et  les  mieux  faits,  dans  de  belles 
dimensions  de  3"^  50  à 4"‘50  de  tour  et  de 
40  mètres  de  hauteur.  Ils  sont  en  massif 
pur  ou  fortement  mélangés  de  Hêtres  et  de 
quelques  Sapins. 

Le  Laricio  se  rencontre  en  Corse,  sur 
les  versants  des  montagnes,  avec  prédilec- 
tion marquée  pour  l’exposition  du  nord,  à 
partir  de  900  mètres  environ,  limite  du 
Pin  maritime,  et  jusqu’à  1,800  mètres.  Il 
devient  rare  à cette  altitude,  non  qu’il  n’y 
puisse  prospérer,  car  de  forts  spécimens  se 
voient  à la  limite  supérieure  des  forêts, 
notamment  à Aitone  et  Bonifato,  mais 
parce  que  les  hauteurs  servent  de  pâturage 
d’été  aux  troupeaux  de  moutons  et  chèvres. 
En  dehors  de  cette  zone  élevée,  le  réense- 
mencement naturel  se  fait  très-facilement; 
le  grand  danger  pour  la  jeune  forêt  vient 
de  risques  d’incendie  pendant  les  mois 
chauds  et  secs  de  l’été;  les  parties  plus 
âgées  de  la  forêt  courent  moins  de  danger, 
les  troncs  étant  dégarnis  de  basses  branches 
et  le  sous-bois  ayant  été  généralement 
étouffé  par  le  Pin. 

On  voit  alors  des  massifs  aussi  fournis 


LE  PIN  LARIGIO  EN  CORSE. 


357 


et  rég’uliers  que  dans  nos  forêts  continen- 
tales d’Epicéas  et  de  Sapins  argentés  ; telles 
sont  certaines  parties  de  la  forêt  d’Aitone, 
l’une  des  plus  régulières  comme  peuplement. 


Mais  c’est  à la  limite  supérieure  des 
forêts  que  le  Pin  Laricio  est  le  plus  pitto- 
resque ; là  il  est  clairsemé,  parce  que  les 
conditions  d’existence  sont  plus  dures  et 


Fig.  124.  — Le  Pin  Laricio  dans  ses  forêts  natales  en  Corse, 


surtout  parce  que  la  dent  des  troupeaux 
entrave  la  croissance  de  la  plupart  des 
plants  réduits  à l’état  de  Conifères  japo- 
nais. Luttant  contre  le  vent  et  la  neige, 
l’arbre  ne  se  développe  pas  autant  en  hau- 


teur, le  tronc  s’élargit,  forme  quelques 
branches  puissantes,  la  flèche  s’oblitère,  la 
cime  devient  plate  et  élargie.  En  présence 
de  certains  Laricios  avoisinant  le  col  de 
Saint-Pierre,  à la  limite  entre  les  forêts 


358 


CHOU  CŒUR-DE-BŒUF  FRISÉ. 


d’Aitone  et  de  Valdoniello,  on  a peine  à se 
persuader  que  l’on  n’a  pas  sous  les  yeux  des 
Cèdres  de  l’Atlas,  tels  qu’ils  croissent  sur 
les  plus  hauts  sommets  algériens.  A qui 
peut-on  dès  lors  se  fier  quand  le  Laricio 


se  déjuge  de  la  sorte,  le  Laricio,  l’arbre 
colonnaire,  le  type  des  fûts  élancés,  des 
belles  flèches  et  de  la  ligne  droite  ? 

Maurice-L.  de  Vilmorin. 


CHOU  C(EUR-DE-B(E[]F  FRISÉ 


On  sait  qu’il  existe  deux  groupes  distincts 
de  Choux  pommés  : 1*^  les  Choux  cahus,  ca- 
ractérisés par  leur  feuillage  lisse,  leurs 
pommes  blanches,  leurs  côtes  plus  ou 
moins  grosses,  et  leur  goût,  plus  ou  moins 
fortement  musqué  ; 

2»  Les  Choux  pommés  frisés  ou  Choux 
de  Milan,  qui  se  distinguent  des  premiers 
par  leur  feuillage  d’un  vert  plus  ou  moins 
foncé,  plus  ou  moins  cloqué,  leurs  pommes 
blanc-jaunâtre,  leurs  côtes  généralement 
plus  fines,  et  un  goût  moins  prononcé  et 
plus  délicat. 

Dans  la  culture  ordinaire,  les  principales 
variétés  de  Choux  sont  ainsi  classées  par 
ordre  de  précocité  : 


A l’examen  de  ce  classement,  on  remar- 
quera : 

1“  Qu’à  l’exception  du  Chou  nantais 
hâtif  et  du  Chou  Bacalan  hâtif,  les  mêmes 
variétés  hâtives  peuvent  être  cultivées  d’au- 
tomne comme  de  printemps.  Toutefois  les 
choux  d’ York  gros  et  cœur-de-hœuf  gros 
se  prêtent  mal  au  semisde  printemps,  car  ils 
deviennent  alors  souvent  trop  feuillus.  Quant 


aux  Choux  nantais  hâtif  et  Bacalan  hâtif, 
leur  origine  bretonne  les  empêche  d’être 
suffisamment  rustiques  pour  passer  l’hiver 
sous  le  climat  de  Paris. 

C’est,  de  plus,  avec  intention  que  nous 
classons  le  Chou  nantais  hâtif  avant  les 
Choux  d'York  gros  et  cœur-de-hœuf  gros. 
En  effet,  semé  de  bonne  heure,  sur  couche 
au  printemps,  il  les  dépasse  par  sa  préco- 
cité. 

2®  Que  les  plus  hâtifs  des  Choux  de  Milan 
ne  viennent  qu’en  même  temps  que  les 
derniers  Choux  cahus  hâtifs.  On  ne  peut 
pas,  pour  gagner  du  temps,  semer  ces 
sortes  de  Choux  en  septembre,  leur  faible 
rusticité  ne  leur  permettant  pas  de  pas- 
ser l’hiver  en 
plants  ; d’ailleurs, 
beaucoup  de 
pieds  seraient  su- 
jets à monter  à 
graines  au  prin- 
temps. 

Nous  ne  par- 
lons ici,  bien  en- 
tendu, que  des 
conditions  ordi- 
naires dans  les- 
quelles s’effectue 
la  culture  pota- 
gère en  grand. 

Il  existait  donc 
jusqu’ici  une  la- 
cune : on  ne  pou- 
vait offrir  à la 
consommation 
printanière  que 
des  variétés  de 
Choux  caûus,  à feuilles  lisses,  à côtes  plus  ou 
moins  grosses  et  à goût  plus  ou  moins  for- 
tement musqué.  A cette  saison,  il  n’exis- 
tait aucun  Chou  à goût  fin  pour  les  palais 
délicats. 

Or,  le  problème  est  aujourd’hui  résolu. 
MM.  Cayeux  et  Leclerc  ont  obtenu  un  Chou 
à feuilles  cloquées,  ayant  à la  fois  la  con- 
texture des  Choux  de  Milan  et  la  forme, 


Classement  des  Choux  par  ordre  de  précocité 


CHOUX  CABUS 
^ Chou  Express. 

CHOUX  DE  MILAN 
» 

1 1 

1 — d'York  petit  hâtif. 

» 

Cl. 

O ^ 

) — cœur-de-hœuf  petit. 

» 

O 

j — très-hâtif  d'Étamp  es. 

)) 

1 1 

' — d'York  gros. 

» 

1 ' 

^ — cœur-de-hœuf  gros. 

ï' 

c/3  i 

' Chou  Express. 

» 

— d’ York  petit  hâtif. 

» 

s 

1 — cœur-de-hœuf  petit. 

» 

1 — très -hâtif  d'Étampes. 

» 

O ^ 

j — nantais  hâtif. 

» 

' — d’  York  gros. 

)) 

C f 

— cœur-de-hœuf  gros. 

Chou  de  Milan  très -hâtif  de  Paris. 

^ — bacalan  hâtif. 

— — de  la  Saint-Jean. 

LA.  DISTRIBUTION  DES  RÉCOMPENSES  A LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’iIORTICULTURE.  359 


la  végétation  et  la  rusticité  d’un  Chou 
cœur-de-hœuf  [Ÿvy.  125).  Les  obtenteurs  le 


Fig.  — 125.  — Chou  cæur-de-hœuf  frisé. 
dénomment  Chou  cœuv-de-hœuf  frisé,  et 


les  visiteurs  de  l’exposition  des  Tuileries  de 
cette  année  ont  pu  en  admirer  de  beaux  spé- 
cimens. 

D’après  MM.  Cayeux  et  Le  Clerc,  ce  nou- 
veau Chou,  parfaitement  fixé,  peut  être 
semé  d’automne  comme  de  printemps. 
Dans  le  premier  cas,  il  serait  d’une  préco- 
cité égale  au  Chou  très-hâtif  d'Etampes  ; 
dans  le  second  cas,  assimilé  au  Chou  nan- 
tais hâtif  pour  la  culture,  il  arriverait  en 
même  temps  que  celui-ci. 

S’il  en  est  ainsi,  ce  sera  une  excellente 
acquisition  pour  les  marchés,  et  principa- 
lement pour  celui  de  Paris. 

H.  Dauthenay. 


LA  DISTRIBUTION  DES  RÉCOMPENSES 

A LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 


C’est  le  8 juillet  dernier  que  la  Société  natio- 
nale d’horticulture  de  France  a procédé  à la 
distribution  des  récompenses  aux  nombreux 
lauréats  de  son  exposition  de  printemps,  aux 
vieux  serviteurs  qui  lui  ont  été  signalés  pour 
leurs  longs  et  bons  services,  ainsi  qu’aux  hor- 
ticulteurs, jardiniers,  amateurs  et  publicistes 
horticoles  dont  les  travaux  ont  été  l’objet  de 
rapports  favorables  pendant  le  premier  se- 
mestre de  l’année  1897. 

La  séance  était  présidée  par  M.  Vassilière, 
directeur  de  l’agriculture. 

M.  Viger,  président  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France,  a prononcé  un  dis- 
cours fréquemment  applaudi  ; nous  en  pu- 
blions toute  la  partie  relative  à l’horticulture 
en  général,  et  aux  progrès  que  la  dernière 
Exposition  a permis  de  constater. 

Messieurs, 

« L’orateur,  après  avoir  prononcé  un  dis- 
cours ; le  littérateur  qui  vient  de  publier  un 
livre  ; le  peintre  et  le  sculpteur,  au  lendemain 
du  jour  où  leurs  œuvres  ont  été  exposées, 
attendent  avec  impatience  le  jugement  de  la 
presse. 

'(  De  nos  jours,  en  effet,  l’opinion  des  jour- 
naux est  comme  la  sanction  de  celle  du  public. 
Avoir  une  bonne  presse,  signifie  que  ses  juge- 
ments ont,  dans  leur  ensemble,  été  favorables 
à l’artiste. 

((  Aussi  est-ce  avec  le  plus  vif  plaisir  que  je 
constate  l’unanimité  des  feuilles  spéciales  et 
même  des  grands  journaux  pour  apprécier 
avec  éloges  notre  belle  exposition  de  juin. 
Nous  avons  eu  non  seulement  une  bonne 
presse,  mais  nous  pouvons  le  dire  avec  orgueil, 
une  excellente  presse. 

« On  dit  de  cette  dernière  qu’elle  constitue 


un  autre  pouvoir,  à côté  du  législatif  et  de 
l’exécutif  ; nous  avons  donc  reçu  l’approbation 
de  tous  les  pouvoirs.  C’est  un  résultat  dont 
nos  horticulteurs  ont  le  droit  d’être  fiers  et 
qui  couronne  glorieusement  leurs  laborieux 
efforts. 

« Edmond  About,  dans  son  beau  livre  sur  le 
Progrès,  cite  ce  proverbe  indien  : l’homme 
qui  plante  un  arbre,  avant  de  mourir,  n’a 
point  passé  inutile  sur  cette  terre.  Combien 
alors  sont  méritants  nos  horticulteurs,  eux  qui 
plantent,  font  planter,  cultivent  et  apprennent 
à cultiver  des  multitudes  d’arbres  et  d’ar- 
bustes. 

« L’arboriculteur  est  un  véritable  créateur, 
car  il  transforme  les  plus  simples  d’entre  les 
arbres  et  par  une  série  de  sélections  ou  de 
croisements  successifs,  il  nous  donne  ces 
beaux  arbres  ornementaux  destinés  à parer 
nos  pelouses  ou  les  massifs  gracieux  de  nos 
parcs  paysagers. 

« Après  avoir  modifié  le  feuillage  de  l’ar- 
buste, l’horticulteur  en  transforme  la  fleur  et 
nous  donne  le  magique  spectacle  de  ces  admi- 
rables massifs  de  Rhododendrons  aux  coloris 
si  variés,  bordés  de  gracieux  Kalmias  aux 
nuances  délicatement  rosées  qui  étaient,  pour 
employer  l’expression  habituelle,  comme  le 
clou  de  l’exposition.  Mais  l’horticulteur  ne  se 
borne  pas  à nous  réjouir  les  yeux  ; il  tient 
encore  à déployer  toute  son  ingéniosité,  à ren- 
verser, pour  notre  utilité  ou  notre  agrément, 
l’ordre  établi  par  la  nature. 

« Plus  de  latitudes,  quand  nous  voyons 
réunis  sur  le  même  point  ces  belles  plantes 
variées,  Palmiers,  Pandanées,  Gycadées,  Bro- 
méliacées, où  les  grandes  feuilles  ornemen- 
tales du  Caladium  font  ressortir  les  feuillages 
si  diversement  colorés  des  Grotons,  d’où 


360  LA  DISTRIBUTION  DES  RÉCOMPENSES  A LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE. 


s’élancent  de  brillantes  aigrettes,  les  spatlies 
écarlates  de  l’Anthurium. 

((  Plus  de  climats,  puisque  sous  les  neiges 
même  on  peut  se  créer  l’illusion  des  tropi- 
ques en  réunissant  dans  la  serre  la  flore  des 
tropiques. 

« Plus  d’altitudes,  car  je  remarquais  parmi 
les  plantes  exposées  une  jolie  Saxifrage,  à 
laquelle  on  donne  le  nom  de  Reine  des 
Pyrénées,  et  qui  fleurit  sur  les  sommets  de  nos 
grandes  montagnes. 

« Je  me  rappelle,  en  effet,  dans  mes  péré- 
grinations de  botaniste  amateur,  être  allé  sou- 
vent, et  non  sans  danger  quelquefois,  chercher 
des  exemplaires  de  cette  jolie  plante  pour  enri- 
chir mon  herbier  et  celui  d’un  ami,  tandis  qu’il 
nous  est  donné  maintenant  de  la  voir  entrer 
dans  la  culture  courante  et  de  contempler 
dans  nos  jardins  sa  gracieuse  panicule  blanche 
s’élevant  au  milieu  de  nos  plates-bandes... 

((  L’ensemble  de  notre  belle  exposition  se 
présentait  du  haut  de  cette  terrasse  où  l’œil 
ravi  pouvait  contempler  les  massifs  différents, 
Gloxinias,  Pélargoniums,  Géraniums,  Bégo- 
nias, Galcéolaires,  formant  par  leur  assemblage 
une  palette  sur  laquelle  un  peintre  inimitable 
avait  disposé  les  tons  les  plus  variés  comme  k s 
plus  éclatants. 

a Ne  quittons  pas  ce  merveilleux  assemblage 
sans  parler  des  massifs  de  fleurs  vivaces  et  an- 
nuelles de  pleine  terre,  dont  la  disposition 
pleine  d’art  et  de  variété  est  justement  appré- 
ciée et  constitue  un  des  titres  les  plus  sérieux 
de  nos  grandes  maisons  parisiennes. 

((  Je  dois  noter,  à ce  propos,  la  réflexion  d’un 
grand  orateur,  d’un  éminent  homme  d’État 
que  je  remarquai  au  lendemain  de  notre  ouver- 
ture, très-longuement  arrêté  devant  un  de  ces 
massifs,  et  qui  me  disait  : Je  viens  de  prendre 
une  leçon  de  géographie  botanique  en  exami- 
nant ces  multiples  variétés  de  plantes,  j’en 
admire  l’arrangement,  qui  décèle  un  goût  si 
sûr  ; mais  ce  qui  m’étonne  encore  plus,  c’est 
cette  puissance  d’ingéniosité  des  horticulteurs 
qui  rassemble  ici  ces  plantes  venant  de 
contrées  si  diverses  pour  en  démocratiser  la 
vente. 

« Mesdames,  Messieurs,  nous  venons  de 
faire  une  analyse  des  fleurs  exposées  ; mais  la 
science  nous  apprend  que  cette  analyse  ne  se- 
rait pas  complète  si  nous  ne  faisions  l’opéra- 
tion inverse.  Or,  la  synthèse  des  fleurs,  c’est 
le  bouquet.  Ces  bouquets,  auxquels  nos 
habiles  fleuristes  parisiennes  savent  donner 
tant  de  grâce,  font  l’objet  d’un  brillant  con- 
cours dont  nos  dames  patronnesses,  juges  si 
éclairés  quand  il  s’agit  d’apprécier  le  charme 
et  l’élégance,  nous  désignent  les  lauréats. 
Quant  à nous.  Messieurs,  nous  nous  bornons 
à admirer,  dans  l’indécision  où  nous  sommes 
d’attribuer  la  palme  aux  fleurs,  aux  lauréats 
ou  aux  juges 

« Un  homme  d’esprit  prétend  que  c’est  le  su- 
perflu qui  est  le  plus  nécessaire.  A ce  compte- 


là,  devrions-nous  parler  de  notre  exposition 
de  légumes?  Mais  il  faut  sourire  du  paradoxe 
et  admirer,  comme  elle  le  mérite,  notre  horti- 
culture maraîchère. 

« Le  maraîcher  parisien  n’a-t-il  pas  donné 
des  leçons  aux  agriculteurs  avant  même  que  la 
théorie  se  fût  affirmée  dans  ses  principes 
scientifiques?  Le  maraîcher  parisien  a montré 
ce  que  peut  la  culture  intensive  pour  faire 
produire  au  même  sol  ce  qu'en  mécanique  on 
appelle  son  maximum  d’effet  utile. 

« C’est  qu’à  un  excellent  esprit  d’observation, 
il  joint  l’amour  du  travail  et  l’esprit  d’ordre. 

« Il  aime  le  progrès,  mais  il  entend  rester  son 
maître,  et  en  fait  de  réglementation  du  travail 
il  demande  à ceux  qui  prêchent  la  journée  de 
huit  heures,  il  demande,  dis-je,  de  faire  lever 
le  soleil  un  peu  plus  tôt  et  de  prolonger  le  cré- 
puscule plus  tard  pour  lui  permettre  de  tirer 
un  profit  encore  plus  grand  de  celte  parcelle 
de  terre  qu’il  cultive  si  vaillamment.  Et  puis, 
la  culture  des  potagers  n’est  pas  non  plus, 
pour  l’amateur,  une  distraction  à dédaigner  ; 
elle  a son  mérite  utilitaire  et  ses  satisfactions 
d’amour-propre. 

« N’avons -nous  pas  entendu  parler  de  ce 
tyran  de  l’antiquité  qui,  déchu  de  son  trône, 
se  consolait  en  cultivant  son  potager  ? Il  pré- 
tendait que  la  culture  de  ses  salades  le  conso- 
lait de  la  perte  de  sa  puissance  au  même  titre 
que  la  philosophie  du  divin  Platon,  régime  qui 
gardait  à un  règne  disparu  une  honorable  fidé- 
lité. Il  oubliait  gaiement  influence  et  dignités, 
en  cultivant  des  légumes,  et  son  potager,  oû 
souvent  nous  échangions  des  idées  sur  les 
hommes  et  sur  les  choses  du  temps  présent, 
aurait  pu  servir  de  champ  d’application  au  bel 
ouvrage  de  M.  Bois,  notre  distingué  secrétaire- 
rédacteur  : Le  potager  d'un  Curieux. 

c(  Notre  esprit  en  ce  moment  est  orienté  vers 
un  avenir  prochain  dont  nous  désirons  ardem- 
ment assurer  le  succès. 

((  Nous  voulons  parler  de  l’Exposition  inter- 
nationale de  1900  et  de  la  section  d’Horticul- 
ture  dont  nous  avons  spécialement  à nous  oc- 
cuper. 

« L’éminent  commissaire  général,  M.  Pi- 
cart,  et  son  collaborateur,  M.  Bouvard,  sont 
absolument  favorables  à notre  cause.  Ils  com- 
prennent l’importance  que  présente  pour  la 
réussite  de  leur  grande  œuvre  le  succès  de  la 
partie  horticole.  Des  pourparlers  ont  été  en- 
gagés, et  nous  pouvons  vous  donner  l’assu- 
rance que  les  intérêts  de  nos  exposants  ne  se- 
ront pas  négligés...  il  nous  construira  un  su- 
perbe palais  horticole  et  nous  avons  le  ferme 
espoir  que  nos  exposants  seront  dignes  de  ce 
palais. 

((  L’horticulture  française  moissonnera  de 
nouveaux  lauriers  dans  ce  grand  tournoi  inter- 
national — lauriers  moins  glorieux  sans  doute 
que  ceux  des  combats,  mais  lauriers  qui  n’ont 
pas  été  arrosés  du  sang  de  nos  soldats  et  qui 
ne  coûtent  point  de  larmes  aux  mères  !...  » 


LE  PITCH-PIN. 


361 


Le  discours  de  M.  Yiger,  fréquemment 
applaudi,  a été  suivi  de  quelques  observations 
intéressantes  du  secrétaire  général,  M.  Abel 
Gliatenay,  relatives  aux  progrès  que  l’horticul- 
ture a mis  en  évidence  à la  fête  de  juin  der- 
nier, et  aux  prochaines  expositions  de  la  So- 
ciété nationale. 

M.  D.  Bois,  secrétaire-rédacteur,  a ensuite 
proclamé  les  récompenses  décernées  d’après 
les  rapports  des  commissions  compétentes. 
Nous  nous  bornerons  ici  à signaler  celles  ayant 
trait  à l’obtention  de  variétés  nouvelles  et  mé- 
ritantes, à l’amélioration  de  procédés  de  cul- 
ture ou  de  matériel  horticole,  et  à la  publica- 
tion d’ouvrages  jugés  recommandables. 

1°  Obtentions  de  nouveautés,  cultures  amélio- 
rées, inventions  horticoles. 

Médailles  d'or  : M.  Albert  TrufïiAut,  pour  les 
perfectionnements  généraux  apportés  dans  la  cul- 
ture des  plantes  de  serre  tleuries  et  à feuillage,  et 
pour  la  mise  au  commerce  d’un  grand  nombre  de 
variétés  nouvelles  : Adiantum  versaliense,  Vriesea 
Mariæ,  V.  Alberti^  Nidularium  versaliense^  etc. 
— MM.  Duval  et  fils,  pour  les  perfectionnements 
apportés  dans  la  culture  des  plantes  de  serre  et  à 
feuillage,  et  pour  la  mise  au  commerce  d’un  grand 
nombre  de  variétés  nouvelles,  principalement  en 
Broméliacées,  Orchidées  et  Anthuriums.  — M.  G, 
Compoint,  pour  la  création,  en  grand,  de  la  cul- 
ture d’Asperges,  de  primeurs  chauffées  en  serre.  — 
M.  Calvat.  pour  ses  nombreuses  obtentions  de 
Chrysanthèmes  nouveaux  à grande  fleur,  dont 
l’ensemble,  constituant  une  nouvelle  race,  a été 
la  source  d’une  impulsion  inconnue  jusqu’alors 
dans  celte  culture. 

Grande  médaille  de  vermeil  : M.  de  Reydellet, 
pour  l’obtention  de  Chrysanthèmes  nouveaux  à 
grandes  fleurs. 

Médailles  de  vermeil  : Yaya  ben  Kassem,  indi- 
gène M’zabite  qui,  après  un  certain  nombre  d’expé- 


LE Pi; 

Sous  ce  nom  et  celui  de  Pitch-Pine  Qiàe 
Ycllow-Pine  (Pin  à poix  et  Pin  jaune), 
les  Américains  désignent  un  arbre  de  la 
nombreuse  famille  des  Conifères  (tribu  des 
Abiétinées),  \q  Pinus  australis,  Michx. 

Ce  Pin,  qui  a encore  pour  synonyme  le 
nom  de  Pinus  loalustris,  Mill.,  habite  la 
Virginie,  la  Géorgie,  la  Caroline  et  la  Flo- 
ride où  il  est  très-commun,  mais  plus  parti- 
culièrement les  dunes  voisines  de  la  mer 
appelées  pour  cette  raison  Landes  à Pin 
(Pine  Barrens).  Dans  ces  contrées  et  dans 
ces  conditions,  il  atteint  facilement  de  25  à 
30  mètres  de  hauteur  sur  60  à 80  centi- 
mètres de  diamètre  ; mais  chez  nous,  sous 
le  climat  parisien,  il  n’est  pas  rustique  et 
demande  l’abri  durant  l’hiver.  Toutefois 
dans  nos  départements  méridionaux  et  sur- 


riences  concluantes,  a introduit,  dans  le  nord  de 
l’Algérie,  la  culture  d’un  Dattier  très-précoce  du 
M’zab. 

Médaille  de  vermeil  : M.  Plançon,  pour  un  nou- 
veau système  de  fabrication  de  kiosques,  ponts  et 
portiques  rustiques. 

Grandes  médailles  d'argent  : M.  Géry,  insti- 
tuteur à Jenfosse,  pour  encouragements  à la  des- 
truction des  insectes  nuisibles  par  les  enfants  des 
écoles,  et  M.  Lelarge  four  une  nouvelle  caisse  à 
ossature  métallique. 

2^  Publications  horticoles. 

Médaille  d'or  : M.  Power,  pour  son  remarquable 
ouvrage  sur  la  Cidture  des  Pommiers  à cidre^  et 
sur  les  meilleurs  procédés  de  fabrication  du  cidre. 

Médaille  de  vermeil  : MM.  Cochet-Cochet  et  S. 
Mollet,  pour  leur  ouvrage  sur  les  Rosiers. 

Grande  médaille  d’argent  : M.  H Dauthenay, 
pour  son  ouvrage  sur  les  « Géraniums  » (Pélargo- 
nium zonale  et  inqidnans) . 

Médailles  d'argent  : M.  Guillochon,  pour  son 
Calendrier  mensuel  du  cultivateur  d’Orchidées. 
— M.  A.  Maumené,  pour  son  ouvrage  sur  laMosaï- 
culture  pratique.  — M.  J.  Rudolph,  pour  son  ou- 
vrage sur  les  Calcéolaires,  Cinéraires.,  etc.  — 
M.  L.  Henry,  pour  son  Agenda  horticole. 

Le  prix  Joubert  de  l’Hyberderie  a été  fractionné 
entre  M.  Chargueraud,  pour  son  livre  sur  les 
Plantations  d'alignement;  M.  G.  Truffaut,  pour 
son  livre  Sols.,  terres  et  composts,  et  M.  L.  Duval, 
pour  ses  divers  ouvrages  sur  les  Orchidées,  Aza- 
lées et  Broméliacées. 

M.  Chouvet,  secrétaire,  a ensuite  donné  lec- 
ture du  palmarès  de  l’Exposition  d’horticulture 
du  printemps  1897,  et  la  séance  s’est  terminée 
pa)‘  la  distribution  des  médaillles.  Ajoutons 
que  des  intermèdes  musicaux  ont  donné  à cette 
fête  un  attrait  particulier. 

H.  Dauthenay. 


:h-pin 

tout  dans  ceux  du  Sud-Ouest,  non  loin  du 
voisinage  de  la  mer  où  la  température  est 
plus  égale,  on  parviendrait  à l’y  naturaliser 
bien  qu’on  l’y  rencontre  rarement  à l’état 
de  forts  spécimens  dans  les  propriétés 
privées. 

Dans  tous  les  cas,  c’est  un  arbre  plutôt 
curieux  que  svelte  et  plantureux  comme  la 
plupart  de  ses  congénères.  Son  tronc  et  ses 
branches  sont  en  effet  le  plus  souvent  dé- 
nudés, et  ses  feuilles,  gracieusement  re- 
tombantes, douces,  longues  de  20  à 30  cen- 
timètres, sont  réunies  par  3 à la  gaine. 
Dans  son  pays  d’origine,  celles-ci  sont  em- 
ployées à l’instar  des  ramilles  du  Bouleau 
chez  nous,  ce  qui  lui  a valu  aussi  le  nom  de 
Pin  à balai.  Ses  cônes,  longs  de  15  à 
20  centimètres  et  larges  de  6 à 7 centimè- 


362  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES. 


très  à la  base,  sont  souvent  légèrement 
courbés  et  ressemblent  assez  à ceux  du 
Pin  maritime.  Ses  graines,  recouvertes 
d’une  coque  mince  et  grisâtre,  sont  munies 
d’une  aile  cartilagineuse  longue  de  35  à 
40  millimètres  et  large  de  8 à 10  mil- 
limètres, d’un  beau  brun  luisant  tout  à 
fait  caractéristique. 

Bien  que  ce  Pin  soit  qualifié  de  palus- 
tris,  c’est-à-dire  des  marais,  il  se  plaît 
surtout  et  prospère  dans  un  sol  siliceux  un 
peu  frais.  D’une  très-grande  utilité  dans 
son  pays  d’origine,  où  il  est  surtout  re- 
cherché et  exploité  en  ébénisterie  sous  le 
nom  de  Pitch-Pin  pour  les  qualités  pré- 
cieuses de  son  bois,  il  fournit  aussi,  sous  le 
nom  de  Térébenthine  de  Bostomx,  ner  ésine 
de  qualité  supérieure. 

Introduit  en  Europe  depuis  1730,  le 
Pinus  australis,  même  dans  les  régions 
où  il  ne  gèle  pas,  ne  présente  aucun  avan- 
tage sérieux  chez  nous,  au  point  de  vue 
ornemental  ou  industriel.  Il  est  présumable 
que  dans  le  commerce  des  bois,  ce  que  l’on 


qualifie  vulgairement  sous  le  nom  de 
Pitch-Pin  est  le  produit,  non  pas  exclusif 
de  l’arbre  qui  fait  l’objet  de  cette  étude, 
mais  d’autres  Pins  rustiques  et  vigoureux 
et  peut-être  plus  particulièrement  d’une 
espèce  du  même  groupe,  c’est-à-dire  de  la 
section  des  Tæda,  le  Pinus  rigida,  de 
l’Amérique  septentrionale. 

On  peut  assez  facilement  se  procurer  des 
graines  du  Pitch-Pin  chez  nos  principaux 
marchands-grainiers  de  Paris,  mais  en 
raison  de  la  rareté  de  cette  semence,  elle 
atteint  toujours  un  prix  relativement  élevé. 
Gomme  pour  la  plupart  des  Conifères  déli- 
cats, le  semis  doit  se  faire  en  terrines, 
sous  châssis,  sur  couche  tiède,  en  terre  de 
bruyère  sableuse  maintenue  fraîche  par  un 
léger  paillis  de  mousse  triturée.  Les  graines 
germent  habituellement  au  bout  de  peu  de 
temps,  et  les  jeunes  plants  se  repiquent  sé- 
parément en  petits  godets  de  6 à 7 centi- 
mètres dès  qu’ils  sont  jugés  assez  forts. 

Ch.  Grosdemange. 


REVUE  DES  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES 

FIGURÉES  OU  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  HORTICOLES  ÉTRANGÈRES 

PENDANT  LE  PREMIER  SEMESTRE  DE  L’aNNÉE  1897 


EXPLICATION  DES  ABRÉVIATIONS. 

B.  M.  {Botanical  Magazine). 

G.  C.  (The  Gardeners  Chronicle). 

Garlenfl.  (Garten/lora). 

Gard,  and  For.  [Garden  and  Forest). 

Lind.  (Lindenia). 

Rev.  hort.  helg.  (Revue  de  l'horliculiure  belge). 
The  Gard.  (The  Garden). 

Abutilon  vitifolium,  Presl.  (Malvacées),  The 
Gard.,  1897,  p.  331,  t.  1117.  — Chili.  Bel 
arbuste  réintroduit  depuis  quelques  années. 
Il  peut  s’élever  à lü  ou  15  pieds  de  hauteur 
et  porte,  en  mai  et  juin,  des  fascicules  axil- 
laires de  fleurs  de  6 centimètres  de  diamètre, 
d’une  agréable  teinte  bleu  pâle. 

Æschynanthus  speciosus,  Hook.  ^Gesnériacées  . 
— Java.  The  Gard.,  1897,  p.  188,  pl.  color. 
1 109. 

Agave  attenuata,  Salm  Dyck  (Arnaryllidées), 
Gard.  and.  For.,  1897,  p.  95,  tig.  12;  Revue 
horticole,  1875,  lig.  31  et  32.  — Mexique. 
Belle  espèce  introduite  dans  les  cultures  vers 
1834. 

— HaseloffiijJacobi  (Arnaryllidées)  B.  M.,  tab. 
7527.  — Mexique.  Cet  Agave  appartient  à 1a 
section  Aloideæ  Les  feuilles,  au  nombre  de 
30  à 40,  sont  en  rosette  dense;  hampe  de 
1 mètre  de  longueur.  Fleurs  en  épi  dense,  à 
périanthe  campanulé.  Limbe  d’un  brun  ver- 
dâtre. 

— kewensis,  Jacobi  (Arnaryllidées),  B.  M.,  tab. 
7532.  — Mexique.  Cet  Agave  appartient  au 


groupe  des  Agaves  à feuilles  relativement  char- 
nues, moins  rustiques  et  plus  rares  dans  les 
cultures  que  les  A.  americana,  rigida,  etc.  Les 
feuilles  sont  au  nombre  de  30  à 40,  en  rosette 
lâclie,  de  1 mètre  à l'^»30  de  longueur.  Hampe 
de  3 mètres  de  longueur,  portant  une  panicule 
de  fleurs  nombreuses,  à périanthe  jaunâtre. 

Aristolochia  clypeata,  Ed.  André  (.\ristolochia- 
cées),  B.  M.,  tab.  7512.  — Nouvelle-Grenade. 
Plante  grimpante  à tige  ligneuse  profondément 
cannelée.  Feuilles  orbiculaires,  de  9 à 12  centi- 
mètres de  diamètre.  Fleurs  pendantes  dont  la 
grandeur  approche  celles  de  l’A.  gigantea  et  de 
VA . Gigas.  Tube  du  périanthe  court,  infundibuli- 
forme,  pourpre  noir,  se  dilatant  en  un  limbe  cir- 
culaire de  18  à 30  centimètresde  diamètre,  jaune 
pâle,  avec  d’innombrables  taches  irrégulières 
pourpre  foncé.  L'A.  clypeata  est  assez  voisin 
de  l’A . Duchartrd. 

Asphodeline  taurica,  Kunth  (Liliacées),  G.  G., 
1897,  p.  174,  fig.  noire  52.  — Asie  Mineure. 
Belle  espèce  alpine  nouvellement  introduite. 
Tiges  robustes  ; à feuilles  linéaires.  Fleurs 
blanches,  munies  d’une  bractée  blanche  et  dis- 
posées en  longues  grappes,  denses  et  cylin- 
driques. 

Aster  junceus,  Ait.  (Composées),  Ga'^d.  and 
For.,  1897,  p.  61,  fig.  noire  9.  — États-Unis. 
Plante  à tiges  grêles,  à feuilles  linéaires,  se 
rapprochant  assez  de  FA.  longifolius.  Rayons 
du  disque  variant  du  blanc  au  rose,  au  cramoisi, 
et  au  bleu-violet. 

Aster  tardiflorus,  L.  (Composées),  Gard,  and 


PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES.  363 


Fo)\,  1897,  p.  14,  fig.  noire  4.  — États-Unis. 
Aster  peu  commun,  dont  les  formes  nombreuses 
ont  clé  décrites  sous  les  noms  de  A.  patulus, 
longifolins,  puniceus,  Lindleyanus,  etc. 

Berkheya  Adlami,  Hook.  f.  (Composées),  B.  M., 
tab.  7514.  — Transvaal.  Herbe  de  2 mètres  de 
hauteur,  à tige  ailée,  spinescente.  Feuilles 
radicales,  très-larges,  à dents  épineuses,  blan- 
ches en  dessous.  Feuilles  caulinaires  tachées 
de  brun  en  dessus.  Capitules  de  10  centimètres 
environ  de  diamètre.  Rayons  nombreux,  jaune 
piirnevère,  de  3 centimètres  de  long.  Fleurs 
du  disque  très-nombreuses  formant  une  masse 
convexe  jaune  d’or. 

Bignonia  buccinatoria,  Mairct  (Bignoniacées),  B. 
M.,  tab,  7516,  — Montagnes  du  Mexique  cen- 
tral. Liane  ligneuse  à feuilles  bifoliolées,  d’intro- 
duction ancienne.  Les  fleurs  sont  pendantes,  en 
grappes  terminales.  Corolle  de  12  centimètres 
de  longueur,  un  peu  pubescente,  à tube  court, 
jaune  pâle,  qui  se  termine  en  une  sorte  de 
trompette  d’un  beau  rouge  sang. 

Calceolaria  alba,  Ruiz,  et  Pav,  (Scrophularinées), 
The  Gard.,  1897,  p.  60,  pl.  color.  — Chili.  Joli 
sous-arbrisseau  de  60  centimètres  de  haut,  à 
fleurs  blanches,  globuleuses.  C’est  l’une  des 
plus  gracieuses  espèces  parmi  celles  à petites 
fleurs  ; elle  fait  de  charmantes  potées.  Im- 
porté en  1844,  le  C.  alba  a été  réintroduit  ré- 
cemment par  M.  Max  Leichtlin. 

Calpurnia  aurea,  Baker  (Légumineuses),  The 
Gard.,  1897.  p.  280,  pl.  color.  1114.  — Natal. 
Gracieux  petit  arbre  de  3 mètres  de  hauteur; 
il  offre  une  ressemblance  superficielle  avec  le 
Cylisus  Laburnum.  Décrit  autrefois  sous  le 
nom  de  Virgilia  intriisa,  il  a été  introduit  par 
les  jardins  de  Kew.  Cet  arbuste  ferait  un  bel 
ornement  des  serres  tempérées,  par  son  feuil- 
lage demi  persistant  et  ses  grappes  longues 
de  18  centimètres,  bien  fournies  de  fleurs  jaune 
d’or.  Floraison  de  septembre  à mai. 

Catasetumx  splendens,  Cogn.  var.  rubiginosum, 
L.  Lind.  ^.Orchidées).  Lind.,  tab.  555. 

Gattleya  Grossii,  Krzl.  (Orchidées)  Gartenfl.  1897, 
tab.  1436,  — Peut-être  un  hybride  entre  le  C. 
bicolor  fécondé  par  le  G.  guttata. 

— labiata,  Lindl.  varietates  (Orchidées),  Lind., 
tab.  550-551  : 

lo  Ardens;  4°  Lucienne; 

2«  moortebeekiensis  ; 5o  Melusine; 

3»  albo-marginata ; 6°  flamboyante. 

— labiata,  Lindl.  var.  superba,  L.  Lind.  (Orchi- 
dées), Lind. , tab.  560. 

— X Le  Czar,  L.  Lind.  (Orchidées),  Lind.,  tab. 
554.  Hybride  naturel  que  l’on  croit  issu  du 
C.  labiata  et  du  C.  granulosa. 

— maxima,  Lindl.,  var.  virginalis,  L.  Lind.  (Or- 
chidées^ ; Lind.,  tab.  558. 

— Trianæi,  Lind.,  var.  deliciosa,  L.  Lind.  (Or- 
chidées) ; Lind.,  tab.  564. 

— Trianæi,  Lind.,  var.  exornata,  Lind.  (Orchi- 
dées); Lind.  tab.  556. 

Chironia  floribunda,  Paxt.  (Gentianées).  Bev. 
hort.  belg.,  1897,  p.  3,  pl.  color.  — Cap  de 
Bonne-Espérance.  Bonne  plante  ancienne,  très- 
décorative,  introduite  en  1843  par  Paxton.  C’est 
un  arbuste  de  serre  froide  qu’il  serait  bon  de 
remettre  en  vogue  ; il  forme  une  jolie  touffe  de 
50  centimètres  de  hauteur  couverte  d’abon- 
dantes fleurs  roses,  de  juin  à octobre. 


Cleisostoma  Zollingerianiim,  Krzl.  (Orchidées)  G. 
C.,  1897,  p.  70.  — Curieuse  espèce  cultivée 
surtout  dans  les  jardins  botaniques;  elle  a le 
port  d’un  Vanda.  L’épi  est  court,  avec  une  seule 
fleur  de  2 à 5 centimètres  de  diamètre.  Sépales 
et  pétales  d’un  beau  jaune,  rayés  de  mauve 
pourpre. 

Gochlioda  miniata,  L.  Lind.  (Orchidées),  Lind. 
tab.  562. — Hybride  naturel  entre  C.  Nœtzlia- 
na  et  C.  vulcanica. 

Gœlogyne  Massangeana,  Rchb.  F.  (Orchidées), 
{Lind.,  tab.  548.  — Patrie  inconnue.  Fleurs  de 
5 à 7 1/2  centimètres  de  diamètre.  Fleurs  en 
grappe  grêle  et  pendante,  de  couleur  jaune 
brunâtre  clair,  à labelle  grisâtre.  Cette  plante 
doit  être  cultivée  en  panier  suspendu  ; elle  ré- 
clame beaucoup  de  chaleur  et  d’humidité  atmos- 
phérique. 

Gonandron  ramondioides,  Sieb.  et  Zucc.  (Ges- 
nériacées),  The  Gard.,  1897,  p.  6,  pl.  color.  — 
Japon.  Jolie  plante  herbacée  de  serre  froide, 
rustique  dans  le  sud  de  l’Angleterre.  Introduite 
en  1879,  elle  a été  considérée  jusqu’ici  seule- 
ment au  point  de  vue  botanique.  Port  tout  à 
fait  semblable  à celui  des  Ramondia  et  des 
Streptocarpus,  cette  plante  relie  les  Gesnéria- 
cées  aux  Scrophularinées.  Avec  ses  abondantes 
fleurs  roses,  elle  mériterait  l’introduction  dans 
les  jardins. 

Gornus  asperifolia,  Michx,  (Cornées),  Gard,  and 
For.,  1897,  p.  104,  fig.  13.  — États-Unis.  Beau 
Cornouiller  peu  répandu  dans  les  jardins;  il 
s’élève  à une  hauteur  de  3 à 5 mètres. 

Grinum  Laurent!,  Durand  et  de  Wild  (Amarylli- 
dées).  Rev.  hort.  belg  ,1897,  p.  97,  pl.  color.  — 
Congo.  Belle  acquisition  pour  les  amateurs  de 
plantes  bulbeuses.  Hampe  florale  d’environ 
30  centimètres  de  hauteur.  Fleurs  blanches,  au 
nombre  de  2-4,  en  ombelle.  Périanthe  étalé,  à 
face  externe  verdâtre.  Tube  verdâtre  de  14  cen- 
timètres de  longueur.  Ce  nouveau  Grinum 
constituerait  un  sous-genre  intermédiaire  entre 
Platyaster  et  Codocrinum.  Serre  tempérée. 

Grinum  Moorei  roseum,  Hort.,  Rev.  hort.  belg., 
1897,  p.  61,  pl.  color. 

Groton  Eluteria,  L.  (Euphorbiacées).  R.  M.,  tab. 
7515.  — Iles  Bahamas.  Petit  arbuste  à bran- 
ches grêles,  à fleurs  monoïques,  dont  l’écorce 
fournit  la  Cascarille  du  commerce. 

Gycnoches  chlorochilon,  Lindl.  (Orchidées).  The 
Gard.,  1897,  p.  172,  pl  color.  1108.  — Deme- 
rara.  Magnifique  plante  introduite  en  1838  et 
qui  n’a  jamais  été  très-répandue  dans  les  cul- 
tures. 

Cynoglossum  nervosum,  Benth.  (Borraginées). 
B.  M.,  tab.  7513.  — Himalaya.  Beau  Gxjno- 
glossum  des  régions  tempérées  et  subalpines. 
C’est  une  herbe  dressée,  atteignant  1 mètre  de 
hauteur,  rameuse,  plus  ou  moins  pubescente. 
Grappes  nombreuses  de  9 à 18  centimètres  de 
longueur,  à fleurs  nombreuses,  lâches.  Corolle 
à tube  carnpanulé  ; limbe  de  1 centimètre  et 
demi  de  diamètre,  d’un  bleu  cobalt  intense. 

Gypripedium  insigne,  Wall.,  varietates  novæ. 
(Orchidées)  Lind.,  tab.  563.  funcuni',  pic- 
turatum  ; 3°  immaculatum. 

— Lawrenceanum,  Rchb.,  F.,  var.  viridis,  L. 
Lind.  (Orchidées),  Lind.,  tab.  546. 


364  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES. 


— X Massaianum,Weathers  (Orchidées),  Lind., 
tib.  549. 

— triiimphans  Sallieri  Hyeanum  x Œnanthum 
superbum  (Orchidées),  G.  C.,  1897,  p.  134. 

— Victoriæ  Mariæ,  Hort.  (Orchidées),  Lind., 
tab.  559. 

Cyrtanthus  X Marian,  G.  G.,  1897,  p.  149  (Ama- 
ryllidées).  — Bel  hybride  issu  du  C.  lutescens 
fécondé  par  le  C.  Tucki. 

Dendrobium  Johnsoniæ,  F.  Muell.  (Orchidées), 
The  Gard,  1897,  p.  262,  pl.  color.  1113.  — 
Nouvelle-Guinée.  Un  des  plus  beaux  Dendro- 
bium cultivés.  Les  fleurs  ont  un  diamètre  de 
plus  de  12  centimètres.  Les  pétales,  les  sé- 
pales et  le  labelle  sont  d’un  blanc  pur,  avec 
quelques  taches  pourpre-magenta  sur  le  côté 
intérieur.  Celte  plante,  réintroduite  en  1889, 
demande  beaucoup  de  chaleur,  d’humidité  et 
de  lumière. 

— Phalænopsis,  Fitzg.,  var.  Schrœderianum 
(Orchidées),  Rev.  hort.  belg.,  1897,  p.  85,  pl 
color.,  forme  géographique  de  l’espèce  type. 

— sarmentosum,  Rolfe  (Orchidées),  B.  M., 
tab.  7525.  — Burma.  Plante  à tiges  grêles, 
sarmenteuses.  Fleurs  blanches,  à odeur  de 
Violette,  de  3 centimètres  environ  de  diamètre. 
Lobe  médian  du  labelle  jaune  d'or  ; lobes  la- 
téraux striés  de  rouge. 

Didymocarpus  malayanus,  Hook.  f.,  (Gesneiia- 
cées),  B.  M.,  tab.  7526.  — Penang  ? Belle 
plante  acaule,  à feuilles  radicales  ovales. 
Hampe  portant  au  sommet  3 ou  4 fleurs  à co- 
rolle infundibuliforme-campanulée,  à tube 
jaune-paille,  renflé  à la  gorge  et  pubescent. 
Limbe  étalé,  jaune  d’or,  de  3 centimètres  de 
diamètre. 

Dimorphotheca  Eckloni,  D.C.  (Composées). 
B.  M.,  tab.  7535.  — Sud  de  l’Afrique.  Plante 
suft'rutescente,  dressée,  robuste,  rameuse, 
appartenant  à la  section  Osteospermopsis.  Le 
capitule,  longuement  pédonculé,  a 9centimètres 
de  diamètre.  Les  rayons,  au  nombre  de  16  en- 
viron, sont  blancs  en  dessus,  d’un  bleu-violet 
strié  en  dessous,  et  largement  bordés  de  blanc. 
Disque  petit,  à fleurons  de  couleur  azur.  Flo- 
raison en  juillet. 

Dipladenia  Sanderi,  Hemsl.  (Apocynées).  The 
Gard,  1897,  p.  226,  pl.  color.  1111.  — Brésil. 
Belle  espèce  nouvelle  à fleurs  très-grandes, 
d’un  beau  rose,  avec  une  remarquable  tache 
jaune  à la  gorge  de  la  corolle. 

Dracæna  Godseffiana,  The  Gard.,  1897,  p.  298, 
pl.  color.  1115.  — Lagos  (Guinée).  Petit  arbris- 
seau, d’un  mètre  de  hauteur  ou  plus,  à feuilles 
d’un  vert  luisant,  parsemées  de  taches  blanches. 
Fleurs  verdâtres.  Fruits  rouges,  bacciformes, 
assez  gros.  Cette  plante  ressemble  fort  peu 
.aux  Dracæna  vulgaires  qui  sont,  pour  la  plu- 
part, des  Cordyline. 

Epidendrum  porphyræum,  Liudley  (Orchidées), 
G.  C.,  1897,  p.  230,  — Colombie  et  Ecuador. 
Belle  espèce  qui  offre  une  grande  ressemblance 


avec  VE.  paniculatum,  mais  ses  fleurs  sont  plus 
grandes  et  différentes  comme  couleur.  Panicule 
touffue,  très-florifère.  Sépales  d’un  beau  rouge  ; 
pétales  de  même  couleur  ; labelle  trilobé,  d’un 
rose  tendre  ou  d’une  jolie  nuance  orangée. 
Culture  de  V Odontoylossum  cirrosum. 

Eranthemum  nervosum,  R.  B.  {Dædalacanlhus 
nervosüs  T.  Anders.)  The  Gard.,  1897,  p.  352, 
pl.  color.  1118  (Acanthacées).  — Monts  Hima- 
laya. Arbuste  touffu  trop  peu  cultivé.  Il  forme 
un  des  plus  beaux  ornements  des  serres  avec 
ses  épis  de  fleurs  d’un  bleu  superbe,  qui  s’ou- 
vrent au  milieu  de  l’hiver  et  durent  longtemps. 
Il  a été  aussi  appelé  Justicia  et  Ruellia. 
L’appellation  correcte  est  Dædalacanlhus  ner- 
vosus. 

Erythronium  Johnsoni,  The  Gard.,  1897,  p.  136, 
pl.  color. — Jolie  espèce  d’introduction  récente, 
à floraison  printanière. 

Eulophiella  Peetersiana  (n.  sp.)  Krzl.  i^Orchi- 
dées),  G.  C.,  1897,  p.  182,  — Nouveauté  de 
premiér  ordre.  Bulbe  énorme  (28  centimètres). 
La  tige  florifère  atteint  1 mètre  de  longueur; 
elle  forme  une  grappe  de  20  à 25  fleurs  splen- 
dides de  7 centimètres  de  diamètre,  d’un  rouge 
pourpre.  Labelle  avec  une  grande  tache  jaune 
d’or  au  milieu. 

Galanthus  cilicicus,  Baker,  G.  C.,  1897,  p.  214 
(Amaryllidées).  — Monts  Taurus.  Ce  nouveau 
Perce-Neige  diffère  du  G.  Fosteri,  de  l’Asie 
Mineure,  surtout  par  l’absence  d’une  large  tache 
verte  située  sur  le  dos  des  segments  intérieurs 
du  périanthe. 

Gentiana  tibetica,  King  (Gentianées),  D.  M.,  tab. 
7528.  — Himalaya.  Espèce  de  grande  taille, 
assez  voisine  du  G.  rchusta  ; elle  habite  à une 
hauteur  de  11,000  pieds  environ.  Tige  forte,  de 
54  centimètres  de  hauteur  et  plus.  Fleurs  en 
fascicules  à l’aisselle  des  feuilles  réunies  au 
sommet  de  la  tige.  Lobes  de  la  corolle  d’un 
jaune  sale,  avec  nombreux  points  noirs. 

Gomphocarpus  setosus,  Br.  (Asclépiadées), 
B.  M.,  tab.  7536.  — Sud  de  l’Arabie.  Plante 
assez  voisine  du  genre  Asclepias  et  d’un  in- 
térêt plutôt  botanique  qu’horticole. 

Gongora  tricolor,  Reichb.  f.  (Orchidées),  B.  M., 
tab.  7530.  — Costa  Rica.  Le  G.  tricolor  est 
allié  aux  G.  quinquenervis,maculata,  fulca,eic. 
Les  pseudobulbes  sont  ovoïdes,  à 6 côtes.  La 
grappe  est  pendante,  longuement  pédonculée  ; 
le  rachis  et  les  pédoncules  des  fleurs  étant  d’un 
rouge  sombre.  Fleurs  de  forme  très-irrégu- 
lière, ayant  environ  6 centimètres  de  longueur. 
Les  sépales  latéraux  sont  d’un  rouge  pourpre 
sombre  et  réfléchis.  Labelle  jaune  d’or. 

Grevillea  Hilliana,  F.  Muell.  (Protéacées),  B.  M., 
tab.  7524.  — Australie  orientale.  Arbre  à ra- 
meaux légèrement  tomenteux,  à feuilles  argen- 
tées à la  face  inférieure.  Fleurs  petites,  en 
grappes  spiciforines,  denses,  cylindriques,  de 
18  à 24  centimètres  de  longueur.  Serre  tem- 
pérée. D.  Bois  et  G.  Gibault. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  / L.  Bourguignon. 


chroniquæ:  horticole. 


365 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Légion  d'honneur. — _^Société  pomologique  de  France  à Rennes.  — Concours  et  congrès  pomologiques 
de  Nantes.  — École  nationale  d’horticulture  de  Versailles.  — Excursion  en  Belgique  des  élèves  de 
l’école  de  Villepreux.  — Un  bosquet  de  Thuya.  — Le  pincement  des  Ahies.  — La  Fraise  Orégon.  — 
Première  floraison  de  deux  Palmiers  dans  le  Midi.  — Epicattleya  x matutina.  — Polygonum 
Baldschuanicum.—  Œilletonnage  du  Centaurea  candidissima. — Ponr  obtenir  des  boutures  d’Anthémis. 

— Un  Rosier  blanc  rustique.  — Chrysanthèmes  singuliers.  — Nouveau  Dahlia-Cactus  C/mr/ofle  Dcegeu. 

— Nouveaux  Posa  polyantha.  — Valeur  thérapeutique  de  quelques  plantes  potagères.  — Fin  tragique 
d’un  Abricotier  géant.  — La  sécheresse  en  Australie.  — Nécrologie  : Docteur  Sachs.,  M.  J. -B.  Gibson. 


Légion  d’honneur.  — Parmi  les  promo- 
tions et  nominations  dans  l’ordre  de  la  Lé- 
gion d’honneur  faites  à l’occasion  dul4  juil- 
let, nous  relevons  les  suivantes  qui  inté- 
ressent l’horticulture  : 

Grade  de  chevalier 

MM. 

Ghatenay  (Louis-Abel),  horticulteur-pépinié- 
riste à Vitry  (Seine).  Secrétaire  général  de 
la  Société  nationale  d’horticulture  de  France 
et  de  l’Union  commerciale  des  horticulteurs 
grainiers  de  France.  Délégué  du  gouverne- 
ment français  à diverses  expositions  interna- 
tionales. Travaux  importants  sur  l’horticul- 
ture et  l’arboriculture  fruitière.  Nombreuses 
récompenses  ; 28  ans  de  pratique  horticole. 

Grosjean  (Henri),  inspecteur  général  de  l’en- 
seignement agricole  ; 16  ans  de  services. 
Titres  exceptionnels  : missions  agricoles  en 
Europe  et  aux  Etats-Unis.  Travaux  impor- 
tants et  publications  sur  l’enseignement  agri- 
cole en  France  et  à l’étranger. 


Société  pomologique  de  France  à 
Rennes.  — A l’occasion  du  Congrès  que 
tiendra  à Rennes,  du  30  septembre  au 
2 octobre  1897,  la  Société  pomologique  de 
France  (siège  de  la  Société,  à Lyon,  place 
Sathonay,  3),  la  Société  centrale  d’horticul- 
ture d’Ille-et-Vilaine  organisera  une  Expo- 
sition générale  des  fruits  de  table  de  sai- 
son (à  l’exclusion  des  fruits  à cidre),  à la- 
laquelle  sont  invités  les  horticulteurs  mar- 
chands et  les  amateurs  de  la  région. 


Calvados. 

Côtes-du-Nord. 

Eure. 

Eure-et-Loir. 

Finistère. 

Ille-et-Vilaine. 

Loire-Inférieure. 


Maine-et-Loire. 

Manche. 

Mayenne. 

Morbihan. 

Orne. 

Sarthe. 

Seine-Inférieure. 


Concours  et  Congrès  pomologiques  de 
Nantes.  — Le  14”  concours  général  et  le 
15®  congrès  pomologiques,  organisés  par 
l’Association  pomologique  de  l’Ouest,  auront 
lieu  à Nantes,  du  7 au  10  octobre. 

Le  concours  comprendra  comme  d’habi- 
tude les  fruits  de  pressoir  et  les  cidres, 
poirés  et  eaux-de-vie,  en  fûts  et  en  bou- 
teilles. Tous  les  instruments  servant  à la 
fabrication  et  à la  distillation  des  cidres, 
et  les  appareils,  ustensiles  et  outils  employés 
pour  la  culture  des  Pommiers  seront  admis 
à l’exposition  ; mais  les  pressoirs  seront 
seuls  l’objet  d’essais  spéciaux. 

Pour  prendre  part  à ce  concours  spécial 
de  pressoirs,  il  faut  deux  déclarations 
adressées,  l’une  au  commissaire  général  du 
concours,  M.  Andouard,  directeur  de  la 
Station  agronomique  à Nantes,  l’autre  à 
M.  Ringelmann,  directeur  de  la  Station 
d’essais  de  machines,  47,  rue  Jenner, à Paris. 
Les  déclarations  seront  reçues  jusqu’au 
septembre  1897. 

Parmi  les  questions  inscrites  à l’ordre  du 
jour  du  congrès,  voici  celles  qui  sont  rela- 
tives aux  fruits  à cidre  : 

lo  Parasites  et  maladies  du  Pommier. 

2»  Des  divers  principes  existant  dans  les 
fruits  à cidre  ; en  particulier,  étude  du  tannin 
et  de  la  matière  colorante. 

3«  De  la  sélection  des  fruits  à cidre. 

4°  Plantation  des  Pommiers  à cidre.  Culture 
en  verger  et  en  plein  champ.  Des  engrais  à 
employer  pour  conserver  la  fertilité  et  la  vi- 
gueur des  Pommiers . 

5®  Du  choix  des  porte-greffes  ou  intermé- 
diaires dans  l’élevage  du  Pommier.  Indiquer 
les  intermédiaires  employés  dans  chaque  ré- 
gion, leurs  avantages  et  leurs  inconvénients. 

6°  Recherches  des  influences  produites  par 
les  terrains  de  nature  différente  sur  les  qualités 
des  fruits  d'une  même  espèce. 

7o  De  la  dessication  des  fruits  à cidre. 


S’adresser,  pour  renseignements,  à M.  le 
Secrétaire  général  de  la  Société  centrale 
d’horticulture  d’Ille-et-Vilaine,  1,  contour 
de  la  Motte,  à Rennes. 


Des  questions  non  inscrites  au  pro- 
gramme pourront  être  admises  à la  discus- 
sion, si  elles  ont  fait  l’objet  d’un  mémoire 
remis  avant  la  première  seance  du  Congrès 


16  Août  1897 


16 


366 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


au  président  de  l’Association,  qui  consul- 
tera le  conseil  sur  l’opportunité  de  leur 
discussion. 

Ecole  nationale  d’horticulture  de 
Versailles.  — A la  suite  des  examens  de 
fin  d’année,  le  Conseil  des  professeurs  de 
l’Ecole  a proposé  à M.  le  Président  du 
Conseil,  ministre  de  l’agriculture,  pour  le 
diplôme,  les  trente  élèves  suivants  : 


1.  Nomblot. 

16, 

Rouillaux. 

2.  Bertoux. 

17. 

Ledru. 

3.  Sanitas. 

18. 

Potage. 

4.  Mathiaud. 

19. 

Gaschereau. 

5.  Lesourd. 

20. 

Laumonnier. 

6.  Roux. 

21. 

Monnier. 

7.  Meigne. 

22. 

Cartier. 

8.  Dupau. 

23. 

Lemoine. 

9.  Gajon. 

24. 

Rannier. 

10.  Cavalier. 

25. 

Ferré. 

12.  Pierson. 

26. 

Gourron. 

12.  Despinoy. 

27. 

Rézel. 

12.  Molland. 

28. 

Giraud. 

14.  Béhagnon. 

29. 

Guichard. 

15.  Lalaurie. 

30. 

Bielski. 

Il  a été  demandé. 

en  outre,  un  stage 

d’une  année  pour 

les  élèves  Nomblot  et 

Bertoux,  classés  les 

deux 

premiers,  une 

médaille  d’or  pour 

l’élève 

Sanitas  classé 

troisième,  une  d’argent  pour  l’élève  Ma- 
thiaud  classé  quatrième  et  une  de  bronze 
pour  l’élève  Lesourd  classé  cinquième. 

Excursion  en  Belgique  des  élèves  de 
l’Ecole  de  Villepreux.  — En  raison  de 
l’Exposition  de  Bruxelles,  le  voyage  annuel 
des  élèves  de  l’École  de  Villepreux  a eu  lieu 
en  Belgique. 

Sous  la  conduite  du  directeur  de  l’École, 
accompagné  d’un  chef  de  culture,  les  dix 
élèves  qui  composaient  la  petite  caravane 
ont  visité  successivement  : à Quessy,  les 
Forceries  de  l’Aisne;  — à Bruxelles,  la 
Compagnie  continentale  d’horticulture,  le 
Jardin  botanique,  Laeken,  et  bien  entendu, 
l’Exposition;  — à Hoeylaert,  les  Forceries 
de  M.  Sohie  et  autres;  — à Anvers,  le 
Jardin  zoologique  et  le  port;  — à Gand, 
les  établissements  de  Smet,  Pynaert,  Van 
Houtte,  etc.  ; — à Bruges,  les  maisons 
Sander  et  Vinck. 

Les  élèves  sont  revenus  par  Ostende  et 
Lille,  enchantés  d’un  voyage  instructif  qui 
leur  laissera  les  plus  agréables  souvenirs. 

Un  bosquet  de  Thuya.  — Au  cours 
d’une  visite  aux  pépinières  de  M.  Croux, 
visite  à laquelle  avaient  été  conviés  le  pré- 


sident et  quelques  membres  du  bureau  de 
la  Société  nationale  d’horticulture  de  France, 
ainsi  que  des  représentants  de  la  Presse 
horticole,  notre  collaborateur,  M.  Dauthe- 
nay,  a noté  plusieurs  particularités  intéres- 
santes, dont  il  sera  rendu  compte  dans  la 
Revue,  et  parmi  lesquelles  on  peut  citer  en 
première  ligne  un  Thuya  oceidentalis  qui 
fait  l’un  des  plus  beaux  ornements  du  parc 
de  M.  Croux.  Ce  Thuya,  haut  d’une  dizaine 
de  mètres,  s’est  autrefois  marcotté  de  lui- 
même  à la  base,  par  ses  ramifications  infé- 
rieures. Ces  ramifications  sont  devenues 
des  troncs  qui  se  sont  relevés  à quelques 
mètres  du  fût  central,  et  ont,  comme  lui, 
redressé  leurs  cimes  vers  le  ciel.  Cette  pre- 
mière génération  de  marcottes  en  a produit 
une  seconde,  la  seconde  une  troisième  ; la 
quatrième  génération  est  en  voie  de  forma- 
tion. La  réunion  de  toutes  les  cimes,  relati- 
vement rapprochées  les  unes  des  autres, 
constitue  un  bosquet  frais  et  ombragé  d’une 
aire  dont  le  diamètre  varie  de  douze  à quinze 
mètres,  et  qui  donne  la  sensation  d’un  petit 
coin  de  forêt  canadienne. 

Le  pincement  des  Abies.  — Dans  les 
cultures  du  même  établissement,  on  peut 
voir  des  Ahies  excelsa,  isolés  sur  une  pe- 
louse, véritablement  remarquables  par  la 
grande  régularité  de  leur  aspect. 

On  sait  qu’en  général  la  végétation  de 
cette  Conifère  est  irrégulière  : certaines 
branches  restent  courtes,  d’autres  s’al- 
longent au  contraire  démesurément  ; enfin 
il  est  des  étages  de  ramifications  parfois 
avortés,  si  bien  qu’en  somme,  on  voit  trop 
souvent  des  « trous  » dans  la  végétation  de 
l’arbre. 

Chez  M.  Croux,  ces  défauts  ont  été  corri- 
gés par  de  patients  pincements  opérés 
chaque  année.  Ces  pincements  doivent’avoir 
lieu  immédiatement  après  le  départ  de  la 
végétation  : il  suffit  de  casser  l’extrémité  du 
bourgeon  qui  commençait  à se  développer, 
pour  que  les  jeunes  branches  se  ramifient. 

Les  pincements  doivent  être  d’autant  plus 
abondants  que  les  branches  présentent  plus 
de  tendance  à l’élongation  ; il  faut  bien  en- 
tendu, s’en  abstenir  sur  les  rameaux  qui 
sont  restés  courts.  On  arrive  ainsi  à établir 
une  sorte  d’équilibre  dans  la  croissance  des 
rameaux  et  à obtenir  des  spécimens  tout  à 
fait  coniques  et  bien  remplis. 

La  Fraise  Orégon.  — Nous  avons  reçu 
de  M.  Paillet  fils,  à propos  de  la  Fraise  Oré 
gon,  la  lettre  suivante  : 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


367 


Vous  avez  signalé  la  Fraise  remontante  Oré- 
gon dans  le  dernier  numéro  de  la  Revue  hor-^ 
ticole  \ permettez  - moi  d’ajouter  quelques 
renseignements  sur  les  mérites  de  ce  Frai- 
sier. 

J’ai  vu  passer  pas  mal  de  variétés  de  Frai- 
siers dans  mes  cultures  ; je  n’en  ai  jamais 
trouvé  une  destinée  à rendre  d’aussi  grands 
services  : 1°  dans  les  pays  où  l’on  cultive  la 
Fraise  pour  alimenter  les  marchés,  et  2»  éga- 
lement pour  la  culture  particulière. 

J’ai  actuellement  sur  mes  Fraisiers  encore  de 
très-beaux  fruits  et  d’autres  qui  vont  succé- 
der ; malheureusement  ils  n’ont  pas  tout  leur 
développement  parce  que  nous  laissons  actuel- 
lement les  coulants  pour  nous  faire  du  plant  ; 
mais  si  ces  derniers  étaient  supprimés,  comme 
cela  se  tait  dans  la  culture  du  Fraisier,  ces 
fruits  seraient  encore  bien  plus  gros. 

De  plus,  comme  il  n’est  pas  nécessaire  de 
cueillir  des  Fraises  sur  cette  variété,  au  mo- 
ment où  les  bonnes  variétés  connues,  telles  que 
Héricart  de  Thury,  Docteur  Morère,  etc., 
donnent  leurs  fruits,  en  supprimant  les  mon- 
tants de  la  première  récolte,  on  obtiendrait 
sûrement  sur  les  montants  qui  donnent  des 
fruits  à cette  époque-ci  des  fruits  relativement 
plus  gros.  Autrement  dit,  il  s’agirait  de  sacri- 
fier la  première  récolte  au  profit  des  récoltes 
suivantes. 

La  variété  n’est  pas  très-nouvelle,  mais  elle 
n’est,  pour  ainsi  dire,  pas  répandue  : je  l’ai 
chez  moi  depuis  deux  ou  trois  ans. 

C’est  une  variété  extrêmement  vigoureuse,  qui 
donne  depuis  mai  jusqu’aux  gelées,  des  fruits  de 
toute  première  qualité,  d’une  riche  couleur,  cra- 
moisi foncé  ; certains  fruits  sont  ronds  et  légère- 
ment aplatis,  d’autres  légèrement  allongés  et  à 
chair  blanche  légèrement  rosée,  très -parfu- 
mée. De  plus  ce  qui  caractérise  cette  variété, 
c’est  que  les  coulants  qui  poussent  dans  les 
mois  de  juillet-août  fleurissent  et  donnent 
également  des  fruits  en  août,  septembre,  oc- 
tobre de  la  meme  année. 

L.  Paillet, 

Horticulteur  à Chatenay. 

Nous  n’avons  pas  expérimenté  nous- 
mêrne  la  Fraise  Orégon,  et  nous  sommes 
obligé  de  laisser  à M.  Paillet  la  respon- 
sabilité de  l’éloge  qu’il  en  fait.  Si  ces  qua- 
lités se  maintiennent  telles  que  M.  Paillet 
les  décrit,  la  Fraise  Orégon  rendra  certai- 
nement de  grands  services  ; notre  devoir 
se  borne  aujourd’hui  à la  signaler  à nos 
lecteurs. 

Première  floraison  de  deux  Palmiers 
dans  le  Midi.  — Erythea  armata,  S. 
Watson.  Ce  très  beau  Palmier,  originaire 
du  sud  de  la  Californie,  vient  de  fleurir, 
pour  la  première  fois,  dans  les  jardins  de 
Monte-Carlo,  à ce  que  nous  a appris  M. 


Louis  Fournier,  l’orchidophile  marseillais, 
qui  a observé  le  fait.  Cette  plante,  plus  con- 
nue sous  le  nom  de  Brahea  Rœzlii  par  les 
horticulteurs,  bien  qu’elle  appartienne  net- 
tement au  genre  Erytltea  fondé  par  Sereno 
Watson,  est  remarquable  par  son  feuillage 
argenté. 

Washingtonia  rohusta,  H.  Wendland. 
Autre  Palmier  dont  la  beauté  ne  le  cède  en 
rien  au  précédent.  C’est  dans  mon  jardin 
de  Colombia,  au  Golfe-Juan,  qu’il  vient  de 
fleurir,  pour  la  première  fois  en  Europe. 
En  décrivant  la  floraison  du  Washingtonia 
filifera  je  disais  qu’il  ne  nous  restait  plus 
qu’à  attendre  la  floraison  du  W.  rohusta 
pour  déterminer  sa  valeur  spécifique.  Nous 
en  avons  aujourd’hui  le  moyen. 

Epicattleyaxmatutina.  — - Cette  inté- 
ressante et  nouvelle  Orchidée  hybride 
provient  de  la  fécondation  du  Cattleya 
Bowringiana  par  VEpidendrum  radi- 
cans,  et  a été  présentée  le  23  mars  1896,  à 
la  Société  royale  d’horticulture  de  Londres, 
par  MM.  James  Veitch  and  Sons,  de 
Chelsea  (Londres).  Le  port  de  la  plante  est 
celui  de  VEpidendrum  radicans.  La  base 
de  la  tige  paraît  cependant  avoir  une  ten- 
dance à l’épaisseur  qui  pourra  s’accentuer 
avec  l’âge.  Dans  les  fleurs,  les  caractères  du 
labelle  ne  semblent  pas  non  plus  bien  fixés; 
il  en  est  un  qui,  différent  des  autres,  mon- 
tre une  tendance  à la  forme  trilobée.  Les 
sépales  et  pétales  sont  jaune  nuancé  de  ver- 
millon. Le  labelle  est  jaune  à la  base  et 
passe  au  rouge  sur  le  limbe. 

Ce  nouvel  hybride  se  perfectionnera  sans 
doute  lorsqu’il  sera  entièrement  établi  et, 
comme  les  Epidendrum,  se  cultivera  et  se 
propagera  facilement. 

Polygonum  Baldschuanicum.—  Le  Po- 

lygonum  Baldschuanicum,  Regel,  intro- 
duit de  Boukharie  en  1882,  mérite  d’être 
considéré  comme  une  des  meilleures 
plantes  vivaces  grimpantes.  Ses  fleurs  sont 
blanches  à peine  teintées  de  rose,  et  for- 
ment de  belles  et  abondantes  grappes  qui 
se  chargent,  à l’arrière-saison,  de  petits 
fruits  ailés  devenant  d’un  rouge  vif,  et  à 
l’aspect  très-décoratif.  Un  pied  de  près  de 
5 mètres  de  haut  est  en  ce  moment  en 
pleine  floraison  à Kew,  et  divers  journaux 
anglais  et  américains  en  font  l’éloge.  Rap- 
pelons à cette  occasion  que  cette  plante  a 
été  présentée  à la  Société  nationale  d’hor- 

1 Revue  horticole,  1895,  p.  155. 


368 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


ticulliire  de  France,  en  1894,  par  le  Mu- 
séum d’histoire  naturelle  de  Paris,  qui  le 
possédait  depuis  1892,  et  qu’elle  est  cul- 
tivée par  MM.  Lemoine  et  fils,  de  Nancy, 
depuis  deux  ans. 

Œilletonnage  du  Centaurea  candi- 
dissima.  — Dans  le  courant  de  l’année 
dernière,  la  Revue  liorlieole  ^ citait  le 
Centaurea  candidissima  comme  ayant 
facilement  traversé  l’hiver  1895-1896  qui 
fut,  comme  on  le  sait,  très-peu  rigoureux. 
Ce  fait  dut  se  produire  sans  doute  dans 
beaucoup  de  localités.  Le  journal  The 
Garden  nous  a appris  que,  non  seule- 
ment il  s’en  est  trouvé  des  cas  en  An- 
gleterre, mais  qu’on  en  a profité  pour 
multiplier  le  Centaurea  candidissima  par 
éclats  au  lieu  de  procéder  par  semis, 
comme  cela  se  fait  d’habitude.  Le  mode 
de  multiplication  a quelque  analogie 
avec  l’œilletonnage  des  Artichauts,  avec 
cette  différence  que  les  œilletons  — ou 
boutures  à talon  — ont  d’abord  été  repi- 
qués dans  des  pots  de  7 à 8 centimètres 
de  diamètre.  Le  compost  a été  formé  de 
moitié  de  terreau  de  feuilles  et  de  moitié  de 
sable  de  route. 

Cette  multiplication  peut  se  faire  en  fé- 
vrier-mars, sur  couche,  et  l’on  pourra 
obtenir  ainsi  de  fortes  plantes  bonnes  à 
planter  de  bonne  heure. 

Si  l’on  considère  que  l’hiver  1896-1897 
a été  aussi  bénin  que  le  précédent,  il  y a 
des  chances  pour  que  l’opération  que  nous 
citons  ait  été  pratiquée  deux  années  de  suite 
sur  des  plantes  de  même  lignée,  par  quelque 
jardinier  ingénieux. 

Pour  obtenir  des  boutures  d’Anthé- 
mis.  — Il  arrive  fréquemment  que  les  An- 
thémis {Chrysanthemum  frutescens)  se 
maintiennent  en  état  de  floraison  depuis 
leur  plantation  jusqu’aux  gelées,  au  point 
que  les  jardiniers  n’y  trouvent  que  très-peu 
de  boutures,  toutes  les  ramifications  produi- 
sant constamment  des  fleurs.  Nous  tenons 
de  M.  Glliard,  horticulteur  à Boulogne-sur- 
Seine,  le  procédé  suivant  qui  obvie  à cet 
inconvénient  : 

On  réserve  un  certain  nombre  d’Anthé- 
mis  que  l’on  empote  en  grands  pots  (de  12 
à 18  centimètres  de  diamètre  selon  la  force 
des  pieds).  On  laisse  fleurir  ces  potées  jus- 
qu’au milieu  de  la  belle  saison,  puis  on  les 
taille.  Cette  taille  consiste  en  un  demi-ra- 

^ Voir  Ri  vue  horticole^  1896,  p.  175. 


battage  des  rameaux  ; de  cette  façon,  il  sort 
de  leurs  aisselles  une  quantité  de  rameaux 
secondaires  qui  n’auront  pas  le  temps  de 
« prendre  le  bouton  » avant  l’arrière-sai- 
son. Aussitôt  après  cette  taille  et  jusqu’au 
moment  de  la  prise  des  boutures(septembre), 
il  faut  tenir  la  main  à donner  aux  plantes 
des  arrosements  abondants,  pour  favoriser 
ce  nouveau  départ  de  végétation. 

Un  Rosier  blanc  rustique.  — Il  s’agit 
du  Rosa  kamtschatica  hlanc  double 
de  Couhert,  qui  fut  mis  au  commerce 
en  1893  par  M.  Cochet-Cochet.  Une  branche 
fleurie  de  ce  Rosier  fut  présentée  à la 
Société  nationale  d’horticulture.  Longue 
de  10,  elle  portait  38  fleurs.  Les  fleurs  en 
sont  doubles,  presque  pleines,  réunies  en 
corymbes  de  6 à 10,  s’ouvrant  par  2 et  3 à la 
fois.  Le  diamètre  de  chaque  fleur  peut 
atteindre  jusqu’à  12  centimètres.  Le  Jowna? 
des  Roses,  auquel  nous  emprunlons  ces  dé- 
tails, revient  sur  cette  variété  peu  répandue 
pour  la  signaler  comme  étant  absolument 
réfractaire  à la  gelée.  Elle  est  aussi  très- 
décorative  dans  les  parcs. 

Chrysanthèmes  singuliers.  — A propos 
des  formes  bizarres  que  présentent  certains 
Chrysanthèmes  nouveaux,  M.  Viviand-Morel 
fait  ressortir  combien  sont  différents  les  avis 
des  horticulteurs  touchant  l’introduction  de 
ces  formes  dans  les  collections.  Notre  con- 
frère fait  observer  avec  beaucoup  de  raison 
que  l’adoption  d’une  nouveauté  doit  être  su- 
bordonnée à l’usage  que  l’on  veut  en  faire.  Il 
va  de  soi,  par  exemple,  qu’un  fleuriste  qui 
fait  le  commerce  de  la  fleur  coupée  devra  y 
regarder  à deux  fois  avant  de  donner  une 
place  dans  ses  cultures  à des  variétés  de 
structure  plus  ou  moins  irrégulière.  Mais  il 
n’en  est  pas  de  même  de  l’amateur  qui,  lui, 
s’attache  d’abord  aux  formes  intéressantes, 
qu’elles  soient  « de  bonne  vente  » ou  non. 
Aussi,  M.  Viviand-Morel  n’hésite-t-il  pas  à 
recommander  à ces  derniers  les  variétés 
nouvelles  : Shavings,  dont  le  capitule  semble 
donner  naissance  à de  longs  copeaux  con- 
tournés, et  Mistress  W.  H.  Rand,  aux 
longues  et  étroites  ligules  en  lanières. 

Nouveau  Dahlia  - Cactus  Charlotte 
Deegen.  — Sous  ce  nom,  on  annonce 
une  intéressante  nouveauté  obtenue  par 
M.  Max  Deegen,  de  Kostriz.  La  forme  des 
fleurs  de  ce  Dahlia  serait  sensiblement  per- 
fectionnée ; les  ligules,  tout  en  conservant 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


369 


la  former  Cactus  »,  seraient  gracieusement 
incurvées.  La  couleur  serait  jaune  citron 
passant,  vers  l’extrémité  des  ligules,  au 
blanc  avec  une  pointe  d’un  jaune  éclatant. 

Nouveaux  Rosa  polyantha.  — Le 

Gardeners'  Chronicle,  dans  son  numéro 
du  l®**  mai  1897,  appelle  l’attention  de  ses 
lecteurs  sur  trois  nouvelles  variétés  de 
Roses,  voisines  de  la  Rose  multiflore 
Crimson  Rambler.  Ces  nouveautés,  mises 
au  commerce  par  M.  P.  Lambert,  à Trêves, 
portent  les  noms  des  trois  Grâces  : Aglaia, 
Euphrosyne  et  Thalia.  Elles  ne  provien- 
nent pas  du  hasard  d’un  semis,  mais  de 
fécondations  artificielles  entre  les  Rosa 
polyantha  sarmentosa  et  des  variétés 
d’autres  groupes. 

Aglaia  a les  fleurs  bien  doubles,  en 
coupe,  dans  le  genre  de  la  Rose  Gloire  des 
Polyantha,  de  couleur  jaune-verdâtre  bril- 
lant et  à odeur  de  Rose-Thé. 

Euphrosyne  a les  fleurs  rose-clair  et  le 
revers  des  boutons  d’un  rouge  carmin  très- 
brillant. 

Les  fleurs  de  Thalia  sont  d’un  blanc 
pur. 

Valeur  thérapeutique  de  quelques 
plantes  potagères.  — Jusqu’ici,  on  ne 
connaissait  guère  que  les  qualités  culinaires 
de  l’Ognon.  Un  de  ses  principaux  mérites, 
celui  de  faire  la  « soupe  à l’Ognon  »,  com- 
pensait le  défaut  qu’il  avait  de  faire 
pleurer  les  cuisinières.  Un  ouvrage  mé- 
dical allemand  indique  d’autres  pro- 
priétés de  rOgnon  que  nous  citons  ici 
sous  toutes  réserves  et  qui  nous  paraissent 
rentrer  dans  les  recettes  des  formulaires 
du  moyen  âge  : un  Ognon  entier,  mangé 
en  se  mettant  au  lit,  arrête  un  refroidisse- 
ment. En  cataplasme,  ses  bulbes  sont  un 
remède  souverain  contre  l’enrouement. 
Enfin,  le  jus  d’un  Ognon  écrasé  contient 
une  substance  propre  à calmer  les  nerfs. 

Le  Céleri,  pris  à temps,  détourne  la  mi- 
graine et  les  névralgies.  Mangez  du  Cé- 
leri de  temps  en  temps,  dit  l’auteur,  cela 
vous  permettra  de  supporter  certains  en- 
nuis qui  ne  manquent  pas  de  nous  assaillir 
tous.  » L’auteur  a oublié  d’indiquer  les- 
quels ? 

Pour  l’Épinard,  il  résulte,  d’une  commu- 
nication du  célèbre  chimiste  Bünge,  que 
ce  légume  contient  une  grande  quantité  de 
fer.  On  sait  déjà  qu’il  a été  baptisé  le  balai 
des  voies  digestives. 

Voilà  qui  est  pour  fortifier  la  thèse  de 


M.  Sarcey  et  de  M.  Viaud,  les  apôtres 
convaincus  et  persévérants  du  végétarisme. 

Fin  tragique  d’un  Abricotier  géant.  — 

La  Revue  horticole  des  Bouches-du- 
Rhône  s.  s\gm\é  la  disparition  d’un  Abrico- 
tier presque  séculaire,  qui  faisait,  à Hyères, 
l’orgueil  d’un  verger.  Le  tronc  de  ce  géant 
mesurait  2"^  70  de  tour.  Ses  branches 
s’étendaient  sur  un  cercle  de  quinze  mètres 
de  circonférence.  Sous  son  ombrage,  vingt- 
cinq  personnes  pouvaient  s’abriter  du  so- 
leil. R a produit  jusqu’à  4,000  kilos  de 
fruits  en  une  seule  saison.  Plusieurs  fois, 
sa  récolte  sur  pied  fut  vendue  500  francs. 

Cet  Abricotier,  qui  appartenait  à la  va- 
riété dite  Abricot  royal,  avait  poussé  au 
hasard.  Il  fut  planté  il  y a 70  ans. 

Avec  l’âge,  une  partie  du  tronc  finit  par 
s’évider,  et  des  frôlons  vinrent  s’établir 
dans  son  creux.  Dernièrement,  le  proprié- 
taire, tenant  à le  débarrasser  de  ses  loca- 
taires incommodes,  voulut  les  étouffer  en 
allumant  du  soufre  à l’orifice,  et  s’en  re- 
tourna, l’opération  terminée,  pensant  avoir 
fait  un  beau  coup. 

Malheureusement,  le  feu  qui  couvait  à 
l’intérieur  de  l’arbre,  activé  par  le  souffle 
du  mistral,  le  consuma  pendant  la  nuit. 

Le  lendemain,  plus  d’arbre,  mais,  sur  le 
sol,  des  débris  calcinés.  Le  propriétaire, 
dit-on,  en  fut  stupéfait.  Il  y avait  de  quoi. 

La  sécheresse  en  Australie.  — La 

Feuille  d'information  du  ministère  de 
V Agriculture  nous  apprend  qu’une  ef- 
froyable sécheresse  désole  actuellement,  en 
Australie,  la  colonie  de  Victoria  et  une 
partie  de  la  Nouvelle-Galles  du  Sud.  Des 
régions  entières  manquent  totalement 
d’eau,  et  l’on  n’y  rencontre  plus  même  un 
brin  d’herbe.  Il  ne  restera  bientôt  plus  de 
bétail  vivant.  Les  pertes  sont  incalculables. 

Nécrologie  : Docteur  Sachs.  — Un  des 
botanistes  les  plus  connus  de  l’Allemagne, 
mort  le  29  mai  à Wurzbourg,  où  il  était 
professeur  à l’Université.  Il  avait  65  ans. 
On  a de  lui  un  excellent  traité  de  botanique 
qui  a été  traduit  en  français  par  M.  Van 
Tieghem. 

M.  J.  T.  Gibson.  — Inspecteur  général 
des  parcs  royaux  de  Londres,  M.  Gibson 
est  mort  le  17  mai  dernier,  à l’âge  de  57 
ans.  Sous  sa  direction,  l’art  de  décorer  les 
jardins  publics  avait  fait  de  grands  progrès 
dans  la  capitale  de  l’Angleterre. 

Éd.  André. 


370 


DESCRIPTION  DES  PLUS  BELLES^ESPÈCES  d’eUCALYPTUS. 


DESCRIPTION  DES  PLUS  BELLES  ESPÈCES  D’EUCALYPTUS  ‘ 


Nous  n’entreprendrons  pas  de  décrire  ici 
toutes  les  espèces  introduites  dans  les  cul- 
tures ; nous  limiterons,  au  contraire,  notre 
choix  à un  petit  nombre  d’espèces  les  plus 
intéressantes  par  leur  beauté,  leur  rusticité, 
leur  emploi  ornemental  ou  par  quelques 
autres  particularités. 


E.  Globulus,  Labill.  (fig.  126).  — C’est  le 
« Elue  Gum  Tree  » des  Australiens  ; de  beaucoup 
le  plus  important  du  genre,  le  premier  introduit 
et  le  plus  répandu  non  seulement  en  Europe, 
mais  dans  presque  tous  les  pays  du  monde. 
Son  état  juvénile  est,  comme  on  le  sait,  très- 
diftérent  de  l’état  adulte.  Sa  teinte  excessive- 
ment glauque,  pruineuse  même,  est  des  plus 
caractéristiques  et  motive  son  emploi  ornemen- 
tal à l’état  de  jeune  plante.  Sous  cette  forme, 

* Eevue  horticole^  1897,  page  288. 


ses  rameaux  portent  des  feuilles  opposées,  ses- 
sibles  et  cordiformes,  tandis  qu’à  l’état  adulte 
elles  sont  alternes,  pétiolées,  étroitement  lancéo- 
lées, très-épaisses,  coriaces,  fortement  arquées. 
Les  fleurs  sont  grosses,  axillaires,  généralement 


solitaires,  sessiles,  à calice  verruqueux,  présen- 
tant cinq  côtes,  de  même  que  l’opercule  qui  est 
déprimé  et  apiculé.  Le  fruit  conserve  la 
forme  primitive  du  calice  et  présente  à la  ma- 
turité une  large  ouverture  à cinq  dents.  En  Tas- 
manie, son  pays  natal,  cet  arbre  magnifique 
atteint  jusqu’à  100  mètres  de  haut.  Nous  par- 
lerons plus  loin  de  ses  emplois  horticoles. 

E.  amygdalina,  Labill.  — Très-grand  arbre. 


DESCRIPTION  DES  PLUS  BELLES  ESPÈCES  D^EUCALYPTUS. 


371 


nommé  en  anglais  « Giant  ou  Swamp  Gum, 
Mountain  Ash  »,  dont  les  rameaux,  minces  et 
flexueux,  portent  à l’état  adulte  des  feuilles 
très-étroites,  longues,  pendantes  et  luisantes. 
Les  fleurs  sont  très-petites,  réunies  par  quinze 
environ,  en  bouquets  axillaires,  à opercule  ob- 
tus et  devenant  un  tout  petit  fruit  pyriforme 
de  la  grosseur  d’un  grain  de  Chanvre. 

E.  Andreana,  Naudin  (fig.  127). — Belle  es- 
pèce décrite  ici  il  y a quelques  années  ‘ et  qui  se 
rapproche  de  l’espèce  précédente,  avec  laquelle 
on  l’avait  sans  doute  confondue,  quoique  bien 
distincte.  La  figure  ci-contre  nous  dispense 
d’en  indiquer  l’aspect  général.  C’est  un  arbre 
hautement  ornemental,  déjà  répandu  en  Pro- 
vence, où  il  a été  introduit  par  M.  Ed.  André. 


E.  calophylla,  R.  Br.  — Très-bel  arbre  d’une 
quarantaine  de  mètres,  à larges  feuilles  ovales - 
lancéolées,  mucronées  et  rigides.  Les  fleurs 
sont  assez  grandes,  surmontées  d’un  opercule 
déprimé,  obtus  et  disposées  en  panicules  termi- 
nales lâches  et  à pédoncules  aplatis  ; les 
fruits,  de  la’grosseur  d’une  Noix,  sont  urcéolés 
et  ligneux.  L’arbre  est  très- décoratif  par  son 
grand  et  beau  feuillage. 

E.  citriodora,  Ilook.  — Bel  arbre  à port  élancé, 
très-décoratif  pour  les  serres,  à feuilles  lan- 
céolées, de  10  centimètres  environ  de  long,  lui- 
santes, exhalant  lorsqu’on  les  froisse  une  agréa- 
ble odeur  aromatique  et  citronnée.  Les  fleurs 
ont  un  opercule  pointu  et  sont  disposées 
par  trois-cinq  en  panicules  terminales.  Les 


Fig.  128.  — Eucalyptus  Cosmophylla. 


fruits,  gros  comme  un  pois,  sont  un  peu 
urcéolés. 

E.  cosmophylla,  F.  Muell.  (fig.  128j.  — Petit 
arbre  à feuilles  uniformes,  ovales  ou  lancéo- 
lées, droites  ou  arquées  et  longues  de  7 à 
10  centimètres  à l’état  adulte.  Les  fleurs  sont 
disposées  en  cymes  axillaires,  avec  un  opercule 
déprimé,  mais  pointu  et  les  fruits,  arrondis, 
atteignent  la  grosseur  d’une  Noisette. 

E.  coccifera,  Hook.  — Petit  arbre  recomman- 
dable par  sa  grande  rusticité,  dont  les  feuilles 
à l’état  juvénile  sont  opposées  et  ovales,  tandis 
que  celles  de  l’état  adulte  sont  alternes,  ovales- 
lancéolées,  mucronées,  arquées  et  très-glau- 

’ Revue  horticole,  1890,  p.  346. 


ques.  Les  fleurs  sont  purpurines,  disposées  en 
ombelles  axillaires,  claviformes  en  bouton, 
avec  un  opercule  à peine  distinct.  Le  fruit  est 
gros  comme  un  pois  et  pyriforme  ou  tur- 
biné. 

E.  diversicolor,  F.  Muell.  (Syn.  E.  colossea, 
Hort.  i.  — Grand  arbre  atteignant  des  propor- 
tions telles  qu’elles  lui  ont  valu  son  nom  horti- 
cole, car  on  le  dit  dépasser  100  mètres  de  hau- 
teur dans  son  pays  natal.  Ses  feuilles  sont  uni- 
formes, ovales  quand  elles  sont  jeunes,  puis 
lancéolées  et  arquées  à l’état  adulte,  avec  une 
longueur  de  8 à 12  centimètres.  Les  fleurs  sont 
disposées  de  sept  à onze  en  ombelles  axillaires 
ou  parfois  solitaires,  avec  un  opercule  conique 
et  obtus;  le  fruit  est  gros  et  arrondi  comme 
un  pois,  avec  une  petite  ouverture.  Ce  bel 


372 


DESCRIPTION  DES  PLUS  BELLES  ESPÈCES  d’eUCALYPTUS. 


arbre  est  assez  répandu  en  Provence  et  en  Al- 
gérie. 

E.  gomphocephala,  D G.  (fig.  129).  — Le 
« Touart»  des  Australiens,  remarquable  par  son 
port  pyramidal  et  son  beau  feuillage,  dont  les 
feuilles  uniformes  sont  largement  ovales,  ai- 
guës, droites  ou  à peu  près  et  longues  de  12  à 
15  centimètres.  Ses  fleurs  sont  réunies  par 
trois  à sept  en  cymes  axillaires,  à pédoncules 
aplatis  et  tordus,  avec  un  grand  opercule  plus 
large  que  le  calice,  obtus  et  verruqueux.  Le 
fruit  est  conique,  à capsule  un  peu  exserte. 

E,  Gunnii,  Hook.  — C’est  un  petit  arbre  de 
10  à 12  mètres  de  haut,  très-résistant  et  nommé 
par  les  colons  anglais  « Gider  Tree  et  Swamp 
Gum  »,  parce  qu’il  croît  dans  les  lieux  hu- 


mides. Ses  feuilles  sont  dimorphes;  les  adultes 
ovales,  ondulées  et  longues  de  12  à 15  centi- 
mètres. Les  fleurs  sont  blanches,  réunies  par 
trois  sur  de  très-courts  pédoncules  axillaires, 
à opercule  conique,  ainsi  que  les  fruits,  dont  la 
grosseur  égale  celle  d’un  Pois. 

E.  marginata,  Smith,  (fig.  130).  — Nommé 
« Jarrah  ou  Mahogany  Eucalypt  »,  en  Aus- 
tralie, c’est-à-dire  Acajou,  parce  que  son  bois 
est  très-dur,  à grain  fin  et  très-résistant  à l’eau  ; 
on  l’importe  en  Europe  pour  divers  usages. 
G’est  un  bel  arbre  de  30  mètres  et  plus  de  haut, 
mais  très-rare,  paraît-il,  en  Europe  ; ses 
feuilles  sont  longues  de  10  à 12  centimètres, 
arquées  et  luisantes  en  dessus,  pâles  en  dessous. 
Les  fleurs  sont  réunies  en  ombelles  axillaires 
vers  le  sommet  des  rameaux  et  surmontées  d’un 


opercule  conique.  Le  fruit  devient  sphérique, 
gros  comme  une  Noisette,  avec  une  ouverture 
étroite. 

E.  occidentalis,  Endl.  — Arbre  moyen,  dont 
la  cime  devient,  avec  l’âge,  large  et  déprimée, 
d’où  son  nom  anglais  de  « Flat-topped  Yate  » 
et  fleurissant  très-jeune.  Ses  feuilles  attei- 
gnent 6 à 10  centimètres  de  long  et  sont  droites 
ou  arquées.  Les  fleurs  sont  disposées  par  sept  en 
ombelles  axillaires,  à pédoncules  plus  longs 
que  les  feuilles,  et  les  fruits  sont  pendants, 
campanulés,  de  la  grosseur  d’un  Pois. 

E.  Preissiana,  Schauer.  — G’est  un  arbuste 
rigide,  de  3 à 4 mètres  de  hauteur,  à rameaux 
anguleux,  très-distinct  par  son  port  et  décoratif 
par  ses  grandes  fleurs  jaune  citron,  réunies 
par  trois  sur  de  larges  pédoncules,  avec  un 


opercule  hémisphérique  et  mamelonné.  Le  fruit 
est  obconique,  gros  comme  une  Noix  et  large- 
ment ouvert  au  sommet.  Lesfeuilles  sont  presque 
toutes  opposées,  de  forme  variable,  ovales  ou 
lancéolées,  très-épaisses  et  longues  de  8 à 
12  centimètres. 

E.  robusta,  Smith,  (fig.  131).  — Le  « Swamp 
Mahogany  » ou  Acajou  des  marécages,  des 
Australiens,  est  un  bel  arbre  de  30  mètres  et 
plus,  commun  en  Provence,  très-décoratif  à 
l’état  adulte  et  aussi  un  des  plus  beaux  à l’état 
de  jeunes  plantes,  pour  les  garnitures  tempo- 
raires. La  figure  ci-contre  montre  si  nettement 
ses  caract(  res  que  nous  avons  peu  à y ajouter. 
Ses  grandes  feuilles  sont  épaisses,  coriaces, 
et  d’un  beau  vert  luisant.  Ses  fleurs  sont  assez 
grandes,  élégantes,  disposées  en  ombelles  axil- 
laires, à pédoncule  commun  aplati;  l’opercule 


DESCRIPTION  DES  PLUS  BELLES  ESPÈCES  d’eUCALYPTUS.  373 

est  sphéiique  et  assez  longuement  apiculé;  le  a la  grosseur  d’un  grain  de  poivre  et  la  capsule 

fruit  est  assez  gros  et  reste  largement  ouvert  au  est  très  - saillante. 

sommet. 


Fig.  131.  — Eucalyptus  robusta. 


E.  rostrata,  Schleclit.  — Connue  sous  le 
nom  anglais  de  « Red  Gum  »,  cette  espèce  est 
très-méritante  et  commune  dans  le  Midi  et  en 


U.  urnigera,  Hook.  — Arbre  moyen,  recom- 
mandable pour  sa  rusticité,  qui  lui  permet  de 
supporter,  dit-on,  jusqu’à  12  degrés  |de  froid. 
Il  fructifie  parfaitement  en  Bretagne  et  jus- 
qu’en Écosse.  Ses  feuilles  sont  dimorphes  ; les 
adultes  lancéolées  et  longues  de  5 à 7 centi- 
mètres. Les  fleurs  sont  réunies  par  trois,  avec 


Fig.  130.  — Eucalyptus  marginata. 

Algérie,  où  elle  dispute  la  place  à VE.  Globu- 
lus,  à cause  des  qualités  de  son  bois  ; sa  hau- 
teur dépasse,  dit-on,  100  mètres  dans  son 
pays  natal.  Ses  feuilles  sont  uniformes,  lan- 
céolées, pendantes,  presque  droites,  de  10  à 
15  centimètres  de  long  et  glaucescentes.  Les. 
fleurs,  réunies  jusqu’à  vingt-cinq  en  ombelles 
axillaires,  ont  un  opercule  longuement  pro- 
longé en  bec,  d’où  son  nom  spécifique.  Le  fruit 


un  opercule  déprimé,  mais  mamelonné  au 
centre  et  les  fruits,  gros  comme  un  Pois,  sont 
urcéolés,  avec  la  capsule  profondément  in- 
cluse. 

E.  viminalis,  Labill.  — C’est  un  bel  arbre 
haut  d’une  trentaine  de  mètres,  de  forme  pyra- 
midale, dont  les  longs  rameaux  flexueux,  ainsi 
que  les  feuilles  longuement  lancéolées,  droites 
et  pendantes,  ont  une  teinte  vert  jaunâtre  qui 
lui  donne  un  peu  l’aspect  d’un  Saule,  d’où  son 
nom  spécifique.  Les  Anglais  le  désignent  sous 
les  noms  de  « Manna  Gum  » ou  « White  Gum  ». 


374 


LES  PERFECTIONNEMENTS  DU  PRIMULA  OBCONIGA. 


Ses  fleurs  sont  réunies  par  trois  et  coiffées  d’un 
opercule  jun  peu  conique.  Le  fruit  est  subglo- 
buleux et  gros  comme  un  Pois. 

Nous  pourrions  ajouter  à cette  liste,  déjà 
longue,  encore  beaucoup  d’autres  espèces 
intéressantes  à divers  points  de  vue,  mais 
nous  pensons  avoir  signalé  les  plus  méri- 


tantes et  un  nombre  suffisant  pour  satisfaire 
aux  désirs  des  lecteurs  qui  peuvent  en 
entreprendre  la  culture. 

Nous  parlerons,  dans  un  prochain  nu- 
méro, de  la  culture  et  de  la  multiplication 
des  Eucalyptus. 

S,  Mottet. 


LES  PERFECTIONNEMENTS  DU  PRIMULA  ORCONICA 


Le  Primula  ohconica,  Hance,  est  origi- 
naire de  Chine,  où  il  fut  trouvé  une  pre- 
mière fois  en  1869  par  l’abbé  David,  au 
Thibet,  puis  une  deuxième  fois,  par  l’abbé 
Delavay,  dans  le  Yunnan.  La  Revue  hor- 
ticole en  a signalé,  en  1890,  l’introduction 
en  Europe L E.  A.  Carrière  en  donna  la 
description  en  1892  ^ 11  pressentait  alors 
que  cette  espèce  serait  bientôt  la  souche  de 
variations  importantes.  « Tout,  chez  ces 
plantes,  — disait- il,  tend  à se  modifier 
dans  les  fleurs,  même  très-sensiblement,  et 
comme  cette  espèce  est  très-vigoureuse  et 
qu’elle  graine  facilement,  il  est  donc  hors 
de  doute  que,  dans  un  avenir  prochain,  le 
commerce  sera  en  possession  d’un  nombre 
considérable  de  variétés.  - Déjà,  entre  la 
forme,  les  dimensions,  l’aspect,  la  couleur 
et  la  nuance  des  fleurs,  il  y a des  modi- 
fications très-diverses,  ce  qui  est  un  signe  à 
peu  près  sûr  de  la  sortie  prochaine  de  belles 
et  bonnes  variétés  ».  D’ailleurs,  à cette 
époque,  M.  Léonard  Lille,  de  Lyon,  en  an- 
nonçait déjà  une  forme  : P.  ohconica 
grandiflora.  En  1893,  la  Revue  horticole 
signala  une  variation  obtenue  de  semis  par 
MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C‘°%  et  qui, 
plus  floribonde  que  le  type,  possédait  des 
fleurs  sensiblement  plus  grandes.  MM.  Vil- 
morin présentèrent  en  1896  à la  Société  na- 
tionale d’horticulture  de  France  un  Pri- 
mula ohconica  grandiflora  alba  remar- 
quable, non  seulement  par  les  dimensions 
inusitées  des  fleurs,  mais  par  leur  régularité 
et  par  la  première  apparition  d’une  légère 
fimbriature.  En  examinant  cette  plante,  les 
horticulteurs  doués  d’un  certain  « flair  » 
pouvaient  se  demander  sérieusement  si  un 
tel  progrès  n’était  pas  dû  à l’intervention 
du  pollen  de  nos  si  jolies  variétés  à grande 
fleur  et  à grande  fleur  frangée  du  Pri- 

^ Voir  Revue  horticole,  1890,  p.  92. 

2 Voir  Revue  horticole,  1892,  p.  113. 

3 Voir  Revue  horticole,  1893,  p.  123. 

^ Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  136. 


muta  smensis.  La  même  année^,  M.  Jules 
Rudolph,  comparant  entre  elles  les  deux 
espèces,  faisait  ressortir  que  si  toutes  les 
perfections  de  forme  étaient  pour  le  P.  si- 
nensis,  le  P.  ohconica  l’emportait  par  son 
extraordinaire  floribondité  et  sa  grande 
rusticité.  Le  croisement  entre  ces  deux  es- 
pèces était  tout  indiqué,  et  sans  que  les  se- 
meurs aient  dévoilé  leurs  secrets  à cet 
égard,  il  est  permis  de  penser  que  cela  a été 
fait.  Il  nous  a d’ailleurs  été  donné  d’appré- 
cier les  efforts  tentés  dans  ce  sens  par  plu- 
sieurs autres  horticulteurs  et  jardiniers 
français  ; ceux  qui,  à notre  connaissance, 
sont  arrivés  le  plus  près  des  perfectionne- 
ments obtenus  par  la  maison  Vilmorin  sont 
M.  J.  Sallier,  l’horticulteur  bien  connu 
de  Neuilly-sur-Seine,  et  M.  Narbouton, 
jardinier  de  M.  Binder,  à Maisons-Laffitte. 
Cette  année-ci,  on  a pu  admirer,  le  25  juil- 
let de  très -purs  spécimens  de  Pri- 
mula ohconica  rosea,  obtenus  par  M.  J. 
Sallier,  et,  le  11  mars  \ des  exemplaires  fort 
bien  caractérisés  de  P.  ohconica  à graiide 
fleur  frangée  et  à grande  fleur  hlanc  }our, 
obtenus  par  MM.  Vilmorin-Andrieux  etC‘e. 

En  Angleterre,  l’amélioration  de  l’espèce 
qui  nous  occupe  a suivi,  pour  ainsi  dire, 
-une marche  similaire  et  parallèle.  Le  jour- 
nal The  Garden  a publié  une  planche  colo- 
riée représentant  un  pied  de  P.  ohconica 
dont  les  fleurs  ne  mesurent  pas  moins  de 
4 centimètres  de  diamètre.  Ce  pied  est,  en 
réalité,  une  forme  sélectionnée  de  la  forme 
grandiflora  connue.  Nombreuses  ont  été, 
ces  dernières  années  et  particulièrement  en 
1896,  les  présentations  à la  Société  royale 
de  Londres,  de  perfectionnements  successifs 
du  P.  ohconica,  soit  dans  le  sens  rosea, 
soit  dans  le  sens  grandiflora.  Il  faut  citer, 
entre  autres,  celles  faites  par  M.  le  D*"  Mas- 
ters, MM.  Veitch  et  fils,  M.  T.-S.  Ware, 

s Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  238. 

Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  141. 

' Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  163. 


DIX  POIRES  CONTESTÉES. 


375 


M.  Hyde,  etc.  Pour  plusieurs  d’entre  elles, 
la  fécondation  par  le  P.  sinensis  a été  indi- 
quée, sans  qu’aucun  caractère  organogra- 
phique  de  cette  espèce  ait  jamais  affecté  os- 


tensiblement le  produit  des  croisements. 
Des  explications  concluantes  ontété  données 
à cet  égard  par  M.  le  professeur  Hunslow  et 
M.  le  D'’  Masters.  H.  Dauthenay. 


DIX  POIRES  CONTESTÉES 


Voici  bien  longtemps  qu’on  nous  entre- 
tient des  bons  fruits  ; si  nous  parlions  un 
peu  des  médiocres  ! 

L’année  dernière,  M.  Croux  a eu  le  pre- 
mier cette  pensée  et  il  a proposé  à la  sec- 
tion de  Pornologie  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France  la  suppression  des 
Poires  dont  les  noms  suivent  : 


Anna  Audusson. 
Beurré  de  Nivelles. 
Beurré  Gambier. 
Boutoc. 

Broom  Park. 


Duvergnies. 

Favorite  Joannon. 
Madame  Grégoire. 
Marie  Parent. 
Professeur  Hortolès. 


Pour  ma  part,  je  sais  gré  au  pépiniériste 
de  la  vallée  d’Aulnay  d’avoir  émis  cette 
proposition  hardie.  La  section  pornologique 
de  Paris,  il  est  vrai,  ne  l’a  pas  adoptée, 
trouvant  qu’elle  est  l’expression  d’un  juge- 
ment trop  sévère. 

Eh  bien  ! cela  ne  fait  rien  : sévère  ou 
non,  la  proposition  — avec  une  liste  peut- 
être  plus  longue  — reviendra  devant  ses 
juges  qui  se  rendront  à l’évidence  et  fini- 
ront par  la  ratifier. 

Mais,  direz-vous,  ce  sont  des  fruits  qui 
ont  été  adoptés  par  la  Société  pornologique 
de  France. 

A cela  je  répondrai  que  ces  radiations 
n’incriminent  en  rien  la  valeur  des  appré- 
ciations de  cette  Société. 

En  effet  : qu’est- ce  que  se  proposent  les 
Congrès  pomologiques  ? Ils  se  proposent  de 
rechercher  des  fruits  meilleurs  et  de  les 
faire  connaître. 

Si  vous  admettez  qu’il  apparaît  des 
fruits  supérieurs  à ceux  déjà  connus  — et 
il  faut  bien  l’admettre,  bien  que  ce  soient  là 
des  faits  assez  rares  — vous  admettez,  en 
même  temps,  la  suppression  des  fruits 
dont  les  qualités  de  goût,  de  volume,  de 
précocité,  de  tardivité  ou  de  fertilité  ont 
été  dépassées  par  celles  des  nouveaux  venus. 

Je  vais  donc  plus  loin  que  M.  Croux  : 
je  pense  que  la  Société  pornologique,  elle- 
même,  devrait  recommencer  à étudier  pa- 
rallèlement et  d’une  manière  sévère,  en 
même  temps  que  les  fruits  proposés  pour 
l’adoption,  ceux  qu’on  désignera  pour  la 
radiation. 


En  quelques  années  d’un  travail  de  ce 
genre,  la  nomenclature  des  fruits  sera 
expurgée  d’un  trop  plein  sans  valeur,  et  les 
lecteurs  des  catalogues  de  pornologie  n’au- 
ront plus  l’embarras  qu’ils  éprouvent  au- 
jourd’hui devant  tant  de  Poires,  de  Pom- 
mes, de  Pêches  cotées  bonnes,  et  cependant 
si  différentes  même  au  point  de  vue  de  la 
saveur. 

Il  y aurait  bien  un  autre  moyen  d’éviter 
cet  embarras  ; ce  serait  d’avoir  un  plus 
grand  nombre  de  degrés  dans  le  mode 
d’appréciation  de  la  valeur  sapide  ; la  So- 
ciété pornologique  n’en  a que  deux  : bon  et 
très-bon.  C’est  tout  à fait  insuffisant. 

M.  Paul  de  Mortillet,  plus  pratique,  en 
avait  adopté  5,  représentés  par  des  chiffres, 
de  simples  cotes,  dont  la  moyenne  est  5 et 
le  maximum  10. 

Ainsi,  l’auteur  de  « Quarante  Poires  », 
en  donnant  la  cote  de  bonté  : 10  au  Passe- 
Colmar  et  5 seulement  au  Beurré  Clair- 
geau,  nous  fait  apprécier  tout  de  suite  les 
nuances  qui  séparent  le  goût  de  la  pre- 
mière Poire  du  goût  de  la  seconde. 

Mettez  aussi,  comme  l’a  fait  encore 
M.  de  Mortillet,  5 degrés  pour  apprécier  la 
beauté  de  ces  mêmes  fruits,  5 degrés  pour 
la  fertilité  de  l’arbre  et  5 pour  sa  vigueur, 
vous  arrivez  ainsi  à une  détermination 
beaucoup  plus  précise  de  la  valeur  relative 
de  chaque  arbre. 

Essayons  de  voir,  par  ce  procédé,  ce 
qu’est  la  Poire  Anna  Audusson,  la  pre- 
mière présentée  pour  être  rayée  des  fruits 
recommandables  sur  la  liste  de  M.  Croux, 
nous  trouvons  : 

Cotes. 


Saveur 3 

Volume  5 

Fertilité  de  l’arbre.  ...  2 

Vigueur 3 


J’ai  souligné  exprès  les  qualités  regar- 
dées avec  raison  comme  essentielles  : la 
saveur  du  fruit  et  la  fertilité  de  l’arbre  ; 
or,  ces  qualités  — telle  est,  du  moins,  mon 
opinion  — n’atteignent  même  pas  la 
moyenne  chez  la  variété  Anna  Audusson. 
C’est  donc  une  Poire  à rejeter  d'une  ma- 
nière absolue  ; en  l’adoptant,  la  Société  po- 


376 


PHYSALIS  FRANCHETI. 


mologique  de  France  a-t-elle  été  abusée  par 
ses  sens  ; a-t-elle  obéi  à une  de  ces  forces  d’en- 
gouement qui  ne  peuvent  ni  s’expliquer  ni 
se  combattre,  ou  bien,  la  saveur  de  la 
Poire  s’est-elle  amoindrie,  comme  le  croit 
André  Leroy  ? 

Ceci  est  sans  conséquence  ; ce  qui  im- 
porte, c’est  l’état  actuel  de  l’arbre  qui 
donne  des  fruits  de  troisième  qualité,  mé- 
diocres par  conséquent. 

Arriverait-on  à un  jugement  aussi  sé- 
vère en  faisant  passer  pareil  examen  aux 
autres  fruits  : Beurré  de  Nivelles,  Beurré 


Gamhier,  etc.,  composant  la  liste  donnée 
plus  haut?  Je  ne  crois  pas;  mais  il  faut 
considérer  que  certains  d’entre  eux, 
quoique  bons,  mûrissent  en  même  temps 
que  d’autres  tout  à fait  exquis  ; de  là  leur 
infériorité. 

Le  jugement  en  appel  demandé  par 
M.  Croux  à ses  collègues  de  la  Société  na- 
tionale d’horticulture  avait  donc  sa  raison 
d’être,  et  les  Poires  dont  nous  avons  donné 
la  liste  ont  une  tare  ; à ce  titre,  il  n’était  pas 
inutile  de  les  signaler,  ce  qui  est  fait. 

Georges  Bell  air. 


PHYSALIS  FRANCHETI 


Depuis  l’apparition  de  cette  jolie  plante  de 
pleine  terre  dans  les  cultures  européennes 
où  elle  a été  importée  du  Japon,  la  Revue 
horticole  en  a plusieurs  fois  parlé.  Cette  an- 
née même,  notre  collaborateur  M.  S.  Mot- 
tet,  dans  une  étude  bien  faite  accompagnée 
d’une  figure  que  nous  reproduisons  ici 
(fi g.  132)  pour  que 
nos  lecteurs  aient 
sous  les  yeux  le 
port  de  la  plante, 
en  même  temps 
que  son  fruit  en 
couleurs  a établi 
l’acte  de  naissance 
du  Phy salis  Fran- 
cheti  et  l’a  pré- 
senté à nos  lec- 
teurs avec  un  si- 
gnalement som- 
maire, d’une  clarté 
parfaite. 

Je  voudrais,  en 
revenant  aujour- 
d’hui sur  cette 
plante  et  en  pu- 
bliant une  figure 
coloriée  très-exacte 
de  ces  fruits  si 
curieux  et  si 
brillants,  dire 
quelle  est  la  valeur 
de  cette  Solanée 
comme  espèce  ou 
comme  variété,  et  établir  ses  affinités. 

Elle  ne  constitue  pas  une  espèce  dans  le 
sens  large  du  mot,  mais  simplement  une 
forme  géante  née  au  Japon  du  Coqueret  ou 
Phy  salis  Alkekengi,  L.,  si  commun  dans 

^ Revue  horticole,  1897,  p.  35. 


toute  l’Europe  centrale,  et  qui  se  retrouve 
dans  le  Levant,  la  Perse,  le  Turkestan,  la 
Corée,  etc.  Son  nom  spécifique  dérive  de 
l’arabe. 

Lorsque  la  plante  que  nous  figurons  fut 
soumise,  en  échantillons  secs,  à M.  Fran- 
che!, au  Muséum  de  Paris,  parmi  d’autres 
types  qu’il  rangeait 
dans  les  Ph.  an- 
gulata,  L.  et  Ph. 
pubescens,  L.,  en' 
remarquant  com- 
bien il  était  diffi- 
cile de  se  pronon- 
cer sur  les  limites 
spécifiques  des 
Physalis  croissant 
au  Japon  il  n’y 
trouva  qu’une 
((  forme  robuste  » 
du  Ph.  Alkekengi, 
et  il  en  donna  une 
brève  description 
latine  qui  peut  se 
traduire  ainsi  : 

Plante  annuelle  (à 
peine  bisannuelle  et 
non  vivace),  dépas- 
sant 60  centimètres 
de  haut,  robuste,  gla- 
brescente  ; feuilles 
amples,  atteignant 
jusqu’à  10  centi- 
mètres de  longj 
ovales,  sinueuses,  dentées  ; corolle  large  d’en- 
viron 25  millimètres,  d’un  blanc  terne  uni- 
forme, d’abord  campanulée  puis  largement 
ouverte  et  subrotacée  ; anthères  jaunes  ; calice 
fructifère  cocciné  à la  maturité,  très-renflé, 

2 Enumeratio  plantarum  japonicariim,  II, 
p.  453. 


Fig.  132.  — Physalis  Francheti. 
Port  de  la  plante  réduite. 


HoT-ticoIe 


■L  ^es'camps-Sctooiir^C  C/iro'':.c7:ri'-.  J G:jyirz  rr-z:c~‘.LLJ 

P/t  1/ sa  lis  Francii  eh 

A . (’oupc  Uviqitiidinale  du  calice  oésiculeii.r  ei  accresce/it , moaira/U  à lifuericnr  un  fruit  inùr . 


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TRAITEMENT  DES  GADOUES  AUX  ÉTATS-UNIS. 


377 


atteignant  jusqu’à  G centimètres  de  long,  sub- 
cordiforme  à la  base. 

Ainsi  comprise,  cette  forme  ne  différait 
du  type  que  par  sa  végétation  dite  annuelle 
ou  bisannuelle,  tandis  qu’elle  est  parfaite- 
ment vivace,  comme  M.  J.  Sallier  l’a 
démontré.  Il  faut  signaler  d’ailleurs  un 
certain  polymorphisme  dans  cette  espèce  au 
Japon  ; la  plupart  des  botanistes  qui  ont 
parcouru  cette  région  y ont  rencontré  une 
autre  forme,  monstrueuse  celle-ci,  où  la 
fleur  est  remplacée,  à l’aisselle  des  feuilles, 
par  une  grappe  pendante  et  assez  longue, 
simple  ou  dichotome  et  qui  n’est  pas  consti- 
tuée par  des  fleurs,  mais  par  une  suite 
de  bractées  lancéolées- concaves,  veinées, 
vertes  ou  rouges,  formant  parfois  un  faux 
verti cille.  C’est  le  « Forakou  Odzonki  » des 
Japonais,  plante  fort  curieuse  qu’il  serait 
très-intéressant  d’introduire  dans  nos 
cultures. 

Le  docteur  Maxwell  Masters,  en  décrivant 
à son  tour  notre  plante  sous  le  nom  de 
Ph.  Francheti,  et  fixant  ainsi  le  souvenir 
de  notre  éminent  collaborateur,  M.  Fran- 
chet,  qui  a tant  et  si  bien  travaillé  les  flores 
de  la  Chine  et  du  Japon,  déclara^  qu’il  lui 
était,  à lui  aussi,  difficile  d’élever  au  rang 
d’espèce  cette  forme  amplifiée  du  Ph.  Alke- 
kengi.  Mais  elle  est  si  distincte  au  point  de 
vue  horticole  qu’il  décida  d’en  fixer  ainsi 
l’appellation  et  la  description  latine  que 
nous  traduisons  comme  suffisamment  dé- 
taillée et  précise  : 


Physalis  Francheti,  Masters,  l.  c.  Plante 
annuelle,  haute  de  60  centimètres  et  plus,  ro- 
buste, glabrescente,  à tiges  dressées,  non  ram- 
pantes à la  base,  de  la  grosseur  d’une  plume 
de  cygne,  très-tuméfiées  aux  nœuds,  à peine 
rameuses,  fortement  anguleuses  ; feuilles  am- 
ples, pourvues  de  pétioles  de  4 à 5 centimètres 
de  long,  comparativement  plus  courts  que  dans 
le  Ph.  Alkekengi,  à limbe  de  10  à 13  centi- 
mètres de  long  sur  7 à 8 de  large,  ovales,  brus- 
quement acuminées  sinuées,  subarrondies  ou 
cunéiformes  à la  base;  tube  du  calice  d’abord 
cylindrique,  sépales  oblongs  obtus  ; corolle 
d’environ  25  millimètres  de  diamètre,  d’un 
blanc  jaunâtre,  largement  ouverte,  rotacée  ; an- 
thères jaunes;  pédoncule  fructifère  long  de 
5 centimètres,  glabre  ; calice  accrescent  d’un 
rouge  pâle  orangé^  d’environ  6 à 7 centimètres 
de  long,  sur  6 au  moins  de  large,  très-renflé, 
à 5 angles  un  peu  ailés  accompagnés  de  plus 
petites  nervures  intermédiaires,  ovale  ou  sub- 
orbiculaire,  à base  enfoncée,  renfermant  une 
baie  globuleuse,  orangée,  de  la  grosseur  d’une 
Cerise. 

Voilà  le  Physalis  Francheti  répandu 
déjà  dans  de  nombreux  jardins.  Il  le  sera 
davantage  encore,  car  ses  beaux  calices  coc- 
cinés  sont  un  ornement  d’hiver  dont  on 
peut  tirer  un  très-beau  parti  dans  les  ap- 
partements et  même  dehors.  Il  est  de  cul- 
ture facile  et  garnit  bien  les  pentes  au 
soleil  et  les  rochers,  sur  lesquels  je  l’em- 
ploie pour  obtenir  des  effets  très -brillants 
et  très-pittoresques.  C’est  encore  une  bonne 
plante  de  plus  que  nous  devons  à cet  iné- 
puisable Japon.  Ed.  André. 


TRAITEMENT  DES  GADOUES  AUX  ÉTATS-UNIS 


L’enlèvement  et  l’utilisation  des  gadoues 
ont  été  récemment  l’objet  de  discussions 
dans  le  monde  des  hygiénistes  comme  dans 
celui  des  cultivateurs.  La  Revue  horticole 
a exposé  ^ quel  tort  ferait  aux  maraîchers 
suburbains  l’incinération  des  ordures  ména- 
gères. A la  Société  nationale  des  agricul- 
teurs de  France,  M.  Aimé  Girard  a indiqué, 
d’après  M.  Achille  Livache,  un  ingénieux 
procédé  de  traitement  des  gadoues,  dont  on 
commence  à faire  usage  aux  Etats-Unis. 

^ Gardeners'  Chronicle,  1894,  II,  p.  434. 

- On  voit,  par  la  planche  ci-jointe,  que  la  cou- 
leur rouge  pâle  orangée  que  le  Masters  :wait 
observée  en  Angleterre  se  change,  en  France  et 
ailleurs,  en  un  ton  cocciné  de  la  plus  grande  vi- 
gueur et  d’un  effet  ornemental  superbe.  — E.  A. 

3 Voir  Revue  horticole.,  1897,  p.  112. 


Comme  on  va  le  voir,  ce  procédé  concilierait 
les  exigences  de  l’hygiène  avec  les  besoins 
de  la  culture.  Voici  comment  M.  Girard  ré- 
sume la  communication  de  M.  Livache  : 

((  Les  ordures  ménagères,  collectées  au 
moyen  de  chariots  métalliques  soigneuse- 
ment couverts,  sont  distribuées  automati- 
quement dans  de  grands  digesteurs  en  tôle 
d’acier  de  1'"'"  6 d’épaisseur,  et  pouvant 
contenir  7 tonnes  5 par  opération. 

« Ces  digesteurs  reçoivent  de  la  vapeur  à 
4 atmosphères,  5 pendant  6 à 7 heures  ; 
quand  on  juge  l’opération  terminée,  on 
laisse  la  condensation  de  la  vapeur  s’effec- 
tuer, on  fait  tomber  les  matières  dans  une 
vaste  caisse  munie  d’un  faux  fond  pouvant 
contenir  jusqu’à  250  tonnes. 

« Le  liquide  de  condensation  qui  s’écoule 
est  constitué  par  une  véritable  émulsion  de 


378 


FRUCTIFICATION  DE  L’eLÆAGNUS  REFLEXA. 


la  matière  grasse,  que  l’on  sépare  ensuite 
par  repos  et  décantation. 

« D’autre  part,  les  matières  solides,  après 
avoir  été  soumises  à l’action  de  fortes 
presses,  sont  envoyées  dans  un  dessiccateur. 
Grâce  à la  coction  subie  dans  le  digesteur 
la  matière  séchée  est  devenue  éminemment 
friable,  et,  après  pulvérisation  et  blutage, 
elle  fournit  un  produit  pulvérulent,  ino- 
dore, parfaitement  sec  et  susceptible  d'être 
conservé  sans  altération. 

« 100  parties  d’ordures  ménagères,  à 
l’état  vert,  fournissent  finalement  2,5  à 5 % 
de  matière  grasse,  vendue  couramment 
0 fr.  30  le  kilogramme  avant  toute  épura- 
tion et  de  12  à 18  % de  matière  sèche 
vendue  en  moyenne  40  francs  la  tonne, 

FRUCTIFICATION  DE 

Le  dimanche  16  mai  dernier,  en  condui- 
sant les  élèves  de  l’Association  philotech- 
nique de  Paris  chez  MM.  Groux  et  fils,  pé- 
piniéristes au  Val  d’Aulnay  (Seine),  nous 
fûmes  agréablement  surpris  en  constatant, 
au  cours  de  notre  promenade  dans  ce  re- 
marquable établissement,  la  fructification 
abondante  de  VElæagnus  reflexa,  Dcne. 
Ce  fait  nous  a paru  d’autant  plus  intéres- 
sant que  l’on  n’a  pas  coutume  de  l’observer, 
que  nous  sachions  du  moins,  sous  le  climat 
parisien  ; et,  à notre  avis,  il  ne  peut  être  at- 
tribué qu’à  la  douceur  relative  du  dernier 
hiver.  Il  serait  difficile  en  effet  d’expliquer 
autrement  la  fructification  d’une  espèce 
qui,  dans  la  région  parisienne,  fleurit  nor- 
malement en  octobre-novembre,  c’est-à-dire 
à l’apparition  des  premiers  froids,  et  que 
l’on  considère  le  plus  souvent  comme 
plante  d’orangerie. 

Disons  tout  de  suite  que  le  spécimen  sur 
lequel  nous  avons  pu  observer  une  si  bril- 
lante fructification  se  trouvait  dans  une  si- 
tuation probablement  très -favorable  à 
l’arbuste,  c’est-à-dire  au  bas  d’un  talus  lé- 
gèrement abrité  des  rayons  solaires,  à 
proximité  d’un  pont  et  tout  au  bord  d’une 
rivière,  où  ses  rameaux  longs,  divariqués 
et  flexibles,  produisaient,  étant  chargés  de 
ses  nombreux  petits  fruits  rougeâtres,  en 
forme  d’olive,  le  plus  gracieux  effet  qu’on 
puisse  imaginer. 

Habituellement  le  mérite  ornemental  de 
VElæagnus  reflexa  réside  dans  la  beauté 
de  ses  feuilles  qui  sont  persistantes,  alter- 
nes, ovales,  légèrement  coriaces,  assez 
courtement  pétiolées,  d’un  vert  gai  luisant 


contenant  la  totalité  de  V azote  et  de  V acide 
phosphorique  de  la  matière  verte,  mais 
ayant  une  teneur  un  peu  plus  faible  en  po- 
tasse. » 

Ce  procédé  est  appliqué  depuis  plusieurs 
années  à Philadelphie.  C’est  à la  suite  d’un 
concours  qu’il  a été  adopté  par  la  ville  de 
New- York. 

Une  Compagnie  s’est  engagée  à traiter 
500  tonnes  par  jour  et  le  traitement  a com- 
mencé le  1®^  août  1896. 

Espérons  que  la  question  de  l’incinération 
des  gadoues  est  définitivement  enterrée. 
Mais  si  on  la  soulevait  de  nouveau,  il  y au- 
rait lieu  de  demander  aux  pouvoirs  compé- 
tents la  mise  à l’étude  du  traitement  que 
nous  venons  de  signaler.  H.  Dauthenay. 

,’ELÆAGNUS  REFLEXA 

et  comme  parsemées  de  petites  écailles  au 
reflet  argenté  en  dessus,  écailles  s’enlevant 
facilement  sous  le  grattement  de  l’ongle  et 
d’un  riche  coloris  vieil  argent  pointillé  de 
rouille  en  dessous  ; ces  teintes  contrastent 
très-heureusement  l’une  avec  l’autre  lors  du 
mouvement  des  feuilles  sous  le  souffle  du 
vent. 

Les  pétioles  des  feuilles  et  les  jeunes 
pousses  sont  recouverts  d’une  légère  couche 
écailleuse  de  rouille  qui  vient  s’ajouter  à 
l’élégance  originale  du  feuillage  de  l’ar- 
buste. 

Les  fleurs  nombreuses,  relativement  pe- 
tites, tubuleuses,  jaunâtres  sont  axillaires 
et  à odeur  agréable.  Elles  sont  le  plus  sou- 
vent hermaphrodites,  quelquefois  aussi 
unisexuées  et  se  montrent  en  octobre  et 
novembre,  ce  qui  explique  la  fructification 
rare  de  cette  intéressante  espèce  sous  notre 
climat. 

Les  fruits  solitaires,  géminés  ou  ternés, 
charnus,  courtement  pédonculés,  en  forme 
de  petite  olive,  longs  de  18  à 20  millimè- 
tres, larges  de  10  millimètres,  souvent  mu- 
nis à leur  extrémité  du  tube  desséché  du 
périanthe,  sont  d’un  coloris  rouge  terne 
pointillé  d’assez  grosses  écailles  blanchâ- 
tres. La  partie  charnue  constituée  par  le 
torus,  c’est-à-dire  par  le  pourtour  du  ré- 
ceptacle qui  dans  le  présent  cas  tapisse  le 
fruit  avec  adhérence  et  se  moule  sur  lui, 
est  mangeable  et  sucrée.  Le  fruit  propre- 
ment dit  est  pourvu  extérieurement  de 
huit  sillons  longitudinaux  bien  accusés  ve- 
nant se  réunir  aux  deux  extrémités,  et 
comprend  une  enveloppe  coriace,  feutrée  et 


NOUVEAUX  DODÉCATHÉONS. 


379 


cotonneuse  lorsqu’on  la  rompt,  renfermant 
une  graine  unique,  brune,  ovale,  longue 
(le  14  millimètres  et  large  de  6 millimè- 
tres. 

UElæagnus  reflexa  n’est  nullement  dif- 
ficile sur  la  qualité  du  terrain  ; il  s’accom- 
mode volontiers  des  sols  secs  et  calcaires, 
mais  prospère  surtout  dans  ceux  silico-ar- 
gileux  un  peu  frais.  Il  redoute  les  terrains 
trop  humides  ou  d’une  trop  grande  compa- 
cité. 

Son  climat  de  prédilection  chez  nous  est 
celui  de  l’Ouest  et  du  Sud-Ouest  qui  a 
beaucoup  d’analogie  avec  celui  de  son  pays 
d’origine,  c’est-à-dire  le  Japon  où  la  flore 
est  si  riche  et  si  puissante. 

Il  peut  atteindre  des  dimensions  plus  ou 
moins  grandes  suivant  les  conditions  de 
sol  et  d’exposition.  Dans  un  terrain  qui  lui 
plaît,  en  situation  plutôt  ombragée  que 
trop  insolée,  ses  rameaux  prennent  parfois 
un  grand  développement,  et  il  n’est  pas 
rare  de  leur  voir  acquérir  une  longueur  de 
7 à 8 mètres.  On  peut  dans  ce  cas  l’utiliser 
pour  tapisser  des  rocailles  à l’exposition  du 
nord.  En  situation  plus  découverte,  on  peut 
l’admettre  dans  les  plantations  en  massif, 
comme  nous  l’avons  vu  chez  M.  Croux,  au 
bord  d’une  pièce  d’eau,  site  qui,  nous  le 
répétons,  semble  lui  être  très-favorable,  où 
il  se  maintient  plutôt  touffu  que  trop 
élancé. 

La  taille  ne  lui  convient  guère.  On  l’a- 


dopte cependant  lorsqu’il  s’agit  de  régula- 
riser sa  forme  parfois  déséquilibrée.  On  le 
multiplie  soit  par  le  semis  pratiqué  en 
mars-avril  en  terrines  en  sol  léger,  soit  le 
plus  souvent  par  le  bouturage  mi-herbacé 
pratiqué  en  juillet-août,  sous  châssis,  en 
plein  soleil,  sans  air  et  sans  ombre,  mais 
en  bassinant  fréquemment,  soit  aussi  par 
le  marcottage  avec  incision  en  Y fait  à la 
même  époque  que  le  bouturage. 

VElæagnus  reflexa^  d’après  M.  Charles 
Baltet,  est  utilisé  comme  sujet  pour  rece- 
voir la  greffe  des  variétés  intéressantes  qu’il 
a produit,  notamment  : V Elæagnus  reflexa 
foliis  variegatis  ; E.  r.  foins  marginatis  et 
E.  r.  foliis  pictis  que  l’on  obtient  ainsi  plus 
vigoureuses  que  franches  de  pied. 

Ajoutons  encore  que,  au  cours  de  notre 
promenade  du  16  mai,  nous  avons  aussi 
constaté  chez  M.  Croux  la  fructification 
d’une  espèce  bien  voisine  de  la  précédente  : 
V Elæagnus  pungens,  Thunb.  (E.  Simonii, 
Carr.),  qui  s’en  distingue  par  un  port  plus 
touffu,  moins  divariqué  et  plus  régulier, 
par  ses  feuilles  à face  inférieure  vieil  argent 
mais  non  pointillées  de  rouille  et  par  ses 
fruits  de  même  volume  mais  d’un  coloris 
rouge  plus  orangé. 

Ces  fructifications  nous  ont  paru  suffi- 
samment intéressantes  pour  être  consi- 
gnées dans  ce  recueil  et  soumises  à 
l’attention  des  dendrologistes. 

C.  Grosdemange. 


NOUVEAUX  DODÉCATHÉONS 


Beaucoup  de  visiteurs  de  l’Exposition 
d’horticulture  qui  s’est  tenue  aux  Tui- 
leries, en  juin  dernier,  ont  pu  remarquer 
un  groupe  de  fleurs  coupées  de  Gyroselles 
(Dodécathéons)  exposées  par  M.  E.Thiébaut, 
30,  place  de  la  Madeleine,  Paris.  Cet  apport 
formait  une  collection  de  32  variétés  et  es- 
pèces ou  hybrides,  dont  presque  toutes  sont 
des  nouveautés,  que  l’on  pouvait  voir  pour 
la  première  fois  en  France  et  qui  offrent  un 
intérêt  tout  particulier. 

Il  est  à souhaiter  que  cette  obtention  de 
formes  nouvelles  puisse  tirer  de  l’oubli  cette 
charmante  Primulacée,  qui  paraît  bien 
douée  de  toutes  les  qualités  nécessaires 
pour  devenir  maintenant  une  des  plus  dé- 
licieuses plantes  de  collection  pour  ama- 
teurs. 

Que  l’on  se  figure  de  toutes  mignonnes 
fleurs  de  Cyclamen  réunies  en  bouquet, 
au  sommet  d’une  tige  nue  et  mince,  sor- 


tant d’une  touffe  de  feuilles  ovales  ; ces 
fleurs  sont  roses,  ou  blanches,  ou  lilacées, 
avec  une  charmante  couronne  à la  base, 
au  point  où  leurs  pétales  se  renversent  pour 
imiter  ceux  des  Cyclamen. 

Linné,  trouvant  une  allusion  poétique 
aux  douze  grands  dieux  de  l’Olympe,  dans 
les  fleurs,  généralement  au  nombre  de  12, 
qui  composent  l’ombelle  de  cette  char- 
mante plante,  l’a  appelée  Dodecatheon 
(des  mots  grecs  dodeca,  douze  et  théos 
dieu)  ; en  France,  nous  la  dénommons  Gy- 
roselle  de  Virginie  ou  plus  simplement 
encore  Douze-dieux. 

Le  genre  Dodecatheon,  fondé  par  Linné, 
appartient  à la  famille  des  Primulacées  et 
comprend  quelques  espèces  de  plantes  vi- 
vaces, rustiques  sous  notre  climat,  prove- 
nant des  régions  froides  de  l’Amérique 
septentrionale.  En  voici  une  brève  des- 
cription : 


380 


NOUVEAUX  DODÉCATHÉONS. 


Dodecatheon  Clevelandi,  Greene.  Califor- 
nie, 1890.  — Pâleurs  violet-bleu,  à centre  jaune 
et  noir.  Paraît  voisin  du  D.  Meadia. 

D.  integrifolium,  Mich.  Amérique  du  Nord, 
1829.  Synonyme  : D.  splendens^  Hort.  — 
Feuilles  petites,  ovales,  entières,  presque  spatu- 
lées  ; hampe  de  15  à 18  centimètres  terminée 
par  3 à 8 fleurs  dressées,  d’un  rose  lilas  ou 
pourpre,  avec  les  pétales  blancs  à la  base.  Flo- 
raison de  mai  en  juin.  Gracieuse  espèce  naine. 

D.  Lemoinei,  Hort.,  1889.  — Hybride  ob- 
tenu par  M.  Lemoine,  de  Nancy,  entre  le  D. 
integrifolium  et  le  D.  Jeffreyi  (D.  Meadia  lan- 
ci/oh'wm).  Intermédiaire  entre  les  deux  parents. 

D.  Lemoinei  robustum,  Hort.,  Lemoine.  — 
La  couleur  des  fleurs  est  d’un  beau  rose 
fuchsine  cerclé  de  blanc  ; c’est  le  D.  integri- 
folium plus  robuste,  plus  élevé  et  à plus 
grandes  fleurs. 

D.  Meadia,  Linné.  Amérique  du  Nord,  1744. 

— Feuilles  en  touffe  toutes  radicales,  presque 
dressées,  ovales  oblongues,  atténuées  en  pé- 
tioles et  irrégulièrement  dentées  ; hampe  cylin- 
drique de  25  à 40  centimètres,  terminée  gé- 
néralement par  douze  fleurs  élégamment  pen- 
chées, à divisions  relevées  comme  chez  les 
Cyclamens,  d’un  rose  pupurin,  marquées  d’une 
tache  verdâtre  et  portant  une  élégante  cou- 
ronne de  dix  taches  pourpres  sur  fond  jaune 
au  point  où  les  divisions  se  renversent.  Florai- 
son de  mai  en  juin. 

Cette  dernière  espèce  a produit  plusieurs 
jolies  variétés  dont  voici  les  plus  connues  : 

D.  Meadia  flore  albo,  Hort.  — Fleurs  blan- 
ches, un  peu  plus  délicates  que  le  type. 

D.  M.  elegans,  Hort.  — Feuilles  plus  courtes, 
plus  larges  que  chez  le  D.  Meadia;  la  hampe 
florale  est  aussi  plus  courte  et  les  fleurs  sont 
plus  nombreuses  et  de  couleur  foncée. 

D.  M.  frigidum,  Hort. 

D.  M.  giganteum,  Hort.  — Plante  plus  forte 
dans  toutes  ses  parties  que  le  type  ; feuillage 
plus  blond  et  floraison  un  peu  plus  hâlive.  On 
en  cite  une  variété  à fleurs  blanches. 

D.  M.  Jeffreyanum,  Hort.,  Montagnes  Ro- 
cheuses, 1867.  Synon.  : D.  M.  lancifolium, 
Hort.  — Cette  plante  est  portée  sur  les  cata- 
logues horticoles  simplement  sous  le  nom  de 
D.  Jeffreyanum  ou  plus  souvent  Jaffrayanum 
ou  Jaffrayanus  ; on  la  considère  cependant 
comme  une  variété  bien  distincte  du  D.  Meadia. 

— Feuilles  grandes,  de  15  à 25  centimètres  de 
long,  étroitement  spatulées,  rétrécies  à la  base, 
ayant  un  peu  de  ressemblance  avec  de  grandes 
feuilles  d’Oseille  ; hampe  atteignant  50  à 60  cen- 
timètres de  hauteur,  portant  une  ombelle  bien 
fournie  de  fleurs  grandes,  rose  vif  ou  lilacé, 
jaunes  à la  base.  Floraison  en  mai  et  juin. 

D.  M.  splendidum,  Hort.  — Fleurs  au 
nombre  de  quatre  à dix,  cramoisies,  avec  un 
cercle  jaune. 

Les  plantes  susnommées,  qui  appar- 


tiennent toutes  au  commerce,  se  trouvaient 
éclipsées,  dans  l’exposition  de  M.  E.  Thié- 
baut,  par  une  série  de  26  nouveautés  bien 
supérieures,  sous  tous  les  rapports,  aux 
types  connus  jusqu’à  ce  jour. 

Ces  nouveautés,  auxquelles  on  peut  ac- 
corder une  origine  hybride,  sont  le  résul- 
tat de  fécondations  artificielles  bien  com- 
prises, complétées  par  une  sélection 
soigneuse  tendant  à augmenter  la  grandeur 
des  fleurs  et  à varier  leurs  coloris. 

La  liste  qui  suit  comprend  des  plantes 
toutes  jolies  où  l’on  trouve  des  coloris  nou- 
veaux dans  le  genre,  variant  du  blanc  pur 
au  violet,  en  passant  par  toute  une  gamme 
de  ton  rose,  carmin  et  lilas. 

Alice,  blanc  légèrement  rosé. 

Bucephalus,  lilas. 

CatOy  lilas  clair  et  carmin. 

Clorinde,  blanc  et  rose. 

Darling,  lilas  très-clair. 

Donna  Maria,  rose. 

Giant,  lilas. 

Ja7nes  Cook,  lilas. 

Longffellow,  rose  tendre. 

Lord  Salisbury,  blanc  légèremenl  rosé. 

Maximus,  rose. 

Mont-Blanc,  blanc. 

Multiflora,  blanc  rosé. 

Premier  Gladstone,  lilas  et  blanc. 

Pink  Beauty,  rose  carné. 

Pink  Perfection,  rose. 

Princesse  Wilhelmine,  blanc  légèrement 
rosé. 

Rose  Qween, lilas  rosé. 

Rosy  Gem,  lilas  et  rose. 

Sir  John  Faxbourg,  lilas  rosé. 

Sir  Walter  Scott,  blanc  teinté  rose  et  car- 
min. 

Snowflake,  blanc  pur. 

Victor  Hugo,  blanc. 

Village  Maid,  blanc  pur. 

Vondel,  violet. 

White  Siuan,  blanc  pur. 

Les  Gyroselles  affectionnent  les  expositions 
mi-ombragées,  à l’abri  des  rayons  directs 
du  soleil,  et  végètent  particulièrement  bien 
dans  la  terre  de  bruyère  grossière  ou  du 
terreau  de  feuilles  additionné  de  sable  ; les 
terres  légères  et  sableuses  leur  conviennent 
aussi,  mais  elles  ne  donnent  presque  jamais 
de  bons  résultats  dans  les  sols  argileux  et 
froids. 

On  ne  peut  mieux  comparer  leur  culture 
qu’à  celle  des  Auricu\es,  des  Primula  jap o- 
nica  et  P.  cortusoides  ; elles  se  plaisent, 
comme  ces  végétaux,  en  plates-bandes  de 
bruyère  ou  de  terre  franche  légère  exposées 
au  nord  ou  au  levant.  Elles  conviennent  aussi 
très-bien  pour  former  de  jolies  bordures  au- 


LE  CONCOURS  PUBLIC  DE  FLORICULTURE  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’iIORTIGULTURE.  381 


tour  des  massifs  de  plantes  de  terre  de 
bruyère  : Azalea^  Rhododendron^  Kcdmia 
et  autres  Ericacées,  où  elles  font  très-bon 
effet  ; enfin,  la  culture  des  plantes  alpines 
réussit  bien  à leur  nature  et  elles  peuvent 
rivaliser,  comme  beauté,  avec  les  plus  déli- 
cates fleurs  des  Alpes. 

Les  Gyroselles  sont  rustiques  et  sup- 
portent parfaitement  les  rigueurs  de  nos 
hivers  ; quelques  variétés  sont  cependant 
un  peu  délicates  et  souffrent  des  hivers  hu- 
mides ; il  est  bon  de  couvrir  leur  souche 
d’une  couche  de  feuilles  sèches  ou  de  paille 
longue.  Leur  plantation  peut  se  faire  à la 
rigueur  au  printemps,  mais  il  est  préférable 
sous  tous  les  rapports  de  la  pratiquer  d’août 
en  novembre,  lorsque  ces  plantes  sont  à 
l’état  de  repos  ; c’est  d’ailleurs  à cette  époque 
que  les  spécialistes  recommandent  la  planta- 
tion. On  peut  les  multiplier  par  la  division 
des  touffes  et  par  le  semis  des  graines.  Les 
touffes  doivent  être  divisées  en  automne, 
au  moment  de  la  plantation.  Le  semis,  peu 


employé,  est  assez  difficile  dans  sa  réussite  ; 
il  vaut  mieux  semer  les  graines  dès  leur 
maturité,  en  terre  de  bruyère  fine,  en 
terrines  que  l’on  place  sous  châssis  froid, 
au  nord,  comme  un  semis  de  plantes  des 
Alpes.  On  peut  encore  semer  de  décembre 
en  mars,  en  même  temps  que  les  Primevères 
des  jardins  et  autres  plantes  vivaces,  mais 
toujours  à froid  et  à l’ombre. 

Les  délicates  fleurs  des  Gyroselles  sont 
d’autant  ptus.  jolies  qu’elles  fleurissent 
mieux  à l’abri  des  intempéries,  et  comme 
elles  gagnent  surtout  à être  vues  de  près, 
nous  conseillons  aux  amateurs  d’employer 
le  moyen  suivant  pour  les  admirer  à l’aise  : 
empoter  les  touffes  en  octobre-novembre, 
dans  de  la  terre  de  bruyère  un  peu  tour- 
beuse, les  hiverner  sous  châssis  froid  et  les 
mettre  en  mars  dans  la  serre  froide  bien 
aérée  et  le  plus  près  du  vitrage. 

Ces  plantes  ne  réussissent  pas  si  elles  sont 
soumises  au  forçage. 

Jules  Rudolpii. 


LE  CONCOURS  PUBLIC  DE  FLORICULTURE 

DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 


Dès  rentrée,  et  en  plein  air,  le  visiteur  s’ar- 
rêtait devant  une  gracieuse  corbeille  renfer- 
mant 60  variétés  de  Fuchsias  exposées  par 
M.  A.  Nonin.  Il  en  est  un  certain  nombre  que 
leurs  coloris  tranchés  et  leur  forme  distincte 
désignent  de  préférence  à l’attention  des  ama- 
teurs, tels  que  : Phénoménal,  dont  la  fleur 
mesure  6 centimètres  de  diamètre,  à calice 
rouge,  corolle  à très-larges  pièces,  semi-dou- 
ble, violette;  Amélie  Aubin,  calice  blanc  et 
corolle  rouge  ; LVecto  compacta,  fleurs  dres- 
sées, calice  rose  tendre,  corolle  rose,  tube  ca- 
licinal  allongé  ; Antigone,  fleur  courte  à tube 
très-court,  calice  blanc  aux  sépales  infléchis, 
corolle  rouge;  Gloire  des  Marchés,  calice  rouge 
aux  sépales  réflexes,  corolle  très-pleine,  blan- 
che ; Cupidon,  calice  aux  sépales  étalés  en 
étoile,  rouge  ; corolle  violette  à divisions  larges, 
plante  très^florifère  ; etc. 

Le  centre  de  la  salle  était  occupé  par  les 
Cannas.  Ceux  de  MM.  Billard  et  Barré  n’ont 
pas  démenti  la  réputation  qu  Us  ont  acquise. 
On  y remarque  une  plante  de  semis  non  en- 
core dénommée,  à feuillage  pourpre  brun,  aux 
fleurs  très-grandes,  étalées,  consistantes,  d’un 
diamètre  allant  jusqu’à  13  centimètres  en  long 
comme  en  large;  sur  le  même  épi,  6 fleurs 
sont  ainsi  épanouies  à la  fois.  La  couleur  est 
d’un  rouge  cuivré  uniforme  et  reflété  de  feu. 
On  retrouve  aussi  dans  le  même  lot  les  Cannas 
Austria  et  Italia;  celui-ci  présente  un  épi  dont 
4 fleurs  sont  bien  épanouies  à la  fois.  Puis  on 


note  de  fort  belles  variétés  qui  représentent 
les  derniers  progrès  obtenus  dans  la  sélection 
de  la  race  Crozy  : Alexandre  Billard,  feuil- 
lage brun,  épi  volumineux,  fleurs  rouge  sang; 
Ami  Jules  Chrétien,  très-large  fleur  abricot, 
feuillage  vert  ; Agnès  Sorel,  couleur  de  la  Gi- 
roflée jaune  nuancée  rouge,  feuillage  vert; 
Madame  Perrin  des  Isles,  rose  cerise  pâlis- 
sant au  centre,  feuillage  vert;  Madame  Barré, 
rouge  et  cuivre,  très-florifère,  feuillage  vert; 
et  enfin  d’excellentes  variétés  de  fond  telles 
que  : Souvenir  de  Madame  Crozy,  Baronne 
Thénard,  Mademoiselle  Liska  Lorenez,  Ami- 
ral Avellan  (Rozain  1894),  Mme  d’or,  nou- 
veauté de  1896,  feuillage  vert,  fleurs  très-nom- 
breuses, jaune  presque  pur;  plante  très-flori- 
bonde. 

Le  lot  de  Cannas  de  M.  Massé,  horticulteur 
à Lagny,  était  fort  bien  présenté,  avec  un  éti- 
quetage judicieux,  mentionnant,  non  seulement 
les  noms  des  obtenteurs,  mais  l’année  des  ob- 
tentions. Ce  lot  comprenait  plusieurs  variétés 
inédites;  à recommander  : Attika,  deDammann 
et  .C‘%  plante  à feuillage  pourpre  brun,  ne 
s’élevant  pas  à plus  d’un  mètre,  aux  fleurs  très- 
grandes,  résistant  bien  au  soleil,  de  couleur 
abricot  passant  au  chamois;  H.  Wendland, 
amélioration,  obtenue  par  l’exposant,  du  Canna 
Italia;  Goliath,  d’importation  allemande,  à 
épi  volumineux,  portant  un  grand  nombre  de 
fleurs  bien  ouvertes,  d’un  rouge  sang  éclatant; 
feuillage  vert;  la  plante  est  à la  fois  peu  feuil- 


UN  INSECTE  NUISIBLE  AU  POIRIER  : AGRILUS  SINUATUS. 


382 

lue,  très-floribonde  et  de  grand  effet;  Madame 
Férard  (Grozy,  1897),  plante  de  végétation 
lente,  mais  peu  feuillue  ; feuillage  vert,  fleurs 
très-grandes  saumon  rosé.  On  note  aussi 
d’excellentes  variétés  un  peu  moins  récentes, 
telles  que  Secrétaire  Viviand-Morel,  pétales 
vermillon  vif  et  écailles  d’un  beau  nankin; 
Charles  Paul,  d’une  végétation  étonnamment 
vigoureuse,  aux  grosses  tiges,  aux  énormes 
bourgeons,  à fleur  orange;  Président  Elysée 
Garnier,  ne  dépassant  pas  un  mètre,  etc. 

Mais  le  gros  intérêt  de  ce  concours  public 
résidait  assurément  dans  la  présentation  re- 
marquable des  Glaïeuls  de  MM.  V.  Lemoine 
et  fds,  de  Nancy. 

Il  nous  paraît  impossible  de  rêver,  dans  ce 
genre,  des  formes  plus  parfaites,  des  tenues 
plus  irréprochables,  des  nuances  plus  rares  et 
plus  délicates.  A ce  dernier  point  de  vue,  nous 
présenterons  aux  lecteurs  une  série  échelonnée 
des  coloris  bleu-violacés  et  violets  que  nous  y 
avons  notés;  ils  sont  numérotés  du  plus  clair 
au  plus  foncé  : 

1.  Marc  Micheli.  5.  Général  de  Nansouty 

2.  Nébuleuse.  6.  Tombouctou. 

3.  Schiapparelli.  7.  Baron  Joseph  Mulot. 

4.  Micromégas. 

Dans  les  autres  nuances,  on  remarquait 
surtout  : Madame  Desbordes-Valmore,  chair 
avec  deux  macules  capucine  ; Deuil  de  Carnot, 
palissandre  velouté;  Ferdinand  Kegeljan, 
rouge  grenadine  à reflets  glacés;  Tsarine, 
lilas  de  Perse;  G.-A.  G?iijk,  solférino  clair 
maculé  de  blanc;  Peau-Rouge,  rouge  lavé  d’ar- 
doise comme  si  un  encrier  avait  été  renversé 


sur  les  fleurs  ; Jarry-Desloges,  rouge  ponceau 
velouté,  etc. 

MM.  Lemoine  exposaient  aussi  toute  une 
série  de  Glaïeuls  nouveaux,  à macules  jaunes, 
hybrides  du  Gladiolus  dracocephalus. 

Après  avoir  vu  ces  belles  variétés,  que 
dire  des  autres  présentations  de  Glaïeuls, 
si  bien  composées  et  si  bien  ordonnées  qu’elles 
soient?  Celles  de  M.  Tréfoux,  d’Auxerre,  et  de 
M.  Gravereau,  de  Neauphle,  étaient  assuré- 
ment intéressantes.  Il  faut  signaler,  dans  celle 
de  M.  Gravereau,  une  nouveauté.  Triomphe  de 
Paris,  remarquable  par  son  inflorescence,  qui 
est  fleurie  sur  toutes  ses  faces.  Le  coloris  est 
d’un  joli  jaune  crème  avec  des  stries  rouge  ce- 
rise ; les  fleurs  sont  grandes  et  très-bien  ou- 
vertes. Le  même  exposant  avait  aussi  de  bons 
Zinnias. 

Les  amateurs  de  Phlox  vivaces  pouvaient 
composer  de  beaux  choix  dans  les  lots  de  M.  Mil- 
let, de  Bourg-la-Reine  et  M.  Boivin,  de  Louve- 
ciennes. 

On  revoyait  aussi  avec  plaisir  les  beaux 
Monthretia  de  M.  Welker,  et  les  Bégonias  flo- 
rifères deM.  Welker  fils. 

Terminons  par  l’exposition  de  M.  J.  Sallier  ; 
c’était  la  seule  en  plantes  de  serre  fleuries.  On 
y remarquait  surtout  un  beau  spécimen  de 
Medinilla  magnifica,  un  pied  de  Cissus  disco- 
lor,  un  autre  de  Plumbago  capensis,  puis  des 
Saintpaulia  ionantha  Campylobotrys  Ghies- 
breghtii,  et  une  collection  de  40  Lantana  par 
noms.  Enfin  M.  Sallier  a raison  de  recomman- 
der le  Convolvulus  mauritaniens  : c’est  une 
plante  à la  fois  grimpante  et  tapissante,  très- 
floribonde,  et  dont  l’emploi  devrait  être  plus 
répandu.  H.  Dauthenay. 


UN  INSECTE  NUISIBLE  AU  POIRIER  : AGRILUS  SINUATUS 


Le  10  juin  courant,  j’ai  fait  sur  VAgrilus 
sinuatus  une  communication  à la  Société 
nationale  d’horticulture.  Il  m’a  été  de- 
mandé d’en  faire  un  extrait  pour  la  Revue 
horticole.  Je  me  rends  avec  plaisir  à cette 
invitation. 

Cet  insecte  a déjà  été  l’objet  d’un  ar- 
ticle de  M.  Gitton  L II  pourrait  donc  sem- 
bler superflu  d’y  revenir  ; cependant, 
comme  il  existe,  entre  les  différents  obser- 
vateurs, des  divergences  d’opinions,  no- 
tamment en  ce  qui  concerne  la  marche  de 
la  larve,  j’ai  cru  intéressant  de  relater  ici 
les  observations  que  j’ai  faites  à ce  sujet  : 

C’est  en  juin  1889  que  j’ai,  pour  la  pre- 
mière fois,  constaté  les  ravages  de  la  larve, 
sans  connaître  l’espèce  à laquelle  elle  ap- 
partenait. Jusqu’en  mai  1896  j’ai  observé  à 


maintes  reprises  cette  larve  et  les  dégâts 
qu’elle  occasionne.  A cette  date  j’ai  pu 
trouver  dans  leurs  loges  de  transformation 
quelques  insectes  parfaits  que  j’ai  remis 
le  25  février  au  docteur  Laboulbène,  qui  a 
bien  voulu  m’en  donner  la  détermination 
spécifique  et  faire  à ce  sujet  une  communi- 
cation intéressante 

Les  observations  que  j’ai  faites  au  sujet 
de  cet  insecte  concordent,  presqu’en  tous 
points,  avec  celles  que  M.  Gitton  a relatées 
dans  son  article. 

J’ai  observé  l’insecte  non  seulement  fré- 
quemment chez  moi  (aux  environs  de 
Saint-Germain),  mais  encore  en  divers 
autres  points  de  Seine-et-Oise  : Ecoles  de 

2 Docteur  Laboulbène.  Communication  à la  So- 
ciété nationale  d’agriculture  de  France,  19  mai 
1897  (Bulletin  de  juin  1897). 


^ Revue  horticole,  1897,  p.  133. 


UN  INSECTE  NUISIBLE  AU  POIRIER  : AGRILUS  SINUATUS. 


383 


Grignon,  de  Villepreux,  d’horticulture  de 
Versailles  ; à Louveciennes,  etc. 

Lors  de  ma  communication  à la  Société 
d’horticulture,  divers  arhoriculteurs  m’ont 
dit  avoir  constaté  également  les  ravages  de 
la  larve,  mais  sans  savoir  à quel  insecte 
elle  appartenait 

L’insecte  parfait  éclôt  généralement  fin 
mai  ; après  l’accouplement,  la  femelle  pond 
sur  les  branches  ou  la  tige  des  Poiriers  dont 
l'écorce  est  encore  lisse.  Les  œufs  éclosent 
peu  après  et  la  petite  larve  pénètre  dans 
l’épaisseur  de  l’écorce  traçant  une  galerie 
peu  sinueuse,  dont  la  direction  est  presque 
toujours  descendante.  Au-dessus  du  pas- 
sage de  la  larve  on  voit  alors,  le  plus  sou- 
vent, l’écorce  se  crevasser  légèrement, 
marquant  ainsi  le  passage  de  la  larve 
(AA’,  fig.  133). 

Après  avoir  ainsi  tracé  dans  l’épaisseur 
de  l’écorce,  tout  en  se  rapprochant  du  bois, 
une  galerie  dont  la  longueur  est  d’environ 
10  centimètres,  la  larve  arrive  dans  la  zone 
génératrice  et  poursuit  sa  marche  descen- 
dante, se  nourrissant  des  jeunes  tissus  en 
formation,  aubier  et  liber.  Sa  galerie  de- 
vient alors  de  plus  en  plus  sinueuse  (A  B) 
en  zigzags  accentués.  L’amplitude  des  si- 
nuosités est  à peu  près  constante,  comme 
on  le  voit  sur  la  figure.  Souvent,  mais  non 
pas  toujours,  la  larve  décrit  un  cercle 
complet  autour  de  la  branche,  puis  reprend 
sa  marche  descendante  en  zigzags. 

Sur  le  trajet  de  la  galerie  on  voit  l’écorce 
se  dessécher,  puis  s’exfolier  par  places  (elle 
présente  ainsi  l’aspect  d’un  chancre  débu- 
tant). 

Vers  le  mois  de  septembre  de  la  deuxième 
année,  la  larve  atteint  tout  son  développe- 
ment ; elle  pénètre  alors  obliquement  dans 
le  bois  et  s’y  creuse  une  loge  oblongue,  ou- 
verte sous  l’écorce  Cette  loge  achevée,  la 
larve  en  bouche,  avec  un  peu  de  sciure, 
l’extrémité  affleurant  sous  l’écorce,  puis 
attend  sa  transformation  en  insecte  par- 
fait, qui  n’a  lieu  qu’au  printemps  sui- 
vant. 

La  distance  qui  sépare  le  point  de  départ 
de  la  loge  à transformation  est,  suivant  les 
cas,  de  40  à 80  centimètres,  parfois  plus. 
Si  l’on  songe  que  la  galerie  est  fort  si- 
nueuse, ou  voit  que  la  longueur  totale  de 

1 II  faut  bien  se  garder  de  confondre  cette  larve 
avec  d’autres  larves  vivant  dans  le  bois  ; larves  de 
longicornes,  de  Cossus,  etc. 

- La  larve  creuse  parfois  sa  loge  plus  tôt.  J’ai 
trouvé  cette  année,  dès  le  mois  de  juin,  des  larves 
ayant  achevé  leurs  loges. 


I i 


la  galerie  est  beaucoup  plus  considérable 

A la  fin  de  mai,  l’insecte  débouche  l’ex- 
trémité de  sa  loge, 
puis  tranche  l’é- 
corce, générale- 
ment complète- 
ment morte  et 
desséchée  en  cet 
endroit  et  s’é- 
chappe de  sa  pri- 
son. On  aperçoit 
alors,  sur  l’écofce 
desséchée,  le  trou 
par  lequel  l’in- 
secte est  sorti  et 
dont  la  forme  est 
en  rapport  avec 
celle  du  corps  de 
l’insecte;  en  voûte 
fortement  sur- 
baissée. 

L’insecte  par- 
fait (fig.  134)  a 
de  9 à 10  milli- 
mètres de  long 
sur  1 à 3 milli- 
mètres de  large. 

La  tête  est  grosse, 
presque  cubique  ; 
les  yeux  sont  gros 
et  saillants  ; les 
antennes  presque 
filiformes.  Le  cor- 
selet est  court  ; 
les  élytres,  à épau- 
les saillantes,  sont 
allongés,  termi- 
nés en  pointe.  Le 
dessus  du  corps, 
en  entier  d’un 
violet  cuivreux, 
est  finement  ru- 
gueux. Les  seg- 
ments de  l’abdo- 
men, lisses,  por- 


- 


3 M.  Puton  n’assi- 
gne à ces  galeries 
qu’une  longueur  de 
10  à 25  centimètres 
(Voyez  Revue  horti- 
cole, du  16  mars 
1897).  J’ai  toujours, 
comme  M.  Gitton, 
observé  une  lon- 
gueur beaucoup  plus 
grande.  D’ailleurs, 
avec  une  aussi  faible 
longueur,  la  larve  ne 

pourrait  trouver  la  somme  de  nourriture  néces- 
saire à son  développement.  (F. P.) 


Fig.  133.  — Branche  atta- 
quée par  la  larve  de  l’A- 
grilus  sinualus. 

AA’.  Crevasse  de  l’écorce  au- 
dessus  du  passage  de  la 
larve. 

A’B.  Galerie  creusée  dans  l’au- 
bier, branche  écorcée. 

B.  Loge  de  transformation. 


384 


UN  INSECTE  NUISIBLE  AU  POIRIER  : AGRILUS  SINUATUS. 


tant  quelques  poils  rares,  sont  d’un  vert 
métallique  nuancé  de  violet.  Les  dessous 
du  corselet  et  de  la  tête  sont  finement  ru- 
gueux. 

La  larve  apode  (fig.  135),  très-molle,  est 
aplatie;  ses  deux  bords  sont  sensiblement 
parallèles  ; sa  coloration  est  d’un  blanc 
nacré.  La  tête  noire  est  enfoncée  dans  le 
premier  segment  thoracique  qui  est  plus 
large  que  les  deux  autres  et  que  les  seg- 
ments abdominaux.  Le  deuxième  et  le  troi- 
sième segment  sont  courts,  presque  annu- 
laires. Les  segments  suivants,  jusqu’au 
neuvième,  sont  sensiblement  rectangu- 
laires, un  peu  ailés.  L’avant- dernier  article 
est  généralement  élargi  à sa  base.  Le  der- 
nier article,  subdivisé  en  deux,  est  terminé 


Fig.  134.  — Agrilus  Fig.  135.  — Larve  de 
sinuatKs.  V Agrilus  sinuatus. 

Insecte  parfait  grossi  5 fois.  Grossie  3 fois. 

par  deux  appendices  cornés,  pointus,  de 
couleur  brune,  formant  une  sorte  de  pince. 
La  forme  de  la  larve  n’est  pas  absolument 
constante  et,  suivant  les  cas,  elle  est  relati- 
vement plus  ou  moins  allongée.  La  forme 
de  l’avant-dernier  segment  est  assez  va- 
riable ; tantôt  à peine  élargi,  il  se  présente 
au  contraire  parfois  comme  garni  de  deux 
tubercules  (fig.  136). 

La  larve  de  V Agrilus  est  fort  nuisible  au 
Poirier.  Les  branches  attaquées  languis- 
sent, puis  le  plus  souvent  périssent.  Elles 
souffrent  notamment  à la  suite  de  la  péné- 
tration de  la  larve  dans  le  bois.  Sur  les 
branches  très-vigoureuses  la  mort  ne  suit 
pas  l’attaque  (en  général  du  moins),  mais 
elles  languissent  plus  ou  moins  et  les  bour- 
relets cicatriciels  semblent  ne  pas  pouvoir 
recouvrir  la  galerie  décrite  par  la  larve,  qui 


ainsi  persiste  pendant  denombreusesannées. 
L’insecte  peut  déposer  ses  œufs  sur  la  tige 
des  arbres  qui  alors  périssent  en  entier,  le 
plus  souvent. 

On  peut  trouver  plusieurs  larves  dans 
une  même  branche. 

Il  n’y  a pas  de  moyens  pratiques  de 
soustraire  les  arbres  à l’attaque  de  cet  in- 
secte. 

L’insecte,  très-agile,  est  difficile  à cap- 
turer, il  s’envole  au  moindre  danger  et 
jamais  je  n’ai  pu  même  le  voir  sur  les 
feuilles.  C’est  contre  la  larve  qu'il  faut  sur- 
tout lutter. 

Lorsque  l’on  constate  l’attaque  sur  une 
branche,  il  faut  suivre  la  galerie,  recher- 
cher la  larve  et  la  tuer.  Si  l’opération  est 
faite  assez  tôt,  la  branche  se  guérit  la  plu- 
part du  temps.  Si,  au  contraire,  la  larve 
poursuit  sa  marche,  la  mort  de  la  branche 
survient  souvent,  ou  tout  au  mçins  elle 


Fig.  136.  — Partie  postérieure  de  la  larve. 

Grossie  5 fois. 

reste  languissante  pendant  fort  longtemps. 
La  blessure  produite  par  le  couteau  est  ce- 
pendant plus  étendue,  souvent  plus  pro- 
fonde, que  celle  produite  par  la  larve,  et 
cependant  sa  guérison  est  plus  facile  ! Il 
■ me  paraît  hors  de  doute  que  la  larve  sé- 
crète un  principe  qui  est  toxique  pour  la 
branche,  une  « toxine  » qui  détermine 
la  mort  de  l’écorce  au-dessus  de  la  galerie 
et  du  bois,  tout  à l’entour  et  au  delà  même 
de  cette  galerie.  L’arbre  tout  entier  semble 
souvent  souffrir  de  cette  attaque,  comme  si 
le  poison  se  diffusait  dans  tout  son  être,  et 
il  faut  parfois  de  nombreuses  années  pour 
qu’il  surmonte  l’état  de  souffrance  qui  en 
résulte. 

Tous  les  arboriculteurs  savent  que  l’on 
peut  impunément,  dans  la  majorité  des 
cas,  pratiquer  sur  les  ramifications  du 
Poirier  des  blessures  assez  étendues  et 
qu’elles  se  cicatrisent  très-facilement  en 
général.  La  galerie  très-peu  profonde  de  la 
larve,  au  contraire,  entraîne  la  mort  de 
l’écorce  et  du  bois  sur  une  assez  grande 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D^HORTIGULTURE  DE  FRANCE. 


B85 


profondeur  et  à la  suite  souvent  la  mort  de 
la  branche,  ce  qui  semble  bien  indiquer 
l’etfet  d’une  sorte  de  poison  h Aussi  lors- 
qu’une branche  est  fortement  attaquée,  le 
mieux  est,  en  général,  de  la  couper  et  de 
provoquer  ainsi  l’émission  d’un  bourgeon 
de  remplacement  qui  servira  à établir  une 
nouvelle  branche  charpentière. 

Les  fragments  attaqués  seront  brûlés, 
peur  assurer  la  destruction  des  larves  qu’ils 
pourraient  contenir. 

VAgrilus  sinuatus  n’a  jusqu’à  présent 
été  signalé  dans  aucun  traité  d’arboricul- 
ture. Aucun  des  traités  d’entomologie  agri- 
cole que  l’on  consulte  en  général,  Brehm, 
Maurice  Girard,  etc.,  ne  cite  l’insecte. 
Kaltenbach,  dans  son  travail  sur  les  enne- 


mis du  Poirier,  ne  le  signale  pas  non  plus. 
Boisduval  citel’/4.  viridis  (Linné)  comme 
nuisible  au  Poirier;  il  lui  donne  comme 
synonymie  le  nom  d’A.  Pyri.  Cette  espèce 
très -polymorphe  habite,  en  réalité,  les 
bois,  et  je  crois  qu’elle  n’attaque  pas  les 
Poiriers  ; en  tout  cas,  je  ne  l’y  ai  jamais 
observée.  B semble  très-probable  que 
Boisduval  a fait  confusion  entre  VA.  viri- 
dis et  1’^.  sinuatus  ^ 

L’A . sinuatus  dont  il  est  question  ici  a 
été  observé,  signalé  et  décrit  par  de  Mar- 
seul  le  docteur  Puton  \ le  capitaine 
Xambeu  (la  larve)  % M.  Gitton  et  l’auteur 
de  ces  lignes  \ Pierre  Passy, 

Arboriculteur, 

Maître  de  conférences  à l’École  de  Grignon. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  8 JUILLET  1897 


Très-peu  de  présentations  au  Comité,  étant 
donné  le  concours  public  de  ftoriculture  qui 
ouvrait  le  même  jour.  Le  plus  curieux  des  ap- 
ports était  assurément  le  beau  et  énorme  pied 
dTpomopside  élégante  présenté  par  M.  Ferdi- 
nand Jamin.  Il  est  rare  que  cette  plante 
bisannuelle  soit  aussi  parfaite  de  forme  et  d’ap- 
parence aussi  robuste  que  celle  qu’on  nous  a 
montrée.  On  a cherché  les  divers  noms  qu’elle 
porte  ; en  voici  quelques-uns  ; Gilia  coronopi- 
folia,  Pers.  ; Cantua  coronopifolia,  Willd.  ; C. 
elegans,  Poir.  ; C.  incta,  Poit.  ; C.  pinnatifida, 
Lamk.;  Ipomopsis  elegans,  Michx.  Aujour- 
d’hui leslpomopsis  sont  généralement  rattachés 
au  genre  Gilia,  de  môme  que  les  Fenzlia  et  les 
Leptosiphon. 

Notons  pour  mémoire  les  fleurs  coupées  de 
Giroflée  quarantaine  à grande  fleur  de 
MM.  Cayeux  et  Leclerc,  les  Œillets  de  Chine 
de  M.  Le  Gouteulx,  les  Bégonias  nouveaux  (?) 
de  M.  Couturier  et  le  semis  de  Tritoma  San- 
dersi,  plus  beau  que  le  type,  de  M.  Cochet- 
Cochet. 

Orchidées 

M.  Mantin  continue  la  présentation  de  ses 
hybrides.  Nous  y retrouvons  le  Lælio-Gattleya 
olivetensis,  mais  indiqué  cette  fois  comme  étant 
le  résultat  du  croisement  du  Lælia  pumila 
supérha  et  du  Cattleya  Leopoldi,  tandis 
qu’à  l’exposition  des  Tuileries  nous  croyons 
avoir  lu  : L.  anceps  morada  X C.  Bowrin- 
giana.  Et  comme  nous  n’avons  pu  comparer 
les  deux  spécimens,  nous  ignorons  s’il  s’agit  de 

1 Le  docteur  Laboiilbène  partage  cette  opinion  ; 
il  pense  que  ce  sont  les  glandes  salivaires  qui  se- 
crétent le  poison. 


deux  hybrides  différents  ou  s’il  y a une  erreur 
quelconque  dans  nos  indications.  M.  Mantin 
présentait  aussi  deux  formes  provenant  du  croi- 
sement des  Cattleya  Labiata  Warneri  et  C. 
Scliilleriana ; l’une,  dénommée  C.  Russelliana 
major,  a.  le  labelled’un  pourpre  intense;  l’autre, 
jaune  soufre,  est  le  C.  Russelliana  sul- 
phurea  ; puis  un  Cattleya  Heloisiæ  {C.  Mos- 
siæ  X C.  Forbesii  superba),  de  quelque  res- 
semblance avec  le  C.  Parthenia,  ainsi  qu’un 
Cypripedium  Charpinianum  {C.  Spiceria- 
num  X C.  Morganiæ),  dont  malheureusement 
la  forme  n’est  pas  parfaite. 

M.  Ragot  avait,  comme  apport,  deux  plantes 
intéressantes  : le  Cattleya  Rex,  aux  sépales 
blancs  et  au  labelle  pourpre  entouré  de  jaune; 
et  le  Miltonia  vexillaria  radiosa,  belle  fleur 
d’un  rose  uni  Un  bon  point  aussi  à M.  Lavan- 
chy  pour  son  joli  Trichopilia  suavis  margi- 
nata  de  couleur  lie-de-vin. 

Section  des  Roses 

M.  Cochet-Cochet  avait  apporté  des  rameaux 
d’un  Rosier  hybride  des  Rosa  rugosa  et  R. 
lutea,  et  qui  pourra  devenir  intéressant  plus 
tard.  Une  collection  de  800  variétés  de  Roses, 
en  fleurs  coupées,  de  M.  Rothberg,  nous  eût 
certainement  paru  digne  de  figurer  au  con- 
cours de  ftoriculture,  au  lieu  d’une  simple 

- Boisduval,  Essai  sur  V entomologie  horticole, 
1867. 

3 Journal  V Abeille,  1865. 

^ Revue  d'entomologie.  Caen,  1883. 

s Revue  d' entomologie,  Caen,  1893. 

s Revue  horticole,  16  mars  1897. 

7 Journal  de  la  Société  d' horticulture  et  Traité 
d’arboriculture  fruitière,  juin  1897. 


386  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES. 


présentation  du  Comité.  Mais  ce  ne  fut  pas 
l’avis  du  jury  du  concours  qui  l’a  refusée,  sous 
ce  prétexte  « que  les  Roses  ne  sont  pas  aujour- 
d’hui des  fleurs  de  saison  ».  Ceci  prouve  qu’il 
faut  s’attendre  à tout.  Cette  collection  était 
remarquable  tout  à la  fois  par  le  grand  nombre 
de  variétés  de  fond  qu’elle  contenait,  et  par 
la  belle  venue  des  fleurs. 

Arboriculture  d’ornement 

Une  série  d’apports  intéressants,  présentés 
par  M.  Charles  Baltet  : des  rameaux  fleuris 
de  deux  Althéas  {Hibiscus  Syriacus)  de  semis, 
l’un  carmin  vif  et  l’autre  bleu  ardoisé  ; des  ra- 
meaux fleuris  du  Troène  de  Quihou,  qui  est  une 
bonne  plante  pour  rocailles,  à l’instar  des 
Cotoneaster.  Puis  des  fruits  plutôt  ornemen- 
taux, voire  même  industriels,  qu’alimentaires, 
— témoins  ceux  du  Ptelea  trifoliata,  qui  riva- 
liseraient avec  le  Houblon  pour  la  fabrication 
de  la  bière,  à l’instar  du  Buis,  si  les  Houblons 
n’étaient  pas  en  baisse;  ceux  du  Prunus 
Mume^  que  les  soldats  japonais  mettent  dans 
leurs  sacs  et  qu’ils  mangent  pour  apaiser  leur 

soif;  ceux  du  Berheris  dulcis,  comestibles 

à Magellan,  etc. 

Une  jolie  touffe  de  Cissus  helerophyllus 
foliis  variegatis  était  présentée  par  M.  Du- 
mont-Carlin. 

Arboriculture  fruitière 

Toujours  de  très-beaux  apports  deM.  Fatzer  : 
cinq  monstrueuses  grappes  de  Raisin  Fran- 
kenthal  et  cinq  non  moins  monstrueuses  de 
Raisin  Gradiska.  Puis  15  Pêches  de  semis, 


nouvelle  variété  dénommée  Louis  Fontaine^ 
fruit  gros,  très-coloré,  fondant,  juteux,  jugé 
bon  par  le  Comité  à la  dégustation  ; chair  légè- 
rement vineuse  autour  du  noyau;  variété  à 
essayer  en  culture  de  plein  air. 

De  M.  Enfer,  du  domaine  de  Pontchartrain, 
de  très-beaux  Raisins  Muscat  cV Alexandrie ^ 
soumis  à la  culture  forcée,  ainsi  que  de  très- 
belles  Pêches  Grosse  Mignonne ^ de  même  cul- 
ture. Voilà  qui  est  bien  pour  encourager  les 
forceurs  à pratiquer  cette  spécialité  sur  une 
plus  grande  échelle. 

M.  Grive,  amateur  à Villeneuve-le-Roi,  pré- 
sentait une  corbeille  de  Prunes  hâtives  Bonne 
de  Bry,  fruit  très-bon,  à recommander.  M.  G. 
Boucher  avait  apporté  une  caisse  d’une  Poire 
hâtive  Lawson^  venant  d’Amérique.  Le  fruit 
est  peu  juteux,  légèrement  parfumé,  assez  bon 
en  somme,  mais  il  est  gros  et  très-coloré. 

Culture  potagère 

Avec  la  Fraise  remontante  Jeanne  d’Arc,  de 
végétation  vigoureuse  et  de  floraison  proli- 
fique, que  présentait  M.  Édouard  Lefort,  nous 
voilà  en  présence  de  quatre  variétés  réelle- 
ment remontantes.  Laquelle  détiendra  défini- 
tivement le  « record  » de  cette  course  au  filet 
fructifère?  Pour  l’état  actuel  de  la  question, 
nous  renvoyons  le  lecteur  au  précédent  nu- 
méro de  la  Revue  horticole  L 

Une  autre  variété  intéressante  est  le  Fraisier 
des  Quatre-Saisons  sans  filets,  obtenu  de  semis 
par  M.  Lapierre,  et  qu’il  présentait  à cette 
même  séance.  Elle  forme  d’énormes  touffes 
pourvues  d’une  abondante  production. 

H.  Dauthenay. 


REVUE  DES  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES 

FIGURÉES  OU  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  HORTICOLES  ÉTRANGÈRES 

PENDANT  LE  PREMIER  SEMESTRE  DE  L’ ANNÉE  1897* 


Hemipilia  amethystina,  Rolfe  (Orchidées),  B.  M., 
tab.  7521.  — Burma.  Genre  dont  '6  espèces  seu- 
lement sont  décrites.  Fleurs  petites,  à pétales 
blancs  et  pourpres.  Labelle  bordé  de  blanc  ; 
disque  de  couleur  améthiste. 

Holothrix  orthoceras,  Reichb.  f.  (Orchidées), 
B.  M.,  tab,  7523.  — Afrique  du  Sud.  Espèce 
voisine  de  VH.  Lindleyana,  à petites  fleurs, 
nombreuses,  blanches,  rayées  de  rouge-pourpre 
sur  le  labelle. 

Hoodia  Gordoni,  Sweet,  Gard.  and.  For.,  1897, 
p.  76,  fig.  noire,  10  (Asclépiadées).  — Afrique 
australe.  Plante  voisine  des  Stapelia,  dont  le 
port  rappelle  exactement  celui  d’un  Cactus. 
Côtes  garnies  d’épines  de  couleur  jaune.  Fleurs 
naissant  en  glomérules  au  sommet  de  la  tige, 
à corolle  rotacée,  à limbe  étalé,  de  12  centi- 
mètres, d'un  brun  jaunâtre  teinté  de  rose.  Cou- 

' Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  342. 

2 Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  362. 


ronne  cramoisie  marquée  d’un  œil,  de  couleur 
rose. 

Leptospermum  scoparium,  Forst.,  var.  grandi- 
florum,  The  Gard.,  1897,  p.  390,  pl.  color. 
1120  (Myrtacées).  — C’est  un  des  plus  beaux 
arbrisseaux  cultivés  dans  les  serres.  Introduit 
depuis  1817,  de  graines  reçues  de  Port-Jackson. 
Il  est  peu  connu.  Pendant  la  moitié  de  l’année, 
il  se  couvre  de  charmantes  fleurs  roses  ou 
blanches  teintées  de  rose. 

Ligustrum  coriaceum,  Nois.  (Oléinées),  B.  M., 
tab.  7519,  Revue  horticole,  1874,  p.  418,  fig.  56 
et  1888,  p.  439,  fig.  101.  — Japon.  Cet  ai  buste, 
introduit  en  Angleterre  par  Fortune,  n’est  peut- 
être  qu’une  forme  du  L.  japonicum.  Il  s’élève 
à l'n  ou  2“  de  hauteur  ; ses  feuilles  sont  per- 
sistantes, coriaces,  avec  une  étroite  bordure 
rouge  sur  la  face  supérieure.  Fleurs  d’un  blanc 
jaunâtre,  petites,  en  têtes  globuleuses,  formant 
une  panicule  de  6 à 12  centimètres  de  lon^ 
gueur. 


PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES  DÉCRITES  DANS  LES  PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES.  387 


Lilium  pardalinum,  Kellogg.  (Liliacées),  Gard, 
and  For.,  1897,  p.  144.  — Californie.  Espèce 
très-variable  de  formes;  elle  aime  les  lieux 
humides  et  peut  s’élever  à 2 mètres  de  hau- 
teur. 

Masdevallia  X Henriettæ,  Krânzl.  (Orchidées), 
Lind.,  tab.  557.  — Hybride  entre  M.  ignea,  var. 
et  M.  Shuttleworthi. 

Maxillaria  Houtteana,  Reichb.  f.  (Orchidées), 
B.  M.,  tab.  7533.  — Guatémala  et  Vénézuéla. 
Le  M.  Houtteana  est  très-voisin  du  M.  tenui- 
folia.  Il  fleurit  en  serre  froide,  à Kew,  en  avril; 
ses  fleurs  durent  un  mois  ou  plus.  Les  fleurs 
ont  6 centimètres  de  diamètre,  à sépales  jaune 
terne  en  dehors,  d’un  brillant  rouge  pourpre  au 
dedans  et  bordés  de  jaune  d’or.  Labeile  non 
lobé,  arrondi  au  sommet.  Gallus  avec  taches 
rouge  brun  et  stries  pourpres. 

Maxillaria  Sanderiana,  Reichb.  f.  (Orchidées),  B. 
M.,  tab.  7518.  Bevue  horticole,  1894,  p.  326.  — 
Écuador.  Le  M.  Sanderiana,  une  des  plus 
belles  espèces  du  genre,  est  assez  voisin  du 
M.  grandiflora.  Il  s’élève  jusqu’à  une  altitude 
de  1,300  mètres  dans  les  Andes  du  Pérou.  Fleurs 
de  12  centimètres  environ  de  diamètre.  Sé- 
pales et  pétales  d’un  blanc  pur,  excepté  vers  la 
base  qui  est  d’un  beau  rouge  pourpre,  couleur 
qui  s’étale  au-dessus  pour  former  des  macules. 
Labeile  à lobe  terminal  jaune,  à bords  cris- 
pés et  légèrement  rayés  de  pourpre.  Cul- 
ture en  serre  froide. 

Melastoma  heteromallum,  D.  Don  {Tibouchina 
heteromalla,  Cogn.)  (Mélastomacées),  The 
Gard.  1897,  p.  244;  pl.  color.  1112.  — Brésil. 
Relie  plante  de  serre  chaude. 

Michauxia  Tchihatchewii,  Fischer  et  Meyer 
(Campanulacées).  G.  C.,  1897,  p.  181,  figure 
noire  53.  — Monts  Taurus.  Belle  plante,  sans 
doute  bisannuelle  et  rustique  sous  nos  climats  ; 
elle  croît  à une  hauteur  de  1,600  mètres  et  porte 
un  magnifique  épi  de  fleurs  blanches  de  60  cen- 
timètres de  long,  la  plante  s’élevant  elle-même 
à 2 mètres  environ. 

Muscari  conicum,  Baker.  The  Gard.,  1897, 
p.  136,  pl.  color.  — Charmante  espèce  très-flo- 
rifère, aux  épis  d’un  beau  bleu.  Patrie  ? 

Myrmecodia  Antoinii,  Beccari  (Rubiacées),  B. 
M.,  tab.  7517.  — Détroits  de  Torrès.  Plante 
singulière  surtout  par  les  dimensions  considé- 
rables de  son  tubercule  globuleux  et  épineux 
qui  atteint,  sur  l’exemplaire  cultivé  à Kew, 
60  centimètres  de  circonférence. 

Odontoglossum  crispum,  Lindl.,  var.  diverses 
(Orchidées),  Lind.,  tab.  545-568. 

— Ruckerianum,  Rchb.  f.,  var.  ocellatum  (Or- 
chidées^  G.  C.,  1897,  p.265.  — Très-belle  forme 
de  l’O.  Andersonianum . 

Oncidiiim  Phalænopsis,  Lind.  et  Rchb.  f.,  var. 
excellens,  L.  Lind.  (Orchidées),  Linrf.,  tab.  553* 

Paracaryum  heliocarpum,  Kerner.  (Borraginées), 
B.  M.,  tab.  7520.  — Plante  vivace,  rustique, 
des  plus  hautes  montagnes  de  l’Himalaya.  In- 
troduite en  1840,  elle  est  disparue  des  cultures. 
Cymes  pèles,  à longs  pédoncules;  fleurs  éloi- 
gnées, à corolle  campanulée,  rose  pourpre  avec 
un  limbe  d’un  bleu  foncé.  Fleuiit  en  mai,  aux 
jardins  de  Kew. 

Phajus  X Marthæ,  Hort.  (Orchidées),  Lind.,  tab. 
561.  — Hybride  issu  des  P.  Bhmei  et  P.  tuber- 
culosus. 


Phajus  X Norman  (Sanderianus,  Hort.  X tu- 
berculosus).  (Orchidées),  G.  G.,  1897,  p.  245. 
— Nouvel  hybride  horticole. 

Pseudotsuga  macrocarpa  (Conifères),  Gard.  and. 
For.,  1897,  p.  24,  fig.  noire  5.  — Montagnes  de 
la  Californie.  Bel  arbre  remarquable  par  ses 
cônes  de  grandes  dimensions  (18  à 24  centi- 
mètres de  longueur)  et  par  son  feuillage  d’un 
gris-bleuâtre  particulier.  Il  a été  décrit  par 
Torrey,  en  1860,  comme  Abies  Douglasii,  var. 
macrocarpa.  Introduit  dans  les  cultures,  il 
constituerait  un  arbre  ornemental  de  valeur 
pour  la  région  méditerranéenne. 

Pyrus  occidentalis  (Rosacées),  Gard.  and.  For., 
1897,  p.  86,  fig.  noire  11.  — Jolie  petite  espèce 
alpine,  distincte,  des  hautes  montagnes  de  la 
Californie,  s’élevant  à peine  à 1 mètre  de  hau- 
teur. 

Ribes  erythrocarpum  (Saxifragées),  Gard.  and. 
Por. ,18J7,p.  184,  fig.  noire  21.  — Joli  Groseillier 
découvert  en  1896  par  M.  le  D'  F.-V.  Coville, 
dans  les  montagnes  de  l’Orégon,  à une  altitude 
de  plus  de  2,000  mètres.  C’est  un  arbrisseau  à 
tiges  couchées,  non  épineuses,  hirsutes,  qui 
portent  des  grappes  de  fleurs  rougeâtres  aux- 
quelles succèdent  des  fruits  écarlates.  Cet  ar- 
buste mériterait  peut-être  d’entrer  dans  les  jar- 
dins. 

Sambucus  leiosperma,  Leib.  (Caprifoliacées), 
Gard.  and.  For.,  1897,  p.  174,  fig.  noire  20. 
— Nouveau  Sureau  â baies  rouges  des  hautes 
montagnes  de  l’Orégon  et  de  Washington;  il  a 
été  distingué  du  S.  racemosa  par  M.  John 
B.  Leiberg. 

Sambucus  melanocarpa,  A.  Gray  (Caprifolia- 
cées),  Gard.  and.  For.,  1897,  p.  134,  fig.  noire 
16.  — Montagnes-Rocheuses.  Cet  arbrisseau  ne 
se  distingue  guère  du  S.  racemosa  que  par  ses 
fruits  noirs. 

Selenipedium  Boissierianum,  Rchb.  f.  (Orchi- 
dées), G.  G.,  1897,  p.  54,  fig.  noires  13  et  14.  — 
Pérou.  Belle  espèce  peu  connue,  décrite  pour  la 
première  fois  en  1858. 

Senecio  Smithii,  D.  G,  (Composées),  B.  M.,  tab. 
7531.  — Sud  du  Chili  et  Terre-de-Feu.  Beau 
Séneçon  découvert  en  1769  par  Banks  et  So- 
lander  dans  le  premier  voyage  de  Cook.  C’est 
une  herbe  vivace  pouvant  s’élever  à plus  de 
1 mètre  de  haut.  Les  capitules  sont  nombreux, 
réunis  en  corymbe  terminal.  Fleurs  ligulées, 
blanches,  au  nombre  de  20  ou  30.  Disque  jaune 
d’or. 

Syringa  (Ligustrina)  amurensis,  Rupr.  (Oléi- 
nées),  B.  M.,  tab.  7534.  Revue  horticole,  1877, 
p.  453.  — Arbrisseau  ou  petit  arbre  très-remar- 
quable introduit  du  Japon  en  Amérique  par  le 
professeur  Sargent.  Il  est  aussi  indigène  en 
Chine,  Mandchourie  et  Corée.  Ses  fleurs, 
presque  inodores,  paraissent  en  juin  à Kew  ; 
elles  sont  petites,  nombreuses,  d’un  blanc  crème 
pâle  et  disposées  en  têtes  globuleuses  dont  l’en- 
semble forme  une  énorme  panicule  composée 
de  30  à 60  centimètres  de  longueur  sur  16  à 
24  centimètres  de  largeur. 

Tillandsia  Dugesii,  Baker  (Broméliacées),  Gard, 
and.  For.,  1897,  p.  44,  fig.  noire  7.  — 
Mexique.  Superbe  et  rare  Tillandsia  à feuilles 
longues,  glauques,  ensiformes-sétacées.  Brac- 
tées inférieures  longues,  d’un  cramoisi  brillant 
à rachis  de  même  couleur.  Panicule  de  30  cen- 
timètres ou  plus,  composée  d’épis  de  fleurs 


388 


CORRESPONDANCE. 


corolle  d’environ  4 centimètres  et  d’un  pourpre 
foncé.  Plante  de  serre  très-ornementale. 

Tremandra  verticillata,  Hueg.  (Trémandrées), 
Rev.  hort.  belg.,  1897,  p.  133,  pl.  color.  — 
Australie.  Jolie  plante  introduite  vers  1842  et 
disparue  des  cultures  après  avoir  eu  beaucoup 
de  vogue  en  Belgique.  Rameaux  grêles  avec  un 
délicat  feuillage  verticillé  rappelant,  par  l’aspect, 
celui  des  Asparagus  de  serre.  Fleurs  nom- 
breuses, à corolle  campanulée  d’un  beau 
violet. 

Trevoria  Chloris,  F.  G.  Lehm.  (Orchidées),  G.  C., 
1897,  p.  345,  fig.  noire  128.  — Nouvelle  espèce  à 
petites  fleurs  verdâtres  qui  croît  à 1,700  mètres 
dans  les  Andes  de  Colombie. 

Trichopilia  brevis  (Orchidées),  The  Gard..,  1897, 
p.  370,  pl.  color.  1109.  — Pérou.  Belle  plante  in- 
troduite il  y a soixante  ans,  et  peu  répandue. 
Pseudobulbes  de  10  à 12  centimètres  de  hau- 
teur portant  une  feuille  unique  d’environ  24  cen- 
timètres de  longueur.  Sépales  et  pétales  d’un 
jaune  variable  et  ornés  souvent  de  larges  ma- 


cules brun  marron.  Labelle  d’un  blanc  pur. 
Fleurs  en  grappes  courtes. 

Tristania  laurina,  Br.  (Myrtacées),  B.  M.,  tab. 
7529.  — Australie  orientale.  Arbuste  ou  arbre  de 
grande  taille  à rameaux  et  pétioles  d’un  rouge 
brun.  Feuilles  lancéolées,  vert  foncé  à la  face 
supérieure.  Les  fleurs  sont  d’un  beau  jaune 
orange,  en  cymes  axillaires  courtement  pétio- 
lées. 

Vanda  Sanderiana,  Rchb.  f.  (Orchidées),  Lind., 
tab.  547.  — lies  Philippines.  Une  des  merveilles 
de  la  serre  chaude.  Sépales  et  pétales  plats, 
largement  arrondis,  délicatement  colorés  de 
rose.  Sépales  latéraux  réticulés  de  pourpre  sur 
fond  jaune.  Labelle  court,  non  éperonné.  Ce 
Vanda  réclame  beaucoup  de  lumière, 

Wistaria  chinensis,  var.  multijuga.  Van  Houtte 
(Légumineuses)  B.  A/.,  tab.  7522.  — Japon.  Va- 
riété remarquable  par  ses  grappes  de  üO  centi- 
mètres et  plus  de  longueur.  Les  fleurs  sont  plus 
petites  de  moitié  que  dans  le  type  de  l’espèce. 

D.  Bois  et  G.  Gibault. 


CORRESPONDANCE 


M.  G.  L.  (Pas-de-Calais).  — Des  deux 
plantes  dont  vous  nous  avez  envoyé  des  échan- 
tillons secs,  la  première,  à fleurs  violettes,  est  le 
Géranium  sylvaticum^  belle  espèce  commune 
dans  les  pays  de  montagnes.  La  seconde  est 
l’Immortelle  blanche  du  Gap  (Helichrysum 
vestitum,  Less.). 

M.  A.  B.  {Seine-Inférieure).  — Le  Luculia 
gratissima  se  rencontre  trop  rarement  dans  le 
commerce,  à cause  de  la  difficulté  de  sa  cul- 
ture. Le  Muséum  de  Paris  le  cultive.  Vous 
pourriez  peut-être  essayer,  en  écrivant  au  di- 
recteur, de  l’obtenir  en  échange  d’une  autre 
plante  que  cet  établissement  ne  posséderait 
pas. 

Quant  aux  Podalyres  du  Gap,  on  ne  les 
cultive  plus  et  cela  est  regrettable.  La  plante 
dont  vous  avez  pu  vous  procurer  des  graines 
est  la  Podalyre  de  la  Caroline  (Baptisia  aus- 
fmîis),  jolie  plante  qu’on  peut  avoir  facilement. 

No  3329  (Hérault).  — 1°  Coupez  la  tête  à 
votre  Araucaria  excelsa,  il  repoussera  très- 
bien.  C’est  même  le  moyen  qui  est  employé 
pour  obtenir  des  boutures  de  flèches  à rameaux 
bien  verticillés.  Mais  quand  les  sujets  sont  de 
mauvaise  forme  ou  dénudés  des  branches  du 
bas,  il  vaut  mieux  en  élever  d’autres  que  de 
chercher  à les  refaire. 

2o  Le  Traité  des  Conifères  de  Carrière,  ex- 
cellent livre,  est  épuisé  en  librairie.  Essayez  de 
le  chercher  chez  un  bouquiniste.  Nous  pouvons 
encore  vous  indiquer  l’ouvrage  de  Beissner, 


mais  il  est  en  allemand,  et  celui  de  Veitch 
(Manual  of  Coniferæ)  en  anglais. 

3o  Le  spécialiste  tout  désigné  pour  les  Né- 
rions  est  M.  F.  Sahut,  horticulteur  à Mont- 
pellier (Hérault). 

iV°  3274  (Gard).  — Votre  plante  est  le  Li- 
gustrum  Regelianum.  L'autre  échantillon  ap- 
partient à un  arbuste  très-joli  et  très-rare,  le 
Fendlera  rupicola. 

Nous  vous  enverrons  les  autres  renseigne- 
ments demandés  dès  que  nous  pourrons  nous 
les  procurer. 

M.  N.  S.  (Tarn).  — Les  nouvelles  variétés 
à fleurs  doubles  de  Clematis  Viticella  sont,  en 
effet,  des  plus  curieuses.  Plusieurs  ont  des 
fleurs  pleines  comme  des  Roses  Pompon.  Jus- 
qu’à présent,  elles  restent  dans  la  gamme  vio- 
lette ou  lilas  plus  ou  moins  foncé.  La  Revue 
suit  de  près  ces  nouveautés  dont  plusieurs 
seront  prochainement  publiées. 

No  3569  (Nord).  — - Les  Raisins  que  vous 
avez  envoyés  ne  présentent  pas  trace  de  pa- 
rasites végétaux  ; aucune  des  maladies  bien 
connues  et  redoutables  (mildiou,  oïdium)  ne 
peut  être  incriminée  ; les  altérations  rappellent 
beaucoup  l’aspect  des  grains  soumis  à l’échau- 
dage,  c’est-à-dire  ayant  subi  l’action  d’un  soleil 
très -intense.  Si  vous  observez  des  altéra- 
tions nouvelles,  vous  pourrez  nous  adresser 
des  échantillons  ; les  traitements  anticrypto- 
gamiques  étant  inefficaces  dans  le  cas  que  vous 
nous  soumettez.  — (L.-M.). 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur- Gérant  t L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


389 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Le  Mérite  agricole.  — Lycoris  sqiiamigera.  — Adjonction  aux  Bégoniacées.  — Croissance  des  plantes 
diurne  et  nocturne.  — Pour  faire  fleurir  le  Romneya  CoulterL  — Lælio-Callleya  X Pallas.  — 
Fasciation  d’une  tige  de  Rosier.  — Les  progrès  des  jardins  royaux  de  Kew.  — L’Ortie  comestible. 
— L’absorption  du  calorique  par  les  plantes  à feuillage  rouge. 


Le  Mérite  agricole.  — Le  Journal  offi- 
ciel du  15  août  a publié  les  promotions  et 
nominations  faites  dans  l’ordre  du  Mérite 
agricole,  à l’occasion  de  la  fête  nationale 
du  14  juillet.  Nous  y relevons  celles  qui 
intéressent  l’horticulture  : 

1°  Grade  d’officier  : 

MM. 

Grousse  (François-Félix)  horticulteur  à Nancy 
(Meurthe-et-Moselle)  : lauréat  de  nombreux 
concours  et  expositions.  Plus  de  30  ans  de 
pratique  agricole.  Chevalier  du  13  juil- 
let 1887. 

Forestier  (Jean-Glaude-Nicolas),  conservateur 
du  bois  de  Vincennes,  directeur  de  l’École 
municipale  et  départementale  d’arboricul- 
ture. Chevalier  du  22  novembre  1887. 
Henneguy,  professeur  à l’École  nationale  d’hor- 
ticulture de  Versailles  : 22  ans  de  services. 
Chevalier  du  10  novembre  1889. 

Jacquart  (Élie),  négociant  et  horticulteur  à 
Bain-de-Bretagne  (Ble-et-Vilaine)  : nom- 

breuses et  importantes  récompenses  dans 
les  concours  et  expositions  en  Érance  et  à 
l’étranger.  Chevalier  du  24  juillet  1890. 

2°  Grade  de  chevalier  ; 

MM. 

Aubépart  (Joseph),  horticulteur-maraîcher  à 
Chaumont  (Haute-Marne)  : a professé  l’arbo- 
riculture à l’École  normale  d’instituteurs. 
Travaux  de  culture  des  champs  d’expériences 
et  de  démonstration.  Nombreuses  récom- 
penses ; 30  ans  de  pratique  horticole. 

Boutin  (Victor),  horticulteur  à Saintes  (Cha- 
rente-Inférieure) ; a dirigé  pendant  plusieurs 
années  la  pépinière  départementale  et  le 
cours  de  greffage.  30  médailles,  dont  5 en 
or,  dans  divers  concours  régionaux  agricoles. 
Lauréat  de  la  prime  d’honneur  d’horticul- 
ture (1894);  35  ans  de  pratique  horticole. 
Cabourg  (Georges-Prosper),  président  de  la 
Société  régionale  d’horticulture  d’Elbeuf 
(Seine-Inférieure)  ; création  de  cours  d’ar- 
boriculture. Membre  du  jury  dans  de  nom- 
breuses expositions  d’horticulture  ; 15  ans 
de  pratique  horticole. 

Gaillol  (Fortuné-François),  jardinier  en  chef 
de  la  ville  de  Marseille  (Bouches-du-Rhône)  ; 
50  ans  de  pratique  hortioole. 

1er  Septembre  1897 » 


Debrie  (Bernard),  horticulteur  à Paris  (Seine): 
plusieurs  récompenses  dans  diverses  expo- 
sitions internationales  ; 28  ans  de  pratique 
horticole. 

Dencausse  (Dominique),  horticulteur  à Ba- 
gnères-de-Bigorre  (Hautes-Pyrénées)  : ser- 
vices rendus  à l’horticulture  de  la  région. 
Plusieurs  récompenses  dans  différents  co- 
mices agricoles. 

Deneux  (Louis-Paul-Adalbert),  industriel  et 
propriétaire-horticulteur,  maire  de  Gagny- 
les-Amiens  (Somme)  : création  d’une  vaste 
culture  horticole.  Plusieurs  récompenses  ; 
18  ans  de  pratique  horticole. 

Farjenel  (Octave-Chéri- Amédée),  commandant 
d’infanterie  en  retraite,  propriétaire  à Bourges 
(Cher)  : mise  en  valeur  de  terrains  incultes. 
Création  de  potagers  militaires.  Reconstitu- 
tion de  vignobles. 

Ferhat  (Mouley  abda  ben  Taïeb)  adjoint  indi- 
gène des  Béni  Maïda  (Alger)  : plantations 
d’arbres  fruitiers,  d’essences  forestières  et 
de  vignes.  Transformation  de  l’outillage 
agricole  ; 34  ans  de  pratique  agricole. 

Ferret-Régis  (Gustave),  propriétaire-horticul- 
teur à Bordeaux  (Gironde)  : vice-président 
de  la  Société  d’horticulture  de  la  Gironde. 
Plus  de  30  récompenses  dans  divers  con- 
cours et  expositions  ; 30  ans  de  pratique 
horticole. 

Gétiaux  (Gharles),  secrétaire  de  la  Société 
d’horticulture  de  Sedan  (Ardennes)  : services 
importants  rendus  à l’enseignement  agricole. 
Publications  agricoles  ; 20  ans  de  pratique. 

Guéroult  (Noël),  ancien  jardinier  à Mirville 
(Seine-Inférieure)  ; travaux  importants  de 
drainage.  Propagation  des  meilleures  espèces 
fruitières.  Publications  agricoles  ; 45  ans  de 
pratique  agricole. 

Héricourt  (Léon-Félix),  cultivateur  à Fontenay- 
sous-Bois  (Seine)  : professeur  du  cours  pra- 
tique d’arboriculture  aux  écoles  'de  Fontenay- 
sous-Bois.  Concours  exceptionnel  pour  l’exé- 
cution de  la  statistique  agricole-  décennale 
de  1892. 

Hugues  (Prosper-Hippolyte),  directeur  de  l’é- 
cole Saint-Roch  à Nice  (Alpes-Maritimes)  : 
services  rendus  à l’enseignement  agricole  et 
horticole.  Introduction  dans  la  région  de  dif- 
férents instruments  aratoires  perfectionnés. 
A collaboré  à l’établissement  de  la  statis- 
tique décennale  agricole.  Plusieurs  récom- 
penses ; 28  ans  de  pratique  agricole  et  hor- 
ticole. 


17 


390 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Jalbert  (Marie -René-Hippolyte),  notaire  et 
agriculteur  à Saint-Chély-d’Apcher  (Lozère)  : 
travaux  de  drainage.  Amélioration  des  di- 
verses races  d’animaux  de  trait  et  de  repro- 
duction. Développement  de  l’arboriculture  ; 
15  ans  de  pratique  agricole. 

Jusseaud  (Claude),  horticulteur  à Sainte-Foy- 
les-Lyon  (Rhône)  : organisation  d’écoles  de 
greffage.  Membre  du  jury  dans  divers  con- 
cours et  expositions  agricoles  ; 28  ans  de 
pratique  horticole. 

Lascoux  (Antoine),  ingénieur  agronome  à Ar- 
bois  (Jura)  : président  de  la  Société  de  viti- 
culture et  d’horticulture  d’Arbois. 

Lequatre  (Jean-Marie),  maraîcher  à Ivry  (Seine): 
concours  exceptionnel  pour  l’exécution  de  la 
statistique  agricole  décennale  de  1892;  35  ans 
de  pratique  agricole. 

Levadoux  (Jean),  horticulteur  à Riom  (Puy-de- 
Dôme)  : services  rendus  à l’arboriculture  de 
la  région  par  la  sélection  d’essences  frui- 
tières. Nombreuses  récompenses,  dont  plu- 
sieurs médailles  d’or  et  membre  du  jury 
dans  divers  concours  et  expositions  ; 60  ans 
de  pratique  horticole. 

Loron  (Antoine-Claude),  horticulteur-pépinié- 
riste à Dammartin(Seine-et-Marne)  : amélio- 
rations importantes  des  pépinières  de  la  ré- 
gion. 75  médailles  d’or  et  d’argent  dans  di- 
vers concours  et  expositions  horticoles  et 
agricoles  ; 17  ans  de  pratique. 

Marenge  (Albert-François),  propriétaire-horti- 
culteur à Caudéran  (Gironde)  : secrétaire  de 
la  Société  d’horticulture  de  la  Gironde,  Nom- 
breuses récompenses,  dont  plusieurs  mé- 
dailles d’or,  dans  diverses  expositions  horti- 
coles ; plus  de  20  ans  de  pratique. 

Messerschrnitt  (Valentin),  propriétaire,  maire 
de  Guélaat-bou-Sba  (Gonstantine)  : impor- 
tants travaux  de  plantations  et  de  greffages. 
Propagation  des  meilleures  méthodes  em- 
ployées en  horticulture.  Plusieurs  récom- 
penses ; 46  ans  de  pratique  agricole. 

Moïse  (Léonce),  chef  de  culture  à Messempré 
(Ardennes)  : mise  en  valeur  de  différents 
engrais.  Améliorations  de  terrains.  Plusieurs 
récompenses  et  membre  du  jury  dans  divers 
concours  et  expositions  agricoles.  Publica- 
tions agricoles;  18  ans  de  pratique  agricole 
et  horticole. 

Nadal  (Pierre),  horticulteur  à Périgueux  (Dor- 
dogne) : amélioration  de  la  culture  des 
plantes  de  serre  chaude.  Plus  de  70  mé- 
dailles dans  divers  concours  régionaux  et  co- 
mices agricoles  ; 47  ans  de  pratique  horti- 
cole. 

Nicolas  (Victor-Marie-Henri),  horticulteur  à 
Marseille  (Bouches-du-Rhône)  : nombreuses 
récompenses  dans  différentes  expositions 
horticoles  et  industrielles  ; 15  ans  de  pra- 
tique horticole. 

Nivet  (Henri),  horticulteur-paysagiste  à Limo- 
ges (Haute-Vienne)  ; secrétaire  de  la  Société 
d’horticulture  de  Limoges.  Vive  impulsion 


donnée  à la  culture  des  fleurs.  Nombreux  ar- 
ticles sur  les  questions  agricoles.  Plusieurs 
récompenses;  15  ans  de  pratique  horticole. 
Pottier  (Arsène),  directeur  du  jardin  d’acclima- 
tation à Hyères  (Var)  : membre  du  jury  dans 
de  nombreuses  expositions  horticoles  fran- 
çaises et  étrangères.  Importants  voyages 
scientifiques  ; 43  ans  de  pratique  horticole. 
Sallier  (Hippolyte),  horticulteur  à Blois  (Loir- 
et-Cher)  : services  rendus  à l’horticulture 
de  sa  région  ; 50  anè  de  pratique  horticole. 
Mme  Savigny,  horticulteur  à Seillans  (Var)  : 
importants  travaux  d’irrigation.  Mise  en  va- 
leur de  terrains  incultes.  Grande  extension 
donnée  à l’horticulture  de  la  région.  Nom- 
breuses récompenses. 

Simon  (Pierre-Jean),  horticulteur  à Malakoff 
(Seine)  : plusieurs  récompenses  dans  diver- 
ses expositions  d’horticulture.  A collaboré 
aux  travaux  de  statistique  agricole  décen- 
nale ; 29  ans  de  pratique  horticole. 

Tillier  (Jean-Benoît),  constructeur  de  ser- 
rurerie à Marcigny  (Saône-et-Loire)  : inven- 
tion et  perfectionnement  d’instruments  agri- 
coles et  horticoles.  Nombreuses  récom- 
penses ; 30  ans  de  pratique. 

Lycoris  squamigera.  — Notre  collabora- 
teur, M.  Micheli  nous  écrit  les  lignes  sui- 
vantes sur  une  jolie  Amaryllidée  dont  la 
culture  doit  être  spécialement  recommandée  : 

« Le  Botanical  Magazine^  dans  son  numéro 
dule’'  août  (T.  4547),  a figuré  le  Lycoris  squami- 
gera. Je  ne  veux  pas  laisser  passer  cette  publi- 
cation sans  attirer,  sur  cette  plante,  l’attention 
des  lecteurs  de  la  Revue  horticole.  Elle  est 
absolument  rustique  : depuis  plus  de  20  ans, 
je  la  vois  ffeurir  chaque  année  dans  le  jardin 
de  M.  le  Di*  Hénon,  à Annemasse  (Haute-Sa- 
voie) qui  l’a  rapportée  lui-même  du  Japon.  De 
là,  elle  a passé  dans  mon  jardin  où  elle  fleurit 
également  très -facilement.  C’est  une  plante 
très-décorative  dont  les  grappes  de  fleurs  roses 
attirent  l’attention  de  tous  ceux  qui  la  voient. 
Son  apparence  générale  rappelle  beaucoup 
celle  de  V Amaryllis  Belladona.  Mais  elle 
fleurit  plus  facilement  que  celle-ci,  qui  sou- 
vent se  borne  à émettre  des  feuilles  au  prin- 
temps et  laisse  passer  l’automne  sans  donner 
de  fleurs.  Elle  est  en  même  temps  un  peu 
plus  précoce  et  fleurit  trois  à quatre  semaines 
plus  tôt  (du  1er  au  15  août).  Comme  chez  beau- 
coup d’Amaryllidées,  la  corolle  porte,  près  de 
la  base  des  étamines,  un  anneau  formé  de 
petites  écailles,  première  trace  de  la  couronne 
développée  chez  les  Narcisses.  L’absence  de 
cet  anneau  est  justement  un  des  caractères  dis- 
dinctifs  du  genre  Lycoris.  D’autre  part,  notre 
plante  est  bien  différente  d’aspect  des  Lycoris 
aurea,  radiata,  etc.  Il  y a donc  là  une  ques- 
tion de  nomenclature  à revoir.  Il  faut  ou  revi- 
ser les  caractères  des  Lycoris  ou  rattacher  la 
plante  qui  nous  occupe  à un  autre  genre,  Du 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


391 


reste  tous  ces  genres,  produit  du  démembre- 
ment de  l’ancien  genre  Amaryllis,  sont  très- 
voisins  les  uns  des  autres  et  difficiles  à distin- 
guer. » 

En  attendant  le  règlement  de  la  question 
scientifique,  nous  pouvons  nous  contenter  de 
la  valeur  ornementale  de  cette  plante,  qui 
formera  une  nouvelle  et  aimable  recrue 
à nos  parterres. 

Adjonction  aux  Bégoniacées.  — M.  Ca- 
simir de  Candolle  ne  se  consacre  pas  seule- 
ment à l’étude  des  Pipéracées.  Il  se  préoc- 
cupe aussi  de  compléter  les  travaux  de  son 
illustre  père,  et,  tout  récemment  encore, 
il  s’est  livré  à une  étude  approfondie  des 
Bégoniacées.  Il  a examiné  les  espèces  spon- 
tanées à Gosta-Rica,  représentées,  ainsi 
que  plusieurs  autres,  dans  une  collec- 
tion que  MM.  Durand  et  Pittier  lui  ont 
confiée.  Le  savant  botaniste  a pu  y déter- 
miner cinq  espèces  nouvelles  : Bégonia 
cuspidaia,  B.  harhayia,  B.  Biolleyi,  B. 
Tonduzii,  B.  hygrophylla,  ainsi  que 
deux  variétés  de  ce  dernier,  B.  hygro- 
phylla puherula  et  pilosior  et  une  variété 
tuberosa  du  B.  ignea.  On  ne  peut  encore 
savoir  jusqu’à  quel  point  ces  espèces  pour- 
ront avoir  un  intérêt  horticole  ; aussi 
renvoyons-nous  les  personnes  que  leur  des- 
cription exacte  pourrait  intéresser  dès  à 
présent  au  Bulletin  de  la  Société  royale 
de  botanique  de  Belgique,  tome  XXXV 
première  partie. 

Croissance  des  plantes,  diurne  et  noc- 
turne. — M.  A.  Buyssens,  jardinier  chez 
M.  le  comte  O.  de  Kerchove,  à Gand,  s’est 
livré  à d’intéressantes  expériences  sur  la 
croissance  comparée  des  plantes  le  jour  et 
la  nuit.  La  conclusion  en  est  bien  celle  qu’il 
fallait  en  attendre  : les  plantes  poussent 
toujours  plus  le  jour  que  la  nuit,  aussi  bien 
en  serre  — chaude,  tempérée  ou  froide  — et 
à température  égale  qu’en  plein  air. 

Les  tableaux  que  publie,  à cet  égard,  la 
Revue  de  V Horticulture  belge  et  étrangère, 
indiquent  des  observations  intéressantes. 

Par  exemple,  en  serre  tempérée,  le  Mé- 
déola  {Myrsiphyllum  asparagoides, Y^iWd.) 
pousse,  en  moyenne,  le  jour,  de  9 milli- 
mètres, et  la  nuit,  de  6.  U Asparagus  te- 
nuissimus,  en  serre  chaude,  croît  environ 
de  13  millimètres  le  jour,  et  de  8 la  nuit. 
A chaleur  modérée  mais  égale  (-{-  18®),  il 
croît  de  9 millimètres  le  jour  et  de  4 la 
nuit.  U Anthurium  Hookeri  pousse  en 
longueur,  le  jour,  par  -{-  19»,  de  30  milli- 


mètres et  demi,  et  en  largeur,  de  17  milli- 
mètres. La  nuit,  par  -|-  16®,  sa  croissance 
n’est  plus  que  de  17  millimètres  en  lon- 
gueur et  de  5 en  largeur. 

Pour  faire  fleurir  le  Romneya  Coulteri. 

— Les  amateurs  qui  cultivent  le  Romneya 
Coulteri  savent  combien  il  est  difficile  de  le 
faire  fleurir.  Notre  collaborateur,  M.  Marc 
Micheli  le  sait  mieux  que  personne,  car  il  en 
possède,  au  Cres.t,en  pleine  terre  le  long  d’un 
mur,  une  grosse  touffe  qui  ne  peut  arriver  à 
donner  des  fleurs.  Parmi  les  moyens  indi- 
qués pour  y arriver,  la  manière  suivante 
est  recommandée  ; Les  plantes  doivent 
rester  en  pots  tout  l’été  et  jusqu’aux  pre- 
miers froids.  Mais  après  deux  ou  trois  ge- 
lées piquantes,  alors  que  les  boutons  de- 
meurent durs  et  paraissent  ne  plus  vouloir 
s’ouvrir,  il  suffit  de  rentrer  les  plantes  en 
serre  froide.  On  a pu  obtenir  ainsi  de  su- 
perbes fleurs,  sous  des  climats  analogues  à 
celui  de  Genève. 

Lælio-Gattleya  x Pallas.  — M.  O.  de 

Kerchove  a signalé,  dans  la  Revue  de  Vhor- 
ticulture  belge  et  étrangère,  le  Lælio- 
Cattleya  X Pallas  comme  étant  l’une  des 
plus  belles  obtentions  de  MM.  Veitch  et  fils. 
Les  sépales  et  les  pétales  de  ce  nouvel 
hybride  sont  de  couleur  rose  pourpre  clair 
nuancé  de  blanc.  Les  pétales,  ondulés, 
sont  plus  larges  que  les  sépales.  Le  labelle 
rappelle  celui  du  Cattleya  Dowiana,  es- 
pèce qui,  dans  ce  croisement,  a servi  à 
féconder  le  Lælia  crispa. 

Fasciation  d’une  tige  de  Rosier.  — 

La  fasciation  des  liges  ou  des  pédoncules 
s’observe  assez  souvent  chez  un  certain 
nombre  de  végétaux  que  la  culture  inten- 
sive rend  pléthoriques,  tels  que  la  Renon- 
cule asiatique,  l’Amarante  Crête-de-Coq, 
le  Réséda,  le  Myosotis,  les  Pélargoniums 
zonés  à gros  bois,  etc.  Cet  accident,  par 
lequel  la  forme  aplatie  ou  rubanée  se  subs- 
titue à la  forme  cylindrique,  se  fixe  même 
parfois  par  le  semis,  témoin  le  Samhucus 
nigra  monstrosa.  Mais  il  ne  s’observe 
que  très-rarement  dans  le  genre  Rosa. 

C’êst  la  raison  pour  laquelle  il  faut  enre- 
gistrer la  présentation  faite  par  M.  Émile 
Lucet  à la  Société  centrale  d’horticulture 
de  la  Seine-Inférieure,  d’un  Rosier  issu  de 
la  variété  Paul  Neyron,  à tige  franche- 
ment fasciée.  D’après  le  mémoire  et  la  pho- 
tographie insérés  dans  le  bulletin  de  ladite 
Société,  la  plante  présenterait  l’aspect  d’un 


392 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Phyllocactus  phyllaiithoides,  et  aurait  la 
forme  d’un  ((  sabre  de  cavalerie  recourbé  », 
de  65  centimètres  de  longueur,  la  plus  grande 
largeur  étant  au  sommet.  Alors,  ce  serait 
plus  exactement  comparable  à un  cime- 
terre turc.  Il  convient  d’ajouter  que  la 
végétation  qui  naît  de  cette  curieuse  tige 
est  d’un  développement  général  assez  limité, 
et  d’une  chétive  production  florale. 

Les  progrès  des  Jardins  royaux  de 

Kew.  — Le  Kew  Bulletin  a publié  à 
plusieurs  reprises  des  détails  historiques 
et  statistiques  qui  témoignent  des  progrès 
accomplis  par  les  Jardins  royaux  de  Kew 
depuis  1841,  époque  à laquelle  ils  furent 
réorganisés.  A cette  époque,  sir  William 
Hooker,  nommé  directeur,  apporta  de 
l’Université  de  Glasgow  son  herbier  et  sa 
bibliothèque,  et  il  déploya  une  infati- 
gable assiduité  dans  les  recherches  scienti- 
fiques et  dans  l’universelle  correspondance 
qu’il  entretint  avec  tous  les  voyageurs  et  les 
botanistes  de  son  temps.  Sous  sa  direction, 
l’établissement  de  Kew  prit  une  fois  pour 
toutes  le  rang  d’une  institution  botanique  de 
premier  ordre.  L’impulsion  qu’il  en  reçut  a 
continué  depuis  à s’affermir,  et  il  paraît  cer- 
tain qu’elle  ne  s’affaiblira  pas  dans  l’avenir. 

C’est  en  1852  que  l’herbier  de  sir  W. 
Hooker  fut  transféré  sur  l’emplacement 
qu’il  occupe  actuellement.  M.  Georges  Ben- 
tham y réunit  le  sien,  ainsi  que  sa  biblio- 
thèque, en  1854.  En  1858,  la  Compagnie 
des  Indes  Orientales  transmit  à Kew  les 
énormes  collections  botaniques  recueillies 
et  réunies  par  ses  agents.  En  1867,  à la 
mort  de  sir  W.  Hooker,  le  gouvernement 
de  la  Reine  décréta  propriété  publique  le 
musée  de  Kew  ainsi  constitué. 

C’est  de  Kew  que  sont  sortis  les  plus 
importants  travaux  de  nomenclature  bota- 
nique de  ce  temps- ci  : le  Généra  Planta- 
rum,  de  MM.  Bentham  et  Joseph  Hooker, 
commencé  en  1862  et  complété  en  1883  ; 
puis  VBîdex  KewensiSy  commencé  en  1885 
par  M.  B.  D.  Jackson,  secrétaire  de  la 
Société  Linnéenne  de  Londres,  lequel  fut 
engagé  pour  une  période  de  dix  années 
à cette  tâche,  aux  frais  de  la  famille  de 
Charles  Darwin.  U Index  Kewensis  repré- 
sente aujourd’hui  une  somme  de  travail 
que  ne  surpasse  aucun  des  recueils  publiés 
par  les  autres  établissements  similaires  du 
monde. 

Le  nombre  des  ouvrages  botaniques  pu 
bliés  à Kew  depuis  1841  est  évalué  à 
environ  1,800. 


Le  nombre  des  visiteurs,  pour  la  période 
comprise  entre  1886  et  1895,  a presque 
atteint  un  million  et  demi  par  an. 

La  quantité  de  plantes  ayant  un  intérêt 
horticole,  décrites  chaque  année  par  les 
soins  de  l’établissement,  devient  tellement 
considérable  que  la  publication  annuelle 
d’une  liste  de  ces  plantes  a été  jugée  indis- 
pensable. 

L’horticulture  et  la  botanique  du  monde 
entier  doivent  à ce  vaste  établissement,  si 
bien  doté,  dirigé  avec  tant  de  science,  d’art 
et  de  dévouement,  des  bienfaits  dont  elles 
doivent  se  montrer  reconnaissantes. 

L’Ortie  comestible.  — Notre  confrère, 
M.  Viviand-Morel,  a publié  dans  le  Lyon- 
Horticole  une  lettre  d’un  de  ses  correspon- 
dants, M.  Sarcé,  de  la  Société  des  Agricul- 
teurs de  France.  Cette  lettre  jette  un  jour 

— peut-être  pas  si  nouveau  qu’on  le  pense 

— sur  l’utilisation  de  l’Ortie  : 

Une  cuisinière,  très  « cordon  bleu  », 
n’était  pas  toujours  prévenue  par  son  maître 
des  invitations  qu’il  faisait.  Il  lui  arrivait 
parfois  sept  à huit  invités  qu’elle  n’atten- 
dait pas.  Ne  sachant  plus,  un  jour,  où  don- 
ner de  la  tête,  elle  fit  des  « épinards  » 
avec...  des  Orties,  et  reçut  des  compliments. 

Ce  fut  tellement  ((  réussi  » que  le  signa- 
taire de  cette  communication  a adopté  ce  plat. 

MM.  Paillieux  et  Bois,  dans  leur  ou- 
vrage sur  les  Nouveaux  Légumes  dliiver, 
ont  traité  quelque  peu  de  l’étiolat  appliqué 
à l’Ortie.  Mais  ils  n’ont  pas  prévu  son 
emploi  en  vert. 

Quand  nous  disons  que  cet  emploi  n’est 
peut  être  pas  très-inédit,  nous  faisons  allu- 
sion à certaines  fruitières  parisiennes  qui, 
dans  la  mauvaise  saison,  ont  toujours  à 
vendre  des  « herbes  cuites  »,  comme  on  dit 
à Lyon. 

L’absorption  du  calorique  par  les 
plantes  à feuillage  rouge.  — M.  Emile 
Rodigas,  dans  le  Bidletin  d* arboriculture 
de  Gand,  a résumé,  au  pointdevue  horticole, 
les  recherches  du  professeur  Stahl  sur  le 
rôle  physiologique  de  l’érythrophylle.  Il 
demeure  acquis  que  cette  substance  absorbe 
plus  de  calorique  que  le  chlorophylle.  Aussi 
les  plantes  à feuillage  rouge  transpirent-elles 
davantage  que  les  autres,  et  présentent-elles 
un  plus  grand  degré  de  tension  des  tissus. 
Même  à l’ombre,  les  feuilles  colorées  de 
rouge  restent  plus  longtemps  chaudes 
quand  l’air  ambiant  s’est  déjà  refroidi. 

Éd.  André. 


BAUHINIA  GflANDIFLORA. 


393 


BAUHINIA  GRANDIFLORA 


C’est  un  (les  plus  beaux  végétaux'  des  ré- 
gions équatoriales.  Découvert  d’abord  au 
Pérou  par  Dombey,  il  a été  rarement  re- 
trouvé par  les  botanistes  et  paraît  avoir  une 
aire  géographique  très-restreinte  entre 
l’Ecuador  et  le  Pérou. 

Lorsque  M.  Marc  Michel!  étudia  et  pu- 
blia 1 les  156  espèces  de  Légumineuses  que 
je  rapportai  de 
mon  voyage 
dans  la  Cordil- 
lère des  Andes 
en  1876,  il  re- 
marqua, sous 
le  n®  4317,  de 
beaux  échan- 
tillons fleuris 
de  cette  es- 
pèce, récoltés 
sur  les  bords 
du  rio  Daulé, 
cours  d’eau 
important  qui 
descend  des 
pentes  occi- 
dentales du 
Chimborazo 
pour  se  jeter 
dans  le  rio 
Guayas.  La 
plante  lui  pa- 
rut si  belle 
qu’il  voulut 
lui  faire  les 
honneurs 
d’une  planche 
spéciale,  et  il 
s’exprimaainsi 
à cette  occa- 
sion : 

((  Nous  avons  pensé  bien  taire  en  donnant  une 
planche  de  cette  magnifique  espèce,  qui  bien 
qu’anciennement  connue  et  décrite  dans  le  Pro- 
dromes d’après  un  échantillon  rapporté  du 
Pérou  par  Dombey,  n’a  jamais  été  figurée. 
Elle  est,  du  reste,  peu  commune  dans  les  her- 
biers et  comme  elle  n’est  pas  de  nature  à 
échapper  aux  collecteurs,  elle  est  probablement 
rare  partout.  t> 

Avec  ces  échantillons  complets  et  les  ren- 

1 Les  Légumineuses  de  l'Ecuador  et  de  la 
Nouvelle-Grenade,  de  la  collection  de  M.  Ed.  An- 
dré, par  M.  Michel!  (in  Journ.  de  Bot.,  avril- 
juin  1892). 


seignements  pris  sur  place,  on  peut  établir 
la  description  du  Baiihinia  grandiflora 
(fig.  12G),  qui  est  maintenant  une  plante  in- 
troduite, que  je  possède  dans  mon  jardin 
de  Colombia,  au  golfe  Juan,  et  qui  a fleuri 
dans  le  jardin  botanique  de  Lisbonne,  d’où 
M.  J.  Daveau  m’en  a envoyé  des  fleurs,  et 
M.  Cayeux  de  bonnes  graines. 

B au  h ini a 
g randiflora, 
Jussieu  2.  Petit 
arbre,  apparte- 
nant à la  section 
Pauletia  du 
genre  Bauhi- 
nia,  de  5 à 
6 mètres  de 
hauteur,  peu 
touffu,  à ra- 
meaux pourvus 
d’épines  stipu- 
laires.  Feuilles 
ovales  ou  sub- 
cordées à la 
base,  tomenteu- 
ses  en  dessous, 
à folioles  ovales- 
obtuses  parcou- 
rues par  3 ou 
4 nervures  ; ra- 
mules  jeunes  et 
calices  pubes- 
cents.  Fleurs 
très-grandes, 
s’ouvrant  la 
nuit,  d’un  blanc 
pur,  rappelant 
la  taille  et  l’as- 
pect d’un  beau 
Cattleya  blanc; 
pédoncules  axil- 
laires portaîit 
de  1 à 3 fleurs 
ou  le  plus  souvent  solitaires  ; bractéoles  acu- 
minées  soyeuses;  étamines  plus  courtes  que 
les  pétales. 

Grâce  à l’introduction  à Lisbonne  et  à 
Cannes  d’un  arbre  aussi  rare  et  aussi  beau 
par  ses  fleurs,  les  amateurs  de  la  côte  médi- 
terranéenne vont  pouvoir  le  cultiver.  Il  y 
fleurira  aussi  bien  que  les  autres  espèces 
que  l’on  y possède  déjà,  soit  à fleurs 
blanches,  soit  à fleurs  violettes.  Les  Bauhi- 
nias  sont  remarquables,  non  seulement  par 

- In  Foie.  Suppl  , I,  p.  500  PC;  Prodr.,  II, 
p.  513;  Journ.  de  Botan.,  jui*  1892,  pl.  IX. 


394 


GUÉRISON  DE  LA  HERNIE  DU  CHOU. 


leurs  belles  fleurs,  mais  par  leur  feuillage 
étrange,  à deux  grands  lobes  obtus,  le  plus 
souvent  séparés  jusqu’à  la  base,  et  qui  se 
replient  pour  le  sommeil  nocturne,  comme 
les  feuillets  d’un  livre.  Leurs  rameaux  sont 
allongés  ; leur  feuillage  est  caduc,  mais 
dans  le  Midi  ils  gardent  longtemps  leurs 
feuilles  que  les  dernières  rigueurs  de  l’hiver 
font  seules  tomber. 


Notre  collaborateur  M.  Francisque  Morel, 
horticulteur  à Lyon,  possède  quelques  pieds 
du  Bauhinia  grandiflora^  à la  disposition 
de  ceux  qui  désireraient  le  cultiver. 

Ajoutons  qu’on  peut  l’obtenir  en  serre 
froide  ou  tempérée,  pourvu  qu’elle  soit 
haute  de  3 ou  4 mètres  et  puisse  permettre 
ainsi  aux  rameaux  florifères  de  s’établir 
librement.  Ed.  André. 


GUÉRISON  DE  LA  HERNIE  DU  CHOU 


La  hernie  du  Chou  est  due  à un  champi- 
gnon microscopique  ( Plasmadiophora 
Brassicæ),  qui  se  développe  à la  naissance 
des  racines  primaires;  elle  est  caractérisée 
par  la  production  d’excroissances  et  de  nodo- 
sités qui  atteignent  bientôt  toutes  les  ra- 
cinesL 

Lorsqu’un  terrain  est  envahi  par  ce  para- 
site, les  Choux  qu’on  y cultive  sont  condam- 
nés à mort  avant  d’avoir  formé  leur  pomme. 

Le  seul  remède,  indiqué  jusqu’ici  pour  se 
débarrasser  de  cette  maladie,  était  de  rester 
pendant  trois  ans  de  suite  sans  faire  de 
Choux  à la  même  place.  Souvent,  c’est  en 
arrachant  les  vieux  pieds  que  l’on  s’aperçoit 
du  développement  du  champignon  ; on  met 
de  côté  tous  les  pieds  qui  sont  atteints  de  la 
maladie  et  on  les  brûle  quand  l’arrachage 
est  terminé. 

Il  y a trois  ans  à pareille  époque,  nous 
étions  sur  le  point  d’abandonner  la  culture 
du  Chou,  lorsque  nous  eûmes  l’idée  d’em- 
ployer les  scories  de  chaux.  On  sait  que  les 
scories  de  chaux  ne  sont  pas  autre  chose 
que  des  déhris  de  chaux  mêlés  ou  non  de 
cendres  de  houille  et  provenant  de  la  cuis- 
son de  la  chaux,  et  que  Ton  jette  habituel- 
lement au  remblai*  quand  la  chaux  est  dé- 
fournée. 

A titre  d’expérience,  on  bêcha  trois 
planches  côte  à côte.  Quand  elles  furent 
bêchées,  hersées  et  râtelées,  on  sema,  à 
la  pelle  et  dans  la  planche  du  milieu 
des  scories  de  chaux  qui  furent  enterrées 
par  un  tour  de  bêche  à cinq  centimètres 
de  profondeur  ; ensuite  on  les  mélangea 
au  sol  par  un  hon  hersage  à la  fourche, 
puis  on  ensemença  les  trois  planches. 

Ceci  fait,  on  couvrit  les  graines  par  un 
léger  hersage,  de  façon  à ne  pas  trop  les 
enterrer.  Pour  les  soustraire  à la  lumière  et 
les  préserver  de  l’action  desséchante  de  l’air 
et  du  « pied  noir  »,  on  les  piétina  par  un 

1 Voir  Revue  horticole^  1897,  p.  213. 


temps  sec.  Nous  appelons  « pied  noir  » une 
maladie  qui  n’est  peut-être  pas  autre  chose 
que  la  pourriture  « noire  » ordinaire  des 
racines. 

Cette  maladie  fait  pourrir  l’écorce  des 
jeunes  plantes  depuis  la  naissance  des  ra- 
cines primaires  jusqu’aux  cotylédons.  Lors- 
qu’il n’y  a plus  de  traces  d’écorce,  nos  vieux 
jardiniers  disent  que  les  plantes  ont  « la 
jambe  de  bois  ». 

Or,  le  piétinage  a pour  effet  de  donner 
aux  jeunes  plants  une  robuste  constitution. 
Qui  n’a  pas  souvent  remarqué  que  les 
graines  égarées  dans  les  sentiers  séparant 
les  planches  donnent  des  plants  plus  vigou- 
reux, plus  trapus  et  plus  sains  que  les  autres  ? 
Mais  on  comprend  que  si  l’on  piétinait  une 
terre  forte  lorsqu’elle  est  encore  humide, 
on  la  tasserait  au  point  que  les  graines,  ne 
trouvant  plus  la  force  de  percer,  en  ger- 
mant, un  sol  mastiqué,  pourriraient  en 
terre.  Nous  piétinons  donc  toujours  par  un 
temps  sec;  nous  arrosons  le  semis  deux 
heures  avant  l’arrachage  des  plants,  que 
nous  tirons,  pour  les  arracher,  un  à un  par 
leurs  feuilles  ; on  les  a ainsi  avec  toutes  leurs 
radicelles,  sans  en  casser  une  seule.  Il  est 
à considérer  aussi  que  les  plants  levés  dans 
un  sol  piétiné  sont  munis  d’un  très-grand 
nombre  de  radicelles  formant  chevelu,  ce 
qui  facilite  beaucoup  la  reprise,  tandis  que 
ceux  qui  ont  poussé  dans  un  sol  par  trop 
meuble  sont  seulement  pourvus  d’une  racine 
pivotante  et  peu  ramifiée. 

Mais  revenons  à notre  expérience.  Le  se- 
mis fut  opéré  avec  toutes  les  précautions 
que  nous  avons  indiquées  plus  haut.  Toutes 
les  graines  levèrent  admirablement  ; mais 
seuls^  les  semis  de  la  planche  intermé- 
diaire furent  exempts  de  maladie. 

En  présence  de  ce  résultat  efficace,  tous 
les  plants  de  cette  planche  furent  repiqués 
et  plantés  en  terre  préalablement  chaulée 
avec  des  scories  de  chaux,  et  pas  un  seul 
sujet  n’a  été  atteint. 


DE  LA  CONSERVATION  DES  GRAINES  DANS  LA  TERRE. 


395 


Quant  aux  deux  autres  planches,  elles 
n’ont  rien  rapporté  ; les  semis  étaient  morts 
avant  d’avoir  émis  leur  quatrième  feuille, 
tant  la  terre  de  notre  jardin  était  infestée. 

Au  printemps  dernier,  nous  avons  planté 
dans  un  jardinet  attenant  à notre  maison 
une  douzaine  de  plants  du  Chou  rouge  nain 
hâtif  d’Erfurt.  Quoique  ce  petit  coin  de 
terre  n’ait  pas  été  planté  en  Choux  depuis 
huit  à dix  ans,  cela  ne  les  a pas  em- 
pêchés d’être  violemment  attaqués  par  la 
hernie.  Nous  les  avons  radicalement  guéris 
en  les  arrosant  au  pied  avec  un  lait  de 
chaux  ; leur  pomme  était  superbe  au  1®*’ juil- 
let. 

Comme  essai  préventif,  nous  avions  eu 
l’idée,  sans  toutefois  en  espérer  de  bons  ré- 

DE  U CONSERVATION  DES 

En  1894,  la  Revue  horticole  ^ eut  l’oc- 
casion de  signaler  un  cas  de  longévité  des 
graines.  En  1870,  des  champs  couverts  de 
mauvaises  herbes  furent  convertis  en  prai- 
ries permanentes  par  M.  James  Salter,  à 
Basingfield  (Angleterre).  Chaque  année,  le 
propriétaire  faisait  du  foin  avec  sa  pre- 
mière récolte  d’herbe  et  abandonnait  la  se- 
conde aux  moutons.  Aucune  des  plantes 
qui  caractérisaient  la  végétation  spontanée  : 
Sinapis  arvensis,  Papaver  Rhœas,  Fu- 
maria  officinalis,  ne  reparut.  Mais  en  1893, 
c’est-à-dire  vingt-trois  ans  après,  M.  Salter 
ayant  eu  besoin  de  faire  remuer  une  partie 
du  sol  de  cette  prairie  à 8 pouces  de  pro- 
fondeur, de  la  terre  de  la  couche  inférieure 
fut  ramenée  à la  surface  et  il  y leva  une 
grande  quantité  des  herbes  ci-dessus,  no- 
tamment la  Moutarde  (Smagns)  et  le  Co- 
quelicot [Papaver).  De  même  plus  tard,  des 
roues  d’un  chariot  pesamment  chargé 
laissèrent  des  sillons  qui  restèrent  quelque 
temps  tracés  en  rouge  et  en  jaune  par  la 
floraison  de  ces  deux  plantes. 

Récemment,  l’éminant  collaborateur  de 
la  Revue  horticole.,  M.  Ch.  Naudin, 
membre  de  l’Institut,  a signalé  à l’attention 
de  la  Société  nationale  d’acclimatation  de 
France  deux  exemples  curieux  de  conser- 
vation des  graines  dans  la  terre. 

En  1895,  M.  Naudin  reçut  du  Gabon, 
par  les  soins  de  M?*’  Leroy,  évêque  d’A- 
linda  et  directeur  des  Missions  dans  cette 
colonie,  une  certaine  quantité  de  graines 
que  l’expéditeur  avait  emballées  dans  de  la 

‘ Voir  Revue  horticole,  1894,  p.  343. 


sultats,  de  plonger  dans  un  lait  de  vieille 
chaux  une  certaine  quantité  de  pieds  de 
Choux-fleurs,  avant  de  les  planter  à de- 
meure; quatre  jours  après  leur  mise  en 
place,  leurs  racines  étaient  brûlées. 

Si  nous  signalons  cette  mésaventure 
caustique  à l’attention  des  intéressés,  c’est 
uniquement  pour  leur  épargner  une  perte 
de  temps  et  d’argent. 

Pour  en  finir,  résumons-nous  en  disant 
qu’on  se  débarrasse  facilement  et  prompte- 
ment de  la  hernie  du  Chou  en  enterrant 
à fleur  de  terre  des  scories  de  chaux  dans 
la  proportion  d’un  hectolitre  environ  par 
are  de  terrain. 

Mahieu-Sanson. 

Maraîcher,  à Arques-la-Bataille. 

GRAINES  DANS  LA  TERRE 

terre  du  pays.  Il  y en  avait  moins  d’un 
kilogramme  et,  si  peu  que  ce  fût,  M.  Nau- 
din eut  l’idée  de  semer  cette  terre  dans  un 
pot.  Quinze  jours  après,  il  y leva  une  ving- 
taine de  petites  plantes,  dont  les  graines,  à 
l’insu  du  collecteur,  étaient  contenues  dans 
la  terre.  Toutes  ces  plantes  sont  devenues 
très-belles,  grâce  au  climat  de  la  Provence  ; 
elles  possèdent  des  tiges  et  des  rameaux 
sarmenteux  de  5 à 6 mètres  de  longueur. 
Toutes  sont  des  Gucurbitacées,  mais  il  n’a 
pas  encore  été  possible  d’en  déterminer  le 
genre  ni  l’espèce,  l’été  de  1896  n’ayant  pas 
été  assez  chaud  pour  les  faire  fleurir.  De  là 
à recommander  aux  collecteurs  de  végétaux 
de  recueillir  de  la  terre  autour  des  plantes 
desquelles  ils  ne  trouvent  que  des  graines 
peu  mûres  ou  en  mauvais  état,  ou  encore 
risquant  d’être  avariées  par  le  voyage,  il 
n’y  avait  qu’un  pas.  M.  Naudin  le  franchit, 
et,  à l’objection  qu’il  faudrait  alors  compter 
sur  le  hasard,  répond  « sans  doute,  comme 
le  pêcheur  qui  jette  son  fdet  à la  mer  sans 
savoir  s’il  en  ramènera  quelque  chose, 
mais  qui,  en  définitive,  prend  du  poisson  ». 

C’est  le  fait  relaté  ci-dessus  qui  a amené 
M.  Naudin  à rappeler  un  cas  identique  qui 
se  produisit  chez  lui  il  y a environ  vingt- 
cinq  ans.  Ayant  reçu  un  petit  sachet  de 
terre  du  Sahara,  il  l’étala  dans  un  coin  de 
plate-bande  et  y vit  sortir,  après  les  pluies, 
un  Helianthemum  à fleurs  jaunes  dont  il 
ne  s’occupa  pas  alors  autrement.  La  déduc- 
tion est  claire  : si,  par  un  changement  de 
régime  pluvial  comme  il  s’en  produit  par- 
fois dans  le  cours  des  siècles,  le  Sahara  de- 
venait comparable  au  Soudan,  cette  vaste- 


396 


UNE  VISITE  AU  JARDIN  BOTANIQUE  DE  SINGAPORE. 


région,  aujourd’hui  torride,  ne  tarderait 
pas  à se  couvrir  d’une  épaisse  végétation. 

Des  cas  analogues  à plusieurs  de  ceux 
dont  nous  parlons  se  produisent  parfois, 
mais  on  ne  les  remarque  pas  toujours  ; 
ou  bien,  si  on  les  remarque,  on  ne  prend 
pas  toujours  la  peine  de  les  faire  connaître. 
Pour  ma  part,  je  profite  de  l’occasion  pour 
signaler  le  suivant,  que  j’ai  observé  en  1889 
dans  les  cultures  dont  j’ai  la  charge. 

Le  plateau  de  Montsouris,  au  sud  de 
Paris,  est  traversé  longitudinalement  par 
le  chemin  de  fer  de  Sceaux.  Avant  d’ar- 
river au  parc  de  Montsouris,  on  aperçoit, 
en  contre-bas  d’une  quinzaine  de  mètres  de 
la  ligne,  une  partie  des  cultures  de  l’Asile 
Sainte-Anne.  Cette  partie  fut  nivelée  en 
1867,  pendant  la  période  de  fondation  de 
l’établissement.  En  1889,  c’est-à-dire 
vingt-deux  ans  après,  on  eut  besoin  de 
prolonger  vers  le  jardin  un  séchoir  à air 
libre  ; cette  opération  mit  à nu  une  cer- 
taine quantité  de  terre  qui  n’avait  pas  été 
remuée  depuis  1867.  Cette  terre  étant 


UNE  VISITE  AU  JARDIN  I 

Il  serait  difficile  de  décrire  l’enthou- 
siasme du  voyageur  se  rendant  en  Extrême- 
Orient,  quand,  après  avoir  contemplé  les 
îles  nues  et  brûlées  qui  parsèment  la  mer 
Rouge  et  les  côtes  arides  de  l’Arabie,  il 
se  trouve,  après  quelques  jours  de  navi- 
gation, en  vue  des  côtes  de  Ceylan  cou- 
vertes de  Palmiers  au  port  si  gracieux  et  au 
feuillage  si  vert.  Après  un  amoncellement 
de  noires  scories  où  les  yeux  cherchent 
vainement  une  plante,  une  trace  de  vie  vé- 
gétale, le  luxe  de  la  végétation  équatoriale 
lui  est  tout  à coup  révélé,  mais  son  admi- 
ration s’accroît  encore,  lorsque,  dans  le  dé- 
troit de  Malacca,  à quelques  milles  de  Sin- 
gapore,  il  passe  près  des  nombreuses  petites 
îles  couvertes  d’une  végétation  tropicale  qui, 
sous  ces  latitudes,  acquiert  son  plus  splen- 
dide développement. 

A peine  le  paquebot  est-il  amarré  à Sin- 
gapore,  que  le  passager  peut  admirer  les 
superbes  Ravenala  madagascariensis  qui^ 
plantés  sur  le  sommet  d’une  colline,  res- 
semblent à autant  de  larges  éventails  placés 
là  comme  pour  parer  les  rayons  d’un  soleil 
ardent. 

Après  avoir  visité  cette  ville  si  intéres- 
sante, l’Européen  ne  peut  renoncer  au  désir  de 
voir  de  près  la  brousse  avec  ses  arbres  gi- 


restée  étalée  en  une  couche  non  loin  de  là, 
il  y leva  au  printemps  suivant  toute  une 
flore.  Gela  me  permit  de  compléter  certaines 
lacunes  de  mon  herbier  : il  y avait  du  Linaria 
supina,  de  VA^itirrhmum  Orontium^  du 
Papaver  duhium^  du  Stachys  recta,  es- 
pèces qui,  sans  être  rares,  ne  courent  pas 
les  chemins.  Mais  ce  qui  caractérisa  sur- 
tout l’apparition  de  ladite  flore,  ce  fut  la 
présence,  en  grandes  quantités,  du  Bark- 
hausia  setosa,  sorte  de  Crépis  rare  aux 
environs  de  Paris,  et  considéré  d’ailleurs 
comme  y étant  subspontané.  Pourtant,  je 
n’ai  pas  trouvé  ce  Barkhausia  dans  les 
terrains  vagues  des  environs,  et  je  suis 
porté  à croire  qu’il  fut  apporté  là  avec  les 
terresqui,  vingt-deux  ansauparavant,  furent 
étalées  sur  le  sous-sol  calcaire,  et  avant  l’ap- 
port des  terres  arables  qui  les  recouvrirent 
ensuite,  à 40  centimètres  de  hauteur.  Les 
graines  s’en  seraient  donc  conservées,  pen- 
dant ce  laps  de  temps,  dans  la  terre. 

H.  Dautiienay. 


ITANIQUE  DE  SINGAPORE 

gantesques  et  ses  lianes  qui  se  croisent  dans 
tous  les  sens. 

Suivant  une  longue  avenue  plantée  de 
Mimosées  américaines  aux  fleurs  écarlates 
et  de  Ficus  henjaminea  aux  racines  pen- 
dantes, aux  branches  garnies  de  Dendro- 
bium multiflorum,  sous  lesquels  les  Mi- 
mosa  pudica  forment  un  épais  tapis  de 
verdure  constellé  de  boules  roses;  après 
avoir  traversé  le  quartier  européen,  remar- 
quable par  la  beauté  de  ses  parterres  plantés 
de  Palmiers,  de  Bananiers,  de  Bambous,  de 
Grotons,  de  Dracénas  et  autres  plantes  tropi- 
cales, le  touriste  arrive  devant  l’entrée  du  jar- 
din botanique  (fig.  127).  Habilement  dessiné, 
situé  dans  un  endroit  vallonné,  planté  d’ar- 
bres et  d’arbustes  distribués  avec  goût  sur 
un  tapis  de  gazon  vert  foncé  et  de  plantes 
introduites  de  toutes  les  contrées  chaudes 
qui,  sous  le  climat  de  Singapore,  croissent 
avec  une  vigueur  extraordinaire,  ce  jardin 
laisse  dans  l’esprit  du  visiteur  un  souvenir 
ineffaçable. 

Suivant  l’allée  principale  qui  fait  le  tour 
de  l’immense  parterre,  je  remarque,  à l’en- 
trée, deux  corbeilles  de  Lonicera  ma- 
crantha,  Chèvrefeuille  nain  du  Népaul,  en 
fleurs;  VElæis  guinecnsis,  Palmier  à huile, 
étale  ses  longues  feuilles  à côté  de  VHy- 


Fig.  127.  — Vue  dans  le  jardin  botanique  de  Singapore. 


UNE  VISITE  AU  JARDIN  BOTANIQUE  DE  SINGAPORE. 


397 


mcnxa  verrucosa  de  Madagascar.  Voici 
le  Jonesia  Asoca  de  Java,  avec  ses  cu- 
rieuses fleurs  orange  et  rouge  fixées  sur 
le  tronc  de  l’arbuste.  Çà  et  là,  des  cor- 
beilles de  Coleus  variés,  d’Achyranthes 


et  à’ AllernantJiera  resplendissent  au  soleil. 

U Eugenia  xanthocarpa  et  VE.  Moo- 
niana  de  Ceylan  forment,  avec  le  Phyllan- 
thus  myrtifolius  de  la  môme  île,  un  su- 
perbe massif.  Plus  loin,  on  voit  une  touffe 


énorme  de  Sagus  lævis,  Sagoutier  de  la  Pé- 
ninsule malaise  et,  plantés  isolément,  un 
Dacrydium  elatum,  Goni  fère  de  la  Malaisie; 
un  Caryota  urens  e\un  Araucaria  Bidwilli 
de  Moreton  Bay. 

Un  arbrisseau  de  la  [Péninsule  malaise, 


VIpomæa  arhorea^  montre  ses  charmantes 
fleurs  roses  à côté  du  Calliandra  hæma- 
toccphala  de  l’Amérique  du  Sud  aux  fleurs 
rouges  en  forme  de  touffe  et  du  Bauhinia 
fusconervia  aux  corolles  jaunâtres. 

Dans  un  petit  bassin,  les  Nelumbium 


398 


UNE  VISITE  AU  J-ARDIN  BOTANIQUE  DE  SINGAPORE. 


speciosum,  ou  Lotus  sacrés  de  l’Inde, 'mêlent 
leurs  feuilles  rondes  vert  clair  avec  celles 
des  autres  plantes  aquatiques  et  montrent 
une  fleur  l)lanc  rosé  mesurant  12  centi- 
mètres de  diamètre. 

Autour  d’une  large  pièce  d’eau  croissent 
le  Jacaranda  mimosæfolia  du  Brésil,  aux 
fleurs  bleues,  contrastant  avec  celles  d’un 
beau  rouge  de  V Hibiscus  Rosa  sinensis  ; le 
curieux  Podocarpus  cupressina  de  la  Pé- 
ninsule malaise  ; les  Mangifera  indica  qui 
donnent  leurs  fruits  savoureux,  et  le  ma- 
gnifique Cupressus  fimehris  de  la  Chine, 
à l’aspect  d’un  Saule  pleureur. 

Au  milieu  de  ce  bassin,  un  petit  îlot 
planté  des  Pandanus  utilis,  javanicus  et 
autres,  de  quelques  Bambous  et  divers 
Bananiers,  vous  donne  un  aperçu  de  l’aspect 
des  îles  qui  composent  l’archipel  malais. 

Parmi  les  rocailles  artistement  placées, 
des  Sarracenia  aux  feuilles  marbrées,  des 
Euphorbia  trigona  de  l’Inde  et  de  nom- 
breuses Cactées  américaines  se  distinguent 
par  leur  végétation  particulière. 

Une  allée  bordée  de  Sabal  Palmelto, 
aux  larges  feuilles,  aboutit  à une  avenue 
plantée  de  Rhopaloblasie  hexandra  de 
Java,  au  tronc  élancé  et  à l’aspect  gra- 
cieux. 

Passant  sous  une  tonnelle  où  s’entrecroi- 
sent les  Faradaya  papuana,  aux  fleurs 
blanches,  avec  les  Bignonia  venusta,  j’ar- 
rive en  face  d’un  bosquet  composé  d'Hi- 
biscus  variés  et  d’Allamaiida  nobilis  dis- 
paraissant sous  une  multitude  de  fleurs 
jaune  vif,  et  d’une  corbeille  de  Crotons  dont 
les  tons  varient  à l’infini,  entourée  de  Cu- 
curligo  aux  feuilles  plissées, 

Voici  deux  grosses  touffes  de  Gramma- 
tophyllum  speciosum,  Orchidées  sur  chaque 
pied  desquelles  on  a compté  plus  de  sept 
cents  fleurs  au  moment  de  l’anthèse. 

Un  chemin  bordé  d'Arenga  sacchavi- 
fera  dont  les  feuilles  abritent  une  plate- 
bande  de  Pitcairnia  latifolia  splendens, 
P.  discolor  et  autres  Broméliacées,  conduit 
au  Palmarium^  un  des  coins  les  plus  pitto- 
resques du  jardin.  Pour  ne  citer  que  les  es- 
pèces de  Palmiers  les  moins  répandues  dans 
nos  serres,  j’indiquerai  le  Pholidocarpus 
Ihur  de  la  Malaisie,  aux  branches  épi- 
neuses ; une  touffe  de  Cyrtostachys  Lakka 
de  Singapore  ; V Archontophœnix  Alexan- 
dræ  d’Australie,  à la  base  renflée  ; des 
Calamus  aux  tiges  rampantes;  le  Loxo- 
coccus  rupicola  de  Ceylan  ; des  touffes  de 
Pinanga  maculata;  le  Cyrtostachys  Renda 
de  Java,  au  tronc  rouge  ; le  Ptychosperma 


Mac  Arthurii  de  l’Australie  tropicale  ; le 
Sabal  umbrac'idifera  aux  feuilles  si  éten- 
dues; le  Latania  Loddigesii  aux  feuilles 
glauques;  le  curieux  Martinezia  caryotæ- 
folia  de  la  Nouvelle  Grenade,  au  tronc  épi- 
neux; des  SeaforthiaBicksoni\dQS>Orania 
macroclada  de  Malacca  ; le  Palmier  royal 
Oreodoxa  regia  ; des  Livistona  chinensis 
et  rotundifolia  ; des  Corypha  data,  etc. 

La  Fougeraie,  installée  à l’ombre  d’ar- 
bres élevés,  contient  également  des  exem- 
plaires de  tous  les  genres,  depuis  la  plus 
petite  Sélaginelle  jusqu’aux  Fougères  arbo- 
rescentes ; les  rocailles  sont  tapissées  de 
Pteris,  d’ Adia7itum,  deGym7iog7'amme,de 
Scolopend'rimn,  dWsple^iiam,  etc.,  tandis 
que  les  Dicksonia,  Cibotium,  Blechnum, 
Diplaziu^n,  etc.,  se  distinguent  par  leurs 
formes  arborescentes.  Quelques  Platyce- 
7'icum  grande  et  alcico'rne  appliqués  sur 
les  troncs  d’arbres  végètent  dans  toute  leur 
splendeur. 

Les  plantes  à feuillage  ornemental,  telles 
que  : Alocasia,  Maraiita,  Dieffenbachia, 
Heliconia,  A7ithmnam,  quelques  Fougères 
rares,  en  un  mot,  toutes  les  plantes  que  nous 
cultivons  en  serre  chaude  croissent  ici  sous 
de  simples  abris  qui  atténuent  la  force  des 
rayons  solaires. 

Les  Orchidées,  Vanda,  Dendrobium,  Cy- 
pripedium,  Phalænopsis,  Cœlogyne,  etc., 
ont  été  pour  la  plupart  collectées  dans  les 
îles  environnantes. 

Autour  d’une  plate-forme  sur  laquelle  la 
musique  des  régiments  de  Singapore  vient 
donner  ses  concerts,  je  distingue  de  su- 
perbes touffes  de  Rhapis  flabellifoi'mis, 
des  Cycas  revoluta,  des  Clusia  odorata  et 
un  arbrisseau  de  l’Amérique  du  Sud 
couvert  de  fleurs  violettes,  le  Bougam- 
villea  glabra,  des  corbeilles  de  Canna 
variés  et  d' Ao'undinai'ia  ba^nbusæfolia  au 
feuillage  léger. 

En  admirant  les  larges  Banyans  aux  ra- 
cines adventives  ressemblant  à des  piliers, 
aux  branches  couvertes  de  Fougères,  de 
Cymbidium,  de  Valida,  d^Aei'ides  et  au- 
tres plantes  épiphytes,  je  passe  devant  l’ha- 
bitation renfermant  l’herbier  qui  contient 
de  nombreux  exemplaires  de  la  flore 
malaise,  en  majeure  partie  collectés 
par  le  Directeur  du  jardin,  l’honorable 
M.  J.  Bidley  à qui  l’on  doit  l’introduction 
en  Europe  de  beaucoup  de  plantes  peu  con- 
nues, et  je  me  trouve  enfin  sur  la  route  de 
Djaliore  qui  traverse  la  Jungle. 

Eugène  L.-vnglassé. 


SIMPLES  RÉFLEXIONS  A PROPOS  DES  BOUQUETS. 


399 


SIMPLES  RÉFLEXIONS  A PROPOS  DES  ROUQUETS 


Les  articles  récemment  publiés  dans  la 
Revue  horticole,  à propos  du  dernier  con- 
cours de  bouquets  de  la  Société  d’horticul- 
ture et  le  bruit  qu’on  a fait  autour  d’une 
décoration  japonaise,  m’ont  suggéré  quel- 
ques réflexions  que  je  soumets  à l’apprécia- 
tion des  lecteurs. 

Gomme  tout  professionnel  et  amateur 
passionné,  je  m’intéresse  vivement  à l’art 
du  groupement  des  fleurs.  J’ai  vu  l’éven- 
taire de  Morimoto,  et  je  puis  bien  dire, 
tout  d’abord,  que  je  ne  partage  pas  tout  à 
fait  l’admiration  que  cette  présentation  a 
inspirée  à beaucoup  de  personnes.  Il  me 
semble  qu’en  la  circonstance,  notre  grande 
faiblesse  pour  la  nouveauté  a été  la  princi- 
pale cause  de  cet  enthousiasme. 

Il  y a,  certes,  dans  ce  style  de  décoration 
florale,  beaucoup  de  recherche  et  un  pro- 
fond talent  d’observation  sous  un  aspect  de 
simplicité  extraordinaire,  mais  de  là  à dire 
que  ce  style  est  plus  artistique  et  vaut 
mieux  que  le  nôtre,  je  le  conteste,  surtout  si 
l’on  fait  entrer  en  ligne  de  compte  l’art  tel 
qu’on  le  conçoit. 

J’ai,  en  effet,  questionné  plusieurs  ar- 
tistes à ce  sujet,  beaucoup  m’ont  répondu 
que  l’art  ne  consistait  pas  simplement  dans 
la  reproduction  fidèle  des  plus  belles 
œuvres  de  la  nature,  mais  bien  dans  une 
conception  idéale  plus  parfaite,  ce  qui  per- 
met à nos  artistes  de  nous  présenter,  sous 
le  nom  de  travaux  d’art,  toutes  les  fantai- 
sies de  leur  imagination,  comme  s’il  était 
donné  à l’homme  de  pouvoir  retoucher  les 
œuvres  du  Créateur.  C’est  déjà  beaucoup 
qu’il  puisse  en  faire  une  copie  approchante. 

Les  Japonais  font  donc  œuvre  d’art  en 
rendant  des  arbres  informes  et  minuscules 
par  des  mutilations  de  toutes  sortes,  en  fai- 
sant des  Chrysanthèmes  gros  comme  des 
Chicorées  ou  en  plaçant  quelques  fleurs 
dans  un  milieu  somptueusement  décoré  et 
qui  ne  serait  pas  beaucoup  moins  beau  sans 
elles. 

Nos  fleuristes,  d’après  cette  opinion  de 
l’art,  ne  font  que  preuve  de  talent  dans 
leurs  riches  groupements  de  fleurs  et  feuil- 
lages, mais  je  ne  cache  pas  que  je  préfère 
beaucoup  leur  simple  talent  à l’art  étrange 
des  Japonais. 

M.  Bellair  nous  dit  que  « les  Japonais 
n’admettent  pas  qu’un  bouquet  soit  lié,  ils 
ne  conçoivent  pas  non  plus  qu’il  ait  une  sy- 


métrie ».  Fort  bien  ! mais  si,  maintenant, 
bien  pénétré  de  cette  maxime,  nous  allons 
au  jardin  cueillir  des  fleurs,  que  ferons- 
nous  en  les  tenant  d’une  main,  tandis  que 
l’autre  les  coupe,  sinon  un  bouquet.  Et, 
lorsque  la  main  en  sera  pleine,  ne  cher- 
cherons-nous pas  un  lien  quelconque  pour 
les  tenir  rassemblées? 

C’est  là  l’origine  même  du  bouquet,  et 
quoi  qu’on  dise,  quoi  qu’on  fasse,  ce  mode 
de  groupement  des  fleurs  sera  toujours 
pratiqué,  parce  qu’il  est  le  plus  simple,  le 
plus  naturel  et  celui  qu’on  effectue  même 
sans  y songer. 

Il  arrive  même  parfois  que  les  fleurs 
mises  ainsi  au  hasard  en  paquet  se  pré- 
sentent sous  un  aspect  plus  gracieux,  plus 
agréable  même  que  lorsqu’on  cherche  à les 
grouper  avec  symétrie.  Pourquoi  ? Parce 
que  la  nature  a horreur  de  la  symétrie, 
des  choses  cherchées,  calculées,  et  que 
c’est  dans  un  désordre,  dans  le  mélange 
intime  de  toutes  les  œuvres  de  la  création 
que  nous  trouvons  les  contrastes  les  plus 
frappants  comme  aussi  les  harmonies  les 
plus  parfaites. 

De  là  à dire  qu’il  ne  faille  plus  apporter 
aucun  soin  au  groupement  des  fleurs,  il 
n’y  aurait  qu’un  pas,  mais  faire  ce  pas  se- 
rait folie.  Car  s’il  ne  nous  est  pas  donné 
d’améliorer  la  nature,  nous  pouvons  au 
moins,  quand  nous  cueillons  ses  plus  beaux 
joyaux,  les  placer  de  telle  façon  qu’ils  se 
présentent  sous  leur  plus  belle  face,  qu’ils 
conservent  leur  grâce  naturelle  et  qu’ils  se 
fassent  même  valoir  par  un  rapprochement 
judicieux. 

De  même  aussi,  nous  blâmons  le  bou- 
quet dit  « à tête  de  Champignon  »,  où 
les  fleurs  forment  un  hémisphère  ou  un 
cône  parfait  et  sont  pressées  les  unes  contre 
les  autres  et  ne  laissent  voir  que  l’intérieur 
de  leurs  corolles. 

Un  gigantesque  cornet  de  papier  blanc 
cache  encore  la  vue  horizontale  du  bou- 
quet ; il  faut  absolument  mettre  le  nez 
dans  le  cornet  pour  savoir  ce  qu’il  contient. 
Qui  ne  connaît  dans  V Assommoir  la  plai- 
santerie de  ((  Mes  Bottes  » apportant  à 
Germaine,  pour  sa  fête,  un  petit  bouquet 
de  Violettes  entouré  d’un  immense  cornet 
de  papier.  Zola  a spirituellement  tourné  en 
ridicule  cette  mode  stupide,  sans  cependant 
lui  porter  la  moindre  atteinte,  tant  elle  est 


400 


LE  TROPŒOLUM  HYBRIDUM  LEICHTLINI  ET  LES  CAPUCINES  TUBÉREUSES. 


profondément  ancrée  dans  les  mœurs  du 
peuple.  De  nos  jours  encore,  beaucoup  de 
gens  n’oseraient  pas  offrir  un  bouquet 
de  fête,  fût-il  fait  des  fleurs  les  plus  rares, 
s’il  n’était  entouré  du  traditionnel  cornet 
de  papier. 

Quant  à l’art  japonais,  qu’on  prône  tant 
en  ce  moment,  nous  pensons  que,  pour 
avoir  trop  cherché  à présenter  les  fleurs 
dans  la  position  où  elles  se  trouvent  à l’état 
naturel,  ou  sur  la  plante  qui  les  produit, 
les  Japonais  sont  tombés  dans  une  regret- 
table erreur,  et  qu’ils  n’imitent  pas  la  nature 
— l’artiste  des  artistes.  — Car,  s’ils  par- 
viennent à placer  telle  plante  ou  fleur  dans 
sa  position  primitive,  ils  ne  la  placent  pas 
dans  le  cadre  de  verdure  qui  l’environnait. 
Et,  pour  lui  donner  de  l’espace,  ils  réduisent 
le  nombre  de  fleurs  au  point  de  ne  presque 
rien  mettre  dans  les  vases  somptueux  qui 
leur  sont  destinés.  C’est  ce  qui  nous  fait 
dire  que  le  bouquet  japonais  brille  sur- 
tout par  la  nudité  qui  V environne  et  par 
Vabsenee  des  fleurs  qui  devraient  le  eom- 
poser. 

La  partie  la  plus  intéressante  de  ce  style 
de  décorations  florales  réside  surtout  dans 
les  vases  et  potiches  qui  contiennent  les 
fleurs.  De  fait,  l’exposition  de  M'"®  Mori- 
moto  n’eût  pas  beaucoup  été  moins  inté- 
ressante si  on  en  eût  retiré  la  poignée  de 
fleurs  éparpillées  dans  les  vases  ; c’eût  sim- 
plement été  une  exposition  d’objets  japo- 
nais. 

Certes,  les  fleurs  ne  doivent  jamais  être 
tassées,  ni  disposées  trop  symétriquement, 
et  chacun  peut  se  rendre  facilement  compte 
chez  soi  qu’en  plaçant  les  fleurs  sans  symé- 
trie et  sans  les  serrer,  on  obtient  un  effet 


bien  plus  naturel  et  plus  gracieux  ; mais 
ne  poussez  pas  cette  pratique  jusqu’à  ne 
mettre  qu’une  seule  fleur  dans  vos  vases, 
car  vous  sortez  de  la  raison  d’être  du  bou- 
quet : un  assemblage  de  fleurs  fait  pour 
pouvoir  jouir  de  près  et  chez  soi  de  leurs 
belles  formes,  de  leur  coloris  et  de  leur 
parfum. 

J’aime  à croire  que  si  nos  habiles  fleu- 
ristes ont  depuis  longtemps  abandonné  le 
style  du  bouquet  à tête  de  Champignon, 
ils  ne  sont  pas  prêts  à tomber  dans  le  ja- 
ponisme, car  le  point  auquel  ils  ont  au- 
jourd’hui poussé  le  talent  du  groupement 
des  fleurs  est  à notre  avis  bien  supérieur. 
Il  ne  nous  paraît  pas  nécessaire  d’évoquer 
le  mot  d’art  pour  mettre  quelques  fleurs 
seulement  dans  un  vase  quelconque,  mais 
il  y faut  au  contraire  une  grande  pratique 
et  un  véritable  talent  pour  assembler  un 
grand  nombre  de  fleurs  ou  feuilles  de 
formes  et  couleurs  différentes,  de  façon 
à ce  qu’elles  se  présentent  chacune  dans 
leur  grâce  naturelle,  qu’elles  se  fassent  va- 
loir par  la  combinaison  de  leur  rapproche- 
ment et  que  l’ensemble  soit  à la  fois  léger, 
varié  d’espèces,  de  formes,  de  couleurs, 
et  constitue  un  tout,  comme  les  cor- 
beilles et  les  gerbes  présentées  à la  der- 
nière Exposition  d’horticulture  et  dont  la 
Revue  hortieole  a figuré  dernièrement 
quelques  beaux  spécimens. 

Laissons  donc  les  japonaiseries  aux  Ja- 
ponais, conservons  nos  belles  composi- 
tions florales  dont  nous  gratifient  nos  jar- 
diniers et  nos  fleuristes  et  ne  tombons  pas 
en  admiration  devant  des  bouquets  sans 
fleurs. 

S.  Mottet. 


LE  TROPŒOLUM  HYBRIDUM  LEICHTLINI 

ET  LES  CAPUCINES  TUBÉREUSES 


Si  chacun  connaît  la  Capucine  (Tro- 
pœolum  majus),  cette  plante  « bon  enfant  » 
par  excellence  qui  se  prête  aussi  bien  à la 
décoration  des  parterres  qu’à  la  garniture 
de  la  fenêtre  de  l’ouvrière,  plusieurs  espèces 
du  genre  Tropœolum  sont  probablement 
moins  familières  à quelques-uns  des  lec- 
teurs de  la  Revue  hortieole.  Il  peut  y avoir 
de  l’intérêt  à attirer  l’attention  sur  elles, 
en  particulier  sur  celles  dont  la  racine  est 
tuberculeuse  et  qui  sont  toutes  originaires 
de  l’Amérique  australe. 

Nous  signalerons  d’abord  les  espèces  de 


serre  froide,  qui  proviennent  du  Chili.  Ce 
sont  en  général  des  plantes  délicates, 
munies  d’un  tubercule  arrondi,  compact,  un 
peu  plus  gros  qu’un  œuf  de  pigeon.  Celui- 
ci  émet  une  petite  tige  grêle  dont  le  dia- 
mètre ne  dépasse  pas,  parfois,  3 à 4 milli- 
mètres ; elle  s’accroche  à un  treillis  qu’elle 
ne  tarde  pas  à recouvrir  de  ses  nom- 
breuses ramifications.  La  plante  porte  en 
même  temps  une  grande  quantité  de  fleurs 
bleu  d’azur  chez  les  T.  azureum  et  lepidum, 
rouge  écarlate  à pétales  orange  chez  le 
T.  tricolor,  jaunes  chez  le  T.  brachyceras, 


' Rcoac  Horticole 


Tropœoluni  x Lcic/i/lun  . 


PLANTES  NOUVELLES. 


401 


blanc  jaunâtre  chez  le  T.  albiflorum.  Ces 
Capucines,  qui  fleurissent  en  avril  ou  mai, 
sont  d’un  aspect  charmant,  mais  elles  sont 
délicates  et  redoutent  des  changements  trop 
brusques  de  température  et  d’humidité  ; 
leur  tige  si  frêle  est  sujette  à bien  des 
accidents. 

Le  T.  pentaphyllum  est  voisin  des  pré- 
cédents, il  est  moins  brillant,  sa  couleur 
est  plus  terne  et  ses  fleurs  plus  petites. 
Mais  il  est  plus  robuste  et  presque  rustique 
dans  notre  climat.  J’en  ai  conservé  des 
pieds  pèndant  plusieurs  années  contre  un 
mur  au  midi.  Le  T.  umhellatum  se  rat- 
tache à la  même  série  de  formes,  mais  se 
distingue  des  autres  par  ses  fleurs  en 
grappes  et  non  pas  solitaires  à l’aisselle  des 
feuilles.  Introduit  il  y a près  de  50  ans,  il  a 
à peu  près  disparu  des  cultures  et  je  n’ai 
pas  pu  m’en  procurer  un  exemplaire  vivant 
(Bot.  Mag.,  t,  4337).  Le  T.  speciosum 
(Bot.  Mag. , t.  4323)  est  une  des  plus  jolies  es- 
pèces du  genre.  Dans  les  climats  qui  lui 
conviennent,  il  couvre  des  pans  entiers  de 
murs  de  ses  innombrables  fleurs  vermillon 
devenant  jaunes  vers  la  gorge.  Cette  espèce 
ne  redoute  pas  beaucoup  le  froid,  mais  elle 
craint  une  atmosphère  trop  sèche  et  des  va- 
riations de  température  trop  brusques.  Elle 
prospère  admirablement  dans  diverses 
parties  de  l’Angleterre  et  même  en  Écosse. 
Mais,  malgré  plusieurs  essais,  je  n’ai  jamais 
eu  le  plaisir  de  la  voir  prospérer  sous  le  cli- 
mat de  Genève. 

Deux  autres  espèces  beaucoup  plus  vi- 
goureuses, mais,  à ce  que  je  crois,  peu  ré- 

PLANTES 

Nous  avons  reçu  tout  récemment,  de 
MM.  Chantrier  frères,  horticulteurs  à Mor- 
tefontaine  (Oise),  une  série  de  plantes  nou- 
velles provenant  de  leurs  semis  ou  de  leurs 
introductions,  et  parmi  lesquelles  nous 
avons  été  heureux  de  rencontrer  des  plantes 
d’une  valeur  décorative  de  premier  ordre. 
Nous  les  décrivons  et  publions  aujourd’hui. 

On  voit  que  l’horticulture  française  s’af- 
firme par  des  créations  qui  n’ont  pas  be- 
soin de  toujours  venir  de  l’étranger  pour 
avoir  du  mérite,  et  nous  avons  un  très- 
grand  plaisir  à enregistrer  de  tels  succès  à 
son  actif. 

Maranta  Chantrieri  (Ed.  André).  — Plante 
acaiile,  glabre,  vigoureuse,  formant  une  large 
touffe  étalée.  Feuilles  radicales,  sortant  de 
gaines  oblongues,  involutées,  d’abord  brun- 


pandues  dans  les  jardins,  méritent  d’être 
signalées.  Ce  sont  le  T.  edule,  à fleurs 
jaunes  et  le  T.  polyphyllum  (Bot.  Mag. 
4042.  — Flore  des  Serres,  t.  2066)  qui  a 
de  longs  rhizomes  ramifiés  et  dont  les  tiges 
traînantes  de  plus  d’un  mètre  de  longueur, 
se  prêtent  admirablement  à la  décoration 
des  talus,  rocailles,  etc.  Le  T.  Leitehtlini, 
qui  fait  l’objet  de  la  planche  ci-contre,  a 
été  obtenu,  il  y a quelques  années,  par 
M.  Max  Leichtlin  en  fécondant  le  T.  poly- 
phyllum au  moyen  de  pollen  du  T.  edule. 
En  voici  la  description  sommaire  : tubercules 
compacts,  arrondis,  de  la  grosseur  d’une 
petite  Pomme  de  terre.  Tiges  traînantes, 
de  1 mètre  à 1'"  50.  Feuilles  glauques,  de  5 
à 6 centimètres  de  diamètre,  à limbe  pro- 
fondément découpé  en  lanières  étroites. 
Fleurs  de  2 à 3 centimètres  de  diamètre, 
solitaires  dans  les  aisselles,  très-nom- 
breuses, disposées  en  grappes  simples  qui 
atteignent  près  de  1 mètre  de  longeur. 
Calice  à éperon  allongé.  Pétales  de  2 centi- 
mètre de  longueur,  d’un  jaune  orangé  très- 
éclatant,  ponctués  de  rouge.  Fleurs  géné- 
ralement stériles. 

La  plante  est  robuste  ; elle  passe  l’hiver 
dehors  dans  un  terrain  bien  drainé,  sous 
une  légère  couverture  de  feuilles,  pousse 
au  printemps  de  nombreuses  tiges  couchées 
et  se  couvre  fin  mai  et  juin  d’innom- 
brables fleurs  très-brillantes.  Les  tiges 
sèchent  bientôt  après  et  disparaissent  avant 
la  fin  de  juillet.  Dans  un  terrain  qui  leur 
convient  les  tubercules  se  multiplient  rapi- 
dement. M.  Migheli. 


rouge,  puis  brunes  et  scarieuses  ; pétiole  fin, 
cylindracé,  long  de  10  à 20  centimètres,  lon- 
guement géniculé,  d’un  vert  clair  avec  articu- 
lation pubescente  vert  olive  ; limbe  atteignant 
30  à 40  centimètres  de  long  sur  15  à 20  de 
large,  glabre,  ovale  cordiforme  aigu  avec  lobes 
basilaires  obtus  et  sinus  acutangulaire  très- 
étroit;  page  supérieure  à surface  ondulée,  d’un 
vert  cendré  traversé  par  des  bandes  ovales- 
oblongues  aiguës  vert  foncé  et  d’autres  inter- 
médiaires filiformes,  de  même  couleur,  se  réu- 
nissant à la  périphérie  en  une  bordure  sombre, 
le  tout  relié  par  de  fines  barres  transversales 
plus  claires;  côte  médiane  mince,  légèrement 
canaliculéé  de  la  base  au  milieu,  vert  foncé; 
page  inférieure  plus  pâle  à nervures  princi- 
pales pennées,  subégales,  transversalement 
barrées  d’un  ton  plus  clair. 

Belle  nouveauté,  d’une  nuance  cendrée. 


402 


PLANTES  NOUVELLES. 


tendre,  contrastant  agréablement  avec  les 
feuillages  plus  sombres.  Originaire  duBrésil. 

Acalypha  Chantrieri  (Ed.  André).  — Eu- 
phorbiacée  à tige  cylindrique,  verte,  couverte 
au  sommet  et  sur  les  pétioles  de  poils  dressés, 
blancs.  Feuilles  alternes,  à pétiole  inséré  à 
angle  droit  sur  la  tige,  à peine  tuméfié  à l’in- 
sertion, vert,  long  de  10  centimètres  ou  plus  ; 
limbe  étalé  ou  décombant,  ovale  acuminé 
ou  subcordiforme,  à pointe  allongée,  oblique, 
long  de  20  à 25  centimètres,  large  de  12  à 14, 
un  peu  canaliculé  ; page  supérieure  hispide, 
l’inférieure  glabre,  toutes  deux  vert  brillant, 
concolores,  crénelées  de  dents  grosses,  dis- 
tantes, un  peu  ciliées,  blanc  pur  ou  légère- 
ment jaunâtre.  Fleurs  mâles...?  Inflorescences 
femelles  en  épis  axillaires,  à pédoncule  presque 
parallèle  au  pétiole,  portant  des  fleurs  petites, 
vertes,  sessiles,  distantes,  à calice  campanulé, 
fissuré,  â stigmates  blancs,  filiformes,  recour- 
bés et  branchus . 

Le  feuillage  de  cette  nouveauté,  obtenue 
d’un  croisement  entre  les  Acalypha  Hamil- 
toniana  et  A . macrophylla,  est  surtout  re- 
marquable par  ses  dents  marginales,  for- 
mant une  ligne  nette  d’un  blanc  pur. 

Acalypha  morfontanensis  (Ghantrier).  — 
Tige  dressée,  hispide,  comme  les  pétioles  et 
les  jeunes  limbes,  par  des  poils  blancs  dressés. 
Pétioles  grêles,  vert  pâle,  longs  de  12  â 15  cen- 
timètres. Hétérophyllie  accentuée  par  des  lim- 
bes divers,  longs  de  12  â 15  centimètres,  larges 
de  6 â 7,  de  forme  générale  ovale-lancéolée 
mais  non  cordiforme  à la  base,  souvent  pour- 
vus de  lobes  déchiquetés,  parfois  rhomboïdaux 
ou  trapézoïdaux,  grossièrement  crénelés  de 
dents  éloignées,  obtuses  ou  lobées, blanches  ou 
jaunâtres  ; page  supérieure  irrégulièrement 
tachetée  de  blanc  ou  de  jaunâtre  surtout  vers 
le  bord  et  entre  les  nervures  principales,  à 
sommet  longuement  cuspidé  obtus,  terminé  par 
un  fin  mucron  aigu. 

Cette  plante  curieuse,  qui  paraît  une  sim- 
ple forme  hétérophylle  de  la  précédente,  est 
cependant  d’une  origine  différente  : elle 
est  le  produit  de  V Acalypha  Hamiltoniana 
fécondé  parl’A.  marginata. 

Croton  Baron  de  Rothschild  (Ghantrier).  — 
Plante  vigoureuse,  à port  trapu,  à tige  courte, 
gris-rougeâtre  et  rugueuse,  abondamment  feuil- 
lue depuis  la  base.  Feuilles  très-nombreuses, 
étalées,  rassemblées  en  colonne  serrée  ; pétiole 
gros  et  charnu,  long  de  5 â 7 centimètres,  lon- 
guement tuméfié  à la  base  verte  et  au  sommet 
blanc;  limbe  long  de  25  à 30  centimètres,  large 
de  12  à 15,  elliptique  ou  un  peu  obovale  arrondi 
près  du  pétiole,  brusquement  aigu  au  sommet  ; 
nuance  de  fond  rouge  vif  orangé  brillant  plus 
ou  moins  éclairé  d’aurore,  plus  vif  sur  les  ner- 
vures et  aux  bords,  entremêlé  de  plaques  intra- 


nervales  vert  foncé  et  olive  marbré  de  vert 
plus  clair  ; face  inférieure  plus  fortement  colo- 
rée en  rouge. 

Superbe  plante,  de  tenue  parfaite  et  du 
plus  riche  coloris. 

Maranta  miner  (Ghantrier).  — Petite 
plante  rameuse,  glabre,  à tiges  couchées  et  gé- 
niculées  ; pétiole  vert  clair,  longuement  embras- 
sant par  une  gaine  aplatie  ; limbe  courtement 
elliptique,  subcordiforme  â la  base,  â mucron 
apical  court  et  oblique,  vert  émeraude  taché 
de  6 plaques  distantes,  anguleuses,  brun  rouge 
foncé. 

Espèce  originaire  du  Brésil,  et  intéres- 
sante pour  la  culture  en  suspension  ou 
pour  les  rocailles  dans  les  serres  chaudes. 

Alocasia  gibba.  — Cette  nouvelle  Aroïdée 
peut  être  classée  parmi  les  grandes  espèces 
du  genre.  Elle  se  rapproche  de  VA.  Thibau- 
tiana  et  autres  formes  qui  sont  issues  de 
cette  espèce,  mais  elle  se  caractérise  nette- 
ment par  la  saillie  du  genou  correspondant 
à l’insertion  du  pétiole  et  par  l’état  défléchi 
du  limbe,  qui  prend  la  forme  d’une  cloche 
en  devenant  adulte. 

Plante  acaule.  Pétiole  long  de  1 mètre,  cylin- 
dro-conique, fin, d’un  ton  gris  rosé  terne, finement 
zébré  de  petites  lignes  brunes  ; limbe  subpelté, 
ovale,  très-longuement  acuminé,  devenant  gib- 
beux  en  dessus  à l’insertion  du  pétiole  saillant  en 
forme  de  genou  ; nervures  très-saillantes  en 
dessus,  d’un  vert  presque  blanc  argenté  ainsi 
que  la  zone  qui  les  entoure  et  qui  s’irradie,  sur 
le  fond  vert  olive  du  limbe  en  un  fin  réseau 
argenté  courant  également  sur  toute  la  péri- 
phérie. Pédoncule  dressé,  du  quart  de  la  lon- 
gueur du  pétiole  dont  il  a la  couleur.  Spathe 
ovoïde  et  vert  clair  à la  base,  puis  brusque- 
ment contractée  en  lanière  aiguë,  blanc  ver- 
dâtre, striée,  longue  de  13  centimètres,  large 
de  3;  organes  mâles  du  spadice  dressé  â demi 
exserts,  blancs  ; partie  stérile  en  queue  de  rat, 
d’un  jaune  ocracé. 

Cette  nouveauté  a été  obtenue  d’une 
fécondation  artificielle  entre  les  Alocasia 
Pucciana  et  argyræa. 

Alocasia  Gigas  (Ghantrier).  — Feuilles 
dressées,  atteignant  1^60  y compris  le  pétiole 
cylindro-conique  à base  violacée  engainante 
sur  le  tiers  de  sa  hauteur,  le  reste  vert  olive 
s’éclairant  au  sommet  et  couvert  de  zébrures 
plus  foncées;  limbe  profondément  pinnatiséqué 
avec  impaire,  long  de  80  centimètres  en  com- 
prenant les  lobes  basilaires,  large  de  50  centi- 
mètres, composé  de  4 à 5 paires  de  lobes  lori- 
formes,  falqués,  libres  presquejusqu’à  leur  base 
décurrente  sur  le  pétiole,  longs  de  25  centi- 
mètres, larges  au  milieu  de  4 à 5,  à bords  très- 
ondulés;  lobes  basilaires  divergents,  à sinus 


LES  GLORIOSA  ET  LEUR  CULTURE. 


403 


étroit,  inégalement  pinnatiséqués  ; côte  et  ner- 
vure principale  saillantes,  méplates,  plus  pales 
que  le  vert  intense  de  la  face  supérieure,  à 
peine  plus  pâles  en  dessous. 

Cette  espèce,  venue  sans  nom  chez 
MM.  Ghantrier,  est  parmi  les  plus  grandes 
du  genre  ; elle  est  remarquable  par  sa  stature, 
les  profondes  laciniures  de  son  feuillage  et 
le  ton  peau  de  serpent  pâle  de  ses  pétioles. 

Croton  Madame  Berthe  Fournier  (Ghan- 
trier). — Plante  bien  tenue,  d’une  régularité 
parfaite,  à écorce  fortement  gercée.  Feuilles 
dressées-étalées,  bien  rangées,  à pétiole  peu 
tuméfié,  vert  pâle  â la  base  et  au  sommet,  long 
de  5 à 8 centimètres;  limbe  ovale-lancéolé  acu- 
miné  aigu,  plan  ou  un  peu  convexe,  d’abord 
régulièrement  jaune  sur  la  zone  qui  entoure 
la  côte  et  les  nervures  principales,  passant  au 
jaune  orangé  puis  au  rouge  très-vif;  le  vert 
des  entrenervures  d’abord  clair  puis  devenant 
vert  foncé  pourpré. 

L’ensemble  des  feuilles  de  cette  superbe 
plante  paraît  régulièrement  caissonné  de 
rouge  et  de  vert  foncé. 

Croton  Warneri  (Ghantrierj.  — Port  com- 
pact; végétation  moyenne.  Tige  gris  clair;  pé- 
tioles ascendants,  longs  de  4 à 7 centimètres,  à 
base  verte  et  rouge  foncé  au  milieu  et  à 
sommet  blanc  rosé  ; limbe  étalé-décurve, 
oblong,  longuement  atténué  aux  deux  extrémi- 
tés, long  de  25  à 30  centimètres,  large  de  8 à 

LES  GLORIOSA  E 

Que  tous  ceux  qui  ne  connaissent  pas  les 
Gloriosa  supposent  un  instant  une  tige 
mince,  dont  les  feuilles  lancéolées  sont  ter- 
minées par  des  vrilles  qui  s’attachent  aux 
corps  qu’elles  rencontrent  et  rendent  la 
plante  grimpante  ; de  l’aisselle  de  ces  feuilles 
sortent  des  fleurs  dont  la  conformation 
étrange  rend  la  description  bien  difficile  : 
C’est  une  corolle  renversée,  dans  laquelle 
les  pétales  auraient  été  découpés  en  minces 
rubans  qui  se  seraient  ondulés  et  crispés 
en  se  renversant,  pour  presque  se  toucher 
en  arrière.  Un  beau  rouge  orangé  ou  aurore 
colore  ces  divisions,  dont  la  base  est  jaune, 
et  le  contraste  résultant  de  l’opposition  de 
de  ces  deux  couleurs  est  frappant.  Le  pé- 
doncule maintient  la  fleur  horizontale  et  du 
centre  de  celle-ci  se  dirigent  dans  tous  les 
sens  des  étamines  portées  par  de  longs 
filets  rouges.  L’Orchidée  la  plus  curieuse  ne 
peut  surpasser  l’originalité  de  cette  fleur, 
qui  paraît  d’autant  plus  fantastique  qu’elle 
s’épanouit  dans  les  airs. 


10,  à page  supérieure  ondulée,  mi-partie  jaune 
et  verte  passant  an  carmin  orangé  brillant  au- 
tour des  nervures  et  à la  périphérie,  avec  des 
intervalles  vert  noir. 

Bonne  plante  à port  dressé,  vigoureux 
sans  excès,  bonne  tenue  et  très-brillante 
décoration  foliaire. 

Croton  macrophyllum  (Ghantrier).  — Tige 
dressée,  très-vigoureuse,  grise  zébrée  de  blanc, 
à extrémité  rouge,  jaune  et  vert  foncé.  Feuilles 
énormes  à pétiole  long  de  5 à 7 centimètres, 
tuméfié  aux  deux  extrémités,  brusquement 
coudé  et  assurgent  au  sommet;  limbe  étalé, 
atteignant  jusqu’à  45  centimètres  de  longueur 
sur  18  de  large,  atténué  à la  base,  trilobé  au 
sommet  aigu,  à lobes  latéraux  courts  et  plus 
ou  moins  saillants,  obtus  ou  acutiuscules,  for- 
mant parfois  un  sinus  peu  'profond;  page 
supérieure  à nuance  de  fond  d’abord  d’un  beau 
jaune  mi-parti  vert  entre  les  nervures  et  la 
bordure,  passant  à un  riche  ton  jaune  orange 
avec  réseau  de  nervures  bordées  de  carmdn. 

Cette  plante  possède  peut-être  les  plus 
grandes  feuilles  du  genre,  richement  co- 
lorées et  très- décoratives. 

Cette  série  de  nouveautés  inédites  de 
MM.  Ghantrier  ne  sera  pas  toute  mise  au 
commerce  actuellement.  Une  partie  seule- 
ment de  ces  descriptions  paraîtront  sur 
leur  catalogue  d’automne. 

Ed.  André. 

' LEUR  CULTURE 

Linné  nomma  ce  genre  de  plantes  Glo- 
riosa — c’est-à-dire  plein  de  gloire  — et 
jamais  baptême  générique  ne  fut  mieux 
appliqué. 

Ces  végétaux  sont  pourtant  rares  dans  les 
cultures,  et  il  faut  croire  que  c’est  parce 
qu’ils  n’y  sont  pas  nouveaux,  car  ils  ne  sont 
ni  coûteux  à se  procurer,  ni  bien  difficiles 
à cultiver,  et  ils  auraient  dû,  alors,  toujours 
rester  en  faveur  auprès  des  amateurs  sérieux 
et  avides  de  beau. 

Voici  leur  description  et  leur  culture  : 

Gloriosa,  L.  {Clinostylis,  Hochst.;  Metho- 
nica,  Juss.).  — Genre  de  Liliacées  comprenant 
deux  espèces  qui  habitent  l’Asie  et  l’Afrique 
tropicales. 

Gloriosa  superba,  L.  {Methonica  superba, 
Lamk.).  — Asie  et  Afrique  tropicales.  Mala- 
bar, Geylan,  Népaul.  Noms  français  : Superbe 
du  Malabar  ; Glorieuse  du  Malabar.  Introduit 
en  1690.  Plante  vivace,  grimpante,  à végétation 
annuelle.  Racine  tubéreuse,  jaune,  générale- 
ment bifurquée,  très-cassante,  amère.  Tige 


404 


LES  GLORIOSA  ET  LEUR  CULTURE. 


sarraenteuse,  atteignant  2 à 3 mètres  de  lon- 
gueur, simple,  ou  seulement  ramifiée  vers 
l’extrémité,  mince,  cylindrique,  lisse,  portant 
des  feuilles  oblongues  - lancéolées  de  15  à 
20  centimètres  de  long  sur  3 à 4 de  large,  ter- 
minées en  vrilles  qui  s’attachent  aux  corps 
voisins  et  rendent  la  plante  grimpante  ; ces 
feuilles  sont  alternes  ou  opposées,  ou  encore 
parfois  verticillées  sur  les  rameaux.  Fleurs 
d’un  beau  rouge  orangé  ou  aurore,  jaune  d’or 
à la  base,  vertes  avant  leur  épanouissement  et 
se  colorant  successivement,  pendantes,  mais  à 
6 divisions  redressées,  conniventes  au  sommet 
et  fortement  ondulées-crispées  sur  les  bords  ; 
pédoncules  allongés,  horizontaux  ; 6 étamines 
à longs  filets  rouges  divergents  ; style  arqué 
vers  les  étamines.  Ovaire  à 3 loges  renfermant 
une  quantité  variable  de  graines  rouges, 
presque  globuleuses.  Floraison,  de  juillet  en 
octobre  ; fleurs  de  très-longue  durée,  offrant 


î 

Fig.  128  — Racine  de  Gloriosa  pendant  sa 
végétation. 

différents  tons,  suivant  leur  état  de  développe- 
ment ; divisions  de  la  corolle  marcescentes, 
c’est-à-dire  persistant  après  que  la  floraison  est 
passée. 

Gloriosa  simplex,  L.  (G.  virescens,  Lindl.  ; 
Methonica  virescens,  Kunth).  — 1823.  Végéta- 
tion semblable  à celle  du  précédent,  mais  tiges 
plus  longues  ; fleurs  d’un  jaune  verdâtre,  à 
onglet  jaune,  ainsi  que  le  bord  et  le  sommet 
des  divisions,  qui  ne  sont  pas  crispées,  mais 
légèrement  ondulées.  Le  G.  simplex  B.  Plan- 
ta, Loud.,  est  une  variété  à fleurs  d’un  jaune 
rougeâtre,  et  la  B.  grandiflora  {Methonica 
grandiflora)  en  est  une  forme  â fleurs  bien 
plus  grandes. 

Miller  a cité,  dans  son  Dictionnaire  des 
Jardiniers,  édité  il  y a environ  un  siècle, 
une  espèce  appelée  Gloriosa  cærulea,  à 
fleurs  bleues,  — mais  il  ajoute  que  per- 
sonne n’avait  vu  fleurir  cette  plante.  Qui 


pourra  donner  des  renseignements  sur  celle 
question  ? 

La  plus  belle  espèce  est  jusqu’à  mainte- 
nant le  Gloriosa  superba. 

Les  Gloriosa  sont  des  plantes  tubercu- 
leuses, à végétation  annuelle,  qui  ont 
besoin  d’êire  remises  à pousser  après  un 
temps  de  repos  déterminé.  A cette  époque 
de  remise  en  végétation  correspond  le  re- 
nouvellement de  la  terre  des  pots  et  la  mul- 
tiplication des  plantes.  La  plantation  est 
assez  curieuse  par  elle-même  pour  que  nous 
ayons  cherché  à l’expliquer  par  le  croquis 
ci-contre.  La  figure  128  représente  un 
Gloriosa  à la  fin  de  sa  saison  végétative, 
c’est-à-dire  en  automne  ; les  deux  tubercules 
se  sont  développés  pendant  le  cours  de 
l’année  et  on  voit  au  point  inférieur  de 


S 

Fig.  129.  — Gomment  on  doit  la  planter  l’année 
suivante. 

bifurcation  la  trace  du  tubercule  mère,  qui 
s’est  vidé  et  a disparu  au  profit  des  deux 
autres  nouveaux. 

La  figure  129  représente  le  même  tuber- 
cule placé  dans  la  position  nécessaire  pour 
que  les  tiges  puissent  se  développer,  par 
conséquent  renversé.  Le  Gloriosa  offre  en 
effet  cette  particularité  que  le  point  végétatif 
se  trouve  toujours  être  placé  à l’extrémité 
de  la  racine  tuberculeuse  par  rapport  à la 
situation  de  celle-ci  dans  le  sol  ; il  se  recon- 
naît assez  facilement  à ce  que  la  racine  est 
plus  épaisse  ou  souvent  obtuse  à son 
endroit.  Mais,  par  suite  du  volume  qu’elle 
peut  atteindre,  on  laisse  rarement  à une 
racine  ses  deux  ramifications,  qui  sont 
séparées  par  une  section  nette  au  point  de 
jonction  (fig.  129),  et  les  plaies  recouvertes 
de  poussière  de  charbon  de  bois.  Cette  divi- 


LES  GLORIOSA  ET  LEUR  CULTURE. 


405 


sion  forme  la  multiplication  de  la  plante, 
dont  on  arrive  ainsi  à doubler  le  nombre 
presque  chaque  année,  quoiqu’il  arrive 
parfois  qu’un  seul  tubercule  naisse  sur 
l’ancien  sans  se  ramifier  b 

Ceci  expliqué,  nous  supposons  le  lecteur 
possesseur  de  Gloriosa. 

En  février,  on  empote  les  racines  dans 
des  demi-pots  ou  terrines  à Caladium  pro- 
portionnés à leur  grandeur,  ou  préférable- 
ment dans  des  terrines  à semis  plates,  dans 
lesquelles  les  racines  sont  placées  horizon- 
talement, isolées  ; on  emploie  pour  l’empo- 
tage de  la  terre  de  bruyère  pure  et  neuve, 
ou  bien  du  terreau  de  feuilles,  reposant  sur 
un  bon  drainage.  Les  racines  sont  disposées 
de  telle  manière  que  l’endroit  où  doit  se 
développer  la  tige  se  trouve  être  placé  au 
niveau  de  la  terre  ou  légèrement  recouvert 
par  elle.  Un  bassinage  léger  est  donné,  puis 
la  surface  des  terrines  est  recouverte  d’une 
couche  de  2 à 3 centimètres  de  Sphagnum 
vivant,  qui  sera  maintenu  frais  par  de 
légers  bassinages.  Les  terrines  sont  ensuite 
transportées  dans  la  serre  à multiplication, 
où  on  les  soumet  à la  chaleur  de  fond  en 
les  enterrant  dans  la  tannée  ou  dans  les 
cendres  de  la  bâche,  au-dessus  des  tuyaux 
de  chauffage.  Les  soins  consistent  à tenir  le 
sol  frais,  et  la  couche  de  Sphagnum  suffit 
presque  toujours  à maintenir  cet  état  jus- 
qu’au départ  de  la  végétation.  Celle-ci  est 
assez  capricieuse  et  se  manifeste  plus  ou 
moins  vite.  La  tige,  au  sortir  de  terre,  est 
nue  sur  une  assez  grande  longueur  et 
pousse  d’autant  plus  rapidement  que  la 
température  de  la  serre  est  plus  élevée.  Il 
faut  lui  donner  un  tuteur  dès  que  cela 
devient  nécessaire,  et  multiplier  les  arrose- 
ments à mesure  que  la  végétation  s’accé- 
lère. Les  récipients  dans  lesquels  on  a mis 
pousser  les  racines  ne  peuvent  longtemps 
procurer  assez  de  nourriture  aux  plantes, 
qui  doivent  être  rempotées  dès  que  l’on 
s’aperçoit  que  les  petites  racines  deviennent 
abondantes.  Le  rempotage  demande  de 
l’attention,  car  les  racines  sont  très-sen- 
sibles et  souffrent  beaucoup  d’être  dé- 
rangées. 

On  rempote  en  terrines,  de  préférence  de 
25  à 40  centimètres  de  diamètre,  sur  15  à 25 
en  hauteur  suivant  la  force  des  plantes,  en 
plaçant  les  racines  obliquement,  dans  un 
compost  formé  de  moitié  terre  de  bruyère 

^ Contrairement  à tous  les  livres  de  jardinage 
mentionnant  ces  plantes,  nous  ne  leur  avons 
jamais  vu  produire  de  caïeux  ou  de  petits  tuber- 
cules à la  base.  — J.  R. 


OU  terreau  de  feuilles  neuf,  un  quart  ter- 
reau de  couche  décomposé,  un  quart  terre 
franche,  le  tout  bien  mélangé  et  préparé  à 
l’avance.  Il  est  bon  de  mêler  un  peu  de 
sable  au  compost.  Le  dépotage  des  plantes 
exige  des  précautions  et  sera  d’autant  plus 
facile  que  les  racines  auront  été  mises  dans 
des  récipients  plus  réduits  lors  de  la  mise  en 
végétation. 

Les  plantes,  une  fois  rempotées,  seront 
bassinées  et  transportées  dans  la  serre 
chaude  où  elles  accompliront  leur  période 
végétative,  et,  pendant  quelque  temps  après 
le  rempotage,  il  sera  bon  de  modérer  les  ar- 
rosements pour  les  augmenter  ensuite  gra- 
duellement. Un  tuteur  soutiendra  la  tige 
dont  le  développement  augmentera  avec 
rapidité,  et  des  fils  parallèles  au  vitrage  de 
la  serre  seront  établis  pour  que  les  feuilles 
vrillées  des  plantes  puissent  s’y  accrocher 
et  soutenir  la  tige.  La  distance  à observer 
du  vitrage  est  de  15  à 20  centimètres.  On 
peut  encore  établir  des  treillages,  des  tu- 
teurs sur  lesquels  on  attache  les  plantes. 
Si  l’on  désire  cultiver  ces  végétaux  en  serre 
froide  l’été,  on  transforme  celle-ci  en  serre 
chaude,  emmaganisant  la  chaleur  solaire  et, 
au  besoin,  en  faisant  un  peu  de  feu  la  nuit 
pour  éviter  l’abaissement  de  la  température 
nocturne. 

Les  soins  à venir  consistent  à tenir  le  sol 
en  bon  état  de  fraîcheur  et  à donner,  une 
fois  par  semaine,  un  arrosement  à l’engrais 
liquide,  purin,  engrais  humain,  bouse  de 
vache,  à un  dixième.  On  surveille  la  direc- 
tion des  tiges  en  les  attachant,  de  place  en 
place,  avec  un  lien  de  raphia.  La  floraison 
commence  en  juillet  et  se  continue  jusqu’en 
octobre.  Nous  avons  remarqué  qu’elle  est 
plus  belle  dans  les  serres  dont  l’air  est  fré- 
quemment renouvelé  que  dans  celles  dont 
l’atmosphère  est  humide  : la  buée  doit  être 
évitée  ainsi  que  les  seringages  qui  tachent 
les  fleurs.  Deux  détails  intéressants  à noter  : 
les  pièces  florales  étant  marcescentes,  il 
est  bon  de  les  enlever  à la  main  pour  ne 
pas  nuire  à la  beauté  du  coup  d’œil,  et,  à 
moins  que  l’on  ne  vise  à la  récolte  des 
graines,  il  est  préférable  de  supprimer  les 
fleurs  à mesure  qu’elles  se  fanent.  La  fécon- 
dation a parfois  lieu  naturellement  dans  les 
serres  aérées,  mais  on  l’accomplit  avec  faci- 
lité en  fécondant  artificiellement  les  fleurs 
par  une  belle  journée.  Les  graines  mettent 
assez  longtemps  à mûrir  et  ne  doivent  se 
récolter  que  lorsque  leur  capsule  s’entr’ouvre 
et  qu’elles  sont  bien  rouges. 

Une  fois  parvenues  à leur  entier  dévelop- 


CULTURE  ET  MULTIPLICATION  DES  EUCALYPTUS. 


406 

pement  et  quand  elles  sont  en  pleine  florai- 
son, les  plantes  ne  doivent  plus  être  arrosées 
que  modérément;  quand  la  floraison  touche 
à sa  fin,  on  diminue  encore  les  arrosements 
pour  les  supprimer  tout  à fait  vers  les  pre- 
miers jours  d’octobre.  La  tige  est  alors  cou- 
pée à quelques  centimètres  au-dessus  du  sol 
et  les  terrines  mises  en  serre  chaude  ou  en 
serre  tempérée,  le  long  des  tuyaux  de  chauf- 
fage, où  on  les  laisse  à sec,  jusqu’en 
février,  époque  de  rempotage  et  de  la  remise 
en  végétation. 

La  reproduction  par  les  graines  est  pos- 
sible et  facile,  mais  exige  beaucoup  de 
temps  pour  donner  un  beau  résultat,  les 
plantes  de  semis  ne  fleurissant  guère  avant 
leur  cinquième  ou  sixième  année. 

Voici  comment  l’on  opère  : les  graines, 
qui  sont  assez  grosses,  doivent  être  semées 
de  janvier  en  mars,  en  serre  chaude  ou  sur 
couche,  en  terrines  ou  en  pots  assez  grands, 
de  16  à 18  centimètres,  en  les  enterrant 
d’environ  1 centimètre  et  en  les  espaçant 


entre  elles  de  2 centimètres  au  moins  ; la 
levée  est  assez  rapide  et  régulière,  mais  les 
jeunes  plants  ne  peuvent  être  repiqués  la 
première  année  ; on  laisse  reposer  les  pots 
de  semis  l’hiver,  au  printemps  suivant 
on  empote  chaque  racine  en  godet,  et, 
suivant  sa  vigueur,  on  lui  donne  un  rempo- 
tage en  la  traitant  comme  plante  faite.  Les 
tiges  des  jeunes  semis  ne  grimpent  que  la 
deuxième  ou  troisième  année.  Notre  dessin 
représente  une  racine  de  deux  ans,  demi- 
grandeur  naturelle,  et  comme  l’une  des  deux 
ramifications  est  toujours  plus  forte  que 
l’autre,  on  a avantage  à supprimer  la  plus 
faible  pour  que  celle  qui  reste  profite  davan- 
tage. 

En  décrivant  les  Gloriosa  et  leur  culture, 
nous  avons  voulu  rappeler  aux  amateurs 
l’existence  de  l’une  des  plus  belles  et  des 
plus  curieuses  plantes  exotiques,  qu’il  est 
bien  difficile  à d’autres  fleurs  de  surpasser 
comme  originalité  de  formes  et  beauté  de 
coloris.  Jules  Rudolph. 


CULTURE  ET  MULTIPLICATION  DES  EUCALYPTUS  * 


Les  Eucalyptus  sont  faciles  à cultiver, 
tant  en  pots  qu’en  pleine  terre,  mais,  dans 
toutes  les  régions  où  le  thermomètre  descend 
au-dessous  de  6 à 8 degrés,  il  est  illusoire 
d’espérer  les  voir  résister  en  plein  air,  et 
encore  cette  résistance  varie  selon  les  espèces 
et  est  bien  moins  grande  quand  les  sujets 
sont  jeunes.  Ce  n’est  donc,  comme  nous  l’a- 
vons dit  précédemment,  que  dans  la  région 
méditerranéenne  et  sur  quelques  points  favo- 
risés du  littoral  de  l’Océan  qu’on  peut  les 
cultiver  avec  succès  en  pleine  terre.  Il  est 
cependant  possible  de  protéger  le  pied  à 
l’aide  d’une  épaisse  couche  de  litière  et 
lorsque  la  tête  vient  à être  gelée,  ils  re- 
poussent alors  vigoureusement  sur  le  tronc, 
mais  ils  perdent  ainsi  leur  port  majestueux 
et  décoratif,  et  ne  deviennent  plus  que  des 
sortes  de  têtards  sans  caractère.  Nous  avons 
cependant  vu,  aux  environs  de  Londres,  un 
grand  massif  d’E.  Glohulus  ainsi  traité, 
qui  produisait  un  bel  effet  à distance,  par  sa 
masse  de  feuillage  glauque. 

Que  les  jeunes  plantes  soient  destinées  à 
être  mises  en  pleine  terre  ou  à être  élevées 
en  pot,  leur  multiplication  reste  la  même. 
Elle  a presque  toujours  lieu  par  le  se- 
mis. On  trouve  des  graines  de  la  plu- 
part des  espèces  dans  le  commerce,  car 

^ Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  2^8  et  370. 


outre  qu’on  les  importe  facilement  d’Aus- 
tralie, on  en  récolte  aujourd’hui  de 
plusieurs  espèces  dans  le  Midi,  en  Algé- 
rie, etc.  La  germination  est  généralement 
rapide  et  l’on  obtient  de  beaux  sujets  en 
quelques  années.  Le  semis  se  fait  au  prin- 
temps, en  terrines,  en  terre  légère,  très-clair 
et  en  recouvrant  superficiellement  les  grai- 
nes ; on  place  ensuite  les  terrines  sous  châs- 
sis froid  ou,  si  on  le  peut,  sur  une  petite 
couche,  pour  activer  la  germination. 

Le  repiquage  est  la  phase  critique  de  la 
multiplication  ; il  doit  être  fait  alors  que  les 
plants  sont  encore  tout  jeunes  et  avec  beau- 
coup de  soin.  On  empote  chaque  plant 
dans  un  petit  pot,  en  lui  conservant  le  plus 
de  terre  possible  autour  des  racines  et  en 
employant  une  terre  légère  et  fertile,  par 
exemple  un  compost  de  terre  franche 
siliceuse  et  de  terreau  bien  décomposé, 
additionné  au  besoin  d’un  peu  de  sable, 
pour  le  rendre  bien  perméable.  On  place 
ensuite  les  plants  sous  châssis,  on  les 
mouille  convenablement  et  on  les  tient 
étouffés  et  ombrés  jusqu’à  ce  que  leur  re- 
prise soit  effectuée. 

Les  rempotages  ultérieurs  se  font  au  fur 
et  à mesure  des  besoins,  en  tenant  compte 
que  la  grande  vigueur  des  plantes  nécessite 
des  pots  assez  grands.  Pendant  l’été,  on  met 
les  plantes  en  planches,  dans  un  endroit 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  d'HORTIGULTURE  DE  FRANCE. 


407 


chaud  et  abrité^  en  enterrant  les  pots,  et  on 
les  arrose  copieusement  ; on  leur  donne 
même  quelques  doses  d’eng’rais  liquide,  si 
l’on  désire  activer  la  végétation.  Pendant 
l’hiver,  on  les  tient  en  serre  froide  ou  en 
orangerie,  près  du  jour  et  on  les  arrose 
modérément. 

Dès  la  deuxième  année,  on  peut  les  plan- 
ter définitivement  en  pleine  terre  ou  les 
utiliser  pour  l’ornementation  estivale  des 
corbeilles,  tandis  que,  pour  les  garnitures 
temporaires,  il  est  utile  que  les  plantes  aient 
au  moins  deux  ou  trois  ans  pour  faire  de 
l’effet. 

En  semant  VE.  Glohulus  en  août  et  en 
tenant  les  jeunes  plantes  au  chaud  et  en 
végétation  pendant  tout  l’hiver,  on  en  obtient 
en  mai  des  plantes  propres  aux  garnitures, 
aussi  fortes,  sinon  plus,  que  celles  provenant 
d’un  semis  fait  au  printemps  et  hivernées  à 
froid,  mais  il  faut  avoir  soin  de  les  endurcir 
avant  leur  mise  en  pleine  terre. 

Par  sa  grande  vigueur  et  la  belle  teinte 
glauque  de  son  feuillage,  VE.  Glohulus  est 

SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’Hi 

SÉANCE  DU 

Floriculture 

Pas  de  grandes  collections,  mais  beaucoup 
d’apports.  MM.  Cayeux  et  Le  Clerc  avaient  une 
belle  série  de  Dahlias  « Cactus  » de  semis  ; on 
remarquait  surtout  la  variété  Madame  Ferdi- 
nand Cayeux,  de  forme  parfaite  et  d’un  beau 
vermillon.  Les  mêmes  présentaient  un  curieux 
Rudbeckia  laciniata  flore  pleno,  un  beau  Phy- 
sostegia  virginica,  une  série  du  Zinnia  du 
Mexique  hybride,  plante  qui  pourra  donner 
naissance  plus  tard  à des  coloris  plus  chauds, 
qui,  s’ils  s’unissent  à de  grandes  fleurs,  feront 
sensation  dans  le  genre  Zinnia-,  puis  aussi  une 
série  de  variétés  de  choix  du  Lohelia  Gerardi: 
Gerardi  type,  violet;  Rivoirei,  saumon;  ama- 
rantina,  amarante;  lugdunensis,  carmin;  et 
surtout  splende^is,  d’un  vermillon  fulgurant. 

M.  Clausse,  successeur  de  M.  Paul  Tollard, 
avait  apporté  une  collection  de  Reines-Margue- 
rites diverses,  en  fleurs  coupées,  une  Capucine 
hybride,  le  Zinnia  à fleurs  p)ompoyi  Mignon, 
un  Pétunia  très-nain  compact  à bordures, 
dont  quelques  pieds,  dérivés  de  Vlnimitahle, 
étaient  intéressants  ; puis  quelques  plantes  en 
pots  de  la  Reine-Marguerite  Victoria,  belle 
race  aux  fleurs  imbriquées  dans  la  plupart  des 
coloris,  quelquefois  tuyautées  dans  d’autres, 
mais  toujours  de  fort  bonne  tenue. 

M.  Millet  nous  a étonné  avec  un  hybride 
(V Harpalium  rigidum  et  d' Helianthus  lætiflo- 
rus.  Le  port  tient  de  V Harpalium,  la  fleur 


le  plus  employé  pour  la  garniture  des  cor- 
beilles ; on  l’y  plante  généralement  à une 
grande  distance,  1 mètre  environ  et  on 
tapisse  le  fond  avec  une  plante  basse , la 
Verveine,  par  exemple,  ou  bien  on  l’associe  à 
d’autres  grandes  plantes  à feuillage  ou  à 
fleurs,  avec  lesquelles  il  contraste  très-agréa- 
blement. On  peut  aussi  en  former  des  petits 
groupes  de  trois  sujets,  isolés  sur  les  points 
les  plus  en  vue  des  pelouses,  ou  même  y pla- 
cer une  seule  plante  forte  et  élevée  à cet  effet 
en  pot  ou  en  caisse. 

Il  est  plus  avantageux  de  laisser  périr  ou 
détruire  les  jeunes  plantes  mises  en  pleine 
terre  au  printemps  et  d’en  élever  chaque  an- 
née la  quantité  nécessaire  pour  les  rempla- 
cer, car  les  sujets  que  l’on  déplante  et  met 
en  pots  à l’automne,  pour  les  hiverner  et 
replanter  l’année  suivante,  ne  sont  ensuite 
jamais  aussi  beaux  que  la  première  année. 
Si  l’on  désire  obtenir  de  fortes  plantes,  le 
mieux  est  de  les  tenir  constamment  en 
pots. 

S.  Mottet. 

mCULTURE  DE  FRANCE 

2 AOÛT  1897 

rappelle  celle  de  VHelianthus.  La  plante  fleuri 
avant  VHelianthus  et  après  VHarpalium. 

M.  Legrand,  amateur  à Vincennes,  présen- 
tait une  Reine-Marguerite  caractérisée  par  une 
teinte  saumonée  de  ton  chaud,  et  comme  il 
n’en  existe  pas  dans  ce  genre,  c’est  à suivre 
avec  intérêt. 

Notons  aussi  de  bons  Glaïeuls  de  M.  David 
et  les  Coleus  de  semis,  aux  feuilles  monstres, 
de  M.  Leroux. 

Orchidées 

M.  Sadarnac,  jardinier  de  M.  O.  Doin,  pré- 
sentait un  Eriopsis  biloba  et  un  OJontoglossum 
coronarium,  tous  deux  en  pleine  floraison  ; 
puis  un  Cattleya  aurea  de  bonne  forme  et  de 
belle  couleur,  et  un  Anguloa  Ruckeri  auquel 
on  avait  ajouté  à tort  l’épithète  de  sanguinea. 
M.  Dallé  exposait  des  plantes  remarquables 
par  leur  belle  culture:  Cattleya  Gigas,  Dendro- 
bium formosum  giganteum,  Oncidium  incur- 
vum,  etc.  Sous  ce  rapport,  il  faut  citer  aussi 
le  Stanhopea  tigrina  de  M.  Poirier,  le  Cy- 
pripedium  Youngianum  macranthum  de 
M.  Page,  et  les  Cattleya  Bowiana  et  Gigas  de 
M Gibez. 

M.  Gibez  présentait  aussi  un  certain  nombre 
de  variétés  de  Cypripedium  provenant  de  fé- 
condations artificielles  diverses,  mais  qui,  de 
l’avis  de  plusieurs  connaisseurs,  rappellent 
beaucoup  de  formes  issues  du  C.  Lecanum. 


408 


LES  VÉGÉTAUX  DANS  LES  FÊTES  OFFICIELLES  AVANT  LA  RÉVOLUTION. 


Enfin,  on  admirait,  de  M.  Duval,  VOdonto- 
glossum  cariniferum  et  V Anæchtochilus  San- 
derlanus. 

Arboriculture  d’ornement 

Intéressante  communication  de  M.  Maurice 
L.  de  Vilmorin  qui  présentait  un  joli  petit  Loni- 
cera  à odeur  de  Lilas.  Ce  Lonicera,  qui  res- 
semble, par  ses  caractères  généraux,  au  L.  ru- 
picola,  fut  introduit  de  l’Asie  centrale  par 
l’abbé  Farges;  il  a été  depuis  reconnu  iden- 
tique à celui  qu’en  1871  MM.  Bureau  et  Fran- 
chet  dénommèrent  L.  thibetica.  La  plante 
croît  en  une  touffe  arrondie,  frutescente, 
n’excédant  pas  60  centimètres  de  hauteur;  son 
feuillage  est  bien  fourni_,  d’un  vert  gai  en  des- 
sus, tomenteux  blanchâtre  en  dessous,  verti- 
cillé.  Les  fleurs,  axillaires,  rose  pâle,  fleu- 
rissent sur  le  bois  nouveau  et  dégagent  une 
pénétrante  odeur  de  Lilas.  Enfin,  cette  espèce 
paraît  résister  victorieusement  à la  sécheresse, 
ce  qu’indiquait  a priori  son  tomentum. 

Les  Althéas  [Hibiscus  Syriacus)  sont  repré- 
sentés par  une  collection  de  24  variétés, 
à M.  Nomblot,  parmi  lesquelles  il  faut  ci- 
ter deux  doubles  ; lutea  plena  et  punicea 
plenuj  ainsi  que  par  une  collection  de 
variétés,  à M.  Baltet.  On  y remarque  deux 
variétés  inédites,  la  simple  et  la  double 
rose  carné,  provenant,  par  dichroïsme,  de 
l’Althéa  à fleurs  de  Pivoine,  puis  plusieurs 
nouveautés  : Jeanne  d’Arc,  speciosa  rubra 
et  Souvenir  de  Lebreton,  cdle-ci  à fleurs 
panachées.  A signaler  aussi,  de  M.  Baltet,  le 
gracieux  Pommier  microcarpe  spectabilis  Re- 
versa. 

Arboriculture  fruitière 

M.  Fatzer  continue  à nous  montrer  des 
spécimens  colossaux  de  Raisins  forcés.  Cette 


fois-ci,  ce  sont  des  grappes  de  Chasselas 
doré,  de  Gradiska  et  de  Frankenthal  qui  at- 
tirent tous  les  regards  et  excitent  les  convoi- 
tises. A côté,  M.  Charles  Savart  montre 
12  Pêches  Girardot,  et  M.  Paullard,  28  Pê- 
ches Paullard\  ces  deux  variétés  seront  ju- 
gées, l’année  prochaine,  sur  l’arbre. 

On  examine  aussi  une  petite  exposition  de 
M.  Nomblot  qui  sert  de  leçon  de  choses. 
On  y étudie  les  Pommes  d’été  : Transparentes 
blanche,  verte  et  rouge  ; Grand  Sultan,  Api 
d'été,  Pigeon  d'été  et  Borowitzky.  Puis  les 
Poires  Chaumontel  d'été,  Clapp's  Favorite, 
Beurré  Giffard,  Docteur  Guyot,  Ah!  mon 
Dieu!  etc.,  et  enfin  quelques  beaux  fruits  'des 
Pruniers  Jefferson,  de  Montfort  et  Comte 
d'Althann. 

Culture  potagère 

M.  Edouard  Lefort  ne  se  tient  pas  pour 
battu  avec  sa  nouvelle  Fraise  remontante 
Jeanne  d’Arc,  d’une  plus  grande  vigueur  que 
la  Fraise  Saint-Joseph.  Le  filet  spécimen  qu’il 
nous  montre  est  chargé  de  fruits  de  la  gros- 
seur de  ceux  de  la  Fraise  Comtesse  Héricart 
de  Thury.  Cela  n’enlève  pas  le  mérite  particu- 
lier à chacune  des  variétés  remontantes  qui  se 
partagent  en  ce  moment  la  faveur  des  cher- 
cheurs. Il  y aura  toujours  de  la  place  pour 
toutes  sur  les  catalogues. 

Présentation  intéressante  de  M.  Hyacinthe 
Rigault,  en  Pommes  de  terre  Victor,  Belle  de 
Fontenay,  k feuille  d' Ortie  et  Marjolin.  Enor- 
mes et  beaux  Concombres  blancs  de  M.  Sa- 
darnac.  Quant  au  Haricot  sabre  à cosse  jaune 
de  M.  Henry,  il  m’a  paru  être  proche  parent 
de  ces  variétés  « Giant  long  pod  y>  américaines, 
desquelles  on  ne  sait  si  elles  doivent  être  ou 
non  sans  parchemin. 

H.  Dauthenay. 


LES  VÉGÉTAUX  DANS  LES  FÊTES  OFFICIELLES  AVANT  LA  RÉVOLUTION 


Chacun  se  rappelle  les  merveilleuses 
décorations  florales  qui  ornaient  l’an  der- 
nier notre  capitale  pendant  la  visite  d’hôtes 
illustres.  Le  spectacle  inoubliable  qu’il 
nous  a été  donné  de  voir  se  renouvelle, 
en  ce  moment  même,  à Saint-Pétersbourg. 
Cette  fois  encore,  on  signale  une  extraor- 
dinaire profusion  de  fleurs  et  de  verdure 
dans  les  décorations  de  cette  ville. 

Aussi  nous  pensons  qu’il  est  intéressant 
de  rappeler  ici  le  rôle  joué  par  les  végé- 
taux dans  les  fêtes  officielles  avant  la  Révo- 
lution. 

Chez  nos  pères,  dans  des  circonstances 
semblables,  le  rôle  décoratif  des  végétaux 
était  plus  limité.  On  paraissait  préférer  les 
splendeurs  coûteuses  de  l’art  humain  aux 


simples  beautés  de  la  nature.  D’ailleurs,  il 
faut  dire  que  l’ancienne  horticulture  n’of- 
frait pas  les  abondantes  ressources  dont 
nous  disposons  aujourd’hui.  Notre  siècle 
seulement  a vu  l’introduction  des  belles 
plantes  à feuillage  ornemental,  des  splen- 
dides Orchidées  si  en  faveur  aujourd’hui. 
On  pourrait  en  dire  autant  de  la  plupart 
des  richesses  végétales  de  nos  serres. 

Avant  la  Révolution,  les  réceptions  dans 
les  villes,  les  entrées  solennelles  de  souve- 
rains, de  princes  ou  de  grands  personnages 
étaient  fréquentes.  Il  est  même  parvenu 
jusqu’à  nous  de  nombreuses  relations  dé- 
taillées de  ces  événements  mémorables 
pour  les  cités,  car  souvent  les  contempo- 
rains ont  désiré  conserver  à la  postérité  le 


LES  VÉGÉTAUX  DANS  LES  FÊTES  OFFICIELLES  AVANT  LA  RÉVOLUTION. 


409 


souvenir  des  magnificences  qu’ils  avaient 
déployées  en  l’honneur  des  puissants  de 
l’époque. 

L’humanité  a toujours  aimé  voir  ceux 
qui  la  gouvernent  ! On  peut  donc  croire 
qu’autrefois  comme  aujourd’hui,  l’enthou- 
siasme de  la  foule  débordait  dans  les  solen- 
nités de  ce  genre,  surtout  lorsqu’elle  assis- 
tait au  spectacle  de  l’imposant  cortège  qui 
se  déroulait  dans  les  rues  pavoisées  et  jon- 
chées de  fleurs  ou  de  feuillages.  La  déco- 
ration des  maisons  était  alors  obligatoire 
pour  le  propriétaire.  Il  était  tenu  de  dissi- 
muler la  nudité  des  murailles  au  moyen  de 
tapisseries  ou  detentures.  Quelques-uns  em- 
ployaient la  verdure  du  Lierre,  du  Buis, 
du  Houx,  du  Genêt,  du  Laurier  et  du  Ge- 
névrier ; ce  sont,  du  moins,  les  plantes  que 
l’on  trouve  le  plus  souvent  citées  pour  cet 
usage.  Certains  récits  font  encore  mention 
de  mâts  enguirlandés,  d’ornements  divers 
formés  des  feuillages  du  Buis  et  du 
Lierre. 

A Orléans,  en  4576,  les  guirlandes  de 
Lierre  coûtaient  43  sous  la  toise,  environ 
2 fr.  40  de  notre  monnaie.  Enfin,  et  ceci 
montre  combien  les  choses  changent  peu, 
parmi  les  monuments  improvisés  qui  s’éle- 
vaient sur  les  places  publiques  et  dans  les 
carrefours,  on  remarquait  des  estrades  où 
de  nombreux  figurants,  singulièrement 
costumés,  exécutaient  des  chants  ou  réci- 
taient des  vers  de  circonstance. 

C’étaient  encore  des  pyramides,  des  arcs 
de  triomphe  et  des  portiques  construits 
selon  les  règles  de  l’architecture,  tous  sur- 
chargés d’emblèmes,  de  devises,  de  statues 
allégoriques  dont  le  goût  n’était  pas  tou- 
jours heureux. 

Pour  une  entrée  solennelle  de  Charles  IX, 
à Lyon,  en  4564,  on  s’était  avisé  de  placer, 
sur  le  passage  du  roi,  une  sculpture  repro- 
duisant l’image  d’un  homme  écorché  qui 
regardait,  dit  la  relation,  (c  avec  des  yeux 
hydeux  ».  Franchement,  si  on  avait  l’in- 
tention de  personnifier  l’hérésie,  on  aurait 
pu  trouver  une  représentation  moins  ma- 
cabre. 

Plus  réjouissante  était  la  décoration  citée 
par  M.  Baudin  à l’inauguration  récente  de 
la  rue  Béaumur  : « à l’entrée  de  Louis  XL 
il  y avait  à la  fontaine  du  Ponceau  trois 
belles  filles,  faisant  personnages  de  Sirènes, 
toutes  nues,  lesquelles  en  faisant  voir  leurs 
beaux  seins  disaient  de  petits  motets  et 
bergerettes.  » 

L’usage  de  répandre  des  fleurs  dans  les 
rues  était  habituel  autrefois.  L’historien 


Malingre,  dans  ses  Annales  de  la  Ville  de 
Paris,  décrit  ainsi  l’entrée  de  Philippe 
de  Valois,  en  1328  : « Les  rues  de  son 
passage  (comme  la  saison  le  permettoit) 
estoicnt  jonchées  de  rameaux  de  fleurs  et 
d’herbes  odoriférantes.  » 

Il  cite  encore  le  même  fait  pour  une  en- 
trée de  Louis  XI  à Paris,  probablement  celle 
dont  nous  parlions  plus  haut. 

Henri  IV  étant  de  passage  dans  la  ville 
d’Amiens,  en  4594,  la  municipalité  or- 
donne que  : « le  jour  de  laditte  entrée  sera 
commandé  à tous  les  habitants,  de  tendre 
leurs  maisons  de  tapisseries,  de  nettoyer 
le  devant  de  leurs  maisons  et  y répandre 
herbes  et  fleurs  ». 

L’entrée  de  Charles IX  à Lyon,  que  nous 
citions  tout  à l’heure,  offrait  une  décoration 
végétale  plus  compliquée.  Les  archives  de 
la  ville  notent  un  paiement  fait  « A Martin 
Loup,  12  livres  tournois  à luy  accordez 
pour  sept  batellées  de  huy  qu’il  avoit  fourny 
pour  faire  les  festons  autour  des  armoyries 
du  Boy  qui  ont  estez  mises  au  dessouhz 
des  toilles  qui  ont  couvert  les  rues  le  jour 
de  l’entrée  ».  On  avait  ainsi  suspendu  dans 
les  rues  douze  cent  cinquante  écussons 
peints  aux  armes  royales  ; chacun  d’eux 
était  entouré  d’une  guirlande  de  Buis,  au- 
tour de  laquelle  s’enroulait  une  bande  de 
papier  tricolore  : bleu,  blanc  et  rouge.  Ces 
couleurs  étaient  celles  de  la  livrée  person- 
nelle de  Charles  IX  et  de  plusieurs  autres 
rois  de  France. 

Un  registre  des  Archives  nationales  men- 
tionne un  achat  de  verdure  consistant  en 
Buis  et  en  Lierre  destinés  à la  confection 
de  guirlandes  ou  garnitures  végétales  pour 
une  entrée  solennelle  du  roi,  à Paris, 
en  1571.  Il  paraît  que  ces  sortes  d’infiorati 
étaient  une  mode  venue  d’Italie.  On  en 
voit  les  premières  traces  à la  fin  du 
siècle,  époque  où  l’influence  de  l’art 
italien  commençait  à s’étendre,  en  France, 
sur  l’architecture  et  le  style  des  jardins. 
Charles  VIII  étant  de  passage  à Lyon, 
en  1595,  « ...  en  plus  de  cent  endroits,  il 
y avoit  au  travers  des  rues  des  écussons 
pendant  en  l’air,  à la  mode  d’Italie,  envi- 
ronnés de  chapelets  de  fleurs  et  autres 
verdures  joyeuses  ‘ ». 

En  dehors  de  cette  verdure  peu  variée, 
les  végétaux  d’ornement  en  caisses  ou  en 
vases  figuraient-ils  dans  les  salles  destinées 
aux  fêtes  et  aux  banquets  ? Le  fait  a dù  se 

^ Relation  des  entrées  solennelles  dans  la 
ville  de  Lyon.  1752,  p.  77. 


410 


LES  VÉGÉTAUX  DANS  LES  FÊTES  OFEICIELLES  AVANT  LA  RÉVOLUTION. 


produire  puisqu’un  intéressant  document 
énumère  les  plantes  qui  décoraient  la  salle 
d’un  banquet  sous  le  règne  de  François  1^^. 

On  commençait  alors  à introduire  dans 
nos  régions  et  comme  culture  de  luxe, 
l’Oranger,  le  Grenadier  et  quelques  autres 
arbres  d’orangerie.  L’effet  produit  par  ces 
« raretés  » semblait  merveilleux  aux  yeux 
des  contemporains.  Ils  ne  trouvaient  pas 
d’épithètes  assez  laudatives  pour  exprimer 
leur  admiration.  Que  diraient-ils  donc 
aujourd’hui  ? 

Le  22  décembre  1518,  la  cour  de  la  Bas- 
tille avait  été  transformée  en  salle  de  ban- 
quet, à l’occasion  d’une  fête  donnée  aux 
ambassadeurs  envoyés  à François  I®*"  par 
le  roi  d’Angleterre.  Dès  l’entrée  du  pont 
conduisant  à la  porte  de  la  forteresse,  les 
jardiniers  avaient  déployé  leurs  talents.  Ils 
avaient  élevé  des  « hastes  d’hyerre  »,  c’est- 
à-dire  des  mâts  garnis  de  Lierre  qui  por- 
taient des  écussons  aux  armoiries  royales 
dans  des  cercles  de  bois  doré,  le  tout  orné 
de  branches  de  Buis  artistement  arrangées. 
En  outre,  « une  voûte  faite  de  bouys  et 
de  hyerre  couvrait  tout  le  pont  d’ung  mer- 
veilleux art  ». 

L’entrée  de  la  Bastille  était  aussi  « tyssue 
de  bouys  ».  Décidément  on  abusait  de  cette 
décoration  hivernale  à la  senteur  peu  plai- 
sante. La  salle  à manger  improvisée  mesu- 
rait 60  mètres  de  long  sur  22  de  large.  Au 
milieu  s’élevait  une  magnifique  estrade  ou 
tribune  destinée  au  roi  et  à ses  principaux 
invités.  On  y accédait  par  des  degrés  et 
l’entrée  était  agrémentée  de  colonnes  char- 
gées de  trophées  ; les  côtés,  garnis  de  drap 
d’or,  étaient  encore  parés  de  Buis  et  de 
Boses  blanches  ou  rouges.  Une  voûte  faite 
de  Buis,  piquée  çà  et  là  de  Boses  rouges  et 
blanches,  couvrait  entièrement  la  tribune 
royale.  Mais  laissons  au  chroniqueur  le  soin 
de  décrire  ces  merveilles  : 

« ...  A chacun  des  quatre  angles  du  tri- 
bunal pendoient  toutes  sortes  de  pommes 
(fruits)  et  non  pas  moins  la  multitude  et  la 
copiosité  des  arbres  verdoyans  faisoient  hon- 
neur à l’ayre  du  tribunal.  Entre  lesquelles 
choses  estoit  ung  Cèdre  reboussé  (infléchi) 
de  coustume  de  porter  charge.  Après  estoit 
un  vieil  olivier  onctueux;  un  Laurier  vert 
qui  n’est  jamais  frappé  du  tonnerre  ; ung 
Citronnier  ayant  tousiours  belle  formosité 
de  fueilles  ; pommes  de  grenades,  en  yver 
spirant  odeur  très-suave.  Pour  lesquelles 
causes,  les  sages  jugèrent  d’une  voix  una- 
nime estre  en  icelluy  lieu  la  vraye  ymage  de 
région  fortunée,  ou  l’isle  de  délices,  ou  la 


félicité  de  Arabie  ou  en  la  parfin  estre  ung 
Paradis  terrestre  ^ ». 

Les  récits  des  vieux  auteurs  présentent 
souvent  pour  nous  des  obscurités  qui  tien- 
nent surtout  à notre  connaissance  très-im- 
parfaite des  idées,  des  croyances  anciennes 
et  aussi  parce  que  le  sens  d’un  mot  pouvait 
être  autrefois  différent  du  sens  qu’on  lui 
donne  actuellement.  Ainsi,  les  « Pommes  » 
qui  décoraient  les  angles  de  la  tribune 
étaient  des  trophées  composés  des  diverses 
sortes  de  fruits  de  la  saison.  Gomme  chez 
les  Latins,  on  entendait  encore  parj? orna  la 
plupart  des  fruits  charnus.  Le  Cèdre  dont 
il  était  question  ne  pouvait  être  le  Cèdre 
du  Liban  et  encore  moins  le  Cedrus  atlan- 
tica.  Il  s’agissait  probablement  d’un  Cyprès 
commun  dans  le  Midi  de  l’Europe  et  qui 
exige  l’orangerie  sous  nos  climats.  Le  Cu- 
pressus  lusitanica,  vulgairement  Cèdre  de 
Goa,  possède  bien  les  rameaux  inclinés  ou 
pendants  auxquels  le  chroniqueur  faisait 
allusion.  L’immunité  contre  la  foudre  qu’il 
attribuait  au  Laurier  résultait  d’une  croyance 
fausse  qui  existait  déjà  à l’époque  de  Pline. 

Les  entrées  et  les  réceptions  solennelles 
de  personnages  dans  les  villes  de  l’ancienne 
France  étaient  encore  marquées  par  une 
coutume  qui  intéresse  l’histoire  de  la  pomo- 
logie.  Dans  ces  temps  d’heureuse  simplicité, 
c’était,  en  effet,  un  usage  général  pour  les 
municipalités  d’offrir  à leurs  nobles  hôtes 
des  présents  variés  parmi  lesquels  figu- 
raient fort  souvent  des  corbeilles  de  fruits 
de  choix. 

En  1551,  la  municipalité  d’Orléans  offrit 
à la  reine  Catherine  de  Médicis  « de  gros 
abricots,  poires  et  prunes  » qui,  d’après 
les  archives  de  la  ville,  coûtèrent  2 sols 
15  deniers  le  cent  (11  fr.  27). 

On  offre,  à Senlis,  en  1589,  à MM*"®*  de 
Montmorency  et  de  Torcy  « pommes  de  Ca- 
pendu,  abricots,  poires  et  bigarreaux  ». 

Selon  Claude  Mollet,  c’était  une  circons- 
tance de  ce  genre  qui  avait  fait  donner  son 
nom  à une  nouvelle  variété  de  Poire  à cuire, 
le  Bésy-Henri.  « Cette  espèce,  dit-il,  est 
venue  de  Bretagne  depuis  peu  de  temps; 
les  Bretons  lui  ont  donné  le  nom  de  Besi  de 
Herij,  qui  veut  dire  Poire  de  Henry^  car 
lorsque  le  roy  Henry-le-Grand  fit  son  voyage 
en  Bretagne,  comme  il  étoit  à Nantes,  les 
Messieurs  de  Bennes  envoyèrent  un  panier 
de  ce  fruit  à sa  Majesté.  » 

En  1632,  la  reine  Anne  d’Autriche  étant 

^ Alfr.  Bonnardot.  Les  Rues  et  Églises  de  Paris 
vers  i500,  p.  53. 


CORRESPONDANCE. 


411 


de  passage  à Lyon  « ...  le  14  septembre, 
au  moment  de  l’embarquement,  le  prévost 
des  marchands  lui  présenta  encore  une  cor- 
beille pleine  de  beaux  melons  et  de  boëtes 
de  confitures,  le  tout  couvert  de  fleurs  ; et 
encore  des  bouquets  de  fleurs  d’orange  et 
dë  Jasmin  d’Espagne...  » 

Les  Poires  figuraient  souvent  dans  ces 
présents  rustiques.  Pour  recevoir  Louis  XIV, 
en  1650,  la  municipalité  de  Troyes  acheta 
250  Poires  de  Bon-Chrétien  à 4 sous  la 
pièce.  Elisabeth  Farnèse,  reine  d’Espagne, 
passait  à Audi  le  23  novembre  1714,  et 
malgré  son  incognito,  les  consuls  se  firent 
un  devoir  de  lui  offrir  un  présent  semblable, 
dit  la  délibération  communale,  à celui  des 
ducs  de  Berry  et  de  Bourgogne,  lors  de  leur 
passage  à Auch  en  1701  : ce  présent  consis- 


iV®  3736'  (Seine- eUMar né).  — Nous 
avons  examiné  les  grappes  de  Raisin,  déjà 
mûres,  et,  somme  toute,  en  assez  bon  état, 
que  vous  nous  avez  envoyées,  et  nous  croyons 
que  leur  rachis  n’est  atteint  que  d’un  peu 
d’ Oïdium.  Cependant,  ce  que  vous  nous 
dites  de  l’apparition,  au  printemps,  sur  les 
jeunes  bourgeons,  de  sortes  de  boules  blan- 
ches laissant  un  point  noir  sur  le  bois,  nous 
fait  supposer  que  votre  Vigne  est  peut-être 
attaquée  par  le  Coniothyrium  diplodiella, 
dont  les  fructifications  sont  amassées 
et  entourées  d’une  enveloppe,  et  dont  les 
effets  sont  analogues,  a ‘priori,  à ceux  de 
l’Oïdium  sur  les  grappes.  Cette  maladie,  en- 
core peu  répandue,  a été  observée  en  Italie  et 
à Nîmes  en  1879.  Elle  résiste  malheureuse- 
ment aux  préparations  cupriques  et  aux  sou- 
frages. Il  faudrait  donc  essayer  l’hyposulfite 
de  calcium  glycériné,  remède  employé  avec 
succès  contre  les  ce  Blancs  » et  les  « Meu- 
niers ».  L’hyposulfite  de  calcium  glycériné 
s’obtient  en  faisant  agir  à chaud  une  solution 
de  sulfite  calcique  neutre  sur  une  autre  de 
sulfure  calcique  légèrement  glycériné.  On 
prépare  à la  densité  de  8»  Baumé,  et  l’on  fait 
une  solution  au  dixième,  que  l’on  projette 
préventivement  sur  les  bourgeons  et  sur  les 
feuilles,  dès  le  départ  de  la  végétation,  à l’aide 
d’un  vaporisateur.  Ce  remède  est  d’ailleurs 
très  - efficace  aussi  contre  l’Oïdium  ; malheu- 
reusement la  préparation  n’en  peut  guère  être 
faite  que  par  les  chimistes.  Au  printemps,  dès 
que  vous  constaterez  la  présence  des  boules 
blanches  dont  vous  nous  avez  parlé,  ne  man- 
quez pas  de  nous  en  adresser  des  échantillons 
à divers  états,  pour  que  nous  puissions  nous 
assurer  de  la  nature  exacte  de  la  maladie. 

* Hevue  de  Gascogne,  année  1869,  p.  878. 


sistait  en  Poires  de  Bon-Chrétien  d’Auch. 
On  fit  emplette  à plusieurs  particuliers 
de  20  douzaines  de  ces  Poires,  dont  le  coût 
s’éleva  à 143  livres.  Les  dames  religieuses 
de  Sainte-Ursule  et  le  sieur  Bedout,  mar- 
chand, fournirent,  moyennant  72  livres, 
« 18  boëtes  de  paille  » dans  lesquelles  on 
enferma  lesdites  Poires  « ornées  de  taffetas 
et  de  rubans  et  placées  sur  deux  nappes 
fines,  "i  » A Toulouse,  en  1721,  on  offrait 
encore  à Mehemet  Effendi,  ambassadeur 
envoyé  à Louis  XV  par  le  sultan,  des  Poires 
de  Bon-Chrétien  d’Auch,  des  Pommes  de 
Reinette  et  des  Oranges  de  Portugal. 

Ces  quelques  citations  suffisent  pour 
donner  un  aperçu  de  l’emploi  des  végétaux 
dans  les  réceptions  officielles  de  l’ancien 
temps.  Georges  Gibault. 


2»  Le  meilleur  engrais  pour  la  Vigne  est 
un  engrais  composé  de  la  manière  suivante  : 

Par  hectare. 

Superphosphate  de  chaux  titrant 
environ  15  p,  100  d’acide  phospho- 


rique  soluble 400  kil. 

Carbonate  de  potasse  raffiné  ne 
contenant  pas  plus  de  10  p.  100  de 

sels  étrangers 200  kil. 

Sulfate  de  chaux 400  kil. 


1.000  kil. 

La  manière  d’employer  cet  engrais  est  des 
plus  simples  : on  creuse  à la  bêche,  autour  de 
chaque  cep,  une  petite  cuvette,  dans  laquelle 
on  répand  la  quantité  d’engrais  déterminée  en 
divisant  1,000  kilos  par  le  nombre  de  ceps 
contenus  à l’hectare.  Puis  on  recouvre  l’en- 
grais en  comblant  la  cuvette  avec  la  terre  du 
déblai. 

Un  autre  bon  mode  de  fumer  la  Vigne  con- 
siste à enterrer  deux  ou  trois  fourchetées  de 
fumier  de  cheval  riche  en  crottin  si  la  terre 
est  forte,  ou  de  fumier  de  vache  si  elle  est  lé- 
gère, au  pied  de  chaque  cep,  à la  condition 
que  ce  fumier  soit  placé  au-dessus  des  racines j 
et  jamais  en  dessous.  Puis,  après  avoir  recou- 
vert le  fumier  avec  la  terre  de  la  cuvette,  on 
répand  sur  le  sol  du  plâtre  à raison  de 
3,000  kil.  environ  à l’hectare.  Ce  plâtre  sera 
enterré  par  un  labour  ultérieur,  mais  pas  plus 
tard  qu’en  février. 

3°  La  maladie  de  vos  Œillets  est  causée 
par  V Heterosporium  echinulatum,  Champi- 
gnon parasite  de  la  famille  des  Hyphomycètes. 
Le  remède,  que  la  Revue  horticole  a d’ailleurs 
déjà  indiqué  consiste  en  pulvérisations  à la 
bouillie  bourguignonne,  à raison  de  1 kilo  de 

2 Voir  Revue  horticole,  1894,  p.  41ü. 


412 


CORRESPONDANCE. 


sulfate  de  cuivre  et  500  carbonate  de  soude 
pour  100  litres  d’eau. 

4o  Pour  détruire  le  pou  collant  des  Bromé- 
liacées et  autres  plantes  de  serre  chaude,  il 
faut,  à l’aide  d’un  petit  bâton  mince  comme  un 
porte-plume  et  au  bout  duquel  on  a fixé  un 
petit  tampon  de  linge,  que  l’on  trempe  dans  de 
l’eau  saturée  de  nicotine  au  trentième,  tout 
simplement  décoller  le  pou  et  l’enlever. 

(H.  D.) 

iVo  3386  {Loir-et-Cher).  — Vous  nous 
demandez  un  remède  contre  la  rouille  des 
gazons.  Pour  que  nous  puissions  vous  indi- 
quer un  traitement  prophylactique  exact,  il 
faudrait  que  nous  déterminions,  sur  le  vu 
d’échantillons,  la  nature  exacte  de  la  maladie 
que  vous  appelez  « rouille  ».  S’il  s’agit  d’une 
maladie  cryptogamique,  ce  peut  être  une  Puc- 
cinie ou  un  Champignon  du  groupe  des 
Oïdium  ; dans  ces  deux  cas,  il  faudrait  ré- 
pandre à la  volée  un  mélange,  par  moitié,  de 
soufre  et  de  chaux  en  poudre.  Mais  ce  peut 
être  aussi  une  Péronosporée,  et  alors,  l’arro- 
sage au  sulfate  de  cuivre  à 3 0/0  serait  indi- 
qué. Mais  pour  les  gazons  et  pour  les  prés,  le 
remède  le  plus  sûr  consiste  à les  prémunir 
contre  les  attaques  de  ce  genre  par  un  traite- 
ment nutritif  au  plus  haut  degré  : En  hiver, 
on  lépand  du  superphosphate  de  chaux  de 
bonne  fabrication  ^soluble  et  titrant  15  0/0  en- 
viron d’acide  phosphorique)  à raison  de 
400  kilogr.  à l’hectare.  Vers  le  mois  de  janvier, 
on  répand  du  sulfate  de  fer  à la  dose  de 
300  kilogr.  à l’hectare.  Puis,  en  février,  on 
étale  sur  le  gazon  fauché  très-ras,  une  légère 
couche  — 5 centimètres  tout  au  plus  — de  ter- 
reau, sinon  neuf,  du  moins  pas  trop  usé.  Ce 
terreau  est  étalé  avec  le  dos  du  râteau  Avec  un 
tel  traitement,  vous  posséderez  un  gazon  très- 
dru,  très-vert  et  exempt  de  toutes  les  maladies, 
cryptogames,  mousses,  etc.,  qui  envahissent 
les  pelouses  fatiguées,  trop  humides  ou  sur 
sols  trop  calcaires. 

2«  Pour  détruire  le  Liseron  appelé  « Vril- 
lée » en  Touraine  et  qui  n’est  autre  que  le 
Liseron  universellement  répandu  (Convolvuliis 
arvensis),  il  existe  plusieurs  moyens  : 

1°  Piocher  attentivement  le  sol  et  retirer  les 
racines  en  les  tirant  doucement  pour  qu’elles 
ne  se  cassent  pas.  Il  faudrait  piocher  jusqu’à 
une  profondeur  telle  que  l’extrémité  de  ces 
racines  soit  extirpée,  puis  passer  la  terre, 
avant  de  la  remettre  en  place,  dans  une  claie  â 
trous  fins  de  manière  qu’elle  ne  contienne 
plus  un  seul  fragment  de  racines.  En  effet,  le 
moindre  de  ces  fragments  constitue  une  bou- 


ture qui  redonnera  promptement  une  nou- 
velle plante. 

2t>  Ratisser  fréquemment  les  allées.  La  phy- 
siologie nous  apprend  que  la  présence  des 
feuilles,  par  où  les  plantes  respirent  et  se 
nourrissent  d’éléments  aériens,  est  nécessaire 
â leur  existence  même.  En  supprimant  donc 
constamment,  par  des  binages  ou  des  ratis- 
sages répétés,  les  parties  aériennes  du  Liseron, 
on  arrive,  après  plusieurs  années,  à s’en  dé- 
bari’asser  â peu  près. 

3»  Détruire,  par  un  procédé  chimique,  toutes 
les  herbes  des  allées,  et  par  conséquent  le  Li- 
seron aussi.  Ce  procédé  consiste  â faire  bouillir 
ensemble  : 

Eau  de  lessive  ....  100  litres. 

Chaux  grasse 15  kilog. 

Soufre 3 — 

On  arrose  copieusement  avec  cette  mixture 
le  sol  de  l’allée,  après  l’avoir  ameubli  au  pio- 
chon  ou  â la  houe.  En  opérant  au  printemps, 
vous  n’aurez  pas  de  traces  de  végétation  dans 
vos  allées  avant  l’arrière-saison  (H.  D.). 

N°  4206  {Ardennes) . — Il  existe  de  nom- 
breux et  excellents  procédés  de  purification  des 
eaux  calcaires,  mais  de  toute  façon,  il  faut  sa- 
voir : 

Si  cette  eau  est  exclusivement  calcaire  ', 

2o  Si  elle  est  calcaire  et  séléniteuse  ; 

3«  Calcaire  et  magnésienne. 

Seul  un  chimiste  ^ pourra  vous  dire  ce  que 
votre  eau  contient  par  litre  soit  de  chaux,  de 
sulfate  de  chaux,  ou  de  magnésie. 

A ce  moment,  nous  publierons  un  article 
qui  vous  donnera  tous  les  renseignements  pré- 
cis sur  la  manière  de  purifier  vos  eaux  et  les 
procédés  â employer,  mais  il  faut  préalablement 
être  bien  fixé  sur  le  nombre  de  grammes  soit 
de  chaux,  de  magnésie  ou  de  sulfate  de  chaux 
contenu  dans  un  litre  de  votre  eau.  Car  les  pro- 
cédés que  nous  vous  indi(|uerions  pourraient 
tomber,  dans  un  cas  ou  dans  un  autre,  à faux 
et  vous  causer  des  inconvénients  pires  que  l’avan- 
tage que  vous  auriez  chance  d’en  retirer.  — 
G.  T. 

No  5575  {Seine- et- Mar  ne).  — Les  feuilles 
de  vos  Rosiers  sont  atteintes  de  « blanc  » {Ery- 
siphe  pannosa).  Si  les  soufrages  répétés  ne 
réussissent  pas  â enrayer  la  maladie,  bassinez 
fortement  avec  de  l’eau  salée  â raison  de  15  gr. 
de  sel  par  litre  d’eau.  — (H.  D.) 

^ Chimiste  s’occupant  d’analyses  d’eau,  M.  Hé- 
bert, 66,  rue  Gay-Lussac,  Paris. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  : L.  Bourguignon. 


CHRONIQU.E  HORTICOLE. 


413 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Mérite  agricole.  — France  et  Russie  : télégrammes  échangés  entre  la  Société  impériale  d’horticulture 
de  Russie  et  la  Société  nationale  d’horticulture  de  France,  — L’exposition  d’horticulture  de  Vin- 
cennes.  — La  nouvelle  réglementation  des  Halles  centrales  de  Paris.  — Concours  de  Dahlias, 
Glaïeuls,  Bégonias,  Fleurs  de  saison  et  fruits  de  table.  — Résultat  du  concours  pour  le  parc  public 
de  Vitry-le-François.  — Les  fruits  et  légumes  aux  Halles  en  1896.  — Floraison  du  Washingtonia 
robusta.  — Cineraria  Lynchei.  — Polygonum  amplexicaule  oxyphyllum.  — Miltonia  Bleuana 
virginalis.  — Le  Jadoo,  matière  fibreuse  pour  plantes  en  pots.  — Expositions  internationales 
d’horticulture  de  Bruxelles  et  de  Hambourg.  — Exposition  annoncée  — Ouvrages  reçus.  — Les 
Œillets  en  1676.  — Nécrologie  : M.  Alfred  Sutton. 


Mérite  agricole.  — Dans  la  liste  des 
nouveaux  décorés  du  Mérite  agricole,  par 
décret  du  10  août  dernier,  et  dont  la  publi- 
cation a été  faite  au  Journal  officiel  le  d5 
du  même  mois,  nous  avons  oublié  de 
relever  le  nom  de  M.  Pierre  Fulconis,  horti- 
culteur-fleuriste à Antibes,  promu  au  grade 
d’officier.  Nous  sommes  d’autant  plus  heu- 
reux de  réparer  notre  oubli  que  M.  Fulconis 
est  un  habile  cultivateur,  et  un  semeur 
d’Œillets  qui  a doté  l’horticulture  d’un 
nombre  considérable  de  variétés  nouvelles 
et  magnifiques. 

D’autre  part,  M.  Barsac,  secrétaire  ad- 
joint de  la  Société  horticole  et  viticole  de  la 
Gironde,  nous  prie  de  rectifier  une  erreur 
qui  a été  commise  au  Journal  officiel,  et 
reproduite  par  la  Revue,  dans  les  titres  de 
M.  Ferret-Régis.  Le  nouveau  chevalier  du 
Mérite  agricole  est  vice-président  de  la 
Société  horticole  et  viticole  de  la  Gironde, 
et  non  de  la  Société  d’horticulture  de  la 
Gironde. 

France  et  Russie.  — La  Revue  horticole 
n’a  pu  donner  dans  son  dernier  numéro  les 
télégrammes  de  sympathie  échangés  entre 
la  Société  impériale  d’horticulture  de 
Russie  et  la  Société  nationale  d’horticulture 
de  France,  à l’occasion  de  la  réception 
grandiose  faite  par  le  Tsar  et  le  peuple 
russe  au  Président  de  la  République  fran- 
çaise. La  proclamation  officielle  de  l’alliance 
franco-russe,  quia  été  l’éclatante  conclusion 
du  voyage  de  M.  Félix  Faure,  est  un  fait 
trop  important  pour  que  la  Revue  n’en 
marque  pas  aujourd’hui  le  souvenir,  en 
publiant  les  télégrammes  échangés  par  les 
deux  Sociétés. 

La  Société  impériale  d’horticulture  de 
Russie  avait  adressé  à la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France  le  télégramme 
suivant  : 

Au  moment  où  le  représentant  de  la  France 
touche  le  sol  de  notre  patrie,  la  Société  impé- 

16  Septembre  1897. 


riale  d’horticulture  de  Russie  sent  un  besoin 
absolu  d’exprimer  à sa  sœur  aînée,  la  Société 
nationale  d’horticulture  de  France,  combien 
nous  sommes  heureux  que  le  grand  ami  de 
notre  Auguste  Souverain  soit  venu  en  hôte 
tant  désiré  de  la  Russie  resserrer  encore  plus 
les  liens  qui  unissent  les  deux  grandes  nations 
amies. 

Le  Président  : Speransky. 

M.  Viger,  président  de  la  Société  natio- 
nale d’horticulture  de  France  a répondu  au 
nom  de  la  Société  par  le  télégramme  sui- 
vant : 

Je  viens  de  donner  connaissance,  à la  réunion 
de  ce  jour,  aux  membres  de  la  Société  natio- 
nale d’horticulture  de  France,  de  votre  télé- 
gramme en  date  du  23  août.  L’assemblée  m’a 
chargé  de  vous  exprimer  sa  profonde  sympa- 
thie et  ses  affectueux  remerciements  pour  les 
sentiments  de  confraternité  que  vous  exprimez 
à votre  Société  sœur.  Gomme  tous  les  bons 
Français,  les  membres  de  notre  Société  ont  été 
unis  de  cœur  à nos  amis  de  Russie,  et  ils  éprou- 
vent une  profonde  et  patriotique  émotion  de 
l’accueil  qui  a été  fait  par  Leurs  Majestés  Im- 
périales et  la  vaillante  nation  russe  au  Prési- 
dent de  la  République  française. 

Le  Président,  ancien  Ministre 
de  l'Agriculture, 

Viger. 

L’Exposition  d’horticulture  de  Vin- 
cennes.  — La  Société  régionale  d’horticul- 
ture de  Vincennes,  qui  n’avait  fait  l’an  der- 
nier qu’un  concours  de  Chrysanthèmes 
entre  ses  sociétaires,  avait  organisé  cette 
année,  sous  l’intelligente  et  vigoureuse  im- 
pulsion de  son  président,  M.  Laurent  Hé- 
brard,  une  exposition  générale  d’une  réelle 
importance  qui  attira,  malgré  le  mauvais 
temps,  un  grand  nombre  de  visiteurs,  et  ob- 
tint un  succès  mérité. 

Voici  ce  que  nous  communique  au  sujet 
de  cette  exposition  notre  collaborateur, 
M.  H.  Dauthenay. 

Le  lot  de  M.  Alfred  Nomblot,  pépiniériste  à 
Bourg-la-Reine,  auquel  le  premier  prix  a été 


18 


414 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


attribué,  comprenait  des  séries  très-complètes 
d’arbres  fruitiers  formés,  et  en  pots,  parmi  les- 
quels on  admirait  de  belles  Prunes  Pand’s 
Seedling  et  de  belles  Pommes  Grand  Alexan- 
dre en  collections  : Poires,  Pommes,  Prunes, 
Pêches,  Raisins,  etc.  Les  fleurs  coupées,  du 
même  exposant,  étaient  très-remarquées.  On 
y voyait  des  collections  de  Roses  et  d’Althéas, 
ainsi  que  des  rameaux  fleuris  d’arbustes  de 
saison  : Kerria^  Tamarix,  Ceanothus,  Spiræa, 
Leycesteria,  Indigo  fera,  Lespedeza,  etc. 

Les  principaux  lots  de  la  floriculture  étaient 
ceux  de  M.  Thiébaut-Legendre  et  de  M.  Simon. 

Le  premier  contenait  des  collections  de  Bé- 
gonias tubéreux  et  discolor  Rex,  de  Reines- 
Marguerites  Victoria,  de  Phlox  vivaces  nains 
et  des  plantes  vivaces  telles  que  : Rudbeckia 
speciosa,  purpurea  et  laciniata  flore  pleno  ; 
Harpaliiim  rigidum  Helianthus  Maximiliani, 
Solidago  gigantea,  Gaillardia  divers,  etc. 

Helenium  autumnale  superbum,  mis  au 
commerce  par  M.  Barbier,  à Orléans,  en  1896, 
s’y  faisait  remarquer  par  sa  haute  taille  : en- 
viron 2'"  50  dont  lni60  de  tige  sans  aucune  ra- 
mification et  1 mètre  de  tête  sur  80  centimè- 
tres de  diamètre,  bien  garnie  de  branches, 
celles-ci  couvertes  de  capitules  jaune  foncé 
brillant,  de  grandes  dimensions  (5  à 7 centi- 
mètres) ; les  quatre  exemplaires  tout  à fait  pa- 
reils. Nous  avons  eu  l’occasion  d’admirer,  chez 
M.  Lapierre,  pépiniériste  au  Grand  Mont- 
Rouge,  de  semblables  spécimens  de  cette 
excellente  acquisition.  L’usage  que  l’on  peut  en 
faire  est  tout  indiqué  ; isolé  ou  par  groupes 
sur  les  grandes  pelouses. 

Ont  été  aussi  très-remarqués,  dans  le  même 
lot  : le  Physostegia  virginica  et  sa  variété 
blanche  ; le  Salvia  farinacea  ; le  Salvia  nou- 
veau, Merveille  de  Paris  dérivé  du  S.  Cocci- 
nea,  mais  en  touffe  régulière  compacte  moins 
élevée  que  celle  des  autres  variétés  et  commen- 
çant à développer  ses  longs  épis  de  fleurs 
rouge  intense  à partir  du  commencement  de 
juin,  soit  deux  mois  plus  tôt  que  les  anciennes 
variétés  qu’il  laisse  loin  en  arrière,  et  enfin 
le  Lobelia  cardinalis  Nanseniana,  très-ramifié 
dès  sa  base,  très-florifère  et  d’un  violet  pourpre 
contrastant  avec  le  rouge  vif  de  la  variété  Firefly . 

Le  lot  de  M.  Pierre  Simon,  horticulteur, 
99,  route  de  Montrouge,  à Malakoff  (Seine), 
était  surtout  remarquable  par  des  Zinnia  de 
toute  beauté,  d’une  régularité  impeccable  et 
aux  fleurs  d’une  plénitude  et  d’une  imbricature 
parfaites. 

Dans  la  partie  potagère,  il  faut  accorder  une 
mention  spéciale  au  lot  de  M.  Chemin,  d’Ar- 
cueil-Gachan,  très-varié  en  Laitues,  Ghoux- 
lleurs,  Melons,  Céleris,  etc.,  mais  où  domi- 
naient de  superbes  Tomates,  d’une  rare  per- 
fection. 

La  nouvelle  réglementation  des  Halles 
centrales  de  Paris.  — La  préfecture  de 
police  vient  de  publier  l’ordonnance  con- 


cernant la  vente  en  gros  des  fruits  et  légu- 
mes aux  Halles  centrales  de  Paris.  Nous 
publierons  plus  loin  in-extenso  ce  document 
officiel. 

Concours  de  Dahlias,  Glaïeuls,  Bégo- 
nias, Fleurs  de  saison  et  Fruits  de  table. 

— Un  concours  de  Dahlias,  Glaïeuls,  Bé- 
gonias, Fleurs  de  saison  et  Fruits  de  table 
aura  lieu  à l’hotel  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France  les  23  et  24  sep- 
tembre prochain. 

L’hôtel  de  la  Société  sera  ouvert  au  public, 
qui  pourra  visiter  gratuitement  ce  con- 
cours, le  jeudi  23  septembre,  de  2 à 6 heures 
du  soir,  et  le  vendredi  24  septembre,  de 
9 heures  du  matin  à 6 heures  du  soir. 

Les  horticulteurs  et  amateurs  étrangers 
sont  admis  dans  le  concours  de  nouveautés. 

Résultat  du  concours  pour  le  parc 
public  de  Vitry-le-François.  — La  mu- 
nicipalité de  Vitry-le-François  a ouvert  un 
Concours  entre  tous  les  architectes-paysa- 
gistes et  dessinateurs  de  jardins  de  France, 
à l’effet  d’établir  un  jardin  public  sur  la 
place  de  l’Hôtel-de-Ville  et  la  place  Carnot 
contiguë  à la  première. 

Le  Concours  a été  brillant  ; six  concur- 
rents se  sont  présentés.  Le  jury,  dont  nous 
avions  l’honneur  de  faire  partie,  a décerné 
le  premier  prix  à MM.  Vacherot,  jardinier 
principal  de  la  Ville  de  Paris,  et  S.  Ber- 
thier,  paysagiste  à Paris,  qui  s’étaient  as- 
sociés pour  prendre  part  au  Concours. 

Le  premier  prix  assurait  au  laurérat, 
d’après  les  conditions  du  Concours,  l’exé- 
cution des  travaux. 

Les  fruits  et  légumes  aux  Halles  en 
1896.  — Nous  extrayons  du  Rapport  an- 
nuel sur  les  services  municipaux  de 
V approvisionnement  {Fruits  et  légumes) 
les  renseignements  suivants  : 

et  En  1896,  les  introductions  ont  été  de 
12  millions  807,250  kilogrammes  contre  12  mil- 
lions 251,810  kilogrammes  en  1895;  soit  une 
augmentation  de  555,440  kilogrammes. 

Cette  augmentation  est  due  aux  apports  con- 
sidérables de  Cresson  dont  la  culture  a été  favo- 
risée par  la  douceur  de  la  température  des 
mois  d’hiver  : 5 millions  414,100  kilogrammes 
en  1896,  contre  4 millions  836,225  kilogrammes 
en  1895.  D’autre  part,  il  y a eu  augmentation 
de  14,000  kilogrammes  sur  les  fruits  et  dimi- 
nution de  36,525  kilogrammes  sur  les  légumes. 

La  sécheresse  du  printemps  a été  préjudi- 
ciable aux  légumes,  particulièrement  aux  Hari- 
cots et  aux  Pois  verts. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


415 


Le  Raisin  de  France  a été  abondant  ; il  y a 
eu,  en  1896,  une  augmentation  de  270,780  ki- 
logrammes dans  les  apports.  Les  expéditions 
de  Raisins  en  caisse  sont  beaucoup  plus  faibles, 
par  suite  de  la  plus  grande  utilisation  des  wa- 
gons à étagères,  qui  permettent  de  faire  arri- 
ver le  Raisin  en  panier  en  aussi  bon  état  et  à 
moins  de  frais  qu’en  caisse. 

En  1896,  les  diminutions  ont  porté  sur  : les 
Cerises  (187,200  kilogrammes),  les  Haricots 
verts  (151,790  kilogrammes),  les  Pêches  en 
paniers  (112,855  kilogrammes),  le  Raisin  en 
caisse  (60,820  kilogrammes),  les  Asperges 
(39,140  kilogrammes). 

Les  principales  augmentations  ont  été,  en 
1896  : Pommes  de  terre  de  France,  142,230 
kilogrammes  ; Pommes  de  France,  130,815  ki- 
logrammes ; Oranges  d’Espagne,  92,575  kilo- 
grammes; Citrons  d’Espagne,  27,910  kilo- 
grammes; Bananes  des  Iles  Canaries,  49,870 
kilogrammes;  Cresson,  577,875  kilogrammes. 

Voici  les  époques  des  premiers  arrivages  aux 
Halles  centrales,  classés  par  ordre  chronolo- 
gique, des  diverses  denrées  horticoles  : 


Rr  mars 

Pommes  de 

20  juin 

Abricots. 

terre. 

4 juillet  Poires. 

7 — 

Asperges. 

10  — 

Tomates. 

15  avril 

Fraises. 

12  — 

Prunes. 

1er  niai 

Pois  verts. 

15  — 

Amandes. 

"1er  

Artichauts. 

22  - 

Raisins. 

25  — 

Cerises. 

19  sept. 

Pommes. 

10  juin 

Melons. 

6 oct. 

Marrons. 

15  — 

Pêches 

25  nov. 

Oranges. 

Floraison  du  Washingtonia  robusta.  — 

A peine  ai -je  signalé  la  première  florai- 
son du  Washingtonia  rohusta  dans  mon 
jardin  de  la  villa  Colombia,  au  Golfe  Juan, 
que  voici  le  même  fait  qui  se  produit  sur 
d’autres  points. 

D’abord  à la  villa  Ghauvassaigne,  à Men- 
ton, d’où  le  jardinier,  M.  Chaput,  nous 
envoie  des  fruits  parfaitement  développés, 
exactement  à la  même  époque  que  ceux  de 
mon  exemplaire  de  Colombia. 

Puis  à Valence  (Espagne)  chez  MM.  Robil- 
lard,  horticulteurs,  qui  nous  annoncent 
l’envoi  d’un  colis  postal  contenant  un  frag- 
ment de  régime,  des  fruits  et  quelques  jeu- 
nes plants  provenant  de  graines  de  l’année 
dernière,  sans  pouvoir  affirmer  que  l’espèce 
qu’ils  possèdent  est  le  W.  rohusta  ou  le 
W.  filifera.  Nous  serons  prochainement 
fixés  sur  l’identité  de  l’espèce  dont  ils  par- 
lent. 

Ce  n’est  pas  la  première  fois  que  nous 
avons  à signaler  de  pareilles  concomitances 
dans  la  floraison  et  la  fructification  des 
plantes  rares  ; nos  lecteurs  se  souviennent 
que  le  fait  s’est  déjà  produit  pour  le  W. 
filifera,  mais  c’est  toujours  une  curieuse 


constatation  à faire,  dont  la  valeur  s''aug- 
mente  présentement  de  l’intérêt  taxono- 
mique qui  va  en  résulter  en  facilitant  des 
déterminations  exactes  d’espèces  ou  de 
variétés. 

Cineraria  Lynchei.  — Divers  croise- 
ments ont  été  opérés  par  M.  Irwin  Lynch, 
au  jardin  botanique  de  Cambridge,  entre  le 
Senecio  muUiflorus  et  la  Cinéraire  hybride 
des  jardins,  dont  la  souche  est,  comme  on 
sait,  le  S.  cruentus.  Dans  ces  croisements, 
il  en  est  où  le  Senecio  muUiflorus  a servi 
de  mâle,  et  d’autres  où  il  a servi  de 
femelle.  Bien  que,  dans  les  deux  cas,  les 
jolis  coloris  de  la  Cinéraire  se  soient  fidèle- 
ment reproduits,  c’est  dans  le  second  que 
les  meilleurs  spécimens  ont  été  réservés, 
grâce  à leur  bonne  tenue.  Le  port  rappelle 
celui  du  *S.  muUiflorus,  avec  plus  d'am- 
pleur dans  le  feuillage.  Le  corymbe  floral 
est  plus  lâche  mais  la  floraison  est  plus  pro- 
longée et  les  couleurs  ainsi  que  les  dimen- 
sions des  fleurs  rappellent  absolument  celles 
de  la  Cinéraire.  Enfin,  la  plante  remonte 
bien  lorsque  ses  premières  inflorescence  sont 
été  coupées. 

Ce  nouvel  hybride,  décrit  et  représenté 
par  une  planche  coloriée  dans  le  journal 
The  Garden  du  17  juillet,  a été  dénommé 
Cineraria  Lynchei  par  M.  Watson,  dans  le 
Garden  and  Forest  de  février  dernier.  Il 
constitue  vraisemblablement  une  bonne 
obtention  horticole. 

Polygonum  amplexicaule  oxyphyllum. 

— La  Revue  horticole  a eu,  en  1895 1, 
l’occasion  de  signaler  à ses  lecteurs  cette 
plante  vivace  d’un  haut  intérêt  ornemental. 
Nous  n’en  avions  reçu  à cette  époque  que 
des  échantillons  fleuris,  de  MM.  Barbier 
frères,  horticulteurs  à Orléans.  Dernière- 
ment, on  a pu  lavoir  dans  un  certain  nom- 
bre de  jardins  : à Orléans  même  et  en  Tou- 
raine, où  la  plante  commence  à se  répandre  ; 
dans  les  pépinières  de  M.  Lapierre,  au 
Grand-Montrouge  (Seine)  et  ailleurs.  Nous 
ne  saurions  mieux  faire  que  de  con- 
firmer aujourd’hui  ce  que  nous  en  disions 
alors  : , <r  La  plante  est  étalée,  touffue, 
haute  de  75  centimètres  sur  1 mètre  50  de 
largeur.  Les  fleurs,  qui  sont  d’un  blanc  pur 
passant  au  rose  tendre,  très-odorantes,  sont 
assemblées  en  grappes  terminales  de  40 
centimètres  de  haut  sur  20  à 25  centimètres 
de  largeur.  » 

> Voir  Revue  horticole,  1895,  p.  515. 


416 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Ajoutons  que  le  feuillage  est  très-ample, 
d’un  beau  vert  gai,  et  que  les  nombreuses 
qualités  de  cette  belle  plante  la  désignent 
pour  être  employée  isolément  ou  en  groupes 
sur  les  pelouses  de  même  que  sur  les  pentes 
pittoresques. 

MiltoniaBleuanavirginalis.  — La  Re- 
vue horticole  a signalé  à plusieurs  reprises! 
l’obtention,  par  M.  Alfred  Bleu,  de  diverses 
formes  du  Miltonia  Bleuana. 

Cette  espèce,  créée  par  l’habile  semeur, 
est  le  résultat  du  croisement  du  M.  Roezli 
et  du  M.  vexillaria.  Le  labelle  de  sa  fleur, 
blanc  pur  à la  base,  est  coloré  plus  haut 
d’un  superbe  disque  pourpre  ; les  sépales  en 
sont  blanc  pur  et  les  pétales  blancs  avec 
une  légère  teinte  rosée  à la  base. 

Or,  dans  sa  variété  virgmalis^  la  fleur  est 
entièrement  blanc  pur,  la  coloration  du  la- 
belle et  celle  des  pétales  y ayant  complète- 
ment disparu.  Plusieurs  exemplaires  de 
cette  belle  variété  française  ont  été  remar- 
qués en  Angleterre,  à l’exposition  du  Temple 
Show  et  à plusieurs  au! res.  Le  journal  The 
Garden  du  3J  juillet  1897,  rapporte  qu’un 
très-fort  spécimen  en  existe  dans  la  riche 
collection  de  l’amateur  bien  connu,  M.  E. 
Ashworth,  Harefield  Hall,  Gheshire,  chez 
qui  elle  a dernièrement  fleuri. 

Le  Jadoo,  matière  fibreuse  pour  plantes 
eu  pots.  — Le  journal  américain  Viek's 
Magazine  nous  apprend  qu’un  industriel  an- 
glais a confectionné  une  matière  fibreuse 
qu’il  appelle  « jadoo  » et  qui  est  appelée  à 
nourrir  abondamment  les  plantes  en  pots, 
aux  lieu  et  place  de  terre.  Il  paraît  que  le 
« jadoo  » aurait  acquis  en  Angleterre,  depuis 
deux  ans,  une  réputation  méritée.  Il  est 
aujourd’hui  tellement  prisé  en  Amérique 
— où  pourtant  la  terre  neuve  ne  manque 
pas  — que  le  stock  s’en  est  trouvé  vite 
limité  au  point  qu’il  a fallu  établir  une 
fabrique  succursale  à Philadelphie.  La 
« Compagnie  américaine  du  jadoo  » pro- 
clame ainsi  les  nombreuses  vertus  de  cette 
matière  fibreuse  : 

« Cette  fibre  produit  une  plus  vigoureuse  et 
plus  rapide  action  des  racines,  et  convient  à 
toutes  sortes  de  plantes,  dispensant  ainsi  de  la 
nécessité  de  préparer  des  composts  pour  dif- 
férentes espèces  de  plantes. 

a Elle  est  plus  propre  à travailler  que  le 

1 Voir  Revue  horticole^  1894,  p.  414;  1895, 
p.  17-2;  1896,  p.  251  ; 1897,  p.  140, 


sol.  Elle  reste  toujours  douce  et  évite  l’odeur 
de  terre  aigre  dans  les  appartements. 

« Elle  n’est  que  moitié  moins  lourde  que  le 
sol,  ce  qui  est  un  point  appréciable,  spécia- 
lement avec  les  plantes  buissonnantes  ou  dans 
les  suspensions.  Elle  retient  l’humidité  deux 
fois  aussi  longtemps  que  le  sol. 

« Il  ne  s’introduit  dans  la  plante  ni  mauvaises 
herbes,  ni  limaces,  vers  ou  insectes  qui  ne 
peuvent  y subsister. 

<L  On  dit  que  les  plantes  poussent  mieux 
dans  le  jadoo  que  dans  le  sol,  le  brillant  dans 
la  couleur  des  fleurs  est  accru,  la  saveur  des 
fruits  et  légumes  est  rehaussée. 

« Les  semences  y germent  plus  vivement  que 
dans  le  sol  et  les  boutures  s’enracinent  en 
moitié  moins  de  temps. 

((  Les  plantes  en  pot  de  jadoo  n’exigent  pas 
un  dépotage  aussi  fréquent  et  l’on  peut  se 
servir  de  pots  de  moindres  dimensions, 

« En  plaçant  en  pleine  terre  les  plantes  de 
pot  poussées  dans  le  jadoo,  la  boule  de  fibres 
contenant  les  racines  est  transférée  sans  per- 
turbation et  les  plantes  n’éprouvent  pas  de 
dommage  du  changement.  » 

Si  nous  faisons  la  part  de  la  réclame, 
dans  laquelle  excellent  les  Américains, 
peut-être  penserons-nous  qu’il  ne  s’agit,  en 
somme,  que  de  quelque  chose  d’analogue 
au  loam  des  Anglais. 

EXPOSITIONS 

Exposition  internationale  de  Bruxelles.  — 

Les  modifications  suivantes  viennent  d’être 
apportées  au  programme  du  concours  tempo- 
raire de  septembre  (21  au  25)  ; 

lo  Horticulture. 

Concours  de  fleurs  de  Dahlias 

Collection  de  100  variétés  à fleurs  doubles  ; 
Médaille  d’or  de  50  fr.  — Médaille  de  vermeil, 
grand  module. 

Collection  de  100  variétés  à fleurs  simples  : 
Médaille  d’or  de  50  fr.  — Médaille  de  vermeil 
G.  M. 

Collection  de  50  variétés  à fleurs  doubles  : 
Médaille  de  vermeil  G.  M.  — Médaille  de  ver- 
meil. 

Collection  de  50  variétés  à fleurs  simples  : 
Médaille  de  vermeil  G.  M.  — Médaille  de  ver- 
meil. 

Collection  de  25  variétés  à fleurs  doubles  : 
Médaille  de  vermeil.  — Médaille  d’argent. 

Collection  de  12  variétés  les  plus  méritantes 
(fleurs  doubles)  1 Médaille  de  vermeil.  — Mé- 
daille d’argent. 

Collection  de  25  variétés  de  Dahlias  Lilliput  : 
Médaille  de  vermeil.  — Médaille  d’argent. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Collection  de  25  variétés  à fleurs  de  Cactus  : 
Médaille  de  vermeil.  — Médaille  d’argent. 

Des  médailles  de  vermeil  G.  M.,  de  vermeil, 
d’argent,  sont  mises  à la  disposition  du  jury 
pour  récompenser  les  envois  de  fleurs  cueil- 
lies, notamment  les  Roses,  les  Œillets,  les 
Glaïeuls,  etc... 

Les  exposants  de  fleurs  coupées  sont  priés 
de  se  munir  des  flacons  qui  leur  seraient  né- 
cessaires. 

2°  Pomologie 

20e  Concours.  — « Collection  de'400  variétés 
de  Poires  (fruits  de  table)  : 100  fr.,  75  fr., 
50  fr. 

Concours.  — Collection  de  50  variétés 
de  Poires  (fruits  de  table  : 75  fr.,  50  fr.,  25  fr. 

22e  Concours.  — Collection  de  25  variétés 
de  Poires  (fruits  de  table)  : 50  fr.,  25  fr.,  20 fr. 

25e  Concours.  — Collection  d’arbres  frui- 
tiers en  pots  : 50  fr.,  25  fr. 

Les  inscriptions  pour  l’ancien  programme 
sont  définitivement  closes. 

Pour  les  deux  nouveaux  addendas,  les  ins- 
criptions doivent  être  adressées  au  commis- 
sariat général  du  Gouvernement  belge,  à 
Turvueren. 

Comité  de  l’Exposition  internationale 
d’horticulture  de  Hambourg.  — Nous  avons 
reçu  trop  tard  pour  l’insérer  dans  le  dernier 
numéro  de  la  Revue  le  programme  de  l’Expo- 
sition de  fruits  qui  se  tiendra  à Hambourg  du 
24  septembre  à la  fermeture  de  l’Exposition. 
Il  comprend  19  concours  avec  57  prix  pour  les 
fruils  de  table,  et  6 Concours  avec  18  prix 
pour  les  fruits  de  grande  culture. 

L’installation  des  exposants  devra  être  ter- 
minée le  22  septembre. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Troyes,  du  4 au  1 novembre.  — La  Société 
horticole,  vigneronne  et  forestière  de  l’Aube 
ouvrira  du  4 au  7 novembre  prochain,  à 
Troyes,  une  Exposition  spéciale  de  Chrysan- 
thèmes et  de  fleurs  de  saison. 

A cette  occasion,  un  concours  de  bouquets, 
gerbes  et  parures  de  fleurs,  faits  et  montés 
sur  place,  sera  organisé  entre  amateurs  et 
professionnels. 

Le  soir,  l’Exposition  sera  éclairée  à l’électri- 
cité. 

• S’adresser  à M.  Charles  Baltet,  président  de 
la  Société,  à Troyes. 

OUVRAGES  REÇUS 

Manuel  d’arboriculture  fruitière,  par  A. 

Berne,  jardinier  en  chef  et  professeur  d’arbo- 

* La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Jacob, 
Paris. 


417 

riculture  de  Montpellier.  — Chez  Masson, 
12  b boulevard  Saint-Germain,  Paris. 

L’arboriculture  fruitière  a été  l’objet  de 
nombreux  traités,  dans  les  climats  tempérés 
et  dans  le  nord.  Elle  est  plus  rarement 
étudiée  dans  la  région  méridionale,  où  elle 
réclame  un  savoir  et  des  soins  particuliers. 
C’est  cette  culture  spéciale  que  vient  d’étu- 
dier M.  Berne,  sans  négliger  l’arboriculture 
fruitière  dans  ses  traits  généraux,  et  il  l’a 
fait  avec  une  autorité  que  justifient  une  pra- 
tique déjà  longue  et  un  savoir  incontestable. 

Dictionnaire  d’horticulture,  par  M.  D. 

Bois,  assistant  de  la  chaire  de  culture  au 
Muséum  d’histoire  naturelle,  secrétaire-rédac- 
teur de  la  Société  nationale  d’horticulture  de 
France.  — A la  librairie  Klincksieck,  Paris. 

La  23®  livraison,  qui  vient  de  paraître,  va 
jusqu’à  la  lettre  K.  Elle  contient,  au  mot  Jar- 
din^ un  paragraphe  des  plus  substantiels  et  qui 
sera  consulté  avec  fruit  par  tous  les  amateurs 
de  jardins. 

Les  Œillets  en  1676.  — Sous  ce  titre, 
le  Journal  de  la  Société  nationale  d'hor- 
ticulture de  France  résume  une  commu- 
nication de  l’un  de  ses  membres  hono- 
raires, M.  Abot.  M.  Abot  a trouvé  un  Nou- 
veau Traité  des  Œillets,  imprimé  en  4676, 
où  298  variétés  sont  énumérées.  D’après 
quelques  descriptions,  on  possédait  à cette 
époque  des  variétés  d’Œillets  « crevards  » 
dont  les  fleurs  étaient  non  moins  mons- 
trueuses que  celles  d’aujourd’hui.  La  Grosse 
Magdeloyi,  entre  autres,  portait  15  pouces 
de  tour,  soit  40  centimètres.  Le  Roy  de 
Flandres  et  Le  Sauvage  en  portaient  14. 

Il  en  est  des  fleurs  comme  des  cha- 
peaux : les  modes,  en  changeant,  tour- 
nent dans  un  cycle  d’où  elles  s’échap- 
pent difficilement.  Qui  sait,  si,  dans  deux 
siècles,  nos  descendants  ne  seront  pas 
surpris,  eux  aussi,  de  retrouver,  men- 
tionnés dans  de  poudreuses  archives,  des 
Chrysanthèmes  à grosses  fleurs  ? 

Nécrologie  : M.  Alfred  Sutton.  — 
M.  Alfred  Sutton,  qui  coopéra  longtemps  à 
la  direction  de  l’importante  maison  anglaise 
Sutton  et  fils,  s’est  éteint  à l’âge  de  79  ans, 
le  7 août  dernier,  dans  sa  résidence  de  Rea- 
ding.  M.  Alfred  Sutton  avait  quittélesaffaires 
en  1888  en  même  temps  que  son  frère, 
M.  Martin  Hope  Sutton,  léguant  à ses  fils 
la  direction  de  l’établissement.  Il  s’était  con- 
sacré depuis  à un  grand  nombre  d’œuvres 
d’éducation  et  de  charité.  Sa  mort  laissera 
au  cœur  de  tous  ceux  qui  l’ont  connu  de 
vifs  et  légitimes  regrets. 

Éd.  André. 


418 


ANÉMONE  LA  FIANCÉE  A FLEURS  PLEINES. 


ANÉMONE  LA  FIANCÉE  A FLEURS  PLEINES 


Les  figures  ci-contre  (fig.  130  et  131)  sont 
la  reproduction  de  photographies  prises  chez 
MM.  Krelage  et  fils,  à Haarlem,  d’une  de 
leurs  plus  importantes  obtentions  : l’Ané- 
mone Ln  Fiancée. 


Cette  variété  nouvelle  présente  une 
structure  qui  peut  être  considérée  comme 
intermédiaire  entre  celle  de  la  race  commune 
nommée  Anémone  des  Fleuristes  à fleurs 
doubles  et  celle  de  la  race  dite  à fleurs  de 


Fig.  130.  — Anémone  La  Fiancée  à fleurs  pleines. 
Port  de  la  plante. 


Chrysanthèmes.  Elle  réunit  d’ailleurs  les 
qualités  inhérentes  à chacune  de  ces  deux 
races. 

En  voici  la  description,  telle  que  nous  la 
communiquent  les  obtenteurs  : 

Anemone  Coronaria  flore  pleno 
« La  Fiancée  ». 

Racines  tubéreuses,  pattes  aplaties,  noi- 
râtres, souvent  rameuses,  d’où  naissent  de 


toutes  parts  des  racines  fibreuses.  Tiges  hautes 
'de  30  centimètres,  très-fermes  et  droites. 
Feuillage  bien  découpé  et  épais.  Fleurs  nom- 
breuses, très-pleines,  d’un  blanc  légèrement 
verdâtre  dans  le  bouton,  passant  au  blanc 
pur  à reflets  argentés  en  s’épanouissant. 
Pièces  florales  toutes  transformées  en  pé- 
tales en  forme  de  languettes  longues  et  étroites, 
extrêmement  nombreuses,  serrées  et  imbri- 
quées les  unes  sur  les  autres.  Étamines  tou 


I 


ANÉMONE  LA  FIANCÉE  A FLEURS  PLEINES. 


419 


Fig.  131,  — Anémone  La  Fiancée  à fleurs  pleines, 
Fleurs  coupées. 


420 


LES  HYDRANGÉAS  A INFLORESCENCES  ÉNORMES. 


jours  transformées  en  pièces  pétaloïdes.  Pistils 
transformés  le  plus  souvent,  mais  conservés 
quelquefois  comme  une  agglomération  en 
forme  de  tête  conique. 

La  culture  de  cette  nouveauté  ne  diffère 
pas  de  celle  des  autres  Anémones  ; nous 
la  résumons  ci-dessous. 

Les  Anémones  des  fleuristes  se  plantent 
soit  à l’automne,  soit  au  printemps.  Dans 
le  premier  cas,  on  obtient  une  plus  vigou- 
reuse végétation  et  une  plus  belle  floraison 
que  dans  le  second.  Mais  pendant  l’hiver 
on  recouvrira  la  plantation  de  feuilles 
sèches,  de  mousse  ou  de  paille  toutes  les 
fois  que  le  temps  se  mettra  à la  gelée.  Mais 
on  enlèvera  cette  couverture  toutes  les 
fois  qu’il  se  radoucira. 

La  plantation  printanière  fleurit  un  peu 
plus  tard  que  l’automnale.  Si,  d’ailleurs, 
on  désirait  posséder  des  fleurs  toute  l’an- 
née, on  pourrait  opérer  des  plantations  tar- 
dives, même  jusqu’à  la  fin  de  juillet.  Mais, 
dans  ce  cas,  il  faudrait  choisir  des  empla- 
cements bien  aérés  et  non  exposés  à un  so- 
leil ardent.  Il  y aurait  aussi  à arroser  co- 
pieusement et  souvent  pendant  les  fortes 
chaleurs. 

Ces  Anémones  préfèrent,  de  tous  les  sols, 
ceux  qui  sont  légers  et  perméables,  mais  à 
la  condition  qu’ils  soient  nutritifs.  Lorsque 
la  terre  est  maigre,  on  la  fume  avec  du  vieux 
fumier,  du  fumier  de  vache  déjà  consommé, 
du  terreau  de  feuilles  ou  bien  des  mottes 
de  gazon  décomposées.  Il  est  excellent  que 
celte  fumure,  au  lieu  d’être  introduite  dans 


le  sol  au  moment  du  labour  qui  précède 
immédiatement  la  plantation,  y ait  été  in- 
corporée une  saison  à l’avance. 

Les  pattes  d’Anémones  sont  très-fragiles  ; 
on  en  opère  la  multiplication  au  moment 
de  la  plantation  en  les  cassant  de  manière 
que  chaque  fragment  soit  muni  d’un  œil 
que  l’on  a bien  soin,  lorsqu’on  l’enfonce 
dans  la  terre,  de  diriger  vers  le  haut.  Le  la- 
bour doit  avoir  été  soigneusement  fait,  car 
les  divisions  de  pattes  que  l’on  plante  pour- 
raient se  sectionner  encore  et  malencon- 
treusement, cette  fois,  par  des  heurts 
contre  des  mottes  dures  ou  des  cailloux. 

La]profondeur  à laquelle  on  enterre  les 
pattes  d’Anémones  est  d’environ  6 centi- 
mètres. L’espacement  à observer  entre 
elles  varie  de  15  à 25  centimètres,  selon  leur 
grosseur. 

Lorsque  la  végétation  des  plantes  est 
terminée,  on  les  relève  de  terre  en  récol- 
tant les  pattes,  que  l’on  laisse  se  ressuyer  à 
l’air,  mais  non  au  soleil  ; on  les  conserve 
ensuite  en  lieu  sec,  dans  des  tiroirs  ou  sur 
des  tablettes,  jusqu’à  la  prochaine  plantation. 

Étant  issue  de  la  variété  bien  connue 
La  Fiancée  à fleurs  simples^  qui  est  si 
généralement  appréciée,  elle  en  a conservé 
toutes  les  qualités  de  vigueur  et  de  rus- 
ticité. 

La  nouvelle  forme  à fleurs  pleines  sera 
recherchée  surtout  pour  la  confection  des 
bouquets,  puisque  ses  fleurs,  coupées,  se 
conservent  fraîches  très-longtemps  dans 
l’eau.  H.  D.authenay. 


LES  HYDRANGÉAS  A INFLORESCENCES  ÉNORMES 


C’est  particulièrement  de  V Hydrangea 
Otaksa,  var.  monstr osa,  dont  nous  voulons 
dire  quelques  mots. 

U Hydrangea  Otaksa  a été  introduit  du 
Japon  par  Siebold,  vers  1868.  Cette  plante 
était  déjà  recommandable  par  ses  fortes  in- 
florescences; la  variété  monstrosa,  mise  au 
commerce  par  M.  Lemoine,  de  Nancy,  il  y 
a quelques  années,  lui  est  bien  supérieure  ; 
ses  fleurs,  roses,  grandes,  réunies  en  cymes 
terminales  globuleuses,  peuvent  constituer 
des  inflorescences  de  dimensions  énormes. 

Les  feuilles  sont  opposées,  larges,  obo- 
vales  et  fortement  dentées  en  scie. 

Cet  Hydrangea,  de  même  que  les  Hor- 
tensias ordinaires,  ne  résiste  pas  bien  habi- 
tuellement en  pleine  terre  sans  abri,  sous 
le  climat  de  Paris,  au  moins  dans  les  hivers 
rigoureux.  C’est  dans  l’Ouest  de  la  France 


qu’on  rencontre  les  plus  beaux  Hortensias 
en  pleine  terre. 

Nous  avons  eu  occasion  de  voir  chez 
un  amateur  d’horticulture,  à Viry,  près 
Paris,  une  douzaine  de  touffes  d' Hydrangea 
Otaksa  monstrosa  qui  étaient  des  plus  re- 
marquables comme  force  et  vigueur  gé- 
nérale de  végétation,  et  présentaient  des 
inflorescences  de  dimensions  extraordi- 
naires. Nous  en  avons  mesuré  ayant  plus 
de  30  centimètres  de  diamètre  sur  des  ra- 
meaux ayant  1 mètre  de  hauteur  et  1 dia- 
mètre de  plus  de  2 centimètres. 

Quelques-unes  de  ces  touffes,  formées  de 
deux  pieds,  montraient  simultanément  cinq 
à huit  inflorescences  de  même  dimension 
et  quelques  autres  rameaux  avec  des  fleurs 
moins  avancées. 

Ces  Hydrangéas  se  trouvaient  sur  une 


421 


ESPÈCES  NOUVELLES  DE  CONIFÈRES  DE  L’AMÉRIQUE  OCCIDENTALE. 


terrasse  découverte,  en  plein  soleil,  dans 
des  bacs  ronds,  formés  de  demi-tonneaux 
d’un  diamètre  de  60  centimètres  sur  45  de 
profondeur. 

Chaque  bac  contenait  deux  pieds  d’ify- 
drangea,  formant  touffes,  plantés  en  bonne 
terre  de  bruyère.  Le  fond  des  bacs,  bien 
drainé  et  percé  de  trous,  permettait  l’écou- 
lement facile  de  l’eau  d’arrosage. 

Ces  Hydrangéas  sont  rentrés  en  orangerie 
pendant  l’hiver.  Au  printemps,  en  mai- 
juin,  ils  sont  mis  dehors,  en  plein  soleil,  et 
on  leur  donne  alors  des  arrosages  réguliers, 
'copieux,  en  moyenne  8 à 10  litres  d’eau 
tous  les  jours. 

Aucun  engrais  n’est  utilisé.  Au  moment 
de  la  végétation,  on  taille  les  rameaux  qui 
ont  porté  fleur  sur  un  ou  deux  yeux  vigou- 
reux, les  plus  rapprochés  de  la  base,  en  ob- 
servant de  ne  conserver  sur  chaque  pied 
que  cinq  ou  six  rameaux,  ce  qui  en  fait  par 
touffe  dix  ou  douze  qui  devront  se  ter- 
miner par  les  fleurs  ; les  autres  rameaux 
sont  supprimés  et  les  pousses  latérales,  s’il 
en  vient,  sont  pincées  au  fur  et  à mesure 
de  leur  apparition. 

Tous  les  deux  ou  trois  ans,  on  procède  au 
rencaissage  nécessaire  pour  renouveler  la 
terre  et  en  même  temps  faire  la  division  ou 
séparation  des  touffes  et  le  rajeunissement 
des  pieds  par  le  bouturage  si  cela  est  utile. 

Ce  fait  démontre  que,  contrairement  à 
l’idée  généralement  admise,  les  Hydrangéas 
peuvent  se  développer  vigoureusement  en 
plein  soleil  et  que  leurs  inflorescences  peu- 
vent acquérir  des  dimensions  extraordinaires 
sans  l’emploi  d’engrais  spéciaux.  Il  suffit 
d’un  sol  convenable,  d’arrosages  suffisants 
et  d’opérations  de  taille  et  d’ébourgeon- 
nement  judicieusement  pratiquées. 

Cet  Hydrangéa  se  prêle  avec  assez  de  faci- 
lité au  bouturage  des  rameaux  florifères, 
qui  donnent  alors  des  plantes  basses,  naines, 
couronnées  de  fleurs  formant  une  vaste 
cyme  arrondie. 


Une  autre  espèce  d’Hydrangéa,  VHy- 
drangea  paniculata  grandiflora,  intro- 
duite du  Japon  depuis  1864,  et  mise  aussi 
au  commerce  par  M.  Lemoine,  donne  éga- 
lement des  inflorescences  de  très-grandes 
dimensions  et  qu’on  pourrait  appeler 
monstrueuses,  formant  de  grandes  pani- 
cules  allongées  terminales  de  rameaux  vi- 
goureux. 

Cette  variété  à' Hydrangéa  paniculata 
a l’avantage  d’être  de  plein  air  et  très-rus- 
tique, de  même  que  l’espèce  type,  et  peut 
former  un  arbrisseau  à tige  de  lf"50  et 
plus.  Ses  feuilles  sont  opposées  ou  plus  sou- 
vent verticillées  par  trois. 

Cet  arbrisseau  est  des  plus  recommanda- 
bles et  cependant  il  est  encore  peu  répandu  ; il 
donne  des  inflorescences  qui  sont  d’autant 
plus  grandes  que  le  sujet  est  plus  vigou- 
reux et  se  trouve  dans  des  conditions  plus 
favorables  de  végétation  (il  demande  un  sol 
non  calcaire,  léger,  frais  et  humifère),  et  que 
par  les  opérations  de  taille  et  de  pincement 
voulus  on  ne  lui  laisse  développer,  selon  sa 
force  et  sa  vigueur,  que  deux  à six  rameaux 
florifères  qui  donnent  alors  des  inflores- 
cences qui  peuvent  atteindre  50  centimètres 
et  plus  de  longueur  et  1 diamètre  de  plus 
de  25  centimètres  à la  base. 

L’époque  normale  de  floraison  de  ces 
Hydrangéas  en  plein  air  est  de  juillet  à la  fin 
de  septembre.  Ce  sont  donc  des  végétaux 
tout  spécialement  recommandables  pour  la 
décoration  automnale  des  jardins,  et  qui 
se  prêtent  aussi  assez  facilement  à la  cul- 
ture forcée  en  serre  pour  floraison  d’hiver 
et  de  premier  printemps. 

Ce  qu’on  nomme  communément  la  fleur 
de  ces  Hydrangéas  est  constitué  simplement 
par  les  calices  des  fleurs  dont  les  .sépales  de- 
viennent pétaloïdes  en  prenant  un  grand 
développement  au  détriment  des  autres  or- 
ganes de  la  fleur,  corolle  et  étamines,  qui 
disparaissent  parfois  même  complètement. 

A.  ClIARGUERAUD. 


ESPÈCES  NOUVELLES  DE  CONIFÈRES  DE  L’AMÉRIQUE  OCCIDENTALE 


Le  botaniste  américain  M.  Lemmon, 
après  avoir  étudié  de  très-près  plusieurs 
formes  de  divers  Pins  polymorphes  de 
l’Amérique  occidentale,  a établi  dans  le  Gar- 
den  and  Forest  du  12  mai  1897  les  es- 
pèces suivantes  : 

lo  Pinus  scopuloriim,  Lemm.  (P.  ponderosa 
var.  scopiilorum,  Englm.).  — Pin  jaune  des 
Montagnes  Rocheuses.  Petit  aibre  e.xcédant 


rarement  30  mètres  de  haut  sur  1^20  de  dia 
mètre,  s’élevant  en  flèche  vers  le  ciel,  à écorce 
grisâtre,  plus  mince  et  plus  rude,  à aubier  plus 
dense,  à cônes  plus  petits  et  possédant  des 
écailles  plus  fermes  et  plus  foncées  que  dans 
le  P.  po.iderosa  type.  Feuillage  plus  clairsemé, 
ayant  une  tendance  à se  former  en  touffes  à 
l’extrémité  des  ramifications.  Feuilles  ordinai- 
rement par  trois,  souvent  par  deux. 

Épars  sur  les  hauts  coteaux  et  les  plateaux 


422 


LES  FLEURS  SIMPLES  ET  LES  FLEURS  DOUBLES. 


des  Montagnes  Rocheuses  de  la  Colombie  an- 
glaise, puis  en  allant  vers  le  sud,  par  Montana, 
Idaho,  Wyoming  et  le  Colorado,  jusqu’au  nord 
du  Nouveau-Mexique,  et,  vers  l’est,  jusqu’au 
nord  du  Dakota  et  du  Nebraska. 

« Le  Pinus  ponderosa,  — dit  M.  Lem- 
mon  — , est  éminemment  polymorphe,  et  a 
son  quartier  général  dans  la  Sierra  Nevada, 
en  Californie.  Sa  distribution  s’étend  sur  les 
côtes  ouest  jusqu’au  delà  de  l’Orégon  vers  le 
nord,  et  au  delà  de  l’Arizona  jusqu’à  la  So- 
nora,  vers  le  Sud.  Sur  une  telle  étendue,  il 
comprend  sans  doute  plusieurs  autres  formes 
assez  marquées  pour  être  élevées  au  rang 
d’espèces,  notamment  le  Pin  « à écorce 
marron  »,  P.  ponderosa  nigricans,  Lemm., 
qui  constitue  presque  e.x:clusivement  une 
grande  forêt  sur  le  plateau  du  Colorado, 
au  centre  de  l’Arizona  et  du  Nouveau- 
Mexique.  » 

2°  Picea  columbiana,  Lemm.  (P.  Engel- 
manni,  var.,  Englm.).  — Arbre  généralement 
petit  et  élancé,  excédant  rarement  25  mètres 
de  haut  sur  1 mètre  de  diamètre,  à écorce 
de  couleur  claire,  mince,  dure  et  écailleuse,  à 
branches  courtes,  spécialement  celles  de  la 
moitié  ou  des  deux  tiers  supérieurs  de  la  hau- 
teur du  tronc,  donnant  à l’arbre  l’aspect  d’une 
flèche  ; rameaux  annuels  sveltes,  gros  tout  au 
plus  de  2 à 3 millimètres,  ceux  des  branches 
supérieures  garnis,  pendant  la  saison  de  pro- 
duction, de  nombreux  petits  cônes  étroitement 
elliptiques,  jaunâtres,  aux  écailles  minces, 
ovales-obtuses,  scarieuses  et  à bords  ridés  ; les 
bractées  de  leur  base  très-petites,  d’environ 
5 millimètres  de  long,  aiguës.  Graines  petites, 
de  2 à 3 millimètres  de  long,  brunes,  munies 
d’ailes  brillantes,  ovales  et  convexes. 

Constitue  une  partie  des  forêts  montagneuses 
de  l’Orégon,  Washington,  Idaho,  Montana,  et 
de  la  Colombie  britannique,  où  il  est  réduit,  à 
l’extrême-nord,  à de  simples  buissons. 

M.  Lemmon  ajoute  que  le  Picea  Engel- 
manni  type  habite  les  montagnes  du  Wyo- 
ming, Colorado,  Utah,  Nouveau-Mexique  et 
Arizona.  Son  tronc  dépasse  quelquefois 
40  mètres  de  haut  sur  4"‘  50  de  diamètre. 


Il  se  distingue  surtout  par  son  écorce 
épaisse  de  couleur  foncée  et  profondément 
ridée.  Sa  forme  générale  est  celle  d’un  pain 
de  sucre.  Les  cônes  sont  beaucoup  plus 
gros  que  ceux  du  Picea  columbiana. 

3®  Abi<*.s  shastensis,  Lemm.  (Abies  nobilis, 
var.  magnifica,  Mast.,  A magnificat  Murr.  ; 
A.  magnifica,  var.  shastensis,  Lemm.).  — Sapin 
Shasta  rouge.  Arbre  atteignant  souvent  30  à 
35  mètres  de  haut  sur  1 mètre  à 1™20  de  dia- 
mètre. Écorce  noirâtre  extérieurement,  rouge 
intérieurement,  profondément  ridée.  Feuillage 
moins  robuste  que  celui  de  VA.  magnifica  type. 
Cônes  généralement  elliptiques,  avec  écailles 
plus  protubérantes,  les  apophyses  revêtues  de 
poils  courts,  raides,  récurves,  brunâtres, 
les  bractées  généralement  développées  sur  une 
grande  longueur,  s’étendant  souvent  de  12  mil- 
limètres jusqu’à  25  millimètres  de  long  entre 
les  écailles.  Habite  principalement  autour  de 
la  base  du  Mont  Shasta,  en  iCalifornie,  jusqu’à 
l’altitude  de  1,500  à 2,500  mètres,  où  il  forme 
presque  exclusivement  une  grande  et  dense 
forêt  de  Sapins.  Quelques  individus  se  rencon- 
trent aussi  sur  les  pentes  du  Scott,  Trinity, 
Sistriou,  et  à l’extrémité  sud  des  Cascades  de 
l’Orégon. 

« U Abies  magnifica  type,  sapin  rouge 
de  Californie,  originaire  des  hautes  parties 
inexplorées  de  la  Sierra  Nevada  et  jusqu’à 
l’est  de  San-Francisco,  atteint  un  bien  plus 
gros  volume,  souvent  de  75  à 90  mètres  de 
haut  sur  2“  20  à 4 mètres  de  diamètre  L Son 
magnifique  tronc,  en  colonne  nue  jusqu’à 
une  hauteur  de  30  mètres,  a l’écorce  plutôt 
brun  clair  extérieurement.  Ses  grands  cônes 
sont  presque  cylindriques,  jaunes,  presque 
écarlates,  aux  écailles  peu  développées,  ordi- 
nairement dissimulées  ». 

On  voit  qu’il  existe  d’importantes  diffé- 
rences entre  le  Sapin  rouge  des  monts 
Shasta  et  le  Sapin  rouge  de  Californie  ; 
celui-ci  « habite  la  haute  Sierra,  de  part 
en  part,  le  plus  souvent  mêlé  à d’autres 
essences,  sauf  dans  certaines  portions  du 
centre,  où  il  constitue  presque  exclusive- 
ment l’étendue  des  forêts.  » 

J. -Fr.  Favard. 


LES  FLEURS  SIMPLES  ET  LES  FLEURS  DOURLES 


La  beauté  des  fleurs,  comme  toute  beauté 
physique,  résulte  en  général  d’un  ensemble 
harmonieux  de  formes,  de  proportions  et 
de  couleurs,  et  nous  concevons  d’autant 
mieux  cet  idéal  que  la  fleur  est  une 
création  nativement  élégante,  chez  laquelle 
on  ne  peut  qu’affirmer  ces  principes  du 


beau  en  les  développant  ou  en  variant  leur 
nature. 

Ce  fut  là  l’œuvre  de  la  culture,  et  si  l’on 
veut  une  comparaison,  nous  serions  tentés 

* Nous  pensons  que  l’annonce  de  proportions 
aussi  énormes  pour  V Abies  magnifica  demande 
confirmation.  — (E.  A.) 


LES  FLEURS  SIMPLES  ET  LES  FLEURS  DOURLES. 


423 


de  la  faire,  en  disant  : La  Nature,  c'est 
V Églantier , et  V Horticulture,  c’est  la 
Rose. 

Mais  ces  transformations  florales,  recher- 
chées et  accueillies  presque  toujours  comme 
un  embellissement  des  formes,  n’ont-elles 
pas  souvent  amené  chez  les  fleurs  qui  en 
ont  été  l’objet  un  changement  complet  de 
leur  beauté  ? A l’accroissement  des  pièces 
florales  et  à leur  amplification,  n’a-t-on 
pas  sacrifié  la  plupart  du  temps  une  élé- 
gante simplicité  ou  une  gracieuse  confor- 
mation particulière  ? 

En  d’autres  termes,  la  question  est 
celle-ci  : Quelle  est  la  plus  belle  d’une  fleur 
simple  ou  d’une  fleur  double  ? 

Si  la  beauté  des  fleurs  réside  dans  une 
harmonie  de  formes  et  de  proportions,  on 
doit  admettre  que  la  duplicature  aide  à 
développer  ces  caractères  tant  qu’elle  n’en 
détruit  pas  l’harmonie,  mais  elle  amène 
presque  toujours,  suivant  son  degré  de 
perfection,  une  disparition  graduelle  des 
charmes  essentiels  d’une  fleur. 

On  peut  dire,  d’une  manière  générale, 
qu’elle  ajoute  à la  beauté  des  fleurs,  quand 
les  fleurs  sont  petites  et  sans  caractère 
particulier,  parce  qu’elle  agrandit  les  for- 
mes, et  tout  particulièrement  chez  cer- 
taines fleurs  disposées  en  grappes  ou  en 
épis. 

Par  contre,  elle  devient  inutile  chez  les 
corolles  qui  sont  naturellement  grandes,  ou 
que  leur  conformation  spéciale  a douées 
d’un  caractère  individuel  de  beauté  ; là 
encore,  cependant,  elle  joue  un  beau  rôle, 
si  elle  arrive  à conserver  son  ensemble  na- 
turel à la  fleur. 

Malheureusement,  le  contraire  se  pro- 
duit fréquemment  et  la  duplicature  change 
souvent  une  fleur  en  un  amas  de  pétales, 
véritable  chaos  qui  n’a  plus  de  nom. 

En  résumé,  la  duplicature  embellit  beau- 
coup de  fleurs  qui,  dans  leur  état  naturel, 
ne  sont  pas  assez  belles. 

Pour  exemple  de  cette  assertion,  prenons 
quelques  types  de  fleurs  cultivées,  et 
essayons  de  discerner  les  limites  où  la 
duplicature  doit  céder  le  pas  à la  sim- 
plicité. 

J’ai  dit  que  les  fleurs  en  épis  ou  en 
grappes  gagnaient  le  plus  souvent  à devenir 
doubles  : la  Giroflée,  la  Julienne,  le  Pied- 
d’ Alouette,  la  Rose-Trémière,  sont  des 
exemples  frappants  où  la  multiplicité  des 
pièces  pétaloïdes  ajoute  à la  beauté  de 
l’ensemble. 

Si,  par  contre,  nous  prenons  maintenant 


des  fleurs  spontanément  grandes,  nous 
jugerons  cette  duplicature  parfois  inutile  et 
le  plus  souvent  disgracieuse  : les  Bégonias, 
les  Lis,  les  Campanules,  les  Cinéraires,  les 
Soleils,  les  Anémones,  les  Tulipes,  les 
Glaïeuls,  les  Narcisses,  les  Pétunias,  les 
Dahlias,  offrent  des  exemples  assez  connus 
où  les  fleurs  simples  sont  plus  belles  que 
les  doubles. 

Mais  la  duplicature  enlaidit  surtout  les 
fleurs  qui  ont  un  charme  particulier  à 
rester  telles  que  la  nature  les  a faites  ; on 
a parlé  ces  temps  derniers  d’iris  doubles, 
de  Glaïeuls  doubles,  de  Cyclamens  doubles, 
de  Mufliers  doubles,  même  certaines  Papi- 
lionacées,  et  ceux  qui  connaissent  ces 
fleurs  peuvent-ils  admettre  une  déforma- 
tion dans  leurs  formes  si  élégantes  ? 

D’autres  fleurs,  au  contraire,  et  des 
plus  remarquables,  ont  gagné  à la  trans- 
formation, et  le  plus  bel  exemple,  la  Rose 
nous  montre  bien  qu’elle  a su  conserver, 
malgré  la  sélection,  sa  grâce  originelle  ; 
l’Œillet  nous  donne  un  non  moins  bel 
exemple  de  duplicature  élégante  ; il  en  est 
de  même  des  Balsamines,  des  Camellias, 
des  Chrysanthèmes,  des  Pâquerettes,  des 
Pavots,  des  Potentilles,  des  Reines-Mar- 
guerites, des  Renoncules,  etc. 

Chez  toutes  ces  fleurs,  il  existe  une  har- 
monie de  proportions  dans  les  formes  telle 
que  la  plénitude  a pu  s’effectuer  sans  nuire 
à l’effet  d’ensemble,  mais  cette  harmonie 
disparaît  dès  que  les  proportions  cessent, 
tels  les  Œillets  crevards,  ou  les  Roses, 
comme  la  Rose  Paul  Neyron. 

D’autres  fois,  la  disproportion  arrive  à un 
tel  degré,  comme  dans  les  Pétunias,  les 
Bégonias,  les  Fuchsias,  les  Dahlias,  qu’on 
voit  leurs  fleurs  ne  plus  pouvoir  être  sou- 
tenues par  les  pédoncules  qui  les  portent, 
et  pendre  comme  des  chiffons. 

Dans  d’autres  cas,  la  duplicature  atteint 
souvent  à une  régularité  si  parfaite,  à une 
symétrie  si  absolue,  qu’on  ne  peut  plus  se 
les  figurer  naturelles,  et  qu’on  pourrait 
croire  les  Dahlias  doubles  façonnés  avec 
un  fer  à tuyauter,  et  les  Zinnias  confec- 
tionnés à la  main  par  le  plus  habile  fleu- 
riste.. 

Si  nous  n’envisagions  que  notre  goût 
personnel,  nous  dirions  : quel  que  soit  son 
rôle  dans  la  transformation  qu’elle  fait 
subir  aux  fleurs,  il  ne  faut  pas  regarder  la 
duplicature  comme  un  progrès  toujours 
certain  ; il  ne  faut  pas  chercher  à la  pro- 
duire partout  et  quand  même  ; il  faut,  au 
contraire,  savoir  discerner  les  cas  où  son 


424 


SOLA.NUM  SEAFORTHIANUM. 


application  augmentera  la  beauté  des  fleurs 
de  cas  où  elle  la  diminuera. 

Mais  si  nous  nous  plaçons  au  point  de 
vue  pratique,  si  nous  reconnaissons  que 
l’on  ne  discute  pas  des  goûts  et  des  cou- 


leurs, nous  dirons,  au  contraire,  que  toute 
modification  d’une  fleur  peut  trouver  ses 
partisans,  et  nos  horticulteurs  ont  raison 
de  chercher  du  nouveau,  toujours  du  nou- 
veau. Jules  Rudolph. 


SOLANUM  SEAFORTHIANUM  ‘ 


Parmi  les  Solanum  cultivés  pour  la 
couleur  et  l’élégance  de  leurs  fleurs,  celui- 
ci  peut  se  placer  au  premier  rang.  Il  a été 
découvert  dans  les  Antilles  par  lord  Sea- 
forth,  qui  l’a  introduit  en  1804,  mais  il  est 


resté  rare  dans  les  cultures,  parce  qu’on  l’a 
trop  souvent  considéré  comme  une  plante 
de  serre.  Cultivé,  au  contraire,  en  plein 
air  soit  seul,  soit  associé  au  Solanum  jas- 
minoides,  le  S.  Seaforthianum  constitue 


Fig.  132.  — Solanum  Seaforthianum. 

Port  d’un  exemplaire  cultivé  dans  le  parc  de  Lacroix  ^Indre-et-Loire)  au  20'  de  grandeur  naturelle. 


l’une  des  plus  jolies  plantes  sarmento- 
grimpantes  qui  se  puissent  imaginer.  Nous 
le  cultivons  depuis  plusieurs  années  sur 
une  armature  de  fer  qu’il  enlace  de  ses 
nombreux  rameaux  ornés  d’un  feuillage 
vert  foncé,  brillant,  léger  de  forme  et  cons- 


tellé de  grappes  d’un  beau  bleu  violet,  pen- 
dant de  façon  gracieuse. 

1 Solanum  Seaforthianum.,  Andrews,  Bot. 
Rep.,  t.  501  ; Bot.  Mcg.,  t.  5823  {suh  S.  venus- 
tum,  Kunth)  ; Bev.  hort,  1893,  p.  177  ; 1890, 
p.  171  ; The  Garden,  1895,  p.  171. 


Pu-’inœ  Uortu'oLe 


CJ-J-CJfuUoi-  . J.L.G-o£f<Xrt 


■csL.if  '.p5 -Scibo'uret , del 


Solanurn  Scafort/uamun  . 


POUR  FAVORISER  LA  FRUCTIFICATION  DES  ARBRES. 


425 


Description.  — Sur  des  tiges  cylindriques, 
volubiles,  non  épineuses,  vertes,  tuméfiées  aux 
insertions  des  pétioles  et  des  pédoncules,  se 
placent  des  feuilles  alternes,  glabres  comme 
toute  la  plante,  insérées  à angle  droit,  à long 
pétiole  bisulqué  en  dessus,  les  supérieures  en- 
tières ou  peu  lobées,  de  forme  variable,  lan- 
céolées ou  obovales,  les  autres  pennées  ou 
pinnatiséquées  à segments  variés  : les  infé- 
rieurs courtement  pédicellés,  les  supérieurs 
à base  décurrente  sur  le  pétiole,  le  terminal 
plus  grand,  tous  lancéolés  acuminés  entiers,  à 
pointe  obtuse,  à surface  vert  foncé  en  dessus, 
à nervures  peu  saillantes.  Inflorescences  nais- 
sant à l’opposé  d’une  feuille,  en  cymes  extra- 
axillaires, paniculées,  pendantes,  à pédoncule 
et  pédicelles  grêles,  divariqués,  ébractéolés, 
portant  des  fleurs  de  35  millimètres  de  dia- 
mètre; calice  minuscule,  à cinq  dents  noires, 
très-peu  visibles  ; corolles  d’un  beau  violet 
clair  ou  lilas,  éclairé  de  blanc  au  centre,  à 
lobes  libres  jusqu’à  la  base,  ovales,  acuminés, 
aigus  et  à bords  détléchis  ; étamines  dressées, 
à filets  blancs,  à anthères  connées  au  sommet, 
jaune  d’or,  dépassées  par  le  style  lilacé  à stig- 
mate ponctiforme.  Fruit  en  baie  globuleuse, 
rouge  orangé. 

Depuis  le  commencement  de  l’été,  cette 
jolie  plante  ne  cesse  pas  de  fleurir.  Les 
grappes  durent  longtemps,  et  les  fleurs  pas- 
sées tombent  sans  se  flétrir,  l’arbuste  restant 
toujours  vert  et  bien  garni  de  ses  feuilles 
finement  découpées  et  de  ses  fleurs. 

Nous  lui  donnons  une  place  sur  les  pe- 
louses, comme  plante  isolée,  sur  une  légère 
carcasse  en  fer  (fig.  132)  à laquelle  on  peut 
imposer  la  forme  globuleuse,  elliptique,  py- 

POUR  FAVORISER  LA  FRI 

Il  existe,  parmi  les  arbres  fruitiers,  quel- 
ques variétés  qui  fleurissent  abondamment 
chaque  année,  et  dont  les  fleurs  tombent 
bientôt  sans  qu’aucun  fruit  noue,  quoique 
le  sol,  l’exposition  et  les  soins  du  cultiva- 
teur semblent  concourir  également  au  suc- 
cès de  la  récolte.  Toute  la  sève  de  ces  ar- 
bres, généralement  plus  vigoureux  que  les 
autres,  semble  s’épuiser  en  une  production 
surabondante  de  fleurs,  et  si  l’art  n’y  porte 
secours,  il  ne  reste  pas  assez  de  force  à 
l’arbre  pour  développer  les  fruits.  On  re- 
médie avec  succès  à un  tel  inconvénient, 
en  coupant  avec  des  ciseaux  une  partie  des 
fleurs  ou  boutons  à fleurs  formant  le  co- 
rymbe,  aussitôt  qu’ils  se  sont  suffisam- 
ment allongés  pour  pouvoir  faire  passer 
entre  eux  la  pointe  de  l’instrument,  quel- 
ques jours  avant  leur  épanouissement  ; on 
laisse  seulement  cinq  ou  six  fleurs  sur 


ramidale,  en  parasol,  etc.  Il  importe  seule- 
ment de  lui  donner  une  nourriture  substan- 
tielle et  abondante,  terre  franche  addition  - 
née  de  terreau  de  couche  et  de  terre  de 
bruyère,  car  elle  est  d’autant  plus  belle 
qu’elle  est  plus  vigoureuse.  C’est  pour  cela 
qu’au  lieu  de  la  cultiver  en  serre,  où  elle 
peut  prendre  des  insectes  et  devient  grêle, 
nous  préférons  de  beaucoup  l’avoir  en 
plein  air,  où  ses  inflorescences  sont  sou- 
vent plus  fortes  que  celle  que  représente 
notre  planche  coloriée. 

La  multiplication  du  Solanum  Seafor- 
thimium  se  fait  par  boutures  avec  la  plus 
grande  facilité.  Les  jeunes  plantes  peuvent 
fleurir  la  même  année.  Cependant  nous  ren- 
trons tous  les  ans  en  serre  froide  quelques 
gros  pieds  qui  sont  bien  plus  floribonds 
que  les  jeunes  et  produisent  rapidement 
un  très-bel  effet. 

Pour  couvrir  un  mur  ou  un  treillage,  le 
S.  Seaforthianum,  mélangé  à la  variété 
florihunda  du  S.  jasminoides,  donne  un 
très-agréable  spectacle  lorsque  ses  grappes 
violettes  se  mêlent  aux  jolies  cymes  de  la 
seconde  espèce,  d’une  forme  et  d’une  cou- 
leur blanche  qui  rappellent  le  Jasmin. 

Enfin,  il  convient  d’ajouter  que,  si  nous 
n’avons  pas  encore  aperçu  cette  plante  sur 
la  côte  de  la  Méditerranée,  il  serait  désirable 
de  Fy  voir  cultivée,  car  elle  résisterait  pro- 
bablement aux  hivers  ordinaires  et  y fleu- 
rirait encore  plus  abondamment  que  dans 
le  centre-nord  de  la  France  et  dans  l’ouest. 

Ed.  André. 

CTIFICATION  DES  ARRRES 

chaque  corymbe,  selon  sa  force,  ayant  la 
précaution  de  conserver,  de  préférence,  les 
fleurs  portées  par  les  pédoncules  les  plus 
vigoureux  et  qui  se  trouvent  en  même 
temps  le  plus  près  du  centre.  Cette  opéra- 
tion a pour  effet  de  faire  refluer  la  sève  aux 
fleurs  conservées  et  de  leur  donner  assez  de 
force  pour  produire  deux  ou  trois  fruits  sur 
chaque  ombelle,  lequel  produit  suffît  pour 
indemniser  des  soins  qu’il  demande.  On  peut 
aussi  faire  une  autre  opération  plus  simple 
qui  est  employée  avec  succès  sur  les  jeunes 
arbres;  elle  consiste  à retarder  la  taille  ou 
le  raccourcissement  des  nouveaux  rameaux 
jusqu’au  moment  où  les  fleurs  sont  parve- 
nues au  degré  de  développement  ci-dessus  in- 
diqué, et  de  les  couper  alors  à la  longueur 
habituelle.  Le  retard,  ainsi  occasionné  dans 
le  mouvement  de  la  sève,  fait  nouer  le  fruit 
en  abondance.  Henri  Theulier  fils. 


426 


CONTRIBUTION  A L’ÉTUDE  DES  BÉGONIAS. 


CONTRIBUTION  A L’ÉTUDE  DES  BÉGONIAS 


Une  grande  multiplicité  de  formes,  une 
floraison  d’une  générosité  incomparable,  et, 
parfois,  une  coloration  brillante  du  feuil- 
lage, telles  sont  les  qualités  essentielles  qui 
font  des  Bégonias  un  des  genres  les  plus 
décoratifs  et  les  plus  recherchés  pour  l’or- 
nementation des  jardins. 

On  leur  a reproché  de  ne  point  supporter 
les  longues  insolations.  Ce  reproche  n’est 
pas  fondé,  et  certaines  espèces,  certains  hy- 
brides, au  contraire,  tels  que  : B.  ascot- 
tiensis,  atropurpurea,  Bruanti,  elegan- 


tissima,  Abondance^  Corbeille  de  feu,  etc., 
ne  montrent  leur  entière  puissance  flori- 
fère que  cultivés  à l’air  libre,  en  dehors  de 
l’action  de  tout  obstacle  ombrageant. 

Pour  trouver  des  espèces  ou  variétés 
presque  némorales,  il  faut  chercher  dans  la 
catégorie  des  B.  Rex  et  des  5.  discolor  ou 
encore  parmi  les  hybrides  issus  de  ces  deux 
espèces,  hybrides  dont  MM.  Bruant,  de 
Poitiers  et  Urbain,  de  Glamart,  ont  doté  notre 
horticulture. 

Les  Bégonia  erecta  eux-mêmes  redou- 


tent, au-dessus  d’eux,  la  frondaison  des 
grands  arbres  et,  associés  dans  ces  condi- 
tions aux  Impatiens  Sultani,  fleurissent 
beaucoup  moins  que  cette  jolie  Balsa- 
mine, 

Le  seul  grief  sérieux  qu’on  puisse  avoir 
contre  les  Bégonias,  c’est  leur  développe- 
ment nul  ou  maladif  dans  les  sols  cal- 
caires ; ils  présentent,  en  effet,  pour  le 
carbonate  de  chaux,  le  même  défaut  d’af- 
finité que  les  Vignes  américaines  ; mais  il 
n’est  pas  prouvé  qu’ils  l’ont  tous  à un  degré 
égal.  D’autre  part,  les  jardiniers  à qui  in- 
combe la  direction  des  parcs  boisés  ont  la 
ressource  de  l’enfouissement  des  feuilles  ou 
des  terreaux  de  feuilles  capables  de  neutra- 
iser,  au  moins  pendant  un  temps,  l’action 


nuisible  du  carbonate  de  chaux  sur  la  vé- 
gétation de  certaines  plantes. 

Nous  avons  cité  tout  une  série  de  Bégo- 
nias parfaitement  accoutumés  à l’insolation 
de  nos  étés  ; parmi  eux,  il  en  est  de  bien 
connus,  de  très-répandus  ; d’autres  le  sont 
moins,  par  exemple  : les  B.  Abondance  et 
Corbeille  de  feu,  deux  hybrides  que 
M.  Lemoine  a obtenus  du  croisement  entre 
le  B.  semperflorens  et  le  B.  fuchsioides  mi~ 
niata.  Ce  sont  des  plantes  rappelant  un 
peu  le  B.  ascottiensis,  mais  avec  un  port 
moins  élevé  et  des  mérithalles  plus  courts, 
ce  qui,  en  rapprochant  les  inflorescences, 
donne  à l’ensemble  de  la  plante  un  aspect 
beaucoup  plus  fleuri.  Ces  inflorescences, 
en  cymes  bipares,  sont  d’ailleurs  plus 


CONTRIBUTION  A l’ÉTUDE  DES  BÉGONIAS. 


427 


nombreuses,  plus  fournies,  et  dressées  ou 
subdressées  au  lieu  d’être  pendantes  ; leur 
couleur  est  d’un  rose  carné  pâle  dans 
Abondance,  qui  peut  atteindre  60  cen- 
timètres de  haut,  et  rouge  corail  brillant 
dans  Corbeille  de  feu  (fig.  133)  haut  seu- 
lement de  35  à 40  centimètres. 

Si  le  foisonnement  et  la  précocité  de  la 
floraison  sont  des  qualités  essentielles,  la 
facilité  de  la  reproduction  en  est  une  autre, 
sans  laquelle  les  plantes  ne  peuvent  être 
introduites  dans  les  jardins  d’une  grande 
importance.  Nos  Bégonias  doivent  donc 
donner  soit  des  graines,  comme  celles  de 


la  race  Vernon,  les  reproduisant  identique- 
ment ; soit  une  grande  quantité  de  reje- 
tons ou  de  pousses  propres  au  bouturage. 

Sous  ce  dernier  rapport,  les  hybrides  sté- 
riles versaliensis,  Abondance,  Corbeille 
de  feu,  Bruanti,  sont  bien  doués  ; elegan- 
tissima  rosea  l’est  moins  ; Madame  Cha- 
rat  l’est  très-peu,  et  l’on  attribue  à ce  dé- 
faut l’expansion  à peu  près  nulle  dans  les 
cultures  ornementales  de  ce  dernier  Bé- 
gonia qui  est  Cependant  de  toute  beauté. 

Par  pousses  propres  au  bouturage, 
nous  entendons  désigner  seulement  celles 
dont  un  bourgeon  basilaire  assure  le  déve- 


Jeune  plante. 


loppemeni  normal  de  la  plante  en  un  suf- 
fruticule  touffu  et  non  en  ce  mince  bâton 
feuillé  tel  qu’il  naît  des  boutures  à aisselles 
vides. 

Les  Bégonias  tubéreux  ou  rhizomateux 
non  plus,  ne  redoutent  pas  le  soleil. 
Cependant  les  vieilles  espèces  dites  : B. 
erecta  n’y  résistent  pas  beaucoup  ; aussi 
sont-ce  celles-là  qu’on  choisit  pour  cul- 
tiver dans  les  endroits  demi-ombragés.  Il 
faut  leur  joindre,  pour  être  traités  de  même, 
les  B.  Davisii,  B.  Pearcei,  B.  Rex  et  B. 
discolor;  ces  deux  dernières  espèces  sont 
presque  némorales,  ainsi  que  nous  l’avons 
constaté. 


Dans  le  B.  Bertini  que  MM.  de  Vil- 
morin ont  fait  connaître  avec  tant  de  suc- 
cès, les  B.  fulgens  et  B.  Baumanni,  nous 
retrouvons  des  formes  qu’on  peut  laisser 
en  plein  soleil  ; il  faut  leur  ajouter  tout  une 
collection  de  variétés  à fleurs  doubles 
parmi  lesquelles  figurent  au  premier 
rang  : 

Lafayette,  de  M.  Lemoine;  Madame 
Courtois,  rosea  florïbunda,  etc.,  etc.,  de 
M.  Urbain  ; Docteur  Gaillard,  Louise 
Robert,  etc.,  de  M.  Robert,  sans  compter 
d’autres  variétés  sorties  des  semis  de 
MM.  Couturier,  Vacherot  et  Vallerand  que 
nous  n’avons  pas  encore  cultivées. 


428  DE  l’influence  de  la  sélection  dans  le  bouturage  et  le  greffage. 


Quant  au  port  des  Bégonias  rhizomateux, 
on  a commencé  à le  modifier,  mais  pas 
encore  assez,  à notre  pointdevue.  Dans  la  race 
des  erecta,  beaucoup  d’individus  ont  des 
hampes  florales  trop  courtes  qui  laissent  la 
fleur  enfouie  sous  le  feuillage  ; d’autres  ont 
les  hampes  molles  ou  obliques  et  alors  le 
poids  des  fleurs  les  entraîne  et  les  courbe 
jusqu’à  terre. 

Pour  éviter  ces  deux  défauts  fréquents 
particulièrement  chez  les  erecta  à fleurs 
doubles,  il  faudrait  augmenter  le  volume. 


la  rigidité,  la  longueur  des  hampes  et,  en 
même  temps,  leur  donner  un  port  érigé  ; la 
chose  est  facile,  en  amenant  dans  les  croise- 
ments l’intervention  du  Bégonia  Bau~ 
manni  (fig.  134)  qui  a par  excellence  les 
qualités  nécessaires.  Ce  croisement,  M.  Le- 
moine l’a  fait  ; il  en  a obtenu  tout  une  sé- 
rie de  Bégonias  simples  et  le  B.  odoratis- 
sima  alha  plena  qui  sont  des  modèles  de 
belles  formes  et  d’irréprochable  tenue. 

Georges  Bellair. 


DE  L’INFLUENCE  DE  LA  SÉLECTION 

DANS  LE  BOUTURAGE  ET  LE  GREFFAGE 


Cette  question,  posée  cette  année  par  le 
Congrès  de  la  Société  nationale  d’horticul- 
ture de  France,  nous  a fourni  l’occasion  de 
faire  quelques  réflexions,  sans  doute  trop 
superficielles  et  incomplètes  pour  être  li- 
vrées à l’examen  critique  et  sagace  d’un 
corps  savant,  mais  que  nous  croyons  pour- 
tant pouvoir  publier,  pour  servir  au  besoin 
de  matériaux  à une  étude  plus  approfon- 
die à laquelle  quelques  lecteurs  pourraient 
peut-être  se  livrer. 

Tout  d’abord,  le  mot  sélection  veut  dire 
choix,  et,  dans  les  plantes,  quand  on  choi- 
sit les  plus  belles  à notre  goût  pour  pro- 
duire de  la  graine  ou  les  plus  beaux  ra- 
meaux pour  faire  des  boutures  ou  des 
greffes,  on  fait  tout  simplement  de  la  sélec- 
tion. 

On  sait  que  chaque  fragment  de  plante 
est  doué  de  la  faculté  de  pouvoir  reproduire 
tous  les  caractères  essentiels  de  la  plante 
dont  il  était  issu.  C’est  sur  cette  remar- 
quable faculté  qu’est  basée  toute  la  théorie 
des  multiplications  par  voie  artificielle, 
c’est-à-dire  par  fragments  et  par  suite  con- 
tinuation du  même  individu.  Sans  cette 
faculté,  nous  ne  pourrions  pas  reproduire 
et  conserver  sans  aucune  modification  les 
innombrables  variétés  de  végétaux,  ligneux 
surtout  et  en  particulier  les  arbres  à fruits, 
qu’il  a fallu  des  siècles  pour  obtenir. 

On  sait  aussi  que  les  plantes  ne  varient 
pas  uniquement  par  le  semis,  car,  acciden- 
tellement il  est  vrai,  mais  assez  fréquem- 
ment, on  voit  des  parties  qui  ne  sont  pas 
semblables  aux  autres,  soit  des  fleurs 
rouges  sur  un  pied  qui  n’en  porte  que  des 
blanches,  soit  des  fruits  de  forme,  gros- 
seur, couleur,  saveur  ou  précocité  différents 
de  leurs  voisins,  ou  bien  des  rameaux  à 
feuilles  différemment  découpées  ou  pana- 


chées, alors  que  les  autres  ne  le  sont  pas.  Ce 
sont  là  autant  de  cas  de  dichroïsme  (s’il 
s’agit  de  couleur),  de  morphisme  (s’il  s’agit 
de  formes),  intéressants  à constater  au  point 
de  vue  physiologique  et  qu’il  y a souvent 
intérêt  à conserver  et  multiplier  au  point  de 
vue  horticole. 

Or,  la  faculté  de  conservation  des  carac- 
tères acquis  est  poussée  si  loin  chez  les  vé- 
gétaux qu’elle  permet  de  fixer  d’un  seul 
coup  ces  variations  accidentelles  par  un 
des  procédés  artificiels  de  multiplication, 
principalement  par  le  bouturage  et  le  gref- 
fage. Et  c’est  sur  l’étude  de  cette  faculté  en 
quelque  sorte  supplémentaire,  qu’est  basée 
la  question  posée  par  le  Congrès  précité. 

Tous  les  bons  jardiniers  connaissent  cette 
faculté  extraordinaire  de  reproduction  des 
caractères,  même  accidentels,  par  voie  de 
sectionnement  et  en  tirent  un  avantageux 
parti  pour  se  procurer  des  nouveautés.  Ils 
mettent  même  souvent  sans  s’en  douter 
cette  théorie  en  application,  lorsqu’ils  choi- 
sissent, pour  faire  des  multiplications,  les 
rameaux  les  mieux  caractérisés,  par  exemple 
ceux  dont  les  fleurs  ou  les  fruits  sont  les 
plus  beaux  ou  bien  ceux  dont  les  décou- 
pures ou  les  panachures  des  feuilles  sont 
les  mieux  accentuées.  A plus  forte  raison, 
lorsqu’une  variation  intéressante  se  présente, 
ils  s’empressent  de  la  saisir  et  de  la  fixer 
par  le  bouturage  ou  par  le  greffage  sur  un 
sujet  apte  à la  faire  vivre. 

Nombreuses  aujourd’hui  sont  les  variétés 
de  plantes  ainsi  obtenues,  surtout  parmi 
les  essences  ligneuses  ; beaucoup  de  Roses 
doivent  leur  origine  à des  cas  de  dichroïsme 
ou  de  dimorphisme  judicieusement  saisis 
et  propagés  par  des  praticiens  expérimentés  ; 
quelques  variétés  d’arbres  fruitiers  ont 
ainsi  été  obtenues  et  les  variations  de  forme 


A PROPOS  DES  CONCOURS  INTERNATIONAUX  DE  POMOLOGIE. 


et  de  couleur  du  feuillage  ne  sont  pas  moins 
abondantes.  Nous  pourrions,  en  compilant 
les  publications  et  les  catalogues  horticoles, 
établir  une  longue  liste  des  variations  qui 
ont  été  saisies,  propagées  et  qui  ont  enfin 
pris  place  dans  les  rangs  de  nos  belles  et 
bonnes  variétés  horticoles,  mais  cette  liste 
n’aurait  d’autre  intérêt  que  la  connaissance 
des  plantes  ainsi  obtenues,  car  ici  la  mise 
en  pratique  confirme  pleinement  le  fait. 

Pour  les  plantes  herbacées,  on  peut  par- 
fois fixer  par  le  bouturage  leurs  variations 
accidentelles  si  elles  sont  d’espèce  vivace, 
mais,  pour  celles  qui  sont  annuelles,  on  en 
est  réduit  à ne  plus  compter  que  sur  le  se- 
mis pour  voir  ces  variations  se  reproduire 
et  alors  souvent  en  très  petit  nombre  d’indi- 
vidus et  pas  toujours  identiques,  surtout  s’il 
y a dans  le  voisinage  des  plantes  de  même 


429 

genre  ou  espèce  dont  le  pollen  aura  influencé 
l’identité  de  reproduction. 

Si  le  rameau-bouture  ou  greffon  conserve 
les  qualités  qu’il  a acquises,  il  hérite  au 
même  titre  de  ses  imperfections  et  ses  dé- 
fauts, et  les  parties  peu  vigoureuses,  chlo- 
rotiques ou  qui  présentent  des  malforma- 
tions quelconques  conserveraient  ces  défauts 
si  on  les  utilisait  comme  multiplications  ; il 
faut  donc  les  rebuter  et  mieux  vaut  ne 
rien  propager  que  d’employer  des  parties 
défectueuses,  même  légèrement. 

En  résumé,  l’influence  de  la  sélection 
dans  le  choix  des  boutures  et  des  greffons 
est  un  fait  des  plus  évidents  que  la  pratique 
confirme  et  met  en  pleine  lumière,  il  y a 
donc  lieu  de  s’en  préoccuper  d’une  façon 
toute  spéciale  quand  on  fait  des  multiplica- 
tions artificielles.  S.  Motiet. 


A PROPOS  DES  CONCOURS  INTERNATIONAUX  DE  POMOLOGIE 


En  ce  moment  où  s’accusent  de  plus  en 
plus  les  efforts  de  la  concurrence  étrangère 
sur  les  fruits,  où  le  marché  français  est 
menacé  par  la  concurrence  des  pays  voi- 
sins, et  où  le  marché  européen  l’est  lui- 
même  par  les  envois  considérables  de  l’A- 
mérique, de  l’Australie  et  du  Cap,  il  était  à 
prévoir  que  les  concours  de  pomologie  orga- 
nisés au  sein  des  expositions  internatio- 
nales de  Hambourg  et  de  Bruxelles  pren- 
draient une  importance  considérable. 

Saisie  à peu  près  au  dernier  moment  de 
la  question  de  savoir  si  elle  participerait  ou 
non  officiellement  à l’exposition  pomolo- 
gique  de  Hambourg,  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France  a jugé  qu’il  était 
trop  tard  pour  organiser  les  envois,  de  fa- 
çon qu’ils  pussent  concourir  avec  toutes  les 
chances  de  succès.  Elle  n’a  pas  cru  que 
nous  étions  prêts.  Elle  a préféré  s’abstenir 
de  toute  participation  officielle  et,  pour  des 
raisons  que  nous  n’avons  pas  à développer, 
mais  que  tout  le  monde  devine  et  com- 
prend, nous  estimons  qu’elle  a bien 
fait. 

Pourtant,  il  est  du  plus  haut  intérêt  pour 
l’arboriculture  française  de  faire  connaître 
ses  meilleurs  produits  aux  acheteurs  de 
l’étranger,  en  même  temps  que  de  se  ren- 
seigner sur  l’importance  et  la  qualité  des 
siens.  Mais  autre  part  qu’à  Hambourg,  il 
était  un  terrain  neutre,  l’exposition  de 
Bruxelles,  sur  lequel  nous  pouvions  faire 
bonne  figure.  Sans  doute  à cause  de  l’im- 
portance des  envois  annoncés  de  toutes 


parts,  le  gouvernement  belge  a augmenté 
le  nombre  des  concours  de  pomologie  ; 
malheureusement,  les  producteurs  fran- 
çais ne  s’y  sont  pas  trouvés  en  nombre  suf- 
fisant pour  lutter  avec  avantage  contre 
leurs  concurrents. 

Peut-être  n’ont-ils  pas  été  sollicités  avec 
assez  de  persistance?  Les  Comités  n’ont 
peut-être  pas  pris  les  mesures  nécessaires 
d’abord  pour  faire  connaître  les  concours 
eux-mêmes,  ensuite  pour  donner  les  ren- 
seignements indispensables.  Nous  ne  fai- 
sons que  signaler  ces  points,  sans  porter 
de  jugement.  Il  eût  fallu  s’y  prendre  de 
bonne  heure  pour  se  préparer,  se  rensei- 
gner sur  les  tarifs,  adresser  au  besoin  des 
demandes  de  détaxes  aux  Compagnies  de 
chemins  de  fer,  se  grouper  pour  éviter 
ou  pour  diminuer  des  frais,  etc. 

On  savait  bien  cependant  depuis  long- 
temps, dans  les  cercles  horticoles,  que  des 
expositions  pomologiques  auraient  lieu  en 
septembre  1897,  non  seulement  à Ham- 
bourg, organisées  par  l’initiative  privée, 
mais  à Bruxelles  organisées  officiellement 
par  le  gouvernement  belge. 

Il  n’en  a pas  été  de  même  pour  les  pro- 
ducteurs des  autres  pays  : Angleterre,  Aus- 
tralie, Canada,  Cap,  Etats-Unis,  Tyrol,  etc.; 
puisque  les  expositions  de  Hambourg  et  de 
Bruxelles  ont  dù  augmenter  la  place  ré- 
servée à la  pomologie. 

A en  juger  par  les  efforts  que  viennent 
de  faire  les  étrangers,  on  peut  prévoir  ce 
qu’ils  feront  en  1900,  et  le  rude  assaut 


430 


LES  PLANTES  NOUVELLES  AUX  EXPOSITIONS  ÉTRANGÈRES. 


qu’ils  se  préparent  à livrer  à l’Exposition 
de  Paris  ; mais  là,  du  moins,  nous  sommes 
tranquilles;  pépiniéristes  et  producteurs 
de  fruits  feront  le  nécessaire  pour  que  la 


bataille  qui  se  livrera  sur  leur  propre  ter- 
rain se  termine  pour  eux  par  une  éclatante 
victoire. 

H.  Dauthenay. 


LES  PLANTES  NOUVELLES  AUX  EXPOSITIONS  ÉTRANGÈRES 


C’est  surtout  à l’exposition  internationale 
qui  a lieu  à Gand  tous  les  cinq  ans  que  se 
mesurent  d’habitude  les  progrès  accomplis 
à l’étranger  comme  en  France,  non  seule- 
ment dans  les  procédés  de  culture,  mais 
avant  tout  dans  l’obtention  des  hautes  nou- 
veautés. Doit-on  dire  que  les  expositions  de 
cette  année  ont  présenté  le  caractère  d’un 
prélude  de  ce  grand  tournoi  international  ? 
Il  paraît  évident  que  les  semeurs  di  primo 
cartello  ont  en  général  réservé  pour  le 
champ  clos  de  l’année  prochaine  leurs  nou- 
veautés à sensation.  La  Revue  horticole  a 
fait  d’ailleurs  ressortir  la  faiblesse  de  la 
participation  des  plantes  nouvelles  aux 
expositions  françaises,  à celle  de  Paris  prin- 
cipalement L La  même  remarque  a été 
faite  à l’exposition  internationale  de  Ham- 
bourg. C’est  peut-être  au  « Temple  Show», 
à Londres,  qu’on  a le  plus  rencontré  de 
nouveautés.  Il  faut  noter  cependant  qu’à 
l’étranger,  comme  en  France,  c’est  prin- 
cipalement dans  les  Orchidées  que  leur 
nombre  est  élevé.  Cela  s’explique  assez  par 
la  vogue  dont  jouissent  ces  plantes,  et 
par  des  facilités  relatives  dans  leur  hybri- 
dation. 

A ce  sujet,  M.  le  comte  Oswald  de  Ker- 
chove,  constatant  que  le  nombre  des  Lælio- 
Cattleya,  par  exemple,  s’accroît  de  plus  en 
plus,  faisait  remarquer,  dernièrement,  dans 
la  Revue  de  VHorticuUure  helge^  que, 
lorsqu’il  s’agit  d’hybrides  obtenus  de  di- 
verses parts  par  le  croisement  d’espèces 
identiques,  on  aboutit  souvent  à des  formes 
similaires.  Aussi,  nous  ne  pouvons  que 
l’approuver  lorsqu’il  conclut  à la  néces- 
sité de  s’entendre  dans  le  monde  horticole 
et  d’admettre  ce  que  demandait  le  bota- 
niste M.  Rolfe,  et  ce  qu’il  a formulé  en 
ces  termes  : ne  créer  qu’un  seul  hybride 
pour  les  différents  croisements  obtenus 
entre  deux  espèces  données.  Les  différences 
que  ces  croisements  pourraient  présenter  ne 
seraient  plus  considérées  que  comme  des 
sous-variétés.  Mais  on  aurait  alors  à lutter 
contre  l’amour-propre  des  semeurs  et  l’esprit 

^ Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  275. 


mercantile  ! Aura-t-on,  à Gand,  la  possi- 
bilité de  « voir  clair  » dans  la  confusion 
actuelle  ? 

Quoiqu’il  en  soit,  un  certain  nombre  de 
plantes  obtenues  par  l’hybridation,  ainsi 
que  d’autres  plus  ou  moins  récemment 
introduites,  présentées  par  des  horticulteurs 
ou  des  amateurs  étrangers,  au  Temple  Show 
et  à Hambourg,  méritent  d’ores  et  déjà 
d’être  signalées. 

1"  A l’Exposition  de  Hambourg 

Azalea  rustica  flore  pleno  Amalia  Rei- 
chers,  exposé  par  M.  Reichers.  Fleur  très- 
pleine,  rose  saumoné  ; pétales  bordés  de 
blanc. 

Caladium  albanense,  feuilles  longues  et 
étroites,  rouge  sombre  marginé  de  vert  ; 

Canna  Sanderæ,  remarquable  par  son 
coloris  blanc  jaunâtre  avec  nuances  longitu- 
dinales plus  blanches  et  marginé  de  rouge 
vif; 

Dracæna  Godseffîana.  Ces  trois  plantes 
présentées  par  MM.  Sander  et  G»®.  Ce  Dra- 
gonnier,  introduit  du  Lagos,  fut  déjà 
exposé  à Gand  en  1893  par  MM.  Sander. 
Remarquable  au  point  de  vue  horticole 
par  son  feuillage  élégant,  d’un  beau  vert 
panaché  de  nombreuses  macules  blanches  ; 
il  ne  paraît  pas  cependant  avoir  été  répandu 
dans  les  cultures.  La  Revue  horticole  l’a 
signalé  en  1893,  puis  en  1895  Il  a été 
décrit  ainsi  en  1894  par  M.  J.  Baker  : 
((  Tiges  grêles,  glabres,  dressées,  dont  plu- 
sieurs nœuds  ne  portent  que  de  petites 
feuilles  dressées,  lancéolées,  appliquées 
contre  la  tige  ; les  autres  nœuds  portent 
souvent  trois  feuilles  en  verticilles,  étalées, 
oblongues  ou  ovales,  cuspidées,  sessiles, 
longues  de  0^015  à 0"*10,  larges,  au- 
dessous  de  leur  milieu,  de  0™035  à 
0™050,  fermes  de  texture  et  persistantes, 
d’un  beau  vert  panaché  de  nombreuses 
macules  blanches.  Grappes  de  fruits  ter- 
minales, à pédoncule  court  ; bractées 
très-petites  ; fruits  globuleux,  jaune  ver- 

2 Voir  Revue  horticole,  1893,  p.  201  ; 1895, 
p.  148. 


LES  PLANTES  NOUVELLES  AUX  EXPOSITIONS  ÉTRANGÈRES. 


431 


dâtre,  ayant  près  de  25  millimètres  de  dia- 
mètre \ » 

Miltonia  vexillaria  radiata  Hyeana, 
pourvu  d’un  joli  disque  pourpre  sur  le  plat 
du  labelle  ; présenté  à Hambourg  et  au 
Temple  Show  par  M.  Peeters. 

2®  A l’Exposition  de  Temple  Show 

ORCHIDÉES 

Cattleya  Mendeli  Shawiaiia,  remar- 
quable par  sa  nuance  blanc  délicatement 
teinté  de  rose,  obtenu  par  M.  Shaw. 

C.  Mossiæ  Empress  Queen,  au  labelle 
énorme  ; Princesse  de  Galles^  au  labelle 
pourpre  et  or  ; mortebeekensis^  pourpre 
plus  vif  et  jaune  clair;  Ami  Alexis,  rose 
pâle  et  jaune  foncé  ; ces  quatre  plantes  de 
l’établissement  Linden. 

Cattleya  intermedia,  var.,  forme  pres- 
que double  : deux  labelles  sont  emboîtés 
l’un  dans  l’autre  ; de  M.  Ashworth. 

Lælia  purpurata  Ashworthiana,  aux 
sépales  latéraux  d’un  développement  aussi 
large  que  le  labelle  et  richement  colorés, 
obtenu  par  M.  Ashworth  et  décrit  dans  le 
Gardeners'  Chronicle  en  1896. 

L.  purpurata  hella,  très-éclatant  ; Rossi, 
de  nuance  plus  tendre,  et  Millisiana,  au 
labelle  délicatement  nuancé  ; présentés  par 
MM.  Lewis  et 

Lælio- Cattleya  Electra  {L.  purpurata 
X C.  Percivaliana),  sépales  et  pétales  rose 
foncé,  labelle  cramoisi-pourpre  passant  au 
vert  au  fond  de  la  gorge  ; exposé  par  M.  G. 
J.  Ingram. 

L.-C.  D.  S.  Brown  (L.  X elegans  X C. 
Trianæ),  labelle  très-étalé,  cramoisi-pour- 
pre, avec  macule  jaune  d’or  à la  gorge. 

L.-C.  The  Queen,  labelle  d’un  rubis  très- 
velouté  avec  macule  orangée  ; tous  deux  de 
MM.  Sander  et  G‘®. 

L.-C.  Lady  Wig an  {L.  purpurata  Rus- 
selliana  X C.  Mossiæ  aurea),  pièces  du 
périanthe  toutes  sur  le  même  plan,  blanc 
rosé,  labelle  très-bien  fait,  au  contour  régu- 
lièrement arrondi,  pétales  frangés,  limbe 
du  labelle  pourpre,  gorge  jaune.  Exposé 
par  MM.  Gharleswqrth  et  G^e. 

L.-C.  tyntesfieldei^sis  (L.9  X C.  Do- 
lüiana?),  sépales  et  pétales  blanc  crème, 
veinés  et  nuancés  de  rose  ; labelle  frangé, 
rubis  velouté,  avec  macule  jaune  à la  gorge; 
présenté  par  M.  G.  W.  Law-Schoffîeld. 

Miltonia  vexillaria  radiata  Hyeana, 

1 Journal  de  la  Société  nationale  d’Hort.  de 
France,  1894  (reproduit  du  Gardeners*  Chronicle, 
1894). 


cité  plus  haut,  et  M.  vexillaria  virginalis, 
d’un  blanc  extrêmement  pur  ; présentés 
par  M.  Peeters. 

Odontoglosum  crispum  Peetersii,  sépales 
et  pétales  également  maculés  de  pourpre,  de 
M.  Peeters.  — O.  Princess  of  Wales, 
remarquable  par  ses  grandes  et  nombreuses 
fleurs,  d’un  blanc  très-pur  ; exposé  par 
M.  le  duc  de  Sutherland.  — O.  Queen 
Victoria,  au  pointillé  très-apparent  et  très- 
foncé,  de  MM.  Hugh  Low  et  Ci®.  — O.  Pré- 
sident Faure,  rouge,  rose  et  blanc,  et  O. 
crispum  Reine  des  Belges,  blanc  pur,  de 
l’établissement  Linden.  — O.  Starlight, 
fleurs  grandes,  blanc  rosé,  recouvertes  d’une 
quantité  de  points  bruns  ; pétales  frangés  ; 
de  M.  Brooman-White.  — O.  Sanderia- 
num,  blanc  rougeâtre  pointillé  de  pourpre 
sur  toute  l’étendue  de  la  fleur,  et  O.  luteo- 
purpureum  Veryls  peakeanum,  d’un 
jaune  particulièrement  vif  ; tous  deux  du 
baron  Schrœder. 

O.  Pescatorei  imgjeriale,  à large  fleur 
recouverte  d’un  gros  pointillé  pourpre  ; 
de  MM.  Linden  et  G^®. 

PLANTES  DIVERSES. 

Adiantum  æthiopicum  aureum.  Char- 
mante Capillaire,  introduite  de  l’État  libre 
d’Orange.  Feuillage  jaune,  sauf  sur  l’extré- 
mité des  pinnules,  rachis  noir,  port  léger 
et  élégant  ; exposée  par  M.  Birkenhead.  — 

Azalea  rustica  flore  pleno  Freya,  de 
nuance  saumon  rosé  ; par  MM.  Veitch 
et  fils. 

Bégonias  tubéreux  à fleurs  doubles  : Dia- 
mond Juhilee,  jaune  vif,  et  Queen  of 
Queens,  jaune  abricot,  présentés  par  M.  J. 
B.  Box;  Duchess  o f Marlborough,  k (\eur 
aussi  bien  faite  qu’un  Gamellia,  rose  sau- 
moné ; par  MM.  John  Laing  et  fils. 

Galadiums  de  semis,  obtenus  par  M.  Peed  ; 
six  nouveautés  dont  voici  les  plus  distinctes  : 
Duchess  of  Teck,  aux  feuilles  d’un  blanc 
laiteux,  avec  une  macule  rougeâtre  à l’ex- 
trémité du  pétiole,  et  s’étendant  parfois 
sur  les  veines  ; Thomas  Peed,  plante  naine 
et  compacte,  aux  feuilles  larges  d’environ 
10  centimètres  sur  15  centimètres  de  long, 
rose  .brillant  veiné  de  carmin,  avec  du  vert 
en  marge. 

Clematis  coccinea,  var.  Duchess  of  Al- 
hany,  rose  avec  macule  longitudinale  rouge 
sur  chaque  segment  ; Countess  of  Onslow, 
cramoisi  foncé,  et  Duchess  of  York,  blanc 
rosé  avec  macule  rose  vif  ; obtentions  de 
M.  Jackman. 


432  ORDONNANCE  CONCERNANT  LA  VENTE 

Croton  Her  Majesty,  présenté  par  MM. 
Fischer  et  Sibray.  Port  élégant,  feuilles 
longues  et  étroites,  jaune  foncé  sur  la 
première  moitié  de  leur  longueur,  lors 
qu’elles  sont  bien  développées  ; le  jaune 
s’épanchant  parfois  en  macules  sur  la  moitié 
verte. 

hybrides,  de  MM.  J.  Veitch 
et  fils  ; parmi  de  nombreux  semis,  les  deux 


EN  GROS  DES  FRUITS  ET  LÉGUMES. 

suivants  ont  obtenu  un  certificat  de  mérite  : 
Adonis,  rose  tendre,  eiSyren,  rose  panaché 
de  saumon,  centre  rose  foncé. 

Rose  Thé  Princess  Alexandra  of  Russia, 
coloris  d’un  riche  rouge  laque  reflété  de 
saumon  cuivré  ; exposée  par  MM.  Paul  et 
fils.  C’est,  dit  le  Gardeners'  Chronicle,  en 
fait  de  Roses,  la  seule  nouveauté  remar- 
quable de  l’exposition.  J.  Fr.  Favard. 


PARTIE  OFFICIELLE 

ORDONNANCE  CONCERNANT  LA  VENTE  EN  GROS  DES  FRUITS  ET  LÉGUMES 

AUX  HALLES  DE  PARIS 


Paris,  le  20  juillet  1897. 

Nous,  Préfet  du  police. 

Vu  : 1»  La  loi  des  15-24  août  1790  (titre  XI), 
et  celle  des  19-22  juillet  1791  ; 

2o  La  loi  du  11  juin  1896  sur  les  Halles 
centrales  et  le  décret  du  23  avril  1897,  rendu 
pour  son  exécution  ; 

3®  Les  arrêtés  réglementaires  en  date  des 
28  novembre  1 893,  17  octobre  et  28  novembre 
1896; 

4°  L’ordonnance  du  30  décembre  1865  con- 
cernant la  police  des  marchés  publics  ; 

Ordonnons  ce  qui  suit  : 

Article  premier.  — Le  marché  en  gros  des 
fruits  et  légumes  et  des  grains  et  farines  se 
tiendra  tous  les  jours. 

Les  ventes  des  fruits  et  légumes  auront  lieu 
de  quatre  heures  à dix  heures,  du  l^r  avril  au 
30  septembre  ; de  cinq  heures  à dix  heures 
du  lcr  octobre  au  31  mars. 

Art.  2.  — L’ouverture  et  la  clôture  des 
ventes  seront  annoncées  à son  de  cloche. 

Il  est  interdit  d’opérer  des  transactions  en 
dehors  des  heures  réglementaires. 

Art.  3.  — En  cas  de  retard  des  arrivages 
par  chemins  de  fer,  les  agents  des  deux  pré- 
fectures, après  s’être  concertés,  pourront  re- 
tarder la  clôture  des  ventes. 

Art.  4.  — A l’exception  des  préposés  de 
l’Administration,  des  expéditeurs  justifiant  de 
leur  qualité,  des  mandataires  et  de  leurs  em- 
ployés qui  seront  munis  d’une  carte  d’identité 
signée  d’un  mandataire  et  visée  par  l’inspec- 
teur principal  du  pavillon,  il  est  interdit  à 
toute  personne  de  pénétrer  sur  le  marché  en 
dehors  des  heures  de  vente. 

11  est  également  interdit  de  stationner  sans 
nécessité  sur  le  marché  pendant  la  durée  des 
ventes. 

Art.  5.  — Toutes  les  personnes  étrangères 
aux  services  de  l’Administration  et  au  person- 
nel des  mandataires  devront  quitter  le  pavil- 
lon immédiatement  après  la  clôture  des  ventes 
annoncée  à son  de  cloche.  Le  marché  devra 
être  fermé  un  quart  d’heure  avant  la  clôture 
des  ventes. 


Art.  6.  — La  décharge  et  la  manutention 
des  marchandises  amenées  sur  le  marché, 
la  garde  des  marchandises  mises  en  res- 
serre ou  en  consigne  et  la  livraison  aux  ache- 
teurs seront  exclusivement  effectuées  par  les 
forts. 

L’intervention  de  ces  ouvriers  peut,  en 
outre,  être  demandée  par  les  acquéreurs  pour 
le  comptage  des  fruits  et  légumes  vendus  au 
nombre.  Ge  contrôle  est  effectué  en  présence 
du  mandataire  dans  le  poste  de  vente. 

Le  service  de  ces  ouvriers  ainsi  que  le  tarif 
de  leurs  salaires  sont  déterminés  par  la  con- 
signe et  le  tableau  annexés  à la  présente 
ordonnance. 

Art.  7.  — Les  marchandises  seront  ven- 
dues dans  leur  emballage  d’origine  à l’ex- 
ception des  Pommes  de  terre  d’Afrique 
expédiées  en  tonneaux  qui  pourront  être  ven- 
dues par  25  kilogrammes,  et  des  Oranges,  Ci- 
trons et  Mandarines  expédiés  en  caisse,  baril 
ou  en  vrac,  qui  pourront  être  vendus  par  cent 
fruits. 

Art.  8.  — Les  marchandises  destinées  à 
être  vendues  au  poids  seront  pesées  avant 
la  proclamation  de  la  vente.  Un  bulletin 
indiquant  le  poids  brut  sera  placé  sur  chaque 
colis. 

Les  expéditeurs  seront  tenus  de  faire  con- 
naître sur  chaque  colis  le  poids  représentant  la 
tare. 

En  cas  d’omission  de  cette  prescription,  la 
tare  sera  déterminée  par  celles  des  embal- 
lages de  mêmes  nature  et  dimension  où  elle 
sera  faite  approximativement  s’il  n’existe  pas 
de  point  de  comparaison  au  moment  de  la 
vente. 

Le  poids  de  la  tare  sera  indiqué  sur  le 
bulletin  de  pesage  donnant  déjà  le  poids  brut. 

Le  colis  contenant  des  marchandises  desti- 
nées à être  vendues  au  nombre  ou  à la  me- 
sure, seront  pourvus  d’une  note  indicative  de 
leur  contenance. 

Pour  les  fruits  forcés  vendus  au  poids, 
chaque  colis  d’emballage  devra  porter  en 
chiffres  apparents,  le  poids  net  de  la  mar- 
chandise contenue  dans  le  colis. 


ORDONNANCE  CONCERNANT  LA  VENTE  EN  GROS  DES  FRUITS  ET  LÉGUMES.  433 


Les  indications  de  tare  et  de  contenance 
devront  être  reproduites  par  les  expéditeurs 
sur  les  lettres  d’envoi  adressées  aux  manda- 
taires , 

Art.  9.  — Il  est  expressément  défendu  de 
mettre  au  fond  des  paniers  ou  de  tout  autre 
colis,  des  fruits  ou  autres  denrées  d’une  espèce 
ou  d’une  qualité  inférieure  à celles  qui  sont 
au-dessus. 

Il  est  également  défendu  de  mettre  au  fond 
des  paniers,  contenant  des  fruits  ou  légumes 
destinés  à être  vendus  en  bloc  par  colis,  tel 
qu’il  se  comporte,  des  matières  d’emballage 
dans  des  proportions  exagérées,  inutiles  à la 
conservation  des  fruits  ou  légumes,  et  de 
nature  à fausser  l’évaluation  du  contenu  des- 
dits paniers. 

Les  marchandises  vendues  au  volume,  en 
mannes  ou  à bottes,  doivent,  lors  de  la  con- 
fection des  colis  ou  des  bottes,  être  disposées 
de  façon  à éviter  les  vides  et  à donner,  par  le 
seul  aspect  de  l’emballage  ou  du  bottelage, 
l’idée  exacte  du  volume  de  la  marchandise. 

Les  infractions  seront  constatées  et  déférées, 
s’il  y a lieu,  au  Tribunal  correctionnel. 

Les  dispositions  du  présent  article  et  de  l’ar- 
ticle précédent  seront  portées  à la  connaissance 
des  expéditeurs  par  les  mandataires  qui  les 
représentent  sur  le  marché . 

Art.  10.  — Les  inspecteurs  du  marché 
examineront  les  marchandises  mises  en  vente 
et  saisiront  celles  qui  seraient  impropres  à la 
consommation. 

Art.  11.  — Tout  expéditeur  qui  voudra  fixer 
le  prix  minimum  de  ses  marchandises  devra  le 
faire  par  lettre  ou  télégramme  adressé  à son 
mandataire  avant  l’ouverture  des  ventes. 

Art.  12.  — Le  mandataire,  en  mettant  un  ou 
plusieurs  colis  en  vente,  devra  annoncer  la 
nature  et  l’espèce  ainsi  que  le  poids  net  de  la 
marchandise,  si  la  vente  a lieu  au  poids  ; le 
nombre  ou  la  mesure,  s’il  s’agit  de  l’un  de  ces 
deux  modes  de  vente. 

Il  fera  connaître,  en  outre,  si  le  colis  est 
vendu  en  bloc  et  tel  qu’il  se  comporte. 

Dans  le  cas  de  mise  en  vente  de  plusieurs 
colis  en  bloc,  le  mandataire  fixera  la  mise  à 
prix  pour  l’ensemble  du  lot. 

Art.  13.  — Les  marchandises  pour  les- 
quelles le  mandataire  aura  fixé  une  mise  à 
prix  en  s’adressant  impersonnellement  à plu- 
sieurs acheteurs  réunis,  seront  considérées 
comme  mises  en  vente  à la  criée  et  devront  être 
adjugées  au  plus  offrant. 

Le  mandataire  est  alors  tenu  d’agréer  la 
première  offre  de  mise  à prix  et  les  enchères 
successives,  aboutissant  à une  adjudication. 

Pour  les  ventes  à la  criée,  les  enchères  se 
prendront  . 

Par  0 fr.  10  c.  au-dessous  de  5 francs  ; 

Par  0 fr.  25  c.  de  5 à 10  francs. 

Par  0 fr.  60  c.  de  10  à 20  francs  ; 

Et  par  1 franc  au-dessus  de  cette  somme. 

Art.  14.  — Pour  faciliter  le  contrôle  au  mo- 


ment de  la  livraison  des  marchandises  à la 
grille  du  pavillon  ou  dans  le  parc  de  consigne, 
les  mandataires  délivreront  aux  acquéreurs  une 
note  d’achat  portant  les  indications  suffisantes 
pour  établir  leur  concordance  avec  le  volant 
n^’  1 du  carnet  à souches. 

Le  lot  ne  sera  délivré  par  les  forts  que  sur 
la  présentation  de  ce  bulletin  qui  restera  entre 
leurs  mains. 

Art.  15.  — Il  est  interdit  de  transporter  les 
marchandises  d’un  poste  dans  un  autre. 

Dans  l’intérêt  du  bon  ordre  et  de  la  circula- 
tion, lorsqu’un  mandataire  recevra  plus  de 
marchandises  que  son  poste  ne  peut  en  conte- 
nir, le  trop  plein  sera  momentanément  déposé, 
après  entente  avec  le  représentant  de  la  préfec- 
ture de  la  Seine,  dans  les  dépendances  d’un 
des  postes  les  moins  encombrés,  mais  ne 
pourra  être  vendu  que  sur  le  banc  de  vente  du 
mandataire  auquel  la  marchandise  est  adres- 
sée. 

Art.  16.  — Il  est  expressément  défendu  aux 
employés  et  aux  ouvriers  du  marché,  qui  appar- 
tiennent à la  préfecture  de  police  d’y  acheter 
des  denrées  pour  leur  propre  compte  ou  pour 
le  compte  d’autrui . 

La  même  défense  est  faite  aux  employés  des 
mandataires. 

Art.  17.  — La  déclaration  de  resserre  et  le 
résumé  des  opérations  prescrits  par  les  articles 
47  et  53  du  décret  du  23  avril  1897,  seront  éta- 
blis conformément  aux  modèles  annexés  à la 
présente  ordonnance. 

La  déclaration  de  resserre  sera  remise,  aus- 
sitôt après  la  clôture  des  ventes,  pour  le  con- 
trôle des  marchandises,  au  syndic  des  forts  de 
garde,  qui  la  tiendra  à la  disposition  de  l’ins- 
pecteur principal. 

Le  résumé  des  opérations  sera  remis  à l’ins- 
pecteur pi  incipal  le  lendemain,  avant  l’ouver- 
ture des  ventes. 

Art.  18.  — Il  est  interdit  aux  mandataires 
d’introduire  sur  le  marché,  en  dehors  du  ma- 
tériel prévu  à l’article  18  du  décret  du  23  avril 
1897,  des  objets  tels  que  tables,  balances,  etc., 
sans  en  avoir  préalablement  obtenu  l’autorisa- 
tion. 

Les  demandes  adressées  à cet  effet  à l’admi- 
nistration devront  indiquer  la  nature  et  la 
dimension  des  objets. 

Art.  19.  — Les  dispositions  générales  de 
l’ordonnance  du  30  décembre  1865  concernant 
la  police  des  marchés  publics  sont  applicables 
sur  le  marché  de  la  vente  en  gros  des  fruits  et 
légumes. 

Art.  20.  — Les  contraventions  seront  consta- 
tées par  des  procès-verbaux  ou  rapports  qui 
nous  seront  adressés  à telles  fins  que  de  droit. 

Art.  21.  — Sont  abrogés  : 

lo  L’ordonnance  de  police  du  18  m.ai  1855; 

2°  L’arrêté  du  2 avril  1837  et  les  décisions 
des  17  novembre  1876,  4 novembre  1878  et 
18  juin  1885  fixant  le  tarif  du  salaire  des  forts; 

3o  Les  règlements  ou  décisions  antérieurs 


434 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D'HORTICULTURE  DE  FRANCE. 


qui  déterminent  les  heures  d’ouverture  et  de 
clôture  du  marché  ainsi  que  le  minimum  des 
lots. 

Art.  22.  — La  présente  ordonnance  sera  im- 
primée, publiée  et  affichée. 

L’inspecteur  divisionnaire  des  halles  et  des 
marchés,  le  commissaire  spécial  des  Halles, 
l’inspecteur  principal  et  les  inspecteurs  de  la 


vente  en  gros  des  fruits  et  légumes,  sont  char~ 
gés,  chacun  en  ce  qui  le  concerne,  d’en  assu- 
rer l’exécution. 

Le  Préfet  de  police^ 
Lépine. 

Par  le  Préfet  de  police  : 

Le  Secrétaire  général^ 

E.  Laurent. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  26  AOUT  1897 


Floriculture 

Le  plus  fort  et  le  plus  intéressant  des 
apports  était  celui  de  MM.  Cayeux  et 
Leclerc,  consistant  surtout  en  Dahlias  nou- 
veaux, récents,  ou  importés.  Dans  les  Dahlias 
« Cactus  » doubles  inédits,  on  notait  : Ma- 
dame Léon  Leclerc,  jaune  ; Tante  Aline,  gro- 
seille, de  formes  parfaites  ; Souvenir  de  Ger- 
maine, incurvé  cramoisi  ; J. -B.  Jusseau,  qui 
se  couvre  d’une  multitude  de  fleurs  jaune 
taché  feu  ; Béatrice  Martin,  blanc  légèrement 
rosé,  aux  ligules  mucronées  ; Matchless, 
marron  noir  aux  ligules  acuminées  ; Aurora, 
très-florifère  feu  ; CannelVs  Gem,  aussi  flori- 
fère et  de  même  couleur  que  le  précédent, 
mais  à fleurs  plus  grosses  ; Monsieur  L. 
Grenthe,  semis  de  M.  Forgeot,  aux  ligules 
étroites,  etc.  Les  variétés  : Madame  Léon 
J^eclerc,  Tante  Aline,  Souvenir  de  Germaine, 
sont,  avec  Mistress  Francis  Fell,  dont  le  port  est 
infléchi,  issues  de  la  variété  anglaise  Mistress 
Peart  et  en  sont  de  bonnes  améliorations.  Il 
faut  noter  aussi  une  superbe  nouveauté,  non 
encore  dénommée,  le  n°  229,  dont  les  ligules 
sont  curieusement  contournées,  et  dont  la  cou- 
leur est  d’un  cramoisi  intense  et  très-velouté. 

Dans  la  série  des  Dahlias  dits  décoratifs  (de 
forme  intermédiaire  entre  les  Dahlias-Cactus 
et  les  anciens  à grosses  formes  pleines),  il 
faut  surtout  mentionner  la  variété  : Gloire  de 
Paris  (Cayeux),  déjà  admirée  en  1896  \ et  Le 
Colosse  (Chrétien^,  rouge  ponceau  aux  ligules 
pointues;  toutes  deux  d’un  énorme  diamètre; 
Grand-duc  Alexis,  blanc  pointé  rose,  l’extré- 
mité de  chaque  ligule  tronquée,  réunissant  ce- 
pendant ses  deux  coins  de  manière  à former  une 
collerette  ou  un  croissant  presque  fermé  ; Le 
Siam,  rose  gouaché  blanc,  avec  des  points  et 
des  macules  palissandre;  Madame  Auguste 
Nonin  (de  Reydellet),  blanc  rosé  énorme  ; 
Hermann  Schubert,  rose  vif  à cœur  jaune  ; 
Distinction,  mauve  brillant,  excellent  pour  la 
fleur  coupée,  etc. 

Enfin,  les  mêmes  présentateurs  montraient 
une  charmante  Composée-Radiée,  le  Stokesia 
cyanea,  au  large  capitule  bleu  de  ciel  à cœur 

^ V.  Revue  horticole,  1896,  p.  461.  Lire  : Gloire 
de  Paris  au  lieu  de  ; Gloire  de  Dijon. 


jaune  ; cette  plante,  demi-naine,  robuste,  au 
port  roide  et  de  bonne  tenue,  dont  la  Revue  a 
parlé  si  souvent  et  dont  elle  a publié  une 
planche  coloriée  en  1863,  p.  211,  mériterait 
d’être  plus  répandue  qu’elle  ne  l’est. 

Un  nouveau  et  méritant  Bégonia  tubéreux 
à fleurs  doubles  carmin  vif  était  présenté  par 
M.  Arnould  : c’est  le  Triomphe  de  Savigny. 
Son  port  est  érigé  ; ses  feuilles  sont  larges, 
vert  foncé,  légèrement  veloutées  ; ses  fleurs  me- 
surent jusqu’à  12  centimètres  de  diamètre. 
MM.  Lheureux  et  Opoix  présentaient  aussi  un 
Bégonia  du  groupe  des  B.  semperflo7'ens, 
nain  compact  à fleurs  blanches  : Germaine 
Lheureux. 

Les  Pétunias  hybrides  à grandes  fleurs  fran- 
gées, séparées  par  couleurs  distinctes  de 
M.  Massé,  sont  vraiment  remarquables,  étant 
donné  qu’il  s’agit  d’une  seconde  floraison.  La 
Véronique  naine  Perle  des  Blanches,  de 
M.  Henry,  à Vincennes,  pourra  être  une 
bonne  plante  de  marché. 

Mentionnons  aussi  une  belle  collection  de 
Glaïeuls  de  M.  David  et  l’Anthémis  Etoile 
d'or  vraie,  de  M.  Gillard  ; nous  l’engageons 
vivement  à multiplier  cette  variété,  dont  on  ne 
possède  la  plupart  du  temps  que  des  dégéné- 
rescences. 

Orchidées 

Une  seule  présentation  de  M.  Poirier,  un 
bel  Oncidium  Forbesii,  bien  pointillé  sur  ton 
cuivre  et  un  Cypripedium  Veitchii  X Dau- 
thierii  Madame  Silva  Freire  : sépale  dorsal 
blanc,  labelle  lie  de  vin  clair,  pétales  latéraux 
blanc  lavé  lie  de  vin  rayé  palissandre. 

Arboriculture  d’ornement 

M.  Ballet  continue  à nous  montrer  ses 
Pommes  microcarpes;  les  variétés  : Orange 
Transcendant  et  Général  Grant  sont  d’impor- 
tation américaine.  Elles  sont  très  rustiques, 
robustes  et  se  chargent  au  printemps  d’une 
jolie  floraison.  Nous  notons  aussi  les  variétés: 
Cerise,  translucens,  turbinata,  etc. 

Arboriculture  fruitière 

M.  Goulombier  présentait  une  série  de 
belles  Pêches  qui  lui  furent  transmises  par  le 


CORRESPONDANCE. 


regretté  Alexis  Lepère  : La  France,  sortie 
à'Early  Rivers,  mais  plus  vigoureuse  ; Impé- 
ratrice Eugénie,  qui  fut  obtenue  par  Grain- 
dorge  ; Marie  Talabot,  obtenue  par  Talabot, 
de  très-gros  volume  ; Coulombier  et  Belle 
Henri  Finaud,  qui  furent  mises  au  commerce 
par  Alexis  Lepère. 

La  Prune  Abbaye  d'Arton,  que  recommande 
M.  Michelin,  n’est  pas  une  Quetsche  comme 
on  le  croyait  tout  d’abord,  mais  une  belle  et 
bonne  forme  de  Prune  d^Agen. 

M.  Charles  Baltet  présentait  les  Poires 
Docteur  Jules  Guyot,  Triomphe  de  Vienne 
qui  se  bronze  notablement  quand  elle  est 
privée  d’air,  et  Kirtland's  Seckel.  Cette  der- 
nière, jugée  bonne,  est  d’importation  améri- 
caine. Nous  la  retrouvons  décrite  dès  1867, 
dans  la  Pomologie  d’André  Leroy,  où  elle  est 
appréciée  très-bonne,  sous  le  nom  de  Beurré 
Kirtland  (syn  : Seedlmg  Seckel,  Kirtland’s 
seedling).  Elle  provient  d’un  semis  de  la 
Poire  Seckel,  fait  par  H.  T.  Kirtland,  de  Po- 
land  (Ohio).  Le  pied-type  donna  ses  premiers 
fruits  en  1850  ou  1851. 

Mentionnons  enfin  une  belle  corbeille  de 
Pêches  Alexis  Lepère,  de  M.  Ledoux,  les  Pê- 
ches Wheatland,  de  M.  Boucher  et  les  Prunes 
de  semis  de  M.  Minguet;  celles-là  devront 
être  jugées  de  nouveau  après  greffage. 

Culture  potagère 

Suite  de  la  Fraise  Jeanne  d’Arc,  que  M.  Le- 
fort  nous  montre,  à chaque  séance,  entrain  de 
marcher,  comme  au  cinématographe  : chaque 
coulant  parti  directement  du  pied-mère  en  a 
rapidement  donné  trois  autres.  Ces  trois  cou- 
lants ont  donné,  dans  l’espace  d’un  mois  seu- 
lement, de  jeunes  plants  qui  ont  très  vite 
passé  à l’état  de  grosses  touffes  couvertes  de 
fruits.  C’est  ainsi  que  le  pied  primitif  s’entoure, 
dans  l’espacé  de  deux  mois,  d’une  vingtaine 
de  pieds  secondaires  et  tertiaires  ; chacune  de 
ces  deux  générations  fructifiera  pendant  six 
semaines. 

M.  Louis  Gauthier  envoie  des  filets  remon- 


435 

tants  de  sa  Fraise  Louis  Gauthier.  L’obtenteur 
garantit  60  p.  100  de  filets  remontants. 

P.-S.  — Nous  avons  reçu  de  M.  Fichot, 
secrétaire  du  jury  du  dernier  concours  de  flo- 
riculture,  la  lettre  suivante  : 

« Je  viens  de  lire  dans  le  compte  rendu  de  la 
la  séance  du  ‘22  juillet,  une  phrase  dans  laquelle 
il  est  dit  que  le  jury  du  concours  organisé  parla 
Société  d’horticulture  de  France  aurait  refusé  de 
juger  les  Roses  exposées  par  M.  Rothberg  sous 
prétexte  que  les  Roses  ne  sont  pas  des  fleurs  de 
saison,  en  ajoutant  : ceci  prouve  qu'il  faut  s'at- 
tendre à tout  ? 

« Comme  secrétaire  de  ce  jury,  je  vous  prie  de 
rectifier  cet  article  en  disant  que  le  jury  avait  le 
désir  de  récompenser  ce  joli  apport,  mais  que 
l’exposant  n’étant  pas  inscrit  dans  ce  concours,  le 
jury  ne  pouvait  statuer  et  qu’il  devait  être  renvoyé 
à la  section  des  Roses.  » 

Nous  sommes  très  heureux  d’apprendre  que 
le  jury  avait  le  désir  de  récompenser  l’apport 
de  M.  Rothberg,  mais  nous  regrettons  qu’il 
n’en  ait  pas  vu  le  moyen. 

Il  est  possible  que  la  création  récente  de 
sections  de  Chrysanthèmes  et  de  Roses  ait 
pour  résultat  de  renvoyer  à des  sections  spé- 
ciales tout  apport  de  Chrysanthèmes  ou  de 
Roses  ; mais  il  faudrait  que  ce  fût  bien  entendu 
à l’avance.  Or  nous  ne  pensons  pas  qu’aucune 
décision  de  ce  genre  ait  été  prise  jusqu’ici  par 
le  Conseil  d’administration  de  la  Société,  et 
nous  persistons  à croire  qu’à  moins  d’indica- 
tion contraire  bien  précise,  quand  on  appelle 
à un  concours  public  le  22  juillet,  les  fleurs 
de  saison,  les  Roses  ont  quelque  droit  d’y  être 
admises. 

Quant  à l’argument  tiré  de  ce  que  l’expo- 
sant n’était  pas  inscrit  pour  ce  concours,  nous 
avons  vu  trop  souvent  les  inscriptions  se  faire 
au  moment  même  des  apports,  pour  que 
nous  nous  y arrêtions.  On  pourrait  évi- 
demment prendre  aussi,  à ce  point  de  vue,  des 
décisions  précises,  mais  il  faudrait  alors 
qu’elles  fussent  connues  d’avance,  et  surtout 
qu’elles  fussent  toujours  exécutées. 

H.  Dauthenay. 


CORRESPONDANCE 


iVo  4598  {Morbihan).  — Nous  avons  dû 
faire  des  recherches  assez  longues  pour  trou- 
ver le  nom  de  la  plante  dont  vous  nous  aviez 
envoyé  un  petit  fragment.  C’est  par  hasard  que 
nous  venons  de  la  rencontrer  et  nous  pouvons 
vous  donner  son  nom.  C’est  VOzothamnus 
rosmarinifolius,  qui  doit  être  rustique  chez 
vous  comme  il  l’est  dans  le  Sud  de  l’Angle- 
terre. 

Il  n’est  pas  rare  de  voir  le  Cobæa  scandens 
résister  aux  hivers  doux  de  l’Ouest  et  s’y  cou- 
vrir pendant  plusieurs  années  de  fleurs  et  de 
fruits. 


iV®  3386  {Loir-et-Cher).  — Le  Musa  japo- 
nica  peut  être  changé  de  place  sans  qu’on 
risque  de  perdre  la  plante.  La  meilleure  saison 
pour  cela  est  le  printemps.  Cette  espèce  est 
rustique  et  passe  l’hiver  dehors  à condition 
que  la  base  du  tronc  soit  entourée  d’un  amas 
de  feuilles.  Seules,  les  feuilles  sont  atteintes 
par  le  froid  et  tombent  ; mais  comme  il  en 
repousse  de  nouvelles  au  pi  intemps,  cela  n’en- 
traîne aucunement  la  mort  de  la  plante. 

(H.  D.) 


JVo  4151  {Maine-et-Loire).  — La  galle  que 


CORRESPONDA.NCE. 


436 

vous  nous  avez  envoyée  est  la  maladie  connue 
sous  le  nom  de  Broussin  de  la  vigne.  On 
admet  généralement  qu’elle  est  produite  par 
les  gelées.  Pour  le  combattre,  il  faut  rabattre 
les  ceps  au-dessous  de  l’insertion  de  la  gros- 
seur, et  si  le  mal  persiste  il  n’y  a rien  à faire, 
il  faut  arracher  la  vigne  et  planter  dans  un 
autre  terrain  moins  exposé  au  soleil. 

2»  Les  arbres  dont  vous  nous  demandez  les 
noms  sont  l’un,  celui  à feuilles  grises,  le  Mû- 
rier  à papier  (Broussonetia  papyrifera)  et 
l’autre  le  Mûrier  blanc,  variété  à grandes 
feuilles.  Le  premier  n’est  qu’un  arbre  d’orne- 
ment et  le  second,  tout  en  étant  aussi  orne- 
mentental  peut  servir  à Télevage  des  vers  à 
soie.  — (P.  M.) 

IV®  i548  [Lot-et-Garonne).  — Les  Bouvar- 
dias  demandent  la  serre  chaude.  En  hiver,  on 
en  fait  des  boutures  qu’on  pique  en  pots  placés 
sur  couche  chaude  ; aussitôt  enracinées,  on 
empote  ces  boutures  séparément  et  on  les 
maintient  à la  chaleur.  Leur  végétation  étant 
rapide  et  vigoureuse,  il  y a lieu  de  pincer 
plusieurs  lois.  On  rempote  ensuite  une  seconde 
fois  en  {)ots  bien  drainés  avec  des  sphagnum 
au-dessus  des  tessons,  le  compost  sera  formé 
de  terreau,  de  feuilles,  terre  franche,  fumier 
de  vache  décomposé  et  sable.  Arroser.  On  met 
alors  ces  plantes  sous  châssis  à froid,  on  les 
prive  d’air  pendant  quelques  jours  et  on  bas- 
sine. Par  les  beaux  jours  de  la  fin  de  l’été,  on 
découvre  les  châssis,  les  bouvardias  se  dur- 
cissent et  deviennent  plus  florifères.  Quant  aux 
vieux  pieds,  on  les  rabat,  on  les  met  en  végé- 
tation en  serre  tempérée,  on  les  rempote  et  on 
leur  fait  subir  le  même  traitement  qu’aux 
jeunes  plantes. 

iV®  i325  {Sarthe).  — Pour  rétablir  les 
citronniers  et  les  orangers,  déjà  vieux,  qui 
dépérissent,  et  étant  donné  que  le  rencaissage 
n’a  pas  produit  les  résultats  qu’on  en  attendait, 
vous  pouvez  encore  en  soutenir  un  peu  la  vé- 
gétation jusqu’au  moment  de  leur  repos  hiver- 
nal, pai‘  des  arrosements  au  purin  â raison  de 
1 litre  par  10  litres  d’eau,  mais  il  faudra  agir 
de  la  manière  suivante  : 

lo  Au  printemps,  dans  un  endroit  bien  ex- 
posé et  abrité  des  vents  du  nord  et  de  l’ouest, 
établir  une  couche  chaude  de  80  centimètres 
d’épaisseur  et  la  recouvrir  de  30  à 40  centi- 
mètres de  bon  terreau. 

2»  Lorsque  la  couche  aura  jeté  son  feu,  dé- 
caisser complètement  les  plantes  malades,  en 
secouer  fortement  la  motte,  de  manière  à faire 
tomber  toute  la  terre  des  racines  ; laver  ces 


racines  dans  un  bassin  d’eau  claire,  et  les 
« habiller  > convenablement,  en  retranchant, 
à la  serpette,  toutes  les  parties  usées,  malades 
ou  blessées.  Puis,  rabattre  toutes  les  branches 
de  la  charpente  près  de  la  tige,  en  leur  laissant 
cependant  une  certaine  longueur,  de  manière 
à former  une  tête  arrondie  â l’arbuste. 

3®  Planter  alors  les  arbustes  sur  la  couche  â 
des  distances  variant  selon  la  grosseur  de  leur 
tête,  mais  jamais  inférieures  â 1^50,  pour  lais- 
ser aux  racines  toute  la  latitude  pour  se  nour- 
rir et  former  un  nouveau  chevelu. 

4»  Biner  et  arroser  souvent  en  été.  On  peut, 
deux  ou  trois  fois  seulement,  diluer  de  l’engrais 
humain  au  dixième  dans  l’eau  des  arrosements. 
A l’automne,  il  aura  repoussé  de  nombreux  et 
vigoureux  rameaux  couverts  de  feuilles  amples 
et  d’un  beau  vert,  et  l’écorce  du  tronc  sera 
saine  et  lisse. 

5®  Mettre  en  caisses  à la  fin  de  septembre 
avec  le  compost  suivant  : 

Pour 

100  parties 


Terre  franche  bien  ameublie 44 

Terre  de  bruyère  tamisée 22 

Terreau  de  fumier  de  vache 22 


Vidange  liquide  de  fosses  d’aisance.  . 12 

Ce  compost  doit  être  préparé  deux  ou  trois 
mois  à l’avance  et  brassé  plusieurs  fois. 
- (H.-D.) 

No  i4i3  (Saône-et-Loire).  — Il  y a plusieurs 
moyens  de  détruire  les  fourmis  dans  les 
jardins.  Si  la  fourmilière  n’est  pas  à proximité 
de  plantes  que  le  feu  ou  l’eau  bouillante  puisse 
endommager,  on  enfonce  dans  le  nid  un  chif- 
fon imbibé  de  pétrole  auquel  on  met  le  feu  et 
on  rejette  par-dessus  avec  une  pelle  tous  les  in- 
sectes qui  cherchent  â fuir.  Ou  bien,  on  arrose  la 
fourmilière  d’eau  bouillante.  Près  des  plantes,  en 
été,  il  est  facile  de  s’emparer  de  la  population 
presque  entière  d’une  fourmilière  : on  place 
par-dessus  une  cloche  en  verre,  les  ouvrières 
apportent  au  dehors  les  nymphes  et  les  larves 
pour  les  exposer  à la  chaleur  ; alors  vers  deux 
à trois  heures  de  l’après-midi,  on  enlève  la 
cloche,  avec  une  pelle,  on  ramasse  larves, 
nymphes  et  ouvrières  et  on  les  jette  dans  un 
seau  d’eau  à laquelle  on  aura  ajouté  un  peu  de 
pétrole.  Replacer  la  cloche  pour  recommencer 
les  jours  suivants  la  même  opération.  Quand 
les  fourmis  montent  aux  arbres,  on  entoure  la 
tige  d’une  feuille  de  papier  reposant  sur  un 
coussin  de  filasse  et  on  goudronne  ce  papier, 
les  fourmis  ne  dépassent  pas  l’obstacle.  Enfin, 
avec  une  dame  ou  une  bûche  de  bois,  on  peut 
écraser  les  fourmilières  et  peu  d’insectes 
échappent  â la  destruction. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  / L.  Bourguignon. 


CHRONIQU-E  HORTICOLE. 


437 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Les  colis  postaux  de  10  kilos.  — Le  nouveau  tarif  douanier  des  États-Unis.  — Loi  relative  aux  arbres 
malades  en  Pensylvanie.  — Contre  le  Black-rot.  — La  maturation  des  dernières  Tomates.  — Agaves 
polycarpiques.  — Nemesia  strumosa  SiiUoni.  — Canna  à feuilles  tricolores  de  Sander.  — Quelques 
bons  fruits  peu  connus.  — Fraises  recommandées  en  Angleterre.  — Une  bonne  terre  franche  pour 
composts.  — Une  recette  contre  les  coupures.  L’arbre  qui  siffle. 


Les  colis  postaux  de  10  kilos.  — 

M.  Boucher,  ministre  du  commerce,  de 
l’industrie,  des  postes  et  des  télégraphes, 
et  M.  Delpeuch,  sous- secrétaire  d’État  des 
postes  et  des  télégraphes,  viennent  de  se 
mettre  d’accord  avec  les  grandes  Compa- 
gnies de  chemins  de  fer  pour  que  les  nou- 
velles conventions  concernant  le  service  des 
colis  postaux  soient  mises  en  vigueur  le 
15  septembre. 

Il  n’est  pas  sans  intérêt  de  rappeler  les 
principales  dispositions  qui  régissent  les 
colis  de  5 à 10  kilos  : 

Le  prix  de  transport  sera  de  1 fr.  25  en  gare 
et  de  1 fr.  50  à domicile  ; les  dimensions  ne 
pourront  excéder  1^50  sur  une  face  quel- 
conque. 

Ces  nouveaux  colis  pourront  être  expédiés 
contre  remboursement,  et  avec  déclaration  de 
valeur.  La  taxe  afférente  au  retour  d’un  rem- 
boursement de  500  francs  et  au-dessus  est 
fixée  à 60  centimes,  quand  le  remboursement 
devra  être  effectué  entre  les  mains  de  l’expé- 
diteur à la  gare,  ou  au  bureau  de  ville  d’expé- 
dition, et  à 85  centimes  lorsque  le  rembour- 
sement sera  effectué  à domicile. 

En  cas  de  perte,  d’avarie  ou  de  spoliation, 
l’indemnité  pourra  atteindre  40  fr.,  et  pour  les 
colis  avec  valeur  déclarée,  le  montant  de  cette 
valeur. 

Pour  les  colis  avec  valeur  déclarée,  l’indem- 
nité pourra  s’élever  jusqu’au  montant  de  cette 
valeur. 

La  taxe  additionnelle  des  colis  postaux  de 
0 à 10  kilogr.  de  Paris  pour  Paris  expédiés 
contre  remboursement  jusqu’à  concurrence 
de  500  fr.  sera  fixée  à 30  centimes,  y compris 
le  droit  de  timbre  de  10  centimes.  Ces  colis 
pourront  également  être  expédiés  avec  déclara- 
tion de  valeur  jusqu’à  concurrence  de  500  fr. 
moyennant  un  droit  spécial  d’assurance  de 
10  centimes. 

Le  maximum  de  l’indemnité  afférente  à la 
perte,  à l’avarie  ou  à la  spoliation  d’un  colis 
postal  ordinaire  de  Paris  pour  Paris  ne  pourra 
dépasser  25  ou  40  fr.  suivant  que  le  poids 
n’excédera  pas  ou  excédera  5 kilogr.,  et,  pour 
les  colis  avec  valeur  déclarée,  le  montant  de 
cette  valeur. 

Le  régime  qui  vient  d’être  inauguré  à l’inté - 
1er  Octobre  1897. 


rieur  de  la  France  continentale  sera  progres- 
sivement étendu  aux  relations  avec  la  Corse, 
l’Algérie  et  la  Tunisie. 

Le  nouveau  tarif  douanier  des  États- 
Unis.  — Nous  donnons  ci-dessous  le 
texte  des  articles  du  nouveau  tarif  doua- 
nier des  États-Unis,  qui  concernent  les  im- 
portations horticoles.  Ce  tarif  a été  adopté 
par  le  Sénat  américain  dans  sa  séance  du 
23  juin  dernier.  Le  tarif  précédemment  en 
vigueur  datait  du  28  août  1894.  D’après  ce 
tarif,  les  Orchidées,  Palmiers,  Azalées,  Mu- 
guet, plantes  et  Ognons  cultivés  pour  la 
fleur  coupée  ou  pour  la  décoration  payaient 
un  droit  d’entrée  de  10  p.  100  ad  valorem. 
Les  articles  de  pépinières,  arbres,  arbustes, 
vignes,  ainsi  que  les  fleurs  coupées,  étaient 
importés  en  franchise. 

Voici  maintenant  le  tarif  actuel,  pro- 
mulgué depuis  le  commencement  du  mois 
d’août  : 

Article  251.  — Orchidées,  Palmiers,  Dra- 
cénas,  Crotons  et  Azalées,  Tulipes,  Jacinthes, 
Narcisses,  Jonquilles,  Lis  divers,  Muguet,  et 
tous  autres  bulbes.  Racines  bulbeuses  ou  dra- 
geons cultivés  pour  la  fleur.  — Fleurs  natu- 
relles en  tous  genres,  desséchées  ou  fraîches, 
propres  à la  décoration,  vingt-cinq  pour  cent 
ad  valorem. 

Article  252.  — Greffes,  boutures  ou  semis 
de  Prunier  Myrobolan,  Cerisier  Mahaleb, 
âgés  de  trois  ans  ou  moins,  cinquante  cents 
par  mille  plantes  et  quinze  pour  cent  ad  va- 
lorem. 

Greffes,  boutures  ou  semis  de  Poirier,  Pom- 
mier, Cognassier  et  Prunier  Saint-Julien,' 
âgés  de  trois  ans  ou  moins  — semis  d’arbres  à 
feuilles  persistantes  ; un  dollar  par  mille 
plantes  et  quinze  pour  cent  ad  valorem. 

Rosiers  greffés,  écussonnés  ou  francs  de 
pied,  deux  cents  et  demi  par  plante. 

Greffes,  boutures  et  semis  de  tous  arbres 
fruitiers,  arbres  d’ornement  à feuilles  persis- 
tantes ou  caduques,  arbustes.  Vignes,  Rosiers 
Manetti,  Roses-trémières  ainsi  que  tous  ar- 
bres, arbustes,  plantes  et  vignes  connus  sous 
le  nom  de  plantes  de  serres  ou  de  pépinières,- 
et  non  spécialement  tarifés  ; vingt-cinq  pour 
cent  ad  valorem. 


19 


438 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Article  640.  — Plantes,  arbres,  arbustes, 
racines,  cônes  de  graines,  et  graines  importés 
par  le  département  de  l’agriculture  ou  par  les 
Jardins  botaniques  des  États-Unis,  en  fran- 
chise. 

Le  dollar  vaut  environ  5 francs  de  notre 
monnaie.  Le  cent,  qui  en  est  la  centième 
partie,  représente  donc  à peu  près  5 cen- 
times. Par  exemple,  un  plant  de  Rosier 
d’une  valeur  marchande  de  5 centimes  en 
France,  payant  à son  entrée  aux  États-Unis 
deux  cents  et  demi  de  droit,  c’est-à-dire 
12  centimes  et  demi,  vaudra  donc  17  cen- 
times et  demi,  sans  compter  le  coût  du 
transport  et  autres  frais. 

D’ailleurs,  une  simple  comparaison  entre 
le  nouveau  tarif  américain  et  l’ancien  que 
nous  avons  rappelé  ci-dessus,  indiquera  la 
mesure  et  l’importance  que  les  Américains 
ont  voulu  donner  à leur  décision,  qui  nous 
semble  appeler,  à notre  avis,  de  sérieuses 
représailles. 

Loi  relative  aux  arbres  malades  en 
Pensylvanie.  — Le  journal  American 
Gardening,  dàns  son  numéro  du  21  août 
dernier,  nous  apprend  que  l’État  de  Pensyl- 
vanie a promulgué,  le  18  janvier  1897,  une 
loi  réprimant  les  négligences  des  cultiva- 
teurs dans  la  lutte  qu’ils  doivent  soutenir 
contre  la  maladie  des  arbres  fruitiers.  Ainsi, 
il  est  contraire  à la  loi  de  conserver  chez 
soi  n’importe  quel  arbre  contaminé  par  les 
maladies  cryptogamiques,  puceron  lanigère, 
kermès,  tavelure,  etc.,  et  même  atteint  de 
chlorose.  Les  arbres  et  les  fruits  attaqués 
seront  détruits  comme  constituant  un  dan- 
ger public  toutes  les  fois  que  leur  proprié- 
taire aura  refusé  de  les  traiter.  De  plus,  au- 
cun recours  ne  pourra  avoir  lieu  en  justice 
contre  les  officiers  municipaux  qui  auront 
pénétré  dans  les  vergers  pour  exécuter  la 
loi. 

On  voit  que  les  Américains  ne  perdent 
pas  de  temps  pour  prendre  leurs  pré- 
cautions. Que  doivent  penser  de  notre 
apathie  ceux  qui  peuvent  voir  nos  vergers 
français  ? 

Contre  le  Black-rot.  — On  a passa- 
blement disputé  cette  année  sur  la  question 
de  savoir  si  les  sels  de  cuivre  avaient  réel- 
lement une  action  efficace  contre  la  terrible 
maladie  de  la  Vigne,  le  Black-rot.  Bien  que 
cette  question  ne  nous  paraisse  pas  encore 
complètement  élucidée,  il  faut  noter  les  con- 
clusions qu’a  déposées  à cet  égard  M.  Sil- 
vestre,  secrétaire  général  d’un  syndicat  de 


vignerons  de  la  région  lyonnaise,  à la  So- 
ciété de  viticulture  de  Lyon.  Voici  le  ré- 
sumé de  ces  conclusions  : 

U Les  sels  de  cuivre  ont  une  action  certaine 
et  indéniable  contre  le  black-rot  ; 

2o  La  proportion  de  sulfate  de  cuivre  à in- 
troduire dans  les  bouillies  (bourguignonne, 
bordelaise  ou  sucrée)  est  de  2 p.  100  pour  le 
premier  traitement  et  de  3 pour  les  autres  ; 

3®  Les  traitements  doivent  commencer  dès 
que  les  bourgeons  ont  5 centimètres.  Ils  doi- 
vent être  répétés  tous  les  15  ou  20  jours,  et 
atteindre  tous  les  organes  de  la  Vigne  ; on  peut 
atteindre  ce  résultat  avec  4 à 500  litres  par  hec- 
tare et  par  opération,  pour  les  deux  premiers 
traitements  et  avec  1.000  à 1.200  litres  pour 
chacun  des  autres,  toujours  par  hectare. 

M.  Silvestre  donne  ensuite  les  conseils 
suivants,  qui  ne  nous  paraissent  pas  des 
moins  importants  : 

1®  Enlever  les  feuilles  et  les  grains  tachés 
au  début  de  l’invasion  ; 

2®  Brûler  les  vrilles,  feuilles  et  grappes  ta- 
chées restées  sur  les  Vignes  après  la  ven- 
dange ; 

3®  Ne  jamais  laisser  dans  les  Vignes  ou  à 
proximité  des  tas  de  sarments  provenant  de  la 
taille  précédente  ; 

4®  N’étendre,  en  aucun  cas,  sur  le  sol  de  la 
Vigne  les  marcs  non  distillés  ; 

5®  Entretenir  d’une  manière  constante  la 
propreté  du  sol  par  de  fréquents  binages  et 
l’aération  de  la  Vigne  par  le  rognage  et  l’acco- 
lement  ; 

6®  Favoriser,  chacun  dans  son  rayon,  les 
sulfatages  réguliers  et  généraux. 

Pour  combattre  le  Black-rot,  aussi  bien 
que  le  Mildiou,  le  Rot-gris,  l’Oïdium  et  au- 
tres maladies  parasitaires,  il  faudrait  évi- 
demment que  tout  le  monde  agît  de  même, 
car  une  Vigne  bien  soignée  qui  est  avoi- 
sinée par  une  qui  ne  l’est  pas  du  tout  court 
quand  même  de  bien  grands  dangers.  Nous 
avons  pu  nous  rendre  compte  de  cette  vé- 
rité en  examinant  dernièrement  le  vignoble 
de  M.  Gompoint,  à Saint-Ouen. 

Peut-être  bien  que  la  solution  vraie  sera 
de  faire  là-dessus  une  loi  analogue  à celles 
du  hannetonnage  et  de  l’échenillage. 

La  maturation  des  dernières  Tomates. 

— La  plupart  du  temps,  alors  que  l’action 
des  rayons  solaires  devient  insuffisante  pour 
parfaire  la  maturation  des  dernières  To- 
mates, on  les  cueille  et  on  les  place  sous 
cloches,  sous  châssis  ou  'en  serre,  sur  une 
tablette  près  du  verre,  de  manière  que 
l’action  du  soleil  soit  augmentée  par  l’inter- 
position du  vitrage,  et  aussi  pour  que  les 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


439 


brumes  automnales  ou  la  pluie  ne  soient  pas, 
pour  ces  fruits,  une  source  de  pourriture. 

Le  procédé  que  M.  Chemin,  le  maraîcher 
bien  connu,  emploie  pour  faire  mûrir  ses 
dernières  Tomates,  est  bien  le  même  ; mais 
il  s’augmente  de  la  précaution  suivante  : au 
Heu  de  cueillir  les  fruits,  il  arrache  entiè- 
rement les  pieds.  Sous  les  châssis,  il  les 
range  en  les  étendant  sur  un  lit  de  feuilles 
sèches*  Les  fruits  mûrissent  ainsi  plus  sû- 
rement et  ne  perdent  rien  de  leurs  qualités. 
C’est  là  une  méthode  qui  ne  saurait  être 
trop  recommandée. 

Agaves  polycarpiques.  — Jusqu’ici  on 
considérait  généralement  tous  les  Agaves 
comme  des  plantes  monocarpiques,  c’est- 
à-dire  périssant  après  avoir  fleuri  et  grainé 
pour  la  première  fois.  Or,  un  intéressant 
article  de  M.  W.  Watson,  publié  dans  le 
Gardeners'  Chronicle,  prouve  aujourd’hui 
le  contraire,  c’est-à-dire  qu’il  existe  cer- 
taines espèces  dont  le  tronc,  parfois  très- 
volumineux,  persiste  et  fleurit  successive- 
ment, comme  les  Yucca  caulescents,  sur  des 
branches  axillaires,  lorsque  le  bourgeon 
terminal  a lui-même  rempli  son  rôle.  Parmi 
les  vingt-cinq  espèces  qui  ont  fleuri  à 
Kew, depuis  1888,  neuf  ont  persisté  et  sont 
ainssi  devenues  polycarpiques.  Ce  sont  : A, 
albicans,  A.  Boucheiy  A.  Celsiana,  A. 
dasylirioideSy  A.  densifîora,  A.  Haseloffiy 
A.  polyacantha^  A.  Sartori  et  striata.  Il 
est  à remarquer  que  toutes  les  espèces 
précitées  appartiennent  au  sou  s- genre 
Littæa,  tandis  que  les  vrais  Agave^  dont 
VA.  americana  est  le  type,  sont  tous 
monocarpiques.  Chez  une  seule  espèce, 
VA.  Sartori f la  hampe  florale  est  latérale  ; 
chez  tous  les  autres  elle  est  terminale, 
et,  au-dessous  d’elle  il  se  développe,  chez 
les  espèces  polycarpiques,  des  bourgeons 
qui  continuent  l’évolution  de  la  plante. 
Il  ne  faut  pas  confondre  les  pousses  cauli- 
naires  avec  les  stolons  souterrains  qui 
sont  souvent  très-abondants  et  dont  le  rôle 
est  de  produire  de  nouveaux  individus  bien 
plus  que  de  continuer  le  même,  et  qui  se 
ramifient  rapidement  lorsque  le  bourgeon 
terminal  vient  à être  cassé. 

L’auteur  signale  encore  la  viviparité  de 
la  hampe  florale  de  certaines  espèces  après 
la  maturité  de  la  hampe.  Chez  VA.  rvjida 
SisalanUy  cultivé  en  Amérique  pour  la 
fibre  très- résistante  qu’il  fournit  et  qui  est 
connue  sous  le  nom  anglais  de  « Sisal 
Hemp  »,  on  a compté  jusqu’à  2,500  bulbil- 
es  sur  la  même  hampe,  et  ces  bulbilles 


servent,  comme  les  stolons  souterrains,  à 
propager  l’espèce.  Il  ne  faut  donc  pas  couper 
les  hampes  d'Agave  si  l’on  désire  propager 
l’espèce  et  surtout  lorsque  les  stolons  sou- 
terrains font  défaut  ; le  cas  s’est  présenté 
l’an  dernier  à Kew  pour  VA.  keioensis, 
qu’on  supposait  perdu  par  suite  de  sa  flo- 
raison et  qui  a fini  par  donner  de  nombreux 
rejetons  sur  sa  hampe. 

Nemesia  strumosa  Suttoni.  — Nous 
avons  eu  l’occasion  d’admirer  récemment, 
dans  les  cultures  de  M.  Gravereau,  à Neau- 
phle-le-Château  { Seine-et-Oise)  , ^cette 
charmante  plante  annuelle,  que  l’on  ne 
connaissait  guère  jusqu’à  présent  que  par 
les  éloges  qu’en  faisaient  les  journaux 
anglais.  Ces  éloges  sont  mérités.  Le  Neme- 
sia strumosa  Suttoni,  qui  appartient  à la 
famille  des  Scrophuiarinées,  a quelque 
analogie  avec  les  Linaria,  mais  ses  cou- 
leurs sont  beaucoup  plus  vives.  Il  a été 
introduit  récemment  de  l’Afrique  du  Sud. 
Les  nombreux  spécimens  que  nous  en  avons 
vus  ne  dépassent  pas  30  à 40  centimètres 
et  sont  extrêmement  floribonds  et  robustes. 

Cette  curieuse  plante  est  appelée  à rendre 
de  grands  [services  dans  la  décoration  'des 
corbeilles,  massifs,  où  elle  produit  beaucoup 
d’effet  par  ses  différents  tons.  Pour  la  fleur 
coupée,  elle  sera  également  précieuse 
quand  elle  sera  connue.  A cet  effet, 
on  a soumis  quelques  plantes  à des  cou- 
pages successifs,  et  elles  n’ont  pas  cessé  de 
fleurir  depuis  les  premiers  jours  de  juin 
jusqu’aux  gelées. 

Les  principaux  coloris  que  l’on  y trouve 
sont  : le  jaune,  pâle  et  foncé  ; le  blanc  ; le 
rouge  cramoisi,  écarlate,  orangé,  etc.,  cer- 
tains même  sont  finement  pointillés  et 
striés. 

Les  Nemesia  se  sèment,  à partir  de 
mars,  en  terre  substantielle,  fibreuse,  mais 
jamais  dans  le  terreau,  où  ils  ne  tardent 
pas  à dépérir.  La  germination  étant  quel- 
quefois capricieuse,  on  ne  devra  pas  se 
hâter  de  faire  des  semis  hâtifs  ; au  con- 
traire, on  réussira  mieux  sous  châssis  à 
froid  bien  aéré.  Mis  en  place  en  mai,  les 
jeunes  plants  commencent  à fleurir  aux 
premiers  jours  de  juin. 

Canna  à feuilles  tricolores  de  Sander. 

— MM  Sander  et  oui  importé  récem- 
ment des  îles  Salomon  un  Canna  dont  les 
feuilles  sont  d’un  vert  clair  largement  ma- 
culé de  jaune  et  de  rouge,  avec  des  raies 
longitudinales  de  ces  rnêmes  couleurs,  et 


440 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


marginées  de  cramoisi.  Il  paraît  que,  sous 
ce  rapport,  son  aspect  décoratif  rivaliserait 
avec  celui  de  VHeliconia  illustris  ruhri- 
caulis.  Les  fleurs  de  ce  nouveau  Canna 
sont  rouge  vermillon  clair.  Son  port  est  à 
la  fois  ample  et' érigé.  Sa  rusticité  serait 
égale  à celle  des  Cannas  florifères  actuelle- 
ment répandus.  Si  cela  est  vrai,  voilà  qui 
laisserait  en  arrière  le  Canna  à feuilles 
panachées  John  White,  que  nous  avons 
cultivé  cette'  année  et  qui  n’a  pas  tenu  toutes 
ses  promesses  de  belle  coloration,  peut-être 
parce  que  l’humidité  a été  excessive. 

t 

Quelques  bons  fruits  peu  connus.  — 

Sous  ce  titre  la  Pomologie  française, 
bulletin  de  la  Société  pomologique  de 
France,  signale  quelques  fruits  nouveaux 
ou  d’obtention  récente,  que  leurs  mérites 
recommandent  à l’attention  des  amateurs. 
Ces  fruits  sont  : l’Abricot  A c/iard,  le  Bigar- 
reau géant  d' Hadelfingen,  la  Pêche  Prési- 
dent Chassagnon,  la  Nectarine  hâtive  de 
Hivers,  les  Poires  Bergamote  Nanot, 
Idaho  et  Jules  Demaret,  la  Prune  Le  Czar, 
et  enfin  la  Prune  Reine-Claude  Gabriel 
Combes,  dont  nous  avons  déjà  ici  signalé 
les  qualités. 

Fraises  recommandées  en  Angle- 
terre. — Le  Journal  de  la  Société  royale 
d'horticulture  de  Londres  (août  1897), 
que  nous  avons  reçu  dernièrement,  contient 
un  rapport  sur  des  essais  comparatifs  de 
Fraises  qui  ont  eu  lieu  à Chiswick.  Les  va- 
riétés qui  ont  été  reconnues  comme  étant  de 
premier  choix  sont  : 

Auguste  Boisselot. 

Couni  ess. 

Edouard  Lefort. 

Latest  of  ail  (Laxton). 

Leader  (Laxton). 

Monarch  (Laxton). 

Pioneer. 

Royal  Sovereign  (Laxton). 

' V eitch* s Perfection  {L  Yüiich). 

Comme  on  le  voit,  il  se  trouve,  dans  ce 
choix,  deux  variétés  d’origine  française  : 
Auguste  Boisselot  et  Edouard  Lefort. 
Parmi  les  variétés  anglaises,  il  en  est  une 
qui,  à notre  avis,  mérite  d’être  essayée  par 
tous  les  amateurs,  comme  Fraise  à forcer 
en  deuxième  saison  : c’est  la  Rptjal  Sove- 
■reign,  sur  les  mérites  de  laquelle  nous 
nous  promettons  bien  de  revenir. 

Une  bonne  terre  franche  pour  com- 
posts. — Au  Petit-Bicêtre,  sur  la  route  de 
Chevreuse,  tout  contre  une  pépinière  ap- 


partenant à M.  Moynet,  le  forceur  de  Lilas 
bien  connu,  une  carrière  fut  ouverte  l’an- 
née dernière,  et  une  briquerie  installée. 

Les  diverses  couches  qu’on  y exploite  : 
argiles  à meulières,  pierres  meulières, 
grès,  sables  quartzeux,  etc.,  sont  recou- 
vertes d’un  sol  arable  qui  ne  mesure  pas 
moins  de  1 mètre  50  à 2 mètres  d’épaisseur. 
Ce  sol  est  constitué  par  une  excellente  terre 
franche,  légèrement  sableuse,  ne  se  for- 
mant pas  en  mottes  ni  en  grumeaux  durs, 
et  paraissant  passablement  ferrugineuse. 
La  plupart  des  horticulteurs  de  la  région  y 
puisent  leur  provision.  M.  Urbain,  le  spé- 
cialiste en  Bégonias,  de  Clamart,  ne  se  sert 
plus  que  de  cette  terre  pour  la  confection  de 
ses  composts  pour  rempotages.  M.  Dauthe- 
nay,  -à  l’asile  Sainte-Anne,  n’en  emploie 
plus  d’autres  pour  le  même  objet,  et  l’on 
commence,  paraît-il,  à l’utiliser  avec  succès 
aux  serres  du  Luxembourg. 

Il  serait  intéressant  d’analyser  cette  terre 
afin  d’être  fixé  sur  sa  valeur  réelle,  qui 
paraît,  pour  l’instant,  devoir  surpasser  celle 
de  Garches. 

Une  recette  contre  les  coupures.  — 

Quelques  plantes  ont  le  don,  lorsqu’on  en 
écrase  les  feuilles  sur  les  blessures  qui 
peuvent  se  produire,  par  exemple,  par  le 
maniement  de  la  serpette  ou  du  sécateur, 
d’arrêter  le  sang  et  d’empêcher  que  la  plaie 
ne  s’envenime.  A la  Valériane  officinale  ou 
« Herbe  aux  coupures  > et  à rAchillée-Mil- 
lefeuille  ou  « Herbe  au  charpentier  »,  on 
pourrait  ajouter  le  Pélargonium  zoné,  d’après 
ce  que  dit  le  Journal  de  la  Société  d'horti- 
culture du  Nord. 

Voilà  un  remède  à la  portée  de  tous  les 
jardiniers. 

L’arbre  qui  siffle.  — Le  Schwein- 
furt  rapporte  au  Pharmaceutical  Journal 
qu’il  a rencontré,  dans  le  cours  de  ses 
explorations  au  cœur  de  l’Afrique,  un  arbre 
siffleur.  Cet  arbre,  désigné  sous  le  nom  de 
« Tsofar  »,  produit  une  gomme  appelée 
« Gédaref  »,  et  qui  est  l’objet  d’un  grand 
commerce  par  l’intermédiaire  des  traitants 
arabes.  Mais  cette  gomme  est  aussi  recher- 
chée par  un  insecte  qui,  pour  la  sucer, 
perfore  de  part  en  part  les  branches  de 
cet  arbre.  Si  bien  que,  lorsque  le  vent 
souffle  dans  son  branchage,  il  s’y  produit 
des  sons  analogues  à ceux  d’une  flûte.  Si 
les  forêts  africaines  ont  leur  dieu  Pan, 
c’est  bien  certainement  sur  cet  arbre  qu’il 
coupe  le  bois  dont  il  fait  ses  flûtes. 

Éd.  André. 


FICUS  EARBATA. 


441 


FICUS  BARBATA 


Les  services  rendus  dans  les  serres  par 
le  Figuier  rampant  {Ficus  stipulata^ 
Thunbg.,  F.  repens  des  horticulteurs) 
sont  considérables.  Il  s’applique  étroite- 
ment sur  les  murs  avant  d’arriver  à l’état 
adulte,  et  il  les  couvre  d’un  rideau  de 
feuilles  suborbicu- 
laires,  aplaties,  ver- 
tes et  agréablement 
nervées. 

La  rapidité  de  sa 
croissance  et  la  fa- 
cilité de  sa  culture 
lui  assurent  une  fa- 
veur constante. 

Quand  il  passe  de 
l’état  juvénile  à sa 
forme  définitive, 
ses  rameaux  gros- 
sissent et  s’écartent 
de  la  muraille,  ses 
feuilles  s’allongent 
en  ellipse  et  s'épais- 
sissent, et  l’on  voit 
surgir  des  fruits 
turbinés,  mame- 
lonnés, de  la  gros- 
seur d’une  Figue 
moyenne,  mais 
non  comestibles. 

Sont-ils  un  simple 
ornement  de  la 
plante  ? Nous  les 
avons  figurés  dans 
hRevue  horticole^ . 

Dans  le  midi  de 
la  France,  à Nice,  à 
Cannes,  etc.,  la 
plante  vient  en  plein 
air,  couvre  rapide- 
ment les  murs,  sur- 
tout au  nord  et  à 
l’est  où  le  soleil  ne 
la  brûle  pas,  et  elle  résiste  bien  aux  hivers 
tempérés  du  littoral  méditerranéen. 

Mais  le  Ficus  stipulata  est  devenu  si 
commun  qu’on  finit  par  s’en  lasser,  et  on 
est  venu  à lui  chercher  des  succédanés. 
Rien  ne  peut  mieux  le  remplacer  qu’une 
autre  espèce  appartenant  au  même  genre, 
que  nous  figurons  aujourd’hui,  le  Ficus 
barhata.  C’est  une  espèce  nommée  par 
Wallich  {Catal.,  4576;  F.  villo sa,  B\umë), 
introduite  des  Indes  orientales  dès  1832,  et 


qui  cependant  se  rencontre  très-rarement 
dans  les  serres  chaudes  et  tempérées.  Les 
jolies  feuilles  alternes,  disposées  d’une  ma- 
nière distique,  s’appliquent  sur  les  murailles 
des  serres  aussi  bien  que  celles  du  F.  stipu- 
lata-, elles  sont  longues  de  7 à 10  centimè- 
tres, cordiformes  à 
la  base,  lancéolées, 
assez  longuement 
acuminées,  bordées 
de  poils  bruns  qui 
les  renden  t barbues 
(d’où  le  nom  de  l’es- 
pèce), et  leur  sur- 
face rugueuse  est 
d’un  beau  vert  fon- 
cé. Les  rameaux 
s’enracinent  sur 
presque  toute  leur 
longueur  et  s’accro- 
chent ainsi  forte- 
ment aux  surfaces 
verticales. 

L’ensemble  de  la 
plante  (fig.  135)  est 
net  et  agréable.  Sa 
végétation  est  ra- 
pide et  l’on  ne  doit 
pas  craindre  de  re- 
commander le  F. 
barbata  comme  un 
précieux  tapis  pour 
garnir  des  surfaces 
dont  la  nudité  serait 
désagréable.  Nous 
avons  même  vu 
d’autres  plantes  à 
belles  fleurs, 
comme  Plumbago 
rosea,  P.  capen- 
sis,  Hibiscus  Posa 
sinensis  palissées 
par-dessus  et  le 
recouvrant  de  leurs  charmantes  corolles 
roses,  bleues  ou  ponceau,  auxquelles  notre 
plante  servait  de  fond  ou  de  repoussoir,  le 
tout  d’tin  aspect  très-heureux. 

L’extrême  rapidité  avec  laquelle  les  ra- 
meaux se  couvrent  de  racines  adventives 
indique  le  genre  de  multiplication  à em- 
ployer, c’est-à-dire  le  bouturage  en  serre, 
en  tout  temps.  Ed.  André. 

1 1891,  p.  448  (planche  coloriée). 


Fig.  135.  — Ficus  barbata. 
Port  d’une  jeune  plante. 


442 


LES  MEILLEURS  CHRYSANTHÈMES. 


LES  MEILLEURS  CHRYSANTHÈMES 


Sous  ce  titre,  la  Revue  horticole  a donné 
en  1896  ^ la  liste  des  variétés  de  Chrysan- 
thèmes choisies,  comme  étant  les  meilleures, 
par  la  section  des  Chrysanthémistes  de  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France. 
Cette  liste  comprenait  sept  groupements 
correspondant  aux  divers  genres  de  culture 
auxquels  le  Chrysanthème  peut  être  soumis. 

La  section  a procédé  dernièrement  à la 
révision  de  cette  liste.  Elle  s’est  adressée  à 
'tous  ses  membres  correspondants  de  la 
France  et  de  l’étranger  en  les  priant  de  bien 
vouloir  envoyer  une  liste  des  variétés  re- 
connues les  plus  méritantes  parmi  les  nou- 
veautés mises  au  commerce  en  1896,  et 
correspondant  aux  différents  groupements 
établis.  En  récapitulant  les  voix  obtenues 
par  chaque  variété  et  en  choisissant  celles 
ayant  obtenu  le  plus  de  suffrages,  la  Section 
a établi  les  groupements  en  conservant  le 
même  nombre  de  variétés,  mais  en  rempla- 
çant les  variétés  de  moindre  valeur  par 
celles  d’un  plus  grand  mérite. 

Nous  donnons  ci-dessous  des  modifica- 
tions apportées  à chacun  des  groupements, 
c’est-à-dire  la  liste  des  nouvelles  variétés 
adoptées,  et  la  liste  des  anciennes  qu’elles 
ont  remplacées. 

Premier  groupement. 

Les  20  plus  belles  variétés 
à fleurs  duveteuses. 

Les  quatre  variétés  nouvelles  adoptées 
sont  les  suivantes  : 

Capitaine  Lucien  Chauré  (Galvat). 

Monsieur  Compaguya  (Ghantrier). 

Monsieur  Piquemal  de  Rozeville. 

Suint-Bar Ihélemy  (Ghantrier). 

Remplaçant  les  quatre  variétés  suivantes 
qui  ont  été  éliminées  : 

Charles  Bonamy,  Délaux-mon-Rêvey  Dra- 
gon et  Ida. 

Deuxième  groupement. 

Les  30  meilleures  variétés  très-précoces 

pour  formation  de  massifs  en  plein  air 
et  fleurissant  du  1er  septembre  au  10  octobre. 

Les  trois  variétés  nouvelles  adoptées  sont 
les  suivantes  : 

Henri  Yvon  (Lemaire). 

Louis  Lemaire  (Lemaire). 

Madame  Liger-Ligneau  (Liger-Ligneau). 

^ Voir  Revue  îiortîcole,  1896,  p.  508  et  549. 


Remplaçant  les  trois  variétés  suivantes  qui 
ont  été  éliminées  : 

Gustave  Grünerwaldy  J. -P.  Stahl  et  Vahhe 
Morlot. 

Troisième  groupement. 

Les  50  meilleures  variétés 
naines  à grandes  fleurs,  formant  touffes  basses. 

Les  sept  variétés  nouvelles  adoptées  sont 
les  suivantes  : 

Baronne  de  Rothschild  (Galvat). 

Calvafs  A.  Gold  (Galvat). 

Madame  Gustave  Henry  (Galvat). 

Mademoiselle  Eugénie  Boutreux  (Ghan- 
trier). 

Monsieur  André  Charmet  (Galvat). 

Monsieur  Hoste  (Galvat). 

Souvenir  de  ma  sœur  (Galvat). 

Remplaçant  les  sept  variétés  suivantes 
qui  ont  été  éliminées  : 

C.  Harman-Payne,  Madame  Laillant,  Ma- 
dame Antoinette  Cordonnier,  Philadelphie, 
Président  Carnot,  Surprise  et  Viscountess 
Hamhledon. 

Quatrième  groupement. 

Les  100  meilleures  variétés 
pour  la  très-grande  fleur. 

Les  douze  variétés  nouvelles  adoptées 
sont  les  suivantes  : 

Australia  (Austrier). 

Le  Chaos  (Ghantrier). 

U Emir  Aldema  (Ghantrier). 

Mademoiselle  Eugénie  Boutreux  (Ghan- 
trier). 

Mistress  E.  C.  Séa  (M^®  E.  G Séa). 

Monsieur  Demay -Taillandier  (Galvat). 

Monsieur  Edouard  André  (Galvat). 

Monsieur  Gérand  (Nonin). 

Oceana  (Australie). 

Reine  Nathalie  (Ghantrier), 

Robert  B.  Lair  (Anglais). 

Y allée  de  Gestein  (Ghantrier). 

Remplaçant  les  douze  variétés  suivantes 
qui  ont  été  éliminées  : 

Alcazar,  A.-P.  Arthur,  Directeur  Tisse- 
rand, Fratelli  Catlaneo,  Gloriosum,  Hairy 
Wonder,  Madame  Antoinette  Cordonnier, 
Madame  Garbe,  Président  Carnot,  Raffaello 
Mercatelli,  Secrétaire-général  Delaire,  Tho- 
mas H.  Brown. 


LE  GYMNObPORANGIUM  SAIHNÆ. 


Cinquième  groupement 

Les  30  variétés  les  plus  tardives 
fleurissant  du  20  novembre  au  20  décembre. 

Les  quatre  variétés  nouvelles  adoptées 
sont  les  suivantes  : 

Le  Gédro-Cline  (Ghantrier). 

Owens  Thomas  (Américain). 

Rohert  Crawford  (Anglais). 

Villeneuve-But el  (Galvat). 

Remplaçant  les  quatre  variétés  suivantes 
qui  ont  été  éliminées  : 

Ella  May,  Harry  H.  Whidener,  La  Meije, 
et  Secretary  Farson. 

Sixième  groupement 

Les  20  meilleures  variétés 
pour  la  culture  à tige  formant  tête. 

Les  deux  variétés  nouvelles  adoptées  sont 
les  suivantes  : 

UEmindra  (Galvat). 

Monsieur  Legouvé  (Nonin). 


443 

Remplaçant  les  deux  variétés  suivantes 
qui  ont  été  éliminées  : 

Holborn  Dragon  et  Peculiarily . 

Septième  groupement. 

Les  10  meilleures  variétés 

pour  être  cultivées  comme  spécimens. 

Aucune  modification.  — Ce  groupement 
reste  constitué  comme  en  1896. 

Si,  maintenant,  nos  lecteurs  veulent  bien 
se  reporter  à l’article  que  nous  avons  pu- 
blié le  16  juillet  dernier  dansla/ieuue  hor- 
ticole 1 sous  le  titre  : Les  Chrysanthèmes 
jugés  par  le  suffrage  à deux  degrés,  ils 
pourront  constater  que  sur  les  60  variétés 
que  nous  avons  indiquées  comme  ayant 
réuni  le  plus  de  suffrages,  2 seulement,  les 
variétés  Gloriosum  et  Hairg  Wonder, 
perdent  leur  place  avec  le  groupement  des 
meilleures  variétés  pour  la  très  grande 
fleur. 

H.  Dauthenay. 


LE  GYMNOSPORANGIIJM  SABINÆ 

Réponse  au  N<>  3540  (Meuse) 


Les  feuilles  de  votre  Poirier  sont  enva- 
hies par  une  espèce  de  rouille  qui  accom- 
plit son  développement  complet  sur  deux 
plantes  différentes  : c’est  le  Gymnospo- 
rangium  Sahinæ  qui  habite  successi- 
vement les  Genévriers  et  les  Poiriers. 

C’est  au  printemps,  vers  la  fin  du  mois 
d’avril,  que  les  Genévriers,  envahis  par 
cette  rouille,  montrent  le  parasite  sous 
l’aspect . de  petites  masses  gélatineuses, 
jaune  orangé  ou  jaune  brun  affectant  la 
forme  de  petites  langues  qui  s’échappent 
de  crevasses  formées  dans  l’écorce. 

Ces  masses  gélatineuses  sont  formées 
par  un  grand  nombre  de  spores,  les  téleu- 
tospores  ; la  pluie  dissout  la  gelée  qui  les 
unit,  le  vent  disperse  les  téleutospores  sur 
les  arbres  voisins  et  si  ceux-ci  sont  des  Poi- 
riers, les  téleutospores  germent  et  pénètrent 
dans  les  feuilles  du  Poirier. 

Au  mois  de  juillet  et  d’août,  les  feuilles 
se  couvrent  de  grandes  taches  jaune  orangé 
ou  rouge,  et  les  fructifications  que  pré- 


sentent les  feuilles  que  vous  nous  avez 
adressées  font  leur  apparition  ; ce  sont  des 
sacs  remplis  de  spores  nommées  Œcidios- 
pores  qui  s’échappent  à travers  des  fentes 
de  l’enveloppe  ; cette  forme  œcidienne  est 
depuis  longtemps  désignée  sous  le  nom  de  : 
Rœstelia  cancellata  ou  rouille  grillagée. 

A cet  état,  le  parasite  peut  causer  dans 
les  vergers  des  dégâts  considérables,  non 
seulement  en  attaquant  les  feuilles  et  en 
épuisant  l’arbre,  mais  encore  en  détruisant 
les  fruits  qui  sont  déformés,  petits,  dessé- 
chés, de  sorte  que  la  récolte  devient  nulle. 

Si  vous  avez  peu  de  Poiriers  et  que  ces 
arbres  soient  de  petite  taille,  vous  pourrez 
les  protéger  efficacement  par  deux  pulvé- 
risations à la  bouillie  bordelaise  réalisées  à 
la  fin  d’avril  et  à la  fin  de  mai. 

Mais  si  votre  verger  est  important,  la 
pulvérisation  des  sels  de  cuivre  n’est  pas 
pratiquée  et  le  procédé  le  plus  simple  pour 
vous  prémunir  contre  les  attaques  de  ce 
parasite  consiste  à arracher  tous  les  pieds 
de  Genévriers. 


* Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  310. 


L.  Mangin. 


444 


ROSA  SERICEA. 


ROSA  SERICEA 


Alors  que  tous  les  yeux  sont  sans  cesse 
tournésvers  les  innombrablesvariétés  qu’ont 
su  produire  les  semeurs  de  la  Rose,  il  n’est 
pas  sans  intérêt  de  jeter  de  temps  à autre 
un  coup  d’œil  sur  celles  qu’a  créées  dame 
Nature.  Si  nous  n’y  trouvons  pas  le  volume, 
la  duplicature  et  les  riches  coloris  dont  sont 


parées  les  belles  Roses  de  nos  jardins,  nous 
y voyons  au  moins  leurs  prototypes,  dont 
l’élégance  et  la  simplicilé  de  forme  nous 
charment  souvent  autant  sinon  plus  que  la 
plénitude  des  variétés  borticoles.  Qui  n’a 
admiré,  savouré  le  parfum  exquis  des  ravis- 
santes fleurs  rosées  des  Eglantiers  sauvages 


Fig.  136.  — Rosa  sericea. 
Rameau  florifère. 


sur  la  lisière  de  nos  bois  ? Ne  cultive-t-on 
pas  aujourd’hui  avec  raison  diverses  variétés 
de  Roses  simples,  et  ne  rachètent- elles  pas 
par  l’abondance  et  l’éclat  de  leur  floraison 
leur  petitesse  et  leur  simplicité  ? 

C’est,  en  effet,  d’une  Rose  simple,  d’une 
excellente  espèce  et  même  d’un  type  bota- 
nique très-caractéristique,  Rosa  sericea, 
que  nous  allons  entretenir  aujourd’hui  les 
lecteurs,  moins  peut-être  à cause  de  sa 
beauté  horticole  qu’à  cause  de  l’intérêt  orga- 


nographique  qu’il  présente,  et  aussi  parce 
que  c’est  une  espèce  rare  et  peu  connue.  A 
ces  titres  nous  pensons  que  certains  ama- 
teurs seront  bien  aises  de  faire  sa  connais- 
sance et  peut-être  même  de  la  posséder  dans 
leur  jardin.  Toute  bonne  collection  de  Ro- 
siers devrait  même  comprendre,  à côté  des 
belles  variétés  dont  s’est  enrichie  la  flore  de 
nos  jardins,  un  certain  nombre  de  types 
botaniques  qui,  outre  l’intérêt  qu’ils  pré- 
sentent pour  le  véritable  amateur  de  plantes, 


ROSA  SERICEA. 


445 


constitueraient  une  petite  école  d’ancêtres 
et  des  sortes  de  témoins  montrant  le  chemin 
parcouru  par  les  gains  horticoles. 

Le  Rosa  sericea  est  exceptionnellement 
intéressant  au  point  de  vue  botanique  par 
la  construction  tétramère  de  ses  fleurs  ; 
elles  n’ont  constamment  que  quatre  sépales 
et  quatre  pétales.  C’est  le  seul  Rosier  que 
l’on  connaisse  qui  présente  cette  singulière 
particularité,  car  tous  les  autres  ont  des 
fleurs  régulièrement  pentamères.  Voici  du 
reste  sa  description,  que  complète  fort  heu- 
reusement la  figure  ci-contre  : 

Rosa  sericea,  Lindl.  ^ (tig.  136).  Arbuste  de 
1 mètre  environ  de  haut,  assez  touffu,  déprimé 
supérieurement,  à rameaux  étalés,  garnis  de 
nombreuses  ramilles  disposées  en  éventail. 
Aiguillons  géminés  sous  les  feuilles,  d'environ 
1 centimètre  de  long,  minces,  mais  larges  ou 
parfois  très-larges  à la  base  et  brusquement 
rétrécis  en  pointe  droite,  brun-purpurin,  per- 


Fig. 137.  - 

Fleur. 


rement  pendant,  caduc  à la  maturité,  surmonté 
des  sépales  persistants  et  dressés,  d’un  rouge 
vif,  à péricarpe  assez  épais  et  renfermant  5 
à 8 graines  blanches,  moyennes  et  anguleuses. 

Habite  les  Indes  et  l’IIimalaya,  d’où  il  a été 
introduit  en  1822.  Fleurit  en  avril-mai  et  mûrit 
ses  fruits  en  juin-juillet. 

La  description  qui  précède  et  la  figure 
136  ont  été  faites  sur  le  vif,  d’après  les 
quelques  exemplaires  que  M.  Henry  de  Vil- 
morin en  possède  dans  ses  collections  de  Ver- 
rières. Les  plantes  y sont  d’une  belle  venue 
et  y résistent  sans  souffrir  à nos  hivers. 
Elles  ont  abondamment  fleuri  et  grainé 
cette  année.  Des  rameaux  fleuris  avaient  été 
présentés  en  mai  dernier  à la  Société  natio- 
nale d’horticulture,  qui  a jugé  la  plante  très- 
intéressante  et  a récompensé  cette  présen- 
tation. 

Les  graines  ont  été  récoltées  et  seront 

^ Rosarum  Monograph.,  p.  105,  tab.  12;  Bot. 
Mag.,  tab.  5200. 


sistants  et  même  accrescents.  Feuilles  petites, 
d’un  vert  spécial,  rougeâtres  sur  les  bords,  à 
rachis  mince,  à peine  épineux,  court,  portant 
5 à 7 petites  folioles  ovales,  de  10  à 15  milli- 
mètres de  long,  bordées  de  dents  fines  et 
aiguës  dans  leur  moitié  supérieure,  glabres  sur 
les  deux  faces  et  glauques  en  dessous  ; sti- 
pules assez  amples,  soudées  au  pétiole,  libres 
supérieurement,  lancéolées-obtuses  et  attei- 
gnant la  première  paire  de  folioles.  Fleurs 
(fig.  137)  solitaires  sur  les  ramilles,  axillaires, 
nombreuses,  très-courtement  pédicellées  et 
pendantes  sous  les  rameaux  ; ovaire  allongé 
(fig.  137),  glabre  ; sépales  quatre,  sub-trian- 
guiaires  et  assez  longuement  mucronés,  d’à 
peine  1 centimètre  de  long,  glabres  en  dehors, 
mais  finement  soyeux  en  dedans  et  surtout  sur 
les  bords  persistants  et  dressés  sur  le  fruit  ; 
pétales  quatre,  blancs,  de  2 centimètres  et 
demi  environ  de  long  et  presque  autant  de 
large,  obcordés,  écliancrés  au  sommet.  Fruit 
assez  gros  (fig.  137),  en  forme  de  poire  allon- 
gée, de  2 1/2  à 3 centimètres  de  long,  entiè- 


Rosa  sericea. 

Ovaire.  Fruit  mûr. 


mises  au  commerce  cette  année  par  la  mai- 
son Vilmorin-Andrieux  et 

Le  Rosa  sericea  étant  une  espèce  très- 
pure,  se  reproduira  franchement  de  semis. 
Les  amateurs  et  collectionneurs  pourront 
donc  se  le  procurer  facilement.  Nous  con- 
seillons d’en  semer  ou  au  moins  de  mettre 
les  graines  (après  les  avoir  sorties  des  fruits) 
de  suite  en  stratification.  Les  jeunes  plantes 
seront  d’abord  mises  en  pots  lorsqu’elles 
auront  quelques  feuilles,  puis  livrées  à la 
pleine  terre  un  ou  deux  ans  après. 

Nous  profiterons  de  cet  article  pour  men- 
tionner un  autre  Rosier  botanique,  égale- 
ment intéressant,  vivant  dans  les  collections 
de  M.'H.  de  Vilmorin,  et  sans  doute  plus 
rare  encore  que  le  précédent,  car  il  n’est 
décrit  dans  aucun  ouvrage  horticole  de  notre 
connaissance.  C’est  le  Rosafoliolosa,^M\i. 
originaire  de  l’Amérique  du  Nord.  Il  forme 

2 Torr.et  Gray,  Flora  of  North.  America,  vol.  I, 
p.  400. 


446  UNE  ARISTOLOCHE  HYBRIDE.  — LE  NITRATE  DE  SOUDE  EN  CULTURE  POTAGÈRE. 


un  petit  arbuste  à rameaux  grêles,  ne  portant 
qu’une  seule  épine  aciculaire  sous  chaque 
feuille  ; celles-ci  ont  7 à 9 folioles  allongées, 
étroites,  fortement  dentées,  et  les  fleurs 
sont  solitaires,  terminales  blanches,  à 
ovaire  et  sépales  fortement  chargés  de  sé- 
tules  glanduleux  au  sommet  ; les  sépales 
sont,  en  outre,  bractéolés  latéralement  et 
surmontés  d’une  bractée  fort  longue,  étroite. 


et  atteignant  presque  le  sommet  des  pétales. 
Le  fruit  est  gros,  globuleux  et  fortement 
chargé  de  situles. 

Mais  la  plante  est  encore  trop  jeune  et 
faible  pour  que  nous  puissions  en  parler 
avec  plus  de  précision  ; nous  y reviendrons, 
du  reste,  ultérieurement  s’il  y a lieu. 

S.  Mottet. 


UNE  ARISTOLOCHE  HYBRIDE 


Le  Gardeners'Chronicle  mentionne  l’ob- 
tention, en  Angleterre,  d’une  Aristoloche 
hybride.  C’est  là  un  fait  d’autant  plus  im- 
portant qu’on  n’a  jamais  entendu  parler, 
jusqu’à  présent,  d’aucun  hybride  dans  ce 
genre.  Cette  obtention  d’un  haut  intérêt  est 
due  à M.  J.-M.  Bell,  jardinier  du  Révérend 
Chanoine  Prettyman,  de  South  ; elle  est  le 
résultat  d’une  fécondation  de  V Aristolochia 
hrasiliensis  Tp3iV  \e  pollen  de  VA.  elegans. 
L’obtenteur  raconte  que  pour  atteindre  au 
stigmate,  il  découpa  une  pièce  triangulaire 
du  périanthe,  et,  après  avoir  appliqué  le 
pollen,  replaça  le  morceau  enlevé  en  le  col- 
lant avec  de  la  gomme.  La  fécondation  réus- 
sit fort  bien  et  sitôt  que  les  graines  eurent 
mûri,  en  mars  1895,  elles  furent  semées. 
Les  jeunes  plantes  se  montrèrent  peu  vi- 
goureuses. L’une  d’elles,  ayant  paru  vouloir 
fleurir,  M.  Bell  en  greffa  en  rameau  sur 
un  pied  d'Aristolochia  Gigas  Sturtevanti, 
qui  croissait  bien,  mais  ne  fleurissait  ja- 
mais. Cette  greffe  put  fleurir  à deux  re- 
prises; elle  est  encore  en  fleurs  maintenant, 
et  est  empreinte  d’une  bonne  vigueur. 

A ce  propos,  le  Gardeners' Chronicle 
rappelle  que  V Aristolochia  hrasiliensis  et 
VA.  elegans  appartiennent  à des  sections 
très-différentes.  Dans  celle  de  VA.  elegans, 
le  périanthe  prend  supérieurement  son  ex- 
tension en  une  membrane  élargie,  en  forme 
de  bouclier,  dont  la  partie  supérieure  est 
beaucoup  plus  large  que  la  plus  basse,  bien 

LE  NITRATE  DE  SOUDE 

M.  Foussat,  chef  des  travaux  horticles  de 
l’Ecole  d’agriculture  Mathieu  de  Dombasle, 
a récemment  publié  le  résultat  de  ses  inté- 
ressantes expériences  sur  l’emploi  du  nitrate 
de  soude  dans  la  culture  potagère. 

Toute  une  série  de  légumes  ont  été  culti- 
vés comparativement  par  lui  dans  cinq  par- 


que ce  périanthe  ne  soit  pas  scindé  en  deux 
lèvres.  Au  contraire,  le  périanthe  de  VA. 
hrasiliensis  forme  deux  lèvres,  la  supé- 
rieure longue,  repliée  au  milieu,  l’infé- 
rieure beaucoup  plus  large,  avec  deux  lobes 
arrondis  s’étendant  horizontalement,  chif- 
fonnés, couleur  crème  avec  un  réseau  de 
macules  pourpres. 

Dans  l’hybride  obtenu,  le  périanthe  est 
d’abord  constitué  par  un  tube  ventriculeux 
jaune  crème  nervé  de  pourpre,  d’environ 
20  centimètres  de  long,  distendu  antérieu- 
rement de  7 centimètres,  puis  recourbé  et 
rétréci  non  loin  de  son  orifice.  Le  limbe  est 
de  forme  intermédiaire  entre  celui  de  VA. 
hrasiliensis  et  celui  de  VA.  elegans,  et  me- 
sure environ  10  centimètres  sur  7 à 8. 
Il  est  oblong,  émoussé,  légèrement  chif- 
fonné, de  couleur  crème  recouverte  en 
grande  partie  d’une  maculature  dessinant 
de  nombreuses  arborescences  pourpres.  La 
gorge  est  jaune  clair  comme  dansl’A.  ele- 
gans, avec  de  nombreuses  veines  pourprées 
qui  rayonnent  à l’intérieur  du  ventricule. 
Par  contre,  les  villosités  et  les  organes  de 
la  génération  rappellent  VA.  hrasiliensis.  11 
en  est  de  même  du  feuillage,  qui  est  ce- 
pendant moins  glauque. 

Cette  nouveauté  de  bon  aspect,  outre 
l’intérêt  qu’elle  présente  au  point  de  vue 
botanique,  pourra  être  une  acquisition  hor- 
ticole de  valeur. 

J. -Fr.  Favard. 

EN  CULTURE  POTAGÈRE 

celles  de  terre  de  20  mètres  carrés  cha- 
cune. 

L’une  de  ces  parcelles,  non  fumée,  ser- 
vait de  témoin. 

Les  quatre  autres  recevaient  : 

La  2%  60  kil.  de  terreau  équivalent  à 
30,000  kil.  par  hectare; 


LE  NITRATE  DE  SOUDE  EN  CULTURE  POTAGÈRE.  . 447 


La  3®,  200  gr.  de  nitrate  de  soude  équi- 
valant à 100  kil.  par  hectare  ; 

La  4®,  400  gr.  de  nitrate  de  soude  équiva- 
lant à 200  kil.  par  hectare  ; 

Et  la  5®,  600  gr.  de  nitrate  de  soude  équi- 
valant à 300  kil.  par  hectare. 

Les  légumes  cultivés  par  M.  Foussat  sont 
les  suivants,  au  nombre  de  quinze  : 


1.  Betterave. 

2.  Gardon. 

3.  Carotte. 

4.  Céleri-Rave. 

5.  Chicorée  frisée. 

6.  Chou  de  Milan, 

7.  Chou-Fleur. 

8.  Concombre. 


9.  Epinard. 

10.  Laitue  Romaine. 

11.  Laitue  d’été. 

12.  Navet. 

13.  Poireau. 

14.  Pomme  de  terre. 

15.  Radis. 


Le  fait  capital  qui  se  dégage  de  ces  expé- 
riences, c’est  que  tous  les  légumes,  sauf  le 
Céleri,  ont  produit,  sous  l’influence  du  ni- 
trate de  soude,  même  à la  dose  minimum 
de  200  grammes  par  parcelle,  un  rende- 
ment supérieur  à celui  des  parcelles  fumées 
au  terreau. 

Voici  quelques  exemples  pris  au  ha- 
sard : 


Parcelles  de  20  mètres  carrés 
et  engrais. 

Rendement 

Betterave 

Chicorée 

frisée 

Épinard 

Kil. 

Kil. 

Kil. 

1.  témoin  (sans  engrais) 

61.800 

17.500 

4.500 

II.  60^  de  terreau  . . . 

67.  » 

20.  » 

5.  » 

III.  0^  200g''  nitrate  de 
soude  

80.  » 

24.  » 

8.  » 

IV.  0i^400g‘-  — — 

95.  » 

27.  » 

9.050 

V.  Ok  600g>^  — — 

105.  » 

34.  » 

10.150 

On  remarque,  dans  le  tableau  relatif  aux 
Épinards,  une  différence  de  rendement  de 
plus  du  double  entre  la  parcelle  II,  fumée  au 
terreau,  qui  produit  5 kil.  et  la  parcelle  V, 
fumée  avec  600  grammes  de  nitrate  de 
soude,  qui  donne  10  kil.  150. 

Mais  où  le  nitrate  a procuré  des  effets 
surprenants,  c’est  dans  la  culture  du  Ra- 
dis. 

Voici  les  observations  recueillies  sur  ce  lé- 
gume. 

Radis. 


Parcelles  de  20  mètres  carrés 

Rendements 

Nombre 

de 

et  engrais. 

en  poids 

en  botte^ 

racines 
par  botte 

I.  témoin  (sans  engrais) 

Kil. 

13.500 

27 

40 

II.  60^  de  terreau  . . . 

15  850 

30 

40 

III.  O*'  2009'-  nitrate  de 
soude  

28.700 

53 

30 

IV.  0'v400g‘‘  — — 

33.700 

61 

30 

V.  OkOOOgr  — - 

37.200 

64 

30 

Le  tout  récolté  41  jours  après  le  se- 
mis. 

Ici  le  rendement  a été  double,  et  au  delà, 
dans  la  parcelle  n®  IV  qui  ne  reçoit  que  400 
gr.  de  nitrate,  soit  l’équivalent  de  200  kil.  à 
l’hectare. 

D’autre  part,  dans  les  parcelles  non  nitra- 
tées,  les  racines  sont  généralement  plus 
petites,  ce  qui  force  à en  mettre  40  par 
botte  au  lieu  de  30. 

Le  nitrate  a donc  communiqué  aux  Ra- 
dis, outre  une  augmentation  en  poids,  une 
certaine  précocité  de  développement  radicu- 
laire qui  est  à considérer.  A diverses  re- 
prises, M.  Foussat  enregistre  des  faits  du 
genre  de  ceux  qui  précèdent,  à la  fois  très- 
imprévus  et  très-instructifs  ; ainsi,  dans 
l’expérience  sur  les  Carottes  et  dans  celle 
sur  les  Épinards,  il  observe  que  la  germi- 
nation des  graines  qui  n’avaient  point  reçu 
de  nitrate  s’est  faite  plus  régulièrement  et 
plus  rapidement,  et  que  l’apparition  des 
tiges  florales,  chez  les  ICpinards  cultivés  au 
nitrate  de  soude,  a été  retardée  de  cinq  à 
six  jours. 

Dans  un  cas,  M.  Foussat  a cru  voir  une 
action  nuisible  du  nitrate  sur  les  racines,  et 
par  suite,  sur  tout  l’organisme  de  la  plante  : 
c’est  lorsqu’il  a expérimenté  sur  les  Poi- 
reaux. 

Avec  ce  légume,  l’on  voit,  en  effet,  le 
rendement  maximum  (67  kil.)  appartenir  à 
la  parcelle  III  qui  a eu  seulement  200  gram- 
mes de  nitrate,  alors  que  les  parcelles  IV  et 
V,  fumées  à 400  et  600  grammes  du  même 
engrais,  ne  produisent  plus  que  60  et  54  ki- 
los. 

Le  Céleri-Rave  s’étant  montré  réfrac- 
taire à l’action  des  nitrates,  on  peut  se 
demander  s’il  a été,  lui  aussi,  incom- 
modé par  ce  sel  ; c’est  ce  qu’on  ne  saurait 
affirmer  avant  de  nouvelles  expériences. 

Les  engrais  étaient  appliqués  de  la  ma- 
nière suivante  : 

Chaque  parcelle,  après  un  labour  exécuté 
à la  bêche  dans  d’excellentes  conditions, 
recevait  : 

La  l"®  : rien  ; 

La  2®  : 60  kil.  de  terreau,  épandu  le 
jour  même  du  semis  ou  de  la  plantation 
et  incorporé  par  un  vigoureux  croche- 
tage. 

La  3®  : 100  grammes  de  ni-  ^ 
trate  de  soude  ; i Incorporé 

La  4®  : 200  grammes  de  ni-  ( 

) pdl  U.11 

trate  de  soude  ; l 

La  5®  : 300  grammes  de  ni-  ' crochetage, 
trate  de  soude.  I 


448 


CYPRIPEDIUM  INSIGNE  GITRINUM. 


Les  autres  doses  de  nitrate  étaient  appli- 
quées plus  tard,  en  couverture,  lorsque  la 
végétation  des  légumes  laissait  supposer 
que  le  moment  était  opportun. 

Au  point  de  vue  pratique,  le  travail  de 
M.  Foussat,  dont  nous  n’avons  donné  qu’une 
succincte  analyse,  est  d’un  saisissant  inté- 


rêt ; il  montre  nettement  la  possibilité  de 
donner  aux  produits  de  la  culture  potagère, 
par  le  seul  fait  de  l’emploi  raisonné  du 
nitrate  de  soude,  une  plus-value  qui  peut 
monter  du  simple  au  double  et  quelquefois 
plus  haut. 

Georges  Bellair. 


CYPRIPEDIUM  INSIGNE  CITRINUM 


Le  type  spécifique  de  cetle  nouveauté,  le 
Cypripedium  insigne,  Wallich,  est  une 
Orchidée  originaire  du  Népaul,  qui  a été 
introduite  dans  les  serres  de  l’Europe  dès 
1820.  La  plante  s’est  rapidement  vulgarisée, 
grâce  à la  facilité  de  sa  culture,  qui  peut  se 
faire  en  serre  froide  et  même  en  orangerie 
ou  en  appartement.  Nous  nous  souvenons 
d’avoir  vu  d’énormes  potées  de  cette  espèce 
conservées  chez  M.  L.  Leroy,  à Angers,  en 
1857  ; elles  fleurissaient  abondamment 
tout  l’hiver  dans  une  orangerie  qui  n’était 
jamais  chauffée,  au  milieu  des  Gamellias  et 
des  Azalées  rentrés  pour  la  fleur  cou- 
pée. 

Longtemps  relégué  dans  les  collections 
vulgaires,  en  des  situations  sacrifiées,  à 
cause  de  ses  fleurs  ternes  où  le  vert,  le  jaune 
et  le  blanc  ne  revêtaient  que  des  tons  effa- 
cés, le  C.  insigne  ne  prit  faveur  qu’avec 
l’introduction  d’autres  espèces  aux  tons  plus 
brillants,  de  formes  très-diverses,  et  sur- 
tout après  que  des  variétés  supérieures  et 
des  hybrides  nombreux  eurent  fait  une 
sorte  de  révolution  dans  le  genre.  Des  ama- 
teurs fanatiques  surgirent.  Parmi  les  orchi- 
dopbiles,  il  y eut  le  clan  des  « Gypripé- 
pédistes  ».  Des  prix  extravagants  furent  at- 
teints ; on  paya  plusieurs  milliers  de  francs 
un  petit  exemplaire  d’une  variété  nou- 
velle. 

Les  hybridations,  faciles  à opérer,  et  la 
rapidité  relative  de  la  floraison  des  jeunes 
semis  encouragèrent  les  producteurs  et  les 
Gypripèdes  devinrent  légion.  C’est  ainsi  que 
le  Dictionnaire  des  Orchidées  hybrides  de 
Bohnhof  énumère  530  différents  Cypripe- 
dmm connus  aul‘^*’janvierl895;M.  Hansen, 
dans  The  Orchids  Hyhrids,  listes  arrêtées 
au  15  octobre  1895,  en  retient  seulement 
404  nommés,  y compris  les  Selenipedium, 
mais  en  excluant  les  synonymes.  Et  il  y en 
a eu  beaucoup  d’autres  depuis.  C’est  à s’y 
perdre.  Aussi  une  réaction  s’est-elle  pro- 


duite, et  ces  plantes  ne  sont  déjà  plus  les 
favorites  de  la  mode  comme  elles  l’étaient  il 
y a peu  de  temps  encore. 

B est  des  exceptions  cependant  pour  les 
variétés  de  premier  choix  comme  celle  que 
nous  figurons  aujourd’hui,  et  que  M.  A. 
Truffant  a trouvée  dans  un  lot  d’Orchidées 
achetées  en  vente  publique.  La  plante,  qui 
est  une  forme  presque  concolore  du  Cypri- 
pedium insigne,  peut  lutter  avec  les  meil- 
leures variétés  de  cette  espèce,  comme  les 
C.  i.  Chantini,  Maulei,  Sanderæ,  etc.  Le 
Cypripedium  insigne  citrinum^,  indé- 
pendamment de  son  sépale  supérieur  très- 
ample  et  largement  hordé  de  hlanc  pur,  a 
toutes  les  autres  parties  de  la  fleur  d’un 
jaune  citron  qui  lui  a valu  son  qualificatif 
spécial.  Les  hords  des  pétales  sont  fortement 
ondulés,  d’une  nuance  citron  pâle,  d’un 
vert  léger  à la  base,  avec  quelques  veines 
rouges  ou  vert  gai.  Le  labelle  est  très-grand, 
sacciforme  comme  dans  le  type,  d’un  beau 
ton  citron  comme  le  staminode  qui  porte 
une  verrue  centrale  et  des  veines  oran- 
gées. 

La  culture  du  C.  insigne  et  de  ses  bonnes 
variétés,  loin  de  diminuer  comme  celle  de 
beaucoup  d’autres  Gypripèdes,  s’est  beau- 
coup augmentée  dans  ces  derniers  temps 
pour  la  fleur  coupée  pendant  l’hiver.  Ces 
plantes,  au  lieu  d’être  tenues  presque  au 
froid,  sont  devenues  l’objet  d’un  traitement 
spécial  où  une  chaleur  modérée  et  appro- 
priée détermine  des  floraisons  abondantes 
et  par  suite  des  ventes  rémunératrices. 
Quand  le  Cypripedium  insigne  citrinum 
aura  été  multiplié  et  aura  quitté  les 
collections  de  choix  pour  entrer  dans  la 
culture  générale,  il  tiendra  une  bonne  place 
dans  les  meilleures  formes  de  cette  pré- 
cieuse espèce. 

Ed.  André. 

^ Gardeners’  Chronicle,  1895,  p.  39. 


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Rcoiie  Horlicole 


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CULTURE  ET  MULTIPLICATION  UES  DIEFFENBACHIA. 


449 


CULTURE  ET  MULTIPLICATION  DES  DIEFFENBACHIA 


Ce  genre  d’Aroïdées  comprend  des  es- 
pèces remarquables  au  point  de  vue  de  la 
beauté  ou  de  l’ampleur  du  feuillage;  ce 
sont  des  plantes  caulescentes,  charnues,  à 
végétation  généralement  vigoureuse  et  à 
développement  rapide,  à feuilles  le  plus 
souvent  grandes,  se  rapprochant  plus  ou 
moins  de  la  forme  ovale,  d’une  contexture 
le  plus  souvent  épaisse,  offrant  toutes  les 
teintes  du  vert  sur  lequel  tranchent  des 
macules  presque  toujours  irrégulières, 
blanches,  parfois  transparentes  et  qui  for- 
ment un  joli  contraste  ; quelquefois  le 
pétiole  lui-même  est  coloré. 

Les  Dieffenhachia  ne  sont  pas  difficiles 
à cultiver,  mais  ils  exigent  néanmoins 
quelques  conditions  indispensables  pour 
acquérir  toute  leur  beauté,  celle-ci  rési- 
dant exclusivement  dans  le  feuillage  au- 
quel il  faut  chercher  à donner  le  plus  d’am- 
pleur et  la  plus  grande  abondance  qu’il  est 
susceptible  d’atteindre.  On  y parvient  géné- 
ralement au  moyen  d’un  compost  approprié 
et  de  l’emploi  d’engrais  azotés  aidés  de  la 
chaleur,  des  bassinages  et  de  l’humidité 
athmosphérique.  Voici  comment  nous  les 
cultivons  : 

Les  Dieffenhachia  sont  tenus  en  serre 
chaude  humide  dont  la  température  varie 
peu  entre  18  à 20  degrés  centigrades  la 
nuit  et  22  à 28  degrés  centigrades  le  jour. 
Les  plantes  sont  placées  sur  la  tablette  de 
la  serre  où  on  les  tourne  tous  les  mois  en- 
viron afin  de  leur  éviter  de  prendi’e  une 
face  ; les  espèces  très- vigoureuses  et  à 
grand  développement  sont  posées  sur  un 
gradin  qui  leur  laisse  la  place  nécessaire 
pour  bien  croître  en  liberté.  Les  plantes 
sont  rempotées  chaque  année  au  mois  de 
mars,  dans  un  compost  qui  puisse  fournir 
la  nourriture  nécessaire  à leur  exubérante 
végétation.  Nous  employons  le  mélange  sui- 
vant : trois  quarts  de  terrreau  de  feuilles 
ou  de  terre  de  bruyère  neuve,  un  quart  de 
terre  franche  et  plutôt  argileuse,  le  tout 
préparé  quelque  temps  à l’avance.  Le  drai- 
nage doit  atteindre  au  moins  2 à 3 centi- 
mèlres  de  hauteur.  Le  rempotage  ne  doit 
pas  être  trop  serré.  On  arrose  modérément 
jusqu’à  ce  que  les  plantes  paraissent  reprises 
dans  leur  nouveau  récipient. 

Peu  après,  il  est  bon  d’appliquer  de  l’en- 
grais pour  activer  la  végétation  et  lui  faire 
atteindre  son  plus  grand  développement. 


Nous  employons  la  bouse  de  vache  délayée 
dans  de  l’eau,  ou  l’engrais  humain;  ce  der- 
nier est  plus  actif.  La  dose  doit  être  d’un 
dixième  pour  commencer,  en  augmentant 
progressivement  jusqu’à  concurrence  d’un 
litre  d’engrais  pour  cinq  litres  d’eau.  La 
poudrette  et  le  sang  desséché  doivent  pro- 
duire aussi  de  bons  résultats,  et  il  serait 
intéressant  d’essayer  l’action  des  engrais 
chimiques  fortement  azotés  sur  l’économie 
de  ces  plantes.  Les  arrosements  à l’engrais 
peuvent  être  donnés  depuis  trois  fois  par 
semaine  pendant  la  grande  végétation  de 
ces  Aroïdées,  mais  il  faut  les  cesser  à partir 
du  mois  de  septembre. 

Pendant  les  jours  ensoleillés  de  la  belle 
saison,  il  est  bon  de  ne  pas  ménager  les 
bassinages  qui  doivent  au  moins  se  répéter 
deux  ou  trois  fois  par  jour  ; l’ombrage  doit 
être  mobile  et  procuré  aux  plantes  dès  que 
le  soleil  prend  de  la  force  ; mais  sitôt  qu’il 
n’est  plus  à craindre,  il  faut  donner  la 
pleine  lumière  en  roulant  les  claies  des 
serres.  Les  pots  ne  doivent  pas  être  enterrés 
dans  la  tannée  ou  les  cendres  de  la  hache. 
Les  arrosements  ont  besoin  d’être  copieux 
de  mars  en  octobre  ; à partir  de  cette 
époque,  on  les  diminue  sensiblement  de 
façon  à maintenir  la  végétation  station- 
naire en  hiver.  Les  bassinages  sont  aussi 
supprimés.  Cette  période  doit  se  continuer 
jusqu’en  mars,  et  c’est  pendant  ce  dernier 
mois  qu’il  faut  songer  à la  multiplication 
des  plantes.  Celle-ci  s’effectue  au  moyen 
du  bouturage  des  rameaux  et  des  bour- 
geons, et  du  marcottage  aérien  ; nous  ne 
parlerons  pas  du  semis,  dont  nous  n’a- 
vons jamais  entendu  parler  et  qui,  en  tout 
cas,  devrait  se  pratiquer  comme  pour  les 
Anthurium  et  les  Caladium. 

Comme  cela  arrive  vite  et  facilement,  on 
possède  toujours  des  Dieffenhachia  dont 
la  tige  est  trop  longue,  dénudée,  chez  les- 
quels la  végétation  n’est  plus  vigoureuse  et 
qui  demandent  alors  à être  étêtés.  On 
coupe  horizontalement  et  par  une  section 
nette  sous  la  dernière  feuille  bien  verte,  la 
tête  des  plantes  ; après  avoir  saupoudré  de 
poussière  de  charbon  de  bois  la  coupe  de  la 
bouture,  on  l’empote  en  godet,  en  terre  de 
bruyère  sableuse,  puis  on  la  place  dans  la 
vitrine  de  la  serre  à multiplication,  à l’é- 
touffée et  à la  chaleur  de  fond  ; des  bassi- 
nages fréquents  sont  donnés  sur  les  feuilles 


450 


CULTURE  ET  MULTIPLICATION  DES  DIEFFENBACIIIA. 


afin  d’éviter  une  trop  grande  fanaison  et, 
au  besoin  même,  on  les  attache  ensemble. 
La  reprise  est  prompte  et  arrive  ordinaire- 
ment après  trois  à cinq  semaines.  La 
plante  mère  étêtée  peut  être  placée  dans  la 
serre  à multiplication  où  elle  développera 
des  bourgeons  latéraux  qui  seront  coupés 
dès  qu’ils  auront  quelques  feuilles,  en  opé- 
rant l’ablation  avec  un  petit  morceau  de 
talon  qui  assurera  la  reprise  ; on  les  traite 
d’ailleurs  comme  les  boutures  de  tête. 

Il  existe  encore  un  autre  moyen  d’utiliser 
les  troncs  des  Dieffenhachia,  c’est  de  les 
couper  par  tronçons  variant  en  longueur 
de  15  à 30  centimètres  environ  ; ces  tron- 
çons peuvent  rester  entiers  ou  être  coupés 
en  deux  dans  le  sens  de  leur  longueur  ; 
après  les  avoir  saupoudrés  de  charbon  et 
avoir  laissé  quelques  jours  la  plaie  sécher  à 
l’air,  ce  qui  a pour  but  de  prévenir  la  pour- 
riture, on  les  enterre  soit  dans  le  gravier  de 
la  bâche  à multiplier,  soit  dans  la  cendre, 
à la  chaleur  de  fond  et  à l’étouffée  ; c’est 
d’ailleurs  le  même  procédé  que  nous  em- 
ployons pour  les  Dracæna.  Des  bourgeons 
se  développent  après  un  certain  temps  ; 
lorsqu’ils  ont  deux  ou  trois  feuilles,  on  les 
sèvre  du  tronc  où  ils  ont  pris  naissance  en 
ayant  soin  de  leur  laisser  un  talon.  Ce 
moyen  procure  une  multiplication  facile  et 
rapide  de  ces  plantes,  surtout  avantageuse 
en  ce  qu’elle  fait  obtenir  des  sujets  pourvus 
pendant  quelque  temps  de  feuilles  jusqu’à 
leur  base,  ce  qu’il  est  presque  impossible 
d’obtenir  avec  des  boutures  de  tête. 

Pour  l’obtention  de  beaux  spécimens, 
nous  pratiquons  le  marcottage  aérien.  On 
prépare  d’abord  la  tige  à marcotter  en  enle- 
vant toutes  les  feuilles  tant  soit  peu  jaunes 
ou  vieilles  ; le  plus  près  possible  de  celles 
qui  restent  on  fait  une  incision  circu- 
laire avec  enlèvement  d’écorce,  large  d’en- 
viron 2 centimètres  et  profonde  de  5 à 
4 centimètre,  suivant  l’épaisseur  de  la  tige, 
on  saupoudre  de  charbon. 

Au  préalable,  on  aura  fendu  un  pot  de 
12  à 15  centimètres  de  diamètre  en  deux 
parties,  dans  le  sens  de  la  longueur,  et 
agrandi  le  trou  de  drainage  qui  devra 
laisser  passer  la  tige.  Les  deux  parties  du 
pot  seront  alors  réunies,  entourant  la  tige  et 
serrées  au  moyen  d’un  fil  de  fer  de  telle 
façon  que  l’incision  se  trouve  être  environ 
au  milieu  de  la  hauteur  du  récipient.  S’il 
existe  des  vides  au  fond  du  pot,  on  les 
bouche  avec  des  tessons,  puis  on  remplit 
celui-ci  avec  un  compost  formé  de  deux 
parties  de  terre  de  bruyère  fibreuse  et  une 


partie  de  sphagnum  vivant,  le  tout  bien 
mélangé  ; à la  surface  on  étend  encore  une 
couche  de  cette  mousse  qui  maintiendra 
l’humidité. 

Il  faut  bassiner  chaque  jour  de  façon  à 
tenir  le  compost  humide.  On  peut  placer 
un  tuteur  comme  soutien  au  pot,  mais  c’est 
presque  toujours  inutile  lorsqu’il  s’agit  de 
marcotter  des  tig,es  droites.  Ce  marcottage 
doit  se  pratiquer  en  mars,  époque 
de  la  végétation  nouvelle  de  ces  plantes. 
Deux  à quatre  mois  sont  presque  toujours 
suffisants  pour  l’enracinement  des  mar- 
cottes, quoique  cela  puisse  exiger  davan- 
tage de  temps.  Lorsque  l’on  voit  que  les 
racines  sont  développées,  on  peut  com- 
mencer le  sevrage  graduel  des  mar(iottes. 
A cet  effet,  on  opère  juste  sous  le  pot  de  la 
tige  marcottée  une  incision  pénétrant  en- 
viron au  tiers  du  diamètre  de  celle-ci  ; si 
les  feuilles  ne  fanent  pas,  l’opération  est 
recommencée  une  quinzaine  de  jours  plus 
tard,  en  incisant  alors  jusqu’à  la  moitié. 
Un  tuteur  devient  nécessaire  pour  soutenir 
la  tête  ; huit  jours  après  on  coupe  entière- 
ment la  plante  qui  est  de  suite  rempotée  si 
les  racines  sont  abondantes  et  placée  dans 
la  vitrine  de  la  serre  à multiplication,  à 
une  bonne  chaleur  de  fond,  bassinée  fré- 
quemment sur  le  feuillage  et  tenue  à l’om- 
bre quelques  jours  pour  la  reprise. 

Par  ce  procédé,  nous  perdons  rarement 
plus  d’une  ou  deux  feuilles  ; de  plus,  elles 
ont  gardé  leur  ampleur  puisqu’elles  pro- 
viennent d’une  plante  adulte  et,  résultat 
surtout  remarquable,  la  tige  est  garnie 
jusqu’à  la  base.  Au  rempotage  suivant,  on 
l’enterre  le  plus  possible  et  la  plante  traitée 
à l’engrais  forme  vite  un  spécimen  de  très- 
belle  venue. 

Placés  sur  couche  chaude,  dans  une 
bâche  maçonnée  et  profonde,  avec  des  bas- 
sinages réitérés  et  de  la  chaleur  de  fond, 
les  Dieffeiihachia  prennent  des  dimensions 
extraordinaires  ; mais  cette  dernière  cul- 
ture est  peu  recommandable  et  ne  doit  être 
pratiquée  que  sur  des  sujets  cultivés  en 
vue  des  expositions. 

On  peut  recommander  surtout  la  culture 
des  espèces  et  variétés  suivantes  : 

Dieffenbachia  amœna,  Hort. 

— antioquiensis,  Lind.  et  André. 

— Baraquiniana,  Lemaire. 

— Bausei,  Regel. 

— Bowmani,  Hort. 

— Carderi,  W.  Bull. 

— eburnea^  Hort. 

— gigantea,  A.  Verschaffelt. 


DAHLIAS  LILLIPUT  ET  DAHLIAS  A FLEURS  MOYENNES. 


451 


Dieffenhachia  imperialisy  Lind.  et  André. 

— Jenmanni,  Veitch. 

— lancifolia,  Lind,  et  André, 

— latimaculata,  Lind.  et  André. 

— Leopoldi,  Bull. 

— noHliSy  Bull. 

— Farlatorei,  Lind.  et  André. 

— Regina,  W.  Bull. 

— triuwphans,  W.  Bull. 

Les  Dieffenhachia  sont  rarement  atta- 


qués par  les  insectes  ; dans  les  serres  trop 
sèches  cependant,  ces  plantes  ont  pour 
ennemies  l’araignée  rouge  et  la  cochenille  ; 
on  s’en  débarrasse  à l’aide  de  lavages  avec 
une  éponge  douce  trempée  dans  une  solu- 
tion nicotinée  à un  dixième.  Des  bassinages 
plus  fréquents  et  une  atmosphère  plus 
humide  préviennent  facilement  le  retour  de 
ces  hôtes  habituels  des  plantes  de  serre 
chaude.  Jules  Rudolph. 


DAHLIAS  LILLIPUT  ET  DAHLIAS  A FLEURS  MOYENNES 


Sous  ce  titre,  nous  avons  voulu  faire  res- 
sortir deux  races  éminemment  décoratives  à 
tous  les  points  de  vue. 

Les  Dahlias  à très-grosse  fleur  ont  assu- 
rément leur  mérite  particulier  et  sont  juste- 
ment appréciés  par  un  grand  nombre  d’a- 
mateurs ; mais  leur  utilisation  est  différente, 
précisément  en  raison  de  la  différence  de 
leur  mode  de  végétation. 

En  effet,  ces  Dahlias  laissés  à eux-mêmes 
poussent,  il  est  vrai,  très-vigoureusement  ; 
mais  les  fleurs  restent  souvent  cachées  dans 
leur  feuillage,  et  c’est  par  des  pincements 
et  des  ébourgeonnages  répétés  que  l’on  ar- 
rive à les  rendre  plus  apparentes  et  à don- 
ner à la  plante  une  bonne  tenue.  Ce  n’est 
pas  là  ce  que  l’on  peut  appeler  des  plantes 
décoratives.  Là  où  ces  grosses  fleurs  trou- 
vent toujours  bien  leur  place,  c’est  dans  les 
appartements,  sur  des  coupes  avec  de  la 
mousse  humide  ou  dans  de  petits  vases, 
associées  à des  fleurs  plus  délicates  ou  des 
feuilles  de  Fougères.  Des  fleurs  uniques  pla- 
cées çà  et  là  sur  des  meubles  sont  d’un  heu- 
reux effet  et  disent  souvent  mieux  que  plu- 
sieurs réunies  en  groupes  ou  en  bouquets. 

Nous  n’insistons  pas  davantage  sur  les 
mérites  incontestables  de  la  race  de  Dahlias 
à grande  fleur  si  appréciée  dans  les  expo- 
sitions, notre  principal  but  étant  de  pré- 
senter aux  lecteurs  de  ce  journal  les  races 
qui  méritent  le  plus  le  titre  de  pla-ntes  dé- 
coratives, Nos  parlerons  ici  des  Dahlias 
Lilliput  et  des  Dahlias  à fleurs  moyennes. 

Ce  sont  précisément  ces  Dahlias  si  flori- 
fères et  si  méritants  que  l’on  cultive  le 
moins.  Pourquoi?  Simplement  parce  qu’on 
ne  les  connaît  pas  assez  et  qu’ils  endossent 
injustement  le  même  reproche  adressé  aux 
Dahlias  à grosse  fleur. 

Les  Dahlias  Lilliput,  ainsi  appelés,  non 
parce  qu’ils  sont  nains  comme  le  mot  semble 
le  dire,  mais  par  la  petite  dimension  de  leurs 
fleurs,  sont,  quant  au  port  des  plantes,  de 


tailles  assez  variables,  comme  dans  les  races 
à grandes  et  à moyennes  fleurs.  Ils  com- 
prennent des  plantes  n’ayant  pas  plus  de 
70  centimètres  de  hauteur  et  d’autres  qui 
ont  environ  1 mètre  ou  1*"  30.  Mais  ce  qui 
fait  tout  leur  mérite,  c’est  leur  tenue  par- 
faite, l’abondance,  la  finesse  et  la  longueur 
de  leurs  tiges  florales  qui  sortent  franche- 
ment du  feuillage,  le  grand  nombre  de  leurs 
fleurs,  leur  légèreté  et  leur  aptitude  spéciale 
à servir  de  garniture  dans  les  appartements 
et  à la  confection  des  bouquets. 

C’est  la  race  par  excellence  pour  former 
les  corbeilles,  pour  garnir  les  plates-bandes 
ou  pour  former  des  groupes  isolés  sur  les 
pelouses. 

Elle  a été  le  point  de  départ  de  toutes  les 
variétés  à ligules  roulées  ou  alvéolées,  den- 
tées ou  laciniées.  Le  Dahlia  Grand-Duc 
Alexis,  quoique  à grande  fleur,  en  est  un 
exemplaire  intéressant. 

Quant  aux  Dahlias  à fleurs  moyennes, 
dont,  entre  parenthèses,  il  serait  utile  de  faire 
une  catégorie  à part,  ils  produisent  les 
mêmes  effets  que  les  Lilliput:  c’est  le  même 
mode  de  végétation,  la  même  richesse  de 
coloris,  la  même  abondance  de  floraison, 
bien  détachée  du  feuillage.  Les  plantes,  de 
bonne  tenue,  font  également  de  jolies  cor- 
beilles et  ornent  aussi  bien  les  plates-bandes. 
Enfin,  comme  les  Lilliput,  les  fleurs  cou- 
pées qui  se  conservent  longtemps  dans  l’eau 
sont  très-propres  à la  décoration  des  appar- 
tements. 

Cette  race  ne  diffère  des  Lilliput  que  par 
la  dimension  des  fleurs,  intermédiaire  entre 
les  deux  races. 

Nous  avions  essayé  de  dresser  une  liste 
des  variétés  les  plus  méritantes  ; mais  leur 
nombre  est  si  considérable  que  nous  préfé- 
rons renvoyer  purement  et  simplement  l’a- 
mateur aux  catalogues  des  maisons  spé- 
ciales. 

Clémencet. 


452 


LES  ORMES  DE  LA  MALLE. 


LES  ORMES  DE  LA  MALLE 


Dans  la  recherche  des  gros  et  vieux 
arbres  de  France  à laquelle  nous  nous  li- 


vrons depuis  quelques  années  et  qui  nous  a 
permis  de  donner,  de  temps  en  temps,  aux 


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Fig.  138.  — Les  Ormes  du  Parc  de  la  Malle  (Bouches-du-Rhône). 


lecteurs  de  la  Revue  hoy'ticole,  quelques 
renseignements  précieux  pour  l’histoire 
dendrologique  de  la  France,  nous  rencon- 
trons peu  d’Ormes. 

Le  type  de  l’Orme  ou  Ormeau  commun 
{Ulmus  campestris,  Linn.)  et  ses  variétés  à 


larges  feuilles  qui  furent  plantés  sur  les 
places  publiques  de  notre  pays  par  le  grand 
ministre  du  roi  Henri  IV,  et  qui  ont  con- 
servé jusqu’à  nos  jours  les  noms  de  Sullys 
deviennent  de  plus  en  plus  rares,  mais  on 
en  connaît  pourtant  de  beaux.  Mais  on 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D'HORTIGULTURE  DE  FRANGE. 


453 


rencontre  plus  rarement  encore  des  Ormes 
gigantesques  dans  les  propriétés  privées. 

Aussi  est-ce  avec  un  grand  intérêt  que 
nous  avons  observé,  dans  le  département 
des  Bouches-du-Rhône,  les  deux  Ormes  ma- 
gnifiques dont  nous  donnons  aujourd’hui 
l’image  fidèle,  d’après  une  bonne  photo- 
graphie (fig.  438). 

Ces  deux  arbres  se  trouvent  dans  le  parc 
qui  entoure  le  château  de  la  Malle,  situé 
dans  la  commune  de  Bouc,  et  près  de  la 
station  de  Bouc-Gabriès,  sur  le  chemin  de 
fer  de  Marseille  à Aix-en-Provence.  Ils  ap- 
appartiennent  à M.  Jacques  Normand. 

Ces  deux  Ormes,  plantés  dans  un  sol  très- 
riche  d’alluvions  calcaires,  sont  énormes. 
Le  plus  gros,  — celui  que  l’on  voit  sur  le  de- 
vant du  dessin,  — mesure  5™40  de  circonfé- 
rence au  tronc,  à 1 mètre  du  sol.  Leur  hau- 
teur est  de  30  mètres  environ.  Ils  étaient 
beaucoup  plus  élevés  autrefois,  mais  on  a été 


obligé  de  tailler  leurs  gigantesques  branches, 
il  y a un  certain  nombre  d’années,  pour  leur 
redonner  de  la  vigueur.  Avant  de  se  bifur- 
quer, le  tronc  montre  de  très-grosses  bosses, 
des  loupes  colossales  qui,  si  on  les  exploi- 
tait, produiraient  un  bois  précieux  pour 
les  ébénistes. 

On  ne  connaît  pas  l’âge  de  ces  deux 
Ormes,  les  anciens  plans  n’étant  pas  anté- 
rieurs aux  constructions  actuelles  près  des- 
quelles ils  sont  . placés  et  qui  datent  du  com- 
mencement de  ce  siècle.  Tout  ce  que  l’on 
sait,  c’est  que  les  arbres  existaient  avant  ces 
constructions  qui  en  ont  remplacé  d’autres 
beaucoup  plus  anciennes.  La  tradition  locale 
leur  attribue  plus  de  450  ans,  ce  qui  ne  nous 
surprend  pas. 

A en  juger  par  leur  vigueur  actuelle,  les 
deux  Ormes  de  la  Malle,  s’il  ne  leur  arrive 
pas  d’accident,  paraissent  destinés  à fournir 
encore  une  longue  carrière.  Ed.  André. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  9 SEPTEMBRE  1897 


Floriculture. 

Deux  lots  assez  importants,  de  la  maison 
Vilmorin-Andrieux  et  G>e  ; l’un,  de  plantes  vi- 
vaces en  fleurs  coupées  ; l’autre,  de  plantes 
alpines  et  de  Fougères  rustiques  de  plein  air. 
Parmi  les  plantes  vivaces,  il  faut  noter  VHe- 
lianthus  lætiflorus  Miss  Mellish,  assez  ré- 
pandu en  Angleterre,  aux  fleurs  plus  grandes 
et  plus  nombreuses  que  dans  le  type  ; VHe- 
lianthus  multiflorus  flore  pleno  Soleil  d'or, 
dont  la  Revue  horticole  a déjà  parlé  * ; le 
Grindelia  squarrosa,  autre  Composée  jaune  ; 
une  série  d’ Anémones  du  Japon,  parmi  les- 
quelles la  variété  Whirlwind,  de  Lemoine  ; le 
curieux  Alstrœmeria  psittacina,  et  plusieurs 
Monthretia  : Chrysis,  jaune  d’or,  œil-de- 

dragon,  rouge  éclatant,  etc. 

Remarqué,  dans  les  plantes  vivaces,  le 
Bocconia  macrocarpa,  bien  différent  du  B. 
cordata  ; le  Selaginella  denticulata,  rustique 
en  plein  air,  et  qu’il  ne  faut  pas  confondre 
avec  celui  des  serres,  S.  Crossiana,  qui  est 
exotique;  les  deux  plantes  gazonnantes  : Sa- 
gina  subulata  (Spergule  pilifère)  et  Arenaria 
balearica;  disons  tout  de  suite  que,  pour  mo- 
saïque et  pour  bordures  rases,  la  première  est 
cent  fois  préférable  à la  seconde.  Puis,  dans 
les  Fougères,  le  très-élégant  Polystichnm  acu- 
leatum  var.  subtripinnatifida. 

M.  Legros,  jardinier-chef  du  domaine  de 
La-Gelle-Saint-Cloud,  présentait  trois  Bégonias 
intéressants  : 

4o  Mastodonte,  obtenu  par  Lemoine  en 

‘ Revue  horticole,  1896,  p.  443. 


1896.  Ge  sera  le  point  de  départ  des  Bégonias 
« à gros  bois  »,  qui  seront  aux  autres  Bégo- 
nias ce  que  sont,  aux  Pélargoniums  zonés  or- 
dinaires, les  zonés  « à gros  bois  » de  Bruant 
et  des  Lyonnais. 

2'’  Madame  Legros,  semis  du  présentateur. 
Très-florifère  et  très-floribond.  Il  paraît  avoir 
du  sang  du  B.  lucida. 

3°  Triomphe  des  Belvédères,  obtenu  par 
M.  Gappe,  et  dont  la  Revue  horticole  a déjà 
parlé 

MM.  Vallerand  frères  présentaient  aussi 
d’admirables  touffes  de  Bégonias  tubéreux  à 
très-grandes  fleurs  : erecta  marmorata  picta, 
obtenu  par  eux  ; double  rouge  et  doubles  en 
couleurs  diverses,  à très-grandes  fleurs  ; puis 
doubles  en  couleurs  diverses,  multiflores,  pro- 
venant de  leurs  semis. 

Mentionnons  aussi,  pour  mémoire,  la  série 
des  Bégonias  florifères  issus  des  B.  semperflo- 
rens  et  versaliensis,  de  M.  Ragot. 

M.  Louis  Dallé  avait  apporté  une  belle 
collection  de  Grotons  nouveaux  : ceux  qui  lui 
ont  valu  un  premier  prix  à l’Exposition  de 
Bruxelles.  On  trouvera  la  description  des  va- 
variétés  31onsieur  Tisserand,  Maurice  Dallé, 
Louis  Dallé  dans  notre  compte  rendu  de  l’Ex- 
position de  juin  dernier  L Nous  donnerons 
prochainement  celle  de  : Comtesse  de  Dortan, 
Impératrice  de  Russie,  Duchesse  d’Orléans, 
Monsieur  Villars,  Victor  Charron,  Madame 
Louis  Dallé  et  Madame  Hochon. 

Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  439. 

3 Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  282. 


454 


LE  MARAÎCHER  DE  PARIS. 


Enfin,  votre  serviteur  présentait,  hors  con- 
cours, une  série  d’Asters  hâtifs  présentant  un 
intérêt  horticole,  grâce  â l’éclat  de  leurs  colo- 
ris et  la  bonne  tenue  de  leurs  tiges  : Aster 
Amellus,  A.  bessarabicus  et  A.  cassubicus, 
espèces  très-voisines  ; VA.  bessarabicus  est  le 
plus  hâtif;  Aster  scaber,  Fortunei,  floribundus 
et  car  O linianus  ; ces  deux  derniers  paraissant 
très-voisins  l’un  de  l’autre  ; puis  Galatella 
punctata,  fleurissant  en  « bouquet  tout 
fait  ». 

Section  des  Roses. 

M.  Mottet  présentait,  pour  la  maison  Vil- 
morin, une  espèce  type  de  Rosiers,  dont  la  vé- 
gétation est  positivement  horizontale  : le 

Rosa  Wichuraiana,  Grépin,  originaire  du 
Japon. 

Orchidées. 

Un  beau  lot,  de  M.  Bert,  comprenant  un 
joli  Vanda  cærulæa,  un  Miltonia  Clowesii 
bien  marbré,  un  M.  candida  et  un  Aerides 
Sanderianum^  muni  d’un  très-beau  labelle  en 
sabot. 

M.  Dallé  avait  aussi  un  beau  lot  où  se  remar- 
quait le  Vanda  Kimballiana  grandis^  VOnei- 
dium  Lanceanum,  le  Cattleya  maxirna  et 
le  Cattleya  Dowiana. 

Puis  M.  Lange  montrait  un  fort  spécimen  de 
Cœlogyne  Massangeana  de  belle  culture. 

Arboriculture  d’ornement 

C’était  une  véritable  exposition  que  l’apport 
de  M.  Charles  Baltet.  Les  rameaux  de  Pom- 
miers microcarpes  y occupaient  la  première 
place  : Minnesota,  intermedia,  floribunda, 
serotina,  nigra,  longifolia,  etc.  Les  arbustes 
d’ornement  y étaient  bien  représentés  : Berberis 


vulgaris  macrocarpa,  Cratægus  pyracantlia 
Lalandei,  C.  Crux-galli,  C.  pyriformis,  etc., 
Evonymus  canadensis , Rhodotipus  Ker  - 
rioides,  Phillyrea  Vilmoriniana,  Pterocarya 
caucasica,  Cotoneaster  horizontalis,  micro- 
phylla  et  hymalaica,  etc.  On  pouvait  aussi 
y apprécier  â leur  valeur  les  rameaux  du 
Desmodium  marylandiciim. 

Arboriculture  fruitière 

M.  G.  Potrat,  chef  des  cultures  fruitières  à 
l’École  Lepeletier-Saint-Fargeau,  présentait  de 
beaux  fruits  bien  caractérisés,  des  variétés  qui 
doivent  former  le  fonds  d’une  bonne  plantation 
fruitière  : Poires  Beurré  Diel,  Beurré  Six, 
Beurre  super  fin,  Louise  bonne  d'Avr  anches. 
Duchesse  cVAngoulême,  Figue  d'Alençon,  etc.; 
Pommes  Belle  de  Pontoise,  Belle  Dubois, 
Calville  Saint -Sauveur,  Reine  des  Reinettes, 
Reinette  de  Caux,  etc. 

Au  même  point  de  vue,  s’imposait  l’examen 
d’un  lot  de  M.  Grandais,  dans  lequel  on  remar- 
quait aussi  les  Poires  Conseiller  de  la  Cour, 
Beurré  gris,  Beurré  Hardy,  Beurré  Picquery, 
Nouveau  Poiteau,  Jacques  Chamaret,  Van 
Marum  et  William's  Duchess. 

Les  Pêches  de  saison  étaient  représentées 
par  un  lot  de  Pêches  Madame  Houdard, 
Alexis  Lepère  et  Téton  de  Vénus  présenté 
par  M.  Houdard,  ainsi  que  par  une  belle  Cor- 
beille de  Pêches  Blondeau  apportée  par 
M.  Bureau,  de  Rosny. 

Culture  potagère 

La  Tomate  ponderosa  écarlate,  provenant 
des  cultures  de  la  Maison  Vilmorin,  faisait  tous 
les  frais  de  la  séance  du  comité.  Cette  variété, 
un  peu  tardive,  est  d’une  production  abondante 
et  donne  des  fruits  extrêmement  gros. 

H.  Dauthenay. 


LE  MARAÎCHER  DE  PARIS 


La  culture  légumière  a une  grande 
importance  dans  le  département  de  la  Seine, 
elle  comprend  la  culture  des  légumes  de 
primeur  et  la  culture  des  légumes  de 
pleine  terre. 

Ces  cultures,  à toutes  les  époques,  ont 
occupé  une  grande  surface  à l’intérieur  de 
Paris  et  en  dehors  de  son  enceinte.  C’est 
principalement  les  parties  basses,  fraîches 
et  fertiles  qui  furent  utilisées  par  la  culture 
des  légumes.  Ces  terrains  spéciaux  étant 
alors  désignés  sous  le  nom  de  marais,  ceux 
qui  les  cultivèrent  firent  de  la  cultw^e  ma- 
raîchère et  prirent  le  nom  de  maraîchers. 
Les  jardiniers  continuèrent  à faire  de  la 


culture  potagère  dans  les  jardins  apparte- 
nant à la  bourgeoisie. 

Les  marais  situés  dans  l’enceinte  de 
Paris  furent  pendant  longtemps  désignés 
sous  les  noms  de  coulture,  courtille^,  etc., 
ainsi  que  le  témoignent  les  noms  suivants  : 
culture  Sainte-Catherine,  marais,  cour- 
tille,  etc.,  donnés  à des  rues  ou  à d’impor- 
tantes surfaces.  Le  marais,  sous  Louis  XIII, 
comprenait  de  nombreux  courtils. 

Les  jardiniers-maraîchers  de  Paris  for- 
mèrent, pendant  plusieurs  siècles,  une 
communauté  qui  était  régie  par  un  statut 

* Courtil  désignait  un  jardin  clos  de  murs. 


LE  MARAÎCHER  DE  PARIS. 


455 


de  1273.  D’après  les  articles  XVII  et  XVIII, 
nul  jardinier,  sous  peine  de  40  sous  d'a- 
mende et  d’emprisonnement,  ne  pouvait 
exercer  son  art  s’il  n’était  maître  juré. 

L’apprentissage  durait  quatre  ans,  et  le 
compagnonnage  deux  ans.  Le  brevet  coû- 
tait 15  livres  et  la  maîtrise  200  livres.  Cette 
communauté  fut  supprimée  en  1776. 

D’après  une  charte  de  1176,  les  marais 
situés  en  dehors  de  l’enceinte  de  Paris, 
dans  lesquels  on  cultive  les  légumes,  s’éten- 
daient de  la  rue  Saint-Antoine  à Cliaillot, 
et  de  Paris  à Montreuil.  Ils  étaient  traver- 
sés par  le  ruisseau  de  Ménilmontant.  En 
1154,  une  partie  de  ces  marais  avaient  été 
Goricédés  à divers  particuliers  pour  qu’ils  les 
défrichassent  moyennant  12  deniers  par 
arpent. 

Suivant  les  plans  des  enceintes  de  Paris, 
les  marais  légumiers  de  1367  à 1383  s’é- 
tendaient de  la  porte  Saint-Antoine  au 
village  de  La  Ville-L’Evêque  (quartier  Saint- 
Augustin)  ; ils  occupaient  les  carrefours 
Saint-Martin,  Saint-Denis,  Grange-Bate- 
lière, chaussée  d’Antin  et  du  Roule.  De 
1842  à 1589,  ils  couvraient  les  courtils 
Sainte- Catherine,  du  Temple  et  de  Saint- 
Martin.  De  1590  à 1643,  ils  étaient  aussi 
situés  au  nord  de  l'enceinte  de  Paris. 

Pendant  ces  diverses  époques,  les  jardi- 
niers-maraîchers furent  désignés  sous  les 
noms  de  verduriers,  courtilliers  ou  légu- 
miers. Henri  III,  dans  une  ordonnance  de 
1576,  appelle  les  maraîchers  ses  bien  aimés 
maîtres  jardiniers  de  la  bonne  ville  de 
Paris. 

En  1780,  les  jardins  maraîchers  occu- 
paient encore  toute  la  partie  située  au  nord 
du  boulevard  qui  va  de  la  Madeleine  à la 
Bastille.  Les  marais  de  la  chaussée  d’Antin 
étaient  alors  très-vastes.  Regnard,  qui  vi- 
vait encore  au  commencement  du  xviiP  siècle 
habitait  un  hôtel  situé  rue  de  Richelieu. 
De  ses  fenêtres,  il  dominait  ces  cultures 
légumières.  Voici  comment  il  décrit  le 
plaisir  que  lui  causaient  ces  cultures  : 

les  yeux  satisfaits 

Se  promènent  au  loin  sur  de  vastes  marais, 

C’est  là  qu’en  mille  endroits,  laissant  errer  ma  vue, 
Je  vois  croître  à plaisir  l’Oseille  et  la  Laitue; 

C’est  là,  que  dans  son  temps,  des  moissons  d’Arti- 
Du  jardinier  actif  fécondent  les  travaux.  [chauts 

Les  Asperges  et  les  Artichauts  étaient 
rares  à Paris  au  temps  de  Henri  IL  En 
1533,  époque  à laquelle  Ghampier  publia 
son  Horlus  gallicuSy  on  mangeait  en  salade 
les  extrémités  des  pousses  de  la  Mauve,  du 
Houblon  et  de  la  Bryone. 


Tous  les  terrains  occupés  par  la  culture 
maraîchère  sont  argilo-sableux,  profonds, 
à sous-sol  perméable  et  clos  de  murs.  Leur 
étendue  moyenne  varie  de  60  à 70  ares. 

La  terre,  dans  ces  jardins  légumiers, 
ne  se  repose  jamais  ; elle  est  sans  cesse 
occupée  par  divers  légumes,  végétant  sou- 
vent simultanément  dans  le  même  carré, 
c’est  pourquoi  elle  produit  chaque  année 
deux  ou  trois  récoltes.  Les  plates- 
bandes  situées  à la  base  des  murs  sont 
appelées  côtières  ; celles  exposées  au  midi 
sont  occupées  par  les  plantes  qui  demandent 
beaucoup  de  chaleur  ; les  plates-bandes  si- 
tuées à l’ouest  el  qu’on  nomme  souvent 
côtières  d'ombî^e,  sont  réservées  pour  les 
légumes  qui  demandent  pendant  l’été  le 
plus  de  fraîcheur  possible. 

Les  plantes  potagères  qu’on  cultive  dans 
les  jardins  maraîchers  exigent  beaucoup  de 
travail,  des  engrais  en  abondance,  des  arro- 
sages copieux  et  fréquents  et  souvent  des 
abris  artificiels  : cloches,  châssis  et  paillas- 
sons. Les  panneaux  et  les  cloches  changent 
de  place  tous  les  ans.  Le  fumier  de  cheval 
employé  pour  monter  les  couches  reste  sou- 
vent en  tas  pendant  cinq  à six  mois.  Les 
planches  non  occupées  par  ces  abris  sont 
fertilisées  par  le  terreau  fourni  par  les  an- 
ciennes couches.  Les  arrosages  ont  lieu  soir 
et  matin,  à Varrosoir,  ou  à la  lance  lorsque 
le  marais  a un  réservoir  élevé  de  plusieurs 
mètres  au-dessus  du  sol.  Dans  le  premier  cas, 
on  remplit  les  arrosoirs  dans  des  tonneaux 
qui  sont  enterrés  le  long  des  allées  princi- 
pales. Dans  tous  les  marais  on  rend  les  arro- 
sages moins  fréquents  et  plus  efficaces  en 
faisant  un  paillis  sur  toute  la  surface  des 
planches  aussitôt  que  les  légumes  ont  été 
repiqués.  Le  paillis  se  fait  en  répandant  du 
fumier  court  à demi-consommé. 

On  opère  la  culture  simultanée  en  con- 
treplantant  une  rangée  de  Laitue  entre 
deux  rangs  de  Romaine  ou  une  rangée  de 
Choux-fleurs  entre  deux  rangs  de  Laitue, 
c’est-à-dire  en  associant  une  plante  qui  se 
développe  promptement  à un  légume  qui 
doit  occuper  le  sol  pendant  un  temps  plus 
considérable.  Par  cette  méthode,  il  n’y  a 
pas  de  vide  dans  les  planches,  et  les  plantes 
peuvent  facilement  végéter,  puisqu’il  arrive 
un  moment  où  une  seule  espèce  occupe  le 
terrain. 

La  vie  du  maraîcher  de  Paris  est  labo- 
rieuse et  pénible.  Dans  tous  les  marais  on 
se  lève  à deux  heures  du  matin  en  été  et  à 
quatre  heures  en  hiver.  Le  maître  est  tou- 
jours à la  tète  des  garçons  maraîchers,  et 


456 


LES  JARDINS  BOTANIQUES  DANS  LES  ALPES. 


la  maîtresse  surveille  sans  cesse  les  femmes. 
Ce  sont  ces  dernières  qui  récoltent  les  Épi- 
nards, rOseille,  le  Persil,  et  qui  montent 
les  voies,  c’est-à-dire  les  hottes  à claire- 
voie,  les  mannes  ou  grands  paniers  sans 
anses  pour  les  Épinards,  les  mannettes  ou 
corbeilles  pour  les  Choux-fleurs,  et  les  calais 
ou  petits  mannequins  pour  la  Laitue.  Le 
maître  cueille  les  Melons,  les  Cantaloups, 
les  Tomates,  et  les  garçons  arrachent, 
lavent  et  disposent  en  bottes  les  Carottes. 
C’est  la  maîtresse  seule  qui  s’occupe  de  la 
vente  des  légumes. 

Le  garçon  qui  conduit,  à la  pointe  du 
jour,  la  voiture  de  légumes  à la  halle,  dé- 
charge les  voies,  les  mannes,  etc.,  va 
chercher  du  fumier  et  revient  au  marais. 
Lorsque  les  légumes  ne  sont  pas  vendus  en 
bloc,  ce  qui  arrive  aujourd’hui  assez  sou- 
vent, la  maîtresse  et  la  fdle  restent  à la 
halle  jusqu’à  huit  ou  neuf  heures  du  matin. 

En  général,  les  maraîchers  de  Paris  cul- 
tivent le  Chou-fleur  d’été,  le  Melon  et  le 
Cantaloup,  la  Laitue,  la  Romaine,  le  Persil, 
rOgnon  blanc,  la  Tomate,  le  Concombre,  le 
Céleri,  les  Radis.  Ces  légumes  sont  remar- 
quables par  leur  fraîcheur  et  leur  qualité. 

Les  légumes  désignés  souvent  sous  le  nom 
de  gros  légumes  : Asperge,  Artichaut, 
Poireau,  Choux,  Pommes,  Salsifis,  Navet, 
Pomme  de  terre  hâtive,  etc.,  appar- 


tiennent principalement  à la  petite  et  à 
la  moyenne  culture.  R en  est  de  même 
des  Fraisiers,  des  Potirons,  des  Courges,  etc. 

La  culture  forcée  des  légumes  n’est  pas 
très-ancienne.  C’est  Tassère,  jardinier  du 
duc  d’Orléans  et  parent  de  Thouïn  qui, 
en  1764,  imagina  le  premier,  à Ragnolet, 
la  culture  des  primeurs  ; c’est  en  1780  que 
Fournier  adopta  les  panneaux  vitrés  dans 
les  jardins  maraîchers  de  Paris.  Ces  abris 
permirent,  en  1788,  à Découflé,  de  forcer 
le  Haricot,  à Sainville,  en  1791,  la  Chi- 
corée frisée  d’Italie,  à Quentin,  en  1792, 
l’Asperge  blanche,  à Marie,  en  1799,  les 
Petits  Pois  et  les  Concombres,  et,  en  1800, 
l’Asperge  verte,  à Resnard,  en  1811,  le 
Chou-fleur,  à Dulac  et  Duchemin,  en  1812, 
la  Romaine,  aux  frères  Quentin,  en  1814, 
le  Haricot  Ragnolet,  à Gros,  en  1826,  la 
Carotte  courte  hâtive  de  Hollande. 

Ces  diverses  cultures  forcées  sont  tou- 
jours pratiquées  par  divers  maraîchers  de 
Paris,  malgré  l’arrivée  des  légumes  obtenus 
pendant  l’hiver  sur  les  rives  de  la  Méditer- 
ranée, en  Espagne  et  en  Algérie,  parce  que 
les  produits  importés  de  ces  contrées 
chaudes  n’ont  jamais  la  fraîcheur,  la  déli- 
catesse des  mêmes  légumes  obtenus  sous 
châssis  à la  même  époque  par  les  habiles 
maraîchers  de  la  contrée  parisienne. 

Gustave  Heuzé. 


LES  JARDINS  BOTANIQUES  DANS  LES  ALPES 


JARDIN  DU  NVEISSHORN.  — JARDINS  DU  ZERMATT,  DU  GRAND  SAINT-BERNARD  ET  DE  SION. 

LA  LINNÆA.  — LA  DAPHNÆA 

JARDIN  DE  CIIAMPROUSSE.  — LA  RAMBERTIA.  — LA  THOMASIA.  — LA  CHANOUSIA. 


On  s’occupe  beaucoup,  depuis  quelques 
années,  d’établir  et  d’entretenir,  à des 
altitudes  variées,  dans  les  différentes  chaî- 
nes de  montagnes  de  l’Europe,  des  jardins 
botaniques  situés  dans  les  centres  les  plus 
riches  en  plantes  rares  ou  dans  les  lieux 
les  plus  fréquentés  des  touristes.  G’est  une 
conséquence  naturelle  des  investigations 
auxquelles  on  se  livre  de  plus  en  plus  dans 
le  domaine  alpin  et  aussi  du  développement 
toujours  plus  considérable  des  ascensions 
et  courses  de  montagnes. 

I 

Le  premier  en  date  est  celui  qu’en 
juillet  1885  nous  fondions  autour  de  l’hôtel 
du  Weisshorn,  dans  le  val  d’Anniviers,  à 
2,300  mètres  d’altitude,  en  Valais,  et 
auquel  la  Gazette  de  Lausanne,  du  24  août 


de  la  même  année,  consacrait  une  notice- 

Ce  n’était  qu’une  vulgaire  plate-bande, 
il  est  vrai,  avec  une  pyramide  de  rochers 
fort  peu  élégante,  élevée  avec  peine  par 
l’hôtelier  d’alors,  mais  ce  premier  essai  fit 
plaisir  au  public  et  fut  bien  accueilli  de 
lui.  Il  attira  dans  cet  endroit  un  certain 
nombre  de  botanistes  anglais  qui,  depuis 
lors,  n’ont  cessé  de  fréquenter  l’hôtel  en 
question,  et  ont  voué  à ce  petit  jardinet  un 
intérêt  spécial.  Les  plantes  pyrénéennes 
semblent  y réussir  plus  particulièrement. 

II 

Puis  vint  la  Société  valaisanne  des 
sciences  naturelles  qui  décida  la  création 
de  trois  jardins  semblables,  l’un  à Zer- 
matt,  qui  existe  encore  autour  de  la  Cha- 
pelle anglaise,  l’autre,  auprès  de  l’hospice 


LES  JARDINS  BOTANIQUES  DANS  LES  ALPES. 


457 


du  Grand-Saint-Bernard,  à 2,500  mètres 
d’altitude,  qui  a dû  être  abandonné  peu 
après  sa  fondation  et  enfin.  Je  troisième,  à 
Sion,  dans  la  région  des  plaines. 

Malheureusement  cette  Société,  dans  sa 
réunion  générale  tenue  à Riddes  le  27  juil- 
let dernier,  a décidé  d’abandonner  ces 
jardins,  les  frais  qu’ils  occasionnent  étant 
hors  de  proportion  avec  les  services  rendus. 

III 

En  1889,  l’Association  pour  la  protection 
des  plantes  établit  à Bourg-Saint-Pierre, 
au-dessus  de  Martigny  (Valais),  et  à trois 
heures  plus  bas  que  l’hospice  du  Saint- 
Bernard,  dans  une  situation  superbe,  celui 
de  ces  jardins  qui,  jusqu’à  ce  jour,  semble 
avoir  eu  le  plus  de  succès.  Nous  avons 
nommé  le  jardin  de  la  Linnæa,  auquel 
M.  le  docteur  Sauvageau,  professeur  à la 
Faculté  des  sciences  de  Lyon,  a consacré 
dans  le  Bulletm  de  la  Société  botanique 
de  France  ^ un  important  et  remarquable 
article.  Ceux  de  nos  lecteurs  que  le  côté 
scientifique  de  la  question  intéresse 
pourront  consulter  ce  travail  et  en  retire- 
ront d’utiles  enseignements. 

Notons  seulement  que  le  jardin  de  la 
Linnæa,  qui  est  à 1,700  mètres  d’altitude, 
s’étend  sur  les  flancs  d’un  mamelon  isolé 
qui  se  dresse  au  sud  du  village  de  Bourg- 
Saint-Pierre  et  mesure  60  mètres  de  haut 
sur  2 hectares  de  terrain,  dont  les  8/10®  ap- 
partiennent au  Jardin.  Plusieurs  sentiers 
zigzaguent  de  tous  les  côtés,  au  travers  des 
rocailles  naturelles  ou  artificielles,  des  ro- 
chers, d’un  joli  bois  de  Mélèzes,  qui  s’étend 
sur  le  versant  nord  ou  des  différents  pla- 
teaux qui  se  superposent  au-dessus  de  la 
route,  sur  le  côté  occidental. 

Chaque  année,  une  petite  avalanche 
sillonne  au  printemps  le  flanc  septentrional 
de  la  Linnæa  ; pour  lui  former  une  bar- 
rière et  prévenir  ses  dégâts,  on  a fait,  en 
cet  endroit,  une  plantation  de  Mélèzes  et 
d’Aroles  {Pinus  Cemhra)  qui  se  développe 
admirablement. 

Le  jardin  appartient  à un  comité  de 
trente  membres  de  diverses  nationalités.  Le 
gouvernement  fédéral,  le  Club  alpin  suisse, 
l’Association  pour  la  protection  des  plantes 
donnent  des  subventions  au  jardin  et  les 
entrées  des  visiteurs  sont  également  une 
source  de  revenus. 

Le  système  d’après  lequel  les  plantes  sont 

^ BulL  de  la  Soc.  botanique  de  France,  1894, 
P ccv  à ccxvi. 


groupées,  au  jardin  de  la  Linnæa,  n’est  point 
strictement  scientifique  ; il  dépend  plutôt 
de  la  phytogéographie.  On  a trouvé  un 
plateau  naturel  sur  lequel  on  a concentré  la 
flore  des  Pyrénées,  tandis  qu’un  autre  pla- 
teau admirablement  situé,  à l’ouest  du  jar- 
din, renferme  celle  du  Caucase  ; ailleurs  on 
a disposé,  en  des  rocailles  plus  ou  moins 
étendues,  les  flores  de  l’Himalaya,  de  la  Si- 
bérie, des  Andes  et  des  Cordillères,  des  ré- 
gions arctiques  et  antarctiques. 

La  flore  de  la  chaîne  alpine  proprement  dite 
et  celles  du  Jura,  des  Vosges,  des  Sudètes 
sont  plus  richement  représentées.  Elles  occu- 
pent toute  la  partie  orientale  et  sud-oriental 
du  cône  montagneux  sur  lequel  s’étale  le 
jardin  et  presque  tout  le  sommet.  On  a con- 
sacré à ces  plantes  huit  grandes  rocailles 
dont  une  est  spécialement  destinée  aux  Saxi- 
frages, une  autre  aux  Primula  et  une  autre 
aux  Alchemilla  dont  on  cultive  26  espèces 
différentes  à la  Linnæa.  Sur  le  versant  nord 
on  a établi  une  Fougeraie  et,  au  pied  de  la 
pente  humide,  à l’entrée  même  du  jardin, 
deux  grands  assortiments  qui  contiennent 
toute  la  végétation  alpine  et  montagnarde 
(internationale)  qui  réclame  l’ombre  et  la 
fraîcheur. 

La  flore  indigène  de  la  Linnæa  est  déjà, 
par  elle-même,  un  bel  ornement  ; le  Rho- 
dodendron  ferrugineum,  les  Gentiana 
purpurea,  verna,  acaulis,  campestris,  le 
Primula  viscosa  dont  les  masses  de  fleurs, 
d’un  carmin  très-vif  commencent  à animer 
tous  les  rochers  naturels  à partir  de  la  fin 
d’avril  ; les  Saxifraga  aizoides,  Aizoon  as- 
pera,  le  Sempei'vivum  arachnoideum 
aux  fleurs  rouges,  vraies  étoiles  terrestres, 
les  Lis  Martagon  dont  on  possède  trois 
plantes  à fleurs  blanc  pur  croissant  sponta- 
nément dans  le  jardin  ; les  charmants  Lis  de 
Saint-Bruno  (Paradisia  Liliastrum)  qui 
forment  de  vrais  champs  sur  la  partie  orien- 
tale où  il  y en  a des  myriades  ; V Adenostyles 
albifrons,  qui  envahit  toute  la  partie  sep- 
tentrionale et  dont  les  grandes  panicules 
purpurines  sont  l’un  des  ornements  natu- 
rels de  ce  jardin  pendant  les  mois  de 
juillet,  août  et  septembre,  et  tant  d’autres 
plantes  aimées,  trop  longues  à énumérer 
forment  le  tapis  naturel  du  jardin. 

D’autre  part,  certaines  espèces  que  nous 
avons  introduites  ont  pris  un  rapide  déve- 
loppement et  tendent  à envahir.  Citons 
les  Polemonium  cœruleum,  Campanula 
cæspitosa,  Saxifraga  longifolia,  dont  on 
aperçoit  dans  les  rochers  de  jeunes 
plantes  et  même  des  descendants  hybridés 


LES  JARDINS  BOTANIQUES  DANS  LES  ALPES. 


458 

avec  la  race  indigène  (S.  Aizoon),  Meconop- 
sis  cambricay  Papaver  nudicaule  et  cauca- 
sicuYYiy  Braya  alpina,  Draha  aizoides, 
Dianthus  neglectus^  Primula  sikkimen- 
sis,  et  d’autres  encore. 

Presque  toutes  les  plantes  grainent  bien 
à la  Linnasa,  à l’exception  des  And  rosaces 
bimalayennes  qui  n’y  ont  pas  trouvé  l’in- 
secte auxiliaire  de  leur  fécondation.  Il  est 
même, des  espèces,  renommées  par  la  diffi- 
culté de  leur  acclimatation  dans  nos  jardins, 
qui  se  ressèment  naturellement  avec  beau- 
coup de  bonne  volonté  dans  les  niches 
avoisinantes.  Telles  sont  : A7idrosace  gla- 
çialiSy  càrnea,  cylindi'ica,  ciliatay  puhes- 
eeixSy  Ei'iMchium  ^lanurriy  Se^xecio  uni- 
jloi'us,  Cx'epis  juhata  et  Campanula 
excisa. 

. Cette  dernière,  que  l’on  a de  la  peine  à 
acclimater  dans  les  rocailles  de  plaines, 
a même  envahi  rapidement  toute  la  partie 
occidentale  de  l’enrochement  du  sommet  et 
se  répand  sur  plus  de  10  mètres  carrés 
tant  et  si  bien  qu’on  est  obligé  de  f en  arra- 
cher constamment.  Les  plantes  les  plus  dé- 
licates en  plaine  sont  superbes  à la  Linnæa. 
7'ous  les  Primula  y viennent  admirablement, 
sauf  pourtant  l’Auricule  qui  n’y  trouve  pas 
assez  de  calcaire  ; les  Campanula  Allioni, 
ca^'nicay  coxisia,  Raiixei'i,  Wamxex'i, 
y sont  tout  à fait  « chez  elles  »,  de  même 
que  le  superbe  Vei^onica  Allioxxi  des 
Alpes  dauphinoises  et  les  merveilleux  Si- 
lène Elisahelhæ  et  Pumilio  du  Tyrol 
italien. 

Le  nombre  total  des  espèces  de  plantes 
montagnardes  cultivées  à la  Linnæa  est  de 
près  de  2,500,  y compris  celles  appartenant 
à la  jlore  locale. 

11  y a,  en  outre,  un  assez  grand  nombre 
de  plantes  non  identifiées,  provenant  des 
explorations  de  botanistes  tels  que  MM.  Le- 
vier, Sommier  et  Albofî  dans  le  Caucase, 
Silene  et  de  Lagerheim  dans  les  zones 
arctiques,  Alboff  dans  les  montagnes  de  la 
Terre-de-Feu  et  de  la  Patagonie,  Duthie 
dans  THimalaya,  Cockayne  en  Nouvelle- 
Zélande,  Mangini,  Chaffanjon  et  Gay  en 
Sibérie, et  en  Mongolie,  etc. 

Toutes  ces  graines,  récoltées  dans  de  ré- 
cents voyages  et  adressées  au  Jardin,  sont 
semées  à Genève,  au  Jardin  alpin  d’accli- 
matation, puis  transportées  soit  à la  Linnæa 
pour  les  espèces  provenant  des  régions 
granitiques)  soit  au  jardin  de  la  Rambertia 
pour  celles  du  calcaire. 

Le  docteur  Sauvageau  a terminé  le  travail 
dont,  nous  avons  parlé  plus  haut  par  ces 


lignes  qu’on  nous  permettra  de  transcrire 
ici  : 

« D’après  les  observations  faites  jusqu’à 
maintenant,  les  espèces  exotiques  ou  celles  des 
hauts  sommets  ne  subissent  pas  de  transforma- 
tions par  leur  culture  à la  Linnæa  ; mais  plu- 
sieurs s’y  trouvent  mieux  que  dans  la  nature  à 
cause  des  soins  dont  elles  sont  entourées,  y 
prennent  de  plus  amples  proportions  que  dans 
leurs  stations  habituelles.  Il  est  cependant  à 
remarquer  que  les  espèces  à fleurs  sessiles 
dans  les  hautes  altitudes,  VEritrichium  nanum 
par  exemple,  y développent  des  pédoncules  plus 
ou  moins  longs. 

Le  jardin  alpin  de  la  Linnæa  est  de  fondation 
encore  bien  récente  pour  qu’il  ait  pu  donner 
tous  les  résultats  qu’on  est  en  droit  d’en 
attendre,  mais  il  est  appelé  à rendre  de  réels 
services  à la  botanique,  à tous  ceux  qui  s’inté- 
ressent à la  culture  des  plantes  alpines  et  qui 
ne  veulent  pas  voir  disparaître  les  plus  rares 
d’entre  elles,  aux  questions  si  intéressantes  de 
la  mobilité  ou  de  la  stabilité  de  l’espèce,  des 
relations  des  fleurs  avec  les  insectes.  » 

IV 

Peu  après  la  Linnæa  vint  la  Daphnæa 
que  la  section  milanaise  du  Club  alpin  ita- 
lien fonda,  en  1891,  au  sommet  du  Monte- 
Baro,  sur  Lecco  (Lac  de  Gôme).  Il  est  à 
800  mètres  d’altitude,  sur  un  sol  rocailleux 
que  recouvre  le  Daphné  Cixeorum,  abon- 
dant dans  le  pays,  et  comprend  un  terrain 
de  1,300  mètres  carrés.  On  y a construit  un 
pavillon-chàlet  où  se  tient  un  jardinier  et  un 
grand  nombre  de  rocailles  calcaires  admira- 
blement distribuées  et  très-habilement  cons- 
truites. Il  est  plus  particulièrement  destiné 
à la  flore  italienne. 

V 

En  France  c’est  dans  le  Dauphiné  que  se 
trouve  le  plus  ancien  et  le  plus  intéressant 
de  ces  jardins.  A la  suite  de  deux  confé- 
rences qui  nous  avaient  été  demandées  et 
que  nous  fîmes  à Grenoble,  le  24  mai  1891, 
sous  les  auspices  de  la  Société  des  touristes 
du  Dauphiné,  d’une  part,  et  le  7 août  de  la 
même  année  au  Congrès  du  Club  alpin  fran- 
çais, d’autre  part,  il  fut  décidé  qu’on  établi- 
rait dans  les  Alpes  du  Dauphiné  un  jardin 
botanique  alpin  qui  serait  aux  Alpes  dau- 
phinoises ce  que  celui  de  la  Linnæa  est  aux 
Alpes  Pennines. 

Ce  jardin,  situé  à 1,850  mètres,  à l’Alpe 
de  Charnprousse,  est  dans  une  position 
excellente.  Il  a,  ce  qui  manque  à celui  de 
Bourg-Saint-Pierre,  de  l’eau  en  abondance 
et  se  trouve  au  sein  d’un  territoire  calcaire. 


LES  JARDINS  BOTANIQUES  DANS  LES  ALPES. 


459 


Sa  superficie  est  de  près  de  5,000  mètres 
carrés. 

Une  circulaire  datée  de  Grenoble,  le 
18  décembre  1893,  et  signée  de  MM.  Lach- 
mann,  professeur.  Allemand  et  Ginet,  an- 
nonce que  ce  jardin  est  fondé  par  la  Société 
des  Touristes  du  Dauphiné  en  collabora- 
tion avec  la  Société  horticole  dauphinoise 
et  que  le  but  des  fondateurs  est  de  cons- 
tituer une  grande  collection  de  plantes 
alpines  des  principales  chaînes  de  monta- 
gnes du  Globe,  de  faire  des  observations  et 
des  expériences  relatives  à l’influence  du 
climat  alpin  sur  la  végétation,  enfin  de 
s’occuper  de  l’acclimatation  de  certaines 
plantes  alimentaires.  Ce  dernier  point  est 
certainement  intéressant  ; l’École  polytech- 
nique de  Zurich,  qui  entretient  dans  les 
Grisons,  à une  altitude  semblable  et  dans  un 
but  essentiellement  utilitaire  et  pratique, 
un  jardin  du  même  genre,  a déjà  eu  de  si 
intéressants  résultats  qu’on  ne  peut  que 
saluer  avec  joie  la  multiplication  de  ces 
champs  d’essais.  Malheureusement,  ils  sont 
rares  ; car,  à cette  altitude,  il  est  difficile 
de  faire  des  observations  suivies  et  cela 
coûte  cher. 

A Ghamprousse,  on  a planté  à peu  près 
les  mêmes  espèces  herbacées  que  celles  qui 
figurent  à la  Linnæa.  Mais  on  a développé 
davantage  la  partie  dendrologique  et  l’on  a 
cherché  à y acclimater  les  Ahies  Douglasi, 
canadensis,  Phisapo,  cephalonicay  Nord- 
manniana  et  orientalis,  le  Cèdre  du  Liban, 
le  Cyprès  chauve,  les  Thuyas  d’Orient 
et  d’Occident,  deux  espèces  de  Thuyop- 
sis,  etc.  On  y a même  essayé  le  Fusain  du 
Japon,  le  Lilas  ordinaire,  le  Lilas-Varin, 
les  Weigélas,  etc. 

Mais  c’est  surtout  dans  l’acclimatation  de 
nouveaux  légumes,  en  vue  de  l’améliora- 
tion du  sort  des  habitants  de  la  haute  mon- 
tagne que  le  jardin  dauphinois  offrira  de 
l’intérêt.  M.  Lachmann,  qui  a pris  cette 
affaire  en  mains,  est  persuadé  — et  nous 
le  sommes  avec  lui  — qu’il  arrivera  à de 
bons  résultats.  Au  point  de  vue  horticole, 
cette  station  d’essai  a une  très-grande  im- 
portance et  il  est  à souhaiter  que  le  monde 
horticole  français  s’intéresse  à cette  créa- 
tion. 

VI 

On  a fondé,  il  y a deux  ans,  à Montreux, 
une  Société  dite  de  la  Rambertia,  en  l’hon- 
neur de  feu  Eugène  Rambert,  le  poète  et  le 
naturaliste  qui  a le  plus  contribué  à faire 
aimer  les  Alpes  vaudoises.  Son  but  est  la 


fondation  et  l’entretien  d’un  jardin  bota- 
nique alpin  de  4 à 5 hectares,  situé  près  du 
sommet  des  rochers  de  Naye.  Ce  jardin 
court  le  long  de  la  crête  rocheuse  et  très- 
déchiquetée  de  la  montagne,  il  en  descend 
la  pente  oriento-méridionale  et  s’étale  sur 
un  gracieux  vallon  de  3 hectares,  qui  se 
nomme  le  plan  d’Arènaz,  et  dans  lequel  on 
va  créer  un  beau  parc  alpin,  planté  des 
essences  pouvant  prospérer  à ces  altitudes. 
Du  plateau  en  question,  jusqu’au  sommet 
de  la  crête,  il  y a 150  mètres  de  différence 
en  altitude,  ce  qui  permettra  la  culture, 
dans  ce  très-vaste  jardin,  de  nombreux  végé- 
taux. Le  territoire  étant  calcaire,  on  pourra 
introduire  ici  la  flore  calcicole  qui  ne 
réussit  pas  à la  Linnæa.  En  un  mot,  la 
Rambertia  sera  aux  Alpes  calcaires  ce  que 
la  Linnæa  est  à celles  du  granit. 

L’an  dernier,  les  pluies  continuelles  dont 
nous  avons  été  gratifiés  n’ont  pas  permis 
à ce  jardin  de  se  développer  comme  on  eût 
aimé  à le  voir.  Il  a fallu  se  borner  au 
plus  important  et  l’attention  du  Comité  s’est 
surtout  portée  sur  la  question  des  clôtures. 
Cette  année,  on  a beaucoup  avancé  et  de 
nombreuses  rocailles  ont  été  établies  sur 
les  bords  du  gracieux  sentier  qui  zigzague 
dans  la  gorge  pittoresque  que  dominent  les 
deux  Dentaux,  sommités  de  30  à 50  mètres 
de  haut,  qui  forment  les  deux  gigantesques 
piliers  entre  lesquels  se  trouve  la  porte  du 
jardin.  Ici,  le  point  de  vue  n’est  ni  utili- 
taire ni  scientifique  ; il  est  tout  simplement 
artistique.  Le  Comité  a désiré  faire  un 
jardin  alpin  qui  soit  agréable  à la  vue, 
tant  par  sa  forme  et  son  caractère  pitto- 
resque que  par  les  fleurs  qu’il  contient. 

Des  tapis  de  Pavots  alpins  s’étendent  sur 
les  pentes  septentrionales  des  Dentaux 
tandis  que,  au  midi,  on  a planté  des  mil- 
liers éé Edelweiss^  à' Aster  alpinus,  de  Pri- 
mula  Auricula.  Dans  la  gorge,  les  Ra- 
mondia  des  Pyrénées  tapissent  les  lieux 
ombragés,  alors  que  les  plus  délicates  d’entre 
les  plantes  glaciaires  animent  les  rocailles 
ensoleillées.  Des  touffes  de  Rhododendrons 
{Rh.  ferrugineuniy  hirsutum,  Chamæcis- 
tus  et  punctatum)  surgissent  de  part  en  part 
et  le  plus  naturellement  possible  tandis 
qu’un  champ  de  Chardons  bleus  {Eryngium 
alpinum)  s’étale  ailleurs  et  fait  rêver  au 
ciel  du  Midi. 

Gejardin-là  est,  de  tous,  le  plus  visité 
parce  qu’il  est  à deux  pas  de  la  station  du 
chemin  de  fer  de  montagne  Glion- 
Naye  et  que,  chaque  jour,  plusieurs  cen- 
taines, quand  ce  n’est  pas  plusieurs  mil 


460 


CORRESPONDANCE. 


liers  de  touristes,  sont  conduits  à sa  porte 
par  la  vapeur.  Comme  le  jardin  est  très- 
fréquenté,  et  que  ses  finances  sont  pros- 
pères, nous  espérons  qu’il  pourra  se  déve- 
lopper. 

VII 

La  Faculté  des  sciences  de  l’Université 
de  Lausanne  vient,  elle  aussi,  de  fonder 
une  station  d’essai  dans  la  montagne.  C’est 
un  jardin  botanique  dédié  à la  mémoire  du 
botaniste  vaudois  Thomas  (La  Thomasia) 
et  qu’on  a établi  dans  un  joli  pavillon  des 
Alpes  de  Bex,  à Pont-de-Nant.  Il  a de 
l’eau  en  abondance  et  se  trouve  sur  le 
calcaire. 

VIII 

Enfin,  pour  terminer  cette  revue,  chrono- 
logiquement déroulée,  disons  deux  mots 
d’une  création  toute  nouvelle,  qui  vient 
d’être  installée  au  Petit  Saint-Bernard,  à 
50  mètres  à peine  de  la  frontière  française, 
sur  le  sol  italien,  à 2,160  mètres  d’altitude. 

C’est  le  vénérable  abbé  Chanoux,  recteur 
de  l’hospice,  qui  en  a eu  l’idée.  Depuis  sept 
ans  il  y travaille  et  il  a réuni  là  de  fort 
belles  choses,  en  plantes,  en  pierres  et  en 
minéraux.  C’est  un  musée  botanique  et  pé- 


M.  P.  (Mantes).  — Les  Raisins  que  vous 
nous  avez  énvoyés  sont  envahis  par  le  Black-rot. 

Bien  entendu,  il  n’y  a plus  rien  à faire  cette 
année  ; mais  nous  vous  engageons  à prendre 
vos  mesures  l’an  prochain  dès  l’apparition  des 
premières  feuilles. 

Le  seul  remède  qu'on  ait  trouvé  jusqu’à  pré- 
sent contre  ce  fléau  consiste  en  pulvérisations 
répétées,  à la  bouillie  bordelaise  ou  bourgui- 
gnonne, ou  encore  à la  bouillie  sucrée  ; la  base 
des  unes!  comme  des  autres  est  le  sulfate  de 
cuivre  à raison  de  3 kilos  pour  100  litres  d’eau  ; 
dans  la  première,  on  y allie  4 à 5 kilos  de  chaux 
vive,  dans  la  seconde,  3 k.  500  de  carbonate  de 
soude  ; dans  la  troisième,  6 kil.  de  mélasse.  Le 
traitement  doit  se  répéter  au  moins  trois  ou 
quatre  fois  à un  mois  d’intervalle;  il  devrait 
être  pour  ainsi  dire  continu  : il  faudrait  dès 
qu’on  a fini  par  un  bout,  recommencer  par 
l’autre.  Maheureusement,  jusqu’à  présent,  les 
résultats  n’en  sont  pas  toujours  assurés. 

11  serait  indispensable  qu’à  l'automne,  toutes 
les  grappes  desséchées  qui  restent  sur  les 
treilles  fussent,  par  tous  les  possesseurs  de 


trologique  qu’il  a fait  là  et  son  jardin  offre 
un  cachet  d’originalité  très-caractéristique. 
Imaginez  un  vaste  cercle  d’un  hectare,  en- 
touré d’un  mur  épais  en  pierres  sèches, 
haut  de  2 mètres  et  formant  une  vraie  en- 
ceinte fortifiée.  Ajoutez  deux  torrents  natu- 
rels, qui  descendent  des  sommets  environ- 
nants et  partagent  le  jardin  où  ils  forment 
ici  un  marécage  charmant,  là  une  cascade, 
ailleurs  un  petit  lac.  Puis  placez,  à gauche, 
un  monticule  vert,  semé  de  beaux  gazons 
naturels  et  qu’on  a planté  d’Aroles  et  de 
Mélèzes  ; enfin,  imaginez  dans  le  fond,  entre 
les  torrents  mugissants,  une  dizaine  de  ro- 
cailles  diverses,  qui  ont  été  construites  ces 
dernières  années  et  qui  contiennent,  l’une 
la  flore  locale,  une  autre  celle  des  Alpes 
d’Aoste,  une  autre  celle  des  sommets  du 
Piémont,  d’autres  enfin  celles  des  Alpes, 
des  Pyrénées,  des  Balkans,  de  l’Himalaya, 
de  la  Sibérie,  etc.,  et  vous  aurez  à peu  près 
l’idée  de  ce  jardin,  que  nous  avons  pris  la 
liberté  de  baptiser  « Chanousia  » en  l’hon- 
neur de  celui  qui  a le  mérite  de  l’avoir 
conçu . 

La  fête  d’inauguration,  à laquelle  les  bo- 
tanistes français,  italiens  et  suisses  ont  pris 
part,  a eu  lieu  le  29  juillet  dernier  et  a été 
célébrée  avec  un  grand  éclat. 

Henri  Gorrevon. 


Vigne,  recueillies  et  brûlées.  Voyez  Revue 
horticole^  1896,  p.  370  et  407.  — (IL  D.) 

M.  de  VE.  (Somme).  — Il  suffit  générale- 
ment de  récolter  des  graines  des  meilleures 
variétés  de  Dahlias  simples  et  de  les  semer  au 
printemps  ; les  plantes  fleurissent  la  même 
année.  Mais  nous  vous  conseillons  de  relever 
à la  fin  de  l’automne  les  tubercules  des  meil- 
leures variétés  que  vous  désirez  con.server  et 
de  les  bouturer  au  printemps  comme  des 
Dahlias  ordinaires,  une  des  plus  belles  va- 
riétés est  encore  le  Dahlia  coccinea  type  du 
Mexique. 

Cte  A.  T.  (Pologne  russe).  — La  flore  ar- 
borescente et  arbustive  des  parcs  et  jardins  de 
votre  région  est  peu  riche  en  espèces,  sans 
doute,  mais  elle  permet  cependant  d’obtenir 
des  effets  paysagers  à peu  près  aussi  complets 
que  dans  des  régions  plus  méridionales.  Nous 
publierons  sur  ce  sujet  une  étude  spéciale. 

No  3540  (Meuse).  — Voir  article  spécial  sur 
le  Gymnosporàngium  Sabinæ  dans  le  présent 
numéro. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur- Gérant  i L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


461 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Mérite  agricole.  — Société  française  des  Chrysanthémistes  : Congrès  d’Orléans.  — Le  Congrès  des 
Rosiéristes.  — L’enseignement  horticole  pour  1897-98  à l’Association  philotechnique.  — Cours  public 
et  gratuit  d’arboriculture  d’alignement  et  d’ornement.  —Banquet  offert  à M,  Abel  Chatenay.  — Une 
belle  fructification  du  Cereus  triangularis*  — Expositions  annoncées.  — Nécrologie:  M.  Lambin. 


Mérite  agricole.  — Parmi  les  nomina- 
tions dans  l’ordre  national  du  Mérite  agri- 
cole faites  à l’occasion  des  divers  voyages 
ministériels,  nous  relevons  les  suivantes  qui 
intéressent  l’horticulture. 

Grade  de  chevalier  : 

MM. 

Chantrier  (Alfred-François),  jardinier  chef  à 
Bayonne  (Basses-Pyrénées)  ; nombreuses 
récompenses  dont  3 médailles  d’or  dans 
divers  comices,  concours  et  expositions 
agricoles;  34  ans  de  pratique  horticole. 
Raymond  (Antoine),  horticulteur  à Saint-Cha- 
mond,  vice-président  de  la  Société  generale 
d’horticulture  de  la  Loire.  Plusieii.’s  ré- 
compenses dans  les  concours  et  expositions, 
dont  un  prix  d’honneur. 

Société  française  des  Chrysanthémistes. 
— Congrès  d’Orléans.  — Ainsi  qu’on  l’a 
déjà  annoncé,  la  Société  française  des 
Chrysanthémistes  tiendra,  du  6 novembre 
au  8 novembre,  à Orléans,  son  deuxième 
Congrès  annuel  à Foccasion  de  l’exposition 
importante  organisée  par  la  Société  d’hor- 
ticulture du  Loiret. 

Le  succès  du  premier  Congrès  tenu  l’an 
passé  à Bourges  sera  dépassé  par  celui  du 
second,  car  les  adhésions  arrivent  plus  nom- 
breuses encore  et  de  tous  les  points  de  la 
France.  L’Angleterre  même  sera  représentée 
par  une  délégation  de  la  National  Chrysan- 
themum  Society  dans  laquelle  figureront 
notamment  MM.  Harman  Payne  et  Jones. 

M.  le  Ministre  de  l’agriculture  a dési- 
gné pour  le  représenter,  M.  Vassilière, 
l’éminent  directeur  de  l’agriculture. 

La  réduction  de  50  % sur  les  che- 
mins de  fer  a été  demandée  pour  les  con- 
gressistes. Quatre  compagnies,  le  Nord, 
l’Orléans,  l’Ouest  et  l’État  ont  déjà  répondu 
affirmativement  ; nous  avons  tout  lieu  de 
croire  que  l’Est,  le  P.-L.-M.  et  le  Midi  sui- 
vront leur  exemple. 

Les  personnes  qui  ne  feraient  pas  partie 
de  la  Société,  et  qui  voudraient  cependant 
prendre  part  au  Congrès,  sont  priées  de 
s’adresser  au  Secrétaire  général  : M.  Ph. 
Rivoire,  16,  rue  d’Algérie,  à Lyon,  dans  le 
plus  bref  délai  possible. 


Voici  la  liste  des  questions  à fordre  du 
jour  du  Congrès  : 

De  la  fécondation  des  Chrysanthèmes  ; 

2»  Qu’entend-on  par  races  en  Chrysan- 
thèmes? 

3^  Des  meilleures  compositions  de  terre  à 
employer  pour  les  différents  rempotages.  Des 
engrais  en  solution  pour  arrosages. 

4°  Maladies  et  parasites  ; 

5®  Bouton  couronne  et  bouton  terminal.  Eta- 
blissement d’une  première  liste  des  variétés 
pour  lesquelles  il  convient  de  prendre  l’un  ou 
l’autre  de  ces  boutons  ; 

6“  Des  difficultés  de  classification  de  cer- 
tains noms  de  variétés  dans  les  catalogues. 
Quel  est  le  mot  qui  doit  guider  l’ordre  alpha- 
bétique; 

Vote  de  la  médaille  du  Congrès  ; 

8»  f ixation  du  lieu  du  Congrès  de  1898. 

Les  mémoires  doivent  être  également 
adressés,  en  cas  d’absence  de  l’auteur,  au 
secrétaire,  qui  en  donnera  connaissance  au 
Congrès. 

La  même  Société  a tenu  samedi  25  sep- 
tembre, à Lyon,  la  première  réunion  de 
son  comité  floral  pour  juger  les  semis  de 
Chrysanthèmes,  dans  les  variétés  précoces. 

Trois  certificats  de  mérite  ont  été  accor- 
dés ; deux  à des  semis  de  M.  Liger-Ligneau 
d’Orléans,  dénommés  Madame  Liger- 
Ligneau  Qi  Marie- Adèle  (ce  dernier  comme 
plante  décorative),  et  un  à M.  Crozy,  de 
Lyon,  pour  la  variété  Cagnotte.  Une  autre  va- 
riété, Coquetterie des  félicitations. 

Le  Congrès  des  rosiéristes.  — La  So- 
ciété française  des  rosiéristes  a tenu  son 
premier  Congrès  le  12  septembre  dernier, 
à Orléans.  Le  bureau  définitif  a été,  par 
acclamation,  ainsi  constitué  : 

Président  d’honneur  : M.  Viger  ; assesseurs  ; 
MM.  Albert  Barbier;  Léon  Chesneau,  Jules 
GoucKault,  Guillot  et  Foucard  ; secrétaire  gé- 
néral: M.  Octave  Meyrand  ; secrétaire  adjoint  : 
M.  Arthur  Robichon. 

Le  Congrès  a ensuite  procédé  à l’étude 
des  questions  que  la  Société  avait  décidé 
de  lui  soumettre  : 

lo  De  la  classification  des  Roses. 


16  Octobre  1897. 


20 


462 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


2«  De  la  valeur  des  divers  porte-greffes  usités. 

3»  Des  maladies  du  Rosier  et  des  meilleurs 
remèdes  à y apporter. 

4®  Des  synonymies  chez  les  Roses. 

Tous  les  mémoires  présentés  sur  ces 
diverses  questions  ont  été  approuvés  par  le 
Congrès,  et  M.  Vigeren  a félicité  les  auteurs. 

Le  prochain  Congrès  aura  lieu  à Lyon, 
en  1898. 

L’enseignement  horticole  pour  1897-98 
à l’Association  philotechnique.  — L’As- 
sociation philotechnique  ouvrira  ses  cours, 
pour  la  section  du  lycée  Charlemagne,  le 
lundi  18  octobre  courant.  Le  programme 
des  cours-  de  cette  section  en  comprend  un 
certain  nombre  qui  intéressent  les  jardi- 
niers et  les  amateurs  d’horticulture  : 

Culture  potagère.  — Tous  les  lundis,  à 
partir  du  8 novembre  1897,  M.  Fr.  Follet, 
chef  des  cultures  de  MM.  Lemaire,  Lasnet 
et  C'c,  traitera  de  la  disposition  à donner  au 
jardin  potager,  de  l’emploi  et  de  l’aména- 
gement des  eaux,  de  l’établissement  des  cou- 
ches, de  la  succession  des  cultures,  etc. 

Floriculture  de  plein  air.  — Tous  les 
mardis,  à partir  du  19  octobre  1897,  notre 
collaborateur,  M.  Dauthenay,  exposera  les 
principes  de  la  technologie  horticole.  Il  étu- 
diera notamment  les  grandes  collections  ; 
Asters,  Bégonias,  Cannas,  Chrysanthèmes, 
Dahlias,  Géraniums,  Pélargoniums,  Roses, 
Spirées,  Tulipes,  etc.  Il  présentera  des  clés  ana- 
lytiques facilitant  la  détermination  des  variétés. 

Arboriculture  fruitière.  — Tous  les  mer- 
credis, à partir  du  20  octobre  1897,  M.  Gros- 
demange,  chef  des  pépinières  du  Muséum 
d’histoire  naturelle,  notre  collaborateur,  après 
avoir  fait  ressortir  le  rôle  important  de  l’arbo- 
riculture fruitière,  traitera  de  la  multiplica- 
tion des  végétaux  fruitiers,  de  la  récolte  et  de 
la  conservation  des  fruits.  Des  applications 
auront  lieu  sur  le  terrain  dans  les  princi- 
paux établissements  arboricoles  des  environs 
de  Paris. 

Les  cours  ont  lieu  le  soir  de  huit  heures 
et  demie  à dix  heures  au  lycée  Charle- 
magne, 14,  rue  Charlemagne.  Si  l’on 
ajoute,  à ceux  que  nous  venons  de  citer, 
un  cours  de  botanique  qui  sera  sous  peu 
réinstallé,  on  se  rendra  compte  des  efforts 
que  fait  la  section  du  lycée  Charlemagne 
pour  étendre  et  populariser  l’enseignement 
de  l’horticulture.  Nous  croyons  savoir  que 
les  efforts  persévérants  de  M.  Grosdemange 
sont  pour  beaucoup  dans  l’impulsion  don- 
née à cet  enseignement. 

Ajoutons  qu’en  fin  d’année,  des  ^certifi- 


cats d’études  pour  les  sciences  agricoles 
sont  accordés  aux  élèves  les  plus  méritants. 

Cours  public  et  gratuit  d’arboricul- 
ture d’alignement  et  d’ornement.  — 

M.  Chargueraud,  professeur,  commencera 
le  vendredi  42  novembre,  à huit  heures  du 
soir^  dans  l’amphithéâtre  de  la  Société 
d’horticulture,  rue  de  Grenelle-Saint-Ger- 
main,  84,  à Paris,  son  cours  théorique  et 
pratique  d’arboriculture  d’alignement  et 
d’ornement. 

Ce  cours  consistera  en  dix  leçons  théo- 
riques, qui  auront  lieu  tous  les  vendredis, 
à la  même  heure,  et  en  trente  leçons  prati- 
ques, à partir  du  dimanche  14  novembre, 
de  huit  heures  à onze  heures  du  matin,  et 
pour  lesquelles  le  lieu  de  réunion  sera  in- 
diqué à la  fin  de  la  séance  précédente. 

OBJET  DU  COURS  : 

Leçons  théoriques.  — Éléments  de  physio- 
logie végétale,  de  géologie,  de  physique  et  de 
chimie  appliquées  à l’arboriculture.  — Prin- 
cipes généraux  de  culture.  — Sols.  — Terre 
végétale.  — Amendements.  — Fumiers  et  en- 
grais. — Arrosements.  — Drainages.  — Pépi- 
nières. — Multiplication,  élevage  et  conserva- 
tion des  plantes.  — Serres  et  Orangerie.  — 
Bâches.  — Châssis.  — Abris.  — Plantations 
d’alignement  dans  les  villes,  sur  les  routes. 

— Étude  des  meilleures  essences.  — Installa- 
tion. — Soins.  — Maladies.  — Insectes.  — 
Plantations  d’ornement  des  parcs,  squares  et 
jardins.  — Choix  et  groupement  des  végétaux. 

— Garnitures  florales.  — Gazons. 

Leçons  pratiques.  — Sur  l’exécution  et 
l’entretien  des  plantations.  — Les  soins  de 
culture,  la  pratique  delà  taille  et  de  l’élagage. 

— Étude  des  plantations  sur  les  boulevards, 
avenues,  parcs  et  squares.  — Sur  les  routes 
départementales.  — Au  bois  de  Boulogne,  à la 
Muette.  — Au  bois  de  Vincennes,  à l’École 
d’arboriculture,  à Saint-Mandé  et  dans  les  pé- 
pinières de  la  Ville. 

A la  fin  du  cours,  un  jury  d’examen 
proposera  au  Préfet  de  la  Seine  de  délivrer 
des  certificats  d’aptitude  aux  élèves  qui 
rempliront  les  conditions  indiquées  par  le 
programme  d’examen. 

Banquet  offert  à M.  Abel  Chatenay. 

— Le  mardi  12  octobre,  un  banquet  offert 
à M.  Abel  Chatenay,  secrétaire  général  de 
la  Société  nationaled’horticulture  de  France, 
réunissait  au  restaurant  Marguery  une  cen- 
taine de  ses  collègues  et  amis,  qui  venaient 
fêter  sa  récente  nomination  au  grade  de 
chevalier  de  fa  Légion  d’honneur. 

Cette  fête  de  famille  était  présidée  par  le 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


463 


président  de  la  Société,  M.  Viger,  ancien 
ministre  de  l’agriculture,  ayant  à ses  côtés 
M.  Vassillière,  directeur  de  l’agriculture, 
qui  avait  bien  voulu  accepter  la  présidence 
d’honneur,  et  le  bureau  tout  entier  de  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France. 

Au  dessert,  M.  Viger,  avec  l’humour 
qu’on  lui  connaît,  a porté  un  toast  d’abord 
au  Président  de  la  République,  dont  la  sol- 
licitude accompagne  toujours  les  efforts  de 
l’horticulture  vers  le  progrès  ; puis  à M.  Mé- 
line,  dont  la  vie  tout  entière  a été  consa- 
crée aux  intérêts  agricoles,  et  qui  même 
en  politique,  a dit  M.  Viger,  a pu  avoir  des 
adversaires,  mais  n’est  pas  parvenu  à se 
faire  des  ennemis  ; ensuite  à M.  Abel  Cha- 
tenay,  dont  la  nomination  au  grade  de 
chevalier  de  la  Légion  d’honneur  vient  de 
récompenser  le  long  dévouement  à l’horti- 
culture ; enfin  à la  Presse  horticole  dont  le 
concours  est  acquis  d’avance  à toutes  les 
bonnes  causes. 

D’autres  toasts  ont  été  portés  par  M.  Al- 
bert Truffant,  président  de  l’Union  des 
horticulteurs- marchands;  par  M.  Vassil- 
lière, directeur  de  l’agriculture  ; par 
M.  Henry  de  Vilmorin,  premier  vice-pré- 
sident de  la  Société  nationale  d’horticul- 
ture ; par  M.  Charles  Ballet,  l’un  des 
doyens  des  pépiniéristes  français  ; par 
M.  Laurent  Hébrard,  président  de  la  So- 
ciété de  secours  mutuels  des  jardiniers  de 
la  Seine  ; et  enfin  par  notre  collaborateur, 
M.  H.  Dauthenay,  au  nom  de  la  presse 
horticole. 

Excellente  soirée,  non  seulement  pour 
celui  à qui  la  fête  était  offerte,  mais  pour 
tous  les  convives,  qui  en  garderont  le  meil- 
leur souvenir,  et  qui  en  sont  sortis  encore 
plus  étroitement  unis  pour  la  défense  des 
intérêts  de  l’horticulture. 

Une  belle  fructification  du  Cereus 
triangularis.  — Un  vieil  exemplaire  de 
Cereus  triangularis  qui  fleurissait,  à 
Kew,  tous  les  ans  en  abondance,  mais  sans 
fructifier,  a mûri  cette  année  un  gros  fruit. 
Dans  l’espoir  d’obtenir  un  hybride,  on  avait 
posé  du  pollen  de  C.  grandiflorus  sur  le 
stigmate  d’une  seule  fleur  de  C.  triangu- 
laris, mais  les  étamines  de  cette  dernière 
n’ayant  pas  été  supprimées,  il  n’est  pas 
certain  que  le  croisement  ait  réussi.  Ce 
croisement  est  cependant  très- probable  si 
l’on  considère  que  cette  fleur  est  la  seule 
qui  ait  donné  le  fruit  dont  il  est  question. 
Le  fruit  s’est  formé  dans  l’espace  de  trois 
mois  et  pesait  exactement  2 livres  anglaises 


(907  grammes)  lorsqu’il  est  arrivé  à com- 
plète maturité.  Sa  forme  et  son  volume 
étaient  ceux  d’un  œuf  d’autruche  et  la 
pulpe  qu’il  contenait  a été  jugée  d’un  goût 
agréable  et  d’une  saveur  légèrement  aci- 
dulée. Le  signataire  de  la  note  qui  a paru 
sur  ce  sujet  dans  le  Gardeners’  Chronicle 
et  à laquelle  nous  empruntons  ces  détails, 
a même  trouvé  ce  fruit  supérieur  à tous  les 
les  fruits  à’ Opuntia  qu’il  a goûtés  jusquA 
présent.  Il  conclut  qu’avec  des  soins  on 
pourrait  peut-être  arriver  à reproduire  en 
grand  le  fait  signalé,  dans  le  but  d’agré- 
menter les  tables  de  luxe. 

EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Alger,  du  13  au  14  novembre.  — La  So- 
ciété d’horticulture  d’Alger  organise  pour  les 
12,  13  et  14  novembre  prochain  une  exposition 
de  Chrysanthèmes  et  de  produits  horticoles  de 
la  saison. 

Demander  le  programme  des  concours  et  le 
règlement  de  l’Exposition  au  secrétaire  de  la 
Société  d’horticulture,  M.  Porcher,  rue  Horace- 
Vernet-Mustapha. 

Montauban,  du  12  au  14  novembre.  — La 
Société  d’horticulture  et  d’acclimatation  de 
Tarn-et-Garonne  organise  une  exposition  de 
Chrysanthèmes,  produits  maraîchers  et  fruits 
de  saison,  qui  aura  lieu  à Montauban,  du  12  au 
14  novembre. 

Le  programme  comporte  10  concours  ré- 
partis en  6 sections.  Les  demandes  d’admission 
devront  être  adressées  à M.  Edouard  Vidal,  se- 
crétaire général  de  la  Société,  à Montauban, 
avant  le  1er  novembre. 

Périgueux,  du  li  au  22  novembre.  — La 
Société  d’horticulture  et  d’acclimatation  de  la 
Dordogne  organise  une  exposition  de  Chrysan- 
thèmes, fruits,  fleurs  et  bouquets,  qui  aura  lieu 
à Périgueux,  du  14  au  22  novembre. 

Le  programme  comporte  26  concours  ré- 
partis en  7 sections.  Les  demandes  d’admis- 
sion doivent  être  adressées  à M,  le  Président 
de  la  Société  d’horticulture,  à Périgueux. 

Cambrai,  du  17  au  21  novembre.  — La 
section  d’horticulture  du  Comice  agricole  de 
Cambrai  organise  une  exposition  internatio- 
nale de  Chrysanthèmes,  plantes  ornementales, 
fleurs  de  saison,  arts  et  industries  horticoles, 
qui  se  tiendra  à Cambrai,  du  17  au  21  no- 
vembre. 

Le  programme  comporte  31  concours,  dont 
22  sont  relatifs  aux  Chrysanthèmes.  Adresser 
les  demandes  à M.  Brisse-Pourpoint,  rue  du 

* La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Jacob, 
Paris. 


464  QUELQUES  ARBRISSEAUX 

Petit-Séminaire,  n»  16,  à Cambrai,  avant  le 
25  octobre. 

Cherbourg,  du  i 3 au  iô  novembre.  — La 
Société  d’horticulture  de  l’arrondissement  de 
Cherbourg  organise  une  exposition  de  Chry- 
santhèmes et  de  fruits  qui  aura  lieu  à Cher- 
bourg, du  13  au  16  novembre. 

Le  programme  comporte  8 concours  pour 
les  Chrysanthèmes  et  5 concours  pour  les 
fruits.  Adresser  les  demandes  au  Président  de 
la  Société,  à Cherbourg,  avant  le  5 novembre. 

Nécrologie  : M.  Lambin.  — Notre 

excellent  et  dévoué  collaborateur  et  ami 
E.  Lambin  vient  de  mourir.  C’est  un 
grand  deuil  pour  l’horticulture  champe- 
noise. Professeur  d’horticulture  à Soissons 


QUELQUES  ARBRISSEAUX 

Il  est  souvent  demandé  par  les  amateurs 
d’horticulture,  et  particulièrement  par  ceux 
qui  prolongent  leur  villégiature  jusqu’à 
l’hiver,  des  renseignements  pour  avoir 
dans  leurs  jardins  à l’automne,  et  aussi 
tard  que  possible  en  saison,  des  arbres  et 
arbrisseaux  de  pleine  terre  en  fleurs.  Il  est 
bien  certain  aussi  que  les  citadins  seraient 
très-heureux  de  pouvoir  contempler  à cette 
époque  de  l’année  des  arbrisseaux  fleuris 
dans  les  parcs  et  squares  des  villes,  où 
malheureusement  ces  végétaux  font  trop 
souvent  défaut. 

Nous  avons  eu  déjà  l’occasion  de  rappe- 
ler dans  la  Revue  quelques-uns  des  arbres 
et  arbrisseaux  à utiliser  pour  la  décoration 
automnale,  pour  leurs  fleurs,  leurs  fruits 
ou  leur  feuillage. 

Nous  voulons  aujourd’hui  indiquer  les 
principaux  qui  peuvent  être  très-avanta- 
geusement utilisés  à cause  de  leur  floraison 
particulièrement  tardive. 

Il  existe,  en  effet,  un  assez  grand  nom- 
bre d’espèces  et  de  variétés  d’arbrisseaux 
dont  la  floraison  se  prolonge  jusqu’à  la  fin 
de  septembre,  et  même  en  octobre.  Quel- 
ques autres  refleurissent  régulièrement  à 
l’automne  après  une  première  floraison  au 
printemps.  D’autres  refleurissent  irréguliè- 
rement, ou  seulement  lorsqu’après  un  prin- 
temps sec  vient  un  été  humide.  Il  en  est 
aussi  quelques-uns  chez  lesquels  les  opéra- 
tions de  taille  ou  de  déplantation  déter- 
minent une  seconde  pousse  ainsi  qu’une 
seconde  floraison.  Enfin,  il  est  possible. 


FLORAISON  AUTOMNALE. 

et  directeur  du  Jardin  d’essais  de  la  So- 
ciété d’horticulture  de  l’Aisne,  il  rendait 
depuis  de  longues  années  de  grands  ser- 
vices à son  pays.  Il  avait  transformé,  par 
ses  préceptes  et  par  ses  exemples,  la  cul- 
ture légumière  et  fruitière  de  l’Aisne  et 
avait  partout,  dans  les  campagnes  les  plus 
reculées,  substitué  les  bonnes  variétés  aux 
mauvaises.  Tous  nos  lecteurs-  se  rappel- 
lent avec  quelle  compétence  il  faisait  chaque 
année,  à la  Revue,  la  critique  des  nou- 
veaux légumes. 

Lambin  était  un  laborieux,  un  cher- 
cheur, un  excellent  homme,  un  fidèle  ami. 
Sa  mémoire  vivra  dans  le  cœur  de  tous 
ceux  qui  l’ont  connu. 

Éd.  André. 


L FLORAISON  AUTOMNALE 

par  le  choix  d’emplacements  convenables, 
situés  au  nord  ou  bien  dans  une  position 
abritée  contre  les  ardeurs  du  soleil,  et  dans 
les  sols  un  peu  frais,  de  retarder  beaucoup 
l’époque  de  la  floraison  de  certains  arbres 
et  d’en  prolonger  la  durée. 

On  remarque,  en  effet,  assez  fréquem- 
ment, une  différence  d’un  mois  et  plus  dans 
l’époque  et  dans  la  durée  de  la  floraison 
d’arbres  ou  d’arbrisseaux  d’une  même  es- 
pèce ou  d’une  même  variété,  selon  qu’ils 
sont  plantés  au  nord  ou  plantés  au  sud, 
dans  un  sol  sec  ou  dans  un  sol  humide. 
Cette  particularité  peut  être  utilisée  très- 
avantageusement  pour  l’ornementation. 

Parmi  les  principaux  arbrisseaux  à fleurs 
ornementales  de  plein  air  dont  la  floraison 
se  prolonge  ordinairement  jusqu’à  la  fin  de 
septembre,  nous  recommandons  particuliè- 
rement les  suivants  : 

Buddleia.  — Le  B.  Lindleyana,  à fleurs 
violettes,  et  le  B.  variabilis,  à.  fleurs  lilas  rosé. 

Caryopteris.  — Le  C.  Mastacanthus,  à 
fleurs  bleues  et  celui  à fleurs  blanches. 

Ceanothus.  — Le  C.  azureus,  sa  variété 
Gloire  de  Versailles,  et  diverses  autres  à fleurs 
roses  et  à fleurs  blanches. 

Clerodendron.  — Le  C.  Bungei,  à fleurs 
rouges,  et  le  C.  trichotomiim,  à corolle 
blanche  et  à calice  rouge,  d’une  odeur 
agréable. 

Fuchsia.  — Le  F.  Riccartoni,  se  couvrant 
d’une  multitude  de  petites  fleurs  rouges,  très- 
élégantes. 

Hibiscus.  — L’H.  syriacus,  dans  ses  belles 
variétés  à fleurs  simples  ou  semi-doubles  seu- 


QUELQUES  ARBRISSEAUX  A FLORAISON  AUTOMNALE.  465 


lement  : blanches,  roses,  rouges,  bleues  ou 
violettes. 

Indigofera.  — L7.  Dosua,  à fleurs  rouge 
carmin. 

Leycesteria.  — Le  L.  formosa,  portant  en 
même  temps  des  fleurs  blanc  rosé  et  des  fruits 
pourpres. 

Tamarix.  — Le  T.  indica,  à fleurs  roses  en 
grandes  panicules. 

Vitex.  — Le  V.  Agnus-castus,  au  feuillage 
digité,  aux  fleurs  en  épis,  blanches  ou  vio- 
lettes. 


Quelques  arbustes  â feuillage  persistant 
montrent  leurs  fleurs  en  septembre-oc- 
tobre ; citons-en  les  meilleurs  : 

Daphné.  — Le  petit  D.  Laureola,  aux 
fleurs  blanc-verdâtre,  très-odorantes. 

Elæagnus.  — UE.  pungens,  aux  fleurs 
blanc-verdâtre  et  odorantes. 

Osmanthus.  — L’O.  ilicifolius,  aux  fleurs 
blanc  pur,  également  odorantes. 


Les  quatre  sous-arbrisseaux  suivants 
produisent  de  très-jolis  effets  à l’arrière- 
saison.  Ce  sont  plus  exactement  des  plantes 
vivaces,  car  leurs  tiges  meurent  tous  les  ans 
pour  être  remplacées  par  de  nouvelles  tiges 
qui  reparaissent  Tannée  suivante  : 

Cassia.  — Le  C.  marylandica,  à fleurs 
jaunes. 

Clematis.  — Le  C.  tubulosa,  à fleurs 
bleues,  tubuleuses,  et  le  C.  Davidiana,  â 
fleurs  bleues,  très-odorantes. 

Desmodium.  — Le  D.  penduliflorum,  à 
fleurs  violet  pourpre,  réunies  en  longues  pani- 
cules. 

Les  arbrisseaux  sarmenteux  les  plus  re- 
commandables pour  le  but  qui  nous  occupe 
sont  les  suivants  : 

Clematis.  — Les  C.  paniculata,  â très- 
belles  fleurs  blanc  pur,  et  C.  orientalis,  à 
fleurs  jaunes  accompagnées  de  ses  curieux 
fruits  plumeux,  provenant  des  fleurs  précé- 
dentes. 

Solanum.  — Le  joli  S.  Dulcamara  foliis 
argenteis,  charmante  plante  portant  en  même 
temps,  sur  le  même  rameau,  des  fleurs  blan- 
ches, très-jolies,  des  fruits  d’un  beau  rouge 
corail  et  des  feuilles  d’un  blanc  d’argent. 

Enfin,  on  peut  aussi  utiliser  les  arbris- 
seaux dont  la  floraison  automnale  est  due  à 
une  refloraison,  caractère  distinctif  de 
quelques  variétés,  qui  se  manifeste  plus  ou 
moins  régulièrement,  que  Ton  peut  provo- 
quer, et  qui  se  présente  surtout  dans  les 
années  où  Tété  a été  humide  : 

Abelia.  — L’^4.  rupestris,  â fleurs  blanc 
rosé,  d’une  odeur  fine  et  agréable. 


Berberis.  — Le  B.  stenophylla,  aux  fleurs 
d’un  beau  jaune  orangé. 

Cornus.  — Les  C.  sanguinea  et  C.  alba^ 
tous  deux  à fleurs  blanches,  mais  le  premier 
portant  des  baies  rouges  et  le  second  des  baies 
blanches  ressemblant  à des  perles. 

Cytisus.  — Le  C.  Laburnum  var.  bifera,  â 
fleurs  jaunes. 

Kerria.  — Le  K.  japonica,  à fleurs  jaunes 
doubles,  improprement  désigné  parfois  sous  le 
nom  de  Corchorus,  qui  appartient  à une  autre 
plante. 

Lonicera.  — Les  L.  Halleana  et  L.  con- 
fusa,  espèces  japonaises,  à fleurs  blanches  et 
à odeur  suave. 

Robinia.  — Les  R.  semperflorens,  R.  vis- 
cosa,  et  surtout  B.  hispida  et  sa  variété  arbo- 
rea,  à grandes  fleurs  roses. 

Sambucus.  — Les  S.  pubens  et  S.  semper- 
florens, tous  deux  à fleurs  blanches. 

Pour  un  certain  nombre  de  ces  végétaux 
l’époque  de  floraison  normale  peut  être 
retardée  par  l’application  de  tailles  courtes 
faites  au  printemps,  et  aussi  pour  d’autres 
en  taillant  tard,  c’est-à-dire  après  le  départ 
de  la  végétation,  lorsque  les  pousses  nou- 
velles ont  déjà  quelques  centimètres  de 
longueur.  C’est  le  cas  pour  le  Tamarix  in- 
dica, les  Ceanothus,  le  Vitex,  les  Hibis- 
cus et  les  Buddleia. 

D’autre  part,  pour  avoir  ces  végétaux  en 
fleurs  aussi  tard  que  possible  en  saison,  il 
convient  de  les  placer  dans  des  situations 
abritées,  au  nord,  non  pas  sous  des  végé- 
taux plus  grands,  mais  seulement  à Tabri 
du  soleil  du  milieu  du  jour. 

Ces  végétaux,  bien  répartis  dans  les  jar- 
dins, dans  des  situations  bien  différentes 
par  rapport  à l’exposition  et  au  sol,  peuvent 
constituer  une  décoration  florale  d’au- 
tomne de  très-longue  durée. 

On  peut  aussi  en  composer  des  groupes 
ou  massifs  remarquablement  fleuris.  A cet 
égard,  nous  recommandons  les  rapproche- 
ments suivants  : Robinia  hispida  arborea, 
à fleurs  roses  très-grandes  ; Buddleia 
Lindleyana  et  B.  variabilis,  à fleurs 
bleues  et  lilacées  ; Vitex,  à fleurs  blanches, 
et  Indigofera  Dosua,  à fleurs  rouges  ; 
Ceanothus,  à fleurs  blanches,  à fleurs  roses 
et  à fleurs  bleues.  Sur  le  devant  de  ces 
végétaux  et  formant  bordure  détachée,  le 
Desmodium  penduliflorum,  à fleurs  pur- 
purines ; le  Clematis  Davidiana,  à bou- 
quets de  fleurs  bleues  ; le  Fuchsia  Riccar- 
toni,  à fleurs  rouges  très -élégantes,  et  le 
Caryopteris  Mastacantus,  à fleurs  bleues 
et  à fleurs  blanches. 

A.  Chargueraud. 


466 


DEUTZTA  CORYMBOSA. 


DEl]TZ[A  CORYMBOSA 


Sous  ce  nom,  trois  plantes  différentes  se 
rencontrent  dans  les  collections  : l’une  dé- 
crite par  Ro- 
bert Brown  et 
s’appliquant  à 
une  espèce 
himalayenne  ; 
l’autre  qui  est 
une  forme  ja- 
ponaise  du 
Philadelphus 
coronarius 
n’ayant  par 

conséquent 
rien  à voir  avec 
les  Deutzia  ; 
la  troisième 
enfin,  Deutzia 
c orymbosa, 
de  Bindley  ^ 
qui  n’est  autre 
que  la  variété 
Brunoniana 
du  Deutzia  sta- 
minea,  R.  Br. 

Bien  que 
l’histoire  de  la 
plante  que 
nous  figurons 
a ujourd’hui 
soit  encore 
assez  obscure, 
nous  pensons 
que  l’échan- 
tillon qui  lui 
a servi  de  mo- 
dèle et  qui  a 
été  exposé  au 
printemps  der- 
nier par  M.  Maurice  de  Vilmorin  dans 
une  des  séances  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France,  lui  appartient 
légitimement. 

C’est  un  arbuste  (fig.  439)  à rameaux 
grêles,  à bois  gris  jaunâtre  ; ses  feuilles 
sont  ovales-lancéolées,  aiguës,  longues  de 
5 à 7 centimètres,  larges  de  3 à 5 centi- 
mètres, d’un  vert  foncé,  tomenteuses,  un 
peu  scabres,  couvertes  de  poils  étoilés  et 
brièvement  pétiolées.  Ses  fleurs  paraissent 
en  mai-juin  en  panicules  dressées,  accom- 
pagnées de  feuilles  opposées  et  formées 

^ Bot.  Reg.,  26,  t.  5, 


I de  petits  bouquets  terminaux  pauci- 
I flores  (fig.  140).  Les  lobes  du  calice  sont 

étroits,  aigus 
et  ponctués  ; 
les  pétales  sont 
ovales,  arron- 
dis ou  aigus, 
de  la  longueur 
des  sépales 
et  d’un  blanc 
pur. 

Sans  pré- 
tendre égaler 
en  beauté  les 
autres  espèces 
du  genre  DeuD 
zia  si  riches 
par  leur  flo- 
raison et  si 
généralement 
utilisées  pour 
leur  rusticité, 
leur  facile  cul- 
ture et  la  beau- 
té de  leur  port, 
le  D.  co7'ym~ 
hosa  apporte 
une  note  spé- 
ciale dans  le 
genre,  et  à ce 
titre  il  doit 
être  bien  ac- 
cueilli. Sans 
être  nouveau, 
il  est  très-peu 
répandu  dans 
les  collections 
européennes. 
D’ailleurs,pour 
fixer  exactement  son  état-civil,  il  serait 
bon  de  cultiver  côte  à côte  toutes  les  es- 
pèces introduites  de  diverses  provenances, 
car  leur  nomenclature  chez  les  pépinié- 
ristes est  fort  embrouillée. 

Le  joli  D.  parviflora,  dont  on  a parlé 
récemment  comme  d’une  plante  nouvelle 
bien  qu’il  eût  été  décrit  dès  1831  par 
Bunge  dans  les  Mémoh'es  des  Savants 
étrangers  de  V Académie  de  Saint-Péters- 
bourg^ en  est  une  preuve,  car  il  a été  intro- 
duit sous  plusieurs  noms. 

Le  D.  gracüis  a un  faciès  tellement  par- 
ticulier qu’il  ne  peut  prêter  à aucune  équi-  "• 
voque,  mais  voici  qu’en  l’hybridant  avec  le 


Fi5.  139.  — Deutzia  corymbosa. 
Port  de  la  plante. 


LES  FLEURS  ET  LES  FRUITS  DE  SAISON  AU  DEUXIÈME  CONCOURS  DE  LA  SOCIÉTÉ.  467 


D.  parviflora  on  a de  quoi  donner  de  la 
tablature  aux  botanistes  qui  auraient  à dé- 
crire plus  tard  ce  produit  sans  certificat 
d’origine.  M.  Lemoine,  de  Nancy,  en  do- 
tant l’horticulture  des  charmantes  formes 
nouvelles  qui  sont  sorties  de  ses  hybrida- 
tions, s’est  de- 
puis longtemps 
préparé  de  cette 
façon  à embar- 
rasser les  phy- 
tographes. 

Le  D.  Siehol- 
diana,  de  Maxi- 
mowicz , qui 
n’est  autre,  dit- 
on,  que  le  J), 
scahra,  de  Sie- 
bold  etZuccarini, 
ne  serait  pas  le 
même  que  le  D. 
scahra  de  Thun- 
berg.  Est- on  bien 
sûr  qu’il  n’ait 
pas  été  confondu 
avec  le  D.  corym- 
hosa,  et  où  est 
la  vérité  dans 
l’identification  de 
ces  deux  espèces, 
c’est  ce  qu’il 
est  difficile  de 
démêler. 

La  tâche  est 
plus  aisée  en  ce 
qui  concerne  le 
D.  crenata,  de 


Lindley,  et  ses  variétés  angustifolia  et 
flore  pleno,  blanche  et  rose.  Tous  les 
horticulteurs  les  connaissent  parfaitement 
et  ne  sauraient  s’y  tromper. 

Voici  donc  une  tâche  intéressante  à 
remplir,  un  de- 
sideratum bo- 
tanico  - horticole 
auquel  il  serait 
bon  de  don- 
ner satisfaction 
et  que  nous  si- 
gnalons à l’atten- 
tion des  spécia- 
listes en  figu- 
rant l’agréable 
plante  que  M. 
Maurice  de  Vil- 
morin nous  a 
montrée.  Ces  ar- 
bustes présentent 
un  intérêt  d’au- 
tant plus  vif 
qu’ils  sont  par- 
faitement rusti- 
ques sur  tout  le 
territoire  fran- 
çais et  qu’ils  ne 
craignent  que 

les  hivers  très- 
rigoureux  des 

parties  septen- 
trionales de  l’Eu- 
rope. 

Ed.  André. 


Fig.  140.  — Deutzia  corpnbosa. 
Rameau  fleuri  au  tiers  de  grandeur  naturelle. 


LES  FLEURS  ET  LES  FRUITS  DE  SAISON 

AU  DEUXIÈME  CONCOURS  PUBLIC  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE 

DE  FRANCE 


Le  deuxième  Concours  de  floriculture  de  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France,  ou- 
vert les  23  et  24  septembre  au  public  dans  la 
grande  salle  de  la  rue  de  Grenelle,  et  auquel 
avaient  été  joints  les  fruits  de  table,  a été  cou- 
ronné d’un  franc  et  légitime  succès.  Contrai- 
rement à ce  qui  s’était  produit  au  premier 
Concours,  il  y a eu  cette  fois  affluence  de  pu- 
blic, grâce  sans  doute  à la  publicité  un  peu 
plus  grande  donnée  à ce  concours. 

I.  — Fleurs  de  saison. 

Les  collections  de  Dahlias  en  fleurs  coupées 
formaient  le  fonds  de  cette  partie  de  l’exposi- 
tion. L’intérêt  qu’offrent  ces  fleurs  se  partageait 


entre  les  lots  de  MM.  Vilmorin-Andrieux  etCi^^, 
Cayeux  et  Leclerc,  Paillet  fils,  Auguste  Nonin, 
Dupanloup  et  C^®.  La  maison  Vilmorin  avait 
les  cinq  collections  de  : Dahlias  « Cactus  », 
Dahlias  décoratifs,  Dahlias  à grandes  fleurs, 
Dahlias  Lilliput  et  Dahlias  à fleurs  simples. 
Entreprendre  une  énumération  des  plus  belles 
fleurs  nous  mènerait  loin . Nous  citerons 
cependant:  1®  dans  les  Dahlias-Cactus  d’ob- 
tention récente  ; Kaiserin,  jaune  canari  très- 
florifère  ; Purple  Gem^  violet  à petite  fleur  ; 
Baron  Schrader,  cerise  à reflets  violets,  à 
ligules  échevelées  ; 2®  dans  les  Dahlias  déco- 
ratifs récents  : Cendrülon,  fond  blanc  partiel- 
lement recouvert  de  rose  pointé  de  blanc; 
Monsieur  Hoste,  très-large  fleur  groseille  à 


468  LES  FLEURS  ET  LES  FRUITS  DE  SAISON  AU  DEUXIÈME  CONCOURS  DE  LA  SOCIÉTÉ. 


reflets  roses;  Vice-Président  David,  grande 
fleur  rouge  ponceau  pointé  de  blanc;  3“  dans 
les  Dahlias  à grandes  fleurs  ; Gloire  de  Lyon, 
blanc  pur  ; Madame  William  Slak,  rose  glacé 
blanc  et  pointé  de  violet;  Mandarin  chinois, 
jaune  soufre  panaché  de  rose  pâle,  etc. 

Pour  les  Dahlias  à fleurs  moyennes  et  à 
fleurs  Lilliput,  on  pouvait  se  référer  à un  lot 
de  plantes  en  pots.  Notons  aussi  que  les  fleurs 
coupées  étaient  pour  la  plupart  disposées 
dans  leurs  vases  entourées  de  fin  et  gracieux 
feuillage  d’Asperge  pour  en  corriger  la  lour- 
deur. 

La  maison  Cayeux  et  Leclerc  avait  disposé 
la  plus  grande  partie  de  ses  fleurs  « à l’an- 
glaise i,  c’est-à-dire  émergeant  des  vases  sur 
un  même  plan,  mais  sans  le  secours  d’aucune 
armature  en  fil  de  fer,  de  manière  à éviter 
toute  raideur.  Il  faut  ici  donner  le  premier  pas 
à des  nouveautés  inédites,  de  fort  belle  appa- 
rence : Madame  Ferdinand  Cayeux,  aux  li- 
gules élégamment  allongées,  d’un  jaune  de 
chrome  extrêmement  brillant  ; Madame  Léon 
Leclerc,  autre  fleur  jaune  un  peu  en  forme  de 
tasse  à thé,  aux  ligules  mucronées  ; Madame 
Louis  Henry,  large  fleur  brun-marron^  de 
style  décoratif  ; puis  une  plante  non  dénom- 
mée, aux  ligules  larges,  s’imbriquant  en  alter- 
nant leurs  pointes,  d’un  rouge  palissandre 
presque  noir  ; sans  compter  de  bonnes  variétés 
de  fonds  qu’il  serait  trop  long  d’énumérer. 

Parmi  les  fleurs  coupées  de  M.  Paillet  fils, 
celles  qui  étaient  sur  vases  étaient  disposées  à 
« l’anglaise  »,  à plat  sur  une  armature  ; on  les 
voit  ainsi  très-bien.  M.  Paillet  paraît  s’être  at- 
taché à cultiver  une  forme  « cactus  » fort  ori- 
ginale : les  ligules  y sont  contournées  dans  le 
sens  de  leur  longueur,  et  joignent  presque 
leurs  bords  par  dessous,  de  manière  à se  ter- 
miner en  pointes  de  navettes  ; noté  : Starfish, 
tuile  brillant;  Cinderella,  magenta  ; Bri- 
desmaid,  jaune  paille  à reflets  bleutés  ; The 
Queen,  blanc  pur  ; Ensign,  laque  carminée  ; 
puis  des  variétés  moins  nouvelles  bien  que 
récentes;  Aurora,  Miss  Green,  Gem,  Har- 
mony,  etc.,  ainsi  que  d’autres  formes  ; Lady 
Penzance,  qui  se  rapproche  un  peu  de  Ma- 
dame F.  Cayeux,  etc. 

Nous  retrouvons,  dans  le  lot  de  M.  Auguste 
Nonin,  des  variétés  de  choix  notées  déjà  dans 
les  précédentslots,  telles  que  Baron  Schrader, 
Monsieur  Hostc,  Le  Colosse,  Gloire  de  Paris, 
Madame  Auguste  Nonin,  etc.,  mais  il  faut 
noter  ici,  comme  chez  M.  Paillet,  des  variétés 
récentes,  à ligules  en  navettes,  telles  que  : 
Béatrice,  mauve  ; Austin  Cannell,  carmin 
foncé  éclairé  de  blanc  ; puis  d’autres,  à larges 
ligules,  comme  : Kynerith,  ponceau  ; Lady 
Seymour,  fond  jaune  teinté  de  vieux  rose  ; 
Lancelot,  rouge  chaudron  ; Présidait  Faure, 
amarante  devenant  cramoisi  par  places,  très-ve- 
louté ; Mistress  Glass,  palissandre  velouté  ; 
Earl  of  Pemhroke,  Prune  de  Monsieur  ve- 
louté; et  enfin  un  semis  i,  chair  d’abricot. 


MM.  Dupanloup  et  Gîe  exposaient  les  collec- 
tions de  Dahlias-Cactus,  décoratifs,  à grandes 
fleurs.  Lilliput  et  à fleurs  simples.  Le  fond  en 
était  d’ailleurs  composé  avec  des  variétés  de 
choix,  parmi  lesquelles  plusieurs  déjà  notées 
dans  les  collections  Vilmorin  et  Cayeux.  Pour 
terminer  avec  les  Dahlias,  il  faut  accorder  une 
mention  honorable  aux  jolis  semis  envoyés  par 
M.  Simon  Délaux,  de  Toulouse  ; il  y en  a cou- 
leur de  vin  rouge,  vermillon  éclatant,  jaune 
bronze  à revers  rouge,  etc.  On  ne  peut  que 
regretter  qu’ils  ne  soient  pas  dénommés. 

Si  nous  passons  aux  Bégonias,  qui  ont 
fourni  après  les  Dahlias  l’appoint  le  plus  im- 
portant, nous  accorderons  les  premières  places 
aux  lots  de  MM.  Vallerand  frères,  pour  les 
Bégonias  tubéreux  à fleurs  cristées,  et  de 
M.  Leroux,  jardinier  chez  Mme  Avizard,  à 
Rueil  (Seine-et-Oise),  pour  les  Bégonias  de 
serre,  à feuillage  ornemental.  11  se  trouve  dans 
celui-ci  des  plantes  hautes  de  70  centimètres  et 
larges  de  50  à 60,  qui  possèdent  encore  leur 
première  feuille. 

MM.  Gappe  et  fils  exposaient  leurs  hybrides 
de  Bégonia  RexXdecora,  qui  ont  obtenu  un  si 
légitime  succès  en  1896  et  1897  ; Président 
Viger,  plus  récent,  à feuillage  brun,  y occupe 
la  place  d’honneur.  Les  Bégonias  tubéreux  à 
grandes  fleurs  simples,  mais  larges  parfois 
comme  des  assiettes,  exposés  par  M.  Plet, 
excitent  la  curiosité  des  visiteurs.  Enfin,  un  lot 
envoyé  par  M.  Machet,  de  Ghâlons,  comprend 
la  plupart  des  nouveautés  méritantes  obtenues 
ces  temps  derniers  dans  les  Bégonias  florifères 
pour  massifs  : Goliath  et  Mastodonte,  tous 
deux  à gros  bois  ; Abondance,  Corbeille  de  feu. 
Roi  des  massifs,  etc. 

En  plantes  de  serre,  on  pouvait  admirer 
un  beau  massif  de  Gesnériacées  variées,  de 
MM.  Vallerand  frères  : Tydæa,  Nægelia, 
Streptocarpus,  Gloxinia,  etc. 

Les  seuls  Glaïeuls  étaient  ceux  de  M.  Torcy- 
Vannier.  En  fleurs  les  mieux  faites  et  portant 
en  même  temps  de  beaux  coloris,  nous  avons 
noté  Dr  Bailly,  rouge  pêche;  , Béatrix,  gris 
porcelaine  ; Boïeldieu,  carmin  ; Deuil  de  Lor- 
raine, rouge  lavé  d’ardoise  ; Médicis,  rose 
vineux  ; Célimène,  rose  saumoné  ; etc. 

Il  y avait  beaucoup  à étudier  dans  les  deux 
collections  d’Asters,  l’une  de  M.  Baltet,  l’autre 
de  M.  Gérand,  de  Malakoff.  Dans  la  première, 
composée  d’un  très  grand  nombre  d’espèces  et 
de  variétés  horticoles,  nous  avons  noté  que  le 
Robert  Parker  nous  semble  être  une  forme 
VA.  Amellus,  et  que  le  Melpomène  en  est  une 
de  VA.  Novæ—Angliæ.  Enfin,  il  serait  bien  in- 
téressant que  l’on  connût  l’origine  de  ces  deux 
charmantes  plantes  à fleurs  roses,  VA . Borrei  (?) 
et  VA.  Moulinse  (?).  Le  lot  de  M.  Gérand  com- 
prenait de  très  bonnes  espèces-types  ; A.  ni- 
veus,  A.  lævis,  A.  vimineus,  A.  ptarmicoides, 
ainsi  que  de  bonnes  variétés  telles  que  A.  Ma- 
dame  Soymier  et  A.  Amellus  cassubicus.  Noté 
aussi,  dans  ce  même  lot,  d’excellentes  et  trop 


PYRÈTHRE  GAZONNANT. 


469 


peu  répandues  plantes  vivaces  telles  que  : Plum- 
bago  Larpentæ,  Stokesia  cyanea,  Œnothera 
Fraseri,  Èupatorium  ageratoides,  etc. 

Mais  parlons  donc  des  modestes  Violettes. 
La  belle  variété  La  France,  très  odorante,  très- 
consistante,  brillante  et  rigide,  dont  la  flerwe 
horticole  publie  précisément  aujourd’hui  une 
planche  coloriée,  et  la  variété  Patrie,  à fleurs 
doubles,  deux  obtentions  de  M.  Millet,  ont 
obtenu  un  vrai  succès. 

Nous  ne  quitterons  pas  les  fleurs  de  saison 
sans  accorder  aux  Roses  et  aux  Chrysanthèmes 
la  place  que  ces  fleurs  méritaient.  MM.  Lévêque 
et  fils  avaient  apporté  une  nombreuse  collec- 
tion de  Roses  remontantes,  où  de  nombreux 
choix  seraient  à faire.  M.  Carnet  du  Mesnil- 
Amelot  avait  aussi  de  jolies  Roses. 

Les  Chrysanthèmes  précoces  de  M.  Lemaire 
étaient  surtout  remarquables  par  le  cadre  d’or 
que  faisait  la  belle  variété  Liger-Ligneau, 
à la  non  moins  belle  variété,  Lucie  Faure, 
d’un  beau  blanc  mat. 

Ceux  de  M.  Lionnet,  de  Maisons-Laffitte, 
étaient  une  preuve  qu’avec  d’anciennes  variétés, 
telles  que  Castex-Desgranges,  on  peut 
encore  obtenir  de  belles  plantes,  couvertes 
de  fleurs  de  dimensions  fort  raisonnables. 

Félicitons  donc  cette  fois  le  jury  d’avoir  per- 
mis aux  Roses  remontantes  et  aux  Chrysan- 
thèmes précoces  d’apporter  à cette  véritable  ex- 
position le  charme  de  leurs  concours  imprévus. 

IL  — Les  fruits  de  table. 

Ce  sont  surtout  des  amateurs  qui  avaient 
répondu  à l’appel  de  la  Société  nationale 
d’horticulture.  M.  E.  Grandet,  jardinier-chef 
chez  M"ie  Guyot,  à Massy  (Seine-et-Oise),  avait 
un  lot  considérable.  Les  fruits  qui  s’y  trouvaient 
mûrs  « à point  » sont  les  suivants  : Poires  Lebrun, 
Beurré  Hardy,  Souvenir  du  Congrès,  Soldat 
Laboureur,  Jalousie  de  Fontenay,  Nouvelle 
Fulvie;  Pommes  Reine  des  Reinettes,  Trans- 
parente de  Croncels,  Ménagère  et  Grand 
Alexandre. 

M.  Gorion,  à Épinay,  exposait  une  énorme 
corbeille  de  Pommes  Rambour  d'Amérique, 
ainsi  qu’une  belle  et  complète  collection  de 
Poires.  : On  notait  surtout  en  fruits  mûrs  : 
Charles-Ernest,  Président  Mas,  Louise-Bonne 
d' Avranches,  Beurré  Diel,  Duchesse  d'Angou- 
lême;  et,  en  fruits  énormes  : Conseiller  de  la 

PYRÈTHRE 

La  plante  à laquelle  nous  consacrons 
aujourd’hui  cette  note  est,  sans  doute, 
connue  de  beaucoup  de  nos  lecteurs,  soit 
sous  le  nom  de  Pyrethrum  Tchihatchewii 
Boiss,  soit  et  plus  peut-être  sous  celui  de 
Pyrèthre  gazonnant,  qui  sied  mieux  à 
notre  prononciation  et  qui  a l’avantage 
d’indiquer  une  des  principales  qualités. 
Le  Pyrèthre  de  Tchihatcheff  (figure  141) 


Cour,  Saint-Germain  Vauquelin,  Jacques  Cha- 
maret.  Doyenné  Boussoch,  etc.  A noter  aussi 
un  joli  fruit  de  Coing  de  Portugal. 

De  M.  Léon  Carnet  du  Mesnil-Amelot, 
on  remarquait  des  variétés  excellentes  bien 
que  peu  répandues  : Poires  Beurré  Aurore, 
Belle  de  Bruxelles,  Comte  de  Paris,  Bon 
Vicaire,  etc.,  puis  une  belle  collection  de 
Pommes  « à deux  fins  » (à  couteau  et  à cidre)  : 
Reinette  Abry,  Châtaignier  hâtif,  Châtaignier 
tendre  et  Châtaignier  Faraud,  etc. 

La  collection  de  M.  Grive,  à Villeneuve-le- 
Roi,  était  une  bonne  leçon  de  choses,  avec  son 
étiquetage  rédigé  au  point  de  vue  historique  in- 
diquant, par  exemple,  que  Doyenné  du  Co- 
mice fut  adopté  en  1849  par  le  Comice  d’An- 
gers; que  Duchesse  d'Angoulême  fut  trouvée 
en  Maine-et-Loire  en  1808  ; que  lYiomphe 
de  Jodoigne  était  connu  en  1840,  Nouveau 
Poiteau,  en  1847,  et  que  Soldat  iMboureur 
fut  obtenu  en  1820  par  le  major  Espéren. 

Mme  veuve  Vallée,  àWissous  (Seine-et-Oise), 
exposait  une  collection  de  fort  beaux  fruits 
parmi  lesquels  on  notait  ; Poires  William's 
Duchess,  Lebrun,  Beurré  Picquery,  Beurré 
Diel,  Louise-Bonne  d’ Avranches,  etc. 

Le  lot  présenté  par  la  Ferme  fruitière  des 
fruits  de  table,  de  Clermont  (Oise),  était  re- 
marquable, non  seulement  par  la  beauté  de 
ses  fruits  — il  y avait  de  superbes  Poires 
Doyenné  du  Comice  de  plein  vent  — mais 
aussi  avec  une  installation  et  un  emballage  par- 
ticulièrement soignés. 

Un  lot  de  Raisin  C/iasseZas  de  Fontainebleau 
provenant  des  cultures  à air  libre  de  M.  Cra- 
potte,  à Gonflans-Sainte-Honorine  (Seine-et- 
Oise),  excitait  l’admiration  des  visiteurs,  de 
même  que  trois  corbeilles  de  magnifiques 
Pêches  Blondeau  et  Impératrice  Eugénie,  ap- 
portées par  M.  Blondeau,  de  Rosny. 

Enfin,  M.  Charles  Baltet  avait  envoyé  une 
série  de  Poires  de  semis,  parmi  lesquelles  se 
montraient  des  fruits  de  belle  apparence,  et 
qui  seront  jugés  sous  peu  par  le  Congrès  po- 
mologique. 

En  somme,  la  participation  des  fruits  de 
table  a largement  contribué  à l’importance 
qu’a  prise  le  deuxième  concours  public  institué 
par  la  Société  nationale  d’horticulture  de 
France. 

H.  Dauthenay. 

GAZONNANT 

est,  en  effet,  une  plante  gazonnante  par 
excellence , vivace , de  longue  durée 
même,  exceptionnellement  rustique  et  sur- 
tout résistante  à la  sécheresse.  La  figure 
ci-contre  en  montre  nettement  le  port  et 
ses  jolies  fleurs  de  Marguerites  blanches. 

Introduit  de  l’Asie-Mineure  il  y a près 
de  trente  ans,  il  s’est  rapidement  répandu 
dans  les  jardins,  mais  nombreux  encore 


470 


OBSERVATIONS  SUR  LA  CULTURE  DES  CYPRIPEDIUM  INSIGNE. 


sont  ceux  où  il  pourrait  avantageusement 
trouver  place,  pour  former  des  bordures, 
des  tapis,  gazonner  les  talus  et  autres 
lieux  secs  où  toute  autre  végétation  par- 
vient difficilement  à prendre  pied. 

Ses  tiges  nombreuses,  couchées  et  radi- 
cantes  couvrent  rapidement  le  sol  d’un 
gazon  de  verdure  finement  découpée,  d’un 


Fig.  139.  — Pyrelhrum  Tchihatcheivü. 


vert  foncé  un  peu  grisâtre  pendant  la 
sécheresse,  mais  y résistant  néanmoins 
parfaitement  et  persistant  aussi  pendant 
l’hiver.  En  mai-juin,  les  tiges  s’allongent  et 
développent  un  pédoncule  long  de  10  à 
20  centimètres,  assez  fort,  quoique  déjeté,  et 
se  terminant  par  une  jolie  Marguerite  blan- 
che, à cœur  jaune  et  large  de  4 à 5 centi- 
mètres. Ces  fleurs  font  le  meilleur  effet  en 
bordures  d’allées  et  peuvent  même  être 
utilisées  pour  bouquets. 

Partout  où  l’on  a besoin  d’une  plante  à 
bordure  très-robuste  et  de  longue  durée,  le 
Pyrèthre  gazonnant  est,  sans  doute,  la 


meilleure  plante  que  l’on  puisse  choisir  ; il 
convient,  en  outre,  tout  particulièrement 
pour  garnir  les  talus  à pente  rapide  et  for- 
mer, dans  les  endroits  très-secs,  des  petits 
gazons  qu’on  n’a  pas  besoin  de  tondre  ni 
d’arroser.  Une  fois  bien  établi,  il  n’exige 
aucun  entretien  et  dure  de  nombreuses  an- 
nées sans  nécessiter  une  autre  transplanta- 
tion. Quand  on  l’emploie  en  bordures,  il  suffit 
de  le  trancher  à la  bêche  lorsqu’il  s’étend 
au-delà  des  limites  qui  lui  sont  assignées  ; 
toutefois,  il  est  bon  que  les  bordures  aient 
une  certaine  largeur,  au  moins  25  centimè- 
tres, afin  qu’il  puisse  s’étendre  à son  aise. 

Sa  multiplication  s’effectue  très  facile- 
ment par  la  division  des  pieds  ou  le  simple 
sectionnement  de  ses  tiges  radicantes,  dont 
chaque  éclat  s’enracine  très-facilement  au 
printemps.  On  plante  ces  divisions  à 
15  centimètres  environ  de  distance,  au 
moins  sur  deux  rangs  en  bordure,  et 
quelques  mois  après  la  terre  se  trouve  bien- 
tôt couverte  de  sa  végétation  gazonnante. 

La  plante  produisant  assez  abondam- 
ment des  graines  en  cultures,  on  peut  avan- 
tageusement avoir  recours  au  semis  lors- 
qu’on manque  de  sujets  à diviser  ou  pour 
obtenir  un  très-grand  nombre  de  plants. 
Les  graines  se  sèment,  si  l’on  peut,  dès  la 
maturité  ou  au  printemps,  en  pépinière, 
à froid  sous  châssis  ou  un  peu  plus  tard  en 
plein  air  et  l’on  repique  ensuite  les  plants 
en  place  lorsqu’ils  sont  assez  forts,  comme 
s’il  s’agissait  d’éclats  ou  sections  de  tiges. 

S.  Mottet. 


OBSERVATIONS  SUR  LA  CULTURE  DES  CYPRIPEDIUM  INSIGNE 

A PROPOS  DU  CYPRIPEDIUM  INSIGNE  CITRINUM 


La  Revue  Horticole  a publié,  dans  son 
dernier  numéro,  une  belle  planche  coloriée 
d’un  Cypripedium  nouveau,  le  Cypripe- 
dium  insigne  citrinum. 

Comme  l’a  dit  M.  Ed.  André  dans  l’article 
qui  accompagnait  la  planche^,  cette  variété 
a été  trouvée  par  hasard  ; elle  venait  d’une 
importation  de  Cypripedium  insigne  won- 
tanum.  C’est  une  variété  florifère  cultivée  en 
serre  tempérée-chaude  ; elle  peut  fleurir 
deux  fois  par  an. 

La  forme  générale  et  la  couleur  des 
fleurs  du  C.  i.  citrinum  le  distingue  du 
rare  C.  i.  Sanderæ  qui  est  d’un  jaune  plus 
accentué.  Dans  le  même  groupe  on  a trouvé 
également,  dans  des  importations  de  C.  i. 

^ Voir  Revue  horticole^  1897,  p.  448. 


montanum,  deux  variétés  ressemblant  au 
C.  i.  citrinum,  mais  différentes  cependant  : 
le  C.  i.  Dallemagneanum  et  le  C.  i.  vesi- 
netense. 

La  variété  dont  nous  nous  occupons  ici  est 
très  vigoureuse.  Pour  en  donner  une  idée, 
nous  dirons  que  la  division  de  la  plante  mère 
a produit  6 plantes  en  deux  ans.  Cette  variété 
aime  la  serre  tempérée-chaude,  mais  elle  se 
contente  parfaitement  de  la  serre  froide 
comme  toutes  les  autres  variétés  du  C.  in- 
signe et  sa  culture  est  des  plus  faciles.  On 
rempote  dans  un  mélange  de  1/3  de  terre  de 
bruyère  motteuse,  1/3  de  fibres  de  Polypo- 
dium  et  1/3  de  Sphagnum.  Il  est  utile, 
quand  on  divise  les  plantes,  de  mettre 
autour  de  chaque  pousse  quelques  têtes  de 
beau  Sphagnum  frais,  ce  qui  favorise 


LES  RIVALES  DES  ORCHIDÉES. 


471 


l’émission  des  racines  partant  des  collets. 
Nous  avons  remarqué  que  ces  plantes 
aiment  à être  tenues  assez  humides  du  pied  ; 
pour  éviter  cependant  la  pourriture  des 
feuilles  de  la  base,  il  est  bon  de  placer  ces 
Cypripedium  soit  sur  des  claies,  soit  sur 
des  pots  retournés.  On  peut  facilement 
bassiner  entre  ces  pots  sans  risquer  de 
tremper  les  plantes  et  cette  humidité  cons- 
tante favorise  le  développement  des  racines 
qui  se  collent  bientôt  à la  paroi  extérieure 
des  pots.  Dans  ces  conditions  le  Sphagnum 
pousse  aussi  beaucoup  plus  vigoureusement. 

La  période  la  plus  favorable  pour  effec- 
tuer les  divisions  est  le  mois  d’avril  ou  de 
mai;  il  ne  faut  pas  oublier  de  donner,  après 
la  floraison,  une  légère  période  de  repos. 

De  tous  les  ennemis  des  Cypripedium 
les  thrips  sont  les  plus  redoutables  ; on  ne 
peut  s’en  débarrasser  que  par  des  fumiga- 
tions fréquentes  et  des  lavages  à la  nicotine. 
Il  faut  se  rappeler  que  ces  lavages  et  fumi- 
gations doivent  surtout  être  préventifs. 

Dans  certains  cas,  on  a cultivé  avec 
grand  succès  les  Cypripedium  insigne  en 
pleine  terre.  Ce  procédé  donne  d’excellents 
résultats  quand  on  place  chaque  touffe  sur 
une  éminence  composée  de  racines  de 
bruyères,  de  tessons  de  pots,  puis  de  mottes 

LES  RIVALES  ] 

Ce  titre  peut  paraître  prétentieux,  sur- 
tout si  l’on  songe  que  j’oppose,  comme  ri- 
vales aux  Orchidées,  des  fleurs  parfois 
communes,  de  nulle  valeur  commerciale, 
mais  dans  lesquelles  on  retrouve  pourtant, 
à mon  avis,  tous  les  charmes  de  nos  fleurs 
à la  mode. 

Je  ne  conteste  nullement  aux  premières 
d’être,  comme  on  les  a souvent  appelées,  les 
« fleurs  du  paradis  » à cause  de  leur  mer- 
veilleuse beauté,  les  a filles  de  l’air  » à 
cause  de  leur  légèreté,  et  les  « singes  du 
règne  végétal  »,  à cause  de  la  ressem- 
blance qu’elles  affectent  parfois  avec  des  pa- 
pillons, des  mouches,  des  araignées,  etc., 
et  mon  imagination  ne  peut  se  lasser  d’ad- 
mirer en  elles  les  plus  bizarres  créations 
florales  de  la  nature,  où  l’étrangeté  des 
formes,  la  bizarrerie  de  leurs  aspects 
sont  rendus  encore  plus  étonnants  par  les 
coloris  dont  elles  sont  parées  et  par  la  diver- 
sité de  leur  habitat. 

Mais  au  sentiment  de  curiosité  et  d’inté- 
rêt qu’elles  éveillent  en  nous  s’ajoute  sur- 
tout une  admiration  respectueuse  lorsqu’on 
a appris  qu’elles  viennent  de  loin  et  qu’elles 


de  terre  de  bruyère  et  enfin  d’un  mélange  de 
Polgpodium  et  de  Sphagnum.  Il  faut 
assurer  un  drainage  très  parfait  et  laisser 
un  assez  grand  espace  entre  chaque  touffe. 
En  septembre-octobre  les  boutons  à fleurs 
se  montrent  ; dès  que  les  tiges  florales  ont 
atteint  environ  la  moitié  de  leur  hauteur  il 
faillies  tuteurer.  Cette  opération  faite  tardi- 
vement est  toujours  défectueuse  et  les  fleurs 
se  présentent  mal. 

Comme  les  Cypripedium  sont,  de  toutes 
les  Orchidées,  les  plus  faciles  à cultiver  et 
à multiplier,  il  n’est  pas  inutile  de  rappeler 
qu’il  existe  déjà  un  assez  grand  nombre  de 
belles  formes  du  C.  insigne,  en  particulier 
le  C.  i.  Chantini  au  sépale  dorsal  maculé 
de  violet  ; le  C.  i.  Maulei;  le  C.  i.  mon- 
tanum  qui  a du  reste  produit  un  grand 
nombre  de  sous  variétés  de  formes  et  de 
couleur  variables  ; le  C.  i.  albo-margina- 
tum  ; le  C.  i.  Sanderæ,  le  C.  i.  sylhetense 
et  nombre  d’autres  formes  moins  populaires  et 
moins  remarquables.  Cette  belle  variété  res- 
tera, comme  le  C.  i.  Chantini,  une  vraie 
plante  « pour  le  million  »,  comme  disent 
les  Anglais,  et  sera  dans  quelques  années 
partout  répandue  grâce  à ses  qualités  de  vi- 
gueur et  de  croissance  facile. 

A.  Truffaut. 

ES  ORCHIDÉES 

coûtent  cher.  Les  rivales  dont  je  veux  parler 
n’ont  pas  ces  deux  titres  à la  considération 
mondaine  ; beaucoup  de  personnes  les  igno- 
rent, et  certaines  d’entre  elles  vivent  ou- 
bliées dans  l’ombre  de  cette  scène  horticole 
sur  laquelle  se  pavanent  aujourd’hui  les 
Orchidées. 

Je  ne  puis  me  les  rappeler  toutes,  tant 
elles  sont  nombreuses  ; que  l’on  me  per- 
mette seulement  d’en  citer  quelques-unes 
qui  me  viennent  à l’esprit  en  écrivant  : 

Combien  d’exemples  remarquables  nous 
offrent  d’abord  les  serres.  Les  Broméliacées 
épiphytes  ont-elles  quelque  chose  à envier 
aux  Orchidées  qui,  comme  elles,  vivent  sur 
l’écorce  des  arbres  ? 

Le  Strelitzia,  oiseau  fantastique  ; VAtac- 
cia  à tête  de  Méduse;  les  Glohha  et  les 
Hedychium;  les  Anthurium  aux  formes 
étranges,  les  Sanseviera,  les  Ceropegia, 
les  Stapelia  même,  ne  semblent-ils  pas 
parents  des  Orchidées  ? 

Parmi  les  plantes  grimpantes,  peut-on 
citer  quelque  chose  de  plus  original  que 
les  Hoya,  les  Gloriosa,  les  Aristolochia, 
les  Tacsonia  elles  Passiflora?  Les  Berto- 


472 


LES  VIOLETTES  ET  LA  VARIÉTÉ  LA  FRANCE. 


lonia,  les  Sonerila^\e%  Curmeria,  certains 
Eranthemum,  sont  les  dignes  compagnons 
des  Anæctochilus  et  des  Goodyera. 

Dans  les  jardins,  peut-être  mieux  en- 
core, on  trouve  des  parallèles  heureux  : 

L’7Ws  gevmanica,  le  vulgaire  habitant 
des  toits  de  chaume,  ne  vaut-il  pas  le  plus 
brillant  des  Cattleya  9 

Dans  la  seule  famille  des  Papilionacées, 
que  d’exemples  charmants  de  fleurs  irrégu- 
lières ! Les  grappes  des  Rohinia,  des  Gly- 
cines, des  Cytises,  ne  font-elles  pas  rêver  à 
celles  de  certains  Dendrobium,  et  depuis 
le  Pois  de  senteur  jusqu’aux  Clianthus, 
aux  Lupins,  aux  Swainsonia,  quelle  série 
variée  dans  ses  formes  et  ses  coloris  ! 

Parmi  les  fleurs  annuelles,  les  Clarkia, 
Lopezia,  Eucharidium,  Loasa,  Capucines, 
Mimulus  et  Gaura  sont  autant  de  genres 
divers  et  de  formes  dissemblables. 

En  quoi  les  Schizantlius  et  la  Capucine  des 

LES  VIOLETTES  ET  LA 

Le  suave  parfum  de  l’humble  Violette 
est  depuis  de  longues  années  passé  dans  le 
goût  des  femmes  françaises.  De  la  plus  mo- 
deste ouvrière  jusqu’à  la  plus  grande  dame, 
toutes  ont  le  désir  du  petit  bouquet  ornant 
et  embaumant  le  corsage.  Peu  d’entre  elles, 
assurément,  se  demandent  s’il  en  était 
ainsi  déjà  du  temps  de  leurs  trisaïeules  ? 
Oui,  nos  arrières-grands-mères  savouraient 
aussi  le  parfum  de  la  Violette,  mais  seule- 
ment au  printemps.  Encore  ne  s’agissait-il 
que  de  petites  Violettes  qu’on  allait  cueillir 
dans  les  bois. 

La  fin  du  siècle  passé  vit  les  premiers 
essais  de  culture  commerciale  de  cette  fleur, 
dans  un  village  du  département  de  la  Seine, 
à Fresnes-Rungis.  Les  habitants  allaient 
cueillir  la  Violette  dans  les  bois  voisins  et  en 
vendaient  à Paris  les  petits  bouquets.  Mais 
comme  elle  devenait  de  plus  en  plus  rare,  ils 
en  tentèrent  la  culture  dans  leurs  jardins, 
et  ne  tardèrent  pas  ainsi  à obtenir  des  récol- 
tes plus  abondantes  et  de  plus  jolies  fleurs. 

Ce  problème  résolu,  ils  cherchèrent  à 
obtenir  des  variétés  remontantes.  C’est 
alors  que  des  semis  furent  faits  et  que, 
parmi  ces  semis,  on  trouva  la  Violette  des 
quatre  saiso7is.  Cette  race  fut  par  la  suite 
cultivée  sur  une  grande  échelle  à Fontenay, 
Bourg-la-Reine,  Sceaux,  Verrières,  etc.  R 
en  fut  ainsi  jusqu’en  1850,  époque  à 
laquelle  la  Violetle  de  Parme  vint  partager, 
avec  la  Violette  des  quatre  saisons,  la  fa- 
veur publique. 


Canaries  ne  valent-ils  pas  les  Oncidium  ? 

Les  Dodecatheon,  les  Cyclamen,  les 
Epimedium,  les  Dielytra,  les  Ei'ythro- 
nium  sont  des  fleurs  incomparables.  L’A- 
conit, l’Ancolie,  le  Canna,  le  Muflier 
même,  n’ont  pas  à jalouser  les  Orchidées, 
et  la  Galcéolaire  n’est-elle  pas  le  Cypripe- 
dium  du  pauvre  ! 

Mais  pourquoi  aller  plus  loin?  devrait-on 
seulement  être  obligé  de  parler  de  jolies  fleurs 
qu’on  oublie  ou  qu’on  délaisse  pour  des  rai- 
sons puériles  qui  dirigent  l’esprit  un  moment? 

Ont-elles  besoin  d’être  à la  mode  pour 
qu’on  les  choie  et  les  admire  ? et  quel  idéal 
existe  donc  pour  ceux  qui  ne  les  voient  d’un 
bon  œil  que  lorsqu’elles  ont  un  nom 
étrange,  une  patrie  lointaine  et  un  prix 
élevé?  Pour  l’amour  que  nous  leur  portons, 
et  pour  nous-mêmes,  ne  jugeons  les  fleurs 
qu’à  leur  beauté,  pour  les  estimer  à leur 
valeur.  Jules  Rudolph. 

VARIÉTÉ  LA  FRANCE 

Introduite  de  l’Asie  et  de  Constantinople 
dans  le  midi  de  l’Europe,  puis  en  France, 
la  Violette  de  Paimie  resta  longtemps  con- 
finée dans  les  jardins  royaux.  Cependant,  les 
cultivateurs  de  Provence  se  mirent  à la  tra- 
vailler en  grand  pour  en  tirer  l’essence  con- 
curremment avec  quelques  très-anciennes 
variétés  à fleurs  doubles,  que  l’on  a tout 
lieu  de  croire  originaires  d’Europe.  C’étaient 
la  Violette  bleue  double,  la  rose  double  et 
la  blanche  double. 

Le  grand  développement  de  la  culture  des 
Violettes  pour  la  fleur  coupée  date  du  pre- 
mier empire  ; le  second  empire  vit  son 
apogée.  De  1860  à 1870,  près  de  vmgt  mille 
châssis  étaient  consacrés  au  forçage  des 
Violettes,  et  leur  culture  en  pleine  terre 
n’occupait  pas  moins  d’une  centaine  d’hec- 
tares. A cette  époque.  Millet  père  en  était 
un  grand  cultivateur.  Il  semait  sans  cesse, 
cherchant  toujours  à obtenir  des  variétés 
améliorées,  à floraison  plus  précoce  et  de 
tempérament  plus  hivernal. 

C’est  alors  qu’il  obtint  une  Violette  à 
très-grande  fleur  par  rapport  aux  précé- 
dentes et  qui  fit  rapidement  son  chemin 
sous  le  nom  de  Violette  Millet.  Cette  variété 
est  cultivée  encore  aujourd’hui  sous  le  nom 
de  Souvenir  de  Millet  pëi'e.  Elle  est 
l’origine  des  Violettes  à grandes  fleurs 
d’aujourd’hui  : d’abord  Le  Czar,  puis 
Gloire  de  Bow'g-lo-Reine. 

A partir  de  ce  moment,  les  obtentions  à 
fleurs  énormes  ne  se  comptent  plus  : 


Revu^  Horticole 


. ; -A 


l lo  leite  L a Fr  a n ce . 


LÆLIO-GATTLEYA  STELZNERIANO-HARDYANA. 


473 


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Madame  Millet,  Violette  de  Parme  à fleurs 
roses,  obtenue  de  semis,  chose  rare,  car 
cette  race  graine  très-rarement  ; La 
Luxonne,  suivie  de  Dyhowski,  Welsiana, 
Amiral  Avellan,  et  enfin  Princesse  de 
Galles.  Cette  dernière  nouveauté  possède 
des  fleurs  qui  ne  sont  guère  plus  grandes 
que  celles  de  La  Luxonne,  mais  les  pétales 
sont  bien  arrondis  dans  le  genre  de  la 
Gloire  de  Bourg-la-Reine,  et  la  fleur  se 
présente  bien  sur  un  long  pédoncule.  Le  Midi 
cultive  aujourd’hui  cette  variété  en  grand. 

La  variété  La  France,  dont  la  Revue 
horticole  publie  aujourd’hui  une  planche 
coloriée,  est  une  des  plus  récentes  à tous  les 
points  de  vue,  et  nous  ajouterions  une  des 
plus  méritantes,  si  nous  n’en  étions  l’obten- 
teur. 

Ses  fleurs,  larges  et  bien  arrondies,  bien 
((  corsées  » en  un  mot,  atteignent  et  sou- 
vent dépassent  les  dimensions  d’une  pièce 
de  cinq  francs.  La  couleur  en  est  d’un  bleu- 
violet,  à reflets  métalliques.  Toutes  les  fleurs, 
bien  érigées,  sont  supportées  par  des  pé- 
doncules d’un  vert  violacé,  très-fermes, 
allongés  et  dégageant  bien  la  floraison  au- 
dessus  du  feuillage.  La  rigidité  remar- 
quable de  ces  pédoncules  permet  de  confec- 
tionner les  bouquets  et  les  corbeilles  très- 
facilement.  Les  feuilles  sont  larges  et  bien 
rondes,  légèrement  dentées,  et  d’un  beau 
vert  sombre  veiné. 

La  culture  de  la  Violette  La  France  est 
aussi  facile  que  celle  de  ses  congénères.  On 
met  les  jeunes  plants  en  place  dans  des 
planches  dressées  dans  le  plein  du  po- 

LÆLIO-CATTLEYA  STE 

Un  nouvel  et  très-bel  hybride  entre 
Lælia  elegans  Stelzneriana  et  Cattleya 
Hardyana  vient  de  donner  sa  première 
floraison  dans  les  serres  de  M.  L.  Fournier, 
à Marseille.  Voici  la  description  de  cette 
plante,  dont  les  proportions  augmenteront 
certainement  avec  l’âge  : 

Plante  vigoureuse,  dont  les  bulbes  sont  in- 
distinctement pourvus  d’une  ou  deux  feuilles 
qui  atteignent  25  centimètres  de  long  sur  6 de 
large,  d’un  beau  vert  foncé.  Bulbes  de  18  à 
20  centimètres  de  hauteur,  renflés  dans  leur 
partie  supérieure  et  allant  en  se  rétrécissant 
jusqu’à  la  base.  Fleur  de  16  centimètres 
de  diamètre  ; sépales  longs  de  8 centimètres, 

' d’un  rose  pâle  très-clair  et  un  peu  plus  foncé 
sur  les  bords;  pétales  longs  de  8 centimètres 
et  larges  de  47  millimètres,  ondulés  sur  les 
bords  qui  sont  rosés  avec  une  teinte  crème 


tager.  La  Violette  La  France,  poussant 
beaucoup  plus  vigoureusement  que  les  Vio- 
lettes ordinaires,  il  faut  avoir  soin  de  laisser 
entre  les  plants  une  bonne  distance,  soit 
de  25  à 30  centimètres  en  tous  sens,  soit  en 
quinconces  de  40  en  40  centimètres,  sur 
les  rangs  espacés  de  20  à 25  centimètres. 
La  Violette  La  France  est  pour  le  moins 
aussi  rustique  que  ses  congénères  ; elle  ré- 
clame surtout  le  plus  d'air  et  le  plus  de 
lumière  possible  et  elle  donnera,  du 
15  septembre  à fin  mars,  toutes  les  fois  bien 
entendu  que  le  froid  ne  sera  pas  trop  rigou- 
reux, une  floraison  abondante  et  parfumée. 

Si  l’on  tient  à cueillir  des  fleurs  en  hiver, 
même  par  la  neige  ou  pendant  les  plus 
grands  froids,  il  aura  fallu  commencer  par 
donner  aux  planches  des  dimensions  cor- 
respondantes à celles  des  coffres  qu’il 
faudra  placer  dessus  dès  que  les  premières 
gelées  seront  à craindre. 

Dès  qu’il  gèle  ou  qu’il  neige,  on  place 
les  châssis,  ou  simplement  des  paillassons, 
sur  les  coffres,  en  les  soutenant  par  des 
tringles  placées  transversalement.  Contre  les 
très-durs  froids  nocturnes,  on  couvre  les 
châssis  de  paillassons,  ou  bien  l’on  double 
la  couverture  de  paillassons  lorsqu’on  ne 
possède  pas  de  châssis.  Enfin,  si  l’intensité 
du  froid  devient  telle  que  les  plantes  se 
congelant,  la  cueillette  en  soit  rendue  im- 
possible, on  entoure  les  coffres  avec  des 
accots  de  feuilles  ou  même  de  fumier. 

La  Violette  La  France  peut  être  cultivée 
dans  tous  les  jardins,  grands  ou  petits,  pour- 
vus ou  non  d’abris.  Millet  fils. 

,ZNERIANO-HARDYANA 

presque  blanche  dans  leur  milieu.  Labelle 
d’une  forme  et  d’une  tenue  parfaite,  large 
de  52  millimètres  et  d’une  ouverture  de  5 cen- 
timètres en  hauteur  ; tablier  de  35  millimètres 
de  long,  d’un  coloris  pourpre  magenta,  très- 
frisé  et  ondulé  sur  ses  bords  qui  sont  un  peu 
plus  clairs  ; centre  du  labelle  pourvu  d’une 
ligne  pourpre  de  près  d’un  centimètre  de  lar- 
geur qui  se  prolonge  jusqu’au  fond  de  la 
gorge;  à l’entrée  de  la  gorge  et  de  chaque 
côté  de  cette  ligne  se  trouvent  deux  larges 
macules  blanc  crème  ; bords  supérieurs  du 
labelle  d’un  pourpre  pâle  et  comme  marbrés 
de  lignes  très-nombreuses. 

L’ensemble  de  la  fleur  est  tout  ce  que 
l’on  peut  imaginer  de  plus  parfait  et  d’un 
coloris  tout  à fait  séduisant.  J’ajoute  que  le 
semis  en  a été  fait  le  18  juillet  1893  et  que 
la  première  floraison  a eu  lieu  le  29  août 
1897.  Ch.  Maron. 


474 


NOUVEAUX  COLLIERS  ET  SERRE-JOINTS  POUR  LE  TUTEURAGE. 


NOUVEAUX  COLLIERS  ET  SERRE-JOINTS  POUR  LE  TUTEURAGE 


M.  Ed.  André  a fait  connaître,  dans  le 
numéro  de  l®*”  avril  1897  de  la  Revue  hor- 
ticole une  ingénieuse  invention  due  à 
M.  Fontaine,  de  Fourchambault  : le  crochet 
régulateur  des  arbres. 

M.  Fontaine  a continué  d’essayerà  rendre 


plus  simples,  plus  expéditives  et  plus  pro- 
pres, certaines  opérations  qui  dépendent  de 
la  conduite  des  arbres  fruitiers  ou  d’aligne- 
ment : dressage,  tuteurage,  étayage  etc.  Ses 
colliers -attaches  ontd’ailleurs  été  primés  à la 
dernière  exposition  d’horticulture  de  Paris. 


Fig.  U± 


Vu  de  face. 


\R 


Fig.  143. 
)Our  tuteu] 
Vu  de  profil. 


Fig.  144.  — Collier  courbé, 
comme  on  le  voit  quand  il  est  en  place. 


Ces  colliers,  ainsi  que  divers  autres  ob- 
jets de  l’invention  de  M.  Fontaine,  ont  été 
expérimentés  cette  année  dans  le  parc  de 
M.  André  à la  Croix  (Indre-et-Loire),  dans 
les  cultures  de  l’Asile  Sainte-Anne,  et  dans 
plusieurs  autres  jardins. 

Parmi  ces  divers  objets,  nous  avons  défi- 
nitivement adopté  les  colliers,  ainsi  qu’un 
serre-joints  qui  facilite  considérablement  les 
attachages. 

1 Voir  Revue  Horticole^  1897,  p.  153. 


Dans  les  colliers  ordinairement  en  usage, 
une  tresse  de  paille  en  garnit  l’intérieur  de 
manière  à garantir  l’écorce  des  arbres 
contre  toute  lésion  qui  ne  manque- 
rait pas  de  se  produire  par  suite  du  ser- 
rage du  métal  contre  l’écorce.  Ce  système 
constituait  déjà  une  grande  amélioration 
par  rapport  aux  primitifs  procédés  d’atta- 
chage  qu’on  employait  jadis.  Il  était  aussi 
plus  propre  ; cependant,  si  bien  tressée 
que  soit  la  paille,  et  bien  que  sulfatée,  il 
arrive  tôt  bu  tard  un  moment  où  la  tresse 


NOUVEAUX  COLLIERS  ET  SERRE-JOINTS  POUR  LE  TUTEURAGE. 


475 


se  désagrège  en  brins  de  paille  noircis, 
s’usant  ainsi  plus  ou  moins  complètement . 
Frappé  de  cet  inconvénient,  M.  Fontaine  a 
tout  simplement  remplacé  la  paille  par  des 
rondelles  en  liège  ou  en  feutre.  La  fig.  142 
montre  un  collier  non  encore  courbé 
et  vu  de  face.  La  tig.  143  montre  le  même 
collier  vu  de  profil.  Les  rondelles  R sont  en 
feutre,  et  fixées  par  des  attaches  a,  à sur- 
face lisse  et  ne  blessant  par  conséquent  pas 
l’écorce.  On  voit  en  ff  le  fil  de  fer  qui  sera 
enroulé  derrière  le  tuteur.  L’une  des  at- 
taches est  représentée  grossie,  en  A. 

La  fig.  144  montre  le  collier  courbé,  les 
rondelles  R à l’intérieur,  le  bout  des  at- 
taches a à l’extérieur,  et  le  fil  de  fer  f atta- 
ché à la  pince,  comme  si  le  collier  était  fixé 
à l’arbre  et  à son  tuteur. 

D’autre  part,  on  sait  combien  il  est  par- 
fois peu  aisé,  pour  un  homme  seul,  de  main- 
tenir l’arbre  et  le  tuteur  rapprochés  l’un  de 
l’autre  dans  la  direction  à obtenir,  pendant 


Fig.  146.  — Serre-joints  muni  d’un  taquet  pour 
tuteur  en  fer. 


que  l’on  opère  l’attacbage.  Le  serre- 
joints  inventé  par  M.  Fontaine  supprime 
toute  gêne  relative  à ce  genre  d’opérations. 
Fabriqué  beaucoup  plus  simplement  que  les 
outils  analogues  employés  en  menuiserie  ou 
en  ébénisterie,  il  coûte  beaucoup  moins 
cher.  R ne  craint  pas  non  plus  les  disjonc- 
tions causées  par  l’humidité,  grâce  au  feuil- 
lard  dont  il  est  recouvert. 

La  fig.  145  montre  l’opération  terminée, 
et  le  serre-joints  non  encore  enlevé.  Un 
coussinet  de  feutre  ou  de  liège  c,  adhé- 
rent à la  paroi  interne  de  l’instrument  est 
destiné  à préserver  l’écorce  de  l’arbre  contre 
tout  frottement.  Une  vis  de  serrage  V est 
destinée  à obtenir  le  rapprochement  pres- 
que complet  du  tuteur  et  de  l’arbre,  de  ma- 
nière que  l’opérateur  puisse  avoir  les  mains 
absolument  libres  pour  procéder  à l’atta- 
chage  des  colliers.  La  fig.  145  montre 
d’ailleurs,  comme  nous  venons  de  le  dire, 
le  serre-joints  tenant  seul  après  l’arbre  et 
son  tuteur,  puis  un  collier  attaché  un  peu 
plus  haut.  Pour  éviter  le  frottement  de 


l’écorce  de  l’arbre  contre  le  tuteur,  une  ron- 
delle de  feutre  ou  de  liège,  qu’on  aperçoit 
en  noir  dans  l’ombre,  a été  glissée  entre  les 
deux  avant  l’attachage  du  collier. 

La  fig.  146  montre  un  serre-joints  d’un 
plus  petit  modèle,  servant  pour  les  arbustes- 
tige,  et  muni,  dans  son  évidement,  d’un  ta- 
quet en  bois  P.  R peut  arriver,  en  effet, 
qu’on  ait  affaire  à des  tuteurs  en  fer. 
Etant  donné  que  l’extrémité  de  la  vis  mor- 
drait mal  et  s’émousserait  sur  la  surface 
trop  lisse  et  trop  restreinte  du 
tuteur  en  fer,  l’inventeur  a 
interposé  entre  la  vis  et  ce 
tuteur  un  taquet  en  bois, 
évidé,  maintenu  en  dessus  et 
en-dessous  par  une  lamelle 
de  fer  qui  se  fixe  à volonté  à 
l’aide  d’un  écrou  e dans  l’un 
ou  l’autre  des  trous  à ce 
destinés,  t,  t.  On  peut  donc 
le  placer  plus  ou  moins  loin 
du  coussinet  c,  de  manière  à 
bien  prendre  l’arbre  et  le 
tuteur  entre  ce  taquet  et  le 
coussinet.  C’est  dans  l’en  - 
coche  û,  ménagée  sur  le  ta- 
quet, que  se  place  le  tuteur, 
et  la  vis  vient  alors  agir  sur 
le  taquet. 

Enfin  M.  Fontaine  a in- 
venté un  tuteur  en  fer  creux 
qui  pourra  rendre  des  ser- 
vices dans  les  cultures  qui 
doivent  être  tenues  très  pro- 
prement. Ce  tuteur  est  d’une 
très  grande  légèreté.  R est 
terminé  à sa  partie  inférieure 
par  un  évidement  (n,  fig.  147) 
qui  lui  donnerait  un  peu 
l’aspect  d’une  gouge  coupe- 
asperges,  si  deux  replis  m 
n’en  terminaient  l’extrémité 
en  pointe.  Cette  pointe  lors-  xutèur  e^fer 
qu’on  enfonce  le  tuteur,  force  creux, 
l’entrée  du  sol  sans  qu’au- 
cun caillou  ne  puisse  engorger  l’évide- 
ment. Les  bords  tranchants  de  cet  évide- 
ment facilitent  ensuite  l’enfoncement  dans 
le  sol. 

De  ces  divers  objets,  nous  avons  fait  des 
applications  continuelles  et  variées,  aussi 
bien  sur  des  arbres  fruitiers  de  plein  vent 
que  sur  des  Groseilliers  et  des  Rosiers  tiges, 
et  nous  en  avons  été  satisfait  tout  à la  fois 
au  point  de  vue  de  la  propreté  et  de  l’éco- 
nomie de  main-d’œuvre. 

H.  Dauthemay. 


476 


SUR  LES  OGNONS  A FLEURS. 


SUR  LES  OGNONS  A FLEURS 


Voici  le  moment  de  planter  la  majeure 
partie  des  plantes  bulbeuses  qui  fleurissent 
au  printemps  et  que  l’on  trouve  dans  le  com- 
merce maintenant,  nous  venant  principale- 
ment de  la  Hollande  et  aussi  de  la  France, 
pour  quelques  espèces. 

Mais  les  tendances  générales  de  notre 
époque  sont  portées  vers  les  végétaux  qui 
produisent  vite  et  beaucoup,  et  qui  nous  font 
oublier  un  peu  trop  les  plantes  bulbeuses  et 
toutes  les  ressources  qu’elles  offrent  dans  la 
décoration  des  jardins  et  déshabitations. 
Cet  oubli  est  justement  occasionné  par  le 
reproche  que  l’on  adresse  à ce  genre  de  vé- 
gétaux de  durer  peu  longtemps,  eu  égard 
au  laps  de  temps  qu’ils  mettent  à parcourir 
les  phases  de  leur  végétation  et  à donner 
une  nouvelle  floraison.  Si  juste  que  puisse 
paraître  ce  grief  à première  vue,  il  est  ce- 
pendant excessif,  et,  avec  les  raffinements 
et  les  artifices  culturaux  d’aujourd’hui,  on 
peut  considérer  les  Ognons  à fleurs  précisé- 
ment comme  des  végétaux  qui  produisent 
vite  et  longtemps. 

Leurs  fleurs  sont  de  celles  que  l’on  aime 
toujours  à voir  non  seulement  pour  leur 
beauté  quelquefois  incomparable,  mais  sur- 
tout parce  qu’elles  s’épanouissent  les  pre- 
mières et  sont  la  poésie  du  printemps  et  le 
premier  charme  des  jardins. 

Elles  sont  encore  et  surtout  les  fleurs  ai- 
mables qu’un  peu  de  chaleur  artificielle 
suffit  à faire  éclore  au  cœur  de  l’hiver,  pour 
nous  donner  comme  un  sourire  de  la  nature 
endormie. 

La  culture  forcée  a trouvé,  en  effet,  dans 
quelques  genres  de  ces  plantes  bulbeuses, 
des  espèces  se  prêtant  non  seulement  au 
forçage,  mais  supportant  encore  d’être  cul- 
tivées dans  des  conditions  anormales  consti- 
tuant une  culture  aussi  curieuse  qu’agréa- 
ble à suivre  : nous  voulons  parler  des 

Ognons  qui  croissent  sur  l’eau  et  dans  la 
mousse. 

Les  Jacinthes,  les  Tulipes  hâtives,  les 
Narcisses,  les  Crocus  sont  les  espèces  les 
plus  employées  et  les  meilleures  pour  être 
forcées,  mais  d’autres  plantes  s’y  prêtent 
encore  avantageusement,  tels  sont  : VAl- 
lium  neapolitanum  aux  fleurs  blanches  en 
ombelle,  le  Chionodoxa  Luciliæ  aux  fleurs 
d’un  bleu  admirable,  les  Freesia  à l’odeur 
d’oranger,  les  Fritillaria  Meleagris  aux 
dessins  en  damier,  l’Iris  de  Perse,  l’Orni- 


thogale  d’Arabie,  les  Scilles  hâtives  aux 
clochettes  bleues,  blanches  ou  roses,  la 
Scille  du  Pérou  au  beau  bouquet  bleu  ou 
blanc,  le  Triteleia  wiiflora,  etc.,  qui  sont 
autant  de  genres  divers  à jolies  fleurs,  dont 
l’association  avec  les  espèces  classiques  sur 
les  Jacinthes,  Tulipes,  Crocus,  procure  une 
variété  agréable. 

Les  horticulteurs  et  les  jardiniers  des 
maisons  particulières  trouvent  une  res- 
source importante  dans  le  forçage,  les  pre- 
miers pour  la  vente,  les  autres  pour  les  gar- 
nitures, et  il  n’existe  pas  de  végétaux  ca- 
pables de  donner  un  résultat  aussi  prompt 
et  aussi  sûr,  puisqu’un  praticien  habile  ar- 
rive à savoir  qu’en  chauffant  telle  espèce 
tant  de  jours  il  l’aura  fleurie  pour  telle 
époque. 

En  allant  plus  loin  même,  quelle  est  la 
personne,  disons-nous,  qui,  aimant  les 
plantes,  ne  connaît  pas  la  saison  où  elle 
pourra  acheter  un  ou  deux  Ognons  de  Ja- 
cinthe, de  Tulipe,  ou  de  Narcisse,  et  aussi 
quelques  Crocus,  qu’elle  cultivera  chez  elle, 
sur  sa  cheminée  ou  à l’intérieur  de  sa  fe- 
nêtre, pour  goûter  le  plaisir  de  voir  pousser 
les  feuilles,  apparaître  les  boutons  et  s’épa- 
nouir les  fleurs  ? 

Et  pour  ceux  qui  cherchent  à populariser 
le  goût  des  fleurs  chez  les  classes  ouvrières, 
quels  moyens  d’action  plus  faciles  que  les 
plantes  bulbeuses  s’offrent  à eux  pour  dé- 
velopper cet  amour  des  plantes  ? 

Mais  revenons  à notre  sujet,  et  parlons  un 
peu  des  différents  genres  et  des  emplois 
qu’ils  peuvent  remplir  dans  nos  jardins. 

Nous  nous  placerions  volontiers  au  point 
de  vue  pratique  en  classant  les  espèces 
en  plantes  de  bordures,  de  corbeilles  pour 
sous  bois,  etc.,  mais  à vrai  dire  presque 
chaque  sorte  peut  remplir  ces  divers  rôles 
suivant  les  jardins,  leur  importance  et  leur 
disposition,  et  c’est  plutôt  à l’amateur  et  au 
jardinier  à leur  donner  un  emplacement 
convenable. 

Si  nous  suivons,  au  contraire,  les  époques 
de  floraison,  nous  verrons  d’abord  le  Perce- 
neige  paraître  souvent  en  février,  avec  ses 
petites  fleurs  blanches  tachées  de  vert,  qui 
semblent  s’être  penchées  pour  mieux  résis- 
ter à la  neige  qui  tombe  encore  et  à la  bise 
qui  souffle.  C’est  la  première  fleur,  la  moins 
belle,  et  pourtant  celle  qui  nous  fait  le  plus 
de  plaisir,  et  c’est  près  des  habitations,  en 


SUR  LES  OGNONS  A FLEURS. 


477 


bordures  ou  en  touffes  qu’on  aime  surtout 
à la  rencontrer. 

Le  Crocus  le  suit  avec  ses  jolies  fleurs  en 
cloches  dressées,  aux  couleurs  variées  et 
éclatantes,  dont  la  présence  jette  une  note  si 
gaie  sur  la  terre  nue  et  triste.  Cette  plante 
a partout  sa  place,  au  bord  des  massifs  dans 
les  parterres,  en  bordure  ou  disséminée  dans 
le  gazon  des  pelouses,  a chaque  endroit  où 
la  vue  puisse  la  distinguer. 

La  Nivéole  de  printemps,  qui  paraît  être 
comme  la  sœur  aînée  delà  Perce-neige,  tant 
elle  lui  ressemble,  est  une  miniature  qui  se 
plaît  dans  les  bosquets,  sous  les  massifs, 
sur  les  talus,  en  bordures  ou  en  groupes,  et 
que  l’on  voit  paraître  dès  que  les  rayons  du 
soleil  ont  un  peu  de  force. 

Alors  commencent  à s’ouvrir  des  fleurs 
charmantes  et  agréables,  dont  aucun  jardin 
ne  devrait  être  privé  des  espèces  nom- 
breuses et  variées  de  Scilles'Lleues,  blanches 
ou  roses,  aux  fleurs  campanulées,  disposées 
en  grappes  gracieusement  penchées  ou 
dressées,  qui  les  font  ressembler  souvent 
à de  mignonnes  Jacinthes  ; des  Muscaris  qui, 
comme  le  M.  raisin  {Muscari  hotryoides) 
ont  des  fleurs  globuleuses  en  épi,  bleues, 
blanches  ou  roses  ; le  Muscari  plumeux 
(M.  comosum)  plus  connu  sous  le  nom  de 
« Lilas  de  terre  »,  à cause  de  ses  grosses 
grappes  ; le  M.  odorant  {M.  moschatum) 
aux  fleurs  insignifiantes  mais  d’une  odeur 
si  suave  ; les  Tulipes  hâtives,  aux  fleurs 
moyennes  et  un  peu  odorantes  qui  s’épa- 
nouissent en  même  temps  que  ces  diverses 
plantes  pour  orner  tous  les  endroits  d’un 
jardin  et  servir  à tous  les  emplois. 

Puis  viennent  les  Narcisses,  ces  fleurs 
élégantes  et  variées  de  formes,  parfois  déli- 
cieusement parfumées,  et  dont  les  Anglais 
se  plaisent  tant  à admirer  la  beauté  qu’ils 
en  font  une  de  leurs  fleurs  de  prédilection  ! 
La  Fritillaire  pintade  ou  Méléagre,  aux 
fleurs  en  cloches  pendantes  dessinées  de 
carrés  foncés  et  clairs  formant  damier,  et 
la  F.  Couronne  Impériale,  au  port  majes- 
tueux, dont  la  tige  se  termine  par  une 
couronne  de  fleurs  pendantes  imitant 
des  Tulipes  renversées  surmontées  d’un 
bouquet  de  feuilles,  est  un  des  plus  beaux 
ornements  de  nos  parterres  à cette  époque. 

Mais  les  espèces  précitées  sont  peut-être 
inférieures,  au  point  de  vue  de  la  beauté  et 
des  services  qu’elles  peuvent  rendre,  aux 
Jacinthes,  Tulipes,  Anémones  et  Renon- 
cules qui,  cultivées  depuis  bien  longtemps, 
ont  non  seulement  acquis  une  popularité 
font  grande,  mais  aussi  une  perfection  et 


une  variété  dans  les  formes  telles  que  peu 
de  végétaux,  même  parmi  ceux  de  collec- 
tion, peuvent  en  offrir  des  semblables. 

Les  Jacinthes,  au  point  où  nous  les  voyons 
aujourd’hui,  sont  des  fleurs  parfaites  en 
leur  genre  et  une  de  celles  qui  sont  peut- 
être  les  plus  riches  en  couleurs  et  en 
nuances  : à une  odeur  délicieuse  elles  joi- 
gnent le  mérite  de  durer  longtemps,  de 
demander  peu  de  soins  et  de  croître  à 
toutes  les  places  qu’on  veut  bien  leur  assi- 
gner ; mais  c’est  surtout  en  corbeilles,  mé- 
langées aux  Tulipes,  qu’elles  produisent 
leur  maximum  d’effet. 

Aux  personnes  qui  n’aiment  pas  l’en- 
semble impeccable  des  Jacinthes  de  Hollande, 
il  reste  les  Jacinthes  parisiennes,  moins 
guindées,  d’un  effet  d’ensemble  un  peu 
moindre,  mais  aussi  plus  gracieuses,  plus 
rustiques,  et  ne  dégénérant  pas.  Parmi 
elles,  la  Jacinthe  romaine  est  une  race 
hâtive,  à fleur  blanche,  dont  tous  les  horti- 
culteurs connaissent  la  valeur  comme  plante 
à forcer. 

Les  Tulipes  nous  rappellent  leur  histoire 
et  leur  gloire  d’antan,  les  passions  dont  elles 
ont  été  l’objet  et  qu’aucune  autre  fleur  n’a 
encore  pu  susciter. 

J’ai  dans  ma  bibliothèque  un  Traité  sur 
les  Tulipes,  écrit  par  un  anonyme  et  édité 
en  1765;  voici  comment  on  y parle  de  cette 
fleur  : 

« Considérez  avec  toute  l’attention  qui  est 
due  au  sujet,  considérez  d’abord  dans  la  tige 
cette  colonne  fièredu  superbe  chapiteau  qu’elle 
supporte,  et  dans  ce  chapiteau  fleuri  la  régu- 
larité de  sa  forme,  l’ampleur  de  son  volume, 
la  richesse  de  son  étoffe,  l’élégance  et  la  sin- 
gularité des  ornements  qui  en  relèvent  le  fond, 
les  nuances  infinies  qu’on  distingue  dans  ses 
couleurs  ! > 

Si  exaltée  que  puisse  nous  paraitre  au- 
jourd’hui cette  .admiration,  elle  est  cepen- 
dant justement  méritée,  car  il  est  peu  de 
fleurs  capables  de  rivaliser  avec  les  Tulipes  : 
l’élégance  du  port,  celle  de  la  fleur,  la 
richesse  des  couleurs  qui  la  parent  et  l’in- 
finie diversité  de  leurs  nuances  et  de  leurs 
panachures  sont  les  charmes  distinctifs  de 
cette  plante. 

Les  races  précoces  ont  un  grand  mérite 
par  leur  floraison  hâtive  et  parleur  aptitude 
à être  forcées,  et  celles  tardives  ou  « Tulipes 
d’amateurs  » sont  les  belles  variétés  aux- 
quelles les  Hollandais  ont  consacré  une 
renommée  impérissable.  Parmi  elles,  les 
Tulipes  monstrueuses  ou  perroquet  mon- 
trent des  fleurs  aussi  bizarres  par  leur 


478 


CONGRÈS  POMOLOGIQUE  DE  RENNES. 


conformation  singulière  que  par  la  curieuse 
disposition  de  leur  couleur  que  pourrait 
leur  envier]  plus  d’une  Orchidée  ! Les  cor- 
beilles, les  plates-bandes,  les  bordures,  le 
bord  des  massifs,  sont  les  endroits  les  plus 
favorables  à la  culture  des  Tulipes  où,  asso- 
ciées avec  les  Jacinthes,  elles  produisent  un 
contraste  heureux  de  formes  et  de  cou- 
leurs. 

Les  Anémones  sont  de  ces  plantes  nati- 
vement élégantes  dont  une  bonne  cul- 
ture n’a  fait  que  développer  les  charmes. 
Dans  les  races  cultivées  actuellement  ces 
plantes  nous  offrent  des  coloris  aussi  variés 
que  jolis,  et  des  formes  parfois  diverses,  mais 
toujours  intéressantes.  A une  culture  des 
plus  faciles,  d’une  grande  rusticité  et  beau- 
coup de  vigueur  naturelle,  elles  joignent 
le  mérite  presque  unique  de  pouvoir 
être  obtenues  en  fleurs  presqu’en  toute  sai- 
son, au  moyen  de  plantations  successives. 
Les  parterres,  les  corbeilles,  les  larges  bor- 
dures, aux  endroits  éclairés  et  sains  sont 
les  places  qui  leur  conviennent  le  mieux. 

Les  Renoncules  paraissent  bien  parentes 
des  Anémones  en  fait  d’élégance,  et  leurs 
fleurs  ne  le  cèdent  guère  aux  Tulipes 
comme  variété  de  nuances  et  diversité 
dans  leur  dispositions.  La  culture  très  an- 
cienne de  ces  plantes  les  a amenées  à un  état 
de  perfection  qu’il  paraît  impossible  de  dé- 
passer aujourd’hui  et  qui  réside  surtout 
dans  la  régularité  remarquable  des  pièces 
florales. 

Ce  sont  des  végétaux  charmants,  auxquels 

COr^GRÈS  POMOLO 

La  Société  pomologique  de  France  a tenu 
sa  39®  session  du  30  septembre  au  2 oc- 
tobre dernier,  à Rennes,  sous  les  auspices 
de  la  Société  centrale  d’horticulture  d’Ille- 
et-Vilaine.  Sous  l’impulsion  de  son  digne 
président,  M.  de  Goniac,  cette  dernière 
Société  avait  organisé  une  belle  et  intéress- 
ante exposition  fruitière. 

La  patrie  du  Bési  de  Quessoy  et  du 
Beurré  d* Amanlis  a prouvé  que  la  culture 
des  bons  fruits  était  en  progrès  dans  l’Ille- 
et-Vilaine.  La  teinte  grise  des  Poires 
qu’on  voyait  à l’Exposition  provient-elle  du 
voisinage  du  littoral  ? et  les  noms  presque 
inconnus  de  certaines  Pommes  ne  prouvent- 
ils  pas  la  présence  de  variétés  locales  ? Nous 
ne  le  savons  pas,  mais,  en  tout  cas,  les  belles 
grappes  de  Raisins,  nacrées  ou  pruinées, 
démontrent  l’influence  des  abris  dans  ce 


convient  une  terre  saine,  riche  et  fraîche, 
dans  un  endroit  aéré  et  ensoleillé  des  plates- 
bandes,  des  parterres  ou  des  corbeilles. 
De  même  que  les  Anémones,  elles  peuvent 
donner  une  floraison  échelonnée  par  des 
plantations  successives. 

Les  plantes  que  nous  venons  de  citer 
diminueraient  beaucoup  d’intérêt  si,  devant 
être  plantées  à une  époque  déterminée,  elles 
ne  pouvaient  donner  qu’une  floraison  régu- 
lière ; mais  c’est  justement  là  qu’elles  de- 
viennent plus  méritantes  par  la  facilité  à 
laquelle  elles  se  prêtent  à être  plantées  à des 
époques  différentes,  qui  influant  naturelle- 
ment sur  celle  de  la  floraison  retarde  ou 
avance  celle-ci,  ce  qui  permet  de  se  pro- 
curer une  plus  longue  jouissance  de  ces 
fleurs. 

Pendant  la  floraison  normale  des  espèces 
précitées  se  prépare  celle  d’autres  genres 
qui  ne  les  valent  pas  en  beauté  mais  n’en 
apportent  pas  moins  un  contingent  remar- 
quable et  varié  de  jolies  fleurs  : ce  sont  les 
Allium,  les  Iris  d’Espagne  et  d’Angle- 
terre aux  couleurs  si  riches,  les  Glaïeuls 
de  Col  ville  blanc  et  violet,  les  Ornithoga- 
les,  etc.,  etc. 

Mais  là  doit  s’arrêter  l’esquisse  que  nous 
avons  voulu  tracer  des  principales  espèces 
à planter  maintenant. 

Ces  ognons  à fleurs  ne  sont-ils  pas  comme 
des  pierres  précieuses  confiées  à la  terre 
en  automne,  et  que  le  soleil  découvre 
au  printemps  pour  en  faire  sa  première 
parure  ? Jules  Rudolph. 

;IQUE  DE  RENNES 

coin  de  la  Rretagne  où  la  Vigne  est  à peu 
près  inconnue. 

Le  concours  se  tenait  à l’Hôtel  de  ville,  et 
le  Congrès  également. 

Le  bureau  de  la  session  a été  composé 
de  la  manière  suivante  : 

Présidents  d'honneur  : M.  de  Goniac,  pré- 
sident de  la  Société  d’horticulture  et  M.  Le- 
chartier,  président  de  l’Association  pomolo- 
gique (cidre),  doyen  de  la  Faculté  des  sciences 
à Rennes. 

Président  : M.  Jamin,  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France. 

Vice-Présidents  : MM.  Charles  Baltet,  prési- 
dent de  la  Société  de  l’Aube  ; Daurel,  prési- 
dent de  la  Société  de  la  Gironde  ; Sahut,  pré- 
sident de  la  Société  de  l’Hérault;  Frère  Henri, 
vice-président  de  la  Société  d’Ille-et-Vilaine. 

Secrétaire  général  : M.  Gusin,  de  Lyon. 

Secrétaires  : MM.  Michelin,  de  Paris;  Pêche, 


479 


CONGRÈS  POMOLOGIQUE  DE  RENNES. 


de  Rennes;  Bonamour,  d’Écully;  Rey-Dubois- 
sieux,  de  Rennes. 

Trésoriers  : MM.  de  Vayssière  et  Bizet, 
de  la  Société  du  Rhône. 

A la  suite  des  discours  d’usage  et  des 
souhaits  de  bienvenue,  le  rapport  de  la 
Commission  permanente  expose  la  situation 
financière  — toujours  en  bonne  voie  — et 
n’oublie  pas  un  souvenir  confraternel  aux 
Sociétaires  décédés  depuis  la  dernière  ses- 
sion : MM.  Acbard,  comte  de  Romans, 
Robert  Hogg,  Alexis  Jordan,  Lefièvre, 
Lepage  et  Marc  Luizet,  celui-ci  déjà  rem- 
placé à la  vice-présidence  de  la  Société  par 
son  fils  Gabriel. 

Le  programme  des  travaux  à l’ordre  du 
jour  portait  : 

De  Vinftuence  du  sujet  sur  le  greffon 
et  du  greffon  sur  le  sujet.  Question  vaste, 
diversement  traitée  d’après  le  rôle  des  mi- 
lieux : sol,  climat,  nature  et  vigueur  du  su- 
jet, nature  et  vigueur  du  greffon,  mode  de 
greffage,  espèce  ou  variété  en  cause.  Il  est 
assez  difficile  de  formuler,  sur  ce  double 
point,  des  principes  immuables.  Plus  d’une 
communication  faite  à la  Revue  horticole 
le  démontre.  De  jeunes  professeurs,  MM. 
Daniel  et  Rey-Duboissieux,  s’arrêtant  plutôt 
aux  greffages  herbacés,  cherchaient  à en 
tirer  des  conséquences  au  point  de  vue  de 
la  production  de  la  graine  et  de  la  qualité 
des  fruits-semis  issus  du  greffage  ou  du 
surgreffage. 

Des  pépiniéristes  tels  que  MM.  Jamin, 
Baltet,  Sahut,  Hérault,  Sannier  ont  riposté 
par  des  faits  et  des  exceptions  plus  faciles 
à constater  qu’à  expliquer.  A cette  occa- 
sion, M.  Sannier,  le  semeur  rouennais,  dé- 
clarait que,  pour  hâter  la  fructification  de 
ses  gains,  il  greffait  la  jeune  flèche  du  plant 
de  l’année  sur  un  Cognassier  à tige. 

Ici,  le  frère  Henry  démontre,  preuves  en 
main,  qu’il  n’y  a aucun  inconvénient  à con- 
server une  légère  épaisseur  d’aubier  sous 
l’écorce  du.  bourgeon-écusson,  lors  de  son 
inoculation. 

2°  Le  Congrès  doit-il  s'occuper  des 
Fraises"!  Oui,  a-t-on  répondu,  car  elles 
tiennent  leur  rang  au  jardin  fruitier.  Les 
amateurs  seront  donc  invités  à fournir  à la 
prochaine  session  une  liste  des  meilleures 
Fraises  à cultiver  : 4 variétés  à petit  fruit  ; 
12  à gros  fruit. 

Ce  modeste  plébiscite,  ainsi  restreint,  sera 
utile  à consulter,  et  cela  d’autant  mieux  que 
l’on  relatera  la  valeur  des  plantes  pour  la 
grande  ou  la  petite  culture,  le  forçage,  le 
marché,  l’emploi,  l’exportation. 


Abordant  l’examen  des  variétés  fruitières 
inscrites  antérieurement  « à l’étude  » l’As- 
semblée a admis  au  rang  des  plus  recom- 
mandables : 

Abricot  sucré  de  Holub,  fruit  très-gros, 
très-sucré,  excellent,  mûrissant  au  commen- 
cement d’août.  (Gain  Holub.) 

Pêche  Clémence  Aubert^  très  gros  fruit 
à chair  abricotée,  de  bonne  qualité,  mur  au 
commencement  d’octobre,  entre  la  Baltet  (à 
chair  blanche)  et  la  Salwuy  (à  chair  jaune). 
Arbre  fertile  (Gain  Troubad). 

Poire  Comtesse  de  Paris,  fruit  oblong,  à 
chair  fine,  douce  et  bonne,  mûrissant  en  dé- 
cembre-janvier, arbre  ramifié.  (Gain  Fourcine.) 

Poire  Directeur  Hardy,  très-beau  et  très- 
bon  fruit,  nuancé  de  safran,  Isabelle  et  aurore  ; 
chair  fine,  fondante,  juteuse,  sucrée,  vineuse, 
exquise  ; mûrissant  en  octobre.  Arbre  productif, 
d’un  beau  port.  (Gain Tourasse,  mis  au  com- 
merce par  la  maison  Baltet.) 

Poire  Joyau  de  septembre,  un  peu  allon- 
gée et  colorée  ; chair  fine,  fondante,  sucrée, 
parfumée  ; mûrissant  en  septembre,  préférant 
un  climat  tempéré.  (Gain  Hérault.) 

Parmi  les  variétés  rejetées  ou  ajournées, 
faute  de  renseignements,  citons  : 

La  Pêche  Sallie-Worel ; les  Poires  Beurré 
Auguste (JAoivdiïv),  Ferdinand  Gaillard,  malgré 
sa  fécondité,  La  Gracieuse,  Laure  Gilbert, 
Secrétaire  Vigneau,  Souvenir  de  V Evêque; 
les  Pommes  BulVs  Golden  pippin,  Non-pa- 
reille blanche. 

Un  membre  avait  proposé,  par  lettre, 
de  remettre  en  discussion  le  mérite  des 
Poires  Anna  Audusson,  Beurré  de  Ni- 
velles, Beurré  Gambier,  Broompark, 
Devergnies,  Favorite  J oanon,  Marie  Pa- 
rent, Professeur  Hortolès.  Cette  discus- 
sion est  ajournée  au  prochain  Congrès. 

Sur  la  proposition  de  divers  Comités, 
— particulièrement  ceux  de  la  région  pa- 
risienne et  de  la  région  lyonnaise  — la 
Compagnie  a accepté  la  mise  à l’étude  des 
bonnes  variétés  suivantes  : 

Pêches  Belle  de  Neuville-sur- Saône,  l'riom- 
phe  de  Saint- Laurent,  Précoce  Michelin,  La 
France  (colorée).  Nectarine  Lily  Baltet  (très- 
précoce). 

Poires  Madame  Baltet  (tardive);  Eilis 
(américaine)  : Beurré  de  Naghin  et  Triomphe 
de  Tournai  (d’hiver);  Le  Fils  de  Giffard  (fin 
juillet)  ; Souvenir  de  Valmy,  mûrissant  vers  le 
20  septembre. 

Prune  violette  Gloire  d’Épinay,  des  envi- 
rons de  Paris. 

Cerise  Bigarreau  blanc  de  Groll. 

Noisette  de  la  Bergerie,  très-fertile. 

Il  est  bien  entendu  que  les  variétés  ad- 


480 


ROSIERS  NOUVEAUX  POUR  1897. 


mises  à l’élude  en  1895  et  1896  y sont  res- 
tées pour  être  adoptées,  ajournées  ou  reje- 
tées dans  une  session  ultérieure,  à l’exception 
de  la  Poire  Direeteur  Hardy  qui,  d'un 
bond  a gagné  le  premier  rang  ; c’est  un 
bel  arbre  vigoureux  et  fertile,  fruit  très 
beau  et  très  bon. 

Sur  la  réclamation  des  habitants  de 
Chambourcy,  le  Reine-Claude  tardive  de 
Latinois  a repris  son  nom  primitif  Reine- 
Claude  de  Chambourcy,  en  souvenir  de 
la  localité  où  elle  est  née,  et  où  elle  reste  l’objet 
d’une  grande  culture  et  d’une  exploitation 
profitable  pour  le  marché  parisien. 

Partant  du  même  principe  que  la  déno- 
mination primitive  annule  toutes  les  syno- 


nymies, la  Pêche  Late  admirable  a été 
déclarée  Rourdine  et  la  Crimson  Galande 
notre  Galande  de  Montreuil.  Enfin,  la  syno- 
nymie de  la  Poire  Bési  de  Saint-Agil, 
appelée  depuis  — et  sans  scrupule,  dit-on 
— Beurré  Alexandre  Lucas,  a été  signa- 
lée, sauf  examen  nouveau,  car  il  y a doute. 

Conformément  à la  tradition,  une  mé- 
daille d’honneur  était  tenue  à la  disposition 
de  l’Assemblée.  Le  vote  l’a  attribuée  à 
M.  Hérault,  d’Angers,  semeur. 

Après  avoir  décidé  que  la  session  de  1898 
se  tiendrait  à Dijon,  vers  la  mi-septembre, 
les  congressistes  se  sont  dirigés  vers  les 
plages  de  Saint-Malo  et  du  Mont  Saint- 
Michel.  Charles  Baltet. 


ROSIERS  NOUVEAUX  POUR  1897 


Afin  de  permettre  aux  amateurs  de  Roses 
de  tenir  leurs  collections  à jour  en  y ajou- 
tant les  variétés  nouvelles  qu’ils  croiront 
devoir  adopter,  nous  donnons  ci-dessous 
la  liste  des  Rosiers  nouveaux  mis  au  com- 
merce à l’automne  de  1897  par  leurs  obten- 
teurs eux-mêmes. 

Les  descripiions  données  sont  celles  des 
obtenteurs,  et  nous  leur  en  laissons  par 
conséquent  la  responsabilité. 

(Note  de  la  rédaction]. 

M.  Alexandre  Bernaix,  chemin  de  la 
Bouteille,  à Lyon-Villeurbanne  (Rhône)  : 

Baronne  Henriette  Snoy  (thé).  — Fleur 
très-grande,  d’une  duplicature  parfaite.  Cou- 
leur incarnat  intérieurement  avec  l’onglet 
jaune,  rose  de  Chine  carminé  extérieurement 
et  produisant  une  agréable  sensation. 

Marquise  de  Chaponnay  (théù  — Bouton 
très-beau,  d’un  frais  coloris  incarnat  sau- 
moné ; fleur  bien  double,  couleur  beurre  frais 
au  centre,  jaune  canari  sur  l’onglet,  blanc  rosé 
saumoné  à la  partie  supérieure. 

Souvenir  de  Madame  Léonie  Viennot  (thé). 
— Fleur  grande,  belle  forme,  jaune  canari  à 
l’onglet,  revers  bismuth,  intérieurement  rose 
carmin  passant  au  chamois. 

M.  Boutigny,  villa  des  Roses,  à Rouen 
(Seine-Inférieure)  : 

M.  Louis  Ricard.  — Fleur  très-grande,  me- 
surant de  10  à 12  centimètres  de  diamètre, 
pleine,  globuleuse,  en  forme  de  Pivoine,  odo- 
rante et  d’une  très-belle  tenue,  pourpre  noi- 
râtre excessivement  velouté,  éclairé  de  ver- 
millon brillant;  arbuste  très-vigoureux,  très- 
florifère  ; une  des  plus  belles  Roses  foncées. 
Issu  de  Simon  Saint-Jean  X Abel  Car- 
rière. 

Cette  Rose,  bien  qu’elle  ait  été  obtenue 


en  1891,  n’est  mise  au  commerce  que  par 
souscription  et  ne  sera  livrable  qu’en  1898. 

M.  Emmanuel  Buatois,  rue  Hugues-Au- 
briot,  Dijon  (Côte-d’Or)  : 

Antoinette  Cuillerat  (bengale).  — Fleur  semi 
pleine,  coloris  blanc  électrique  sur  fond  jaune 
soufre,  cuivré  brillant,  bord  des  pétales  légè- 
rement coloré  de  carmin  violet  ; arbuste  vigou- 
reux formant  un  buisson  compact  et  constam- 
ment couvert  de  fleurs. 

Madame  Adolphe  Loiseau  (hybride  de  thé). 

— Arbuste  vigoureux  à bois  lisse,  sans  épines, 
feuillage  d’un  vert  blond  luisant  ; fleur  très- 
pleine,  atteignant  parfois  la  dimension  de 
Paul  Neyron  ; coloris  d’un  beau  blanc  carné. 
Issu  de  Merveille  de  Lyon  X Kaiserin  Au- 
gusta  Victoria. 

Madame  Paul  Lacoutière  (hybride  de  thé). 

— Bouton  très-allongé,  fleur  grande  semi 
pleine,  jaune  safran  cuivré,  centre  jaune  d’or, 
bord  des  pétales  légèrement  carminé  ; très- 
odorante  ; arbuste  vigoureux  à rameaux  droits  ; 
feuillage  vert  foncé  brillant.  Les  fleurs  sont 
parfois  solitaires  ou  réunies  en  corymbes  de 
3 à 6 fleurs.  Issu  de  Ma  Capucine  X Baronne 
de  Rothschild. 

Madame  Derepas-Matrat  (thé).  — Fleur  so- 
litaire, portée  par  un  long  pédoncule,  très- 
grande,  très-pleine,  s’ouvrant  bien,  coloris 
jaune  soufre,  centre  plus  foncé,  se  nuançant 
légèrement  de  carmin  en  s’épanouissant  ; ar- 
buste vigoureux,  presque  sans  épines.  Issu  de 
Madame  Hoste  X Marie  Van  Houtte. 

M.  Edouard  Denis,  à Grisy-Suisnes 
(Seine-et-Marne)  : 

René  Denis  (thé).  — Arbre  vigoureux,  fleur 
grande,  pleine,  bien  faite,  bouton  allongé, 
beau  jaune  canari  passant  au  blanc  crème  à 
son  épanouissement  ; beau  bois  vert  clair  sans 


ROSIERS  NOUVEAUX  POUR  1897. 


481 


épine  ; feuillage  vert  clair  luisant,  ne  prenant 
pas  le  blanc.  — Accident  fixé  du  Rosier  Ma- 
dame Bérard,  dont  il  a conservé  la  vigueur  et 
la  floraison  continuelle. 

F.  Dubreuil,  146,  route  de  Grenoble 
(Lyon-Monplaisir)  : 

Isabelle  Bivoire  (thé).  — Arbuste  à feuil- 
lage bicolore  et  vert  brillant;  bouton  ovoïde, 
rose  éclairé  aurore  incarnat  au  sommet  et 
jaune  lactescent  à la  base.  Fleur  pleine,  en 
coupe,  de  couleur  rose  pâle,  saumoné  avec  des 
reflets  abricoté  et  cuivré  au  centre.  Variété 
très-florifère  et  très-odorante  ; odeur  très-pro- 
noncée de  violette. 

Baronne  de  Belleroche  (hybride).  — Rosier 
très-remontant,  de  taille  moyenne  ; à feuillage 
brillant,  épais  el  large  ; calice  à sépales  lon- 
guement foliacés;  fleur  en  coupe  globuleuse, 
à pétales  extérieurs  très-larges,  concaves,  nom- 
breux, espacés,  fermes,  concolores,  rouge 
fleur  de  Pêcher  en  s’épanouissant,  satiné  bril- 
lant rouge  groseille  nuancé  rose  de  Chine  à 
complète  éclosion.  Variété  d’un  coloris  franc, 
remarquable  par  sa  forme  parfaite  et  son 
abondante  floraison.  Très-bonne  pour  la  cul- 
ture en  pots. 

M.  Pierre  Guillot,  chemin  de  Saint- 
Priest,  à Bachut-Montplaisir,  près  Lyon 
(Rhône)  : 

Madame  Béné  Gérard  (thé).  — Arbuste 
très-florifère;  bouton  très-élégant  jaune  capu- 
cine ; fleur  grande,  pleine,  jaune  cuivré  foncé 
fortement  nuancé  capucine  ; très-belle  variété 
d’une  rare  distinction. 

Souvenir  de  J.-B.  Guillot  (thé).  — Arbre 
vigoureux,  très-florifère  ; fleur  grande  ou 
moyenne  variant  du  rouge  capucine  nuancé  de 
cramoisi  au  rouge  capucine  clair,  suivant  la 
température  ; coloris  très-brillant  et  nouveau  à 
grand  effet  pour  massifs. 

Adine  (hybride  de  thé).  — Arbuste  court  et 
trapu,  d’une  grande  floribondité  ; fleur  grande, 
pleine,  bien  faite,  jaune  orange,  se  fondant  en 
rose  aurore  souvent  mélangé  de  jaune  blanc 
et  carmin  vif,  avec  revers  des  pétales  jaune 
orange  foncé.  Variété  très-originale  par  la  di- 
versité des  couleurs  sur  les  fleurs  d’un  même 
sujet. 

MM.  Ketten  frères,  à Luxembourg 
(Grand-Duché  de  Luxembourg)  : 

La  Prospérine  (Rosier  hybride  de  multi- 
flore).  — Feur  rouge  pêche,  à centre  teinté  de 
jaune  de  chrome  orangé  et  pourtour  passant  au 
blanc  rosé  ; moyenne,  assez  pleine,  odorante,  à 
long  pédoncule.  Arbuste  vigoureux  à riche  flo- 
raison continuelle.  Précieux  pour  la  fleur 
coupée.  (Issu  de  Georges  Schvarïzx  Duchesse 
Marie  Salviati. 


Docteur  Pouleur  (thé).  — Fleur  aurore, 
centre  rouge  cuivré,  pétales  extérieurs  rayés  de 
rose  rougeâtre  ; fleur  moyenne  ou  grande, 
pleine,  odorante.  Arbuste  vigoureux.  (Issu  de 
Zoë  BroughamX  Alphonse  Karr). 

Alchik  Effendi  (thé).  — Feur  jaune  ombré 
de  rose  pêche,  centre  rougeâtre,  très-grande, 
pleine,  odorante.  Arbuste  trapu. 

Marguerite  Ketten  (thé).  — Fleur  rouge 
pêche  jaunâtre,  extrémité  des  pétales  teintée 
de  rose  glacé,  fond  â reflet  d’or  ; fleur  grande, 
pleine,  odorante.  Arbuste  moyen  et  vigoureux. 
(Issu  de  Madame  CaroyCGeorges  Farber). 

Mrs  Deukahrdt  (thé),  — Fleur  blanc  por- 
celaine, centre  teinté  de  rougeâtre,  grande, 
pleine,  odorante  â pédoncule  érigé.  Arbuste 
vigoureux,  florifère.  (Issu  de  Madame  Bravyx 
Adam). 

M.  Liabaud,  montée  de  la  Boucle,  à 
Lyon  (Rhône)  : 

Elisabeth  Monod  (thé  sarmenteux).  — 
Arbuste  très-vigoureux,  sarmenteux;  ample 
feuillage  vert  foncé  ; fleur  très-grande,  à forme 
en  coupe  parfaite  ; couleur  rose  tendre  carné, 
légèrement  saumoné;  très-florifère. 

Bon  amour  (thé).  — Arbuste  vigoureux, 
buissonneux  ; feuillage  vert  très-foncé  ; fleur 
grande  ou  très-grande  à coloris  rouge  groseille 
â reflets  brillants,  très-parfumée. 

Madame  Antoinette  Chrétien  (hybride  re- 
montant). — Arbuste  vigoureux;  rameaux 
droits  ; feuillage  vert  pâle  ; fleur  grande,  forme 
en  coupe,  coloris  rose  très-frais,  pétales  très- 
nombreux  de  forme  particulière  qui  lui  donne 
un  aspect  de  mosaïque  ; genre  tout  à fait  dis- 
tinct. 

MM.  Lévêque  et  fils,  69,  rue  du  Liégat, 
à Ivry  (Seine)  : 

Madame  Gévelot  (thé).  — Arbuste  très-vi- 
goureux ; feuillage  vert  foncé  ; fleurs  très- 
grandes,  coloris  difficile  â décrire  et  très-va- 
riant,  saumon  clair,  nuancé  de  rose  et  jaune, 
centre  pêche. 

Madame  Louise  Mulson  (thé).  — Arbuste 
vigoureux  ; feuillage  vert  clair  ; fleurs  grandes, 
pleines,  blanc  argenté  ou  soufré,  nuancé  de 
chrome  et  de  rose. 

Princesse  Olga  Altierii  (thé).  — Arbuste  vi- 
goureux ; feuillage  vert  foncé  luisant  ; fleurs 
très-grandes,  bien  faites,  beau  coloris  jaune 
très-clair  ou  blanc  crème  jaunâtre,  nuancé 
verdâtre  ; nuance  très-jolie,  délicate,  très- 
fine. 

Baron  TKint  de  Roodenbeke  (hybride  re- 
montant). — Arbuste  très-vigoureux  ; beau 
feuillage  vert  foncé  sombre  ; fleurs  grandes, 
pleines,  très-bien  faites,  pourpre  foncé,  nuancé 
et  éclairé  de  carmin  et  de  vermillon. 

Comte  Chay'les  d' Harcourt  (hybride  remon- 


482 


ROSIERS  NOUVEAUX  POUR  1897. 


tant).  --  Arbuste  très-vigoureux  ; feuillage  vert 
foncé  ; larges  fleurs,  pleines,  très  bien  faites, 
beau  rouge  carminé  vif  ; floraison  abondante. 

Madame  Duparchy  (hybride  remontant).  — 
Arbuste  vigoureux  ; feuillage  ample,  vert 
glauque  ; fleurs  grandes,  pleines,  globuleuses, 
très-bien  faites,  beau  rose  chair  tendre,  nuancé 
de  rose  vif.  Variété  constamment  en -fleurs. 

Professeur  Bazin  (hybride  remontant).  — 
Arbuste  très-vigoureux;  feuilles  vert  foncé; 
fleurs  grandes,  bien  pleines,  très-bien  faites, 
beau  coloris  rose  vif,  brillant,  ombré  plus 
foncé.  Accident  fixé  du  Rosier  Berthe  Lévêque. 

M.  J.  Pernet-Ducher,  114,  route  d’Hey- 
rieux,  à Montplaisir-Lyon  (Rhône)  : 

Madame  Eugénie  Boullet  (hybride  de  thé). 

— Arbuste  vigoureux  ; rameaux  droits  rou- 
geâtres ; aiguillons  rares  ; beau  feuillage  vert 
bronzé  brillant  ; bouton  de  forme  gracieuse, 
superbe  à demi  épanoui  ; fleur  grande,  en 
coupe,  presque  pleine,  coloris  jaune  de  Chine 
nuancé  de  jaune  et  de  carmin  vif. 

Ulnnocence  (hybride  de  thé).  — Arbuste 
très-vigoureux,  se  ramifiant  bien  ; aiguillons 
petits  et  peu  nombreux  ; feuillage  vert  bronzé  ; 
fleur  grande,  pleine,  globuleuse;  coloris  d’une 
blancheur  éclatante.  Les  fleurs  étant  d’une 
bonne  duplicature  sans  être  trop  pleine,  légère 
et  se  présentant  bien  sur  sa  tige  érigée,  qualités 
précieuses  qui  la  feront  rechercher. 

Violoniste  Emile  Lévêque  (hybride  de  thé). 

— Arbuste  vigoureux  et  buissonnant;  feuil- 
lage vert  purpurin;  boutons  longs,  fleur 
moyenne  ou  grande,  pleine  et  très-bien  faite  : 
coloris  rose  carné  vif,  nuancé  de  jaune  avec 
des  reflets  orangés  à l'intérieur.  Très-florifère. 

Veuve  Joseph  Schwartz,  7,  route  de 
Vienne,  à Lyon  (Rhône)  : 

Souvenir  de  Madame  Gaston  Menier  (hy- 
bride de  thé).  — Arbuste  vigoureux,  feuillage 
luisant,  gaufré,  profondément  incisé  en  scie. 
Fleur  très-grande,  solitaire,  bien  faite,  pleine. 
Coloris  rouge  vif,  centre  et  revers  des  pétales 
rouge  cuivré  foncé.  Extrêmement  florifère. 

Aurore  (bengale).  — Arbuste  vigoureux, 
feuillage  délicat,  teinté  de  pourpre  ; fleur 
grande,  pleine,  à fond  jaune  d’or  passant  au 
crème  teinté  d’aurore  et  de  rose  carminé. 

Souvenir  d’ Aimée  Terrel  des  Chênes  (ben- 
gale). — Arbuste  nain,  feuillage  élégant,  d’un 
beau  vert  teinté  de  pourpre.  Le  bouton,  de 
forme  allongée,  réunit  les  nuances  passant  du 
jaune  bouton  d’or  au  jaune  orangé  abricoté. 
I.a  fleur  épanouie  est  petite,  bien  faite,  d’un 
beau  rose  cuivré,  nuancé  de  carmin.  Variété 
naine,  très-bonne  pour  faire  des  bordures. 

MM.  Soupert  et  Notting,  à Luxembourg 
(Grand-Duché  de  Luxembourg)  : 

Ma  Fillette  (Polyantha).  — Arbuste  trapu. 


corymbifère  ; pétales  de  pourtour  larges, 
d’un  coloris  rose  pêche  sur  fond  jaune,  ceux 
du  centre  plus  rétrécis  et  d’une  couleur  rouge 
carmin  laque  luisant  avec  des  reflets  aurore. 
Coloris  nouveau  parmi  les  Roses  Polyantha. 
Très-odorante  et  florifère.  Excellente  variété 
pour  massifs  et  pour  le  forçage  en  pots  (Issu 
de  Mignonette  X Luciole). 

Baronne  Ada  (thé).  — Arbuste  vigoureux; 
fleur  très-grande,  pleine,  globuleuse,  coloris 
blanc  crème,  le  centre  magnifiquement  jaune 
chrome,  les  pétales  du  pourtour  larges,  ceux 
du  milieu  plus  rétrécis.  Les  boutons  sont 
énormément  grands  et  d’une  très-grande  va- 
leur pour  bouquets  ; très-odorante  et  florifère 
(Issu  de  Madame  Lombard  X Bêve  d’or). 

Madame  C.-P.  Strassheim  (thé).  — Arbuste 
très-vigoureux  ; feuillage  rouge  cuir  luisant  ; 
bouton  allongé  et  érigé  sur  un  pédoncule 
ferme  ; fleur  grande,  pleine,  d’un  coloris 
blanc  jaunâtre  en  été,  en  automne  jaune  soufre 
passant  au  jaune  chamois.  Très  - odorante 
(Issu  d’Adèle  Jour  gant  X Princesse  de  Bassa- 
raba). 

Princesse  Anna  Lœivenstein  (thé).  — Ar- 
buste vigoureux;  beau  feuillage;  fleur  grande, 
pleine,  imbriquée,  les  pétales  du  pourtour  rose 
chair,  ceux  du  centre  rose  carmin  vif  avec  des 
reflets  rouge  feu  sur  fond  jaune.  Très-odo- 
rante et  florifère  (Issu  de  Château  des  Berge- 
ries X Sylphide). 

Madame  Lucien  Linden  (thé)  — Arbuste 
vigoureux;  beau  feuillage;  fleur  grande,  pleine, 
très-beau  bouton  allongé,  coloris  jaune  de 
cuir  foncé  avec  des  reflets  rose  aurore,  le 
centre  rouge  capucine  luisant.  Très-odorante 
et  florifère.  (Issu  de  Bêve  d’or  X Luciole). 

Princesse  Thérèse  de  Thurn-et- Taxis  (thé). 
— Arbuste  vigoureux;  beau  feuillage  ; fleur 
grande,  pleine,  globuleuse,  coloris  rose  ar- 
genté transparent  avec  des  reflets  jaunes.  Res- 
semble tout  à fait  â une  rose  de  porcelaine. 
Très-florifère,  odorante  et  de  longue  durée  ; 
fleurit  jusqu’aux  gelées.  (Issu  de  Léonie  Œs- 
terriethyc.  Hoste). 

Comtesse  Théodore  Ouvaroff  (thé).  — 
Arbuste  vigoureux  ; beau  feuillage;  fleur  extra- 
ordinairement grande,  pleine,  en  forme  de 
coupe  ; les  pétales  du  pourtour  rose  jaunâtre, 
ceux  du  milieu,  beau  rose  satiné  sur  fond 
jaune  foncé.  Très-florifère  et  odorante.  (Issu 
de  Madame  Lombard  X Luciole). 

M.  Vigneron  fils,  à Olivet  près  Orléans 
(Loiret)  : 

Madame  Augustine  Hamont  (hybride  de 
thé).  — Arbuste  vigoureux,  érigé  ; beau  feuil- 
lage vert  clair  ; fleur  très-grande,  pleine,  glo- 
buleuse, portée  sur  un  pédoncule  ferme,  d’un 
beau  coloris  rose  chair  satiné,  à pétales  rose 
très-tendre  s’atténuant  vers  leur  extrémité. 
Très-beau  bouton.  Variété  excessivement  flori- 
fère et  remontante. 


EFFETS  DE  LA  LUMIÈRE  BLEUE  ET  DE  LA  LUMIÈRE  ROUGE  SUR  LA  VÉGÉTATION.  483 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  23  SEPTEMBRE  1897 


Floriculture. 

Malgré  le  concours  public  de  fleurs  de 
saison,  il  y avait  quelques  apports  au  Co- 
mité : le  Bégonia  Souvenir  de  Russie,  de 
M.  Urbain  ; onze  Nægelia  de  semis,  très-inté- 
ressants, de  M.  Page,  et  un  Adiantum  présenté 
par  M.  Huvey  comme  étant  T.4.  Capillus- 
Veneris,  mais  qui  a plutôt  paru  être  VA.  scu- 
tum. 

Orchidées. 

M.  Bleu  présentait  le  Lælio  - Cattleya 
Bleuana  {L.  purpurata  X C.  Gigas)  et  le 
L.-C.  Sanderiana,  au  labelle  plus  foncé  que 
le  précédent.  M.  Ch.  Maron  présentait  aussi 
un  Lælio- Cattleya  intermedio-flava,  curieux 
par  son  petit  labelle  pourpre  environné  des 
autres  pièces  du  périantlie  en  étoile,  jaune 
crème.  Enfin,  un  autre  Læ,lio -Cattleya,  semis 
de  cinq  ans,  était  présenté  par  M.  Cappe  fils  : 
le  L.-C.  Pineli-aurea,  aux  pétales  d’un  beau 
mauve  et  au  labelle  tenant  du  C.  aurea. 

Mentionnons  aussi  ; 1»  de  M.  Cappe,  le  Cy- 
pripedium  insigne  vesinetense,  jaune  citron 
au  pavillon,  blanc  dans  le  haut,  et  un  Onci- 
dium  Lanceanum  ; 2°  de  M.  Drieger,  une 
grosse  potée  de  Miltonia  Moreliana,  qui,  de 
loin,  ressemble  à une  touffe  dTris,  et  un  Cat- 
tleya velutina,  à fleur  petite,  mais  curieuse; 
toutes  les  divisions  sont  récurvées,  bronze 
pointillé  de  noir,  sauf  le  labelle  qui  est  blanc 
lilacé  marbré  de  bronze  ; 3»  de  M.  Gautier, 
jardinier  de  M.  le  docteur  Fournier,  un  Phale- 
nopsis  violacea  Schrœderæ  et  un  Oncidium 
Papilio. 

Arboriculture  d’ornement. 

M.  Chargueraud,  professeur  d’arboriculture 
de  la  Ville  de  Paris,  et  M.  Croux,  avaient  ap- 
porté chacun  tout  une  collection  de  rameaux 
fleuris  des  arbres  et  des  arbustes  d’ornement 
qui  fleurissent  à l’arrière-saison,  soit  naturel- 
lement, soit  par  suite  de  l’application  de  pro- 
cédés spéciaux  de  culture.  Il  s’y  trouvait  aussi 
des  branches  d’arbres  à feuillage  panaché. 
Dans  le  lot  de  M.  Chargueraud,  on  remarquait 
principalement  les  Buddleia  Lindleyana, 


Fuchsia  Riccartoni,  Indigo  fera  Dosua,  ainsi 
que  la  plupart  des  végétaux  cités  dans  son  ar- 
ticle, publié  dans  le  présent  numéro. 

Dans  le  lot  de  M.  Croux,  une  série  très- 
variée  de  Ceanothus.  Etaient  surtout  admirés  : 
Ceanothus  Gladiator,  americanus,  albidus, 
corymbosus,  Delilianus,  Triomphe  d’Angers, 
etc.  Puis  les  Quercüs  crenata  variegata  curieu- 
sement panaché  de  blanc  ; Q.  americana  fal- 
caia,  donnant  la  sensation  d’un  Croton  fulgu- 
rant, à feuilles  en  faulx  ; Q.  americana  serrata 
et  imbricaria,  etc.  Puis  venaient  leRhusCoti- 
nus  atropurpurens,  le  Caryopteris  Mastacan- 
thus,  le  Lespedeza  bicolor,  le  Desmodium 
penduliflorum,  etc. 

Enfin,  une  très-jolie  variété  qui  fera  son 
chemin,  le  Ceanothus  azureus  mdigo,  au  co- 
loris tout  à fait  remarquable,  était  présentée 
par  MM.  Barbier  frères,  d’Orléans. 

Arboriculture  fruitière. 

Une  grande  collection,  de  M.  Croux,  com- 
prenait un  certain  nombre  de  variétés  qu’il 
proposera  au  Congrès  pomologique  d’étudier 
de  nouveau  : Poires  Jalousie  de  Fontenay, 
Ellis,  Beurré  Béchis,  Beurré  Oudinot,  Di- 
recteur Hardy,  Doyenné  blanc  long,  Docteur 
Lucius,  Fondante  du  Comice,  Pierre  Tourasse, 
Prémices  d’Ecully,  etc. 

Mentionnons  aussi  les  magnifiques  Raisins 
Black  Alicante  apportés  par  M.  Fatzer:  une 
grappe  pesait  6 kilos  ! Puis  aussi  les  beaux 
échantillons  de  Pommes  Transparente  de 
Croncels  de  M.  Michonneau,  à Bonnières 
(Seine-et-üise). 

Culture  potagère. 

M.  David,  de  Savigny,  avait  apporté  une 
Pomme  de  terre  très-longue  et  mince,  plus 
encore  que  la  Vitelotte,  et  dont  les  yeux  sont 
abrités  par  des  renflements  charnus  et  acu- 
minés,  insérés  selon  une  disposition  régulière. 
Cette  Pomme  de  terre,  qui  fut  apportée  par  un 
missionnaire  de  Madagascar  il  y a quelques 
années,  tient  de  la  Pomme  de  terre  Asperge, 
décrite  dans  les  Plantes  potagères  de  Vilmo- 
rin, mais  est  beaucoup  plus  allongée. 

H.  Dauthenay. 


EFFETS  DE  LA  LUMIÈRE  BLEUE  ET  DE  LA  LUMIÈRE  ROUGE 

SUR  LA  VÉGÉTATION 


Le  Bulletm  de  la  Société  astronomique 
de  France  a publié  le  compte  rendu  d’expé- 
riences opérées  par  M.  Camille  Flamma- 
rion à l’observatoire  de  Juvisy  avec  le  con- 
cours de  M.  Mathieu,  ingénieur-agronome. 


Ces  expériences  avaient  pour  but  de  déter- 
miner les  effets  produits  sur  la  croissance 
des  plantes  par  les  radiations  solaires  iso- 
lées les  unes  des  autres. 

A cet  effet,  M.  Flammarion  a fait  vitrer 


484 


CORRESPONDANCE. 


quatre  serres  avec  des  verres  dont  les  cou- 
leurs ont  été  soigneusement  vérifiées  au 
spectroscope  : verres  roiiges  sur  une  serre, 
bleu  indigo  sur  la  seconde,  verts  sur  la 
troisième,  et  blancs  sur  la  quatrième.  La 
température  et  l’intensité  lumineuse  de  ces 
quatre  serres  ont  été  autant  que  possible 
égalisées  par  l’intervention  d’écrans  dans  les 
serres  les  plus  chaudes. 

Voici  les  principaux  résultats  obtenus  : 

Verre  hleu.  — La  végétation  s’y  est 
montrée  d’une  lenteur  extrême.  Des  Sen- 
sitives, rendues  presque  inertes,  sont  res- 
tées hautes  de  35  millimètres  du  juillet 
jusqu’au  12  octobre.  Des  Fraises,  bonnes  à 
cueillir  en  mai,  s’y  sont  conservées  sans 
aucune  altération  jusqu’en  octobre.  Des 
pots  de  Lilas  de  Marly  et  de  Lilas  de  Perse, 
rentrés  alors  que  le  bouton  était  déjà  for- 
tement coloré,  y ont  fleuri  entièrement 
blanc.  Le  feuillage  des  Coléus  panachés  a 
verdi  ; celui  des  Pélargoniums  est  de- 
venu vert  foncé. 

Verre  vert.  — Les  Sensitives  ont  atteint 
100  millimètres.  Les  Lilas  ont  fleuri  blanc. 
Les  feuilles  de  Coléus  sont  restées  petites  et 
ont  complètement  perdu  leur  pigment 
rouge,  remplacé  par  un  jaune  grisâtre. 

Verre  blanc.  — Les  résultats  sont  ceux 


No  5455  {Italie).  — Le  Raisin  Gamay  gros 
noir  d’Argenteuil  est  en  effet,  comme  vous  le 
supposiez,  très  productif  ; mais  il  ne  rési  te  ni 
au  mildiou  ni  à Toïdium,  si  on  ne  lui  applique 
vigoureusement  et  à plusieurs  reprises,  les  trai- 
tements que  réclame  chacune  de  ces  maladies. 

No  336S  {Indre-et-Loire).  — Vous  pourrez, 
croyons-nous,  vous  procurer  les  plantes  que 
vous  désirez  aux  adresses  suivantes  ; Ané- 
mone La  Fiancée  à fleurs  pleines  ; chez 
MM.  Krelage  et  fils,  à Haarlem  CHollande).  — 
Agératum  blanc,  chez  M.  Bruant,  à Poitiers 
(Vienne),  ou  chez  M.  Schmitt,  à Lyon  (Rhône). — 
Asparagus  Sprengeri,  chez  M.  A.  Truffant, 
rue  des  Chantiers,  à Versailles  (Seine-et-Oise), 
ou  chez  M.  Sallier,  rue  Delaizement,  à Neuilly- 
sur-Seine  (Seine).  — Bégonias  bulbeux  à 
grandes  fleurs,  chez  MM.  Vallerand  frères,  à 
Taverny  (Seine-et-Oise),  ou  chez  M.  Urbain,  à 
Clamart  (Seine).  — Solanum  Seaforthianum, 
chez  M.  Bruant,  à Poitiers  (Vienne). 

No  5690  {Suisse).  — Solanum  Seaforthia- 
num, chez  M.  Bruant,  horticulteur,  à Poitiers 
(Vienne). 


que  l’on  constate  ordinairement  dans  les 
serres  lorsque  la  lumière  n’y  est  pas  ren- 
due diffuse  par  l’interposition  des  claies. 
Ainsi,  la  Laitue  y a monté  et  a atteint 
60  centimètres  de  hauteur  ; les  Lilas  ont 
fleuri  blanc  rosé.  Les  Sensitives  ont  at- 
teint 280  millimètres.  Les  divers  produits 
de  cette  serre  ont  donné  un  bois  plus  vi- 
goureusement constitué. 

Ve7're  rouge.  — Les  Sensitives  ont  at- 
teint 500  millimètres,  et  leur  sensibilité 
s’est  accrue  au  point  qu’un  simple  souffle 
suffisait  à faire  tomber  les  branches  tout 
d’une  pièce.  La  Laitue  a monté  à 1™  50.  Le 
Lilas  a fleuri  blanc.  Les  feuilles  des  Altei*- 
nanthei'a  sont  devenues  absolument  vertes. 
Le  parfum  des  Fraises  et  d’une  Grassule 
est  extraordinairement  développé.  Le  feuil- 
lage des  Pélargoniums  et  des  Coléus  s’est 
très  élargi  et  a perdu  son  pigment  brun. 

Des  observations  qui  précèdent,  il  est 
aisé  de  conclure  que  les  serres  à vitrage 
rouge  pourraient  servir  dans  certain  cas 
pour  le  forçage,  tandis  que  les  serres  bleues 
pourraient  être  employées  à faire  de 
la  culture  retardée.  Nous  livrons  cette  idée 
aux  praticiens  qui  seraient  tentés  d’en  faire 
l’expérience. 

J. -Fr.  Favard. 


F.  S.  {Loir-et-Cher).  — Après  la  première 
floraison  de  vos  Chrysanthemum  macro- 
phyllum  ^ et  le  développement  normal  de 
leurs  feuilles  radicales,  vous  les  avez  vus  se 
dessécher  au  lieu  de  conserver  pendant  toute 
l’année  l’effet  ornemental  que  vous  en  atten- 
diez. Vous  pourrez.  Tannée  prochaine,  em- 
ployer le  moyen  qui,  cette  année,  nous  a très- 
bien  réussi  : il  consiste  à rabattre  toutes  les 
tiges  et  feuilles  de  la  plante  jusqu’au  pied. 
Après  le  jaunissement  des  feuilles,  elle  se 
remet  spontanément  en  végétation,  et  au  mo- 
ment où  nous  écrivons  nous  en  possédons  de 
superbes  touffes  ornées  une  seconde  fois  de 
leurs  grandes  feuilles  découpées  si  décora- 
tives et  de  plusieurs  hampes  à ombelles  blan- 
ches. 

T.  S.  {Vienne).  Le  nom  de  votre  plante  est 
Cornus  pubescens,  Nutt.  L’espèce  est  origi- 
naire de  l’Amérique  du  Nord  (Californie)  et 
parfaitement  rustique. 

^ Voir  description  et  figure  dans  la  Revue  hor- 
ticole, 1896,  p.  565. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur- Gérant  t L.  Bourguignon. 


CHRONÏQU.E  HORTICOLE. 


485 


CHRONIQUE  HORTICOLE 


Exposition  universelle  de  1900.  — Société  française  des  Ghrysanthémistes.  — Le  transport  des 
Raisins  frais  du  Midi  ; une  étrange  conséquence  de  la  création  des  colis  postaux  de  10  kilogs.  — 
Deutzia  corymbosa.  — A propos  des  Rosiers  nouveaux.  — Poire  Doijenné  Gy.  — La  Treille  du  Roi 
à Fontainebleau.  — Pelouses  mauritaniennes  et  gazons  lleuris.  — Les  badigeonnages  au  sulfate  de 
fer.  — Le  Washingtonia  robusta  et  la  pêche  du  saumon.  — Reine-Marguerite  à fleurs  duveteuses. 
Expositions  annoncées.  — Résistance  de  quelques  plantes  à la  gelée.  — Nomination  du  successeur  de 
M.  Lambin,  à Soissons.  — Nécrologie  : M.  W.-A . Stiles. 


Exposition  universelle  de  1900.  — Le 

Journal  officiel  vient  de  publier  la  liste  des 
membres  des  comités  d’admission  de  l’Ex- 
position universelle  de  1900.  Le  groupe  VIII 
(horticulture  et  arboriculture)  comprend 
les  six  classes  suivantes  : 

Classe  4‘3.  — Matériel  et  procédés  de  l’hor- 
ticulture et  de  l’arboriculture  ; 

Classe  44.  — Plantes  potagères  ; 

Classe  45.  — Arbres  fruitiers  et  fruits  ; 

Classe  46.  — Arbres,  arbustes,  plantes  et 
fleurs  d’ornement  ; 

Classe  47.  — Plantes  de  serre  ; 

Classe  48.  — Graines,  semences  et  plants  de 
l’horticulture  et  des  pépinières. 

Nous  publions  plus  loin  les  noms  des 
membres  des  comités  d’admission  du 
groupe  VIII. 

Société  française  des  chrysanthé- 
mistes.  — Dans  une  de  ses  dernières 
séances  le  comité  administratif  a décidé 
d’allouer  des  subventions  aux  sociétés  affi- 
liées qui  organisent  cette  année  des  expo- 
sitions de  Chrysanthèmes. 

Une  grande  médaille  d’or  sera  décernée 
par  vote  du  Congrès  au  chrysanthémiste 
ayant  fait  faire  le  plus  de  progrès  aux 
chrysanthèmes. 

Une  médaille  d’or,  une  grande  de  ver- 
meil, et  une  d’argent  seront  attribuées  aux 
semeurs  ayant  obtenu  le  plus  de  certificats 
dans  les  réunions  du  Comité  floral. 

Enfin  une  médaille  d’or  sera  attribuée 
comme  prix  à la  personne  qui  aura  étudié 
la  larve  qui  fait  tant  de  mal  aux  Chrysan- 
thèmes, et  qui  aura  indiqué  un  moyen  sûr 
de  s’en  débarrasser. 

Voici  les  certificats  décernés  par  le  comité 
floral  dans  sa  dernière  réunion  : 

M.  Chantrier,  de  Bayonne,  pour  Reine  Na- 
thalie etVille  Clausthal. 

M.  Calvat  de  Grenoble,  pour  Général 
Pâquié. 

M.  Délaux  de  Toulouse,  pour  Panaché  de 
Délaux. 

1er  NOVEMBRS  1897. 


^ M.  de  Reydellet,  de  Valence,  pour  Madame 
Fortuné,  Madame  Alexandre  de  Reydellet, 
Mademoiselle  Beau. 

Rappelons  que  le  Congrès  des  cbrysan- 
thémistes  aura  lieu  à Orléans  du  6 au  8 
novembre  ; et  disons  à ce  propos,  que  la 
Compagnie  P.-L.-M.  suivant  l’exemple  de 
l’État,  de  l’Orléans, de  l’Ouest  et  du  Nord,  a 
accordé  50  % de  réduction  aux  congres- 
sistes se  rendant  à Orléans. 

Le  transport  des  Raisins  frais  du  Midi. 

— Le  Président  de  la  Société  d’agriculture 
de  l’Hérault  vient  de  signaler  à M.  Noble- 
maire,  directeur  de  la  Compagnie  P.-L.-M., 
ce  fait  vraiment  curieux  que  1,000  kilogr. 
de  Raisins  frais  transportés  à Paris  en 
grosses  expéditions  coûtent  aujourd’hui 
plus  cher  que  si  ces  1,000  kilogr.  sont 
transportés  en  100  colis  de  10  kilogr.  C’est 
une  conséquence  de  la  création  récente  des 
colis  postaux  de  10  kilogr. 

Voici  d’ailleurs  la  lettre  par  laquelle 
M.  Ch.  Jamme  a signalé  le  fait  à M.  Noble- 
maire  : 

Monsieur  le  directeur, 

La  Société  centrale  d’agriculture  de  l’Hé- 
rault désire  appeler  votre  attention  sur  une 
question  d’une  importance  particulière  dans 
notre  département.  Il  s’agit  du  transport  des 
Raisins  frais  qui,  chaque  année,  pendant  près 
de  deux  mois,  nécessite  la  formation  à Mont- 
pellier d’un  train  spécial,  de  trente  à quarante 
wagons  en  moyenne  de  Raisins,  provenant  de 
la  commune  et  de  quelques  villages  voisins,  à 
destination  de  Paris. 

Depuis  le  mois  dernier,  la  nouvelle  loi  rela- 
tive aux  colis  postaux  a fixé  à 1 fr.  25  pour 
10  kilogr.  (soit  125  fr.  par  tonne),  le  prix  de 
transport  des  colis  isolés  pour  les  destinations 
les  plus  lointaines  et  les  plus  diverses.  Elle  ap- 
pelle impérieusement  la  révision  des  tarifs  ac- 
tuels qui,  pour  les  expéditions  les  plus  impor- 
tantes, sont  encore  de  159  fr.  75  pour  le 
simple  voyage  direct  de  Montpellier  à Paris. 

Déjà  l’abaissement  progressif  du  prix  de 

21 


486 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


vente  des  Raisins,  sur  le  marché  parisien, 
compromettait,  chaque  année  davantage,  la 
continuation  de  ces  importantes  expéditions. 
Elles  cesseraient  forcément  si  elles  devaient 
être  encore  soumises  à un  tarif  qui  est  supé- 
rieur de  20  à 30  0/0  à celui  qui  est  perçu  pour 
les  moindres  envois  de  10  kilogr.  (lesquels 
empruntent  même,  le  plus  souvent,  les  ré- 
seaux de  deux  ou  trois  Compagnies,  pour  un 
parcours  bien  plus  long). 

On  ne  comprendrait  pas  du  reste  que,  pour 
jouir  des  plus  bas  prix  de  transport,  l’expédi- 
teur en  soit  réduit  à l’obligation  (aussi  compli- 
quée qu’onéreuse  pour  les  Compagnies  et 
pour  lui),  de  diviser  ses  envois  pour  chaque 
wagon,  en  3 ou  400  colis  de  10  kilogr.,  ce  qui, 
à 3 déclarations  d’expédition  ou  d’octroi  par 
colis,  représenterait,  journellement,  de  30  à 
40,000  feuilles  au  moins  pour  ce  seul  train. 

Il  est  certain  que,  si  les  tarifs  actuels  n’étaient 
pas  ramenés,  pour  les  plus  grandes  distances, 
au-dessous  de  ce  tarif  maximum  de  125  fr.  par 
tonne,  le  producteur  serait  obligé  de  renoncer 
à l’expédition  des  Raisins  de  bouche  et  devrait 
les  porter  à la  cuve.  Là,  transformés  en  vin,  ils 
ne  constitueraient  qu’un  tonnage  sensiblement 
moindre  à un  tarif  bien  plus  réduit  encore. 

Dans  l’espoir  que  vous  voudrez  bien,  Mon- 
sieur le  directeur,  donner  une  solution  satis- 
faisante à cette  question,  qui  intéresse  au 
même  degré  la  viticulture  méridionale  et  les 
Compagnies  de  chemin  de  fer,  je  vous  prie 
d’agréer,  etc. 

Le  Président,  Ch.  Jamme. 

Les  observations  présentées  par  l’hono- 
rable Président  de  la  Société  d’agriculture 
de  l’Hérault  sont  trop  justes  pour  qu’il  n’en 
soit  pas  tenu  compte,  et  pour  qu’on  ne 
révise  pas  au  plus  tôt  les  tarifs  généraux  de 
transport  des  Raisins  frais  et  de  toutes  les 
denrées  agricoles. 

Deutzia  corymbosa.  — Nous  avons  dit, 
dans  l’article  publié  le  16  octobre  1897  dans 
la  Revue  horticole  sur  le  Deutzia  corym- 
bosa,  que  trois  plantes  différentes  portaient 
ce  nom. 

Celle  qui  a été  figurée  et  décrite  sous  ce 
nom  dans  le  dernier  numéro  de  la  Revue 
horticole  est  dénommé  D.  corymbiflora, 
par  M.  Lemoine,  de  Nancy. 

L’exemplaire  qui  a été  reproduit  dans 
la  Revue  provenaitdes  cultures  de  M.  Geor- 
ges Boucher,  164,  avenue  d’Italie,  à Paris, 
qui  a multiplié  la  plante  en  grande  quantité 
et  l’a  mise  au  commerce,  sous  le  nom  de 
D.  corymbiflora,  que  lui  avait  donné 
M.  Lemoine.  C’est  cet  exemplaire,  même 
plante,  qui  avait  été  présenté  à la  So- 
ciété nationale  d’horticulture  de  France  par 
M.  Maurice  de  Vilmorin. 


Ajoutons  que  nos  réserves  relativement  à 
la  nomenclature  de  ce  Deutzia  n’étaient  que 
trop  ju&tifiées,  car  nous  venons  d’apprendre 
que  M.  Franchet  le  rapporterait  à une  espèce 
nouvelle  du  Se-tchuen  (Chine)  qu’il  a nom- 
mée D.  setchuenensis. 

A propos  des  Rosiers  nouveaux.  — A 
la  suite  de  l’article  publié  dans  la  Revue 
horticole  du  16  octobre  dernier  sur  les 
« Rosiers  nouveaux  pour  1897  »,  on  nous 
a signalé,  comme  des  omissions  regrettables, 
quelques  très-bonnes  variétés  de  Roses  qui 
n’avaient  pas  été  mentionnées  dans  l’article, 
et  qui  cependant  sont  annoncées  dans  le 
commerce  comme  étant  des  nouveautés  de 
1897.  On  nous  a cité,  entre  autres  : les 
Roses  Madame  René  Berge,  Souvenir  de 
Catheidne  Guillot,  Reina  Maria  Cristina, 
Captain  Christy  panaché. 

Il  n’y  a eu  aucune  omission  de  notre  part 
à leur  sujet  : ces  variétés  ont  été  obtenues 
en  1896.  Mais  pour  qu’il  n’y  ait  pas  de 
confusion  dans  l’esprit  de  nos  lecteurs,  nous 
devons  leur  dire  qu’à  côté  des  semeurs,  il  y 
a les  horticulteurs  qui,  vendant  les  Rosiers 
en  grandes  quantités,  ne  les  annonçent 
comme  nouveautés  qu’un  certain  temps 
après  que  les  semeurs  les  ont  annoncés 
eux-mêmes. 

Sur  les  catalogues  de  ces  horticulteurs, 
ces  Rosiers,  qui  ont  souvent  plus  d’un  an 
de  date,  sont  naturellement  présentés  comme 
nouveaux  à leur  clientèle  pour  l’année  cou- 
rante, parce  que  c’est  la  première  fois  qu’ils 
lui  sont  présentés,  et  leur  valeur  a le  mé- 
rite d’avoir  été  préalablement  contrôlée. 

Comme  les  descriptions  des  variétés  dé- 
signées ci-dessus  n’ont  pas  été  données 
dans  la  Revue  horticole  au  moment  de  leur 
apparition,  nous  les  donnons  aujourd’hui  : 

M.  Auguste  Ghantin,  83,  rue  de  l’Ami- 
ral-Mouchez,  à Paris,  a décrit  en  ces  termes 
la  Rose  Madame  René  Berge  : 

Rosier  Madame  René  Berge.  — Cette  va- 
riété, jugée  très-remarquable  par  tous  les  ama- 
teurs qui  l’ont  examinée,  est  issue  de  la  Rose 
Merveille  de  Lyon.  La  fleur,  grande,  globu- 
leuse, pleine,  bien  formée,  de  coloris  rose 
tendre  satiné,  est  portée  haut  sur  un  pédon- 
cule robuste,  se  tenant  bien  verticalement.  La 
plante  est  vigoureuse,  florifère,  remontante, 
jusqu’aux  gelées. 

Cette  variété  a été  obtenue  par  M David, 
jardinier  à Savigny-sur-Orge,  qui  m’en  a cédé 
l’édition.  Elle  a été  dédiée  par  M.  David  à 
Mme  René  Berge,  fille  du  Président  de  la  Ré- 
publique, alors  que  M.  Félix  Faure  était  seu- 
lement député. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


487 


M.  Paillet  fils,  pépiniériste-paysagiste  au 
Val  de  Ghâtenay,  près  Sceaux  (Seine),  ayant 
vu  fleurir  chez  lui  une  vingtaine  de  Rosiers 
nouveaux  de  l’automne  1896,  a décrit  en 
ces  termes  les  deux  variétés  suivantes,  toutes 
deux  de  la  section  des  Thés  : 

Reina  Maria  Cristina  (Aldrufen,  1896).  — 
Fleur  jaune  fortement  orangée,  centre  jaune 
carminé,  moyenne  ou  grande,  pleine,  globu- 
leuse, s’ouvre  bien  ; arbuste  moyen,  très-flori- 
fère. 

Souvenir  de  Catherine  Guillot  (P.  Guillot, 
1896).  — Fleur  qui  varie  du  rouge  capucine 
carminé  au  jaune  indien  carminé,  sur  fond 
jaune  orange,  grande,  pleine,  bouton  allongé, 
très-odorante  ; arbuste  vigoureux,  très-flori- 
fère. 

M.  Letellier  fils,  à Caen  (Calvados),  con- 
tinuera à offrir  son  obtention  de  1896  : 

Captain  Christy  panaché.  — Donne,  au 
printemps  et  à l’automne,  des  fleurs  parfaite- 
ment panachées  ; les  pétales,  très-frisés,  sont 
lignés  de  rose  vif,  et  même  de  rouge,  sur  fond 
rose.  L’arbuste  est  très-vigoureux, 

M.  Letellier  annoncera  pour  l’automne 
1898  une  Rose,  qu’il  dit  magnifique,  et 
qu’il  dédiera  à la  belle-fille  de  M.  Pierre 
Oger,  le  rosiériste  caennais  bien  connu  : 

Madame  Arthur  Oger.  — Arbuste  excessi- 
vement vigoureux,  fleur  énorme,  d’un  très- 
grand  effet,  pleine,  bien  faite  ; beau  coloris 
rose  vif,  revers  des  pétales  glacé  et  satiné  de 
rose  tendre,  extra.  Issue  de  Madame  Isaac 
Péreire. 

Poire  Doyenné  Gy.  — M.  Lansezeur, 
de  Rennes  (Ille-et-Vilaine),  annonce  cet 
automne  une  Poire  nouvelle  pour  le  com- 
merce, mais  qu’il  a pris  soin  d’étudier  pen- 
dant plusieurs  années  avant  de  l’adopter 
définitivement.  Les  premiers  fruits  de  cette 
Poire,  cueillis  en  1895,  à 500  mètres  au 
plus  du  bord  de  la  mer,  sur  un  Poirier 
surgreffé  de  Duchesse  sur  Cognassier, 
furent  dégustés  au  Comité  d’arboriculture 
de  la  Société  nationale  d’horticulture  de 
France,  dans  sa  séance  du  28  novem- 
bre 1895.  Leur  qualité  fut  jugée  bonne  et 
l’obtenteur  fut  encouragé  à en  mettre  la 
variété  au  commerce,  surtout  si  elle  se 
reproduisait  sous  le  volume  du  plus  gros 
des  deux  fruits  envoyés.  Depuis,  le  volume 
et  la  saveur  du  fruit  ont  continué  à s’amé- 
liorer sous  l’influence  d’un  climat  plus  con- 
tinental. Ces  qualités,  fixées  aujourd’hui. 


mettent  les  amateurs  en  présence  d’une 
bonne  obtention  méritant  d’être  propa- 
gée. 

La  Treille  du  Roi  à Fontainebleau.  — 

La  vente  aux  enchères  du  Raisin  de  la  fa- 
meuse treille  du  Roi,  au  jardin  du  château 
de  Fontainebleau,  a produit  cette  année 
3,583  francs  au  lieu  de  870,  chiffre  de  l’an 
dernier.  Les  30,000  grappes  cueillies  cette 
année  formaient  137  lots  de  25  à 30  kilos 
chacun.  Ce  joli  résultat  est  dû  en  partie 
aux  soins  particuliers  dont  le  nouveau  jar- 
dinier en  chef  du  palais,  M.  Gauthier,  avait 
entouré  cette  année  la  treille.  Les  Raisins 
étaient,  par  une  toile  spéciale,  garantis 
contre  les  ravages  des  guêpes  et  des  moi- 
neaux. 

Pelouses  mauritaniennes  et  gazons 
fleuris.  — Plusieurs  de  nos  confrères  de 
la  presse  horticole  se  préoccupent  en  ce 
moment  des  « Gazons  fleuris  » mais  en 
les  désignant  sous  le  nom  de  « Pe- 
louses mauritaniennes  ».  Nos  confrères 
se  posent  en  même  temps,  sans  la  ré- 
soudre, la  question  de  savoir  d’où  pro- 
vient ce  dernier  vocable.  Notre  article  du 
16  juillet  1891,  dont  nous  reproduisons  ici 
la  substance,  a déjà  donné  la  solution  du 
problème  : En  1891,  lors  de  l’exposition 
de  Moscou,  un  restaurant  Mauresque 
était  établi  dans  le  parc  de  Pétrowsky. 
Le  propriétaire  de  ce  restaurant  eut  l’idée 
de  semer  des  parties  dénudées  du  jardin 
avec  un  mélange  de  plantes  annuelles  à flo- 
raison estivale.  L’effet  de  ce  « tapis  de 
Turquie  » en  fleurs  fut  tellement  goûté  du 
public  que,  depuis  cette  époque,  les  mar- 
chands-grainiers  russes  vendent  des  mé- 
langes, préparés  à l’avance,  de  plantes  le 
mieux  appropriées  à ce  genre  de  décoration  : 
Clarkia^  Collinsia,  Crépis,  EschschoUzia, 
Leptosiphon,  Linaria,  Malope,  Nemo- 
phila,  Nigella,  Papaver,  Silene,  etc.  Il  va 
de  soi  que  des  gazons  de  cette  sorte  ne 
peuvent  être  appropriés  qu’à  des  jardins 
d’un  style  éminemment  paysager.  Le  nom 
de  « pelouses  mauritaniennes  » vient  donc 
de  ce  que  ces  sortes  de  pelouses  ont  été 
inaugurées  par  le  patron  d’un  restaurant 
« mauresque  ».  Nous  avons  traité  à fond  de 
l’établissement  et  de  la  composition  des 
gazons  fleuris,  en  1891,  dans  la  Revue 
horticole  L 

• 'Soiv  Revue  horticole,  1891,  pp.  321,428,  et  462. 


488 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


Les  badigeonnages  au  sulfate  de  fer. 
— On  a beaucoup  vanté,  depuis  1894,  les 
badigeonnages  aux  solutions  de  sulfate  de 
fer  comme  protégeant  la  Vigne  contre  les 
maladies  cryptogamiques  et  même  contre 
la  chlorose.  L’engouement  a été  tel  qu’on  a 
été  jusqu’à  appliquer  ce  traitement  aux 
arbres  fruitiers. 

En  4896  % la  Revue  horticole  faisait 
connaître  le  résultat  négatif  du  badigeon- 
nage des  plaies  de  taille  de  la  Vigne  avec 
une  solution  de  sulfate  de  fer  à 40  p.  400. 
Cette  année  ‘,  elle  mentionnait  un  traite- 
ment plus  normal,  proposé  par  M.  Croque- 
vieille,  consistant  dans  l’incorporation  au 
sol  de  500  à 4,000  kilos  de  sulfate  de  fer 
par  hectare,  et  en  un  badigeonnage  hiver- 
nal des  souches  avec  une  solution  à 
40  p.  400. 

Aujourd’hui,  les  Annales  de  la  Société 
d*histoire  naturelle  et  d'horticulture  de 
VHérault  publient  une  communication  de 
M.  E.-P.  Roussel,  vice-président  de  la  So- 
ciété, intéressante  à cet  égard  que,  si  elle 
fait  faire  un  pas  de  plus  vers  la  solution  de 
la  question,  le  résultat  n’est  pas  des  plus 
merveilleux  quant  à l’emploi  du  sulfate  de 
fer  sur  les  arbres  fruitiers. 

M.  Roussel  a badigeonné  ses  arbres, 
troncs  et  branches,  avec  une  solution  de 
sulfate  de  fer,  et  a réussi  de  cette  façon  à 
les  guérir  de  la  chlorose.  Mais  le  badigeon- 
nage a été  opéré,  non  seulement  sur 
l’écorce,  mais  aussi  sur  les  plaies  de  taille  : 
sections,  crans,  incisions,  etc.  Voici  ce  qui 
est  arrivé  : 

Dès  le  départ  de  la  végétation,  l’extré- 
mité des  branches  rabattues  s’est  desséchée 
sur  une  longueur  de  2 à 5 centimètres. 
Autour  des  crans  et  incisions,  des  bandes 
d’écorce  se  sont  desséchées  et  séparées  de 
l’aubier  par  suite  de  la  pression  exercée 
par  les  bourrelets  de  sève  que  la  végétation 
amenait  là  pour  recouvrir  les  surfaces  corro- 
dées. Or,  on  sait  que  ces  sortes  d’exostoses 
sont  des  refuges  à vermine. 

Le  remède  serait  donc,  pour  les  arbres 
fruitiers,  pire  que  le  mal.  Seulement, 
M.  Roussel  oublie  de  dire  quelle  dose  de 
sulfate  de  fer  il  a exactement  employée  ; 
c’est  cependant  là  un  point  de  la  plus 
haute  importance,  attendu  qu’une  même 
solution  pourra  ne  pas  être  nocive  sur  la 
Vigne,  tandis  qu’elle  le  sera  sur  le  Pom- 
mier ou  sur  le  Poirier.  En  voici  un 

1 Voir  Revue  horticole,  1896,  p.  224. 

~ Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  147. 


exemple,  tiré  de  l’emploi  du  sulfate  de 
cuivre  : cet  été,  après  avoir  pulvérisé  notre 
Vigne  à la  bouillie  bourguignonne  glycé- 
rinée,  nous  avons  voulu  finir  de  l’employer, 
sans  diminuer  le  dosage  cuprique,  sur  des 
Poiriers  Doyenné  d'hiver  dont  les  fruits  se 
tavelaient  fortement.  La  proportion  de  sul- 
fate de  cuivre  était  de  2 p.  400.  Elle  avait 
produit  un  excellent  effet  sur  la  Vigne.  Cet 
effet  fut  bon  sur  les  Poires,  mais  les  feuilles 
furent  outrageusement  grillées  et  tom- 
bèrent prématurément. 

Le  Washingtonia  robusta  et  la  pêche 
du  saumon.  — Nous  recevons  de  M.  Auguste 
Chantin,  horticulteur  à Paris,  une  com- 
munication relative  à un  emploi  des  pé- 
tioles du  Washingtonia  qui,  pour  n’avoir 
pas  d’application  pratique  dans  notre  pays, 
n’en  offre  pas  moins  un  intérêt  de  cu- 
riosité : 

Les  fortes  épines  aplaties  qui  bordent  les 
pétioles  du  Washingtonia  rohusta  donnent  à 
ces  pétioles  l’aspect  de  scies  à grosses  dents, 
de  scies  à scier  la  pierre  tendre.  Ces  pétioles, 
coupés  à longueur  convenable,  sont  employés 
par  les  indiens  de  Californie  à la  chasse  du 
saumon  très  abondant  et  de  forte  dimension 
dans  le  Rio-Sacramento  et  ses  affluents. 

L’indien,  armé  de  son  pétiole,  plonge  à l’en- 
droit où  il  aperçoit  une  file  de  saumons,  donne 
rapidement  un  coup  de  pétiole  denté  à trois  ou 
quatre  poissons  et  remonte  pour  respirer  et 
replonger  de  nouveau.  Les  poissons  blessés, 
impuissants  à continuer  leur  course,  oscillent 
immédiatement  et  s’élèvent  à la  surface  de 
l’eau  où  ils  sont  saisis  par  d’autres  indiens. 

A défaut  de  pétiole  de  Washingtonia,  l’in- 
dien se  sert  pour  la  pêche  du  saumon  d’une 
lame  de  scie;  mais,  quand  il  le  peut,  il  donne 
toujours  sa  préférence  au  pétiole  de  Washing- 
tonia qui  fait  au  poisson  des  blessures  moins 
profondes  et  suffisantes. 

Reine-Marguerite  à fleurs  duveteuses. 

— Nous  lisons  dans  le  Gartenfiora  qu'un 
horticulteur  d’Erfurt,  M.  J.  G.  Schmidt,  a 
obtenu  une  Reine-Marguerite  à fleurs  du- 
veteuses ; la  structure  des  ligules  qui  com- 
posent ces  fleurs  est  analogue  à celle  des 
Chrysanthèmes  duveteux,  c’est-à-dire  que 
ces  ligules,  très -allongées,  sont  finement 
découpées  latéralement  par  une  quantité 
infinie  d’échancrures  qui  leur  donnent 
l’aspect  de  plumes  frisées.  Cette  curieuse 
obtention,  sortie  de  la  race  Comète  géante, 
a obtenu  une  grande  médaille  d’argent  à 
l’Exposition  de  Hambourg,  et  serait  déjà 
recherchée  pour  le  commerce  de  la  fleur 
coupée. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


489 


EXPOSITIONS  ANNONCÉES  ^ 

Bordeaux,  du  6 au  10  novembre.  — La 
Société  d’horticulture  de  la  Gironde  organise 
une  exposition  spéciale  de  Chrysanthèmes, 
qui  aura  lieu  à Bordeaux,  sur  la  terrasse  du 
Jardin  public,  du  6 au  10  novembre.  Le  pro- 
gramme comprend  8 concours  pour  les  plantes 
en  pots,  et  2 concours  pour  les  fleurs  cou- 
pées. 

Les  demandes  d’admission  devront  être 
adressées  à M.  R.  Morain,  secrétaire  général 
de  la  Société,  rue  du  Palais-Gallien,  8,  à Bor- 
deaux. 

Lisieux,  du  21  au  22  novembre.  — La  So- 
ciété d’horticulture  et  de  botanique  du  Centre 
de  la  Normandie  organise  une  exposition  de 
produits  horticoles,  qui  comprendra  surtout  les 
Chrysanthèmes,  les  fleurs  et  les  fruits  de  saison, 
et  qui  se  tiendra  à Lisieux,  du  21  au  22  no- 
vembre. 

Il  ne  sera  pas  établi  de  programme  de  con- 
cours, la  plus  grande  latitude  étant  laissée  au 
Jui’y  pour  attribuer  les  récompenses,  qui  con- 
sisteront en  objets  d’art,  médailles  d’or,  de 
vermeil,  d’argent,  de  bi’onze  de  différents  mo- 
dules, ouvrages  d’horticulture,  etc. 

Les  exposants  devront  se  faire  inscrire  chez 
M.  Léopold  Bertre,  président  de  la  Société  ou 
chez  M.  Degrenne,  sécrétaire  général,  à Li- 
sieux. 

Modification  de  date  de  l’Exposition  de 
Chrysanthèmes  de  Troyes.  — M.  Charles 
Ballet  nous  informe  que  la  Société  horticole, 
vigneronne  et  forestière  de  l’Aube  a définiti- 
vement fixé  à la  date  du  13  au  15  novembre 
l’exposition  de  Chrysanthèmes,  fleurs  de 
saison,  bouquets  et  gerbes,  qui  avait  été  an- 
noncée d’abord  comme  devant  avoir  lieu  du 
4 au  7 novembre.  S’adresser  à M.  Demandre, 
secrétaire  général  de  la  Société,  à Troyes 
(Aube). 

Résistance  de  quelques  plantes  à la 
gelée.  — Notre  correspondant  M.  Micheli 
nous  écrit  de  Genève  : 

((  L’hiver  a fait  dans  nos  régions  une  in- 
vasion aussi  brusque  qu’intempestive  par 
un  gel  de  près  de  4 degrés  dans  la  nuit  du 
8 au  9 Octobre.  Nos  jardins  ont  ainsi  subi- 
tement perdu  leur  brillante  parure.  C’est 
d’autant  plus  dommage,  que,  depuis  lors, 
le  temps,  redevenu  doux  et  clément,  est  ex- 
ceptionnellement favorable  à la  floraison 

‘ La  Revue  horticole  annonce  les  expositions 
générales  ou  partielles  dont  le  programme  est 
adressé  au  Rédacteur  en  chef,  26,  rue  Jacob, 
Paris. 


automnale.  Peut-être  y a-t-il  de  l’intérêt  à 
signaler  quelques  plantes  qui,  sans  être 
absolument  rustiques,  ont  traversé  victo- 
rieusement cette  épreuve  et  continuent  à 
fleurir. 

((  dénommerai  d’abord  \e  lùiiphofia  Lei- 
chllini,  une  des  plus  jolies  espèces  du 
genre,  très- florifère  à partir  de  la  fin  de 
l’été.  Aujourd’hui  encore  une  seule  plante 
porte  une  vingtaine  d’épis  écarlates  en  plein 
épanouissement. 

« La  Lavatera  Crestiana,  hybride  nou- 
veau dont  j’ai  déjà  eu  l’occasion  de  parler, 
continue  à fleurir  aussi  bien  que  les  Mauves 
indigènes. 

((  Enfin  le  Linaria  triornithophora  du 
Portugal,  dont  les  fleurs  sont,  je  crois,  les 
plus  grandes  du  genre,  n’a  pas  plus  souffert 
que  les  plantes  précédentes. 

((  Peut-être  cette  immunité  relative  est- 
elle  due  en  partie  à l’extrême  sécheresse  de 
Tair,  la  gelée  ayant  succédé  à des  journées 
de  vent  du  Nord  violent.  » 

Nomination  du  successeur  de  M.  Lam- 
bin, à Soissons.  — Notre  estimé  collabo- 
rateur, M.  Charles  Grosdemange,  chef  des 
pépinières  du  Muséum,  vient  d’être  nommé 
professeur  de  la  Société  d’horticulture  de 
l’arrondissement  de  Soissons,  en  remplace- 
ment du  regretté  M.  Lambin. 

Nos  lecteurs  connaissent  depuis  longtemps 
la  valeur  scientifique  et  pratique  de  M.  Gros- 
demange. Sur  le  nouveau  théâtre  où  nous 
sommes  heureux  de  le  voir  placé,  il  trou- 
vera un  milieu  sympathique.  Il  pourra, 
sans  entraves,  développer  ses  qualités  d’ob- 
servateur et  porter  la  bonne  parole  dans  la 
région  où  son  prédécesseur  avait  déjà  semé 
les  traditions  de  la  véritable  horticulture 
progressive. 

Nécrologie  : M.  W.  A.  Stiles.  — Le  ré- 
dacteur en  chef  du  grand  journal  américain 
Garden  and  Forest,  M.  "William  Stiles,  est 
mort  le  6 octobre  à Jersey-City,  à l’âge  de 
soixante  ans.  D’une  science  très-étendue  et 
très-variée,  il  avait  été  pour  le  professeur 
Ch.  Sargent,  directeur  du  journal,  un  très- 
précieux  collaborateur,  et  l’horticulture, 
l’art  des  jardins,  le  soin  et  la  protection  des 
parcs  publics  et  des  forêts  nationales 
étaient  les  objets  de  ses  travaux  incessants. 
M.  Stiles  laissera  de  très-vifs  regrets  à tous 
ceux  qui  l’ont  connu  et  ont  rendu  justice  à 
ses  éminentes  qualités. 

Éd.  André. 


490 


LE  BONDUG  DU  CANADA. 


LE  BONDUG  DU  CANADA 

(Gymnocladus  dioica  ’). 


Cet  arbre  magnifique,  qui  est  répandu 
dans  un  grand  nombre  de  jardins  et  de 
parcs,  et  qui  a été  apporté  des  États-Unis 


en  France  il  y a plus  d’un  siècle  et  demi, 
est  si  rarement  vu  en  fleurs,  que  la  plupart 
des  pépiniéristes  qui  le  'cultivent  seraient 


Fig.  148.  — Bonduc  du  Canada  {Gymnocladus  dioica). 
Exemplaire  mâle  dans  le  jardin  botanique  d’Angers. 


fort  embarrassés  si  on  leur  demandait  la 
forme  et  la  couleur  de  celles-ci.  La  raison 

^ Gymnocladus  dioica,  K.  Koch,  DendroL,  I,  5, 
1869.  — G.  canadensis^  Lam.,  Encycl.  method. 
I,  773,1783.  — Guilandina  dioica^  h.Sp..  I,  381, 
1753.  — Hyperanthera  divica,  Vahl,  Symbol., 
I,  31,  1790. 


en  est  simple  : l’arbre  ne  fleurit  pas  avant 
d’être  adulte  et  souvent  même  avant  d’être 
vieux.  Ses  racines  pivotantes  le  rendent 
d’une  transplantation  difficile.  Quand  il  re- 
prend, il  ((  boude  » souvent  et  reste  plu- 
sieurs années  sans  pousser  vigoureuse- 
ment, mais  quand  il  a pris  le  dessus  et 


LE  BONDUG  DU  CANADA. 


491 


qu’on  l’a  planté  dans  une  terre  riche, 
fraîche  et  profonde,  il  devient  vite  un  végé- 
tal superbe. 

On  jugera  de  la  beauté  de  son  port  par 
le  dessin  ci-joint  (fig.  148),  fait  d’après  une 
photographie  qui  nous  a été  gracieusement 
communiquée  par  M.  Bouvet,  directeur  du 


jardin  botanique  d’Angers.  L’arbre  est  un 
exemplaire  mâle  situé  près  des  grandes  serres, 
tout  auprès  du  buste  que  la  reconnaissance 
des  botanistes  a élevé  à la  mémoire  d’un 
maître  vénéré,  M.  Bureau,  dont  je  m’honore 
d’avoir  été  l’élève.  Chaque  année,  au  prin- 
temps, on  voit  cet  arbre  se  couvrir,  en  même 


Fig.  149.  — Bonduc  du  Canada  {Gymnocladus  dioica). 

Inflorescence  mâle  terminale  entre  deux  feuilles  (1/2  grandeur  naturelle). 

à droite,  fleur  mâle  . . I grandeur  naturelle, 
à gauche,  fleur  femelle  ) 


temps  qu’il  développe  ses  feuilles,  d’une 
profusion  de  grappes  thyrsoïdes  de  fleurs 
dressées,  d’un  gris  blanchâtre  peu  brillant, 
mais  assez  gracieuses  par  leur  forme  et 
leur  port. 

A un  mèlre  du  sol,  cet  exemplaire  mesure 
2 mètres  de  circonférence,  et  sa  hauteur 


totale  est  de  20  mètres.  Sa  plantation  doit 
remonter  à la  création  du  Jardin,  en  1789, 
où  plutôt  à 1791,  époque  à laquelle  Merlet- 
la-Boulaie  prit  la  direction  de  cet  établisse- 
ment et  s’occupa  activement  de  sa  plantation. 
Dans  une  Notice  sur  les  végétaux  les  plus 
intéressants  du  jardin  des  plantes  d'An- 


492  LA  SÉLECTION  DES  BOUTURES  ET  LE  PÉLARGONIUM  MADAME  SALLERON. 


gers,  Bastard,  en  1810,  attribue  au  gros 
Cèdre  du  jardin  26  à 28  ans,  ce  qui  ferait, 
pour  aujourd’hui,  113  ou  115  ans.  Or, 
M.  Bouvet  croit  ce  Bonduc  contemporain 
du  Cèdre  son  voisin. 

On  ne  reconnaîtrait  pas  dans  le  Bonduc,  à 
première  vue,  un  arbre  de  la  famile  des  Légu- 
mineuses. Mais  cette  famille,  comme  on  sait 
renferme  trois  sections,  les  Papilionacées, 
les  Mimosées  et  les  Césalpiniées.  C’est  à 
cette  dernière  division  qu’appartient  le  Bon- 
duc.  Ses  fleurs  (fig.  149)  régulières  sur  les 
individus  femelles,  ont  l’aspect  des  mâles 
en  ce  qui  concerne  les  pétales  et  les  sépales, 
mais  leur  ovaire  s’allonge  bientôt  en  une 
longue  et  large  gousse  rappelant  un  peu 
celles  des  Gleditschia  et  contenant  des 
graines  ovoïdes  à testa  très  dur.  Nous  en 
connaissons  quelques  exemplaires  femelles, 
entre  autres  un  sujet,  jeune  encore,  situé 
dans  le  jardin  deM^^eHélye,  à Bléré  (Indre- 
et-Loire),  qui  se  couvre  de  gousses  chaque 
année. 

Le  Bonduc  {Gymnocladus  dioica)  forme  un 
arbre  de  20  à 30  mètres  de  hauteur,  avec  un 
tronc  de  60  centimètres  à 1 mètre  de  dia- 
mètre ; il  pousse  droit  d’abord  et  se  subdivise 
souvent  ensuite  en  deux  ou  trois  grosses 
branches  érigées  qui  forment  un  ensemble  un 
peu  étroit  et  pyramidal.  Son  écorce  gris  noi- 
râtre est  profondément  fissurée,  rugueuse  sur 
toute  la  hauteur,  excepté  les  jeunes  pousses 
qui  sont  lisses.  Les  feuilles,  très-belles,  sont 
longues  de  40  centimètres  à 1 mètre  ; elles  se 
composent  de  pétioles  arrondis,  renflés  à la 
base  et  de  folioles  larges  et  distantes,  ovales- 
aiguës,  d’abord  pubescentes  puis  glabres,  de- 
venant d’un  jaune  clair  à l’automne.  Les  fleurs 
sont  terminales,  en  grappes  dressées,  thyr- 
soïdes,  à ramifications  grêles  portant  de  petits 
bouquets  de  fleurs  gris  blanchâtre  à sépales  et 
pétales  poilus  en  dessous.  Les  gousses  atteignent 
15  à 25  centimètres,  de  longueur  sur  25  à 
35  de  large  et  contiennent  des  graines  obo- 
vales,  comprimées  â testa  et  albumen  osseux 
et  cotylédons  orangés. 

LA  SÉLECTION  DES  BOUTURES  ET 

Notre  excellent  confrère,  M.  Émile  Ro- 
digas,  ayant  employé  cette  année,  à l’École 
d’horticulture  de  Gand,  deux  ou  trois  cen- 
taines de  pieds  du  Pélargonium  zoné  Ma- 
dame Salleron,  en  a remarqué  quelques- 
uns  qui  présentaient  des  modifications 
constituant  ce  qu’il  appelle  « le  premier 
pas  vers  le  retour  au  type  ».  Les  feuilles, 
au  lieu  d’être  franchement  arrondies,  y 
sont  beaucoup  plus  découpées  ; les  plantes 


Le  Bonduc  habite  une  région  assez  éten- 
due dans  l’Amérique  du  Nord  sans  qu’on  le 
trouve  jamais  en  nombreuses  colonies.  Il 
se  rencontre  sur  les  bords  des  lacs  Cayuga 
et  Geneva,  dans  l’état  deNew-York,  dans  le 
comté  de  Franklin  en  Pensylvanie  ; vers 
l’ouest  il  s’avance  vers  l’Ontario  du  sud  et 
le  Michigan  du  sud  jusqu’à  la  rivière 
Minnesota  ; puis  vers  Test  du  Nebraska  et  du 
Kansas  et  le  sud-ouest  de  l’Arkansas.  On 
le  voit  encore  non  loin  du  territoire  des 
Indiens,  et  au  sud  entre  les  monts  Alle- 
ghanies  et  le  Mississipi  jusqu’au  milieu 
du  Tennessee.  On  peut  dire  qu’il  se  trouve 
là  seulement  à l’état  sporadique,  en  exem- 
plaires isolés.  Toujours  il  choisit  les  terrains 
les  plus  riches  et  les  plus  profonds,  en  com- 
pagnie des  Hickoris  {Cargo),  des  Noyers, 
{Jugions  nigra),  des  Ormes  fauves  {Ulmus 
fulva)  et  autres  beaux  arbres. 

Son  bois,  sans  être  très-dur,  est  cepen- 
dant fort,  dense,  à grains  assez  gros,  très- 
durable  s’il  est  en  contact  avec  le  sol.  On  le 
travaille  facilement  et  il  prend  un  beau 
poli  sur  une  couleur  d’un  beau  brun  clair 
teinté  de  rouge,  d’après  l’étude  faite  par 
le  professeur  Charles  Sargent. 

Le  Gymnocladus  dioica^  mentionné 
d’abord  par  Linné  en  1742  comme  crois- 
sant à Paris,  était  donc  introduit  depuis 
longtemps  en  France  lorsqu’il  fut  décrit  par 
Duhamel  du  Monceau  dans  son  traité  des 
arbres  en  1765.  Aiton  raconte  qu’il  était 
cultivé  en  Angleterre  en  1748  par  le  duc 
d’Argyll.  Il  est  assez  répandu  maintenant. 

Aux  États-Unis,  on  le  connaît  sous  le 
nom  populaire  de  Café  du  Kentucky,  à 
cause  de  ses  graines  qui  furent  quelquefois 
torréfiées  et  utilisées  comme  un  café  infé- 
rieur. Mais  il  faut  s’en  tenir  à son  véritable 
mérite,  qui  est  celui  d’un  arbre  de  haute 
valeur  ornementale  et  d’une  parfaite  rus- 
ticité. 

Ed.  André. 

LE  PÉLARGONIUM  SALLERON 

sont  moins  trapues,  d’un  port  moins  com- 
pact, et  enfin  donnent  quelques  fleurs 
rouges,  tandis  que  le  P.  Madame  Salleron 
vrai  ne  fleurit  jamais. 

Un  retour  plus  accentué  au  type  réside 
dans  une  découpure  encore  plus  profonde 
des  feuilles  et  dans  une  déperdition  de  pa- 
nachure  blanche.  Ici,  la  floraison  se  pro- 
duit encore  plus  facilement  que  dans  le 
premier  cas,  et  la  forme  originelle  qui  a 


CULTURE  DES  HORTENSIAS. 


493 


donné  naissance  au  P.  Madame  Salleron 
s’accuse  nettement,  son  port  indiquant  une 
énergie  vitale  en  raison  directe  de  la  dimi- 
nution de  la  panachure. 

Ces  diverses  remarques,  consignées  dans 
le  Bulletin  d* arboriculture  de  Gand, 
nous  incitent  à faire  connaître  le  résultat 
de  nos  observations  personnelles  sur  le 
même  sujet. 

Nous  employons,  tous  les  ans,  depuis 
1889,  à l’asile  Sainte-Anne,  de  1,000  à 
1,200  pieds  du  Pélargonium  zoné  Madame 
Salleron.  Non  seulement  nous  avons  re- 
marqué parmi  eux,  de  temps  à autre, 
quelques  pieds  présentant  les  particula- 
rités signalées  par  M.  Pvodigas,  mais  nous 
les  avons  multipliés  à part,  par  boutures 
prises  sur  des  rameaux  de  plus  en  plus 
((  emballés  »,  florifères  et  verdissants.  Nous 
avons  ainsi  obtenu  la  forme  originelle  du 
P.  Madame  Salleron.  Cette  forme  n’est 
autre  que  le  P.  Manglesii  ou  Mangles'  va- 
riegated,  que  l’on  cultivait  en  Angleterre 
vers  1855  et  dont  l’emploi  se  répandit  d’ail- 
leurs en  France  depuis.  D’ailleurs,  le 
P.  Madame  Salleron  a été  obtenu  d’un 
rameau  compact  du  P.  Manglesii  par 
M.  Mathieu,  jardinier  chez  M.  Salleron,  à 
Melun,  en  1877. 

Ce  n’est  pas  tout.  En  continuant  à 
prendre  sur  la  forme  originelle  ainsi  re- 
constituée, des  boutures  présentant  tou- 
jours en  excès  les  caractères  de  dégénéres- 
cence, nous  avons  obtenu  un  Pélargonium 
dont  la  description  correspond  assez  exac- 
tement à celle  d’une  forme  du  P.  zonale 
type,  que  les  Anglais  désignèrent,  vers 
1830,  sous  le  nom  de  P.  Fothergillii,  et 
qui  dût  être  l’origine  de  la  race  Nosegay. 
En  continuant  ainsi  à faciliter,  par  une  sé- 

CULTURE  DEl 

Des  amateurs,  frappés  de  la  grande  diffé- 
rence de  végétation  entre  mes  Hortensias 
(fig.  150),  qu’ils  ont  vus  à l’Exposition  des 
Tuileries,  et  ceux  que  l’on  trouve  ordinaire- 
ment sur  les  marchés,  m’ont  demandé  com- 
ment j’obtenais  de  pareils  résultats.  C’est 
avec  plaisir  que,  par  la  voie  de  la  Revue 
horticole,  je  me  rends  à leur  désir. 

Education.  — Tout  d’abord,  les  bou- 
tures d’Hortensias  se  peuvent  faire  indiffé- 
remment au  printemps  comme  en  été, 
mais  c’est  déjà  une  condition  de  bonne  cul- 
ture que  de  pratiquer  cette  opération  dès  le 
, mois  de  mai,  sous  cloches  et  sur  couche  tiède. 


lection  <c  à l’envers  » le  retour  au  type,  on 
pourrait  arriver  à reconstituer  l’espèce 
même  du  Pélargonium  zonale.  Mais  si,  au 
contraire,  on  a choisi,  dans  le  P.  Madame 
Salleron  vrai,  les  rameaux  ayant  une 
tendance  à se  raccourcir  et  à porter  des 
feuilles  plus  arrondies  et  plus  panachées  de 
blanc,  on  a dû  arriver  à en  obtenir  une 
forme  qui  doit  être  un  perfectionnement  au 
point  de  vue  horticole. 

Quelquefois,  le  chemin  à parcourir  se 
trouve  brusquement  raccourci  par  ce  qu’on 
appelle  un  « sport  » ou  « accident  fixé  ». 
Un  rameau  présente  tout  à coup  la  forme 
cherchée  : on  le  détache,  on  le  bouture,  on 
le  multiplie.  Il  ne  restera  plus,  dans  l’ave- 
nir, qu’à  se  méfier  des  velléités  qu’il 
pourra  avoir  de  « retourner  au  type  ». 

Nous  possédons  d’ailleurs,  depuis  peu  de 
temps,  une  modification,  dr  ns  le  bon  sens, 
du  P.  Madame  Salleron  : c’est  la  variété 
Couronne  d’argent,  obtenue  par  MM.  Ri- 
voire  père  et  fils,  de  Lyon.  Il  est  même 
probable  qu’elle  ne  tardera  pas  à prendre  le 
pas  sur  son  ancêtre. 

La  sélection  des  boutures  ne  produit  pas 
toujours  des  effets  aussi  prompts  et  aussi 
tangibles  que  ceux  dont  nous  venons  de 
parler.  Mais  nos  observations  n’en  vien- 
nent pas  moins  fortifier  les  conclusions  de 
M.  Émile  Rodigas,  qui  sont  elles  mêmes 
conformes  à celles,  d’ordre  plus  général, 
qu’émettait  M.  S.  Mottet  dans  un  récent 
article  paru  dans  la  Revue  horticole  à 
savoir  que  la  bouture  hérite  des  imper- 
fections comme  des  qualités  du  sujet,  et 
que,  par  conséquent,  la  sélection  des  bou- 
tures est  une  règle  qui  s’impose  toutes  les 
fois  qu’il  s’agit  de  multiplication  par  voie 
de  sectionnement.  H.  Dauthenay. 

HORTENSIAS 

Lorsque  la  reprise  des  boutures  est 
bien  assurée,  on  peut  les  mettre  en  pots  ou 
bien  en  pleine  terre.  C’est  encore  une  con- 
dition du  succès,  et  même  la  principale, 
que  de  préférer  la  pleine  terre.  Sous  le 
climat  parisien,  les  Hortensias  demandent 
la  terre  de  bruyère  sableuse.  Cependant,  à 
Versailles,  dans  certains  sables  sains  et 
onctueux,  les  Hortensias  réussissent  à la 
condition  qu’au  sol  soit  incorporée  une 
certaine  quantité  de  terreau  de  feuilles. 
Dans  tous  les  cas,  le  calcaire  doit  être  ri- 

* Voir  Revue  /lor/icoZe,  1897,  p.  428. 


494 


CULTURE  DES  HORTENSIAS. 


goureusement  évité  ; il  faut  donc,  pour 
les  arrosements,  ne  se  servir  des  eaux  de 
puits  que  lorsqu’on  s’est  assuré,  par  des 
expériences  préalables,  qu’elles  ne  nuisent 
pas  à la  végétation  des  plantes  ; la  plupart 
des  eaux  de  puits  de  la  région  parisienne 
sont  fortement  saturées  de  carbonate  de 
chaux,  mais  on  peut  avoir  la  chance  de 
puiser  de  l’eau  à un  puits  ayant  sa  nappe 
dans  une  couche  argileuse  ; dans  ce  cas, 
l’eau  est  plutôt  saturée  de  sulfate  d’alumine, 
de  sulfate  ou  d’oxyde  de  fer,  et  ce  sont  là 


précisément  des  éléments  favorables  à la 
culture  de  l’Hortensia. 

Les  jeunes  plantes,  une  fois  repiquées 
en  pleine  terre  de  bruyère,  sont  bassinées 
deux  fois  par  jour  ; on  leur  fait  subir  un 
pincement  vers  la  fin  du  mois  d’août  ; on 
les  lève  et  on  les  met  en  pots  à l’approche 
de  l’hiver,  puis  on  les  hiverne  en  serre 
froide  ou  sous  châssis.  Il  importe  d’aérer  et 
de  donner  le  plus  de  jour  possible. 

Après  ce  premier  hivernage,  les  plantes 
sont  dépotées  et  remises  en  pleine  terre, 


Fig.  150.  — Hydrangea  Hortensia,  spécimen  de  belle  culture. 


comme  l’année  précédente.  On  les  taille  en 
même  temps  sévèrement  ; il  est  même 
permis  de  dire  qu’il  s’agit  d’un  « rabattage  », 
car  on  ne  doit  conserver  que  la  base  de  la 
tige  en  réservant  seulement  les  deux 
meilleurs  yeux  de  cette  base.  Il  repousse 
donc  un  nouveau  bois  sur  lequel  se  comp- 
teront plus  tard  7,  8,  et  jusqu’à  10  rami- 
fications. On  ne  conservera  que  les  cinq 
ou  six  mieux  constituées,  car,  pour 
obtenir  de  belles  et  grandes  fleurs,  on  ne 
doit  garder  que  cinq  ou  six  panicules  sur 
chaque  pied  ; les  autres  ramifications  sont 


pincées  à trois  ou  quatre  feuilles  tout  au 
plus. 

Dans  le  cours  de  la  végétation,  il  im- 
porte de  ne  pas  laisser  les  rameaux  s’al- 
longer démesurément  ; il  suffit,  pour  cela, 
de  modérer  les  arrosements  vers  le  mois 
de  juillet.  Cette  précaution  est,  de  plus, 
indispensable  pour  que  les  plantes  puissent 
« prendre  le  bouton  »,  c’est-à-dire  pour 
que  la  floraison,  vivement  sollicitée  par 
une  fatigue  momentanée,  atteigne  son 
maximum  de  préparation  par  la  production 
d’un  très-grand  nombre  de  boutons  à fleurs. 


CULTURE  DES  HORTENSIAS. 


495 


Vers  la  fin  d’août  ou  au  commencement 
de  septembre,  les  plantes  sont  de  nouveau 
mises  en  pots,  de  15  à 18  centimètres  selon 
leur  force  ; il  faut  avoir  soin  de  ne  pas  les 
effeuiller,  et  de  les  placer  à l’ombre  pour 
que  l’action  du  soleil  ne  les  fatigue  pas  pen- 
dant la  période  de  reprise.  On  bassine  deux 
fois  par  jour,  et  l’on  arrose  tant  qu’il  en  est 
besoin.  Cette  période  dure  une  quinzaine 
de  jours. 

Lorsque  la  reprise  est  complètement  ter- 
minée, on  cesse  les  arrosages  afin  que  le 
bois  s’aoûte  et  que  les  feuilles  tombent. 
On  hiverne  sous  châssis,  mais  de  préfé- 
rence en  serre  froide.  Plus  encore  que  dans 
l’hivernage  de  première  année,  il  importe 
d’aérer  le  plus  possible  ; sans  cette  pré- 
caution, les  boutons  floraux  seraient  bientôt 
envahis  par  la  pourriture.  La  lumière 
diffuse  est  nécessaire  aussi,  mais  on  ne 
saurait  trop  insister  sur  ceci,  que  le  jour 
est  insuffisant  si  l’on  n’y  joint  pas  le  plus 
d’air  possible. 

Les  plantes  sont  donc  ainsi  dans  leur 
période  de  repos,  pendant  la  première 
partie  de  l’hiver  ; elles  entrent  naturelle- 
ment en  végétation  au  printemps,  et  si  l’on 
ne  veut  obtenir  la  floraison  qu’en  saison 
normale,  il  suffit  simplement  de  seconder 
la  végétation  en  ne  chauffant  que  juste 
assez  pour  empêcher  l’action  du  froid. 
Dans  ce  cas,  une  température  constante 
d’environ  8 à 10  degrés  suffit  à entretenir 
la  croissance  des  plantes  et  à en  déterminer 
la  floraison. 

Forçage.  — Mais  si  l’on  désire  obtenir 
des  Hortensias  de  bonne  heure,  il  faut 
brusquer  la  cessation  du  repos  au  moyen 
du  forçage.  Il  faut  compter  de  deux  mois 
et  demi  à trois  mois  entre  la  mise  en  végé- 
tation et  l’épanouissement  des  fleurs.  Sup- 
posons, par  exemple,  que  vous  teniez  à 
avoir  vos  Hortensias  pour  la  Saint-Joseph, 
le  19  mars,  c’est  vers  le  10  janvier  qu’il 
faudra  déterminer  le  départ  de  la  végétation 
en  chauffant  la  serre  à une  température  de 
15  à 20  degrés.  Le  chauffage  n’empêche 
pas  l’aération  toutes  les  fois  que  la  tempé- 
rature extérieure  le  permettra  ; bien  au 
contraire,  pour  les  Hortensias  comme  pour 
tous  les  végétaux  auxquels  la  serre  est  in- 
dispensable, le  secret  de  leur  conservation 
réside  souvent  dans  une  bonne  ventilation. 

Coloris.  — Ce  n’est  pas  tout  que  de 
chercher  à obtenir  des  Hortensias  bleus,  il 
faut  aussi  que  le  coloris  en  soit  brillant  et 
uniforme  ; rien  n’est  plus  laid,  en  effet, 
qu’une  panicule  colorée  seulement  en  bleu 


sur  une  partie,  en  rose  sur  l’autre,  verte  au 
centre,  avec  des  nuances  intermédiaires 
indécises,  qui  en  rendent  tout  bonnement 
le  coloris  terne.  Il  faut  aussi  que  les  fleurs 
soient  grandes  et  autant  que  possible  épa- 
nouies en  même  temps. 

Tous  ces  résultats  sont  obtenus  à la  fois 
par  les  moyens  suivants  : 

1»  En  pratiquant  le  deuxième  rempotage, 
— qui  précède  l’hivernage  de  deuxième 
année,  — laver  entièrement  les  racines  et 
les  radicelles,  de  manière  qu’il  n’y  adhère 
plus  une  parcelle  de  la  terre  dans  laquelle 
les  plantes  ont  passé  l’été.  Les  rempoter 
immédiatement  dans  un  compost  suffisam- 
ment ferrugineux.  Ce  compost  est  toujours 
à base  de  terre  de  bruyère  sableuse,  à 
laquelle  on  mêle  ; ^ 

Cendre  de  mâchefer  pilé.  10  p.  100 


Sulfate  de  fer 3 — 

Poudrette 5 — 


ou  bien  encore  : 

Ardoise  pilée 10  p.  100 

Sulfate  de  fer 3 — 

Ammoniaque 1 — 

On  arrose  enfin  deux  fois  par  semaine 
avec  de  l’eau  saturée  de  sulfate  de  fer  à rai- 
son de  deux  à trois  grammes  par  litre. 

2°  Proportionner  autant  que  possible  l’aé- 
ration à la  lumière.  Il  faut  d’autant  moins 
donner  d’air  que  le  jour  est  plus  sombre. 
Par  contre,  il  faut  d’autant  plus  aérer  qu’il 
y a plus  de  soleil  si,  pendant  qu’il  fait  soleil, 
la  gelée  n’interdit  pas  d’ouvrir  les  châssis. 


^ Quelques  horticulteurs,  pour  obtenir  des  résul- 
tats certains,  n’emploient  exclusivement  que  de  la 
terre  provenant  du  sol  des  ardoisières,  riche  en 
sulfate  d’alumine.  L’effet  produit  par  l’ardoise  pilée 
n’a  d’ailleurs  d’autre  cause  que  la  présence,  dans 
cette  ardoise,  de  25  à 35  p,  100  d’alumine,  et  de 
6 à 12  p.  100  de  sulfate  et  d’oxyde  de  fer.  La 
potasse  y entre  aussi  pour  environ  4 p.  100. 

C’est  encore  grâce  à la  présence  combinée  du 
sulfate  et  de  l’oxyde  de  fer  avec  l’alun  (sulfate 
double  d’alumine  et  de  potasse)  que  certaines 
terres  argileuses  produisent  naturellement  la  colo- 
ration bleue  de  THortensia. 

On  sait  d’ailleurs  que  l’alun  du  commerce  est 
extrait  de  l’argile  plastique  ou  de  l’argile  à pote- 
ries au  moyen  d’un  lessivage  opéré  sur  ces  argiles 
réduites  en  poussière  par  une  dessication  préa- 
lable. 

On 'obtient  aussi  une  belle  coloration  bleue  de  la 
fleur  de  l’Hortensia  en  introduisant  dans  la  terre 
du  fond  du  pot,  au  moment  du  rempotage,  une 
pincée  de  petits  morceaux  d’alun.  Mais,  dans  ce 
cas,  il  faut  être  certain  que  la  terre  employée 
n’en  contient  pas,  par  elle-même,  une  proportion 
déjà  suffisante.  En  outre,  cela  ne  dispense  pas  des 
arrosements  au  sulfate  de  fer  et  à l’engrais  humain 
dilué.  (H.  D.) 


496 


CHOUX  b’niVER  frisés  et  choux  panachés  d’ornement. 


Spécimens  en  godets.  — On  s’est  extasié 
devant  ces  monstrueuses  fleurs  de  Chry- 
santhèmes ou  ôiHijdvangca  Hortensia, 
Otaksa  ou  autres,  portées  par  une  courte 
et  simple  tige  émergeant  d’un  petit  godet. 
Rien  n’est  plus  simple  à ol)tenir.  Prenez 
les  pincements  que  vous  avez  retirés  des 
rameaux  qui  faisaient  confusion,  choisissez- 
en  ceux  qui  ont  le  hois  le  plus  gros  (ceux- 
là  possèdent  sûrement  le  houton  à fleurs), 
préparez-les  en  boutures,  que  vous  repiquez 
en  godets  ; placez  ces  godets  h letouffée, 
sous  cloches  et  sur  couche  chaude.  La 


reprise  en  sera  eflectuée  au  bout  de  huit 
jours  et  vous  obtiendrez  peu  de  temps  après 
une  floraison  superbe.  Dans  ce  cas,  si  vous 
voulez  qu’elle  soit  bleue,  les  boutures 
doivent  être  repiquées  en  terre  ferrugineuse 
et  provenir  de  pieds-mères  qui  ont  été  eux- 
mêmes  cultivés  dans  cette  même  terre. 

Enfin,  pour  s’adonner  à cette  culture 
particulière,  il  est  nécessaire  de  posséder 
des  pieds-mères  très-vigoureux,  au  bois 
très- gros,  et  que  l’on  aura  préalablement 
élevés  dans  ce  sens  par  l’action  des  engrais. 

Georges  Boucher. 


CHOUX  D’HIVER  FRISÉS  ET  CHOUX  PANACHÉS  D’ORNEMENT 


Chacun  connaît  l’extrême  variabilité  du 
Chou  cultivé  et  la  facilité  avec  laquelle  il 
se  transforme  et  se  modifie  sous  l’influence 
de  la  culture  et  de  la. sélection.  Dès  la  plus 
haute  antiquité,  ses  qualités  nutritives  et  sa 
plasticité  ont  été  reconnues  et  utilisées  par 
toutes  les  populations  habitant  les  rivages 
de  la  Méditerranée;  il  ressort  de  textes  ab- 
solument certains  que  les  anciens  connais- 
saient non  seulement  les  Choux  verts  à 
feuilles  comestibles,  mais  aussi  plusieurs 
variétés  de  Choux  cabus  ou  pommés. 

Dans  les  temps  modernes,  les  variations 
ont  pris  encore  plus  de  diversité  et  d’am- 
pleur ; ce  n’est  plus  seulement  la  feuille  qui 
s’est  modifiée  de  différentes  façons,  mais  la 
tige  (dans  le  Chou  moellier  et  dans  le  Chou- 
Rave),  la  racine  (dans  le  Chou-Navet  et 
dans  le  Rutabaga),  qui  sont  devenues  char- 
nues et  comestibles,  c’est  l’ensemble  de 
l’inflorescence  qui,  se  raccourcissant  et 
s’épaississant  à la  fois,  en  est  venu  à for- 
mer une  tête  tendre  et  délicate  qu’on  ap- 
pelle la  pomme  du  Chou-fleur  et  qui  cons- 
titue un  excellent  légume. 

Je  ne  saurais  dire  exactement  à quelle 
époque  ont  pris  naissance  les  variétés  de 
Choux  à feuilles  frisées  et  quelquefois  pa- 
nachées dont  la  planche,  excellemment 
dessinée  et  peinte  par  M.  E.  Godard,  don- 
nera une  idée  plus  juste  et  plus  précise  que 
toutes  les  descriptions  que  j’en  pourrais 
faire.  Toutes  rentrent  dans  la  série  des 
formes  du  Chou  dont  la  feuille  est  la  partie 
utile,  et  c’est  en  effet  dans  la  diversité  de 
forme  et  la  variété  de  coloris  des  feuilles 
que  réside  tout  leur  mérite  ornemental. 

Dans  beaucoup  de  pays  d’Europe,  sur- 
tout dans  les  contrées  du  Nord,  les  Choux 
frisés  sont  largement  cultivés  comme  lé- 
gume ; leur  grande  rusticité  leur  permet  de 


continuer  à fournir  de  la  nourriture  verte 
lorsqu’aucune  autre  plante  n’est  capable  de 
supporter  les  rigueurs  du  froid.  Il  existe 
quelques-uns  de  ces  Choux  qui  supportent 
des  périodes  d’abaissement  de  la  tempéra- 
ture allant  jusqu’à  20®  au-dessous  de  zéro 
sans  en  paraître  affectés.  Tels  sont  les 
Choux  frisés  vert  et  violet,  soit  grands 
(ceux  qui  accompagnent  à droite  et  à gauche 
le  Chou  palmier,  lequel  occupe  le  centre  du 
massif  figuré  sur  la  planche),  soit  nains 
(ceux  qui,  alternés,  constituent  la  bordure 
du  même  massif). 

L’idée  est  venue  à quelques  jardiniers  du 
siècle  passé  d’utiliser  cette  résistance  excep- 
tionnelle au  froid  pour  tirer  parti  de  ces 
Choux  en  qualité  de  plantes  ornementales 
pour  les  garnitures  d’hiver  ; mais  on  ne  peut 
pas  se  dissimuler  que,  réduits  à ces  seuls 
éléments  dont  on  disposait  alors,  les  massifs 
ou  corbeilles  ainsi  composés  eussent  pré- 
senté un  aspect  bien  sévère  et  bien  sombre  ; 
de  là  est  venue  la  recherche  de  variations 
offrant  une  coloration  plus  vive  et  plus  va- 
riée, recherche  qui  a été  promptement 
couronnée  de  succès. 

Il  s’est  trouvé,  parmi  les  Choux  frisés, 
comme  il  se  rencontre  aussi  dans  les  Choux 
potagers,  des  formes  dont  les  feuilles  se 
sont  striées,  marbrées  ou  bordées  de  cou- 
leurs autres  que  le  vert,  soit  de  blanc,  soit  de 
violet  plus  ou  moins  brunâtre,  soit  même 
de  rouge  ou  de  rose.  Ces  variations,  soi- 
gneusement conservées  et  fixées  par  la  sé- 
lection des  pieds  les  plus  richement  nuancés, 
ont  permis  d’obtenir  des  races  aujourd’hui 
tout  à fait  constantes  de  Choux  ornementaux 
d’hiver  à feuilles  diversement  colorées  et 
panachées. 

Ces  panachures,  par  un  assez  singulier 
phénomène  végétatif,  ne  sent  que  médio 


UfUi’  / /or(i<o/r 


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L 


Mas'sif  (le  choii.v  dhincr  i!  o/'ncnivnl 


CHOUX  d’hivër  frisés  et  choux  panachés  d’ornement. 


crement  apparentes  pendant  la  première  i 
période  de  développement  du  Chou  qui  les 
porte;  elles  deviennent  de  plus  en  plus  per- 
ceptibles à mesure  que  la  saison  s’avance 
et  prennent  surtout  leur  plus  vif  éclat  après 
que  les  gelées  ont  commencé  à se  faire  sen- 
tir ; les  panachures  se  détachent  alors  soit 
en  blanc  pur,  soit  en  rouge  violacé  ou  en 
rouge  vif,  sur  le  fond  vert  des  feuilles,  et 
donnent  aux  plantes  qui  les  portent  un  mé- 
rite décoratif  qui  ne  le  cède  guère  à celui 
des  Goléus.  Ce  sont  ces  variétés  qui,  dans 
la  planche  coloriée,  occupent  le  milieu  du 
groupe. 

D’autres  modifications  des  feuilles  con- 
tribuent à l’effet  décoratif  qu’on  peut  tirer 
des  Choux  frisés  d’hiver.  Comme  on  le 
fait  dans  un  bouquet  ou  dans  une  corbeille 
de  fleurs  coupées,  il  faut,  dans  un  massif 
vivant  disposé  dans  un  jardin,  mélanger  les 
masses  compactes  et  d’une  apparence  un 
peu  pesante  avec  les  rameaux  légers  et 
d’aspect  plus  on  moins  élancé.  Ce  résultat 
est  bien  indiqué  dans  la  planche  coloriée  : 
les  masses  faisant  la  base  du  massif  et  don- 
nant un  point  de  repos  pour  l’œil,  sont  les 
Choux  à feuillage  arrondi,  ramassé,  plutôt 
étalé  que  dressé,  parmi  lesquels  figureront, 
outre  les  variétés  déjà  citées  : le  Chou 
extra-frisé,  demi-nain  vert  (à  droite  du 
Chou  panaché  rouge),  dont  les  feuilles 
plutôt  courtes,  très-frisées  et  très-arrondies 
rappellent  tout  à fait  la  plume  d’autruche 
héraldique,  et  le  Chou  de  Mosbach  (non 
figuré)  à feuilles  encore  plus  larges  et  plus 
gaufrées  d’un  vert  clair,  un  peu  jaunâtre, 
qui  tranche  agréablement  sur  la  verdure 
beaucoup  plus  foncée  des  autres  variétés. 
Ce  dernier,  il  faut  le  dire,  quoique  bien 
rustique,  ne  supporte  pas  la  même  inten- 
sité de  froid  que  les  autres  variétés  nom- 
mées jusqu’ici. 

Il  en  est  de  même  du  Chou  Palmier 
figuré  au  centre  même  du  groupe  et  for- 
mant la  tête  de  la  pyramide  que  représente 
la  planche;  son  nom  lui  vient  de  la  forme 
de  ses  feuilles  gaufrées  et  cloquées,  mais 
non  déchiquetées,  dont  l’ensemble  forme 
un  panache  ressemblant  un  peu  comme 
effet  d’ensemble  à la  couronne  de  frondes 
du  Palmier-Dattier.  Originaire  de  l’Ilalie 
centrale  où  on  l’appelle  simplement  Chou 
noir  {Cavolo  nero),  le  Chou  Palmier  est  une 
bonne  variété  comestible  en  même  temps 
qu’ornementale,  mais  elle  peut  succomber 
quelquefois  aux  hivers  rigoureux  du  nord 
de  l’Europe.  Là  donc,  où  de  grands  froids 
seront  à prévoir,  il  sera  sage  d’exclure  de 


497 

la  composition  des  massifs  d’hiver  le  Chou 
de  Mosbach  et  le  Chou  Palmier. 

D’autres  variétés,  les  Choux  laciniés  et 
les  Choux  prolifères,  contribuent  à l’élé- 
gance et  à la  variété  des  groupes  qu’on 
peut  obtenir  par  la  culture  des  Choux  d’hi- 
ver, les  uns  par  la  grande  finesse  et  la  légè- 
reté de  leurs  feuilles  découpées  en  petites 
lanières  presque  filiformes  et  d’une  grande 
légèreté  (on  en  voit  une  plante,  à moitié 
cachée,  tout  à droite  de  la  figure,)  les  au- 
tres, par  la  curieuse  conformation  de  leur 
feuillage,  où  les  nervures  principales  se 
couvrent  d’appendices  foliacés,  frisés,  gau- 
frés, qui  multiplient  la  surface  colorée.  Les 
Choux  frisés  prolifères  sont  presque  tou- 
jours en  même  temps  panachés  de  blanc  ou  de 
rouge  et  rivalisent  d’éclat  avec  les  Choux 
frisés  panachés  proprement  dits. 

Comment,  pour  tirer  des  Choux  orne- 
mentaux d’hiver  tout  l’effet  pittoresque 
qu’ils  sont  capables  de  donner,  doit-on  les 
préparer  et  les  employer?  C’est  ce  qu’il  est 
temps  d’indiquer. 

Le  mois  de  juin  est  l’époque  la  plus  favo- 
rable au  semis  des  Choux  destinés  à former 
des  massifs  pour  l’hiver.  On  doit  les  semer 
en  pépinière  dans  un  coin  du  potager  et,  au 
cours  de  l’été,  les  contreplanter,  à demi- 
ombre,  dans  une  de  ces  parties  écartées  du 
jardin  où  se  préparent  et  s’élèvent  les 
plantes  qui  doivent  tour  à tour  figurer  dans 
l’ornementation  des  parties  plus  en  vue.  Ce 
laboratoire  d’élevage  doit  être  d’autant  plus 
étendu  qu’il  doit  suffire  à la  décoration  de 
corbeilles  et  plates-bandes  plus  nombreuses 
et  plus  soignées.  Il  faut  compter  à peu  près 
cinq  Choux  d’ornement  par  mètre  carré, 
quand  on  les  mettra  définitivement  en  place, 
et  régler  sur  cette  proportion  le  nombre  de 
plants  qu’on  prépare  en  vue  de  l’hiver. 

Plusieurs  repiquages  effectués  au  cours 
de  l’été  ont  pour  résultat  de  rendre  les 
plants  plus  vigoureux  et  plus  rustiques. 
Ils  donnent  l’occasion  d’éliminer  ceux  qui 
s’annoncent  moins  beaux  et  moins  garnis 
que  les  autres,  et  de  conserver  des  diverses 
variétés  la  proportion  la  plus  avantageuse  à 
l’effet  décoratif  à obtenir. 

Ordinairement,  c’est  seulement  à l’au- 
tomne que  les  Choux  d’ornement  sont  mis 
en  place.  Ils  remplacent  dans  les  corbeilles 
les  ColeuSy  les  Bégonia,  les  Pélargonium 
ou  autres  plantes  molles  détruites  par  les 
premières  gelées,  ou  simplement  affaiblies 
par  le  manque  de  soleil  et  de  chaleur. 

Quand  les  Choux  ont  été  bien  soignés  et 
bien  préparés,  une  journée  suffit  pour  en- 


498 


l’oxalide  gorniculée. 


lever  les  plantes  d’été  qui  ont  fini  leur 
temps  et  pour  les  remplacer  par  les  Choux 
qui,  déjà  endurcis  par  les  déplantations 
successives,  se  lèvent  facilement  en  motte 
et  reprennent  racine  avec  une  extrême  faci- 
lité. 

On  a soin,  dans  la  plantation,  d’entre- 
mêler les  plantes  à feuillage  sombre  et  à 
feuillage  coloré,  à port  compact  et  à port 
léger  et  de  planter  au  bord  les  plus  naines, 
et  les  plus  élevées  vers  le  milieu. 

La  plantation  tardive  a cet  avantage,  que 
les  plantes  étant  alors  complètement  carac- 
térisées, on  peut  aisément  donner  à chacune 
la  place  qui  convient  le  mieux  en  vue  de 
l’effet  à obtenir.  Il  n’est  pas  possible  de 
donner  de  règle  fixe  à ce  sujet,  le  goût  et 
le  bon  sens  seront  les  meilleurs  guides.  Le 
massif  donné  en  modèle  par  M.  Godard  est 
très-bien  réussi  pour  un  petit  groupe  de  20 
à 25  plantes.  La  disposition  d’un  massif  de 
100  à 150  plantes,  comme  la  Ville  de  Paris 
en  a fait  quelquefois  dans  ses  squares, 
comporterait  des  effets  plus  variés. 

Il  ne  faut  pas  craindre  de  planter  un  peu 
serré  à l’automne,  car  à mesure  que  la 
mauvaise  saison  s’avance,  les  plantes  se  ré- 
duisent plutôt  qu’elles  ne  gagnent  en  dia- 
mètre. 

Il  est  à conseiller  de  conserver  dans  la 
pépinière  d’élevage  quelques  plants  en  ré- 
serve, soit  pour  remplacer  les  Choux  qu’un 
accident  viendrait  à défigurer,  soit  pour 
fournir  des  feuilles  détachées  en  vue  des 

L’OXALIDE 

Quoique  comptant  plus  de  220  espèces, 
abondantes  surtout  dans  les  régions  chaudes, 
le  Cap,  notamment,  le  genre  Oxalis  n’est 
représenté  en  France  que  par  trois  espèces  : 
VOxalis  AcetoseUa,  L.,  à fleurs  blan- 
ches et  qui  croît  dans  les  bois  ; F O.  stricta^ 
L.,  à fleurs  jaunes,  croissant  dans  les 
terres  cultivées  et  F O.  corniculata,  L., 
commun  dans  les  bois  ombreux,  qui  fait 
l’objet  de  cette  note. 

Tous  trois,  ou  au  moins  les  deux  pre- 
miers, sont,  à vrai  dire,  insignifiants  au 
point  de  vue  décoratif.  L’Oxalide  corniculée 
est  plus  intéressante,  sinon  par  sa  beauté, 
au  moins  par  sa  fréquence  à l’état  subspon- 
tané dans  certains  jardins  et  en  particulier 
par  sa  faculté  d’adaptation  à des  milieux 
excessivement  différents.  C’est  du  reste 
une  plante  que  les  botanistes  qualifient 
d’ubiquiste,  parce  qu’on  la  rencontre  par- 


garnitures  de  table,  après  que  les  feuillages 
d’été  ont  disparu.  On  peut  même  lever  en 
pot  et  utiliser  dans  la  décoration  des  appar- 
tements les  plus  jolis  des  Choux  frisés  et 
panachés,  mais  il  faut  alors  les  examiner 
souvent  et  les  tenir  très-propres,  car  la 
moindre  partie  gâtée  donne  une  odeur  dé- 
sagréable. 

Une  fois  bien  installés,  les  Choux  d’hiver 
persistent,  bravant  les  gelées  et  les  neiges 
jusqu’au  printemps,  où  ils  montent  à fleurs 
dès  le  mois  de  mars  et  font  à leur  tour  place 
aux  garnitures  de  printemps. 

Mais,  s’ils  résistent  aux  intempéries,  les 
Choux  d’ornement  redoutent  la  dent  des 
lapins  et  presque  au  même  degré  les  incur- 
sions de  la  volaille.  Un  léger  grillage,  dont 
la  partie  supérieure  se  renverse  en  dehors, 
est  une  défense  suffisante  contre  les  ron- 
geurs à quatre  pattes.  Contre  la  volaille,  il 
faut  une  surveillance  très-active  et  très- 
sévère. 

En  somme,  bien  cultivés  et  judicieuse- 
ment employés,  les  Choux  d’hiver  frisés  et 
panachés  constituent  une  ressource  vrai- 
ment décorative  et  intéressante  pour  les 
mois  d’hiver  où  la  rose  de  Noël  est  à peu 
près  seule  en  fleurs.  Ils  permettent  de 
rompre  un  peu  la  monotonie  des  gazons  et 
des  plantes  vertes,  soit  dans  les  petits  jar- 
dins de  ville,  soit  aux  abords  des  châteaux 
où  les  chasses  font  prolonger  un  peu  tard 
la  villégiature  d’hiver. 

Henry-L.  de  Vilmorin. 


tout,  quoique  plus  ou  moins  abondamment, 
il  est  vrai.  Son  aire  de  dispersion  s’étend 
sur  toutes  les  régions  tempérées  et  tropi- 
cales ; il  est  ainsi  remarquable  de  voir  une 
plante  s’accommoder  simultanément  des 
températures  tropicales  et  de  la  rigueur 
des  hivers  de  nos  climats  ; elle  modifie 
simplement  sa  durée.  Vivace  dans  les 
régions  où  il  peut  supporter  les  tempé- 
ratures les  plus  basses,  V Oxalis  cor- 
niculata devient  annuel  dans  celles  où  le 
froid  le  détruit  et  il  s’y  reproduit  alors  par 
ses  nombreuses  petites  graines.  Pour  notre 
part,  nous  avons  recueilli  cet  Oxalis  spon- 
tané sur  plusieurs  points  de  la  France,  et 
subspontané  dans  les  jardins  du  Midi,  dans 
ceux  des  environs  de  Paris  et  de  Londres  ; 
mais  l’endroit  le  plus  inattendu,  où,  comme 
nous,  beaucoup  de  personnes  ont  pu  le  re- 
marquer, est  dans  les  serres  à Orchidées, 


499 


l’oxalide  corniculée. 


sur  les  paniers  de  Cattleya,  Lælia  et  autres. 
Il  paraît  même  que  ce  n’est  pas  d’hier  qu’il 
s’y  est  installé,  car  un  amateur  nous  disait 
récemment  qu’il  l’avait  observé  il  y a plus  de 
trente  ans  dans  les  serres  du  Muséum.  Au- 
jourd’hui, il  existe  dans  la  plupart  des  serres 
à Orchidées  et  cette  indication  intéressera 
sans  doute  bon  nombre  d’orchidophiles  qui 
le  prennent  pour  un  petit  Trèfle,  venu  là 
avec  les  Orchidées  d’importation. 

Il  s’y  comporte  d’une  façon  différente 
de  celle  en  plein  air,  car  ses  tiges  sont 
grêles,  allongées,  parfois  pendantes  au-des- 
sous des  récipients  et  d’un  effet  assez 
agréable.  Peut-être  pourrait-on  tirer  parti 
de  cette  aptitude  en  l’utilisant  comme 
plante  à suspensions  ou  pour  former  des 
tapis  de  verdure.  Dire  s’il  est  utile  ou  nui- 
sible aux  Orchidées  en  compagnie  des- 
quelles il  vit,  est  embarrassant  et  sujet  à 
controverse.  En  tout  cas,  il  agrémente  la 
surface  des  paniers  de  sa  jolie  verdure  et 
conserve  peut-être  la  fraîcheur.  On  ne  s’en 
plaint  guère  que  parce  qu’il  est  envahissant. 

L’Oxalis  corniculata  rappelle  un  peu, 
par  son  aspect  extérieur,  le  Trèfle  blanc, 
en  pleine  terre  surtout,  car  ses  rameaux 
rampants  y restent  relativement  courts 
tandis  que  dans  les  serres  ils  s’allongent, 
deviennent  plus  grêles,  radicants,  et  attei- 
gnent jusqu’à  30  centimètres.  Ses  feuilles 
sont  assez  longuement  pétiolées  et  portent 
trois  folioles  articulées,  rétractiles,  profon- 
dément cordiformes  et  parsemées,  ainsi  du 
reste  que  toute  la  plante,  de  poils  blancs 
plus  ou  moins  abondants.  Ses  fleurs  sont 
jaunes,  petites,  disposées  en  petit  nombre 
(2  à 5)  en  ombelle  entourée  de  bractées,  au 
sommet  d’un  pédoncule  plus  court  que  les 
pétioles.  Il  leur  succède  des  petites  capsules 
herbacées  verdâtres  à cinq  angles,  longues 
de  1 centimètre  environ,  surmontées  de 
cinq  styles  étalés,  simulant  des  petites  cor- 
nes et  s’ouvrant  le  long  des  angles  pour 
laisser  échapper  leurs  graines.  Les  pédi- 
celles  sont  alors  très-étalés  ou  même  ré- 
fléchis, tandis  que  la  capsule  reste  dressée  ; 
les  botanistes  attachent  de  l’importance  à 
ce  caractère,  car  il  permet  de  reconnaître 
sûrement  la  plante  au  premier  examen. 

Il  fleurit  de  mai  à septembre  dans  les  jar- 
dins et  pendant  toute  l’année  dans  les  serres. 

VOxalis  corniculata  présente  une  variété 
atropurpurea  (fig.151),  à feuilles  pourpre 
brunâtre  foncé,  qui  ne  diffère  pas  autrement 
du  type,  mais  ce  seul  caractère  suffit  pour 
rendre  la  plante  très-distincte  et  la  faire  em- 
ployer pour  l’ornementation  des  jardins. 


Cette  variété  s’est  aussi  naturalisée  dans 
beaucoup  de  jardins  et  s’y  reproduit  adven- 
tivement,  souvent  en  compagnie  du  type,  y 
conserve  sans  dégénérer  sa  teinte  purpu- 
rine, aptitude  qui  l’a  fait  élever,  à tort,  au 
rang  d’espèce  par  certains  botanistes. 

h’Oxalis  corniculata  k îeuiWes  pourpres 
se  prête  à divers  emplois  horticoles.  Il  forme 
d’élégantes  bordures  naines  autour  des  pe- 
tites corbeilles,  de  charmants  tapis  et  il 
garnit  très-bien  la  surface  des  grands  vases, 
des  caisses  à Orangers  et  autres. 

Sa  grande  résistance  à la  sécheresse  per- 
met de  l’employer  pour  orner  les  ruines  et 
les  lieux  arides  ; il  convient  cependant  de 
l’exclure  des  rocailles,  de  crainte  qu’il  ne 
s’y  naturalise  et  n’envahisse  les  autres 
plantes.  Enfin,  grâce  à sa  taille  excessi- 
vement naine  et  à sa  teinte  particulière, 
qui  forme  un  contraste  saillant  avec  le  vert, 
le  jaune  ou  le  blanc  des  autres  plantes  em- 


Fig  151.  — Oxalis  corniculata 
foliis  atropurpureis. 


ployées  en  mosaïculture,  il  a trouvé  un  em- 
ploi judicieux  dans  ce  genre  de  décoration, 
où  sa  facilité  de  culture  et  de  multiplication 
tendent  encore  à le  faire  adopter. 

L’Oxalide  pourpre  graine  abondamment 
et  Ton  en  trouve  facilement  des  graines  dans 
le  commerce.  Il  suffit  de  semer  celles-ci  au 
printemps,  en  place,  mais  alors  très-clair, 
car  elles  sont  excessivement  fines,  de  les 
recouvrir  très-légêrement  d’un  peu  de  ter- 
reau et  d’éclaircir  au  besoin  les  plants  s’ils 
paraissent  trop  épais.  Les  plants  qu’on  ar- 
rache peuvent  du  reste  être  repiqués  ail- 
leurs et  Ton  peut  même  semer  en  pépi- 
nière d’attente  lorsque  l’endroit  auquel  on 
le  destine  n’est  pas  libre.  Enfin,  pour  l’em- 
ploi en  mosaïculture,  on  pourrait  avanta- 
geusement le  semer  en  godets,  afin  d’ob- 
tenir au  moment  de  la  plantation  de  celles- 
ci  des  plantes  aussi  fortes  que  les  autres  et 
faisant  un  effet  immédiat.  S.  Mottet. 


500 


POIRES  DIRECTEUR  HARDY  ET  JOYAU  DE  SEPTEMBRE. 


FLORAISON  DE  PLANTES  NOUVELLES 

ET  FRUCTIFICATIONS  REMARQUABLES  A LA  YILLA  THURET 


1°  Floraison  de  plantes  nouvelles 

L’une  de  ces  floraisons  est  une  conquête 
deM.  Ed.  André  dans  l’Amérique  du  Sud. 
C’est  V Anemopægma  clematideum^,  Bi- 
gnoniacée  grimpante,  à feuilles  trifoliolées, 
la  foliole  terminale  étant  assez  souvent  rem- 
placée par  une  vrille.  Ses  fleurs,  en  petites 
grappes  terminales,  sont  blanches,  tubu- 
leuses et  coudées  au-dessus  de  leur  inser- 
tion sur  le  pédoncule.  La  floraison  un  peu 
tardive  (en  septembre)  ne  permet  guère 
d’en  voir  mûrir  les  graines.  Je  considère  la 
plante  comme  demi-rustique  à la  villa  Thu- 
ret,  moins  bien  abritée  contre  le  froid  que 
d’autres  localités  de  nos  environs. 

Une  autre  nouveauté  qui  me  paraît  inté- 
ressante, est  le  Gomphocarpus  tcxtilis, 
dont  j’ai  reçu  les  graines  de  M.  Maurice  de 
Vilmorin,  avec  la  simple  dénomination  de 
Plante  textile  des  régions  équatoriales. 
Malgré  cette  provenance,  qui  pouvait  faire 
supposer  une  grande  exigence  de  chaleur, 
la  plante  s’est  montrée  parfaitement  rus- 
tique, même  tellement  rustique  qu’elle 
s’est  reproduite  d’elle -même,  sans  culture, 
de  graines  transportées  au  hasard  par  le 
vent.  Elle  se  naturalisera  probablement,  sans 
soins  particuliers,  dans  notre  région. 

C’est  réellement  une  jolie  plante  de 
plate-bande,  haute  d’un  mètre,  à feuilles 
lancéolées,  alternes  ou  plus  souvent  op- 
posées ou  irrégulièrement  ternées.  Son  mé- 
rite est  dans  sa  floraison  et  aussi  dans  sa 
fructification  très-originale,  ainsi  qu’on  va 
le  voir.  Les  fleurs,  en  larges  corymbes,  sont 
blanches,  mais  avec  les  cornets  intérieurs 
violets  ; quant  aux  fruits  qui  leur  suc- 
cèdent, ce  sont  de  grosses  vessies  hérissées 

1 h'  Anemopægma  clematideum  n’est  pas, 
comme  le  croit  M.  Naudin,  une  de  mes  décou- 
vertes dans  l’Amérique  du  Sud,  mais  une  de  mes 
introductions  en  Europe.  Je  l’ai  reçu  dans  un  en- 
voi venant  de  Cordoba  (République  argentine), 
grâce  à l’obligeance  de  M.  Ch.  Thays.  La  plante 
a également  üeuri  dans  mon  jardin  de  la  villa 
Colombia,  au  golfe  Juan.  (E.  A.) 


de  poils  mous,  pendantes,  en  forme  de  lan- 
ternes vénitiennes,  de  la  taille  d’un  gros 
œuf  de  poule  et  d’un  aspect  tout  à fait 
curieux.  A la  maturité  ils  s’ouvrent  et  le 
vent  en  disperse  les  graines,  longuement  et 
finement  aigrettées. 

Le  Gomphocarpus  textilis  a des  analogies 
et  même  une  certaine  ressemblance  avec  le 
G.  fruticosus,  arrivé  d’Orient  et  aujour- 
d’hui naturalisé  dans  divers  endroits  de  la 
région  méditerranéenne,  mais  il  s’en  dis- 
tingue par  une  floraison  beaucoup  plus 
élégante  et  par  la  grosseur  de  ses  fruits 
vésiculeux.  J’ai  lieu  de  croire  qu’il  sera  bien 
accueilli  par  nos  horticulteurs  fleuristes. 

Je  n’ai  trouvé  dans  les  livres  de  botanique 
que  je  possède  ici  [Botanical  Magazine^ 
Walpers  Repertorium  , etc,)  aucune  des- 
cription de  la  plante,  de  là  le  nom  de  textilis 
que  je  lui  ai  donné  un  peu  au  hasard.  Ce 
sera  peut-être  un  jour  une  plante  indus- 
trielle. 

2°  Fructifications  remarquables  à la  Villa 
Thuret,  en  1897. 

Notre  grand  et  énorme  Juhæa  specta- 
bilis^  du  Pérou  et  du  nord  du  Chili  a 
fructifié  abondamment  cette  année,  et  a 
produit  deux  volumineux  régimes,  qui 
ont  complètement  mûri  en  septembre.  C’est 
la  troisième  fructification  de  notre  arbre, 
âgé  aujourd’hui  d’environ  40  ans. 

Ce  qui  est  moins  ordinaire  et  m’a  causé 
une  certaine  surprise,  c’est  la  production 
de  graines  volumineuses  et  bien  conformées 
dans  les  cônes  d’un  grand  Araucaria  Bid-- 
willii,  qui  jusqu’à  ce  jour,  s’était  montré 
exclusivement  feuillu.  Ces  énormes  cônes, 
dont  la  grosseur  est  celle  de  la  tête  d’un 
homme,  n’avaient  jamais  contenu  de  graines. 
Il  est  donc  problable  que,  cette  année,  des 
chatons  mâles  se  sont  produits,  et  que 
l’espèce  n’est  pas  exclusivement  dioïque.  Le 
même  fait  paraît  avoir  été  observé  dans  un 
jardin  d’acclimatation  de  la  Caucasie. 

Charles  Naudin. 


POIRES  DIRECTEUR  HARDY  ET  JOYAU  DE  SEPTEMRRE 

sions  déjà  ; il  nous  a été  donné,  cette  année, 
d’apprécier  une  fois  de  plus  ces  deux  fruits, 
l’un,  Directeur  Hardy,  dans  les  pépinières 


Les  deux  Poires  dont  nous  voulons  par- 
ler viennent  d’être  adoptées  par  la  Société 
pomologique  de  France.  Nous  les  connais- 


POIRES  DIRECTEUR  HARDY  ET  JOYAU  DE  SEPTEMBRE. 


501 


de  M.  Bruneau  à Bourg-la-Reine  ; l’autre, 
Joyau  de  Septembre,  à Versailles  meme, 
où  son  obtenteur,  M.  Hérault,  nous  l’avait 
envoyé  à déguster. 

Voici  leur  description  : 

Directeur  Hardy  (fig.  153).  — Fruit  gros  ou 


leurs,  rustique,  vigoureux,  même  sur  Co- 
gnassier, très-fertile,  et  propre  aux  formes 
libres  aussi  bien  qu’aux  formes  palissées. 

Joyau  de  Septembre  (fig.  152).  — Fruit  court, 
turbiné,  fortement  ventru,  Pédoncule  court, 
charnu  arqué,  renflé  à la  base  contre  laquelle 
la  chair  du  fruit  forme  bourrelet.  Œi!  pe- 
tit, ouvert  dans  une  dépression  assez  profonde. 
Peau  épaisse,  jaune  verdâtre  vers  le  sommet, 
uniformément  rousse  dans  la  partie  avoisinant 
l’œil,  et  plus  ou  moins  granitée  de  la  même  cou- 
leur jusqu’à  moitié  de  la  hauteur  du  fruit. 
Chair  fondante,  juteuse,  un  peu  granuleuse 
autour  des  loges,  blanche  et  bien  sucrée,  fine- 
ment parfumée,  douce,  non  acidulée.  Ma- 
turité : commencement  de  septembre. 

L’arbre  est  vigoureux,  très  fertile,  propre 


Fig.  152. — Poire  Joyau  de  septembre. 

moyen  (la  figure  153  représente  en 
grandeur  naturelle  un  fruit  moyen', 
turbiné,  allongé,  obtus,  légèrement 
arqué.  Pédondule  court,  oblique- 
ment planté  dans  une  faible  dépres- 
sion, en  dehors  de  l’axe  du  fruit. 
Œil  petit,  ouvert,  rond,  à peine  en- 
foncé. Peau  jaune  doré,  irréguliè- 
rement granitée  de  fauve  autour  de 
l’œil,  teintée  de  gris  autour  du  pé- 
doncule et  largement  lavée  de  rouge 
piqueté  de  gris  sur  la  partie  exposée 
à l’insolation.  Chair  blanche  fine, 
fondante,  très-juteuse,  granuleuse 
sous  l’épiderme  et  dans  le  voisinage 
de  l’œil,  à goût  sucré,  vineux,  légè- 
rement parfumée.  Maturité  : sep- 

tembre et  premiers  jours  d’octobre. 


Cette  Poire  est  une  sélection 
faite  dans  les  semis  Tourasse  par 
M.  Baltet,  de  Troyes;  elle  porte  un 
grand  nom,  pour  cette  raison,  nous  eus- 
sions aimé  lui  voir  plus  de  qualité  encore. 
Il  ne  faut  pas  se  le  dissimuler  : comme 
goût,  elle  est  au-dessous  de  Beurré  Hardy, 
mais  elle  a la  riche  couleur  d’un  Clair- 
geau,  c’est  quelque  chose.  Bel  arbre  d’ail- 


Fig.  153.  — Poire  Directeur  Hardy. 
au  plein  vent. 

M.  Hérault,  d’Angers,  l’obtenteur  de  cette 
variété,  affirme  qu’elle  n’est  jamais  véreuse 
et  croit  qu’elle  pourrait  avantageusement 
remplacer  la  Poire  d'Angleterre. 

Georges  Bellair. 


502 


COMITÉ  d’admission  DE  L’EXPOSITION  UNIVERSELLE  DE  1900. 


COMITÉS  D’ADMISSION  DE  L’EXPOSITION  UNIVERSELLE  DE  1900 


GROUPE  VIII.—  HORTICULTURE  ET  ARBORICULTURE 

Classe  43 

Matériel  et  procédés  de  l’horticulture  et  de 
l’arboriculture. 

MM. 

André  (Édouard),  architecte  paysagiste,  membre 
de  la  société  nationale  d’agriculture  de  France, 
professeur  à l’école  d’horticulture  de  Versailles, 
rédacteur  en  chef  de  la  Revue  horticole. 

Aubry  (Joseph),  coutellerie  horticole. 

Bergerot  (Gustave),  serres  (maison  Bergerot, 
Schwartz  et  Meuret),  adjoint  au  maire  du  19'  ar- 
rondissement. 

Bornet  (le  docteur  Edouard),  membre  de  l’Institut, 
de  la  société  nationale  d’agriculture  et  de  la  so- 
ciété nationale  d’horticulture  de  France,  bota- 
niste. 

Ghatenay  (Abel),  secrétaire  général  de  la  société 
nationale  d’horticulture  de  France. 

Chauré  (Lucien),  directeur  du  Mordteur  de  l'hor- 
ticulture. 

Dorléans  (Ernest),  claies  et  paillassons. 

Forestier  (Jean),  inspecteur  adjoint  des  forêts,  con- 
servateur du  bois  de  Vincennes. 

Formigé  (Jean -Camille),  architecte  des  promenades 
de  la  ville  de  Paris  et  de  l’Exposition  universelle 
de  1889. 

Lebœuf  (Paul),  appareils  de  chauffage  (maison 
Lebœuf  et  Guion). 

Mathieu  (Albert),  administrateur  délégué  de  la 
société  des  clôtures  et  plantations. 

Ozanne  (Gaston),  serres  et  serrurerie  horticole 
(maison  Ozanne  et  fils). 

Picard  (Méry),  ingénieur  des  arts  et  manufactures, 
ancien  fabricant  de  serrurerie  horticole. 

Pradines  (Léon),  coutellerie  horticole  et  instru- 
ments de  jardinage,  membre  de  la  société  na- 
tionale d’horticulture  de  France. 

Rothschild  (Jules),  publications  horticoles. 

Solder  (Georges),  serres  et  serrurerie  horticole. 

Viger  (le  docteur  Albert),  député  du  Loiret,  an- 
cien ministre  de  l’agriculture,  président  de  la 
société  nationale  d’horticulture  de  France, 
membre  du  conseil  supérieur  de  l’agriculture. 

Villard  (Théodore),  ingénieur -constructeur,  mem- 
bre du  conseil  supérieur  du  travail. 

Classe  44 
Plantes  potagères. 

MM. 

Chemin  (Henri),  vice-président  du  comité  des  cul- 
tures potagères  de  la  société  nationale  d’horti- 
culture de  France, 

Crémont  jeune,  horticulteur. 

Decaix  (Matifas),  conseiller  général,  président  de 
la  société  d’horticulture  de  la  Somme. 

Delahaye  (Ernest),  graines  potagères. 

Dupanloup  (François),  graines. 

Duvillard  (Alfred),  horticulteur. 

Fontaine  (Lucien),  fruits,  primeurs  (successeur  de 
la  maison  Joret),  président  de  la  chambre  syndi- 
cale des  négociants  en  fruits  et  primeurs  de 
Paris. 


Hébrard  (Laurent),  président  de  la  société  d’horti- 
culture de  Vincennes. 

Hémar  (Honoré),  membre  de  la  société  nationale 
d’horticulture,  ancien  maraîcher. 

Lapierre  (François),  horticulteur. 

Niolet  (Jean-François),  ancien  maraîcher-horti- 
culteur, président  du  comité  de  la  culture  pota- 
gère de  la  société  d’hoticulture  de  France. 

Piver  (Pierre),  culture  potagère,  membre  de  la 
société  nationale  d’horticulture. 

Rigault  (Joseph),  pommes  de  terre. 

Ri  voire  (Antoine),  président  de  la  chambre  syndi- 
cale des  horticulteurs  de  Lyon. 

Torcy-Vannier  (Alphonse),  graines. 

Transon  (Paul),  président  de  la  société  horticole 
du  Loiret,  arlDustes  d’ornement,  pépinières. 

Classe  45 

Arbres  fruitiers  et  fruits. 

MM. 

Baltet  (Charles),  président  de  la  société  horticole, 
vigneronne  et  forestière  de  l’Aube. 

Boucher  (Georges),  horticulteur-pépiniériste. 

Bruneau  (Désiré),  arboriculture  (maison  Bruneau 
et  Jost). 

Cordonnier  (Anatole),  cultures  en  serres. 

Coulombier  père,  pépiniériste. 

Daurel  (Joseph),  président  de  la  société  d’horticul- 
ture de  la  Gironde. 

Defresne  (Honoré)  père,  vice-président  de  la  so- 
ciété nationale  et  centrale  d’horticulture  de 
France. 

Delaville  aîné,  professeur  d’horticulture. 

Fauquet  (Eugène),  professeur  d’arboriculture. 

Jamin  (Ferdinand),  pépiniériste. 

Lambin  (Emile),  professeur  d’horticulture,  direc- 
teur du  jardin-école. 

Leroy  (Louis),  horticulteur  au  Grand-Jardin,  à An- 
gers. 

Loiseau  (Léom.  président  de  la  société  régionale 
d’horticulture  à Montreuil  (Seine). 

Marinier  (Louis),  fruits  frais  et  primeurs. 

Michelin  (Henri),  membre  honoraire  de  la  société 
d’horticulture  de  France, 

Nanot  (Jules),  directeur  et  professeur  d’arboricul- 
ture fruitière  à l’école  nationale  d’horticulture 
de  Versailles. 

Opoix  (Octave),  jardinier  en  chef  du  Jardin  du 
Luxembourg,  professeur  d’arboriculture. 

Salomon  (Etienne),  viticulteur. 

Simon-Louis  (Léon),  pépiniériste. 

Vitry  (François),  arboriculteur,  président  de  la 
chambre  syndicale  des  cultivateurs  de  Montreuil, 
vice-président  de  la  société  nationale  d’horticul- 
ture de  France. 

Classe  46 

Arbres  arbustes,  plantes  et  fleurs  d’ornement. 

MM. 

Ausseur-Sertier  (Léon),  horticulteur,  maire  de 
Lieusaint. 

Berneix,  rosiériste. 

Bruant  (Georges),  plantes  d’ornement. 

Chantrier  Aimé-Ernest),  arbres  indigènes. 


NOUVEAUX  CATTLEYAS  HYBRIDES. 


503 


Chargueraud  (Charles),  professeur  d’arboricul- 
lure  de  la  ville  de  Paris. 

Ghristen  (Louis),  Clématites. 

Cochet  (Pierre),  rosiériste,  pépiniériste,  directeur 
du  Journal  des  Roses. 

Couturier-Mention,  pépiniériste. 

Croux  (Gustave),  pépiniériste. 

Dallé  (Louis),  horticulteur-fleuriste. 

Dauvesse,  président  du  syndicat  horticole  d’Or- 
léans. 

Debrie  (Gabriel),  fleuriste  (maison  Lachaume). 

Delavier  (Eugène),  horticulteur. 

Deny  (Eugène),  architecte  paysagiste. 

Férard  (Louis),  fleurs  variées. 

Hochard,  œillets. 

Joly  (Charles',  propriétaire. 

Joret  (Pierre),  membre  correspondant  de  l'Institut, 
professeur  à la  faculté  des  lettres  d’Aix  (Bou- 
ches-du-Rhône). 

Keteleer,  doyen  des  horticulteurs  de  France. 

Laforcade  (Joseph),  ancien  jardinier  en  chef  de  la 
ville  de  Paris. 

Lévéque  (Louis),  horticulteur  rosiériste,  con- 
seiller général  de  la  Seine. 

Margottin  (Jules)  fils,  horticulteur. 

Martinet  (Henri),  directeur  du  journal  le  Jardin, 
professeur  à l’école  d’horticulture  de  Versailles. 

Millet  (Armand)  fils,  horticulteur. 

Morel  (Francisque),  pépiniériste. 

Moser  (Jean),  horticulteur-pépiniériste. 

Nabonnand  (Gilbert),  rosiériste. 

Paillet  (Louis)  fils,  horticulteur-pépiniériste. 

Savoye  (Jean-Baptisteb  horticulteur,  président  du 
comité  de  floriculture  de  la  société  nationale 
d’horticulture  de  France. 

Simon  (Charles-Emile),  plantes  grasses. 

Souilliard  (Jules),  fleurs  coupées. 

Tavernier  (François),  horticulteur,  membre  de  la 
société  nationale  d’horticulture  de  France. 

Treyve  (Marie),  pépiniériste-horticulteur. 

Vallerand,  Bégonias. 

Classe  47 

Plan  de  serre. 

MM. 

Bergman  (Ernest)  fils,  secrétaire  général  du  con- 
grès international  d’horticulture. 

Berr  (Guillaume),  président  du  syndicat  horticole, 
conseiller  général  de  Seine-et-Oise. 

Bleu  Alfred),  horticulteur. 

Cappe  (Emile)  père,  horticulteur. 

Chantin  (Henri),  Orchidées. 

Choiseul  de  comte  Horace  de),  propriétaire. 

Comte  (Benoît),  horticulteur. 

Crapotte  (Arnould),  plantes  de  serre. 

Crousse  (Félixi,  horticulteur. 

Devansaye  (Alphonse  de  la),  président  de  la  so- 
ciété d’horticulture  d’Angers. 


Doin  (Octave),  président  du  comité  des  Orchidées 
de  la  société  nationale  d’horticulture  de  France, 
éditeur  d’ouvrages  horticoles. 

Duval  (Léon),  horticulteur,  vice-président  de  la 
société  d’horticulture  de  Seine-et-Oise. 

Jupeau  (Léon),  rosiériste. 

Lemaire,  horticulteu! . 

Lemoine  (Victor),  horticulteur. 

Lesueur  (Georges),  horticulteur.  Orchidées. 

Mantin  (Georges),  amateur  d’Orchidées. 

Martin-Cahusac  (Raymond),  propriétaire-horticul- 
teur. 

Page  (Jean),  chef  jardinier. 

Piret  (ÉmilebOrchidées,  vice-président  de  la  société 
d’horticulture  et  d’arboriculture  d’Argenteuil. 

Truffaut  (Albert),  horticulteur. 

Van  den  Helde  (Adolphe),  horticulteur,  vice-prési- 
dent de  la  société  régionale  d’horticulture  du 
nord  de  la  France. 

Wood  (Charles),  horticulteur. 

Classe  48 

Graines,  semences  et  plants  de  l’horticulture 
et  des  pépinières. 

MM. 

Barbier  (Albert),  horticulteur-pépiniériste,  (an- 
cienne maison  Transon). 

Brault  (Michel),  directeur  de  l’établissement  hor- 
ticole André-Leroy. 

Chouvet  (Émile),  secrétaire  général  adjoint  de  la 
société  nationale  d’horticulture. 

Delaire  (Eugène),  secrétaire  général  de  la  société 
d’horticulture  d’Orléans  et  du  Loiret. 

Delamarre  (Eugène) , secrétaire  général  de  la  société 
d’horticulture  de  Coulommiers. 

Denaiffe  (Camille),  grair;es  agricoles  et  horticoles. 

Deseine  )Gabriel),  tils  aîné,  pépiniériste. 

Desfossé-Thuillier  (Henri),  arbres  fruitiers,  Ro- 
siers, Clématites. 

Deviolairie  (Émile),  conseiller  général  de  1’. lis  ne, 
président  de  la  société  d’horticulture  de  Bois- 
sons. 

Guillaume  (Léon),  directeur  de  l’école  profession- 
nelle Le  Nôtre. 

Levavasseur  (Théodore),  horticulteur-pépiniériste 
(ancienne  maison  Baron-Veillard). 

Luquet  (Jacques),  jardinier  principal  de  la  ville  de 
Paris. 

Mussat  (Émile),  professeur  de  botanique  à l’école 
d'horticulture  de  Versailles. 

Nonain  (Auguste),  horticulteur,  membre  de  la  so- 
ciété nationale  d’horticulture. 

Pinguet-GuinJon  lEugène),  pépiniériste,  secrétaire 
général  de  la  société  tourangelle  d’iiorticulture. 

Siébaut  (Renéi,  pépiniériste. 

Simon  (René',  graines. 

Thiébault  (Pierre)  aîné,  ancien  grainier. 

Thiébault-Legendre  (Dominique),  graines  et  fleurs. 

Vilmorin  (Maurice  Lévéque  de),  horticulteur- 
grainier. 


NOUVEAUX  CATTLEYAS  HYBRIDES 


Nous  sommes  informés  que  M.  Maron  a 
augmenté  cette  année  la  série  de  ses  obten- 
tions de  quelques  hybrides  de  Cattleya 
très  intéressants. 

Nous  sommes  heureux  de  pouvoir  donner 


à nos  lecteurs  les  descriptions  personnelles 
des  nouveautés  qu’il  a obtenues  : 

Cattleya  Astrea  — Issu  d’un  croisement 
entre  C.  Skinneri  et  C.  Loddujesii . Première 
floraison  le  8 janvier  1897. 


504 


LE  MUGUET 

Sépales  et  pétales  rose  clair;  labelle  blanc 
teinté  de  jaune  à la  gorge  avec  une  macule 
purpurine  au  fond  de  la  gorge,  très  ondulé  et 
frisé  sur  les  bords.  Bulbes  de  16  à 17  ceii' 
timètres  de  hauteur,  pourvus  de  deux  feuilles 
de  12  à 13  centimètres  de  long  sur  6 de  large, 
port  du  C.  Skinneri. 

2*"  Cattleya  Fernand  Denis.  — Sorti  du  C. 
Aclandiæ  par  C.  Gigas,  décrit  dans  la  Revue 
horticole  (no  du  l^r  juin  1897). 

30  Cattleya  Feuillati.  — Issu  du  C.  guttata 
Leopoldi  par  C.  su^jerha.  Les  divisions  de  la 
fleur  sont  d’un  coloris  rouge  pourpre  très-foncé 
dans  lequel  se  trouvent  fondues  des  quantités 
de  points  noirâtres  ; le  labelle  rappelle  celui  du 
C.  superba,  mais  il  est  encore  plus  foncé. 
Première  floraison  le  15  avril  1897.  Bulbes  de 
22  centimètres  de  hauteur  portant  deux  grandes 
et  belles  feuilles.  On  peut  facilement  observer, 
dans  le  port  de  la  plante,  l’influence  du  C.  su- 
perba. 

40  Cattleya  Breautana.  — Croisement  du 
C.  Loddigesii  par  C.  superba.  La  fleur  est 
grande  et  d’une  belle  tenue,  rose  uniforme 
dans  ses  divisions;  le  labelle  est  violet  pourpre, 
ligné  jusqu’à  la  gorge  et  de  même  forme  que 
les  deux  parents.  Bulbes  de  20  centimètres  de 
haut  portant  deux  et  souvent  trois  feuilles 
épaisses  et  arrondies. 

Première  floraison  le  25  avril  1877, 

50  Cattleya  Gaudii.  — Issu  du  C.  guttata 
Leopoldi  par  C.  Loddigesii.  Fleurs  bien  faites, 
avec  les  divisions  rose  clair  abondamment 
pointillées  de  rouge  foncé  ; le  lobe  médian  du 
labelle  est  prolongé  de  2 centimètres  et  d’un 
rouge  magenta  brillant. 

Première  floraison  le  mai  1837.  Plante 
vigoureuse  qui  atteindra  d’assez  fortes  dimen- 


DES  PAMPAS. 

sions;  bulbes  fusiformes  allongés  portant  deux 
feuilles. 

6°  Lælia-Cattleya  purpurata-Mossiæ,  var. 
— Obtenu  entre  un  Lælia  purpurata  à bulbes 
courts  et  renflés  et  à fleurs  brillantes  et  un 
Cattleya  Mossiæ-imperialis.  Première  florai- 
son le  25  mai  1887  ; faisait  partie  d’un  groupe 
de  trois  plantes  qui  ont  obtenu  une  médaille 
d’or  à l’exposition  du  2 juin  dernier  à Paris. 

7"  Lælia  callistoglossa  (même  hybride  que 
celui  de  MM.  Veitch).  — Issu  du  L.  purpurata 
et  Cattleya  Gigas  imperialis.  Première  florai- 
son le  15  juin  1897;  la  description  en  sera 
donnée  à la  prochaine  floraison. 

8*’  Cattleya  dubia.  — Parenté  incertaine 
et  supposée  entre  C.  Trianæ  et  C.  Harrisoniæ. 

Le  labelle  rappelle  par  sa  forme  le  L.  Lind- 
leyana;  la  fleur  entière  est  d’un  coloris  mauve 
très-clair  avec  une  tache  violette  sur  le  labelle, 
l’ensemble  est  d’une  fi  aîcheur  tout  à fait  sé- 
duisante. Première  floraison  le  25  août  1897. 

9"*  Cattleya  Bowringiano-blesensis.  — Issu 
du  C.  Bowringiana  fécondé  par  C.  blesensis. 

La  plante  rappelle,  par  sa  végétation,  un  C 
Bowringiana  en  miniature,  la  plante  ne  s’éle- 
vant pas  à plus  de  20  centimètres  de  hauteur  ; 
les  fleurs  sont  d’un  beau  coloris  rose  et  le 
labelle  est  très  brillant.  Première  floraison  le 
28  août  1897. 

IO0  Lælio-Cattleya  Stelzneriano-Hardyana 

décrit  dans  la  Revue  horticole.,  1897,  p.  473. 

Il  est  intéressant  de  publier  ainsi  les 
actes  de  naissance  de  ces  nouveautés,  dont 
plusieurs  sont  probablement  appelées  à de 
brillantes  destinées. 

Ed.  André. 


LE  MUGUET  DES  PAMPAS 


Sous  ce  nom  s’est  répandue  celte  année, 
dans  les  cultures,  une  plante  qui  n’a  du 
véritable  Muguet  que  de  petites  fleurs 
blanches,  en  grelot,  inodores,  solitaires  à 
l’aisselle  des  feuilles,  et  cela,  sans  grand 
effet  décoratif. 

La  plante  n’est  pas  une  Liliacée,  comme 
semblerait  l’indiquer  son  nom  vulgaire  : 
c’est  une  Solanée,  à laquelle  on  a attaché  le 
nom  de  Withania  origanifolia,  dont  nous 
n’avons  pas  pu  vérifier  l’authenticité  bota- 
nique, car  seul  V Index  Kewensis  men- 
tionne le  genre,  mais  le  genre  Withania, 
l’espèce  origanifolia  n’y  figure  pas.  La 
plante  ne  paraît  pourtant  pas  absolument 
nouvelle,  car  certaines  personnes  nous  ont 
dit  la  connaître  depuis  plus  de  dix  ans. 


Quoi  qu’il  en  soit  de  son  origine  et  de  sa 
nomenclature,  nous  croyons  intéressant 
pour  nos  lecteurs  d’en  donner  la  descrip- 
tion, car  son  nom  familier  de  Muguet  des 
Pampas  dirige  l’imagination  vers  tout  autre 
chose. 

C’est  une  plante  herbacée,  vivace,  tra- 
çante, très-vigoureuse  (rustique?)  prospé- 
rant en  plein  air  pendant  la  belle  saison,  et 
y prenant  même  un  très-grand  développe- 
ment. Plantée  au  pied  d’un  mur,  ses  longs 
rameaux  sarmenteux,  herbacés  et  à nœuds 
très  espacés,  ont  rapidement  atteint  3 mè- 
tres et  garni  le  treillage  d’une  masse  épaisse 
de  verdure.  Les  feuilles  sont  alternes,  lon- 
gues de  6 centimètres  environ  y compris  le 
pétiole,  et  à limbe  ovale  obtus  et  très-fmc- 


LE  MUGUET  DES  PAMPAS. 


CORRESPONDANCE. 


505 


ment  pubescent  en  dessous.  A l’aisselle  de 
chaque  feuille  supérieure,  naît  un  rameau 
et  une  toute  petite  fleurette  blanche,  pen- 
dante sur  un  pédoncule  de  1 centimètre  et 
demi  de  long,  à calice  à cinq  longues  dents, 
et  à corolle  de  7 millimètres  de  long,  en 
grelot,  resserrée  à la  gorge,  à cinq  petites 
dents  réfléchies,  barbue  intérieurement  à 
l’insertion  des  étamines.  Le  fruit  est  une 
baie. 

Le  Muguet  des  Pampas,  sans  répondre  à 
ce  qu’on  pourrait  attendre  de  son  joli  nom, 


est  une  grande  herbe  grimpante,  qui 
donne  une  abondante  verdure.  Par  consé- 
quent, il  peut  trouver  une  place  avanta- 
geuse le  long  des  murs,  sur  les  treillages 
et  les  berceaux  qu’on  désire  voir  rapi- 
dement garnis  d’un  feuillage  épais  et  res- 
tant d’un  beau  vert. 

Sa  culture  ne  présente  aucune  difficulté, 
et  sa  multiplication  peut  facilement  avoir 
lieu  par  séparation  de  ses  rejets  traçants, 
et  sans  doute  aussi  par  le  bouturage 
printanier.  M.  Girard. 


CORRESPONDANCE 


JV®  4899  {Paris).  — Vous  avez  depuis 
deux  ans,  en  serre  tempérée,  un  Streptosolen 
Jamesoni,  « qui  a poussé  vigoureusement, 
cette  année  surtout,  mais  n’a  pas  encore  donné 
une  seule  fleur  ».  Nous  n’en  sommes  pas  sur- 
pris, car  c’est  sur  le  littoral  méditerranéen  que 
la  plante  est  surtout  remarquable  ; elle  forme 
alors  de  jolis  arbustes  de  pleine  terre  se  cou- 
vrant, généralement  au  printemps,  de  char- 
mantes fleurs  jaunes  ou  rouge  capucine  ; 
tandis  que  sous  le  climat  moyen  de  la  France, 
où  elle  a besoin  de  la  serre  froide  ou  tem- 
pérée, elle  pousse  souvent  de  vigoureux  ra- 
meaux sans  fleurir.  Nous  vous  conseillons  de 
ne  pas  tailler  ces  rameaux,  qui  se  termineront 
en  avril,  en  serre,  par  de  beaux  bouquets 
bien  épanouis. 

F.  S.  C.  (Autriche).  — Nous  croyons  que 
vous  pourrez  conserver  en  pleine  terre  l’hiver 
votre  Bambou  doré,  bien  qu’il  tombe  beau- 
coup de  neige  sous  votre  climat,  et  que  le  ther- 
momètre y marque  parfois  jusqu’à  — 12»,  car 
même  avec  une  semblable  température,  cet 
arbuste  est  rustique  sous  le  climat  de  Paris, 
mais  à la  condition  d’en  garantir  la  base  avec 
une  butte  de  feuilles  sèches,  qu’on  laisse  débor- 
der assez  loin  tout  autour  de  la  touffe.  On 
recouvre  ensuite  cette  butte  de  feuilles  avec  des 
paillassons  bien  attachés,  pour  éviter  que  l’air 
froid  ne  pénètre  dans  les  feuilles  et  que  le  vent 
ne  les  enlève.  S’il  survient,  en  hiver,  des 
temps  doux,  on  en  profite  pour  donner  un  peu 
d’air. 

iV»  3955  (Vienne).  — Oui,  pour  conserver 
vos  Papyrus  l’hiver,  il  faut  les  rentrer  en 
serre  tempérée  ou  en  serre  chaude.  Coupez  les 
anciennes  tiges,  mais  après  avoir  conservé  les 
plantes  quelque  temps  debout,  dans  un  endroit 
sain,  pour  laisser  les  tiges  se  dessécher  d’elles- 
mêmes.  Vous  pourrez  ensuite  multiplier  vos 


Papyrus  par  division  de  touffes,  en  même 
temps  que  vous  en  opérerez  le  rempotage. 

3259  (Eure-et-Loir).  — Voici  les  noms 
des  deux  échantillons  que  vous  nous  avez 
envoyés  pour  les  déterminer  : 

Poire  William'’ s Duchess  ; 

2»  Coleus  Hippolyte  Jamain. 

Quant  aux  deux  boutures  et  aux  feuilles 
détachées  qui  les  accompagnaient,  nous  n’avons 
pu  en  discerner  l’espèce  ; elles  nous  sont  d’ail- 
leurs parvenues  en  mauvais  état. 

il/me  B...  (Seine).  — La  grappe  de  Raisin 
que  vous  nous  avez  adressée  pour  en  savoir  le 
nom  appartient  à la  variété  Gros  Colman. 
Cette  variété  présente  parfois  l’inconvénient 
que  vous  nous  avez  signalé,  de  rester  plusieurs 
années  sans  fructifier,  lorsqu’on  la  taille  trop 
court.  Il  faut  tailler  la  Vigne  Gros  Colman  à 
longs  bois,  en  conservant  jusqu’à  cinq  et  six 
yeux,  avec  un  bourgeon  de  remplacement  à la 
base  de  la  couronne  ; lequel  bourgeon  fournira 
le  bois  de  taille  de  l’année  suivante.  — Quant 
au  goût  particulier  du  fruit,  sur  lequel  vous  avez 
appelé  notre  attention,  il  doit  tenir  à une  cause 
locale  que  nous  ne  pouvons  connaître.  D’ail- 
leurs nous  ne  l’avons  pas  trouvé  aussi  mauvais 
que  vous  nous  le  disiez  ; nous  lui  avons  trouvé, 
à peu  de  chose  près,  le  goût  ordinaire  du 
Gros  Colman,  et  il  est  possible  qu’il  s’améliore 
par  la  taille  que  nous  vous  conseillons  d’appli- 
quer, et  le  développement  de  la  fructification. 

de  S^  L.  (Drôme).  — Si  vous  cultivez  le 
Manioc  de  Colombie  (Manihot  carthagenense) 
en  souvenir  de  vos  voyages,  vous  pouvez  le 
mettre  en  pleine  terre  sur  une  pelouse  pendant 
l’été,  où  son  beau  feuillage  digité  produira  un 
effet  très-décoratif,  mais  il  faudra  le  rentrer 
en  serre  froide  pendant  l’hiver.  Il  résiste  ce- 
pendant le  plus  souvent  aux  hivers  de  la  côte 
méditerranéenne. 


506  LES  DAHLIAS  DE  BONNE  TENUE.  — HIVERNAGE  DES  PLANTES  AQUATIQUES  DÉLICATES. 


LES  DAHLIAS  DE  BONNE  TENUE 


M.  Glémencet,  dans  un  article  paru  récem- 
ment dans  la  Revue  Itorüeole  % a fait  judi- 
cieusement observer  qu’autre  chose  est  de 
cultiver  les  Dahlias  pour  la  fleur  coupée,  et 
autre  chose  est  d’orner  un  jardin  avec  des 
Dahlias  de  bonne  tenue.  Il  ne  suffit  donc 
pas,  pour  l’amateur  qui  visite  une  exposi- 
tion de  Dahlias  en  fleurs  coupées  dans  le 
but  de  noter  les  plus  belles  variétés  à intro- 
duire dans  ses  massifs,  de  se  borner  à ins- 
crire ceux  dont  les  fleurs  sont  les  plus  jo- 
lies. Pour  renseigner  efficacement  le 
public  sur  ce  point,  nous  croyons  qu’il  se- 
rait bon  de  voir  les  exposants  obligés  d’in- 
diquer sur  les  étiquettes,  soit  la  mention 
« pour  fleurs  coupées  »,  soit  la  mention 
« pour  massifs  ». 

Donc,  à l’égard  de  la  bonne  tenue,  nous 
approuvons  pleinement  M.  Glémencet  lors- 
qu’il recommande  les  races  à fleurs  Lilliput 
et  à fleurs  moyennes.  Mais  il  faut  y ajouter 
les  Dahlias  à fleurs  simples,  qui  sont 
éminemment  florifères,  et  dont  beaucoup 
possèdent  des  pédoncules  à la  fois  longs, 
dégagés  et  rigides. 

Quant  aux  Dahlias  à grosses  fleurs, 
qu’ils  appartiennent  à la  race  dite  décora- 
tive, à la  race  Cactus  ou  encore  à l’an- 
cienne race  aux  formes  régulières,  il  faut 
bien  convenir,  avec  M.  Glémencet,  qu’il 
est  trop  souvent  nécessaire  de  les  chercher 
dans  leur  feuillage,  et  de  se  livrer  à des 
ébourgeonnages  répétés  pour  les  amener 
à se  produire  dans  toute  leur  plénitude. 
Une  seule  chose  nous  étonne,  c’est  que, 
sur  ce  point,  il  ne  se  soit  pas  encore  pro- 
duit de  dissertations  à perte  de  vue  sur  le 
bouton -couronne  et  sur  le  bouton  terminal. 

Précisément,  nous  avons  eu  l’occasion  de 
visiter,  dernièrement,  une  importante  col- 
lection de  Dahlias  cultivés’ en  pleine  terre, 
et  comprenant  les  diverses  races  connues. 
Gela  nous  a permis  de  serrer  de  plus  près 
la  question  des  variétés  possédant  un  en- 


semble de  qualités  nécessaires  pour  leur 
emploi  à l’ornementation  du  jardin.  Nous 
en  profiterons  donc  pour  donner  la  liste  des 
variétés  de  Dahlias  bonnes  pour  massifs  et 
pour  plates-bandes,  dans  les  diverses  races 
que  n’a  pas  examinées  M.  Glémencet  : 


I.  — Dahlias  à fleurs  de  Cactus 


Auguste  Nonin. 
Bertha  Mawlay. 
Cannelles  favourite. 
Kaiserin. 

Lady  Montagne. 


M.  Paul  Cacheux. 
Ohan. 

Purple  Gem. 

Roi  des  Cactus. 
William  Pearce. 


II.  — Dahlias  décoratifs 


Annie  Harvey. 
Beauté  Lyonnaise. 
Esmeralda. 
Grand-duc  Alexis. 
Hermann  Schubert. 

III.  — Dahlias 

Docteur  Jules  Guillot. 
Gloire  de  Lyon. 

Gloire  de  Paris. 
Impératrice  Augusta. 
Junon. 

Léon  XIH. 

Mandarin  chinois. 
Madame  Hoste. 
Madame  Langtry. 
Madame  William 
Slak. 

Mademoiselle  Alice 
Grévy. 

Mademoiselle  Fur- 
tado-Heine. 


Impératrice  des  Indes 
Maid  of  Kent. 
Mademoiselle  Lorton. 
Minos. 

Perle  de  laTêted'Or. 

à grosses  fleurs 

Mademoiselle  Lily 
Large. 

Muriel. 

Octavie. 

Philippe  Vil. 

Prince  de  Danemark. 
Rubis. 

Sir  Richard  Wal- 
lace. 

Sou  venir  d' A Ifred  Mo- 
reau. 

Vicomtesse  de  Ment- 
que. 

Victor  Duflot. 


Gette  énumération  permettra  aux  ama- 
teurs qui  recherchent  avant  tout  les  Dah- 
lias à bon  port  et  néanmoins  florifères  et 
portant  de  belles  fleurs,  de  joindre  aux 
races  Lilliput,  à fleurs  moyennes  et  à 
fleurs  simples,  les  variétés  qui,  dans  les 
autres  races,  se  tiennent  le  mieux  au  point 
de  vue  cherché.  H.  Dauthenay. 


HIVERNAGE  DES  PLANTES  AQUATIQUES  DÉLICATES 


La  flore  aquatique  de  plein  air  est  com- 
posée en  majeure  partie  de  végétaux  indi- 
gènes en  France,  et  par  conséquent  rus- 
tiques, mais  les  espèces  exotiques  qui 

* Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  451. 


peuvent  vivre  à l’air  libre  et  se  développer 
pendant  la  belle  saison  de  nos  climats,  ne 
résistent  pas  toujours  aux  rigueurs  de  nos 
hivers,  si  l’on  n’a  la  précaution  de  les 
abriter  ou  de  les  garantir  sur  place  de  la 
gelée. 


HIVERNAGE  DES  PLANTES  AQUATIQUES  DÉLICATES. 


507 


Il  y a d’aliord  lieu  de  distinguer  deux 
séries  de  plantes  aquatiques  délicates  : 

1°  Celles  exigeant  la  rentrée  en  serre 
tempérée  chaude,  soit  15-18*^  en  hiver,  ou 
en  serre  froide  ou  orangerie  ; 

2®  Celles  ne  demandant  qu’à  être  garan- 
ties sur  place  de  la  gelée. 

Parmi  les  genres  de  la  première  série,  il 
faut  citer  les  : Hydrocleis  Humholdtif 
Juncus  spiralis,  Jussieua,  Limnocharis, 
Nymphœa  exotiques,  Nelumbium,  Pistia, 
Pontederia  azurca  et  crassipes,  Richar- 
dia,  Sagittaria  exotiques,  Thaliay  Vil- 
larsia,  qui  doivent  être  rentrés  en  serre 
dès  le  mois  d’octobre  pour  y passer  la  mau- 
vaise saison. 

La  culture  en  terrines,  bacs  ou  paniers 
est  très-utile  pour  certaines  des  espèces 
précitées,  parce  qu’elle  facilite  leur  rentrée 
sans  que  les  plantes  soutirent  du  déplace- 
ment. Les  soins  généraux  à observer  en 
cette  saison,  qui  est  celle  du  repos,  con- 
sistent à tenir  les  plantes  à la  température 
la  plus  basse  qu’elles  puissent  supporter, 
suivant  leur  origine.  Celles  rhizomateuses, 
comme  les  : Nelumhium,  Nymphæa^  Ri- 
chardia,  Tkalia,  n’ont  même  pas  besoin 
d’être  couvertes  d’eau  pendant  l’hiver.  Il  est 
facile  de  placer  les  bacs,  terrines  ou  caisses 
dans  un  endroit  quelconque  de  la  serre  ou 
de  l’orangerie,  à l’abri  de  la  sécheresse,  et 
il  suffit  de  tenir  la  terre  un  peu  humide. 

Les  plantes  dont  la  végétation  est  perma- 
nente doivent  être  placées  le  plus  près  du 
vitrage  des  serres,  près  des  bassins  d’arro- 
sage, et  les  soins  doivent  se  borner  à con- 
server l’eau  très-propre  et  à la  renouveler 
de  temps  à autre. 

Au  mois  de  mai  suivant  on  donne  un 
rempotage,  ou  bien  les  plantes  sont  repla- 
cées en  plein  air,  à même  le  sol,  pour  se 
développer  pendant  l’été  et  être  rentrées  de 
nouveau  en  octobre. 

Les  espèces  plantées  en  pleine  terre  et 
qui  nécessitent  une  couverture  pendant 
l’hiver  appartiennent  aux  genres  Aponoge- 
touy  Houttuynia,  NymphæUy  Pontederia 
cordata,  Sagittaria  exotiques,  et  forment 
la  seconde  série.  Elles  appartiennent  au 
groupe  des  flottantes  et  des  émergées,  et 
sont  donc  couvertes  d’une  couche  d’eau 
variant  en  hauteur  de  10  à 40  centi- 
mètres. 

Si  le  lieu  où  elles  se  trouvent  peut  être 
préservé  de  la  congélation  en  hiver  par  un 
moyen  d’écoulement  d’eau  continu,  il  est 
superflu  de  leur  donner  un  abri  artificiel 
quelconque,  mais  comme  ce  cas  se  ren- 


contre assez  rarement,  il  faut  songer  à 
garantir  le  mieux  possible  des  froids  les 
plantes  qui  ne  pourraient  y résister  sans 
être  préservées. 

Dans  tous  les  cas,  plus  les  souches  peuvent 
être  recouvertes  d’eau,  moins  il  y a de 
craintes  qu’elles  souffrent  de  la  gelée,  celles 
qui  se  trouvent  sous  le  niveau  de  la  congé- 
lation sont  presque  sûrement  garanties 
contre  ses  atteintes. 

Si  l’on  possède  donc,,  dans  les  bassins  ou 
aquariums,  quelques-unes  des  plantes  ci- 
dessus,  on  coupera  vers  la  fin  de  novembre 
leurs  liges  ou  leurs  feuilles  au  ras  de  l’eau  ; 
le  niveau  de  celle-ci  sera  baissé  de  façon  à 
ce  qu’il  ne  dépasse  pas  8 à 10  centimètres 
de  hauteur.  On  disposera  sur  le  bassin  des 
planches  ou  de  forts  branchages  pouvant 
supporter  une  certaine  charge  ; sur  ce  plan- 
cher improvisé,  on  forme  un  lit  de  paille 
ou  de  fumier  long  et  sec,  d’une  épaisseur 
d’environ  25  à 30  centimètres,  et  placé  de 
telle  façon  qu’il  n’existe  aucun  vide.  Les 
feuilles  sèches  sont  préférables,  parce 
qu’elles  laissent  moins  pénétrer  la  gelée, 
mais  elles  doivent  être  recouvertes  d’une 
couche  de  fumier,  pour  que  le  vent  ne 
puisse  les  enlever.  Cette  couverture  a en 
même  temps  le  grand  avantage  de  préserver 
de  l’éclatement  les  parois  cimentées  des 
bassins,  réservoirs  ou  aquariums,  qui  se 
crevassent  presque  toujours  sous  la  pression 
de  la  glace. 

Au  mois  de  mars,  l’abri  est  enlevé,  le 
bassin  nettoyé  et  rempli  d’eau. 

Cette  façon  de  préserver  les  plantes  déli- 
cates de  la  gelée  est  d’autant  plus  facile  à 
pratiquer  que  presque  toutes  les  espèces  de 
ce  groupe  se  cultivent  dans  des  bassins  spé- 
ciaux ou  aquariums,  où  le  but  a été  plutôt 
de  réunir  de  bonnes  conditions  culturales 
que  de  chercher  un  effet  artistique  quel- 
conque. 

Si  les  plantes  citées  plus  haut  sont  culti- 
vées en  récipients  quelconques,  on  peut 
descendre  ceux-ci  au  fond  de  l’eau,  pour  les 
remonter  à la  surface  au  printemps,  ou 
bien  encore  les  transporter  à l’abri  du  froid, 
dans  une  cave  par  exemple,  après  les  avoir 
nettoyées  ; là,  il  suffit  de  tenir  la  terre 
humide.  On  remet  en  place  au  printemps, 
après  un  rempotage,  si  celui-ci  est  néces- 
saire. 

Ces  moyens  de  préservation  peuvent  être 
employés  sous  le  climat  de  Paris  et  ceux 
analogues,  pour  les  genres  que  nous  avons 
cités  ; ils  seront  inutiles  pendant  les  hivers 
moyens,  mais  déjà  dans  le  nord  de  la 


508 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D^HORTIGULTURE  DE  FRANCE. 


France  ils  sont  plus  indispensables,  si  l’on 
tient  à conserver  intactes  de  belles  touffes 
des  plantes  aquatiques  des  genres  Apono- 
geton,  Houttuynia,  Pontederia  cordata, 
Sagittaria  exotiques,  Saururus.  Gomme 


dernière  mesure  de  précaution,  nous  culti- 
vons toujours  en  terrine  un  ou  deux  exem- 
plaires de  chaque  espèce  non  rustique 
comme  sujets  de  remplacement. 

Jules  Rudolph. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  U OCTOBRE  1897 


Floriculture. 

Peu  d’apports,  mais  une  importante  nou- 
veauté à signaler  : le  Bégonia  Rex  Ruhis^ 
obtenu  par  M.  Duval  et  issu  du  B.  Rex  Ville 
de  Namur.  Très-distinct  de  son  parent,  sa  co- 
loration, d’un  rouge  rubis,  est  permanente, 
sans  qu’il  soit  besoin  de  passer  les  plantes 
momentanément  sous  l’influence  directe  des 
rayons  solaires.  Il  ne  ressemble  pas  non  plus 
au  B.  Rex  Madame  Henry  Gâche,  dont  les 
feuilles  ne  se  marbrent  que  par  plaques  d’un 
reflet  micacé. 

Madame  veuve  Chantin  et  ses  enfants  pré- 
sentaient une  Broméliacée  datant  déjà  de 
quelques  années,  et  dénommée  _ Billbergia 
Chanlini.  Nous  avons  eu  l’occasion  de  donner 
une  description  succincte  de  cette  plante,  qui 
peut  être  plutôt  rattachée  au  genre  Æchmea. 

Enfin  une  belle  collection  d’Asters  orne- 
mentaux, de  M.  Dugourd,  contenait,  à côté  de 
quelques  espèces  de  choix,  un  bon  nombre  de 
variétés  de  semis  qui  offrent  de  l’intérêt.  Noté 
entre  autres,  VA.  ericoides  vrai,  les  A.  ho- 
rizontalis  coccineus  et  tardiflorus,  l’A.  Virgo 
Maria  qui  paraît  être  une  amélioration  du 
White  Queen,  l’A.  Madame  Bellanger,  amé- 
lioration du  Triomphe  de  Fontainebleau  ; une 
forme  de  l’A.  formosissimus,  dénommée  Es- 
peranza  nova  (?)  ; puis  les  variétés  Madame 
Billiard,  cærulæa  grandiflorà,  Mignonnette 
rose.  Madame  Emile  Ménard,  etc. 

Orchidées. 

On  remarquait  surtout  le  bien  joli  Cattleya 
Mantmi  {C.  Bowringiana  X aurea)  et  le 
Cypripedium  Madame  Darvernal  {G.  lævi- 
gatum  X selligerum  majus),  apportés  par 
M.  Opoix  ; puis  deux  beaux  Cattleya  labiata 
de  M.  Duval,  un  Cypripedium  Simonis 
{C.  Leeanum  X Chantini),  de  M.  Gousmon- 
tagne  ; le  Cypripedium  inversum  Constance 
{C.  Stonei  X Curtisii),  de  M.  O.  Doin;  et 
enfin  deux  Aerides,  de  M™e  veuve  Chantin  : 
l'un  d’eux  ressemble  à VA.  Lawrenceanum, 
l’autre  paraît  ne  ressembler  à aucune  des 
espèces  connues. 

Chrysanthèmes. 

L’intérêt  de  la  séance  résidait  surtout  dans 
les  apports  de  cette  section.  Il  était  partagé 
entre  un  lot  de  plantes  de  choix,  telles  que 
Louise,  Madame  Gustave  Henry,  Edouard 


Rey,  Hussein  Kamil,  etc.,  présentées  par 
M.  Lemaire  pour  leur  belle  culture,  et  les 
quatre  lots  de  nouveautés  suivants  : 

1»  M.  Liger-Ligneau  présentait  Monsieur 
Montante,  variété  échevelée,  à ligules  retom- 
bantes, saumon  rougâtre  pointé  jaune,  et  un  se- 
mis No  130,  à grosse  fleur  en  globe,  aux  ligules 
rayonnantes,  un  peu  spatulées  aux  extrémités, 
jaune  d’or. 

2°  Dans  l’apport  de  M.  de  Reydellet,  on  no- 
tait surtout  Madame  Fortuné,  à longs  tuyaux 
bronze,  intérieur  rouge.  Quant  à Madame 
François  Bornaul,  elle  nous  paraît  se  rap- 
procher beaucoup  de  Madame  Arthur  Gué. 

3®  M.  Chantrier  avait  envoyé,  entre  autres, 
Madame  Le  Barillet,  vieux  rose,  et  Ma- 
dame de  Serres,  d’une  couleur  de  Barbe-de- 
Capucin  fabriquée  avec  de  la  Chicorée  sauvage 
à feuilles  rouges.  Ces  deux  formes  de  capi- 
tules sont  singulières  : en  boule  écrasée  sur  le 
dessus,  où  les  ligules  sont  extrêmement  ser- 
rées, épointées  et  jaunâtres.  On  dirait  de 
gigantesques  capitules  de  Cresson  du  Para. 

4o  Quant  aux  nouveautés  panachées  de 
M.  Délaux,  elles  nous  ontsemblé  donner  moins 
qu’on  en  avait  espéré.  La  meilleure  nous  pa- 
raît être  Panachée  Incomparable,  aux  ligules 
larges  et  étalées,  les  unes  jaune  cuivrée  et  les 
autres  comme  plus  ou  moins  lavées  de  rouge 
sang. 

Arboriculture  fruitière. 

Revue  de  beaux  fruits  : Pêches  Salway,  de 
M.  Gorion;  Pomme  Calville  blanche,  avec 
l’empreinte  des  aigles  russes,  de  M.  Moreau  ; 
Poires  Doyenné  du  Comice,  de  M.  Orive  ; 
Charles- Ernest,  de  M.  Michonneau  ; Beurré 
Bachelier,  provenant  d’arbres  greffés  sur 
franc,  de  M.  Opoix;  Conseiller  de  la  Cour, 
de  M.  Geibel  ; Pierre  Joigneaux,  de  M.  Baltet  ; 
Duchesse  d'Angoulême  et  Doyenné  du  Co- 
mice, de  M.  Pierre  Passy,  etc. 

Culture  potagère. 

Nous  revoyons  la  Fraise  Saint- Toseph  et  la 
Fraise  Louis  Gauthier,  puis  aussi  un  semis  de 
Fraise  des  Quatre-Saisons  Janus,  de  M.  La- 
pierre.  Enfin,  M.  Legrand  nous  montre  du 
Céleri  plein  blanc  d* Amérique,  et  des  racines 
de  Scolyme  d*Espagne  et  de  Topinambour 
blanc,  réellement  améliorées  au  point  de  vue 
culinaire.  Ces  résultats  témoignent  d’une  sélec- 
tion attentive  et  suivie.  H.  Dauthenay. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  suocesseur. 


Le  Direeteur-Oérant  i L.  Bourguignon. 


CHRONIQU.E  HORTICOLE. 


5)9 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

L’Exposition  de  Chrysanthèmes  et  fruits  au  jardin  des  Tuileries.  — Plantes  à feuillage  blanc  pour 
bordures  ou  mosaïques.  — Le  vrai  nom  du  Muguet  des  Pampas.  — Les  effets  des  verres  colorés  sur 
la  végétation  — Encore  le  Jadoo.  — Un  nouveau  mode  d'arrosage  des  arbres  d’alignement.  — Le 
forçage  et  le  commerce  du  Muguet  à l’étranger.  — Un  arbuste  pour  décoration  hivernale.  — Espaliers 
de  Pêchers  sur  cloison  noire.  — Singulier  Millonia.  — Ouvrages  reçus.  — La  végétation  fruitière 
dans  rOklahoma. 


L’Exposition  de  Chrysanthèmes  et 
fruits  au  Jardin  des  Tuileries.  — C’est 
au  Jardin  des  Tuileries  que  s’est  tenu,  pour 
la  première  fois  celte  année,  l’Exposition 
d’automne  (Chrysanthèmes  et  Fruits)  de  la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France. 
Elle  a été  installée,  sous  une  grande  tente, 
sur  le  même  emplacement  que  l’exposition 
de  printemps.  Le  Chrysanthème  est  à la 
mode  ; aussi  pensait-on  voir  l’ouverture  de 
l’exposition  attirer  un  grand  concours  de 
public.  Les  prévisions  les  plus  optimistes  ont 
été  dépassées  et  une  afltuencc  considérable 
a envahi  l’exposition  le  jour  de  l’ouverture. 

Voici  les  principales  récompenses  qui 
ont  été  décernées  : 

Grand  Prix  d’honneur,  objet  d'art  offert 
■par  M.  le  Président  de  la  République.  — 
MM.  Vilmorin-Andrieux  et  Cîe,  4,  quai  de  la 
Mégisserie,  à Paris  (Chrysanthèmes). 

Prix  d’honneur,  objet  d'art  offert  par 
M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  et 
des  Beaux-Arts.  — M.  Nonin  (Auguste),  hor- 
ticulteur à Ghâtillon-sous-Bagneux  (Seine) 
(Ghryscnthèmes). 

Médailles  d’honneur  offertes  par  M.  le  Mi- 
nistre de  l'Agriculture.  — M.  Fatzer,  Direc- 
teur des  Forceries  de  l’Aisne,  à Quessy  (Rai- 
sins), et  MM.  Croux  et  fils,  horticulteurs  au 
Val-d’Aulnay  (arbres  fruitiers). 

Médailles  d’honneur  offertes  par  la  Société 
nationale  d’horticulture.  — M.  Galvat  (Er- 
nest), à Grenoble  (Chrysanthèmes  de  semis), 
et  M.  Patrolin,  horticulteur  à Bourges  (arbres 
fruitiers). 

Notre  collaborateur,  M.  Dauthenay,  a 
bien  voulu  se  charger,  dans  un  article  qu’on 
lira  plus  loin,  d’exposer  les  caractères  les 
plus  saillants  de  cette  exposition,  se  réser- 
vant, dans  un  article  ultérieur,  d’examiner 
les  apports  des  exposants,  aux  divers 
points  de  vue  qui  intéressent  directement 
les  horticulteurs  et  les  amateurs  de  Chry- 
santhèmes : nouveautés,  choix  de  variétés, 
différents  genres  de  culture,  etc. 

Plantes  à feuillage  blanc,  pour  bor- 
dures ou  mosaïques.  — Au  sujet  de  ces 

16  Novembre  1897. 


plantes,  dont  parlait  notre  collaborateur, 
M.  H.  Dauthenay,  dans  un  de  ses  derniers 
articles,  MM.  Rivoire  père  et  fds,  horticul- 
teurs à Lyon,  confirmant  tout  ce  qui  a été 
dit  du  Pélargonium  zoné  Madame  Salle- 
ron,  et  de  la  variété  Couronne  d'argent, 
qui  en  est  sortie,  appellent  aussi  notre 
attention  sur  une  autre  de  leurs  obtentions, 
mise  au  commerce  au  printemps  dernier, 
et  qui  a obtenu  un  grand  succès,  le  Cine- 
varia  maritima  Diamant. 

Cette  plante  a,  en  effet,  le  mérite  de  pos- 
séder un  feuillage  et  des  branches  beaucoup 
plus  blanches  que  le  Cineraria  maritima 
candidissima.  Cette  variété  nouvelle  est 
d’une  blancheur  aussi  pure  que  celle  du 
Centaurea  candidissima,  et,  remplacera 
avantageusement  dans  les  cultures  les  an- 
ciennes variétés  de  Cinéraires  maritimes. 

Le  vrai  nom  du  Muguet  des  Pampas. 

— Notre  collaborateur,  M.  Girard,  avait  eu 
raison  de  faire  ses  réserves  au  sujet  du  nom 
véritable  de  la  plante  mise  au  commerce 
sous  la  dénomination  de  Muguet  des 
Pampas.  On  trouvera  plus  loin,  dans  un 
article  spécial,  les  deux  communications 
que  nous  avons  reçues  à ce  sujet,  l’une  de 
M.  Gérome,  chef  de  l’École  de  botanique  du 
Muséum  d’histoire  naturelle,  l’autre  de 
M.  Godefroy-Lebeuf,  horticulteur. 

La  plante  vendue  sous  le  nom  de  Muguet 
des  Pampas  n’est  pas  un  Withania,  mais 
si  M.  Godefroy-Lebeuf  l’a  prise  pour  un 
Withania,  c’est  qu’elle  a été  longtemps  éti- 
quetée sous  ce  nom  au  Muséum.  L’erreur  a 
été  reconnue  il  y a une  dizaine  d’années  envi- 
ron, et  rectifiée  ; mais  on  comprend  que 
M.  Godefroy-Lebeuf  ne  l’ait  pas  soup- 
çonnée. Le  Muguet  des  Pampas  n’est  autre 
que  le  Salpichroma  rhomhoideum,  dont 
nous  avons  parlé  à plusieurs  reprises  dans 
la  Revue. 

Les  effets  des  verres  colorés  sur  la 
végétation.  — Nous  avons  reçu  de  M.  A. 
Blavet,  président  de  la  Société  d’horticul- 

22 


510  CHRONIQUE  HORTICOLE. 


ture  de  rarrondissement  d’Étampes,  la 
communication  suivante  : 

J’ai  lu  avec  intérêt  l’article  qu’a  publié  la 
Revue  horticole  à propos  des  effets  de  la  lu- 
mière colorée  sur  la  végétation. 

En  juillet  1872,  je  fis  également  les  mêmes 
expériences  au  moment  où  celles  du  général 
Pleasonton  sur  l’application  de  la  lumière 
bleue  avaient  un  certain  retentissement. 

La  Société  d’horticulture  de  France  voulut 
bien  reproduire  en  août  i872  le  résultat  de 
mes  expériences  qui  ont  été  confirmées  par 
celles  dont  il  vient  d’être  rendu  compte. 

Cependant,  il  faut  bien  l’avouer,  je  ne  sache 
pas  que  depuis  vingt-cinq  ans,  un  seul  praticien 
ait  employé  des  verres  colorés. 

Pourquoi  ne  pas  répéter  ces  expériences  si 
peu  coûteuses,  dans  les  écoles  d’horticul- 
ture ? 

De  là,  les  résultats  étant  publiés  et  reconnus 
avantageux,  nous  verrions  l’industriel  les 
mettre  à profit. 

A.  Blâvet, 

président  de  la  Société  d’horticulture 
de  l’arrondissement  d’Étampes. 

Nous  ne  pouvons  qu’appuyer  les  vœux  de 
M.  Blavet,  et  nous  serons  très-heureux  de 
publier  les  résultats  d’expériences  analo- 
gues qu’on  voudrait  bien  nous  communi- 
quer. 

Encore  le  Jadoo.  — Après  le  Vick' s Ma- 
gazine, dont  nous  avons  récemment  cité 
un  article  surleJadoo\  V American  Garde- 
ning,  dans  deux  numéros  successifs,  en  en- 
tretient ses  lecteurs. 

Un  correspondant  de  ce  journal,  M.  L.-G. 
L.  Jordon,  de  New  Jersey,  relate  des  cures 
merveilleuses  de  plantes  malades  ou  étio- 
lées, par  leur  empotage  dans  de  la  fibre  de 
Jadoo  : Caladiums,  Lataniers,  Fougères, 
Crotons,  Pélargoniums,  etc. 

Des  essais  ont  eu  lieu  en  pleine  terre  ; des 
fibres  de  Jadoo  ont  été  placées  sous  les  ra- 
cines des  Rosiers  et  de  diverses  autres 
plantes,  et  les  résultats  ont  été  satisfaisants. 
Mais  là,  des  arrosements  opérés  avec  un 
« Jadoo-liquide  » sont  intervenus. 

Le  correspondant  de  \’America7i  Ga^'de- 
nmg  conclut  en  disant  que  toutes  ses 
plantes  de  serre  vont  être  rempotées  dans 
du  Jadoo  au  moment  de  leur  rentrée,  et  que 
tous  ses  semis  seront  faits  en  caisse  de  Ja- 
doo, préalablement  criblé.  Il  engage  enfin 
vivement  les  amateurs  à en  faire  l’essai. 

Précisément,  nous  avons  reçu  de  M.  Ga- 
tros-Gérand,  horticulteur  à Bordeaux,  la 

’ Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  416. 


lettre  suivante  qui  indique  que  de's  essais 
ont  déjà  été  faits  en  France  : 

Le  numéro  du  16  septembre  de  la  Revue 
ho7ûicole  signale  un  engrais,  fabriqué  en  An- 
gleterre et  employé  sous  le  nom  de  fibre  de  Jadoo. 
D’après  nos  essais  commencés  l’année  dernière, 
la  réclame  pour  ce  produit  n’est  pas  exa- 
gérée. 

Get  engrais  a surtout  été  préconisé  pour  la 
Vigne  et  les  résultats  en  sont  très-favorables  ; 
chez  nous,  ce  sont  les  Primevères,  les  Ciné- 
raires, les  Jacinthes  et  les  Chrysanthèmes  qui 
ont  végété  d’une  manière  remarquable. 

M.  Gatros-Gérand  ayant  bien  voulu  nous 
adresser  un  ballot  de  fibres  de  Jadoo,  nous 
avons  pu  constater  qu’à  première  vue,  cette 
matière  paraît  être  un  mélange  de  fumier  de 
tourbe  et  de  loam.  Notre  collaborateur, 
M.  Dauthenay,  a procédé  immédiatement  à 
quelques  rempotages  avec  cette  matière. Nous 
en  avons  fait  autant  et  ferons  connaître 
les  résultats  obtenus. 

Un  nouveau  mode  d’arrosage  des 
arbres  d’alignement.  — Nous  venons 
de  voir  à Berlin  les  plantations  des  nou- 
veaux boulevards  et  avenues,  qui  présen- 
tent un  aspect  de  grande  vigueur  et  qui 
sont  bien  traitées.  A part  les  célèbres  Til- 
leuls de  l’ancienne  promenade  Unter  deii 
Lmdeji,  dont  le  terre-plein  central  n’a  pas 
été  rajeuni  et  où  l’on  remplace  seulement 
les  arbres  morts  de  temps  en  temps,  les 
plantations  municipales  sont  bien  entre- 
tenues. 

Ges  arbres  se  dénudent  moins  vite  qu’à 
Paris,  la  moyenne  de  chaleur  estivale 
étant  moins  élevée  que  chez  nous.  Tous  les 
trottoirs  ne  sont  pas  en  asphalte  imper- 
méable, mais  un  bon  nombre  sont  formés 
d’un  cailloutis  ou  ciment  qui  laisse  passer 
l’eau  des  pluies  entre  ses  interstices. 

En  outre  des  arrosements  que  l’on  dé- 
verse dans  les  cuvettes  pratiquées,  comme 
à Paris,  au  pied  des  troncs,  on  a récem- 
ment imaginé  le  procédé  suivant,  qui  s’ap- 
plique très-bien  aux  grandes  villes  : 

Autour  de  l’arbre,  à une  distance  assez 
grande  du  tronc,  on  creuse  des  petits 
puits  revêtus  intérieurement  de  tuyaux  de 
terre  latéralement  perforés.  Ges  drainages 
verticaux  sont  fermés  avec  des  plaques  de 
fonte  identiques  à celles  des  bouches  d’eau 
et  des  bouches  de  gaz.  Lorsqu’on  veut  ar- 
roser l’arbre,  on  emplit  d’eau  ces  sortes  de 
puits.  L’eau  pénètre  ainsi  précisément 
dans  le  périmètre  où  se  trouvent  les  petites 
racines  de  l’arbre.  Il  y a ainsi  économie 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


511 


d’eau,  parce  qu’on  n’arrose  pas  souvent  et 
inutilement  dans  les  cuvettes,  et  que 
toute  l’eau  conduite  par  les  drainages  au 
chevelu  est  absorbée  par  celui-ci. 

Il  serait  bon  d’instituer  sur  nos  boule- 
vards de  Paris  des  essais  de  ce  système. 

Le  forçage  et  le  commerce  du  Muguet 
à l’étranger.  — Sous  la  signature  de 
M.  V.  W.  Burbidge,  le  journal  The  Gar- 
den  publie  un  long  article  sur  le  Conval- 
laria  maialis,  que  les  Anglais  appellent 
((  le  Lys  de  la  vallée.  » (Lily  of  the  valley) 
et  que  nous  désignons  sous  le  nom 
de  Muguet  de  Mai.  Nous  en  extrayons 
un  passage  qui  devrait  bien  inspirer  aux 
forceurs  français  des  méditations  salu- 
taires : 

« En  Allemagne,  la  culture  du  Muguet  est 
devenue  une  industrie  considérable,  et  les 
fleurs  de  cette  provenance  sont  partout  pré- 
férées à celles  de  France  ou  de  Hollande. 
Aussi,  les  forceurs  pour  fleurs  coupées  de 
Berlin  cultivent-ils  le  Muguet  sur  une  grande 
échelle.  Le  forçage  de  cette  plante  s’y  est 
montré  tellement  rémunérateur  que  des  cham- 
bres réfrigérantes  ont  été  installées  pour  re- 
tarder, dans  certains  cas,  l’épanouissement  des 
fleurs,  avec  des  fosses  chauffées  pour  avancer 
la  végétation.  De  cette  manière,  il  est  possible 
d’avoir  des  fleurs  d'un  bout  de  Vannée  à 
Vautre^  au  lieu  que  la  saison  n’en  dure  que 
deux  ou  trois  mois.  Il  est  curieux  de  noter  que 
les  fleurs  de  Berlin  sont  estimées  beaucoup 
plus  haut  que  celles  de  Hambourg  et  des  autres 
localités.  » 

Suivant  l’exemple  des  Allemands,  les 
Anglais  ont  installé  leurs  forceries  selon  la 
méthode  innovée  en  Allemagne,  et  l’exploi- 
tation commerciale  des  Muguets  y devient, 
là  aussi,  très-importante,  surtout  depuis 
que  M.  Jannoch,  de  Dersingham,  et 
M.  T.  Rochford,  de  Turnford,  et  divers 
autres  horticulteurs  pour  fleurs  coupées 
en  ont  fait  une  gigantesque  spécialité. 

Un  arbuste  pour  décoration  hivernale. 

— Les  habitants  de  la  France  centrale  et 
septentrionale  connaissent  peu  ce  bel  ar- 
buste. Dans  l’Ouest  il  est  assez  connu  ; on 
le  cultive  dans  les  pépinières  d’Angers,  de 
Nantes,  etc.,  et  les  jardins  du  littoral  breton 
comme  ceux  de  la  presqu’île  normande  le 
possèdent  généralement. 

Nous  l’avons  planté  avec  succès  dans  les 
parcs  que  nous  avons  dessinés  à Jersey  et 
à Guernesey,  où  il  fleurit  tous  les  ans. 

En  Angleterre,  principalement  dans  le 
Devonshire  et  la  Cornouaille,  le  Garrya 


elliptica  résiste  aux  plus  durs  hivers,  à la 
condition  qu’il  soit  placé  à une  exposition 
bien  isolée  et  abritée  contre  les  vents  d’est, 
qu’il  craint  plus  encore  que  les  grandes 
gelées. 

Ce  qui  rend  cet  arbuste  intéressant  au 
point  de  vue  de  la  décoration  hivernale  des 
jardins,  c’est  l’abondance  des  jolis  chatons 
dont  les  sujets  mâles  se  recouvrent.  Les 
sujets  femelles  sont  d’ailleurs  assez  rares. 
Ces  chatons,  dont  la  longueur  atteint  par- 
fois jusqu’à  30  centimètres,  se  chargent  de 
glace  quand  il  gèle  et  font  de  loin  l’effet  de 
chaînes  d’argent  pendues  aux  branches. 

Le  Garrya  elliptica  se  multiplie  soit 
par  boutures  herbacées  en  serre  froide, 
soit  par  marcottes  ou  par  division  des 
touffes  en  plein  air.  Ce  dernier  moyen, 
pratiqué  au  printemps,  a l’avantage  de  re- 
tarder la  floraison  des  jeunes  plantes,  de 
manière  qu’on  puisse  en  jouir  en  plein 
hiver. 

On  cultive  encore  les  Garrya  macro- 
phylla,  Mac  Fadye^ii  et  Thureti,  ce  der- 
nier hybride  horticole,  mais  ils  sont  plus 
délicats  que  le  G.  elliptica. 

Espaliers  de  Pêchers  sur  cloison  noire. 

— Un  grand  nombre  d’horticulteurs  cher- 
chaient depuis  longtemps  à remplacer,  sur 
leurs  serres,  les  paillassons  si  coûteux  et 
de  si  courte  durée,  par  une  couverture 
retenant  autant  qu’eux,  si  ce  n’est  plus,  la 
chaleur  interne,  et  pouvant  aisément  se 
ressuyer.  Beaucoup  ont  utilisé  pour  cet 
usage  les  bâches  noires  du  système 
Michelet,  et  s’en  sont  fort  bien  trouvés. 
M.  Dauthenay,  jardinier-chef  à l’asile  Sainte- 
Anne,  est  de  ce  nombre.  Notre  collabora- 
teur ne  s’en  est  pas  tenu  là.  Il  lui  fallut, 
en  1895,  installer  une  ligne  de  Pêchers 
en  espaliers,  au  nombre  de  trente -deux, 
sans  le  secours  d’aucune  muraille.  La 
charpente  fut  en  fer  carré  pour  les  pieux, 
distants  de  2 en  2 mètres.  Deux  bandes  de 
fer  plat,  courant  tout  le  long  de  la  ligne, 
relièrent  ces  pieux  les  uns  aux  autres, 
l’une  en  haut,  l’autre  en  bas.  La  charpente 
de  l’auvent  fut  en  fer  cornière. 

C’est  sur  cette  ossature  que  furent  fixées 
des  tringles  de  bois,  minces,  plates  et  lar- 
ges tout  au  plus  de  15  millimètres,  pour 
permettre  le  palissage  des  Pêchers.  Il  ne 
restait  plus  à trouver  que  le  principal, 
c’est-à-dire  la  cloison  sans  jours,  à fixer 
derrière,  pour  former  muraille  et  ainsi 
couper  le  vent.  M.  Dauthenay  se  servit  des 
bâches  goudronnées  du  système  Michelet, 


512 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


qu’il  tendit  et  fixa  sur  la  charpente, 
derrière  et  contre  le  treillage  de  tringles. 
Évidemment,  ces  bâches  absorbent  les 
rayons  solaires  et  ne  les  renvoient  pas, 
puisqu’elles  sont  noires.  On  ne  les  a pas 
blanchies  à la  chaux,  et  il  n’a  jamais  paru 
que  les  Pêchers  aient  été  en  quoi  que  ce 
soit  incommodés  par  cette  manière  de  faire. 
Nous  les  avons  vus  nous-même  en  pleine 
végétation  cet  été  : leur  végétation  est  d’une 
vigueur  remarquable.  Des  arboriculteurs, 
M.  Coulombier  et  M.  Boucher,  entre  autres, 
ont  pu  constater  que  le  « mur  noir  y> 
ne  semblait  nullement  incommoder  les 
arbres.  Cette  particularité,  connue  d’ailleurs 
d’un  certain  nombre  de  confrères  et  d’amis 
de  notre  collaborateur,  est  due  sans  doute 
à la  libre  circulation  de  l’air,  très-restreinte 
pourtant,  qui  existe  entre  le  treillage  et  les 
bâches,  qu’il  ne  faut  donc  pas  craindre 
d’employer  dans  des  cas  analogues  à 
celui-là. 

Singulier  Miltonia.  — Parmi  les  carac- 
tères qui  différencient  le  genre  Miltonia 
des  Oncidium  et  des  Odontoglossum,  le 
gynostème,  très -court,  muni  de  deux 
Anthères  fertiles  et  de  deux  pollinies,  est 
un  des  plus  frappants.  Le  Gardeners'  Chro~ 
nicle  cite  le  cas  singulier  d’un  Miltonia 
spectahilis  Moreliana  dont  les  fleurs  pré- 
sentent trois  paires  de  pollinies,  chacune 
placée  sous  sa  propre  anthère,  le  tout  symé- 
triquement disposé  en  triangle  au  sommet 
du  gynostème.  L’anthère,  supplémentai- 
rement fertile,  n’est  attachée  au  gynos- 
tème que  par  un  bord  extérieur  et,  en 
l’enlevant,  on  découvre  sa  paire  de  pollinies, 
qui  sont  presque  libres,  au  lieu  d’être 
fixées  par  des  caudicules.  Le  blanc  crémeux 
des  trois  anthères,  contrastant  agréablement 
avec  le  pourpre  des  ailes  du  gynostème, 
ajoute  une  beauté  de  plus  à la  fleur  de  ce 
Miltonia,  qui  appartient  à Sir  Frederick 
Wigan,  à East  Sheen,  Richmond  (Angle- 
terre). C’est  là  un  curieux  écart  de  la  struc- 
ture normale. 

OUVRAGES  REÇUS 

Agenda  agricole  et  viticole,  pour  1898,  par 

Vermorel.  Prix:  1 fr.  50  édition  ordinaire 

et  2 fr.  50  édition  de  luxe.  Librairie  agricole 

de  la  Maison  Rustique,  26,  rue  Jacob, 

Paris. 

Beaucoup  de  nos  lecteurs  connaissent  déjà 
cette  excellente  publication,  puisque  treize 
années  d’un  succès  toujours  croissant  ont  con- 


sacré sa  valeur  et  montré  les  services  qu’elle 
rend  aux  agriculteurs. 

C’est  la  certitude,  pour  qui  la  possède,  de 
trouver  dans  cet  ouvrage  de  poche  tous  les 
renseignements  dont  on  peut  avoir  besoin  : un 
chiffre,  une  date,  un  rendement,  le  poids  d’une 
substance,  la  valeur  d’un  engrais,  etc.,  toute 
chose  que  l’on  chercherait  longtemps  dans  les 
traités  spéciaux. 

L’édition  de  1898,  complétée  par  des  rensei- 
gnements nouveaux,  est  encore  plus  intéressante 
que  ses  devancières. 

Il  y a dans  cette  jolie  publication  de  poche 
la  matière  de  plusieurs  volumes,  non  pas  des 
dissertations  longues  et  fastidieuses,  mais  des 
chiffres  exacts,  des  faits  précis,  présentés  sans 
commentaires  dans  200  pages  de  texte.  Le  reste 
de  l’Agenda  comprend  les  pages  blanches  pour 
chaque  jour  de  l’année. 

Ajoutons  que  l’exécution  matérielle  de  l’ou- 
vrage est  entièrement  soignée  : beau  papier, 
reliure  souple,  poche  intérieure,  fermoir  élas- 
tique, porte-crayon,  etc.,  rien  n’a  été  négligé 
pour  que  ce  travail  soit  digne  de  la  confiance 
que  les  agriculteurs  et  viticulteurs  ne  cessent 
de  lui  accorder. 

La  végétation  fruitière  dans  l’Okla- 
homa.  — On  se  rappelle  avec  quelle  furie  se 
ruèrent,  il  y a cinq  ans  à peine,  une  foule 
d’immigrants  sur  le  territoire  indien  ouvert 
à la  colonisation  sur  l’ordre  du  gouverne- 
ment des  Etats-Unis.  Un  grand  nombre  de 
Vignes  et  d’arbres  fruitiers  furent  plantés  à 
cette  époque  dans  l’Oklahoma,  territoire 
envahi  par  les  blancs.  Mais  les  cultivateurs 
qui  s’y  installèrent  ne  purent  pas  tous  s’y 
établir  solidement.  Chez  ceux  qui  parvinrent 
à s’y  fixer,  on  reste  confondu  du  rapport 
que  leur  procure  l’exubérante  végétation 
dont  jouissent  principalement  les  Pêchers 
et  la  Vigne.  Même,  çà  et  là,  se  rencontrent 
des  vergers  entiers  abandonnés  par  les 
colons  qui  n’avaient  pas  réussi,  et  dont 
les  Pêches  juteuses  servent  uniquement 
à rafraîchir  le  palais  du  voyageur  as- 
soiffé. 

Dans  la  bande  de  réserve  Cherokee, 
livrée  à la  colonisation  en  septembre  1893, 
les  fermiers  qui  ont  fait  la  « campagne  î 
avaient  peu  d’argent  comptant.  Ils  ont 
néanmoins  pu  se  libérer  de  tous  les  engage- 
ments qu’ils  avaient  contractés  avec  les 
produits  des  récoltes  des  trois  dernières 
années.  Ce  qui  est,  conclut  VAmerican 
Gardening,  auquel  nous  empruntons  les 
renseignements,  « un  bon  record  pour  un 
pays  neuf  dans  des  temps  difficiles  ». 

Éd.  André. 


NOUVEAUX  NYMPHÉAS  RUSTIQUES  DE  M.  LATOUR- MARLIAC. 


513 


NOUVEAUX  NYMPHÉAS  RUSTIQUES  DE  M.  L.4T0UR-MARLIAC 


Avec  une  infatigable  persévérance,  ré- 
compensée d’ailleurs  par  les  plus  beaux 
succès,  M.  Latour-Marliac,  l’heureux  se- 
meur de  Nymphéacées,  poursuit  la  série  de 
ses  semis. 

Parmi  les  plus  méritantes  nouveautés 
qu’il  nous  a mis  à même  d’observer,  nous 
avons  choisi  les  suivantes,  décrites  ci- 
dessous  pour  la  première  fois  : 

1»  Nymphæa  gloriosa.  Feuilles  orbiculaires, 
de  Qrn  20  dans  leur  plus  grand  diamètre  et  de 
19  dans  le  plus  petit,  entières,  non 
échancrées  ; pétiole  placé  bien  au  centre  à 
l’extrémité  d’un  sinus  en  angle  aigu,  curvi- 
ligne, à bords  divergent.‘=:  ; lobes  basilaires  à 
sommet  rectangulaire  pourvu  d’un  mucron 
aigu  ; page  supérieure  vert  olive  uniforme,  un 
peu  éclairée  au  centre  ; page  inférieure  d’un 
veit  terne  lavé  de  violet,  avec  nervures  grosses, 
saillantes  au  milieu,  d’un  vert  jaunâtre,  terne. 

Fleurs  énormes,  de  0^  16  de  diamètre, 
très-étalées,  de  longue  durée  ; pédoncule 
pâle,  jaune  olivâtre,  inséré  dans  une  cupule 
basilaire  de  même  ton,  peu  large  et  peu  pro- 
fonde’, quadrangulaire  ; sépales  lancéolés, 
longs  de  0'"  09,  larges  de  Om  032,  un  peu 
obtus  ; pétales  étalés,  ovales-oblongs  un  peu 
obtus,  bien  imbriqués,  les  extérieurs  longs  de 
Om  07,  larges  de  Om  030  à 0^  032,  marqués  de 
vert  au  dos  ; les  intérieurs  décroissant  rapide- 
ment en  longueur  et  passant  aux  étamines  pé- 
taloïdes,  tous  d’un  beau  rouge  carmin  bril- 
lant uniforme  ; disque  staminal  de  0'“  05  de 
diamètre  ; étamines  à filets  aplatis,  étroits, 
jaune  orangé;  disque  pistillaire  étroit,  orangé. 

Cette  superbe  plante  appartient  à la 
section  du  Nymphæa  odovata  dont  le  type 
est  originaire  de  l’Amérique  du  Nord  ; ses 
fleurs,  très-grandes  et  très-doubles,  restent 
ouvertes  depuis  10  heures  du  matin  jusqu’à 
4 heures  du  soir  environ  ; elles  exhalent 
un  ar(»me  exquis,  presque  identique  à celui 
des  Nelu7nhium. 

2o  Nymphæa  Ellisiana.  Feuilles  complète- 
ment orbiculaires,  â pétiole  infracentral  inséré 
au  sommet  d’un  sinus  droit  et  acutangulaire  ; 
limbe  non  échancré,  de  0"^  15  de  diamètre,  â 
lobe  basilaire  à peine  mucroné  au  sommet, 
d’un  vert  olive  plus  foncé  au  bord  ; page  infé- 
rieure d’un  violet  rouge  clair  un  peu  terne, 
excepté  au  centre  et  sur  les  nervures  qui  sont 
larges,  peu  saillantes,  aplaties  et  d’un  ton  jau- 
nâtre, 

Fleurs  de  0^  10  à Om  12  de  diamètre,  à pé- 
doncule d’une  nuance  olive  pâle  comme  le 
calice  et  inséré  dans  une  cupule  peu  profonde  ; 


sépales  oblongs,  longs  de  0"™  065,  larges  de 
0"!  03Û,  pâles  à la  base,  rosés  en  dedans  ; 
pétales  oblongs,  cucullés,  obtus,  peu  nom- 
breux, très-étalés,  d’un  beau  rouge  groseille 
foncé  ; étamines  à filet  large,  d’un  ton  orangé 
brillant,  â anthère  étroite  ; disque  pistillaire 
étroit,  orangé. 

Cette  variété,  nouvelle  et  inédite  comme 
la  première,  appartient  à la  même  section. 
Son  évolution  florale  est  également  iden- 
tique. Nous  l’avons  vue  cette  année  fleurir 
abondamment  pendant  tout  Tété  et  la  cou- 
leur éclatante  de  ses  fleurs  contrastait  agréa- 
blement avec  toutes  les  autres. 

3*»  Nymphæa  odorata  exquisita.  Feuilles 
petites,  de  0‘"  10  ou  un  peu  plus  de  diamètre  ; 
pétiole  moyen,  cylindrique  ; limbe  suborbicu- 
laire,  non  échancré,  à sinus  large  et  obtus,  à 
lobes  divergents  ; page  supérieure  vert  pâle 
violet  très-foncé  uniforme  ; côte  médiane 
grêle,  saillante  jusqu’au  sommet. 

Fleurs  petites,  de  O'^OSà  O"!  09  de  diamètre; 
pétiole  grêle,  rougeâtre  ; calice  arrondi,  sans 
dépression  basilaire,  pâle  à la  base,  â sépales 
lancéolés,  longs  de  0^  05,  larges  de  0'»  018, 
vert  foncé  rougeâtre,  à bords  rose  vif  ; pétales 
de  mêmes  dimensions,  un  peu  obtus,  peu  nom- 
breux, mais  réguliers  et  bien  faits,  d’un  beau 
rose  tendre  plus  pâle  au  centre  (comme  dans 
le  N.  odorata  rosea),  passant  graduellement 
à des  étamines  pétaloïdes  ; filets  staminaux 
jaune  pâle,  lancéolés,  anthères  jaunes  ; cou- 
ronne stigmatifère  étroite,  convolutée,  jaune 
chrôme. 

Celte  jolie  plante  a normalement,  nous 
dit  M.  Latour-Marliac,  des  dimensions 
plus  grandes  que  celles  de  l’échantillon  en- 
core jeune  que  nous  avons  décrit  et  qui 
était  cultivé  en  bac.  Ses  fleurs  sont  érigées 
de  0™  10  au-dessus  de  l’eau  et  leur  odeur 
exquise  justifie  parfaitement  le  qualificatif 
qu’elles  ont  reçu. 

Ces  trois  nouveautés,  toujours  en  pro- 
grès sur  leurs  devancières  issues  des  se- 
mis de  M.  Latour-Marliac,  présentent 
encore  cet  avantage  de  drageonner  du  pied 
et  de  pouvoir,  par  conséquent,  se  multiplier 
aisément.  On  sait  que  ce  n’est  pas  le  cas  pour 
certaines  variétés  de  la  section  des  Layde- 
keri^  par  exemple,  qui  présentent  un  tu- 
bercule arrondi,  ne  donnant  jamais  de  re- 
jetons, de  sorte  qu’il  faut  toujours  recom- 
mencer l’hybridation  originelle  pour 
retrouver  et  propager  la  plante. 

Ed.  André. 


514 


APPLICATION  DES  ENGRAIS  CHIMIQUES  AUX  PLANTES  EN  POTS. 


APPLICATION  DES  ENGRAIS  CHIMIQUES  AUX  PLANTES  EN  POTS 

RÉSULTATS  OBTENUS  PAR  MM.  TRUFFAUT  ET  A.  HÉBERT 


Au  mois  de  septembre  dernier,  une  com- 
mission fut  nommée  par  la  Société  natio- 
nale d’horticulture  de  France,  à l’effet 
d’examiner  les  résultats  obtenus  dans  l’éta- 


blissement de  M.  Albert  Truffant,  à Ver- 
sailles, par  un  mode  nouveau  d’utilisation 
des  engrais  chimiques. 

Cette  méthode,  qui  n’a  été  appliquée  jus- 


Fig.  154.  — Photographie  de  deux  Drocæna  Bruanti  du  même  âge. 

Plante  n’ayant  reçu  aucun  engrais.  Plante  traitée  par  la  méthode  Truffaut  et  Hébert. 


qu’ici  qu’à  la  culture  en  pots,  est  due  à la 
collaboration  de  M.  Alexandre  Hébert,  chi- 
miste, lauréat  de  l’Institut,  et  de  M.  Georges 
Truffaut,  diplômé  de  l’Enseignement  supé- 
rieur de  l’agriculture,  fils  du  chef  de  l’éta- 
blissement précité. 

En  attendant  le  rapport  de  la  Commission, 
nous  croyons  devoir  présenter  à nos  lec- 
teurs un  rapide  exposé  des  résultats  ob- 
tenus ; nous  essayerons  ensuite  de  leur  don- 


ner une  idée  de  la  méthode  qui  a servi  à les 
obtenir. 

Ces  résultats,  en  effet,  nous  ont  paru  de 
tous  points  remarquables.  Plus  de  soixante 
types  de  plantes  ont  été  traités,  et  nous 
avons  constaté  qu’un  développement  excep- 
tionnel de  ces  plantes  correspondait  à leur 
traitement. 

Nous  mettons  sous  les  yeux  de  nos  lec- 
teurs deux  des  exemples  qui  nous  ont  le 


APPLICATION  DES  ENGRAIS  CHIMIQUES  AUX  PLANTES  EN  POTS. 


515 


plus  vivement  frappé,  choisis  l’un  pour  les 
plantes  à feuillage,  et  l’autre  pour  les  plantes 
à fleurs. 

La  figure  154  montre  un  exemple  des 
résultats  obtenus  avec  le  Dracæna  Bruanti. 
Elle  représente,  d’après  une  photographie, 
deux  Dracæna  Bruanti,  de  même  âge, 
dont  l’un,  celui  de  gauche,  n’a  reçu  aucun 
engrais  ; l’autre,  celui  de  droite,  a été  traité 
par  la  méthode  de  MM.  Truffaut  et  Hébert. 
Outre  les  différences  énormes  que  l’on  cons- 
tate à première  vue 
dans  le  développe- 
ment des  deux  pieds, 
les  tours  de  spires 
que  dessine,  autour 
de  la  tige,  l’insertion 
des  feuilles,  sont 
sensiblement  plus 
rapprochés  les  uns 
des  autres  dans  la 
plante  traitée,  les 
feuilles  sont  nom- 
breuses, amples  ; 
enfin,  la  plante  est 
sensiblement  plus 
haute  que  sa  voisine. 

Par  leur  méthode, 

MM.  Truffaut  et 
Hébert  ont  su  éviter 
les  accidents  qui 
résultaient  souvent 
de  l’emploi  des  en- 
grais chimiques  ap- 
pliqués comme  on 
le  faisait  ordinaire- 
ment jusqu’ici,  c’est- 
à-dire  d’un  seul 
coup,  et  suivant  des 
doses  indiquées 
d’une  façon  tout  à 
fait  empirique.  Telle 
quantité  d’engrais, 
qui  aurait  été  utile 
à la  nutrition  d’une 
plante  si  elle  lui  eût 
été  donnée  par  doses  en  unj  temps  déter- 
miné, pouvait,  au  contraire,  devenir  toxi- 
que, si  on  mettait  cette  plante  dans  le  cas 
d’absorber  d’un  seul  coup  plus  qu’il  ne 
convenait. 

On  a de  même  évité  les  imperfections  de 
port  qui  résultent  souvent,  pour  les  mêmes 
raisons,  des  distributions  d’engrais  liquides. 
La  figure  455  montre  un  Dracæna  Bruanti 
arrosé  à l’engrais  flamand  et  ayant  reçu,  par 
conséquent,  un  très-grand  excès  d’azote. 
Nous  avons  tenu  à photographier,  en  même 


temps,  cet  exemplaire,  qui  est  aussi  du 
même  âge  que  ceux  représentés  par  la 
figure  154. 

Si  l’on  compare  les  deux  figures,  on  verra 
que,  si  l’exemplaire  traité  à l’engrais  fla- 
mand paraît  ne  rien  laisser  à désirer  au 
point  de  vue  de  la  vigueur  générale,  il  faut 
d’abord  remarquer  que  la  capacité  de  son 
pot  est  deux  fois  plus  grande  que  celle  du 
pot  de  l’exemplaire  traité  par  la  méthode 
Truffaut  et  Hébert  ; et  de  plus  on  sera  cer- 
tainement frappé  de 
ce  fait  que,  jusqu’à 
la  moitié  environ  de 
la  hauteur  de  la 
plante,  le  feuillage 
est  mince  et  clairse- 
mé, qu’il  se  déve- 
loppe tout  à coup 
d’une  façon  anormale 
et  disgracieuse,  en 
«lames  de  sabre  », 
dans  sa  partie  supé- 
rieure ; en  réalité,  il 
semble  qu’il  y ait  là 
l’indice  de  ce  que  les 
jardiniers  appellent 
un  « coup  de  fouet  » 
donné  à la  végétation 
par  l’action  brusque 
de  l’engrais  liquide. 
Le  faciès  de  la  plante 
y a perdu  au  point 
que  son  contour  rap- 
pelle celui  d’un  cône 
renversé. 

Au  contraire,  la 
plante  traitée  par 
MM.  Truffaut  et 
Hébert,  et  qui  est 
représentée  à la 
droite  de  la  figure 
154,  n’est  pas  dénu- 
dée du  pied;  sa  vé- 
gétation s’est  déve- 
loppée d’une  façon 
régulière  et  uniforme,  sans  qu’aucune  de 
ses  parties  paraisse  s’être  nourrie  au  détri- 
ment des  autres. 

Nous  aurions  les  mêmes  observations  à 
faire  à propos  des  deux  photographies  de 
Cannas  que  nous  reproduisons  ici(fig.  156). 
Nous  retrouvons  entre  la  plante  non 
traitée  et  la  plante  traitée  les  mêmes 
différences  de  développement,  de  régula- 
rité et  de  tenue  que  nous  venons  de  si- 
gnaler pour  \qs Dracæna.  En  outre,  l’inflo- 
rescence de  la  plante  traitée  montre  un 


Fig.  155.  — Dracæna  Bruatiti. 
Plante  traitée  à l’engrais  flamand. 


516 


APPLICATION  DES  ENGRAIS  CHIMIQUES  AUX  PLANTES  EN  POTS. 


grand  nombre  de  fleurs  épanouies,  tandis 
que  dans  l’inflorescence  de  la  plante  non 
traitée  les  fleurs  sont  moins  biens  disposées 
et  peu  nombreuses. 

Ces  résultats,  que  font  ressortir  les  fi- 


gures photographiques  154,  155  et  156,  suf- 
fisent à montrer  l’intérêt  que  peuvent  pré- 
senter pour  l’horticulture  les  travaux  de 
MM.  Trutfaut  et  Hébert,  et  à motiver  l’ex- 
posé que  nous  allons  maintenant  essayer  de 


Fig.  156.  — Photographie  de  deux  Cannas  du  même  âge. 

Plante  n’ayant  reçu  aucun  engrais.  Plante  traitée  par  la  méthode  Truffant  et  Hébert. 


faire  de  la  méthode  qu’ils  ont  employée,  et 
des  procédés  spéciaux  qu’ils  ont  mis  en 
œuvre. 

Mais  cet  exposé,  même  succinct  et  incom- 
plet, allongerait  trop  notre  article  ; nous  le 
remettons  au  prochain  numéro  de  la  Revue 
horticole,  nous  bornant  pour  aujourd’hui  à 


rappeler  en  quelques  lignes  les  principes 
sur  lesquels  repose  la  théorie  des  engrais 
chimiques,  de  façon  à n’avoir  à nous  occu- 
per dans  notre  prochain  article  que  de  la 
méthode  spéciale  de  MM.  Trutfaut  et  Hé- 
bert. 

On  sait  que  les  végétaux  sont  composés 


application  des  engrais  chimiques  aux  plantes  en  pots. 


517 


chimiquement  d’un  nombre  restreint  d’élé- 
ments : quatorze,  selon  la  plupart  des  agro- 
nomes. Quatre  de  ces  éléments,  le  carbone, 
Voxygène,  Vhydrogène  et  Vazote  sont 
ceux  qui  constituent  la  partie  de  la  plante 
qui  se  dégage  à l’état  gazeux,  quand  on  la 
brûle;  ils  forment  environ  80  % de  la  ma- 
tière végétale.  Les  dix  autres  éléments  cons- 
tituent ce  qui  reste  après  la  combustion  de  la 
plante,  c’est-à-dire  les  cendres.  M.  Georges 
Ville  les  rangeait,  par  ordre  d’importance 
générale,  de  la  manière  suivante  : 


Phosphore. 

Soufre. 

Chlore. 

Silicium. 

Fer. 


Manganèse. 

Calcium. 

Magnésium. 

Sodium. 

Potassium. 


L’aluminium,  découvert  dans  les  végé- 
taux par  M.  Berthelot,  y a été  ajouté 
depuis. 

Tandis  que  jusqu’ici  l’étude  chimique 
des  plantes  a eu  surtout  pour  but  les  plantes 
agricoles,  MM.  Truffant  et  Hébert  ne  se 
sont  préoccupés  que  des  plantes  horticoles 
proprement  dites,  et  même  plus  spéciale- 
ment des  plantes  d’ornement,  et  les  mul- 
tiples analyses  qu’ils  ont  faites  de  ces  végé- 
taux les  ont  amenés  à classer  les  éléments 
minéraux  des  plantes  dans  un  ordre  d’im- 
portance différent  de  celui  que  nous  rappe- 
lons ci-dessus,  et  qui  est  le  suivant  : 


Silicium. 

Potassium. 

Calcium. 

Soufre. 

Fer. 

Aluminium. 


Phosphore. 
Chlore. 
Manganèse, 
Magnésium. 
Sodium.  ' 


Ces  éléments,  dont  les  végétaux  sont  cons- 
titués, forment  entre  eux  des  combinaisons. 
Ces  combinaisons  sont  simples  ou  compo- 
sées. Par  exemple,  les  éléments  azote  et 
hydrogène,  combinés  ensemble  dans  une 
proportion  déterminée,  constituent  V ammo- 
niaque. D’autre  part,  une  certaine  combinai- 
son deV oxygène  et  du  sou fre^rodmiV acide 
sulfurique.  Voilà  deux  combinaisons 
simples.  Mais,  à leur  tour,  cet  acide  sulfu- 
rique et  cet  ammoniaque,  combinés  entre 
eux,  constituent  le  sulfate  d'ammoniaque. 
Voilà  une  combinaison  composée. 

Or,  la  variété  infinie  de  formes  et  de  pro- 
priétés qui  distingue  les  plantes  « ne  tient, 
dit  M.  Mussa  dans  son  ouvrage  élémen- 
taire sur  les  engrais  chimiques qu’aux 


* La  Pratique  des  engrais  chimique'^',  par 
L.  Mussa,  1 vol.  in-18;  à la  Librairie  agricole  de 
la  Maison  rustique,  26,  rue  Jacob,  à Paris.  Prix  : 
1 fr.  25. 


diverses  manières  de  grouper  les  quatorze 
éléments,  toujours  les  mêmes,  dont  toutes 
les  plantes  sont  composées. 

<(  Le  nombre  indéfini  de  valeurs  diffé- 
rentes qu’on  peut  former  à l’aide  de  dix 
caractères  arithmétiques  seulement,  et  les 
millions  de  mots  d’une  langue,  composés 
avec  un  petit  nombre  de  lettres  alphabé- 
tiques, sont  autant  d’images  exactes  des 
innombrables  variétés  qu’on  aperçoit  dans 
les  différentes  espèces  de  plantes  ; les  diffé- 
rences qui  frappent  nos  sens  ne  sont  qu’au- 
tant  de  mots  de  la  même  langue  végétale, 
et  autant  de  nombres  de  l’arithmétique  des 
plantes.  » 

Les  éléments  qui  entrent  dans  la  compo- 
sition des  plantes  sont  puisés  dans  l’air  par 
leurs  feuilles,  et,  dans  le  sol,  par  leurs 
racines.  Les  éléments  de  l’air,  bien  qu’ils 
constituent  plus  des  trois  quarts  de  la 
composition  des  plantes,  ne  suffisent  pas, 
à eux  seuls,  à les  nourrir.  Il  leur  faut  im- 
périeusement le  concours  des  éléments  con- 
tenus dans  le  sol,  et  qu’il  peut  seul  leur 
donner. 

Mais  la  composition  de  ce  sol  est  elle- 
même  très-variable  ; elle  n’est  pas  toujours 
en  rapport  avec  la  composition  de  la  plante 
que  l’on  veut  y cultiver  ; et  comme  cette 
plante  exige,  pour  son  maximum  de  déve- 
loppement, que  le  sol  lui  fournisse  toute  la 
proportion  nécessaire  des  éléments  qui  doi- 
vent la  constituer,  la  méthode  des  engrais 
chimiques  intervient  pour  donner  au  sol  ce 
qui  lui  manque  de  ces  éléments  ; et  les 
combinaisons  à introduire  dans  le  sol 
devront  être  calculées,  et  opérées,  de  telle 
manière  que  les  éléments  se  présentent  à la 
plante  sous  une  forme  assimilable. 

D’autre  part,  la  présence  d’aucun  des 
éléments  nécessaires,  en  si  petite  quantité 
que  cet  élément  intervienne,  ne  saurait  être 
négligée 

Les  engrais  naturels,  tels  que  fumiers, 
terreaux,  gadoues,  etc.,  possèdent  assuré- 
ment le  grand  avantage  d’améliorer  phy- 
siquement le  sol  ; en  outre,  ils  renferment 


2 On  peut  rappeler,  à cet  égard,  la  remarquable 
expérience  de  M.  Raulin  sur  l’aliment  exigé  par 
une  moisissure  commune,  le  Sterigmatocystis 
nigra.  Parmi  les  douze  combinaisons  qu’exige  la 
culture  de  cette  moisissure,  il  en  est  une,  le  sul- 
fate de  zinc,  qui  n’entre  que  pour  un  1/20.000 
environ  dans  la  composition  du  milieu  nutritif.  On 
ne  peut  réussir  à cultiver  le  Sterigmatocystis 
nigra  qu’en  apportant  au  bouillon  de  culture 
cette  intime  proportion  de  sulfate  de  zinc.  {Annales 
des  Sciences  naturelles,  5^  série,  t.  II,  1870. 
Éludes  sur  la  végétation.) 


518 


DES  MOYENS  d’AMENER  L’eAU  A SON  LIEU  d’uTILISATION. 


bien  les  éléments  nécessaires  à la  nutrition 
des  plantes  ; mais  la  proportion  dans  la- 
quelle ces  éléments  s’y  trouvent  n’est 
jamais  exactement  celle  que  réclamerait 
une  plante  déterminée,  tandis  qu’on  peut 
concevoir  la  composition  d’un  engrais  spé- 
cial, fabriqué  de  toutes  pièces,  où  cette 
proportion  serait  exactement  respectée. 

Par  conséquent,  en  composant  un  engrais 
avec  les  sels  chimiquement  purs,  et  d’après 
des  dosages  préalablement  expérimentés,  on 
arriverait  à fournir  aux  plantes  les  quan- 
tités d’éléments  assimilables,  en  rapport 
avec  le  maximum  de  leur  capacité  d’ab- 
sorption. 

Telles  sont  les  données  principales  sur 
lesquelles  repose  l’emploi  des  engrais  chi- 
miques. 

Pour  être  exact,  il  nous  reste  à dire  que 
les  divers  phénomènes  qui,  dans  le  sol, 
président  à l’assimilabilité  (échanges  de 
combinaison  à combinaison,  réactions  aci- 
des, rôle  des  microorganismes,  etc.)  sont 
encore  très-imparfaitement  connus. 

Quoi  qu’il  en  soit,  l’agriculture  pro- 
prement dite  a largement  profité  des  pro- 
grès accomplis  jusqu’à  ce  jour  par  la 
chimie;  aujourd’hui  de  grands  rendements 
sont  obtenus  par  les  agriculteurs  qui  em- 
ploient les  engrais  chimiques  d’une  manière 
judicieuse.  Nul  ne  peut  prévoir,  ni  le  point 
où  s’arrêtera  la  science  dans  cette  voie,  ni 

DES  MOYENS  D’AMENER  VU 

En  publiant  cet  article  et  ceux  qui  sui- 
vront, nous  n’avons  à parler  ni  de  l’impor- 
tance ni  de  l’emploi  des  eaux  en  horticulture 
ou  pour  les  usages  domestiques  ; nous  n’au- 
rions là-dessus  rien  à apprendre  aux  lec- 
teurs de  la  Revue  horticole.  Notre  but  est 
d’étudier  les  moyens  si  nombreux,  les 
constructions  et  les  machines  si  diverses 
qu’on  peut  employer  pour  se  procurer  les 
eaux  nécessaires  aux  différents  besoins,  afin 
de  guider  nos  lecteurs  dans  le  choix  judi- 
cieux du  système  ou  du  procédé  à adopter. 

Nous  ne  ferons  aujourd’hui  qu’une  ra- 
pide énumération  des  moyens,  des  cons- 
tructions et  des  machines  qu’on  a à sa  dis- 
position pour  amener  l’eau  à son  lieu 
d’utilisation. 

Les  eaux  destinées  à l’alimentation  ou 
aux  arrosages  des  cultures  peuvent  pro- 
venir des  nappes  souterraines^  des  cours 
d'eau  qui  circulent  à la  surface  du  sol  ou 
des  pluies.  Voyons,  dans  leur  ensemble,  les 


l’importance  des  résultats  à attendre  de  la 
vulgarisation  des  engrais  chimiques. 

Mais  si  les  progrès  dus  à l’emploi  des  en- 
grais chimiques  sont  tous  les  jours  plus 
appréciables  en  ce  qui  concerne  l’agricul- 
ture, on  n’en  saurait  dire  autant,  si  on  con- 
sidère l’horticulture. 

Rien,  ou  presque  rien,  n’avait  été  tenté  jus- 
qu’à ce  jour,  en  dehors  de  formules  plus  ou 
moins  empiriques.  Nous  ne  voulons  pas 
dire  que  certains  engrais  chimiques  em- 
ployés en  horticulture,  tels  que  le  Floral, 
l’engrais  Jeannel,  etc. , n’aient  donné  de  bons 
résultats.  Ces  sortes  d’engrais  contiennent 
une  proportion  déterminée  d’éléments  fer- 
tilisants, qui  favorisent  notablement  la 
croissance  de  la  généralité  des  plantes  ; 
mais  ils  présentent  le  même  inconvénient 
que  les  engrais  naturels,  celui  d’être  iden- 
tiques pour  toutes  les  plantes,  et  par  consé- 
quent de  ne  donner  à aucune,  pour  la 
moindre  dépense  d’engrais,  son  maximum 
de  déloppement. 

Le  but  que  se  sont  proposés  d’atteindre 
MM.  G.  Truffant  et  A.  Hébert  a été  préci- 
sément de  remplacer  ces  formules  moyennes 
par  des  formules  exactes  et  précises,  et  de 
trouver  pour  chaque  plante  l’engrais  qui 
lui  convient  le  mieux. 

C’est  l’exposé  de  leur  méthode  que  nous 
essaierons  de  faire  dans  le  prochain  nu- 
méro. H.  Dauthenay. 

J A SON  LIEU  D’UTILISATION 

principaux  moyens  à employer  pour  se 
procurer  les  eaux  suivant  ces  différentes 
origines. 

Pour  rejoindre  la  nappe  souterraine,  qui 
se  trouve  à une  profondeur  très-variable, 
suivant  les  conditions  géologiques  du  lieu, 
on  établit  un  puits  et  l’eau  est  élevée  au- 
dessus  de  la  surface  du  sol  à l’aide  d’une 
machine  élévatoire  ; suivant  l’importance 
du  débit,  et  suivant  la  hauteur  d’élévation, 
cette  machine  est  actionnée  par  un  homme 
ou  mue  par  un  manège  ou  un  moteur  ina- 
nimé (machine  à pétrole,  à vapeur,  moteur 
hydraulique  ou  à vent). 

Parmi  ces  machines  élévatoires , nous 
trouvons  : la  poulie  et  la  corde,  le  seau  à 
bascule  et  tous  leurs  dérivés  ; les  norias, 
les  pompes  à chapelet,  les  pompes  à piston 
(foulantes,  aspirantes,  aspirantes  et  éléva- 
toires, aspirantes  et  foulantes,  à simple 
ou  à double  effet),  les  pompes  rotatives,  les 
pompes  centrifuges,  les  pulsomètres. 


L^EXPOSITION  d’automne  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTIGULTURE  DE  FRANGE.  519 


Lorsque  la  nappe  aquifère  se  trouve  au 
plus  à 4 à 6 mètres  de  profondeur,  et  surtout 
lorsqu’il  n’y  a pas  au-dessus  d’elle  des  roches 
compactes  ou  agglomérées,  on  peut  avoir 
recours  aux  puits  instantanés^  lesquels 
consistent  à enfoncer  dans  le  sol,  avec  un 
mouton,  un  tube  en  fer  jouant  le  rôle  de 
tuyau  d’aspiration  à une  pompe  fixée  à 
son  extrémité  supérieure. 

Différents  travaux  doivent  être  exécutés 
pour  se  procurer  les  eaux  provenant  de  cours 
d’eau  superficiels.  Lorsque  la  source  existe 
sur  la  propriété,  il  est  souvent  utilede  faire 
quelques  petits  ouvrages  d’aménagements  et 
de  captage  ; au  besoin  de  recueillir  les  eaux 
et  de  les  emmagasiner  dans  des  réservoirs. 

Afin  d’utiliser  les  eaux  provenant  d’un 
ruisseau  ou  d’une  rivière,  on  est  ordinai- 
rement obligé  d’en  surélever  le  niveau  au 
moyen  d’un  barrage  et  d’une  prise  d’eau 
avec  vannes  ou  marteliëres  ; une  canali- 
sation par  tuyaux  ou  un  canal  d' amenée, 
appelé  encore  canal  de  dérivation  ou 
d’alimentation,  conduit  les  eaux  sur  une 
certaine  longueur,  avec  la  plus  faible 
pente  possible,  afin  de  pouvoir  disposer, 
en  aval  de  la  prise  d’eau,  d’une  diffé- 
rence de  niveau  suffisante.  Si  ce  moyen, 
qui  donne  l’eau  au  plus  bas  prix,  ne  peut 
être  employé  pour  divers  motifs  (droit  de 
barrage,  longueur  et  pente  insuffisantes, 
nature  du  sol),  il  faut  avoir  recours  à une 


machine  élévatoire  mue  par  le  cours  d’eau 
comme  un  bélier  hydraulique  ou  une  roue 
hydraulique  actionnant  une  machine  élé- 
vatoire, ou  enfin  à un  des  nombreux  sys- 
tèmes de  pompes  dont  nous  avons  donné 
plus  haut  la  classification  générale. 

Dans  quelques  circonstances  spéciales,  on 
ne  peut  compter  que  sur  les  eaux  de  pluie 
aussi  bien  pour  l’alimentation  des  êtres 
animés  de  l’exploitation  que  pour  l’arrosage 
du  jardin  ; les  eaux  d'égout  des  toits  sont 
alors  dirigées,  par  des  canalisations,  dans 
des  réservoirs  ou  citernes.  De  même  les 
eaux  de  pluie  des  parties  dénudées  ou  peu 
filtrantes  de  certaines  régions  sont  recueil- 
lies par  des  rigoles  qui  les  conduisent  à des 
réservoirs  en  terre  ou  en  maçonnerie  où 
elles  sont  emmagasinées. 

Le  transport  et  la  distribution  de  l’eau 
dans  les  jardins  peuvent  se  faire  de  diffé- 
rentes façons  : arrosoirs,  rigoles,  cani- 
veaux, écopes,  hottes,  tonneaux,  lances,  eic> 
Enfin  toute  installation  hydraulique 
comprend  une  canalisation  en  matériaux 
divers,  et  souvent  un  réservoir  surélevé 
afin  qu’on  puisse  disposer  d’une  certaine 
pression  aux  points  d’utilisation  de  l’eau. 

Ce  sont  ces  moyens,  ces  constructions  et 
ces  machines  que  nous  étudierons  succes- 
sivement dans  la  Revue  horticole. 

Max.  Ringelmann 

Directeur  de  la  Station  d’essais  de  machines. 


L’EXPOSITION  D’AUTOMNE 

DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTIGULTURE  DE  FRANCE 
(chrysanthèmes,  fruits,  ETC.) 


Pour  la  première  fois,  c’est  au  Jardin  des 
Tuileries,  sur  l’emplacement  ordinaire  des 
expositions  de  la  Société  nationale  d’horticul- 
ture de  France,  qu’on  a vu  rassemblés  sous  la 
même  tente  tous  les  lots  de  Chrysanthèmes. 
Un  long  couloir  avait  été  ménagé  le  long  de  la 
tente,  pour  recevoir  les  légumes  et  les  fruits. 

Gomme  dans  toutes  les  organisations  qu’on 
installe  pour  la  première  fois,  il  y a eu,  à côté 
des  avantages  nombreux  qu’ont  certainement 
recueillis  les  exposants  à se  trouver  à l’aise  et 
« chez  eux  »,  quelques  défectuosités  qu’on  évi- 
tera sans  doute  dans  l’avenir. 

Il  est  bien  entendu  que,  dans  une  exposition 
de  ce  genre,  on  recherche  avec  raison  les 
moyens  les  plus  pratiques  de  comparer  les  lots 
entre  eux.  L’aménagement  est  particulièrement 
heureux  lorsqu’aux  facilités  qu’il  offre  à l’exa- 
men, il  se  joint  un  agréable  coup  d’œil  d’en- 
semble. Les  exposants  y trouvent  d’autant 
mieux  leur  compte  que  leurs  fleurs  sont 


entourées  d’un  cadre  qui  en  fait,  aux  yeux 
des  visiteurs,  ressortir  toutes  les  qualités. 

Il  faut  bien  le  dire,  à ce  point  de  vue,  la 
réunion  d’une  multitude  de  lots  de  Chrysan- 
thèmes, sous  un  immense  burnous  de  toile 
blanche,  n’était  pas  d’un  aspect  agréable. 

Entre  les  fleurs  et  la  clôture  blanche  formée 
par  cette  toile,  il  eût  fallu  intercaler  un  rideau 
vert  sombre  fait  de  plantes  vertes.  Nul  doute 
que  leur  tonalité  n’eût  fait  ressortir  celle  de 
l’exposition  tout  entière. 

Peut-être  en  a-t-on  été  empêché  par  des 
difficultés  d’ordre  matériel  ; mais  peut-être 
aussi  eut-on  pu  tout  au  moins  laisser  aux  ex- 
posants la  faculté  d’appuyer  leurs  apports  sur 
des  rideaux  de  plantes  vertes.  A l’exposition 
de  Bruxelles,  il  est  des  exposants  qui  ont  reçu, 
pour  un  mode  de  présentation  de  ce  genre, 
les  félicitations  du  jury. 

Que  dire  de  l’étroit  boyau  dans  lequel  on  a 
relégué  les  fruits  et  les  légumes  ? 


520 


PÊCHE  TARDIVE  DU  MONT-D"uR. 


Aussi  bien  l’horticulture  ne  pourra-t-elle 
tenir  ses  floralies  avec  la  plénitude  de  ses 
moyens,  que  lorsqu’elle  sera  dotée  d’un  palais 
approprié  à tous  ses  besoins  spéciaux. 

Mais  si  l’on  se  place  au  seul  point  de  vue 
pratique,  il  est  certain  que  la  disposition 
des  lots  donnait  la  plus  grande  facilité  de  com- 
parer les  divers  genres  de  culture  entre  eux. 

Et  les  comparaisons  étaient  d’autant  plus 
aisées,  que  l’œil  était  moins  tenté  de  s’arrêter 
sur  l’ensemble. 

MM.  Vilmorin-Andrieux  et  Ci®  ont  remporté 
une  nouvelle  victoire,  avec  le  prix  d’honneur 
qui  a été  attribué  à leur  belle  collection  de 
nombreux  spécimens  demi-nains,  à demi- 
grandes  fleurs;  M.  Auguste  Nonin  a eu  le 
deuxième  grand  prix  pour  la  perfection  et 
l’originalité  de  ses  obtentions  ; une  grande  mé- 
daille d’honneur  a été  décernée  à M.  Galvat, 
pour  sa  race  à très-grandes  fleurs. 

Les  quelques  lots  d’Œillets  (MM.  Nonin, 
Hochard,  Régnier,  e‘c.),  ceux  de  Violettes  La 
France,  de  M.  Millet  : de  Bégonia  Frœheli 
amélioré,  de  M.  Sallier  ; de  Cyclamens,  de 
M.  Maxime  Jobert;  de  Gesnériacées,  deM.  Val- 
lerand,  émaillaient  de  trop  rares  notes  vives  la 
onalité  générale. 

PÊCHE  TARDIVE 

Le  9 novembre  de  l’année  dernière,  j’ai 
reçu  de  M.  Francisque  Morel,  horticulteur 
à Lyon,  une  superbe  Pêche  sous  le  nom  de 
Tardive  du  Mont-d* Or,  et  non  pas  du 
Mont-Dore,  comme  le  porte  par  erreur  la 
planche  coloriée.  Le  Mont-d'Or  est  un 
massif  de  collines  situé  sur  la  rive  droite  de 
la  Saône,  à une  dizaine  de  kilomètres  de 
Lyon,  et  le  nom  de  la  Pêche  dont  il  est  ici 
question  n’a  rien  de  commun  avec  le 
le  Mont-Dore,  de  l’Auvergne. 

La  Pêche  de  M.  Morel  dépassait  sensi- 
blement en  tardiveté  l’époque  de  maturité 
de  la  Pêche  Salivay  et  même  de  la  Belle  de 
Saint-Geslin  et  de  sa  variété  à peau  blanche, 
que  j’ai  fait  connaître  aux  lecteurs  de  la 
Revue  horticole  L 

La  qualité  de  ce  fruit,  que  nous  avons 
fait  peindre  et  que  la  planche  ci-contre 
représente  fidèlement,  répondait  à sa 
beauté.  Bien  souvent,  à cette  saison  de 
l’année  où  le  soleil  a perdu  de  sa  force,  le 
sucre  est  absent  des  fruits  et  l’eau  en  est 
un  peu  fade.  Il  m’a  été  agréable  de  cons- 
tater, au  contraire,  que  la  Tardive  du 
Mont-d'Or  avait  conservé  une  saveur  re- 
levée et  son  vrai  parfum  de  Pêche. 

Arbre  vigoureux,  à rameaux  dressés-étalés  ; 
feuilles  grandes,  brièvement  pétiolées,  cré- 
nelées, atteignant  jusqu’à  18  centimètres  de 

* Revue  horticole,  1873,  p.  230  et  1884,  p.  420. 


L’exposition  de  fruits  était  remarquable 
moins  peut-être  par  le  nombre  et  l’importance 
des  apports  que  par  l’état  de  conservation  des 
fruits.  Gomme  culture  de  serre,  il  est  impossible 
de  ne  pas  mentionner  tout  de  suite  le  lot  des 
Forceries  de  l’Aisne,  récompensé  d’ailleurs 
par  une  grande  médaille  d’honneur. 

Les  plantes  potagères,  à l’exposition  d’au- 
tomne, ne  sauraient  évidemment  avoir  l’impor- 
tance qu’elles  ont  à l’exposition  du  printemps. 

Les  arbres  fruitiers,  au  contraire,  ont  occupé 
cette  année  une  place  plus  importante  à l’expo- 
sition d’automne,  et  MM.  Groux  et  fils,  du  Val- 
d’Aulnay,  ainsi  que  M.  H.  Patrolin,  horticulteur 
à Bourges,  montraient  des  spécimens  de  forma- 
tion irréprochable  qui  ont  valu  à chacun  d’eux 
une  grande  médaille  d’honneur. 

En  somme,  et  malgré  les  critiques  que  nous 
avons  formulées  au  commencement  de  cet  ar- 
ticle, la  première  exposition  de  Ghrysanthèmes 
et  fruits,  aux  Tuileries,  marque  une  étape 
dans  la  voie  de  perfectionnement  des  exposi- 
tions horticoles  d’automne  de  la  Société  natio- 
nale d’horticulture. 

H.  Dauthenay. 


DU  MONT-D’OR 

longueur  sur  5 de  large  ; côte  médiane  rose 
glandes  petites,  réniformes.  Fleurs  moyennes 
à calice  presque  glabre,  turbiné  à la  base 
colorée  de  brun  rouge  et  de  vert,  à sépales 
ovales-obtus,  hispides  ; corolles  à pétales  obo- 
vales-obtus,  onguiculés,  roses,  d’un  ton  plus 
foncé  à la  base.  Fruit  gros  ou  très-gros,  sphé- 
roidal  déprimé,  atteignant  8 centimètres  de 
hauteur  sur  9 de  diamètre  latitudinal,  à sillon 
latéral  large  et  profond  ; cavité  apicale  en  om- 
bilic, cavité  pédonculaire  profonde  ; peau 
duveteuse,  bien  colorée  de  rouge  foncé  au 
soleil,  jaune  lavé  de  rouge  à l’ombre  ; chair 
blanc  crémeux,  rosée  striée  au  centre  ; eau 
abondante,  sucrée  et  parfumée  ; noyau  gros, 
ovale  aigu,  très-fortement  rustiqué.  Maturité 
commencement  de  novembre,  parfois  jus- 
qu’au 15. 

Celte  variété,  née  à Saint-Didier-au- 
Mont-d’Or,  sera  digne  de  la  réputation 
qu’elle  va  obtenir  dès  qu’elle  commen- 
cera à se  répandre  dans  les  collections 
et  à pourvoir  les  espaliers  de  l’arrière- 
saison  de  fruits  savoureux. 

On  peut  se  procurer  la  Pêche  Tardive  du 
Mont-d’Or,  chez  M.  F.  Morel,  horticulteur, 
33,  rue  du  Souvenir,  à Lyon-Vaise  (Rhône). 

Ed.  André. 

P, -S.  — L'imprimeur  a livré  trop  tard  la 
planche  coloriée  à V administration  de  la 
Revue,  pour  qu'il  fût  possible  de  faire  rectifier 
la  légende;  nous  engageons  nos  abonnés  à 
faire  eux -mêmes  la  correction  à la  main. 


HoTtLC£>le 


Pcc/ie  tarciir>c  dii  Mont-Dore. 


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LE  PYRÈTIIRE  ROSE. 


521 


LE  PYRÈTHRE  ROSE 


Ainsi  nommé  de  la  couleur  des  fleurs  du 
type,  le  Pyrethrum  roseum,  Linn.  (fig.  157) 
est  une  plante  vivace,  introduite  du  Caucase 
il  y a fort  longtemps  et  aujourd’hui  très- 
répandue  dans  les  jardins. 

Très- vigoureux,  rustique  et  prospérant 
presque  partout,  il  forme  des  touffes  assez 
fortes,  hautes  de  50  à 80  centimètres,  dont 
les  tiges  sont  presque  simples,  garnies  de 
feuilles  finement  découpées  et  se  terminant 
par  un  capitule  en  forme  de  Marguerite, 
large  de  5 à 6 centimètres,  simple  chez  le 
type,  avec  des  demi-fleurons  d’un  beau 
rose  vif,  tandis  que  le  disque  est  jaune  et 
plan. 

Par  la  culture,  les  coloris  ont  d’ahord 
commencé  à varier  et  ont  passé  par  une  série 
nombreuse  de  nuances  intermédiaires, 
allant  du  blanc  pur  au  carné,  au  rose,  au 
carmin  et  presque  jusqu’au  pourpre.  Puis 
sont  venues  les  formes  doubles,  par  la 
transformation  des  fleurons  tubuleux  et 
jaunes  du  disque,  tantôt  en  petites  lan- 
guettes, tantôt  en  tuyaux  allongés  et  formant 
alors  un  centre  très-plein  et  bombé  comme 
dans  les  Reines-Marguerites  dites  à fleurs 
d’Anémone,  et  de  même  teinte  que  les  fleu- 
rons ligulés  de  la  circonférence,  qui  forment 
dans  ce  dernier  cas  une  élégante  collerette 
marginale.  Puis  sont  venues  des  variétés 
naines,  atteignant  à peine  40  à 50  centi- 
mètres et  formant  de  charmantes  touffes  ; 
plusieurs  variétés  ont  été  nommées  et  se 
rencontrent  çà  et  là  chez  les  horticulteurs 
et  les  amateurs.  Enfin,  sous  le  nom  de  race 
Normand,  celui  de  son  obtenteur,  la 
Maison  Vilmorin  a mis  l’an  dernier  au 
commerce  un  magnifique  choix  du  Pyrèthre 
rose  double  à fleurs  tantôt  très-grandes, 
tantôt  très-petites,  mais  bien  doubles  et  de 
coloris  excessivement  variés. 

Quoique  très-connu , le  Pyrèthre  rose 
n’est  pas  autant  cultivé  qu’il  le  mérite, 
surtout  par  ceux  qui  recherchent  les  plantes 
faisant  beaucoup  d’effet  pour  les  grandes 
plates-bandes  et  dont  les  fleurs  peuvent  etre 
employées  pour  la  confection  des  bouquets. 
C’est,  en  effet,  une  des  qualités  les  plus 
importantes  de  cette  plante  et  qui  devrait 
engager  les  amateurs  à en  faire  des  semis 
plutôt  qu’à  s’en  tenir  à la  division  des  pieds 
à fleurs  doubles  ; car  les  fleurs  simples 


sont,  à notre  avis,  plus  élégantes  et  cer- 
tainement plus  légères  et  plus  gracieuses 
que  les  doubles.  Que  peut-on  désirer  de 
plus  charmant  qu’une  poignée  de  ces 
fleurs,  même  toutes  simples  ? Ce  sont 
alors  de  véritables  Marguerites  multico- 
lores, et  l’on  sait  combien  celles  des  prés 
(toutes  blanches)  sont  recherchées  par  les 
promeneurs. 

Il  est  très-facile  d’obtenir  une  quantité  de 
Pyrèthres  roses  ; la  plante  produisant  des 
graines  en  culture,  il  n’y  a qu’à  en  faire  des 
semis.  En  se  procurant  un  beau  choix,  tel 
que  la  race  Normand  précitée,  on  obtien- 
dra des  coloris  très-variés  et  un  assez 


Fig.  157.  — Pyrethrum  roseum  flore  pleno. 


grand  nombre  de  pieds  à fleurs  plus  ou 
moins  doubles.  Si  l’on  ne  veut  conserver  que 
les  doubles,  les  plantes  simples  fourniront 
néanmoins,  la  première  année  de  leur  flo- 
raison (celle  qui  suit  l’année  du  semis),  une 
abondante  moisson  de  fleurs  à couper.  C’est 
là  un  des  avantages  de  cette  plante,  car  tous 
les  pieds  fournissent  des  fleurs  utilisables  ; 
il  y a peut-être  un  choix  à faire,  mais  pas 
ou  très-peu  d’arrachage  à la  première  flo- 
raison. Si  l’on  ne  conserve  que  les  plantes 
à fleurs  doubles,  on  sera  obligé  de  les  pro- 
pager par  division,  car  elles  ne  se  repro- 
duisent pas  exactement  de  semis.  C’est  là 
un  obstacle  à la  propagation  des  variétés 
nommées  ; outre  qu’elles  finissent  par  perdre 


522 


CULTURE  DU  CYCLAMEN  DE  PERSE. 


leur  vigueur,  on  est  alors  obligé  de  recou- 
rir à de  nouveaux  semis  pour  les  régé- 
nérer. 

La  culture  du  Pyrèthre  rose  est  celle  de 
la  plupart  des  autres  plantes  vivaces.  Toutes 
les  bonnes  terres  de  jardin  lui  conviennent. 
On  sème  les  graines  de  bonne  heure,  en 
février-mars  et  sur  couche,  si  l’on  désire 
voir  les  plantes  fleurir  dès  Tautomne  ; ou 
bien  on  sème  en  plein  air,  d’avril  en  juin, 
pour  n’obtenir  alors  la  floraison  que  l’année 
suivante.  Lorsque  les  plants  sont  assez  forts, 
on  les  repique  une  fois  en  pépinière  d’at- 
tente, puis  les  met  en  place  dès  l’automne 
ou  au  printemps  suivant,  de  préférence  en 
touffes  éparses  dans  les  plates-bandes  bordant 
les  allées,  car  c’est  là  qu’elles  font  le  plus 
d’effet.  Toutefois,  pour  l’unique  usage  de  la 
fleur  à couper  et  surtout  avec  les  plantes  is- 
sues de  semis,  on  peut  planter  en  planches, 
dans  le  jardin  potager,  à environ  50  centi- 
mètres de  distance  en  tous  sens. 

Pour  la  propagation  des  variétés  nommées 
ou  de  celles  qu’on  désire  conserver  bien 


franches,  il  faut  avoir  recours  à la  division 
des  pieds,  que  l’on  fait  au  commencement 
du  printemps,  ou  à la  fin  de  l’été,  la  plante 
supportant  facilement  cette  opération  et 
même  la  transplantation  à toute  époque, 
quand  on  a soin  de  la  faire  en  motte  et 
d’arroser  copieusement  ensuite. 

Nous  pourrions  encore  recommander  plu- 
sieurs autres  Pyrèthres  pour  la  décoration 
des  jardins,  car  les  espèces  de  ce  genre  sont 
excessivement  nombreuses  et  toutes  plus  ou 
moins  élégantes;  mais  celles  dont  nous 
avons  parlé  précédemment^  sont  les  plus 
importantes  à ce  point  de  vue.  Ajoutons-y 
cependant  le  Pyrethrum  macrophyllum}, 
Willd.,  grande  plante  vivace  de  la  Hongrie, 
très-décorative  par  son  port  et  ses  fleurs 
blanches  en  corymbes  terminaux,  et  citons 
pour  jmémoire  le  Pyrethrum  uligmosum 
W.  et  K.,  remarquable  par  ses  fleurs  de 
Marguerites  blanches,  se  montrant  à l’au- 
tomne et  auquel  nous  avons  déjà  consacré 
un  article  spéciaP. 

S.  Mottet. 


CULTURE  DU  CYCLAMEN  DE  PERSE 


Les  Cyclamens  sont  des  plantes  tellement 
connues,  tellement  appréciées  pour  la  déco- 
ration des  appartements,  placés  dans  des 
jardinières,  sur  des  encoignures  ou  sur  le 
dessus  des  cheminées,  qu’il  serait  ’oiseux, 
ce  me  semble,  d’entreprendre  d’en  faire  la 
description. 

Le  Cyclamen  de  Perse,  désigné  aussi  sous 
le  nom  de  Cyclamen  d’Alep,  a produit,  sous 
l’action  de  la  culture  et  de  la  sélection,  de 
nombreuses  formes,  qu’on  pourrait  presque 
considérer  comme  des  races,  les  graines 
récoltées  sur  chaque  sujet  reproduisant 
assez  bien  les  caractères  observés  sur  l’en- 
semble d’un  groupe  d’individus.  Toutefois, 
l’on  peut  affirmer  que  ce  n’est  pas  absolu- 
ment exact.  Pour  avoir  la  forme  désirée 
avec  ses  caractères  particuliers,  il  faudrait 
recourir  au  bouturage  et,  dans  l’immense 
majorité  des  cas,  il  n’y  a aucune  utilité  à 
le  faire. 

Les  horticulteurs  qui  se  livrent  sérieuse- 
ment à la  culture  de  ces  belles  plantes 
finissent  par  obtenir  tous,  au  moyen  d’une 
sélection  longtemps  continuée,  des  Cycla- 
mens qui  ont  un  air  de  parenté  entre  eux 
et  constituent  la  race  propre  de  l’horticul- 
teur. 


Cependant  les  Anglais  sont  parvenus  à 
fixer  une  race  particulière,  qui  se  distingue 
de  la  plupart  des  autres  par  des  caractères 
tirés  du  feuillage,  de  la  dimension  et  du 
coloris  des  fleurs.  Les  plantes  qui  en  pro- 
viennent, lorsqu’elles  sont  cultivées  dans 
de  bonnes  conditions,  se  distinguent  des 
autres  par  des  fleurs  d’une  étonnante  gran- 
deur. 

La  culture  des  Cyclamens,  telle  qu’elle  est 
pratiquée  de  nos  jours  par  les  horticulteurs, 
diffère  absolument  de  ce  qu’elle  était  il  n’y 
a pas  seulement  vingt-cinq  ans.  Les  mé- 
thodes suivies  de  nos  jours  sont  bien  plus 
expéditives  et  autrement  avantageuses. 

Le  Cyclamen,  bien  qu’il  soit  une  plante 
vivace  par  son  tubercule,  n’était  que  très- 
rarement  multiplié  par  division  de  sa  partie 
souterraine  ou  par  boutures  de  feuilles  ; le 
semis  produisait,  comme  aujourd’hui,  la 
majorité  des  plantes  cultivées. 

Mais  alors,  tout  en  étant  propagé  par 
graines,  les  tubercules  qui  en  provenaient 
n’arrivaient  à produire  leur  maximum 

1 Voir  Revue  herticole,  1897,  p.  335. 

* Voir  Revue  horticole^  1896,  p.  565. 

* Revue  horticole^  1894,  p.  32,  fig,  26. 


CULTURE  DU  CYCLAMEN  DE  PERSE. 


523 


d’effet  qu’après  trois  ans  et,  pendant  cet 
intervalle,  ils  étaient  l’objet  de  manipula- 
tions fréquentes,  coûteuses  et  ennuyeuses. 
Actuellement,  c’est  tout  autre  chose,  la 
plante,  quoique  vivace,  est  considérée 
comme  annuelle,  c’est-à-dire  qu’un  an  au 
plus,  après  le  semis,  les  plantes  qui  en 
sortent  sont  dans  un  état  de  force  et  de 
vigueur  qui  leur  permet  de  fleurir  abon- 
damment, les  fleurs  étant  accompagnées  de 
feuilles  larges,  vigoureuses,  et  respirant  la 
santé. 

La  floraison  achevée,  l’horticulteur  ne 
demande  plus  rien  au  tubercule,  il  fait  de 
nouveaux  semis  pour  avoir  de  nouvelles 
plantes. 

Lorsque  l’on  compare  entre  eux  les  diffé- 
rents systèmes  employés  maintenant  par 
tous  ceux  qui  s’occupent  de  la  propagation 
et  de  l’amélioration  de  ce  beau  genre  de 
plantes,  on  s’aperçoit  vite  que  la  différence 
est  au  fond  assez  légère.  Mais  comme  les 
résultats  les  meilleurs  tiennent  quelquefois 
à peu  de  chose,  je  vais  essayer  de  décrire  le 
procédé  qui  permet  à M.  Crousse,  l’habile 
horticulteur  nancéen,  d’obtenir  des  Cy- 
clamens remarquables,  tant  au  point  de 
vue  de  la  grandeur  que  du  nombre  des 
fleurs. 

Dans  l’exposé  de  ces  notes,  il  y aura  pro- 
bablement des  personnes  qui  trouveront 
que  tout  n’est  pas  nouveau,  mais  comme 
le  but  que  je  me  propose  n’est  pas  celui  de 
préciser  ce  qu’a  d’original  cette  méthode 
de  culture,  je  la  donnerai  telle  qu’elle  (Kt 
pratiquée  par  cet  habile  praticien,  avec  la 
conviction  qu’elle  peut  être  utile  et  rendre 
des  services. 

Voici  décrites  les  principales  phases  de 
la  culture  : 

Les  semis  sont  exécutés  dans  l’établisse- 
ment vers  la  fin  du  mois  de  décembre  ou 
au  commencement  de  janvier,  dans  des  ter- 
rines drainées  et  remplies  de  terre  de 
bruyère.  Les  graines  y sont  placées  très- 
régulièrement  àl  centimètre  à 2 centi- 
mètres les  unes  des  autres  (on  met  ainsi 
jusqu’à  300,  400  graines  dans  la  même 
terrine),  puis  recouvertes  de  1 centimètre 
de  terre  de  bruyère  passée  au  tamis.  Gela 
fait,  la  surface  des  terrines  est  foulée 
légèrement  puis  bassinée  ; les  terrines 
sont  portées  sur  les  tablettes  d’une  serre 
basse,  très-près  du  verre,  à une  tempé- 
rature de  16  à 18®.  La  germination  est 
assez  lente  et  s’effectue  d’ordinaire  régu- 
lièrement. 

Lorsque  les  jeunes  Cyclamens  ont  déve- 


loppé deux  feuilles,  pas  plus  ni  moins,  il 
est  procédé  à un  premier  repiquage  dans 
des  godets  de  5 à 6 centimètres  de  dia- 
mètre au  plus  et  remplis  de  terre  de 
bruyère.  Une  légère  mouillure  termine 
l’opération,  puis  les  godets  sont  placés  dans 
la  même  serre  le  plus  près  possible  de  la 
lumière,  où  ils  sont  surveillés,  cela  va  sans 
dire. 

Le  système  radiculaire  des  Cyclamens 
ainsi  traités  ne  tarde  pas  à prendre  de  l’ex- 
tension ; il  faut  le  surveiller,  car  lorsque  les 
racines  commencent  à tapisser  les  parois 
intérieures  des  godets,  cette  période  de 
végétation  coïncide  avec  le  moment  oppor- 
tun de  pratiquer  un  premier  rempotage, 
qui  se  fait  dans  des  godets  de  7 à 8 centi- 
mètres de  diamètre  remplis  de  terre  de 
bruyère  pure.  Après  avoir  été  mouillés  con- 
venablement et  rangés  sur  des  tablettes 
rapprochées  du  jour,  les  Cyclamens  restent 
encore  dans  la  même  serre  jusque  dans  les 
premiers  jours  de  juin,  où  ils  sont  l’objet 
de  toute  l’attention  que  réclame  leur  peti- 
tesse, les  arrosages  étant  donnés  quand  le 
besoin  s’en  fait  sentir. 

Les  premiers  jours  de  juin  correspondent 
pour  les  Cyclamens  à un  nouveau  genre  de 
traitement  destiné  à leur  faire  prendre 
beaucoup  de  développement.  Il  consiste  à 
monter  une  couche  tiède,  par  conséquent 
faite  avec  du  vieux  fumier.  Cette  couche 
reçoit  des  coffres,  dans  lesquels  on  égalise, 
sur  une  épaisseur  de  14  à 16  centimètres, 
un  milieu  composé  de  moitié  terreau  ordi- 
naire et  moitié  terre  de  bruyère.  Lorsque 
tout  est  ainsi  bien  préparé,  les  Cyclamens 
sont  dépotés  puis  plantés  sur  cette  couche . 
Les  châssis  placés  au-dessus  sont  om- 
brés jusqu’à  ce  que  la  reprise  soit  par- 
faite et  que  les  plants  commencent  à pous- 
ser. Quelques  jours  après,  on  donne  de 
l’air  en  augmentant  progressivement.  Un 
mois  après,  on  enlève  les  châssis  pour  lais- 
ser les  Cyclamens  à l’air  libre,  en  attendant 
le  mois  de  septembre,  époque  à laquelle  ils 
sont  très-soigneusement  levés  en  motte  et 
placés  dans  des  pots  de  14  centimètres  de 
diamètre.  Les  pots  sont  enterrés  dans  le 
même  emplacement  qu’occupaient  les  Cycla- 
mens avant  le  rempotage  et  protégés,  une 
deuxième  fois,  par  les  châssis,  afin  de  favo- 
riser la  reprise.  Pendant  les  premiers  jours 
on  ombre,  puis  on  donne  de  l’air  progressi- 
vement. 

Lorsque  la  reprise  est  assurée,  les 
châssis  sont  enlevés  et  les  Cyclamens  res- 
tent à l’air  libre,  en  attendant  les  froids, 


524 


CONSERVATION  DES  LÉGUMES  DE  PLEINE  TERRE  PENDANT  L’hIVER. 


le  moment  d’être  rentrés  en  serre  pour 
fleurir. 

Les  Cyclamens^  ainsi  traités,  sont  re- 
marquables comme  dimensions  et  pro- 
duisent de  grandes  et  nombreuses  fleurs. 


Si  la  culture  joue  un  rôle  dans  cette  pro- 
duction régulière  de  beaux  Cyclamens,  il 
ne  faut  pas  oublier  que  la  sélection  rigou- 
reuse des  porte- graines  est  de  première 
importance.  J.  Foussat. 


CONSERVATION  DES  LÉGUMES  DE  PLEINE  TERRE  PENDANT  L’HIVER 


La  culture  des  plantes  légumières  a 
fait  en  France,  depuis  un  demi-siècle,  de 
grands  progrès.  De  nos  jours,  les  grandes 
villes  ont  à leur  disposition  tous  les 
légumes  qu’elles  peuvent  désirer,  parce 
que  la  culture  maraîchère  n’ignore  plus 
les  semis  qu’elle  doit  exécuter  et  les 
variétés  qu’elle  peut  cultiver  pour  pouvoir 
alimenter  les  marchés  d’une  manière  in- 
cessante, afin  que  les  consommateurs  aient 
toujours  à leur  disposition  les  principaux 
légumes  dont  ils  ont  besoin,  durant  chaque 
saison. 

C’est  en  opérant  des  semis  sur  couche 
et  en  hivernant  sous  châssis  ou  sous  tous 
autres  abris  les 
plants  qui  en  pro- 
viennent, que  la  cul- 
ture maraîchère  voi- 
sine des  grands  cen- 
tres populeux  peut 
opérer  les  planta- 
tions hivernales  ou 
printanières  qui  lui 
permettent  d’avoir 
des  légumes  qui  suc- 
cèdent à ceux  qui 
ont  été  consommés 
soit  en  automne, 
soit  pendant  l’hiver. 

Les  campagnes, 
surtout  celles  où  les 
gelées  sont  intenses,  depuis  le  mois  de 
décembre  jusqu’en  février  ou  mars,  sont 
bien  moins  favorisées,  et  elles  doivent 
prendre  toutes  les  mesures  voulues  pour 
avoir  à leur  disposition  pendant  l’hiver  les 
légumes  qui  leur  sont  indispensables.  En 
général,  dans  les  jardins  éloignés  des  villes, 
on  ne  possède  pas  les  ahris  et  l’outillage 
dont  fait  usage  journellement  la  culture 
maraîchère  urbaine.  C’est  pourquoi  les  lé- 
gumes y sont  souvent  rares  et  d’un  prix 
assez  élevé  pendant  la  saison  hivernale, 
mais  principalement  pendant  les  temps  de 
gelée  et  de  neige. 

Cette  situation  aura  un  terme  quand  on 
se  rappellera  qu’on  peut  conserver  très- 


aisément  pendant  l’hiver  un  certain  nombre 
de  légumes,  lorsqu’on  possède  un  bâti- 
ment sain,  non  humide,  dans  lequel  la 
gelée  ne  pénètre  pas  et  qu'on  peut  aérer 
aisément  et  à volonté. 

Ce  local,  auquel  on  a donné  depuis  long- 
temps le  nom  de  Serre  à légumes,  mais 
qu’on  doit  désormais  appeler  Conserva- 
toire légumier,  peut  être  une  cave,  une 
voûte  ou  un  cellier  abrité  du  nord  et  du 
sud,  soit  par  des  bâtiments,  soit  par  des 
plantations. 

Les  murs  de  ces  locaux  sont  parfaits 
quand  ils  ont  été  construits  avec  des  maté- 
riaux qui  ne  retiennent  pas  l’humidité. 

Les  bâtiments 
dans  lesquels  l’hu- 
midité suinte  sur  les 
murs  sont  très-mau- 
vais; les  légumes 
qu’on  y dépose  y 
pourrissent  promp- 
tement. 

Un  conservatoire 
légumier  (fig.  158), 
pour  être  regardé 
comme  très-favora- 
ble à la  bonne  con- 
servation des  légu- 
mes, doit  être  muni 
de  plusieurs  ouver- 
tures d’aération  et 
d’une  ou  deux  portes  opposées  l’une  à 
l’autre.  Lorsque  le  bâtiment  ne  comprend 
qu’une  porte  exposée  au  nord,  il  est  utile, 
dans  les  contrées  où  le  froid  est  très- 
intense  pendant  l’hiver,  de  garantir  cette 
ouverture  par  une  seconde  porte  volante  et 
légère,  mais  revêtue  intérieurement  d’un 
paillasson.  C’est  en  agissant  ainsi  qu’on 
empêche  les  froids  rigoureux  d’y  pénétrer 
et  de  compromettre  l’avenir  des  légumes 
qu’on  y a déposés. 

Les  ouvertures  munies  de  volets  ou 
garnies  de  châssis  vitrés  mobiles  permet- 
tent le  renouvellement  de  l’air  quand  cela 
est  nécessaire.  Ces  ouvertures  sont  bou- 
chées avec  un  bourrelet  de  paille  lorsqu’on 


CONSERVATION  DES  LÉGUMES  DE  PLEINE  TERRE  PENDANT  l’iIIVER. 


525 


craint  de  très-fortes  gelées.  Mais  il  ne 
suffit  pas  d’empêcher  l’air  qui  y règne 
de  devenir  humide,  il  est  utile  aussi 
d’éviter  que  la  température  y dépasse 
+ 5 degrés  à -1-  6 degrés.  Lorsque  la 
chaleur  y atteint  8 à 10  degrés  au-dessus 
de  zéro,  les  légumes  herbacés  qu’on  y a 
déposés  continuent  à végéter,  ils  s’étiolent 
et  perdent  promptement  une  partie  de  leur 
valeur  alimentaire. 

Beaucoup  d’exploitations  et  de  pro- 
priétés rurales  importantes  peuvent  très- 
certainement  disposer  d’un  local  conve- 
nable pour  ce  genre  de  conservation.  A dé- 
faut de  cave  bien  disposée,  on  peut  utiliser 
le  rez-de-chaussée  d’une  maisonnette  en 
arrangeant  les  ouvertures  de  manière  que 
la  lumière  y soit  peu  intense,  que  la  gelée 
n’y  pénètre  pas  et  qu’on  puise  à volonté  y 
renouveler  facilement  l’air. 

Les  celliers  dont  les  aires  sont  en  contre- 
bas des  terres  contiguës  de  0*"  50  à 0'"  65 
sont  incontestablement  ceux  qu’il  faut 
choisir,  de  préférence  aux  bâtiments  de 
plain  pied  avec  le  pavage  ou  le  macadam 
qui  les  entoure. 

En  résumé,  pour  conserver  pendant 
l’hiver  dans  un  des  bâtiments  précités  des 
légumes  herbacés  qui  ont  été  arrachés  ou 
déplantés  avec  leur  motte,  il  est  indispen- 
sable, quand  on  ne  craint  pas  la  gelée, 
d’ouvrir  de  temps  à autre  et  au  milieu  du 
jour,  soit  les  fenêtres  ou  volets,  soit  les 
portes,  afin  de  renouveler  le  plus  possible 
l’air  intérieur  qui  est  toujours  plus  ou 
moins  chargé  d’humidité  et  de  miasmes 
pouvant  altérer  la  saveur  de  certains 
légumes  herbacés. 

Les  légumes  qu’on  conserve  dans  ces 
Icciux  sont  stratifiés  ou  plantés  dans  des 
caissettes  contenant  du  sahle  pur  ou  de  la 
terre  sableuse  presque  sèche. 

Le  sable  exempt  ou  contenant  très-peu 
de  matières  terreuses  n’est  pas  rare.  On 
en  trouve  dans  presque  toutes  les  com- 
munes. Le  meilleur,  sans  contredit,  est 
le  sahle  de  7Ùvière,  parce  qu’il  est  très-fil- 
trant ou  perméable  et  qu’il  retient  peu 
d’eau. 

Les  terres  de  bruyères  sont  légères  et 
perméables,  mais  elles  ont  le  grave 
inconvénient  de  noicir  les  racines  : Ca- 
rotte, Panais,  etc.,  et  de  brunir  les  lé- 
gumes qu’on  a fait  blanchir  par  étio- 
lement comme  la  Chicorée  frisée,  le  Cé- 
leri, etc. 

On  doit  rejeter  les  terres  argileuses  et 
les  terres  calcaires j parce  qu’elles  ont  le 


défaut  de  retenir  une  humidité  qui  fait 
pourrir  aisément  les  légumes  ou  de  rester 
très-adhérentes  aux  racines. 

Les  caissettes  dans  lesquelles  on  plante  la 
Chicorée -Scarole,  le  Chou-Fleur,  le  Céleri, 
le  Poireau,  etc.,  varient  en  longueur  sui- 
vant les  circonstances.  On  leur  donne 
0'"  65  à 0"™  80  de  largeur  et  0"‘25  environ 
de  hauteur.  On  les  établit  sur  place,  à l’aide 
de  quatre  planches  posées  de  champ  et 
maintenues  droites  à l’aide  de  deux  ou  trois 
piquets  en  bois  ou  en  fer  par  chaque 
planche  ou  sur  chaque  côté. 

C’est  en  visitant  deux  à trois  fois  au  moins 
par  semaine  le  bâtiment  dans  lequel  on  a 
déposé  des  plantes  légumières  et  en  enle- 
vant les  produits  qui  commencent  à s’al- 
térer, qu’on  reconnaît  que  ce  mode  de 
conservation  est  à la  fois  simple,  efficace  et 
économique. 

Tous  les  arrosages  nécessaires  doivent 
être  très-modérés;  on  doit  les  exécuter  avec 
le  goulot  de  l’arrosoir  en  évitant  de  mouiller 
les  plantes. 

Une  serre  à légumes  est  très-favorable  à 
la  bonne  conservation  des  produits  légu- 
miers lorsqu’elle  est  spacieuse,  non  humide, 
peu  éclairée  et  que  l’on  peut  l’aérer  à vo- 
lonté. Il  est  utile  qu’elle  soit  pourvue  de 
quelques  cases  en  bois  destinées  à recevoir 
des  pommes  de  terre,  des  carottes  courtes 
hâtives,  etc.,  et  de  tablettes  sur  lesquelles 
on  dépose  temporairement  des  bottes  de  Sal- 
sifis ou  de  Scorsonnère,  des  Choux-Fleurs, 
des  Choux  Raves,  etc. 

Les  conservatoires  légumiers  intéressent 
peu  les  régions  de  l’ouest,  du  sud-ouest  et 
du  sud,  parce  que  la  température  durant 
l’hiver,  dans  ces  contrées,  est  d’ordi- 
naire suffisamment  tempérée  pour  que  les 
légumes  y restent  en  pleine  terre  depuis 
le  mois  de  novembre  jusqu’en  mars  sans 
éprouver  de  notables  altérations.  Dans  les 
années  les  moins  favorables,  une  légère 
couverture  de  longue  litière  suffit,  presque 
toujours,  pour  les  garantir  contre  l’action 
néfaste  de  la  gelée  et  de  la  neige,  qui  n’y 
sont  pas  ordinairement  très-intenses  et  de 
longue  durée. 

La  conservation  des  légumes  dans  les 
jardins  nécessite  souvent  l’emploi  d’une 
longue  litière.  On  obtient  aisément  celle-ci 
en  secouant  avec  une  fourche  du  fumier 
frais  d’écurie  dans  le  but  de  séparer  les 
crottins  de  la  paille. 

Gustave  Heuzé. 


526 


CONGRÈS  DE  LA  SOCIÉTÉ  FRANÇAISE  DES  CHRYSANTHÉMISTKS. 


CONGRÈS  DE  LA  SOCIÉTÉ  FRANÇAISE  DES  CHRYSANTHÉMISTES 

ET  EXPOSITION  DE  CHRYSANTHÈMES  A ORLÉANS 


Le  Congrès  des  chrysanthémistes 

Le  deuxième  Congrès  annuel  de  la  Société 
française  des  chrysanthémistes  s’est  ouvert  à 
Orléans  le  6 novembre.  Il  était  présidé  par 
M.  de  la  Rocheterie,  président  de  la  Société 
française  des  Chrysanthémistes,  ayant  à ses 
côtés  M.  Léon  Vassillière,  directeur  général  de 
l’agriculture,  délégué  du  Ministre  ; M.  Viger, 
député  du  Loiret,  président  de  la  Société  na- 
tionale d’horticulture  de  France  etM.Boegner, 
préfet  du  Loiret;  MM.  Bruant,  Couillard, 
Délaux  et  de  Saint-Paul,  vice-présidents  ; 
MM.  Eugène  Delaire,  secrétaire  général  de  la 
Société  d’horticulture  du  Loiret  et  Philippe 
Rivoire,  secrétaire  général  de  la  Société  fran- 
çaise des  chrysanthémistes.  Plus  de  100  con- 
gressistes avaient  répondu  à l’appel  de  la  So- 
ciété. On  rencontrait  parmi  eux  des  savants, 
des  amateurs,  des  semeurs,  des  horticulteurs 
dévoués  au  progrès  des  Chrysanthèmes. 

L’ordre  du  jour  du  Congrès  était  très-chargé 
et  les  questions  qui  y étaient  inscrites  ne  lais- 
saient pas  que  d’être  difficiles  à résoudre. 

La  première  question  : Du  meilleur  'procédé 
de  fécondatio'n  artificielle  du  Chrysanthème^ 
a fait  l’objet  de  mémoires  de  M.  Chantrier 
et  de  M.  Ghys,  et  d’une  discussion  inté- 
ressante entre  M.  le  professeur  Gérard  et 
M.  Charles  Albert.  M.  Gérard  a fourni  des 
explications,  accompagnées  de  démonstrations 
tangibles,  sur  la  fécondation  chez  les  Com- 
posées : la  fécondation  croisée  y est  la  règle. 
M.  Charles  Albert,  de  son  côté,  a fait  ressortir 
qu’il  était  bien  difficile,  pour  les  horticulteurs, 
d’opérer,  par  des  procédés  scientifiques,  la 
fécondation  artificielle  sur  le  Chrysanthème,  et 
il  a ajouté  qu’ils  étaient,  la  plupart  du  temps, 
obligés  de  se  contenter  des  semis  de  fortune. 

La  deuxième  question  : Qu'entend-on  par 
« races  » de  Chrysanthèmes  ? a été  maintenue 
à l’ordre  du  jour  du  prochain  Congrès.  On  ne 
saurait,  en  effet,  s’arrêter  aux  conclusions  pro- 
posées par  M.  Chantrier  dans  un  mémoire 
spécial.  Nous  avons  eu  l’occasion,  à ce  propos, 
de  demander  que  l’on  ne  touche  pas  à la  valeur 
admise  des  termes  actuellement  employés  en 
nomenclature  : variétés,  races,  espèces  et  gen  - 
res,  et  cette  manière  de  voir  a été  unani- 
mement approuvée. 

Un  débat  intéressant,  mais  resté  sans  sanc- 
tion, a eu  lieu  sur  la  troisième  question  : Des 
meilleurs  engrais  à employer  dans  la  culture 
du  Chrysanthème,  Un  mémoire  de  M.  Fatzer 
concluait  à la  diminution  de  l’importance  des 
composts  età  l’augmentation  de  celle  des  engrais 
chimiques.  M.  Fatzer  y présentait  une  formule 
dont  on  ne  peut  considérer  l’application  que 


comme  provisoire,  étant  donné  que  l’auteur 
lui-même  du  mémoire  a fait  entrevoir  le  succès 
possible  de  la  nouvelle  méthode  d’application 
des  engrais  chimiques  proposée  par  M.  Georges 
Truffaut.  M.  Charles  Albert,  niant  le  rôle  pré- 
pondérant attribué  à la  chaux,  et  constatant  les 
nombreux  et  cruels  déboires  subis  par  les 
horticulteurs  dans  les  expériences  d’engrais 
chimiques  qu’ils  ont  faites,  leur  a conseillé  ce 
qu’il  pratique  lui-même  avec  succès  ; l’intro- 
duction dans  les  composts,  environ  deux  mois 
à l’avance,  de  la  poudre  d’os  non  dégelatinés, 
et  un  fort  terreautage  sur  les  plantations. 
M.  Gérard  a indiqué  que  le  sulfate  de  potasse, 
même  en  doses  empiriques,  ne  produit  que 
de  bons  effets  sur  le  Chrysanthème,  tandis  que 
le  carbonate  de  potasse  lui  est  absolument 
nuisible. 

Dans  la  deuxième  séance  du  Congrès , 
M.  Gérard  est  revenu  sur  la  question  pour 
faire  remarquer  que  M.  Charles  Albert,  tout 
en  niant  le  rôle  de  la  chaux,  en  donne  cepen- 
dant à ses  Chrysanthèmes,  puisque  la  poudre 
d’os  n’est  autre  qu’un  composé  d’acide  phos- 
phorique  et  de  chaux.  Enfin,  M.  Degoix  a 
insisté  sur  la  nécessité  d’employer  le  terreau, 
qui  produit  de  l’acide  carbonique,  source  d’une 
réaction  qui  semble  nécessaire  à l’assimilabilité 
des  engrais  chimiques. 

Cette  troisième  question  a été  maintenue  à 
l’ordre  du  jour  du  prochain  Congrès. 

La  quatrième  question  concernait  le  classe- 
ment alphabétique  des  noms  des  Chrysan- 
thèmes : Quel  est  le  mot  qui,  sur  les  cata- 
logues, doit  guider  Vordre  alphabétique  f 
Déjà,  l’année  dernière,  le  Congrès  avait  adopté 
l’un  des  principes  de  classement  proposés  par 
O.  de  Meulenaere  et  dont  nous  avons  déjà 
parlé  L’accord  a continué  à se  faire  cette 
année  sur  plusieurs  points  dont  l’énoncé  nous 
entraînerait  trop  loin,  mais  dont  nous  pouvons 
fournir  des  exemples.  On  écrira  : Amie  {Sou- 
venir de  petite),  Abeilles  {Reine  des).  Sœur 
{Souvenir  de  ma).  Congrès  (Prémices, 
Triomphe  ou  Souvenir  du),  etc.  La  question 
reste  à l’étude  pour  les  noms  étrangers,  mais 
on  se  contentera,  pour  l’instant,  de  les  repro- 
duire tels  qu’ils  nous  seront  donnés  ; cepen- 
dant, on  mettra  les  appellations  Miss,  Mistress, 
Sir,  Professor,  Révérend,  ainsi  que  les  pré- 
noms, entre  parenthèses;  exemple:  Addâson 
{Miss  Ethel). 

La  cinquième  question  a fait  l’objet  d’une 
importante  étude  due  à M.  Chifflot,  chef  des 
travaux  botaniques  à la  Faculté  des  sciences 
de  Lyon.  Tous  les  insectes,  tous  les  parasites 

* Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  44. 


LES  PONTÉDÉRIAS  ET  LEUR  CULTURE. 


527 


végétaux  qui  attaquent  le  Chrysanthème  y 
sont  minutieusement  décrits  ; les  divers 
moyens  de  les  combattre  y sont  indiqués.  Ce 
mémoire  devrait  être  entre  les  mains  de  tous 
les  horticulteurs  ; aussi  le  Congrès  en  a-t-il 
voté  l’impression  sous  forme  de  brochure  qui 
sera  mise  en  vente  à un  prix  très-abordable. 
Le  Conseil  d’administration  a été  autorisé,  par 
le  Congrès,  à accorder  une  récompense  à 
M.  Chifflot,  sur  le  travail  duquel  nous  nous 
proposons  de  revenir  prochainement. 

Après  un  débat  dont  la  vivacité  même  est 
une  preuve  de  l’émulation  qui  incite  nombre 
de  Sociétés  horticoles  à désirer  de  posséder, 
dans  leur  ville,  le  Congrès  des  Chrysanthé- 
mistes,  la  ville  de  Troyes  a été  choisie  pour 
l’année  1898.  Par  contre,  l’unanimité  des  voix 
a attribué,  sans  débat,  la  médaille  d’or  du 
Congrès  de  1897  au  semeur  M.  de  Reydellet. 

Enfin,  le  Congrès  de  1897  s’est  séparé  après 
avoir  adopté  une  importante  proposition,  dont 
nous  avons  donné  l’idée  et  indiqué  le  but.  Eu 
égard  à l’importance  des  sujets  traités,  les  dis- 
cussions nous  avaient  paru  flottantes  et  écour- 
tées, et  leurs  sanctions  à peu  près  nulles.  Do- 
rénavant, un  rapporteur  sera  désigné  préala- 
blement, par  le  Conseil  d’administration,  pour 
l’étude  de  chaque  question.  Les  divers  mé- 
moires présentés  pour  une  même  question 
seront  adressés  à ce  rapporteur.  Il  les  étu- 
diera, les  comparera,  et  soumettra  au  Congrès 
les  conclusions  qu’il  croira  devoir  en  tirer.  De 
cette  façon,  on  évitera  sans  doute  des  contra- 
dictions, qui  ne  sont  souvent  qu’apparentes, 
et,  il  faut  le  dire  aussi,  l’énoncé  d’hérésies 
scientifiques  ou  simplement  horticoles. 


L’Exposition  de  Chrysanthèmes. 

Le  6 novembre  1897,  en  même  temps  que  le 
Congrès  dont  nous  venons  de  rendre  compte, 
s’ouvrait,  à Orléans,  la  68«  exposition  autom- 
nale de  la  Société  d’horticulture  du  Loi- 
ret. Cette  exposition,  il  est  à peine  besoin 
de  le  dire,  était  surtout  consacrée  aux  Chry- 
santhèmes. L'inauguration  s’en  est  faite  au 
milieu  d’un  grand  concours  de  notabilités  que 
M.  de  la  Rocheterie,  président  de  la  Société, 
a reçues  avec  son  affabilité  bien  connue  : M.  le 
général  Duchesne,  commandant  le  5®  corps 
d’armée  ; MM.  Cochery  et  Fousset,  sénateurs  ; 
M.  Viger,  député,  président  de  la  Société  natio- 
nale d’horticulture  de  France  ; M.  Boegner, 
préfet  du  Loiret  ; Mffr  Touchet,  évêque  d’Or- 

LES  PONTÉDÉRIAS 

Nous  n’avons  pas  adopté  le  nom  générique 
d'Eichhornia  pour  distinguer  certaines  de 
ces  plantes  aquatiques,  plus  généralement 
connues  sous  le  nom  de  Pontederia^  esti- 


léans  ; M.  Duplessis,  professeur  départemental 
d’agriculture;  etc.,  sans  oublier  les  congres- 
sistes. 

La  vaste  enceinte  de  la  Salle  des  Fêtes,  dans 
laquelle  avait  lieu  l’exposition,  vue  de  sa  ga- 
lerie supérieure,  produisait  à l’œil  un  effet 
merveilleux,  dû  à une  multitude  de  contrastes 
entre  les  couleurs,  si  vives,  des  nombreuses 
variétés  de  la  « fleur  d’or  ».  Les  lots,  bien 
espacés,  bien  disposés,  étaient  facilement  exa- 
minables.  Nombre  de  semeurs  présentaient 
des  nouveautés,  la  plupart  en  fleurs  coupées. 
Sous  ce  rapport,  nous  n’étonnerons  personne 
en  disant  que  le  lot  de  M.  Calvat  a été  le  plus 
remarqué  ; on  y notait  principalement  les  va- 
riétés suivantes  ; Mimosa,  Marie  Calvat,  Cé- 
leste Falconnet,  Secrétaire  Rivoire,  Madame 
H.  de  Vilmorin,  etc.  Très-remarquées  aussi 
les  nouveautés  de  M.  Cordonnier  : Don 
de  la  Madone,  Louise  Cordonnier,  Henri 
Van  de  Walle,  Madame  Louis  Rémy,  Souve- 
nir de  mon  Amie,  etc.  ; de  M.  Nonin  {Paul 
Oudot,  Charles  Kratz,  Souvenir  de  Suzanne, 
M.  Villard,  etc.),  de  M.  Délaux  (panachées 
nos  222,  8009,  etc.)  ; de  M.  de  la  Rocheterie 
{Vierge  d'Orléans)-,  de  MM.  de  Reydellet,  Ri- 
voire, Rozain,  Liger-Ligneau,  Couillard, 
Delvert,  Socquard,  Dumas,  Juge,  Arthur  Gué, 
Foucard,  etc. 

Quant  aux  importants  lots  de  plantes  de 
belle  culture,  il  faut  citer  ceux  de  MM.  Monti- 
gny  et  fils,  à Orléans  (auxquels  a été  attribué 
l’objet  d’art  offert  par  M.  le  Président  de  la 
République)  ; de  M.  Mouraud,  à Nantes  ; de 
M.  Liger-Ligneau,  à Orléans,  et  de  MM.  Vil- 
morin Andrieux  et  C»®.  Ces  lots  comprenaient 
aussi,  d’ailleurs,  un  nombre  respectable  de 
plantes  nouvelles  ou  d’obtention  récente. 

Les  plantes  en  spécimens  à fortes  têtes,  que 
les  Anglais  appellent  « standards  »,  se  remar- 
quaient principalement  dans  les  apports  de 
MM.  Vilmorin-Andrieux  et  Ci®,  Liger-Ligneau, 
Georges  Biron,  Mouraud,  etc. 

Des  lots,  remarquablement  composés,  et 
d’une  bonne  culture,  étaient  aussi  exposés  par 
des  amateurs  tels  que  M.  Dejouy,  M.  le  mar- 
quis de  Courcy,  M.  Proust-Gallinant,  M.  de 
Saint-Paul,  etc. 

Donnons  une  bonne  note  à M.  Liger-Ligneau, 
pour  sa  corbeille  de  Bégonia  gigantea,  et  ter- 
minons en  disant  que  l’exposition  d Orléans  a 
été  une  des  plus  charmantes  manifestations 
que  le  goût  du  Chrysanthème  ait  engendrées 
jusqu’à  présent. 

H.  Dauthenay. 


ET  LEUR  CULTURE 

mant  qu’il  est  inutile  d’obliger  les  jardiniers 
à se  mettre  deux  noms  dans  la  tète,  d autant 
plus  qu’il  s’agit  de  végétaux  à fades  sem- 
blables et  de  culture  et  habitat  identiques. 


528 


LES  PONTÉDÉRIAS  LT  LEUR  CULTURE. 


Examinons  les  espèces  de  ce  genre  méri- 
tant la  culture  : 

Pontederia  azurea,  Swartz  {Eichhornia 
• azurea^  Kunth).  Brésil.  Introduit  en  1879. 

Plante  flottante.  Feuilles  ovales  orbiculaires, 
obtuses  au  sommet,  charnues,  glabres,  à pétiole 
renflé  au  milieu  ; pédoncule  accompagné  d’une 
feuille,  terminé  par  un  épi  court  formé  de 
plusieurs  fleurs  bleu-lilas,  velues  à l’extérieur. 
Serre  tempérée  et  plein  air  l’été.  Floraison  en 
été. 

Pontederia  cordata^  L.  Amérique  septen- 
trionale. Introduit  en  1759. 

Plante  aquatique  émergée,  à souche  ram- 
pante. Feuilles  épaisses,  longuement  pétiolées, 
hautes  de  50  à 60  centimètres,  dressées, 
oblongues  cordiformes,  obtuses  au  sommet, 
d’un  beau  vert  luisant.  Pédoncules  dépassant 
les  feuilles,  accompagnés  vers  le  milieu  d’une 
petite  feuille  et  terminés  chacun  par  un  épi 
dressé,  presque  cylindrique,  pubescent,  pourvu 
d’une  spathe  à sa  base,  formé  de  nombreuses 
fleurs  d’un  joli  bleu  ciel,  quelquefois  presque 
blanches,  avec  une  tache  verdâtre.  Floraison 
de  juin  en  août.  Presque  rustique  sous  le 
climat  de  Paris.  On  connaît  le  P.  cordata,  var. 
angustifolia,  Hort.,  à fleurs  plus  petites  et 
d'un  bleu  plus  vif,  à feuilles  lancéolées  et  cor- 
diformes à la  base.  (Syn.  P.  lanceolata^  Ilutt.) 

Pontederia  crassipes,  Mart.  {Eichhornia 
crassipes,  Solms  ; P.  azurea,  Ilook.)  Brésil  ; 
introduit  en  1879. 

Plante  flottante,  sans  tiges,  à rhizome  court, 
d’où  partent  des  feuilles  dressées,  étalées  ou 
nageantes,  rhomboïdales  aiguës  au  sommet, 
portées  par  des  pétioles  très-gros,  renflés, 
spongieux  et  remplis  d’air,  qui  servent  à 
maintenir  la  plante  sur  le  liquide  h Pédon- 
cules radicaux  portant  deux  feuilles  réduites, 
terminés  par  plusieurs  belles  et  grandes  fleurs 
bleu  violacé  marquées  de  jaune.  Floraison  en 
juillet-août.  Serre  tempérée  et  plein  air  l’été. 

P.  c.  floribunda,  Hort.  Lagrange.  Obtenue 
par  M.  Lagrange,  d’Oullins  (Rhône),  cette  va- 
riété se  distingue  du  type  par  sa  floraison 
abondante  et  par  ses  fleurs  plus  nombreuses. 
Serre  tempérée  et  plein  air  l’été, 

P.  c.  major,  Hort.  Nous  ne  connaissons  cette 
variété  que  de  nom  ; d’après  une  description 
anglaise,  ses  fleurs  sont  beaucoup  plus  grandes 
que  celles  de  l’espèce,  de  couleur  lilas  pâle,  â 
reflets  brillants  ; le  pétale  supérieur,  plus 
grand  que  les  autres,  est  orné  d’une  macule 
bleu  métallique  relevée  d’une  tache  jaune  d’or. 
Serre  tempérée  et  plein  air  l’été. 

Culture.  — Des  trois  espèces  décrites 
ci-dessus,  Pontederia  cordata  est  le  seul 
qui  puisse  être  considéré  comme  presque 

* Une  autre  curieuse  plante  de  serre  chaude,  le 
Pistia  Stratiotes,  de  la  famille  des  Aroïdées,  pré- 
sente la  même  particularité  dans  ses  feuilles.  J.  R. 


rustique  sous  le  climat  de  Paris,  mais  à 
condition  que  la  souche  se  trouve  au-des- 
sous du  niveau  de  congélation  en  hiver. 
Ce  Pontederia  aime  une  terre  riche  ; il 
doit  être  planté  à une  exposition  chaude  et 
ensoleillée,  à environ  à 0'"10  à 0^15  sous  le 
niveau  de  l’eau. 

Cette  profondeur  d’eau  est  plus  que  suf- 
fisante et  facilite  en  même  temps  réchauf- 
fement du  liquide. 

Ce  Pontederia  est  une  jolie  et  curieuse 
plante  aquatique,  ornementale  par  son 
feuillage  abondant  et  d’un  beau  vert,  et  ses 
jolies  fleurs  auxquelles  on  ne  peut  reprocher 
que  leur  fugacité.  La  floraison  est  beaucoup 
plus  abondante  pendant  les  étés  chauds  que 
ceux  à température  moyenne.  Il  convient 
parfaitement  à l’ornementation  des  aqua- 
riums de  plein  air,  des  rivières,  des  étangs, 
bassins,  planté  sur  les  bords  et  le  pied  im- 
mergé et  où  il  ne  tarde  pas  à former  des 
touffes  très-décoratives.  Si  la  plante  se 
trouve  être  dans  un  lieu  aquatique  où 
l’écoulement  d’eau  est  continu  en  hiver  pour 
empêcher  la  congélation  du  liquide,  elle 
résiste  parfaitement  sans  couverture  ; dans 
d’autres  cas,  il  est  prudent  que  la  souche 
soit  placée  à une  certaine  profondeur  sous 
l’eau  pour  que  la  gelée  ne  l’atteigne  pas  ; 
enfin  la  culture  de  ce  Pontederia  en 
grandes  terrines  ou  paniers  permet,  en  été, 
de  placer  ceux-ci  dans  un  endroit  voulu  en 
les  élevant  par  un  moyen  quelconque 
presque  au  niveau  de  l’eau,  et  de  les  retirer 
en  hiver  dans  un  endroit  à l’abri  de  la 
gelée  (cave,  orangerie)  ou  de  les  descendre 
au  fond  de  la  pièce  d’eau  ou  du  bassin, 
pour  les  replacer,  au  printemps,  à leur 
place  respective. 

La  multiplication  s’opère  au  printemps 
par  la  division  des  touffes,  dont  les  éclats 
sont  d’abord  plantés  en  terrines  pour  la 
reprise. 

Les  Pontederia  azurea  et  crassipes  sont 
des  plantes  de  serre  tempérée-chaude,  s’ac- 
commodant, en  se  trouvant  dans  de  bonnes 
conditions,  d’être  cultivées  au  plein  air 
sous  le  climat  de  Paris,  pendant  une 
partie  de  l’été. 

Ce  sont  des  plantes  flottantes,  c’est-à-dire 
qui  vivent  sur  l’eau  sans  que  leurs  racines 
les  fixent  au  sol  ; elles  sont  susceptibles  de 
déplacement  et  accomplissent  toutes  les 
phases  de  la  végétation  dans  cet  état.  Mais 
il  ne  faut  pas  croire  que,  pour  cette  raison, 
ces  végétaux  ne  peuvent  croître  en  ayant 
leurs  racines  fixées  au  sol  ; bien  au  con- 
traire, et  c’est  même  dans  ces  cas  que  nous 


LE  MUGUET  DES  PAMPAS. 


529 


les  avons  vus  les  plus  beaux  et  les  plus 
vigoureux. 

A^oici  comment  nous  les  cultivons.  Une 
terrine  non  percée  est  remplie  au  tiers  de 
sa  hauteur  d’une  composition  formée  de 
1/3  terre  de  bruyère,  1/3  terre  franche 
argileuse  et  le  reste  de  terreau  de  feuilles  et 
de  sable,  reposant  sur  un  drainage  de  gros 
tessons  et  morceaux  de  charbon  de  bois. 
La  terrine  est  remplie  d’eau  sur  laquelle  on 
place  un  ou  plusieurs  jeunes  plants  de 
Pontederia . Après  peu  de  temps,  les  ra- 
cines ne  tardent  pas  à atteindre  la  couche 
de  terre  où  elles  s’enracinent  et  forment  un 
chevelu  abondant.  S’il  s’agit  de  décorer  un 
aquarium  de  serre  ou  un  bassin,  la  terrine 
peut  être  mise  sur  trépied  l’élevant  au 
niveau  de  l’eau.  La  culture  en  serre  froide, 
pendant  l’été,  leur  convient  parfaitement. 

Si  l’on  veut  les  tenir  au  plein  air  pen- 
dant la  belle  saison  — mai-juin  à sep- 
tembre — il  faut  les  placer  dans  des  bas- 
sins peu  profonds,  en  plein  soleil  et  dont 
l’eau  puisse  s’échauffer  facilement,  en 
terrines  de  préférence.  Le  Pontederia  cras- 
sipes  florïhunda,  de  M.  Lagrange,  est 
remarquable  par  sa  floraison  plus  facile  et 


plus  abondante  que  celle  de  l’espèce.  Tenus 
à l’état  flottant,  c’est-à-dire  dans  un  endroit 
où  les  racines  ne  peuvent  atteindre  le  sol 
par  suite  de  la  profondeur  de  la  couche 
d’eau,  ces  Pontederia  acquièrent  de  bien 
moins  grandes  dimensions.  Ils  peuvent 
servir  aussi,  en  été,  à la  décoration  des 
aquariums  d’appartement.  La  multiplication 
est  très-facile  au  moyen  des  nombreux 
stolons  qu’émettent  ces  plantes  et  qu’il  suffit 
de  détacher  pour  avoir  de  nouveaux  indi- 
vidus. 

Le  semis  des  graines  est  très-rarement 
usité  ; il  nous  a très-bien  réussi  en  semant 
celles-ci  en  serre  chaude,  en  terrine  prépa- 
rée, comme  nous  l’avons  expliqué  dans  une 
note  précédente  L 

Tel  qu’il  est,  le  genre  Pontederia  ren- 
ferme dans  ces  trois  espèces,  les  plus  con- 
nues actuellement,  des  plantes  intéressantes 
et  décoratives  : le  P.  cordata  à l’air  libre, 
les  P.  azurea  et  crassipes  dans  les  serres, 
autant  dignes  de  culture  par  leur  beau  feuil- 
lage, la  curieuse  conformation  de  leurs 
pétioles  vésiculeux,  que  par  la  beauté 
éphémère  de  leurs  fleurs. 

Jules  Rudolph. 


LE  MUGUET  DES  PAMPAS 


En  parlant,  dans  le  dernier  numéro  de 
la  Revue  horticole^ y d’une  plante  récem- 
ment mise  au  commerce  sous  le  nom  vul- 
gaire de  Muguet  des  Pampas,  nous  avions 
fait  les  plus  expresses  réserves,  aussi  bien 
sur  sa  nouveauté  que  sur  le  nom  botanique 
de  Withania  origanifolia  que  lui  avait 
donné  l’horticulteur  qui  la  mettait  au  com- 
merce, M.  Godefroy-Lebeuf. 

Nous  avions  eu  bien  raison,  car  la  Revue 
horticole  recevait  quelques  jours  après  la 
publication  de  notre  article  la  lettre  sui- 
vante de  M.  J.  Gérôme,  chef  du  Jardin 
botanique  du  Muséum  d’histoire  naturelle  : 

La  plante  mise  en  vente  sous  les  noms  de 
Muguet  des  Pampas  et  Withania  origanifolia, 
Hort.,  est  le  Salpichroa  origanifolia^,  Miers, 
déjà  connue  du  temps  de  Lamark,  qui  l’avait 
nommée  Physalis  origanifolia,  et  déjà  cultivée 

* Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  258  : Multipli- 
cation des  plantes  aquatiques, 

2 Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  504. 

^ M.  J.  Gérôme  fait  erreur  ; le  vrai  nom  de  cette 
plante  doit  être  Salpichroma  rhomboideum  (voir 
Rev.  hort.,  1883,  p.  526). 


par  Desfontaines,  au  Jardin  des  Plantes, 
vers  1829,  sous  le  nom  à^Atropa  origani- 
folia, H.  P. 

G’est  la  même  plante,  envisagée  à un  autre 
point  de  vue,  qui  est  décrite  dans  le  Potager 
d’un  curieux  sous  le  nom  d’  « Œufs  de  Coq  » 
(page  383,  2^  éd.). 

J.  Gérôme, 

Chef  du  jardin  botanique 
du  Muséum  d’histoire  naturelle . 

Comment  donc  M.  Godefroy-Lebeuf,  dont 
la  compétence  horticole  est  bien  connue, 
avait-il  donné  ce  nom  de  Withania  à la 
plante  qu’il  cherchait  à vulgariser?  Nous 
avons  eu  tout  naturellement  la  curiosité  de 
le  savoir,  et  nous  le  lui  avons  demandé. 
Voici  la  lettre,  intéressante  d’ailleurs  à 
d’autres  points  de  vue,  qu’il  a bien  voulu 
adresser  à la  Revue  horticole  : 

M.  Girard  a parfaitement  raison  d’écrire 
que  le  Muguet  des  Pampas  ne  paraît  pas 
absolument  nouveau.  Il  ne  l’était  certaine- 
ment pas  pour  les  personnes  qui  lui  ont  dit 
le  connaître  depuis  dix  ans,  et  qui  auraient 
pu  le  renseigner  sur  le  nom  de  Withania, 


530 


LE  MUGUET  DES  PAMPAS. 


OU  plus  exactement  sur  le  nom  sous  leque 
elles  le  connaissaient,  car,  ainsi  que  nous  le 
verrons  tout  à l’heure,  elles  n’avaient  que 
l’embarras  du  choix.  La  vérité  est  que  le 
Withania  origanifolia  se  rencontre,  comme 
bon  nombre  d’autres  plantes,  dans  quelques 
jardins  botaniques  où,  en  vertu  de  l’adage 
« découverte  ignorée  est  œuvre  inutile  »,  elles 
attendent  qu’on  en  tire  un  parti  quelconque. 

Le  nom  de  Withania  origanifolia  est  celui 
sous  lequel  la  plante  figure  au  jardin  bota- 
nique du  Muséum  d’histoire  naturelle. 

MM.  Paillieux  et  Bois,  dans  leur  ouvrage  si 
intéressant,  si  bondé  de  renseignements,  que 
la  Liby^airie  agricole  a publié,  le  Potager  d’un 
curieux,  en  parlent  longuement,  et  c’est  grâce 
à eux  que  je  peux  faire  preuve  d’érudition. 

Ils  m’ont  appris  une  foule  de  choses:  que  la 
plante  dont  il  s’agit  s’appelait  également  Sal- 
pichroa  rhomboidea,  Busberkia  radicans, 
Planchonia  arbutifolia^  Atropa  rhomboidea, 
Physalis  origanifolia,  Atropa  origanifolia,  etc. 

Ils  m’ont  appris  aussi,  mais  trop  tard,  hélas! 
alors  que  j’avais  déjà  lancé  le  Withania ‘soxxs 
le  nom  de  Muguet  des  Pampas,  qu’il  s’appe- 
lait aussi  Huevos  de  Gallo,  Œufs  de  Coq  ! 
Quelle  trouvaille,  voilà  du  moins  un  nom  qui 
n’engageait  en  rien  la  plante! 

Cette  plante  donne  des  fruits  qui  ne  sont 
pas  sans  mérite,  et  j’ai  la  conviction  que  nos 
jardiniers  les  amélioreront  un  jour  ou  l’autre. 
La  Revue  horticole,  qui  a déjà  parlé  de  la 
plante  en  1883,  p.  525  et  en  1887,  p.  328, 
sous  le  nom  de  Salpichroma  rhomboideum 
en  reparlera  de  nouveau,  c’est  certain. 

Quel  que  soit  son  nom,  j’ai  trouvé  la  plante 
intéressante,  et  j’ai  pensé  qu’on  pouvait  l’uti- 
liser à un  usage  auquel  on  n’avait  pas  paru 
songer  jusqu’ici. 

Godefroy-Lebeuf,  horticulteur, 

4,  impasse  Girardon. 

Des  deux  lettres  qu’on  vient  de  lire,  la 
première,  celle  de  M.  Gérôme,  nous  di; 
que  le  Muguet  des  Pampas  n’est  pas  un 
Withania,  et  la  seconde,  celle  de  M.  Gode- 
froy-Lebeuf, nous  dit  que  c’est  au  Muséum 
qu’il  a trouvé  le  nom  ! Nous  avons  dû, 
pour  tirer  la  chose  au  clair,  nous  livrer 
à une  petite  enquête,  dont  voici  les  résul- 
tats : 

La  plante  mise  au  commerce  par  M.  Go- 
defroy-Lebeuf n’est  pas  un  Withania, 
mais  c’est  sous  le  nom  de  qu’elle 

a été  pendant  longtemps  étiquetée  au  jar- 
din botanique  du  Muséum. 

Comment  et  à quelle  époque  l’erreur 
s’est- elle  produite?  Nous  n’en  savons  rien, 
mais  c’est  depuis  quelques  années  seule- 
ment qu’elle  a été  rectifiée.  Il  n’est  pas 
étonnant  queM.  Godefroy-Lebeuf,  qui  avait 
vu,  comme  il  le  dit  dans  sa  lettre,  la  plante 
étiquetée  au  Muséum  sous  le  nom  de 


Withania,  n’ait  pas  soupçonné  l’erreur. 

C’est  même  sous  le  nom  de  Withania 
origanifolia  que  MM.  Paillieux  et  Bois  di- 
sent, dans  le  Potager  d’un  curieux,  « avoir 
présenté  des  Œufs  de  Coq  à la  Société  na- 
tionale d’horticulture  ».  On  voit  que 
M.  Godefroy  s’est  trompé  en  bonne  com- 
pagnie. 

Le  Muguet  des  Pampas  est  une  très- 
vieille  plante,  dont  le  véritable  nom  est 
Salpichroma  rhomboideum,  ainsi  que  l’a 
établi  M.  Ed.  André,  dont  il  a été  souvent 
parlé  dans  la  Revue  horticole,  mais  à un 
autre  point  de  vue,  et  dontM.  Godefroy- 
Lebeuf  a imaginé  une  utilisation  nouvelle. 

Nous  reproduisons  aujourd’hui  la  figure 
du  Salpichroma  rhomboideum,  avec  la 
description  qu’en  donnent  MM.  Paillieux 
et  Bois  dans  leur  ouvrage  précité  : 

Plante  vivace,  à tiges  grêles,  sarmenteuses 
ou  couchées,  les  inférieures  radicantes  ; feuilles 
petites,  inégales,  pétiolées  ; fleurs  blanches, 
solitaires,  rarement  géminées,  pendantes.  Ga- 
lice de  2 à 3 millimètres  de  diamètre,  cupuli- 
forme,  à cinq  divisions  étroites,  qui  persistent 
sur  la  base  du  fruit  ; corolle  tubuleuse, 
blanche,  de  3 à 4 millimètres  et  demi  de  long 
sur  2 à 3 de  large,  glabre,  à divisions  linéaires 
oblongues,  ayant  leur  extrémité  recourbée  ; 
baie  ovale-oblongue,  de  2 à 3 centimètres  de 
long  sur  1 centimètre  de  large,  d’abord  verte, 
puis  blanche,  enfin  couleur  de  rouille  près  du 
pédoncule.  Cette  plante  se  trouve  à Magellan, 
dans  les  pampas  de  Buenos-Aires,  à Montevideo, 
au  Brésil  austral. 

« La  plante  existe  depuis  longtemps  au 
Muséum,  disent  MM.  Paillieux  et  Bois, 
mais  n’y  fructifie  pas.  Pour  en  obtenir  les 
fruits,  il  faut  la  palisser  contre  un  mur  au 
midi  ; elle  se  couvre  alors  de  milliers  de 
petites  baies  blanches  semblables  à des 
œufs  d’hirondelle.  Vivace  par  ses  racines, 
elle  repousse  à chaque  printemps,  et  il  est 
assez  difficile  d’en  débarrasser  le  sol.  » 

« Les  Œufs  de  Coq,  disent  en  terminant 
MM.  Paillieux  et  Bois,  sont,  à nos  yeux, 
une  plante  plus  curieuse  qu’utile.  » C’est 
aussi  la  conclusion  des  articles  publiés  sur 
cette  plante  par  M.  Ed.  André  (Voir  Revue 
horticole,  4883,  p.  525,  et  1887,  p.  328). 

Ce  n’est  évidemment  pas  cette  conclusion 
que  donne  M.  Godefroy-Lebeuf,  parce  qu’il 
s’est  placé  au  point  de  vue  ornemental,  et 
non  au  point  de  vue  alimentaire. 

D’après  lui,  le  Muguet  des  Pampas  est 
une  « des  plus  belles  et  des  meilleures 
plantes  grimpantes  à introduire  dans  les 
jardins  pour  couvrir  lés  tonnelles,  les  piliers, 


LE  MUGUET  DES  PAMPAS. 


531 


garnir  les  murailles,  les  grillages,  les  talus, 
les  troncs  dénudés  des  arbres,  des  bal- 
cons, etc.  ; elle  réussit  aussi  bien  au 
centre  des  villes  qu’à  la  campagne,  et  est  ap- 
pelée à rendre  de  grands  services  aux  bords 
de  la  mer  où  elle  prospère  admirablement, 
alors  que  la  plupart  des  plantes  grimpantes 
échouent. 

((  C’est  une  plante  précieuse  par  son 
étonnante  végétation,  qui  n’a  pas  l’inconvé- 


nient des  plantes  annuelles  d’êfre  semée  et 
plantée  chaque  année,  et  qui  ne  fait  pas 
pourrir  les  treillages  pendant  l’hiver 
comme  les  plantes  à tiges  ligneuses  ou  à 
feuillage  persistant. 

« Elle  résiste  à nos  plus  grands  froids 
ainsi  qu’aux  plus  grandes  chaleurs,  et  se 
plaît  dans  tous  les  bons  sols  et  à toutes  les 
expositions.  Sa  culture  n’offre  aucune  diffi- 
culté, la  racine  peut  rester  indéfiniment  à la 


Fig.  159.  — SSalpichroma  rliofuboideum  (Muguet  des  Pampas). 

Rameau  fleuri  et  fructifié,  de  grandeur  naturelle,  d’après  les  spécimens  cultivés  depuis  1882, 
chez  M.  Ed.  André,  à La  Croix-de-Bléré  (Indre-et-Loire). 


même  place,  il  suffit  d’enlever  les  tiges 
lorsque  les  gelées  les  ont  détruites.  » 

N’ayant  pas  fait  personnellement  l’essai 
de  cette  plante,  nous  ne  pouvons  na- 
turellement garantir  tous  les  avantages  si 
bien  décrits  par  M.  Godefroy-Lebeuf,  et 
nous  n’y  aurions  certainement  pas  consacré 
un  si  long  article,  s’il  n’y  avait  eu  au 
sujet  de  l’identité  de  cette  plante  une  dis- 
cussion que  nous  venons  de  mettre  sous  les 
yeux  de  nos  lecteurs,  et  si  nous  n’avions 


pas  une  espèce  de  conclusion  philosophiqu 
à en  tirer,  à savoir  que  M.  Godefroy-Le- 
beuf a eu  raison  de  chercher  une  utilisa- 
tion nouvelle  d’une  plante  presque  in- 
connue, en  pensant,  comme  il  le  dit  dans  sa 
lettre,  que  « découverte  ignorée  est  chose 
inutile  ». 

Il  y a malheureusement  bien  d’autres 
plantes,  qui  dorment  ainsi  dans  nos  jardins 
l3otaniques,  sans  profit  pour  personne. 

M.  Girard. 


532 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D'HORTIGULTURE  DE  FRANCE. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE  DE  FRANCE 

SÉANCE  DU  28  OCTOBRE  1897 


Section  des  Chrysanthèmes. 

Cinq  colossales  plantes  spécimens,  présentées 
par  la  Maison  Vilmorin,  faisaient  l’admiration 
des  membres  de  la  Société.  Ce  sont  les  sui- 
vantes : Le  Verrier,  Souvenir  d'Antoine 

Crozy,  Gloriosum,  Mistress  G.  Beer  et  Ma- 
dame Fleurdelix.  Mais  cette  admiration 
allait  également  aux  lots  de  M.  Lemaire  qui, 
comme  on  le  sait,  est  un  des  meilleurs  culti- 
vateurs de  Chrysanthèmes.  Dans  l’un  de  ses 
lots,  présenté  comme  exemple  de  culture  en 
touffes  basses  à la  demi-grande  fleur,  on  re- 
marquait trois  belles  nouveautés  : Louise 

Brossillon  (Nonin),  port  de  Madame  Carnot^ 
mais  se  tenant  mieux  ; Topaze  orientale  (Gal- 
vat)  et  Bernard  Verlot  (Calvat). 

Les  autres  lots  étaient  formés,  l’un  de  plan- 
tes en  godets,  le  second  de  plantes  de  mar- 
chés. 

Trois  semis,  parmi  ceux  envoyés  par  M.  Cal- 
vat, ont  été  primés  : Robert  de  Massy, 

Madame  Jossier  et  Léonie  Fierons.  Il  en 
a été  de  même  pour  les  suivants  : de  M.  Nonin, 
Paul  Oudoty  Gabrielle  DebriOy  Madame  Jean 
Burlat  et  Yvonne  Barrage  \ puis  Duc  d'Or- 
léans de  M.  Chantrier. 

Intéressant  était  l’apport  de  M.  Ragot  ; il 
consistait  en  boutures  en  godets  munies  de 
très-grosses  fleurs  : William  Tricher,  G. 
Childs,  Globe  d'or,  Source  d'or,  et,  comme 
plante  nouvelle,  Angèle  Berteaux. 

Enfin,  les  gros  capitules  en  fleurs  coupées 
étaient  représentés  par  de  nombreux  apports, 
de  MM.  Vilmorin,  Croux,  Proust,  Mazier  et 
Oudat.  Les  variétés  Président  Nonin  (Calvat 
1897),  dans  le  premier  de  ces  apports,  et 
Jaune  Poitevine  (Bruant  1899)  dans  le  dernier, 
étaient  particulièrement  remarquées. 

Comité  des  Orchidées. 

M.  Béranek  présentait  un  fort  joli  Cattleya 
Harrissonii  violacea  ; M.  Bert,  de  belles 
plantes  marchandes  : Cypripedium  Charles- 
worthii,  Odontoglossum  divers  et  Oncidium 
Forbesii,  M.  Régnier,  un  intéressant  Cypri- 


pedium præstans  ; M.  Opoix,  un  beau  spéci- 
men de  Dendrobium  formosum  giganteum. 

Un  envoi  de  M.  Mantin  était  caractérisé  par 
la  présence  d’hybrides  intéressants  : 

1°  Lælio- Cattleya  bellaerensis  (L.  autum- 
nale,  C.  Bowringeana)  ; 2“  Lælio-Cattleya 
Behrensiana  {C.  Loddigesii  X L.  elegans); 
3o  Cattleya  Mantini  aurea  ; 4®  C,  X Labiata 
Bowringeana,  très-beau  ; 5“  C.  olivetensis 
{C.  X Loddigesii  maxima). 

Arboriculture  d’ornement. 

Un  spécimen  du  Cotoneaster  pannosa,Frsin- 
chet,  introduit  en  1888  par  M.  l’abbé  Delavay, 
était  présenté  par  le  Muséum  d’histoire  natu- 
relle. Cet  arbuste  paraît  présenter  un  bon  en- 
semble de  qualités  ornementales  ; la  face  infé- 
rieure des  feuilles  est  blanche  et  tomen- 
teuse. 

Arboriculture  fruitière. 

A ce  Comité,  le  Muséum  présentait  un  Poi- 
rier, de  très-bonne  reprise,  greffé  sur  Eriobo- 
trya  japonica.  Ce  genre  de  greffage  pourrait 
permettre,  dit-on,  la  culture  du  Poirier  sous 
les  tropiques. 

En  cette  saison,  on  admire,  à toutes  les 
séances,  les  présentations  de  beaux  fruits. 
A signaler,  cette  fois,  les  Poires  Beurré 
Diel  présentées  par  M.  Opoix,  et  prove- 
nant d’arbres  greffés  sur  franc.  Puis,  de 
M.  Orive,  les  Pommes  de  Reinette  du  Canada  ; 
de  M.  Jourdain,  trois  caisses  du  Raisin  Chas- 
selas doré  ; de  M,  Touret,  une  collection  de 
Poires  Bézi  des  Vétérans,  Général  Tottlebenj 
Passe-Crassane,  etc.,  et  de  M.  Baude,  des 
Poires  Crassane  et  Passe-Crassane,  ainsi  que 
des  Pommes  de  Reinette  du  Canada  blanc  et 
gris. 

Culture  potagère. 

M.  Legrand,  amateur  à Vincennes,  continue 
ses  apports  de  légumes  réellement  améliorés 
C’était,  cette  fois,  un  Cardon  inerme  à côtes 
bien  remplies.  H.  Dauthenay. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  t L.  Bourguigow». 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


533 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

Mérite  agricole.  — La  vogue  des  Chrysanthèmes  ; les  expositions  de  Troyes  et  de  Montpellier.  — Expo- 
sition de  Chrysanthèmes  à Genève.  — Pêche  Tardive  du  Mont-d’Or.  — Ronce  hybride  de  Framboisier. 
— Le  Sophora  japonica  comme  arbre  d’alignement.  — Fraise  Royal  Sovereicjn.—  Les  plantes  utiles 
du  Jardin  botanique  de  Marseille.  — Clématites  hybrides  du  C.  coccinea.  — Le  blanchiment  simplifié 
du  Céleri.  — Ouvrages  reçus.  — Errata  : La  médaille  d’honneur  de  M.  Patrolin  ; le  Salpichroma 
rhomhoideum.  — Le  nouveau  professeur  d’arboriculture  de  Soissons. 


Mérite  agricole.  — A l’occasion  de 
l’Exposition  de  Chrysanthèmes  organisée 
par  la  Société  nationale  d’horticulture  de 
France,  la  décoration  du  Méj'ite  agricole  a 
été  conférée  aux  personnes  ci-après  dési- 
gnées : 

Grade  d'officier. 

M.  Savoye  père  (Jean-Baptiste),  ancien  horti- 
culteur à Bois-Colombes  (Seine),  président 
du  Comité  de  floriculture  à la  Société  natio- 
nale d’horticulture  de  France  ; nombreux 
services  rendus  dans  l’organisation  des  ex- 
positions et  concours  ; plus  de  quarante  ans 
de  pratique  horticole.  Chevalier  du  14  juin 
1891. 

Grade  de  chevalier. 

M.  Lemaire  (Louis-Jules),  horticulteur  à Paris  : 
président  de  la  Section  de  Chrysanthèmes 
de  la  Société  nationale  d’horticulture  de 
France.  Nombreuses  récompenses  dans  les 
expositions  et  concours  ; vingt  ans  de  pra- 
tique horticole. 

La  vogue  des  Chrysanthèmes  ; les 
expositions  de  Troyes  et  de  Montpellier. 

— L’exposition  tenue,  à Troyes,  du  13  au 
15  novembre,  a obtenu  un  grand  succès. 
Les  collections  de  variétés  à la  grande  fleur 
étaient  superbes,  et  nous  sommes  heureux 
de  constater  ce  résultat  qui  fait  bien  augu- 
rer de  l’Exposition  de  1898  et  du  Congrès 
des  chrysanthémistes  qui  doit  l’accompa- 
gner. Les  succès  obtenus  déjà  par  la  Société, 
sous  la  présidence  de  M.  Charles  Baltet, 
garantissent  l’avenir. 

Nous  sommes  heureux  aussi  de  féliciter 
M.  Félix  Sahut,  président  de  la  Société 
d’horticulture  de  l’Hérault,  du  succès  de 
la  dernière  exposition  de  Chrysanthèmes, 
qui  a été  close  à Montpellier  le  10  no- 
vembre . 

Au  Nord,  avec  les  cultivateurs  renommés 
de  Lille  et  de  Roubaix  ; au  Midi,  avec  les 
semeurs  de  Toulouse  et  autres  lieux,  et  les 
cultivateurs  de  Montpellier  ; au  Centre,  . 
avec  les  cultivateurs  émérites  d’Orléans, 
de  Poitiers,  de  Bourges,  etc.  ; dans  l’Est, 


avec  les  semeurs  de  Grenoble  ; à Paris  en- 
fin, où  la  dernière  exposition  a démontré 
que  la  vogue  de  ces  charmantes  fleurs  s’ac- 
centue chaque  jour,  partout  c’est  une  pas- 
sion pour  la  plante  japonaise  et  ses  innom- 
brables variétés.  Que  nos  cultivateurs  sa- 
chent en  profiter. 

Pour  donner  une  idée  de  cette  faveur 
extraordinaire,  nous  dirons  que  l’Exposi- 
tion de  Paris,  a été  un  vrai  triomphe  finan- 
cier pour  la  Société  nationale  d’horticul- 
ture, qui  a encaissé  39.000  francs  d’entrées, 
chiffre  supérieur  à la  recette  de  la  grande 
exposition  de  juin  dernier. 

Exposition  de  Chrysanthèmes  à Ge- 
nève. — Après  les  efforts  considérables 
faits  par  les  horticulteurs  suisses  et  en  par- 
ticulier par  les  génevois,  pendant  l’Exposi- 
tion nationale  de  1896,  on  pouvait  craindre 
un  certain  ralentissement  dans  l’activité 
des  sociétés.  Mais  il  n’en  a rien  été.  La 
Société  d’horticulture  de  Genève  a convié 
les  amateurs  à une  exposition  d’automne 
très-réussie.  La  vaste  salle  du  Bâtiment 
électoral  offrait  un  charmant  coup  d’œil. 
Le  dessin  général  faisait  honneur  à M.  l’ar- 
chitecte Grobéty,  président  de  la  Société. 
Environ  50  exposants,  dont  30  à 35  pour 
les  Chrysanthèmes,  ont  pris  part  à la  lutte, 
et  les  résultats  généraux  dénotent,  d’une 
part  beaucoup  de  goût  dans  l’arrangement 
des  lots,  d’autre  part  une  grande  habileté 
culturale  pour  la  spécialité  des  Chrysan- 
thèmes. 

Les  grands  prix  d’honneur  ont  été  pour 
MM.  Druz,  Delapierre,  Lance,  de  Genève. 

Quelques  semeurs  français,  MM.  Calvat, 
de  Grenoble,  Chantrier,  de  Bayonne,  et 
Reydellet,  de  Valence,  avaient  envoyé  des 
Chrysanthèmes  nouveaux  de  semis. 

Pêche  tardive  du  Mont-d’Or.  — Nous 
avons  reçu  de  notre  collaborateur,  M.  Morel, 
pépiniériste  à Lyon-Vaise,  des  renseigne- 
ments complémentaires  sur  cette  Pêche 
extra-tardive.  Bs  permettront  de  se  faire 
une  idée  des  qualités  [remarquables  de  ce 

23 


1er  Décembre  1897. 


534 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


fruit.  D’ailleurs,  on  commence  à l’appré- 
cier dans  la  région  lyonnaise.  Il  a été  plu- 
sieurs fois  présenté  sur  le  bureau  de 
l’Association  horticole  lyonnaise,  jusqu’à 
la  fin  de  novembre.  On  est  frappé  aussi  de 
la  longue  persistance  de  la  végétation  de 
Tarbre,  alors  que  presque  tous  les  autres 
Pêchers  sont  depuis  longtemps  au  repos. 
Nous  en  avions  encore  sous  les  yeux  des 
rameaux  feuillus,  ces  jours  derniers. 

Ajoutons  que  les  fruits  ne  peuvent 
atteindre  sur  l’arbre  leur  complète  ma- 
turité, qui  s’achèvera  au  fruitier. 

Cette  extrême  tardiveté,  et  la  durée  très- 
prolongée  de  la  végétation  sous  le  climat 
de  la  France  moyenne,  jusqu’au  commen- 
cement de  l’hiver,  portent  à croire  que,  dans 
le  Nord,  on  pourrait  reculer  la  maturité 
de  ce  fruit  jusque  vers  décembre  ou  jan- 
vier : il  suffirait  de  le  rentrer  juste  à point 
pour  qu’il  puisse  recevoir  le  complément 
de  chaleur  nécessaire. 

Voilà  une  application  toute  trouvée  de  la 
culture  a retardée  » du  Pêcher  dans  le 
genre  de  ce  qu’on  obtient  déjà  de  la  Vigne 
sous  verre.  Après  la  série  des  « Pêches 
hâtives  américaines  »,  nos  horticulteurs 
auraient  profit  à s’occuper  des  « Pêches 
tardives  françaises  ». 

Ronce  hybride  de  Framboisier.  — 

Quand  on  songe  à la  saveur  des  fruits  de 
ces  deux  arbustes  indigènes,  on  en  vient 
bien  vite  à souhaiter  que  les  qualités  des 
deux  soient  réunies  en  un  seul  et  même  indi- 
vidu hybride. 

La  chose  a plusieurs  fois  été  signalée  en 
Amérique  surtout,  où  l’on  fait,  ainsi  qu’en 
Angleterre,  beaucoup  plus  de  cas  des  Mûres 
que  chez  nous,  puisque  certaines  variétés 
améliorées  ont  été  obtenues,  et  y sont  cul- 
tivées pour  l’usage  fruitier. 

Ce  désir  vient  d’être  réalisé  par  MM.  Veitch, 
de  Londres.  Ils  ont  récemment  présenté  à 
la  Société  d’horticulture  des  rameaux 
chargés  de  fruits  d’un  hybride..obtenu  du 
croisement  du  Framboisier  Belle  de  Fon- 
tenay par  la  Ronce  commune  (Ruhus 
fruticosus).  La  plante  a des  rameaux  étalés, 
sinon  traînants,  très-feuillés,  épineux,  des 
feuilles  à folioles  amples,  des  fruits  dis- 
posés en  grappes,  nombreux,  gros,  arron- 
dis, noir  purpurin  et  pruineux. 

Le  but  du  croisement  était  d’obtenir  une 
plante  produisant  plus  longtemps  et  plus 
abondamment  que  le  Framboisier,  et  dont 
les  fruits  seraient  plus  parfumés  que  ceux 
de  la  Ronce.  Souhaitons  que  cet  hybride  ait 


toutes  ces  qualités;  on  le  verrait  alors  se 
répandre  rapidement  chez  nous. 

Le  Sophora  japonica  comme  arbre 
d’alignement.  — L’Ecole  nationale  d’a- 
griculture de  Grignon  possède,  autour  de 
son  potager,  une  belle  avenue  de  Sophoras. 
Ces  Sophoras  furent  élevés  à Grignon  ; ils 
sont  âgés  aujourd’hui  d’une  trentaine  d’an- 
nées ; ils  ont  subi  les  hivers  de  1879-80  et 
1890-91  sans  dommage. 

Le  Sophora  japonica  pousse  un  tronc 
très-droit,  et  n’émet  pas  de  jets  comme  les 
Robinia.  Ses  rameaux  sont  peu  pendants  et 
faciles  à élaguer.  Le  feuillage,  qui  rappelle 
un  peu  celui  des  Robinia.,  paraît  tard,  mais 
reste  longtemps  vert  ; il  est  même  en  pleine 
verdeur  à l’époque  où  la  chute  des  feuilles 
commence  pour  le  Marronnier  d’Inde.  De- 
vant de  tels  avantages,  on  peut  se  deman- 
der pourquoi  l’on  ne  rencontre  que  très- 
rarement  des  plantations  de  Sophoras  dans 
nos  promenades  publiques. 

La  raison  en  est,  sans  doute,  que  l’édu- 
cation du  Sophora  est  plus  longue  et  plus 
difficile  que  celle  du  Marronnier,  du  Pla- 
tane, du  Frêne,  etc.  En  effet,  les  jeunes 
plants  doivent  être  abrités  contre  les  ge- 
lées dures  dans  les  grands  hivers.  Puis  ils 
souffrent  facilement  dans  la  transplantation. 
Aussi,  tandis  qu’un  Marronnier  âgé  de 
3 ans  ne  revient  qu’à  2 francs,  un  Sophora 
devra  être  âgé  de  six  ans  pour  remplir  le 
même  but,  et  vaudra  6 francs. 

C’est  évidemment  une  simple  question 
d’économie  qui  empêche  qu’on  fasse  un 
emploi  plus  fréquent  du  Sophora  japonica  ; 
et  c’est  incontestablement  regrettable. 

Quoi  de  plus  attristant  que  de  voir, 
par  exemple,  les  boulevards  parisiens  qui 
sont  plantés  en  Marronniers  d’Inde,  dé- 
pourvus dès  le  mois  d’août  de  toute  ver- 
dure et  de  tout  ombrage?  Pourquoi  n’in- 
tercalerait-on pas,  en  nombre  égal,  des 
Sophoras  parmi  les  Marronniers,  pour 
en  dissimuler,  jusq.u’en  octobre,  l’ossature 
attristante  ? 

Fraise  Royal  Sovereign.  — Au  moment 
même  où  s’opère  la  plantation  des  Frai- 
siers, nous  ne  saurions  trop  engager  les 
amateurs  à essayer  la  Fraise  Royal  Sove- 
reign. Cette  variété,  nouvelle  pour  la 
France,  fut  mise  au  commerce  en  1894  par 
M.  Laxton,  l’habile  semeur  anglais.  Elle 
est  aujourd’hui  fort  prisée  en  Angh* terre, 
et  les  journaux  anglais  sont  unanimes  à en 
constater  les  qualités. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


535 


M.  Meslé,  jardinier  en  chef  du  parc  de 
Mignaux,  près  Poissy,  qui  essaya  celte 
Fraise  il  y a près  de  deux  ans>  Ta  adoptée 
dans  ses  cultures,  et  nous  a communiqué  à 
cet  égard  des  renseignements  que  nous 
résumons  ci-dessous  : 

La  végétation  du  Fraisier  Royal  Sove- 
reign  est  très-vigoureuse,  dépassant  même 
celle  du  Fraisier  Marguerite.  Sa  fertilité 
est  au  moins  aussi  grande  que  celle  de  ce 
dernier.  Ses  fruits  sont  d’une  couleur  écar- 
late supérieure  à tout  ce  qui  a paru  jus- 
qu’à présent. 

Au  point  de  vue  de  la  culture  forcée, 
cette  Fraise  paraît  plutôt  propre  à la 
deuxième  saison,  pendant  laquelle  elle  se 
féconde,  dans  tous  les  cas,  admirable- 
ment. 

Enfin,  le  Fraisier  Royal  Sovereign  se- 
rait aussi  une  excellente  acquisition  pour 
la  pleine  terre,  son  tempérament  facile  lui 
permettant  de  se  contenter  des  sols  cail- 
louteux et  montueux  comme  des  cultures 
peu  entretenues  ou  mal  comprises. 

Les  plantes  utiles  du  Jardin  bota- 
nique de  Marseille.  — Le  chef  des  cul- 
tures de  cet  établissement,  M.  Davin,  vient 
de  publier  une  brochure  très-intéressante  ^ 
pour  tous  ceux  qui  s’intéressent  aux  cul- 
tures coloniales,  et  surtout  pour  les  habi- 
tants du  Midi  de  la  France.  Ils  pourront 
voir  vivantes,  au  Jardin  botanique  de  Mar- 
seille, un  bon  nombre  de  plantes  exotiques 
d’un  intérêt  comestible,  médicinal,  indus- 
triel, etc.,  ce  qui  leur  permettra,  soit  de  les 
reconnaître  dans  les  colonies,  soit  d’en  es- 
sayer la  culture.  C’est  ainsi  qu’ils  trouvent 
dans  ce  jardin,  situé  au  parc  Borély  : l’Ana- 
nas, le  Papayer,  le  Quinquina,  le  Poivre 
long,  le  Calebassier,  le  Coca,  l’Hévéa  (Caout- 
chouc), la  Badiane,  le  Bananier,  l’Avoca- 
tier, le  Goyavier,  le  Kola,  le  Tamari- 
nier, etc.,  etc.  Ces  plantes  se  trouvent 
d’ailleurs  représentées  au  Musée  colonial  de 
Marseille,  fondé  par  M.  Heckel,  et  qui  rend 
de  si  grands  services  à la  culture  des  colo- 
nies. 

Clématites  hybrides  du  C.  coccinea.  — 

MM.  George  Jackman  et  fils,  de  Woking 
(Angleterre),  ont  mis  au  commerce  cette 
année  trois  jolies  variétés  hybrides  du  Cle- 
matis  coccinea  : Countess  of  Onsloio,  à 
grande  fleur  en  grosse  cloche  pourpre  vif  ; 

1 On  trouve  la  brochure  de  M.  Davin,  à Mar- 
seille, che?  M.  Barlatier,  19,  rue  Venture. 


Duchess  of  York,  blanc  carné  lavé  de  rose 
au  centre,  et  Duchess  of  Albany,  rose  vif. 
Très-admirées  au  printemps  1897  à l’expo- 
sition de  Temple  Show,  ces  Clématites  ont 
reçu  de  la  Société  royale  d’horticulture  de 
Londres  un  certificat  d’authenticité.  Ces  trois 
variétés  constituent  une  nouvelle  race,  re- 
marquable à la  fois  par  la  beauté  du  coloris 
de  ses  fleurs,  par  l’élongation  de  ses  pé- 
doncules floraux,  ce  qui  en  permet  l’emploi 
en  fleurs  coupées,  et  enfin  par  la  vigueur  et 
la  robusticité  de  sa  végétation. 

Les  Anglais  ne  sont  pas  seuls  à la  tête 
d’hybrides  de  cette  nature.  Nous  venons 
d’en  voir  d’analogues  chez  notre  collabora- 
teur M.  F.  Morel,  à Lyon,  et  nous  parlerons 
prochainement  à nos  lecteurs  de  ces  inté- 
ressantes nouveautés. 

Le  blanchiment  simplifié  du  Céleri.  — 

C’est  dans  le  journal  américain  Vick's 
illustrated  monthly  Magazine  que  nous 
trouvons  le  mode  décrit  ci-dessous,  très- 
simple,  de  blanchiment  du  Céleri.  Après 
avoir  rassemblé  à l’aide  d’un  lien  toutes  les 
côtes  du  pied  de  Céleri,  on  entoure  ce  pied 
d’une  bande  de  fort  papier  en  l’enroulant 
de  plusieurs  tours.  Un  bon  lien  ou  deux  au 
plus  suffisent  ensuite  à retenir  cette  enve- 
loppe d’un  nouveau  genre. 

Cette  manière  de  procéder  est  en  usage 
aux  environs  de  Buffalo.  Comme  on  le  voit, 
les  jardiniers  ne  s’y  donnent  pas  la  peine 
de  placer  leurs  pieds  de  Céleri  dans  des 
fosses  creusées  à cet  effet;  ils  ne  les  re- 
couvrent pas  non  plus  sur  place  d’une  ban- 
quette de  terre.  Ils  se  contentent  de  les 
envelopper  sur  place  et  de  les  entourer 
ensuite  de  feuilles  ou  de  les  couvrir  de  pail- 
lassons, s’il  survient  des  gelées.  Le  papier 
en  usage  est  dur,  grossièrement  fabriqué, 
mais  solide  ; il  est  découpé  à l’avance  en 
feuilles  de  dimensions  en  rapport  avec  la 
hauteur  et  l’ampleur  de  la  variété  du  Céleri 
à garantir.  On  obtient  ainsi,  paraît-il,  un 
parfait  blanchiment. 

OUVRAGES  REÇUS 

L’art  de  greffer,  par  Ch.  Baltet.  fie  édition, 

1 voL.  in-18  de  517  pages  et  202  fig.,  à la 
librairie  agricole  de  la  Maison  Piustique,  2G,  rue 
Jacob,  Paris.  Prix  : 4 francs. 

Nous  n’avons  pas,  bien  entendu,  à faire  l’é- 
loge de  l’ouvrage  depuis  longtemps  classique 
de  M.  Charles  Baltet  ; il  nous  suffira  d’indiquer 
à nos  lecteurs  que  la  6®  édition  vient  de  pa- 
raître. 

Dos  additions  intéressantes  et  des  applica- 


536 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


tions  de  la  greffe  à d’autres  végétaux  que  ceux 
qui  étaient  compris  dans  les  précédentes  édi- 
tions ont  été  introduites  dans  le  précédent  vo- 
lume ; mais  nous  aurions  désiré  que  l’auteur 
les  signalât  dans  sa  préface,  pour  qu’on  pût 
en  faire  immédiatement  son  profit.  C’est  une 
petite  amélioration  sur  laquelle  nous  nous 
permettons  d’appeler  l’attention  de  l’auteur 
pour  la  7e  édition. 

Plantations  d’alignement,  promenades, 
parcs  et  jardins  publics,  1 vol.  in-12  de 
357  pages  et  336  gravures,  chez  Vicq-Dunod, 
49,  quai  des  Grands-Augustins,  Paris.  Prix  ; 
Il  francs. 

Sous  ce  titre,  M.  Georges  Lefebvre,  conduc- 
teur des  ponts  et  chaussées,  attaché  au  service 
municipal  de  Paris,  vient  de  publier  un  livre 
très-documenté,  qui  rendra  de  réels  ser- 
vices à tous  ceux  qu’intéressent  les  questions 
indiquées  par  son  titre. 

Nous  pourrions  louer  sans  réserve  cet  ou- 
vrage, si  l’auteur  avait  pris  le  soin  de  citer 
plus  explicitement  les  sources  où  il  a puisé, 
et  si,  ce  qui  est  plus  grave,  l’ouvrage  ne  ren- 
fermait pas  un  certain  nombre  d’erreurs  dans 
la  nomenclature  des  végétaux,  queM.  Lefebvre 
ne  connaît  pas  suffisamment,  ce  qui  lui  fait 
recommander,  par  exemple,  pour  les  jar- 
dins de  plein  air  sous  le  climat  de  Paris,  les 
Dicksonia  squarrosa  et  AlsophÜa  australis, 
de  serre  tempérée,  et  le  Pteris  tricolor,  de 
serre  chaude. 

The  principlesof  fruit  growing,  par  M.  L. 
A.  Bailey,  1 vol.  in-12,  chez  Macmillan,  édi- 
teur, New-York  et  Londres.  Prix  : 6 fr.  25.  — 
Tout  arboriculteur  qui  comprend  l’anglais 
devrait  posséder  ce  livre.  Il  est  plein  de  talent, 
d’observations  originales,  de  conseils  pratiques, 
d’aperçus  différents  de  notre  culture.  Loin 
d’être  une  compilation,  comme  le  sont  trop 
souvent  les  livres,  cet  ouvrage  expose  les  idées 
très-personnelles  de  l’auteur,  et  pour  l’exploi- 
tation arboricole  en  grand,  il  constitue  une 
œuvre  de  réelle  valeur. 

Missouri  Botanical  Garden.  — C’est  le 
8e  rapport  sur  le  remarquable  Jardin  bota- 
nique de  Saint-Louis  de  Missouri,  que  vient 
de  nous  envoyer  le  savant  directeur,  M.  W. 
Trelease.  L’activité  des  botanistes  de  ce  bel 
établissement  nord-américain  est  remarquable  ; 
ils  ne  cessent  de  produire.  Grâce  aux  libéralités 
du  fondateur,  le  regretté  M.  Shaw,  que  je 
m’honore  d’avoir  personnellement  connu,  les 
ressources  nécessaires  au  fonctionnement  de 
ce  jardin  botanique  sont  considérables.  Cette 
année,  le  Rapport  contient,  en  dehors  des 
travaux  ordinaires,  un  plan  complet  des  îles 
Açores,  comprenant  les  phanérogames  et  les 
cryptogames,  les  premières  dues  â M.  Trelease, 
les  secondes  â M.  Gardot.  De  nombreuses 
illustrations  accompagnent  le  texte. 


Errata  : La  médaille  dlionneur  de 
M.  Patrolin.  — Dans  notre  dernier  nu- 
méro, p.  520,  la  médaille  d’honneur  attri- 
buée à M.  Patrolin,  horticulteur  à Bourges 
par  le  jury  de  la  dernière  Exposition  de  la 
Société  nationale  d’horticulture,  lui  était 
décernée  pour  ses  Chrysanthèmes,  et  non 
pas  pour  des  Arbres  fruitiers,  comme  on 
l’a  imprimé. 

Cette  grosse  erreur  ne  vient  pas  de  notre 
collaborateur,  mais  du  copiste  qui  nous 
avait  Transmis  la  liste  des  principales  ré- 
compenses de  la  Société  nationale  d’horti- 
culture. M.  Dauthenay  lui-même,  dans  son 
article,  avait  bien  écrit  « Chrysanthèmes  », 
et  c’est  un  des  correcteurs  de  la  Revue  qui 
a modifié  le  texte,  pour  le  rendre  con- 
forme à la  liste  des  récompenses  qui  figu- 
rait dans  la  chronique. 

M.  H.  Dauthenay  pouvait  d’autant  moins 
se  tromper,  qu’il  avait  fait  photographier 
l’un  des  plus  beaux  apports  de  M.  Patrolin, 
le  Chrysanthème  Etoile  de  Lyon,  qui  est 
est  précisément  figuré  dans  son  compte 
rendu  de  l’Exposition,  que  la  Revue  hor^ 
ticole  publie  aujourd’hui. 

Le  Salpichroma  rhomhoideum.  — Nous 
avons  reçu  deM.  Gérôme  la  lettre  suivante  : 

Dans  une  note  adressée  à la  Revue  horti- 
cole, j’ai  bien  écrit  que  le  nom  exact  de  la 
plante  vendue  sous  le  nom  de  Muguet  des  Pam- 
pas est  le  Salpichroa  rhomboidea,  Miers,  qui 
est  d’ailleurs  le  nom  adopté  par  V Index  Kewensis. 

Mais  je  n’ai  pas  écrit  Salpichroa  origanifolia, 
nom  qui  n’existe  pas  dans  les  ouvrages  de  bo- 
tanique. Je  n’ai  donc  pas  fait  l’erreur  qui 
m’est  imputée. 

J.  Gérome, 

chef  des  serres  au  Muséum, 
Professeur  à l’Ecole  nationale  d’horticulture 
de  Versailles. 

Une  coquille  typographique,  que  nous  re- 
grettons comme  M.  Gérôme,  a fait  écrire 
origanifolia  au  lieu  de  rhomhoidea,  après 
le  mot  Salpichroa.  Elle  vient  d’une  erreur 
de  lecture  faite  par  l’ouvrier  typographe,  le 
mot  origanifolia  se  trouvant,  dans  la  lettre 
de  M.  Gérôme,  exactement  au-dessus  du 
mot  rhomboidea.  L’ouvrier,  qui  compose 
mot  par  mot,  s’est  trompé  de  ligne,  et  a com- 
posé une  seconde  fois  le  mot  origanifolia. 

Quant  au  nom  exact,  voici  ce  qui  nous 
fait  adopter  celui  de  Salpichroma  rhom- 
hoideum : Miers,  en  fondant  le  genre,  avait 
écrit  Salpichroa  L Trois  ans  plus  tard,  il 

' Salpichroa,  Miers,  [in  Hook.  Lond.  journ. 
of  bot.,  1H45,  p.  321. 


EXPOSITION  d’automne  DE  LA  SOCIÉTÉ  N, 

jugea  à propos  de  le  changer  en  Salpichro- 
ma^.  En  adoptant  le  nom  deSalpichroma, 
le  dernier  en  date,  Dunal,  dans  la  mono- 
graphie des  Solanées  qu’il  écrivit  pour  le 
ProdromuSy  se  conforma  à la  pensée  de 
l’auteur;  et  une  note  de  M.  Alphonse  de  Gan- 
dolle,  en  bas  de  page,  dit  qu’il  n’a  pas  jugé 
nécessaire  de  réformer  ce  nom,  bien  qu’il  le 
jugeât  mal  fait  (de  o-â^Trr/Ç,  trompette,  et 
Xpôiiix,  couleur)  pour  des  plantes  dont  le  tube 
n’est  pas  toujours  coloré,  mais  qu’il  le  fait 
neutre  commeildoit  être  et  non  féminin^. 

Bentham  et  Hooker,  dans  le  Généra 
plantarum,  en  écrivant  Salpichroa^y  ont 
immédiatement  ajouté  : « nom  changé  par 
l’auteur  en  Salpichroma  d (nomen  in 
Salpichroma  mutatum  ah  auctore).  Il 
nous  paraît  donc  que  M.  Jackson,  dans  son 
Index  Kewensis  sur  lequel  s’appuie 
M.  Gérôme,  n’a  pas  été  heureusement  ins- 
piré en  rejetant  le  nom  rectifié  par  l’auteur 
lui-même,  qui  nous  parait  être  bon  juge 

EXPOSITION 

DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE 
(chrysanthème 

I.  — Chrysanthèmes 

Parmi  les  divers  lots  qu’exposaient  MM.  Vil- 
morin-Andrieux  et  Gie,  il  faut  citer,  en  pre- 
mière ligne,  un  groupe  de  vingt-cinq  variétés 
sur  tige  et  formant  tête.  Plusieurs  de  ces 
exemplaires,  très-beaux,  comptaient  jusqu’à 
150  fleurs.  Un  autre  lot,  formé  de  plantes  en 
touffes  basses,  était  remarquable  par  leur  bonne 
tenue  ; on  ne  constatait  pas  trop  de  tuteurs  à 
leur  base.  Les  mêmes  exposants  avaient  le  lot 
le  plus  considérable  de  Chrysanthèmes  en  go- 
dets. 

Dans  leur  lot  de  nouveautés,  nous  avons  par- 
ticulièrement noté  : Artaxercès  (Lacroix),  ja- 
ponaise globuleuse,  jaune  clair  ; Beauté  Gre- 
nobloise (Galvat),  japonaise  incurve  à larges 
ligules  canaliculées,  blanches,  à laquelle  nous 
joignons  tout  de  suite  ces  deux  autres  nouveau- 
tés de  Galvat,  parce  qu’elles  sont  de  même 
facture  : Isercttei,  saumon  cuivré  à revers  vieil 
or  et  Laurence  Zédé,  rose  ; Comtesse  deBeau- 
laincourt  (Nonin),  japonaise  effilée  jaune  d’or; 
Fée  du  Champsaur  (Galvat)  japonaise  blanche 
à larges  ligules  : Général  Bézia  (Chantrier), 
curieux  cube  compact  de  ligules  imbriquées, 
jaune  nuancé  de  rose  à la  partie  antérieure  ; 

1 Salpichroma,  Miers,  m Hook.  Lond.  journ., 
1848,  vol.  2,  p.  233. 

2 DG.  Prodrotnus,  vol.  XIII,  ser.  1,  p.  471. 

3 Vol.  II  p.  809. 


XTIONALE  d’horticulture  DE  FRANCE.  537 

en  sa  propre  cause,  défendue  d’ailleurs  par 
M.  de  Candolle  avec  une  incontestable  auto- 
rité. 

Le  nom  correct  est  donc  Salpichroma 
rhomboideum. 

Le  nouveau  professeur  d’arboriculture 
de  Soissons.  — Nous  apprenons  avec  plaisir 
la  réception  cordiale  foite  par  la  Société 
d’horticulture  de  l’arrondissement  de  Sois- 
sons à son  nouveau  professeur,  M.  Ch. 
Grosdemange.  L’accueil  qui  lui  a été  fait, 
à sa  leçon  d’ouverture,  a été  des  plus  cha- 
leureux. 

D’autre  part,  les  auditeurs  de  Provins, 
où  il  a longtemps  professé  l’horticulture, 
lui  ont  fait  des  adieux  empreints  de  la  plus 
vive  sympathie,  et  lui  ont  offert  un  objet 
d’art  en  souvenir  des  rapports  cordiaux 
qu’ils  avaient  eus  avec  lui,  et  en  témoi- 
gnage de  leurs  regrets. 

Éd.  André. 


D’AUTOMNE 

THORTICULTÜRE  DE  FRANCE 

i,  FRUITS,  ETC.) 

Madame  Maxime  Johert  (de  Reydellet),  japo- 
naise incurve  saumon  cuivré  à revers  vieil  or  ; 
Mère  Héraud  (Héraud),  japonaise  mauve  ; Pu- 
blias Crassits  (Ghantrier),  tubulée  plate  cou- 
leur bistre  ; Bonjonnant  (Lacroix),  tubulée 
franchement  rayonnante,  rose,  très-florifère  et 
constituant  un  progrès  marqué  sur  l.ilian 
Bird  et  sur  Exposition  de  Grenoble. 

M.  Augustin  Nonin  avait  une  collection  de 
cent  cinquante  variétés  de  belle  culture,  en 
touffes  basses  n’étant  pas  encombrées  d’une  fo- 
rêt de  baguettes,  comme  cela  se  voit  trop  sou- 
vent. , 

On  y notait  principalement  les  variétés 
CalvaVs  australian  Gold.  Etoile  de  Lyon,  Ma- 
dame Carnot , N.C  S.  JubiLe,  Xiveus,  etc. 

Un  lot  spécial  du  même  exposant,  celui  de 
50  duveteux,  intéressait  beaucoup  les  visiteurs. 
La  variété  jaune  soufre,  d’obtenlion  récente, 
Léocadie  Gentils  ; une  belle  nouveauté,  Beauty 
ofTrurô,  vieux  rose,  et  une  obtention  de  Dé- 
iaux,  Piquevalle  de  Rozeville,  rouge  sang  à 
revers  chaudron,  y attiraient  surtout  l’attention. 
Dans  l’apport  d'obtentions  nouvelles  de  ce  même 
exposant,  il  faut  citer  une  belle  série  de  japo- 
naises incurves  : Berthe  Daupias,  rose  ; Ba- 
ronne de  Dietrich,  rose  pointé  jaune  ; Ga- 
brielle  Debrie,  rose  carné  ; Madame  JeanBur- 
lat,  rose  vineux  à revers  gouachés  de  blanc  ; 
Madame  Frédéric  Daupias,  blanc  lavé  de  ca- 
nari ; Paul  Oudot,  blanc  carné,  lavé  de  jaune 


538  EXPOSITION  d’automne  de  la  société 

crème,  solide  et  facilement  transportable.  Un 
autre  semis,  de  forme  tout  à fait  nouvelle,  est 
Yvonne  Parage,  représenté  par  la  fig.  160. 
Les  ligules,  qui  affectent  la  forme  pétaloïde, 
sont  rubanées,  ondulées  et  la  plupart  pen- 
dantes : plusieurs  se  relèvent  en  forme  de 
crosses  ; le  coloris  est  rouge  lavé  et  strié  de 
vieil  or  avec  revers  bronze. 

L’exposition  de  M.  H.  Patrolin,  de  Bourges, 
consistait  en  une  nombreuse  collection  de 
Chrysanthèmes  formés  en  tête  sur  de  hautes 
tiges.  A ce  propos,  rectifions  une  erreur  que  nous 
avons  été  tout  le  premier  étonné  de  trouver  dans 
notre  précédent  article,  et  dont  la  chronique  du 
numéro  d’aujourd’hui  donne  l’explication  : c’est 


nationale  d’horticulture  de  FRANCE. 

bien  pour  ce  lot  de  Chrysanthèmes  et  non  pour 
des  arbres  fruitiers,  (M.  Patrolin  n’en 
exposait  pas),  que  cet  horticulteur  a reçu  une 
médaille  d’honneur.  Les  Chrysanthèmes  de 
M.  Patrolin  nous  ont  semblé  de  forme  irré- 
prochable, les  tiges  très-dégagées,  les  têtes,  en 
boules  compactes,  abondamment  couvertes  de 
fleurs.  La  fig.  161  montre  un  de  ces  spéci- 
mens, Etoile  de  Lyon  ; le  pied  qui  a été  pho- 
tographié comptait  80  fleurs,  la  figure  n’en 
montre  naturellementqu’une  partie  puisqu’elle 
ne  donne  qu’une  face  de  la  plante. 

M.  Calvat  a conservé  sa  place  à la  tête  des 
semeurs.  Ses  obtentions  continuent  à être 
d’une  grande  originalité  et  à acquérir  un  volume 


Fig.  160.  — Chrysanthème  Yvonne  Parage. 


de  plus  en  plus  considérable.  Dirons-nous  qu’à 
ce  second  caractère  nous  préférons  le 
premier?  Contentons-nous,  pour  l’instant, 
d’enregistrer  les  surprenants  résultats  obte- 
nus ; nous  avons  relevé,  dans  les  semis  de 
M.  Calvat,  trois  formes  particulières  : Céleste 
Falconnet,  énorme  houppe  large  de  22  centi- 
mètres, profonde  de  28,  formée  de  ligules 
longues,  amincies  à leur  extrémité,  retom- 
bantes, d’un  rose  vif  ; le  n»  820,  capitule  me- 
surant bien  25  centimètres  de  diamètre,  aux 
ligules  plates,  rubanées,  larges  de  près  de 
deux  centimètres,  rose  à revers  blanc  rosé  ; 
et  le  no  800,  présentant  au  centre  un 
énorme  cône  de  ligules  canaliculées,  incur- 
.vées,  tandis  que  les  ligules  de  la  périphérie 


sont  presque  réfléchies  ; le  tout  est  de  cou- 
leur blanc  carné  à pointes  lavées  de  rose. 

Dans  l’exposition  de  M.  Cordonnier,  nous 
avons  retrouvé  des  fleurs  presqu’aussi  grosses 
que  celles  de  M.  Calvat.  Il  y avait  des  Madame 
Carnot,  Etoile  de  Lyon,  Héroïne  d'Orléans 
dont  le  diamètre  mesurait  de  22  à 25  centimères; 
un  C.B.  Withnallen  énorme  boule  incurve,  de 
12  centimètres  de  largeur  sur  15  d’épaisseur. 
Parmi  les  obtentions  de  cet  exposant,  il  faut  ci- 
ter Souvenir  de  mon  amie,  à aiguilles  rayon- 
nantes, rose  vif  au  fond,  rose  pâle  aux  pointes, 
fleurissant,  paraît-il,  pendant  deux  mois  ; Ma- 
dame Louis  Rémy,  sport  blanc  de  Mistress 
Barman  Payne,  Henry  Van  de  Walle,  au 
bouton  terminal  jaune  cuivré,  à l’extrémité  des 


EXPOSITION  d'automne  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  d’hORTIGULTURE  DE  FRANCE.  539 


ligules  déchiquetée,  sport  de  Mistress  Frank 
Thompson. 

MM.  Lévêque  avaient  des  apports  dans  la 
plupart  des  concours  spéciaux  : un  de  150  et 
un  autre  de  100  belles  variétés  ; quatre  de  va- 
riétés en  touffes  basses;  un  de 25  variétés  nou- 
velles ; 150  variétés  en  fleurs  coupées,  etc. 
La  plupart  des  plantes  nouvelles  précédemment 
signalées  s’y  trouvaient,  ainsi  que  des  va- 
riétés de  premier  choix  telles  que  : Laurence 
Zédéy  Edouard  André,  N.  C.  S.  Jubilee, 
Oceana,  etc. 


La  culture  en  touffes  basses  à demi-grande 
fleur  était  l’apanage  de  lots  tels  que  ceux  de 
MM.  Ragoût,  Gérand,  Yvon,  etc.  Un  caractère 
assez  particulier  s’attachait  à celui  de  MM.  Uu- 
val  et  fils  à cause  de  la  réunion  de  spécimens 
peu  connus,  tels  que  Philadelphia,  jolie  in- 
curve de  couleur  jaune  citron,  et  à celui  de 
M.  Quétier,  où  Léocadie  Gentils  ressortait 
fort  bien.  Remarqué  aussi  un  bien  beau  spéci- 
men de  Reine  d* Angleterre  dans  le  lot  de 
M.  Laveau,  jardinier  chez  Mme  Deshayes,  à 
Crosnes  (Seine-et-Oise),  ainsi  que  les  Ghrysan- 


Fig.  161.  — Chrysanthème  Étoile  de  Lyon  cultivé  sur  une  seule  lige,  et  formant  tête. 


thèmes  greffés  sur  Armoise  de  M.  Auger  et  de 
M.  Bernard;  on  admirait,  de  ce  dernier,  un 
Méphisto  greffé  de  deux  ans. 

Les  amateurs  dont  l’admiration  ne  se  voue 
pas  exclusivement  à l’inflorescence  éboutonnée 
ont  eu  le  plaisir  de  rencontrer  quelques  lots  de 
Chrysanthèmes  multiflores  tels  que  ceux  de 
MM.  Leenaërts,  Aubin  et  Quétier,  des  Frères 
de  Saint-Nicolas-d’Ignyet  du  Refuge  de  Plessis- 
Piquet. 

Les  plus  beaux  lots  de  fleurs  coupées  nous 
ont  paru  être  celui  de  M.  Rosette  en  tête, 
ceux  de  MM.  Ch.  Molin,  Couillard,  Rémy, 


Modères,  Ragueneau,  de  Reydellet,  etc. 

Les  boutures  en  godets  et  portant  de  très- 
grosses  fleurs  sont  toujours  un  objet  de  curio- 
sité pour  le  public  ; on  examinait  beaucoup 
celui  de  MM.  Gappe  et  fils  et  celui  de  M.  Va- 
cherot. 

Enfin,  l’un  des  plus  charmants  attraits  de 
l’Exposition  a été  le  concours  de  gerbes,  bou- 
quets, corbeilles  et  garnitures  diverses  en 
Chrysanthèmes.  La  charrette  de  M.  Dallé,  les 
élégantes  compositions  de  M.  Debrie  et  de 
M.  Chénier  ont  été  très-admirées. 

Nous  ne  reviendrons  pas  sur  les  lots  de. 


DE  LA  FLOtlAlSON  DES  AGAVES. 


Uù 

fleurs  autres  que  Chrysanthèmes,  et  dont 
nous  avons  parlé  précédemment  ^ Toutefois,  il 
faut  ajouter  à ces  lofs  celui  des  Clématites 
exposées  par  M.  G.  Boucher  ; il  s’agit  là  d’une 
culture  pour  floraison  extra-tardive,  et  par 
conséquent  remarquable. 

II.  — Arbres  fruitiers,  Fruits  et  Légumes 

Au  lot  d’arbres  fruitiers  formés  de  M.  Croux, 
dont  nous  avons  parlé  dans  l’article  précité,  il 
faut  ajouter  ceux  de  MM.  Bruneau,  Boucher, 
Carnet,  Leconte,  Paillet  et  Rothberg.  Dans  la 
section  des  fruits,  nous  avons  signalé  le  lot  de 
Raisins  des  Forceries  de  l’Aisne  dans  lequel 
les  grappes  de  la  variété  Black  Alicante  étaient 
surtout  remarquables.  Les  lots  de  M.  Salomon, 
de  Thomery,  consistant  en  une  collection  de 
Raisins  ayant  tous  mûri  à l’air  libre,  et  de 
M.  Girardin-Jourdain,  d’Argenteuil,  méritent 
les  mêmes  éloges.  Signalons  aussi  les  jolis 
Chasselas  des  côtes  de  Conflans,  exposés  par 
MM.  Arnoult-Crapotte,  Jourdain  père,  Jourdain 
Ifils  et  Hamel. 

Quatorze  lots  de  Poires  et  Pommes  étaient 
'rassemblés  dans  l’étroit  couloir  laissé  à la  sec- 
ition  alimentaire  et  dans  lequel  il  était  impos- 
sible de  circuler.  On  a néanmoins  pu  remar- 

DE  U FLORAIS 

Un  journal  horticole  étranger  a publié, 
dans  le  cours  de  cette  année,  diverses  notes 
sur  la  floraison  des  Agaves,  et  en  particulier 
de  V Agave  americana,  tendant  à perpé- 
tuer l’idée  fausse  que  cette  plante  ne  fleu- 
rit qu’à  l’âge  de  cent  ans.  D’après  ce  jour- 
nal, le  fait  serait  si  connu  « qu’en  Amé- 
rique même,  aux  Etats-Unis,  tout  au 
moins,  cette  plante  est  désignée  sous  le 
nom  de  plante  d’un  siècle  >». 

R serait  temps  vraiment  de  déraciner 
une  pareille  erreur.  Je  me  permets  de 
dire,  qu’en  ce  cas,  ce  n’est  pas  du  Nord  que 
peut  nous  venir  la  lumière,  mais  du  Midi 
où,  chacun  le  sait,  les  Agaves,  surtout  dans 
V Agave  amer ic  iua^  Linn.,  sont  acclimatés 
et  vivent  en  pleine  terre,  en  plein  air,  prenant 
un  développement  identique  aux  plantes  du 
Mexique  et  croissant  presqu’aussi  rapide- 
ment. 

Les  deux  rives  de  la  Méditerranée  entière 
sont  complantées  à" Agave  americana  de 
grande  taille,  fleurissant  et  drageonnant 
par  milliers. 

Habitant  sur  une  route  qui  en  est  bordée, 
je  parle  de  ce  que  je  vois,  et  de  ce  que  chacun 
peut  contrôler. 

^ Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  520. 


quer,  en  arrivant  de  bonne  heure,  les  belles 
collections  de  MM.  Groux,  Bruneau  et  Roth- 
berg, ainsi  que  quelques  beaux  lots  de  MM.  Le- 
doux.  Bureau,  etc.  Dans  celui  de  M.  Pierre 
Passy,  on  admirait  deux  corbeilles  de  Poires 
Doyenné  d’hiver  et  Doyenné  du  Comice  de 
rare  conservation,  ainsi  qu’une  Belle  Angevine 
pesant  1 kil.  500.  Dans  celui  de  M.  Grive,  on 
s’arrêtait  devant  des  Pommes  marquées  aux 
chiffres  de  la  République  française  et  du  Pré- 
sident Félix  Faure. 

Toujours  dans  le  même  couloir,  se  trouvaient 
des  légumes.  A côté  des  collections  de  MM.Vil- 
morin-Andrieux  et  Ge,  Lambert  et  Germond, 
le  public  s’est  beaucoup  arrêté  devant  les  As- 
perges forcées  et  griffes  d’Asperges  de  M.  Gom- 
point.  Signalons  aussi  la  collection  de  Pommes 
de  terre  de  M.  Hyacinthe  Rigault  et  celle  de 
Haricots  secs  de  M.  Gramain. 

Nous  ne  terminerons  pas  sans  féliciter 
M.  Théveny  pour  la  rare  vérité  qu’il  apporte  à 
la  reproduction  moulée  des  légumes  et  des  fruits. 
Rien  n’était  amusant  comme  de  voir  les  visi- 
teurs, qui  n’avaient  pas  remarqué  la  mention 
fruits  moulés,  admirer  la  belle  conservation 
de  ces  fruits,  ne  supposant  pas  un  seul  instant 
qu’ils  avaient  sous  les  yeux  autre  chose  que 
des  produits  naturels.  H.  Dauthenay. 

IN  DES  AGAVES 

La  susdite  route  (R^®  n»  7)  a été  ou- 
verte à la  mine,  dans  les  rochers  surplom- 
bant la  mer  entre  Nice  et  Villefranche,  ea 
1859  ; il  y a donc  38  ans. 

Dès  son  achèvement,  on  y a planté  pour 
consolider  les  terres  et  les  fragments  de 
roche  un  très- grand  nombre  de  petits 
rejetons  d’il . amerieana  piqués  au  hasard 
des  fentes  de  la  pierre.  Le  terrain  est  un 
calcaire  jurassique  un  peu  argileux,  très- 
rouge,  contenant  une  forte  dose  de  potasse. 

Or,  à partir  de  1871,  un  grand  nombre 
d’exemplaires  fleurit  régulièrement  chaque 
année  ; et  les  hampes  qui  surgissent  à pré- 
sent font  partie  des  rejetons  émis  par  les 
exemplaires  plantés  jadis. 

Cela  est  un  fait  indéniable,  facile  à véri- 
fier, observé  sur  une  multitude  de  spéci- 
mens de  belle  venue,  en  tout  comparables  à 
ceux  du  Mexique. 

En  général,  l’il.  americana  ne  fleurit 
pas  avant  d’avoir  atteint  une  certaine 
grosseur.  La  floraison  dépend  du  dévelop- 
pement d’un  sujet  plutôt  que  de  son  âge. 

Tel  exemplaire  ayant  rencontré  des  con- 
ditions spécialement  favorables  fleurira  vers 
12  ou  15  ans.  Et  l’autre,  moins  bien  placé, 
restera  petit,  tout  en  déroulant  bien  souvent 
autant  de  feuilles,  et  ne  fleurira  que  dans  un 


APPLICATION  DES  ENGRAIS  CHIMIQUES  AUX  PLANTES  EN  POTS. 


541 


laps  de  temps  beaucoup  plus  long  pouvant 
atteindre  le  double. 

Si,  déjà  très-gros,  on  transplante  un 
Agave,  il  y a grande  chance  pour  le  voir 
fleurir  un  ou  deux  ans  après.  Ce  fait  est  sur- 
tout observé  pour  les  A.  americana,  Sal- 
miana  et  applanata. 

Le  journal  en  question  a publié  des  ar- 
ticles dont  les  auteurs  possèdent  ou  ont  vu 
des  Agaves  centenaires  ayant  fleuri  cette 
année.  C’est  fort  possible,  et  je  ne  viens  pas 
m’inscrire  en  faux  contre  ces  cas  exception- 
nels. Mais  j’insiste  sur  le  caractère  très-ex- 
ceptionnel de  plantes  ayant  traîné  leur  mi- 
sérable existence  pendant  un  siècle  dans  des 
pots  ou  des  bacs.  Gela  fait  songer  au  Bao- 
bab que  Tartarin  cultivait  aussi  en  chambre. 

Ce  n’est  pas  sur  un  tel  genre  de  culture 
qu’il  faut  se  baser  pour  conclure,  mais  j’ad- 
mire la  patience  du  jardinier  autant  que 
l’endurance  de  ces  plantes  finissant  par 
épanouir  des  fleurs  après  cent  ans  de  ce 
traitement. 

VAgave  americaiia,  comme  du  reste 
toutes  les  espèces,  apprécie  à leur  juste  va- 
leur les  bons  terrains,  les  engrais  et  les 
soins  ; mais  il  se  contente,  pour  prendre 
son  développement  normal,  de  peu  de  pro- 
fondeur de  terre  et  de  peu  d’eau,  à trois  con- 
ditions essentielles  : 

1“  Pouvoir  faire  filer  ses  grosses  racines 
à grande  distance.  Les  drageons  surgissent 
fréquemment  à plus  de  40  mètres  du  rhi- 
zome; 

2®  Recevoir  les  rosées  nocturnes,  très- 
abondantes  ici  ; 

3®  Jouir  de  beaucoup  de  lumière  et  de 
beaucoup  de  soleil. 

Nous  sommes  loins  de  l’élevage  en  pots 
dans  une  serre  froide  bien  sèche. 

La  taille  moyenne  des  nombreux  Agaves 
fleurissant  ici  est  d’environ  75;  j’en  vois 
souvent  de  2 mètres  et  plus.  La  hampe  I 


atteint  généralement  5 mètres  ; je  ne  crois 
pas  qu’elle  dépasse  souvent  7 mètres  au^ 
dessus  de  la  plante. 

La  Revue  horticole  du  1®'^  octobre  par^ 
laitd’Agaves  polycarpiques. 

Sur  toutes  les  plantes  ayant  fleuri  chez 
moi,  dans  cette  catégorie  nombreuse,  il  est 
à remarquer  que  les  bourgeons  latéraux, 
destinés  à continuer  l’existence  du  spéci- 
men, émergent  entre  les  feuilles  un  an 
avant  la  floraison  du  bourgeon  terminal. 
Presque  toutes  les  espèces  de  la  section 
« Aloideæ  » sont  dans  ce  cas. 

Une  erreur,  souvent  répétée,  circule  aussi 
au  sujet  delà  section  « Rigidæ».  On  prétend 
que  ces  espèces  ne  sont  pas  drageonnantes, 
ce  qui  est  absolument  inexact,  car  je  cons- 
tate depuis  longtemps  le  contraire  sur  une 
vingtaine  d'Agave  Ixtli,  sur  des  Agave 
Sisalana,  decipiens,  rigida,  miradoren- 
siSy  etc.,  et  cela,  bien  entendu,  sur  des  spé- 
cimens dont  le  cœur  n’a  pas  été  endommagé. 

Je  terminerai  en  faisant  observer  combien 
il  est  difficile  de  déterminer  le  nombre  de 
feuilles  d’un  Agave  en  âge  de  fleurir. 

Lorsqu’un  exemplaire  est  vigoureux  et 
pousse  activement  de  février  à fin  novembre 
en  deux  ou  trois  années,  sur  une  plante 
adulte,  la  feuille  du  cœur  passe  au  premier 
rang  près  terre,  par  suite  de  la  section  obli- 
gatoire des  feuilles  inférieures  lors  de  la  toi- 
lette des  Agave.  Les  monographies  bota- 
niques assignant  à chaque  espèce  un 
nombre  fixe  de  feuilles  au  moment  de  la 
floraison  risquent  fort  de  se  tromper,  à 
moins  d’avoir  tenu  un  compte  exact  des 
feuilles  annuellement  enlevées. 

L’ablation  des  feuilles  ne  rend  pas  cau- 
lescentes  les  espèces  acaules.  Celles-ci 
semblent  s’enterrer  chaque  année  plus^  pro- 
fondément, car,  d’une  saison  à l’autre,  on 
ne  voit  plus  trace  des  cicatrices. 

Robert  Roland- Gosselin. 


APPLICATION  DES  ENGRAIS  CHIMIQUES  AUX  PLANTES  EN  POTS 

MÉTHODE  DE  MM.  G.  TRUFFAUT  ET  A.  HÉBERT 


Nous  avons  montré,  dans  notre  précé- 
dent article^,  les  résultats  obtenus  par 
MM.  G.  Truflaut  et  A.  Hébert  par  un 
nouveau  mode  d’application  des  engrais 
chimiques  aux  plantes  en  pots. 

Nous  avons  ensuite  cru  devoir  rappeler 
les  principes  sur  lesquels  repose  la  théorie 
des  engrais  chimiques. 

L’énoncé  même  de  ces  principes  nous  a 
^ Voir  Revue  horticole^  1897,  p.  514. 


conduits  à établir  que,  si  le  même  nombre 
d’éléments  chimiques  entre  dans  la  com- 
position de  toutes  les  plantes,  les  propor- 
tions de  ces  divers  éléments  ne  sont  pas  les 
mêmes. 

Puisqu’il  en  est  ainsi,  MM.  G.  Truffant 
et  A.  Hébert  en  ont  tiré  cette  conclusion 
logique  qu’il  fallait,  pratiquement,  donner 
à chaque  genre  de  plante  un  engrais 
spécial  correspondant  à la  composition  de 


542 


APPLICATION  DES  ENGRAIS  CHIMIQUES  AUX  PLANTES  EN  POTS. 


la  plante.  Tel  un  maître  de  maison  qui, 
ayant  des  invités  à traiter,  au  lieu  de  leur 
faire  servir  à tous  les  mêmes  plats,  s’ingé- 
nierait à offrir  à chacun  d’eux  son  mets 
préféré. 

Il  faut  bien  convenir  que  la  recherche  de 
ces  engrais  particuliers  était  une  besogne 
longue  et  difficile. 

Elle  a été  pourtant  courageusement  entre- 
prise et  patiemment  poursuivie  par  MM.  G. 
Truffaut  et  A.  Hébert. 

Jusqu’à  présent,  leurs  expériences  n’ont 
concerné  que  les  plantes  cultivées  en  pots. 

S’il  s’était  agi  de  plantes  cultivées  en 
pleine  terre,  il  eût  fallu  tout  d’abord  se 
préoccuper  de  la  composition  des  sols,  tan- 
dis que  dans  la  culture  en  pots,  on  pouvait 
et  on  devait  faire  abstraction  de  cette  compo- 
sition. En  effet,  si  riches  qu’ils  soient,  les  ‘ 
composts  qui  servent  aux  rempotages  sont 
rapidement  épuisés  par  les  arrosements  ; ils 
perdent  si  vite  leur  valeur  nutritive  qu’il 
faut  se  livrer,  pour  les  renouveler,  à des  rem- 
potages plus  ou  moins  fréquents. 

Cette  préoccupation  écartée,  il  s’agissait  : 

1°  De  déterminer,  par  l’analyse  d’un  cer- 
tain nombre  d’individus  d’un  même  type 
et  présentant  un  maximum  de  beauté  et 
de  force,  la  nature  et  la  proportion  des  élé- 
ments qui  constituent  toutes  leurs  parties 
des  racines  au  sommet  ; 

2°  De  savoir  quelle  est  la  productivité 
de  ce  type,  c’est-à-dire  en  combien  de 
temps  il  peut  présenter  un  poids  maxi- 
mum de  matière  végétale. 

Le  produit  de  ces  deux  facteurs  repré- 
sente exactement  ce  que  la  plante  a besoin 
de  soustraire  à l’air,  à l’eau  et  au  sol  en  un 
temps  donné. 

Par  conséquent,  dans  tous  les  cas  où  le 
sol  n’est  pas  suffisamment  riche,  il  faut  y 
ajouter  complémentairement  les  éléments 
qui  lui  manquent.  Et  nous  venons  de  voir 
que,  pour  la  culture  des  plantes  en  pots, 
l’épuisement  du  sol  est  un  fait  tellement 
fréquent  qu’on  peut  le  considérer  comme 
constant. 

Mais  il  y avait  à éviter  de  nombreux  in- 
convénients dans  l’application.  MM.  G. 
Truffaut  et  A.  Hébert  ont  eux-mêmes,  avant 
de  s’engager  dans  la  voie  qu’ils  ont  suivie, 
pressenti  les  difficultés  du  problème  L 

...  « Quand  la  différence  entre  les  quantités 
d’éléments  exigées  par  la  végétation  et  celles 
fournies  par  le  sol  employé  aura  indiqué  la 
nature  des  engrais  complémentaires  qu’il  y 

1 Annales  agronomiques,  1897,  p.  429  {Des  ap- 
plications de  la  chimie  à U horticulture). 


aurait  lieu  de  distribuer,  il  faudra  encore  dé- 
terminer la  manière  la  plus  efficace  de  four- 
nir ces  éléments  aux  plantes.  Les  espèces  hor- 
ticoles, étant  bien  plus  délicates  que  les  végé- 
taux de  nos  contrées,  exigent  un  grand  luxe  de 
précautions  pour  la  distribution  des  engrais. 

C’est  ainsi  que  nous  avions  préconisé  à cet 
effet  l’arrosage  en  dissolutions  variant  de  0,  3 
à 1 p.  1.000,  afin  d’éviter  tout  accident  et  toute 
complication  fâcheuse.  Cette  sujétion  est  assez 
ennuyeuse  et  assez  délicate  à observer  dans  la 
plupart  des  établissements  d’horticulture,  dont 
les  ouvriers  sont  peu  habitués  à ces  manipula- 
tions spéciales. 

Il  serait  avantageux  de  pouvoir  distribuer 
aux  plantes  d’ornement  les  engrais  sous  une 
forme  ou  dans  des  conditions  où  ils  seraient  peu 
à peu  assimilables,  de  façon  à éviter  toute  mise 
en  liberté  brusque  de  matière  fertilisante...  » 

Sous  quelle  forme  allait- on  pouvoir  dis- 
tribuer, à autant  de  plantes  distinctes  un 
nombre  équivalent  de  compositions  spé- 
ciales ? 

Gomment  réglerait-on  la  diffusion  pour 
que  la  plante  ne  se  l’assimilât  qu’au  fur  et 
à mesure  que  se  déroulent  les  phases  de  sa 
végétation  ? 

Après  plus  de  trois  années  d’essais  con- 
sécutifs, MM.  G.  Truffaut  et  A.  Hébert  se 
sont  arrêtés  au  système  suivant  : 

Chaque  engrais  est  composé  de  sels  émi- 
nemment solubles  et  chimiquement  purs, 
de  manière  à éviter  tout  principe  nuisible 
ou  seulement  inutile  à la  végétation. 

La  dose  d’éléments  correspondant  à 
l’évolution  totale  de  la  plante  ou  à une  pé- 
riode déterminée  de  son  évolution  (cas  le 
plus  fréquent)  est  mélangée  à une  ma- 
tière inerte.  Ce  mélange  est  entouré  d’une 
légère  enveloppe  métallique  que  l’on  re- 
ferme en  la  repliant  puis  en  la  froissant 
sans  avoir  recours  à aucune  soudure. 

On  peut  'comparer  cette  opération  à celle 
qui  consisterait  à envelopper  une  pincée 
de  poudre  dans  un  carré  de  papier  d’étain. 

Ces  espèces  de  boulettes  ou  de  « cap- 
sules » sont  destinées  à être  placées  à l’in- 
térieur des  pots,  à deux  ou  trois  centimètres 
de  profondeur,  et  en  nombre  variable,  sui- 
vant le  diamètre  des  pots  et  les  exigences 
des  plantes. 

Mais  avant  d’être  employées,  elles  sont 
soumises  à une  compression  plus  ou  moins 
forte,  et  en  raison  directe  du  degré  de  lenteur 
à obtenir  dans  la  diffusion  de  l’engrais. 

Cette  compression  produit,  dans  l’enve- 
loppe, des  replis  sinueux  d’autant  plus  nom- 
breux que  la  compression  a été  plus  forte. 

Il  en  résulte  que  l’eau  des  arrosements 


APPLICATION  DES  ENGRAIS  CHIMIQUES  AUX  PLANTES  EN  POTS. 


543 


n’arrive  qu’insensiblement,  par  capillarité, 
en  suivant  les  replis  sinueux,  au  mélange 
soluble  nutritif  ; aussi  ne  le  disout-elle 
que  petit  à petit.  Les  échanges  et  les  réac- 
tions se  produisent  ainsi  dans  un  temps 
plus  ou  moins  long. 


Enfin,  la  composition  physique  de  la 
matière  inerte  est  telle  que  cette  matière  se 
gonfle  progressivement  sous  l’influence  de 
l’humidité  ambiante  ; aussi  le  volume  des 
capsules  reste- 1- il  longtemps  le  même  à 
l’intérieur  du  pot. 


Fig.  162.  — Pleris  Ouvrardi,  dépoté  pour  montrer  la  capsule  qui  le  nourrit  depuis  trois  mois 
et  qui  apparaît  en  blanc  dans  la  motte. 


La  fig.  162  représente  un  spécimen  de 
Pteris  Ouvrardi^  retiré  de  son  pot,  et  mon- 
tre au  milieu  du  feutrage  produit  par  les 
racines  la  capsule  qui  y fut  placée  pour 
nourrir  la  plante. 

Nous  avons  nous-même  pris,  dans  un  lot 


de  plantes  traitées,  ce  Pteris  Ouvrardi  ; 
nous  en  avons  retiré  le  pot  pour  nous  ren- 
dre compte  de  l’emplacement  occupé  par  la 
capsule.  On  voit  que  les  dimensions  de  la 
plante  sont  considérables  par  rapport  à celles 
du  pot. 


544 


DOMBEYA  CAYEUXII. 


Cette  plante  avait  été  traitée  pendant 
trois  mois  avec  la  même  capsule,  sans  qu’il 
fût  besoin  de  procéder  à des  rempotages 
consécutifs.  Outre  le  résultat  obtenu  au  point 
de  vue  de  la  beauté  de  la  plante,  on  avait 
ainsi  trouvé  par  l’emploi  de  ces  capsules 
une  triple  économie  de  main-d’œuvre,  de 
matériel  et  de  place. 

Plus  de  200  genres,  ou  types  de  plantes, 
ont  été  analysés  jusqu’à  ce  jour.  Une 
soixantaine  ont  été  traités. 

Si  nous  considérons  un  type  de  plante,  le 
Süene  pendula^  par  exemple,  MM.  Truffault 
et  Hébert  ont  obtenu  les  résultats  suivants  : 

Après  une  période  de  végétation  ayant 
duré  sept  mois,  1 kilogramme  de  Silene 
pendula  à l’état  frais,  en  fleurs  avec  quel- 
ques graines,  avec  ses  feuilles,  ses  tiges  et 
ses  racines,  donne  : 

Eau 0 kil.  887  gr.  5 l . , . 

Matière  sèche  0 kil.  112  gr.  5 | ^ ‘ 

Cette  matière  sèche,  à son  tour,  si  on  la 
brûle,  produit  52  gr.  987  de  cendres.  La 
différence  entre  le  poids  des  cendres  et  celui 
de  la  matière  sèche  représente  celui  de 
l’oxygène,  de  l’hydrogène  et  du  carbone 
évaporés  pendant  la  combustion.  L’ana- 
lyse de  ces  52  gr.  987  donne  les  résul- 
tats suivants  que  nous  transcrivons  tels 
qu’a  bien  voulu  nous  les  fournir  M.  G.  Truf- 
fant : 


Silice 2 gr.  650 

Chlore 1 484 

Acide  sulfurique.  ....  '2  544 

Acide  phosphorique  ...  7 870 

Oxyde  de  fer  et  aluminium  0 826 

Chaux 5 255 

Magnésie 6 996 

Potasse 21  111 

Soude 4 251 


De  ces  données,  et  à la  suite  de  calculs 
dans  lesquels  nous  ne  pouvons  entrer  ici, 
comme  aussi  en  tenant  compte  des  élé- 
ments qu’on  trouve  toujours  en  quantité 
suffisante  dans  tous  les  composts,  MM.  Truf- 
fant et  Hébert  sont  arrivés  à conclure  que 
pour  former  un  kilogramme  de  Silene 


pendula,  pour  une  période  de  végétation 
de  sept  mois  au  bout  de  laquelle  la  plante 
devra  présenter  son  maximum  de  beauté  et 
de  vigueur,  il  faut  introduire  dans  le  sol 
un  mélange  de  sels  solubles  pesant  76  gram- 
mes, composé  des  matières  suivantes  dans 
les  proportions  suivantes  : 


Phosphate  de  potasse.  ...  57  % 

Nitrate  de  potasse 30  % 

Carbonate  de  potasse 5 % 

Sulfate  de  fer 5 % 

Chlorhydrate  d’ammoniaque.  . 3 % 


Nous  pensons  donc,  pour  notre  part,  que 
la  méthode  dont  la  démonstration  nous  a 
été  faite  par  M.  Georges  Truffaut,  scientifi- 
quement expérimentale,  tend  à faire  sortir 
l’horticulture  de  l’état  d’empirisme  dans 
lequel  elle  s’était  tenue  jusqu’à  présent, 
quant  à l’application  des  engrais  chi- 
miques. 

Cette  méthode,  basée  principalement  sur 
la  diffusion  lente  des  éléments  solubles,  n’a 
été,  il  est  vrai,  appliquée  jusqu’ici  qu’aux 
plantes  en  pots.  La  question  de  son  adapta- 
tion aux  végétaux  de  pleine  terre,  arbres, 
fleurs  et  légumes,  reste  entière.  Elle  promet 
cependant  d’être  résolue  en  un  jour  pro- 
chain, par  l’analyse  combinée  de  la  plante 
et  du  sol  appelé  à la  porter.  Déjà  les  exi- 
gences de  certaines  plantes.  Azalées,  Adian- 
tum et  Chrysanthèmes,  sont  connues  sous 
ce  rapport.  ^ 

Enfin,  il  est  une  autre  question,  de  portée 
toute  pratique,  à résoudre.  Sera-t-il  pos- 
sible, dans  la  culture  usuelle,  de  manipuler 
autant  de  sortes  de  capsules  qu’il  existe 
de  plantes  cultivées  couramment  ? Mal- 
gré cette  vérité  qu’à  chaque  genre  de 
plantes  correspondent  des  besoins  particu- 
liers, ne  deviendra-t-il  pas  nécessaire  de 
simplifier  l’application  de  cette  méthode  en 
groupant  les  plantes,  par  exemple,  selon  les 
analogies,  plus  ou  moins  éloignées,  qu’elles 
présenteront  dans  leur  composition  ? 

Il  nous  faut,  pour  l’instant,  laisser  à l’ave- 
venir  le  soin  de  répondre. 

H.  Dauthenay. 


D0MBEY4  CAYEUXII 


Le  genre  Domheya,  qui  comprend 
une  trentaine  d’espèces  originaires  de 
l’Afrique  australe,  des  îles  voisines  de  la 
côte  orientale  et  aussi  de  l’Inde,  mainte- 
nant que  le  genre  Astrapæa  lui  a été  ré- 


uni, appartient  à la  famille  des  Bytlnériacées. 
Le  Domheya  {Astrapæa)  Wallichii  ^ est 


^ Dombeya  {Astrapæa)  Wallichii,  Lindl..  Coll, 
bot.,  t.  14. 


Revue  I/orUevLe 


CftrojfwUéÂ-.J.L  ■''rG'J-'Xrt  B^ujyûles 


j L.  BescGurups  -Sahovuret , oLeL 


Dom  bcLfa  Ca  ijeuæn  . 


DOMBEYA  CAYEUXII. 


545 


bien  connu  pour  son  port  qui  rappelle  un 
peu  celui  d’un  Pauloivnia,  ses  grandes 
feuilles  cordiformes  et  ses  gros  bou- 
quets, suspendus  à l’extrémité  de  longs 
pédoncules  portant  de  très-belles  Heurs 
rouges. 

Une  autre  espèce,  plus  tardivement 
venue,  sous  le  nom  de  Domheya  {Astra- 
pæa)  Mastersii  \ porte  des  bouquets  de 
jolies  fleurs  blanches.  Elle  est  beaucoup 
moins  répandue  et  se  distingue  par  les 
caractères  suivants  : feuilles  moins  grandes 
que  le  D.  Wallichii,  pédoncule  vert  pâle, 
long  de  45  millimètres,  revêtu  de  longs 
poils  blancs,  soyeux,  à sommet  fourchu,  por- 
tant un  corymbe  d’une  trentaine  de  fleurs 
à pédicelles  grêles,  longs  de  25  à 30  milli- 
mètres, blanc  verdâtre.  Bractées  lancéolées, 
rosées,  égalant  les  sépales  libres,  étalés  en 
étoile  à cinq  rayons,  lancéolés-aigus,  con- 
caves, longs  de  8 à 40  millimètres,  glabres 
en  dedans.  Corolle  blanche,  hypocratéri- 
forme,  de  24  millimèti’es  de  diamètre,  à 
pétales  libres,  dolabriformes  ou  oblique- 
ment obovales-cunéiformes,  équitants,  vei- 
nés ; étamines  et  ovaire  hispides,  blancs 
comme  le  style  ; staminodes  filiformes, 
dressés,  puis  étalés,  blanc  rosé. 

De  la  fécondation  de  ces  deux  plantes, 
opérée  en  mars-avril  4895  par  M.  Henri 
Cayeux,  chef  des  cultures  du  jardin  bota- 
nique du  Musée  national  de  Lisbonne,  est  né 
un  très-remarquable  hybride  dont  la  Revue 
horticole  donne  aujourd’hui  la  primeur  à 
ses  lecteurs.  La  planche  coloriée  très-exacte 
que  nous  publions  a été  faite  sur  les  échan- 
tillons que  M.  Cayeux  nous  a envoyés  de 
Lisbonne. 

Le  Domheya  Wallisii  servit  de  porte- 
pollen.  La  plante  mère,  le  Domheya  Mas- 
tersii, produisit  des  graines  fertiles  qui 
furent  semées  et  donnèrent  naissance  à des 
jeunes  sujets  dont  le  plus  fort  fleurit  l’an- 
née 4896  dans  le  jardin  de  Lisbonne.  Ces 
échantillons  nous  ont  servi  pour  la  descrip- 
tion suivante  : 

Domheya  Cayeuxii,  Ed.  André  {hybr.  nov.). 
Arbrisseau  de  quelques  mètres  de  hauteur, 
à tiges  ligneuses,  cylindriques,  hispides  dans  le 
jeune  âge,  comme  les  pétioles  et  les  pédoncules. 
Pétioles  longs  de  10  à 45  centimètres,  cylindri- 
ques, renflés  à la  base,  accompagnés  de  deux  sti- 
pules basilaires,  triangulaires-  aiguës , cuspidées, 
ondulées  ; limbe  cordiforme  aigu,  vert  foncé, 
bordé  de  grosses  dents  inégales  et  aiguës; 
nervures  saillantes  réticulées  en  dessous.  Inflo- 

^ Dombeya  Mastersii^  Hook.  fils,  t.  5639. 


rescence  pendante,  naissant  à l’aisselle  des 
feuilles  supérieures.  Pédoncule  commun  ro- 
buste, droit  ou  légèrement  courbé,  vert,  hispide 
au  sommet  de  même  que  les  bractées  involu- 
crales  étalées,  qui  sont  vertes  puis  rousses,  peu 
nombreuses,  lancéolées-aiguës,  concaves,  lon- 
gues de  15  à 20  millimètres  sur  5 à 8 de  large. 
Inflorescence  en  corymbe  simple,  formé  de  30 à 
35  fleurs  à pédicelles  grêles,  longs  de  20  à 22 
millimètres,  un  peu  courbés,  hispides,  vert 
très-pâle  comme  les  bractées  et  les  sépales 
subégaux,  longs  de  42  â 44  millimètres,  étroi- 
tement lancéolés-aigus,  velus,  hérissés,  argen- 
tés. Corolle  en  coupe  ouverte,  d’un  beau  rose 
tendre  plus  pâle  au  centre,  large  de  30  h 32 
millimètres,  à pétales  obliquement  obcordés, 
non  équitants,  finement  veinés,  de  l’aspect  et  de 
la  consistanee  des  pétales  du  Pêcher. 

Cet  hybride  est  beaucoup  plus  rustique 
que  le  Domheya  Wallichii  et  il  paraît 
un  intermédiaire  parfait  entre  les  deux  pa- 
rents. L’inflorescence  est  moins  compacte 
et  les^Heurs,  d’un  très-joli  rose  tendre,  s’ou- 
vrent beaucoup  plus  que  dans  la  plante 
porte-pollen. 

C’est  donc  une  charmante  conquête  que 
nous  devons  à l’industrieuse  tentative  de 
M.  Cayeux.  Jusqu’à  cette  heure,  nous  n’a- 
vions pas  entendu  parler  d’hybridations 
faites  dans  ce  genre  si  beau  et  si  peu  ré- 
pandu. C’est  un  encouragement  pour  l’auteur 
à persévérer  dans  cette  voie  féconde  en  heu- 
reux résultats. 

D’ailleurs,  nous  ne  sommes  pas  isolé  dans 
l’expression  de  nos  sympathies  pour  l’ob- 
tenteur de  cetle  belle  plante.  Le  mérite  de 
M.  H.  Cayeux  vient  d’être  reconnu  par  le 
roi  de  Portugal  lui-même,  qui  l’a  nommé 
chevalier  de  l’Ordre  du  Christ  ; nous  som- 
mes heureux  d’applaudir  à cette  distinction 
bien  méritée. 

Le  Domheya  Cayeuxii,  rustique  sous  le 
climat  de  Lisbonne,  ne  le  sera  peut-être  pas 
tout  à fait  sous  celui  de  Nice  et  de  Cannes. 
Il  faudra  l’essayer  en  des  situations  bien  inso- 
lées  et  bien  abritées.  Son  large  feuillage  peu 
consistant  donnera  prise  au  vent  et  deman- 
dera protection.  Mais  en  serre  tempérée- 
chaude  il  prospérera  à merveille,  et  là,  si  on 
le  plantait  en  pleine  terre,  sa  splendide  flo- 
raison serait  une  belle  récompense  pour 
l’amateur. 

On  le  multipliera  sous  bâche  fermée,  en 
serre,  de  boutures  qui  s’enracineront  avec 
grande  facilité. 

Ed.  André. 


546 


RÉFLEXIONS  SUR  L’EXPOSITION  DE  CHRYSANTHÈMES  DE  PARIS. 


RÉFLEXIONS  SUR  L’EXPOSITION  DE  CHRYSANTHÈMES  DE  PARIS 


Ce  n’est  pas  un  compte  rendu,  au  sens 
propre  du  mot,  de  l’Exposition  des  Chrysan- 
thèmes, encore  moins  une  revue  des  objets 
présentés,  que  je  me  propose  de  faire;  c’est 
plutôt  un  essai  critique  d’analyse  de  cette 
Exposition  et  du  Chrysanthème,  tel  qu’il  y 
a figuré,  tel  qu’on  aime  à le  cultiver  et  à le 
voir.  Ce  ne  sont  que  des  réflexions  person- 
nelles * que  j’ai  eu  cependant  le  plaisir  d’en- 
tendre aussi  autour  de  moi. 

L’Exposition  s’est  tenue  cette  année  aux 
Tuileries,  sous  le  même  abri  qui  avait  servi 
en  juin  à recevoir  des  Roses,  des  Palmiers, 
des  Rhododendrons  et  des  Orchidées.  La 
tente  répand  à l’intérieur  une  lumière  dif- 
fuse, pâle,  celle  d’un  jour  brumeux  qui 
semble  convenir  tout  particulièrement  à cette 
fleur  ; les  côtés  nus  augmentent  l’impres- 
sion de  vide,  de  froid,  et  de  tristesse  que 
l’on  éprouve  en  y pénétrant. 

Vu  du  haut  de  l’escalier,  l’ensemble 
paraît  un  tapis  multicolore,  une  espèce  de 
mosaïque  de  fleurs  et  de  couleurs,  d’où 
émergent  deux  ou  trois  Palmiers  maigres 
et  un  vase,  qui  ne  font  que  mieux  ressortir 
la  nudité  du  reste. 

Les  plantes  sont  disposées  de  chaque  côté 
de  la  tente,  et  des  massifs  de  formes  di- 
verses occupent  le  milieu,  par  les  allées. 
L’arrangement  des  massifs  était  très-diffi- 
cile, avec  un  seul  genre  de  plantes  ; et  l’on 
ne  pouvait  manquer  de  tomber  dans  une 
désolante  uniformité,  ne  pouvant  produire 
que  des  contrastes  de  couleurs  entre  les  va- 
riétés diverses.  N’aurait-on  pas  pu  cepen- 
dant, comme  un  exposant  l’a  fait,  entre- 
mêler quelques  plantes  à feuillage.  Pal- 
miers et  Fougères,  parmi  les  Chrysan- 
thèmes, de  façon  à jeter  un  peu  de  vert  sur 
cette  palette  trop  colorée  ? 

L’ensemble  des  lots  exposés  démontre 
nettement  que  les  préférences  du  public 
sont  encore  pour  les  grandes  fleurs.  Les  pro- 

*  L’article  de  M.  J.  Rudolph  nous  est  parvenu  au 
moment  même  où  paraissait  le  dernier  numéro  de 
la  Revue  horticole^  où  a paru  l’article  de  M.  Dau- 
thenay.  Comme  on  le  verra,  les  impressions  de 
nos  deux  collaborateurs  ont  été  les  mêmes,  et  se 
complètent  les  unes  les  autres. 

Nous  engageons  aussi  nos  lecteurs  à lire  l’article 
de  M.  de  la  Devansaye  sur  « l’art  décoratif  dans  les 
Expositions  d’horticulture  » Revue  Horticole,  1882, 
p.  308.  {Note  de  la  Rédaction), 


cédés  culturaux  en  vue  de  cette  obtention 
se  sont  perfectionnés  au  point  que  l’on  ob- 
tient des  grosses  fleurs  sur  des  plantes  rela- 
tivement naines  ou  formées  en  buissons,  et 
cette  dernière  forme  nous  paraît  la  meilleure 
pour  faire  valoir  la  plante. 

Si  l’on  considère  la  forme  des  fleurs,  il 
nous  a paru  que  c’est  surtout  vers  les  formes 
échevelées,  irrégulières,  les  japonaises,  que 
va  le  goût  du  public. 

Au  sujet  des  fleurs  coupées,  il  semblerait 
que  l’on  dût  chercher  à les  présenter  de  la 
façon  la  plus  naturelle,  non  pas  alignées  et 
raides  dans  leurs  carafes,  mais  disposées 
dans  des  vases  avec  un  essai  quelconque 
d’arrangement  aussi  artistique  que  possible. 
Une  seule  fleur  même  est  insuffisante  à 
donner  l’idée  de  la  plante,  et  les  deux  expo- 
sants qui  ont  représenté  les  fleurs  de  leurs 
Chrysanthèmes,  irrégulièrement,  au  nombre 
de  trois  ou  quatre  ensemble,  dans  des  vases 
élégants,  placés  à une  certaine  distance  les 
uns  des  autres  et  émergeant  d’un  fond  vert 
formé  de  Bégonias  et  de  Fougères,  ont  fait 
preuve  d’un  réel  bon  goût,  et  leur  Exposi- 
tion a été  remarquée.  Les  yeux  sont  char- 
més de  rencontrer  un  peu  de  verdure, 
fatigués  qu’ils  sont  par  le  rayonnement  de 
tous  ces  capitules  trop  grands  et  trop 
serrés  pour  laisser  apercevoir  seulement 
le  feuillage  de  la  plante  qui  les  porte. 

Il  y a eu  encore  quelques  vases  garnis  de 
Chrysanthèmes  disposés  en  gerbes  ; mais 
comme  tout  bouquet  fait  avec  une  seule 
espèce  de  fleurs,  ceux-ci  sont  difficiles  à 
confectionner,  surtout  avec  les  fleurs 
énormes  qu’il  s’agissait  d’employer. 

Nous  avons  quitté  cette  tente,  les  yeux 
éblouis  par  cet  étalage  de  Chrysanthèmes, 
par  la  variété  et  la  diversité  de  leurs  coloris, 
avec  le  sentiment  d’avoir  vu  quelque  chose 
de  très-remarquable  comme  perlecticn  ce 
formes,  de  couleurs  et  de  culture,  mais  l’es- 
prit un  peu  fatigué  de  la  froide  uniformité  de 
cette  Exposition  ; et  nous  rappelant  ce  vers 
du  poète  : « La  façon  de  donner  vaut  mieux 
que  ce  qu’on  donne,  > nous  avons  bien  en- 
vie de  conclure  que  la  façon  de  présenter  les 
fleurs  vaut  presque  autant  que  les  fleurs 
elles-mêmes. 

Jules  Rudolph. 


DISPOSITION  GÉNÉRALE  DES  PLANTATIONS  SUR  LES  ROUTES. 


547 


DISPOSITIONS  GÉNÉRALES  DES  PLANTATIONS  SUR  LES  ROUTES 


Les  plantations  sur  les  routes  étaient, 
jusqu’à  ces  derniers  temps,  réglementées 
par  la  circulaire  du  9 août  4850  et  l’ins- 
truction du  47  juin  4854. 

A la  suite  des  plaintes  concernant  les 
préjudices  que  causaient  aux  cultures  rive- 
raines les  plantations  de  certaines  espèces 
d’arbres  forestiers  et  aussi  des  résultats  ob- 
tenus dans  les  essais  de  plantations  d’es- 
pèces fruitières,  l’attention  de  l’adminis- 
tration fut  appelée  ces  derniers  temps  sur 
ce  sujet. 

Une  Commission,  composée  de  représen- 


Fig.  163.  — Plantations  sur  une  route  de  plus 
de  10  mètres  de  largeur. 


tants  des  ministères  de  l’agriculture  et  des 
travaux  publics,  fut  chargée  d’étudier 
quelles  étaient  les  essences  forestières  et 
fruitières  qui  doivent  être  adoptées  pour 
les  plantations  sur  les  routes  nationales. 

Le  rapport  de  cette  Commission  a servi  à 
la  rédaction  d’une  instruction  jointe  à une 
circulaire  adressée  le  24  avril  dernier  aux 
Préfets  par  le  Ministre  des  Travaux  pu- 
blics. 

Comme  cette  question  intéresse  les  rive- 
rains et  le  public  qui  circule  sur  la  route, 
nous  avons  pensé  qu’il  serait  utile  d’ana- 
lyser les  prescriptions  qui  concernent  prin- 
cipalement l’emplacement  de  ces  planta- 
tions. 

Au  point  de  vue  général,  nous  dirons 
seulement  qu’au  sujet  des  plantations  d’ar- 


bres fruitiers,  sans  conclure  à l’interdic- 
tion (comme  le  faisait  à peu  près  l’instruc- 
tion du  47  juin  4854)  ou  à l’extension,  la 
nouvelle  circulaire  constate  que  les  essais 
tentés  doivent  être  poursuivis  chaque  fois 
qu’il  n’en  résultera  pas  un  préjudice  pour 
les  intérêts  du  Trésor.  Au  sujet  des  plan- 
tations en  essences  forestières,  il  est  re- 
commandé de  proscrire,  en  pleine  route, 
les  espèces  traçantes,  à moins  que  la  route 
ne  soit  en  déblai  ou  que  la  hauteur  des 
remblais  soit  suffisante  pour  que  les 
champs  situés  au  pied  des  talus  ne  soient 


Fig.  164.  — Plantations  sur  une  route 
de  10  mètres  de  largeur. 


pas  exposés  à l’envahissement  des  racines. 

En  général,  il  ne  doit  pas  être  fait  de 
plantations  sur  les  accotements,  si  la  route 
a moins  de  10  mètres  de  largeur. 

Il  ne  pourra  être  fait  exception  à celte 
règle  que  dans  des  cas  spéciaux  bien  justi- 
fiés : par  exemple  dans  les  pays  de  monta- 
gnes, lorsqu’il  y aura  intérêt  pour  la  circu- 
lation, et  sur  certaines  routes  dans  les 
départements  du  Midi  pour  éviler  la  séche- 
resse. 

Sur  les  routes  de  plus  de  40  mètres  et 
de  moins  de  46  mètres  de  largeur,  il  est 
planté  une  seule  rangée  d’arbres,  de  chaque 
côté,  sur  un  espace  limité  par  deux  paral- 
lèles menées:  l’une  AB  (fig.  463)  à 4™  50  de 
l’axe  de  la  route,  l’autre  CD  à 50  centi- 
mètres de  l’arête  extérieure  de  l’accotement. 


548 


LES  CHRYSANTHÈMES  A BRUXELLES. 


On  laisse  ainsi  une  largeur  de  9 mètres 
disponible  pour  la  circulation. 

Lorsque  la  route  a 10  mètres,  on  ne  fait 
de  chaque  côté  de  la  route  qu’une  seule 
plantation  à 4"^  50  de  l’axe  (fig.  164j. 

Dans  les  autres  cas,  on  recommande  de 
s’éloigner  des  champs  voisins,  tout  en 
ayant  la  latitude  de  planter  où  l’on  voudra 
sur  la  largeur  disponible  délimitée  comme 
il  a été  dit. 

Sur  les  routes  de  16  mètres  de  largeur 
et  au-dessus,  on  plante  deux  rangées  d’ar- 
bres, ce  qui  donne,  en  appliquant  la  règle 
précédente,  une  zone  de  3 mètres  de  lar- 
geur entre  les  deux  lignes,  minimum  de 
distance  qui  peut  exister  entre  les  arbres 
sur  le  même  accotement. 

L’instruction  spécifie  quejorsqu’on  plan- 
tera deux  lignes  d’arbres  sur  un  trottoir  ou 
un  accotement,  ils  devront  être  disposés 
en  carré  et  non  en  quinconce,  afin  de  gêner 
le  moins  possible  l’accès  des  propriétés 
riveraines. 

Aux  termes  des  articles  671  et  672  du 
Code  civil,  il  n’est  permis  d’avoir  des  ar- 
bres près  de  la  limite  de  la  propriété  voi- 
sine qu’à  la  distance  de  2 mètres  de  la  ligne 
séparative  des  deux  héritages,  pour  les 
plantations  dont  la  hauteur  dépasse  2 mè- 
tres, et  le  voisin  peut  exiger  que  les  arbres 
plantés  à une  distance  moindre  soient  arra- 
chés ou  réduits  à la  hauteur  de  2 mètres. 

Le  Conseil  général  des  Ponts  et  Chaus- 
sées, à la  suite  de  réclamations  relatives  à 
des  plantations  placées  à moins  de  2 mètres 
du  bord  de  la  route,  a exprimé  l’opinion 
que  les  prescriptions  du  Code  civil  ne  rè- 
glent pas  les  rapports  de  l’État  et  des  pro- 
priétaires riverains  des  routes  nationales. 

Dans  un  arrêt  du  16  décembre  1881,  la 
Cour  de  cassation  a établi  la  même  doc- 
trine en  disant  que  les  articles  du  Code 
civil  ne  s’appliquent  qu’aux  arbres  plantés 
sur  la  limite  de  deux  héritages  privés. 

L’État  a donc  le  droit  de  faire  des  plan- 
tations sur  les  routes  nationales  à une  dis- 
tance quelconque  des  propriétés  riveraines. 
Cependant  l’instruction,  tout  en  constatant 

LES  CHRYSANTHÉ 

Bruxelles,  6 novembre  1897. 

Bruxelles  est  tout  aux  Chrysanthèmes  ; 
— dans  la  rue  d’Arenberg,  les  fleuristes 
resplendissent  et,  derrière  les  vitres  que 
couvre  une  buée  légère,  — car  le  froid  est 
vif,  — les  fleurs  brillent  comme  des  soleils 


ce  droit,  dit  qu’il  convient  en  général,  aussi 
souvent  que  les  circonstances  le  permet- 
tront, d’observer  la  distance  légale  de 
2 mètres  entre  les  arbres  et  la  ligne  sépa- 
rative du  domaine  public  et  des  fonds  rive- 
rains et  qu’il  y a lieu  de  ne  pas  perdre  de 
vue  les  dispositions  de  l’article  673  du 
Code  civil,  modifié  par  la  loi  du  20  août 
1881,  suivant  lesquelles  : celui  sur  la  pro- 
priété duquel  avancent  les  branches  des 
arbres  du  voisin  peut  contraindre  celui-ci  à 
les  couper  ; si  ce  sont  les  racines  qui  avan- 
cent sur  son  héritage,  il  a le  droit  de  les  y 
couper  lui-même;  le  droit  de  faire  couper 
les  racines  ou  de  faire  couper  les  branches 
est  imprescriptible. 

La  distance  à réserver  d’un  arbre  à 
l’autre  dépend  naturellement  du  dévelop- 
pement probable  des  sujets  suivant  les  es- 
pèces et  de  la  qualité  du  sol  que  l’on  met  à 
leur  disposition. 

Il  est  recommandé  de  tenir  compte  éga- 
lement du  degré  de  siccité  de  la  route  et  de 
la  nature  des  cultures  des  champs  traversés. 

On  espacera  de  12  à 18  mètres  les  arbres 
à grand  développement,  plantés  sur  des 
routes  humides  ou  traversant  des  cultures 
intensives. 

On  rapprochera  les  intervalles  à 8 et 
10  mètres  si  les  arbres  sont  à moyen  ou  à 
petit  développement  et  plantés  sur  des 
routes  sèches  ou  traversant  des  terrains 
incultes. 

L’instruction  du  17  juin  1851  fixait  cette 
dislance  à 10  mètres  pour  faciliter  le  bor- 
nage kilométrique;  la  circulaire  du  21  avril 
1897,  tout  en  indiquant  que  ce  système 
peut  être  encore  suivi,  dit  qu’il  y a lieu  de 
ne  pas  le  considérer  comme  absolu. 

On  voit  que  dan^ cette  nouvelle  instruc- 
tion, il  a été  tenu  compte,  à la  fois,  de  l’in- 
térêt général  au  point  de  vue  de  l’influence 
des  plantations  sur  la  conservation  des 
routes  et  du  revenu  qu’en  retire  le  Trésor, 
ainsi  que  des  intérêts  particuliers  des  pro- 
priétaires riverains. 

J.  Philbert, 

Conducteur  municipal  des  travaux  de  Paris. 

[ES  A BRUXELLES 

et  semblent  illuminer  le  brouillard  de  la 
rue.  Et,  dans  le  brouillard,  la  foule  passe, 
monte,  se  presse  vers  l’Exposition  qui,  sur 
le  point  de  s’éteindre,  jette  un  dernier  et 
brillant  éclat;  l’Horticulture,  longtemps 
exilée  au  parc  de  Tervueren,  a repris  à 


SUR  LES  NOUVEAUTÉS  EN  HORTICULTURE. 


549 


Bruxelles  son  droit  de  cité  et  apporté  la 
splendeur  de  ses  Chrysanthèmes  à TExpo- 
sition  finissante. 

Rarement  concours  de  fleurs  a été  or- 
donné avec  autant  de  goût  et  a obtenu 
autant  de  succès.  La  salle  des  fêtes  est 
presque  aussi  large  que  longue,  condition 
excellente  pour  l’harmonieuse  disposition 
des  perspectives  et  des  massifs.  Ces  der- 
niers sont  formés  par  des  pois  eux-mêmes, 
plus  ou  moins  exhaussés,  mais  sans  qu’une 
seule  pelletée  de  terre  ait  été  introduite 
dans  la  salle,  sans  aucun  artifice  pour 
faciliter  le  bombement  des  corbeilles  ; une 
bande  de  plaques  de  gazon  appliquées  sur 
le  sol  autour  de  chaque  massif,  quelques 
plantes  vertes  dans  les  coins  font  les  frais 
de  cette  ornementation,  laissant  aux  fleurs 
elles-mêmes  toute  l’admiration  des  visi- 
teurs ; elle  ne  leur  a pas  fait  faute,  car 
c’était  une  merveille  de  les  voir,  ces 
Chrysanthèmes  multicolores,  pleins  de  sève 
et  resplendissants  de  vigueur,  dressant  avec 
fierté  leurs  têtes  monstrueuses,  rondes  ou 
échevelées. 

Monstrueuses,  en  effets  pour  la  plupart, 
car  en  Belgique  règne  encore  la  mode  des 
très-grosses  fleurs,  et  sauf  quelques  très- 
rares  exceptions  {W.  Lincoln^  par  exemple, 
dont  l’aptitude  à la  culture  en  buisson  est 
connue),  on  ne  voit  pas  de  touffes  basses, 
mais  des  sujets  allongés  portant  au  maxi- 
mum 12  à 20  grosses  fleurs  ; seul,  un 
exposant  français,  MM.  Vilmorin-Andrieux 
et  C‘®,  avait  de  ces  belles  plantes  portant  de 
60  à 100  fleurs  de  taille  moyenne,  vrais 
bouquets  facilement  utilisables  dans  la 
décoration  des  appartements,  et  que  les 
Parisiens  commencent  à préférer  aux  fleurs 
gigantesques. 

Malgré  le  froid  vif,  la  foule  a de  bonne 
heure  envahi  la  salle  ; on  se  presse  surtout 
du  côté  des  fleurs  coupées,  des  Chrysan- 
thèmes géants  parmi  lesquels  triomphent 
ceux  de  M.  Cordonnier,  disposés  sous  un 
dais  à la  place  d’honneur,  et  parmi  lesquels 

SUR  LES  NOUVEAU! 

Les  plantes  nouvelles  (espèces,  variétés 
ou  hybrides)  surgissant  de  toutes  parts  et 
plus  abondantes  que  jamais,  il  ne  sera  peut- 
être  pas  sans  intérêt  d’examiner  d’où  nous 
viennent  ces  nouveautés,  comment  elles 
sont  obtenues  et  quel  est  l’avantage 
qu’elles  présentent  au  point  de  vue  cul- 
tural. 


John  Seward,  Héroïne  crOrléans,  Bar- 
man Payne,  Vivian  Morel,  Madame 
Carnot,  Edouard  André,  luttent  de  taille 
et  d’éclat  ; dans  le  lot  de  M.  t’Serstevens 
resplendit  une  fleur  de  Madame  Rosette, 
de  43  de  diamètre  ! 

Sur  les  tables,  des  fleurs  coupées  encore  ; 
des  nouveautés  italiennes  appelées,  disait- 
on,  à révolutionner  le  monde  horticole, 
mais  que  n’ont  épargnées  ni  la  gelée,  ni  la 
fatigue  du  long  voyage..,  ni  les  déci- 
sions du  jury.  D’autres,  venant  du  Midi  de 
la  France,  ne  sont  pas  mieux  traitées. 

Une  jolie  décoration  de  table  nous  montre 
comment  un  habile  fleuriste  peut  utiliser 
toutes  ces  belles  fleurs,  tâche  d’autant  plus 
difficile  que  les  Chrysanthèmes  sont  plus 
gros. 

CalvaVs  australiangold  domine  presque 
tous  les  massifs.  Vigoureux  et  haut  sur 
tiges,  il  est,  en  général,  très-floribond  et 
attire  l’œil  immédiatement  ; certains  expo- 
sants en  ont  des  groupes  considérables  et 
cette  note  d’or  pâle,  souvent  répétée, 
rehausse  agréablement  les  bruns  sombres 
et  les  roses  toujours  plus  ou  moins  ternes. 
Parmi  les  roses  cependant.  Souvenir  de  la 
Reine  d’Angleterre  est  un  des  plus  bril- 
lants, aussi  est -il  toujours  remarqué  avec 
plaisir,  ainsi  que  W.  Lincoln,  rayonnant 
comme  un  astre,  Jules  Chrétien,  W.  Seioard, 
Léopold  11,  Colosse  grenoblois,  Duke  of 
York. 

Tout  est  beau,  tout  est  bien  cultivé  ; 
amateurs  et  horticulteurs,  Belges  et  étran- 
gers, se  sont  livré  un  gracieux  combat  où 
il  n’y  a pas  eu,  à proprement  parler,  de 
vaincus.  A ce  brillant  tournoi  prenaient 
part  : MM.  de  AVolfs,  Peeters,  Fierens, 
Rosette,  t’Serstevens,  Degoes,  Driege, 
baron  du  Sart,  Cordonnier,  Tillien,  Vil- 
morin-Andrieux et  C‘®,  Calvat,  Scalarandis  ; 
tous  sont  des  maîtres  de  l’art,  et  c’est  faire 
leur  éloge  que  de  constater  les  progrès  faits 
chaque  année  dans  la  culture  du  Chrysan- 
thème. L.  Lutz. 

1 EN  HORTICULTURE 

Tout  d’abord,  remarquons  que  les  plantes 
mises  au  commerce  comme  nouveautés 
peuvent  être  groupées  en  trois  catégories  en- 
tièrement distinctes  au  point  de  vue  physio- 
logique : 

lo  Les  plantes  introduites  ; 

2°  Les  hybrides  et  métis  ; 

3"  Les  variétés  et  formes  horticoles. 


550 


SUR  LES  NOUVEAUTÉS  EN  HORTICULTURE. 


Des  premières,  les  plantes  introduites,  il 
n’y  a pas  à envisager  leur  obtention,  car 
elles  sont  l’œuvre  du  Créateur  et  leur  dis- 
tinction, de  celles  déjà  connues  repose  sur 
l’examen  du  botaniste  descripteur  et  sur 
la  façon  dont  il  comprend  Vespëce. 

Les  hybrides  et  les  métis  sont  provoqués 
par  l’homme,  au  moyen  de  la  fécondation 
artificielle  ou  spontanée,  c’est-à-dire  pro- 
duits par  la  nature.  Quelle  que  soit  leur 
origine,  il  faut  les  envisager  sérieusement 
au  point  de  vue  distinctif  et  à celui  de  la  va- 
leur ou  amélioration  horticole  qu’ils  pré- 
sentent. S’il  est  facile  de  produire  des  mé- 
tis (hybrides  de  variétés),  il  l’est  moins 
d’obtenir  des  hybrides  proprement  dits 
(produit  du  croisement  de  deux  espèces)  et 
lorsqu’ils  sont  obtenus  ils  doivent,  pour 
être  cultivables,  présenter  une  différence  suf- 
fisamment marquée  entre  leurs  parents,  et 
cette  différence  doit  être  une  amélioration 
bien  évidente  pour  la  culture  alimentaire 
ou  d’agrément. 

3o  Les  variétés  horticoles  sont  le  résultat 
de  variations  spontanées  dans  les  cultures, 
puis  de  leur  sélection  et  leur  fixation.  C’est 
sur  ces  nouveautés  d’origine  horticole,  de 
beaucoup  les  plus  nombreuses,  qu’il  y a le 
plus  à dire,  car  elles  doivent  souvent  leur 
existence  et  leur  dispersion  trop  précoce  aux 
âpretés  du  commerce. 

Toute  nouveauté  horticole  devrait,  pour 
mériter  ce  titre,  avoir  été  sévèrement  com- 
parée à toutes  les  autres  variétés  préexis- 
tantes, présenter  avec  chacune  d’elles  une 
différence  bien  évidente  et  non  pas  une 
identité  complète  avec  quelque  vieille  ou- 
bliée ou  de  ces  nuances  si  faibles  qu’il  faut 
être  fin  connaisseur  et  s’entourer  de  points 
de  comparaison  pour  les  apercevoir.  Enfin 
et  par-dessus  tout,  une  nouveauté  horticole 
doit  être  une  amélioration  évidente  sur  ses 
aînées. 

Or,  des  centaines  de  nouveautés  qui  sur- 
gissent chaque  année  de  toutes  parts,  com- 
bien répondent  à ces  conditions  ? Peu  cer- 
tainement, car  il  n’en  reste  par  la  suite 
qu’un  très-petit  nombre  dans  les  cul- 
tures . 

Sait-on  combien  il  est  difficile  d’obtenir 
de  bonnes  nouveautés  dans  les  genres  de 
plantes  amenés  au  degré  de  perfection  où 
ils  sont  aujourd’hui,  tels  que  nos  arbres 
fruitiers,  nos  légumes  et  nos  fleurs  popu- 
laires? Songeons  seulement  aux  innom- 
brables variétés  de  Poires,  de  Blés,  de  Pom- 
mes de  terre,  de  Roses,  de  Dahlias,  Reines- 
Marguerites  et  tant  d’autres? 


Combien  de  milliers  de  plantes  ne  faut- 
il  pas  produire  pour  en  tirer  une  qui 
puisse  soutenir  la  comparaison  avec  ses 
devancières  ? Lui  fait-on  toujours  subir  cet 
examen  critique  et  l’affection  paternelle 
n’est-elle  pas  trop  souvent  poussée  jusqu’à 
la  partialité  ? Du  reste,  cet  examen  critique 
nécessite  souvent  des  connaissances  appro- 
fondies et  surtout  des  moyens  de  comparai- 
son fort  difficiles  à se  procurer. 

Gomment  faire  pour  s’assurer  qu’une 
Pomme  de  terre  ou  une  Fraise,  par  exemple, 
est  réellement  nouvelle  et  méritante,  sinon 
en  possédant  une  collection  de  bonnes  varié- 
tés de  fonds,  en  les  cultivant  côte  à côte,  et 
en  l’envisageant  sévèrement  sous  toutes  les 
phases  de  sa  végétation  ? Et  encore  faut-il 
ensuite  la  fixer,  l’uniformiser  et  la  multi- 
plier. 

S’il  est  relativement  facile  d’obtenir  de 
belles  plantes  en  faisant  des  semis  d’un 
genre  ou  d’une  espèce  déjà  amené  à un 
haut  de^ré  de  perfection,  il  est  d’autant 
plus  difficile  d’y  trouver  des  variétés  nou- 
velles et  réellement  méritantes.  Soit  par 
amour-propre,  soit  pour  se  dédommager  de 
ses  peines  et  de  ses  frais,  le  chercheur  de 
nouveautés  baptise  trop  souvent,  sans  les 
avoir  fait  au  préalable  passer  à la  censure 
ou  sans  prendre  la  peine  de  les  fixer,  des 
plantes  parfois  fort  belles,  il  est  vrai,  mais 
qui  arrivent  trop  tard  pour  occuper  digne- 
ment dans  les  collections  une  place  déjà 
prise  par  d’autres  plus  anciennes  ou  qui 
jouent  et  dégénèrent  si  rapidement  qu’il 
n’en  reste  rien  au  bout  de  quelques  années. 

Que  dire  enfin  des  prétendues  nouveau- 
tés faites  avec  des  vieilleries  tirées  des  ou- 
bliettes et  de  celles  qui  ne  doivent  leur  exis- 
tence qu’à  un  démarquage  de  linge,  un  se- 
cond baptême  en  passant  la  frontière  ? sinon 
qu’elles  viennent  misérablement  échouer 
dans  les  collections  comparatives  et  donnent 
une  triste  opinion  de  leur  soi-disant  ob- 
tenteur. 

Certes,  les  progrès  d’amélioration  des  vé- 
gétaux ne  vont  pas  aussi  vite  qu’on  le  vou- 
drait et  ne  dédommagent  pas  toujours  les 
chercheurs  de  leur  peine,  mais  est-ce  à dire 
qu’il  ne  faille  absolument  tirer  parti  que 
de  ce  que  Dame  Nature  a bien  voulu  créer  ? 
Assurément  non,  puisqu’elle  nous  a laissé 
un  moyen  merveilleux  de  la  modifier 
presque  selon  notre  gré  : la  fécondation  ar- 
tificielle, nous  devons  en  user  largement. 
Mais  puisque  la  dignité  de  l’obtenteur 
s’attache  à ses  produits,  nous  devrions  pou- 
voir les  considérer  tous  comme  bons  ; il 


551 


UN  PROCÉDÉ  DE  CONSERVATION 

n’en  est  malheureusement  pas  toujours 
ainsi. 

D’autre  part,  faut-il  rejeter  toutes  les 
plantes  insuffisamment  distinctes  et  méri- 
tantes pour  être  élevées  au  rang  de  nou- 
veautés ? Egalement  non  ! Gardez-les  au 
contraire  soigneusement,  étudiez-les,  com- 
parez-les  rigoureusement,  peut-être  y trou- 
verez-vous quelque  mérite,  quelque  par- 


HIVERNALE  DES  ARTICHAUTS. 

ticularité  utile  ou  intéressante  à passer 
dans  une  autre  variété  au  moyen  des  croi- 
sements artificiels,  sélectionnez-les,  fixez- 
les  convenablement,  mais  laissez-les  un 
temps  suffisant  à la  cuisine  pour  qu’elles 
soient  à point  et  fassent  bonne  figure  lors- 
que vous  les  présenterez  sur  la  table  du 
monde  horticole. 

S.  Mottet. 


UN  PROCÉDÉ  DE  CONSERVATION  HIVERNALE  DES  ARTICHAUTS 


Bien  que  l’Artichaut  ne  soit  pas  au  pre- 
mier rang  parmi  les  légumes  qui  composent 
notre  alimentation,  MM  Decaisne  et  Nau- 
din  font  cependant  considéré  avec  juste 
raison,  dans  le  Manuel  de  V Amateur  des 
jardins,  comme  « un  de  ceux  qu’on  cultive 
sur  la  plus  grande  échelle  et  dont  les  pro- 
duits s’exportent  le  plus  ». 

L’Artichaut  est  cultivé  aussi  bien  par 
l’amateur  que  par  le  spéculateur;  et  il  est 
rencontré  dans  toutes  les  parties  de  la 
France,  dans  la  petite  comme  dans  la  grande 
culture. 

Il  ne  faudrait  pas  cependant  croire  que 
toutes  les  variétés  d’Artichauts  prospèrent 
également  partout  ; chaque  région  cultive 
sa  race  spéciale  appropriée  à son  sol  et  à 
son  climat. 

Pour  se  rendre  compte  de  l’importance 
de  l’Artichaut  et  connaître  ses  pays  d’ori- 
gine, il  nous  suffit  de  consulter  le  mou- 
vement des  Halles  ; on  y verra  aisément 
que  depuis  les  premiers  qui  arrivent  aux 
Halles  de  Paris  et  qui,  de  provenance 
algérienne,  débutent  en  janvier,  jusqu’à 
l’arrivée  de  ceux  des  environs  de  Paris 
qui  n’arrivent  guère  avant  juillet-août, 
il  a fallu  s’approvisionner  et  épuiser  suc- 
cessivement pendant  ces  sept  à huit  mois 
les  cultures  de  Marseille,  Narbonne,  Mon- 
tauban,  Bordeaux,  Lyon,  Niort,  Angers,  et 
de  toute  la  Bretagne.  Enfin  les  environs  de 
Paris  fournissent  en  dernier  lieu  le  produit 
des  cultures  de  Senlis,  Gompiègne,  Laon, 
Noyon,  Aubervilliers,  Épône,  Épernay,  etc. 

Ce  simple  exposé  suffit  à faire  com- 
prendre l’importance  de  la  bonne  conserva- 
tion des  Artichauts  d’une  exploitation  com- 
merciale, comme  de  ceux  du  jardin  de 
l’amateur. 

On  ne  peut  pas  ne  pas  reconnaître  que  le 
climat  et  le  lieu  influent  pour  beaucoup  sur 
le  genre  de  culture  et  de  conservation  hi- 
vernale. Dans  le  centre  et  surtout  dans 
toute  la  partie  nord  de  la  France,  on  est 


obligé  d’abriter  et  de  couvrir  le  pied  de 
l’Artichaut  pour  le  préserver  des  fortes  ge- 
lées et  des  intempéries  hivernales  qui  lui 
sont  redoutables. 

Bien  que  le  contraire  ait  été  souvent 
soutenu,  nous  dirons  ici,  d’après  nos  re- 
marques dans  nos  cultures,  qui  ont  toujours 
eu  lieu  sous  le  climat  de  la  région  pari- 
sienne, que  le  pied  de  l’Articbaut  est  bien 
plus  sensible  à Vhumidité  qui  se  déve- 
loppe sous  son  abri  qu'à  la  gelée,  c’est- 
à-dire  que  celle-ci  lui  est  beaucoup  moins 
funeste  que  celle-là.  C’est  pour  préserver  nos 
Artichauts  d’une  humidité  qui  ne  peut  être 
évitée  par  les  buttages  ordinaires,  même  les 
plus  rationnels,  que  nous  avons  imaginé  un 
procédé  spécial. 

Bebuté  et  déconcerté  par  des  pertes 
éprouvées  chaque  année,  nous  étions  sur  le 
point  de  nous  voir  obligé  de  pratiquer  la 
culture  annuelle  de  ce  légume,  lorsqu’un 
jour  le  hasard  nous  fit  observer  un  pied 
mal  butté  et  au-dessus  duquel  plusieurs 
morceaux  de  bois  maintenaient,  suspendue 
à une  certaine  hauteur,  la  grande  litière  de 
la  couverture.  Le  tout  ensemble  avait  tenu 
le  pied  dans  des  conditions  de  santé  dues  à 
ce  qu’il  n’avait  pas  été  bloqué  par  la  terre 
du  buttage,  ni  étouffé  par  les  feuilles  et  la 
grande  litière  de  sa  couverture;  et  cela, 
grâce  à la  disposition  affectée  par  les  mor- 
ceaux de  bois. 

L’année  suivante,  nous  basant  sur  cette 
remarque,  nous  prîmes  quelques  grands 
pots  mauvais  et  fêlés  de  33,  de  36  et  même 
de  40  centimètres  de  diamètre  pour  les  plus 
gros  pieds  ; nous  recouvrîmes  avec  ces  pots  un 
certain  nombre  de  pieds  d’artichauts  après 
en  avoir  préalablement  enlevé  le  feuillage 
devenu  superflu,  par  un  raccourcissement 
énergique  des  feuilles.  Mais  le  nombre  de 
ces  pots  était  insuffisant  pour  abriter  tout 
le  carré  ; il  nous  fallut  construire  en  outre 
des  sortes  de  coiffes  en  bois  ayant  la  forme 
de  pyramides  tronquées,  de  22  à 25  centi- 


552 


UN  PROCÉDÉ  DE  CONSERVATION  HIVERNALE  DES  ARTICHAUTS. 


mètres  de  hauteur  avec  une  base  de’ 35  à 40 
centimètres  de  diamètre,  et  un  sommet 
de  17  à 20.  Enfin,  poursuivant  toujours 
notre  idée,  nous  allâmes  jusqu’à  utiliser  des 
tuiles  de  Bourgogne  et  autres,  que  nous 
avons  assemblées  par  quatre,  afin  de  nous 
rapprocher  le  plus  près  possible  de  la  cons- 
truction ci-dessus  indiquée. 

Ces  pots  et  ces  ustensiles  furent  disposés 
sur  tout  un  carré  dont  les  pieds  étaient  ha- 
billés et  préparés  de  la  façon  ordinaire  ; le 
buttage,  ainsi  que  les  apports  de  feuilles  et 
de  litière  eurent  lieu  en  fin  novembre. 

La  figure  165  montre  la  coupe  d’un 
buttage  opéré  selon  notre  procédé.  Le  pot  A 
a été  préalablement  placé  sur  le  pied  d’Arti- 
cbaud.  Le  buttage  B,  pratiqué  avec  la  terre 
des  alentours  du  pied,  se  trouve  accoté 
contre  le  pot.  Un  lit  de  feuilles.  G,  est  placé 
à la  fourche  sur  le  dessus  du  buttage  et  au 
niveau  du  pot.  Enfin,  une  couche  de  litière 


Fig.  165.  — Pied  d’Artichaut  conservé 
sous  un  pot. 


D,  faite  de  Fougères  *,  recouvre  le  tout.  Le 
pied  d’Artichaut  est  ainsi  garanti  à la  fois 
contre  la  gelée  et  contre  toute  humidité.  La 
figure  166  représente  la  même  opération, 
mais  le  pot  y est  remplacé  par  une  coiffe  en 
bois  A. 

La  litière  n’a  pas  été  placée  tout  de  suite 
sur  la  butte  ainsi  formée.  Elle  fut  déposée  à 
pied  d’œuvre,  afin  qu’au  moindre  contre- 
temps sérieux  elle  pût  être  mise  en  place 
dans  le  plus  bref  délai  pour  venir  coiffer  her- 
métiquement les  trous  de  l’orifice  supérieur 
des  pots,  ainsi  que  les  ouvertures  béantes 
de  nos  constructions  légères.  C’étaient  là,  en 
effet,  autant  de  portes  ouvertes  à la  gelée. 
Par  contre,  pendant  les  jours  de  faible  gelée, 
— 3"  — 4»,  et  même  — 5°,  et  aussi  pen- 
dant tous  les  beaux  jours  bien  entendu, 
ces  mêmes  portes  furent  laissées  libres  et 

’ A son  défaut  on  utilise  du  grand  fumier  ou 
toute  autre  matière  pouvant  servir  à cet  usage. 


entièrement  ouvertes  par  l’enlèvement  de  la 
Fougère,  afin  de  permettre  à l’humidité 
d’être  évaporée  par  l’air.  Cette  manière  de 
faire  permet  en  même  temps  la  surveillance 
et  la  visite  des  pieds  ; en  un  tour  de  main, 
on  retire  les  feuilles  qui  tendent  à pourrir  ; 
enfin  on  nettoye  et  on  épluche  les  pieds 
d’Artichauts  en  ayant  soin  de  ne  leur  laisser 
que  les  parties  saines.  Nous  insistons  sur 
ce  dernier  travail  qui  aide  beaucoup  à mener 
à bonne  fin  l’œuvre  entreprise. 

Cette  conservation  sur  place  et  en  pleine 
terre  fut  irréprochable  ; tous  les  pieds,  sauf 
quatre  ou  cinq  des  plus  chétifs,  restèrent 
en  parfait  état;  ils  ont  montré,  dès  le  réveil 
de  la  végétation,  une  grande  vigueur  qui 
s’est  maintenue  pendant  tout  le  cours  de 
fannée. 

Nous  avions  songé  à remplacer  ces  pots 
et  ces  constructions  de  tournure  primitive 
par  de  solides  et  bons  tubes  tronconiques  en 


Fig.  166.  — Pied  d’Artichaut  conservé 
sous  un  coffre  en  bois. 


terre  cuite  bien  poreuse  ; seule,  l’élévation 
du  prix  de  revient,  29Û  à 300  fr.  le  cent, 
nous  a fait  totalement  abandonner  cette 
dernière  idée.  Au  reste,  nos  cages  en  bois, 
rendues  imputrescibles  par  un  enduit  de 
carbonyle,  ou  par  un  bain  au  sulfate  de 
cuivre,  peuvent  durer  indéfiniment. 

Le  coût  de  ces  dernières  est  assez  mo- 
dique et  à la  portée  de  tous,  surtout  si,  pour 
leur  fabrication,  on  a le  soin  d’employer  de 
la  planche  de  sapin  de  commerce  portant 
les  dimensions  suivantes  : de  22  à 23  centi- 
mètres de  largeur  ; de  12  à 13  millimètres 
d’épaisseur  et  5 mètres  de  longueur  ; le 
prix  courant  de  ces  planches  est  de  0 fr.  28 
le  mètre,  soit  1 fr.  40  la  planche  en- 
tière. 

Ce  procédé,  réellement  pratique,  est  re- 
commandable au  plus  haut  degré  pour  la 
conservation  sur  place  et  en  pleine  terre  des 
Artichauts  dans  toutes  les  régions  oû  les 
gelées  sont  à craindre.  C.  Potrat. 


LISTE  DES  RÉCOMPENSES  DE  L’eXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’hORTICULTURE.  553 


LISTE  DES  RÉCOMPENSES 

DÉCERNÉES  A L’EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’HORTICULTURE 

DE  FRANCE 

(chrysanthèmes,  cyclamens,  œillets,  etc.,  et  fruits) 


Arnoult-Crapotte,  viticulteur,  à Contlans-Sainte- 
Honorine  (Seine-et-Oise).  — Méd.  verm.  (Chas- 
selas de  Fontainebleau\ 

Audin,  jardinier  chez  M.  Deves,  18,  rue  Saint- 
Pierre,  à Neuilly-sur-Seine  (Seine).  — Méd.  arg. 
(Ghrys.  en  pots). 

Audin,  jardinier,  22,  route  Stratégique,  Suresiies 
(Seine).  — Gr.  méd.  arg.  (Chrys.  en  pots). 

Auger  (Arsène),  jardinier,  102,  rue  Blomet,  à 
Paris-Vaugirard.  — Méd.  arg.  (Chrys.  greffés)  ; 
méd.  br.  (Chrys.  en  pots). 

Beney,  Lamand  et  Musset,  marchands-grainiers, 
36,  quai  Saint-Antoine,  à Lyon  (Rhône).  — Méd. 
arg.  (Chrys.  fl.  coupées). 

Bernard  (J.),  jardinier,  19,  rue  de  Ponceau,  à 
Châtillon-sous-Bagneux  (Seine).  — Méd.  or, 
méd.  ver.  (Chrys.  greffés);  méd.  arg.  (Chrys. 
inédits). 

Bonnefous  (A.)i  pépiniériste-fleuriste,  à Moissac 
(Tarn-et-Garonne).  — Méd.  br.  (Chrys.  fl.  cou- 
pées). 

Boucher  (Georges),  horticulteur-pépiéniériste, 
164,  avenue  dTtalie,  à Paris.  — Gr.  méd.  verm. 
(Clématites)  ; méd.  verm.  (arbres  fruitiers  de 
pépinière). 

Bourgoin  (A.),  jardinier-horticulteur,  55,  avenue 
de  Lutèce,  à La  Garennes-Colombes  (Seine).  — 
2 gr.  méd.  verm.,  méd.  verm.  (Chrys.  en  pots); 
gr.  méd.  verm.  (Cyclamens). 

Brochard  (Alphonse),  amateur,  quai  du  Lavoir,  à 
Tournan  (Seine-et  Marne).  — Méd.  arg.  (Poires). 

Bruneau  (Désiré),  horticulteur-pépiniériste,  106, 
Grande-Rue,  à Bourg-la-Beine  (Seine).  —3  méd. 
or  (Corb.  de  fruits,  arbres  fruitiers  dressés  et  de 
pépinières). 

Bureau  (A.),  horticulteur,  18,  rue  de  Paris,  à 
Rosny-sous-Bois  (Seine).  — Gr.  méd.  verm. 
(Corb.  de  fruits). 

Calvat  (E.),  chrysanthémiste,  40,  rue  Saint-Lau- 
rent, à Grenoble  (Isère).  — Méd.  d’honneur 
(Chrys.  de  semis)  ; méd.  or  (Chrys.  inédits). 

Cappe  et  Fils,  horticulteurs,  au  Vésinet  (Seine-et- 
Oise).  — Gr.  méd.  arg.  (Ghrys.  en  pots). 

Carnet  (L.),  pépiniériste,  à Le  Mesnil-Amelot, 
canton  de  Dammartin  (Seine-et-Marne).  — Méd. 
arg  (Arbres  fruitiers  de  pépinière). 

Casablancas  (Q  ),  produits  coloniaux,  36,  rue  de 
Longchamps  (Paris).  — Méd.  br,  (fruits  du  Midi 
et  d’Algérie). 

Chambry,  Haras  de  Saint-Lô  (Manche),  — Méd. 
arg.  (Chrys.  fl.  coupées). 

Champenois  (Arthur),  jardinier,  àThomery  (Seine- 
et-Marne).  — Méd.  verm.  (Chrys.  fl.  coupées). 

Chantrier  (A.),  jardinier-chef,  à Bayonne  (Basses- 
Pyrénées).  — Gr.  méd.  verm.  (Chrys.  inédits)  ; 
méd.  arg.  (mode  d’emballage  des  Chrys.). 

Chenier  (A.),  23,  rue  Drouot,  à Paris,  — Méd. 
verm.  (Ornera,  florale  Chrys.);  2 méd.  arg. 
(Bouquets). 


Compoint  (Guillaume),  agriculteur,  33,  rue  du 
I.andy,  à Saint-Ouen  (Seine).  — Méd.  or  (As- 
perges). 

Constant  (H.),  fleurs  naturelles  et  couronnes,  118, 
boulevard  National,  à Clichy  (Seine),  — Gr.  méd. 
arg.,  méd.  br.,  remerciements  (Ghrys,  en  pots). 

Cordonnier  (Anatole),  à Bailleul  (Nord).  — 2 méd. 
verm.  (Ghrys.  nouveaux,  Chrys.  fl.  coupées)  ; 
2 gr,  méd.  arg.  (Chrys,  fl.  coupées);  méd.  arg. 
(Chrys.  inédits);  méd.  br.  (mode  d’emballage  des 
Chrys.). 

Couillard,  amateur,  28,  rue  Saint-Loup,  à Bayeux 
(Calvados).  — Méd.  verm.  (Chrys.  fl.  coupées). 

Courbron  (Alph.),  horticulteur,  28,  rue  du  Point- 
du-Jour,  à Billancourt  (Seine;.  — Gr.  méd.  arg. 
méd.  arg.  (Chrys.  en  pots). 

Croux  et  fils,  pépiniéristes,  au  Val-d’Aulnay,  près 
Châtenay  (Seine).— Méd.  d’honneur  (arbres  frui- 
tiers); 2 méd.  or  (arbres  fruitiers  dressés  et  cor- 
beilles de  fruits)  ; gr.  méd.  verm.  (arbres  frui- 
tiers de  pépinière). 

Dallé  (L.),  horticulteur-fleuriste,  29,  rue  Pierre- 
Charron,  Paris.  — Gr.  méd.  arg.  (ornem.  florale 
Chrys.). 

Debrie  (Édouard),  horticulteur-fleuriste,  12,  rue 
des  Capucines,  Paris.  — Gr.  méd.  verm.  (gerbe 
Chrys.). 

Debrie  (Gabriel),  horticulteur-fleuriste,  10,  rue 
Royale,  Paris.  — 2 méd.  verm.  (ornem.  florale 
Chrys.,  Chrys.  fl.  coupées). 

Defresne  (H.)  fils,  pépiniériste,  en  face  le  la  Mai- 
rie, à Vitry-sur-Seine  (Seine).  — Méd.  br.  (Chrys. 
inédits). 

Degommier  (Alex.),  amateur,  à Lardy  (Seine-et- 
Oise).  — Méd.  verm.  (corb.  de  fruits). 

Delvert  (Victor),  amateur,  23,  rue  Denon,  à Cha- 
lon-sur-Saône (Saône-et-Loire).  — Méd.  br. 
(Chrys.  inédits). 

Desmonts  (Désiré),  jardinier,  à Lieurey  (Eure).  — 
Gr.  méd.  arg.  (Pommes  de  terre). 

Dingeon  (C.),  horticulteur,  19,  rue  Tronchet,  Paris. 

— Méd.  br.  (Chrys.  fl.  coupées). 

Doin  (Octave),  éditeur,  8,  place  de  l’Odéon,  Paris. 

— Méd.  br.  (Chrys.  en  pots). 

Drussy  (Henri),  jardinier,  chez  MD«  de  Villiers,  à 
Vineuil  (Loir-et-Cher).  — Gr.  méd.  arg.  (Chrys. 
fl.  coupées). 

Diigourd,  horticulteur,  16,  rue  Auguste-Barbier, 
à Fontainebleau  ;,Seine-et-Marne).  — Ment.  hon. 
(Solidago). 

Dumu,  jardinier,  à Fondettes  (Indre-et-Loire).  — 
Méd.  br.  (Chrys.  11.  coupées). 

Duval  et  fils,  horticulteurs,  8,  rue  de  l’Ermitage, 
à Versailles  (Seine-et-Oise).  — Gr.  méd.  arg., 
2 méd.  arg.  (Chrys.  en  pots). 

Du  Val  (Ch.),  vulgarisateur  du  Maté,  59,  rue 
Jacques-Dulud,  à Neuilly-sur-Seine  (Seine).  — 
Ment.  hon.  (fruits  du  Midi  et  d’Algérie). 


554  LISTE  DES  RÉCOMPENSES  DE  L’EXPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE  D’hORTICULTURE. 


École  d’Horticulture  d’Igny,  à Igny  ^Seine-et- 
Oise).  — Méd.  or  (Poires)  ; méd.  arg.  (Chrys.  en 
pots);  méd.  br.  (Pommes). 

Fatzer  (H.),  fruits  forcés,  à Quessy  (Aisne).  — 
Méd.  d’honneur  (Raisins)  ; méd.  or.  (Raisins  de 
culture  sous  verre). 

Faucheur  (H.),  40,  rue  de  Paris,  à Bagnolet 
(Seine).  — Méd.  arg.  (corb.  de  fruits^ 

Fouret  (A.),  jardinier  chez  M.  le  comte  de  Royde- 
ville,  à (ihoisy-au-Bac  (Oise).  — Ment.  hon. 
(Chrys.  fl.  coupées). 

Gérand  (J.-R.)i  horticulteur,  91,  route  de  Mont- 
rouge, à Malakoff  (Seine).  — Méd.  verm.,  méd. 
arg.  (Chrys.  en  pots). 

Germain  (II.),  à Champigny  (Seine).  — Gr.  méd. 
verm.  (Légumes  frais). 

Girardin -Jourdain,  horticulteur,  82,  rue  de  Calais, 
à Argenteuil  (Seine-et  Oise).  — 2 méd.  arg. 
(Raisins,  corb.  de  fruits). 

Goulas  (E.),  jardinier,  rue  Émile  - Augier,  à 
Croissy  (Seine-et-Oise).  — Gr.  méd.  arg.  (Chrys. 
n.  coupées\ 

Gramain  (S.),  à Saint-Georges-sur-Cher  (Loir-et- 
Cher).  — Gr.  méd.  verm.  (Pommes  de  terre  et 
Haricots). 

Grandet  (Eug.),  jardinier,  chez  M.  Guyot,  à Massy 
(Seine-et-Oise).  — Gr.  méd.  arg.  (Pommes). 

Guérard,  à Nangis  i^Seine-et-Marne).  — Gr.  méd. 
verm.  (Chrys.  fl.  coupées). 

Hamel,  cultivateur  à Maurecourt,  par  Andresy 
(Seine-et-Oise).  — Méd.  verm.  ((Chasselas  de 
Fontainebleau. 

Hamelin  (A.),  jardinier,  chez  M.  Vallée,  proprié- 
taire à Andresy  (Seine-et-Oise).  — Gr.  méd. 
verm.  (Ornem.  florale  Chrys.). 

Hébuterne  (Aug.),  jardinier,  chez  M.  Dervillé,  à 
Saint-Maurice,  par  Saint-Chéron  (Seine-et-Oise). 

— Gr.  méd.  arg.  (Chrys.  en  potà). 

Hochard  (A.),  Fruits  exotiques,  24,  rue  Malar,  à 
Paris.  — Ment.  hon.  (Fruits  du  Midi  et  d’Al- 
gérie). 

Hochard  et  0^®,  horticulteurs  à Pierrefitte  (Seine). 

— Gr.  méd.  verm.  (Œillets). 

Hospice  de  Bicêtre.  M.  E.  Lambert,  chef  de  cul- 
ture à Bicétre  (Seine).  — Méd.  or  (Légumes 
frais). 

Jobert  (Maxime),  horticulteur,  21,  Chemin  des 
Princes,  à Châtenay  (Seine).  — Méd.  or.,  gr. 
méd.  argent  (Cyclamens). 

Jourdain  père,  amateur  à Maurecourt,  par  An- 
dresy i^Seine-et-Oise).  — Méd.  or  (Corbeille  de 
fruits)  ; gr.  méd.  arg.  (Chasselas  de  Fontaine- 
bleau). 

Jourdain  fils,  amateur  â Maurecourt,  par  An- 
dresy (Seine  et-Oise).  — Gr.  méd.  arg.  (Chas- 
selas de  Fontainebleau). 

Lahaie  (Victor),  jardinier  au  Château-des-Pres- 
soirs-du-Roy,  par  Thomery  (Seine-et-Marne).  — 
Ment.  hon.  (Clhrys.  11.  coupées). 

Lasalle  (J  ),  19,  rue  Muller,  Paris.  — Ment.  hon. 
(Fruits  du  Midi  et  d’Algérie). 

Launay  (Ch  ),  horticulteur,  6,  rue  des  Chéneaux 
à Sceaux  (Seine).  — Gr.  méd.  verm.  (Chrys. 
en  pots);  méd.  arg.  (Chrys.  11.  coupées). 

Laveau  (Pierre),  jardinier  au  château  de  Crosnes, 
par  Villeneuve-Saint-Georges  (Seine-et-Oise).  — 
Méd.  or  (Chrys.  11.  coupées)  ; méd.  arg.  (Chrys. 
en  pots)  r 


Leconte  (H. -J.),  amateur,  32,  avenue  du  Maine, 
à Paris. — Méd.  or.  (Arbres  fruitiers  dressés). 

Ledoux  (A.),  15,  rue  de  Rosny,  à Fontenay-sous- 
Bois  (Seine).  — Méd.  or  (Corb.  de  fruits). 

Lenaerts  (J.),  jardinier-chef,  30,  avenue  du  Bois- 
de-Boulogne,  à Paris.  — Méd.  verm.  (Cattleyas); 
gr.  méd.  argent.  (Chrys.  en  pots). 

Leroux  (Albert),  horticulteur  à Travecy,  par 
La  Fère  (Aisne).  — Méd.  arg.  (Poires). 

Leroux  (H  ),  jardinier-chef.  4,  avenue  de  Bois- 
préau,  à Rueil  (Seine-et-Oise\  — Gr.  méd. 
verm.  (Chrys.  fl.  coupées). 

Lévêque  et  fils,  horticulteurs,  69,  rue  du  Liégat. 
à Ivry-sur-Seine  (Seine).  — Méd.  or.,  gr.  méd. 
verm.,  gr.  méd.  arg.,  2 méd.  arg.,  méd.  br. 
(Chrys.  en  pots);  gr.  méd.  verm.,  méd.  arg. 
(Chrys.  nouveaux)  ; méd.  verm.,  gr.  méd.  arg-, 
méd.  arg.  (Chrys.  11.  coupées)  ; méd.  verm.,  gr. 
méd.  arg.  (Œillets). 

Liébault  (R.),  pépiniériste  à Bourron  (Seine-et- 
Marne).  — Gr.  méd.  arg.  (Chrys.  11.  coupées)  ; 
méd.  br.  (Peuplier  régénéré). 

Magne  (G.),  amateur,  15,  boulevard  de  Boulogne 
à Boulogne-sur-Seine  (Seine).  — Méd.  verm., 
méd.  arg.  (Chrys.  en  pots). 

Meynaud  (P.),  jardinier-chef,  au  château  Sibirol, 
â Floirac  (Gironde).  — Méd.  arg.  (Chrys.  (nou- 
veaux). 

Michéa  (Hélène),  château  d’Oinville,  près  Meulan 
(Seine-et-Oise).  — Méd.  arg.  (Corb.  de  fruits). 

Michin  (Henri),  propriétaire-viticulteur,  â Tho- 
mery (Seine-et-Marne).  — Méd.  arg.  (Chasselas 
de  Fontainebleau). 

Millet  fils,  horticulteur  à Bourg-la-Reine  (Seine). 

— Gr.  méd.  arg.  (Plantes  inédites). 

Molin  (Ch.)  horticulteur,  8,  place  Bellecour,  à 
Lyon  (Rhône).  — Gr.  méd.  arg.  (Chrys.  fl.  cou- 
pées) ; méd.  arg.  (Chrys.  inédits). 

Moreau  (Ludovic),  amateur,  86,  rue  Lecourbe, 
Paris.  — Ment.  hon.  (Chrys  fl.  coupées). 

Modères  (François),  à Viarose,  par  Moissac  (Tarn- 
et-Garonne).  — Gr.  méd.  verm.  (Chrys.  inédits). 

Nentien  (A.),  amateur,  à Beaumé,  par  Aubenton, 
arrondissement  de  Vervins  (Aisne).  — Méd.  br. 
(Pommes)  ; ment.  hon.  (Pommes  de  terre  de  se- 
mis'! . 

Nonin  (Auguste),  horticulteur,  20,  avenue  de 
Paris,  Châtillon-sur-Bagneux  (Seine).  — Prix 
d’honneur,  objet  d’art  (Chrys.);  3 méd.  or  (Chrys. 
en  pots,  Chrys.  nouv..  Œillets)  : gr.  méd.  verm- 
Chrys.  inédits)  ; méd.  verm.  (Chrys.  en  pots). 

Grive  (Eugène),  amateur,  route  d’Athis,  â Ville- 
neuve-le-Roi,  par  Ablon  (Seine-et-Oise).  — Gr. 
méd.  arg.  (Pommes). 

Paillet  fils,  pépiniéi  iste,  vallée  de  Châtenay,  près 
Paris  (Seine).  — Gr.  méd.  verm.  (Arbres  frui- 
tiers dressés). 

Passy  (Pierre),  arboriculteur.  Désert  de  Retz, 
Ghambourcy,  par  Saint-Germain-en-Laye  (Seine- 
et-Oise).  — Méd.  or  (Corb.  de  fruits). 

Patrolin  (Henri),  horticulteur,  55,  avenue  de  la 
Gare,  à Bourges  (Cher).—  Méd.  d’honneur (Chry. 
à tiges),  méd.  or,  gr.  méd.  verm.,  méd.  verm. 
tChrys.  en  pots). 

Picard-Deneux  (Ch  ),  amateur,  à Albert  (Somme) 

— Gr.  méd.  arg.  (Chrys.  fl.  coupées). 

Ragoût,  horticulteur,  12,  route  de  la  Plaine,  Lé‘ 
Vésinet  (Seine-et-Oise).  — Gr.  méd.  venu.,  gr. 
méd.  arg.,  méd.  arg.  (Chrys.  en  pots). 


DU  PALMIER  RLEU  ET  DE  SA  RÉCENTE  FLORAISON. 


555 


Ragueneau,  -jardinier-chef,  château  de  Chàleau- 
vieuXjpar  Saint-Aignan  (Loir-et-Cher). — Méd.  or 
(Chrys.  fl.  coupées)  ; méd.arg.  (mode  d’emballage 
des  Chrys.). 

Refuge  du  Plessis-Piquet,  au  Plessis-Piquet 
(Seine).  — Méd.  arg.  (Chrys.  en  pots);  méd.  br. 
(Cyclamens). 

Régnier  (A.),  horticulteur;  44,  avenue  Marigny,  à 
Fontenay-sous-Bois  (Seine\  — Méd.  verm.  (Œil- 
lets) ; méd.  arg.  (Chrys.  en  pots). 

Rémy,  à Grenoble  (Isère).  — Gr.  méd.  verm. 
(Chrys.  fl.  coupées)  ; gr.  méd.  arg.  (Ornem.  flo- 
rale Chrys.) 

Reydellet  (de),  horticulteur,  à Valence  (Drôme).— 
2 méd.  arg.  (Chrys.  fl.  coupées,  Chrys.  inédits). 

Rigault  (Hyacinthe),  cultivateur,  à Groslay  (Seine- 
et-Oise).—  Méd,  or  (Pommes  de  terre). 

Rosette  (E.),  grainier,  88,  rue  de  Vaucelles,  à 
Caen  (Calvados).  — Gr,  méd.  verm.  (Chrys.  fl. 
coupées)  ; gr.  méd.  arg,  (mode  d’emballage  des 
Chrys.). 

Sallier  (J.),  horticulteur,  9,  rue  Delaizement,  à 
Neuilly  (Seine).  — Gr.  méd.  verm.  (Plantes 
médites). 

Salomon  (Étienne)  fils,  viticulteur,  à Thomery 
(Seine-et-Marne).  — Méd.  or  (.Chasselas  de 
Fontainebleau). 

Savart  (Charles),  horticulteur,  20,  rue  Ménilmon- 
tant,  à Bagnolet  (Seine).  — Gr.  méd.  arg.  (Corb. 
de  fruits). 


DU  PALMIER  BLEU  ET  D 

Le  Palmier  dont  nous  allons  parler  et 
qui  vient  de  présenter  un  curieux  phéno- 
mène de  végétation  a été  depuis  quelques 
années  introduit  sur  le  littoral  de  la  Pro- 
vence. 

Quant  à sa  dénomination  la  plus  usi- 
tée, il  est  appelé  communément  Brahea 
Roezli,  Wendl.,  de  M.  Rœzl,  investiga- 
teur hardi  à travers  les  contrées  mexico- 
californiennes. 

Les  botanistes  préfèrent  le  nommer 
Erythea  armata,  Wats.  Si  je  me  suis 
permis  le  nom  de  Palmier  bleu,  ce  n’est 
point  par  ignorance  absolue  du  latin,  mais 
pour  ne  pas  faire  montre  exagérée  de  la 
connaissance  d’une  langue  morte  dont 
l’abus  auprès  des  jardiniers  non  latinistes 
pourrait  constituer  une  sorte  de  pédan- 
tisme. Je  dis  donc  le  « Palmier  bleu  »,  comme 
j’ai  quelquefois  nommé  « Palmier  vert  » le 
Phœnix  canariensis. 

Si  je  consulte  les  livres  spéciaux,  je 
trouve,  pour  la  meilleure  exposition  des 
caractères  botaniques  de  notre  Brahea^  les 
suivants  : 

Espèce  ayant  quelque  analogie  avec  le 
Brahea  dulcis,  et  mieux  encore  avec  le  B. 
nitida,  parce  que  celui-ci  a des  tons  quelque 
peu  glauques.  Il  ne  m’est  pas  démontré, 


Scalarandis  (A.),  jardinier-chef  des  jardins  royaux, 
à Monz\  (Italie).  — Gr.  méd.  verm.  (Chrys. 
inédits). 

Sèvres  (Germain),  jardinier,  chez  M.  Guillon,  à la 
Maison-Blanche,  par  Vigneux  (Seine-et-Oise).  — 
Méd..  br.  (Chrys,  11.  coupées). 

Shceffer,  amateur,  81,  rue  Nollet,  Paris.  — Ment, 
hon.  (Chrys.  11.  coupées). 

Vacherot  (Henri),  horticulteur,  53,  rue  de  Paris, 
à Boissy-Saint-Léger  (Seine-et-Oise).  — Méd.  or 
(Chrys.  en  pots). 

Valaud  (L.),  amateur,  à Liverdy  (Seine-et-Marne). 

— Gr,  méd.  arg.  (Corb.  de  fruits). 

Vallerand  frères,  horticulteurs,  23,  rue  de  Boissy, 
à Taverny  (^Seine-et-Oise).  — Méd.  verm.  (Næ- 
gélias). 

Vernier  (Clodomir),  chef  de  culture  de  M.  Rose 
Charmeux,  à Thomery  (Seine-et-Marne).  — Gr. 
méd.  arg.  (Chrys.  11.  coupées). 

Vilmorin-Andrieux  et  C'o,  marchands-grainiers, 
4,  quai  de  la  Mégisserie,  Paris.  — Gr.  prix 
d’honneur,  objet  d’art  (Chrysanthèmes)  ; 5 méd. 
or  (Chrys.  en  pots,  Chrys.  nouveaux  et  légumes 
frais)  ; gr.  méd,  verm,  (Chrys.  en  pots)  ; 2 méd. 
verm.  (Chrys.  11  coupées);  gr.  méd.  arg. 
(Chrys.  nouveaux). 

Yvon  et  fils,  horticulteurs,  84,  avenue  de  Paris,  à 
Châtillon  (Seine).  — 2 gr.  méd.  verm.  (Chrys. 
en  pots). 

SA  RÉCENTE  FLORAISON 

après  cinq  ans  de  culture,  lequel  de  ces  deux 
derniers  est  le  plus  rustique  ; et  les  pra- 
ticiens me  paraissent  ne  point  s’entendre  à 
ce  sujet.  Notre  Erythea,  au  bout  de  trente 
à quarante  ans  d’âge,  s’élèvera,  nous  l’es- 
pérons, de  sept  à huit  mètres.  Ce  qui  le 
différencie  le  plus,  dans  la  famille  des  Pal- 
miers, c’est  la  teinte  argentée,  quelque  peu 
plombée  de  ses  feuilles.  On  constate  parfois 
de  légères  nuances  entre  les  différents 
pieds;  et  ces  teintes,  plus  ou  moins  bleuâtres, 
ne  proviennent  nullement  des  variantes 
dans  le  terrain  ; car,  à quelques  pas  de  dis- 
tance, chaque  arbre  présente  des  tons  ar- 
gentés métalliques  plus  ou  moins  accusés, 
nuancés  sur  les  deux  faces  des  frondes,  no- 
tamment sur  la  face  supérieure. 

Quoi  qu’il  en  soit,  ce  Palmier,  fami- 
liarisé avec  notre  climat,  devient  un  pré- 
cieux et  nouvel  ornement,  planté  surtout 
au  milieu  d’une  verte  pelouse.  Cependant  il 
ne  conviendrait  pas  d’abuser  d’un  arbre 
qui,  aux  yeux  des  profanes,  produirait 
l’effet  d’un  faux  Palmier  en  fer-blanc.  Il  en 
sera  donc  du  Palmier  bleu  comme  de  toute 
chose  bonne  et  non  prodiguée. 

Quoique  d’un  tempérament  débonnaire 
et  peu  délicat,  en  imitation  des  plantes 
exotiques,  végétaux  amis  de  la  chaleur  et 


556 


CORRESPONDANCE. 


de  la  lumière  solaire,  il  réussit  d’autant 
mieux  qu’il  s’oriente  vers  la  frontière 
alpestre  et  qu’on  lui  évite  la  pénétrante 
persistance  du  mistral,  bien  qu’il  possède 
les  moyens  de  résister  à la  violente  froidure 
par  la  robustesse  de  ses  frondes. 

Comme  tout  végétal,  arbre  ou  arbuste,  il 
affirme  ses  préférences  selon  la  nature  du 
sol  qui  lui  est  dévolu.  Aussi  bien  que  ses 
confrères,  Jubæa  et  Cocos  australis,  sa 
préférence  marquée  est  acquise  au  terrain 
mixte,  c’est-à-dire  ni  calcaire  pur,  ni  entière- 
ment granitique.  Mieux  que  ses  voisins 
accoutumés,  il  affronte  la  sécheresse  de 
nos  étés. 

Parmi  ceux  qui  ornent  le  jardin  de 
Githaris,  au  quartier  de  Fontsainte,  à La 
Ciotat,  le  plus  développé,  âgé,  depuis  la 
graine  éclose,  de  vingt  ans  révolus,  mesure 
trois  à quatre  mètres  en  hauteur  et  en  lar- 
geur et  compte  de  quatre-vingts  à cent 
frondes  bien  étagées,  formant  au  cœur  un 
faisceau  quelque  peu  serré  et  contenu  par  un 
chevelu  roussâtre  rappelant  le  ton  et  la 
substance  du  poil  de  chameau. 

C’est  au-dessus  de  ce  faisceau,  à l’aisselle 
de  l’arbre,  que  vers  le  milieu  de  mai  dernier, 
parurent  deux  excroissances  et  lentement 
s’élevèrent  deux  hampes  à fleurs,  donnant 


M.  C.  (Gironde).  — La  cause  de  la  maladie 
de  vos  Poiriers  ne  vient  pas  des  Ifs,  comme 
vous  le  craignez.  Le  Rœstelia  cancellata  dont 
vous  vous  plaignez  est  la  forme  seconde  du 
Gymnosporangium  Sahinæ,  qui  ne  croît  que 
sur  les  Genévriers. 

iV»  A602  (Aude).  — Votre  feuille  paraît  se 
rapporter  à une  Térébinthacée  du  genre  Schi- 
nus^  mais  ^échantillon  est  trop  incomplet  pour 
que  nous  puissions  vous  dire  le  nom  de  l’espèce. 

No  45H  (Maine-et-Loire).  — Nous  n’avons 
jamais  entendu  parler  du  sujet  que  vous  nous 
signalez  comme  porte-greffe.  M.  Baltet,  dans 
son  livre  VArt  de  greffer^  n’en  fait  pas  men- 
tion. Il  indique  seulement  le  Prunier  domes- 
tique et  très-rarement  le  Mahaleb.  La  note 
que  vous  nous  proposez  sera  accueillie  avec  un 
très-vif  intérêt. 

No  3825  (Seine-et-Oise).  — Nous  croyons 
que  vous  pouvez  enterrer  le  tronc  de  vos  Til- 
leuls sur  une  certaine  hauteur  sans  danger 
pour  leur  vie.  Nous  en  avons  vu  en  Touraine, 
près  de  Saint-Avertin,  qui  avaient  été  rem- 
blayés de  plus  de  2 mètres  il  y a une  trentaine 


naissance  à quinze  cents  graines  ou  baies 
qui  furent  recueillies  au  milieu  d’octobre, 
soit  cinq  mois  après  leur  apparition.  Ces 
hampes,  coupées  à cette  dernière  époque, 
ont  figuré  dans  une  des  séances  de  la 
Société  d’horticulture  des  Bouches-du- 
Rhône;  mais,  dès  cette  époque,  les  baies 
se  sont  séchées  et  ont  diminué  de  moitié. 
Elles  n’en  seront  pas  moins  soumises,  en 
serre  chaude,  à l’action  germinative,  et 
dans  quelques  mois,  il  sera  permis  de  for- 
muler une  opinion  sur  le  pouvoir  fécondant 
de  l’arbre  si  rapidement  grandi  dans  notre 
jardin. 

Cet  arbre  serait  le  troisième  producteur 
sur  la  ligne  du  littoral.  lia  été  dit  qu’en  1895, 
un  Palmier  bleu  avait  fleuri  au  golfe  Juan; 
et  on  rapporte  que  cette  année-ci,  à Hyères, 
pareil  événement  se  serait  réalisé. 

Tel  est  le  fait  horticole  exceptionnel  que 
nous  avons  tenu  à mentionner,  soit  pour 
l’instruction  des  amis  de  l’horticulture, 
soit  pour  l’honneur  d’un  département 
où  l’art  des  jardins  présente  encore  cer- 
taines difficultés  L 

P.  Trabaud, 

Vice-Président  de  la  Société  d’horticul- 
ture des  Bouches-du-Rhône. 


d’années  et  qui  se  portent  aujourd’hui  à mer 
veille.  Le  même  fait  se  produirait-il  toujours 
et  partout  ? Nous  l’ignorons,  mais  nous  pou- 
vons certifier  l’exactitude  de  celui  que  nous 
vous  rapportons. 


CATALOGUES  REÇUS. 

Baltet  frères,  à Troyes  (Aube).  — Arbres  frui- 
tiers, forestiers,  d’ornement  et  d’avenues.  Arbres 
verts,  conifères.  Arbustes  d’ornement,  grimpants  et 
rampants.  Jeunes  plants  pour  pépinières.  Rosiers, 
Dahlias,  Chrysanthèmes  ; plantes  diverses  de  pleine 
terre  et  de  serre.  Asperges,  Fraisiers,  Ognons  à 
fleurs,  etc. 

Gauguin  Edouard,  à Orléans  (Loiret).  — Arbres 
fruitiers,  forestiers  et  d’ornement,  conifères.  Jeunes 
plants  de  pépinières  ; plants  pour  bois,  clôtures, 
haies,  etc.  Rosiers,  Vignes,  Asperges,  Fraisiers. 
Plantes  grimpantes,  vivaces  et  pour  bordures,  etc. 

Guérin  (A.),  à Orléans  (Loiret).  — Arbres  frui- 
tiers, forestiers  et  d’ornement  ; conifères  ; plants 
d’arbres  et  d’arbustes  ; plantes  grimpantes,  d’orne- 
ment et  diverses. 

• On  annonce  également  la  floraison  de  VEry- 
thea  armata  cette  année  dans  les  jardins  de 
Monte-Carlo. 


Orléans.  — lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur-Gérant  t L.  Bourguignon. 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


557 


CHRONIQUE  HORTICOLE 

La  distribution  des  récompenses  à la  Société  nationale  d’horticulture.  — Les  prochaines  étections  à la 
Société  nationale  d’horticulture  de  France.  — L’Union  commerciale  des  horticulteurs  de  France  et 
les  droits  de  douane.  — Association  française  de  botanique.  — Liste  des  élèves  admis  à l’École 
nationale  d’horticulture.  — Le  IVerona,  nouveau  genre  d’Orchidées.  — Fraise  remontante  à gros 
fruits  La  Constante  féconde.  — Culture  des  Orchidées  indigènes.  — Helianthus  læCflorus  Miss 
MelUsh.  — Primula  Trailli.  — Les  Chrysanthèmes  Pompons.  — Le  premier  Pétunia  double.  — 
Conférence  publique  à Versailles. — Nécrologie  : M.  L.  Laliman. 


La  distribution  des  récompenses  à la 
Société  nationale  d’horticulture.  — La 
Société  nationale  d’horticulture  de  France 
a tenu  le  9 décembre  dernier  sa  deuxième 
Assemblée  générale  pour  l’année  1897. 
M.  le  Ministre  de  l’agriculture  s’était  fait 
représenter  par  M.  Léon  Vassillière,  direc- 
teur de  l’agriculture,  qui  présidait,  assisté 
de  M.  Viger,  député  du  Loiret,  président 
de  la  Société  nationale  d’horticulture  de 
France,  et  de  M.  Abel  Châtenay,  secré- 
taire général.  Le  Bureau  de  la  Société  était 
au  grand  complet. 

Après  une  allocution  très-applaudie  de 
M.  L.  Vassillière,  M.  Viger  a tenu,  par  un 
discours  approprié  à la  circonstance,  l’As- 
semblée sous  le  charme  de  sa  parole. 
M.  Bois,  secrétaire-rédacteur,  a donné  en- 
suite lecture  du  rapport  de  la  Commis- 
mission  des  récompenses  qui  concerne  les 
longs  et  loyaux  services  des  ouvriers  jardi- 
niers, ainsi  que  les  rapports  déposés  sur 
les  plus  belles  cultures  relatives  aux  ré- 
cents concours  publiés  à la  dernière  expo- 
sition d’automne. 

La  distribution  des  récompenses  a clô- 
turé la  cérémonie. 

Les  prochaines  élections  à la  Société 
nationale  d’horticulture  de  France.  — 

Le  dimanche  19  décembre  courant,  à 
2 heures  de  l’après-midi,  aura  lieu,  au 
siège  de  la  Société  nationale  d’horticul- 
ture de  France,  84,  rue  de  Grenelle,  Paris, 
une  réunion  préparatoire  aux  élections 
pour  le  renouvellement  partiel  du  Conseil 
d’administration  de  la  Société,  Tous  les 
sociétaires  sont  priés  d’y  assister. 

L’Union  commerciale  des  horticulteurs 
de  France  et  les  droits  de  douane.  — On 
sait  que  plusieurs  cultivateurs  de  fruits 
forcés  du  nord  de  la  France  demandent 
avec  insistance  le  relèvement  des  droits  sur 
l’importation,  non  seulement  des  fruits 
forcés,  mais  aussi  de  tous  les  produits  hor- 
ticoles étrangers. 


La  question  est  malheureusement  beau- 
coup plus  complexe  qu’elle  ne  semble  au 
premier  abord.  S’il  est  tout  naturel  qu’une 
industrie  demande  à être  protégée  contre 
la  concurrence  étrangère  dans  les  limites 
où  cette  protection  est  nécessaire  pour  lui 
permettre  de  vivre,  il  ne  faudrait  pas  que, 
pour  assurer  son  existence,  on  arrivât  à 
compromettre  celle  des  autres,  et,  dans  le 
cas  actuel,  il  est  tout  naturel  aussi  que  les 
pépiniéristes  français,  qui  exportent  beau- 
coup à l’étranger,  craignent  avec  juste  rai- 
son des  représailles. 

Nous  n’avons  donc  pas  été  surpris  d’ap- 
prendre que  ceux-ci,  qui  sont  de  beaucoup 
plus  nombreux  en  France  que  les  cultiva- 
teurs de  fruits  forcés,  se  soient  émus  d’une 
demande  d’augmentation  de  tarifs  sur  les 
produits  horticoles  étrangers,  qui  serait  de 
nature  à compromettre  l’exportation,  et  par 
conséquent  le  commerce  des  arbres  et 
plants  de  pépinières,  dont  l’importance  est 
considérable. 

Nous  savions  que  V Union  commerciale 
des  horticulteurs  et  marchands-grainiers 
de  France  avait  ouvert  une  enquête  sur 
cette  question  ; le  résultat  n’en  pouvait 
guère  être  douteux,  et  c’est  en  effet  à l’una- 
nimité moins  deux  voix  que,  dans  une 
assemblée  générale,  tenue  le  il  novembre 
dernier,  on  s’est  prononcé  pour  le  statu 
quo. 

Le  Bureau  de  VUnioji  a,  en  outre,  été 
chargé  de  porter  cette  décision  à la  connais- 
sance de  M.  le  Ministre  de  l’agriculture. 

Association  française  de  botanique.  — 
Peur  combler  le  vide  qu’a  créé  dans  le 
monde  botanique,  la  disparition  de  la  So- 
ciété française  de  botanique,  M.  II.  Le- 
veillé,  secrétaire  perpétuel  de  l’Académie 
internationale  de  Géographie  botanique,  et 
M.  le  Docteur  X.  Gillot,  ancien  et  dernier 
président  de  la  Société  qui  vient  de  dispa- 
raître, ont  entrepris  de  la  reconstituer  sous 
le  nom  éC Association  française  de  bota- 
nique. Le  but  de  cette  initiative  est  fort 

24 


16  Décembre  1897. 


558 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


louable,  car  il  tend 

surtout  à continuer  la 

publication  de  la  Revue  de  botanique,  à 
laquelle  collaboraient  toute  une  phalange  de 

botanistes  français. 

Le  siège  social  de  la 

nouvelle  Association  est  56,  rue  de  Flore,  Le 

Mans  (Sarthe). 

Liste  des  élèves  admis  à l’École  na- 
tionale d’horticulture.  — Les  examens 

de  classement  des 

candidats  qui  se  sont 

présentés  cette  année  pour  suivre  les  cours 
de  l’École  nationale  d’horticulture  viennent 
d’avoir  lieu  à Versailles.  Le  nombre  des 

élèves  étant  limité  par  le  règlement  et  sur- 
tout par  l’exiguïté  des  locaux  affectés  aux 

cours  et  aux  études 

, 64  seulement  ont  pu 

être  admis,  de  sorte  que  la  lutte  était  vive 
entre  les  96  concurrents  inscrits. 

Voici  la  liste  de  classement  des  64  élèves 
admis  au  dernier  Goncours  : 

1.  Lefèvre. 

33.  Muzard. 

2.  Sabattier. 

34.  Chazeirat. 

3.  Sertin. 

35.  Francès. 

4.  Bey. 

36.  Lassaigne. 

5.  Brichet. 

37.  Lemoine. 

6.  Brajon. 

38.  Charles  (Victor). 

7.  Bigot. 

39.  Desforges. 

8.  Ourcin. 

40.  Germain. 

9.  Martin  (Charles). 

41.  Pichon. 

10.  Berthon. 

42.  Gazier. 

11.  Pithon. 

43.  Lafargue. 

12.  Fréville. 

44.  Alluard. 

13.  Branger. 

45.  Picard. 

14.  Martin  (Georges). 

46.  Ferbus 

15.  Bailly. 

47.  Croux. 

16.  Bédu. 

48.  Musset. 

17.  Durand. 

49.  Duval. 

J 8.  Eguerre. 

50.  Henry. 

19.  Haupt. 

51.  Agnély. 

20.  Daumain. 

52  Michélis. 

21.  Mailhol. 

53.  Camus. 

22.  Borne. 

54.  Ménager. 

23.  Ansel. 

55.  Guillot. 

24.  Goumy. 

56.  .Touvente. 

25.  Thiébaut. 

57.  Lonchambon. 

26.  Kahn. 

58.  Gay. 

27.  Bonichon. 

59.  Lévy. 

28.  Barrat. 

60.  Michel. 

29.  Chariot. 

61.  Guibert. 

30.  Gaugan. 

62.  Monin. 

31.  Rival. 

63.  Tourmente. 

32  Bidet. 

64.  Lapeltey. 

Ainsi  qu’on  le  verra  plus  loin,  dans  l’ar- 
ticle que  M.  A.  Truffaut  a consacré  à l’École 

d’horticulture  de  Versailles,  le  nombre  des 
élèves  a plus  que  triplé  en  dix  ans.  C’est  la 
meilleure  preuve  des  services  que  l’École  a 
rendus,  et  est  appelée  à rendre. 


Le  Trevoria,  nouveau  genre  d’Orchi- 
dées.  — Bien  que  le  nouveau  genre  d’Orchi- 
dées  découvert  sur  les  Andes  de  Colombie 
par  M.  Lehmann  n’offre  pas  un  intérêt 


bien  horticole,  il  convient  néanmoins  d’en 
tenir  compte  ici,  car  nombre  d’amateurs, 
loin  de  s’en  tenir  aux  genres  et  aux  espèces 
que  la  beauté  de  leurs  fleurs  rend  horti- 
coles, ne  dédaignent  pas  d’incorporer  dans 
leurs  collections  des  plantes  qui  sont  plutôt 
bizarres  que  jolies,  et  que  l’on  est  convenu 
d’appeler  des  plantes  « botaniques  )). 

Le  nouveau  genre  dont  il  est  question  a 
été  baptisé  Trevoria  par  M.  Lehmann,  qui 
a ainsi  voulu  honorer  sir  Trevor  Lawrence, 
l’orchidophile  anglais  bien  connu  du  monde 
horticole.  Ce  genre  est  voisin  des  Co- 
ryanthes,  Stanhopea  et  Gorgoglossum, 
Il  est  remarquable  par  l’aspect  particulier 
de  ses  inflorescences  retombantes  et  pré- 
sentant leurs  fleurs  « à la  manière  de  seaux 
sur  la  chaîne  d’une  drague  »,  a-t-on  dit 
dans  le  Gardeners’  Chronicle. 

L’espèce  unique  du  genre  Trevoria  est  le 
T.  Chlo^Hs.  La  fleur  en  est  grande,  blanc 
verdâtre,  sauf  cependant  sur  le  labelle,  dont 
le  disque  est  blanc  pur.  Les  diverses  pièces 
du  périanthe  sont  notablement  charnues. 
Le  labelle  est  concave,  dressé,  trilobé.  Les 
sépales,  beaucoup  plus  larges  que  les  pé- 
tales, sont  insérés  obliquement  ; les  laté- 
raux sont  étalés,  très-grands.  Les  pétales 
sont  petits,  tordus.  La  colonne,  longue, 
cylindrique,  claviforme  au  sommet,  est 
coudée  près  de  sa  base.  D’autres  caractères 
enfin,  dans  l’examen  desquels  nous  n’entre- 
rons pas  pour  le  moment,  font  du  Trevoria 
Chloris  une  plante  qu’il  serait  sans  doute 
intéressant  d’examiner. 

Fraise  remontante  à gros  fruit  « la 
Constante  Féconde  ».  — Il  était  évident 
que  la  culture  étant  parvenue,  sur  un 
point,  à faire  remonter  une  Fraise  à gros 
fruit,  le  même  résultat  ne  devait  pas  tarder 
à être  obtenu  sur  d’autres  points.  Après  la 
Fraise  Saint -Joseph,  dont  on  trouvera  plus 
loin  la  figure  coloriée  et  un  historique  re- 
marquable, qu’a  bien  voulu  faire  M.  Henry 

L.  de  Vilmorin  pour  les  abonnés  de  la 

Revue  ; après  la  Fraise  Jeanne- 

d' Arc,  etc.,  on  nous  annonce  une  nouvelle 
Fraise  remontante  à gros  fruit,  obtenue  de 
semis,  en  1890,  par  M.  Charollois,  horti- 
culteur à La  Montée-Noire,  au  Greusot 
(Saône-et-Loire),  et  qu’il  appelle  la  Cons- 
tante Féconde. 

Une  Commission  a été  nommée  par  la 
Société  nationale  d’horticulture  pour  appré- 
cier cette  nouveauté . Le  rapporteur, 

M.  F.  Servy,  jardinier-chef  chez  Van- 
derstraeten,  au  château  de  Gorcelles,  près 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


559 


de  Chalon-sur-Saône  (Saône-et-Loire),  dit, 
dans  son  rapport,  ceci  : 

Ce  remarquable  Fraisier  est  aussi  franche- 
ment remontant  et  a-ussi  fécond  que  les  plus 
féconds  des  Fraisiers  des  quatre  saisons  dits 
des  Alpes.  Le  fruit  est  gros  ou  assez  gros,  de 
forme  variable,  en  crête-de-coq,  ou  anguleuse, 
ou  ronde,  ou  conique  ; il  est  lisse,  d’un  beau 
rouge  vermillon  brillant;  la  chair  en  est  rouge, 
ferme,  juteuse  et  très-agréablement  parfumée  ; 
en  un  mot,  qualité  première,  feuillage  vert 
clair,  à pétiole  assez  court  ; les  fruits  se  pré- 
sentent au-dessus  des  feuilles;  la  végétation  est 
bonne,  mais  non  exubérante  comme  dans 
quelques  variétés. 

Nous  considérons  cette  variété  comme  bien 
supérieure  aux  variétés  remontantes  que  nous 
avons  pu  juger  depuis  plusieurs  années  ; pour 
cette  raison,  nous  avons  engagé  M.  Gharollois 
à la  propager  le  plus  possible,  persuadés  que 
ce  sera  une  très-bonne  acquisition  pour  les 
amateurs  et  les  spéculateurs. 

Un  grand  nombre  de  plants  sont  déjà  en 
pépinières  chez  plusieurs  spécialistes,  no- 
tamment chez  M.  Desfossé-Thuillier,  à 
Orléans. 

D’après  M.  Gharollois,  les  derniers  filets, 
plantés  le  31  juillet,  étaient  couverts,  à l’ar- 
rière-saison, de  fleurs  et  de  fruits  qui  ont 
gelé  à l’apparition  des  premiers  froids.  Nous 
regrettons  que  M.  Gharollois  n’ait  pas 
adressé  des  échantillons  de  ces  fleurs  et 
fruits  d’arrière-saison  à la  Société  nationale 
d’horticulture,  où  le  comité  compétent  les 
aurait  examinés,  en  les  comparant  aux 
autres  Fraisiers  remontants  à gros  fruits, 
qui  ont  été  présentés  cette  année. 

Culture  des  Orchidées  indigènes.  — 

On  sait  qu’il  est  difficile  de  cultiver  les 
Orchidées  indigènes  dans  les  jardins.  Un 
article  que  nous  avons  lu  sur  l’acclimatation 
en  Allemagne  des  Orchidées  italiennes  de 
pleine  terre,  dans  le  journal  Moller’s 
Gartner  Zeitung,  donne  à cet  égard  les 
conseils  suivants  : 

On  plante  les  bulbilles  aussitôt  qu’on  les 
a retirés  de  leurs  pieds-mères,  autant  que 
possible  pas  trop  séparés  les  uns  des  autres, 
et  à une  profondeur  de  6 à 10  centimètres 
selon  leur  grosseur.  Puis  on  les  protège  aussi 
bien  contre  une  excessive  sécheresse  que 
contre  la  gelée  par  une  légère  couche  de 
feuilles  ou  de  mousse,  sous  laquelle  ils  pour- 
ront passer  fhiver  sans  dommage.  L’été  aussi, 
quand  ils  entrent  en  repos,  il  faut  les  laisser 
tranquilles  et  ne  pas  travailler  les  places  oû 
ils  sont  plantés. 

Si  l’on  veut  tenir  en  pots  les  Orchidées  de 
pleine  terre,  ce  à quoi  la  plupart  s’adaptent 


très-bien,  il  y a lieu  de  préparer  un  mélange 
de  terre  un  j)eu  légère  et  d’y  mêler  du  sable 
en  quantité  convenable  ; pareillement,  il  faut 
veiller  à un  bon  écoulement  de  l’eau.  Leur 
place  est  pendant  l’hiver  en  caisse  froide  ; ils 
doivent  être  alors  tenus  à l’ombre. 

Bien  que  ces  Orchidées  de  pleine  terre 
n’aient  pas  de  valeur  saillante  comme  fleurs  à 
couper,  elles  méritent  toutefois,  par  leurs 
formes  curieusement  variées  et  leurs  couleurs 
souvent  jolies,  l’estime  générale  des  amateurs 
et  ne  devraient  pas  être  absentes  de  leur 
jardin. 

Ges  préceptes  s’appliqueraient  fort  bien 
à l’acclimatation  dans  nos  jardins  de  nos 
Orchidées  indigènes,  s’ils  étaient  plus  com- 
plets. En  effet,  il  faut  bien  se  rendre 
compte  que  le  principal  obstacle  à la  re- 
prise de  ces  Orchidées  c’est  qu’on  les  dé- 
plante quand  on  les  voit,  c’est-à-dire  en 
pleine  période  de  végétation.  Il  faudrait  en 
marquer  la  place  et  revenir  en  chercher  les 
bulbes  dans  le  sol  quand  ils  sont  à l’état 
de  repos.  Un  obstacle  non  moins  grand  est 
qu’on  ne  tient  généralement  pas  assez 
compte  qu’il  faut  leur  choisir  des  milieu? 
analogues  à celui  dans  lequel  elles  croissen, 
naturellement.  Par  exemple,  VOrchis  Jaxi- 
folia,  qui  a son  habitat  dans  les  prés  argi- 
leux humides,  ne  doit  pas  être  placé  en  ter- 
rain sec  et  calcaire  qui,  au  contraire, 
conviendra  fort  bien  à VOrchis  hircina.  On 
devra  cultiver  le  Goodyera  repens  en  terre 
sableuse.  UOphrys  apifera  ( Orchis 
Abeille)  et  le  Neottia  nidus-avis  (Nid 
d’oiseau),  devront  être  plantés  sous  des 
massifs  un  peu  dénudés  à leur  base.  Enfin 
un  certain  nombre,  aux  fleurs  curieuses, 
telles  que  : Orchis  Morio  (Orchis  bouffon), 
O.  Simia  (Orchis  Singe),  O.  militaris 
(Orchis  Gasque),  Ophrys  anthropophora 
(Homme  pendu),  Ophrys  muscifera  (Or- 
chis Mouche),  etc.,  affectionneront  parti- 
culièrement les  pelouses  fraîches,  bien  her- 
beuses et  un  peu  ombragées. 

Helianthus  lætiflorus  Miss  Mellish.  — 

A la  séance  de  la'Société  nationale  d’horti- 
culture de  France  du  9 septembre  1897, 
MM.  Vilmorin-Andrieux  et  présentaient 
un  lot  de  plantes  vivaces  parmi  lesquelles 
on  remarquait  surtout  VHelianthus  læti- 
florus Miss  Mellish  ^ . Gette  plante,  qui  se 
distingue  des  autres  variétés  de  même 
espèce  par  son  port  élancé,  la  grandeur  de 
ses  fleurs  et  la  longueur  de  leurs  pédon- 
cules, est  passablement  répandue  en  Angle- 

’ Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  453. 


560 


CHRONIQUE  HORTICOLE. 


terre.  Nous  trouvons  à son  égard,  dans  le 
Gardening  illustrated^  une  courte  note 
dans  laquelle  on  insiste  judicieusement  sur 
les  avantages  qu’elle  présente  pour  la  fleur 
coupée,  ainsi  que  sur  son  tempérament  peu 
difficile  à l’égard  des  terres.  V Ilelianthus 
Miss  Mellish  est  très-robuste  et  s’implante 
facilement,  même  dans  les  sols  les  plus  in- 
grats ou  les  plus  appauvris. 

Primula  Trailli.  — Le  Primula 
Trailli,  Watt.,  originaire  de  l’Himalaya 
où  il  croît  à plus  de  5,000  mètres  d’alti- 
tude, est  actuellement  cultivé  avec  succès 
par  M.  G. -F.  Wilson,  Heatherbank,  Wey- 
bridge  (Angleterre).  M.  J. -F.  Wilson,  dans 
un  article  publié  par  le  Gardeners’  Chro- 
nicle,  démontre  que  cette  plante  est  bien 
différente  des  Primula  involucrata  et  P. 
Munroi,  contrairement  à ce  qui  avait  été 
dit  à cet  égard.  Il  donne  la  description  sui- 
vante d’un  pied  qu’il  a présenté  à Drill  Hall, 
et  qui  a obtenu  un  certificat  de  mérite  : 

Hauteur  de  la  touffe,  29  centimètres;  hau- 
teur de  la  plus  haute  tige,  40  centimètres; 
longueur  des  feuilles,  16  centimètres,  leur 
plus  grande  largeur  étant  de  8 centimètres  et 
leur  moindre  de  4.  Dix  hampes  florales  por- 
tent de  une  à cinq  fleurs  très-odorantes. 

Cette  plante  fut  élevée  sous  châssis  froid, 
au  jour,  mais  cependant  ombrée  contre  la 
grande  lumière,  de  manière  à ne  pas  être 
trop  tirée.  D’une  culture  facile,  il  est  pos- 
sible que  le  Primula  Trailli  soit  une  bonne 
acquisition  pour  les  jardins. 

Les  Chrysanthèmes  Pompons.  — On  si- 
gnale, dans  le  monde  horticole,  une  ten- 
dance à tirer  les  Chrysanthèmes  Pompons 
de  l’oubli  injustifié  dans  lequel  les  avait  fait 
tomber  la  vogue  qui  s’attache  actuelle- 
ment aux  Chrysanthèmes  à grandes  fleurs. 
11  y a pourtant  place  pour  ces  deux  sortes 
de  plantes,  dans  les  préoccupations  cultu- 
rales, car  leur  emploi  n’est  pas  le  même  ; les 
Chrysanthèmes  pompons  constituent  d’ex- 
cellentes plantes  pour  massifs  de  plein  air 
à l’entrée  de  l’hiver. 

Il  est  à présumer  que  si  une  partie  des 
efforts  des  semeurs  s’était  portée  sur  l’amé- 
lioration des  Chrysanthèmes  pompons  dans 
certains  sens  tels  que  la  multiplicité  et  l’é- 
clat des  coloris,  le  port  et  la  rusticité  des 
plantes,  etc.,  nous  pourrions  être  dotés  en 
ce  moment  encore  de  corbeilles  de  fleurs  aux 
coloris  nombreux  et  variés. 

On  semble  devoir  s’en  préoccuper  aujour- 


d’hui. Nous  lisons  à cet  égard,  dans  le  jour- 
nal The  Garden,  qu’une  série  intéres- 
sante de  Chrysanthèmes  pompons  existe  en 
Angleterre.  Les  variétés  les  plus  recherchées 
sont  les  suivantes  : 

Mlle  Elise  Dordan,  rose  œillet. 

Comte  de  Momy,  pourpre  brillant. 

William  IFesfeafce,  jaune  d’or  brillant. 

Black  Douglas,  cramoisi  sombre. 

The  President,  rose  carmin. 

Py malion,  rose  foncé. 

Prince  of  Orange,  couleur  d’ambre  brillant. 

Maid  of  Kent,  blanc  pur. 

Buhrum  perfectum,  cramoisi  brillant  à re- 
vers jaunes. 

La  jaune  d’or  vif. 

Frémy,  rouge  brique  clair  panaché  de 
jaune,  ligules  frangées  ; plante  précoce. 

Magenta  King,  magenta  brillant. 

Nous  signalons  cette  liste  à ceux  des  hor- 
ticulteurs français  qui  s’ocupent,  en  ce  mo- 
ment, de  reconstituer  dans  nos  collections 
de  Chrysanthèmes  les  formes  d’antan. 

Le  premier  Pétunia  double.  - D’après 
une  note  parue  dans  le  Journal  de  la 
Société  d'horticulture  du  Rhône,  le  pre- 
mier Pétunia  double  fut  obtenu  à Lyon, 
par  hasard,  par  le  concierge  de  la  Banque 
de  France,  qui  vendit  la  plante  à M.  Milson, 
de  la  maison  Milson  et  Pay,  marchands  de 
soieries. 

Le  jardinier  de  M.  Milson  multiplia  ce 
premier  Pétunia  double,  qui  fut  ensuite 
mis  au  commerce  par  M.  Schmitt,  de 
Lyon.  M.  Schmitt,  puis  M.  Rendatler,  de 
Nancy,  en  obtinrent  de  nouvelles  variétés. 

Conférence  publique  à Versailles.  — 
Le  dimanche  19  décembre  prochain,  à 
2 heures,  5,  rue  Gambetta,  à Versailles,  au 
siège  de  la  Société  d’horticulture  de  Seine- 
et-Ôise,  notre  collaborateur,  M.  H.  Dauthe- 
nay,  fera  une  conférence  sur  les  : « Petits 
jardins  d’amateurs  ».  La  conférence  sera 
publique  ; elle  sera  suivie  du  tirage  d’une 
tombola. 

Néciiflogie  : M.  L.  Laliman.  — Nous 
avons  le  regret  d’annoncer  la  mort  de 
M.  L.  Laliman. 

M.  Laliman  a été  le  premier  à entrevoir 
le  parti  que  l’on  pouvait  tirer  des  Vignes 
américaines  dans  la  lutte  contre  le  phyl- 
loxéra. Il  a donc  été  un  des  premiers  arti- 
sans de  la  reconstitution  des  vignobles  et  à 
ce  titre  son  nom  ne  sera  pas  oublié. 

Éd.  André. 


BEGONIA  YIAUDl. 


501 


BEGONIA  VIAUDI 


A plusieurs  reprises  nous  avons  publié, 
dans  la  Revue  horticole,  des  Bégonias  nou- 
veaux obtenus  par  M.  Bruant,  horticulteur 
à Poitiers,  grâce  à de  judicieux  croisements. 
De  ce  nombre  sont  les  Bégonia pictavensis 
et  B.  Duchartrei. 

La  plante  que  nous  décrivons  et  figurons 
aujourd’hui  (fig.  167)  provient  du  même  se- 
meur. Elle 
est  issue  du 
B.  Duchar- 
trei fécondé 
par  le  B. 
pictaven- 
sis. Celui-ci 
était  le  pro- 
duit du  B. 
metallica 
pollinisé 
parleBechi- 
nosepala 
fécondé  lui- 
même  par  le 
B.  Scharf- 
fiana.  Ces 
deux  hybri- 
des, ayant 
un  frère 
commun, 
ont  montré 
l’un  pour 
l’autre  une 
affinité  que 
l’on  ne  ren- 
contre pas 
toujours 
dans  les  hy- 
brides entre 


especes. 

Cette  nou- 
veauté inédite  est  dédiée  à M.  G.  Viaud, 
vétérinaire  de  l’armée  et  grand  amateur 
de  plantes,  dont  nous  avons  relaté  les  tra- 
vaux sur  le  végétarisme  et  les  plantes  médi- 
camenteuses. Nous  avons  pu  en  prendre 
sur  le  vif  la  description  suivante  ; 

Plante  vigoureuse,  de  végétation  intermé- 
diaire entre  les  Bégonia  Margaritæ  et  Scharf- 
fiana.  Tiges,  pétioles  et  pédoncules  robustes, 
érigés,  très-charnus,  cylindracés,  d’un  rouge 
brique  carminé,  couverts  de  poils  rouges  et 
argentés,  longs,  défléchis.  Pétioles  longs  de 
G à 10  centimètres,  accompagnés  à la  base  de 
deux  stipules  largement  ovales,  d’abord  blan- 


Fig.  167.  — Bégonia  Viaudi. 


elles  et  translucides,  puis  brunes  ; limbe 
étalé,  très-oblique,  oblong-aigu  cucullé,  à bords 
finement  denticulés,  d’un  vert  olive  miroitant 
en  dessus,  du  même  rouge  en  dessous  que  les 
pétioles  et  les  tiges,  fortement  hispide  sur  les 
deux  faces,  à nervures  fines,  enfoncées  en 
dessus,  peu  saillantes  en  dessous.  Pédoncules 
très-longs  (20  à 30  centimètres),  bien  élevés 
au-dessus  des  feuilles.  Inflorescence  en  co- 

rymbe,  à di- 
visions ui- 
cliotomes, 
lâches,  por- 
tant des 
fleurs  mo- 
noïques de  4 
centimètres 
de  diamètre, 
presque  tou- 
tes géminées 
(l’une  pédi- 
cellée,  l’au- 
tre sessile)  ; 
bractées  pe- 
tites, ovales- 
aiguës  cucul- 
lées,  blan- 
ches, fuga- 
ces; corolle 
à quatre  ou 
cinq  pétales 
presque 
égaux,  sub- 
orbiculaircs 
chez  les 
fleurs  mâles, 
largement, 
ovales  - sub- 
aigus  chez 
les  femelles, 
blanc  pur 
rosé  au  cen- 
tre, tous 
hérissés  de 
poils  rouges  sur  la  face  externe,  surtout  chez 
les  mâles.  Etamines  petites,  jaunes  ; ovaire 
rouge,  hérissé  au  centre,  à trois  ou  quatre 
ailes  linguiformes  subégales,  glabres;  stigmates 
coralliformes,  jaune  d’or. 

Le  Begoiiia  Viaudi  est  très-robuste 
il  croît  vigoureusement  l’été  à la  pleine 
terre  à mi-ombre,  et  il  pourra  être  utilisé 
plus  tard  pour  la  décoration  des  jardins 
pendant  la  belle  saison. 

C’est  également  une  belle  plante  à cul- 
tiver en  pots  pour  la  serre  tempérée  et  l’ap- 
partement, car  sa  floraison  est  incessante 
l’hiver  en  serre  et  l’été  en  plein  air. 


562 


LE  PÊCHER  GREFFÉ  SUR  ÉPINE  NOIRE. 


La  plante  est  très-vigoureuse  et  d’un 
port  dégagé  ; on  en  peut  obtenir  des  plantes 
courtes  en  faisant  des  boutures  répétées  des 
sommités  fleuries. 

Intermédiaire  pour  la  forme  entre  les 
B.  pictavensis  et  Duchartrei,  ses  feuilles 
sont  d’une  coloration  beaucoup  plus  in- 
tense que  celles  du  pictavensis^  mais  moins 
grandes  et  d’un  tissu  plus  ferme. 

Les  fleurs  sont  aussi  d’une  teinte  beau- 
coup plus  vive,  en  raison  des  nombreux 
poils  très-rouges  dont  elles  sont  ornées. 


Toute  la  plante  est  plus  rigide  que  le  B. 
pictavensis  ; cultivées  côte  à côte,  ces  deux 
formes  diffèrent  complètement  l’une  de 
l’autre.  Ses  qualités  de  fermeté  des  hampes 
florales,  de  belle  et  abondante  floraison  lui 
ont  été  communiquées  par  le  B.  Duchar- 
trei,  qui  continue  d’être  recherché  pour  la 
beauté  de  ses  inflorescences. 

En  résumé,  c’est  une  bonne  acquisition 
à joindre  aux  formes  déjà  connues  d’un 
genre  déjà  si  fécond  en  magnifiques  ou 
gracieuses  plantes.  Éd.  André. 


LE  PÊCHER  GREFFÉ  SUR  ÉPINE  NOIRE 


La  note  ci -jointe  relate  mes  essais  de 
culture  du  Pêcher  greffé  sur  Prunellier 
épineux,  vulgairement  dit  Epine  noire. 

Ce  procédé  n’est  pas  inédit  ; on  l’emploie 
dansla  Charente  et  peut-être  ailleurs.  Le  pas- 
sage suivant  lu  dans  V Arboriculture  frui- 
tière de  Gressent  (9®  édition,  1889,  p.  600), 
m’a  inspiré  l’essai  dont  je  rends  compte  : 

L’Épine  noire,  qui  pousse  toute  seule  dans 
les  fossés,  est  au  Pêcher  ce  que  l’Épine  blanche 
est  au  Poirier.  C’est  la  ressource  suprême  des 
sols  où  rien  ne  veut  pousser  ; grâce  à l’Épine 
noire,  on  peut  récolter  d’excellentes  Pêches 
indistinctement  dans  la  craie  ou  dans  la 
glaise. 

L’Épine  noire  produit  des  arbres  peu 
vigoureux,  mais  dont  les  fruits  sont  magni- 
fiques, en  raison  de  la  faiblesse  du  sujet.  On 
en  est  quitte  pour  planter  les  arbres  plus  près. 
Le  candélabre  et  l’éventail  demandant  une 
distance  de  cinq  à six  mètres,  sur  Amandier 
ou  Prunier,  seront  plantés  à trois  mètres  cin- 
quante sur  Épine  noire. 

C’est  le  seul  sujet  permettant  de  planter  le 
Pêcher  en  cordons  obliques,  pouvant  fructifier 
et  vivre  de  six  à sept  années  au  plus. 

La  culture  du  Pêcher  et  de  l’Abricotier  est 
possible  dans  les  plus  mauvais  sols,  en  les 
greffant  sur  Épine  noire,  comme  celle  du 
Poirier  greffé  sur  une  Épine  blanche,  dans  les 
sols  réputés  impossibles. 

Justement  les  Pêchers  de  mon  jardin 
refusaient  obstinément  de  pousser  : chlo- 
rose, gomme,  cloque,  tout  s’en  mêlait  et  j’en 
étais  presque  réduit  à ne  plus  récolter  que 
des  fruits  provenant  de  quelques  Pêchers  à 
haute  tige  en  plein  vent,  dits  Pêchers  de 
vigne.  C’était  le  cas  d’essayer  la  culture  sur 
Épine  noire,  puisque  l’Amandier  aussi  bien 
que  le  Prunier  ne  donnaient  aucune  satis- 
faction, malgré  les  soins  multipliés  et  les 
es't'ais  réitérés. 


Il  était  d’ailleurs  facile  de  s’en  procurer, 
elle  abonde  aux  environs. 

J’ai  donc  planté  mes  Prunelliers  au  prin- 
temps 1894.  C’étaient  de  petits  sujets  de  8 
à 9 centimètres  de  tour.  Ils  provenaient  de 
baies  et  de  landes  qui  en  sont  infestées  non 
loin  de  mon  jardin. 

Mon  intention  était  de  leur  poser  trois 
écussons  à chacun  pour  obtenir  de  suite  une 
charpente.  J’ai  dû  renoncer  à le  faire,  parce 
que  l’écorce  était  trop  épaisse  et  qu’il  n’y 
avait  pas  assez  de  sève  pour  mes  écussons. 
J’ai  laissé  les  sujets  jusqu’au  printemps  1895 
et  j’ai  alors  essayé  de  les  greffer  en  fente. 
Gomme  ils  étaient  petits,  je  n’ai  mis  à cha- 
cun qu’une  greffe  à 0"^  10  du  sol.  Tous  ont 
réussi  et  donné  dans  la  première  année  une 
pousse  de  plus  d’un  mètre. 

J’avais  choisi  pour  greffons  la  Grosse 
Mignonne  hâtive  et  la  Reine  des  vergers. 

Mes  Pêchers  ont  continué  à végéter 
avec  une  grande  vigueur,  plantés  en  espa- 
lier à la  place  même  où  leurs  prédécesseurs, 
greffés  sur  Amandier  ou  Prunier,  étaient 
morts  et  à côté  de  quelques  autres  mori- 
bonds. 

Cette  année,  les  branches  terminales  qui 
n’ont  pas  été  pincées  ont  des  pousses  de 
l'«  50  de  long,  et  la  greffe  a bien  recouvert 
la  coupe  du  sujet  sans  aucune  apparence  de 
gomme.  Ils  ont  donné  quelques  fruits  très- 
bons  et  très-beaux.  Enfin  leurs  feuilles  sont 
d’un  beau  vert  et  tout  à fait  exemptes  de  la 
cloque  qui  a envahi  d’une  façon  désas- 
treuse leurs  pauvres  voisins  chlorotiques. 

Au  mois  d’août  1896,  j'avais  mis  deux 
écussons  superposés  sur  une  petite  branche 
que  j’avais  laissé  pousser  sur  un  sujet  dont 
la  greffe  avait  manqué  au  printemps  pré- 
cédent. 

Au  ntois  d’avpil  dernier,  les  deqx  écijs-r 


DORYOPTERIS  DU  VALU. 


sons  ont  commencé  à pousser.  J’ai  sup- 
primé celui  du  haut,  l’autre  a développé 
une  belle  tige  bien  ramifiée  qui  a 1™  80  de 
haut  et  0"^  68  de  tour  à la  base. 

J’espère  continuer  avec  le  même  succès 
et  parvenir  ainsi  à rétablir  mes  espaliers  à 
peu  de  frais  et  malgré  les  observations  de 
ceux  qui  m’ont  bien  des  fois  déclaré  que 
l’on  n’avait  jamais  vu  greffer  le  Pécher 


563 

sur  l’Épine  noire  et  que,  par  conséquent,  je 
ne  réussirais  certainement  pas. 

Je  n’ai  pas  essayé  le  Poirier  sur  Épine 
blanche,  quoique  dans  mon  jardin  le  Poirier 
sur  Cognassier  pousse  très-mal  et  que  sur 
franc  il  ne  se  mette  guère  à fruit. 

Alexis  Fresneau, 

Jardinier  à la  Perraudière  (Maine-et-Loire) . 


DORYOPTERIS  DUVALII 


Un  hybride  de  Fougère  est  toujours  cu- 
rieux, d’abord  parce  qu’il  y en  a peu,  en- 
suite parce  que  le  jardinier  n’a  pas  besoin 
d’intervenir  très-directement  pour  l’obte- 
nir. En  effet,  s’il  y a affinité  entre  deux  es- 


pèces du  môme  genre,  il  suffit  de  semer 
leurs  spores  préalablement  mélangées  pour 
qu’il  y ait  croisement,  c’est-à-dire  hybrida- 
tion. 

Que  se  passe-t-i!  donc  après  le  semis  ? 


Fig.  168.  — Doryopteris  Duvalil. 


Les  spores  germent,  produisent  des 
thalles  qui  recèlent,  les  uns  des  anthé- 
ridies  (organes  mâles),  les  autres  des  ar- 
chégones  (organes  femelles).  Les  anthé- 
ridies  s’ouvrent,  laissent  échapper  des 
cellules  qui  se  déchirent  à leur  tour  pour 


livrer  passage  aux  anthérozoïdes  (corpus- 
cules fécondants). 

Ces  derniers  organes,  infiniment  petits, 
ciliés  et  en  forme  d’hélice,  ont  un  mouve- 
ment vibratoire  naturel  qui  les  fait  nager 
dans  l’eau  comme  de  microscopiques  an- 


564 


l’école  d’horticulture  de  VERSAILLES. 


giiilles  ; ils  se  dirigent  ainsi,  à travers  l’élé- 
ment aqueux,  vers  les  archégones  des 
thalles  femelles,  les  pénètrent  et  les  fé- 
condent. 

C’est  à la  suite  de  ces  divers  phénomènes 
préparatoires  que  naissent  les  Fougères  de 
semis.  Il  suffit  donc  que  l’anthérozoïde 
d’une  espèce  ait  été  amené,  parle  hasard  ou 
par  une  force  inconnue,  à féconder  l’arché- 
gone  d’une  autre  espèce  pour  qu’il  y ait 
production  d’hybride. 

Fien  qu’il  existe  un  nombre  assez  im- 
portant d’hybrides  dans  le  genre  Ptcris, 
nous  n’en  connaissions  encore  aucun  se 
rapportant  à la  section  des  Doryopteris. 

La  plante  dont  nous  donnons  une  photo- 
graphie comble  cette  lacune  ; elle  a pris 
naissance  chez  M.  Duval,  l’horticulteur 
versaillais,  et,  dans  son  taciès,  on  reconnaît 
facilement  ses  deux  parents  : le  Doryop- 
teris ou  Pteris  sagiltifolia  et  le  Doryopte- 
ris ou  Pteris  palmala. 

Le  Doryopteris  Duvalii  est  une  Fou- 
gère élégante  et  touffue,  haute  de  25  à 
30  centimètres,  dont  les  feuilles  initiales, 


au  nombre  de  5 à 8,  sont  toutes  sagittées 
à la  façon  de  celles  du  premier  parent 
(Z),  sagiltifolia). 

Les  feuilles  adultes,  chez  lesquelles  la 
longueur  (15  à 20  centimètres)  excède 
toujours  là  largeur  (12  à 15  centimètres) 
sont  multilobées,  avec  des  sinus  un  peu 
moins  profonds,  des  lobes  moins  nombreux, 
plus  larges  et  un  tissu  d’une  contexture 
plus  épaisse  que  chez  les  frondes  du 
D.  palmata. 

Au  demeurant,  le  D.  Duvalii  est  plus 
pittoresque  que  le  D.  sagiltifolia  ; plus 
étoffé,  plus  plantureux  que  le  D.  palmata. 

Ces  Fougères  sont  de  serre  chaude,  mais 
elles  n’ont  pas  besoin  d’autant  d’humidité 
que  la  plupart  des  autres  espèces.  Cette  fa- 
culté qu’elles  possèdent  de  prospérer  dans 
une  atmosphère  peu  humide  est  indiquée 
par  la  nature  presque  coriace  de  leurs 
feuilles  ; elle  explique  aussi  pourquoi  l’on 
peut  conserver  quelque  temps  les  Doryop- 
teris dans  les  appartements  sans  qu’ils  en 
souffrent  d’une  manière  sensible. 

Georges  Bellair. 


L’ÉCOLE  D’HORTICULTURE  DE  VERSAILLES 


Les  examens  d’entrée  de  la  nouvelle 
promotion  des  élèves  de  cette  Ecole  ont  eu 
lieu  dernièrement,  et  c’est  avec  plaisir  que 
nous  avons  constaté  le  nombre  toujours 
croissant  des  candidats.  Il  semble  que  la 
prospérité  de  l’École,  ses  succès  et  surtout 
les  situations  réellement  très-belles  obte- 
nues par  les  bons  élèves  depuis  quelques 
années  en  France  et  à l’étranger  aient  sti- 
mulé l’envie  des  jeunes  gens  qui  se  des- 
tinent à l’horticulture  et  le  désir  des  fa- 
milles de  procurer  à leurs  enfants  des 
positions  très-honorables  ; de  32  candidats 
inscrits  en  1887,  c’est-à-dire  il  y a dix  ans, 
le  chiffre  est  monté  d’année  en  année  à 35, 
44,  56,  65,  deux  fois  à 71,  à 78,  79,  82  et 
enfin  à 96  en  1897.  Le  nombre  des  inscrits 
a donc  triplé  depuis  dix  ans,  et  cette  indi- 
cation est  la  meilleure  preuve  des  services 
rendus  par  l’École  et  un  hommage  à son 
directeur,  M.  Nanot,  qui  a su  lui  conti- 
nuer les  traditions  du  fondateur-directeur 
A.  Hardy,  tout  en  introduisant  les  amélio- 
rations qui  sont  les  conséquences  des  pro- 
grès de  la  science  et  de  la  culture. 

Cette  augmentation  d’importance  de 
l’École  s’explique  aussi  par  le  développe- 
ment de  l’industrie  horticole  qui,  aussi 
bien  dans  le  domaine  des  fleurs  que  dans 


celui  des  fruits,  constitue  une  part  impor- 
tante de  la  richesse  nationale,  richesse  qui 
peut  se  développer  à l’infini  par  la  produc- 
tion abondante  et  l’amélioration  des  varié- 
tés; il  semble  que  notre  beau  pays  de 
France  est  un  des  plus  privilégiés  sous  le 
rapport  du  climat  et  de  la  fertilité.  Nous 
pouvons,  dans  nos  régions  du  Midi,  sur  les 
bords  de  la  Méditerranée,  produire  assez  de 
fruits,  de  légumes,  de  fleurs  pour  fournir 
l’approvisionnement  de  l’Europe  entière, 
alors  que  toute  la  partie  du  Nord  est  encore 
sous  la  neige  ; puis  vient  le  Centre,  dont  les 
produits  abondent  sur  les  marchés  quand 
la  région  du  Midi  a écoulé  les  siens,  et 
enfin,  grâce  au  charbon  qui,  dans  nos  dé- 
partements du  Nord,  est  abondant  et  peu 
coûteux,  on  peut  livrer  aux  cultures  sous 
verre  des  fruits  et  des  fleurs  qui  embel- 
lissent nos  appartements  et  garnissent  si 
somptueusement  nos  tables  pendant  la 
saison  d’hiver. 

Aussi  de  tous  côtés  de  nouvelles  cultures 
s’établissent  ; pour  être  profitables,  il  faut 
qu’elles  soient  intensives  ; produire  du  beau 
en  peu  de  temps  et  à bon  compte,  voilà  le 
problème  à résoudre  pour  vaincre  la  con- 
currence des  produits  nationaux  et  aussi 
ceux  de  l’étranger.  C’est  pourquoi  les  prin- 


505 


l’école  d’iIOIITICULTUHE  de  VERSAILLES. 


cipales  nations  de  l’Europe  ont^  depuis 
trente  années,  créé  des  écoles  d’horticul- 
ture, où  les  plus  intelligents  des  jeunes 
jardiniers  peuvent  recevoir  une  instruction 
ne  résultant  pas  seulement  dos  connais- 
sances pratiques  et  des  vieux  usages,  mais 
aussi  de  notions  importantes  d'js  sciences 
qui  se  rattachent  à l’horticulture,  la  bota- 
nique, la  physique,  la  géologie,  la  minéra- 
logie et  la  chimie  surtout,  car  les  engrais 
chimiques  plus  étudiés  et  appliqués  sui- 
vant les  besoins  rationnels  des  plantes  sont 
appelés  à jouer,  en  horticulture  un  rôle 
aussi  important  que  celui  qu’ils  jouent 
actuellement  en  agriculture. 

L’Allemagne  a créé  des  Ecoles  à Potsdam 
(le  Versailles  en  très-petit  de  Berlin),  à Co- 
logne, à Dusseldorf  ; la  Belgique  a depuis 
longtemps,  pour  la  tloricullure,  une  Ecole 
à Gand,  le  grand  centre  de  production,  et 
une  à Vilvorde  pour  les  pépinières  de  plein 
air  ; la  Suisse  possède  l’Ecole  d’horticulture 
de  Genève,  et  des  établissements  analogues 
plus  ou  moins  importants  existent  en  Italie, 
en  Hollande,  en  Autriche,  en  Suède,  etc. 
Seule  des  grandes  nations,  l’Angleterre, 
suivant  ses  habitudes,  ne  patronne  aucune 
école  officielle,  se  contentant  d’entretenir 
les  plus  belles  collections  de  plantes  du 
monde  entier  dans  les  serres  du  Jardin  de 
Kew  et  d’engager  les  jeunes  jardiniers  à 
voyager  sur  toute  la  surface  du  globe. 

De  toutes  les  Ecoles  qui  existent,  il  est 
permis  de  le  dire,  parce  que  c’est  une  vé- 
rité reconnue  parles  étrangers  eux-mêmes, 
il  n’en  existe  aucune  aussi  importante  et 
ayant  une  organisation  aussi  complète  que 
la  nôtre.  Versailles  peut  être  fier  de  cet 
établissement  créé  par  la  loi  du  16  dé- 
cembre 1873,  et  établi  au  Potager  de  Ver- 
sailles organisé  par  La  Quintinie,  jardinier 
de  Louis  XIV. 

Ge  Potager  a toute  une  histoire  que  nous  ne 
chercherons  pas  à écrire  ici,  mais  sur  laquelle 
des  documents  bien  intéressants  existent 
dans  le  Bulletin  de  l’Association  des  anciens 
élèves  de  l’École  pour  1896,  et  auquel  nous 
renvoyons  ceux  de  nos  lecteurs  que  cette 
question  intéresse  ; il  a subi  bien  des 
vicissitudes,  suivant  les  différents  régimes 
politiques  qui  se  sont  succédé  en  France 
depuis  plus  d’un  siècle. 

Bien  entretenu  pour  fournir  aux  besoins 
de  la  maison  royale  jusqu’en  1792,  il  se 
trouva  sans  affectation  pendant  la  Révolu- 
tion, et  en  mars  1793,  une  délibération,  que 
l’on  peut  lire  encore  sur  les  registres  du 
Directoire  du  district  de  Versailles,  déclara 


que  le  Potager  pouvait  être  allérmé  en  tota- 
lité avec  l’un  ou  l’autre  des  pavillons  qui  en 
dépendaient  ; les  adjudications  eurent  lieu 
en  avril  1793,  au  profit  de  A.  Lecocq, 
loueur  de  voitures  ; Vincent,  jardinier  ; 
Le  Trotteur,  sellier  ; Vallet,  marchand  de 
bois  ; Pierre  Francomme,  menuisier,  et 
ces  citoyens  purent,  moyennant  un  loyer 
total  de  2,780  livres  (chilfre  assez  élevé 
pour  celte  époque),  s’otlrir  le  luxe  de  cul- 
tiver les  (leurs,  les  fruits,  les  légumes  dans 
l’ancien  domaine  royal. 

En  1797,  le  gouvernement  de  la  Répu- 
blique reprit  une  partie  des  terrains  loués, 
et  sous  la  direction  d’un  jardinir  des  plus 
savants,  Antoine  Richard,  créa  un  jardin 
botanique  qui  fut  planté  dans  le  carré  cen- 
tral du  Potager  ; il  devait  servir  à l’École 
centrale  organisée  à Versailles  en  1798. 

Antoine  Richard,  à qui  l’on  doit  la  con- 
servation de  Trianon,  dont  la  Convention 
avait  décidé  la  destruction  et  la  vente,  dé- 
cision qui  fut  rapportée  à la  suite  des 
observations  et  du  mémoire  présenté  par 
Richard  au  représentant  Delacroix,  alors 
commissaire  de  la.  Convention  à Versailles, 
ne  tarda  pas  à établir  une  école  de  bota- 
nique des  plus  remarquables.  Il  obtint,  en 
outre,  l’autorisation  « d’établir  une  pépi- 
nière d’arbres  fruitiers,  riche  en  variétés 
rares  et  sûre  pour  le  choix  des  meilleures 
à cultiver  ».  C’était  la  reconstitution  du 
Potager. 

En  1805,  le  Jardin  rentra  dans  le  do- 
maine de  la  Couronne  et,  de  cette  époque 
jusqu’en  1848,  redevint  potager  royal  ou 
impérial  suivant  les  régimes.  Le  gouver- 
nement de  la  Piépublique  créa,  en  1848,  à 
Versailles,  l’Institut  national  agronomique) 
et  le  Potager  fut  désigné  pour  devenir  le 
Jardin  d’application  de  cette  École.  Sa 
durée,  malheureusement  pour  notre  ville, 
fut  éphémère  ; l’Empire  n’était  pas  disposé 
à encourager  les  créations  même  les  plus 
utiles  de  la  République.  Un  décret  sup- 
prima l’École  en  1852,  et  le  Potager  fut  de 
nouveau  affecté  à la  culture  des  fruits  et 
des  légumes  pour  la  maison  de  l’Em- 
pereur. 

\Tnt  la  troisième  République  qui,  à la 
suite  de  l’année  terrible,  s’attacha  dès  la 
première  heure  à organiser  en  France  un 
vaste  enseignement  agricole  et  horticole 
professionnel.  Le  Potager  de  nouveau  n’a- 
vait plus  d’affectation  spéciale  ; c’est  alors 
qu’en  1872,  une  proposition  de  loi  fut  pré- 
sentée par  MM.  Pierre  Joigneaux,  Ra- 
meau, Victor  Guichard,  relative  à la  créa- 


LA  GREFFE  MIXTE. 


566 

tion  d’une  Ecole  nationale  de  jardinage  au 
Potager  de  Versailles.  C’est  à Pierre  Joi- 
gneaux  et  à Rameau,  à leurs  démarches,  à 
leur  zèle  que  la  Ville  de  Versailles  doit  la 
fondation  de  cette  Ecole  qui  fut  ouverte  le 
l®*"  décembre  1874,  sous  la  direction  du 
regretté  et  savant  M.  Hardy.  Le  buste  de 
Pierre  Joigneaux  placé  au  milieu  de  la  cour 
d’entrée  et  celui  de  A.  Hardy  qui  sera 
inauguré  au  printemps  prochain  con- 
serveront le  souvenir  de  ces  deux  hommes 
de  bien. 

Depuis  cette  époque,  bien  des  progrès 
ont  été  accomplis  ; l’établissement  a été, 
on  peut  le  dire,  complètement  transformé. 
Les  cultures  d’arbres  fruitiers  sont  des  plus 
remarquables  en  Europe;  celles  des  lé- 
gumes, laites  avec  le  plus  grand  soin,  com- 
portent des  essais  sur  toutes  les  nouvelles 
variétés  ; jamais  les  jardins  n’ont  été  si  bien 
entretenus,  et  les  élèves  peuvent  puiser 
dans  les  collections  de  plantes  de  serres  et 
de  plein  air,  réunies  dans  le  jardin  botani- 
que, la  connaissance  des  végétaux  les  plus 
intéressants.  D’autre  part,  les  professeurs 
distingués  qui  forment  le  corps  enseignant, 
sous  la  direction  de  M.  Nanot,  initient  les 
élèves  à l’architecture  des  jardins,  à la  zoo- 
logie et  l’entomologie  horticole,  à la  bota- 
nique, à la  physique,  à la  chimie,  à la  géologie, 
etc.  ; enfin,  un  chef  d’atelier  spécial  donne 
aux  élèves  des  connaissances  utiles  sur 
l’emploi  de  la  forge,  l’ajustage,  le  charron- 
nage, la  menuiserie,  etc. 


C’est  l’ensemble  de  ces  connaissances  qui 
fait  rechercher  les  bons  élèves  dont  beau- 
coup, parmi  les  anciens,  occupent  de  fort 
belles  situations,  — comme  directeurs  de 
jardins  botaniques  ou  des  plantations  des 
villes  de  Paris,  de  Lille,  de  Clermont,  de 
Dijon,  de  Toulouse,  de  Tours,  etc.  ; rédac- 
teurs de  journaux  horticoles,  tandis  que 
beaucoup  dirigent  des  établissements  ou 
des  maisons  de  commerce  pour  la  vente  des 
graines  et  des  plantes.  Un  autre  débou- 
ché s’offre  pour  l’avenir,  c’est  la  création 
assurée  de  jardins  d’essai  dans  les  colonies, 
car  dans  l’immense  empire  colonial  que 
nous  possédons,  les  productions  naturelles 
constitueront  une  des  principales  richesses. 
Nous  ne  devrons  plus,  dans  un  délai  rap- 
proché, être  tributaires  du  Brésil  pour  obte- 
nir de  bon  café,  ni  de  l’Inde  ou  de  la  Chine 
pour  le  thé  ; ces  cultures  seront  profitables 
dans  nos  colonies  qu’elles  enrichiront,  en 
même  temps  que  le  pays  tout  entier.  Les 
premières  plantations  donnent  déjà  des  ré- 
sultats importants  en  Nouvelle-Calédonie, 
au  Gabon,  au  Congo,  au  Tonkin,  et  il  est  à 
supposer  que  la  plupart  des  plantes  tropi- 
cales réussiront  à Madagascar. 

Puisse  l’Ecole  d’horticulture  devenir  la 
pépinière  de  ces  futurs  cultivateurs,  dont 
les  produits  constitueront  l’industrie  la 
plus  sûre  et  la  meilleure  utilisation  des 
terrains  qui  n’attendent  que  des  mains  ha- 
biles et  courageuses  pour  les  mettre  en 
valeur.  A.  Truffaut. 


L4  GREFFE  MIXTE  ‘ 


On  sait  que  dans  les  greffes  ordinaires 
on  supprime  avec  soin  toutes  les  pousses 
du  sujet  au  moment  même  de  l’opération. 
Quelquefois,  pour  faire  monter  plus  facile- 
ment la  sève  au  niveau  de  la  greffe,  on  con- 
serve au  sommet  du  sujet  un  bourgeon  d’ap- 
pel ou  quelques  branches  feuillées  de  faible 
dimension.  Dans  ce  dernier  cas,  la  conser- 
vation du  bourgeon  est  toujours  tempo- 
raire et  l’on  s’empresse  de  supprimer  radi- 
calement le  tout  après  la  reprise,  car, 
dit-on,  la  vie  du  greffon  se  trouverait 
infailliblement  compromise  par  le  déve- 
loppement plus  rapide  des  pousses  du  sujet. 

Jamais  on  n’a  songé  à laisser  à demeure 
des  pousses  au  sujet,  en  surveillant  leur 
développement,  et  en  empêchant,  par  une 
taille  raisonnée,  le  sujet  de  tuer  le  greffon. 


S’il  était  cependant  possible  de  mainte- 
nir ainsi  un  équilibre  artificiel,  variable 
avec  l’âge,  entre  le  sujet  et  le  greffon  qui 
assimileraient  alors  à la  fois  et  transforme- 
raient en  sèves  élaborées  différentes  une 
même  sève  brute,  les  conditions  d’exis- 
tence des  deux  plantes  différeraient  sen- 
siblement dans  ce  procédé  et  dans  fan- 
cien. 

En  conservant  des  branches  feuillées  au 
sujet,  la  symbiose  entre  les  deux  plantes 
atteindrait  son  maximun  de  complexité. 
Pour  distinguer  le  procédé  nouveau  de  l’an- 
cien, je  le  désignerai  sous  le  nom  de  greffe, 
mixte. 

Les  conditions  biologiques  n’étant  pas  les 
mêmes  dans  la  greffe  ordinaire  et  dans  la 
greffe  mixte,  on  pouvait  s’attendre  à les  voir 
donner  des  résultats  diflerents,  tant  dans 
la  réussite  même  des  greffes  que  dans 


^ Communication  à l’Académie  des  Sciences. 


LA  GREFFE  MIXTE. 


567 


les  réactions  réciproques  du  sujet  et  du 
greffon. 

Les  expériences  suivantes  montrent  qu’il 
en  est  bien  ainsi. 

I.  — Gt'effedu  Cerisier  ordinah'e  surle  Lau- 
rier-Cerise. — Tandis  que  l’on  greffe  facilement 
les  plantes  à feuilles  persistantes  sur  les  végé- 
taux à feuilles  caduques,  la  greffe  inverse  passe 
pour  difficile  et  même  pour  impossible.  La 
raison,  c’est  que  le  sujet  à feuilles  persistantes 
étant  privé  de  feuilles  par  le  fait  de  la  greffe 
(greffe  ordinaire),  est  forcé  pendant  l’hiver  de 
recourir  au  greffon  pour  assurer  son  existence. 
Or  le  greffon  perd  ses  feuilles  pendant  cette 
saison,  et  ne  peut  lui  rendre  ce  service  d’une 
manière  efficace  : de  là  l’insuccès  final  de  la 
greffe  ordinaire. 

Avec  la  greffe  mixte,  il  en  est  tout  autre- 
ment. J’ai  écussonné,  au  printemps  de  1891, 
le  Laurier-Cerise  {Prunus  Lauro-Cerasus)  sur 
le  Mérisier  {Cerasus  avium),  en  laissant  des 
pousses  feuillées  au  sujet,  et  en  les  pinçant  sé- 
vèrement dès  qu’elles  prenaient  un  développe- 
ment inquiétant  pour  le  greffon. 

L’année  suivante,  j’ai  laissé  volontairement 
trop  de  feuilles  au  sujet  : le  greffon  a souffert, 
a peu  poussé  et  les  pucerons  l’ont  vivement 
attaqué.  A partir  de  ce  moment,  j’étais  fixé. 
Une  taille  plus  sévère  du  sujet  lui  a redonné 
la  vigueur  et  la  résistance  nécessaires.  En  lais- 
sant chaque  année  un  nombre  de  feuilles  pro- 
portionné à la  taille  croissante  du  greffon, 
l’équilibre  de  végétation  entre  les  deux  plantes 
a été  parfait,  et  leur  croissance  simultanée 


On  peut  de  ces  faits  tirer  diverses  con- 
clusions dont  voici  les  plus  importantes  : 

La  greffe  mixte  doit  être  employée 
quand  on  veut  réussir  plus  facilement  des 
greffes  entre  plantes  présentant  des  diffé- 


n’a rien  laissé  à désirer.  Le  greffon  dont  cer- 
taines pousses  ont  atteint  une  longueur  de 
1 mètre  environ  a déjà  fructifié  deux  fois. 

Je  puis  donc  considérer  cette  greffe  comme 
ayant  réussi  définitivement,  et  dire  que,  dans 
ce  cas  au  moins,  le  greffage  mixte  permet 
d’obtenir  plus  facilement  la  greffe  d’un  arbre  à 
feuilles  caduques  sur  un  arbre  à feuilles  per- 
sistantes. 

II-  — Greffe  du  Haricot  noir  de  Belgique 
sur  le  Haricot  de  Soissons  gros.  — La  greffe 
des  Haricots  et  autres  plantes  à tiges  creuses, 
considérée  comme  impossible,  réussit  fort 
bien  par  le  procédé  de  la  greffe  sur  germina- 
tion L 

Pour  mieux  observer  les  différences  pro- 
duites par  le  procédé  de  la  greffe  ordinaire  et 
par  celui  de  la  greffe  mixte,  j’ai  choisi  deux 
variétés  aussi  différentes  que  possible  : le 

Haricot  noir  de  Belgique,  nain,  assez  précoce, 
à courte  inflorescence  de  3 à 5 fleurs  violettes 
donnant  2 à 3 fruits  à gousse  tendre  et 
agréable  au  goût,  à graine  violet  noir,  de  taille 
moyenne  ; 2"  le  Haricot  de  Soissons  gros,  à 
rames,  plus  tardif,  à longue  inflorescence 
d’une  vingtaine  de  fleurs  blanc  jaunâtre,  por- 
tant 3 à 5 fruits  très-parcheminés  et  de  goût 
désagréable  et  à graines  blanches  très- 
grosses. 

J’avais  à la  fois,  dans  un  même  terrain  et  à 
la  même  exposition,  des  greffes  ordinaires, 
sans  pousses  sur  le  sujet,  des  greffes  mixtes  et 
des  témoins  appartenant  aux  deux  variétés 
greffées. 

Voici  les  résultats  comparatifs  de  ces  expé- 
riences ; 


rences  physiologiques  marquées  (greffe  des 

^ Cf.  L.  Daniel,  Sur  la  greffe  des  plantes  en 
voie  de  ger minalion{Comptes rendus  de  l'Associa- 
tion française  pour  l'avancement  des  sciences.. 
Congrès  de  Pau,  1892). 


Haricot  de  Soi.ssons 
gros 

non  greffé. 


Taille,  4“50. 

Feuilles  très-nombreu- 
ses et  très-larges. 

Fleurs  blanc  jaunâtre. 


Inflorescences  longues, 
ayant  une  vingtaine 
de  fleurs  produisant  3 
à 5 fruits. 


Fruit  parcheminé  à goût 
particulier  fort  désa- 
gréable. 

Graine  blanche. 


Greffe  mixte 
du  Haricot  noir 
sur 

le  Haricot  de  Soissons. 


Taille,  0“40. 

Feuilles  comme  celles 
du  témoin. 

Fleurs,  les  unes  vio- 
lettes, les  autres  pa- 
nachées de  blanc  et 
de  violet. 

Une  inflorescence  lon- 
gue, ayant  9 fleurs 
panachées  ; les  autres 
courtes,  semblables  à 
celles  du  témoin.  L’in- 
florescence longue  a 
donné  3 fruits. 

Fruit  à moitié  parche- 
miné, goût  prononcé 
de  la  gousse  du  Ha- 
ricot de  Soissons. 

Graine  violet  noir. 


Greffe  ordinaire 
du  Haricot  noir 
sur 

le  Haricot  de  Soissons. 


Taille,  0“25 
Feuilles  moins  nom- 
breuses, moins  vertes 
et  moins  vigoureuses. 
Fleurs  toutes  violettes. 


Inflorescences  courtes, 
à 2 ou  à 3 fleurs  don- 
nant 1 à 2 fruits. 


Fruit  un  peu  parche- 
miné à goût  rappelant 
un  peu  le  Haricot  de 
Soissons. 

Graine  violet  noir. 


Haricot  noir 
de  Belgique 
non  greffé. 


Taille,  0"i4(J. 

Feuilles  nombreuses  et 
vigoureuses. 

Fleurs  toutes  violettes. 


Inflorescences  courtes  : 
3 à 5 fleurs  produisant 
2 à 3 fruits. 


Fruit  à gousse  tendre, 
sans  parchemin , à 
goût  très-agréable. 

Graine  violet  noir. 


568 


LES  CATALOGUES. 


arbres  à feuilles  caduques  sur  arbres  à 
feuilles  persistantes). 

2°  L’influence  directe  du  sujet  sur  le 
greffon  ne  se  produit  pas  de  la  même  façon 
dans  la  greffe  mixte  et  dans  la  greffe  ordi- 
naire. 

Les  phénomènes  que  l’on  peut  attribuer 
aux  variations  de  milieu  (taille  et  vigueur 
relative  du  greffon,  résistance  aux  parasi- 
tes) sont  moins  accentués  dans  la  greffe 
mixte.  Mais,  au  contraire,  certains  ca- 
ractères particuliers  de  la  variété  sujet 
(goût,  forme  des  fruits,  couleur  de  la 
fleur,  etc.)  se  mélangent  beaucoup  plus 
facilement  à ceux  du  greffon  dans  ce 


genre  de  greffe  que  dans  la  greffe  ordinaire. 

3®  Les  semeurs,  qui  voudront  créer  par 
la  greffe  des  variétés  nouvelles  ‘ ayant  une 
qualité  déterminée,  c’est-à-dire  faire  ac- 
quérir au  greffon  ou  à sa  postérité  certains 
caractères  d’un  sujet  donné,  devront  se 
servir  de  préférence  de  la  greffe  mixte  au 
lieu  de  la  greffe  ordinaire. 

4'’  Les  greffeurs,  qui  voudront  au  con- 
traire maintenir  aussi  intacte  que  possible 
la  variété  du  grefïbn,  devront  employer  la 
greffe  ordinaire  et  laisser  au  sujet  le  moins 
possible  de  parties  vertes,  c’est-à-dire 
greffer  près  de  la  racine. 

L.  Daniel. 


LES  C4TAL0GIJES 


La  Revue  horticole  continuera  en 
1898,  comme  elle  l’a  fait  les  années  précé- 
dentes, à tenir  ses  abonnés  au  courant  de 
la  publication  des  catalogues  des  horticul- 
teurs. 

Les  catalogues  paraissent  à des  époques 
différentes,  selon  les  spécialités  auxquelles 
ils  se  rapportent. 

Durant  tout  l’hiver  et  jusqu’au  mois  de 
février,  nous  recevons  des  catalogues  de 
marchands  grainiers. 

De  février  jusqu’en  juin,  nous  parvien- 
nent ceux  des  horticulteurs  qui  vendent 
particulièrement  les  plantes  fleuries  pour 
la  pleine  terre. 

Dès  le  mois  d’août  apparaissent  les  cata- 
logues d’ognons  à fleurs,  que  nous  rece- 
vons encore  en  septembre. 

Ceux  qui  sont  relatifs  aux  Chrysanthèmes 
commencent  à nous  arriver  à cette  époque 
pour  s’arrêter  au  milieu  des  envois  des 
catalogues  de  rosiéristes  et  de  pépiniéristes  ; 
ces  derniers  terminent  l’année. 

Il  résulte  de  cette  publication  quasi-inin- 
terrompue de  catalogues  que,  si  nous  les 
mentionnons  au  fur  et  à mesure  de  leur 
arrivée,  ils  se  trouveront  répartis  à peu  près 
dans  tous  les  numéros  du  journal.  D’autre 
part,  si  nous  attendons  d’en  avoir  réuni  un 
bon  nombre  pour  les  signaler,  nous  ris- 
quons d’arriver  trop  tard  en  saison.  Ou 
bien  encore,  tel  moment  arbitrairement 
choisi  conviendrait  aux  Chrysanthèmes,  par 
exemple,  tandis  qu’il  serait  devenu  inutile 
pour  les  ognons  à fleurs. 

Nous  avons,  pour  obvier  à ces  divers  in- 
convénients, résolu  de  signaler  les  cata- 
logues par  séries,  correspondant  chacune  à 
une  spécialité  importante  : — marchands 


grainiers  — fleuristes  — Ognons  à fleurs 
— Chrysanthèmes  — Rosiers-Pépiniéristes. 
Soit  six  séries  que  nous  voudrions  faire  pa- 
raître à époques  à peu  près  fixes,  chaque 
époque  correspondant  à l’ouverture  de 
chaque  saison,  ou  la  précédant  de  quelque 
temps. 

Mais  nous  ne  voulons  pas  déterminer  dès 
à présent,  et  théoriquement,  pour  ainsi 
dire,  les  dates  auxquelles  nous  publierons 
ces  séries  de  catalogues,  ni  les  séries  elles- 
mêmes.  C’est  l’envoi  des  catalogues  par  les 
intéressés  qui  nous  sera  le  guide  le  plus 
sûr  à cet  égard,  mais  à la  condition 
bien  entendu,  que  cet  envoi  nous  soit  fait 
dès  la  publication  du  catalogue. 

Nous  prions  donc  les  horticulteurs  et 
marchands  grainiers  de  bien  vouloir,  à 
partir  d’aujourd’hui,  nous  adresser  leur  ca- 
talogue aussitôt  son  apparition,  et  ce, 
en  y joignant  la  bande  d’adresse  sous  la- 
quelle leur  parvient  la  Revue  horticole. 
Pour  nous  éviter  des  recherches,  et  faciliter 
notre  travail,  il  leur  suffira  de  coller  cette 
bande  au  verso  de  la  première  page  du  ca- 
talogue. 

Il  nous  reste  à dire  de  quelle  manière 
nous  mentionnerons  l’apparition  des  cata- 
logues. Jusqu’à  présent,  nous  avons  fait 
suivre  le  nom  et  l’adresse  de  chaque  horti- 
culteur, d’un  résumé  sommaire  des  diffé- 
rentes parties  de  son  catalogue.  Ce  résumé, 
forcément  incomplet,  ne  donnait  que  des 
indications  assez  vagues.  Puis  ce  résumé  se 
répétait  à peu  près  identiquement  pour  les 
autres  noms,  un  peu  plus  loin. 

- L.  Daniel,  Créalion  de  variétés  nouvelles  par 
la  greffe  (Comptes  rendus,  30  avril,  1894), 


Revue  Ilortieele 


Fjxiisier  remonta rvl  a.  gros  fruits  S^Foseph . 


L.JJescoj'ivps  -Scwourec . dd 


ChrotrwLU-h  J.  L L’cfjort . B~^ux<dUs 


L15S  FRAISIERS  REMONTANTS  A GROS  FRUITS.  — LE  FRAISIER  SAINT-JOSEPH.  5G9 


Il  y avait  là  une  répétition  inutile,  et  qui 
prenait  de  la  place. 

Afin  de  ne  pas  tomber  dans  ces  redites 
inutiles,  nous  adopterons  une  seule  et 
même  rubrique  pour  chaque  série,  et  nous 
mettrons  sous  cette  rubrique  la  liste  des 
horticulteurs. 

Mais  il  y a plus.  Prenons  pour  exemple 
la  série  des  pépiniéristes.  Tous  vendent  des 
arbres  fruitiers  : Pêchers,  Pruniers,  Poi- 
riers, Pommiers,  etc.  Tous  vendent  aussi 
des  arbres  et  des  arbustes  d’ornement  à 
feuilles  caduques  ou  persistantes,  grim- 
pants, verts,  etc.  Mais  M.  X...  a,  cette  an- 
née, par  exemple,  un  remarquable  stock  de 
jeunes  plants  de  Conifères.  D’autre  part, 
M.  Y...  annonce  une  Pêche  nouvelle. 
M.  Z...  lui,  s’attache  à la  culture  des  Clé- 
matites, et  tient  à ce  que  le  public  ne 
l’oublie  pas.  Voilà  donc  trois  horticulteurs 
qui,  en  outre  des  spécialités  dont  ils  tien- 
nent commerce,  en  offrent  quelques-unes 
dont  la  culture  leur  est  plus  personnelle, 
ou  dont  la  provision  et  le  bon  aloi  sont  su- 
périeurs à l’habitude.  Tous  trois  ont  intérêt 
à faire  connaître  leur  cas  au  public  ; des 
cas  analogues  peuvent  se  présenter  pour 
leurs  confrères. 

Nous  réserverons  donc  à chacun  de  nos 
horticulteurs  abonnés,  qui  nous  adressera 


son  catalogue  en  temps  utile,  un  espace  de 
deux  à trois  lignes,  à la  suite  de  son  nom 
et  de  son  adresse,  pour  y indiquer  les  spé- 
cialités qu’il  jugera  les  plus  intéressantes. 
Mais  encore  faudra-t-il  que  chacun  d’eux 
prenne  la  peine  de  les  mentionner  lui- 
même  par  une  lettre,  ou  une  carte  postale 
qu’il  nous  adressera. 

Pour  l’horticulteur  qui  ne  nous  enveri’a 
que  son  catalogue,  nous  ne  mettrons  (fue 
son  nom  et  son  adresse  sous  la  rubrique 
générale  qui  nous  paraîtra  lui  convenir. 

En  offrant  ainsi  aux  horticulteurs,  abon- 
nés à la  Revue  horticole,  cette  publicité 
gratuite,  ce  n’est  pas  seulement  leurs  inté- 
rêts que  nous  avons  en  vue  : c’est  aussi 
l’intérêt  de  tous  nos  abonnés,  en  leur  four- 
nissant en  bloc  tous  les  renseignements 
dont  ils  pourront  avoir  besoin  pour  les 
achats  qu’ils  ont  à faire. 

Nos  abonnés  nous  écrivent  souvent  pour 
nous  demander  où  ils  doivent  s’adresser 
pour  avoir  tel  ou  tel  genre  de  plantes  dans 
telle  ou  telle  région  : la  mention  régulière 
des  catalogues  des  principaux  horticulteurs, 
groupés  sous  des  rubriques  générales,  et 
avec  l’indication  des  spécialités,  ne  pourra 
manquer  d’être  utile  tout  à la  fois  aux  hor- 
ticulteurs et  aux  abonnés. 

H.  Dauthenay. 


LES  FRAISIERS  REMONTANTS  A GROS  FRUITS 

LE  FRAISIER  SAINT-JOSEPH 


Quand  un  fait  nouveau  se  produit  en 
horticulture,  fait  qui  marque  un  pas  en 
avant  dans  la  voie  du  progrès,  la  masse  du 
public  en  est  le  plus  souvent  frappée  et 
étonnée  comme  d’une  manifestation  subite 
et  imprévue,  mais  il  est  rare  que  l’obser- 
vateur attentif  et  compétent  partage  cette 
manière  de  \oir.  Presque  toujours  des 
indices  prémonitoires  ont  pour  lui  dénoncé 
à l’avance  la  découverte  qui  allait  se  faire 
et  lui  ont,  pour  employer  l’expression  fami- 
lière, fait  sentir  que  la  chose  était  dans 
l’air. 

Cette  observation  s’applique  d’une  façon 
très-exacte  à l’obtention  du  Fraisier  remow- 
tant  Saint-Joseph,  laquelle,  bien  que  toute 
nouvelle  pour  le  grand  public,  remonte 
déjà  à l’année  1893,  et  était  de  divers  cher- 
cheurs et  amateurs  pressentie  et  attendue 
depuis  quinze  ou  vingt  ans  pour  le  moins. 
Rendons  d’abord  justice  à l’obtenteur  heu- 
reux, qui,  le  premier,  a réalisé  pleinement  ce 


que  d’autres  et  lui-même  avaient  longtemps 
cherché.  C’est  en  1893  que  le  Fraisier 
Saint-Joseph  a été  obtenu  de  semis,  à 
Clanoves,  dans  le  département  de  Saône-et- 
Loire,  par  M.  l’abbé  Thivolet,  curé  de  cette 
localité. 

C’était  un  coup  de  maître,  mais  ce  n’était 
pas  un  coup  d’essai. 

Dès  1880,  l’abbé  Thivolet,  amateur 
ardent  d’horticulture,  avait  conçu  le  désir 
d’obtenir  un  Fraisier  à gros  fruit  remon- 
tant, qui  fût  aux  autres  variétés  usuelles  ce 
que  le  Fraisier  des  Alpes  est  au  Fraisier  des 
bois.  Quoique  dissuadé  par  un  confrère  de 
chercher  la  voie  menant  à cette  obtention 
dans  le  croisement  d’un  Fraisier  à gros 
fruits  par  le  Fraisier  des  Alpes,  il  eut 
recours  à cette  opération,  dit-il  lui-même, 
dans  un  article  publié  dans  le  Moniteur 
des  Campagnes,  organe  agricole  et  hor- 
ticole paraissant  à Saint-Quentin. 

Le  résultat  du  semis  ainsi  préparé,  ce  fut 


570  LES  FRAISIERS  REMONTANTS  A GROS  FRUITS.  — LE  FRAISIER  SAINT-JOSEPH. 


un  Fraisier  incomplètement  remontant, 
surtout  peu  fertile,  qui  fut  nommé  Roi 
Henri.  Je  ne  me  permettrai  pas  de  révoquer 
en  doute  le  fait  de  ce  croisement,  que  l’ob- 
tenteur du  Fraisier  Saint-Joseph  mentionne 
lui-même  ; mais  ce  dont  je  doute  absolu- 
ment, et  ce  dont  tout  connaisseur  des 
Fraises  doutera  comme  moi,  c’est  que  le 
croisement  en  question  ait  produit  le 
moindre  effet.  Aucun  caractère  de  végé- 
tation, en  effet,  pas  plus  dans  le  Fraisier 
Roi  Henri  que  dans  le  Fraisier  Saint- 
Joseph  ne  révèle  à un  degré  quelconque  la 
moindre  parenté  avec  le  Fraisier  des 
Alpes.  Il  n’est  du  reste  aucunement  néces- 
saire d’invoquer  l’intervention  de  cette 
espèce  pour  expliquer  l’apparition  de  la 
tendance  à remonter  dans  un  Fraisier  à 
gros  fruits. 

Cette  tendance  existe,  et  presque  dans 
tous  les  Fraisiers  elle  se  manifeste  de  temps 
à autre.  Rien  n’est  plus  fréquent  que  de 
voir,  dans  les  jardins  ou  même  dans  les 
champs,  des  Fraisiers  de  Variété  commune, 
\si  Princesse  Royale  y souvent  la  Vicomtesse 
Héricart  de  Thury,  plus  fréquemment  que 
toute  autre  la  Belle  Lyonnaise,  donner  à 
l’automne  une  seconde  floraison.  Ce  qui, 
chez  ces  variétés,  est  à la  vérité  une  excep- 
tion, mais  une  exception  fréquente,  nor- 
male et  presque  passsée  dans  les  habitudes, 
peut  facilement  devenir  la  règle  dans  une 
autre  variété. 

Qu’est-ce,  pour  un  Fraisier,  que  de  re- 
monter ? C’est,  au  lieu  de  se  borner  à déve- 
lopper au  printemps  un  ou  deux  des  bour- 
geons axillaires  de  chaque  tige  en  hampe 
florale,  de  développer  sous  cette  forme 
quelques-uns  des  bourgeons  successifs  qui, 
dans  le  cours  habituel  des  choses,  s’allon- 
gent en  forme  de  coulants.  Dans  les  Frai- 
siers qui  remontent  accidentellement  à 
l’automne,  la  hampe  florale,  qui  apparaît 
en  septembre  ou  octobre,  remplace,  selon 
toute  apparence,  un  des  derniers  filets  que 
produirait  la  plante. 

Que  ce  remplacement  se  fasse  plus  fré- 
quemment, et  pendant  tonte  la  saison  d’été, 
et  l’on  aura  un  Fraisier  qu’on  pourra  dire 
non-seulement  remontant,  mais  même  per- 
pétuel. Or,  ces  Fraisiers  à gros  fruits,  re- 
montants ou  même  perpétuels,  ce  n’est  pas 
seulement  depuis  1880  qu’ils  existent  ; les 
documents  les  plus  certains  nous  ont  gardé 
le  souvenir  d’une  variété  au  moins  nota- 
blement plus  ancienne.  Je  veux  parler 
du  Fraisier  V Inépuisable  obtenu  par  la 
maison  Mabille,  de  Limoges,  et  mis  au 


commerce  au  plus  tard  en  1871.  Le  n"  du 
l^r  octobre  1871  de  la  Revue  horticole  en 
fait  mention,  sous  la  signature  de  son  obten- 
teur, à la  page  506.  La  plante  y est  pré- 
sentée comme  très-vigoureuse,  très -pro- 
ductive et  abondamment  remontante.  La 
nouvelle  variété  ne  justifia  pas  toutes  les 
espérances  qu’elle  avait  fait  concevoir.  Dans 
le  numéro  du  l^r  janvier  1874,  M.  Edouard 
André  dit  que,  chez  lui,  en  Touraine,  la 
plante  n’est  « inépuisable  qu’en  feuilles  » ; il 
reconnaît  toutefoîs  que,  à Limoges,  chez 
l’obtenteur  lui-même,  dont  la  bonne  foi 
et  la  compétence  sont  ainsi  pleinement  éta- 
blies, il  a vu  la  plante  en  pleine  fructifica- 
tion au  mois  de  novembre  1874.  Il  sem- 
blerait, d’après  cela,  que  le  climat  natal  fût 
nécessaire  au  bon  succès  de  cette  variété  de 
Fraisier,  car,  aux  environs  de  Paris,  je  l’ai 
cultivée  longtemps  sans  obtenir  jamais, 
même  à la  première  floraison  du  prin- 
temps, des  fruits  tant  soit  peu  présen- 
tables. Son  défaut,  autant  que  je  puis  le 
présumer,  était  de  ne  pas  posséder  des  or- 
ganes sexuels  bien  conformés  ; soit  les 
étamines,  soit  les  pistils,  devaient  présenter 
quelque  lacune  dans  leur  organisation,  car 
la  floraison  était  abondante,  répétée,  ce  qui 
prouve  la  thèse  émise  plus  haut,  qu’il 
existait  dès  lors,  chez  les  Fraisiers  à gros 
fruit,  la  faculté  d’émettre  perpétuellement 
des  tiges  florales,  mais  à ces  fleurs  si  nom- 
breuses ne  succédaient  presque  jamais  de 
fruits  bien  développés.  Quand  les  Fraises 
prenaient  un  commencement  de  dévelop- 
pement, elles  étaient  presque  toujours 
petites,  difformes,  irrégulières,  comme  il 
arrive  quand  la  fécondation  ne  s’est  faite 
qu’incomplêtement. 

Ce  que  je  viens  de  dire  du  Fraisier  V Iné- 
puisable, le  premier  précurseur  des  Frai- 
siers remontants,  s’applique  dans  une  large 
mesure  au  Fraisier  Roi  Henri.  Ce  qui  l’a 
empêché  de  sortir  du  domaine  des  plantes 
curieuses,  et  d’être  adopté  par  les  amateurs 
et  les  cultivateurs^  ç’a  été  l’imperfection  de 
la  manière  dont  nouaient  ses  fruits.  A des 
fleurs  nombreuses,  à première  vue  bien 
conformées,  ne  succédaient  que  des  fruits 
petits,  mal  conformés,  et  très-souvent  com- 
plètement avortés. 

L’abbé  Thivolet  reconnaît  très-loyalement 
que  cette  première  obtention  lui  a causé 
quelques  déboires.  Néanmoins,  il  ne  se 
découragea  pas,  et  par  des  fécondations 
faites  entre  son  premier  Fraisier  remontant 
et  des  variétés  nouant  bien,  il  obtint  quel- 
ques gains  nouveaux  moins  remontants 


LES  FRAISIERS  REMONTANTS  A GROS  FRUITS.  — LE  FRAISIER  SAINT-JOSEPH.  571 


que  le  Roi  Henri,  mais  nouant  mieux  et 
développant  des  fruits  de  bonne  forme  et 
de  volume  satisfaisant.  Il  en  cite  deux  en 
particulier  : Robert  Le  Fort  et  Léoji  XIII. 
« Mais,  dit-il,  ce  n’était  pas  ce  que  j’avais 
rêvé.  Ces  deux  dernières  variétés  atti- 
rèrent cependant  mon  attention,  et  c’est 
sur  ces  deux  variétés  que  je  concentrai 
mon  travail.  L’une,  Robert  Le  Fort,  était 
remarquable  par  l’abondance  de  ses  fleurs  ; 
l’autre,  Léon  XIII,  moins  floribonde  mais 
parfaitement  remontante,  se  distinguait  par 
sa  fructification  parfaite.  J’ai  passé  dix  ans 
à chercher,  à faire  des  expériences  en  les 
fécondant  l’une  par  l’autre,  poursuivant 
l’idéal  de  la  F ]*aise  anglaise  remontante  aussi 
bien  que  de  la  Fraise  des  Alpes. 

((  En  1892,  j’avais  fait  un  semis  de  Frai- 
siers préparé  avec  tous  les  soins  et  toutes  les 
précautions  possibles.  Je  les  surveillais  avec 
la  tendresse  d’un  père  pour  ses  enfants. 
Parmi  ces  nombreux  plants,  l’un  d’eux  at- 
tira d’abord  mon  attention  par  la  beauté  de 
ses  fruits,  puis  des  fleurs  se  succédèrent 
sans  discontinuer,  la  fructification  était 
parfaite,  la  dernière  fleur  nouait  aussi  bien 
que  la  première.  La  Fraise  anglaise  remon- 
tante était  trouvée  ! » 

Il  n’y  a rien  à rabattre  de  cette  fanfare 
triomphale,  sonnée  par  un  amateur  persé- 
vérant, arrivé  au  but  qu’il  s’était  proposé 
depuis  de  longues  années.  Il  y a lieu  de  dire 
avec  lui:  le  Fraisier  à gros  fruit  remontant 
et  même  perpétuel  est  trouvé.  C’est  un  fait 
horticole  de  grande  importance,  que  le  Ron 
Jardinier  a déjà  enregistré  dans  sa  chro- 
nique annuelle  des  nouveautés,  et  que  la 
Revue  horticole  a déjà  mentionné  dans  ses 
comptes  rendus  des  séances  de  la  Société 
d’horticulture  de  France. 

Mais  comment,  dira-t-on,  expliquer 
qu’une  plante  de  ce  mérite,  obtenue  dès 
1893,  couronnée  dès  1894  par  la  Société 
d’horticulture  de  France,  dans  sa  séance  du 
27  septembre,  d’une  prime  de  première 
classe,  n’ait  pas  fait  plus  rapidement  son 
chemin?  On  peut  répondre  à cela  qu’après 
les  déceptions  relatives,  éprouvées  avec  les 
devanciers  du  Fraisier  Saint- Joseph,  le 
monde  horticole  était  devenu  un  peu  scep- 
tique à l’endroit  de  la  grosse  Fraise  remon- 
tante. Il  faut  dire  aussi  que  le  nom  de 
l’obtenteur  n’avait  pas  une  bien  grande  no- 
toriété horticole,  et  que  les  moyens  de 
propagande  dont  il  disposait  en  faveur  de 
son  gain  n’étaient  pas  des  plus  puissants.  Je 
dois  avouer,  en  ce  qui  me  concerne,  que 
vivement  préoccupé  depuis  de  longues 


années  de  la  question  du  Fraisier  à gros 
fruits  remontant,  j’avais  laissé  passer,  sans 
m’en  apercevoir  aucunement,  la  présenta- 
tion du  Fraisier  Saint-Joseph  à la  Société 
d’horticulture  et  la  distinction  qui  lui 
avait  été  accordée.  Au  cours  de  l’année 
1895  seulement,  j’en  ai  eu  entre  les  mains 
un  certain  nombre  de  pieds,  et  j’ai  pu  me 
rendre  compte,  dès  le  premier  moment, 
qu’il  y avait  là  plus  et  mieux  que  tous  les 
Fraisiers  remontants  distribués  jusquà  ce 
jour.  Ce  qu’une  première  année  d’observa- 
tion m’avait  amené  à penser,  l’été  et  l’au- 
tomne de  1896  et  surtout  ceux  de  1897  l’ont 
confirmé  de  la  manière  la  plus  éclatante. 
Pendant  toute  la  belle  saison,  non  pas  seu- 
lement sur  quelques  pieds,  mais  sur  une 
plantation  de  plusieurs  ares,  faite  en  plein 
champ,  la  production  des  hampes  florales 
n’a  pas  été  un  moment  interrompue. 
Certains  pieds  de  seconde  année  ont  porté  à 
la  fois  jusqu’à  sept  et  huit  hampes  fleuries 
à divers  degrés  d’avancement  ; et  je  puis 
affirmer,  sans  aucune  exagération,  qu’une 
trentaine  de  ces  pieds,  bien  choisis,  auraient 
pu  fournir,  pendant  toute  la  saison,  une  sou- 
coupe très-convenable  de  fruits  bien  mûrs  et 
savoureux  tous  les  matins.  Et  la  succession 
des  fruits,  produite  surtout  par  l’émission 
de  hampes  florales  nouvelles  naissant  sur 
chaque  axe  principal  de  végétation,  à l’ais- 
selle de  nouvelles  feuilles,  s’augmente 
encore  fréquemment  par  la  floraison  préma- 
turée  de  coulants  de  l’année,  qui,  à peine 
enracinés  et  quelquefois  même  avant  de 
s’enraciner,  fleurissent  en  temps  utile  pour 
mûrir  encore  leurs  fruits  pendant  la  belle 
saison.  La  grande  supériorité  du  Fraisier 
Saint- Joseph  réside  surtout,  comme  le  dit 
très-exactement  son  obtenteur,  dans  le  fait 
que  la  fécondation  s’y  fait  très-régulièrement, 
et  que  les  fleurs  jusqu’aux  dernières  pro- 
duisent toutes  un  fruit,  plus  ou  moins  gros 
naturellement,  suivant  la  place  que  la 
heur  occupe  sur  la  hampe. 

Bien  entendu,  comme  dans  la  nature  rien 
ne  se  fait  de  rien,  il  va  de  soi  que,  pour  obtenir 
une  production  soutenue  et  abondante,  il 
faut  nourrir  et  arroser  la  plantation  de 
Fraisier  Saint- Joseph  pendant  tout  le  temps 
où  l’on  désire  en  obtenir  des  fruits  : comme 
tous  les  êtres  organisés,  il  donne  à propor- 
tion de  ce  qu’il  reçoit. 

Il  n’est  pas  utile  d’insister  sur  les  carac- 
tères physiques  du  Fraisier  Saint- Joseph, 
l’excellente  planche  coloriée  que  cet  article 
accompagne  fournissant  la  meilleure  et  la 
plus  exacte  des  descriptions. 


57-2  LES  FRAISIERS  REMONTANTS  A GROS  FRUITS. 


Le  feuillage,  on  le  voit,  est  d’un  faible  déve- 
loppement, mais  abondant,  ramassé  et  d’une 
teinte  foncée,  qui  indique  la  grande  vigueur 
de  la  plante.  Les  hampes  florales  sont  rela- 
tivement courtes  et  se  développent  oblique- 
ment par  rapport  à la  surface  du  sol,  plutôt 
qu’elles  ne  se  dressent  au-dessus  du  feuil- 
lage. C’est  un  des  motifs  pour  lesquels  il  est 
plus  utile,  dans  le  cas  de  cette  variété,  que 
pour  beaucoup  d’autres,  de  soutenir  les 
fruits  au  moyen  de  supports  spéciaux,  comme 


— LE  FRAISIER  SAINT-JOSEI’H. 

on  le  voit  dans  la  fig.  169,  et  de  les  sous- 
traire ainsi  au  contact  du  sol. 

Le  coulant  qui  est  figuré  s’élevant  et 
retombant  ensuite  vers  le  sol  n’a  été  ainsi  dis- 
posé que  pour  être  contenu  dans  la  planche. 
En  réalité  il  devrait  s’allonger  horizontale- 
ment sur  le  sol  en  s’éloignant  du  pied  qui 
lui  donne  naissance.  Quelquefois,  par  une 
anomalie  que  je  n’ai  jamais  observée  que 
dans  le  Fraisier  Saint- Joseph,  le  coulant  se 
termine,  à 25  ou  30  centimètres  de  son 


point  de  départ,  par  une  grappe  de  fleurs  qui 
le  termine  tandis  qu’une  ramification  partie 
de  l’aisselle  d’une  bractée  continue  littérale- 
ment la  végétation  herbacée  du  coulant  et 
donne  naissance  à des  nœuds  feuillés  qui 
s’enracinent  de  la  façon  ordinaire.  On  voit 
là  une  preuve  de  l’identité  foncière  du  cou- 
lant et  de  la  hampe  florale. 

Les  fruits,  bien  colorés,  de  volume  mé- 
diocre quand  on  les  laisse  tous  se  déve- 
lopper, ont  la  chair  rouge,  très-sucrée, 
fondante  et  parfumée.  La  qualité  du  fruit  a 
beaucoup  d’analogie  avec  celle  de  la  Fraise 


Vicomtesse  Héricart  de  Thuvy  (la  Ricart, 
comme  on  dit,  par  abréviation,  à la  Halle 
de  Paris,  où  elle  tient  le  premier  rang  dans 
l’estime  des  gastronomes). 

En  réalité,  l’horticulture  est,  dès  main- 
tenant, pourvue,  grâce  à M.  l’abbé  Thivolet, 
d’un  véritable  Fraisier  à gros  fruit  remon- 
tant, dont  on  ne  saurait  trop  recommander 
l’adoption  aux  amateurs  et  aux  cultivateurs. 
Il  aura  vraisemblablement  bientôt  des 
émules  ; mais  il  n’en  gardera  pas  moins  le 
mérite  d avoir  été  le  premier  de  sa  série. 

Henry  L.  de  Vilmorin. 


LES  PHILODENDRONS  ET  LEUR  CULTURE. 


573 


LES  PHILODENDRONS  ET  LELR  CULTURE 


Le  genre  Philodendron  — du  grec 
j’aime,  et  hv^pov,  arbre  — par  allusion  à la 
nature  grimpante  de  beaucoup  d’espèces, 
a été  fondé  par  Schott  pour  des  Aroïdées 
généralement  sarmenteuses  ou  rampantes, 
rarement  acaules  ou  à tiges  courtes,  émet- 
tant sur  celles-ci  des  racines  adventives 
quelquefois  très-longues. 

Ce  sont  des  plantes  de  serre  chaude  et 
tempérée,  remarquables  par  les  formes 
curieuses  qu’affectent  leurs  feuilles  ou  par 
la  beauté  de  leur  coloris,  dont  les  tons 


veloutés  ou  marmoréens  rappellent  ceux  de 
certains  Anthurium  à feuillage,  et  par  leur 
port  grêle  ou  robuste,  qui  leur  donne  un 
cachet  original  ou  un  ensemble  majestueux. 

Le  faciès  exotique  qui  les  caractérise,  la 
nature  grimpante  de  la  plupart  des  espèces, 
qui  permet  de  les  employer  à la  décoration 
des  chevrons  et  piliers  des  serres,  leur 
facile  culture,  sont  autant  de  titres  qui 
doivent  appeler  l’attention  des  amateurs 
sur  ces  magnifiques  végétaux  du  Nouveau- 
Monde. 


Le  genre  comprend  une  centaine  d’espèces, 
dont  voici  une  brève  description  sur  les 
plus  remarquables  et  les  mieux  connues  : 

Ph.  Andrmrmm,  Devansaye.  Colombie.  1886. 
- Magnifique  espèce  sub-grimpante,  à feuilles 
pendantes  de  0™60  à 1^00  de  long,  sur  0”'25 
de  large,  allongées,  aigües,  cordiformes  à la 
base,  d’un  beau  vert  foncé  luisant  à reflets  mé- 
talliques. Serre  chaude. 

P.  bipinnatifidum,  Schott.  Brésil.  1829.  — 
Tige  épaisse,  portant  la  cicatrice  des  anciennes 
feuilles,  émettant  des  racines  adventives  ; pé- 
tioles arrondis  et  longs  de  plus  d’un  mètre, 
dégageant  une  forte  odeur  sulfureuse  lorsqu’on 
les  brise  ; feuilles  amples,  ovales-cordiformes, 
longues  d’environ  0«i40  et  larges  de  0™20  à 0>ii25, 
bipinnatifides.  Serre  tempérée. 

P.  brevilaminatunij  Schott,  Bahia.  1860.  — 
Plante  grimpante  dont  les  jeunes  feuilles  sont 


ovales-cordiformes,  courtement  arrondies  et 
celles  adultes  presque  triangulaires. 

P.  calophyllum,  Brongt.  Brésil.  1872.  — 
Espèce  caulescente  dont  l’ensemble  rappelle 
le  Cochliostema  Jacohianum.  Serre  tem- 
pérée. 

P.  cannæfolium,  Mart.  Brésil.  1831.  — Tige 
réduite  dont  les  forts  pétioles  portent  des 
feuilles  de  0m30  de  long,  ovales-lancéolées  et 
d’un  beau  vert  foncé  et  luisant, 

P.  crassinervium,  Lindl.  Brésil.  — Tige 
grimpante  dont  les  pétioles  purpurins  de  0'"08 
à 0>ï*16  portent  des  feuilles  de  0“30  à 0“60 
de  longueur,  lancéolées  acuminée  s,  bordées  de 
rouge,  un  peu  coriacées  et  parcourues  par  une 
côte  épaisse  faisant  saillie  sur  les  deux  faces, 
plane  à la  supérieure,  arrondie  à l’inférieure. 
Serre  tempérée. 

P.  Devansayanum,  Lind.  Haut-Pérou.  1895. 
Les  feuilles  de  cette  espèce  sont  rouges  à l’état 


574 


LES  PHILODENDRONS  ET  LEUR  CULTURE. 


juvénile  et  deviennent  plus  tard  d’un  beau  vert 
luisant. 

P.  erubescens,  K.  Koch.  — Tige  forte,  grim- 
pante, émettant  des  racines  adventives  à tous 
les  nœuds;  pétioles  arrondis  de  même  longueur 
que  les  feuilles  qui  atteignent  0«»30  et  sont 
amples,  cordiformes*et  sagittées,  d’un  ton  cui- 
vré et  luisant. 

P.  fragrantissimum,  Kunth.  Demerara.  — 
Tige  allongée,  grimpante,  portant  des  feuilles 
de  0f«50  à 0n^60  de  long,  oblongues-cordi- 
formeSjOU  presque  sagittées,  profondément  bi- 
lobées  à la  base,  supportées  par  des  pétioles 
de  meme  longueur. 

P.  giganteum,  Scliott.  Amérique  tropicale. 
1817.  — Tige  grimpante,  à pétioles  épais  por- 
tant des  feuilles  largement  Oivales-cordiformes, 


à lobes  postérieurs  presque  ovales.  Serre  tem- 
pérée. 

P.  Glaziovi,  Hook.  f.  Brésil.  1885.  — Tige 
grimpante  à feuilles  oblongues-aiguës,  de 
0^30  à 0«i50  de  long  et  0“08  à 0“12  de  large, 
d’un  vert  foncé.  Ressemble  au  Ph.  crassiner- 
vium. 

P.  gloriosum,  Ed.  André.  Colombie.  1877. 
— Magnifique  espèce  rampante  aux  feuilles 
amples,  cordiformes-aiguës,  d’un  beau  vert 
foncé  et  dont  les  nervures  médianes  sont  blanc 
pur  avec  les  bords  finement  marginés  de  rose 
et  des  reflets  suivant  leur  état  de  développe- 
ment. Serre  chaude. 

P.  grandifoliumy  Schott.  Demerara.  — 
Tige  grimpante  maculée  de  pourpre  dont  les 
pétioles  arrondis,  également  maculés  de  la 


Fig.  171.  — Philodendron  pertusnm. 


même  couleur,  portent  des  feuilles  de  plus  de 
0"T)0  de  long,  cordiformes,  sagittées  d’un  vert 
opaque. 

P.  hederaceum^  Schott.  La  Martinique.  — 
Tige  grimpante;  pétioles  aussi  longs  que  les 
feuilles  qui  sont  cordiformes  acuminées,  très- 
entières,  un  peu  coriaces  et  d’un  vert  lus- 
tré. 

P.  Imfee,  Schott.  Amérique  australe.  1831. 
— Tige  grimpante  allongée,  émettant  des  ra- 
cines aériennes  résistantes  et  flexibles,  de  con- 
sistance coriace,  à feuilles  ovales-oblongues, 
échancrées  en  cœur  à la  base  avec  les  deux 
lobes  basilaires  étalés.  Serre  tempérée. 

P.  laciniosum,  Schott.  Brésil.  1824.  — Tige 
grimpante , un  peu  épaisse,  portant  des 
feuilles  membraneuses,  tripartites  et  n’attei- 
gnant pas  la  moitié  de  la  longueur  des  pé- 
tioles. 


P.  verrucosumy  Math.  (P.  Lindeni,  Hort.) 
Colombie.  1866.  — Tige  grimpante  et  radi- 
cante  portant  des  feuilles  cordiformes,  d’un 
vert’ tendre  et  satiné  avec  un  reflet  métallique, 
olive  sur  la  face  supérieure,  vert  pâle  sur 
l’inférieure  qui  est  ornée  de  bandes  marron. 
Les  jeunes  feuilles  ont  une  teinte  chamois  et 
les  bandes  marrons  de  la  face  inférieure  res- 
sortent sur  la  supérieure. 

C’est  une  magnifique  espèce,  seulement  un 
peu  délicate  et  demandant  beaucoup  de  soins 
pour  paraître  dans  toute  sa  beauté.  Serre 
chaude. 

P.  longilaminatum,  Schott.  Bahia.  1860.  — 
Tige  grimpante,  à entre-nœuds  allongés,  dont 
les  pétioles  épais  et  presque  arrondis  et  sil- 
lonés  supportent  des  feuilles  acuminées  au 
sommet,  vertes  en  dessus,  un  peu  glauques  en 
dessous.  Serre  tempérée. 


LES  PHILODENDRONS  ET  LEUR  CULTURE. 


575 


P.  Mamei,  Ed.  André.  Equateur.  1883 
(fig.  170).  — Plante  acaule,  à feuilles  amples, 
cordiformes  aigües,  étalées  horizontalement  et 
élégamment  panachées  de  blanc,  supportées  par 
des  pétioles  forts  et  dressés.  Belle  plante.  Serre 
chaude. 

P.  melanochrysum,  Lind.  et  André.  Co- 
lombie. 1874.  — Tige  grimpante,  de  taille 
moyenne,  à feuilles  d’un  vert  foncé,  luisantes, 
avec  des  reflets  brillants  au  soleil.  Serre 
chaude. 

P.  Melinonij  Brongt.  Guyane.  1874.  — 
Tige  courte,  épaisse  et  écailleuse,  à feuilles 
longuement  pétiolées,  ovales-oblongues,  acumi- 
nées,  hastées  à la  base.  Serre  chaude. 

P.  micans^  C.  Koch.  Amérique  méridionale. 
— Tige  grêle  et  très-longue  émettant  des 


racines  adventives  ; feuilles  en  cœur,  arrondies 
à la  base,  acuminées  au  sommet,  d’un  vert 
moiré  avec  nervures  plus  pâles. 

P.nobile,  Hort.  Amérique  méridionale.  1885. 
— Tige  volubile  portant  des  feuilles  obovales- 
lancéolées  aigües.  Espèce  ressemblant  au  P.  cras- 
sinervium  mais  plus  forte  dans  toutes  ses  par- 
ties. 

P.  pertusum^  Kunth  et  Bouché  (fig.  171)  ; Tor- 
neliafragrans  \ IScindapsus  pertusus , Schott  ; 
Monsteradeliciosa,  Liehm.  — C’est  une  plante 
bien  connue  sous  le  nom  de  Ph . pertusum  que 
ce  Monstera  à la  tige  épaisse  et  grimpante,  por- 
tant les  cicatrices  des  anciennes  feuilles  et  émet- 
tant de  longues  racines  adventives  qui  se  ra- 
mifient seulement  au  contact  de  l’eau  et  du  sol. 
Ses  grandes  feuilles  en  cœur  coriaces  et  d’un 


Fig.  172.  — Philodendron  Sellowianum. 


vert  foncé,  déchiquetées  sur  les  bords,  ont  l’in- 
térieur percé  de  trous  irréguliers  comme  faits 
à l’emporte-pièce. 

Cette  espèce  grimpe  facilement  et  on  l’em- 
ploie couramment  pour  décorer  les  colonnettes 
et  les  chevrons  des  serres  et  des  jardins  d’hi- 
ver où  elle  se  plaît  parfaitement  bien.  On  peut 
même  la  cultiver  comme  plante  semi-aqua- 
tique, en  la  mettant  le  pied  dans  l’eau  et  elle 
peut  servir  dans  ce  cas  à la  garniture  des 
grands  aquariums,  mais  il  lui  faut  la  pleine 
terre  et  un  grand  espace  pour  parvenir  à son 
apogée.  Elle  se  plaît  très-bien  en  serre  tempé- 
rée et  même  en  serre  froide,  car  nous  l’avons 
vu  résister  à une  température  de  3°  seule- 
ment au-dessus  de  0 dans  un  jardin  d’hiver. 

P.  pinnatifidum^  Schott.  Sud  du  Brésil, 
1868.  — Tige  courte  ou  nulle  couverte  de 
graines  brunes  ; pétioles  de  près  de  1 mètre 


de  long  portant  des  feuilles  luisantes  de  60  centi- 
mètres de  long,  largement  sagittées  ovales,  pin- 
natifides,  à lobes  atteignant  le  milieu  du  limbe. 
Serre  tempérée. 

P.  recurvifolium,  Schott.  Bahia.  1860.  — 
Pétioles  plus  courts  que  les  feuilles  ; celles-ci 
oblongues-cordiformes,  sagittées,  vertes  et  mar- 
ginées  de  pourpre.  Toute  la  plante  est  macu- 
lée de  rouge  sang. 

P.  riibens,  Schott.  Venezuela.  1873.  — Tige 
grimpante,  robuste,  portant  des  feuilles  cor- 
diformes-acuminées,  égalant  la  longueur  des 
pétioles. 

P.  sanguineum,  Regel.  Mexique.  1869.  — 
Tige  grimpant  et  portant  des  feuilles  un  peu 
épaisses,  cordiformes-allongées,  trilobées,  vert 
sur  la  page  supérieure  et  souvent  pourpres  en 
dessous.  Serre  tempérée. 

P.  Sellowianum,  K.  Koch  (fig.  172).  Tige 


576 


LES  PHILODENDRONS  ET  LEUR  CULTURE. 


forte,  arborescente  avec  l’âge,  émettant  des 
racines  adventives  flexibles,  portant  des  feuilles 
longuementpétiolées,  vert  foncé,  amples,  bipin- 
natifides,  à lobes  basilaires  eux-mêmes  pinna- 
tifides. 

P.  serpens,  Hook,  f.  Colombie.  1871.  — 
Tige  grimpante  émettant  des  racines  adven- 
tives, couvertes  d’écailles  entre  les  nœuds  ; 
feuilles  oblongues-cordiformes,  de  30  à 50  cen- 
timètres de  long. 

P.  Simsiii^  Sweet.  Caracas,  Guyane.  1835.— 
Tige  forte  et  dressée  portant  des  feuilles  cordi- 
formes  sagittées  de  0™  60  de  long  sur 
0*"35  de  large,  à nervures  fortes,  pourpres, 
faisant  saillie  en  dessous.  Serre  tempérée. 

P.  Sodiroi.  Mort.  Equateur.  1883.  — Tige 
grimpante  dont  les  pétioles  violacés  et  ponc- 
tués de  blanc  portent  des  feuilles  allongées, 
ovales-cordiformes,  d’un  vert  gai  parsemé  de 
taches  argentées  et  interrompues,  à nervures 
violacées  faisant  saillie  en  dessus.  Espèce 
très-ornementale. 

P.  speciosum,  Schott.  Sud  du  Brésil.  — 
Tige  devenant  arborescente  avec  l’âge  ; feuilles 
triangulaires,  oblongues-ovales,  sagittées,  d’un 
vert  gai.  Serre  chaude. 

P.  squamiferum,  Pœpp.  Brésil  et  Guyane, 
1886.  — Tige  lisse;  feuilles  adultes  de  près 
de  0“’30  de  long  sur  0^25  de  large,  pinnati- 
fides  à 5 lobes,  les  jeunes  feuilles  seulement 
trilobées,  portées  par  des  pétioles  rougeâtres, 
épineux. 

P.  tripartitum,  Schott,  Caracas.  — Tige 
grimpante  à feuilles  tripartites. 

P.  Williamsii,  Hook.  f.  Bahia.  1871.  — Tige 
épaisse  et  dressée  ; feuilles  longuementpé- 
tiolées, atteignant  jusqu’à 0^70  de  long.  Es- 
pèce remarquable  dans  son  ensemble. 

Culture  : Les  Philodendron,  auxquels 
on  peut  rattacher,  au  point  de  vue  cultural, 
les  Monstera,  les  Epipremonum,  les  Po~ 
il) os  et  les  Scmdapsus,  sont  des  Aroïdées 
généralement  grimpantes,  dont  plusieurs 
peuvent  atteindre  un  très-grand  développe- 
ment. On  les  emploie  dans  les  serres 
chaudes  ou  tempérées,  suivant  leurs  exi- 
gences, à la  décoration  des  colonnes,  des 
chevrons,  des  abords  des  réservoirs  d’eau 
ou  des  aquariums,  et  les  espèces  moins 
vigoureuses  ou  plus  délicates  doivent  être 
plantées  contre  un  appui  moussé,  où  elles 
grimpent,  à la  façon  des  Anthurium  et  des 
Pothos  sarmenteux. 

Il  est  préférable  de  cultiver  en  pleine 
terre  dans  les  serres  les  espèces  à végéta- 
tion vigoureuse,  susceptibles  d’atteindre  de 
grandes  dimensions,  mais  il  faut  pour  cela 
que  l’abri  soit  assez  haut  et  spacieux  pour 
ne  pas  les  gêner  dans  leur  croissance; 
quelques-uns  d’entre  eux  ont  ainsi  leur 
place  tout  indiquée  dans  les  jardins  d’hiver. 


où  l’élévation  et  l’égalité  de  la  température 
se  rapprochent  de  celles  d’une  serre  tem- 
pérée. Cultivés  en  pots,  terrines  ou  caisses, 
les  Philodendron  exigent  une  terre  légère 
et  poreuse,  reposant  sur  un  bon  drainage, 
favorable  surtout  aux  espèces  délicates. 
Nous  les  plantons  dans  un  compost  formé 
de  quatre  sixièmes  de  terre  de  bruyère  en 
mottes,  grossièrement  concassées,  auxquels 
on  ajoute  un  sixième  de  terre  franche  et 
un  sixième  de  Sphagnum,  ainsi  que 
quelques  morceaux  de  charbon  de  bois. 

Après  avoir  préparé  et  moussé  avec  du 
Sphagnum  vivant,  mélangé  par  moitié  de 
fibres  de  Polypode,  le  tronc  de  Fougère  ou 
d’arbre  destiné  à servir  d’appui,  on  place 
celui-ci  au  milieu  du  récipient,  en  le  main- 
tenant fixe  au  moyen  de  gros  tessons  ou  de 
morceaux  de  brique,  formant  cale  au  fond  ; 
on  emplit  ensuite  de  terre,  puis  on  plante 
les  sujets,  qui  doivent  préférablement  être 
jeunes  et  vigoureux.  Les  tiges  sont  atta- 
chées contre  le  tronc  moussé  au  moyen 
d’une  ligature,  qui  deviendra  inutile  lorsque 
se  développeront  les  racines  adventives  au 
contact  du  Sphagnum  humide. 

Les  soins  principaux  consistent  juste- 
ment à maintenir  le  tronc  moussé  toujours 
humide,  ce  à quoi  on  parvient  facilement 
par  des  bassinages,  plutôt  nombreux 
qu’abondants,  donnés  sur  toute  sa  surface 
au  moins  une  fois  par  jour. 

Les  bassinages  doivent  être  faits  avec  de 
l’eau  de  pluie  bien  propre,  afin  de  ne  pas 
salir  les  feuilles,  et  leur  abondance  dispense 
presque  toujours  de  l’arrosement  des  plantes 
au  pied. 

Il  faut  presque  entièrement  cesser  les 
bassinages  en  hiver,  pour  laisser  un  peu 
reposer  les  plantes. 

Nous  cultivons  de  celte  façon  presque 
tous  les  Philodendron  de  serre  chaude, 
en  compagnie  des  Anthurium,  des  Po- 
thos, etc.,  et  de  préférence  près  des  réser- 
voirs d’eau,  où  ils  se  plaisent  beaucoup. 

Les  autres  soins  consistent  à diriger  con- 
venablement et  le  plus  élégamment  possible 
les  tiges  des  plantes,  de  manière  à ce 
qu’elles  ne  forment  pas  fouillis,  mais  gar- 
nissent d’une  façon  égale  l’appui  autour 
duquel  on  les  fait  grimper. 

Cette  culture  en  pots  convient  surtout 
aux  espèces  grimpantes  de  petites  dimen- 
sions ou  d’une  nature  délicate,  qui  arrivent 
à former  rapidement,  aux  appuis  qu’on 
leur  a donné,  un  magnifique  cône  de  ver- 
dure. 

Les  espèces  à tige  épaisse  et  générale- 


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577 


ment  courte,  qui  grimpent  rarement,  se 
plaisent  aussi  de  la  culture  en  caisses  ou  en 
grands  pots,  mais  elles  deviennent  beau- 
coup plus  belles  lorsqu’il  est  possible  de  les 
cultiver  en  pleine  terre,  dans  une  bonne 
terre  de  bruyère  mélangée  d’un  tiers  de 
terre  franche,  et  de  leur  donner  toute 
liberté  pour  la  croissance. 

Les  plantes  émettent  généralement  sur 
leur  tige  de  grosses  racines  adventives,  qui 
restent  simples  jusqu’à  ce  qu’elles  aient 
trouvé  la  terre  ou  l’eau  pour  se  ramifier  et 
fournir  de  la  nourriture  à la  plante.  C’est 
dire  qu’en  général  les  Philodendron^  avec 
le  développement  de  leurs  racines  adven- 
tives, n’exigent  pas  une  grande  somme  de 
nourriture  dans  le  sol  même  ; il  est  donc 
inutile  de  rempoter  chaque  année  les  espèces 
cultivées  en  pots  ou  en  caisses,  d’autant 
plus  que  ce  rempotage  est  toujours  délicat 
et  difficile  à effectuer.  Nous  le  pratiquons 
tous  les  trois  ou  quatre  ans. 

La  multiplication  s’opère  au  printemps, 
soit  par  le  bouturage  de  la  tête  ou  par 


tronçons  de  tige  pourvus  au  moins  de  deux 
ou  trois  nœuds,  desquels  partira  un  bour- 
geon à l’aisselle;  ces  boutures  sont  plantées 
en  petits  godets,  dans  une  terre  de  bruyère 
sableuse  mêlée  d’un  peu  de  sphagnum, 
puis  placées  à l’étouffée  dans  la  serre 
chaude.  Les  espèces  volumineuses  doivent 
plutôt  être  marcottées  en  l’air,  comme  nous 
l’avons  expliqué  pour  les  Dicjfenbachia, 
dans  un  précédent  article  L 

Les  PJiilodendron  sont  rarement  atta- 
qués par  les  insectes  ; dans  les  serres  dont 
l’atmosphère  est  trop  sèche,  on  les  voit 
cependant  être  envahis  par  la  grise,  qui 
habite  le  dessous  des  feuilles  et  les  déco- 
lore ; on  parvient  facilement  à s’en  débar- 
rasser en  lavant  les  feuilles  avec  une  solu- 
tion nicotinée  à un  dixième.  Il  est  du  reste 
possible  de  prévenir  le  mal  en  leur  donnant 
à l’avenir  les  bassinages  nécessaires  et  en 
leur  procurant  une  constante  humidité 
ambiante,  qui  convient  si  bien  à la  végéta- 
tion des  Aroïdées  exotiques. 

Jules  RuDüLPii. 


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SÉANCE  DU  11  NOVEMBRE  1897 


En  raison  de  l’exposition  d’automne,  qui  se 
tenait  du  10  au  14  novembre,  il  fallait  s’at- 
tendre à une  séance  à peu  près  nulle.  Il  n’y  a 
eu  que  quelques  apports  : 

1°  Pots  de  Primula  obconica  et  de  beaux 
Cyclamens,  présentés  comme  belle  culture  par 
M.  Lefièvre,  de  Lagny  ; 

2o  Un  envoi  de  Chrysanthèmes  par  M.  Laf- 


fitte, de  Bourges,  parmi  lesquels  trois  curieux 
semi-doubles,  à larges  fleurs  : Baronne  d'Eich- 
thal,  G.  R.  Davis  et  Alice  Lefèvre  ; 

3®  Un  joli  Vanda  Sanderiana,  portant  huit 
fleurs,  présenté  par  M.  Drieger  ; 

4o  Deux  variétés  du  Cattleya  labiata  : C.  L. 
autumnalis  et  C.  L.  Dowiana  chrysotoxa,  et 
un  très-beau  lot  de  Bégonia  Bex  en  diverses 
variétés  ; présentation  de  M.  Larident, 


SÉANCE  DU  25  NOVEMBRE  1897 


Concours  d’Orchidées. 

Concours  très-important.  On  admire  surtout, 
dans  le  très-beau  lot  de  M.  Peeters,  l’orchido- 
phile  bruxellois  bien  connu,  un  superbe  Vanda 
cærulæa  à fleurs  roses,  nommé  récemment 
Peetersiana  par  M.  Cogniaux.  Chose  absolu- 
ment nouvelle,  c’est  le  « clou  » du  concours. 
Les  autres  plantes  de  M.  Peeters  sont  d’ail- 
leurs intéressantes  ; on  y remarque  entre 
autres,  le  Cattleya  O'Brieniana,  un  bel  Odon- 
toglossum  crispum  gutlatum,  et  trois  jolis 
Cypripedium  : C.  Harrisianum  virescens, 

C.  Albertianum  superbum,  et  C.  insigyie 
Sanderæ. 

Après  le  Vanda  de  M.  Peeters,  les  plantes 
qui,  de  tout  le  concours,  attirent  le  plus 
l’attention,  sont  : 


lo  VOncidium  rugosum  Berti.  Obtenue  par 
M.  Bert,  de  Bois-Colombes,  cette  variété  est 
remarquable  par  la  couleur,  absolument  noire, 
consistante  et  veloutée,  de  son  sépale  dorsal  et 
de  ses  deux  pétales  latéraux  ; le  contraste  pro- 
duit entre  cette  coloration  et  le  jaune  vif  du 
reste  de  la  fleur  est  très-vif.  Le  lot  de  M.  Bert 
renferme  encore  nombre  de  plantes  à noter  : 
Oncidium  ornithorhynchiim  ; c’est  « le  déses- 
poir des  peintres  » d’Orchidées  ; Cattleya  ma- 
xima,  Vanda  cærulæa,  etc. 

2o  Le  Vanda  lamellata  Boxalli,  présenté 
par  M.  Régnier.  Les  divisions  du  sépale  dorsal 
y sont  dressées  dans  une  direction  inveise  de 
celle  du  reste  de  la  Heur,  à la  façon  du  Cycla- 
men; leur  couleur,  d’un  blanc  fortement  cré- 

1 Voir  Revue  horticole,  1897,  p.  419. 


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meax,  contraste  agréablement  avec  le  rose  vif 
du  gynophore  et  le  carmin  du  labelle  ; une 
macule  marron  foncé  sur  chaque  pétale  latéral 
ajoute  à l’originalité  des  fleurs,  en  panicules 
un  peu  retombantes,  bien  fournies.  On  re- 
marque encore,  dans  le  lot  de  M.  Régnier,  le 
Cypripedium  præstans^  de  la  séi  ie  des  Sele- 
nipedium  ; le  Phalænopsis  amahilis,  d’un 
blanc  très-pur  ; VHahenaria  militarisa  vermil- 
lon, au  labelle  curieusement  découpé,  etc. 

Trois  semeurs  présentaient  chacun  un  lot 
d’hybrides  : 

1»  M.  Mantin  : Ly caste  Mantini  {L.  re- 
ginæ  xL.Deppei  grandis),  Cattleyaolivetensis 
{C.  LoddigesiiXmaxima-peruviana),  C.  spe- 
des  inversa  (C.  crispa  X C.  Dowiana),  et 
plusieurs  autres  Cattleya  non  dénommés  ; le 
tout  en  fleurs  coupées. 

2»  M.  Bleu  ; Cypripedium  Chantino-Re- 
gnieri,  C.  luteo-viride,  C.  Vulcain- maximum, 
C.  Iris. 

3®  M.  Sallier  : Cypripedium  venusto-villo- 
sum,  G.  Sallieri  (G.  villosum  X G.  insigne), 
et  G.  Sallieri  de  Neuilly,  perfectionnement 
du  précédent. 

Un  lot  de  MM.  Gappe  et  fils  brillait  de  la 
présence  de  deux  jolis  Lælia  præstans . On  y 
notait  aussi  une  bonne  nouveauté  : le  Lycasie 
Skinneri  salmunea. 

M.  Drieger  s’était  signalé  par  un  apport  con- 
sidérable de  belles  plantes  ; les  plus  vives 
teintes  du  lilas  au  carmin  s’y  rencontraient 
avec  le  Lælia  aulumnalis,  le  L.  anceps,  le 
L.  maxima  et  le  Cattleya  Loddigesii,  celui-ci 
portant  de  très-grandes  fleurs.  Une  autre 
plante,  le  Maæillaria  picta,  porte  seize  fleurs; 
un  rouge  Sophronitis  grandiflora  porte  douze 
fleurs  ; on  voit  aussi  une  fort  belle  grappe  de 
Phalænopsis  amabilis. 

L’apport  de  M.  Dallé  brillait  par  la  qualité, 
sinon  par  la  quantité  : un  très-beau  spécimen 
du  Cattleya  Mantini  (G.  Bowringiana  X C. 
Dowiana).  M.  Ed.  André,  dans  la  Revue  hor- 
ticole, a décrit  cet  hybride  en  1895  U 

Floriculture. 

Un  pied  de  Crocus  Imperati,  Tenore,  pré- 
senté par  M.  Chappellier  ; plante  à floraison 
extrêmement  hâtive,  à périanthe  très-évasé, 
d’un  beau  violet,  cultivée  dans  le  Sud  de 
l’Italie. 

1 Voir  Revue  herticole,\^ô,  p.  129. 


Chrysanthèmes. 

Un  lot  de  nouveautés,  envoyé  par  M.  Chan- 
trier.  Le  Comité  prime  les  quatre  suivantes  : 
Monsieur  Compaguya,  duveteuse  rose  ; Duvet 
des  Pyrénées  ; Plateau  de  Stabounké,  genre 
Edivin  Molyneux  et  Le  Guide  Fô,  aux  ligules 
retombantes,  marron  à revers  vieux  bronze. 

Section  des  Roses. 

M.  Pierre  Cochet  a montré  à la  Compagnie 
cinq  beaux  et  forts  exemplaires  de  Rosiers 
greffés  à hautes  tiges,  provenant  d’une  terre  de 
la  Brie  dans  laquelle  il  n’est  entré  aucun  en- 
grais depuis  cinq  ans. 

Arboriculture  d’ornement. 

M.  le  D**  Clos,  directeur  du  Jardin  des 
Plantes  de  Toulouse,  avait  envoyé  deux  ra- 
meaux fleuris  du  Capraria  salicifolia  {Freyli- 
nia  cestroides),  arbuste  de  la  famille  des  Scro- 
phularinées,  fleurissant  à l’arrière-saison, 
mais  rustique  seulement  dans  le  Midi  de  la 
France. 

Arboriculture  fruitière. 

Petite  exposition  de  fruits  de  saison,  par 
M.  Alfred  Nomblot,  de  Bourg-la-Reine  : Poires 
Beurrés  Bachelier,  Luizet,  Sterckmans  et 
Vauban‘,  Belle  des  Abrès,  Bonne  de  Malines, 
Bési  de  Chaumontel,  Jacques  Chamaret,  José- 
phine de  Malines,  Figue  d'Alençon,  Necplus 
Meuris,  etc. 

M.  Opoix  présentait  une  Poire  peu  connue, 
jugée  très-bonne  : Madame  Dupuis. 

Culture  potagère. 

M.  Legrand,  amateur,  présentait  du  Cher- 
vis.  Ce  légume,  plus  facile  à éplucher  que  le 
Salsifis,  le  Cerfeuil  tubéreux  et  le  Crosne,  est 
de  bien  meilleur  goût.  La  culture  en  est  très- 
facile. 

Industries  horticoles. 

Des  colliers  nouveaux,  pour  arbres  d’aligne- 
ment et  de  plein-vent,  garnis  de  feutre  inté- 
rieurement, envoyés  par  MM.  Fontaine  père  et 
fils,  de  Fourchambault,  ont  été  soumis  à 
l’examen  d’une  Commission  compétente. 
Disons  tout  de  suite  que  le  feutre  y remplace 
avantageusement  la  paille. 

H.  Dautiienay. 


FIN  DU  VOLUME  DE  1897. 


Orléans.  - lmp.  G.  Jacob,  Paul  Pigelet,  successeur. 


Le  Directeur -Gérant  i L.  Bourguignon. 


TABLE  ALPHA BËTIdlJE  DES  AUTEURS 


DU  VOLUME  DE  1897 


Alluard  (G.).  — Quelques  légumes  ignorés  ou 
délaissés,  55. 


André  (Éd  ).  — Allamanda  nobilis 84 

Arbustes  grimpants  : plantation  au  pied 

des  gros  arbres 134 

Bauhinia  grandiflora 393 

Bégonia  Viaudi 561 

Billbeigia  Canteræ 60 

Bonduc  du  Canada 490 

Cas-sia  occidentalis 156 

Caltleya  X Mantini "iOS 

Catlleyas  (Nouveaux)  hybrides 503 

Constructions  pittoresques  (les) 249 

Chronique  horticole  {Dans  tous  les  nu- 
méros) . 

Chrysanthème  (Culture  du)  à la  grande 

Heur ; 8 

Crochets  régulateurs  pour  la  charpente  des 

arbres  fruitiers 153 

Cypripedium  insigne  citrinum  . . . ....  448 

Dcuizia  corymbosa 466 

Dombeya  Cayeusii, 547 

Encephalartos  vilïosus,  son  fruit 36 

Eugenia  Guabiju 304 

Exposition  nationale  suisse 22 

Ficus  barbata 441 

Howea  (Kentia)  Belmoreana 256 

Jacaranda  mimosæfolia 132 

Jubilé  de  la  reine  Victoria 296 

Lac  de  Melzéar ....  178 

Nymphéas  (Nouveaux)  rustiques  de  M.  La- 

tour-Marliac 513 

Nymphæa  stellata-zanzibarensis,  variétés 

nouvelles 328 

Ormes  de  la  Malle 452 

Pêche  tardive  du  Mont-d’Or 520 

Plantations  complémentaires 202 

Phy salis  Francheti 376 

Panicum  tonsum 273 

Parc  et  serres  de  M.  L.  Fournier,  à Mar- 
seille   32 

Pennisetum  Ruppellii 54 

Plantes  nouvelles 401 

Sciadocalyx  digitaliflora  (Pélorie  du) 62 

Solo.num  Seaforlhianum 424 

Tillandsia  grandis 345 

Trapa  verbanensis 11 

Vanda  Kimballiana 352 

Vigne  épineuse  Madame  Victor  Caplat.. . 232 


André  (René-Éd).  — Les  arts  horticoles  à 
l’exposition  de  la  Société  d’horticulture  de 
France,  324. 

Bailhache  et  Rivière.  — Influence  du  porte- 
greffe  sur  le  greffon,  157. 

Baltet  (Ch.).  — A propos  d’un  nouveau  mode  de 
greffage,  255.  — Intluence  du  sujet  sur  le  greffon, 
329.  — Congrès  pomologique  de  Rennes,  478. 


Bellair  (Georges).  — L’art  de  présenter  les 
plantes  nouvelles,  13.  — Les  Pommes  tardives, 
39.  — Traitement  des  branches  fruitières  du 
Poirier,  225.  — Approvisionnement  de  légumes, 
263.  — L’art  de  faire  les  bouquets,  298.  — Dix 
Poires  contestées,  375.  — Un  Chrysanthème  des 
jardins  impériaux  du  Japon,  201.  — Contribu- 
tion à l’étude  des  Bégonias,  426.  — Le  nitrate 
de  soude  en  culture  potagère,  446.  — Poires 
Directeur  Hardy  et  Joyau  de  septembre,  500. 

— Doryopteris  Ducalii,  563. 

Bergman  (Ernest).  — Heterocentron  roseum,  31. 

Congrès  horticole  de  Paris,  332. 

Bois  (D.)  et  G.  Girault.  — Revue  des  plantes 
nouvelles  ou  peu  connues,  figurées  ou  décrites 
dans  les  publications  étrangères  pendant  le 
deuxième  semestre  de  1896 ,92, 142, 164. 

— Pendant  le  premier  semestre  1897.,  362,  386. 
Bouchaud  (C‘g  de).  — Sur  le  Richardia  albo- 

maculata,  37.  — Les  Choysia  ternata  et  le 
Phyllosticta  Violæ,  8. 

Boucher  (G.)  — Culture  des  Hortensias,  493. 
Brocchi  (Di‘  P.)  — Les  insectes  nuisibles  aux 
Pommiers,  107. 

Carrelet.  — Le  rajeunissement  du  Pêcher,  205. 
Chabaud  (.B).  — Floraison  en  plein  air  de  VEry- 
thea  edulis,  77.  — Agave  Consideranti,  100. 
Chargueraud  (A.).  — Les  arbres  et  les  arbris- 
seaux dans  les  jardins,  233.  — Un  curieux  et 
bel  effet  décoratif,  351.  — Les  Hydrangéas  à 
inflorescences  énormes,  420.  — Quelques  ar- 
brisseaux à floraison  automnale,  464. 

Clémencet.  — Dahlias  Lilliput  et  D.  à fleurs  moyen- 
nes, 451. 

Cordonnier  (Anatole).  — Culture  des  Chrysan- 
thèmes à fige  à la  grande  fleur,  89.  — Les 
Chrysanthèmes  miniatures^  119. 

Correvon  (H.).  — Quelques  plantes  exotiques,  68. 

— Premières  fleurs  dans  le  jardin  alpin,  154.  — 
Les  Adenostyles,  212.  — Les  jardins  botani- 
ques dans  les  Alpes,  456. 

Daniel  (L.).  — La  greffe  mixte,  566. 


Dauthenay  (H.).  — Agaves  et  Cactées  du 

Mexique 

Anémone  La  Fiancée  à fleurs  pleines  .... 

Bassin  diviseur  de  vidanges 

Catalogues  (Les) • 

Chrysanthèmes.  (Derniers  échos  de  la  sai- 
son des) 

Cyclamens  à fleurs  cristées  

Concours  général  agricole  de  Paris • 

Chrysanthèmes  (les  variétés  de)  jugées  au 

suffrage  à deux  degrés  

Culture  retardée 

Chou  cœur-de-bœuf  frisé 


81 

418 

86 

568 

43 

130 

235 

330 

349 

358 


580 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  AUTEURS. 


Concours  général  agricole  en  1897  218 

Concours  internationaux  de  pomologie. . . . 429 

Colliers  et  serre-joints  (nouveaux)  pour  le 

tuteurage 474 

Congrès  de  la  Société  française  des  Chry- 
santhémistes  et  exposition  de  Chrysan- 
thèmes à Orléans  526 

De  la  conservation  des  graines  dans  la  terre  395 

Dahlias  de  bonne  tenue 506 

Exposition  d’horticulture  de  Versailles 261 

Engrais  chimiques  (Application  des)  aux 
plantes  en  pots  : résultats  obtenus  par 
MM.  G.  Truffaui  et  A.  Hébert,  514;  mé- 
thode de  MM.  TrulTaut  et  Hebert 541 

Glaïeuls  cultivés,  leur  origine 194 

Gadoues  aux  États-Unis  (Traitement  des). . 377 

Gadoues  de  Paris  (Utilisation  des) 112 

Les  meilleurs  Cbrysanthèines 442 

Mouche  des  Orchidées 17 

Plantes  stérilisées 155 

Plates-bandes  ( Exemples  de  cultures  esti- 
vales   176 

Primula  obçonica,  ses  perfectionnements.  374 
Sélection  des  boutures  et  le  Pélargonium 
Madame  Salleron 492 


Société  nationale  d’horticulture  de  France 
— Comptes-rendus  des  séances  (Voir  à la 
table  alphabétique  des  matières). 

— Exposition  de  printemps.  275,  281,  300.  307 

— Distribution  des  récompenses 

— Exposition  d’automne  . 519,  537 

— Concours  publics  de  fleurs  de  saison  et 

fruits 381,  467 

Toile  (remède  contre  la) 152 

Decroix  (J.)  --  Culture  forcée  des  Hortensias, 
185. 

Favard  (J. -Fr.)  — Culture  de  28  hectares  de 

plants  d’Asperges  et  leur  forçage  en  serre,  236. 
— Cypripedium  Amandinæ,  236.  — La  taille 
en  aileron,  279.  — Espèces  nouvelles  de  Coni- 
fères de  l’Amérique  occidentale,  421.  — Les 
plantes  nouvelles  aux  expositions  étrangères, 
430.  — Une  Aristoloche  hybride,  446.  — Effets 
de  la  lumière  bleue  et  de  la  lumière  rouge  sur 
la  végétation,  483. 

Foussat.  — Culture  du  Cyclamen  de  Perse,  522 

Franchet  (A.)  — Les  Rodgersia,  174. 

Fresneau  (Alexis).  — Le  Pêcher  greffé  sur 
Epine  noire,  562. 

Girault  (Georges).  — Les  végétaux  dans  les  fêtes 
officielles  avant  la  Révolution,  408. 

Girault  (G.)  et  D.  Bois.  — Revue  des  plantes  nou- 
velles ou  peu  connues,  figurées  ou  décrites  dans 
les  publications  étrangères  pendant  le  deuxième 

semestre  de  1896  92,  142,  164. 

— Pendant  le  premier  semestre  de  1897.  362,386. 

Girard  (M.).  — Deux  nouveautés  méritantes  : 
Erysimum  murale , Bégonia  semperflorens 
nain  compact  Bijou,  45.  — Le  Muguet  des 
Pampas,  504,  529. 

Gitton.  — L’Agrile  du  Poirier,  133. 

Grosdemange  i.Ch.)  — Taille  des  arbustes  et  ar- 
brisseaux fleurissant  en  plein  air,  38.  — L’ébor- 
gnage appliqué  aux  rameaux  de  prolongement 
du  Poirier,  61.  — Culture  de  la  Pomme  de  terre 
sous  châssis,  63.  — Effet  ornemental  des  fruits 
du  Fusain  du  Japon  et  du  Cralægus  Lalandei, 


78.  — Le  Pêcher  tige  franc  de  pied,  102.  — 
Salsifis  et  Scorsonère,  166.  — Taille  du  Rosier, 
184.  — Le  Pitch-Pin,  361.  — Fructification  de 
VElæagnus  reflexa,  378.  — Deux  bonnes  greffes 
pour  les  petits  sujets,  305. 

Hérert  (A.)  et  G.  Truffaut.  — Étude  chimique 
sur  la  culture  des  Cattleyas,  337. 

Heuzé  (Gustave).  — Les  maraîchers  de  Paris,  454. — 
Conservation  des  légumes  de  pleine  terre  pen- 
dant l’hiver,  524. 

Kehrig  (Henri).  — La  cochenille  des  Fusains  du 
Japon, 113. 

Lambin  (E.).  — Expériences  culturales  sur  quel- 
ques légumes  nouveaux  de  1896,  128. 

Langlassé  (Eugène).  — Emploi  des  Bambous  en 
Malaisie,  243.  — Une  visite  au  Jardin  botanique 
de  Singapore,  396. 

Legros  (G.).  — Les  Dahlias-Cactus  et  les  Dahlias 
décoratifs,  252. 

Lesne  (A,).  — Le  monument  de  Pierre  Joigneaux, 
médaille  d’honneur  du  Salon  de  1897,  284. 

Lutz  (L.)  — La  Mandragore  de  Syrie,  130.  — La 
culture  des  Quinquinas  à l’École  supérieure  de 
pharmacie  de  Paris,  321.  — Les  Chrysanthèmes 
à Bruxelles,  548. 

Maiiieu-Sanson.  — Guérison  de  la  hernie  du 
Chou,  394. 

Mangin  (L.).  — Sur  une  maladie  des  Orchidées, 
346.  — Gymnosporangium  Sabinæ,  443. 
Marchais  (Max.).  — Décoration  hivernale  des 
jardins,  82. 

Maron  (Ch.).  — Cattleya  x massiliensis , 12.  — 
Notes  sur  les  Phalænopsis,  150.  — Cattleya 
Fernand  Denis,  255.  — Lælio-Cattleya  Stelz- 
neriano-Hardyana,  473. 

Micheli  (Marc).  — Le  genre  Galanthus,  158.  — 
L’exposition  d’horticulture  de  Florence,  242.  — 
Eremurus  Elwesii,  280.  — Notes  du  jardin  du 
Crest;  plantes  rares  ou  nouvelles,  350.  — Le 
Tropmolum  hybridum  Leitchlini  et  les  Capu- 
cines tubéreuses,  400. 

Mœrder  (W.).  — Les  monstruosités  parmi  les 
Cactées,  195. 

Millet  fils.  — Les  Violettes  et  la  variété  La 
France,  472. 

Morel  (Fr.).  — Un  coup  d’œil  sur  PExposition 
d’horticulture  de  Lyon,  287. 

Mottet  (S  ).  — Multiplication  en  grand  du  Scolo- 
pendrium  vulgare  crispum,  12. — Les  Courges 
d’ornement.  18.  — Physalis  Francheti,  35.  — 
Cyclamens  de  Perse  à grandes  fleurs  doubles, 
42.  — Les  Pâquerettes,  58.  — Carex  Vilmorini, 
79.  — Maladie  noire  des  Clématites,  85,  191.  — 
Giroflée  d’été  Excelsior,  112.  — Les  Funkia, 
114.  — Les  Hémérocalles,  138.  — La  Claytone 
de  Cuba,  159.  — Pervenche  de  Madagascar,  173 
Radis  monstrueux,  211.  — Les  plantes  pour 
corbeilles  et  plates-bandes,  215.  — Violette  cor- 
nue et  V.  de  Munby,  231.  — Les  Campanules, 
237.  — Campanule  Miroir  de  Vénus,  254.  — Le 
Moineau,  264.  — lochrorna  tubulosum,  274.  — 
Les  Eucalyptus,  288  ; description  des  plus  belles 
espèces,  370;  culture  et  multiplication,  406  — 
Veronica  syriaca,  311.  — Matricaires  et  Pyrè- 
thres,  333.  — Simples  réflexions  à propos  des 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  PLANCHES 

bouquets,  399.  — De  l'influence  de  la  sélection 
dans  le  bouturage  et  le  greffage,  428.  — liosa 
sericea,  414.  — Pyrètbre  gazonnant,  468.  — 
L’Oxalide  corniculée,  498.  — Le  Pyrètbre  rose, 
521.  — Sur  les  nouveautés  en  horticulture,  549. 

Naüdin  (Ch.).  — Un  Eucalyptus  rouge,  186  — 
Floraison  de  plantes  nouvelles  et  fructifications 
remarquables  à la  villa  Thuret,  500. 

Noter  vB.  de).  — Les  Alslrœmères,  47. 

Oger  (Auguste).  — Établissement  de  treilles  à la 
Thomery,  système  Oger,  104;  formation  du  T, 
124.  — Plasmodiophora  Brassicæ  ou  Hernie  du 
Chou,  213. 

Partie  officielle.  — Ordonnance  concernant  la 
vente  en  gros  des  fruits  et  légumes  aux  Halles 
de  Paris,  432.  — Comités  d’admission  de  l’Expo- 
sition universelle  de  1900,  502. 

Passy  (Pierre).  — Un  insecte  nuisible  au  Poirier  • 
YAgrilus  sinuatiis,  382. 

Philbert  (J.).  — Dispositions  générales  des  plan- 
tations sur  les  routes,  547. 

POTRAT.  — Un  procédé  de  conservation  hivernale 
des  Artichauts,  551. 

Ringelmann  (Max).  — Les  arts  et  industries  hor- 
ticoles à l’exposition  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France,  312.  — Des  moyens 
d’amener  l’eau  à son  lieu  d’utilisation,  518. 

Rivière  et  Bailhache.  — Influence  du  porte- 
greffe  sur  le  greffon,  157- 

Robinson  (W.).  — Les  jardins  du  printemps,  160, 
187,  206. 

Rol.vnd-Gosselin  (R.).  — Acacias  calcicoles  et  A. 
calcifuges,  ^8.  — De  la  floraison  des  Agaves,  510. 

Rudolpii  (Jules).  — Les  Dioscorées  ornementales 
de  serre  et  leur  culture,  14.  — Les  Kleiîiia  et 


COLORIÉES  ET  DES  FIGURES  NOIRES.  58J 

leur  culture,  83.  — Les  Héliotropes  nains,  116. — 
Sur  la  reproduction  par  le  semis  des  plantes 
panachées,  141.  — Les  balcons  fleuris,  209.  — 
Multiplication  des  plantes  aquatiques  ornemen- 
tales de  plein  air,  258.  — Classification  des 
Reines-Marguerites  suivant  leurs  aptitudes  d’em- 
ploi, 278.  — Ceratopteris  Ihalictroides.,  299.  — 
Quelques  plantes  utiles  exotiques,  au  point  de 
vue  ornemental,  64.  — Considérations  générales 
sur  les  Aroïdées  exotiques,  229.  — llablilzia 
tamnoides,  329.  — Nouveaux  Dodécathéons, 
379.  — Les  Gloriosa  et  leur  culture,  403.  — Les 
fleurs  simples  et  les  fleurs  doubles,  422.  — 
Culture  et  multiplication  des  Dieffenbachia, 
449.  — Les  rivales  des  Orchidées,  471.  — Sur 
les  Ognons  à fleurs,  476.  — Hivernage  des 
plantes  aquatiques  délicates.  506.  — Les  Pon- 
tederia  et  leur  culture,  527.  — Réflexions  sur 
l’Exposition  de  Chrysanthèmes  de  Paris,  546.  — 
Les  Philodendrofi  et  leur  culture,  573. 

Thèulier  (H.)  fils,  — Culture  des  Lachenalia 
34.  — Culture  du  Campanula  abietina,  135.  — 
Pour  favoriser  la  fructification  des  arbres,  425. 

Truffaut  (A.)  — Observation  sur  la  culture  du 
Cypripedium  insigne  à propos  du  C.  insigne  ci- 
trmum,  470.  — L’École  d’horticulture  de  Ver- 
sailles, 564. 

Truffaut  ^G.)  et  A.  Hébert.  — Étude  chimique 
sur  la  culture  des  Cattleyas,  337. 

Trabaud  (P.).  — Du  Palmier  bleu  et  de  sa  récente 
floraison. 

Vilmorin  (Henry-L.  de).  — Exposition  horticole 
de  Cannes,  192.  — Choux  frisés  d’hiver  et  Choux 
panachés  d’ornement,  496  — Les  l’raisiers 

remontants  à gros  fruits.  — Le  Fraisier  Saint- 
Joseph  569. 

Vilmorin  (Maurice-L.  de\  — La  Société  des  amis 
desarbrts,  322.  — Le  PinLaricio  en  Corse,  354. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  PLANCHES  COLORIÉES 


Allamanda  nobilis,  84. 

'yBillbergia  Ganter æ,  60. 
vCassia  occidentalis,  156. 

' Caitleya  X Mantini,  208. 

Cattleya  X massiliensis,  12. 
y/  Choux  d’hiver  d’ornement,  massif.  496. 
Cypripedium  insigne  citrinum,4:4S. 
Dombeya  Cayeuœii,  544. 
Encephcilartos  villosus.,  36. 

Eremurus  Elwesii,  280. 

Eugenia  Guabiju,  304. 

Fraisier  Saint-Joseph.^  572 


TABLE  ALPHABÉTIQUE 


Abri  pour  bateaux,  250. 

Agave  Consideranti,  100. 

Agrilus  sinuatus,  384. 

Anémone  La  Fiancée  à fleurs  pleines,  418, 
419. 


yRowea  Belmoreana,  256. 

Insectes  du  Pommier,  108. 

Jacaranda  mimosæfolia,  132. 

Lac  de  Melzéar,  182. 

Nymphæa  stellata  zanzibarensis,  variétés,  328. 
v/Pècbe  tardive  du  Mont-d'Or,  520. 
yphysalis  Francheti,  376. 

Solanum  Seaforthianum,  424. 

Tropœolum  hybridum  Leitchlini,  400. 

Vanda  Kimballiana,  352. 

Vigne  épineuse  Madame  Victor  Caplat,  232. 
'/Violette  La  France.,  472. 


DES  FIGURES  NOIRES 


Arbres.  — Plantations  sur  routes,  547. 

Arbres  fruitiers.  — Crochet  régulateur  pour  la 
charpente,  arbre  régularisé,  153. 

Arbustes  grimpants.  — Tonneau  enterré  au  pied 
d’un  arbre  pour  arbustes  grimpants,  134 


582  TABLE  ALPHABÉTIQUE 

Artichauts.  — Procédé  de  conservation  hiver-  | 
nale,  552. 

Bassin  diviseur  de  vidanges,  8(5,  87. 

Bauhinia  grmidiflora,  393. 

Bégonia  Corbeille  de  feu,  426.  — B.  Baumanni, 
427.  — B.  semperflorens  nsiin  compact  Bijou,  46 

— B.  Viaudi,  561. 

Bonduc  du  Canada,  490,  491. 

Gahane  ponr  oiseaux  d’eau,  251. 

Campanula  Medium,  var.  cahjcanthema,  C.  glo- 
merata  var.,  spinosa,  C.  pyramidalis,  238.  — 
C.  latifolia  macrantha,  C.  Trachelium.  C.  tur- 
binata,  239.  — C.  Spéculum,  C.  Spéculum 
procumbens,  254. 

Carex  Vilmorini,  79. 

Cattleya  Mantini,  port  de  la  plante,  208. 

Chou  Cœur-de-bœuf  frisé,  359. 

Chrysanthème  à la  grande  fleur,  9,  89,  — C.  mi~ 
niature,  119.  — Un  Chrysanthème  au  Japon, 
201.  — C.  Yvonne  Pavage,  538.  — C.  Etoile 
d’Or,  539. 

Claytone  de  Cuba,  159. 

Colliers  et  serre-joints  pour  le  tuteurage,  474, 
475. 

Conservatoire  légumier,  524. 

Courge  pèlerine  très-grosse,  C.  piale  de  Corse,  19. 

— C poire  à poudre,  C.  siphon,  C.  massue, 

C.  massue  très-longne,  20. 

Crochet  régulateur  pour  la  charpente  des  arbres 
fruitiers,  153. 

Cyclamen  de  Perse  à grandes  fleurs  doubles,  42. 

Deulzia  corymbosa,  466,  467. 

Doryopteris  Duvalii,  563. 

Éborgnage  des  rameaux  de  prolongement  du 
Poirier,  61. 

Embarcadères  ponr  bateaux,  250. 

Engrais  chimiques.  — Photographies  de  plantes 
en  pots  {Dracæna  et  Canna]  traitées  par  la 
méihude  Truffant  et  Hébert,  et  comparaison  des 
résultats,  514,  515,  516. 

Erysimum  nain  compact  jaune  d'or,  45. 

Erythea  edulis,  première  floraison,  77. 

Eucalyptus  Globulus,  E.  Andreana,  370.  — 
E.  cosmophylla,  371.  — E.  gomphocephala, 
372.  — E.  marginata,  E.  robusta,  373. 

Eugcnia  Giiabiju  ; ramule  fleurie,  104. 

Exposition  de  la  Société  nationale  d'horticulture 
de  France  : vue  des  massifs,  des  plantes  de 
serre,  276,  277  ; — massif  d’Orchidées,  277. 

Ficus  barbata,  441, 

Fraisier  Saint-Joseph,  572. 

Funkia  cærulea,  F.  japonica,  F.  'lancifolia, 
115. 

Garnitures  d’appartement  de  M.  Debrie,  302,  303. 

Garnitures  estivales,  plates-bandes  circulaires, 
177. 

Gerbe  fleurie  de  M“«  la  baronne  de  Bourgoing, 
301. 

Giroflée  d’été  Excelsior,  112. 

Glæosporium  sur  les  Orchidées,  346, 347,  348. 

Gloriosa.  — Racine  pendant  sa  végétation  ; com- 
ment on  doit  la  planter,  403. 

Greffe  en  couronne  perfectionnée,  306.  — G.  an- 
glaise au  galop,  306. 

Héliotrope  Madame  Bruant,  116. 

Hemerocallis  fulva  ; H.  Middendorfti,  139. 

Howea  Belmoreana  ; spadice,  partie  d’inflores- 
cence, fleurs  mâles,  fruits,  257. 

Hydrangea  Hortensia,  494, 


UES  FIGURES  NOIRES. 

Jardin  botanique  de  Singapore,  une  vue,  397. 

Joigneaux  (Pierre).  — Son  monument,  285, 

Kiosque  de  M.  Philipon  à l’Exposition  horticole 
de  Paris,  325.  — Kiosque  avec  escalier  et  abri 
pour  bateaux,  de  M.  Dubois,  326.  — Kiosque 
rustique,  251. 

Lac  de  Melzéar.  — Le  nouveau  lac,  180;  état  du 
paysage  avant  la  transformation,  182  ; construc- 
tions pittoresques,  249,  250,  251. 

Mandragore.  — Racines  sculptées,  131. 

Monument  de  Pierre  Joigneaux,  médaille  d’hon- 
neur du  Salon  de  1897,  285. 

Muguet  des  Pampas,  531. 

Ormes  du  parc  de  la  Malle,  452. 

Oxalis  coruiculata  foliis  atropurpureis,  499. 

Panicum  tonsum,  273. 

Parc  de  la  Rosière,  à Marseille,  32,  33. 

Pâquerette  Mère  de  famille  ; P.  double  à fleur 
tuyautée  ; P.  double  à grande  fleur,  59. 

Pêcher.  — Formation  du  Pêcher  tige  franc  de 
pied,  102.  — Pêcher  greffé  sur  Amandier,  après 
rajeunissement,  205. 

Pennisetum  Buppellii,  port  de  la  plante,  54  ; 
rameau  détaché,  55. 

Pervenche  de  Madagascar,  173. 

P halænopsis  Aphrodite,  150  ; P.  amabilis,  151. 

Philodendron  Mamei,  573.  — P.  pertusum,  574. 
— P.  Sellowianum,  575. 

Physalis  Francheti,  35,  376. 

Pin  Laricio.  — Tronc  d’un  vieux  Pin  dans  la  forêt 
de  Valdoniello,  355.  — Le  Pin  Laricio  dans  ses 
forêts  natales  en  Corse,  357. 

Plantes  aquatiques  : terrines  pour  semis,  259. 

Plasmodiophora  Brassicæ,  213. 

Plantations  sur  routes,  547. 

Plates-bandes.  — Garnitures  estivales  de  plates- 
bandes  circulaires,  177. 

Poire  Joyau  de  septembre  et  Directeur  Hardy, 
501. 

Poirier.  — Éborgnage  des  rameaux  de  prolon- 
gement, 61. — Traitement  des  branches  fruitières, 
226,  227,  228. 

Pont  rustique,  249. 

Pteris  Ouvrardi  dépoté  pour  montrer  la  capsule 
qui  le  nourrit,  543. 

Pyrethriwi  roseum  flore  pleno,  521.  — P.  Tchi- 
hatchewii,  470. 

Quinquina  cultivé  en  pot,  321. 

Radis  monstrueux,  211. 

Rosa  sericea,  444, 

Salplchroma  rhomboideum,  531. 

Sciadocalyx  digitaliflora,  fleur  péloriée,  62. 

Serre-joints  pour  le  tuteurage,  474,  475. 

Solanum  Seaforthianum,  Y-2A. 

Terrine  pour  semis  de  plantes  aquatiques,  259. 

Tonneau  enterré  pour  arbuste  grimpant,  134. 

Tillandsia  grandis,  345. 

Trapa  verbanensis,  10, 11. 

Tuteur  en  fer  creux,  47  4. 

Tuteurage.  — Colliers  et  serre-joints,  474,  475. 

Veronica  syriaca,  311. 

Vigne.  — Treille  à la  Thornery,  système  Oger, 
105,  124,  125,  126,  127,  128. 

Viola  cornuta,  231.  — V.  Munbyana,  23t. 

Volière  de  M.  Siry  à l’Exposition  de  Paris, 
dll. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈRES. 


583 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈBES 


AVIS  IMPORTANT.  — Pour  ne  pas  augmenter  démesurément  les  tables,  nous  n’avons  pas 
reporté  à cette  table  alphabétique  les  noms  des  plantes  mentionnées  dans  la  Revue  des  Plantes  nou- 
velles ou  peu  connues,  figurées  ou  décrites  dans  les  publications  étrangères.  Comme  dans  cette  Revue 
les  plantes  sont  précisément  classées  par  ordre  alphabétique,  nous  nous  bornons  à donner  plus  loin 
sous  la  rubrique  Plantes  nouvelles  ou  peu  connues  figurées  ou  décrites  dans  les 
publications  étrangères,  les  pages  où  se  trouvent  toutes  les  plantes  dont  le  nom  a la  même 
lettre  initiale.  C’est  donc  à cette  rubrique  qu’il  faut  se  reporter. 


A 

Ahies.  — Le  pincement,  366. 

Abricotier.  — Fin  d’un  Abricotier  géant,  369. 

Acacias  calcicoles  et  A.  calcifuges,  88. 

Académie  des  sciences.  — Élection  deM.  G.  Bon- 
nier, 197. 

Acalypha  Chantrieri,  A.  morfontanensis,  402. 

Adenostyles,  212.  — Adeviostyles  albifrons,  147. 

Adiantum  Capillus  VeneriSf  culture  d’hiver,  75 

Agaves  du  Mexique,  81.  — Agave  Consideranli, 
floraison,  7,  100,  — Agaves  polycarpiques,  439 

— De  la  floraison  des  Agaves,  540  — Agrilus 
sinuatus,  nuisible  au  Poirier,  133,  382. 

Allamanda  nobilis,  84. 

Alocasia  gïbba,  A.  Gigas,  402. 

Alstrœmères,  47. 

Anémone  La  Fiancée  à fleurs  pleines,  418. 

Anemopægma  clematideum,  floraison,  500. 

Anthémis.  — Pour  obtenir  des  boutures,  368. 

Anthurium  de  M.  de  la  Devansaye,  163. 

Araucaria  Bidwillii.  — Fructification,  500.  — 
A.  excelsa‘,  bouturage,  220.  — A.imbricata, 
271,  319;  sa  rusticité,  292. 

Arbres.  — Dispositions  générales  des  plantations 
sur  les  routes,  547. 

Arbres  et  arbrisseaux  dans  les  jardins,  233. 

Arbres  fruitiers.  — Crochet  régulateur  de  leur 
charpente,  153.  — Pour  favoriser  la  fruc- 
tification, 425. 

Arbres  malades  en  Pensylvanie,  438. 

Arbre  qui  siffle,  440. 

Arbrisseaux  à floraison  automnale,  464. 

Arbustes  et  plantes  à planter  sous  des  Chênes,  95. 

— Arbustes  à feuillage  persistant,  la  taille,  71.— 
Taille  des  arbustes  et  arbrisseaux  fleurissant 
en  plein  air,  38. 

Aristoloche  hybride,  446. 

Aroïdées  exotiques  généralités,  229 

Arrosage  des  arbres  d’alignement,  510. 

Artichauts.  — Un  procédé  de  conservation  hiver- 
nale, 551. 

Asperges.  — Culture  de  28  hectares  de  plants 
d’ Asperge  et  leur  forçage  en  serre,  136.  — 
Le  bottelage  et  l’emballage  en  Algérie,  168. 

Association  française  de  botanique.  — Sa  reconsti- 
tution, 557. 

Association  pomologique  de  l’Ouest.  — Concours 
et  Congrès,  49. 

Aster  Vilmorini,  A.  Delavayij21 . 

B 

Balcons  fleuris,  209. 

Bambous.  — Leur  emploi  en  Malaisie,  243.  — 
Bambou  doré,  traitement  d’hiver,  505, 

Bar(Jane.  — Emploi  des  fruits,  29. 


Bassin  diviseur  de  vidanges,  86. 

Bauhinia  grandiflora,  393. 

Bégonia  semperflorens  nain  compact  Bijou,  45.  - 
Bégonia  versaliensis,  multiplication,  71.  — 
Contribution  à l’étude  des  Bégonias,  426.  — 
Bégonia  Rex  Rubis,  508.  — B.  Viaudi,  561. 

Bégoniacées.  — Adjonction  aux  Bégoniacées,  391. 

Bibliographie.  — Traité  d'horticulture  pratique, 
par  Bellair,  52.  — Les  Rosiers,  par  Cochet- 
Cochet  et  Mottet,  52.  — Calcéolaires,  Ciné- 
raires, Coléus,  Héliotropes,  Primevères  de 
Chine,  etc.,  par  Rudolph,  52.  — Culture  des 
Fougères  exotiques,  par  Buyssens,  52.  — Les 
Raisins  précoces  pour  le  vin  et  la  table,  par 
Pulliat,  52.  — Les  résidus  industriels  employés 
comme  engrais,  par  Larbalétrier,  52.  — Les 
levures,  par  Kayser,  76.  —Les  Roses,  par  Gemen 
et  Bourg,  76.  — Les  Géraniums,  par  H.  Dau- 
thenay,  149.  — Florilegium  Harlemense,  200. 
— Dictionnaire  historique  et  artistique  de  la 
Rose,  par  Belmont,  223. — Culture  des  Chry- 
santhèmes à grande  fleur  et  à taille  basse,  par 
Chabanne  et  Choulet,  224.  — Les  insectes  nui- 
sibles, par  A.  Acloque,  248,  320.  — Maladies 
des  plantes  agricoles  et  des  arbres  fruitiers 
et  forestiers  causées  par  des  parasites  végé- 
taux, par  Prillieux,  271.  — Album  fur  Teppi- 
chgartnerei  und  Gruppen/lanzen,  272.  — 

Dictionnaire  d’horticulture,  par  D.  Bois,  319, 
417.  — Les  vilaines  bêles,  par  Armand  Leyrilz, 
319.  — Traité  d'arboriculture  fruitière,  par 
Pierre  Passy,  319.  — Manuel  d'arboriculture 
fruitière,  par  Berne,  417.  — Agenda  agri- 
cole et  viticole,  par  Vermorel,  512.  — L’art  de 
greffer,  par  Ch.  Baltet,  535.  — Plantations, 
promenades,  parcs  et  Jardins  publics,  par 
G.  Lefebvre,  536.  — The  principles  ef  fruit 
growing,  par  A.  Bailey,  536. 

Billbergia  Canteræ,  60. 

Blàck-Rot.  — Destruction,  438,  460. 

Blanc  du  Rosier.  — Traitement,  340,  412. 

Bonduc  du  Canada,  490. 

Bouquets.  — Simples  réflexions,  399.  — Les 
bouquets  à la  main  à l’Exposition  des  Tuileries, 
246.  — L’art  de  faire  les  bouquets,  298. 

Bouton-couronne  et  bouton  terminal,  343. 

Bouvardias.  — Culture,  436. 

Broméliacées  (le  Pou  des),  412. 

Broussin  de  la  Vigne,  436. 

Bulbophyllum  Ericssoni,  343. 

G 

Cacaoyer  ordinaire  comme  plante  ornementale,  66. 

Cactées  du  Mexique,  81.  — Les  monstruosités 
parmi  les  Cactées,  195. 

Caféier  d’Arabie  conime  plante  ornementale,  66. 


584 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈRES. 


Camellia  lheifera,  emploi  comme  Thé,  199. 

Campanules,  237.  — Campanula  uniflora,  70.  — 
Campanula  abiellna^  culture,  135.  — Cam- 
panule Miroir  de  Vénus,  254. 

Canna  — Sur  la  pollinisation  des  Cannas  italiens, 

269,  318.  — Canna  John  White,  199.  — Canna 

Burbank,  223  ; Sur  son  introduction,  247.  — 

Canna  à feuilles  tricolores  de  Sander,  439. 

Canne  à sucre  comme  plante  ornementale,  67. 

Cannellier  comme  plante  ornementale,  65. 

Capucines  tubéreuses,  400. 

Carex  VUmorini,  79. 

Cassia  occidentalisé  156, 

Catalogues  (les),  568. 

Cattleya.  — Étude  chimique  sur  la  culture  des 
Cattleyas,  337.  — Cattleyas  hybrides  nouveaux, 
503.  — C.  Fernand  Denis,  255.  — C.  X Man- 
tini,  208.  — C.  X massiliensis,  12. 

Céleri  plein  doré  à côte  rose,  128.  — Le  blanchi- 
meut  du  céleri,  525. 

Centaurea  candidissima,  œilletonnage,  368 

Cephalotaxus  pedimculata,  formes  diverses,  122. 

Ceratopteris  thalic froides,  299. 

Cerisier.  — La  fumagine,  339. 

Chambre  syndicale  des  constructeurs  de  machines 
et  d'instruments  d’agriculture  et  d’horticulture 
de  France,  317. 

Chicorée  Scarole  d’hiver  du  Var,  129. 

Choysia  ternala,  8,  51. 

Chou.  — La  hernie,  213 

Chou  cœur-de-bœuf  frisé,  358.  — C.  d’hiver  frisés 
et  C.  panachés  d’ornement,  496.  — C.  rouge  de 
Pologne,  129. 

Chrysanthème.  — Culture  du  C.  à la  grande  Heur, 
8,  89.  — C.  duveteux  pour  toutes  cultures,  27. 

— Derniers  échos  de  la  saison  des  Chrysan- 
thèmes, 43.  — Contribution  à l’histoire  du 
Chrysanthème,  74.  — Insectes  utiles  et  nui- 
sibles, 75.  — C.  miniatures,  1 19.  — Un  Chry- 
santhème des  jardins  impériaux  du  Japon,  201. 

— Les  variétés  de  Chrysanthèmes  jugées  au 
sutïrage  à deux  degrés,  330  — C.  singuliers, 
368.  — Les  meilleurs  Chrysanthèmes,  442.  — 
C.  Pompons,  560. 

— ( Voir  Expositions  de  Chrysanthèmes.) 

Cineraria  Lynchei,  415. 

Citronniers.  — La  fumagine,  168.  — Citron  avec 
graines  germées,  268.  — Les  haies  de  Citron- 
niers dans  le  Queensland,  344.  — C.  qui  dépé- 
rissent, leur  rétablissement,  436. 

Citrus  triptera.  — Ses  fruits  confits,  247, 

Claytone  de  Cuba,  159. 

Clématites.  — La  maladie  noire,  85,  191.  — Cle- 
matis  Orleanensis,  224.  — C.  Viticella  flore 
pleno,  320.  — Clématites  hybrides  du  C.  cocci- 
nea,  525. 

Club  du  Poireau,  76. 

Cochenille.  — Destruction,  24.  — Cochenille  des 
Fusains  du  Japon,  113. 

Colis  postaux  de  10  kilos,  198,  437. 

Colletotrichum  Lindemuthianum,  maladie  para- 
sitaire du  Haricot,  30. 

Colliers  nouveaux  pour  le  tuteurage,  474. 

Composts.  — Une  bonne  terre  pour  composts,  440. 

Concours  général  agricole  de  Paris,  169,  218,  235. 

Concours  régionaux  agricoles  de  1897,  49.  — C.  en 
1898,  1899  et  1900,  97. 

Concours  à la  Société  d’horticulture  de  France  : 
d’Orchidées,  140,  — de  floriculture,  121,  381, 
467,  — de  Fruits,  467. 

Concours  internationaux  de  pomologie,  429. 

Congrès  d’horticulture,  121,  246,  332.  — C.  pomolo- 


gique  de  Nantes,  365;  de  Rennes,  478.  — C.  des 
Rosiéristes,461.  - C.  des  Chrysanthémisles,  461. 

Conifères  pour  terrains  siliceux,  compacts,  à 
sous-sol  argileux,  48.  — Espèces  nouvelles  de 
l’Amérique  occidentale,  421. 

Coniothyrium  diplodiella,  411, 

Corbeilles.  — Plantes  pour  corbeilles,  215. 

Cereus  triangularis , belle  fructification,  463. 

Couches.  — Le  thermosiphon  et  le  fumier,  71. 

Couleurs.  — Absorption  du  calorique  par  les 
plantes  à feuillage  rouge,  392. 

Coupures.  — Recette  contre  les  coupures,  440. 

Courges  d’ornement,  18. 

Courtilières  — Destruction,  268. 

Cratægus  Lalandei.  — Effet  ornemental  des 
fruits,  78. 

Crochets  pour  charpente  des  arbres  fruitiers,  153. 

Croissance  des  plantes,  diurne  et  nocturne,  391. 

Croton  Baron  de  Bothschild,  402.  — C.  Madame 
Berthe  Fournier  ; C.  Warneri  ; C.  macro- 
phyllum,  403. 

Culture  retardée,  349. 

Cycas.  — Soins  à leur  donner,  72. 

Cyclamens  de  Perse  à grandes  fleurs  doubles,  42. 
— C.  de  Perse  à fleurs  cristées,  75,  130.  — C.  à 
fleurs  cristées  rouge  et  bicolore,  98.  — C.  Papi- 
lio,  271.  — Culture  des  Cyclamens,  522. 

Cyclone  du  18  juin  1897,  à Paris,  293. 

Cymbidium  Hookerianum  grandiflorum,  23. 

Cypripedlum  Amandinæ,  236.  — C.  insigne 
citrinum,  448,  470. 


D 


Dahlias  de  bonne  tenue,  506.  — Dahlias-Cactus  et 
Dahlias  décoratifs,  252.  — Dahlia-Cactus  Char- 
lotte Deegen,  368.  — Dahlias  Lilliput  et  D.  à 
fleurs  moyennes.  451. 

Décorations,  — Légion  d’honneur,  365.  — Mérite 
agricole,  25.  169,  197,  221,  245,  269,  3l7,  3U, 
389,  413,  461,  533. 

Deutzia  co'^ymbosa,  466,  486. 

Diapensis  lapponica,  69.  — D.  cuneifolia,  69. 

Dieffenbachia.  — Culture  et  multiplication,  449. 

Doryopteris  Duvalii,  563. 

Dioscorées  ornementales  de  serre,  14. 

Dodécalhéons  nouveaux,  379. 

Dombeya  Cayeuxii,  544. 

Douanes.  — Les  Américains  et  les  droits  à l’im- 
portation sur  les  produits  des  pépinières,  97.  — 
Le  nouveau  tarif  douanier  des  États-Unis,  437. 

Dry  as  integrif  olia,  70. 

Duchartre.  — Hommage  à Pierre  Duchartie,  295. 


E 


Eau.  — Purification  des  eaux  calcaires,  412.  — 
Des  moyens  d’amener  l’eau  à son  lieu  d’utilisa- 
tion, 518. 

Éborgnage  appliqué  aux  rameaux  de  prolonge- 
ment du  Poirier,  61 . 

Ecole  nationale  d horticulture  de  Versailles,  564. 

Elæagnus  reflexa.  — Fructification,  378. 

Encephalartos  villosus,  36. 

Engrais  chimiques.  — Leur  application  aux  plantes 
en  pots;  résultats  obtenus  par  MM.  Trufîaut  et 
A.  Hébert,  514  ; leur  méthode,  541, 

Enseignement  horticole.  — École  nationale  d’hor- 


TABLE  ALPHABETIQUE  DES  MATIÈRES.  585 


ticulture  de  Versailles,  5G4.  — Excursion  en 
Belgique,  318.  examens  de  sortie,  866  ; 
Examens  d’admission,  558.  — École  de  Ville- 
preux,  examens  de  sortie,  97,  341,866.  — École 
d’arboriculture  de  la  ville  de  Paris,  294,  341, 
462.  — Association  phylotechnique,  318,  462.  — 
Nomination  de  M.  Grosdemange  comme  pro- 
fesseur de  la  Société  d’horticulture  de  Soissons, 
489,  587.  — École  pratique  d’Antibes,  318.  — 
Enseignement  horticole  à Kew,  73.  — Ecole 
d’horticulture  de  Genève,  74. 

Epicattlexja  x matutina,  367. 

Epilohhim  latifolium,  70. 

Épinard  d’été  vert  foncé,  129. 

Eremiirus  Elwesii,  280. 

Enjthea  armata,  7,  53,  367.  — Enjlhcacclulis, 
floraison  en  plein  air,  77. 

Erysimiirn  murale,  45. 

Erythrina  Constanliana,  6. 

Eucalyptus  rubescens,  186. 

Etats-Unis. — Nouveau  tarif  douanier,  437.  ---  La 
végétation  fruitière  dans  l’Oklahoma,  512. 

Étiquettes  chromolithographiées  pour  paquets  de 
graines,  268. 

Eucalyptus,  288.  — Description  des  plus  belles 
espèces,  370.  — Culture  et  multiplication. 
406. 

Euyenia  Guabiju,  304. 

Excursions  horticoles,  50. 

Exposition  universelle  de  1900.  — L’horticulture  à 
l’Exposition,  145.  — Comités  d’admission  du 
Groupe  VIII,  485,  502. 

Exposition  de  printemps  de  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France,  99,  245,  269,  275.  — 
Les  plantes  nouvelles,  281.  — Liste  des  récom- 
penses, 269,  290,  313.  — Les  garnitures  d’appar- 
tement et  les  bouquets,  300.  — Plantes  de 
serre,  Orchidées,  plantes  de  plein  air,  arbori- 
culture d’ornement,  culture  potagère,  307.  — 
Les  arts  et  les  industries  horticoles,  312.  — 
Les  arts  horticoles,  324. 

Exposition  d’automne  de  la  la  Société  nationale 
d’horticulture  de  France,  169,  320,  509,  519, 
537,  546,  553. 

Expositions  de  Chrysanthèmes  : Paris,  509,  519, 
537,  546;  liste  des  récompenses, 553.  — Orléans, 
527.  — Troyes,  Montpellier,  Genève,  533.  — 
Bruxelles,  549. 

Expositions  diverses:  Alger,  463;  Angculême,  320; 
Avranches,  272  ; Beaune,  248  ; Besançon,  295  ; 
Blois,  172  ; Bordeaux,  149,  489  ; Bourges,  149  ; 
Cambrai,  463;  Cannes,  53,  192;  Cherbourg,  463  ; 
Clermont,  200  ; Dieppe,  149  ; Dijon,  224  ; Douai, 
200  ; Elbeuf,  123  ; Epernay,  224  ; Le  Havre,  320  ; 
Lisieux,  489  ; Lyon,  .53,  287,  296  ; Marseille,  76, 
99,  ,295  ; Meaux,  272  ; Melun,  224,  248  ; Mon- 
tauban,  463  ; Nimes,  53  ; Périgueux,  463  ; Le 
Raincy,  172  ; Rennes,  99,  365  ; Saint-Germain- 
en-Laye,  295  ; Saumur,  224  ; Tours,  200  ; Troyes, 
123,  417,  489  ; Versailles,  76,  261  ; Vincennes, 
99,  272,  413. 

Expositions.  — Les  Expositions  et  la  presse  horti- 
ticole,  341.  — E.  de  Paris  et  Temple  Show  de 
Londres,  51. 

Exposition  internationale  de  Bruxelles  en  1897, 
123,  197,  248,  295,  416. 

Expositions  de  Berlin,  149  ; Florence,  242,  272. 
— E.  quinquennale  de  Gand  en  1898,  170.  — E. 
internationale  d’horticulture  de  Gand,  247.  — E. 
de  Genève,  248.  — E.  internationale  de  Ham- 
bourg, 30,  76.  — E.  nationale  suisse  : les  ré- 
compenses, 22. 


Expositions  et  concours  en  1898  et  1899,  à la  Gale- 
rie des  Machines,  293. 


F 

Fêtes  ofticielles.  — Les  végétaux  dans  les  fêtes  offi- 
cielles avant  la  Révolution,  408. 

Ficus  barba  ta,  441. 

Fleurs  — Fleurs  simples  et  fleurs  doubles,  422.  — 
Fleurs  teintes,  27.  — Chèques  et  fleurs,  6. 

Florilcgium  Harlemense,  100,  224. 

Fourmis.  — Destruction,  436. 

Fraises.  — Les  Fraises  à l’Exposition  d’horticul- 
ture de  Bruxelles,  344.  — Fraises  recomman- 
dées en  Angleterre,  440.  — Fraise  remon- 
tante Orégon,  3i2,  366.  — F.  Royale  Sovereign, 
534.  — F.  remontante  à gros  fruits,  la  Constante 
Féconde,  558.  — Les  Fraisiers  remontants  à gros 
fruits;  le  Fraisier  Saint-Joseph,  569. 

France  et  Russie  : télégrammes  entre  les  Sociétés 
d’horticulture  de  Russie  et  de  France,  413. 

Fruits  véreux,  222  — Quelques  bons  fruits  peu 
connus,  440.  — Fruits  américains  *.  la  con- 
currence, 123. 

Fuchsia.  — Destruction  d’acariens  nuisibles,  316. 

Fumagine,  168,  339. 

Fumiers.  — Traitement,  168. 

Funkia,  114. 

Fusain  du  Japon.  — Effet  ornemental  du  fruit, 
78.—  La  Cochenille,  113. 


G 

Gadoues.  — Utilisation  des  gadoues  de  Paris,  112. 
— Leur  traitement  aux  États-Unis,  377, 

Galanthus.  — Le  genre  Galant hus,\b'S. 

Gardénias.  — Culture,  340. 

Garnitures  estivales  pour  plates-bandes,  176. 

Garrya  ellipGca,  pour  décoration  hivernale,  511. 

Gazons.  — La  rouille,  412. 

Gelées  tardives,  245.  — Résistance  de  quelques 
plantes  à la  gelée,  489. 

Genêts  (Empoisonnement  des  animaux  par  les),  99. 

Giroflée  d’été  Excelsior,  112. 

Glaïeuls.  — L’origine  des  Glaïeuls  cultivés,  194 

Gloriosa.  — Les  G.  et  leur  culture,  403. 

Gomphocarpas  textilis,  floraison,  500. 

Graines,  leur  conservation  dans  la  terre,  395. 

Greffe,  greffage.  — Influence  du  porte-greffe  sur 
le  greffon,  157.  — Procédé  Robert  Smith,  199, 
255.  — Union  incomplète  de  la  greffe  et  du 
sujet,  248.  — Deux  bonnes  greffes  pour  les 
petits  sujets,  305.  — Influence  du  sujet  sur  le 
greffon,  329.  — Greffe  mixte,  566. 

Gymnosporangium  Sabinæ,  443. 

H 

Hablitzia  tamnoides,  329. 

Halles  centrales  de  Paris.  — Règlement  d’adminis- 
tration, 221.—  Nouvelle  réglementation,  414.  — 
Les  fruits  et  légumes  aux  Halles  en  1896,  414.  — 
Ordonnance  concernant  la  vente  des  fruits  et  lé- 
gumes, 432. 

Haricot.  — Nouvelle  maladie  parasitaire,  le  Colle- 
totrichum  Lindernuthianum,  30.  — H.  Quatre  a 
quatre,  129.  — H.  nain  mange-tout  roi  des 
Beurres,  129. 


586 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈRES. 


Helianfhus  lætiflorus  Miss  Mellish,  559. 

Héliotropes  nains,  116. 

Helleborus  niger  American  Pearl,  122. 

Hémérocalles,  138. 

Hemerocallis  flavo-Middendorflii,  247. 

Hepatica,  réduction  du  genre  à deux  espèces,  172. 

Herbier  et  bibliothèque  de  M.  J.  Lloyd,  51. 

Hernie  du  choux,  213,  39i. 

Heterocentron  roseum,  31 . 

Hortensias. — Culture  forcée,  185.  — Destruction 
d’acariens  nuisibles,  316.  — Culture,  493. 

Howea  Belmoreana.  — Fleurs  et  fruits,  256. 

Huile  d’olive  de  Tunisie,  343. 

Hydrangéas  à inflorescences  énormes,  420. 

I 

Jochroma  tubulosum,  274. 

Insectes  nuisibles  aux  Pommiers,  107. 

J 

Jacaranda  mimosæfolia,  132. 

Jadoo,  matière  fibreuse  pour  planter  en  pots,  416, 510. 

Jardins.  — Décoration  hivernale,  82.  — Plantes 
pour  corbeilles  et  plates-bandes,  215.  — Jardins 
du  printemps,  160,  187,  206.  •—  Les  arbres  et 
les  arbrisseaux  dans  les  jardins,  233.  — Jardins 
alpins,  premières  fleurs,  154.  — Jardins  bo- 
taniques dans  les  Alpes,  456.  — Jardin  du  Crest, 
plantes  rares  ou  nouvelles,  350.  — J.  bota- 
nique de  Saint-Louis,  100.  — J,  botanique  de 
Saint-Pétersbourg  : nomination  de  M.  Fischer 
de  Waldheim  comme  directeur,  222.  — J.  bota- 
nique de  Singapour,  396.  — J.  royaux  de  Kew  : 
leurs  progrès,  392.  — Jardins  publics  : nomina- 
tions de  jardiniers-chefs  à Fontainebleau  et  à 
Trianon,  222.  — Jardin  botanique  de  Marseille,  535. 

Joigneaux  (Pierre),  son  monument,  284. 

Jubæa  spectabilis.  — Fructification,  500. 

Jubilé  de  la  reine  Victoria,  296. 

K 

Kakis.  — Culture,  144. 

Kleinia  et  leur  culture,  83. 

L 

Lac  de  Melzéar,  178,  249. 

Lælio-Cattleya  x Pallas,  391. 

Lælio-Cattleya  Stelzneriano-Hardyana,  473. 

Lachenalia.  — Culture,  34. 

Laurier  d’Alexandrie.  — Culture,  196. 

Légumes  ignorés  on  délaissés,  55.  — Légumes 
nouveaux  de  1896  ; expériences  de  M.  Lam- 
bin, 128.  — Approvisionnement  de  légumes 
pour  chaque  semaine,  263.  — Conservation  des 
légumes  de  pleine  terre  pendant  l’hiver,  524. 

Lierre.  — Transplantation,  148. 

Lilas.  I — Nouvelle  affection  morbide,  122,  270.  — 
Lilas  Varin,  son  origine  hybride,  52. 

Liserons.  — Destruction,  412. 

Lloyd.  (Herbier  et  bibliothèque  de  M.  J.),  51. 

Lumière.  — Effets  de  la  lumière  bleue  et  de  la  lu- 
mière rouge  sur  la  végétation,  483.  — Effet  des 
verres  colorés  sur  la  végétation,  509. 

Lune  rousse,  222. 

Lycoris  squamigera,  390. 


M 

Malvacées.  — Une  nouvelle  Malvacée  hybride,  (i. 

Mandragore  de  Syrie,  130. 

Manioc  de  Colombie,  505. 

Maraîchers  (les)  de  Paris,  454. 

Maranta  Chantrieri^  401;  M,  minor,  402. 

Matricaires  et  Pyrèthres,  333. 

Médaille  de  Robert  Hogg  pour  fruits,  222. 

Michauxia  Tchihatcheffii,  148. 

Miltonia  spectabilis  Moreliana,  512.  — M.  Bleii- 
ana  virginalis,  416. 

Mimosa  dealbata  en  Bretagne,  50. 

Mouche  des  Orchidées,  17. 

Moineau,  264.  — Une  enquête  sur  les  ravages 
causés  par  .le  moineau  franc,  98. 

Muguet.  — Commerce  et  forçage  à l’étranger, 
511 

Muguet  des  Pampas,  504.  — Son  vrai  nom,  509, 
529,  536. 

Muséum  d’histoire  naturelle.  — Graines  et  plantes 
offertes,  6,  342. 

Myriocarpa  longipes.  343. 


N 

Nægelia  hybrides,  nouveautés,  23. 

Nécrologie.  — MM.  Aristakes  Azarian  Effendi, 
272.  — Bourderioux,  296.  — Charmeux,  172.  — 
Doumet-Adanson,  ^12.  — Eliot  {Ch.),  172.  — 
Faucon  (Louis),  296.  — Geert  (Charles  Van), 
30.  — Furtado-Heine  (M^‘‘),  7.  — Gibson 
(J. .T.),  369.  — Hébrard  (J. -A.),  149.  — Hé- 
meray-Gauguin , 7.  — Hogg  (D^'  B.),  149.  — 
Eoste,  296.  — Jordan,  76.  — Laliman  (L.).  560. 
— Lambin,  — Luizet  (Marc),  344.  — Sachs 
(Z)r),  369.  — Stiles  (W.A.),  489.  — Sullon 
(Alfred),  417.  — /)i'  Trimen,  7.  — Verlot  (Ber- 
nard), 53.  — Warner  (Bobert),  7,  — Waterer 
Anthony,  7. 

Nernesia  strumosa  Suttoni,  439. 

Nitrate  de  soude  en  culture  potagère,  446. 

Nouveautés  eu  horticulture,  549. 

Nymphæa  stellata  zanzibarensis.  — Variétés  nou- 
velles, 328.  — Nouveaux  Nymphéas  rustiques  de 
M.  Latour-Marliac,  513. 


O 

Œillet.  — V Heterosporium  echinulatum,  cham- 
pignons nuisibles,  411.  — Œillets  en  1676,  417. 

Ognons  à fleurs,  476. 

Orages  et  inondations,  317. 

Orangers,  436. 

Orchidées.  — La  mouche  des  orchidées,  17.  — Sur 
une  maladie  des  Orchidées,  346.  — Culture  des 
Orchidées  indigènes,  559. 

Ormes  de  la  Malle,  452. 

Ortie  comestible,  392. 

Oxalide  corniculée,  498. 

P 

Palmier.  — Gleosporium  nuisible,  traitement, 
167.  — Du  Palmier  bleuet  de  sa  récente  floraison, 
555. 

Panachure  des  plantes.  — Sur  la  reproduction  par 
le  semis  des  plantes  panachées,  141. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈRES. 


587 


Panicum  tonsum,  273, 

Papyrus.  — Conservation  en  hiver,  505. 

Pâquerettes,  58. 

Parc  et  serres  de  M.  L.  Fournier,  à Marseille,  32. 

Parc  de  Melzéar,  202.  — Parc  public  de  Vitry-le- 
François,  concours,  414. 

Pavot  d’Islande,  70. 

Pêche,  Pêcher.  — Espalier  de  Pêchers  sur  cloison 
noire,  511.  — Pêche  tardive  du  Mont-d'Or,  520 
533.  — Le  rajeunissement,  205.  — Pêcher  tige 
franc  de  pied,  102.  — Le  Pêcher  greffé  sur 
Épine  noire,  562. 

Pélargoniums  à grande  fleur,  soins  de  culture, 
340  — Pélargonium  Madame  Salleron,  492. 

Pélorie  du  Sciadocalyx  digitaliflora,  62. 

Pelouses  mauritaniennes  et  gazons  fleuris,  487. 

Pennisetum  Ruppellii,  54. 

Pépiniéristes.  — Pétition  contre  l’établissement 
des  fils  aériens  des  tramways  électriques  dans  là 
banlieue  de  Paris,  145. 

Pervenche  de  Madagascar,  173. 

Peupliers  paratonnerres,  29. 

Philodendron.  — Les  P.  et  leur  culture,  573. 

Phalænopsis.  — Notes  sur  les  Phalænopsis^  150. 

Phœnix  canariensis  en  Bretagne,  50 

Phœnix  melanocarpa,  propriétés  alimentaires, 
171. 

Phy salis  Franc heti,  35,  376. 

Phyllosticta  Violæ  et  Choysia  ternata,  8. 

Pin  Laricio  en  Corse,  354. 

Pinus  Fremontiana,  220, 

Pitch-pin,  361. 

Plantations,  un  curieux  et  bel  effet  décoratif,  351. 

Plantations  sur  route,  dispositions  générales,  547. 

Plantes,  leur  croissance  diurne  et  nocturne,  391, 

Plantes  arctiques,  68. 

Plantes  aquatiques,  multiplication,  258;  hiver- 
nage, 506. 

Plantes  pour  bordures  et  mosaïques,  à feuillage 
blanc,  509 

Plantes  grimpantes,  leur  plantation  au  pied  des 
arbres,  134. 

Plantes  nouvelles,  l’art  de  les  présenter,  13.  — 
P.  nouvelles  des  expositions  étrangères,  430 


Plantes  nouvelles  ou  peu  connues, 
figurées  ou  décrites  dans  les  publicati  ons 
étrangères.  — Pour  ne  pas  augmenter  déme- 
surément les  tables,  nous  n’avons  pas  reporté  à la 
table  alphabétique  les  noms  de  ces  plantes. 
Comme,  dans  la  Revue  de  ces  plantes.,  elles  sont 
précisément  classées  par  ordre  alphabétique,  nous 
nous  bornons  à donner  ici,  comme  nous  l’avons  in- 
diqué dans  l’Avis  important  qui  figure  en 
tête  de  cette  table,  les  pages  où  se  trouvent  toutes 
les  plantes  dont  le  nom  a la  même  lettre  initiale  : 


A.  92,  362. 

B.  93,  363. 

C.  93,  363. 

D.  94,  364. 

E.  142,  364. 

F.  143 

G.  143,  364. 
H 143,  386. 


I.  144. 

J.  » 

K.  » 

L.  144,  386. 

M.  387. 

N.  164.  ■ 

O.  164,  387.  - 

P.  164,  387. 


Q.  » 

R.  165,  387. 

S.  165,  387. 

T.  165,  387 

U.  » 

V.  165,  388. 

W.  388. 

X. Y.Z.  » 


Plantes  potagères,  valeur  thérapeutique,  369. 
Plantes  stérilisées,  155. 

Plantes  utiles  exotiques  ornementales,  64. 
Plasmodiophora  Brassicæ,  213. 

Plates-bandes.  — Garnitures  estivales,  176.  — 
Plantes  pour  plates-bandes,  215. 


Poires  Président  Héron  et  Directeur  Varenne,  6. 
— Dix  Poires  contestées,  375.  — P.  Doyenné 
Gy,  487.  — P.  Directeur  Hardy  et  Joyau  de 
septembre,  500. 

Poirier.  — L’éborgnage  appliqué  aux  rameaux  de 
prolongement,  61.  — L’Ayrilus  sinuatus, 

133,  382.  — La  fécondation  des  fleurs,  171.  — 
Disparition  d’un  Poirier  âgé  de  600  ans,  199.  — 
Traitement  des  branches  fruitières.  225.  — La 
tavelure,  244.  — Le  Rhynchite  Bacchus,  244.  — 
Le  Phytoptus  Pyri,  339. 

Pois  gros  bleu  nain,  129.  — P.  Clamart  nain 
hâtif,  129.  — P.  nain  mange-tout  Debar- 
bieux,  129. 

Poivrier  aromatique  comme  plante  ornementale,  65. 

Pollinisation  des  Cannas  italiens,  269,  318. 

Polygonum  amplexicaule  oxyphyllum,  415.  — 

P.  baldschuanicum,  367. 

Pommes  tardives,  39. 

Pommiers.  — Insectes  nuisibles,  107.  — Champi- 
gnons nuisibles,  339. 

Pommes  de  terre,  culture  sous  châssis,  63. 

Pontédérias.  — Culture,  527. 

Primula  obconica.  — Sa  vénénosité,  28.  — Per- 
fectionnements, 374.  — P.  Trailli,  560. 

Puceron  lanigère.  — Nouveau  remède,  220. 

Pyrèthres  et  Matricaires,  333.  — P.  gazonnant, 
469.  — P.  rose,  521. 


Q 

Quinquinas.  — Les  cultures  de  Quinquinas  de 
l’École  supérieure  de  pharmacie  de  Paris,  321. 

R 

Radis  à forcer  rouge  vif  sans  feuilles,  129.  — 
R.  monstrueux,  211. 

Raisins.  — Le  transport  des  Raisins  du  Midi,  485. 
Reines-Marguerites.  — R.  aurea,  75.  — Maladie, 
traitement,  144.  — Classification  suivant  leurs 
aptitudes  d’emploi,  278.  — Reine-Marguerite  à 
fleurs  duveteuses,  488. 

Rhododendron  lapponicum,  71. 

Rhus  integri folia,  268. 

Rhynchites  Bacchus,  nuisible  au  Poirier,  244. 
Richardia  albo-maculata,  37. 

Rodgersia,  174. 

Romneya  Coulteri.  — Pour  le  faire  fleurir,  391. 
Ronce  hybride  de  Framboisier,  524. 

Roses  : Rosa  kamtschatica  blanc  double  de 
Coubert,  368.  — Rosa  po/jyaniùa  nouveaux,  369. 

— Rosa  sericea,  444.  — Rose  VI déale,  267.  — 
Roses  Baron  e\  Baronne  de  Rothschild,  121. 

Rosier.  — La  taille,  184.  — Plantation,  339.  — 
Leblanc,  340,  412.  — Fasciation  d’une  tige,  391. 

— Rosiers  nouveaux  de  1896,  73.  — Rosiers 
nouveaux  pour  1897  , 480,  486. 

Roucouyer,  comme  plante  ornementale,  67. 

Rouille  des  gazons.  — Traitement,  412. 

Rubus  arc  tiens,  70. 


S 

Safran.  — L’amélioration  du  Safran  cultivé,  342. 
Salpichroma  rhomboideum,  504,  509,  529,  536. 
Salsepareille  de  la  Jamaïque,  65. 

Salsifis  et  Scorsonère,  166. 


588 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈRES. 


Salvia  Ch.  Le  Couteiilx,  28. 

Santalin  blanc  comme  plante  ornementale,  65. 

Saxifrage  du  Nord,  70. 

Sciadocalyx  digitaliftora  (Pélorie  du),  62 

Scolopendrhim  vulgare  crispum.  — Multiplica- 
tion en  grand,  12. 

Scorsonère  et  Salsifis,  166. 

Sefton  Park.  — Une  nouvelle  serre,  73 

Sélection.  — De  l’influence  delà  sélection  dans  le 
bouturage  et  le  greffage,  428. 

Séneçons.  — Les  Séneçons  d’ornement  à Gast- 
lewellan,  172.  — Senecio  mulliflorus,  28. 

Serre-joints  pour  le  tuteurage,  474. 

Société  des  Amis  des  arbres,  322. 

Société  botanique  de  France.  — Excursion  an- 
nuelle, 318. 

Société  des  Chrysanlhémistes,  198,  485,  526. 

Société  de  viticulture  et  d’ampélographie,  221.  — 
Congrès  et  concours,  317. 

Société  d’horticulture  de  la  Seine-Inférieure,  son 
œuvre  pomologique,  73. 

Société  nationale  d’horticulture  de  France.  — 
Composition  du  bureau  pour  1897,  5.  — La  dis- 
tribution des  récompenses,  discours  de  M.  Viger, 
21.  — Séances  de  distribution  des  récom- 
penses, 359,  557. — Comptes  rendus  des  séances, 
5,  23,  67,  91,  117,  140,  163,  214,  241,  266,  315, 
336,  363,  385,  407,  434,  453,  483,  508,  532,  577. 

Société  nationale  des  Rosiéristes  français.  — Son 
premier  annuaire,  146. 

Société  pomologique  française.  — Historique,  146. 

Solamim  Seaforthianum,  424. 

Sophora  japonica  comme  arbre  d’ornement,  534. 

Stachys  tuberifera,  98. 

Station  expérimentale  de  l’État  de  New-York,  51. 

Stérilisation  des  plantes,  155. 

Slrelilza  reginæ.  — Pour  les  faire  fleurir,  339. 

Streptosolen  Jamesoni.,  culture,  505. 

Sulfatage  des  semences,  147. 

Syndicat  central  des  horticulteurs  de  France,  49. 


T 

Tacca  p'innalifida,  plante  ornementale,  66. 

Taille  en  aileron,  279.  —Taille  des  arbustes  et  ar- 
brisseaux fleurissant  en  plein  air,  38.  — Taille 
du  Rosier,  184. 

Tamarinier  indien  comme  plante  ornementale, 
66.  — T.  sauvage,  plante  qui  rend  chauve, 
200. 

Tarifs  de  chemins  de  fer.  — Une  détaxe  sur  le 
transport  des  produits  destinés  aux  Expositions, 
27.  — Les  tarifs  et  le  transport  des  plantes  du 
Midi,  49. 


Tavelure  des  Poires,  244. 

Temple  Show  (Exposition  de)  à Londres,  51. 

Thuya.  — Un  bosquet  de  Thuya,  366. 

Tillandsia  grandis,  345. 

Toile.  — Remède  contre  la  toile,  152. 

Tomates  : T.  Champion  écarlate,  130.  — La  matu- 
ration des  dernières  Tomates,  438. 

Tonnelle.  — Construction,  71. 

Trapa  verbanensis,  10. 

Tropœolum  hybridum  Leilchlini,  400. 

Trevoria,  nouveau  genre  d'Orchidées,  558. 
Tulipier  employé  pour  boites  à cigares,  147. 
Tunisie.  — Notice  à l’usage  des  émigrants,  270. 
Tuteurage,  nouveaux  colliers  et  sen  e-joints,  474. 


U 

Union  commerciale  des  horticulteurs  de  France  et 
droits  de  douane,  557. 

V 

Vanda  Kimballiana,  352.  — Vanda  teres,  268. 

Vanille.  — Une  révision  du  genre  Vanilla,  123. 
— Nouveau  procédé  de  préparation,  344. 

Vanillier  officinal  comme  plante  ornementale,  66, 

Veronica  syriaea,  311, 

Vidanges.  — Bassin  diviseur,  86. 

Vignes  — Etablissement  de  treilles  à la  Thomery, 
système  Oger,  104.  — Formation  du  T dans  les 
treilles  à la  Thomery,  124.  — Le  Coniolhyrium 
diplodiella  ; le  meilleur  engrais,  411.  — Le 
broussin,  436. — Traitement  hivernal  contre  les 
parasites,  147.  — Influence  du  porte-greffe  sur 
le  greffon,  157.  — Vitis  Coignetiæ,  sa  supério- 
rité ornementale,  171.  — Vigne  épineuse  Ma- 
dameVictor  Caplat — La  taille  des  Vignes 
gelées  et  celle  des  Vignes  grêlées,  246.  — La 
Treille  du  roi  à Fontainebleau,  487.  — Les  badi- 
geonnages au  sulfate  de  fer,  488.  — Le  Gros 
Colman,  505. 

Villa  Thuret.  — Floraison  de  plantes  nouvelles  et 
fructifications  remarquables,  500. 

Viola  odorala  sulfurea,  198. 

Violette  cornue  et  V.  de  Munby,  231.  — Les  Vio- 
lettes et  la  variété  La  France,  472. 

W 

Washinglonia  robusla.  — Première  floraison  dans 
le  Midi,  367.  — Floraison,  415.  — Le  TF.  ro- 
busta  et  la  pêche  du  saumon,  488. 


FIN  DE  LA  TABLE  DU  VOLUME  DE  1897.